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Série : Veronica Mars
Création : 08.02.2017 à 18h55
Auteur : Marion
Statut : Terminée
« La fiction prend en compte les trois saisons et reprend l’histoire environ 8 ans plus tard. Elle ne tient pas compte du film ni des livres de Rob Thomas. » Marion
Cette fanfic compte déjà 65 paragraphes
Jenny acquiesça en silence, laissant le temps à Veronica de détailler le visage de la petite fille. Elle fut dévastée par la réalité. Sur cette photo, la gamine avait un sourire aussi rayonnant qu’un soleil, des pommettes saillantes et là, il ne restait plus rien de tout cela. Toute cette vie qui avait été détruite. Elle tenta de se reprendre, de rester professionnelle et ouvrit le dossier qu’elle avait apporté avec elle. Sur ce geste, la légiste retira le drap jusqu’au bas du ventre pour découvrir le torse de Holly laissant apparaître les marques de couteau. A nouveau la nausée s’empara d’elle. Elle respira profondément en relisant le dossier, tentant tant bien que mal de se détacher au maximum de la petite. Elle avait déjà eu à faire à beaucoup de cadavres, des bien plus amochés, des enfants aussi. Mais elle n’avait jamais eu à faire à l’enfant de quelqu’un qu’elle connaissait. Bien sûr elle n’avait pas connu Holly, mais de voir les photos chez Logan, d’avoir senti son odeur dans sa chambre, vu ses jouets, sa peluche l’avait rapproché d’elle. Ce dossier n’était pas juste un cadavre. Et ça rendait la tâche plus compliquée que prévue.
JENNY – Comme vous pouvez le voir dans mon rapport, les coups ont été portés avec violence et sans précision. J’ai constaté plusieurs entailles dans les mains aussi, je déduis qu’elle a essayé de se protéger. En vain, le quatrième coup a été fatal. Il a tranché l’artère au-dessus du poumon.
Veronica relut les quelques lignes et regarda à nouveau le corps de la petite et son regard s’assombrit.
VERONICA – Vous avez compté neuf coups au total.
JENNY – C’est bien ça, oui. Dit-elle sans rajouter un mot de plus.
VERONICA – Vous êtes en train de me dire que celui qui a fait ça s’est acharné sur elle alors qu’elle était déjà morte ? Elle voyait rouge. Et la légiste pouvait le comprendre.
JENNY – Effectivement, c’est ce que j’en ai déduit moi aussi.
Veronica referma le dossier, retint sa colère, tourna les talons et quitta la pièce d’un pas lourd.
JENNY – Veronica ?
Elle se stoppa devant la porte, se tourna vers la jolie blonde et attendit.
JENNY – Vous allez les retrouver ?
VERONICA – Les? Qu’est-ce qui vous fait penser qu’ils étaient plusieurs?
JENNY - Les coups portés à Holly et les blessures soignées de Carly n’ont pas été infligé avec la même force. En faisant les analyses, j’ai pu arriver à la conclusion que la corpulence ne correspondait pas. Ils étaient donc au moins deux.
VERONICA - Quelle classe! Deux brutes pour une femme et une gamine de six ans. De vrais gentlemen. Je vais non seulement les retrouver, mais je vais leur faire regretter d’être nés et je vais les faire moisir en prison.
Sur ces mots, elle sortit de la pièce et rejoignit les étages. Lorsqu’elle pénétra dans la salle de conférence, elle remarqua de suite le visage crispé de Logan. Il tourna les yeux vers elle avec inquiétude et déclara :
LOGAN – Ce n’était pas un cambriolage.
Ses mots lui glacèrent le sang. Elle le regarda, tentant de chercher une réponse dans son regard et avant qu’elle n’ait pu demander pourquoi, il reprit la parole :
LOGAN – Les bijoux déclarés volés chez Carly viennent de refaire surface. Une bijouterie vient de les signaler. Un receleur les lui aurait fourni pour estimation. Manque de chance, ils avaient été authentifiés auparavant, du coup le bijoutier vient de voir qu’ils avaient été déclarés volés.
VERONICA – Donc ils cherchaient quelque chose. Quelque chose de précis.
LOGAN – Ou c’est moi qu’ils cherchent à atteindre.
Ils échangèrent un regard chargé de sous-entendus et Veronica prit une décision.
VERONICA – On va aller faire un tour chez le bijoutier. J’interrogerais le receleur plus tard, peut-être que l’un d’entre eux pourra nous en dire un peu plus.
LOGAN – Ils ramènent le receleur ici pour un interrogatoire, prie pour qu’à notre retour il soit encore là. Dit-il avec un sourire amer en enfilant sa veste de costard.
Veronica tourna les talons et se retrouva face à Logan avec un sourire espiègle :
VERONICA – Qu’il soit encore là ou pas, ça ne m’empêchera pas de l’interroger.
Logan sourit un peu plus détendu. Elle n’avait pas changé, et c’était tant mieux. Cette force et son entêtement, il en avait justement besoin.
Bijouterie « Crowley Diamants » - San Francisco
Veronica poussa la porte du magasin et avec Logan, ils s’avancèrent vers le comptoir en observant les lieux. Une jeune femme, tailleur ajusté, perles blanches autour du cou s’avança vers eux d’un pas sûr dans ses escarpins dernier cris.
VENDEUSE – Puis-je vous être utile ? C’est peut-être un cadeau pour Madame, Monsieur a décidé de vous gâter ?
Veronica et Logan échangèrent un sourire, un tantinet gênés. Et avant que Veronica ne puisse dégainer sa plaque, Logan la devança :
LOGAN – Peut-être dans une autre vie.
Veronica tourna les yeux vers lui, une nouvelle fois surprise.
LOGAN – Agent spéciaux Mars et Echolls. On voudrait voir le gérant. C’est au sujet des bijoux que vous avez signalés.
VENDEUSE – Oh oui bien évidemment, ça parait bien plus logique.
Veronica se tourna cette fois vers la jeune femme en fronçant les sourcils d’un air vexé.
VERONICA – Et qu’est-ce que vous entendez par « Ça parait plus logique » ?
La vendeuse fit une moue qui fit sourire Logan et tourna les talons sans un mot de plus. Veronica, irritée, se retourna vers Logan en écarquillant les yeux.
VERONICA – Ça parait logique ? Je n’ai pas le look pour porter des diamants à mille dollars, c’est ça ?
LOGAN – Cool super girl, tu n’as peut-être pas le look, il n’empêche que tu le mériterais. Déclara-t-il doucement avant de s’avancer vers le gérant de la boutique qui arrivait à leur hauteur.
Là encore, Veronica fut surprise par la réponse de Logan. Elle s’avança à son tour vers le gérant et lui montra son insigne avant de lui serrer la main.
VERONICA – Agent Mars. Nous sommes sur une enquête qui inclut les bijoux qu’un revendeur à essayé de vous fournir.
GERANT – Oui, j’ai eu votre agent en ligne. J’ai encore les bijoux, si vous souhaitez les voir. Il fallait que je les estime avant la vente, mais du coup le revendeur n’a plus donné signe de vie.
LOGAN – Il s’agit d’un receleur en fait, il a dû obtenir les bijoux volés et manque de chance, ceux-ci étaient certifiés.
GERANT – Oui, ils sont au nom de Mme Myriam Grant.
LOGAN – La mère de Carly. Annonça-t-il pour Veronica.
GERANT – Ce sont de magnifiques pièces, uniques mais pas inestimables. Il n’en aurait pas tiré tellement d’argent.
VERONICA – On pense simplement qu’il voulait s’en débarrasser. Il vous a dit où il se les était procurés ?
GERANT – Un ami, rien de précis. Je suis désolé.
LOGAN – Vous avez eu contact avec le receleur, il était seul ?
GERANT – Oui, un soir, juste avant la fermeture. Un homme propre sur lui, c’est pour cela que j’ai été surpris quand j’ai vu que les bijoux avaient été signalés et qu’ils n’étaient pas à son nom sur le certificat.
LOGAN – Vous avez bien fait. Vous avez vu s’il était avec quelqu’un ?
GERANT – Vu non, mais je peux vous donner la caméra de surveillance, vous y trouverez peut-être quelque chose. Proposa l’homme en se dirigeant vers l’arrière-boutique.
Veronica vérifia son téléphone et fronça les sourcils en voyant la photo s’afficher sur son téléphone.
LOGAN – Qu’est-ce que c’est ?
VERONICA – Randall Sins, le receleur. Mais je n’ai pas l’impression que ça colle avec la description.
Le gérant s’avança vers eux avec un étui et le leur tendit. Veronica attrapa le cd et lui présenta son téléphone.
VERONICA – Vous avez déjà vu cet homme ?
Le gérant observa la photo un moment et secoua la tête.
GERANT – Non, ça ne me dit rien. C’est son complice ?
VERONICA – C’est le receleur en fait, M. Randall Sins.
Le gérant fut étonné et releva les yeux vers les agents avant de rendre son téléphone à Veronica.
GERANT – Je ne l’ai jamais vu de ma vie, je suis désolé. Mais sur la vidéo vous trouverez l’homme qui m’a déposé les bijoux. Ça vous aidera peut-être.
LOGAN – Je vous remercie pour votre aide.
VERONICA – Merci. Bonne journée.
Une fois dehors, ils rejoignirent la voiture en silence. Veronica tenta d’assembler les premières pièces du puzzle.
Veronica voix off : Un cambriolage qui n’en serait pas un. Un receleur qui envoie quelqu’un d’autre livrer les bijoux à sa place. Le meurtre d’une gamine de six ans. Et si on met le tout ensemble il n’y absolument aucune logique.
LOGAN – Qu’est-ce que tu cogites Mars !
VERONICA – C’est tellement évident !
LOGAN – Et dire que j’ai tenté de te comprendre tellement d’années que finalement deux années de profilage à la criminelle et je lis en toi comme dans un livre ouvert ! Lâcha-t-il taquin en allumant le moteur.
VERONICA – Deux années de profilage mais ça n’a rien enlevé à ton assurance légendaire hein !
LOGAN - Les gens ne changent pas V… Du moins pas de là où l’on vient.
VERONICA – Soit, mais tu ne liras jamais en moi comme un livre ouvert !
LOGAN – C’est ce que tu penses ou tu espères simplement que ce ne soit pas le cas ?
Veronica voix off : Toi, tu n’as rien oublié de qui tu étais, ça c’est certain.
Elle l’observa alors qu’il s’engageait dans la circulation, un brin admirative, un brin jalouse. Il avait grandi. Il avait mûri et pourtant il avait gardé ce côté joueur et sarcastique. Ce côté charmeur, mais mauvais garçon qui l’avait toujours fait craquer. Une innocence qu’elle n’avait jamais réussi à retenir, une innocence qu’on lui avait volée trop tôt. Une innocence qu’elle pensait disparue chez lui aussi. Mais non, il avait cette petite étincelle en lui, ce petit rien qui changeait tout. Elle le sentit moins tendu au fil des heures qui passaient. La tristesse n’avait pas quitté son regard mais elle le sentait moins oppressé par la douleur. Elle piqua un fard lorsqu’il tourna ses yeux vers elle, la surprenant en pleine contemplation. Il ne pipa mot et se concentra sur la route. Après quelques carrefours il demanda :
LOGAN – Alors c’est quoi le plan, Miss Mars ?
VERONICA – Savoir qui est le type qui a déposé les bijoux. Trouver le lien entre le receleur et lui. Et vérifier toutes les preuves dans la maison de Carly. Après ça, on fera un point pour voir si quelque chose ressort.
Département de la criminelle de San Francisco
VERONICA – Vous vous moquez de moi là, Martinez?
AGENT – Non, je vous assure c’est le protocole.
VERONICA – Et donc si je suis votre foutu protocole, il faut attendre le retour de l’agent Donovan pour que je puisse accéder au fichier et faire une reconnaissance faciale avec le programme ?
Elle fronçait les sourcils et se pencha vers l’agent Martinez avec un regard noir. Clairement, celui-ci ne la connaissait pas et ignorait tout de ce dont elle était capable. Il allait en faire les frais à ses dépens. Logan souriant, observant la scène au travers des baies vitrées de la salle de conférence. Leur lieutenant leur avait donné pour ordre de réduire le champ d’action de Veronica et le sien par la même occasion. Il avait toujours été plus concerné par les règles et les protocoles que par la résolution des enquêtes. Logan avait toujours détesté cela. Mais il avait appris avec le temps de simplement ne plus demander.
MARTINEZ – Je vous dis que…
VERONICA – Ne vous fatiguez pas Martinez, continuez de lécher les bottes de votre boss et vous irez loin, c’est garanti !
Elle rejoignit Logan dans la salle de conférence et ouvrit son portable sous le regard amusé de Logan. Elle tapotait sur le clavier et aperçut le sourire de son ancien amant. Sans lever les yeux, elle demanda :
VERONICA – Tu t’amuses de tout, on dirait !
LOGAN – Non, je t’assure que je plains Martinez. Je suis sûr qu’il a fait dans son pantalon en t’entendant hurler… Et je crois qu’il va vraiment passer une sale nuit, personne ne l’avait jamais autant intimidé.
VERONICA – Eh bien tu pourras lui dire, ce n’est que le début, si personne veut se mouiller, j’irai chercher mes infos moi-même et à ma façon.
Intéressé, il se redressa sur son siège et observa Veronica ouvrir plusieurs applications et modules sur l’écran de son Notebook. Bientôt une petite fenêtre de discussion apparut.
LOGAN – Et tu vas faire quoi ?
VERONICA – Utiliser mes ressources personnelles !
Sur l’écran, le visage d’une jolie brune fit son apparition. Un grand sourire aux lèvres, elle fit signe à Veronica que la connexion était en bon état puis figea son visage lorsqu’elle aperçut Logan aux côtés de son amie.
X – Hé ! Comment tu vas ? Et où est-ce que tu es, je t’ai perdue sur mon radar depuis hier.
Veronica fit une grimace et se tourna vers Logan.
VERONICA – Salut Mac ! Comment tu vas ?
MAC – Je vais bien ! Salut Logan. Rajouta-t-elle en faisant un signe un peu plus hésitant au voisin de Veronica. Non pas que je ne sois pas ravie de te revoir après toutes ces années, Logan. Mais V, où es-tu ?
LOGAN – Département criminelle du FBI de San Francisco. C’est pour ça que tu ne la repères pas.
MAC – Donc vous bossez ensemble ?
VERONICA – Plus ou moins. J’ai besoin de ton aide.
MAC – Et qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
VERONICA – J’ai un agent qui tente de bloquer mon champ d’action et je ne peux pas faire de reconnaissance faciale si je ne me logue pas sur le pc de la centrale des analystes. Il y a moyen que tu arranges ça ?
MAC – Bien sûr je peux, il me faut juste quelques données. Le numéro du serveur, celui du pc et puis un login… Théoriquement ça devrait être un jeu d’enfant.
VERONICA – Logan, tu peux lui trouver le n° du pc et celui du serveur, pour le login je vais te trouver ça.
LOGAN – J’aime vraiment la tournure que tout ça prend.
VERONICA – Je suis ravie que tu t’amuses toujours autant.
Peu à peu ils retrouvèrent la légèreté qu’ils avaient l’habitude d’user l’un envers l’autre mais Mac les ramena à la réalité brutalement.
MAC – L’un de vous deux va me dire de quoi il s’agit ? Ou va falloir que je devine.
Logan se racla la gorge, la réalité le frappant en plein visage. Il leva les yeux vers l’écran et avec beaucoup moins d’humour répondit à la question de Mac.
LOGAN – Quelqu’un a tué ma fille. Veronica est là pour m’aider à trouver qui lui a fait ça.
Mac blêmit, désolée d’avoir posé la question. Elle se sentait mal derrière son écran et aurait préféré que la terre s’ouvre sur ses pieds. Elle inspira profondément et reprit :
MAC – Je suis désolée, Logan.
LOGAN – Ce n’est pas ta faute, Mac.
MAC – Je fais au plus vite, tu peux m’écrire à l’adresse que Veronica te donnera pour les numéros de pc.
LOGAN – Merci Mac.
Appartement de Logan – San Francisco
Il se redressa en nage dans le lit pour la énième fois cette semaine. Il mit quelques secondes pour retrouver son calme et observa le réveil sur la table de chevet. Celui-ci indiquait 4h05, il soupira. Il enfila un caleçon, se leva et sortit de la chambre en silence pour ne pas réveiller sa nouvelle colocataire. Il traversa le salon à pas de loup, n’allumant aucune lumière et se dirigea vers la cuisine. Elle ne le vit pas arriver et sursauta lorsqu’elle le percuta en sortant de la cuisine, lâchant sa tasse qui vint s’écraser au sol dans un bruit sourd. Le liquide brûlant gicla et arrosa leurs jambes. Ils se retrouvèrent nez à nez, surpris.
LOGAN – Tu fais souvent des trucs dans le noir, Mars ? Lança-t-il taquin.
VERONICA – Je pourrais te retourner la question ! Rétorqua-t-elle sur le même ton.
LOGAN – Je ne voulais pas te réveiller… Ce qui visiblement n’a servi à rien.
Ils se penchèrent tous les deux et rassemblèrent les morceaux de porcelaine de la tasse. Logan leva les yeux vers elle.
LOGAN – Insomnie ?
VERONICA – Dis-moi que tu arrives à dormir plus de trois heures par nuit depuis que tu es au FBI ?
LOGAN – Effectivement, mais disons que j’ai même baissé à une heure depuis mardi.
VERONICA – Les cauchemars ?
Logan acquiesça, elle sourit, désolée.
VERONICA – J’ai fait couler du café, tu en veux ? Demanda-t-elle doucement.
LOGAN – Si je ne suis pas obligé de boire celui qui est par terre, oui.
Elle sourit en coin et alla jeter les bouts de la tasse dans la poubelle de la cuisine. Elle tendit une éponge et un torchon à Logan qui essuya le reste alors qu’elle leur servit deux cafés, en pleine lumière cette fois-ci. Lorsqu’elle se tourna à nouveau vers lui, elle se figea en voyant son torse criblé de blessures et de contusions. Remarquant son regard, il fit la grimace. Ne cherchant pas à éviter son regard, il ne se cacha pas. Elle l’aurait su à un moment ou à un autre.
Veronica voix off : Logan qu’est-ce que tu as encore fait !
LOGAN – Les vieux démons…
Veronica ferma les yeux un instant puis soupira. Elle connaissait Logan, et il aurait été idiot de penser qu’il n’avait pas cédé à la tentation de la bouteille lorsque sa fille avait été assassinée. Et le connaissant, il avait dû finir par faire le malin alors qu’il aurait mieux fait de se taire.
VERONICA – Logan…
Il la regarda dans les yeux, sachant pertinemment qu’elle était sûrement déçue par son comportement, et déjà il avait honte, mais non. Pas cette fois. Ce regard était nouveau, il était plein d’inquiétude et de compassion. Bien sûr qu’elle avait l’air contrarié mais elle n’avait pas l’air de lui en tenir rigueur.
LOGAN – Je ne dis pas que c’est intelligent, mais c’est tout ce que j’ai réussi à faire après avoir appris ce qu’il s’était passé. J’ai abusé de la bouteille, une chose en entraînant une autre j’ai déconné, me suis battu avec un type qui lui avait un couteau, mes collègues sont arrivés et j’ai fini par me battre avec Donovan.
Veronica ne put réprimer un sourire, voilà d’où venait le coquard qu’il arborait depuis qu’elle l’avait rencontré. Elle choisit de ne pas crier, de ne pas s’énerver contre lui car pour une fois ça n’avait aucune importance et elle ne pouvait rien y changer. Elle lui tendit la tasse et s’adossa contre le meuble de la cuisine.
VERONICA – Tu te sens mieux maintenant ? Demanda-t-elle comme pour faire référence à la bagarre et à l’alcool.
Il s’appuya sur le chambranle de la porte et sourit en coin. Il la détailla un instant, elle était belle, ses cheveux en bataille encadraient parfaitement son visage comme dans ses souvenirs. Son parfum sucré emplissait la pièce et le faisait se sentir mieux. Elle ne portait qu’un grand t-shirt et un shorty et pourtant elle ne semblait pas mal à l’aise face à lui. Être face à elle, même après tant d’années, semblait presque naturel.
LOGAN – Au départ oui, et puis ça devient pire. Mais tu es arrivée et depuis les cauchemars et mes angoisses se font plus rares. Je crois inconsciemment tu m’as redonné un certain espoir.
VERONICA – Et comment…
LOGAN – Tu as traversé le pays pour venir m’aider à coincer les assassins de ma fille V. Il n’y a pas plus grand comme sacrifice pour moi. Et de te savoir sur l’enquête et savoir que tu essaies, c’est beaucoup plus que n’importe lequel de mes collègues au bureau aurait pu m’offrir…
Elle baissa les yeux un moment, sentant ses joues rougir sous le compliment. Logan sourit en la regardant.
LOGAN – Et ne te méprends pas, je sais que tu sais mettre ton nez partout où il ne faut pas… Et c’est pour ça aussi que je…
Il s’interrompit dans ses mots, sachant pertinemment ce qu’il voulait dire, sachant aussi que ça risquerait de causer un froid, il réfléchit avant de reformuler.
LOGAN – C’est pour ça que j’apprécie le geste.
Veronica hocha la tête, le gratifiant d’un sourire à son tour.
VERONICA – Je ne lâcherai pas l’affaire Logan. Je suis déterminée à retrouver celui ou ceux qui ont fait ça.
LOGAN – Je sais…
Logan tourna les talons et lui fit signe de le suivre. Sans un mot, elle le rejoignit dans le salon où ils s’installèrent sur le canapé. Il attrapa un album, posé sur une petite commode et le tendit à Veronica. Elle posa la tasse de café sur la table basse devant elle et attrapa l’album qu’il lui tendait. Elle ouvrit les pages et vit les photos de la petite Holly depuis sa naissance.
LOGAN – Elle était tout pour moi, Veronica.
VERONICA – Je comprends Logan…
LOGAN – Je sais, tu as été la seule assez butée, assez blessée par la mort de Lilly pour faire front face à nous tous pour prouver qu’on avait tort… Et c’est pour ça que j’ai besoin de toi.
VERONICA – Parle-moi d’elle… Souffla-t-elle en laissant glisser ses doigts sur les photos du petit bébé.
Elle s’installa contre le dossier du canapé, en tailleur, posa le livre photo sur ses genoux et laissa Logan lui parler de l’amour de sa vie. Ils perdirent le fil du temps et tous deux furent sortis de leur rêverie par un bip qui émanait du portable de Veronica.
« Hé c’est moi ! Tu es là ? Veronica ? »
La voix de Mac résonnait à présent dans l’appartement, ramenant Logan et Veronica à la réalité. Elle saisit le portable et déverrouilla l’écran alors que le visage de Mac apparut sur l’écran. Veronica la regarda un peu surprise et demanda :
VERONICA – Tu ne dors pas ?
MAC – Regarde ta montre ma belle, il est déjà 6h et j’ai promis de te faire signe avant d’aller bosser.
Logan et Veronica échangèrent un regard interloqué et jetèrent un œil sur l’horloge accrochée sur le mur. Ils avaient perdu la notion du temps et avaient parlé pendant plus de deux heures.
MAC – Checke ton pc, j’ai réussi à craquer le système et la reconnaissance faciale a donné quelque chose. Dit-elle d’un air triomphal.
LOGAN – Merci Mac, tu es un génie !
MAC – Oui je sais… Plus ou moins. Lâcha-t-elle avec un sourire. J’ai une réunion de trois heures ce matin, je serais joignable en début d’après-midi si vous avez besoin de quoi que ce soit. N’hésitez pas.
Logan et Veronica la remercièrent et ouvrirent le programme qu’ils avaient laissé tourner toute la nuit. Un visage et un nom s’affichaient sur l’écran, correspondant en tout point à l’homme qui avait tenté de revendre les bijoux sur la vidéo de la bijouterie.
LOGAN – Stanley Quint. Parfait maintenant au moins on a un nom.
VERONICA – On va pouvoir recommencer à zéro. Elle fit une pause avant de tourner les yeux vers Logan et reprit. Il va falloir qu’on aille sur la scène de crime…
Logan passa ses mains sur le visage et hocha la tête pour comme pour confirmer les dires de Veronica.
VERONICA – Tu veux y aller seul à moins que tu ne veuilles pas du tout y aller ?
LOGAN – Je viens avec toi. Sur ces mots, il se leva un peu nerveux et prit la direction de sa chambre.
Veronica l’observa quelques instants avant de suivre le mouvement.
North Beach Generation – Maison de Holly et Carly Grant – San Francisco
Veronica pénétra dans la maison, Logan sur les talons. En silence ils s’avancèrent dans le hall d’entrée, longeant l’escalier par la droite. Sous leur poids, le plancher de la maison victorienne se mit à grincer légèrement. A droite s’étendait un salon aménagé avec goût dans des teintes beiges et naturelles. En face, la porte donnait sur la cuisine de la maison et sous l’escalier, une porte donnant sûrement accès à la cave. Les murs étaient couverts de dessins d’enfants, de photos de famille représentant la petite fille riant aux éclats, sa mère, Logan, et certainement d’autres membres de la famille que Veronica ne connaissait pas. Malgré le vide de la maison, elle avait l’impression de violer l’intimité de la petite fille et celle de Logan. De briser ce lien qui l’unissait à son enfant. Logan avait disparu dans le salon, il semblait perdu au milieu de la pièce, regardant autour de lui comme si c’était la première fois qu’il découvrait l’endroit. Veronica observa les lieux, fit un rapide tour d’horizon dans le bas de la maison, à la recherche de preuves qui auraient pu échapper aux enquêteurs. Mais faire la différence entre des preuves oubliées et des preuves laissées par la dizaine d’agents qui avaient piétiné la zone n’était pas vraiment évident. Dans la cuisine, les tiroirs étaient ouverts, les débris de verre et les couverts jonchaient le sol. Ils cherchaient quelque chose, c’était certain. Certain tableaux dans le couloir manquaient, seules les traces de poussière sur la tapisserie évoquaient leur présence avant l’intrusion. Le salon avait été retourné. Les coussins recouvraient une partie du sol, le vaisselier avait été vidé, les tapis soulevés et les commodes renversées. Aucun objet de valeur ne semblait avoir disparu. Logan passa ses mains sur sa nuque et soupira. Il ne savait pas à côté de quoi il était passé mais il devait y avoir une raison à ce fourbi s’ils avaient mis la main sur les bijoux. Lorsqu’il tourna les yeux vers le hall, il aperçut Veronica au pied de l’escalier. Accroupie, elle observait les traces de sang sur le sol et les murs. Ultimes restes de la chute de Carly. Elle avait été jetée du haut des escaliers, sans doute avait-elle tenté de protéger sa fille, mais elle avait été impuissante. Comment faire face à deux hommes armés et certainement beaucoup plus forts qu’elle. Elle n’avait eu aucune chance. D’ailleurs les médecins restaient pessimistes sur son sort et n’étaient pas certains qu’elle sorte de son coma un jour. Veronica se redressa et regarda vers le haut de l’escalier, le ventre noué. Elle posa le pied sur la première marche, comme pour se donner du courage. Elle inspira profondément et se dirigea vers l’étage. Logan resta sur place, incapable de savoir s’il devait la suivre ou pas. Mais après quelques minutes, la voix de Veronica résonna dans la maison.
VERONICA – Logan !
Elle avait trouvé quelque chose. Le sang ne fit qu’un tour dans son corps, il monta l’escalier quatre à quatre et retrouva Veronica à genoux dans la chambre de sa fille, une boite en carton dans les mains. Elle regardait sous le lit si elle trouvait autre chose et tourna les yeux vers lui lorsqu’elle remarqua sa présence. Logan fronça les sourcils lorsqu’il aperçut cette boite et Veronica se redressa inquiète.
VERONICA – Qu’est-ce que contenait cette boite ?
LOGAN – Il n’y a plus rien dedans ? Demanda-t-il soudain inquiet.
VERONICA – Qu’y avait-il dedans Logan ?
Il regarda autour de lui et retrouva le couvercle par terre, un peu plus loin, au pied de la fenêtre. Ses yeux fouillaient la pièce à la recherche d’une réponse, mais il comprit bien vite ce qu’il se passait.
LOGAN – Carly et Holly étaient juste une excuse… C’est après moi qu’ils en ont.
Il se baissa pour ramasser le couvercle et se tourna vers Veronica, un regard triste sur le visage. Il souleva le couvercle dans la direction de Veronica indiquant ce qu’il y avait écrit sur la boite.
« Logan Echolls »