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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
Cette fanfic compte déjà 185 paragraphes
Département de la police de Miami – Miami Beach
Veronica soupira en écoutant sa messagerie. James lui confirmait ce qu’elle savait déjà. Elle pouvait venir récupérer ses affaires, elle avait perdu son job. Elle suivit Logan de près. Depuis leur échange au bar, il n’avait plus dit un mot. Elle l’avait suivi jusqu’ici sur sa demande, ne sachant pas vraiment comment agir dans cette situation. Il la laissa passer devant dans le hall, elle se dirigea donc vers la réception et reconnut la petit blonde à lunettes à qui elle avait raconté des bobards quelques jours plus tôt. Elle fit un grand sourire bien surfait et s’accouda au bureau.
VERONICA – Bonsoir ! Vous vous souvenez de moi ?
REC – Oh oui, bien sûr, bonsoir. Comment allez-vous ?
Veronica sortit sa plaque de détective.
VERONICA – Je m’excuse mais je vous ai menti. Mon nom est Veronica Mars, je dois voir le lieutenant Collins s’il vous plaît.
La réceptionniste en perdit son sourire. Veronica regarda la jeune femme avec un sourire mi amusé, mi triste. La jeune femme semblait naïve et ce n’était certainement pas la première fois qu’on se jouait d’elle. S’il n’y avait pas de réceptionniste comme elle, Veronica n’arriverait jamais à ses fins. La demoiselle attrapa son téléphone et annonça la détective.
Veronica voix off : Que l’Amérique bénisse les godiches naïves !
Elle attrapa un badge et le posa sur le bureau. Avant de jeter un œil à Logan.
REC – Votre ami ! Il a besoin d’un badge, lui ?
VERONICA – Ce serait préférable !
La réceptionniste lui fit un petit sourire sarcastique et finit par déposer un second badge visiteur sur le comptoir avant de déverrouiller la porte tourniquet sur la gauche de l’accueil.
REC – Vous connaissez le chemin, je suppose ?
VERONICA – Troisième, aile gauche et bureau 123?
REC – Parfait !
Elle retourna à ses occupations et Veronica leva les yeux au ciel. Logan suivit Veronica sans un mot pour la demoiselle de l’accueil.
VERONICA – Tu es prêt ?
LOGAN – Aussi prêt qu’on peut l’être dans cette situation.
Elle longea le hall et s’arrêta devant l’ascenseur et appuya sur le bouton. Une fois dans la cabine, Veronica se tourna vers lui puis se retint. Elle aurait voulu l’apaiser mais elle ne trouvait pas les mots.
LOGAN – Je vais bien Veronica. C’est juste que c’est un peu beaucoup à assimiler en même temps. Hier, je pensais juste être un mari infidèle. Plaisanta-t-il.
VERONICA – Et tu arrives encore à plaisanter. Effectivement, tu ne vas pas si mal. Déclara-t-elle avec un sourire rassuré.
L’ascenseur s’ouvrit et Logan sortit en premier en faisant volte-face et regarda Veronica avec un grand sourire avant de lancer :
LOGAN – Je suis prêt à lui rendre la monnaie de sa pièce. Déclara-t-il un tant soit peu plus amer.
Veronica sourit en secouant la tête, lui indiquant le chemin. La porte du bureau était ouverte, Logan la regarda une dernière fois, lui proposant de passer la première. Veronica toqua à la porte et fit quelques pas en avant.
VERONICA – Collins ! J’ai quelqu’un qui voudrait vous voir !
Collins leva les yeux de son ordinateur et se concentra sur Veronica. Logan entra dans le bureau avec un demi-sourire.
LOGAN – Alors chérie, comment tu vas ?
Le visage de Collins se décomposa. Logan et Veronica furent ravis de l’effet de surprise. Logan était maintenant définitivement convaincu que toute cette histoire était vraie. Pas qu’il doutait de Veronica, il ne voulait simplement pas y croire.
Collins se leva sans un mot, contourna son bureau et referma la porte derrière eux. Dos a eux, elle inspira profondément pour se redonner une contenance et se tourna vers eux en fronça les sourcils.
COLLINS – Je ne vois pas du tout…
LOGAN – Non ! Tu dois être plus intelligente que ça ! Tu as réussi à me duper pendant plus d’un an… Et c’est tout ce qui te vient à l’esprit ?
Collins ferma les yeux et râla entre ses dents. Attrapée sur le fait, telle une enfant, elle se sentit prise au piège.
COLLINS – C’est pour ça que vous étiez sur cette affaire ? Vous connaissez Logan ?
VERONICA – Le monde est petit, n’est-ce pas ?
COLLINS – Ok, je suis désolée, je vais t’expliquer…
LOGAN – M’expliquer quoi ? Qu’après la mort de ma fiancée, tu as pris sa place et tu t’es joué de moi ? Ne t’ennuie pas, Veronica m’a fait un beau dossier avec tout dedans. Ce qui me perturbe, c’est que j’ai été assez bête pour croire à tes changements d’attitude. Je me suis dit que c’était dû à la mort des parents de Jessica. Je me suis dit que le fait que tu revendes toutes ses galeries avait un lien avec cette histoire. Et j’ai laissé couler les soirées où tu n’étais pas là, les soirées où tu ne me disais pas où tu allais.
COLLINS – Vous avez vraiment tendance à mettre votre nez partout où il ne faut pas Mars !
VERONICA – C’est Détective Mars pour vous ! Et oui, c’est mon boulot !
COLLINS – Je suis désolée, Logan. Tout ça n’était pas planifié. Je n’ai appris que plus tard que vous étiez fiancés. Et du coup quand tu t’es mis à parler mariage j’ai paniqué, j’ai simplement …
LOGAN – Pris la vie de ta sœur ? Piétiné mon intimité, ma vie ?
COLLINS – Je suis tombé amoureuse de toi… Avoua-t-elle d’une voix brisée.
Veronica et Logan se figèrent à ses mots. Elle s’attendait à tout de la part de Collins, mais elle n’aurait jamais imaginée que celle-ci puisse être amoureuse de Logan.
COLLINS – J’ai été faible, j’ai voulu te le dire plusieurs fois avant qu’on se marie. J’ai voulu tout te dire. Tu crois que ce n’étais pas dur pour moi au départ ? Et puis j’ai eu peur. Tu étais plus qu’une simple couverture et je ne voulais pas te perdre sous prétexte que je n’étais pas celle que je disais être…
LOGAN – Alors tu m’as menti… C’est d’un romantique !
Veronica se sentit mal d’assister à cette dispute. Se rendre compte qu’en fait ils tenaient vraiment l’un à l’autre lui serra le cœur. Elle n’avait pas envie d’assister à la suite, elle s’éclipsa hors du bureau et leur laissa un peu d’intimité. Une fois dans le couloir, elle s’adossa au mur un peu plus loin, soufflant bruyamment pour évacuer son stress. Jusqu’à présent, elle n’avait pas fait l’amalgame. Logan avait une femme. Cette femme c’était Jessica, mais Jessica étant morte. Cette femme était Jenny. Donc le lieutenant Collins avec qui elle partageait ses infos sur les enquêtes depuis le début était la femme de Logan. Son estomac se noua et elle se sentit d’un coup très mal. Le fait de les voir se déchirer alors qu’ils n’étaient finalement pas censés être liés la blessait. Elle n’avait pas pensé aux conséquences lorsqu’elle avait accepté de l’accompagner. N’ayant en tête que sa vengeance personnelle et aussi le moyen d’en découvrir plus sur son affaire. Elle n’avait pas cherché plus loin. Elle avait eu tort. Elle aurait dû savoir que ce moment allait être difficile, mais non elle avait voulu l’ignorer. Etre la troisième femme n’avait rien de glamour, c’était un rôle horriblement dur à porter. La culpabilité était immense. Et malgré la trahison de Jenny, ça ne rendait pas la tromperie plus facile à vivre. Les voix dans les bureaux voisins montèrent d’un ton, elle s’éloigna encore. S’éloigna de ces cris, de ces déchirements qu’elle ne supportait pas, qu’elle ne voulait pas entendre. Ces déchirements qui prouvaient que malgré tout ils avaient tenu l’un à l’autre…
LOGAN – Tu aurais juste pu me dire la vérité…
COLLINS – Et quoi, tu l’aurais approuvé sans rien dire ? Tu m’aurais épousée quand même…
LOGAN – Ca, on ne le saura jamais, puisque tout ça, c’était que du vent ! Il n’y a jamais eu de nous. De toute façon, ça ne compte plus…
COLLINS – Tu vois, j’avais raison. Tu n’aurais jamais pu accepter…
LOGAN – Aujourd’hui, non. Il y a encore plusieurs mois, ou lors de notre mariage, les choses étaient différentes…
COLLINS – Et qu’est ce qui te fait dire ça ?
LOGAN – Je t’ai trompée. Sans même savoir que tu n’étais pas Jessica. Je t’ai trompée.
L’annonce de Logan la frappa comme une gifle. Veronica, dans le corridor, se mordit la lèvre. Collins dû s’asseoir et Logan comprit qu’elle était vraiment sincère en lui disant qu’elle était amoureuse de lui. Il la regarda, elle ressemblait tellement à Jessica. Il aurait tellement voulu la consoler, mais il en était incapable. Collins baissa les yeux, évitant le regard de son « mari ». Elle refit le point sur tout ce qu’elle savait à présent et leva enfin les yeux vers lui.
COLLINS – C’est elle, n’est-ce pas ? C’est elle ton amour de lycée ?
LOGAN – Tu as quand même retenu des choses. Je ne sais pas si je dois être flatté ou surpris.
Collins ne répondit pas et encaissa la pique sans sourciller.
COLLINS – C’est pour ça qu’elle n’arrête pas de chercher le coupable dans cette histoire de fusillade ?
LOGAN – Elle est détective. C’est son boulot.
COLLINS – Ce n’est donc pas simplement une visite « conjugale » !
LOGAN – En fait si, c’est moi qui lui ai demandé de m’accompagner. Mais la connaissant, c’est certainement pas désintéressé.
COLLINS – Alors c’est tout ?
LOGAN – Tu t’attendais à quoi ?
COLLINS – A rien je suppose. Je ne pensais pas que quelqu’un réussirait à rouvrir les dossiers que j’avais scellés.
LOGAN – Et rien, pas d’explications, pas de larmes, pas de cris. Bon sang, quel genre de femme es-tu ?
COLLINS – La femme avec qui tu as partagé ta vie les treize derniers mois.
Logan secoua la tête, incrédule. Il passa sa main sur son visage, nerveux. Elle soutint son regard sans sourciller lorsqu’il la regarda. Puis il reprit :
LOGAN – Dans ce cas… Avant qu’on tourne cette page, j’aimerais récupérer ce qui lui appartient.
Collins ferma les yeux et se frotta le visage des mains. Elle tenta de retenir ses larmes avec difficulté. Elle se tourna vers son bureau, ouvrit le premier tiroir et en sortit une petite clé. Elle la tendit à Logan.
COLLINS – C’est tout ce qu’il reste d’elle. Un garde meuble sur Connolly Street.
Il attrapa la clé que lui tendait la jeune femme et la serra fort dans sa main. Il tourna les talons et ouvrit la porte à la recherche de Veronica. Il la retrouva en train de faire les cents pas un peu plus loin.
LOGAN – Mars !
Elle pivota dans la seconde et sourit en apercevant le visage de Logan un peu moins crispé que tout a l’heure. Elle devait admettre qu’il gérait la situation bien mieux qu’elle. Elle tremblait et n’était pas sûre de garder la face devant Collins. Elle inspira profondément avant de faire quelques pas vers Logan. Il plongea son regard dans le sien avant de lancer :
LOGAN – C’est ton tour ! Tu peux laisser faire ta magie !
VERONICA – Ah vraiment ?
LOGAN – Elle est toute à toi !
Elle se ressaisit et pénétra dans le bureau, s’installa face à une Collins qui tentait de reprendre un peu de contenance. Logan s’appuya au mur, observateur. Veronica balança un dossier de carton sur le bureau et du regard elle incita Collins à l’ouvrir. Celle-ci prit connaissance du dossier et fronça les sourcils. Elle garda le second dossier sur ses genoux, attendant la réaction de Collins.
VERONICA – Je suppose que vous ne saviez pas pour Luiz. Mais du coup, j’ai fait le lien entre tous les dossiers qu’on a retrouvés chez lui et les dossiers que vous avez scellés.
Collins encaissa à nouveau. Elle venait de perdre sa couverture, l’homme qu’elle aimait, et l’homme en qui elle avait confiance, avec qui elle bossait l’avait trahi, alors qu’elle lui avait promis de le protéger. Elle risquait sa position et sa carrière.
COLLINS – Luiz m’a menti.
LOGAN – Un sentiment génial, n’est-ce pas ?
La lieutenant ne releva la remarque de Logan et se concentra sur les dossiers que Veronica venait de lui remettre. Elle jeta un œil à tous les alibis et les mensonges que Luiz lui avait fournis pour permettre au Miami Boys de s’en sortir de justesse ou alors de ne pas encourir de danger.
VERONICA – Vous nous avez raconté que le fils de Luiz avait eu des soucis… Est-ce que ça pourrait avoir un lien ?
COLLINS – Vous n’avez pas retrouvé Luiz ?
VERONICA – Toujours pas. Le détective Blye et une collègue tentent de mettre la main sur lui depuis plusieurs jours. Sans succès.
COLLINS – Sa femme et son fils sont bien dans la famille de sa femme. Je ne vois pas pourquoi il ne m’a pas contactée.
VERONICA – Il a fait son choix, Collins. Il vous a tourné le dos. C’est tellement plus simple de céder à la menace en leur donnant ce qu’ils veulent… Croyez-moi.
COLLINS – Vous vivez dans un monde bien sinistre…
LOGAN – Oh non, crois-moi elle a raison. Tout s’achète et chaque homme a son prix ! Rares sont ceux qui font preuve d’honnêteté.
Collins observa les deux amants avec impatience. Le fait de voir son ancien mari complice à ce point avec une autre femme la dérangeait profondément. Veronica tenta de cacher son sourire lorsque Logan fit référence à Neptune.
COLLINS – Donc Luiz m’a utilisée depuis le début. Pour protéger son fils.
VERONICA – C’est quoi l’histoire avec son fils ?
COLLINS – Je croyais que vous saviez ?
VERONICA – Il était mon patron, je n’en ai jamais parlé avec lui.
COLLINS – Paolo a voulu jouer les malins et s’est fourni de la drogue et un flingue chez eux. Il est vite devenu accro à la dope que le gang fournissait. A l’époque de la coke modifiée. Mais il est venu un moment où il n’a plus pu payer. Alors ils l’ont utilisé pour faire le sale boulot. C’est là que Luiz a pris les choses en main. J’avais attrapé son fils. En échange de son aide, je faisais disparaître le casier de son fils. C’était un moyen comme un autre pour moi d’avancer dans cette affaire.
VERONICA – Donc Luiz vous a trahi ou s’est fait avoir à son propre jeu. Dans tous les cas, il a falsifié un bon nombre de dossiers pour couvrir son fils. Et vous aussi !
Elle jeta le second dossier sous les yeux de Collins. Celle-ci regarda le dossier en écarquillant les yeux.
COLLINS – Où avez-vous eu ça ?
VERONICA – Quoi, vous doutez de mes compétences ?
COLLINS – Il vous faut un badge sans quoi vous êtes repérée dès l’entrée.
VERONICA – C’est bien ce que je dis, vous doutez de mes compétences.
COLLINS – Je pourrais vous arrêter pour effraction.
VERONICA – Vous ne le ferez pas. Et vous le savez. Ce n’est pas la peine de me faire des menaces en l’air. Alors pourquoi vous ne me parlez pas de ce dossier ? Il date d’il y a moins de dix mois. Je croyais que Paolo était clean ?
Collins secoua la tête, elle se frotta les yeux et soupira. Elle attrapa le dossier et reprit la parole.
COLLINS – Paolo s’est fourni à nouveau chez les Miami Boys début 2015. Malheureusement pour lui, il s’est fait serrer la deuxième fois.
VERONICA – Vous avez scellé son dossier et effacé toute trace. Pourquoi ?
COLLINS – Luiz me l'a demandé. On a trouvé quelqu’un pour plaider à sa place.
VERONICA – Zack Bellinski, oui j’ai vu. Et il sort d’où exactement lui ?
COLLINS – C’est un des gars de Rico.
VERONICA – Et vous ne vous êtes pas dit que Luiz trafiquait avec eux lorsque vous avez d’un coup trouvé quelqu’un d’autre qui donnerait sa tête pour lui ?
COLLINS – Non. J’ai pensé que plutôt que de se mettre en danger pour trafic, Rico a payé un de ses hommes pour se rendre.
VERONICA – La belle affaire ! Rien ne vous choque vous ! Et la suite ?
COLLINS – L’affaire n’avançait plus, j’ai donc été mutée ailleurs, puis… ma sœur est morte et j’ai repris une nouvelle enquête. Lorsque Luiz, puis vous, m’avez contactée à la suite de la fusillade au Lovely Queen, j’ai tenté de mettre la main sur Luiz, sans succès.
VERONICA – Oui, cette partie je la connais.
Collins se rappela de son altercation avec elle dans le couloir de l’hôpital. Elle releva les yeux vers elle.
COLLINS – Vous saviez depuis le début, n’est-ce pas ?
Logan haussa les sourcils et se redressa en entendant la voix de Collins changer.
VERONICA – J’ai eu mes doutes, oui. Mais vous savez bien cacher votre jeu. J’ai dû m’y prendre à trois fois pour réussir à trouver la faille.
COLLINS – D’accord, je comprends mieux. En fait, vous lui avez tout raconté dès le départ. C’est pour ça qu’on ne s’est pas vus depuis deux semaines.
Veronica ouvrit la bouche ahurie et voulut répondre lorsque Logan s’avança vers elle et lâcha brusquement :
LOGAN – J’ai appris ça ce matin. Elle ne m’a rien dit tant qu’elle n’a pas su la vérité. Si je ne t’ai pas vu depuis deux semaines, c’est peut-être qu’au lieu de passer du temps avec moi tu avais des affaires sur le feu. Elle n’est pas la raison de notre rupture.
Veronica fut surprise de l’ardeur avec laquelle Logan la défendit. Elle le savait cavalier mais à ce point ça la fit réfléchir. Ce qu’il avait dit plus tôt dans la soirée ne semblait plus si anodin. Eprouvait-il vraiment des sentiments aussi forts pour elle ?
Quelque part dans Miami
Sam était sorti de la voiture pour se dégourdir les jambes quelques secondes. Il savait que ce n’était pas le meilleur moyen pour passer inaperçu, mais au bout de plusieurs heures ce n’était pas évident de rester sans bouger derrière un volant. Il alluma une cigarette et tira une grande bouffée. Il s’adossa au mur près de la voiture, posant un pied contre celui-ci pour faire appui. Il leva les yeux vers le ciel, s’autorisant à rêver quelques secondes. Quelques secondes pendant lesquelles il repensa à sa femme, à sa fille, à Mac aussi et surtout à Luiz et sa famille. Comment avait-il pu laisser sombrer son ami sans même s’en apercevoir ? Comment était-il possible qu’il en soit arrivé aussi loin ? Sam se frotta les yeux pour la énième fois, les nuits précédentes avaient été courtes et le sommeil le guettait. Il tira une dernière bouffée sur sa cigarette et rejoignit sa voiture. Alors qu’il ouvrait la porte, un bout de métal froid lui effleura la nuque et une voix qu’il connaissait bien souffla dans son dos :
X – Ne fais pas l’idiot et file-moi ton téléphone !
Martinez Investigations – Brickwell – Miami
Elle revérifia le périmètre, mais les voyants n’avaient toujours pas bougé. Elle tenta d’avoir les images sur les caméras de surveillance des alentours sans succès. Lorsque l’un des voyants disparut à l’écran. Elle survola l’écran une première fois, attendit quelques secondes et puis fronça les sourcils. Elle entra le numéro de Sam à nouveau, sans succès. La jolie brune eut quelques sueurs froides avant de retenter une nouvelle manœuvre. Sam avait coupé son portable. Sam n’aurait jamais coupé son portable. Oui, d’accord, elle admettait qu’elle avait activé le traceur sur son téléphone, pour cette fois-ci. Elle ne connaissait pas Luiz et n’avait aucune confiance en ce type. Et s’il avait décidé de s’en prendre à Sam, elle voulait être au courant. Elle essaya encore une manipulation en tentant de garder son calme. Le sang cognait contre ses tempes, l’empêchant de réfléchir correctement. Son cœur s’accéléra à son tour dans sa poitrine. Elle triangula sa dernière position exacte et fit de même avec le traceur sur la voiture de Luiz. Elle attrapa son téléphone et composa le numéro de Veronica, sans succès. Elle fouilla son répertoire et retrouva le numéro du fixe, et renouvela l’opération. En même temps, elle rassemblait quelques affaires et enfila sa veste.
Appartement de Veronica – Coconut Grove - Miami
Ils étaient restés silencieux depuis qu’ils avaient quitté le bureau de Collins. L’ambiance était étouffante et Veronica avait préféré se retirer avant que le tout tourne encore plus au vinaigre. Sur la route, aucun des deux n’échangèrent de regard, restant bien concentrés sur leur chemin. Lorsque Logan se gara sur le parking privatif dans la cour intérieure de l’immeuble de Veronica, elle hésita avant de se tourner vers lui.
VERONICA – Tu penses vraiment ce que tu as dit tout à l’heure au sujet de…
LOGAN – Oui. La coupa-t-il sans attendre la fin de la phrase.
Elle sentit son sang cogner fort contre ses tempes, son rythme cardiaque s’accélérer. Logan, lui, paraissait calme, presque impassible. Elle aurait voulu dire quelque chose mais il lui coupa l’herbe sous le pied :
LOGAN – Je tiens à toi, Veronica. Ce n’est pas nouveau. Je ne t’ai jamais oubliée.
Il déposa un baiser sur le front de la jeune femme avant qu’elle ne sorte de la voiture. Elle fit quelques pas, un peu secouée par cette annonce avant de se figer. Elle fit demi-tour et se pencha dans l’habitacle de la voiture de Logan.
VERONICA – Tu veux monter ?
Logan tourna les yeux vers elle, surpris. Il hocha la tête avant d’éteindre le moteur. Il la suivit, en silence. Elle inséra la clé dans la serrure et ouvrit la porte. Elle tâta le mur et alluma la lumière avant de s’effacer, pour laisser passer Logan. Elle lui indiqua le salon, alors qu’elle se dirigeait vers le fond du couloir pour rejoindre sa chambre. Elle se changea rapidement, passa devant un carton, en sortit deux verres et attrapa la bouteille de whisky sur le buffet. Logan haussa les sourcils, un sourire en coin et demanda :
LOGAN – Tu déménages ?
VERONICA – Je me fais virer, plus précisément ! Je n’ai pas ce qu’il faut pour garder cet appart seule ! Le propriétaire a peur que je n’aie pas les moyens !
Elle déposa les verres sur la table basse et fit signe à Logan de s’asseoir.
LOGAN – Tu crois vraiment que je devrais boire ?
VERONICA – Dick m’a dit que tu ne devais pas boire seul ! Je suis là. Et puis, on peut bien soigner le mal par le mal, non ?
Logan haussa les épaules en acquiesçant. Elle déboucha la bouteille et s’apprêtait à servir.
VERONICA – Au passé ?
LOGAN – Si tu veux trinquer au passé, alors il faut laisser tomber les verres ! déclara-t-il avec un air de défi dans les yeux.
Elle s’installa en tailleur face à lui sur le canapé, lui lança un regard complice et porta la bouteille à sa bouche. Logan laissa échapper un rire.
LOGAN – Qui es-tu ? Qu’as-tu fais de ma Veronica ?
VERONICA – Ta Veronica ?
Ils se regardèrent avec un sourire.
VERONICA – Je ne peux pas juste avoir envie de lâcher prise ?
Il attrapa la bouteille des mains de la blonde et la porta à son tour à ses lèvres. Savourant la douceur amère du liquide. Puis reposa la bouteille sur la table.
LOGAN – Et maintenant ? Demanda-t-il en se laissant tomber dans le canapé.
VERONICA – Je n’en sais rien ! Lâcha-t-elle en reprenant la bouteille et s’installant la tête contre son épaule.
Elle observa la pièce autour d’elle avec un demi-sourire puis repensa à ce qu'ils venaient d’aborder.
VERONICA – Pourquoi tu n’es plus censé boire seul ?
LOGAN – Parce que je suis allé trop loin…
Veronica ouvrit la bouche puis renonça. Pour une fois, elle n’allait pas lui tirer les vers du nez. Pour une fois, elle allait prouver qu’elle était capable d’accepter les choses telles quelles. Logan sourit en voyant l’attitude contradictoire de la jeune femme. Il aurait voulu l’embrasser, mais il ne voulait pas briser ce moment et ne bougea pas.
Une sonnerie de téléphone déchira le silence qui régnait dans l’appartement. Veronica ouvrit les yeux brutalement, se redressa prestement et regarda autour d’elle. Ils s’étaient endormis et elle n’avait aucune idée de quelle heure il était. Elle attrapa le téléphone sur la commode à côté du canapé et décrocha.
Veronica voix off: Personne n’appelle sur le fixe à une heure pareille…
VERONICA – Mars !
…
A l’autre bout du téléphone, une voix pleine de panique finit de la réveiller complètement.
VERONICA – Mac ! Calme-toi et répète-moi ce que tu viens de me dire.
…
VERONICA – Attends-moi, je serai là au plus vite.
Logan se réveilla dans la foulée et la regarda s’activer dans le salon à la recherche d’une paire de jeans et de ses chaussures.
LOGAN – Qu’est ce qui se passe ?
VERONICA – Sam a perdu sa connexion avec Mac. Répondit-elle comme s'il savait de quoi elle voulait parler.
LOGAN – Quoi ?
VERONICA – Un ami, qui est sur mon affaire, son portable a été coupé sans raison apparente alors qu’il était en planque devant chez un autre collègue qu’on suspecte d’aider les Miami Boys à couvrir leur traces.
Logan sauta sur ses pieds et attrapa ses clés sur la table.
VERONICA – Qu’est-ce que tu fais ?
LOGAN – Je t’emmène.
VERONICA – Logan …
LOGAN – Il n’y pas de discussion possible. On m’a tiré dessus et le mec qui bosse sur cette affaire est en train de filer le type qui en est peut-être responsable et tu veux que je reste assis là ?
Veronica lut dans ses yeux qu’il était vraiment inutile de perdre du temps à discuter et acquiesça. Elle fila dans sa chambre et attrapa son sac avant de quitter les lieux, Logan la suivant de près.
Martinez Investigations – Brickwell – Miami
En pénétrant dans l’enceinte du bâtiment, Veronica comprit de suite que Mac n’avait pas écouté un mot de ce qu’elle avait dit. Elle fonça dans la salle de conférence qui n’était plus fermé à clé. Elle s’avança vers les ordinateurs et déverrouilla les écrans.
VERONICA – Mac ! Râla-t-elle.
LOGAN – Je crois que tu déteins sur elle.
VERONICA – Courir après les hommes de nos vies pour les sauver ? Parce qu’on est incapable d’attendre que les renforts arrivent ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles !
Logan eut un sourire en coin et l’observa faire sans un mot.
Elle retraça les dernières positions connues de Luiz et celles de Sam, jusqu’à la coupure du téléphone de Sam. Une fois fait, elle chargea les informations sur son téléphone grâce à une application que Mac lui avait installée. Elle rentra à nouveau les deux numéros de téléphone pour les retrouver puis entra celui de Mac au cas où.