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Série : Veronica Mars
Création : 26.07.2016 à 21h13
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fic se passe à peu près 10 ans après la fin de la saison 3. Elle ne tient pas compte du film ni des livres écrits par Rob Thomas. La fin de la saison 3 a été remodelée pour coller à l’histoire. » Marion
Cette fanfic compte déjà 185 paragraphes
Département de la police de Miami Beach
Le lieutenant Collins tournait en rond dans le hall. Pendue au téléphone, elle se massait les sinus à force d’énervement.
COLLINS – Tu plaisantes ! Comment est-ce que c’est possible !
…
COLLINS – Il y a bien quelque chose qu’on puisse faire ?
…
COLLINS – Oh super ! Alors tout ça c’est pour rien. Je ne peux pas me permettre de me faire aligner pour toi !
…
COLLINS – On en reparlera, je vais tenter de retrouver Andrews.
Elle interrompit la conversation et leva les yeux au ciel. Il ne fallait pas que cette petite blonde lui passe devant. Elle n’aurait jamais pensé qu’elle avait les ressources nécessaire pour remonter jusqu’à son ancien coéquipier. Et si elle mettait la main dessus avant elle, elle risquait gros. Elle grimpa les escaliers quatre à quatre et rejoignit son bureau à grande vitesse.
Martinez Investigations – Brickell – Miami
Mac et Veronica étaient installées au bout de la table, un ordinateur portable ouvert devant elles. Elles semblaient toutes les deux assez désespérées et, leur têtes reposant sur un coude ou un bras, elles soupiraient de concert sous les yeux attendris de Sam et Keith.
Veronica voix off : L’avantage c’est qu’il n’y a rien de plus simple à pirater qu’un serveur vocal de livreur de pizza. L’inconvénient c’est d’attendre que la bonne personne appelle pour pouvoir pirater sa ligne à lui !
Mac voix off : Si le prochain appel n’est pas le bon, je jure de jeter cet ordinateur par la fenêtre.
Sam vit l’air dépité de Mac et fit glisser une tasse de café vers elle. Elle le gratifia d’un sourire avant de se redresser pour avaler quelques gorgées du breuvage. Après plusieurs heures dans la thermos, il n’était plus très chaud mais toujours très caféine. Elle grimaça un peu en avalant ce qui fit sourire Veronica.
KEITH – On devrait peut-être laisser tomber pour aujourd’hui ?
Veronica grimaça à son tour. Voilà plus de deux heures qu’ils écoutaient toutes les commandes passées chez « Mama’s Pizza » et toujours rien. Elle n’avait aucunement l’intention de lâcher l’affaire mais le regard suppliant de ses trois acolytes la fit plier. Elle se redressa pour atteindre le boîtier posé devant Sam lorsque celui-ci émit un bip. Tous se figèrent sauf Keith.
KEITH – C’est le moment d’être réactif les enfants !
Mac se ressaisit vivement et se mit à tapoter sur son clavier d’une vitesse folle. Veronica attrapa le téléphone de la salle de conférence dans laquelle elle était et décrocha :
VERONICA – Mama’s Pizza bonsoir, Audrey à votre service !
Mac entra les données de la ligne dans son système pour modifier la voix de Veronica. L’interlocuteur n’y vit que du feu.
« Bonsoir Audrey c’est Sami, tu nous prépares notre commande habituelle ? Six piquantes et six fromages. »
VERONIC – Avec plaisir. Autre chose ?
« C’est toi qui livres ce soir ? » Demanda la voix pleine de sous-entendus.
Veronica prit un air de sainte nitouche tandis que Mac regardait l’appareil d’un air dégoûté.
VERONICA – Si seulement, mais non on a plusieurs extra à faire tourner tu le sais bien. Ce sera là d’ici trente minutes.
« Parfait poulette. A bientôt ma belle. »
MAC – Je ne sais pas comment tu fais, moi ça me révulse rien que d’entendre sa voix !
VERONICA – Je dois faire ce qu’il faut pour avoir ce dont on a besoin !
KEITH – Elle a toujours été très douée à ce jeu-là ! N’est-ce pas chérie ?
Sam et Mac échangèrent un regard curieux alors que Veronica répondit de façon très innocente :
VERONICA – Je ne sais absolument pas de quoi tu veux parler !
Père et fille échangèrent un petit sourire. Keith se sentit un tantinet rassuré par l’attitude de sa fille. Elle plaisantait et elle gardait le sourire. Il ne savait pas si c’était l’enquête ou si elle tenait vraiment le coup. Veronica passa devant lui, le sortant de sa réflexion.
VERONICA – Tu viens, on va être en retard. Mac tu passes commande, je réceptionne dans moins de vingt minutes.
MAC – Oui miss Bond, ce sera fait.
La porte se referma dernière Keith et Veronica puis Mac tourna les yeux vers Sam :
MAC – J’ai trouvé les noms.
Un silence de plomb s’installa entre eux. Mac décida de prendre les devants et couvrit la distance qui la séparait de Sam pour lui remettre une petite pochette cartonnée. Sam l’attrapa avec une grimace et s’adossa contre la table pour l’ouvrir. Mac vint se poster à côté de lui et guetta sa réaction. Les yeux de Sam parcouraient rapidement les informations que Mac avait retrouvées sur les deux hommes puis leva les yeux vers elle, troublé par son regard insistant. Elle baissa les yeux en croisant son regard. Il avait beau avoir quelques années de plus qu'elle, il ne la laissait pas indifférente. Il avait du charme et c’était un très bel homme. Il lui sourit avec douceur. Sourire quelle lui rendit. Il se replongea dans le dossier, la laissant perplexe.
Mama’s Pizza – Miami Beach
Veronica ressortit les bras chargés de pizzas du petit fast food et traversa la rue avec prudence. Elle regarda autour d’elle et rejoignit une petite ruelle non loin de là. Plus loin, garée dans l’allée, une petite voiture blanche et rouge attendait sagement. Elle se glissa sur la banquette arrière avec un sourire pour le conducteur. Keith se retourna vers elle après avoir mis le contact.
KEITH – Tu vas me dire comment tu as fait pour piquer une de leurs voitures ?
VERONICA – Si je te donnais toute mes bonnes astuces ce serait bien trop marrant !
KEITH – Chérie ?
Veronica posa les pizzas et se redressa alors que Keith s’engagea dans la circulation.
VERONICA – Tu prendras à gauche sur Bayside et puis tu suis les indications du GPS.
Lança-t-elle comme si de rien n’était.
KEITH – Tu veux bien te rappeler qui t’a donné tous les bons tuyaux à l’époque.
VERONICA – Ah oui mais là j’ai peur que tu ne puisses pas en faire autant. Celui-ci m’est réservé.
Keith leva les yeux au ciel et comprit dans la seconde.
KEITH – Derek ?
Veronica sourit avec une moue d’enfant et hocha la tête.
VERONICA – Elle est coincée à la fourrière depuis plus de trois semaines, c’est le meilleur moyen de ne pas se faire prendre. Derek, ou plutôt Penelope sa collègue, m’a fourni une attestation me permettant de récupérer la voiture sur ordre du FBI pour une affaire et de la ramener plus tard. Le gardien a marché.
KEITH – Ca ne peut que marcher avec des papiers officiels. Je dois admettre que tu as le bras long. J’espère simplement que tu fais attention à toi.
VERONICA – Je sais. Je voudrais simplement trouver celui qui a fait ça.
KEITH – Ca, je crois qu’on l’a tous compris. Mais je crois que cette affaire est bien plus compliquée que tu ne le crois.
VERONICA – Tu as fait des recherches ?
Demanda-t-elle soupçonneuse. Keith échangea un regard avec sa fille via le rétroviseur central et soupira.
VERONICA – Tu as fait des recherches.
KEITH – Bon sang Veronica regarde toi, on dirait que tu as 16 ans à nouveau !
VERONICA – Si c’est pour ça que tu as fait tout ce chemin jusqu’ici, je t’assure que tu ferais mieux de prendre le premier avion pour rentrer à Neptune.
Keith secoua la tête énervé et inquiet par l’attitude indifférente de sa fille.
KEITH – Tu t’écoutes parfois ? Tu restes quand même ma fille ! Et je suis ton père Veronica, si je pense que tu fais quelque chose de mal, personne ne m’empêchera de te le dire. Sûrement pas toi !
La petite blonde se renfrogna et soupira pour évacuer la tension. Elle allait répliquer lorsque la voix suave du GPS se déclencha :
« Vous arrivez à destination dans cinq cents mètres. Votre destination se trouve sur votre droite. »
Elle ferma les yeux, se recroquevilla sur la banquette et passa la couverture sur elle. Keith prit soin de se garer un peu plus loin, et d’éviter les lampadaires.
KEITH – Reste cachée jusqu’à mon retour.
VERONICA - Noté. Railla-t-elle.
Keith enfila une casquette et attrapa les pizzas avant de redescendre la rue de quelques centaines de pas. Il sonna à l’adresse indiquée et attendit un moment. Il observa les contours de la porte tentant de repérer un quelconque micro ou une caméra. Rien. La porte se mit à vibrer et Keith pénétra dans le hall de l’immeuble. Il refit un tour d’horizon pour vérifier à nouveau qu’il n’était pas surveillé. Il fit semblant de s’appuyer un moment contre le mur et plaça un micro entre deux lames dans la cage d’escalier. Il continua son chemin jusqu’au premier étage et sonna à la porte. Il prit un air essoufflé et fit en sorte de poser les pizzas les unes sur les autres. La porte s’ouvrit et Keith avança d’un pas, bloquant la porte pour ne pas se retrouver sur le palier. Le jeune hispanique l’observa bizarrement.
X – Hé doucement, vous allez tout renverser.
S’exclama-t-il en voyant Keith rentrer un peu plus dans l’appartement.
KEITH – Je vous pose tout cela où ?
Il força le passage davantage avec un sourire niais.
X – On va s’en charger. Hé les mecs, venez aider le vieux.
Keith ne releva pas et remercia les deux hommes tatoués de lui avoir pris les pizzas. Une fois débarrassé, pendant que les deux hommes avaient le dos tourné, il observa rapidement l’entrée. Elle ne donnait pas vraiment sur une pièce mais il ne pourrait pas rentrer plus. Il s’attarda sur le mur et la porte pour voir où il pouvait planquer son mouchard. Il grimaça lorsque l’hispanique se tourna vers lui à nouveau avec un regard froid.
X – C’est combien ?
KEITH – A oui pardon. 86 dollars quarante s’il vous plaît.
Il lui tendit le ticket et l’homme fit quelques pas vers la chaise dans l’entrée. Keith leva le bras et s’appuya contre le cadre de la porte en baillant. Lorsque l’homme lui tendit les billets il ajouta
X - C’est pas tous les jours facile la vie de livreur, hein mon gars.
KEITH – A qui le dites-vous.
Keith prit l’argent et s’en alla sans demander son reste. Il sortit de l’immeuble rapidement et regagna la voiture à grandes enjambées. Une fois à l’intérieur, il tourna la clé dans le contact et s’éloigna. Au bout de la rue, Veronica se redressa et sortit de la couverture.
VERONICA – La prochaine fois, c’est moi qui livre et toi qui te caches sous une couverture puante.
KEITH – C’est toi la petite de nous deux.
Lança-t-il avec un grand sourire.
VERONICA – Tu as pu mettre les micros ?
KEITH – Yep.
Elle attrapa son ordinateur portable sous le siège passager et l’ouvrit sans attendre. Elle tapota quelques secondes sur le clavier et avec un sourire elle activa les deux mouchards.
VERONICA – Et en avant la musique…
Elle voulut rajouter quelque chose et releva les yeux vers son père. Ils échangèrent un regard puis le silence revint dans l’automobile. En quelques secondes, ils avaient presque oublié leur dispute. Veronica baissa les yeux vers l’ordinateur et se contenta d’attendre que l’activation se mette en marche. Keith pinça les lèvres, blessé par l’attitude de sa fille et reprit le chemin de la fourrière.
Appartement dans Miami Beach – Le lendemain
Les rayons du soleil filtraient au travers des voiles. La baie vitrée laissait entrevoir la plage de sable fin. Enroulé dans les draps, Logan était paisiblement endormi. Sur la table de chevet, un téléphone se mit à vibrer. D’un geste vif, une main féminine l’attrapa. La jeune femme brune sortit de la pièce et décrocha en vérifiant que Logan était toujours endormi.
JESS – Allo.
…
JESS – Tu as peut-être oublié un détail, mais j’ai une vie.
…
JESS – A quelle heure ?
…
Elle se tourna vers la chambre où son amant était toujours au pays des rêves et s’éloigna encore un peu.
JESS – Très bien, je serai là. A tout à l’heure.
Elle raccrocha en rageant et fila vers la salle de bain en attrapant quelques habits de la veille sur une chaise. Elle jeta un œil sur l’horloge en passant et soupira.
Quelque part dans Miami Beach
Le lieutenant Collins gara sa voiture au fond du parking souterrain et sortit de sa voiture en hâte. Elle tâta son colt à la ceinture et glissa son portable dans sa poche intérieure. Elle verrouilla le véhicule et s’avança vers un recoin sombre du parking.
COLLINS – Que me vaut le plaisir de si bon matin ?
La personne fit quelques pas vers elle mais resta dans l’ombre. L’homme était grand, bien bâti et portait une veste de cuir noir un peu démodée. Bien qu’il ne soit plus très jeune, les traits de son visage avaient gardé une certaine douceur. Elle l’avait toujours trouvé séduisant.
X – Il faut qu’on parle.
COLLINS – Je suis là, alors allons-y !
X – Tu devrais faire attention. Je crois que tes arrières ne sont plus si sûrs.
COLLINS – Ne joue pas à ça avec moi. C’est toi qui m’as collé ta petite détective dans les pattes. Maintenant je dois bosser sur deux fronts. J’étais censée être en mission infiltrée.
X – Tu ferais mieux de parler avec Andrews avant qu’elle ne le fasse.
COLLINS – Et qu’est-ce que ça change ? T’as eu d’autres informations ?
X – Je n’ai plus de nouvelle de Rico si c’est ça que tu veux savoir. La dernière fois qu’on a tenté quelque chose, ça a mal tourné tu le sais bien.
COLLINS – Alors pourquoi tu m’as appelé si tu n’as rien pour moi ?
Elle fronça les sourcils, quelque chose lui disait qu’elle avait manqué une pièce du puzzle. Elle n’était pas censée travailler sur cette affaire, bizarrement beaucoup trop de monde la croyait impliquée.
X – Justement, je n’ai pas de nouvelle de Rico. Alors que s’il avait fait un coup, tu sais comme moi qu’il aurait fait appel à moi !
Collins voix off : Touché !
COLLINS – Tu penses que la fusillade n’a rien à voir avec les membres du gang de Rico ?
L’homme haussa les épaules pour toute réponse. Collins fit quelques pas vers lui et plongea son regard dans le sien.
COLLINS – Si tu entends quelque chose, tiens-moi au courant !
X – Je croyais que tu n’étais pas censée être sur l’enquête !
Elle s’éloignait déjà en lui faisant un petit signe de la main comme pour ignorer cette dernière phrase. L’homme passa sa main sur son visage et regarda la voiture disparaître. Des pas résonnèrent derrière lui et il se retourna. Son sourire disparut et il inspira profondément. Un petit rire se fit entendre et l’hispanique posa sa main sur l’épaule du détective.
X – Tu as eu ce que tu voulais, Rico ?
L’autre ricana encore un peu et puis lâcha l’épaule de son interlocuteur.
RICO – Donc elle ne sait rien. Elle n’a pas eu plus d’infos de ta part, apparemment tu as tenu ta langue ! C’est bien mon pote, tu commences à comprendre.
L’homme ne broncha pas. Rico fit les cent pas autour de lui.
RICO – C’est qui cette détective ? Faut que je m’inquiète de mon sort ?
X – C’est une gamine.
RICO – Hum… Ce n’était pas ma question. Généralement les gens qui bossent pour toi sont pas mauvais alors…
X – Veronica Mars. Elle n'est plus détective, elle bosse pour un journal maintenant.
RICO – C’est la fouineuse qui a fait ses articles sur nous, non ?
L’homme pinça les lèvres et ferma les yeux un instant.
RICO – Est-ce qu’elle va nous poser problème ?
X - Je sais pas. Je vois pas pourquoi elle s’intéresserait à vous !
RICO – Je dois te rappeler les règles du jeu !
X – Je dois vous rappeler que j’ai un boulot à garder ! Et surtout que j’ai une famille !
RICO – Je me charge de sauver les miches de ton rejeton ! Ça, c’est mon boulot ! Ton boulot c’est de sauver les miennes !
X – Et qui sauve les miennes ?
RICO – Tu devrais demander à ta copine flic, elle a l’air de bien t’aimer !
Il regagna son véhicule sans un regard de plus pour le détective.
Appartement de Veronica et Derek – Coconut Grove – Miami
Veronica était affalée sur la table du salon, la tête posée sur ses bras. Les écouteurs vissés dans les oreilles, elle écoutait inlassablement les discussions que lui rapportait le mouchard placé dans l’appartement de Rico. Voilà bientôt vingt-quatre heures qu’elle écoutait non-stop et elle était fatiguée. Fatiguée de voir que ceci ne menait à rien. Fatiguée de les entendre débattre sur des sujets plus que douteux. Ses oreilles sifflaient, le sang cognait contre ses tempes. Elle arracha les écouteurs et se leva de la table en râlant. Elle entra dans la cuisine et se servit son énième café. Passé le huitième, elle avait décidé de ne plus compter. Elle attrapa son portable et vérifia ses mails. Rien. Elle fit la moue. Voilà plus de deux jours qu’elle avait donné les numéros à Mac pour qu’elle en retrouve la source mais rien. L’horloge de la cuisine indiquait 18h25 et son ventre se mit à gronder. Elle ferma les yeux en soupirant. Elle regarda l’heure encore une fois et se décida à passer chez l’épicier du coin pour se chercher un petit quelque chose à grignoter. Elle attrapa sa veste et ses clés, jeta un dernier œil à son ordinateur qu’elle avait laissé tourner et ouvrit la porte de l’appartement. Elle percuta quelqu’un et sursauta par la même occasion.
X – Wow ! T’as failli réduire notre dîner à néant !
Veronica leva les yeux et croisa la visage radieux de Mac. Dans ses mains, une énorme pizza et un pack de bières. Veronica sourit en la voyant.
MAC – J’ai tes infos.
VERONICA – Tu es ma sauveuse !
Quelques heures plus tard
Sur la table basse, la boîte de la pizza était vide et deux bouteilles de bière étaient déjà vides elles aussi. Veronica relisait avec attention le dossier que Mac venait de lui remettre.
VERONICA – Donc si je te suis, les deux numéros que je t’ai donnés sont les numéros des deux anciens partenaires de Collins ?
MAC – Simons est décédé l’année dernière suite à une enquête qui a mal tourné. Après quoi elle a dû faire équipe avec Andrews. Andrews a suivi Collins à LA mais il y est resté.
VERONICA – Tous les deux étaient affiliés à l’enquête sur les fusillades ?
MAC – D’après ce que j’ai pu trouver. Parfois oui. Je n’ai pas beaucoup de détails, les dossiers sur la fusillade sont bizarrement très bien protégés.
VERONICA – Tu veux dire trop bien protégés ?
Mac fit la grimace et acquiesça.
VERONICA – Pourquoi seraient-il à ce point protégés, ce sont des simples fusillades. Pour la plupart il n’y a jamais eu de blessé ou de mort.
MAC – Apparemment si. J’ai trouvé des dossiers médicaux, mais pas de nom et aucun détail. J’ai fouillé la presse et même les infos des indics, rien. Je n’ai rien trouvé sur de possibles victimes des fusillades.
VERONICA – Donc ma théorie est juste, quelqu’un cache des infos.
MAC – Il doit y avoir un intermédiaire qui ne donne qu’une partie des infos à la police ou alors un des flics qui « nettoie » les dossiers avant de les classer. Après j’ai fait des recherches. Andrews a un dossier irréprochable. De plus il était en mission lors des appels. Je pense que quelqu’un a utilisé sa ligne.
Mima la brune avec ses index. Veronica se redressa et fit quelques pas dans la pièce.
VERONICA – Dans ce cas il faut qu’on trouve qui a fait ça. C’est le seul moyen de remonter la piste. C’est comme ça qu’on atteindra le gang.
Mac baissa les yeux. Elle savait que Veronica ne lâcherait pas l’affaire aussi facilement, mais elle avait espéré la tempérer un peu. Sam l’avait pourtant prévenue.
MAC – On pourrait peut-être voir avec Collins. Puisque les numéros remontent jusqu’à elle.
VERONICA – Tu crois que c’est une coïncidence que les deux numéros appelés soient justement les numéros des partenaires de Collins.
MAC – Non, mais elle aura peut-être une explication et si elle n’en a pas justement ça nous permettrait de voir si elle dit la vérité ou non. Elle n'est peut-être pas impliquée, c’est peut-être juste une pièce de plus dans le puzzle.
VERONICA – Je ne sais pas, je n’ai pas confiance.
MAC – Ce serait une nouveauté que tu fasses confiance à quelqu’un.
VERONICA – Je te fais confiance, à toi !
Mac sourit en coin et observa l’ordinateur sur la table.
MAC – Tu as eu de la chance avec tes trois zigotos !
VERONICA – Rien.
Elle enleva les écouteurs de l’ordinateur et monta le son. Les voix de Rico, Sami et Campos retentirent dans la pièce.
« CAMPOS : Alors qu’est-ce qu’on fait ?
RICO : Pour l’instant rien. On ne sait pas ce qui se passe.
SAMI : Et si on était surveillé ? »
Mac et Veronica se redressèrent surprises et échangèrent un regard inquiet.
MAC – Tu crois qu’ils auraient remarqué quelque chose ?
« CAMPOS : C’est toi qui as vu ton indic, alors ?
RICO : Il a dit que les flics ne savaient rien.
SAMI : On peut lui faire confiance ?
RICO : Je sais pas, mais en tout cas s’il ment il a beaucoup à perdre.
CAMPOS : Il t’a demandé quelque chose par rapport à l’autre nuit ?
RICO : Il pense que c’est pas nous. Je l’ai entendu parler avec le lieutenant.
SAMI : T’es sûr de ton coup ?
RICO : Je lui ai rien demandé. Je sais pas lequel protège l’autre, mais ils ont pas l’air de voir très clair là-dedans !
Un ricanement se fit entendre.
CAMPOS : Alors, on attend pour le prochain ?
RICO : On attend. On a fait assez de vagues comme ça. De toutes façon, Alvi rentre ce week-end, il faudra récupérer la marchandise. On n’a pas le temps de jouer pour l’instant. »
Veronica appuya sur pause avec un petit sourire aux lèvres. Mac la regardait en fronçant les sourcils.
VERONICA – J’ai ce qu’il me faut pour Collins.
MAC – Tu vas pas aller lui faire du chantage.
VERONICA – Pour l’instant je vais juste lui donner les infos qui lui permettraient d’arrêter un de nos chers compères. Après ça, j’improviserai.
MAC – Si elle est de mèche, elle va couvrir ses arrières et on risque d’avoir des soucis.
VERONICA – Ca, je verrai le moment venu. Tu pourrais me faire un enregistrement non codé et non traçable ?
MAC – Comment tu faisais quand je n’étais pas là ?
Elle sourit et s’approcha de l’ordinateur. Veronica lui rendit son sourire et déclara :
VERONICA – C’est pour ça que je ne fais plus ce métier, j’ai pas trouvé meilleure associée !
Mac rougit et s’installa face à l’écran et commença à faire quelques manœuvres et charger plusieurs logiciels. Pendant le chargement, elle se tourna vers la blonde avec un sourire malicieux.
MAC – Sam n’est pas mal dans son genre !
Veronica éclata de rire devant l’aveu de son amie et remarqua dans ses yeux qu’elle était sérieuse.
VERONICA – Je n’ai jamais fait attention, honnêtement. Il est bien trop proche de moi à vrai dire. J’ai l’impression d’avoir un mentor. Et ça me rappelle trop mon père.
MAC – Tu plaisantes, là ? Tu l’as bien regardé ? Il a une dizaine d’années de plus que nous et il est aussi bien conservé, si pas mieux, que Dick et Wallace réunis.
VERONICA – Je crois qu’on va vraiment devoir arrêter de parler des hommes de ta vie ! Je ne saurais jamais quoi te répondre.
Mac bouda et se remit au travail lorsque le logiciel démarra enfin.
Département de la police de Miami – Miami Beach
Une main s’abattit sur son bureau avec force. Elle sursauta et releva les yeux vers l’intrus. Veronica retira sa main du bureau pour laisser apparaître une petite clé USB noire rutilante et lui lança un regard plein de défi. Un sourire apparut sur le visage de la détective lorsqu’elle lut l’incompréhension dans les yeux du lieutenant Collins. Celle-ci se redressa avec un air sérieux et la questionna du regard. Veronica le soutint, son sourire s’accentua et elle déclara :
VERONICA – Si j’étais vous, j’écouterais la bande. Ça pourrait sûrement vous être utile.
Elle recula de quelques pas et s’installa dans une des chaises faisant face au bureau de verre du lieutenant. Les deux jeunes femmes ne se lâchèrent pas du regard et la brune allait attraper la clé USB lorsque la voix de Veronica retentit à nouveau dans la pièce :
VERONICA – Et c’est cadeau, vous n’aurez même pas besoin de me remercier.
Collins la détailla soupçonneuse et prit la clé avant de l’insérer dans la tour de son micro-ordinateur. Elle fit quelques réglages, alluma le son et lança la bande.
« CAMPOS : Alors qu’est-ce qu’on fait ?
RICO : Pour l’instant rien. On ne sait pas ce qui se passe.
SAMI : Et si on était surveillé ? »
CAMPOS : C’est toi qui as vu ton indic, alors ?
RICO : Il a dit que les flics ne savaient rien.
CAMPOS : Il t’a demandé quelque chose par rapport à l’autre nuit ?
RICO : Il pense que c’est pas nous.
CAMPOS : Alors on attend pour le prochain ?
RICO : On attend. On a fait assez de vagues comme ça. De toutes façon, Alvi rentre ce week-end, il faudra récupérer la marchandise. On n’a pas le temps de jouer pour l’instant. »
La bande s’interrompit et Collins croisa le regard de Veronica. Elle n’avait pas bougé, silencieuse, installée confortablement dans sa chaise elle attendait patiemment la réaction de son interlocutrice.
COLLINS – Où avez-vous eu ça ?
Veronica émit un petit rire et leva les yeux au ciel.
VERONICA – C’est ça qui vous intéresse ? Connaître mes sources ? J’espère pour vous que ce n’est pas comme ça que vous menez toutes vos enquêtes.
COLLINS – Je ne vous dis pas comment faire votre boulot, alors ne me dites pas comment faire le mien.
VERONICA – Pour l’instant, votre boulot c’est moi qui le fais !
COLLINS – Vous vous êtes jamais dis que je n’étais peut-être plus sur cette affaire ?
Veronica marqua un temps d’arrêt.
Veronica voix off : Comment ça pas sur l’affaire ?
COLLINS – Je vais transmettre ça à mes collègues, mais je ne vous garantis rien. Il n’y a pas non plus matière à tirer grand-chose de cela.
Veronica venait de se faire couper l’herbe sous le pied. Elle n’avait jamais pensé à l’éventualité que Collins ne soit pas sur l’enquête en cours. Mais alors pourquoi Campos et Rico faisaient allusion à un lieutenant dans leurs conversations.
VERONICA – Vous pouvez tout de même les interroger, vous avez assez de preuves pour les ramener au poste. Ils parlent clairement d’un coup, de marchandise. Vous comme moi savons de quoi ils parlent.
COLLINS – Vous et moi, oui. Un juge, un avocat fera le sourd. Je peux tenter de les interroger mais si ça foire après ce sera trop tard !
VERONICA – Laissez-moi leur parler !
Cette fois-ci ce fut au tour de Collins d’émettre un léger rire. Veronica fronça les sourcils.
COLLINS – Vous n’avez aucune autorité dans ce département.
VERONICA – Vous pouvez me la donner !
La lieutenant détailla la blonde avec intérêt. Il était possible qu’avec ses méthodes elle réussirait à en tirer plus qu’elle. Mais elle n’avait aucune envie de se compliquer la tâche. Il fallait vraiment qu’elle se débarrasse de cette détective au plus vite, avant que sa couverture ne soit grillée.
COLLINS – Je ferai mon possible.
Veronica tourna les talons, bien décidée à trouver un autre moyen pour revenir à la charge. Mais au bout de quelques secondes, Collins l’interpella de vive voix.
COLLINS – Pourquoi c’est si important pour vous ce cas ?
Les deux jeunes femmes se jaugèrent à nouveau avec cette défiante mais en même temps un certain respect. L’une comme l’autre savait qu’elles ne jouaient pas et qu’elles avaient beaucoup à perdre en cas de fausses notes. Elles n’avaient pas le droit à l’erreur et elles avaient des règles bien précises à suivre. Veronica inspira profondément et réfléchit un instant. Elle aurait voulu garder cette carte pour plus tard mais Collins la mettait devant le fait accompli. C’était une manière comme une autre de voir s’il y avait une faille dans son jeu de flic.
VERONICA – Mes raisons sont personnelles.
COLLINS – Ne le sont-elles pas toujours ?
VERONICA – Un ami très proche a été touché pendant la fusillade.
Collins se figea un moment. Veronica crut déceler de la peur dans son regard. Elle observa la lieutenant avec attention, son cœur se mit à battre plus vite.
Veronica voix off : La première impression est toujours la bonne ?
COLLINS – J’ai perdu des êtres chers et j’ai connu des gens qui sont sortis blessés de ce genre de situation. Je comprends.
Veronica voix off : Coïncidences ? Bêtise Veronica ! Tu sais ce qu’on dit sur les coïncidences ?
COLLINS – Je fais mon possible et je vous tiens au courant.
Elle pivota sur les talons, laissant Veronica seule face à ses doutes. Elle resta là quelques secondes avant de reprendre le chemin de l’ascenseur, tout aussi perdue qu’en arrivant. Elle n’arrivait pas à trouver ce lien. Cette petite chose qui faisait que rien ne collait.
Appartement de Sam – Coconut Grove – Miami
Accolé contre le chambranle de la porte, il regardait sa fille dormir depuis bien une trentaine de minutes. Malgré les épreuves que la vie lui avait infligées, elle semblait forte et paraissait se remettre de ses blessures. Il sourit. Elle avait déjà tellement grandi. Le temps avait tellement passé depuis cette nuit-là. Il ferma les yeux et inspira profondément. Elle lui manquait. Elle lui manquait chaque jour au réveil. Lorsqu’il rentrait le soir. Lorsqu’il fallait faire les courses, panser un bobo, lire une histoire. Elle lui manquait lorsque sa fille le regardait d’un air ahuri, lorsqu’elle était en colère. Tout lui rappelait sa femme. Tout et tout le temps. Le temps n’y avait rien changé, l’alcool n’avait pas aidé. Les blessures étaient ouvertes à vif et il avait beau apaiser la douleur, elle revenait au galop. Un léger tintement le fit sortir de ses pensées. Il regarda sa montre surpris et ferma la porte de la chambre de sa fille. Au salon, il s’approcha de son pc et vit la petite fenêtre skype ouverte. Il sourit et accepta la vidéo. Une jolie brune apparut sur l’écran, un sourire aux lèvres.
X – Dure journée ?
SAM – C’est à toi que je devrais demander ça ! Alors l’enregistrement ?
X – Pas grand-chose, j’ai réécouté plusieurs fois, j’attends de voir si je trouve plus. J’ai analysé les bruits de fond aussi pour être sûre mais rien de bien concluant.
SAM – On va trouver.
X – Elle va trouver bien avant !
SAM – Arrête de t’inquiéter. Tout ira bien.
X – Je sais pas comment tu fais pour garder ton calme comme ça.
SAM – On va dire que je suis habitué depuis le temps. J’ai pris le pli.
Elle se mit à rire. Il sourit, elle lui mettait du baume au cœur. Elle était belle, brillante et douce. Elle était l’opposé de sa femme et en même temps elle était tellement jeune. Et surtout elle était ambitieuse. Bien trop pour lui. Mais au moins pendant quelques minutes elle l’apaisait.
X – Quand tu en parles comme ça, ça a franchement l’air terrible de travailler avec elle.
SAM – Il y a bien plus terrible !
X – Ah oui ?
SAM – Travailler avec toi !
Sam se mit à rire à son tour.
Au bout du couloir, l’adolescente entrouvrit la porte et observa la conversation quelques secondes. Elle avait reconnu la voix de la jeune femme. Un sourire apparut sur son visage. Celia referma la porte en voyant le sourire sur le visage de son père et retourna se coucher.