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Welcome to Neptune

Série : Veronica Mars
Création : 13.04.2016 à 21h41
Auteur : alExiaN 
Statut : Terminée

Oubliez tout ce que vous savez de l’univers de la série. Ne reste que les personnages (et encore…). Bienvenue dans cette relecture de la série. Welcome to Neptune !

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Le quatuor arriva dans le couloir de la psychologue. Celui-ci était bien plein. Dick et Logan occupaient les chaises installées de part et d’autre de la porte. Il ne restait plus qu’une seule place assise et elle n’avait rien d’enviable. La chaise vacante se trouvait sous les branches d’un ficus au feuillage très fourni. Veronica se précipita sur la chaise. En voyant les garçons, elle avait rapidement déduit que c’était Lilly qui subissait l’entretien de la psychologue. S’installer sur la dernière chaise lui offrait un moyen de se dissimuler à la vue de Lilly. Ainsi Lilly ne serait pas tentée de se défouler sur elle en quittant la psy. L’empressement de la blonde ne dérangea pas ses trois amis. Wallace et Weevil se posèrent contre le mur. Madison profita de l’exiguïté du couloir pour s’asseoir sur les genoux de Dick qui se mit immédiatement à lui bécoter la nuque.

Veronica voix off : Il y en a au moins une qui est contente d’être coincée là…

 

***

 

La psychologue avait attendu quelques mois avant de commencer ses entretiens avec les adolescents touchés par la mort de Duncan Kane. Certains s’étaient présentés d’eux-mêmes pour s’épancher mais rapidement, la psychologue se rendit compte de la vacuité de ses entretiens. Aucun des amis proches de Duncan n’avait sollicité son aide. Les changements de liens sociaux entre eux survenus au cours du trimestre avaient fini de la décider à intervenir. Elle les avait convoqués dans son bureau. Elle commença par l’entretien de Lilly. Elle se souvenait d’une adolescente aux formes généreuses et enjouée. Elle fit la connaissance d’une adolescente en colère à l’haleine légèrement houblonnée. La psychologue griffonna en hâte : addiction à l’alcool.

- Alors mademoiselle Kane… Comment vous sentez-vous ?

Lilly jouait avec une mèche de cheveux tout en mâchouillant un chewing-gum.

- Lilly…

- Oui, oui, comment je me sens ? Je suppose que vous voulez entendre que j’essaie de garder la tête haute, que je me tiens bien pour honorer la mémoire de mon frère ?

- Non. Lilly, je veux simplement savoir comme tu vas.

Lilly se redressa subitement. Comme si elle était surprise qu’on lui demande réellement comment elle prenait les choses. A la maison, ni Jake ni Celeste ne se souciaient de son ressenti, ils étaient entièrement dévoués à la création de la bourse Duncan. Elle avait l’impression d’avoir disparu avec lui alors que là, la psy lui demandait comme elle se sentait, Lilly allait vider son sac.

- Je suis en colère. En colère contre mes parents qui ont l’air d’avoir oublié que je suis encore en vie. En colère contre Veronica qui est restée bêtement à pleurer sur le corps de mon frère au lieu d’appeler les secours. En colère contre Madison, Wallace qui m’ont abandonnée et l’ont choisie, elle ! En colère contre Weevil qui m’a laissée tomber depuis la mort de Duncan. En colère contre Duncan ! Depuis qu’il est mort, on ne parle que de lui ! Il a détruit mon monde !  Je lui en veux pour ça…

Lilly se prit la tête entre ses mains. Elle se sentait misérable. Elle détestait ce que la mort de son frère avait fait d’elle : une gamine capricieuse qui pleurnichait parce qu’elle n’était plus le centre du monde ; ou plutôt elle détestait avoir eu besoin du décès de Duncan pour le comprendre.

- Je vois. Ta colère est légitime, Lilly mais je pense que devoir surmonter la mort de ton frère est une épreuve suffisamment difficile. Tu n’as pas à t’infliger d’autres épreuves…

Lilly releva la tête lentement. Elle n’était pas certaine d’avoir compris. Ou plutôt, elle espérait se tromper. Si la psy caftait à ses parents, c’était le début de beaucoup d’ennuis. Oui, elle souffrait de ne plus être le centre de leurs attentions mais elle ne voulait pas devenir le grand combat de ses parents. Elle voulait qu’ils la regardent, non pas qu’ils la fliquent.

- Je suis une grande fille. Je fais ce que je veux de MA vie.

Elle rassembla prestement ses affaires et sortit du bureau telle une furie. La porte claqua contre la cloison. Les guirlandes de Noël fixées au mur tremblotèrent.  Elle quitta le couloir sans un regard pour personne. Malgré la dispute qu’ils avaient eue auparavant, Logan allait se lever pour la suivre et la consoler quand la voix de la psychologue le retint.


alExiaN  (22.05.2016 à 18:29)

- Logan, elle a besoin d’être seule pour le moment. Entre, s’il te plaît…

Il la suivit en bougonnant.

- S’il me plaît…

Elle s’installa face à lui et prit une nouvelle feuille de son carnet. Logan se tendit immédiatement. Il n’aimait pas parler de lui. Il n’aimait pas se montrer faible. « Je ne peux pas l’être. » pensait-il en se massant les côtes.

- Comment…

- Comment je vais ? Sérieusement ? Vous voulez savoir comment je vais ? J’ai droit à combien de mauvaises réponses ?

- Il n’y a pas de mauvaises réponses, ici, Logan. Il n’y a que tes réponses.

Les yeux de Logan roulèrent.

- Mes réponses… Encore faut-il que je veuille les donner…

- Pourquoi garderais-tu tout cette souffrance pour toi ? Parler de la mort de Duncan peut t’aider…

Logan voix off : Qui vous dit que ma plus grande souffrance c’est d’avoir perdu Duncan ? Vous ne savez rien de ma vie… et ce n’est pas prêt de changer…

- Je garde tout ça pour moi parce qu’elle a besoin que je sois solide…

- Elle ?

- Oh vous la connaissez : assez grande, blonde, au charme incendiaire…

- Lilly. Evidemment.

- Ok, j’ai perdu un ami. Mais elle a perdu un frère. Je me dois de taire ma douleur pour l’aider à supporter la sienne, expliqua Logan un brin impatient d’en finir.

- Et vous qui vous aide ?

- Je n’ai pas besoin d’aide. Je…

- Suis un grand garçon ? demanda la psy.

Logan voix off : J’ai de l’entraînement face à la souffrance…

- A quoi je sers si vous faites les questions et les réponses ?

Logan se leva et se dirigea vers la porte.

- Parler avec vous ne me sert à rien. En parlant avec elle, j’ai l’impression d’aider… même si elle me traite mal et me revoie plus bas que terre…

Sur ces mots, il laissa la psy seule.

- Je crois que c’est ton tour mon pote, dit-il à Dick.

Le jeune homme cligna de l’œil droit avant d’inviter sa copine à quitter ses genoux. Madison s’installa sur une des chaises désormais vide.

- Je crois que tu la trouveras à la cafet… à moins qu’elle n’ait déjà rejoint le River Styx, dit Madison en ramassant une pochette d’allumettes taguée au nom du bar. Lilly l’avait fait tomber en partant.

Logan eut une grimace en s’éloignant.


alExiaN  (23.05.2016 à 19:52)

- Richard, on y va, fit la voix douce de la psychologue.

Le surfeur ne bougea pas d’un centimètre. Il fallut que Madison lui donne une tape sur la cuisse pour qu’il se décide.

- Ah oui… Excusez-moi, Richard, c’est mon père… Moi, c’est Dick, plaisanta-t-il en entrant.

Madison roula des yeux face à son petit jeu. Une fois que la porte fut close, les épaules de l’adolescent s’affaissèrent. Il n’avait plus de public, il pouvait cesser son manège de mec cool et que rien ne touchait.

Dick voix off : à part les mains de ma copine, baby…

La psychologue nota son changement de comportement et s’en inquiéta.

- Est-ce que tout va bien, Dick ?

- Non. Enfin, si… Je dois avoir un mauvais karma.

- Mauvais karma ? Pourquoi dis-tu cela ?

Dick remit sa mèche blonde en place en répondant avec tout le sérieux dont il était capable.

- J’arrive enfin à conclure avec la fille qui me fait fantasmer. Et bon sang, ce que  j’ai ramé… J’ai pas l’habitude des nanas qui en ont là-dedans, fit-il en pointant son crâne. Et encore, c’est pas gagné… Donc, j’arrive enfin à conclure avec Mac.

- Mac ?

- Oui, Mac, enfin Madison. Mais elle n’aime pas qu’on l’appelle comme ça. Alors, tout le monde l’appelle Mac.

Les épaules de la psychologue s’affaissèrent. Elle ne pensait pas que l’entretien le plus complexe serait celui-ci. Suivre le bavardage de Dick s’avérait aussi complexe que d’apprendre le javanais à un chihuahua.

- Si tu sors enfin avec elle, tu n’as pas un mauvais karma.

- Ben, je sors avec elle mais seulement quand on peut se voir !

- C’est le lot de tous les couples non ?

- NON ! s’écria Dick. On doit se voir en cachette pour éviter les remarques du qu'en dira-t-on ! Une tronche avec un décérébré, avouez que ça fait parler…

La psychologue ne sachant que répondre garda le silence. Dick s’engouffra dans la brèche et continua à pérorer. Il n’avait pas souvent le loisir d’être lui-même entre les murs du lycée.

- Si Duncan était encore en vie, Mac et moi, on aurait pu être collés comme les deux faces d’une pièce…

- C’est normal d’être affecté par la mort de ton ami. C’est normal que la perte d’un être cher influe sur votre… libido…

- Non mais ce n’est pas ça du tout. Elle va très bien ma libido. D’ailleurs, vous ne devriez pas encourager les lycéens à l’abstinence, vous ?

La psychologue soupira. Elle n’arrivait pas à tenir la distance avec Dick.

- Si Duncan était encore là, nous n’aurions pas à nous cacher. C’était un adolescent discret certes mais tout le monde savait que son jugement était juste. Personne n’aurait ouvertement remis en question notre histoire avec Mac. Et puis… Si Duncan n’était pas mort, Mac n’aurait pas eu à choisir son camp.

- Choisir son camp ?

- Vous êtes certaine de bosser ici, vous ? Lilly a fait de Veronica une paria depuis la mort de D. Mac qui est une fille super a choisi d’épauler Veronica qui est accusée à tort… Du coup, le duo des blondes n’existe plus. Sexy blondie et Tinny blondie se font la tête et ça aussi, ça chamboule tout !

Dick soupira avant de poursuivre.

- Déjà que c’était assez chamboulé chez moi en ce moment avec la valse des avocats, des psys à la maison. Je sais que tout ça, c’est pour Cassidy, pour qu’il en finisse avec cette affaire de pédophilie mais ça met un beau bordel… Même Kendall n’arrive plus à bronzer convenablement…

Dick se tut et regarda par la fenêtre. La psychologue suivit son regard en espérant y trouver un peu de logique dans tout ce flot de paroles.

- Ca a tout chamboulé, à la maison, au lycée et dans ma tête… Il a fallu que mon frère se fasse violer pour que je prenne du plomb dans la cervelle. Je refuse que la mort de Duncan m’apporte quoi que ce soit de positif… Je veux juste que…

Dick se tut, passa sa main dans ses cheveux.

- Vous voulez juste que…

- Je veux juste que Keith reprenne ses fonctions…

- Pourquoi ça ? balbutia la psychologue de nouveau déroutée par le discours déstructuré tenu par Dick.

- Avec lui, toute cette affaire aurait déjà été réglée… L’an dernier, il a réglé l’affaire Goodman en deux fois moins de temps qu’il ne faudra aux juges pour statuer sur le sort de ce pédophile.

- De quoi tu parles, Dick ?

- Allez, je sais que vous avez aidé Cassidy… Si personne n’en parle à part nous, c’est parce que cette ordure a réussi à faire jouer ses relations pour faire taire les médias jusqu’au procès…

La psychologue n’entendit pas la dernière remarque acerbe de Dick. Elle était restée bloquée sur l’aveu du surfeur.

- Vous ne pensez pas comme Lilly ? Pour vous, Keith Mars n’a pas couvert sa fille ?  

- On n’a pas besoin de couvrir une innocente.

La mâchoire de la psy faillit tomber. C’était la première fois qu’elle entendait un lycéen prendre le parti de Veronica.

- Duncan l’aimait d’un amour pur et sincère. Des histoires comme ça, il en existe peu. Même s’il avait rompu, je n’imagine pas Veronica l’assassiner. Une relation pareille, vous voulez la récupérer, pas y mettre un point final irrévocable…

Soudainement, Dick claqua ses paumes sur ses genoux et se leva. Le spectacle était fini. Dick le sérieux disparaissait au profit de Dick le comique et le personnage public. Il n’avait aucun talent particulier : sa dérision et sa légèreté étaient ses seuls atouts pour exister dans la faune du lycée. Il s’empressa de rendosser son rôle d’amuseur avant de quitter la psychologue. Alors qu’il allait franchir la porte, il posa la question qui le taraudait depuis que sa langue s’était déliée.

- Dites, ce que je vous ai dit, ça reste entre nous ?

La psychologue lui offrit un sourire.

- J’ai déjà oublié que tu sais réfléchir et faire preuve d’empathie. Ta réputation est sauve.

Dick hocha la tête et sortit rassuré. Son côté chien fou, c’était ce qui le distinguait de la masse et qui le rendait  cool. Le véritable Dick, il ne le réservait qu’à ses véritables amis et qu’à elle. Il allait l’embrasser quand la psychologue lui gâcha son effet.

- Madison, c’est à nous…

A l’évocation du prénom honni, Dick ne résista pas à la vanne.

- Courage, montre-lui qui mène la danse, souffla-t-il à l’oreille de la brune.

Il récolta un petit coup de poing dans l’épaule en guise de réponse.

 


alExiaN  (24.05.2016 à 18:13)

- Vous venez de frapper Dick pour quelle raison Madison ?

- Vous êtes psychologue pas conseillère conjugale, il me semble, non ?

La psychologue s’assit en pinçant les lèvres.

- Vous avez toujours réponse à tout.

- Pas toujours. Sinon, je saurai pourquoi l’ensemble du lycée préfère croire les allégations d’une blonde sans cervelle plutôt que la plus brillante des journalistes du lycée.

- On a tendance à croire les proches des victimes avec plus de facilité.

- Parce que Veronica n’était pas proche de Duncan peut-être ?

- Toujours un contre-argument en réserve à ce que je vois…

- Je ne suis pas championne de débat lycéen pour rien… On ne m’accorde pas mes titres pour ma plastique de rêve.

- Soit. Madison, tu es une fille intelligente. Alors explique-moi pourquoi d’après toi, Lilly s’efforce à faire de Veronica son souffre-douleur.

- En plus, je dois faire votre job… Lilly a toujours été une star. Il suffit de la regarder pour comprendre. Elle est blonde, elle est canon et elle est capitaine des pompoms girls. A l’échelle du lycée, elle est le centre de l’univers. Lilly a toujours eu l’habitude d’être au centre de tout. Et là, tout est chamboulé.

La psychologue ne put retenir un sourire en entendant « chamboulé ». Le sourire n’échappa pas à la vigilance de Mac.

- Quoi ?

- Rien. Continue, Madison.

L’adolescente ne fit pas cas de l’emploi de ce maudit prénom qui n’avait été classe que dans la bouche de Duncan.

- La mort de Duncan a changé pas mal de choses. Il était certes connu des lycéens mais dans une moindre mesure. On le connaissait et le respectait parce qu’il accordait les budgets aux différents clubs. On le connaissait parce qu’il était le frère de Lilly. Aujourd’hui, il s’affiche partout et c’est Lilly qui est devenu la sœur d’une célébrité. Elle est devenue la sœur d’un jeune prodige assassiné. Se faire éclipser par un vivant, Lilly aurait pu l’encaisser parce qu’elle aurait pu se défendre. Mais là…

- Face à un mort, elle ne peut rien, conclut la psychologue.

- Je ne dirai pas qu’elle ne peut rien… Elle peut s’en relever. Elle a juste besoin qu’on l’aide. Mais elle met tellement d’énergie pour nous tenir à distance…

Mac se laissa tomber de tout son poids sur la chaise. Elle lâchait prise quelques secondes. Depuis plusieurs mois, elle était sur tous les fronts : garder le groupe de débat actif, enquêter sur la mort de Duncan, voir Dick pour avoir un semblant de vie sociale normale, soutenir Veronica au quotidien… Mac n’avait plus d’instant  à elle. Elle était constamment sur la brèche.

- Tu dis qu’elle a besoin d’aide mais tu sembles plus proche de Veronica que de Lilly actuellement …

- C’est pour ça que vous m’avez convoquée ? Pour me dire que je me trompe de copine ? Vous ne pensez pas que c’est vous qui vous vous trompez en pensant ça ? Avez-vous déjà essayé d’aider quelqu’un qui ne veut pas de votre soutien ?

La psychologue se mura dans le silence.

- Merveilleux, on nous envoie des personnes non qualifiées pour gérer la crise ! Lilly souffre et aurait besoin d’être aidée mais il est trop tôt. Elle ne laisse personne s’approcher, même Logan la trouve hors de portée. Quant à Veronica, elle souffre et n’a pas eu peur de demander mon aide pour une fois. J’ai répondu à son appel.

Sur ces mots, Mac se releva et s’apprêta à quitter le bureau.

- Répondras-tu à l’appel de Lilly ?

- Evidemment.

La psychologue l’interrogea du regard.

- Je vous l’ai dit. C’est mon amie. Je serai là le moment venu.

La psychologue laissa Mac, puisqu’il fallait l’appeler ainsi, sortir. La psychologue pensait mettre à jour les peines et les peurs de ces adolescents. Elle les découvrait solides et solidaires. Pas nécessairement avec celle qu’elle attendait mais ces soutiens semblaient être bons pour tous. Elle fit entrer le suivant pour confronter sa théorie. Un coup d’œil à son agenda lui permit d’en connaître l’identité : Wallace Fennel.


alExiaN  (25.05.2016 à 15:49)

Le jeune homme entra tête baissée, le regard vissé à ses chaussures. Il souhaitait de toute évidence être ailleurs. La psychologue allait utiliser cette gêne apparente pour le faire parler.

- Tu ne risques rien ici, Wallace.

Le garçon prit le temps de peser les mots de la psychologue avant de lui répondre. Il choisit de se montrer incisif.

- Qui vous dit que j’ai peur ?

- Je ne dis pas ça. Je dis seulement que si c’était le cas, tu pourrais m’en parler…

- J’en parlerais plus à Veronica, marmonna Wallace pour lui-même.

Mais la psychologue avait l’ouïe fine. Il le fallait si on voulait pouvoir entendre les confidences des adolescents qui ne parlaient qu’à demi-mot ou en paroles voilées.

- Veronica ? Veronica Mars ? questionna-t-elle.

- Oui, répondit-il sobrement.

La psychologue se carra dans son fauteuil.

- Vous lui avez parlé de la mort de Duncan ?

- Non, répondit-il rapidement comme choqué. Puis il se ravisa. Oui mais…

- Mais ?

- Mais pas comme vous l’entendez, je pense… On n’a jamais évoqué nos bons souvenirs de Duncan avec Veronica.

- Comment en parlez-vous alors ?

Wallace grimaça. Il n’allait pas lui dévoiler que son amie menait sa propre enquête en douce. Il choisit de biaiser.

- Comme d’une affaire non résolue. On n’arrivera pas à l’évoquer au passé tant qu’on ne saura pas ce qui lui est arrivé, je pense... Tant que je ne saurai pas qui l’a tué, je ne l’imaginerai pas mort. Et comme je ne suis pas du genre à parler dans le dos des gens, je ne parle pas de Duncan… Enfin, je ressens les choses comme ça, moi… Et je crois que pour elle, c’est un peu pareil. Donc, pour la protéger, je ne parle pas de Duncan.

La psychologue médita un instant les paroles de Wallace et leur logique. Tout cela corroborait sa théorie. Veronica Mars cristallisait toutes les émotions liées à la mort de Duncan : soit on la haïssait, soit on la protégeait. La psychologue ne s’étonna pas que l’adolescente intéresse tant la police. Alors qu’elle raccompagnait Wallace à la porte, elle lui posa la question qui lui brûlait les lèvres.

- Et toi, qui te protège ?

- Elle.

L’incompréhension se lut dans les yeux de la psychologue. Wallace était la deuxième personne à lui répondre cela.

- Ça a toujours été comme ça, entre nous.


alExiaN  (26.05.2016 à 18:57)

Flashback

Septembre il y a deux ans.

Sa mère venait d’être mutée en Californie. Il n’avait pas eu d’autre choix que de la suivre. Elle lui avait promis qu’un lycée reste un lycée où qu’il se trouve. Elle se trompait. Wallace n’avait pas les codes de la vie neptunienne et il en payait le prix comme un freshman. La semaine passée, il avait cru bon appeler les flics pour un vol dans la supérette où il travaillait le soir. Aujourd’hui, il comprenait à quel point il s’était trompé. Ils l’avaient pris par surprise à la sortie du bus. Face au nombre d’assaillants, il n’avait rien pu faire. Il s’était rapidement retrouvé en caleçon. Sous la pression d’une batte de base-ball, on le força à se plaquer contre le mât du lycée. Les latinos le fixèrent là avec beaucoup de chatterton. Pour couronner le tout, on lui écrivit mal « balance » sur le torse. C’était dans sa position très inconfortable qu’il allait commencer sa scolarité de sophomore à Neptune High. Quand les premiers élèves arrivèrent, il espéra un court instant qu’on vienne le décrocher. Mais personne ne daigna s’approcher. Les filles passaient en baissant les yeux. Les sportifs se hâtaient de retrouver leur coach. Les populaires étaient trop occupés à parler de leur dernière soirée pour le voir. Seuls quelques lycéens lambda s’étonnaient de le voir là. Ils discutaient de sa présence mais aucun n’osait s’approcher.

- Il a fait quoi ?

- C’est lui qui a balancé les latinos pour le racket de la supérette.

- Il est malade… Il n’y a que Weevil qui peut punir les latinos, fit l’adolescente en indiquant un motard au crâne rasé.

Wallace enregistra l’information et se promit de ne plus se mêler des affaires de ce type une fois qu’il l’aurait décroché. Prenant le peu de courage qu’il lui restait, Wallace se mit à crier.

- WEEVIL !

Le silence se fit dans la cour. Wallace recommença. Le motard tourna son regard vers le mât. Il quitta ses lunettes de soleil et s’avança.

- Tu dois en avoir une sacrée paire pour oser m’appeler comme ça… On se connaît ?

- Non.

Weevil allait faire demi-tour quand Wallace vida son sac.

- Je te connais pas. Mais toi, tu as dû entendre parler de moi. C’est moi qui ai balancé les latinos qui picolent aux frais de la princesse…

Weevil se retourna en souriant.

- C’est bien ce que je disais, tu en as une sacrée paire…

- J’ai compris la leçon. Je ne m’occuperai plus de tes affaires. Tu gères, tu punis comme bon te semble, j’ai compris. Tu me décroches maintenant ?

Weevil eut un sourire encore plus grand.

- Si tu es si malin, tu vas bien trouver un moyen pour descendre tout seul.

Sur ces mots, le motard voulut s’éloigner mais il percuta de plein fouet une petite blonde qui sentait les promesses. Alors qu’il allait la chasser de son chemin, elle fit jaillir la lame de son couteau. Le motard eut  un léger mouvement de recul.

- Bouge-toi.

- Pour qui tu te prends ?

Veronica fit tourner sa lame entre ses doigts avec beaucoup d’adresse et d’agacement. Si ça continuait ainsi, elle allait se spécialiser en décrochage de mecs scotchés au mât à la rentrée. C’était son deuxième en deux ans. Weevil se passa la main droite sur le crâne pour cacher son émotion. Il lui avait montré ce tour avec la lame un soir à Mars Investigations, il ne pensait pas qu’elle l’avait retenu. D’une bourrade, Veronica écarta Weevil de son chemin. Elle grimpa sur le socle du mât et s’attaqua un scotch.

- Tu es nouveau ?

- Comment tu as deviné ?

Veronica sourit et leva un sourcil, un brin amusée. La sonnerie de début des cours retentit et dispersa la foule. Les derniers élèves s’engouffrèrent dans le bâtiment quand les ultimes bouts de scotch tombèrent au sol laissant un Wallace simplement vêtu d’un caleçon.

- Tu as encore décroché un mec du mât, V ?

Wallace rougit en voyant s’approcher une adolescente blonde, pulpeuse et mutine. Soudain, elle l’observa des pieds à la tête. Il se sentit encore plus nu.

- Je ne sais pas d’où tu arrives mais ici, on vient au lycée habillé, rajouta l’adolescente.

Il se cacha derrière son sac à dos.

- Ca ne suffira pas…

La blonde décrocha son portable et composa un numéro.

- Duncan, tu as toujours le sac des nouvelles tenues des clubs sportifs dans la voiture ? Parfait, rapporte…

La blonde jaugea le  nouveau.

- Rapporte une tenue complète de basketteur. Chaussures comprises. Discute pas. On a une urgence de mode !

Wallace regarda le dit Duncan arriver avec un sac de sport. Tout en lui serrant la main, il lui proposa d’enfiler le survêtement du lycée. Wallace ne put refuser. Il ne les connaissait pas mais il leur était reconnaissant. Toutefois, son attention était focalisée sur celle qui l’avait décroché. Elle était à l’entrée du bâtiment en grande conversation avec Weevil.

- Elle va avoir des ennuis ? demande Wallace.

Duncan et Lilly regardèrent dans la direction pointée par le jeune noir.

- Qu’il essaie seulement de la toucher, marmonna Duncan.

Lilly roula des yeux. Son frère était de moins en moins discret avec ses sentiments. Elle lui en toucherait un mot plus tard.

- Non, elle ne risque rien. Weevil a trop besoin de ses talents pour lui faire du mal.

- Ses talents ?

Lilly lui sourit et l’attrapa par le cou.

- Mais c’est qu’il est curieux le petit nouveau !

Wallace se laissa taquiner gentiment. Ça lui rappelait que le lycée restait le lycée.

- Bienvenue à Neptune High.

- Wallace. Wallace Fennel.

- Bravo, en moins d’une matinée, tu as fait connaissance avec la lie et la crème du lycée de l’établissement.  Weevil, Duncan, Lilly, et moi. Veronica, dit la petite blonde en comptant sur sa main.

- Et encore, tu n’as pas vu Madison, Logan et Dick, s’amusa Lilly.

- On te les présentera au déjeuner, sauf si on est collé pour retard…dit Duncan.

Les adolescents entendirent retentir la seconde sonnerie. Ils se pressèrent dans le bâtiment. Wallace les regarda s’éloigner sans bouger. Soudainement, la porte se rouvrit sur le visage rieur de Veronica.

- Eh, tu viens ? Je peux te sauver les miches des griffes de Weevil et ses PCH mais Miss Murphy, c’est autre chose…

Wallace lui sourit et se dépêcha de la rejoindre. Finalement, cette première journée ne commençait pas si mal.

Fin flashback


alExiaN  (26.05.2016 à 21:46)

Wallace sortit du bureau. Il adressa un sourire à Weevil et à Veronica. La blonde indiqua à Eli d’entrer en premier. Elle ne se sentait pas encore capable d’affronter la psychologue. Elle devait encore organiser ses pensées pour ne pas trop en dire.

- Eli, on y va.

Le motard passa devant la psychologue. Veronica vit les épaules de son ami se crisper quand la porte claqua. Eli était toujours mal à l’aise face aux adultes qui avaient grandi du côté des nantis. Veronica espéra qu’Eli sache garder ses nerfs. La psychologue s’assit derrière son bureau. Du regard, elle invita Eli à faire de même mais le jeune homme était trop accaparé par ses doutes pour déchiffrer le langage non verbal de la psychologue.

- Pourquoi vous m’avez fait venir ?

Les lèvres de la psychologue se pincèrent. Elle comprit immédiatement qu’elle allait vivre encore un entretien à couteaux tirés.

- Ton rapprochement avec Veronica Mars et ses amis est des plus étonnants. Monsieur Clemmons et l’équipe enseignante s’interrogent.

Eli émit un sifflement moqueur.

- Vous n’allez pas me dire qu’il est naturel ?

- Et vous, vous n’êtes pas censé nous apprendre qu’on est tous pareils, tous égaux…Vous nous parlez d’égalité, de mixité, mais dès qu’elle commence à apparaître, vous flippez ! s’énerva Eli en frappant le bureau du plat de ses mains.

La psychologue eut un mouvement de recul avant de se reprendre.

- Calme-toi. Je veux simplement vérifier qu’il n’y a pas d’arrière-pensée dans ta nouvelle relation avec eux. Ils traversent une rude épreuve.

Eli émit de nouveau un sifflement moqueur.

- Une arrière-pensée dans notre relation ? Et si je vous disais qu’avec Veronica, on est amis depuis notre entrée au lycée ?

- Si c’est vrai, pourquoi l’avoir caché jusque-là ? demanda la psychologue qui refusait de croire le motard.

- Parce qu’au lycée, il y a des codes à respecter. Une petite blanche blonde fille de détective, de shérif, ça ne traîne pas avec un motard qui a grandi dans les trafics de drogue…

La psychologue opina du chef, elle comprenait parfaitement l’argument du qu'en-dira-t-on, très présent dans les relations adolescentes.

- Pourquoi avoir cessé de vous cacher ?

Eli finit par s’asseoir avant de répondre.

- A cause de cette rude épreuve, dit-il en mimant de gros guillemets. Mon statut, mon code postal fait peur. Il fallait bien que cette crainte serve à quelque chose. Elle me sert à protéger Veronica des rumeurs et des insultes que tout le lycée lui balance. En m’affichant avec elle, Veronica peut enfin respirer.

Eli se massa la nuque et planta son regard dans celui de la psychologue. Il y lisait de l’incompréhension. Il s’y attendait. Personne n’avait jamais compris sa relation avec la petite blonde.


alExiaN  (27.05.2016 à 20:07)

Flashback

Mai, il y  a trois ans…

Veronica finissait son devoir d’algèbre quand la porte de Mars Investigations s’ouvrit à la volée. Des cris en espagnol la tirèrent de ses équations. Elle reconnut Eli – Weevil – Navarro suivi par une femme un peu âgée. L’adolescent, freshman à Neptune High comme elle, n’en menait pas large face à la vieille dame.

- Je peux vous aider, demanda Veronica.

Tout à coup, Weevil se figea. Il ne s’attendait pas à la voir là. Il ne s’attendait pas à voir quelqu’un qui le connaissait.

- Je veux voir Keith Mars, dit la vieille femme en colère.

Veronica se leva et vint à leur rencontre. Elle proposa un siège aux visiteurs.

- Il est en rendez-vous, mais dites-moi pourquoi vous êtes là. Je…

- Pourrais tout raconter au lycée et colporter des ragots sur Weevil, fit l’adolescent mauvais.

La vieille femme lui frappa le crâne avec son journal. Veronica lui jeta un regard noir avant de reprendre sa phrase.

- Je pourrais peut-être vous aider avant que mon père s’occupe de vous. Je l’aide souvent dans ses affaires.

- Détective de 15 ans…

- Ris si tu veux mais si tu es là, c’est que tu as besoin de lui… Et crois-moi, il y a des affaires beaucoup plus juteuses que les petites misères d’un hispano…

Sous le coup de l’insulte, Eli se leva d’un bond prêt à en découdre. Le rire clair de la vieille femme l’apaisa autant qu’il surprit Veronica.

- Mademoiselle, vous êtes stupéfiante ! Votre père peut être fier d’avoir une fille aussi forte. Peu de gens osent répondre à mon écervelé de petit-fils…

- Mama…

Veronica sourit et vint s’asseoir tout contre la mémé de Weevil.

- Alors dites-moi ce que ce vilain garçon a encore fait ?

- Il est accusé d’avoir volé des choses chez un de mes patrons… Mais je sais bien que ce n’est pas lui. Eli ne volerait jamais…

Veronica eut une petite moue qui exprimait bien son doute.

- Il ne volerait jamais des bikinis technologiques ! s’emporta la vieille hispanique.

Veronica ne put retenir son rire. Eli lui lança un regard noir. Mais quelque chose dans ses yeux persuada l’adolescente de son innocence. Weevil avait peut-être une notion floue de la légalité mais quand il franchissait la limite c’était pour une bonne raison.

Veronica voix off : Des bikinis technologiques ?

- Je m’occupe de cette affaire. Mon père ne pourra pas se pencher sur ce cas.

Ce fut au tour de la mémé d’Eli d’avoir des doutes. Eli se prit la tête entre les mains. Il voyait déjà le centre de jeunes délinquants se rapprocher.

- Voyons Madame Navarro, vous savez quand ces bikinis ont disparu ?

- J’ai la date de leur dernier lavage, j’ai même retrouvé les numéros de série.

Veronica fut surprise par la précision des informations.

- Passer plus de dix ans au service de ses gens, et vous apprendrez à tout noter pour prouver votre bonne foi et que vous faites bien votre job…

En possession de ces données, Veronica ne mit pas longtemps à retrouver les dits-bikinis mis en vente sur E-bay par la fille-même de la plaignante : Caitlin Ford. Veronica imprima la fiche E-bay.

- Oh la vilaine fille… C’est moche d’accuser le petit-fils de celle qui fait ton lit…

- La prochaine fois, je te jure mama, je pisse dans le filtre de la piscine, grogna Eli.

Veronica sourit et glissa la totalité des recherches faites dans un dossier Mars Investigations.

- Contente-toi de regarder les dégâts que ceci va faire sur son train de vie…

Veronica conseilla à Madame Navarro de porter tout ça à sa patronne.

- Si Madame Ford est bien comme Lilly me l’a décrite, Caitlin devrait bien vite avoir une baisse d’argent de poche et l’interdiction d’utiliser la piscine… Quant à Madame Ford, elle retira sa plainte pour éviter la honte…

Eli et sa grand-mère quittèrent le bureau de l’agence rassurés. Alors qu’ils étaient sur le pas de la porte, Veronica les entendit discuter. Leurs mots la firent sourire.

- Tu disais n’importe quoi au sujet de cette jeune fille, Eli ! Elle n’est pas écervelée. Tu lui dois la liberté. Que je te vois pas lui faire du mal ou…

- Si mama.

Fin flashback


alExiaN  (28.05.2016 à 19:49)

Weevil laissa la psychologue méditer sur l’étrangeté de son amitié avec Veronica. Il ne voyait pas l’utilité de passer davantage de temps dans ce bureau. Il sortit sans un mot. Au  moment de quitter le couloir, il eut un regard pour Veronica. Elle ne le lui rendit pas. Elle était trop absorbée par ses cuticules. La blonde se rongeait les ongles avec application et méthode depuis que Clemmons leur avait demandé de se rendre ici.

- Veronica, appela la psychologue.

L’adolescente resta immobile et silencieuse. La psychologue renouvela l’appel. Cette fois-ci, l’adolescente la suivit. Sans un mot, ni un regard, elle s’installa sur le fauteuil, croisa les jambes et tira la lime à ongles que Lilly l’avait contrainte à garder toujours dans son sac. Avec application, elle commença par le pouce gauche. La psychologue assista à sa manucure quelques minutes avant de passer à l’offensive.

- Tout va comme tu veux, Veronica à ce que je vois…

La lime cessa son action et la jeune fille leva un œil vers la psychologue.

- Mais continue, je ne voudrais pas te déranger…

A cette nouvelle pique, Veronica releva complètement la tête et planta son regard dans celui de la psychologue.

- Vous êtes bien aimable de respecter mon confort. Plus grand monde s’en soucie…

La psychologue émit le même soupir qu’Eli quelques minutes auparavant. Cette attitude dédaigneuse de l’adulte finit d’hérisser le poil de Veronica. Elle planta ses ongles manucurés dans les accoudoirs.

- Ca vous amuse ?

- Non. Je constate juste que tu n’as pas réalisé que tu cristallises toutes les attentions et les tensions qui agitent le lycée.

- Ne m’attribuez pas tant de mérite. Les tensions, je veux bien mais les attentions…

La psychologue posa un regard nouveau sur l’adolescente, elle essayait de voir ce qui pouvait pousser tous les jeunes qu’elle avait vus ce matin à vouloir protéger, défendre, prendre le parti de Veronica.

- Comment fais-tu ?

- Comment je fais quoi ?

- Comment fais-tu pour qu’ils veuillent tous te protéger alors que…

- Alors que je ne suis pas agréable ou gentille ? ironisa Veronica en se levant.

Elle se mit à faire les cent pas dans le bureau tout en faisant virevolter sa lime entre ses doigts. Elle s’étonna de savoir encore réaliser un tel tour.

- Je crois qu’ils essaient de me prouver que j’ai tort… Avec toutes leurs petites attentions, ils essaient de me prouver que la vie n’est pas une chienne…

-  Pourquoi dis-tu ça ? Pourquoi la vie est une chienne d’après toi ?

Veronica fit tournoyer sa lime plus vite et répondit à toute allure.

- Voyons voir, pourquoi ? Ma mère est alcoolique. Mon père a multiplié les affaires pour qu’on puisse garder notre logement. Lorsqu’il a enfin eu le poste de shérif, que notre vie s’améliorait, maman a trouvé le moyen de replonger et de fuir avec la moitié de nos économies. Et maintenant, mon père s’est fait virer parce qu’il ne résolvait pas assez vite l’affaire Kane ! Et encore, là ce ne sont que mes galères ! Vous voulez que je vous parle des autres ? Lilly perd son frère. Dick fait le guignol mais je sais qu’il est touché par ce qui arrive à Cassidy même si je ne suis pas censée être au courant. Les médias n’en parlent pas encore mais moi, l’affaire Goodman je la connais, elle a empêché mon père de dormir suffisamment de nuits. Et Leo ! C’est le mec le plus gentil que je connaisse, trop gentil sûrement puisque la vie a collé une trisomie à sa petite sœur ! Je continue ou vous avez saisi ? La vie, ce n’est pas le monde des bisounours ! Celui qui n’a pas compris ça à l’âge adulte est un crétin.

Veronica termina sa tirade en se laissant choir sur le fauteuil, essoufflée. La psychologue lui jeta un regard attendri qui l’agaça.

- Et voilà, j’ai droit au regard de chien battu maintenant !

Veronica ramassa sa besace et se dirigea vers la porte, estimant que la conversation était close. Alors qu’elle allait franchir la porte, la psychologue l'interpella.

- Veronica, n’interprétez pas mon regard.

La blonde se retourna vers l’adulte.

- Désolée mais c’est un peu mon hobby d’interpréter les pensées et les faits des gens.

Veronica se mordit la langue après avoir parlé si vite. Elle ne voulait pas que tout le lycée sache qu’elle enquêtait sur la mort de Duncan et encore moins que des adultes le sachent. Elle claqua prestement la porte pour esquiver la prochaine réflexion.

Veronica off : Il va falloir être discrète…


alExiaN  (29.05.2016 à 18:55)

Veronica se dirigeait vers le parking du lycée tout en repensant aux dernières minutes. Elle avait pu observer l’ensemble de ses amis. Elle trouvait intéressant de confronter leur attitude à l’entrée et à la sortie du bureau de la psychologue. La sortie théâtrale de Lilly en disait long sur ses états d’âme. Malgré le trimestre écoulé, elle n’arrivait pas à faire sainement le deuil de son prodige de frère. Le passage éclair de Logan dans le bureau confirmait tout le bien que Veronica pensait du jeune homme.

Veronica voix off : Tellement fidèle à Lilly qu’il se met entre parenthèses pour la protéger…

Curieusement, c’était le passage de Dick qui questionnait le plus Veronica. Elle savait que les Casablancas traversaient une crise par l’intermédiaire de Cassidy mais elle n’imaginait pas que Dick fusse si touché. C’était déjà troublant de voir Mac sortir avec lui. Le découvrir altruiste et empathique, c’était hallucinant. Plongée dans ses analyses, elle ne vit pas Wallace l’attraper par le cou. Il eut le temps de lui glisser un bisou sur la joue.

- Ouh là, tu ramollis Mars. Tu ne te laisses jamais approcher comme ça d’ordinaire…

- Je savais que c’était toi…

Wallace fit semblant de prendre la mouche.

- Ah, j’oubliais ton troisième œil !

Veronica lui donna un coup de poing dans l’épaule en riant mais le cœur n’y était pas. Son meilleur ami le nota.

-  Ca s’est mal passé avec la psy ?

- Non, mais on va devoir être plus discret dans nos investigations…

- Qui va devoir être discret ? demanda Mac qui venait de se glisser entre les deux amis.

- Toi et Dick ! Mon dieu, mettez le frein quand vous vous bécotez en public ! J’ai failli vomir, plaisanta Wallace.

Veronica rit aux éclats devant la mine outrée de Mac.

- Il est jaloux… Par contre, il va vraiment falloir être discret dans nos recherches.

Mac opina du chef, elle était sur la même longueur d’onde que la blonde.

- Il n’y a pas plus discret que moi sur le réseau. Le cloud de Duncan n’aura plus de secret pour nous d’ici la fin de la semaine. On devrait avoir de nouvelles pistes après ça…

- J’espère, soupira Veronica.

- Garde un peu la foi, V…

- Je la garde. Je crois toujours que mon père m’offrira une licorne à Noël si je suis sage, plaisanta Veronica en montant dans sa voiture.


alExiaN  (04.06.2016 à 14:42)
Message édité : 07.06.2016 à 18:50

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