Résumé : Saison 6, Pacey et Joey ont repris leur histoire commune mais personne ne le sait. Le retour d’Eddy provoque la peur de se tromper chez Joey et elle rompt avec Pacey. Elle va devoir réfléchir à ce qu’elle veut vraiment et surtout à qui elle veut. Pacey, persuadé que tout irait mieux cette fois, déprime totalement.
Joey et Pacey accompagnent Harley et Patrick lors d'un bal organisé par le lycée des jeunes adolescents. Depuis quelques semaines, ils évoquent la possibilité de se remettre ensemble et passent beaucoup de temps tous les deux. La soirée semble bien se dérouler mais une ombre menaçante plane au-dessus de leurs têtes, risquant de briser l'équilibre fragile de leur relation.
Joey prit une longue inspiration et rejoignit Pacey. Il était accoudé à la rampe d'escalier, à l'extérieur du lycée.
Joey (posant sa main sur l'épaule de Pacey) :Pacey….
Pacey (se retournant un sourire aux lèvres) :): Ah! Te voilà. Qu'est-ce que t'as fait d'Harley et Patrick ?
Joey :Ils sont enfin entrain de danser tous les deux! Je crois qu'on a réussi à les raccommoder !
Pacey sourit. Harley et Patrick se plaisaient, c'était indéniable mais ils se chamaillaient tout le temps! Un peu comme Joey et lui !
Pacey (souriant) : Ca fait plaisir de voir qu'un bal de promo peut se finir autrement que par des larmes et des cœurs brisés!
Joey émit un petit sourire gêné et durant un court instant, le souvenir funeste de leur dernier bal de promo plana au-dessus de leur tête.
Joey (gênée) : Oui.
Elle jouait nerveusement avec ses mains, elle était mal à l'aise et Pacey s'en aperçut immédiatement.
Pacey (fronçant les sourcils) : Qu'est-ce qu'il y a, Joey ?
Elle mit un certain temps à répondre, temps qu'elle employa à se mordiller nerveusement la lèvre inférieure.
Joey (prenant une longue inspiration) :Je suis désolée, Pacey. Je ne le ressens pas.
Pacey (étonné) : Tu ne ressens pas quoi ?
Joey : : Nous deux. Je trouve cela bizarre…
Pacey (l'interrompant) : Mais en quoi c'est bizarre ? Pourquoi, subitement tu trouves cela bizarre, alors que jusqu'à présent tout allait bien entre nous ?
Joey :Pacey, je suis désolée, mais j'ai…
Pacey :Joey, je te connais. Tu as peur. Je comprends, mais je t'en prie, ne renonce pas, pas comme ça. Je t'ai vue tant de fois renoncer à des choses géniales à cause de cette foutue peur.
Joey (au supplice) : Pacey…
Pacey (poursuivant, avec passion) : Joey, je ne peux pas te garantir notre avenir, je ne sais pas de quoi demain sera fait et cela m'effraie aussi. Mais la seule chose dont je n'ai jamais eu peur c'est de t'aimer. Ce que je ressens est plus fort, plus solide, plus intense que tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'à présent. Tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux dans ma vie. Et je sais que je peux te…
Joey (l'interrompant brusquement, en criant) : Pacey, arrête! (Pacey la regarde, interloqué, elle reprend plus doucement) : Eddy est revenu.
Pacey : Quoi?
Joey (désolée) : Il est revenu hier. Je ne le savais pas…
Pacey (amer) : C'est bon, j'ai compris. (Il s'apprête à partir)
Joey (tentant de le retenir) : Pacey, attends…
Pacey (se dégageant brusquement, amer) : Tu veux me dire quoi? Que je lui ai juste chauffé la place en attendant son retour ?
Joey (les larmes aux yeux) : Non, Pacey, laisse-moi t'expliquer…
Pacey (le regard noir) : Il n'y a rien à expliquer.
Il rentra précipitamment à l'intérieur du lycée, laissant Joey en proie à une profonde tristesse.
Pacey avait raison, tout allait bien entre eux jusqu'au retour inattendu d'Eddy. Elle se sentait perdue, tout se mélangeait dans sa tête. Sa relation avec Pacey, sa relation avec Eddy, les sentiments qu'elle éprouvait pour l'un et pour l'autre. Son histoire avec Eddy avait été sa première relation sérieuse depuis Pacey. Elle avait ressenti quelque chose de très fort pour lui. Et Pacey ? Pacey était tout simplement son grand amour. Un amour dont elle ne s'était finalement jamais véritablement remise. Mais, peut-être qu'au fond, ce n'était que la nostalgie de leur relation passée qui l'attirait à nouveau vers Pacey et non de nouveaux sentiments amoureux. Elle ne savait plus. Elle secoua la tête avec force, espérant que par ce geste tout allait se remettre en place et que la solution à son dilemme s'imposerait à elle. En vain…
Dépitée, elle pénétra dans la salle de danse, qui n'était en fait rien d'autre que le gymnase redécoré pour l'occasion. La soirée touchait à sa fin, il ne restait que quelques couples, dont Harley et Patrick qui se regardaient tendrement. Elle balaya le reste de la salle du regard et Pacey n'était nulle part, il avait dû partir. Elle s'assit sur les gradins et se replongea dans ses tristes pensées. Une main tendue vers elle la sortit de sa rêverie.
Pacey (doucement) : Je te dois une danse, je crois.
Elle le regarda timidement puis posa sa main dans la sienne, ils se dirigèrent vers le centre de la piste. Leurs corps évoluèrent lascivement au rythme de la musique.
Pacey avait hésité à revenir. Dans un premier temps, hors de lui, mais surtout le cœur en lambeaux, il avait voulu s'éloigner de Joey, l'objet de ses souffrances. Mais il s'était ravisé, il ne voulait pas qu'ils se quittent fâchés. Il avait souhaité, avant de mettre une distance respectable entre eux, pour son salut à lui d'ailleurs, lui offrir une dernière danse, celle justement qu'il n'avait pas eu le courage de lui offrir lors de leur bal de promo. Ce soir, il se rachetait en quelque sorte. Cette danse, qui ressemblait fort à une danse d'adieu scellait de manière définitive, près d'un an et demi après, la fin de leur histoire. Ainsi le voulait-elle.
La douce mélodie s'acheva mais Pacey garda Joey quelques secondes encore contre son corps. Comme pour y laisser son empreinte, une empreinte qu'il espérait indélébile, de sorte qu'Eddy ne pourrait que la ressentir et se sentir menacé. Puis, il s'écarta légèrement, fixa Joey un court instant droit dans les yeux avec une lueur de regret et de tristesse, tint ses mains entre les siennes, les caressant de ses pouces et lentement s'éloigna d'elle, espérant secrètement qu'avant que leurs doigts ne lâchent prise, elle le retiendrait. Mais la main de Pacey retomba lourdement, fatalement. Il se retourna et partit sans un regard en arrière, le cœur vide. Il laissait derrière lui, la meilleure partie de son être.
falbala (10.10.2003 à 23:17)
Pacey était dans son appartement. Seul. Jack et Emma étaient sortis. Il était content qu’ils ne soient pas là, il n’aurait pas pu les affronter, pas ce soir. Il décida d’aller prendre une douche. Une fois dans la salle de bain, il fit couler l’eau et commença à ôter ses vêtements un par un, doucement comme quelqu’un qui aurait perdu toutes ses forces physiques. Lorsqu’il vit son reflet dans le miroir, il fut stupéfait de sa pâleur. Il semblait avoir vieilli de cinq ans en l’espace d’une seule soirée. Et toute sa vie, ses espoirs et son avenir s’étaient écroulés à ses pieds. Ses épaules s’affaissèrent sous le poids du chagrin. Il se glissa sous la douche et l’eau lui parcourut le corps comme autant de caresses apaisantes et réconfortantes. Il repensa à Joey, aux mots qu’elle avait utilisés, à l’expression de son visage. Elle ne croyait pas en eux. Ses larmes se mêlèrent à l’eau tiède, des sanglots lui parcoururent le corps avant que, désespéré et infiniment malheureux, il ne s’effondre au fond de la baignoire et ne se recroqueville sur lui-même. Laissant sa peine se dissipait parmi les litres d’eaux.
Joey marchait dans la douceur de la nuit. Boston était calme, comme pour lui rappeler sa solitude et le fait que c’était elle qui l’avait provoquée. Elle revit le visage de Pacey et son cœur se serra. Elle ne voulait pas lui faire de mal, pour rien au monde elle ne l’aurait voulu mais elle savait que ce soir, elle l’avait blessé comme jamais. Elle tentait d’atténuer son remords en se disant qu’elle ne pouvait pas s’engager dans une relation avec lui sans en avoir envie, sans y être vraiment prête. Elle tenait trop à lui pour lui mentir. Elle avait pris la bonne décision pour l’un comme pour l’autre, un jour il s’en rendrait compte. Mais alors pourquoi une pointe douloureuse lui transperçait le cœur ? Lui arrachant tout au passage, laissant son cœur en lambeau, piétiné, émietté ?
Cette nuit là, elle dormit d’un sommeil agité, rêvant à une vie sombre et solitaire, dans une petite maison au fond d’une ville perdue, sans amis, sans famille, sans personne a aimé. Elle se réveilla en sursaut, en sueur. Ouf ! se dit-elle, ce n’était qu’un cauchemar… Elle se pencha et vit Audrey qui dormait comme un bébé. Elle se renfonça sous les couvertures et ferma les yeux pour les rouvrir aussitôt. Et si ce n’était pas un cauchemar mais une prémonition ?
Jack se leva du bon pied, aujourd’hui était une belle journée malgré le temps maussade. Il avait rendez-vous avec David dans moins d’une heure et il en été ravi. Sa relation avec lui évoluait doucement, ils avaient décidé de prendre leur temps. Lorsqu’il pénétra dans la cuisine, il y trouva Pacey, habillé et prêt pour aller travailler, une tasse de café à la main.
Jack : Salut ! dit-il plein d’entrain.
Pacey : Bonjour Jack répondit-il lascivement.
Jack remarqua aussitôt l’air fatigué de son ami.
Jack : Dis-moi, tu as encore fait la bringue toute la nuit toi ? Tu as l’air crevé.
Pacey : Merci.
Jack fut décontenancé par le manque d’énergie de son ami, d’habitude, soit il aurait démenti avec véhémence, soit il lui aurait raconté ses frasques de la nuit passée. Quelque chose n’allait pas.
Jack : T’as pas l’air dans ton assiette, il y a un problème ?
Pacey : Non, tout va bien. Je t’assure lui dit-il en le regardant dans les yeux pour accorder plus de crédit à son mensonge. Je n’ai pas très bien dormi.
Malheureusement, Jack n’était pas dupe. Pacey n’allait pas aussi bien qu’il le prétendait, il avait un problème. Il y avait autre chose q’un simple manque de sommeil. Il aurait voulu insister plus mais il savait pertinemment que si Pacey ne voulait pas en parler, rien ne l’y forcerait. Il savait d’expérience que son ami ne parlait pas de ses problèmes, il avait pour habitude stupide de tout garder pour lui, quitte à ce que ça le ronge de l’intérieur. Il soupira, inquiet mais résolu.
Jack : D’accord, Pacey, on s’en tient là pour aujourd’hui mais si tu changes d’avis, tu peux venir me voir à n’importe quel moment.
Pacey lui sourit, reconnaissant qu’il accepte de ne pas pousser plus loin la discussion. Il vida sa tasse dans l’évier, attrapa son attaché case et sortit discrètement au moment où Emma pénétrait à son tour dans la pièce.
Emma : Il y a un problème avec Pacey.
Jack : Non, aucun mentit-il. Pourquoi tu dis ça ?
Emma : Ben il n’a pas pris son manteau alors qu’il pleut.
Jack se tourna vers la fenêtre, une fine pluie s’était mise à tomber. Décidemment, Pacey n’allait vraiment pas bien.
Eddy se tenait devant la porte de la chambre de Joey. Il hésitait à taper. Il ne l’avait pas revue depuis qu’il lui avait annoncé son retour au Hell’s Kitchen. Elle avait paru très surprise et avait gardé ses distances mais elle n’avait pas fermé toutes les portes, il espérait qu’une chance leur était encore offerte. Il priait pour cela. Il allait frapper quand Audrey ouvrit brusquement la porte.
Audrey : Ah c’est pas vrai !!....On ne t’a jamais appris que ce n’était pas bien de faire peur aux filles !
Eddy : Désolé, Joey est là ? demanda t-il en essayant de voir à l’intérieur.
Audrey : Elle est encore sous la douche, tu veux peut-être vérifier par toi-même ?
Eddy lui lança un petit regard meurtrier avant d’entrer dans la pièce. Elle referma la porte derrière elle. Il se dirigea vers le lit de Joey, il embrassa la pièce du regard. Tout respirait la beauté et la simplicité de Joey. Il s’assit sur le lit, effleura le gilet posé délicatement dessus. Le vêtement était doux, il le porta à son visage et en huma l’odeur. L’odeur de Joey qui imprégnait le tissu, son parfum, doux et fruité. Elle sortit de la salle de bain et resta stupéfaite dans l’embrasure de la porte.
Joey : Eddy ? Mais qu’est-ce…qu’est-ce que tu fais là ?
Eddy : C’est Audrey qui m’a ouvert.
Il l’observa de la tête aux pieds, vêtue d’un jeans taille basse bleu foncé et d’un T shirt sans manche blanc, ses cheveux mouillés lui retombaient sur les épaules. Elle était magnifique.
Eddy : J’avais envie de te voir.
Joey : Ah.
Joey n’avait pas l’air ravi de le voir là. Elle ne savait toujours pas quoi faire avec lui, ni avec Pacey d’ailleurs. Elle préféra détourner le regard.
Eddy : Je n’aurais pas du venir dit-il déçu.
Joey : Non, ce n’est pas ça, c’est juste que…je ne m’attendais pas à te voir.
Eddy : Joey, je suis revenu pour toi. Il est normal que je cherche à te revoir.
Joey : Tu sais très bien ce que je voulais dire dit-elle en reprenant contenance.
Eddy : Oui…..J’aimerais qu’on parle de nous lui dit-il après un long silence.
Joey : Eddy, je ne sais pas s’il y a encore un nous.
Il accusa le coup mais ne se laissa pas démonter pour autant.
Eddy : On pourrait peut-être se retrouver plus tard pour en parler ?
Joey : Je ne suis pas sûr que se soit une bonne idée ?
Eddy : Pourquoi ? Tu sors toujours avec cet autre garçon ?
Joey : Non.
Il sentait son cœur se gonfler de joie. Il leur restait une chance, maintenant il en était sûr, il n’était pas revenu pour rien. Il se rapprocha d’elle avec un petit sourire.
Eddy : Joey. Je sais que ça peut marcher entre nous, je veux juste avoir une chance de te convaincre.
Joey : Je ne sais pas. Je…bon c’est d’accord.
Eddy : Tu n’auras pas à le regretter, je te le jure lui dit-il avec un sourire éclatant. Je te laisse, on se rejoint plus tard.
Il lui embrassa la joue et sortit précipitamment avant qu’elle ne change d’avis. Joey resta sur place, décontenancée. Qu’allait-elle faire maintenant ? A force de jouer avec le feu, elle risquait de tout perdre. Elle devait remettre de l’ordre dans sa vie et vite. Mais elle en était incapable.
Rich observait Pacey depuis plus d’une heure. Assis sur sa chaise, celui-ci rêvasser, Il n’était absolument pas concentré sur l’activité ambiante, comme si, il ne se sentait pas concerné par la chose. Il se leva et se dirigea vers son bureau.
Rich : Dois-je te rappeler où tu es ?
Pacey : Quoi ? demanda t-il en sortant de sa rêverie.
Rich : Pacey je ne t’ai pas vu décrocher ce putain de téléphone depuis plus d’une heure, or ce téléphone c’est ton outil de travail alors j’aimerais que tu m’expliques ce que tu fous là, si ce n’est pas pour bosser ?
Pacey semblait réfléchir aux paroles de son patron. Il avait raison, il ne parvenait pas à se concentrer sur quoi que se soit depuis son arrivée ce matin. En fait, il ne parvenait pas à se concentrer sur quoi que se soit depuis hier soir, depuis que sa vie avait basculé. A cette pensée, une vague de tristesse et de désespoir le submergea. Il la ravala aussitôt.
Pacey : Tu as raison dit-il à Rich en se levant.
Il ramassa quelques affaires sur son bureau et les rangea dans sa mallette.
Rich : Attends, qu’est ce que tu fais là ? lui demanda t-il médusé.
Pacey : Je rentre chez moi.
Rich : Tu quoi ? dit-il avec un petit sourire surpris. Tu plaisantes ?
Pacey : Pas du tout. Tu as raison, je n’arrive pas à me concentrer, par conséquent, il est inutile que je reste ici aujourd’hui.
Rich le regarda faire, mi-amusé mi-consterné. Pacey le surprendrait toujours.
Rich : Et dis-moi, tu as l’intention de venir demain nous honorer de ta présence ?
Pacey : Je ne sais pas encore.
Rich : Tu… ?
Il éclata de rire avant de poser un regard sérieux sur Pacey.
Rich : Tu peux toujours revenir demain Witter, mais rien n’indique que tu auras toujours une place dans cette entreprise.
Pacey : J’en suis conscient lui dit-il en le regardant bien en face avant de quitter la pièce.
Pacey ne savait plus trop comment il avait atterri ici. Sa première intention avait été de rentrer chez lui directement mais en passant devant ce bar, il était entré sans même s’en rendre compte. Il baissa les yeux lentement, il entamait déjà son troisième verre de whisky. Ce doux breuvage l’avait placé dans un état de semi-conscience où l’absence de Joey lui semblait moins douloureuse, moins palpable, moins...cruelle. Il se repassa mentalement la scène d’hier, il en était malade. Malade d’avoir osé croire à une autre chance, à un nouveau départ pour eux. Il l’aimait tellement, depuis toujours. Il ne l’avait jamais oubliée. Il sourit tristement, Audrey avait raison.
Barman : Toi, tu as un chagrin d’amour mon garçon lui dit le petit vieux, accoudé derrière le bar.
Pacey : Vous devez en voir souvent des imbéciles comme moi assis ici à noyer leur tristesse dans l’alcool.
Barman : Ouais, pas mal.
Pacey : On est pathétique, hein ?
Barman : Non, chacun règle ses problèmes comme il le sent. Alors, c’est une fille ?
Pacey : Ouais dit-il en vidant son verre d’un trait et en le lui tendant afin qu’il le remplisse de nouveau. Comment vous le savez ?
Barman : C’est toujours ça dit-il en levant les yeux au ciel. Elle est jolie ?
Pacey : Vous connaissez Audrey Hepburn ?
Barman : Waouh ! lui dit-il en sifflant entre ses dents, ben mon vieux. Ca doit être une sacrée perte ajouta t-il en le resservant.
Pacey : Une sacrée oui. Cette fille….commença t-il. Cette fille est la femme de ma vie. Je l’aime depuis des années et je croyais qu’elle et moi aurions pu reprendre là où nous avions laissé notre histoire. Grave erreur.
Barman : Pourquoi ?
Pacey : Parce que j’ai beau me cacher derrière ce beau costume et un bon travail, je suis toujours le même type. Celui à qui rien ne réussit et qui ne garde jamais la fille.
Barman : Vous m’avez l’air bien pessimiste.
Pacey : Moi j’aurais dit réaliste.
Barman : C’est au choix. Que comptez-vous faire ?
Pacey : Me retirer et la laisser vivre sa vie, c’est ce que je peux faire de mieux pour elle.
Même si cette idée le faisait souffrir au plus haut point allait-il ajouter.
Barman : Je suis désolé pour vous.
Pacey : Je m’en remettrai.
Du moins il le pensait, ou il l’espérait. Pourtant, il ne parvenait pas à imaginer sa vie sans Joey. Il l’aimait toujours, autant si ce n’est plus qu’avant. Ses derniers jours, il lui avait paru les traverser comme dans un rêve éveillé, il aurait dû savoir qu’il y aurait un réveil et qu’il serait brutal. Il ravala ses larmes, vida son verre. Et se dirigea vers la sortie.
Barman : Bonne chance petit.
Pacey lui sourit tristement et lui fit un vague signe de remerciement avant de disparaître. (marjo)
Marjo (11.10.2003 à 12:14)
L'après-midi était déjà bien avancé et Joey déambulait dans les rues de Boston, cherchant à retarder jusqu'au dernier moment son entrevue avec Eddy. Depuis qu'il était passé le matin, il l'avait appelée déjà deux fois pour qu'ils puissent se voir en début d'après-midi mais elle avait décliné l'offre, prétextant des recherches à la bibliothèque qu'elle devait faire à tout prix. Non pas qu'elle ne souhaitait pas le voir mais elle ne savait pas quoi lui dire, du moins concernant leur relation. Elle y avait pourtant réfléchi, remué le problème dans tout les sens, le résultat était le même : deux jeunes hommes formidables l'aimaient et elle, ne savait plus. Chacun des deux méritaient mieux que ce qu'elle pouvait leur offrir en ce moment, ils méritaient un cœur exclusif, malheureusement, dans son cœur, tout n'était que doutes et souffrance. Souffrance à la pensée du regard chargé de tristesse et de regret dont Pacey l'avait enveloppée avant de la laisser, hier au soir. Souffrance face à la déception qu'elle avait pu lire sur le visage d'Eddy, ce matin, lorsqu'il était venu la visiter dans sa chambre. Souffrance liée à cette situation inextricable, devinant au fond d'elle-même que tout son avenir était en jeu. Situation dont elle n'arrivait pourtant pas à se sentir maîtresse, espérant secrètement qu'un événement quelconque viendrait précipiter le dénouement lui évitant ainsi de devoir faire ce choix par elle-même. Toute à ses réflexions, elle ne s'était pas aperçue qu'elle avait marché en direction de l'appartement des garçons. Elle avait justement pris le soin de choisir un autre endroit que le Hell's Kitchen pour son rendez-vous avec Eddy, voulant éviter une rencontre avec Pacey qui n'aurait pas manqué de le blesser encore davantage. Or, cela elle ne le voulait plus. Il avait déjà trop souffert par sa faute. Elle leva cependant les yeux vers l'appartement, comme attirée par une force irrésistible dont elle ne comprenait pas l'origine mais qui la laissa paralysée de longues minutes. Par un suprême effort de volonté, elle réussit tout de même à s'arracher à cette étrange fascination qui sembla l'avoir vidée de ses forces et fila dans la direction opposée rejoindre Eddy, comme dans un état second.
Pouvait-elle se doutait, que de l'autre côté de la vitre, se trouvait Pacey qui regardait fixement l'entrée du Hell's kitchen, semblant l'appeler de tous ses vœux, espérant ainsi la faire apparaître…
Un quart d'heure plus tard, elle avait suffisamment repris ses esprits pour se présenter devant Eddy sans qu'il puisse s'interroger sur son attitude. Elle prit une longue respiration et pénétra à l'intérieur du bar, décidée à faire de son mieux pour passer un bon moment avec lui. Il était déjà là, jouant avec sa tasse à café et l'apercevant, il se leva le sourire aux lèvres.
Eddy (lui déposant un baiser sur la joue) : Je suis content que tu sois là!
Joey (avec un sourire un peu gêné) : Oui. Désolée d'être en retard!
Eddy : Le principal c'est que tu sois là. Mais on aurait pu aller au Hell's kitchen, non? C'est un peu notre endroit, lui dit-il en lui prenant la main.
Joey (essayant de dissimuler son malaise du mieux qu'elle pouvait) : Oh, je voulais changer un peu! ( puis, embrassant la salle du regard) : C'est sympa ici, non?
Eddy : Oui , tu as raison. Mais peu importe l'endroit si l'on est ensemble!
Joey hocha la tête pour toute réponse. Eddy gardait toujours sa main dans la sienne, jouant avec ses doigts. Elle se laissa faire, surprise d'apprécier autant ce moment de tendresse. Pour la 1ère fois depuis qu'elle était arrivée, elle lui sourit franchement.
Eddy : Tu prends toujours un cappuccino, si je me souviens bien.
Joey : Oui, c'est ça.
Eddy passa la commande et ils burent leur boisson quelques minutes en silence. Eddy ne pouvait pas détacher ses yeux de Joey. Elle lui avait tellement manqué. Comment avait-il pu partir à l'autre bout du pays, loin d'elle? Pour rien en plus, il lui avait menti. Tout ne se passait pas comme il l'espérait à Los Angeles. Il n'écrivait plus depuis que Joey n'était plus avec lui, il avait perdu sa source d'inspiration, sa muse. Il perdait son temps. Il aimerait tellement pouvoir revenir en arrière, changer le cours de l'histoire et ne jamais l'avoir quittée. Mais peut-être que cette fois-ci, les astres lui étaient favorables, peut-être lui accorderait-elle cette seconde chance qu'il était venu mendier comme un crève-la-faim, ravalant son amour-propre et le jetant aux ordures.(Note pour le co-auteur : je me lâche un peu trop là, si tu veux changer, pas de pb!). Il l'avait trouvée d'abord distante mais après réflexion il avait mis cela sur le compte de la surprise, et maintenant, elle lui souriait et semblait heureuse d'être près de lui et elle n'avait pas esquissé le moindre geste pour retirer sa main de la sienne. C'était plutôt bon signe! Il eut une pensée compatissante pour le pauvre garçon qui avait servi d'intérim durant son absence. Il n'avait pas dû compter énormément dans la vie de Joey pour qu'elle le jette aussi rapidement.
Joey commençait à avoir chaud, elle sentait sa main, à moins que cela ne soit celle d'Eddy, devenir moite et cela la gênait. Ce toucher qu'elle avait apprécié à l'origine commençait à l'agacer mais ce n'était rien à côté de la façon dont il la regardait avec insistance et qui la mettait franchement mal à l'aise. Elle n'avait qu'une envie, c'était de retirer sa main et de l'essuyer sur son jean! Mais, elle ne pouvait décemment pas le faire sans risquer de le vexer, elle préféra donc opter pour une solution plus diplomate.
Joey : J'en ai un peu marre de rester assise, tu ne veux pas qu'on se promène?
Eddy : Si tu veux.
Ils se rendirent au jardin botanique, un des endroits préférés de Joey.Ils y passèrent une heure à discuter de tout et de rien, surtout de rien car dès qu'Eddy voulait amener la conversation sur un terrain plus personnel, Joey se dépêchait de changer de sujet en s'intéressant soudainement à une espèce très rare d'orchidée ou toute autre espèce végétale ou même animale. Elle se tenait même à une distance respectable empêchant ainsi toute tentative d'Eddy pour la prendre par la taille et lui tenir la main. Mais Eddy ne sembla pas s'en formaliser à moins qu'il ne se soit rendu compte de rien. Néanmoins, les deux jeunes gens paraissaient heureux ensemble et il est vrai que Joey ne gâchait pas son plaisir. Elle adorait vraiment cet endroit et ne s'en lassait jamais. Elle s'enivrait de tous les arômes, toutes les effluves qui se dégageaient de ces centaines de fleurs exotiques et qui l'apaisaient tel un baume cicatrisant. Ici, elle se sentait revigorée. Perdue dans cette faune luxuriante, elle en avait presque oublié Eddy, mais un autre prénom vint s'immiscer insidieusement dans ses pensées en même temps qu'une délicieuse senteur chatouilla son odorat. Une senteur du passé, un agréable parfum associé à des moments merveilleux. Elle s'approcha de l'étiquette pour vérifier le nom de cette plante si odorante mais elle le connaissait déjà. C'était du jasmin de Caroline. Cette plante qu'elle avait ramenée de son voyage en mer avec Pacey. Pourquoi, ce jour-ci, ressentait-elle cette flagrance avec autant de force, alors qu'elle était venue des dizaines de fois ici, sans y prêter plus d'intérêt qu'à une autre plante? La résurgence si soudaine d'une des meilleures époques de sa vie mêlée à la multitude de parfums capiteux la saisirent à la gorge et Joey crut un instant défaillir mais Eddy la retint à temps.
Eddy (inquiet) : Joey, ça va ?
Joey (reprenant ses esprits) : Oui, oui. C'est toutes ces fleurs, leur parfum m'obsède. Allons nous-en, s'il te plaît.
Il acquiesça et plaça avec un plaisir non dissimulé sa main dans celle tendue de Joey. Cette dernière tentait de reprendre ses esprits. Comment pouvait-elle penser à Pacey alors qu'elle passait l'après-midi avec Eddy? "De la même manière que tu pensais à Eddy en sortant hier soir avec Pacey, se dit-elle". Mais comment faisait-elle pour se mettre dans ce genre de situation? Pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement profiter du moment présent? Elle avait passé du bon temps avec Eddy jusqu'à ce qu'ils pénètrent dans cette serre. Même si elle ne s'était pas montrée très entreprenante, et qu'elle avait évité qu'Eddy lui tienne la main dans la rue, elle devait bien reconnaître que de se retrouver seule avec lui était très agréable. Ils pouvaient parler de tout, et se chamaillaient aussi souvent, tiens comme avec Pacey….."Mon dieu, se dit-elle en elle-même, ne peut-il pas sortie de ma tête un moment!! Que je puisse enfin profiter de la présence d'Eddy!!". Et comme par défi à cette image persistante de son ex petit-ami qui s'évertuait à lui envahir le cerveau, elle se colla contre Eddy, afin qu'il la prenne par la taille puis soudainement se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa. Ce n'était pas le désir subit de sceller ses lèvres à celle d'Eddy, c'était juste la volonté de conjurer l'image obsédante de Pacey. Puis, sans qu'elle s'en rende vraiment compte, son baiser devint plus tendre, plus impliqué et Pacey fut relégué aux oubliettes. Elle prenait plaisir à embrasser Eddy et à être embrassée par lui, et en ce moment précis, lui seul comptait, et ses lèvres qui doucement prenaient possession d'elle et ses mains qui parcouraient son dos. Le sifflement d'un patient envieux interrompit leur étreinte.
Eddy (agréablement surpris) : C'était en quel honneur, ça?
Joey : J'en avais envie! Ca te va comme excuse?
Eddy : Oui, ça me va!
Ils continuèrent leur marche, Joey perdue dans ses pensées. Elle avait ressenti quelque chose, c'était indéniable, mais quoi au juste? Elle ne parvenait pas à le qualifier. Elle puisa dans ses souvenirs pour se remémorer ses baisers avec Pacey quand ils étaient ensemble, et elle se souvenait qu'ils étaient plus qu' agréables, à la fois tendre, fougueux…, selon l'envie du moment. Mais cependant c'était une Joey amoureuse, à l'époque et même très amoureuse et il n'y avait que lui dans sa vie. Désormais les choses n'étaient plus les mêmes. Elle hésitait entre 2 hommes. Elle se pencha donc sur ces derniers événements avec Pacey, puisqu'il fallait comparer, et elle reconnaissait que leurs baisers avaient toujours une saveur plus qu'agréable et qu'il avait toujours cette manière sensuelle de l'embrasser qui la laissait pantelante. Un peu comme Eddy à l'instant. A un degré moindre, peut-être? Comment calibrer cela? Elle qui pensait qu'en embrassant Eddy, toutes les réponses lui parviendraient comme par magie! Quelle erreur, elle était encore plus dans le flou! Elle ne s'aperçut qu'Eddy l'avait emmenée au Hell's kitchen qu'une fois avoir franchie la porte. Il était trop tard pour faire marche arrière maintenant. Masquant son dépit, elle suivit Eddy qui s'asseyait à une table près de la fenêtre. A peine assis, il lui prit la main et lui déposa un doux baiser. Elle se laissa faire.
Eddy : Tu m'as tellement manqué, Joey!
Elle sourit timidement. Elle se rendait compte que jusqu'à ce qu'il revienne, elle avait assez bien supporté son absence. Bon, c'est vrai, les premiers jours avaient été durs mais par la suite, elle constata qu'il ne lui avait pas manqué autant qu'il aurait dû. Elle se surprit à jeter un œil rapide vers sa droite où se trouvait l'appartement de Pacey.
Eddy : Joey, je ne veux pas te brusquer. Je sais que je t'ai fait du mal, mais c'était sans le vouloir, tu le sais. Je t'aime. Je n'ai jamais aimé comme je t'aime. Je ne veux plus vivre loin de toi. On ira à ton rythme, mais s'il te plaît, laisse-nous une seconde chance.
Joey le regarda sans trop savoir quoi lui répondre. Elle était flattée, certes, son cœur battait un peu plus vite que la normale. Mais elle entendait tout le temps parler de seconde chance. Elle ne savait même plus si elle avait envie de leur donner à l'un ou à l'autre, une seconde chance. Elle avait tellement souffert. Elle avait besoin de se retrouver seule et de faire le point. Non, plutôt que de s'isoler, elle irait voir Jen. Elle était toujours de bons conseils.
Joey (troublée) : Eddy, je suis très flattée par tes paroles. Mais comprends-moi, je ne sais plus où j'en suis. Ne me demande pas de te donner une réponse maintenant, j'en suis incapable.
Eddy (de la voix la plus convaincante qu'il put) : Joey, je veux juste qu'on passe plus de temps ensemble, c'est tout.
Joey (les larmes aux yeux et se levant) : Eddy, j'ai besoin d'être seule.
Elle le regarda une dernière fois, désolée et partit presque en courant. Dans la rue, elle leva une dernière fois les yeux vers la fenêtre de Pacey puis laissa libre cours à ses pleurs.
C'était la deuxième fois qu'il la voyait regarder dans sa direction. La première fois, c'était en milieu d'après-midi, il venait de rentrer chez lui, légèrement éméché et après s'être passé la tête sous l'eau froide pour se remettre les idées au clair, il n'avait pas résisté à l'envie de se poster devant la fenêtre de la cuisine, d'où l'on avait une vue imprenable sur le Hell's kitchen, espérant l'apercevoir. Etait-il là depuis une seconde? Une minute? Une heure? Davantage? Il avait perdu toute notion du temps, mais elle arriva, comme si elle avait entendu son appel silencieux. Elle lui apparut tel un ange. L'incroyable s'était produit, elle avait levé la tête dans sa direction, sans pour autant deviner sa présence, et Pacey était resté pétrifié sur place, comme Joey. Victimes d'un sortilège, d'un charme? Puis aussi soudainement qu'elle était apparue, Joey s'était enfuie. Ce départ précipité fut un tel choc pour Pacey qu'il lui semblait que la jeune fille emportait son cœur avec elle, l'arrachant de sa poitrine. Cette impression était si réelle, si intense qu'il posa sa main sur sa poitrine pour cautériser la plaie. Mais à son grand étonnement, son cœur était toujours là, il le sentait battre. Pourtant, il était vide, mort à l'intérieur. Cette vision quasi irréelle de Joey le plongea à nouveau dans un abyme de désespoir. Il se leva de son guet afin de chercher une bouteille d'alcool, du costaud si possible, pour s'y réfugier, s'y perdre, s'y noyer. Tout plutôt que cette douleur lancinante. Malheureusement, il ne trouva rien d'assez fort, assez destructeur à son goût. Il se consola avec un pack de bière, se jeta sur le canapé et commença sa lente descente aux enfers. Une bière, deux bières, il pensait toujours à Joey. Trois bières, son souvenir était toujours là. A la moitié de la quatrième, il se leva et retourna vers la fenêtre, avec un pressentiment. Et il la vit une nouvelle fois. Elle sortait précipitamment du Hell's kitchen. Malgré son regard voilé par l'alcool, il remarqua qu'elle levait les yeux dans sa direction, encore, avant de s'enfuir, apparemment troublée. Il la regarda jusqu'à ce qu'elle disparaisse de sa vue. Puis, il se jeta à nouveau sur le canapé, acheva sa bière et entama la cinquième. Après mûre réflexion, alcoolisée, il décida qu'il resterait sa vie entière sur ce canapé, avec ses bières. Il ne lui restait que cette option. Abreuvé d'alcool son cerveau finirait par oublier, sa mémoire s'anéantirait et peut-être que cette douleur qui le tiraillait depuis que Joey lui avait préféré un autre, disparaîtrait. A la sixième bière, il pleurait.
Jen : Bon, Jack, je te rappelle plus tard, on sonne à la porte. A plus.
Jen raccrocha et alla ouvrir. Sur le palier se trouvait Joey, qui semblait un peu nerveuse.
Jen (l'embrassant sur les joues) : Joey? Que fais-tu là? On avait rendez-vous devant le ciné dans une heure seulement!
Joey : Je te dérange, peut-être?
Jen : Mais non, pas du tout.
Elle s'effaça pour laisser entrer son amie et en profita pour l'observer. Joey triturait ses doigts, ce qui chez elle, était un signe de grande nervosité. De plus, elle remarqua ses yeux légèrement rougis ainsi que des traînées humides qui griffaient ses joues. Que s'était-il passé pour que Joey se mette dans cet état? Jen prit le parti de ne pas questionner lourdement son amie et d'attendre que cette dernière entame la conversation. Elle n'eut pas longtemps à patienter, à peine Joey fut-elle assise sur le canapé du salon, qu'elle parla.
Joey (soupirant) : Jen, j'ai un énorme problème. Non, en fait, j'en ai deux. Et je ne sais plus quoi faire. J'ai besoin de ton aide.
Jen (attentive) : Vas-y, je t'écoute.
Joey se prit la tête entre les mains, accablée par la complexité de sa situation.
Joey (prenant une longue respiration) : Pacey (elle sentit son cœur se serrait) ...
Jen fronça les sourcils. Que venait faire Pacey dans cette histoire?
Joey : ...Pacey et moi, depuis quelques semaines, nous avons essayé de reconstruire quelque chose…
Jen écarquilla les yeux de surprise. Deux de ses meilleurs amis, qu'elle connaissait parfois mieux qu'ils ne se connaissaient eux-mêmes, refricotaient ensemble et elle n'avait rien vu! Mais où était donc passé son intuition légendaire? Bon, Il est vrai que depuis qu'elle sortait avec CJ, elle s'occupait davantage de ses amours que de celles des autres! Mais quand même! Son intuition ne lui faisait jamais faux-bond d'habitude!
Jen : Depuis quand?
Joey : Eh bien, depuis qu'on s'est retrouvé coincé dans cette grande surface toute la nuit. Tu t'en souviens, je te l'ai raconté!
Jen (amusée) : Apparemment, petite cachottière, tu ne m'as pas raconté le plus intéressant!
Joey : On voulait attendre de voir où cela nous menait avant de nous afficher publiquement!
Jen : Et?
Joey (avec un sourire de regret) : Tout se passait bien. On a fait table rase du passé et on ne se concentrait que sur notre présent, et sur ce que l'on ressentait l'un avec l'autre.
Jen : Tu te sentais comment, toi?
Joey réfléchit un instant, essayant de mettre un nom sur les sensations ressenties.
Joey (songeuse) : Heureuse. Excitée aussi. Des sentiments normaux lorsqu'on débute une relation, non?
Jen hocha la tête.
Joey : On voulait prendre notre temps, se ré-apprivoiser en quelque sorte. (puis ajoutant avec tristesse) : On était bien ensemble, vraiment bien. J'allais dire presque comme avant.
Jen (perplexe) : Que s'est-il passé, alors?
Joey (soucieuse) : Eddy est revenu, avant-hier.
Jen (grimaçant) : Ah!
Joey (soupirant) : Et j'ai rompu avec Pacey.
Jen : Pour retourner avec Eddy?
Joey (dans un souflle) : Non.
Jen l'interrogea du regard, nageant dans l'incompréhension la plus totale.
Joey (effondrée) : Le retour d'Eddy m'a complètement chamboulée. Je suis perdue. Je ne sais plus ce que je ressens pour l'un, pour l'autre. Je ne sais pas si j'aime encore Eddy, si j'aime à nouveau Pacey ou si je n'aime que le souvenir de notre histoire.
Jen : Puisque tu les as tous les deux sous la main, tu peux comparer.
Joey (choquée) : Jen!
Jen : Je ne te demande pas de jouer avec les sentiments de Pacey et d'Eddy. Mais bon, il y a deux jours, tu roucoulais encore avec Pacey et depuis qu'Eddy est revenu, tu as dû passer du temps avec lui, non?
Joey : Cet après-midi, oui.
Jen : Eh bien, essaie de te souvenir de ce que tu as ressenti avec chacun des deux, et avec lequel tu te sentais le mieux.
Joey : C'est ce que je fais, figure-toi! Quand Eddy et moi, nous nous sommes embrassés, j'ai ressenti quelque chose, je ne peux pas le nier.
Jen : Et avec Pacey?
Joey : Avec Pacey? Il y a toujours eu des étincelles, une attraction qui nous pousse l'un vers l'autre. Mais, ce n'est peut-être qu'une simple attirance physique?
Jen (peu convaincue) : Tu crois franchement que ce ne peut être que physique avec Pacey?
Joey haussa les épaules pour marquer son ignorance.
Jen : Comment a-t-il réagi lorsque tu lui as annoncé le retour d'Eddy?
Joey (triste au souvenir de la scène d'hier) : Il était très en colère, il m'a repoussée avant que je puisse lui expliquer. Puis il est revenu pour m'offrir une dernière danse (voyant le regard étonné de son amie, elle ajouta) : On accompagnait Harley et Patrick à leur bal de promo. Avant de partir, il m'a regardée une dernière fois, je n'oublierai jamais son regard. Il était abattu, résigné.
Jen : Ca me paraît normal.
Joey : C'est pas le Pacey que je connais. Il a abandonné, Jen. Peut-être ne croyait-il plus en notre histoire.
[b)Jen (ironique) : T'aurais voulu qu'il provoque Eddy en duel?
Joey : Mais non! (avec une pointe de colère ) : Mais j'avoue que j'aurais aimé voir une lueur de défi dans ses yeux, plutôt que cette résignation. J'aurais aimé qu'il se batte pour moi. Peut-être ne m'aime-t-il plus assez.
Jen (secouant la tête) : Joey, tu as un esprit trop chevaleresque! Mais je pense que tu as tort. Pacey n'est pas du genre à renoncer. Surtout à toi.
Une nouvelle fois, Joey haussa les épaules. Qu'est-ce qu'elle en savait Jen? Elle n'avait pas vu l'attitude de Pacey. Elle savait bien, elle, qu'il avait tout bonnement laissé la place libre à Eddy. Trop heureux de cette occasion. Il s'était peut-être fourvoyé dans ses sentiments et après les quelques jours passés ensemble, il s'était en fait aperçu qu'il n'était plus amoureux d'elle, comme il avait pu le croire. Cette conclusion lui fit ressentir un pincement au cœur. Elle poussa un long soupir.
Jen : Joey, le seul conseil que je peux te donner, c'est d'écouter ton cœur… et de ne penser qu'au présent. Arrête d'imaginer ce que l'avenir te réserve, tu ne peux pas le savoir. Et je sais que c'est ça qui t'inquiète au fond. Je suis persuadée que la réponse à ta question, tu la connais, tu n'es pas encore prête à te l'avouer, c'est tout.
Jen avait peut-être raison, même sûrement. D'ailleurs, elle se trompait rarement. Mais Joey n'avait plus envie de réfléchir, de retourner son cerveau dans tous les sens. Elle l'avait assez fait depuis deux jours. Tout ce qu'elle voulait, c'était passer une super soirée avec sa meilleure amie et oublier pour un moment ses problèmes de cœur.
Joey : Merci de m'avoir écoutée, Jen.
Jen : Je t'en prie!
Elles se sourirent.
Joey : On devrait y aller.
Elles prirent leurs vestes et se rendirent au cinéma. Joey avait le cœur plus léger. Parler à Jen lui faisait toujours du bien. Elle réussit à mettre tous ses soucis de côté et passa une excellente soirée avec son amie. (Falbala)
falbala (12.10.2003 à 21:49)
Jack venait de passer un agréable moment avec David. Il étaient sortis boire un verre rien que tous les deux. Cela faisait longtemps qu’ils ne l’avaient pas fait. D’habitude, il y avait toujours Jen ou CJ pour les accompagner. Il entra dans son appartement, la tête encore emplie des souvenirs de la soirée passée, du doux parfum enivrant de David qui flottait tout autour de lui. Il était tellement perdu dans ses douces pensées que ce n’est qu’après avoir posé ses clés sur la table de la cuisine qu’il se rendit compte que l’appartement était plongé dans le noir, seule la lumière du dehors procurait un peu de clarté à la pièce. Il savait que quelqu’un était là pourtant, car il entendait une respiration, faible et irrégulière mais constante. Une fois ses yeux habitués à la pénombre, il pu distinguer une forme assise dans le canapé. Il alluma et découvrit Pacey, ainsi que de nombreuses bouteilles de bières vides qui jonchaient le sol et la table basse. Il s’approcha lentement de son ami et constata son air absent. Une forte odeur d’alcool régnait dans toute la pièce, preuve que Pacey était là depuis un moment. Jack consulta sa montre, d’habitude à cette heure-ci Pacey était encore au bureau. Ce qui signifiait que le problème qu’il avait cru déceler chez son ami ce matin était assez important pour qu’il mette son travail en péril.
Jack: Pacey, ça va ?
Pacey ne réagit pas tout de suite. Il ne semblait même pas se rendre compte de sa présence, sa tête était fixement tournée vers la fenêtre, il semblait attendre quelque chose. Ce fut au moment où Pacey se retourna et que leur regard se rencontrèrent que Jack aperçut les yeux de son ami, ils étaient brillants et mouillés. Il lut au fond de lui et sut que c’était plus dû à la tristesse qu’à l’alcool absorbé. Pacey avait pleuré ! Rapidement, Pacey se frotta les yeux et tenta de reprendre de l’assurance.
Pacey : Salut Jack. Désolée pour le désordre dit-il en désignant les bouteilles.
Jack : Je me fous du désordre Pacey, c’est pour toi que je m’inquiète.
Pacey : Il ne faut pas, je vais bien.
Jack : Comment veux-tu qu’il en soit autrement ? Il y a six bouteilles de bière vides autour de toi et il n’est que 6 heures du soir !
Pacey : Hum, si je te dis que j’avais soif, cela ne te suffira pas comme excuse ?
Jack se contenta de le regarder d’un air désapprobateur. Pacey savait qu’il ne le laisserait pas tranquille ce soir et qu’il allait le questionner jusqu’à ce que vérité s'en suive. Il regarda le pack de bières vide à ses pieds, il les avait toutes bues, pourtant, le vide en lui persistait et la douleur refusait de partir. Jack prit doucement place sur le canapé, Pacey sentit l’inquiétude qui perçait chez le jeune homme. Il était touché par tant d’attention mais ce qu’il désirait plus que tout, c’était de rester seul afin de pouvoir se replonger dans ses souvenirs, repartir dans ces moments où Joey et lui étaient heureux. Oui, c’était à cela qu’il aspirait. Ses souvenirs étaient les seules choses qu’il lui restait d’elle.
Jack : Pacey, je sais que tu n’as probablement pas envie d’en parler mais je commence à m’inquiéter pour toi.
Pacey : Je vais bien Jack, je te jure.
Jack : Quelqu’un qui va bien ne manque pas son travail pour venir boire sur son sofa et pleurer.
Pacey : J’ai pas pleuré se défendit-il.
Il savait que la remarque était inutile, il ne l’avait faite que pour la forme, même lui pouvait encore sentir la trace que ses larmes avaient laissés sur son visage, tel un sillon. Il n’osait pas relever la tête vers Jack de peur que son désespoir ne perce dans ses yeux.
Jack : D’accord Pacey, je ne te demande pas de détails, donne-moi juste la trame principale de ton problème que je puisse essayer de t’aider.
Pacey aurait tellement voulu qu’il le puisse, qu’il était sur le point de tout lui avouer. Avant de se reprendre et de décréter que rien n’était possible, Joey avait été claire, Eddy était revenu et elle était probablement retournée avec lui. Cette seule idée suffisait à lui comprimait le cœur. Il savait que parler n’allégerait en rien sa douleur mais quelque chose au fond de lui avait besoin de sortir et d’être évacué.
Pacey : D’accord, c’est à cause d’une fille avoua t-il.
Jack : Dis-m’en un peu plus.
Pacey : Disons juste qu’elle est amoureuse de quelqu’un d’autre. On pourrait en rester là pour ce soir, Jack ?
Jack : Si tu veux répondit-il déçu, mais si je te retrouve une nouvelle fois, assis sur ce sofa à broyer du noir, il faudra m’en dire plus.
Pacey : Marché conclu.
Pacey lui fit un léger sourire afin de lui montrer qu’il allait mieux. Ce qui au fond, était faux mais il pensait que Jack avait besoin de le croire. Son ami posa une main amicale et chaleureuse sur son épaule avant de s’éloigner dans sa chambre. Resté seul dans la salle, Pacey se demandait combien d’heures s’étaient écoulées depuis qu’il avait vidé sa première bière et que l’apparition de Joey sortant du Hell’s Kitchen et regardant vers lui, lui avait été envoyé. Le bonheur de ses derniers jours planait encore au dessus de sa tête comme une douce caresse apaisante, se raccrocher à ses instants était tout ce qu’il parvenait à faire. Jack ressortit quelques minutes plus tard, il s’était changé.
Jack : Je vais rejoindre Jen et Joey au Hell’s. Tu veux venir avec moi ?
Pacey : Non, merci.
Jack : Comme tu veux. A tout à l’heure lui dit-il en franchissant la porte.
Pacey le regarda quitter l’appartement la mort dans l’âme, il allait rejoindre Joey, il aurait le droit de profiter de sa présence, de la voir, de rire avec elle, peut être même de la toucher. Toutes ces choses qui désormais lui étaient interdites. Il se dirigea vers sa fenêtre dans l’ultime espoir de l’apercevoir, ne serait-ce que furtivement.
Jen : Le film était assez moyen, je trouve.
Joey : Oui, je crois que nous sommes devenus un public de plus en plus difficile.
Jen : Oui, je suis d’accord.
Joey porta son verre à sa bouche mais ne but pas. Son attention était retenue par une silhouette au fond de la salle. Elle ne parvenait pas à détacher son regard de cette personne, persuadée que c’était Pacey. Elle crut que son cœur s’était soudain arrêté de battre, une fille était avec lui, elle l’embrassait dans le cou. Elle sentit la colère monter en elle, il n’avait pas mis longtemps à se remettre de leur séparation. Elle le vit prendre la fille par les épaules et se diriger vers elle, aussitôt elle détourna le regard. Retenant sa respiration, elle ne put résister au désir de le voir et releva les yeux juste assez tard pour se rendre compte qu’elle s’était fourvoyée, ce n’était pas lui ! Joey poussa un soupir de soulagement.
Jen : Qu’est-ce qu’il y a ?
Joey : Oh rien, laisse tomber dit-elle en souriant.
Jen : Voilà Jack ! annonça t-elle.
Jack les vit à travers la foule et vint s’asseoir directement à côté d’elles.
Jack : Salut les filles !
Jen : Salut beau brun.
Joey : Salut Jack.
Jack : La même chose qu’elles dit-il au serveur qui passait à côté d’eux puis il retourna son regard vers ses amies. Alors quoi de neuf ?
Jen : Nous sommes aller voir un navet.
Joey : Et Jen n’a pas arrêté de mater le type assis en face de nous.
Jen : Eh ! dit-elle en lui décochant un petit coup à l’épaule. Je te rappelle que je sors avec CJ.
Jack : Oui mais comme dirais la Jen que je connais, « Dieu m’a donné des yeux c’est pour regarder », par conséquent, j’aurais tendance à croire Joey.
Jen : Quoi ? Toi aussi. Bonjour les amis.
Jack et Joey éclatèrent de rire devant l’air faussement indigné de Jen. Puis Jack but un peu et leva machinalement la tête vers l’immeuble d’en face. Il se sentait triste pour Pacey, son histoire avec cette fille avait l’air compliqué et Pacey était un garçon gentil. Il ne méritait pas ça.
Jen : Quelque chose ne va pas, Jack ?
Jack : Non, je suis juste un peu préoccupé.
Joey : Par quoi ? demanda t-elle curieuse.
Jack: Je ne sais pas si je peux vous en parler.
Jen : Jack on est amis tous les trois. Tu peux tout nous dire.
Jack : Oui, mais là, c’est pas moi….c’est Pacey.
Joey : Pacey ?
Elle jeta un regard inquiet sur Jen avant de reporter toute son attention sur Jack.
Joey : Qu’est-ce qui se passe avec Pacey ? demanda t-elle en essayant de cacher sa nervosité.
Jack : En rentrant tout à l’heure, je l’ai retrouvé assis dans le noir, il avait bu et il n’avait pas été travaillé.
Jen : Pas travaillé ? Ca ne ressemble pas à Pacey ça.
Jack : Non. Mais le pire c’est qu’il me fait de la peine.
Jen : Comment ça ?
Jack : Je ne l’ai jamais vu aussi triste.
Joey ne parlait pas, elle était suspendue aux lèvres de Jack, elle buvait ses paroles. Chaque mot, chaque parole prononçait par Jack lui faisait mal à la poitrine. Pacey ? Son Pacey n’allait pas bien.
Jen : Tu lui as demandé ce qu’il avait ?
Jack : Oui et il m’a juste répondu que c’était à cause d’une fille. Et qu’elle en aimait un autre.
Joey devint soudainement livide. Sa tête était lourde et il lui semblait que la pièce tournait.
Jack : Je ne l’ai jamais vu aussi déprimé.
La dernière remarque l’atteignit comme autant de coups. Blême, elle se leva de sa chaise, perdue, et complètement désorientée. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire.
Jack : Ca ne va pas Joey ?
Jen : Joey ça va aller, ne t’en fais pas.
Joey : Non…je…je dois y aller balbutia t-elle.
Elle attrapa ses affaires et sortit précipitamment.
Jack : J’ai dit ou fait quelque chose ? demanda t-il surpris.
Jen : C’est ce que tu as dis dit-elle ne détournant le regard.
Joey n’aurait sûrement pas apprécié qu’elle lui dise la vérité mais Jack avait l’air suffisamment inquiet pour Pacey sans qu’il ait besoin de s’en faire aussi pour elle.
Jack : Explique-moi Jen.
Jen : C’est elle. La fille.
Jack : Oh ! fit-il choqué. Mais depuis quand ils….?
Jen : Ils avaient recommencé à se voir depuis quelques jours et tout se passait bien. D’après ce que j’ai compris, ils avaient décidés de reconstruire leur histoire. Malheureusement, Eddy est revenu hier.
Jack : Et Joey a rompu avec Pacey ce qui explique son anéantissement continua t-il.
Jen se contenta d’hocher la tête. Jack avait bien résumé les choses. Mais ce qu’elle ignorait elle, ainsi que Joey, c’est que Pacey en était aussi anéanti. D’après Joey, il s’en fichait. Jen espérait de tout cœur, qu’ils pourraient se remettre ensemble. Ils étaient fait l’un pour l’autre et méritaient d’être heureux. Enfin.
Joey faisait les cents pas devant l’immeuble de Pacey. Elle retournait les paroles de Jack dans sa tête depuis dix minutes. Elle était tiraillée entre le besoin de le voir et la peur d’être rejetée. Elle n’avait pas oublié le regard qu’il lui avait lancé lors du bal d’Harley et savait que sa visite ne serait peut-être pas la bienvenue. Pourtant, si ce que Jack avait dit, était vrai, et elle n’en doutait pas, il fallait qu’elle le voit, qu’elle lui parle. Finalement, elle monta les marches et grimpa les étages qui la séparaient de lui. Elle frappa à la porte. Rien, il n’y avait aucun bruit dans l’appartement. Mais il était là, elle le savait, elle le sentait au plus profond de son cœur.
Joey : Pacey….c’est moi. Ouvre, s’il te plais demanda t-elle doucement.
Enfin, après des secondes qui parurent à Joey durer des heures, un bruit se fit entendre à l’intérieur, suivi de pas, puis le verrou tourna et la porte s’entrouvrit dans un grincement. Lentement, elle pénétra dans la maison, embrassa la pièce du regard et découvrit Pacey, de dos, face à la fenêtre, les deux bras croisés le long de sa poitrine en un geste de protection.
Joey : Merci murmura t-elle.
Pacey : De quoi ? souffla t-il sans se retourner.
Joey: D’avoir ouvert, j’avais peur que tu ne le fasses pas.
Pacey : J’y ai pensé avoua t-il.
Joey : Je sais.
Elle s’approcha de lui mais garda une distance raisonnable entre eux. Lorsqu’il fit demi-tour et la regarda dans les yeux, Joey eut un choc. Pacey avait les traits tirés, le visage creusé par la fatigue et la ….souffrance. Oui, Pacey n’avait pas l’air d’aller bien malgré la façade qu’il se donnait..
Pacey : Qu’est-ce que tu veux ?
Pacey faisait de son mieux pour ne pas perdre sa contenance. Le fait de voir Joey, là debout, en face de lui, lui faisait un mal de chien. Il souffrait comme jamais il n’avait souffert auparavant. Mais son orgueil refusait de le lui montrer. Il ne voulait pas qu’elle sache combien le fait de l’avoir perdue le blessait.
Joey : C’est à cause de Jack, il…
Pacey : Jack, se trompe, je vais très bien.
Il resserra l’étreinte de ses bras autour de propre son corps. Il avait froid soudainement, des frissons lui parcouraient les membres.
Joey: Il n’avait pas l’air de mentir.
Pacey : Quoi qu’il ait pu dire, cela ne te concerne en rien dit-il en la fixant d’un air mauvais.
Joey : Je…je suis désolée. Je n’aurais pas du venir.
Elle recula de deux-trois pas et se dirigea vers la porte. Pacey s’élança derrière elle, la rattrapa par le bras et planta ses yeux dans les siens.
Pacey : Qu’est-ce que tu es venue faire ici, Joey ?
Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Joey pouvait sentir le souffle chaud de Pacey lui parcourir la nuque. Tout son corps frémit sous cette caresse enivrante.
Joey: Je m’inquiétais pour toi.
Pacey : Je n’ai pas besoin de ta pitié dit-il en la lâchant et en détourant les yeux.
Joey: Ce n’est pas de la pitié Pacey. Je voulais juste savoir comment tu allais.
Pacey : Joey, tu as été très claire, hier, non ? C’est Eddy que tu veux, c’est lui que tu aimes n’est-ce pas ?
Joey ne savait quoi répondre. Aimait-elle Eddy ? Oui, elle le pensait, du moins jusqu’à ce qu’il parte et qu’elle revoit Pacey. Tout était si simple et magique entre eux. Pourquoi fallait-il toujours que quelque chose les sépare ? Voyant que Joey ne répondait pas, Pacey s’enhardi et se rapprocha d’elle.
Pacey : Joey ? Dis-moi que c’est Eddy que tu aimes !
Joey : Je …je
Pacey : Tu ne l’aimes pas ! dit-il comme si la réalité venait de lui éclater en plein visage.
Joey : Si je l’aime !
Sa voix sonnait faux même à ses propres oreilles.
Pacey : Non, je suis sûr que non.
Pacey continuait de se rapprocher tout en parlant. Il se tenait devant elle, le cœur battant à tout rompre. Il savait qu’il avait raison, au fond de lui, il le savait. Et Joey le savait aussi.
Pacey : Tu veux savoir ce que moi je crois lui dit-il ses lèvres à dix centimètre des siennes.
Joey ne cherchait même pas à fuir son regard, à éviter ses yeux accusateurs et sûrs d’eux. A ne pas entendre ses paroles qui résonnait dans sa tête. Elle se sentait comme clouée au sol.
Pacey : Je crois que si tu as rompu avec moi, ce n’est pas à cause d’Eddy mais à cause de ce qui aurait pu se passer entre nous. Tu n’as pas peur du passé mais de l’avenir. Vas-y, dis-moi que j’ai tort.
Joey ne le pouvait pas, pour la simple et bonne raison, qu’elle n’en savait rien. Une partie de ce que Pacey disait était peut-être vrai. Comment le saurait-elle ? Elle cherchait en vain des réponses au fond de son cœur depuis hier. Pacey s’approcha encore d’elle et d’une main il lui caressa la joue. Les yeux plongés dans les siens, Joey appréciait le contact doux de sa peau contre la sienne, elle ne chercha pas à se dérober. Elle sentit poindre en elle le désir de prolonger ce contact, l’envie qu’il la prenne dans ses bras, qu’il l’embrasse. Décontenancée, elle ferma les yeux, pensant ainsi refouler ces idées dérangeantes. Peines perdues. Déjà, sa respiration était haletante et sa tête se pencha afin de recueillir le doux baiser que Pacey vint déposer au creux de sa gorge avant de remonter vers ses lèvres. D’une lenteur exquise, il lui effleura les lèvres avec un sourire au visage. Il savait l’effet que procurait à Joey le fait de devoir attendre. Lentement, il lui embrassa le bout du nez, n'y tenant plus, Joey passa ses bras autour de son cou et l’attira à elle en un geste possessif. Elle l’embrassa avec fougue, Pacey ne se fit pas prier pour répondre à ses avances. Leurs corps bougeaient au rythme de l’autre, les bras de Joey enserraient la tête de Pacey tandis que ses mains jouaient dans ses cheveux. Pacey faisait parcourir ses mains sur tout le corps de la jeune fille, curieux de redécouvrir ses formes. Il la souleva dans les airs et marcha lentement vers le canapé avec elle sans décoller leurs lèvres. Là, il s’y laissa tomber et il commença à la déshabiller. Pantelant, les mains de Pacey ne parvenaient pas à défaire les boutons du chemisier de Joey. Il se débattait avec tandis que ses lèvres glissaient dans son cou. Ouvrant subitement les yeux, Joey réalisa ce qu’ils étaient entrain de faire. Elle se releva précipitamment et regarda Pacey d’un air désolé. Elle lut sur son visage qu’elle venait de le blesser encore plus que la vieille. Bien qu’elle n’aurait jamais cru cela possible. Dégoûtée d’elle même, sans un mot, elle quitta l’appartement en courant, laissant derrière elle Pacey plus malheureux que jamais. (marjo)
Marjo (14.10.2003 à 17:42)
Le regard aussi vide que le coeur, il se dirigea vers la salle de bain et prit une douche glacée. Ce contact avec Joey, quoi que trop bref à son goût, lui avait mis les sens en feu.L'eau glissait sur lui, essayant de laver les dernières traces de désir mais rien n'y fit. Il sentait encore les caresses de Joey, sa langue flirtant sensuellement avec la sienne, ses doigts fourrageant dans sa chevelure. Tous les gestes de la jeune fille, durant cette étreinte fugace étaient incrustés dans son corps, comme marqué au fer rouge. Il prenait encore plus conscience de l'expression "avoir une fille dans la peau"et Joey, il l'avait véritablement dans la peau. Il n'y avait pas une parcelle de son être qui ne vibre pas à son contact. Il se sentait vivant avec elle. Tout simplement. Il sortit de la douche au bord de l'hypothermie mais le désir était encore présent. Trop, à son goût. Revêtant un caleçon et un t-shirt, il se jeta sur son lit, le canapé lui rappelant trop ce qui aurait dû se passer avec Joey. Fixant intensément le plafond, il s'abîma dans de profondes réflexions et tenta, avec du recul d'analyser la scène. Il en retira une première satisfaction: elle n'aimait pas Eddy, bien qu'elle lui ait dit le contraire, et il la connaissait assez pour savoir quand elle lui mentait. Bon, de là à penser qu'elle était encore amoureuse de lui, il y avait un pas, et un grand qu'il ne voulait pas franchir. Ce n'était d'ailleurs pas à lui de le faire. Mais, et là résidait sa deuxième satisfaction, il l'avait sentie se cambrer sous ses caresses, et elle avait répondu avec fougue à son baiser, elle en avait même pris l'initiative comme il l'avait espéré. Il ferma les yeux un instant et se retrouva projeter une demi-heure plus tôt. Il sentait à nouveau ses lèvres butinaient avec audace celles de Joey et les mains de la jeune fille parcourant son corps. Il trembla de délectation et il s'en fallut de peu qu'il retourne se rafraîchir. Il poussa un soupir à fendre l'âme. L'attirance entre eux était indéniable, et il ne pouvait pas se rassasier d'elle, il ne le pourrait jamais. Dès
qu'il se trouvait dans la même pièce, son seul désir était de la prendre dans ses bras et la couvrir de baisers. Mais pour son bien, il ne devait plus la revoir. Du moins pas tant que la cicatrice ne serait pas totalement refermée. Et il doutât qu'elle le fût un jour. Cette rencontre fortuite, chez lui, lui avait laissé un goût amer dans la bouche en plus d'une cruelle sensation d'inachevé. L'insatisfaction se disputait avec la joie de l'avoir tenue à nouveau, même brièvement, dans ses bras. Mais, c'est l'insatisfaction qui l'emporta et il se leva précipitamment vers la cuisine se servir un verre de lait, maigre palliatif à sa frustration. L'alcool, pour aujourd'hui, il avait assez donné! D'ailleurs une migraine envahissait sournoisement ses tempes. Résultat d'une après-midi de beuverie mêlée à la fatigue. Il s'interdit de regarder vers la fenêtre, inutile de rajouter à ses tourments. Il se servit un nouveau verre de lait, découvrant avec étonnement le bien-être que cela lui procurait. Il se sentait redevenir petit garçon, chez sa grand-mère paternelle.Quand il se faisait disputer
par son père, il courait chez elle, elle le réconfortait toujours, prenait toujours sa défense et surtout le gaver de ses merveilleux cookies fait maison, qu'il trempait avidement dans un grand verre de lait. Il ne se souvenait plus si c'était les bras apaisants de sa grand-mère ou bien le lait et les biscuits qui apaisait sa peine, sûrement les deux, mais ce soir, il aurait donné n'importe quoi pour que sa Granny, la seule personne vraiment digne d'intérêt de sa famille, soit encore vivante et qu'elle le berce sur ses genoux pour le consoler. Encore une chimère, ajouta-t-il, amer. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres. Ses pensées revinrent vers Joey, il ne pouvait pas s'en empêcher. Que faisait-elle en ce moment? Etait-elle avec Eddy? A cette idée, tout son corps se crispa. Non, pas après leur corps à corps, elle ne pouvait quand même pas sortir de ses bras, visiblement au prix d'un cruel effort et se jeter ensuite sur Eddy. Ce n'était pas elle, ça. Il secoua violemment la tête pour chasser l'image de Joey vibrant sous les caresses d'Eddy, gémissant de
plaisir. Il serra les poings et respira profondément, espérant ainsi calmer les battements désordonnés de son coeur. Jamais il ne pourrait supporter de les voir ensemble. Jamais. Que devait-il faire? Rester et surmonter sa détresse ou bien tout abandonner et mettre le plus de distances, du moins physique, entre Joey et lui? Cette dernière solution était de loin la plus tentante. Loin des yeux, loin du coeur, disait un vieux proverbe! "Si seulement cela pouvait être vrai, se dit Pacey,
tristement. Mais, il en doutait, il en doutait vraiment. Même loin d'elle, son amour ne disparaîtrait jamais, mais peut-être sa souffrance s'atténuerait. Peut-être. Il entendit des bruits de clés et des éclats de voix. Emma rentrait en charmante compagnie, apparemment. Il se précipita dans sa chambre. Il n'avait pas envie de parler. Il s'allongea sur son lit et ferma les yeux. La migraine était toujours présente, plus forte. Il se laissa glisser vers le sommeil que réclamaient son corps, son esprit et son coeur. Il sera bien temps demain de réfléchir à son avenir.
Joey s'arrêta au bout du couloir afin de calmer les battements de son cœur affolé par son départ précipité. Elle s'appuya contre le mur et posa une main sur sa poitrine pour tenter de contenir les pulsations. Elle respira très profondément pour retrouver ses esprits mais tout la ramenait vers Pacey. Son corps n'était que brûlure, sillons de feu tracés par ses lèvres expertes. Elle suffoquait, prise d'une envie irrésistible de faire demi-tour, de combler les quelques mètres qui la séparaient de l'extase. Car elle savait qu'elle vivrait un pur moment de bonheur dans les bras de son ex-amant. Il savait comment la faire chavirer, elle en avait eu la preuve à l'instant. D'un regard, il réussissait à l'embraser toute entière. Elle jeta avec regret un oeil vers sa porte. Il n'avait pas cherché à la retenir, n'avait même pas esquisser le moindre geste. Les minutes s'égrainèrent mais elle restait toujours immobile, les yeux fixés à l'autre bout du couloir. Inconsciemment, ses doigts effleurèrent ses lèvres, imprégnées encore de la caresse de Pacey. Des larmes de rage, de déception mais surtout de désir non assouvi embuèrent ses yeux et coulèrent le long de ses joues. Un dernier regard en direction de la porte et elle sortit de l'immeuble. Le froid de la nuit s'était déployé sur Boston mais elle ne le sentit pas, protégée par la vague de chaleur qu'avait laissée l'empreinte du corps de Pacey sur elle. Elle marchait, en proie à la plus vive émotion. Les paroles de Pacey tournaient dans sa tête. Il paraissait si sûr qu'elle ait peur de s'engager avec lui alors qu'elle-même ne savait pas ce qu'elle ressentait. La seule chose dont elle était sûre, c'est que sexuellement parlant, elle était très attirée par Pacey, cela ne faisait aucun doute. Dans ses bras, sous le feu de ses caresses et de ses baisers brûlants, son corps s'épanouissait telle une fleur sous le soleil, comme s'il renaissait à la vie. Sensation qu'elle n'avait jamais éprouvée avec une telle intensité avec Eddy, même au plus fort de leur amour. "Tu n'aimes pas Eddy", cette phrase lui martelait la tête comme une violente migraine. Pacey avait-il deviné juste? Voyait-il clair en elle, alors que pour elle, tout était confus? "Si je l'aime", lui avait-elle répondu, mais d'une voix si faible qu'elle n'aurait pas convaincu le premier bêta venu. Elle soupira. D'ailleurs depuis deux jours, c'était la seule chose qu'elle savait faire de bien! Elle ne comprenait plus rien. Si Pacey la mettait dans un tel état, comment se faisait-il que le retour d'Eddy l'ait à ce point chamboulée et remis en question la relation qu'elle tentait de reconstruire avec Pacey? Cela signifiait bien qu'elle était encore amoureuse d'Eddy, non? Ces certitudes vacillèrent. Et si Pacey avait raison? Cette révélation l'ébranla et elle se mit à courir comme pour échapper à cette vérité qui la terrifiait. Elle arriva dans sa chambre, complètement essoufflée et se jeta dans sa salle de bain. Une bonne douche lui ferait le plus grand bien. L'eau chaude l'apaisa en un instant. Elle engourdissait ses membres comme son cerveau, lui accordant quelques moments de répit. Un fois prête pour la nuit, elle se glissa dans son lit et remarqua seulement qu'Audrey n'était pas encore rentrée. Elle s'en inquiéta pas, sa colocataire étant assez coutumière du fait. Elle reposa la tête sur l'oreiller et ses pensées se mélangèrent à nouveau. Pacey, Eddy. Eddy, Pacey. Pacey, Pacey, Pacey? C'est avec ce doux leitmotiv qu'elle s'endormit, le sourire aux lèvres, pour la première fois depuis 2 nuits.
Pacey : Rich, que tu sois d'accord ou non, c'est pareil! Je prends quelques jours de congé. Un point c'est tout! Tu sais très bien que tu ne peux pas me virer pour ça. Je reviens lundi prochain sans faute. (Tu parles, se dit-il pour lui-même,). Ok, merci pour tout Rich!
Il raccrocha le combiné. Convaincre son patron de lui accorder quelques jours de repos n'avait pas été une mince affaire mais il y était parvenu. Il n'avait pas la certitude de récupérer son emploi en retournant au bureau lundi, Rich étant capable de lui trouver une faute grave pour justifier son licenciement, cependant d'ici-là son esprit serait tranquille, au moins en ce qui concerne ce problème. Pour l'autre problème qui accaparait toutes ses pensées c'était une autre affaire. Mais, il avait trouvé une solution. Sûrement pas la meilleure puisqu'elle consistait à fuir mais c'était la seule qui avait jailli de son esprit. Il s'était réveillé ce matin presque frais et dispos, la migraine ayant disparue au cours de la nuit, et cette idée lui était apparue
comme un flash. Partir, prendre le large, voilà ce qu'il lui fallait. Partir, mais où? Capeside? Trop près de Boston. De plus, à l'idée de passer ses quelques jours de vacances dans sa famille ne le réjouissait pas du tout. Ce n'était vraiment pas ce dont il avait besoin en ce moment! Il voulait du calme pour réfléchir. Les événements de la veille lui revinrent à l'esprit. Notamment son entrevue plus que sympathique avec Joey. Peut-être qu'en fin de compte, tout espoir n'était pas perdu? S'il restait, peut-être que?.. Il secoua la tête avec violence. Non, il devait partir. La balle n'était plus dans son camp. Il ne pouvait rien faire de plus. La décision finale appartenait à Joey, Il ne pouvait pas toujours lui apporter les solutions sur un plateau d'argent. Il avait besoin de sentir qu'elle voulait vraiment de lui, sans avoir peur de l'avenir. Il voulait qu'elle se sente avec lui aussi bien qu'il se sentait lorsqu'il était avec elle. Mais elle n'était pas encore prête, donc le mieux pour lui était de s'effacer. Du moins le pensait-il. Il réfléchissait toujours à une destination quand un nom surgi de sa mémoire. Dawson! Il allait passer quelques jours chez Dawson!! Los Angeles était assez éloignée de Boston, c'est le moins que l'on puisse dire, et en plus, ilpourrait faire du surf. Certes, il n'en avait jamais fait, mais c'était l'occasion rêvée, non? Il regarda sa montre. L'aiguille indiquait 10h, il était un peu tôt pour téléphoner chez son ami, à cause des quatre heures de décalage, il se résolut donc à attendre le début d'après-midi. Il sourit, heureux d'avoir pu faire d'autres projets plus constructifs que déprimer et s'abrutir avec l'alcool. Que de progrès depuis la veille. Il remonta dans sa chambre préparer sa valise, il ne doutait pas un seul instant que Dawson lui offre l'hospitalité. Puis il sortit prendre l'air.
Pacey : Salut Dawson, c'est Pacey! Je ne te dérange pas?
Dawson : Salut Pacey! Non, pas du tout, au contraire! Comment vas-tu?
Pacey : Ca va plutôt bien! (c'est sûr, contrairement à hier,se dit-il). Et toi?
Dawson (soupirant) : Moi, ça va. Mais au boulot, c'est la bérézina!
Pacey : Ah bon? Que se passe-t-il?
Dawson (abattu) : Todd n'en fait qu'à sa tête, contre l'avis des producteurs qui du coup menacent de nous couper les vivres, les acteurs se prennent pour des divas et font des caprices totalement absurdes. Et je me retrouve au milieu, essayant de ménager les uns et les autres!
Pacey : Aïe, c'est pas la joie, on dirait!
Dawson : Ah non, ça je te le dis. Parfois, j'ai envie de tout envoyer balader, de tout abandonner. Et puis je pense à toi. A ta capacité à relever tous les défis, mêmes réputés impossibles. Tu te bats toujours, sans renoncer aux choses qui te tiennent à coeur. Je t'ai toujours admiré pour cela, Pacey.
Pacey resta silencieux un instant. Il n'était pas sûr que Dawson soit encore fier de lui, s'il le voyait en ce moment.
Pacey : Tu sais, Dawson. Parfois, certaines circonstances font qu'on ne peut pas relever tous les défis. Il y a un jour où il faut jeter l'éponge.
Dawson : Je suis étonné de t'entendre parler comme cela.
Pacey : Les gens changent, Dawson.
Dawson : Pas toi, Pacey. Jamais tu ne pourras fuir, parce que quand tu désires quelque chose, tu ne tergiverses pas, comme Joey ou moi, tu fonces. Parce que tu écoutes ton coeur, avant tout. Et c'est le plus important.
Les paroles de Dawson firent leur chemin dans la tête de Pacey. Il sentait la force lui revenir petit à petit, l'espoir aussi. Son ami avait raison, il ne devait pas abandonner. Il devait lutter pour la femme qu'il aimait. Il avait l'intuition que tout se déroulerait au mieux maintenant, que Joey lui reviendrait. Cette intuition était si forte qu'elle confinait à la certitude.
Pacey : Merci, Dawson.
Dawson (étonné) : Merci? Mais pourquoi?
Pacey : Tu viens de me remettre les idées en place!
Dawson : A propos de quoi?
Pacey : Non, rien. Laisse tomber.
Dawson : Ok, vieux. Au fait, pourquoi appelais-tu?
Pacey réfléchit à un nouveau prétexte. Désormais, il n'avait plus besoin de partir à Los Angeles.
Pacey (balbutiant) : Euh, bah, comme ça. Pour avoir de tes
nouvelles. Je ne t'avais pas appelé depuis longtemps.
Dawson (peu convaincu) : T'es sûr? T'as l'air bizarre?
Pacey (avec un grand sourire) : Non, je t'assure, tout va bien.
Dawson : Bon, d'accord. Je n'insiste pas.
Ils continuèrent à parler quelques minutes encore puis ils raccrochèrent, Dawson devant régler une dispute entre une actrice et une maquilleuse. Pacey se sentait soulagé d'un poids. Téléphoner à Dawson avait été une très bonne chose, il lui avait
montré, sans le savoir, la voie à suivre pour récupérer Joey. Désormais, il se sentait pousser des ailes. Il se dirigea vers la salle de bain et regarda son reflet dans le miroir, il n'avait rien à voir avec celui de la veille. Il avait retrouvé ses yeux rieurs, son sourire. Satisfait de sa métamorphose, il prit sa veste et descendit au Hell's kitchen, près à sauter sur Joey dès qu'elle arriverait. Car il ne doutait pas un seul instant qu'elle y ferait une apparition.
Joey s'étira de tout son long. Elle avait passé une nuit paisible. Elle n'avait pourtant fait aucun rêve ou bien elle ne s'en souvenait pas, mais elle se sentait bien ce matin. Elle jeta un oeil vers le lit d'Audrey qui dormait toujours profondément. Elle avait dû rentrer tard. Elle en profita pour investir la salle de bain, prit sa douche et s'habilla. Ensuite, elle prit le livre qu'elle devait étudier pour le cours d'Hetson, à la rentrée des vacances de printemps et sortit. Il faisait beau, les oiseaux chantaient. Un temps idéal pour lire en plein air. Elle se dirigea vers le jardin botanique et trouva un banc tranquille en face d'une petite fontaine. Elle s'assit et pour la première fois depuis qu'elle s'était éveillée, elle s'autorisa à penser à Pacey. Elle sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Des images de leur étreinte furtive lui revinrent en mémoire et elle rougit malgré elle de son total abandon. Pacey avait été le seul à avoir eu ce pouvoir sur elle, et visiblement il l'avait encore. Jen lui avait conseillé d'écouter son coeur, soit! Elle l'écoutait depuis hier, et la seule chose qu'il lui disait était "Pacey, Pacey, Pacey" ? Etait-ce aussi simple que cela ? Et Eddy ? Que devenait-il ? Elle n'avait pourtant pas imaginé les sensations qu'elle avait éprouvé lors de leur baiser. Qui essayait-elle de tromper ? Bien sûr qu'elle avait éprouvé quelque chose mais ce n'était rien en comparaison de la tempête qui l'avait ravagée lorsque Pacey l'avait tenue dans ses bras. Elle en frissonnait encore. Ah non, c'était le vibreur de son portable ! Elle le sortit de sa poche et constata avec gêne qu'il s'agissait d'Eddy. Elle se résolut à répondre mais se surprit à penser qu'elle aurait préféré que cela soit Pacey.
Joey : Bonjour Eddy!
Eddy : Salut, Potter!
Joey tressaillit. S'entendre appeler "Potter" par une autre personne que Pacey la choqua. Il était le seul à bénéficier de ce droit.
Joey (sèchement) : Il n'y a qu'une seule personne qui peut m'appeler ainsi!
Eddy (décontenancé) : Euh, pardon, Joey?(reprenant un peu contenance) : Je voulais juste savoir si on pouvait se voir tout à l'heure ?
La jeune fille réfléchit un instant. Le voir n'était pas une si mauvaise idée, elle pourrait ainsi vérifier où elle en était exactement.
Joey (d'une voix radoucie) : Oui d'accord.
Eddy : On se voit au Hell's kitchen ?
Joey : Oui, si tu veux. Vers 15 heures, ça te va ?
Eddy (joyeux) : Oui, c'est parfait. Tu préfères que je passe te prendre ?
Joey : Non, non. J'ai une course à faire avant.
Ce qui était faux, bien sûr. Elle ne savait pas pourquoi elle lui avait menti au juste mais elle ne souhaitait pas qu'il vienne la chercher, elle trouvait que cela conférer un caractère romantique à leur rendez-vous, ce qui était loin d'être le cas.
Eddy (un peu déçu) : Bon, d'accord. A toute à l'heure !
Joey : A toute à l'heure, Eddy.
Elle raccrocha et soupira. Mon dieu, que sa vie était compliquée, pensa-t-elle! Pour éviter de trop penser, elle s'abîma dans la lecture de son livre, elle était venue pour cela, et ne releva la tête que pour partir en direction du Hell's Kitchen. Elle préférait arriver la première. Dès qu'elle pénétra à l'intérieur du bar, elle l'aperçut. Tous ses sens furent en éveil, son coeur battit plus vite. Elle ne pouvait plus faire le moindre geste, elle était clouée sur place. Elle le vit qui discutait avec Emma, ils avaient l'air de bien s'amuser. Elle ressentit une pointe de jalousie. D'une manière très excessive, elle souhaitait que Pacey ne soit complice qu'avec elle. Elle remarqua qu'Emma glissa un mot à l'oreille de Pacey et celui-ci se retourna vers elle. Leurs regards s'accrochèrent et plus rien ne compta pour elle, ni Eddy, ni le bar bondé de monde, que ses yeux bleus remplis de tendresse qui semblaient la sonder au plus profond d'elle-même.
Pacey : Bonjour Joey
Joey : Bonjour Pacey.
(Falbala)
falbala (14.10.2003 à 22:52)
L’espace d’un instant Joey revit la scène de la veille et imagina ce qui se serait passer si elle était restée. Comme elle regrettait d’être partie, il aurait fait d’elle une femme comblée, ça elle en était sûr.
Joey : Pacey, je suis désolée commença t-elle.
Pacey : Je ne suis pas venu pour que tu me présentes des excuses.
Joey regarda discrètement sa montre se rappelant soudain qu’Eddy allait arriver d’une minute à l’autre. Elle redoutait la confrontation entre les deux hommes.
Joey : Alors tu es venu pourquoi ? demanda t-elle timidement.
Pacey : J’ai quelque chose de très important à te dire dit-il en la regardant droit dans les yeux.
Joey crut défaillir, le pouvoir que Pacey avait sur elle la dépassait. A ses côtés elle se sentait petite fille et femme à la fois. Elle ressentait le besoin de se blottir dans ses bras pour qu’il la protège du monde extérieur alors que d’un autre côté tous son corps était en émoi, réclamant Pacey, ses baisers et les caresses de ses mains. Elle refoula toutes ses pensées et se concentra sur ses yeux, sur la douceur qu’ils exprimaient. Pacey prit une profonde respiration, il avait repensé chaque mot de la déclaration qu’il était venu lui faire. Il ne devait pas se tromper, elle devait comprendre ce qu’elle représentait pour lui et que c’est avec elle qu’il voulait refaire sa vie. Elle devait savoir qu’elle seule avait la capacité de faire ressortir le meilleur en lui.
Pacey : Joey, j’ai bien réfléchis et je crois que……
Eddy : Salut Joey !
Joey : Eddy ! dit-elle gênée.
Elle reposa ses yeux désolés sur Pacey, il n’avait pas bougé mais elle pouvait sentir la colère monter en lui. Son front plissé et les veines qui battaient sur ses tempes n’auguraient rien de bon. Ses yeux n’avaient pas quitté les siens, il n’avait même pas jeté un regard sur Eddy.
Eddy : Salut Pacey !
Pacey : Ne me dis pas que tu es encore avec ce type ? |i]demanda t-il énervé à Joey.
Eddy jetait un regard incrédule sur lui et sur la scène qui se jouait sous ses yeux.
Eddy : Qu’est-ce qui te prend ?
Joey : Pacey je suis vraiment désolée…..
Pacey : « Désolée », tu n’as que ce mot là à la bouche !!! s’emporta t-il.
Eddy : Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qui se passe ici ?
Pacey : Toi, reste en dehors de ça lui conseilla t-il en posant un air menaçant sur lui.
Eddy : C’est quoi son problème ? demanda t-il à Joey.
Joey détourna le regard, incapable d’affronter les deux hommes.
Pacey : Mon problème c’est toi !! lui dit-il sur le même ton avant de reporter toute son attention sur Joey. Joey, regarde-moi.
Avec un immense courage, Joey parvint à lever ses yeux embués de larmes vers son ancien amant.
Pacey : Tu ne l’aimes pas et tu le sais dit-il avec fermeté. Je croyais qu’après hier soir tu avais compris qu’on était fait l’un pour l’autre toi et moi.
Des larmes se mirent à couler le long des joues de Joey. Elle n’avait pas la force de les retenir. La tristesse de Pacey malgré sa colère était presque palpable pour elle, et elle en avait le cœur brisé. Chaque fois qu’elle lui faisait du mal c’était comme si elle s’en faisait à elle aussi, car elle savait au fond d’elle qu’ils ne faisaient qu’un.
Eddy : Attends, Joey ? C’est lui l’autre type ?
Joey : Oui murmura t-elle sans même le regarder.
Surpris aux premiers abords, Eddy reprit vite contenance avant de se retourner vers Pacey et de lui exprimer son opinion.
Eddy : Tu te berces d’illusions mec, Joey m’a raconté votre histoire et après le mal que tu lui as fait, tu n’as aucun droit de revenir dans sa vie comme ça.
Pacey : Je n’ai….balbutia t-il en déportant toute sa rage contre lui.
Il avança de quelques pas et vint se poster juste en face de lui. Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Le ton commençait à monter des deux côtés.
Pacey : Je te conseille de la fermer dit-il posément.
Eddy : Et sinon, quoi ? dit-il avec arrogance.
Pacey tourna la tête vers Joey et lui adressa un petit sourire contrit où été mêlé le défi et la rage. Joey sentit son cœur bondir dans sa poitrine, elle savait ce qu’il allait se passer, elle connaît Pacey par cœur et savait ce que ce genre de sourire pouvait signifier. En effet, comme elle s’y attendait, lorsque Pacey se retourna vers Eddy, il lui décocha un coup de poing en plein visage. Eddy renversa plusieurs tables avant de s’effondrer par terre. Se tenant la mâchoire, il leva un regard surpris sur Pacey. Il n’avait pas eu le temps de voir le coup partir et cela l’avait prit de court.
Emma : Pacey arrête ça tout de suite !!! cria t-elle tandis que Joey était médusée et ne faisait aucun geste.
Pacey : Je suis désolé Emma, je paierais pour la casse dit-il avant de se retourner vers Eddy d’un regard menaçant. Fais-moi plaisir relève toi lança t-il à Eddy.
Eddy n’eut pas besoin de se le faire répéter, déjà il s’avançait vers Pacey, les poings levés. Il lui envoya une droite que Pacey esquiva de justesse, profitant de son inattention, celui-ci lui asséna un direct à l’estomac qui le fit se plier en deux sous la douleur. Eddy se releva et fonça sur Pacey à toute vitesse, le soulevant dans les airs, il le fit lourdement retombé sur une table, la brisant en deux, avant de retomber sur le sol avec lui, au passage ils firent tombés quelques chaises. Les clients se reculaient et assistaient pétrifiés à la bagarre, certains criaient des mots d’encouragements pour l’un ou l’autre des deux garçons. Mais aucun des deux ne les percevaient trop occupés qu’ils étaient à se cogner dessus. Eddy parvint à le projeter sur une table et à lui ouvrir l’arcade sourcilière. Pacey étant déstabilisé, Eddy en profita pour lui envoya un coup poing à la mâchoire. Pacey réussit néanmoins assez vite à reprendre le dessus et à plaquer Eddy par terre. D’une main il le soulevait par le col de sa chemise, de l’autre il lui décochait deux directs en plein visage.
Pacey : Je te signale que tu l’as fait souffrir toi aussi avec tes disparitions à répétition alors maintenant tu vas sortir de sa vie ou je te garantis que je recommencerai autant de fois qu’il le sera nécessaire. Votre petite histoire n’est rien en comparaison de ce qu’on a vécu elle et moi.
Joey : Ca suffit !!!!! hurla t-elle hystérique.
Pacey réagit soudainement et en se relevant, il remarqua le monde agglutiné autour d’eux. Les ignorant, il marcha vers Joey d’un pas décidé laissant derrière lui un Eddy dans les vapes et salement amoché.
Pacey : Joey je suis désolé, ce n’est pas ce que je voulais…
Joey : Et qu’est ce que tu voulais ? lui demanda t-elle en colère en le fixant dans les yeux.
Pacey : J’étais venu te dire que je t’aime lui dit-il profondément ému et repentant.
Joey resta choquée par ses propos. Oui, depuis hier, elle savait bien qu’il l’aimait toujours mais l’entendre le dire lui faisait un bien inouï, elle se sentait revivre. Renaître sous la chaleur et la tendresse de son regard. Pourtant elle ne pouvait tolérer ce qui venait de passer. Elle ne pouvait l’oublier.
Joey : Je crois que tu ferais mieux de partir.
Pacey fut atteint en plein cœur. Elle le repoussait encore une fois, mais il était bien décider à ne pas la laisser faire cette fois.
Pacey : Je vais partir si tu le désires. Mais tu ne me rayeras pas de ta vie comme ça, je t’en fais la promesse. Nous sommes fait l’un pour l’autre. Je t’aime et je ferai ce qu’il faut pour te le prouver. Jamais je n’abandonnerai l’idée que toi et moi soyons ensemble un jour.
Doucement, il se pencha vers elle et déposa un tendre et doux baiser sur ses lèvres sensuelles et sucrées. Joey se laissa faire et lorsqu’il se détourna d’elle et sortit du bar, elle en fut déçue et pensa un instant lui courir après. Son esprit retourna à ce qu’il se passer sur les lieux lorsqu’elle entendit Eddy se rapprocher d’elle. Un coup d’œil sur lui, lui fit comprendre qu’il était en mauvais état. Pacey s’était déchaîné, (j’ai enlevé « sur lui » parce que ça faisait répétition) elle chercha au fond d’elle et malgré tous ses efforts, elle ne put dénicher aucun sentiments de pitié pour lui. Au contraire elle lui en voulait d’avoir provoqué Pacey ainsi. Alors qu’elle savait pertinemment que cette bagarre était tout aussi de l’initiative de Pacey, peut être même plus.
Eddy : Ce malade est enfin parti, on va pouvoir être tous les deux déclara t-il en se massant la mâchoire. Je pense avoir le droit à une explication.
Joey le regarda droit dans les yeux et Eddy ne put rater la colère qui perçait dans son regard. Il su à cet instant que rien se serait plus comme avant et que l’explication qu’il allait avoir ne serait peut-être pas celle désirée.
Pacey rentra chez lui et claqua violemment la porte. Les murs tremblèrent et il évacua sa rage en un cri de colère. Il se servit un verre d’eau, le vida et envoya valser le verre contre le mur. Les deux mains appuyées sur la table de la cuisine, Pacey se sentait devenir une boule de haine et de rage. Rage qu’il éprouvait contre Eddy, ce sale type qui avait osé venir se mettre en travers de lui et de Joey. Car il savait que Joey ne l’aimait pas, il lui suffisait pour ça de la regarder et de lire au fond d’elle, il lui manquait l’étincelle, celle qu’elle avait lorsqu’elle aimait sincèrement quelqu’un. Il la connaissait pour l’avoir déjà vue auparavant lorsqu’elle se trouvait avec lui. D’un geste brusque, il envoya balader tout ce qui se trouvait sur la table devant lui. En un instant, bouteille de lait, œuf, vaisselles et papier divers se retrouvèrent éparpillés sur le sol de la cuisine. Jack sortit de sa chambre et entra précipitamment dans la pièce.
Jack : J’ai entendu du bruit, qu’est ce qui s’est passé ? dit-il en dévisageant son ami.
Pacey : Rien dit-il sèchement.
Jack : Ce n’est pas ce que j’ai cru comprendre !!
Jack baissa les yeux et remarqua les débris de verre et de détritus qui jonchaient le sol. Puis, il reporta son attention sur Pacey, il lui paraissait énervé et tendu. Quelque chose s’était passée, et cela avait un rapport avec Joey, il en était sûr.
Pacey : Si tu parles de ça, dit-il en désignant les débris par terre, ne t’inquiètes pas je nettoierai et je rembourserai les dégâts.
Jack : Je me fous de ça dit-il négligemment. Tu as un problème, tu veux m’en parler ?
Pacey : Pas particulièrement non.
Jack : Il s’est passé quelque chose avec Joey, c’est ça ?
Pacey, surpris, releva la tête vers Jack. Comment savait-il que c’était Joey ? Il ne lui en avait pas parlé. Il se rappelait juste avoir parlé d’une fille, comment avait-il pu en déduire qu’il s’agissait de Joey ?
Pacey : Comment tu…. ?
Jack : C’est Jen qui me l’a dit, dit-il devant l’air ahuri de Pacey.
Jen ? Cela ne pouvait signifier qu’une chose, Joey lui avait parlé d’eux. A cette idée, il fut encore plus convaincu que Joey l’aimait, lui et pas Eddy. Il sentit son cœur bondir dans sa poitrine, il avait pris la bonne décision. Il releva les yeux vers Jack et découvrit son ami très inquiet pour lui.
Pacey : Je vais bien Jack lui dit-il en souriant.
Jack : Ce n’est pas l’impression que j’ai eu en arrivant dans la pièce.
Pacey : Disons, que j’étais un peu énervé en rentrant.
Jack : Un peu ? dit-il en désignant les dégâts qu’il avait fait.
Pacey : D’accord, j’étais fou de rage avoua t-il.
Jack : Et là tu te sens mieux ? demanda t-il sceptique.
Pacey : Bien mieux acquiesça t-il.
Jack : Pacey raconte-moi tout ! Et d’abord, si tu me disais où tu t’es fais ça ? lui demanda t-il en désignant son arcade sourcilière qui saignait légèrement et sa lèvre enflée.
Pacey : Oh ça, dit-il en effleurant ses lèvres. Une blessure d’amour propre.
Jack : Pacey ???
Pacey : Bon ça va, j’ai frappé Eddy. Ca m’a fait un bien fou ! dit-il tout content.
Jack : Ce n’est pas vrai ? Et ça c’est passé où ?
Pacey : Au hell’s Kitchen, j’y étais pour voir Joey dit-il sombrement.
Jack : Tu l’aimes toujours après tout ce temps ?
Pacey : Je vais te dire, que je crois que je n’ai jamais aimé quelqu’un comme je l’aime elle. Alors quand je l’ai vue avec Eddy, ça a été plus fort que moi. Parce que tu vois, je suis sûr que Joey m’aime toujours elle aussi.
Jack : Et qu’est ce que tu comptes faire maintenant ?
Pacey : Me battre. Je suis sûr qu’on pourrait être heureux. Et je ferai tout pour le lui faire comprendre.
Jack : Tu as raison.
Pacey : Tu crois ? lui dit-il surpris.
Jack : Bien sûr, Pacey, tu l’aimes et tu sais qu’elle t’aime. Personnellement, c’est ce que je crois aussi. Donc, tu ne dois pas abandonner et tu te dois de la récupérer.
Pacey : Merci Jack lui dit-il soulagé. Je suis content d’avoir parlé avec toi. J’y vois un peu plus clair maintenant.
Joey attira Eddy vers le fond du bar, elle ne voulait pas être le centre d’attraction deux fois dans la même après-midi. Elle était en colère et aussi elle se sentit fautive, tout ce qui s’était passé entre Pacey et Eddy étaient uniquement de sa faute à elle. Si elle avait pris une décision et n’avait pas joué avec leurs sentiments à tous les deux, rien de tout cela ne serait arrivé. Elle regarda Eddy dans les yeux et poussa un soupir, leur conversation n’allait pas être agréable.
Eddy : Alors c’était lui ? dit-il énervé.
Joey : Oui, c’était Pacey répondit-elle posément.
Eddy : Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?
Joey : Je ne sais pas.
Ce qui était la pure vérité. Elle n’avait pas cherché délibérément à lui mentir, seulement, elle n’était pas encore arrivée à dire à qui que se soit qu’elle et Pacey avait tenter de reconstruire quelque chose. Sachant combien la situation dans laquelle ils se trouvaient était précaire, elle avait voulu les préserver. Ce n’était qu’hier, qu’elle avait avoué la vérité à Jen. Elle s’ était sentie soulagée d’un poids.
Joey : Il y a une chose que je dois te dire.
Eddy : Laquelle ? demanda t-il inquiet.
Joey : Il a raison. Je me leurre Eddy, et j’en suis désolée. Entre toi et moi, rien ne pourra jamais plus être comme avant.
Eddy : Laisse-nous une chance Joey, je suis sûr qu’on peut y arriver.
Joey : Non, je suis sûre que non lui dit-elle l’air triste.
Eddy : Mais nous n’avons même pas essayer encore de ……
Joey : Eddy soupira t-elle, je ne t’aime plus.
Sa phrase tomba comme un couperet et sonna le froid entre eux. Eddy était abasourdi par ces quelques mots, il avait cru sincèrement qu’ils pouvaient avoir un avenir commun.
Eddy : C’est parce que…. tu l’aimes encore ? dit-il après un léger silence tellement ses mots lui faisait mal.
Joey : Je ne sais pas ce qu’il en est de lui, mais je sais ce qu’il en est de nous.
Eddy : Joey, rien n’indique que tu seras plus heureuse avec lui qu’avec moi. Il t’a déjà fait souffrir une fois et il peut recommencer.
Joey : Toi aussi ! dit-elle d’un voix qui dénonçait son agacement.
Eddy : C’est vrai et j’en suis désolé. Mais ne me rejette pas au visage mes erreurs passées et laisse-nous une chance d’aller de l’avant la supplia t-il.
Joey : Je suis désolée, c’est fini entre nous Eddy. C’est fini depuis que tu es parti dit-elle imperturbable.
Eddy chercha une lueur d’espoir au fond des yeux de Joey, en vain. Il vit qu’elle était fermement résolue. Une farouche détermination émanait d’elle. Il ne pourrait rien faire aujourd’hui pour la convaincre, mais il n’était pas près à abandonner la partie. Sans un mot, il s’éloigna et sortit. Joey resta quelques instants immobiles, perdue. Elle ne regrettait aucunement son geste, elle savait que sa décision était la bonne. Mais encore une fois, elle avait fait souffrir quelqu’un et cela, elle ne pouvait le supporter. Ses pensées retournèrent sur Pacey, il lui avait dit qu’il l’aimait et qu’il ferait tout pour qu’elle lui revienne, ses paroles l’avaient touchée au plus profond d’elle-même. Emma vint la rejoindre, la sortant ainsi de la contemplation de sa vie.
Emma : Ca va aller ?
Joey : Oui, merci. Je suis désolée pour ce qui s’est passé dit-elle gênée.
Emma : Tu n’as pas à t’excuser, c’est Pacey qui a fait ce grabuge, pas toi.
Joey : Non, tu ne comprends pas, il l’a fait à cause de moi.
Emma : Alors, ce qu’il a dit est vrai ? Toi et lui vous êtes retournés ensemble ?
Joey : On l’était dit-elle tristement.
Emma : J’ai l’impression qu’il est très amoureux de toi.
Joey : Je crois aussi.
En prononçant ses mots, elle sentit son cœur s’enflammer. Aussitôt un mal de ventre la fit redescendre sur terre. Une boule lui nouait l’estomac. La peur, une peur incontrôlable et dévastatrice qui la paniquait et lui faisait craindre pour l’avenir, lui enlevant tout rêve, tout espoir.
Emma : Et toi tu l’aimes ?
Joey : Je ne sais pas, je ne sais plus. Il faut que je parte. On se voit plus tard.
Emma regarda Joey sortir en trombe du bar et fut inquiète pour elle. Sa vie n’avait pas l’air d’aller très bien. Elle ne l’avait jamais vu aussi perdue. (marjo)
Marjo (14.10.2003 à 22:56)
Cela faisait 1 heure que Joey marchait, sans réel but. Elle ruminait la colère qui l'avait saisie, suite à la bagarre entre Pacey et Eddy. Mais que leur avait-il pris à ces deux-là de se battre comme des chiffonniers? Elle avait l'impression d'avoir assisté à un combat de coqs pour la conquête d'une poule, ce qui l'énervait d'autant plus car la poule en question, c'était elle. Voilà ce qu'elle était, un trophée, une récompense! Ce que les hommes pouvaient être orgueilleux! Mais qu'espéraient-ils de ce comportement? Qu'elle se jetterait dans les bras du vainqueur comme la princesse qui offrait un baiser au vainqueur d'un tournoi? Mais, ils auraient tout aussi bien pu la jouer à pile ou face! Non mais quel manque de respect! Elle s'assit sur un banc providentiel afin d'apaiser les battements de son cœur. La scène se déroula à nouveau sous ses yeux et subitement elle fut prise par une vague d'inquiétude. Comment allait Pacey? Il était parti si vite qu'elle n'avait même pas eu le temps de voir si son visage portait les stigmates de la bagarre. Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer son si beau visage recouvert d'ecchymoses, ses yeux si bleus et si tendres salement amochés. Elle se demandait si Pacey était dans le même triste état qu'Eddy. A cette pensée, tout son corps fut parcourut de frissons, et son cœur se serra. Il fallait à tout prix qu'elle sache. Elle se leva précipitamment et courut en direction de chez Jen. En effet, un soupçon de colère et de fierté l'empêchait de se précipiter chez Pacey. A moins que ce ne soit la peur de le voir ensanglanté et défiguré.
Une demi-heure plus tard, elle arriva complètement essoufflée chez son amie.
Jen : Ah! Salut Joey! Ca va?
Joey [I](tentant de reprendre son souffle) : Oui….
Jen : Entre.
Elles se dirigèrent ensemble au salon.
Joey : Jen, il faut absolument que tu m'aides. Il faut que tu ailles voir Pacey.
Jen regarda son amie en fronçant les sourcils, d'un air interrogatif.
Jen : Qu'est-ce qu'il se passe encore avec Pacey?
Joey lui raconta alors la scène qui s'était déroulé au Hell's kitchen. Jen ne put s'empêchait d'esquisser un sourire. Elle aurait adoré être présente!
Jen (un petit sourire ironique aux lèvres) : Eh bien! Toi qui te plaignais que Pacey ne se batte pas pour toi!
Joey (lui faisant les gros yeux) : Jen!C'est pas drôle! Je m'inquiète tellement pour lui. Il faut que tu ailles le voir absolument et tout de suite.
Jen sourit franchement devant l'attitude de Joey.
Jen (volontairement taquine) : Et pourquoi tu n'y vas pas toi-même, puisque tu t'inquiètes autant?
Joey (soudain boudeuse) : Mais parce que je suis très en colère contre lui!
Jen éclata de rire. Joey était vraiment la contradiction faite femme! Hier, elle était en colère après Pacey parce qu'elle s'était imaginée qu'il avait abandonné la partie et laisser l'avantage à Eddy et aujourd'hui, elle lui en voulait parce qu'il avait provoqué une petite querelle avec ce même Eddy, pour lui montrer qu'il était là et bien là, prêt à tout pour la reconquérir!
Joey : Je suis ravie de voir que ma situation te fasse rire à ce point!
Jen : Je suis désolée! Mais avoue que c'est drôle, non?
Drôle? Non, Joey ne voyait vraiment pas ce qu'il y avait de drôle! Deux Jeunes hommes en étaient venus aux mains pour elle, elle avait dû annoncer à l'un que c'était fini entre eux et de manière définitive et n'arrivait toujours pas à dire à l'autre qu'elle l'aimait comme une folle mais qu'elle était paralysée par la peur! Non, franchement, il n'y avait pas de quoi rire!
Joey (suppliante) : Jen, je t'en supplie. Va voir comment il va.
Jen fut si touchée par la détresse de son amie qu'elle se leva et la prit dans ses bras.
Jen (d'une voix douce) : Oui, je vais y aller.
Joey : Merci.
Jen : Joey? Je peux te poser une question?
Joey hocha la tête.
Jen : Tu aimes Pacey?
Joey (d'une toute petite voix) : Oui, je crois. (puis d'une voix plus ferme): Non, en fait, je sais. Je l'aime, Jen.
Cette révélation qu'elle faisait pour la première fois à voix haute, loin de la libérer et de la soulager, l'accabla comme une chape de plomb.
Jen (tendrement) : Pourquoi tu ne vas pas le voir, alors?
Joey (les larmes aux yeux, complètement désemparée) : Parce que je ne suis pas prête. Pas encore.
Les larmes coulèrent doucement sur les joues de la jeune fille et Jen, bouleversée par cet aveu de faiblesse, la berça comme un petit enfant. Lentement, les pleurs cessèrent. Elles se sourirent tendrement.
Jen : Tu vas voir, tout finira par s'arranger.
Joey (soupirant) : Ouais, j'espère.
Jen (prenant sa veste et son sac) : Tu m'attends là? Je fais un saut là-bas, prendre des nouvelles de notre chevalier sans peur et sans reproche et je reviens te faire un rapport.
Joey : Je préfère que tu me rejoignes dans ma chambre, si ça ne te dérange pas. J'ai un livre à finir pour mon cours de littérature anglaise. Ca m'occupera.
Jen opina du chef et elles se dirigèrent vers la porte. Lorsque Jen l'ouvrit, Jack était sur le seuil, prêt à sonner.
Jen : AH Jack!! Tu tombes à pic!
Elle l'agrippa par la manche de sa veste et l'attira vers le salon.
Jack : Eh mais que fais-tu? Ah, salut Joey.
Jen : T'as vu Pacey dernièrement?
Jack : Bah, je te signale que je vis avec lui, donc oui, je l'ai vu.
Jen : Quand?
Jack : Je l'ai quitté, il n'y a pas longtemps. Il revenait du Hell's kitchen.
Joey (précipitamment) : Comment allait-il? Est-ce qu'il est gravement blessé?
Jen (mi-rassurante, mi-amusée) : Joey, il ne s'est pas fait passer à tabac, non plus!!
Joey la fusilla du regard.
Jack : T'inquiètes pas. Il a juste la lèvre un peu enflée et l'arcade sourcilière ouverte.
Joey soupira, rassurée. Il n'avait rien de trop grave. Dieu, soit loué se dit-elle. Durant la bagarre, elle avait été comme paralysée, ne se rendant compte de rien, comme en état de choc. Et en voyant Eddy si amoché, elle avait pensé que Pacey était dans le même état. Heureusement, il s'en sortait plutôt bien.
Jack : Par contre, il était très énervé. Mais, j'ai réussi à le calmer.
Joey lui sourit. Elle se leva et prit ses affaires.
Joey (embrassant Jen et Jack) : Je vais y aller. Merci Jen. Et toi Jack, fais attention à Pacey.
Jack : D'accord, Joey. Mais je crois que ça va aller maintenant.
La jeune fille sortit, l'air rêveur.
Jack : Elle est bizarre Joey. Qu'est-ce qu'elle a?
Jen (souriant) : Elle est amoureuse.
Et elle raconta à Jack sa petite conversation avec Joey et les révélations qui avaient suivies. A son tour, Jack lui confia sa discussion avec Pacey et sa ferme attention de reconquérir Joey.
Jen : Au fait, Jack, que fais-tu ici, on ne devait pas se voir ce soir?
Jack (amusé : Je sais. Mais te sachant friande de potins, j'étais venu te raconter le règlement de compte!
Jen (roulant les yeux) : Oh mais t'exagères!! C'est toi la commère, pas moi!
Jack : Ouais. Disons qu'on s'est bien trouvé!
Ils se sourirent avec complicité.
Jack (reprenant) : En fait, j'ai rendez-vous avec David. Il est au centre avec CJ et comme je savais que CJ venait te voir, j'ai demandé à David de me rejoindre ici. Ca ne te dérange pas?
Jen : Bien sûr que non.
Attendant chacun sa moitié avec impatience, ils devisèrent de choses et d'autres.
Joey avait regagné sa chambre. Audrey n'était encore pas rentrée, ce qu'elle apprécia car elle avait besoin d'être seule. Elle s'allongea sur son lit et des images du passé refirent surface. Rien n'avait jamais été simple entre Pacey et elle. Elle se souvint de ce baiser volé sur le bord d'une route, sa réaction violente et le rejet initial des sentiments qu'elle éprouvait pour lui, le week-end chez Gwen, la tante de Dawson qui avait décidé de tout, leur rupture lorsque Dawson avait appris leur relation. Elle sourit avec ironie, déjà à cette époque elle avait dû faire un choix, qui s'était montré désastreux car elle l'avait fait contre son cœur, avant de se ressaisir et de partir avec Pacey sur le True Love. Elle se souvint avec émotion de leur nuit au chalet durant laquelle Pacey lui avait fait découvrir l'amour. Elle se rappela sa douceur et sa tendresse. Malheureusement la rupture était intervenue, lui brisant le cœur aussi sûrement que l'on brise un vase en cristal. Elle avait pensé, à l'époque, ne jamais pouvoir s'en remettre mais le fait qu'il parte loin de Capeside durant l'été lui avait facilité la tâche. Enfin, le croyait-elle. Elle avait juste enfoui son amour pour lui dans son cœur, le gardant précieusement caché, pensant qu'il avait tourné la page de son côté. Ils étaient alors redevenus de simples amis, comme avant, avant que la passion ne les submerge et leur fasse perdre la tête. Elle s'était accommodée de cette nouvelle situation, se rendant compte qu'elle préférait de loin être son amie plutôt que de ne plus du tout faire partie de sa vie. Elle était atterrée de constater qu'elle reproduisait toujours les mêmes schémas. Elle était perpétuellement confrontée à un choix et elle ne faisait jamais le bon. Et ses choix concernaient Pacey, de manière récurrente. Et au bout du compte, il souffrait toujours parce qu'elle était incapable d'écouter son cœur. C'était déjà vrai au lycée, ça l'était encore aujourd'hui. Elle aimait Pacey, elle en était sûre, mais par deux fois elle l'avait rejeté. A cause de cette peur qui lui tiraillait l'estomac. Peur dont elle ne parvenait pas à comprendre l'origine : était-ce la peur de se tromper? La peur de s'engager? La peur de cet amour si fort que son cœur ne semblait pas assez grand pour le contenir? Ou tout simplement la peur qu'il la quitte une nouvelle fois?
Lasse de toutes ses questions sans réponses, elle ferma les yeux et se laissa glisser vers le sommeil mais des petits coups brefs étaient frappés à la porte, reportant ainsi une sieste qui aurait pu être réparatrice.
Pacey pénétrait dans le parc attenant à l'université de Worthington. Il marchait d'un pas déterminé. Après sa conversation avec Jack, il avait finalement fini par retrouvé son calme et ses facultés. Il s'était assis et avait réfléchi à ce qu'il devait faire. Il devait changer sa vie d'une manière ou d'une autre. Il pensa à son travail. Il avait fait du chemin depuis septembre dernier, il avait réussi en peu de temps à se faire un nom dans le métier alors qu'il était parti de zéro. Il en retirait une grande fierté. Cependant, ce métier de courtier en bourse ne lui plaisait pas, disons qu'il ne le transcendait pas. Il le trouvait trop impersonnel et surtout dénuer de tout sentiment. Il ne faisait qu'essayer de faire fructifier l'argent de ses clients, non sans récupérer une grosse commission au passage, en les amadouant si possible pour parvenir à ses fins. C'était le côté noir de son métier, le côté positif, c'est qu'il avait réussi à amasser un joli pécule en très peu de temps. Mais c'était vraiment le seul avantage. Il souhaitait vraiment changer de voie, retrouver un métier plus gratifiant et qui lui plaisait vraiment. Il se souvenait de la joie qu'il éprouvait lorsqu'il travaillait en tant que cuisinier au Civilization. Même si ce travail était très astreignant, il avait adoré cette ambiance chaleureuse qui régnait au sein du personnel. D'ailleurs cela lui manquait beaucoup. Peut-être devrait-il envisager une réorientation professionnelle ou plus précisément un retour aux sources. Il remit cette préoccupation à plus tard et s'attacha à penser à Joey. Pensée nettement plus agréable au demeurant! Il devait trouver un moyen de la convaincre qu'il était l'homme de sa vie. Oui mais comment? Il se doutait, la connaissant qu'elle devait être un peu en colère contre lui après la scène au Hell's kitchen, et il se dit qu'il allait devoir vraiment se surpasser! Il commencerait d'abord par lui présenter ses excuses, il savait que Joey n'aimait pas être montrée du doigt et tout à l'heure elle s'était retrouvée au centre des discussions. Il avait pris sa veste et avait marché en direction de Worthington.
Il traversait le parc quand il aperçut un peu devant lui, Eddy qui se dirigeait vers l'entrée du dortoir. Une sombre colère monta en lui. Mais que venait-il faire ici, il n'avait pas encore compris? Il fut partagé entre l'envie de partir et l'envie de rattraper Eddy et de terminer ce qu'il avait si bien commencé un peu plus tôt. Mais tout compte fait, il décida de rester et d'observer. L'angoisse lui sciait l'estomac. Et si Joey ressortait avec lui du bâtiment? Il en deviendrait fou. Il garda les yeux fixés sur la porte d'entrée, et quelques minutes plus tard, Eddy ressortit, seul, l'air abattu. Pacey en ressentit une joie intense et sadique. Ainsi, le bellâtre avait été éconduit! Il alla se précipiter vers la chambre de Joey mais stoppa net son élan. Il réfléchit à toute allure et en conclut qu'Eddy, s'il était aussi amoureux de Joey que lui pouvait l' être, il n'abandonnerais pas et continuerait à tout faire pour passer du temps avec elle. A la harceler, pensa Pacey. Ce qui ne manquera pas de le griller. Pacey eut un sourire énigmatique, il se détourna et rentra chez lui. Il avait une autre idée. Fatale ou géniale, tout dépendrait de l'issue. Mais, il était prêt à toutes les folies pour Joey. (Falbala)
falbala (15.10.2003 à 20:50)
Pacey tournait en rond dans son appartement, il cherchait une idée, une solution pour faire comprendre à Joey de manière efficace qu’il l’aimait plus que tout. Il voulait quelque chose de romantique et de direct à la fois. Il repensa à ce qu’il avait vu dans le parc de Worthington. Eddy ! Et vu la tête qu’il faisait en ressortant, Pacey en concluait qu’il avait encore toutes ses chances. Et il ne les laisserait pas passer. Pas encore. Il ne voulait pas la perdre une fois de plus. Il l’aimait trop pour ça. Passant machinalement vers la fenêtre, il s’arrêta net, sous ses yeux, en bas dans la rue, une petite camionnette était garée, pendant que l’occupant vendait ses quelques fleurs aux passants. Un grand sourire lui vint aux lèvres. Joey aimerait ça, il en était sûr. Il compulsa le bottin téléphonique avant d’attraper le téléphone et composer le numéro désiré.
Interlocuteur : Fleurs en tout genre ?
Pacey : Oui, bonjour, je voudrais faire livrer un bouquet de rose par jour à quelqu’un pendant quinze jours.
Int : Bien sûr, pourriez-vous me donner l’adresse, s’il vous plait monsieur ?
Après avoir donné les informations d’usage, Pacey raccrocha et se dirigea vers la fenêtre, certain d’avoir trouvé le moyen qui lui ferait gagner des points. Joey allait lui revenir, il s’agissait d’une question de temps et de patience. Et si je me trompais pensa t-il ? Non, il ne pouvait pas penser à ça, pas maintenant, pas quand il avait fait le plus gros du travail. Il rejeta cette pensée négative et se décida à se concentrer sur le plus important. Maintenant qu’il avait trouvé une idée pour Joey, il lui fallait trouver quelque chose pour remédier à sa vie. Tout d’abord, son métier. Courtier en bourse était assez glorifiant et enrichissant mais n’était pas fait pour lui, à la longue, il avait l’impression de se perdre. Ce travail avait la faculté de le rendre amorphe, sans personnalité. Il était entrain de devenir les personnes qu’il détestait le plus dans son adolescence.
Pacey : Alors, d’abord démissionner se dit-il à lui-même.
Démissionner, c’est bien beau pensa t-il mais que ferait-il ensuite ? Comment espérait vivre un jour avec Joey s’il ne pouvait même pas subvenir à ses besoins ?
Pacey : Très bien, trouver un nouveau boulot énuméra t-il. Bon, ben voilà de quoi commencer.
Il attrapa son blouson et sortit. Sachant désormais ce qu’il devait faire. Il avait un but, et il s’y accrocherait.
Joey essayait de se concentrer sur un livre qu’elle devait absolument lire pour le lendemain mais elle ne parvenait pas à se focaliser sur l’historie. Toutes ses pensées étaient tournées sur sa triste et pauvre vie. Qu’allait-elle faire de son avenir ? De sa vie ? Ses yeux tombèrent sur la photo posée sur son bureau, elle prit doucement le cadre dans ses mains et caressa le papier glacé. Il s’agissait de la photo prise par Dawson le soir de Noël, il y avait déjà deux ans. Pacey et elle étaient tendrement enlacés et paraissaient heureux, vraiment heureux. Et amoureux, d’un amour pur et sincère, d’un amour si fort qu’ils pensaient alors que rien ne pourrait jamais les séparer. Erreur. La vie y était parvenue, et elle avait fait un beau travail. Aujourd’hui encore, alors qu’il leur était offert une deuxième chance, ils semblaient incapables de la saisir. Oh, elle était consciente que tout venait d’elle mais comment pourrait-il en être autrement ? Après toute la souffrance qu’elle avait enduré, leur rupture était l’une des choses les plus difficiles qu’elle ait du surmonter de toute sa vie. Et elle n’était même pas sûre d’y être parvenue. Un sourire amer lui effleura les lèvres, qu’était-il advenue de la jeune fille insouciante de la photo ? Un coup à la porte la tira de sa contemplation, reposant le cadre, elle alla ouvrir.
Joey : Eddy ! dit-elle surprise.
Eddy : Bonjour, je te dérange ? demanda t-il doucement.
Joey : Non dit-elle légèrement agacée par sa présence malgré tout. Entre.
Lui cédant le passage, elle fit pénétrer à l’intérieur avant de refermer la porte.
Joey : Alors que puis-je pour toi ?
Eddy : Je suis venu te parler de nous.
Joey : Eddy…[I]souffla t-elle.
Eddy : Je sais, Joey, tu crois qu’il n’y a plus de nous possible mais je suis sûr que tu te trompes. Toi et moi avons encore une chance, j’en suis certain.
Joey : Non, toi et moi c’est fini s’écria t-elle.
Eddy : Ca c’est ce que tu voudrais te faire croire.
Joey : Non, ça c’est ce dont je suis sûre lui dit-elle en le fixant dans les yeux.
Eddy : Joey, je suis sûr qu’au fond de toi, tu m’aimes encore lui dit-il en se rapprochant d’elle.
Joey : Eddy, je t’ai aimé, c’est vrai. Mais nous deux, c’est de l’histoire ancienne, tu dois tourner la page et vivre ta vie.
Eddy : Mais je t’aime lui dit-il malheureux.
Joey se dirigea vers le bureau, prit le cadre et vint le tendre à Eddy.
Joey : Et moi, c’est lui que j’aime lui dit-elle sûr d’elle.
Eddy saisit la photo et la regarda un long moment, saisissant l’ampleur de l’amour qui les unissait, il réalisa que jamais il ne pourrait rivaliser. La Joey de cette photo ressemblait en beaucoup de points à la Joey qu’il avait connu au départ mais jamais encore, il ne l’avait vue aussi belle et épanouie que sur cette image.
Eddy : Tu es sûr de ne pas vivre dans le passé ? Moi, j’ai l’impression que tu vis dans tes souvenirs et que tu refuses d’avancer dans l’avenir.
Joey : J’y ai pensé, c’est vrai. Mais je sais que c’est faux, pas quand c’est aussi fort.
Eddy : Tu l’aimes vraiment, hein ? lui demanda t-il sans la regarder.
Joey : Oui, vraiment avoua t-elle. Je suis désolée.
Eddy : Ne le sois pas.
Il posa la photo et vint se tenir devant elle, lui prenant les mains, il déposa un baiser sur son front.
Eddy : Ces mois passés auprès de toi sont parmi les plus beaux et importants de ma vie. Tu m’as aidé à faire ce que je voulais de ma vie. Tu m’as construit un avenir lui dit-il en souriant.
Joey était touchée par ses paroles et lui rendit son sourire. Pour elle aussi, il avait beaucoup compté. Il avait été là lorsqu’elle avait eu besoin de quelqu’un. Leur relation n’avait pas été très passionnelle mais elle avait été tendre et romantique, chose qui lui avait manqué depuis sa rupture avec Pacey. Au souvenir de Pacey, un vague soupçon de tristesse s’empara d’elle qu’elle refoula aussitôt. Refusant de se laisser embarquer dans la nostalgie et les regrets.
Joey : Je te souhaite bonne chance lui dit-elle avec chaleur.
Eddy : Moi aussi. Je te souhaite d’être heureuse.
Il déposa un baiser sur sa joue avant de sortir sans un mot de plus. Joey retourna s’asseoir sur sa chaise et rouvrit le livre, décidée à se mettre sérieusement au travail. Malheureusement pour elle, on ne tarda pas à refrapper de légers coups à la porte. Enervée, elle se leva et rouvrit brutalement.
Joey : Eddy je croyais que tu…Bonjour.
Devant elle se tenait debout, les bras chargés d'un bouquet de roses rouges vraiment très belles.
Inconnu : Bonjour, vous êtes mademoiselle Joey Potter ?
Joey : C’est moi.
Inconnu : Pour vous lui dit-il en lui tendant les fleurs avec un sourire.
Joey : Moi ? lui demanda t-elle surprise en prenant les fleurs. Merci.
Elle contempla un instant le bouquet, il était magnifique. Les roses rouges étaient ses préférées.
Joey : Oh attendez dit-elle au jeune garçon qui s’en allait.
Inconnu : Inutile, la personne a payé le tout compris.
Joey : Très bien, merci.
Lorsqu’elle eut refermé la porte, elle alla chercher un vase pour les y installer. Elle se demandait qui avait bien pu les lui envoyer, mais une petite voix lui soufflait la réponse. C’était son style, elle en aurait mis sa main à couper. Le sourire aux lèvres, ses yeux tombèrent sur la carte, placée en évidence au milieu des fleurs. D’une main tremblante, elle sortit le papier de l’enveloppe.
Joey, je sais que tu ne crois plus en notre amour,
alors je me charge de te redonner confiance en nous.
Tant que toi et moi ne serons pas réunis, ces fleurs
viendront chaque jours, te rappeler que je t’aime.
Emue, Joey laissa ses doigts glisser sur le papier, effleurant chaque lettre, imprimant chaque mot dans sa mémoire. Pacey l’aimait, cette simple vérité suffisait à lui remplir le cœur et la tête d’émotions si intenses et confuses à la fois, qu’elle lui tournait, lui donnant des vertiges. Une larme coula sur son visage, très vite rejointe par d’autres, plus importantes. Emportée par le chagrin, elle s’allongea sur son lit, resserrant l’étreinte de ses bras sur elle, prenant soudainement conscience de sa solitude. Elle finit par s’endormir apaisée par toutes les larmes versées.
Trois jours s’étaient écoulés depuis l’envoi du premier bouquet. Joey se trouvait chez Jen et discutait avec elle dans la cuisine. C’était devenu un rituel qu’elles pratiquaient qu’entre filles, histoire de décompresser un peu. Autour d’une bonne tasse de chocolat chaud et des cookies fait maison par Grams, elles se racontaient leurs petits secrets et tous leurs petits problèmes.
Joey : J’ai rompu définitivement avec Eddy annonça t-elle à Jen.
Jen : Eh bien, voilà une bonne chose de faite ! dit-elle tranquillement.
Joey la regarda abasourdie.
Jen : Quoi, tu ne l’aimais pas se défendit-elle, pas vraiment du moins.
Joey : Je n’ai jamais dit ça !!!
Jen : T’en avais pas besoin, ça se voyait dit-elle en souriant.
Joey lui fit un air indigné avant de reporter son attention sur sa tasse encore fumante et pleine.
Jen : Et tu as des nouvelles de Pacey ? demanda t-elle avec une désinvolture exagérée.
Joey fut parcourut de frisson à l’évocation de Pacey. Elle releva difficilement la tête vers Jen pour affronter son regard et lui fit un sourire contrit. N’ignorant pas que Jen ne serait pas dupe et saurait lire en elle.
Joey : Pas vraiment.
Jen : Comment ça pas vraiment, tu en as ou tu n’en as pas ? Il y a un monde entre ses deux réponses, Joey !
Joey : Il m’envoie des fleurs tous les jours murmura t-elle.
Jen : Oh !! fit-elle émerveillée et attendrie.
Joey : Regarde lui dit-elle en lui tendant une petite carte en papier.
Jen la prit et lut à voix haute.
Encore un jour sans toi, un jour gâché.
Ce n’est rien, je t’attendrai.
Toute ma vie s’il le faut.
Lorsque tu voudras de moi, je serai là.
Je t’aime.
Jen : C’est magnifique s’exclama t-elle.
Joey : Et encore tu n’as pas lu les autres. Il m’en envoie une différente avec chaque bouquet.
Joey lui tendit les autres cartes que Jen s’empressa de lire. C’est les larmes aux yeux qu’elle les lui rendit.
Jen : Elles sont très belles.
Joey : Je sais dit-elle la tête baissée.
Jen : Et qu’est ce que tu comptes faire maintenant ?
Joey : Comment ça ? lui demanda t-elle surprise.
Jen : Tu as bien l’intention d’aller lui parler quand même ?
Joey : Euh…..non dit-elle après avoir détourné les yeux.
Jen : Tu plaisantes ? s’indigna t-elle.
Joey : Je ne sais pas quoi lui dire.
Jen : Joey, il t’aime comme un fou et je sais que tu l’aimes aussi, alors tout ça c’est ridicule.
Jen : Comment tu peux dire ça ? s’exclama t-elle. Tu connais notre passé, tu devrais être mieux placée que quiconque pour savoir qu’entre Pacey et moi, ça ne peux pas marcher !!!
Jen : Au contraire, je suis justement celle qui peut dire que vous vous aimez, et cela depuis longtemps. Ce n’est pas quelque chose que tu peux nier ou ignorer, Joey. C’est en toi, et je suis sûr que ça te ronge.
Joey : Pas du tout mentit-elle.
Jen la dévisagea sûr d’elle.
Joey : Et quand bien même je l’aimerais autant que tu le dis, nous nous sommes fait trop souffrir pour revenir en arrière.
Jen : Qui te parle de revenir en arrière ? Il veut aller de l’avant !
Joey : Tu vois très bien ce que je veux dire ! dit-elle avec un regard appuyé.
Jen : Très bien, tu ne veux pas aller le voir c’est ton choix. Mais tu vas me faire le plaisir de lui téléphoner ! lui dit-elle en lui lançant son téléphone portable.
Joey contempla l’appareil dans ses mains comme s'il allait les lui brûlées.
Joey : Je peux pas dit-elle en le reposant sur la table.
Jen : Oh que si ! dit-elle en le lui remettant dans les mains. Non seulement tu peux mais tu vas le faire !
Joey : Mais qu’est-ce que tu veux que je lui dise ?
Jen : Tu n’as qu’à commencer par merci.
Joey lança un regard mauvais vers son amie.
Jen : Appelle ! insista t-elle.
Joey respira un grand coup et d’une main tremblante, elle commença à pianoter sur le clavier.
Jen : Je te laisse. Si tu as besoin de moi, je serai dans la pièce d’à côté.
Joey acquiesça et porta le téléphone à son oreille. Son cœur battait la chamade, que lui dirait-elle ? Tes fleurs sont magnifiques et ….je t’aime. Non, décidément elle ne pouvait pas le lui dire. Elle allait raccrocher lorsqu’il décrocha.
Pacey : Allo ?
Prise de panique, elle ne savait plus quoi dire.
Pacey : Allo ?
Pourquoi avait-elle écouté Jen ? se demandait-elle ?
Pacey : Bonjour Joey se risqua-t-il.
Joey : Bonjour Pacey dit-elle en souriant.
Il avait deviné que c’était elle. Peut être savait-il aussi pourquoi elle appelait, aussi n’aurait-elle pas besoin de parler. Du moins pas trop. Elle espérait que se soit lui qui fasse la plus grande partie de la conversation.
Joey : Tes fleurs sont superbes.
Pacey : Pas autant que toi, mais je suis content qu’elles te plaisent.
Joey : Tes cartes sont magnifiques continua t-elle.
Pacey : Je pense chaque mot.
Joey : Ecoute Pacey, je ne……
Pacey : Joey, je suis désolé, je suis très occupé, il va falloir que je te laisse. On se parlera une autre fois.
Et sans lui laisser le temps de réagir, il raccrocha. Laissant Joey complètement déconcertée à l’autre bout. Elle n’arrivait pas à croire qu’il lui ait raccroché au nez. Elle sentait monter l’indignation en elle. Après toutes les fleurs et les cartes qu’il lui avait envoyées, elle l’appelle et il raccroche !!! Mais à quel jeu jouait-il ? Elle resta quelques instants à fixer le combiné, totalement inerte.
Pacey reposa le combiné et s’assit sur le canapé. Entendre Joey lui avait fait l’effet d’une bombe lâchée dans son corps. Lorsqu’il avait compris qu’il s’agissait d’elle à l’autre bout du fil, il avait failli sauter de joie. Il avait tellement espéré qu’elle le ferait, bon il aurait préféré qu’elle vienne le voir, mais qu’elle lui téléphone était déjà beaucoup. Il posa une main sur son cœur, essayant de stopper ses palpitations. L’excitation de pouvoir lui parler mêlée à la déception faisait son œuvre en lui, emportant tout ses espoirs avec elle. Réduisant ses efforts à néant. Il avait cru, espéré qu’elle l’appelait pour mettre fin à son attente, pour lui dire qu’elle avait réalisé qu’elle l’aimait. Mais lorsqu’il l’avait entendue utilisé la forme négative, il n’avait pas pu se résoudre à entendre ce qu’elle voulait lui dire. Si elle l’avait appelé pour lui dire qu’elle aimait Eddy, il n’aurait pas pu le supporter. Non, il n’était pas encore résigné et ne s’avouait pas vaincu. Depuis trois jours déjà, il mettait déjà tout en œuvre pour refaire sa vie, pour redevenir celui qu’elle avait aimé et qu’elle aimait encore, ça il en était sûr. Pourquoi refusait-elle de le comprendre ? Il attrapa de nouveau le téléphone.
Interlocuteur : Fleurs en tout genre ?
Pacey : Oui, bonjour je suis Pacey Witter.
Int : Bonjour monsieur Witter. Quel sera le message pour demain ?
Pacey : Entendre le son de ta voix est toujours merveilleux. Mais te voir serait mieux. Un jour peut être….Je t’aime.
Int : Ce sera tout ?
Pacey : Oui.
Int : Très bien, bonne journée.
Pacey : Merci dit-il en raccrochant.
Il alla se servir un verre. Soudain, son esprit dériva sur Rich et il se surprit à rire en repensant à la tête de son ex patron lorsqu’il était venu lui donner sa démission. Rich avait faillit s’en étrangler avec son chewing-gum. Il avait d’abord ri avant de comprendre qu’il était sérieux. A ce moment là, il avait été jusqu’à lui offrir une promotion. Ce qui avait flatté son égo mais n’avait pas été suffisant pour le faire renoncer. Enervé, Rich lui avait prédit qu’il le regretterait un jour. Chose dont il doutait fort. Ravalant son orgueil naissant, il décida de se concentrer sur son futur. Attrapant le journal d’une main et ses clés de l’autre, il sortit dans la rue, bien décidé à trouver un travail qui lui convienne. (marjo)
Marjo (15.10.2003 à 21:55)
Depuis 10 jours, Pacey travaillait dans le très select restaurant "La petite France". Il avait été
fermement décidé à renouer avec ce métier de cuisinier qui l'avait tant passionné. Il avait alors déposé des CV dans tous les restaurants dignes d'intérêt de Boston. Dès qu'il eut franchi le seuil de "La petite France", il avait su que c'est ici qu'il voulait travailler. Le cadre était magnifique, simple mais chic, sans luxe ostentatoire, la grande salle était parsemée de tables rondes de différentes
tailles selon le nombre de convives. L'éclairage était léger et conférait une ambiance feutrée et intime. La cuisine n'était pas en reste, elle était plusspacieuse qu'au Civilization, ce qui n'était pas
peu dire, équipée de larges plans de travail et de tables de cuisson révolutionnaires. Pacey avait été tout simplement émerveillé. Il s'était senti
immédiatement très inspiré. Son entretien avec le cuisiner en chef, Pierre Durand, un français venu tenté, avec succès, sa chance aux Etats-Unis, s'était très bien déroulé. Pacey l'avait trouvé d'emblée
extrêmement sympathique et il fit alors de son mieux pour lui plaire. Il lui avait parlé bien sûr de son expérience au Civilization, et surtout de son envie de retravailler en cuisine car il sentait que c'était là sa réelle vocation. Pierre Durant avait paru sceptique au premier abord mais
il fut vite gagné par la passion que dégageait Pacey lorsqu'il évoquait sa manière non conventionnelle d'aborder la cuisine. Il l'avait mis tout de suite à l'épreuve, lui demandant de composer un plat, n'importe lequel. Le jeune homme lui avait préparé
un succulent velouté de petits pois, accompagné de queue de langoustine. Le velouté était onctueux à
souhait et il avait réussi à l'assaisonner suffisamment pour relever le goût un peu fade des petits pois, sans pour autant en occulter la saveur. Pierre Durand l'avait chaudement félicité
pour sa création et l'avait convié à revenir le lendemain à 10 heures pour se familiariser avec les
lieux.
Avec Pierre, l'entente était parfaite. Il avait pris le jeune homme sous son aile, détectant en lui un talent certain. Pacey lui était vraiment très reconnaissant pour tout ce qu'il
faisait pour lui. Il apprenait
énormément à son contact, constatant que les chefs français étaient de loin les meilleurs du monde.
Son nouveau travail lui prenait tout son temps, car il n'hésitait pas à rester même longtemps après la
fermeture de l'établissement pour perfectionner sa technique, à la grande satisfaction de Pierre, qui l'aidait volontiers, heureux de pouvoir retransmettre tout son savoir à ce jeune homme si enthousiaste.
Joey lui manquait énormément. A plusieurs reprises, elle l'avait appelé ou était passé le voir mais à chaque fois, au prix d'un cruel effort, il avait prétexté qu'il était pressé etdevait partir. Il luttait à chaque instant pour ne pas se précipiter chez elle et la supplier de le choisir. Mais, il devait se faire violence et respecter son plan et heureusement son boulot l'accaparait, lui empêchant de se poser
trop de questions. Dans deux jours, elle recevrait le dernier bouquet de fleurs. Dans deux jours commencerait alors l'attente.
Depuis quatre jours, Joey ne recevait plus de fleurs, plus de petits mots, plus rien. Depuis le premier envoi, tous les matins elle attendait avec une impatience et une excitation non dissimulées le coursier avec son colis embaumant et surtout les petites cartes où elle pouvait y lire l'étendue
de l'amour qu'éprouvait Pacey pour elle et qui lui réchauffait le coeur. Le premier jour où les petites
attentions de Pacey avaient fait défaut, elle avait ressenti un léger malaise, mais ne s'était pas trop
inquiétée, pensant que dans la journée le bouquet arriverait. Mais il ne vint pas, ni le lendemain, ni le surlendemain. Maintenant, elle ne savait plus
quoi penser, ni quoi faire. Durant cette quinzaine où Pacey l'avait comblée de présents, elle avait tenté de l'appeler à plusieurs reprises, mais à chaque fois, il avait écourté la conversation, prétextant un rendez-vous ou un contre-temps. A chaque fois, elle en ressentait une peine réelle mêlée à un sentiment d'abandon. Elle était passée le voir chez lui mais là aussi, échec sur toute la ligne. Soit il était pressé et devait partir immédiatement, soit Jack lui disait qu'il était encore au restaurant. Elle avait été surprise d'apprendre par Jack que Pacey avait démissionné pour se rediriger vers la restauration. Elle avait été vexée qu'il ne lui en ait pas parlé lui-même. Que voulait dire tous ses mots doux où il la rassurait
sur son amour, sa volonté de vivre avec elle s'il ne lui faisait plus rien partager. Après la déception
et la vexation, la colère montait en elle. Désormais, elle n'avait plus aucunes nouvelles de lui comme s'il
en avait eu assez de l'attendre et qu'il ait décidé de jeter l'éponge et de continuer sa vie sans elle. Elle regarda sa montre, il n'était pas 16 heures.
Pacey devait être encore chez lui. Elle prit sa veste, bien décidée à avoir une conversation avec lui.
Pacey regardait nonchalamment par la fenêtre. Il réfléchissait à la suite de son plan. Il commençait à se demander s'il était vraiment aussi génial qu'il le pensait en l'élaborant. Après tout, il n'avait vraiment aucune garantie et il pouvait très bien obtenir l'effet inverse. Soudain ses yeux s'illuminèrent en même temps que les battements de son coeur s'accélérèrent. Il la voyait, elle marchait d'un pas décidé en direction de son appartement. Une joie intense envahit tout son être, il retint l'impulsion
qui le poussait à sortir la rejoindre et la prendre dans ses bras. Pour une raison qu'il n'arrivait pas à s'expliquer, il pensait que c'était encore
trop tôt. Il appela Jack.
Jack (sortant précipitamment de sa chambre) : Qu'est-ce qu'il y a, Pacey?
Pacey : Joey vient ici. Si elle me demande, dis-lui que je suis déjà parti.
Jack (fronçant les sourcils) : Hein? Mais pourquoi?
Pacey (insistant) : Fais ce que je te dis, s'il te plaît. Au nom de notre amitié.
Jack (peu emballé) : Ouais puisque tu me le demandes. Mais t'as intérêt à m'expliquer après.
Pacey : Je te promets, je te dirais tout. Mais dis-lui bien que je suis parti et que je reviendrai très
tard.
Jack hocha la tête sans conviction. Il allait devoir mentir à Joey et il n'aimait pas trop cela. De légers coups furent frappés à la porte, les garçons se regardèrent d'un air entendu et Pacey fila dans sa chambre en prenant soin d'emporter sa veste avec lui. Jack, après s'être assuré querien ne trahirait la présence de son ami, alla ouvrir.
Joey (l'embrassant) : Salut Jack. Tu vas bien?
Jack : Oui, oui. Et toi?
Joey : Oui, je vais très bien. Pacey est là? Je voudrais lui parler.
Jack (un peu gêné) : Eh bien, en fait, il est déjà parti.
Joey (étonnée) : Quoi déjà? Mais il est encore tôt.
Jack (toujours gêné) : Oui, je sais mais il avait une course à faire avant de se rendre au
restaurant.
Joey (déçue) : Oh, c'est dommage. Je suppose qu'il rentrera tard?
Jack : Bah ouais. Il rentre souvent très tard.
"C'est sûrement pour ça qu'il ne me rappelle jamais", pensa tristement Joey.
Joey : Tu pourras lui dire que je suis passée?
Jack : Oui pas de problème.
Joey : Merci beaucoup, Jack. Au revoir.
Jack : Au revoir, Joey.
Il referma la porte, mal à l'aise. Il avait noté le visage décomposé de son amie lorsqu'il lui avait annoncé l'absence de Pacey. Il ne comprenait décidément rien au comportement de ces deux-là. Il avait l'impression qu'ils jouaient à une sorte de jeu, un "je t'aime, moi non plus" en quelque sorte. Il grimpa les escaliers deux par deux fermement décidé à avoir une explication avec son ami.
Jack (une fois qu'il eut franchi le seuil de la chambre) : Alors tu peux m'expliquer?
Pacey : Tu veux savoir quoi au juste?
Jack : Eh bien, pour commencer, j'aimerais savoir pourquoi je dois mentir à Joey et lui dire que tu n'es pas là alors que t'es là? C'est vrai, je ne comprends rien. Je croyais que tu voulais te battre pour la récupérer et là, ça fait presque 3 semaines que tu sembles l'éviter. Tu t'y prends pas de la bonne manière, vieux!
Pacey : Tu n'y es pas du tout, Jack. Ca peut paraître difficile à comprendre.
Jack : Oui justement, j'aimerais bien que tu m'expliques exactement ce qu'il se passe.
Pacey : Eh bien, tu as raison, j'évite Joey.
Jack (l'interrompant avec étonnement) : Mais pourquoi?
Pacey : Si tu arrêtais de m'interrompre, je pourrais peut-être t'expliquer!
(Jack, d'un air contrit, l'invita à poursuivre): En fait, tout ça fait partie d'un plan. Il y a environ 3 semaines, je voulais m'excuser auprès de Joey pour avoir frappé Eddy et devant le dortoir, j'ai vu Eddy, qui apparemment était venu avec les mêmes intentions. A partir de là, je me suis dit que récupérer Joey n'allait pas être une mince affaire, surtout si l'autre était encore sur les rangs. Alors, une idée m'a traversé l'esprit. Je me doutais
qu'Eddy allait continuer à poursuivre Joey de ses assiduités et que Joey ne supporterait pas d'avoir deux types fous d'elle sur le dos. Donc, j'ai décidé de m'effacer, du moins physiquement. Pendant quinze jours, je lui ai envoyé des fleurs pour la forcer à penser à moi...
Jack : Ah oui, je suis au courant. Jen m'en a parlé. Il y avait des petits mots aussi.
Pacey (souriant) : Oui. Je ne me pensais pas si poète mais apparemment l'amour donne des ailes! Au bout de 15 jours j'ai stoppé l'envoie des fleurs.
Jack : Subitement? Mais pourquoi?
Pacey : Pour créer une sensation de manque. C'est pour ça aussi que j'étais distant avec elle et que je n'ai pas voulu la voir tout à l'heure.
Jack : Mais c'est sadique quand même! Tu aurais dû voir sa tristessetout à l'heure. C'est cruel ce que tu lui fais!
Pacey (avec véhémence) : Attends, Jack! Tu crois que j'en crève pas de ne pas la voir? Tu crois peut-être que je ne meure pas d'envie d'aller chez elle et de la supplier de me choisir?
Jack : Bah justement! Pourquoi tu t'imposes ça? Pourquoi tu vas pas la voir et lui dire que tu l'aimes?
Pacey (avec passion) : Mais elle le sait que je l'aime. Moi ce que je veux, c'est qu'elle vienne à moi. Qu'elle vienne me dire que je suis l'homme de sa vie et qu'elle veut
faire sa vie avec moi.
Jack : Tu joues un jeu dangereux, Pacey.
Pacey : Je sais. Je tente un vrai coup de poker. Je ne suis pas
sûr du résultat mais il fallait que le fasse.
Jack : Je comprends pas. Elle est venue toute à l'heure! Tout se passe comme prévu. Pourquoi n'as-tu pas voulu la voir?
Pacey : C'était trop tôt. Je ne veux pas qu'elle vienne pour me dire qu'elle ne sait plus où elle en est, entre Eddy et moi?
Jack : Mais Pacey, Eddy est parti.
Pacey (abasourdi) : Quoi? Depuis quand?
Jack : Eh bien, depuis plus de 15 jours, je crois.
Pacey (un énorme sourire illuminant son visage) : C'est vrai? Ah bah, voilà une bonne chose de faite, lança-t-il avec nonchalance.
Il prit sa veste qu'il enfila prestement.
Jack : Qu'est-ce que tu fais? Tu vas voir Joey?
Pacey : Eh non, MacPhee! Je vais bosser!
Jack : Déjà? Mais il est tôt encore.
Pacey (énigmatique) : Je sais, mais j'ai une petite course à faire. A plus, vieux!
Jack : A plus.
Il partit le sourire aux lèvres. Apprendre que l'autre pot de colle était retourné à l'autre bout du pays lui
enlever une énorme épine du pied. Il se sentait délester d'un immense poids. Enfin une bonne nouvelle! Mais du coup, pourquoi Joey était-elle venue? Se pourrait-il qu'elle soit venue lui avouer son amour? N'avait-il pas fait une erreur en l'évitant aujourd'hui? Il balaya ses questions et se
dirigea vers une petite boutique qu'il avait découvert un jour qu'il se promenait avec elle.
-Mais c'est Pacey! Je rêve! Jack m'a menti
Joey était installée à une table du Hell's kitchen, devant une tasse de cappuccino. Elle avait été si déçue de ne pas voir Pacey qu'elle n'avait pas eu le courage de rentrer dans sa chambre immédiatement. Le regard rivé sur la rue, c'est là qu'elle l'aperçut, sortant de chez lui. Il avait
l'air heureux en plus. Elle l'avait vu sourire! Elle n'en croyait pas ses yeux. Il avait demandé à Jack de lui
mentir. Mais à quoi jouait-il au juste? Une sourde colère l'envahit, elle crispa ses poings. Malheureusement, le temps qu'elle se remette du choc, il avait disparu et elle n'avait pas vu quelle direction il avait empruntée. Hors d'elle, elle sortit précipitamment du bar, et marcha sans trop savoir où aller. Son courroux lui empêchant de réfléchir. Subitement, elle prit son téléphone et composa le numéro de Jen.
Joey : Salut Jen!
Jen : Ah! Salut Joey! Ca va?
Joey : Oui, oui. Tu connais l'adresse du restaurant de Pacey, par hasard?
Jen : Euh oui, Jack m'en a parlé. Attends, je réfléchis. Ah oui, ça y est ! C'est le restaurant "La
petite France", à l'angle de la 32ième rue. Tu vois?
Joey : Oui. Je vois. Merci. A plus.
Jen : A plus. Joey?
Trop tard, elle avait raccroché. D'un pas énergique, elle se dirigea vers le restaurant en question. Puisqu'il ne voulait pas lui parler, elle allait forcer la discussion. Au moins au restaurant, il ne pourrait pas se débiner. Elle pourrait lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur.
Pacey déambulait tranquillement dans la rue, sifflotant un air à la mode. Depuis qu'il avait appris le départ d'Eddy, la joie ne le quittait pas. Il sentait au fond de lui que le jour où il pourrait enfin tenir Joey dans ses bras, l'embrasser, était tout proche et un large sourire ne quittait pas son visage. Machinalement, il tapota la poche de sa veste, rassuré de sentir toujours ce qu'il venait d'acheter.
Il arrivait à quelques mètres du restaurant lorsqu'il aperçut Joey qui venait de l'autre côté. Il stoppa
net, surpris de sa présence. Et elle n'avait pas l'air aimable, en plus. Ses jolies prunelles étaient animés
d'une flamme qui était tout sauf du désir. Elle était visiblement très en colère! Il aurait voulu fuir mais ses jambes étaient comme cimentées au bitume.
Pacey (gêné) : Bonjour Joey!
Joey (froidement) : Pacey.
Il passa nerveusement une main dans ses cheveux. Il ne s'était pas du tout préparé à la revoir si tôt. Il était complètement décontenancé, d'autant plus que la colère qu'il pouvait lire dans ses yeux n'augurait rien de bon. Cependant, il trouvait que cela conférait à son visage un éclat particulier,
qui la rendait plus jolie encore, si c'était possible.
Joey (froidement) : Je peux avoir une explication?
Pacey (balbutiant) : Bah, euh....
Devant son attitude hésitante, elle explosa.
Joey : Mais Pacey! A quoi tu joues au juste avec moi? Je ne comprends plus rien?
Pacey (ayant retrouvé ses esprits) : Viens par ici.
Il la tira par la manche et l'emmena à l'intérieur du restaurant, dans la réserve, là où ils ne seraient pas
dérangés. En effet, il avait remarqué que dans la rue certains passants s'étaient détournés, l'air curieux. Il voulait à tout prix éviter de se donner en spectacle, ne serait-ce que pour la réputation du restaurant.
Joey (de plus en plus énervée, à la limite de l'hystérie) : Je ne comprends rien du tout. Tu
m'envoie des tonnes de bouquets, tous plus magnifiques les uns que les autres. Des mots qui m'ont fait pleuré. Un d'un seul coup plus rien, plus un bouquet, plus un mot, je n'arrive pas à te joindre parce que tu cavales tout le temps, ou bien tu m'évites. (elle le fixa intensément): Eh oui, je t'ai vu sortir de chez toi toute à l'heure.
Elle nota avec satisfaction qu'il accusait le coup.
Joey (sarcastique) : C'est vraiment bête qu'il y est un bar juste en bas de chez toi.
Pacey : Je suis désolé pour tout à l'heure.
Joey : Maintenant, je me demande si tu ne m'as pas fait le coup à chaque fois.
Pacey : Mais bien sûr que non!
Joey (toujours énervée) : Pacey, tu ne veux plus me voir? Tu t'es trompé? Tu ne m'aimes pas?
Pacey : Mais arrête! Je t'ai dit que je pensais chaque mot!
Joey : Alors pourquoi tu ne me donnes pas de tes nouvelles? Pourquoi tu m'évites? Pourquoi tu me raccroches au nez? Si tu m'aimes comme tu le prétends? C'est pour me faire souffrir? Tu te venges, c'est ça?
Pacey garda le silence mais il la fixa avec une telle intensité qu'elle ne pourrait jamais plus douter des
sentiments qu'il avait pour elle. Soudain, elle comprit. Sous le feu de son regard brûlant, elle avait saisi qu'il l'avait mise à l'épreuve. Dans sa tête, tout se mélangeait, elle était partagée entre l'envie de le gifler pour lui avoir infligé cela et l'envie de se jeter dans ses bras. Elle était
bouleversée de constater qu'il était capable de prendre le risque de la perdre définitivement dans le seul but de lui ouvrir les yeux sur ce qu'elle
ressentait au fond d'elle-même. Cependant, elle ne pouvait se départir de se sentiment d'avoir été
manipulée et c'est pour cette raison qu'elle resta sur la défensive.
Joey : Tu m'as manipulée, en fait. Toute cette mise en scène, c'était pour me forcer à m'interroger sur ce que je ressentais réellement pour toi. C'est ça?
Elle marqua un temps d'arrêt afin d'observer la réaction de Pacey mais celui-ci n'était pas décidé à
intervenir. Il se contentait de la fixe de son regard azur, dans lequel il était si facile de se perdre, et un
petit sourire de satisfaction, qui commençait à agacer Joey, se dessinait aux coins de ses lèvres.
Joey (explosant) : Bah oui, je t'aime Pacey. T'es content? Je t'aime.
Ces mots, il se désespérait de les entendre à nouveau un jour. Son coeur bondit dans sa poitrine. Il garda obstinément le silence, trop peureux de gâcher ce moment par une parole inconsidérée. Et puis surtout, il estimait que c'était à Joey de se dévoiler maintenant.
Joey (radoucie) : Pacey, contrairement à ce que tu as pu t'imaginer, je n'ai pas peur de
m'engager avec toi. Ce qui me terrifie, au point de commettre des erreurs, c'est l'idée de te perdre,
encore. Mais tout ça c'est fini, maintenant. Je t'aime et je veux être avec toi.
Elle lui lança un regard auquel il était incapable de résister. Ses yeux le fixaient comme pour l'hypnotiser et le convaincre. Mais quelques doutes résidaient, insidieux, l'empêchant
de se laisser aller totalement à la joie d'entendre ses paroles.
Pacey : Comment je peux te croire, Joey? Qui me dit que tu ne vas pas changer d'avis encore?
Joey (lui prenant les mains, plongeant son regard dans le sien, et d'une voix vibrante d'émotion) : Parce que pour la première fois de ma vie, Pacey, je n'ai plus peur.
Elle prit conscience de la portée de ses paroles en les prononçant. Pour la première fois depuis qu'elle était en âge de prendre des décisions, elle sut enfin ce qu'elle voulait. Et ce qu'elle voulait, c'était vivre avec Pacey,
Joey (de la même voix) : Pacey, je veux être avec toi. J'ai enfin compris que je ne pouvais pas avoir de prise sur l'avenir. Je ne veux plus me poser des questions sur ce qu'il risque de m'arriver. Je veux simplement profiter de chaque moment passé avec toi. Même si un jour tout
s'arrête. Je ne veux rien regretter. Je t'aime.
Du bout des doigts, Pacey lui caressa les cheveux, tendrement, le regard fixé au sien. L'amour qu'il
éprouvait pour elle était infini, si fort que parfois il lui faisait mal. Le bonheur qu'il espérait tant était
désormais à porter de main, elle était devant lui, touchante dans sa façon de lui avouer ses sentiments, fébrile dans l'attente d'une réponse de sa part.
Pacey (taquin) : Tu m'aimes comment? A 20%, 80%, plus qu'un ouragan, moins qu'une quiche lorraine?
Joey sourit, Pacey avait toujours eu un sens aigu de la formule. Comment trouvait-il la force de plaisanter à un moment pareil. Parfois, il la décontenançait, non en fait, il la décontenançait
toujours. Elle savait qu'avec lui, il n'y aurait jamais de temps-mort, qu'il empêcherait la routine
de péricliter leur couple.
Elle s'approcha tout contre lui, posa ses mains sur ses hanches.
Joey (avec tendresse) : Si un mauvais génie ou le Diable
me demande un jour de choisir entre
vivre 1 jour entier avec toi et mourir ou bien vivre toute une éternité mais sans ton amour, je préférerai la première proposition. (puis tout contre ses lèvres) : Voilà comme je t'aime.
Elle lui déposa un baiser sur les lèvres, espérant qu'il y répondrait avec fougue. Mais il avait décidé de jouer avec ses nerfs. Il attendait passif, qu'elle prenne l'initiative. Alors, elle entra dans son jeu. Du bout de la langue, elle humecta les lèvres de Pacey, sensuellement. Ses mains remontèrent le long de son dos pour jouer avec ses cheveux tandis qu'elle se collait davantage contre lui, pour attiser son désir, espérant le faire craquer. Pacey essaya bien de résister quelques minutes. Mais, la présence
du corps frémissant de Joey contre le sien éveilla d'un seul coup son désir. D'une main ferme, il maintint la jeune fille contre lui, tandis que de l'autre main il exerça une pression sur sa nuque et l'embrassa avec fougue. (Falbala)
falbala (15.10.2003 à 22:24)
Joey s’abandonna totalement à leur baiser, frissonnant de plaisir. Elle sentait les mains de Pacey lui caressait le corps, doucement presque fébrilement, cherchant à redécouvrir chaque courbe, chaque cambrure. D’une main douce, elle lui caressa la joue mettant fin à leur baiser, elle le regarda dans les yeux, se perdant dans son regard. Se demandant comment elle avait pu tenir aussi longtemps avant de le rejoindre, de lui avouer son amour. Car désormais, le doute n’était plus permis, Pacey était l’homme de sa vie. Elle n’avait jamais connu quelque chose de comparable avec aucun autre. Pacey lui souriait, il se sentait heureux comme jamais il ne l’avait été encore. Il se dit que finalement cela avait valut le coup de l’attendre. Il ne craignait plus pour leur avenir, il savait qu’ils avaient la vie devant eux, plus rien ne les séparerait, il y veillerait. Il ferait tout pour entretenir la flamme qu’il voyait au fond des yeux de Joey à ce moment précis. Lentement, il descendit sur ses lèvres pour les lui effleurait, Joey avec un sourire taquin se reculait, le forçant à se pencher de plus en plus. N’en pouvant plus, il la souleva dans les airs pour la plaquer contre le mur et prendre possession de ses lèvres, lui arrachant un gémissement de plaisir. Avec fougue, il caressa ses lèvres des siennes, sentant monter le désir en lui, il déboutonna rapidement le chemiser de la jeune fille, pendant que sa bouche avide descendait dans son cou. Joey gloussait sous le plaisir que lui procuraient ses baisers. Brutalement, elle le repoussa afin de l’envoyer à son tour contre le mur, le regardant en souriant, elle entreprit de le défaire de sa veste. Une fois sa chemise ouverte et son torse dévoilé, elle embrassa chaque parcelle de sa peau nue. Pacey sentait s’accroître en lui le besoin irrépressible de lui faire l’amour. Joey remonta doucement vers son cou, prenant tout son temps. Elle cherchait volontairement à l’amener aux bords du plaisir. Tandis qu’elle explorait son cou, Pacey embrassait son épaule dénudée. Enfin, avec passion elle reprit le chemin de ses lèvres. Avec fermeté Pacey la maintenait contre lui, prolongeant le baiser avant que Joey ne se recule pour le fixer.
Joey : Il y a une chose que je voudrais savoir ?
Pacey : Laquelle ?
Joey : Ca t’as amusé de me faire passer ses longues journées d’attente espérant me rendre folle ? lui demanda t-elle en posant de tendre baiser dans son cou.
Pacey : Oui assez avoua t-il.
Joey : C’est bien ce que je pensais.
Elle se plaça devant lui et avança doucement vers ses lèvres. Pacey ferma les yeux, attendant patiemment que ses lèvres rejoignent les siennes. Le baiser ne venant pas, il rouvrit les yeux pour rencontrer le regard espiègle de Joey devant lui.
Pacey : A quoi tu joues ? lui demanda t-il.
Joey reboutonna son chemisier sous ses yeux surpris mais amusé. Il avait compris qu’elle allait, elle aussi, s’amuser avec ses nerfs. S’étant rhabillée, elle se dirigea vers la porte avant de se retourner vers Pacey qui n’avait pas bougé d’un pouce.
Joey : Je crois que tu devrais aller travailler lui dit-elle avec un grand sourire.
Pacey : Ca va, j’ai compris lui dit-il en se rhabillant à son tour.
Joey : Compris quoi ? lui demanda t-elle d’un air innocent.
Pacey : Tu te venges. Je t’ai fais attendre, tu me fais attendre. C’est de bonne guerre. Incroyablement insupportable mais j’ai commencé n’est-ce pas ?
Joey se contenta de lui sourire d’un air entendu.
Pacey : Je suppose qu’il n’y a pas moyen de te faire changer d’avis ?
Joey ne fit que lever les yeux au ciel, s’amusant de la situation.
Pacey : Non évidemment, je m’en doutais.
Joey : Si tu es sage, je passerai peut-être te voir ce soir.
Pacey : Je vais être adorable lui assura t-il.
Sur ce, Joey sortit de la pièce, le laissant seul, lui et son désir inassouvi. Il resta un moment à contempler la porte close. Il avait réussi, il ne parvenait pas encore à y croire, Joey lui était revenue. Soudain, il sentit la grosseur dans sa poche, sortant la boite il jura entre ses dents. Il avait oublié de la lui donner. Il souffla, il le ferait ce soir. Il avait toute la vie pour le faire. Avec un grand sourire, il retourna en cuisine et commença à travailler en sifflotant. Jamais les employés ne l’avaient vu aussi gai. (marjo)
Marjo (15.10.2003 à 22:44)