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Rencontre du premier type

Série : Veronica Mars
Création : 29.12.2015 à 20h59
Auteur : Elodielodi 
Statut : Terminée

« Largement inspirée d'une conversation avec Marion, cette fic ne tient pas compte du film. Je ne vous en dis pas plus... » Elodielodi 

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Face à la cabine, elle regardait l’heure en attendant l’ascenseur. Déjà 21h30. Ceci expliquait les grondements dans son ventre. Après tout, elle n’avait pas mangé depuis le matin, le repas du midi ayant été quelque peu… abrégé. Elle commençait à s’égarer dans ses pensées quand la voix de Logan résonna près de son oreille.

 

LOGAN – Que dis-tu d’un diner avant le café ?

 

Elle se tourna vers lui, mutine. Ses joues étaient encore légèrement rosies par le souvenir de leur début d’après-midi.

 

VERONICA – Lirais-tu dans mes pensées, Echolls ?

 

LOGAN – Tu crois ?

 

Elle vira au rouge. Il sourit. Il savait, à cet instant, exactement ce à quoi elle pensait. Elle se tourna vers les portes en tapotant du pied quand l’ascenseur arriva enfin. Ils se positionnèrent chacun d’un coté, marquant le plus de distance possible. Elle n’osait pas encore lever les yeux vers lui, tandis qu’il se délectait de sa pudeur. Il mit fin à sa gène en changeant de sujet.

 

LOGAN – Donc je récapitule. On est en attente des résultats d’analyses du légiste, des vidéo-surveillances, de la salive et du graphologue. Et on a un nom. Ethan Hunt. On dirait un nom d’espion… Mais c’est qui ce type, il sort d’où celui-là ?

 

Elle appréciait qu’il ne cherchât pas à la déstabiliser davantage, comme il l’aurait fait par le passé. Elle savait l’emprise qu’il avait sur elle, elle avait eu tout le loisir de la constater plus tôt dans l’après-midi.

 

VERONICA – A vrai dire, ce n’est pas la question que je me posais. Elle avait dressé des yeux rieurs vers lui, il s’en étonna. En fait, je me demandais. Chinois ou Italien ?

 

Ils se sourirent. Complicité renaissante. Et cela ne les aiderait pas à se maintenir à distance.

 

Ils descendirent au rez-de-chaussée. Ils se dirigeaient vers la sortie quand Veronica changea brusquement de direction. Elle se planta face au comptoir. L’hôtesse semblait extrêmement concentrée sur un travail. Veronica toussota, sans avoir l’effet escompté. Elle enrageait, alors Logan, qui l’avait rejointe, prit les devants.

 

LOGAN – Bonsoir.

 

Il avait sorti sa voix suave. L’hôtesse avait immédiatement levé les yeux et adressé un sourire charmeur au jeune homme. Veronica leva les yeux au ciel et croisa les bras sous sa poitrine, dans un demi-sourire. Comment pouvait-elle lui en vouloir à cette greluche, elle aussi avait frissonné en entendant ce simple mot.

 

HOTESSE – Bonsoir. Que puis-je faire pour vous ?

 

Elle n’avait pas lâché Logan des yeux quand, dans un geste théâtral il désigna Veronica du doigt. La jeune femme perdit un peu de son sourire en se tournant vers son interlocutrice. Et celui-ci disparut totalement quand Veronica agita devant son nez sa plaque.

 

VERONICA – Agent Mars, FBI. Nous enquêtons sur le meurtre qui a eu lieu dans la chambre 408. Etant donné que cela va être long, il me faut une chambre. S’il vous plait.

 

LOGAN – Mettez en deux. Ajouta-t-il avec un clin d’œil.

 

L’hôtesse s’activa. Les deux agents restèrent silencieux.

 

L’entendre demander une chambre lui fit réaliser qu’il allait pouvoir profiter de sa présence quelques temps encore. Cela avait suffi à le rendre joyeux. Il s’était rendu compte qu’il n’avait plus de chambre, la sienne étant transformée en scène de crime. L’idée de partager une suite avec la petite blonde lui avait traversé l’esprit, mais c’était beaucoup trop tentant. Autant l’inviter directement dans son lit. Il fallait des obstacles entre Elle et Lui au risque de faire des bêtises… encore.

 

HOTESSE – Voici vos clés. Chambres 209 pour Madame et 211 pour Monsieur. Bonne soirée.

 

Des chambres voisines. Ils ne savaient pas si c’était une bonne ou une mauvaise idée. Ils décidèrent de taire leurs pensées et de se concentrer sur leur fringale en quittant le hall.

 

VERONICA – Alors ?

 

LOGAN – Alors… Alors je choisis ce restaurant.

 

VERONICA – Hamburger ? S’écria-t-elle effarée. Très glamour …

 

LOGAN – Tu crois franchement qu’on a besoin de romantisme ? Déclara-t-il de son regard perçant.

 

VERONICA – Hamburger ! Affirma-t-elle convaincue en reportant son regard sur le restaurant.

 

Il lui tint la porte, ils passèrent leur commande et s’installèrent face à face sur une table haute. Ils commencèrent leur repas dans le silence, affamés par l’odeur. Il plongea sa frite dans la sauce de Veronica, puis lui proposa un peu de sa boisson qu’elle accepta. Le plus naturellement du monde…


Elodielodi  (26.01.2016 à 20:20)
Message édité : 27.01.2016 à 20:02

Le plus naturellement du monde… Il allait relancer la conversation quand le téléphone de Veronica se mit à vibrer avec force. Logan ne put s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie en lisant le nom de l’interlocuteur. William. Agacé, Logan mordit violemment dans une frite. Son manège n’échappa pas à Veronica qui préféra rejoindre sa chambre pour discuter avec son compagnon.  Logan la regarda s’éloigner à regret. La journée avait bien commencé. L’excitation n’avait fait que grandir durant la journée. A présent, il était embarqué dans des montagnes russes. Veronica était prête à s’abandonner dans ses bras mais un cadavre avait été découvert dans sa chambre. Elle était nommée sur l’affaire avec lui. Ils dinaient en tête à tête, leurs chambres étaient voisines… Tant de promesses pour cette nuit. Promesses rompues par l’appel du petit ami. Comme au sortir d’un grand 8, Logan avait l’estomac retourné. Il ne finit pas son repas et alla se coucher. La nuit calmerait peut-être ses ardeurs. Quoique… La savoir si proche ne l’aiderait pas à trouver le sommeil.

 

 

Il lutta plusieurs fois dans la nuit contre l’envie d’ouvrir la porte de sa suite et contre l’envie de se lover près de son corps gracile. L’esprit profondément embrumé, il entendit à peine les coups portés à sa porte. Le visiteur devait être las d’attendre car les coups cessèrent. Logan se retourna sur le matelas quand une voix le réveilla tout à fait.

VERONICA : Tu te lèves tout seul ou je dois t’habiller, Echolls ?

LOGAN : Pas cap, ne put-il s’empêcher de répondre.

VERONICA : On a passé l’âge de jouer et on a du nouveau.

Déçu, Logan se tira des draps. Il ne congédia pas la blonde hors de sa chambre. Pas de fausse pudeur entre eux. Il n’avait gardé qu’un boxer pour dormir. Les chambres d’hôtel étaient toujours surchauffées. Logan se saisit d’un pantalon de costume qu’il enfila sans se presser. Veronica apprécia son manège en croisant les bras sur sa poitrine.

LOGAN : Tu peux m’aider si je ne vais pas assez vite à ton goût…

Les yeux de Veronica se levèrent au plafond. L’agent passa sa chemise blanche en souriant. Il vint se placer face à elle pour nouer sa cravate. Ce fut la goutte d’eau pour la blonde. Elle le saisit par le col et l’attira à elle. Logan eut un sourire amusé. Il avait joué sa petite comédie uniquement pour arriver à cet instant.

VERONICA : Heureusement que mon père m’a appris à faire les nœuds de cravate… dit-elle en nouant celle de Logan à grande vitesse.

Elle la lui lissa satisfaite et eut un sourire en voyant son air déconfit.

VERONICA : Plus tard, les jeux, plus tard… On a du boulot aujourd’hui. 

A ces mots, elle quitta la chambre des tentations pour le hall. Logan était sur ses talons.

LOGAN : Tu m’expliques.

VERONICA : En chemin. Si on se presse, on a le temps d’un café avant de passer voir le légiste.

LOGAN : Un café ! V, tu sais que je...

Il retint de justesse la fin de sa phrase. Il était trop tôt pour utiliser ce mot.

VERONICA : que tu m'adores... Je sais...

Ok, il travaillait sur un crime particulièrement glauque mais il était heureux. Il y avait du flirt dans l'air et ça le rendait joyeux. Souriant, il monta dans le SUV fédéral de Veronica.

 

 

A la terrasse d'un Starbucks, Veronica expliqua les dernières avancées rapportées par les agents Gries et Malcolm.

VERONICA : Comme on s’en doutait Ethan Hunt est un pseudo.

LOGAN : Impasse, donc…

VERONICA : Pas nécessairement, les caméras de vidéo-surveillance ont parlé... La silhouette que l’on voit entrer dans ta chambre peu de temps avant le meurtre évoque un homme.

LOGAN : Pourquoi tu parles de silhouette ? On ne le voit pas directement ? Il a réussi à ne pas se faire remarquer alors qu’il portait un corps ?

VERONICA : Il ne portait pas de corps.

Logan marqua un silence stupéfait.

VERONICA : La fille est rentrée vivante avec lui… Il l’a tuée sur place… Il est particulièrement sûr de lui mais toute son assurance nous en apprend beaucoup sur lui…

Logan sourit en voyant Veronica jouer les maitres Jedi. Il se résolut à prendre le rôle de Padawan.

VERONICA : 1, l’homme connait parfaitement les lieux ; 2, il connaissait sa victime ; 3...

LOGAN : Il nous connait… Ses deux messages sont assez clairs, du moins pour nous…

VERONICA : « Sans ses yeux et sans son cœur, qu'est-ce qui guidera le dieu de la guerre ? La justice ? Permettez-moi d'en douter... » récita-t-elle avec agacement.

LOGAN : « Un petit stock de salive, ça peut toujours servir au beau parleur qui vous accompagne... »

Ils méditèrent un temps sur ces deux messages.

VERONICA : On cherche quelqu’un qui en a après moi et après toi. On est parti pour se replonger dans nos jeunes années…  

LOGAN : En même temps, on s’en doutait… Souviens-toi de la caméra inactive…

VERONICA : Kane software… J’espère que ce n’est pas encore les Kane qui sont derrière tout ça… Sinon…


alExiaN  (27.01.2016 à 16:03)
Message édité : 27.01.2016 à 20:07

Alors qu’elle allait finir sa phrase, leurs téléphones respectifs se mirent à sonner. Presque synchro, ils sortirent leurs smartphones et cliquèrent sur l’enveloppe clignotante. En relevant les yeux, ils comprirent qu’ils avaient reçu le même message. Ils regardèrent autour d’eux, inquiets.

VERONICA – Ne vous y trompez pas. Je suis là pour vous ! Vous devriez courir…

LOGAN – Ou peut-être pas. Après tout, j’adore jouer !

VERONICA – Si on avait un doute, ce coup-ci c’est officiel, c’est après nous qu’il en a !

LOGAN – Ce qui veut dire qu’il va falloir qu’on trouve qui est derrière tout ça et vite, ou alors…

VERONICA – Les cadavres ne seront plus seulement des inconnus qui nous ressemblent.

L’air était étouffant, tous les deux commençaient à se dire que tout ceci avait été planifié depuis bien longtemps. Plus longtemps qu’ils ne le pensaient. Sinon comment auraient-ils pu savoir que Veronica et Logan se retrouveraient à cette conférence ? Comment auraient-ils pu savoir qu’ils travailleraient ensemble, que Greenfield avait planifié le retour de Veronica ? Ils échangèrent un regard lourd de sous-entendus.

Veronica voix off : Ok j’admets, je donnerai n’importe quoi pour oublier tout ça et retourner à ces deux minutes de rêve que j’ai partagées avec lui dans les WC de la salle de conférence.

LOGAN – Je crois qu’il faudrait qu’on innove, tu ne crois pas ?

Veronica tourna les yeux vers lui à nouveau en soulevant un sourcil. Il lui lança un regard taquin.

LOGAN – On se retrouve. On découvre un cadavre. Je suis accusé de meurtre. On est menacé de mort ! Ça devient franchement lassant, c’est toujours le même scénario.

VERONICA – Oui tu as raison, la prochaine fois c’est nous qui commettons un meurtre ! Déclara-t-elle en avalant le reste de son café d’une traite.

Elle se leva en rassemblant ses affaires et fit quelques pas pour sortir de la terrasse du café. Logan sourit franchement à la réplique et la suivit de quelques pas.

LOGAN – Si je ne te connaissais pas, je serais choqué !

Elle se stoppa dans son élan et fit demi-tour, Logan faillit la percuter. Ils se regardèrent intensément.

Veronica voix off : Est-ce que tu peux me dire pourquoi à chaque fois que tu es dans une situation pareille avec Logan, tu as une envie irrépressible de lui sauter au cou ! Réfléchis Mars !

VERONICA – Oh non Echolls, il en faudrait bien plus pour que je te choque !

Logan se mordit la lèvre et souffla doucement pour évacuer la bouffée de chaleur qui venait de s’emparer de lui lors de l’aveu de Veronica. Elle s’écarta et le regard avec défi.

Logan étouffa un rire et la suivit vers la voiture, lorsqu’il arriva à sa hauteur il jeta un œil à la petite blonde et demanda :

LOGAN – Sinon quoi ?

VERONICA – Quoi ? Demanda-t-elle sans comprendre où il venait en venir.

LOGAN – Tu n’as pas fini ta phrase avant qu’on reçoive ce joli mot doux ! Déclara-t-il en secouant le téléphone dans les airs. Tu disais « J’espère que ce n’est pas encore les Kane qui sont derrière tout ça… Sinon » Reprit-il lui jetant un petit regard interrogateur.

Elle déverrouilla le véhicule et ils s’installèrent et Veronica soupira.

VERONICA – Je ne sais pas. Admit-elle.

Elle alluma le contact et tourna les yeux vers Logan.

VERONICA – On peut faire un point à ton bureau ?

Logan acquiesça, Veronica s’engagea dans la circulation.

Veronica était dans ses pensées, elle n’avait plus échangé un regard, ni même un mot avec Logan de tout le trajet. Arrivée devant le bâtiment, elle avait simplement suivi Logan comme un automate.

Veronica voix off : Comment est-il possible que Kane ait placé une surveillance sur nous depuis tout ce temps ? Ou est-il possible que la fuite vienne de l’intérieur ? Peut-être que quelqu’un dans le service de Greenfield était au courant de ses plans ? Oh Veronica tu vas devoir mettre ton nez dans tous les dossiers ! Mais… Attends voir, je connais ce bureau !

Elle leva les yeux, réalisant qu’elle venait de rentrer dans un bureau. Elle détailla la pièce comme si elle la connaissait déjà. Elle admira la vue quelques secondes et son regard glissa sur les étagères au mur avant de comprendre qu’elle ne faisait pas erreur.

VERONICA – C’est une blague !

Logan leva les yeux vers elle derrière son bureau et fronça les sourcils en voyant l’air ahuri de Veronica.

LOGAN – Qu’est ce qui ne va pas ?

VERONICA – Tu plaisantes, ce n’est pas ton bureau !

LOGAN – Non j’ai piqué celui d’un collègue ! Bien sûr que c’est mon bureau, pourquoi ?

Il se rapprocha d’elle. Elle tourna les yeux vers lui.

VERONICA – Tu as choisi ce bureau ?

LOGAN – Oui ! Tu vois la vue… Elle est à couper le souffle !

VERONICA – Elle est à couper le souffle ! Lâcha-t-elle en même temps que Logan.

Logan se tourna vers elle, surpris. Agréablement surpris. Il comprit dans la seconde lorsque Veronica sourit en secouant la tête.

LOGAN – C’était ton bureau quand tu bossais avec Greenfield !

Veronica acquiesça dans un sourire. Logan étouffa un rire et se posta à côté d’elle pour observer la vue à son tour. Ils restèrent côte à côté face aux baies vitrées. Son cœur s’accéléra lorsqu’il la sentit si près de lui, lorsque le doux parfum sucré de sa peau lui chatouilla les narines. Elle frissonna lorsqu’il se stoppa près d’elle. Le fait de le savoir si proche d’elle la rendait nerveuse, ses mains étaient moites et elle avait soudain des bouffées de chaleur. Pourtant elle ne bougea pas. Elle tourna même les yeux vers lui et voulut dire quelque chose lorsque le téléphone se mit à sonner.

Logan s’excusa du regard et rejoignit son bureau pour prendre l’appel.

LOGAN – Agent Echolls !

Veronica fit quelques pas dans le bureau, un petit sourire en coin sur les lèvres et détailla les cadres et les photos que Logan avait exposés sur l’étagère et sursauta lorsque la voix de Logan s’éleva. Une voix rauque, tremblante, presque meurtrie. Veronica se tourna vers lui et remarqua la détresse sur le visage de son amant et s’avança vers lui, inquiète.

LOGAN – Quoi ? Quand ?

LOGAN – Comment…

Sur son visage, les émotions défilaient comme sur un panneau d’affichage et Veronica ne savait pas à quoi se fier. Dans les yeux de Logan, elle voyait la colère et la tristesse grandir et s’en inquiéta davantage. Logan balança le téléphone, ne laissant pas le temps à son interlocuteur de finir sa phrase, il plongea son regard dans celui de Veronica.

LOGAN – Ils sont allés trop loin…

VERONICA – Parle-moi Logan.

Il déglutit difficilement et d’une voix faible et tremblante reprit :

LOGAN – Sofia… Quelqu’un a percuté sa voiture et a fait un délit de fuite. Elle est aux urgences, son pronostic vital est engagé.

Veronica pâlit, son sang ne fit qu’un tour, elle avait envie de vomir. Elle avait froid, puis chaud… S’ils commençaient à s’attaquer aux proches, le jeu n’était plus du tout le même.

VERONICA – Logan, je suis…

LOGAN – Je vais leur faire la peau ! Enragea-t-il en tentant de se diriger vers la sortie.

Veronica le retint avec force. Il tenta de résister mais elle tint bon.

LOGAN – Laisse-moi …

VERONICA – Quoi ? Courir après un fantôme, sans preuves, sans indices. Elle a besoin de toi… Voilà où tu dois être…

Il passa sa main sur son visage, tenta de calmer ses nerfs. Elle lui tenait toujours sa main, elle ne l’avait pas lâché depuis qu’elle avait essayé de le retenir. La pression était moins forte, mais lui non plus n’étais pas prêt à lâcher prise.

LOGAN – Je ne te laisserai pas seule…

VERONICA – Je suis une grande fille Logan… Elle a besoin de toi ! Dit-elle sur un ton qui se voulait convaincant bien qu’elle ne sache pas si elle essayait véritablement de convaincre Logan ou elle-même. Elle laissa entrevoir un petit sourire et lui ordonna des yeux de partir.

Logan relâcha sa main à contre cœur. Fit quelques pas vers la sortie puis rebroussa chemin pour déposer ses lèvres sur le front de la petite blonde. Elle savoura le contact, fermant les yeux, oubliant un instant sa détresse et le laissa partir.

LOGAN – Fais attention à toi…

Il disparut dans le couloir rapidement. Elle le suivit du regard quelques secondes et sortit son téléphone dans la foulée, composa un numéro à la hâte et tomba directement sur la messagerie. Elle inspira profondément et recomposa le numéro, attendit et tomba à nouveau sur le répondeur. Elle grommela et composa un nouveau numéro, les mains tremblantes.

VERONICA – Stacy, c’est Veronica ! Est-ce que William est en mission ?

VERONICA – Stacy ?

A l’autre bout du téléphone, Veronica n’entendit que des reniflements et s’écria à nouveau :

VERONICA – Stacy, parlez-moi !


Marion  (05.02.2016 à 20:13)
Message édité : 06.02.2016 à 10:47

VERONICA : Stacy, parlez-moi!

 

STACY : Je suis désolée, Veronica... Nous n'avons plus de nouvelles de William depuis votre départ pour votre conférence...

 

L'aveu de la collaboratrice de son compagnon lui coupa le souffle mais pas le cerveau. Veronica ne comprenait pas ce qu'il se passait. William ne pouvait pas avoir disparu depuis si longtemps. Elle lui avait parlé après avoir été transférée dans l'équipe à Greenfield. Quelque chose clochait...

 

VERONICA : Vous vous trompez, j'ai eu William au téléphone hier. Regardez sur son relevé d'appels, vous verrez.

 

STACY : Nous l'avons fait... Mais sa ligne est inactive depuis votre départ... Si vous avez parlé à William, c'est...

 

VERONICA : C'est sous la contrainte...

 

Elle se repassa la conversation qu'ils avaient eue mais rien ne lui parut étrange. Elle ne pouvait imaginer qu'elle avait parlé à quelqu'un de contraint.

 

VERONICA : Sur quoi bosse Will ? Qui a pu l'enlever ?

 

Veronica débitait sa liste de questions à la vitesse d'un chargeur de mitraillette.

 

STACY : Veronica, arrêtez... Ecoutez-moi. Je ne vais pas vous apprendre ce que c'est que de bosser sous couverture... William était...

 

VERONICA : William EST un excellent agent. Retrouvez-le ! Sortez-le du merdier où vous l'avez lâché ! Si vous n'arrivez pas à tracer un portable, demandez MacKenzie à la CIA, elle a des yeux partout, elle le trouvera.

 

STACY : Veronica... Attendez...

 

VERONICA : Attendre quoi ? Attendre que William réapparaisse en pièces détachées ?

 

STACY : Veronica...

 

VERONICA : Rien du tout ! Je ne peux pas revenir faire votre boulot. J'ai un psychopathe à mes trousses. Alors bougez-vous et retrouvez William !

 

STACY : ON A DEJA RETROUVE UN MORCEAU ! hurla la collaboratrice au bord de l'hystérie.

 

Elle s'était montrée très patiente avec Veronica mais là, c'était trop difficile. C'était elle qui avait ouvert le paquet. C'était elle qui avait vu...

 

VERONICA : On a déjà retrouvé un morceau ?

 

La blonde venait de comprendre le sens des mots de Stacy, elle eut un haut le cœur. Elle prit appui contre une cloison pour écouter la suite.

 

STACY : Ils nous ont envoyé son auriculaire gauche... On a vérifié dans la base de données. C'est bien celui de Will... Désolée, Veronica...

 

Veronica glissa le long du mur et s'affaissa sur la moquette. Des larmes coulaient sans qu'elle n'y prêtât attention. Elle s'essuya toutefois les joues en voyant Malcolm et Gries entrer en trombe dans le bureau.

 

MALCOLM : On a le résultat des analyses et...

 

GRIES : Merde, elle sait déjà...

 

L'agent Malcolm l'aida à se relever. Veronica balbutia quelques mots à Stacy.

 

VERONICA : Un auriculaire, c'est rien. Il peut vivre sans. Cherchez-le. Mettez MacKenzie dans le coup. On s'en fout qu'elle ne soit pas de la maison !

 

Elle raccrocha sous le regard peiné de ses subordonnés.

 

GRIES : On a eu une correspondance avec l'ADN de la salive...

 

MALCOLM : C'est celle de l'agent William...

 

VERONICA : Shepherd.

 

GRIES : Je t'avais bien dit qu'elle savait...

 

VERONICA : Je viens de le comprendre. William Shepherd est mon compagnon... Son bureau vient de recevoir son petit doigt gauche accompagné d'un petit mot. Ils nous le transfèrent.

 

MALCOLM : Ok. On nage en pleine vengeance là... Une morte qui vous ressemble retrouvée dans la chambre d'un type de votre passé. Des indices mêlant vos vies passées et présentes. L'accident de la femme d'Echolls et maintenant, la disparition de votre mec... Vous avez dû énerver sacrément quelqu'un pour qu'il attende si longtemps pour vous pourrir...

 

VERONICA : C'est succinct comme analyse mais c'est tout à fait ça... Heureusement pour nous, je ne nous connais pas beaucoup d'ennemis communs avec Echolls et des aussi patients, encore moins...

 

GRIES : Super, on va alors gagner du temps...

 

Soudain, le téléphone de Veronica vibra. Elle venait de recevoir un SMS de Stacy. Elle lui envoyait le message du tueur.

 

"Alors, on n'a pas encore mis le doigt sur le suspect ? Fatiguée, Mars ? A moins que je n'ai eu raison, sans ton cœur et sans tes yeux, tu es perdue..."

 

Veronica eut un rire glacial. Elle qui adorait manier l'ironie et le sarcasme ne pouvait passer à côté de celle qui teintait ce message.

 

Veronica voix off : Tu crois que je suis rouillée mais c'est toi qui commets les erreurs, plus tu parles, plus l'étau se resserre...

 

Alors qu'elle prenait en note sur son calepin le nouveau message, "son cœur" comme l'appelait le tueur vint aux nouvelles.

 

VERONICA : Alors comment va-t-elle ? 

 

LOGAN : Sofia est plongée dans un coma artificiel. Les médecins ont réussi à arrêter l'hémorragie interne. Ils attendent demain pour se prononcer. J'ai vu le lieu de l'accident, elle sortait d'un parking souterrain. Elle n'avait aucune chance d'éviter la collision. Ces salopards nous traquent sur tous les fronts. Dis-moi que tu as du nouveau...

 

VERONICA : Du nouveau mais pas du réjouissant... William a disparu. Il a été enlevé par notre mystérieux corbeau.

 

LOGAN : Tu es sûre ? Il est sous couverture, non ?

 

VERONICA : Le corbeau a envoyé un nouveau message... avec l'auriculaire de Will... En plus, la salive contenue dans les capotes c'est celle de Will...

 

LOGAN : Tu as dit qu'il avait envoyé un message.

 

VERONICA : "Alors, on n'a pas encore mis le doigt sur le suspect ? Fatiguée, Mars ? A moins que je n'ai eu raison, sans ton cœur et sans tes yeux, tu es perdue..."

 

LOGAN : Là, il prend confiance notre homme. Il te nomme ouvertement. Je n'aime pas ça... Tu ne prends aucune initiative. Tu m'attends ! Gries, Malcolm, retenez-la au bureau, j'arrive, hurla Logan dans le haut-parleur.

 

Veronica grimaça devant l'air stupéfait de ses agents pris à parti par téléphone. Elle les laissa la surveiller et l'empêcher de sortir. Après tout, laisser revenir Logan était peut-être le meilleur moyen de résoudre cette affaire. Le corbeau craignait qu'elle se perde sans son cœur et sans ses yeux. Très bien, elle écouterait les conseils de son ennemi. Elle attendrait Logan et reprit contact avec ses yeux.

 

VERONICA : Mac, c'est moi... Oui, je sais, ça fait longtemps... Oui, j'ai besoin d'un service. J'ai besoin que tu braques tes yeux de mon passé... Dans notre passé commun avec Logan...

 

 


alExiaN  (06.02.2016 à 16:45)
Message édité : 10.02.2016 à 18:18

MAC - Votre passé commun avec Logan... Vaste programme... Mais dis-moi comment se fait-il que tu sois sur une affaire avec ce cher Echolls ? Tu as quitté Seattle ?

 

Veronica sourit. C'était Mac tout craché, ça. Elle ne vous tenait pas rigueur de vos semaines de silence. Elle était une véritable working-girl et savait que le boulot pouvait prendre le pas sur le perso. Mais quand elle reprenait contact avec le réel, avec ses amis, elle veillait à réactualiser sa base de données. Elle prenait systématiquement des nouvelles de toute la sphère Mars. Et voir resurgir le nom Echolls dans la conversation avait de quoi décontenancer la meilleure hackeuse de la CIA.

 

VERONICA - Greenfield m'a fait venir pour une conférence et avec l'idée de me récupérer dans son unité. Selon lui, Logan est le partenaire idéal... Mais il ne s'attendait pas à ce qu'on se connaisse et on ne s'attendait pas à trouver un cadavre...

 

MAC - Vous avez encore fait dans le simple...

 

LOGAN - Tu sais très bien que rien n'est simple avec moi, Mac. Alors tu as du neuf ?

 

MAC - Du neuf ? Je suis douée, Logan  mais pas à ce point. Dites-moi où chercher parce que votre passé commun c'est aussi long que l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert !

 

Veronica et Logan se jaugèrent du regard. Ils ne savaient trop par où commencer. La blonde prit les choses en main en congédiant les agents Gries et Malcolm. Etaler sa vie privée devant Logan et Mac c'était difficile mais faisable ; face à deux inconnus, Veronica ne pouvait s'y résoudre. La porte du bureau claqua.

 

MAC - Bon, on est entre nous, alors vous me racontez.

 

Logan sursauta en voyant le visage de Mac apparaitre sur l'écran plasma du bureau. Il esquissa un sourire. Rien ne lui résistait. Il  se prit à espérer une fin heureuse à cette enquête maintenant que Veronica avait retrouvé son cœur et ses yeux.

 

VERONICA - Tout commence par la découverte d'un corps me ressemblant dans le lit de Logan. La morte a été retrouvée nue, sans cœur et les yeux crevés. Avec elle, il y avait un petit mot : « Sans ses yeux et sans son cœur, qu'est-ce qui guidera le dieu de la guerre ? La justice ? Permettez-moi d'en douter... »

 

MAC - C'est un poète votre gars... Un poète qui te connait mal... tu as toujours voulu la justice. Tu n'as jamais tourné les yeux ou même écouté ton cœur... Tu as toujours visé la justice...

 

Veronica rosit face au compliment. Logan ne lui offrit pas le temps de se laisser aller à l'autosatisfaction.

 

LOGAN - Il m'a aussi laissé une note parmi des capotes remplies de bave : "Un petit stock de salive, ça peut toujours servir au beau parleur qui vous accompagne".

 

MAC - Il ne connait pas bien Veronica mais il te connait bien, Logan... les capotes, et "Beau parleur", c'est tout à fait toi...

 

Logan ne prit pas ombrage de la réflexion. Mac avait raison. Leur meurtrier s'était un peu trompé sur le compte de Veronica mais pas sur le sien. Voilà un indice intéressant.

 

VERONICA - Notre homme ne s'est pas contenté de nous impliquer. Il a aussi inclus nos moitiés respectives dans l'affaire. La salive dont Logan t'a parlé est celle de William...

 

MAC - William ? Ton William ?

 

VERONICA - Oui et si j'en doutais notre gars m'a envoyé un bout de lui... J'ai reçu un doigt avec cette phrase : "Alors, on n'a pas encore mis le doigt sur le suspect ? Fatiguée, Mars ? A moins que je n'ai eu raison, sans ton cœur et sans tes yeux, tu es perdue..."

 

MAC - Un grand malade, ce type ! En quoi je peux aider ?

 

LOGAN - V a besoin de son cœur et de ses yeux pour réussir l'enquête... Alors si tu pouvais

 

VERONICA - Mettre la main sur William.

 

Mac nota le regard triste de Logan. En fine analyste de données, Mac avait senti qu'il y avait de nouveau du flirt entre ces deux-là. Elle avait deviné que Logan se voyait comme le cœur de V et qu'il l'identifié elle, la hackeuse, comme les yeux de la jeune femme. Elle avait compris tout cela mais se taisait, il y avait plus urgent. Sur le plasma, Mac disparut quelques instants, le temps de mettre une équipe sur la trace de William.

 

MAC - C'est bon, j'ai mis mes gars dessus. William sera bientôt à la maison...

 

Veronica soupira et remercia mentalement Mac de ne pas avoir dit "à tes côtés". Elle n'avait pas besoin de plus de testostérone autour d'elle. Elle ne voulait pas avoir à gérer la jalousie de William ou pire celle de Logan...

 

VERONICA - Merci... Est-ce que tu pourrais te plonger sur les derniers agissements des Manning ?

 

LOGAN - Manning ? Comme Lizzie Manning la chaudasse du lycée ?

 

VERONICA - je pensais plus à Meg et sa fille... C'est la seule fois où je n'ai pas suivi la justice... Enfin pas la justice officielle...

 

Logan et Mac échangèrent un regard empli d'incompréhension. Veronica soupira et vida son cœur.

 

VERONICA - C'est moi qui ai aidé Duncan à fuir avec Lilly Junior... Les Manning étaient des monstres qui maltraitaient leurs filles. Il était hors de question que je leur laisse détruire Lilly ! Alors oui, j'ai fraudé ! J'ai triché avec la justice !

 

La blonde s'emballait. Elle revivait la peur qui l'avait étreinte à cette époque. A celle-ci venait s'ajouter la crainte que Duncan soit aussi touché par cette sombre affaire. Fébrile, Veronica fit glisser ses doigts sur son smartphone. Elle voulait vérifier la sécurité de Duncan mais elle ne savait pas qui appeler. Elle se mettait à paniquer. Il fallut toute l'ingéniosité de Mac pour l'apaiser. Son regard bleu s'afficha sur l'écran du téléphone.

 

MAC - STOP V ! On va trouver. Tout va rentrer dans l'ordre.


alExiaN  (14.02.2016 à 19:59)
Message édité : 14.02.2016 à 21:58

VERONICA – Oui… Oui. Souffla-t-elle en récupérant son calme. Mac, fais attention à toi. J’ai bien peur que tu sois aussi dans le collimateur de ce malade donc … 

MAC – Je travaille au siège d’une organisation encore mieux gardée que les joyaux de la couronne d’Angleterre. Que veux-tu qu’il m’arrive ici ? Après avoir souri à son amie, elle ajouta : Je fais le nécessaire pour faire passer le plan de vigilance au niveau supérieur, ne vous inquiétez pas pour moi, d’accord ? 
Les deux agents acquiescèrent de concert, elle en profita pour conclure. 

MAC - Bien. Je vais me mettre au boulot, je vous appelle dès que j’ai du nouveau. Faites de même. 

LOGAN – Une dernière chose. On a tous les deux reçu un SMS ce matin du principal suspect, mais d’un numéro inconnu. C’est possible de remonter la piste jusqu’au terminal d’où a été envoyé ce message ? 

MAC – Je peux toujours essayer. Je vous tiens au courant. Et Logan, ne laisse pas Miss Mars penser qu’elle est coupable de tout ce qui arrive, comme elle a tendance à le faire. 


Veronica allait protester, mais Mac coupa la connexion avec un sourire satisfait. Après un court instant, elle se décida à lever les yeux vers Logan, prête à démentir ce que venait de dire son amie. 

Il la regardait déjà, et quand elle croisa son regard elle ne put ouvrir la bouche. Echange non verbal plus qu’éloquent, comme toujours entre eux. Ils étaient inquiets pour leurs moitiés. Et ils avaient peur. Lui de la perdre Elle, Elle de le perdre Lui. 

Elle avait tenté d’instaurer une distance entre eux tout à l’heure pendant la discussion avec Mac, elle avait été touchée par sa déception bien que ce fut l’effet recherché. Effort réduit à néant puisque que la seule chose dont elle avait envie à cet instant était de le serrer fort, pour le rassurer, pour se rassurer. Elle savait que le même besoin l’habitait. 

Il se résigna à céder à la tentation de la prendre dans ses bras. Elle soupira de soulagement avant même qu’il n’arrive à sa hauteur. 

Trois petits coups timides résonnèrent dans le bureau et avant même d’avoir une réponse quelle qu’elle soit, la porte s’ouvrit doucement et les têtes de Malcolm et Gries apparurent dans l’entrebâillement. Logan arrêta alors son geste avant même de l’avoir accompli, forçant juste sa main à rencontrer brièvement l’avant-bras de la belle blonde. Contact physique plus que bref mais nécessaire. Cette caresse, maigre consolation par rapport à l’étreinte qu’elle espérait, lui fit un bien fou. 

Leurs regards se croisèrent une dernière fois avant de se tourner vers les intrus. 


MALCOLM – On n’entendait plus rien depuis quelques minutes et vous nous avez mis à la porte alors qu’on n’avait pas tout à fait terminé. S’excusa-t-il en rentrant complètement dans le bureau suivi de son acolyte. 

GRIES – J’ai le rapport du légiste et des analyses biologiques juste ici. Donc la victime serait Pamela Perry, âgée de 22 ans. 

MALCOLM – Elle vient d’une petite ville près de Minneapolis dans le Minnesota. Elle a suivi des études de sociologie à Hearst, sûrement pour goûter au rêve californien. Ses parents ont été prévenus, ils sont en route pour venir identifier le corps. Pas de petit-ami connu. 

GRIES – D’après le rapport, elle n’a pas été violée. Par contre les prélèvements réalisés sous les ongles de la jeune fille ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Des fibres de coton noir banales appartenant sûrement à la tenue de son agresseur. Et quelques écailles de cheveux… 

VERONICA – Alors ? 

GRIES – Cheveux bruns. Mais malheureusement l’ADN contenu était peut-être endommagé. Le profil génétique établi appartient bien à un homme, donc ce serait celui de son agresseur a priori, mais nous n’avons pas trouvé de correspondance 100% compatible avec une quelconque personne. 

LOGAN – Donc soit l’ADN était trop endommagé, soit l’agresseur n’est pas enregistré dans le fichier. 

MALCOLM – Exactement. Sur les recommandations des experts, nous avons tout de même sélectionné toutes les personnes compatibles à plus de 90% avec l’ADN retrouvé. Nous avons réduit la liste à celles habitant l’état de Californie et ceux alentours. Ils sont classés par comté ici. Dit-il en tendant une liasse de feuilles à Veronica. 


Celle-ci s’en saisit avidement en commençant à la parcourir frénétiquement. Elle allait parler après avoir tourné les deux premières pages sans vraiment les avoir lues, mais Malcolm l’interrompit. 


MALCOLM – Pas de Ethan Hunt, évidemment. 
Elle soupira et l’incita à poursuivre voyant qu’il n’avait pas terminé. 

MALCOLM - Ce n’est pas tout… 

GRIES – Le graphologue a rendu lui aussi son verdict. Les deux premiers messages ont été rédigés par la même personne. La façon dont les lettres sont formées laisse à croire que cette personne est déterminée, très cultivée, soit parce qu’elle a fait des études longues, soit parce qu’elle lit beaucoup, mais n’est pas très extravertie. 

LOGAN – Et pourtant … 

GRIES – Ce n’est pas le plus surprenant. Il pense que c’est une femme. 


Silence dans la pièce. 


VERONICA – Donc ils seraient deux ? Un qui réfléchit et l’autre qui agit ? Ou une … 

MALCOLM – Le graphologue a précisé que ce n’était pas une science exacte. 

LOGAN – Mais gardons en tête que cela est possible. 

VERONICA – Bien. Autre chose ? 


Malcolm et Gries secouèrent la tête. Elle reprit. 


VERONICA - Ok. Bon boulot. Malcolm. Gries. On se penche sur la liste et on cherche toutes les personnes qui ont pu être en contact avec Pamela à Hearst ou ailleurs je m’en contrefiche. Il faudra sûrement qu’on contacte ses parents ou ses amis pour cibler les recherches. Echolls, tu files à l’hôpital et tu prends soin de ta femme. 


LOGAN – Hors de question. 

VERONICA – C’est un ordre. Je suis ton supérieur sur cette affaire. Tu fais ce que je te dis de faire. Avait-elle prononcé sur un ton condescendant, espérant ainsi le convaincre. 


Il s’approcha d’elle lentement, le visage fermé et le regard froid. 


LOGAN – Je t’ai déjà dit que je ne te laisserai pas seule tant que ce malade ne sera pas derrière les barreaux, que tu le veuilles ou non. 


Il s’installa derrière son bureau en prenant la liste de noms des mains de Gries. Il arracha les deux premières pages qu’il tendit aux deux agents en les invitant à s’asseoir. Il en dégrafa une troisième qu’il tendit à Veronica. Elle n’avait pas bougé. Elle le fusillait du regard. Il ne se laissa pas déstabiliser. Au bout d’une quinzaine de secondes, il reposa la feuille devant lui et se mit au travail. Elle fulminait, il le savait. 


LOGAN – Je ne peux la voir que 5 minutes par jour tant qu’elle sera en soins intensifs. 5 minutes que j’ai grillées tout à l’heure. Alors quand tu auras intégré tout ça et que tu auras fini de me lancer des éclairs avec tes yeux … Il tira un siège près de lui, toujours les yeux rivés sur sa feuille … tu viendras souffler une tempête sur cette liste plutôt que sur moi. 


Malcolm et Gries échangèrent un regard en contenant leurs sourires. 

Elle enrageait encore plus. Elle aurait dû y penser. Elle connaissait bien la politique des soins intensifs à force. Il avait raison, elle devait concentrer son énergie sur l’enquête. Mais s’avancer vers ce siège c’était s’avouer vaincue. Et par habitude, il ne le fallait jamais face à lui. 

Elle cherchait une bonne répartie qui lui redonnerait l’avantage quand il releva discrètement les yeux sur elle et qu’il accrocha son regard. Et voilà qu’elle avait perdu le fil de ses idées. Même effet que des années auparavant. Elle sourit faiblement sans s’en rendre compte, il lui rendit le même sourire timide. Elle baissa les yeux, comme si elle baissait les armes. 

Elle s’approcha lentement du bureau et s’installa sur le siège libre. Il lui donna une page en lui glissant un regard amusé. Elle le remercia intérieurement de s’être abstenu de toute remarque. Leur collaboration s’annonçait moins conflictuelle qu’il fut un temps.


Elodielodi  (15.02.2016 à 18:37)
Message édité : 15.02.2016 à 18:26

Malcom et Gries avaient délaissé le bureau lorsque la nuit était tombée. Assise en tailleur sur le canapé dans le bureau de Logan, Veronica, un crayon dans la bouche et un dossier sur les genoux, étudiait chaque ligne patiemment. Derrière son bureau, Logan se frottait les yeux pour la énième fois et tentait de faire le lien entre cette Pamela et certaines personnes de son passé. Mais rien ne liait le tout. Il leva les yeux vers Veronica et sourit faiblement en la regardant. Elle avait relâché ses cheveux, mordillait un crayon et était imperturbable. Il n’avait jamais compris comment elle faisait pour rester tellement concentrée sur sa tâche. Même lui, depuis qu’il avait rejoint le milieu, n’arrivait pas à rester concentré plus de quelques heures. Elle n’avait toujours pas bronché, et pourtant ils étaient plongés dans les dossiers depuis une demi-journée. Ils échangeaient parfois un regard, un sourire, mais pas un mot n’avait envahi le silence depuis que les deux agents les avaient quittés quelques heures plus tôt. Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, elle remarqua son regard posé sur elle, son sourire sur les lèvres et elle ne put s’empêcher d’y répondre. Elle devait l’admettre, avec le temps il avait cet effet apaisant sur elle. Elle était ravie qu’il soit resté près d’elle malgré tout, malgré la situation avec sa femme. Son estomac se noua quelque peu en repensant à William et Sofia. Elle était inquiète, mais d’une façon étrangement perverse elle était soulagée de les savoir ignorants de cette histoire. Elle se connaissait trop pour dire que Logan ne lui faisait plus aucun effet. Et elle savait aussi que le désarroi auquel elle faisait face actuellement ne faisait que grandir cette envie de se sentir protégée. Elle avait besoin de cette tendresse que Logan portait dans le regard. Elle avait besoin de le sentir près d’elle. Au moins il était sain et sauf. C’était tout ce qui l’intéressait pour l’instant. Malgré l’état dans lequel se trouvait la femme de Logan et malgré le fait qu’elle ignorait tout de la condition de William, égoïstement elle était heureuse que Logan soit en vie.

Il la détailla longuement et ne la quitta pas du regard lorsqu’elle plongea ses yeux dans les siens. Il frissonna et se sentit coupable. Il était heureux de la savoir saine et sauve face à lui, heureux de pouvoir rester auprès d’elle, d’être certain que rien ni personne ne la mettrait en danger. Malgré tout ce qu’il venait de perdre, il ne s’inquiétait que pour elle.  Il aurait voulu la prendre dans ses bras, ça le titillait depuis un moment déjà. Mais il n’avait pas osé, depuis que Malcom et Gries avaient fait irruption dans la pièce plus tôt dans la journée, ils avaient évité tout contact. Il voulut ouvrir la bouche lorsque son téléphone se mit à sonner. Veronica étouffa un rire mais s’interrompit lorsque son smartphone sonna à son tour. Avant de répondre, tous deux échangèrent un regard en fronçant les sourcils.

VERONICA – Mars !

LOGAN – Echolls !

VERONICA & LOGAN – On arrive !

Logan gara la voiture près du terrain de golf et sortit du véhicule rapidement suivi par Veronica. Ils traversèrent le green et les sands avant d’arriver devant un attroupement de personnes. Au loin, les yeux de Veronica scrutaient déjà les moindres détails, l’esprit aiguisé elle repérait la scène de crime illuminée par quelques spots de la police. Logan sourit en coin lorsque son téléphone se mit à sonner à nouveau. Sans prendre la peine de regarder l’écran il ralentit l’allure et décrocha, laissant la petite blonde prendre de l’avance sur lui.  La voix de Mac, tremblante au téléphone le ramena à la réalité.

LOGAN – Mac ?

MAC – Logan, ne la laisse pas aller voir le cadavre je t’en prie…

Le sang de Logan se glaça instantanément et il releva les yeux en direction de la scène de crime. Veronica s’y avançait à grand pas.

MAC – Logan, c’est William, je viens de voir les images, ne la laisse pas s’approcher.

Il lâcha son téléphone et s’élança vers la scène de crime à grandes enjambées, tentant tant bien que mal de rattraper Veronica. Mais celle-ci se fraya un passage entre quelques agents et s’avança vers le corps. Lorsque Logan l’attrapa et la tira vers lui, il était déjà trop tard. Elle lâcha un hurlement à faire frémir les loups. Son visage doux se tordit de douleur. Elle tenta de se débattre alors que Logan la retenait fermement contre lui, l’entrainant le plus loin possible de la scène de crime. Elle planta ses griffes dans la peau de son amant et les larmes coulèrent sur ses joues. Cette douleur viscérale qui la transperçait, elle ne la connaissait que trop bien. Le mal sans limite qui vous envahit lorsque vous perdez un être cher. Logan le savait lui aussi. Son estomac se tordit alors qu’il la tenait dans ses bras. Doucement, elle se calma, laissant échapper un sanglot entre deux hoquets de colère. Il la serra fort contre lui, leurs cœurs frappait fort dans leurs poitrines à tel point que le bruit autour d’eux avait presque disparu. Seules la peur et la colère restaient. Il lui caressa les cheveux, plaça sa tête sur celle de cette femme qu’il aimait tant et en silence la berça au creux de ses bras. Au fur et à mesure, son corps se relâcha et elle savoura la chaleur de Logan contre elle. Elle ferma les yeux, laissant sortir son chagrin à l’abri dans ses bras protecteurs.


Marion  (17.02.2016 à 16:42)
Message édité : 17.02.2016 à 17:50

Il la serrait contre elle, la berçait. C'était tout ce qu'il pouvait lui offrir. Logan s'était placé de façon à ce qu'elle n'assiste pas au départ du cadavre de son compagnon. Lui n'en perdit pas un instant. En voyant le légiste charger le corps dans son camion, il se promit de retrouver l'enfoiré qui était derrière tout ça. Oui William était un obstacle à ses fantasmes avec Veronica mais non, il ne se réjouirait pas de sa mort. Tout en continuant de bercer Veronica, il balaya la foule du regard. C'est alors qu'il le vit ou plutôt qu'il le sentit. Pris par l'étreinte de Veronica, il ne put se lancer à sa suite. Mais il était certain de l'avoir aperçu.  Veronica sentit le cœur de Logan s'accélérer. Elle s'écarta de lui, essuya ses larmes.

 

VERONICA - Pardon, bafouilla-t-elle.

LOGAN - Pas de problème. Enfin, pas entre nous...

Veronica l'interrogea du regard.

LOGAN - Je me trompe peut-être mais je crois avoir reconnu quelqu'un de notre passé commun dans la foule quand on a emmené William...

Brusquement, Veronica fit volte-face et scruta la foule.

LOGAN - Ne cherche pas. Il est parti. Mais s'il était là, on connait...

VERONICA - Quelqu'un qui pourra nous le retrouver.

La blonde tira son smartphone et appela Mac.

VERONICA - Mac, récupère toutes les images que tu peux de la scène de crime. Logan pense avoir vu un suspect.

MAC - Je suis dessus... Je suis désolée pour William... J'aurais aimé...

VERONICA - On le coincera et...

 

Elle ne put terminer sa phrase, car le capitaine Greenfield arrivait en courant. Veronica espéra que ce n'était pas pour la dessaisir de l'affaire. L'attitude toute paternelle du capitaine rassura Veronica. Il venait de l'attraper par les épaules et la serrait contre lui. Elle se laissa faire. 

 

GREENFIELD - Vous n'avez rien...

LOGAN - On n’a doublement rien, répondit Logan sarcastique en croisant les bras.

 GREENFIELD - Doublement ? s'interrogea le capitaine et s'écartant de Veronica. Vous n'allez pas me faire une crise de jalousie, Echolls ! 

LOGAN - Oh non...rassurez-vous capitaine. C'est simplement qu’on n’a RIEN pour coincer cet enfoiré...

X - C'est pas exactement ce que je dirais, fit une voix déformée dans les haut-parleurs de la plage.

Logan esquissa un sourire en voyant l'air décontenancé du capitaine. 

LOGAN - Mac, tu ne pouvais pas simplement téléphoner comme tout le monde ?

MAC - Je ne suis pas tout le monde...Et puis vos lignes sont incroyablement embouteillées...

VERONICA - Parle Q, on t'écoute.

Greenfield tournait la tête de part et d'autre en cherchant le fameux interlocuteur. Veronica lui pointa les haut-parleurs.

MAC - Logan a de bons yeux... Dans la foule, on reconnait Duncan.

 

Veronica dut s'appuyer sur le capitaine tellement la révélation la secouait. Après tout ce qu'elle avait fait pour lui, il se retournait contre elle... Veronica allait en parler à Logan quand elle le vit partir à toute vitesse vers sa voiture.

VERONICA - LOGAN ! Non ! Attends ! Il va...

 

MAC - à l'hôpital... Sa ligne était saturée d'appels du service des soins intensifs... Je crains que Sofia n'ait subi le même sort que William.

Tout à coup, le visage de Mac apparut sur l'écran du téléphone de Veronica.

MAC - Je prends le premier avion depuis Langley. On va le coincer. Pas question de s'écraser devant Kane cette fois !


alExiaN  (18.02.2016 à 14:31)
Message édité : 18.02.2016 à 18:24

Il pénétra dans le hall de l’hôtel, le visage marqué par la tristesse. Comment était-ce possible ? Comment cela avait-il commencé ? Il se frotta le visage de ses mains et regarda autour de lui. Il était indécis. Veronica lui avait donné la carte de sa chambre, lui demandant de passer la voir à son retour de l’hôpital. Mais il ne savait pas quoi lui dire. Elle-même était sous le choc, elle venait de perdre l’homme qui partageait sa vie. Comment pouvait-il la rejoindre ? Il venait de perdre sa femme. Les appareils la reliant à la vie avaient été coupés, interrompus. Personne n’avait été en mesure de lui expliquer ce qui s’était effectivement passé. Lui, il commençait à mettre toutes les pièces du puzzle l’une dans l’autre. Pourquoi Duncan était-il de retour ? Se pouvait-il qu’il ait quelque chose à voir avec tout ça ? Ou avait-il voulu les prévenir que quelqu’un en avait après eux ? Il secoua la tête et se dirigea vers le bar dans le Lobby. Il tira une chaise et désigna le whisky au barman. Celui-ci l’observa curieusement et lui servit un verre avant de demander :

 

BARMAN – Dure journée…

 

LOGAN – Vous ne pouvez même pas commencer à imaginer.

 

Le barman pinça les lèvres et hocha la tête compatissant. Il s’éloigna, laissant Logan seul face à son verre. Il joua avec le verre, huma les effluves du liquide ambré, porta le verre à ses lèvres, savoura l’alcool qui glissait au fond de sa gorge en fermant les yeux. Il reposa le verre, griffonna le numéro de sa chambre sur le sous-verre et le poussa en direction du barman avant de se lever pour se diriger vers l’ascenseur.

 

Dans la salle de bain, Veronica sortit de la douche brûlante dans laquelle elle avait tenté de se détendre depuis plus de trente minutes sans succès. Les sanglots la prenaient par surprise, sans qu’elle n’arrive à se contenir. Elle passa sa main sur le miroir pour enlever la buée, s’observa quelques instants avant de s’enrouler dans une serviette chaude.

 

Veronica voix off : Qu’est-ce que Duncan faisait là ? Qu’a-t-il à voir dans tout ça ? Voulait-il simplement nous prévenir ?

 

Elle secoua la tête et tenta de faire le vide. Elle se frotta avec la serviette et sécha rapidement ses cheveux avant de glisser dans une chemise d’homme. Elle sortit de la pièce, traversa la pièce jusqu’au canapé et observa le minibar du coin de l’œil. Elle avait fait un arrêt au bar avant de monter dans sa chambre au cas où elle craquerait. Au cas où il lui faudrait un peu de courage.

 

Veronica voix off : Tu as le droit de craquer Veronica. Tu as le droit d’être malheureuse, bon sang ! C’est permis parfois. Tu n’es pas super girl !

 

Elle ouvrit le bar et en sortit la demi bouteille de whisky que le barman lui avait donnée plus tôt dans la soirée et s’installa à même le sol, dos au canapé. Elle ouvrit la bouteille et la porta à ses lèvres, savoura la chaleur de l’alcool. Non, elle ne buvait pas souvent. Non, ce n’était pas une manie. Sa mère lui avait donné le dégoût de l’alcool. Mais parfois, après une enquête difficile, elle avait pris le pli avec ses collègues de partager quelques verres d’un bon whisky. Et là, un verre ne lui semblait vraiment pas de trop.

 

Lorsque Logan entra dans la pièce, le regard las, les traits tirés, il laissa son regard glisser sur la peau de son ancien amour. Vêtue d’une simple chemise, elle était assise en tailleur, la tête en arrière posée sur le canapé, une bouteille de whisky entre les mains. La nausée l’avait poursuivi toute la journée et pourtant il la trouvait magnifique en cet instant. Et maintenant il ne vivait que pour une chose, qu’elle reste en vie. Il aurait voulu depuis un moment déjà la prendre dans ses bras, il aurait aimé retrouver le goût de peau et sa chaleur contre son corps. Mais il ne savait pas comment elle réagirait. Il ne savait pas si c’était la limite qu’il ne fallait pas franchir. Il avait juste besoin d’elle. Il avait juste besoin d’aimer. Sans limite et sans honte. Ne pas se sentir seul. Ne pas laisser la noirceur s’emparer de lui. Se sentir en vie à nouveau. Il se laissa tomber sur le canapé et attrapa la bouteille avant de la porter à ses lèvres. Ce soir, même pour un bref instant, il voulait oublier. Oublier qu’il existait des gens qui étaient prêts à tout pour pourrir leur existence, pour les voir tomber à genoux, suffoquer face à leur désarroi.

 

Elle ne broncha pas lorsqu’il lui piqua la bouteille. Elle l’avait laissé glisser son regard sur sa peau un bon moment sans rien dire. Cette sensation la réveilla, la remplit de chaleur. Elle ferma les yeux plus fort, savourant ce regard brûlant sur elle. Elle se sentait vivante. Elle aurait voulu se jeter à son cou, sentir ses lèvres parcourir son corps, lui donner ce plaisir qui lui manquait tant. Elle ne voulait pas céder à cette tristesse, crever de douleur pour CES gens qui tentaient de les détruire. Elle ne voulait pas s’admettre vaincue. Et tant que cette chaleur, cette envie de lui était là, elle savait qu’elle y arriverait. Elle n’avait pas osé jusque-là, ayant peur de se faire repousser, par culpabilité, par simple respect. Elle aurait voulu depuis bien longtemps se blottir contre CE torse saillant, s’oublier en lui.

 

Alors, dans un moment de faiblesse, leurs regards se croisèrent. Langoureux, pleins de tristesse et d’envie. Leur chaleur corporelle monta doucement, augmentant leur rythme cardiaque sous l'effet du désir ou de la bouteille. Peu importait, elle le supplia du regard. Il se pencha vers elle. Ils fermèrent les yeux. Il posa ses lèvres sur les siennes. Une décharge les envahit, un trop plein de colère, de non-dits et de manque explosa en eux. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, il la regarda intensément avant de souffler :

 

LOGAN – Tu es sûre …

 

Elle se redressa, passant ses jambes sur les siennes pour se retrouver à califourchon sur lui. En silence, elle retira sa chemise et se retrouva vêtue d’un simple boxer devant lui. Puis elle murmura :

 

VERONICA – Il n’y a plus rien à perdre maintenant…

 

Elle se pencha vers lui. Il glissa ses mains sur son cou, sa poitrine avant de l’attirer vers lui. Leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, leurs peaux se touchèrent. Elle retira le pull de Logan, caressant sa peau, déposant ses lèvres sur son torse et savourant l’étreinte de son amant. Alors qu’elle s’affairait à lui retirer son pantalon, il en profita pour la soulever et la basculer sur le canapé. Une fois fait, il déposa ses lèvres sur le buste de la jeune femme. Elle enserra son amant de ses jambes, souleva son bassin pour se coller contre lui. Fermement, il glissa une main dans son dos pour la soutenir. Elle se cambra encore et ferma les yeux savourant chaque baiser sur sa peau. Pendant un moment, ils oublièrent l’horreur et la tristesse. Ils partagèrent cet amour depuis si longtemps oublié.

 

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle sentit son regard posé sur elle. Elle se retourna doucement sur le canapé et plongea son regard dans le sien. Il l’avait recouverte d’un plaid et n’avait pu s’empêcher de la regarder somnoler. Elle lui sourit. Cela lui réchauffa le cœur. Il l’aimait. Il ne voulait pas penser aux conséquences ou à ce qui allait se passer pour eux, il était simplement heureux de la tenir dans ses bras. Et pour le moment c’était bien assez pour lui. Pour le moment il fallait qu’il retrouve qui était derrière tout ça et surtout ce que Duncan faisait là. Elle fut la première à le remettre sur le tapis. Ils n’en avaient pas parlé après le coup de fil de Mac. Veronica l’avait laissé rejoindre sa femme à l’hôpital, seul.

 

VERONICA – On doit savoir pourquoi Duncan est là…

 

LOGAN – Tu crois vraiment qu’il y a un lien entre tout ça ? Demanda-t-il doucement.

 

VERONICA – Je n’en sais rien. Mais il va bien falloir qu’on le découvre, même si c’est Duncan…

 

LOGAN – Oui mais c’est Duncan. Répéta-t-il d’une voix un peu plus convaincante.

 

Elle se tut. Elle savait ce qu’il ressentait. Elle ressentait exactement la même chose.

 

VERONICA – Je ne veux pas non plus Logan.

 

LOGAN – Combien de chances y-a-t-il pour que Duncan ne soit pas impliqué là-dedans ? Finit-il par demander.

 

VERONICA – Peu… Souffla-t-elle aussi atterrée que Logan.

 

Logan acquiesça, conscient de l’ampleur de la situation.

 

LOGAN – S'il a joué tous ses coups comme tu le lui as appris ces dernières années, tous ses actes vont être difficile à retracer.

 

VERONICA – Pour ça, on a Mac ! Dit-elle avec un petit sourire.

 

LOGAN – Ne lui répète pas ce que je vais dire, mais je suis ravi qu’elle nous rejoigne !


Marion  (19.02.2016 à 15:40)
Message édité : 21.02.2016 à 13:46

Aux premières lueurs du soleil le lendemain, la réalité et tous les poids qu’elle portait leur retombèrent sur les épaules. La veille, ils avaient réussi tant bien que mal à trouver le sommeil dans les bras l’un de l’autre, malgré la peine et la culpabilité. Mais au matin, le réveil fut brutal. Veronica mit quelques instants avant de réaliser qu’elle n’était pas dans son lit à Seattle et que la main qui reposait sur son épaule n’était pas celle de William. Puis les évènements de la veille lui revinrent brutalement en mémoire et elle sentit sa poitrine se serrer au point de l’empêcher de respirer.

Ces instants volés avec Logan lui avaient permis de s’évader quelques heures, mais elle devait maintenant faire face à la situation.

Elle se glissa doucement hors du lit afin de ne pas réveiller Logan, lui préservant encore quelques minutes de repos insouciant. 

Lorsque Logan se réveilla, la première chose que son cerveau assimila fut la voix de Veronica : terne, presque sans vie, traduisant la douleur sourde qu’éprouvait la jeune femme. Elle était manifestement en ligne avec les parents de William, essayant de leur épargner les détails sordides de la mort de leur fils. Il pouvait parfaitement imaginer la culpabilité qui la rongeait, la mort de William ayant été un moyen de l’atteindre elle. C’était la même culpabilité qu’il avait ressenti la veille alors qu’il avait dû annoncer à son beau-père qu’il ne reverrait jamais plus sa fille unique. Il avait encore du mal à admettre qu’elle n’était plus là. Elle qui s’inquiétait sans cesse pour sa sécurité, c’était finalement la sienne qu’il avait mise en péril. Elle ne lui avait certes pas fait chavirer le cœur comme pouvait le faire Veronica, mais il l’avait aimé d’un amour tendre et incontestable. La réalité de sa disparition à la lueur du jour le laissait comme face à un abîme.

Il s’avança vers Veronica au moment où elle raccrochait. Leurs regards se croisèrent et, comme la veille au soir, ils n’eurent pas besoin de mots pour se comprendre : oui, leurs sentiments l’un pour l’autre étaient intacts, oui, ils avaient eu besoin l’un de l’autre pour oublier le poids de la douleur l’espace d’une nuit, mais maintenant, ils avaient tous les deux besoin de faire leur deuil, chacun de leur côté et de mettre la main sur l’enfoiré qui était derrière tout cela, ensemble.

LOGAN : Des nouvelles de Mac ?

VERONICA : Son vol a atterri il y a une demi-heure. Elle ne devrait plus tarder. 

En effet, Mac fit son entrée moins de 10 minutes plus tard, au moment où Logan sortait de la douche.

Elle s’abstint de tout commentaire sur le fait que les jeunes gens avaient manifestement passé la nuit dans la même chambre. Que ça ait été platonique ou pas, elle était reconnaissante qu’ils n’aient pas eu à affronter cette nuit seuls.

Elle s’avança vivement vers Veronica et la prit dans ses bras sans un mot. Le corps de la petite blonde se détendit imperceptiblement sous l’étreinte de sa meilleure amie. Puis toujours sans un mot, Veronica se recula et sourit légèrement, transmettant à son amie en un regard toute sa gratitude : pour être auprès d’elle, pour ne pas la juger, pour son implication dans l’enquête.

VERONICA : Alors, du nouveau ? 

Mac prit une grande inspiration et se dirigea vers le canapé tout en sortant son ordinateur de son sac.

MAC : Du nouveau, ce n’est pas peu dire. Mais je doute que cela plaise à l’un de vous. 

LOGAN : Duncan ?

Mac leva les yeux vers le jeune homme, puis vers Veronica, qui appréhendait manifestement la réponse tout autant.

MAC : Duncan, oui. Mais avec de sacrés bagages.

VERONICA : Qu’est-ce que tu veux dire ?

Le regard incrédule, elle vint s’assoir à côté de Mac tandis qu’elle mettait en route son Macbook. Logan prit place de l’autre côté, ne sachant à quoi s’attendre.

MAC : L’enlèvement de Lilly ayant été le fait de son père face à ses grands-parents, le FBI avait dû considérer cela comme une affaire secondaire une fois qu’ils étaient sortis du territoire américain, car s’ils avaient voulu retrouver Duncan, ils auraient pu assez facilement.
Je me suis penchée sur la question lorsque tu m’as demandé de fouiller du côté des Manning.
Ils ont déménagé il y a quelques années en Floride ; Lizzie était majeure et est partie vivre à New York, quant à Grace, elle a obtenu une émancipation à 16 ans. Les parents ont été inquiétés pour maltraitance suite à une plainte des services sociaux mais n’ont pas été condamnés. Mais ils sont hors de cause pour ce qui nous intéresse ici. Leur vie est réglée comme du papier à musique depuis 5 ans, et rien n’a changé ces derniers temps. 

LOGAN : Qu’est-ce que ça a à voir avec Duncan ? 

VERONICA : C’est le point de départ des recherches de Mac et c’est aussi sa façon d’éliminer une piste qui aurait pu nous arranger avant de nous annoncer le pire. 

Veronica avait dit cela d’un ton plat, comme l’annonce d’une évidence comme une autre. L’expression de Mac lui donna raison.

VERONICA :  Vas-y, Mac, crache le morceau, dit-elle comme si plus rien ne pouvait l’atteindre.

Mac reprit une grande inspiration et se lança, le regard rivé sur son écran pour ne pas affronter le regard de ses amis.

MAC : Lorsque Duncan est parti avec Lilly, ils se sont installés à Adelaïde. Ils se sont construits leur petite vie à deux. Duncan a eu quelques histoires plus ou moins sérieuses, mais n’a manifestement pas trouvé la femme de sa vie. Ils ont mené une existence paisible jusqu’à il y a deux ans. 

Mac leva alors la tête, le regard empli de tristesse.

LOGAN : Que s’est-il passé il y a deux ans ?

MAC : Il y a deux ans, Lilly s’est faite renverser par un chauffard. Elle est morte sur le coup. Elle jouait seule dans la rue devant chez eux, personne n’a vu la voiture, et le conducteur n’a jamais été retrouvé. 

VERONICA : Oh ! Mon Dieu ! Duncan, dit-elle dans un souffle, horrifiée.

MAC : Oui, Duncan a été totalement anéanti. Vous êtes tous les deux au courant des troubles psychiatriques de Duncan lorsqu’il était au lycée. 

Logan et Veronica acquiescèrent, cette dernière se remémorant douloureusement comment ces fameux troubles lui avaient fait envisager la possibilité que Duncan ait pu être le meurtrier de sa sœur. 

MAC : Eh bien le décès de Lilly a déclenché de nouvelles crises. Pas immédiatement, mais quelques semaines plus tard. Duncan a été interné pendant plusieurs mois et j’ai pu me procurer son dossier psychiatrique : sa pathologie a évolué vers une schizophrénie aigüe. Son dossier mentionne plusieurs personnalités, dont une particulièrement violente qui a tendance à prendre le dessus lorsque Duncan doit affronter des situations difficiles.

LOGAN : Et qu’y a-t-il de plus difficile que de perdre sa fille dans de telles conditions…   Mais quel rapport avec nous ?

MAC : Eh bien, son dossier…

VERONICA : Attends !, la coupa-telle. Comment as-tu pu avoir accès à son dossier psychiatrique. Je sais que tes talents de hackeuse sont inégalables mais de là à avoir accès à des notes de psychiatre ?

Veronica appréhendait déjà la réponse de son amie.

MAC : Eh bien sur ce coup là, mes talents de hackeuse ne m’ont servi à rien : le dossier de Duncan a été déclassifié il y a une semaine : c’est le principal suspect pour le meurtre d’une jeune femme à Adelaïde.

 

 


Sophjan  (21.02.2016 à 20:41)
Message édité : 21.02.2016 à 20:01

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