C'est un épisode complet, j'attends vos critiques...
« Mon choix a tout changé, vraiment tout changé »
1er décembre 2008.
Je ne dors pas, je suis dans mon lit et j’observe le plafond méthodiquement. Perdue dans mes réflexions, je sens un mouvement. Machinalement, je regarde l’homme qui partage ma vie depuis 5 ans, puis je retourne à l’observation du plafond.
Toutes ces années, toutes ces années que j’imaginais heureuses il y a 5 ans ne s’étaient pas confirmées dans la réalité. Je vis pour vivre, je ne peux pas dire que je suis heureuse. Mais si je ne suis pas heureuse, c’est de ma faute. J’ai fait un choix et j’en connaissais les conséquences… J’ai choisi Pacey il y a 5 ans, pour la deuxième fois de ma vie.
Je revois ce jour ou tout a changé. Le deuxième choix a vraiment tout changé. Mes choix ont une portée que je n’imagine pas, je viens de le réaliser.
FLASH BACK
Moi : J’ai fait ce choix Dawson. Je ne suis plus indécise. Mais ce choix ne va pas dans ton sens. Parce que je choisis Pacey.
Dawson : Je m’en doutais. Je ne peux pas te dire que je ne suis pas déçu. J’ai toujours espéré que nous finirions par nous retrouver pour vivre ensemble un jour. Mais j’avais besoin d’une réponse. Tu me l’as donnée. Je deviens réaliste et j’arrête de rêver. Je tire un trait sur nous deux, ensemble.
Moi (paniquée) : Je veux que tu restes dans ma vie, je ne veux pas te perdre.
Dawson : Joey, ne me demande pas l’impossible. Je ne peux pas te voir en ami. On n’a jamais été amis. On a toujours été NOUS. Et NOUS, c’est terminé. Tu as fait ton choix, je le respecte mais je ne souhaite pas qu’on devienne amis. Je souhaite qu’on tire un trait. Je ne veux pas qu’on se revoie.
Moi : Mais Dawson, tu ne comprends pas…
Dawson : Oh si je comprends, je comprends une chose que je n’avais pas comprise. Si nous ne sommes pas ensemble, on veut être ensemble. Si on est ensemble, le destin est contre nous. On ne se voit plus et c’est tout. Tu seras heureuse avec Pacey. C’est un gars génial, c’est mon meilleur ami. Sois heureuse Joey. Je ne demande que ça.
Un ange passe.
Dawson : Au revoir Joey
*FIN DU FLASH BACK*
Il est parti et je ne l’ai jamais revu, je reste sur cette image, triste mais réelle. Réelle à se faire mal.
Une chose a changé depuis quelques jours. En passant devant un kiosque à journaux, je l’ai vu sur un magazine, avec elle. On prétend qu’il va se marier. Le mariage… Je ne l’ai jamais imaginé avec Pacey, il ne me l’a jamais proposé. Mais je ne l’ai jamais réellement souhaité.
Le trait dont il m’a parlé avait été tiré, et je n’avais rien à lui reprocher. Je pensais mon choix sur, il s’est avéré décevant. Pacey ne remarque rien. Il s’apprête à acheter son premier restaurant, lui est heureux, moi pas. Il ne le sait pas, il ne le voit pas, mais je fais tout pour. Pourquoi ? Pour ne pas le rendre malheureux.
Je secoue la tête pour ne plus penser à tout ça. Je ferme les yeux et m’endors dans un sommeil sans rêves.
20 janvier 2009.
Un choix peut tout changer. Un jour aussi. Pacey m’a annoncé que Dawson souhaitait venir à New York pour tourner son nouveau film. Mon cœur s’est serré. Je ne sais pas quoi penser. Je ne sais pas s’il pense à moi. Non, surement. Il a une fiancée et Dawson ne s’engage pas pour rien. Comment ai-je pu vivre sans le voir alors que durant toute mon adolescence, ne pas être avec lui me semblait insupportable ?
En faisant ce choix, cet horrible choix d’il y a 5 ans, je ne m’imaginais pas à quel point la vie était dure sans lui. Je me rends compte aussi que j’ai fait un choix qui a tout écrasé, une amitié sincère entre Pacey et Dawson. Elle n’existe plus, je ne m’en rendais jamais compte, j’étais trop égoïste… Pacey me parle de Dawson parfois, il est toujours très agréable, il parle de bons souvenirs, il oublie les mauvais… il a raison, c’est ce que nous devrions faire.
23 janvier 2009.
Pacey passe toutes ses soirées avec Jen, il s’éloigne, je savais que ça devait arriver. Je ne me confie pas à lui, mais il sent que quelque chose ne va pas, il me fuit, il a peur de se disputer…
Jen est une véritable amie, elle est formidable, elle enseigne la culture pop à l’université de New York, son coté marginal me touche, elle ne fait jamais rien comme les autres, mais elle le fait tellement bien… Elle réussit sa vie, elle n’a pas de petit ami mais elle semble tellement épanouie. Tous les espoirs se fondaient sur moi et j’ai déçu tout le monde. Elle, elle a réussi sa vie et étonné tout le monde.
24 janvier 2009.
8h30 : Pacey me demande de venir voir Dawson avec lui. Il l’a appelé sur son portable pendant que je dormais. Je refuse. Je ne veux plus que les choses changent, j’en ai assez que tout évolue.
Pacey : Il va être très déçu, tu sais ?
Moi : Il s’en remettra, il l’a toujours fait.
Je suis restée à la maison, à bosser sur un livre qui ne me motive même plus.
16h30 : Pacey rentre de son déjeuner. Il me parle de Dawson, il me décrit son bonheur de faire ce qu’il aime.
Pacey : Il va se marier, tu sais ?
Moi : Oui, je sais.
Fin de la discussion, mais cette pensée me poursuit… C’était donc vrai, il allait se marier. A quoi je m’attendais ? A ce qu’il reste vieux garçon ? A ce qu’il me voue un amour pur et innocent ?
C’est bien pour lui, il le mérite. C’est bien pour elle aussi, elle ne se doute pas de la chance qu’elle a.
26 janvier 2009.
Dawson est venu me voir. Il ne pense même pas à la joie et au bonheur qu’il m’a fait. Il m’a décrit à son tour, l’immense bonheur qu’il avait à faire ce qu’il aimait, l’immense surprise qu’il avait ressentie quand il avait été nominé aux Oscars.
Dawson : Bien sur, je ne l’ai pas eu, mais je n’ai encore que 26 ans, je peux encore espérer.
Puis il est parti, déçu de ce que j’étais devenue sans doute, une fille qui vivait mais qui n’avait rien à raconter.
Il se marie en juillet, elle s’appelle Gwen, elle a 24 ans. Elle est actrice. Il a ri du cliché, j’ai pleuré de le voir engagé.
28 janvier 2009.
Pacey m’a presque obligé à venir dîner avec Dawson. J’ai accepté, il se serait inquiété. Nous nous sommes parlé après.
Court extrait des banalités échangées :
Dawson : De quoi parle ton roman ?
Moi : C’est un policier.
Dawson ; Un policier, tu écris un policier ?
Moi : Ou est le problème ?
Dawson : Tu es devenue si réaliste Joey, tu as vraiment changé. Je pensais que tu écrirais quelque chose de personnel.
Moi : Tu sais quoi de moi ? Tu ne m’as pas vue depuis 5 ans, tu disais ne jamais vouloir me revoir et tu me juges ?
Dawson : Joey, c’est terminé tout ça, je suis guéri, je ne t’en veux plus.
Moi : J’espère bien. J’ai fait un choix et je compte bien m’y tenir.
Dawson : Très bien, continuons comme nous l’avons toujours fait, ignorons-nous, oublions ce que nous avons été l’un pour l’autre. Tu as Pacey, j’ai Gwen.
Moi : Très bien, ça ne sert à rien de mentir, on a plus rien à se dire, pourquoi on ferait semblant ?
23 mars 2009.
Dawson est parti, je ne l’ai plus revu depuis le 28 janvier où j’ai dit ces choses horribles. Je ne les pensais pas mais je voulais qu’il ait mal, qu’il souffre comme, moi, je souffre de vivre sans lui, victime d’un mauvais choix. Coupable d’un mauvais choix.
Je sais à quelle heure part son avion, Pacey a continué de le voir et me l’a glissé dans la conversation. Au moment où j’écris ces lignes, son avion décolle, il part pour Los Angeles, il va se marier en juillet.
28 mars 2009.
Jen est amoureuse de Pacey, elle est venue me le confier, elle ne voulait pas me perdre. Elle m’a dit n’avoir rien tenté avec lui par respect pour moi. Je la remercie. Pour quelle raison ? Elle me respecte vraiment. Pacey et elle passent beaucoup de temps ensemble. Il a du se lasser de me voir tout le temps à la maison, en prétextant un chapitre à finir. Le policier que j’ai commencé n’a même pas 10 pages, je n’ai plus d’inspiration, j’ai choisi le sujet le plus impersonnel qui soit, pour ne vexer personne parce que ce que j’aurai écrit, je l’aurais écrit sur lui… sur Dawson, sur cette situation si intenable, si douloureuse pour moi et pour tout le monde.
Etre écrivain, c’est quelque chose de difficile. Je l’ai souhaité de tout mon cœur mais en l’étant, je me rends compte que ça implique de lourdes responsabilités : celle de faire souffrir, celle de dire la vérité, celle de ne pas se trahir.
En déjeunant avec Pacey et Jen, je me rends compte à quel point ils tiennent l’un à l’autre. Ils se sourient, se taquinent, comme Pacey et moi, au début. Au début de quelque chose qui est terminé. Je le sais. Il l’aime. ils sont beaux à voir. J’observe leur bonheur, j’en suis heureuse. Je n’ai même pas pleuré. Jen et lui se refusent à tenter quoique ce soit, ils ne veulent pas me trahir. S’ils savaient que cela m’importe peu maintenant. Mais je ne fais rien pour les encourager, je ne veux pas perdre la face. Je ne veux pas que Dawson me voit en fille désespérée. Je m’attache à Pacey, je reste sur MON mauvais choix.
15 Avril 2009.
Il l’a appelée « Lindley, » et quand Pacey appelle une fille par son nom de famille, c’est qu’il en est amoureux..
J’adorais quand il le faisait avec moi mais il ne le fait plus depuis longtemps et je ne lui en veux pas. Je ne peux plus rien faire, j’ai rompu avec lui. Je savais que j’aurai à le faire un jour, c’est juste arrivé plus rapidement que prévu.
Moi : Tu es amoureux de Jen…
Pacey : Non, Joey, non, je suis amoureux de toi.
Moi : Ne mens pas, je t’ai vu avec elle. Tu as l’air tellement plus heureux que quand tu es avec moi.
Pacey n’a rien dit. J’avais donné ma bénédiction sans le savoir. Il est parti. Il l’a retrouvée, elle l’a repoussé.
Elle est venue me voir, tard dans la soirée, elle m’a dit qu’elle l’avait repoussée car elle en avait assez que l’amour tue l’amitié.
Je lui ai donné ma bénédiction, pour qu’elle ne culpabilise pas. Mais elle l’a fait et c’est la preuve que je compte pour elle. Au moins pour elle.
15 mai 2009.
Dawson vient présenter son film en avant-première, j’y suis allée, le seul fait de le voir me fait plaisir.
Dawson : Joey, tu m’as tellement manquée…
Il m’a serrée dans ses bras, il avait oublié la dispute, et je l’ai remercié de l’avoir fait. J’ai touché sa peau, c’était la première fois depuis longtemps, il m’a électrisée. Je réalise que je ne pourrai jamais l’oublier. Que ce que je ressens pour lui dépasse l’entendement.
Dawson : Ce n’était qu’une dispute parmi tant d’autres. Si je devais t’en vouloir à chaque fois, on ne se verrait jamais plus. Où est Pacey ?
Moi : C’est fini, on a rompu, il est avec Jen maintenant, ils comptent habiter ensemble, dès qu’il aura son restaurant.
Je le regarde, essayant de détecter la moindre réaction sur son visage, mais je n’y arrive plus. Plus comme avant.
Dawson : Je suis désolé. Moi aussi, je suis célibataire, Gwen et moi avons rompu nos fiançailles.
Je le regarde, cette fois, il n’aura aucun mal à voir que je suis étonnée, mes yeux s’écarquillent de surprise.
Dawson : C’est la vie. Ce n’était pas la bonne.
Il m’accompagne jusqu’au siège, dans la salle de cinéma.
Le générique est très sobre. Puis apparaît la dédicace : « A Joey, une amie chère à mon cœur, la source principale de mon inspiration »/
J’aurais du en etre flattée sans doute mais je ne veux pas être une amie, je veux être tellement plus que ça… je lui ai souri timidement, poliment même.
Le film est à son image : simple, très intelligent, il réussit et il le mérite.
Le générique de fin défile, je pars, je m’enfuis presque. Il est entouré de journalistes, ce n’est pas le moment pour moi.
16 mai 2009.
Il est venu me voir, à mon appartement, à celui que Pacey et moi partagions.
Dawson : Tu es partie vite hier soir…
Moi : Je ne voulais pas t’embêter…
Ca me gène de le voir ici, c’est si intime, c’est tout mon univers. C’est celui que je me suis construit sans lui.
Dawson : c’est un film qui compte vraiment pour moi, je tenais à ce qu’il te soit dédié.
Moi : c’est gentil, j’ai été très touchée.
Il remarque que je mens, je n’ai pas du changer tant que ça finalement.
Dawson : Joey, qu’est-ce qui t’arrive ?
Moi : Je ne veux plus te voir.
Dawson : Quoi ?
Moi: Tu m’as dit un jour que tu ne pourrais jamais me voir en ami. C’est ce que tu as fait dans la dédicace, je prends ça comme un mauvais signe. Comme une trahison à ce que nous avons été.
Dawson : Attends, je comprends plus rien, tu veux quoi exactement ?
Je décide de tout lui dire, ça ne risque pas de changer grand chose, on a l’air de faire semblant de s’aimer depuis qu’on se revoit.
Moi : Je te veux toi, c’est pas plus compliqué, j’ai fait un choix horrible il y a bientôt 6 ans de ça ! ! Te voir, ça me rappelle à quel point j’ai été stupide.
Dawson : Je ne te verrai jamais en ami Joey, c’est vrai.
Moi : Tu me vois comment alors ?
Dawson : Je te vois comme je t’ai toujours vu. Je te vois comme la femme que j’aime, comme celle qui doit porter mes enfants, comme celle que je dois épouser. C’est pour ça que Gwen a rompu, elle m’a fait réaliser ce que je sais depuis toujours. Je te veux toi, Joey, toi et personne d’autre.
Dawson s’approche, le moment que j’attends depuis des années va se réaliser, c’est aussi celui que je redoute. Il va m’embrasser. Il sait que je panique, il me connaît si bien. Il met ses mains autour de mes oreilles. Il approche mon visage du sien. Tout a été compliqué entre nous. Il m’embrasse, il m’embrasse comme lorsque je devais partir à Paris, à 15 ans, comme s’il avait peur de me perdre. Il m’embrasse passionnément et toutes mes craintes s’évanouissent, je m’abandonne à ce baiser. Mes lèvres se mouillent de larmes de joie… Il est à moi, on s’appartient l’un à l’autre, il m’a tellement manqué…
Il me pousse dans ma chambre, je lui souris, je ne dis rien, je ne veux rien gâcher. Il me déshabille doucement, on continue de s’embrasser, il savoure chaque moment. Je savoure nos retrouvailles.
Nous nous donnons l’un à l’autre. Et après l’étreinte, sans se parler, on s’endort, sans se lâcher. C’est la plus belle nuit de ma vie.
17 mai 2003.
J’ouvre les yeux, je me retourne, consciente que ce qui vient d’arriver a été maintes et maintes fois le sujet de mes rêves. Il ouvre les yeux, il me sourit, m’embrasse, du bout des lèvres, encore endormi.
Ca n’est pas un rêve, c’est la réalité, mais la réalité est si belle…
Il me regarde. Ces yeux-là m’ont tellement manqué. Nous nous regardons pendant plusieurs minutes.
Dawson : Si tu savais comme je t’aime…
Moi : Je sais comme tu m’aimes, je t’aime exactement de la même façon.
Dawson : On va pas se quitter….
Moi : Je pars avec toi Dawson, ma vie est avec toi, ma vie est à LA.
Il est étonné mais il continue sur ses rêves, sur des rêves qui se transforment en projet.
Dawson : Tu vas faire une formidable scénariste…
Moi : Quoi ?
Dawson : Je veux qu’on travaille ensemble, tu seras la scénariste, je serai le réalisateur.
Moi : C’est tellement simple…
Dawson : Ce le sera maintenant : je vais t’épouser, tu vas me faire de magnifiques enfants…
Moi : On aura un chien.
Il rit, il est tellement parfait, il est parfait pour moi.
Dawson : Oui, on aura un chien.
Il m’embrasse encore, je me sens bien, je suis heureuse.
Finalement, les choses ont changé, elles ont évolué, même mieux que je l’espérais.
CONCLUSION :
Un journal intime a toujours une fin. La fin de celui que j’écris depuis 6 mois a une raison précise. La période la plus noire de ma vie est terminée, le journal le plus noir de ma vie se termine avec elle. Mais je termine par une conclusion personnelle, une conclusion positive. Tout est positif depuis que je suis avec lui.
Je me suis compliquée l’existence, j’ai cherché le bonheur partout, je l’ai trouvé dans ma ville natale. Un trésor du nom de Dawson Leery.
C’était notre destin. Ma vie amoureuse a commencé avec lui, elle finira avec lui. Avec ou sans chien
Leeryfan (15.09.2003 à 20:30)