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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
Cette fanfic compte déjà 185 paragraphes
Martinez Investigations – Brickwell – Miami
Sam était installé derrière les écrans de Mac et visionnait les images vidéo pour la troisième fois lorsque les filles firent irruption dans la pièce.
VERONICA – Qu’est-ce qu’on a ?
SAM – Le logiciel a repéré Luiz au croisement de First Street et 15th Road. Il tente de se cacher des caméras mais il en a manqué une.
MAC – C'est qui ça ? Demanda la brune en pointant du doigt un homme hispanique d’une trentaine d'années qui suivait Luiz.
Veronica plissa les yeux et regarda l'écran de plus près.
VERONICA – Rico !
SAM – Le gars du gang que t’as tenté de griller avec ton teaser ?
MAC – Tu as fait quoi ? S’exclama-t-elle.
VERONICA – J'étais fatiguée d’attendre que Collins ne le coince. Il me fallait des réponses…
MAC – Alors t’as décidé de te la jouer à la John Wayne ? Pourquoi je ne suis pas surprise ?
SAM – Si Rico est aux trousses de Luiz, il est mal barré. Je vais essayer de mettre la main sur lui.
VERONICA – Mac, tu peux rester là, ça aidera Sam en cas de souci.
MAC – Et toi tu vas ou ? Jouer au Cow-boy solitaire ?
VERONICA – J’ai un article de presse à finir pour demain si je ne veux pas perdre mon job ! Déclara-t-elle avec un sourire avant de reprendre d’un air plus sérieux : Et j’ai une mauvaise nouvelle à annoncer à quelqu’un…
MAC – Je t’appelle si j’ai besoin de quoi que ce soit. Sam ?
SAM – Oui ?
MAC – Tu fais attention à toi ! Je sais que Luiz est ton ami mais s’il travaille pour le gang, on ne sait pas de quoi il est capable pour protéger sa famille.
Mac laissa filer Veronica et rattrapa Sam par le bras avant que celui-ci s’en aille à son tour.
MAC – Il faudrait peut-être qu’on parle tous les deux, tu ne crois pas ?
SAM – Tu te sens mal que ma fille nous ait surpris sur le canapé hier soir ?
Mac vira au rouge.
MAC – En fait… Ce n’est pas exactement ce à quoi je pensais. Mais oui, pour commencer…
SAM – Mac. Commença-t-il en prenant un air sérieux. Je n’ai rien à cacher. Je n’ai rien à offrir de plus que ça non plus. Je suis juste un père veuf et un détective.
MAC – Tu dis ça comme si ce n'était rien.
SAM – Et tu es jeune…
MAC – Alors ce n’est qu’un passage ? Tu voulais te remettre le pied à l’étrier et quoi de mieux que la petite brune?
SAM – Je n’ai absolument pas dit ça ! Et tu sais pertinemment que ce n’est pas ce que je pense !
Mac se renfrogna et ne répondit pas.
SAM – J’ai déjà une fille, j’ai une vie bien remplie. Je ne veux pas que tu te sentes… Il chercha ses mots.
MAC – Obligée ? Tu es conscient que tu es entrain de m’énerver sérieusement.
Sam retira sa main de son bras, remarquant qu’il venait de la blesser. Mac se mordit la langue, tentant d’être un minimum diplomate.
MAC – La première fois qu’on a joué à ce jeu-là, je connaissais déjà la situation. Je connaissais l’enjeu et ce que ça représentait. Et déjà la première fois tu as eu peur de ça. Je ne suis pas une gamine, Sam. Ce n’est pas parce que j’ai dix ans de moins que toi que je ne sais pas ce que je fais. Je t’apprécie vraiment beaucoup, c’est tout. Et je n’ai pas peur des conditions… Et très certainement pas de ta fille !
Sam baissa les yeux, touché et ému par les mots de la jeune femme. Il la dévisagea avant de poser ses lèvres sur les siennes avec douceur. Elle se laissa enlacer et posa ses mains autour de la nuque de Sam.
SAM – Tu es spéciale, Mackensie. Tu le sais ?
MAC – J’en suis consciente! Ca fait de toi un homme chanceux ! Dit-elle avec un sourire.
SAM – Je promets de faire un effort dans ce cas.
MAC – Très bien !
Elle se sépara de lui à contre cœur et revérifia le logiciel.
MAC – Tu devrais foncer si tu veux mettre la main sur lui aujourd’hui.
SAM – On reste en contact.
MAC – Je t’envoie sa position dès qu’il bouge.
Il déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de s’éclipser. Elle sourit et se reconcentra sur le logiciel.
Appartement de Veronica – Coconut Grove – Miami
Elle effaça son texte pour la cinquième fois en rageant. Elle n’avait rien. Rien du tout à offrir à James. Il lui manquait trop d'éléments et il était hors de question de broder avec des pseudo suppositions. Elle n’était pas le genre de journaliste superficielle qui ne couvrait l’affaire qu’en surface. Non. Elle avait prouvé qu’elle valait bien mieux que ça ! Mais sans avoir la version de Luiz et sans savoir exactement pourquoi Collins avait utilisé Logan comme couverture, il lui était impossible d'écrire un article correct.
Elle soupira et se reconcentra sur son texte lorsqu’un message sur son téléphone l’interrompit. Elle attrapa le smartphone et grimaça en voyant le nom de Logan s’afficher sur l'écran. Qu’allait-elle lui dire ? Comment allait-elle pouvoir trouver les mots ?
« Pas de nouvelles… » - Logan
« Est ce que je dois m'inquiéter ? » - Logan
Elle posa le smartphone sur la table en se forçant de ne pas répondre. Elle était en colère contre Collins. Elle avait utilisé ses ressources pour cacher la mort de sa sœur et piéger Logan. Comment pouvait-on être aussi égoïste ? Faire passer son intérêt avant celui de ses proches ? Veronica ragea. Elle n’avait qu’une envie, lui crier ses quatre vérités en pleine poire. Mais elle se retint. Elle l’aurait volontiers mise devant le fait accompli mais elle devait se résigner à être un tantinet patiente. Avant que tout ça ne tourne au vinaigre, il fallait qu’elle trouve le courage de l’annoncer à Logan. Logan devait savoir, et il devait savoir avant les autres. Elle n’avait aucune envie que quelqu’un d’autre lui apprenne la nouvelle et tourne la chose à son avantage. Surtout pas Collins. Elle savait que Logan la croirait, mais elle ne savait pas encore comment lui annoncer. Elle ignora le dernier message de Logan à contre cœur. Il lui faudrait être patient, la suite ne serait pas facile à digérer. Elle se concentra sur son article et se remit à écrire.
Angle de First Street et 15th Road – Miami
Sam gara sa voiture au dernier endroit où Luiz avait été vu. Il vérifia son téléphone, Mac lui avait laissé un message avec la dernière direction connue de Luiz. Il pénétra dans la rue piétonne adjacente et suivit les instructions de la jeune femme. Il longea un entrepôt et traversa une petite ruelle. Les grillages défaits et abîmés indiquaient que le quartier n’était pas l’un des plus convoités de la ville. Il passa devant plusieurs petites maisons. Le linge séchait sur les cordes dans les cours. Il jeta un nouvel œil sur son smartphone et continua jusqu’à une cour où étaient alignés plusieurs garages. Le portail de fer brun était ouvert. Il jeta un œil et reconnut la voix de Luiz. Il se planqua dans le bosquet à gauche de l’entrée et observa. Il tendit l’oreille mais il était trop loin pour entendre ce qu’ils disaient. Il se résigna à attendre que Luiz soit seul. Il regarda autour de lui et un sourire naquit sur ses lèvres.
Il fouilla ses poches et en sortit un petit appareil électronique. Il jeta un œil vers les garages avant de passer devant le portail à grandes enjambées. Une fois de l’autre côté, il se rapprocha de la berline bleue. Il avait totalement oublié que Luiz avait récupéré la vieille voiture de son père lorsqu’il avait vendu la maison de ses parents après leur décès. Il avait fait des recherches sur tout sauf sur cette voiture. Il l’aurait reconnue entre mille. Il s’accroupit derrière la voiture et positionna le mouchard sous le bas de caisse arrière. Une fois fait, il alla se planquer un peu plus loin à l’abri. Il sortit son portable et envoya un message à Mac.
« J’ai placé un mouchard sur la voiture. Nr 3526XC, essaie pour voir s’il s’active. »- Sam
La réponse ne fut pas longue à arriver.
« Activé ! On va pouvoir le suivre à la trace. » - Mac
« Il est en grande discussion avec le type qui le suivait tout à l’heure. Je suis trop loin pour entendre quoi que ce soit. Je vais éviter de me faire repérer. Je le rattraperais plus tard, lorsque la voiture sera en mouvement. Tiens-moi au courant. » - Sam
Appartement de Veronica – Coconut Grove – Miami
Elle enchaînait page après page depuis midi. Elle avait trouvé le filon qui ferait son article. Elle avait décidé de faire de Logan le point central de l’article. Ce sujet-là, au moins, elle maîtrisait. Elle avait ce qu’il fallait pour que cet article fasse une bonne première page et en même fasse une sacrée pub au Bar de Logan et Dick. Elle allait se lever pour se chercher à boire lorsque son téléphone sonna. Elle fronça les sourcils en apercevant le numéro inconnu sur son display. Elle décrocha :
VERONICA – Mars !
…
VERONICA – Oui c’est bien moi.
…
VERONICA – Oui c’est ça effectivement. Pourquoi y a-t-il un souci ?
…
VERONICA – Comment ça, plus assez de loyer ? Comment… Elle s’interrompit et ferma les yeux en grimaçant.
…
VERONICA – Le compte commun a été bloqué, c’est ça ?
Elle accusa le coup en écoutant attentivement les indications de son interlocuteur. Elle secoua la tête plusieurs fois.
VERONICA – Donc en fait, si je comprends bien, suite à une discussion avec le propriétaire, avec mes revenus seuls je ne peux pas garder l’appartement ?
…
VERONICA – Et il n’y a pas moyen de discuter avec M. Fischer ?
…
VERONICA – D’accord. Oui je comprends. J’ai combien de temps devant moi ?
…
VERONICA – La fin du mois ? Elle lâcha la phrase avec surprise, outrée.
…
VERONICA – Comment je suis censée me retourner, je n’aurais pas le temps de trouver un autre appartement en trois semaines.
…
VERONICA – Oui, moi aussi je suis désolée. Railla-t-elle avant de raccrocher.
Veronica voix off : Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, hein Veronica ? Et maintenant quoi ?
Elle regarda autour d’elle avec un air triste. C’était définitif, la vie qu’elle s’était construite était en train de s’écrouler pièce par pièce. Elle se sentit tellement petite que le sol aurait pu l’avaler entière.
Veronica voix off : Tu voulais ton ancienne vie Veronica ! Alors la voilà !
Hard Rock Café – 401 Biscayne Blvd - Miami
Mac regarda sa montre plusieurs fois, inquiète. Il était presque dix-huit heures et Veronica lui avait donné rendez-vous à la-demi. Ce n’était pas son genre de lui poser un lapin, ni même d’être en retard. En tournant les yeux une nouvelle fois vers l’entrée, son amie apparut scrutant la foule à sa recherche. Elle leva le bras pour se faire repérer.
MAC – Qu’est ce qui t’arrive ? Demanda-t-elle inquiète en se levant de sa chaise pour enlacer Veronica lorsqu’elle s’avança vers elle.
VERONICA – Tout l’univers s’est ligué contre moi ! Voilà ce qui se passe !
MAC – Qu’est ce qui se passe ?
VERONICA – Je suis infidèle, mon homme m’a quittée, je vais perdre mon appart à la fin du mois. Le plus drôle, c’est que si je ne ramène pas un article qui fait la une pour demain midi je n’ai plus de boulot non plus !
Elle se tourna vers la barmaid et reprit :
VERONICA – Un whisky, double avec glace !
La jeune femme aux cheveux rouge prune acquiesça avec un sourire.
MAC – Comment ça, tu vas perdre ton appart ?
VERONICA – Dereck s’est retiré du bail. Le propriétaire ne veut plus me garder. Il estime qu’une personne seule n’a pas besoin d’un trois pièces et il a peur qu’avec mon revenu seul, je ne sois pas capable de l’assumer. L’agence m’a contactée cet après-midi.
MAC – Ah ben lui, il ne va pas par quatre chemins. Une fois qu’il a décidé que c’était fini, c’est bien fini.
VERONICA – Je le mérite Mac. Mais je ne sais pas du tout comment je vais trouver un nouvel appart en moins de trois semaines, à Miami.
MAC – Tu pourrais rentrer à Neptune avec moi ? Plaisanta-t-elle avec un petit sourire.
VERONICA – Heu, non merci, je passe !
MAC – Et pour ton job, je ne vois pas pourquoi tu t’inquiètes, tu feras la première page sans souci.
Veronica attrapa le verre que la serveuse venait de poser sur le comptoir en face d’elle et y trempa les lèvres en fermant les yeux. Inconsciemment, l’image de Logan s’imprima sur ses rétines. Elle reposa le verre et rouvrit les yeux dans la foulée.
VERONICA – Et je n’ai aucune idée de comment je vais annoncer la nouvelle à Logan !
MAC – Tu ne lui as toujours pas parlé ?
Veronica secoua la tête en signe de négation et reprit une gorgée du liquide ambré. Il fallait qu’elle pense à autre chose. A chaque fois qu’elle pensait à son ancien amour, son cœur s’affolait et elle est perdait son calme. C’était incroyable. Elle se sentait comme une adolescente qui venait de découvrir l’amour. Elle se concentra sur Mac et demanda :
VERONICA – Pas de nouvelle de Sam ?
MAC - Il a réussi à filer Luiz. Il a placé un traceur sur sa voiture, le tout est activé. On le suit tranquillement à la trace. Il attend qu’il soit seul pour l’aborder.
VERONICA – Oui, c’est plus prudent. Avec Rico dans les parages, on ne sait jamais combien d’autres membres sont aux alentours. En cas de pépin, ça pourrait être dangereux.
Mac remua le fond de son cocktail, songeuse.
MAC – Tu crois que Luiz serait assez dangereux pour amener Sam dans un piège ?
VERONICA – Pourquoi ?
MAC – Juste comme ça. On ne sait jamais, Sam les a surpris en train de discuter. Je m’inquiète…
VERONICA – Je connais Sam, il sera prudent. Il ne fera rien s’il n’est pas sûr de réussir son coup. Luiz et lui se connaissent depuis bientôt vingt-ans je doute qu’il tente quoi que ce soit d’insensé.
MAC – Merci. Dit-elle rassurée.
Veronica reprit le verre entre ses doigts puis ne put retenir sa question :
VERONICA – Bon, qu’est-ce qu’il y a au juste entre toi et Sam ?
Appartement de Veronica – Coconut Grove – Miami
Elle referma le carton et le scotcha avec conviction. Elle avait commencé à vider les meubles du salon pour se passer les nerfs. Elle y avait passé la moitié de la nuit, n’ayant pas réussi à trouver le sommeil, et les trois quarts de la matinée. Elle soupira et se dirigea vers sa chambre. Elle se déshabilla et passa sous la douche en vitesse. Une fois sortie, elle enfila un jean noir, un top bordeaux moulant et ses bottines à talons. Elle enfila sa veste blaser et se regarda dans le miroir. Elle se força à sourire et attrapa son sac à main. Dans le salon, elle récupéra les deux pochettes kraft et se dirigea vers la porte d’entrée. Elle était stressée et fatiguée. Elle n’avait toujours pas décidé quelle histoire elle allait servir à James pour le calmer. Celle de l’enquête inachevée sur le Lovely Queen ou alors celle sur le grand et célèbre Logan Echolls. Son estomac se noua. Logan. Elle ne l’avait toujours pas appelé. Elle n’avait répondu à aucun de ses messages, ne sachant pas comment faire semblant. Elle s’était décidée à aller lui parler, mais elle n’avait pas encore trouvé quand. Elle avait tenté de l’appeler la vieille mais elle en était incapable, le fait d’imaginer le son de sa voix la mettait dans tous ses états. Elle n’aurait jamais les bons mots pour lui dire ça au téléphone.
Bureau de Miami Today – South Dixie Highway – Miami
Elle traversa le hall à grandes enjambées, sûre d’elle. Elle avait retrouvé le moral sur le chemin et s’était motivée intérieurement. Ses talons calquaient avait assurance dans le hall design du journal. La réceptionniste la gratifia d’un sourire lorsqu’elle l’aperçut. Elle se dirigea vers l’ascenseur et appuya sur le bouton. Elle attendit quelques secondes lorsque son téléphone se mit à vibrer dans son sac. Elle plongea la main dans son sac à la recherche du smartphone. Au bout d’un rapide combat, elle finit par le retrouver et le sortir de là. Elle déverrouilla l’écran et pénétra dans l’ascenseur. Un homme à l’intérieur retint la cabine pour un employé qui traversait le hall en courant pour les rattraper. Tout son entrain retomba à plat. Ses épaules s’affaissèrent, son cœur se serra. En consultant ses nouveaux messages, elle aperçut ceux de Logan. Elle ne pouvait pas faire ça.
« Dis-moi simplement que tout va bien… » - Logan
Elle se glissa entre les portes de la cabine alors que celles-ci se refermaient déjà et sortit du bâtiment aussi rapidement qu’elle y était entrée. La voix de son patron raisonnait dans sa tête.
De toute façon, tu n’as rien à perdre Veronica.
Une fois sur le parvis devant le bâtiment, elle héla le premier taxi qui passait par là et s’engouffra dans le véhicule.
VERONICA – Au Lovely Queen Bar, sur Miami Beach. Ordonna-t-elle au chauffeur qui s’insérait à nouveau dans la circulation.
Lorsqu’elle regarda sa montre, elle affichait 13h.
The Lovely Queen Bar – Miami Beach
Veronica poussa la porte du bar vide et parcourut la pièce du regard. Seul un employé s’activait derrière le bar.
BARMAN – On n’ouvre que ce soir, Mademoiselle. J’ai dû oublier de verrouiller la porte en entrant tout à l’heure.
VERONICA – Je ne suis pas là pour le bar. Je cherche Logan Echolls.
BARMAN – Il était dans la réserve avec sa femme, elle vient de partir. Vous le trouverez à l’arrière et s’il n’y est pas, allez voir au loft.
VERONICA – Je vous remercie. Déclara-t-elle en se dirigeant vers l’arrière-boutique lorsque le barman l’interrompit dans sa course.
BARMAN – J’espère que vous ne lui apportez pas de mauvaise nouvelle, il n’est pas de très bonne humeur.
Veronica pivota sur ses talons et fit face au barman.
VERONICA – Comment ça ?
BARMAN – Je crois qu’ils se sont disputés. On les entendait jusqu’ici.
Veronica grimaça. Le barman lui sourit et l’encouragea.
BARMAN – Mais ne vous inquiétez pas, il n’est pas méchant. Je suis sûr que ça ira.
Veronica sourit pour simple réponse et reprit son chemin vers le fond du bar. Elle souffla un grand coup avant d’ouvrir la porte menant à la réserve et au loft.
Veronica voix off : Mais oui, bien sûr, Veronica Mars est bien connue pour apporter des bonnes nouvelles. Une chance sur combien que le barman aura le droit à sa deuxième dispute de la journée ?
Elle poussa la porte et aperçut de la lumière dans le fond, juste après les escaliers. Elle contourna la rambarde et s’avança vers la réserve.
VERONICA - Logan ?
Un carton vint s’écraser au sol à quelques mètres d’elle. Elle sursauta. Logan apparut dans la foulée.
LOGAN - Désolé.
Elle lui sourit. Elle avait envie de se jeter dans ses bras et d’oublier tout ce qu’elle avait en tête, même si c’était seulement cinq minutes. En croisant son regard, elle comprit que pour lui non plus ce n’était pas le bon moment.
VERONICA – Tout va bien ?
LOGAN – C’est vraiment pas la question du moment.
Veronica se renfrogna, elle ne s’attendait pas à se faire remballer de la sorte. Voyant son expression changer, Logan s’en voulut aussitôt de sa dureté. Elle n’était pas responsable de ce qui venait de se passer avec Jessica, et elle n’y pouvait rien. Il n’avait pas le droit de passer ses nerfs sur elle. Il fit un pas vers elle, son regard s’adoucit.
LOGAN – Je suis désolé, ce n’est pas après toi que j’en ai. J’ai passé une mauvaise journée.
VERONICA – Je suis désolée de ne pas être venue avant-hier. Je…
LOGAN – Tu ne me dois rien V. Je voulais juste être sûr que tu allais bien…
VERONICA – Je sais. Sa voix était faible.
En fait, elle n’allait pas bien. Elle venait de perdre tout ce qu’elle avait construit et la seule chose à laquelle elle pensait, c’était annoncer à l’homme pour lequel elle éprouvait des sentiments que sa femme était morte. Il s’approcha encore un peu d’elle, elle sourit un peu. Doucement il posa ses lèvres sur celles de la jeune femme. Elle sentit tout son corps lâcher prise, son cœur s’emballer. Mais, au dernier moment elle se souvint pourquoi elle était là et fit un pas en arrière et s’éloigna de lui. Logan la regarda, perplexe.
VERONICA – Ce n’est pas une visite de courtoisie. Je…
Elle souffla profondément et leva les yeux vers lui en se mordant la lèvre.
VERONICA – Il faut que je te parle.
LOGAN – Tu as l’air très sérieuse.
Il redevint sérieux et regarda Veronica avec inquiétude.
VERONICA – Ce n’est pas la chose la plus facile que j’ai à t’annoncer… Et je ne sais pas vraiment pas par quoi commencer.
LOGAN – Veronica, je n’ai plus douze ans, arrête de me protéger. Qu’est ce qui peut bien te mettre dans un état pareil ?
VERONICA – Ta femme… Lâcha-t-elle dans une grimace triste.
Le visage de Logan se décomposa. Qu’est-ce que Veronica pouvait bien avoir à faire avec Jessica ? Que pouvait-elle vouloir lui annoncer ? Les choses se bousculaient dans sa tête et il devint nerveux.
LOGAN – Quoi, ma femme ?
VERONICA – Jessica n’est pas la femme que tu crois.
LOGAN – Tu as fait des recherches sur… Le voyant se mettre en colère, Veronica l’interrompit dans sa foulée.
VERONICA – Non ! Non, non, non ! Je suis tombée sur un dossier en fouillant dans l’affaire des fusillades. Je n’ai pas cherché d’infos sur ta femme.
Veronica voix off : Enfin pas directement… Je suis tombée dessus.
Logan se reprit et ne pipa mot. Veronica déglutit et continua dans sa lancée.
VERONICA – Ta femme avait une jumelle.
Logan fronça les sourcils, pas sûr de comprendre où Veronica voulait en venir. Il l’encouragea du regard à continuer.
VERONICA – Cette jumelle, c’est Lieutenant Jenny Jessica Collins. Ajoutant le geste à la parole, elle sortit son téléphone et lui montra une image de la jeune femme.
Logan prit le téléphone dans ses mains et écarquilla les yeux en voyant la photo. Veronica devint nerveuse et serra le dossier qu’elle tenait dans les mains.
VERONICA – Ta femme, Jessica Andersen, est décédée en novembre 2014 dans l’accident de voiture qui a tué ses parents. Lâcha-t-elle d’une traite.
Logan accusa le coup sans un mot. Il leva les yeux vers Veronica, cherchant un signe, quelque chose, qui prouverait qu’elle était en train de le mener en bateau. Mais il avait appris à connaître Veronica. Veronica Mars ne mentait pas. Elle ne lui annoncerait jamais ce genre de chose si elle n’avait pas vérifié plusieurs fois son dossier. Et son regard triste confirmait ce que Logan pensait. Elle rouvrit la bouche et continua d’une voix tremblante.
VERONICA – Le lieutenant Collins savait qu’elle avait une jumelle, elle a falsifié son dossier et a pris l’identité de sa sœur. C’est pour ça que j’ai son dossier. C’est elle qui était en charge des fusillades. C’est comme ça que je l’ai rencontrée. Et quand j’ai croisé Jessica à l’hôpital…
LOGAN – Tu as su que c’était Collins. Termina-t-il.
VERONICA – Je suis désolée Logan, tu as épousé la mauvaise femme.
Logan s’adossa contre une des étagères, choqué, perdu. Elle lui tendit le dossier avec tout ce qu’elle avait trouvé sur les deux jumelles et s’excusa à nouveau.
VERONICA – Est-ce que tu as besoin de quelque chose…
LOGAN – Etre seul. S’il te plaît.
Veronica hocha la tête, s’avança vers lui, déposa un léger baiser sur sa joue et quitta la pièce. Elle s’avança au travers de la salle lorsqu’un bruit sourd la fit sursauter. Elle ferma les yeux en grimaçant. Logan était en train de passer sa colère sur la réserve. Elle pivota sur ses talons et voulut rejoindre la réserve mais s’interrompit. Elle croisa le regard du barman en faisant demi-tour, celui-ci était choqué et prêt à courir vers l’arrière-boutique. Veronica l’en dissuada du regard.
VERONICA – Il n’y a rien que vous puissiez faire ! A moins peut-être d’appeler son associé. Dick.
Un second bruit de verre et de métal l’interrompit dans sa phrase. Elle se mordit les lèvres et pressa le pas vers la sortie. Elle avait mal, mais elle savait qu’elle ne réussirait pas à le calmer. Et elle n’avait pas la force de ramasser les morceaux. Alors qu’elle s’éloignait déjà dans la rue, le barman fouilla le tiroir à la recherche de son téléphone et composa le numéro de son deuxième patron.