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Série : Veronica Mars
Création : 15.11.2016 à 17h18
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« Cet EV se déroule temporellement après la saison 3 mais certains événements ont été modifiés pour coller à l'intrigue. » alExiaN
Cette fanfic compte déjà 73 paragraphes
22 décembre 2015 - Los Angeles
Elle avait accepté le contrat parce que c’était un job facile. Du tout cuit, lui avait dit Sergei. Elle ne s’était pas méfiée. Et aujourd’hui, Natasha regrettait d’avoir accepté cette mission en dilettante. Si son physique avantageux et son nom exotique lui avaient ouvert les portes du monde de Dick, elle n’arrivait pas à mettre fin à sa vie. Elle avait déjà essayé de l’empoisonner mais c’était un de ses potes qui avaient fini par prendre le verre mortel. Elle l’avait compris rapidement en découvrant le corps de Sean Granger affalé sur la table du Sex on the beach. Laissant parler ses réflexes, Natasha avait détalé vite fait de la zone du crime. Elle s’en était voulu d’avoir manqué de professionnalisme. Mais sa culpabilité s’était vite envolée quand elle se rendit compte que Dick était sur ses talons. D’ordinaire, elle courait après les contrats, là, c’était l’inverse. Le surfeur l’avait rattrapée sur le parking du bar. Il n’avait pas compris pourquoi elle partait comme ça. Elle avait minaudé et lui avoué au creux de l’oreille qu’elle avait d’autres projets en tête pour cette nuit… Il n’en avait pas fallu plus pour que Dick la suive. Elle avait ensuite réservé l’appartement prestige de l’hôtel Richemond à Los Angeles. La suite devait être d’une simplicité mortelle. Natasha ferait ce pourquoi on l’avait payé. Elle tuerait Dick Casablancas. Oui mais avec Dick, le simple devenait vite compliqué. Deux nuits et un jour qu’elle essayait d’en finir. Le clubbeur était tellement imprévisible que ces tentatives de le tuer proprement avaient toutes échoué. Ce matin, Natasha était décidée à se faire plus offensive tant pis si sa mort n’avait pas l’air naturelle. Elle avait enfilé son bustier piégé avant de retourner se coucher aux côtés de son contrat. Elle avait fait coudre ce bustier sur mesure. Il recelait quantité de petites cachettes. Natasha avait pris soin d’y dissimuler des attaches plastiques auto-serrantes.
Natasha voix off : Ce n’est pas vraiment prévu pour étrangler… Mais c’est bigrement efficace...
Alors qu’elle venait se lover au plus près de Dick pour mieux lui passer le collier de plastique au tour du cou, celui-ci se retourna l’attira à lui. Elle resta pétrifiée avec son collier à la main. Pourquoi ce maudit surfeur lui faisait perdre tout son enseignement ? Son cerveau turbinait à toute vitesse pour la tirer de ce mauvais pas. Dick fut plus rapide.
DICK : A quoi tu joues ? Ou plutôt à quoi tu veux jouer petite coquine ?
Il lui prit le collier des mains.
DICK : Toi aussi, tu as lu 50 nuances de Grey et tu veux essayer certaines des pratiques de Mr Christian ?
Pour toute réponse, elle baissa les yeux et rougit un peu. Dick lui adressa un clin d’œil en lui prenant le poignet gauche. Il remonta le bras vers la tête de lit. Natasha releva l’autre bras mais Dick l’arrêta.
DICK : Ah non… Je n’ai qu’une menotte… Et puis, ne dit-on pas, jeux de mains, jeux coquins…
Natasha voix off : Chez moi, on dit : jeux de mains, jeux assassins…
La Russe ne put ressasser ses adages guerriers. Dick et ses baisers enfiévrés l’empêchèrent de se concentrer. Si au début, elle avait réussi à garder la tête froide, elle n’était plus très sûre de ses intentions maintenant. Elle perdit son objectif de vue quand Dick fit voler son bustier loin dans la chambre.
Natasha voix off : tuer un clubeur… un job facile… Pas si sûr…
San Diego – 22 décembre 2015
L’enquête sur la mort de Sean Granger piétinait. Aucune preuve scientifique ne donnait de nouvelles pistes : Granger était mort d’une overdose massive de cocaïne mais ça n’avait rien d’étonnant d’après le légiste, Granger était un consommateur régulier de Soleil. Leo et sa brigade ne savaient plus comment faire rebondir cette affaire. La seule piste qui leur restait c’était Dick Casablancas et il était introuvable. Alors qu’il allait se replonger dans les fadettes de Dick. Son téléphone sonna.
LEO : Police de San Diego…
VERONICA : Pas d’Inga pour filtrer les appels ?
Leo sourit en reconnaissant le timbre de Veronica.
LEO : Pas les moyens, c’est la crise…
VERONICA : Pas pour tout le monde ! Ça te dirait d’aller faire un tour du côté des nantis et de voir si tu mets la main sur Dick ?
LEO : Tu l’as retrouvé ?
VERONICA : Pas encore mais j’ai sérieusement réduit le champ des recherches. En étudiant ses mouvements bancaires, j’ai sorti une liste de ses points de chute préférés… J’ai vérifié Neptune, chou blanc… Logan s’occupe de vérifier les spots à Los Angeles. Il reste que San Diego…
Leo connaissait déjà la prochaine phrase de Veronica mais il choisit de changer le scénario. Il regarda la pendule du bureau pour s’assurer de la justesse de sa supercherie. Midi douze. Parfait !
LEO : J’ai pas encore mangé. Ça te dirait de partager une pizza et de faire la tournée des lieux de débauches de Dick avec moi ?
VERONICA : Peperonni et mozzarella, c’est ça ?
LEO : Tu sais parler aux hommes, Veronica.
Los Angeles – 22 décembre 2015
Logan avait mal pris la répartition des tâches. Il n’était pas idiot. Il savait bien que Veronica ne passerait pas la journée à Neptune en planque devant le Neptune Grand Hotel. Il savait qu’elle irait rejoindre ce fichu shérif. Jaloux, Logan roulait vite sur l’autoroute, il était pressé de faire le tour de sa liste pour couper court à la romance entre Veronica et Leo.
Logan voix off : Je ne le laisserai pas me la souffler, pas maintenant que j’ai réussi à la faire revenir…
Bruyamment, il se gara devant l’hôtel Richemond. Il prit le temps de chausser ses Ray-Bans avant de traverser la rue. En regardant le bâtiment, il devait reconnaitre que les Casablancas avaient toujours eu du gout en matière d’immobilier. En traversant la rue, il réfléchit à la stratégie à adopter devant le réceptionniste. Quand il vit que le réceptionniste était une belle jeune femme, il sut quoi faire. Heureusement, il avait enfilé son costume d’apparat de l’armée ce matin.
LOGAN : Bonjour mademoiselle…
Réceptionniste : Bonjour Monsieur, que puis-je pour vous ?
LOGAN : En fait, je suis en permission et je voudrais faire une surprise à un mon frère. Il a l’habitude de descendre dans votre hôtel. Est-ce que vous pourriez vérifier s’il est là ?
La belle réceptionniste eut une petite moue et une hésitation. Mais face au sourire savamment étudié de Logan, elle ne put qu’accepter.
Réceptionniste : Son nom ?
LOGAN : Casablancas… La chambre est peut-être réservée au nom de sa compagne : Volochin…
Réceptionniste : Je l’ai. Ils sont arrivés avant-hier. Vous êtes chanceux. Je vous annonce ? demanda-t-elle en décrochant le téléphone.
Délicatement, il posa sa main sur celle de la jeune femme. Il la fit raccrocher avec un clin d’oeil et un doigt sur ses lèvres.
LOGAN : Chut, c’est une surprise.
Réceptionniste : chambre 1536, dernier étage.
Logan remercia la réceptionniste d’une bise. Alors qu’il allait s’engager dans l’ascenseur, il se souvint de la mise en garde de Veronica pour se donner bonne conscience, il lui envoya un sms.
Logan (SMS) : J’ai trouvé Dick. Richmond hotel - Los Angeles - chambre 1536. Je serai sur le toit terrasse.
San Diego – 22 décembre 2015
Veronica et Leo venaient de finir leur tour des adresses. Ils n’avaient rien trouvé. Dick devait se terrer à Los Angeles ou ailleurs. Mais à l’instant, la blonde s’en fichait. Elle profitait juste d’une bonne pizza mozza-peperonni en compagnie d’un séduisant trentenaire. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas été draguée de façon aussi courtoise. Veronica n’avait pas tiré un trait sur les hommes après les déceptions amoureuses occasionnées par Logan et par Piz. Mais le boulot l’avait tellement accaparée qu’elle n’avait plus eu le temps de flirter avec la gante masculine. Malgré ses allusions bourrines, Veronica et Eliott n’avaient jamais atteint le 7ième ciel. Avec lui, c’était vraiment no zob in job. Aussi, la vie sentimentale de Veronica avait pris des airs de Sahara. Le retour de Logan et de Leo simultanément étaient comme l’apparition de deux oasis au milieu des dunes.
Veronica voix off : Deux oasis en plein désert, c’est une de trop… Il y a forcément un mirage…
La blonde méditait là-dessus tout en regardant Leo s’éloigner avec les déchets du pique-nique improvisé. Ses réflexions furent interrompues par les vibrations de son téléphone.
***
Elle l’avait surpris en acceptant de faire les recherches avec lui. C’était du Veronica Mars tout craché. Toujours à vous surprendre. En parlant de surprise, Leo n’en revenait toujours pas de sa chance. Il avait commencé à badiner avec Veronica pour faire enrager ce prétentieux d’Echolls mais maintenant le jeu n’était plus si clair. Il aimait passer du temps avec cette blonde facétieuse. Et elle semblait se prendre au jeu. Ils avaient même évoqué des sujets difficiles qu’il laissait d’ordinaire enfermés loin dans les tréfonds de sa conscience. Veronica avait su l’écouter, le conseiller. Il se souvenait de sa main dans la sienne pour lui expliquer comment elle avait surmonté certaines épreuves. Tout sourire, il revenait vers celle qui l’avait détourné de son bureau pour le déjeuner. Son expression changea quand il découvrit qui avait le culot de la déranger.
Leo voix off : Il sera toujours sur ma route, celui-là…
Quand il vit Veronica froncer les sourcils, serrer le poing et marmonner, Leo fut pris d’un doute.
LEO : Un problème, Veronica ?
VERONICA : Oui. Echolls et sa chance ! Il a mis la main sur Dick ! Il est sur place. Hôtel Richmond, chambre 1536.
Leo regarda sa montre, puis tendit une main pour aider Veronica à se relever.
LEO : En mettant le gyro et en passant outre quelques limitations de vitesse, on peut y être dans moins de 1 heure et 30...
Veronica eut une petite moue.
VERONICA : J’espère qu’il sera patient…
Leo voix off : On peut toujours rêver…
Alors que Leo allait récupérer sa voiture de fonction, Veronica appela Logan. Bien que le moment était grave, le ton de la conversation amusa Leo.
VERONICA : Oui, je suis avec Leo. Non, tu n’as pas trouvé Dick parce que tu as une chance de cocu… Pour ça, il faudrait qu’on soit ensemble, Echolls…
Elle éloigna le téléphone de son oreille, lasse de ses jérémiades.
VERONICA : Bon, on peut se concentrer sur l’affaire...
Leo n’entendit pas la réponse d’Echolls mais en devina la teneur quand il vit Veronica rouler des yeux.
VERONICA : Ne. Bouge. Pas. On est là dans moins de 2 heures.
LOGAN : 2 heures, Veronica ! Mais elle a tout le temps de le tuer !
Il hurlait tellement fort que même sans être sur haut-parleur, Leo entendit sa peur.
VERONICA : Alors, je ne sais pas… Improvise ! Envoie le room-service. Fais déclencher la climatisation dans la chambre. Mais n’y va pas personnellement !
Elle raccrocha vivement et serra le poing.
VERONICA : On fonce !
Los Angeles – 22 décembre 2015
Dick avait toujours adoré faire l’amour pendant la journée. A cet instant, il savourait sa chance. Au gré de ses soirées en boite, il avait fini par trouver la perle rare. Une belle blonde au corps de gymnaste qui aimait vivre à contretemps comme lui. Le soleil qui pénétrait par la grande baie vitrée de la chambre lui réchauffait le torse. Il s’éveilla doucement. Tâtonnant il cherchait le corps menu de Natasha. Il ne trouva que le vide. Il se redressa dans le lit et sourit en découvrant la menotte de plastique sciée, les sous-vêtements éparpillés au sol. Il s’enroula dans un drap avant de partir à sa recherche. Natasha s’était réveillée quelques minutes avant lui. Elle s’était faufilée dans la salle d’eau. Il était grand temps qu’elle mette fin à son contrat. On ne la payait pas pour qu’elle prenne du bon temps avec lui. On la payait pour qu’elle le tue. Elle allait revenir à la bonne vieille méthode de l’empoisonnement puisqu’elle était incapable de le supprimer dès qu’il la touchait. Elle chercha la fiole d’aconit. Alors qu’elle allait verser le poison dans un cocktail, Natasha fut prise de tremblements. Bon, elle était peut-être courte vêtue mais ça n’expliquait pas les frissons.
DICK : Ah, c’est là que tu te caches...
La voix masculine et taquine de Dick la fit sursauter. Elle eut juste le temps de dissimuler la fiole avant qu’il ne vienne l’étreindre. Les mains puissantes de Dick trouvèrent naturellement leur place sur les hanches de la jeune femme. Elle culpabilisa de ressentir du plaisir.
DICK : Mais tu trembles ? Tu as froid ? Viens avec moi, je sais comment te réchauffer… murmura-t-il au creux de son cou.
En temps normal, elle aurait succombé à l’avance mais là, il était temps d’en finir. Elle allait résister quand Dick la fit pivoter. Dès qu’elle lui fit face, il lui vola un baiser, puis deux, puis trois. Puis, Natasha oublia toutes ses résolutions mais elle n’en oublia pas le froid.
NATASHA : Dick… Je ne crois pas que ça fonctionnera...
Le surfeur se redressa un peu vexé.
NATASHA : Regarde le thermomètre… Il affiche moins de 15°C…
DICK : On s’en fiche… Et tu as connu plus froid non ?
Ce fut au tour de Natasha de se vexer. Elle n’aimait pas qu’on lui renvoie son enfance à la dure dans la banlieue de Dickson au visage.
NATASHA : Au prix où on paie la chambre… Ils vont m’entendre…. s’énerva-t-elle en quittant la salle d’eau en enfilant un peignoir.
DICK : Au prix où JE paie… marmonna-t-il déçu.
RECEPTIONNISTE : Oui. Oui, je comprends Madame. Je vais voir ce que notre service technique peut faire, s’excusa la réceptionniste avant de raccrocher.
Elle se tourna vers l’homme qui lui avait fait la demande somme toute originale de frigorifier la chambre 1536.
RECEPTIONNISTE : Je ne crois pas que votre plaisanterie ait été appréciée…
LOGAN : Ne vous en faites pas… Quand ils sauront que c’est moi, ça passera tout seul, répondit-il en regardant sa montre.
Il avait fait dérégler le système de ventilation une trentaine de minutes auparavant. Il avait fallu près d’une autre demi-heure au couple pour réagir. Logan espérait vraiment que Veronica et Leo soient là dans peu de temps. Il ne savait plus quoi inventer pour protéger son pote et il n’était même pas certain qu’un vent de froid le sauve de quoi que ce soit… Alors qu’il allait prendre l’ascenseur pour tirer Dick des griffes de cet assassin russe, il vit Veronica débouler dans le hall.
LOGAN : Vous voilà enfin !
Pour toute réponse, Veronica le foudroya du regard en le poussant dans la cabine d’ascenseur. Au fur et à mesure de la montée, la tension se faisait sentir. Leo porta la main à son arme. Le geste n’échappa pas à Logan.
LOGAN : Rassure-moi, tu comptes mettre Volochin dans ta ligne de mire…
LEO : Oui… bien que je ne comprenne toujours pas elle veut tuer Dick…
VERONICA : On lui demandera directement, répondit-t-elle en appuyant sur le bouton de l’étage de Dick.
Ils regardèrent les étages défiler en silence. La cabine allait s’arrêter quand Logan rompit le silence.
LOGAN : Tu devrais peut-être sortir M. Smith, Veronica…
VERONICA : Je l’ai laissé à dans la voiture...
Logan ne réussit pas à cacher sa surprise. Après la petite scène qu’elle avait fait, il ne comprenait pas son soudain revirement.
VERONICA : C’est une tueuse professionnelle, je ne préfère pas lui apporter un moyen supplémentaire de me faire la peau.
Logan dévisagea la blonde avec étonnement. Il ne s’était pas attendu à un tel comportement. Veronica faisant preuve de prudence, c’était nouveau.
LOGAN : T’as entendu, perds pas ton arme, indiqua-t-il à Leo.
Le détective se tut et rajusta sa chemise pour dissimuler son arme de service. Il était hors de question qu’il se plante sur cette opération.
VERONICA : On peut y aller… se contenta-t-elle alors que la cabine s’ouvrait enfin.
Veronica voix off : Toute professionnelle qu’elle est, on aura l’effet de surprise pour nous…
Ils se tenaient tous les trois devant la porte de la chambre. Leo avait décidé de se faire passer pour le service technique. Logan et Veronica couvriraient ses arrières comme ils le pourraient. Leo vérifia sa chemise une dernière fois et frappa à la porte. Logan et Veronica se plaquèrent de part et d’autre de la porte.
LEO : Service technique. Vous avez un problème de ventilation…
X : Entrez, on gèle ici, fit une voix masculine qui provenait du fond de la suite.
Logan soupira de soulagement. C’était bien Dick qui parlait. Leo actionna la poignée et pénétra dans la suite. Il vit une femme se diriger vers le bar. Elle avait une silhouette élancée d’ancienne gymnaste. Leo devinait les muscles toniques sous le peignoir.
NATASHA : Ne vous occupez pas de nous, s’agaça-t-elle. Réparez plutôt cette fichue ventilation ! En été, il fait plus chaud que ça à Dickson...
Leo la regarda se servir un verre avant de se diriger vers le bloc de commandes. Il fit mine de régler. Heureusement que Logan avait demandé à la jolie réceptionniste de remonter la température. Alors qu’il pianotait sur les commandes du bloc, il vit dans le reflet de la vitre la Russe verser le contenu d’une fiole dans un second verre.
LEO : J’ai terminé. La température va remonter.
NATASHA : Je ne vous retiens pas… Vous connaissez le chemin….
DICK : Natasha ?
NATASHA : J’arrive mon chou…
La dangereuse Natasha s’avança souplement vers la chambre de la suite deux verres à la main. Leo ouvrit la porte, laissa Veronica et Logan entrer et claqua bruyamment la porte.
Il pointa la chambre à coucher et le bar. Logan ne prit pas la peine de décoder les mimiques du policier. Il se rua dans la chambre avec l’immonde vase qui trônait sur le guéridon de l’entrée. Veronica et Leo le suivirent effarés par sa précipitation.
Veronica voix off : Il n’y a pas des séances de tactique dans leur formation militaire ?
Heureusement, la chance était avec Logan. Vu l’heure, sa présence ne serait pas révélée par son ombre. Il devait agir vite avant que Dick ne s’étonna de sa présence. Sans attendre, il donna un coup de vase sur l’arrière du crâne. Natasha s’effondra comme une poupée de chiffon sur le lit en laissant les verres se déverser sur les draps.
DICK : Hé mec ! Qu’est-ce qui ne va pas bien chez toi ?! Pourquoi tu l’as assommée ? ça promettait d’être une séance de sexe mortel !
Logan ne relâcha pas son vase.
VERONICA : Tu ne crois pas si bien dire, rajouta-t-elle en entrant dans la chambre, Leo sur les talons.
La tueuse émergea vite. Logan bien qu’inquiet pour Dick n’avait pas frappé fort. Il avait des principes. Natasha évalua rapidement la situation. Dick était inutile et empêtré dans les draps. Logan et Leo semblaient trop bien charpentés pour qu’elle ait le dessus. La blonde était sa porte de sortie ; si elle la menaçait, elle était certaine de pouvoir s’enfuir. La Russe se releva d’un bond. Elle se rua sur Veronica qui accusa le coup et partit en arrière. Une lutte s’en suivit. Malgré sa formation fédérale, Veronica n’arrivait pas à prendre le dessus. Elle encaissait une série de coups de poings dans les côtes. Elle espérait une réaction des hommes. Mais aucun d’entre eux ne semblait vouloir ou pouvoir agir.
Veronica voix off : et après on fait croire aux petites filles qu’un prince les sauvera toujours…
Le vase de Logan était une arme trop insolite. Leo agitait son revolver pour ajuster sans cesse son angle de tir. Il ne voulait surtout pas blesser Veronica. Malgré tous ses efforts, Leo ne pouvait pas faire feu. La blonde dût donc s’en remettre qu’à ses capacités mais elle se sentait faiblir.
Natasha avait immobilisé Veronica en lui bloquant la tête sous son bras.
VERONICA : Logan… couina-t-elle comme pour le faire réagir.
Il n’avait pas d’arme certes mais elle le savait doué de ses poings. Ce fut le cri étouffé de Veronica qui sorti Logan de sa torpeur. Il s’élança sur la Russe qui le repoussa d’un fouetté de la jambe droite dans le plexus solaire. Logan atterrit sur les fesses le souffle coupé. Veronica profita de ce moment de relâchement de son assaillante pour jeter ses dernières forces dans la bataille et expédier un coup de coude dans les côtes de la tueuse. Natasha encaissa le coup mais relâcha sa prise. Veronica en profita pour se dégager et s’éloigner. Alors qu’elle sentit la Russe lui attraper le poignet, elle reconnut le cliquetis caractéristique d’un révolver.
LEO : On rejoue la scène d’Indiana Jones quand tu veux… Lâche-la.
La Russe ne bougeait pas.
LOGAN : LACHE-LA ! TOUT DE SUITE !
Face au ton véhément, Natasha obéit. Veronica alla se ranger au côté de Leo en se massant le flanc. Logan eut une grimace après tout c’était lui qui s’était pris un atémi pour laisser le temps à Veronica se fuir. De ses mains tremblantes, Veronica attrapa les menottes. Elle bouscula Logan qui semblait bloqué depuis l’excès de violence des deux femmes. Elle referma violemment les bracelets sur les poignets de la Russe.
NATASHA : Il n’est pas cassé ton jouet, beau gosse, ne t’inquiète pas…
Leo foudroya la Russe du regard avant de lui répondre.
LEO : C’est TON genre de jouer avec les membres du sexe opposé. Pas le mien…
NATASHA : Ce n’est pas à toi que je parlais… rétorqua-t-elle en pointant Logan du menton.
Veronica s’éloigna de la Russe en soupirant fortement.
Veronica voix off : Si elle s’y met aussi…
Cette réaction lui tira une grimace. Elle avait pas mal ramassé durant leur affrontement. Veronica songea à cet instant qu’elle devrait reprendre l’entrainement. Sans modifier sa ligne de mire, Leo questionna Veronica.
LEO : ça va aller ?
VERONICA : Redemande moi ça un peu plus tard…
LEO : Compte sur moi, dit-il avec un sérieux et une détermination que Veronica ne lui connaissait pas.
NATASHA : Oh oh… Un triangle amoureux ! Une vraie série pour ado !
Logan posa un peu violemment sa pseudo-arme sur une table de chevet. Dick chercha au milieu des draps son caleçon, se rhabilla vite fait et se joignit à l’assemblée.
DICK : On peut m’expliquer pourquoi les femmes sont devenues si violentes aujourd’hui ?
LOGAN : Tu as toujours aimé les beautés fatales, mon pote, mais là, c’était au sens littéral…
VERONICA : Alors Natasha… Tu nous expliques pourquoi tu en veux tellement à Dick ?
La Russe se mura dans le silence ce qui n’était pas du gout de Veronica. La Russe avait raconté tout un tas d’âneries jusqu’à présent, maintenant qu’elle devait se mettre table, madame faisait la difficile. Veronica allait lui montrer que sa vie n’était pas une série pour ado. Elle serra le poing comme son instructeur lui avait appris et s’avança déterminée vers Natasha. Alors qu’elle allait frapper Dick s’interposa.
DICK : Attends, c’est quoi ces conneries ?
VERONICA : Cette charmante personne que tu vois là est un assassin de renommée internationale.
DICK : Et alors ? Faut bien gagner sa vie !
Leo n’en crut pas ses oreilles. Logan eut un petit rire. Veronica resserra son poing, toujours décidée à frapper.
DICK : Arrête ça, Veronica… Tu crois faire peur à qui ?
Natasha ne put retenir un rire qui irrita profondément Leo et Logan.
DICK : Pourquoi tu crois qu’elle veut me tuer ?
LEO : On a retrouvé un certain Sean Granger mort d’une OD avec ton mobile sur lui… commença à raconter le policier.
DICK : Sean est mort ? Quand ? Et t’es qui toi ?
LEO : Vendredi, au Sex on the beach à San Diego. Moi, je suis juste le détective en charge de l’enquête. Leo d’Amato.
Dick se tourna d’un coup vers Natasha.
DICK : OK. On était bien au « Sex on » mais pourquoi croire que c’est à moi qu’on en veut ?
Veronica soupira mais elle commençait à douter de leur théorie.
VERONICA : Dick, tu es parti du bar sans ton téléphone. Tu n’as donné de nouvelles à personne…
DICK : Tu dis n’importe quoi, je l’ai mon téléphone…
Le surfeur se dirigea vers ses affaires, farfouilla et n’y trouva pas son téléphone.
DICK : Fais-moi sonner Logan.
Il s’exécuta sachant très bien que c’était inutile. Pourtant un téléphone sonna.