Pacey était assis sur un canapé chez Joey. Il venait de répéter son script avec elle. Il avait eut une trouille phénoménale lorsqu’il avait accepté d’incarner le personnage, mais là, avec Joey, tout s’était déroulé le mieux du monde. Il s’était senti à l’aise. S’il refaisait la même chose demain devant tout le monde, tout se passerait bien. Il se sentait rassuré, et ça il le devait à Joey. Il observa la jeune fille leur servir à boire. Depuis, quelques temps, ils se voyaient régulièrement, disons que c’était lui qui venait la voir de plus en plus souvent. Depuis qu’il s’était rendu compte des sentiments qu’il éprouvait pour elle, il ne pouvait plus se passait de sa présence. Elle était belle, tellement belle. Pourtant, il ne se sentait pas la force de lui avouer ce qu’il ressentait, sûr qu’elle ne pourrait que le repousser.
Joey : Ton soda, dit-elle en lui tendant la cannette.
Pacey : Merci.
Il saisit la boisson et lui sourit. Elle lui rendit son sourire et s’assit en face de lui.
Joey: Alors Witter? Tu te voyais déjà sur la scène ?
Pacey : Tu crois que ça ira ? demanda t-il inquiet.
Joey : Pacey souffla t-elle. Tu es très bien.
Pacey : T’es sûr ?
Joey : Tu crois vraiment que j’hésiterais à te le dire si tu avais été nul ?
Pacey : Oh non, ça m’étonnerait. Tu serais même impitoyable.
Il lui sourit et ils éclatèrent de rire ensemble.
Joey : Tu vois ? dit-elle en reprenant son souffle. Tu feras un tabac samedi.
Pacey : Ouais peut être mais j’espère que je ferais un tabac demain aussi ! dit-il en plaisantant.
Joey : Demain ? Qu’est ce qu’il y a demain ? demanda t-elle incrédule.
Pacey : La première, Joey. T’as oublié ?
Joey : Oh mon dieu ! dit-elle en se posant une main sur la bouche. Je suis désolée.
Pacey : Oh c’est rien, l’important c’est que tu sois là.
Joey : Pacey, je….
Elle fut interrompue par la sonnerie du téléphone. Elle lança un regarda contrit vers Pacey et alla décrocher.
Joey: Bed and Breakfast?
AJ : Salut Joey !
Joey : Ah! Bonjour AJ dit-elle avec un sourire gêné en voyant l’air de Pacey.
Elle se retourna afin d’être dos à Pacey et de pouvoir lui cacher sa conversation. Mais ce dernier avait bien entendu le prénom de l’interlocuteur et s’était renfrogné. Il était triste tout d’un coup. Pourquoi Joey continuait-elle à voir ce type ? « Oui, oui ne t’inquiètes pas je viendrais » l’entendit-il dire. Elle n’allait tout de même pas aller là-bas ? Il attendit qu’elle eut raccroché le téléphone pour lui demandait des explications.
Pacey : Tu comptes aller le voir à Harvard ?
Joey : Qui t’a donné le droit d’écouter ma conversation ?
Pacey : Je t’ai posé une question ? Tu vas aller le voir oui ou non ?
Joey : Bien que cela ne te regarde pas, non, je ne vais pas y aller…
Pacey poussa discrètement un soupir de soulagement.
Joey : …c’est lui qui vient, ajouta t-elle.
Pacey : Quoi ? Il va venir ici ?
Joey : Oui, dit-elle tête baissée.
Pacey trouva la jeune fille bizarre. Son comportement n’était pas normal. Soudain, une idée traversa son esprit et son visage refléta l’inquiétude qui venait de prendre possession de son corps.
Pacey : Il vient quand ?
Joey : Demain dit-elle en levant des yeux désolés sur lui. On doit aller voir une aurore boréale. J’avais complètement oublié ta première Pacey, je suis désolée dit-elle précipitamment.
Pacey : C’est rien dit-il en haussant les épaules. De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais besoin de toi.
Ils restèrent quelques instants à se regarder dans les yeux. Joey s’était sentit blessée par la dernière remarque de Pacey. Elle pensait que depuis le temps, ils avaient dépassé ce stade et qu’aujourd’hui, ils pouvaient dire qu’ils étaient amis. Pacey de son côté, était malheureux. Il avait menti, il avait besoin de la jeune fille, sans elle, il était sûr de se planter. Mais il ne pouvait pas le lui dire.
Joey : Bien…. Tant mieux dit-elle la voix légèrement cassée.
Pacey : Ouais…. Bon, je vais rentrer, c’est mieux.
Joey : D’accord. Bonne nuit Pacey.
Pacey : Bonne nuit Joey lui dit-il en franchissant la porte d’entrée et en lui lançant un dernier regard.
Elle ne pu détacher son regard de la silhouette qui s’éloignait de sa maison. Quelque chose avait changé dans leur relation. (marjo)
En une fraction de seconde, l’ambiance détendue et chaleureuse qui régnait entre eux s’était brisée et avait laissé un grand froid s’installer. Elle resta perplexe face à cette attitude qu'elle ne comprenait pas et qu'elle ne chercha pas à comprendre pour le moment. Une fois Pacey totalement disparu de sa vue, elle rentra dans sa chambre et pensa à AJ. Elle était si heureuse de passer une soirée avec lui. Elle n'en revenait toujours pas qu'un jeune homme tel que lui, si intelligent, si brillant, puisse s'intéresser à une adolescente comme elle, à peine sortie des jupes de sa mère ! Elle apprenait tellement à son contact, même si parfois, pour ne pas dire souvent, elle ne comprenait pas tout ce qu'il lui disait. Ils avaient quand même 3 ans d'écart, peu de centres d'intérêt en commun mais il la fascinait par l'étendue de sa connaissance. Sans compter qu'il était plutôt mignon. D'un genre différent de Pacey, mais mignon quand même ! Tiens, c'est bizarre, pourquoi le comparait-elle à Pacey ? Pourquoi pensait-elle à lui, à ce moment précis? Elle fronça les sourcils, Pacey avait le chic pour être là où on ne l'attendait pas, il envahissait même ses pensées les plus intimes. Non, mais quel toupet ! En y réfléchissant bien, c'était sûrement dû au fait qu'ils s'étaient quittés un peu précipitamment, tout à l'heure. Depuis qu'ils étaient devenus amis, un exploit quand on connaissait leurs caractères respectifs, elle avait découvert une multitude de qualités chez le jeune homme, notamment le fait qu'on pouvait compter sur lui. De plus, il faut bien se l'avouer, elle s'amusait nettement plus depuis qu'il était "entré" dans sa vie ! Alors qu'ils se soient quittés de cette manière l'attristait quelque peu. Elle avait beau réfléchir, elle ne comprenait pas la réaction de son ami. Elle secoua la tête énergiquement pour chasser ces idées déplaisantes. Après tout, ce n'était qu'une pièce de théâtre ! Alors, qu'une aurore boréale ne s'apercevait pas tous les jours !! A cette pensée, elle sourit, imaginant déjà l'excellente soirée qu'elle passerait en compagnie de AJ. Pour Pacey, on verra demain, il finirait par comprendre, non ? se dit-elle avant de s'endormir le sourire aux lèvres.
Cependant, elle dormit mal, elle se réveilla plusieurs fois dans la nuit avec l'image de Pacey, victime d'un terrible trou de mémoire lors de la première.
" Mais, c'est ridicule! Comme si ma présence ou non pouvait avoir une influence sur la concentration de Pacey!" se dit-elle à mi-voix, comme pour se convaincre elle-même.
Elle jeta un oeil à son réveil, il était déjà 5 heures du matin.
"Mon dieu, je vais avoir une tête à faire peur ce soir. Tout ça, c'est de ta faute, Pacey Witter!" ajouta-t-elle de mauvaise foi.
Elle finit tout de même par se rendormir sans être interrompue jusqu'à la sonnerie du réveil.
Du côté de Pacey, le marchand de sable tardait également. Depuis qu'il était parti assez précipitamment de chez les Potter, il ne faisait que penser à Joey, à AJ, à Joey et AJ ensemble et cela le rendait dingue. Il avait de plus en plus de mal à contenir les sentiments qu'elle lui inspirait. Il n'arrivait plus à se souvenir depuis quand il était amoureux d'elle, et d'ailleurs, il s'en fichait pas mal. Les faits étaient là, il était, lui, Pacey Witter, irrémédiablement et éperdument amoureux de Joey Potter. Il sourit intérieurement. Quelle ironie, dire qu'il n'y a pas si longtemps, ils ne supportaient pas d'être dans la même pièce plus de 10 minutes, et maintenant, lui, ne pouvait plus se passer d'elle. Elle lui était indispensable dans sa misérable vie. Un rayon de soleil ! Voilà ce qu'elle était à ses yeux. Bon, c'est sûr, cela faisait un peu cliché, mais c'était la pure vérité. Le problème, c'est qu'elle était également le rayon de soleil de Dawson, et probablement celui de AJ. Pour Dawson, il n'était pas trop inquiet, Joey lui ayant plusieurs fois confié qu'elle n'était plus amoureuse de lui et qu'elle avait enfin compris ce qui les liait tous les 2, et elle n'aurait eu aucun intérêt à lui mentir. Le moment venu, s'il venait un jour, et à la lumière des derniers évènements, il en doutait un peu, donc le moment venu, il s'arrangerait avec Dawson. A l'heure actuelle, cet AJ le préoccupait davantage. Joey ne lui avait pas dit qu'elle genre de sentiments elle lui portait. Et s'il se référait à la mine réjouie qu'elle arborait à chaque fois qu'elle était avec AJ ou lui parlait au téléphone, Pacey n'était pas loin de penser qu'elle pouvait en être amoureuse. C'était bien sa veine !! La menace Dawson quasiment écartée, il fallait qu'un étudiant venu de nulle part intervienne entre Joey et lui. Et franchement, entre AJ et lui, il n'y avait pas photo. Il était intelligent, cultivé, drôle à en croire Joey, et surtout plus âgé. Et lui qu'était-il ? Le clown de service, celui qui ne se prend pas au sérieux, cancre, bon à rien etc... Même lui, s'il avait été une fille, dotée d'un minimum de discernement, aurait choisi AJ ! Il n'y avait donc aucun espoir ! Joey aimait chez un homme, tout ce qu'il ne pourra jamais être, tout ce qu'il ne pourra jamais rêver d'être. Il poussa un soupir à fendre l'âme.
"Allons bon, advienne que pourra ! Je continuerai à être son ami, malgré tout ! Après tout, je suis un acteur. Simuler mes émotions c'est mon métier" ironisa-t-il.
La situation n'aurait pas été si désespérée et désespérante qu'il en rirait presque! Dans ce genre de situation, mieux valait garder son sens de l'humour. Et pour lui, depuis sa naissance, c'était la seule arme qu'il possédait pour encaisser les coups durs !
Sur ces entrefaites, il sombra dans un sommeil agité, peuplé de rêves dans lesquels Joey embrassait à tour à tour, Dawson et AJ, pendant que lui regardait, impuissant. (falbala)
Pacey attendait, seul, assis sur un des fauteuils de la salle de théâtre. Il observait la scène, pensif. Il n’arrêtait pas de se dire que ce soir allait être un fiasco si…
Pacey : Si Joey n’est pas là murmura t-il l’air triste.
Il repensa à la nuit qu’il venait de passer, elle avait été trouble et agitée. Il n’avait cessé de l’imaginer dans les bras d’AJ. N’être qu’ami avec elle serait très difficile, pourtant s’était la meilleure et surtout la seule solution s’il voulait continuer à passer du temps auprès d’elle. Et passer du temps avec elle, c’est ce qu’il désirait le plus, d’ailleurs, il ne pourrait plus faire sans. Il avait découvert que la présence de Joey à ses côtés lui était indispensable et bénéfique. Il ne s’était pas senti aussi bien depuis longtemps. Il entendit du bruit, il retourna la tête et reconnut quelques-unes des personnes travaillant avec lui ce soir qui venaient de rentrer sur la scène.
Andie : Eh! Witter, bouge tes fesses, on va répéter.
Pacey : Content de te voir aussi Mc Phee lui dit-il en quittant sa place.
Joey prenait un chocolat chaud au distributeur tout en révisant ses cours, un grand contrôle de littérature l’attendait ce matin. Elle ne pouvait pas se permettre de le rater, pourtant, elle n’arrivait pas à se concentrer sur les morceaux de papier qu’elle tenait à la main. Elle réfléchissait aux vêtements qu’elle allait porter ce soir pour son rendez-vous avec AJ. Elle voulait lui plaire et avait donc décidé de porter une jupe, ce qu’elle faisait rarement, préférant de loin les pantalons. Mais ce soir, elle voulait être jolie, plus que jolie d’ailleurs pour le garçon qui lui plaisait. Soudain, son esprit dériva vers Pacey. Que venait-il encore faire dans ses pensées ? Il fallait toujours qu’elle pense à lui alors qu’elle devait se concentrait sur AJ. Pacey ? Elle ne l’avait pas encore vu ce matin. D’habitude, sa journée commençait par leurs habituelles querelles. Et bizarrement, celle-ci lui semblait morne tout à coup. Elle regarda sa montre, à cette heure-ci, il devait être à l’amphithéâtre. Elle avait juste le temps de passer voir comment il s’en sortait à sa répétition avant son prochain cours. Elle rentra discrètement et s’assit au fond de la salle de façon à ne pas se faire voir. Elle discerna Pacey au milieu de la scène, il était nerveux et oubliait toutes ses répliques. Elle resta stupéfaite, il ne savait plus rien. De tout ce qu’il avait répété hier, il n’en restait rien. Qu’avait-il bien pu se passer entre hier et aujourd’hui ? Etait-ce le fait qu’elle ne vienne pas ce soir ? Non, ça ne pouvait pas être ça, c’était impossible. Il devait y avoir autre chose.
Andie : Pacey, qu’est ce qui te prend ce matin, tu n’arrives même pas à aligner deux mots.
Pacey : Je suis désolé Andie.
Andie : Je ne te demande pas des excuses, ce que je voudrais c’est que tu te reprennes. La première c’est ce soir Pacey, qu’est ce qui te prend ?
Pacey : Je l’ignore lui dit-il en baissant les yeux.
Joey profita du chahut que faisaient les décorateurs pour sortir. Elle resta appuyée contre le mur un instant, elle était inquiète. Que se passerait-il ce soir s’il oubliait de nouveau son texte ? Il allait se rendre ridicule et tout le monde se moquerait de lui. Oh non, pas ça ! Elle ne pouvait pas supportait l’idée qu’il puisse être le centre des moqueries des autres. Elle savait combien cela pouvait faire mal. Et elle ne voulait pas qu’on fasse du mal à Pacey. Qu’est ce qui te prend ? se demanda t-elle soudain, depuis quand t’inquiètes-tu de ce que les autres pourraient penser de lui ? Peut-être depuis qu’il prenait soin d’elle fut la réponse qui lui vint à l’esprit. Un sourire effleura son visage, il était là pour elle, depuis le début de l’année, chaque fois qu’elle avait eu un problème, il avait répondu présent, voir plus. Il fallait qu’elle l’aide, qu’elle lui parle. Elle se promit d’aller le voir dès qu’elle le pourrait.
Il était assis derrière le comptoir du vidéo club de Capeside. Il était loin d’être concentré sur son boulot, toutes ses idées étaient partagées entre l’image de lui se ridiculisant sur scène ce soir et celle de Joey embrassant AJ. Et bien que l’idée de se taper la honte devant tout le monde était loin d’être séduisante, celle de Joey et AJ, ensemble, le contrariait nettement plus. La sonnette d’entrée retentit et il la vit, marchant tel un ange vers lui. Ses cheveux lui retombant sur ses épaules, son T-shirt rouge laissant voir une parcelle de sa peau si fine et bronzée, ses lèvres si attirantes…, il poussa un long soupir de frustration. Tout en cette fille lui donnait envie de la toucher, de l’admirer et de l’embrasser. Comment pourrait-il masquer son attirance pour elle dans ces conditions ?
Pacey : Qu’est ce que tu viens faire ici Potter ? lui dit-il du ton le plus naturel qu’il put.
Joey : Pacey, il faut que je te parle.
Pacey : De quoi ?
Joey : Je suis passée voir ta répétition ce matin avoua t-elle.
Pacey : Oh!
Il détourna le regard, elle avait sûrement remarqué à quel point il avait été nul. Tous les efforts qu’il avait fournis depuis le début de l’année pour lui montrer combien il pouvait être un type bien, un garçon avec qui elle pourrait sortir sans éprouver l’envie de se cacher avait dû voler en éclat.
Joey : Je peux faire quelque chose ? lui demanda t-elle d’une voix amicale.
« Oui, venir ce soir » pensait-il. Mais il ne pu se résoudre à lui donner cette réponse au lieu de cela, il adopta l’attitude qu’il prenait toujours lorsqu’il se sentait coincé dans une situation délicate.
Pacey : Non, merci je me débrouillerais bien tout seul.
Joey : Pacey, je peux te faire répéter cet après-midi, si tu veux.
Pacey : Tu ne dois pas te préparer pour ton dévoreur de livres anciens ?
Joey : Il ne vient pas avant 8h, donc on a du temps devant nous.
Pacey : 8 heures ? Ben, il est pas pressé ! Moi si je sortais avec une fille comme toi, je ne pourrais pas attendre tout ce temps avant de la revoir lâcha t-il machinalement.
Joey ouvrit légèrement la bouche, surprise parce qu’il venait de dire. Elle sentit une légère chaleur s’installer en elle et lui réchauffer le cœur. Lorsque Pacey réalisa la portée de ses paroles, il s’empressa de vouloir rétablir la situation à son avantage.
Pacey : Enfin, heureusement pour moi, il ne me viendrait jamais à l’esprit de sortir avec une fille comme toi.
Joey : Heureusement pour cette fille aussi lui répondit-elle sur la défensive.
Ils se regardèrent droit dans les yeux et restèrent ainsi quelques instants. Pacey ne savait pas quoi faire, il aurait voulu lui dire combien il avait besoin qu’elle soit là ce soir, combien c’était important pour lui. Que s’il avait accepté de faire cette pièce de théâtre c’était uniquement pour qu’elle puisse être fière de lui et que si elle ne venait pas, cela n’aurait servit à rien qu’il se donne tout ce mal. Malheureusement, il savait que quoi qu’il dise, rien ne changerait, Joey irait quand même à son rendez-vous avec AJ. C’est vrai, que valait la pièce de théâtre d’un ami contre une soirée magique sous les étoiles avec la personne qu’on aime. Il ne pouvait décidément pas rivaliser avec lui. Joey, elle, ne pouvait pas supporter l’idée que la scène qu’elle ait vue ce matin se reproduise à la première représentation. Ca tuerait Pacey à coup sûr, et donnerait des nouveaux sujets de critiques de la part de sa famille. Pourquoi ne voulait-il pas accepter son aide ? Comment arriverait-elle à se détendre ce soir si elle s’inquiétait pour lui ?
Joey : Pacey, je…
Pacey : Ca ira, Joey, je me débrouillerais.
Joey : Tu es sûr ?
Pacey : Ouais.
Elle n’insista pas, s’il ne voulait pas de son aide que pouvait-elle y faire ?
Joey : D’accord, alors je m’en vais. Au revoir Pacey.
Pacey : Au revoir Joey.
Il la regarda s’éloigner. Elle était vraiment belle.
Joey: Pacey?
Pacey: Oui?
Joey : Je suis désolée de ne pas pouvoir venir.
Il lui sourit tristement.
Pacey : C’est la vie.
Joey : Bonne chance pour ce soir.
Il se contenta de hocher la tête tandis qu’elle franchissait la porte. Il se rassit, complètement désemparé et posa sa tête sur ses avant-bras. (marjo)
Il était toujours dans cette position lorsque Jen entra et comme il ne semblait pas avoir entendu la sonnette, elle crut qu’il s’était tout simplement endormi. Elle sourit. C’était bien du Pacey Witter de s’endormir sur son lieu de travail ! Elle s’approcha tout doucement de lui et posa sa main sur ses cheveux. Ce geste fit réagir Pacey et il releva la tête brusquement. Voyant que ce n’était que Jen, il fut soulagé.
Jen (un grand sourire aux lèvres) : Alors, Witter, on dort pendant le service ?
Pacey (essayant de reprendre une contenance) : Je ne dormais pas, Lindley. J’étais en pleine introspection. Je me donne en spectacle, ce soir !
Jen sourit à la plaisanterie puis examina plus attentivement son ami. Il souriait également mais, chose étonnante et même invraisemblable de sa part, ce sourire n’atteignit pas ses yeux. Elle mit cela sur le compte du trac et tenta de le rassurer.
Jen (d’une voix douce) : T’en fais pas, Pacey. Tout va bien se passer, ce soir !
Pacey (d’une voix qu’il aurait aimée moins triste) : Je n’en suis pas si sûr.
Jen (rassurante) : Mais si ! J’ai croisé Joey ce matin et elle m’a dit que tu allais nous éblouir, ce soir !
Pacey (sceptique) : Ah bon ! Elle t’a dit ça ?
Jen observa une nouvelle fois le jeune homme. Elle avait noté le changement d’attitude, pourtant à peine perceptible : à l’évocation de Joey, ses yeux avaient un très court instant exprimé de la joie, immédiatement remplacé par une infinie tristesse.
Jen (soucieuse): Tout va bien, Pacey ?
Pacey (fuyant son regard) : Bah oui ! Pourquoi ça n’irait pas ?
Il fixait son regard n’importe où sauf sur Jen. Il la savait très intuitive. C’était presque un don chez elle. Parfois, il avait l’impression qu’elle pouvait lire en chacun d’eux comme dans un livre ouvert. Et il ne voulait surtout pas qu’elle devine ce qui le tourmentait.
Jen (suspicieuse) : Je ne sais pas, t’as l’air bizarre !
Pacey (reprenant un peu d’assurance) : Le trac, Jen, le trac ! (Puis préférant changer de sujet) : Tu veux louer un film ?
Jen (surprise) : Hein ! Pardon ?
Pacey : Si t’es là, c’est bien pour louer un film, non ?
Jen (reprenant ses esprits) : Ah oui ! Avec Jack, on s’est dit qu’on pourrait se faire une petite soirée vidéo…
Pacey (l’interrompant, un peu déçu) : Alors, vous aussi vous m’abandonnez ce soir ?
Jen : Tu rigoles ! Je ne raterai ta prestation pour rien au monde, et Jack non plus ! Le film, c’est pour après. (puis reprenant étonnée) : Qui ne vient pas ce soir ?
Pacey (fuyant toujours le regarde de Jen mais ne pouvant masquer le son triste de sa voix) : Joey.
Jen (surprise) : Joey ? C’est pas possible !
Pacey (dépité) : Et si ! Elle a rendez-vous avec cet AJ, tu sais l’étudiant, pour voir une aurore boréale.
Jen remarqua la veine qui battait sur la tempe de son ami, signe que cette situation lui déplaisait plus qu’il ne voulait le laisser paraître. Elle avait également constaté la légère réticence lorsqu’il évoqua AJ.
Jen : Ca a l’air de te gêner ?
Pacey : Quoi ?
Jen : Le fait que Joey ne vienne pas ce soir.
Pacey (s’occupant de ranger les cassettes pour ne pas à la regarder) : Non pas du tout. Après tout, elle fait ce qu’elle veut.
Jen : Alors, c’est le fait qu’elle fréquente AJ qui t’énerve ?
Pacey n’en revenait pas. Mais comment faisait-elle ? Malgré tous les efforts qu’il faisait pour dissimuler la vérité, elle devinait tout. C’était à se demander si elle n’avait pas des pouvoirs télépathiques !
Il s’occupait toujours des cassettes, qu’il rangeait, dérangeait, pour se donner une contenance.
Pacey (se forçant à sourire) : D’abord, je ne suis pas énervé ! Ensuite, comme je te l’ai dit, elle fait ce qu’elle veut. Si t’as senti une légère réticence, c’est juste que je ne veux pas que cet AJ la fasse souffrir. Je te rappelle que Dawson m’a demandé solennellement de veiller sur Melle Potter !
Jen (pas dupe du manège de Pacey, ironique) : Dis donc, tu pourrais au moins arrêter ton simulacre de rangement et me regarder dans les yeux pour me raconter un mensonge plus gros que toi !
Pacey (simulant l’incrédulité) : Mais de quoi parles-tu ?
Jen : Arrête ton cirque, Pacey ! Ca fait 10 fois que tu ranges les mêmes cassettes au même endroit ! Dis-moi la vérité !
Pacey : Mais c’est la vérité !
Jen (suspicieuse) : Donc, tu t’inquiètes juste pour Joey ?
Pacey hocha la tête.
Jen : Alors, ça ne te fait rien d’imaginer AJ prendre la main de Joey, puis la prendre dans ses bras, lui caresser les cheveux, lui murmurer des mots tendres…
Pendant qu’elle parlait, elle voyait le visage de Pacey se crispait et elle sentit qu’il faisait un énorme effort sur lui-même pour ne pas exploser. Voulant à tout prix l’aider à se libérer, elle décida d’enfoncer le clou.
Jen : Ca ne te fais toujours rien de l’imaginer prendre tendrement possession des lèvres de Joey, pendant que ses mains parcourent son corps…
Pacey (criant): Stop! Jen, arrête!
La violence de sa réaction les surpris tous les 2. Pacey était au supplice. Il passa nerveusement une main tremblante dans ses cheveux. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’il crut qu’il allait exploser. Il tenta de se calmer mais il ne pouvait s’empêcher d’imaginer tout ce que Jen venait de décrire : les caresses, les mots doux, le baiser. Ca le rendait fou. Il n’avait jamais ressenti une douleur aussi intense : l’impression que des milliers d’aiguilles lui transperçaient le cœur ou alors l’impression que son cœur était passé au mixer. Il releva la tête et pour la 1ère fois depuis le début de la conversation, regarda Jen dans les yeux. Il pu y lire une infinie douceur, teintée peut-être de sollicitude.
Pacey : T’as deviné ce que je ressentais pour Joey.
C’était plus une affirmation qu’une question.
Jen (d’une voix douce) : J’ai rien deviné, Pacey. Tu viens de me l’apprendre.
Pacey (soupirant) : Ouais ! Le fameux coup du « je prêche le faux pour savoir le vrai. »
Jen (contrite) Je suis désolée, Pacey. Mais je sentais que quelque chose te tracassait. Maintenant que je sais, tu veux peut-être m’en parler ?
Pacey : Je ne vois pas à quoi ça pourrait servir.
Jen : A te soulager, dans un 1er temps.
Pacey (sceptique) : Et dans un 2nd temps ?
Jen : A trouver une solution tous les 2.
Pacey (fataliste) : Mais, y a pas de solution, Jen.
Jen : Y en a toujours, Pacey ! Depuis quand, as-tu, comment dirai-je, développé ce genre de sentiments pour Joey ?
Pacey (ironique) : Tu crois peut-être que je me suis amusé à calculer!
Jen : Bon, t’as l’intention de lui dire, quand même ?
Pacey (catégorique) : Certainement pas ! Pour qu’elle se moque de moi !
Jen : Si tu ne lui en parles pas, comment vas-tu savoir si elle ne ressent pas la même chose pour toi ?
Pacey (ironique) : Jen ! Dois-je te rappeler où et avec qui Joey passe sa soirée ? Si elle avait des sentiments pour moi, des sentiments qui dépassent la simple camaraderie, elle ne s’apprêterait pas à passer une soirée ultra romantique avec un autre. Elle viendrait me voir jouer !
L’amertume perçait dans le son de sa voix. Il n’essayait même plus de se dissimuler. A quoi bon ? Jen avait parfaitement manœuvré, elle avait réussi en un temps record à percer sa carapace et à l’obliger à lui révéler ce qu’il s’efforçait de garder au fond de lui depuis si longtemps. Il aurait dû lui en vouloir pour ce qu’il considérait comme une violation de ses pensées les plus intimes mais il fut forcé de constater que parler lui faisait énormément de bien, comme s’il se libérait d’un fardeau trop lourd à porter.
Jen (doucement) : C’est vital, sa présence ce soir, pour toi.
Pacey (dépité) : Si tu savais ! Sans elle, je cours direct au ….(puis constatant que Jen avait encore vu juste) : Mais comment fais-tu ? T’as des pouvoirs magiques, c’est ça ?
Jen (amusée) : C’est plus terre à terre que ça. En fait, je lance une idée en l’air, et j’attends de voir si elle rebondit.
Pacey (sceptique) : Tu balances n’importe quelle idée au hasard et t’attends de voir ?
Jen (de plus en plus amusée) : Là, tu me vexes, Pacey. Avant, j’observe, j’analyse, j’en tire les conclusions qui s’imposent et pour être sûre, j’exprime mon idée le plus innocemment du monde et je compare mes conclusions avec la réponse que j’ai obtenue. Et je dois avouer, non sans fierté, que je me trompe rarement.
Pacey (ironique) : Bravo, Melle Lindley. Vous manipulez vos interlocuteurs pour les amener à vous révéler leurs secrets.
Jen : Je ne les manipule pas, j’accouche leurs esprits !
Pacey (éberlué) : Tu quoi ?
Jen (le plus naturellement du monde, comme si ce qu’elle disait était l’évidence même) : J’accouche leurs esprits. Je leur fais prendre conscience, par mes questions et affirmations subtiles, de ce qu’ils ressentent et de ce dont ils ont besoin. T’as jamais lu Platon ?
Pacey : Bah non. J’ai déjà du mal à lire les auteurs qui sont au programme, alors, Platon, tu penses bien si je m’en fiche !
Jen : Tu devrais t’y intéresser davantage.
Pacey (peu emballé) : Ouais, ouais. (puis sarcastique) : Je te ferais remarquer que ton truc d’accouchement des esprits…
Jen : Ca s’appelle la maïeutique.
Pacey (roulant les yeux) : Ouais, si tu veux ! Donc je te disais que ta « maïeutique » (avec réticence), ça marche pas avec moi. Je t’ai pas attendu pour prendre conscience que j’étais amoureux de Joey !
Jen : Amoureux ? Vraiment ?
Pacey hocha la tête, l’air complètement abattu.
Jen : Tu lui as dit que tu avais besoin d’elle ce soir ?
Pacey (haussant les épaules, sarcastique) : A quoi bon ? Ca changerait rien ! Elle assisterait quand même à ce « phénomène astrologique » extrêmement rare avec cet AJ. (puis d’une voix triste) : Je crois bien qu’elle l’aime.
Jen : L’amour n’a rien à voir. Joey est ton amie. Si tu lui dis à quel point sa présence est nécessaire pour toi, je suis sûre qu’elle viendra.
Pacey : Je ne crois pas, non. Elle tient absolument à voir cette aurore boréale.
Jen : Tu sais, je ne pense pas qu’elle soit amoureuse de lui. Elle est juste flattée et peut-être troublée qu’un garçon plus âgé s’intéresse à elle. C’est de la poudre aux yeux ! Ca lui passera !
A nouveau, Pacey haussa les épaules, il n’était absolument pas convaincu par les paroles de son amie.
Pacey : Je ferais mieux d’abandonner…
Jen : Quoi ? Joey ou la pièce de théâtre ?
Pacey : Les 2. Je n’ai aucune chance avec elle, et si elle n’est pas là ce soir, je cours au fiasco.
Jen : Je ne comprends pas pourquoi tu as tant besoin d’elle ce soir ? Ce rôle est fait pour toi !
Pacey (avec passion) : J’ai besoin d’elle parce qu’elle me stimule, me transcende. Elle m’inspire. Si j’ai accepté de faire cette pièce, c’est pour elle. Je voulais lui montrer que j’étais capable de faire enfin quelque chose de bien.
Jen le sentit si désemparé que son cœur se serra, elle essaya de le réconforter comme elle pu.
Jen (d’une voix douce et posant sa main sur la sienne) : Pacey, ce soir, il te suffira de penser à elle, tout simplement. Et tu verras que tout se passera bien.
Pacey : C’est impossible. Dès que je pense à elle, je pense à AJ. Ce matin, lors de la répétition générale, je n’arrivais pas à me concentrer, aucunes de mes répliques ne me revenaient…
Jen : Mais c’est normal, c’est le trac. Moi c’est pareil, quand j’ai une interro, juste avant, j’ai l’impression d’avoir tout oublié, et devant ma feuille tout revient comme par magie !
Pacey : Jen, ça n’a rien à voir avec le trac. Je n’arrivais pas à me concentrer car mes pensées se dirigeaient systématiquement vers Joey et AJ. Ce soir, ce sera pire. (puis fataliste) : Enfin, c’est pas la 1ère fois que je me ridiculiserai, je m’en remettrai !
Il lui fit un clin d’œil, mais elle ne fut pas dupe. Elle le connaissait bien maintenant. Il utilisait l’humour, l’ironie comme mécanisme de défense. Comme une protection. Mais elle voyait bien qu’il était malheureux et elle se doutait qu’il devait l’être au moins cent fois plus qu’il ne le laissait paraître. A nouveau son cœur se serra. Il fallait qu’elle fasse quelque chose pour l’aider. Il ne méritait pas d’endurer cela. Elle s’approcha de lui et lui déposa un baiser sur la joue.
Jen : Aie confiance en toi, Pacey. Et tout ira bien, je te le promets.
Pacey allait répondre mais une cliente pénétra dans le vidéoclub, ce qui donna l’occasion à Jen de s’éclipser.
Jen : Bon, je te laisse, tu as du travail. A ce soir.
Elle lui sourit et lui jeta un regard encourageant.
Pacey (reconnaissant) : Merci pour tout, Lindley.
Jen (s’en allant) : De rien, Witter, de rien.
Elle sortit du magasin, sans se rendre compte qu’elle avait oublié ce pourquoi elle était venue. D’un pas décidé, elle prit la direction du B&B. (falbala)
Joey se tenait devant sa coiffeuse et mettait la touche finale à son maquillage. Elle arborait une longue jupe bleu- marine, surmontée d’un pull léger bleu ciel. Elle se passait du rouge à lèvre lorsque Bessie entra dans la pièce.
Bessie : Qu’est ce que tu fais ?
Joey : Ca ne se voit pas, « une partie de tennis » !! répondit-elle agacée.
Bessie : Ne sois pas de si mauvaise humeur !
Joey (impatiente) : Bessie, tu as quelques chose à me dire ? Parce que là tu me fais perdre mon temps.
Bessie : Oh la la Joey! Toi, ça ne va pas. Si tu me disais ce qui te tracasse ?
Joey : Rien, tout va bien.
Bessie (le regard coquin) : Ca devrait être le cas car tu as rendez-vous avec un jeune homme charmant.
Joey : Je le sais ça.
Elle se retourna légèrement et sourit à sa sœur.
Bessie : Pourtant tu as l’air perturbé ?
Joey : Puisque je te dis que tout va bien !
Bessie : Bon d’accord, je te laisse finir de te préparer.
Elle allait sortir lorsque Joey se leva brusquement et la rejoignit à la porte.
Joey : Dis-moi Bessie…
Bessie : Oui ?
Joey (soucieuse) : Tu as assisté à une des répétitions que j’ai fait faire à Pacey ? (Bessie hocha la tête) : Comment tu l’as trouvé ? Est-ce que tu crois que ça va aller ? Qu’il pourra s’en sortir ?
Bessie : Alors, c’est ça qui t’inquiète ? lui demanda t-elle en souriant.
Joey : Ca ne m’inquiète pas vraiment, non, c’est plutôt une interrogation dit-elle en jouant nerveusement avec ses mains.
Bessie : Joey, ma chérie, je suis ta sœur, dis moi ce qu’il y a ?
Joey : Je suis allée le voir répéter ce matin et il s’est complètement planté.
Bessie : Peut être qu’il était tout simplement nerveux.
Joey : Oui peut être, mais je n’en suis pas sûre.
Bessie : Quel est le problème selon toi ?
Joey : Je ne sais pas, hier, on a répété, il était génial, ensuite je lui ai dit que je ne venais pas et depuis, c’est la cata.
Bessie : Alors selon toi c’est ta faute ?
Joey : NON ! Je n’ai pas dit ça, c’est juste que…
Bessie : Joey, Pacey est un grand garçon, il saura s’en sortir. Alors, va à ta soirée et amuse-toi bien. S’il doit se planter, il le fera, que tu sois là ou pas ne changera rien.
Joey : Tu as peut-être raison, merci.
Elle l’embrassa avant qu’elle ne sorte. Joey se sentait beaucoup mieux maintenant qu’elle avait parlé de ses craintes avec sa sœur. Elle s’était sentie un peu coupable durant tout l’après midi, mais sa sœur avait raison, elle ne devait pas s’en faire pour ça.
Joey : Pacey n’a pas besoin de moi…. murmura t-elle pour elle-même.
Jen : Si ça t’arrange de le croire.
Joey se retourna et fit face à Jen. Elle était dans sa chambre, Bessie avait du lui ouvrir.
Joey : Qu’est ce que tu veux dire par-là ?
Jen : Exactement ce que j’ai dit.
Joey : Que viens-tu faire ici d’abord ? lui demanda t-elle.
Jen : Je me suis dit que tu aurais peut être envie de parler.
Joey : De quoi ? lui demanda t-elle surprise.
Jen : De ce qui te tracasse ?
Joey : Rien ne me tracasse, moi.
Jen : C’est pour ça que tu te parles à toi-même, parce que tu vas bien.
Joey : J’ai horreur quand tu joues les psy.
Jen : Tu as peur de ce que je pourrais découvrir ?
Joey : Absolument pas, je n’ai rien à me reprocher.
Jen : J’ai vu Pacey lui dit-elle afin de voir la réaction de Joey.
Sa tentative fut réussie, bien que Joey tentait de le cacher, elle pu tout de même voir qu’elle avait perdu de sa contenance, elle était comme déstabilisée. Cela la fit sourire.
Joey : Et comment allait-il ? demanda t-elle d’un air qui se voulait détaché.
Jen : Cela t’intéresse ?
Joey : Evidemment ! Pacey et moi sommes amis. C’est normal que je me demande s’il est prêt pour jouer dans sa pièce.
Jen : Pourquoi ne pas aller le voir pour t’en assurer ?
Joey : Jen, à quoi tu joues ? Tu sais très bien que je dois sortir avec AJ ce soir.
Jen : Ah oui, le fameux AJ, j’oubliais.
Joey : Et puis, de toute façon, ce n’est pas comme si Pacey avait besoin de moi.
En prononçant cette phrase, elle sentit un léger pic lui transperçait le cœur. Elle chassa aussitôt ses sentiments désagréables et en revint à la conversation qu’elle entretenait avec Jen.
Joey : Il m’a bien fait comprendre qu’il n’avait pas besoin de moi et qu’il pourrait se passer de ma présence.
Jen : Et tu l’as cru ?
Joey : Pourquoi je ne l’aurais pas fait ?
Jen poussa un soupir et marcha vers la porte, une fois dans l’embrasure, elle se retourna vers Joey.
Jen : Comment tu te sentirais si lors d’un jour important pour toi, Pacey n’était pas là parce qu’il préférait sortir avec une fille….
Elle laissa sa phrase en suspense afin qu’elle fasse son chemin dans la tête de son amie. Avec un sourire, devant l’air perdu de Joey, elle sortit et la laissa seule.
Andie cherchait Pacey dans tous les coins. La représentation avait lieu dans deux heures et le héros de la pièce n’était toujours pas là ! Elle entendit du bruit dans les coulisses et enfin, elle le retrouva, faisant les cents pas, lisant distraitement des piles de feuilles et répétant de longues tirades.
Andie : Enfin, tu es là.
Pacey : Ouais, comme tu le constates.
Andie : Alors, ton texte tu le sais cette fois ?
Pacey : Euh…oui …je crois….
Andie (hystérique) : « Je crois » ? Nan, Pacey ! Un je crois ce n’est pas assez pour moi, tu n’imagines pas à quel point je suis stressée alors ce n’est pas le moment de me lâcher. Je ne vais jamais arriver à tout gérer, les décors ne sont pas prêts, l’éclairage doit être réparé, certains costumes demandent des retouches…
Pacey : Wo wo wo Andie, calme-toi.
Il posa ses deux bras rassurant sur ceux de son ancienne petite amie afin de l’empêcher de bouger dans tous les sens.
Pacey : Tout se passera bien.
Il essayait simplement de la rassurer mais lui-même n’était pas sûr de sa propre prestation.
Andie (reprenant son calme) : Très bien, réglons les problèmes un par un. D’abord toi.
Pacey (amusé) : Parce que je suis un problème ?
Andie (lui lançant un regard noir) : Un acteur principal qui ne connaît pas son texte, oui, j’appelle ça un problème.
Pacey lui adressa un sourire contrit. Apparemment, ce n’était pas le moment de faire de l’humour !
Pacey : Bon, d’accord je te l’accorde.
Andie : Alors, je ne sais pas ce que tu dois faire pour te sentir mieux, mais fait-le. Et je t’en pris fait vite.
Pacey la regarda sortir et poussa un long soupir. Aller mieux ? Comment pourrait-il réussir à aller mieux ? (marjo)
Marjo (02.08.2003 à 17:15)
Il se sentait pris entre deux feux. D’un côté, il y avait Andie, elle s’était donnée tant de mal pour mettre en scène cette pièce, elle lui avait fait confiance et il s’en voulait de ne pas réussir à donner son maximum. De l’autre côté, il y avait Joey. Et là, tout était dit. Sans sa présence dans le public, à quoi bon monter sur scène ? Elle était la seule qu’il voulait impressionner. Il respira un grand coup et partit en courant.
Andie (affolée) : Mais Pacey, où tu vas ?
Pacey (passant devant elle et criant par-dessus son épaule) : Je reviens.
Enfin, il l’espérait !
Le temps qu’il arrive à destination, il était 19h passé. Arrivé devant la porte du B&B, il se demandait maintenant quelle mouche l’avait piqué pour qu’il se précipite ainsi chez les Potter. Comme si cela pouvait changer quelque chose ! Ca, c’était lui tout craché, il agissait instinctivement, et réfléchissait deux jours après, enfin quand il réfléchissait ! Il s’apprêtait à rebrousser chemin mais il tomba nez à nez avec Bessie.
Bessie (étonnée) : Eh ! Pacey ! Mais t’es pas sensé être entrain de te préparer pour ce soir ?
Pacey (un peu gêné) : Si, enfin, j’ai encore un peu de temps. Je voulais voir si Joey allait bien.
Bessie (fronçant les sourcils) : Evidemment, qu’elle va bien ! Pourquoi elle n’irait pas bien ?
Pacey, de plus en plus gêné, ne savait plus quoi dire, il regardait ses pieds, comme un enfant pris en faute. Bessie l’observa, amusée. Elle l’avait rarement vu ainsi, si peu sûr de lui.
Bessie (réconfortante) : Ne t’en fais pas, Pacey. Ca se passera bien, ce soir !
Pacey (peu emballé) : Ouais. (Après un court silence) : Ca irait mieux si ta sœur pouvait venir.
Bessie marqua un temps d’arrêt.
Bessie (étonnée) : Pourquoi ?
Pacey (confus) : Oh comme ça. (Puis désignant l’intérieur de la maison) : Elle est…
Bessie (poursuivant): …dans sa chambre.
Pacey : Merci.
Il se dirigea vers la chambre de la jeune fille. Bessie le regarda s’éloignait, perplexe. Elle repensa à sa conversation avec Joey puis à l’attitude de Pacey. Il n’avait vraiment pas l’air rassuré. Elle comprenait maintenant les inquiétudes de sa jeune sœur. Par contre ce qu’elle avait du mal à comprendre c’était l’importance que Pacey semblait accorder à la présence de Joey ce soir. Ne trouvant pas de réponse satisfaisante, elle rentra s’occuper d’Alexander.
Pacey était devant la porte d’entrée de la chambre. Celle-ci était légèrement entrouverte, si bien qu’il pu observer le reflet de Joey dans le miroir, à loisir, sans se faire voir. Elle était attablée devant sa coiffeuse et tentait de discipliner quelques mèches rebelles. Il avait remarqué la touche de rouge qui ornait ses lèvres. Une si délicieuse invitation au baiser. Malheureusement pour lui, ce n’était pas ses lèvres qui embrasseraient celles de Joey ce soir. A cette pensée, son cœur se serra. Il n’avait jamais imaginé qu’il pourrait souffrir à ce point. Il avait sincèrement aimé Andie, avait souffert mille maux lors de leur rupture mais avec Joey tout semblait décuplé. Et pourtant ils n’avaient vécu aucune histoire d’amour. Juste une amitié, et ce n’était déjà pas si mal, non ? tenta-t-il de se convaincre, en vain.
Joey se leva, Pacey pu constater qu’elle avait mis une jupe. Jamais elle n’en mettait ! C’était plus grave qu’il ne pensait ! Si Joey Potter se mettait en jupe, c’est que cet AJ lui plaisait vraiment. « Je vis un cauchemar ! » se dit-il, « c’est pas possible, je vais me réveiller ! ». Il avait beau cherché, il n’arrivait pas à trouver un adjectif qualifiant son état, aucun n’était assez… ou bien aucun n’était trop…pour définir ce qu’il ressentait. Pourquoi, avait-il fallu qu’il tombe amoureux de la seule fille qui ne pourrait jamais mais vraiment, jamais l’aimer ? Il était dans une impasse. Quoi qu’il fasse il était malheureux : mettre des distances entre elle et lui, il en en était hors de question ! Se priver de sa compagnie équivalait à le priver d’oxygène pour respirer ! Continuer à la voir et rester son ami ? Impossible ! Il avait l’impression d’être redevenu le petit garçon gourmand qui n’avait pas les moyens de s’offrir tous les gâteaux de la pâtisserie de Mr Turtle ! Aujourd’hui, il avait bien grandi mais il ne pouvait toujours pas avoir ce qu’il désirait. Il soupira profondément et toqua légèrement.
Joey : Oui ? (se retournant, surprise) : Pacey ?
Pacey : Bah oui ! C’est moi !
Joey (surprise) : Mais que fais-tu ici ?
Pacey (un peu vexé) : Excuse-moi, si je te dérange.
Joey : Mais non, pas du tout. Mais je pensais qu’à cette heure-ci, tu devrais être avec tes collègues pour une dernière répétition ? Non ?
Pacey : Ouais ! Mais, bon, j’avais envie de prendre l’air.
Il n’arrivait pas à détacher son regard de la silhouette gracile de la jeune fille. Elle était vraiment belle ce soir, belle à damner un saint ! Il en eut le souffle coupé.
Joey observait Pacey. Elle le trouvait changé, avec une lueur encore jusque-là inconnue dans son regard. Et force était de constater qu’elle aimait ce regard posé sur elle. Une vague de chaleur l’envahit. Elle se sentait bien. Sans en prendre conscience, un grand sourire éclaira son visage. Pacey crut défaillir ! Jamais, elle ne lui avait souri de la sorte, ni même regardé ainsi !
Joey : Je suis contente de te voir ! J’avais peur que tu m’en veuilles pour ce soir.
En un instant les illusions de Pacey s’effondrèrent tel un vulgaire château de cartes. Son regard se voila. Il avait presque fini par se convaincre que…Que quoi ? Qu’elle avait finalement renoncé à ce stupide rendez-vous avec AJ pour venir le voir parce qu’elle éprouvait à son égard plus que de l’amitié ? Et tout ça parce qu’elle l’avait gratifié d’un magnifique sourire ! « Quel idiot » se dit-il, amer.
Pacey : J’avais pensé te faire changer d’avis, mais apparemment, tu ne viens toujours pas ce soir !
Joey : Pacey ! On en a déjà discuté. Si je pouvais venir, je viendrais
Pacey (s’emportant légèrement) : Et qu’est-ce qui t’en empêche, au juste ?
Joey : Qu’est-ce qui m’empêche de quoi ?
Pacey : Eh bien, qu’est-ce qui t’empêche de venir assister à cette pièce de théâtre ?
Joey (légèrement excédée) : Je sors avec AJ. T’as oublié ?
Pacey (amer) : Je me demande bien comment je pourrais l’oublier, vu que tu n’as que son nom à la bouche !
Joey (fronçant les sourcils) : C’est quoi ce ton ?
Pacey (feignant l’étonnement) : Quel ton ?
Joey : Ce ton que tu emploies en parlant de AJ.
Pacey : Je n’emploie aucun ton particulier, Potter. Seulement, je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines à aller voir une stupide aurore boréale, avec un type que tu connais depuis quoi ? 3 semaines à peine.
Joey : Mais de quoi je me mêle ?
Pacey (haussant les épaules, feignant d’être détaché) : Oh, moi ce que j’en dis, c’est pour toi ! Pour pas qu’il t’arrive des bricoles !
Joey (d’un air suspicieux) : Quel genre de bricoles ?
Pacey (toujours du même ton) : Je connais les hommes, Joey, j’en suis un ! Ce type à 19 ans. Tu crois vraiment qu’il vient te voir uniquement pour regarder une aurore boréale et se balader main dans la main au clair de lune ?
Joey (narquoise) : Et quelles seraient ses intentions, alors ?
Pacey : Je vais pas te faire un dessin !
Joey (commencer à s’énerver) : Coucher, c’est ça ? C’est à ça que tu penserais si tu étais à la place d’AJ. Tu ne penserais qu’à coucher avec la fille ! Répond-moi franchement, Pacey.
Pacey (bafouillant) : Euh ! …Bah….
Elle l’avait totalement pris au dépourvu. Il aurait dû se douter qu’elle lui poserait ce genre de question, elle voulait toujours avoir le dernier mot dans n’importe quelle discussion. Comment allait-il faire pour s’en sortir maintenant ?
Joey (narquoise) : Très éloquent, Pacey ! Ca répond à ma question ! Je te ferais juste remarquer que tous les mecs ne sont pas des obsédés comme toi !
Cette dernière remarque blessa Pacey plus sûrement et plus profondément que ne l’aurait fait la lame d’un couteau. Il était déçu qu’elle ait encore une si piètre
opinion de lui, après tout ce temps passé ensemble. Par orgueil, il tenta de ne pas montrer que cette pique l’avait affecté.
Pacey : D’abord, je ne suis pas un obsédé. Ensuite, je ne suis pas le sujet de cette conversation !
Joey (ironique) : C’est juste ! Par conséquent, ceci ne te concerne pas !
Pacey : Oh que si, ça me concerne !
Joey (surprise) : Et puis-je savoir en quoi ça te concerne ?
Pacey : Eh bien ! Parce que je dois veiller sur toi !
Joey (de plus en plus étonnée) : Ah bon, et depuis quand tu veilles sur moi ?
Pacey : Bah, depuis que Dawson me l’a demandé !
Joey (éberluée) : Quoi ?
Elle n’en croyait pas ses oreilles. Dawson avait demandé à Pacey de veiller sur elle ! Mais de quel droit ?
Pacey (répétant) : Dawson m’a…
Joey (l’interrompant violemment) : C’est bon, c’est bon ! J’ai compris. Je n’arrive pas à le croire !
Elle ressentait comme un malaise. Elle avait pourtant cru que Pacey et elle étaient devenus amis et au lieu de cela elle apprenait qu’il n’était là que par obligation, parce que Dawson lui avait demandé. Ce n’était rien d’autre qu’une mascarade, un vil arrangement.
Joey (amère) : Et ça date de quand, ce petit jeu ?
Pacey (sentant qu’il s’enfonçait de plus en plus) : C’est pas un jeu, Joey. En fait…
Joey (d’une voix sèche) : Réponds Pacey !
Pacey : Tu te souviens de la fête chez Dawson, le soir de la rentrée ?
Elle acquiesça. Comment l’oublier ? Elle avait vécu une de ses pires humiliations.
Pacey (poursuivant) : J’étais venu te consoler sur le ponton devant chez toi….
Joey (l’interrompant, déçue) : Ouais. Tu étais venu me consoler parce que Dawson t’as supplié. Et moi qui pensais bêtement que l’on était devenu des amis, alors qu’en fait, tu n’es là que parce que tu te sens obligé.
S’il avait pu se dédoubler, il se serait gifler et à plusieurs reprises qui plus est ! Non, mais quelle brillante idée de lui parler de cette histoire ! Comment allait-il lui prouver qu’il était sincère, qu’il était réellement son ami et qu’il ne rêvait que d’une chose : devenir son petit ami. Chose devenue tout à fait improbable, désormais ! Mais quand apprendrait-il à se taire ? Hein ! Quand ?
Pacey (doucement) : Evidemment qu’on est ami, Joey ! C’est vrai que Dawson m’a demandé de veiller sur toi. Mais, depuis on a appris à se connaître, à s’apprécier (et moi à t’aimer, pensa-t-il). Je ne me sens pas du tout contraint de te voir. Au contraire. J’adore les moments qu’on passe ensemble !
Joey semblait peu convaincue.
Pacey : Joey ! Si on n’était pas des amis, je ne serais pas là à essayer de te convaincre, avec beaucoup de maladresse, de venir me voir jouer ce soir !
Joey : Pourquoi c’est si important pour toi que je sois présente dans le public ?
Il fut tenter de répondre : « Mais parce que je suis fou amoureux de toi ! », mais préféra une réponse plus subtile.
Pacey : Mais parce que tu me rassures. Tu m’as fait répéter des dizaines de fois. Et j’ai l’impression que si tu n’es pas là, je n’arriverais pas à ressortir une réplique.
Joey (touchée) : Mais Pacey ! Tu connais ton rôle sur le bout des doigts. Il est fait pour toi ! Tu y arriveras sans moi !
Pacey : J’aimerais te croire.
Un instant, leurs regards s’accrochèrent. Quelque chose se passa entre eux sans qu’ils en prennent réellement conscience. Le cœur de Joey s’emballa et à nouveau, elle sentit son corps envahi par une vague de chaleur. Ses yeux étaient rivés à ceux de Pacey sans qu’elle ait la force de les détacher. Elle n’en avait d’ailleurs pas envie. Elle était prisonnière de ce regard d’un bleu profond qui ne montrer plus aucune trace de doute mais une infinie douceur et peut-être même davantage. Pacey ne luttait plus. A quoi bon ? Il ne voulait plus faire semblant et n’avait plus la volonté de composer un masque de circonstance, distant et sobre, tandis que la fille dont il était follement épris sortait avec un autre ce soir. A cet instant, Joey, seule comptait. Et ses yeux rivés aux siens. Un baiser, rien qu’un baiser, se disait-il, mais il ne pouvait bouger, de peur de briser ce sortilège dont ils étaient tous les 2 captifs. Sans trop comprendre pourquoi. Mais c’était si agréable ! Le temps semblait être suspendu, suspendu à leurs lèvres, à leurs yeux qui ne se quittaient toujours pas, cherchant à puiser au fond de l’autre les réponses aux questions qu’ils se posaient.
Bessie (criant de la cuisine) : Joey !! AJ est là !
La jeune fille sursauta. Le charme venait d’être rompu. Et elle avait froid subitement.
Joey: J’a…j’arrive.
Elle chercha son sac à main, évitant de croiser le regard de Pacey. Ce dernier passa la main dans ses cheveux comme il le faisait à chaque fois qu’il était nerveux.
Pacey (tentant de reprendre ses esprits) : Tu vas sûrement passer la meilleure soirée de ta vie, ce soir ! (« Et moi la pire » se dit-il).
Elle sui sourit légèrement, gênée.
Impulsivement, Pacey se pencha vers elle et lui déposa un petit baiser sur la joue. Elle frissonna de la tête aux pieds. Ses réactions la déboussolaient. Mais elle n’avait pas le temps de s’interroger et de sonder plus profondément son cœur.
Pacey (dissimulant sa tristesse du mieux qu’il pouvait) : Amuse-toi bien.
Joey (avec un sourire d’encouragement) : Bonne chance Pacey. Tout se passera bien, tu verras.
Pacey : Ouais !
Ils quittèrent la chambre pour retrouver Bessie et AJ. Pacey salua ces derniers, jeta un dernier regard en direction de Joey, qui désormais n’avait d’yeux que pour AJ, et partit, le cœur gros en direction du théâtre. Il imaginait déjà Andie, complètement hystérique, l’incendiant d’arriver à quelques minutes seulement du levé de rideau.
Dès que Pacey eut le dos tourné, Joey le regarda partir. Une curieuse impression l’envahit. Comme un manque.
AJ : C’était qui ?
Joey (sortant de sa contemplation, et brusquement) : C’est personne !
La réaction de Joey surprit Bessie.
AJ (plaisantant) : Et c’est avec « personne » que tu t’enfermes dans ta chambre ?!
Joey se sentait acculée. Il fallait à tout prix qu’elle se ressaisisse. Elle sortait avec AJ, ce soir ! Il lui fallait oublier Pacey et les sensations bizarres qu’elle avait ressenties quelques instants plus tôt. Il serait bien temps d’y repensait demain.
Joey (prenant la main d’AJ et précipitamment) : Bon, on y va ?
Elle l’entraîna vers la sortie sous le regard étonné de Bessie. Elle avait observait Pacey lorsqu’il était sorti, sa raideur lorsqu’il avait serré la main de AJ, sa mine triste. Et maintenant, elle s’interrogeait sur les réactions de sa sœur. Elle avait constaté la façon dont elle s’était retournée vers Pacey, une fois qu’il eut franchi la porte. Elle l’avait regardé partir avec regret, lui semblait-il. Oh, cela n’avait duré qu’un très court instant, presque une fraction de seconde. Mais que s’était–il donc passé dans cette chambre pour que tous les 2 en soient si chamboulés ? Que leur arrivait-il ? Un petit sourire amusé remplaça sa mine interrogative. « Eh bien ! Je sens qu’il va y avoir du changement !! » se dit-elle avant de retourner s’occuper des clients. (falbala)
Andie : Pacey !! cria t-elle. Où étais-tu passé ? On commence dans vingt minutes, tu n’es pas encore habillé, tu n’es pas maquillé, je ne sais même pas si cette fois tu connais ton texte, tout le monde est déjà arrivé et a pris place..
Pacey : C’est bon calme toi Andie, je vais m’habiller tout de suite.
Andie le regarda incrédule, curieusement il ne semblait ni tendu ni inquiet, non, sa voix au contraire, était lasse et triste. Comme indifférente.
Andie : Ca va ?
Pacey : Bien sûr.
Il se força à lui sourire.
Pacey : Je vais faire de mon mieux lui promit-il
Andie : C’est tout ce que je te demande.
Elle partie en lui posant une main amicale sur le bras. Il se retourna pour la regarder partir et murmura pour lui-même.
Pacey : Ca tombe bien, c’est tout ce que je peux faire.
Il prit résolument la direction des vestiaires, avec comme désir le plus cher que cette soirée passe vite, et se déroule sans encombres.
Joey et AJ étaient arrivés depuis dix minutes à une petite fête que donnait un étudiant. Il y avait beaucoup d’ambiance, tout le monde discutait et s’amusait en buvant un verre. AJ s’arrêtait toute les deux minutes pour saluer quelqu’un et chaque fois, il en profitait pour la présenter comme son amie. Elle s’employait à sourire le plus naturellement du monde, mais son esprit n’y était pas. Elle n’arrêtait pas de regarder la pendule fixée sur le mur. L’heure tournée, Pacey n’allait pas tarder à entrer en scène. Des frissons lui parcourut le corps, elle repensa au long et troublant regard échangé avec Pacey. L’intensité de son regard posé sur elle, la tendresse qu’elle avait pu y lire. La chaleur qui avait pris possession de son corps, le bien être qui avait pris possession d’elle. Elle se retourna vers AJ. Il était en grande conversation avec un de ses amis, précédemment rencontré, il lui sourit et elle se sentit bizarrement mal à l’aise. Que diable lui arrivait-il ? Elle préféra sortir discrètement sur la terrasse qui possédait une vue sur la mer. Elle contempla l’horizon, perplexe et cherchant à se concentrer sur ses pensées. Elle n’entendit pas son compagnon la rejoindre.
AJ : Joey, quelque chose ne va pas ? Tu as disparu, en deux seconde, je ne t’ai plus vue.
Joey : Si si je vais bien, je t’assure.
AJ la regarda en souriant et il lui prit la main. Joey n’osa pas la retirer mais elle fuyait son regard. Quelque chose au fond d’elle la fit se sentir coupable. Pourtant, elle n’avait rien fait ?
Joey : Tu …tu ne veux pas qu’on aille marcher un peu ?
AJ : Bien sûr, si tu veux.
Il commençait à se poser des questions et comprendre que quelque chose avec Joey ne tourner pas rond. Il la suivit sans un mot, sachant au fond de lui que la soirée ne se passerait pas aussi bien qu’il l’avait prévu.
Jen commençait à s’inquiéter sincèrement pour Pacey. Le rideau s’était ouvert depuis trois minutes et il se tenait debout, là, face au public, le regard vide. Il n’avait pas dit un mot, tout le monde attendait, suspendu à ses lèvres, attendant qu’il se décide enfin. Il tourna la tête sur le côté où Jen pouvait deviner la présence d’Andie, complètement paniquée à l’idée qu’il fiche tout par terre. Il respira un grand coup et commença à réciter son texte. Jen se sentit soulagée, certes, sa façon de réciter les mots faisait penser à un automate mais au moins il avait débuté. Jack à côté d’elle avait l’air aussi perdu que le reste de l’assemblée. Machinalement, Jen jeta un regard désespéré vers la porte d’entrée espérant y voir Joey, mais la porte semblait vouloir rester close. Elle reporta son regard vers Pacey qui faisait tout son possible pour faire du mieux qu’il pouvait, mais on voyait bien qu’il ne parvenait pas à trouver la force de se donner à fond. Qu’il ne prenait aucun goût, ni aucun plaisir à se trouver sur cette scène.
Joey avançait, la soirée était fraîche mais douce. Elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer Pacey, complètement paniqué, oubliant son texte et multipliant les erreurs. Elle entendait les rires et les moqueries de toute la salle.
AJ : Il fait plutôt froid ce soir.
Joey : Oui lui répondit-elle avec un petit sourire gêné.
Obnubilée par Pacey, elle en avait oublié la présence d’AJ. Il retira sa veste et la lui posa sur les épaules, elle lui sourit en guise de remerciement. Il avait arrêtait de marcher, il se tenait devant elle maintenant et la regardait fixement. Joey chercha à retrouver ce qui l’avait attirée chez lui. Lorsqu’il lui posa délicatement une main sur sa joue, elle se surprit à ressentir le froid du vent sur son visage. Autant le regard de Pacey la réchauffait, autant la main d’AJ lui donnait froid. Et une vague impression de ne pas être à sa place. Lorsqu’elle vit le garçon prêt à l’embrasser, elle ferma les yeux, afin de recevoir ce baiser et de se concentrer sur celui-ci. Elle sentit le souffle chaud lui caressait le visage et un nom franchit ses lèvres aussi simplement qu’inattendu. « Pacey… », ce nom avait jaillit de sa bouche sans qu’elle n’y prenne garde. Elle rouvrit les yeux et posa un regard désolé sur AJ avant de porter une main à ses lèvres.
AJ : Quoi ?
Joey : Je…je suis désolée…
AJ (vexé) : Tu m’as appelé Pacey, c’est ton ami avec ce drôle de prénom, c’est ça, non ?
Joey : C’est bien lui, et pour être franche, je ne devrais pas me trouver ici ce soir.
AJ (fataliste) : Tu devrais être auprès de lui.
Joey : Oui, je ne suis pas certaine de la raison, mais je sais que je devrais être là-bas, avec lui. Il a besoin de moi, et si je regarde la vérité en face, j’ai besoin d’être près de lui.
AJ : Tu en es sûr ?
Joey : De toute ma vie, je n’ai jamais été aussi sûr d’une chose.
Il la regarda déçu, mais il savait qu’elle avait raison, il l’avait déjà compris, avant même qu’elle ne le comprenne, elle. Il avait espéré se tromper lorsqu’il l’avait vu se retourner sur lui au moment où il quittait la maison des sœurs Potter. Mais non ! Le regard de Joey à ce moment-là, parlait de lui-même.
AJ : Bien, alors je crois que tu ferais mieux de te dépêcher.
Elle lui déposa un baiser sur la joue avant de s’éloigner un sourire de reconnaissance sur les lèvres. Puis, lorsqu’il se retourna, c’est avec détermination qu’elle se mit à courir en direction du lycée de Capeside. (marjo)
Jen se retournait vers la porte pour la millième fois, toujours aussi inquiète. Elle espérait toujours un miracle, oui c’était bien cela, un miracle.
Jack(chuchotant exaspéré) : Bon, t’as fini de te retourner toutes les 2 minutes ? Qu’est-ce que tu cherches à la fin ?
Jen (désolée) : Rien, rien. (falbala)
Pacey commençait à se sentir misérable. Depuis une demi-heure qu’il était sur scène, il n’avait fait que réciter son texte sans même chercher à l’interpréter. Il ne se sentait pas la force de faire semblant. Chaque mot, chaque phrase le ramener à Joey et lui envoyer l’image d’elle dans les bras de cet AJ. Pourquoi diable ne pouvait-il pas se concentrer sur l’histoire ?
Il repoussa une nouvelle fois ces idées noires lorsqu’un bruit attira son attention. (marjo)
Jen se retourna une nouvelle fois, convaincue que si elle répétait ce geste, Joey finirait par arriver.
Jack (du même ton) : Arrête, maintenant, Jen !
Jen (fixant son regard à nouveau sur la scène, un grand sourire aux lèvres) : C’est bon, Jack, j’arrête. Je crois que tout va bien se passer maintenant ! (falbala)
Pacey tourna la tête vers la porte et fut frapper par la foudre. Là, si belle, se tenait Joey qui lui souriait, de ce sourire si particulier qu’elle avait eu pour lui lorsqu’il était passé chez elle quelques heures plus tôt. Il l’observa descendre les marche et aller s’asseoir à coté de Jen qui lui souriait. Sa simple présence venait d’illuminer toute la salle. Ses yeux, si profond, plongés dans les siens, lui apportaient toute la confiance et l’assurance dont il avait besoin. Soudain, il sourit et se mit à donner le meilleur de lui-même. Ses répliques lui revenaient à la mémoire. Ses gestes, ses mots, tout paraissaient naturels. Il capta l’attention de toute la salle qui retenait son souffle à chacune de ses répliques et s’esclaffait de ses mimiques. Joey resta assise durant toute la représentation et ne quitta pas Pacey du regard, le cœur gonflé par l’émotion et par la fierté qu’elle éprouvait pour lui. (marjo)
Jen s’amusait à l’observer. Elle la sentait totalement subjuguée par la pièce et plus particulièrement par Pacey qu’elle ne quittait pas des yeux. Elle la voyait réciter les réplique de Pacey, avec lui, preuve qu’ils avaient passé tous les deux énormément de temps à répéter.
Ruy Blas (Pacey) :
Ne demandais-tu pas pourquoi je l’aime ainsi,
Et depuis quand ? – Un jour…- Mais à quoi bon ceci.
C’est vrai je t’ai toujours connu cette manie !
Par mille questions vous mettre à l’agonie !
Demander où ? Comment ? Quand ? Pourquoi ? Mon sang bout !
(regardant Joey)
Je l’aime follement ! Je l’aime voilà tout.
Les battements du cœur de Joey s’accélérèrent. Etait-il encore dans son rôle ou Pacey s’adressait-il vraiment à elle ? L’avait-il seulement regardé pour s’assurer qu’elle était toujours là, attentive à sa prestation ? Oui, cela devait être la raison. Que ses yeux se posent sur elle au moment où Ruy Blas avouait son amour à la Reine ne devait être qu’une coïncidence. Elle s’empêcha de se poser trop de questions pour se concentrer à nouveau sur la pièce. Pacey crevait littéralement la scène, il avait une prestance incroyable et insuffler à son personnage une dimension hautement dramatique. Ce rôle de Ruy blas, ce valet amoureux de la Reine, victime d’une machination lui allait à merveille. C’était incroyable de voir à quel point il s’était fondu dans le personnage, pour ne plus faire qu’un. Ruy Blas, c’était lui !
La Reine :
Pourquoi donc étiez-vous, comme eût été Dieu lui-même,
Si terrible et si grand ?
Ruy Blas :
(nouveau regard vers Joey)
Parce que je vous aime !
(à nouveau en regardant la « Reine »)
Parce que je sens bien, moi qu’ils haïssent tous,
Que ce qu’ils font crouler s’écroulera sur vous !
Parce que rien n’effraie une ardeur si profonde,
Et que pour vous sauver, je sauverai le monde !
(regardant discrètement Joey)
Je suis un malheureux qui vous aime d’amour.
Hélas ! Je pense à vous comme l’aveugle au jour.
Madame, écoutez-moi, j’ai des rêves sans nombre.
Je vous aime de loin, d’en bas, du fond de l’ombre ;
Je n’oserais toucher le bout de vos doigts,
Et vous m’éblouissez comme un ange qu’on voit !
-Vraiment, j’ai bien souffert. Si vous saviez Madame !
(regard plus franc en direction de Joey, il s’adresse directement à elle)
Je vous parle à présent. Six mois, cachant ma flamme,
J’ai fui. Je vous fuyais et je souffrais beaucoup.
Je ne m’occupe pas de ces hommes du tout,
Je vous aime – ô mon Dieu, j’ose le dire en face,
A votre majesté. Que faut-il que je fasse ?
Si vous me disiez : meurs ! Je mourrai. J’ai l’effroi
Dans le cœur. Pardonnez !
L’émotion s’empara de Joey. Pacey venait, quasiment devant toute l’assemblée, de lui déclarer son amour. Car c’était bien cela, non ? Comment interpréter autrement le fait qu’il la regarde droit dans les yeux et lui dise : « Je vous aime –ô mon Dieu -, j’ose le dire en face ». Le doute n’était plus permis. Il mettait tant de passion dans sa voix, ses yeux brillaient d’une étrange lueur, cette même lueur qui l’habitait lorsqu’il était venu la voir plus tôt dans la soirée. Il avait été excellent durant leurs répétitions mais jamais il ne s’était autant sublimé, il n’y avait jamais mis autant d’intensité. Son cœur battait la chamade, tout se bousculait en elle. Mais elle se sentait bien, tellement bien. Comme l’on peut se sentir sous le regard brûlant de celui qui nous aime. Elle soupira légèrement, tenta de calmer le tremblement de ses mains et se recentra sur la pièce. Heureusement, Pacey n’intervenait pas dans la scène suivante, ce qui lui facilita la tâche pour se ressaisir. Elle ne savait plus quoi penser, tout ce qu’elle souhaitait pour le moment, c’était de profiter de cette pièce de théâtre. Calmement. Sans entrave. Par respect pour tous les acteurs mais aussi pour Andie qui l’avait mise en scène.
La représentation touchait à sa fin. La tension dramatique était à son comble, le complot prêt à être révélé. Pacey, pour ne citait que lui, avait le ton juste, il était bouleversant de véracité, si bien que Joey et Jen en avait les larmes aux yeux, comme beaucoup de personnes dans le public. Lorsqu’il déclama ses derniers vers, il arracha quelques larmes à plusieurs femmes dont Joey et Jen qui étaient totalement submergées par l’émotion.
Ruy Blas :
Si ! C’est du poison. Mais, j’ai la joie au cœur.
(tenant la reine embrassée et levant les yeux au ciel)
Permettez, ô mon Dieu, justice souveraine,
Que ce pauvre laquais bénisse la reine,
Car elle a consolé mon cœur crucifié,
Vivant, par son amour, mourant par sa pitié !
La Reine :
Du poison ! Dieu ! C'est moi qui l'ai tué ! -je
t'aime !
Si j'avais pardonné ? ...
Ruy Blas (défaillant) :
J'aurais agi de même.
(Sa voix s'éteint. La reine le soutient dans ses bras.)
Je ne pouvais plus vivre. Adieu !
(Montrant la porte).
Fuyez d'ici !
-tout restera secret. -je meurs.
(Il tombe).
La Reine (se jetant sur son corps) :
Ruy Blas !
Ruy Blas :
(qui allait mourir, se réveille à son nom prononcé
par la reine.)
Merci !
La représentation était finie. Le public, ému, bouleversé par la prestation des acteurs resta sans réaction plusieurs secondes. Puis, comme un seul homme, se leva pour applaudir à tout rompre durant de longues minutes. Les différents protagonistes vinrent saluer l’auditoire tous ensemble, puis un à un. Il sembla à Joey que Pacey recevait plus d’applaudissements que quiconque, et à sa grande surprise, l’assemblée scandait son nom. Elle y prit part de toutes ses forces. La standing ovation dura près d’une demi-heure. Jamais, on avait vu tel succès pour une pièce interprétée et mise en scène par des lycéens. Andie avait fait un travail remarquable, très professionnel. Pacey vint la chercher dans les coulisses pour la faire venir devant les spectateurs, afin qu’elle aussi reçoive sa part.
Andie (murmurant contre l’oreille de Pacey) : Je suis extrêmement fière de toi ! Tu as été remarquable !
Pacey (de même) : Je te retourne le compliment, Mac Phee.
Tous les acteurs se dirigèrent vers les coulisses afin de se démaquiller et retirer leurs costumes pour se rendre ensuite à la petite fête organisée dans une salle voisine. Avant de partir, Pacey jeta un dernier regarde en direction de Joey. Avait-elle compris les messages qu’il lui avait envoyés ? Il avait mis tout son cœur, toute son âme pour lui avouer son amour, même s’il s’était caché derrière son personnage de Ruy Blas, ce qui n’était, en y pensant, pas très courageux mais il n’avait pas prémédité cela. Il avait complètement abandonné l’idée qu’elle puisse venir et subitement elle était apparue, comme une madone. Dépassant ainsi toutes ses espérances. Il avait senti son regard posé sur lui durant toute la pièce lui transmettant ainsi toute son énergie. Et dès lors, il s’était senti poussé des ailes, complètement transcendé. Ce succès, il lui devait, entièrement. Sans elle, rien n’aurait été possible.
En ce moment, elle lui souriait, il lui rendit son sourire, murmurant un « merci » puis rejoignit les autres dans les coulisses.
Jen (essuyant les larmes qui coulaient le long de sa joue) : Ouah !! Quel spectacle ! Tu avais raison, Joey. Pacey est fabuleux dans ce rôle.
Jack : Tout à fait d’accord avec toi ! Dommage que Dawson ait raté cela !
Jen : Oui, mais il ne pouvait pas ne pas assister au festival des jeunes réalisateurs, alors que son film était nominé !
Jack hocha la tête.
Jack : Bon, on va à la petite fête ?
Jen : Oui. Tu viens, Joey ?
Joey (sortant de son mutisme) : Euh, allez-y, je vous rejoins.
Elle partit en direction des coulisses.
Jen (songeuse) : Je suis sûre qu’elle a remarqué.
Jack (prêt à sortir de la salle) : Remarqué quoi ?
Jen : Eh bien ! Que Pacey lui a déclaré son amour.
Jack (étonné) : Mais qu’est-ce que tu racontes ? Pacey n’a déclaré sa flamme à personne, sauf à la Reine d’Espagne, bien sûr, mais ça c’est dans la pièce !
Jen (roulant ses yeux, soupirant) : Mais t’as dormi pendant la pièce ou quoi ?
Jack la regarda encore plus étonné.
Jen (reprenant) : T’as pas vu que pendant les scènes où Ruy Blas parle de son amour pour la reine, Pacey a regardé systématiquement Joey avec insistance ?
Jack : Bah, j’ai pas trop fait attention. Je ne pensais pas qu’il regardait Joey en particulier.
Jen : T’as au moins remarqué qu’il s’est mis vraiment à mieux jouer dès que Joey est arrivé ?
Jack : Oui, ça je l’ai vu. Mais, attends, Pacey est amoureux de Joey ? Depuis quand ? Tu le savais ?
Jen : Oui. Je ne sais pas. Depuis cet après-midi.
Jack mit quelques secondes à comprendre que Jen répondit successivement à ses questions.
Jack :Ah d’accord. Mais elle, elle en pense quoi?
Jen : Je ne sais pas trop. Le fait qu’elle soit venue le voir ce soir alors qu’elle devait sortir avec un autre me laisse penser qu’elle éprouve en tout cas, plus que de l’amitié pour lui.
Jack : Attends, Jen. Elle a pu très bien venir par amitié et uniquement par amitié.
Jen : Jack ! Je l’ai observée. Dès que Pacey posait les yeux sur elle, elle rougissait ! Et tu n’as pas vu la manière dont elle le regardait ! Il n’y a qu’une femme amoureuse pour avoir ce genre de regard !
Jack (souriant) : Jen Lindley ! Sous tes airs de jeune fille blasée de tout et surtout de l’amour, tu es en fait une incurable romantique !
Jen (souriant) : Ok j’avoue tout ! Mais admets que ce que vient de faire Pacey est extrêmement romantique, non ?
Jack : Oui. J’espère que ça va porter ses fruits….(puis entraînant Jen vers la sortie) : Allez, viens ma petite fleur bleue !Une fête nous attend !
Ils sortirent tous les deux en souriant. Jen avait quand même une pensée pour Pacey. Elle espérait de tout son cœur que Joey ressente pour lui des sentiments analogues.
Joey attendait depuis une vingtaine de minutes que les acteurs quittent les coulisses. Elle souhaitait voir Pacey seul. Elle mit cette attente à profit pour réfléchir à tout ce qu’il s’était déroulé cette journée. Ce matin, elle s ‘était réveillée toute joyeuse à l’idée de passer cette soirée avec AJ et maintenant elle se retrouvait devant les coulisses d’un théâtre tentant de sonder son cœur. Une chose dont elle était sûre, c’est qu’elle éprouvait davantage qu’une simple amitié pour Pacey. C’était même évident. Elle adorait être en sa compagnie, elle fondait dès qu’il posait ses yeux sur elle, et quand par hasard, sa peau rentrait en contact avec la sienne, elle frissonnait de bien être. Sans compter qu’il lui manquait quand ils n’étaient pas ensemble. Elle s’en rendait compte désormais, tout semblait si évident. Elle n’avait fait que penser à lui alors qu ‘elle était sensée sortir avec AJ. Et n’avait-elle pas murmuré le prénom de Pacey tandis que AJ s’apprêtait à l’embrasser ? Elle avait également ressenti comme un besoin viscéral d’être avec lui pendant qu’il jouerait, comme une force irrésistible. Mais comment ne l’avait-elle pas compris plus tôt ? Tous ses signes que lui envoyait son corps dès qu’il s’agissait de Pacey, il lui semblait qu’elle les avait toujours eus en elle mais elle ne s’était jamais interrogée sur leur réelle signification. Par peur de ce qu’elle découvrirait, sans doute. Et, ce qu’elle découvrait, maintenant qu’elle se posait la question, c’est que Pacey comptait pour elle, il comptait même énormément. Il avait pris une place dans sa vie et dans son cœur qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir lui accorder. Balayant tout sur son passage, tel un ouragan. Elle découvrait qu’elle pourrait sans doute se passer de ses amis et même de Dawson- oh, ce serait dur, mais elle le pourrait-elle alors qu’elle sentait au fond d’elle–même qu’elle ne pouvait pas se passer de Pacey. C’était manifeste. Ce qu’elle découvrait, en fait, c’est qu’elle était amoureuse de Pacey. Tout simplement.
Pacey (doucement) : Joey ?
La jeune fille sursauta. Elle était tellement plongée dans ses réflexions qu’elle ne l’avait pas entendu arrivé. Il s’avançait lentement vers elle, il s’était changé et avait revêtu un des ses habituels pantalons larges ainsi qu’une des ses chemises hawaiennes qu’il affectionnait tant. Pour le taquiner, elle lui avait toujours dit qu’elle le trouvait ridicule fagoté ainsi, mais en fait, elle aimait son style vestimentaire qui cadrait bien avec sa nonchalance naturelle.
Joey (souriant) : Ah Pacey. Déjà prêt?
Pour toute réponse, il hocha la tête. Un silence gêné s’installa entre eux, qu’aucun des 2 ne sembla se résoudre à rompre. Joey, après quelques minutes de tergiversations, prit son courage à 2 mains et entama la conversation.
Joey : Tu étais extraordinaire, ce soir !
Pacey (gêné) : C’est vrai ? Merci. Tu sais, c’est grâce à toi.
Joey (gênée) : Oh, je n’ai rien fait d’autre que de te faire répéter.
Pacey : C’est déjà beaucoup. Et puis tu es venue ce soir.
Joey lui sourit timidement.
Joey : Je suis ton amie et tu avais besoin de moi.
Pacey (un peu déçu) : Oui, c’est vrai. Tu es mon amie. Mais si tu n’étais pas venue, jamais ça n’aurait aussi bien marché. Je me serais planté, à coup sûr !
Je te dois tellement.
Joey (un peu gênée) : C’est moi qui te dois tellement, Pacey
Pacey (étonné) : Quoi ?
Joey : Oui. Et si je suis honnête avec moi, je dois même remercier Dawson de t’avoir demandé de veiller sur moi.
Pacey (de plus en plus étonné) : Remercier Dawson ?
Joey : Oui, le remercier. (puis nerveuse, jouant avec ses mains) : Depuis ce fameux soir où tu es venu me consoler sur la berge, ma vie est tellement plus gaie. Pacey, tu ne te rends pas compte de tout ce que tu m’as apporté. (de plus en plus passionnée, à mesure qu’elle parle) : Tu as réussi à me faire sortir le nez de mes bouquins, j’ai séché des cours pour la première fois, grâce à toi –Oh, j’en suis pas fière-mais on s’est tellement amusé : J’ai poncé la coque de ton bateau à en avoir des ampoules, nous sommes allés à la pêche, nous avons fait du stop... Pacey, tu m’as fait sortir de ma coquille, tu m’as toujours poussé à aller plus loin, sans me soucier du regard malveillant des autres. Tu étais là quand je n’allais pas bien, quand je doutais. Et puis, tu nous as aidées, Bessie et moi à réaliser le rêve de maman d’ouvrir un B&B. Et je ne te remercierais jamais assez pour ça. Tu ne te rends même pas compte quel jeune homme extraordinaire tu es. Tu offres ce qu’il y a de mieux en toi à tes amis et sans conditions, sans rien attendre en retour. Tu es généreux, Pacey, dans tous les sens du terme.
Pacey (dont le cœur battait la chamade) : Joey…
Joey : Laisse-moi finir. (elle respira profondément pour poursuivre sa tirade) : Je n’ai pas compris pourquoi ma présence était si importante pour toi, parce que je voulais pas m’interroger , j’avais peur de ce que cela pourrait révéler. (d’une voix tremblante d’émotion) : Pacey, ce soir, j’ai enfin compris. Pendant que j’étais avec AJ, je ne désirais qu’une chose, c’est d’être près de toi. Je repensais à l’aurore boréale, et c’est avec toi que je voulais la voir. C’est pour ça que je suis partie. C’est complètement fou, l’année dernière, on ne se supportait pas, j’ai toujours cru que tu me détestais et je pensais que je te détestais. Et soudainement je me suis retrouvée en proie à des sensations que je n’avais jamais ressenties pour personne.
Elle leva ses yeux vers Pacey. Il la fixait avec étonnement, comme s’il n’arrivait pas à prendre conscience de ce qu’elle lui disait. Comme si c’était un rêve. Puis doucement, les mots de Joey faisaient lentement leur chemin et les yeux de Pacey s’illuminèrent.
Joey (avec passion) : Pacey, je suis heureuse quand je suis avec toi. Tu me manques dès que tu disparais de ma vue. Tu as une façon de me regarder qui me fait me sentir la personne la plus importante au monde.
Pacey (ému) : Tu l’es, à mes yeux, Joey.
Elle le gratifia d’un sublime sourire qui le laissa pantois. Son cœur cognait fort contre sa poitrine, si fort qu’elle devait même le voir à travers sa chemise ! Il avait rêvé des milliers de fois cette scène, ce moment où Joey lui avouerait ses sentiments. Bon, elle ne lui avait pas dit qu’elle l’aimait mais elle lui laissait comprendre. Discrètement, il se pinça pour être sûr que tout était réel. Et tout était bien réel. Joey se tenait toujours devant lui, les yeux étincelants, se mordillant la lèvre inférieure d’une manière qu’il trouva vraiment très sexy, attendant sûrement un signe de sa part. Il s’approcha tout doucement d’elle.
Pacey (jouant avec les cheveux de Joey, en un geste infiniment tendre, murmurant) : Joey, tu…
Joey (plaçant ses mains sur la taille de Pacey, d’une petite voix incertaine) : Pacey ! Dans toutes les scènes où Ruy Blas avoue son amour à la Reine, est-ce que c’est réellement à moi que tu t’adressais, ou est-ce que tu ne faisais qu’interpréter ton rôle ?
Pacey (souriant et murmurant) : Ce n’était pas Ruy Blas qui parlait à sa Reine. Ce n’était que ce bon vieux Pacey qui n’a trouvé que ce moyen, pas très courageux, de faire comprendre à la plus belle fille qu’il ait jamais vue, qu’il est fou amoureux d’elle.
Le cœur de la jeune fille cogna à tout rompre. Un éblouissant sourire illumina son visage. Oh, elle n’était pas surprise, elle le savait déjà mais elle avait tellement eu besoin de l’entendre de sa bouche.
Joey (émue) : J’ai trouvé au contraire que c’était très courageux ! Et très romantique ! Complètement fou aussi, mais ça te ressemble tellement !(puis elle ajouta coquine) : Est-il possible que tu embrasses enfin la fille que tu aimes ?
Pacey (souriant, murmurant) : Avant j’aimerais bien savoir ce que ressent la fille que j’aime ?
Joey (amusée par leur petit jeu, de la même voix) : Il se peut bien que la fille que tu aimes vienne de découvrir qu’elle t’aime aussi !
Pacey (amusé) : Il se peut bien ? Même pas une certitude ?
Joey (toujours amusée) : Elle attend le baiser pour se prononcer !
Pacey lui sourit, avec dans ses yeux la tendresse railleuse qu’elle adorait y lire. Il se pencha légèrement vers elle, Joey approcha ses lèvres, toute en attente de ce baiser, il les lui effleura puis s’éloigna, provocant un soupir de frustration chez la jeune fille. Il recommença ce petit jeu plusieurs fois jusqu'à ce que Joey, éperdue de désir, se jette sur lui pour l’embrasser fougueusement. A cet instant, plus rien n’existait autour d’eux sauf leurs lèvres qui se scellaient et leurs langues qui menaient une danse endiablée. Seule comptait la passion qui les consumait avec une violence qu’ils n’auraient jamais pu imaginer. Quand le baiser prit fin, tous deux se regardèrent surpris par l’intensité de cette étreinte.
Pacey (reprenant le 1er ses esprits) : Ouah !
Joey planta son regard dans celui de Pacey et murmura d’une voix douce mais sûre : Je t’aime, Pacey.
Il prit possession de ses lèvres mais ce baiser n’avait rien de la fougue du précédent. Il était emprunt de tendresse, de douceur et d’amour.
Quand leurs lèvres se séparèrent, ils se sourirent encore une fois, tout simplement heureux d’être ensemble.
Joey (tout contre les lèvres du jeune homme) : Et maintenant, on fait quoi ? On rejoint les autres ?
Pacey ne semblait pas enchanté par cette proposition. Il eut subitement une idée, qu’il espérait lumineuse. Il prit la main de la jeune fille et l’entraîna à sa suite.
Joey: Eh, Pacey! Où va-t-on?
Pacey : Tu verras.
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent près d’une petite crique, qui se révélait être l’endroit préféré de Joey. La vue sur la mer était imprenable et l’endroit suffisamment éloignait de la ville pour être tranquille. Pacey s’assit sur le sable, derrière Joey et l’enlaça tendrement, elle se laissa aller contre lui.
Joey : Qu’est-ce qu’on fait là ?
Pacey : Regarde le ciel, ma belle.
Joey s’exécuta et fut émerveillée par le spectacle grandiose qui se dévoilait devant leurs yeux. C’était une symphonie de couleurs, de lumières, qui de la terre ressemblaient à des paillettes. C’était tout simplement magnifique.
Pacey: C’est splendide!
Joey (taquine) : Je croyais que tu trouvais cela stupide!
Pacey : C’est stupide quand tu ne partage pas ce moment avec la bonne personne ! Et je suis avec la bonne personne.
Joey (se blottissant davantage contre lui) : Moi aussi.
Ils restèrent enlacés une bonne partie de la nuit, ne se souciant pas du froid nocturne qui commençait à les envahir, goûtant simplement le plaisir de s’être trouvés. Il aura fallu une pièce de théâtre, une aurore boréale, sans oublier l’intervention d’une apprentie philosophe pour qu’un rêve devienne à jamais réalité.
FIN
Marjo (02.08.2003 à 17:18)