Résumé : Pacey, qui a de plus en plus de mal avec ses parents, sombre de plus en plus dans l’alcoolisme et dans la délinquance. Joey, amoureuse de lui, va tout entreprendre pour l’en faire sortir.
Tout était calme dans la maison, trop calme, pensa t-il. Depuis qu’il était rentré, il y a une heure, Pacey s’était enfermé dans sa chambre et jouait à la console vidéo. Il n’avait vu aucun de ses parents à son retour et ils n’étaient toujours pas rentrés. Non pas que cela le gênait, il ne pouvait plus les supporter mais en temps normal, sa mère était à la maison, occupée à préparer le dîner. Pacey soupira, appréciant la quiétude de ces instants. Depuis que Dawson était parti à son stage cinématographique en Californie, Pacey s’ennuyait. Il avait pris l’habitude de passer un maximum de temps chez son ami, ce qui l’empêchait d’avoir à subir son père. Ils ne parviendraient décidément pas à se comprendre Pacey et lui. Depuis qu’il était tout petit, il l’avait toujours humilié, rabaissé, insinuant, petit à petit, en lui l’idée que finalement, il ne valait pas grand chose. Et sa famille prenait un malin plaisir à le lui rappeler.
John : Où es-tu, espèce de bon à rien !!!!
Tiens son père était rentré, pensa t-il amèrement. Et visiblement, il voulait parler à son fils chéri. Eteignant à regret sa console, il descendit les escaliers et retrouva ses parents dans le salon. Sa mère était assise sur le canapé tandis que son père tournait en rond.
Pacey : Vous m’avez demandé, père ? lui dit-il ironique.
John : Qu’as-tu encore fais ??
Pacey : C’est à dire ? Rafraîchis-moi la mémoire car depuis que je suis né, j’ai fait pas mal de choses.
John : Cesse de jouer les petits malins imbéciles. Ton directeur nous a convoqué ta mère et moi. Si tu crois que c’est amusant de se faire tirer de ses occupations pour entendre dire des choses qu’on savait déjà, tel que tu es un idiot !
Pacey soupira, il en avait marre de l’entendre se répéter.
Pacey : Tu n’as pas un autre disque ?
John : Espèce de crétin, tu vas te faire virer si tu continues, et ce qui est sûr en tout cas c’est que tu vas redoubler !!
Pacey : Je me fous de l’école.
John : C’est sûr que lorsqu’on sait qu’on ne vaut rien, les cours ne servent pas à grand-chose, je me demande pourquoi je continue à les payer !
Pacey : Je vais te faciliter la tâche, je n’y retournerai plus.
John : Tu ne crois tout de même pas que je vais entretenir un bon à rien ?
Pacey : Oh, ne t’en fais pas, je ne te demande rien de tel.
Pacey grimpa quatre à quatre les escaliers et une fois dans sa chambre, il attrapa un grand sac et enfourna des vêtements dedans. Cette fois, c’était assez, il ne pourrait pas les supporter plus longtemps.
John : Et tu crois que tu vas aller où comme ça hein ? Tu penses vraiment qu’un incapable comme toi va pouvoir sans sortir seul ?
Pacey : C’est ce que j’ai toujours fais, lui dit-il en passant devant lui et en claquant la porte.
Deux heures plus tard, Pacey déambulait dans les rues, son sac de sport sur une épaule. Il ne savait pas où aller. Oh, il pourrait aller chez Dawson, il savait que Mitch et Gail l’accueilleraient à bras ouverts mais son ami n’était pas là et il n’avait pas envie de voir la pitié dans leurs yeux. Il y avait bien Jen ou Joey, avec qui il s’était un peu rapproché mais elles aussi auraient pitié de lui, et il ne voulait pas en arriver là. Non, il s’en sortirait seul. Il ne laisserait pas à son père la jubilation de le voir quémander dans les rues. Au détour d’une rue, il aperçut une bande de jeunes qui riaient en buvant une bière. Il resserra son manteau contre lui, la nuit commençait à tomber et la soirée s’était refroidie. Un des garçons se tourna vers lui et il le vit faire un signe du menton à l’un de ses copains pour le désignait lui. Il les compta rapidement, ils étaient huit et bien qu’il n’était pas du genre à avoir peur, il ne se sentit pas à l’aise sous le poids de leurs regards et accéléra le pas. Il entendit du bruit derrière lui, suivi de pas qui résonnaient sur le macadam. Il respira un grand coup et s’arrêta, il était sûr qu’ils ne le laisseraient pas partir comme ça et puisqu’il fallait leur faire face, cela ne servirait à rien de les fuir.
Pacey : Je peux vous aider ?
Type1 : Tu aurais du feu ? lui demanda t-il en baissant la tête.
Pacey : Désolé, je ne fume pas.
Type2 : Qu’est-ce qu’un fils de riche comme toi fais dehors aussi tard ? se moqua t-il.
Pacey : Je suis loin d’être un fils à papa, s’énerva t-il.
Type1 : Ton sac, il est chouette.
Pacey : Merci, il y en a d’autre à la boutique du coin.
Type1 : Il est drôle dit-il en riant avec les autres. Nan, je n’aurais pas besoin d’aller aussi loin, tu vas gentiment me donner le tien.
Pacey : Même pas en rêve, lui dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Type3 : Je crois que tu n’as pas trop le choix, dit-il en se rapprochant de lui.
A ce moment là, Pacey remarqua le couteau qu’il avait dans les mains. Sa gorge devint subitement sèche. Il les regarda tour à tour, il ne pourrait pas se défendre contre autant de mecs. Deux ou trois à la rigueur, il pourrait encore espérer mais là, c’en était trop. Il commençait à échafauder des plans pour s’échapper lorsqu’un autre type s’avança vers eux.
Type4 : Que se passe-t-il ici ?
Type1 : Ce type allait gentiment me donner son sac.
Le dernier arrivé se rapprocha afin de mieux voir de qui parlait son ami et il fronça un sourcil.
Type4 : Witter ?
Pacey : On se connaît ?
Type4 : Harper, lui dit-il en souriant, James Harper. Il y a six mois tu es venu prendre ma défense lorsque deux types m’agressaient.
Le visage de Pacey s’éclaira à ce souvenir.
Pacey : Près du parc...
Harper : Ouais, sans toi, ils m’auraient foutu une raclée. Eh les mecs, ce type est avec moi et personne ne le touche, compris.
Type1 : On ne le connaît pas, nous, lui dit-il avec un regard mauvais pour Pacey.
Harper : Et moi je te dis qu’il est cool et qu’il est avec moi.
Le type maugréa quelque chose entre ses dents et s’éloigna d’eux. Pacey respira soulagé, les autres se mirent à lui sourire et il vit celui au couteau le ranger dans sa poche.
Harper : Qu’est-ce que tu fais par ici ?
Pacey : Je me suis barré de chez moi, lui avoua t-il.
Harper : Comme la plupart d’entre nous. Viens, je te présente : Kyle, Kevin, là c’est T-Jay, Flora, Jane et Vanessa. Et celui qui est parti c’est Sky, il a l’air comme ça mais il n’est pas méchant.
Pacey les salua rapidement et jeta un regard vers Sky qui se tenait au loin. Pas méchant ? Ben sa gentillesse devait être drôlement bien cachée. Il suivit Harper qui le guida jusqu’à leur repère où ils s’étaient établis. Pour ce soir, il y passerait la nuit, c’était tout de même mieux que la rue. Demain, il trouverait mieux.
Joey regardait tristement vers la place vide à côté d’elle. Elle commençait à s’inquiéter. Ce n’était pas tellement le fait que Pacey ne vienne pas en cours, mais surtout que celui de Mr Kasdan était le dernier de la journée et que d’habitude même s’il en séchait quelques uns, il faisait au moins acte de présence à celui-là pour atténuer l’absence. Joey se rendait bien compte que Pacey allait de moins en moins bien, les problèmes chez lui s’étaient accrus et depuis le départ de Dawson, bien qu’elle ait cherché à se rapprocher de lui et à prendre quelque peu la place de confidente de Dawson, elle voyait bien que Pacey s’était renfermé sur lui-même. Il n’était plus pareil, il avait perdu sa nature enjouée et rêveuse. Elle avait un peu peur pour lui. Et surtout, elle devait bien s’avouer qu’elle était tombée amoureuse de lui, la fragilité qu’elle pouvait lire dans ses yeux alors même qu’il tentait de lui cacher ses problèmes et prenait un air détaché, l’avait émue et troublée. Au point, qu’elle avait eut envie de le protéger et d’empêcher le monde de lui faire du mal. De nombreuses fois, elle avait dû se contenir afin de ne pas dire au père de Pacey ce qu’elle pensait de lui.
Jen : Joey, le cours est terminé.
Joey : Quoi ?
Joey se retourna de tous les côtés et remarqua que les autres avaient disparu, même le professeur était sorti. Elle adressa un sourire contrit à Jen qui posait sur elle un regard tendre.
Jen : Encore dans tes pensées.
Joey : Il n’est pas venu, lui dit-elle en rangeant ses affaires.
Jen : Joey, ce n’est pas la peine de t’inquiéter ainsi, tu sais bien que Pacey n’aime pas l’école.
Joey : Je sais, je m’en fais sûrement pour rien mais…
Jen : Mais tu l’aimes, je sais.
Joey lui fit un petit sourire timide. Jen était la seule à qui elle avait parlé de ses sentiments. Elle avait eu peur au début que la jeune fille se moque d’elle mais au contraire, elle avait compris et l’avait encouragée. Mais Joey n’avait jamais pu en parler à Pacey, elle avait bien trop peur qu’il se moque d’elle.
Jen : Aller rentrons, lui dit-elle en prenant Joey par les épaules. Et tu verras que Pacey va bien.
Joey : Merci, lui dit-elle, reconnaissante pour son soutien.
Pacey marchait dans les rues avec Harper, Kyle, Vanessa et T-Jay. Il avait passé la journée avec eux. C’était la première fois qu’il manquait toute une journée de cours mais après tout, il avait bien signifié à son père qu’il n’y retournerait pas, celui-ci comprendrait qu’il était sérieux. Il avait eu envie d’y aller faire un tour, ne serait-ce que pour faire un petit coucou à Jen et à Joey, histoire de les prévenir qu’elles ne le verraient plus mais il s’était ravisé. Il avait craint la réaction de ses nouveaux amis. Ils lui avaient proposé de rester avec eux et il avait accepté. Mieux valait la rue que chez lui. Mais pour ça, pour faire partie de cette bande, il devait oublier les autres. Il ne pouvait pas faire parti de deux mondes aussi différents et il lui apparaissait clairement que le sien était celui de la rue. C’était sa place. Celle où son père avait toujours dit qu’il finirait, et finalement, il avait raison. Pacey marchait sans voir où ils allaient, sans voir les gens qui l’entouraient. Ils sortaient d’un magasin où il ne se rappelait même pas être entré. La journée s’était déroulée ainsi, il l’avait passé dans un épais brouillard, tentant de s’habituer à sa nouvelle condition, celle de jeune des rues.
Harper : Alors qu’est-ce que tu as ? demanda t-il à Kyle.
Kyle : Regarde, dit-il tout content en soulevant sa veste.
Sous son pull, un jeu vidéo apparut. Pacey le regarda, choqué. Il venait de le voler à l’instant alors qu’il était avec lui !!
Harper : Génial, ça va super bien se vendre.
Pacey tourna la tête vers Harper, dérouté. Les autres sortireny un par un des objets de leurs poches. Ils avaient tous piqué un truc. Il sentit le regard de Harper se portait sur lui et attendre quelques instants avant d’éclater de rire.
Harper : T’as rien pris ? lui demanda t-il amusé.
Pacey : Attends, j’ai jamais fais ça moi !
Harper : Ce n’est rien, c’est pas grave, tu es nouveau. Mais il va falloir très vite te faire la main. Pacey, on vit dans la rue et nous survivons grâce au chapardage. Il va falloir t’y faire, dit-il en sortant nonchalamment une cartouche de cigarette de son jeans et laissant retombé son pull par dessus. Tiens lui dit-il en lui tendant un cigarette.
Pacey regarda la cigarette d’un air dégoûté tandis que les autres s’affairaient à allumer les leurs. Cela avait l’air de leur paraître normal.
Harper : Pacey, t’es pas obligé, lui dit-il en souriant, c’est juste que ça aide à se détendre pour ce genre de choses.
D’une main fébrile, Pacey prit la cigarette entre ses doigts et Harper approcha un briquet pour la lui allumer. Lentement, il la porta à sa bouche et il prit la première bouffée en tentant de se donner une contenance. Peine perdue, il se mit à tousser de toutes ses forces faisant rire tous les autres.
Harper : Certains ne sont pas fait pour fumer dit-il en levant les yeux au ciel, un sourire aux lèvres.
Pacey refusa de se laisser ridiculiser ainsi. Il reporta la cigarette à ses lèvres et en tira une longue bouffée. Le goût n’était pas si mauvais que ça, tenta t-il de se dire.
Jen : Il faut que je passe voir ma grand-mère.
Joey : Ta mère ne devait pas y aller elle-même ?
Jen : Son travail, tu penses bien. Elle n’a pas réussi à trouver le temps.
Joey : Et du coup, c’est toi qui t’y colle.
Jen : Oh, ça ne me dérange pas, ma grand-mère a parfois un sale caractère mais je préfère encore ça à la mauvaise humeur de ma mère.
Joey lui sourit et regarda l’horizon avant de s’arrêter sur place, le visage figé.
Jen : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Joey : C’est Pacey là bas ?
Jen regarda dans la même direction de Joey et aperçut Pacey qui marchait en rigolant avec une bande de jeunes qu’elle avait déjà vu roder dans les rues et qui n’était pas vraiment fréquentable.
Joey : Je rêve où il est entrain de fumer ?
Jen : Je crois qu’il fume, lui dit-elle aussi surprise qu’elle. Il a de la chance que je sois pressée car sinon j’irais lui dire ce que j’en pense.
Joey : Et bien, moi je ne vais pas me gêner pour le faire !
Jen la regarda partir, un sourire aux coins des lèvres. Puis, elle tourna aux coins de la rue laissant Joey se débrouiller avec ça.
Joey : Pacey, je peux te parler une minute ? lui demanda t-elle en se plaçant devant lui.
Pacey : Salut Joey, lui dit-il en écrasant sa cigarette. Si tu veux.
Il fit signe aux autres qu’il revenait et s’éloigna un peu avec elle.
Joey : Tu n’es pas venu au lycée aujourd’hui ?
Pacey : Je sais, justement je voulais te dire que je n’avais plus l’intention d’y remettre les pieds. Ce n’est pas fait pour moi.
Joey : Tu plaisantes ?
Joey : Non. Joey, tu sais très bien que je suis nul, il est inutile que je perde mon temps avec les études.
Joey : Alors, tu préfères traîner dans les rues à la place ?
Pacey : C’est un passe temps comme un autre.
Joey : Et la cigarette ? lui demanda t-elle en désignant celle qu’il avait écrasé à ces pieds.
Pacey : Joey, fumer ne me tuera pas. Du moins, pas tout de suite, ajouta t-il, avec un petit sourire taquin.
Joey : Pacey, si tu fais ça pour ennuyer ton père…
Pacey : Laisse ce type en dehors de çà, s’énerva t-il, ça n’a rien avoir avec lui.
Joey : Vous vous êtes encore disputés, comprit-elle en le regardant avec compassion.
Pacey : Je ne rentrerai pas chez moi, pas cette fois.
Joey : Alors, viens chez moi, lui proposa t-elle spontanément.
Pacey : Pas question. Joey, tu es très gentille de me proposer ça mais je dois m’en sortir seul.
Joey : Mais qu’est-ce que tu vas faire, dormir dans la rue, traîner avec ces types ? dit-elle avec dédain.
Pacey : Tu ne les connais même pas, comment peux-tu porter un jugement aussi hâtif ?
Joey : Il n’y a qu’à les regarder pour voir qu’il n’ont pas beaucoup d’ambition ni d’avenir.
Pacey : Ca tombe bien, il se trouve que moi aussi. Joey, dit-il en soupirant, tu devrais rentrer, il commence à se faire tard.
Joey : Et toi qu’est-ce que tu vas faire ?
Pacey : On a des choses à faire avec les autres, lui dit-il l’air ailleurs.
Joey : Et tu dors où ? s’inquiéta t-elle.
Pacey : Chez l’un d’entre eux.
Joey : D’accord, je te laisse à condition que tu me promettes que si ça ne va pas, tu viendras chez moi.
Pacey : Je te le promets, lui dit-il avec un sourire chaleureux. Maintenant, file.
Joey posa un dernier regard sur lui avant de partir. Pacey la regarda s’éloigner tristement. Je suis désolé, mais je ne viendrais pas Joey, pensa t-il en soupirant. Ta vie et la mienne sont différentes et nos chemins ne peuvent pas se croiser. Il baissa la tête et retourna auprès des autres.
Marjo (15.01.2004 à 20:52)
Joey : Dawson, je t’assure que je suis vraiment inquiète.
Dawson : Joey, calme toi. Les choses ne doivent pas être aussi terrible que ce que tu me dépeins là.
Joey : Pas si terrible ? Mais tu n’as pas saisi un traître mot de ce que je t’ai dis, alors ??? s’écria t-elle indignée.
Dawson : Joey joey joey, je t’ai entendu. Mais, c’est que je n’arrive pas à croire que ce soit aussi grave.
Joey : Dawson, Pacey est parti de chez lui et n’a aucune intention d’y retourner. Il dors dans les rues et reste avec un bande qui ont une très mauvaise influence sur lui, ils l’ont déjà fait fumer !!!
Dawson : Pacey est déjà parti de chez lui après une dispute avec ses parents et il y est toujours retourné.
Joey : Cette fois, il ne le fera pas, je l’ai lu dans ses yeux, lui assura t-elle.
Dawson : Bon et ces jeunes dont tu m’as parlé, sont-ils aussi mauvais que ça ?
Joey : Ben, c’est vrai que je ne les connais pas, mais à première vue, je ne pense pas qu’ils puissent entraîner Pacey vers le bon chemin.
Dawson : Rah c’est pas vrai !!! Et moi qui ne suis pas là.
Joey : Dawson, j’ai peur pour lui, il refuse mon aide à moi aussi.
Dawson : Il faut que tu parviennes à le convaincre de me téléphoner. Et dis-lui aussi d’aller chez mes parents, ils l’accueilleront, je vais les appeler.
Joey : Je vais essayer Dawson mais je ne sais pas s'il m’écoutera.
Dawson : Il y a intérêt. Ne t’en fais pas, Joey, tout se passera bien.
Joey : Merci Dawson, lui dit-elle avant de raccrocher.
Elle espérait qu’il ait raison. Elle ne pourrait pas supporter de voir Pacey mal tourné alors qu’il était un garçon si gentil et tendre. Tout ça, c’était de la faute de son père, pensa t-elle en colère. Si elle l’avait entre les mains, elle pourrait le tuer !
Dans le petit renfoncement d’une ruelle, Pacey était appuyé contre le mur et en était à sa troisième bière. Il n’avait rien mangé de la journée et sa tête commençait à lui tourner. La nuit était tombée et il avait froid. IL se rassura en se disant qu’au moins, il n’était pas seul. Il savait que Kyle, Kevin et Flora étaient près de lui. Il avait vu Harper et Sky partirent explorer les rues.
Sky : Va falloir faire tes preuves, Witter, lui dit-il en lui donnant un coup de pieds dans la chaussure pour le faire réagir.
Pacey : Je vais devoir traverser des braises à pieds nus ? lui demanda t-il en souriant.
Sky : C’est ça lui, dit-il en le relevant. Une vieille arrive, tu vas lui prendre son sac.
Pacey eut l’impression de dessoûler très rapidement.
Pacey : Tu veux que je quoi ?
Sky : Tu m’as bien entendu, si tu veux rester avec nous, il va falloir que tu fasses ta part de boulot.
Pacey : T’es malade, je ne vais pas voler une vieille dame !
Sky : Tu n’as pas le choix, lui dit-il en le poussant devant lui. Et dépêche-toi, elle arrive.
En deux secondes, Pacey se retrouva dans la rue. Il observa autour de lui et repéra très vite une petite forme qui marchait vers lui. Il sentit le regard de Sky posé sur lui. Il en eut des sueurs froides, jamais il ne pourrait faire une chose pareille, il n’était pas un voleur !! La vieille femme se rapprocha et il reconnut Grams qui marchait, un sac à provision dans les bras.
Grams : Bonsoir Pacey, lui dit-elle lorsqu’elle l’eut reconnut. Tu m’as fais peur.
Pacey : Je suis désolé, balbutia t-il.
Grams : Que fais-tu dehors à une heure aussi tardive?
Pacey : Euh…j’avais une petite course à faire.
Pacey entendit un bruit derrière lui de canette cassée, il se rapprocha de Grams insensiblement.
Pacey : Rentrez chez vous, lui glissa t-il à l’oreille.
Grams regarda autour d’elle et sentit la présence d’autres personnes tout près. Elle regarda Pacey intriguée
Grams : Toi aussi, mon garçon, tu n’es pas à ta place ici, lui dit-elle avant d’hocher la tête et de filer.
Pacey eut un sourire amer aux lèvres en la voyant partir. Il entendait Sky éclater de rire derrière lui.
Sky : Eh boy scout, tu devrais la rattraper pour lui porter son sac, lui lança t-il.
Pacey : Va te faire foutre !
Le sourire de l’autre s’effaça lorsqu’il s’avança vers Pacey d’un air menaçant.
Sky : Je te conseil de faire attention à toi.
Pacey le détailla des pieds à la tête, Sky était plus vieux que lui, plus grands et plus musclé aussi. Un petit avertissement dans le coin de sa tête lui disait qu’il devrait sûrement prendre le conseil au sérieux mais comme il n’était pas du genre à se laissait faire, il jaugea l’autre avec la même hargne que lui.
Pacey : Ou sinon ?
Sky : Ca m’étonnerait que tu veuilles le savoir.
Harper : Les mecs ça suffit, intervint-il.
Sky : Ce mec n’a pas sa place avec nous, il ne sait même pas faire de trucs basics comme piqué un sac à main.
Harper : Sky arrête un peu, Pacey n’est avec nous que depuis hier. En plus, il connaissait la vieille.
Sky : S’il ne le fait pas la prochaine fois, il aura affaire à moi, fils de shérif ou pas, lui dit-il en fixant Pacey des yeux et en s’éloignant.
Pacey : Ce type est toujours comme ça ?
Harper : Ne lui en veux pas, il n’a pas eu une enfance facile.
Pacey : Parce que tu crois que moi j’ai dormi dans des draps de soie ?
Harper : Non, ce n’est pas ce que moi je pense.
Pacey : Mais c’est ce qu’il croit, lui dit-il plus comme une affirmation que comme une question.
Harper : Laisse-lui le temps de se faire à toi, lui assura t-il. Mais ce qui est sûr c’est qu’il va falloir que tu apportes quelque chose à ce groupe avant qu’il ne s’énerve.
Harper le laissa là, en plein milieu de la rue. Il voulait bien participer mais il était hors de question qu’il vole une vieille dame ! Sky pourrait bien dire ce qu’il voulait, il ne le ferait pas.
Bessie pénétra dans la cuisine et tomba sur Joey qui faisait les placards.
Bessie : Qu’est-ce que tu fais ?
Joey : Je prends quelques trucs.
Bessie : Pourquoi faire ?
Joey lui expliqua brièvement que Pacey était parti de chez lui, qu’il ne voulait pas y retourner et que c’était pour ça qu’elle prenait de la nourriture pour la lui apporter.
Bessie : Tu allais me demander la permission bien sûr ?
Joey : Bien sûr, lui dit-elle avec un petit sourire malicieux.
Bessie : Bon aller, prends ce que tu veux et sors de là.
Joey : Merci, lui dit-elle en l’embrassant sur la joue avant de sortir, des provisions sous le bras.
Joey parcoura les rues à la recherche de Pacey. Elle avait besoin de savoir qu’il aurait au moins quelque chose à se mettre dans le ventre aujourd’hui. Au bout de dix minutes, elle l’aperçut au coin de la rue, appuyé contre le mur. Elle soupira de soulagement, il était seul.
Joey : Pacey ! lui dit-elle en s’élançant vers lui, le sourire aux lèvres.
Pacey : Bonjour Joey, lui dit-il en lui souriant sincèrement. Que viens-tu faire par ici ?
Joey : Je suis passée te voir avant d’aller en cours. Tu ne veux toujours pas venir avec moi ?
Pacey : Joey…
Joey : Je pouvais toujours essayer, lui dit-elle avec un petit sourire en coin. Je t’ai apporté ça.
Pacey : Qu’est-ce que c’est ? lui demanda t-il intrigué.
Joey : Un peu de nourriture, je me suis dit que tu devais avoir faim.
Pacey : Joey, il ne fallait pas.
Joey : Je sais mais tu ne vas pas refuser ça ?
Joey sortit un muffin du sac et le lui fit défiler sous les yeux afin qu’il puisse sentir la bonne odeur de la pâtisserie. Pacey sentit son estomac avoir des crampes, il mourrait de faim. Joey lui sourit en voyant les yeux gourmands qu’il posait sur le gâteau. Elle lui tendit et Pacey hésita quelques instants avant de prendre le muffin et de l’enfourner dans sa bouche. Il adressa un sourire reconnaissait à Joey avant de mettre la deuxième moitié dans sa bouche.
Joey : Tiens, il y en a d’autres à l’intérieur, lui tendit-elle en lui tendant le sac en papier.
Pacey le lui prit des mains et déposa un baiser sur la joue de Joey. Elle en fut ravie et lui esquissa son plus beau sourire.
Joey : Pacey, j’ai appelé Dawson.
Pacey : Joey !! lâcha t-il surpris.
Joey : Je m’inquiétais pour toi, lui dit-elle avec un air désolé.
Pacey : Il ne faut pas, regarde-moi, je vais très bien.
Joey : Je n’en suis pas si sûre. Dawson voudrait que tu l’appelles et il dit que tu peux aller chez ses parents, il les a appelés et ils sont d’accord.
Pacey : Mais c’est pas vrai !! Je n’ai besoin de personne pour m’en sortir, Joey !!
Joey : Pacey, je suis désolée, je m’inquiétais pour toi, lui dit-elle en baissant la tête.
Pacey la regarda et sa colère s’atténua. Il se rapprocha d’elle et lui prit le menton pour lui faire relever les yeux vers lui.
Pacey : Joey, je vais très bien et je n’ai pas besoin des parents de Dawson, d’accord ?
Joey : D’accord. Mais appelle-le quand même, juste pour le rassurer.
Pacey : Je le ferai. Maintenant, va en cours. La meilleure élève ne peux pas se permettre d’arriver en retard, lui dit-il en lui souriant affectueusement.
Joey : A plus tard, lui dit-elle en s’éloignant.
Pacey : Joey ?
Joey : Oui ? lui dit-elle pleine d’espoir.
Pacey : Merci pour la nourriture.
Joey : Pas de quoi, lui dit-elle avec un sourire ravi.
Pacey pénétra dans la maison qui leur servait d’abri à tous. C’était celle du père de Kevin qui n’était jamais là et prévenait toujours avant de rentrer. Kevin n’avait que 16 ans comme lui mais il avait déjà vécu seul la plupart de son adolescence. Pacey rentra dans le salon où certains dormaient encore. Ils avaient tous installé des sacs de couchage dans la pièce. Il entendit du bruit dan la cuisine et s’y dirigea. Harper, Sky et Jane s’y trouvaient et rigolaient en buvant une bière. Pacey ne put s’empêcher de trouver ça choquant de boire si tôt mais il n’était pas là pour les juger.
Pacey : Regardez ce que je ramène, leur dit-il content de lui en posant le sac sur le comptoir de la cuisine.
Jane regarda à l’intérieur du sac et énuméra au garçon les provisions qu’il contenait. Harper avait des yeux surpris et rieur tandis que Sky ne pouvait s’empêcher d’observer Pacey d’un air interrogateur.
Sky : Et tu as trouvé ça où ?
Pacey : Qu’est-ce que ça peut te faire ?
Harper : Ne recommencez pas vous deux. Mais Sky a raison Pacey, tu as eu ça où ?
Pacey : Si je te dis que des bonnes sœurs ont eu pitié de moi, tu me crois ?
Harper éclata de rire.
Harper : Bon ça va Witter, garde ça pour toi si tu veux.
Pacey lui en fut reconnaissant et sortit. Il attendit derrière lui des bruits de sac froissé et de mastication. Le repas semblait leur plaire. Il sourit avant d’heurter Kyle qui courait vers eux.
Pacey : Qu’est-ce qu’il te prend ? lui demanda t-il devant l’air apeuré de celui-ci.
Kyle : C’est Burt et sa bande, je les ai vus arriver par ici.
Et sans plus se préoccuper de Pacey, il courut avertir Harper, Sky et Jane. Tous les quatre sortirent en trombe et Harper attrapa Pacey au passage. Celui-ci ne comprenait plus rien.
Harper : Restes pas là, Witter.
Surpris, Pacey se laissa entraîner à l’extérieur de la maison. Ils les avaient vus ramassé au passage des battes de Base Ball ainsi que quelques couteaux. Harper lui avait mis une batte d’office dans les mains.
Pacey : Je peux savoir ce qu’il se passe ?
T-Jay : Ces mecs sont sur notre terrain depuis trop longtemps. On leur a mis une raclée la semaine dernière, ils viennent chercher leur revanche. Crois-moi ils ne vont pas être deçus lui dit-il en agitant sa batte dans sa paume.
Pacey : Ah ben, c’est plus clair lui dit-il ironique. Et moi je suis censé faire quoi dans tout ça ?
T-Jay : Te défendre. A moins que tu ne préfères l’hôpital.
Pacey : Non ça va, me défendre c’est bien.
Tous alignés dans la ruelle, Pacey commençait à avoir des sueurs froides qui lui coulaient le long du dos. Il n’avait jamais fait ça auparavant. Bon, il s’était déjà battu mais jamais ainsi, gratuitement. A l’autre bout, il vit une dizaine de jeunes aux regards féroces marchaient vers eux. Il resserra son étreinte contre son arme. Il remarqua que les autres n’étaient pas venu non plus les mains vides. Ils s’arrêtèrent à quelques mètres d’eux et ils les toisèrent méchamment.
Flora : Eh, regarde là un peu, dit-elle à Vanessa en lui désignant une autre jeune fille de la bande inverse, on dirait que c’est sa maman qui l’a habillée ce matin.
Vanessa ricana et Pacey pencha la tête vers elles, incrédule. Il n’était peut-être pas utile de les énerver encore plus.
Sky : Vous n’en avez pas eu assez ?
A cet instant, un gros malabar se détacha du lot et avança vers Sky.
Type : Cette fois, c’est vous qui allez morflé.
Sky : Je voudrais bien voir ça, lui dit-il en plaquant son visage moqueur bien face au sien.
Précipitamment, l’autre sortit un couteau et le planta dans la poitrine de Sky. Son visage exprima la surprise et la douleur, Il porta une main à la blessure et émit un juron en voyant sa main maculée de sang, avant de s’effondrer à terre.
Type : Comme dans du beurre, dit-il en rigolant, content de lui.
Harper hurla en même que temps que sa batte atterrissait sur le visage du malabar, faisant jaillir un filet de sang de ses lèvres. Pacey avait l’impression de rêver, il se dit que tout ça n’était pas vraiment entrain d’arriver. Mais il fut forcer d’y croire lorsqu’un coup de poing s’abattit sur son visage. Alors, lentement, il leva la batte et frappa à son tour…
Marjo (15.01.2004 à 21:08)
Cela faisait une semaine que Joey n’avait pas vu Pacey, elle avait erré dans les rues, là où elle l’avait vu la première fois mais il semblait avoir quitté la ville. Joey frissonna de terreur, et s’il était vraiment parti ? Non, ce n’était pas possible, il l’aurait prévenue. Il ne serait pas parti sans lui dire au revoir. Ca, elle en était sûre. Mais où était-il alors ? Elle passait son temps à penser à lui, l’imaginant dans des mauvais coups, dormant seul dans les rues. Elle ne pouvait plus le supporter, elle avait mal pour lui, chaque fois qu’elle voyait le soleil se coucher, elle priait pour que la nuit soit clémente envers lui. Imaginer qu’il était quelque part, dans le froid, ayant faim lui crevait le cœur. Elle aurait temps voulu qu’il accepte sa proposition et qu’il vienne chez elle, ou tout au moins chez Mitch et Gail. Elle avait été les voir aujourd’hui, eux aussi s’inquiétaient pour lui. Mitch avait arpenté les rues à sa recherche mais Pacey s’était déjà volatilisé. Elle rentra dans un magasin et faillait se heurter à quelqu’un. Elle allait s’excuser lorsque relevant la tête, elle reconnut John Witter, le père de Pacey. Sa colère pour lui rejaillit à la surface. Cet homme !! Tout arrivait par la faute de cet homme, maudit soit-il. Elle préféra l’ignorer et passer son chemin plutôt que de rester une minute de plus en sa présence.
John : Je parie que mon vaurien de fils est chez vous, l’entendit-elle dire dans son dos.
Cette fois, c’était trop, elle avait tenté de se contenir, Bessie ne pourrait pas le lui reprocher. Elle se retourna et le regarda avec mépris des pieds à la tête.
Joey : Non, Pacey n’est pas chez moi mais je ne vois pas ce que ça peut vous faire.
John : Absolument rien jeune fille. C’est juste qu’il n’a pas remis les pieds à la maison depuis une semaine donc je me demandais chez lequel de ses amis il avait bien pu se cacher.
Joey marcha doucement vers lui jusqu’à ne plus se tenir qu’à quelques centimètres.
Joey : Vous serez probablement content de savoir qu’il n’a accepté l’aide de personne.
John : Quel imbécile, il croit pouvoir s’en sortir tout seul, se moqua t-il avec un petit sourire.
Joey : Oh non rassurez-vous, il ne le fait pas. Pacey vit dans la rue depuis une semaine et il préférerait y crever plutôt que de rentrer chez vous.
Le sourire du visage de John Witter s’effaça.
Joey : Cela vous fait sûrement plaisir. Vous avez réussi, à force de lui répéter qu’il ne vaut rien, il le croit.
John : Je n’ai fait que lui énoncer un fait et…
Joey : Des faits, vous voulez des faits !!! s’énerva t-elle. Vous n’êtes qu’un pauvre type rempli
d’arrogance et amer car il n’a pas pu être le grand flic qu’il aurait voulu être et est venu se terrer dans une petite ville comme Capsides où tout le monde se moque bien du travail qu’il peut faire, lui cracha t-elle au visage. Qui en veux à son fils de posséder le don d’atteindre les gens et de se faire aimer d’eux. Qui fait tout pour que son fils rate sa vie afin de cacher aux yeux du monde qu’il a raté la sienne. Mais vous savez quoi Shérif Witter, lui dit-elle du venin aux lèvres, vous ne leurrer personne.
Sur ce, elle se retourna et partit. Il fallait qu’elle aille se calmer quelque part. Loin, très loin de ce type.
Pacey était trempé de sueur et il sentait ses mains devenir moites. C’était la première fois qu’il volait. Il était sortit sans rien dire, il ne voulait de personne avec lui. Il en avait marre de passer pour le bleu de service. Il avait déjà fait une tentative la veille mais il avait finalement remis à sa place ce qu’il avait voulu faucher. La peur l’avait emportée mais aujourd’hui, il oublierait ses angoisses et sortirait la marchandise du magasin. Les mains tremblantes, il saisit des bandes propres ainsi que du désinfectant. La blessure de Sky avait besoin d’être nettoyée avant que cela ne s’infecte. Le coup de couteau était très profond mais il avait refusé d’aller à l’hôpital, sachant qu’une blessure à l’arme blanche devrait être déclarée à la police. Alors ils l’avaient soigné, le veillant chacun leur tour. Au souvenir de cette bagarre, Pacey ressentait encore des douleurs dans ses côtes. Ils s’en étaient tous sortis mais ça n’avait pas été une mince affaire. Il s’humecta les lèvres et grimaça de douleur. Le coup de poing qu’il avait pris en plein visage avait laissé un méchant bleu. Il se força à se concentrer sur sa tâche. Attrapant quelques produits, il les enfouit profondément dans ses poches. Il ne lui restait plus qu’à sortir. Il attrapa un paquet de chewing gum et passa en caisse. Il pensait que cette solution était moins risquée. Les gens trouveraient moins suspect un garçon qui achète des produits plutôt que quelqu’un qui sort du magasin, la tête baissée avec de la sueur sur le front. Il tendit son achat à la caissière d’une main fébrile. Il n’avait jamais été aussi angoissé de sa vie. Il sortit la petite monnaie qu’il gardait dans sa poche et la lui donna. Lorsque la jeune femme lui sourit en lui souhaitant une bonne journée, le visage de Pacey se décrispa et il réussit à lui souhaiter la même chose. Il quitta très vite l’épicerie, un sourire victorieux aux lèvres. Il l’avait fait !! Il avait réussi, les autres arrêteraient de l’appeler le boy scout. Il ne s’était jamais senti aussi puissant de sa vie et il enfouit en lui le sentiment de culpabilité qui l’habitait tout de même. Il tourna au coin de la rue et son regard rencontra celui de Jen qui avait l’air d’attendre quelqu’un.
Jen : Bonjour Pacey.
Pacey : Salut Jen, lui dit-il avec un grand sourire.
Jen : Tu t’es battu ? lui demanda t-elle en voyant la cicatrice à sa lèvre.
Pacey : Oh ça ce n’est pas important.
Jen : Non tu as raison. Alors c’était difficile ?
Pacey : De quoi ? lui demanda-t-il perdu.
Jen : De voler, Pacey, je t’ai vu lui, avoua t-elle d’un air déçu.
Pacey : Jen, je fais ce que je veux de ma vie.
Jen : Pacey, c’est dangereux, imagine que tu te fasses attraper ?
Pacey : Ca n’est pas arrivé, lui dit-il avec un grand sourire.
Jen soupira, visiblement il était content de lui et elle n’arriverait pas à lui faire comprendre qu’il courrait un grand risque.
Jen : Ce n’est pas toi ça, lui dit-elle sincère. Tu t’es trompé de chemin, tu ne peux pas faire parti des mauvais. La seule façon pour moi de te voir détourner la loi serait que tu empruntes un costume de Robin des bois pour voler les riches et redonner aux pauvres, car c’est noble, lui dit-elle en souriant, et toi, tu as un cœur noble.
Pacey lui sourit, touché, mais il préféra garder le silence.
Jen : Bon très bien, mais dis-moi ce sera quoi après ? Que s’est-il passé avec ma grand-mère ? Elle m’a raconté qu’elle t’avait rencontré un soir et que tu lui avais conseillé d’un air bizarre de rentrer très vite chez elle.
Pacey piétinait d’un pied sur l’autre, mal à l’aise à ce souvenir.
Pacey : Le quartier n’était pas sûr et je me suis dit qu’il valait mieux qu’elle rentre chez elle avant que la nuit ne soit totalement tombée, lui dit-il sans oser la regarder en face.
Jen : Très bien, j’accepte ta version. Quoiqu’il en soit, je te remercie, Pacey.
Pacey releva la tête vers elle et esquissa un timide sourire. Il allait partir lorsqu’elle le retint.
Jen : Une dernière chose Pacey, Joey est vraiment très inquiète pour toi. Va la voir, s’il te plait.
Joey. La vision de la jeune fille lui passa brièvement sous les yeux et son visage s’éclaira. Il y avait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vue. Une éternité d’après lui. L’idée qu’elle puisse avoir peur pour lui, lui réchauffait le cœur, cela signifiait qu’il y avait au moins une personne quelque part qui pensait à lui. Pourtant, il ne pouvait pas aller la voir. Elle n’avait pas besoin d’un poids comme lui sur le dos.
Pacey : Dis-lui que je vais bien et qu’elle doit s’arrêter de s’inquiéter pour moi.
Jen : Pacey, c’est comme si je lui demandais d’arrêter de respirer!
Pacey ne saisit pas l’allusion et continua sur sa lancée.
Pacey : Joey se portera bien mieux si elle oublie que j’existe. A un de ces jours, dit-il en partant, le regard vide.
Le cœur léger dû à sa réussite, Pacey rentra chez Kevin par la porte de derrière. Kevin voulait éviter de montrer aux voisins les allers et venues de ses amis. Ils ne craignaient pas vraiment la réaction de son père mais il préférait ne pas trop attirer l’attention sur lui. Pacey ignora les gargouillis de son ventre, il n’avait pas mangé depuis la veille et serra son trésor dans sa poche. Il se sentait très fier de lui, jamais il ne se serait cru capable de faire une telle chose.
Kevin : T’étais passé où ?
Pacey : Je suis allé faire quelques courses, dit-il en brandissant la marchandise avec un grand sourire.
Kevin écarquilla les yeux et éclata de rire. Il l’entraîna dans le salon avec lui où les autres étaient assis auprès de Sky.
Kevin : Vous ne devinerez jamais où il était passé. Le boy scout a fait des emplettes !
Pacey lança un regarda noir à Kevin. Il pensait avoir mérité qu’on oublie son surnom.
Harper : C’est pas vrai, dit-il en rigolant.
Vanessa : Ca n’a pas été trop dur de payer avec la carte de papa
Pacey : Je n’ai pas de carte sur moi et encore moins celle à mon père. Je l’ai volé !
Flora : Ouh, attention il devient méchant, dit-elle en se moquant gentiment.
Pacey : Allez vous faire foutre, leur dit-il en colère.
Kyle : Aller, on te charriait. Qu’as tu volé ?
Pacey leur donna son butin. Sky regarda les pansements et le désinfectant, d’un regard surpris. Il leva la tête vers Pacey et lui fit un vague signe de remerciement. Pacey n’en demandait pas plus, il ne l’avait pas fait pour Sky ou pour la gloire. Non, ce qu’il voulait c’était faire partie de la bande à part entière. Il en avait assez d’être « le nouveau ». Avec eux, il se sentait bien, ils ne le jugeaient pas et c’était tout ce qui lui importait. Il pouvait regarder chacun d’entre eux sans se sentir inférieur ou minable comme cela pouvait arriver lorsqu’il était en présence de Dawson, Jen ou Joey. A la pensée de la jeune fille, il eut bizarrement envie de se retrouver un peu seul. Il sortit dans la cour pour fumer. Il tira une longue bouffée et contempla la cigarette d’un air absent. Il n’en avait pas besoin, il n’aimait pas vraiment le goût que cela lui procurait dans la bouche mais si les autres le faisaient, il pensait devoir en faire autant. Il arrivait parfois que l’on doive faire certaines choses pour appartenir à un clan, même des choses que l’on n’aurait jamais cru possible de faire un jour. Mais Joey avait raison, cette chose n’était pas bonne pour lui et il le savait. Pourtant, il ne faisait que suivre sa voie, celle qui avait été tracée pour lui.
Joey : Salut Jen, lui dit-elle lorsque celle-ci vint s’asseoir à sa table.
Jen : Tu n’as pas l’air d’avoir très faim ?
Joey regarda son assiette pratiquement pleine et fit une mine de dégoût vers Jen.
Joey : Pas très, non.
Elle passait tout son temps à s’inquiéter pour Pacey et en avait perdu l’appétit. Toute sa journée se résumait à « Où est-il ? », « Que fait-il ? », « Pourvu qu’il aille bien »…
Jen : Joey ?
Joey : Excuse-moi, j’avais l’esprit ailleurs. Je n’ai pas vu Pacey depuis dix jours, lui donna t-elle comme explication.
Jen : Je sais, je ne t’en veux pas. Moi-même, je suis inquiète pour lui.
Joey : Tu l’as vu ? lui demanda t-elle toute excitée.
Jen : Oui, avoua t-elle la mine sombre. Il y a trois jours.
Joey : Trois jours !! Et tu me le dis seulement maintenant ! Tu ne penses pas que ça aurait pu m’intéresser ?
Jen : Je suis désolée Joey, je ne voulais pas t’inquiéter plus que tu ne l’étais déjà.
Joey : Je t’en prie Jen, dis-moi comment il va ?
Jen : Et bien, il a l’air bien, il a une légère cicatrice à la lèvre mais…
Joey : Il est blessé ??? paniqua t-elle. Que s’est-il passé ?
Jen : Il n’a rien voulu m’en dire mais rassure-toi, il avait l’air d’aller bien. Il a un peu maigri mais ça va.
Joey se renfonça sur son siège. Pacey courait des dangers suffisamment grands pour qu’il soit blessé et il ne mangeait pas suffisamment. Du moins, sûrement pas à sa faim Il fallait vraiment qu’elle trouve une façon de le sortir de là.
Jen : Joey, il a autre chose qui m’inquiète.
Joey : Quoi ?
Jen : Je l’ai vu entrain de voler.
Joey : Oh non, se dit-elle en se prenant la tête entre les mains. Je savais bien que cette bande ne lui apporterait que des ennuis.
Jen : Joey, Pacey va bien finir par se rendre compte que ce qu’il fait ne l’aidera pas, lui dit-elle pour lui remonter le moral.
Joey : Je voudrais te croire Jen. Mais si jamais il persistait dans cette voie et qu’il s’attirait de plus gros ennuis ?
Pacey sourit en sortant un paquet de biscuit de sa poche. Depuis une semaine qu’il jouait à ce petit jeu, il était devenu très doué pour dissimuler les choses sous sa veste et pour embobiner la caissière avec un sourire enjôleur. Il marchait tranquillement dans la rue en enfournant les gâteaux dans sa bouche lorsqu’une voiture de police s’arrêta à côté de lui et qu’il vit son père en sortir. Pacey maugréa entre ses dents, il n’avait pas vraiment besoin de ça. Il ne l’avait pas revu depuis deux semaines et il ne lui manquait absolument pas ! Le shérif claqua la portière et rajusta son ceinturon afin de se donner de grands airs avant d’avancer vers Pacey.
Pacey : Père, il y avait bien longtemps.
John : Alors, la petite Joey m’a dit que tu vivais dans les rues, lui dit-il comme entrée en matière.
Pacey : Comme tu vois ton fils chéri a fini par atterrir exactement là où tu l’avais toujours vu. Tu dois être fier.
John : Cesse un peu tes imbécillités. Tu crois vraiment que c’est ici que tu vas devenir quelqu’un ?
Pacey : Oh rassure-toi, je n’ai pas d’ambition aussi grande. Etre personne, ça me va aussi.
John : Toujours aussi arrogant à ce que je vois.
Pacey : Je dois tenir ça de mon géniteur, lui dit-il en mangeant négligemment un autre biscuit.
John : Et que comptes-tu faire en ce qui concerne tes études ? lui dit-il en passant outre sa remarque.
Pacey : Ce que tu as toujours espéré, ne plus y retourner.
John détailla son fils des pieds à la tête avant de retourner à sa voiture.
John : Fais comme tu veux, lui dit-il en se penchant vers lui. De toute façon, ce n’est pas comme si tu aurais pu faire de grandes choses en y allant. J’avais raison finalement, tu n’ai qu’un vaurien, lui lança t-il avant de démarrer et de quitter la chaussée.
Pacey sentit la colère et la frustration monter en lui. Ce salop avait encore réussi à le rabaisser. Il ne s’était même pas inquiété de savoir où il pouvait dormir ni de quoi il pouvait vivre. Pacey sentit une présence derrière lui, se tournant, il remarqua Sky qui se tenait en arrière et qui avait probablement assisté à toute la scène. Il ravala ses larmes lorsqu’il boitilla jusqu’à lui.
Pacey : Comment tu te sens ?
Sky : Ca va ?
Pacey : Tu crois que c’est prudent d’être debout ?
Sky : Arrête, boy scout, tu n’es pas ma mère ! Et puis, il faut bien que je marche un peu.
Il se plaça à côté de Pacey et regarda la voiture s’éloigner peu à peu.
Sky : Alors, c’était ton père ?
Pacey : Ouais.
Sky : Le shérif ? lui dit-il surpris.
Pacey : Et alors ?
Sky : Rien, je pensais juste que tous les rejetons des flics devaient devenir flic à leur tour, que c’était une tradition.
Pacey : Je suis le vilain petit canard. Mais un sur deux c’est pas si mal.
Sky se tourna vers lui et lui adressa un faible sourire.
Sky : Ouille! Deux pour le prix d’un.
Pacey : La fierté de la maison, lui dit-il ironique.
Sky : Ca aurait pu être pire.
Pacey le regarda, intrigué. Qu’est-ce qui pourrait être pire que de vivre avec deux flics chez soi lorsqu’on ne fait pas partie du système.
Sky : imagine que ton père soit pasteur et qu’il ait fait un rejeton non désiré avec une prostituée du coin.
Pacey : Oh mon dieu dit-il en rigolant, le pauvre, la vie n’aurait pas été très charitable avec lui.
Sky : On s’y fait.
Pacey se tourna vers lui et comprit qu’il était l’enfant en question.
Pacey : Je suis désolé, je ne savais pas.
Sky : Ce n’est rien. Si on allait marcher un peu, je commence à sentir des engourdissements dans les jambes.
Pacey lui emboîta le pas. Aucun des deux ne revint sur la révélation que Sky venait de faire. Il sentait qu’il n’était pas le genre à se livrer facilement et Pacey savait que les infos viendraient petit à petit lorsqu’il serait prêt.
Marjo (15.01.2004 à 21:29)
Bessie pénétra dans la chambre de Joey et l’aperçut assise à son bureau, contemplant tristement une photo. Cela faisait des jours qu’elle était comme ça.
Bessie : Joey, Dawson au téléphone, lui dit-elle tendrement.
Joey : Merci, lui dit-elle en prenant le combiné. Bonjour Dawson.
Dawson : Salut Joey. Il ne m’a pas appelé, l’informa t-il.
Joey : Je ne pensais pas qu’il le ferait, lui dit-elle sombrement. C’est dur, Dawson, je me sens tellement impuissante.
Dawson : Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. J’y ai réfléchi pendant des jours et je voudrais vraiment l’aider mais si je pars maintenant, je perds toutes les chances que j’ai d’être pris dans cette université.
Joey : Je sais Dawson et je comprends.
Dawson : je ne pourrais pas venir avant un mois mais j’ai déjà réservé mon billet d’avion. J’espère juste que Pacey pourra tenir sans faire de bêtises jusque là.
Joey : Je l’espère aussi, lui dit-elle en soupirant.
Dawson : Joey, il a une chose à laquelle j’ai pensé. Je sais que tu es amoureuse de lui, Jen me l’a avoué.
Joey : Oh, lâcha t-elle.
Dawson : Ne t’en fais pas, je ne l’ai dit à personne, lui assura t-il en souriant. Mais tu connais Pacey, il pense qu’il est seul dans la vie et que personne ne l’aime, c’est ce qu’il a toujours pensé et ça doit être encore plus vrai maintenant.
Joey : Que veux tu que je fasses Dawson ?
Dawson : Dis-lui que tu l’aimes, je suis sûr qu’il a besoin d’entendre ce genre de chose. Et je crois que venant de toi, ça le touchera vraiment. Creuse une faille en lui, il faut l’atteindre ensuite peut être que nous pourrons le sortir de là.
Joey : Je ne sais pas si j’aurais la force…
Dawson : Joey, fais le pour lui.
Joey raccrocha et se laissa tomber sur son lit. Dire à Pacey qu’elle l’aime serait la chose la plus difficile qu’elle aurait jamais à faire. Mais si ça pouvait le faire revenir à la raison, alors elle devait le faire. Résolue, elle prit sa veste et sortit rapidement en claquant la porte.
Elle le trouva assis sur un banc dans le parc. Elle l’observa quelques instants de loin, Jen avait raison, il avait maigri, ses traits s’étaient creusés sur son visage et on devinait aisément ses kilos en moins dans son pantalon devenu trop grand. Le cœur de Joey se serra dans sa poitrine. Elle ne pouvait pas le laisser là, il fallait qu’il vienne avec elle, qu’il accepte son aide. Si seulement, il pouvait voir combien il comptait pour elle. Joey était prête à tout pour lui, elle aurait pu souffrir mille maux si cela l’avait aidé à voir plus clair en lui. Elle espérait tellement revoir un jour ses magnifiques yeux bleus brillaient de leur éclat. Elle marcha lentement vers lui, elle ne l’avait pas vu depuis deux semaines, il fallait qu’elle imprègne la vision de lui dans sa mémoire. Lorsqu’il tourna la tête vers elle et lui sourit, elle sentit son cœur chavirer d’un amour infini pour cet homme.
Joey : Bonjour Pacey, lui dit-elle tendrement.
Pacey : Salut Potter.
Joey lui sourit, lui montrant combien elle appréciait la façon qu’il avait de l’appeler ainsi. Lentement, elle prit place à côté de lui sur le banc et ils restèrent ainsi un moment, l’un contre l’autre, sans un mot. Aucun d’eux ne voulait briser le silence, l’instant leur paressait magique, comme suspendu dans les airs. Joey parla la première.
Joey : Tu n’as pas appelé Dawson.
Pacey : Non, c’est vrai. Je n’avais rien à lui dire.
Joey : C’est dommage, lui avait des choses à te dire.
Pacey : Je sais, mais je n’avais pas envie de les entendre.
Joey : Je savais que tu ne le ferais pas, lui dit-elle avec un petit sourire.
Pacey tourna la tête vers elle et lui rendit son sourire. Il appréciait sa présence, cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vue et il se rendit compte qu’elle lui avait manqué. Il aimait la mettre en boîte et discuter avec elle comme il avait pris l’habitude de le faire après le départ de Dawson. Il s’aperçut avec ravissement que son sourire n’était ni emprunt de pitié, ni de compassion. Non, seule la tristesse semblait l’habiter à ce moment là. Cette tristesse lui vrilla le cœur.
Pacey : Joey, que viens-tu faire ici ?
Joey : Je voulais te voir, lui dit-elle un peu déçue.
Pacey : Je suis content de te voir, lui dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Joey releva la tête avec un sourire éclatant. Ces paroles lui faisaient du bien.
Pacey : Je te manquais ? la taquina t-elle.
Joey chercha son regard afin qu’il sache qu’elle était sincère.
Joey : Tu me manques beaucoup, lui dit-elle les yeux dans les yeux.
Pacey chercha la moindre marque d’ironie dans les paroles de Joey mais n’en trouva pas. Elle pensait ce qu’elle disait. D’un geste irréfléchi, il lui embrassa la joue.
Pacey : Toi aussi, lui avoua t-il.
Joey : Pacey, je sais que tu crois être à ta place ici mais c’est faux. Tu vaux tellement mieux que tout ça.
Pacey : Joey n’en parlons plus…
Joey : Non non Pacey, laisse-moi finir. Tu es quelqu’un de tellement bien que te voir gâcher ta vie à cause de ton père me brise le cœur. Tu as la capacité de faire de grandes choses si seulement tu pouvais t’en rendre compte.
Pacey se leva, énervé.
Pacey : Pas la peine d’essayer de me faire croire que…
Joey : Pacey, lui dit-elle en venant se tenir devant lui et en posant ses mains sur son torse. Je dis ça uniquement parce que je le pense. Tu es quelqu’un qui compte beaucoup pour moi et je ne te dis pas ça pour que tu me suives mais parce que c’est vrai. En réalité, je…
Harper : Pacey, qu’est-ce que tu fous, on t’attends !
Pacey regarda Joey tristement.
Pacey : Je suis désolé, je dois y aller.
Joey : D’accord. Mais Pacey, fais attention à toi.
Pacey : Je te le promets, lui dit-il avant de partir.
Joey soupira, elle n’avait pas pu le lui dire. Ce n’était peut être pas le bon moment. Elle le regarda s’éloigner, les larmes aux yeux.
Harper : Alors, c’était qui la fille ?
Pacey : Qui ça ? dit-il innocemment.
Harper : Fais pas l’idiot, je t’ai trouvé avec une fille quand je suis arrivé. Qui c’est ?
Pacey : Une amie.
Harper : Drôlement jolie, et c’est ta copine.
Pacey : Bon, tu voulais quoi au juste ? lui demanda t-il pour changer de sujet.
Harper : Il faut que tu fasses le guet.
Pacey : Le guet pour quoi ? lui demanda t-il intrigué.
Harper : kyle et moi allons voler un auto radio dans un voiture qu’on a repéré pas très loin. Il faut que tu surveilles si une autre voiture rapplique.
Pacey : T’es malade, si on se fait choper, on est mal.
Harper : C’est pour ça que tu dois surveiller. Tu veux manger ce soir ?
Pacey : C’est bon, on y va !
Les deux garçons rejoignirent Kyle qui attendait au coin de la rue, vérifiant ainsi que la voiture n’avait pas bougé.
Kyle : Putain, qu’est-ce que vous foutiez, je commençais à m’inquiéter.
Harper : Pacey jouait les jolis cœurs, dit-il en souriant.
Pacey : Arrête avec ça. C’est une amie! Rien de plus! Et je veux que tu la tiennes en dehors de tout ça.
Harper : C’est bon t’énerves pas, on a du boulot de toute façon. Mais tu sais, si elle ne t’intéresse pas, moi elle me plait bien, lui dit-il avec un sourire moqueur.
Pacey : Tu t’approches pas d’elle, le prévint-il menaçant.
Harper lui fit son plus beau sourire. D’un signe de tête, il commanda à Kyle de se mettre en place.
Harper : Tu siffles si quelqu’un approche. Tu sais siffler ? le taquina t-il.
Pacey : Casse-toi, lui dit-il en le poussant agacé.
Harper ‘éloigna un peu avant de se retourner vers lui et de lever un sourcil inquisiteur.
Harper : Tu sais, pour quelqu’un qui ne la considère que comme « une amie », tu es bien possessif, lui dit-il avec un grand sourire moqueur.
Pacey : Continue et j’appelle les flics moi-même pour leur dire que deux voyous sont entrain de pratiquer du vol à la tire.
Harper éclata de rire et rejoignit Kyle qui trépignait devant la voiture. Pacey les regarda de loin pratiquer. Leurs mains habiles étaient expertes. Ils n’en étaient pas à leur premier larcin. Pacey réalisa que c’était une première pour lui, même si le vol à l’étalage était devenu une habitude. Il n’avait encore jamais essayé quelque chose de si risqué, la voiture pouvait avoir une alarme, le propriétaire pouvait être dans les environs ou encore une voiture de police pouvait faire une patrouille dans le coin. Voler un auto radio était tout de même un délit plus grave que de piquer de la nourriture. Il était bien placé pour savoir que les juges étaient plus cléments avec ceux qui volaient pour se nourrir. Il pourrait invoquer le fait qu’il comptait revendre l’appareil pour se payer à manger mais il n’était pas sûr que ça marche. Angoissé à l’idée de se faire prendre, il scruta les alentours afin d’être sûr qu’aucun voisin ne faisait attention à eux. Ca y est, il entendit un léger déclic et vit la portière s’ouvrir. Kyle plongea à l’intérieur de la voiture. En moins d’une minute, il était ressorti avec la radio en main. Il la brandit victorieux vers Pacey. Celui-ci lui sourit avec une pointe d’amertume au fond de lui. C’était officiel, il était devenu un délinquant.
Bessie : Que se passe-t-il, petite sœur ?
Joey releva la tête de la vitre où elle s’était perdue dans la contemplation de l’horizon. Un faible sourire orna son visage. La pâleur du visage de Joey déchira le cœur de Bessie, sa sœur se renfermait sur elle-même de jour en jour. Elle craignait qu’elle ne se ferme totalement. Elle prit place à côté d’elle et lui caressa les cheveux doucement, le forçant inconsciemment à se livrer à elle.
Joey : Demain, c’est Thanksgiving, murmura t-elle.
Bessie resserra sa sœur contre elle, sachant très bien ce qui la mettait dans cet état. Pacey, encore et toujours Pacey. Bessie pouvait comprendre que sa sœur soit amoureuse et que par conséquent les déboires du garçon la rendent malheureuse mais elle n’en pouvait plus de la voir comme ça.
Joey : Il va être tout seul, quelque part, dit-elle en appuyant sa tête contre le carreau.
Bessie : Joey, je sais que c’est triste mais c’est le choix de Pacey. Tu as essayé de l’aider mais il refuse ton aide. Que veux-tu faire de plus ?
Joey : Je ne sais pas, lui avoua t-elle tristement. Mais je ne renoncerai pas tant que je n’aurais pas trouvé un moyen de le sortir de là.
Bessie : Très bien, dans ce cas va le chercher.
Joey se retourna vers sa sœur et la regarda, intriguée. Où voulait-elle en venir par « Va le chercher ? ».
Bessie : Joey, je te connais, tu vas passer toute la journée de demain à broyer du noir en te demandant ce qu’il peut être entrain de faire. Alors va le voir et propose lui de venir manger demain à la maison. Ainsi, s’il refuse tu sauras que tu as fais ce que tu pouvais.
Joey écarquilla de grands yeux avant que son visage ne s’illumine.
Joey : Tu as raison, il ne pourra pas me refuser de passer ce jour de fête avec ses amis !
Joey étreignit Bessie longuement avant d’enfiler son manteau et de sortir comme une fusée, le cœur remplit d’un nouvel espoir. Bessie soupira de soulagement, la bataille n’était pas gagnée mais c’était un début. Pourvu qu’il vienne, se surprit-elle à penser.
Joey parcourait les rues, le cœur en fête. Pacey devait accepter, il le fallait. Joey jeta un coup d’œil à sa montre, 21h30. Cela faisait déjà deux heures qu’elle cherchait Pacey, Bessie allait s’inquiéter si elle ne rentrait pas très vite. Elle était prête à abandonner pour remettre ses recherches à l’aube lorsqu’elle distingua deux silhouettes au loin. Elle fut parcourue d’un frisson mais ne bougea pas, il lui fallait en avoir le cœur net. Elle s’en serait voulut de rater Pacey d’aussi peu. Une fille et un garçon avancèrent vers elle, elle finit par reconnaître deux des personnes avec qui Pacey passait son temps. Elle respira un grand coup et alla à leur rencontre.
Joey : Bonsoir, est-ce que vous connaissez Pacey ?
Kevin : Witter ?
Joey : Oui, dit-elle soulagée. Vous savez où je pourrais le trouver ?
Vanessa : Et qu’est-ce que tu lui veux ? lui demanda t-elle en la détaillant des pieds à la tête.
Kevin : Laisse, il la connaît. Dans le parc près des buissons avec les autres.
Joey : Merci, leur glissa t-elle rapidement avant de filer vers le parc.
Elle se laissa guider par le bruit. Elle finit de retrouver Pacey allonger par terre, une bière en main. Elle entendit l’un d’entre eux lui glisser « ton amie est là » tout en lui donnant un coup dans les côtes. Pacey ouvrit les yeux pour les plonger aussitôt dans les siens. Ceux de Pacey étaient inexpressifs, elle n’aurait su dire s’il était surpris ou même content de la voir là.
Pacey : Joey ?
Joey : Bonsoir Pacey. Je peux te parler un instant.
Pacey se leva et jeta un regard noir aux autres qui lui souriaient, les défiant de dire quoi que se soit. Pacey la prit à part et la regarda d’u air sévère.
Pacey : Tu as vu l’heure ? Ces rues ne sont pas aussi sûres qu’elles y paraissent.
Joey : Il fallait que je te parle, lui dit-elle avec un air désolé.
Pacey : Et ça ne pouvait pas attendre demain ?
Joey : Et bien, justement, c’est pour demain. C’est Thanksgiving, lui rappela t-elle.
Pacey se gratta le menton où sa barbe naissante le chatouillait. Thanksgiving déjà ? Il n’avait plus du tout la notion du temps. Il fit un rapide calcul, cela voulait dire qu’il était déjà partit de chez lui depuis presque un mois et demi.
Joey : Pacey, je comprends que tu veuilles t’en sortir tout seul et que tu ne veuilles l’aide de personne mais c’est un jour de fête. Viens manger à la maison.
Pacey fut troublé par cette invitation aussi inattendue qu’alléchante. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait fait un vrai repas.
Joey : Ce sera un dîner simple mais en famille, lui dit-elle ave un sourire.
Pacey : Joey, si c’est en famille, je ne vais pas…
Joey : Pacey, tu fais partie de la famille.
Pacey lui sourit touché.
Joey : S’il te plait ? insista t-elle. Je ne pourrai pas être tranquille en te sachant dehors, tout seul.
Pacey : Je ne serais pas seul lui dit-il en détournant la tête.
Joey : Tu sais bien ce que je veux dire.
Pacey le savait en effet. Ce jour ne serait pas pareil sans ses amis autour de lui. Joey plongeant ses grands yeux dans les siens, attendait une réponse, l’implorant de lui dire oui. Il ne put résister à la jeune fille.
Pacey : Je viendrai, lui promit-il.
Joey : C’est formidable, s’écria t-elle en se jetant dans ses bras, heureuse.
Un peu surpris mais ravi, Pacey la serra contre lui. Appréciant le contact doux et chaleureux de Joey contre lui. Elle se repoussa un peu de lui mais resta suffisamment près pour plonger son regard dans celui de Pacey. Pacey lui sourit, il pouvait sentir le souffle chaud de Joey contre ses lèvres. Troublé, il remarqua que son rythme cardiaque s’était accéléré. Sentant l’instant bien choisi, Joey lui effleura les lèvres avant de filer.
Joey : On t’attends pour midi, lui cria t-elle au loin.
Pacey la regarda disparaître, hébété, il se passa une main sur les lèvres. Le contact de celles de Joey contre les siennes, bien que bref avait fait naître en lui des émotions intenses. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Harper jaillit des fourrées et vint lui placer un bras autour des épaules.
Harper : Si je pouvais avoir une amie comme ça, soupira t-il en souriant.
Pacey se tourna vers lui et ne trouvant aucune remarque acerbe à lui envoyer, se contenta de le fusiller du regard. Il repensa encore au baiser de Joey. Harper éclata de rire devant le regard perdu de Pacey et alla rejoindre les autres.
Joey s’activait devant sa glace, Pacey allait bientôt arriver. Elle avait revêtu sa plus belle robe espérant plaire ainsi à Pacey. Bessie l’avait aidée à se coiffer et lui avait prêté son maquillage. Elle voulait que cette journée soit parfaite, il fallait absolument que Pacey comprenne qu’il était bien là où il était, près d’elle. Elle repensa au baiser qu’elle lui avait donné hier. Des frissons l’avaient parcourue au moment où ses lèvres étaient entrées en contact avec les siennes, son cœur s’était arrêté et sa respiration suspendue. Elle se souvint avec délectation du visage un garçon, il avait été aussi surpris qu’elle de son geste. Mais elle se rassurait en se disant qu’au moins, il ne l’avait pas repoussée. Aujourd’hui, il lui faudrait sûrement s’expliquer sur ce baiser mais elle se sentait prête à le faire. Dawson l’avait appelé ce matin pour lui dire qu’il avait réussi à se libérer et qu’il rentrait chez lui, il devait arriver par l’avion de ce soir et il lui avait promis d’aller parler à Pacey dès le lendemain matin. Joey espérait secrètement que cette discussion ne serait pas nécessaire et que Pacey comprendrait dès ce soir que vivre dans la rue n’était pas le meilleur moyen de s’en sortir et qu’il y avait des personnes qui l’aimaient et qui étaient prêtes à l’aider. Joey retourna aider sa sœur afin de s’assurer que tout serait prêt à temps.
Bessie : Joey, tu es ravissante, lui dit-elle lorsqu’elle passa le seuil de la cuisine.
Joey : Merci, lui dit-elle avec un magnifique sourire.
Bessie était contente, sa petite sœur semblait aller beaucoup mieux. Elle espérait que Pacey Witter ne gâcherait pas tout. Joey mettait tant d’espoir dans ce dîner.
Joey : Je vais mettre la table.
Elle regarda sa sœur sortir et adressa un petit sourire inquiet à son fils. Elle le prit dans ses bras et le serra contre elle.
Bessie : Toi aussi tu t’inquiètes pour tata Joey, hein ?
Marjo (15.01.2004 à 22:07)
Assis sur le perron de la maison de Kevin. Pacey compulsa sa montre, il était 15h. Joey avait du comprendre qu’il ne viendrait plus. Il s’en voulait de décevoir la jeune fille, une fois de plus. Mais il y avait réfléchi pendant des heures et en avait conclu qu’il ne pouvait pas se trouver face à elle et lui affichait son échec. Il n’avait cessé de penser à elle qui devait être entrain de l’attendre. Et puis, il ne savait pas comment réagir face au baiser qu’elle lui avait donné la veille. Que voulait-il dire, pour elle ? Il ne pouvait pas la laisser espérait une chose qui ne viendrait jamais, elle et lui n’étaient pas fait pour marcher ensemble. Ne comprenait-elle pas que leurs chemins étaient différents et que jamais il ne pourrait y avoir de passerelle entre eux ? Même s’il avait espéré ce baiser toute sa vie, aujourd’hui, il savait au fond de lui, qu’il n’avait fait que se complaire dans un rêve. Joey était une fille inaccessible.
Sky : Tu comptes rester là encore longtemps ?
Pacey se retourna vers Sky qui était derrière lui, une canne dans une main et deux bières dans l’autre. Pacey lui prit les bières des mains le temps que l’autre s’assoit à côté de lui. Il les décapsula et lui rendit la sienne.
Pacey : J’aime la vue, lui répondit-il.
Sky scruta l’horizon et ne vit rien d’autre que la décharge municipale. Il sourit, décidemment, ce type était spécial. Pacey but une longue goulée de bière et apprécia le liquide qui descendait le long de sa gorge et qui commençait déjà à lui procurait un sentiment d’apaisement. Pacey se tourna vers Sky et le scruta insensiblement. Quelques légères cicatrices balafrés le visage durci par la vie. Malgré leur début chaotique, Pacey avait appris à apprécier la présence de Sky auprès de lui. Ils se parlaient peu et rarement de leur vie mais Pacey aimait la force tranquille qui émanait de lui. Harper lui avait raconté que Sky s’était enfui de chez lui à l’age de seize ans et que depuis il s’était toujours débrouillé. C’était tout ce qu’il savait de lui. Pacey se demandait ce qu’avait bien pu être sa vie pour qu’il soit aussi dur à vingt ans.
Sky : Tu ne devais pas aller quelque part, aujourd’hui ?
Pacey : Ce n’était pas une bonne idée, se contenta t-il de lui dire.
Sky ne chercha pas à en savoir plus. Ils restèrent encore dix minutes ainsi jusqu’à ce que Harper, Kevin et Kyle viennent les rejoindre avec un ravitaillement de bière. Harper et Kyle avait l’air très excité, ce qui l’intrigua beaucoup. Ces deux là étaient les plus prompts à faire des sales coups. Pacey sentit d’instinct que quelque chose se préparait pour ce soir.
Pacey : Quel est le programme ?
Harper se tourna vers lui et lui sourit.
Harper : Avec ce soir, on va pouvoir vivre tranquille pendant au mois deux mois, lui dit-il tout content.
Sky et Pacey le dévisagèrent. Deux mois ? Cela devait vraiment être risqué. Kyle prit la parole, tout en leur distribuant des boissons il leur expliqua le plan qui consistait à voler une voiture et à aller la rapporter à des bookmaker qui la revendrait plus tard. Pacey se dit que s'il faisait ce coup, il serait vraiment impossible pour lui de faire marche arrière.
Bessie vint voir Joey qui faisait la vaisselle. Joey avait tenu toute la journée, attendant patiemment que Pacey arrive. Ce qui n’était jamais arrivé, lentement, elle s’était levée et avait commençait à faire le ménage. Bessie avait l’impression qu’elle devait s’occuper pour ne pas craquer et s’effondrer.
Bessie : Joey ça va ?
Joey : Bien sûr.
Bessie : Joey, il ne viendra plus.
Joey : Qu’est-ce que tu en sais, il a dû être retardé, il n’est pas tard, lui dit-elle en continuant à laver la même assiette depuis dix minutes.
Sa voix démontrait son assurance.
Bessie : Il est 21h !
Joey : Et alors ! Jamais, tu m’entends, jamais je n’abandonnerai Pacey, il a besoin de moi ! Il est livré à lui même et si personne ne l’aide, dieu sait ce qu’il va advenir de lui.
Bessie : Joey, je commence à en avoir assez de te voir dans cet état à cause de Pacey. Il faut te faire une raison, il a choisi sa voie.
Joey : Ce n’est pas vrai ! Tout ça c’est de la faute de son père, Pacey n’était pas comme ça.
Bessie : Et tu crois peut-être que c’est son père qu’il le force à voler et à mentir.
Joey : Je te déteste, lui dit-elle en se mettant à pleurer et en quittant la table.
Bessie s’affala sur une chaise, elle était certaine que cette journée ne se déroulerait pas comme Joey l’avait espéré. Le téléphone sonna et elle se leva pour aller répondre.
Bessie : Potter Bed & Breakfast ?...Oui….Oh mon dieu, que s’est-il passé ?...Très bien, merci Doug.
Bessie raccrocha et se demanda comment elle pourrait apprendre une telle chose à Joey. Devait-elle le faire aussi ? Joey allait s'effondrer en apprenant ça. Bessie réfléchit rapidement et en conclut qu’à la place de Joey, elle voudrait savoir. Elle toqua doucement à sa porte.
Bessie : Joey ?
Joey : Je ne veux plus te parler !
Bessie pénétra à l’intérieur et vint s’asseoir sur le bord du lit de Joey. Sa sœur était allongée et avait plongé sa tête dans son oreiller pour étouffer ses pleurs.
Bessie : Joey, ma chérie, je sais pourquoi Pacey n’est pas venu.
Joey se retourna vivement vers elle, les lèvres suspendues aux siennes, attendant une explication.
Bessie : Doug vient d’appeler, Pacey s’est fait arrêté. Joey, Pacey est en prison.
Le visage de Joey marqua l’effroi causé par cette terrible nouvelle.
Assis sur un banc dans sa cellule, Pacey se remémora la soirée dans ses moindres détails. Lui et les autres avaient bu énormément et ils avaient volé la première voiture qu’il avait trouvé dans un coin un peu sombre. Pacey avait de nouveau fait le guet. Mais cette fois, rien ne s’était passé comme prévu. Une fois tous montés à l’intérieur, ils avaient rapidement été pris en chasse par la police. Après une course poursuite qui lui avait paru interminable, ils avaient fini leur course contre un arbre. Il avait perdu connaissance et s’était réveillé ici, en prison. Il ne savait même pas ce qu’il était advenu de ses comparses. Il se prit la tête entre les mains, victime d’une migraine carabinée due à la quantité l’alcool ingurgitée. Il entendit une porte grincer et son père apparut devant lui, malgré les barreaux, il distinguait très bien le sourire satisfait qu’il arborait.
Pacey : Savoure ta réussite, lui dit-il amer.
Le visage de son père se glaça.
John : Tu penses peut-être que je suis ravi de voir mon fils derrière les barreaux.
Pacey releva la tête vers lui, stupéfait. Oui, à vrai dire, il le pensait sincèrement.
John : Tu crois peut-être que c’est glorifiant pour le shérif d’avoir son fils dans une cellule, à la vu de tous ses employés.
Pacey soupira, évidemment. Rien à voir avec le fait que se soit lui, non il ne pensait qu’à se maudite carrière !
Pacey : Désolé d’avoir fait une tâche sur ta réputation si parfaite, lâcha t-il glacial.
John : Tu vas rester en prison un bon moment, je te le garantis. Je ne suis pas en cas de payer ta caution donc tant que tu ne seras pas passé devant le juge, tu resteras là, lui dit-il, un sourire mauvais aux coins des lèvres.
Adjoint : Shérif, une fille fait du ramdam à l’accueil, elle demande à vous voir.
John : J’arrive, dit-il en continuant à fixer Pacey.
Pacey regarda son père s’éloigner. Il se sentait très en colère contre lui, il était encore parvenu à ravir son père. John Witter se laissa guider par le bruit et arriva finalement devant Joey Potter qui hurlait sur son adjoint qu’elle voulait voir le shérif. Elle fonça droit sur lui lorsqu’il apparut dans l’enceinte du commissariat.
Joey : Comment va Pacey ?
John : Aussi bien qu’un détenu.
Joey : Je veux le voir !
John : Désolé, mais ça ne va pas être possible, lui dit-il avec un grand sourire.
John se souvenait très bien de la façon dont cette sale gamine lui avait parlé et il était très satisfait de pouvoir l’envoyer promener.
John : Pacey est sous le coup de la justice et je ne paierai pas sa caution.
Joey : Mais personne ne vous le demande, lui dit-elle avec un sourire satisfait.
Adjoint : Chef, elle l’a déjà fait, l’informa t-il.
John se tourna ahuri vers son adjoint.
John : Elle ne peut pas !
Adjoint : Si, c’est écrit dans le code pénal. A partir du moment où quelqu’un paie la caution, le détenu même mineur peut être remis en liberté à condition qu’il soit sous la garde de cette dite personnes.
Le shérif dévisagea Joey d’un air mauvais.
John : Mais qui l’a appelée d’abord ?? dit-il en regardant tout autour de lui.
Doug : Moi dit-il en s’avançant vers lui. Je savais qu’elle s’inquiétait et je me suis dit que Pacey aurait besoin de discuter avec quelqu’un qui tient à lui et qu’il soit content de voir.
John jeta un regard noir à son fils aîné et se retourne vers Joey.
John : C'est triste de voir qu'une fille intelligente telle que toi puisse s'intéresser à un vaurien comme mon fils.
Joey : Ce qui est triste, Mr Witter c'est de voir à quel point vous ne connaissait pas votre propre fils. Il a peut être été pris dans un mauvais coup mais malgré cela, il vaut tellement, tellement mieux que vous qui cachez votre médiocrité et votre aigreur derrière une apparence de respectabilité, lui dit-elle avec mépris en désignant son insigne.
A ce moment là, un officier pénétra dans la pièce avec Pacey. L’officier se pencha et lui défit les menottes. Joey se précipita vers Pacey et le serra contre elle très fort. Pacey n’avait jamais été aussi content de la voir. Il resserra son étreinte, ne voulant plus la lâcher. Joey l’entendit émettre un petit gémissement. Elle s’écarta de lui et sembla remarquer pour la première fois les contusions que marquait son corps ainsi que l’ouverture de son arcade sourcilière.
Joey : Oh mon dieu Pacey ! Tu es blessé !! paniqua-t-elle.
Pacey : Ce n’est rien de grave, lui assura t-il en la reprenant contre lui.
John : Je vous signale que s’il fait la moindre incartade à la loi, c’est vous qui serez directement accuser.
Pacey se décolla de Joey et plongea son regard dans le sien.
Pacey : C’est toi qui m’as fait sortir ? lui demanda t-il abasourdi.
Joey : Il était hors de question que je te laisse croupir en prison. Aller viens, je crois qu’un bon lit te fera du bien.
Joey lui prit la main et l’entraîna à l’extérieur. Elle se retourna vers John Witter une dernière fois.
Joey : Allez au diable, il n’a pas besoin de vous, lui cracha t-elle au visage avant de sortir avec Pacey.
Assis à l’arrière de la voiture, Pacey regardait vers la vitre. Il ne parvenait pas encore à croire que Joey était venue le chercher en prison. Il jeta un coup d’œil vers Bessie au volant, elle avait l’air crispé. Il aurait mit sa main à couper que l’idée venait de Joey et que Bessie n’appréciait pas particulièrement sa présence. Il ne lui en voulait pas, il ne se trouvait pas particulièrement fréquentable et surtout pour une fille comme Joey. Il bougea un peu et sentit encore la main de Joey aux creux de la sienne. Elle ne l’avait pas lâché de toute la route. La peau de la jeune fille contre la sienne lui procurait un sentiment rassurant mêlé à une peur incontrôlable. Joey avait l’air de s’accrocher à lui de toute son âme, il se rappelait encore du sourire qu’elle avait eu lorsque l’agent Johnson l’avait amené à elle et de la façon dont elle s’était jetée dans ses bras et s’était accrochée à lui. Il avait terriblement peur de la décevoir une nouvelle fois. Qu’attendait-elle réellement de lui ?
Joey : Viens, je vais soigner ta plaie, lui dit-elle en lui tenant la porte ouverte.
Pacey n’avait pas remarqué qu’ils étaient déjà arrivés. Il suivit timidement Joey à l’intérieur.
Bessie : Je vais dormir, dit-elle froidement en claquant la porte de sa chambre.
Pacey regarda la porte et se demanda ce qu’il faisait ici, visiblement sa présence n’était pas réellement désirée. Il ferait mieux de partir.
Pacey : Joey, je crois que je ferai mieux de vous laissez.
Joey : Pacey, l’arrêta t-elle en lui mettant une main sur la bouche, tu es blessé, tu es fatigué et tu dois passer devant le juge dans deux jours. Alors, tu me laisses te soigner, tu vas dormir et on reparlera de tout ça au petit déjeuner. D’accord ? lui demanda t-elle d’une petite voix boudeuse.
Pacey : D’accord, finit-il par acquiescer.
De toute façon, se dit-il, une bonne nuit de sommeil lui ferait le plus grand bien et il n’aurait qu’à partir demain. Il était déjà tard. Joey l’invita à s’asseoir sur un tabouret dans la salle de bain et sortit la trousse à pharmacie. Elle imbiba un coton d’alcool à 90° et tamponna doucement l’arcade de Pacey.
Pacey : Aïe, gémit-il.
Joey : Pacey, il faut désinfecté, lui dit-elle avec un petit sourire.
Pacey : Mais ça fait mal !
Joey : Douillet... lui dit-elle en déposant un baiser sur la blessure.
Pacey se sentit instantanément mieux. Il se souvint alors du baiser échangé. Il releva les yeux vers elle qui lui souriait. Elle n’était qu’à quelques centimètres de lui. Son parfum lui parvenait aux narines, un doux mélange de jasmin et de violette. Il ferma brièvement les yeux afin de se laisser pénétrer par les effluves. Il sentit les mains de Joey sur sa peau, elle nettoya sa plaie et lui appliqua un pansement tandis qu’il rouvrait les yeux et les plongea dans les siens. Tous les effets de l’alcool s’étaient désormais évanouis. Joey lui sourit comme jamais personne ne l’avait encore fait.
Joey : Ca va mieux ? lui demanda t-elle tendrement.
Pacey : Beaucoup mieux oui, merci.
Joey : Je vais te préparer quelque chose à manger, lui proposa t-elle.
Pacey : Ne te donne pas cette peine, je n’ai pas faim, lui dit-il en calmant ses crampes à l’estomac.
Joey : D’accord, je te montre ton lit.
Joey le précéda et l’emmena jusqu’à une chambre d’ami au fond du couloir.
Joey : Voilà, pour ce soir tu seras tranquille.
Pacey se tourna vers elle et lui sourit. Pris d’une impulsion, il lui caressa tendrement la joue du bout des doigts. Joey tendit la tête pour accueillir cette caresse inattendue.
Pacey : Merci Joey, lui murmura t-il tendrement.
Joey se tendit sur la pointe des pieds et l’embrassa sur la joue.
Joey : Bonne nuit Pacey.
Pacey : Bonne nuit Joey, souffla t-il dans la pénombre lorsqu’elle eut refermé la porte.
Pacey avança vers le lit et s’écroula dessus afin de s’enrouler dans les couvertures. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas dormi dans un lit. Il était tellement fatigué…Pacey plongea peu à peu dans les méandres du sommeil. Un noir obscur l’entourait mais peu à peu sa vision se fit plus net, il se retrouva dans une ruelle sombre, quelqu’un se tenait à côté de lui, il se retourna et vit Kevin qui lui souriait. Plus loin, Harper et Sky étaient entrain de fracturer une voiture. Kyle….Kyle était entrain de téléphoner, il semblait se disputer avec son interlocuteur. Les filles où étaient les filles ? Il les chercha du regard, de l’autre côté de la rue, elles guettaient. Quelques instants plus tard, il se retrouva dans la voiture, assit derrière entre Kevin et T-Jay. Devant Harper et Sky qui conduisaient se disputer au sujet de la route à prendre. Des sirènes se mirent à retentir dans la nuit. Dans le rétroviseur Pacey vit une voiture de police les suivre…ils étaient fichus, se dit-il. Il fallait se rendre, s’arrêter mais Sky n’en fit rien, il accéléra… « Mettez vos ceintures » leur cria t-il sans se retourner. A côté de lui, Kevin tremblait. Cinq minutes plus tard, Pacey voyait un arbre se rapprocher d’eux…Non c’était eux, ils fonçaient droit dedans « Arrête toi !! » cria Harper, « Les freins, je n’arrives plus à les contrôler !!! » lui répondit-il la voix tremblante. Pacey eut juste le temps de voir la tête d’Harper percutaient le par brise avant que sa vue ne se brouille.
Pacey : Non !!! hurla t-il en se redressant brusquement dans son lit.
Pacey était en sueur, il regarda autour de lui et se souvint de l’endroit où il était. Il se rallongea et respira lentement, calmant les palpitations de son cœur. Il était chez Joey, il n’avait plus rien à craindre pour l’instant. Il ne pouvait s’empêcher de se demander comment allait les autres ?
Marjo (15.01.2004 à 22:15)
Bessie n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Elle était très en colère et cette dernière était dirigée vers Pacey. Après tout ce qu’il faisait voir à Joey, comment en aurait-il pu être autrement ? Elle se prépara un café bien fort afin de pouvoir démarrer la journée. Cela lui ferait le plus grand bien. Elle se servit une tasse lorsqu’elle entendit du bruit dans le couloir. Elle passa la tête à temps pour voir Pacey sortir, un sac sous le bras. Sa rage monta d’un cran, elle le suivit et ouvrit la porte à toute volée.
Bessie : J’arrive pas à croire que tu t’en ailles !!! s’égosilla t-elle.
Comme un garçon pris en faute, Pacey se retourna vers elle, l’air coupable.
Pacey : Bessie, tu sais très bien que je ne peux pas rester. Toi-même, tu préfères que je parte, lui dit-il en soutenant son regard, la défiant de dire le contraire.
Bessie : Ce que je veux n’a rien à voir avec tout ça. Après tout ce qu’à fait Joey pour toi, tu t’en vas sans même lui dire au revoir.
Pacey : Ce sera beaucoup mieux pour elle que je fiche le camp. Et puis, je ne lui avais rien demander moi, dit-il en mettant ses mains dans ses poches.
Bessie : Peut-être, mais elle l’a fait car elle tient à toi bien plus qu’à n’importe quoi d’autre ,sinon pourquoi aurait-elle pris un si grand risques !
Pacey : De quoi tu parles ?
Bessie : De l’argent imbécile ! D’où penses-tu qu’elle le sort ? D’une pochette surprise ?
Pacey releva la tête vers elle, il n’y avait même pas pensé.
Bessie : Elle a utilisé ses économies, toute une vie de petits boulots pour payer son entrée à l’université, et il passe dans quoi ? Dans une caution pour monsieur !
Pacey ouvrit la bouche, ahuri. Il était incapable de parler. Joey avait utilisé l’argent qu’elle mettait précieusement de côté, pour lui.
Bessie : Et voilà tout le remerciement qu’elle récolte !
Hors d’elle, Bessie préféra rentrer dans sa maison dont elle fit claquer la porte derrière elle.
Dawson marchait vers Le B&B. Il savait ce qu’il s’était passé hier soir, la nouvelle était passée aux infos et en appelant Bessie, elle lui avait tout raconté. Lorsqu’il tourna dans le chemin qui le menait à la maison Potter, il aperçu Pacey assit sur les marches. Il avait l’air totalement perdu dans ses pensées. Dawson prit un instant pour le détailler, Joey n’avait pas menti, Pacey faisait peur à voir, il n’était plus que l’ombre de lui-même. Son ami leva la tête et lorsqu’il le vit, son visage s’éclaira d’un pâle sourire.
Pacey : Voilà la cavalerie.
Dawson : Je suis content de te voir, lui dit-il en le serrant dans ses bras.
Pacey : Moi aussi Dawson, lui dit-il en s’accrochant à lui.
Dawson : Je m’en veux de ne pas être revenu plus tôt.
Pacey : Tu rigoles ou quoi, tes études sont bien plus importantes que mes idioties.
Dawson : Pacey, rien n’est plus important que mon meilleur ami, lui dit-il sincère.
Pacey tourna la tête afin de masquer qu’il était très touché.
Dawson : Alors, tu veux m’en parler ?
Pacey : Il n’y aurait pas grand chose à dire.
Dawson : Je n’en suis pas sûr.
Pacey : Dawson, soupira t-il, un tribunal va déjà me juger, laissons-le faire. Inutile d’alourdir la peine.
Dawson : Pacey, je veux juste que tu comprennes que même si ton père est un crétin fini, il y a des gens sur cette terre qui t’aiment et pour qui ça vaux le coup de te battre.
Pacey lui sourit faiblement.
Pacey : J’ai failli parti,r tu sais ?
Dawson : Je m’en suis douté en te voyant là. Qu’est-ce qu’il t’as retenu ?
Pacey : Bessie. Je crois qu’elle ne me porte plus vraiment dans son cœur, lui dit-il sombrement.
Dawson : Je crois qu’elle est juste en colère à cause de Joey.
Pacey : Dawson, je peux te poser une question ?
Dawson : Laquelle ?
Pacey : Pourquoi elle fait tout ça ?
Dawson : Et bien, je dirais qu’elle fait partie de ces gens qui t’aiment et qui croient en toi. Pour le reste, il faudra voir avec elle.
Pacey : Mais pourquoi ?
Dawson : Comme je te l’ai dis, il va falloir que tu en parles avec elle. Joey a ses raisons.
Dawson lui passa un bras autour des épaules et lui sourit chaleureusement. Pacey se dit que cela faisait du bien qu’il soit là. Dawson lui avait manqué.
Une heure plus tard, Pacey rentrait à l’intérieur de la maison. Il trouva Bessie occupée à préparer le petit déjeuner. Il hésita à aller la voir mais il lui devait des excuses à elle aussi.
Pacey : Bessie ? dit-il en toquant à la porte.
Bessie : Oui ? lui demanda t-elle après s’être retournée.
Pacey : Je peux savoir où est Joey ? lui demanda t-il timidement.
Bessie : Avec Alexander, elle l’habille.
Pacey : Merci.
Bessie se retourna et continua à faire frire son bacon.
Pacey : Bessie ?
Elle se tourna une nouvelle fois vers lui, impatiente.
Pacey : Je suis désolé, lui dit-il la tête baissée.
Bessie attendit qu’il est disparu pour laisser le léger sourire qu’elle avait réprimé éclairer son visage. Espérons qu’il le soit vraiment, se dit-elle. Mais elle avait bon espoir cette fois. Pacey pénétra dans la petite chambre d’Alex qui était débordante de jouets, Joey lui tournait le dos et parlait doucement au bébé. Il se surpris à penser qu’il n’y avait pas de voix plus douces au monde. Son cœur s’enflamma pour elle bien malgré lui, Joey avait tant fait pour lui, il lui devait tellement qu’il ne savait même pas par quel bout commencer pour la rembourser.
Pacey : Bonjour Joey, lui dit-il d’une voix tendre.
Joey se retourna d’un bond sur lui, il lui avait fait peur. Ses grands yeux vert s’écarquillèrent, comme si elle ne s’était pas attendu à le voir. Il comprit que Bessie avait dû l’informer de son départ. Ses yeux se mirent à briller et un sourire orna ses lèvres.
Joey : Bonjour Pacey. Tu as bien dormi ?
Pacey : Très bien. Ca faisait longtemps
Joey en était ravie. Son cœur avait fait un bond dans sa poitrine lorsqu’elle s’était retournée vers lui. Bessie lui avait dit qu’il était parti. Elle avait hésité à s’élancer à sa recherche mais y avait renoncé, après tout si Pacey ne voulait pas de son aide, elle ne pouvait pas le forcer. Au moins, se disait-elle, il n’avait pas dormi en prison, c’était déjà ça.
Joey : Tu veux que je te prépare un petit déjeuner ?
Pacey : Ce n’est pas la peine, lui dit-il, ne voulant pas la déranger.
Joey : Je suis certaine que tu dois avoir faim, lui dit-elle en le défiant du regard.
Pacey : Et bien, oui, j’ai un peu faim, lui dit-il avec un petit sourire contrit, mais je voudrais qu’on parle avant.
Joey : D’accord, dit-elle en déposant Alex dans son parc. Tu veux parler de quoi ?
Pacey : Je voudrais savoir pourquoi tu fais tout ça pour ? Je ne le mérite pas.
Joey : Pacey, lui dit-elle en souriant. S'il y a une chose pour laquelle tu n’es pas doué, c’est pour savoir ce que tu métrites ou non.
Pacey leva un sourcil interrogateur vers elle tout en lui faisait un petit sourire ironique.
Pacey : Et toi tu crois savoir ce que je mérite ?
Joey : Non, lui dit-elle avec un petit sourire coquin. Moi, je sais ce que tu mérites.
Pacey : Explique-moi donc ça ? lui demanda t-il en se rapprochant d’elle.
Joey plongea son regard dans le sien, elle était comme aimantée par lui. Ses yeux bleus et profond posés sur elle lui donnait l’impression d’être unique et spéciale. Elle sentit au fond d’elle que le moment était venu et qu’il devait savoir tout ce qu’il représentait pour elle.
Joey : Pacey, il y a une chose que je dois te dire.
Pacey : Je t’écoute, lui dit-il en se réduisant une nouvelle fois l’espace entre eux.
Joey : Et bien voilà. Quand Dawson est parti, toi et moi on s’est mis à se voir plus souvent et j’ai commencé à voir un côté de toi que je ne connaissais pas. Je me suis aperçue que tu étais quelqu’un de drôle et d’attachant.
Gêné, Pacey baissa le regard, Joey se rapprocha encore et remontant sa tête vers elle du bout des doigts, elle le força à l’écouter attentivement.
Joey : Pacey, tout ce que tu peux penser de toi n’est que le reflet des années de bourrage de crâne de ton père. Tu ne peux pas vivre dans la rue uniquement parce que tu crois que c’est ce que tu mérites. Tu vaux tellement, tellement mieux que ça.
Pacey : Joey, s’il te plait arrête….
Pacey refusait de l’entendre, il ne voulait pas y penser et imaginer qu’elle puisse avoir raison. Cette idée, il ne voulait pas l’accepter.
Joey : Pacey, crois-tu vraiment que j’aurais pu tomber amoureuse de toi si tu étais un raté ?
Pacey : Joey, cesse de penser que je pourrais…..Tu quoi ? lui demanda t-il en réalisant la portée de ses paroles.
Joey : Je suis amoureuse de toi, lui répéta t-elle les yeux dans les yeux. Sinon pourquoi t’aurais-je embrassé, ajouta t-elle avec un petit sourire malicieux.
Pacey : Tu aurais pu trébucher, lui dit-il en souriant.
Joey : Non, je savais très bien ce que je faisais.
Pacey : Joey, dit-il en l’écartant de lui, tu ne dois pas être amoureuse de moi. Je suis loin d’être un type pour toi.
Joey : Pacey, tu es exactement celui dont j’ai besoin, lui dit-elle en posant ses mains sur son torse. Tu es celui qui me fait rire, qui me réconforte lorsque je suis triste, celui à qui je pense pour que ma journée s’éclaire.
Pacey évitait le regard de Joey, ses paroles lui réchauffaient autant le cœur qu’elles le mettaient mal à l’aise.
Joey : Je ne me lève qu’avec l’espoir secret de te voir et lorsque tu poses tes yeux sur moi j’ai l’impression d’être la plus belle fille du monde.
Pacey plongea instantanément son regard dans le sien.
Pacey : Mais tu es la plus belle fille du monde, murmura-t-il.
Les yeux de Joey se mirent à briller lorsqu’elle vit ceux de Pacey descendre sur ses lèvres. Lentement, elle prit la main du jeune homme et la posa sur son cœur. Pacey sentit qu’il battait la chamade sous ses doigts.
Joey : Il ne bat que pour toi, lui murmura t-elle.
Pacey passa son autre main dans les cheveux de Joey et la redescendit le long du doux visage de celle-ci, ses yeux ne quittaient pas les siens. Du bout du pouce, il lui caressa les lèvres et ne résistant plus à la tentation, il plongea vers elles et les posséda. Le cœur de Joey tambourina contre sa poitrine alors que le sang martelait dans ses tempes. Elle se serra tout contre lui et lui rendit son baiser avec plus d’ardeur. Pacey sentit les larmes de la jeune fille glisser le long de ses joues.
Pacey : Pourquoi ces larmes ? lui demanda t-il tout contre ses lèvres.
Joey : Ne pars pas, l’implora t-elle des sanglots dans la voix.
Pacey : C’est hors de question, lui dit-il tendrement en lui effleurant les lèvres de la même manière qu’elle l’avait fait l’autre soir.
Joey passa ses bras autour de son cou et se serra dans ses bras. Pacey sentait le cœur de la jeune fille battre contre le sien. Il voulait s’accrocher à l’espoir qu’elle lui offrait même si cela était inconsidéré. A cet instant précis, il se sentait l’âme d’un amoureux transi pour elle. Si elle lui avait demandé la lune, il serait aller la lui chercher.
Jen et Dawson avaient décidé d’aller au cinéma et pour cela, ils étaient passés voir si Pacey et Joey désirait venir avec eux. Bon, s’ils étaient sincères, ils auraient avoués que leur véritable motivation résidait dans le désir de savoir ce qu’il se passait chez les Potter mais ils avaient pensé qu’y aller avec une excuse serait plus crédible. Jen jeta un coup d’œil vers Dawson afin de savoir s’il était prêt. Celui-ci hocha la tête, en même temps, ils prirent une profonde respiration et Jen tapa à la porte. Bessie vint leur ouvrir au bout de quelques minutes.
Bessie : Salut vous deux leur, lança t-elle gaiement.
Jen : Bonsoir Bessie, on est venu voir si Pacey et Joey auraient envie de venir avec nous au cinéma.
Dawson : Avec ta permission, ajouta t-il.
Jen : Bien sûr.
Bessie : Entrez. Aller leur demander vous-même, ils sont dans le salon. Vous n’avez qu’à suivre le bruit, leur indiqua t-elle en souriant.
Jen et Dawson marchèrent lentement vers l’endroit indiqué. Des bruits leur parvenaient effectivement de la pièce, des éclats de rire ainsi que quelques protestation étouffés dans des rires. Ils passèrent leurs têtes dans l’embrasure de la porte et aperçurent Joey et Pacey se chamaillant dans le canapé. Allongé sur Joey, Pacey la chatouillait tandis que Joey criait pitié. Dawson et Jen se sourirent tandis qu’ils les observaient, attendris. Lorsqu’ils les virent s’embrasser, ils en restèrent bouche bée mais furent ravis pour eux.
Jen : On vous dérange peut être ?
Leurs têtes se penchèrent vers eux et ils leurs sourirent.
Joey : On ne vous avez pas entendu.
Dawson : Faut dire que vous avez l’air occupé.
Joey : Un peu, dit-elle en reposant son regard amusé sur Pacey.
Pacey : Que pouvons-nous faire pour vous ? leur demanda t-il en se relevant.
Ils leur exposèrent leur projet et les autres acceptèrent. Pacey aida Joey à enfiler son manteau et sous le regard attendri de Bessie, ils sortirent tous les quatre. Joey prit la main de Pacey dans la nuit. Ils étaient à quatre, comme avant, pensa t-elle. Pacey se tourna vers elle et lui sourit tendrement. Enfin presque, se dit-elle en lui déposant un rapide baiser sur les lèvres. L’amour en plus.
Joey : Je donnerai cher pour savoir à quoi tu penses, lui dit-elle en se resserrant contre lui.
Pacey leva sa tête vers les étoiles en soupirant. Après le cinéma, ils étaient sortis pour apprécier la légère brise de la nuit. Assis dans le transat du jardin, Pacey tenait Joey contre lui, une couverture reposant sur eux.
Pacey : Je pensais à la chance que j’ai lui dit-il en l’embrassant sur la joue.
Joey : Je suis contente que tu t’en aperçoives enfin, lui dit-elle en rigolant.
Elle reposa sa tête contre son torse et replongea son regard vers la nuit étoilée. La vision qu’elle reflétait sur le lac était magnifique. Au creux des bras de Pacey, Joey passait la plus merveilleuse soirée de sa vie. Elle ne se serait pas douter une seule seconde que derrière elle, Pacey venait de lui mentir et déprimer. Il repensait à la scène devant le cinéma. Il était en colère contre lui, comment n’avait-il pas penser à ça ?? Arrivé devant le guichet, il avait réaliser qu’il n’avait pas un sou en poche. Joey l’avait regardé en souriant et avait sorti son portefeuille. Elle avait payé pour lui, et si cela ne lui avait pas posé de problèmes à elle, à Pacey cela lui avait gâché sa soirée. Jamais il ne pourrait se faire à l’idée qu’une fille paie pour lui, il n’était pas du genre à se faire entretenir. Cela lui confirmer qu’il n’était pas assez bien pour elle, il n’était même pas capable de lui payer une place de cinéma !!
Joey : Je ne me suis jamais sentie aussi bien Pacey, lui dit-elle en resserrant les bras de Pacey contre elle.
Pacey non plus et c’est ce qui lui faisait le plus mal. S’il mettait de côté les problèmes judiciaire et de fric, Joey était la plus belle chose qu’il n’avait jamais eu dans sa vie.
Joey : Tu vas voir, tout se passera bien maintenant, lui dit-elle d’une voix assurée. On pourrait finir nos études et ensuite on quitterait cette ville pour aller quelque part où personne ne nous connaît et où on pourrait repartir de zéro.
Pacey baissa la tête tristement, les rêves de Joey, bien que jolis, étaient irréalisables. Même s’il décidait de reprendre ses études, il avait manqué pratiquement deux mois de cours et n’avait que très peu suivi lorsqu’il y mettait encore les pieds. Jamais il n’aurait son diplôme en même temps qu’elle. Et quitter cette ville ? C’était bien beau mais pour aller où ? Pour faire quoi ? Son esprits dériva vers ses amis, Harper, Sky, Kyle….que leurs étaient-ils arrivé ? Personne n’avait été capable de le lui dire encore. Il avait besoin de savoir s’ils allaient bien et ce qu’il allait leur arrivé à eux aussi. Seraient-ils au tribunal demain eux aussi ?
Joey : On sera heureux tous les deux, marmonna t-elle d’une voix ensommeillée.
Pacey sentit la main froide de Joey entrelacer la sienne. Il regarda tristement leurs deux mains jointes. Joey était tellement bien comme fille. Pourquoi avait-il fallait qu’elle le choisisse lui comme petit ami. Et pourquoi avait-il fallut que lui aussi tombe amoureux d’elle ? se demanda t-il sombrement.
Marjo (15.01.2004 à 22:18)
Le lendemain matin, main dans la main, Pacey et Joey traversaient le tribunal. Pacey avait demandé à Joey de ne pas venir mais elle avait catégoriquement refusé de le laisser seul. Il avait rendez-vous avec le Juge Paterson à 10 heures. Il balaya le hall du tribunal à la recherche d’un visage familier. Il sentit Joey se coller à lui. Elle désirait sûrement lui faire comprendre qu’elle le soutenait et qu’elle était avec lui. Il ne savait pas comment lui dire qu’il avait besoin d’être un peu seul. Une porte grinça et un officier en sortit. Puis,Sky, Kyle et T-Jay apparurent, menottes au point. Ils portaient encore des vêtements de détenus. Pacey en conclut qu’ils n’étaient pas sortis et avait dû attendre leur jugement derrière les barreaux. Le regard de Sky croisa le sien, il n’avait pas l’air en colère ni même de lui en vouloir mais Pacey se sentit mal à l’aise tout de même, les yeux de Sky descendirent le long du corps de Pacey et s’arrêtèrent sur ses doigts enlacés avec ceux de Joey. D’un geste brusque, Pacey lâcha la main de la jeune fille. Joey avait vu la scène et en eut le cœur meurtri.
Joey : Je vais chercher un café, lui dit-elle tout bas.
Pacey ne se retourna même pas vers elle, aux bords des larmes, elle s’éloigna. Kyle et T-Jay lui jetèrent un regard mauvais lorsqu’ils passèrent à leur tour devant lui. Il détourna la tête. L’agent de police les fit entrer dans le tribunal en premier. Il allait les suivre lorsqu’une main l’arrêta. Pacey se retourna et ses retrouva face à son frère. Doug avait l’air comme gêné.
Doug : Comment te sens-tu ?
Pacey : Comme quelqu’un qui va passer devant un juge.
Doug : Oui, évidemment question stupide.
Pacey : Qu’est-ce que tu fais là Doug ? lui demanda t-il intrigué.
Doug : Je me suis dis que se serait bien qu’au moins une personne de la famille soit là.
Pacey le détailla des pieds à la tête. Il ne s’était jamais véritablement entendu avec son frère mais il réalisa à cet instant qu’il n’avait jamais réellement discuté avec lui auparavant.
Pacey : Puisque tu es là, je peux te poser une question ? lui demanda t-il en hésitant.
Doug : Vas-y.
Pacey : Qu’est-il arrivé aux autres mecs qui étaient avec moi ?
Doug : Et bien, le père de Kevin Marshall est venu le chercher le lendemain matin, et avec ses relations, il s’est arrangé avec le procureur pour un peine minimale. Quand à tes amis T-Jay Simmons, Kyle Fisher et Sky Thomson, ils sont resté en cellule jusqu’à aujourd’hui et doivent passer en même temps que toi.
Pacey : Et Harper ?
Doug : Il est à l’hôpital, aux dernières nouvelles, il ne s’est pas encore réveillé.
Oh mon dieu, se dit-il paniqué, il revit en souvenir la tête de Harper cognait contre la vitre et se rappela le bruit de craquement qui avait suivi. Pacey jeta un regard vers la porte du tribunal, dans quelques minutes, il serait jugé pour « Vol et destruction du bien d’autrui » ainsi que pour « Refus d’obtempérer ».
Pacey : Doug, qu’est-ce que je risques ? lui demanda t-il, nerveux.
Doug : C’est ton premier délit, tu n’as pas de casier. Je penche pour des travaux d’intérêt général avec une amende. Un sursis tout au plus mais tu n’iras pas en prison.
Pacey se sentit quelque peu soulagé. Quelqu’un héla son frère. Doug lui fit un signe désolé et s’éloigna avant de se retourner vers lui.
Doug : Pacey ?...Je t’aurai sortis de là si Joey ne l’avait pas fait, lui dit-il sincère.
Pacey le regarda surpris avant de lui sourire faiblement, il avait toujours mit son père et son frère dans le même panier, peut-être l’avait-il jugé un peu vite.
John : Elle aussi, tu vas l’entraîner dans ta chute ?
Pacey se retourna et affronta le regard haineux de son père.
Pacey : De quoi tu parles ?
John : De la petite Potter, je t’ai vu avec elle. Vous avez l’air très proche. Tu comptes faire quoi d’elle la prochaine fois que tu iras en prison ?
Pacey : Je n’ai aucune envie de parler avec toi !
John : Je la vois bien trimant sangs et os pour entretenir un raté comme toi. Tu vas la faire vivre avec un boulet aux pieds jusqu’ à ce qu’elle réalise elle-même qu’elle n’a pas besoin de toi pour vivre. Pauvre fille, lâcha t-il plein de dédain avant de le laisse seul.
Pacey chercha Joey des yeux et la trouva près du distributeur. Son père avait beau être une pourriture, il avait raison. S’il restait avec Joey, il allait l’entraîner avec lui dans sa chute. A cause de lui déjà, elle mettait les pieds dans un tribunal. Il la regarda tristement replacer une de ses mèches de cheveux derrière ses oreilles, il l’aimait la voir faire ce geste si naturel. Joey ne serait jamais heureuse avec lui, il ne pourrait pas la rendre heureuse. Les yeux embués, il pénétra dans la salle de tribunal.
Pacey avait décidé de noyer sa dépression dans l’alcool. Le juge lui avait donné huit semaines de travaux d’intérêt général ainsi qu’une amende 1000 dollars. Exactement ce que Doug lui avait prédit. Il leva son verre et but à la santé de Doug. Mis à part Sky qui avait eut 6 mois de travaux à cause de son casier et une amende de 5000 dollars, les autres avaient eu la même peine. Et ensemble, ils étaient tous venus fêter ça dans le premier bar venu. Mais d’abord, Pacey était repassé chez son cher papa à qui il avait volé un peu d’argent, se souvint-il en souriant. Il se tourna vers la piste et vit Flora et Vanessa qui dansaient sur la piste avec Kyle et T-Jay, heureux d’être libres. Il remarqua que Sky se tenait un peu à l’écart et buvait une bière tranquillement. Il n’avait probablement pas envie d’être dérangé ce soir et ça tombé plutôt bien car lui non plus n’avait pas envie de parler. Il vida son verre et en commanda un autre. Il en était à son quatrième scotch et il commençait à peine à sentir le vertige de l’alcool en lui, il se sentait encore trop connecté avec les gens qui l’entourait, ce soir, il avait besoin de faire le vide, de ne plus penser à rien. Il fit tourner l’alcool dans son verre et tout à coup, il vit le visage de Joey se dessinait au fond. Joey….il ne l’avait pas revue après le jugement, il s’était sauvé par derrière, la laissant seule. Elle avait dû le chercher partout mais il n’avait pas été capable de lui faire face. Elle avait trop cru en lui et en ses capacités, il détestait l’idée qu’elle pouvait avoir de lui, celle du preux chevalier. Il était tout sauf ça ! Mais ce qu’il détestait par-dessus tout, c’était lui. D’un trait, il avala son verre et refit signe au serveur.
Joey : Pacey ?
Il n’eut pas besoin de se retourner pour savoir qu’elle était derrière lui, il pouvait sentir son parfum à travers les effluves du scotch. La petite voix avec laquelle elle prononçait son prénom trahissait plus de l’anxiété que de la rancune. Il avait disparu sans rien lui dire et il la sentait prête à lui pardonner, cette fille était vraiment incroyable. Il prit une profonde inspiration et se retourna lentement vers elle.
Pacey : Joey Potter…qu’est-ce qu’une fille comme toi viens faire par ici ?
Joey : Pacey, je m’inquiétais pour toi, tu es parti sans rien dire.
Pacey : Et l’idée que je n’avais pas envie de te voir ne t’as pas traversé l’esprit ? lui demanda t-il cinglant.
Joey : Pacey tu es saoul, constata t-elle.
Pacey : Excellente déduction Sherlock.
Joey : On devrait renter, je te ferai un café et nous en parlerons.
Pacey : Parler de quoi ? Nous n’avons pas grand-chose à nous dire.
Joey : Pacey, je croyais que toi et moi….lui dit-elle d’une voix tremblante.
Pacey : Que toi et moi quoi ? Qu’on sortait ensemble, tu plaisantes ou quoi ? lâcha t-il venimeux. Regarde-toi ? Tu crois vraiment qu’un garçon pourrait se sentir attirer par toi ? Bon pour une nuit à la rigueur mais pour toute une vie…
Joey avait les larmes aux yeux, elle ne pouvait pas croire que c’était réellement Pacey qui se tenait devant elle et lui disait ses horreurs. Il devait y avoir une raison, c’était impossible, la veille encore il la serait dans ses bras en lui disant qu’elle comptait énormément pour lui. Et elle était sûre qu’il était sincère.
Pacey : Joey, tu devrais sortir d’ici. Vois-tu, j’avais besoin de toi c’est tout. Tu as été comment dire ?... « Utile » voilà, c’est ça, dit-il avec mépris. Je ne veux pas de petite fille, je veux une vraie femme.
Jane : Un peu comme moi, dit-elle en venant se coller contre Pacey.
Pacey salua son arrivée et la prit dans ses bras.
Pacey : Exactement comme elle, dit-il en l’embrasant à pleine bouche. C’est elle qui m’attire, pas toi.
Il reposa son regard vers Joey et Jane s’éloigna satisfaite.
Pacey : Tu ne tiens vraiment pas la comparaison, lui dit-il avec dédain.
Joey ne retint pas les larmes qui jaillirent et glissèrent le long de son visage. Son corps était secoué de sanglots. Pacey venait de lui briser le cœur et il semblait y avoir pris du plaisir. Blessée et humiliée, elle lui asséna une claque magistrale
Joey : Je te déteste de toute mon âme, lui dit-elle en le fixant dans les yeux, avant de sortir en courant dans la rue.
Pacey la regarda partir les larmes aux yeux.
Pacey : C’est ça, déteste-moi mon amour, se murmura t-il en se caressant du bout des doigts sa joue endolorie.
Dans la ruelle derrière le bar, Pacey sentait les mains de Jane lui parcourir le corps, il l’avait laissée l’entraîner, espérant qu’elle saurait lui faire oublier Joey et la journée qu’il venait de passer. Il l’embrassa mais eut l’impression d’un grand vide en lui lorsque les lèvres de la jeune fille jouèrent avec les siennes. Il entendit une porte claquer et la carrure de Sky apparut à côté d’eux.
Sky : Rentre à l’intérieur, dit-il à Jane.
Jane : Tu ne vois pas qu’on est occupé ? lui demanda t-elle énervée.
Sky : Plus maintenant, lui dit-il en la tirant par le bras.
Pacey : Eh, va te faire foutre, lui dit-il en le repoussant, on fait ce qu' on veut.
Sky : Si tu veux te battre, on le fera mais pas avant que tu m’ais écouté.
Pacey : Je n’ais aucune envie de parler.
Sky : Ca tombe bien c’est moi qui parle !
Pacey : Toi ? dit-il en relevant un sourcil interrogateur vers lui. Tu dis rarement plus de deux mots.
Sky : Assis-toi, lui intima t-il.
Ne se sentant pas très bien sur ces jambes de toute façon, Pacey se laissa glisser le long du mur et s’assit pas terre.
Sky : Ma mère est morte lorsque j’avais quatre ans et c’est mon père qui m’a élevé. Ce sacro saint pasteur qui disait à qui voulait l’entendre que j’étais la progéniture du mal et qu’il entendait me garder sur le droit chemin. Ca façon de me « garder sur le droit chemin » consistait à me faire copier la bible tous les dimanches, à réciter des prières de trois pages tous les soirs avant d’aller dormir. Je n’allais pas à l’école avec les autres car j’aurais pu les entraîner vers le mal comme il disait.
Pacey releva la tête vers lui, surpris par cet aveu. Il savait que sa vie n’avait pas dû être drôle mais il n’avait pas imaginer ça.
Sky : Les autres enfants m’appelaient « le fils de Satan », continua t-il. Leurs parents leur disaient qu’il ne fallait pas jouer avec moi, ils n’avaient même pas le droit de me regarder. J’avais fini par me convaincre que j’étais différent, malsain. Mais un jour, une fille a bravé tout le monde et elle est venue me parler. La plus belle fille que j’ai jamais vue, évidemment comme un imbécile, je suis tombé fou amoureux d’elle. Petit à petit, elle a fini par me convaincre que je n’avais rien fait de mal et qu’on pourrait être heureux ailleurs. Alors, le jour de mes seize ans, on avait prévu tous les deux de s’enfuir. J’ai rencontré mon père avant de la rejoindre, dit-il une pointe d’amertume dans la voix, il m’a parlé du mal que je représentais pour moi et pour les autres, m’affirmant que si je l’entraînais avec moi, je causerais sa perte.
Pacey : Et qu’est-ce que tu as fais ?
Sky : Je suis parti, seul. Et voilà où j’en suis lui dit-il tristement.
Pacey : Tu ne t’en es pas si mal sorti.
Sky : Pas si mal sorti ??? répéta t-il en s’accroupissant devant lui. Qu’est-ce que tu crois ? Que c’est ça la vie ? Mendier, voler…Tu es le roi des imbéciles !!! lui cracha t-il. D’accord tu n’as pas de chance avec ton paternel mais bon dieu il y a des gens qui t’aiment !! Tu ne peux pas tout foutre en l’air juste parce que tu te prends pour le dernier des ratés. Dis-toi bien que cette fille, cette Joey, elle n’aime pas l’image que le miroir te reflète mais celle que ces yeux, à elle, voient. Et je dois avouer pour que pour l’instant elle n’est pas terrible, lui dit-il avec un petit sourire taquin. Si tu avais encore un peu de jugeote, tu irais prendre une douche, te mettre sur ton trente et un et tu irais lui dire que tu es le roi des cons. Avec un peu de chance, elle te pardonnera.
Pacey : Tu n’es pas retourné la voir toi alors pourquoi je le ferais ?
Sky : J’y suis allé, lui dit-il en plongeant son regard dans celui de Pacey. J’y ai appris que deux jours après mon départ, elle avait fait une virée avec un joueur de l’équipe de football, elle qui les détestait tous. Elle avait bu, lui aussi. La voiture a percuté un arbre. Elle est morte sur le coup.
Pacey : Je suis sincèrement désolé pour toi mais tu ne sais rien de ce qu’il se passe entre moi et Joey. Notre histoire est différente.
Sky : Peut-être, mais ce que je sais, c’est que si Joan était encore en vie, je ne serais pas ici à te parler. Je serais devenu ce qu’elle aurait voulu, flic même s’il l’avait fallu, je l’aurais épouser et lui aurait fait trois enfants.
Pacey : Mais qu’est-ce que je pourrais lui apporter ? lui demanda t-il les larmes aux yeux.
Sky : Elle, elle le sait. Et de son côté, crois-moi, ce qu’elle peut te donner ça vaut de l’or. Cette fille c’est ta chance de sortir d’ici, ton ticket gagnant. Si tu ne le saisis pas, tu seras vraiment l’idiot que je croyais au début.
Sky se releva et après un dernier regard sur Pacey, il rentra à l’intérieur du bar. Pacey laissa ses bras retombés le long de son corps.
Pacey : Ce serait trop dur d’être à la hauteur de ses espérances, murmura t-il alors que des larmes lui ruisselaient le visage.
Marjo (15.01.2004 à 22:30)
Joey passa devant la cuisine en courant, Bessie n’eut que le temps d’entendre le bruit d’une porte qu’on claque. Elle se retourna vivement et se précipita auprès de sa sœur. Quelque chose avait du mal se passer. Elle avait eu un mauvais pressentiment lorsque Joey était rentrée du tribunal et lui avait dit ne pas avoir retrouvé Pacey après le jugement. Elle avait eu raison, ce garçon continuait à semer la pagaille sur son passage. Elle aurait mieux fait de le laisser en prison, pensa t-elle amèrement. Elle ouvrit lentement la porte de la chambre de sa soeur et fut anéantie par la vison de Joey, allongée le long de son lit, la tête enfouie dans l’oreiller, pleurant toutes les larmes de son corps. Elle alla s’asseoir à côté d’elle et lui caressa doucement les cheveux, tentant vainement de l’apaiser.
Bessie : Joey, ma chérie, veux-tu me raconter ce qu’il s’est passé ?
Joey : Je le déteste ! lui dit-elle dans sanglots plein la voix.
Bessie : Tu l’as trouvé alors ?
Joey : Oui, il était avec sa bande de copain, il préfère être avec eux plutôt qu’avec moi !!
Bessie : C’est ce qu’il t’as dis?
Joey : Il a été très clair, dit-elle tandis que ces larmes redoublaient. Il a dit qu’il s’était servi de moi et que jamais il ne pourrait sortir avec une fille comme moi, que lui, il voulait être avec une vraie femme et c’est là qu’une autre fille est apparue et il l’a embrasée. Il m’a dit que c’était elle qu’il voulait, pas moi.
Bessie : Le petit salop, vociféra t-elle. Après tout ce que tu as fais pour lui !! Si je l’avais en face de moi, je te jure que….
Bessie se calma devant le désespoir de sa petite sœur. Elle savait que malgré tout ce que ce garçon avait pu lui dire, Joey l’aimait encore et c’était ce qu’il rendait sa blessure encore plus pénible. Elle la prit dans ses bras et entreprit de la bercer tendrement.
Bessie : En tout cas, Joey, je ne veux plus le revoir chez moi.
Joey enfouit sa tête contre Bessie et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Ses beaux rêves venaient de voler en poussière.
Pacey écoutait d’une oreille distraite Kevin qui racontait aux autres comment son père avait marchandé avec le procureur pour qu’il s'en tire avec une simple amende de 500 dollars. Pacey était dégoûté de voir comment le système pouvait être corrompu pour certains. Kevin avait l’air assez fier de lui et les autres buvaient ses paroles en rigolant. C’était incroyable de voir comment ils pouvaient rire avec lui sans lui en vouloir d’être passé entre les mailles du filet et de repenser aux regards noirs qu’ils lui avaient adressé le jour du procès alors que lui n’avait fait que sortir deux jours pour finalement écoper de la même peine.
Vanessa : Quelqu’un à des nouvelles d’Harper ?
Sky : Je suis passé le voir ce matin, il s’est réveillé, leur apprit-il avec un éclatant sourire. D’après l’infirmière, il sera sur pieds dans quelques jours.
Pacey se sentit soulagé pour Harper. C’était un gentil garçon, à 15 ans, il avait déjà vécu plus que sa part. Fils d’un père alcoolique et d’une mère incapable de s’occuper de lui, il préférait la rue à sa maison et personne ne semblait s’en soucier vraiment. D’ailleurs, c’était vrai pour chacun d’entre eux. Jamais, il n’avait vu l’un de leurs parents venir faire un scandale en leur ordonnant de rentrer à la maison. Ils devaient sûrement mieux se porter lorsqu’ils n’étaient pas là.
Pacey : Je vais marcher un peu, leur annonça t-il.
Les autres lui adressèrent un vague signe lorsqu’il les quitta. Ce soir, Pacey ne se sentait pas très bien, il n’avait pas envie de parler pendant des heures des mêmes choses, ni d’attendre le soir pour boire de la bière jusqu’au petit matin afin d’éviter tout simplement de penser. Non, il voulait juste se retrouver seul et faire le point. Il avait très souvent repensé à ce que Sky lui avait dit, une semaine auparavant dans la ruelle sombre du bar du vieux Perkins. Il avait raison sur un point, mendier et voler ne l’aiderait pas à construire sa vie. Il avait des rêves autrefois, des buts. Il voulait devenir quelqu’un. Et par-dessus tout, il voulait être aimé de quelqu’un. Il vit alors le visage de Joey flotter dans les airs, elle, elle l’avait aimé sans jamais rien lui demander en retour. Ces deux jours passaient auprès d’elle avait été les plus heureux de sa vie, malgré quelques inquiétudes face à son avenir, la sentir dans le creux de ses bras et savoir qu’elle s’y sentait en sécurité était un sentiments enivrant. Pour une fois, il avait eu l’impression d’être important pour quelqu’un. Pacey leva les yeux et sourit. Ses pas l’avaient conduit jusque devant la maison des Potter, cela faisait deux jours de suite qu’inconsciemment, il revenait près d’elle et passait plusieurs heures à l’espionner avant de tristement retourner voir les autres. Pacey soupira, malgré son désir de la tenir éloignée de sa vie, il ne pouvait s’empêcher de penser à elle. Tapi dans la forêt environnante, il avait une vue imprenable sur la maison des sœurs Potter et sur Joey, qui était assise à l’arrière et jouait avec Alexander. En dépit de la bonne volonté qu’elle y mettait, Pacey voyait bien que son regard était absent, la lueur qui brillait d’habitude dans ses yeux était éteinte. Son cœur se serra à l’idée que cela était de sa faute. Il ne pouvait pas supporter de la voir ainsi un instant de plus. Pris par l’envie de fuir, il prit ses jambes à son cou et refit le parcours à l’envers. Il courut jusqu’à en perdre haleine, ne s’arrêtant que pour reprendre sa respiration de temps en temps. Au dernier arrêt, il regarda autour de lui, visiblement, il s’était aventuré un peu trop loin, il ne reconnaissait pas le quartier. Il scruta les environs et n’aperçut personne.
Voix : Tu as l’air perdu, lui dit une voix venu de nulle part.
Pacey : Qui est là ? demanda t-il d’une voix mal assuré.
En l’espace de quelques secondes, Pacey était entouré de cinq garçons.
Voix : Je vous avais dit les mecs, je n’oublie jamais une tête, dit l’un d’entre eux avec un sourire triomphant.
Gars : Tu t’es trompé de route apparemment, lui dit un autre en rigolant.
Pacey les scruta un à un, le regard qu’ils prenaient pour le regarder le lui disait rien de bon. Ils avaient l’air de lui parler comme s'il le connaissait. Pacey passa ses souvenirs en mémoire rapidement et lorsqu’il réalisa d’où il les connaissait, ses yeux s’écarquillèrent.
Voix : J’ai l’impression qu’enfin, il nous remet.
Eh merde, se dit Pacey, c’était les gars avec qui il s’était battu avec Harper, Kyle et les autres. Ceux qui avaient blessé Sky d’un coup de couteau. Pacey, en effet, ne tarda pas à revoir ce même couteau jaillir de l’une des poches de ces types. De la sueurs perla le long de son dos, il déglutit péniblement. Ces mecs n’étaient pas des tendres ni des enfants de chœurs.
Pacey : Attendez, les gars, moi je n’y suis pour rien dans vos histoires.
Voix : Dans ce cas, c’est pas de bol pour toi.
Pacey reçut le premier coup et malgré sa tentative pour se défendre, il n’avait pas l’avantage et le savait bien. Les coups fusèrent de toutes parts si bien qu’il ne les voyait plus arriver, sa vision se troubla, un coup à la mâchoire lui arracha un cri de douleur. Soudain, sa poitrine lui brûla, il eut la sensation d’une chaleur diffuse à l’intérieur de lui, il porta la main à la plaie et se plia en deux sous la douleur. Il eut l’impression de perdre l’équilibre et de tomber dans un gouffre béant, il vacilla et lorsque sa tête heurta lourdement le sol, il perdit connaissance.
Joey et Bessie revenaient de Providence où elles étaient allées faire quelques courses. En sortant de la voiture, Joey aperçut une forme bizarre, qui semblait recroquevillée sur elle-même. En s'approchant plus près, elle sursauta, elle venait de reconnaître le corps de Pacey. Il était assis sur les marches du perron, sa tête était appuyée contre la rembarde. Son cœur manqua un battement, elle ne l'avait pas revu depuis la terrible scène où il lui avait enjoint de le laisser tranquille et qu'il lui avait balançé toutes ses méchancetés. Elle s'approcha encore plus près en murmurant son nom mais ne vit aucune réaction. Elle se rendit compte soudainement qu'il semblait blessé.
Joey : Oh, mon Dieu, Pacey ! cria t-elle complètement paniquée.
Elle le secoua doucement pour tenter de le réveiller mais Pacey ne cilla pas. Elle lui prit la main et se rendit compte qu’elle était gelée, il devait être là depuis plusieurs heures. Son visage était marqué par les coups, on l’avait passé à tabac.
Bessie : Que fait-il là ? demanda-t-elle pleine de dédain.
Joey ne lui répondit pas, elle pleurait et ses larmes chutaient sur le visage ensanglanté de Pacey.
Joey : Pacey…
Elle se retourna vers sa sœur; l'air désespéré.
Joey : Bessie, appelle un médecin, la supplia-t-elle des sanglots plein la voix.
Bessie jeta un regard noir vers le corps alangui de Pacey et haussa les épaules.
Bessie : Si tu veux mon avis, c'est la police qu'il faudrait appeler, cracha-t-elle venimeuse.
A ce ton, Joey qui s'était reconcentrée sur Pacey, releva les yeux vers sa sœur et la regarda avec animosité.
Joey : J'ai besoin d'un médecin, pas de ton avis, déclara-t-elle froidement, ses yeux jetant des éclairs.
Bessie finit par obtempérer et se dirigea vers la maison lorsqu’un cri de Joey déchira la nuit.
Joey : Oh mon dieu, Bessie, il est blessé, près du cœur, pleura-t-elle tandis qu'elle relevait une main recouverte du sang chaud et poisseux du jeune homme.
A la vue du sang, Bessie paniqua à son tour et courut au téléphone et appel le docteur Williams, un vieil ami de la famille.
Joey était assise sur le canapé du salon, Jen était juste à côté d’elle. Etant donné que Joey refuser de lui parler, Bessie l’avait appelé pour ne pas que Joey reste seule. Les deux filles attendaient que le médecin sorte de la chambre où il auscultait Pacey. Joey l’avait installé sur son propre lit. Elle avait bien l’intention de rester auprès de lui, quoiqu’en pense Bessie. Elle commençait à en avoir marre de rester assise, elle se leva et commença à faire les cent pas, Jen la regardait déambuler dans la pièce, elle ne savait pas quoi lui dire pour lui remonter le moral. Elle n’avait encore jamais vu Joey aussi nerveuse et inquiète de toute sa vie
Jen : Joey, Pacey va bien, lui assura t-elle.
Joey : Tu ne l’as pas vu toi, tu ne sais pas dans quel état ils l’ont laissé. Ni sa plaie…seigneur Jen, il lui ont planté un couteau juste sous le cœur. Quelques centimètres plu haut et il….dit-elle avant de fondre en larmes.
Jen se leva et vint la serrer contre elle.
Jen : Calme-toi, je suis sûr que ça va aller.
Joey : J’ai peur lui dit-elle en sanglotant.
Jen : Je n’arrive pas à croire que tu fasses tout ça après ce qu’il t’a dit ?
Joey : Je l’aime lui dit-elle en se détournant d’elle, je l’aime malgré tout. C’est plus fort que moi.
Jen : Je sais.
Le docteur sortit de la chambre et Joey se précipita vers lui.
Joey : Docteur, je vous en prie, dites-moi qu’il va bien ? le supplia t-elle.
Docteur : Ce jeune homme est résistant. Je préférerais qu’il aille à l’hôpital mais puisque que vous êtes contre, je vais le soigner ici. Je repasserai le voir demain pour lui changer ces pansements. En attendant, il va falloir le veillez pendant au moins 48 heures.
Joey : Merci docteur. Je peux le voir ?
Docteur : Bien sûr. Je lui ai donné des calmants, il devrait dormir pendant un très long moment mais il risque d’avoir des heures difficiles, la prévint-il.
Joey : D’accord.
Joey ouvrit la porte et se retourna vers le docteur Williams.
Joey : Une dernière chose docteur, son père n’a pas besoin de savoir où il est ni ce qu’il lui arrive.
Docteur : Je suis tenu au secret médical, lui dit-il avec un petit sourire en coin.
Lui non plus, ne portait pas vraiment le shérif de la ville dans son cœur. Joey lui adressa un sourire de reconnaissance et pénétra dans sa chambre. Pacey était allongé sur son lit, il paraissait dormir paisiblement. Elle s’approcha sans faire de bruit et lui prit la main avant de s’asseoir au bord du lit. D’une main douce, Joey lui caressa le visage et effleura ses hématomes. Des larmes perlèrent le long de ses joues et s’écrasèrent sur le torse bandé de Pacey.
Joey : Je vais rester près de toi, je te le promets, lui dit-elle en lui embrassant le front.
Bessie se tenait dans l’embrasure de la porte, elle observait Joey, assise au chevet de Pacey. Elle n’avait pas bougé depuis six heures et paraissait épuisée. Elle s’approcha doucement d’elle et lui posa une main sur l’épaule.
Bessie : Joey, va te reposer un peu.
Joey : Pas question, lui dit-elle sèchement. Je ne le laisserais pas seul.
Bessie : Joey, tu tombes de fatigue, tu dois aussi te reposer.
Joey : Je ne peux pas, le médecin a dit qu’il fallait le surveiller pendant 48 heures.
Bessie : Je vais le faire, je vais rester avec lui pendant que tu dors un peu, lui assura t-elle.
Joey leva vers elle un regard surpris et inquiet. Pouvait-elle lui faire confiance ? Elle comprit à l’air de sa sœur que oui. Elle lui adressa un sourire rempli de reconnaissance. A contre cœur, elle se leva et de ses yeux implora Bessie.
Bessie : Je te promets de t’appeler s’il se réveille. Maintenant, ne reviens pas avant d’avoir dormi un peu, pris une douche et mangé quelque chose.
Joey hocha la tête et sortit de la pièce. Bessie s’assit, prit un livre et commença à le lire, non sans jeter de fréquents coups d’œil vers Pacey afin de s’assurer qu’il dormait bien. Elle était toujours autant fâchée contre lui à cause du mal qu’il faisait à sa sœur mais elle ne pouvait nier qu’autrefois, elle aimait la présence du jeune homme chez elle, il savait s’y prendre avec Joey. Et c’était en souvenir de ce jeune homme qu’elle était assise là.
A peine le temps d’emmagasiner quelques heures de sommeil que Joey était déjà de retour auprès de Pacey. Elle n’avait pas pu se résigner à le laisser seul avec sa sœur trop longtemps. Elle avait besoin d’être avec lui. De toute façon, chaque fois qu’elle fermait les yeux c’était pour avoir l’image de Pacey ensanglanté alors autant qu’elle soit auprès de lui, pensait-elle. Au moins, elle était sûre qu’il allait bien. Bessie l’avait regardé avec un air mécontent lorsqu’elle était réapparue mais elle avait bien compris à son expression qu’il était hors de question qu’elle la renvoie se coucher. Sans un bruit, elle avait quitté la pièce. « Il fait de la fièvre » lui avait-elle seulement glissé avant de refermer la porte. Joey trempa le gant de toilette dans la bassine d’eau posait sur la table de nuit et essuya le front en sueur de Pacey. Bessie avait raison, il faisait de la fièvre, son front était bouillant alors même qu’il tremblait. Le docteur avait prévenu qu’il y aurait des heures difficiles. Après l’avoir rafraîchi un peu, Joey lui prit la main entre la sienne et se rapprocha de lui. Puis, elle ferma les yeux et repensa aux merveilleux moments qu’ils avaient passés l’un avec l’autre lorsqu’ils étaient dans l’attente de son procès. Le soir passé à regarder les étoiles et où elle s’était endormie dans ses bras étaient pour elle un des souvenirs les plus magiques. Qu’importe que pour lui, rien de tout cela n’ait compté, pour elle, ces moments resteraient dans sa mémoire. Ouvrant, les yeux, Joey eut l’impression d’avoir vu les lèvres de Pacey remuer. Elle secoua négligemment, la tête, visiblement, la fatigue devait être plus présente qu’elle ne le croyait, elle avait des apparitions. Le fait se reproduit cinq minutes plus tard, cette fois, Joey fut sûre de l’avoir vu articuler quelque chose. Il devait probablement délirer, cela devait être les effets du calmant que le docteur Williams lui avait donné. Elle reprit le gant et l’épongea une nouvelle fois, s’arrêtant près de ses lèvres pour les lui effleurés du doigt.
Pacey : Je t’aime…
Le visage de Joey se figea. L’avait-elle entendu réellement ?
Pacey : Je t’aime…répéta t-il en s’agitant.
Joey en eut le cœur serré. Non, elle n’avait pas rêvé. Elle sentit les larmes perler aux bords de ses cils et tenta de les refouler. Jusque dans son semi coma, il fallait qu’il lui rappelle qu’il en aimait une autre. Cela était trop dur à supporter. Elle se leva et marcha jusqu’à la fenêtre. Pourquoi avait-il fallait qu’elle le voit avec cette autre fille. Depuis cette image d’eux la hantait. Etait-il heureux avec elle au moins ?
Pacey : Je t’aime…
Joey : Oui, bon ben ça va on a compris, marmonna t-elle entre ses dents, agacée.
A ce moment là, elle décida qu’il fallait qu’elle sorte quelques instants, si elle l’entendait le dire ne serait-ce qu’une fois, elle allait faire un malheur ! Elle attrapa son gilet au passage et ouvrit la porte à la volée.
Pacey : Joey…
Joey : Oh mon dieu, souffla t-elle en refermant la porte.
Il devait s’être réveillé !! Elle se précipita à son chevet. Il avait les yeux fermés, constata-t-elle avec stupéfaction. Elle râla contre elle-même, il avait dû délirer encore une fois. Elle allait se relever lorsque cette fois, ses paroles furent très claires.
Pacey : Joey… je t’aime…
Joey s’arrêta dans son élan, cette fois, le doute n’était plus permis. Il venait bien de lui dire à elle qu’il l’aimait. Ces paroles franchirent peu à peu les barrières de son esprit et l’ampleur de ces mots éclatèrent en elle. Soudain, elle réalisa ce qu’elle n’avait pas compris jusque là. Elle tomba au pied du lit et posa sa tête contre le rebord du lit, près du bras de Pacey. De larmes coulèrent le long de sa joue mais cette fois, c’était des larmes de joie. Ses doigts rejoignirent ceux de Pacey et elle les entrelaça.
Joey : Moi aussi, je t’aime mon amour.
Marjo (15.01.2004 à 22:38)
Pacey se réveilla péniblement. Il avait mal partout, il avait la désagréable impression d’avoir dormi pendant des heures. Les premiers rayons du soleil filtrèrent à travers sa chambre et c’est là qu’il l’aperçut. Joey. Elle dormait, recroquevillée, dans un fauteuil à côté de lui. Il tourna la tête vers elle et lui sourit. Elle avait probablement passé un bout de temps dans ce fauteuil. A son réveil, elle allait être pleine de courbatures, se dit-il. Il se demanda ce qu’il faisait là et tentant de se lever, il sentit une douleur fulgurante lui traverser la poitrine. Tout à coup, tout lui revint en mémoire. La bagarre, le coup et sa déambulation jusqu’ici. Il ne savait toujours pas pourquoi il était venu là. C’était comme-ci, il avait été sur pilote automatique et que son cerveau avait voulu revoir Joey une dernière fois. Il se rallongea et se plongea dans la contemplation de la jeune fille. Elle était encore plus jolie qu’avant. Il se rappela la façon dont il l’avait envoyée promener au bar. Il s’en voulait terriblement du mal qu’il lui avait fait ce soir là. Il ne pourrait pas supporter de voir son regard empli de tristesse posé sur lui encore une fois. Ses yeux se posèrent sur le radio réveil, il était 6h10. Mais de quel jour ?? se demanda t-il subitement. Oh mon dieu, paniqua t-il, ces types l’avait peut-être vu en compagnie de Joey. Pour rien au monde, il n’aurait voulu la mettre en danger, elle aussi. S’il l’avait eu lui alors qu’il ne les avait vu qu’une fois, dieu sait ce qu’il pourrait faire à Joey pour se venger. Dans un terrible effort, il se releva sans faire le moindre bruit. Lorsqu’on vivait dans les rues, on apprenait à devenir discret. Il fallait qu’il sorte d’ici avait qu’elle ne se réveille. Il pria pour ne pas rencontrer Bessie. Avant de sortir de la chambre, il se retourna une dernière fois vers Joey. Pardonne-moi, la supplia-t-il en silence. Et merci pour tout. Une heure plus tard, Joey s’éveilla. Elle s’étira bruyamment, elle avait mal partout. En baillant, elle se pencha sur Pacey et écarquilla de grands yeux. D’une main fébrile, elle tata les draps qui étaient froids. Il s’était levé depuis longtemps. Elle tourna la tête vers la porte qui était ouverte. Il l’avait quittée encore une fois. Les yeux embués de larmes, elle se laissa retomber lourdement au fond du fauteuil et recroquevilla ses jambes le long de son corps. Bessie entra quelques minutes plus tard.
Bessie : Où est-il ? lui demanda t-elle en regardant hébété le lit vide.
Joey : Parti, lui dit-elle en resserrant ses bras autour de ses jambes.
Bessie : Encore ! s’écria t-elle en rage. Mais qu’est-ce qu’il t’as dit ?
Joey tourna la tête vers la fenêtre, silencieuse.
Bessie : Attends, ne me dis pas qu’il ne t’as pas parlé, qu’il est parti pendant que tu dormais ?
Joey regarda sa sœur d’un air triste qui en disait long. Bessie se mit à crier en faisant de grands gestes, elle était folle de rage
Bessie : Après tout ce que tu as fait pour lui, mais quel ingrat ! Ce type ne mérite vraiment pas ton amour.
Joey : Tu ne comprends rien, lui dit-elle lasse.
Bessie : Ce que je comprends c’est que monsieur vient et se sert ici comme il veut. Je commence à en avoir ras le bol qu’il se serve de toi comme il le fait.
Joey : Il ne se sert pas de moi, lui dit-elle en haussant légèrement le ton. Il est tout ce que j’aime et plus encore. Et ce qu’il vient de faire me pousse à l’aimer encore plus.
Bessie : Te quitter sans un mot ? Mais tu es maso ? Moi qui ne voulais pas le croire je vais finir par être d’accord.
Joey : De quoi tu parles ? lui demanda t-elle perdue.
Bessie : Et bien peut-être que Pacey est bien le vaurien que son père semble croire lâcha-t-elle sans s’en rendre compte.
Joey se leva d’un bond et se planta devant sa sœur, elle la dévisagea avec un regard haineux.
Joey : Je t’interdis de dire ça ! Tu ne le connais pas, tu ne sais rien de ce qui le pousse à agir ainsi.
Bessie : Mais pourquoi continuer ainsi à t’accrocher à lui ?
Joey : Parce qu’il m’aime. Je le sais maintenant, tu ne comprends pas que tout ce qu’il fait, il le fait pour moi. Pour me protéger, ajouta t-elle avec insistance.
Sky marchait tranquillement dans les rues lorsqu’il aperçut au loin Pacey qui avançait vers lui. Surpris mais content de le voir après tout se temps, il se précipita vers lui.
Sky : Où t’étais mec ?
Pacey : Je suis parti depuis combien de temps ?
Sky : 3 jours. Alors t’étais où ? lui demanda t-il plein d‘espoir.
Pacey : Chez Joey.
Sky lui adressa un sourire content.
Pacey : Ce n’est pas ce que tu crois, lui dit-il en levant son T shirt pour lui montrer le bandage.
Sky : Merde, lâcha t-il.
Remarquant soudainement la faiblesse physique de son ami, Sky lui passa un bras autour des épaules et l’aida à marcher.
Sky : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Pacey : Je suis tombé sur vos copains de l’autre fois. Ils se sont montrés très… « amicaux ».
Sky : Putain les fumiers ! s’écria t-il en rage.
Pacey faillit s’effondrer et Sky n’eut que le temps de le rattraper. Il évacua sa colère pour l’instant et reporta son attention sur Pacey.
Sky : Et dis moi, c’est marrant que lorsque tu as un problème, tu te rendes systématiquement chez elle.
Pacey : Je ne sais même pas comment j’y suis arrivé.
Sky : J’espère au moins que tu es as profité pour t’excuser.
Pacey s’arrêta et releva un sourcil contrit vers lui.
Pacey : Je suis parti avant qu’elle ne se réveille.
Sky : Mais qu’est-ce que je vais faire de toi ! lui dit-il en rigolant.
Jen : Tu as l’air bien gai ce matin ? Pacey se serait-il réveillé ?
Joey : Oui, il s’est réveillé et il est parti avant que je n’ai eu le temps de dire le moindre mot. En effet, j’aurais du mal à parler dans mon sommeil, lui dit-elle avec un demi sourire.
Jen : Tu veux dire qu’il s’est sauvé pendant que tu dormais ? lui demanda t-elle ahurie.
Joey : Oui.
Jen : Oh Joey, je suis désolée, lui dit-elle sincère. Comment te sens-tu ?
Joey : Je vais très bien, lui dit-elle en refermant sa porte de casier et en entraînant Jen avec elle dans les couloirs.
Jen l’étudia en détaille, cherchant l’erreur mais elle n’en trouva pas. Joey avait véritablement l’air d’aller bien.
Jen : Tu m’expliques ?
Joey se tourna vers elle et lui sourit.
Joey : Pacey m’aime, lui dit-elle sur le ton de la confession.
Jen : Continue…
Joey : Il l’a dit dans son sommeil. Bon, il délirait mais je sais qu’il le pensait. En fait, tout m’est apparu clairement. Nous savons toi et moi que Pacey s’est toujours cru inférieur à tout le monde alors je me suis dis qu’il devait sûrement se dire qu’il n’était passe assez bien pour moi. Et c’est pourquoi il a préféré m’éloigner de lui, même si ça façon a été brutale, il voulait être sûr qu’elle soit radicale.
Jen : L’explication tient debout, en conclut-elle aussi. Mais dis-moi, si tu es d’aussi bonne humeur, c’est que tu dois tramer quelque chose ?
Joey : Tout a fait. Ce soir, je vais aller le voir et le mettre au pied du mur et lui demander de choisir entre ces copains et moi.
Jen : Joey, ma chérie, lui dit-elle affectueusement en l’arrêtant, je ne voudrais pas t’inquiéter mais c’est tout de même assez risqué comme plan. Imagine qu’il choisisse ses amis ?
Joey : Et bien, s’il ne veux pas choisir de venir dans mon monde, alors c’est moi qui irai dans le sien, lui avoua t-elle en reprenant sa marche vers leur salle de cours.
Jen : Tu quoi ? s’écria t-elle en assimilant les paroles de Joey et en courant la rejoindre.
Kyle : On peut pas les laisser impuni.
Kevin : Ouais, ils doivent payer.
Harper : Je vous suis les mecs, dit-il.
Sky : Tu viens de sortir de l’hôpital, pas question, tu restes en arrière cette fois.
Pacey avait l’impression de suivre la conversation comme dans un brouillard. Il avait mélangé calmant et alcool ce qui le mettait dans un état second.
T-Jay : J’ai trouvé ce que tu voulais, dit-il en s’asseyant près de Sky.
Pacey baissa les yeux sous la table et aperçut T-Jay remettre quelque chose dans un mouchoir à Sky. Sky fit glisser le mouchoir et les yeux embrumés, Pacey vit quelque chose de brillant à l’intérieur.
Sky : C’est pour demain matin, leur annonça t-il.
Sky lui sourit et lui redonna une autre bière. Pacey attrapa la bière et regarda atout autour de lui, l’endroit était envahi d’ivrogne. Il reposa sa bière, décidant qu’il avait assez bu pour ce soir.
Kevin : Viens, on va faire un billard, lui dit-il en l’entraînant avec lui.
Joey avait ravalé son amour propre et décidé de jouer le tout pour le tout avec Pacey. Elle était certaine de le trouver à l’Académie de billard avec tous ses potes. Elle pénétra à l’intérieur et fut immédiatement envahie par l’odeur nauséabonde de la fumée de cigarettes mêlée à celle de l’alcool. Elle se fraya un chemin tant bien que mal et se sentit mal à l’aise avec tous les alcooliques et les sales types qui la regardent en la dévisageant. Lorsqu’elle vit Pacey au fond de la salle, elle soupira de soulagement. Elle se faufila rapidement jusqu’à lui. Elle remarqua tout de suite qu’il avait bu.
Joey : Pacey, cria t-elle suffisamment fort pour qu’il l’entende malgré la musique.
Pacey : Joey ? dit-il surpris les yeux remplis de joie. Qu’est-ce que tu viens faire là ? se rembrunit-il.
Joey : Je voudrais que tu sortes quelques minutes avec moi, je dois te parler. C’est important.
Inconnu : Eh, si lui ne veux pas de toi, je suis preneur, cria une voix.
Jane : Il n’a aucune envie de te parler ma chérie, tu devrais rentrer chez maman.
Pacey : La ferme, lui ordonna t-il. Joey rentre chez toi. C’est pas un endroit pour toi ici.
Joey : C’est pas un endroit pour toi non plus.
Inconnu : Mais c’est qu’elle se croit mieux que nous celle là, s’écria t-il en se rapprochant de Joey.
Joey se décolla de lui avec une mine de dégoût peinte sur le visage.
Joey : Pacey, juste quelques minutes, l’implora t-elle.
Inconnu : Laisse tomber, ce mec est un nul, on va sortir toi et moi, lui dit-il en passant ses bras autour d’elle et en se collant à elle.
Joey se débattit de toutes ses forces. Le poing de Pacey s’abattit sur le type en l’espace d’une seconde.
Pacey : Ne la touche pas ! lui ordonna t-il.
Type : Va te faire foutre ! lui cracha l’autre en le poussant sur une des tables.
Pacey alla s’écraser contre la table et tomba à terre en se tenant la poitrine. Sky s’abattit sur la brute. Une bagarre générale éclata et Pacey se lança à l’intérieur avec hargne. Lorsqu’il retomba lourdement sur le plancher, Joey se pencha sur lui et l’entraîna à l’extérieur avec elle. Elle l’aida à marcher jusque chez elle et une fois arrivée, elle le laissa tomber sur une des chaises de sa chambre. Heureusement que Bessie n’était pas là ce soir car avec le bruit qu’ils faisaient, elle aurait accouru et aurait jeté Pacey dehors. Joey disparut à l’intérieur de sa salle de bain et en ressortit deux minutes plus tard, une trousse de premier secours dans les mains.
Joey : Ca va aller, lui promit-elle.
Elle imbiba un coton de désinfectant et nettoya les plaies apparentes de son visage. Pacey l’observait faire, la clarté de la lune baignait la pièce d’un une sorte de halo de paix. Les mains de Joey se faisaient douces sous sa peau, elle se laissa tomber à genoux devant lui et défit les boutons de sa chemise un à un. Son regard remonta lentement vers celui de Pacey lorsqu’elle fit glisser la chemise à terre. Les yeux de Pacey ne quittaient pas les siens. Elle prit ses mains entre les siennes et embrassa le dos de chacune d’elle en ne le lâchant pas du regard. Pacey remonta sa main jusqu’au visage de Joey qu’il caressa du bout de doigts. Joey lui sourit tendrement alors que ses yeux tombaient sur sa plaie qui commençait un peu à cicatriser. Doucement, elle l’effleura du bout des doigts avant d'y déposer de tendres baisers. Lorsqu’elle sentit Pacey tremblait contre ses lèvres, elle sut qu’elle avait gagnée la partie. Avec un petit sourire, elle remonta les lèvres vers son torse et l’effleura à nouveau.
Pacey : Joey, arrête, on...
Joey : Je t'aime...lui dit-elle en plongeant son regard dans le sien avant de déposer un tendre baiser dans son cou.
Pacey : Joey, je t'en supplie, lui dit-il en tentant doucement de la repousser.
Joey : Je t'aime murmura t-elle en repoussant ses mains qui l’éloignaient de lui.
Pacey : On ne peut pas…
Joey : Je t'aime, murmura t-elle avec plus de force tandis que ses lèvres parsèment son cou de baisers.
Pacey : Joey, lâcha-t-il dans un souple, en un dernier effort.
Toutes les objections de Pacey étaient battues en brèche par les "je t'aime" enflammés de Joey, si bien que le jeune homme, à bout de force et de résistance, céda enfin devant cette déferlante d'amour qui le submergeait.....
Joey : Je t'aime, murmura t-elle contre ses lèvres, avant de les lui prendre d'autorité.
Pacey : Moi aussi, lui murmura t-il tout contre ses lèvres avant de l’attirer à lui pour l’embrasser avec plus d’ardeur.
Il passa ses mains dans les cheveux de Joey avant de les descendre vers son cou et de prendre le visage de la jeune fille en coupe. Il se détacha brutalement d’elle, la respiration encore haletante.
Pacey : Joey, je suis désolé, lui dit-il tout contre ses lèvres.
Joey : Je sais, lui dit-elle en souriant. Viens lui, dit-elle en lui tendant la main.
Pacey se tint devant elle, complètement à sa merci, toute résistance abandonnée. Elle l’embrassa tendrement et l’entraîna avec elle sur son lit pour lui faire l’amour. Allongé sur Joey, Pacey picorait son corps de baisers alors que ses mains avides le parcouraient de douces caresses. Il remonta lentement jusqu’à ce que leurs regards soient rivés l’un à l’autre.
Pacey : Joey, on est pas obligé de faire ça.
Joey : J’ai envie de toi Pacey, lui dit-elle intensément.
Pacey : Joey, on ne peut pas être ensemble, lui dit-il tristement.
Joey : Pacey, fais moi l’amour, l’implora t-elle avec force.
Il hésita quelques instants avant de finalement l’embrasser passionnément, profondément ému par l'abandon avec lequel Joey s'offrait à lui. A quoi bon résister, lui aussi en mourrait d’envie. Il avait rêvé des centaines de fois de lui faire l’amour. Lentement, tendrement, il l’emmena vers les prémices du plaisir, une déferlante d’amour les submergea en même temps…..Epuisée, mais ivre d’amour, Joey se serra contre Pacey. Il lui passa un bras autour de sa taille et la maintint collée contre lui, il voulait encore la sentir un peu. La main de Joey reposait sur son torse et le caressait doucement.
Joey : Pacey ? lui dit-elle d‘une petite voix.
Pacey : Oui.
Joey : Quoiqu’il advienne, je veux rester avec toi.
Pacey la resserra contre lui encore un peu plus et déposa un baiser sur son front.
Joey : Pacey ?
Pacey : Oui.
Joey : Eh bien, je vais probablement m’endormir maintenant et je ne sais pas si tu seras encore là à mon réveil. Mais je veux que demain matin, avant de te lever pour partir, tu réfléchisses au fait que même si ce sont tes amis et qu’ils ont été là pour toi, moi aussi j’ai besoin de toi. Je ne m’imagine pas vivre sans toi.
Elle se retourna et plongea son regard dans le sien.
Joey : Tu crois que l’on peut aimer en enfer ?
Pacey écarquilla de grands yeux mais ne lui répondit pas. Elle posa sa tête contre son torse et s’endormit paisiblement, un sourire aux lèvres. Pacey n’arrêtait pas de ressasser ce qu’elle venait de lui dire. Non, jamais il ne l’entraînerait avec lui dans cette voix. Joey Potter dans les rues, il manquerait plus que ça ! Il n’était pas question qu’elle gâche son brillant avenir à cause de lui, alors là, cette fois, Bessie le tuerait !... Cinq heures plus tard, Pacey n’avait toujours pas fermé l’œil, il réfléchissait à son avenir et à la façon de le réaliser avec Joey. La tête tournée vers la fenêtre, il se rendit compte que le petit matin envahissait peu à peu la pièce. Le soleil pénétrait les lieux et venait les caresser de sa main douce et chaude. Le corps de Joey blotti contre le sien lui apportait un sentiment de bien être et d’apaisement. L’avenir lui semblait moins noir qu’avant, enfin, il se sentait chez lui. C’était ça qu’il voulait, c’était être avec Joey. Tout à ses réflexions, Pacey avait l’impression d’oublier quelque chose de très important, une chose qui allait se produire et dont il ne se souvenait plus. Il se repassa la soirée de la veille en mémoire, certain que la réponse y serait. Ses souvenirs embrouillés s’éclairèrent petit à petit pour enfin le laisser entrevoir l’atroce vérité. Il avait oublié ses amis et leur plan de vengeance. Il regarda Joey d’un air triste. Il y avait sincèrement cru cette fois, il y avait mit toutes ses forces et son cœur mais encore une fois, le destin en décidait autrement. Il ne pouvait pas laisser les autres mais il savait qu’en y allant, il avait des chances de ne plus revoir Joey. A contre cœur, il se décolla d’elle et se leva. Il se rhabilla vite fait et se pencha sur elle afin de déposer un baiser sur son front. Pacey avait le cœur serré de la laisser mais il ne pouvait pas faire autrement, les autres avait besoin de lui. Il l’avait accueilli alors qu’il n’avait personne ni nulle part où aller. C’était à son tour de renvoyer l’ascenseur, d’autant que ce qu’ils allaient faire étaient pour lui. Avant de franchir la porte, il se retourna vers Joey, une dernière fois ; Le bonheur nouveau qu’il pensait avoir trouvé avec elle avait été de courte durée.
Marjo (15.01.2004 à 23:07)
Pacey courrait comme un dingue, il ignorait l’heure à laquelle ils voulaient passer à l’acte et avait peur d’arriver trop tard. En sueur, il ouvrit précipitamment la porte et les voyant tous dans le salon, il poussa un soupir de soulagement.
Pacey : Ouf, j’avais peur d’arriver trop tard, leur dit-il avec un petit sourire. Alors, c’est pour quand ?
Kevin : On y va dans dix minutes, tiens prend ça, lui dit-il en lui tendant un couteau.
Pacey le prit et retourna l’arme dans sa paume pendant un moment, se demandant s’il serait capable de s’en servir. Comment Joey pourrait à nouveau le regarder en sachant qu’il aurait poignardé quelqu’un ? Et comment lui pourrait-il vivre avec cette idée ? Il rangea tout de même le couteau dans sa poche. Sky apparut dans l’encadrement de la porte et il eut l’air surpris de le voir.
Pacey : Tu ne pensais tout de même pas que je vous aurais laissé seuls ? lui demanda-t-il en souriant.
Sky : Ce n’était pas la peine de revenir, tu ne viens pas, lâcha t-il naturellement.
Les autres cessèrent de s’agiter et le regardèrent, hébétés.
Kyle : Pourquoi ça ? On a besoin de tout le monde, je te signale.
Pacey : Moi aussi, je voudrais bien savoir pourquoi je n’aurais pas le droit de vous accompagner ? lui demanda-t-il incrédule.
Sky : Parce qu’il est blessé et ne ferait que nous retarder. Il reste ici avec Harper.
Pacey : Je me sens parfaitement bien, protesta t-il.
Sky : Tu ne viens pas, dit-il comme si cela était déjà réglé d’avance.
Puis, il sortit dans la cour par derrière. Pacey le suivit.
Pacey : Qu’est-ce qu’il te prend, bon sang ?
Sky : Qu’est-ce qu’il me prend ? Arrête Witter, je vais vraiment finir par croire que tu n’es qu’un crétin.
Pacey : Crois ce que tu veux, je m’en fiche, lui dit-il blessé.
Sky : Je suppose que tu étais avec Joey ?
Pacey ne répondit pas, ce qui suffit à Sky pour savoir qu’il avait raison.
Sky : Tu n’as pas remarqué que tu finissais toujours par être avec elle, tu ne penses pas que cela signifie quelque chose ??
Pacey : J’aime Joey.
Sky : Heureux de te l’entendre dire, lâcha t-il en soupirant.
Pacey : Mais je viens quand même avec vous. J’ai une dette envers vous, lui expliqua-t-il devant l’air stupéfait de son ami. Et si vous aller là bas aujourd’hui, c’est à cause de moi alors le moins que je puisse faire c’est de vous accompagner.
Sky : Dis-toi bien qu’ils ne t’auraient pas touché s’ils ne t’avaient pas vu avec nous au départ. Pacey, tu ne nous dois rien. Tu as fait ta part. Tu te rends compte que ce n’est pas une simple promenade qu’on va faire là ?? Si tu viens, il y a une infime chance pour que tu ne revois pas ta Joey. Tu en es conscient ?
Pacey : Oui, dit-il faiblement.
Sky : Alors, tu n’as rien appris de ce que je t’ai dit lui dit-il déçu en passant à côté de lui.
Pacey resta là, à le regarder s’éloigner. Sky ne comprenait pas qu’il devait le faire, que c’était une question de loyauté. « On y va » l’entendit-il crier aux autres. Pacey enfouit sa main dans sa poche et resserra le couteau entre ses doigts. La tête baissée, il les suivit. Après avoir longuement marché, ils étaient arrivés à l’endroit parfait d’après T-Jay. Il savait que leurs adversaires venaient régulièrement ici pour boire et déconner. Cette fois, ils allaient avoir une drôle de surprise. Accroupis contre des rochers, ils attendaient patiemment. Pacey était assit à côté de Sky et lui jetait de fréquents coups d’œil. Sky ne lui avait pas adressé la parole une seule fois depuis qu’ils avaient quitté la maison de Kevin, il semblait lui en vouloir.
Pacey : Tu ne me comprends pas, n’est ce pas ? lui demanda t-il en murmurant.
Sky soupira avant de poser les yeux sur lui.
Sky : Tu ne sais pas ce que je donnerais pour revoir Joan et sortir de ces galères. Pacey, ça, ce n’est pas la vie. Et d’après moi, rien ne devrait passer avant l’amour, le vrai. Pas même l’amitié.
Pacey baissa la tête, semblant réfléchir aux paroles de son ami. Sky avait raison, rien ne valait Joey. Elle était sa seule chance de s’en sortir.
Pacey : Vous y arriverez sans moi ? lui demanda t-il avec un petit sourire.
Sky, osant à peine y croire, le regarda avec un éclatant sourire.
Sky : Va rejoindre ta Joey, ta place n’est pas ici. Tu n’appartiens pas à ce monde, tu n’y as jamais appartenu.
Pacey regarda celui qui, au fil du temps, était devenu son ami. Il avait raison, sa place n’était pas avec eux, il n’était pas plus sûr qu’elle soit aux côtés de Joey non plus mais il voulait y croire. Il avait besoin d’y croire.
Pacey : Merci, lui dit-il en souriant.
Sky : Une dernière chose Witter, je ne veux plus te revoir lui ordonna t-il le regard intense.
Pacey hocha la tête, et puis, pris d’une impulsion soudaine et inattendu, il le serra dans ses bras. Quelque chose au fond de son cœur, lui disait que leurs routes ne se croiseraient plus. Il lui adressa un dernier signe avant de les laisser seuls, lui et les autres, face à leurs destins.
Sky : Au revoir, boy scout murmura-t-il avant de faire signe aux autres qu’il était l’heure.
Joey était assise au fond du fauteuil du salon, les jambes repliées sous elle. Elle fixait le téléphone du regard. Des bruits lui parvenaient de la cuisine, probablement Doug et Bessie qui prenait un café. Lorsque Joey s’était réveillée, elle avait eu un mauvais pressentiment au sujet de cette journée, et le fait que Pacey ait à nouveau disparut n’avait rien arrangé. Elle avait fini par se rendre compte qu’elle avait eu raison de s’inquiéter lorsqu’elle avait allumé son poste de télévision et était tombée sur les infos régionales. On y avait annoncé une fusillade aux abords de la ville de Capsides dans laquelle deux bandes de jeunes rivales seraient impliquées. On y avait annoncé plusieurs blessés et déploré un mort. Le cœur de Joey s’était arrêté de battre pendant plusieurs secondes, sa respiration était suspende aux lèvres du présentateur, espérant qu’il donnerait le nom du garçon et mettrait fin à ses angoisses. Mais non, l’identité n’était pas encore connue. Aussitôt, elle avait téléphoné à Doug qui était arrivé très vite. Il lui avait raconté que des passants avait entendu des coups de feu et que plusieurs patrouilles avaient été envoyées sur les lieux. Il y avait effectivement un jeune de mort mais il ignorait qui. Il avait proposé de rester avec elle jusqu’à ce qu’il ait de plus amples informations. Joey lui en avait été très reconnaissante. Doug et Bessie réapparurent et sa sœur lui tendit une tasse de café que Joey refusa. Elle était déjà bien trop énervée comme ça. Doug s’assit à côté d’elle et lui prit la main. Joey remarqua qu’il avait l’air aussi inquiet qu’elle, elle lui sourit tendrement. Pacey s’était trompé sur son frère, Doug était quelqu’un de bien qui ne ressemblait en rien à son père. Un coup résonna contre la porte. Le cœur battant, les yeux de Joey s’arrêtèrent tour à tour sur Bessie et Doug avant qu’elle ne se lève et court à la porte. Pacey se tenait debout sur le perron, sans réfléchir, elle lui sauta dans les bras et se mit à pleurer de joie. Il était vivant.
Joey : Seigneur, Pacey, j’ai eu si peur.
Pacey : Je suis désolé, lui dit-il en l’étreignant d’avantage.
Joey : Ils ont parlé de la fusillade à la télé et ils ont dit qu’un jeune était mort, j’étais folle d’inquiétude. J’ai eu peur que tu y sois.
Pacey : J’y étais, lui dit-il en tremblant.
Le cœur de Joey se serra, elle se décolla de lui et l’observa sous toutes les coutures.
Joey : Tu n’as rien ?
Pacey : Non.
Pacey remarqua Doug et Bessie qui se tenait en arrière. Joey lui caressa la joue, elle sentait bien que quelque chose n’allait pas. Pacey paraissait totalement sous le choc, elle vit alors le sang qui maculait sa chemise.
Joey : Pacey !! dit-elle en désignant la tâche.
Ses yeux descendirent sur la tâche et son regard s’assombrit, Pacey avait l’impression que ses jambes se dérobaient sous lui. Il regarda le ciel et une larme coula le long de sa joue, plus rien ne serait comme avant désormais.
Joey : Que s’est-il passé, Pacey ? lui demanda t-elle d’une voix douce mais inquiète.
Pacey se laissa tomber au sol et s’appuya contre la rambarde derrière lui. Il se passa les mains sur le visage. Joey s’accroupit devant lui et Doug se rapprocha aussi.
Pacey : J’y étais, commença-t-il. Les gars voulaient me venger à cause du coup de couteau qu’ils m’avaient donné.
Le visage de Doug s’écarquilla, son petit frère avait reçu un coup de couteau, mais quand ? Et pourquoi personne ne lui en avait parlé ? Il secoua la tête et reporta son attention sur Pacey.
Pacey : Je voulais y aller avec eux, je pensais qu’ils avaient besoin de moi mais Sky a réussi à me convaincre que je me trompais. Ce qu’il y avait de plus important c’était l’amour. C’était toi, dit-il en regardant Joey.
Joey lui prit la main, la détresse qu’elle pouvait lire sur le visage de Pacey lui glaçait le sang.
Pacey : Alors je suis parti, je me suis enfui. Jusqu’à ce que je me rappelle du revolver. Je me suis souvenu du flingue que T-Jay avait ramené hier à Sky. J’ai fait demi tour, il ne fallait pas qu’il s’en serve, c’était beaucoup trop dangereux. Mais quand je suis arrivé….
Sa voix se brisa et Pacey eut du mal à continuer.
Pacey : …c’était fini. J’ai essayé de le réanimer, j’ai fait tout ce que j’ai pu. Mais Sky était mort dit-il en plongeant son regard baigné de larmes dans celui de Joey. Il était mon ami, ajouta t-il en éclatant en sanglot.
Joey le prit dans ses bras et le berça tendrement.
Joey : Ca va aller mon amour, lui promit-elle en pleurant avec lui.
Pacey s’effondra dans les bras de Joey et y pleura longuement. Ses yeux tombèrent sur ceux de son frère. Il sentit la main de Doug posait sur son épaule. Son regard était compatissant et cela lui fit du bien. Puis il releva la tête vers Joey et plaça ses deux mains de chaque côté du visage de Joey avant de plonger ses yeux dans les siens.
Pacey : Tu voulais savoir hier si on pouvait aimer en enfer. Nous n’aurons pas à le faire, lui dit-il en lui caressant la joue du bout du pouce. Je vais devenir quelqu’un de bien, je t’en fais la promesse. Tu n’auras jamais à avoir honte de moi. Je suis même prêt à devenir policier s’il le faut.
Doug se releva en rigolant et alla se placer à côté de Bessie qui avait les larmes aux yeux. Joey émit un petit rire alors que des larmes lui coulaient le long du visage.
Joey : Tu n’auras pas à en arriver là, lui assura t-elle.
Pacey : Il faudra pourtant que je trouve quelque chose, j’ai bien l’intention un jour de t’épouser et de te faire trois enfants.
Joey éclata de rire.
Joey : Et si j’en veux plus ? le taquina t-elle.
Pacey : On fera tout ce que tu veux lui promit-il en l’embrassant tendrement. Tout ce que tu veux.
Assis sur sa chaise, Pacey observait le déroulement des choses se faire devant lui. Il était de retour dans l’enceinte du tribunal. Cette fois, le juge était censé lui donner son affectation pour qu’il effectue ses heures de travaux d'intérêt général. Quinze jours s’étaient écoulés depuis la mort de Sky et Pacey avait longuement réfléchi à son avenir, se promettant de ne pas finir comme son ami et de faire dans la vie, tout ce que lui aurait aimé pouvoir faire. L’avocat commis d’office que l’on lui avait attribué était entrain de faire sa plaidoirie, racontant le désir de changer de Pacey ainsi que son nouveau regain pour la vie. Pacey ne l’écoutait que d’une oreille distraite, Il regarda sur le côté et aperçu Gail et Mitch qui prenaient place dans l’assemblée. Il avait passé ces deux semaines chez eux. Ils avaient été très gentils avec lui et il leur en était profondément reconnaissant. Il avait eut l’impression pendant quelques jours de faire partie d’une vraie famille. Il se tourna encore et vit Joey assise derrière lui, elle lui souriait. Pacey soupira en remerciant le ciel de l’avoir. Il ne savait pas ce qu’il serait advenu de lui sans elle. Il lui fit un clin d’œil et reporta son attention sur le juge.
Juge : Alors, jeune homme ? Avez-vous une idée de ce que vous voulez faire plus tard ?
Pacey : Pour être honnête, monsieur le juge, non. Mais vous voyez la jeune fille derrière moi dit-il en désignant Joey. Et bien, elle a un brillant avenir et il faut que je sois à la hauteur pour qu’un jour j’espère, elle accepte de m’épouser.
Le juge sourit tendrement à Joey et se tourna vers Pacey à nouveau.
Juge : C’est un but louable.
Pacey : Merci.
Juge : Très bien. Vous ferez vos semaines de travaux d’intérêt général chez « Habitat pour l’humanité ». Cela vous convient-il ?
Pacey : C’est parfait monsieur le juge.
Il avait toujours aimé travailler de ses mains. A l’idée d’aider les gens à construire et remettre à neuf des maisons, Pacey se sentait tout excité. Ce n’était pas vraiment une punition.
Juge : Quelqu’un se porte t-il garant pour ce jeune homme ? demanda t-il en scrutant l’auditoire.
Joey sentit son cœur se gonfler. Elle en avait beaucoup discuté avec Bessie et sa sœur avait finalement accepté que Pacey vienne vivre chez elles. Il allait sûrement falloir faire des papiers avec les parents de Pacey mais ces derniers n’avaient pas l’air de souhaiter son retour. Elle allait se lever lorsque celui qui était assis à côté d’elle se leva.
Doug : Moi, dit-il en prenant la parole.
Joey sourit. Bon, elle avait rêvé de vivre avec Pacey mais c’était peut être la chance de Pacey de se rapprocher un peu d’une partie de sa famille. Doug et Pacey avaient bien besoin l’un de l’autre. Pacey se retourna vers son frère, surpris. Voulait-il vraiment se porter garant pour lui ? Comprenait-il ce que cela impliquait ? Doug le regarda et hocha la tête, signe que tout irait bien. Oui, il avait l’air de le savoir. Il lui sourit, reconnaissant.
Juge : Qui êtes-vous ? demanda-t-il à Doug.
Doug : Je suis Doug Witter, le frère de Pacey. Je travail pour la police de Capsides et j’ai une lettre de mes parents m’octroyant la tutelle de Pacey.
Juge : Très bien. Cela vous convient-il jeune homme ? demanda t-il à Pacey.
Pacey : Parfaitement, monsieur le Juge.
Juge : Alors qu’il en soit ainsi.
Le juge déclara la session close et tout le monde sortit de la salle d’audience. Joey courut dans les bras de Pacey et le serra très fort contre elle.
Joey : Comment tu te sens ?
Pacey : Plutôt bien, avoua t-il.
Joey : Regarda qui voilà, lui dit-elle en souriant et en se décollant de lui.
Pacey aperçut son frère qui marchait vers lui, mains dans les poches. Il avait l’air hésitant. Il vint se tenir à côté de Pacey et Joey s’éclipsa pour les laisser tous les deux.
Doug : Je suis désolé, j’aurais d’abord du te demander si ça te tenter, s’excusa t-il.
Pacey : Ce n’est pas grave. Mais sais-tu vraiment à quoi tu t’exposes ? Papa va t’en vouloir à mort.
Doug : Je m’en fiche complètement. Il était hors de question que je laisse mon petit frère se retrouver n’importe où.
Pacey : Merci, lui dit-il touché.
Doug : Pacey, je sais qu’on n’a jamais été très proche mais j’aimerais bien que ça change. Je me disais que peut être, en dépit du reste, on pourrait former une famille à nous deux.
Pacey : Ca me plairait beaucoup, lui dit-il ému. C’est l’une des meilleures offres qu’on m’ait jamais faite.
Un peu maladroitement, les deux frères se prirent dans les bras l’une de l’autre. Et puis, Doug resserra son étreinte afin de faire comprendre à son petit frère qu’il pourrait toujours compter sur lui. Pacey ne savais pas comment le remercier.
Doug : Il n’y a qu’une chose que je te demanderai, lui signifia t-il en plongeant son regard dans le sien. J’aimerais que tu termines l’école.
Pacey : Doug, il est un peu tard, et puis…
Doug : Si c’est un problème d’argent sache que j’ai déjà réglé le prochain semestre.
Pacey été abasourdi. Doug avait payé pour lui.
Pacey : Mais j’ai déjà manqué tellement de cours…
Doug : Ca aussi, je me suis arrangé avec le proviseur. Bien sûr, il faudra que tu ailles à la session d’été mais si tu veux vraiment y parvenir et je suis sûr que tu peux y arriver, tu pourrais repasser toutes les sessions et reprendre les cours normalement à la rentrée avec les autres. Et je connais une jolie petite brune qui ferait n'importe quoi pour t'aider!
Pacey : Tu as tout réglé si je comprends bien ?
Doug : Et bien, je ne te force à rien, mais si tu veux devenir celui que tu veux être, il te faudra un minimum de base scolaire.
C’était la première fois qu’un membre de sa famille s’investissait autant pour lui, il était très remué à l’intérieur. Il se promit de ne pas le décevoir.
Pacey : Merci Doug, lui dit-il les larmes aux yeux.
Joey : Ca va vous deux ? demanda t-elle avec un grand sourire.
Doug : Il va falloir instaurer quelques petites règles mais sinon tout va bien.
Doug observa, attendri, Joey embrasser Pacey. Il était très content pour Pacey, Joey était une fille très bien.
Doug : Je vais vous laisser tous les deux mais avant, tiens dit-il à Pacey en lui tendant un trousseau de clef. Ce sont les doubles de chez moi. Une chambre est prête pour toi.
Pacey : Merci.
Doug : Et ne rentre pas trop tard, lui lança t-il en souriant avant de partir.
Joey le serra dans ses bras.
Joey : On dira que tout s’annonce bien.
Pacey : Oui, je crois que ça va aller maintenant, dit-il en regardant son frère s’éloigné.
Joey savait que tout irait bien désormais. Les magnifiques yeux bleus de Pacey retrouvaient peu à peu de leur éclat. Signe qu’il reprenait goût à la vie et qu’il entrevoyait enfin un avenir, son avenir. Heureuse, elle l’embrassa tendrement. Pacey l’enserra de ses bras et lui rendit son baiser.
Quelques années plus tard, Pacey marchait à travers les sentiers. Le soleil était déjà haut dans le ciel, c’était une belle journée, se dit-il. Il savait ce qu’il cherchait, il venait là chaque année à la même époque, toujours à la même date. Arrivé à l’endroit désiré, il s’accroupit dans l’herbe.
Pacey : Salut mon vieux, murmura t-il.
La tombe de Sky se dressait devant lui. Il aimait venir ici lorsqu’il avait besoin d’être au calme pour réfléchir et méditer. Il y était souvent venu par le passé. C’était sa façon à lui d’honorer la mémoire de son ami. Pacey ne voulait pas que le passage de Sky sur terre soit resté inaperçu. Mais aujourd’hui était un jour spécial, il avait une excellente nouvelle qu’il voulait lui annoncer.
Pacey : Je suis papa, lui dit-il les larmes aux yeux. Joey a mit au monde un splendide petit garçon. Tu le verrais, il est tellement fort et robuste. Il ressemble à sa mère.
Pacey se plongea dans ses souvenirs, un soir précis lui revint en mémoire. Une discussion avec Sky qu’il n’avait pas oublié. Un soir, ils s’étaient retrouvés dans la cour, et avait longuement regard les étoiles…..Pacey : Sky, c’est ton vrai prénom ? lui avait-il subitement demandé…Sky : Non, lui avait-il avoué. J’ai choisis ce prénom lorsque Joan est morte, je voulais me couper complètement de mon ancienne vie. Mon vrai prénom c’est David avait-il fini par dire.
Pacey : On l’a l’appelé comme toi, « David ». C’est ma façon à moi de te dire merci pour tout ce que tu m’as apporté. Même si nous ne nous sommes pas connu longtemps, tu m’as aidé à comprendre ce qu’il y avait de primordial dans la vie et j’ai l’impression de te devoir une partie de mon bonheur. Mais je sais que tu es là où tu voulais être, dit-il en soupirant.
Une autre discussion surgit dans son esprit. Celle de ce jour noir où tout avait basculé. Il avait tenté de le dissuader d’y aller, ayant un mauvais pressentiment mais Sky avait refusé de l’écouter….Sky : La vie m’importe peu, je sais que là haut, quelqu’un m’attend. Alors que toi, ton amour est sur terre et tu dois tout faire pour le préserver…
Pacey : J’ai réussi, lui déclara- t-il. Aujourd’hui, je suis marié à une femme que j’aime plus que tout et avec qui je suis heureux comme jamais je ne l’avais été. Un bébé est venu combler le vide qui nous manquait et après beaucoup d’effort, j’ai réussi à faire que Joey soit fière de moi et qu’elle ne manque jamais de rien. Je travaille dans une petite entreprise de construction. Comme tu vois, les travaux d’intérêt général m’ont réellement servi, lui dit-il en souriant. Je suis même plutôt doué, enfin, c’est ce que mon patron dit.
Pacey resta silencieux quelques instants, se recueillant sur le souvenir de son ami. Une main se posa sur son épaule et il sourit. Il savait qu’elle était là, derrière lui. Il se releva et se retourna vers Joey qui lui souriait en tenant leur fils dans ses bras.
Joey : Ca va chéri ?
Pacey : Oui. Je vais très bien.
Rassurée, Joey l’embrassa. Pacey prit David dans ses bras et passa un bras autour des épaules de sa femme. Ensemble, ils retournent à la voiture, laissant derrière eux le souvenir du passé. Ils voulaient voir l’avenir s’ouvrir devant eux, David leur promettait le bonheur assuré et ils comptaient bien en profiter.
FIN.
PS : Je tiens à dire un très grand merci à Falbala qui s'est beaucoup investit dans cette histoire. De nombreuses phrases, passages et idées viennent d'elle. C'ette histoire ne serait pas ce qu'elle est sans elle. Gros bisous ma puce.
Marjo (15.01.2004 à 23:12)