Joey commençait à en avoir ras le bol des cartons, cela faisait déjà deux heures qu’elle triait, rangeait, nettoyait, son dos lui faisait mal et elle commençait à avoir faim. Lorsqu’elle passa devant la porte, elle perçut deux petits coups frappés distinctement. Elle s’arrêta surprise, qui cela pouvait-il être ? Elle n’avait dit à personne qu’elle venait, il n’y avait que Jen qui était au courant. Elle marcha lentement vers la porte et l’entre bailla. Etonnée, elle se retrouva face à Pacey, elle ouvrit la porte plus en grand.
Joey : Pacey ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?
Pacey : C’est jack qui m’a dit que tu emménageais ici dit-il mal à l’aise, je me suis dit que tu aurais peut être besoin d’un coup de main et puis j’ai amené une pizza.
Joey baissa des yeux gourmands sur la pizza et sentit son ventre crier famine. Elle ne s’était pas attendue à voir Pacey ce soir mais puisqu’il était là, autant partager avec lui cette délicieuse pizza qui sentait affreusement bon.
Joey : Napolitaine ? demanda t-elle pleine d’espoir.
Pacey : Bien sûr lui dit-il en souriant. Ta préférée.
Joey lui sourit et s’effaça pour le laisser entrer. Il constata qu’elle était loin d’avoir fini, d’énormes cartons encombraient encore les pièces.
Pacey : Je la pose où ?
Joey : Par là lui dit-elle en lui indiquant la table basse.
Pacey s’exécuta et Joey leur apporta une bouteille de vin.
Joey : Je t’en sers un verre ?
Pacey : Volontiers.
Joey disparut dans la cuisine et revint avec un verre de vin dans une main et un verre d’eau dans l’autre.
Pacey : Tu n’en prends pas ?
Joey : Je ne peux pas répondit-elle embarrassée.
Pacey se sentit gêné tout d’un coup, il avait oublié ce détail, les femmes enceintes ne boivent pas, il faut dire qu’il avait peu d’expérience en ce domaine. Il profita qu’elle avait la tête baissée pour l’étudier un peu, elle était de plus en plus belle, sa grossesse avait l’air de l’épanouir pleinement. Lorsqu’elle s’assit à côté de lui, il constata aussi qu’elle sentait très bon, ce même parfum qu’elle portait la nuit où ils avaient conçu leur bébé, enfin celui de Joey se reprit-il tristement.
Pacey : Tu as encore beaucoup de choses à faire ici ?
Joey : Eh bien, j’ai encore plusieurs cartons à déballer et il va falloir que j’appelle un plombier, il y a un problème avec la tuyauterie dans la cuisine.
Pacey : Ah bon ? Je peux regarder après si tu veux ? l’informa t-il en baissant la tête.
Joey : Je veux bien.
Ils mangèrent en silence. La présence de Pacey chez elle lui paraissait bizarre, voire incongrue. Après tout ce qu’ils s’étaient passés entre eux, tout ce qu’ils s’étaient dit...la promesse. Ils étaient tranquillement assis et dégustaient une pizza ensemble. Pacey sentait la tension qui était dans la pièce mais après tout, la situation pourrait être pire, au moins pouvaient-ils être tous les deux sans se disputer. Lorsqu’ils eurent terminés leur repas Joey l’amena jusqu’à la cuisine.
Pacey : Tu aurais quelques outils ?
Joey : Oui bien sûr.
Joey sortit et revint avec une énorme boîte à outils dans la main.
Pacey : Oh là ! dit-il en se précipitant sur elle. Laisse-moi prendre ça, c’est bien trop lourd pour toi.
Joey : Je ne suis pas impotente dit-elle alors que Pacey la lui prenait des mains.
Pacey : Non, mais tu es enceinte, désormais les efforts te sont interdits.
Joey le regarda surprise. Il paraissait vraiment inquiet pour elle et se préoccupait beaucoup de son bien-être. Elle se souvint alors avec émotion de la fois où il avait assisté à l’échographie. Il avait été très touché et profondément ému. Sortant de ses réflexions, elle posa son regard sur Pacey, allongé, la tête sous l’évier de la cuisine, il cherchait d’où provenait la fuite, pendant qu’il était concentré sur son travail, elle en profita pour le détaillé. Son T-shirt blanc laissait apercevoir des muscles saillants, instinctivement elle porta une main à son ventre, son enfant aurait peut-être le corps beau et musclé de son père, si c’était un garçon évidemment. Comme elle l’espérait ! Les yeux azurs de Pacey rencontrèrent les siens et il lui sourit. Elle en avait presque oublié son magnifique sourire. L’air devenait de plus en plus irrespirable dans cette pièce constata t-elle.
Joey : Je …je crois que je vais aller prendre une douche lui annonça t-elle.
Pacey : Très bien, je termine ça et je m’en vais.
Joey : D’accord, tu reclaqueras bien la porte derrière toi.
Pacey : Promis lui dit-il en repassant sa tête sous l’évier.
Joey se dirigea vers la porte et s’arrêta dans l’embrasure.
Joey : Pacey ?
Pacey : Oui ? dit-il en la regardant intensément.
Joey : Merci pour ce soir.
Pacey : il n’y a pas de quoi Joey. Tu m’appelles quand tu veux si tu as besoin de moi.
Joey : Merci. Au revoir.
Pacey : Au revoir Joey lui dit-il en la dévorant des yeux.
Joey sortit très vite et se précipita sous la douche. Pacey sourit dans la cuisine, il avait remarqué le regard insistant qu’elle avait dardait sur lui et le sourire appréciateur qu’elle avait eu. Tant de choses qui le laissait espérer encore. Rien n’était perdu.
Dawson avait appris la nouvelle adresse de Joey par Jen. Il s’était dit qu’il était temps d‘avoir une discussion avec elle. Il avait laissait passer suffisamment de temps. Il l’avait prévenu de sa visite, elle avait paru surprise mais ravie de le voir, elle comme lui savait que cette conversation devrait avoir lieu un jour. Inutile de retarder l’inévitable. Lorsqu’il tapa à la porte, elle vint lui ouvrir presque toute de suite, comme si elle l’avait attendu derrière. Avec un sourire, elle l’invita à entrer. Son petit appartement était accueillant, elle n’y habitait que depuis une semaine mais déjà l’atmosphère était imprégnée d’une touche personnelle.
Dawson : C’est ravissant lui dit-il sincère.
Joey : Merci, j’avais envie pour une fois de vivre dans un endroit à moi qui me ressemblerait un peu.
Dawson : Comment tu vas ?
Joey : Je vais très bien.
Dawson : Et le bébé ?
Joey : Le docteur dit qu’il est en pleine santé et que tout se passe normalement..
Dawson : Tant mieux, je suis content.
Joey : Tu m’en veux encore ? lui demanda t-elle timidement.
Dawson : Et bien j’avoue que ça a tout de même été dur à avaler. Que ma meilleure amie veuille faire un enfant dans ce concept-là me dépasse encore j’avoue. Mais je suis d’accord sur une chose.
Joey : Laquelle ?
Dawson : Ca ne pouvait pas être moi.
Joey le regarda en souriant. Elle savait qu’à tête reposée, il aurait compris son point de vue.
Dawson : J’ai encore un peu de mal avec ton choix de Pacey, je ne comprends pas à quoi vous jouez tout les deux, mais puisque cela semble être ce que vous voulez, je l’accepte. Le principal c’est que cela vous convienne à tout les deux.
Joey : Merci Dawson lui dit-elle en le serrant dans ses bras.
Dawson : Il n’y a pas de quoi lui murmura t-il à l’oreille. Quelqu’un t’as déjà dit que la grossesse t’allais merveilleusement bien ! s’exclama t-il en l’éloignant un peu de lui.
Joey : Non, mais je suis ravie de l’entendre. Avec ce ventre qui gonfle, j’ai l’impression de ne plus ressembler à rien. Mais je pense à mon bébé qui grandit et ça va tout de suite mieux.
Dawson : Tu connaîtras quand le sexe ?
Joey : Je ne veux pas le savoir lui annonça t-elle.
Dawson : Pourquoi ça ? demanda t-il étonné. La plupart des mères veulent toujours savoir.
Joey : Pas moi ! Ce sera une surprise pour tout le monde, fille ou garçon, je l’aime déjà.
Dawson : Tu as pensé à des prénoms ?
Dawson aperçu le sourire malicieux au coin des lèvres de son amie et en déduisit que oui. Elle y avait réfléchi.
Joey : Tu vas être le premier à le savoir, même à Jen je n’ai rien dit.
Dawson : Eh bien, pour une fois que j’aurai la primeur de tes secrets.
Joey lui fit une moue offusquée avant de lui sourire à nouveau.
Joey : Tu vas perdre la priorité si tu continues, là !
Dawson : Désolé. Alors dis-moi ?
Joey : Si c’est une fille, elle s’appellera Justine et si c’est un garçon Luka.
Dawson : C’est mignon, mais Justine je vois, c’était le prénom de ta grand-mère mais Luka, ça vient d’où ?
Joey : Si je te le dis, tu me promets de le garder pour toi et de ne pas te moquer ? demanda-t-elle sérieuse.
Dawson : Promis.
Joey le regarda indécise, elle ne savait pas si elle devait le lui révéler. Elle avait choisi ce prénom de façon peu orthodoxe et elle tenait à ce que personne ne sache comment elle en était arrivée là.
Dawson : Je te le jure répéta-t-il encore une fois.
Joey : D’accord.
Doucement elle se pencha et le lui révéla à l’oreille. Dawson eut l’air surpris et éclata de rire.
Joey : Eh ! Tu ne devais pas te moquer!
Dawson : Joey, tu es une fille complexe et je ne te comprendrai jamais ! Pourquoi choisir ce prénom alors que tu ne veux pas que…
Joey : Ca suffit ! dit-elle agacée. T’avais promis Dawson !
Dawson : Très bien, comme tu veux mais un jour il faudra quand même m’expliquer comment tu fonctionnes.
En rigolant, ils allèrent s’asseoir dans le canapé du salon et discutèrent devant une tasse à café pendant une heure avant que Dawson ne doive repartir. Joey lui raconta sa nouvelle vie à Boston et le calme qu’il régnait dans cette ville par rapport à New York, elle avait oublié à quel point le silence pouvait être agréable.
Joey était allongée dans son lit, il était 3 heures du matin et elle n’arrivait pas à fermer l’œil. Elle pensait à Pacey, cela faisait bientôt trois semaines qu’elle habitait là et depuis qu’elle était arrivée, elle n’avait cessé de le croiser. Dans un magasin, dans un parc, au restaurant. Hier soir encore, elle était tombée nez à nez avec lui dans un restaurant italien. Ils avaient mangés ensemble et elle avait prit un taxi pour rentrer. La soirée avait été agréable, ils avaient beaucoup ri. Soudain, elle entendit du bruit, quelque chose claquait dans l’autre pièce. Elle se tassa dans son lit et guetta à l’affût du prochain bruit. Dix minutes plus tard, elle entendait toujours des bruits dans son appartement, comme de légers craquements. Elle commençait à avoir réellement très peur. Si quelqu’un avait pénétré chez elle, elle ne pourrait pas le vaincre seule, et puis elle était enceinte et craignait pour son bébé. Résignée, elle attrapa son téléphone.
Pacey : Allo ? dit-il d’une voix endormie.
Joey : Pacey murmura-t-elle.
Pacey : Joey ? demanda-t-il tout à fait réveillé.
Joey : Oui. Pacey, j’ai peur dit-elle paniquée.
Pacey : Qu’est-ce qui se passe ? C’est le bébé ???
Joey : Non mais je crois qu’il y a quelqu’un chez moi, j’entends du bruit. J’ai peur Pacey répéta-t-elle.
Pacey : Joey, enferme-toi dans ta chambre, j’arrive !
Joey entendit quelque chose tomber à l’autre bout du téléphone et puis la tonalité lui fit écho dans l’écouteur. Sans faire de bruit, elle se leva et se dirigea à pas lent vers la porte qu’elle ferma lentement à double tour. Le cœur battant, elle écouta les bruits de l’autre côté, le plancher juste derrière la porte craqua et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Dix minutes plus tard, elle entendait Pacey qui criait et tambourinait contre la porte.
Pacey : Joey, c’est moi, viens m’ouvrir.
Elle ouvrit précipitamment le verrou et courut jusqu’à l’entrée. Rapidement elle lui ouvrit et se jeta dans ses bras. Celui-ci la réconforta en la serrant contre lui pour l’apaiser. Joey se blottit encore tremblante. Pacey posa son regard sur elle, elle paraissait terrifiée.
Pacey : Ca va aller Joey, je suis là lui dit-il d’une voix apaisante.
Joey : J’ai eu tellement peur.
Pacey : Viens rentrons.
Pacey la prit par les épaules et l’amena à l’intérieur. Prudemment, il vérifia toutes les pièces avant de rejoindre Joey dans le salon.
Pacey : Il n’y a personne lui affirma t-il. Ta fenêtre de cuisine était restée ouverte et le battant cognait contre le mur.
Joey : Oh mon dieu ! s’exclama t-elle. Quelle imbécile. Je t’ai réveillé en pleine nuit et fais venir ici pour rien.
Il se rendit compte qu’elle portait une légère chemise de nuit qui laissait apparaître les courbes de son corps. Sa chemise de nuit en soie avec de fines bretelles lui allait merveilleusement bien.
Pacey : Il n’y a pas de problème, Joey lui dit-il en se rapprochant d’elle. Tu avais peur, c’est tout et je suis ravi que tu ai fait appel à moi.
Joey : Tu es celui qui habite le plus près.
Ah bien sûr se dit-il, il n’y avait que ça ! Il était le plus proche, rien avoir avec l’envie que se soit lui. Tout d’un coup, le désir qui s’était emparé de lui s’évapora.
Pacey : Tu aurais une couverture ?
Joey : Pourquoi faire ? demanda-t-elle en levant un sourcil.
Pacey : Dormir, je risque d’avoir un peu froid dit-il en s’asseyant sur son canapé.
Joey : Tu comptes dormir là ?? s’écria-t-elle.
Pacey : Il est tard, je suis fatigué, qui plus est, je ne suis pas sûr que ce qui t’as effrayée ne soit dû qu’à ta fenêtre mal refermée et je viendrais dès demain te poser des verrous supplémentaires.
Joey le regardait complètement interdite. De quel droit prenait-il autant de décisions pour elle ? Elle mourrait d’envie de lui faire ravaler son regard supérieur mais l’idée que les bruits entendus ne provenaient pas uniquement du vent la retint. Mieux valait-il probablement laisser Pacey dormir là ce soir. Même si cela signifiait faire une entorse à son pacte. Et puis, il serait sur le canapé. Un seul soir se dit-elle.
Pacey : Bon, elle vient cette couverture !
Joey poussa un soupir exaspéré et disparut dans sa chambre. Elle revint rapidement et s’arrêta surprise. Pacey avait ôté son T-shirt et n’était désormais vêtu que d’un pantalon en toile gris. Seigneur ! se dit-elle, il a fait de la musculation ! Elle ne se rappelait pas qu’il était aussi bien foutu ! Il se tourna vers elle et lui sourit tendrement tel une douce invitation à approcher. S’y refusant, elle lui tendit la couverture. Pacey approcha à pas lent et la prenant, il lui effleura délibérément les doigts. Joey sentit des frissons lui parcourir le corps.
Joey : Bonne nuit dit-elle en filant à toute vitesse dans sa chambre.
La porte refermée, elle s’y appuya et reprit sa respiration. Pacey de l’autre côté souriait. Il aimait l’effet qu’il lui faisait, même si cela n’était pas encore suffisant à son goût, il en voulait plus, bien plus. Il éteignit la lumière et s’allongea sur le sofa, prêt à affronter une longue nuit de frustration. Savoir Joey si près de lui ne l’aiderait pas à fermer l’œil. De son côté, Joey était allongée sur son lit et cherchait le sommeil qui ne semblait pas vouloir venir. Elle avait remonté les couvertures le long de son corps. Une heure plus tard, elle ne dormait toujours pas, son imagination divaguait, elle imaginait Pacey allongé sur le canapé laissant imprégner les effluves de son eau de toilettes dans la pièce et pénétrer les fibres du tissus. Il lui faudra changer de sofa ! Elle l’imaginait avec la couverture remontée jusqu’à sa taille laissant son torse puissant au teint hâlé baigner dans la clarté de la nuit. Elle mourrait d’envie d’aller jeter un coup d’œil. Rien qu’un se dit-elle en se levant. Pacey s’était relevé et faisait les cents pas dans la pièce. Que lui avait-il prit de vouloir rester dormir ici ? Etait-il maso ? Ses pas le guidèrent jusqu’à la porte de Joey. Il écouta à l’intérieur et ne décela aucun bruit, elle devait s’être endormie. Machinalement, il posa sa main sur la poignée. Joey avait entendu des bruits de pas venir jusqu’à sa chambre et avait rapidement regagné son lit. Fermant les yeux, elle avait relevé la couverture à moitié et tentait de calmer les palpitations de son cœur. Soudain, elle sentit la présence de quelqu’un dans la pièce, suivit d’une senteur douce et épicée. Pacey !! Elle eut l’impression que quelqu’un se penchait vers elle avant de sentir la couverture remonter sur elle. Elle entendit un soupir triste au moment où la porte se referma. Elle rouvrit les yeux et un sourire fendit son visage. Une impression de bien-être l’envahit, elle se renfonça dans son oreiller et ne tarda pas à trouver le sommeil.
Le lendemain matin, Pacey s’était réveillé le premier et avait préparé du café. Joey fut réveillée par l’odeur qui venait lui chatouiller les narines. Elle se leva d’excellente humeur. La journée démarrait plutôt bien.
Joey : Bonjour ! dit-elle en entrant dans la cuisine.
Pacey la contempla un instant avant de parler. Elle est belle à tout heure de la journée et de la nuit se dit-il.
Pacey : Je me suis permis de me servir de ta cafetière, il me fallait un bon café lui dit-il en souriant.
Joey : Mais je t’en prie lui dit-elle en souriant. C’est très agréable d’être réveillée par une bonne odeur de café.
« Si tu me laissais faire partie de ta vie, je t’en préparerais tous les matins » avait-il aux coins des lèvres mais il préféra laissa ça en suspens et savourait le moment présent. Il lui servit une tasse tout en faisant descendre des tranches de pain dans le toaster.
Pacey : Tu le prends toujours noir ?
Joey : Toujours !
Pacey : Tu veux du beurre sur tes tartines ?
La situation parut soudain déplacée à Joey, l’impression de ne plus rien contrôler s’installa désagréablement en elle. Pacey paraissait très à l’aise dans sa cuisine, il y bougeait avec une aisance parfaite. On aurait presque pu le confondre avec le maître des lieux. Pourtant, ses gestes étaient faits avec une certaine retenue.
Joey : Je n’en prends pas merci dit-elle en reposant sa tasse de café. Je vais aller prendre une douche.
Elle fila se cacher dans la salle de bain. Décidemment, cette douche lui était bien utile pour se défiler. Pacey vida sa tasse dans l’évier. La complicité qu’il avait cru voir s’installer avec Joey s’était très vite dissiper.
Pacey : Encore un rêve se dit-il amer.
Déçu, il attrapa sa veste et ouvrit la porte, il valait mieux partir maintenant. Il faillit buter dans quelqu’un.
Jen : Pacey !! s’écria t-elle en le serrant dans ses bras..
Pacey : Salut Jen dit-il mal à l’aise mais ravit de la voir.
Jen : Que fais-tu ici ? lui demanda t-elle étonnée.
Pacey : C’est une longue histoire mais là il faut que j’y aille, j’ai une réunion dans pas longtemps.
Jen : D’accord, mais on se voit plus tard ?
Pacey : Tu sais où j’habite dit-il en passant devant elle. Euh….Joey est sous la douche la prévint-il avant de filer en quatrième vitesse.
Jen pénétra à l’intérieur et en refermant la porte, elle arbora un gigantesque sourire béat. Son plan semblait se dérouler plutôt bien ! constata t-elle. Elle avait bien fait de s’installer chez Jack pour le week-end pensa t-elle, Joey avait l’air d’avoir besoin de son appart.
Jen marchait dans les rues de Boston et redécouvrait cette ville formidable qu’elle connaissait par cœur pour y avoir habité pendant trois ans, trois longues et merveilleuses années. Elle repensa à son arrivée, Joey avait été ravie de la voir mais beaucoup moins lorsqu’elle s’était mise à la questionner, elle avait refusé de lui raconter quoique se soit, mise à part qu’elle avait eu peur et qu’elle l’avait appelé en précisant bien qu’il avait dormi sur le canapé. Il fallait tout de même avouer que de retrouver Pacey dans son appartement au petit matin avait de quoi la rendre suspicieuse. Puisqu’elle n’avait rien pu tirer de Joey, elle espérait avoir plus de chance avec Pacey. C’est pourquoi, elle s’en allait chez lui de ce pas. Et il avait intérêt à parler pensa t-elle en souriant. Son projet sous le bras, elle rentra dans son entrée et toqua à sa porte.
Jen : Salut Pacey dit-elle gaiement lorsqu’il lui eut ouvert la porte.
Pacey : Jen ! dit-il en s’effaçant pour la laisser passer.
Jen : Tu as une sale tête lui dit-elle sérieusement. Tu as du avoir une nuit agitée !
Pacey : Très drôle. Tu veux boire quelque chose ?
Jen : Tu aurais une boisson énergétique, j’ai besoin de force, pas toi ?
Pacey leva les yeux vers Jen, elle avait une idée derrière la tête, il en aurait mis sa main à couper. Et quand elle était dans cet état, mieux valait la tenir à l’écart.
Pacey : Désolé, j’en ai plus, je l’ai ai bue cette nuit lui dit-il ironique.
Jen : Rah !! Il n’y a jamais moyen de savoir quoi que se soit avec vous deux !
Pacey : Désolé.
Jen : Très bien ! Je vais en venir à ce pourquoi je suis là dans ce cas.
Pacey : Oh là, je crains le pire s’inquiéta t-il.
Jen : Eh ! dit-elle en lui tapant légèrement sur l’épaule. En plus je suis sûre que le projet va te plaire.
Pacey vint s’asseoir auprès d’elle et attendit patiemment qu’elle sorte son classeur à dessin.
Jen : Regarde ! dit-elle tout excitée.
Pacey baissa les yeux et contempla des croquis faits à la main. Sur ces feuilles, étaient dessinés des meubles de toutes sortes. Un berceau, une armoire, une table à langer….toute une collection pour enfant. Des meubles en bois finement sculptés orner de petits animaux
Pacey : C’est très joli déclara-t-il. Mais je ne savais pas que tu faisais dans les meubles.
Jen : C’est tout récent. Mais ça te plais vraiment ?
Pacey : Oui vraiment, tu as beaucoup de talent et je suis sûr qu’ils auront beaucoup de succès lui dit-il sincère.
Jen : Oh mais ils ne sont pas destinés à la vente.
Pacey : Je ne comprends pas ? lui demanda-t-il intrigué.
Jen : Ces meubles sont pour le bébé de Joey.
Pacey se raidit sensiblement. « Le bébé DE Joey », et son rôle à lui ? Tout le monde semblait l’oublier. Enfin, si la mère pouvait le faire, pourquoi pas les autres ?
Pacey : Et tu voulais me voir pourquoi ? demanda-t-il l’air ailleurs.
Jen : J’ai besoin d’un bon charpentier.
Pacey se leva brusquement. Elle était folle !
Pacey : Non mais t’es devenue cinglée ?
Jen : Moi ? dit-elle innocemment.
Pacey : Tu ne veux tout de même pas me faire construire les meubles de mon enfant alors que je n’aurais même pas le droit de faire partie de sa vie s’énerva-t-il.
Jen : Oui, et bien ça, ça dépend de toi !
Surpris, Pacey se retourna vers elle.
Pacey : De quoi tu parles encore ?
Jen : Joey ? Tu n’as tout de même pas l’intention d’abandonner la partie ?
Pacey : Que veux tu que je fasse ? J’ai tout tenté ave elle dit-il légèrement irrité par l’insistance de Jen.
Jen : Je ne t’ai jamais vu aussi défaitiste ! Bon dis-moi, Joey, tu l’aimes toujours ?
Pacey la fixa du regard, ses yeux étaient éloquents. Tout comme sa peine.
Jen : Inutile de répondre lui dit-elle en souriant.
Pacey : Si tu sais déjà tout, comment peux-tu me demander une chose pareille ?
Jen : Parce que je suis sûre que tu aimerais faire partie de la vie de ton bébé et que c’est un bon moyen de t’imposer. Et ne me dis pas que tu n’en as pas envie. Depuis combien de temps n’as-tu pas travaillé de tes mains ? lui dit-elle en se rapprochant de lui.
Pacey : Des siècles !
Jen : Et tu dis toi même que ces meubles sont très beaux ? lui dit-elle en lui brandissant sous ses yeux.
Pacey leva les yeux vers elle et soupira.
Pacey : Tu peux me dire ce que je gagnerais à faire ça ?
Jen : Tu te rapproches de ton enfant, donc de Joey. Pacey, je suis sûre qu’au fond d’elle, elle t’aime toujours.
Pacey la regarda, plein d’espoir.
Jen : Il faut juste que vous trouviez un terrain d’entente. Persévère Pacey, ne laisse pas tomber. Pense à la vie que vous pourriez voir tous les trois.
Pacey : Je ne pense qu’à ça dit-il désespéré. Mais si Joey ne veut pas de moi, je ne peux pas la forcer.
Jen : Je te laisse les dessins. Réfléchis-y dit-elle en lui déposant un baiser sur la joue.
Lorsqu’elle fut sortie, Pacey se laissa tomber sur le canapé. Les dessins dans la main, il les porta à sa vue. C’est vrai que ces meubles sont beaux se dit-il. Joey adorerait. Une fois dans la rue, Jen décrocha son téléphone.
Jen : Allo Jack ?
Jack : Salut, je me demandais justement quand tu allais rentrer.
Jen : J’arrive, je viens de voir Pacey. Dis-moi j’ai une petite idée.
Jack : Cela n’augure rien de bon.
Jen : Mais qu’est-ce que vous avez tous? Pourquoi lorsque j’ai une idée elle est forcement mauvaise ? s’exclama-t-elle agacée.
Jack : Disons qu’à part dans ton travail, tes idées rapportent souvent des ennuis lui dit-il en rigolant.
Jen : Bon passons dit-elle en refusant d’entrer sur ce terrain. Que fais-tu ce soir ?
Jack : Je sens que tu ne vas pas tarder à me le dire ?
Jen : Et bien, comme je ne suis pas là pour longtemps j’aurais bien aimé réunir mes amis autour de moi.
Jack : Je te vois venir, c’est plutôt Joey et Pacey que tu souhaites réunir.
Jen : Tu vois du mal à ça ?
Jack : Non mais tu ne pourrais pas les laisser tranquille un peu ?
Jen : Pas question, ils sont fait l’un pour l’autre et je n’abandonnerai pas tant que je ne les aurais pas réunis.
Jack : Très bien, fais comme tu veux.
Jen : Super, merci Jack. Tu les appelles pour les inviter parce que si ça vient de moi, ils penseront à un piège.
Jack : Oh, ils oseraient, tu crois ? lui demanda t-il narquois.
Jen : Jack !
Jack : C’est bon, je les appelle. Et je suppose que je ne leur dit pas qu’ils seront en présence l’un de l’autre.
Jen : Je savais que je pouvais compter sur toi !
Jack : Ouais maugréa-t-il. Tu sais que je déteste entrer dans tes combines.
Jen : Je t’adore Jack. A ce soir ! dit-elle en raccrochant.
Jack : Je te préviens que si cela se passe mal, tout sera de ta faute glissa-t-il à l’oreille de Jen alors que Joey pénétrait dans l’appartement.
Jen : Tout ira bien lui assura-t-elle confiante.
Joey passa devant eux et avança jusque dans le salon. Un homme était assis sur le canapé, elle n’eut pas besoin de le voir de face pour reconnaître Pacey. Elle se retourna vers Jack et Jen qui se tenaient à l’écart et arboraient des têtes coupables, du moins Jack. Joey sut d’instinct que ce plan venait de Jen et c’est à elle qu’elle adressa son regard noir.
Joey : Bonsoir Pacey dit-elle en rentrant.
Pacey : Joey ! dit-il surpris. Bonsoir.
Il jeta un regard derrière elle et en vint à la même conclusion. Jen était l’instigatrice de se coup fourré.
Jen : Je vais chercher à boire dit-elle en se faufilant dans la cuisine.
Jack : Je vais l’aider.
Joey : Comme s’ils avaient besoin d‘être deux pour porter quatre verres dit-elle en souriant à Pacey lorsqu’ils eurent disparu.
Pacey : Tu es superbe lâcha t-il pour la plus grande surprise de Joey.
Joey : Merci.
Jen : Voilà vos verres déclara t-elle gaiement.
Jack apporta un jus d’orange à Joey.
Jack : C’était pas mon idée, je suis désolé lui murmura-t-il.
Joey : Je sais lui dit-elle avec un sourire rassurant.
Ils burent leur boisson dans une atmosphère pesante et lourde. Jen commençait à se demander si elle avait vraiment eu raison de monter ce stratagème.
Pacey : Qu’est-ce qu’on mange ?
Jack : Ce que Jen a acheté chez le traiteur dit-il en souriant.
Joey : Je me disais aussi, Jen ne pouvait pas cuisiner.
Pacey : Une chance pour nous !
Jen : Eh !! Je vous rappelle que je suis là !
Joey : On plaisante lui dit-elle en souriant.
Ils s’assirent et discutèrent un instant. Puis Jack entraîna Joey pour lui montrer le nouveau tableau qu’il venait de s’acheter. Jen en profita pour venir s’asseoir à côté de Pacey et le regardait, amusée, il ne lâchait pas Joey du regard. Même de dos, il semblait comme aimanté par elle.
Jen : Elle ne va pas disparaître parce que tu ne la regarde plus lâcha t-elle amusée.
Pacey : Tu sais que tu es diabolique ?
Jen : Oui, mais ça fait tout mon charme, non ?
Pacey : Si avoua-t-il en souriant. Tu me fais penser à un bouledogue qui ne lâche pas son os tant qu’il ne l’a pas rongé à fond.
Jen : L’image est peu flatteuse mais elle me va, je l’accepte dit-elle en rigolant.
Ils partagèrent un instant de silence pendant lequel Pacey reposa lentement les yeux sur Joey.
Jen : Elle est belle, hein ?
Il se tourna vers elle et lui fit de gros yeux.
Jen : Bon, j’ai rien dit, j’ai rien dit !
Elle laissa quelque secondes passées avant de reprendre l’attaque.
Jen : Tu as réfléchi pour les meubles ?
Pacey : Tu ne lâches jamais toi !
Ils se retournèrent vers Joey et Jack, ces deux-là éclataient de rire mais c’est le sourire de Joey illuminant son visage qui attirait Pacey. Elle était radieuse. Il se retourna vers Jen d’un air décidé.
Pacey : Je vais les faire tes meubles déclara-t-il.
Jen : Génial, je le savais ! dit-elle sûre d’elle.
Pacey : Il y a une condition.
Jen : Mais c’est pas vrai, pourquoi faut-il toujours que vous mettiez des conditions dans toutes vos transactions ?
Pacey la foudroya du regard, prêt à renoncer.
Jen : Ok, c’est bon. Mais je te préviens, je ne couche pas avec toi !
Pacey la regarda, étonné, avant de soupirer, décidément, elle ne changerait jamais pensa-t-il en souriant.
Pacey : Tu n’auras pas à en arriver là lui assura-t-il en souriant, amusé. Ce que je veux c’est que tu me promettes de ne pas dire à Joey que c’est moi qui les ai faits.
Jen : Mais pourquoi? s’indigna-t-elle. Je suis sûre qu’elle serait très touchée.
Pacey : Promet le insista t-il, ou alors je ne les fais pas.
Jen : Hum, c’est dur ça, et si elle me le demande.
Pacey : Mens, tu es doué pour ça.
Jen : Eh ! dit-elle en semblant offensée.
Joey : De quoi vous parlez tous les deux ?
Jen : De mon travail, Pacey me demandais si j’avais finis ma prochaine collection.
Pacey : Comme une arracheuse de dent murmura-t-il en portant son verre à ses lèvres.
Jen lui donna un léger coup à l’estomac.
Jack : A table leur annonça-t-il.
Ils dînèrent dans une ambiance amicale et chaleureuse. Ils avaient décidé de mettre de côté les problèmes et de ne se concentrer que sur leur amitié. Ils avaient parfaitement réussi. Jen avait même réussi à ne faire aucune allusion, ce qui pour elle représentait un exploit. La soirée finie, Joey enfilait son manteau dans l’entrée. Pacey vint la rejoindre.
Pacey : Je te raccompagne ?
Joey : J’habite tout près.
Pacey : Je sais dit-il légèrement déçu, mais il est tard.
Voyant que cela le décevait un peu, Joey s’en voulut. La raccompagner ne l’engageait en rien.
Joey : C’est d’accord lui dit-elle en souriant.
Avec un grand sourire, Pacey l’aida à enfiler son manteau. Ils embrassèrent Jen et Jack avant de sortir.
Jen : Tu vois tout c’est bien passé, déclara-t-elle en se laissant tomber dans le canapé.
Jack : Ouais, tu as eu de la chance !
Jen : Et la soirée n’est pas finie dit-elle en souriant, joyeuse.
Pacey et Joey marchaient doucement sur le trottoir. Ils avaient choisi de ne pas prendre la voiture. Joey habitait à deux pas et la soirée était douce et agréable. Ils marchaient l’un à côté de l’autre sans parler. Les mots étaient superflus par un soir pareil. La lune les éclairait, les baignant d’un halo lumineux, Pacey regardait Joey en biais, la lune donnait à son visage, une douceur infinie. Elle se tourna vers lui et lui sourit. Il en fut rempli de joie, un seul sourire d’elle suffisait à égayer sa journée.
Joey : J’ai trouvé la soirée agréable.
Pacey : Moi aussi. Ca m’a fait plaisir qu’on puisse discuter sans toute cette tension.
Joey : J’ai trouvé ça agréable aussi.
Ils se sourient et reprit leur chemin.
Pacey : Je peux te demander quelque chose ?
Joey : Bien sûr.
Pacey : Comment ça se passe ?
Joey le regarda incrédule avant de comprendre qu’il parlait de sa grossesse.
Joey : Tout se passe bien lui assura-t-elle en souriant.
Pacey : Tu sais déjà si c’est un garçon ou une fille ? lui demanda-t-il timidement.
Joey : Non. Mais je n’ai pas envie de le savoir, j’ai envie d’en avoir la surprise.
Pacey : Oh fit-il surpris.
Il comprenait son choix même si de son côté, il mourrait d’envie de savoir. Enfin, que se soit un garçon ou une petite fille, il était tout disposait à l’aimer de tout son cœur.
Joey : On est arrivé annonça-t-elle.
Pacey sortit de ses réflexions et plongea son regard dans celui de Joey. Il se sentait électrisé par ses grands yeux verts. Une mèche de ses cheveux lui couvrait le visage, délicatement, il la lui replaça derrière l’oreille. Joey sentit ses doigt lui frôlaient le visage et se pencha légèrement pour prolonger leur contact sur sa peau. En souriant, Pacey fit glisser ses doigts sur le contour du visage de Joey. Joey sentit tout son être vibrait et une vague de désir monta subitement en elle. Sa tête lui disait de s’échapper à cette caresse mais son corps s’y refusait. Elle lui sourit timidement. Pacey eut la sensation qu’à cet instant même, s’il l’embrassait, elle ne le repousserait pas. Cette sensation était très nette, pourtant, un avertissement au fond de lui, lui disait que se serait une folie de griller les étapes, qu’elle n’était pas encore tout à fait prête. Alors, doucement, il s’approcha et déposa un baiser sur sa joue. S’arrêtant près de sa bouche, ses yeux rencontrèrent ceux de Joey. Il put y lire du désir et de la peur. Tant que la peur serait là, il ne pourrait pas se permettre de faux pas pensa-t-il. Résigné, il se recula.
Pacey : Bonne nuit.
Joey était étonnée, elle reprit son souffle qu’elle avait perdu sans s’en rendre compte. Perdue dans les méandres de son cœur qu’elle était pour s’en apercevoir. Elle lui fut reconnaissante de ne pas avoir insisté.
Joey : Bonne nuit lui dit-elle en souriant.
Elle remonta les quelques marches qui la séparait de son entrée. Elle ouvrit la porte et se retourna une dernière fois pour lui sourire avant de disparaître à l’intérieur. Une fois hors de vue, Pacey se retint aux grilles devant lui. Résister lui avait demandé un effort considérable. Avoir une telle occasion et devoir la refuser avait demandé une somme astronomique de courage. C’était surhumain de s’infliger une chose pareille se dit-il énervé contre lui-même. Il aurait du saisir sa chance. En ce moment, il pourrait être dans ses bras, sous le flot de ses caresses et la couvrir de baiser. Il en rêvait tellement !!
Pacey : A la douche Witter ! lança-t-il frustré, et glacée de préférence.
Il s’en retourna et marcha à pas rapide, il lui fallait mettre le plus de distance entre elle et lui. Il se sentait capable de faire demi-tour et de rattraper la donne. (Marjo)
Marjo (28.11.2003 à 22:23)
Pacey grimpa quatre à quatre les marches d'escalier qui le séparaient de l'appartement de Joey. Il ne l'avait pas vue depuis plus d'une semaine et elle lui manquait énormément. Mais, depuis qu'elle s'était installée à Boston, il y avait de cela trois mois, il s'était imposé de ne pas lui rendre visite quotidiennement même s'il en mourait d'envie. Il essayait toujours de laisser quelques jours d'espace entre deux visites, sauf lorsqu'elle l'appelait elle-même en urgence. Joey avait déjà largement entamé son cinquième mois de grossesse, et lorsqu'il l'avait vue, la dernière fois, par hasard au centre commercial, il l'avait trouvée encore plus épanouie. Un joli petit ventre rond se dessinait et il se souvint avoir ressenti l'envie de le caresser. Malgré la fatigue qu'elle disait éprouver, son visage était radieux et très reposé. Elle n'avait pas le masque de grossesse qu'il se souvenait avoir vu sur le visage de sa sœur aînée. Etre en sa présence lui procurait toujours des sentiments troublants. La joie de la voir si belle, enceinte de son enfant, immédiatement remplacée par le chagrin d'être totalement exclu de cette grossesse. Mais même si cette joie était éphémère, il préférait de loin la ressentir ne serait-ce qu'une fraction de seconde, même si pour cela il devait souffrir, être malheureux les jours suivants. Ce soir, ne pouvant plus supporter cette trop longue séparation, il avait décidé d'aller la voir et pour ne pas arriver les mains vides et surtout éviter de se faire jeter, sur le chemin, il avait acheté des fraises, il savait que Joey en raffolait. C'était son fruit préféré. Arrivé devant la porte, il sonna promptement, le sourire aux lèvres.
Pacey : Bonj…commença-t-il une fois la porte ouverte avant de s'interrompre devant une Joey en pleurs.
Pacey : Joey, mais que se passe-t-il? questionna-t-il complètement paniqué. Il y a un problème? reprit-il voyant que Joey ne répondait toujours pas.
Joey : Pacey…, hoqueta-t-elle.
Il la prit dans ses bras pour l'emmener sur le canapé et la berça doucement. Il était complètement désemparé devant le chagrin de la jeune fille, devant ses larmes qui inondaient son visage et dont le flot ne tarissait pas.
Pacey : Joey, je t'en prie, dis-moi ce qu'il se passe, demanda-t-il doucement, inquiet.
Joey : Je pensais à maman, expliqua-t-elle d'une voix entrecoupée de sanglots, au fait qu'elle ne connaîtra jamais ses petits-enfants. Elle me manque tellement. J'aurais tellement besoin d'elle en ce moment! Acheva-t-elle au milieu de nouvelles larmes.
Le cœur de Pacey se serra, le désespoir de Joey le touchait profondément. Ce qui le minait le plus était qu'il ne pouvait rien dire pour la consoler. Aucun mot ne serait suffisant pour la réconforter et combler le manque maternel. Il se contenta de la bercer tendrement et par ses caresses, tentait de lui apporter un semblant de réconfort. Un long moment après, les larmes se firent plus rares, les sanglots s'étouffèrent et Joey récupérait une respiration normale. Ils restèrent encore quelques instants dans cette position, Joey semblant puiser des forces dans l'étreinte de Pacey. Une fois bien sûre d'avoir récupéré le contrôle d'elle-même, elle releva la tête vers Pacey et lui sourit timidement.
Joey : Merci.
Pacey : Tu te sens mieux?
Joey : Oui. Je suis désolée, vraiment. Oh mon dieu, tu dois me trouver affreuse, s'écria-t-elle en essuyant les larmes.
Pacey : Affreuse? Ne dis pas de bêtises, murmura-t-il en replaçant doucement une mèche derrière l'oreille de Joey.
Joey : Je ne sais pas pourquoi je me suis mise à pleurer, soudainement, dit-elle précipitamment pour briser le charme qui menaçait de s'installer. Mais je suis si fatiguée! Je n'arrive pas à finir mes plans, rien ne me convient, poursuivit-elle en montrant d'un geste vague les grandes feuilles qui jonchaient la table. Mais je voudrais finir le plus vite possible ce travail.
Pacey : Joey, calme-toi! Tu ne dois pas le finir impérativement pour demain! Dit-il pour la rassurer.
Joey : Non, bien sûr! Mais plus vite j'en aurais fini avec ce projet, plus vite je pourrais rentrer chez moi, à New York.
Pacey sentit son cœur se comprimer dans sa poitrine. Elle voulait rentrer chez elle, à New York. Loin de lui. Mais il ne pouvait pas être surpris, il avait toujours su que son installation à Boston n'était que temporaire. Il n'empêche que trop heureux de la savoir près de lui, il avait fait en sorte d'oublier ce détail. Et voilà que Joey le lui rebalançait en pleine figure. Il fit un énorme effort sur lui-même pour afficher un air détaché.
Pacey : Oui, je te comprends, lâcha-t-il.
Joey : Oh, qu'est-ce que c'est? demanda-t-elle, curieuse en se penchant pour attraper le paquet que Pacey avait posé sur la petite table du salon.
Pacey : Je t'ai apporté des fraises. Tu sais que fin avril c'est la pleine saison!
Joey : Merci, dit-elle se mordillant la lèvre inférieure de gourmandise et plongeant avec avidité dans la barquette.
Pacey : Attends, je vais te les nettoyer avant.
Joey : Mais, je peux le faire.
Pacey : Non, tu restes là et tu te détends.
Pacey attrapa la barquette et se dirigea vers la cuisine. Histoire de reprendre un peu ses esprits. Il devait arrêter de se fourvoyer. Joey ne changerait jamais d'avis. Elle ne voulait toujours pas de lui dans la vie du bébé et encore moins dans la sienne. Une fois son projet terminé elle retournerait séance tenante à New York. Quoi qu'il puisse en penser. Qu'il s'estime déjà heureux qu'elle lui dise au revoir, pensa-t-il amer. Les fraises lavées, équeutées et savamment disposées dans un bol, Pacey revint dans le salon. Joey s'était allongée sur le canapé, les mains reposant sur son ventre. Le voyant arriver, elle se releva pour qu'il puisse s'installer.
Pacey : Ne bouge pas, je vais me mettre sur le fauteuil.
Joey : Non, viens là. J'ai besoin d'un dossier plus mou, j'ai mal au dos et mon accoudoir est trop dur, gémit-elle tendit que ses lèvres prenaient l'expression d'une moue suppliante.
Comme si elle avait besoin d'en faire des tonnes, se dit-il, pour qu'il accède à tous ses désirs! Il voulait bien jouer le rôle de son dossier autant qu'elle le voulait, et même celui de paillasson. Tout, pourvu qu'il puisse être près d'elle. Il s'installa à sa place avec un petit sourire, et Joey lui prenant le bol des mains, s'allongea, de telle sorte que sa tête reposait sur le torse du jeune homme. Elle plongea avec régularité dans le bol qu'elle avait posé sur son ventre, n'oubliant pas de tendre une fois sur 3 une fraise à son ami, qui en profitait à chaque fois pour caresser du bout des ses doigts ceux de Joey. Ils parlèrent de tout et de rien, retrouvant en cet instant la complicité qui les liait au début de leur amitié. En ce moment quasi irréel, la tension qui surgissait d'habitude à la seconde même où ils se retrouvaient dans la même pièce avait laissait sa place à une ambiance chaleureuse et tendre. Une personne inconnue pénétrant dans ce salon aurait pu penser troubler la quiétude d'un jeune couple, attendant la venue de leur chérubin. Mais Pacey savait que tout était faux. Un faux mouvement et l'image idyllique se brouillerait. Mais, il fit tout pour sauvegarder encore un peu ce moment. Depuis longtemps, ils s'étaient tus, goûtant juste le plaisir d'être là. Il regarda Joey avec tendresse, elle avait fermé ses yeux mais mangeait toujours avec autant d'avidité les délicieux fruits. Elle semblait sereine et apaisée. Rien à voir avec la Joey qu'il avait trouvée en pleurs en arrivant. Il remercia le ciel d'avoir eu le cran d'aller lui rendre visite ce soir, l'idée qu'elle aurait pu affronter seule sa tristesse lui fit ressentir comme une boule à l'estomac. Non pas qu'il pensait lui avoir été d'une aide indispensable, après tout, Jack aurait très bien pu faire l'affaire, mais il était tout de même content d'avoir été présent. La respiration de Joey devint plus régulière, et Pacey remarqua que sa main reposait sur le rebord du bol. Elle s'était tranquillement endormie. Pacey sourit, si elle s'était endormie si facilement c'est qu'elle avait dû se sentir en confiance et rassurée près de lui, non? Il attrapa le petit récipient de sa main droite, le fit passer dans sa main gauche et le posa parterre. Joey bougea légèrement et se colla davantage contre son torse. De sa main gauche, il fit une barrière contre le dos de la jeune femme, comme pour l'empêcher de s'envoler. Du bout de ses doigts, il pouvait sentir son ventre tendu. Un frisson de bonheur lui parcourut tout le corps. Pour la première fois depuis le début de la grossesse, il pouvait le toucher. Il posa sa main libre sur le centre du ventre, et son cœur bondit subitement dans sa poitrine. Il venait de sentir une légère secousse. C'était bien cela, il n'avait pas rêvé? Il ôta sa main et observa, l'œil vif, si d'autres secousses se manifestaient. Apparemment, bébé, ce soir était très en forme. Il donnait pleins de petits coups qui rebondissaient sur le ventre de sa maman. Emu aux larmes, Pacey reposa délicatement sa main, espérant faire ressentir sa présence à son petit bout de chou. Instantanément, le bébé fit un énorme mouvement, comme une petite vague, signe qu'il était entrain de se retourner. Le cœur de Pacey cognait contre sa poitrine, si fort, qu'il lui semblait qu'il allait en sortir. Il sentit soudain une pression sur sa main. C'était celle de Joey, il crut avec tristesse qu'elle allait enlever ce poids contre elle mais à sa grande surprise, elle n'en fit rien. Elle garda sa main sur la sienne et comble du bonheur pour lui, elle entrelaça ses doigts aux siens, et exerça une légère pression. Pouvait-elle avoir pleinement conscience de ce que ce geste représentait et à quel point il était précieux aux yeux de Pacey? Dans son sommeil, toutes les barrières qu'elle avait érigées autour d'elle s'effondraient comme un château de cartes et elle se libérait, laissant son cœur agir. De la même manière qu'il avait permis à Pacey de poser audacieusement sa main sur le ventre de Joey, le sommeil permettait à la jeune fille de s'abandonner et de se départir de cette réserve qu'elle arborait constamment en présence de Pacey. Le jeune homme en perçut un surcroît d'espoir. Non, jamais il ne renoncerait. Elle pouvait repartir à New York si cela lui chantait, il serait capable de la suivre. Mais jamais, jamais, il n'accepterait d'être à nouveau séparer d'elle et de son enfant.
Il n'arriva pas à estimer depuis combien de temps il la regardait dormir, mais quand elle bougea et ouvrit doucement les yeux, il lui semblait que cela avait duré cinq minutes tout au plus. Elle le fixa de ses yeux encore emplis de sommeil, cherchant à se rappeler, sûrement, depuis combien de temps il était chez elle. Elle lui sourit d'un air contrit.
Joey : Je suis désolée de t'avoir écrasée, dit-elle en plaisantant. Je vais te libérer maintenant. En tout cas, tu es très efficace comme coussin, je n'ai pas mal au dos, ajouta-t-elle amusée.
Pacey : Mais, je suis à ta disposition quand tu veux! , répondit-il en étirant ses muscles endoloris, sans prendre conscience du double sens de ses propos.
Joey : Tu peux m'aider à me lever, s'il te plaît? Je crois que je serai mieux dans mon lit.
Pacey : Bien sûr.
Et sans lui laisser le temps de réagir, Pacey la prit dans ses bras.
Joey : J'aurais très bien pu marcher, s'insurgea-t-elle en baillant.
Pacey : On ira plus vite comme cela. Tu vois, dit-il après quelques secondes en la déposant sur son lit et en remontant les couvertures sur elle.
Joey : Merci, Pacey, murmura-t-elle déjà gagnée par le sommeil.
Pacey lui caressa doucement les cheveux et lui embrassa le front. Il l'observa un long moment.
Pacey : Toi affreuse? Tu es belle, Joey, murmura-t-il, tellement belle que de te regarder me fait souffrir, acheva-t-il dans un souffle où se mêlées la déception et la tristesse.
Il s'apprêtait à partir mais jeta une dernière fois un œil sur le ventre rebondi, avec l'envie irrépressible d'y déposer un baiser pour la chair de sa chair qui y reposait tel un trésor précieux dans son écrin. Comment ne pourrait-il pas céder à la tentation? Comment pourrait-il résistait à cette envie qu'il lui prenait au ventre de réveiller Joey et de lui montrer à quel point il l'aimait? A quel point il les aimait tous les deux? Ses yeux ne pouvaient se détacher du corps alangui de la jeune femme, attendant une invite, peut-être?
- Pacey, murmura-t-elle fébrile, tandis que ses mains parcouraient son corps et que ses lèvres lui picoraient le cou.
Galvanisé par cet appel, Pacey prit tendrement possession de ses lèvres alors qu'habilement les mains de Joey lui enlevaient sa chemise qui bientôt rejoignit la nuisette de la jeune femme sur le sol.
-Joey, attends, je ne veux pas te faire mal, s'inquiéta-t-il.
-Ne t'inquiète pas, tu ne nous fera pas mal, répondit-elle suffocante, tandis que de ses mains, elle ramenait le visage de Pacey vers elle pour sceller à nouveau leurs lèvres. J'ai tellement envie de toi.
La passion les embrasa, Pacey acheva de se dévêtir et ses mains reprirent leur tendre exploration, traçant des sillons de feu sur tout le corps de Joey qui n'était désormais plus qu'un brasier. Elle répondit avec fougue à cette déferlante de caresses et de baisers, donnant autant qu'elle recevait. Le plaisir monta en vagues successives, atteignant enfin son paroxysme pour les laisser tous deux pantelants, comblés et apaisés, serrés l'un contre l'autre.
Joey se réveilla brusquement et regarda autour d'elle. Personne. Elle était seule dans son lit, seule et encore vêtue de sa nuisette. Aucune trace ne montrait, à ses côtés, qu'une personne avait passé la nuit dans son lit. Elle avait donc rêvé? Tout n'avait été qu'un rêve, les caresses, les baisers, le corps de Pacey contre le sien? Elle soupira de frustration, il lui semblait que sa peau gardait en mémoire l'étreinte de Pacey. Tout lui avait paru pourtant si réel. Elle se leva d'un bond et se dirigea vers la cuisine. Sur la table, elle aperçut un morceau de papier. Elle reconnut immédiatement l'écriture du jeune homme :
Joey, j'ai fermé derrière moi avec le double de tes clés.
Je les mets dans ta boite aux lettres. Je t'embrasse,
Pacey.
Donc, il était bien venu! Elle se souvenait maintenant, il était arrivé en début de soirée alors qu'elle était complètement désemparée. Il l'avait consolée, sans un mot, juste en la tenant serrée contre lui. Et c'est vrai qu'elle s'était sentie en sécurité et apaisée. Elle se souvenait avoir mangé de délicieuses fraises puis s'être endormie contre lui. Tout simplement. Ensuite il l'avait portée jusque dans son lit et ensuite le trou noir. Le sommeil l'avait terrassée dès qu'elle eût posé la tête sur son oreiller. Que signifiait ce rêve, au juste? Révélait-il un puissant désir qu'elle cherchait à tout prix à refouler? Peut-être? Non, sûrement. Elle sentait de plus en plus sa volonté s'amoindrir. Elle aimait être avec Pacey, elle ne pouvait pas le nier. D'ailleurs, depuis qu'elle était à Boston, ils se voyaient régulièrement. Souvent par le fait du hasard, parfois à l'initiative de Pacey et parfois parce qu'elle lui téléphonait, la plupart du temps pour un prétexte futile. Il fallait bien se l'avouer, sa présence à ses côtés la rassurait. Oh, comme tout aurait été plus simple s'il n'avait pas été le géniteur de son enfant!! Oui, mais le problème c'est qu'elle n'avait voulu que lui pour jouer ce rôle. Comment avait-elle pu penser réussir à rayer Pacey de sa vie? Ils avaient été amis, puis avaient été follement amoureux l'un de l'autre, à nouveau amis, presque à nouveau un couple. Malgré les turpitudes de la vie, ils avaient réussi à sauvegarder leur amitié. Obnubilée par son projet d'élever son enfant seule, elle ne se rendait pas compte qu'elle risquait de perdre une des personnes qui comptaient le plus dans sa vie. Agacée par toutes ses questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponses suffisantes, ou auxquelles elle ne voulait pas chercher de réponses, elle décida de laisser faire les choses et de prendre la vie comme elle venait. Si elle voulait voir son "ami" Pacey, pourquoi s'en priverait-elle? La seule chose qu'elle put admettre ce matin était que son attitude à son égard avait à plusieurs reprises frôler la méchanceté, l'ingratitude. Etre aussi distante avec lui revenait complètement à le punir pour une situation dont il n'était pas responsable. C'est elle qui avait souhaité concevoir un enfant et l'élever seule. Depuis le début de sa grossesse, elle s'était comportée avec lui comme s'il lui avait fait un bébé et l'avait tout bonnement abandonnée à son triste sort. Or, Pacey ne pourrait jamais être capable d'une chose pareille. De cela, elle en était sûre. Ne cherchait-il pas à lui être agréable dès qu'il le pouvait? Hier, ne lui avait-il pas apporté des délicieuses fraises, juteuses à souhait, juste pour lui faire plaisir? Elle repensa à cette soirée, ils avaient partagé un excellent moment, exempt de toute tension, et c'était tout naturellement qu'elle s'était appuyée contre lui. Sans aucune arrière pensée. C'est comme cela qu'elle devait raisonner, ne plus se poser de questions et laisser la vie agir. On verrait bien où cela la mènerait!
-Ah salut Jack! Tu vas bien?
-Oui ça va et toi?
-Oui, très bien. Tu m'appelles pour me dire à quelle heure tu passes ce soir?
-Bah, justement, Joey j'ai un petit problème. Je ne pourrais pas t'accompagner à ton cours ce soir, j'ai une réunion avec le président du club et tout le staff technique.
-Oh, non! C'est dommage, je vais me retrouver à faire les exercices avec la sage-femme!
-Je suis vraiment désolé, Joey. Si je pouvais faire autrement, …
-C'est pas grave, ne t'inquiète pas, je me débrouillerai.
-T'es sûre?
-Oui! J'ai l'intention d'élever mon bébé seule, autant que je commence, plaisanta-t-elle
-Joey, tu sais que si tu voulais….
-Jack, je crois que tu parles trop avec Jen, elle déteint sur toi, l'interrompit-elle sachant de quoi il allait parler.
-Ca va, j'ai compris! Je me mêle de ce qui me regarde!
-Jen devrait en faire autant mais elle n'abandonne malheureusement jamais aussi facilement que toi!
Jack rit à l'autre bout du téléphone. Rien n'était moins vrai, et encore Joey ne devait pas être au courant de la moitié des plans qu'inventait Jen pour tenter de la rapprocher de Pacey.
-Je dois y aller, Joey, je suis vraiment désolé pour ce soir.
-C'est bon, Jack. Tu viendras la prochaine fois.
-Oui, compte sur moi. Je t'embrasse.
-Bisous, Jack. Au revoir.
Elle raccrocha, déçue. L'idée de se rendre seule aux cours d'accouchement sans douleur l'enchantait guère. D'autant plus que c'était la première fois. Mais bon, comme elle l'avait signifié à Jack, elle comptait élever son enfant seule, donc assister à ses cours sans soutien était normal, si on suivait sa logique.
Une heure plus tard, prête à partir, elle ouvrit la porte à la volée et aperçut Pacey qui s'apprêtait à sonner. Ils se regardèrent, tout d'abord surpris puis une petite gène s'instaura entre eux.
Pacey : Bonjour, Joey.
Joey : Bonjour, Pacey.
Pacey : Excuse-moi, je vois que je te dérange. Tu allais partir?
Joey : Oui. Mais que viens-tu faire ici? demanda-t-elle légèrement suspicieuse.
Pacey : Eh bien , j'étais venu reprendre mes outils que j'ai oublié chez toi.
Joey : Ah! Rentre.
Elle s'effaça pour le laisser rentrer et il aperçut sa boite à outils plaquée contre le mur du couloir.
Pacey (la boîte à outils dans les mains) : Bon, je vais te laisser. Je ne voudrais pas te mettre en retard.
Joey : Non, ça va, j'ai encore le temps. Mon cours d'accouchement sans douleur ne commence que dans une demi-heure.
Pacey marqua un temps d'arrêt. Jack lui avait parlé de ces fameux cours, desquels bien sûr, il avait été immédiatement exclu par Joey.
Pacey : Ah, tu y vas aujourd'hui? Jack m'en a parlé. Tu le rejoins chez lui ou directement à la maternité? questionna-t-il de l'air de plus détaché qu'il pu.
Joey : Eh bien pour tout te dire, Jack ne peut pas venir ce soir. Il a une réunion.
Un ange passa. Pacey souhaitait vraiment lui proposer de l'accompagner mais il savait qu'il n'y avait vraiment aucun espoir qu'elle accepte. En même temps, partager un autre moment complice avec Joey et leur bébé, comme celui qu'ils avaient partagés 3 jours auparavant, le tentait vraiment.
Joey : Pacey, ….
Pacey : Si tu veux, je peux t'y déposer et venir te rechercher? Je ne serais pas tranquille de te savoir seule dans les rues le soir, proposa-t-il précipitamment.
Joey : Je veux bien, merci.
Il lui sourit avec éclat. Dans la voiture, il parlèrent peu, ce qui permit à Joey de s'abîmer dans ses réflexions. Assister seule à son cours ne lui plaisait vraiment pas. Elle se doutait qu'elle devrait sûrement faire des exercices avec la sage-femme ou pire avec un homme au hasard qui passerait par là! Elle mourrait d'envie de le demander à Pacey mais craignait que cela soit une mauvaise idée. Elle n'avait pas perdu de vue son projet initial et proposer cela à Pacey constituerait une entorse, voire carrément une fracture à son pacte. D'un autre côté, elle ne pouvait plus nier qu'être en sa présence lui procurait un réel plaisir. Elle sentait bien qu'elle avait évolué vis à vis de Pacey, ou plutôt, elle était redevenue "normale", elle s'était peu à peu départie de cette distance qu'elle érigeait comme une barrière infranchissable entre eux. Ce qui était le plus étonnant, c'est qu'elle ne s'était même pas rendu compte de ce changement. Etre proche de Pacey, complice lui semblait tout à fait naturel, alors qu'en y repensant elle avait l'impression de s'être toujours contrainte à être froide et détachée. Toutes à ses réflexions, elle ne rendit pas compte qu'ils étaient arrivés devant la maternité.
Pacey : Joey, tu es arrivée, l'appela-t-il pour la sortir de ses pensées.
Elle sursauta légèrement puis regarda Pacey. Dans ses yeux, elle aperçut cette tendresse railleuse qu'elle avait toujours aimé y lire. Ainsi qu'une petite lueur d'espoir. Alors, elle décida de se jeter à l'eau.
Joey : Pacey, tu…
Pacey : Est-ce que je…..
Ils sourirent tous les 2.
Pacey : Vas-y, je t'en prie.
Joey : Je voulais savoir si tu voulais assister à ce cours avec moi? demanda-t-elle presque timidement.
La joie éclaira les yeux du jeune homme. Il s'apprêtait justement à lui demander, à la supplier d'accepter qu'il puisse venir avec elle, et voilà qu'elle lui proposait, elle-même. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Décidément, elle le surprendrait toujours.
Pacey : Oui, bien sûr, se contenta-t-il de répondre en réfrénant le cri de joie qui lui montait dans la gorge.
Arrivée dans la salle prévue, ils aperçurent une dizaine de couples déjà installés et prêts à commencer. Pacey regardait les futurs papa avec envie, ils partageaient tous avec leurs compagnes des moments riches en émotion, ils pouvaient vivre pleinement leur grossesse, tandis que lui ne devait se contenter que des miettes que Joey de temps en temps lui accorder. Il aimerait tellement être à leur place, pouvoir tenir la main de Joey tendrement, lui caresser le ventre, parler à son enfant, sous le regard bienveillant et attendri de la jeune femme.
Joey : Pacey? l'appela-t-elle gentiment.
Elle le tira par la main vers le fond de la salle où il restait un peu de place. La sage-femme commença son cours peu de temps après. Au début, tous deux étaient un peu empruntés, les couples devant avoir entre eux des gestes tendres, complices et la tension entre Pacey et Joey les empêchaient de bien faire les exercices. Mais au fur et à mesure, ils se sentirent de plus en plus à l'aise ensemble. Il faut dire que Pacey ne ménageait pas ses effort pour détendre l'atmosphère en plaisantant à tout moment. Lors d'un exercice, le futur père devait se placer derrière la maman pour lui maintenir le dos, tandis qu'elle effectuait des mouvements respiratoires pour calmer les contractions. Pacey était à genoux derrière Joey et il lui maintenait le dos, lui massant délicatement le bas de reins. Subitement Joey se laissa aller contre lui et lui attrapa les mains qu'elle plaça sur son ventre.
Joey : Sens, il bouge! déclara-t-elle émue.
Le jeune homme sentait en effet son tout petit donnait des coups de pieds, et tout comme la première fois, chez Joey, une vague d'émotion le submergea. Cette fois, il n'avait pas eu besoin d'attendre le sommeil de la jeune femme, elle lui avait pris les mains d'autorité et les lui avait posées sur son ventre, voulant à tout prix lui faire partager ce moment. Joey se sentait bien, la tête reposant sur le torse de Pacey, ses mains sur son ventre. Elle entrelaça ses doigts aux siens et ce geste lui parut familier. Comme un air de déjà-vu.
Joey : Pacey, J'ai l'impression d'avoir rêvé cette scène, tes mains sur mon ventre, nos doigts entrelacés, c'est bizarre, non? L'interrogea-t-elle dans un murmure.
Pacey : Eh bien, c'est peut-être parce que c'était pas un rêve, répondit-il tout contre son oreille.
Joey se retourna légèrement et le regarda, interrogative.
Pacey (toujours murmurant contre son oreille) : Eh bien, quand je suis venu te voir, il y a quelques jours et que tu t'es endormie contre moi, j'ai vu ton ventre se soulevait et j'ai pas pu résister, j'ai caressé ton ventre et puis tu as posé ta main sur la mienne,…
Joey : Comme maintenant?
Pacey : Exactement comme maintenant, murmura-t-il d'une voix intense.
Oh mon dieu, cette voix! Ce souffle qui lui balayait le cou et lui procurait des frissons de plaisir. Ne tenant plus compte des directives de la sage-femme, Joey se retourna face à Pacey.
Joey : Qu'est-ce que ça t'a fait? demanda-t-elle les yeux rivés aux yeux..
Pacey : Ca, dit-il en lui prenant la main et en lui posant sur le cœur qu'elle pouvait sentir battre la chamade.
Il lui semblait que son propre cœur faisait écho au sien. Ils restèrent quelques minutes à se fixer, ne pouvant détacher leurs regards. Subrepticement, leurs visages se rapprochaient, sentant qu'indubitablement leurs lèvres se scelleraient et que ce baiser serait intense. Il ne pourrait être que la conséquence logique de ce moment magique qu'ils venaient de vivre. Leurs lèvres n'étaient désormais plus qu'à quelques millimètres, chacun sentant le souffle de l'autre caresser leurs lèvres, les galvanisant. Ils n'étaient plus qu'attente de ce moment où leur souffle se mêleraient, leurs langues se chercheraient et se trouveraient pour mener une danse frénétique.
-Le cours est fini pour ce soir, brailla la sage-femme alors que leurs lèvres allaient enfin se rencontrer.
Ils sursautèrent tous les deux, surpris. Le charme était rompu. Joey pesta silencieusement contre l'infirmière. Puis elle se convint qu'il valait mieux qu'il en soit ainsi. Dieu sait où ce baiser l'aurait mené.Au nirvana, lui dicta une petite voix qu'elle préféra ignorer.
Le trajet du retour se déroula dans le plus grand silence. Chacun cherchant une explication à ce qu'il s'était passé ou plutôt à ce qu'il ne s'était pas passé. Lorsqu'il arrivèrent devant chez Joey, Pacey la raccompagna jusqu'à sa porte puis lui déposa un chaste baiser sur la joue et tourna les talons, laissant Joey, étonnée et frustrée sur le pas de sa porte.
Une semaine s'était écoulée durant laquelle Joey et Pacey s'étaient vus quasiment tous les jours. Ces rencontres se révélaient d'avantage de l'initiative de la jeune femme, fidèle à sa nouvelle ligne de conduite, "je ne me pose pas de question, je prends la vie comme elle vient". Ce jour, elle se rendait chez Pacey avec des plats chinois. Il était 19 heures, le soleil commençait lentement à décliner mais la température était encore très agréable et Joey adorait se promener à ce moment de la journée. Durant sa promenade, elle avait vu un restaurant chinois qui proposait des plats à emporter et saisie d'une fringale, elle y était entrée et s'était largement approvisionnée avec l'idée de partager ce succulent repas avec Pacey. Elle n'aimait pas manger seule! C'est ainsi qu'elle se dirigeait d'un bon pas chez lui. En arrivant chez Pacey, elle sonna plusieurs fois, mais aucune réponse ne vint. Elle commençait à désespérer et était prête à rebrousser chemin quand elle entendit un bruit de scie émanant du grenier. D'un pas précautionneux, elle monta doucement les escaliers.
Joey : Pacey! Appela-t-elle.
Aucune réponse. Sa voix était couverte par le bruit de la scie.
Joey : Pacey! Cria-t-elle plus fort.
-Aïe!! Entendit-elle au fond du couloir.
Elle reconnut la voix du jeune homme et se dirigea vers le bruit.
Joey : Pacey, ça va? Demanda-t-elle inquiète.
Pacey : Oui, oui, la rassura-t-il en sortant précipitamment de la pièce. Bonjour, Joey, tu vas bien?
Joey : Oui, je vais bien mais toi? Montre-moi ta main? Lui ordonna-t-elle apercevant un peu de sang. Oh mais tu t'es coupé?
Pacey : Ma scie a dérapé quand je t'ai entendue, j'ai sursauté, avoua-t-il, contrit.
Joey : Alors c'est de ma faute?
Pacey ne lui répondit pas mais haussa les sourcils, taquin.
Joey : Allez, viens, bricoleur du dimanche! Je vais te soigner, l'entraîna-t-elle en lui tirant la manche, amusée. Au fait, tu fabriques quoi, au juste?
Pacey : Euh, un abri pour les oiseaux, répondit-il précipitamment. Pour l'école. Certains élèves m'ont fait remarqué que les oiseaux n'avaient pas de maison, alors, je me suis dévoué, je leur en construit une, broda-t-il au fur et à mesure qu'il parlait.
Joey : Tu t'investis beaucoup!
Pacey : Tu sais que j'adore les enfants, Joey, répondit-il, tendrement.
Tout en parlant, ils étaient arrivés chez Pacey et s'étaient dirigés vers la salle de bain. Joey avait sorti de l'armoire à pharmacie le nécessaire pour soigner la blessure du jeune homme. Pacey s'était assis sur le bord de la baignoire et Joey sur un tabouret qu'elle avait ramené du salon.
Joey : Oui, je sais, Pacey, avoua-t-elle, les yeux rivés aux siens.
Leurs regards s'accrochèrent et ne lâchèrent plus. Hypnotisés, aucun des deux n'osait faire un mouvement de peur de briser le charme qui les enveloppait. Mais, désireuse plus que jamais, depuis leur tentative de baiser avortée lors du cours d'accouchement sans douleurs, de sceller ses lèvres à celles de Pacey, Joey s'avança délicatement vers son visage. Malheureusement, le tabouret roula et perdant l'équilibre, elle s'écrasa sur le torse de Pacey, qui la retint de justesse.
Pacey : Ca va? S'enquit-il, légèrement amusé.
Joey : Oui, répondit-elle gênée.
Pour masquer son trouble, elle attrapa le désinfectant, une compresse et s'empressa de nettoyer la plaie. Fort heureusement, la coupure était superficielle. Elle s'appliqua du mieux qu'elle put, avec une infinie tendresse et Pacey la regarda faire, en souriant. Il aimait bien qu'elle prenne soin de lui, il avait oublié le bien que cela faisait. Son regard glissa discrètement sur les lèvres de la jeune fille. Elle avait eu envie de l'embrasser, il l'avait vu dans ses yeux. S'il avait bougé, ou ne serait-ce que tendu ses lèvres, ils se seraient enfin embrassés! Mais, il avait préféré attendre que Joey vienne totalement à lui. Mal lui en a pris! Il finissait par croire que le destin s'acharnait contre eux. Déjà la semaine dernière, ils avaient été interrompus par cette sage-femme sans délicatesse, et aujourd'hui par un tabouret récalcitrant! Mais, il y avait du progrès, quand même.
Joey : Voilà, c'est fini, énonça-t-elle en déposant un bisou magique sur le pansement.
Pacey : Ca va beaucoup mieux, maintenant! la taquina-t-il.
Joey : On va manger? J'ai apporté du chinois.
Pacey : Ok. Je te suis.
Ils s'installèrent sur la table de la cuisine, assis à même le sol pour Joey n'étant pas pratique, surtout pour se relever. La soirée se passa tranquillement. Ils parlèrent de tout, en évitant tout de même d'évoquer leur bébé. Pacey sentait que le moment n'était pas encore venu. Ensuite, Pacey raccompagna Joey devant chez elle.
Joey : Au revoir, Pacey.
Pacey : Au revoir Joey.
Il s'approcha pour lui déposer un baiser sur la joue mais Joey tourna légèrement la tête afin que ses lèvres atterrissent sur les siennes. D'abord hésitant, le baiser se fit plus tendre, Pacey posant ses mains de part et d'autre du visage de la jeune femme tandis qu'elle entourait sa taille de ses bras. Pacey sentait Joey frissonnait contre lui et l'envie irrésistible de la porter jusque dans sa chambre et de lui faire l'amour l'envahit. Mais, au prix d'un effort considérable, il surmonta le désir puissant qu'il avait d'elle et mit fin à l'étreinte. Joey le fixa étonnée et légèrement déçue.
Joey : Pacey, supplia-t-elle dans un murmure.
Pacey : C'est pas de gaîté de cœur que j'arrête, mais je ne pense pas que c'est ce que tu veux réellement. Ce soir, peut-être. Mais demain, tu le regretterais. Et ce n'est pas une lueur de regret ou de doute que je veux lire dans tes yeux, murmura-t-il tout contre ses lèvres, en lui caressant les cheveux.
Un soupir s'échappa des lèvres de la jeune femme. Il lui prit les mains et les garda un instant serrées dans les siennes, la fixant avec une infinie tendresse. Pacey l'embrassa sur la joue, délicatement puis baisa ses doigts fins.
Pacey : Bonne nuit, mon ange.
Il se retourna et partit sans laisser à Joey le temps de répondre ni de comprendre ce qu'il se passait. La seule chose dont elle pouvait se rendre compte c'est qu'elle avait froid, subitement. Elle le regarda partir et une fois hors de sa vue, rentra dans son appartement, le cœur vide.
Les relations qu'entretenaient Pacey et Joey étaient devenues plus qu'amicales. Quand elle était avec lui, la jeune femme se sentait revivre. Elle s'épanouissait, profitait de tout. Sans jamais se poser de questions. Elle vivait au jour le jour, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Mais, le fait d'être si bien dans son corps de femme enceinte l'incitait à se sentir bien dans sa tête et donc à évacuer, occulter les sujets qui pourraient la contrarier. Chaque fois qu'elle éprouvait l'envie, le besoin de voir Pacey, elle l'appelait ou parfois, elle l'attendait devant son école. A chaque fois, elle passait un excellent moment. En sa compagnie. Leur complicité d'antan était revenue, pour son plus grand plaisir. Pacey en revanche, se posait plus de questions. Ce n'était pas le fait d'être si proche de Joey qui le contrariait, au contraire, mais davantage le fait qu'ils évitaient de parler du plus important, leur bébé. Il voulait savoir où ils en étaient, savoir si Joey avait changé d'avis concernant sa place dans l'éducation de leur enfant et aussi de sa place dans sa vie. Il souhaitait plus que jamais s'engager à long terme avec elle. Et cela n'avait rien à voir avec le simple fait qu'elle porte son bébé. C'était tout simplement le fait qu'il l'aimait depuis tellement longtemps qu'il avait l'impression de l'aimer depuis toujours. Pour lui, leur enfant était le fruit de tout cet amour qu'il portait à Joey. Dès qu'elle lui avait proposé d'être le géniteur, il avait su qu'il ne pourrait jamais n'être que cela. Il souhaitait plus. Et il sentait qu'il n'était pas loin d'aboutir. Seul, chez lui, il imaginait la conversation qu'il devrait avoir avec Joey sur leur avenir, les mots qu'il emploierait, il se convainquait d'avoir cette discussion avec elle, de mettre les choses à plat, mais dès qu'il était en sa présence, il faisait marche arrière, par peur de briser l'équilibre fragile de leur relation. Mais, s'il voulait rester honnête avec lui, il savait que cette conversation était inévitable.
Le temps était radieux en ce samedi de la mi-mai. Le soleil distillait ses rayons brûlants telles des caresses sur la peau des promeneurs. Joey s'était installée sur la petite terrasse dont était pourvu l'appartement que Al lui avait prêté. Allongée négligemment sur une chaise longue, elle lisait une histoire à l'intention du bébé, la main caressant son ventre, attendant les réactions de son petit trésor. Elle attendait Pacey qui devait passer en début d'après-midi. Elle tenait absolument à lui présenter Al et Marnie qui venaient lui rendre une petite visite et qui devait arriver un peu plus tard. Elle leva les yeux de son ouvrage et observa la vue de Boston qui s'offrait à ses yeux. Du haut du quatrième étage, elle pouvait, en outre, apercevoir le port, les bateaux en mouillage. Elle adorait vraiment cette ville. Depuis toujours. Elle avait fini de dessiner les plans du futur complexe cinématographique et du point de vue professionnel elle n'avait donc plus aucune raison de rester à Boston. Mais elle n'avait pas du tout envie de quitter cette ville, plus maintenant. Elle se souvint du jour où Al lui avait annoncé qu'il l'envoyait à Boston. Elle avait d'abord pris cette nouvelle comme une sanction, refusant pour diverses raisons de ne pas s'y rendre. Puis contrainte d'accéder à la volonté de son patron, elle s'était alors promis de finir le plus vite possible le travail demandé pour retourner le plus tôt possible à New York, chez elle. Seulement depuis quelques temps, c'était ici, à Boston, Massachusetts, qu'elle se sentait chez elle. Elle soupira et préféra laisser ces petits soucis de côté pour se consacrer à nouveau à son bébé. Elle lui parla doucement de la vie, de tout ce qu'il représentait pour elle, combien elle l'aimait depuis qu'elle le savait en elle et également de son papa, sujet qu'elle n'abordait que depuis peu. Et justement, elle le vit arriver de sa démarche nonchalante. Il portait une chemise bleue claire, à manches courtes, qui tombait négligemment sur son jean's clair. Elle sourit en constatant qu'il semblait avoir apporté quelque chose à déguster. A cette pensée, son estomac se manifesta. Elle s'étonnait de ne pas être plus grosse, compte-tenu de tout ce qu'elle ingurgitait, notamment à cause de toutes les petites de douceurs que lui ramenait Pacey. Mais sa gynécologue, qu'ils avaient vu pour la visite du 6ème mois avait trouvé son poids tout à fait normal, pour sa morphologie. Voir le bébé sur l'échographie avait été encore un grand moment qu'elle avait aimé partagé avec Pacey. Le bébé avait énormément grandi et il se développait sans aucun problème mais il faut dire que Joey était une maman très vigilante. Ils ne savaient toujours pas le sexe, Joey tenant par dessus tout à préserver la surprise, à la grande déception de Pacey qui aurait souhaité le savoir, ne serait-ce que pour les meubles qu'il fabriquait. Elle se leva de son siège et avança aussi vite qu'elle le put vers la porte qu'elle ouvrit alors qu'il s'apprêtait à sonner. Un éclatant sourire éclaira son visage tandis que Pacey la regardait surpris.
Joey : Je t'ai vu arrivé, j'étais sur la terrasse, répondit-elle à sa question muette.
Il lui sourit. Elle était vraiment très jolie dans cette longue robe en lin beige qui se tendait au niveau du ventre. Il s'attarda un instant sur les formes arrondies de sa gorge et en conclut avec une bouffée de chaleur que la grossesse lui allait vraiment très bien, lui conférant une sensualité encore plus éclatante.
Joey : Bonjour, quand même, dit-elle en lui déposant spontanément un baiser sur les lèvres.
Pacey : Bonjour, Joey.
Ils pénétrèrent à l'intérieur de l'appartement.
Pacey : Je t'ai apporté de…
Joey : C'est pour moi? S'écria-t-elle en faisant des yeux gourmands et fixant le paquet.
Pacey : Oui, de la glace, répondit-il souriant.
Joey attrapa deux cuillères dans le tiroir et amena Pacey sur la terrasse. Assise sur son transat, elle dévorait son pot de glace au chocolat, incrustée de pâte à cookies et de sauce chocolat. C'était hautement calorique, mais elle en raffolait. Pacey, appuyé contre la rambarde en face d'elle, la regardait, amusé.
Pacey : Joey, tu vas finir par devenir obèse! dit-il, en riant, alors que Joey en était déjà à la moitié du pot.
Joey : Si je deviens obèse, tu en sera le seul responsable, répondit-elle sarcastique. Dans la mesure où c'est toi qui me gave!
Pacey s'esclaffa. Elle se leva vers lui, et plongea la cuillère dans le pot avant de la tendre vers Pacey, qui la regarda , étonné.
Joey : Il n'y a pas de raison que je sois la seule à prendre des kilos! s'expliqua-t-elle en lui fourrant la cuillère dans la bouche.
-Al, regarde, Joey est sur la terrasse! Mais qui est le jeune homme avec elle?
Al : Je se sais pas, Marnie. Peut-être un ami. Je sais que deux de ses amis habitent Boston.
Marnie : Ils ont l'air de bien s'amuser!
Al hocha la tête pour toute réponse et gardait les yeux fixait sur le couple. Ils étaient visiblement très complices, du moins d'après ce qu'il pouvait voir de son niveau. Se pourrait-il qu'il s'agisse de ce Pacey dont Jen lui avait parlé?
Marnie : Tu viens, Al, le commanda-t-elle en lui tirant la manche.
Il la suivit immédiatement, il serait bientôt fixé.
Joey : Oh, c'est sûrement Al et Marnie, s'écria-t-elle en entendant la sonnette.
Elle se précipita pour leur ouvrir et à peine la porte ouverte, elle se retrouva enlacée par les bras rassurants d'Al, puis ceux de Marnie.
Marnie : Joey, ma chérie, s'exclama-t-elle en admirant sa silhouette. Tu es magnifique.
Al : Je suis tout à fait de ton avis, ma chérie. Joey tu es resplendissante. L'air de Boston te fait le plus grand bien.
Joey : Oui, surtout l'air chargé de poussières des chantiers que j'ai dû visité, ironisa-t-elle.
Elle les fit pénétrer à l'intérieur.
Joey : Marnie, Al, je vous présente Pacey, commença-t-elle sans trop savoir comment finir sa phrase.
Pacey : Un ami de longue date, continua-t-il pour elle.
Pacey serra chaleureusement la mains des Brown, mais il eut l'impression de sentir une légère réticence de la part de Al.
Marnie : Joey, tu as vraiment très bien décoré cet appartement. C'est incroyable, ce que tu as pu faire.
Joey : Merci, mais j'ai tout de suite aimé cet endroit. Je m'y suis sentie tout de suite très à l'aise!
Marnie et Joey continuèrent à parler chiffons tandis que Al s'intéressait de plus près au fameux "ami" de Joey. Il l'interrogea innocemment sur sa profession. Pacey lui expliqua qu'il était enseignant dans une école primaire et lui communiqua la passion qui l'habitait lorsqu'il était en présence de ses élèves, tous très vifs et de la joie qu'il avait à enseigner le peu de savoir dont il disposait à ces enfant qui étaient avides d'apprendre. Al embraya sur le fait que lui-même adorait les enfants mais que malheureusement Marnie et lui n'avaient jamais peu en avoir. Il lui avoua que depuis qu'ils les connaissaient, il considéraient un peu Joey et Jen comme ses filles et les aimait comme telles. Pacey savait aussi que Joey adorait Al, elle lui avait parlé de lui à plusieurs reprises, avec toujours une pointe de tendresse dans la voix. Pendant qu'il discutait avec le jeune homme, Al tentait de s'en faire une idée plus précise. Il l'avait trouvé d'emblée sympathique, le regard franc. Plus la discussion avançait, plus sa première impression était confirmée. Il avait en face de lui un jeune homme courtois, charmant, doté d'un sérieux sens de l'humour et passionné. Passionné, c'était le terme qui semblait le plus le caractérisé : il était passionné par son travail, par ses élèves et par dessus tout il semblait passionné par Joey. Al avait noté avec un certain amusement que Pacey la couvait tendrement du regard. Toutes les réactions de Joey se reflétaient dans les yeux du jeune homme.
Marnie : Al, viens voir! S'écria-t-elle émerveillée.
Al : Je suis désolé, dit-il l'air contrit, je reviens.
Pacey : Je vous en prie, répondit-il, amusé.
Al se dirigea dans la chambre de Joey d'où provenait les cris. Joey rejoignit Pacey, le sourire aux lèvres.
Joey : Marnie vient de découvrir les vêtements que j'ai déjà acheté, expliqua-t-elle.
A l'autre bout de l'appartement, ils pouvaient entendre les gloussements de joie de Marnie et les ronchonnements d'Al qui lui demandait de se calmer. En vain. Epuisé par l'enthousiasme de sa femme, Al retourna rejoindre les jeunes gens au salon. Il les observa un instant. Les yeux dans les yeux, les mêmes étoiles semblaient y dansaient. En observateur extérieur, Al put constater qu'ils partageaient une gaîté qu'ils refoulaient à grand peine mais également un sentiment plus tendre qui ressemblait fort à un sentiment amoureux. Il avait tout de suite deviné que Pacey était très attaché à Joey, même sans les explications de Jen à ce sujet, il l'aurait deviné, rien qu'à la manière dont il avait de la regarder. En ce qui concernait Joey, toujours selon Jen, elle était encore amoureuse de Pacey mais elle refoulait ce sentiment pour diverses raisons. Al avait eu du mal à adhérer à cette opinion. Jusqu'à aujourd'hui. Il fut forcer de reconnaître qu'entre ces deux-là, il se passait manifestement quelque chose. L'alchimie entre eux était indescriptible. Il voyait Joey épanouie avec ce jeune homme comme jamais il ne l'avait vue auparavant. Il avait pourtant souvent eu l'occasion de voir Joey et Tom ensemble, mais jamais elle ne lui avait semblée si heureuse. Et l'état de grâce de la jeune femme n'était pas seulement dû à sa grossesse. Il pensa à Jen, il se pouvait bien qu'elle ait raison et surtout il se pouvait fort bien que son plan fonctionne.
Marnie finit tout de même par les rejoindre. Ils passèrent le reste de l'après-midi à discuter à bâton rompus. Al leur raconta les petits tracas au cabinet d'architecte, les visites toujours aussi nombreuses de Jen malgré l'absence de Joey.
Al : J'ai l'impression, Joey, que Matt en pince pour Jen. Dès qu'il la voit, il devient cramoisi et la regarde avec des yeux de merlans frits! Mais elle passe devant lui, sans le voir.
Joey et Pacey sourient. Jen ne se laissait pas facilement séduire. En début de soirée, ils durent prendre congé malgré les protestations de la jeune femme qui assistait pour les garder à dîner. Avant leur départ, Joey entraîna Al pour lui montrer ses plans, Marnie se rapprocha de Pacey.
Marnie : Vous vous entendez bien Joey et vous, constata-t-elle.
Pacey : Nous sommes amis depuis longtemps, c'est normal.
Marnie : Oui sûrement, mais je ne l'ai jamais vue si heureuse.
Pacey : Elle est enceinte et sa grossesse se passe très bien. Et elle est bien entourée.
Marnie : Ca, je n'en doute pas, déclara-t-elle le regard appuyé vers Pacey qui sentit sa gorge se serrer. Je suis sûre que vous feriez un excellent père pour cet enfant, poursuivit-elle mystérieuse.
Pacey sentit son cœur faire un bond et haussa les sourcils, interrogateur. Marnie observa le trouble s'emparer de Pacey.
Al : Marnie, ma chérie. On peut y aller.
Marnie regarda Pacey, l'air entendu et rejoignit son époux. Tous se saluèrent avec effusion. Marnie darda une nouvelle fois son regard perçant en direction de Pacey et lui sourit avec encouragement. Le jeune homme resta interdit. Que signifiait tous ses regards, ses phrases sibyllines?
Au dehors :
Marnie : Alors c'est lui.
Al : Ca m'en a tout l'air.
Marnie : Je suis ravie de constater que le bon goût de Joey ne se limite pas à la décoration d'intérieur! Ce jeune homme est très séduisant.
Al : Oui. En tout cas, maintenant, je suis totalement de l'avis de Jen!
Marnie : Elle sait que nous sommes venus voir Joey?
Al : Oui. Je ne sais pas comment elle fait mais elle finit toujours pas tout savoir! Je suis bon pour un rapport détaillé!
Ils rirent et Al héla un taxi pour se rendre à l'aéroport.
Joey referma la porte avec un sourire teintée d'une légère tristesse. Elle aurait aimé qu'Al et Marnie reste un peu plus longtemps.
Joey : Alors, comment les trouves-tu? demanda-t-elle en revenant au salon.
Pacey : Exactement tels que tu me les as décrits, répondit-il en souriant. Ils sont très sympathiques.
Joey : Je crois qu'ils t'apprécient beaucoup aussi, affirma-t-elle en hocha la tête pour appuyer ses dires.
Pacey : J'ai réussi l'examen, alors? plaisanta-t-il, en soulevant un sourcil.
Ce qui n'était qu'une demi-plaisanterie. Cet après-midi, sous le feux des questions et des regards perçants des époux Brown, il avait vraiment eu le sentiment d'être mis sur le grill et d'avoir passé un test.
Joey : Je pense, en effet, que tu devrais éviter les rattrapages, rétorqua-t-elle amusée en posant ses mains sur la taille de Pacey et en le regardant intensément.
- Et avec toi, le test, je l'ai réussi? pensa-t-il sans oser lui poser la question directement.
Il préféra garder le silence et lui sourit avec regret.
Pacey : Je vais te laisser te reposer, lui annonça-t-il en lui réajustant les cheveux derrières ses oreilles d' un geste tendre.
Joey : Pourquoi? demanda-t-elle, déçue
Pacey : Tu dois être fatiguée et…
Joey : Mais non, mais non. Reste, s'il te plaît, le supplia-t-elle. Je te prépare à manger! avança-t-elle.
Pacey : Et qu'est-ce que tu vas sortir du congélateur, Joey? demanda-t-il taquin.
Elle roula les yeux, feignant d'être vexée et lui administra un petit coup de poing dans le ventre.
Joey : Tu crois que je ne serais pas capable de te préparer un succulent repas, peut-être? le défia-t-elle.
Pacey : Mais si! Je suis sûr que tu es même particulièrement douée pour les desserts! répondit-il du tac au tac, sans réfléchir à ses paroles.
Soudain, se rendant compte du double sens de cette phrase, il rougit, mal à l'aise, répondant ainsi au trouble de Joey qui avait parfaitement saisi l'allusion involontaire de Pacey.
Pacey : Euh, allonge-toi. Je m'occupe de tout, bafouilla-t-il précipitamment, en rougissant de plus belle.
Joey le regarda se diriger vers la cuisine avec un sourire mutin. Elle suivit ses recommandations et s'allongea sur le canapé.
Pacey s'activa dans la cuisine, essayant de retrouver ses esprits. Pourquoi avait-il cédé? Il aurait dû rentrer chez lui, comme il en avait l'intention, il serait seul, mais au moins ses hormones ne le chatouilleraient pas, et ne lui joueraient pas de sales tours! C'est incroyable, l'effet qu'elle avait sur lui. Un seul regard, et il fondait comme neige au soleil. Il ne pouvait plus continuer ainsi, c'était pas possible! Tant qu'il n'aurait pas plus de garantie sur l'avenir de leur relation, il essaierait de maintenir un minimum de distance avec Joey. Chose forcément plus facile à décider quand il n'était pas en présence de la jeune femme. Pour commencer, le repas à peine fini, il repartirait chez lui!
Le repas était terminé depuis plus d'une heure et Pacey était toujours là! Joey avait insisté pour lui préparer un café et il avait cédé! Comme toujours. En revenant de la cuisine, elle s'était tranquillement installée près de lui, s'allongeant et posant sa tête sur le torse du jeune homme. Tout en discutant, deux de leurs mains s'étaient entrelacées tandis que les deux autres reposaient sur le ventre de Joey. Ancré dans sa décision de rentrer chez lui dès la fin du repas, Pacey fut d'abord mal à l'aise mais très vite ce sentiment disparut tant il goûtait à la joie d'être si proche d'elle et de leur enfant.
Joey l'interrogeait sur ses élèves, Pacey avait toujours une multitude d'anecdotes les concernant. Ils étaient pour la plupart d'adorables diablotins, pleins de malice et d'énergie et remplis d'une imagination débordante.
Joey (d'une voix songeuse) : J'espère que notre enfant sera aussi plein d'imagination!
Le cœur de Pacey bondit dans sa poitrine. Elle avait bien dit "notre enfant", il n'avait pas rêvé! C'était la première fois qu'elle faisait allusion à leur enfant et non plus seulement à son enfant à elle. Pacey sentit qu'il ne pouvait pas laisser passer cette occasion. Le voilà, le signe qu'il attendait tant pour amorcer cette fameuse conversation sur l'avenir de leur relation.
Pacey : Bon, Joey, je crois qu'il faut qu'on parle, dit-il en se levant doucement.
Collé contre elle, il savait qu'il n'aurait pas eu le courage de continuer.
Joey : De quoi? demanda-t-elle étonnée.
Pacey : De nous, Joey. De notre relation, de ma place dans ta vie et dans celle du bébé.
Joey : Je croyais que c'était clair …amorça-t-elle.
Pacey : Au début, c'était clair, mais depuis quelque temps cela ne l'est plus. Pourquoi as-tu parlé de "notre enfant" si la situation est la même pour toi?
Joey : Pacey, je ne sais pas, j'ai dit cela sans réfléchir, s'expliqua-t-elle en paniquant légèrement.
Pacey : Sans réfléchir? s'emporta-t-il. Joey, est-ce que tu peux imaginer un seul instant ce que j'ai pu ressentir en t'entendant prononcer "notre enfant"? J'attends ce moment depuis que tu es venu me parler de ton projet farfelu! Et toi, tout ce que tu trouves à me dire c'est que tu n'as pas réfléchi! s'énerva-t-il.
Joey : Pacey, calme-toi, je t'en prie.
Pacey : Comment veux-tu que je me calme?
Joey : Viens près de moi, Pacey…
Pacey : Non, Joey. Si je viens près de toi, je n'arriverai plus à trouver les mots pour te faire comprendre…
Joey : Comprendre quoi?
Pacey : Pour te faire comprendre que je veux plus pour nous, expliqua-t-il en la fixant intensément. Je veux qu'on s'engage tous les deux, je veux fonder une famille avec toi.
Le cœur de la jeune femme s'emballa à ces mots en même temps que la peur lui tiraillait l'estomac. Il parlait d'engagement? Mais ce n'était pas possible, tout allait trop vite! Ce n'était pas du tout prévu au programme!
Joey : Mais pourquoi tout précipiter, Pacey? demanda-t-elle paniquée. On est pas bien comme ça?
Pacey : Moi je ne suis pas bien. Et ça veut dire quoi "comme ça" pour toi? Comment tu qualifie ce qu'on vit en ce moment ensemble?
Joey resta silencieuse. Elle savait qu'elle aurait dû sonder son cœur, depuis longtemps. Mais non, elle avait choisi de fonctionner autrement pour une fois. Elle avait laisser la Joey Potter qui analyse tout au vestiaire pour laisser la place à une jeune femme qui ne se posait aucune questions et qui vivait au jour le jour. Mais Pacey avait raison. Comment pouvait-elle analyser leur relation, comment la définir?
Pacey : Tu veux que je te dise ce que j'en pense? Pour moi, on vit une amourette d'adolescent, on prend la vie comme elle vient, on ne pense pas à l'avenir. Ca a l'air de te convenir, mais pas moi, martela-t-il. J'en peux plus de cette situation. Je veux partager avec toi beaucoup plus qu'un dîner par-ci, un cours d'accouchement sans douleur par-là. Je veux partager ta vie et celle de notre enfant.
Joey (passant nerveusement ses mains dans ses cheveux) : Attends, Pacey. Au début, c'était pas du tout ça qui était prévu. Et tu le sait très bien. Tu étais d'accord.
Pacey : Jo, tu crois vraiment que j'aurai pu renoncer à un enfant dont tu étais la mère? s'emporta-t-il.
Joey : Je sais pas… oui, prononça-t-elle difficilement, complètement dépassée.
Pacey : Joey, dès l'instant où je t'ai aperçue devant la grille de l'école, tous mes sentiments pour toi …
Joey : Pacey, ça ne pourra jamais marché, on a déjà essayé…se hasarda-t-elle.
Pacey : Mais tu ne nous jamais laissé une chance pour que ça marche. Il y a 5 ans, tu t'es enfuis. De la même manière que tu fuis aujourd'hui. Joey, je t'aime. Je ne suis plus amoureux de la jeune fille de 20 ans. Ca n'a rien à voir. Je suis tombé éperdument amoureux de toi, de la jeune femme de 25 ans, qui porte mon bébé. Et je sais que ces sentiments sont plus solides, plus intenses, plus mûrs…
Joey : Pacey, tout va trop vite. C'est si compliqué!
Pacey : Mais en quoi c'est compliqué? s'énerva-t-il. C'est toi qui complique toujours tout. C'était la même chose il y a 5ans. J'en ai marre, Jo. J'en ai mar
falbala (28.11.2003 à 22:47)
Mais dans ce cas, pourquoi le vide de la pièce faisait-il écho au vide qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même? Pourquoi ne ressentait-elle aucun soulagement au départ du jeune homme? Pourquoi une journée qui avait si bien commencé se terminait en un tel fiasco? Pourquoi? Pourquoi rien ne se passait jamais comme elle le voulait? Pourquoi Pacey était-il le seul à pouvoir la faire rire et pleurer à la fois? A l'apaiser et l'énerver la seconde suivante? Pourquoi est-il le seul à la faire se sentir femme, belle, à la rendre épanouie et la plonger ensuite dans le désespoir le plus complet? Pourquoi avait-il fallu qu'elle le choisisse lui pour être le donneur alors qu'il aurait été tellement plus simple de prendre un donneur anonyme? Pourquoi?
Un son strident la ramena peu à peu à la réalité. Au bout de la cinquième sonnerie, elle s'aperçut que ce son provenait du téléphone. Elle décrocha juste avant que le répondeur ne s'enclenche.
-Bonsoir Joey. C'est Bessie.
-Ah bonsoir Bessie. Tu vas bien?
-Oui, je vais bien. Mais c'est plutôt à toi qu'il faut le demander. Tu n'es pas trop fatiguée?
-Non, non, ça va. Tu sais, Pac… Euh, je suis bien entourée, réctifia-t-elle.
-Je n'en doute pas, ma chérie. J'aimerai beaucoup te voir mais je n'arrive pas à trouver un créneau pour me libérer un week-end, l'auberge ne désemplit pas et Bodie n'arriverait pas à s'en sortir tout seul avec les clients et Alexander.
-Moi aussi, j'ai envie de te voir, avoua-t-elle. J'ai fini mon travail à Boston, je vais venir quelques jours à Capeside, annonça-t-elle, sentant que c'était exactement ce qu'il lui fallait.
-Mais, Joey, tu peux pas venir dans ton état?
-Mais si, Bessie. Je vais très bien. Et j'ai vraiment envie de revenir à la maison. J'ai besoin de me faire cajoler!
-Oh, je me ferai un plaisir de prendre soin de toi. Tu veux venir quand? Le week-end prochain? C'est plus pratique pour Pacey, car je suppose qu'il va t'accompagner?
Le cœur de Joey se serra. Comment expliquer à Bessie que Pacey et elle ne se reverraient sans doute plus avant très longtemps? D'autant plus que Bessie adorait Pacey et que même si elle avait eu du mal à admettre que sa petite sœur veuille un enfant seule, elle avait, à sa grande surprise particulièrement, bien accueilli le fait que Pacey en soit le père. Sans que Joey ne comprenne réellement la raison d'un tel enthousiaste.
-Non, je viens dès demain, le temps de régler certains détails et de préparer ma valise.
-D'accord. Vous venez pour le déjeuner? Ou vous arriverez seulement dans l'après-midi?
-Dans l'après-midi et je viendrai seule. Je ne peux pas toujours mettre Pacey à contribution, mentit-elle.
-Mais…
-Bessie, ne t'en fais pas, ça va aller. On se voit demain, je t'appelle avant de partir. Je t'embrasse.
-Moi aussi, ma chérie. A demain.
Joey raccrocha doucement le combiné. Bessie avait eu une excellente idée de l'appeler à ce moment précis. Ces quelques jours de repos à Capeside lui ferait le plus grand bien. Un sourire nostalgique aux lèvres, elle se dirigea dans sa chambre pour commencer à choisir les vêtements qu'elle emporterait.
Joey était de retour à Boston depuis la veille. Plus que quelques jours, elle était en fait restée presque trois semaines chez sa sœur. Son incursion dans sa maison d'enfance lui avait permis de se ressourcer et de retrouver une partie de la sérénité qui était partie en même temps que Pacey. Joey avait fini par avouer à sa sœur l'état de sa relation avec le jeune homme, l'ultimatum lancé et surtout son manque d'élégance en ne la rappelant pas pour s'excuser. Bessie, au grand étonnement de sa cadette, n'avait pas abondé dans son sens. Elle lui avait justement fait remarqué que Pacey lui avait, depuis le début de sa grossesse apporté suffisamment de preuves de ses sentiments pour elle et de sa volonté de s'engager, mais que, trop ancrée dans ses positions, elle n'avait rien vu, ou rien voulu voir. Peut-être la réaction du jeune homme était-elle un peu trop excessive, avait-elle concédé, mais en tout cas, elle ne faisait que traduire sa frustration de voir leur situation stagner. Bien évidemment Joey n'avait écouté la plaidoirie de Bessie que d'une oreille, partiellement consciente qu'elle n'avait pas tout à fait tort mais restant tout de même, par un orgueil décidément très mal placé, campée sur sa position. L'énorme défaut de Joey était justement de ne jamais considérer qu'elle pouvait avoir tort. Au début. Ensuite, avec plus ou moins de temps, elle finissait par admettre qu'il pouvait exister d'autres solutions. En ce qui concernait Pacey, les mots de Bessie avaient fait lentement leur chemin, aidés par le manque cruel que ressentait la jeune femme. Bien qu'elle mourrait d'envie de l'appeler, de le voir, la façon dont Pacey lui avait sommé de faire son choix lui restait en travers de la gorge et l'empêcher de faire le premier pas. Jamais, bien sûr, elle ne s'était remise en question en supposant qu'elle avait peut-être manqué de clarté avec lui en refusant, en omettant de lui dire qu'elle n'était peut-être pas encore tout à fait prête à lui donner ce qu'il attendait d'elle. Comme à son habitude, Pacey avait réussi à s'immiscer dans sa vie, de manière totalement naturelle, si naturelle qu'avant qu'il n'évoque l'évolution de leur relation, elle ne s'était même pas aperçue qu'il devait y avoir discussion, parce que pour elle c'était normal. Pacey et elle étaient redevenus proches, cela s'arrêtait là et elle n'avait pas ressenti le besoin de se poser des questions. De savoir où cela les menait. Pour une fois dans sa vie, elle avait eu envie de vivre au jour le jour, sans faire de projets et c'est justement ce que Pacey lui avait reprocher. Ce qu'elle ne comprenait toujours pas, c'était l'objet de son ultimatum. Elle ne lui avait pas fermé la porte, au contraire, elle avait voulu juste un peu plus de temps. Rien qui justifiait cette réaction de ne plus se revoir. Revenue à Boston, son envie de l'appeler était devenue plus forte mais elle s'était promis de tenir bon. Pour cela, il lui fallait de l'occupation et justement Jen venait passer le week-end avec elle.
-Qu'en penses-tu, Joey? demanda Jen en lui montrant une jolie peluche en forme de baleine. C'est marrant, dans sa bouche, il y a plein de petites peluches en forme de crustacés!Joey!! insista-t-elle en voyant que son amie ne répondait pas.
Joey : De quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
Jen : Je te parlais de la peluche.
Joey : Oui, elle est très jolie, Jen, admit-elle sans entrain.
Jen : Ca ne va pas, Joey? Tu veux qu'on rentre?
Joey : Non, non, c'est bon. Ne t'en fais pas,la rassura-t-elle.
Jen fronça les sourcils mais n'insista pas. Elles continuèrent leur shopping mais Jen constata qu'à plusieurs reprises, son amie semblait ailleurs. En sortant d'un magasin de vêtements de bébés que Joey avait dévalisé sans l'entrain habituel, Jen lui proposa d'aller au parc pour qu'elle puisse se reposer. Assises à l'ombre, sur un banc, en face d'une fontaine, Jen observa son amie qui se désaltérait. Elle la sentait de plus en plus préoccupée.
-Il me manque, lâcha Joey machinalement à haute voix, sans pour autant s'adresser à Jen. Pacey me manque.
Jen resta interloquée quelques secondes, se demandant si elle n'avait pas rêvé ce qu'elle venait d'entendre.
Jen : Pacey te manque, répéta-t-elle en insistant bien sur chaque syllabe. Ce même Pacey que tu as laissé partir il y a près de trois semaines? On parle bien du même, Joey?
Joey : Je ne l'ai pas laissé partir, c'est lui qui ne voulait plus qu'on se revoit, rectifia-t-elle.
Jen : Non, non, tu l'as laissé partir, Joey. Jack m'a tout raconté, parce que, évidemment, toi tu as préféré me tenir à l'écart de ce petit événement de ta vie, précisa-t-elle amère. Je suis quand même ta meilleure amie, tu aurais quand même pu m'avertir.
Joey : Je n'étais pas disposée à écouter tes leçons de morales, Jen.
Jen : Je ne t'en aurais pas données. Mais, tu vois je suis au courant depuis le début, j'aurais eu maintes fois l'occasion de te dire ce que j'en pensais, mais je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait car cela fait des années que j'ai arrêté de tenter de comprendre la manière dont tu fonctionnais. Et puis, cette situation a le don de m'énerver. Ton attitude me sidère. Tu veux un enfant seule mais au lieu de t'adresser à une banque spécialisée, tu demandes à ton ancien petit ami d'en être le géniteur. Ensuite, tu te rapproches de lui, tu lui fais partager des moments forts de ta grossesse, pendant plusieurs mois vous vivez presque comme un couple et quand il te propose d'officialiser cet état de fait, tu le repousses une nouvelle fois. Et maintenant qu'il ne veux plus te voir, tu t'aperçois qu'il te manque! s'enflamma-t-elle. Je suis désolée, Joey, reprit-elle adoucie en voyant le visage bouleversé de son amie, je ne veux pas te faire pleurer, mais vois-tu, je pense que j'ai gardé en moi trop de choses qui avaient besoin de sortir. Je n'ai rien dit, il y a 5 ans quand tu as décidé de te séparer de Pacey, alors que je savais pertinemment que tu faisais une énorme bêtise, et si tu es honnête avec toi, tu dois admettre que tu le savais aussi. Je n'ai rien dit il y a trois semaines, parce que tu vois, je me suis convaincue que j'avais peut-être eu tort, qu'en fait tu n'étais plus amoureuse de Pacey comme je le croyais. Et c'est sûrement pour cela aussi que je ne t'en ai pas parlé, je respectais ton choix, ou ton non choix, appelle ça comme tu veux, déclara-t-elle en faisant un vague signe de la main. Mais maintenant, après ce que tu viens de me dire, je reviens à la première réaction que j'ai eu lorsque Jack m'a tout révélé : Tu ne mérites pas Pacey. Tu ne mérites pas tout l'amour qu'il est disposé à te donner, à vous donner à toi et à votre enfant. Je suis dure, Joey, mais nous sommes amies et je te dois la vérité. Ca me crève le cœur de te dire ça parce que s'il y a bien une chose à laquelle je croyais dur comme fer c'était bien au fait que Pacey et toi vous vous remettriez un jour ensemble, ça me paraissait l'évidence même.
Joey : Tu ne peux pas me dire que je ne mérite pas Pacey, dit-elle bouleversée.
Jen : Et pourquoi je ne pourrais pas le dire? Pourquoi je ne pourrais pas dire que tu ne mérites pas l'amour de Pacey? Tu crois que lui mérite tout ce qu'il endure depuis des mois? Ta distance, ta froideur, ta tendresse puis ton indifférence? s'énerva-t-elle.
Joey : Jen, je t'en supplie, c'est suffisamment dur à vivre sans que tu en rajoutes.
Jen : Mais, Joey si c'est si dur à vivre c'est parce que tu le veux bien! Tu fais tout pour te retrouver dans ce genre de situation. Tu ne prends jamais les bonnes décisions et après tu t'en mords les doigts, poursuivit-elle.
Joey resta silencieuse, elle savait pertinemment que Jen avait raison. Que pouvait-elle ajouter de plus? Comme d'habitude, elle avait tout faux.
Jen : Maintenant, Joey, j'aimerais savoir ce que tu comptes faire?
Joey : Que veux-tu que je fasse? Il ne veut plus me voir, répondit-elle d'une petite voix.
Jen : Je t'en prie Joey! Pacey te manque. A quel point? C'est juste un manque passager, lié à une habitude et qui est encore supportable ou…
Joey : Jen, l'interrompit-elle subitement. Il me manque, c'est tout. Je n'ai pas besoin de quantifier ça. J'ai un vide là, lui dit-elle en posant sa main sur son cœur. Tu m'accables et je sais que tu as raison, s'expliqua-t-elle. Pacey ne mérite pas ça. Depuis le début, j'ai fait n'importe quoi. J'étais tellement obnubilée par mon désir d'être mère que je n'ai pas saisi l'ampleur du sacrifice que je lui demandais. Et je ne sais même pas ce qui m'a poussé à agir comme ça. Pourquoi j'ai voulu le fuir? Je n'en sais rien. Parce que dès que j'ai compris mon besoin d'être maman, quasi-immédiatement c'est Pacey que j'ai voulu comme père. C'est son visage qui s'est imposé. Tu as raison, nous agissions comme un couple et tout me semblait naturel, tout couler de source entre nous et j'ai tout gâché. Je n'ai pas réfléchi à ce que tout cela représentait, signifiait. J'étais trop fière, et je le suis encore.
Jen : Je suis ravie que tu m'en parles mais tu crois pas que tu devrais aller le dire à Pacey, plutôt? La questionna-t-elle gentiment.
Joey : Jen, il ne veut plus me revoir!
Jen : Il me semble que toi non plus tu ne voulais plus le revoir après la conception! Affirma-t-elle légèrement ironique. Est-ce qu'il t'as écouté? NON.
Joey : Mais là, c'est totalement différent. Après tout ce que nous avons vécu, comment veux-tu qu'il m'accorde une nouvelle chance?
Jen : Si tu ne tentes pas, tu ne le sauras jamais. Lance-toi!
Joey : Je mérite Pacey, maintenant? demanda-t-elle sarcastique.
Jen : Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, Joey. La preuve! rétorqua-t-elle amusée.
Joey lui sourit timidement.
Jen : Joey, je sais que je n'ai pas été tendre tout à l'heure. Mais j'aimerais te voir heureuse. Et en ce moment tu ne l'es pas autant que tu le devrais. Mais tu l'étais, il n'y a pas si longtemps. A toi de faire en sorte de le redevenir,acheva-t-elle en lui serrant tendrement la main.
A entendre Jen, cela avait l'air facile! Pour qu'elle puisse s'expliquer avec Pacey, il faudrait déjà qu'il accepte de la revoir.
Jen : Je sais à quoi tu penses! Mais il est hors de question que tu rebrousses chemin. Même si je dois t'emmener de force jusque devant sa porte, je te promets que tu lui parleras, lui affirma-t-elle d'un air entendu.
Joey grimaça, Jen n'avait pas l'air de plaisanter. Elle la sentait tout à fait capable de mettre sa menace à exécution! Mais, elle ne lui laisserait pas le temps, elle en avait perdu assez comme cela. Elle était disposée à tout entreprendre pour tenter de recoller les morceaux avec Pacey.
Elles restèrent encore un petit moment assises en silence puis décidèrent d'un commun accord de reprendre leur shopping.
Elles marchèrent en direction de l'appartement de Joey quand cette dernière regarda machinalement par la fenêtre d'un pub. Soudain, elle se figea tandis que les battements de son cœur battirent à tout rompre. Pacey était assis à la table accolée à la baie vitrée et semblait discuter avec une autre personne. Pacey tourna imperceptiblement la tête dans sa direction et leurs regards se croisèrent. L'instant de surprise passé, les yeux de Pacey reflétèrent la joie de la revoir que le sourire qu'il pouvait lire sur les lèvres de la jeune femme intensifia. Son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine mais il ne pouvait rien y faire. Il allait sortir pour la chercher, lui parler, s'excuser même, mais il remarqua que le regard de la jeune femme avait dévié vers la personne qu'il l'accompagnée. Il la vit se raidir, se figer tandis que le sourire béat qu'elle avait affiché en le voyant se transforma en un masque froid sur lequel semblait poindre une sombre colère. Brusquement, elle fit demi-tour. N'écoutant que son cœur, sans aucune explication, il sortit aussi vite qu'il put du pub pour la rejoindre. En courant, il aperçut Jen qui était restée stupéfaite devant cette scène.
-Laisse, Jen, j'y vais, lui dit-il en la dépassant.
Il rattrapa très vite Joey.
Pacey : Attends, Joey.
La jeune femme redoubla le pas tout en sachant pertinemment qu'il la rattraperait, mais elle tentait de retarder le plus possible ce moment. Ne serait-ce que pour calmer les battements désordonnés de son cœur. Apparemment la séparation n'avait été dure que pour elle! Pendant qu'elle se morfondait à Capeside, espérant un signe de lui, Monsieur jouait les jolis cœurs avec une autre femme, comment s'appelait-elle déjà? Ah oui, Clara! Et il avait eu le culot lui dire qu'il n'y avait rien de sérieux entre eux, à peine Joey avait-elle eu le dos tourné qu'il était allé la rejoindre. Quel mufle!
Pacey : Joey, arrête-toi, maintenant, lui ordonna-t-il en lui posant une main sur l'épaule.
Elle se retourna pour lui faire face, tout en évitant de plonger son regard dans le sien.
Pacey : Je peux savoir pourquoi tu es partie subitement?
Joey : Peut-être pour ne pas troubler un tendre tête à tête, répondit-elle acide.
Pacey : Sur quoi tu te bases pour en déduire un "tendre tête à tête"? demanda-t-il dédaigneux.
Joey : A ton comportement général! Je te connais quand tu flirtes : ton regard charmeur, ton sourire ravageur…tout y passe, énuméra-t-elle. Et puis à sa main, aussi, posée sur la tienne, qui de mon point de vue ne semblait absolument pas te déranger! Vous donniez l'image d'un parfait petit couple : unis, tendres, complices, intimes, ajouta-t-elle cassante.
En cet instant, Pacey maudissait Jack d'avoir réussi à le convaincre d'accepter l'invitation de Clara, qu'il avait revu, par hasard la veille.
Pacey : Je ne vois absolument pas où tu a été pêché tout ça! Je buvais juste un verre avec une amie, c'est tout, se justifia-t-il.
Joey : Une amie? Ben voyons! Je t'en prie Pacey, ne me prends pas pour une idiote! Tu n'as pas perdu de temps, en tout cas, acheva-t-elle pleine de mépris.
Pacey : Attends, mais je rêve! Qu'est-ce que tu me fais là? C'est quoi cette scène ridicule? Je te rappelle qu'on n'est pas ensemble, Joey. Et c'est toi qui l'a voulu! Pas moi! explosa-t-il.
Joey : Et tu sembles t'en être particulièrement bien remis! rétorqua-t-elle venimeuse. On a bien fait d'en rester là, je m'en serais voulue de t'empêcher de retrouver ta chère Clara parce que tu te sentais obligé envers moi et mon bébé.
Pacey passa nerveusement la main dans ses cheveux. La situation était si ridicule qu'il en rirait presque. S'il n'y était pas impliqué.
Pacey : Bon, Joey je vais tout expliquer. Et c'est plus pour un soucis de vérité que pour convaincre la tête mule que tu es. J'ai rencontré Clara hier, elle m'a proposé de boire un verre avec elle. C'est vrai. On s'entend bien. C'est vrai. Sa main était posé sur la mienne. C'est encore vrai! Mais c'était un geste purement compatissant parce j'étais entrain de lui parler de toi. Il n'y avait rien d'intime. Absolument rien d'intime.
A la mine sceptique qu'arborait Joey, son sang ne fit qu'un tour.
Pacey : Tu veux que je te montre ce qu'est une geste intime pour moi?
Et sans que la jeune femme n'ait le temps de réagir, il plongea sur ses lèvres et impérial les força à s'entrouvrir. D'abord stupéfaite, Joey ne réagit pas mais les mains de Pacey caressant son dos, sa langue qui jouait avec la sienne, eurent raison de sa réticence et attrapant le visage de Pacey, elle l'invita à appuyer davantage sa caresse. C'est à ce moment précis que Pacey se détacha d'elle. Avec une légère pointe de sadisme, il avait attendu qu'elle réponde avidement à son baiser pour l'arrêter.
Pacey : Voilà un geste intime, lâcha-t-il froid, tandis que dans ses yeux brillait une lueur d'ironie.
Vexée de s'être laissé emporter par cette vague de passion, Joey le fixa avec dédain et tourna les talons. Pacey la regarda partir et secoua la tête, dépité.
Pacey : J'abandonne, Jen, lui dit-il en la rejoignant. J'en ai marre de lui courir après.
Jen lui sourit, compatissante, puis lui déposa un baiser sur la joue.
Jen : Rien n'est jamais simple avec vous deux!
Pacey : Non, jamais. Va la rejoindre maintenant, j'aime pas la savoir seule.
Jen hocha la tête, le prit affectueusement dans les bras et partit à la recherche de Joey. Elle la trouva assise sur un banc, livide.
Jen : Joey, ça ne va pas?
Joey : Jen, je crois que je viens de perdre les eaux.
Jen : Quoi? Déjà?
Joey hocha la tête.
Jen : Qu'est-ce qu'on fait maintenant? demanda-t-elle complètement paniquée.
Joey : On appelle une ambulance ou un taxi et on va à la maternité, tatie Jen, répondit-elle amusée de la panique de son amie.
Jen attrapa son téléphone portable et appela une ambulance. Elle arriverait dans moins de 10 minutes lui assura le médecin de garde. Durant ce laps de temps, il lui conseilla de rassurer la jeune mère mais Jen constata que Joey semblait parfaitement sereine alors qu'elle-même était totalement affolée.
Dans l'ambulance, tandis que Joey subissait les premières contractions, Jen tentait de l'apaiser par des paroles tendres et des caresses. Elle avait envie d'appeler Pacey même si Joey ne lui avait rien demandé, Jen sentait que la place du jeune homme était auprès d'elle et connaissant son amie, elle savait que tandis qu'elle se tordait de douleur, c'est à lui qu'elle pensait. 10 minutes plus tard, elles arrivèrent à destination. (Falbala)
falbala (28.11.2003 à 22:55)
Joey se trouvait sur un lit d’hôpital et se tenait le ventre, tellement les contractions étaient douloureuses. Jen était encore près d’elle pour l’instant mais on l’a dirigé dans la salle d’accouchement et elle savait que son amie ne pourrait pas aller plus loin. Elle allait se retrouver seule pour mettre au monde son bébé. Un sentiment de peur lui parcourut le corps. Avant qu’elle ne franchisse la porte, Jen l’embrassa et lui assura que ce serait vite fait et que tout se passerait bien, une simple formalité avait–elle ajouté avec un sourire.
Joey : Je veux une péridurale réclama t-elle avec force une fois qu’ils l’eurent installé.
Médecin : Je suis désolée mademoiselle mais nous n’avons plus le temps, votre bébé est là et il ne veut plus attendre.
Joey eut un choc, elle allait devoir accoucher de manière naturelle !! Soudain, elle serra les dents sentant la prochaine contraction arriver. Elle libéra sa douleur dans un gémissement. Elle était en sueur et pleurait, elle avait mal et était toute seule dans une petite pièce qui était froide et pas très accueillante.
Joey : Pacey, où es-tu ? murmura t-elle tremblante.
Elle avait besoin de lui, vraiment besoin. Cela faisait des mois qu’il était toujours présent et aujourd’hui qu’elle avait le plus besoin de sa présence, il n’était pas là. Pourquoi l’avoir envoyé balader ! C’était au moment où elle comprenait qu’elle ne pouvait pas vivre sans lui qu’elle le perdait. La vie pouvait être injuste parfois.
Médecin : Ca va aller Joey, il faut que vous poussiez.
Joey : Je voudrais bien vous y voir s’énerva t-elle. J’ai mal !!
Médecin : Je sais lui dit-il affectueusement, mais plus tôt nous aurons sortit votre bébé, plus vite vous serez soulagé.
Joey : Vous ne pouviez pas dire ça d’abord !!
Elle prit une importante respiration et poussa de toutes ses forces avant de se laisser retomber, épuiser.
Médecin : C’est bien lui assura t-il. Calmez vous quelques secondes et recommencer.
Pacey rouler à toute vitesse. Jen venait de le prévenir, Joey allait accoucher d’une minute à l’autre. Il n’arrêtait pas de se dire que s’il ne s’était pas disputer avec elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Il avait bien écouté les cours d’accouchements sans douleur et la sage femme leur avait bien dit d’éviter le stress à la fin du troisième trimestre. S’il arrivait quoi que se soit à Joey ou au bébé il ne se le pardonnerait jamais. Pourquoi avait-il fallut qu’il passe toute sa frustration sur elle ? Ces trois semaines sans elle avait été un véritable calvaire, il avait crut mourir de son absence à chaque secondes. Il a fait failli bien des fois retourner la voir et s’excuser, lui dire qu’il avait été stupide et qu’il était près à prendre la place qu’elle était disposé à lui donner. Seulement son orgueil l’en avait empêché, sachant que ce ne serait pas suffisant, qu’il ne pourrait pas être avec elle et être aimé à petite dose. Il voulait vivre avec elle l’amour, le vrai. Et là qu’il la voyait enfin, il fallait qu’ils se disputent. Pourquoi lui avait-il posé cet stupide ultimatum aussi ? Aujourd’hui, il serait auprès d’elle et lui tiendrait la main tandis qu’elle mettrait au monde leur enfant. Pourquoi n’avait-il pas pu se satisfaire de ce que Joey lui offrait ? Il appuya sur la pédale d’accélérateur, il fallait qu’il la rejoigne au plus vite, même si sa présence n’était pas souhaité, il avait besoin d’être là, près d’elle.
Dans la salle d’attente, Jen composait frénétiquement plusieurs numéros de téléphone dans la cabine téléphonique. Elle avait déjà réussit à joindre Pacey qui lui avait garanti d’arriver le plus vite possible. Elle n’était pas sûre d’avoir bien fait, mais elle pensait que sa place était auprès de Joey dans un moment pareil. Et tant pis si Joey l’accusait une fois de plus de se mêler de sa vie ! Bessie allait arriver elle aussi, il ne lui rester plus qu’à joindre Jack et Dawson. Elle entendit son nom retentirent dans la salle.
Jen : Je suis là Pacey !!
Pacey : Où est-elle ? cria t-il surexcité.
Jen : Ils l’ont emmener dans cette salle dit-elle en désignant la pièce du fond.
Pacey : Qu’elle le veuille ou non, il faut que je sois près d’elle.
Jen : Tu as raison.
Pacey alla trouver une infirmière et après avoir déclarer être le père du bébé, elle l’emmena se changer.
Joey commençait à pleurer, c’est vrai elle avait voulut son bébé toute seule mais elle n’avait pas imaginer qu’elle puisse se sentir aussi seule dans un moment aussi important. Pacey aurait du être là, il devrait être là.
Joey : Pacey sanglota t-elle, j’ai besoin de toi….on a besoin de toi se reprit-elle.
Elle recommença le travail est après avoir pousser de toute ses forces, le médecin pu enfin apercevoir la tête du bébé. Heureuse, elle poussa une troisième fois avant de sentir une douleur fulgurante lui traversa l’estomac. Elle ne pu retenir un cri.
Médecin : C’est pas vrai !! lâcha t-il.
Joey se sentit s’enfoncer dans le noir, elle perdait connaissance.
Joey : Dite à Pacey de prendre soin de notre bébé déclara t-elle dans un dernier effort.
Pacey fut introduit par une infirmière dans la pièce où été Joey. Tout de suite, il comprit que quelque chose n’allait pas. Des médecins s’affairaient autour d’elle et de leur l’enfant. Des moniteurs clignotaient et criait. Joey était inconsciente ! se rendit-il compte.
Pacey : Que se passe t-il ? demanda t-il apeuré.
Médecin : Qui êtes vous ? lança t-il surpris que quelqu’un se soit introduit dans la pièce.
Pacey : Le père déclara t-il.
Médecin : Votre femme a perdu beaucoup de sang, nous devons la montée au bloc pour arrêter l’hémorragie.
Pacey se sentait totalement anéanti, sa tête dériva vers son bébé qui reposait dans une couveuse, deux infirmières autour de lui.
Médecin : Il va bien lui déclara t-il d’un ton peu rassurant. Il a juste été un peu malmené pendant l’accouchement mais il est fort et va très vite s’en remettre.
« Il », un fils ! Il avait un fils ! Joey avait refusé de savoir le sexe préférant avoir la surprise. Une joie intense et furtive s’empara de lui. Il avait un petit garçon et celui-ci allait bien. Rassuré de ce côté là, il se précipita vers Joey. Il lui prit la main et posa l’autre sur son front.
Pacey : Joey ma chérie, répond moi je t’en prie dit-il des larmes plein la gorge. Nous avons un fils s’écria t-il en pleurs. Il faut que tu te battes !!
Médecin : Je suis désolé mais nous devons l’emmener.
Pacey : Sauvez là le supplia t-il avant qu’il ne parte à toute vitesse en emmenant et Joey et son bébé.
Il resta là, parmi les moniteurs soudain muets, les détritus médicaux qui jonchaient le sol, des perfusions qui pendaient encore dans le vide et du sang qui maculé la carrelage blanc, il y en avait tellement constata t-il apeuré, et c’était celui de Joey. Il était tenaillait par l’angoisse, que se passerait-il si Joey ne s’en sortait pas ? Non, il ne pouvait même pas l’imaginer, elle devait s’en sortir, elle avait un bébé, son bébé à lui pensa t-il tristement. Des larmes coulaient sur ses joues lorsqu’il sortit de la pièce et rencontra Jen qui semblait terrorisé.
Jen : Pacey, je les ais vu emmener Joey et le bébé !!! Que se passe t-il ?
Pacey lui rapporta ce que le médecin lui avait dit. Elle vint se blottir dans ses bras et le serra très fort pour apaiser la panique qui était visible sur le visage de chacun d’entre eux.
Pacey : J’ai peur lui avoua t-il.
Jen : Il ne faut pas le rassura t-elle peu sûr d’elle. Joey est forte, elle va s’en sortir, j’en suis sûr mentit-elle.
Pacey : Il faut qu’elle s’en sorte, je ne pourrais pas vivre sans elle déclara t-il la voix étranglée par la peur.
Pacey était assis sur une chaise dans la salle d’attente. Il était là depuis bientôt 3 heures à attendre des nouvelles de Joey. Elle n’était toujours pas ressortit du bloc opératoire. Jen était partit leur chercher des cafés. Une infirmière était venue lui parler de son fils, il pourrait bientôt aller le voir, les examens prénatals étant bientôt terminés, il était en pleine forme d’après elle. Une vrai petite force de la nature lui avait-elle dit, il avait sourit à cette pensée en priant pour que sa mère le soit aussi. A vrai dire, c’était vers Joey que toutes ses pensées étaient tournées. Depuis une heure déjà, il voyait tout le personnel médicale s’agitaient autour de lui. Plusieurs médecins avaient été appelés au bloc opératoire, il commençait à battre du pied nerveusement, personnes encore n’était venu lui dire comment ça se passait.
Infirmière : Monsieur Witter, vous pouvez venir voir votre fils, si vous le désirez ?
Pacey : Comment va sa mère ? s’enquit-il aussitôt.
L’infirmière baissa la tête un cours instant, n’osant pas le regarder. Pacey sentit son cœur s’arrêtait. Cela n’augurais rien de bon.
Pacey : Je vous en prie je veux savoir…la supplia t-il.
Infirmière : il y a eu des complications avoua t-elle. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour la sauver.
Pacey resta sans voix, elle était entrain de lui dire que Joey se trouvait entre la vie et à la mort. Tout était de sa faute à lui, s’il n’avait pas accepté de lui faire cet enfant, elle ne serait pas là à lutter pour survivre. Oh seigneur, pria t-il intérieurement, faites qu’elle s’en sorte je vous en prie. Si vous m’accordez ça, en échange, je vous promets de m’en tenir à ce que je lui ais promis, je sortirais de sa vie et de celle de notre fils. Je vous en fais la promesse. Jen arriva à cet instant. Et devant l’air anéanti de Pacey, elle en fit tomber les gobelets qu’elle tenait et se précipita vers lui.
Jen : Qu’est ce qui se passe ? demanda t-elle d’une voix tremblante. Comment va Joey ?
L’infirmière s’éclipsa discrètement, préférant les laisser un peu seul.
Pacey : On ne sait pas encore….mais ça se passe mal dit-il dans sanglots plein la gorge.
Jen : Oh non…..
Jen éclata en pleurs, Joey et elle était amie depuis tellement longtemps, elles se disaient tout, elle ne voulait pas la perdre, Joey devait s’en sortir. Pacey la serra dans ses bras pour la réconforter. Ils restèrent un long moment ainsi, à pleurer toutes les larmes de leurs corps.
Bessie, Dawson et Jack arrivèrent en même temps à l’hôpital. Ils semblait tout les trois très inquiets mais ils ignoraient encore l’état grave de Joey. Bessie qui aperçut Jen au loin, courut vers elle.
Bessie : Jen où est Joey ? Elle a déjà eut son bébé ?
Jen se leva difficilement et essuya les larmes qui coulaient encore sur son visage.
Jack : Qu’est ce qui se passe ? demanda t-il paniqué.
Jen : Elle a accouché d’un magnifique petit garçon, mais…
Bessie : Mais quoi ? s’écria t-elle au bord de l’hystérie.
Jen : Il y a eu des complications dit-elle en pleurant. Joey est au bloc opératoire depuis trois heures et demie et je crois que ça se passe mal.
Dawson : Où est Pacey ?
Jen : Il est partit voir son fils, il n’en pouvait plus de resta là, il faut que je le prévienne si il y a la moindre nouvelle. Il va mal ajouta t-elle pour Dawson lorsque Bessie et Jack se furent éloigner à la recherche de plus d’informations.
Dawson hocha la tête en signe d’assentiment et partit chercher une infirmière afin qu’elle l’amène à Pacey. Après s’être changer, il fut introduit auprès de lui. Il était assis à côté de son fils et avait un bras pencher au dessus de la couveuse, sa main jouer tendrement celle de son bébé. Si la situation n’avait pas été aussi dramatique, cette scène lui aurait parut très touchante. Pacey leva la tête vers lui et la rebaissa aussitôt sur l’enfant. Dawson s’assit près de lui et ne dit pas un mot, attendant que Pacey soit près. Cinq minutes plus tard, une larme coula sur la joue de Pacey.
Pacey : C’est ma faute Dawson.
Dawson : Pacey c’est ridicule.
Pacey : Si je ne lui avait pas fait cet enfant, elle ne serait pas là bas. Et tu le sais aussi bien que moi, je suis sûr qu’à toi aussi, cette idée t’as traversé l’esprit.
Dawson : L’espace de deux secondes, c’est vrai. Mais j’ai très vite réalisé que si ça n’avait pas été toi, cela aurait été quelqu’un d’autre, ça j’en suis certain. Elle était déterminée à avoir cet enfant, elle n’aurait pas abandonné l’idée.
Pacey : J’ai tellement peur…..je ne veux pas qu’elle meurt lui dit-il en relevant des yeux embués de larmes vers son ami.
Dawson : Tout se passera bien lui dit-il d’une voix mal assuré.
Pacey : Elle ne peux pas le laisser dit-il en reposant les yeux sur le bébé, il a besoin d’elle. Il est beau n’est ce pas ?
Dawson : Ouais, il est un parfait mélange de vous deux dit-il en se penchant sur le petit qui gazouillait.
Pacey : Je ne saurais pas m’en occupais sans elle, je ne sais même pas comment elle voulait l’appelait s’exclama t-il.
Dawson : Luka, elle avait choisit Luka avoua t-il après un bref silence.
Pacey leva la tête surprise vers lui et puis il la reposa sur le bébé.
Pacey : Luka dit-il pensif…c’est très joli hein, qu’est ce que tu en penses ? demanda t-il au bébé, Luka ça te plait ?
Dawson : Elle la choisit pour toi lui annonça t-il.
Pacey le regarda perplexe.
Dawson : Elle connaît ta passion pour Star Wars et pour Luke Skywalker, c’est pour ça qu’elle a choisit Luka lui dit-il en souriant.
Pacey resta quelques instant l’air perdu avant de se lever et d’éclater en pleurs. Dawson vint le prendre dans ses bras, et Pacey s’accrocha à lui comme à une bouée en pleurant de toutes ses forces.
Pacey : Je ne veux pas la perdre sanglota t-il.
Après cinq heures de longues et pénibles attentes, un médecin vint enfin les trouver. Il marchait vers eux la tête baissait et semblait exténué. L’opération avait été longue et difficile. Jen attrapa la main de Pacey et se rapprocha de lui, depuis le début, ils se soutenaient mutuellement.
Médecin : Vous êtes tous de la famille ?
Bessie : Oui déclara t-elle. Comment va-t-elle ?
Médecin : Et bien, l’opération a été très difficile et nous avons fait tout ce que nous avons pu malheureusement…
Jen et Bessie éclatèrent en pleurs. Pacey semblait absent, comme ailleurs et garder l’air dans le vide, Dawson et Jack accusait le coup difficilement.
Médecin : Attendez, elle n’est pas morte leur dit-il afin de les calmez. Mais elle a sombré dans le coma, il s’agit d’une forme de coma réversif, nous devons attendre qu’elle se réveille pour pouvoir nous prononcer sur son état.
Jen pleura de soulagement dans les bras de Pacey qui était toujours inexpressif alors que Dawson et Jack supportaient Bessie qui semblait avoir du mal à rester debout.
Pacey : Je peux la voir ? demanda t-il.
Médecin : C’est d’accord mais je vous demanderais de ne pas rester trop longtemps.
Pacey : Merci.
Il suivit le médecin qui le conduisit jusqu’à la chambre que Joey occupé. Lorsqu’il pénétra dans la pièce, la première chose qu’il constata était la pâleur de Joey. Lentement, il s’approcha du lit, s’assit sur une chaise et lui prit la main. C’est seulement à ce moment là que les paroles du médecin se répercutèrent dans sa tête. Elle était dans le coma. La vision de Joey allongé sur ce lit d’hôpital lui était insupportable, elle d’habitude si forte, si pleine de vie paraissait tellement fragile ainsi, il eut soudain l’impression de l’avoir déjà perdu. Il se mit à pleurer à chaudes larmes.
Pacey : Oh Joey….je suis tellement désolé dit-il en portant la main de celle-ci à sa joue. Il faut que tu te réveilles mon amour, Luka a besoin de toi. Et….je ne peux pas vivre sans toi. Tu es la seule femme que j’ai jamais aimé, la seule qui ait vraiment compté. Tu as tous tes amis, toute ta famille qui est là et qui a besoin de toi. Il faut que tu restes avec nous sanglota t-il en posant une main douce dans ses cheveux et en lui caressant la joue.
Une infirmière vint lui dire qu’il devait sortir, Il déposa un baiser sur le front de Joey et s’exécuta. Bessie prit sa place, et en refermant la porte, il entendit le cri déchirant de celle-ci à la vue de sa petite sœur. Jen vint le rejoindre avec Jack et Dawson.
Jen : Comment tu te sens ?
Pacey : Ca va Jen, merci.
Jack : Tu devrais peut être aller te reposer, tu sembles à bout de force.
Pacey : C’est gentil mais je vais plutôt aller voir mon fils. Il a besoin que quelqu’un soit auprès de lui.
Dawson : Je peux y aller si tu veux, et toi pendant ce temps tu pourrais aller prendre une douche et te changer chez toi. Faire une sieste et revenir après.
Pacey : Merci Dawson, mais je vais rester ici dit-il lasse.
Jen, Dawson et Jack le regardèrent partir en direction de la nursery, la tête basse et les épaules avachit, il semblait abattu, comme anéanti. Ces traits étaient tirés et son regard était vide, ces yeux bleus n’exprimaient plus que souffrance et désespoir.
Le lendemain Al et Marnie arrivèrent à la première heure. Jen les avaient appelés afin de les tenir au courant de la situation. Ils avaient sautés dans le premier avion pour Boston et sans même passer par leur hôtel, ils avaient prit un taxi pour l’hôpital. Jen était dans la salle d’attente et les aperçut la première. Elle se précipita vers eux et se blotti dans les bras de Marnie. Al passa un bras autour de ses épaules et lui embrassa le front.
Jen : Je suis contente que vous soyez là.
Marnie : il était hors de question de vous laissez toutes seules ici.
Al : Comment va-t-elle ? s’enquit-il.
Jen posa sur lui un regard triste et brillant par les larmes qu’elle contenait pour ne pas les inquiétés.
Jen : On a du l’opérer et elle est dans la coma.
Marnie : Oh mon dieu !
Jen : D’après le médecin, elle ne devrait pas tarder à se réveiller, il faut être patiente dit-elle en la serrant dans ses bras.
Al : Ce n’est pas Pacey, l’ami de Joey ? demanda t-il à Jen en voyant un jeune homme sortir d’une chambre.
Jen : Si c’est lui, il passe tout son temps auprès d’elle ou du bébé.
Marnie : Il me parait un peu fatigué.
Jen : il l’est, il n’a pas dormit cette nuit, il a refusé de partir d’ici.
Al : Je vais aller le voir les informa t-il.
Jen et Marnie allèrent s’asseoir sur un banc afin que Jen lui raconte dans les moindres détails tout ce qui s’étaient passés. Al prit deux cafés au passages avant de marchait vers Pacey.
Al : Tenez lui dit-il en lui tendant un gobelet.
Pacey leva lentement la tête vers lui et le reconnaissant, il lui sourit faiblement avant de prendre le café.
Pacey : Merci.
Al le trouva très abattu, le manque de sommeil se lisait clairement sur son visage et l’inquiétude que reflétaient ses yeux ne manquait pas de faire comprendre à quiconque la peur qui l’habitait.
Al : J’avais du mal à croire Jen lorsqu’elle m’en parlait mais maintenant je suis convaincu.
Pacey : De quoi ?
Al : Que vous êtes l’homme qu’il faut à Joey.
Pacey : Je n’en suis pas si sûr. Regardez où ça l’a amener.
Al : C’est vrai, aujourd’hui elle a un bébé qui je n’en doute pas doit être magnifique et un homme qui l’aime plus que tout.
Pacey : Mais elle est dans le coma !!
Al : C’est un coma réversif …elle va se réveiller j’en suis sûr. Joey est une fille forte.
Pacey : J’aimerais pouvoir en être aussi sûr que vous.
Al : Je te promets que tout ira bien lui dit-il en passant un bras protecteur et rassurant autour de ses épaules.
Al avait apprécié d’emblé Pacey et le voir si triste pour Joey qu’il considéré comme sa propre fille ne faisait que renforcer son opinion, ce garçon lui plaisait de plus en plus. Jen lui avait déjà parlait de ses problèmes avec son père et ne le voyant pas dans les parages, il voulait que Pacey ait quelqu’un sur qui comptait.
Marjo (28.11.2003 à 22:58)
Cela faisait deux jours que Joey était sortit du bloc opératoire et elle n’avait toujours pas reprit connaissance. Les médecins envisageaient le pire tout en essayant de faire garder confiance à la famille mais Pacey voyait bien qu’ils n’avaient pas beaucoup d’espoir. Durant ces quarante huit heures, il avait très peu dormit, et n’était rentrer chez lui qu’une fois pour prendre une douche rapide. Il craignait de laisser Joey seule trop longtemps, s’il lui arrivait quelques choses, il voulait être là. Il n’aurait pas pu supporter qu’il lui arrive quelque chose sans qu’il ne soit à ses côtés. Il passait beaucoup de temps à son chevet, faisant de nombreux aller retour entre sa chambre et la nursery où il passait de nombreuses heures à regarder son fils dormir. En ce moment d’ailleurs, il se trouvait encore auprès de lui, à le regarder. Le docteur avait raison, son fils paraissait fort et était en excellente santé. La première chose qu’il avait remarqué était qu’il avait ses yeux à lui, il en avait été émut mais c’était rapidement souvenu que les yeux d’un bébé pouvait changer au fils des mois. Néanmoins, en attendant il profitait de leur ressemblance. Il possédait aussi les traits doux et gracieux de sa mère.
Jen : Pacey !!! cria t-elle essoufflé.
Pacey : Quoi ? demanda t-il surpris. Joey ? demanda t-il paniqué.
Jen : Elle se réveille dit-elle avec un grand sourire.
Pacey n’en croyait pas ses oreilles, Joey était entrain de se réveiller, il commençait à perdre tout espoir. Il se précipita vers Jen et la prenant dans ses bras, il la fit tournoyer dans les airs. Ils étaient heureux tous les deux, rapidement ils descendirent jusqu’à la chambre de Joey, il était impatient de la voir et de constater par lui-même qu’elle allait bien. Bessie attendait déjà devant la porte, nerveuse.
Pacey : On peux la voir ? s’exclama t-il.
Bessie : Pas encore, le médecin l’examine.
Pacey était déçu mais le principal était qu’elle avait enfin ouvert les yeux. Désormais, il savait que tout danger était écarté. Soulagé il s’assit sur une chaise, le poids des derniers jours s’évacuait lentement de son organisme. Il se sentait terriblement fatigué, des larmes de soulagement et d’épuisement perlèrent le long de ses joues. Lorsque le médecin ressortit et ferma la porte, Pacey se précipita sur lui.
Pacey : Comment va-t-elle docteur ?
Docteur : Elle va bien leur dit-il avec un grand sourire. Elle est hors de danger.
Ils poussèrent tous un soupir de soulagement. Enfin, leur attente allait prendre fin.
Bessie : Je veux la voir !
Docteur : Elle s’est rendormit. Elle est très épuisée mais le principal est qu’elle se soit réveillée. Il faut lui laisser le temps de reprendre des forces, elle est encore très faible et ne doit faire aucun effort.
Pacey : Elle a parlé ?
Docteur : Elle a demandé des nouvelles de son bébé et s’est rendormit lorsqu’elle a su qu’il allait bien.
Bessie : Je vais aller auprès d’elle.
Jen : Moi aussi !
Elles se dirigèrent vers la porte et avant d’entrer, Jen se retourna vers Pacey.
Jen : Tu viens ?
Pacey : Non, allez y. J’irais plus tard lui affirma t-il en souriant.
Jen lui sourit et pénétra à l’intérieur. Pacey s’assit et son sourire s’estompa instantanément. Il se sentait réellement soulager de savoir Joey en bonne santé. Il se dit que maintenant tout allait pouvoir rentrer dans l’ordre. Il repensa à sa promesse. Dès demain, il devait sortir de la vie de Joey. Il se prit le visage entre les mains, tout ses rêves et ses espoirs venaient de s’effondrer, mais pour la vie de Joey, cela en valait la peine. Il se leva et quitta l’hôpital. Il lui dirait au revoir à elle et à leur fils demain, pour ce soir, il avait besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Joey s’éveilla lentement, elle se sentait encore vaseuse par l’opération et ses membres étaient engourdit. Ouvrant les yeux, elle aperçu Jen endormit dans le fauteuil à côté d’elle. Elle esquissa un sourire, son amie devait être là depuis longtemps. Jen remua et ses prunelles s’ouvrirent rapidement.
Jen : Joey !! s’exclama t-elle.
Joey : Bonjour murmura t-elle faiblement.
Jen se rapprocha d’elle et lui prit la main.
Jen : Tu m’as fais une de ces peurs !! Ne recommence jamais plus.
Joey : C’est promis lui jura t-elle.
Jen : Tu as un fils magnifique lui dit-elle émut.
Joey : J’ai un fils pensa t-elle songeuse. Je veux le voir la supplia t-elle.
Jen : Ne bouge pas.
Jen sortit prévenir l’infirmière que Joey était réveiller et qu’elle réclamer après son enfant. L’infirmière lui assura qu’elle allait aller le chercher et Jen revint auprès de Joey.
Jen : Il arrive.
Joey esquissa un sourire. Elle avait un fils…Pacey ? Où était-il ?
Joey : Jen, est ce qu’il est là, est ce que…
Jen : Il est partit se reposer dès qu’il a su que tu étais hors de danger. Il n’a pas bougé de ton chevet deux jours durant. Il était épuisé lui avoua t-elle. Tu veux que j’aille l’appeler.
Joey : Non, laisse le dormir, je le verrais demain lui dit-elle malgré son désir de le voir.
Jen : J’en envoyé Bessie se reposer et Dawson et Jack on promit de revenir demain à la première heure. Marnie et Al sont arrivés hier, ils repasseront demain aussi.
Joey : Tout le monde est venu remarqua t-elle avec joie.
Jen : Qu’est ce que tu crois on t’aime ! lui dit-elle en la prenant dans ses bras.
Infirmière : Bonjour, regardez qui je vous amène.
Jen se détacha de Joey et celle-ci aperçut l’infirmière qui tenait un petit bébé dans ses bras. Le petit était confortablement enroulé dans une couverture.
Infirmière : Je crois qu’il veut sa maman.
Joey se mit à pleurer et tendit les bras, impatiente de serrait contre elle le petit être qu’elle avait mise au monde. L’infirmière le lui plaça dans les bras et des larmes se mirent à dévaler les joues de Joey. Il n’y avait aucun mot au monde pour exprimer ce qu’elle ressentait à ce moment précis.
Jen : Je vais vous laisser tous les deux lui murmura t-elle en sortant.
Joey lui adressa un sourire reconnaissant et se pencha sur son fils. Elle le trouvait magnifique, aucun bébé au monde n’était plus beau. Pas étonnant se dit-elle en souriant, les mères pensent toujours que leur enfant et le plus beau.
Joey : Tu as rencontré ton papa lui murmura t-elle. C’est un homme exceptionnel, tu verras. Je suis sûr que toi aussi tu l’aimeras. Il fera de toi le bébé le plus heureux du monde. Je l’espère tant dit-elle des sanglots dans la voix.
Dès demain, elle lui demanderait pardon et le supplierait s’il le fallait pour qu’il veuille bien faire partie de leur vie, à elle et à leur bébé. Elle avait été ridicule de croire qu’elle pourrait l’en écarter, d’imaginer un instant qu’elle pourrait vivre sans lui. Elle caressa du doigt la main potelée de son fils et lorsqu’il le serra, une sentit une bouffé d’amour l’envahir. Elle ressentait déjà pour lui un amour infini. Et elle savait qu’elle avait assez de place pour lui et pour Pacey dans son cœur.
Dès l’aube, Pacey se tenait devant la chambre de Joey, Il n’osait pas rentrer. Il s’apprêtait à faire la chose la plus difficile de toute sa vie. Dire au revoir à celle qu’il aime et partir sans jamais se retourner en arrière, tourner la page et oublier la vie qu’ils auraient pu avoir si Joey l’avait laissé faire partie de son existence. Il n’avait pas fermer l’œil de la nuit, mais il avait beau y avoir réfléchit pendant des heures, il savait ce qu’il devait faire, il avait causé suffisamment de dégâts. Rien ne pourrait lui faire renoncer à l’idée que si Joey avait faillit mourir, c’était par sa faute à lui. Résigné, il prit une profonde inspiration, poussa la porte et rentra. Elle était endormit, il s’en trouva ravit. Il lui serait plus facile ainsi de lui faire ses adieux. Aujourd’hui, elle était resplendissante dans son sommeil. Son visage avait reprit de jolie couleur, elle semblait à peine assoupit. Il déposa l’énorme bouquet de roses rouges qu’ils avaient achetés pour elle sur la table qui était à côté du lit. Doucement, il vint s’asseoir près d’elle et lui prit sa main dans la sienne.
Pacey : Joey…murmura t-il. J’ai tellement de chose à te dire que je ne sais pas par où commençait. Tu viens de me faire vivre un véritable enfer lui dit-il en souriant. J’ai cru que je t’avais perdu à tout jamais, mais maintenant, je réalise que d’une certaine façon, c’est vrai. J’ai enfin compris que ta vie serait beaucoup mieux sans moi et je vais t’accorder ce que tu voulais. A partir d’aujourd’hui, je vais sortir définitivement de votre vie, à toi et à Luka lui dit-il le cœur brisé. Je voulais que tu saches, que j’aurais pu faire un bon père je pense, et un bon mari aussi, si tu m’avais donné ma chance. Quoiqu’il arrive, je ne t’en veux pas, tu as pris la meilleure décision pour toi. Tu es la meilleure chose qui me sois arrivé et je crois que tu seras d’accord avec moi quand tu l’auras vu pour dire que de mon côté, je t’ais offert le meilleur morceau de moi. Il est la plus belle chose que j’ai réussite, en plus d’avoir réussit un temps à me faire aimer de toi. Tu verras, c’est un véritable petit ange, il te ressemble déjà tellement. Il a ta force.
Pacey sentait les larmes lui monter aux yeux.
Pacey : C’est si dur de te dire adieux, je ne sais pas si je vais y arriver, tu vas tellement me manquer prononça t-il dans des larmes dans la voix. Je t’aimerais jusqu’à la fin de mes jours lui dit-il en l’embrassant sur le front.
Il lui caressa une dernière fois la joue et resta quelques instant à la regarder, gravant cet instant dans sa mémoire. Tristement, il reposa sa main sur le lit et sortit sans faire de bruit. Lorsqu’il referma la porte Joey se réveilla en sursaut, comme aux prises avec un mauvais rêve.
Joey : Pacey murmura t-elle.
En sortant, Pacey tomba sur Jen qui arrivait.
Jen : Pacey ! Alors tu l’as vu ?
Pacey : Elle dormait lui dit-il en reprenant contenance devant elle afin de ne pas laisser percer son trouble.
Jen : Quelques choses ne vas pas Pacey ? lui demanda t-elle pas dupe de son petit jeu.
Pacey : Il est difficile de dire au revoir à ceux qu’on aime dit-il sombrement.
Jen : De quoi tu parles ? s’exclama t-elle ahuri. Tu ne vas pas partir comme ça ?
Pacey : Que veux tu que je fasses d’autres. Je lui ais fais suffisamment de mal, tu ne crois pas ?
Jen : Non !!
Pacey : Jen, je t’en prit, pour une fois, ne te mêle pas de nos affaires. Bon, il faut que je te laisse.
Sans un mot, il passa à côté d’elle et se dirigea vers l’ascenseur. Jen le regardait partir, hébété, elle ne parvenait pas à en croire ses oreilles. Il baissait les bras ! Et bien soit, elle ne le laisserait pas faire elle, d’un pas décidé elle pénétra dans la chambre de Joey. Pour aune fois, c’était à Joey de réagir.
Pacey se tenait désormais devant son fils, Luka babillait paisiblement. Il faisait aller ses petites mains sur l’ours en peluches qu’il lui avait acheté la veille à la boutique du magasin.
Pacey : Je peux le prendre ? demanda t-il à l’infirmière qui se trouver là.
Infirmière : Bien sûr, allez-y.
Pacey se pencha sur la couveuse, et avec mille précautions il prit son petit bébé dans ses bras. Il ne l’avait pas encore fait jusqu’alors de peur de trop s’attacher ou de lui faire du mal. Une intense émotion s’installa en lui, avoir son fils dans ses bras lui apportait une joie intense. Luka serrait le doigt de son père dans sa petite main. Pacey le regardait avec amour, des larmes coulèrent le long de ses joues. Elle savait que jamais, il ne pourrait connaître un moment plus intense dans sa vie. Personne ne lui procurerait autant de bonheur que son fils ne le faisait en cet instant.
Pacey : Il faut que je te parle lui murmura t-il. Tu sais, ta mère va très bien s’occuper de toi, c’est une femme formidable et elle va t’aimer comme personne ne t’aimera jamais. Je ne serais peut être pas avec toi, mais je serais toujours près de toi par la pensée. Il n’y aura pas un jour où je ne penserais pas à toi. Tu es ce qui compte le plus dans ma vie, ma plus belle réussite. J’aurais tant aimé pouvoir te voir grandir dit-il en pleurant.
Il resta encore cinq minutes, à le regarder tendrement. Avant de déposer un baiser sur sa joue et de le remettre dans son berceau. Luka se mit à pleurer, lui d’habitude si calme, pleura de toute ses forces. On aurait pu penser qu’il savait qu’il ne reverrait plus son père. Pacey s’effondra en larmes, il résista à l’envie de le reprendre contre lui, mais il savait que s’il le faisait, il n’aurait pas pu le laisser. Il se retourna et quitta la pièce sans regarder en arrière, la douleur était trop forte, elle l’empêchait de respirer. Du couloir, il entendait encore son enfant pleurer. Il monta très vite dans l’ascenseur et s’appuya sur les parois, le cœur battant, les yeux rougis.
Lorsque Jen pénétra dans la chambre, Joey venait d’ouvrir les yeux. Elle se précipita à son chevet.
Jen : Ca va ma chérie ?
Joey : Je vais bien Jen. Mais j’ai une impression bizarre.
Joey remarqua à cet instant les fleurs posait à côté d’elle.
Joey : Elles sont magnifiques, elles viennent de qui ?
Jen se doutait de qui en était l’auteur mais comme une carte était apparente, elle préféra la sortir et la lui donner.
Jen : Regarde !
Joey sortit le mot et le lu à haute voix.
Joey : « Je serais toujours là si tu as besoin de moi, Pacey». Qu’est ce que ça signifie ? demanda t-elle incrédule.
Jen : Je crois que le message parle de lui-même.
Joey : Jen, explique moi, où est Pacey ?
Jen : Je l’ai croisé qui sortait. Il est venu te dire au revoir.
Joey : Comment ça au revoir ? s’exclama t-elle.
Jen : Il m’a dit quelque chose comme « je lui ais suffisamment fais de mal ».
Joey la regarda perplexe.
Jen : Il pense que ce qui t’es arrivé et de sa faute, qu’il en est responsable avoua t-elle.
Joey : Mais c’est parfaitement ridicule !
Jen : Je sais, mais pour lui, s’il n’avait pas accepté de te faire un enfant, tu n’aurais pas risqué ta vie.
Joey : C’était un accident !! Et puis, mon bébé est ce que j’ai de plus précieux au monde….avec… lui ajouta t-elle.
Jen : Joey, je ne sais pas quoi te dire. Il veut respecter ta volonté.
Joey : Jen, pour une fois, tu vas m’aider.
Jen : Je ferais tout ce que tu veux.
Joey : Aide moi, à m’habiller dit-elle en soulevant les couvertures.
Jen : Joey !!! s’écria t-elle. Le médecin t’as interdit de faire des efforts.
Joey : Jen ! lui dit-elle dans les yeux. J’ai bien eut le temps d’y réfléchir, et c’est là que tu vas sauter au plafond, tu avais raison. J’aime Pacey et je veux élever cet enfant avec lui. Mon fils a besoin de son père et moi j’ai besoin de lui.
Les yeux de Jen s’agrandirent sous la surprise avant que son visage ne se fende d’un sourire triomphant.
Joey : Garde ton « je te l’avais bien dit » et aide moi. Il faut que je le trouve.
Jen : Et si j’allais te le chercher plutôt.
Joey : Pas question, je dois le voir moi-même. Toute cette histoire et de ma faute.
Jen acquiesça et lui donna quelques vêtements que Joey passa en vitesse. Fébrilement, elle franchit la porte et commença à regarder dans tous les coins, il lui fallait retrouver Pacey au plus vite. Une infirmière vint à leur rencontre.
Infirmière : Mademoiselle, vous devez aller vous rallonger ! lui ordonna t-elle. Vous n’avez pas encore la force de vous tenir debout.
Joey : Pas maintenant lui dit-elle en la repoussant.
Joey marchait dans le couloir, elle espérait retrouver Pacey à la nursery, c’était sûrement là bas qu’il devait être. Elle sentait ses forces s’amenuisait de plus en plus, l’infirmière avait raison, elle était encore faible, mais peu lui importait, elle devait trouver Pacey ! Soudain, la déclic de l’ascenseur se fit entendre, et comme attirée, elle se tourna vers la porte qui s’ouvrait. Les battants tirés en grand lui laissèrent découvrir Pacey à l’intérieur. Aimanté, il leva la tête et rencontra le visage de Joey. Leurs yeux s’accrochèrent l’un à l’autre, ils s‘étudièrent pendant des secondes interminables, Joey lui sourit avant que ses jambes ne fléchissent. Pacey s’élança aussitôt et la rattrapa avant qu’elle ne touche le sol. Jen regarda Pacey d’un air désolée. Celui-ci souleva Joey dans ses bras où elle se blottit contre lui, et la reconduisit jusqu’à sa chambre. Il l’allongea sur son lit et Jen apparut avec le médecin. Ce dernier fit sortir tout le monde.
Joey : Reste demanda t-elle faiblement à Pacey.
Ce dernier regarda le médecin qui acquiesça de la tête. Pacey vint s’asseoir près d’elle et elle glissa sa main dans la sienne, elle avait les yeux embués. Elle n’avait plus la force de parler. Le docteur lui fit quelques contrôles avant de sortir de la chambre en lui recommandant de ne plus jamais faire ça et de se reposer. Lorsque la porte se referma, Joey se tourna vers Pacey.
Joey : Il faut que je….
Pacey : Chut ! fit-il en lui plaçant un doigt sur les lèvres. Ce qu’il faut, c’est que tu dormes, ordre du médecin.
Joey regarda Pacey dans les yeux, elle constata que son visage était marqué par les larmes. Les yeux brillants d’émotion, elle lui passa une main sur la joue, essuyant les derniers sillons de ses doigts.
Joey : Alors promet moi d’être là à mon réveil lui murmura t-elle difficilement.
Pacey : C’est promis lui dit-il en caressant sa main posait sur lui.
Rassurée, Joey s’allongea, la tête tourner vers lui et s’endormit presque aussitôt. Pacey s’assit au fond du fauteuil, et la regarda longuement dormir.
Dawson : Que se passe t-il dans cette chambre à ton avis ?
Jen : Et bien, pour le bien de tous, j’espère qu’ils se retrouvent enfin.
Bessie et Marnie acquiescèrent du chef. Elles savaient toutes les deux que Joey et Pacey s’aimaient d’un amour tendre et infini, on pouvait appeler ça l’intuition féminine ou le fait de connaître parfaitement Joey et de savoir reconnaître lorsqu’elle était heureuse.
Al : Et bien, je vais monter voir Luka moi, tu viens chérie ?
Marnie : Je te suis.
Bessie : Je viens avec vous.
Jen, Dawson et Jack les regardèrent partir avec un sourire aux lèvres. Joey était bien entourés avec eux trois.
Jack : Il faut que j’y aille, j’ai un l’entraînement avec les juniors. Vous embrassez bien Joey pour moi et dîtes lui que je passerais cet après midi.
Jen : C’est promis lui dit-elle en le serrant dans ses bras avant qu’il ne file.
Dawson et elle allèrent s’asseoir sur un banc, en salle d’attente.
Dawson : On peut dire qu’ils nous auront apporter des émotions ces deux là !
Jen : C’est vrai admit-elle. Et encore, tu ne vis pas avec Joey !
Dawson : Oui mais je connais le phénomène !
Ils éclatèrent de rire. Joey était un personnage très compliqué mais terriblement attachant. Le genre de fille à qui ont avait envie de donner des claques pour la faire réagir pour la réconforter une fois qu’elle l’ait fait.
Dawson : Tu crois que ça se passe bien ? lui demanda t-il en jetant un coup d’œil vers la porte de chambre à Joey.
Jen : Je pense que oui lui dit-elle avec un petit sourire.
Dawson : Oh toi, tu sais quelque chose que j’ignore.
Jen : Qu’est ce qui te fais pensé une chose pareille ? lui dit-elle innocemment.
Dawson : Ton sourire béat !
Jen : Je sais peut être quelque chose avoua t-elle.
Dawson : Comme ?
Jen : Ce n’est pas grand-chose…
Dawson : Jen ????
Jen : Et bien, Joey a ouvert les yeux. Elle sait qu’elle veut Pacey
Dawson : Et t’appelle ça pas grand-chose ! Tu parles d’un scoop. Et Pacey le sait ?
Jen : S’il ne le sait pas encore, il ne va pas tarder.
Dawson et Jen tournèrent la tête vers la porte et sourirent, ils étaient sincèrement heureux pour leurs amis.
Joey commençait à se réveiller, un léger bruit attirer son attention. Une sorte gazouillis. Elle entrouvrit les yeux et aperçut Pacey, qui toujours assis au fond du fauteuil, tenait Luka dans ses bras et lui donner un biberon. On avait du apporter son bébé lorsqu’elle dormait, du fait, elle n’avait rien entendu. Voir Pacey tenir ainsi leur enfant dans ses bras lui apportait une sensation de plénitude totale, le tableau était magnifique à voir. Elle sentit les larmes lui venir aux yeux. De quel droit avait-elle pu vouloir privé Pacey de ce bonheur ? Luka avait l’air de se sentir en sécurité, comment en serait-il autrement dans les bras de Pacey ? Joey remarqua le regard emplit d’amour et de tendresse dont il couvait son fils. Elle se dit alors que pas un jour elle ne voulait vivre sans eux, sans eux deux. Pacey tourna la tête et vit qu’elle était réveillée.
Pacey : Il avait faim lui murmura t-il.
Joey : Heureusement que son papa était là lui dit-elle en souriant.
Pacey sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine, il la regarda les yeux brillant par l’émotion. « Son papa », ces mots sonnaient comme une douce musique à ses oreilles.
Joey : Il t’adore déjà lui fit-elle remarquer.
Pacey : il sait surtout que je le nourris ironisa t-il.
Joey resta muette le temps que Pacey termine de lui donner son biberon, elle les regardaient tendrement. Pacey s’en sortait admirablement bien, certains hommes étaient un peu gauche avec leur bébé à la naissance mais lui avait toujours eu un don avec les enfants, il suffisait de voir le métier qu’il faisait, avec passion d’ailleurs. De temps en temps, Pacey tournait la tête vers elle et lui souriait. Chacun de ses sourires étaient comme une claque qu’il lui donner, la forçant à ouvrir les yeux, à comprendre. Jen avait eut raison sur toute la ligne, et elle trop orgueilleuse n’avait fait qu’ignorer les conseils de son amie. Elle se promit de ne plus jamais faire passer son amour propre avant son cœur. Pacey finit par reposer Luka dans son berceau et vint s’asseoir près d’elle. Il posa sur elle un regard embué de larmes.
Pacey : Si tu savais ce que tu m’as fais peur. S’il t’étais arrivé quoique ses oit, je ne sais pas si j’aurais pu m’en remettre lui avoua t-il. Les heures passées dans la salle d’attente à attendre de tes nouvelles ont été les plus longues de ma vie.
Joey lui sourit et lui prit la main. Leurs doigts s’entremêlèrent et la portant à sa bouche, elle déposa un tendre baiser sur celle de Pacey.
Joey : Il faut que je te parle.
Pacey : C’est inutile…
Joey : Il le faut Pacey, j’ai besoin de le dire et tu as besoin de l’entendre.
Il acquiesça, elle avait raison, il avait besoin de savoir où ils en étaient. Ce qui allaient se passer maintenant, quel rôle elle compter lui donner. Celui de l’oncle ? Du meilleur ami ?
Joey : Je suis désolée, profondément désolée. Pour un tas de chose. D’abord pour le mal que je t’ais fais. Tu es la personne la plus importante dans ma vie.
Elle sourit et se pencha vers le berceau où reposait tranquillement Luka.
Joey : Enfin l’un des deux se reprit-elle.
Pacey lui sourit affectueusement, ces mots lui allaient droit au cœur, il se désespéré de les entendre un jour.
Joey : Tu es celui vers qui je me tourne lorsqu’il m’arrive quelque chose de mal ou de bien dans ma vie. Celui dont j’ai besoin pour avancer….celui qui me fais avancer. Alors que je te demandais de me faire un enfant pour me le laisser, tu as accepté. Même si tes projets étaient quelques peu différent lui dit-elle avec un petit sourire. Tu n’avais aucun moyen d‘être sûr que ça marche, malgré tout tu as accepté. Et regarde aujourd’hui, Luka est la meilleure chose qu’il me soit arrivé. Et il l’est parce qu’il me vient de toi, parce qu’il est une partie de toi.
Le cœur de Pacey battait la chamade, ses yeux lui piquaient. Il aimait cette femme plus que tout au monde et se savoir lié à elle à vie lui apportait une sorte de doux réconfort.
Pacey : Je suis désolée pour l’autre jour, je n’aurais pas du m’emporter.
Joey : C’est plutôt à moi de m’excuser, quand j’ai vu que tu étais avec Clara, je me suis sentie trahis, humilié. J’avais l’impression d’avoir été trompé alors que tout était de ma faute. Et ce qui me faisait mal c’était d’en être consciente.
Pacey : Il ne sait rien passer avec elle, elle ne compte pas.
Joey : Je sais lui assura t-elle. Pacey tu es un homme merveilleux et je ne te mérite pas lui dit-elle en pleurant doucement.
Cette fois, des larmes perlèrent sur les joues de Pacey, c’était lui qui se sentait indigne d’elle et elle lui disait qu’elle ne le méritait pas.
Joey : Mais je te jure que si tu voulais bien me donner encore une chance, je ferais mon possible pour faire de toi un homme heureux. Je te demande pardon pour le calvaire que je t’ais fais vivre, si tu savais comme je m’en veux lui dit-elle en pleurant chaudement. Je n’arrive même pas à croire que j’ais pu te demander une chose pareille. Comment ais-je pu penser une seule seconde te rayer de ma vie et de celle de ton fils ?
Pacey se rapprocha d’elle, surpris, d’une main douce, il essuya les larmes qui coulaient le long des joues de Joey.
Pacey : Joey, qu’essais tu de me dire ?
Joey : J’ai besoin de toi Pacey et Luka aussi dit-elle en lui embrassant la main qu’il avait poser sur sa joue. Je ne veux pas vivre sans toi et je ne veux pas élever mon fils sans son père. On a besoin de toi le supplia t-elle.
Pacey : Si tu savais comme je vous aime lui murmura t-il en lui embrassant le front.
Joey : Assez pour m’épouser ? lui demanda t-elle pleine d’espoir.
Pacey la regarda avec de grands yeux. Etait-elle vraiment entrain de le demander en mariage ? Il avait l’impression de rêver. Il y avait encore quelques heures il croyait sa vie brisée, terminée.
Joey : Tu voulais un engagement non ? C’est le meilleur que je puisse t’offrir. Je veux passer le reste de ma vie avec toi parce que je t’aime. Maintenant, reste à savoir si tu veux encore de moi. Si tu es capable de ma pardonner.
Pacey resté figé par la surprise, il voyait toute ses espérances se concrétisé sous ses yeux hébétés, mieux encore, s’était Joey qui les lui apportés sur un plateau. Voyant l’air perdu de Pacey, Joey sentit son cœur se briser en mille morceaux. Elle ravala ses larmes.
Joey : Si tu préfères qu’on en reste là, je comprendrais parfaitement. Sache que tu pourras venir voir Luka quand tu le voudras, tu auras une place dans sa vie.
Pacey : C’est loin d’être suffisant ! Je veux une place dans la tienne aussi !
Joey : Tu ….
Pacey : Je veux être ton mari, que tu deviennes ma femme, que toi et moi élevions Luka côte à côte. J’ai besoin de vous. Je ne rêves que de ça depuis des mois. Tout ce dont j’attendais c’était un vague signe de ta part qui pourrait me faire comprendre, me faire savoir que tu voulais que je fasses partie de vos vies.
Joey versa des larmes de joie et de regrets aussi, elle se rendait compte du mal qu’elle lui avait fait et s’en voulait terriblement. Elle ne tenta pas de les retenir ses pleures. Il n’y avait pas plus beaux jours. Pacey se rapprocha d’elle et la serra dans ses bras.
Joey : Je t’aime lui murmura t-elle. Pardon.
Pacey : Et moi donc lui dit-il contre ses lèvres avant de l’embrasser tendrement.
Leurs larmes se mêlaient en même temps que leur bouche, leur cœur battaient frénétiquement au même rythme. Joey le serrait au plus près d’elle, gardant ses lèvres sur les siennes, prolongeant leur baiser au plus possible. Ils avaient tant de temps à rattraper. Elle posa sur lui des yeux remplient d’amour. Pacey se recula d’elle et lui sourit. La chaleur de son sourire suffisait à égayer la pièce, à la remplir de lumière. Il se précipita sur son fils et le prit délicatement dans ses bras.
Pacey : Tu entends bonhomme, papa, n’ira nulle part. Il ne te quittera jamais. Ta maman et moi seront les meilleurs parents du monde.
Lentement, il alla rejoindre Joey et le déposa aux creux de ses bras avant de s’asseoir à côté d’elle. Il passa un bras autour de Joey qui lui souriait amoureusement, alors que de l’autre main il jouait avec la petite menotte de son fils. A l’extérieur, piqué par la curiosité, Jen et Dawson passèrent silencieusement leur tête dans l’embrasure de la porte et eurent un sourire complice et émut devant le tableau de famille qu’ils formaient.
Pacey : On devrait lui donner une petite sœur dit-il en souriant à Joey.
Jen et Dawson se fixèrent simultanément. Une expression d’inquiétude se lisait de part et d’autre. Ils n’allaient pas remettre ça ? Dépité, ils refermèrent la porte. Il se sentait découragé, jamais ils n’auraient finit avec ces deux là ! Pacey jeta un coup d’œil vers la porte qui se refermer et sourit à Joey. Il les avait vu arriver.
Joey : Ce n’était pas gentil lui dit-elle en souriant.
Pacey : Tu crois qu’ils vont mettre combien de temps avant de filer à toutes jambes et de nous laisser nous débrouiller tous seul ?
Joey : Je dirais cinq minutes.
En rigolant, il descendit sur ses lèvres et les effleura tendrement. (Marjo)
Marjo (28.11.2003 à 23:00)
Pacey : Il faut qu'on règle certaines choses, ma chérie, dit-il en interrompant subitement leur baiser.
Joey : Lesquelles? demanda-t-elle déçue de la fin de leur étreinte.
Pacey : Eh bien, de l'endroit où on va habiter, pour commencer.
Joey : Ca me paraît évident, lui dit-elle en mettant ses bras autour de son cou. A Boston. Tu vois un autre endroit, toi?
Pacey : Oui, New York…
Joey : New York!! Mais pourquoi New York? Tu vis à Boston, notre enfant y est né. Qu'est-ce qui pourrait me retenir à New York?
Pacey : Ton travail, que tu adores. Jen, Al et Marnie…énuméra-t-il.
Joey : Malgré toute l'affection que je leur porte, tu crois franchement qu'ils peuvent faire le poids contre vous deux? l'interrogea-t-elle en plantant son regard dans le sien. Rien n'est plus important, pour moi, que la famille que nous allons construire. Le reste n'est qu'accessoire.
Pacey : Mais…
Joey : Pacey, je ne me suis jamais sentie à l'aise à New York, c'est pas ma ville. Je ne me sacrifie pas, pas du tout. Tu sais que j'ai toujours adoré Boston. Et mon métier, je peux très bien l'exercer ici. Il y a de très bons cabinets d'architectes.
Pacey : Tu es sûre?
Joey : Certaine.
Pacey : Bon, on est donc d'accord pour Boston. Mais où à Boston? Chez toi ou…
Joey : Chez toi, sans aucune hésitation, l'interrompit-elle. Ce n'est pas vraiment mon appartement, même si je m'y sens bien, il faudra bien que je le rende à Al et Marnie. Et puis, j'aime beaucoup ton appartement, il est très bien situé, bien aménagé. Sans compter que c'est là qu'on a conçu Luka, souffla telle en se collant contre lui, coquine.
Pacey : Je ne voudrais pas que tu te sentes obligée de…
Joey : Pas du tout. Ne t'en fais pas. On sera très bien tous les 3. En attendant de trouver plus grand, si c'est cela qui t'inquiète.
Pacey : Non, non, pas du tout. Je me disais juste que tu avais déjà aménagé une petite chambre pour Luka chez toi, enfin, chez Al et Marnie et que….
Joey : Oh, je n'ai pas fait grand-chose. Mais, dès que je serai sortie de la maternité, je t'aiderai pour tout transporter chez toi.
Pacey : Quand tu sortiras de là, tout sera prêt, chez moi, pour vous accueillir tous les 2, lui dit-il solennellement.
Joey : Chez nous,le reprit-elle.
Pacey : Oui, chez nous, |i]confirma-t-il en embrassant tendrement ses lèvres tendues.
Tout compte fait, cette situation l'arrangeait plutôt. Durant le temps de leur courte séparation, il avait concentré toute sa frustration et sa tristesse sur les meubles en bois qu'il construisait sous l'instigation de Jen. Il les avait d'ailleurs quasiment achevés et se sentait soulagé de ne pas avoir à les déménager chez Joey. La jeune femme ne sortant de la clinique que dans
plusieurs jours, cela lui laissait le temps de redécorer et d'aménager la pièce qui lui servait de chambre d'ami et qui désormais serait la chambre de son fils. Pacey resta jusqu'à la dernière minute du temps de visite autorisé, réticent à l'idée de laisser Luka et Joey ne serait-ce qu'une
nuit. Mais au troisième rappel à l'ordre de l'infirmière lui exhortant de laisser la jeune mère se reposer, il du se résoudre à quitter les lieux, non sans avoir une dernière fois embrasser sa femme et son fils. A peine sorti de l'enceinte de la maternité, il alla directement chez Jack, sachant que tous ses amis y étaient.
Une dizaine de jours plus tard, Pacey ramenait sa petite famille chez eux. Pour plus de sécurité, les médecins avaient préféré garder Joey quelques jours de plus, voulant être sûrs qu'elle se remettait bien de l'accouchement et surtout des complications qui étaient survenues. Sans oublier le fait que Luka avait fait une petite jaunisse qui avait nécessité des soins spécifiques.
Pacey : Bienvenue à la maison! s'exclama-t-il en ouvrant la porte et en laissant pénétrer Joey qui tenait Luka dans ses bras.
Joey : Regarde, mon trésor, te voilà chez toi! murmura-t-elle à l'encontre de son petit garçon qui préférait dormir contre elle. Il faut peut-être mieux qu'on le mette au lit, tu ne crois pas? dit-elle attendrie, à Pacey.
Pacey : Je pense, oui. On continuera la visite plus tard, quand Monsieur sera réveillé, rétorqua-t-il amusé.
Ils se dirigèrent vers la chambre d'ami, transformée pour l'occasion en chambre de bébé.
Joey : Oh! S'exclama-t-elle émerveillée en pénétrant dans la pièce. C'est magnifique, Pacey.
Pacey : Ca te plait?
Joey : Oui, beaucoup. Mais quand as-tu eu le temps de faire tout cela?
Pacey : Eh bien les soirs, en revenant de la clinique. Mais je n'étais pas tout seul. J'ai appelé Jen à la rescousse pour le côté déco et Dawson et Jack m'ont aidé à poser le papier peint.
Joey embrassa la chambre du regard, complètement sous le charme. La pièce était exactement telle qu'elle l'aurait décorée, si elle avait pu le faire. Elle s'approcha du petit lit en bois et l'observa minutieusement.
Joey : Il ressemble au modèle de lit que Jen a dessiné,remarqua-t-elle.
Pacey : Je sais, il est inspiré du dessin de Jen.
Joey le fixa et remarqua son trouble. Elle comprit immédiatement, tandis que son cœur se gonflait de fierté et d'amour, qu'il en était l'artisan. Elle lui sourit avec émotion et s'approcha de lui.
Joey : Je trouvais aussi que tu mettais beaucoup de temps pour construire un nid pour tes élèves! Ironisa-t-elle amusée en lui déposant un baiser sur les lèvres. Il est magnifique. Vraiment. Merci.
Pacey : Je suis très content que ça te plaise. Tu sais que j'y ai mis tout mon cœur.
Joey : Je n'en doute pas un seul instant, Pacey.
Elle s'approcha du lit et y déposa doucement Luka.
Joey : Tu as de la chance, mon trésor. Je ne connais pas beaucoup de bébés qui dorment dans un petit lit fabriqué par leur papa,murmura-t-elle tandis qu'elle posait une main apaisante sur le dos de Luka.
Pacey se rapprocha d'elle et lui embrassa tendrement le front. Ils restèrent un long moment à contempler leur enfant, enlacés.
Joey : Tu as vraiment des mains en or, mon amour. Et pas seulement pour fabriquer des meubles, ajouta-t-elle en le fixant d'un air coquin.
Pacey haussa un sourcil interrogatif, faisant mine de ne pas comprendre où elle voulait en venir.
Joey : Ne fais pas l'innocent. Tu vois très bien de quoi je parle,glissa-t-elle suavement en lui plantant de tendres baisers dans le cou.
Pacey : Je suis flatté de voir que tu n'as pas oublié, répliqua-t-il en la serrant plus étroitement contre lui. Ca fait pourtant très longtemps. Trop longtemps.
Joey : Alors qu'attends-tu pour m'embrasser? demanda-t-elle, les lèvres déjà prête à recevoir le baiser.
Pacey sourit d'un air énigmatique. Il s'approcha lentement des lèvres de Joey, qui soupira d'aise en sentant le souffle de Pacey contre elle, il les effleura, puis s'éloigna et lui embrassa le bout du nez. Il descendit à nouveau vers la bouche de la jeune femme, effleura à nouveau les lèvres et s'éloigna une nouvelle fois. Il recommença deux fois ce petit manège, sentant le désir
que la frustration décuplait, montait chez la jeune femme.
Joey : Oh, viens ici, souffla-t-elle, excédée par le petit jeu de Pacey.
Elle attrapa le visage du jeune homme et planta ses lèvres contre les siennes. Son petit jeu ayant fini par le mettre lui-même au supplice, Pacey ne se fit pas prier pour répondre passionnément au baiser de Joey, laissant ses mains remontant sensuellement le long de l'échine de la jeune femme. Leur baiser, qui menaçait de se transformait en une étreinte nettement plus intime, fut brutalement interrompu par un bref coup de sonnette. Résignés, ils se dirigèrent vers la porte en se tenant par la main, non sans avoir jeté un oeil, toujours attendri, en direction de leur petit bout de chou, paisiblement endormi. Les opportuns n'étaient autres que leurs chers amis venus fêter le retour de Joey et Luka à la maison. Joey les remercia chacun à leur tour, Dawson, Jack et Jen pour le travail accompli dans la chambre de Luka, s'attardant particulièrement avec Jen.
Joey : Tu vas beaucoup me manquer, tu sais.
Jen : Je sais, mais toi aussi. (après quelques secondes de silence) : Mais quand je vous vois, Pacey et toi, si heureux et si amoureux l'un de l'autre, je me dis que j'ai bien fait de supplier Al de t'envoyer à Boston.
Joey fronça les sourcils, perplexe. Jen, alors, lui révéla la véritable raison de sa mutation à Boston et le rôle qu'elle y avait joué. Joey l'écoutait attentivement, n'en croyant pas ses oreilles.
Jen : Tu m'en veux?
Joey lui sourit. Comment lui en vouloir? Outre le fait qu'elle avait désormais trop l'habitude des manigances de son amie pour s'en offusquer, elle était, maintenant, plus qu'heureuse. Elle pensa à Luka qui dormait dans son petit lit puis elle jeta un œil vers Pacey et son cœur bondit dans sa poitrine. Jamais elle n'aurait pu imaginé être aussi comblée par la vie. Comment en
vouloir à Jen alors qu'elle était justement le petit coup du destin qu'il lui avait permis d'atteindre réellement son but, alors qu'elle-même s'empêtrait dans les mauvaises décisions. Si Jen ne l'avait pas expédié à Boston, par l'intermédiaire d'Al, serait-elle prête à vivre avec l'homme qu'elle n'avait, en fin de compte, jamais cessé d'aimer?
Joey : Non, parce que tu as réussi ton coup! Mais, tu étais quand même censée ne plus te mêler de ma vie! dit-elle, ironique.
Jen : Directement, je n'intervenais pas dans ta vie. Mais j'agissais dans l'ombre!
Joey : Oui, d'ailleurs, tu as d'autres révélations de ce genre?
Jen : Euh, non, je ne crois pas, répondit-elle évasivement.
Joey : Bon, de toute façon, mieux vaut ne pas savoir à quel point tu nous as tous manipulés! rétorqua-t-elle amusée.
Elles se sourirent avec complicité et allèrent rejoindre les garçons. Luka se réveilla quelques temps plus tard et accapara l'attention de tout le monde. Dawson, Jack et Jen prirent congé en fin d'après-midi, laissant les jeunes parents profiter de leur premier soir en famille. Luka était baigné, nourri et une nouvelle fois au lit, tandis que ses parents vaquaient tranquillement à leurs occupations. Pacey était assis à même le sol, réglant l'appareil photo numérique que leurs amis leur avaient offert, sans oublier de jeter de temps en temps un œil vers le babyphone pour vérifier que Luka dormait toujours bien. Joey , qui, à peine son bout de chou couché avait entrepris de ranger ses affaires, rejoignit le jeune homme au salon, une fois sa tâche accomplie. Elle s'assit derrière lui et l'enserra dans ses bras.
Pacey : Je t'ai laissé assez de place dans mes tiroirs? demanda-t-il amusé.
Joey : Non, pas trop mais j'ai enlevé ce qui me gênait, répondit-elle en lui picorant le cou de petits baisers. Et puis, j'ai un peu changé quelques trucs dans notre chambre.
Pacey : Comment ça, quelques trucs? questionna-t-il, légèrement inquiet.
Joey : Oh, rien de bien méchant, juste pour féminiser un peu la pièce, le taquina-t-elle toujours en lui déposant des baisers furtifs dans le cou.
Pacey : Mais, t'es entrain de saper ma virilité! s'exclama-t-il faussement offusqué.
Joey : Absolument.
Il tourna la tête vers elle et fronça les sourcils, simulant la colère.
Joey : Mon chéri, tu es tellement viril que même si je repeignais cet appart en rose et que je mettais des rideaux à fleurs partout, ça n'entacherait en rien ta masculinité, murmura-t-elle suave.
Pacey se retourna prestement, l'allongea sur le sol et se retrouva sur elle.
Pacey : Ah, tu me rassures, lâcha-t-il avant de plonger sur elle et de lui embrasser tendrement le cou, en remontant lentement vers ses lèvres, tandis que ses mains se promenaient sensuellement tout le long du corps de la jeune femme.
Joey : Qu'est-ce tu fais?questionna-t-elle amusée.
Pacey : Je te montre toute l'étendue de ma virilité, murmura-t-il avec un grand sourire, alors que ses lèvres se promenaient de l'autre côté du cou de Joey.
Joey : Idiot! s'esclaffa-t-elle en glissant ses mains dans les cheveux de Pacey pour l'amener vers ses lèvres.
Pacey ne se fit pas prier. Pour asticoter la jeune femme, il lui mordilla la lèvre inférieure, l'incitant à entrouvrir la bouche. Puis, il plongea à l'intérieur et joua avec sa langue, provoquant ainsi chez la jeune femme des sensations que lui seul savait faire naître. Il quitta ses lèvres pour parcourir son cou de baisers fiévreux.
Joey : Pacey, murmura-t-elle.
Pacey : Oui? Répondit-il tandis que ses lèvres continuaient à glisser le long de la peau de la jeune femme.
Joey : Crois-tu que cela soit raisonnable pour de jeunes parents de folâtrer comme on le fait? demanda-t-elle alors que son corps se collant davantage contre celui de Pacey démentait ses propos.
Pacey : Non, c'est pas raisonnable, on ferait mieux d'arrêter tout de suite, dit-il faisant mine de se relever, un sourire ironique aux lèvres.
Pacey : Oh viens ici! On aura tout le temps d'être raisonnable plus tard! s'exclama-t-elle en agrippant son t-shirt et en l'attirant vers elle. Profitons encore que Luka dorme, ajouta-t-elle avant que ses lèvres ne se scellent une nouvelle fois à celle de Pacey.
Les caresses reprirent de plus belle, exacerbant le désir de chacun, le repoussant toujours plus loin. Mais, tandis que les mains de Joey se glissaient sous le T-shirt de Pacey pour le lui enlever, le jeune homme stoppa son geste.
Pacey : Il vaut mieux qu'on arrête là, mon cœur.
Joey : Mais, Pacey…
Pacey : Tu sais bien que pendant quelques semaines, on ne pourra pas aller plus loin. Et je ne veux pas te faire mal…
Joey : Pacey, je sais que tout se passera bien, tu ne me feras pas mal,tenta-t-elle de le rassurer.
Pacey : Ordre du médecin, Joey! Il ne faut rien précipiter.
La jeune femme soupira et attrapa, résignée, la main que Pacey lui tendait pour l'aider à se relever.
Joey : Oui, tu as raison. Mais j'ai tellement envie de toi, souffla-t-elle en se blottissant dans ses bras.
Pacey : C'est plutôt réciproque!! Tu devrais aller prendre une douche,lui glissa-t-il amusé.
Joey lui jeta un regard faussement choqué puis lui sourit, et du regard, l'invita à l'accompagner.
Pacey : C'est pas la peine de me regarder comme ça, je ne viendrai pas avec toi!lui rétorqua-t-il. Je vais plutôt aller faire des pompes, à la place, acheva-t-il hilare.
Joey : Eh bien, ça va être gai, entre nous pendant 2 mois!! Si tu vas faire des pompes à chaque fois pour mettre un frein à notre libido, je vais bientôt me retrouver marier à un bodybuilder!! railla-t-elle en éclatant de rire, suivi de près par Pacey.
Pacey : C'est ça, moque-toi!
Joey éclata de rire et allait répondre lorsque Luka se manifesta.
Joey : Avant d'aller faire tes pompes, Schwarzie, tu viens avec moi voir Luka? demanda-t-elle en lui tendant la main, le regard espiègle.
Pacey : Oh, le supplice! Dans l'état dans lequel je suis, comment veux-tu que je supporte de te voir allaiter notre fils?ironisa-t-il, faussement dépité.
Il n'en glissa pas moins sa main dans celle de la jeune femme et ils se rendirent dans la chambre du petit glouton.
Trois mois s'étaient écoulés. A vitesse grand V lorsqu'il s'agissait du temps passé avec Luka. Il grandissait de minute en minute et Joey et Pacey profitaient de chaque secondes passées avec lui. Ils s'émerveillaient de chaque gazouillis, chaque risette, chaque mimique de leur bout de chou, ils en étaient fous, totalement. Par contre, le temps leur semblait durer une
éternité lorsqu'il s'agissait du moment où le jeune couple pourrait à nouveau faire l'amour, chose que l'un et l'autre rêvait de faire depuis la conception de Luka. Ils avaient trouvé une autre alternative à la douche froide et aux séances de sport
intensives, privilégiant les gestes plus tendres et des caresses plus appuyées. Heureusement l'attente était enfin terminée. Ce soir, ils avaient pu enfin briser les chaînes de l'abstinence. Ils s'étaient unis comme si c'était la première fois, presque maladroitement mais avec une infinie tendresse, une infinie douceur, réapprenant les gestes simples tous les deux. Gestes qui allumaient des brasiers dans le corps de l'autre. Ils retrouvaient la magie qui les avaient enveloppée, dans le passé, à chacune de leurs étreintes. Le plaisir était monté lentement, de manière langoureuse mais il les foudroya en même temps, les laissant sans forces, comblés et incrédules face à une telle extase, blottis dans les bras l'un de l'autre.
Joey : Tu es si beau, lui murmura-t-elle en lui caressant la joue, ses yeux rivés aux siens. Et tu sais quoi, ton fils te ressemble, il te ressemble de jours en jours, acheva-t-elle très émue.
Pacey : Tu es contente de ton choix, alors? demanda-t-il dans un murmure.
Joey : Il n'y avait pas de choix, Pacey, avoua-t-elle, je voulais que ce soit toi, je ne t'ai pas choisi par défaut, comme tu l'as cru. Je n'aurai jamais accepté de faire l'amour avec un autre homme que toi pour concevoir mon enfant. Je voulais un enfant, mais pas à n'importe quel prix. En fait, je me rends compte que je voulais surtout que tu en sois le père, acheva-t-elle, en se blottissant dans ses bras, gênée.
Pacey : Pourquoi tu me dis cela, maintenant? lui demanda-t-il en relevant son visage.
Joey : Parce que je m'en veux de nous avoir fait perdre tout ce temps, dit-elle les larmes aux yeux. Et parce que demain, je vais te dire oui et je veux que tu saches tout.
Pacey : J'en suis ravi,répondit-il amusé, mais ému. Mais bon, avec toi, je ne suis pas à l'abri d'une surprise, ajouta-t-il ironique.
Joey : Je t'aime, lâcha-t-elle pour toute réponse.
Pacey la fixa avec intensité et l'embrassa passionnément, les mots lui manquaient pour exprimer tout ce qu'il ressentait à ce moment précis.
Pacey : Tu sais qu'on ne respecte pas les traditions, dit-il contre ses lèvres.
Joey : Oui, je sais. On aurait dû dormir séparément, ce soir. Mais de toute façon, depuis le début, on ne respecte aucune tradition. Tu regrettes peut-être de ne pas avoir passé la nuit chez Jack? ajouta-t-elle espiègle.
Pacey : Oh oui, énormément,répondit-il tout en embrassant Joey.
Joey se colla davantage contre lui, le pressant de toutes ses forces pour qu'il se fonde en elle. Toute son énergie, il lui semblait la puisait dans le corps de son homme. Pacey lui insufflait la vie. Ses baisers étaient la sève dont elle se nourrissait pour se régénérer. Et elle savait qu'elle ne pourrait désormais plus s'en passer. D'ailleurs elle ne le souhaitait pas. Demain,
devant leurs proches, devant leur petit garçon de 3 mois, ils se diraient oui, et poursuivraient leur route ensemble.
FIN.
(Falbala)
falbala (28.11.2003 à 23:14)
encore une fois et je narrterai jamais de la dire toutes mes felicitations.je dois vous avouer que c la premeier fois que j pleure devant un episode virtuel.cetait fantastique vous etes les meilleurs.et continuer a ecrire dautres histoires car franchement ca vaut la coup de les lire.
joeypacey
joeypacey (30.11.2003 à 13:00)
Alors là franchement, je crois, enfin non j'en suis même sûre, c'est de loin de très loin même l'histoire que j'ai préférée, de toutes depuis que j'en lis.
C'est dingue, vous arrivez à nous faire ressentir exactement ce qu'ils ressentent, leurs joies leur peines. c'est vraiment extraordinaire!
Vraiment bravo!!!
Bizoux à vous deux.
Claire.
Claire (30.11.2003 à 23:16)
C'était trop bien!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
J'ai adoré votre histoire.Elle est fantastique!!!!!!!!!
Moi je pense sincèrement que vous avez un vrai talent!Vous êtes supers!Continuez car vos histoires sont spendides!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Kisssssssss Diana
Diana (01.12.2003 à 17:46)