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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
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Martinez Investigations – Brickwell – Miami
En entrant dans la pièce, elle balança le premier gobelet de café vide dans la poubelle et se dirigea vers les écrans qui étaient restés allumés. Sam lui avait rendu les clés de la salle de conférence et le code de la porte d’entrée pour pouvoir accéder aux systèmes à toute heure. Mac avec fait une installation système D avec ce qu’elle avait trouvé à l’agence. Et ça marchait plutôt bien. Elle s’installa devant les écrans, déverrouilla le tout et posa ses yeux sur l’écran de droite. La photo de Luiz était affichée en grand, à côté, un logiciel de reconnaissance faciale tournait en boucle relié au système de sécurité de la ville de Miami. Mac avait tout piraté pour avoir une chance de le retrouver. Depuis hier le système tournait en boucle et rien. Alors, soit Luiz n’était plus sorti de sa planque, soit il était très doué au jeu du camouflage. Elle tourna les yeux vers les écrans à sa gauche et grimaça. Rien qu’en regardant sa photo, elle se sentait coupable. Comment était-il possible de se sentir aussi bien et aussi mal à la fois. Elle s’identifia avec le login de Mac et vérifia les e-mails. Pas de nouvelle de Dereck ou de Penelope concernant les infos que Mac leur avait envoyées. Elle soupira. Elle était persuadé d’être passé à côté de quelque chose mais elle ne voyait pas quoi. Elle relut les notes de Sam posées à côté de la station et trouva les identifiants de Luiz. Elle brancha son portable sur le secteur de Martinez Investigations et entra les identifiants. La page d’accueil s’ouvrit instantanément et le fond d’écran apparut. Une photo de Luiz avec son fils. Veronica inspira profondément.
Elle entreprit de retrouver tous les e-mails que Luiz avaient pu échanger avec le lieutenant Collins, tous ses relevés bancaires ainsi que la liste des appels passés avec sa ligne professionnelle et privée.
Lorsque Mac et Sam entrèrent dans la pièce le lendemain matin, ils retrouvèrent Veronica penchée sur des documents dont elle avait passé une grande partie au surligneur orange. Mac haussa les sourcils et s’avança vers elle en lui tendant un café.
MAC – Ca fait combien de temps que tu es là ?
VERONICA – J’ai passé la nuit ici. Lâcha-t-elle en attrapant le café que son amie lui tendait.
SAM – Tu as dormi ?
VERONICA – Si on veut.
Mac et Sam échangèrent à nouveau un regard inquiet.
MAC – Ecoute Veronica, j’ai eu un message de Dick… Apparemment il pense que…
VERONICA – Il y deux mots qui ne vont pas ensemble dans ta phrase. « Dick » et « penser », c’est pas compatible selon mes souvenirs.
Mac se tourna vers Sam avec une grimace et murmura :
MAC – Elle ne veut pas en parler.
Celui-ci hocha la tête avec un sourire.
MAC – Alors qu’est-ce que tu as trouvé.
VERONICA – Collins disait la vérité. Mais pas tout à fait.
SAM – Elle dit la vérité ou pas ?
Veronica poussa les feuilles vers ses amis et reprit la parole.
VERONICA – Tout ce qui est en orange, ce sont les conversations mail ou téléphoniques répertoriées entre Luiz et Collins. Et ça depuis les deux dernières années. Comme vous pouvez voir, à partir du mois d'octobre de l’année dernière, les conversations se sont espacées. Rien d’étonnant Collins, a été mutée à Los Angeles. Et dans les dernières semaines malgré son retour, Collins et Luiz ne se sont appelé que deux ou trois fois. Elle ne pouvait pas être au courant de quoi que ce soit.
SAM – Luiz est un beau salaud, il a roulé tout le monde et s’est entiché d’un gang de dealers et de flingueurs. Génial.
VERONICA – Luiz et Collins avaient un sujet de discussion particulier lorsqu’ils ne flirtaient pas et ne s’échangeaient pas des infos sur le gang. Ils parlaient du fils de Luiz, Paolo.
MAC – Il a quel âge maintenant ?
SAM – Paolo vient d’avoir dix-huit ans. Il a bien tourné, ce qui n’était pas évident au départ car il traînait beaucoup dans les rues avec son cousin Kyle. Les deux dernières années ont été plutôt dures mais leur famille a tenu bon. Felicia, la femme de Luiz, les avait quittés quelques temps, je pense que c’est là que lui et Collins sont devenus proche. J’aurais dû être plus présent.
Veronica et Mac se tournèrent vers lui, le regard dur.
VERONICA – Sam, tu arrêtes tout de suite. Toi tu devais jongler avec une gamine traumatisée par la mort de sa mère. Tu as dû reconstruire ta vie et faire en sorte de survivre avec une ado. Tu avais ta famille.
MAC – Qui aurait pris soin de ta fille. Tu n’avais pas le temps pour ça, ce n’est pas ta faute.
SAM – Peut-être.
VERONICA – Tout ça pour dire que notre cher ami Paolo a toujours des soucis. Alors je ne sais pas si ça joue mais j’ai trouvé un casier judiciaire à son nom mais qui a été scellé et classé confidentiel.
MAC – Encore ? Mais c’est une manie ou quoi ?
VERONICA – Celui-ci ne devrait pas être très dur à hacker pour toi, mais oui celui-là aussi.
SAM – Pourquoi il y en a un autre ?
VERONICA – Mac a avancé sur les jumelles.
MAC – J’ai découvert des incohérences concernant l’accident de voiture qui a tué les parents de Jess, la femme de Logan. Et j’ai trouvé entre autres aussi un dossier classé confidentiel scellé auquel je n’ai pas réussi à accéder.
SAM – Et vous pensez que ça a un lien.
VERONICA – Pour l’instant je n’en sais rien. Je ne sais même pas si le dossier de Paolo peut nous apporter des infos.
SAM – Tu pourrais peut-être en parler à Collins ?
VERONICA – C’est pas une mauvaise idée. Maintenant qu’on sait qu’elle s’est fait doubler elle aussi, elle sera peut-être plus motivée à nous aider.
MAC – Je croyais qu’elle ne travaillait plus sur cette affaire.
SAM – Je crois que pour retrouver Luiz, elle va nous aider. Elle avait l’air plutôt…
VERONICA – Dévastée. Coupa Veronica. Lorsqu’on lui a dit pour Luiz.
SAM – Je propose d’aller faire le tour de tous les endroits et planques dont Luiz m’a parlé. Peut-être que je pourrais le retrouver avant que le gang ne s’en mêle.
MAC – Et si c’est trop tard.
SAM – Je doute qu’il ait retourné sa veste à ce point. Je connais Luiz, c’est un type bien. Il doit y avoir une raison à tout ce foutoir.
VERONICA – Autant je connais Luiz, autant… Je sais ce que les gens sont capables de faire.
SAM – On parle de mon ami, Veronica. De ton ami.
VERONICA – Je ne juge pas, Sam. Je te dis juste qu’il y a rarement des fins heureuses.
MAC – Ok vous deux, on se calme. Je vais avec Sam et toi, Veronica, essaie de voir si tu trouves plus d’infos ou si tu peux voir Collins.
Sam et Veronica se jaugèrent un moment en silence. Veronica comprenait que Sam ne veuille pas accepter mais elle voulait rester lucide. Si Luiz avait plongé, alors il fallait qu’il soit prêt à cette éventualité. Sam la regarda tristement. Elle était effectivement détruite et ne faisait confiance à personne. Elle n’avait pas changé. Elle était toujours la jeune femme abîmée par la vie qu’il avait embauché il y a quelques années. Il baissa les yeux, il espérait vraiment qu’elle ait tort. Même s’il savait qu’elle avait sûrement raison, il n’arrivait pas à ne plus croire en son ami. Elle comprit le message et se réinstalla devant ses écrans. Alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la pièce, Mac fit signe à Sam qu’elle le rejoindrait dehors. Elle rebroussa chemin et se posta à côté de Veronica.
MAC – Tu es sûre que tu ne veux pas en parler ?
Veronica voix off : J’avais besoin de parler hier soir ! Et j’ai rencontré Dick et j’ai fait la plus grande bêtise qui soit ! Dois-je vraiment te dire que j’ai une liaison avec un homme marié ? Moi, qui hurle à la trahison à chaque coin de rue ?
Veronica leva les yeux vers Mac, faisant semblant de ne pas comprendre. Mac fronça les sourcils et son regard se fit plus dur.
MAC – Essaie au moins d’en parler avec lui ! Tu sais de qui je parle !
Elle tourna les talons et Veronica répondit
VERONICA – J’ai essayé. Crois-moi !
MAC – Alors essaie encore !
Elle disparut dans l’encadrement de la porte avec un large sourire pour la blonde. Veronica grogna et se replongea dans ses documents.
Au bout de plusieurs heures, elle se frotta les yeux et commençait à manquer de sommeil. Les deux heures où elle s’était assoupie dans les bras de Logan n’avait pas suffi. Le remord et la culpabilité la rongeaient et lui bouffaient son énergie à vue d’œil. Elle regarda sa montre, elle indiquait dix-sept heures. Elle avait travaillé bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Les incohérences dans les dossiers des jumelles se dupliquaient au fil des heures. Dans le dossier de Collins que Mac avait réussi à récupérer dans la banque de données de la criminelle, il y avait des blancs partout comme si quelqu’un avait effacé des traces de son passé. Dans celui de Jessica, plusieurs dossiers avaient été scellés et elle n’avait rien réussi à en tirer de plus que le nom ou la date de l’opération. Autant dire que ça ne l’aidait vraiment pas. Elle s’était concentrée un moment sur la recherche de Luiz, mais les deux programmes de Mac ne semblaient rien trouver non plus. Le système de Mac effectuait une reconnaissance faciale sur toutes les caméras de la ville que Mac avait pu pirater. Et rien. Soit Luiz avait effectivement disparu et c’était très mauvais signe ou alors il savait bien se planquer. Tôt ou tard, quelqu’un finirait par mettre la main sur lui et il faudra qu’il donne des explications. Elle rouvrit le programme, contrôlant les cartes et les téléphones de Luiz mais aucune activité n’avait été enregistrée. Elle bailla encore une fois et abandonna. Elle laissa tourner les ordinateurs, ferma les volets et la lumière, quitta la pièce en verrouillant le tout derrière elle. Elle descendit les marches et longea le trottoir jusqu’à la prochaine station de métro. Elle n’avait eu aucune nouvelle de Logan, ni de Mac et Sam. Elle n’avait aucune envie de discuter de quoi que ce soit ce soir. Pour une fois, elle voulait rejoindre son lit et sombrer dans les bras de Morphée sans perdre une seconde. Elle se glissa entre deux femmes d’une vingtaine d’années et s’installa à côté de la porte du wagon. Elle se laissa ballotter par la rame et ferma les yeux quelques secondes. Les vibrations de son portable la ramenèrent à la réalité. Elle eut un petit sourire en voyant le message s’afficher sur l’écran.
Veronica voix off : Tu es tellement prévisible Veronica!

« Je ne vais pas m’excuser cette fois-ci V. Et je n’ai pas non plus envie d’en parler. Je voulais juste te dire que j’ai passé un très bon moment. » Logan
Veronica vira au rouge en lisant ces lignes. Elle aurait voulu pester. Comment osait-il ? Comment réussissait-il à faire abstraction de tout le reste ?
« Je me sens mal… » Veronica
« Moi aussi. Mais je ne changerais pas les instants que j’ai passé avec toi. Et je ne changerais pas non plus ce que je t’ai dit » Logan
Son cœur s’accéléra dans sa poitrine, elle manquait d’air. Si elle répondait par la positive, elle devrait admettre qu’elle avait une affaire. Elle avait passé son temps à juger les gens sur leur comportement et avait tenté de dire à tous que justifier une trahison ne la rendait pas pour autant juste. Et la voilà dans la même situation. Elle laissa tomber sa tête contre la vitre du métro en soufflant. Dans sa tête, les mots de Logan et de Dick s’entremêlèrent.
Bon sang Ronnie, regarde-le dans les yeux, il est bouffé par toi
Je veux reprendre mes excuses… Je ne suis pas désolé V…
Elle voulait répondre mais elle n’avait pas les mots. Elle était incapable de lui dire qu’elle avait aimé retrouver son corps, elle était incapable d’admettre qu’elle aurait couru le retrouver dans la seconde. Elle ne pouvait pas, il fallait qu’elle se ressaisisse, il fallait qu’elle soit forte.
« Tu m’as manqué V. » Logan
Le message apparut avant qu’elle n’ait pu répondre quoi que ce soit. Elle se figea, son cœur manqua un battement. Bien sûr qu’il lui avait manqué, mais elle avait prétendu le contraire, elle s’était forgé cette carapace qui l’avait aidée à construire sa nouvelle vie. Loin des crimes, des trahisons, des cœurs brisés et des drames de lycée. Elle avait voulu être plus forte et voilà ou ça l’avait menée. Elle avait rassemblé les morceaux brisés et fait en sorte que personne ne voie clair dans son jeu. Était-ce vraiment le cas ? Le fait d’avoir revu Logan, le fait de l’avoir vu frôler la mort l’avait replongée dans son passé. Elle n’avait pas réfléchi, n’avait demandé l’avis de personne et s’était lancée à corps perdu à la recherche des responsables. Pourquoi ? Juste pour lui ? Ou était-ce au final tout ce qu’elle cherchait ?
Veronica voix off : Tu avais tout pour être heureuse. Un super job, un futur mari au-delà de toute attente possible, une vie de rêve avec une carrière qui te tendait les bras et alors quoi ? Les anciennes flammes ont ravivé la fille brisée que tu étais Veronica ? C’est ça que tu veux être V ?
« Toi aussi » Veronica
Veronica voix off : Je suis une Mars, ma fille ! Tu l’as peut-être oublié, mais nous on n’oublie pas d’où on vient. Peu importe combien on a souffert, on retourne toujours d’où on vient.
« Est-ce que ça veut dire que je te vois ce soir ? » Logan
« Tu ne devrais pas travailler ? » Veronica
« L’avantage d’avoir Dick ! » Logan
« Je te vois plus tard… » Veronica
Elle descendit de la rame de métro avec un sourire et remonta l’allée jusqu’à son appartement.

Appartement de Dereck et Veronica – Coconut Grove – Miami
Devant la porte, elle regarda le dernier message de Logan avec un sourire.
« Ça, c’était trop simple… Tu te ramollis Mars! » Logan
Elle inséra la clé dans la serrure et tourna deux fois. Elle retira ses chaussures et s’avança dans le couloir lorsqu’elle aperçut le gros sac de Dereck à côté du meuble. Son cœur se serra. L’appartement était encore plongé dans la pénombre, elle ne voyait pas de lumière, elle traversa le salon et rejoignit le côté chambre. Dereck l’attendait, assis sur le lit, une valise fermée à côté de lui. Il avait l’air triste, fatigué et même dévasté. Veronica se mordit la lèvre inférieure. A côté de lui, un dossier dans une pochette kraft trônait sur la table basse. Malgré la situation, elle ne put s’empêcher de laisser son regard glisser jusque-là. Dereck le remarqua. Il attrapa le dossier et l’enroula entre ses mains. Elle baissa les yeux. Elle ne pouvait pas lui faire face, pas maintenant et pas comme ça. Elle allait céder aux larmes quand elle se souvint de qui elle était. Elle n’était pas la Veronica Mars que tout le monde croyait. Elle n’était pas la petite journaliste qui trouvait son confort dans sa vie de tous les jours. Elle était Veronica Mars. Elle leva les yeux vers lui, triste, mais lui fit face.
DERECK – Il faut qu’on parle. Déclara-t-il d’une voix rauque, ne trahissant en rien la difficulté des mots qui allaient suivre.
Elle hocha la tête en acquiesçant. Elle s’adossa au pas de la porte, ne pouvant faire un pas de plus vers lui.
DERECK – La femme dont je suis tombé amoureux était brillante, pétillante. Elle était douée dans son travail, elle m’avait éblouie dès ses premières heures lors de son stage dans notre unité. Elle avait des qualités inattendues. Je suis tombé sous le charme de son côté rieur et joueur. Je l’ai aussi connue blessée lorsque j’en ai appris plus sur son passé. Mais je me rends compte que cette femme n’existe pas. La Veronica dont je suis tombé amoureux n’est qu’une façade. Tu es toujours cette femme brisée d’il y a dix ans. Tu souffres toujours autant de ton passé. Tu vis avec chaque jour mais tu le caches pour te prouver que tu vaux mieux que ça. Mieux que ce que tu as été un jour. Je pense que je le savais depuis toujours mais que j’ai voulu y croire comme toi. Croire que tu pouvais être cette femme, cette femme que je me suis construite dans mon imagination. C’est mon boulot de lire dans les gens comme dans un livre ouvert, chez toi j’ai juste voulu aller au meilleur moment de l’histoire et croire qu’elle ne t’avait pas brisée tellement. Mais lorsque Logan est réapparu, tu es devenue cette femme dont j’ignore tout, irritable, butée et obsédée par la vérité. Cette femme qui ferait tout pour attraper celui qui a blessé son passé. Et je ne t’en veux pas. Tu as vécu des choses qui font que tu as le droit d’en vouloir à beaucoup de monde. Mais je pensais que je t’aurais aidé à faire de cette vie, notre vie, une vie que tu aurais pu aimer. Et j’aurais espéré que tout ce qu’on a construit ensemble aurait été plus fort que ce que tu as construit à Neptune.
Veronica leva les yeux au ciel pour retenir ses larmes, elle avala sa salive et tenta une approche.
VERONICA – Je t’aime Dereck. Ce que je t’ai raconté n’était pas des mensonges. C’est juste que…
DERECK – Ce n’est pas toi, du moins pas réellement.
Elle ne rajouta pas un mot, sachant bien qu’il aurait encore une autre réponse à lui fournir. Elle voulut ouvrir la bouche pour lui demander ce qu’il allait se passer maintenant et même si elle connaissait la réponse, elle ne voulait pas l’entendre. Il la prise de cours :
DERECK – Tu as couché avec Logan ?
Le cœur de Veronica s’arrêta de battre, elle vira au blanc dans la seconde. Comment… Elle savait bien qu’elle ne pouvait pas lui mentir. Elle avait déjà dépassé les limites de la trahison, elle n’allait pas aussi commencer à mentir. Elle inspira profondément avant de répondre.
VERONICA – Je suis désolée.
Dereck ferma les yeux et tenta de garder son calme.
DERECK – Je ne t’en veux pas pour ton passé. Je ne t’en veux pas d’avoir été cette autre personne que tu souhaites tellement devenir. Mais je ne pourrais jamais te pardonner ça. Je m’en vais. Et je ne veux plus te revoir, Veronica. Tu n’es pas la femme dont je suis tombé amoureux, et tu n’es même plus la femme que je croyais connaître. J’espère vraiment que tu trouveras ce que tu cherches.
Il se leva du lit et attrapa la valise. En passant devant elle, il lui remit l’enveloppe et la regarda droit dans les yeux.
DERECK – Tu devrais regarder ça avec Mac. Tu n’avais finalement pas tort. Ton instinct ne te trompait pas. Tu devrais peut-être le suivre plus souvent.
Il sortit de la pièce en lâchant l’enveloppe avec froideur. Ses pas résonnèrent violemment sur le parquet de l’appartement. A chaque coup, Veronica crut recevoir une lame en plein coeur. Il laissa tomber ses clés sur le guéridon de l’entrée et claqua la porte derrière lui. Des larmes perlèrent sur les joue de Veronica, elle les essuya du revers de la main, tentant de se reprendre un minimum. Elle avait mal au cœur mais Dereck avait raison, elle s’était cachée devant cette vie trop longtemps. Et Logan avait raison, elle avait cédé trop rapidement, trop facilement. Elle se dirigea dans la salle de bain, se déshabilla sur le passage et se glissa sous une eau brûlante. Là, elle passa la tête sous l’eau et ne retint plus ses sanglots. Elle s’accroupît contre le mur de carrelage marron et resta en position fœtale pendant un bon moment. Jusqu’à ce que son corps se détente, jusqu’à ce qu’elle soit trop fatiguée pour réfléchir. Alors, elle alla se coucher.
The Lovely Queen Bar – Miami Beach
Dick raccompagna les derniers clients à la porte et Logan finissait de ranger les derniers verres. Derrière le bar, le barman finissait la vaisselle que lui ramenait Logan au fur et à mesure. Dick tourna les talons et jeta un œil à son ami. Il n’avait pas quitté son téléphone de la soirée, il attendait clairement quelque chose. Ou quelqu’un. Il jeta un œil à son barman et s’avança vers lui.
DICK – Brian. C’est bon, on va finir. Tu peux y aller.
Celui-ci ne se fit pas prier. Il lança la dernière tournée dans le lave-vaisselle et enleva son tablier avant de rejoindre les vestiaires. Dick se dirigea vers Logan et s’installa sur la table voisine de celle que Logan était en train de nettoyer. Logan sentit le regard pesant de Dick dans son dos lança :
LOGAN – Vas-y, pose-moi ta question Dick !
DICK – Oh eh bien si je peux. Dans ce cas je peux savoir ce qui t’arrive ?
LOGAN – Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !
Il attrapa le plateau et se dirigea vers la table suivante sans un regard pour Dick. Celui-ci ne se laissa pas démonter et le suivit rapidement.
DICK – C’est tellement drôle, c’est à peu près ce qu’elle m’a dit hier soir. Vous êtes vraiment trop prévisibles.
LOGAN – Quand est-ce que tu as vu Veronica ?
Sur ses mots il se tourna vers Dick avec un regard curieux.
DICK – Bien, maintenant que j’ai toute ton attention. Tu vas me dire ce qui se passe dans ta petite tête ou alors je vais devoir deviner ?
Logan reposa le chiffon sur la table et s’appuya sur celle-ci, faisant face à Dick avec un regard plein de défis.
DICK – Ah, tu veux que je devine. Méfie-toi mon pote, mais je suis devenu bon à ce jeu-là. J’ai même réussi à clouer le bec de notre Ronnie !
Le sourire de Logan disparut peu à peu. Que savait Dick qu’il ignorait?
LOGAN – Je t’écoute.
DICK – Vous avez couché ensemble, mais ça c’est qu’un détail vous connaissant !
LOGAN – Ok, je crois que je vais avoir besoin d’un verre !
DICK – Tu vois, je t’avais dit que je devenais bon à ce jeu-là !
Il se dirigea vers le bar avec un grand sourire, fier de l’effet qu’il venait de faire à Logan. Il servit deux verres de whisky avant de retourner voir Logan.
LOGAN – Je ne suis pas censé boire ça Dick.
DICK – Ah oui, donc le verre d’hier soir c’était quoi ? Du sirop d’érable ? Je ne t’ai pas donné la bouteille que je sache et la règle c’est que tu n’as plus le droit de boire seul…
LOGAN – Je n’étais pas seul.
DICK – Justement, c’est bien ce que je dis ! Miss Ronnie t’a refait son numéro. Qu’est-ce que c’est le truc avec cette gonzesse au juste ?
LOGAN – Dick ! Soupira-t-il déjà fatigué de la discussion.
Il attrapa le verre de bourbon que Dick lui tendait. Il respira d’abord les effluves du liquide ambré avant d’y plonger les lèvres. Il avait freiné sur les alcools les dernières années. Suite au départ de la blonde, il avait fait plusieurs excès qui l’avaient mis souvent dans de mauvaises postures. Depuis, Dick s’était porté garant pour lui. Il avait promis de ne plus jamais boire seul.
DICK – Alors c’était comment ?
Logan faillit recracher sa gorgée lorsque Dick posa cette question.
LOGAN – T’es vraiment un grand malade !
Dick explosa de rire avant de jeter un regard plus que sérieux à Logan.
DICK – Et maintenant quoi ?
Martinez Investigations – Brickwell - Miami
Mac avait passé la soirée à fouiller le dossier de Collins de fond en comble. Les blancs mentionnés par Veronica n’avaient véritablement aucun sens. Elle avait réussi à trouver des données lui permettant de savoir que Collins travaillait sous couverture sur une nouvelle enquête. Cette enquête avait bizarrement commencé quelques mois avant l’accident des parents de sa jumelle. Juste avant sa mutation. En rouvrant le dossier, elle tomba sur un élément qui l’interpella. Il était mention d’un appartement dans Miami au nom de Jessica Andersen, dans le dossier de Collins. Elle fronça les sourcils. Elle retraça les derniers déplacements de Collins et d’Andersen et tenta de récupérer les appels passés avec leurs lignes de téléphone respectives. Elle attendit lorsque l’ordinateur se mit en recherche des infos demandées. Elle jeta un œil sur le logiciel de reconnaissance faciale qui tournait toujours en boucle à la recherche de Luiz en attendant les résultats. L’ordinateur émit un bip. Mac se reconcentra sur les lignes téléphoniques et les appels passés. Elle relut encore et encore les données qu’elle avait sous les yeux et tenta d’y trouver un sens. Elle reprit l’adresse de Jessica et le dossier de Collins dans lequel apparaissait l’adresse. Elle relut encore une fois le résultat des appels passés par les deux jumelles et puis elle réalisa.
Appartement de Veronica – Coconut Grove – Miami
Elle se réveilla en pleine nuit, la bouche pâteuse et les yeux irrités. Elle se redressa rapidement dans le lit. Avec tout ça, elle avait oublié le dossier. Elle s’extirpa du lit et alluma la lumière la plus proche. Cligna des yeux plusieurs fois pour s’adapter à la luminosité et chercha dans la pièce. Elle grimaça puis sortit dans le couloir pour l’apercevoir enfin. Le dossier était posé sur le petit pouf dans le coin du couloir, là où elle l’avait abandonné avant d’aller sous la douche. Elle attrapa le dossier et se rappela des mots de Dereck.
Tu n’avais finalement pas tort. Ton instinct ne te trompait pas. Tu devrais peut-être le suivre plus souvent.
Elle ouvrit le dossier et se laissa tomber sur le pouf et commença sa lecture. Au bout de quelques secondes, ses yeux écarquillèrent et elle lâcha un juron. Comment avait-elle pu se laisser avoir de la sorte. Elle le savait depuis le début. Lorsqu’elle avait croisé la femme de Logan dans le couloir de l’hôpital, elle été persuadée que c’était Collins. Elle avait failli devenir dingue et voilà que le tout avait enfin un sens. Elle continua sa lecture, entrecoupée de surprises et de grognements. Elle consulta toutes les données que Penelope avait rassemblées. Elle attrapa sa besace dans l’entrée et en sortit son portable et son pc. Elle s’installa sur la table du salon et étala les différentes infos qu’elle avait eues de Dereck. Il fallait qu’elle fasse le tri avec ce que Mac avait trouvé. En prenant son téléphone, elle remarqua deux messages en attente. Elle cliqua sur l’enveloppe et découvrit le message de Mac
« Je crois que j’ai trouvé quelque chose.
Regarde tes mails et appelle-moi dès que tu peux. » - Mac
Et puis ressortit pour apercevoir que Logan lui avait écrit. Elle hésita à cliquer sur le message. Devait-elle lire ça maintenant, juste après avoir appris quelque chose qui changerait la vie de son amant ou devait-elle d’abord faire le point. Elle reposa le téléphone à contre cœur et décida d’attendre d’avoir toutes les infos avant de lire le message de Logan. Elle était prise de culpabilité et son estomac se noua. Elle grimaça et ouvrit les dossiers dans son ordinateur. Elle recoupa les données que Mac avait trouvées, celles que Dereck lui avait fourni et put remplir pas mal de blancs.
Lorsqu’elle leva les yeux de l’ordinateur, elle se rendit compte que le jour s’était levé et qu’elle n’avait toujours rien avalé. Elle jeta un œil sur l’horloge de l’ordinateur et soupira. Elle affichait 8h30. Elle se leva et se dirigea vers la cuisine pour se faire couler un café. Sur le chemin elle attrapa son smartphone et ouvrit enfin le message de Logan.
« Finalement tu as changé d’avis… Bonne nuit. L » - Logan
Elle eut un petit sourire puis se reprit. Elle ne pouvait plus jouer à cela avec Logan. Il fallait qu’elle soit un minimum sensée. Elle voulut répondre puis se ravisa. Elle savait que s’il lui écrivait, elle aurait envie de répondre et ça c’était dangereux. Elle s’abstint et but son café en silence. Elle voulut retourner devant son pc lorsque l’on toqua à sa porte. Elle haussa les sourcils et se dirigea vers la porte. Lorsqu’elle ouvrit, elle tomba face à face avec Mac. Celle-ci avait l’air fatigué mais lui fit un grand sourire.
MAC – Bonjour mon petit soleil ! J’ai pas dormi de la nuit et pourtant j’ai l’air en meilleure forme que toi ! Lança la hackeuse en pénétrant dans l’appartement avec un large sourire.
Elle tomba sur la table du salon recouverte de documents et comprit que Veronica n’avait certainement pas dormi beaucoup non plus.
MAC – J’ai des infos pour toi.
VERONICA – Et moi pour toi !
Mac l’observa perplexe et s’installa à la table pour regarder les documents que Veronica avait triés. La brune jeta un coup d’œil aux différents dossiers et fronça les sourcils.
MAC – Comment tu as eu ça ?
Veronica sourit en voyant la surprise dans les yeux de son amie. Puis celle-ci fit la grimace avant de répondre d’elle-même :
MAC – Derek. Il t’a donné le dossier ?
VERONICA – Oui, je l’ai depuis hier soir, j’ai passé la nuit, ou presque à tenter de recoller les morceaux avec ce que tu avais déjà trouvé.
MAC - Ton instinct ne t’avait pas trompée !
Veronica voix off : Tiens c’est la deuxième fois en moins de vingt-quatre heures qu’on me dit ça ! Est-ce que je dois m’inquiéter ?
MAC – Jess et Jenny ne sont qu’une seule et même personne. Mais je n’arrive pas à savoir comment c’est possible.
VERONICA – Parce que tu n’as pas eu accès à tous les dossiers. Jess et Jenny sont bien deux personnes différentes, mais Jessica Andersen est décédée dans l’accident de voiture avec ses parents en Octobre 2014. D’où le résultat de ta première recherche lorsque je te l’ai demandée. Mais suite au décès de sa sœur, Jenny Collins a pris son identité pour une mission sous couverture. C’est Collins qui a scellé les dossiers de sa sœur. Elle a découvert son existence il y a déjà plusieurs années. En apprenant sa mort, elle a simplement refait tous ses papiers à son nom avec des photos d’identité récentes, d’où les dates concordantes. En tant que flic, elle avait accès à tous les dossiers médicaux et renseignements qu’il fallait pour falsifier les papiers.
MAC – C’est pour ça qu’elle utilise les deux téléphones. J’ai trouvé des conversations téléphoniques sur le téléphone de Jess et celui de Jenny presque en simultané et ils émettaient presque toujours du même endroit et je ne comprenais pas pourquoi.
VERONICA – Pour sa couverture. Elle a certainement aussi gardé l’appartement de sa sœur en plus du sien. Elle nous a fait tourner en bourrique pour rien. Elle n’a aucun lien avec cette histoire de fusillade, en fait, elle a simplement dupé tout le monde pour pouvoir avoir une identité sans faille dans une mission sous couverture.
MAC – Donc les dossiers que j’ai réussi à déterrer sur ses deux anciens partenaires…
VERONICA – Tu peux balancer. Je doute que ça nous aide. L’informateur ou le désinformateur s’avère être Luiz. C’est lui qui donnait les fausses infos à Collins. D’où les lacunes dans les dossiers.
Mac se frotta les yeux et inspira un grand coup.
MAC – Ok donc… On est dans le flou pour l’affaire des fusillades. Collins n’a pas pu te donner plus d’infos ?
VERONICA – Non, on a testé l’autre jour comme tu nous as demandé mais rien non plus sur les téléphones ou avec l’identité qu’elle lui avait fournie dans le passé. Il a disparu.
Elle reprit en main le dossier des deux jumelles et s’arrêta de lire en se tournant vers Veronica avec un air grave.
MAC – Logan s’est marié en janvier. Souffla-t-elle un peu choquée.
Veronica renversa sa tasse de café chaud en jurant. Elle eut juste le temps d’écarter les genoux pour éviter d’être ébouillantée. Les deux jeunes femmes échangèrent un regard inquiet.
VERONICA – Jessica Andersen est morte en Novembre 2014.
MAC – Logan n’a pas épousé la femme qu’il pensait…
VERONICA – Il est marié avec le Lieutenant Collins.
Les deux amies se regardèrent consternées et gardèrent le silence pendant un moment. Veronica réagit en premier. Elle se leva et retourna dans la cuisine pour chercher de quoi nettoyer le café qui avait coulé sur le tapis du salon. Elle entreprit de frotter le sol et épongea le liquide au plus vite. Lorsqu’elle eut fini, elle resta accroupie un instant puis se tourna vers Mac avec tristesse.
VERONICA – Il faut que je te dise quelque chose Mac.
Elle laissa le sopalin et l’éponge au sol et s’assit face à elle. Elle souffla un bon coup avant de lâcher :
VERONICA – Dereck m’a quittée hier soir.
MAC – Veronica…
Elle se pencha vers son amie et la prit dans ses bras. La serra contre elle, espérant qu’elle tenait le coup.
VERONICA – C’est pas tout Mac. C’est ma faute. Il m’a demandé si j'avais couché avec Logan.
Mac se sépara de Veronica, étonnée. Ses yeux s’arrondirent devant le silence de son amie. La brune se rappela de sa conversation avec Sam quelques jours plus tôt et demanda finalement :
MAC – Et qu’est-ce que tu lui as répondu ?
Veronica regarda Mac droit dans les yeux, prit son courage à deux mains et déclara :
VERONICA – La vérité.
Mac se pencha à nouveau vers Veronica et la serra dans ses bras. Sam avait sûrement raison. Veronica se blâmait déjà assez toute seule, elle n’avait pas besoin de quelqu’un qui la juge mais de quelqu’un qui soit là pour elle. Veronica la remercia du regard et se laissa enlacer. Au bout d’un petit moment, Mac interrompit l’étreinte et regarda Veronica avec un large sourire.
MAC – Alors tu vas me raconter ?
Veronica ne put retenir un rire. Elle ferma les yeux en secouant la tête horrifiée.
VERONICA – Je suis horrible, n’est-ce pas !
MAC – Horrible je ne sais pas. Mais d’après ce dont je me souviens, il était plutôt inoubliable au lit !
VERONICA – Je ne t’ai jamais raconté ça ! Lâcha-t-elle en virant au rouge.
MAC – Toi non… Mais d’autres oui.
Veronica grimaça en se souvenant que Mac avait partagé une chambre avec une des ex de Logan.
VERONICA – Et comment je saurais… J’ai juste dit que j’avais dit la vérité…
MAC – Est-ce que j’ai l’air tellement bête que je suis capable de gober un truc pareil ?
Veronica se cacha le visage dans ses mains et étouffa un soupir. Mac ne put s’empêcher de sourire en la voyant dans cet état. Finalement retrouver la vraie Veronica n’était peut-être pas si mal que cela. Elle allait répondre lorsque le téléphone de Mac émit un bip. Elle sortit l’appareil et se redressa.
MAC – J’ai une touche sur Luiz !
VERONICA – Quand ?
MAC – A l’instant ! J’ai mis en place un moyen d’alerte sur mon numéro si jamais le système trouvait quelque chose.
VERONICA – Prends tes affaires, on y va.
MAC – J’appelle Sam.
Mac échangea quelques mots avec le détective suivit Veronica dans l’escalier. Elles rejoignirent la voiture de Veronica et lorsque Mac raccrocha, son amie lui jeta un regard en coin en démarrant.
MAC – Quoi ?
VERONICA – Je ne suis pas la seule qui cache des choses.
Elle s’engagea dans la voie principale et bifurqua au croisement suivant pour rejoindre Brickwell. Mac s’enfonça dans son siège et fit semblant de regarder par la vitre. Veronica sourit et se concentra sur la route.