Résumé : Qui n’a jamais rêvé de retourner une scène qui ne lui plaisait pas, faire agir différemment nos héros préférés ? Dans ce que j’ai appelé une petite scénette, je reprends un épisode de la saison 3, celui où après avoir été à une fête de Matt Caufield, ils se retrouvent tous en prison. Mon histoire tourne autour de Pacey et Joey. J’espère qu’elle vous plaira.
Pacey : Il faudrait vraiment savoir où vous en êtes. Un jour vous êtes amis, un autre vous êtes amants, le lendemain vous vous détestez.
Joey : Ce qui ce passe entre Dawson et moi ne te regarde absolument pas !
Pacey : Au contraire, s’énerva t-il.
Il soupira et la regarda tendrement.
Pacey : Tu ne comprends rien Joey lui dit-il tristement. Je suis désolé si je t’ai semblé méchant ou si je t’ai blessée. Mais ces derniers, temps je ne sais plus en où j’en suis. C’est juste que je me sens… malheureux et… triste.
Joey : Mais pourquoi ?
Pacey : C’est de votre faute à tous les deux !
Dawson : Qu’est-ce qu’on t’as fait? lui demanda- t-il surpris.
Pacey : Tu n’aurais jamais dû me demander de prendre soin d’elle ! s’énerva t-il après Dawson.
Complètement choquée, Joey se tourna tour à tour vers Dawson et Pacey, cherchant à comprendre ce qu’il se passait.
Pacey : Comment voulais-tu que je résiste ? Regarde là ! Il n’y a aucune fille qui lui arrive à la cheville.
Joey : Mais de quoi tu parles ???
Pacey : De toi, lui dit-il calmement, tu te souviens, un jour je t’ai dis que l’on pouvait tomber amoureux et être déçu, penser que ça n’arriverait plus et aimer quand même à nouveau. C’est ce qui m’est arrivé.
Joey : Tu veux dire que tu es amoureux ? tenta t-elle de déchiffrer.
Pacey : Je ne voulais pas, lui dit-il les larmes aux yeux. Qui aurait cru que je puisse tomber amoureux de toi, lui dit-il en la regardant dans les yeux. Mais c’est pourtant ce qu’il m’arrive. Dawson m’a demandé de prendre soin de toi et même si la première fois je suis venu pour lui, parce qu’il voulait savoir si tu allais bien, je n’ai pas mis longtemps à réaliser que je venais de mon plein gré et que j’aimais ça, que j’aimais être avec toi. J’en arrive à attendre impatiemment que la sonnerie arrive pour pouvoir te retrouver. Je passe mon temps à penser à toi, à vouloir être avec toi, même si c’est pour t’entendre parler du temps qu’il fait.
Pacey s’arrêta dans son discours qui lui faisait mal et retourna s’asseoir sur son banc. Remontant son manteau sur ses jambes collées contre son corps, il tourna la tête vers le vide. Joey resta debout quelques instants, abasourdie par cette révélation. Pacey était amoureux d’elle ou bien s’était-il emporté à cause de l’alcool ? Mais comment avait-elle pu ne pas le voir ? Comment avait-il pu, lui, craquer pour elle ? Et surtout, quelle était cette histoire entre Dawson et lui ?? Trop choquée pour poser ses questions, elle se rassit à sa place et garda le silence jusqu’à ce que Doug vienne les sortir de la cellule.
Allongée, prostrée dans son lit, Joey réfléchissait à tout ce que Pacey lui avait dit la veille. Elle avait interrogé Dawson dès la sortie du commissariat sur le fait qu’il ait demandé à Pacey de prendre soin d’elle. Elle était folle de rage à l’idée qu’il l’ait refilée ainsi à Pacey, elle en voulait à Dawson. Et par-dessus tout, elle en voulait à Pacey de lui avoir menti, elle, qui pensait avoir batti avec lui une amitié toute nouvelle, se demandait si en réalité elle ne reposait pas sur des bases imaginaires. Elle se demanda si Pacey était réellement amoureux d’elle mais en conclut finalement qu’il avait l’air sincère. Elle avait été choquée de cette révélation. Elle et Pacey étaient devenus des amis et elle savait qu’elle aimait beaucoup être avec lui mais il n’y avait rien de plus que de l’amitié pour elle. Elle se tourna sur le côté et regarda l’horloge. Il était dimanche soir et elle avait passé la journée à pensait à tout ça. Elle avait pensé que Pacey viendrait la voir pour s’expliquer mais il n’était pas venu. Tant pis, se dit-elle, elle le verrait demain, de toute façon, elle n’était pas pressée de se retrouver face à lui. Que lui dirait-elle ? Son amitié était devenue importante pour elle, mais elle ne pouvait rien lui donner de plus. Sa vie était tellement compliquée !!!
Trois jours, cela faisait trois longs jours qu’elle n’avait pas vu Pacey. Il n’avait pas mit les pieds au lycée lundi et elle s’en était félicitée, pensant bénéficier d’une journée supplémentaire pour mettre ses idées en ordre. Mais aujourd’hui, elle commençait sérieusement à s’inquiéter pour lui. Il devait avoir une bonne raison pour manquer les cours comme ça et elle espérait que cela ne venait pas seulement du fait qu’il lui ait avoué ses sentiments. Elle savait au fond d’elle qu’il était absent pour ne pas la voir mais elle espérait ne pas en être la cause car cela signifierait que les sentiments de Pacey étaient vraiment très forts. Si elle avait été contente le premier jour de ne pas le voir, elle commençait à ressentir un certain manque. Ils avaient pris l’habitude de se voir tous les jours et elle avait appris à aimer ça. Elle tournait en rond dans sa chambre, ne savant pas quoi faire. Elle pourrait aller le voir chez Doug mais que lui dirait-elle une fois en face de lui ? Tant pis, elle devait le voir, elle attrapa son sac et sortit….Avant de frapper à la porte de l’appartement de Doug, elle prit une profonde respiration.
Doug : Bonjour Joey !
Joey : Bonjour Doug, lui dit-elle gênée. Je voudrais voir Pacey, s’il te plait.
Doug : Je savais que tu finirais pas venir, lui dit-il mal à l’aise. Entre.
Joey le suivit perplexe.
Doug : Pacey n’est pas ici, se lança t-il.
Joey : Mais il est où alors, chez vos parents ?
Doug : Non plus, dit-il en détournant la tête.
Joey : Doug, qu’est-ce que tu me caches ?
Doug : Joey, Pacey est parti.
Joey : Parti ? Mais parti où ? s’écria t-elle.
Doug : Je n’en ai aucune idée, tout ce que je sais c’est qu’après t’avoir dit ce qu’il ressentait pour toi, il a voulu quitter Capsides.
Joey se laissa tomber dans la canapé, abasourdi. Pacey n’était plus là…il avait quitté la ville. Elle se sentait sonné par une telle nouvelle. Elle ne s’était pas du tout attendue à ça.
Joey : Mais il va revenir quand ?
Doug : Je l’ignore, lui dit-il en s’asseyant près d’elle.
Joey : Mais pourquoi tu ne l’as pas empêché ??? s’indigna t-elle.
Doug : Joey, tu connais Pacey aussi bien que moi, personne ne peut l’empêcher de faire un truc qu’il a décidé. Même mon père a essayé.
Joey : Mais il faut que je lui parle moi, il faut que je le vois…lui dit-elle encore sous le choc.
Doug : Je suis désolé, Joey, lui dit-il sincère.
Joey se releva péniblement et marcha vers la porte.
Joey : Doug, si tu l’as au téléphone, demande-lui de m’appeler.
Doug : Promis.
Joey sortit et marcha longtemps dans les rues de Capsides avant de se décider à rentrer chez elle.
Pacey était entrain de couper du bois, c’était une façon d’évacuer toutes ses pensées et de se vider la tête. Depuis qu’il était là, il n’avait fait que se morfondre et penser à Joey. Déjà 72 heures qu’il ne l’avait pas vue, cela avait été les heures les plus longues de toute sa vie. Il ne pensait pas qu’on pouvait être autant focalisé sur quelqu’un auparavant. Il avait fui Capsides pour ne pas la voir et depuis il ne rêvait plus que d’elle, d’être auprès d’elle, minute après minute. Pourquoi avait-il fallu qu’il lui dise tout, aujourd’hui, il pourrait être à ses côtés. En tant qu’ami peut-être mais avec elle quand même. Lorsqu’il s’était réveillé dans sa cellule le lendemain et qu’il s’est rappelé sa déclaration, la seule chose qu’il avait trouvé à faire été de fuir, de s’éloigner d’elle le plus vite et le plus loin possible. La sonnerie du téléphone le tira de ses réflexions.
Doug : Salut petit frère.
Pacey : Salut Doug, dit-il en reconnaissant la voix de son frère.
Doug : Comment vas-tu ?
Pacey : Ca va !
Doug : Tu comptes rentrer bientôt ?
Pacey : Je n’en sais encore rien mais j’ai besoin de temps à moi pour y voir plus clair.
Doug : Pacey, la fuite ne changera rien. Tu as tout avoué à Joey et il va falloir que tu l’assumes. Et quoi de mieux que de l’assumer ici ?
Pacey : Je dirais une bonne corde pour me pendre….Comment va-t-elle ? lui demanda t-il après un instant de silence.
Doug : Elle vient de sortir de chez moi. Elle te cherchait.
Pacey : C’est vrai ? lui demanda t-il, une pointe de joie dans la voix.
Doug : Elle s’inquiète pour toi, Pacey. Elle m’a paru réellement bouleversée lorsque je lui ai dit que tu avais quitté la ville.
Pacey : Tu ne lui as pas dit où j’étais ? s’inquiéta t-il.
Doug : Non mais je déteste mentir.
Pacey : Je sais, merci.
Doug : Autre chose Pacey, elle m’a dit que si je t’avais au téléphone, je devais te demander de l’appeler.
Il y eut un long silence à l’autre bout du fil, Doug se demanda s'ils n’avaient pas été coupés.
Doug : Pacey ?
Pacey : Oui.
Doug : Tu vas le faire ? Tu vas l’appeler ?
Pacey : Je ne sais pas.
Doug : Tu devrais le faire. Tu ne vas pas pouvoir rester là-bas toute ta vie, lui dit-il avant de raccrocher.
Pacey regarda longuement le combiné du téléphone après l’avoir reposé. Appeler Joey ? Il en mourrait d’envie, il rêvait d’entendre le doux son de sa voix mais il ne se sentait pas encore prêt. Frustré, il retourna s’acharner sur quelques ballots de bois.
Bessie : Joey ça va ? lui demanda t-elle en s’asseyant à côté d’elle sur son lit.
Joey : Ca fait quinze jours, Bessie, lui dit-elle tristement.
Bessie : Je sais ma chérie, lui dit-elle en lui caressant doucement les cheveux.
Joey : Tu crois qu’il va revenir un jour ?
Bessie : Je n’en sais rien. Il a dû avoir peur de t’affronter et il a pensé que la seule chose à faire était de partir.
Joey : Mais c’est ridicule !
Bessie : Je sais, mais que lui aurais-tu dis lorsque tu l’aurais revu ?
Joey : Je ne sais pas.
Bessie : Pacey a du justement avoir peur de ce « je ne sais pas ».
Joey : Mais on ne se sauve pas après avoir dit à une fille qu’on l’aime. C’est tellement….enfantin !
Bessie : Tu dis ça parce que tu es en colère.
Joey : Oui, je suis en colère et j’ai le droit de l’être !! s’écria t-elle.
Bessie : Je n’ai pas dit le contraire.
Joey : Il a disparu du jour au lendemain et il ne me donne pas de nouvelles. Je pensais qu’il tenait à moi, comment peut-il me faire ça dans ce cas ! Comment peut-il me laisser ainsi sans savoir comment il va ?
Body : Joey, téléphone, lui dit-il en passant sa tête dans l’embrasure de la porte.
Joey regarda Bessie pleine d’espoir. Elle courut dans les couloirs et s’accrocha au téléphone, le cœur battant. Elle prit une profonde inspiration avant de porter le combiné à son oreille.
Joey : Pacey… c’est toi ?
Le silence lui répondit, elle commença à s’inquiéter tout en renforçant sa conviction que Pacey était bien à l’autre bout du fil.
Joey : Pacey, je t’en prie, si c’est toi, réponds-moi, le supplia t-elle.
Pacey : …bonjour Joey.
Joey : Pacey, dit-elle dans un soupir de soulagement. Où es-tu ? Comment vas-tu ? Tu rentres quand ?
Pacey : Je….
Il se sentait assourdi pas toutes ces questions auxquels il ne savait pas quoi répondre.
Pacey : Je….je…..je n’aurais pas du t’appeler, dit-il avant de raccroché.
Joey resta totalement déconcertée, le téléphone encore en main. Elle l’avait perdu ! Il avait enfin appelé et il avait mis fin brutalement à leur conversation au bout de deux mots.
Bessie : Vous avez étaient coupés ? lui demanda t-elle lorsqu’elle vit sa petite sœur reposer le récepteur.
Joey : Oui, par lui, lui avoua t-elle en sentant la colère monter en elle. Il a préféré mettre un terme avant de répondre à mes questions. Oh mais ça ne se passera pas comme ça ! lui dit-elle en enfilant son manteau.
Bessie : Qu’est-ce que tu comptes faire ?
Joey : Le trouver et avoir une explication ! dit-elle en sortant.
Doug se précipita vers sa porte, quelqu’un tambourinait de toutes ses forces depuis cinq minutes, le tirant de sa sieste.
Doug : J’arrives bon sang, cria t-il sans pour autant faire cesser les coups.
Lorsqu’il ouvrit la porte, Joey passa devant lui en pénétrant dans la salle avant de se retourner vers lui et de lui adresser un regard féroce. Ouh là, se dit-il, elle est en colère.
Doug : Que puis-je faire pour toi, Joey ?
Joey : Me dire où est ton frère ! lui lança t-elle avec un regard noir.
Doug : Je t’ai dit que je n’en savais rien !
Joey : Oui et je t’ai cru. Malheureusement, ton frère m’a appelée, l’espace de quelques secondes mais il l’a fait donc j’en conclus que tu lui as passé le message et pour le faire il fallait que tu saches où le joindre.
Doug : Tu ne t’es pas dit que peut-être c’était lui qui m’avait appelé ? lui demanda-t-il en allant se servir un café.
Joey resta plantée sur place. Non, elle n’avait pas pensé à ça. Zut ! Tant pis, il fallait qu’elle tente le tout pour le tout.
Joey : Il m’a dit que c’était toi qui l’avais joint, mentit-elle.
Doug s’arrêta dans son élan. Si son frère avait vendu la mèche comment pourrait-il continuer à lui mentir ?
Doug : Il a dit ça, lui dit-il mal à l’aise.
Joey : Oui, donc maintenant Doug, tu vas me dire où il est ! lui ordonna t-elle.
Doug : Tu ne veux pas plutôt attendre qu’il se décide à revenir ? tenta t-il de la convaincre.
Joey : Ca fait quinze jours qu’il est parti et j’en ai marre d’attendre qu’il se décide !! Où…il… est.. ?? lui demanda t-elle une dernière fois en détachant bien les syllabes pour lui faire comprendre qu’il n’y aurait pas d’autre sommation.
Doug : Dans notre maison de campagne. Elle est retirée dans les bois. Voilà l’adresse, lui dit-il en griffonnant sur un morceau de papier.
Joey attrapa le papier et le fourra dans sa poche. Elle marcha d’un pas pressé vers la porte avant de se retourner vers Doug.
Joey : Ne le préviens pas !
Doug : Très bien. Débrouillez-vous tous les deux, ajouta t-il en soupirant lorsqu’elle fut sortie.
Marjo (06.02.2004 à 22:20)
Pacey regardait la télé ou plutôt il zappait sans réellement voir l’écran. C’est ce qu’il faisait depuis qu’il était ici, il passait le temps. Ce matin, il avait appelé Joey, il y avait longtemps pensé et ne pouvant plus résister au désir d’entendre le son de sa voix, il l’avait appelée. Mais à la seconde même où il l’avait entendue, il avait su que ce n’avait pas été une bonne idée. Il entendit subitement du bruit devant la maison et sortit voir ce qu’il se passait. Il resta stupéfait sur place. Devant sa maison, Joey était entrain de garer péniblement son camion. Elle claqua la portière de sa voiture et il pu l’entendre pester. Visiblement, Doug l’avait trahi. Son regard croisa celui de Joey et ils restèrent, sur place, le regard rivé l’un à l’autre. De là où il était, Pacey pu percevoir les éclairs que ses yeux lancés. Comme un petit garçon pris en faute, il baissa les siens vers ses chaussures. Il sentit Joey s’avancer vers lui, il n’avait pas besoin de la regarder plus pour savoir qu’elle était furieuse. Il attendit qu’elle ait grimpé les marches quatre à quatre pour relever les yeux vers elle. Il ne s’attendait pas la gifle qu’elle lui administra. Il releva la tête vers elle, repentant.
Pacey : Je l’ai probablement mérité.
Joey le regarda, elle sentit sa colère diminuer au fur et à mesure qu’il posait sur elle son regard bleu azur si empli de tristesse. Elle fondit en larmes et alla se blottir dans ses bras. Pacey, surpris par son geste, hésitait quand à ce qu’il devait faire. Il la sentit sangloter contre lui. Machinalement ses bras entourèrent Joey et il la serra contre lui tendrement.
Pacey : Je suis désolé Joey, lui murmura-t-il.
Joey : Pardon Pacey, sanglota-t-elle.
Pacey resserra son étreinte autour d’elle. Comme elle lui avait manqué, pensa-t-il en soupirant. Il avait peur de la conversation qu’ils allaient avoir mais tant pis, il était trop heureux de la revoir.
Joey était assise devant l’âtre, Pacey avait allumé un feu de cheminée pour réchauffer la pièce. Il lui avait apporté une couverture qu’elle avait mise autour de ses épaules, puis il était parti leur préparer un chocolat chaud. Ils n’avaient pas encore parlé, enchaînant chaque geste, chaque mouvement dans un silence apaisant. Déjà, le fait de se savoir près de lui suffisait à Joey. Elle l’avait vu et savait qu’il allait bien c’était ce qui lui importait le plus. Elle connaissait la capacité de Pacey à s’apitoyer sur son sort et à broyer du noir. Elle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle allait lui dire, non, elle savait où il était et elle avait foncé, tête baissée. Pacey réapparut avec deux tasses fumantes entre les mains. Il lui en tendit une et prit place à côté d’elle près du feu. Il avait pris soin de ne pas croiser son regard. Joey bu une longue gorgée du breuvage et respira un grand coup avant de pouvoir entamer la discussion qui les attendait.
Joey : Tu crois vraiment que fuir était la meilleure des décisions ?
Pacey : Non, lui dit-il en relevant un sourcil vers elle. Mais c’est comme ça que j’ai toujours fonctionné, lorsque les choses deviennent trop compliquées, je les fuis.
Joey reposa son regard sur le feu avant de poser sa deuxième question, celle qui lui tenait à cœur.
Joey : Tu pensais vraiment ce que tu as dis ?
Pacey : Que j’étais amoureux de toi ? lui demanda t-il en plongeant son regard dans le sien. Oui.
Joey se sentit rougir mais soutint son regard.
Joey : Comment ça a pu arriver ?
Pacey éclata de rire.
Pacey : La question est plutôt comment cela n’aurait-il pas pu arriver ? Et surtout comment ai-je pu être assez bête pour ne pas savoir que ça arriverait ?
Joey : Que veux-tu dire par là ? lui demanda-t-elle intriguée.
Pacey : Joey, tu es la plus belle fille de tout Capsides et le fait que tu l’ignores te rend encore plus jolie. Tu es intelligente, drôle, forte, capable d’endurer tous les coups bas de la vie. C’est un plaisir de discuter avec toi et d’être avec toi. Tu es douce et fragile à la fois bien que tu ne le montres pas. N’importe quel abruti serait tombé amoureux de toi rien quand plongeant son regard dans tes magnifiques yeux ! Tu renverserais n’importe quel garçon avec ton simple sourire, lui dit-il en la fixant avec intensité.
Joey frissonna sans pour autant se détourner du poids de son regard, qu’elle aimait voir posé sur elle. Elle avait l’impression d’être unique lorsqu’il la regardait de cette façon.
Joey : Mais tu le sais depuis combien de temps ?
Pacey : J’en suis réellement sûr depuis que j’ai fais venir Fred Frickie, le critique.
Joey le regarda ahurie, cela remonté déjà à près de deux mois !! Comment avait-il pu garder ça pour lui tout ce temps ??
Pacey : Joey, je ne suis pas un abruti, je sais très bien que je n’ai aucune chance avec toi. Toi et moi avons toujours eu une relation à part. Et puis, je ne vaux pas un AJ.
Joey le regarda, surprise, elle l’avait oublié lui ! Elle ne lui avait pas téléphoné depuis quinze jours. Depuis que Pacey était parti, en fait, réalisa t-elle. Toutes ses pensées avaient été focalisées sur l’endroit où il pouvait se trouver et sur comment il allait.
Joey : Pacey, tu vaux bien plus que ce que tu crois, lui assura t-elle.
Pacey : Mais tu ne pourras jamais m’aimer, lui dit-il tristement.
Sa phrase sonnait comme une évidence, comme s'il ne faisait qu’énoncer un fait. Joey détourna les yeux.
Pacey : Tu vois, le plus triste c’est que je sais que je pourrais te rendre heureuse. Bien plus que ce type de Harvard. Je te connais bien plus qu’il ne te connaîtra jamais.
Joey sourit timidement en observant les flammes rougeoyaient, il avait probablement raison, AJ ne la connaissait pas. Pacey soupira en posant sa tasse sur la table basse.
Pacey : Je vais te préparer le lit, je prendrai le canapé.
Joey l’observa partir, les épaules affaissés. Elle ne l’avait jamais vu comme ça, aussi abattu. Elle se leva et marcha vers la fenêtre, la nuit était tombée et des milliers d’étoiles inondaient le ciel. Elle repensa aux paroles de Pacey. Pour lui, elle avait l’air d’être quelqu’un d’exceptionnel, pensa t-elle en resserrant ses bras autour de sa poitrine. Elle sourit intérieurement. Pacey avait une si piètre image de lui. Elle avait mieux appris à le connaître à travers les mois et elle avait apprécié chaque moment passé avec lui. Pacey était un charlot mais il était avant tout quelqu’un de sympathique sur qui elle pouvait toujours compter. Il ne l’avait jamais laissé tomber, grâce à lui, elle s’était sentie en sécurité, une sécurité qu’elle n’avait pas connue depuis bien longtemps.
Pacey : La soirée est belle ici, n’est ce pas ?
Joey tourna la tête et l’aperçut dans son dos, elle ne l’avait pas entendu arriver. Il était presque collé à elle, elle pouvait le sentir. Elle frissonna et remonta la couverture le long de son corps.
Pacey : Ton lit est prêt, tu peux aller dormir si tu veux.
Joey : Merci.
Joey hésita à se retourner et à lui faire face. Elle avait peur de rencontrer son regard et de voir ses yeux plonger dans les siens, elle avait l’impression qu’il pouvait voir trop de choses à travers elle.
Joey : Bonne nuit, Pacey dit-elle en passant devant lui, la tête baissée.
Pacey : Je suis désolé, dit-il avant qu’elle n’ait franchit la porte.
Joey se retourna et attendit de savoir la suite, Pacey, plongé dans la contemplation de la nuit, ne se retourna pas.
Pacey : Je ne voulais pas te dire ce que j’avais sur le cœur, c’est l’alcool qui m’a fait parler et je le regrette amèrement. Si je ne t’avais rien dit, aujourd’hui, nous serions toujours amis et tu pourrais me regarder sans avoir peur.
Joey trembla, elle aussi, dans un coin de son cœur, pensait que cela aurait mieux valu. Mais elle savait aussi que s’il s’était tu, il aurait continué à souffrir sans jamais rien dire et ça elle ne pouvait le supporter.
Joey : Je suis contente que tu l’aies fais, lui avoua-t-elle.
Pacey se retourna vers elle, l’air un peu surpris et lui sourit timidement.
Pacey : Bonne nuit, Joey, lui dit-il tendrement.
Joey lui sourit et disparut dans la chambre.
Allongée au fond des couvertures, Joey réfléchissait. Elle avait l’impression de ne pas avoir tout mis à plat avec Pacey mais elle ne savait pas quoi ajouter de plus. Il était amoureux d’elle mais qu’attendait-il de sa part ? Apparemment rien, il lui avait avoué qu’il l’aimait mais il avait dit aussitôt qu’il savait qu’elle, elle ne pourrait jamais l’aimer. Il avait prononcé cela avec une telle tristesse dans la voix qu’elle en avait encore le coeur serré. Pacey avait pris de l’importance dans sa vie et elle ne voulait pas le voir malheureux, il ne méritait pas ça. C’était quelqu’un de bon et généreux, pensant toujours aux autres avant lui-même, n’ayant pas peur de se mettre en danger si ça pouvait le faire avancer. Elle l’enviait pour ça, pour sa capacité à voir le meilleur côté des choses et prendre la vie comme elle venait. Elle regarda vers la porte et sourit. Quelque part derrière cette porte, il devait dormir paisiblement. Elle eut subitement envie d’un verre d’eau. Sans faire de bruit, elle longea les couloirs jusqu’à la cuisine et se servit à boire. Elle fit le chemin inverse mais ne résista pas à la tentation d’aller voir s’il dormait, elle ne ferait que jeter un coup d’œil, se disait-elle. Passant sa tête dans l’embrasure de la porte, elle l’aperçut, allongé sur le canapé, la couverture avait glissé à terre. Pacey était éclairé par le reste du feu qui brûlait encore dans âtre. Sur la pointe des pieds, elle marcha vers lui et attrapant la couverture, elle la lui remonta jusqu’à la taille. Elle resta quelques minutes à le regarder. Il avait l’air si paisible endormi. Plus de tristesse, ni de remords. Elle passa sa main dans ses cheveux, presque par mégarde. Elle arrêta son geste et retourna rapidement dans sa chambre. Elle s’enfouit sous ses couvertures, le cœur battant. Que lui avait-elle pris ? Si jamais il s’était réveillé, elle aurait été bien. Mais il lui avait paru si calme qu’elle n’avait pas résisté à l’envie de passer sa main dans ses cheveux, sur sa joue. Elle finit par s’endormir la tête tourmentée par de nombreuses questions.
Joey fut sortie du sommeil par une odeur alléchante. Du bacon et des œufs étaient entrain de cuir. Affamée, elle se leva et saisit l’un des vêtements qui traînait. Une chemise de Pacey. Elle n’avait pas pensé à prendre un sac et ses propres vêtements étaient sales. Heureusement, la chemise de Pacey était longue et large. Elle alla le rejoindre dans la cuisine et le découvrit devant le fourneau. C’était lui qui avait préparé le petit déjeuner. Evidemment, qui d’autre ! se dit-elle en rigolant, ils n’étaient que deux. Mais c’est qu’elle n’avait encore jamais vu Pacey cuisiner et vu l’odeur, il avait l’air doué.
Joey : Ca sent très bon, lâcha t-elle.
Pacey se retourna vers elle avec un petit sourire qui s’effaça aussitôt qu’il la vit. Ses yeux la détaillèrent des pieds à la tête. La chemise s’arrêtant à mi cuisse, elle laissait voir les longues et fines jambes de celle qu’il aimait. Elle était magnifique au petit matin, mais il la trouvait encore plus craquante dans ses vêtements à lui.
Joey : Quelque chose ne va pas ? lui demanda t-elle devant son silence.
Pacey : Non, c’est juste que…
Pacey ne quittait pas la chemise des yeux.
Joey : J’aurais dû te demander avant de la prendre, dit-elle la tête baissée.
Pacey : Ah non, ce n’est pas ça, ça ne me dérange pas du tout mais…
Joey : Mais quoi Pacey ? lui demanda t-elle en se rapprochant de lui.
Pacey : Joey, dit-il en levant les yeux au ciel. Je préférerais que tu ailles te changer, s’il te plait.
Joey : Pourquoi ? lui demanda t-elle surprise.
Pacey : Ce serait une véritable torture de t’avoir près de moi ainsi. Tu es…..tellement belle finit-il par dire.
Joey : Dans ta chemise ? lui dit-elle hébétée mais avec un petit sourire mutin.
Pacey : SURTOUT dans ma chemise, lui dit-il les yeux dans les yeux. Sers-toi dans mon armoire, prends ce que tu veux mais je t’en pris, change toi avant que je ne devienne fou.
Joey éclata de rire et retourna dans la chambre. Elle avait adoré le regard de Pacey posé sur elle. Elle avait vraiment eu l’impression de le faire frissonner de l’intérieur. C’était un sentiment agréable de savoir que l’on pouvait avoir cet effet sur quelqu’un. Les yeux de Pacey sur elle lui avaient donné le sentiment d’être une vraie femme malgré ses 17 ans. Elle était sûre que si elle n’avait fait qu’un seul pas de plus vers lui, elle aurait pu lui faire perdre la tête, peut-être aurait-il essayé de l’embrasser, se dit-elle pensive. L’aurait-elle laissé faire ? Refusant d’y réfléchir, elle prit un de ses pantalons en toile ainsi qu’un de ses débardeurs. Puis, elle retourna le voir.
Joey : Comme ça, ça ira ?
Pacey la regarda et lui sourit.
Pacey : Tu es magnifique dans tout mais ça ira.
Joey se sentit rougir. Pacey savait y faire pour faire des compliments aux filles. Elle s’assit à table alors qu’il leur servait deux assiettes. Ils mangèrent en silence et lorsque Pacey débarrassa, Joey se dit qu’il était temps de parler et de mettre les choses aux points.
Joey : Pacey, il va falloir qu’on parle. Que compte-tu faire ? Tu ne peux pas rester ici.
Pacey : Je sais Joey, dit-il en s’appuyant sur le rebord de l’évier. Mais ce n’est pas une chose facile que de vivre près de toi.
Joey sourit. Oui, il savait vraiment y faire.
Pacey : Il me faut juste un peu de temps pour t’oublier et pour me faire à l’idée que toi et moi ne sommes qu’amis.
A ces mots, Joey trembla légèrement. L’oublier ? Mais pour se faire, il faudrait qu’il passe moins de temps auprès d’elle et ça elle ne le voulait pas. Elle avait appris à vivre avec lui chaque instant de libre dans sa vie et c’était une chose qu’elle aimait beaucoup. Pouvoir se reposer sur lui lorsqu’elle en avait besoin.
Joey : Je n’ai pas envie de moins te voir, lâcha t-elle sans s’en rendre compte.
Pacey se retourna surpris et leva les yeux vers elle, intrigué.
Pacey : Mais qu’est-ce que tu veux alors ? Tu préférerais que je continue à souffrir à côté de toi ?
Joey : Bien sûr que non, dit-elle en se levant d’un bond. Mais…
Plein d’espoir, il se rapprocha d’elle.
Pacey : Mais quoi ?
Joey : Je ne veux pas te perdre, lui dit-elle en relevant les yeux vers lui.
A quelques centimètres de son visage, Pacey avait le cœur qui battait la chamade. Joey ne se déroba pas à son regard envoûtant, elle vit ses yeux glisser vers ses lèvres. Elle se sentait comme attirée pas lui, incapable de bouger. Elle espérait presque qu’il l’embrasse. Lentement, Pacey descendit vers ses lèvres. Joey ferma les yeux, attendant un baiser qui ne vint pas. Elle rouvrit les yeux et surpris l’air triste de Pacey.
Pacey : Je suis désolé, lui murmura-t-il avant de sortir en courant de la maison et de fuir vers le ponton du lac.
Joey resta cloué sur place, encore sous le choc de ce qu’il venait de se passer. Elle avait offert ses lèvres à Pacey et il n’en avait pas voulu. Elle s’assit sur la chaise, secoué.
Pacey n’osait pas rentrer à l’intérieur de la maison. Il ne savait pas quoi dire à Joey, il ne savait même pas s’il arriverait à la regarder après ce qu’il s’était passé quelques heures plus tôt. Il se tenait sur le perron depuis près de vingt minutes. Il ne savait pas comment réagir avec elle. Comment lui expliquer le fait qu’il ait fui alors qu’elle semblait d’accord pour l’embrasser ? Pourrait-elle comprendre le sentiment de panique qui l’avait submergé ? Il avait été certain de se perdre s’il n’avait fait que seulement effleurer ses lèvres douces et fines. Joey n’était pas amoureuse de lui, elle l’aurait repoussé dès qu’il aurait commencé à y croire un peu. Non, il ne pouvait pas se permettre de nourrir ce genre de rêve.
Joey : Qu’est-ce que tu fais ? lui demanda t-elle en sortant le rejoindre.
Elle l’avait vu, faisait les cent pas dans l’allée. Il devait sûrement avoir peur de se retrouver devant elle. Elle avait décidé de lui faciliter la tâche, et de ce fait, de ce la simplifier à elle aussi. Elle allait rentrer à Capsides. Dès à présent.
Pacey : Euh, je prenais l’air.
Joey : Tu as raison, la journée est très belle.
Ils se sentaient mal à l’aise, l’un avec l’autre. Pacey respira un grand coup et prit son courage à deux mains pour lui parler.
Pacey : Joey, pour tout à l’heure, je…
Joey : Je m’en vais, l’interrompit-elle. Je rentre à Capsides, les cours reprennent demain et je ne peux pas me permettre de les manquer.
Joey fit tournoyer les clefs entre ses mains. Faisant comprendre à Pacey qu’elle avait l’intention de partir dès maintenant et qu’elle ne voulait pas parler de ce matin. Elle descendit les marches, sous le regard triste et amoureux de Pacey. Elle se retourna une dernière fois vers lui.
Joey : Tu devrais rentrer toi aussi, rester ici ne servirait à rien. Fuir la vie ne la rendra pas moins dure.
Elle resta plongée dans les yeux de Pacey quelques secondes. Ceux de Pacey exprimaient les regrets et la peine alors que Joey tentait d’être confiante malgré la boule qui lui tenaillait l’estomac.
Joey : A bientôt, lui dit-elle en pénétrant dans sa voiture.
Pacey regarda la voiture s’éloignait, jusqu’à n’être plus qu’un point à l’horizon. Puis, il s’assit sur le perron et réfléchit à ce qu’il devait faire. Mais il savait déjà au fond de lui que Joey avait raison, comme toujours.
Marjo (06.02.2004 à 22:44)
Joey déambulait dans les couloirs, Dawson à côté d’elle lui parler mais elle ne l’entendait pas. Elle avait l’esprit ailleurs. Elle se demandait si Pacey avait suivi son conseil et s’il était rentré. Elle ne l’avait pas encore vu de toute la matinée.
Dawson : Tu m’écoutes ou pas ?
Joey : Je suis désolée Dawson, j’étais ailleurs.
Dawson : Où ?
Joey : Rien d’important, dit-elle en balayant ça d’un geste.
Dawson : Ok. Dis-moi, je suis passé chez toi ce week end, tu n’étais pas là. Bessie m’a dit que tu étais partie à toute volée et que tu ne rentrais pas avant le lendemain.
Joey : Je n’étais pas là. Je…
Son regard se posa sur un garçon qui remontait l’allée jusqu’à eux. Sans qu’elle s’en rende compte, son visage s’éclaira. Il était revenu.
Pacey : Bonjour, dit-il gêné de se retrouver face à Dawson.
Il ne lui avait pas reparlé depuis son aveu dans la cellule.
Joey : Bonjour Pacey, lui dit-elle chaleureusement.
Dawson : Pacey ! dit-il un peu froid avant de les laisser seuls.
Pacey : Il va falloir que je lui parle.
Joey : Je le crois aussi.
La cloche retentit, il avait deux cours différents. Pacey lui sourit timidement et passa devant elle. Joey le retint par le bras.
Joey : Je suis contente que tu sois revenu, lui avoua t-elle.
Pacey : Merci.
Ses yeux descendirent sur sa main posée sur lui et ils se remplirent de tristesse à nouveau. Joey la retira vivement et partit à son cours.
Pacey avait décidé de parler avec Dawson. Il fallait que son ami comprenne que son amour pour Joey n’était pas volontaire. Il ne pourrait pas oublier Joey et ne plus voir Dawson. C’était lui demander trop de choses en même temps. Il se rendit chez lui et Gail le fit monter dans la chambre de son ami.
Pacey : Dawson, je peux te parler s’il te plait ? lui demanda-t-il en toquant à la porte.
Dawson se retourna et aperçut Pacey. Il n’avait pas vraiment envie de le voir. A dire vrai, il ne savait pas quoi lui dire. Il ignorait de quelle façon il devait réagir aux sentiments de Pacey.
Pacey : S’il te plait ? insista t-il mal à l’aise.
Dawson : Entre, céda t-il.
Pacey : Merci.
Il alla se tenir devant Dawson en piétinait d’un pied sur l’autre, ne sachant pas par quoi commencer.
Dawson : Comment tu as pu tomber amoureux de Joey ? lui dit-il en se laissant tomber sur son lit.
Pacey : Pourquoi es-tu aussi en colère que ce soit moi ? Tu devais bien te douter qu’un jour ou l’autre, un garçon tomberait sous son charme.
Dawson : Oui, mais je n’aurais pas cru ça de mon meilleur ami.
Pacey : Dawson, je ne l’ai pas fait exprès. Je pensais que toi mieux que quiconque pourrais me comprendre. Joey est une fille formidable et passer autant de temps avec elle m’a fait comprendre que je l’aimais vraiment. Je suis désolé.
Dawson : Mais c’est Joey ! Toi et elle n’avaient jamais été proches.
Pacey : Je sais ça mais les choses ont changé.
Dawson : Je ne sais pas quoi te dire, soupira-t-il. Savoir que mon meilleur ami est amoureux de mon âme sœur est un peu dur à avaler.
Pacey baissa la tête, il faudrait sûrement du temps à Dawson pour que sa colère s’apaise. Il marcha vers la sortie avant de se retourner une dernière fois sur lui.
Pacey : Si ça peut te rassurer, sache qu’il n’y a aucune chance pour que Joey soit amoureuse de moi un jour, lui dit-il sombrement.
Il sortit sous le regard surpris de Dawson.
Jen : Salut Joey, dit-elle en s’asseyant à sa table. Alors comment vas-tu ?
Joey : Et bien j’irais mieux si Petersen annulait son devoir.
Jen : Joey Potter qui s’inquiète pour un contrôle, j’aurais tout vu.
Joey : Je suis sérieuse.
Jen : Mais moi aussi, lui dit-elle en souriant.
Joey : Je n’ai pas révisé, lui avoua-t-elle.
Jen : Je suis sûre de savoir pourquoi. Je parierais même que ça a un rapport avec un joli brun.
Joey : C’est si évident que ça, lâcha t-elle en soupirant.
Jen : Et bien, je me doute que Pacey doit pas mal occuper tes pensées ces dernières semaines.
Joey : Je ne sais pas quelle solution adoptée avec lui.
Jen : Crois-tu qu’il y est une solution adéquate ?
Joey : Non, dit-elle frustrée. Mais il va bien falloir que j’en trouve une. Depuis son retour, je fais tout mon possible pour l’éviter.
Jen : Pourquoi ?
Joey : Parce que je me sens bizarre avec lui. Comme… « embrouillée » dit-elle après y avoir un peu réfléchi.
Jen : Quand vas-tu enfin démêler tout ça !
Joey : Je ne vois pas de quoi tu parles ? lui dit-elle mal à l’aise.
Jen : Joey, ton équation n’est pas difficile, seulement tu refuses le résultat.
Joey : Expliquez-moi docteur Freud, lui dit-elle sarcastique.
Jen : Eh bien, il y a une fille et trois garçons. Toi, évidemment, ton meilleur ami, un ami qui est amoureux de toi et ce gentil garçon d’Harvard. On peut déjà éliminer AJ car tu ne l’aimes pas.
Joey : Eh !
Jen : Simple supposition, tu voulais que je t’explique, je le fais. Reste le meilleur ami et l’ami. D’après moi, tu refuses les sentiments de ton ami pour ne pas peiner ton meilleur ami. Le problème est que ses sentiments te plaisent bien et ne sont pas tout à fait à sens unique. Mais comme cela te semblerait totalement fou de céder, tu te dis qu’il n’y a rien et tu préfères éviter le problème.
Joey : C’est tout ? lui demanda t-elle agacée.
Jen : Je pense oui.
Joey : Tu te trompes sur toute la ligne. Je n’aime pas Pacey et je ne cherches pas non plus à préserver Dawson. Quand à AJ, il me plait beaucoup.
A ce moment, Pacey pénétra dans le réfectoire et se dirigea vers le self. Joey le regarda passer, la respiration suspendue. Elle ne l’avait pas vu depuis près de trois jours. Gênée de l’observer ainsi, elle reporta son attention sur Jen qui lui souriait franchement.
Jen : « Plaire » n’est pas suffisant en amour, désolé. Ce qu’il faut c’est qu’un garçon te fasse frissonner et réagir rien qu’en le voyant. Un peu comme ce qu’il vient de se passer là dit-elle en posant une main sur le ventre de son amie.
Contente d’elle, Jen la laissa méditer.
Dawson : Salut Joey.
Joey : Salut Dawson, lui dit-elle avec une bonne humeur forcée.
Dawson s’assit à côté d’elle. Il savait qu’elle faisait semblant d’être enjouée mais lui non plus n’avait pas réellement envie de parler du cas « Pacey » comme il l’appelait. Il n’arrivait pas encore à accepter que son meilleur ami puisse être amoureux de sa Joey à lui. D’autant qu’il ne savait pas réellement où se situait Joey dans tout cela. Elle avait beau lui dire que pour elle Pacey n’était qu’un ami, il sentait bien lorsqu’il la voyait près de lui qu’elle était bizarre. Et il aurait beau la questionner directement, Joey trouverait toujours une bonne explication à tout. Cette tension qu’il sentait entre eux le troublait plus qu’il ne l’aurait voulu.
Jen : Salut vous deux, dit-elle avec un grand sourire.
Joey : Excusez-moi, je dois y aller. J’ai…oublié que je devais faire une course pour Bessie.
Dawson la regarda partir tristement. Il aurait mis sa main à couper qu’elle n’avait aucune course à faire, c’était juste une excuse de plus pour ne pas se retrouver avec lui. Ces derniers temps, elle faisait toujours ça, fuir lorsqu’il était dans les parages.
Jen : Elle a besoin d’être un peu seule, lui dit-elle compatissante.
Dawson : Je sais, lui dit-il sombrement.
Jen : On peut en parler, si tu veux.
Dawson : Je ne sais pas si ça changerait quoi que ce soit.
Jen : Ca te soulagerait peut-être.
Dawson se tourna vers Jen qui le regardait tendrement. Cela faisait du bien de l’avoir. Elle savait écouter, cela lui ferait sûrement du bien de lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Et si une personne pouvait l’aider à y voir plus clair, c’était bien elle.
Dawson : Je crois que quelque part au fond de moi, j’ai toujours pensé que Joey et moi finirions par nous retrouver un jour. Oh je savais qu’en attendant ce jour, il y avait des chances pour que Joey sorte avec quelqu’un d’autre, comme cet AJ.
Jen : Qu’est-ce que ça te fait de savoir qu’elle sort avec lui ?
Dawson : Ca m’a fait bizarre quand Pacey me l’a dit mais en fin de compte, je n’étais pas jaloux, AJ n’a jamais représenté un réel obstacle pour moi.
Jen : Alors que Pacey oui.
Dawson : Pacey a toujours été indépendant, confiant. Il n’a jamais eu besoin de personne. Mais malgré ça, je savais qu’il avait besoin d’entendre de quelqu’un qu’il était quelqu’un de bien et qu’il était fier de lui. Depuis qu’on est petit, j’ai toujours eu le sentiment que Pacey m’avait attribué ce rôle.
Jen : Et tu penses ne plus l’avoir ? chercha-t-elle à comprendre.
Dawson : Je pensais qu’avoir cette place faisait de moi quelqu’un d’important dans la vie de Pacey. Et je me dis que s’il est capable de mettre ça en péril, de mettre notre amitié à la poubelle, c’est qu’il doit être vraiment être amoureux de Joey.
Jen : Je crois qu’il l’est.
Dawson plongea son regard dans celui de Jen et soupira.
Dawson : Je le crois aussi, lui avoua t-il.
Jen posa sa main sur la sienne, réconfortante.
Jen : Qu’est-ce que tu comptes faire ?
Dawson : Je n’en sais rien, le savoir sincère ne rend pas les choses moins douloureuses.
Jen : Je comprends.
Dawson : Je peux te poser une question ?
Jen : Vas-y.
Dawson : Tu crois que Joey pourrait être amoureuse de lui ?
Jen le regarda tristement, elle ne voulait pas lui faire de mal mais Dawson avait besoin de vérité.
Jen : Je crois qu’elle pourrait l’être. Je suis désolée.
Dawson : C’est ce que je craignais, dit-il en baissant la tête.
Joey marchait dans les rues de Capsides, elle ne s’était pas sentie la force de rester avec Dawson. Elle ne savait pas quoi lui dire. Une voiture de police passa devant elle et s’arrêta à côté du magasin. C’est alors qu’elle aperçut Pacey sortir du magasin et allait vers la voiture. Joey ne bougea plus. Depuis qu’elle l’évitait, à chaque fois qu’elle le croisait quelque part, elle se sentait comme pétrifiée. Elle l’observa parler avec son frère. Un sourire illumina le visage de Pacey et elle se surprit à sourire en même temps que lui. Elle n’entendait pas ce qu’ils se disaient mais le voir aussi souriant lui faisait plaisir. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu un sourire orner son visage et elle trouvait ça bien dommage. Il était vraiment séduisant lorsqu’il se laissait aller. Elle sentit une boule se reformer aux creux de son estomac. Il fallait qu’elle lui parle, elle avait besoin d’être près de lui. La voiture s’éloigna et Pacey releva la tête. Leurs yeux se rencontrèrent et une fois la surprise passée, un nouveau sourire éclaira le visage de Pacey. Joey se sentit toute électrifiée, il y avait une tension dans l’air. Pacey fit un pas vers elle et elle stoppa sa respiration.
Voix : Joey !! entendit-elle crier derrière elle.
Elle se sentit soulevée dans les airs et étreindre par un inconnu. Elle ne l’avait pas reconnu tout de suite. Elle se décolla de lui et fut surprise de voir AJ devant elle.
Joey : AJ ? Mais que fais-tu l’as ? lui dit-elle mal à l’aise.
A.J. : Tu n’es pas contente de me voir ? lui demanda t-il déçu.
Joey : Non non, lui dit-elle sincère. Je suis juste…surprise.
A.J. : J’avais envie de te voir, lui dit-il en la resserrant dans ses bras. Tu me manquais, lui murmura-t-il.
Joey leva les yeux vers Pacey. Il avait disparu, se rendit-elle compte tristement. Elle baissa la tête. Ce serait pour une prochaine fois. Elle espérait juste qu’il allait bien. Ca n’avait pas dû être très agréable de voir AJ l’enlacer.
Jen : Qu’est-ce qu’un beau brun comme toi fait tout seul ici ? demanda t-elle à Pacey en s’asseyant sur le ponton avec lui.
Pacey : Il cherche à éviter tout le monde, lui avoua t-il.
Jen : Tu préfères que je te laisse seul ?
Pacey : Non, c’est bon. Je peux rester seul avec toi.
Jen : Merci ! lui dit-elle en rigolant.
Ils restèrent un moment silencieux à regarder l’horizon avant que Jen ne prenne la parole.
Jen : Alors, si tu me disais comment cette tâche sombre est arrivée dans tes yeux. Bon, il y en avait déjà une avant mais là, elle semble plus grosse.
Pacey se tourna vers elle, surpris. Cette fille avait un don incroyable pour lire à travers les gens.
Pacey : AJ est à Capsides, lâcha t-il.
Jen : Aïe. Et comment tu le sais ?
Pacey : J’ai assisté à son retour, lui dit-il tristement.
Jen : Expliques ?
Pacey : Joey et moi, on s’est croisé devant chez Market’s. Et c’était un moment troublant, j’avais l’impression qu’on était comme attiré l’un par l’autre. Pour la première fois depuis des jours, on allait enfin se parler. Et tu ne peux pas savoir comme j’en mourrais d’envie.
Jen : Mais AJ est arrivé ?
Pacey : Ouais. Je me suis enfui. J’avais envie de lui mettre mon poing dans la figure, dit-il en tournant la tête vers elle, mais je me suis dis que Joey n’aurait pas apprécié.
Jen : Tu as eu raison.
Pacey : Qu’est-ce que je vais faire ? lui demanda-t-il perdu.
Jen : A ta place, je resterais tel que je suis. Je ne forcerais pas le destin. L’arrivée d’AJ peut jouer en ta faveur.
Pacey : Je ne vois pas en quoi ? dit-il intrigué.
Jen : Fais-moi confiance. Sois plus positif.
Pacey : Désolé, j’ai du mal à voir les choses en rose en ce moment.
Jen : Moi, je suis assez confiante, lui dit-elle avant de l’embrasser sur la joue et de le laisser à nouveau seul.
Marjo (06.02.2004 à 22:46)
Bessie : Joey, je peux te poser une question ?
Joey : Essaye toujours.
Bessie : Que fais-tu ici alors qu’un séduisant jeune homme qui n’est venu que pour te voir est dehors.
Joey regarda par la fenêtre, AJ était assis à une table et écrivait dans un calepin.
Joey : Il a l’air occupé.
Bessie : Joey, ça va faire deux heures qu’il est là et tu n’as pas encore passé un seul moment avec lui. Il a fait tout ce trajet pour te voir.
Joey : Je lui avais rien demandé moi ! se défendit-elle.
Bessie : Joey !! lui dit-elle choquée. Je ne comprends pas ton attitude.
Pour dire vrai, Joey non plus ne se comprenait pas. AJ était un garçon charmant, cultivé, séduisant…mais elle n’arrivait plus à se sentir aussi bien qu’avant auprès de lui C’était comme s'il manquait quelque chose.
Bessie : Que ce passe t-il ?
Joey : Je ne sais pas.
Bessie : Eh bien, fait ce que tu veux mais va le voir au moins.
Joey soupira, sa sœur avait raison. Elle ne pouvait pas le laisser ainsi. Il était venu pour elle. Résolue, elle sortit le rejoindre. Il rangea son carnet et lui sourit.
A.J. : Je me demandais si tu viendrais me rejoindre un jour.
Joey : Je suis désolée, j’étais occupée.
A.J. : Ne t’excuse pas. Le principal, c’est que tu sois là maintenant.
AJ se pencha sur elle et l’embrassa. Joey ne résista pas. Elle fut parcourue d’un frisson dans tous son corps. Il cela n’avait rien avoir du désir, non, elle se sentait juste mal à l’aise. Elle mit un terme au baiser et lui adressa un timide sourire.
Joey : Allons nous promenez un peu, lui proposa-t-elle.
Joey marchait main dans la main avec AJ. Elle avait froid. Elle leva les yeux au ciel et fut éblouie pas le soleil qui inondait la ville. Mais s’il faisait si beau, comment pouvait-elle avoir si froid ? Son regard descendit sur les doigts d’AJ qui entrelaçaient les siens. Lorsqu’elle releva la tête vers AJ, elle eut l’impression que son cœur s’était arrêté. Elle voyait Pacey, il était là, à la place de son compagnon, il lui souriait, comme il l’avait fait quelques heures plus tôt. Que lui arrivait-il ?
A.J. : Ca va ?
Joey revint à la réalité lorsqu’AJ la détourna de sa vision.
A.J. : Quelque chose ne va pas ?
Joey : Excuse-moi, j’étais perdue dans mes pensées.
A.J. : On peut savoir où ? lui demanda-t-il avec un grand sourire.
Joey : Je pensais à la petite fête de ce soir, dit-elle rapidement. Tu veux y aller avec moi ?
A.J. : Avec plaisir, lui dit-il ravi.
Joey maugréa. Pourquoi lui parlait-elle de cette fête. Elle n’avait aucune envie d’y aller. Elle n’avait pas envie de s’amuser.
Jen, organisatrice de la fête était assez contente d’elle. Tout le monde avait l’air de s’amuser. Tout le monde, hormis Dawson et Pacey qui se tenaient chacun à un bout de la pièce, constata t-elle. Dawson discutait avec Jack et Andie, elle décida donc d’aller voir Pacey en premier. D’autant plus qu’il était accoudé au bar, et Pacey était du genre à se plonger dans l’alcool pour oublier les problèmes. Elle alla le rejoindre et lui adressa un regard désapprobateur lorsqu’il porta son verre de Whisky à ses lèvres.
Pacey : Ce n’est que mon deuxième, lui dit-il pour la rassurer.
Jen : Je ne sais pas si c’est une bonne idée.
Pacey : Mon meilleur ami évite de me regarder et la femme que j’aime va probablement arriver avec son génie de Harvard.
Jen : Ca donne envie de boire je te l’accorde. Mais tu ne penses pas qu’offrir à Joey la vision du garçon charmant qu’elle rate ne pourrait pas la faire réfléchir?
Pacey : Jen, tu ne m'as pas bien entendu, elle va venir avec son génie. Aussi charmant que je puisse me montrer, je ne ferai jamais le poids.
Jen : Très bien. Fais comme tu veux. Mais fait le vite, la voilà.
Pacey se retourna à temps pour voir AJ ôtait le manteau de Joey et le tendre à Andie. Il s’hérissa de ce geste si tendre. Décidément, il n’aimait pas ce type. Il reporta son attention sur Joey, elle était ravissante ce soir. Elle sembla ne se rendre compte de sa présence qu’à cet instant. Ses yeux s’assombrirent, elle lui adressa un vague sourire de regret et disparut avec AJ dans la foule. Pacey se tourna vers Jen.
Pacey : Je pense que je vais en prendre un troisième.
Joey savait que ce n’était pas une bonne idée de venir ! Elle revoyait en pensée la tête que Pacey avait fait lorsqu’il l’avait vue. Elle l’avait blessé, elle en était sûre. Pourtant, elle voulait tout sauf ça. Pacey avait prit une place importante dans sa vie, elle s’en rendait compte maintenant. Elle leva les yeux vers AJ qui revenait vers elle avec deux boissons. Elle se sentait triste, AJ était un garçon très gentil, un garçon comme elle en rêvait auparavant, qui savait la stimuler intellectuellement mais subitement, cela n’était plus suffisant. Elle l’avait compris aujourd’hui. Elle n’était pas amoureuse de lui et il lui faudrait le lui dire ce soir. Elle prit dans ses mains le verre qu’il lui tendait et tourna la tête vers la foule. Scrutant le monde autour d’elle. La vision qu’elle eut la fit trembler. Au bar, Pacey discutait avec une jeune fille blonde qui paraissait très entreprenante. Elle vit sa main lui caressait le bras et Pacey lui sourire. La colère monta en elle, de quel droit cette fille se montrait-elle si familière ? Et pourquoi Pacey la laissait-elle faire ? Elle se glaça. Que lui prenait-elle ? Pourquoi en voulait-elle autant à cette fille, elle ne faisait rien de mal. Elle pouvait tout à fait comprendre qu’une jeune fille s’intéresse à Pacey, après tout, c’était un garçon tellement formidable. Mais, elle ne pouvait pas s’empêcher de ne pas apprécier ça, c’était plus fort qu’elle.
Jen : Alors, comment te sens-tu ?
Dawson : J’ai connu des jours meilleurs.
Jen : Merci d’être venu quand même.
Dawson : Je ne voulais pas rater ta petite fête.
Une musique douce retentit et Jen l’invita à danser. Dawson ne pu s’empêcher de remarquer Joey, qui, elle aussi, était sur la piste. Elle était venue avec cet AJ.
Jen : Ca va ? lui demanda-t-elle en remarquant son regard posé sur Joey.
Dawson : Bizarrement oui.
Jen : Je ne te comprends pas, lâcha t-elle troublée. Cela ne te fait rien de la voir dans les bras d’un autre mais l’idée de savoir ton meilleur ami amoureux d’elle te perturbe.
Dawson : Je sais.
Jen : Regarde un peu dans quel état il est lui.
Dawson regarda dans la même direction que Jen. Il remarqua Pacey accoudé au bar, l’air passablement éméché. Il ne devait sûrement pas passer une bonne soirée vu l’air triste qu’il affichait. Il avait raison d’avoir peur, les sentiments de Pacey pour Joey étaient très forts, ça se voyait.
Dawson : Que veux-tu que je fasses ? Il est tout de même amoureux de mon âme sœur.
Jen : Dawson, si c’est vraiment ton âme sœur comment se fait-il que se soit lui qui soit malheureux de la voir avec un autre et pas toi ?
Jen le laissa là, réfléchissant à ces paroles.
Joey dansait dans les bras d’AJ tout en ce demandant ce qu’elle faisait là. Il lui tardait que la soirée s’achève. Les mains de son compagnon posées sur elle pesaient comme un poids. Lorsqu’il l’embrassa, elle ne pu s’empêcher de ressentir un vide au fond d’elle. Gentiment elle le repoussa sous prétexte d’avoir soif. Elle avait besoin d’un verre. Il lui fallait un petit remontant pour supporter le reste de la soirée. La présence d’AJ et de Pacey dans la même pièce la mettait mal à l’aise. Savoir que ces deux garçons étaient amoureux d’elle alors qu’elle était incapable de leur rendre cet amour lui brisait le cœur. Elle remplit largement son verre et en vida la moitié. Elle ne sentit par la présence d’une autre personne derrière elle.
Pacey : Dure soirée on dirait ?
Joey : Pacey ! sursauta t-elle. Je ne t’avais pas vu.
Pacey : Je vois, tu avais l’air concentré sur ton verre.
Joey : Je t’ai vu pas mal concentré sur les tiens toi aussi, lui dit-elle sur la défensive.
Pacey : Parce que tu faisais attention à moi, dit-il surpris. Je ne l'aurais pas cru.
Joey : Pacey, dit-elle la voix radoucie, je sais que cette soirée ne doit pas être facile mais….
Pacey : Cette soirée est un calvaire tu veux dire ! la coupa-t-il. Voir les mains de ce mec posées partout sur toi, le voir t’embrasser…
Joey : Je suis désolée, lui dit-elle tristement.
Pacey : Ne le sois pas, c’est la vie, il va bien falloir que je m’habitue à te voir avec d’autres.
Il vida la moitié de sa bière et tourna la tête sur le côté. La blonde avec qui il avait discuté une heure plus tôt lui fit un petit signe de l’autre bout de la pièce. Pacey lui sourit et reporta son attention sur Joey. Celle-ci avait remarqué la scène et fut envahie par un sentiment de colère.
Joey : J’ai l’impression que tu t’y fais plutôt bien, lui dit-elle glaciale.
Pacey : De quoi tu parles ? lui dit-il surpris.
Joey : Je t’ai vu, à l’instant et tout à l’heure aussi, avec la blonde, vous avez l’air de bien vous entendre.
Pacey : Attends, tu viens me reprocher à moi d’essayer de m’amuser un peu ? lui dit-il interloqué
Joey : Si c’est comme ça que tu veux t’amuser, lui dit-il dédaigneuse.
Pacey : Je rêve ! Je préfère partir.
Pacey joignit le geste à la parole en quittant la pièce. Joey resta quelques secondes sur place, perdue, sans savoir quoi faire. Dans un élan irréfléchi, elle le rattrapa.
Joey : Attends Pacey.
Pacey : Joey, j’en ai assez pour ce soir.
Joey : Je voudrais qu’on parle !
Pacey : De quoi ? De ce formidable mec avec qui tu sors.
Joey : Non ! lui dit-elle comme si c’était évident.
Pacey : Joey, tu ne comprends rien. Tu crois que je m’amuse lorsque je regarde ce type près de toi, te toucher, t’embrasser en rêvant d’être à sa place. Tu crois que j’aime l’idée que quoi que je fasse, je ne serai jamais assez bien pour toi. J’ai probablement perdu l’amitié de mon meilleur ami mais ce ne serait pas si grave si je n’avais pas en plus l’impression de te perdre ton aussi comme amie….. Joey, ça fait si mal, lui dit-il la voix brisée.
Les larmes de Joey avaient jailli sur son visage sans quelle ne puisse faire quoique se soit pour les retenir.
Joey : Pardon Pacey, murmura t-elle.
Les yeux tristes de Pacey se posèrent sur elle et elle ne se déroba pas à son regard. Elle aimait la façon qu’il avait de la regarder mais détestait la détresse qu’elle pouvait lire dans ses yeux. Hésitant, Pacey tendit lentement la main vers elle et toucha son visage. D’une douce caresse, il lui essuya ses larmes. Joey sentit une poussée d’adrénaline se décharger dans tout son corps. Le simple contact de la peau de Pacey contre la sienne avait suffi à la faire tressaillir. Elle entendit la phrase de Jen résonner dans sa tête « Plaire » n’est pas suffisant en amour, désolé. Ce qu’il faut c’est qu’un garçon te fasse frissonner et réagir rien qu’en le voyant… » Pacey savait le faire ça, il parvenait d’un simple regard à lui faire oublier qui elle était. C’était un sentiment grisant que de pouvoir s’oublier totalement devant un garçon. Ne plus laisser que la tension et le désir flottaient entre eux, car à cet instant même Joey désirait Pacey plus que quiconque. Elle le savait, ses lèvres réclamaient les siennes, son corps faisait appel à sa peau. N’écoutant plus que son cœur, elle passa ses bras autour de son cou et l’embrassa passionnément, ne laissant plus parler que son désir. Pacey fut submergé par l’émotion et lui rendit chaque baiser, la tension monta très vite entre les deux. Surpris par le besoin d’être contre lui, de le toucher, Joey se plaqua un peu plus dans ses bras mais réalisant très vite qu’AJ était encore à l’intérieur, qu’il devait la chercher et qu’il pourrait sortir d’un instant à l’autre, elle repoussa Pacey. La respiration haletante, il posa sur elle un air hagard. Il se sentait perdu comme jamais. Joey venait de l’embrasser ! Les larmes aux yeux, elle se précipita à l’intérieur de la maison. Pacey la regarda partir tristement. Il n’avait aucune envie de retourner à l’intérieur et de faire face à Joey. Se passant une main sur les lèvres, il s’engagea sur le chemin du retour.
Cela faisait une heure que Joey jetait des petits regards en coin à AJ. Elle lui avait dit qu’elle avait un devoir à faire et lui en avait profité pour lire un peu. Tout allait à cent à l’heure dans sa tête, elle n’arrêtait pas de penser à Pacey et au baiser qu’elle lui avait donné. Que lui avait-il pris ? Elle devait avoir perdu la tête sinon quoi d’autre ? Elle secoua la tête déterminée à ne plus y penser et ferma les yeux. Mais tout lui revint alors instantanément, le regard de Pacey sur elle, les paroles qu’il avait eu pour elle, le désir fou et irrépressible qui s’était emparé d’elle à tel point qu’elle n’avait pas pu résister et l’avait embrassé. D’un baiser torride et fougueux qui l’avait laissée, perdue et insatisfaite.
A.J. : Joey ? dit-il en lui posant une main sur la sienne.
Joey sursauta et retira vivement sa main.
Joey : Je suis désolée, dit-elle devant son air surpris. J’ai été surprise.
A.J. : Ce n’est pas grave, lui dit-il en souriant.
Il se pencha vers elle et l’embrassa. Joey lui rendit son baiser, maladroitement. Elle s’arrêta lorsqu’elle se rendit compte qu’elle ne prenait aucun plaisir à ça. AJ la regarda incrédule.
A.J. : Tu ne vas pas me dire que je t’ai encore surprise ?
Joey : Excuse-moi, dit-elle en se levant pour éviter le poids de son regard.
A.J. : Joey, tu as été bizarre toute la soirée. Non, à vrai dire, en y réfléchissant bien, tu es bizarre depuis mon arrivée. Je veux savoir ce qu’il se passe ?
Joey n’arrivait pas à croire qu’elle était entrain de faire ça. Mais elle savait au fond d’elle qu’elle n’avait pas d’autres solutions. Elle n’aimait pas AJ. Elle ne ressentait pas d’attirance physique pour lui et malgré toute la bonne volonté qu’il y mettait, elle ne parvenait pas à se sentir bien en sa présence.
A.J. : Aller Joey, parle-moi, la supplia-t-il en lui prenant les mains.
Joey : AJ, je suis désolée.
A.J. : Tu n’arrêtes pas d’être désolée ce soir. Je voudrais bien savoir pourquoi ?
Joey : Je crois que tu devrais partir, lâcha t-elle tristement.
A.J. : Oh, dit-il surpris.
Joey : Je me rends compte que je ne ressens pas les mêmes sentiments que toi. Je t’aime bien mais…
A.J. : Mais tu ne m’aimes pas, finit-il pour elle.
Joey : Je croyais que si, je te le jure.
AJ s’éloigna d’elle et se retourna vers la fenêtre. Il avait eu un mauvais pressentiment toute la journée. Il avait refusé de voir les signes. Il la regarda et lui fit un vague sourire triste. Elle ne l’aimait pas, il ne pouvait pas lui en vouloir. Au moins, elle était honnête. Sans un mot, il prit son sac, déposa un baiser sur sa joue.
A.J. : Au revoir Joey, lui dit-il tendrement avant de sortir.
Désorientée, Joey se laissa tomber sur son lit. Bessie apparut quelques secondes plus tard devant elle.
Bessie : Joey, qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je viens de voir AJ s’en aller.
Joey : Nous avons rompu, lui annonça t-elle.
Bessie : Mais je croyais que tu l’aimais bien ? AJ est pourtant un garçon très gentil et très intelligent.
Joey : C’est vrai mais ce n’est pas suffisant. Bessie, je me sens vide lorsque je suis avec lui.
Bessie : Dans ce cas, tu as bien fait de rompre. Mais puis je savoir à quoi est due cette décision ?
Joey : A rien de précis, dit-elle mal à l’aise.
Bessie : En es-tu aussi sûre ? Il me semble qu’un autre jeune homme a des sentiments pour toi. C’est à cause de lui n’est-ce pas ?
Joey : De Pacey ? lui demanda-t-elle surprise. Absolument pas.
Bessie : Je trouverais ça normal. Pacey aussi est un gentil garçon et puis il tient énormément à toi.
Joey : Sors d’ici Bessie, s’énerva t-elle.
Bessie s’exécuta et se retourna au niveau de la porte.
Bessie : Joey, être amoureuse de Pacey n’aurait rien de grave ni d’absurde. Si tu l’aimes, si c’est avec lui que tu te sens bien, alors ne te caches pas derrière un mur et vis ce que tu dois vivre.
Joey la regarda partir et s’allongea sur son lit. L’image de Pacey défila sous ses yeux. Même si les sentiments de Pacey la touchaient au plus haut point, son regard posé sur elle la rendait vulnérable et ses baisers la rendaient folle. Elle mit tout cela sur le compte du trouble qu’elle ressentait à savoir Pacey amoureux d’elle.
Joey : C’est ridicule, murmura t-elle en se recroquevillant sur elle-même.
Marjo (06.02.2004 à 22:48)
Pacey n’était pas rentré directement chez lui, il n’avait pas envie de se retrouver dans le brouhaha de la maison familiale. Non, pour l’instant il voulait profiter de la magie du moment, repenser au baiser de Joey, bref mais si passionné qu’il avait eut l’impression qu’elle en avait envie autant que lui. Le regard triste qu’elle avait eu en partant lui avait apporté le sentiment qu’elle se séparait de lui à regret. Mais maintenant, avec un peu de recul, il pensait avoir inventé tout ça, il n’avait vu que ce qu’il espérait voir. Joey l’avait embrassé dans un moment de pur égarement et elle devait probablement le regretter amèrement à l’heure qu’il est. Pire, elle était dans les bras de AJ. Il ne pouvait pas supporter cette idée. Pacey donna une poussée à la balançoire sur laquelle il était assis. Il était venu là dans un ultime espoir de se rapprocher d’elle. Ils venaient souvent jouer ici lorsqu’ils étaient petits, Dawson, Joey et lui. A cette époque, tout était bien plus facile. Il n’y avait aucun sentiment amoureux d’aucune sorte pour aucun d’entre eux.
Dawson : Je savais que je te trouverais là.
Pacey releva la tête vers lui. Il était surpris de le voir là. Dawson l’évitait depuis de nombreux jours et semblait se soucier de lui comme d’une guigne.
Pacey : Qu’est-ce que tu viens faire là ? lui demanda-t-il sur ses gardes.
Dawson : Je t’ai vu avec Joey. Devant chez Jen, lâcha t-il.
Pacey : Oh.
Etait-il venu pour lui casser la gueule ? se demanda-t-il rapidement avant de décider que Dawson n’avait pas l’air énervé. Sans un mot, Dawson s’installa sur la deuxième balançoire et se balança doucement. Pacey commençait à trouver le silence pesant, que voulait Dawson ? Pourtant, il ne se décidait pas à démarrer leur conversation. Si Dawson était venu jusqu’à lui, c’était qu’il avait quelque chose à lui dire, alors qu’il commence ! Dawson resta silencieux encore quelques minutes puis entama la conversation la plus difficile de sa vie.
Dawson : Tu es vraiment amoureux d’elle, n’est ce pas ?
Dawson n’avait pas l’air d’attendre de réponse, il semblait savoir plutôt que de demander. Pacey le regarda, intrigué, avait-il accepté ses sentiments pour Joey ?
Dawson : Je crois qu’elle t’aime aussi.
Pacey n’en croyait pas ses oreilles. Pourquoi disait-il ça ? Joey le lui avait-elle dit ?
Pacey : Je ne pense pas non.
Dawson : Elle t’a embrassé.
Pacey : C’était une erreur de sa part, voilà tout.
Dawson : Joey ne fait pas ce genre d’erreur.
Pacey tourna la tête vers lui, stupéfait. Lui non plus ne penser pas que Joey puisse embrasser quelqu’un à qui elle ne tienne pas sincèrement mais il ne pouvait croire que Joey l’ait embrassé volontairement. Dawson, lui, paraissait réellement croire que Joey était amoureuse de lui.
Pacey : Dawson, est-ce que tu crois que tu pourras me pardonner un jour ?
Dawson : Tu es amoureux de la seule fille que j’ai jamais aimée. Et elle t’aime probablement en retour. Vous voir tous les deux sera difficile.
Pacey : De ce côté-là, tu peux te rassurer, tu n’auras jamais à voir ça, lui dit-il tristement.
Dawson : Tu n’as jamais eu confiance en toi, dit-il en secouant la tête. Tu n’arrives même pas à croire que Joey ait pu tomber amoureuse de toi aussi bien que toi d’elle.
Pacey : Pourquoi cherches-tu à me faire croire que Joey m’aime ?
Dawson : Je connais Joey, mieux que quiconque, lui dit-il en soupirant. Si je le dis, c’est parce que je le sais, peut-être même elle avant elle.
Silencieusement, il se leva et fit quelques pas.
Pacey : Dawson ! l’arrêta-t-il.
Celui-ci tourna la tête sur le côté, évitant son regard mais lui accordant son attention.
Pacey : Est-il possible qu’un jour, nous puissions redevenir ami comme avant.
Dawson : Je ne sais pas, murmura-t-il. Je ne sais pas.
Dawson s’en alla, le laissant seul à ses réflexions. Pacey ressassa les paroles de son ami un long moment avant de se décider de rentrer chez lui. La nuit portait conseil, il saurait mieux demain où il en était et ce qu’il devait faire avec Joey.
Joey se leva aux aurores bien qu’il n’y ait pas cours. Elle avait très mal dormi mais s‘était réveillée avec un doux sentiment. Elle avait rêvé de Pacey. Chose qui lui arrivait de plus en plus souvent. Elle n’arrivait pas à comprendre la signification de tous ses rêves mais après chacun d’entre eux, elle se sentait légère, comme si le fait de penser à lui l’aider à se sentir plus libre, plus heureuse. Cette nuit, lorsqu’elle avait fermé les yeux, elle avait rêvé que Pacey l’enlaçait en lui murmurant des "je t’aime". Un sentiment de plénitude l’avait envahie dans ses songes, comme si cette réalité lui suffisait. Aujourd’hui, il lui fallait l’affronter mais elle ne savait pas quoi lui dire, le souvenir de leur baiser brûlant lui était encore très présent à l’esprit. Elle ne savait pas si elle pourrait le regarder en face sachant qu’elle en était l’instigatrice. Elle alla prendre une douche et s’habilla rapidement, elle devait parler avec Jen. Cette dernière l’aiderait sûrement à comprendre ce qu’elle devait faire. Oui, elle avait besoin de la voir….
Jen : Salut Potter, dit-elle lorsqu’elle monta le perron de sa maison.
Joey : Jen, j’ai besoin de te parler.
Jen : Ca n’a pas l’air d’aller. Où est AJ ?
Joey : Je l’ignore. On a rompu hier soir, l’informa t-elle.
Jen se contenta de lui sourire ce qui irrita Joey. Jen avait l’air ravi de cette nouvelle.
Jen : Ce qui signifie que tu as enfin ouvert les yeux sur Pacey.
Joey : Je ne sais absolument plus quoi penser, lâcha t-elle perdue.
Joey lui relata la soirée d’hier ainsi que les nombreux rêves qu’elle faisait de Pacey et des sentiments qu’elle éprouvait au petit matin. Jen l’écoutait silencieusement, attendant patiemment que Joey en vienne à la fin, espérant secrètement qu’elle finirait elle-même par comprendre ce qu’elle disait. Mais hélas, Joey avait toujours l’air aussi perdu à la fin de son monologue. Jen soupira, Joey était incorrigible. A ce moment là, elle aperçut Pacey qui passait au loin et donna un coup de coude à Joey en le lui montrant. Le visage de celle-ci s’éclaira et lorsque Pacey l’aperçut à son tour, il lui adressa son plus beau sourire. Joey se sentit défaillir. Son sourire ravageur la mettait dans tous ses états. Elle s’arrêta de respirer quelques instants, le temps que Pacey disparaisse.
Jen : C’est pas croyable ! lâcha t-elle abasourdie.
Joey : Quoi ?
Jen : Pacey ! Tu vas me dire que là, tout de suite, tu ne sais toujours pas où tu en es avec lui ? lui demanda-t-elle surprise.
Joey : Je devrais ?
Jen : Joey, soupira-t-elle. C’est dommage que je n’ai jamais un appareil photo ou un caméscope dans les mains, sinon, je pourrais te montrer à quel point tu es rayonnante à chaque fois que Pacey entre dans ton champ de vision.
Joey esquissa un timide sourire, Jen n’avait pas tort, elle le savait. Dès qu’elle voyait Pacey, elle se sentait différente. Il l’avait rendue différente. Meilleure. Cette année, il l’avait aidée à avancer, à devenir quelqu’un qui fonce alors qu’elle était d'un naturel plutôt réfléchi. Dès qu’il était près d’elle, elle se sentait galvanisée, poussée en avant. Pacey était comme ça...un moteur, son moteur. Lorsqu’elle réalisa combien elle avait besoin de lui dans sa vie, Joey eut l’impression qu’un poids envahissait ses épaules, l’empêchant de respirer, la faisant couler. Elle regarda le visage de Jen, compatissant, rassurant. Elle savait, elle, elle savait tout. Elle prit alors une importante respiration, comme pour remonter à la surface, émergeant des brumes où elle s’était enfouie, tout était clair désormais. Elle embrassa Jen sur la joue et lui sourit.
Joey : J’ai quelque chose à faire, lui glissa t-elle avant de partir vers la maison d’en face.
Jen la regarda en souriant s’éloigner vers la maison de dawson. Tout allait enfin changer, en bien l’espérait-elle. Il fallait qu’elle reste dans le coin car un pressentiment lui disait que Dawson aurait bientôt besoin de soutien. Joey grimpa l’échelle et toqua sur le rebord de la fenêtre afin d’attirer l’attention de Dawson.
Joey : Je peux entrer ?
Dawson était surpris de la voir là. Elle avait cherché à l’éviter depuis plusieurs jours.
Dawson : Bien sûr.
Joey pénétra timidement dans la pièce. Elle venait là depuis qu’elle était toute petite et pour la première fois de sa vie, elle ne se sentait pas à l’aise. Elle se tordait nerveusement les mains, ne sachant pas par où commencer.
Dawson : Tu voulais me dire quelque chose Joey ? l’encouragea-t-il.
Joey : Oui, dit-elle dans un souffle.
Dawson : Je t’écoute.
Joey : Eh bien, c’est au sujet de Pacey…
Dawson : Et des sentiments qu’il éprouve pour toi.
Joey : Oui, dit-elle nerveuse, mais pas seulement…
Dawson : Non bien sûr. Tu veux aussi me parler de ce que toi tu ressens pour lui.
Joey : Dawson, qu’est-ce que tu fais ? lui demanda-t-elle intriguée.
Dawson : Je t’aide à me dire ce qui t’est difficile à dire. Même si cela me fait mal, dit-il en s’asseyant sur le bord de son lit.
Joey soupira, soulagée. Dawson savait déjà. Elle alla s’asseoir à côté de lui et lui prit la main.
Dawson : Alors, c’est sérieux toute cette histoire, dit-il tout bas, comme réalisant la vérité.
Joey : Je suis désolée, lui dit-elle sincère. Je n’aurais jamais cru que cela puisse arriver. Pas avec lui.
Dawson : Je sais, lui assura t-il. Je sais qu’on ne choisit pas ceux qu’on aime.
Joey sentait la peine de Dawson au travers de sa voix triste. Elle s’en voulait de lui faire du mal mais elle ne pouvait pas nier ses sentiments. A la fin, trois personnes en auraient souffert.
Joey : Tu crois que tu pourras l’accepter ? lui demanda-t-elle pleine d’espoir.
Dawson : Laisse-moi le temps.
Joey : Je comprends.
Dawson : Tu l’as dit à Pacey ?
Joey : Pas encore.
Dawson tourna la tête vers elle, surpris. Il était content qu’elle lui ait avoué en premier. Mieux valait ça que de tomber sur eux au détour d’une rue. Joey lui sourit et s’en retourna vers la fenêtre.
Dawson : Merci Joey. Merci de me l’avoir annoncé d’abord, lui dit-il reconnaissant.
Joey : Il n’y a pas de quoi, lui dit-elle avec un petit sourire avant de sortir.
Pacey arpentait les rues de la ville depuis près d’une heure. Depuis qu’il avait aperçu Joey devant chez Jen. Elle était si belle qu’il en avait mal à la poitrine. Si Jen n’avait pas été avec elle, il aurait été lui parler. Il devait le faire, prendre son courage à deux mains et mettre tout à plat. Joey l’avait embrassé et il voulait une explication. Alors qu’il pensait à elle, elle lui apparut au bout de la rue. Il s’arrêta net et plongea son regard dans le sien. Il avait l’impression qu’ils étaient liés tous les deux. Le monde qui les entourait disparu peu à peu, ils étaient seuls au monde. Pacey lui sourit tendrement, heureux de la voir. Lentement, ils marchèrent l’un vers l’autre sans se lâcher du regard. Joey se sentait transportée par le regard de Pacey, par l’amour qu’elle lisait dans ses yeux. Elle avait besoin de ça, besoin de lui.
Joey : Bonjour, lui dit-elle timidement lorsqu’il fut devant elle.
Pacey : Bonjour Joey, lui dit-il tendrement.
Joey : Comment vas-tu ?
Pacey : Depuis que tu m’as embrassé ? la taquina-t-il gentiment.
Joey : Tu n’étais pas tout à fait contre, lui fit-elle remarquer.
Pacey : Oui mais moi je suis amoureux de toi.
Joey : Justement, lui dit-elle avec un sourire complice.
Pacey la détailla des pieds à la tête. Il avait peur de comprendre où elle voulait en venir.
Pacey : Joey, il va falloir que tu sois plus directe parce que là, je perds pied dans la confusion la plus totale.
Joey : Pacey, j’ai besoin de toi dans ma vie.
Le cœur de Pacey bondit dans sa poitrine.
Pacey : Pour transformer le Bed and Breakfast ?
Joey : Pour vivre, le corrigea-t-elle en souriant.
Pacey frissonna lorsqu’elle lui prit les mains et se rapprocha de lui, rapprochant son visage contre le sien.
Joey : Je ne peux pas, et je ne veux pas, vivre sans toi.
Pacey avait les yeux brillants d’amour. Il n’avait pas cru en sa chance, étant certain qu’une histoire avec elle n’était pas possible et voilà qu’elle lui offrait son amour.
Pacey : Si tu savais comme je t’aime, lui murmura-t-il en posant son front contre le sien.
Joey : Montre-le moi.
Sans se faire prier, Pacey plaqua ses lèvres contre les siennes et l’embrassa passionnément. Joey le pressa contre elle, transformant le rêve en réalité. La plénitude reprit possession de son être, les bras de Pacey étaient un doux havre de paix, promesse de bonheur éternel. Elle avait fait le bon choix, elle en était sûre, le risque en valait la chandelle.
Joey : Je t’aime, lui murmura-t-elle tout contre ses lèvres.
Les larmes aux yeux, Pacey la serra très fort contre lui.
Pacey : Je te promets de te rendre la plus heureuse du monde.
Joey : Commence par m’embrasser alors, lui dit-elle en rigolant.
Amusé, Pacey lui effleura les lèvres, jouant avec ses nerfs, cherchant à l’amener à l’embrasser elle même. La réaction de Joey ne se fit pas attendre. Elle plaça ses deux mains autour de son visage et prit possession de ses lèvres tendrement mais fermement. Le sourire aux lèvres, Pacey lui rendit son baiser.
La caméra s’éloigna progressivement d’un couple heureux, qui en plein milieu de la rue et à la vue de tous, s’embrassait amoureusement.
Marjo (06.02.2004 à 22:52)