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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
Cette fanfic compte déjà 185 paragraphes
Quelque part dans Miami
Sam grognait de s’être fait avoir de la sorte et encore plus de devoir admettre que Luiz était bien plus mouillé dans cette histoire qu’il n’aurait voulu le croire. Luiz tenait toujours Sam en joue. Il l’avait emmené un peu plus loin dans une usine désaffectée. Il jouait de son flingue, pas sûr de lui. Sam pensa à son arme qu’il avait laissée dans la boite à gants.
SAM – Luiz ! Tu pourrais arrêter tes conneries. On ne pourrait pas discuter.
LUIZ – Sam, tu ne comprends pas. La vie, ce n’est pas toujours ce qu’on croit. J’ai dû faire des choix. Des choix pas très beaux crois-moi, j’en suis conscient, mais il est hors de question que je lâche l’affaire. J’ai une dette à payer et je la paierai.
SAM – Mais qu’est ce qui t’es arrivé. J’étais là, j’aurais pu t’aider. Et le lieutenant Collins, elle aussi, elle t’aurait aidé. On aurait pu sortir Paolo de là.
LUIZ – Tout le monde a ses propres soucis. Je suis un homme et un homme se doit de prendre soin de sa famille. Si je suis incapable de faire ça, qu’est-ce que je serais aux yeux de ma famille.
SAM – Un homme ! Quelqu’un qui n’a pas honte de demander de l’aide ! Lâcha-t-il anéanti par l’attitude de Luiz.
LUIZ – Je n’ai pas les moyens de me permettre ça.
SAM – Par contre, ça ne te dérange pas d’aider une bande de criminels à faire la loi dans les bas quartiers de Miami.
LUIZ – Ces criminels protègent ma famille !
SAM – En échange, tu brouilles les pistes chez les flics Luiz ! Cracha-t-il à bout de nerf. Luiz ! Merde regarde-moi ! Tu as vu dans quoi tu t’es fourré ? Laisse-moi t’aider. Laisse-moi venir avec toi voir Collins, je suis sûr qu’elle pourra trouver un arrangement. Une solution pour qu’on te tire de là !
LUIZ – La blague, je donne une journée a Rico pour retrouver ma femme et mon fils et leur faire leur fête si je les balance. Là, je ne fais de mal à personne et en plus je protège ma famille.
SAM – Tu ne peux pas être sérieux ? Luiz ! Rico et ses potes, ils trafiquent des armes, de la drogue ! C’est pour ça que les bas quartiers de Miami sont dans une telle misère ! Ouvre les yeux, bordel ! C’est à cause d’eux que nos gamins sont en danger !
LUIZ – Paolo ne serait plus la si je n’avais pas fait ce deal ! Dis-moi que t’en aurais pas fait autant pour ta fille ?
SAM – J’aurais tout fait pour la protéger, mais pas comme ça Luiz ! J’ai déjà perdu ma femme ! Ces types sont des dangers publics Luiz ! Ils ne te rateront pas, que tu les aies aidés ou pas ils s’en foutent ! Ils ont sacrifié plusieurs de leur gars sans sourciller. Tu crois vraiment qu’ils vont t’épargner ?
Sam joua sur la corde sensible, Luiz ne lui avait toujours pas tiré dessus, il ne le ferait pas. Il n’oserait pas. Il fit un pas vers lui. Luiz ne bougea pas.
SAM – Ils ont failli tuer un gars il y quelques semaines et tu leur as fourni un alibi ! Si ça tombe, tu seras complice ! Tu veux vraiment être complice d’une tentative de meurtre, Luiz ?
Luiz tremblait, la sueur perlait sur son front. Il leva les yeux au ciel.
LUIZ – Je ne suis complice de rien. Je n’ai rien à voir avec ça. Et je ne viendrai pas avec toi, Sam. Il est hors de question que je plante Rico, sinon je n’ai plus aucune sécurité. Veronica n’avait qu’à pas se mêler de cette histoire !
SAM – Ce mec, c’est un ami de Veronica, Luiz ! Bon sang, mais tu vas m’écouter, oui ! On va aller voir Collins et tu vas….
Luiz releva son arme vers Sam, le défiant d’avancer.
LUIZ – M’oblige pas à tirer !
SAM – Tu veux vraiment jouer à ça, Luiz ? Alors il va falloir que t’aies plus de cran que jusqu’à présent. Parce que je ne te laisserai pas foutre ta vie en l’air ! Foutre celle de tes proches en l’air et certainement pas celle d’autres personnes qui n’ont rien demandé !
She's watching the taxi driver, he pulls away
She's been locked up inside her apartment a hundred days
She says, "Yeah, he's still coming, just a little bit late
He got stuck at the laundromat washing his cape"
She's just watching the clouds roll by and they spell her name like Lois Lane
And she smiles, oh the way she smiles
X – SAM !
Cette voix, il la connaissait, mais la situation lui échappa. Il n’avait pas eu le temps de faire un geste. Une seconde, une seule seconde et le drame s’était produit. Il frissonnait, il avait froid. Le coup de feu était parti, déchirant le silence. Surprenant tout le monde. La balle s’était logée dans la chair. La colère le gagnait peu à peu. Comment était-il possible que tout dérape toujours aussi rapidement. Mais ce n’était pas sa chair que la balle avait transpercée, non. Ça n’était pas non plus son corps qui tomba brutalement sur le sol de béton dans un bruit sourd. Le temps se figea, Luiz fit quelques pas en arrière. Sous le choc. Il regardait la jeune femme chuter sans pouvoir détacher ses yeux d’elle. L’arme tomba au sol. Le regard de Sam passait de l’un à l’autre, désespéré.
She's talking to angels, counting the stars
Making a wish on a passing car
She's dancing with strangers, falling apart
Waiting for Superman to pick her up
In his arms yeah, in his arms yeah
Waiting for Superman
Lorsqu’elle percuta le sol, elle lâcha un gémissement de douleur. Le coup l’avait pris par surprise. Elle avait prévu plusieurs scénarios, mais elle n’avait jamais pensé prendre une balle perdue. Elle avait froid. La blessure lui faisait un mal de chien. Elle aurait voulu crier mais elle se rendit compte qu’elle en était incapable. Des larmes se mirent à couler sur ses joues.
Le coup de feu avait fini par rendre leurs peurs réelles. Logan et Veronica avaient réussi à rattraper Mac. Ils l’avaient aperçu pénétrer dans le bâtiment et l’avaient raté de quelques secondes. Veronica avait accéléré l’allure en direction du coup qui avait retenti, Logan à sa suite. Alors qu’ils avaient pénétré dans la grande salle, Veronica avait pâli. Elle avait tenté de reprendre son souffle, en vain. Un poids dans la poitrine l’en empêchait. Mac était allongée au sol, consciente mais perdant beaucoup de sang. Sans hésitation, Logan se précipita vers Mac pour vérifier son état.
She's out on the corner trying to catch a glimpse
Nothing's making sense
She's been chasing an answer
A sign lost in the abyss, this Metropolis
She says "Yeah, he's still coming, just a little bit late"
He got stuck at the Five and Dime saving the day"
She says "If life was a movie, then it wouldn't end like this"
Left without a kiss
Still, she smiles, oh the way she smiles, yeah
Lorsque les renforts firent irruption dans la pièce, Sam n’hésita plus et attrapa l’arme tombée au sol quelques secondes plus tôt avant de la diriger vers Luiz sans scrupule. Logan s’accroupit à côté de Mac sans se soucier du reste. Il lui sourit et murmura doucement pour qu’elle reste calme. La balle perdue s’était logée dans sa cuisse. La douleur devait être atroce.
Veronica resta un moment immobile, elle ne voulait pas revivre la même chose, encore. Elle observa Logan soulever la tête de Mac pour y placer sa veste, faire un garrot autour de la jambe de sa meilleure amie. Doucement, son corps se remit en action comme un déclic. Elle attrapa son téléphone et composa le 911.
She's talking to angels, she's counting the stars
Making a wish on a passing car
She's dancing with strangers, she's falling apart
Waiting for Superman to pick her up
In his arms yeah, in his arms yeah
She's waiting for Superman
Luiz était pâle, collé au mur comme un stickers, il ne lâchait l’arme des yeux. Sam s’avançait dangereusement vers lui, l’air menaçant. Veronica jeta un œil inquiet vers lui alors que quelqu’un décrocha à l’autre bout du téléphone.
VERONICA – J’ai besoin d’une ambulance. J’ai une blessée par balle à la jambe gauche. Femme, moins de trente ans, aucune allergie connue, elle a perdu beaucoup de sang. Elle est consciente, en état de choc et nous lui avons fait un garrot.
…
VERONICA – Je n’ai pas l’adresse exacte. On se trouve dans un entrepôt situé dans une zone en retrait dans la périphérie de Brickwell. Vous pouvez tracer l’appel ; mon appareil contient un traceur gps.
…
VERONICA – Très bien, merci.
Elle ne raccrocha pas et passa le téléphone à Logan.
VERONICA – Ne coupe pas la communication, ils vont nous trouver grâce à ça.
Logan acquiesça avant de se concentrer à nouveau sur Mac. Celle-ci tenta de dire quelque chose, il se pencha vers elle.
MAC – Mon portable. Souffla-t-elle doucement.
Logan tâta les poches de la veste de la jeune femme et en sortit un téléphone. Mac ferma les yeux en signe d’acquiescement. Il déverrouilla le téléphone et l’adresse apparut sur l’écran.
LOGAN – Tu es un génie Mackensie !
Elle sourit faiblement à Logan. Celui-ci prit le combiné et donna l’adresse à la personne en ligne.
Veronica s’avança vers Sam et Luiz calmement.
LUIZ – Je… Je…
VERONICA – Je ne veux pas entendre ta version. Je ne veux plus rien entendre qui sorte de ta bouche !
SAM – Comment elle s’en sort ? Demanda-t-il plus inquiet pour Mac.
VERONICA – Pas trop mal. Une ambulance est en route. Sam, calme-toi. Baisse ton arme.
SAM – Seulement s’il promet de venir avec nous voir Collins !
VERONICA – J’ai signalé une blessure par balle, il n’a plus le choix.
Sam, les nerfs à vif, tendit l’arme à la jeune femme. Luiz se détendit quelque peu, mais avant même que Veronica ait le temps de régir, la main de Sam agrippa la gorge de leur ancien ami et le plaqua contre le mur et son poing droit s’abattit dans le visage du traitre. Veronica les sépara finalement avec difficulté. Luiz dut s’appuyer sur le mur, se laissa glisser au sol, le nez en sang.
To lift her up and take her anywhere
Show her love and climbing through the air
Save her now, before it's too late tonight
Oh like the speed of light
And she smiles
VERONICA – SAM !
SAM – Quoi ?
Il se tourna vers elle, en colère. Ils se jaugèrent quelques secondes. Finalement Veronica avait raison, les gens changeaient. Luiz l’avait trahi et avait failli tuer la femme qu’il aimait. Il se précipita vers Mac, sans un regard de plus pour Veronica. Elle, elle fut incapable de tourner les yeux vers son amie. Incapable de la voir, elle aussi, dans cet état. Veronica Mars n’était pas sans faille. Il lui était insupportable de la voir comme ça. Elle ferma les yeux et l’image de Lilly, puis celle de Logan lui revinrent en mémoire. Elle les rouvrit instantanément, irritée par cette douleur lancinante. Elle s’accroupit à côté de Luiz, sortant des sert-Flex de sa besace. Même s’il y avait peu de chance qu’il tente de mettre les voiles, elle préférait être prévenante. Au loin, les sirènes sifflaient déjà, déchirant le silence qui régnait dans le bâtiment.
Mount Sinai Medical Center - Miami Beach
She's talking to angels, she's counting the stars
Making a wish on a passing car
She's dancing with strangers, she's falling apart
Waiting for Superman to pick her up
In his arms yeah, oh in his arms yeah
She's waiting for Superman
Elle avait suivi les événements au ralentit. Elle n’avait pas eu le temps de dire ou de faire quoi que ce soit. Elle avait assisté à la scène comme hors de son corps. Veronica regarda le ciel en retenant ses larmes. Devant la porte des urgences, c’est là que s’était arrêtée sa course. Sam était monté avec les ambulanciers. Collins avait embarqué Luiz et Logan l’avait accompagnée jusque-là. Depuis, elle était plantée devant les portes coulissantes des urgences et n’avait pas daigné faire un pas. A l’intérieur, c’était l’effervescence. Plusieurs personnes attendaient dans la salle d’attente, Logan et Sam étaient appuyés au comptoir, attendant des nouvelles de l’infirmière. Veronica, elle, était restée là, incapable de passer cette porte, incapable d’affronter les médecins ou encore d’entendre l’étendue des blessures de Mac. Elle inspira profondément en fermant les yeux. Une fois, puis une seconde fois avant de rouvrir les yeux. Elle se maudissait d’avoir entraîné ses amis là-dedans. Comme toujours, elle était l’instigatrice de toute cette catastrophe. Elle regarda le ciel noir et sans étoile et tenta de retenir ses larmes. La porte coulissante s’ouvrit derrière elle, des pas retentirent. Elle ne bougea pas, reniflant un peu, essuyant ses larmes de ses mains pour cacher son désarroi. Les pas s’arrêtèrent à sa hauteur et la personne se posta à ses côtés sans un mot. Veronica tourna les yeux et regarda Logan en silence. Il ne bougea pas. Alors qu’elle regardait à nouveau vers le ciel, elle sentit la main de Logan contre la sienne. D’un geste tendre, simple, presque normal il glissa sa main dans celle de la jeune femme et effectua une légère pression. Elle entrelaça ses doigts dans ceux du jeune homme et serra fort. Au bout de quelques secondes, elle tourna les yeux vers lui, il ne bougea pas. Elle inspira profondément et il tourna les yeux vers elle, enfin. D’un regard, elle lui fit comprendre que maintenant, elle était prête à pénétrer dans le hall des urgences.
To lift her up and take her anywhere
Show her love and climbing through the air
Save her now before it's too late tonight
She's waiting for Superman
Département de la police de Miami – Miami
Collins secouait la tête pour la dixième fois au moins. Elle tournait comme un lion en cage, faisant les cent pas devant Luiz. Ce dernier était attablé dans la salle d’interrogatoire, le regard dans le vague, le teint pâle.
COLLINS – Bon sang, Luiz. Je les avais. Je t’ai donné un deal, j’ai sorti Paolo de la merde ! Luiz ! Tu n’as donc plus aucun sentiment ?
L’homme leva les yeux vers elle, ne sachant que dire. Il ne répondit pas. Il savait que c’était sans espoir. Lorsqu’il avait paniqué, lorsqu’il avait appuyé sur la gâchette par peur, lorsque la balle s’était logée dans la jambe de Mac, il avait enfin compris. Il avait choisi le mauvais côté. Il avait fait l’erreur de se laisser avoir par Rico et sa bande de dealers. Il avait été aussi faible que son fils et ce qu’il avait fait était impardonnable. Il était un homme droit, un homme qui rendait justice. Et là, il avait fait tout l’inverse. Il avait desservi sa cause et maintenant, à cause de son erreur de jugement, il allait finir derrière les barreaux. Et là, il n’aurait plus aucune chance de sortir son fils des griffes de ces malfrats. Qu’il parle ou pas, il savait qu’il était condamné. Il baissa la tête encore un peu. Collins était à bout de nerfs.
COLLINS – Je ne peux plus rien pour toi, Luiz ! Tu vas être jugé et si tu as de la chance, Mackensie ne portera pas plainte. Bien qu’ayant appris à connaître Blye et Mars, tu risques de ne pas être pardonné de sitôt ! Par contre, il n’est pas trop tard pour Paolo. Ni pour Félicia.
Luiz leva les yeux vers elle. Elle plongea son regard dans le sien. Elle était triste, elle avait aimé cet homme. Logan était entré dans sa vie lorsque Luiz avait recollé les morceaux dans sa famille. Elle était tellement détruite qu’elle ne voulait pas de la mission sous couverture au départ. Et puis elle avait appris à connaître Logan, bizarrement il avait pansé ses blessures et lui avait réappris à sourire. Et le tout était arrivé si vite qu’elle en était tombée amoureuse. Mais lorsqu’elle regarda Luiz dans les yeux, son cœur se brisa pour la deuxième fois cette semaine. Cet homme l’avait trahi certes, mais il était tellement détruit qu’elle n’arrivait pas à lui en vouloir. Elle ne pouvait plus rien pour lui. Elle ne le sauverait pas cette fois-ci. Elle pouvait encore sauver sa famille. Mais pour ça, il lui faudrait se sacrifier.
LUIZ – De quoi tu as besoin ? Demanda-t-il d’une voix rauque et fatiguée.
Elle poussa un bloc et un stylo vers lui. Soupira un coup et reprit :
COLLINS – De tout, Luiz. Je veux tes aveux et je veux que tu me dises toutes les affaires dans lesquelles tu les as aidés. Je veux que tu me donnes leurs noms et leurs habitudes. Cette fois-ci, tu m’aides à les faire tomber. Et je place ta famille dans un programme de protection et j’envoie ton fils en cure.
LUIZ – Et moi… Osa-t-il demander tout de même en plongeant son regard à nouveau dans celui de son ancienne maîtresse.
COLLINS – Je ne peux plus rien pour toi. C’est la seule offre que j’ai. Dit-elle doucement, d’une voix tremblante. Je suis désolée, Luiz, j’ai joué mes cartes, j’ai perdu en misant sur toi et c’est tout ce qu’il me reste. Dit-elle vraiment désolée.
LUIZ – Et je passerais devant le jury. J’aurais un procès normal.
COLLINS – Je noterais que tu nous as finalement aidés à les faire tomber. Mais c’est la seule chose que je peux noter dans ton dossier.
LUIZ – Je te donnerais tout ce que je sais Jenny. Concéda-t-il finalement.
Elle s’approcha de lui et posa sa main sur la sienne. Il ferma les yeux un instant puis attrapa le stylo. Elle s’éloigna de quelques pas et se dirigea vers la porte. Avant qu’elle ne sorte, il interrompit sa course.
LUIZ – Jenny, j’en ai toujours eu… Lâcha-t-il doucement en la regardant.
Elle resta silencieuse et observa l’homme qu’elle avait aimé se retourner et noircir les pages comme demandé. Elle le savait aussi. Il avait toujours eu des sentiments pour elle. Elle savait aussi que ses sentiments n’avaient pas vraiment disparu. Logan avait juste rendu la situation plus facile. Et puis elle avait fait un transfert affectif. Il était peut-être temps que tout ça prenne un terme. Il était peut-être temps aussi de mettre un terme à sa carrière. Elle s’impliquait bien trop. Elle referma la salle derrière elle et regagna son bureau. Une fois les aveux de Luiz signés et validés, elle aurait tous les mandats qu’elle désirait pour mettre un terme aux agissements des Miami Boys.
Mount Sinai Medical Center - Miami Beach
Dans le hall, l’effervescence battait toujours son plein. Des internes, des infirmières allaient et venaient. Des patients arrivaient toutes les heures, ne laissant pas le temps à la salle de désemplir. Veronica était assise à côté de Logan tandis que Sam faisait les cent pas devant eux. Impatiente, elle soufflait bruyamment pour la dixième fois. Logan fixait les aiguilles de la montre, calmement. Un infirmière s’avança vers eux et demanda :
INF – Mlle Mars ? Veronica Mars ?
VERONICA – Oui.
Veronica se redressa et s’avança vers la jeune femme rousse. Elle réajusta ses lunettes de vue avant de demander avec un petit sourire à Veronica de la suivre. Veronica obéit et suivit l’infirmière un peu plus loin dans le couloir.
INF – Mlle Mackensie est sortie du bloc opératoire. Nous avons eu ses parents en ligne, ils nous ont confirmé que nous pouvions vous donner les informations nécessaires.
VERONICA – Comment va-t-elle ? Demanda-t-elle inquiète.
INF – Très bien. La balle a pu être extraite et elle n’a fait aucun dégât. Elle n’est pas en danger. Elle va devoir faire de la rééducation pour sa jambe, mais d’après les médecins elle devrait se remettre rapidement.
VERONICA – Malgré le fait qu’elle ait perdu connaissance ?
INF – C’était un malaise. Elle n’a pas réellement perdu connaissance. C’est sûrement dû à l’adrénaline, la peur ou la douleur. Toutes les personnes ne réagissent pas de la même façon. Elle n’a pas eu le temps de perdre beaucoup de sang. La personne qui lui a fait le garrot a très bien réagi.
Veronica hocha la tête, soulagée.
VERONICA – Quand pourra-t-on la voir ?
INF – Le médecin va surveiller son réveil, et vérifier ses constantes mais, dès qu’on la placera en chambre vous pourrez aller la voir. Ça devrait prendre une petite heure.
VERONICA – Je vous remercie.
L’infirmière rousse lui fit un grand sourire avec de tourner les talons et de s’éloigner. Veronica se dirigea vers Sam et Logan. Sam s’avançait déjà vers elle à grandes enjambées.
VERONICA – Elle va bien ! Elle est en salle de réveil. Tout s’est bien passé, pas de séquelle, rien. Elle va juste devoir faire un peu de rééducation. Dit-elle avec un grand sourire et des larmes au coin des yeux.
La nervosité la rattrapa, Sam la serra dans ses bras, elle accepta volontiers l’accolade sous le regard rassuré de Logan. Lorsque l’étreinte se fit moins forte, elle se dégagea et se tourna vers Logan.
VERONICA – L’infirmière m’a dit de te dire que tu as fait du bon boulot avec le garrot !
LOGAN – J’ai fait ce que j’ai pu…
VERONICA – Tu as empêché qu’elle perdre trop de sang, Echolls. C’est grâce à toi s’il n’y pas eu de complications. Souffla-t-elle doucement avant de s’avancer vers lui et de déposer ses lèvres sur les siennes.
Sam sourit et s’éloigna un peu pour leur laisser un peu d’intimité. Logan fut d’abord surpris de l’élan de Veronica. Puis il se laissa aller, se décrispa et lui rendit son baiser avec douceur. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Veronica sourit et plongea son regard dans celui de Logan avant de se séparer de lui. Tous les deux n’étaient pas bien surs de savoir ce que cela signifiait dans l’immédiat et gardèrent simplement le silence. L’un comme l’autre ne savaient pas vraiment comment agir. Ils ne savaient pas non plus définir leur relation actuelle. Chacun avait le cœur brisé et tout de même les papillons se faisaient tellement présents qu’il était difficile de les ignorer. Logan lui rendit son sourire, laissant son regard glisser sur son visage. Elle voulut faire quelque chose lorsque son téléphone émit un bip. Elle ignora le signal sonore lorsque le portable de Logan émit le même bip. Ils échangèrent un regard et cherchèrent leurs téléphones respectifs.
« Luiz a signé les aveux. Les mandats sont validés, on procède aux perquisitions et aux arrestations. Rejoignez-moi demain. »
Veronica voix off : Parfois, la roue tourne. Parfois, il est bon de savoir que tout n’est pas perdu d’avance et que les méchants finissent derrière les barreaux. Et parfois même on obtiens les réponses qu'on attendait.
VERONICA – On va enfin savoir qui en a après toi ! Lança-t-elle déterminée.
Le lendemain matin, Mac ouvrit les yeux et sourit en apercevant Sam installé dans le fauteuil prés de son lit. Lorsqu’il la vit ouvrir les yeux, il se redressa aussitôt et se pencha vers elle.
SAM – Bonjour mon petit rayon de soleil !
MAC – Vraiment ? Je pense pas que je sois aussi resplendissante ! Railla-t-elle.
SAM – Tu l’es toujours ! Répliqua-t-il.
MAC – Ouais, j’ai pris une balle pour toi ! Tu te sens obligé, hein ?
Sam ouvrit la bouche, surpris et ahuri devant la blague de Mac. Elle se mit à rire et il posa ses lèvres sur les siennes et l’embrassa vivement. Elle savoura le moment et la chaleur de ses bras contre elle.
MAC – Merci d’être là.
SAM – Hum… Alors je vais y avoir droit combien de fois à cette blague, que je me prépare ?
MAC – Oh ça ? Eh bien, on verra combien de temps tu veux bien me supporter.
SAM – Je dirais toute la vie… mais c’est le genre de promesse qu’on ne peut pas toujours tenir !
Mac le regarda avec tendresse et caressa la joue de Sam avec douceur.
MAC – Disons qu’on verra bien…
Il sourit à sa réponse et déposa un baiser sur son front. Au même instant, la porte s’ouvrit sur Logan et Veronica, cafés en mains.
LOGAN – Bonjour Mackensie ! Café ?
MAC – Dieu soit loué, tu viens de sauver le matin !
LOGAN – Sauver la fille, sauver le matin… Hum je vais peut-être changer de carrière.
MAC – Je ne te vois franchement pas en rouge et bleu !
LOGAN – C’est la couleur ?
VERONICA – Je crois qu’elle parle du collant ! Répondit-elle avant de se mettre a rire.
Elle fut rapidement suivie par Sam et Mac alors que Logan faisait la grimace en souriant à son tour.
LOGAN – Moquez-vous ! Il n’empêche que c’est moi qui ai le café…
SAM – Ok, solidarité entre hommes, je suis obligé de le suivre !
MAC – J’ai pris une balle pour toi ! Lâcha-t-elle avec un regard inquisiteur.
Veronica et Logan furent d’abord choqués mais comprirent bien vite que Mac et Sam en jouaient.
SAM – Dans ce cas, mon gars, tu es seul ! Dit-il avec une grimace en posant sa main sur l’épaule de Logan.
Logan tourna les yeux vers Veronica, attendant sa réponse.
VERONICA – Je ne sais pas… Il faut vraiment que je prenne ton parti pour avoir un café ?
LOGAN – Je sais des choses, Mars… n’oublie pas…
Veronica se mit à virer légèrement au rouge et se retint de sourire avant de répondre :
VERONICA – Je crois que finalement je vais opter pour Super Logan…
MAC – Oh, c’est … commença-t-elle en faisant la grimace.
Ils se remirent à rire avant que Logan tende un café à chacun d’entre eux. Une fois le calme revenu, Mac se tourna vers Logan et déclara :
MAC – Je t’en dois une, Logan. T’as assuré. Ma jambe te dit merci.
Le silence revint brutalement dans la pièce lorsque Mac remercia Logan de la sorte. Chacun se remémora que la nuit dernière n’avait pas été une partie de plaisir.
LOGAN – J’ai fait ce que n’importe qui aurait fait.
MAC – Tu te fous de moi là ? Tu m’as parlé. Tu m’as rassurée, tu m’as fait un garrot pour éviter que je ne perde trop de sang. Tu as même plaisanté pour essayer de m’empêcher de m’évanouir. Je suis sérieuse Logan. Merci.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Veronica ainsi que sur celles de Sam, voyant l’inconfort dans lequel Mac avait réussi à mettre Logan. La bonne ambiance fut coupée par le téléphone de Veronica qui se mit à sonner. Elle se leva du lit sur lequel elle s’était posée et tendit son café à Logan. Elle décrocha et fit quelques pas.
VERONICA – Mars !
…
VERONICA – Oui Collins. Merci.
…
VERONICA – On sera là.
Elle pivota et trois paires d’yeux la regardèrent en quête de réponses.
VERONICA – Elle a Rico.
LOGAN – Je suppose qu’on va enfin pouvoir avoir le fin mot de cette histoire !
SAM – Allez-y, je reste ici !
MAC – Tu es sûr de ne pas vouloir parler avec Luiz ?
SAM – Je n’ai pas envie de le voir pour l’instant.
VERONICA – Je t’appelle si jamais.
LOGAN – On se voit plus tard ?
Mac et Sam acquiescèrent avec un sourire. Veronica retint la porte du pied pour que Logan puisse sortir de la pièce et reprit son café. Ils avancèrent en silence dans les couloirs. Le moment de vérité était bientôt arrivé.
Département de la police de Miami – Miami
Logan et Veronica traversèrent le portique de sécurité sans encombre. Cette fois ci, ils étaient attendus et les badges étaient déjà prêt. Sans question aucune, un agent les accompagna jusqu’aux salles d’interrogatoire. On les plaça derrière la vitre sans teint, devant laquelle Collins était déjà en pleine discussion avec Rico.
RICO – Je croyais que tu avais tout ce que tu cherchais Collins, alors pourquoi cet entretien personnel ? Tu voulais un petit tête à tête avec moi ?
COLLINS – Arrête, tu risques de me faire vomir Rico. C’est bien la seule chose que je me suis pas souhaitée. J’ai tout ce qu’il me faut pour te coincer. Mais j’aimerais savoir le nom du client pour lequel tu as commandité la fusillade au Lovely Queen.
RICO – Et tu me proposes un deal ?
Veronica et Logan échangèrent un regard avant de se concentrer sur l’hispanique dont les mains étaient encore menottés.
Collins se mit à rire et se tourna vers lui.
COLLINS – Avec ton passif, même si je te propose un deal, tu ne sortiras pas avant vingt-cinq ans.
RICO – C’est comme ça que tu fais du business ?
COLLINS – Je suis plutôt certaine que tu t’en moques pas mal de tes clients. Du coup, je ne vois pas pourquoi tu ne voudrais pas donner son nom… la loyauté, ce n’est pas ton truc ! Lâcha-t-elle froidement.
Veronica rageait derrière la vitre. Comme ça, elle n’arriverait à rien. Logan sourit face à l’impatience de la petite blonde. Le tempérament de feu ne s’était pas apaisé avec le temps.
RICO – Je vois ! En fait, ce n’est pas vous que ça intéresse. C’est la petite blonde fouineuse !
Une main s’abattit sur la vitre en verre avec force. Veronica grimaça. Elle n’aurait pas dû.
RICO – Oh oui, j’avais raison ! Il avait dit que ça te mettrait en rogne ! Si tu savais ! J’ai jamais vu un gars tellement en colère après quelqu’un. Je ne fais pas ce boulot pour ce genre de privé, mais pour le cachet que j’ai touché, ça valait le coup !
Logan n’eut pas le temps de réagir que Veronica était sortie de la pièce telle une furie. Elle ouvrit la porte avec violence et s’avança vers Rico avec un regard noir. Collins n’eut pas le temps de la retenir lorsque Veronica ouvrit la porte de la salle d’interrogatoire et s’avança vers lui avec un sourire niais.
VERONICA – S’il te plait ! Rassure-moi, tu es plus intelligent que ça ? Parce que si ce n’est pas le cas, ça risque d’être une partie de plaisir ! Des comme toi, j’en ai collés en cellule à seize ans !
COLLINS – Mars ! Sortez d’ici !
RICO – Je te manquais, c’est ça Blondie, tu voulais passer du temps avec moi, fallait le dire !
Collins leva les yeux au ciel et Veronica sourit, amusée. Elle attrapa la chaise et s’installa à califourchon sur celle-ci.
VERONICA – Tu veux jouer, Rico ? On va jouer !
Elle tourna les yeux vers Collins et demanda son approbation. Collins hocha la tête et s’adossa contre le mur, observant Veronica.
RICO – Je suis prêt !
Veronica attrapa le dossier de Collins sur le bureau et sourit en lisant les quelques lignes.
VERONICA – Tu connais bien Pedro Cruz ?
Rico ne pipa mot et se redressa sur sa chaise, surpris. Veronica haussa les sourcils, ravie de l’effet de silence qu’elle venait de provoquer.
VERONICA – Je te propose une cellule voisine et avec un peu de chance on pourra même te faire de la place sur sa couchette. Je suis sûre qu’il sera ravi de te voir rejoindre la prison de Lompock.
Rico déglutit et se décomposa. Derrière la vitre, Logan sourit, admiratif.
RICO – Tu ne sais pas ce que je risque si je me retrouve dans la même taule que lui et ses copains. Ils vont me découper en morceaux. Tu n’as aucun pouvoir là-dessus.
Veronica tourna les yeux vers Collins en silence. Celle-ci acquiesça et reprit la parole.
COLLINS – Je suppose qu’avec le nombre de chefs d’accusation qui pèsent contre toi, on pourra sûrement faire une exception.
VERONICA – Tu vois, tout est possible ! Quand on veut on peut !
RICO – Tu es une grande malade toi !
VERONICA - Tu n’as aucune idée de qui je suis, Rico ! Ce n’est que le début… Je veux ce nom !
RICO – Et moi, j’ai quoi en retour ?
VERONICA – Toi ? Rico, je crois pas que tu sois en état de pouvoir marchander là…
RICO – Alors je ne te donnerai pas son nom. Tu vas devoir faire mieux que ça !
VERONICA – Eh bien alors on va te trouver une belle cellule à Lompock et Cruz sera ravi de mettre la main sur l’assassin de son fils.
RICO – Et vous, vous ne dites rien ? C’est pas légal tout ça…
Collins ignora la question et laissa Veronica continuer son petit manège.
VERONICA – Le nom, Rico. Tu sais, que ce soit par toi ou par un autre, je l’aurai. Même s’il faut que j’envoie chacun de vous dans la prison qu’il faut. Je suis patiente tu sais.
RICO – Tu bluffes, tu n’as aucun impact sur ce genre de décision.
VERONICA – Si tu es prêt à risquer ça… pour un client !
RICO – Il m’avait prévenu que tu ne lâcherais pas l’affaire !
VERONICA – Eh bien, disons que je suis bien plus obstinée que la plupart des gens, et j’obtiens toujours ce que je veux ! Et apparemment ma réputation me précède. Donc j’aurais tendance à dire que c’est quelqu’un que j’ai connu à Neptune !
RICO – En fait, tu es douée ! Tu commences à me plaire !
VERONICA – Vraiment ?
Elle replongea le nez dans son dossier, Collins ne put réprimer un petit sourire en coin. Elle ne savait pas d’où la jeune femme tirait ses infos, mais il était clair qu’elle avait fait des recherches car dans son dossier, il n’y avait pas tant d’infos.
VERONICA – J’ai un petit trou, tu me rappeler le nom de ta fille ?
Rico pâlit légèrement, Veronica réprima un sourire. Elle avait trouvé ce avec quoi elle réussirait peut-être à l’amadouer.
VERONICA – Kalia, c’est ça ? C’est une belle jeune fille maintenant. Ça fait combien de temps que tu ne l’as pas vue ? Cinq… Six ans ?
RICO – Six ans, mais je crois que tu le sais déjà !
VERONICA – J’ai l’impression que d’un coup tu m’apprécies moins ? Je me trompe ?
RICO – Qu’est-ce que tu veux ?
VERONICA – Le nom de ton client. Ou je m’assure pour que ton ex-femme soit au courant de tes nouveaux agissements. Je suis sûre qu’elle sera ravie d’apprendre à me connaître et suite à quoi le jugement qui t’interdit de voir ta fille risquerait bien d’être prolongé pour plusieurs années encore. Ce serait dommage, elle ne pourrait même pas venir te voir en prison lorsqu’elle sera majeure si on lui interdit les visites.
RICO – Ok, ok. Je vais te dire ce que je sais.
COLLINS – Le nom ,Rico.