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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
Cette fanfic compte déjà 185 paragraphes
Hôpital Mount Sinai Medical Center – Miami Beach
Dick jeta un dernier regard à son téléphone et soupira. Il avait pensé qu’elle se jetterait sur le téléphone et qu’elle lui poserait mille questions. Il avait même été étonné de pas la voir débarquer malgré le fait qu’il lui avait demandé de ne pas venir. Il leva les yeux vers la vitre et sourit à son ami.
Logan, debout face à un infirmier, s’appliquait à reproduire tous les mouvements qu’on lui demandait de faire. L’interne qui l’avait vu ce matin avait été très positif. Il y avait du bon dans le négatif. Le fait que Logan ait été dans le coma pendant un peu moins de deux jours avait permis à son corps de se remettre plus vite des blessures dues au coup de feu. Tout avait bien cicatrisé et la plaie était en voie de guérison. Il lui avait donc proposé de se mettre tout de suite au travail et de voir si tout son corps fonctionnait toujours aussi bien et que la coordination n’avait pas été touchée. Quelques séances de kiné, un bilan dans quelques jours et si tout était toujours aussi positif, il pourrait sortir de l’hôpital. Dick était heureux. Heureux de savoir Logan en forme, maintenant tout allait redevenir comme avant. Il observait son ami au travers de la vitre et devait admettre qu’il s’en sortait plutôt bien. Bien sûr, il avait l’air encore fatigué et manquait un peu de tonus mais aucun mouvement ne semblait le gêner. Logan et l’infirmier se dirigèrent vers la porte et s’arrêtèrent devant Dick.
INFIRMIER – Il est solide votre ami ! Il s’en sort parfaitement bien pour quelqu’un qui était dans le coma il y a moins de 24h.
LOGAN – T’as entendu, je suis solide !
DICK – T’as plutôt intérêt ! Je n’ai pas envie de gérer toutes les femmes de ta vie tout seul !
LOGAN – Il n’y en a plus qu’une ! Et d’habitude tu es bien plus disposé à t’occuper des femmes dis-moi ! Il y a quelque chose que j’ignore ?
Dick soupira encore une fois. C’est pas qu’il n’était pas doué pour garder un secret, mais là il s’agissait de Veronica. De Veronica et de Logan. Et tout ce qui les touchait de près ou de loin finissait par une dispute ou un drame. Il était partagé entre l’idée de lui admettre qui l’avait vraiment trouvé ce soir-là ou fermer sa bouche et ignorer la question. Alors qu’il voulut ouvrir la bouche, Jess apparut derrière Logan avec un grand sourire et lui coupa l’herbe sous le pied.
JESS – Des choses que tu ignores, il y en a plein ! Sinon je serais depuis longtemps ennuyeuse et tu ne voudrais plus de moi !
Logan se retourna avec un sourire et la regarda avec tendresse. Dick fit la grimace et décida qu’il serait peut-être préférable de se taire.
JESS – J’ai croisé l’interne avec qui tu as fait tes exercices il dit que tu t’en sors haut la main. Je serais ravie quand tu sortiras d’ici.
LOGAN – Je suis solide ! Répéta-t-il en imitant l’interne.
DICK – On aura compris ! T’es sûr que t’as pas pris un coup sur la tête quand même ? Faudra demander à vérifier.
LOGAN – Non mais tout ça, ça m’a donné une idée !
DICK – Oh non, tes idées ces derniers temps ce ne sont pas les meilleures.
JESS – Qu’est-ce que tu as en tête ?
LOGAN – Je vais ré-ouvrir le Lovely Queen.
Jess et Dick perdirent leur sourire et restèrent muets pendant quelques secondes. Ils espéraient que Logan blaguait et que ce n’était pas une réelle idée farfelue du jeune homme.
DICK – Tu déconnes, c’est ça ? C’est une blague, tu ne peux pas être sérieux ?
JESS – Tu es sérieux ? Reconnut-elle rapidement.
Logan hocha la tête avec un sourire devant l’air abattu de Jess et Dick.
DICK – Mais t’es malade, ce n’est pas possible ! Attends, t’as failli claquer derrière ton bar et si Ronnie n’avait pas été dans le coin et fait le nécessaire tu ne serais pas là aujourd’hui. Faut vraiment te faire soigner, ce n’est pas possible.
LOGAN – Quoi ?
JESS – C’est qui Ronnie ?
Dick se mordit la langue, il venait de merder. Et là, il allait avoir du mal à s’en sortir sans explication. Son regard passa de Logan et Jess. Dans leurs yeux, on pouvait lire l’incompréhension. Il fallait absolument qu’il trouve quelque chose à dire qui satisferait tout le monde sans pour autant démarrer une guerre mondiale
Il s’obligea à sourire et d’une voix nonchalante lança :
DICK – Ronnie, la serveuse. Petite, blonde, la langue bien pendue. Tu sais, elle n’habite pas loin et elle passait par là et du coup…
Il n’avait rien trouvé de mieux. Jess et Logan le regardaient toujours aussi stupéfaits lorsqu’un téléphone se mit à sonner. Jess fit la grimace et attrapa son téléphone en s’excusant auprès de Dick et Logan. Elle fit quelques pas plus loin et décrocha :
JESS – Oui allo !
…
JESS – Oh oui je me souviens ! J’ai oublié de vous rappeler, je m’en excuse.
Elle traversa les portes battantes et Logan reporta son regard sur Dick qui baissa les yeux et observa ses chaussures.
LOGAN – Dick.
DICK – Yep. Dit-il avait un sourire maladroit.
LOGAN – C’est bizarre, je me rappelle pas avoir engagé une serveuse du nom de Ronnie. Et d’après la description que tu en fais, j’ai plutôt l’impression de reconnaître une vieille connaissance derrière ce surnom.
DICK – Ah tiens, c’est vrai je n’avais pas pensé à ça mais maintenant que tu le dis c’est vrai que…
Il tourna les talons et commença à s’éloigner.
LOGAN – C’est Veronica qui m’a trouvé ?
Dick ferma les yeux en inspirant profondément. Il se tourna à nouveau vers Logan, désolé.
DICK – Je n’ai pas eu le temps de te prévenir. Jess a débarqué, Veronica a fui comme la peste et pour éviter toute confusion ou drame comme c’est souvent le cas, j’ai préféré l’informer que tu étais réveillé et qu’elle ferait mieux de ne pas venir te voir.
Logan fronça les sourcils et secoua la tête.
LOGAN – On est adultes Dick! Tu aurais dû me le dire !
DICK – Ah oui, adultes. Tu aurais dû la voir. Elle a déjà fait des plans sur la comète pour savoir qui a essayé de te tuer. Parce qu’apparemment ton restaurant a déjà une cible quelques mois plus tôt. Et tu la connais, quand elle commence, elle ne s’arrête plus. Elle est allée jusqu’à accuser ta femme.
Logan fulminait mais ne put s’empêcher de pouffer en l’imaginant. Il réfléchit quelques instants en silence et releva les yeux vers Dick.
LOGAN – C’est pour ça que tu es là ? Tu n’étais pas censé arriver avant ce week-end. Mais après la fusillade, c’est elle qui m’a fait transférer ici.
DICK – Elle a appelé Mac et j’ai trouvé le moyen le plus rapide pour rappliquer.
Dick se laissa tomber sur la chaise et ils restèrent assis là quelques minutes sans échanger un mot. Puis Dick releva la tête vers Logan et déclara :
DICK – Je ne suis pas un grand fan de Ronnie, tu le sais. Mais si elle n’avait pas été là, et que personne n’était passé dans le coin, tu ne serais plus là. La balle est passée tellement près de ton artère que tu menaçais de te vider de ton sang. Elle a fait pression sur ta blessure jusqu’à ce que tu sois pris en charge par les ambulanciers.
Logan laissa tomba sa tête dans son oreiller et avala avec difficulté. Il accusa le coup et ferma les yeux. La nouvelle était douloureuse et il ne savait pas bien ce qu’il devait faire de cette information.
Martinez Investigations – Brickell – Miami
Devant l’agence, Veronica composa un numéro de téléphone. Au bout de plusieurs sonneries, une voix féminine retentit à l’autre bout du fil.
VERONICA – Bonjour, Veronica Mars. J’ai tenté de vous appeler il y a deux jours.
…
VERONICA – Ce n’est pas grave lieutenant Collins. Je voulais simplement savoir si on pouvait se voir pour échanger quelques informations sur la fusillade qui a eu lieu au « Lovely Queen ». Seriez-vous disponible pour un café ?
…
VERONICA – Non, ce n’est pas pour un article. J’ai pris un congé. Je travaille avec un ancien collègue en tant que détective privée. Cette affaire m’intrigue et je souhaiterais avancer. Et je suis sûre que nous avons plein de choses qui pourraient vous intéresser.
…
VERONICA – Fin de journée parfait. Je peux vous retrouver quelque part ?
…
VERONICA – Très bien, rendez-vous vers 18h alors.
Veronica raccrocha avec un sourire victorieux. Sam vint se poster à côté d’elle et alluma une cigarette.
SAM – Tu as rendez-vous avec le lieutenant Collins ?
VERONICA – Depuis quand tu écoutes au portes ?
Il tira sur une bouffée et inspira profondément avant de plonger son regard protecteur dans celui de Veronica.
SAM – Je n’écoute pas aux portes, demoiselle ! Je suis arrivé et tu parlais avec elle. Et en plus c’est écrit en grand sur ton visage !
VERONICA – J’ai besoin de quelques infos.
SAM – J’ai trouvé quelque chose.
Veronica pivota et fit face à Sam en ouvrant grand les yeux.
VERONICA – Et tu ne me dis ça que maintenant ?
SAM – Oui, mais tu ne vas pas aimer.
Veronica grimaça, Sam avait pris une voix grave et cela impliquait que quelque chose ne tournait pas rond. Elle tenta de déchiffrer le message dans son regard mais c'était peine perdue.
VERONICA - Tu veux que je te supplie?
SAM - Je veux que tu me promettes que tu vas réfléchir à deux fois avant d'utiliser cette info!
VERONICA - Ca concerne le lieutenant Collins, c'est ça?
SAM - Pas directement. J'ai trouvé plusieurs appels venant de plusieurs membres du gang vers des numéros sécurisés appartenant au réseau de la police de Miami.
VERONICA - Ca ne peut être que la personne qui efface des traces...
SAM - On ne peut pas accéder aux différents numéros. Même en fouillant bien, ça reste des données fichiers confidentielles.
VERONICA – Moi, je connais quelqu'un qui peut même te pirater la base de données du F.B.I.
Dit-elle avec un sourire espiègle et un clin d'œil. Sam leva les yeux au ciel et la suivit à l'intérieur.
SAM - Il n'y a jamais personne qui a trouvé le bouton stop chez toi?
VERONICA – Ca, c'est la génétique, j'ai ça dans le sang mon pote! Lança-t-elle d'une voix grave.
SAM - Et tu suggères quoi?
VERONICA - Trouver la taupe! La mettre face à ses fautes! Lui faire cracher le morceau et enfin...
Elle se tourna vers lui avec un petit sourire diabolique et faisant bouger ses doigts comme une sorcière
VERONICA - Le summum: La clouer au mur et la donner en pâture.
Sam sourit à la petite scène de son ancienne associée et la suivit jusqu'à leur bureau. Il attrapa le document sur lequel il avait surligné nom et numéro de téléphone et le tendit à Veronica. Elle empoigna le document et le fourra dans sa besace.
VERONICA - Tu devrais aller profiter de ta fille. Je m'occupe de trouver qui et comment et je te fais signe.
SAM - Veronica?
Elle était déjà en train de rassembler ses affaires, elle releva la tête en fermant son sac.
VERONICA - Oui?
SAM - Et si cette piste ne mène à rien?
VERONICA - Alors je chercherais ailleurs jusqu'à ce que je trouve qui a fait ça à Logan.
Elle contourna la chaise avec un sourire, glissa sa bandoulière sur l'épaule et déposa un baiser sur la joue du détective.
VERONICA - Je les trouverai.
SAM - Mais à quel prix?
VERONICA - A n'importe quel prix...
SAM - C'est bien ce qui m'inquiète.
Elle fila sans un regard, laissant Sam inquiet et seul face à ses doutes. Il attendit que la porte se referme derrière elle pour ouvrir son portable et lancer Skype. En deux clics, il retrouva le contact qu'il cherchait et envoya une demande de vidéo chat. Il attendit, priant pour qu'elle soit derrière son écran. En quelques secondes la jeune femme brune apparut sur son écran avec un grand sourire. Sam ne lui laissa pas le temps d'en placer une et lâcha:
SAM - On a un problème. Il faut qu'on parle.
La jolie brune fronça les sourcils, perplexe, et regarda autour d'elle comme pour vérifier qu’elle était bien seule.
Département de la police de Miami Beach
Elle referma l'ordinateur avec une certaine colère et sortit de la pièce. Ses talons claquaient sur le sol du couloir alors qu'elle se dirigeait vers l'ascenseur. Elle réajusta sa longue chevelure brune et appuya sur le bouton en marmonnant.
X - Mauvaise journée Collins?
Demanda un officier qui passait près d'elle pour rejoindre un des bureaux. Elle se tourna vers lui avec un sourire.
COLLINS - Parce ce qu'il y en a des bonnes, Daniels?
DANIELS - Des soucis avec l'affaire des fusillades?
COLLINS - C'est ce que je cherche à savoir...
Elle lui lança un dernier regard avant de monter dans l'ascenseur. Il hocha la tête vers elle avant que les portes ne se referment. Arrivée dans le hall du bâtiment, elle se dirigea vers l'aile droite et pénétra dans un couloir munie de son badge et entra dans les vestiaires. Elle récupéra un sac noir, changea de veste et de chaussures avant de quitter le bâtiment. Elle traversa la rue et se rendit dans le café à l'angle. Une fois à l'intérieur, elle scruta les tables à la recherche d'une certaine personne. Au fond de la salle, une jeune femme blonde luit fit un signe de la main. Elle la rejoignit après avoir passé sa commande à la serveuse.
COLLINS - Je suis désolée si je vous ai fait attendre. J'étais en ligne avec un confrère.
VERONICA - Aucun problème, leurs cappuccinos sont divins.
COLLINS - Alors Mademoiselle Mars, que me vaut le plaisir?
VERONICA - L'affaire de la fusillade au Lovely Queen.
COLLINS - J'ai cru comprendre que vous enquêtiez. Si je peux me permettre, c'est plutôt un boulot d'officier de la criminelle, non?
Veronica sourit et ne se laissa pas impressionner.
VERONICA - Sûrement! Mais disons que personne n'a encore réussi à clôturer les affaires sur les six dernières fusillades alors pourquoi ne pas tenter ma chance.
COLLINS - Vous semblez bien sûre de vous! Vous avez des infos que je n'ai pas?
VERONICA - Je pense que quelqu'un dans votre service en sait bien plus que ce qu'il veut bien admettre.
COLLINS - Vous croyez qu'il y a une taupe parmi mes hommes?
VERONICA - Je ne crois, pas j'en suis sûre. On a des appels reliant le gang et votre service au département de la criminelle de Miami.
COLLINS - Je n'ai pas le temps de jouer à ce jeu-là Mademoiselle Mars c...
VERONICA - C'est détective Mars en fait et ce n'est pas un jeu, ne vous méprenez pas. Je trouverai qui est derrière tout ça avec ou sans votre aide.
Elle se leva, prête à partir puis se pencha vers le lieutenant Collins pour la regarder droit dans les yeux et souffla
VERONICA - Vous devriez savoir que je n'abandonne pas si facilement.
Elle sortit du café avec un grand sourire. Elle venait d'abattre sa première carte. Soit elle faisait mouche, soit son plan A tomberait à l'eau. Si effectivement Collins était la taupe ou soupçonnait quelque chose, dès demain des changements seraient établis dans son service. Sinon alors elle passerait au plan B.
Martinez Investigations - Miami
Keith leva ses yeux vers sa fille, incrédule. Il échangea un regard avec Sam qui haussa les épaules de façon à lui faire comprendre qu'il avait bien tenté de la stopper mais qu'il n'avait pas réussi.
KEITH - Tu veux que je me fasse passer pour le livreur de pizzas du coin et que je pose des mouchards chez les Miami Boys ?
Veronica tentait de garder son assurance face à son père. Effectivement le plan B était un peu moins facile à gérer mais elle n'avait pas trouvé mieux. Deux jours s'étaient écoulés depuis qu'elle avait parlé avec le lieutenant Collins et rien. Pas un bruit, pas une fuite, rien. Bien sûr, elle avait pu se tromper mais quelque chose lui disait qu'il y avait bien une taupe ou un indic permettant d'effacer les traces. Et elle allait le trouver. Peu importe comment. Si elle avait pu elle-même livrer cette foutue pizza, elle aurait déjà enfilé sa tenue et fait le boulot, mais à Miami elle était connue et il était vital qu'elle ne se fasse pas repérer par l'un des membres du gang. Elle sourit à son père avec autant d'enthousiasme et de calme dont elle était capable.
VERONICA - Ni moi ni Sam ne pouvons y aller. On se ferait repérer au premier coup d'œil. Et il me faut ces mouchards. J'ai besoin de preuves, pas de on dit. Les flics ont trop peur de se mouiller pour ce gang-là. Je ne vais pas rester là à les regarder se marrer.
Keith évalua les paroles de sa fille et acquiesça ses dires. Il réfléchit un instant, même s'il était bien entendu disposé à l'aider dans sa croisade. S'il ne pouvait pas l'arrêter, il pourrait au moins la protéger et veiller sur elle.
KEITH - Tu te rends compte à qui tu t'attaques Veronica? On ne joue plus. Ces gens sont dangereux et si tu tentes de les faire tomber, ils en auront après toi.
VERONICA - Raison de plus pour que je vérifie si c'est bien eux. Et si c'est le cas, ça me permettra d'en apprendre encore davantage sur eux pour avancer à couvert.
Veronica argumentait pour faire plier son père. Lui expliquer qu'elle n'était plus une ado mais bien une professionnelle qui raisonnait clairement. Et dont les actes étaient réfléchis.
KEITH - Quand vas-tu détourner les appels de la pizzeria?
VERONICA - Sam et moi, on a épluché la liste des appels de tous les membres. Ils commandent toujours au même endroit, chez Mama’s pizza Miami. Le service les connaît, ils sont enregistrés, les noms des deux serveuses sont Aubrey et Leslie. Je n'aurais qu'à prendre la commande dès qu'ils tenteront d'appeler.
SAM - J'ai un capteur de fréquence permettant de décrocher sur certaines lignes. Mac a un logiciel qui permet de pirater la ligne souhaitée.
Keith sourit malgré lui. Sa fille savait s'entourer et même si la situation ne lui plaisait pas, il devait admettre qu'elle avait de la ressource et ressentit une certaine fierté en la regardant. Il restait tout de même inquiet. Mac lui avait annoncé que Logan était sorti du coma et qu'il devait sortir en fin de semaine. Si c'était juste le gang, il ne risquait plus rien. Si toutefois il s'avérait que cela soit une exécution, il serait à nouveau en danger. Et par conséquent Veronica aussi.
KEITH - A part les mouchards, tu as pu avancer un peu?
VERONICA - J'ai donné la liste des lignes à Mac pour quelle tente quelque chose. Elle a plus de ressources que moi, elle arrivera sûrement à trouver à qui appartiennent les lignes du département de la police. J'ai parlé avec le lieutenant Collins de la criminelle. Elle a suivi toutes les affaires mais elle ne semble pas très motivée à coopérer.
KEITH - Et pourtant tu sais faire preuve d'un charme fou quand tu veux quelque chose !
VERONICA - On a un passif, c'est malheureusement plus compliqué que ce que je pensais.
KEITH - Ce serait trop simple si notre boulot était facile, n'importe qui pourrait le faire.
SAM - Elle s'est introduite sur la dernière scène de fusillade pour son article il y a dix mois, depuis Collins a un peu de mal avec ta fille.
KEITH - Je vois. Bon et bien espérons qu'elle ne soit pas trop rancunière.
Veronica fit la moue avec un sourire enfantin comme pour excuser son geste.
Hôpital Mount Sinai Medical Center – Miami Beach
Dick était adossé contre la paroi de verre juste à côté de la réception. A quelques mètres de lui, Logan signait les dernières décharges pour sa sortie. Dick jeta un rapide coup d'œil à son téléphone puis demanda:
DICK - Rappelle-moi encore une fois pourquoi elle n'est pas venue te récupérer à ta sortie?
LOGAN - Elle a eu un rendez-vous de dernière minute avec un des artistes qui doit exposer le week-end prochain.
Logan soupira en regardant Dick faire la grimace.
LOGAN - Je me souviendrais de cette attitude le jour où il t'arrivera malheur.
DICK - Tu sais que ce n’est pas ça! Je serai toujours là ! Dick est LE grand sauveur. Mais ça me parait bizarre parfois que le boulot passe à ce point avant votre vie!
Logan remit les papiers à la réceptionniste qui le gratifia d'un sourire et attrapa le sac à ses pieds et rejoignit Dick.
LOGAN - Prêt pour une surprise?
Dick haussa les sourcils, pris de court et suivit Logan sur le parking.
DICK - De quoi tu parles?
LOGAN - Il faut que je te montre un truc...
DICK - Qu'est-ce que j'ai bien pu rater pendant les jours que t'as passé allongé dans ton lit comme un zombie ? Et si t'as décidé de partir en voyage, t'oublies, l'infirmière sexy a dit qu...
LOGAN - Waouh! J'avais oublié à quel point tu causes! Blagua-t-il arrivé devant la première rangée de voiture. C'est laquelle?
Dick leva les yeux au ciel sans adresser le moindre de mot à Logan et passa à côté de lui. Il contourna plusieurs voitures et s’avança vers une Ford Mustang GT 500 rouge clinquant. Logan émit un petit rire en découvrant le coupé sport.
LOGAN – Tu me laisses le volant ?
DICK – Tout dépend de ton attitude. Railla celui-ci en lui tendant les clés.
LOGAN – Promis je serais sage ! Dit-il avec un sourire ironique et lui faisant les yeux doux.
DICK – Je te connais trop pour te croire.
Logan déposa ses affaires sur la banquette arrière et s’installa derrière le volant. Une fois Dick installé à ses côtés, il tourna la clé dans le contact et appuya sur l’accélérateur. Les notes de Safe and Sound retentirent dans l’habitacle et Logan manœuvra le véhicule pour sortir du parking. Il traversa quelques rues et remonta sur la bretelle du périphérique avant d’appuyer à nouveau sur l’accélérateur. Il savoura le vrombissement du moteur et le décor qui filait à vive allure autour d’eux. Il se sentait enfin mieux, et le fait de piloter le bolide lui redonna confiance en lui. Depuis sa dernière discussion avec Dick, quelque chose le tracassait toujours. Pourquoi n’était-elle pas revenue le voir ? Pourquoi n’avait-elle pas appelé ? Trop de questions auxquelles il n’avait pas de réponses. Il accéléra encore un peu tandis que Dick à ses côtés ne pipait mot. Logan reprit le même embranchement et décèlera doucement avant de ressortir du périphérique.
Cette fois, Dick haussa les sourcils guettant le chemin que Logan allait suivre. Lorsqu’ils retournèrent dans Miami Beach, Dick demanda :
DICK – Tu as oublié un truc ?
Logan ne répondit pas et continua son chemin, longeant l’avenue commerçante et s’engagea vers la promenade. Il continua le long de l’eau et entra immobilisa le véhicule devant une devanture en mauvais état.
DICK – C’est une blague, n’est-ce pas ?
Logan se tourna enfin vers Dick une fois le moteur coupé. Il lui lança un regard de défi et déclara :
LOGAN – Je vais reconstruire le Lovely Queen et je vais en faire un bar apéro. Tu es partant ?
DICK – Tu es un grand malade ! Ca tu le sais au moins ? Demanda-t-il en emboîtant le pas de Logan une fois sorti du véhicule.
LOGAN – Yep. Et tu n’as rien vu, l’ouverture est prévue pour dans moins de deux semaines. Les cartons d’invitation sont déjà au tirage.
Dick voulut dire quelque chose mais il était pris de court et ne savait pas vraiment si son ami délirait ou s’il était vraiment sérieux.
LOGAN – Pour ça, j’ai besoin de ton aide. J’ai trouvé deux professionnels de la rénovation, un maître en art du bâtiment et une décoratrice. Il me faut un partenaire. J’ai besoin de quelqu’un sur place, pendant que je suivrais ma rééducation.
Dick observa longuement Logan et se mit à rire. Une fois le fou rire passé, il regarda son ami dans les yeux et lâcha :
DICK – Tu es sérieux en plus. Ok, j’en dis que t’es malade mais je relève le défi.
LOGAN – J’ai encore mon chef et certains de mes employés, ce qui veut dire que le recrutement attendra. Pour l’instant, il faut que tout ça redevienne ce que c’était avant. En mieux !
Logan et Dick restèrent côte à côte un moment observant la façade du Lovely Queen.
Appartement de Derek et Veronica – Coconut Grove
Veronica claqua la porte derrière elle et jeta son manteau avec négligence sur la chaise dans l’entrée. Elle retira ses chaussures et se frotta les yeux. Elle avança doucement dans le couloir et vérifia les appels sur son portable. Elle grimaça lorsqu’elle remarqua que Derek avait tenté de la joindre. Elle rappela le répondeur en s’installant sur le bras du canapé. De l’autre main, elle ouvrit son ordinateur portable et ressortit un dossier cartonné de sa besace avant de poser le tout sur la table basse.
« Hey mon ange, je pensais réussir à te joindre, mais apparemment tu es toujours sur ton enquête. L’affaire se complique, ça risque de prendre encore quelques jours. Je te rappelle demain matin, la nuit risque d’être longue. Je t’embrasse, prends soin de toi. »
La voix rauque de Derek s’estompa et elle referma le smartphone avec une moue. Oui, il lui manquait. Malgré son enquête, malgré tout ce qu’elle avait en tête, il lui manquait. Elle sourit quelques secondes puis se concentra à nouveau sur le dossier devant elle. Elle sortit plusieurs feuilles et lança son moteur de recherche lorsque quelqu’un sonna à la porte. Elle haussa les sourcils avec un sourire.
Veronica voix off : Mme Winfield aurait-elle de nouveau perdu son chat ?
Elle se leva et alla ouvrir. Sur le pas de sa porte, la jolie brune lui fit un grand sourire avant de s’inviter à entrer.
MAC - Je me suis dit qu’on pourrait passer une soirée ensemble ? Pizza et bière ?
Un grand sourire éveilla le visage de la jolie blonde et elle répondit du tac au tac :
VERONICA – On est des mecs maintenant ?
MAC – Oh pardon c’est vrai ! Donc je reprends : on va se faire les ongles et parler garçons ! Ça sonne mieux ?
Demanda-t-elle avec un petit sourire mutin en refermant la porte derrière elle.
VERONICA – Dit comme ça, je crois que je préfère la bière et les pizzas.
MAC – Je vote pour la pizza !
Veronica sourit et elles se dirigèrent toutes les deux vers le salon. Au passage, Veronica piocha dans le panier de l’entrée pour en sortir quelques prospectus des livreurs du coin. Mac entra dans la pièce et découvrit les feuilles du dossier éparpillées sur la table basse. Elle jeta un œil à Veronica qui ne tenta même pas de se justifier.
VERONICA – Tu ne croyais quand même pas que j’allais laisser tomber ?
MAC – J’admets, je crois même que tu m’aurais déçue ! Bon alors Miss Bond, qu’est-ce qu’on a ?
Veronica attrapa la pile de feuilles et la glissa sur le côté avec un regard pour Mac
VERONICA – Ce soir… Pas de boulot !
Mac l’observa bizarrement en fronçant les sourcils.
MAC – Tu es malade ?
VERONICA – J’ai besoin de recul…
MAC – Tu es tombée sur la tête ?
Veronica fit la moue puis leva les yeux au ciel faisant mine de réfléchir. Mac sourit, Veronica baissa les yeux et d’un ton plus sérieux regarda son amie d’un air sincère avant de dire :
VERONICA – Il faut que je me sorte Logan de la tête.
MAC – Oh Logan !
Mac fit la grimace et Veronica soupira. Elle savait bien ce que ses amis pensaient de Logan. Ce qu’ils avaient d’ailleurs tous toujours pensé.
VERONICA – Ce n’est pas ce que tu crois !
MAC – Je ne crois rien V. En fait comment voudrais-tu que qui que ce soit comprenne quoi que ce soit de votre « relation ». Mina-t-elle en imitant les guillemets de ses deux doigts.
VERONICA – Touché !
MAC – Je ne te juge pas. Je suis ton amie mais je suis inquiète pour toi.
VERONICA – Mac, tu me connais. C’est qui je suis. Je dois trouver ce qui s’est passé.
MAC – Oui je sais ! Tu risques d’en perdre le sommeil !
VERONICA – Et on ne voudrait pas ça, n’est-ce pas ? Plaisanta-t-elle à nouveau plus détendue.
Elle reprit donc la pile de prospectus dans les mains et avec une grimace joueuse elle regarda Mac en lui présentant les possibilités de repas :
VERONICA – Chinois ! Vietnamien ! Thai ! Mexicain ! Italien ! Oriental…
MAC – Tu me fais marcher là !
VERONICA – Bienvenue à Miami !
MAC – J’aurais vraiment dû venir vivre ici ! A Neptune le dernier restaurant Chinois potable a fermé ses portes !
VERONICA – Je sens une envie de Chinois ! Ou alors plutôt Thai, Viet ?
MAC – Est-ce qu’il y a réellement une différence ?
VERONICA – Alors, si on en croit les gens, le Vietnamien serait plus cuit façon bouillon avec…
Elles se regardèrent et éclatèrent de rire. Entre deux gloussements, Mac attrapa le téléphone sur la table basse et le jeta sur Veronica en lançant :
MAC – Prends le meilleur !
Quelques heures et plusieurs boites cartonnées de nourriture asiatique plus tard, le regard de Mac fut attiré par l’une des feuilles du dossier de Veronica. Elle jeta un petit regard furtif vers la cuisine, là où Veronica était en train de chercher à boire et attrapa le feuillet. Elle écarquilla les yeux lorsqu’elle se mit à lire. Trop concentrée sur sa découverte, elle ne remarqua même pas le retour de son amie. Veronica haussa les sourcils et s’installa sur le canapé face à elle.
VERONICA – La curiosité est un vilain défaut !
MAC – Vraiment ? Venant de toi c’est presque moqueur !
Veronica ne répliqua pas. Elle méritait la pique.
VERONICA – Je sais, je t’avais promis de ne plus fouiller mais…
MAC – Attends une minute.
Veronica se redressa voyant l’air sérieux de Mac. Etait-elle passée à côté de quelque chose ? Se pouvait-il que Mac ait trouvé un indice ?
MAC – C’est bizarre même pour des jumelles.
MAC – C’est bizarre même pour des jumelles.
VERONICA – Hello ! Je suis là ! Tu vas me dire ce qui te perturbe ?
Mac leva enfin les yeux vers Veronica et lui tendit son papier avec le descriptif des deux jumelles.
MAC – Tu vas vraiment me dire que tu es passée à côté de ça !
Veronica fronça les sourcils de plus en plus intriguée et ses yeux parcouraient la feuille de droite à gauche en vain. Elle leva les yeux vers Mac sans comprendre puis d’un coup écarquilla les yeux.
MAC – Ah ! Quand même !
VERONICA – Comment c’est possible qu’elles aient refait faire leur permis et leur carte d’identité le même mois de la même année ?
MAC – C’est peut-être une coïncidence…
Voyant Veronica lever les yeux au ciel avec un certain détachement, elle poursuivit sans laisser le temps à la petite blonde de répliquer.
MAC – Elles sont jumelles après tout. Si elles ont fait leurs papiers plus ou moins en même temps jeunes, le renouvellement se fait tous les dix ans. Dans ce cas peut-être que…
VERONICA – Oh oui, dans mon cas les coïncidences ça court les rues. Je te pensais plus suspicieuse Mac !
MAC – Hey ! T’es tellement fatiguée que tu n’as même pas fait attention à ce détail.
VERONICA – Tu marques un point !
Un silence s’installa entre les deux amies. Elles se regardaient en coin comme mordues par la curiosité. Puis en quelques secondes, Veronica attrapa son pc portable et le dirigea vers Mac avec un regard suppliant.
VERONICA – Allez, fais-nous un tour de magie !
Mac sourit et se mit à tapoter sur le clavier de l’ordinateur. Veronica croisa les jambes sur le canapé et observa Mac, nerveuse. Elle rentra les numéros des pièces d’identité et attendit un moment. Son visage s’éclaira, Veronica se pencha vers elle.
MAC – J’ai la première. Déclara-t-elle victorieuse.
Elle continua son manège encore quelques secondes puis son enthousiasme retomba aussi sec. Veronica la regarda perplexe et se contorsionna pour voir ce qu’affichait l’écran. Mac tourna l’ordinateur en direction de son amie avec un regard désolé.
MAC – Andersen a fait refaire ses papiers après se les être faits voler en novembre 2014. Elle a dû refaire ses empreintes digitales. Collins devait renouveler normalement ses papiers car ils arrivaient à échéance en janvier 2015.
Les épaules de Veronica s’affaissèrent à leur tour. Une fausse piste, encore.
Veronica voix off : Peut-être bien que tu cours après la mauvaise personne.
Chambre 324 - Hotel Hampton Inn – Coconut Grove
Mac ferma la porte derrière elle d’un coup de pied. Elle se déchaussa et entreprit de se déshabiller. En cours de route elle alluma son pc portable et lança son programme de recherches. Elle n’avait toujours pas trouvé à qui appartenaient les lignes téléphoniques protégées de la police de Miami. Elle abandonna ses vêtements sur une des chaises dans le coin de la chambre et alla directement dans la salle de bain. Là, elle se glissa sous la douche et ouvrit le robinet d’eau chaude. Elle profita quelques instant de la chaleur de l’eau et se frotta vigoureusement. Elle laissa l’eau chaude caresser son dos et reposa sa tête contre le carrelage beige. Au bout de quelques minutes elle ressortit et s’enroula dans la première serviette qu’elle trouva. Elle passa un coup de brosse dans ses cheveux humides et s’apprêtait à brosser ses dents lorsque l’ordinateur émit un bip. Elle reposa la brosse et se dirigea vers le lit.
Mac voix off : Je vous ai eus ! Bonjour messieurs les inconnus.
Sur son ordinateur, les deux numéros de téléphone affichaient enfin un nom.
…… 0 305 451 7236 ……. Wesley Andrews – Département de Police de Miami
…… 0 305 296 3819 ……. Mike Simons – Département de la Police de Miami
Elle nota le tout sur une feuille vierge et ferma le logiciel. Elle démarra son moteur de recherche et commença par entrer le nom de Wesley Andrews pour retrouver sa trace. Elle referma son ordinateur avant de se glisser sous les draps. Demain était un autre jour.
The Lovely Queen – Miami Beach
En milieu de matinée, Logan pénétra dans son ancien restaurant et sourit lorsqu’il aperçut plusieurs ouvriers en train de travailler. Dick s’entretenait avec le maître de chantier dans le fond de la pièce et semblait ne pas avoir envie de rigoler. Logan plissa les yeux pour décrypter l’attitude de Dick. Celui-ci avait l’air de prendre son rôle bien à cœur et était apparemment très concentré et attentif aux différentes recommandations du maître d’œuvre. Soudain Dick haussa la voix.
DICK – Je ne vous paie pas pour que vous me sortiez un ramassis de conneries ! Je vous paie pour faire de cet endroit un rêve ! Un paradis où tous les jeunes et les moins jeunes de Miami puissent s’éclater, manger et boire suivant leurs envies. Votre avis ne m’intéresse pas. Ma question est et reste : est-ce que vous aurez fini pour mardi ?
Logan faillit s’étouffer en entendant Dick s’énerver sur le pauvre type. Celui-ci relut ses plans et leva les yeux vers Dick avec un regard contrit.
MO – Malheureusement, ce que j’essaie de vous faire comprendre c’est qu’on aura un jour de retard. Les travaux seront finis mercredi.
DICK – Alors dites-le et retournez bosser au lieu de bavarder avec moi !
Logan se pinça les lèvres, retenant un fou rire et salua le maître d’œuvre lorsque celui-ci passa près de lui la tête basse.
DICK – Ils sont tous incompétents. Si je n’étais pas là, je suis sûr qu’ils passeraient leur journée sur le trottoir à siffler nos bières et à mâter les gonzesses qui passent !
LOGAN – C’est pour ça que j’ai besoin de toi ! Dit-il en attrapant la main que Dick lui tendait.
DICK – Comme vont tes articulations ? Ton épaule ?
LOGAN – C’est douloureux. Mais ça ira. Les exercices d’aujourd’hui se sont bien passés. Le kiné pense qu’il me faut encore une dizaine de séances.
DICK – Prends soin de ce corps sinon ta femme va te fuir !
Logan haussa les sourcils en voyant Dick le regarder son menton et sa barbe naissante.
LOGAN – Quoi ? Tu n’aimes pas mon nouveau look ?
DICK – Je ne dis pas ça souvent, mais pitié rase-moi ça !
LOGAN – Je prends note et ce sera fait dans quelques heures. J’ai rendez-vous avec Jess ce soir. Elle a enfin un peu de temps devant elle.
DICK – Je dois dire que je ne l’ai pas beaucoup vue ces derniers jours !
Le ton de Dick avait changé. Logan se renfrogna un peu. Bizarrement Dick semblait avoir un souci avec sa femme et il n’en connaissait pas l’origine.
LOGAN – Tu vas te décider à me dire ce qui ne va pas avec Jess ou je vais devoir supporter ton humeur de femme enceinte longtemps ?
DICK – Et tu crois que c’est moi qui fais des manières. Excuse-moi mais t’as failli claquer sur la table il y a une dizaine de jours et madame n’a pas arrêté de courir les rendez-vous.
Logan baissa les yeux. Effectivement, il s’était aussi posé la question mais d’un autre côté elle savait rattraper ses absences avec beaucoup d’amour alors il ne s’en plaignait pas trop.
LOGAN – Je sais, depuis Noël dernier les choses ont un peu changé. Elle a vendu ses galeries et avait un nouveau projet. Donc je pense qu’elle doit se reconstruire et prendre rendez-vous avec tous ses contacts. Elle bosse, Dick.
DICK – Pourquoi, moi pas ?
LOGAN – Ce n’est pas ce que j’ai dit ! D’ailleurs j’ai cru comprendre qu’on était en retard.
DICK – Un jour. On a eu un souci avec le bar dans l’angle là-bas. Du fait que les balles ont bien amoché le mur et le coin, ils ont dû remplacer le placo. D’ici mercredi, le tout sera fini et ta décoratrice aura moins d’une semaine pour refaire une beauté au Lovely Queen 2.0 !
LOGAN – The Lovely Queen bar!
Dick et Logan échangèrent un regard et Logan déclara:
LOGAN – Je vais devoir me préparer pour ma soirée avec Jess. Souhaite-moi bonne chance !
DICK – Comme si t’en avais besoin ! Mais surtout rase-moi cette barbe !