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Série : Veronica Mars
Création : 19.11.2017 à 20h24
Auteur : alExiaN
Statut : Terminée
« L'histoire ne prend pas en compte le film. Suivez les aventures de Veronica dans une agence fédérale... » alExiaN
Cette fanfic compte déjà 87 paragraphes
Veronica avait tout fait pour ne pas croiser Madison, peine perdue. Ridley Granger s’était fait embobiner par la plantureuse blonde. Il était en train de lui payer un thé vert quand Veronica et elle se cognèrent.
- Alors la rumeur est vraie… commença Madison.
L’agent fit la sourde oreille. Elle ne voulait pas se montrer sensible au venin Sinclair.
- Tu ferais bien de repartir. Il n’y a plus rien pour toi, ici. Même Logan est pris, continua-t-elle.
Pour toute réponse, Veronica ferma sèchement la porte du poste. Logan, lui, raccrocha un peu vivement le téléphone. Madison le remarqua et en joua.
- Oh, Oh ! Tout n’est peut-être pas perdu. Pauvre Kate…
- Laisse-la en dehors de ça. Et suis donc l’agent Granger. J’espère que tu seras aussi bavarde avec lui.
Vexée, Madison s’éloigna dans un claquement de stilettos. Sur le parking, Veronica souffla fort. Elle avait besoin d’évacuer toute sa nervosité. Qu’est-ce qu’elle aurait donné à cet instant pour être en salle de sport face à un sac ou au stand de tir… Elle serrait les poings quand Theo sortit se griller une cigarette.
- Un problème ?
- Non.
- Mais bien sûr… Je ne suis pas Hunter mais j’ai quelque connaissance. Et là, tu es fâchée.
- Qui ne le serait pas face à Madison Sinclair ? grogna Veronica.
- Granger. Il a l’air de vouloir lui sauter dessus pour d’autre raison, plaisanta Theo en allumant sa clope.
- Alors on a fait une erreur en le laissant mener l’interrogatoire. Madison est une vraie salope. Elle couche avec tout ce qui a une queue… Qu’il soit célibataire ou pas…
- Ok…Tu nous l’avais décrite comme ton ennemie personnel… Mais ton attitude fait peur. Rappelle-moi de ne jamais me fâcher avec toi !
La remarque caustique de Theo fit sourire Veronica. Il avait réussi à la détendre. Et il était temps. Maggie Finnegan descendait de voiture et s’avançait vers le poste. Veronica pâlit quand elle identifia la personne qui l’avait conduite. Liam Fitzpatrick lui adressa un signe de la tête en redémarrant. Veronica le lui rendit avant d’escorter la jeune femme. Discrètement, elle dit à Theo.
- Notre suspect est lié à une autre de mes sympathiques connaissances.
- Encore ?! Veronica, existe-t-il quelqu’un qui ne t’en veut pas dans cette ville ?
La blonde préféra ne pas répondre et se présenta à Maggie. La jolie rousse lui tendit la main pour la saluer.
- Excusez ma tenue mais je descends droit de l’avion. Mon père (elle avait prononcé ce mot avec un mépris évident) m’a envoyée au Mexique faire du shopping. Je n’ai eu votre message qu’en descendant sur le tarmac. Qu’est-ce qui se passe ? Mon père n’a rien voulu me dire.
Veronica comprit immédiatement qu’elle ne savait pas. Personne ne l’avait prévenu de la mort de Troy. Ils allaient devoir y aller en douceur.
Veronica guida Maggie vers la salle qui servait de salle de travail à son équipe. Pour la circonstance, Blake avait retourné tous les tableaux blancs et autres panneaux porteurs de preuves et de pistes. Il avait été inspiré d’enlever toute froideur à cet espace. Maggie allait tomber de haut quand elle apprendrait la nouvelle. Veronica l’invita à s’asseoir tandis que Theo fermait la porte et rejoignait Ridley Granger dans l’autre salle.
- Vous êtes bien sérieux tout à coup, observa la rouquine. Il s’est passé quelque chose de grave ? Allez-y, crachez le morceau, avec la famille que j’ai… Que ce soit les Fitzpatrick ou les Finnegan, je suis blindée… C’est à croire qu’ils font dans la surenchère d’actes illégaux.
La tirade franche de la jeune femme surprit un peu les deux agents. Veronica était stupéfaite du détachement de Maggie alors que Blake s’étonnait des dissonances entre le corps et les mots. Le visage de Maggie n’était pas d’accord avec ses paroles. Il se focalisa alors sur elle et laissa Veronica mener la danse.
- Je suis désolée, Maggie mais j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Asseyez-vous.
La rousse obtempéra sans vaciller.
- Connaissez-vous Troy Vandergraff ?
Maggie se contenta d’hocher la tête là où toute personne aurait fondu en larmes. La rousse était d’un calme suspect. Blake avait vu des centaines de scène comme celles-ci et à chaque fois, le cerveau des proches va toujours plus vite à l’horrible conclusion que la voix de l’agent. Or ici, Maggie ne concluait rien. Elle écoutait sereine. Etait-ce sa vie au sein d’une grande famille de malfrats qui l’avait endurci ou cachait-elle quelque chose ? Blake continua d’observer.
- Nous l’avons retrouvé mort sur son bateau il y a deux jours.
Au ralenti, Maggie porta une main à sa bouche et étouffa un gémissement.
- Oh mon dieu… Comment est-il…
Blake se détendit en la voyant enfin réagir comme il fallait.
- Les circonstances de sa mort laissent présager un meurtre…
- Un meurtre ? Oh, je savais que mon père n’avait pas beaucoup apprécié que je rencontre quelqu’un sur ce côté-ci du continent mais de là à…
- Vous pensez que votre père est responsable de la mort de Troy ?
- Mon père nourrit de grandes ambitions pour moi. Il voudrait que j’épouse un grand avocat ou un médecin. Certainement pas à quelqu’un comme Troy…
- Comment était Troy ? demanda naïvement Veronica.
- Séducteur, un peu fainéant. Il n’aimait pas le travail trop dur… Défaut rédhibitoire pour mon père...
Maggie détourna le regard comme pour cacher des larmes. Larmes qu’elle n’avait pas, Blake l’observait si avidement qu’il était certain de la sécheresse de ses yeux. Toutefois, c’est là dessus qu’elle conclut leur entrevue.
- Je comprends mieux pourquoi mon père a tenu à ce que je m’absente ces derniers jours… Il voulait avoir le champ libre pour faire le ménage…
A ces mots, Maggie se leva et tendit une main à Veronica.
- Merci de m’avoir appris la nouvelle. Sans vous, je l’aurais su par la presse…
Alors qu’elle quittait la pièce, Veronica ne put s’empêcher de la conseiller.
- Vous êtes dévastée. Vous pensez connaître le coupable mais rien n’a été prouvé. Ne faites rien sur un coup de tête. Allez retrouver des amis. Ne restez pas seule. Nous vous tiendrons informée de l’avancée de l’enquête.
Pensive, la blonde la regarda s’en aller.
- Elle… dirent Blake et Veronica en même temps.
- Elle me rappelle quand j’ai appris la mort de mon père.
- Elle ment.
La phrase laconique de son amant lui fit hausser un sourcil. Elle allait demander des éclaircissements quand Granger et Carter arrivèrent tout excités.
- On a un mobile ! claironna Theo.
- Nous, on a une menteuse, dit Blake.
- Alors ça matche parfaitement avec ce que nous a dit Sinclair, s’enthousiasma Ridley Granger.
- Développe, déclara Veronica.
- Sinclair a reconnu rapidement qu’elle s’envoyait en l’air avec Vandergraff. Elle ne le voyait qu'occasionnellement. “Faute de mieux”, je la cite.
- Du Madison tout craché, commenta Veronica.
- Vandergraff n’était qu’un de ses nombreux partenaires sexuels. Elle a longuement expliqué qu’elle était une femme moderne avec des besoins et qu’elle n’avait pas à avoir honte de les assumer et les assouvir, expliqua Theo.
- Elle n’a rien contre le partage des partenaires. Elle déplore seulement que toutes les femmes ne soient pas de son avis. Elle nous a même dit que tu pouvais nous le certifier, poursuivit Granger dont l’oeil venait de s’allumer.
Il allait enfin avoir une info croustillante sur sa collègue. Malheureusement, Veronica ne fut pas expansive.
- Je prête mes stylos mais pas mon mec. Et je pense que pas mal de nanas seront d’accord avec moi.
- Ce qui fait qu’on a un mobile ! Si Sinclair n’est pas la maîtresse jalouse, il nous reste Kane et Finnegan.
- N’éliminons pas si vite Madison. Elle peut être fourbe et vous avoir bien eu, tempéra Veronica.
- Et pourtant si, il va falloir l’éliminer, dit posément Logan qui venait de rejoindre l’antre des fédéraux.
- Oh oui ! L’éliminer… J’ai le choix de l’arme?, plaisanta maladroitement Veronica.
- Madison a donné un alibi à tes collègues. Sacks a vérifié. Elle était bien à un concert de bienfaisance à l’heure estimée de la mort de Troy.
- Et merde, on a rien ! gronda la blonde.
- J’ai assisté à la fin de votre entrevue avec Maggie et vous avez avancé. Elle nous livre son père sur un plateau. Avec cette affaire, on pourrait atteindre notre objectif et rentrer à New York avec la certitude de coincer le vieux Finnegan pour meurtre.
- Pas vraiment ce qu’on espérait, reconnut Theo. Mais faute de grive, on mange des merles...
Declan allait couper court aux citations quand Blake prit la parole.
- Pour cela, il faudrait que son histoire soit vraie.
Tous dévisagèrent le profileur.
- Elle a menti tout le long de l’interrogatoire. Sa bouche disait le contraire de son visage. Je ne suis pas si sûr que son père ait tué Troy. On doit être certain de notre coup, on n’aura pas de deuxième chance face à lui...
Veronica allait objecter qu’encaisser une mauvaise nouvelle avec retenue n’était pas forcément suspect. Declan renchérit.
- Attention à ne pas trop creuser, sous peine de perdre une occasion en or de faire tomber le réseau Finnegan…
Blake allait se ranger à l’avis de son supérieur quand Logan intervint.
- Développe, Hunter. Si ton instinct est à moitié aussi bon que celui de V...
- Elle n’a pas réagi comme on s’y attendrait. Normalement, l’équation “mauvaise nouvelle” plus “nom d’un proche” égal crise de larmes, cris, effondrement… Pour les plus résistants, (il dit cela en fixant Veronica) on voit une mâchoire qui se crispe. Mais là. RIEN ! Ensuite, elle a tout fait pour mettre son père au centre du débat. Comme si elle savait qu’on était intéressé par le bonhomme. Elle a tout fait pour l’accuser du meurtre de Troy. Plus l’entretien avançait, plus elle incriminait son père. Certes, elle le méprise mais de là à l’accuser de meurtre devant des fédéraux ?
- Où est le mal, s’enquit Logan.
Veronica qui commençait à entrevoir ce que Blake avait compris lui expliqua.
- C’est trop facile…
- A d’autres, V. On ne cherche pas une autre piste parce que celle qu’on a est trop facile.
- Maggie n’a pas cherché à savoir ni quand, ni comment il était mort… Ce sont deux questions essentielles qu’on pose quand on perd un proche. Tu le sais, tout comme moi… Rappelle-toi Lynn.
Une ombre traversa le visage de Logan.
- Ok. Mais face à ce genre de situation, parfois on occulte et on se met en quête d’un coupable pour ne pas faire face… Tu le sais…
Veronica encaissa la référence à son coup d’éclat à la mort de son père. Les autres agents observaient l’échange. Pete Declan essayait vainement d’intervenir pour leur rappeler le sens de leur mission à Neptune. Peine perdue. Logan, Blake et Veronica confrontaient leurs ressentis, leurs histoires et leurs réflexions. Ils étaient dans leur bulle.
- Elle le sait. Elle le sait tellement qu’elle a mis en garde Maggie, commenta Blake. Mais là n'est pas le problème, je suis persuadé que Maggie nous ment. Elle en sait plus qu’elle nous en a dit. Elle n’a pas été curieuse. Elle n’a pas cillé à l’annonce. Elle a agi comme si elle savait déjà tout ce qu’on lui a dit. En fait, j’ai eu l’impression tout le long de l’entretien que...
- c’est elle qui était là pour nous apprendre des choses…conclut Veronica qui comprenait de plus en plus l'analyse de Blake.
Logan baissa les bras. S’ils étaient deux pour fouiner dans des directions inutiles, il n’allait pas les contredire et puis il espérait que leur boss les rappelle à l’ordre.
- Bon si je résume : Sinclair, Ratner innocents, du moins dans notre affaire. Jake Kane aussi, son chef de la sécurité vient de me faxer l’emploi du temps du Maire à l’heure de la mort. Il nous reste : Maggie, Celeste ou l’homme invisible.
A ce stade, Logan préférait avancer une troisième possibilité plutôt que les voir chatouiller la femme du Maire.
- Oublie l’invisible pour le moment. Concentrons-nous sur Maggie et Celeste, tempéra Veronica.
- N’en déplaise à Mademoiselle Sinclair, une femme n’aime pas partager son amant. Voyons laquelle des deux sait pour l’autre, proposa Granger tout émoustillé par la tournure sexuelle de l’affaire.
- Il va falloir ré-interroger Celeste, dit Veronica en plantant son regard dans celui de Logan.
- Pourquoi pas Finnegan ?
- Parce qu’on ne peut pas prendre le risque que le père nous sente arriver, expliqua Declan en posant une main sur l’épaule de Logan.
En le regardant, le shérif vit tout l’accablement du chef. Declan avait espéré mener une enquête depuis des sous-marins newyorkais. Miser sur une possible inculpation pour meurtre à l’encontre du plus grand mafieux de la Grosse Pomme réveillait ses migraines et ses angoisses.
Elle claqua la porte de sa voiture de location. Elle détestait la couleur voyante que lui avait refilé le loueur. Elle la prenait comme une insulte à la tâche qu’elle avait à remplir. Mac inspira un grand coup, elle avait besoin de se calmer. Elle ne s’était pas faite à cette partie du boulot. Elle aurait aimé que son collègue fasse le déplacement mais il était trop occupé à endiguer la propagation du stock de drogue mal préparée. Alors qu’elle allait tirer le portillon, elle remarqua une présence contre la clôture. Il avait observé son petit manège en silence, chacun se préparait comme il pouvait à des tels moments.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- J’ai pensé que tu aurais besoin d’aide…
- Pas faux, admit Mac en le saluant. Mais à quel titre te présenteras-tu ?
- Détective privé…
Weevil ne put achever son explication, déjà la porte d’entrée s’ouvrait à la volée. Une femme d’une cinquantaine d’années en tailleur jupe s’agitait sur le perron. Elle criait à sa fille de se presser.
- Britany, je pars. Dépêche-toi de descendre ! Tu ne vas quand même par arriver en retard à ton heure de colle ?
- Et risquer de m’en prendre une autre, rétorqua une adolescente au look gothique qui dévalait les marches. Enfin, je ne pas crois qu’on sera en retard à cause de moi aujourd’hui…
L’adolescente dépassa Mac et Weevil sans s’arrêter. La mère de famille sembla enfin les voir.
- Qui êtes-vous ?
- Agent du NCIS, bureau de Portland, débita Mac en tirant sa carte.
Instinctivement, la quinquagénaire porta une main à sa bouche tandis que sa fille cessait d’envoyer des sms.
- NCIS, c’est les enquêteurs de la Navy ? s’enquit l’adolescente.
- Oui.
- Scott a son bateau stationné à Portland.
- Avait, répondit mécaniquement Mac. Nous faisons notre possible pour que son corps vous soit rendu au plus vite.
- Son corps ? Son corps ! hurla Britany. Les funérailles ?
Le visage de la mère se décomposa, Mac accusa le coup. Visiblement, la mère n’avait pas jugé bon d’informer sa fille du décès de son frère et Mac venait de le faire sans prendre de gant.
- Britany, calme-toi…
- Que je me calme ?! Scott est mort ! Nathan est à l'hôpital ! et tu voudrais que je me calme ?! Quand est-ce que tu comptais me le dire ? Quand !
La mère de famille tenta de s’approcher d’étreindre sa fille mais celle-ci se dégagea et s’enfuit en courant.
- Laisse-moi, je vais être en retard à ma colle.
Effondrée, elle regarda sa fille s’éloigner. Mac esquissa un sourire gêné. Eli la tira de l’embarras.
- Vous la voyez encore comme une enfant. Vous voulez la protéger. Elle le comprendra un jour mais ça prendra du temps.
- Si vous le dites. Pourquoi êtes-vous là ? Vous avez avancé ?
- Oui. Nous savons d’où provenait la drogue qui a tué Scott, commença Mac.
- Vous vous êtes déplacés exprès ?
- Non. C’est en suivant la piste de la drogue que je suis arrivée ici.
- La drogue qui a tué mon fils ainé vient de chez nous ?
Madame Keane porta une main tremblante à sa bouche.
- Vous devriez vous asseoir madame, conseilla Eli avant de laisser Mac poursuivre.
- Elle provient du même fabricant que celui qui sévit au lycée de Neptune high.
- Pardon ? Vous êtes en train de me dire que la dope qui a mis mon cadet dans le coma et la même que celle qui a tué mon aîné ? C’est bien ça ?
Mac opina en silence.
- Je pensais que l’armée l’avait sorti de la drogue… Quelle conne j’ai été. Nathan approvisionnait son frère, n’est-ce pas ? C’est comme ça que Scott a été en contact avec la même drogue que son frère. Oh mon dieu, Nathan a tué Scott.
A ces mots, elle s’effondra assise sur les marches.
- Comment je vais annoncer ça à Britany ? Et à Nathan quand il se réveillera ?
- Cela ne vous soulagera pas, mais nous avons mis la main sur le responsable du réseau de drogues. Il va tomber.
Lentement, la mère releva la tête.
- Merci.
Veronica, Blake et Logan se mettaient d’accord sur le stratagème à employer pour attirer Celeste Kane au poste pour un nouvel interrogatoire, quand Declan héla ses deux subordonnés.
- Hé ! Vous deux, venez par là.
Blake et Veronica obéirent.
- Un problème, chef ? s’enquit Blake tendu.
- Ne vous trompez pas d’enquête, dit simplement Declan.
- Pardon ?
- Vous m’avez bien compris, Mars. Nous sommes là parce que vous m’avez dit que le Maire redouterait votre présence mais pour le moment, rien à signaler.
- Parce que vous êtes là.
- Vandergraff est mort. Sans ce lien sentimental avec la fille de notre mafieux, notre venue ici serait un total désastre.
- Elle nous offre son père sur un plateau.
- Plateau que vous voulez faire tomber avec vos scrupules et autres intuitions, tous les deux, grommela Declan.
- C’est quoi le problème, boss ? demanda Blake qui ne reconnaissait pas son chef.
Declan était réputé pour son respect des compétences et avis des membres de son équipe.
- On vous met la pression, analysa Veronica. On dérange ici ?
- Disons que certains chefs de section trouvent qu’on n’est pas sur la bonne côte...admit Declan.
- Je vais où sont les preuves et les coupables, répondirent en choeur Blake et Veronica.
- Comme moi. Je disais juste qu’il va nous falloir des résultats et vite. Alors ne perdez pas de temps avec votre guerre personnelle contre les Kane.
- Je n’en suis plus là, chef.
- Si vous le dites…
Logan venait de frapper à la vitre, il faisait signe à Veronica de le rejoindre. Elle obtempéra sans se soucier de son patron. Les remarques sous-entendues par Declan l’avaient un peu blessé. Il redoutait encore qu’elle soit l’élément instable de l’équipe. Elle pensait que son infiltration au club de strip-tease avait effacé tout ça mais non. Aussi, elle passa ses nerfs sur la porte. Les stores claquèrent.
- Je crois que je l’ai vexée.
- Pensez donc, plaisanta Blake.
- Vous ne la connaissez pas Hunter. C’est un agent instable…
- Vous vous trompez. Je la connais. Je la connais bien.
- Elle a failli tuer Jake Kane parce qu’elle le pensait coupable du meurtre de son père. On ne peut prendre le risque qu’elle se trompe de voie, pas encore une fois.
- Qui a dit qu’elle voulait le tuer ? Personne. Elle a tout juste menacé le type.
- Avec une batte et devant témoin.
Blake n’écoutait pas les arguments de son patron, il plaidait la cause de Veronica. il essayait de faire voir à Declan ce que lui voyait en Veronica.
- Je ne connais personne d’aussi fidèle à sa voie. Elle avance dessus, seule et toujours droite. C’est…
- étonnant quand on sait le parcours qu’elle a eu. C’est très étonnant de la voir encore défendre la vérité quand on a grandi dans la corruption et le mensonge.
Cette fois ce fut Blake qui observa son boss. Son silence amusa le chef.
- Il n’y a pas que vous qui souhaitez la protéger. Certes, mon engagement est moins physique mais tout aussi solide. J’ai récupéré l’agent Mars parce que je crois en elle. Hors de questions que ce retour aux sources nous la brise.
- Message reçu.
Veronica avait suivi du coin de l’oeil l’échange entre son patron et son amant. Logan la ramena au présent en lui donnant un coup de coude. C’était son idée, à elle de la mettre en place.
- Bon, on fait comment pour faire revenir Celeste sans alerter toute l’armada ?
- Kane te fait peur à ce point-là ?
- Je n’ai pas peur mais je ne veux pas froisser le grand patron non plus.
- Inquiet pour ton poste ?
- Inquiet pour la ville.
Veronica sourit devant tant d’altruisme. Logan le remarqua.
- Quoi ?
- Rien. Rien. Kate a une excellente influence sur toi. L’ancien Logan aurait foncé tête baissée.
- On grandit.
- Bon, alors, qu’est-ce que tu proposes ?
- Kane a un discours public demain. On se charge de la sécurisation. je peux prétexter une réunion avec lui….
- C’est sa femme qu’on veut voir, glissa Blake qui venait de les rejoindre.
- Peut-être mais je veux voir sa réaction quand on le mettra devant le fait que sa femme le trompe et paie l’homme en question pour quelques galipettes, dit Veronica en agitant les relevés bancaires de Celeste que Theo venait de lui transférer.
- Kane n’aime pas qu’on le mène en bateau. S’il a tout découvert, il a très bien pu tuer Troy…concéda Logan.
- OK. Alors, tu appelles le Maire mais il ne viendra pas avec sa femme, déclara Blake.
- Sauf si, commença Veronica qui comprenait l’idée de Logan, on appelle Kane juste avant qu’ils sortent déjeuner. S’ils sont tous les deux dans la voiture, il ne laissera pas sa femme sur le trottoir.
D’un geste de la main, Logan valida l’idée de Veronica.
- Parfait, conclut Blake en observant sa montre. On va devoir faire vite. Il est presque midi.
- Sacks, tu peux appeler monsieur le Maire. On doit vérifier le système de sécurité de demain…
Ils allaient regagner leur salle pour la mise en place quand Mac entra dans le poste. Elle avait les yeux rougis. Eli la soutenait. Sans un mot, le motard, la blonde et le shérif se comprirent. Logan les guida vers son bureau. Veronica tira une chaise pour son amie. Eli l’assit de force. Logan sortit une bouteille à demi-pleine d’un liquide ambré. Blake voulut entrer mais Veronica l’en dissuada. Ils avaient besoin d’être seuls. Blake l’accepta.
- ça c’est mal passé ? demanda Logan en versant une rasade de whisky dans chaque verre.
- ça se passe toujours mal, ce genre de choses, répondit Mac du tac au tac.
Pour s’excuser, Logan poussa le verre vers l’agent du NCIS. Elle le prit et joua avec le contenu.
- Tu savais que tu allais être confrontée à ce genre de situation en prenant le job, dit Veronica en buvant son propre verre.
- Le savoir n’en réduit pas la difficulté.
- Allez, tu le sais Mac, life is a bitch, donc cul sec, ça ira mieux après, dit Veronica en tintant son verre contre celui de Mac.
- Je peux pas.
Ses amis la fixèrent, incrédules. Voir Mac baisser les bras, c’était si rare. Lentement, elle posa son verre sur le bureau.
- Menez l’interrogatoire de Ratner, ça t’aiderait? demanda Logan, soucieux d’apaiser les tourments de Mac. Il doit signer ses aveux dans la journée.
- Oui mais non.
- Ah, c’est 1 ou 0 ? plaisanta Veronica.
Mac lui sourit en croisant les mains sur son ventre.
- Oui, tu veux interroger Ratner. Non, tu ne peux pas boire le verre, souffla Eli à mi-voix.
Le regard de Mac se tourna vers le motard.
- Tu es enceinte !
- COMMENT?! s’écrièrent Logan et Veronica.
Discrètement, Veronica observa la ligne de son amie. Les tenues floues qu’elle portait dissimulaient bien un possible début de grossesse.
- Ne me dites pas que vous ne savez pas comment on fait, rétorqua Mac souriant enfin.
Tandis qu’ils congratulaient la jeune femme, Sacks toqua à la porte. Le maire était là. Veronica allait rejoindre son équipe quand Mac la retint.
- Wallace voulait te l’annoncer au dîner de répétition du mariage.
- Il a toujours aimé les annonces grandiloquentes.
- Raison de plus pour que je le court-circuite… On a déjà choisi le prénom.
- C’est pas un peu tôt ??
- En temps normal, ça le serait. Mais, j’ai dû passer des examens… Rien de grave. Bref, on sait déjà que ce sera un petit gars. Et ce sera Keith.
Une larme perla au coin des yeux de Veronica. Les deux amies s’étreignirent avant de rejoindre la salle d’interrogatoire.
En quittant le bureau de Logan, elles virent Sacks accueillir le Maire et son épouse à l’accueil. Sacks les retint juste assez longtemps pour que les deux jeunes femmes regagnent leurs postes. Mac s’isola dans la salle d’observation pour communiquer avec son équipe les dernières avancées et convenir de la date de son retour une fois l’interrogatoire de Ratner bouclé. Veronica s’installa dans la salle d’interrogatoire, qui était devenue leur QG. Blake, Theo, Ridley et Pete Declan l’attendaient.
- Comment veux-tu procéder ? s’enquit le chef de section.
- J’ai besoin de Granger et de toute sa finesse en matière de femme. Theo peut rester pour enregistrer la conversation.
- Tu n’as pas besoin d’un analyste ? glissa Declan.
Blake remercia intérieurement son boss d’avoir posé la question. Il vivait mal que Veronica l’écarta de sa piste.
- Si. Mais il sera plus utile dans l’autre salle. Celeste, je peux gérer. J’ai surtout besoin de savoir ce que Jake ne sait pas. Deux options sont possibles, soit elle a tué Troy par jalousie vis à vis de Maggie. Soit il l’a tué pour ne pas être la risée de tous sur la place publique.
- C’est risqué…
- C’est Kane. Il aime le risque. Donc, Blake sera plus utile à côté du Maire.
- Ok. Comment tu appâtes Celeste ?
- Logan se charge de nous l’amener. Donc, en place. Granger, tu peux te lâcher. Plus tu seras misogyne, plus ça nous aidera.
- Compte sur moi.
Theo roula des yeux. Et dire qu’il serait aux premières loges pour entendre tout ça.
- Si vous voulez bien attendre ici, glissa Logan en ouvrant la porte.
Il fit mine de s’étonner quand il remarqua Veronica, Theo et Ridley en pleine discussion. Il feignit de partir quand Celeste le bouscula pour entrer.
- Vos locaux ne sont pas immenses. Laissez, je peux supporter cela.
Veronica ne réagit pas à la pique et continua de dérouler son scénario.
- Non, sérieux, j’arrive toujours pas à comprendre, dit Granger. Elle me fait froid dans le dos cette nana. Elle collectionne les mecs comme des paires de chaussures.
- C’est le côté collection qui te choque ou tu ne supporterais pas la comparaison avec les autres amants ?
- Avec moi, il n’y a pas de comparaison possible.
- Donc, c’est la collection qui t’effraie…
- Tu sais, moi, les fétichistes..., plaisanta Granger.
- Une femme qui a plusieurs partenaires n’est pas fétichiste, elle a des besoins, relança Veronica.
Elle appuya sur le dernier mot, espérant susciter l’intérêt de Celeste pour leur conversation, sinon, ils perdaient leur temps et elle se ridiculisait devant témoins.
- Des besoins ? Te fous pas de moi, vous avez toujours la migraine quand on a envie.
- ça dépend du partenaire, murmura Celeste qui vérifiait ses mails sur son téléphone.
Le coeur de Veronica manqua un battement. Elle avait mordu à l’hameçon. Elle espérait que Granger ne mettrait pas tout en l’air. C’était à lui de l’attirer plus en avant.
- Comment ça ? Si la nana qui partage mon lit n’a pas envie de moi, elle a qu’à quitter le pieu direct !
- Ce n’est pas aussi simple, répondit Celeste en se redressant sur sa chaise.
Elle prenait des allures de professeur outragée du manque de connaissance de son élève. Elle rabroua sévèrement Granger.
- On peut avoir de la tendresse pour la personne qui partage notre lit mais avoir des besoins plus pressants. Et pour le bien du couple, il faut trouver le moyen de les étancher.
- En gros, votre truc, c’est “je t’aime, mais tu bandes plus assez pour moi donc je vais voir ailleurs”.
- Vous manquez de poésie mais c’est à peu près ça. Une femme d’âge mûr que son mari n’honore plus, n’a-t-elle pas le droit de chercher un partenaire pour assouvir ses besoins ? Lorsque vous perdez votre partenaire de double au tennis, vous en prenez un nouveau ; en quoi cela serait-il différent ?
- Et quitte à changer, vous en choisissez un plus jeune, plus performant que vous couvrez de cadeaux pour qu’il reste vigoureux, n’est-ce pas Madame Kane, observa Veronica.
Subitement, Celeste se ferma et esquissa une moue.
“Madame Kane”, c’était le signal. Theo envoya un sms à Logan qui rappliqua aussitôt avec le Maire dans la salle d’observation. Jake voulut s’offusquer et demander pourquoi sa femme se faisait interroger sans avocat mais les propos qu’elle tenait le surprirent tellement qu’il se tut.
- C’est la performance que vous êtes allée chercher chez Troy ? questionna Veronica.
Celeste ne lui fit pas l’offense de lui demander comment elle avait comprit. Avec les Mars, il était inutile de demander.
- Cela et la fantaisie, aussi… Jake est tellement accaparé par son mandat de Maire… Revoir Troy, ça a été rafraîchissant. ça m’a rappelé ces moments où j’étais un tant soit peu heureuse… J’ai pensé qu’il n’y avait pas de mal à se faire du bien. Après, j’ai les moyens de lui payer quelques petits cadeaux, si ça le rendait plus vigoureux, je n’allais pas m’en priver...
Les mâchoires de Jake se contractaient au fur et à mesure que Celeste s'épanchait sur sa relation avec Troy. Blake le remarqua et en fit part à toute son équipe via les sms.
- On peut faire du mal aux autres en se faisant du bien, déclara Veronica tout en répondant à Blake. On doit faire attention aux gens qu’on aime.
Veronica n’eut pas le temps d’interroger Celeste sur les chèques qu’elles faisait à Troy que déjà la porte de la salle s’ouvrait vivement. Jake Kane pénétra dans la salle, mâchoires serrées, Logan, Blake et Declan sur les talons. L’un pour guetter les réactions ; les autres pour parer toute attaque envers Veronica.
Veronica planta son regard dans celui de Jake. Elle essaya de rester impassible mais au fond d’elle, elle jubilait. Jake Kane se retrouvait confronté à la même situation qu’elle : son monde s’effondrait et il perdait les pédales. Elle savourait, plus qu’elle n’analysait la situation.
Heureusement qu’il avait vite suivi le mouvement, sinon, Blake n’aurait pas pu voir le léger apaisement qui avait traversé le visage de Kane quand son regard s’était posé sur Veronica. La colère reprit le dessus quand il se tourna vers sa femme.
- Comment as-tu pu ?
- Oh, oh… Deux Kane, une Mars et des accusations extra-conjugales… Comme au bon vieux temps, tenta de plaisanter Celeste.
Aucun ne goûta la blague. Jake mit même davantage de distance entre sa femme et lui. Certains pensaient que c’était dû au dégoût qu’elle lui inspirait. Blake n’était pas de ceux-là. Pour lui, Jake avait choisi son camp. Il s’était rangé du côté de Veronica.
- Pourquoi tu as couché avec lui ?
- Comme je l’ai dit, une femme a des besoins.
- Je n’en crois pas un mot, rétorquèrent Jake et Veronica.
Ils s’observèrent surpris par cette simultanéité. Blake en sourit.
- Comme vous voulez mais je ne changerai pas de discours. Troy était mon toy boy parce que mon mari ne pouvait plus me satisfaire sexuellement. Est-ce que j’ai tué Troy parce qu’il avait une petite amie de son âge ? Non. Tant qu’il honorait sa part du contrat, je m’en contrefichais et peu importe ce que ça me coutait.
A ces mots, Celeste se leva et se tourna vers son mari.
- Je suppose que je dois appeler Clarence pour rentrer.
Pour toute réponse, Jake quitta la pièce en empoignant sa femme sans ménagement et en adressant un regard sombre sur le shérif, qui les suivit la mine contrite.
- ça va barder. On ne met pas le Roi en colère impunément, conclut Veronica.