Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Veronica Mars
Création : 23.04.2015 à 23h10
Auteur : Junk03
Statut : Terminée
L'histoire se passe 5 ans après la saison 3. Veronica et ses amis ont changé de vie. Un événement va les faire se retrouver et replonger dans des mauvais souvenirs...
Cette fanfic compte déjà 38 paragraphes
Veronica entra dans une chambre d’hôpital. Elle n’osait pas regarder l’homme sur le lit. Sa peau était couverte de brûlures et de blessures. La bombe avait détruit la fenêtre près de laquelle il se trouvait. Des bouts de verre s’étaient plantés un peu partout sur son corps. Le cadre de la fenêtre lui était tombé sur la tête, il s’était évanoui puis les flammes lui avaient brûlé le corps.
Les médecins l’avaient prévenu qu’il aurait des séquelles. Il avait subi une opération du cerveau.
Logan venait de se réveiller, ses signes vitaux étaient bons, tout comme ses sens. Seulement il semblait avoir du mal à se rappeler de l’incident.
« Bonjour Logan. Je suis tellement contente que tu ailles bien. J’ai eu si peur. Je… je suis désolée…. »
La jeune fille avait les larmes aux yeux en prenant la main de son ami.
Il la regarda sans comprendre.
« Je suis désolé mademoiselle mais je… je ne sais pas qui vous êtes. »
Veronica le regarda, surprise. Elle savait qu’il ne se rappelait pas de l’accident mais ne pas se rappeler d’elle ? Ils se connaissaient depuis 20 ans, ils étaient amis, amants. Et les derniers mots qu’il lui avait dit avant l’explosion étaient « je t’aime ». Mais ça il l’avait oublié…
Progressivement, Logan avait retrouvé la mémoire. Il se rappelait des personnes de son entourage, d’avoir été très ami avec Dick, d’avoir eu des bons moments avec Mac ou Weevil… Des souvenirs de son histoire avec Veronica faisaient régulièrement surface depuis l’accident mais son cœur restait fermé. Les sentiments étaient partis même si les souvenirs étaient là. Il se sentait comme quelqu’un devant un album photo et des films d’enfance d’une autre personne. Il savait avoir aimé ces gens mais il ne les aimait plus… Il avait l’impression de ne plus pouvoir aimer personne… Il restait alors le plus loin possible des gens. Il s’enfermait souvent des journées entières dans son bureau et sortait très peu le soir. Mais doucement, Dick s’était rapproché à nouveau de lui ainsi que Mac. Une amitié ancienne pour eux, une amitié nouvelle pour lui qui fonctionnait plutôt bien.
Veronica quant à elle était déjà loin quand les premiers souvenirs revinrent à Logan. Deux jours après l’explosion, elle avait pris un avion pour New York sans se retourner. Elle s’était plongée dans son travail sans relâche. Dès qu’une de ses expositions était prête, elle préparait un nouveau projet, elle avait commencé à prendre des photos pour le Times et écrivait même quelques articles pour des petits journaux. Elle ne voulait plus repenser à cette nuit. Elle ne voulait plus penser à eux ; penser à ce qu’elle leur avait fait endurer. Elle avait perdu tant d’amis cette nuit-là. Elle s’était perdue elle-même.
Mac, elle, ne lui en voulait pas pour cette nuit. Elle se serait jetée d’un pont pour Veronica si jamais il avait fallu, Logan et Wallace aussi malheureusement, et même Dick… Veronica n’avait rien fait de mal selon elle. Ce n’était pas sa faute si le père de Neal, un des membres du Castle qui s’était suicidé après que tous ses pires souvenirs eurent étés dévoilés au grand jour, pris d’un coup de folie, avait voulu tuer tout le monde. Le Castle pensait que Neal était un espion et voulait le faire souffrir en disant à tous les membres de la communauté qu’il avait mis enceinte une prostituée et que sa famille l’avait payée pour qu’elle avorte. Neal avait également eu des déboires avec la justice dévoilés aux médias et faisant licencier le jeune homme de son travail de politicien. Ces révélations avaient plongé le jeune homme dans une profonde dépression et il avait fini par se jeter par la fenêtre.
Veronica s’en voulait beaucoup pour ça. Ce n’était pas Neal l’espion, mais à cause d’elle, il y avait bel et bien des espions au Castle et il était mort à cause d’elle. Pire encore, Dick aurait pu se faire prendre et mourir aussi. Mais Mac croyait que son amie avait vu juste dans cette affaire. Il fallait que le Castle paye pour ce qu’ils faisaient subir à tous ces gens. Malheureusement pour lui, Neal était trop faible pour supporter ses propres délits.
Pourtant, Mac n’arrivait pas à pardonner à Veronica d’avoir fui. Elle n’arrivait pas à lui pardonner de les avoir abandonnés à Neptune et de ne plus être rentrée. Elle avait abandonné son père alors qu’il venait de perdre sa petite-amie, abandonné Wallace qui avait perdu sa mère, abandonné Dick qui avait perdu une partie de son corps pour elle, abandonné Logan qui avait besoin de se rappeler combien il l’aimait….
Veronica savait que Mac avait raison. Elle n’aurait pas dû fuir si vite. Mais en y repensant elle était persuadée qu’ils étaient mieux sans elle. Ils ne couraient plus de dangers. Logan trouverait une jolie fille qui le mériterait, qu’il pourrait protéger comme il le voulait, qui n’avait aucun passé avec lui et qui de ce fait ne l’empêcherait pas d’avancer. Il avait oublié son passé, il avait besoin d’un avenir. Wallace serait mieux sans elle près de lui. Il en voulait à sa famille et au fond peut-être qu’il avait raison. Combien de fois Veronica avait-elle mis Wallace en danger? Elle lui avait demandé si souvent de lui rendre des services qui auraient pu le faire renvoyer du lycée, elle avait même fait renvoyer sa mère de son travail. Elle avait, à plusieurs reprises empêché son père d’être heureux avec une femme. Oui… ils étaient tous bien mieux sans elle.
Comme elle l’avait promis à Mac et Jake Kane, Veronica se donna corps et âme pour retrouver le meurtrier de Parker. Elle prit une semaine de vacances au Times pour avancer sur son enquête à Neptune. Son article sur l’affaire Kisella avait plu et il était paru en première page. La jeune fille n’aurait jamais été aussi fière si elle l’avait appris à New York ; mais à Neptune, un poids sur ses épaules l’empêchait d’être fière d’elle-même. Elle était contente voilà tout.
La jeune blonde était occupée à relire une énième fois les témoignages des voisins de Parker et Kane quand Mac entra dans l’agence. Veronica sourit en voyant son amie approcher, une bouteille de champagne à la main.
« Mets ça au frais ma jolie ! Ce soir on fête ta parution en une du Times !! »
Elle prit son amie dans ses bras. Son bonheur était sincère.
Puis elle se détourna rapidement et avant de partir, elle lança à Veronica avec un sourire malicieux, mi sérieux-mi ironique : « on fêtera aussi le fait que tu aies pris des vacances, à Neptune ! »
La jeune journaliste sourit de plus belle. Comme elle aimait cette petite brune, comme elle lui avait manqué !
Dans les témoignages des voisins, Veronica avait découvert que Parker écrivait souvent dans un petit cahier près de la piscine. Après avoir pensé que les gens étaient vraiment sans gêne de regarder une jeune fille en maillot de bain dans sa propriété, Veronica trouva cette information fort intéressante et chercha ce cahier partout. Après plusieurs heures d’investigations, elle finit par le trouver dans les aérations de la chambre d’amis de la maison.
Voix off : Tout le monde fait ça ou ce sont juste les gens de Neptune ? Comment Parker a-t-elle trouvé ce truc ?
Dans ce carnet, Parker racontait toutes ses pensées, bonnes comme mauvaises. Elle l’écrivait depuis Hearst. Il n’y avait souvent qu’une petite phrase par date. La première était dédiée à Mac.
Je viens de rencontrer ma nouvelle colocataire : geek, un peu gothique, calme et prude mais je sens qu’on va devenir les meilleures amies du monde.
Voix off : C’est dingue comme certaines personnes peuvent arriver à qualifier les gens dès le premier coup d’œil et les aimer quand même. Mac avait raison, Parker était une fille qui était bonne à connaitre et à aimer.
Veronica avança dans sa lecture. Parker commença à faire mention de son nom au moment où elle sortait avec Logan.
Veronica est très belle, et intelligente. Je sais qu’il l’aime encore.
Il la préfère à moi, je le vois dans son regard.
Voix off : Pauvre Parker. Et moi qui l’avais détestée d’avoir osé approcher mon ex petit-ami.
Pourtant ce n’est pas faute d’avoir fait la même chose à mes ex de lycée.
Veronica lut les meilleurs moments de l’amitié entre Mac et Parker, son retour à Denver, sa rencontre avec Jake, son amitié avec Duncan.
Veronica s’arrêta à cette page. Comment Parker pouvait-elle être amie avec Duncan Kane ?
Duncan avait disparu depuis de longues années. Il avait fui le pays avec sa fille pour la protéger. La famille de Meg, la mère de Lilly, était manipulatrice et violente avec les enfants. A la mort de Meg, elle avait pourtant eu la garde officielle du bébé. Veronica et Duncan ne l’avaient pas supporté. Ils avaient donc mis un stratagème en place pour que Duncan puisse enlever sa fille et ne jamais revenir et que Veronica ne soit pas accusée d’être sa complice.
Depuis, Duncan n’avait plus donné signe de vie.
Veronica tourna rapidement la page pour en savoir plus.
Duncan, je ne l’ai jamais rencontré, mais je suis sûr qu’on se serait apprécié. Il manque terriblement à son père. Il devait être très courageux pour quitter toute sa vie pour sa fille.
Veronica était encore de mèche. Elle aussi doit être une fille à connaitre. Pourtant je lui en veux d’avoir quitté Mac. Elle semble si seule sans elle. Comme l’était Logan avant. Comme il l’est d’ailleurs toujours…
Dans son journal, Duncan parle de la sœur de Meg. Maltraitance ? Il faut que j’en aie le cœur net.
Veronica commençait à comprendre. Parker n’avait pas connu Duncan en personne mais elle avait pourtant pu le connaitre intimement. Tout comme ce que Veronica faisait en ce moment, Parker avait lu le journal de quelqu’un d’autre. Duncan tenait un journal sur son ordinateur. Il avait dû le laisser dans sa chambre avant de fuir. Parker connaissait donc très bien aussi Veronica, Duncan lui avait avoué avoir beaucoup écrit sur elle quand ils étaient au lycée.
Est-ce que les Manning ont quelque à voir avec cette histoire ? Qu’est devenue la sœur de Meg ?
Veronica continua sa lecture.
C’est vraiment des pourritures. Comment peut-on faire cela à une enfant pendant si longtemps ?
Elle m’a tout raconté. Elle m’a avoué qu’elle n’en n’avait jamais parlé à personne, même à Duncan qui avait pourtant essayé de l’aider. Il faut que les gens sachent qui ils sont vraiment.
Il faut que les gens sachent pour que Duncan revienne.
Il faut que Duncan revienne pour que Jake sourie à nouveau.
C’était donc ça. Parker avait un but réel à faire plonger les Manning. Elle avait l’air d’aimer sincèrement Jake Kane. Et Veronica en était certaine, Jake souffrait depuis que Duncan était parti.
Ces dernières lignes étaient les dernières choses qu’avaient écrites Parker. Pour connaitre la suite, il fallait que Veronica aille directement chez les Manning. Mais comment ? Leur faire face et les accuser directement ? Rentrer par effraction comme elle l’avait fait autrefois ? Parler directement aux deux sœurs de Meg?
Veronica pencha pour une solution intermédiaire. Prendre le témoignage de toute la famille en justifiant le fait qu’ils connaissaient bien les Kane et qu’ils avaient peut-être entendu quelque chose au sujet de l’affaire.
La porte s’ouvrit rapidement après que Veronica ait sonné.
Une jeune fille blonde l’accueillit en souriant.
« Bonjour, je suis Veronica. On s’est déjà rencontrées, j’étais une amie de Meg. Puis-je vous parler à toi et tes parents ?
La jeune fille s’écarta et la laissa entrer, docilement.
Monsieur et Madame Manning étaient au salon attendant que quelqu’un leur serve du thé d’après ce que Veronica vit. Elle comprit que Grace, qui n’était encore qu’une enfant, était ce quelqu’un qui les servait.
Bonjour, je suis Veronica Mars
Nous nous souvenons très bien de toi, petite fouineuse, dit sèchement l’homme.
Veronica se racla la gorge.
Euh oui, mais une fouineuse officielle dorénavant, dit-elle en montrant sa carte de détective privée qu’elle avait ressorti de ses cartons. J’ai été engagée par Jake Kane pour retrouver le meurtrier de sa fiancée Parker Lee. Savez-vous quelque chose à ce sujet ?
Seulement ce que nous disent les médias. Que cette pute de Denver était venue soutirer de l’argent à une riche famille de Neptune et qu’elle a payé le prix fort.
Voix off : toujours aussi aimable.
Grace et sa mère ne disaient rien mais leurs yeux avaient réagi au nom de Parker Lee. Un souffle de peur dans le regard de la mère, un souffle d’espoir dans celui de la fille.
Lizzie Manning entra en trombe dans la pièce. Elle reconnut très vite Veronica. Un sourire plein de tendresse passa entre sa sœur et elle. Dans son regard, le même espoir que celui de sa jeune sœur. Le cœur de Veronica se serra, en grandissant, toutes les deux ressemblaient beaucoup à Meg. Elle se demanda soudain à quoi pouvait bien ressembler Lilly, sa fille, maintenant. Elle devait avoir bien grandi, et connaissant ses parents, elle devait être très vive et parler comme un livre. Veronica aimerait la connaitre. Elle aimerait connaitre le Duncan de maintenant aussi. En partant de chez les Manning, elle se dit qu’elle réussirait à suivre Parker dans tout ça. Elle lui promit en regardant le ciel.
Voix off : Je te promets Parker, ton meurtre ne restera pas impuni, et cette maltraitance non plus. Duncan reviendra à Neptune, lui et sa fille seront libres.
Merci de m’avoir montré ce bon côté de toi. J’aurais dû essayer d’aider Grace bien avant.
Veronica décrocha son téléphone et composa un numéro qu’elle connaissait par cœur depuis bien des années.
« Logan ? C’est Veronica. J’ai besoin de te voir. C’est au sujet de Duncan. »
La jeune fille sentit la surprise de l’homme au bout du fil.
Elle lui donna rendez-vous sur la plage une heure plus tard.
Elle prit le temps de passer à son motel pour se changer. Elle n’avait pas encore profité de la plage depuis qu’elle était officiellement en vacances à Neptune. Elle mit donc un maillot de bain sous sa robe de satin noir et des sandales. Elle attrapa son appareil photo et ses clés de voiture et se rua dans sa voiture.
Son enquête semblait avancer. Elle avait fait de nombreuses promesses mais elle sentait qu’elle pourrait les tenir toutes. Elle sentait qu’elles étaient toutes liées.
Elle se baigna pendant une bonne demi-heure avant d’apercevoir Logan avancer depuis le parking de la plage. Elle sortit et se maudit d’avoir oublié une serviette.
Le jeune homme sourit et remonta rapidement à sa voiture de laquelle il sortit deux draps de bain.
Il lui en lança un tandis qu’il enlevait son pantalon et sa chemise.
Veronica ne put s’empêcher de le regarder courir se jeter dans l’eau. Elle s’assit sur le sable, entourant la serviette autour d’elle, attendant qu’il sorte.
Quelques minutes plus tard, il accourut et se jeta à côté d’elle.
« Alors V ? De retour à Neptune et tu ne peux t’empêcher de repenser à Duncan ? Tu n’en as pas assez de passer de lui à moi ?
Veronica, qui avait la tête baissée, allait lui répondre une pique quand elle vit son visage : son sourire était ironique, mais elle lut de la peur dans ses yeux. Elle ne comprit pas son sentiment.
- Cela n’a rien à voir, mon cher ! Je suis sur une enquête et il se trouve que Duncan en est un point crucial. Tu as eu de ses nouvelles ?
- Le dernier souvenir que j'en ai est une dispute entre lui et toi au lycée. Je pensais que tu aurais des nouvelles avant moi. Si mes souvenirs sont bons il était l'homme de ta vie.
Veronica manqua une respiration et toussa silencieusement. A chaque fois que Logan utilisait le mot "souvenir", elle revoyait la scène de l'hôpital, Logan ne se souvenant pas d'elle...
- C’est ce que je craignais, reprit elle. Personne n'a de ses nouvelles et pourtant il semble être au centre de l'enquête...
Voix off : si j’arrive à le réhabiliter face à la justice de Neptune après l’arrestation des Manning pour maltraitance, il faut que j’arrive à le trouver pour le prévenir !
- C’est tout ce que tu avais à me demander ? demanda Logan
- Oui !
- Tu aurais pu le faire par téléphone ! continua le jeune homme plein de malice.
- J’aurais pu c’est vrai, dit Veronica sur le même ton.
Au fond, elle ne savait pas pourquoi elle lui avait demandé de venir et ne lui avait pas demandé directement par téléphone mais elle était contente d’avoir choisi cette option. Sa malice et son sourire lui mettaient du baume au cœur. Elle en avait besoin. Elle le retrouvait comme au bon vieux temps.
- Au fait, ajouta-t-elle, je ne t’ai pas demandé pourquoi tu étais venu voir mon père la dernière fois.
- Oh une affaire au travail sans importance. Mais c’est réglé petit détective, ne t’inquiète pas ! ajouta-t-il en lui caressant la joue.
Veronica lui attrapa la main tandis qu’il s’écartait. Sa caresse avait été tendre, mais trop courte. Mais elle s’aperçut soudain qu’elle ne pouvait lui avouer et le lâcha aussitôt. Ils restèrent tous les deux face à face un moment sans savoir quoi dire. Logan décida enfin de s’éloigner. Avant de lui tourner le dos, il murmura :
« Tu m’as manqué petit lynx »
Veronica attendait Tina et Gabriela devant leur chambre. Alex était parti chercher la voiture. Il leur avait promis d’être leur chauffeur pour cette soirée. Il en avait marre de pédaler et avait besoin de conduire un engin à moteur avait-il dit.Mac avait proposé aux amis de New York de Veronica de venir aussi à la petite soirée qu’elle organisait chez elle. L’informaticienne avait promis à Veronica une surprise.
La bouteille de champagne sous le bras, la jeune blonde attendait ses amies, impatiente. Les deux latinas sortirent de leur chambre avec une tenue renversante comme à leur habitude. Avec son côté discret, Tina savait aussi très bien mettre son corps en valeur. Mais cette fois, Veronica savait que sa tenue pouvait rivaliser avec les leurs. Elle avait revêtue une robe beige à manches 3/4 lui arrivant en dessus des genoux. Ses cheveux étaient bouclés, ce qui les rendait beaucoup plus courts et dégageait son cou au creux duquel le pendentif de Lilly trônait.
La maison de Mac était magnifique. Donnant sur la plage, une grande terrasse accueillait le barbecue qu’elle avait organisé. Une table de mets pour l’apéritif était dressée. La jeune femme s’apprêtait dans la cuisine tandis que Dick, dont l’accès était partout facilité par des rampes, apportait les boissons. Veronica sourit en voyant combien ces deux-là étaient devenus amis.
Le début de soirée se passa pour le mieux. Veronica présenta ses nouveaux amis aux anciens et tout ce petit monde s’entendit à merveille. Comme si les blessures du passé étaient fermées pour un temps. Wallace ne parla toujours pas à Veronica mais il lui accorda quelques sourires ce qui la rendit on ne peut plus heureuse. Un cri se fit entendre. Un cri d’enfant, se dit Veronica. Elle vit Mac sourire.
« Et voilà la grande surprise ! Tu sais les coups d’un soir plein de conséquences ?! s’exclama-t-elle en courant à l’intérieur de la maison. Veronica haussa les sourcils et regarda Alex, qui était le seul coup d’un soir de toute sa vie. Les conséquences étaient assez bonnes pour eux, ils étaient devenus amis.
Mac revint avec un bébé dans les bras. Veronica n’en crut pas ses yeux.
« V. voici Emma, ma fille.
- Je… comment….
- Je sais ça m’a fait un choc à moi aussi. J’étais enceinte au moment de l’accident de Dick et Logan mais je ne le savais pas encore….
- Et puis je suis partie et plus jamais revenue… donc tu ne me l’as pas dit… comprit Veronica
- Je pensais que tu devais la voir de tes yeux. Que je ne pouvais pas te dire ça au téléphone ou par mail. Que tu devais rentrer pour une autre raison que pour la voir. Qu’elle ne devait pas être la raison de ton retour.
- Et elle l’aurait été si tu me l’avais dit, elle l’aurait été, dit Veronica les larmes aux yeux en prenant dans ses bras la petite fille que Mac lui tendait.
Le lendemain matin, alors qu’elle relisait le journal de Parker dans son lit, Veronica trouva une chose qu’elle n’avait pas vue à sa première lecture. A la dernière page du journal, une carte micro SD était scotchée avec une phrase écrite en rouge : Je le tiens.
Veronica sauta de son lit et enfila un tee-shirt et un pantalon rapidement. Elle avait laissé son lecteur de carte SD à l’agence.
Arrivée là bas, elle se rua sur son bureau pour allumer son ordinateur.
Keith sortit la tête de son bureau
« Tiens bonjour Veronica. Tu as l’air bien pressée ce matin.
Je suis sur un gros coup papa !
Ah comme j’aime entendre ces mots ! dit-il en lui embrassant le front debout à côté d’elle et regardant son écran d’ordinateur. Toujours sur l’affaire Parker Lee ?
Oui, mais là je sens que je ne suis pas loin de découvrir la vérité. »
Veronica ouvrit la page du journal, la montra à son père et décolla la carte qu’elle glissa dans l’adaptateur puis dans son ordinateur portable.
Une vidéo s’ouvrit directement. Une petite fille blonde faisait face à la caméra.
« C’est Grace Manning », dit Veronica en réponse au regard interrogateur de son père.
Ils se turent et écoutèrent Grace parler, plein d’émotions dans la voix.
Quand j’étais petite, ils me forçaient à rester dans un placard quand ils n’étaient pas à la maison. Ils m’obligeaient à écrire des lignes et des lignes dans des carnets. Je n’écrivais pas toujours la même chose mais c’était souvent à propos de règles à respecter.
Je ne dois pas parler aussi mal à mon père. Je dois respecter les adultes. Je ne dois pas faire comme ma sœur Lizzie. Je dois suivre l’exemple de Meg.
Keith et sa fille écoutèrent la jeune fille décrire son enfance. Ses parents la maltraitaient moralement mais que très rarement physiquement. C’est ce qui était le plus difficile à déceler.
Veronica se dit que peut-être la frapper aurait permis que ses souffrances s’arrêtent plus vite, que quelqu’un aurait remarqué les bleus et les coups et que la famille aurait été inquiétée plus rapidement. Des années que la fillette subissait humiliation, rabaissement, violences morales et que personne n’en savait rien. Veronica s’en voulait de n’avoir rien dit plus tôt. Mais Neptune était comme ça, les gens riches s’en sortaient toujours. Il n’y avait qu’à penser à Aaron Echolls qui avait été acquitté alors que toutes les preuves laissaient penser qu’il avait tué Lilly Kane. Heureusement que quelqu’un avait été là pour le tuer. Veronica n’avait jamais été pour la peine de mort, mais dans ce cas là, elle admirait presque le meurtrier de l’acteur. Dans son for intérieur, elle était persuadée que Duncan y était pour quelque chose. Veronica avait réussi à sauver Lilly, sa fille, des griffes des Manning, des années auparavant mais pas Grace, ni Lizzie d’après ce qu’elle entendait.
Lizzie Manning, deuxième fille de la famille, n’avait jamais été appréciée de ses parents. Quand elle était au lycée, elle était dévergondée, provocante. Veronica ne comprenait pas comment elle pouvait être la sœur de Meg qui était si gentille, douce et intelligente. Meg n’aurait jamais fait de mal à une mouche alors qu’on ne pouvait pas en dire autant de Lizzie. Leurs parents en étaient également bien conscients et le faisaient sentir tous les jours à Lizzie d’après ce que Grace racontait à la caméra.
« Ils lui disaient sans cesse qu’elle n’était pas Meg, que Meg était meilleure qu’elle, qu’elle aurait dû mourir à la place de Meg, qu’elle ne faisait jamais rien de bien, qu’ils n’auraient jamais dû avoir d’enfants après Meg…. »
Veronica avait les larmes aux yeux, son père aussi, ils avaient pourtant l’habitude de voir de la souffrance dans leur métier, et surtout à Neptune mais la douleur de cette petite fille les émouvait. Keith passa son bras autour des épaules de sa fille tandis que celle-ci fermait le fichier vidéo.
« Je les tiens », répéta-t-elle en souvenir de Parker.
Veronica se rendit au bureau du shérif où elle demanda à parler personnellement au « grand patron ». Kevin Quinn la fit entrer dans son bureau et l’écouta.
Il n’avait pas eu la réaction à laquelle la jeune détective s’attendait. Il avait l’air touché par ces accusations de maltraitance sur enfant. Mais il voulait plus de preuve. Pour lui, un témoignage de fillette ne vaudrait rien face aux juges de Neptune tous membres des 09ers et amis des Manning.
Il fallait donc à Veronica trouver une preuve écrite, autre que les dires d’une enfant. Et elle savait ce qu’elle devait chercher.
« Autre chose, continua Veronica, je pense que c’est également Manning qui a tué Parker Lee. »
Le shérif sourit. Après la maltraitance, c’était de meurtre qu’elle l’accusait ? Qu’est-ce que cette famille lui avait donc fait ?
Parker Lee est la jeune fille qui a filmé cette vidéo. Elle enquêtait sur la maltraitance de la jeune Grace. Elle voulait que Manning paye pour cela. Je pense qu’elle l’a menacé de tout dévoiler et qu’il l’a tuée pour qu’elle se taise.
Kevin Quinn sourit de plus belle.
Et que m’offrez-vous en échange d’une convocation au poste pour ce charmant père de famille ? Je pourrais lui demander son alibi pour cette nuit là, l’enquête tourne un peu en rond donc je n’aurais rien à perdre mais rien à gagner non plus.
Veronica le regarda sans comprendre. Les yeux de l’homme se promenaient sur son corps.
Un dîner serait un bon début, continua-t-il.
La jeune fille ravala sa salive pour ne pas vomir et se leva. Elle tendit sa main à l’homme avec un sourire froid.
On dit ce soir 19h ? cria-t-il alors qu’elle était déjà loin dans le couloir voulant échapper au plus vite à son regard pervers.
A 18h55, la sonnette de l’agence retentit. Keith alla ouvrir au shérif, habillé sur son 31. Il n’avait pas vu d’un très bon œil le rapprochement entre sa fille et cet homme qu’il trouvait détestable, comme les derniers shérifs que la ville avait eu le malheur d’avoir. Veronica lui avait assuré qu’ils avaient conclu un marché pour son affaire et que cela resterait très professionnel. Et vu le regard qu’elle lui avait lancé à son arrivé, Keith ne doutait pas que sa fille rentrerait seule à son motel ce soir et sûrement même tôt dans la soirée.
La soirée n’avait pas été aussi horrible que Veronica avait pensé. Après des minutes interminables pendant lesquelles le shérif lui raconta son enfance, pas facile en convint la jeune fille (parents junkie, père : dealer, mère : enceinte une fois par an, violences conjugales…), il fut appelé par ses adjoints. Ils avaient besoin de lui. Veronica n’avait jamais autant remercié la police de Neptune de faire enfin son travail. Avec un sourire timide, elle refusa l’invitation de l’homme de la raccompagner rapidement à son hôtel. Une nouvelle virée dans la voiture de flic ne lui disait rien du tout.
En ce début de soirée, elle avait au moins appris que Mr Manning n’avait pas d’alibi pour le jour du meurtre de Parker. Mais d’après le shérif, il n’avait pas de mobile solide non plus.
Alors qu’elle sortait du restaurant, Veronica croisa Alex. Il la regarda d’un mauvais œil.
« Je croyais que tu aurais choisi meilleur étalon après moi. J’ai vu que tu étais avec le shérif ce soir.
Mais dis-moi ! Tu m’espionnes ?
Pas vraiment, un peu. Je voudrais juste que tu trouves chaussure à ton pied parce que tu m’as l’air bien seule quand je te regarde. Tes amis sont super mais je sens un froid entre vous. »
Veronica regarda le Français comme elle ne l’avait jamais vu. Il était beaucoup plus perspicace qu’il n’en avait l’air. Oui, il y avait un froid entre elle et ses amis qu’elle n’arrivait pas à éloigner, oui elle se sentait seule et oui elle aimerait, elle aussi, trouver chaussure à son pied.
Elle ne rentra finalement pas seule dans sa chambre ce soir là. Elle fit l’amour avec Alex une seconde fois. Et comme la première fois, Veronica se demanda si elle arriverait à le laisser quitter le pays.
Le lendemain, Veronica se réveilla difficilement. La nuit avait été longue, mais bonne. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien. La dernière fois était sur la plage avec Logan.
Voix off : Comment une tendre caresse sur la joue et un surnom vieux de plusieurs années peuvent être comparés à une folle nuit d’ébats spectaculaires ?
La jeune fille savait très bien que la différence était grande. Les hommes avec qui elle avait partagé ces deux moments étaient très différents mais elle ne voulait pas se l’avouer.
Elle ne put s’empêcher d’embrasser le dos d’Alex encore endormi, la tête dans l’oreiller. Franchement, pour un Français et un coup d’un soir (de deux soirs), il était loin d’être mal !
Elle s’habilla rapidement et prit son appareil photo et ses clés de voiture.
Elle remercia son père de lui avoir loué une voiture, elle ne savait pas comment elle aurait fait sans. La mustang s’arrêta au centre ville où Veronica acheta de quoi petit déjeuner sur le pouce.
Encore une fois, elle fit une rencontre à laquelle elle ne s’attendait pas sur le trottoir.
« Logan Echolls est bien matinal, dit-elle en le voyant s’approcher.
On pourrait en dire autant de cette chère Veronica Mars. Tu es tombée du lit ? demanda-t-il en remettant une mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune fille.
Celle-ci passa rapidement la main dans ses cheveux, elle avait oublié de passer à la salle de bain avant de partir. Elle devait être affreuse.
Je…
Tu as eu une folle nuit sexuelle et tu n’as pas pris le temps de te repoudrer le nez parce que tu veux vite amener les pains au chocolat à ton cher et tendre pour pouvoir recommencer ?
Un voile passa dans le regard du jeune homme quand il vit dans l’expression de son amie qu’il n’était pas si loin de la vérité.
Euh… cela n’a rien à voir. J’ai une enquête à finir et il ne me reste plus beaucoup de temps avant que je rentre à New York.
Logan ravala sa fierté et lui demanda :
Ton enquête sur le meurtre de Parker ? Cela avance ? Tu as besoin d’aide ?
Non merci. Je devrais l’avoir bouclée prochainement. Je crois savoir qui l’a fait et pourquoi. Il ne me reste plus qu’à le prouver.
Logan oublia tout d’un coup la première inquiétude qu’il avait eue en pensant que Veronica avait passé la nuit avec un homme. Il fut inquiet pour elle, tout court. Qu’allait-elle faire encore pour prouver ce qu’elle pensait ?
Je dois y aller ! Ça m’a fait plaisir de te voir ! s’exclama-t-elle en retournant à sa voiture. »
Logan la regarda s’avancer vers sa mustang et fit tourner ses clés de voiture dans sa main ; il soupira. Il fit demi-tour et accéléra le pas pour se rendre à son SUV. Il ne fallait pas qu’il la perde de vue.
Veronica s’arrêta devant une belle et riche villa du quartier le plus côté de la ville. Elle souffla plusieurs fois et sortit de sa voiture. Sur le trottoir, elle vérifia l’intérieur de son sac à main : son porte carte, son appareil photo, son téléphone, sa bombe lacrymogène, son taser. Elle souffla une dernière fois et courut en traversant la route. Elle se glissa dans le jardin des Manning le plus discrètement possible. Personne n’était présent dans la maison, elle avait appelé leur téléphone fixe à plusieurs reprises pour vérifier. Certaines personnes ne répondent pas quand ils ne connaissent pas le numéro, mais c’était un risque qu’elle était prête à courir. Cependant, Veronica se dépêcha de traverser le jardin pour se rendre à l’arrière de la maison, les voisins eux, étaient peut-être chez eux. Elle avait d’ailleurs pris soin de ne pas garer sa voiture juste devant la villa pour ne pas éveiller les soupçons.
La porte de derrière était fermée, mais la jeune femme connaissait depuis bien longtemps la technique pour crocheter une serrure. Cela ne lui prit que quelques minutes.
Toujours discrètement, elle ouvrit la porte et se glissa à l’intérieur de la résidence. Elle grimpa les escaliers quatre à quatre. Elle savait que ce qu’elle cherchait était dans la chambre de Grace, au fond du placard à vêtements. Elle sortit son appareil pour prendre en photo son parcours. Elle prit les escaliers en photo, la porte de la chambre où le nom de « Grace » était écrit en minuscule à la main, elle ouvrit le placard qu’elle photographia, écarta les vêtements. Une petite porte coulissante était cachée derrière des monticules de boites à chaussures, vides pour la plupart, comme pour signifier que la vie de la fillette était belle et pleine de luxe mais que ce n’était qu’un mensonge. Une dernière photo du placard avant de l’ouvrir. La porte coulissa en couinant, Veronica eut le temps d’apercevoir les tas de cahiers qu’elle avait vus des années en arrière ; un léger bruit se fit entendre, elle allait se retourner quand soudain, ce fut le noir.
Veronica eut du mal à émerger. Elle se réveilla dans une chambre d’hôpital. Logan entra à ce moment –là, il tenait dans sa main le sac à main de la jeune fille ainsi que son petit porte carte qu’il déposa sur sa table de nuit.
« Je n’arrive plus à me rappeler de comment je suis arrivée là, dit-t-elle doucement.
- Tu as eu beaucoup de chance, dit-il avec un soupir dans la voix.
- Logan, je suis en vie… s’il te plait dis-moi comment je suis arrivée là ?
- C’est marrant, il y a un an on était dans la situation inverse. Mais moi je ne me rappelais plus de rien…
Veronica le regarda, désolée.
- Je t’ai suivi, poursuivit-il. Je savais que tu prenais des risques avec cette enquête, encore… Quand j’ai vu que Manning rentrait chez lui j’ai appelé les flics pour un cambriolage. Mais Manning t’avait trouvé avant qu’ils n’arrivent. Il t’a frappé à la tête.
- Et il a fait passer ça pour de la légitime défense… continua Veronica.
Logan secoua la tête, déçu et soulagé en même temps.
- Tu prends beaucoup trop de risques V. Il faut que t’arrêtes avec ça !
- Qu’est-ce que tu veux ? J’aime le risque !
Logan la regarda durement :
- Oui peut-être, mais sache que tous les gens que tu as mis sur cette liste, dit-il en montrant le porte-carte, t’aiment encore plus.
Veronica fut surprise, et décontenancée. Elle ne savait pas s’il fallait lui en vouloir d’avoir regardé dans ses affaires ou le remercier de ce qu’il venait de dire et de lui avoir sauvé la vie. Logan ne lui laissa pas le temps de répondre.
- J’ai remarqué quand même que ce Français n’était pas encore inscrit dans cette liste. Et ça, ça me rassure pour la suite…
Laissant sa phrase en suspens, il lui embrassa le front et s’éloigna.