Résumé : 3 ans après la fin de l’université, Joey réfléchit à sa vie et à son avenir. Elle réalise qu’elle désire un enfant mais que l’homme qui partage sa vie n’est pas celui qu’il lui faut. Après avoir hésité, elle décide de le demander à Pacey…..
Joey était à son travail, assise derrière son bureau. Elle parcourait le même plan depuis plus de deux heures. Relevant les yeux, elle tomba sur une photo d’elle et de ses amis, du temps du lycée, « le bon temps » se dit-elle avec nostalgie. Prenant le cadre dans ses mains, elle parcoura l’image de ses doigts, s’arrêtant sur chaque visage amical. Soudain triste, elle la reposa et se laissa aller au fond de son fauteuil. Lors de sa dernière année à l’université, il y a déjà 3 ans, elle s’était rappelée du plaisir qu’elle avait eu à travailler avec Laura, l’architecte qui lui avait fourni des renseignements pour un devoir au lycée, et elle avait choisi de devenir architecte à son tour. Aujourd’hui, elle ne regrettait en rien son choix, elle adorait son métier et le faisait avec passion. Lorsqu’elle avait obtenu son diplôme, une grande agence de New York l’avait engagée. Donc, elle était venue s’établir dans cette grande et trépidante ville où tout le monde vit à cent à l’heure. Au début, elle avait adoré d’emblée cette mégalopole et son ambiance, et vivait intensément chaque seconde, mais aujourd’hui…rien n’était plus pareil. Elle commençait de plus en plus à avoir peur de ressembler à toutes ces personnes stressées et angoissées qui l’entouraient. Elle sursauta lorsque son téléphone sonna.
Joey : Oui.
Jen : Salut l’intello !
Joey : Je t’ai déjà demandé de ne plus m’appeler comme ça dit-elle en souriant.
Jen vivait elle aussi à New York. Elle était venue s’installer peu de temps après elle, happé par la gloire et le succès. En effet, Jen était devenue styliste et elle était très appréciée dans chaque endroit où elle passait, ses défilés faisaient déplacer les journalistes les plus critiques de la profession. D’ailleurs, Joey portait régulièrement ses vêtements et en était fière.
Joey : Alors comment tu vas ?
Jen : En un mot c’est l’horreur ! J’ai encore deux défilés à boucler et il me manque trois mannequins. Et pour couronner le tout, les vêtements ne sont pas encore terminés.
Joey : Je te fais confiance, tu vas tout arranger.
Jen : Oui, peut-être mais en tout cas, pour l’instant, je meurs de faim. Tu es libre ?
Joey : On se retrouve dans notre restaurant à 13h ?
Jen : Merci, tu es un ange.
Joey : Je sais dit-elle en rigolant. A tout à l’heure.
Joey raccrocha pile au moment où son patron pénétrait dans son bureau. Al, la cinquantaine grisonnante, se tenait juste devant elle. Elle l’avait rencontré lors de son arrivée à « Vivre sa maison » et depuis, il était devenu son mentor et son ami. Il l’avait prise sous son aile protectrice et loin de sa famille, cela lui faisait du bien d’avoir quelqu’un comme lui dans sa vie.
Al : Alors Joey, où en est ce plan ?
Joey : Je suis désolée Al, j’ai du mal à m’y mettre.
Al : Il y a un problème ? s’inquiéta t-il.
Il avait remarqué une baisse de régime chez Joey depuis quelques temps. En temps normal, elle se lançait corps et âmes dans les projets dont elle s’occupait.
Al : Tu peux m’en parler si tu veux, tu sais que je serais toujours là pour toi.
Joey : Merci, je sais mais ne t’inquiète surtout pas pour moi, je vais bien.
Al : Tu es sûre ? Parce que ces derniers temps tu n’as pas l’air dans ton assiette.
Joey se leva avec un sourire et vint se tenir à côté de lui. Doucement, elle l’embrassa sur la joue.
Joey : Je vais bien lui assura t-elle. Je vais rejoindre Jen pour déjeuner.
Al : Embrasse cette petite peste pour moi dit-il en rigolant.
Joey : Promis lui dit-elle en sortant le sourire aux lèvres.
Petite peste était le surnom dont Al avait affublé Jen, mais de sa part, c’était un terme affectueux. Il l’adorait autant que Jen pouvait tenir à lui. Chacun à leur manière, il le démontrait à l’autre, Al le faisait avec ce petit surnom.
Jen avait déjà passé commande lorsque Joey arriva. Prenant place en face d’elle, elle s’excusa de son retard.
Jen : J’ai l’habitude, je passe ma vie à t’attendre.
Joey : Très drôle ! lui dit-elle en lui faisant la grimace.
Jen : Je t’ai commandé une salade du chef l’informa t-elle.
Joey : Merci. Alors dis-moi, tu as réglé tes problèmes ?
Jen : Non et je commence à désespérer. Mais bon, ce midi est consacré à nous deux et je ne vais pas t’ennuyer avec mes petits problèmes.
Joey : Tu ne m’ennuies pas lui assura t-elle.
Jen : Bon, alors comment va Tom ? changea t-elle de sujet.
Soudain replongée dans sa vie, Joey vit l’image de Tom lui passer sous les yeux. Il travaillait avec elle et depuis un an et demi, ils sortaient ensemble et partageaient un appartement. Elle était tombée sous son charme dès le premier regard et n’avait pas tarder à le conquérir. Sans savoir pourquoi, la vision de sa vie la terrifia. Elle était propre et bien rangée, sans bavure. Terriblement ennuyante en conclut-elle.
Jen : Allo la terre !
Joey : Oh pardon s’excusa t-elle.
Jen : A quoi tu pensais ?
Joey : A rien je t’assure.
Des cris retentirent au fond de la salle, d’un même mouvement Joey et Jen tournèrent la tête. Au loin, une mère tentait de calmer son bébé qui pleurait de toutes ses forces blotti aux creux de ses bras. Joey assistait à la scène attendrie, le bébé était si mignon. Elle sentit un vide se formait aux creux de son estomac, elle y porta la main machinalement. Depuis plusieurs mois déjà, la vue d’un enfant la rendait triste et envieuse à la fois. Elle rêvait de la complicité qu’une mère a avec son bébé, de l’amour infini qu’il y a entre ces deux êtres. Sortant de sa contemplation, elle se retourna vers Jen qui était au téléphone.
Joey : Tu ne t’arrêtes jamais lui souffla t-elle légèrement irritée.
Rapidement Jen raccrocha et sourit à son amie.
Jen : Désolée, un oubli de dernière minute. Et puis, je pensais que tu ne me remarquerais même pas tellement tu étais occupée.
Joey : De quoi tu parles ?
Jen : De lui dit-elle en désignant le bébé. Tu le dévorais du regard.
Joey : Tu es ridicule s’offusqua t-elle.
Jen : Mais oui bien sûr.
Elles furent interrompues par le téléphone de Jen qui sonna une fois de plus. Avec un sourire d’excuse elle répondit devant l’air énervé de Joey. Patiente, celle-ci commença son repas. De temps en temps, son regard dérivait vers le petit bébé et un sourire enfantin lui venait au visage.
Jen : A part ça, tu ne le regardais pas ironisa t-elle.
Joey tourna la tête vers son amie qui lui souriait, sachant qu’il était inutile de mentir, elle lui fit un petit sourire contrit.
Joey : Bon d’accord mais avoue qu’il est craquant ?
Jen : Pour moi, il ne représente qu’une petite chose toute sale et braillarde.
Joey : Jen !! s’exclama t-elle indignée.
Jen : Désolée, mais mon horloge biologique n’a pas encore sonné s’excusa t-elle.
Joey se mit à réfléchir, qu’en était-il de la sienne ?
Après avoir parler de tout et de rien avec Jen, et avoir évoqué leurs plus vieux souvenirs ensemble, Joey quitta Jen à la sortie du restaurant. Elle repassa à son bureau pour prendre quelques dossiers et rentra chez elle. A peine, avait-elle franchi le seuil de son appartement, qu’aussitôt elle avait envie de faire marche arrière. Déjà le froid pénétrant de la pièce la glaçait sur place. Elle déposa son sac dans l’entrée et pénétra dans le salon, c’était Tom qui l’avait décoré, sans goût apparemment. Joey n’avait jamais réellement pris le temps de s’en charger, elle ne savait pas pourquoi mais cela ne lui avait pas paru important sur l’instant. Aujourd’hui, elle aspirait à avoir une maison accueillante et agréable à vivre. Un espace à elle où elle se sentirait à l’aise et confortablement installée. Lorsqu’elle regarda autour d’elle, elle fut troublée de constater qu’aucune photo d’elle et de Tom n’ornait les murs ni même une étagère. L’appartement lui semblait impersonnel et froid. Jamais on aurait pu croire qu’il était habité depuis un an et demi par un jeune couple. Rien ne traînait dans les coins, Tom détestait le désordre se souvint-elle. Elle inspira longuement avant d’aller s’asseoir devant son ordinateur, elle avait du courrier, avec un sourire elle entra dans sa boite aux lettres. L’email venait de Dawson. Il lui annonçait qu’il allait bien et qu’il venait de décrocher un nouvel emploi. Depuis qu’il s’était découvert une véritable passion pour l’écriture, il passait son temps à écrire des scénarios et à donner un coup de main aux réalisateurs chargés de les produire. Il adorait son travail et passait son temps à parcourir le monde si bien que le seul moyen de communiquer pour eux était l’email. D’habitude, elle lui répondait tout de suite, mais là, elle ne savait pas quoi lui dire, sa vie lui semblait beaucoup trop morne pour être racontée. C’est pourquoi elle relégua cette tache à plus tard. Elle entendit la porte s’ouvrir et aperçut Tom dans l’entrée. Il lui sourit et vint l’embrasser.
Tom : Ca va ? lui demanda t-il en s’asseyant sur le canapé et en appuyant sur la télécommande.
Joey : Oui merci.
Un match de basket apparut aussitôt sur l’écran de télévision. Joey resta quelques instants à contempler la scène, il était tellement hypnotisé par la télévision qu’il ne voyait même plus sa présence. Avec un bref « ça va », il pensait en avoir dit assez pour remplir la soirée. L’idée qu’il puisse avoir une maîtresse lui avait traversé l’esprit et elle s’était rendue compte qu’elle n’en éprouvait aucune jalousie ni aucun sentiments de colère. Au contraire, elle lui apparaissait telle un soulagement, Joey mettait de plus en plus en doute les sentiments qu’elle éprouvait, ou n’éprouvait plus pour lui. Depuis plusieurs jours déjà c’était un rituel que de se laisser tomber devant la télé en rentrant du travail. En général il n’en délogeait pas avant que Joey ne l’appelle pour manger. Et ensuite, il s’enfermait dans son bureau pour travailler. Au début cela ne l’avait pas trop dérangé mais aujourd’hui, elle le supportait de moins en moins. Aussi elle commanda une pizza qu’elle déposa devant lui avant d’aller se coucher, ce soir elle n’avait pas très faim. Il ne lui posa aucune question, préférant sauter sur la pizza à la place. Plus tard, dans la nuit, Tom vint la rejoindre, elle ne dormait pas encore mais faisait semblant afin de ne pas avoir à discuter ou quoique se soit d’autre, elle n’en était pas d’humeur. Doucement, il vint se serrer contre elle. Bizarrement, elle ne ressentit rien, en temps normal elle se serait blottie contre lui, mais là, seul le froid toujours présent la faisait frissonnait. Au bout d’un long moment elle finit par s’endormir un sentiment de solitude enfouit en elle. (marjo)
Marjo (18.11.2003 à 21:28)
Depuis presque 15 jours, Jen s'interrogeait sur l'attitude de Joey. Elle ne la comprenait plus. Elle était anormalement distraite, préoccupée et ses yeux avaient perdu leur lueur de gaîté, elle semblait totalement désintéressée par tout ce qui l'entourait. A chaque fois que Jen tentait de découvrir ce qui la préoccupait, Joey répondait évasivement que tout aller bien, qu'il n'y avait aucun problème. Chose à laquelle Jen ne croyait pas du tout. Elle la connaissait trop bien. Prise par ses deux défilés et le lot de problèmes les accompagnant, elle n'avait guère eu le temps d'approfondir ses "interrogatoires" mais maintenant que les 2 représentations avaient eu lieu, avec un beaux succès, elle se promit de s'intéresser davantage aux soucis de Melle Potter et de la harceler jusqu'à ce qu'elle lui révèle le fond de ses pensées. Ce qui n'était pas chose gagnée d'avance, Joey étant peu encline aux confidences quand celles-ci n'étaient pas spontanées. Mais Jen était tenace! La ténacité était justement une de ses principales qualités, qualité grâce à laquelle elle s'était hissée au rang auquel elle se situait aujourd'hui, dans l'industrie de la mode.
Elle pénétra dans le restaurant japonais dans lequel elle avait rendez-vous avec Joey pour déjeuner. Elle sirotait lentement son martini lorsque son amie fit son entrée quelque 10 minutes plus tard.
Joey (souriante et l'embrassant) : Salut ma chérie. Ca va?
Jen : Oui très bien et toi?
Joey (un grand sourire aux lèvres) :Très bien. Je ne me suis pas sentie aussi bien depuis une éternité!
Joey héla le serveur et commanda un verre de vin blanc. Jen en profita pour l'observer, intriguée. Elle dut reconnaître qu'elle n'avait pas vu son amie aussi radieuse depuis très longtemps. Elle fut rassurée de constater que cette dernière n'avait fait que traverser une mauvaise passe. Rien de bien inquiétant.
Jen : Je peux savoir ce qui te rend si heureuse?
Joey (avalant une gorgée de vin) : J'ai pris une importante décision qui va changer ma vie, ajouta-t-elle après un court silence.
Jen (fronçant les sourcils) : Laquelle?
Joey (triomphante) : Je veux un enfant.
Jen la regarda totalement éberluée. Qu'est-ce que c'était que cette lubie, encore! Un enfant? Mais qui pouvait bien vouloir d'un petit être braillard?
Joey (posant une main apaisante sur celle de Jen) : Tu dois te demander comment m'est venue cette idée? (Jen hocha la tête). Je vais t'expliquer. Mais je dois te dire que ça a pris un certain temps avant que j'en arrive à cette conclusion. (elle but une autre gorgée de vin avant de poursuivre). Je me suis rendue compte que je n'étais pas heureuse. Je n'avais plus d'entrain, même pour aller travailler, alors que j'adore mon job. Mais tous les matins, je me levais avec un poids sur le coeur, qui ne me quittait pas. Et le soir, je me couchais avec ce même poids, si ce n'est qu'il me semblait plus lourd encore. J'en suis
presque venue à détester ma vie, telle qu'elle était, telle que je l'avais choisie. Et puis un jour, j'ai réalisé que je ressentais un vide immense à l'intérieur de moi. Je ne voyais pas d'où il pouvait provenir. C'est vrai, j'ai tout pour être heureuse. Un travail génial, un patron qui l'est autant, une extraordinaire amie qui est toujours là pour moi (elles se sourirent avec tendresse), un petit ami charmant (cela fut dit avec une légère réticence, que Jen ne remarqua pas). Alors, je me suis longuement interrogée et j'ai découvert que ce que je désirais vraiment, plus que tout au monde, c'est d'être maman. Et depuis que je me suis avouée cette vérité qui était enterrée au fond de moi, de mon coeur, tout me semble plus clair, plus net. J'ai trouvé mon but.
Elle sourit franchement à Jen, visiblement épanouie.
Jen (souriant) : Je suis contente de voir que tu t'en sens mieux. C'est vrai que depuis quelques temps tu n'étais pas toi-même, tu semblais complètement déconnectée. Je commençais sérieusement à m'inquiéter. Et pour te dire la vérité, le déjeuner, c'était pour te cuisiner. J'étais déterminée à te faire cracher le morceau!
Joey : Je t'ai coupé l'herbe sous le pied, alors?
Jen : Oui, plutôt. Tu n'imagines pas le nombre de questions que j'avais préparées, et l'argumentaire que j'avais élaboré pour t'amener à tout me révéler.
Joey (riant aux éclats) : Te connaissant, il devait être plutôt bien fourni!
Jen (de même) : Oui plutôt!! Mais revenons à notre sujet. Tu en as déjà parlé à Tom?
Joey (redevenant soudain sérieuse):Non.
Jen : Ah! Tu veux lui faire une surprise?
Le "non" claqua comme un coup de fouet. Jen fixa Joey avec étonnement.
Jen : Je ne comprends pas. Tu veux un bébé avec Tom, tu ne veux pas lui faire de surprise, alors
qu'est-ce qui t'empêche de le lui dire?
Joey (déterminée) : Bah, peut-être le fait que je ne veux pas de lui comme père de mon enfant.
Cette révélation et surtout la manière dont Joey l'avait énoncée décontenança Jen qui en fit tomber son verre. Il s'écrasa sur le sol en mille morceaux. Le serveur accourut nettoyer les dégâts non sans jeter un regard désapprobateur à l'adresse de Jen qui se confondit en excuses. Ce petit intermède permit aux deux jeunes filles de reprendre leurs esprits, du moins pour Jen car Joey semblait tout à fait maîtresse d'elle-même. Dans ses yeux brillait une lueur de détermination que Jen n'avait plus vu depuis des lustres.
Jen (perplexe) : Tu peux m'en dire un peu plus, s'il te plaît, parce que là, je nage complètement. Il me semblait que tout marchait bien avec Tom?
Joey : Tom est un garçon gentil, mais...
Jen : Tu t'ennuies avec lui?
Joey : Disons que je ne l'aime pas comme je le devrais. Nous sommes ensembles depuis 1 an et demi et la passion a déjà disparu. Si tant est qu'elle ait fait son apparition un jour, acheva-t-elle dans un souffle.
Jen (souriant) : Je ne sais pas pourquoi mais ça ne m'étonne même pas! C'est vrai que Tom est gentil mais je l'ai toujours trouvé fade, insipide. Pas le genre d'homme pour toi!
Joey (sarcastique) : Et c'est quoi selon toi, mon genre d'homme?
Jen (malicieuse, un grand sourire aux lèvres) : Tu sais très bien de qui je veux parler!
Au moment même où elle avait posé la question, Joey le regretta. Quelle perche n'avait-elle pas tendue à Jen! Ne jugeant pas utile de répondre à cette provocation, elle préféra piocher avec frénésie dans son assiette. Jen l'observa sans dissimuler son amusement. Elle adorait taquiner Joey sur certains sujets et particulièrement celui-ci. Mais elle ne le faisait jamais dans le but de la blesser et de la faire souffrir. Elle n'insistait d'ailleurs jamais lourdement. Cependant, Jen pensait que Joey avait, il y a quelques années, commis la plus grosse erreur de sa vie, et ses petites piques distillées de-ci, de-là avaient pour seul but de lui ouvrir les yeux. Mais plus le temps s'écoulait, plus elle doutait d'y parvenir un jour.
Jen (amusée) : Ne mange pas si vite, tu vas finir par t'étouffer!
Joey lui lança un regard noir, à défaut d'autre chose!
Jen (reprenant plus sérieusement) : Pour revenir au sujet "bébé" : Si tu ne veux pas que Tom soit le père, qui est l'heureux élu? Tu as rencontré quelqu'un dont tu ne m'aurais pas parlé?
Joey : Bien sûr que non. Il n'y a personne d'autre dans ma vie.
Jen : Ah! Donc tu vas attendre de trouver la bonne personne, le père idéal, en quelque sorte. Bon, on a encore un peu le temps de voir venir, finit-elle rassurée.
Joey : Jen, tu n'y es pas du tout. Je t'ai dit que je voulais un enfant, pas que je voulais un père pour lui.
Jen se massa les tempes, en proie à un début de migraine. Elle allait de surprises en surprises. Elle avait soudain l'impression d'avoir traversé la 4ième dimension : Melle Joséphine Potter voulait un enfant mais sans père! On aura tout vu! Elle regarda son amie scrupuleusement afin de vérifier qu'elle n'était pas devenue folle. Mais non, elle semblait parfaitement saine d'esprit, ses yeux reflétant une lueur de paix et de tranquillité mêlées à un éclair de joie. Elle était visiblement épanouie, consciente de ce qu'elle voulait et prêt à défendre sa décision contre vents et marées. Jen la connaissait assez pour savoir que lorsqu'elle arborait cette mine, il était très difficile voire impossible de la faire changer d'avis. Cependant, elle avait assez de volonté et de pugnacité pour tenter de changer sa position.
Jen (soupirant) : Je peux savoir comment tu comptes t'y prendre?
Joey : A ton avis?
Jen (avec ironie) : Eh bien je ne sais pas! Tu vas faire un tour sur les docks et chercher un volontaire, peut-être?
Joey (de même) : Tiens, excellente idée, Jen!
Jen (redevenant sérieuse) : T'as pas l'impression de faire n'importe quoi. Un enfant a besoin d'un père autant que d'une mère!
Joey : Jen, j'ai vécu la majeure partie de ma vie sans mon père. Et on ne peut pas dire que toi avec le tien cela soit l'accord parfait. Un enfant peut très bien se passer d'un père. Regarde nous, on s'en sort plutôt pas mal!
Jen (ironique) : Oui, on s'en sort très bien, toutes les 2. On est incapable de s'engager à long terme avec un homme. Tu veux faire un bébé toute seule, je perds mon temps dans des liaisons sans avenir. Oui effectivement, on s'en sort bien!
Joey (lui prenant la main pour la calmer) : Jen! tu sais très bien ce que je veux dire.
Jen : Joey, je ne vois pas pourquoi tu veux à tout prix reproduire les mêmes schémas. Un enfant a besoin d'un père, tu n'as pas le droit de le priver uniquement pour ton bien-être personnel. Attends, attends de rencontrer la bonne personne.
Joey (d'une voix ferme) : Jen, je comprends ce que tu veux dire. Mais je veux un enfant. (d'une voix plus adoucie) : Maintenant, je voudrais savoir si ce petit être pourra compter sur sa tata Jen.
Elle lui fit une petite moue enfantine à laquelle Jen ne put résister.
Jen (soupirant) : Evidemment, que je serai là! Je n'approuve pas mais jamais je ne t'abandonnerai. On a toujours été là l'une pour l'autre. Pourquoi ça changerait?
Joey (émue) : Merci.
Les deux jeunes filles se sourirent une nouvelle fois, les larmes aux yeux. Plus rien ne restait de la réticence que Joey avait éprouvée pour Jen à son arrivée à Capeside. Désormais, et depuis de très nombreuses années, elles étaient inséparables. Elles éprouvaient l'une pour l'autre une profonde amitié, teintée d'admiration et de respect, qui leur permettait de parler de n'importe quel sujet sans censure, préférant toujours être franche l'une envers l'autre. Elles achevèrent leur repas sans plus revenir sur ce sujet. Jen, bien que n'approuvant pas, respecta la décision de Joey, et se fit la promesse solennelle de l'aider autant qu'elle le pourrait. Tout compte fait, devenir tata ne lui déplaisait pas tant que cela! D'ailleurs cela lui donna une idée : Pourquoi ne pas créer une ligne pour bébés? Elle rangea cette idée dans un coin de son cerveau, elle y repensera plus tard.
Jen (tandis qu'elles sortaient du restaurant) : Quand as-tu l'intention d'annoncer la nouvelle à Tom?
Joey : Eh bien le plus tôt possible. Ce soir sûrement. Mais cette décision d'avoir un enfant m'appartient. Il n'a pas à être au courant.
Jen : Et s'il te demande la raison de la rupture?
Joey (du tac au tac) : Manque de sexe!
Elles pouffèrent toutes les deux.
Joey (reprenant son sérieux) : Sans rire, je lui dirai la vérité. A savoir que je ne suis plus
amoureuse de lui.
Jen : L'as-tu seulement été, Joey?
La jeune fille haussa les épaules pour toute réponse. Non probablement.
Joey (avec une petite moue suppliante) : Accepterais-tu de m'héberger quelques temps?
Jen (souriante) : Bien sûr! Mais tu lui laisses l'appartement?
Joey : Oui, sans aucun regret.
Jen : Tu viens quand?
Joey (un peu gênée) : Eh bien, probablement ce soir, dès que j'aurai parler à Tom. Je suis désolée de te prévenir à la dernière minute.
Jen (l'embrassant sur la joue) : Il n'y a aucun problème!! Bon, on se voit ce soir?
Joey hocha la tête. Elles s'embrassèrent à nouveau puis chacune partit de son côté.
Joey était au volant de sa voiture. Depuis près d'une demi-heure, elle pestait contre les autres voitures qui n'avançaient pas, les taxis qui déboîtaient dans tous les sens. Une des raisons pour lesquelles elle détestait vivre à New York. En temps ordinaire, elle se déplaçait rarement avec sa voiture, préférant de loin les transports en commun, nettement plus pratiques. Mais ce soir emménageant chez Jen, elle avait dû se résoudre à prendre sa corvette afin de rallier les trois quartiers qui la séparaient de l'appartement de Jen. Elle avait emporté toutes ses affaires, qui se réduisaient à tous ses vêtements, ses produits de beauté. Elle
n'avait pas souhaité s'encombrer des quelques meubles qui lui appartenaient, ils faisaient désormais partie de son passé. Patientant à un feu rouge, elle se remémora les évènements. Sa rupture avec Tom lui procurait un vif sentiment de soulagement. Cela n'avait pas été évident tout de même de mettre un terme à une histoire qui avait duré 1 an et demi mais Tom n'avait pas fait de scène, n'avait posé aucune question. Il s'était contenté de hocher la tête d'un air dubitatif, il n'avait même pas cherché à la retenir, respectant sa
volonté de rompre. Elle l'en remerciait vraiment. La séparation s'était déroulée sans heurt, sans casse
comme s'il s'y était attendu. Cela valait mieux ainsi. Elle jeta un oeil sur sa droite et fixa une jeune maman avec son bébé. Elle sourit béatement devant cette image et machinalement porta sa main sur son ventre. Dans quelques mois, ce serait son tour. Depuis le jour où cette révélation s'était imposée à elle avec violence, elle se sentait libre. Elle savait enfin ce qu'elle voulait. Elle était consciente qu'élever un enfant toute seule ne serait pas simple mais avec beaucoup d'amour, son bébé et elle s'en sortiraient. Et Jen serait là, même si elle n'adhérait pas à 100% à cette décision.
Un quart d'heure plus tard, elle arriva enfin à destination. Après avoir déchargée la voiture, Jen l'installa dans la chambre d'amie. Jen apporta deux verres de vin blanc et elles s'assirent sur le canapé du petit salon.
Jen : Alors, raconte-moi tout. Comment a-t-il pris la chose?
Joey : Plutôt bien. Pas de cri, pas de larmes.
Jen (amusée) : Tu le regrettes?
Joey : Bien sûr que non!! Mais c'est vrai que pour mon ego, j'aurai apprécié qu'il me supplie de
rester, ajouta-t-elle faussement vexée.
Elles pouffèrent et se resservirent un autre verre.
Jen : Bon, alors maintenant que le pauvre Tom est relégué au rang des souvenirs, comment vas-tu procéder?
Joey (baissant les yeux) : Eh bien, je n'ai pas encore très bien réfléchi à la mise en place de mon projet.
Ce qui était faux. Depuis qu'elle s'était aperçue de sa volonté d'être mère et surtout après avoir constaté qu'elle ne désirait pas fonder une famille avec Tom, elle avait passé en revue toutes les solutions envisageables. Voulant élever cet enfant seule, la première solution était évidemment de faire appel à un institut spécialisé et de faire son choix parmi un échantillon de donneurs anonymes. Cette solution offrait l'avantage de n'avoir de compte à rendre à personne puisque le donneur en question était inconnu. Mais plus elle avait réfléchi, plus cette éventualité lui déplaisait. En effet, même si les fiches de renseignements étaient très complètes, elles ne révélaient seulement que l'état médical du donneur, bien sûr toutes les qualités personnelles étaient quelque peu occultées. Elle n'avait aucune garantie et elle s'était rendue compte qu'elle souhaitait que son bébé ressemble également à une personne qu'elle connaissait. Et
subitement, une idée avait germé dans sa tête. Elle avait extirpé d'un tiroir différentes photos qui dataient de l'époque du lycée et sur lesquelles figuraient ses meilleurs amis. Dawson, Jack et Pacey. Elle avait su immédiatement qu'elle tenait la solution. Elle avait observé un à un ses trois amis, s'arrêtant longuement pour faire son choix. D'emblée, elle avait éliminé Dawson. Premièrement, il tenterait de la faire changer d'avis, puis insisterait pour devenir le père à part entière et enfin, même si elle tenait à une insémination artificielle, elle aurait l'impression de commettre un inceste. Non, vraiment, Dawson n'était pas la bonne personne. Par contre, Jack et Pacey avaient retenu son attention, sans qu'elle arrive à les départager réellement. Il faudrait pour cela les voir tous les deux et attendre leurs réactions. Ce qu'elle s'était promis de faire le plus vite possible.
Jen scrutait Joey, essayant de lire au fond d'elle. Elle devinait qu'elle avait déjà un plan mais pour une raison ou pour une autre, elle refusait de lui en parler. Elle respecta son silence et avala une gorgée de vin. Si Joey ne souhaitait pas énoncer sa décision c'était pour la simple et bonne raison qu'elle ne voulait pas voir le sourire ironique de son amie se dessiner lorsqu'elle lui énoncerait qu'il faisait partie des donneurs potentiels. Depuis des années, elle la taquinait sur ce sujet épineux et loin de l'agacer, elle connaissait l'humour de Jen, elle n'en était pas moins mal à l'aise, sous l'oeil perspicace de son amie.
Elles passèrent le reste de la soirée à discuter à bâtons rompus, rire, s'amuser, retrouvant ainsi les joies des soirées pyjamas qu'elles affectionnaient tant durant leur adolescence. (fabala)
falbala (18.11.2003 à 22:03)
Joey avait décidé de partir pour Boston dès le lendemain matin, elle ne voyait pas de raison d’attendre plus longtemps maintenant que sa décision était prise. Après avoir mis quelques vêtements dans un sac et laissé un mot à Jen, elle prit l’avion, L’idée de prendre la voiture l’avait effleuré mais elle l’avait ignoré car elle n’était pas sûre de pouvoir se concentrer sur plusieurs centaines de kilomètres. D’abord, elle avait prévu d’aller voir Jack, il était son premier choix. Il était gay par conséquent, il serait facile de le convaincre de lui laisser l’enfant à elle. Et puis il n’y aurait pas de problème pour la conception. De plus, Jack était un garçon gentil, doux et il était mignon ce qui ne gâchait rien. Lorsqu’elle pensait à lui, elle savait que si un enfant devait naître entre eux et qu’il ressemblait à son père, elle n’aurait aucun soucis à se faire. Elle espérait sincèrement qu’il serait d’accord parce qu’il était la meilleure solution à son problème, qui n’en était pas réellement un à ses yeux. Décider d’avoir un enfant était la décision la plus facile qu’elle avait eu à prendre dans sa vie. A l’idée de bientôt devenir maman, elle se sentait épanouie et heureuse. Elle avait hâte de sentir la vie grandir en elle et de pouvoir serrer ce petit bout entre ses bras. Jen avait raison d’un certain côté, faire cet enfant seule était un pari risqué mais elle n’avait pas d’autre solution. Premièrement elle voulait un bébé maintenant, sans attendre ce qui ne lui offrait que peu de possibilités. Et elle savait que si elle laissait l’un quelqu’un entrer dans sa vie en tant que père de l’enfant, elle perdrait sa nouvelle liberté retrouvée. Et ça elle ne le voulait pas, elle remettait doucement de l’ordre dans sa vie et pour elle, l’idée d’être avec quelqu’un de nouveau ne pourrait rien apporter de bon pour l’instant. Elle savait que sa vie était arrivée à un nouveau tournant et qu’elle devait faire attention aux décisions qu’elle allait prendre pour son avenir. Arrivée devant la porte de l’appartement de Jack, elle hésita un instant, comment allait-elle lui exposer sa demande ? Et comment lui expliquer tout d’abord sa présence ici ? Elle dut y réfléchir très vite car Jack ouvrit subitement la porte prêt à sortir, et en la voyant il resta stupéfait sur le seuil.
Joey : Bonjour Jack !
Jack : Joey !! Oh mon dieu….s’écria t-il en venant la serrer dans ses bras. Ca va bien faire six mois qu’on ne s’est pas vu ?
Joey : Oui la dernière fois c’est quand tu es venu nous rendre visite à New York.
Jack : C’est ça acquiesça t-il. Mais reste pas là, entre.
Joey : Mais je te dérange peut-être ? Tu allais sortir ?
Jack : J’allais juste faire quelques courses mais elles peuvent attendre, viens.
Joey le suivit jusqu’au salon, elle remarqua d’emblée que son intérieur était décoré avec goûts et imagination. Tout à fait l’opposé de son appartement avec Tom. Affichant un sourire elle s’assit sur le canapé avec lui.
Jack : Alors qu’est-ce qui t’amènes ?
Joey : On n'a plus le droit de venir dire bonjour à ses amis ?
Jack : Si bien sûr mais je croyais que tu étais sur un projet important ?
Joey : Mais je le suis dit-elle avec un sourire radieux. D’ailleurs je travaille dessus, fais-moi confiance.
Jack : Je te crois.
Il l’observait attentivement, quelque chose en elle avait changé, il ne saurait dire quoi, mais elle semblait beaucoup plus détendue et joyeuse que lors de leur dernière rencontre.
Jack : Ca va Joey ? s’enquit-il.
Joey : Je vais très bien le rassura-t-elle. Si tu me parlais de toi ?
Après leur avoir servi à boire, Jack lui raconta sa nouvelle vie d’entraîneur sportif. A l’université, Jack avait intégré l’équipe de la fac et avait recommencé à jouer comme il le faisait au lycée. Il était l’un des plus brillants éléments et il avait même réussi à décrocher une bourse pour des études sportives. Il avait accepté et n’avait jamais regretté, il n’avait ménagé ni ses efforts ni sa peine pour devenir l’un des meilleurs, et il l’était devenu. Rapidement, il avait rejoint une équipe de ligue un. Ils avaient tous été très fiers de lui ce jour. Jusqu’au jour où l’accident s’était produit, Joey se souvint avec tristesse de la blessure au genou qu’il avait eut deux ans auparavant lors d’un match, l’empêchant ainsi de devenir l’une des étoiles montantes du football. Jack avait cru que sa vie s’était brisée en même temps que sa carrière, il lui avait fallu beaucoup de courage et de soutient pour remonter la pente. Aujourd’hui, il entraînait tous les jours de jeunes enfants au football américain et adorait ça. Joey l’écoutait raconter son quotidien, ses fous rires avec les enfants, ses déboires avec ses patrons qui avaient du mal à accepter sa sexualité…Il lui donna aussi des nouvelles d’Andie qui vivait toujours en Italie, à Florence où elle travaillait dans une agence de publicité. Au fur et à mesure que Joey le voyait parler, les choses s’éclaircissaient dans sa tête, oui elle aimait énormément Jack, oui il ferait un excellent géniteur mais au bout du compte elle aurait l’impression de partager un enfant avec son frère, elle tenait trop à Jack pour imaginer lui demander une chose pareille. L’amour qu’elle avait pour lui était pur et innocent, rien avoir avec l’amour fou qui vous fait partager un bébé. Elle essaya bien de se dire qu’au fond tout ce qu’elle voulait de lui, c’était ses petits nageurs mais rien n’y fit. Jack ne pourrait pas être le père. Elle poussa un soupir de tristesse, pourtant, il aurait fait un si bon géniteur. Déçue, elle reporta son attention sur la conversation, heureusement, Jack ne s’était pas aperçu de son moment d’absence.
Une heure plus tard, elle se trouvait assise à la table d’un petit café en ville. Maintenant qu’elle avait éliminé Jack, elle pensa à Pacey. Elle était sûre qu’il ferait un bon géniteur mais au plus profond d‘elle-même, elle avait peur de le lui demander car elle savait qu’il n’abandonnerait pas ses droits facilement. Elle repensa à Dawson, pourquoi pas lui après tout ? Ils se connaissaient depuis qu’ils étaient enfants, il était son meilleur ami. Tout deux se connaissaient par cœur, il ne pourrait pas lui refuser ça. Du moins, elle l’espérait car sa demande allait le choquer au plus haut point. Elle, Joey la prude, qui l’appelait pour qu’il lui fasse un enfant ! En ce moment, il se trouvait encore à Los Angeles, son tournage ne commençait pas avant deux jours. Prenant son courage à deux mains, elle prit son téléphone et composa son numéro.
Dawson : Dawson Leery !
Joey : Dawson, bonjour, c’est Joey !
Dawson : Joey ! Comment vas-tu ? Il y a un problème ? s’inquiéta t-il.
Dawson trouvait bizarre le fait qu’elle l’appelle, cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps et à chaque fois il y avait un problème.
Joey : Non non, tout va bien.
Dawson : Tu m’as fais peur ! dit-il soulagé.
Joey : Je voulais juste prendre de tes nouvelles. Alors ton tournage ? demanda t-elle pour changer de sujet.
Dawson : Tout se passe très bien, le casting est fini, nous avons trouvé l’endroit où le tourner, si tu voyais ça s’emporta-t-il, c’est magnifique !! C’est pile les lieux qu’il nous fallait, c’est tout à fait l’endroit que j’avais imaginé en écrivant le scénario.
Joey : Qui est un chef d’œuvre je n’en doute pas.
Dawson : Je l’espère avoua t-il. Tu sais cet endroit m’a fait penser à nous.
Joey : Comment ça ?
Dawson : : Il ressemble un peu à celui où on allait jouer quand on était petit, tu sais quand on se roulait dans la boue et qu'on se faisait disputer quand on rentrait chez nos parents.
Joey : Je m’en souviens dit-elle en rigolant. On s’est pris de sacrées raclées mais c’était le bon vieux temps !
En disant ça, Joey savait ce que ça signifiait. Elle avait eu raison d’éliminer Dawson. Avoir un enfant avec lui, lui ferait trop bizarre, pas après tout ce qu’ils avaient partagé en couche culotte. Elle se revoyait couchée avec lui dans le même lit, regardant un bon vieux film à la télé. Non décidément, Dawson ne collait pas.
Joey : il va falloir que je te laisse Dawson dit-elle d’une voix lasse.
Dawson : D’accord, j’ai été ravi de t’entendre Joey.
Joey : Moi aussi lui dit-elle sincère. Je te rappelle plus tard.
Dawson : D’accord, à bientôt. Embrasse Jen.
Joey : Promis. Au revoir Dawson.
Dawson : Au revoir Joey.
Joey remit son téléphone dans son sac et regarda son café qui devait être froid maintenant. Bien que l’idée lui déplaisait, il ne lui restait plus qu’une seule solution.
Joey : C’est Jen qui serait contente si elle me voyait se murmura t-elle pour elle même.
Elle paya et attrapa son sac avant de sortir. Elle n’avait plus qu’à aller voir Pacey.
Sur la route, elle pensa à lui, à ce qu’il été devenu. Aujourd’hui, Pacey Witter était instituteur. Il avait eu cette vocation tard dans sa vie mais il s’était accroché pour y parvenir, il avait repris des cours du soir en même temps qu’il travaillait dans un restaurant le midi. Joey lui avait donné un petit coup de main pour ses révisions au moment du diplôme et elle s’était sentie immensément fière de lui lorsqu’il avait décroché son diplôme d’enseignant. Il l’avait remerciée pour son aide de nombreuses fois. Ajoutant que sans elle il n’y serait pas parvenu, chose à laquelle Joey ne croyait pas. Quand Pacey Witter voulait quelque chose, il se battait pour l’obtenir. C’était aussi ce qui lui faisait peur dans le fait de le choisir lui, s’il acceptait sa demande, rien ne lui prouverait qu’il la laisserait vraiment élever l’enfant sans intervenir un jour ou l’autre. Malgré tout, il était sa dernière chance. Elle se surprit à espérer avoir un garçon de lui, un garçon qui lui ressemblerait, qui aurait ses yeux, sa douceur, son humour, sa gentillesse et sa force de caractère…..secouant violemment la tête, elle chassa toute ses idées de sa tête. Tout ce qu’elle voulait de lui s’était un bébé, ensuite, rien ne les rattacherait l’un à l’autre. Un taxi la déposa devant l’école où il travaillait. Elle avança vers la grille, c’était l’heure du déjeuner. Des parents attendaient leurs enfants à la sortie. Elle observa, attendrie, les enfants courir vers leur mère et se serrer dans leurs bras en leur racontant leur journée. Elle aussi, bientôt aurait la joie de connaître ça. Elle chercha Pacey du regard, et le vit plus loin qui discutait avec un petit garçon âgé d’une dizaine d’années, elle se rapprocha avant de comprendre qu’il valait mieux ne pas les déranger tout de suite.
Pacey : Ben, tu es sûr de ne pas vouloir me dire ce qu'il s’est passé à la récréation lui demanda t-il doucement.
Ben : Si je vous le dis, ils vont encore s’en prendre à moi !
Pacey : Je te jure que non lui promit-il.
Ben baissa les yeux vers ses chaussures, il hésitait. Pourtant Monsieur Witter avait toujours été très gentil avec lui. Peu importe les ennuis qu’il aurait après, il ne pouvait pas supporter de voir son professeur aussi inquiet pour lui.
Ben : C’est Peter avoua t-il à voix basse.
Pacey : Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
Ben : Lui et sa bande, ils se moquent toujours de moi….à cause de mon père ajouta-t-il.
Pacey sentit la colère s’emparer de lui. Peter était un enfant malfaisant qui aimait énormément embêter ses camarades en se moquant d’eux. Il allait s’occuper de lui très sérieusement. En plus, il savait ce que Peter avait pu lui dire, il connaissait le passé d’alcoolique du père de Ben.
Pacey : Ben regarde-moi, ton père a eu des problèmes, c’est vrai, mais il les a surmontés. Aujourd’hui, il n’est plus le même homme, pas vrai ?
Ben : Si, c’est redevenu le papa que j’avais avant déclara le petit avec un demi sourire.
Pacey : Tu vois, tu dois être fier de lui et ne plus jamais croire ce que Peter où qui que se soit d’autre te dis. Toi seul sais ce qui se passe chez toi. D’accord ?
Ben : C’est promis dit-il en souriant.
Pacey se tourna pour voir si l’un de ses parents étaient arrivé et c’est à ce moment là qu’il remarqua la présence de Joey. Elle se tenait près d’eux et leur souriait. Mon dieu, cette fille sera-t-elle toujours aussi belle ? se demanda t-il tandis que sa respiration lui faisait faux bond. Derrière elle, il remarqua le père de Ben qui arrivait.
Pacey : Voilà ton père. File-le voir et n’oublie pas ce que je t’ai dit.
Ben : Merci monsieur lui dit-il le regard plein de tendresse.
Pacey lui ébouriffa les cheveux et le regarda s’en aller vers son père. Ayant adressé un dernier signe de la main à son élève, il regarda Joey de nouveau, elle était radieuse. Il s’avança vers elle en souriant.
Pacey : Puis-je vous aider madame ? ironisa t-il.
Joey : Je l’espère vraiment.
Pacey : Joey ! dit-il en la serrant dans ses bras, c’est si bon de te revoir.
Joey : Pour moi aussi avoua t-elle en le serrant très fort contre elle.
Pacey : Que viens-tu faire à Boston ? demanda t-il en se dégageant d’elle.
Joey : J’avais un peu de temps libre alors je suis venu dire bonjour à de vieux amis.
Pacey : Pas si vieux que ça j’espère lui dit-il en rigolant.
Joey : T’inquiètes, tu n’as rien perdu de ton charme, tu es peut-être même encore plus beau qu’avant dit-elle sans s’en rendre compte.
Pacey fut ravi de la remarque et sourit franchement devant l’air gêné de Joey.
Pacey : Et si je te faisais faire le tour du propriétaire ? lui demanda t-il pour la détendre. Tu n’as encore jamais vu la classe où j’enseigne.
Joey : Très bonne idée.
Joey le suivit à l’intérieur en se morigénant. Que lui avait-il pris pour dire une chose pareille ? Non pas que cela fût faux, bien au contraire, elle le trouvait superbe. Il était bronzé et cela lui allait à merveille, elle revit leurs vacances sur le True Love…oh mon dieu, il faut que j’arrête de penser à tout ça ! se dit-elle. Elle se laissa guider à travers la petite école découvrant ainsi l’univers quotidien dans lequel il baignait. Elle l’écoutait attentivement, buvant ses paroles. Il avait l’art de la captiver. Une fois dans sa classe, elle l’observa s’agiter en lui racontant les nombreuses choses qu’il rêvait de faire découvrir à ses élèves. Joey souriait, son métier le passionnait vraiment, elle ne l’avait encore jamais vu aussi épanoui et excité à la fois. A regret Joey du l’informer qu’elle avait un train dans 30 minutes pour Capeside où elle avait prévu d’aller rendre visite à Bessie. Elle voulait aller se ressourcer un peu avant de prendre une décision qui changerait le reste de sa vie.
Pacey : Je t’emmène à la gare décida t-il.
Joey : Pacey, ce n’est pas la peine, je peux appeler un taxi. Tu es occupé et…
Pacey : Et rien du tout, qu’est-ce qui serait plus important que de partager avec toi tes derniers instants à Boston ? lui dit-il en souriant.
Joey : Dis comme ça ! dit-elle avec un sourire ravi. En route.
Dans la voiture, ils discutèrent des dernières nouvelles qu’ils avaient eues des autres. Elle lui rapporta les projets de Dawson, puis elle lui parla un peu de son travail qu’elle adorait et lui raconta les débordements professionnels de Jen ce qui amusa Pacey. Tous deux connaissaient suffisamment Jen pour savoir qu’elle s’en sortirait avec les honneurs. Joey avoua à Pacey sa séparation d’avec Tom et le fait qu’elle ne s’était jamais sentie aussi bien. Il en fut ravi pour elle et secrètement pour lui, il n’avait jamais aimait ce Tom qu’il ne trouvait pas assez bien pour Joey sans jamais oser le lui dire. Une fois arrivés à la gare, il l’accompagna sur les quais et la prit dans ses bras une dernière fois avant qu’elle ne monte dans le train.
Pacey : Ne reste pas aussi longtemps sans revenir lui avait-il murmuré à l’oreille.
Joey : Je te le promets lui avait-elle dit en déposant un léger baiser sur sa joue.
Elle monta et lui fit signe jusqu’à ce qu’il ne fut plus qu’un point dans l’horizon. Alors seulement elle s’assit et se laissa aller au fond de son siège. Le revoir lui avait fait du bien, un bien fou, et Jack aussi. Elle ne s’était pas aperçue à quel point ils lui manquaient tous les deux. Elle s’assoupit jusqu’à l’arrivée en gare de Capeside.
Bessie : Alors petite sœur, que me vaut l’honneur de ta visite ?
Joey : C’est dingue ça, pourquoi personne ne peut simplement penser que je puisse venir vous rendre une petite visite pour dire bonjour.
Bessie : Et bien parce que tu ne le fais jamais, voilà tout.
Joey et Bessie étaient assises dans le jardin, une tasse de thé fumante dans les mains. Bessie avait été chercher sa sœur à la gare, et dès qu’elle l’avait vue, elle avait su que quelque chose se tramait derrière ses grands yeux verts.
Joey : Bon d’accord, j’ai une idée derrière la tête, mais si je t’en parle, tu vas encore t’énerver et me dire que je déraille complètement.
Bessie : Toi tu commences à me faire peur ! Que mijotes-tu encore ?
Joey réfléchit rapidement, devait-elle en parler à sa sœur ? Elle était sûre que celle-ci serait contre. Elle se résigna à lui avouer une partie de ses projets, occultant volontairement l’autre.
Joey : Bon d’accord, je désire avoir un enfant.
Bessie : Un enfant? Seigneur Joey, tu n’as que 26 ans !
Joey : Justement j’ai 26 ans et je ne veux pas attendre d’en avoir 40 pour être maman.
Bessie : Mais tu as encore le temps !
Joey : Non, je veux un enfant, c’est décidé et rien ne me fera changer d’avis, rien ni personne lui dit-elle ne la fixant bien dans la yeux afin que sa sœur sache qu’elle était déterminée à aller jusqu’au bout.
Bessie : Peut-être que Tom a son mot à dire dans l’histoire ?
Joey : J’ai rompu avec Tom, je ne voulais pas de lui pour père.
Bessie éclata de rire.
Bessie : Joey, je suis désolée de te l’apprendre mais pour faire un enfant, il faut être deux se moqua t-elle gentiment.
Joey : Mais on le sera lui assura t-elle.
Bessie : Qui est ce « on » ? demanda t-elle inquiète.
Joey : Je n’en suis pas encore très sûre, je t’en parlerai quand j’y aurai réfléchi.
Sur ce, elle laisse Bessie en plan dans le jardin et rentra à l’intérieur pour prendre une bonne douche. Ce soir, elle devait se décider sur le père de son bébé. Bessie regarda sa sœur s’éloigner, quelque chose lui disait que cette histoire ne valait rien de bon et que Joey allait se mettre dans les ennuis jusqu’au cou. Mais elle savait qu’elle ne pourrait rien pour elle, jamais elle ne pourrait réussir à lui faire entendre raison. Lorsque sa sœur avait décidé quelque chose, rien ne lui faisait renoncer facilement. (Marjo)
Marjo (18.11.2003 à 22:14)
Allongée sur son lit, dans son ancienne chambre, Joey réfléchissait. Non plus sur le choix du géniteur, elle le connaissait. Mais plutôt à la façon de lui formuler sa demande saugrenue. A l'instant même où elle l'avait vu, elle avait su quasi immédiatement que ce serait lui, et personne d'autre. Sans qu'elle n'arrive à se l'expliquer. Et surtout sans qu'elle ne veuille réellement s'interroger. Elle voulait un enfant à n'importe quel prix et il se trouvait que Pacey Witter correspondait tout à fait au type de géniteur qu'elle recherchait. Le fait qu'ils aient vécu tous les deux une grande histoire d'amour n'avait absolument rien à voir dans son choix. Elle tenait à ce que cela soit clair! Pour elle et surtout pour lui quand elle lui exposerait sa démarche.
Le lendemain, elle attendait à nouveau Pacey devant son école. Il était 16 heures et les enfants couraient dans tous les sens à la recherche de leurs mamans, le plus souvent, de leurs papas, parfois. Elle l'aperçut donnant la main à une adorable petite fille qui le regardait avec tendresse. Après lui avoir gentiment ébouriffé les cheveux, il la confia aux bons soins de la mère. Joey prit une large bouffée d'air et rejoignit Pacey qui s'apprêtait à pénétrer dans le bâtiment.
Joey : Pacey!
Pacey (se retournant le sourire aux lèvres) : Joey? Tu ne peux plus te passer de moi, on dirait, plaisanta-t-il.
Joey : Moque-toi Witter!
Ils s'embrassèrent, et ils se dirigèrent vers la classe de Pacey. Pendant qu'il rassemblait ses affaires, Joey s'installa sur une petite table au premier rang. Elle l'observa à la dérobée. Elle examina ses mains qui s'affairaient sur le bureau, rangeant livres, cahiers? dans le sac en cuir noir. Ses pensées lui envoyèrent l'image de ses mains longues et fines, tendres et puissantes lui explorant le corps, lui prodiguant d'enivrantes caresses. Une brusque bouffée de chaleur l'envahit et, rouge jusqu'à la racine des cheveux, elle préféra détourner son regard et le fixer sur les dessins des enfants, épinglés un peu partout dans la salle de classe. Si des images d'étreintes torrides lui envahissaient l'esprit à chaque fois qu'elle se trouvait en sa présence, comment allait-elle faire pour lui communiquer sa proposition, dénuée de toute relation sexuelle. Cela elle y tenait! Pacey releva doucement les yeux vers Joey. Il avait senti son regard posé sur lui, et magnétisé, il n'avait pu résisté à l'envie de planter ses yeux dans son regard de velours. Malheureusement, au même moment, elle se détourna et s'abîma dans la contemplation des chefs d'oeuvres des petits diablotins. Mon dieu, qu'elle était
jolie! Non, pas jolie. Elle était belle, sublime, magnifique, splendide! Et encore ses qualificatifs étaient
beaucoup trop fades à son goût! Il avait presque oublié l'effet qu'elle procurait sur lui.
Joey : Pacey, j'ai une faveur à te demander.
La douce voix de la jeune fille le sortit de sa rêverie.
Pacey : Euh, oui, laquelle?
Joey (gênée) : Eh bien, c'est un peu délicat d'en parler ici.
Pacey (intrigué) : Très bien. Je peux t'inviter à boire un verre?
Joey (plantant son regard vert dans le sien, déterminée) : A vrai dire, je préférerais qu'on aille chez toi, si cela ne te dérange pas?
Pacey (de plus en plus intrigué) : Non pas du tout. J'habite tout près d'ici.
15 minutes plus tard, ils pénétrèrent dans l'appartement de Pacey. Joey nota qu'il était très agréable, meublé avec goût, dans un style très design. Elle s'installa confortablement sur le canapé tandis que Pacey choisit le fauteuil, situé en face, après leur avoir servi deux cafés.
Pacey : Je t'écoute, Joey. Que puis-je faire pour toi?
Elle hésita un instant puis décida de se lancer. Elle n'avait plus trop le choix.
Joey (le regardant dans les yeux) : Un enfant. Je veux que tu me fasses un enfant!
Pacey : Hein?quoi, tu veux?., bredouilla-t-il.
Joey (parfaitement calme) : Je t'ai choisi pour être le géniteur de mon bébé. (sans lui laissant le temps de reprendre ses esprits) : Pacey, je suis à un âge où je ressens comme un besoin vital d'être maman. Depuis que j'ai pris cette décision, je me sens tellement plus heureuse. J'ai trouvé ce qui manquait à ma vie pour être parfaite.
Pacey l'écoutait sans rien dire. Il était sans voix, choqué d'une telle requête. Puis les paroles de Joey firent leur chemin dans sa tête : elle avait parlé de géniteur. C'était bien cela, non? Qu'entendait-elle par "géniteur"? Doucement il reprit pied dans la réalité, et constata que Joey avait fini son monologue dont il n'avait écouté que le début.
Pacey (sérieux) : Qu'entends-tu au juste par "je t'ai choisi comme géniteur"?
Joey : Juste ce que j'ai dit. J'ai besoin d'un échantillon de tes meilleurs nageurs, ajouta-telle
amusée, pour dissiper la tension montante.
Pacey : Donc, si je résume bien : tu veux un bébé, tu me choisis comme géniteur, et mon rôle
s'arrête là, je suis un simple fournisseur.
Joey : : …
Pacey (l'interrompant avant qu'elle ne commence à parler) : Tu te rends compte de ce que tu me demandes, Joey?
Joey : Je te demande ça comme un service d'ami. On est ami, non?
Pacey : Oui, on est ami, maintenant, concéda-t-il. Mais pourquoi moi?
Joey : Parce que je souhaite que mon enfant ait les traits d'une personne que je connais. Et j'ai
pensé que tu étais la bonne personne. Alors ta réponse? demanda-t-elle la voix pleine d'espoir.
Pacey (soupirant) : Joey, écoute, je ne suis pas sûr d'être la personne qu'il te faut. Ca ne peut pas...
Il fut interrompu par la sonnette de la porte d'entrée. Pacey se leva comme à regret et alla ouvrir. Une ravissante jeune femme brune se jeta dans ses bras et lui déposa un tendre baiser.
Pacey (gêné) : Ah, Clara, c'est toi.
Clara : Bah oui, mon chéri. On avait rendez-vous. Tu as oublié?
Il s'effaça pour qu'elle pénètre dans le salon. En apercevant Joey, elle eut un mouvement de recul mais déjà celle-ci se levait vers elle.
Joey : Bonjour. Joey, une amie d'enfance de Pacey, se présenta-t-elle en lui tenant la main
Clara : Enchantée, je suis Clara…
Pacey (l'interrompant volontairement avant qu'elle n'achève sa phrase) : Je refais du café?
Joey : Non, pas pour moi, Pacey. Je dois y aller. Au revoir Clara, j'espère qu'on se reverra.
Clara : Au revoir, Joey.
Pacey accompagna Joey jusqu'à la porte d'entrée.
Joey (gênée) : Je suis désolée, Pacey. Je ne savais pas pour Clara. Oublie ce que je t'ai
demandé.
Pacey : Joey, attends?
Joey (l'embrassant sur la joue) : Merci de m'avoir écouté. A bientôt j'espère.
Elle sortit avant que Pacey n'ait pu prononcer une autre parole. En soupirant, il rejoignit Clara.
Ainsi, il avait quelqu'un dans sa vie. Comment n'avait-elle pas pu l'envisager? Une fois sa décision arrêtée sur Pacey, elle avait pensé que plus rien ne se mettrait en travers de sa route. Naïvement, égoïstement, elle s'était persuadée qu'elle avait fait le plus dur et que Pacey accueillerait sa demande avec joie, pire même qu'il n'attendait que ça! Quelle idiote! Pacey était un jeune homme extraordinaire, il était donc tout à fait normal qu'il soit fiancé, il méritait ce bonheur. Elle repensa à cette fameuse Clara. Pourrait-elle le rendre heureux? Oui, sans aucun doute. Joey ne l'avait aperçue que l'espace de quelques minutes mais elle avait l'air d'être une gentille fille. Bien sur tout rapport. Elle se sentait mortifiée. Qu'allait-elle pouvoir faire maintenant? Durant tout le trajet en train, elle ressassa ses problèmes. Arrivée chez Bessie, elle s'enferma dans sa chambre. Comment avait-elle fait, durant tout le trajet Boston-Capeside pour contenir les larmes qui lui brûlaient les yeux depuis qu'elle avait quitté l'appartement de Pacey, elle ne le sut jamais. Mais à peine la porte de sa chambre franchie, un flot libérateur jaillit. Elle laissa couler le liquide salé le long de ses joues, ne cherchant à aucun moment à l'arrêter. Que pleurait-elle? La stupidité de vouloir un enfant seule? Peut-être. L'option "Pacey" qui semblait perdue? Sûrement. Le fait que Pacey ait quelqu'un dans sa vie ? Sûrement aussi. Il lui était désormais impossible de lui réitérer sa proposition. Elle ne pouvait plus lui demander cela alors qu'il allait s'engager avec Clara. Effondrée, une violente migraine battant ses tempes, elle sombra dans un profond sommeil qui n'eut comme seul réconfort que de lui faire oublier momentanément ses soucis.
Pacey était en route pour Capeside. Depuis une semaine, depuis son étrange entretien avec Joey, il avait peu dormi, submergé par les paroles de la jeune femme. Ce fameux jour où elle était venue, après que Clara soit repartie, il avait analysé sa vie. Il avait fait du chemin. Il exerçait un métier qu'il adorait, il vivait dans une ville dont il était tombé amoureux le jour même où il y a avait posé le pied, près de 7 ans auparavant , il avait un joli appartement. Bref, une vie qui lui convenait. Enfin, le croyait-il. Jusqu'à ce qu'elle débarque une nouvelle fois dans sa vie. Il avait oublié le pouvoir, l'effet qu'elle avait sur lui. Le fait de se sentir vivant, tout simplement. Chaque fibre de son corps, chaque cellule de son être étaient en éveil lorsqu'elle se trouvait près de lui. Seule Joey avait ce pouvoir sur lui. Comment avait-il pu l'oublier? Mais pourquoi l'avait-elle choisi, lui, connaissant leur passé amoureux? Cette question lui avait préoccupé l'esprit durant la nuit entière, sans qu'il ne trouve une réponse satisfaisante. Et pourquoi avait-il refusé? A cause de Clara? Certainement pas. Ils ne se fréquentaient que depuis quelques semaines et il n'était pas plus amoureux d'elle qu'elle ne l'était de lui. Alors pourquoi? Cette question l'accapara durant les jours qui suivirent. La réponse, il la connaissait probablement mais il ne voulait pas se l'avouer, pas encore.
Et puis un jour, la réponse surgit violemment. Il avait refusé pour la simple et bonne raison que Joey ne voyait en lui qu'un simple géniteur. Rien d'autre. Mais lui refusait de jouer ce rôle. Ce simple rôle. Un jour, il y a une éternité, en pensant à son avenir, une image de Joey attendant son enfant lui avait été projetée. Un enfant conçu dans l'amour, naturellement. Certainement pas au prix d'un vil arrangement. C'était pour lui la seule manière de faire un bébé. Voilà pourquoi il avait refusé. Puis il avait eu une vision, une vision d'horreur. Il avait vu Joey enceinte d'un autre que lui et à cette pensée tout son corps s'était crispé et son coeur s'était serré. Cette éventualité lui avait fait mal, terriblement mal. Jamais il n'aurait pu vivre en paix avec cette réalité. Jamais il ne pourrait accepté que Joey puisse avoir un enfant d'un autre homme que lui même s'il savait que pour l'instant elle ne cherchait qu'un donneur. Il ne pouvait encore moins se faire à l'idée qu'un jour, elle trouve l'homme idéal et qu'ils conçoivent cet enfant dans l'amour. Il avait enfin pris sa décision. Dans la foulée, il avait rompu avec Clara et avait décidé de partir pour Capeside où il savait qu'il y trouverait encore Joey.
Le lendemain de cette fantastique révélation, il était donc en route pour sa ville natale. A la radio passait des chansons sans grand intérêt qui l'agaçaient prodigieusement. Il chercha dans la boîte à gants et extirpa un CD au hasard. Le hasard faisant toujours bien les choses, il tomba sur Counting Crows, un groupe qu'il adorait. Joey aussi d'ailleurs. Il se replongea avec bonheur dans cette musique, lui rappelant de bons souvenirs. Lorsque les accords d' "Holiday in Spain" retentirent, il sourit avec nostalgie. C'était une des chansons préférées de Joey. Et lui avait toujours trouvé que cette chanson exprimait tout ce que Joey était pour lui. "she's my angel, she 's a little better than the one used to be with me". Rien n'était plus vrai. Elle était un ange, son ange. Tellement mieux que toutes les filles qu'il avait fréquenté depuis. Il n'avait plus aucun doute maintenant, il acceptait la proposition de Joey, restait à savoir si elle accepterait ses conditions. En tout cas, il ne transigerait pas. C'était cela ou rien. Il fit une prière muette, espérant que tout se déroulerait selon ses voeux. Il engagea sa voiture dans l'allée du Bed&breakfast. Comme si elle s'attendait à sa venue, Joey était assise sur les marches de l'entrée.
Joey (se levant à sa rencontre) : Bonjour Pacey.
Pacey : Bonjour Joey.
La scène de la semaine passée se déroula simultanément sous leurs yeux et une légère gêne s'installa entre eux. Que Joey choisit de rompre.
Joey : Pacey, je suis vraiment désolée. Si j'avais su que tu étais fiancé, jamais je n'aurais osé te
faire une telle proposition.
Pacey (souriant) : Tu a pensé que Clara et moi étions fiancés?
Elle haussa la tête.
Pacey (souriant) : Je me demande bien ce qui a pu te mettre cette idée en tête! C'était pas
sérieux avec Clara. D'ailleurs, on a rompu.
Joey : Ah! Ca a un rapport avec…
Pacey : Non, pas spécialement. On n'était pas amoureux. C'est tout.
Un ange passa.
Pacey (hésitant) : Tu sais, Joey. J'ai bien réfléchi à ta proposition. Je suis d'accord. Si toutefois je suis encore sur les rangs.
Joey (bouleversée) : C'est vrai? (puis se jetant dans ses bras) : Merci Pacey.
Pacey (l'écartant doucement) : Attends, Joey. J'ai pas fini. (la fixant avec détermination)
: Je suis d'accord pour te faire cet enfant à la seule et unique condition qu'il soit conçu de la façon la plus naturelle au monde.
Joey : Tu veux qu'on...(comprenant subitement ce dont parlait Pacey) : Oh!
Elle rougit malgré elle et la pensée de leurs étreintes passées s'imposèrent à elle. Elle les repoussa avec violence. Il était hors de question de procéder tel que le désirait Pacey.
Joey (avec force) : Il n'en est pas question, Pacey!
Pacey (persuasif) : Joey, si tu t'es adressé à moi, c'est que j'étais ton dernier recours.
(voyant qu'elle allait émettre une objection) : Si, si. Compte tenu de ce que nous avons vécu, de la
manière dont cela s'est fini entre nous, je ne devais pas être ta priorité. Toujours est-il que tu en as été
réduite à me le demander. Comme dernier espoir.(le regard brûlant fixé au sien) : Donc voilà, je te
pose le marché en main, j'accepte d'être le donneur à la condition que l'on passe une nuit entière ensemble. C'est ta seule chance d'être mère dans les mois qui viennent, conclut-il un brin présomptueux.
Joey : Je ne suis pas sûre que toute une nuit entière soit nécessaire, bredouilla-t-elle au comble de la gêne.
Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux.
Joey (précipitamment) : J'ai besoin de réfléchir. Je vais faire un tour.
Elle se dirigea vers son ponton. Depuis qu'elle était toute petite, c'était son refuge, son havre de paix. Elle aurait dû être choquée de la contre-proposition de Pacey. Elle aurait dû être en colère, le gifler, pourquoi pas, de profiter ainsi de son désarroi. Au lieu de cela, elle lui avait juste montrer à quel point elle était gênée, à quel point, elle était troublée. A quel point elle était tentée! Pourquoi se leurrer? Depuis qu'elle l'avait revu la semaine passé, depuis qu'elle l'avait choisi comme donneur potentiel, elle était submergée par des flashs de leurs corps tendrement enlacés. Elle avait envie de lui, de toute évidence. Alors soit, elle acceptait de passer une nuit avec lui. Une seule et unique nuit. Puisque c'était le prix à payer pour devenir mère. A l'issue de cette soirée mémorable, elle n'en doutait pas, il en resterait des magnifiques souvenirs et un tout aussi magnifique bébé. En tout cas, elle ferait tout pour ce que cela marche dès la première fois. Ensuite, elle ne voulait plus entendre parler de Pacey, du moins en tant que père de l'enfant. Elle ne souhaitait pas le rayer de sa vie, juste de celle de son bébé. Pour leur bien. C'est ce dont elle tentait de se persuader en remontant vers lui.
Joey : J'accepte. Une nuit, une seule nuit. Et prie pour ça marche.
Pacey (prêt à remonter dans sa voiture) : Très bien. On s'appelle pour régler les détails.
Joey : Attends, j'ai pas fini. J'accepte ta proposition en échange de quoi tu renonces à tes droits
sur l'enfant à venir, annonça-t-elle avec aplomb.
Pacey accusa le coup. Certes il avait obtenu ce qu'il voulait mais il n'avait pas imaginé qu'elle lui demande cela en retour. Bien sûr, il avait compris qu'elle souhaité élever son bébé toute seule, mais de là à nier sa paternité, le choc fut dur à encaisser. Cependant, le regard rivé au sien, il s'entendit dire : D'accord, Joey. Si telle est ta volonté.
Il remonta dans sa voiture et démarra au quart de tour. Neuf mois, neuf mois pour la faire changer d'avis, et il comptait tout mettre en oeuvre pour y parvenir. (Falbala)
falbala (18.11.2003 à 22:49)
Joey arpentait les rues de Capeside à la recherche de paix et de tranquillité. Elle n’avait pas revu Pacey depuis dix jours et elle savait que le grand jour approchait. Elle avait calculé à la minute près, c’était pour demain. Elle devait l’appeler, elle en était consciente mais le simple fait d’entendre sa voix lui faisait peur. Une partie d’elle était encore sous le coup de leur conversation, elle se sentait triste intérieurement. Pourtant, Pacey avait accepté de lui faire un bébé et elle aurait dû en être ravie mais ce qui la dérangeait c’était la façon dont il avait accepté. Sa seule condition avait été de faire l’amour avec elle, comme s'il s’agissait de la chose la plus naturelle du monde, en échange de quoi, il avait facilement accepté de lui laisser l’enfant à elle. Elle s’efforçait de se réjouir mais une partie d’elle était attristée par sa réaction. Tout en marchant, elle se rendit compte qu’elle avançait vers la marina, elle se tenait à l’endroit même où des années plus tôt elle l’avait rejoint et avouait son amour. Elle se revit ce jour-là, elle était heureuse, amoureuse, confiante dans l’avenir. Aujourd’hui, elle en était réduite à demander à un homme, qui plus est un homme qui avait énormément compté pour elle, de lui faire un enfant et d’en abandonner la garde. Il fallait voir la réalité en face, sa vie ne s’était pas déroulée de la façon dont elle l’aurait voulu. Prenant son courage à deux mains, elle prit son téléphone et composa le numéro de Pacey. Il décrocha après deux sonneries.
Pacey : Allo ?
Joey : Bonjour Pacey.
Pacey : Joey ? demanda t-il surpris. Je commençais à me demander si tu n’avais pas changé d’avis.
Joey : Je devais attendre le bon moment.
Pacey : C’est pour quand ? demanda t-il d’un ton sec et froid.
Joey : Demain dit-elle tristement.
Pacey : Très bien, je serai chez moi, tu n’as qu’à venir vers 20 heures.
Joey : Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que je vienne chez toi dit-elle réticente.
Pacey : Tu préfères que je vienne chez Bessie et qu’on le fasse devant Alexander où alors on peut aussi aller concevoir notre bébé dans les toilettes d’une gare centrale s’énerva t-il.
Joey : C’est bon, tu as raison.
Le silence retomba entre eux, c’est alors que Joey se rendit compte qu’il avait dit « notre » bébé, comme s'il aurait un quelconque rôle à jouer dans la vie de l’enfant par la suite.
Joey : Pacey ? dit-elle doucement.
Pacey : Oui ?
Joey : On est bien d’accord ? Ce sera « mon » bébé.
Pacey : C’est ce qui est prévu, non ? répondit-il sèchement.
Joey : Oui murmura t-elle.
Pacey : Très bien, alors à demain.
Joey : A demain.
Elle resta quelques instants le téléphone à la main après qu’il eut raccroché. Cette conversation avec lui avait été une des plus dures qu’ils aient jamais eue. Elle se sentait de plus en plus perdue, au fond elle savait que sa décision était la bonne mais en surface, la soirée de demain la terrifiait. Elle avait peur de se retrouver en face de lui et de tomber sous le flot de ses caresses, de se laisser aller à répondre à ses avances. Non, elle ne devait pas donner libre cours à ses émotions et ne voir en demain que le jour de la conception. Elle savait que si elle lui faisait l’amour, elle serait perdue à jamais. Elle prit sa décision, demain, elle laisserait Pacey coucher avec elle mais elle ne répondrait pas à ses caresses ni à ses baisers. Il lui faudrait être forte, pour elle et son futur bébé.
Pacey se sentait de plus en plus impatient, Joey avait dix minutes de retard. Il était sur les nerfs depuis qu’elle l’avait appelé la veille. Il avait passé la journée dans un brouillard épais, où se mêlait rêve et réalité. Il se surprenait à rêvasser pendant les cours, il se voyait avec Joey, élevant leur bout de chou. Et puis la minute d’après, il se voyait observer les progrès de son enfant de loin, tel un étranger. Cette deuxième vision était totalement exclue, il devait trouver un moyen pour le faire comprendre à Joey. Mais, il se sentait découragé par son attitude. Hier encore, elle ne l’avait appelé que pour lui dire, que le moment était venu. Leur étreinte était programmé, minutée. D’un certain coté, il se sentait utilisé avant d’être jeté aux oubliettes. Il regarda autour de lui, tout était prêt, il s’était donné du mal pour faire de son appartement un endroit magique et agréable. Lorsqu’on sonna enfin à la porte, il courut presque, excité et nerveux. Il se passa une main dans les cheveux, reprenant contenance avant d’affronter le regard de Joey lorsqu’il ouvrit la porte.
Pacey : Bonsoir dit-il calmement en relevant la tête.
Son regard s’arrêta surpris. Joey était vêtue d’une simple robe noire à fine bretelle, surmontée de talon haut. Joey sentit ses yeux la juger et se sentit mal à l’aise.
Joey : Je suis désolée, je…
Joey était bouche bée à son tour, Pacey était terriblement craquant, elle le détailla des pieds à la tête, il portait un pantalon de costume noir, un débardeur blanc avec une chemise ouverte blanche par-dessus. Il était pieds nus et avait une main dans sa poche, décontracté.
Joey : Tu es très beau avoua t-elle sans le vouloir.
Pacey : Et toi tu es magnifique s’exclama t-il totalement subjugué.
Un petit sourire se dessina aux coins des lèvres de Joey lorsqu’elle passa devant lui et pénétra à l’intérieur. Elle avait changé de vêtement une bonne quinzaine de fois avant de se décider sur cette robe. Au début, elle avait pensé qu’elle était un peu trop habillée mais visiblement, elle avait eu son petit effet et en était ravie. Une fois arrivée dans le salon, elle s’arrêta, intriguée, elle embrassa la pièce du regard. Des bouquets de splendides roses rouges se dispersaient, ça et là, des dizaines de bougies la parcouraient, la faisant scintiller et la plongeant inévitablement dans une ambiance douce et romantique. Joey se sentit envahir par une bouffée de chaleur. Pacey vint se placer derrière elle.
Pacey : Ca te plait ? demanda t-il plein d’espoir.
Joey : il était inutile de faire tout ça…
Pacey : On a qu’une soirée, non ? dit-il sur la défensive en se dirigeant vers la cuisine. Le repas sera bientôt prêt.
Joey resta debout, à regarder ce qui l’entourait. Pacey semblait vouloir faire de cette soirée, une soirée mémorable et romantique. Tout ce qu’elle redoutait. Il avait mis les petits plats dans les grands. Elle sentait ses résistances se dissipaient au fur et à mesure qu'elle découvrait l’ambiance feutrée que Pacey avait crée uniquement pour eux. Une délicieuse odeur s’échappait de la cuisine, attirée, elle le rejoignit là-bas.
Joey : Ca à l’air bon dit-elle en souriant pour détendre l’atmosphère.
Pacey : J’espère que ça le sera aussi dit-il en lui souriant à son tour. J’ai fait des spaghettis bolognaise
Joey : C’est mon plat préférée s’écria t-elle.
Pacey : Je sais avoua t-il timidement.
Il reporta son attention sur la casserole incapable de regarder Joey plus longtemps, cette soirée allait lui être difficile, Joey paraissait campée sur ces positions. Il comptait sur son charme naturel pour lui faire prendre conscience de ce qu’elle faisait. Depuis qu’il l’avait revue et qu’elle lui avait fait cette proposition, il n’avait cessé de penser à elle, il avait souvent rêvé d’avoir un enfant avec elle mais jamais encore il n’avait été aussi prêt de le réaliser. Malheureusement pour lui, ce n’était pas exactement comme dans ses rêves. Il s’était longuement interrogé afin de savoir ce qu’il restait de ses sentiments pour elle, avant de comprendre que rien n’était parti. Elle n’était jamais partie, n’avait jamais quitté son cœur. Peut-être même qu’elle avait toujours été là, enfouie quelque part, prête à ressurgir.
Pacey : Tu veux goûter ? lui proposa t-il.
Joey : Volontiers.
Elle s’avança et Pacey lui tendit une cuillère en bois qu’il avait plongé dans la sauce tomate maison qu’il avait préparée. Après y avoir trempé ses lèvres, elle soupira de plaisir, Pacey n’avait pas perdu la main, il était toujours aussi doué pour la cuisine.
Joey : C’est délicieux !
Pacey : Merci lui dit-il content de lui. Va t’asseoir, j’arrive.
Joey s’exécuta et prit place à la magnifique table qu’il avait dressée dans la salle. Il arriva quelques minutes plus tard, deux assiettes dans les mains. Ils dînèrent, tranquillement, appréciant silencieusement la présence de l’autre. Pacey jetait des petits coups d’œil en direction de Joey, cherchant à déceler en elle la moindre faille, mais elle était sûr d’elle. Elle ne se préoccupait pas de lui ni des efforts qu’il avait fait pour lui plaire, à part la remarque qu’elle avait fait en rentrant sur le fait qu’elle le trouvait « craquant », ce qui lui avait apporté un vif plaisir, elle n’avait fait aucune autre remarque. En réalité, Joey faisait des efforts considérables sur elle pour ne pas craquer, elle se sentait au supplice. Elle qui avait cru pouvoir venir, laisser Pacey lui faire un enfant et repartir comme si de rien n’était !! Elle s’était fourrée le doigt dans l’œil.
Pacey : Tu veux danser ?
Joey : Est-ce bien nécessaire ?
Pacey : Non. Mais il me semblait que ma condition n’était pas grand-chose par rapport à la tienne dit-il en prenant les assiette vides et en disparaissant dans la cuisine une fois de plus.
Joey se sentit désolée, c’était lui qui avait raison. Ce qu’elle lui demandait était un gros sacrifice auquel il s’était engagé à ce plier. Elle se dirigea vers la chaine hifi pour la mettre en route, elle arrêta son choix sur une musique douce, lorsqu’il revint, elle lui tendit la main. Avec un sourire, il vint la rejoindre. Elle se laissa aller contre lui, sentant ses membres vibrer à son contact. Pacey la serra dans ses bras et fermant les yeux, il chercha à capter toutes les effluves de son doux parfum. La sentir ainsi près de lui était un sentiment troublant. D’une main tendre, il lui caressa le dos, descendant sa main jusqu’à ses hanches et ravi, il la sentit frissonner sous la caresse.
Pacey : Tu as froid Joey ? se moqua t-il.
Joey releva la tête vers lui, prête à lui sortir une vacherie mais lorsque ses yeux plongèrent dans son regard ténébreux et souriant, elle oublia très vite sa répartie. Perdue dans son regard, elle sentait toutes ses barrières tombées une à une. D’abord, elle avait mis cette robe pour lui plaire, elle devait se l’avouer, elle n’avait pas passé deux heures à essayer des vêtements pour son plaisir personnel. Puis elle n’avait rien redit à la décoration, enfin elle avait accepté le repas et maintenant la danse. Pacey avait les yeux qui glisser vers ces lèvres. Joey sentait qu’il mourrait d’envie de l’embrasser. Que se passerait-il s’il le faisait ? Elle ne résisterait pas longtemps, elle en était sûre. Doucement, il se pencha vers elle.
Joey : Pacey, on ne devra pas….tenta t-elle de dire
Loin d’y prêter attention, il s’en amusa.
Pacey : Dis-moi que tu n’en as pas envie et j’arrêterai dit-il empli d’arrogance.
Joey le regarda piquée à vif, le pire étant qu’il n’avait pas tort !! Dès l’instant où il lui avait ouvert, elle avait eu envie qu’il l’embrasse. Sachant qu’il avait raison, il lui sourit franchement.
Pacey : Tu ne peux pas, pas vrai ?
Joey : Ca t’amuse on dirait ! Je crois que finalement je préfère m’en aller déclara t-elle en s’écartant de lui et en entamant sa sortie.
Pacey : Viens là dit-il en la rattrapant et la forçant à revenir dans ses bras. Tu veux un enfant, je vais te le faire ! dit-il énervé.
Il la souleva dans les airs et la déposa sur son lit. Il se plaça debout devant elle et retirant brutalement sa chemise et son maillot.
Pacey : Bon alors, tu te déshabilles !! lui cria t-il. Tu ne veux pas y passer la nuit, n’est-ce pas ?
Joey commençait à avoir peur de lui, il était très en colère et elle voulait s’en aller d’ici très vite. Et puis, elle ne voulait pas d’enfant comme ça, elle était prête à tout mais pas à ça. Elle se releva et courut vers la porte en pleurant. Revenu à la réalité, Pacey courut derrière elle et l’arrêta avant qu’elle ne s’en aille.
Pacey : Attends, s’il te plait !!
Joey s’arrêta et se retourna pour lui faire face, tel un enfant fautif, il baissa la tête.
Pacey : Je suis désolé, vraiment désolé dit-il en relevant la tête et en la regardant dans les yeux.. Tout ce que je voulais c’est que cette soirée soit parfaite ! déclara t-il tristement.
Joey l’observait tendrement. Cette soirée n’avait pas été qu’un fiasco après tout, le début n’était pas si mal. Et puis, si elle partait maintenant, elle abandonnait ses chances d’avoir un enfant. Elle n’y avait pas vraiment mis du sien ce soir. Elle se rapprocha suffisamment de lui pour le toucher.
Joey : Moi aussi. Viens lui dit-elle en lui prenant la main.
Pacey se laissa entraîner, curieux de savoir où elle l’emmenait. Il se rendit vite compte qu’elle se dirigeait vers sa chambre. Un sourire se dessina sur son visage. Ce n’est qu’une fois revenue à l’intérieur, que Joey remarqua que cette pièce aussi était baignée dans les lueurs des bougies et des roses, tout à l’heure, elle n’y avait même pas prêter attention tellement elle était stupéfaite par l’attitude de Pacey. Elle alluma la radio et une musique diffuse inonda la pièce, au bout de quelques accords, ils reconnurent tous deux l’air de Tuck&Patti sur la chanson « Take my breath away », en un même mouvement leurs yeux se rivèrent l’un à l’autre. Cette chanson leur rappelait tellement de souvenirs à tous les deux. C’était sur cette musique qu’ils avaient fait l’amour ensemble pour la première fois. Lentement, Joey se rapprocha de lui et d’un geste, elle l’invita à danser avec elle. Langoureusement, ils se déhanchèrent aux rythmes de la musique, serrés l’un contre l’autre. Pacey se remémorer silencieusement leur première nuit et y voyait un signe du destin. Il lui fit face et lui sourit, d’un sourire franc et rassurant. Joey baissa ses yeux vers ses lèvres et délicatement, prenant tout son temps, elle descendit jusqu’à elles et les effleura. Cette douce caresse prometteuse avait mis Pacey dans un état second, dès lors il savait qu’il ne pourrait jamais oublier cette nuit et qu’elle viendrait le hanter pendant de longues années encore. Il remonta ses mains le long du corps de Joey, parcourant le tissu soyeux avant de finalement prendre son visage entre ses mains et de prendre possession de ses lèvres. Leur baiser fut intense, teinté d’une fièvre amoureuse inconnue jusqu’alors pour eux.
Joey : Pour mes vêtements, je préférerais que tu le fasses lui murmura t-elle contre ses lèvres avec un sourire enjôleur.
Ravi de s’exécuter, il commença à lui embrasser le cou, descendant progressivement jusqu’à son épaule qu’il embrassa aussi en faisant glisser sa brettelle le long de son bras. Il recommença de l’autre côté avant de la fixer du regard pendant qu’il lui faisait tomber sa robe en bas de ses pieds. Joey sentit des frissons lui parcourir le corps mais elle savait qu’ils n’étaient pas dus à la fraîcheur de la soirée. Seul Pacey avait ce pouvoir sur elle, même en pleine canicule, il était capable de la faire frissonner. Elle posa ses mains sur son torse nu et les glissa lentement vers sa ceinture qu’elle défit rapidement. Elle eut vite fait de le débarrasser de son pantalon aussi ce qui amusa Pacey. Il la souleva dans les airs pour la déposer délicatement sur son lit avant de s’allonger près d’elle. Il l’embrassa de nouveau de façon plus tendre et sensuelle, ses mains sûres et avides parcouraient déjà son corps. Haletante, tremblante, elle donna autant qu’elle reçue, rendant toutes les caresses prodiguées, tous les baisers. Fou de joie et de désir, Pacey lui fit l’amour lentement, passionnément, et à l’instant fatidique, leurs mains se rejoignirent ainsi que leurs yeux. A cet instant même, ils savaient que leur enfant était conçu. Pacey se laissa retomber sur elle, épuisé, fatigué, mais heureux comme jamais il ne l’avait été jusqu’à présent. Joey passa ses bras autour de lui, et le maintint longtemps ainsi, serré contre elle. Lentement, elle lui prodigua de douces caresses dans le dos. Ils partagèrent un moment de pure tendresse.
Quelques heures plus tard, Joey dormait paisiblement sur le côté, Pacey derrière elle, lové contre son corps. Il ne dormait pas, soucieux de garder chaque instant de cette nuit dans sa mémoire. Cette nuit, il avait fait l’amour avec Joey car il était sûr qu’elle s’était donnée à lui corps et âme. Avec un sourire, il passa son bras autour d’elle afin de la sentir plus près de lui encore. Il abandonna sa tête aux creux de son cou et soupira de bien-être. Souvent il avait rêvé d’un instant pareil depuis qu’ils s’étaient quittés. Rien n’était plus beau que la réalité constata t-il avec ravissement.
Pacey : Je t’aime encore murmura t-il de façon quasi inaudible.
Ces mots se perdirent dans le silence de la nuit. Joey dormait profondément et n’avait rien entendu de cette déclaration. Il le valait mieux ainsi pour l’instant pensait-il. Il finit par s’endormir, paisible et heureux. (Marjo)
Marjo (18.11.2003 à 23:13)
Les rayons du soleil percèrent à travers les rideaux et touchèrent Joey de plein fouet, la sortant d'un sommeil réparateur. Elle remua légèrement, essayant de se dégager doucement des bras puissants qui l'étreignaient. Elle se retourna et vit Pacey. Alors, tout lui revint en mémoire, son arrivée chez lui, le dîner romantique et la nuit pleine de passion. Elle rougit de son total abandon, ils avaient fait l'amour tous les 2 sans aucune retenue, violant ainsi le pacte tacite que Joey s'était imposé : Pas de sentiments, pas de dîner, rien qu'une pure relation sexuelle dont le seul but était la conception d'un enfant. Point final. Mais, rien n'avait marché comme prévu, dès l'instant où elle avait pénétré chez lui, elle s'était laissée grisée par cette ambiance. Elle rejeta les moments chaotiques qui avaient précédés leur union pour n'en retenir que le meilleur : Cette parfaite osmose de leurs deux corps l'un contre l'autre, s'épousant à merveille, dansant sur le même rythme. Elle soupira. Il fallait à tout prix qu'elle cesse de se faire du mal. Rien n'était possible avec Pacey. C'était fini, fini depuis longtemps et cela valait mieux ainsi. Elle lui caressa la joue du bout des doigts et se leva. Elle ramassa ses vêtements éparpillés un peu partout dans l'appartement, se rhabilla. Avant de sortir, elle jeta un dernier coup d'oeil vers le lit, Pacey dormait toujours, paisiblement. Elle sourit tendrement, essuya rapidement une larme qui roulait le long de sa joue et sortit précipitamment. Elle pria pour que cette unique fois soit la bonne, jamais elle ne pourrait revivre une nuit dans les bras de Pacey sans perdre une autre partie d'elle.
Pacey bougea, il sentit le froid l'envahir subitement. Il ouvrit un oeil pour s'habituer à la clarté, puis le deuxième et machinalement tendit la main vers sa droite. Rien. Il se retourna subitement. La place où Joey avait reposé cette nuit était vide et en sentant les draps froids comme la glace, il en déduisit qu'elle s'était levée depuis longtemps. Il partit à sa recherche, enjambant ses vêtements. Il n'y avait plus aucune trace d'elle. Il s'approcha de la table où demeurait les vestiges de leur repas et aperçut un petit mot, écrit de la main de Joey.
« Merci pour ton aide, je te tiendrai au courant. »
Le morceau de papier glissa entre ses doigts. Quelle froideur! Comment pouvait-elle écrire cela après les moments qu'ils avaient partagés cette nuit? Des frissons parcoururent son corps. Il secoua la tête, amer. Qu'avait-il imaginé? Qu'après une nuit, elle changerait d'avis et accepterait qu'il fasse partie de sa vie et de celle du bébé? Foutaise! Elle l'avait bien remis à sa place. Il n'était qu'un simple géniteur, un vulgaire fournisseur de petits nageurs. Voilà tout. Mais pour Joey, il voulait bien tenir ce rôle un petit moment! Il ne voyait pas de meilleur façon de concevoir un enfant, d'ailleurs. Il pria en son for intérieur que ses petits nageurs n'aient pas été très performants la veille pour avoir le loisir de recommencer.
Docteur : Félicitation, Mademoiselle Potter, vous êtes enceinte. D'un mois, précisément.
Ces mots tournoyaient dans l'esprit de Joey depuis quinze jours. Elle vivait sur son petit nuage, se sentant pleinement femme, déjà mère. Au moment précis où son gynécologue lui avait confirmé la nouvelle, elle s'y attendait un peu, certains signes ne trompent pas, elle avait vécu comme dans un rêve. Ainsi, leur furtive union avait porté ses fruits. L'espace d'un instant, elle avait presque regretté être enceinte dès le premier essai, pensant qu'il n'aurait vraiment pas été si désagréable de renouveler l'expérience avec Pacey. Mais cet instant avait été aussi bref que le passage d'une étoile filante dans le ciel, vite supplanté par le bonheur de porter la vie en elle. Désormais toutes ses pensées devaient être tournées vers ce petit être grandissant en elle, et non plus sur la manière et le moment où il avait été conçu. De cela, elle ne devait plus y repenser. Pour son bien. Sortir des bras si rassurants de Pacey avaient été plus durs qu'elle ne l'aurait pensé, elle avait présumé de ses forces. Elle devait, chaque jour, se faire violence pour sortir ces images torrides de la mémoire, et jusqu'à présent elle n'y était guère parvenue. Et aujourd'hui, elle se rendait à Boston pour informer Pacey de la réussite de leur entreprise. Une autre épreuve à surmonter. Depuis un mois, ils ne s'étaient plus adressés la parole. Il avait respecté leur accord. Elle aurait tout aussi bien pu lui téléphoner ou bien lui envoyer un faire-part, mais pour une raison qu'elle n'arrivait pas à s'expliquer, elle avait préféré le voir.
Arrivée devant la porte de son appartement, elle hésita un instant. Elle n'avait même pas pris la peine de le prévenir de sa venue. Peut-être était-il sorti ou pire en charmante compagnie? A cette pensée, la nausée monta en elle. A moins que ce ne soit que la manifestation criante de son état. Oui, c'était cela, cela ne pouvait être que cela, n'est-ce pas? se dit-elle pour se convaincre. Elle prit une longue respiration, attendit quelques secondes que la nausée la quitte puis sonna. L'attente lui parut interminable, puis la porte s'ouvrit enfin. Elle resta clouée sur place. Pacey sortait visiblement de sa douche, il n'était vêtu que d'un caleçon, de ses cheveux encore mouillés, ruisselaient de petites gouttelettes qui s'écrasaient sur son torse. Une montée de désir submergea la jeune femme, une envie irrépressible de remplacer les gouttes d'eau par sa langue. Vite, il fallait à tout prix sortir de cette torpeur.
Joey : Bonjour Pacey, réussit-elle à articuler.
Pacey : Joey, lâcha-t-il laconique.
Il détailla la jeune femme. Vêtue d'un jean's et d'un simple t-shirt blanc, il la retrouvait telle qu'elle était dix auparavant, au lycée. Telle qu'elle était au moment où il était tombé éperdument amoureux d'elle. Même habillée ainsi, il la trouvait désirable. Aussi désirable qu'elle l'avait trouvé, il y a quelques instants. Il avait lu avec une satisfaction non dissimulée cette petite lueur de désir qui avait éclairé ses magnifiques yeux verts. S'il l'avait embrassé, elle ne l'aurait pas repoussé, il en était sûr. Mais, sagement, il n'en avait rien fait.
Joey : Tu ne me laisses pas entrer?
Pacey : Si si, bien sûr. Où avais-je la tête? dit-il en s'effaçant pour la laisser entrer.
Il l'invita à s'installer au salon pendant qu'il irait s'habiller. Joey lui en fut silencieusement reconnaissante. Jamais elle n'aurait réussi à résister à l'envie de se jeter dans ses bras s'il était resté quasiment nu devant elle.
Joey : Tu dois te demander ce que je viens faire ici? Lui demanda-t-elle à son retour.
Mon dieu, même en jean's et polo, elle le trouvait sexy. Ses hormones commençaient déjà à lui jouer des tours! Eh bien, elle n'avait pas fini d'en baver!
Pacey : Je m'en doute! Soit mes petits nageurs sont des vrais champions, soit ils ne sont que des amateurs et on doit recommencer! Plaisanta-t-il pour masquer son espoir.
D'ailleurs qu'espérait-il? Qu'elle ne soit pas enceinte pour espérer refaire l'amour avec elle? Ou espérait-il que la femme dont il était toujours épris porte son enfant? La deuxième solution s'imposa à lui.
Joey (après quelques instant de silence) : Je suis enceinte Pacey. Enceinte de 6 semaines.
La nouvelle l'emplit de joie. Une violente bouffée de fierté l'envahit. Elle était enceinte. Comme ces mots résonnaient agréablement à ses oreilles! Il sentit des larmes d'émotion monter à ses yeux et vit un effort surhumain pour les refouler. Il tenta de se composer un visage détaché et distant. Mais Joey avait surpris son trouble, ce qui la perturba au plus haut point.
Pacey : Félicitation, Joey, prononça-t-il froidement. Tu dois être satisfaite de ne pas avoir à
subir à nouveau la corvée de l'accouplement? Lâcha-t-il.
Ces paroles atteignirent Joey comme une gifle. Elle dissimula sa peine du mieux qu'elle put sous un masque de dureté.
Joey : Je ne te le fais pas dire, Pacey.
La tension était montée d'un cran. Rien à voir avec la tension érotique qui avait envahi l'appartement six semaines auparavant. Non, aujourd'hui, c'était plutôt l'inverse.
Pacey (toujours aussi distant) : Je te remercie de t'être déplacée, mais tu aurais très bien pu
me téléphoner ou m'envoyer un faire-part. Après tout je ne suis que le donneur, acheva-t-il amer.
Joey tiqua, il venait justement d'employer les mots auxquels elle avait pensé avant de venir le voir. Drôle de coïncidence!
Joey : Certes, mais j'avais à faire à Boston. Un terrain à visiter pour une future construction,
mentit-elle. Eh puis, je voulais également m'assurer que tout était clair entre nous, Pacey. Je t'ai donné ce que tu voulais, maintenant à toi de me confirmer que tu tiendras ton engagement et que tu ne t'immisceras pas dans la vie de mon bébé, ajouta-t-elle glaciale.
L'entendre asséner ces paroles avec autant de détachement lui vrillait le coeur. Bon sang ne voyait-elle pas qu'à chaque fois qu'elle parlait de son bébé et non de "leur bébé" elle lui faisait plus de mal encore que si elle lui enfonçait un poignard dans le coeur?
Pacey : Un engagement est un engagement. Je tiendrai parole, Joey, déclara-t-il; désabusé.
Oui, je tiendrai parole, Joey, pensa-t-il, à savoir que je ferai tout pour tu acceptes que je fasse partie de vos vies.
Joey (se levant) : Très bien, nous sommes d'accord alors?
Pacey se contenta d'hocher la tête.
Joey : Au revoir Pacey.
Pacey : Au revoir Joey.
Elle s'attarda un moment sur son visage pour le graver dans sa mémoire. Dieu seul savait quand ils se reverraient tous les deux. Sans doute jamais. C'était la meilleure solution.
Une semaine après s'être entretenue avec Pacey, Joey alla voir Jen. Cela faisait maintenant 7 semaines qu'elle portait un petit être dans son ventre, 7 semaines que Pacey et elle avaient conçu cette petite merveille, 7 semaines qu'il avait posé son regard brûlant sur elle, l'avait caressée, lui avait fait l'am... Non, il ne fallait surtout plus repensé à cette nuit. Plus jamais, mais cela se révélait beaucoup plus difficile qu'elle ne l'aurait pensé. Elle secoua la tête avec violence et se dirigea d'un pas décidé vers l'immeuble où Jen avait son atelier de couture. Elle ne lui avait pas encore annoncé la bonne nouvelle, de même qu'elle avait tardé avant de l'annoncer à Pacey. Mais, elle avait tenu à garder cela pour elle seule, quelques jours, le temps d'en profiter pleinement.
Elle pénétra dans le bureau de son amie, qu'elle trouva assise par terre devant des tonnes de tissus.
Joey : Salut ma belle!
Jen (relevant précipitamment la tête) : Ah Joey, c'est toi. Tu vas bien? Ajouta-elle en se
relevant et embrassant son amie sur les 2 joues.
Joey (souriant) : Je vais très bien. Je crois même qu'on ne peut pas aller mieux.
Elles prirent place sur un petit canapé pour discuter plus à leur aise. Jen passa son amie en revue et elle la trouvait changée. Elle souriait paisiblement et portait machinalement ses mains sur son ventre qu'elle caressait doucement.
Jen : Mon dieu! Tu t'es enfin décidée pour un donneur?
Joey : En fait, j'ai fait mon choix depuis longtemps déjà. Je suis ...
Jen (surexcitée) : Enceinte? Tu es enceinte!
Joey (émue) : Oui. Depuis 7 semaines.
Jen serra Joey dans ses bras, avec mille précautions.
Jen : 7 semaines? Tu aurais pu m'en parler avant! Alors raconte-moi tout sur le donneur. Que
précisait sa fiche?
Joey baissa les yeux, gênée. Elle n'avait pas fait part à Jen de sa volonté de ne pas recourir à un donneur anonyme et ni du choix de Pacey comme géniteur. Cette révélation n'était pas facile à faire mais elle était nécessaire. De toute façon, elle finirait bien par l'apprendre alors autant que cela soit par elle.
Joey (mal à l'aise) : Eh bien en fait, je ne suis pas allée dans une banque spécialisée. (Jen
fronça les sourcils d'un air interrogatif) : Je ne voulais pas tomber sur n'importe qui.
Jen : C'est un peu le risque quand on a recours à ce genre de pratique. (puis avec ironie) :
Alors, t'as suivi mon idée, tu es allée sur les docks?
Joey (lui faisant les gros yeux) : Jen!!
Jen : Sérieusement, tu as procédé comment?
Joey (mal à l'aise, redoutant la réaction de Jen) : J'ai demandé à Pacey.
Jen : C'est pas drôle, Joey! (puis voyant le visage sérieux de Joey) : Tu as fait quoi? Tu as
demandé…
Joey : Oui, j'ai demandé à Pacey.
Le rire de Jen remplit toute la pièce. Elle s'était attendue à tout, vraiment tout sauf à cela. Seule Joey était capable de lui ménager ce genre de surprises.
Jen (reprenant son souffle et son sérieux) : Je peux savoir pourquoi lui spécialement?
Joey : Eh bien en fait, je me suis vite rendu compte que je ne voulais pas d'un donneur inconnu…
Jen : Et tu as pensé à Pacey, ton ex?
[Joey : Je voulais que mon bébé ressemble à quelqu'un que…
Jen (l'interrompant, malicieuse) : Que tu as follement aimé!
Joey (lui lançant un regard noir) : Non, je voulais qu'il ressemble à quelqu'un que je connais.
Jen (peu convaincue) : Mais bien sûr! Et pourquoi pas Dawson ou Jack?
Joey (dissimulant la vérité, mal à l'aise) : Euh eh bien…
Jen (que la situation amusait, l'interrompit) : Ils ont refusé! Oh non encore mieux, tu ne leur a
même pas demandé! Ajouta-t-elle un grand sourire aux lèvres.
Joey (soupirant) : Jen, si tu pouvais éviter de rire. Tu gâches tout!
Jen (se reconcentrant) : Pardon. Mais ça m'étonne que Pacey ait accepté une insémination
artificielle, (puis voyant Joey rougir jusqu'à la racine de cheveux et s'agitait) : Mon dieu, vous avez
couché ensemble? (apercevant le visage choqué de Joey) : Pardon, vous avez fait l'amour ensemble?
Joey : C'est plus compliqué que ça.
Jen : Je ne vois pas en quoi c'est compliqué. Vous avez conçu votre bébé de manière naturelle oui ou non?
Joey : Oui. Mais, il le fallait. C'était la seule condition pour qu'il accepte.
Jen (étonnée) : Et toi, tu as accepté?
Joey : Oui en échange de quoi, il renonce à ses droits sur le bébé.
Jen (perplexe) : Que tu aies accepté de couché avec lui, ça ne m'étonne pas, après tout tu es encore folle de lui…
Joey (avec véhémence) : N'importe quoi!
Jen (reprenant sans tenir compte de l'intervention de Joey) : Mais que lui renonce à prendre
part à la grossesse et à l'éducation de votre enfant, ça m'étonne vraiment!
Joey (avec force) : Si j'ai accepté cette condition, c'est uniquement parce que je voulais un
enfant à tout prix. C'est la seule et unique raison!
Jen (taquine) : T'essaies de te convaincre? Parce que si t'essaie de me faire avaler tes
sornettes, c'est raté!
Joey : Je n'essaie de convaincre personne.
Jen : Tu avoueras que c'est quand même bizarre que tu demandes à ton ex, qui entre nous est le grand amour de ta vie que tu n'as jamais oublié, de te faire un enfant de la manière la plus naturelle au monde! Non, tu trouves pas?
Joey poussa un long soupir et se contenta de hausser les épaules.
Jen (enfonçant le clou) : Non, mais c'est vrai, ça me sidère cette situation. T'as pas l'impression que ça signifie quelque chose au fond? Tu demandes à Pacey d'être le père de ton enfant, tu as éliminé d'office toutes les autres solutions et tu n'as gardé que celle-ci, martela-t-elle. Ca ne te fait pas réfléchir un peu?
Joey : Jen, tu m'agaces.
Jen (souriant) : Tu dis toujours ça quand tu sais que j'ai raison mais que tu ne veux pas
l'admettre!
Une nouvelle fois, Joey, faute de réponse percutante et pertinente, haussa négligemment les épaules.
Jen : Et comment a réagi notre cher Pacey à la nouvelle?
Joey se replongea une semaine plus tôt, lorsqu'elle s'était rendue à Boston pour lui annoncer la nouvelle. D'ailleurs, elle ne savait toujours pas ce qui l'avait poussé à y aller alors qu'elle aurait très bien pu se contenter de lui téléphoner. Peut-être pour observer sa réaction. Et elle en était ressortie troublée, oui c'était bien le mot. Il l'avait félicité froidement mais les larmes qu'elle avait pu déceler dans ses yeux bleus démentaient avec force l'apparente sécheresse des propos. Elle se souvint d'avoir senti son coeur se serrer mais plutôt que de s'interroger elle avait préféré restée froide et distante. Bien sûr, elle ne pouvait pas révéler cela à Jen. Elle ne manquerait pas d'apporter son point de vue, et Joey décréta qu'elle l'avait assez entendue pour aujourd'hui.
Joey : Normalement. Il était très content pour moi.
Jen (sceptique) : C'est tout?
Joey hocha la tête. Mais Jen n'avait pas l'air convaincu. Pas du tout. Heureusement pour Joey, son
assistante vint la chercher pour régler un problème avec la création d'une robe.
Jen (se levant) : Tu m'attends?
Joey (se levant à son tour) : Désolée, mais il faut que je retourne au bureau. Al m'attend.
Jen : Ok! On reprendra cette conversation plus tard. Eh Joey, réfléchis à ce que je t'ais dit.
Joey leva les yeux aux ciels. Elle savait malheureusement que Jen n'abandonnerait pas le sujet. Et elle n'avait aucune envie d'y revenir ni même de réfléchir à ce que Jen lui avait dit.
(Falbala)
falbala (18.11.2003 à 23:33)
Dawson venait d’arriver à New York, son tournage venait de prendre fin et il avait très envie de rendre visite à Joey et à Jen. Et puis, comme elles vivaient toutes les deux, ils feraient d’une pierre deux coups pensa t-il en souriant. Il frappa tout doucement, il était encore tôt. Jen vint lui ouvrir et comme il l’avait pensé, elle se réveillait à peine.
Jen : Dawson !! s’exclama t-elle.
Dawson : Salut Jen dit-il avec un grand sourire avant de la serrer dans ses bras. Tu es resplendissante !
Jen : Je sors du lit dit-elle gêné.
Dawson : Mais tu es toujours belle qu’elle que soit l’heure de la journée.
Jen : Flatteur ! Reste pas là, entre.
Dawson la suivit jusqu’à la cuisine où elle leur prépara deux cafés bien fort. Il l’observa pendant qu’elle versait de l’eau dans la cafetière. Vêtue d’un short et d’un T shirt, elle était très jolie, les années n’avait pas essoufflées sa beauté ni son énergie. Tout autour d’elle respirait le bonheur.
Jen : Alors si tu me parler de ton travail.
Dawson : J’adore !! Cet univers est passionnant, extraordinaire, incroyable s’emporta t-il. Le dernier film que j’ai écris viens d’être mis en boîte et sans me vanter, il va être super !
Jen : J’en suis certaine ! Tout ce que tu fais est génial !
Dawson : Je te retourne le compliment lui dit-il avec un grand sourire, j’ai vu ta dernière collection, elle est formidable, j’ai lu que les gens se l’arrachaient littéralement.
Jen : C’est un peu exagérer dit-elle en se sentant rougir, mais c’est vrai que ça marche plutôt bien, je suis contente. Qui aurait dit qu’un jour toi et moi ferions partit des personnes reconnut et appréciés ?
Dawson : On leur aurait probablement rit au nez dit-il en rigolant.
Machinalement, en portant son café à sa bouche, Dawson regarda vers la chambre d’amie.
Dawson : Comment va-t-elle ? murmura t-il.
Jen : Qui Joey ?
Dawson : Oui.
Jen : C’est bon, Dawson tu peux parler, elle n’est pas là, elle s’est levée aux aurores pour aller au marché. Et elle va bien, elle va même très bien dit-elle en rigolant.
Dawson : Et avec Tom ? Elle s’en est remise ?
Jen : Je ne sais même pas si elle en a était triste un jour avoua t-elle en souriant. A vrai dire, je ne suis pas sûre qu’elle ait était sincèrement amoureuse de lui.
Dawson : Tant mieux. Et puis telle que je la connais, elle va foncer tête baissée dans le travail.
Jen : Oui au début mais maintenant qu’elle est enceinte, elle va devoir freiner un peu dit-elle en mettant sa tasse dans le lave vaisselle.
Réalisant ce qu’elle venait de dire, elle releva doucement la tête et tomba sur le regard interdit de Dawson, qui semblait totalement choqué. Il faillit en faire tomber son café. La bouche ouverte, il s’assit sur la première chaise venue.
Jen : Oh mon dieu, je suis désolée Dawson.
Dawson : Joey est…Joey est enceinte ?
Jen : Oui avoua t-elle péniblement. Je ne voulais pas te l’apprendre comme ça, je ne sais pas ce qui m’a prit dit-elle perturbé.
Soudain la porte claqua et Joey fit son entrer gaiement dans la pièce.
Joey : Jen regarde ce que j’ai acheter, j’ai complètement craqué quand je l’ai vu dit-elle en brandissant un petit pyjama avec des nounours dessus.
Elle remarqua d’abord l’air gêné de son amie avant de sentir la présence de dawson. Lentement, elle se retourna et ses yeux tombèrent sur celui-ci.
Jen : Je vais vous laisser dit-elle en sortant rapidement de la pièce.
Joey : Dawson...qu’est ce que tu fais là ?
Dawson : J’étais venu vous faire une surprise mais finalement, c’est moi qui l’ais eu dit-il laconique.
Comme attiré par un aimant, ses yeux descendirent vers son ventre qui s’était légèrement arrondie.
Dawson : Je crois que des félicitations sont de rigueurs lâcha t-il un peu froid.
Joey : Merci dit-elle mal à l’aise. Mais tu sais si j’ai demandais à Pacey c’est parce que…
Dawson : Qu’est ce que viens faire Pacey dans l’histoire ? demanda t-il intrigué.
De plus en plus gênée, Joey prit place sur une chaise en face de lui.
Dawson : Il est de Pacey ???? s’exclama t-il stupéfait.
Joey : C’est une longue histoire.
Dawson : Si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien l’entendre du début.
Joey prit une profonde inspiration et raconta tout à Dawson, dans les moindres détails, son désir de devenir mère, son choix sur le géniteur et ses projets d’avenir.
Dawson : Et pourquoi Pacey ? demanda t-il toujours aussi perdu.
Joey : Parce que ça ne pouvait être que lui lui dit-elle tout simplement.
Dawson : Que lui ? Et moi ? Tu viens bien de me dire que tu ne cherchais qu’un géniteur alors pourquoi pas m’avoir demander à moi ? s’écria t-il. On a partagé bien plus de chose tous les deux que toi avec lui.
Joey : Nous avons justement partagés trop de chose dit-elle doucement. Dawson, toi et moi sommes amis depuis que nous sommes enfants. J’y ais penser c’est vrai, mais à la fin c’était une mauvaise idée. Si tu y pensais calmement tu comprendrais mon point de vue.
Dawson : Comprendre ? Non, je ne peux pas !! Cet arrangement est ridicule ! Et puis, je n’arrive pas à croire que tu ne m’ais rien dit, dit-il en se levant et en faisant les cent pas. J’aurais pu t’aider, je ne sais pas…Quand je pense à toute les fois où tu m’écrivais que tout allait bien et qu’il n’y avait rien de nouveau. Tu n’as pas arrêté de me mentir pendant des semaines dit-il énervé.
Joey : Dawson, je…
Dawson : Non, Joey s’il te plait, ne dit plus rien l’arrêta t-il d’un geste, je crois que je vais m’en aller. J’ai besoin de prendre l’air.
Joey tenta de l’en dissuader mais déjà Dawson franchissait la porte. Elle savait qu’elle aurait du lui dire plus tôt mais elle n’en avait pas eut le courage, aujourd’hui, elle le regrettait amèrement.
Pacey commençait à tourner en rond dans son petit appartement, il ne faisait que penser à Joey. A elle et au petit être qui grandissait en elle. Cela faisait deux semaines qu’elle était venue chez lui pour lui dire qu’elle était enceinte. « Enceinte », se mot résonnait encore dans sa tête, dans quelques mois un petit bébé allait naître, un enfant qu‘il avait conçu avec Joey, un formidable mélange d’elle et lui. Depuis, il ne pouvait plus penser à autre chose. Il fallait qu’il la voit, qu’il sache comment elle allait. Cela faisait deux jours qu’il cherchait un moyen, une solution pour pouvoir monter à New York et après avoir bien réfléchit, il avait choisit d’aller à une réunion de formation qui se tenait justement à New York, cela faisait une bonne excuse. Il remplit un sac vite fait, appela la compagnie d’avion et se réserva un billet. Il aurait tout le week end pour la voir.
5 heures plus tard, il se promenait dans Central park. Il venait d’appeler Jen et elle l’attendait chez elle dans une demie heure. Il en profitait en attendant pour visiter l’univers de Joey. Lors d’une de ces lettres à son arrivée à New York, Joey lui avait parlé d’un petit coin de ce parc de Manhattan qu’elle adorait. Il voulait voir ce qu’elle aimait dans cet endroit. Une fois arrivé à l’endroit décrit, il eut tôt fait de savoir ce qu’elle aimait tant ici. Ce lieu avait un petit côté de paradis pensa t-il. Un amas de rocher former une cascade où venait se désaltérer de nombreux joggeur, la forme des saules pleureurs qui retombaient vers un petit lac offraient une vue magnifique sur la grande ville de New York, une vue qui donnait une impression de beauté, de simplicité mêlé à la grandeur, le tout formant un ensemble harmonieux et agréable à regardait. Un mélange de Capeside et de New York réunit se dit-il. Il s’appuya à la rambarde et contempla l’horizon pendant un long moment avant de constater qu’il était l’heure de se rendre chez Jen. Ensuite, après avoir discuter avec elle, il pourrait affronter l’idée de voir Joey. Il lui fallait se préparer à leur rencontre, savoir quoi lui dire, comment lui dire. Il descendit du taxi et grimpa les marches qui le séparer du loft de Jen. Il frappa et entendit des pas avant que le verrou ne s’ouvre. Soudain, Joey apparut devant lui, tel une vision, elle se tenait sur le seuil, un sourire illuminant son visage jusqu’à ce qu’elle réalise que c’était lui, Pacey, qui se tenait devant elle.
Joey : Pacey ! s’exclama t-elle.
Pacey : Joey ! Je ne suis pas chez Jen ?
Joey : Si…si mais je vis chez elle.
Pacey : Oh !...lâcha t-il en pensant que Jen aurait pu le prévenir.
Joey : Mais toi que fais tu ici ?
Pacey : On m’a envoyé suivre une formation et j’ai pensais que je pourrais lui rendre une petite visite.
Joey : Ah.
Ils restèrent quelques instants, ainsi, sur le pas de la porte, mal à l’aise au fait de se retrouver l’un en face de l’autre.
Joey : Tu veux entrer ? lui proposa t-elle finalement.
Pacey : Je ne voudrais pas te déranger.
Joey : Tu ne me dérange pas lui répondit-elle avec un petit sourire.
Pacey hocha la tête et la suivit à travers le long couloir avant de pénétrer dans un petit salon fort accueillant.
Pacey : Jen n’est pas là ?
Joey : Je suis désolée, elle vient de sortir, et elle m’a demandé de rester pour attendre un livreur qui répondait présent aux commandes spéciales.
Ils se retournèrent subitement l’un vers l’autre, réalisant que Jen leur avait tendu un piège.
Joey : Jen savait que tu venais ? l’interrogea t-elle.
Pacey : Oui. Je suppose que je suis le livreur de…
Il ne termina pas sa phrase, cela lui semblait inapproprié et mal venu. Promptement, il détourna le regard. Il n’avait pas prévu ça, bon il était bien là pour la voir mais pas comme ça, pas ici, pas maintenant. Il ne savait pas quoi lui dire. Pourtant, il y avait réfléchit durant tout le voyage en avion, il avait chercher des arguments pour la faire renoncer à son projets, mais là subitement il se sentait mis à nu, incapable de sortir le moindre mot.
Joey : Tu veux boire quelque chose ? dit-elle pour détendre l’atmosphère.
Pacey : Je veux bien un soda si tu as.
Joey : Je reviens.
Il l’observa quitter la pièce et poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle franchit la porte. Il lui semblait avoir retenu sa respiration tout le temps où elle se trouvait près de lui. Il commençait à se sentir mal, un peu fébrile, lentement il se dirigea vers le canapé et s’assit. Un objet dur dans son dos fit sentir sa présence, le retirant, il en resta surpris. Il s’agissait de deux aiguilles et de morceau de laine, Quelqu’un était entrain de confectionner de la layette. Sachant pertinemment que cela ne pouvait pas être Jen, trop démodé pour elle, il imagina Joey assise à sa place, tricotant un petit bonnet pour leur enfant, « son » enfant se força t-il à penser. Joey revint, et le surprit le vêtement à la main, elle sentit le rouge lui montait aux joues. Rapidement, il reposa l’objet sur le côté et baissa la tête avant de la remonter instinctivement sur le ventre à Joey. Elle avait prit un peu de poids mais cela lui allait bien, elle était très belle, il avait toujours su qu’elle ferait une magnifique femme enceinte. Joey posa une main sur son ventre comme pour se protéger et voyant le regard insistant de Pacey sur elle, l’enleva très vite.
Pacey : Comment vas-tu ? osa t-il demander.
Joey : Je vais bien, merci.
Pacey : Et comment se passe ta grossesse ?
Joey : Bien, je n’ai pas à me plaindre. Je n’ai pas encore eut de nausées dit-elle en esquissant un petit sourire.
A ce moment là, elle reporta une main à son ventre et son expression changea, une douleur intense lui vrilla le bas ventre, crispé, un gémissement s’échappa de ses lèvres. Pacey se leva d’un bond et vint près d’elle.
Pacey : Joey ! cria t-il. Ca va ? demanda t-il inquiet.
Joey : Non ! J’ai mal…Pacey aide moi.
Pacey la soutenait du mieux qu’il pouvait, il l’aida à s’approcher du canapé afin qu’elle s’y installe avant d’attraper le téléphone et de composer le numéro des urgences. Une fois fait, il revint à côté d’elle et lui prit la main.
Pacey : Ils vont arriver ça va aller lui dit-il en lui caressant le front.
Joey tremblait et était en sueur. Il s’efforçait de masquer son angoisse car au fond de lui il était véritablement très inquiet, il ne pouvait même pas imaginer qu’elle perde l’enfant. Cela serait terrible pour elle, et pour lui aussi. Il s’était habitué à l’idée d’être papa et que Joey soit la mère de son enfant. L’ambulance arriva enfin et les transporta tous les deux à l’hôpital le plus proche. Une fois là bas, on pratiqua des examens à Joey et pendant tout ce temps, Pacey resta près d’elle, lui donnant la main. Le gynécologue arriva enfin pour lui faire une écographie, car bien que les infirmières l’ait rassurées sur l’état du bébé et sur le fait que cela pouvait parfois arriver à une femme enceinte de perdre un peu de sang, un deuxième examen éliminerait toute trace de danger. Lorsqu’il se présenta et détailla ce qu’il comptait faire, Pacey se sentit mal à l’aise, pas à sa place. Il allait lui faire une écographie et bien qu’il mourrait intérieurement d’envie de voir son bébé, Joey voulait cet enfant seule et il ne pouvait pas aller contre sa volonté. Tristement, il se leva et la regarda.
Pacey : Je vais t’attendre à côté lui annonça t-il.
Gynéco : Vous ne voulez pas assister à l’écographie de votre enfant ? demanda t-il étonné.
Pacey : C’est le bébé de Joey, pas le mien répondit-il sombrement.
Joey revit en détail, la dernière heure qui venait de s’écouler. Pacey avait été là pour elle, il ne lui avait pas lâché la main et elle devait avouer que s’il n’avait pas été près d’elle, elle se serait sentit atrocement seule. Elle se rappela aussi avec émotion de la première écographie qu’on lui avait faite. C’était un moment de bonheur intense et magique dans la vie d’un parent et même si elle comptait l’élever seule, elle ne pouvait pas empêcher Pacey d’assister à ça.
Joey : Pacey attends !!!
Il se retourna surpris et planta son regard dans le sien.
Joey : Tu peux rester si tu veux.
Il l’observa quelques instant et un sourire discret s’afficha sur son visage, il pouvait lire entre les lignes, ce n’était pas une proposition, en faite, elle voulait qu’il reste. Fou de joie à l’idée de vivre un moment pareil avec Joey, il vint se rasseoir près d’elle et tourna la tête vers l’écran encore noir qu’avait tourné vers eux le médecin. Quelques secondes plus tard, l’écran s’emplit de tache grise et noire, des formes diverses apparaissaient et disparaissaient au grès du mouvement qu’effectuer le gynéco sur le ventre de Joey.,
Gynéco : Votre bébé va bien la rassura t-il.
Joey : Vous êtes sûr ? s’exclama t-elle les larmes aux yeux..
Gynéco : Certain, écouter vous-mêmes.
Il tourna un bouton et le son d’un petit battement de cœur se fit entendre dans la pièce, les battements étaient réguliers. Pacey sentit des frissons lui parcourir le corps, c’était son enfant qu’il entendait, son petit cœur qui battait ainsi. Joey remarqua l’émotion de Pacey, elle savait précisément ce qu’il pouvait ressentir à cet instant précis. Tendrement, elle lui prit la main, Pacey tourna vers elle un regard reconnaissant et sincèrement émut. Sa main tremblé dans celle de Joey. Les larmes aux yeux, il reporta son attention sur l’image que leur offrait le petit écran. Le médecin leur montra la tête et les jambes qui était bien visible, Pacey fut émerveillé par tout ce qu’il voyait, imaginer que cela puisse être un tout petit bébé qui se trouver sur l’image devant lui, son tout petit bébé, lui paraissait invraisemblable. A partir de cet instant, et sentant la main de Joey dans la sienne, il se promit que quoi qu’il lui en coûte, il devrait faire revenir Joey sur sa décision car jamais il ne pourrait abandonner son enfant.
Joey était assise sur le canapé, les jambes repliées sous elle. Elle avait un magazine ouvert devant elle qu’elle tentait en vain de lire. Elle se repassa son après midi en mémoire. D’abord la discussion avec Jen sur le colis important qu’elle devait réceptionné pour elle. Elle sentit une pointe de colère montait en elle, Jen s’était bien moqué d’elle. Décidemment, elle se mêlerait toujours de sa vie ! Elle devait avoir une petite discussion avec Mademoiselle Lindley ! Ensuite, elle repensa à son petit tour à l’hôpital, elle avait réellement eut très peur, l’espace d’un instant, elle avait crut qu’elle était entrain de perdre son bébé. Si tel avait été le cas, qu’elle ironie aurait été la présence de Pacey. Pacey. Il avait été génial aujourd’hui, incroyable même. Malgré ce qu’elle lui avait demandé, il paraissait sincèrement s’inquiéter pour elle et l’enfant. Avoir pu compter sur lui était été réconfortant et apaisant. Même si cela n’avait été que passager. Elle remonta la couverture sur elle et un sourire se dessina sur son visage. C’était Pacey qui la lui avait mit sur elle. Lorsqu’ils étaient sortit de l’hôpital, il avait tenu à la raccompagnée chez elle, et une fois arriver ici, il l’avait forcer à s’allonger un peu en lui faisant promettre de se reposer. Elle avait finalement accepter et s’était assoupit. A son réveil cette couverture était posée sur elle et elle savait que cela ne pouvait être que lui. Elle repensa à sa réaction devant le monitoring du bébé. Il avait été profondément émut, ce moment qu’ils avaient partagé tous les deux avait été fort en émotion et très intenses. Elle se le rappellerait encore pendant longtemps.
Jen : Coucou ! J’ai rapporté des beignets aux fraises lança t-elle.
Joey releva la tête et lui fit un regard noir. A sa vue, le sourire de Jen s’effaça et elle baissa la tête, coupable.
Jen : Sur une échelle de un à dix, tu dirais que tu m’en veux à quel point ? dit-elle timidement.
Joey : Douze !
Jen : Ouch ! dit-elle en relevant la tête vers elle. Ca s’est si mal passer que ça ?
Joey : Ce n’est pas ça la question Jen ! s’écria t-elle. Ce que j’aimerais c’est que tu cesses de te mêler de mes affaires ! Ce que je fais avec Pacey ne te regarde en rien !
Jen : Même si je penses que ce que tu fais est stupide ? dit-elle énervée.
Joey : C’est ma vie et je fais ce que je veux ! Je ne me mêle pas de tes affaires alors ne te mêle plus des miennes.
Jen : Je voulais juste t’aider se défendit-elle.
Joey : Jen dit-elle sur un ton légèrement plus radoucit. Je suis sûre que tu crois faire ça pour mon bien mais ça ne m’aide pas. J’ai prit une décision et j’entends m’y tenir. Alors si tu continu à me mettre des bâtons dans les roues je ne vais jamais pouvoir y arriver. J’ai besoin de toi pour me soutenir et m’aider, pas pour m’enfoncer.
Jen : Je suis désolée Joey dit-elle sincère. Je ne le ferais plus.
Joey : Promis ?
Jen : Promis lui assura t-elle en souriant.
Joey : Bon, je te pardonne à une condition ?
Jen : Laquelle ? demanda t-elle inquiètes.
Joey : Que tu me donnes ces fichus beignets maintenant déclara t-elle en salivant d’avance.
Jen les lui donna avec un grand sourire. Elle savait que Joey ne pouvait pas y résister et c’était pour adoucir leur discussion qu’elle les avait ramenés.
Joey : C’est dommage que je n’ai pas le droit de me lever car sinon je t’aurais bien serrer dans mes bras.
Jen : Pas le droit de te lever ? demanda t-elle intrigué.
Joey : Ordre du docteur dit-elle le beignet plein la bouche.
Jen : Le docteur ? Mais pourquoi tu as été voir un docteur ? s’inquiéta t-elle.
Joey : J’ai perdue un peu de sang avoua t-elle an avalant la dernière bouchée, mais tout va bien, le bébé est en bonne santé.
Jen : Je m’en veux que tu es du subir ça toute seule, j’aurais du être avec toi dit-elle en s’asseyant près d’elle.
Joey : Je n’étais pas seule, Pacey était avec moi dit-elle gênée.
Jen : Pacey ! fit-elle en souriant.
Joey : Jen !! s’exclama t-elle en lui faisant de gros yeux. Tu viens de promettre à l’instant lui fit-elle remarquer.
Jen : Mais je n’ai rien dit se défendit-elle. Mais avoue que c’est quand même drôle que se soit lui qui ait été là ! ajouta t-elle avec un petit sourire en coin.
Joey exaspéré lui lança un coussin que Jen évita en rigolant. (Marjo)
Marjo (18.11.2003 à 23:38)
Une semaine après avoir appris la grossesse de Joey, Dawson se rendit à Boston dans le but d'avoir une sérieuse conversation avec Pacey. Huit jours n'avaient pas été de trop pour refouler sa colère et tenter de retrouver son calme. Il espérait y avoir réussi. Il avait beau y avoir longuement réfléchi, analysé la situation dans tout les sens, il n'y comprenait rien. Comment Joey, sa petite Joey, avait-elle pu avoir une idée pareille? Comment, surtout, Pacey avait-il pu accepter? Serait-ce uniquement pour l'attrait du sexe? Non, même si Pacey était un séducteur, aimant les plaisirs de la chair, il n'aurait tout de même pas accepté d'être le géniteur uniquement pour pouvoir coucher avec elle! Il n'avait pas besoin de tels subterfuges, tenta de se rassurer Dawson. Toutes ses questions tournaient dans sa tête sans qu'il ne trouve une seule réponse et il s'était donc décidé à interroger directement l'intéressé. Il arriva devant la porte de l'appartement de son ami et sonna. A cette
heure-ci, il devait être chez lui. Après quelques secondes, le verrou claqua et la porte s'ouvrit.
Pacey (surpris) : Dawson?
Dawson : Salut Pacey.
Les deux amis s'étreignirent, puis Pacey s'effaça pour le laisser entrer.
Pacey : Que fais-tu à Boston?
Dawson : J'ai fini mon tournage et je me suis dit que je pouvais profiter de mon temps libre pour
visiter de vieux amis!
Pacey (souriant) : Je suis content de te voir. Tu verras Jack, il doit passer un peu plus tard, ajouta-t-il en leur apportant deux bières.
Dawson : Comment va-t-il?
Pacey : Il va bien. Enfin, tu t'en rendras compte par toi-même.
Dawson hocha la tête. Ils burent quelques gorgées puis Dawson rompit le silence.
Dawson : Je sais tout, Pacey.
Pacey fronça les sourcils.
Dawson : Je sais que Joey est enceinte et que tu es le père.
Pacey (amer) : Dans ce cas, le terme géniteur me semble plus approprié, Dawson.
Dawson (exaspéré) : Ne joue pas avec les mots, s'il te plaît! Les faits sont là, Joey est enceinte de toi. Comment as-tu pu accepté?
Pacey : Elle me l'a demandé comme un service, lâcha-t-il laconique.
Dawson : Tu parles d'un service! S'énerva-t-il. Tu lui fais un enfant et ensuite tu abandonnes ta paternité. C'est pratique pour toi, tu as eu ce que tu voulais sans subir les conséquences!
Pacey lui lança un regard noir. De quel droit Dawson venait-il le voir pour lui demander des compte? Il ne devait en rendre à personne! Il ravala la réplique acerbe qui était sur le point de jaillir, il était inutile d'envenimer les choses. De toute manière, il s'était plus ou moins préparé à cette conversation, depuis le jour où il avait accepté la proposition de Joey, il savait qu'une discussion avec leur ami Dawson serait inévitable.
Pacey (calmement) : Je ne crois pas que cette histoire te regarde.
Dawson : Mais bien sûr que si, ça me regarde. Vous êtes mes amis tous les deux. Tu aurais dû tenter de raisonner Joey, au lieu de profiter de cette occasion! Acheva-t-il dédaigneux.
Pacey : Je peux savoir ce qui te gêne le plus? Que Joey décide d'élever son enfant seul ou le fait qu'elle m'ait choisi comme géniteur et non toi? l'interrogea-t-il suspicieux.
Dawson : Je me suis posé la question, c'est vrai. Mais ce n'est pas le fait qu'elle te l'ait demandé qui me gêne?
Pacey (l'interrompant) : Tu veux que je te dise pourquoi elle m'a choisi? Elle m'a choisi pour la simple et bonne raison que je ne lui ai servi que pour concevoir son enfant. Elle n'a pas besoin de moi, juste de mes meilleurs nageurs. Elle n'a pas besoin d'un père. Juste d'un géniteur. Dawson, maintenant que le bébé est là, elle peut me rayer de sa vie, toi non. Elle ne pourra jamais se détacher de toi. Tu fais partie d'elle comme elle fait partie de toi. Voilà pourquoi elle m'a choisi, acheva-t-il plus malheureux qu'il n'aurait voulu le montrer. Il baissa les yeux en proie à une profonde tristesse. Dawson regarda scrupuleusement son ami et toute sa colère se dissipait. Il pouvait ressentir la douleur envahir Pacey. Il était évident que cette situation le rendait malheureux et qu'il n'avait pas juste profité de l'occasion pour coucher avec Joey.
Dawson : Pacey? Pourquoi as-tu accepté si cette situation te fait souffrir?
L'interpellé releva les yeux et darda sur Dawson un regard où recelait l'évidence.
Dawson : Tu l'aimes encore?
C'était davantage une affirmation qu'une question. Pacey esquissa un sourire, son meilleur ami était
toujours aussi perspicace! Un soupir désespéré fut sa seule réponse, un silence de quelques minutes
s'instaura. Dawson réfléchissait à toute allure. Si Pacey était si malheureux de devoir renoncer à la
paternité de cet enfant, pourquoi avait-il accepté? Pourquoi semblait-il aussi résigné? Cela ne lui
ressemblait pas. Le Pacey qu'il connaissait depuis toujours n'abandonnait jamais lorsque la cause lui tenait à coeur.
Dawson : Pacey depuis quand tu fais ce qu'on dit? Depuis que je te connais tu n'en as toujours fait qu'à ta tête!
Pacey fronça les sourcils. Où voulait-il en venir, encore?
Dawson : Si tu aimes Joey, comment peux-tu accepter d'être rayer de la vie de ton enfant?
Le coeur de Pacey fit un bond dans sa poitrine. Dawson était la première personne, en dehors de lui-même, à reconnaître que cet enfant n'était pas seulement celui de Joey mais également le sien. Cela lui apporta un vif réconfort.
Pacey : Mais je ne l'accepte pas, Dawson. Seulement, tu connais aussi bien que moi, sinon mieux, le fonctionnement de Melle Potter. Je ne veux pas la brusquer. Mais j'ai pas l'intention d'abandonner.
Dawson : Donc tu vas tenter de la faire revenir sur sa position?
Pacey : Oui, tout à fait.
Dawson lui sourit. Voilà le Pacey qu'il connaissait!
Pacey (attendri) : Tu sais que le week-end dernier, j'ai assisté à une échographie.
Dawson le regarda surprit, Pacey lui raconta le malaise de Joey, l'admission aux urgences, les examens.
Pacey (ému) : J'ai ressenti une telle fierté en regardant l'écran, en voyant ce petit être, cette
petite partie de moi. Lorsque j'ai entendu son coeur battre, je me suis dit que je n'avais jamais rien
entendu de plus beau! Tu crois vraiment que je pourrais renoncer à ces moments? (Dawson secoua la tête). Mais tu l'as cru? C'est pour ça que tu es venu.
Dawson : Oui, je l'ai cru! avoua-t-il contrit. Je voulais savoir exactement où tu te situais par
rapport à tout ça. Maintenant je le sais.
Pacey : T'es rassuré?
Dawson : Oui. Et pour Joey que comptes-tu faire? Tu vas lui dire tes sentiments?
Pacey (sceptique) : Tu crois franchement que c'est la priorité? Tu vois, j'aimerais déjà lui faire comprendre que notre bébé a besoin de son père. Pour le reste, on verra plus tard.
Dawson alla rétorquer lorsque la sonnerie de la porte retentit.
Pacey : Ah c'est Jack! Annonça-t-il en se levant.
Dawson : Il est au courant.
Pacey : Oui, je lui ai raconté. Il était ravi pour nous! ajouta-t-il ironique.
Il se dirigea vers la porte pour lui ouvrir.
Jack : Salut Dawson! Ca va?
Dawson : Hey Jack! Je vais bien, merci. Et toi?
Les trois jeunes hommes s'installèrent tranquillement et continuèrent à discuter, sans plus trop revenir sur le sujet de la grossesse. Un peu plus tard, ils décidèrent d'aller boire un verre au Hell's Kitchen afin de se rappeler de bons souvenirs.
Jen : Salut Al!! Il faut absolument que je te parle, claironna-t-elle en pénétrant telle une furie dans le bureau.
Al releva subitement la tête de sa table de dessin et jeta un ?il surpris sur Jen. Avec son béret mis de travers couvrant difficilement ses boucles blondes emmêlées , trois-quatre cartons à dessin sous le bras, sa tenue excentrique, une de ses créations sûrement, ainsi que le rouge qui lui colorait les joues, elle offrait l'image de la jeune artiste-type, pleine de fougue mais complètement décalée. Il sourit avec tendresse. Il adorait Jen, tout comme il adorait Joey. Si Marnie et lui avaient pu avoir des enfants, il aurait aimé avoir deux filles comme elles. Sa femme et lui leur vouaient d'ailleurs un amour quasi filial, et elles leur rendaient bien.
Al : Que puis-je faire pour toi? Demanda-t-il en ôtant ses lunettes.
Jen s'assit sur le fauteuil qu'il lui indiquait non sans renverser au passage du fait de ses cartons à dessins, quelques dossiers posés sur la table.
Jen (grimaçant) : Excuse-moi! (après avoir ramassé les dossiers) : Voilà, j'ai besoin de ton aide mais c'est par pour moi, c'est pour Joey.
Al (fronçant les sourcils) : Joey? Qu'y a t-il? Elle a un problème avec sa grossesse?
Jen : Non, pas du tout. Je vais tout expliquer.
Jen s'exécuta et révéla à Al tout ce qui concernait la grossesse de Joey. Elle savait que Joey l'avait déjà prévenu de son état ainsi que de son idée d'élever son enfant seule. Mais elle avait volontairement omis de parler de Pacey, le géniteur et par conséquent de tout ce qu'il avait représenté pour elle. Cependant, Jen se chargea de réparer cet oubli!
Jen : Tu comprends, Al. Il est impensable que Joey élève seule son enfant, sans son père. Et Pacey est disposé à remplir son rôle. Je le connais. Je sais que cette situation lui déplaît et qu'il espère que Joey change d'avis.
Al : Je comprends bien, ma belle. Mais qu'est-ce que je peux faire?
Jen : Eh bien, j'ai eu une idée géniale. Il faut absolument les rapprocher tous les deux. Dans tous les sens du terme et c'est là que tu interviens. (elle resta silencieuse quelques secondes pour ménager son effet) : Il faut à tout prix que tu envoies Joey à Boston!
La surprise cloua Al sur son fauteuil en cuir. Elle en avait de bonnes!
Al : Comment ça "il faut à tout prix que j'envoie Joey à Boston"?
Jen : Pacey habite Boston, si on veut avoir une chance que Joey ne reste pas camper sur sa stupide décision, il faut qu'elle habite près du père de son bébé! Ca me paraît pourtant évident!
Al (réticent) : Attends, un peu, s'il te plaît. Pourquoi est-il si utile que j'expédie Joey, ma
meilleure collaboratrice, à Boston pour la rapprocher d'un homme dont elle ne veut même pas comme père. D'ailleurs, ce Pacey es-tu sûre que c'est quelqu'un de bien? demanda-t-il suspicieux.
Jen (souriant et se levant prestement pour l'embrasser sur la joue) : J'adore quand tu joues les papas protecteurs!! Mais là c'est inutile, si tu connaissais Pacey, tu verrais tout de suite que c'est un jeune homme adorable, un ami exemplaire et surtout tu verrais que Joey et lui sont faits l'un pour l'autre!
Al (sceptique) : Pourquoi ne sont-ils pas ensemble alors?
Jen (balayant cette question d'un revers de la main) : Va savoir! Mais je sais que cela ne tient qu'à Joey. Elle le sait très bien d'ailleurs mais pour une raison que je ne comprends pas elle refuse de l'admettre!
Al : C'est peut-être tout simplement parce que tu prends tes désirs pour des réalités!
Jen haussa les épaules, négligemment.
Jen : Occupes-toi seulement d'envoyer Joey à Boston. C'est tout ce que tu as à faire! Moi je
m'occupe du reste! Acheva-t-elle avec un sourire malin.
Al : Quand tu as cet air, mieux vaut se méfier! Plaisanta-t-il.
Jen : Al, quand Joey t'as raconté sa situation, sa volonté d'élever son enfant toute seule, ne me dis pas que tu as approuvé?
Al : Non, je n'ai pas approuvé, je suis persuadé qu'un enfant doit être entouré de ses deux parents. Mais cela ne nous concerne pas.
Jen : Tout ce que je veux c'est le bonheur de Joey. Et je sais que son bonheur se trouve à Boston, dit-elle avec insistance, accompagné d'une moue suppliante.
Al : Comment veux-tu que je te résiste, avec ce regard, soupira-t-il.(après quelques minutes de
réflexion) : Bon, je crois bien avoir une solution à ton problème, J'aurais dû y aller moi-même mais je pense que Joey me remplacera à merveille.
Jen : Tu es génial, s'écria-t-elle en se jetant dans ses bras. Alors en quoi ça consiste?
Al lui expliqua son projet en détail et Jen l'écoutait, hochant la tête de temps en temps.
Jen : C'est parfait! Tu peux aller la voir!
Al : Eh c'est qui le patron ici! grommela-t-il, faussement courroucé.
Jen (amusée) : Désolée!
Al : Bon, tu restes là et tu attends mon compte-rendu? Demanda-t-il en se dirigeant vers la porte.
Jen : Non, je dois manger avec Joey à 13 heures donc je vous rejoins dans son bureau et bien sûr on fait comme si on ne s'était pas encore vu! Ajouta-t-elle avec une mine de conspiratrice.
Al : Ouais, conclut-il peu convaincu.
Il sortit du bureau. Jen attendit plusieurs minutes avant de le suivre et elle se cacha de telle sorte à pouvoir entendre l'entretien entre Joey et son patron et ainsi faire irruption le moment venu.
Al : Joey? Je peux te parler une minute? questionna-t-il après avoir frappé légèrement contre la porte.
Joey sursauta, elle était tranquillement perdue dans ses pensées, toutes tournées vers son petit trésor reposant en elle. Al remarqua son trouble et sourit tendrement. Depuis qu'elle lui avait annoncé son état, il la trouvait plus épanouie, plus heureuse. Certes, elle passait plus de temps perdue dans les nuages mais il ne pouvait pas le lui reprocher, son travail n'ayant jamais était négligé.
Joey (souriant) : Oui, bien sûr. Que puis-je faire pour toi?
Al (prenant place sur le siège en face de Joey) : Eh bien voilà, il faudrait que tu ailles à Boston quelques temps.
De surprise, Joey laissa tomber son crayon qu'elle tenait serré entre ses doigts.
Joey : Mais pourquoi moi? Pourquoi Boston? Pour y faire quoi? demanda-t-elle gagnée par un début de panique.
Al : Toi parce que tu es la meilleure architecte de cette agence. Boston parce que c'est là qu'est
implantée la société MacMillan et tu dois y aller pour superviser les plans et les travaux de leur nouveau complexe cinématographique.
Joey : Ah non, non, non! Tu es de loin le meilleur architecte. Pourquoi n'y vas-tu pas?
Al : A l'origine je devais y aller mais des problèmes importants me retiennent ici, je ne peux pas
m'absenter trop longtemps. Et ce projet nécessite une présence quasi quotidienne sur les lieux.
Joey : Mais, je devrais faire des allers-retours fréquents, alors? Dit-elle d'une voix blanche.
Al sentait que Joey commençait à perdre pieds, il s'en voulait d'être responsable de son mouvement d'inquiétude. Mais pourquoi s'était-il laisser convaincre par sa petite peste blonde?
Al : Je sais que tu t'inquiètes pour ta grossesse et la fatigue que pourrait occasionner tous ces
déplacements, c'est pour ça que je te propose une solution. Marnie et moi possédons un appartement à Boston que nous avons reçu en héritage, tu peux y habiter, il n'y a aucun problème.
Joey se massa légèrement les tempes, tentant de trouver un prétexte pour ne pas se rendre à Boston. Elle ne pouvait pas y aller, c'était impossible.
Joey : Pourquoi ne demandes-tu pas à Matt? Proposa-t-elle en ultime recours.
Al : Il est déjà sur le projet commandé par la mairie de New York sur la rénovation des parcs.
Joey : Al, je ne peux pas aller à Boston?
Al : Mais je croyais que tu adorais cette ville!
Joey : Oui, le problème n'est pas là, mais je vais je vais me retrouvais toute seule pour les derniers mois de ma grossesse, tenta-t-elle complètement paniquée.
Al : Mais tu ne seras pas seule, tu m'as dit que tu avais des amis là-bas. Tu pourras sûrement compter sur eux, affirma-t-il.
Intérieurement, Al fustigea Jen de l'avoir contraint à pousser Joey dans ses derniers retranchements. Il espérait pour la petite blondinette que son plan d'entremetteuse fonctionne, sinon, elle passerait un mauvais quart d'heure.
Joey (soupirant) : Bon, je suppose que je n'ai pas le choix! Quand dois-je partir?
Al : Je règle les derniers détails et je te le redirai, mais ce ne sera pas avant la semaine prochaine, voire dans deux semaines. Ca te laisse le temps de préparer ton déménagement.
Joey hocha la tête. A ce moment déboula dans la pièce, une Jen toujours encombrée.
Jen (allant directement l'embrasser : Salut ma chérie, tu vas bien? (Puis se retournant vers Al, feignant la surprise) : Ah Al, tu es là? Comment vas-tu ? demanda-t-elle en l'embrassant sur les deux joues.
Al : Je vais bien, merci. Bon, je dois vous laisser?
Joey : Tu ne veux pas manger avec nous?
Al : Non, désolé. J'ai rendez-vous avec des clients dans une vingtaine de minutes. Bye, les filles.
Joey/Jen : Bye Al.
Jen (se retournant vers Joey) : Regarde ce que j'ai dessiné pour le petit bout de chou, dit-
elle en ouvrant un de ces cartons à dessin et étalant des croquis de meubles, berceaux.
Joey : Tu te lances dans l'ameublement, maintenant?
Jen : Uniquement pour mon neveu ou ma nièce. Qu'en penses-tu?
Joey (observant un à un les croquis) : Très original, j'aime beaucoup.
Jen : J'en suis ravie.
Joey : Mais tu as l'intention de les fabriquer toi-même? Demanda-t-elle, sarcastique.
Jen (avec un sourire énigmatique) : J'arriverai sûrement à trouver des petites mains en or, tu
sais, des petites mains, ou devrais-je dire, des belles grandes mains ayant déjà travaillé le bois, en retapant un bateau, par exemple, déclara-t-elle les yeux plein de malice.
Joey : Je vais faire semblant de ne pas comprendre de qui tu parles, lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel, agacée. C'est comme ça que tu ne te mêles plus de ma vie? Demanda-t-elle ironique.
Pour toute réponse, Jen lui offrit son plus beau sourire.
Joey : Tu vas sûrement être contente d'apprendre que Al m'envoie à Boston, annonça-t-elle
contrariée.
Jen (feignant la surprise à la perfection) : Ah bon mais pourquoi? Et pour combien de temps?
Joey lui raconta alors dans les détails sa conversation avec son patron et ami, sans se douter une seule seconde que Jen savait déjà tout. Cette dernière imprima à son visage un air de surprise puis de tristesse et de compassion, qu'envierait la plus grande des actrices.
Jen : Oh mais on ne se verra plus. Tu vas me manquer.
Joey : Toi aussi. Tu viendras me voir, hein? Supplia-t-elle.
Jen (la prenant dans ses bras) : Evidemment. Heureusement que Jack et…
Joey (l'interrompant volontairement avant qu'elle ne prononce son prénom) : Oui,
heureusement que Jack sera là.
Jen sentant Joey se raidir n'en rajouta pas. Le plus simple de son projet était fait, Joey irait à Boston. Maintenant, restait la partie du plan la plus ardue : faire que Joey accepte que Pacey prenne part dans la vie de bébé et accessoirement qu'elle retombe dans ses bras.
Jen : Bon, tu es prête, je meure de faim!
Joey : Oui, c'est bon, je prends mon sac et on peut y aller.
Elles partirent toutes les deux bras dessus, bras dessous en direction de leur restaurant fétiche.
Trois jours plus tard, Jen rentrait chez elle après son traditionnel déjeuner avec Joey. Elle s'était accordée une après-midi de repos, pour recharger les batteries. De toute façon, s'il ne s'agissait que de dessiner des modèles, elle pouvait très bien le faire à la maison, tranquillement installée à sa table à dessin, sans être dérangée des milliers de fois par ces assistants. Elle jeta négligemment ses clés sur la petite table près de l'entrée et remarqua le bouton rouge du répondeur clignoté, signe qu'il y avait des messages. Elle actionna la touche "message" et la voix de Jack retentit.
"Salut les filles, c'est Jack! Voilà, j'appelais juste pour prendre de vos nouvelles,
surtout de Joey et de sa grossesse. Je vous embrasse. Rappelez-moi".
Jen regarda sa montre, à cette heure Jack avait sûrement repris l'entraînement. Elle tenta quand même sa chance et téléphona sur son portable. Se préparant déjà à lui laisser un message, elle resta sans voix lorsqu'il décrocha.
Jack : Allo! Allo! Jen?
Jen : Oui, Jack c'est moi! Excuse-moi, je pensais tomber sur ton répondeur et je cherchais déjà le message que je t'aurais laissé!
Jack : C'est pas grave!
Jen : Je ne te dérange pas, au moins?
Jack : Pas du tout, je sors d'une réunion concernant le recrutement pour la saison prochaine.
Jen : Ah ok. Tu rentrais chez toi?
Jack : Non pas vraiment, j'ai encore un entraînement à diriger en fin d'après-midi. Mais en
attendant, je suis tout à toi!
Jen : Umh!! Fais attention beau brun, je pourrais un jour te prendre au mot!
Jack : Jen, voyons, dit-il faussement choqué.
Le rire cristallin de la jeune femme s'éleva. Un rire extrêmement sexy, pensa Jack. Un de ces rires qui peuvent faire chavirer les coeurs et frissonner de plaisir. Malgré ses orientations sexuelles, le rire de Jen réussissait toujours à l'émoustiller.
Jack (reprenant le cours normal de la conversation) : Alors tout se passe bien à New York?
Jen : Oui. Tu sais que j'ai dessiné des petits meubles pour la chambre du bébé, Joey aime beaucoup. Je pense que j'aurai besoin d'un bricoleur d'ici peu.
Jack : Oh lala. Tu sais, moi je ne suis pas très doué!
Jen : Mais Jack, je ne pensais pas du tout à toi!
Jack : A qui alors? Tu vas engager un professionnel, peut-être?
Jen : Plus ou moins. Je vais demander à Pacey. Il sera très content de fabriquer une chaise à bascule ou un berceau pour son bébé!
Jack : Jen! Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. Pacey m'a dit que Joey voulait élever son enfant seule. D'ailleurs cela le rend très triste.
Jen : Je sais, c'est pour ça qu'on doit intervenir. Joey ne verra aucun inconvénient à recevoir un
cadeau fait par Pacey.
Jack : Ouais, si tu le dis, lâcha-t-il peu convaincu. La grossesse de Joey se passe toujours bien? Son ventre commence à s'arrondir?
Jen : Oui tout va bien. D'ailleurs tu pourras t'en rendre compte par toi-même, Joey s'installe à Boston plusieurs mois pour son travail, annonça-t-elle innocemment.
Bon, voilà, le morceau était lâché. Joey lui avait fait juré de ne pas en parler à Pacey mais elle n'avait rien dit concernant Jack. Jen croisa les doigts pour que Jack fasse circuler l'information.
Jack : Ah bon? Mais elle arrive quand?
Jen : Dans une semaine environ, le temps de régler les derniers détails. C'est génial, non?
Jack : Tu trouves? Ca ne te gêne pas de ne pas la voir pendant des mois?
Jen : Je viendrais la voir et puis, elle ne sera pas seule, vous serez là, Pacey et toi.
Jack : Ah voilà où tu voulais en venir. T'as une idée derrière la tête, toi?
Jen : Mais pas du tout!
Jack : Ouais, c'est ça! A d'autres! En tout cas, je ne veux pas être mêlé à tes histoires!
Jen : Jack, je n'ai aucune idée derrière la tête, insista-t-elle.
Jack : Cause toujours! Mais bon, quoi que je dise, tu n'en feras qu'à ta tête! Plaisanta-t-il.
Jen : Tu me connais si bien!
Jack : Ouais! Bon, il faut que je te laisse, mon coeur. Je dois préparer l'entraînement.
Jen : Ok, mon beau brun! A la prochaine. Embrasse Pacey.
Jack : Ok et toi embrasse Joey. Au revoir
Jen : Ok. Bye.
Elle raccrocha le sourire aux lèvres.
Jen : Tu as fini tous tes cartons?
Joey : Oui, tu sais, je n'emporte pas énormément de choses. Ce qui va le plus m'encombrer c'est surtout les plans et les premières maquettes qu'Al avait déjà élaborées, lui répondit-elle en la rejoignant sur le canapé du salon.
Jen : Alors contente de partir?
Joey : Jen, dit-elle en lui lançant un regard noir. Comment peux-tu poser cette question alors que tu connais pertinemment la réponse!
Jen : Joey, je ne vois pas pourquoi tu le prends si mal!
Joey : Tu sais très bien pourquoi ça me met mal à l'aise! Mais je constate que toi, ça ne te dérange pas du tout de me laisser partir, sachant que je vais passer le plus gros de ma grossesse sans ton soutien! Continua-t-elle acide.
Jen : Joey, je t'en prie! Tu ne pars pas dans la jungle! En plus je te ferai remarquer qu'à Boston, tu ne seras pas seule. Si tu vois ce que je veux dire!Poursuivit-elle amusée.
Joey se contenta d'hausser les épaules et de lui lancer un autre regard noir.
Jen : Joey, évidemment que tu vas me manquer! Je vais me sentir très seule à midi maintenant et le soir aussi! Je m'étais habituée à t'avoir chez moi depuis ta rupture avec Tom! Prononça-t-elle émue.
Joey : Toi aussi tu vas me manquer! se plaignit-elle
Elles se prirent dans les bras l'une l'autre, Jen essayant par cette étreinte d'insuffler toute son énergie à Joey.
Jen : Ca va aller, ne t'inquiète pas, la rassura-t-elle en l'embrassant sur le front.
Joey : Je l'espère! (après un court moment de silence) : J'ai eu des nouvelles de Tom.
Jen : Ah bon?
Joey : Oui! Il a déboulé dans mon bureau ce matin en me disant qu'il était prêt à assumer ses
responsabilités, qu'il tenait à être présent. J'ai mis un temps inimaginable pour comprendre qu'il parlait du bébé. Il avait entendu que j'étais enceinte et il en a conclu qu'il était le père et que c'était la raison pour laquelle j'avais rompu avec lui, parce que je croyais qu'il n'était pas prêt. Quand je lui ai avoué que cela ne pouvait pas être son enfant, son visage s'est décomposé, il a d'abord cru que je lui mentais et donc j'ai dû tout lui dire.
Jen : Tu lui as dit pour Pacey?
Joey : Mais non, mais je lui ai dit que j'avais eu recours à un donneur. Forcément, il l'a mal pris et il m'en veut de ne pas lui avoir annoncé la nouvelle moi-même. Il m'a fait de la peine, j'aurai dû tout lui dire.
Jen : C'est du passé maintenant. Concentre-toi sur le présent et sur l'avenir, surtout, la rassura-t-elle. L'avantage de ta mutation à Boston, c'est que tu ne verras plus Tom et son regard accusateur, ajouta-t-elle pour l'amuser.
Joey : Ouais, tu as raison.
Jen : J'ai toujours raison, confirma-t-elle en hochant la tête d'un air entendu. Et ça vaut pour
pas mal de sujets!
Joey (l'interrompant) : Jen, on avait dit qu'on n'en reparlerait plus!
Jen : Je sais, mais c'est plus fort que moi! Et puis tu t'en vas dans deux jours, je peux encore te
taquiner un peu, non? Après ton départ, je n'aurais plus personne, dit-elle avec une petite moue triste.
Joey (souriant) : Tu pourras toujours embêter Al! Tu sais qu'il adore ça!
Jen sourit à cette idée! C'est vrai, qu'après Joey, Al était son "souffre-douleur" préféré! Mais il le lui rendait bien, entre eux les réparties fusaient à la vitesse de l'éclair!
Joey : Je suis un peu fatiguée, je vais aller me coucher.
Jen : Ca va aller? s'enquit-elle légèrement inquiète.
Joey : Oui, oui, ne t'en fais pas. J'ai juste besoin d'un peu de repos. Bonne nuit, ma Jen, déclara-t-elle en l'embrassant sur les joues.
Jen : Bonne nuit, ma belle. Si tu as un problème tu m'appelles!
Joey hocha la tête et se rendit dans sa chambre. Jen attrapa son bloc à dessin, soudain très inspirée. La ligne pour bébé était entrain de prendre forme.
Jack l'avait mis au courant. Il lui avait annoncé dans la conversation que Joey devait s'installer à Boston pour son travail, durant quelques mois. Et qu'elle arrivait dans quatre jours. A cette nouvelle son coeur avait bondi dans sa poitrine mais il s'était efforcé de garder un visage serein, détaché face à Jack. Cependant, tout son corps avait été en ébullition. A l'idée que Joey serait plus proche de lui, il s'était senti profondément heureux, transporté par une vague de bonheur qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. Cette nuit-là, il n'avait pas pu fermé l'oeil, trop excité. Il avait presque fini par se convaincre qu'il ne pourrait jamais prendre part à la grossesse comme il l'aurait souhaité, qu'il serait totalement absent des étapes importantes et le destin venait de lui redonner l'espoir. Si Joey venait à Boston, il pourrait la voir, prendre soin d'elle même s'il savait que selon leur accord il ne jouerait aucun rôle auprès de l'enfant. Mais, il ne ferait rien d'autre que son rôle d'ami, n'est-ce pas? Du moins, au début, c'est ce qu'il essaierait de lui faire croire. Avec le temps, elle finirait bien par se rendre compte de son erreur et par accepter que leur bébé a besoin de son père. Il l'espérait vraiment. Mais bien qu'il soit heureux de sa venue, il ne pouvait empêcher une pointe de tristesse s'immisçait dans son coeur. Une petite pointe de tristesse qui grossissait au fil du temps, si bien qu'au final, elle avait presque remplacé la joie initiale. Joey n'avait même pas pris la peine de le prévenir. Elle emménageait le lendemain et elle ne lui avait toujours rien dit. Elle respectait en tous points leur accord. Elle le rayait de sa vie. Cette révélation lui vrillait le coeur, et cette nuit, cette douleur sourde d'être séparé définitivement de son bébé l'empêcha de dormir. Il pourrait pourtant tellement lui apporter, lui qui dans sa jeunesse avait énormément souffert de l'indifférence de son père et qui avait tenté durant toute son adolescence d'attirer son attention et son amour. Il savait ce que c'était que de vivre sans véritable repère familial, sans un père qui ne joue son rôle de père. Il s'était juré, plus jeune, que jamais il ne ferait vivre ça à ses enfants. Et aujourd'hui, il ne pouvait que constater l'échec de sa résolution : il avait aidé à la conception d'un petit être innocent et dont il ne pourrait vraisemblablement
jamais partager la vie. Mais, il n'abandonnerait pas, pas sans se battre, pas s'en avoir usé ses dernières cartouches, pas sans faire comprendre à Joey qu'il était toujours amoureux d'elle et que leur enfant était, de son côté, un enfant de l'amour.
Le lendemain soir, il était devant sa porte, une pizza dans les mains, le coeur battant la chamade, conscient que sa visite était loin d'être la bienvenue. Avant de frapper, il respira profondément et se jeta dans l'arène.
A suivre….
(Falbala)
falbala (19.11.2003 à 00:12)
Une semaine après avoir appris la grossesse de Joey, Dawson se rendit à Boston dans le but d'avoir une sérieuse conversation avec Pacey. Huit jours n'avaient pas été de trop pour refouler sa colère et tenter de retrouver son calme. Il espérait y avoir réussi. Il avait beau y avoir longuement réfléchi, analysé la situation dans tout les sens, il n'y comprenait rien. Comment Joey, sa petite Joey, avait-elle pu avoir une idée pareille? Comment, surtout, Pacey avait-il pu accepter? Serait-ce uniquement pour l'attrait du sexe? Non, même si Pacey était un séducteur, aimant les plaisirs de la chair, il n'aurait tout de même pas accepté d'être le géniteur uniquement pour pouvoir coucher avec elle! Il n'avait pas besoin de tels subterfuges, tenta de se rassurer Dawson. Toutes ses questions tournaient dans sa tête sans qu'il ne trouve une seule réponse et il s'était donc décidé à interroger directement l'intéressé. Il arriva devant la porte de l'appartement de son ami et sonna. A cette
heure-ci, il devait être chez lui. Après quelques secondes, le verrou claqua et la porte s'ouvrit.
Pacey (surpris) : Dawson?
Dawson : Salut Pacey.
Les deux amis s'étreignirent, puis Pacey s'effaça pour le laisser entrer.
Pacey : Que fais-tu à Boston?
Dawson : J'ai fini mon tournage et je me suis dit que je pouvais profiter de mon temps libre pour
visiter de vieux amis!
Pacey (souriant) : Je suis content de te voir. Tu verras Jack, il doit passer un peu plus tard, ajouta-t-il en leur apportant deux bières.
Dawson : Comment va-t-il?
Pacey : Il va bien. Enfin, tu t'en rendras compte par toi-même.
Dawson hocha la tête. Ils burent quelques gorgées puis Dawson rompit le silence.
Dawson : Je sais tout, Pacey.
Pacey fronça les sourcils.
Dawson : Je sais que Joey est enceinte et que tu es le père.
Pacey (amer) : Dans ce cas, le terme géniteur me semble plus approprié, Dawson.
Dawson (exaspéré) : Ne joue pas avec les mots, s'il te plaît! Les faits sont là, Joey est enceinte de toi. Comment as-tu pu accepté?
Pacey : Elle me l'a demandé comme un service, lâcha-t-il laconique.
Dawson : Tu parles d'un service! S'énerva-t-il. Tu lui fais un enfant et ensuite tu abandonnes ta paternité. C'est pratique pour toi, tu as eu ce que tu voulais sans subir les conséquences!
Pacey lui lança un regard noir. De quel droit Dawson venait-il le voir pour lui demander des compte? Il ne devait en rendre à personne! Il ravala la réplique acerbe qui était sur le point de jaillir, il était inutile d'envenimer les choses. De toute manière, il s'était plus ou moins préparé à cette conversation, depuis le jour où il avait accepté la proposition de Joey, il savait qu'une discussion avec leur ami Dawson serait inévitable.
Pacey (calmement) : Je ne crois pas que cette histoire te regarde.
Dawson : Mais bien sûr que si, ça me regarde. Vous êtes mes amis tous les deux. Tu aurais dû tenter de raisonner Joey, au lieu de profiter de cette occasion! Acheva-t-il dédaigneux.
Pacey : Je peux savoir ce qui te gêne le plus? Que Joey décide d'élever son enfant seul ou le fait qu'elle m'ait choisi comme géniteur et non toi? l'interrogea-t-il suspicieux.
Dawson : Je me suis posé la question, c'est vrai. Mais ce n'est pas le fait qu'elle te l'ait demandé qui me gêne?
Pacey (l'interrompant) : Tu veux que je te dise pourquoi elle m'a choisi? Elle m'a choisi pour la simple et bonne raison que je ne lui ai servi que pour concevoir son enfant. Elle n'a pas besoin de moi, juste de mes meilleurs nageurs. Elle n'a pas besoin d'un père. Juste d'un géniteur. Dawson, maintenant que le bébé est là, elle peut me rayer de sa vie, toi non. Elle ne pourra jamais se détacher de toi. Tu fais partie d'elle comme elle fait partie de toi. Voilà pourquoi elle m'a choisi, acheva-t-il plus malheureux qu'il n'aurait voulu le montrer. Il baissa les yeux en proie à une profonde tristesse. Dawson regarda scrupuleusement son ami et toute sa colère se dissipait. Il pouvait ressentir la douleur envahir Pacey. Il était évident que cette situation le rendait malheureux et qu'il n'avait pas juste profité de l'occasion pour coucher avec Joey.
Dawson : Pacey? Pourquoi as-tu accepté si cette situation te fait souffrir?
L'interpellé releva les yeux et darda sur Dawson un regard où recelait l'évidence.
Dawson : Tu l'aimes encore?
C'était davantage une affirmation qu'une question. Pacey esquissa un sourire, son meilleur ami était
toujours aussi perspicace! Un soupir désespéré fut sa seule réponse, un silence de quelques minutes
s'instaura. Dawson réfléchissait à toute allure. Si Pacey était si malheureux de devoir renoncer à la
paternité de cet enfant, pourquoi avait-il accepté? Pourquoi semblait-il aussi résigné? Cela ne lui
ressemblait pas. Le Pacey qu'il connaissait depuis toujours n'abandonnait jamais lorsque la cause lui tenait à coeur.
Dawson : Pacey depuis quand tu fais ce qu'on dit? Depuis que je te connais tu n'en as toujours fait qu'à ta tête!
Pacey fronça les sourcils. Où voulait-il en venir, encore?
Dawson : Si tu aimes Joey, comment peux-tu accepter d'être rayer de la vie de ton enfant?
Le coeur de Pacey fit un bond dans sa poitrine. Dawson était la première personne, en dehors de lui-même, à reconnaître que cet enfant n'était pas seulement celui de Joey mais également le sien. Cela lui apporta un vif réconfort.
Pacey : Mais je ne l'accepte pas, Dawson. Seulement, tu connais aussi bien que moi, sinon mieux, le fonctionnement de Melle Potter. Je ne veux pas la brusquer. Mais j'ai pas l'intention d'abandonner.
Dawson : Donc tu vas tenter de la faire revenir sur sa position?
Pacey : Oui, tout à fait.
Dawson lui sourit. Voilà le Pacey qu'il connaissait!
Pacey (attendri) : Tu sais que le week-end dernier, j'ai assisté à une échographie.
Dawson le regarda surprit, Pacey lui raconta le malaise de Joey, l'admission aux urgences, les examens.
Pacey (ému) : J'ai ressenti une telle fierté en regardant l'écran, en voyant ce petit être, cette
petite partie de moi. Lorsque j'ai entendu son coeur battre, je me suis dit que je n'avais jamais rien
entendu de plus beau! Tu crois vraiment que je pourrais renoncer à ces moments? (Dawson secoua la tête). Mais tu l'as cru? C'est pour ça que tu es venu.
Dawson : Oui, je l'ai cru! avoua-t-il contrit. Je voulais savoir exactement où tu te situais par
rapport à tout ça. Maintenant je le sais.
Pacey : T'es rassuré?
Dawson : Oui. Et pour Joey que comptes-tu faire? Tu vas lui dire tes sentiments?
Pacey (sceptique) : Tu crois franchement que c'est la priorité? Tu vois, j'aimerais déjà lui faire comprendre que notre bébé a besoin de son père. Pour le reste, on verra plus tard.
Dawson alla rétorquer lorsque la sonnerie de la porte retentit.
Pacey : Ah c'est Jack! Annonça-t-il en se levant.
Dawson : Il est au courant.
Pacey : Oui, je lui ai raconté. Il était ravi pour nous! ajouta-t-il ironique.
Il se dirigea vers la porte pour lui ouvrir.
Jack : Salut Dawson! Ca va?
Dawson : Hey Jack! Je vais bien, merci. Et toi?
Les trois jeunes hommes s'installèrent tranquillement et continuèrent à discuter, sans plus trop revenir sur le sujet de la grossesse. Un peu plus tard, ils décidèrent d'aller boire un verre au Hell's Kitchen afin de se rappeler de bons souvenirs.
Jen : Salut Al!! Il faut absolument que je te parle, claironna-t-elle en pénétrant telle une furie dans le bureau.
Al releva subitement la tête de sa table de dessin et jeta un ?il surpris sur Jen. Avec son béret mis de travers couvrant difficilement ses boucles blondes emmêlées , trois-quatre cartons à dessin sous le bras, sa tenue excentrique, une de ses créations sûrement, ainsi que le rouge qui lui colorait les joues, elle offrait l'image de la jeune artiste-type, pleine de fougue mais complètement décalée. Il sourit avec tendresse. Il adorait Jen, tout comme il adorait Joey. Si Marnie et lui avaient pu avoir des enfants, il aurait aimé avoir deux filles comme elles. Sa femme et lui leur vouaient d'ailleurs un amour quasi filial, et elles leur rendaient bien.
Al : Que puis-je faire pour toi? Demanda-t-il en ôtant ses lunettes.
Jen s'assit sur le fauteuil qu'il lui indiquait non sans renverser au passage du fait de ses cartons à dessins, quelques dossiers posés sur la table.
Jen (grimaçant) : Excuse-moi! (après avoir ramassé les dossiers) : Voilà, j'ai besoin de ton aide mais c'est par pour moi, c'est pour Joey.
Al (fronçant les sourcils) : Joey? Qu'y a t-il? Elle a un problème avec sa grossesse?
Jen : Non, pas du tout. Je vais tout expliquer.
Jen s'exécuta et révéla à Al tout ce qui concernait la grossesse de Joey. Elle savait que Joey l'avait déjà prévenu de son état ainsi que de son idée d'élever son enfant seule. Mais elle avait volontairement omis de parler de Pacey, le géniteur et par conséquent de tout ce qu'il avait représenté pour elle. Cependant, Jen se chargea de réparer cet oubli!
Jen : Tu comprends, Al. Il est impensable que Joey élève seule son enfant, sans son père. Et Pacey est disposé à remplir son rôle. Je le connais. Je sais que cette situation lui déplaît et qu'il espère que Joey change d'avis.
Al : Je comprends bien, ma belle. Mais qu'est-ce que je peux faire?
Jen : Eh bien, j'ai eu une idée géniale. Il faut absolument les rapprocher tous les deux. Dans tous les sens du terme et c'est là que tu interviens. (elle resta silencieuse quelques secondes pour ménager son effet) : Il faut à tout prix que tu envoies Joey à Boston!
La surprise cloua Al sur son fauteuil en cuir. Elle en avait de bonnes!
Al : Comment ça "il faut à tout prix que j'envoie Joey à Boston"?
Jen : Pacey habite Boston, si on veut avoir une chance que Joey ne reste pas camper sur sa stupide décision, il faut qu'elle habite près du père de son bébé! Ca me paraît pourtant évident!
Al (réticent) : Attends, un peu, s'il te plaît. Pourquoi est-il si utile que j'expédie Joey, ma
meilleure collaboratrice, à Boston pour la rapprocher d'un homme dont elle ne veut même pas comme père. D'ailleurs, ce Pacey es-tu sûre que c'est quelqu'un de bien? demanda-t-il suspicieux.
Jen (souriant et se levant prestement pour l'embrasser sur la joue) : J'adore quand tu joues les papas protecteurs!! Mais là c'est inutile, si tu connaissais Pacey, tu verrais tout de suite que c'est un jeune homme adorable, un ami exemplaire et surtout tu verrais que Joey et lui sont faits l'un pour l'autre!
Al (sceptique) : Pourquoi ne sont-ils pas ensemble alors?
Jen (balayant cette question d'un revers de la main) : Va savoir! Mais je sais que cela ne tient qu'à Joey. Elle le sait très bien d'ailleurs mais pour une raison que je ne comprends pas elle refuse de l'admettre!
Al : C'est peut-être tout simplement parce que tu prends tes désirs pour des réalités!
Jen haussa les épaules, négligemment.
Jen : Occupes-toi seulement d'envoyer Joey à Boston. C'est tout ce que tu as à faire! Moi je
m'occupe du reste! Acheva-t-elle avec un sourire malin.
Al : Quand tu as cet air, mieux vaut se méfier! Plaisanta-t-il.
Jen : Al, quand Joey t'as raconté sa situation, sa volonté d'élever son enfant toute seule, ne me dis pas que tu as approuvé?
Al : Non, je n'ai pas approuvé, je suis persuadé qu'un enfant doit être entouré de ses deux parents. Mais cela ne nous concerne pas.
Jen : Tout ce que je veux c'est le bonheur de Joey. Et je sais que son bonheur se trouve à Boston, dit-elle avec insistance, accompagné d'une moue suppliante.
Al : Comment veux-tu que je te résiste, avec ce regard, soupira-t-il.(après quelques minutes de
réflexion) : Bon, je crois bien avoir une solution à ton problème, J'aurais dû y aller moi-même mais je pense que Joey me remplacera à merveille.
Jen : Tu es génial, s'écria-t-elle en se jetant dans ses bras. Alors en quoi ça consiste?
Al lui expliqua son projet en détail et Jen l'écoutait, hochant la tête de temps en temps.
Jen : C'est parfait! Tu peux aller la voir!
Al : Eh c'est qui le patron ici! grommela-t-il, faussement courroucé.
Jen (amusée) : Désolée!
Al : Bon, tu restes là et tu attends mon compte-rendu? Demanda-t-il en se dirigeant vers la porte.
Jen : Non, je dois manger avec Joey à 13 heures donc je vous rejoins dans son bureau et bien sûr on fait comme si on ne s'était pas encore vu! Ajouta-t-elle avec une mine de conspiratrice.
Al : Ouais, conclut-il peu convaincu.
Il sortit du bureau. Jen attendit plusieurs minutes avant de le suivre et elle se cacha de telle sorte à pouvoir entendre l'entretien entre Joey et son patron et ainsi faire irruption le moment venu.
Al : Joey? Je peux te parler une minute? questionna-t-il après avoir frappé légèrement contre la porte.
Joey sursauta, elle était tranquillement perdue dans ses pensées, toutes tournées vers son petit trésor reposant en elle. Al remarqua son trouble et sourit tendrement. Depuis qu'elle lui avait annoncé son état, il la trouvait plus épanouie, plus heureuse. Certes, elle passait plus de temps perdue dans les nuages mais il ne pouvait pas le lui reprocher, son travail n'ayant jamais était négligé.
Joey (souriant) : Oui, bien sûr. Que puis-je faire pour toi?
Al (prenant place sur le siège en face de Joey) : Eh bien voilà, il faudrait que tu ailles à Boston quelques temps.
De surprise, Joey laissa tomber son crayon qu'elle tenait serré entre ses doigts.
Joey : Mais pourquoi moi? Pourquoi Boston? Pour y faire quoi? demanda-t-elle gagnée par un début de panique.
Al : Toi parce que tu es la meilleure architecte de cette agence. Boston parce que c'est là qu'est
implantée la société MacMillan et tu dois y aller pour superviser les plans et les travaux de leur nouveau complexe cinématographique.
Joey : Ah non, non, non! Tu es de loin le meilleur architecte. Pourquoi n'y vas-tu pas?
Al : A l'origine je devais y aller mais des problèmes importants me retiennent ici, je ne peux pas
m'absenter trop longtemps. Et ce projet nécessite une présence quasi quotidienne sur les lieux.
Joey : Mais, je devrais faire des allers-retours fréquents, alors? Dit-elle d'une voix blanche.
Al sentait que Joey commençait à perdre pieds, il s'en voulait d'être responsable de son mouvement d'inquiétude. Mais pourquoi s'était-il laisser convaincre par sa petite peste blonde?
Al : Je sais que tu t'inquiètes pour ta grossesse et la fatigue que pourrait occasionner tous ces
déplacements, c'est pour ça que je te propose une solution. Marnie et moi possédons un appartement à Boston que nous avons reçu en héritage, tu peux y habiter, il n'y a aucun problème.
Joey se massa légèrement les tempes, tentant de trouver un prétexte pour ne pas se rendre à Boston. Elle ne pouvait pas y aller, c'était impossible.
Joey : Pourquoi ne demandes-tu pas à Matt? Proposa-t-elle en ultime recours.
Al : Il est déjà sur le projet commandé par la mairie de New York sur la rénovation des parcs.
Joey : Al, je ne peux pas aller à Boston?
Al : Mais je croyais que tu adorais cette ville!
Joey : Oui, le problème n'est pas là, mais je vais je vais me retrouvais toute seule pour les derniers mois de ma grossesse, tenta-t-elle complètement paniquée.
Al : Mais tu ne seras pas seule, tu m'as dit que tu avais des amis là-bas. Tu pourras sûrement compter sur eux, affirma-t-il.
Intérieurement, Al fustigea Jen de l'avoir contraint à pousser Joey dans ses derniers retranchements. Il espérait pour la petite blondinette que son plan d'entremetteuse fonctionne, sinon, elle passerait un mauvais quart d'heure.
Joey (soupirant) : Bon, je suppose que je n'ai pas le choix! Quand dois-je partir?
Al : Je règle les derniers détails et je te le redirai, mais ce ne sera pas avant la semaine prochaine, voire dans deux semaines. Ca te laisse le temps de préparer ton déménagement.
Joey hocha la tête. A ce moment déboula dans la pièce, une Jen toujours encombrée.
Jen (allant directement l'embrasser : Salut ma chérie, tu vas bien? (Puis se retournant vers Al, feignant la surprise) : Ah Al, tu es là? Comment vas-tu ? demanda-t-elle en l'embrassant sur les deux joues.
Al : Je vais bien, merci. Bon, je dois vous laisser?
Joey : Tu ne veux pas manger avec nous?
Al : Non, désolé. J'ai rendez-vous avec des clients dans une vingtaine de minutes. Bye, les filles.
Joey/Jen : Bye Al.
Jen (se retournant vers Joey) : Regarde ce que j'ai dessiné pour le petit bout de chou, dit-
elle en ouvrant un de ces cartons à dessin et étalant des croquis de meubles, berceaux.
Joey : Tu te lances dans l'ameublement, maintenant?
Jen : Uniquement pour mon neveu ou ma nièce. Qu'en penses-tu?
Joey (observant un à un les croquis) : Très original, j'aime beaucoup.
Jen : J'en suis ravie.
Joey : Mais tu as l'intention de les fabriquer toi-même? Demanda-t-elle, sarcastique.
Jen (avec un sourire énigmatique) : J'arriverai sûrement à trouver des petites mains en or, tu
sais, des petites mains, ou devrais-je dire, des belles grandes mains ayant déjà travaillé le bois, en retapant un bateau, par exemple, déclara-t-elle les yeux plein de malice.
Joey : Je vais faire semblant de ne pas comprendre de qui tu parles, lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel, agacée. C'est comme ça que tu ne te mêles plus de ma vie? Demanda-t-elle ironique.
Pour toute réponse, Jen lui offrit son plus beau sourire.
Joey : Tu vas sûrement être contente d'apprendre que Al m'envoie à Boston, annonça-t-elle
contrariée.
Jen (feignant la surprise à la perfection) : Ah bon mais pourquoi? Et pour combien de temps?
Joey lui raconta alors dans les détails sa conversation avec son patron et ami, sans se douter une seule seconde que Jen savait déjà tout. Cette dernière imprima à son visage un air de surprise puis de tristesse et de compassion, qu'envierait la plus grande des actrices.
Jen : Oh mais on ne se verra plus. Tu vas me manquer.
Joey : Toi aussi. Tu viendras me voir, hein? Supplia-t-elle.
Jen (la prenant dans ses bras) : Evidemment. Heureusement que Jack et…
Joey (l'interrompant volontairement avant qu'elle ne prononce son prénom) : Oui,
heureusement que Jack sera là.
Jen sentant Joey se raidir n'en rajouta pas. Le plus simple de son projet était fait, Joey irait à Boston. Maintenant, restait la partie du plan la plus ardue : faire que Joey accepte que Pacey prenne part dans la vie de bébé et accessoirement qu'elle retombe dans ses bras.
Jen : Bon, tu es prête, je meure de faim!
Joey : Oui, c'est bon, je prends mon sac et on peut y aller.
Elles partirent toutes les deux bras dessus, bras dessous en direction de leur restaurant fétiche.
Trois jours plus tard, Jen rentrait chez elle après son traditionnel déjeuner avec Joey. Elle s'était accordée une après-midi de repos, pour recharger les batteries. De toute façon, s'il ne s'agissait que de dessiner des modèles, elle pouvait très bien le faire à la maison, tranquillement installée à sa table à dessin, sans être dérangée des milliers de fois par ces assistants. Elle jeta négligemment ses clés sur la petite table près de l'entrée et remarqua le bouton rouge du répondeur clignoté, signe qu'il y avait des messages. Elle actionna la touche "message" et la voix de Jack retentit.
"Salut les filles, c'est Jack! Voilà, j'appelais juste pour prendre de vos nouvelles,
surtout de Joey et de sa grossesse. Je vous embrasse. Rappelez-moi".
Jen regarda sa montre, à cette heure Jack avait sûrement repris l'entraînement. Elle tenta quand même sa chance et téléphona sur son portable. Se préparant déjà à lui laisser un message, elle resta sans voix lorsqu'il décrocha.
Jack : Allo! Allo! Jen?
Jen : Oui, Jack c'est moi! Excuse-moi, je pensais tomber sur ton répondeur et je cherchais déjà le message que je t'aurais laissé!
Jack : C'est pas grave!
Jen : Je ne te dérange pas, au moins?
Jack : Pas du tout, je sors d'une réunion concernant le recrutement pour la saison prochaine.
Jen : Ah ok. Tu rentrais chez toi?
Jack : Non pas vraiment, j'ai encore un entraînement à diriger en fin d'après-midi. Mais en
attendant, je suis tout à toi!
Jen : Umh!! Fais attention beau brun, je pourrais un jour te prendre au mot!
Jack : Jen, voyons, dit-il faussement choqué.
Le rire cristallin de la jeune femme s'éleva. Un rire extrêmement sexy, pensa Jack. Un de ces rires qui peuvent faire chavirer les coeurs et frissonner de plaisir. Malgré ses orientations sexuelles, le rire de Jen réussissait toujours à l'émoustiller.
Jack (reprenant le cours normal de la conversation) : Alors tout se passe bien à New York?
Jen : Oui. Tu sais que j'ai dessiné des petits meubles pour la chambre du bébé, Joey aime beaucoup. Je pense que j'aurai besoin d'un bricoleur d'ici peu.
Jack : Oh lala. Tu sais, moi je ne suis pas très doué!
Jen : Mais Jack, je ne pensais pas du tout à toi!
Jack : A qui alors? Tu vas engager un professionnel, peut-être?
Jen : Plus ou moins. Je vais demander à Pacey. Il sera très content de fabriquer une chaise à bascule ou un berceau pour son bébé!
Jack : Jen! Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. Pacey m'a dit que Joey voulait élever son enfant seule. D'ailleurs cela le rend très triste.
Jen : Je sais, c'est pour ça qu'on doit intervenir. Joey ne verra aucun inconvénient à recevoir un
cadeau fait par Pacey.
Jack : Ouais, si tu le dis, lâcha-t-il peu convaincu. La grossesse de Joey se passe toujours bien? Son ventre commence à s'arrondir?
Jen : Oui tout va bien. D'ailleurs tu pourras t'en rendre compte par toi-même, Joey s'installe à Boston plusieurs mois pour son travail, annonça-t-elle innocemment.
Bon, voilà, le morceau était lâché. Joey lui avait fait juré de ne pas en parler à Pacey mais elle n'avait rien dit concernant Jack. Jen croisa les doigts pour que Jack fasse circuler l'information.
Jack : Ah bon? Mais elle arrive quand?
Jen : Dans une semaine environ, le temps de régler les derniers détails. C'est génial, non?
Jack : Tu trouves? Ca ne te gêne pas de ne pas la voir pendant des mois?
Jen : Je viendrais la voir et puis, elle ne sera pas seule, vous serez là, Pacey et toi.
Jack : Ah voilà où tu voulais en venir. T'as une idée derrière la tête, toi?
Jen : Mais pas du tout!
Jack : Ouais, c'est ça! A d'autres! En tout cas, je ne veux pas être mêlé à tes histoires!
Jen : Jack, je n'ai aucune idée derrière la tête, insista-t-elle.
Jack : Cause toujours! Mais bon, quoi que je dise, tu n'en feras qu'à ta tête! Plaisanta-t-il.
Jen : Tu me connais si bien!
Jack : Ouais! Bon, il faut que je te laisse, mon coeur. Je dois préparer l'entraînement.
Jen : Ok, mon beau brun! A la prochaine. Embrasse Pacey.
Jack : Ok et toi embrasse Joey. Au revoir
Jen : Ok. Bye.
Elle raccrocha le sourire aux lèvres.
Jen : Tu as fini tous tes cartons?
Joey : Oui, tu sais, je n'emporte pas énormément de choses. Ce qui va le plus m'encombrer c'est surtout les plans et les premières maquettes qu'Al avait déjà élaborées, lui répondit-elle en la rejoignant sur le canapé du salon.
Jen : Alors contente de partir?
Joey : Jen, dit-elle en lui lançant un regard noir. Comment peux-tu poser cette question alors que tu connais pertinemment la réponse!
Jen : Joey, je ne vois pas pourquoi tu le prends si mal!
Joey : Tu sais très bien pourquoi ça me met mal à l'aise! Mais je constate que toi, ça ne te dérange pas du tout de me laisser partir, sachant que je vais passer le plus gros de ma grossesse sans ton soutien! Continua-t-elle acide.
Jen : Joey, je t'en prie! Tu ne pars pas dans la jungle! En plus je te ferai remarquer qu'à Boston, tu ne seras pas seule. Si tu vois ce que je veux dire!Poursuivit-elle amusée.
Joey se contenta d'hausser les épaules et de lui lancer un autre regard noir.
Jen : Joey, évidemment que tu vas me manquer! Je vais me sentir très seule à midi maintenant et le soir aussi! Je m'étais habituée à t'avoir chez moi depuis ta rupture avec Tom! Prononça-t-elle émue.
Joey : Toi aussi tu vas me manquer! se plaignit-elle
Elles se prirent dans les bras l'une l'autre, Jen essayant par cette étreinte d'insuffler toute son énergie à Joey.
Jen : Ca va aller, ne t'inquiète pas, la rassura-t-elle en l'embrassant sur le front.
Joey : Je l'espère! (après un court moment de silence) : J'ai eu des nouvelles de Tom.
Jen : Ah bon?
Joey : Oui! Il a déboulé dans mon bureau ce matin en me disant qu'il était prêt à assumer ses
responsabilités, qu'il tenait à être présent. J'ai mis un temps inimaginable pour comprendre qu'il parlait du bébé. Il avait entendu que j'étais enceinte et il en a conclu qu'il était le père et que c'était la raison pour laquelle j'avais rompu avec lui, parce que je croyais qu'il n'était pas prêt. Quand je lui ai avoué que cela ne pouvait pas être son enfant, son visage s'est décomposé, il a d'abord cru que je lui mentais et donc j'ai dû tout lui dire.
Jen : Tu lui as dit pour Pacey?
Joey : Mais non, mais je lui ai dit que j'avais eu recours à un donneur. Forcément, il l'a mal pris et il m'en veut de ne pas lui avoir annoncé la nouvelle moi-même. Il m'a fait de la peine, j'aurai dû tout lui dire.
Jen : C'est du passé maintenant. Concentre-toi sur le présent et sur l'avenir, surtout, la rassura-t-elle. L'avantage de ta mutation à Boston, c'est que tu ne verras plus Tom et son regard accusateur, ajouta-t-elle pour l'amuser.
Joey : Ouais, tu as raison.
Jen : J'ai toujours raison, confirma-t-elle en hochant la tête d'un air entendu. Et ça vaut pour
pas mal de sujets!
Joey (l'interrompant) : Jen, on avait dit qu'on n'en reparlerait plus!
Jen : Je sais, mais c'est plus fort que moi! Et puis tu t'en vas dans deux jours, je peux encore te
taquiner un peu, non? Après ton départ, je n'aurais plus personne, dit-elle avec une petite moue triste.
Joey (souriant) : Tu pourras toujours embêter Al! Tu sais qu'il adore ça!
Jen sourit à cette idée! C'est vrai, qu'après Joey, Al était son "souffre-douleur" préféré! Mais il le lui rendait bien, entre eux les réparties fusaient à la vitesse de l'éclair!
Joey : Je suis un peu fatiguée, je vais aller me coucher.
Jen : Ca va aller? s'enquit-elle légèrement inquiète.
Joey : Oui, oui, ne t'en fais pas. J'ai juste besoin d'un peu de repos. Bonne nuit, ma Jen, déclara-t-elle en l'embrassant sur les joues.
Jen : Bonne nuit, ma belle. Si tu as un problème tu m'appelles!
Joey hocha la tête et se rendit dans sa chambre. Jen attrapa son bloc à dessin, soudain très inspirée. La ligne pour bébé était entrain de prendre forme.
Jack l'avait mis au courant. Il lui avait annoncé dans la conversation que Joey devait s'installer à Boston pour son travail, durant quelques mois. Et qu'elle arrivait dans quatre jours. A cette nouvelle son coeur avait bondi dans sa poitrine mais il s'était efforcé de garder un visage serein, détaché face à Jack. Cependant, tout son corps avait été en ébullition. A l'idée que Joey serait plus proche de lui, il s'était senti profondément heureux, transporté par une vague de bonheur qu'il n'avait pas connu depuis longtemps. Cette nuit-là, il n'avait pas pu fermé l'oeil, trop excité. Il avait presque fini par se convaincre qu'il ne pourrait jamais prendre part à la grossesse comme il l'aurait souhaité, qu'il serait totalement absent des étapes importantes et le destin venait de lui redonner l'espoir. Si Joey venait à Boston, il pourrait la voir, prendre soin d'elle même s'il savait que selon leur accord il ne jouerait aucun rôle auprès de l'enfant. Mais, il ne ferait rien d'autre que son rôle d'ami, n'est-ce pas? Du moins, au début, c'est ce qu'il essaierait de lui faire croire. Avec le temps, elle finirait bien par se rendre compte de son erreur et par accepter que leur bébé a besoin de son père. Il l'espérait vraiment. Mais bien qu'il soit heureux de sa venue, il ne pouvait empêcher une pointe de tristesse s'immisçait dans son coeur. Une petite pointe de tristesse qui grossissait au fil du temps, si bien qu'au final, elle avait presque remplacé la joie initiale. Joey n'avait même pas pris la peine de le prévenir. Elle emménageait le lendemain et elle ne lui avait toujours rien dit. Elle respectait en tous points leur accord. Elle le rayait de sa vie. Cette révélation lui vrillait le coeur, et cette nuit, cette douleur sourde d'être séparé définitivement de son bébé l'empêcha de dormir. Il pourrait pourtant tellement lui apporter, lui qui dans sa jeunesse avait énormément souffert de l'indifférence de son père et qui avait tenté durant toute son adolescence d'attirer son attention et son amour. Il savait ce que c'était que de vivre sans véritable repère familial, sans un père qui ne joue son rôle de père. Il s'était juré, plus jeune, que jamais il ne ferait vivre ça à ses enfants. Et aujourd'hui, il ne pouvait que constater l'échec de sa résolution : il avait aidé à la conception d'un petit être innocent et dont il ne pourrait vraisemblablement
jamais partager la vie. Mais, il n'abandonnerait pas, pas sans se battre, pas s'en avoir usé ses dernières cartouches, pas sans faire comprendre à Joey qu'il était toujours amoureux d'elle et que leur enfant était, de son côté, un enfant de l'amour.
Le lendemain soir, il était devant sa porte, une pizza dans les mains, le coeur battant la chamade, conscient que sa visite était loin d'être la bienvenue. Avant de frapper, il respira profondément et se jeta dans l'arène.
A suivre….
(Falbala)
falbala (19.11.2003 à 00:12)
Vraiment superbe! en plus l'idée est super originale!!!
juste une question: à qd la suite????
bizoux
Claire
Claire (20.11.2003 à 19:46)