Les vacances d’été commençaient juste. Leur diplôme en poche, Jack et Jen avaient la ferme intention de profiter de ce temps offert à eux pour visiter un peu du pays et surtout s’éclater un maximum.
Face à la situation dans laquelle se trouvait leur amie Joey, ils n’avaient pu rester de marbre et lui avaient alors proposé de se joindre à eux le temps de cette escapade. Il avait fallu faire appel aux arguments de Bessie pour qu’elle se laisse convaincre et ainsi accepter la proposition. Mais Jack et Jen pensaient bien lui faire oublier ses problèmes et autres pensées noires quelques instants.
Le matin du départ, chez Grams.
Jack :Jeeeennnnn ! Dépêche-toi un peu s’il te plaît !
…
Jack : On va finir par être en retard…
Après quelques menaces proférées contre son amie, celle-ci se décida enfin à faire son apparition.
Jen, d’un air nonchalant : Ca va, ça va! J’arrive ! J’ai même pas le temps de me sécher les cheveux…
Jack, légèrement survolté : Ca fait plus d’une heure que tu es là-dedans ! Qu’est-ce que t’as foutu ?
Sur ce, Joey monta les escaliers et les regarda étonnée.
Joey :Qu’est qu’il se passe ici ?
Jen, très simplement :Jack s’est levé du mauvais pied.
Jack : Jen, ne joue pas à ça avec moi.
Joey, calmant le jeu :Ok, ok. On arrête là les enfants. On prend gentiment ses affaires et on descend dans l’entrée.
Ils s’exécutèrent sans un mot, mais en se jetant un œil noir comme il le font souvent.
Joey : Bon, faut-il que je vous rappelle que nous avons environ 1000 bornes à faire en bus ces 2 prochains jours ?
Jen : Joey a raison, ce n’est pas le bon moment pour nous disputer…
Jack : Tu dis ça parce que c’est toi qui es en tort et que tu n’as pas envie de me voir te faire la tête pendant tout le voyage.
Joey secoua la tête devant cette scène si désolante. Dans un élan, elle les poussa l’un contre l’autre et finit par dire, lasse : Allez, ça y est, c’est réglé. Vous vous êtes réconciliés.
Elle leur tourna le dos, sortit de la maison un des sacs à la main et se dit tout bas en secouant la tête une nouvelle fois : Ce qu’il faut pas faire !
Arrivés à la gare routière de Capeside, Joey demanda pour la forme : Vous avez vos billet ?
Jack, le tenant à la main :Oui !
Voyant que Jen ne répondait pas, les 2 autres se tournèrent vers elle et la regardèrent avec insistance. Elle fouilla dans son sac à dos, en disant, affolée : Je l’ai mis dans cette poche…il doit être là…je l’ai mis tout à l’heure…
Jen releva doucement la tête sous le poids des regards incendiaires de ses 2 amis : Quoi ? Me regardez pas comme ça, je vous dis que je l’ai mis là !
Joey se mit à chercher avec Jen. Puis au bout de quelques minutes de recherches intensives, Jack aperçut un bout de papier blanc.
Jack, le plus calmement du monde : Jen ?
Jen le regarda :Quoi ?
Jack, sur le même ton :Est-ce que par hasard, enfin je dis ça comme ça, je peux me tromper mais est-ce que par hasard ce ne serait pas un bout de ton billet qui dépasserait de la poche arrière de ton jean ?
Jen ouvrit de grands yeux incrédules, posa ses deux mains sur ses fesses pour palper le papier et sourit comme pour se faire pardonner.
Jack : C’est bien ce qu’il me semblait !
Il tourna le dos et monta sans un commentaire dans le bus en partance pour New York, suivi de ses 2 camarades.
Après quelques minutes d’attente, le bus démarra, et l’aventure put enfin commencer.
Pacey jeta les amarres, sauta à quai et attacha les cordages. Il regarda autour de lui, tout lui était étranger. Il faisait déjà chaud ce matin.
Pacey avait accepté le travail que lui avait proposé Mr Kublik quelques mois auparavant. Il s’occupait du bateau du doyen de Worthington. Mais son travail ne se limitait pas à ça. Enfin, sur le contrat si ! Mais la fille du doyen s’était entichée de lui. Et dans son désespoir, il ne s’était pas refusé à un peu « d’occupation ».
Une jeune femme sortit de la cabine et descendit à ses côtés. Elle lui déposa un baiser sur les lèvres.
Amy, toute excitée : Tu te rends compte, chéri, de ce que représente cette ville
Pacey, dépassé par l’enthousiasme de la jeune femme :Oui…c’est la capitale, et alors ?
Amy, effarée : Mais non Pacey ! Washington c’est la deuxième ville du shopping voyons : Gucci, Prada, Dior, Givenchy, Kenzo…. C’est à peine croyable !
Pacey, effaré à son tour :Est-ce que tu penses t’intéresser un tant soit peu au côté historique de la ville ?
Pacey avait apparemment gardé ce reflex que Joey et lui avaient eu durant leur périple à bord du True Love l’été dernier.
Amy, à peine gênée par la réponse qu’elle allait lui donner :Pfft, l’histoire peut attendre, la mode, elle, change tous les ans !
Elle prit alors son sac à main Vuitton et quitta le port à pied, dans un déhanché plus que nécessaire, ce qui fit secoué la tête à pacey : Mon Dieu, mais qu’est-ce que je fais là, moi ?
La journée passa , il lava le pont, vérifia les niveaux et fit le plein de carburant. Tous n’attendaient plus qu’Amy pour repartir.
La première journée de bus était presque terminée. Il était tard dans la nuit et le car roulait encore. Les multiples pauses qu’ils avaient déjà faites n’avaient pas suffit pour dégourdir les jambes de Joey.
Jen dormait toujours, elle ne s’était pas beaucoup manifestée…ou si peu ! Simplement pour se plaindre du manque de place, de la luminosité trop intense qui l’empêchait de dormir…
Cette fois, lorsqu’elle se réveilla, c’était du fauteuil qui lui meurtrissait les fesses dont elle se plaignit. Jack ne fit ni une ni deux, il se retourna d’un coup et lâcha violemment : « Ecoute, ça va faire 24h qu’on roule et je commence à en voir plus qu’assez de t’entendre te plaindre tout le temps. J’ai les nerfs à vif là, alors c’est pas le moment de m’énerver !
Jen, plus qu’étonnée, la tête et le corps enfoncés dans le fauteuil : Eh ben dis donc si là t’es pas déjà énervé … !?
Jack se replaça lentement et souffla très doucement. Jack ferma alors les yeux et essaya de se rendormir sans porter la moindre attention à Joey qui se trouvait à côté de lui et le regardait, les yeux grand ouverts, stupéfaite.
Tous reprirent donc leur activité, autant dire essayer de dormir pour que ce voyage paraisse moins long.
Le bus s’arrêta enfin. Rien ne faisait plus plaisir aux 3 jeunes gens que d’arriver à New York et de ne plus revoir ce car de malheur quelques jours. Ils allaient enfin pouvoir respirer l’air frais. Ils descendirent et se hâtèrent vers l’hôtel.
Jack et Joey y laissèrent Jen, bien trop fatiguée de ses 24h de sommeil dans le bus pour se déplacer jusqu’à un café.
Joey :Qu’est-ce que tu dirais d’aller faire un tour au port maintenant ? La fois où je suis venue avec Jen, on n’a pas eu le temps d’y passer- elle haussa les sourcils tout en souriant afin de concerner Jack- il paraît qu’il y a des yachts de milliardaires…
Jack sourit à son tour et lança, mine de rien : Oui, et puis l’air nous fera du bien.
Joey y trouva le prétexte parfait pour enchaîner plus sérieusement : Surtout que je te trouve un peu énervé ces derniers temps.
Jack : Oh, c’est rien. J’évacue le stress emmagasiné pendant les examens.
Soudain, Joey fut percutée par une femme dont elle ne vit pas le visage.
La jeune femme : Mais vous ne pouvez pas regarder où vous allez, non ?
Joey, surprise par l’attitude de la femme : Excusez-moi ??
La jeune femme ramassa son sac et lança agressivement avant de repartir: Poussez-vous !
Joey secoua la tête, encore étonnée, puis ils reprirent leur chemin.
Après quelques minutes de silence, Joey parla doucement : J’ai rêvé de pacey cette nuit, dans le car.
Jack sourit timidement : Je le sais.
Joey se stoppa net et le regarda, l’air interrogateur.
Jack comprit qu’il devait s’expliquer :Je t’ai entendue murmurer son nom dans ton sommeil.
Joey, alors gênée : Oh…vraiment …?!
Jack, la rassurant : Ne t’en fais. Il n’y a que moi qui l’ai entendu. Jen était trop occupée à dormir. Mais dis-moi plutôt ce qu’il se passait dans ce rêve.
Joey : On le retrouvait à New York, par hasard, au détour d’une rue.
Jack : Bien, allons discuter de ça autour d’un café.
Ils entrèrent alors dans le premier café qu’ils trouvèrent. Soudain, Joey fut une nouvelle fois percutée. Elle releva la tête et le reconnut.
Jack : Pacey ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?
Pacey et Jack commençaient à parler, et Joey, elle, restaient interdite. Des bribes de conversation lui parvenaient jusqu’aux oreilles " bateaux…New York……démissionner…". Quand soudain, une phrase entière la réveilla "Tu n’as qu’à te joindre à nous !"
Joey se réveilla en ouvrant les yeux d’un coup. Elle jeta un rapide coup d’œil autour d’elle et constata finalement qu’elle était encore dans le bus, sur la route de New York : Oh non !
Jack la regarda :Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Joey, l’air perdu et effrayé : Est-ce qu’il t’es déjà arrivé de rêver de quelque chose qui te donne l’impression que ça pourrait arriver dans les heures qui suivent ?
Jack, plissant les yeux : Je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que tu veux dire mais si tu veux parler de rêves prémonitoires, je dois dire que je n’y crois pas tellement.
Joey, fixant ses doigts entrelacés s’agiter machinalement : J’ai fait un rêve atroce !
Jack, le même sourire timide que précédemment dans le rêve : Ca n’avait pas l’air si atroce pourtant !
Joey, intriguée : De quoi tu parles ?
Jack, toujours souriant : Tu as murmuré le nom de Pacey en dormant.
Joey, stupéfaite : Encore !
Jack, surpris à son tour : Quoi ? Parce que tu rêves souvent de Pacey ?
Joey, reprenant ses esprits : C’est justement ce que je voulais dire. J’ai rêvé de lui et on le retrouvait à New York.
Jack, essayant de la rassurer : Oui, mais Joey, tu te rends bien compte que c’est impossible. Pacey est sur un bateau au beau milieu de je ne sais quel océan.
Joey tourna la tête contre la vitre de l’autocar et se tut le reste du trajet.
Pacey jeta les amarres, sauta à quai et attacha les cordages. Il regarda autour de lui et tout lui sembla étranger, une nouvelle fois. C’était maintenant un rituel. Ils étaient alors à New York. La voix d’Amy ne tarda pas à se faire entendre.
Amy : Oh chéri, on est arrivé ?
Pacey d’un ton glacial : Tes magasins sont avancés.
Amy ne le releva même pas. Elle était au comble de son excitation : encore de nouvelles enseignes sous lesquelles se pâmer pendant des heures.
A la simple vue de ce spectacle qui s’offrait à lui, Pacey prit immédiatement sa décision. C’était irrémédiable ! Il descendit regrouper ses quelques affaires. Elles n’étaient pour ainsi dire jamais sorties de leur sac. Sans doute parce qu’il espérait au fond de lui avoir le courage de tout laisser en plan…
Il remonta sur le pont avant et croisa pour la dernière fois cette chère Amy.
Amy, pleine d’espoir : Tu viens avec moi cette fois ?
Pacey, très calme : Non Amy. Je m’en vais.
Amy, commençant à paniquer : Mais qu’est-ce que …qu’est-ce que tu fais ? tu ne peux pas… Tu ne peux pas me laisser comme ça. Tu n’as pas le droit !
Pacey laissait percer une pique de colère : Ce droit là, Amy, tu vois je le prends. Eric (qui travaillait également à bord) me remplacera. Je ne te supporte plus, et tes manières non plus.
Amy, ne pouvant entendre plus de critiques, lui jeta un regard noir, lança rageusement son sac à main sur son épaule et descendit en trombe du bateau.
Pacey respira alors un bon coup et quitta lui aussi le port, le pas léger, le sourire aux lèvres, fixant au loin la statue de la liberté comme s’il s’agissait d’un symbole de délivrance. Il balança lui aussi son sac par-dessus son épaule et vissa sa casquette sur le haut de son crâne. Tête baissée, il affrontait la foule à contre-sens.
Pendant ce temps-là, le bus était enfin arrivé à New York. Et ce n’était pas un rêve cette fois-ci. Ils arrivèrent dans le hall d’entrée de l’hôtel et récupérèrent les clés de leur 3 chambres.
Jack, plein d’initiatives : Bon, on dépose nos bagages dans nos chambres et on se retrouve ici dans l’entrée ?
Joey : On dit dans 10 minutes ?
Jen acquiesça sans grande conviction et se dirigea, suivie des 2 autres, vers l’ascenseur.
Bzzbzz (02.04.2004 à 21:53)
Joey, lâcha un très bref soupir en secouant la tête, se leva avec perte et fracas et sortit du café. Elle partit et marcha le plus rapidement possible sans savoir où elle se dirigeait.
Pacey, déçu, prit sa tête entre ses mains : Ce que je peux être stupide !!
Jack qui pensait avoir eu une idée de génie en s’éloignant un instant, revint avec le sourire. Quand il vit Pacey, seul, il se stoppa puis arriva précipitamment jusqu’à son ami : Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Où est Joey ?
Pacey releva lentement la tête et Jack comprit à son regard que la discussion s’était très mal passée.
Jack ironique : Je parie qu’elle n’est pas partie téléphoner.
Pacey fit un signe négatif de la tête.
Jack essayant de ne pas dramatiser : Ok. Toi tu vas à l’hôtel, Le Brakefast Club, c’est à quelques pâtés de maisons, et moi je vais chercher Joey. Est-ce que par hasard tu saurais par où elle est partie ?
Pacey : Elle est sortie à droite.
A quelques centaines de mètres de là, Joey avait atterri dans un charmant petit parc où couraient des tas d’enfants. Elle était parvenue à se calmer en se mêlant à la masse de gens qui avançait à vive allure sur les trottoirs et avait fini par s’asseoir sur un banc. Elle avait le regard plongé dans le sol et n’en bougeait plus. On pouvait lire de la colère dans son regard.
Alors que Jack errait, essayant de retrouver Joey, Pacey était resté assis à la table du café et remuait ses idées sans bouger. Il partit enfin, au bout d’une quinzaine de minutes, et se dirigea lentement jusqu’à l’hôtel, son sac encore une fois par dessus l’épaule .
Jack aperçut lui aussi le petit parc et, connaissant bien Joey, en prit la direction .Il en fit le tour et finit par trouver Joey, allongée sur le banc, les yeux ouverts mais totalement perdus, les mains enfouies sous sa tête.
Jack avança lentement vers elle et dit : Tu sais qu’on dirait une clocharde ?
Joey se redressa en reconnaissant cette voix familière, laissa une petite place à son ami. Jack s’assit à sa droite et se tut un instant.
Il dit finalement :Je crois savoir ce qu’il s’est passé…
Joey ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et dit d’une voix presque désolée :Je n’ai pas supporté qu’il accepte aussi facilement tout ce que je lui reprochais. Il n’a même pas essayé de se défendre…
Jack étonné : Tu n’as pas supporté qu’il se considère comme responsable de votre rupture ?
Joey qui constata que ce qui était clair pour elle ne l’était pas du tout pour Jack dit en s’énervant de plus en plus : C’est trop facile d’acquiescer en espérant le pardon… et puis de quoi pourrais-je bien le pardonner puisque je suis la seule responsable de cette séparation…Je l’étouffais, je lui enlevais toute confiance en lui, je ne lui laissais pas assez de responsabilités…
Jack dit doucement pour essayer de la calmer :Joey, tu sais que ce n’est pas vrai.
Joey redevenue incroyablement calme : C’est pourtant ce qu’il m’a dit.
Elle posa la tête sur l’épaule gauche de Jack et une larme coula le long de sa joue. Jack posa sa main droite sur la tête de Joey pour la presser un peu plus contre lui.
Pacey arriva à l’hôtel et demanda le numéro de la chambre de Jen Lindley à la réception. Il prit l’ascenseur et arriva au troisième étage. Il se dirigea jusqu’au fond du couloir et frappa à la porte de la chambre 316. Au bout de quelques secondes, personne n’avait répondu. Comme Jack lui avait raconté les différentes jérémiades de Jen durant le voyage, il insista et refrappa à la porte.
Jen fut réveillée en sursaut, elle se dressa d’un bond sur son lit et secoua la tête comme pour vérifier qu’elle était bien réveillée. Elle se leva de son lit à contre-cœur et avança difficilement jusqu’à la porte. Elle ouvrit la porte en grand et dit d’une voix granuleuse en se frottant la tête, les yeux à moitié fermés, son “cache œil“ sur le haut du front (vous savez, ces trucs en forme de 8 qu’on vous donne dans les avions): Je vous avais demandé de ne pas me réveiller !
Pacey :Salut !
Jen qui reconnut la voix de Pacey, ouvrit d’énormes yeux et hurla de joie :Pacey !
Elle lui sauta au coup et ils s’étreignirent un instant. Ils se dégagèrent enfin.
Jen : Qu’est-ce que tu fais ici?… Mais entre !
Elle rentra dans sa chambre et invita Pacey qui posa son sac au sol.
Pacey, fronçant les sourcils : Qu’est-ce que tu fais avec ce truc sur la tête ?
Jen ,qui avait les yeux à moitié fermés à cause de l’intensité de la lumière et du fait qu’elle se réveillait à peine, dit en donnant un coup sur le store :Je ne suis pas arrivée à baisser ce store de malheur !
Pacey se déplaça jusqu’à la fenêtre et, en un tour de main fit descendre le store à mi-hauteur pour garder un peu de lumière.
Jen pencha la tête, étonnée que ce put être aussi simple et dit un “Merci Pacey“ qui signifiait qu’elle se sentait ridicule. Elle finit par s’asseoir sur le lit et tapota à coté d’elle pour que Pacey en fasse autant et dit en haussant les sourcils : Alors raconte ? Qu’est-ce que tu fais ici… à New York ? Tu t’ennuyais déjà de nous ?
Pacey lui raconta tout en détail, sa relation défectueuse avec Jane, sa démission et surtout sa rencontre avec Jack et Joey.
De leur coté, Jack et Joey en étaient toujours au même point. Jack ne savait pas trop quoi faire vu l’état de son amie. Il proposa tout de même de marcher un peu. Ils se levèrent et partirent côte à côte, tous deux les mains dans les poches. Au début, personne ne parla, Joey n’en avait pas vraiment envie et Jack ne voulait pas la brusquer. Alors qu’ils marchaient toujours, Joey se décida finalement à dire :Si on rentrait, je voudrais aller me reposer.
Jack : Si tu veux.
Joey voyait bien que Jack était déçu, et qu’il aurait aimé qu’ils parlent de Pacey tous les deux, elle ajouta alors en le regardant, tout en marchant : On en parlera plus tard, tu veux bien?
Jack, content que Joey ne garde pas tout pour elle, opina du chef avec un léger sourire :D’accord.
Ils se remirent à marcher d’un pas plus régulier et Joey, en la regardant ,la tête baissée un peu sur le coté, prit doucement la main de Jack pour se rassurer. Ils se dirigèrent vers l’hôtel.
Arrivés au Brakefast Club, Joey se dirigea tout de suite vers sa chambre en disant à Jack qu’elle ne mangerait pas.
Jack :Tu es sûre ? On peut manger tous les deux si tu veux !
Joey sourit à Jack. Le fait qu’il lui propose de faire en sorte qu’elle ne tombe pas sur Pacey lui faisait très plaisir : Merci mais je n’ai pas vraiment faim et j’ai besoin de dormir.
Jack sourit à son tour : Comme tu veux Joey, je serai dans la chambre de Jen si tu changes d’avis…
Joey : D’accord Jack, je saurai où te trouver !
Elle rentra dans sa chambre alors que Jack prit la direction de la chambre de Jen.
Pacey et Jen parlaient toujours de choses et d’autres comme ils avaient l’habitude de le faire, jusqu’au moment où ils furent interrompus par l’entrée de Jack dans le chambre. Jack fut surpris de la lumière et pensait que Jen serait en train de dormir.
Jen avec un sourire radieux : Tu as vu qui j’ai trouvé devant ma porte ?
Jack rigolant :Encore un SDF que tu vas héberger !
Une bonne partie de rigolade s’annonçait pour le trio.
Jen : Si on allait manger, j’ai vraiment les crocs !
Jack : C’est pas toi qui ne voulait pas sortir de ta chambre avant d’avoir dormi 24h ?
Jen regardant Pacey avec humour : Maintenant que je suis réveillée…
Pacey rigola puis enchaîna sérieusement : Peut-être que vous devriez y aller tous les trois, je ne pense pas que Joey apprécie ma présence à table. Je crois que ce serait pire qu’un huis-clos.
Jack : Non, c’est bon, elle ne mange pas. Elle est directement allée dans sa chambre pour se coucher. Je crois qu’elle est pas mal fatiguée.
Pacey un peu ironique : Tu peux appeler ça comme ça si tu veux.
Jen qui voyait que la conversation ne mènerait à rien se leva d’un coup et lança :On est parti !
Ils descendirent alors au restaurant de l’hôtel, mangèrent dans la bonne humeur et burent ensuite un dernier verre au bar pour fêter leurs "retrouvailles" ou plutôt la "coïncidence".
Jen : J’ai une question à vous poser.
Pacey et Jack :Aïe
Voyant que les garçons devenaient anxieux, elle ajouta : Ca n’a rien de grave. Je veux juste savoir où vous me voyez dans 10 ans.
Jack et Pacey :Et voilà !
Jen étonnée :Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey qui regarda Jack :Ca y est, elle nous fait sa petite dépression !
Jack acquiesça en haussant les sourcils et en secouant la tête.
Jen :Mais non ! c’est juste comme ça. Tenez !(Elle prit son air le plus sérieux)Moi je vais vous dire comment je vous vois dans 10 ans. Pacey tu seras un navigateur reconnu pour ses multiples tours du monde. Ca paiera pas beaucoup c’est sûr mais tu seras plutôt heureux. Et toi, Jack, je te vois comme fondateur du premier parti politique gay. Toi tu gagneras pas mal de fric, et c’est pourquoi vous serez toujours amis !
Pacey effaré :Ah d’accord ! Alors tu nous vois en navigateur solitaire en perpétuelle quête d’argent et homme politique bourré aux as !
Jen était morte de rire.
Pacey :Je vais te dire comment je te vois, moi ! Dans 10 ans tu seras une serveuse aux cheveux gras dans un minable fast-food perdu en plein Colorado.
Jen changea immédiatement d’attitude et regarda Pacey avec mépris.
Pacey et Jack rigolaient à leur tour.
Jack :Et moi, je te vois en féministe névrosée essayant de vendre ses bouquins expliquant la domination féminine.
Les garçons riaient de plus belle en se tapant dans les mains :Oh, je l’imagine bien !
Le trio continua de parler jusque tard dans la nuit, ils restèrent à se raconter des tonnes de choses comme s’il y avait des lustres qu’ils ne s’étaient pas vus. Puis ils finirent par décider de se séparer.
Jen ouvrant la porte de sa chambre :Bon, allez les gars, dormez bien !
Jack se frottant la tête :Ah oui, je ne t’ai pas dit. J’ai passé ma chambre à pacey, je me suis dit qu’il valait mieux qu’il garde son argent pour plus tard et que trois chambres pour quatre ça suffisait !
Jen :En clair, tu dors ici ?
Jack :Oui !
Jen : Je te préviens que si tu ronfles, tu iras retrouver ton copain Pacey.
Pacey regardant Jen avec un sourire coquin :Je peux toujours dormir avec toi si tu préfères !
Jen haussant les sourcils en rigolant :Non, ça va aller on va se débrouiller Pacey !
Pacey satisfait :Alors bonne nuit les amis !
Pacey entra dans sa chambre et se déshabilla puis se glissa dans son lit.
Il aperçut une brochure du room-service de l’hôtel.
Pacey ironique :Breakfast Club…comme c’est charmant.
Il s’était mis à repenser à ce film du même nom où des collégiens sont en retenue et où ils finissent par apprendre à se “connaître“malgré leurs différences. Ils leur étaient arrivés la même chose avec Dawson , Jen et Joey. C’était un sacré souvenir.
Il prit la télécommande et alluma la télé sans mettre le son afin de pouvoir réfléchir en même temps.
Jen se changea dans la salle de bain et laissa la chambre à Jack. Lorsque Jen et Jack furent changés, ils entrèrent dans le lit.
Jen :Comme au bon vieux temps.
Jack sourit, éteignit la lumière et dit d’une voix paisible :Bonne nuit Jen !
Il se retourna et l’embrassa sur la joue.
Jen :Bonne nuit.
Ils ne tardèrent pas à s’endormir, Jen n’avait toujours par récupérer son manque de sommeil et Jack, lui, n’avait pour ainsi dire presque pas dormi dans le bus.
Joey se réveilla, il faisait très chaud dans sa chambre. Elle ne parvint pas à déclencher l’air conditionné. Elle sortit alors de sa chambre en espérant que Jack pourrait l’aider s’il ne dormait pas. Elle frappa à la porte de la chambre de Jack et Jen mais malheureusement, personne ne répondit. Elle repartit en direction de sa chambre et vit que la chambre de Pacey était éclairée. Trop fière, elle décida de ne pas s’arrêter et reprit la direction de sa propre chambre, mais au moment d’ouvrir la porte, prise d’un élan soudain, elle décida de prendre sur elle et de frapper à la porte de Pacey. Joey, gênée, fixait ses pieds nus. Pacey ouvrit doucement la porte.
Pacey :Potter ?…Mais qu’est-ce que tu fais debout à cette heure ?
Joey, qui, gênée par la situation se tripotait les doigts nerveusement, parla en penchant la tête comme elle le faisait souvent lorsque ce qu’elle voulait dire avait de la peine à sortir : Je n’arrive pas à activer l’air conditionné et la chaleur est insoutenable dans ma chambre. Est-ce que…
Pacey ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase car il savait que la situation était pénible pour elle :J’y vais.
Il se dirigea alors dans la chambre de Joey et mit en route la climatisation :Voilà, c’est bon.
Joey :Merci.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:11)
Joey, lâcha un très bref soupir en secouant la tête, se leva avec perte et fracas et sortit du café. Elle partit et marcha le plus rapidement possible sans savoir où elle se dirigeait.
Pacey, déçu, prit sa tête entre ses mains : Ce que je peux être stupide !!
Jack qui pensait avoir eu une idée de génie en s’éloignant un instant, revint avec le sourire. Quand il vit Pacey, seul, il se stoppa puis arriva précipitamment jusqu’à son ami : Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Où est Joey ?
Pacey releva lentement la tête et Jack comprit à son regard que la discussion s’était très mal passée.
Jack ironique : Je parie qu’elle n’est pas partie téléphoner.
Pacey fit un signe négatif de la tête.
Jack essayant de ne pas dramatiser : Ok. Toi tu vas à l’hôtel, Le Brakefast Club, c’est à quelques pâtés de maisons, et moi je vais chercher Joey. Est-ce que par hasard tu saurais par où elle est partie ?
Pacey : Elle est sortie à droite.
A quelques centaines de mètres de là, Joey avait atterri dans un charmant petit parc où couraient des tas d’enfants. Elle était parvenue à se calmer en se mêlant à la masse de gens qui avançait à vive allure sur les trottoirs et avait fini par s’asseoir sur un banc. Elle avait le regard plongé dans le sol et n’en bougeait plus. On pouvait lire de la colère dans son regard.
Alors que Jack errait, essayant de retrouver Joey, Pacey était resté assis à la table du café et remuait ses idées sans bouger. Il partit enfin, au bout d’une quinzaine de minutes, et se dirigea lentement jusqu’à l’hôtel, son sac encore une fois par dessus l’épaule .
Jack aperçut lui aussi le petit parc et, connaissant bien Joey, en prit la direction .Il en fit le tour et finit par trouver Joey, allongée sur le banc, les yeux ouverts mais totalement perdus, les mains enfouies sous sa tête.
Jack avança lentement vers elle et dit : Tu sais qu’on dirait une clocharde ?
Joey se redressa en reconnaissant cette voix familière, laissa une petite place à son ami. Jack s’assit à sa droite et se tut un instant.
Il dit finalement :Je crois savoir ce qu’il s’est passé…
Joey ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et dit d’une voix presque désolée :Je n’ai pas supporté qu’il accepte aussi facilement tout ce que je lui reprochais. Il n’a même pas essayé de se défendre…
Jack étonné : Tu n’as pas supporté qu’il se considère comme responsable de votre rupture ?
Joey qui constata que ce qui était clair pour elle ne l’était pas du tout pour Jack dit en s’énervant de plus en plus : C’est trop facile d’acquiescer en espérant le pardon… et puis de quoi pourrais-je bien le pardonner puisque je suis la seule responsable de cette séparation…Je l’étouffais, je lui enlevais toute confiance en lui, je ne lui laissais pas assez de responsabilités…
Jack dit doucement pour essayer de la calmer :Joey, tu sais que ce n’est pas vrai.
Joey redevenue incroyablement calme : C’est pourtant ce qu’il m’a dit.
Elle posa la tête sur l’épaule gauche de Jack et une larme coula le long de sa joue. Jack posa sa main droite sur la tête de Joey pour la presser un peu plus contre lui.
Pacey arriva à l’hôtel et demanda le numéro de la chambre de Jen Lindley à la réception. Il prit l’ascenseur et arriva au troisième étage. Il se dirigea jusqu’au fond du couloir et frappa à la porte de la chambre 316. Au bout de quelques secondes, personne n’avait répondu. Comme Jack lui avait raconté les différentes jérémiades de Jen durant le voyage, il insista et refrappa à la porte.
Jen fut réveillée en sursaut, elle se dressa d’un bond sur son lit et secoua la tête comme pour vérifier qu’elle était bien réveillée. Elle se leva de son lit à contre-cœur et avança difficilement jusqu’à la porte. Elle ouvrit la porte en grand et dit d’une voix granuleuse en se frottant la tête, les yeux à moitié fermés, son “cache œil“ sur le haut du front (vous savez, ces trucs en forme de 8 qu’on vous donne dans les avions): Je vous avais demandé de ne pas me réveiller !
Pacey :Salut !
Jen qui reconnut la voix de Pacey, ouvrit d’énormes yeux et hurla de joie :Pacey !
Elle lui sauta au coup et ils s’étreignirent un instant. Ils se dégagèrent enfin.
Jen : Qu’est-ce que tu fais ici?… Mais entre !
Elle rentra dans sa chambre et invita Pacey qui posa son sac au sol.
Pacey, fronçant les sourcils : Qu’est-ce que tu fais avec ce truc sur la tête ?
Jen ,qui avait les yeux à moitié fermés à cause de l’intensité de la lumière et du fait qu’elle se réveillait à peine, dit en donnant un coup sur le store :Je ne suis pas arrivée à baisser ce store de malheur !
Pacey se déplaça jusqu’à la fenêtre et, en un tour de main fit descendre le store à mi-hauteur pour garder un peu de lumière.
Jen pencha la tête, étonnée que ce put être aussi simple et dit un “Merci Pacey“ qui signifiait qu’elle se sentait ridicule. Elle finit par s’asseoir sur le lit et tapota à coté d’elle pour que Pacey en fasse autant et dit en haussant les sourcils : Alors raconte ? Qu’est-ce que tu fais ici… à New York ? Tu t’ennuyais déjà de nous ?
Pacey lui raconta tout en détail, sa relation défectueuse avec Jane, sa démission et surtout sa rencontre avec Jack et Joey.
De leur coté, Jack et Joey en étaient toujours au même point. Jack ne savait pas trop quoi faire vu l’état de son amie. Il proposa tout de même de marcher un peu. Ils se levèrent et partirent côte à côte, tous deux les mains dans les poches. Au début, personne ne parla, Joey n’en avait pas vraiment envie et Jack ne voulait pas la brusquer. Alors qu’ils marchaient toujours, Joey se décida finalement à dire :Si on rentrait, je voudrais aller me reposer.
Jack : Si tu veux.
Joey voyait bien que Jack était déçu, et qu’il aurait aimé qu’ils parlent de Pacey tous les deux, elle ajouta alors en le regardant, tout en marchant : On en parlera plus tard, tu veux bien?
Jack, content que Joey ne garde pas tout pour elle, opina du chef avec un léger sourire :D’accord.
Ils se remirent à marcher d’un pas plus régulier et Joey, en la regardant ,la tête baissée un peu sur le coté, prit doucement la main de Jack pour se rassurer. Ils se dirigèrent vers l’hôtel.
Arrivés au Brakefast Club, Joey se dirigea tout de suite vers sa chambre en disant à Jack qu’elle ne mangerait pas.
Jack :Tu es sûre ? On peut manger tous les deux si tu veux !
Joey sourit à Jack. Le fait qu’il lui propose de faire en sorte qu’elle ne tombe pas sur Pacey lui faisait très plaisir : Merci mais je n’ai pas vraiment faim et j’ai besoin de dormir.
Jack sourit à son tour : Comme tu veux Joey, je serai dans la chambre de Jen si tu changes d’avis…
Joey : D’accord Jack, je saurai où te trouver !
Elle rentra dans sa chambre alors que Jack prit la direction de la chambre de Jen.
Pacey et Jen parlaient toujours de choses et d’autres comme ils avaient l’habitude de le faire, jusqu’au moment où ils furent interrompus par l’entrée de Jack dans le chambre. Jack fut surpris de la lumière et pensait que Jen serait en train de dormir.
Jen avec un sourire radieux : Tu as vu qui j’ai trouvé devant ma porte ?
Jack rigolant :Encore un SDF que tu vas héberger !
Une bonne partie de rigolade s’annonçait pour le trio.
Jen : Si on allait manger, j’ai vraiment les crocs !
Jack : C’est pas toi qui ne voulait pas sortir de ta chambre avant d’avoir dormi 24h ?
Jen regardant Pacey avec humour : Maintenant que je suis réveillée…
Pacey rigola puis enchaîna sérieusement : Peut-être que vous devriez y aller tous les trois, je ne pense pas que Joey apprécie ma présence à table. Je crois que ce serait pire qu’un huis-clos.
Jack : Non, c’est bon, elle ne mange pas. Elle est directement allée dans sa chambre pour se coucher. Je crois qu’elle est pas mal fatiguée.
Pacey un peu ironique : Tu peux appeler ça comme ça si tu veux.
Jen qui voyait que la conversation ne mènerait à rien se leva d’un coup et lança :On est parti !
Ils descendirent alors au restaurant de l’hôtel, mangèrent dans la bonne humeur et burent ensuite un dernier verre au bar pour fêter leurs "retrouvailles" ou plutôt la "coïncidence".
Jen : J’ai une question à vous poser.
Pacey et Jack :Aïe
Voyant que les garçons devenaient anxieux, elle ajouta : Ca n’a rien de grave. Je veux juste savoir où vous me voyez dans 10 ans.
Jack et Pacey :Et voilà !
Jen étonnée :Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey qui regarda Jack :Ca y est, elle nous fait sa petite dépression !
Jack acquiesça en haussant les sourcils et en secouant la tête.
Jen :Mais non ! c’est juste comme ça. Tenez !(Elle prit son air le plus sérieux)Moi je vais vous dire comment je vous vois dans 10 ans. Pacey tu seras un navigateur reconnu pour ses multiples tours du monde. Ca paiera pas beaucoup c’est sûr mais tu seras plutôt heureux. Et toi, Jack, je te vois comme fondateur du premier parti politique gay. Toi tu gagneras pas mal de fric, et c’est pourquoi vous serez toujours amis !
Pacey effaré :Ah d’accord ! Alors tu nous vois en navigateur solitaire en perpétuelle quête d’argent et homme politique bourré aux as !
Jen était morte de rire.
Pacey :Je vais te dire comment je te vois, moi ! Dans 10 ans tu seras une serveuse aux cheveux gras dans un minable fast-food perdu en plein Colorado.
Jen changea immédiatement d’attitude et regarda Pacey avec mépris.
Pacey et Jack rigolaient à leur tour.
Jack :Et moi, je te vois en féministe névrosée essayant de vendre ses bouquins expliquant la domination féminine.
Les garçons riaient de plus belle en se tapant dans les mains :Oh, je l’imagine bien !
Le trio continua de parler jusque tard dans la nuit, ils restèrent à se raconter des tonnes de choses comme s’il y avait des lustres qu’ils ne s’étaient pas vus. Puis ils finirent par décider de se séparer.
Jen ouvrant la porte de sa chambre :Bon, allez les gars, dormez bien !
Jack se frottant la tête :Ah oui, je ne t’ai pas dit. J’ai passé ma chambre à pacey, je me suis dit qu’il valait mieux qu’il garde son argent pour plus tard et que trois chambres pour quatre ça suffisait !
Jen :En clair, tu dors ici ?
Jack :Oui !
Jen : Je te préviens que si tu ronfles, tu iras retrouver ton copain Pacey.
Pacey regardant Jen avec un sourire coquin :Je peux toujours dormir avec toi si tu préfères !
Jen haussant les sourcils en rigolant :Non, ça va aller on va se débrouiller Pacey !
Pacey satisfait :Alors bonne nuit les amis !
Pacey entra dans sa chambre et se déshabilla puis se glissa dans son lit.
Il aperçut une brochure du room-service de l’hôtel.
Pacey ironique :Breakfast Club…comme c’est charmant.
Il s’était mis à repenser à ce film du même nom où des collégiens sont en retenue et où ils finissent par apprendre à se “connaître“malgré leurs différences. Ils leur étaient arrivés la même chose avec Dawson , Jen et Joey. C’était un sacré souvenir.
Il prit la télécommande et alluma la télé sans mettre le son afin de pouvoir réfléchir en même temps.
Jen se changea dans la salle de bain et laissa la chambre à Jack. Lorsque Jen et Jack furent changés, ils entrèrent dans le lit.
Jen :Comme au bon vieux temps.
Jack sourit, éteignit la lumière et dit d’une voix paisible :Bonne nuit Jen !
Il se retourna et l’embrassa sur la joue.
Jen :Bonne nuit.
Ils ne tardèrent pas à s’endormir, Jen n’avait toujours par récupérer son manque de sommeil et Jack, lui, n’avait pour ainsi dire presque pas dormi dans le bus.
Joey se réveilla, il faisait très chaud dans sa chambre. Elle ne parvint pas à déclencher l’air conditionné. Elle sortit alors de sa chambre en espérant que Jack pourrait l’aider s’il ne dormait pas. Elle frappa à la porte de la chambre de Jack et Jen mais malheureusement, personne ne répondit. Elle repartit en direction de sa chambre et vit que la chambre de Pacey était éclairée. Trop fière, elle décida de ne pas s’arrêter et reprit la direction de sa propre chambre, mais au moment d’ouvrir la porte, prise d’un élan soudain, elle décida de prendre sur elle et de frapper à la porte de Pacey. Joey, gênée, fixait ses pieds nus. Pacey ouvrit doucement la porte.
Pacey :Potter ?…Mais qu’est-ce que tu fais debout à cette heure ?
Joey, qui, gênée par la situation se tripotait les doigts nerveusement, parla en penchant la tête comme elle le faisait souvent lorsque ce qu’elle voulait dire avait de la peine à sortir : Je n’arrive pas à activer l’air conditionné et la chaleur est insoutenable dans ma chambre. Est-ce que…
Pacey ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase car il savait que la situation était pénible pour elle :J’y vais.
Il se dirigea alors dans la chambre de Joey et mit en route la climatisation :Voilà, c’est bon.
Joey :Merci.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:11)
Pacey, n’attendant rien de plus, commença à partir :Bonne nuit, Joey.
Joey avança jusqu'à la porte comme pour la refermer mais avant d’agir, elle lança :Je suis désolée pour tout à l’heure. J’ai eu une attitude stupide.
A ces mots, Pacey se stoppa, dos à Joey. Il n’en revenait pas, Joey avait prononcé plus de 2
mots à son égard. Il se retourna et lui fit face.
Joey enchaîna alors :Je suis vraiment désolée.
Pacey :Tu n’as pas de quoi l’être pourtant.
Joey baissa la tête :Mais je le suis quand même.
Elle redressa la tête et regarda Pacey :C’est vrai que je t’en ai voulu au début, que je te tenais pour responsable et que je te haïssais pour ce que tu m’avais fait…
Joey parlait de plus en plus vite en secouant la tête et en avançant petit à petit jusqu’à lui:…Mais aujourd’hui, j’ai réfléchi. Je suis aussi responsable que toi, tout n’est pas de ta faute et réagir comme je l’ai fait cet après-midi ne nous mènerait à rien. Il faut passer au dessus de cette petite guerre que je pourrais mener contre toi, en te détestant et en te mettant tout sur le dos. Ce n’est pas ce que je veux et je …je suis désolée.
A la fin de ce monologue, Joey s’était rendue à une trentaine de centimètres (à peine) de Pacey et restait la tête baissée. Pacey fit un petit pas en avant et prit Joey dans ses bras en posant son menton sur la tête de Joey. Joey ferma les yeux et apprécia le moment présent.
Une larme coula doucement le long de sa joue. Elle dit d’une voix à peine audible, camouflée dans le tee-shirt de Pacey : Pourquoi est-ce qu’on a tout gâché ?
Pacey ne put rien répondre.
Joey, qui sentait le malaise de ce silence pesé, finit par dire :"Merci pour la climatisation Pacey" et se dégagea pour s’en aller dans sa chambre. Elle ferma doucement la porte derrière elle puis alla se blottir dans ses draps, les jambes recroquevillées contre sa poitrine.
Pacey, lui, était rentré plus sereinement dans sa chambre et s’était recouché devant sa télé. Après tout, cette rencontre était plutôt positive, son contact avec Joey était devenu moins hostile.
Un peu plus tard dans la nuit, quelqu’un frappa timidement à la porte de Joey. Cette dernière, qui ne dormait pas, ne répondit pas tout de suite pensant que cela pouvait être Pacey. Après lui avoir dit ce qu’elle avait sur le cœur, Joey n’avait pas envie de se retrouver face à lui pour tout analyser. Alors que les frappements persistèrent, Joey se décida à aller voir ce qu’il en retournait. En ouvrant la porte, elle vit une Jen complètement désarmée et fatiguée.
Joey :Jen ? Mais qu’est-ce que tu fais là à cette heure-ci ?
Jen accablée par la fatigue :Joey, c’est une horreur ! Jack ronfle et m’empêche de dormir.
Joey souriant : Vas-y entre Jen, je te laisserai un bout de mon lit.
Jen :Oh merci Joey.
Jen entra en trombe dans la chambre et se vautra dans le lit.
Joey, voyant Jen agir, ajouta en rigolant :Un BOUT, Jen !
Le lendemain matin, Joey était la première réveillée. Elle avait très mal dormi mais beaucoup réfléchi. Elle s’était résolue à être le moins désagréable possible pour les jours à venir. Pacey allait sans doute rester quelques temps avec eux, il fallait donc faire au mieux et ne pas gâcher les vacances de chacun. Elle aussi avait mérité un peu de repos loin de Capeside et de tout ce que pouvait lui rappeler cette ville. Bref, il était temps de faire preuve d’un peu de maturité.
Joey regarda sa montre :5h45. A Capeside, avec le décalage horaire (si tant est qu’il y en ait un !!), Bodie serait en train de préparer le petit déjeuner du Potter’s Bed and Brakefast .A la pensée du B&B, Joey repensa au début de sa relation avec Pacey, lorsqu’il les avait aidées, Bessie et elle, à tout organiser. Mine de rien, il était à l’origine de tout ça. Joey eut un petit sourire en repensant à cette douce époque puis revint soudainement à la réalité. Joey avait énormément besoin de parler à sa sœur.
Après s’être vêtue d’une tenue de sport, Joey sortit doucement de la chambre afin de ne pas réveiller Jen qui dormait profondément. Elle descendit à la réception et demanda où se trouvaient les téléphones. Elle entra dans une des cabines et s’assit sur la chaise. Joey regarda fixement le combiné, se demandant si c’était une bonne idée. Elle le décrocha finalement et composa le numéro. Joey regardait par terre, peu rassurée de la décision qu’elle venait de prendre.
Quelqu’un décrocha du coté de Capeside :
- Potter B&B.
- Bodie ?
- Joey ! Comment tu vas ?
- ça va, ça va… (sa voix ne laissait pas percevoir son humeur peu joviale)
- Ta sœur va être contente de t’avoir au téléphone, elle se demandait quand tu l’appellerais !
- Comme toujours !
- Alors dis-moi, tu es où ?
- On est à New York en ce moment, je pense qu’on va rester quelques temps encore et puis on continuera notre route.
- C’est génial ce que vous faites, j’aurais aimé le faire moi aussi. Bon écoute je vais te passer ta sœur, j’ai été content de te parler Joey.
- Moi aussi Bodie, à bientôt !
Pendant quelques secondes, un silence s’installa puis on entendit à l’autre bout :
- Joséphine Potter, que nous vaut cet honneur ? Lança Bessie d’un ton enjoué et ironique
- Salut Bessie.
- Alors ma chérie, comment c’est New York ?
- C’est merveilleux, mieux que tout ce que tu as pu entendre dire . Tout est gigantesque, il y a un monde fou, mais …c’est génial.
- Ca a le mérite d’être clair au moins !
- Je te remercie de m’avoir permis de partir.
- C’est rien. Ca me faisait du mal de te voir dans cet état. Mais tu vas mieux au moins j’espère parce que sinon je vais regretter de t’avoir laissée partir alors qu’on a un boulot monstre ici !
- Ca va, répondit-elle d’un ton beaucoup moins persuasif que quelques secondes auparavant.
- Qu’est-ce qu’il y a Joey ?
- Non, c’est juste que vous me manquer, mentit-elle.
- Tu nous manques aussi Joey mais profite bien de ton voyage, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de visiter les grandes villes d’Amérique avec ses amis.
A l’écoute de ces derniers mots, Joey ne put dire quoique ce soit. Seuls quelques reniflements se faisaient entendre. Bessie réagit :
- Joey ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
- Pacey….Pacey est là et je…je ne suis pas sûre… de pouvoir prendre sur moi plus longtemps, lâcha-t-elle entrecoupé de sanglots . Je ne pourrai pas faire semblant de ne pas être gênée par sa présence indéfiniment.
- Je comprends, mais pourquoi est-il avec vous ? Il n’était pas parti en bateau ?
- On s’est croisé par hasard dans un café, il venait de démissionner.
- Oh .
- Bon, je vais te laisser Bessie. Ca m’a fait beaucoup de bien de vous parler !
- Rappelle quand tu veux Joey, n’hésite surtout pas…même s’il est tard ! Tu as compris ?(Bessie se faisait du soucis pour sa petite sœur qu’elle avait vu effondrée après sa rupture avec Pacey)
- Oui, Bessie !
- Je sais que ce que je vais te dire ne va pas beaucoup t’avancer mais…profite quand même de ce voyage, aère toi les idées et reviens nous en pleine forme.
Joey sourit ce qui ne pouvait pas ce voir du côté de Capeside puis elle enchaîna :
- Bessie ?
- Oui
- Merci. Je t’aime, à bientôt !
Joey raccrocha et resta pensive sur la chaise, devant le combiné, quelques secondes encore.
Elle finit par se lever et sortir de l’hôtel. Elle posa les écouteurs de son walkman sur ses oreilles puis partit en courant à travers les rues de New York. Le footing était la meilleure façon à sa connaissance pour s’oxygéner et le corps et l’esprit. Joey courut à en perdre haleine, observant le monde new-yorkais autour d’elle. Après environ deux heures de sport intensif, Joey retourna à l’hotel. Alors qu’elle se dirigeait vers l’ascenceur, elle rencontra Jack qui cherhait Jen, alors qu’il pensait la retrouver à coté de lui en se réveillant ce matin:Joey, tiens, tu tombes bien! Je cherche Jen, est-ce que tu l’aurais vu par hasard?
Joey qui rigola: Jack, figure-toi que Jen ne pouvait pas dormir à cause de tes ronflements.
Jack, abasourdi :Mes quoi ?
Joey rigola de plus belle :Jen, ne pouvant pas dormir, a dû me demander l’hospitalité.
Jack, comme soulagé :Alors elle est dans ta chambre !
Joey moqueuse :Oui Jack, elle est dans ma chambre ? Mais ne t’en fais pas, elle ne te quittera pas comme ça du jour au lendemain.
Joey ne s’était pas rendu compte en prononçant cette phrase qu’elle parlait de son propre cas mais le constata au regard de Jack.
Jack, un peu hésitant :Joey…euh…je pense qu’il serait bien qu’on parle…
Alors qu’il allait continuer sa phrase, Joey s’éloigna et monta dans l’ascenseur car elle ne voulait pas avoir à s’expliquer sur son attitude d’hier et ses sentiments.
Jack continua :…de ce qui s’est passé…
Joey lança en coup de vent, pendant que les portes se refermaient devant elle :Je dois prendre une douche.
Jack, estomaqué, finit la phrase pour lui seul :…hier !
Joey continua son trajet en ascenseur jusqu’au troisième étage en souriant comme pour se féliciter de son coup. Elle entra ensuite doucement la clé dans la serrure de sa chambre pour ne pas réveiller Jen. Elle entrouvrit la porte pour entrer et la referma avec minutie. Lorsqu’elle refit face à la pièce, Joey sursauta quand elle aperçut Jen assise en tailleur sur le lit, un oreiller sur ses jambes et ses mains lourdement posées dessus. Jen dormait encore à moitié, les yeux mi-clos, les cheveux en bataille et le corps vacillant en avant par moment.
Joey avec la main droite posée sur le cœur, encore surprise :…Tu es réveillée !
Jen lâcha un "Hum Hum" sans trop d’enthousiasme.
Joey quitta ses baskets sans se baisser et discutait avec Jen en même temps (ou plutôt, parlait à Jen en même temps) :J’espère que je ne t’ai pas réveillée en partant…Je suis descendue pour téléphoner à Bessie et Bodie et ensuite je suis allée courir un moment… Mais tu as plutôt l’air de venir de te réveiller.
Joey continuait d’aller et venir dans la chambre pour récupérer ses affaires avant de prendre sa douche alors que Jen reprenait doucement ses esprits. Joey finit par entrer définitivement dans la salle de bain mais laissa la porte entrouverte afin de pouvoir continuer de parler à Jen. Elle fit couler l’eau et dit en souriant : Au fait, j’ai croisé Jack à la réception. Il te cherchait !
A ces quelques mots, Jen redressa la tête et écouta attentivement ce que Joey disait, comme si le prénom de Jack avait eu un effet magnétique sur sa personne.
Joey continuait son récit, toujours aussi joviale:… Figure-toi qu’en se réveillant ce matin, Jen Lindley n’était plus à coté de lui. Il a d’abord cru à un kidnapping et puis il s’est rappelé qu’on était à New York alors il s’est dit que ça devait sûrement être un meurtre, après tout, John Lennon avait bien été assassiné, mais finalement il a opté pour la rupture. Il a bien cru que tout était réellement fini entre vous ce matin…
Jen, en écoutant ces petits délires matinaux, se marrait en imaginant Jack en situation de crise comme le décrivait Joey. Sous la douche, cette dernière ne l’entendait pas, et elle n’entendit pas non plus le frappement qui résonna à la porte.
Jen alla sans trop se presser ouvrir la porte à Pacey qui fut surpris de trouver en face de lui une autre fille que Joey (hésitant): …Salut…euh, (regardant le numéro inscrit sur la porte) est-ce que je me suis trompé de chambre ?
Jen qui comprit :Non non entre, c’est bien sa chambre . Elle est sous la douche !
En effet, Joey profitait d’être à l’hôtel pour rester sous l’eau chaude un moment. Elle n’en arrêta pas moins son récit :…Je lui ai donc dit que tu n’étais pas partie avec les petits martiens de Spielberg mais juste en train de dormir à l’abri des ultrasons de ses ronflements. Je crois qu’il n’a pas apprécié la révélation. On ne devait jamais lui avoir dit qu’il ronflait. Bref, malgré la tragique nouvelle, il fut heureux de ne pas apprendre ton potentiel décès.
Pacey était dans l’entrée de la chambre, et Jen et lui rigolaient en écoutant Joey parler finalement toute seule d’un truc totalement aberrant.
Joey :…Ensuite, il a voulu qu’on parle de ce qui s’est passé hier…tu sais la rencontre avec Pacey, tu dois être au courant je pense qu’il t’a raconté, (elle sort de la douche et s’enroule dans une serviette) mais je suis montée dans l’ascenseur avant qu’il n’ait pu (elle sort de la salle de bain et se retrouve face à face avec Jen et Pacey, elle finit alors sa phrase en baissant la tonalité de sa voix)…finir sa phrase.
Elle était là, en face de lui, les cheveux relevés et le haut du corps encore ruisselant. Pacey se ressaisit rapidement et lança en souriant :Etonnante histoire que tu viens de raconter !
Jen rigolait : Et encore, tu as raté le passage où Jack…
Joey sourit gênée, en baissant les yeux, et la coupa à voix basse:Ah oui, ce passage-là.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:12)
Joey avait compris que Pacey était présent dans la chambre depuis assez longtemps pour l’avoir entendu évoquer la scène d’hier au café.
Pacey fit quelques pas en tournant le dos aux filles puis se retourna en disant :Joey, j’étais venu m’excuser pour hier…
Jen qui sentait que sa présence n’était pas utile, s’approcha de la salle de bain : Je crois que c’est mon tour d’aller prendre ma douche. Ca me réveillera peut-être ! (Elle fit un clin d’œil à son amie, ce qui fit sourire cette dernière)
Joey rebaissa la tête lorsque Jen ferma la porte de la salle de bain et tourna le dos à Pacey.
Pacey : Je suis encore une fois désolée Joey.
Joey se retourna et le regarda :Non, c’est encore une fois à moi de m’excuser, Pacey ! Je n’aurais pas dû te déranger en venant dans ta chambre, comme je n’aurais pas dû dire des tas de choses, c’est fou, il y a toujours trop de mots qui sortent de ma bouche. Je suis désolée d’avoir ,hier soir, encore une fois imposée un malaise entre nous. Il faut croire que c‘est ce que je fais le mieux : installer le malaise chez la personne avec qui je parle.
Pacey baissa la tête en la secouant comme fatigué d’entendre ces paroles, lança d’un ton las : Joey…(il redressa la tête et la regarda de nouveau) s’il y a bien quelqu’un qui ait rendu l’autre mal à l’aise, c’est moi. Tu as fait l’effort de faire le premier pas vers la réconciliation et je n’ai pas su faire le geste que tu attendais.
Joey :Tu te trompes, je n’attendais rien…je ne pensais même pas pouvoir frapper à ta porte.
Pacey :Mais tu l’as fait… et j’en suis heureux.
Jen avait fini de prendre sa douche depuis longtemps mais elle resta assise sur les toilettes, écoutant leur conversation, afin qu’il puisse finir de se parler à cœur ouvert (ou presque).
Joey se sentait comme prisonnière de sa propre chambre. Elle aurait aimé fuir cette conversation pour le moment et Pacey avec, mais elle ne pouvait ni entrer dans la salle de bain, ni sortir de la chambre à demi-nue.
Pacey remarqua que les derniers mots qu’il avait prononcé avaient laissé comme une trace palpable. Il remarqua également le changement d’attitude de Joey, son visage était devenu terne et triste. Il sentit alors que le moment était venu de la laisser et de repartir. Il se dirigea alors tout droit vers la porte, sans un mot, l’ouvrit et tourna la tête afin de constater une éventuelle réaction de sa part. Mais celle-ci était restée dans la même position, le menton sur la poitrine, les bras serrés sur son buste, dos à Pacey. Voyant que Joey ne bougeait pas, il sortit et referma la porte. Sans s’arrêter, il entra dans sa chambre qui se trouvait à coté.
A ce même moment, Jack sortait de l’ascenseur et constata l’attitude étrange de son ami. Il continua son chemin jusqu’à la chambre de Joey, afin de trouver Jen.
Il frappa à la porte. N’entendant personne répondre, il tourna la poignée et entra. Joey n’avait pas bougé depuis le départ de Pacey, toujours de dos.
Jack la regarda à la fois étonné et inquiet. Il se risqua à prononcer quelques mots :
-Joey ? lança-t-il hésitant.
Joey se retourna, surprise de trouver Jack dans sa chambre :hum ?
-Tu ne m’as pas répondu alors je suis entré. Est-ce que ça va ?
Alors même que Jack posait sa question, Jen sortit de la salle de bain, ayant reconnu la voix de Jack. Elle les regarda tous les deux, d’un air interrogateur.
Voyant que Joey n’était pas décidée à lui répondre, Jack changea de conversation :J’étais venu savoir ce que vous vouliez faire aujourd’hui, si vous aviez une idée précise…
Jen s’apercevant à son tour de l’air perdu et totalement préoccupé de Joey, prit l’initiative de répondre à sa place. Elle répliqua alors en souriant :Oh oui, on avait l’intention d’aller se balader sur la 5th Avenue. On supposait que ça ne vous intéresserait pas alors on s’est dit que vous pourriez faire un truc de mecs, entre vous…
Joey réalisa que ce que venait de manigancer Jen était tout à son intérêt, elle ajouta alors en souriant tout à coup et plissant le nez comme elle le fait toujours : Oui, tu sais ce que c’est, les boutiques, le lèche-vitrine, rester ¼ d’heure devant une vitrine en sachant pertinemment qu’on achetera rien…
Jack leur rendit leur sourire : ( démoralisé de constater qu’une seule choses les intéressait) Ah les filles, toutes pareilles… De toutes façons, je ne pense pas que vous auriez apprécié de voir le Yankee Stadium, ce sera le moment idéal.
Jen lui répondit en rigolant et en lui tapant sur l’épaule :Tu as vraiment très bien pensé mon petit Jack…Maintenant, si tu veux bien nous laisser nous préparer…
Jack se résigna à sortir de la chambre, laissant seules Joey et Jen, mais avant de sortir définitivement, il repassa sa tête de l’autre coté de la porte et dit : Au fait Jen, sache que je ne ronfle pas…
Jen referma la porte derrière lui en souriant de l’attitude de Jack et se dirigea ensuite vers la commode sans un mot.
Joey la regarda agir et finit par parler :Je te remercie Jen !
Jen sortant des vêtements :De quoi ?
Joey souriant :D’avoir fait en sorte qu’on passe la journée seules toutes les deux.
Jen : Je crois qu’on a toutes les deux besoin de parler, et puis…il n’y a rien de mieux que le shopping pour penser à autre chose un moment. Allez, prépare-toi !
Elles se préparèrent alors, pendant que Jack allait retrouver Pacey dans sa chambre puisque les filles ne voulaient pas de lui. Il donna deux coups très brefs contre la porte.
Pacey se déplaça lentement du fauteuil, dans lequel il méditait, jusqu’à la porte de la chambre. Il l’entrouvrit finalement et constatant qu’il s’agissait de Jack l’ouvrit en grand sans plus le regarder et le laissa entrer et refermer la porte alors qu’il était retourné dans son fauteuil, dos à la vitre.
Jack, charriant pacey compte tenu de son accueil :Tu as du vraiment mal dormir, est-ce que Jen t’as manqué à ce point ?
Pacey esquissa un sourire en secouant fébrilement la tête, mais ne répondit rien.
Jack comprenant que, visiblement, ce n’était pas "la grande forme" :Oh la, je crois qu’il va te falloir un petit remontant…(voyant que Pacey ne tiquait pas, il enchaîna)Ca tombe bien parce qu’aujourd’hui on va se retrouver entre hommes !
Pacey réagit alors, et regarda son ami d’un œil interrogateur, également un peu inquiet que ce revirement de situation ait été engendré par sa précédente attitude envers Joey.
Jack :Les filles ont décidé de faire la 5th Avenue en long, en large et en travers.
Pacey, un peu soulagé :Oh !
Jack :Ne t’en fait pas, je ne pense pas que ce soit à cause de toi et que Joey essaye à tous prix de t’éviter.
Pacey ne voulut pas perdre la face devant son ami et opta pour une attitude plus fière, comme s’il n’avait jamais été question de sa moindre responsabilité dans cette histoire, feignant de n’y porter aucune attention.
Jack continua sur sa lancée :On va pouvoir en profiter pour aller faire un tour au Yankee Stadium. Que serait un voyage à New York sans une visite dans l’empire du football américain ?
Pendant ce temps, les 2 filles avaient fini de se préparer afin de se mettre dans les meilleures conditions pour marcher toute la journée.
Jen en ouvrant la porte :Il faudrait peut-être qu’on aille saluer notre bonne vielle Statue de la Liberté, tu ne crois pas ?
Joey lui répondit, se surprenant elle-même à penser cela :Je pense qu’on devrait le faire tous ensemble.
Jen la regarda étonnée mais n’ajouta rien à cet instant de paix qui régnait. Joey sourit timidement face à la réaction de Jen et dit :Je vais aller leur dire.
Joey sortit, laissant Jen seule quelques instants dans la chambre. Elle se dirigea instinctivement vers la porte de Pacey et cogna 3 coups. Jack ouvrit la porte sans regarder qui était derrière, tout en conversant avec son ami et en le regardant. Il finit par s’arrêter de parler et se retrouver face à face avec Joey. Celle-ci fut surprise de trouver Jack mais se ressaisit rapidement et lança en parlant avec les mains, tout de même un peu gênée :Heu...On était sur le point de partir et je… on s’est dit que ça serait bien qu’on visite la Statue de la Liberté ensemble alors si l’idée vous tente on pourrait faire ça demain ou cet après-midi si on ne rentre pas trop tard. Voilà…donc vous voyez et puis …A plus tard.
Joey se retourna et rejoint Jen qui se trouvait devant l’ascenseur.
Jack referma la porte et se retourna à son tour. Pacey était scotché dans son fauteuil, un sourire mêlant surprise, joie et hésitation s’affichait sur son visage. Il n’en revenait pas, Joey était venue frapper une nouvelle fois à sa porte :Est-ce que j’ai rêvé ou elle a bien hésité à dire"je me suis dit" avant de dire "on" ?
Jack sourit en voyant l’air de Pacey :Je crois l’avoir entendu moi aussi.
Pacey :Tu te rends compte de ce que ça peut vouloir dire Jack ?
Jack essayant de ramener Pacey à la réalité :C’est justement ça Pacey, "ça peut vouloir dire" beaucoup de choses !!
Pacey redevenu normal :Une chose est sûre c’est que c’est moi qu’elle venait voir, tu as vu comme elle était surprise de te trouver là ! Etant donné son attitude tout à l’heure, je ne l’aurais jamais cru.
Jack se rendant compte qu’il n’était pas au courant de cet épisode : Qu’est-ce qu’il s’est passé d’ailleurs, je t’ai simplement vu revenir dans ta chambre, contrarié.
Pacey soupira :J’étais allé la voir pour m’excuser de mon attitude de la nuit dernière mais …
Jack le coupant :Attends, attends, tu veux dire que tu es allé la voir cette nuit, dans sa chambre ?
Pacey :Non, c’est elle qui est venu me voir !
Jack :Je ne comprends plus rien là, est-ce que ce n‘est pas elle qui est partie en trombe du café hier parce que tu te trouvais à moins de 10 mètres d’elle ?
Pacey :Je sais c’est totalement aberrant, elle est venue me demander un service, sa clim’ ne fonctionnait pas. J’ai voulu faire au plus simple en partant au plus vite mais…elle m’a interpellé. Je pense que c’était sa façon de me faire comprendre qu’elle ne m’en voulait pas tant que ça…
Pacey se tut quelques instants, repensant à ce moment.
Jack le regarda d’un œil insistant :Et…
Pacey :Quoi, tu veux dire qu’il faut tout que je te raconte ?
Jack :Evidemment, oui ! (avec un sourire malicieux) Tu as besoin d’un avis extérieur, non ?
Pacey s’y résigna : Eh bien, je ne sais comment, mais nous avons fini par nous retrouver dans les bras l’un de l’autre (Jack esquissa un sourire). Ensuite, je me souviens exactement de cette phrase qu’elle a dit tout doucement, comme pour que je ne l’entende pas ou presque, "Pourquoi est-ce qu’on a tout gâché ? "…
Pacey se tut une nouvelle fois, fixa le sol, le regard vague. Jack fit disparaître le sourire de son visage en une fraction de seconde ne comprenant pas sa réaction, car à ses yeux cela semblait être une bonne chose, un début tout du moins.
Jack regarda Pacey, attendant la suite de l’histoire.
Pacey continua, une certaine tristesse dans sa voix :Je n’ai rien pu répondre.
Jack :Je ne comprends pas, tu avais l’opportunité de repartir de zéro, de vous réconcilier et…
Pacey : Je ne savais pas dans quel sens comprendre la phrase. Est-ce que ça voulait dire , "Pourquoi avons nous gâché notre amitié pour une histoire aussi dramatique ?" ou était-ce "Pourquoi avons nous gâché notre relation ?". J’étais paralysé, totalement incapable de prononcer le moindre mot, du coup elle est retournée dans sa chambre.
Jack :Mais ça, c’était hier…
Pacey :Oui ! J’y suis donc retourné ce matin. Elle était redevenue la Joey froide et distante du café, elle continuait de penser que tout était de sa faute.
Jack soupira lourdement.
Jen et Joey étaient dans un taxi. Elles s’arrêtèrent tout en haut de la 5th Avenue et descendirent du taxi, ébahies, regardant de partout avec des milliers d’étoiles dans les yeux. Jen connaissait bien tout ça mais cela semblait beaucoup moins extraordinaire dans ses souvenirs.
Joey, émerveillée, se rendant compte de la chance qu’elle avait d’être ici : Je ne l’avais pas pensé aussi grande que ça !
Jen sourit en regardant Joey :Joey, remets-toi, ce n’est qu’une rue de New York…
Joey : Tu te rends pas compte, je n’aurais jamais imaginé marcher dans la 5th Avenue avant aujourd’hui.
Jen :Tu n’as encore rien vu, les magasins vont se suivre à la chaîne !
Joey et elle commencèrent à avancer en direction d’un premier magasin. Elles regardèrent dans la vitrine, sans trop s’impliquer quand Joey réalisa le prix des articles :
Joey :Jen, tu veux me démoraliser ou quoi ?!
Jen qui ne comprenait pas :Qu’est-ce qu’il y a ?
Joey désignant une jupe dans la vitrine, effarée :Mais regarde le prix de cette jupe !
Jen : Eh oui, New York n’a pas que des avantages…
Joey :J’avais déjà du mal à m’habiller à Capeside alors ici…Mais dis moi Jen, comment se fait-il que tu ne sois pas plus choquée que ça ?
Jen posant une main sur l’épaule de Joey :Je te rappelle que j’ai vécu ici Joey. Ma mère m’emmenait souvent faire les boutiques avec elle quand j’étais petite. Elle avait ses habitudes dans presque tous les magasins. Tu sais, c’est un autre monde ici.
Joey rigolant : Un monde parallèle ?
Jen rigolant:Oui, je pense que ça s’en rapproche bien.
Les deux amies continuèrent à marcher quelques temps quand Jen s’arrêta. Elle regardait l’enseigne d’un établissement.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:13)
Joey, curieuse, l’interpella :Jen ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Jen pencha la tête sur le côté tout en continuant de regarder l’enseigne et sourit :Ce bar… j’y passais beaucoup de temps.
Un silence s’imposa quelques secondes. Joey n’osait pas trop en demander, ne voulant pas forcer son amie. Puis Jen ajouta soudain : Il faut qu’on rentre !
Jen passa la porte, suivie de Joey. Elles s’installèrent à une table. Jen s’assit sur une banquette, faisant face à toute la salle, et Joey s’installa en face.
Jen se décida enfin à prendre la parole, le sourire aux lèvres :C’était mon endroit préféré. Au début, je venais avec maman. On faisait notre petite pause habituelle. Et puis quand on a commencé à ne plus être sur la même planète, je venais toute seule. Le propriétaire, Jim, me connaissait bien à force et il est devenu un peu un père par substitution. Je venais presque tous les jours…
Joey :Et qu’est devenu Jim ?
Jen :Je sais pas, on a perdu contact quand mes parents m’ont envoyée à Capeside chez grand-mère. Je ne sais même pas s’il travaille toujours dans ce…
Jen s’arrêta net de parler quand un grand homme, la cinquantaine passée, s’approcha pour prendre la commande. Jen le regardait fixement. Elle ne pouvait le quitter des yeux, cherchant en vain son regard. Quand il fut à quelques centimètres de leur table, il leva les yeux, regarda tout d’abord Joey, puis fit pivoter son regard sur Jen. Il s’immobilisa alors et réagit enfin. Un sourire béant s’afficha sur son visage. Jen se précipita dans ses bras et ils s’enlacèrent. Jim, ému, ne put que lâcher un « Jen » mêlé de joie et de tristesse. L’étreinte dura un moment, sous l’œil bienveillant de Joey. Puis ils se séparèrent.
Jim eut du mal à réaliser :Tu étais partie sans rien dire…
Jen, une larme coulait sur sa joue :Oui je sais… je sais…Tu m’as tellement manqué.
Jim essuya la joue de Jen et colla la tête de cette dernière sur son torse pour la consoler.
Jen reprit enfin ses esprit :Jim, je te présente Joey, une grande amie…
Joey tendit la main :Enchantée.
Ils se serrèrent la main et Jim demanda immédiatement ce que les deux filles voulaient boire :Je viens tout de suite m’asseoir avec vous.
Il partit un moment puis revint avec les boissons et s’assit sur la banquette, à côté de Jen.
Ils parlèrent un long moment de tout et de rien, de la nouvelle vie de Jen et des nouveautés new-yorkaises.
Pendant ce temps, Jack et Pacey était dans un bus, en direction du Yankee Stadium.
Pacey n’avait pas beaucoup parlé durant le trajet, et Jack l’avait remarqué. Jack le regardait maintenant depuis un bon moment, cherchant à savoir ce qui pouvait bien se tramer dans ce cerveau apparemment très perturbé. Pacey s’en rendit enfin compte et tourna la tête d’un coup sec en sa direction. Jack en fut surpris.
Pacey souriant d’un air entendu :Je te plais tant que ça ?
Jack sourit à son tour tout en secouant la tête. Même tourmenté, Pacey continuait de blaguer.
Pacey levait les sourcils en même temps amusé et interrogateur.
Jack :Je me demandais à quoi tu pouvais bien penser depuis tout à l’heure.
Pacey tout sourire :A rien. J’essayais de me rappeler le film d’hier soir
Jack qui n’était pas dupe :A d’autres Pacey, je ne te crois pas. Ton faux sourire sincère ne marche pas sur moi.
Pacey abandonna son visage jovial pour une mine triste, mais ne le montra pas à Jack, tournant promptement la tête contre la vitre. Il aperçut alors la pancarte de l’entrée du stade et retrouva son sourire taquin :On est arrivé, dit-il en refaisant face à Jack.
Encore une fois, souriant, Jack secoua la tête comme en constat de l’attitude de son ami.
Ils descendirent alors du bus et entrèrent dans l’immense stade, une visite guidée allait commencer.
Les deux couples œuvraient chacun dans leur coin sans une ombre de nuages. Tout se déroulait de la meilleure façon qui soit.
Jen et Joey avaient parlé un bon moment avec le vieil ami new-yorkais et décidèrent de prendre enfin congé.
Jen, le regardant dans les yeux et souriant, heureuse de l’avoir retrouvé :Ca m’a fait extrêmement de bien de te revoir Jim.
Jim :Promets-moi de revenir me voir avec tous tes amis avant ton départ!
Jen :J’en amènerai une bonne partie en tous cas…c’est promis !
Ils se prirent dans leurs bras pour se dire au revoir, puis ce fut au tour de Joey.
Elles retrouvèrent alors le soleil de la rue et Joey, accompagnée d’une Jen plus qu’heureuse, continuèrent leur périple à travers les magasins. Joey regardait son amie, réjouie de voir qu’il ne lui restait pas que de mauvais souvenirs de cette ville.
Jen : C’est bizarre mais je me sens mieux tout d’un coup. C’est comme si une partie de mes soucis s’était envolée.
Joey à ces mots, posa un regard interrogateur sur Jen : Tes soucis ?
Jen réalisa ce qu’elle venait de dire : Oui, enfin tu sais bien…les problèmes familiaux…la routine quoi !
Joey, l’œil investigateur : C’est marrant mais quelque chose me dit que ce n’était pas de ça dont tu parlais. Jen, si tu avais un problème quelconque tu me le dirais, n’est-ce pas ?!
Jen, voyant que son amie s’inquiétait pour elle : Mais Joey c’est rien tu sais. Ne t’en fais pas pour moi. J’ai toujours été une âme torturée, depuis ma plus tendre enfance.
Joey : Jen, Jen, Jen…pour que ça t’enlève un poids aussi lourd c’est que tu y accordes plus d’importance que tu ne veux bien le dire !
Jen, soupirant et lâchant prise :C’est compliqué !
Joey : Crois-moi, les histoires compliquées ça me connaît !!
Jen sourit : En fait on est pareil toutes les deux. Incapables de voir les choses simplement.
Joey souriant tout en gardant un air très sérieux : Non, non, non. Le truc c’est que les choses ne se révèlent jamais à nous très simplement !
Jen sourit encore une fois, et secoua la tête.
Quelques secondes plus tard. Joey, redevenue grave et compatissante : C’est si dramatique que ça ?
Jen, tout aussi sérieuse : Je te propose qu’on en reparle ce soir dans la chambre et qu’on profite plutôt de ce moment entre filles.
Joey sourit gentiment : C’est d’accord.
Elles continuèrent alors leur chemin.
Jen osa cependant proposer quelque chose : J’ai pensé à une chose. Mon cher géniteur n’a jamais bien su faire qu’une seule chose pour moi :semer le trouble dans ma tête en me faisant culpabiliser. Et je ne l’ai jamais remercié pour ça. Alors je sais que ce que je vais te dire maintenant va te paraître insensé voire complètement fou mais réfléchis-y bien avant d’essayer de me faire changer d’avis.
Joey la regardait mi-curieuse, mi-inquiète. Qu’allait bien pouvoir lui annoncer sa folle d’amie ?
Jen : Lorsque j’étais encore une petite fille modèle qui obéissait à ses parents sans jamais rechigner, ma mère et moi avions comme je te l’ai dit l‘habitude de faire des courses dans cette même rue. Les gens nous connaissaient et nous voyaient arriver dès la sortie du taxi. Aujourd’hui, Grand-mère et moi n’avons plus les moyens de nous acheter des vêtements de toutes marques, mais mon père oui. Et ce encore plus depuis qu’il n’a plus de fille. Ce que je compte faire, c’est simplement nous dédommager Grand-mère et moi.
Joey : Mais comment tu comptes t’y prendre ?
Jen : Si les vendeurs me reconnaissent, pas besoin de cartes de crédit. Ma mère avait des comptes dans toutes les boutiques.
Joey : Mais Jen, ce serait illégale.
Jen, toujours aussi posée et sûre d’elle : Non. D’un point de vue légale, à défaut d’un autre, je suis leur fille.
Jen n’avait pas tort, et Joey le savait. Mais combien y avait-il de chances pour que ça marche ? Combien y-avait-il de chances pour que ces gens la reconnaissent après tant d’années ?
Voyant que Joey hésitait, Jen finit par lancer d’un air suppliant mais souriant : Je n’abuserai pas !
Joey : Bon mais alors si dans le premier magasin dans lequel on rentre ça ne fonctionne pas, on laisse tomber.
Jen : Promis.
Mais Jen n’avait pas perdu le nord. Elle connaissait l’endroit propice, l’endroit exact où tout marcherait. Ce magasin, elle l’avait fréquenté des années et était sûre que sa mère s’y servait encore.
Elles entrèrent alors. C’était une toute petite boutique mais remplie de vêtements de part et d’autre. Les 2 vendeuses, la quarantaine passée mais habillées avec goût émirent de loin un "bonjour" enjoué et sincère.
Jen sourit à la vue de l’ambiance qui était restée identique. Elle dit alors à la vendeuse qui s’approchait : " Bonjour Mary !" Cette dernière la dévisagea et réagit enfin : Oh Jenifer ! Ca alors… ça fait si longtemps.
Jen : Oui, il s’en est passées des choses depuis. Ca marche toujours aussi bien ?
Nora, qui s’approchait à son tour : Encore mieux qu’avant ! Et toi, comment ça va ?
Jen : A merveille ! Mon diplôme en poche, je vais pouvoir me lancer dans le stylisme. "Toujours favoriser la conversation pour être à son avantage, pensa-t-elle."
Nora : Oh c’est bien ! A New-York ?
Jen :Non, non, en Caroline du Nord.
Joey sourit secrètement et secoua la tête en voyant le cinéma de son amie.
Mary : Peut-être que d’ici quelques temps nous pourrons vendre ta propre marque.
Jen sourit encore volontiers pour en arriver à ses fins.
Jen : Je suis en vacances pour le moment et avec mon amie Joey, on s’est dit qu’on allait faire quelques emplettes pour améliorer nos influences stylistiques. Vous permettez qu’on regarde ?
Nora :Mais bien sûr, c’est fait pour ça !
Jen et Joey s’éloignèrent un peu et commencèrent à regarder les différentes choses qui les entouraient.
Joey, doucement : Tu es gonflée !
Jen sourit : Choisis ce qui te plait… c’est mon père qui te l’offre !
Après avoir fait un petit tour de magasin et essayé quelques petites choses. Elles se dirigèrent vers la caisse où les deux vendeuses les attendaient avec impatience.
Jen posa sur le comptoir les 2, 3 habits qu’elle comptait acheter et fit mine de fouiller dans son sac. Au bout de quelques secondes, elle releva la tête et dit un peu gênée : Je crois que j’ai oublié la carte de papa. C’est ennuyeux ! Mais j’y pense. Est-ce que Maman a toujours son compte ici ?
Mary :Oui bien sûr ! Ta mère est notre plus fidèle cliente.
Jen sourit : Dans ce cas vous pourriez peut-être tout mettre sur sa note. Je le lui dirai en rentrant ce soir et papa se fera un plaisir de ne payer qu’en une seule fois !
Nora ne se fit pas prier et s’exécuta.
Les deux filles ressortirent quelques minutes après avec un sac et un large sourire s’affichait sur leur visage.
Joey : Tu avais bien prévu ton coup Arsène Lupin !
Jen :J’ai simplement bien choisi le lieu du crime.
Et comme pour radoucir les mœurs, jen ajouta : Ton tee-shirt te va à ravir.
Joey rigola de bon cœur en secouant la tête.
Jen continua son stratagème sans beaucoup de scrupules et en fit profiter son entourage, sélectionnant bon nombre d’articles pour tous.
Jack et Pacey avaient passé 2 bonnes heures en compagnie d’un groupe d’Américains avides d’histoires de vestiaire venus des quatre coins du pays pour visiter cet endroit "mythique", tous aussi machos que le guide qui leur racontait la moindre anecdote à propos de la moindre parcelle de terrain foulé par des milliers de joueurs. Les 2 jeunes hommes en ressortir blasés et écœurés par tant de machisme.
Jack : Je commence à comprendre ce que peuvent ressentir les femmes quand elles retrouvent, chaque semaine en rentrant du travail, l’homme qui leur sert de mari affalé devant la télé, une bière à la main et du pop corn sur les jambes…
Pacey : Je jure, et Jack tu en es témoin, de ne plus jamais regarder de match à la télé !
Jack :Comment ai-je pu pratiquer ce sport pendant des années ?!Je serais presque ravi de m’être cassé la clavicule…
Pacey montrant les hommes qui les accompagnaient durant la visite : Ces types sont des porcs !!!
Le troupeau arrivait dans leur direction. L’un des mâles leur dit : Eh les jeunes, vous venez avec nous, on va boire un verre au bar du Stade ?
Les deux garçons n’eurent même pas le temps de se regarder qu’ils étaient déjà entraîner par le groupe, des bras inconnus posés sur leurs épaules.
Pacey pensa alors : Mais qu’est-ce qu’on fout là encore ?
Pacey et Jack ne se voyaient plus, attirer chacun d’un coté. Ils marchèrent quelques instants, entourés d’une vingtaine d’hommes et rentrèrent enfin dans un bar, paré de mille et un gants de supporters, et autres écharpes de toutes sortes. Tous restèrent debout ou accoudés au comptoir et commandèrent une bière. En quelques secondes à peine, les deux plus jeunes se retrouvèrent avec un verre énorme dans les mains sans rien avoir demandé à quiconque. Pacey tourna sur lui même afin de retrouver son ami. Par chance, Jack était grand et se distingua rapidement. Il le rejoignit alors, non sans peine, maintes fois interpellé à propos de tel match et de tel joueur…
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:14)
Pacey :Te voilà enfin !
Jack, désespéré : Pacey, aide-moi à sortir de là !
Mais Bud les accosta : Alors les gars, cette visite, elle vous a plu ? Moi j’ai trouvé ça grandiose. Tous ces mecs qui se démènent au nom de notre pays ça m’émeut !
Pacey, un poil agacé par tout ce cinéma :Oui mais en même temps vous en connaissez beaucoup des pays qui pratiquent le football AMERICAIN, vous ?
Pacey venait de casser l’ambiance. L’homme ne voulait pas le montrer mais il réfléchissait à ce que venait de dire le jeune homme. Il prit cependant un air dur exprimant la déception provoquée par l’attitude de Pacey. Il venait mine de rien de mettre en doute son opinion.
Jack qui sentait que ça allait très mal finir, tira Pacey par la manche, sachant pertinemment que son ami ne serait pas le premier à sortir le drapeau blanc : Viens Pacey ! J’ai eu ma dose de trivialité pour aujourd’hui…
Tous deux sortirent, le visage renfrogné.
Pacey shoota dans une poubelle. Jack : Ca va, te mets pas dans des états pareils.
Pacey : Je comprends pas comment de tels types puissent encore exister à notre époque. Ecoute-les ! Ces type que la sueur excite donnent l’impression qu’à chaque match c’est une guerre qu’ils ont gagnée. C’est à cause de gens comme eux qu’il y a aujourd’hui des problèmes de respect dans les stades. Et plus tard, ce seront les premiers à lever le poing pour mener une guerre sans intérêt.
Jack :Pacey, le monde est rempli de gens comme eux. Te battre contre un ne résoudra pas le problème.
Pour seule réponse, Pacey secoua la tête, consterné.
Puis il ajouta plus doucement :Leur bière était dégueulasse en plus.
Jack, espérant remonter le moral de son ami : Allez, retrouvons un endroit qui nous corresponde mieux.
Ils montèrent dans la première navette qu’ils trouvèrent.
Dans l’après-midi, les filles rentrèrent à l’hôtel. Ereintées par cette journée de marche et l’ambiance stressante qui règne à New York, elles regagnèrent leur chambre avec grand plaisir. Elles s’affalèrent simultanément sur le lit et fixèrent le plafond quelques secondes, savourant cet intense instant de calme.
Soudain, Jen se redressa, mit la télé sur une chaîne musicale et s’affaira à regrouper tous les vêtements, posant sur le lit une pile de choses pour Grand-mère, Jack, Pacey et même Dawson.
Joey, hébétée : Mais, Jen, qu’est-ce que tu fais ?
Jen, tout naturellement : Ben…je range !
On frappa à la porte. C’était Jack et Pacey qui avaient eux aussi décidé de rentrer après une telle désillusion. Joey ouvrit la porte.
Jack, taquin :Oh alors vous êtes déjà là !? Vous êtes finalement des petites joueuses !!
Joey, l’air sérieuse montrant du doigt ses pieds déchaussés: Regarde mes pieds, ils sont enflés et engourdis mais méfie-toi, je peux encore t’en mettre un au derrière.
Les deux garçons rigolèrent de bon cœur. Jack enchaîna voyant Jen, derrière, s’agiter dans tous les sens : Qu’est-ce qu’elle fait ?
Joey, tout aussi naturellement que Jen venait de le faire et haussant les épaules : Oh ! Elle range !
Elle se dégagea du chambranle pour les laisser entrer. Jack avança mais Pacey fut plus réticent. Limite gêné. Mais voyant que Joey n’en faisait pas cas, trop occupée à plaisanter avec Jack sur la manière dont Jen classait les affaires, il ne rentra pas et referma la porte sans bruit. Il reprit l’ascenseur et descendit.
Jen, qui était au centre du débat, chercha appui en la personne de Pacey mais ne le voyant pas, elle réagit, intriguée: Est-ce que Pacey n’était pas avec toi ?
Jack se retourna et jeta un coup d’œil vers la porte. Il n’eut pas le temps de répondre que ce fut au tour de Joey de réagir : Il n’a pas osé entrer. Je n’avais même pas penser à tout ça quand je t’ai fait rentrer tout à l’heure.
Jack : je vais le voir.
Jen, posa précipitamment sa main sur son bras : Non, laisse, je vais y aller.
Jen quitta rapidement la chambre, non contente de ne plus subir les railleries de ses amis. Elle frappa à la chambre de Pacey mais personne ne répondit. Elle emprunta alors elle aussi l’ascenseur et atterrit dans le hall de l’hôtel. Personne. Elle regarda autour d’elle et réfléchit deux secondes. Eurêka ! Elle entra alors dans le bar. Pacey était là, assis au comptoir, un Martini posé sous ses yeux, l’air préoccupé. Jen se rapprocha et tout en montant sur le tabouret d’à côté dit : Boira ? Boira pas ?
Pacey, reconnaissant la voix de sa fidèle amie ne bougea pas :Je ne l’entame pas pour éviter d’avoir à me demander s’il est à moitié plein ou à moitié vide !
Jen sourit puis reprit : Tu n’as pas osé entrer.
Pacey : Je n’étais pas à ma place.
Jen : Je comprends. Ca doit te paraître bizarre mais je comprends.
Pacey tourna enfin son regard vers elle, interrogateur.
Jen baissa la tête et continua : Tu peux garder un secret ?
Elle ne posait la question que pour la forme car elle savait très bien que Pacey ne la trahirait pas, bien trop loyal envers ses amis.
Pacey, désorienté : Évidemment Jen.
Jen : Je comprends parce que j’ai très souvent cette envie de me liquéfier pour oublier la situation dans laquelle je me trouve.
Pacey, ne comprenant pas : De quoi tu veux parler, Jen ?
Jen, après un temps d’hésitation : … de Jack.
Voyant que Pacey ne savait que répondre, elle expliqua : Être à ses cotés en permanence me tue et ne rien pouvoir y faire… encore plus, alors je m’occupe comme je peux, je change de chambre sous de faux prétextes et je m’engueule avec lui pour ne pas avoir à me dire qu’il faut que j’oublie ce que je ressens. Tu vois, je comprends c’est tout.
Pacey ne pouvant toujours rien dire, prit simplement la main de Jen qui reposait sur le comptoir, lui fit un sourire contrit et fit glisser jusqu’à elle son verre encore plein.
Tous deux se turent, réfléchissant simplement. Puis au bout de quelques minutes Pacey lâcha douloureusement : Je souffre. C’est horrible.
Jen, posant une main compatissante sur son épaule: Je sais.
Pacey : Mais je récolte ce que j’ai semé.
Jen :Ne dis pas ça. On a tous le droit de faire des erreurs. Je sais à quel point tu regrettes ton geste mais c’est comme ça, tu l’as fait et tu ne peux pas revenir en arrière.
Pacey gémit : Ce que je regrette.
Et se mit à pleurer. Jen lui prêta son épaule et le réconforta doucement.
Joey et Jack étaient descendus se demandant ce qu’il pouvait bien se passer. En arrivant devant l’entrée du bar, Joey aperçut la dernière scène. Voir Pacey pleurer était rare et se dire que cela devait être sa faute la fit culpabiliser et réfléchir. Elle retint cependant Jack qui allait rentrer : Je cois qu’on serait de trop.
Jack qui n’avait pas vu la scène réalisa enfin. Ils firent alors demi-tour et sortirent prendre l’air.
Jen changea de sujet : Ce n’est pas en si mauvaise voie que ça pour toi.
Une fois de plus, il ne voyait pas où elle voulait en venir.
Jen : Là haut, tout à l’heure, Joey a agi comme si vous étiez redevenus amis. Elle avait tout simplement oublié.
Pacey soupira : Tout ça m’épuise…
Jen : Un peu de patience…et encore un petit effort Pacey. (elle sourit volontiers) Tout vient à point à qui sait attendre…
Pacey sourit alors aussi : Qui aurait cru que tu serais si philosophe ?!
Jen lui donna une petite tape sur l’épaule. Elle avait réussi à lui remonter le moral pour un petit moment. Sa mission était accomplie. Et le fait de lui avoir dévoilé son secret l’avait également libérée d’un poids.
Pendant ce temps, Jack et Joey se promenaient en silence, bras dessus bras dessous. Jack cherchait un quelconque moyen de lui faire dire ce qu’il voulait entendre tout en restant délicat…et la tache n’était pas facile ! Joey, elle, voyait bien le manège de Jack qui la regardait puis tournait la tête jugeant l’approche trop brutale. Mais elle avait d’autres choses en tête. Elle se posait une multitude de questions et s’interrogeait de plus en plus sur ses sentiments. La rupture avait-elle inversé tous ses sentiments aussi radicalement que Pacey l’avait quittée ? Non bien sûr ! On ne peut pas arrêter d’aimer quelqu’un en une fraction de seconde sous prétexte que lui vous quitte ! Mais il en allait de sa fierté ! Elle reprit soudainement ses esprits et regarda franchement son ami en souriant : Tu vas me la poser cette question Jack !
Jack la regarda à son tour et sourit également : J’ai l’air ridicule, n’est-ce pas ?
Joey, inclina la tête et plissa le nez comme à son habitude: Un peu oui ! Je te vois tourner en rond depuis au moins 10 minutes.
Jack : Dans ce cas je n’hésite plus. Dis-moi ce qu’il se passe…avec Pacey.
Joey garda un petit sourire et lui répondit sincèrement : Je n’en sais rien.. Tout est tellement contradictoire ! Un jour il me dit que je lui manque et je m’enfuis, le lendemain je lui demande comment on en est arrivé là et s’est lui qui me tourne le dos. Je nage en plein brouillard…
Jack osant la question : Mais…est-ce qu’il y a une chance… que tu remontes à la surface ?
Joey eut alors pour seule réponse un sourire confus et haussa les épaules.
Jack : D’accord, on en reste là pour aujourd’hui.
Ils reprirent donc le chemin du Breakfast Club, Jack sa curiosité satisfaite ou presque, et Joey l’esprit un peu plus libre.
Ils retrouvèrent leurs 2 autres amis, toujours accoudés au bar, mais l’air plus gai que quelques minutes plus tôt.
Jack plaisantant, afin de détendre l’atmosphère : On vous laisse 5 minutes et vous ne pouvez pas vous empêcher de vous saouler.
Il s’assit cependant à côté de Pacey et lança au barman : La même chose s’il vous plaît !
Joey quant à elle se plaça à côté de Jen.
L’esprit était bon enfant. Chacun des quatre jeunes gens racontèrent leur journée et surtout les différentes péripéties. La gêne qui existait entre l’ancien couple était toujours présente mais se faisait cependant plus discrète. Tous étaient partant pour une petite rigolade entre amis. Rien ne valait mieux que ce genre de moments passés ensemble, même si tout n’était pas toujours rose. Les deux se jetaient de temps en temps quelques regards curieux mêlés de sourires discrets et timides. Quant à Jen, elle évitait soigneusement le regard de Jack. Ils s’étaient ensuite tous installés à une table du petit restaurant de l’hôtel et avaient par conséquent dîné. L’heure de se séparer vint enfin. Et chacun retourna dans sa chambre. Les filles d’un côté et les deux garçons de l’autre.
Pacey entra dans sa chambre et se mit immédiatement à l’aise. Il éteignit la lumière, se coucha dans son lit et croisa ses bras derrière la tête en fixant le plafond. Un léger sourire s’afficha sur son visage. Il repensait à ce que lui avait dit Jen, que ce soit son aveu ou son analyse de la relation qu’il entretenait avec Joey, et à cette fin de soirée qui s’était avérée moins douloureuse que prévu. Il avait bien remarqué l’attitude de Joey. Non seulement elle avait eu l’air plus détendue malgré sa présence, mais en plus, il avait observé les yeux qu’elle avait posés sur lui durant le dîner. Jen avait vu juste. Il en était persuadé. Il arriverait à se faire pardonner. Il s’endormit avec cette idée en tête. Apaisé.
De l’autre côté du mur, Joey et Jen se préparaient à se coucher et toutes deux savaient pertinemment qu’une conversation aurait lieu. L’une après l’autre, elles rejoignirent le lit et se turent attendant que l’autre entame la conversation. Après quelques minutes de silence, elles se jetèrent réciproquement un regard en coin et se mirent à rigoler.
Joey, lança alors en plaisantant toujours : Bon d’accord. C’est toi qui commence. Tu avais quelque chose à me raconter, non ?
Alors commença une longue conversation pleine de confessions. Après ça, elles décidèrent de dormir. Une longue journée les attendait le lendemain.
Le matin se levait sur New York et tout le petit monde de Capeside dormait encore à points fermés. Quelques heures plus tard. Le téléphone sonna simultanément dans les trois chambres : Bonjour, il est 8h30. Votre petit-déjeuner vous attend en salle. Bonne journée ! Une fois raccroché, les quatre compères se levèrent et s’activèrent à se préparer. Jen, fin prête, pour une fois avant tout le monde, entassa sur ses bras les choses qu’elle avait triées la veille et se dirigea premièrement vers la chambre de Pacey. Elle intercepta Jack qui sortait justement de sa chambre et lui demanda de la rejoindre. Ils entrèrent alors ensemble dans la chambre de Pacey.
Jen, joviale : La fée carabosse à des cadeaux pour vous.
Pacey qui était à la salle de bain sortit précipitamment car il ne s’attendait pas à trouver du monde dans sa chambre.
Pacey : Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ?
Jen s’approcha de lui avec un sourire démesuré aux lèvres et lui déposa un petit tas de paquets dans les bras.
Pacey la regarda mi-intrigué, mi-amusé.
Jen fit alors de même pour Jack, puis quitta la pièce pour retourner dans sa chambre. Elle semblait détendue et heureuse de ce qu’elle venait de faire.
Jack et Pacey, eux, rigolaient de l’attitude Jen.
Pacey : Est-ce que j’ai rêvé ou on aurait dit qu’elle avait consommé un truc illégal?!
Jack rigola de plus belle en secouant la tête face à une telle situation. Cependant, ils ne se firent pas prier pour ouvrir leurs paquets.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:15)
Jen passa la tête dans l’entrebâillement de la porte et fit un clin d’œil à Joey en lui demandant : Tu es prête ?
Joey récupéra son sac sur le lit et sortit en refermant la porte derrière elle, aussi guillerette que Jen.
Ils déjeunèrent ensemble puis filèrent voir Celle qu’ils avaient tous envie de rencontrer. Joey, après avoir pris le bateau déclara, émerveillée : L’œuvre de Bartholdi !
Tous la regardèrent s’extasier. Jen et Jack se félicitaient alors de l’avoir emmenée avec eux et Pacey, de son côté la contemplait. La voir dans cet état d’excitation le ravissait.
Ils enchaînèrent ensuite visites sur visites : Time Square, Broadway, Soho , le Metropolitan Museum, le fameux Guggenheim Museum…
Lorsqu’elle apperçut le bâtiment, de l’autre côté de la rue, Joey ne put se retenir de sourire. Elle repensait à cette réflexion que Pacey avait faite au doyen de Worthington au sujet de la forme du musée. Elle secoua la tête en repensant : Un artichaut ! Il n’y avait que lui pour dire une chose pareille. En y regardant bien, elle réalisa qu’il n’avait pas tout à fait tort. Pacey, qui repensait également à cet épisode de sa vie, regarda discrètement Joey et la vit souriante, la tête légèrement inclinée sur l’épaule. Lorsqu’elle eut assez observé l’édifice, Joey tourna son regard sur Pacey et constata qu’il la regardait. Elle éclata franchement de rire et traversa la rue, suivie du reste du groupe. C’était la première fois depuis le début de ces vacances qu’elle s’autorisait clairement à exprimer ce qu’elle ressentait. Malgré le fait que ce soit dû à Pacey…
Ils entrèrent dans le musée et accédèrent par l’ascenseur au dernier étage. Puis amorcèrent la descente en suivant la construction en colimaçon de l’édifice. Joey profitait de chaque tableau, de chaque exposition. Jen et Jack ne tardèrent pas à laisser les deux autres seuls, la visite n’allant pas assez vite à leur goût et ne tenant pas à assister au discours de Joey expliquant dans quelles circonstances tous les tableaux avaient étés peints.
Pacey s’arrêta devant une toile. Joey sourit et le rejoignit : Il te plait celui-là ?
Pacey, mi-sérieux mi-amusé : Oui, je le trouve assez poignant.
Il s’agissait de In the Black Square, de Kandinsky.
Joey admira la toile en plissant les yeux et penchant la tête sur le côté, l’air concentrée : Qu’est ce qu’il t’inspire ?
Pacey: Des choses sombres.
Il s’avança du cadre et regarda la date : Juin 1923. Il fit alors un petit mouvement de tête qui signifiait : Evidemment !
Cela fit sourire Joey : Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey : c’est juste que… avec une date pareille ça ne pouvait être que sombre.
Joey, intriguée, demanda timidement: Est-ce que tu voudrais bien m’expliquer ce que t’inspire cette toile ?
Pacey la regarda étonné, et hésitant il se lança enfin : Eh bien… j’imagine que c’est une ville, complètement détruite par les ravages de la guerre, avec du sang, de la ferraille et de la fumée partout. Mais avec un brin d’espoir chez les habitants qui attendent patiemment qu’elle soit reconstruite.
Un silence s’installa entre eux. Puis le remarquant, il tourna la tête vers Joey : Et toi ?
Une larme perla sur la joue de Joey mais souriant elle dit simplement : La même chose…
Ils se fixèrent un instant puis n’y tenant plus, Joey fit le premier pas et l’embrassa. Alors qu’elle allait lentement se dégager, Pacey la serra plus fort contre lui pour lui rendre son baiser, plus pressant que la première fois.
Front contre front, Pacey n’osait pas ouvrir les yeux de peur que Joey ne s’évapore.
Joey : Ca ne va pas Pacey ?
Pacey releva la tête et lui sourit timidement :Ca va passer…je vais me ressaisir.
Joey, émue le serra contre elle.
Jack et Jen, à quelques centaines de mètres, avaient assisté à la scène. Réjouis pour leurs amis, Jack passa son bras sur les épaules de sa meilleure amie et embrassa tendrement ses cheveux. A cet instant-même, Jen sut définitivement que rien ne serait jamais possible entre eux mais elle réalisa que la relation qu’ils entretenaient, cette amitié si solide, était plus précieuse que tout l’or du monde.
Le lendemain, dernier jour dans la Grosse Pomme, ils se retrouvèrent tous une dernière fois dans l’ancien repaire de Jen. Ils saluèrent le vieux Jim et s’installèrent. Comme la veille, mais de manière bien plus décontractée, ils profitèrent du fait d’être ensemble pour discuter et plaisanter.
Jen : Alors voilà, c’est fini…
Jack : Mais non Jen, on doit encore aller voir Dawson en Californie.
Jen sourit, elle avait oublié cette partie du voyage. Mais Pacey n’eut pas la même réflexion. On ne l’avait pas mis au courant de cette initiative.
Voyant que Pacey semblait perturbé, Joey ajouta à l’encontre de Jack et Jen : A ce propos, je n’en ai pas encore parlé à Pacey mais, est-ce que ça vous poserait un gros problème si nous ne venions pas avec vous ?
Pacey tourna violemment la tête dans sa direction et la fixa, très suspicieux , alors que Jen et Jack paraissaient ravis pour leurs 2 amis. Il tenta alors : Tu veux bien me suivre un instant ?
Joey regarda Jen et Jack surprise et se leva.
Un peu à l’ écart.
Pacey : On ne m’avait jamais parlé d’aller à Los Angeles retrouver Dawson !
Joey : Pacey, dois-je te rappeler que tu n’étais même pas prévu au programme ?
Pacey : Et pourquoi se revirement de situation ? Est-ce que tu comptes nous rejouer l’épisode "Restons cacher pour ne pas nous fâcher" ?
Joey secoua la tête désolée par la réflexion de Pacey : Pacey, ça n’a rien à voir ! Dawson est de son côté, en Californie, et moi du mien, avec toi. Il peut faire ce que bon lui semble, je ferai de même. Beaucoup de choses ont changé aujourd’hui. Je vais étudier à Boston, à des milliers de km de la Californie et je te choisis toi…pour la deuxième fois ! Est-ce que ça ne te suffit pas ?
Pacey se radoucit : Si, amplement ! Mais c’est simplement que j’ai la sensation de vivre une nouvelle fois caché. Et je n’ai pas envie de remettre ça.
Joey sourit, touchée : Je n’ai jamais eu autant envie de retourner à Capeside. Je veux qu’on reparte sur de nouvelles bases et qu’on fasse table rase de ce qui a pu se produire. Et dans notre cas, je ne crois pas que ce soit trop !
Pacey : Très bien alors on oublie la dernière partie de notre histoire et on la continue à Capeside.
Joey l’enlaça : C’est ce que je voulais entendre…
Les quatre amis profitèrent donc de leur dernier jour réunis au côté de Jim, avant de se retrouver à Boston pour une nouvelle année d’études mais une toute autre vie.
Puis rentrèrent à l’hôtel, et se dispersèrent. Joey et Pacey dans le premier bus pour la Caroline du Nord et nouvelle histoire, et Jack et Jen, en direction de Dawson et de la Californie.
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:19)
FIN!
Bzzbzz (02.04.2004 à 22:20)