Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Veronica Mars
Création : 13.04.2016 à 21h41
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
Oubliez tout ce que vous savez de l’univers de la série. Ne reste que les personnages (et encore…). Bienvenue dans cette relecture de la série. Welcome to Neptune !
Cette fanfic compte déjà 104 paragraphes
Au poste, Keith chargea ses adjoints d’interroger les différents témoins de ce qui s’appellerait désormais l’affaire Duncan Kane. L’agent Sacks s’occupa de la sœur de la victime ; l’agent D’Amato de la mère ; Keith de Jake et l’agent Lamb de Veronica.
Salle d’audition n°1 :
- On peut commencer mademoiselle ? Ca va ?
- Comment voulez-vous que ça aille ! s’énerva Lilly.
Sacks recula malgré lui sur sa chaise.
- Où avez-vous passé l'après-midi ?
- J’étais en ville chez une amie. On se faisait une après-midi manucure et mise en beauté, répondit-elle en exhibant ses ongles rougis.
- Une après-midi entière à se faire les ongles ?
- Qu’est-ce que vous croyez, ça demande du temps pour être aussi jolie… Je suis certaine que vous aussi, vous passez du temps devant la glace sinon comment expliquer une moustache aussi savamment taillée…
L’agent encaissa la pique avant de recommencer l’audition.
- Quand avez-vous découvert le corps et qu’avez-vous remarqué ?
- En rentrant, il devait être 20h. Ce que j’ai remarqué ? Ma meilleure amie pleurant et berçant le corps de mon frère au lieu d’appeler les secours !
- Elle avait déjà dû comprendre que cela ne servirait à rien, tenta Sacks.
- C’est évident si c’est elle qui l’a tué.
Sacks essayant de juger si Lilly Kane mentait ou si elle accusait réellement la fille du shérif de meurtre. Comme il ne parvenait pas à se décider, Lilly reprit la parole.
- Il vous faut un mobile ? Crime passionnel. Mon frère l’avait larguée. Elle était un peu bizarre depuis…
Debout derrière la vitre sans tain, Keith soupira. Oui, Veronica était bizarre depuis quelque temps, mais ce n’était pas à cause de sa rupture avec Duncan. C’était à cause du départ inexpliqué de sa mère. Quand Lianne avait plié bagage, Veronica avait fait promettre à son père de n’en parler à personne. « Son alcoolisme a assez pointé les projecteurs sur nos vies… » avait-elle dit quand ils furent certains qu’elle ne reviendrait pas. Keith avait accepté de faire croire aux gens que Lianne était en cure de désintoxication sur la côte Est. A présent, il le regrettait. Ce mensonge avait fait changer sa fille et surtout avait permis à Lilly Kane de douter de Veronica. Keith savait que sa fille ne se remettrait jamais de la désintégration de son amitié avec Lilly. Il devait l’innocenter le plus vite possible pour garantir la survie de cette relation. Fort de cette certitude, il se rendit dans la salle d’audition n°3 où l’attendait Jake Kane.
Salle d’audition n°3 :
- Asseyez-vous, Jake.
- Je peux savoir ce que je fais là ? Mon fils a été retrouvé mort, je dois organiser ses funérailles.
- Ce ne sera pas pour tout de suite, Jake. La mort de Duncan est une mort violente et suspecte. Il va y avoir enquête.
- Je le sais bien… Allez-y, posez-moi vos questions…
Keith fut étonné du calme du père de famille. Cela tranchait avec l’attitude virulente de Lilly ou même celle de Celeste. Le shérif avait regardé un bout de l’audition de Celeste avant de venir face à Jake. Il n’avait pas envié la place de D’Amato.
- A quelle heure avez-vous découvert le corps ?
- Vers 20h. Nous venions de récupérer Lilly chez une de ses amies. Nous rentrions à la maison avant de ressortir diner chez les Vandergraft.
- Vous êtes sortis, Celeste et vous, pour récupérer votre adolescente de 18 ans ?
- Non. J’ai quitté le travail vers 19h. J’ai rejoint Celeste à la marina. Nous devions finaliser l’achat de notre nouveau bateau, puis ce fut l’heure de récupérer Lilly.
Keith consigna tout ceci sur son carnet. Au moment où il allait quitter la salle, Jake lui posa une question.
- Et vous, vous savez ce que Veronica faisait chez nous ? Nos enfants avaient rompu.
Keith avait eu un pressentiment en découvrant le corps de Duncan. Il craignait que le dossier Kane ne soit de la même veine que l’affaire Goodman. Cette sombre affaire de pédophilie dans un club de baseball pour fils de nantis avait donné des nuits blanches et ôté les dernières illusions au shérif. Quand un nanti était touché, les règles et la loi changeaient. Le droit à l’erreur n’existait plus. Les derniers mots de Jake lui confirmèrent ses craintes.
- Avez-vous envisagé qu’elle soit coupable ?
Keith fit face au président de Kane Software et répondit honnêtement et posément.
- Tout envisager, c’est mon métier. Surtout le pire. Même de la part de ma propre fille.
Derrière la vitre, Leo fulminait.
- Et ce type est mon supérieur… Pas foutu d’interroger un témoin correctement ! Il fait passer sa petite guerre contre Veronica avant l’enquête…
- Parce que Lamb mène une guerre contre ma fille, demanda Keith intéressé.
Leo se mordit la joue. Veronica s’était confié à lui la semaine passée. En parlant à Keith, il espérait ne pas la trahir.
- Lamb cherchait un dealer à Neptune High à la rentrée.
- Celui que Sacks a fini par coffrer grâce à un tuyau anonyme ?
- Oui… Eh bien, le tuyau n’était pas si anonyme… Veronica a réussi à identifier le gars et à produire des preuves contre lui. Ensuite, elle est venue ici et Sacks était de permanence. C’est lui qui a eu l’info et récolté les lauriers…
- Depuis Lamb a ma fille dans le nez…soupira Keith. Comme si être suspectée de meurtre n’était pas suffisant, elle se met à dos un des agents chargés du dossier… Ah les Mars !
La sonnerie du téléphone mural stoppa les soupirs de Keith. Leo décrocha, écouta une minute son interlocuteur puis offrit un grand sourire à son patron.
- C’était le légiste. Duncan est mort à 18h30. Sa montre s’est brisée au moment de la chute et la température du corps confirme l’horaire.
- D’accord, fit Keith.
- Vous ne comprenez pas, à 18h30, Veronica était avec moi ! Elle n’avait pas encore quitté la répétition. Elle ne peut pas être coupable. J’ai trois potes du groupe qui pourront confirmer si vous avez peur que mon témoignage ne suffise pas.
Leo regardait la petite blonde à travers la vitre un immense sourire aux lèvres. Cette image attendrit le shérif.
- Allez, va annoncer l’armistice à Lamb et la bonne nouvelle à ma fille.
L’agent ne se fit pas prier. Keith renonça à lui demander pourquoi sa fille assistait à la répétition de son groupe. Il préféra se réjouir de voir Leo ouvrir à la volée la salle n°4. Leo ignora royalement Lamb et s’approcha de Veronica.
- Tu peux y aller. On a reçu confirmation que tu ne pouvais pas avoir tué Duncan.
- Comment ça ? s’insurgea Lamb.
- Il a été tué à 18h30, répondit Leo en plantant son regard dans celui de la blonde.
Ses iris brillaient. Elle comprit instantanément que sa répétition lui servait d’alibi, que sans lui, elle aurait pu avoir de gros ennuis. Veronica eut la soudaine envie de l’embrasser mais elle se retint en se souvenant où elle était. Elle ne se donnerait pas en spectacle devant Lamb.
- Et alors ? s’agaça Lamb.
- J’assistais à la répétition d’un groupe de rock de 18h à 19h. Les membres du groupe pourront confirmer ma présence, rétorqua Veronica.
Leo lui adressa un clin d’œil pour valider sa réponse. Lamb fou de colère tira un bloc de feuilles et un stylo.
- Nom, prénom et numéro de téléphone de ton soi-disant alibi.
Veronica voulut se saisir du stylo. Leo la devança et écrivit en très grosses lettres son nom. Il déchira la feuille et la plaqua sur le torse de Lamb.
- Le shérif est au courant. Il a vérifié son alibi. Alors, cesse d’ennuyer Mademoiselle Mars.
- On protège sa petite amie, se moqua Lamb.
- La mienne est majeure au moins.
Veronica sortit de la salle le cœur plus léger qu'en entrant. Sa presque relation amoureuse avec un agent de la police du comté venait de l’innocenter. En fin de nuit, Veronica quitta le poste accompagné de son père. Ils avaient attendu le départ des Kane. Keith avait voulu éviter un nouvel affrontement entre Lilly et Veronica. Le prochain viendrait bien assez tôt.
Veronica attendait le SMS matinal de Lilly. Les deux jeunes filles s’étaient toujours appelées pour accorder leurs tenues ou pour convenir de qui prenait quel livre. Ensuite, Lilly passait chercher Veronica. Mais, ce matin, son portable ne daignait pas sonner. La blonde mit ça sur le compte de la perte de Duncan et remplit son sac avant de se diriger vers sa Le Baron.
Veronica voix off : Tant pis pour l’empreinte carbone.
Elle se gara juste à côté de la coccinelle verte de Madison. Cette dernière l’attendait appuyée à la carrosserie.
- J’ai appris pour Duncan. Comment tu vas ? S’enquit la brune qui avait passé le week-end loin de la ville pour un tournoi de débats exclusivement féminins.
- Je crois que ça va. J’ai été suspectée puis rapidement relâchée.
- Suspectée ? Non mais n’importe quoi ! s’emporta Madison.
- Pas tant que ça, si on considère que j’avais son sang sur moi et que j’ai découvert le corps alors que je n’avais plus vraiment de raison d’être chez les Kane, reconnut Veronica alors qu’elles arrivaient face à leurs casiers.
- Pas de raison d’y être ? Alors pourquoi y étais-tu ?
- Ah Madison… Toujours à vouloir analyser chaque situation…
- On ne se refait pas… Alors ?
L’adolescente ne put lui répondre. Lilly suivie de Logan, Dick et Wallace claqua la porte du casier de Veronica en vitupérant.
- Ils t’ont déjà relâchée ?
Madison lança un regard halluciné à Lilly. Les garçons baissèrent les yeux. Alors que Lilly allait lever la main sur Veronica, Wallace et Madison s’interposèrent.
- Lilly, tu traverses une épreuve particulièrement difficile mais ce n’est pas une raison pour accabler Veronica, tempéra Wallace.
- C’est de sa faute si je la traverse !
Veronica serrait les dents et n’osait pas prendre la parole pour se défendre. Elle comprenait la colère de Lilly. Elle s’en voulait suffisamment de ne pas être arrivée plus tôt chez les Kane pour sauver Duncan.
- Elle l’a tué !
- Lilly, tenta Logan.
- Les flics l’ont innocentée, rappela Madison.
- Quand bien même, elle ne l’a peut-être pas assommée, elle aurait dû appeler les secours ! Mon frère, ton ami, Logan, serait encore avec nous !
Logan et Lilly se jaugèrent du regard un instant. Les épaules de Logan s’affaissèrent. Il se rangeait à l’avis de sa copine. Satisfaite, Lilly fit de nouveau face à Veronica.
- Je te laisse seule avec ta culpabilité, Veronica Mars. Ne t’avise pas à paraître à notre table, ni chez les pompoms.
Lilly récupéra son sac et commença à s’éloigner. Logan la suivit en silence. Après quelques pas, la blonde se tourna vers le reste du groupe. Wallace refusa de bouger et le fit comprendre à Lilly en posant sa main sur l’épaule gauche de Veronica. Il n’allait pas tourner le dos à celle qui lui avait tendu la main à son arrivée à Neptune High. Elle l’avait tiré d’un mauvais pas avec les PCH. Il resterait avec elle pour affronter la colère de Lilly. Madison fit de même avec l’épaule droite. Dans les yeux de Lilly, on lisait toute sa désapprobation.
- Dick ?
Le surfeur semblait partagé : sa copine ou son meilleur ami. Il voulut demander son avis à Madison mais celle-ci lui tournait le dos. Elle était toute accaparée par Veronica. Puisqu’il en était ainsi, Dick rejoignit Lilly. Quand elle fut hors de vue, le poing de Veronica s’écrasa sur la porte du casier de Lilly. Le petit miroir fixé dessus vola en éclats.
- C’est 7 ans de malheur… fit la voix gouailleuse de Weevil dans leur dos.
- Tu ne crois pas si bien dire, et ça ne fait que commencer, répondit Veronica les yeux humides et le poing écorché.
Le motard se pencha vers le second couloir et vit la chevelure lumineuse de Lilly disparaître.
- L’affaire Kane ?
- Oui. Lilly me croit responsable. Elle va m’en faire baver…
La main de Weevil rejoignit celle de Wallace qui n’avait pas quitté l’épaule de Veronica. Le basketteur tressaillit à peine. Une fois leur différend réglé, Weevil et Wallace s’étaient plus ou moins entendus.
- Courage, V. Vivre avec une accusation à tort au-dessus de la tête, c’est un sport de haut niveau qui ne rapporte aucune médaille…
- Merveilleux ! Je n’ai jamais été une grande athlète, fit-elle dans un sourire.
Elle plaisantait mais elle appréciait leur soutien à tous. Les jours à venir allaient être particulièrement difficiles.
- Allez courage, V. Et puis, tu oublies LA bonne nouvelle de la journée, plaisanta Madison pour chasser le trouble qui l’envahissait.
Oui, elle était une fille solide mais perdre son meilleur partenaire de débat, avoir ses deux meilleures copines qui se déchiraient et voir le chef du gang local prendre son parti, il y avait de quoi ébranler la plus solide des personnes.
- Laquelle ? questionna Veronica qui ne semblait pas surprise d’avoir la main de Weevil sur son épaule.
- Tu n’as plus à porter l’immonde uniforme des pompoms, ni à mémoriser leurs chorégraphies ! Je crois que je vais t’imiter.
Veronica sourit timidement à son amie qui faisait tout son possible pour l’aider à surmonter l’épreuve qui les attendait tous. Car qu’ils le veuillent ou non, tous les lycéens de Neptune High connaissaient Duncan. Tous auraient à porter le deuil de la superstar du lycée. Duncan était un élève modèle et impliqué : président des associations, leader de la ligue de débat, membre du club de journalisme. Tous avaient un souvenir du fils Kane. Tous devraient apprendre à vivre sans lui. Certains le feraient plus facilement que d’autres. Lilly, Madison, Logan, Wallace, Dick et Veronica faisaient partie de ceux qui en souffriraient le plus car ils avaient été proches.
Flashback
Fin du mois de septembre de l’année précédente…
Lilly, Veronica et Madison s’étaient donné rendez-vous chez la première pour se pomponner avant d’aller au bal de rentrée. Elles avaient passé l’après-midi à discuter comme seules trois adolescentes savent le faire. Tout y était passé : la mode, les mecs et les parents. Lilly avait été intarissable sur tous les sujets mais son thème de prédilection était l’aveuglement de Veronica face aux signaux évidents que lui lançait Duncan depuis le début de leur entrée au lycée.
- Je t’assure, V. Il n’y a que toi pour ne pas le voir… Deux ans qu’il te tourne autour comme une abeille autour d’une jolie fleur… Il serait prêt à se jeter sous les roues d’un bus pour toi !
Veronica se tortilla sur le lit de son amie. Elle n’était pas très à l’aise avec le sujet et n’aimait pas en parler avec Lilly qui, sans être une traînée, multipliait les aventures.
- Si tu le dis… Personnellement, je ne vois pas de différence entre son attitude et celle de Wallace.
Lilly préféra chercher de l’aide auprès de Madison.
- Dis-lui toi ! Duncan a bien dû te dire quelque chose !
Madison lissa les volants de sa robe de soirée avant de nier.
- Duncan ne m’a pas parlé de Veronica. On a un gros débat le mois prochain contre les Juniors de Pan High, donc on n’a pas bien le temps de papoter…
Lilly singea son amie en prenant un air important. La championne de débat réagit prestement en envoyant un oreiller droit dans la figure de son amie. Par la suite, oreiller, pulls et peluches volèrent dans la chambre. Ce fut la sonnerie de l’interphone qui ramena le calme. Honteuses de s’être mises dans un tel état, elles firent patienter les hommes un bon quart d’heure supplémentaire. Duncan, Logan, Wallace et Dick ne le regrettèrent pas. Lilly portait une robe crème au décolleté outrageusement provocant. Veronica et Madison portaient des robes au coloris similaire mais à la coupe beaucoup plus sage. Celeste qui ne voulait pas déroger à la traditionnelle photo ne put s’empêcher d’émettre un commentaire sur l’attitude de sa fille.
- Pourquoi faut-il que tu aies choisi cette tenue…
- Parce que dans 10 ans, mes seins ne seront plus aussi fermes et le rendu sera moins beau, rétorqua la blonde pulpeuse.
A ces mots, Logan attrapa le bras de sa copine. Le reste de la troupe se regroupa derrière le couple. Si Logan et Lilly se rendaient au bal en tant que couple amoureux, les autres avaient composé des duos seulement pour coller avec l’ambiance love de la soirée. Wallace se sentait redevable de Veronica depuis l’épisode du mât. Il avait donc invité la blonde au bal pour la remercier de son aide. Veronica étant prise, Duncan avait donc proposé à Madison de l’accompagner. Dick lui venait accompagné de son cochon de bière. Il avait même insisté pour poser avec sur la photo.
- C’est dans la boite, cria Lilly en arrachant le cliché polaroid des mains de sa mère.
A ces mots, les adolescents se hâtèrent dehors. Devant la maison, les attendait une limousine.
- Mon père a réservé ce bijou pour la soirée ! dit Dick en sirotant une gorgée de son cochon.
Lilly battit des mains comme une enfant le matin de Noël avant d’embrasser la joue de Dick. Le groupe monta à bord.
- Heureusement qu’il y en a un qui a le sens de la fête dans cette équipe ! plaisanta Lilly en débouchant une bouteille de champagne qui trônait dans un seau de glace.
Elle servit généreusement les coupes et les distribua. Wallace en avait déjà descendu deux quand il se lança dans une étrange liste.
- J’ai le sens du rythme. Dick a le sens de la fête. Madison a le sens de la répartie. Duncan, euh…
- Duncan a le sens des responsabilités, souffla Madison.
Wallace d’un signe de tête apprécia l’aide de son amie.
- Veronica a… sécha le jeune basketteur.
- J’ai le sens de l’orientation. On ne va pas exactement dans la direction du lycée…
- Si V a le sens de l’orientation, moi, j’ai le sens de la surprise, annonça mystérieusement Logan.
Tout à coup, la limousine s’arrêta. Logan descendit de voiture entraînant Lilly et les autres à sa suite. Tous identifièrent aisément où la voiture s’était arrêtée : la plage. Logan fit monter le son de l’autoradio par le chauffeur.
- Contre soirée ! hurla Dick en partant au milieu de la plage.
Lilly le suivit hilare entraînant dans son sillage Wallace, Duncan, Veronica et Madison. Alors qu’ils esquissaient quelques pas de danse sur le sable, Logan tira du coffre des serviettes éponges et les rejoignit.
- Le dernier à l’eau est une poule mouillée, annonça-t-il en déposant les serviettes sur le sable.
Les adolescents se dévisagèrent. Un sourire immense naquit sur le visage des plus délurés. Rapidement, Dick et Lilly se retrouvèrent en sous-vêtements et coururent droit vers les vagues. Wallace ne voulant pas être en reste les rejoignit vite. Madison et Duncan les regardaient effarés.
- Monsieur le président, avez-vous un contre-argument irréfutable pour nous défendre de plonger à l’eau ?
- Pas le moindre, madame la vice-présidente, répondit Duncan en commençant à défaire son nœud de cravate.
Le reste des vêtements suivit. Les deux orateurs rejoignirent les flots où s’ébattaient leurs amis. Sur la plage, restaient Logan et Veronica. Logan souriait en voyant la joie se peindre sur le visage de Lilly.
- Tu n’y vas pas, Mars ?
- On va être couvert de grains de sable tout à l’heure…
Logan haussa un sourcil pour le montrer le peu de crédibilité qu’il accordait à son excuse.
- Quoi ? C’est pas parce que je suis la meilleure amie de Lilly que je suis aussi à l’aise qu’elle…
Logan haussa les épaules avant de commencer à se dénuder. Son pantalon de smoking tomba au sol. La veste suivit. D’ordinaire, il ne se dévêtait pas devant ses amis. Mais là dans l’obscurité de la nuit, il ne se sentait pas totalement nu. Il abandonna sa chemise et adressa un clin d’œil à Veronica qui restait là rougissante. Alors que Logan courait rejoindre les autres, les phares d’une voiture accrochèrent la silhouette du jeune homme. Veronica aperçut brièvement son dos. Elle n’était pas certaine de ce qu’elle avait vu mais elle ne put retenir les mots.
- Logan !
L’adolescent stoppa sa course. Veronica le regarda ne sachant pas quoi dire, quoi demander. Devant l’air mi surpris et inquiet de son ami, elle se ravisa.
- Attends-moi…
Souplement, Veronica se débarrassa de sa robe et ensemble, ils filèrent vers les vagues. Une bonne demi-heure plus tard, ils étaient tous emmitouflés dans les serviettes et serrés les uns contre les autres dans la limousine. Il n’était plus question d’alcool, le café coulait à flots. Madison et Veronica se réchauffaient en serrant fort leur tasse. Wallace avait réquisitionné la serviette supplémentaire. Lilly profitait de la chaleur du corps de Logan. Duncan frissonnait. Dick tout sourire lui offrit sa serviette. Le surfeur se retrouva alors seulement vêtu de son caleçon.
- Mais comment tu fais, Dick ? demanda Duncan en s’enroulant dans la serviette.
- J’ai ajouté un petit bonus dans mon café, expliqua-t-il en dévoilant une flasque argentée.
Tout à coup, Lilly sortit de son silence.
- Il t’en reste beaucoup ?
- Euh…
Lilly arracha la flasque des mains de son ami, et vérifia le contenu.
- C’est parfait !
- Parfait pour quoi ? demanda Logan en attirant Lilly sur ses genoux.
- Pour un « je n’ai jamais »…
Veronica et Madison se cachèrent derrière leurs tasses. Leur réaction amusa le reste des passagers.
- C’est parti ! dit Wallace en volant la flasque à Lilly. Je n’ai jamais été scotché au mât du lycée !
Les rires fusèrent dans l’habitacle et Wallace but sa première gorgée avant de passer la flasque à un autre passager. Veronica regarda la flasque tourner. Au début, elle avait regretté l’arrêt imprévu de la limousine, maintenant, elle ne souhaitait pas qu’elle reparte. Cette année de lycée commençait bien.
Fin flashback
Fin novembre
Veronica ne s’était pas trompée. Les mois suivants furent compliqués. L’enquête sur la mort de Duncan n’avançait pas d’un pouce. Plus les jours passaient, plus l’enquête s’obscurcissait. A chaque fois que Veronica croisait Lilly, elle avait droit à une remarque, ou à un regard assassin, comme si elle était personnellement responsable du piétinement de l’enquête. Veronica subit ce traitement les premières semaines puis, elle décida de changer ses habitudes pour se protéger. Elle allait manger sur le parking avec Wallace et Madison.
- Alors c’est ici le nouvel endroit à la mode pour manger le midi ? fit Wallace en abandonnant son sac sur le muret.
- Les odeurs d’essence et de bitume chaud rehaussent le goût du repas, tu ne trouves pas, répondit Veronica en mordant dans son sandwich.
- Et puis, on a directement accès aux bennes à ordures, compléta Madison en déposant dans la poubelle ses pompoms.
Veronica arrêta de manger quand elle vit ce que faisait son amie.
- T’es au courant que tes pompoms neufs à 40 dollars sont dans les ordures ?
- Oui et c’est tout à fait leur place !
- J’ai surpris Lilly en train de dire à toute l’équipe combien il était inadmissible que l’enquête n’avance pas, que si tu étais encore libre c’est parce que ton père a falsifié des preuves…
Veronica soupira. Wallace appuya violemment sur le ballon qui ne le quittait jamais.
- Elle m’a tellement énervée que je suis sortie de mes gonds… Si Duncan avait pu noter tous mes arguments, je crois que j’aurais battu son record de la ligue de débat…
- Si Duncan avait pu, tu n’aurais pas eu à faire cela… dit tristement Veronica.
- Si Kane était encore en vie… Punaise, vous ne pouvez pas changer de refrain, fit la voix rauque de Weevil.
Les trois amis sursautèrent en l’entendant. Le motard était accroupi aux côtés de sa bécane si bien qu’aucun d’eux ne l’avait vu.
- Kane est mort. Il était un fils de riches. Les flics ne fermeront l’enquête que quand un coupable sera désigné. Tu n’as plus qu’à t’acheter un calendrier et barrer les jours, Ronnie. En plus, c’est ton père aux manettes.
- Je me fais un calendrier de l’avent en somme ?
- Ouais.
- Un calendrier de l’avent, ok, mais de l’avant quoi ? s’interrogea Madison.
- Je ne sais pas mais je compte bien le découvrir… Enfin, pas ce soir…
- Des projets, Mars ?
- Et comment papa Ours ! Je piste un Triton ce soir !
- Alors c’est vrai ce qu’on raconte, tu as recommencé, souffla Weevil.
- On raconte tellement de choses sur Veronica Mars, si tu pouvais être plus précis, blagua Madison.
- Tu mènes des petites enquêtes au black…
Wallace et Madison échangèrent une grimace. Les deux comparses étaient au courant du hobby de leur amie puisqu’ils étaient souvent mis à contribution. Wallace était très utile grâce à son accès au secrétariat en tant que bénévole administratif et Mac, son surnom résumait parfaitement l’aide qu’elle pouvait apporter à Veronica. Mais ils étaient loin de se douter qu’Eli soit au courant. Pour Wallace et Madison, la jeune fille s’était découvert une passion pour l’investigation grâce à un devoir du club de journalisme durant leur année de Sophomores. Veronica avait dû mener une enquête poussée pour pouvoir rédiger son article. Le papier était tellement bon qu’il avait été repris dans le journal local et elle avait été récompensée par le proviseur M Clemmons. Mais Weevil savait que Veronica jouait les détectives amateurs depuis qu’elle était en âge de comprendre les trucs expliqués par son père. Weevil avait été de nombreuses fois son client.
- Mon bureau se trouve toujours dans les toilettes des filles du lycée. Si tu as besoin de moi, tu sais où aller, répondit Veronica avec un clin d’œil appuyé.
Weevil ne lui répondit pas. L’un comme l’autre, ils savaient que c’était inutile. Veronica et Eli s’étaient rencontrés à l’agence de détective de Keith, puis au poste de police. Les deux adolescents en étaient venus à s’estimer et se soutenir dans les coups durs. Veronica l’avait souvent aidé et innocenté par le passé.
Elle rassembla ses affaires et monta dans sa voiture. Avant de démarrer, elle relut son dossier qu’elle connaissait déjà par cœur. Ses soirées étant bien vides sans la folie de Lilly, Veronica sortait encore avec Mac et Wallace mais plus au même rythme ; aussi Veronica avait tout le loisir de potasser ses dossiers. Ainsi elle les résolvait rapidement et encaissait plus vite l’argent. Ce soir, elle finaliserait le dossier Rick Abbot. Le jeune homme était suspecté d’être un membre des Tritons : société secrète du lycée qui se livrait à la tournée des bars tous les vendredis soirs de pleine lune. Jusque-là rien de bien étrange… Oui mais voilà, la dernière soirée beuverie s’était terminée par un adolescent en coma éthylique abandonné sur le trottoir devant le Neptune Hospital. La sœur de la victime avait coincé Veronica dans les toilettes de Neptune pour qu’elle mène l’enquête. Veronica n’avait pu refuser en entendant le prix que l’adolescente voulait mettre. Alors qu’elle rentrait chez elle, elle repensa à cette liasse de billets qu’elle toucherait bientôt maintenant qu’elle avait le nom du Triton abandonneur de potes. Elle imaginait déjà la quantité de cadeaux de Noël qu’elle pourrait faire à son père. Paternel qu’elle fut surprise de trouver chez eux si tôt.
- Déjà là ? Voilà ce que c’est d’être un shérif efficace, plaisanta Veronica en allant déposer ses affaires dans sa chambre.
- Pas si efficace que ça, je le crains…
Le ton fataliste de la voix de son père alerta la jeune femme. Quand elle posa son regard sur la tenue de son père, elle porta la main à sa bouche.
- Deux mois sont passés et toujours pas d’avancée… Jake a fini par demander ma tête. Le gouverneur et le procureur doivent partager son avis. Ma suspension de mandat a été décidée dans la journée. Ton père est au chômage…
Des larmes perlèrent aux yeux de Veronica.
- Il n’a pas le droit. Tu as été élu. Ce n’est pas parce que tu n’as pas encore coincé l’assassin qu’il faut te virer…
- Jake souffre. Il veut me faire souffrir aussi.
- C’est idiot comme réaction.
- C’est humain. Ce qui est idiot, c’est le renvoi de Sacks, la mutation de Leo et la nomination de Lamb à la tête du poste…
- QUOI ?
Keith eut un sourire contrit et prit sa fille dans ses bras. Il devait être fort. Il devait lui montrer que la maison tiendrait. Trop de tornades avaient déjà dévasté le foyer des Mars. L’alcoolisme et les différentes rechutes de Lianne ainsi que sa fugue avaient ébranlé la famille Mars. Depuis le départ (définitif ?) de Lianne, le foyer Mars c’était Keith et Veronica. L’ex-shérif se promit que rien ne ferait éclater leur foyer. Il allait encaisser et être fort. Et puis, un Mars, ça repart toujours !
- Ne t’inquiète pas pour ton vieux père. J’ai de la ressource… J’avais l’agence avant d’être élu shérif. Je peux la rouvrir. Je suis certain que Sacks serait intéressé…
- Et Leo ? s’entendit demander Veronica.
Keith cala son menton sur le crâne de sa fille. Il ne voulait pas voir la tristesse dans ses yeux quand il lui annoncerait la nouvelle.
- Il est jeune… Sa petite sœur est gravement malade. Il ne pouvait pas se contenter un travail aux revenus si aléatoires… Je lui ai trouvé une place à San Diego. Il part demain.
Il sentit les bras de Veronica l’étreindre avec plus de force.
- C’est vraiment idiot… balbutia Veronica.
- Je sais, honey…
Keith sentit les bras de Veronica se détendre.
- Lamb à ta place ! La ville court à la catastrophe, répondit Veronica en essuyant une larme.
Père et fille se mirent à rire. Un rire irrépressible traversa leurs corps. Après une poignée de minutes, Veronica retrouva son calme et commença à mettre la table pour la soirée Mars du vendredi. Keith la regarda faire le cœur partagé. Il avait besoin de son soutien mais en même temps, elle devait avoir besoin de lui dire au revoir. Veronica s’affairant aux fourneaux c’était toujours signe d’une grande tension émotionnelle. L’adolescente avait fait des fournées entières de cookies lors de la dernière fugue de Lianne, heureusement que Wallace avait été là pour les engloutir.
- Ce soir, c’est lasagnes, claironna Veronica en ouvrant le four.
Prestement, elle se dirigea vers le congélateur, ouvrit la porte.
- Et en dessert, glace aux…
Subitement, elle se tut. Son silence alerta Keith.
- AIE ! Il va y avoir un problème avec le menu. On n'a plus de crème glacée…
Toujours aussi vivement, elle contourna le comptoir de la cuisine, se saisit de sa veste et de ses clefs de voiture.
- Tu réchauffes les lasagnes. Je cours chercher le dessert.
Veronica allait quitter l’appartement quand la voix de son père la retint.
- Il adore la glace aux éclats de cookies.
Veronica leva un sourcil devant la phrase incongrue de son père. Celui-ci préféra rouler des yeux face à la soi-disant incompréhension de sa fille.
Elle ne savait pas trop ce qu’elle allait pouvoir lui dire. Ils avaient flirté un peu, beaucoup ces derniers mois. Veronica était souvent à la limite de l’enlacer, de l’embrasser mais leur différence d’âge avait toujours été un frein pour elle. Leo de son côté semblait respecter son choix. Ce soir, Veronica regrettait l’attitude gentleman de Leo. Avec ses scrupules à elle, et sa politesse à lui, ils allaient passer à côté de quelque chose. Veronica ne savait pas quoi. Mais elle savait que quelque chose allait se finir ce soir.
Veronica voix off : Merci papa de me laisser savoir quoi…
En se garant devant le petit pavillon de Leo, Veronica avait le cœur qui battait la chamade. Sans réfléchir, elle se rua vers la maison. Le jeune homme en sortait les bras chargés d’un carton. Il sembla surpris de la voir.
- Veronica… Ton père t’a annoncé la nouvelle, dit-il en posant son carton.
La blonde opina du menton sans pouvoir parler. Elle n’arrivait pas à parler mais son corps voulait agir. Subitement, elle se retrouva toute proche de Leo. Elle posa les mains à plat sur son torse. Elle sentait sa respiration et son cœur. Veronica se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser d’abord timide sur les lèvres de l’agent. Leo lui rendit son baiser, lui attrapa la taille pour la serrer davantage tout contre lui. Le jeune homme mit fin à leur étreinte quand il sentit le goût salé des larmes de Veronica sur ses lèvres.
- Mes baisers n’ont fait pleurer aucune fille…
- Je ne suis pas n’importe quelle fille, rétorqua Veronica.
- Ca je le sais… Des mois qu’on se voit… J’ai usé toutes mes stratégies et je n’ai droit à un baiser que le jour où je pars…
Elle lui frappa le torse du plat de la main. Il rit.
- Que veux-tu, on se rend compte de ce qu’on a quand on le perd…
La blonde pointa les cartons.
- Ouais… Je pars. Kane a réussi à avoir ma tête. Mais ce n’est pas me perdre. Kane a perdu un fils. Je suis juste muté. Veronica, il y a plus grave qu’une mutation, non ?
Veronica se savait idiote et trop sentimentale mais elle n’arrivait pas à arrêter de pleurer. Leo se décida à être incisif. Après tout c’était le piquant de Veronica qui l’avait attiré.
- Être accusé à tort, c’est quand même plus grave qu’une mutation…Non ?
- Oui, répondit fortement Veronica.
Leo vit la détermination revenir sur le visage de la blonde.
- Tu pars chasser d’autres malfrats. Moi, je vais retrouver celui qui a tué Duncan et qui a sali mon nom.
- Tant que tu ne joues pas les têtes brûlées, ton père ne me le pardonnerait jamais, répondit Leo en l’embrassant.
Veronica fit durer le baiser un long moment. Elle savait qu’il serait le dernier.
- Pourquoi ce baiser qui aurait dû être le début d’une belle histoire résonne comme un point final ?
- Il met fin à une belle parenthèse, Veronica.
Leo lui vola une dernière fois ses lèvres avant de la laisser partir. Il avait le cœur partagé mais il ne pouvait pas lui partir après comme dans une comédie romantique. Il le savait aussi bien que Veronica : la vie était une chienne. Il la regarda s’éloigner en silence avec le sentiment d’avoir réussi à la rasséréner un peu. Elle partait avec un objectif qui l’aiderait à avancer.
Décembre
Elle avait un objectif. Elle allait pouvoir utiliser tout ce qu’elle avait appris lors de son cours de journalisme ou au contact de son père et l’argent gagné par ses petites enquêtes allait pouvoir être mis à profit. Alors que la plupart des enfants vidaient les cases de leur calendrier de l’avent, Veronica remplissait des dossiers entiers sur son ordinateur au sujet du meurtre de Duncan. Elle le compléta d’abord avec ses souvenirs puis elle rajouta ce qu’elle dénicha dans les articles de presse. Veronica aurait aussi pu interroger son père mais elle s’y refusait. Elle ne voulait pas qu’il soit au courant de cette part de sa vie. Il n’approuverait pas que sa fille de 18 ans mène une enquête criminelle en solo ; remplir la paperasse d’une affaire, oui ; mais gérer l’investigation, non. Veronica tairait donc à son père son nouvel objectif mais elle ferait appel à d’autres alliés. Madison saurait craquer n’importe quel site ou entrer dans n’importe quelle machine pour lui dénicher des pistes. Wallace et Weevil sauraient lui rapporter toutes les rumeurs au sujet de l’affaire. Veronica guettait le bon moment pour en parler à ses amis. Elle ne voulait pas les effrayer. Mais le ton de la conversation de la pause déjeuner la rassura. Elle pourrait leur parler librement de son projet.
- J’ai croisé Lilly à la soirée de Shelly Pomroy ce weekend… Elle était… survoltée, commença Madison.
- C’est Lilly…soupira Weevil.
- Non. Ce n’était pas Lilly. Du moins, pas la Lilly que nous connaissons, répondit Madison qui ne s’étonnait plus de voir le motard partager leur pause déjeuner.
- Qu’est-ce qu’elle a inventé cette fois ? demanda Veronica.
- Rien qui n’existe déjà, mais elle a eu un comportement qui n’était pas le sien, jusque-là, en soirée, expliqua Wallace qui avait lui aussi assisté à la soirée.
- Elle consommait trop d’alcool…
- Voilà ce qui arrive quand on passe tout son temps libre avec Logan et Dick…
- Non. Elle n’a pas adopté l’attitude jackass d’Echolls. Logan aime faire les choses soi-disant dangereuses mais il ne se mettra jamais totalement en danger. Il s’aime trop pour ça… rétorqua Weevil.
Les autres se turent un instant pour apprécier l’analyse assez fine du personnage.
- Ce qui m’inquiète, c’est qu’elle a accosté plusieurs irlandais…
Weevil se tendit en entendant la référence au groupe de dealers. Veronica serra les poings. Elle était brouillée avec Lilly mais ne lui souhaitait aucun mal et encore moins succomber à une addiction aussi violente. Elle savait les dégâts que cela pouvait occasionner.
- C’est pas comme si elle ne savait pas ce que ça entraîne…
Lilly avait été la première au courant de l’addiction de la mère de Veronica. Elle avait même été très présente pour l’aider à supporter les différentes rechutes. Elle avait été une épaule jusqu’à ce que Veronica renonce à voir sa mère se sevrer et mente sur son départ de l’an passé.
- Savoir n’empêche rien, dit Wallace philosophe.
- J’ai peur que ses nouvelles fréquentations ne deviennent la source de graves problèmes … se confia Madison.
Alors que Veronica allait lui répondre, une voix masculine se joignit à la conversation.
- Je suis d’accord avec toi. Un mémorial Duncan Kane, ça suffit.