HypnoFanfics

Hopes dies at last

Série : Veronica Mars
Création : 14.03.2018 à 21h15
Auteur : Elodielodi 
Statut : Terminée

« Encore un univers alternatif (parce que j'aime bien !) qui débute dès la saison 1.  » Elodielodi 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 57 paragraphes

Afficher la fanfic

Elle arriva à la bibliothèque presque sereine. Elle avait profité d’une marche rythmée pour évacuer le surplus de rage emmagasiné au cours de la discussion. Aussi, elle avait choisi d’occuper un ordinateur à la bibliothèque plutôt que d’utiliser le sien resté dans la chambre de Wallace pour éviter de croiser son petit-ami.

Elle consulta de nouveau son mail et croisa les informations avec celles de ses enquêtes. Il s’agissait du petit-ami infidèle.

 

Veronica V off : Il a retiré de l’argent à un distributeur ……. Près d’un bar typiquement masculin. Ceci expliquerait ces absences inexpliquées et les divers cheveux, odeurs féminines et suçons retrouvés par la petite amie.

 

Elle regarda sa montre, il était presque 15h. Elle avait peut-être encore une chance de vérifier sa théorie et de l’y trouver pour la photo gagnante. Alors qu’elle allait quitter sa place, quelqu’un s’assit furtivement à ses côtés. Veronica scruta alors les environs pour vérifier qu’il était seul.

- Ne t’inquiète pas, je suis venu seul.

- Comment m’as-tu trouvée ?

- J’ai compris ton fonctionnement depuis le temps. Enfin… la plupart du temps ! ajouta-t-il en souriant.

 

Veronica sourit enfin à son BFF. Wallace l’étonnerait toujours.

 

- Oublie ce qu’il a dit, il est maladroit. Il veut seulement te savoir en sécurité.

- Je sais, mais je ne supporte pas qu’on me dise quoi faire.

- Et je ne comprends pas pourquoi il ne l’a toujours pas compris !

 

Ils se sourirent de nouveau et alors qu’elle allait fermer sa session, elle reçut un nouveau mail.

 

« Mouvement sur le compte n°347280-4366867584.

Date : 09/11/06

Heure : 14h33

Nature : CB CRF PEACHLAND B.C. Fact 09-13-06

Montant : 79,91 $ »

 

Ah. On dirait que je vais rentrer tard ce soir chéri. Déclara-t-elle alors qu’elle était déjà en train de pianoter les nouvelles informations sur son moteur de recherche préféré.

- Je te laisse alors. Je coucherai les enfants de bonne heure.

 

Elle lui répondit par un clin d’œil rapide avant de se concentrer de nouveau sur son écran. Il ne s’offusqua pas de son manque de réaction. Il savait que quand elle passait en mode détective, elle en oubliait parfois tout sens de la répartie. Il se retourna une dernière fois dans sa direction avant de passer la porte, elle avait l’air perplexe. Il choisit de ne pas la déranger. Elle viendrait vers lui toute seule si elle avait besoin d’aide.



Elle était en effet perplexe. Elle ne trouvait rien concernant ce paiement à « CRF PEACHLAND B.C. ». Lieu inconnu, inexistant. C’était étrange. Elle se demandait réellement où le demi-frère jaloux avait pu réaliser une telle dépense. Elle décida de rechercher dans ses relevés de compte s’il avait déjà effectué d’autres paiements à cet endroit par le passé.

 

Elle éplucha donc les derniers mouvements bancaires. Elle fronça les sourcils. Elle ne se souvenait pas avoir vu ces activités quand elle avait pris l’affaire quelques jours auparavant. Elle relut encore jusqu'à tomber sur ce qui clochait.

 

Veronica Voff : Mais où sont passés les relevés des vingt derniers mois ?

 

Et alors qu’elle se questionnait intérieurement, ses yeux se posèrent sur la réponse. Elle ne bougea pas d’un pouce pendant plusieurs secondes, peut-être même était-ce des minutes. Le vide total dans son esprit, elle était déconnectée. Elle cligna ensuite longuement des yeux, son cerveau reprit du service et réalisa.

 

Veronica V off : Il y a eu un mouvement bancaire, il y a exactement 46 minutes, sur le compte de … Logan Echolls.

 

Elle n’en revenait pas. Elle se rappela ensuite qu’elle avait mis en place une alerte sur son compte bancaire lorsque Duncan lui avait demandé de le chercher. Elle n’avait jamais pensé à l’enlever. Elle reprit donc ses recherches sur ledit lieu mystère. Son moteur de recherche spécial détective ne trouvant rien, elle se résigna à utiliser le même que le commun des mortels.

 

Veronica Voff : Et ceci explique cela. Peachland est une ville canadienne. Private eyes se limite aux Etats Unis… Logan, que fais-tu au Canada ?

 

Elle ferma les yeux en se pinçant les lèvres. L’espace d’un instant elle avait oublié.

 

Veronica Voff : Logan est mort. Probablement encore un coup de Trina qui n’a plus un rond…

 

Elle quitta rageusement sa session et partit traquer sa proie au bar à strip-tease de la ville.


Elodielodi  (01.05.2018 à 20:57)

Wallace guettait Veronica du coin de l’œil depuis le début du repas. Ils dînaient en tête à tête tous les jeudis soir et il la trouvait étrangement calme cette fois. Il avait pourtant cru qu’après les mots de Piz ce midi et l’avancée de son enquête, sa miss détective préférée serait un vrai moulin à paroles. Au lieu de ça, elle avait l’air pensive. A des kilomètres de là.

 

- Tu rumines encore la dispute de ce midi ?

 

Elle releva la tête en sortant de ses songes. Elle l’avait entendu parler mais n’avait pas compris ce qu’il avait dit.

 

- Tu as croisé Piz ?

- Non, pas depuis le déjeuner.

- Il s’est mal exprimé tu sais, je pense qu’il veut juste te savoir en sécurité.

- Je sais.

 

Il attendait une suite à ses propos, mais rien ne vint. Elle était de nouveau songeuse.

 

- C’est tout ? Je t’ai connue plus loquace. Pour une fois que je ne ferme pas la porte à une discussion de filles… tenta-t-il de plaisanter.

- Et mince, il faudrait qu’on pense à synchroniser nos montres. Se força-t-elle à répondre.

 

Wallace n’était pas dupe. Il avait vu à son expression qu’elle n’avait pas envie de parler. Il avait l’impression de la déranger. Mais il savait aussi que Veronica ne se confiait qu’à lui en cas de réel problème et que Mac l’aurait averti si Veronica avait discuté avec elle. Il insista alors.

 

- Veronica. Il attendit d’avoir son attention avant de continuer. Ce n’est pas Piz n’est-ce pas ?

 

Elle plongea ses yeux dans les siens. Elle espérait qu’avec le temps il soit devenu télépathe. Elle n’avait pas envie d’en parler. Depuis sa découverte, son esprit était plongé dans une période délicate qui lui faisait inévitablement penser à Lilly et à tous les merveilleux projets qu’elles avaient eus toutes les deux pour quand elles seraient à l’université. Mais Wallace ne lisait pas encore clairement dans ses pensées, bien qu’il soit capable de s’en approcher. Elle soupira après quelques instants et se décida à avouer. Après tout, si quelqu’un pouvait comprendre, c’était bien lui.

 

- J’ai découvert quelque chose qui depuis me trotte dans l’esprit et me ramène à mon passé douloureux. A Lilly…

- Tu veux m’expliquer ? Si non, je comprendrai.

- Tout à l’heure, à la bibliothèque, j’ai reçu une alerte concernant une vieille enquête que je pensais close.

- Je te trouvais tracassée en quittant les lieux, je pensais que c’était lié à Piz.

- Non. C’était lié à … elle soupira de nouveau avant de continuer : Logan Echolls.

 

Un ange passa. Elle n’avait pas prononcé ce nom à voix haute depuis longtemps, il ne l’avait pas entendu depuis tout autant. Comme elle plusieures heures plus tôt, des milliers de questions s’agitèrent dans son cerveau, une fois la surprise passée. Elle reprit la parole avant qu’il ne la questionne.

 

- C’était une alerte concernant un mouvement sur son compte bancaire. J’avais complètement oublié que j’en avais placé une lorsque je le recherchais avec Duncan… Bref il, enfin quelqu’un a utilisé son compte. Au Canada.

 

Il intégra et essaya d’imaginer ce qu’il se passait dans sa petite tête blonde. Il n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps.

 

- Et si c’était lui ?

 

Sa voix était tellement faible qu’il n’était même pas sûr qu’elle avait parlé. Et cette question lui paraissait absurde dans sa bouche à elle, si rationnelle. Ce fut son tour de plonger son regard dans le sien. Il y vit bien une lueur d’espoir, cachée par un voile de tristesse. Son cœur se serra. Il s’appliqua à trouver les bons mots.

 

- Ses richesses ont surement été redistribuées à d’autres membres de la famille qui en ont profité pour aller voir du pays.

- Tu as raison. Mais qui part en vacances à Peachland ? Ce sont deux rues qui se croisent au bord d’un étang ! s’énerva-t-elle.

- Tu sais comment est Trina. Partisante du moindre effort. Pourquoi se serait-elle donnée du mal à effectuer des démarches alors qu’il suffisait juste d’utiliser la carte bleue de son frère ?

 

Wallace n’avait pas tort. Ses explications faisaient son petit bonhomme de chemin dans son esprit. Il l’avait vue à son retour du Mexique, quand elle avait cru qu’il y avait trouvé asile, il ne voulait pas qu’elle nourrisse à nouveau de faux espoirs.

 

- Si Logan était en vie, il y a bien longtemps qu’il l’aurait utilisé, son compte. Je te rappelle qu’il trouvait bon marché de payer Mac 500$ de l’heure pour « réparer » son ordinateur même pas en panne !

- Elle qui pensait lui jouer un mauvais tour… Mac aurait dû le laisser donner son prix. Elle aurait touché un encore plus gros jackpot.

 

Ils se sourirent. Wallace avait gagné. Il l’avait tirée de sa torpeur.

 

- Bon alors, comment rendre la monnaie de sa pièce à Piz ?

- Hey, tu oublies que c’est mon ami !

- J’ai pourtant cru entendre tout à l’heure que tu étais prêt pour une discussion de fille.

- On dirait que tu as raté le coche. La taquina-t-il.

 

Elle ria de bon cœur. Ils passèrent la soirée à déblatérer à tout va avant de rejoindre Mac et Piz. Ce dernier s’excusa auprès de sa belle, ayant compris, non sans l’aide de Mac et Wallace, qu’il avait été indélicat. Attendrie et soulagée, Veronica l’embrassa tendrement sous les protestations de ses deux amis.


Elodielodi  (02.05.2018 à 21:00)

Décembre 2006

 

Bon, dis-moi ce qu’il se passe maintenant.

 

Veronica soupira bruyamment. Elle savait qu’elle allait se faire cuisiner et pensait sérieusement à passer aux aveux.

 

- Tu préfères peut-être attendre que les garçons arrivent ?

- Non…

- Donc ? Qu’est-ce qui peut bien te rendre aussi morose ces derniers temps ? Des problèmes avec Piz ? Une dispute avec ton père ?

- Hé Mac, Stop ! Si tu me laissais en placer une, tu aurais plus de chances d’avoir réponse à ta question.

- Pardon. Excuse-moi. L’excitation de savoir enfin. C’est bon. Je t’écoute.

- Ça doit rester entre nous, d’accord ?

 

Mac acquiesça.

 

- Le mois dernier, il y a eu un mouvement bancaire sur le compte de Logan. Echolls. Au Canada.

 

Un ange passa. Mac était tiraillée entre l’envie de rire et celle de hurler sur son amie.

 

- Et ? C’est tout ? C’est ça qui te perturbe ? C’est peut-être Trina qui …

- Ce n’est pas Trina… Wallace m’avait convaincue qu’elle y était pour quelque chose mais...

- Wallace est au courant ? Je le savais…

- Au courant de quoi ? Répondit le principal intéressé dans son dos.

- Euh… Rien. Dit-elle en regardant Piz s’installer à la table en volant un baiser à Veronica.

 

Wallace jeta un regard inquiet à Mac, puis à Veronica, qui le lui rendit. Piz, qui venait d’assister à cet échange triangulaire, intervint un tant soit peu agacé.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Encore une chose mystérieuse que je ne dois pas savoir ? A moins que tu ne fut  en train d’avouer à Mac ce que Wallace refuse de me dire : que tu en as marre de moi.

- Arrête Piz, tu sais bien que ce n’est pas ça, dit-elle, lasse de devoir toujours le rassurer.

- Alors pourquoi tout le monde semble au courant de ce qui te taraude, sauf moi ?

- Tout va très bien. S’agaça-t-elle.

- Ah oui, tout va très bien. Surtout entre nous, on vit le parfait amour. Essaya-t-il d’ironiser. Elle leva les yeux au ciel.

- Wallace, tu veux bien venir avec moi ? Je ne suis pas sûre d’avoir assez de crédits sur ma carte étudiante pour payer mon café. Demanda précipitamment Mac en se levant. L’autre ne se fit pas prier et se leva aussitôt.

- Inutile de vous enfuir, la discussion est close. Piz, on parlera des problèmes que tu nous inventes en privé, si tu le veux bien, dit Veronica placidement.

 

Vexé, Piz emporta son plateau et se dirigea vers la terrasse. Wallace attendit que les portes de la baie vitrée se referment sur lui pour reprendre la parole.

 

- Tu devrais lui dire, Veronica.

- Lui dire quoi ? Il ne connaissait même pas Logan…

- Je ne parlais pas de ça. Dis-lui que tu n’attends pas les mêmes choses que lui de votre couple. Ou dis-lui carrément que tu n’attends plus rien. Il ne décrochera pas le premier, si c’est ce que tu espères. Il tient beaucoup trop à toi, il fera tout pour sauver votre couple.

- Hé ! Mais je n’ai jamais envisagé de quitter Piz ! S’étonna Veronica.

- Peut-être, mais as-tu déjà envisagé de continuer avec lui ? Demanda Mac, espérant faire mouche.

 

Et ça marchait. La blonde semblait mouliner les remarques de ses amis dans sa petite tête.

 

- Je vais aller voir dans quel état il est et essayer de le calmer. Encore. Lança Wallace sans méchanceté envers son amie.

 

Elle n’eut que le temps de lui renvoyer un petit sourire avant qu’il ne disparaisse à l’extérieur.

 

- Vous pensez vraiment que je n’aime plus Piz ?

 

La brune prit le temps de sonder son amie avant de répondre. C’était une vraie question. Alors elle lui en retourna une autre.

 

- Penses-tu l’avoir jamais aimé ?

 

La moue de Veronica fit sourire Mac. Elle l’avait sa réponse, mais ne semblait pas lui convenir.

 

- Il est gentil…

 

Alors qu’elle essayait de convaincre sa copine, elle se rendit compte de ce qu’elle venait de dire. Elle pinça ses lèvres pour étouffer un rire. Mac fit de même.

 

- Faudra être plus convaincante avec lui, s’amusa-t-elle. Ou pas. Reprit-elle plus sérieusement.

- Je vais faire des efforts, se reprit Veronica en secouant la tête.

 

Mac ne comprit pas ce tournant de la discussion. Elle pensait avoir ouvert les yeux à Veronica sur ses sentiments, et l’avoir convaincue d’ enfin laisser Piz passer à autre chose. Et voilà qu’elle voulait faire des efforts ! Face à son attitude choquée, Veronica se justifia.

 

- J’ai été mentalement très occupée, je ne lui ai pas laissé beaucoup de place ces derniers temps. Cette histoire avec Logan me fait beaucoup penser à Lilly, et ça se répercute sur mon humeur.

- Pourquoi ne lui expliques-tu pas ?

- C’est le passé. A quoi bon le remuer, quand on voit dans quel état cela me met.

- Regarde dans quel état cela LE met. Sauf que lui ne comprend pas. Les grandes lignes ne suffisent plus. Piz est quelqu’un de très compréhensif. Il n’insistera pas s’il voit à quel point c’est douloureux pour toi d’en parler.

- Le problème n’est pas là. C’est que si je commence à en parler, les souvenirs ne s’arrêtent pas à la fin de la discussion. Je ressasse tout cela pendant des jours, des nuits, des semaines…

 

Mac vit les larmes aux yeux de Veronica. Elle s’en voulut d’avoir remué le couteau dans cette  plaie pas du tout cicatrisée.

 

- La boite de Pandore est déjà ouverte, de toute façon. Ces souvenirs remontent déjà visiblement. Veronica sécha la larme qui coulait sur sa joue. C’est peut-être l’occasion de lui dire, si tu tiens vraiment à lui.

- C’est un type bien. Se contenta-t-elle de répondre.

- Oui.

 

Elles finirent  leur coupe de glace en silence.

 

- Je t’offre un café. J’ai cru comprendre que tu étais ruinée.

- C’était juste une diversion. Répondit Mac en riant.

- C’était très convaincant. Tu devrais songer à devenir actrice. L’impro, tu maîtrises.

 

Elles se levèrent en riant et se dirigèrent vers le comptoir. Servies, elles s’installèrent dehors, avec les garçons. La tension était retombée. Veronica sourit timidement à Piz, qui  lui rendit. Elle posa sa main sur sa cuisse, puis rejoignit la discussion de ses amis.


Elodielodi  (05.05.2018 à 20:49)

 

Veronica avait parlé à Piz. Elle lui avait déballé les fantômes de son passé. Il avait compris. Elle avait fait des efforts. Mais Wallace et Mac n’étaient pas dupes. Ils l’avaient vue avec Duncan, avec Léo – pour le peu de temps que cela ait duré – et ils pouvaient affirmer que Veronica n’était pas amoureuse de Piz. Mais elle ne semblait pas s’en rendre compte, et avait l’air bienheureuse.

 

Un temps.

 

Ses démons devaient avoir refait surface. Elle était de nouveau ailleurs. Ils veillaient au grain, silencieusement. Elle était encore fragile.

 

Un après-midi, elle les avait embauchés pour éplucher des listes d’embarquement. Elle cherchait le type qui s’était tiré avec la caisse du petit restaurant en bas de la rue du campus. Elle avait trouvé son nom, savait qu’il s’était rendu à l’aéroport, mais n’avait pas trouvé sa destination. Elle soupçonnait qu’il eût utilisé une anagramme, alors trois cerveaux valaient mieux qu’un dans ces cas-là. Ils s’étaient installés sur une petite table face au studio d’enregistrement. Ainsi, Piz pouvait leur rendre visite à la coupure pub.

 

Mac soupçonnait surtout son inquiétude maladive. Depuis que Veronica lui avait p,arlé, il la collait littéralement. Elle était mal à l’aise pour son amie, craignait qu’elle sentit dans une prison affective. Plusieurs fois, elle avait tenté une soirée fille, mais chaque fois Piz s’était radiné. Cela ne semblait pas déranger Veronica jusque-là, c’est pour cela qu’elle n’avait rien dit. Mais son attitude distante des derniers jours l’incita à la faire parler.

 

- Tout va bien Veronica ?

- Non, je ne m’en sors pas avec ce voleur. Imagine qu’il ait quitté le pays en plus, tout ce travail n’aurait servi à rien…

- Tu veux faire une pause ? Tu es sur cette affaire depuis deux semaines.-; ça a l’air de te préoccuper.

 

Elle ne répondit pas. Mac lança un regard soutenu à Wallace, qui lui fit comprendre qu’il n’était au courant de rien. Alors qu’elle allait creuser un peu, elle fut surprise par la voix de Veronica.

 

- Dites, vous faites quoi pendant les vacances de Noël ?

- Je ne suis pas sûr que le mot « vacances » soit réellement approprié. Je vais enchainer les matchs. Et puis j’ai intérêt à être en forme si je veux être drafté l’année prochaine. Le repérage commence. Je suis tout excité !

 

Le dynamisme de Wallace fit sourire les filles.

 

- Pour ma part mes parents ont eu la merveilleuse idée de nous emmener au ski. A Aspen. Entourés de tous les riches 09ers… Elle soupira. Ils réalisent le rêve de leur vie après avoir économisé pendant des années. C’est triste. J’espère que mes rêves à moi sont moins superficiels.

- Et quels sont tes rêves Mac ?

- Je veux diriger une grande entreprise spécialisée dans la technologie informatique et couler Kane Industry,annonça-t-elle déterminée.

 

Veronica et Wallace croisèrent leurs regards avant d’éclater de rire.

 

- Tes rêves sont à la hauteur de ceux de tes parents ma chère.

- Et mince, ils m’ont contaminée.

 

Ils se laissèrent emporter par une vague de bonne humeur, puis Mac et Wallace se tournèrent vers Veronica, s’attendant à ce qu’elle leur dévoile son programme des festivités. Mais cette dernière s’était replongée l’air de rien dans sa paperasse. Wallace intervint.

 

- Et toi Veronica ?

- Oh moi ? Je ne sais pas encore. S’empressa-t-elle de répondre.

- Tu mens Miss Mars. L’accusa Mac le regard perçant.

 

Prise sur le fait, elle se laissa tomber sur son dossier en soupirant. Ils la regardaient avec insistance. Cela la fit sourire.

 

- J’envisage de me mettre un peu au vert. J’ai suffisamment travaillé pour cela.

- Bonne idée. Où ça ?

- Oh pas très loin. Près d’un lac.

 

Elle espérait qu’ils n’en demanderaient pas plus, mais ils la fixaient toujours.

 

- Tu nous la joues façon série à suspens ? La suite au prochain épisode ? S’amusa Mac.

- Le lac Okanagan … Au Canada. Finit-elle en pinçant les lèvres.

 

Gros blanc. Elle savait bien qu’ils avaient compris ce qu’elle comptait faire. Alors elle dédramatisa.

 

- Il paraît que c’est beau, à cette période de l’année.

 

Ils continuaient de la fixer, comme s’ils espéraient qu’elle annonce que c’était une blague. Mais il n’en, fut rien. Après quelques secondes – ou minutes, ils ne savaient pas - , Wallace rompit le silence.

 

- Tu as déjà pris tes billets ?

- Non. En fait j’espérais que vous m’y accompagneriez. Une sorte de quête mystique entre BFF dans le froid et la neige canadienne. Habituellement personne ne peut y résister en période de Noël. Tenta-t-elle de les convaincre.

- Sans moi. Non seulement parce que je serai déjà dans le froid et la neige, mais aussi parce que je refuse de te conforter dans l’idée d’y aller. Tu sais bien ce que je pense de cette enquête. Tu t’entêtes mais tu sais comme moi que ça ne débouchera sur rien. Ton escapade au Mexique avec Duncan ne t’a pas suffi ?

- Je suis d’accord avec Mac. Imagine que ce soit de nouveau un malentendu…

- Et imaginez qu’il soit vraiment là-bas !

 

Elle semblait déterminée. Quoi qu’ils diraient, elle irait, et ils le savaient. Elle mûrissait ça depuis plus d’un mois. Il était déjà difficile de la faire renoncer à une idée qui venait de jaillir, alors à celle-ci… Mac et Wallace échangèrent un regard inquiet.

 

- Ce sera une quête mystique en amoureux ! Je suis sûr que Piz sera ravi de t’accompagner.

 

Wallace ne pouvait pas l’accompagner mais il voulait lui montrer une forme de soutien. Pourtant sa remarque ne sembla pas enchanter Veronica qui tirait une drôle de tête tout à coup.

 

- Je ne comptais pas lui demander de venir, en fait….

 

Mac et Wallace arrondirent les yeux de surprise.

 

- On a passé beaucoup de temps ensemble, ces dernières semaines. J’ai besoin d’un peu d’espace, même si je sais que ça ne lui plaira pas.

 

Mac acquiesça. Pour le coup, elle était complétement d’accord avec Veronica.

 

- Ces quelques jours en solitaire dans le grand nord te feront peut-être du bien, pour finir.

 

Veronica regarda tour à tour ses amis et leur offrit un timide sourire de remerciement. Malgré leur réticence, ils ne la forçaient pas à revenir sur sa décision. Elle aurait aimé qu’ils soient à ses côtés là-bas. Elle avait peur d’être à nouveau déçue. Mais tant qu’elle n’avait pas vu de ses yeux que Logan n’était pas à Peachland, elle ne le croirait pas.


Elodielodi  (08.05.2018 à 17:44)

 

- Piz, c’est une enquête. Rien à voir avec de véritables vacances.

- Une enquête ? Tu m’as pourtant dit qu’il était mort il y presque deux ans.

- Je veux savoir qui a utilisé son compte.

- Pourquoi ? Dans quel but ?

- Je veux savoir, c’est tout.

- C’est sûrement quelqu’un de sa famille…

- Tu ne crois pas que c’est la première chose que j’ai vérifiée ? Son père est en prison, sa mère, « en maison de repos » - pour ne pas dire service psychiatrique, sa demi-sœur en Australie et elle n’en a pas bougé depuis six mois, et c’est tout. Il n’avait personne d’autre. Pas de grands-parents, pas d’oncles et tantes, et donc pas de cousins…

 

Elle hurlait. Il ne comprenait pas. Elle lui avait pourtant expliqué pourquoi cette enquête lui tenait à cœur. Et il ne faisait pas d’effort. Cela attisait encore plus sa colère.

 

Il l’observa transpirer de rage. Malgré ses explications, il ne comprenait toujours pas ce besoin qu’elle avait d’aller vérifier qu’un mort était mort à des centaines de kilomètres de là, en pleine période de Noël.

 

- Laisse-moi t’accompagner. Je veux seulement t’aider.

 

Elle le regarda, laissa la colère s’estomper avant de répondre afin qu’il n’assimile pas ses propos à son emportement. Elle s’assit sur le lit.

 

- Cela m’aiderait si tu ne venais pas. Je n’aurais pas de temps à t’accorder, j’ai peur que tu t’ennuies et que tu me reproches d’avoir gâché tes fêtes de fin d’année. Je sais que c’est important pour toi d’être avec ta famille, je ne voudrais pas t’en priver.

 

Il était extrêmement déçu. Pour cette fin d’année, il ne voulait être qu’avec elle. Et elle feignait ne pas le comprendre. Ou alors elle n’en avait pas envie et ça, c’était pire. Il préféra la congédier avant qu’il ne dépasse les bornes et qu’il ne puisse plus faire marche arrière.

 

- Tu n’as pas des bagages à préparer ?

 

Elle ne prit pas le temps de répondre, attrapa son blouson, et quitta la chambre d’étudiant sans même lui prêter attention. Quand la porte claqua, il s’effondra sur le lit.

 

*****

 

 

26 décembre 2006

 

Quand Veronica débarqua sur le sol Canadien, elle ressentit des sentiments contradictoires. Elle était à la fois heureuse de découvrir ce pays, inquiète quant aux débouchés de son enquête, coupable d’avoir empêché Piz de venir mais satisfaite d’être seule avec elle-même. Son père l’avait apaisée avant son départ en la serrant dans ses bras. Pas besoin de mots avec lui, il savait à quel point elle avait besoin de partir, même si cela voulait dire qu’il passerait l’entre deux fêtes tout sans elle.

 

Elle se dirigea vers un comptoir pour louer une voiture. Presque quatre heures de route séparaient Vancouver de Peachland.



Elle posa sa valise sur le lit. La chambre du PineWood Guesthouse était assez sommaire. Un lit, une penderie, une table et une chaise, un poste de radio, une salle d’eau avec douche. Mais c’est tout ce qu’elle pouvait s’offrir, et elle n’avait pas besoin de plus. Elle avait choisi cet hôtel pour son prix qui lui permettait de rester le plus longtemps possible mais aussi pour sa localisation, en plein centre de la ville.

 

Veronica Voff : Si on pouvait appeler ça une ville.

 

Elle sortit sur le balcon et admira le paysage. La vue donnait directement sur le lac.

 

Veronica Voff : A couper le souffle…

 

Elle resta un moment à son observation, puis, quand le froid la saisit, elle s’équipa de ses après-skis, enfila une polaire sous son manteau et entreprit de commencer sa visite des lieux.

 

Veronica Voff : Première étape, le distributeur du centre commercial de Peachland. 79,91$US y ont été retirés il y a un mois et demi, soit 100$ Canadiens.



Elle ne s’attendait pas à un « centre commercial » si petit. Il s’agissait en fait d’un hypermarché avec une galerie abritant quelques boutiques. Le distributeur automatique était à l’extérieur du bâtiment. Elle s’en approcha, nota les informations de la banque et repéra la caméra de surveillance. Elle localisa les autres caméras du centre commercial. Une dirigée vers le parking, une à l’entrée, et une filmant les caisses de l’hypermarché.

 

Veronica Voff : Il y a beaucoup moins de caméras chez les Canadiens. Cela veut-il dire beaucoup moins de criminels ou alors beaucoup moins de paranos ?



Elle se rendit ensuite à la banque - la seule banque – de Peachland et fut accueillie par un agent portant un bonnet de Noel.

 

- Bonjour Mademoiselle, que puis-je pour vous ?

 

Elle fut surprise de l’accent. Les Canadiens parlaient la même langue qu’elle, elle n’avait pas anticipé qu’il serait si difficile de les comprendre. Elle se concentra pour comprendre la requête. L’agent s’en rendit compte et reprit moins vite.

 

- Vous n’êtes pas Canadienne, vous. Je peux vous aider ?

 

Elle lui fit un sourire d’excuse mais fut ravie de le comprendre sans difficulté cette fois. Il suffirait d’un peu de temps pour s’habituer.

 

- Bonjour, je suis Veronica Mars, détective privé, dit-elle en présentant sa carte. Je cherche la personne qui a effectué ce retrait. Ajouta-t-elle en tendant les informations qu’elle avait notées sur un post-it. Puis-je accéder aux vidéo-surveillances ?

 

L’homme saisit le papier en s’installant à son poste et reporta son attention sur elle au moment où elle évoquait les vidéo-surveillances.

 

- Je suis désolée Mademoiselle Mars, mais notre caméra est en panne depuis quelques semaines.

 

Face à son air choqué, il se justifia.

 

- Rien n’urge, à Peachland, pas même ce genre de réparations. A vrai dire, la plupart des agressions sont réalisées par des touristes…

- Oh ! Et bien votre shérif doit s’ennuyer.

- C’est sans doute pour cela qu’il est si pointilleux sur le stationnement ! Voulez-vous que je trouve à qui appartient le compte ?

- Je vous remercie, j’ai déjà ces informations. Je cherche à localiser cette personne, en fait. Elle sortit une photo de Logan de son sac.

- Navré de ne pas pouvoir vous aider , dit-il en secouant la tête.

 

Elle le remercia et prit congé. Elle se dirigea vers sa deuxième étape : le commissariat. Elle trouva cependant porte close. Elle lut sur la pancarte les horaires d’ouverture et apprit qu’il ne s’agissait en fait que d’un point d’accueil. Si elle souhaitait rencontrer le shérif du comté, elle devrait aller au bureau de la ville chef-lieu, Kelowna. Un regard à sa montre lui indiqua qu’il était 17h10.




Veronica retourna alors au centre commercial. La caméra du distributeur était en panne, mais qu’en était-il de celles du magasin ?

Elle se dirigea vers l’accueil, qui l’orienta vers le bureau des agents de sécurité. L’hôtesse avait prévenu qu’une jolie petite détective privée venait rendre visite au staff. Quand on lui ouvrit la porte, elle se sentit tout de suite mal à l’aise. Tous les mâles avaient le regard braqué sur elle. Elle prit sur elle et présenta l’objet de sa visite. Le chef l’emmena vers le fond du bureau. Il fouina dans une grande armoire.

 

- Vous avez de la chance, on réutilise les cassettes tous les deux mois.

 

Veronica Voff : Les cassettes ? Mais de quand date leur système de sécurité ?

 

- Tenez, voilà celle du 9 novembre.

- Puis-je l’emporter et vous la rendre demain ?

- Non ma petite dame. Mais tenez. Le poste de télévision est ici.

 

Il s’agissait d’un combiné TV-magnétoscope. Elle leva les sourcils devant le matériel archaïque mais ne broncha pas.

 

- Merci. Dit-elle en insérant la cassette dans la fente.

 

Elle pensait qu’il allait retourner à ses occupations, mais non. Il restait planté là, derrière elle, à la déshabiller du regard. Elle allait faire une remarque quand le téléphone se chargea de détourner l’attention du bonhomme.

 

L’écran se divisa en quatre et elle vit les films des trois caméras commencer en simultané, chacun dans un coin. Dans le coin sans vidéo, on lisait la date et l’heure. Comme elle s’y attendait, la qualité des images était médiocre. Cela était accentué par la petitesse de l’écran. Elle prit le temps de se repérer sur les images. On ne voyait pas le distributeur de billets ni sur la vidéo du parking, ni sur celle de l’entrée, mais on pouvait deviner les personnes qui s’y rendait. Elle cala ensuite la vidéo sur 14h25.

 

A 14h30, une personne semblait être allée retirer de l’argent. On la distinguait sur les deux vidéos de l’extérieur. Le cœur de Veronica battait la chamade. Elle remit en arrière et se pencha davantage vers l’écran. Sur la vidéo de l’entrée, la personne était beaucoup trop loin. On pouvait voir sa démarche – normale. La personne avait l’air de corpulence normale, mais portait une doudoune…

 

Veronica Voff : Bref, ça ne m’avance pas à grand-chose. Tout l’espoir porte sur l’autre vidéo.

 

Elle croisa les doigts en revenant en arrière pour se concentrer sur la vidéo du parking. Ses lèvres se pincèrent en appuyant sur lecture. Elle eut un peu de mal à respirer. Elle passa la scène au ralenti. On apercevait la personne seulement deux petites secondes. Une petite larme perça ses yeux.

 

Elle repassa de nouveau la scène et mit en pause sur l’image la plus nette de la personne.

 

 


Elodielodi  (12.05.2018 à 09:23)

Rien.

 

On ne voyait rien.

 

Cela la frustra au plus haut point. La personne portait une doudoune noire mais aussi un bonnet bleu marine et un tour de cou de la même couleur remonté jusqu’au-dessus du nez. Il devait faire sacrément froid pour que la personne soit emmitoufflée jusqu’aux yeux, qu’on ne distinguait d’ailleurs presque pas à cause de la mauvaise qualité de la vidéo. On ne pouvait voir ni la couleur, ni la forme.

 

Veronica Voff : La seule chose que je puisse affirmer, c’est que cette personne existe.

 

Elle ravala sa frustration. Ce n’était déjà pas mal. Par contre elle ne savait dire avec certitude si c’était un homme ou une femme. Tout ce qu’elle pouvait dire, c’est que c’était une personne tout à fait banale, ni grande, ni petite, ni grosse, ni mince… quoi que la doudoune ait pu là aussi semer le doute…

 

Elle repassa la bande plusieurs fois, dans le but de repérer une voiture qui aurait pu être la sienne, mais rien… Soit elle était venue à pied, soit elle avait garé sa voiture en dehors du champ. Elle s’assura aussi qu’elle n’avait pas fait de courses au supermarché.

 

Veronica Voff : Mais évidemment non, cela aurait été trop facile sinon !

 

Elle soupira et appela le chef du service. Il accourut presque. Elle lui demanda s’il pouvait identifier la personne. Il ne put – forcément. Il en demanda autant à ses gars. Même réponse.

 

Elle soupira, prit une photo de l’écran avec son téléphone. Avant de quitter le centre commercial, elle leur montra une photo de Logan. Aucun ne le reconnut. Elle les salua.

 

Elle était perturbée. Elle espérait beaucoup de ces étapes : le voir, puis le localiser grâce à des témoignages. Peachland était minuscule. Si Logan était en vie, et s’il était ici, il aurait  obligatoirement fait quelques courses dans cet hypermarché, et l’un des agents de sécurité l’aurait reconnu, ou au moins tiqué. Mais rien… La personne était probablement de passage. Cette conclusion lui mina le moral.

 

Elle décida de se promener un peu pour évacuer ses idées noires. Elle arpenta les rues de la ville. Peachland était construite sur une colline bordant le lac. On apercevait l’immense étendue d’eau au détour d’une ruelle ou d’une autre. C’était charmant. Elle finit par se retrouver au bac du lac. Elle longea la digue joliment aménagée. Au bout de celle-ci, un peu excentré, se trouvait un chalet qui accueillait un pub. Comme elle avait besoin de se réchauffer et d’un peu de baume au cœur, elle décida d’y boire un chocolat chaud.

 

En pénétrant dans l’établissement, elle fut bluffée par l’espace. De l’extérieur, cela ne paraissait pas si grand. Un long bar en bois clair longeait le mur près de l’entrée. Une baie vitrée avec vue sur le lac occupait le mur d’en face et une immense cheminée trônant sur le mur du fond réchauffait l’ambiance rustique-chic. Une estrade en quart de cercle sur laquelle était posé un piano était logée dans un coin. Les poutres apparentes apportaient un cachet très agréable. L’espace était aménagé de façon à la fois convivial, avec de grandes tablées, et intimiste avec de petits fauteuils cosy autour de tables basses près de la baie vitrée afin de profiter au maximum de la vue. C’est d’ailleurs là que Veronica avait décidé d’aller  s’installer. Un bonne musique rock contentait ses oreilles.

 

Elle se plaça devant le comptoir, en attendant que le tenancier daigne s’occuper d’elle. Il était occupé à laver la vaisselle. Elle commençait à avoir chaud etdéfit son écharpe en faisant de grands gestes pour attirer son attention. Cela fonctionna à merveille, il l’avait enfin remarquée. Il s’essuya les mains avec le torchon posé sur son épaule et s’avança vers elle. Il se posta face à elle et la fixa d’un regard froid. Elle s’attendait à ce qu’il lui demande ce qu’elle voulait boire, mais il n’avait pas l’air décidé.

 

Veronica Voff : Un ours.

 

- Bonjour, un chocolat chaud s’il vous plaît. Se décida-t-elle à demander, un peu mal à l’aise.

 

Il s’activa sans rien dire derrière son bar pendant un instant puis posa la tasse fumante sur le bar.

 

- Ça fera 6,50$

- Combien ?

 

Il avait parlé très vite et avec un accent très prononcé, ce qui fit qu’elle n’avait rien compris. Il leva les yeux au ciel et articula exagérément.

 

- 6,50 $ !

 

Désarçonnée par son comportement, elle en perdit son arrogance.

 

- Euh, Canadiens ou US ?

- Canadiens ! Nous sommes au Canada ! Les Américains et leur égo, c’est dingue cette manie de toujours tout ramener à vous !

 

Le ton qu’il avait utilisé lui déplu fortement. Elle n’était ni stupide, ni adepte des mauvaises manières attitrées à sa nationalité, et le fait qu’il la juge aussi prestement la mit en colère. Elle sortit rageusement un billets de 10$ - Canadiens - de son porte-monnaie et le tendit au barman.

 

- Il paraît que les Canadiens sont tous d’une sympathie sans borne. On dirait que vous êtes l’exception à la règle, le nargua-t-elle. Tenez. Et gardez la monnaie, si ça peut voir rendre aimable.

 

Elle emporta sa tasse et s’installa à la table basse la plus loin du bar. Elle se força à ne pas regarder vers le bar tout de suite, elle n’était pas venue se faire des ennemis. Au contraire, après sa petite promenade, une chose était sûre, c’était que si Logan était effectivement à Peachland, ce pub était un endroit qu’il fréquenterait très probablement. A part quelques restaurants gastronomiques, elle n’avait pas repéré d’autres établissements susceptibles de plaire au jeune homme. Le barman, aussi rustique que son pub, l’avait pas mal énervée. Elle but quelques gorgées de son breuvage et retrouva peu à peu son calme. Elle observa alors la clientèle du pub. Plutôt jeune, tendance à l’apéro, franches rigolades, jolies filles… Elle correspondait en tous points à ce que Logan aimait.

 

Son regard se posa sur l’ours derrière le bar. Sur le coup, il lui avait paru beaucoup plus vieux, mais en y regardant bien, il devait n’avoir que quelques années de plus qu’elle. Les cheveux noirs mi-longs à la Ashton Kutcher dans mon oncle Charlie et la barbe de trois semaines minimum pas vraiment entretenue lui donnaient quelques années de plus. De même que le teint blafard, les joues creuses et les cernes sous les yeux. Malgré tout, il n’était pas forcément désagréable à regarder. Son corps svelte et sa carrure entretenue sans pour autant être développée lui donnait une allure athlétique appréciable.

Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas tout de suite qu’il lui lançait encore un regard noir. Il ne devait pas beaucoup aimer les américains. Elle savoura son chocolat chaud et regarda l’heure. 19h30. La carte du bar affichait des hot dog qui lui donnaient l’eau à la bouche. Elle s’apprêtait à affronter de nouveau l’homme des cavernes quand elle le vit quitter la salle. Une jeune femme l’avait remplacé au bar. Voilà sa chance. Elle allait pouvoir commander et enquêter sereinement.

 

- Bonsoir.

 

La serveuse s’approcha, un grand sourire aux lèvres. Son air bienveillant rassura Veronica.

 

- Bonsoir. Que puis-je vous servir ?

- Un hot-dog s’il vous plaît.

- Très bien, je vous prépare cela.

 

Veronica l’observa s’activer sur le plan de travail attenant au bar. Elle allait sûrement passer un peu de temps dans ce pub, elle avait besoin d’un soutien et la barmaid avait l’air amicale.

 

- Vous avez très peu d’accent, contrairement à votre collègue.

- C’est parce que je ne suis pas originaire du coin. J’ai grandi à Vancouver. Je ne vie ici que depuis trois ans.

 

La jeune fille semblait nostalgique.

 

- La ville vous manque ?

- Le paysage est magnifique ici, mais je n’espère ne pas m’attarder. Déjà que je ne voulais pas y venir…

 

Le regard de Veronica la poussa à continuer.

 

- J’avais 15 ans quand mes parents ont décidé de déménager. Adieux mes amis, l’effervescence de la ville. Bonjour l’ennui….

 

Veronica lui adressa un sourire de compassion.

 

- Vous êtes américaine, n’est-ce pas ? Vous venez d’où ?

- De Neptune, en Californie.

- Vous êtes venue chercher un peu de fraicheur au Canada ?

- Moquez-vous, mais un noël sans neige, c’est un peu triste. La serveuse acquiesça. A vrai dire, je cherche quelqu’un.

 

Elle sortit de sa poche arrière la photo de Logan et la tendit à la serveuse. Celle-ci la saisit et approcha son visage en fronçant les sourcils.

 

- Désolé, cet homme ne me dit rien. Mais je ne suis pas du tout physionomiste. Il faudrait que vous demandiez à Alice, elle est bien meilleure que moi à ce niveau. Elle travaille demain soir. Vous serez toujours dans le coin ?

- Oui, je suis là jusqu'à dimanche matin.

- Très bien, vous aurez l’occasion de la croiser. Avez-vous demandé à La Fleur tout à l’heure ?

- A qui ?

- Le serveur que je viens de remplacer.

- Je crains ne pas lui avoir fait suffisamment bonne impression …

- J’en suis très étonnée !

 

Elle avait vraiment l’air étonnée.

 

- Je crois qu’il n’aime pas beaucoup les américains. Lui confia Veronica.

- Possible. Je lui en parlerai. Je peux garder la photo ?

- Je préfère vous en ramener une autre demain. C’est possible ?

- Bien sûr. Tenez, votre hot-dog.

- Merci beaucoup….

- Emma. Je m’appelle Emma.

 

Elle paya Emma, et retourna à sa place remplir son estomac. Elle resta encore un peu au chaud avant de retourner à l’hôtel. Elle observa sa nouvelle alliée. Emma était belle. D’une beauté simple qui ne correspondait pas du tout aux critères Californiens. Elle était brune, avec de grands yeux bruns et un sourire radieux. Elle savait mettre son corps parfait en valeur sans porter de mini-jupe, ni de maxi-décolletés, ni même de vêtements moulants. Son attitude avenante complétait le tableau déjà bien peint.

 

Veronica Voff : Pas tout à fait du genre de Logan, mais je suis certaine qu’il ne serait pas passé à côté pour autant !

 

Une heure de marche dans le froid et la pénombre lui permit d’évacuer sa déception. Le bilan de sa première journée n’était pas vraiment encourageant. Emma disait ne pas être physionomiste, mais si c’était effectivement Logan qui avait utilisé sa carte et s’il passait régulièrement par ce pub, elle l’aurait certainement reconnu.


Elodielodi  (12.05.2018 à 19:09)

27 décembre 2006

 

Veronica s’était levée suffisamment tôt pour être à l’ouverture du bureau du shérif de Kelowna. Cependant, elle attendit une bonne heure dans le hall d’accueil qu’on daigne bien s’occuper d’elle. Les agents certifiaient qu’ils avaient du travail plus urgent à traiter, mais elle n’était pas dupe. Elle pouvait entendre le bruit des tasses à café et les bribes de conversation autour des donuts.

 

Veronica Voff : Un cliché international ? Moi qui pensait que seule notre police était paresseuse.

 

- Le shérif est prêt à vous recevoir Mademoiselle. Veuillez me suivre.

 

Elle attrapa sa besace et suivi promptement l’hôtesse d’accueil. Elle l’invita de la main à pénétrer dans le bureau. Veronica la remercia et s’installa face au shérif. L’homme bedonnant s’essuyait la bouche du trop-plein de glaçage chocolat qui recouvrait son dernier donut.

 

Veronica Voff : Et bien, voilà que le stéréotype est quasi complet. Manquerait plus qu’il soit incompétent !

 

- Bonjour, Mademoiselle. En quoi puis-je vous aider ?

 

Veronica Voff : Un shérif qui veut m’aider, ça c’est nouveau. Ça démarre plutôt bien.

 

C’est donc pleine d’espoir qu’elle expliqua la raison de sa présence.

 

- Bonjour. Je suis Veronica Mars, détective privé. Dit-elle en tendant sa carte. Je suis à la recherche d’un homme.

 

Elle cherchait en même temps qu’elle parlait une affichette plastifiée de la photo de Logan. Avant son départ, elle avait préparé tout un tas d’affiches. Elle avait inscrit au-dessus de la photo « Avez-vous vu cet homme ? » et au-dessous « S’il vous plaît, contactez ce numéro » suivit de son numéro de téléphone. Elle en tendit une au shérif.

 

- Il s’appelle Logan Echolls. Il a disparu il y a presque deux ans mais une récente activité sur son compte bancaire indique que lui, ou quelqu’un d’autre, a utilisé son argent. Je cherche à le localiser, lui ou cet autre personne et …

- Logan Echolls, comme Aaron Echolls ? l’interrompit le sherif.

 

Elle se stoppa net. Un peu surprise qu’il fasse si vite le rapprochement. Certes on avait beaucoup parlé de cette affaire dans son pays, mais ici ?

 

- Oui. C’est son fils.

- Je déteste cet acteur. Trop arrogant, trop sûr de lui… Il incarne parfaitement l’outrecuidance américaine.

 

Veronica Voff : Et bien, encore un nouvel ami qui n’aime pas mes origines.

 

- Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il était déjà détestable avant même de devenir un meurtrier. Mais ne mettons pas tous les Echolls dans le même sac. Logan n’a rien à voir avec son père.

 

Veronica Voff : Sauf pour l’arrogance, le côté trop sûr de lui, et le côté détestable.

 

- J’aurais besoin d’accéder aux vidéosurveillances des voies publiques de Peachland …

- Je vous arrête tout de suite. Je ne perdrai pas une minute de mon précieux temps ou de celui de mes hommes à rechercher le fantôme d’un gamin américain né avec une cuillère d’argent dans la bouche. J’ai suivi l’affaire Echolls, elle faisait la une des journaux à l’époque. Je sais que le fils de ce salaud s’est suicidé. Votre homme se situe au cimetière, six pieds sous terre. Alors Mademoiselle la détective privée, si cela est réellement votre métier, je vous conseille vivement de trouver une autre vocation, vous n’êtes visiblement pas faite pour cela.

 

Le shérif s’était levé tout en prononçant son monologue sur un ton agacé, s’était lentement dirigé vers la porte, l’avait ouverte, indiquait d’une main la sortie et de l’autre incitait Veronica à reprendre son affichette.

Elle était abasourdie, ce qui l’empêchait de se lever.  C’était la deuxième fois depuis qu’elle avait mis les pieds dans ce pays qu’on la prenait pour une abrutie et cela ne lui plaisait pas plus que la veille.

 

Veronica Voff : En fait rien de nouveau, je n’ai définitivement pas la côte auprès des shérifs.

 

- Il me semble que l’essentiel de votre métier est d’étudier toutes les possibilités avant de juger. Vous m’avez à peine écoutée …

- L’essentiel de mon métier est de protéger la population des criminels, non des fantômes. La sortie se trouve par là.

 

Il se passa encore quelques secondes avant que son cerveau comprenne qu’elle n’aurait assurément aucune aide du shérif, et que ses jambes veuillent bien la porter hors du bureau. Avant de quitter les lieux, elle laissa une affichette à l’hôtesse d’accueil, sachant pertinemment qu’elle finirait à la poubelle quand le shérif s’en rendrait compte.

 

Veronica sortit en claquant la porte. Dire qu’elle attendait beaucoup de cette entrevue était exagéré, elle avait appris à travailler sans le soutien du shérif, mais elle avait espéré que tous n’étaient pas comme Lamb.

 

Elle inspira profondément et observa son environnement. Kelowna était une ville à peine plus grande que Peachland de premiers abord. Elle prit sa voiture pour en faire le tour. Après tout, Kelowna n’était qu’à trente minutes de route. Logan ou son usurpateur aurait pu se trouver dans cette ville aussi. Elle soupira mais fut vite soulagée en découvrant que la ville n’était pas très grande. Une allée centrale commerçante autour de laquelle s’articulaient des quartiers résidentiels. Elle avait beaucoup moins de charme que Peachland, était davantage industrialisée. Elle entreprit d’aller à la rencontre des commerçants, affiches en main. Elle répéta le même discours à chacun d’eux, fut reçue avec plus ou moins de bienséance, laissa une affichette à qui voulait bien l’afficher dans sa boutique.

 

Il était 14h30 quand elle eut fait toutes les boutiques et restaurants de la rue principale. Bien entendu, personne n’avait reconnu Logan… Elle se trouva un sandwich qu’elle mangea sans appétit dans un snack-bar offrant une connexion WiFi. Elle envoya un mail à son père, Mac et Wallace. Le même pour tous les trois. Elle n’avait pas le moral d’en personnaliser un pour chacun pour au final raconter les mêmes événements déprimants. Elle chercha ensuite dans ses notes l’adresse du seul et unique détective privé qu’elle avait trouvé dans le coin. Elle se rappelait que son cabinet était à Kelowna.



La devanture ne payait pas de mine, mais elle n’y prêta pas la moindre attention. Elle trouva une sonnette posée sur un bar qui délimitait l’accueil du bureau. L’homme apparut de derrière une porte qui devait mener à son espace détente. Il était petit, rondouillard, avait une bonne cinquantaine d’années. Elle lui trouva un air sympathique.

 

Veronica Voff : J’aurais au moins pu trouver quelqu’un : le sosie de papa !

 

- Mademoiselle,lui adressa-t-il en guise de salut.

- Bonjour Monsieur Harris. Je suis Veronica Mars. Elle lui tendit sa carte. Je suis à la recherche d’un homme et suis assez limitée étant donné que je n’ai aucun réseau au Canada. J’aurais besoin  besoin du vôtre si c’était possible.

 

Le détective Harris la dévisagea un instant, comme amusé par sa détermination.

 

- Vous paraissez si jeune.

- J’espère bien, je le suis !

 

Il lui adressa un sourire entendu.

 

- Allez-y je vous écoute, lui dit-il en lui indiquant un fauteuil.

 

Elle s’installa face à lui, lui raconta les grandes lignes de l’affaire Kane qu’il semblait déjà connaître, lui présenta la photo de Logan et ses suspicions, ainsi que son triste parcours jusqu'à son bureau. Elle lui remit une clé USB qui contenait tout son dossier sur Logan. L’homme avait écouté en silence et prit des notes. Elle était soulagée d’avoir trouvé quelqu’un qui lui accorde l’attention qu’elle espérait. Quand elle eut fini sa tirade, il prit le temps de regarder ses notes et soupira légèrement avant de relever la tête vers elle.

Le détective avait flairé que cette affaire était d’ordre personnel, il avait senti l’émotion qui se dégageait de sa voix et surtout les efforts qu’elle faisait pour paraître indifférente.

 

- Votre recherche est surprenante. Je comprends vos doutes, un bon détective ne néglige aucune piste. Mais l’expérience amenuise l’enthousiasme pour ce genre d’enquêtes qui sont souvent synonymes de déceptions. Je veux bien jeter un coup d’oeil à votre affaire, mais n’espérez tout de même pas trop du résultat.

- Ne vous inquiétez pas, je suis lucide. J’ai juste besoin de mettre fin à mes suspicions par l’apport de preuves.

- Je vais effectuer quelques recherches de routine et je vous tiens au courant. Prenez soin de vous, en attendant, Mademoiselle Mars.

- Merci.

 

Elle quitta les lieux un peu plus légère qu’en y entrant. La bienveillance du détective faisait écho à celle de son père. Il l’avait rassérénée plus qu’il ne le pensait.


Elodielodi  (14.05.2018 à 18:18)

Elle rentra prendre une douche, puis décida d’aller dîner au pub. Elle devait rencontrer Alice, la collègue qu’Emma annonçait physionomiste. Elle repéra la serveuse dès son entrée dans le bar. Elle l’accueillit avec le même sourire qu’Emma la veille. Veronica se dirigea vers elle et s’installa sur un tabouret.

 

- Bonsoir. Qu’est-ce que je vous sers ?

- Bonsoir. Vous devez être Alice.

 

La jeune femme ne sembla surprise qu’un quart de seconde, ce qui étonna Veronica.

 

- En effet. Vous êtes la détective privée qui recherche quelqu’un ? lui répondit-elle avec un sourire espiègle. Emma m’a expliqué, reprit-elle doucement.

- Elle m’a dit que vous pourriez peut-être reconnaître cet homme, dit Veronica en lui montrant une affichette.

 

Alice saisit la feuille et se concentra un instant qui parut durer une éternité pour Veronica. Elle voyait à l’expression de la barmaid qu’elle était contrariée.

 

- C’est étrange, je ne le reconnais pas, mais ses traits me sont familiers.

 

Cette information aurait pu redonner espoir à Veronica, si Logan n’avait pas été surmédiatisé au moment du procès d’Aaron. Alice avait surement été confrontée à son portrait en regardant le JT.

 

- C’est Logan Echolls. Précisa Veronica en pensant que cela permettrait à la jeune femme de recontextualiser le visage.

 

Cette révélation ne déclencha rien chez Alice, qui continuait de secouer la tête de gauche à droite pour signifier son incapacité à le reconnaître. Veronica tiqua alors. Puis se tempéra. Alice l’avait surement vu à la télé, mais qui prête réellement attention à ces sombres histoires quand elles se passent loin de chez soi ? De plus, elle était bien trop jeune pour être fan des films d’Aaron Echolls. Normal que le nom ne l’interpella même pas.

 

- Je suis désolée. Dit-elle en rendant l’affiche à Veronica, qui ne la saisit pas.

- Est-ce que je peux vous la laisser pour que vous l’affichiez derrière le bar ? Juste au cas où…

- Il faut que je demande à La Fleur.

 

Elle fit un pas en arrière et appela le concerné assez fort pour qu’il l’entende de la réserve. Veronica sourit à l’écoute de ce qu’elle espérait être un surnom.

 

Veronica Voff : Surnom qui dénote totalement avec le personnage.

 

Le barman arriva quelques secondes plus tard. Sa mine s’obscurcit lorsqu’il découvrit Veronica. Elle leva les yeux au ciel.

 

Veronica Voff : Comment peut-on être aussi catégorique ?

 

- La Fleur, cette jeune femme souhaiterait que l’on affiche un avis de recherche derrière le bar.

 

La Fleur empoigna l’affiche et l’analysa. Son visage inexpressif indiqua à Veronica qu’il ne reconnaissait pas Logan non plus. Sans un mot, La Fleur ouvrit un tiroir, farfouilla dedans et finit par punaiser la photo entre deux étagères de verres avant de retourner dans l’arrière-boutique.

 

- Merci. Lui cria Veronica. Merci à vous aussi, dit-elle en s’adressant à la serveuse.

 

Alice lui répondit par un sourire désolé.

 

- Vous voulez boire quelque chose ? Demanda-t-elle avec un ton plus compatissant que vendeur.

- Un Canada dry et un hamburger-frites s’il vous plaît.

- Je vous apporte cela tout de suite.

 

Veronica s’installa à un endroit qu’elle jugea stratégique. Une vue directe sur la porte et sur l’ensemble de la salle. Ainsi, elle pouvait observer tout ce petit monde tranquillement. En attendant d’être servie, elle s’enfonça dans son fauteuil et se laissa aller à son marasme. Elle commençait enfin à admettre que ses amis avaient raison. Ce n’était surement pas Logan. Logan était mort. Trouver la personne qui avait utilisé son compte lui parut bien futile à présent. Elle pensa mettre fin à son séjour précocement. A quoi bon. Elle fut tirée de ses pensées par Alice qui lui amenait sa commande.

 

- Je suis sûre que vous le retrouverez bientôt. Rassura la barmaid.

 

Veronica lui répondit par une moue incertaine qui fit sourire son interlocutrice. Elle retira son portefeuille de son sac quand la serveuse interrompit son geste.

 

- Laissez. C’est pour la maison. Si cela peut vous redonner le sourire…

- Vous êtes surprenants, vous, les Canadiens. Merci Alice.

 

La jeune femme lui fit un clin d’œil puis retourna derrière son bar. L’intervention d’Alice avait mis un peu de baume au cœur de Veronica. Elle se sentait un peu mieux, comme après avoir discuté avec Wallace ou Mac. Elle consulta sa boite mail tout en mangeant.

 

27/12/06, 15h52

From : [email protected]

To : [email protected]

Objet :

Message :

Tout vient à point à qui sait attendre Veronica. Tu m’as prouvé à maintes reprises que la patience était la clé de la réussite en investigation. J’espère sincèrement que cette fois encore tu avais raison. Cela ne fait pas encore deux jours que tu es là-bas. Tu résouds rarement des enquêtes en un laps de temps aussi court. Alors attendons un peu, tu veux bien ?

 

Sinon de mon côté, c’est atroce. Je déteste le ski, le faste est partout et pour couronner le tout la connexion est mauvaise ! Le combo de l’horreur.

 

Bises

Mac



Message suivant.




27/12/06, 18h34

From : [email protected]

To : [email protected]

Objet :

Ma petite chérie,

Il faut un peu de temps avant de pouvoir récolter les fruits de son travail. En attendant, profite du paysage ! Repose-toi ! Parce qu’en rentrant, la paperasse de Mars Investigation t’attend, et elle est gratinée.

 

Je t’embrasse.

Papa.



Elle sourit. De concert, ils lui prodiguaient les mêmes conseils. Il fallait attendre. Elle appréciait qu’ils ne la blâment pas d’un « Je te l’avais bien dit », elle n’avait pas besoin de ça, elle était suffisamment déçue pour reconnaître d’elle-même qu’ils avaient raison. Nul doute que la réponse de Wallace serait sensiblement identique. Elle leur répondit un petit mot gentil puis s’enfonça de nouveau dans le fauteuil. Il était confortable, elle aurait pu s’endormir ici à cet instant. Le temps de rassembler son courage pour reprendre la route jusqu’à l’hôtel, elle observa encore un peu la clientèle. Son regard se posa sur le bar. La Fleur était en pleine discussion avec une très belle femme d’une trentaine d’années, son attitude laissait penser qu’elle était sa petite amie. Il avait l’air bien plus amical avec les yeux rieurs, ce qui contrastait avec la froideur dont il faisait preuve quand il s’agissait de Veronica. Ce qui la surprenait autant que ça l'irritait.

 

Elle quitta le pub non sans laisser un pourboire sur la table.


Elodielodi  (16.05.2018 à 21:26)

 

28 décembre 2006

 

Elle s’était octroyée une grasse matinée et un peu de temps pour elle ce matin. La journée de la veille avait été éprouvante. Et la journée qui commençait s’annonçait tout aussi ennuyante. Elle se couvrit bien avant de sortir et de rejoindre à pied le centre commercial. Elle voulait y placer des affiches.

 

Elle obtint du service administratif l’autorisation de placer un avis de recherche à chaque caisse et sur les portes du centre commercial. Bien plus que ce qu’elle espérait. Elle en fit de même dans les boutiques. Elle en profita pour acheter quelques denrées et boissons pour ne pas avoir à payer plein pot toutes ses consommations au restaurant de l’hôtel ou au pub.

 

Après avoir déjeuné sur le pouce, elle se remit en route pour donner de la visibilité à ses affichettes dans la ville. Comme la veille, elle fit le tour des boutiques et restaurants. Et comme la veille, elle fut confrontée aux mêmes mines désolées.

 

En fin d’après-midi, elle se retrouva dans son nouveau refuge et s’accouda au bar face à Emma.

 

- Bonjour. Alors ? Votre enquête progresse ?

- Absolument pas, soupira Veronica. Je boirais bien un petit remontant. Qu’avez-vous à me proposer ?

- Liqueur de Bleuet. Annonça Emma. Un bon compromis entre la douceur d’un jus de fruits et le coup de fouet d’un alcool fort.

- Vendu.

 

La serveuse servit un verre qu’elle posa sur un sous-bock en face de Veronica. Cette dernière y trempa ses lèvres, comme méfiante vis-à-vis du liquide qu’elle allait ingurgiter, puis s’étonna du délicieux goût du breuvage. Son attitude fit rire Emma.

 

- Je ne comptais pas vous empoisonner.

- Vous non, mais lui …

 

Veronica désigna La Fleur qu’elle avait vu s’agiter à l’extérieur avant de passer la porte.

 

- Je dépose ça à la réserve Emma et je vais me changer. Je n’en ai pas pour longtemps. Déclara La Fleur en faisant osciller un énorme fut sur le parquet.

 

Une fois n’est pas coutume, il manifesta sa joie de voir Veronica par une mimique crispée.

 

- Il n’y a pas d’urgences. C’est encore calme pour l’instant. Tu as besoin d’aide, dit-elle en se précipitant vers lui.

- Ça ira. Occupe-toi des clients.

 

Veronica avait observé toute la scène un léger rictus aux lèvres. Elle attendit qu’Emma lui fasse face pour se pencher un peu vers elle et lui demander.

 

- C’est soirée Chippendales ce soir ?

 

Emma pouffa de rire. Il lui fallut une petite minute avant de pouvoir expliquer.

 

- Will est pompier volontaire pendant son temps libre, d’où son accoutrement. Elle gloussa encore un peu. C’est soirée Karaoké ce soir.

- C’est bien ce que je me disais, il ressemble plus à un Village People qu’à un stripteaser. Vraiment pas assez musclé. Ajouta une Veronica grimaçante.

- J’ai suffisamment de forces pour vous jeter dehors si c’est de ça dont vous doutez.

 

Emma riait aux éclats. La Fleur venait de sortir de la réserve et surprit Veronica qui sursauta.

 

- Ce dont je doute, c’est que vous soulevez des poids pendant vos pauses. Provoqua Veronica. Emma partit de plus belle dans son fou rire.

- Une attaque à ma virilité ? Dommage, je n’ai nullement envie de vous prouver que vous avez tort. Répondit-il plein de sous-entendus en passant derrière elle.

- Mince, vous qui êtes pourtant si agréable. Ironisa Veronica.

- Je me dépêche, dit-il à l’intention de sa collègue en sortant, sans prêter la moindre attention à la remarque de Veronica.

 

- Je crois que votre collègue ne m’aime pas beaucoup. Avoua Veronica quand elle fut sûre qu’il ne l’entendrait pas.

- Tout ce que je peux dire c’est qu’il ne vous déteste pas, je l’ai déjà vu à l’œuvre quand une personne lui sort par les narines… Dit-elle une fois son calme retrouvé. Il ne vous importune pas trop au moins ? Demanda-t-elle soudain très sérieuse.

- Si c’était le cas, je ne serais pas là à vous demander un autre verre de cette liqueur.

 

Emma sourit et servit de nouveau Veronica.

 

- Donc soirée Karaoké ce soir. Il va y avoir du monde.

- Oui. Tu restes ? Euh, vous res…

- Tutoie-moi, je t’en supplie ! J’ai l’impression d’avoir 40 ans alors que j’ai quoi, un an de plus que toi.

- Très bien…

- Veronica.

- On va t’entendre chanter ce soir Veronica ?

- N’y compte pas trop, mais je vais rester un peu. Au cas où mon bonhomme, lui, décide de venir pousser la chansonnette. Dit-elle en désignant du doigt l’affiche placardée derrière la serveuse.

 

Emma y jeta un œil puis fit face à Veronica.

 

- Je garde l’œil ouvert.

 

Elle remplit de nouveau le verre de Veronica et lui fit un clin d’œil pour lui signifier la gratuité de son geste.

 

- Décidément, les serveuses de ce bar sont généreuses.

 

Elle emporta son verre et s’installa à sa place stratégique. Elle sortit de sa besace son ordinateur portable et mit en évidence au dos de l’écran un portrait de Logan. Pendant qu’elle répondait à Wallace et surfait sur le web, elle guettait le moindre visage franchissant la porte.

 

La soirée battait son plein. Il y avait du monde, de bons et de moins bons chanteurs, mais il régnait une bonne ambiance. Elle allait de temps en temps discuter avec Emma et Alice au bar quand elle voyait qu’elles étaient moins sollicitées. Elle charria un tant soit peu La fleur quand l’un des clients choisit de chanter YMCA. Il ne se laissa pas faire.

 

La salle commençait à se vider. De toute évidence, plus personne ne viendrait, Logan encore moins. A l’annonce de son départ, Alice s’inquiéta de savoir comment elle rentrait. Quand elle évoqua l’usage de ses petites jambes, les deux jeunes femmes arrondirent les yeux.

 

- Tu ne peux pas rentrer à pied à cette heure-ci, rouspéta Emma.

- L’hôtel n’est pas si loin. Et puis j’aime ça, marcher.

- Le soir sur la plage de Neptune, j’imagine. Mais ici, en plein mois de décembre, c’est déconseillé si tu veux éviter les engelures, ajouta Alice.

- Je vais demander à La Fleur de te ramener. LA FLEUR, cria Emma.

- Chut chut chut. Je préfère encore rentrer à pieds.

- Ne soit pas bête, il ne te mangera pas.

- Quoi que … Ajouta Alice.

 

Alice et Emma échangèrent un regard entendu avant de glousser.

 

- Laissez tomber, je vous retrouve demain avec mes dix doigts et mes dix orteils !

 

Alice fit le tour du bar pour la retenir.

 

- Hors de question que je te laisse repartir par ce temps.

- Je n’ai pas peur du froid Alice. Ça ira.

 

Elle ouvrit la porte. Ce qui devait être un blizzard se déchaînait dehors. La neige tombait à gros flocons, mais à l’horizontal, signe d’un vent violent. Elle referma la porte.

 

- Bon. Je vais attendre un peu que ça se calme.

- Ça ne se calmera pas de sitôt.

 

Alice lança un regard à Emma qui appela La Fleur de nouveau.

 

- Tu ne veux pas me ramener, toi, plutôt ?

- Je suis en plein service. Emma aussi.

- Mais La Fleur aussi ! S’agaça Veronica comme une fillette à qui on refusait un caprice.

- Il est là en dehors de son temps de travail, lui.

- Très bien j’attendrais la fin de votre service dans ce cas.

- C’est dans trois heures.

 

Veronica souffla bruyamment. Elle jeta un regard en coin à Emma et La Fleur. Il n’avait pas l’air plus enchanté qu’elle. Elle soupira quand elle le vit enfiler son manteau et prendre ses clés sous le comptoir. Il passa devant elle sans même la regarder et l’attendit dehors sur le pas de la porte en mettant sa capuche.

 

Veronica lança un regard noir aux serveuses qui éclatèrent de rire. Elle sentait le traquenard à plein nez. Elle se décida à quitter l’établissement et osa un regard à son accompagnateur qui marchait droit devant vers un vieux pick-up délabré. Elle le suivit et s’installa vite fait sur le siège passager. Il mit le contact et monta le chauffage.

 

- Je suis au PineWood Guesthouse. Déclara Veronica d’une petite voix reconnaissante.

- Merci Miss Détective, mais le mystère n’était pas trop grand étant donné que c’est le seul hôtel ouvert à cette saison.

 

Il avait été sec. Elle ravala sa remarque acerbe.

 

Veronica Voff : Pour une fois qu’il se montre gentil. Ou plutôt qu’on l’a forcé à être gentil …

 

Il y avait peu de distance mais la neige recouvrant la voie, il mit un certain temps avant d’arriver à l’hôtel. Le silence était pesant. Elle déboucla sa ceinture quand il stoppa la voiture. Au moment où il allait parler elle le coupa.

 

- Merci.

 

Et elle descendit fissa de la voiture. Il repartit aussi vite.


Elodielodi  (17.05.2018 à 20:52)

 

29 Décembre 2006

 

Elle se réveilla tard. De toute façon elle n’avait rien à faire aujourd’hui. Tous, Wallace inclus, lui avait recommandé d’être patiente. Alors elle laissa aux habitants de Peachland le temps de voir ses affiches.

 

Veronica Voff : Il faudrait bien qu’un jour ils sortent faires des courses !

 

Seule et désespérée, elle regarda un film à l’eau de rose. Et c’est seulement une fois le film terminé qu’elle pensa aux appels de Piz. Elle écouta alors sa messagerie. Il avait laissé quatre messages la suppliant de le rappeler. Elle soupira. Elle était déprimée et elle n’avait pas envie d’entendre ses mièvreries. Et encore moins d’avoir à le consoler. Cette réflexion lui fit prendre conscience que leur couple n’avait pas d’avenir. Peut-être était-ce son état d’esprit actuel qui la rendait pessimiste. Mais pour la première fois, elle l’admettait vraiment, elle devait rompre avec lui. Elle soupira encore. Décidément, ce n’était pas la joie pour Veronica cette fin d’année 2006.

 

Elle prit un bain en espérant évacuer son marasme avec l’eau. Il était 13h, elle n’avait pas petit-déjeunér et elle ne comptait pas déjeuner non plus, ses désillusions lui avaient coupé l’appétit. Le soleil perçait, ils annonçaient un bel après-midi à la météo. Elle se couvrit, attrapa son appareil photo et hésita à prendre son téléphone. Elle le laissa sur le lit.

 

Veronica Voff : De toute façon, que ce soit pour attendre un appel au sujet de Logan qui ne viendra pas ou pour avoir une discussion avec Piz, autant qu’il reste loin de moi.

 

Elle s’aventura sur une randonnée au bord du lac, prit des photos magnifiques, se vida l’esprit. Elle s’installa un long moment sur un ponton du lac déneigé, et laissa le soleil réchauffer son visage. Encore un peu et elle se serait crue sur la plage à Neptune. En fin d’après-midi, elle était affamée. Elle se reconnecta avec la réalité et observa les alentours. Elle distinguait le chalet au bord du lac qui abritait le pub. Elle s’y avança. Elle avait envie de discuter avec des âmes compatissantes.

 

En entrant, elle découvrit Emma au bar. Elle déroula son écharpe et s’effondra théâtralement sur le comptoir.

 

- Toujours rien, hein ?

- Toujours rien, répondit Veronica avachie. Tu as encore de quoi faire une gaufre ?

- Avec supplément sirop d’érable et chantilly même.

- Tu es un ange.

- Alors, tu vois que tu as survécu.

 

Veronica releva la tête. Emma sourit et précisa en chuchotant.

 

- Will ne t’a pas mangée.

- Pourtant il avait tout l’air d’un ours mal-léché, dit Veronica en souriant.

 

Elle entendit un bruit derrière elle. La Fleur était en train de raviver le feu dans la cheminée. Elle le regarda faire. Elle pouvait sentir de sa place la chaleur qu’il venait de raviver dans l’âtre. Elle le suivit du regard, il s’installa à une table basse déjà occupée par une jolie blonde qu’il entoura de son bras. Veronica fronça les sourcils avant de se tourner vers Emma.

 

- La copine de La Fleur est-elle au courant de çà ? Dit-elle en pointant discrètement le couple.

- La Fleur n’a pas de petite-amie. Assura Emma, après un bref regard vers la direction indiquée par Veronica. Il a des relations d’un soir, c’est un fait établi ici.

 

Veronica hocha la tête en les observant à la dérobée. Elle était étonnée, en moins de deux jours, il avait réussi à séduire deux très belles femmes.

 

Veronica Voff : Que peuvent-elles bien lui trouver ?

 

Le fait était que son attitude semblait totalement différente avec ces femmes qu’avec elle. Son regard chaleureux allait de pair avec son sourire malicieux et sa gestuelle envoutante. Emma interrompit ses pensées.

 

- Je te parie que dans moins d’un quart d’heure il monte à l’étage avec elle.

 

Veronica ne se souvenait pas avoir vu un escalier. Elle balaya de nouveau la pièce pour en être sûre.

 

Veronica Voff : C’est peut-être une expression Canadienne.

 

Face à son expression dubitative, Emma précisa.

 

- Will habite le studio juste au-dessus. On y accède par l’extérieur.

- Pratique quand on est un séducteur compulsif.

- Tu dois voir ce genre d’homme  souvent, avec ton métier.

 

Veronica acquiesça et raconta quelques anecdotes qu’elle avait vécues à travers ses propres enquêtes et celles de son père. Elle appréciait le fait de discuter avec Emma. Elle était vive, les mots venaient naturellement avec elle.

 

- Tes clients savent qu’ils te payent à ne rien faire ? Tu ne culpabilises pas trop de jouer les piliers de bar à leurs frais ? Les interrompit La Fleur qui venait préparer un verre pour sa dulcinée d’un soir.

- Tu ? s’interloqua une Veronica les yeux ronds de surprise.

- Je te traite de profiteuse et toi tu t’arrêtes au tutoiement ? S’étonna-t-il amusé. Vu les bassesses qu’on s’échange depuis quelques jours, je pensais qu’on n’était plus à une politesse près.

- Profiteuse ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité venant de Casanova. Piqua Veronica, mais La Fleur ne s’en offusqua pas.

- Jalouse, dit-il en emportant ses boissons sans se retourner, sans la voir lever les yeux au ciel.

 

***

 

Veronica rentra à sa chambre sur le coup de 21h, il n’y avait pas foule au pub ce soir. Elle avait fait le guet un moment, puis, quand le dernier groupe d’ami avait quitté le bar, elle avait suivi. Elle s’effondra de fatigue sur son lit, puis sentit une gêne dans son dos. Elle glissa péniblement sa main entre ses omoplates pour retirer son téléphone. Avant de le claquer sur la table de chevet, elle consulta ses messages.

 

Deux appels, un de Piz et un d’un numéro inconnu. Elle écouta le message du numéro inconnu.

 

« Bonjour Mademoiselle Mars, c’est Monsieur Harris. Je n’ai pas trouvé grand-chose de plus concernant la personne que vous recherchez, mais un agent de police du comté pense avoir reconnu Logan. Il ne sait pas où il habite, mais il dit qu’il travaille au Mamma Rosa, un restaurant italien sur Lawrence Avenue à Kelowna. J’y suis allé photo en main, personne ne l’a reconnu, mais vous savez comme moi que ses collègues peuvent le couvrir. Je sais que vous êtes pressée par le temps, et je ne pourrai pas planquer demain devant le restaurant. Tenez-moi au courant de ce que vous voulez faire. Bonne soirée. »

 

Elle tremblota. Entre surprise et excitation.

 

Veronica Voff : Peut-être que je n’ai pas perdu mon temps au final.

 

Elle se sentait euphorique. Un rire s’échappa de sa gorge. Elle ne tenait plus en place et faisait les cent pas dans sa chambre. Elle essaya de se calmer avant de contacter le détective Harris. Sa tension redescendue, elle put l’appeler, le remercier, et lui annoncer qu’elle ferait la planque elle-même.

 

Elle raccrocha et fila prendre une douche pour finir de se calmer. Après plusieurs jours à déprimer, cette nouvelle était plus que bienvenue. Finalement, Logan était peut-être en vie et cela la mettait en joie.

 

A cette réflexion, une angoisse fit – ou plutôt refit - surface.

 

Veronica Voff : Et si ce n’était pas lui ?

 

Elle avait l’impression d’un remake du mois dernier, quand elle avait découvert le mouvement bancaire. Elle tacha de mettre de côté ce sentiment et de se concentrer sur sa joie. Mais l’euphorie était retombée. Le lendemain, elle en aurait le cœur net une bonne fois pour toute. Impatiente d’être le matin, elle eut du mal à trouver le sommeil.


Elodielodi  (18.05.2018 à 18:46)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E15
Mercredi 3 juin à 21:10
1.81m / 10.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Nouvelles séries, retours, fins de saison et remises de prix, voilà un horaire chargé pour bien...

Une bande-annonce pour la saison 2 de Sugar d'Apple TV

Une bande-annonce pour la saison 2 de Sugar d'Apple TV
Apple TV a mis en ligne une bande-annonce de la deuxième saison de sa dramatique policière...

Baywatch : la mère de Hobie Buchannon entre en scène

Baywatch : la mère de Hobie Buchannon entre en scène
Le casting du reboot de Baywatch continue de s'étoffer : Mary McDonnell (Major Crimes) s'invite sur...

HypnoRooms

Mercolin, 01.06.2026 à 20:34

Nouveau mois et nouveau sondage sur les vacances sur le quartier Merlin

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Aujourd'hui à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages