Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Veronica Mars
Création : 13.04.2016 à 21h41
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
Oubliez tout ce que vous savez de l’univers de la série. Ne reste que les personnages (et encore…). Bienvenue dans cette relecture de la série. Welcome to Neptune !
Cette fanfic compte déjà 104 paragraphes
Si Logan avait été discret sur son attirance pour Veronica quand Lilly était au lycée, maintenant qu’elle était en cure, il ne l’était plus du tout. Il n’avait plus à subir le regard courroucé de son ex. Il n’avait plus à se contenter de sms à double sens. Il avait tout loisir de taquiner et de faire rougir Veronica. Cela amusait beaucoup Dick.
- Tu t’y prends comme un manche, Logan, se moqua Dick alors que son ami venait de nouveau de se prendre un vent.
- Parce que tu crois que tu sais mieux y faire avec les femmes, rétorqua Mac.
Les deux adolescents se dévisagèrent. Veronica baissa la tête. C’était parti pour un nouveau numéro de Mac et Dick. Ils jouaient la partition que le lycée attendait d’eux : le couple antinomique qui ne s’accordait que sur le cul. Veronica ne voulant pas assister à cette scène prit ses affaires et s’éloigna sur la pointe des pieds. Wallace suivit en dribblant à toute allure. Logan sourit amusé avant de les rattraper. Seuls, Dick et Mac se dévisageaient toujours.
- Un truc à me reprocher ?
- Pas un seul. Mais tout le monde ne cherche pas un arrangement comme le nôtre, répondit Mac assez fort ; leur duo était bien rodé.
- Ben, il est bien notre arrangement, non ?
- Très bien. Mais toi comme moi, on sait que Logan ne cherche pas un sex-friend.
Dick attrapa Mac par le cou et l’embrassa avidement. Elle se dégagea doucement.
- Arrête ou je pourrais finir par tomber amoureuse…
Quelque chose dans le regard ou plutôt dans le discours de Mac empêcha Dick de rire. Elle avait dit le mot en « a ». Dick espérait que la brune ne mentait pas. Pour la foule, Mac était une énième conquête de Dick. Pour Mac, sortir avec Dick était au début un peu comme un rite de passage avant le monde étudiant. Puis, les mois défilant, les événements aidant, Mac avait vu leur aventure sous un autre jour. Elle continuait à donner le change au lycée. Elle snobait Dick, en faisait son jouet, mais dans l’intimité, Mac était bien incapable de savoir lequel des deux jouait le plus avec l’autre. Et elle s’en fichait. Elle voulait juste que le lycée s’achève pour enfin faire exister cette histoire au grand jour et sans mensonge. Le sourire que Dick arborait depuis qu’il avait entendu le mot en « A » confortait Mac dans sa décision.
- Qui est-ce qu’ils croient duper ? demanda Veronica en fermant son casier.
- Certainement pas nous, fit la voix de Logan.
Veronica ne l’avait pas vu la suivre, elle sursauta. Sa réaction l’amusa.
- La grande Veronica qui a eu peur. Je vais faire une croix dans mon calendrier… A moins que non, ce soient les jours où tu n’as pas peur de Lilly qu’il faut que je coche…
Si le début de la tirade de Logan avait amusé Veronica, la chute lui déplut atrocement. Elle s’éloigna vivement.
- Je n’ai pas peur de Lilly.
Logan lui emboita le pas. Il ne la laisserait pas filer. Il l’avait courtisée platoniquement pendant plusieurs jours, plusieurs semaines même, si on considérait leur baiser interrompu du Camelot comme le début de leur jeu de « je t’aime moi non plus ». Logan s’était promis d’attendre que sa situation se clarifie. Maintenant qu’il était séparé de Lilly, il n’en pouvait plus d’attendre. Veronica marchait de plus en plus vite devant lui. Alors qu’elle passait devant les toilettes de filles, Logan la bouscula pour la contraindre à y entrer L’adolescente bougonna mais Logan fut le plus rapide. Il bloqua la porte et sortit de sa cachette le panneau « hors service » que Veronica utilisait pour ses rendez-vous professionnels.
- Tu n’as pas le droit d’utiliser mes cartes, grommela Veronica en s’adossant aux lavabos.
- Je n’ai jamais dit que je jouais en respectant les règles, répondit Logan goguenard.
- Lilly a eu une mauvaise influence sur toi alors…
Sans qu’elle ne puisse l’anticiper, Logan venait de la bloquer contre les vasques. Elle pouvait sentir l’odeur musquée de son parfum.
- Et elle n’en a pas eu assez sur toi, lui souffla-t-il à l’oreille.
La remarque piqua au vif Veronica. Elle en avait assez qu’on la considère comme une version édulcorée de Lilly. Certes la fille Kane n’avait pas froid aux yeux, mais Veronica n’était pas en reste. Si Lilly embrassait, sortait à tout va, Veronica risquait sa vie dans les filatures et les enquêtes. Elle savait autant qu’elle profiter de l’instant. Logan, qui venait de se reculer un peu pour voir sa réaction, fut surpris. Veronica lui prit la nuque et l’embrassa avec avidité. L’adolescente rompit le baiser quand elle sentit Logan sourire.
- Parfois, c’est bon de tricher…
Veronica profita de la surprise de Logan pour se dégager de son étreinte. Logan qui avait enfin obtenu une réaction de sa part ne la laissa pas filer. Il la saisit par la main et la contraint à lui faire face.
- Ne crois pas t’en tirer à si bon compte…
Veronica serra les dents. Elle ne supportait pas qu’on décide pour elle et en même temps, elle adorait cette attitude dominante de Logan. La puissance qu’il dégageait l’attirait irrésistiblement. Sa puissance mais aussi sa faiblesse, Veronica se souvint du corps blessé qu’elle avait soigné il y a quelques mois. Force et faiblesse, il était les deux. Elle allait lui prouver qu’elle en était tout aussi capable. Doucement, elle s’avança vers lui, elle posa délicatement sa main sur sa joue. Elle caressa lentement la ligne de sa mâchoire. Elle se revoyait essuyer le sang. Elle se revoyait panser ses blessures. Elle le sentait frémir sous la caresse, elle sourit. Logan le fort laissait la place à Logan le sensible. Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa une multitude de baisers sur ce qui avait été des bleus. Logan se laissa bécoter stoïquement. Il avait guetté longtemps un geste de sa part. Elle le couvrait de baisers, il n’allait pas l’arrêter. Quand Veronica arriva à la pointe du menton, Logan était au supplice, il ne voulait qu’une chose : croquer cette bouche au goût de promesses. Mais il se contint à l’immobilité. A regret, il la sentit s’éloigner. La déception commençait à l’envahir. Elle venait de jouer avec lui, elle avait triché.
- Alors, c’est toujours aussi bon de jouer avec un tricheur ?
- Touché.
- On arrête de jouer ? demanda Veronica.
Elle vit une étincelle de crainte naître dans le regard de Logan.
- Ou plutôt, on joue selon nos règles, murmura-t-elle en venant se nicher entre ses bras.
Logan se garda bien de demander à lire le règlement. Il lui vola ses lèvres pour le plus brûlant des baisers. Tout à coup, la porte des toilettes s’ouvrit à la volée.
- Mais c’est tout à fait contraire au règlement ! cria Mr Clemmons.
Veronica et Logan rompirent leur baiser et partirent dans un fou rire.
- Et ça vous amuse en plus ! 2 heures de colle à tous les deux !
Début mai
Le temps était relativement chaud pour ce printemps. Les tenues se raccourcissaient mais ni Logan, ni Dick ne songeaient à y prêter attention. Leurs petites-amies veillaient au grain. Depuis leurs deux heures de colle données par Mr Clemmons, Logan et Veronica s’affichaient clairement comme un couple au grand désespoir de Wallace. Le jeune basketteur restait le seul célibataire du petit groupe. Il passait ses nerfs sur son ballon à chaque pause déjeuner tandis que les quatre autres se bécotaient ou s’enlaçaient. Veronica essayait de résister à l’envie de se blottir dans les bras de Logan pour faciliter les déjeuners de son meilleur ami. Mais la joie de pouvoir vivre sa relation sans le regard inquisiteur de Lilly avait fait vaciller ses résolutions.
- Heureusement que Lilly sort bientôt, lâcha le basketteur.
- Si tu crois qu’elle me fait peur, rétorqua Logan sans laisser Veronica s’éloigner de lui.
- C’est pas ce que je dis. Je ne me plains pas mais…
- Mais ça y ressemble méchamment, fit Dick en ricanant.
Mac l’incita au calme d’un geste de la main. Veronica se décrocha de Logan pour écouter attentivement son BFF.
- Une célibataire de plus dans ce groupe, ça nous ferait le plus grand bien ! Vous avez fait fuir Cassidy ! Je me retrouve tout seul !
- Ah, firent les garçons.
Les filles vinrent embrasser Wallace sur les deux joues.
- Ne t’inquiète pas, Wallou, on va t’en trouver une de copine à toi aussi, rassura Dick.
- Surtout que le retour de Lilly ne rimera peut-être pas avec célibat, ajouta Mac un peu fort pour passer par-dessus les bruits de moto qui résonnaient depuis le parking.
- Elle sort toujours avec Navarro, demanda Logan presque déçu que la relation de Weevil et Lilly ait survécu à la leur.
- Non. Mais elle a rencontré un très beau médecin durant sa cure…
- C’est bien Lilly, arriver à tirer le meilleur profit des pires situations ! résuma Wallace.
Veronica, qui apprenait la nouvelle, l’accueillit positivement. Si Lilly sortait avec l’esprit occupé par un nouveau garçon, elle ne tiendrait pas rigueur à Logan et elle de sortir ensemble.
Veronica voix off : relax, ce n’est pas un monstre et elle t’a plus ou moins donné son feu vert avant de partir !
Il avait pris son arrestation comme un affront. Le jugement avait été maintes et maintes fois repoussé. Le procureur avait trop à faire avec l’affaire Kane. Une sombre histoire de violence sur mineur, ça pouvait attendre. Aussi Aaron avait passé les derniers mois enfermé à la prison de l’état. Son avocat lui avait conseillé de faire profil bas, d’accepter sa situation pour espérer gagner une remise en liberté avant un procès. Pour une fois, Aaron avait écouté quelqu’un d’autre que son agent. Et il avait obtenu sa remise en liberté après 3 demandes rejetées. A présent, il roulait vers le centre-ville de Neptune. Certes, il avait une injonction d’éloignement à l’égard de son fils. Mais il s’en moquait. Ce qui l’inquiétait en ce jour de sortie, c’était les paroles de son avocat : « j’ai bien peur qu’un second combat s’impose à vous. » L’homme de loi avait dit cela en tirant le journal local de sa sacoche. En couverture, on reconnaissait Lynn qui confessait tout sur les adultères de son mari. Aaron alluma la radio pour se changer les idées.
« Elle s’était murée dans le silence depuis l’arrestation de son mari pour violence sur mineur. Elle sort de son silence et nous raconte la face cachée de l’acteur préférée des ménagères neptuniennes. Il s’agit de Lynn Echolls. Bienvenue sur radio Neptune.
Appelez-moi Lynn Lester. Maintenant que nous avons trouvé le courage de faire face, je ne veux plus être relié à ce monstre…
Très bien Madame Lester. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a donné le courage d’agir ?
Mon fils… »
Fou de colère, Aaron frappa plusieurs fois le volant de sa voiture. Si Logan avait surgi devant sa voiture, il l’aurait écrasé sans aucun état d’âme. Mais ce ne fut pas son fils qui apparut mais la silhouette élancée et voluptueuse de Lilly Kane. Aaron eut un sourire carnassier. Le destin faisait bien les choses. Logan avait poussé sa mère à demander le divorce parce que Lilly avait confessé avoir une aventure avec lui. Il ne pouvait atteindre Logan mais elle, marchant sur le trottoir qui jouxtait le centre pour alcoolique d’Oceanside, elle était à sa merci.
Lilly bouclait son sac. Il n’était pas bien gros. Ses parents étaient passés signer les papiers de sortie quelques heures plus tôt et avaient emporté la plupart de ses affaires. L’adolescente récupéra son jeton de sobriété, elle le fit rouler entre ses doigts.
- Alors c’est le jour J, fit une voix dans son dos.
Elle sourit en faisant volteface. Elle en avait fini avec sa cure mais pas avec le médecin. Elle s’avança lentement vers lui. Elle prit le temps de faire voler les plis de sa robe dos nu pour affoler le jeune docteur. Elle le vit rougir.
- Eh oui. Je sors. J’en ai fini avec mon addiction, claironna-t-elle en glissant le jeton dans son soutien-gorge. Je vais garder ça là pour me souvenir de ne plus jamais toucher une goutte d’alcool…
- Allons, Lilly…
- Quoi, vous avez une meilleure solution pour que je ne replonge pas ?
- D’ordinaire, nous prônons la plus totale abstinence à nos patients.
Lilly gloussa en entendant « abstinence » ; un mot qu’elle n’avait jamais compris.
- Mais nous savons tous les deux que vous n’en êtes pas capable… Vous êtes jeune, jolie et vous aimez la vie. Boire de l’alcool, c’est un aspect de la vie. Aussi, je ne vous recommande pas l’abstinence mais la prudence. Buvez, mais jamais seule. Quelque chose me dit qu’une jeune femme comme vous doit être bien entourée…
- En général, c’est vrai mais pas ce soir…minauda Lilly.
Le médecin n’attrapa pas la perche tendue, il choisit d’escorter son ex patiente à la porte du centre. Alors qu’ils étaient sur le parvis, il glissa dans la main de Lilly un petit carton.
- Comme ça, vous ne serez pas seule ce soir…
Lilly baissa les yeux sur le carton. Dessus, il était noté un nom, une adresse et un numéro de téléphone. Le tout accompagné de 3 petits X. Quand Lilly releva la tête pour embrasser le beau docteur, elle constata que ce dernier avait filé. Elle ne s’en offusqua pas, elle se rattraperait ce soir. Guillerette, elle remonta la route vers la prochaine station de taxi. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite la voiture qui la prenait en chasse.
Le moteur vrombit une première fois. Lilly ne s’en inquiéta pas. Il était fréquent dans ce quartier que les jeunes hommes fassent rugir leur bolide quand ils voyaient une jolie fille. Le second vrombissement était plus sourd comme si la voiture avait quitté la chaussée. Lilly se tourna et vit avec effroi qu’une voiture venait de monter sur le trottoir et la suivait. Elle changea de direction et s’engagea dans les petites rues. Une voiture de ce gabarit ne pouvait suivre. Lilly força l’allure tout en cherchant son téléphone dans son sac à main.
Il avait commencé par la suivre. Puis, il avait fait rugir le moteur à l’unisson de sa colère. Lilly n’avait même pas sursauté. Cela l’agaça. Il engagea le véhicule sur le trottoir et appuya sur l’accélérateur. Il allait la rattraper. Il allait la réduire en poussière quand soudain elle se faufila dans les ruelles. Son amour des grosses voitures le privait de sa vengeance. Résolu, il descendit de voiture et se lança à sa poursuite dans les rues.
Tout en courant, Lilly faisait défiler les contacts sur son téléphone. La dernière personne qu’elle avait eue en ligne était Veronica. Elles avaient longtemps discuté de leur relation et de l’histoire naissante entre Logan et Veronica. Lilly avait donné sa bénédiction ; elle reconnaissait que pour Logan il fallait quelqu’un d’aussi cabossé que lui pour le comprendre. Veronica ne s’était pas offusquée de ce constat tellement il était juste. Les deux amies avaient raccroché rassérénées. Elles étaient toujours amies malgré les épreuves. Lilly espérait de toutes ses forces que Veronica allait tenir son rang de BFF. Tout en continuant à courir, l’adolescente écoutait les tonalités de son téléphone. Alors qu’elle arrivait dans un quartier pavillonnaire un peu abandonné, Veronica décrocha.
- V, il est à mes trousses !
C’était une journée singulière aujourd’hui pour les pirates. C’était la finale du championnat régional de basket. Tous les lycéens portaient les couleurs de leur équipe. Même les moins sportifs arboraient une touche de vert ou de jaune. Mac et Veronica, en tant qu’ex cheerleaders, avaient succombé à l’euphorie ambiante. En plus, elles avaient une seconde bonne nouvelle à fêter. Lilly sortait de cure. Les médecins la jugeaient apte à reprendre la vie dans le monde extérieur. Si Logan s’inquiétait un peu du retour de son ex, Veronica l’avait rapidement rassuré.
- J’ai eu Lilly longuement en ligne hier. Et je lui ai tout dit. Elle se doutait déjà de quelque chose… ça sonne cérémonieux mais Lilly nous donne sa bénédiction. Je ne dis pas qu’elle va nous laisser tranquille, on n’est jamais à l’abri des blagues de Lilly mais elle ne viendra pas nous séparer.
Logan accueillit la nouvelle par un baiser que Veronica lui rendit fougueusement.
- Lilly peut-être pas… Mais nous, oui ! On se calme tous les deux ou alors, allez vous planquer dans les toilettes, plaisanta Dick.
Logan se leva pour frapper son ami. Mac s’écarta de ce duel d’hommes.
- De vrais gamins… Et dire que Wallace n’est pas là pour compter les points…
- Le dieu du basket ne peut pas être partout à la fois, répondit Veronica philosophe.
- Dieu ou pas, en tout cas, le match de ce soir concentre toutes les attentions… Même Weevil s’y intéresse, fit Mac en indiquant le motard qui se tenait dans un coin de la cour.
Il prenait des notes et empochait des liasses de billets. Veronica soupira. Il n’y avait que Weevil pour jouer les bookmakers aussi ouvertement dans la cour du lycée. Elle allait le rappeler à l’ordre quand son téléphone sonna.
- V, il est à mes trousses.
Veronica mit quelques secondes avant de reconnaitre Lilly. Sentant l’urgence dans la voix de son amie, la détective mit son téléphone sur haut-parleur. La peur qui transpirait des paroles de la fille Kane mit fin à la fausse dispute des garçons. Tous s’agglutinèrent autour de l’appareil.
- Qui est à tes trousses, Lil ?
- Aaron !
Logan blanchit et serra les poings. Il avait témoigné, pris ses risques pour les mettre en sécurité. Son plan s’effondrait. La main ferme de Dick l’invita à rester calme.
- Il est sorti de prison. Il passait devant le centre quand je suis sortie. Il m’a reconnue. Il me poursuit.
- Où es-tu ? demanda Veronica étrangement calme.
- Quelque part dans le quartier qui s’étend derrière Oceanside. C’est la zone ici. Toutes les maisons sont délabrées. Il n’y a personne.
Dick et Logan roulèrent des yeux. Lilly n’avait aucun moyen de se cacher ou d’obtenir de l’aide. Mac et Veronica échangèrent un regard.
- Ecoute-moi bien Lilly. Tu continues à courir. Change de trajectoire aussi souvent que tu le peux mais surtout garde ton téléphone actif ! Je vais devoir laisser mon téléphone à Mac. Elle sera là pour t’écouter…
- Et toi V ?
- Moi ? J’arrive.
Veronica avait dit ça le plus sérieusement du monde. Logan voulut s’interposer, lui rappeler que son père était un homme dangereux. Mais Veronica n’écoutait pas. Elle était passée en mode détective. Elle ne perdait pas le temps en vaines discussions. Elle n’était qu’action et décisions. Rapidement, Mac comprit ce qu’elle attendait d’elle.
- Je garde ton téléphone, je reste en ligne avec Lilly et j’essaie de t’obtenir sa localisation la plus précise.
- Dès que tu l’as, envoie-moi ça sur ce téléphone-là.
Veronica tira de sa besace un téléphone prépayé. Au passage, elle s’assura de la présence de son pistolet à impulsions et de son état de charge.
- Dick…
- Je me charge de couvrir vos absences auprès de Clemmons. Il y a longtemps que Le Dick n’a pas déclenché l’alarme tremblement de terre…
Veronica secoua la tête. Elle aurait voulu lui dire qu’une mesure aussi extrême n’était pas nécessaire mais elle n’avait pas le temps. Elle rattrapa Logan qui s’éloignait vers le parking.
- Non, Logan. Tu ne viens pas avec moi. Aaron est dangereux. Qui sait ce qu'il pourrait te faire ?
- Je te retourne la question.
- Arrête de vouloir jouer les princes charmants… C’était Duncan, le prince.
- Et moi je suis quoi ?
Veronica eut un petit sourire. Comment pouvait-il poser cette question dans un moment aussi tendu ? Ah les hommes et le besoin perpétuel d’être rassuré.
Veronica voix off : En parlant d’homme…
- Toi, tu es l’Amiral ; et un chef, ça mène les troupes, ça ne va pas au front...
Logan allait protester quand Veronica joua son va-tout.
- Logan, j’ai besoin que tu ailles trouver mon père pour lui expliquer la situation. Je ne te mets pas à l’écart pour récolter tous les lauriers. Je ne veux pas risquer une victime de plus.
Sur ces consignes, Veronica planta son copain. Logan la regarda s’éloigner le cœur battant. Veronica courait droit sur Weevil qui notait ses paris.
- Envie de jouer, Ronnie ?
- Plus tard, Eli. Là, j’ai besoin de toi et de ta moto.
Face au regard dur de Veronica, Weevil abandonna la foule des parieurs et accéda à la requête de Veronica.
Veronica avait choisi Weevil comme chauffeur pour plusieurs raisons : la moto était un véhicule rapide et passe partout ; Weevil haïssait Aaron et adorait Lilly. Il serait un merveilleux allié si la situation dégénérait.
Veronica voix off : sa conception un peu floue de la légalité sera un atout…
A peine montée en selle, Veronica reçut un sms de Mac. Elle avait réussi à tracer le portable de Lilly. Veronica avait l’adresse approximative et l’indiqua à Weevil qui mit les gaz. Rapidement, ils furent sur les lieux. Ne voyant aucune trace de Lilly, Veronica commença à s’inquiéter et se prit à douter de ses capacités à défendre son amie.
- Mac, dis-moi que tu as toujours Lilly en ligne…
- Oui et…
- Et ?
- Aaron l’a rattrapée. Lilly a trouvé refuge dans une espèce de congélateur d’après ce qu’elle me murmure…
- Lilly est dans un congélo. Aaron ne doit pas être loin, répéta Veronica à Weevil qui scrutait les environs.
- Là !
Weevil montrait du doigt une vieille maison. Un homme s’agitait dans l’arrière-cour. Il vidait des bidons çà et là autour d’un gros cube blanc. Veronica observa dans la direction pointée et fut envahie par la colère.
- On l’a trouvée. Transmets notre position à mon père. Logan a dû le prévenir.
Veronica glissa son téléphone dans sa poche et se saisit de son casque. Elle courut à pleine vitesse ; le prof de sport l’aurait certainement recrutée dans l’équipe d’athlétisme du lycée.
Il avait fini par la trouver. Il n’y avait pas une multitude de cachettes. Une fois qu’il avait retrouvé sa trace, il l’avait progressivement attiré vers cette maison à l’écart. Lilly n’avait eu d’autre solution que de se terrer dans le congélateur abandonné dans la cour. Maintenant qu’il l’avait à sa merci, il pouvait satisfaire son envie de vengeance. Dommage qu’elle se soit enfermée, il aurait bien profité de son corps une dernière fois. Tant pis. Aaron se saisit d’une barre métallique et entrava la porte d’ouverture du congélateur.
- Tu ne risques pas de m’échapper…
Il entendit un léger couinement provenir de l’appareil. Il ricana. En arrivant, il avait aperçu plusieurs bidons. Il en ramassa plusieurs qu’il vida autour et sur le congélateur.
- Il fait un peu froid. Et si on réchauffait l’atmosphère ?
Alors qu’il s’apprêtait à jeter son briquet dans la mare d’essence répandue, une cavalcade de pas le fit volter..
- Tiens, tiens, tiens mais c’est la meilleure copine qui arrive. Tu te joins à la fête, Vero…
Aaron n’eut pas le plaisir de finir sa phrase, déjà le casque le cueillait en plein estomac. Aaron plia sous l’impact. Il n’eut pas le temps de se redresser que Weevil prenait la relève. Le motard se rua sur l’acteur en vociférant des insultes en espagnol. Il ne retenait aucun de ses coups. Veronica regarda la scène une poignée de secondes, stupéfaite. Puis voyant qu’Aaron allait prendre le dessus sur son allié, elle sortit de sa torpeur et dégaigna son taser. Heureusement elle n’avait pas lésiné à l’achat et elle avait choisi le plus puissant du marché.
Veronica voix off : il faudra bien tous ces ampères pour sécher cette brute.
Veronica appuya sur la détente et les électrodes se fichèrent dans le dos d’Aaron. Son corps fut traversé de soubresauts. Weevil profita de cette faiblesse pour assener un coup de tête rageur à Aaron qui tomba inconscient. Dans sa chute, le briquet de l’acteur tomba au sol. Instinctivement, Veronica le ramassa et lut les initiales de Lynn.
Veronica voix off : Utiliser l’objet de la régulière pour tuer la maîtresse, tellement prévisible…
De son côté, Weevil s’empressa d’utiliser un des colliers de serrage qui ne quittaient jamais son kit de réparation de moto pour attacher Aaron.
- Alors qu’est-ce que ça fait de passer les pinces à quelqu’un, fit une voix masculine dans son dos.
Eli se releva lentement. Veronica sourit enfin, apaisée. Tout s’était merveilleusement déroulé : chacun avait joué son rôle.
Veronica voix off : la confiance et l’esprit d’équipe, ça a du bon…
- Ca fait du bien quand on est certain de coffrer une ordure…
Keith offrit un beau sourire au jeune homme tandis qu’il posait un regard sombre sur sa fille.
- Que tu enquêtes sur ton temps libre, passe encore jeune fille mais que tu procèdes à l’interpellation et l’arrestation de suspect, non !
Veronica voix off : J’enquête seule, il râle. Je le préviens, il râle aussi…
La fausse colère de Keith amusa Veronica qui se nicha dans les bras de son père.
- Heureusement que Logan m’a prévenu…
- C’est moi qui lui ai demandé…confessa l’adolescente.
- Eh bien, ce jeune homme a une bonne influence sur toi, si tu apprends enfin à jouer en équipe…. A moins que ce ne soit Wallace qui t’ait appris ça…
Père et fille rirent de bon cœur. Une voix étouffée et en colère interrompit leur bonheur.
- Hé ho ! Je dois vous rappeler que c’est moi que vous êtes venus sauver !
- Oh Lilly !
Veronica se précipita sur le congélateur et libéra son amie. Elles se tombèrent dans les bras.