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Souvenirs perdus...

Série : Dawson's Creek
Création : 04.09.2004 à 23h42
Auteur : Marjo 
Statut : Terminée

Pacey et Joey se détestent, au grand dam de Dawson.

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Résumé : Pacey et Joey se détestent, au grand dam de Dawson. Cela vient du fait que pour Pacey, Mike Potter n’est qu’un trafiquant de drogue et Joey ne vaut pas mieux vu qu’elle vit avec lui. Un jour, au cours d’une altercation entre Joey et des malfrats, Pacey s’interpose et prends un coup de couteau. A son réveil, il a perdu la mémoire et ne se souvient de rien, pas même de sa haine pour Joey. Joey, elle, se sent coupable et décide de prendre soin de lui. Doug, proche des Potter et de Bessie en particulier, ne sait pas quoi faire pour les aider. Dawson apprend par sa mère que son père est gravement malade.


Encore une journée magnifique enfermé dans une salle de classe se dit Dawson en marchant dans la cour du lycée. Il secoua la tête, déçu à l’idée des fabuleuses images qu’il aurait pu tourner avec cette lumière. Soudain, il aperçut Pacey qui agrafait des feuilles sur le panneau d’affichage. Il s’approcha doucement et lut au dessus de son épaule… « Exceptionnellement, les ‘Nothing’ se produiront sur la scène du ‘House’s Coffee’ samedi soir à 20h… »
Dawson : C’est génial ! J’y serai, tu peux y compter.
Pacey : Merci Dawson.
Dawson trouvait génial ce que Pacey faisait avec son groupe. Depuis tout jeune, il aimait chanter en jouant de la guitare et c’était pourquoi, il avait formé un petit groupe avec deux autres copains. Leur but n’était pas de se faire découvrir et de parcourir les routes pour devenir des Rock Stars, non, ce qu’ils aimaient, c’était faire des scènes de temps en temps. C’était un hobby, pas une vocation. Et il devait avouer que Pacey avait beaucoup de talent.
Dawson : Peut-être qu’avec un peu de chance, je parviendrai à convaincre Joey de venir avec moi cette fois.
Pacey : Oh non, ne te donne surtout pas cette peine. Miss emmerdeuse peut rester où elle est.
Dawson : Quand cesserez-vous ce jeu stupide? Vous vivez tous les deux dans la même ville, vous êtes mes deux meilleurs amis, qui plus est vous avez passé l’âge d’être aussi enfantin !
Pacey : Dawson ! Reviens sur terre, nous n’avons que 17 ans et nous ne sommes pas encore sortis de l’âge bête…et je doute qu’elle, elle en sorte un jour ajouta t-il rapidement…tu auras beau l’espérer aussi fort que tu veux, cette fille me tape sur les nerfs. Elle a beau se donner de grands airs et se croire supérieure aux autres, elle ne vaut pas mieux que son père.
Dawson : Je te rappelle que ce ne sont que des rumeurs qui circulent sur son père.
Pacey : Mon père, qui je te le rappelle est le shérif de cette ville, a bien plus que des rumeurs lui dit-il sur le ton de la confidence.
Dawson soupira, c’était désespéré. Pacey restait fixé sur ses positions. Pour lui, comme pour son père d’ailleurs, Mike Potter était un trafiquant de drogue. Et malgré tout ce que Dawson pourrait dire, pour les Witter, la pomme ne tombait jamais loin du panier. Il releva les yeux vers Pacey qui affichait un petit sourire que Dawson connaissait bien. Il n’avait pas besoin de tourner la tête pour savoir que Joey n’était pas loin et que son ami s’apprêtait à lui balancer une vanne quelconque.
Dawson : Pacey…retiens toi.
Pacey se tourna vers lui et haussa les épaules en un geste d’impuissance. Puis, il reporta son attention sur Joey.
Pacey : On dirait que tu es encore passée à l’armée du salut ce matin pour t’habiller Joséphine lui cria t-il.
Dawson soupira, il prenait un malin plaisir à ajouter son prénom entier à chaque fin de ses plaisanteries douteuses. Il savait qu’elle détestait ça.
Dawson : Tu ne peux pas t’en empêcher hein ? murmura t-il.
Pacey : Eh ! Comment veux-tu que je sois en forme pour ma journée sinon dit-il avec un petit sourire.
Joey : J’ai l’impression que tu y es passé avant moi répondit-elle avec dédain.
Pacey porta une main à son cœur, mimant d’être touché.
Dawson : Je préfère aller en cours dit-il en secouant la tête.
Pacey : N’oublie pas samedi ! lui lança t-il.
Dawson : Promis.
Joey regarda l’affiche et soupira.
Joey : Tu es vraiment obligé de pourrir les oreilles des gens !
Pacey : Toi, tu leur pourris bien la vue en te mettant devant eux dit-il en la contournant.
Joey : Va mourir.
Pacey la jaugea des pieds et la tête et s’en alla. Préférant l’ignorer plutôt que de se gâcher la journée.


Jen : Salut dit-elle en s’appuyant sur les casiers à côté de Joey.
Joey : Salut répondit-elle en refermant violemment le sien.
Jen : Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda t-elle surprise.
Joey : Ce type m’agace !
Bon, Jen en conclut qu’encore une fois, Joey avait rencontré Pacey.
Jen : Tu devrais apprendre à ne plus faire attention à ce qu’il dit.
Joey : Ce n’est pas facile de l’ignorer lorsqu’il répand des rumeurs sur toi et sur ta famille.
Jen : Joey, tu sais, toi, que c’est faux. C’est le plus important.
Joey : J’en ai marre d’avoir constamment le regard des autres sur moi et d’être le point de mire de leurs railleries.
Jen : Je sais lui dit-elle compréhensive.
Depuis un an déjà, depuis que le père de Joey avait était interrogé pour trafic de drogue sans que la police ne trouve de preuve suffisante pour l’inculper, elle assistait à ces perpétuelles moqueries et messes basses lorsque Joey était dans la pièce. Elle avait plus d’une fois remis des personnes à leurs places lorsqu’ils avaient eu des propos déplacés envers sa meilleure amie. Et même si elle adorait Pacey, elle ne supportait pas son attitude vis-à-vis de Joey. On pouvait ne pas avoir d’atomes crochus avec une personne sans pour autant lui rendre la vie aussi insupportable.
Jen : Je vais aller parler avec Pacey, il faut que ça s’arrête !
Joey : Laisse tomber, ce mec est un crétin.
Jen : Pas question, il faut qu’il cesse ces enfantillages une fois pour toute.
Elle l’aperçut et ne laissa pas le temps à Joey de protester qu’elle traversait déjà tout le couloir pour aller à sa rencontre.
Pacey : Salut Jen dit-il joyeusement.
Elle l’attrapa par le col et l’emmena dans un endroit un peu plus calme.
Pacey : Oh là, je vais me faire gronder, on dirait.
Jen : Il faut que tu arrêtes Pacey, ça devient insupportable.
Pacey : Que j’arrête quoi ? demanda t-il en soufflant, irrité.
Jen : De propager toutes sortes de calomnies sur Joey. De raconter à tort ou a travers que son père est impliqué de près ou de loin dans des trafic de stupéfiants et que Joey…
Pacey : Bon doucement l’arrêta t-il. Premièrement, je n’y peux rien si j’ai cette conviction sur son père, deuxièmement, j’ai peut-être dit une fois ou deux ce que j’en pensais à des personnes mais il y a bien longtemps que je garde mes opinions pour moi.
Jen : Eh bien, peu importe que tu ne dises plus rien maintenant, toujours est-il que c’est toi qui es à l’origine de ces ragots et que c’est à toi d’y mettre un terme.
Pacey : Et puis quoi encore ! Ce qu’il lui arrive ne m’intéresse guère. Qu’elle se débrouille.
Jen : Pacey, un jour ou l’autre, il faudra bien que tu prennes conscience de tes actes et des répercussions que cela engendre.
Pacey : Ouais, eh bien je ne suis pas encore assez vieux pour ça lui dit-il en souriant. Je fais un concert samedi, tu viendras ?
Jen : Ais-je déjà raté un de tes concerts ?
Pacey : Merci lui dit-il reconnaissant. A plus tard Lindley.
Jen le regarda partir, exaspérée. Ce qui l’ennuyait le plus était de savoir qu’au fond, Pacey était réellement quelqu’un de bien et d’attachant. Le voir ainsi, aussi acharné lorsqu’il s’agissait de Joey lui faisait beaucoup de peine. Depuis cinq ans qu’elle vivait à Capsides, elle s’était attachée à chacun d’entre eux et détestait les voir être aussi inhumains l’un avec l’autre. Ca en devenait épuisant à la fin. Et Dawson qui se trouvait au cœur de ce conflit depuis sa plus tendre enfance ! Le pauvre se dit-elle en soupirant de lassitude.


Dawson prit une profonde inspiration avant d’entrer dans l’arène. On était samedi soir et il était venu tenter de convaincre Joey, une énième fois, de venir voir Pacey chanter avec lui et Jen. Il connaissait la réponse par avance mais il ne désespérait pas de la convaincre un jour. Il pensait bêtement que si elle l’entendait chanter elle ne douterait plus qu’un cœur battait sous sa poitrine et pourrait, va savoir, entamer une relation d’amitié avec lui. Il avait préparé tout un discours mais elle ne lui laissa même pas le temps de prononcer un mot.
Joey : Dawson, cesse de rêver ! Je ne viendrai pas dit-elle dès qu’il eut franchit la porte.
Dawson : Je ne t’ai encore rien dit !
Joey : Mais tu vas le faire, tu es venue jusqu’ici pour rien. J’ai autre chose à faire que d’aller voir ce crétin faire l’idiot et se rendre ridicule.
Dawson : Joey, je sais que pour toi c’est inconcevable, mais Pacey a vraiment du talent. Tu t’en rendrais compte si tu venais.
Joey : Dawson ! dit-elle irritée. Pourquoi n’arrives-tu pas à admettre que lui et moi ne nous entendrons jamais !
Dawson : Parce que je rêve d’un peu de paix et que je suis un éternel optimiste.
Joey lui sourit tendrement. Elle adorait Dawson et détestait devoir le faire revenir sur terre.
Joey : Dawson, le fait que je ne l’aime pas et qu’il soit ton meilleur ami n’entache en rien notre amitié à nous. Seulement, il faut que tu arrêtes de vouloir constamment nous rapprocher lui et moi. Ca ne marchera pas.
Dawson : Je voudrais seulement que vous appreniez à vous connaître avant de décider que vous ne vous aimez pas.
Joey : Dawson soupira t-elle, je ne veux pas te faire de mal mais…
Mike : Joey dit-il en entrant précipitamment dans sa chambre. Ah, bonjour Dawson ajouta t-il en voyant la présence du garçon.
Dawson : Bonjour Monsieur Potter.
Mike : Je t’ai déjà dit de m’appeler Mike lui dit-il affectueusement.
Joey : Qu’est-ce qu’il se passe papa ?
Mike : Je suis venu te dire que je pars quelques jours.
Joey : Où tu vas ? Tu viens de rentrer !
Mike : Je sais mais j’ai des petites choses à régler. Tu peux rester seule quelques jours ?
Joey : Bien sûr, et puis s’il y a un problème, Bessie n’habite pas loin.
Mike : Merci, je reviens très vite ma chérie dit-il en l’embrassant sur la joue. Dawson, je te la confie.
Dawson : Vous pouvez compter sur moi.
Joey : A bientôt papa lui dit-elle tendrement.
Dawson attendit que Mike Potter soit sorti pour lui poser a question qui lui brûlait la langue.
Dawson : Ton père voyage souvent ?
Joey : Ces derniers temps, oui.
Dawson : Pourquoi ?
Joey : Je n’en sais rien soupira t-elle irritée. Bon Dawson, je crois que tu vas être en retard à ta fête, tu devrais y aller.
Dawson : D’accord dit-il résigné. Si tu changes d’avis, tu sais où nous trouver.
Joey : Même pas en rêve ! murmura t-elle lorsqu’il fut sorti.
Puis, elle s’allongea sur son lit et contempla le plafond. Elle avait bien d’autres soucis que d’aller voir Pacey chanter. Elle se poser des questions sur son père, où allait-il ainsi ? Et pourquoi ne parlait-il jamais de ses voyages ?


Pacey : Et voici la dernière chanson de la soirée ! dit-il au public à travers son micro sur pied. On va vous interpréter « I wanna be your underwear » de Bryan Adams.
Il démarra les premiers accords et la foule se mit à battre des mains en rythme. Le sourire de Pacey s’étendit encore un peu plus, il adorait cette communion avec le public et c’était pour cela qu’il aimait autant la scène. De plus, cette chanson collait bien à leur style musical et il aimait bien la chanter pour clore une soirée. Il jeta un coup d’œil vers Dawson et Jen, qui assis à une table ne perdaient pas une miette du spectacle. Ils avaient l’air d’apprécier et c’était important pour lui. Ils pouvaient vraiment compter sur ces deux là pour le soutenir. Il parcoura la foule et n’aperçut pas son père, encore une fois, il avait mieux à faire. Il aurait tant aimé qu’il vienne le voir ne serait-ce qu’une fois. Mais tant pis se dit-il en secouant la tête. C’était son moment à lui et il ne devait pas le rater. Il se concentra sur sa chanson et se donna à fond. Au loin, Dawson et Jen s’amusaient comme des fous.
Jen : On peut compter sur Pacey pour mettre de l’ambiance !
Dawson : Il a toujours aimé être le centre d’attraction. Depuis qu’on est petit, il aime amuser la galerie.
Jen lui fit un sourire complice, elle avait pu s’en apercevoir par elle-même. Un gloussement hystérique attira son attention par-dessus le brouhaha, elle tourna la tête et vit une jeune blonde se déhanchait à outrance devant la scène.
Jen : Angie a encore décidé de faire des siennes.
Dawson : Angie fait toujours des siennes.
Dawson dévisagea la jeune fille. Il se demandait comment son ami Pacey pouvait sortir avec une fille aussi superficielle, lui qui était plein de bon sens en temps normal. A part son physique avantageux, cette fille n’avait pas grand-chose d’intéressant. Mais cela, il n’osait pas le dire à Pacey. Son ami avait l’air de bien s’amuser et il ne voulait pas gâcher son plaisir. Un voile de tristesse obscurcit son visage lorsqu’il se mit à penser à Joey. Jen se rendit compte de son changement d’attitude.
Jen : Tu devais bien te douter qu’elle ne viendrait pas dit-elle, devinant ses pensées.
Dawson : J’avais espéré pouvoir la décider dit-il avec un sourire déçu.
Jen : Dawson, ils se détestent, on y peut rien.
Dawson : Je sais.
Jen : Mais tu aurais aimé rapprocher tes deux meilleurs amis.
Dawson se renfrogna d’être aussi transparent. Joey était la fille la plus formidable qu’il connaisse et Pacey était un type génial. Mais il devait toujours se contenter de l’amitié de l’un ou de l’autre, il n’y avait jamais moyen d’être avec ses deux amis en même temps. Il soupira, il se contenter de leur amitié respective.
Dawson : J’ai les meilleurs amis du monde, c’est déjà pas si mal dit-il avec un entrain forcé.
Jen : On peut en parler si tu veux.
Dawson : Non pas ce soir, c’est la soirée de Pacey.
Ils se tournèrent vers lui et éclatèrent de rire en frappant simultanément dans leurs mains. Pacey s’en donnait à cœur joie. La guitare à la main, Pacey sautillait sur place tout en chantant le refrain pour la dernière fois. C’était généralement là qu’il appréciait le plus, ce moment où la fin est proche et qu’on profite de chaque seconde donnée.
Pacey : Bonne soirée à tous et merci d’être venu s’écria t-il lorsque la chanson prit fin.
Il descendit sur scène et Angie lui sauta dans les bras pour l’embrasser. Fière d’être celle qui sortait avec « le chanteur » du groupe.
Angie : C’était génial minauda t-elle.
Pacey : Je suis content que ça t’ait plu dit-il ravi.
Elle l’embrassa fougueusement et pendue à son cou, parada devant ses copines.
Angie : Nous avions prévu de finir la soirée chez Déborah, elle donne une fête et elle a invité quasiment tout le lycée !
Pacey : Je suis un peu fatigué et je préférerais finir tranquillement la soirée ici en buvant un verre.
Angie : Oh, tu es sûr ? dit-elle en faisant la moue.
Pacey : Tu n’as qu’à y aller, toi.
Angie : Ca ne te dérange pas ?
Pacey : Non, vas-y.
Pour dire la vérité, il n’avait aucune envie de l’entendre, elle et ses copines, piaillaient pendant toute la soirée. Il trouvait même réconfortante l’idée qu’elle ne soit pas autour de lui ce soir. Parfois, il se demandait pourquoi il sortait avec elle, alors il regardait ses courbes généreuses et la mémoire lui revenait instantanément. Elle l’embrassa une dernière fois et disparut avec une cohorte de filles, toute plus superficielles les unes que les autres. Il n’était pas assez stupide pour ignorer qu’Angie n’avait pas inventé l’eau chaude mais il ne sortait pas avec elle pour son cerveau. En quelques enjambées, il rejoignit Jen et Dawson à leur table.
Pacey : Ca vous a plu ? s’enquit-il.
Jen : C’était génial !
Dawson : Comme d’habitude renchérit-il.
Pacey : Vous m’en voyez ravi. Je vous paie à boire ! lança t-il en faisait signe au serveur.
Jen : Où est Angie ?
Pacey : Sortie avec ses copines répondit-il comme si il ne s’agissait que d’un détail.
Jen : Pourquoi sors-tu avec cette fille ?
Pacey : Il y a des jours où je me le demande ! Mais passons, je n’ai aucune envie de parler de ça maintenant. Dawson, je tiens à te remercier, tu n’es pas venue avec miss rabat-joie et rien que pour ça, je t’en suis reconnaissant à vie.
Dawson ignora sa dernière remarque, il était inutile d’entrer dans une polémique avec lui maintenant, Pacey était bien trop surexcité par son concert. Ils levèrent leurs verres et trinquèrent au succès que Pacey avait remporté ce soir pour avoir conquis le public, une fois de plus.


La curiosité l’avait emportée sur le reste, Joey était discrètement sortie derrière son père et l’avait suivi. Elle voulait savoir ce qu’il lui cachait et faisait dans son dos. Elle était inquiète pour lui et voulait savoir s’il avait des problèmes. Elle le vit entrer dans une espèce de taverne et attendit, tapie dans l’ombre qu’il ressorte. La nuit tomba rapidement et elle commença à avoir froid. Elle regretta d’être venue. Son père devait avoir une bonne raison pour faire ce qu’il faisait. Elle vivait avec lui depuis la mort de sa mère et avait une totale confiance en lui. Elle allait repartir lorsqu’elle vit deux hommes ressortir, tenant son père par les bras. Son père avait l’air inconscient. Sans prendre conscience du danger, elle sortit de sa cachette et courut vers lui.
Joey : Papa ! cria t-elle.
Les deux hommes se retournèrent vers elle. Et le visage de l’un des deux s’éclaira d’un sourire malveillant.
Type : Il est un peu tard pour être dehors à cette heure-ci, ma belle.
Joey leva les yeux vers et lui et lui fit un air mauvais.
Joey : Qu’avez-vous fait à mon père ?? s’écria t-elle avant de bondir sur lui et de tambouriner sa poitrine de coup de poing.
Type : Oh là, doucement. Ton père nous doit du fric. Mais peut-être qu’on va pouvoir s’arranger dit-il en détaillant Joey des pieds à la tête.
Type 2 : Ton idée me branche assez dit l’autre avec un air sadique. Joey commença à paniquer. Ce n’était pas une bonne idée de venir ici. Elle baissa les yeux vers son père d’un air suppliant, mais il était encore dans les vapes.
Joey : Papa réveille-toi l’implora t-elle.
Type : Papa ne va pas pouvoir faire grand-chose pour toi ce soir dit-il avec un sourire ravi.
Il la leva et la plaqua contre lui. Joey dut se boucher les narines à causes de l’odeur nauséabonde qui émanait de lui. Il empestait l’alcool et son acolyte n’était pas mieux.
Joey : Lâchez-moi ! leur ordonna t-elle.
Sa hargne accrut leur désir, Joey sentit les mains de ses agresseurs se poser sur elle et des larmes coulèrent le long de ses joues.
Joey : Laissez-moi leur dit-elle en se débattant.
Pacey qui passait dans le coin pour rentrer chez lui, entendit des cris, il se précipita et il reconnut Joey dès le premier coup d’œil. Malgré son hésitation, il accourut vers elle et la tira des mains de ces sales types.
Pacey : Il me semble qu’elle vous a demandé de la lâcher !
Type : Tu ferais bien de te barrer petit !
Pacey : Ramasse ton père dit-il à Joey en jetant un coup d’œil furibond vers celui-ci, avachi à terre.
Sans dire un mot, celle-ci s’exécuta.
Type : Tu n’aurais pas du te mêler de ce qui ne te regardais pas lui dit-il en rage.
Lentement, Pacey le vit sortir un couteau de sa poche. Il frissonna à l’idée de devoir se battre avec lui.
Type 2 : Laisse tomber barrons nous, nous l’aurons plus tard. C’est le fils du shérif.
Type : Pas question, son père ne me fait pas peur. Ce morveux n’avait qu’à se mêler de ses affaires. Approche dit-il en faisant signe de la main à Pacey.
Pacey : Tout ce que je veux c’est que vous vous écartiez de notre chemin. Je ne dirais rien à mon père.
Type : Trop tard dit-il en s’élançant sur lui.
D’un geste brusque, Pacey poussa Joey sur le côté. Surprise, elle tomba et entraîna son père avec elle. Pacey se débattit comme il put mais après quelques minutes de combat acharné, il sentit la lame lui transpercer l’estomac, un filet de sang s’échappa de ses lèvres lorsque sa tête cogna contre le bitume. Un sourire ravi illumina le visage de l’assaillant et il leva la main pour lui porter un autre coup. Le sang de Joey ne fit qu’un tour dans sa poitrine, elle se rua sur lui et le fit basculer à terre. L’autre suivait l’affaire sur le côté, observant la réaction de son ami qui ne se fit pas attendre. Il se releva et empoigna Joey par les cheveux.
Type : Tu vas voir !
Une sirène se fit retentir au loin. Probablement que quelqu’un avait alerté la police du remue ménage qui s’opérer dans le coin. Silencieusement, elle remercia l’inconnu.
Type : On se reverra lui promit-il avant de disparaître avec son acolyte.
Joey faisait aller son regard de son père inconscient à Pacey agonisant. Le vacarme des sirènes qui se rapprochaient résonner dans sa tête. Que devait-elle faire, si on trouvait son père là, il allait avoir des ennuis. Rapidement, elle le prit par les bras et le traîna jusqu’à des buissons plus loin. Une fois caché, elle jeta un coup d’œil vers Pacey. Ce serait tellement plus simple de laisser la police le trouver et de rester cachée. Ainsi, elle éviterait des ennuis. Mais Pacey lui avait probablement sauvé la vie et elle ne pouvait pas le laisser seul. Elle courut jusqu’à lui et s’accroupit à ses côtés. Ne sachant pas quoi faire, elle posa sa main sur la plaie et appuya afin d’endiguer le flot de sang qui continuer à s’échapper.
Joey : Ca va aller lui dit-elle alors que les yeux de Pacey convulsaient et que son corps était pris de tremblement.


Assise en salle d’attente, Joey attendait des nouvelles de Pacey. Il se trouvait toujours en salle d’opération. Lorsque le shérif Witter les avait trouvés et qu’il avait vu son fils, il lui avait lancé un regard glacial, comme si tout ce qu'il s’était passé ne pouvait être qu’à cause d’elle. Ce n’était pas entièrement faux mais elle n’oublierait jamais son regard empli de haine. Il avait voulut la conduire immédiatement au commissariat pour la faire interroger mais Doug lui avait signifié qu’elle était blessée au genou et allait devoir voir un médecin, elle aussi. La blessure venait de sa rencontre brutale avec le bitume lorsque Pacey l’avait poussée à terre, pour la protéger savait-elle maintenant. Elle avait vu le médecin et tant que personne ne viendrait la chercher, elle avait décidé de rester dans un coin et d’attendre de savoir comment allait Pacey. Personne n’avait l’air de se soucier d’elle de toute façon. John Witter faisait des siennes à l’accueil afin qu’on lui donne des informations sur l’état de son fils mais pour l’instant, aucun médecin ne pouvait se prononcer. Elle vit alors le regard du shérif croisait le sien et il marcha vers elle déterminé. Doug le vit et s’interposa rapidement.
Doug : Laisse-moi faire. Tu n’es pas en état de conduire un interrogatoire.
John : Je veux savoir ce qui est arrivé à mon fils et pourquoi il se trouve dans un lit d’hôpital ! Et cette fille sait ce qu'il s’est passé !
Doug : Très bien, je vais voir avec elle, toi retournes t’asseoir ou voir s’il y a du nouveau.
Doug savait pertinemment qu’il y avait rien de neuf mais il voulait à tout prix éloigner son père de Joey. Il ne partageait pas l’avis de son père et de son frère sur la jeune fille. Bien qu’il savait que son père trempait dans un truc louche, Joey ignorait probablement quoi et elle n’y était en rien responsable. Elle avait de bonnes notes à l’école, était travailleuse et courtoise. Il l’aimait bien au fond. Frustré, John Witter finit par s’éloigner pour aller harceler une fois de plus l’infirmière de garde.
Joey : Merci lui murmura t-elle.
Doug : Pas de quoi lui dit-il en s’asseyant auprès d’elle. Mais Joey, il va falloir me raconter exactement ce qu’il s’est passé ce soir.
Joey se rembrunit. Elle ne pouvait pas le lui dire. La police irait immédiatement interroger son père sur ce qu’il faisait dans cette taverne. Ils n’attendaient que l’occasion de le mettre en prison. Et elle, elle se retrouverait toute seule ! Le problème était que Pacey l’avait vu et que lui ne se gênerait pas pour le leur dire. Tant pis, elle devait prendre le risque. Au moins, cela laisserait-il le temps à son père de disparaître et de se faire oublier, quoiqu’il lui en coûte à elle plus tard.
Joey : J’étais entrain de rentrer chez moi…
Doug : A cette heure-ci ? la coupa t-il.
Joey : J’avais oublié un livre au lycée dont j’avais besoin et j’étais partie le récupéré mentit-elle.
Doug : Quelqu’un t’as t-il vu là bas ?
Joey : Non.
Doug : Ensuite ? demanda t-il tout en prenant des notes.
Joey : Eh bien, je sais que je n’aurais pas dû mais cette ruelle est un chemin plus court pour rentrer. Et c’est là que je suis tombée sur deux types, ils étaient saouls.
Doug : Tu pourrais me les décrire ?
Joey lui fit les portraits les plus détaillés qu’elle put. Il faisait noir et ce dont elle se souvenait le mieux c’était de leur odeur désagréable.
Doug : Que s’est-il passé lorsque ces types t’ont vue ?
Joey : Ils sont venus et ont commencé à me tourner autour en me disant qu’ils me trouvaient jolie et qu’une fille comme moi ne devrait pas traîner les rues à cette heure-ci.
Doug : Ce n’est pas faux. Où était ton père pendant ce temps là ?
Joey : Il travaillait tard répondit-elle précipitamment.
Doug : Bien passons répondit-il en ayant tout de même noté l’attitude étrange de la jeune fille à l’évocation de son père.
Joey : Ils ont commencé à devenir entreprenant continua t-elle, et je leur ai demandé de me laisser mais ils ne voulaient rien entendre et riaient. Pacey est alors arrivé d’un coup. Il m’a arrachée de leurs mains et s’est battu avec l’un d’entre eux. Il avait un couteau et à poignarder Pacey avec dit-elle en frissonnant au souvenir de cet épisode. Quand ils ont entendu les sirènes, ils se sont sauvés en nous laissant à terre.
Pacey était intervenu pour l’aider. Eh ben dis donc, il était étonné. Bon, Pacey n’avait pas un fond méchant mais après tout le rabâchage de leur père sur les Potter, il pensait que si l’un d’eux avait des ennuis, il serait plutôt du genre à en rire qu’à les aider. En tout cas, il était fier de lui. Son père le serait beaucoup moins hélas. Bessie apparut dans le hall et courut vers sa sœur dès qu’elle la vit. Il regarda l’inquiétude se peindre sur son visage et son cœur se serra à l’idée qu’il aurait dû aller la voir lui-même pour lui expliquer ce qu’il s‘était passé.
Bessie : Comment vas-tu ? demanda t-elle la voix tremblante à Joey. Un policier est venu me dire que tu t’étais faite agresser et que tu te trouvais à l’hôpital.
Quel imbécile ! se dit- Doug. Cet idiot allait l’entendre ! Il avait fait peur à Bessie pour rien. La pauvre jeune femme était encore toute tremblante. Lorsque Bessie remarqua le sang sur le vêtement de Joey, elle ne put retenir un cri d’effroi.
Joey : Je vais bien Bessie, ce n’est pas le mien. C’est celui de Pacey. Il est intervenu et maintenant, il est entrain de se faire opérer.
Bessie : Mon dieu s’écria t-elle en se mettant une main sur la bouche pour étouffer son cri. Comment va-t-il ?
Joey : Il a pris un coup de couteau dans la poitrine et j’ai entendu un médecin parler d’hémorragie.
Bessie se tourna vers Doug tout en serrant Joey contre elle à nouveau.
Bessie : Je ne sais pas quoi te dire. Je suis extrêmement reconnaissante envers Pacey et ce qu’il a fait, j’espère de tout cœur qu’il va s’en sortir.
Doug : Merci lui dit-il touché.
Bessie : Je peux ramener Joey à la maison ?
Joey : Bessie, je voudrais attendre de savoir murmura-t-elle.
Doug : Je t’appellerai pour te donner des nouvelles lui promit-il.
Bessie : Très bien, je la ramène. Merci Doug.
Il n’y a pas de quoi, il regarda les deux sœurs s’éloigner bras dessus bras dessous.
Doug : Bessie, une dernière chose ?
Bessie : Laquelle ? demanda-t-elle en se retournant vers lui.
Doug : Sais-tu où est ton père ?
Bessie : Au travail probablement.
Doug : Très bien. Si jamais vous avez besoin de moi, vous pouvez m’appeler.
Bessie : Merci Doug lui dit-elle touchée.
Elle lui sourit et empoigna Joey pour la faire sortir de ce maudit hôpital.


Prévenu par Joey, Dawson accourut à l’hôpital. Il ne pourrait pas passer sereinement la nuit sans savoir comment allait son meilleur ami. Il déboula en salle d’attente où le médecin parlait avec le père de Pacey. Doug se tenait à côté de lui et avait la tête baissée. Il resta quelques instants à l’écart jusqu’à ce que le docteur les laisse seuls. Seulement alors, il s‘approcha.
Dawson : Comment va Pacey ?
Doug : D’après les médecins, il est physiquement hors de danger.
Dawson : Physiquement ? s’étonna-t-il.
Doug : Il est amnésique dit-il dans un murmure. Il s’est réveillé avec aucun souvenir de comment il avait pu arrivé là, ni même de qui il était.
Dawson : Oh mon dieu ! Mais ça peut être réversible non ?
John : Tout ça est de la faute de cette satanée fille !!
Dawson : Joey n’a rien avoir là-dedans s’écria-t-il. Pacey lui a probablement sauvé la vie et vous devriez être fier de lui pour ça !
John : Fier ? Regarde où ça l’a mené ???
Doug : Papa tenta-t-il de le calmer.
Mais la colère de John Witter était bien trop grande. Il ne pouvait la contenir plus longtemps. Pacey était tout ce qu’il avait échoué avec Doug. Bien que son fils aîné ait choisi la même voie professionnelle que lui, la ressemblance s’arrêtait là.
John : Crois-moi, je parviendrai à démontrer que son père est derrière tout ça et il finira derrière les barreaux.
Doug : Tu ne peux pas le prouver.
John : Pour commencer, tu vas me convoquer cette Joey Potter dès demain matin. Je vais prendre sa déposition.
Doug : Je l’ai déjà fais tout à l’heure.
John : Eh bien, on va recommencer jusqu’à ce que je sache ce que je veux savoir !! hurla-t-il en sortant de la pièce.
Dawson : Doug dit-il inquiet.
Doug : Ne t’en fais pas, je resterais avec elle lui promit-il.
Dawson : Merci lui dit-il soulagé.
Doug : Tu peux aller voir Pacey si tu veux mais tu dois savoir qu’il ne te reconnaîtra pas.
Dawson : Qu’est-ce que je peux faire pour lui ?
Doug : Lui rappeler tout ce qu’il était avant l’accident.
Dawson : Ok.
Doug : Mais ne reste pas trop tard, il doit se reposer.
Dawson : Promis.
Doug : A plus tard, je vais aller prévenir Joey avant qu’il n’envoie un de ces rustres.
Dawson lui sourit, reconnaissant. Doug était le seul de la famille à ne pas partager l’aversion des Potter que semblaient entretenir Pacey et son père. Parfois, il se demandait comment il pouvait faire partie de la même famille qu’eux. En prenant une profonde inspiration, il pénétra dans la chambre où se trouvait Pacey et referma la porte derrière lui.


Doug gara sa voiture dans l’allée de la maison de Bessie Potter et resta quelques instants dans sa voiture à contempler l’endroit. Il y avait bien longtemps qu’il n’était pas venu ici. L’endroit était toujours aussi charmant, Bessie avait su continuer à entretenir sa maison après le départ de son petit ami. Celui-ci avait déguerpi dès que Bessie lui avait appris sa grossesse, elle n’avait plus jamais entendu parlé de lui. De toute façon, ce type ne la méritait pas et n’était qu’un imbécile selon lui. Il monta les marches du perron et tapa de petits coups contre la porte. A l’heure qu’il était, le petit de Bessie devait dormir. Elle entrouvrit la porte et le reconnaissant, le laissa entrer.
Doug : Excuse-moi de venir si tard dit-il en remarquant qu’elle était en robe de chambre.
Bessie : Ce n’est rien, que se passe-t-il ?
Doug : Je voulais juste prévenir Joey que mon père voulait la voir dès demain matin dans son bureau.
Bessie : Mais que lui veut-il ? Je croyais que tu l’avais déjà interrogée ce soir.
Doug : Je l’ai fait, mais tu connais mon père… dit-il avec un regard gêné.
Bessie : Je vois. Je te fais un café ?
Doug : Je ne voudrais pas te déranger…
Bessie : J’allais m’en faire un.
Doug : Dans ce cas, j’accepte.
Elle lui sourit et l’entraîna avec elle dans la cuisine. Un silence s’installa entre eux et Doug en profita pour l’observer. Elle n’avait pas beaucoup changé depuis qu’ils avaient côtoyé les bancs du lycée. Elle avait un peu vieilli, certes, mais cela lui allait plutôt bien. Il la revit au temps de sa grossesse, elle était rayonnante et ses rondeurs ne faisaient que la rendre encore plus attirante.
Joey : Bonsoir Doug ? dit-elle en pénétrant dans la pièce, le sortant immédiatement de sa rêverie. Comment va Pacey, s’enquit-elle ?
Doug : Il va bien dit-il un peu réticent.
Joey vint retrouver Bessie et fixa Doug, il n’avait pas l’air de tout dire. Il avait l’attitude de quelqu’un qui garde un secret. Bessie savait d’instinct que Doug ne leur disait pas tout, elle le connaissait suffisamment pour savoir lorsqu’il mentait.
Bessie : Doug, comment va Pacey ?
Doug : Il y a eu quelques complications avoua-t-il, incapable de mentir à la jeune femme.
Joey : Comment ça ? demanda-t-elle perplexe.
Doug : Il va bien mais il a perdu la mémoire.
Joey resta sans voix. Pacey, amnésique ? Elle n’arrivait pas bien assimiler les paroles de Doug, ça voulait dire qu’il ne se souvenait plus de rien, il ne se rappellerait pas avoir vu son père ce soir ? Quand serait-il d’elle, se souviendrait-il qu’il la déteste ?
Joey : C’est temporaire ? demanda t-elle, pleine d’espoir dans la voix.
Car même si elle ne pouvait pas le supporter et s’il risquait de gâcher la vie de son père et la sienne par la même occasion, elle ne pouvait pas s’ôter de la tête l’image des deux hommes et de ce qu’il lui serait arrivé si Pacey n’était pas intervenu, force était de constater qu‘il l’avait empêcher de se faire violer, voir pire.
Doug : Les médecins le pensent, mais ils ne parviennent pas encore à se prononcer sur le temps. D’après eux, chaque patient est différent et un détail peut rendre la mémoire à Pacey d’un coup, tout comme cela peut prendre des mois.
Joey sentit son sang se glacer dans ses veines. Des mois ? Tout cela était de sa faute pensa t-elle en tremblant.
Bessie : Ma chérie lui dit-elle en passant un bras autour de ses épaules. Tu devrais aller te recoucher maintenant, le shérif Witter voudrait te parler demain matin à la première heure.
Joey : Mais j’ai déjà…protesta-t-elle.
Elle rencontra le regard désolé de Doug et comprit que le shérif ne la croyait pas et qu’il entendait la faire parler lui-même.
Joey : Très bien.
Doug : Votre père n’est toujours pas rentrer ?
Mike : Si, je suis là.
Joey se retourna brutalement et rencontra le regard vitreux de son père, debout dans l’embrasure. Il portait un regard mauvais sur Doug qu’il ne jugeait pas assez bien pour se trouver chez une de ses filles.
Mike : J’ai appris ce qu’il s’était passé Joey, je suis désolé.
Joey détourna son regard, pour être désolé, il pouvait l’être.
Doug : On peut savoir où vous étiez ?
Mike : Je ne vois pas en quoi cela vous regarde.
Bessie : Papa, Pacey a protégé Joey au péril de sa vie lui rappela-t-elle.
Mike : J’étais au travail dit-il en ronchonnant.
Doug : Quelqu’un peut en témoigner ?
Mike planta son regard dans le sien, le défiant d’oser le traiter de menteur. Doug ne se laissa pas démonter et ne détourna le regard que lorsqu’il obtint sa réponse.
Mike : Non.
Doug : Bon, je vais vous laisser.
Bessie le raccompagna jusqu’à la porte.
Doug : Bonsoir lui dit-il tout bas.
Bessie : Merci Doug lui répondit-elle affectueusement.
Il plongea son regard dans le sien quelques instants et y lut de la tristesse et de l’inquiétude. Il aurait aimé pouvoir la prendre dans ses bras et lui dire que tout se passerait bien mais il ne pouvait le lui promettre. Il lui fit un vague sourire et sortit. Bessie le regarda s’éloigner jusqu’à sa voiture en soupirant, puis, elle retourna auprès de sa sœur et de son père.
Bessie : Maintenant que papa est là, tu préfères peut être retourner dormir chez toi dit-elle tendrement à sa petite sœur.
Joey : Je préfère rester avec toi.
Mike : Joey, je crois…
Joey : Bonne nuit l’interrompit-elle en allant se coucher dans la chambre d’ami.
Bessie : Elle est fatiguée lui dit-elle pour le rassurer.
Joey s’allongea dans son lit et remonta les couvertures le long de son corps. Non, elle n’avait pas envie de se retrouver seule avec son père maintenant. Elle ne savait pas quoi lui dire et avait tellement de question en suspend auxquels elle avait peur d’obtenir des réponses. Elle s’endormie avec une dernière pensée pour Pacey, devait-elle aller le voir à l’hôpital ?

Marjo  (04.09.2004 à 23:52)
Jen : Alors, comment va-t-il ? demanda t-elle prestement en s’asseyant à côté de Dawson.
Dawson : Physiquement, ça a l’air d’aller.
Assis à la cantine, il n’avait pour ainsi dire pas touché à son assiette, il n’avait pas très faim aujourd’hui. Sa visite à Pacey la veille l’avait perturbé, il n’avait absolument pas reconnu son ami, lui si vivant était perdu, désorienté et ne savait plus qui il était lui-même.
Dawson : C’est étrange de se retrouver face à une personne que l’on connaît depuis plus de dix ans et de voir qu’elle ne semble pas savoir qui nous sommes.
Jen : J’imagine lui dit-elle compatissante.
Dawson : Quand je suis entré lui raconta-t-il et que je me suis approché de lui, il m’a demandé s’il pouvait faire quelque chose pour moi. J’ai eu envie de prendre mes jambes à mon cou et de filer très vite. Je n’arrive pas à croire qu’une chose pareille puisse lui arriver à lui.
Jen : Moi ce que je n’arrive pas à croire c’est qu’il ait pu aider Joey !
Dawson : Pacey est ce qu’il est mais il n’a pas le fond mauvais.
Jen : Je vois ça. Tu sais que sans lui…
Dawson : Inutile de me le rappeler. Je n’en ai pas dormi de la nuit, rien que d’imaginer Joey aux mains de ses sales types dit-il en frissonnant.
Jen : Heureusement Pacey était là.
Dawson : Je vais retourner le voir cet après midi.
Jen : Je viens avec toi si tu le permets.
Dawson : Bien sûr, plus on sera pour l’aider, plus vite il retrouvera la mémoire et redeviendra celui que nous avons toujours connu.


Allongé dans son lit blanc, Pacey contemplait le plafond depuis cinq minutes. Il en avait assez d’être ici, il voulait sortir. Mais sortir pour aller où, avec qui ? Il n’arrivait pas à se souvenir de sa propre adresse. Il s’était déjà à peine rappelé de son prénom ! Plusieurs personnes étaient venues le voir et tous semblaient parfaitement le connaître et être sincèrement désolées pour lui mais aucun visage ne lui avait semblait familier. Ca en devenait frustrant à la fin. Ne pas savoir qui on est ni ce qu’on est sensé faire ou dire. Il ignorait comment il aurait réagi en tant normal, était-il du genre impatient ? Capricieux ? Drôle ? Généreux ? Il avait beau se creuser la tête, rien. Il n’avait pas oublié les choses d’usages, il savait encore lire et écrire mais il ne se souvenait pas d’avoir jamais lu un livre. Aimait-il ça d’abord ? Là de ses réflexions, il sentit une présence. En baissant la tête, il rencontra le regard d’une jeune fille brune qui se tenait à l’entrée de sa chambre, elle paraissait hésité à entrer. Ses yeux étaient emplis d’une douce tristesse, elle lui plut instantanément.
Pacey : Bonjour lui dit-il tendrement.
Joey : Bonjour répondit-elle timidement. Si je te dérange, je peux repasser.
Pacey : Non, entre. Je suis désolé mais je ne me rappelle pas ton prénom.
Joey : Joey dit-elle dans un murmure.
Pacey : Bonjour Joey.
Joey releva vivement la tête vers lui. C’était la première fois qu’il l’appelait ainsi. Auparavant, il aimait utiliser son prénom en entier pour l’énerver. L’entendre dire Joey lui semblait bizarre mais pas désagréable. Rassérénée, elle se rapprocha un peu de lui.
Joey : Je voulais voir comment tu allais.
Pacey : Eh bien, je crois que ça va.
Joey : Tu sais pourquoi tu es là ? lui demanda t-elle timidement.
Pacey : Mon père m’a dit que j’avais été stupide et que j’avais porté secours à une jeune fille aux prises avec deux types dangereux et que c’était à cause de ça que j’avais reçu un coup de couteau. Seulement, je n’ai pas bien saisi en quoi aider quelqu’un était une bêtise dit-il un peu perdu.
Joey savait très bien quelle avait été son erreur, aider une fille Potter voilà ce que lui reprochait John Witter !
Joey : C’était moi dit-elle tout bas.
Pacey : Toi ? dit-il un peu surpris.
Eh bien, au moins, il savait pourquoi il était amnésique, la cause semblait en valoir le coup. Cette fille était vraiment jolie.
Pacey : Tu as l’air d’aller bien.
Joey : C’est grâce à toi, je voulais te dire merci.
Pacey : Il n’y a pas de quoi, je suis content d’avoir pu t’aider.
Joey esquissa un sourire, cette conversation avec Pacey lui paraissait surnaturelle. C’était étrange de parler aussi simplement avec lui. Elle se surprit à vouloir l’aider. Après tout, il était là à cause d’elle.
Joey : Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?
Pacey réfléchit quelques instants. Il ne voyait pas ce qu’elle pourrait faire de spécial pour lui. Mais il aimait sa présence.
Pacey : Revenir me voir.
Sa demande la surprit mais ne la dérangeait pas vraiment.
Pacey : Je m’ennuis ici lui dit-il en faisant la moue.
Joey : Alors je repasserai, c’est promis dit-elle en rigolant. Si tu veux, je pourrais même t’aider dans tes devoirs, pour que tu ne sois pas trop en retard.
Pacey : Je ne sais même pas si j’aime l’école soupira t-il.
Joey : Tu détestes ça lui avoua t-elle, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.
Il lui sourit, amusé. Soit, si elle voulait lui donner des cours, il n’était absolument pas contre. Ca lui ferait une excuse pour revenir un peu plus souvent. Il ne savait pas pourquoi mais il avait l’impression qu’il allait apprendre à aimer l’école !


Dawson : Tu es prête ? demanda t-il en rejoignant Jen après les cours.
Jen : Prête affirma t-elle en hochant la tête.
Ils marchèrent côté à côté un instant et un sourire amusé passa sur le visage de Dawson.
Dawson : Tel que je le connais…
Il était sur le point de dire qu’il devait faire tourner tout le monde en bourrique à être enfermé ainsi dans une pièce. Mais au fond de lui, il avait la sensation de ne plus connaître son ami. Pacey était différent. Oh il savait que c’était dû à l’amnésie mais à l’heure d’aujourd’hui, il ne pouvait pas prétendre le connaître.
Jen : Il va aller mieux très vite lui dit-elle d’une voix réconfortante.
Dawson : Je l’espère.
Ils parvinrent rapidement à l’hôpital et Dawson introduisit Jen dans la pièce avant lui. Pacey, tourné vers la fenêtre, leur sourit.
Pacey : Dawson c’est ça ?
Dawson : Oui. Et je t’ai amené Jen.
Pacey : La fille de New York dit-il en se rappelant les explications de Dawson la veille.
Jen : Eh ben il a l’air en pleine santé ! dit-elle en souriant.
Elle alla le serrer dans ses bras et déposer un tendre baiser sur sa joue. Pacey apprécia la jeune fille d’emblée et sut qu’il avait de l’affection pour elle. Elle et lui étaient amis, aucun doute.
Pacey : Dawson, puisque tu es mon meilleur ami, tu dois bien me connaître non ?
Dawson : Je crois tout savoir oui.
Pacey : Une fille est venue me voir tout à l’heure, Angie je crois. Elle dit qu’on sortait ensemble, c’est vrai ?
Dawson : Ouais dit-il sans grand enthousiasme.
Pacey : Je peux te poser une question ? Qu’est-ce que je lui trouve ?
Dawson éclata de rire, le Pacey amnésique était beaucoup plus terre à terre que l’ancien.
Dawson : Son corps dit-il en souriant.
Pacey : Je vois, je me disais bien aussi que ça ne pouvait être que ça.
Il l’avait trouvée superficielle et inintéressante. Mais voilà qui expliquait tout. Jen éclata de rire à son tour.
Jen : Si tu veux mon conseil, débarrasse-toi d’elle.
Pacey : Il y a une autre fille qui est venue, ajouta t-il avec un sourire aux lèvres. Joey.
Jen : Justement, à propos de Joey, je voulais te dire que j’étais très fier de toi.
Pacey : Il n’y a pas de quoi en faire un plat.
Dawson : Au contraire, je n’arrive pas à croire que tu aies pris sa défense ! s’exclama t-il.
Pacey : Dawson, je n’allais tout de même pas laisser une amie à moi être agressée sous mes yeux sans bouger.
Dawson : Joey ne t’a rien dit ? demanda t-il perplexe en jetant un coup d’œil intrigué vers Jen.
Pacey : Joey ne m’a pas dit quoi ?
Dawson était perdu, à quel jeu jouait Joey ?
Dawson : Vous n’êtes pas amis, vous ne l’avez jamais été. Vous vous êtes toujours détestés.
Jen : Vous vous disputez à longueur de journée ajouta t-elle.
Pacey les regarda ahuri.


Bessie déambulait dans les rayons de l’épicerie, l’esprit totalement ailleurs. Elle pensait à sa petite sœur et à la peur qu’elle avait dû avoir la veille. Si Pacey n’avait pas été là…Cela était étrange que se soit lui compte tenu de ce qu’il se passait entre les deux adolescents mais le principal était qu’il l’ait aidée. Elle pensa à la famille Witter et à Doug en particulier. Un sourire nostalgique lui vint aux lèvres. Il était si différent de sa famille qu’elle en était venue à se demander s’il n’avait pas été adopté !
Doug : Bonjour.
Bessie sursauta, comme quelqu’un prit en faute.
Doug : Désolé de t’avoir fait peur dit-il gêné.
Bessie : Ce n’est rien, j’étais… dans mes pensées.
Doug : J’ai vu dit-il en souriant. Comment va Joey ?
Bessie : Ca va. Elle est allée voir ton frère ce matin.
Doug : Ah bon ? dit-il étonné.
Bessie : Je crois qu’elle s’en veut de ce qu’il s‘est passé et qu’elle se sent coupable.
Doug : Les coupables sont les deux pourris qui l’ont attaquée !
Bessie : Oui mais si Pacey n’était pas intervenu, il ne serait pas à l’hôpital.
Doug : Oui, mais où serait Joey dans ce cas, et dans quel état ?
Le visage de Bessie se figea et il se morigéna d’avoir évoqué une telle possibilité.
Doug : Enfin, elle va bien.
Bessie : Oui dit-elle soulagée.
Doug : Bessie, il va falloir que je parle à ton père dit-il mal à l’aise.
Bessie : Pourquoi ça ?
Doug : Il faut que nous sachions précisément ce qu’il faisait hier soir. Lorsque nous sommes arrivé sur les lieux de l’accident, nous avons envoyé une patrouille chez lui et à son travail mais il n’y était pas.
Bessie : Ce n’est pas une raison pour l’impliquer dans cette histoire ! s’énerva t-elle.
Doug : Il peut avoir des problèmes, Joey est mineure et même si elle est adolescente, il n’a pas le droit de la laisser toute seule à la maison le soir.
Bessie : Vous ne pouvez donc pas le laisser tranquille toi et ta famille, il faut toujours que vous trouviez une excuse pour l’harceler ! s’indigna t-elle.
Doug l’attrapa par les bras pour la calmer tout en se rapprochant d’elle. Il plongea son regard dans le sien.
Doug : Tu crois vraiment que je pourrais faire ça ? Moi ?
Bessie : Je ne sais plus quoi croire….
Doug : Je pensais que tu savais que tu pouvais croire en moi…murmura-t-il tristement. Je pensais que notre passé comptait assez pour que tu saches que je ne ferais rien qui nuirais volontairement à ta famille. Apparemment, je me trompais.
Il la lâcha et s’éloigna, la tête baissée. Bessie, interdite, le laissa partir, consciente de l’avoir blessé. Une fine larme coula le long de sa joue.


Depuis bientôt dix minutes, depuis qu’elle avait franchie le seuil de sa chambre, il l’écoutait parler, silencieusement. Sans pour autant réussir à détacher ses yeux d’elle. Pourquoi faisait-elle ça ? Pourquoi était-elle là, à lui raconter sa journée comme s'ils se connaissaient depuis toujours alors qu’ils étaient sensés se détester comme Dawson et Jen le lui avait dit.
Pacey : Joey ?
Joey : Oui ? dit-elle en se retournant vers lui avec un petit sourire.
Pacey : Pourquoi fais-tu ça ?
Joey : Je…balbutia t-elle, je croyais que tu voulais que je vienne t’aider. Tu m’as demandé de…
Pacey : Nan, je veux dire pourquoi tu ne me dis pas la vérité ?
Joey : Comment ça ? dit-elle mal à l’aise.
Pacey : Dawson et Jen sont passés ce matin. Ils disent que nous ne sommes pas amis. D’après eux, on ne supporte même pas d’être dans la même pièce.
Surprise, elle prit appui sur le lit. Elle plongea son regard dans le sien et prit une profonde inspiration.
Joey : Tu veux la vérité ? Dawson ne t’a pas menti, nous ne sommes pas amis avoua-t-elle en tremblant. En réalité, je te déteste, où plutôt je déteste le toi d’avant dit-elle perdue, mais ce qui t’es arrivé était de ma faute et je m’en veux. J’aimerais réparer en t’aidant à aller mieux. Et j’avais peur qu’en te disant la vérité, tu ne me laisses pas le faire.
Pacey plongea son regard dans le sien, cherchant à y déceler une part de mensonge. Il n’en trouva pas. Elle était sincère.
Joey : Je vais te laisser dit-elle en baissant la tête.
Pacey la regarda s’éloigner, ne sachant pas quelle attitude adopter, puis il se résigna, après tout. Il ne la connaissait pas et ignorait tout des rancoeurs qu’ils avaient l’un pour l’autre. Qui plus est, lorsqu’elle était arrivée, c’était comme une bouffée d’air frais qui était rentré dans la pièce avec elle.
Pacey : Je croyais que tu allais m’aider à faire mes devoirs lâcha t-il.
Joey tourna la tête vers lui, surprise, et esquissa un sourire de reconnaissance.
Joey : Par quoi tu veux commencer ?
Pacey : Ce que tu veux, de toute façon, je ne suis motivé pour rien.
Joey éclata de rire devant un Pacey tout sourire. Il n’était pas si différent de lui-même après tout ! Elle alla s’asseoir dans la chaise à côté du lit et sortit un cahier. Pacey ne la lâchait pas du regard, comment pouvait-on détester une fille comme elle ? Il n’y comprenait rien.


Doug pénétra dans le commissariat en donnant un violent coup contre la porte. Il était énervé de s’être disputé avec Bessie. Et triste par les paroles qu’elle avait proférées, elle n’avait aucune confiance en lui, après toutes ses années, après…
John : Qu’est-ce que tu as ?
Doug : Rien dit-il froid.
John : Quel que soit le problème, règle-le en dehors d’ici. Tu es sensé montrer l’exemple !
Doug : C’est ça, montrer l’exemple vociféra-t-il Avoir une vie bien rangée avec des personnes bien rangées, ça a toujours été ton crédo ! Ne pas faire de vague.
John : Je te prie de me parler sur un autre ton lui cracha-t-il au visage avant de regarder autour de lui pour vérifier qui assistait à la scène.
Les poings serrés, Doug se retenait de cogner sur celui qui, d’après lui, avait ruiné sa vie.
John : Bon aller prépare toi, on va faire une perquisition !
Doug : Ou ça ?
John : Mike Potter dit-il en levant le mandat avec un sourire.
Le plaisir visible qu’il y prenait lui donner envie de vomir.
Doug : J’ai d’autres choses à faire.
John : Tu les feras plus tard. Prends ta veste lui ordonna-t-il.
Vingt minutes plus tard, trois policiers retournaient l’appartement à la recherche d’une quelconque piste indiquant que de la drogue serait cachée ici. Dans la cuisine, le shériff Witter interrogeait Mike Potter. Doug préférait se tenir à l’écart. Appuyé contre le mur, il regardait autour de lui. Cette maison était telle qu’il se la rappelait autrefois, lorsqu’il y venait en cachette. Enfin, jusqu’à ce que Mike Potter s’en rendre compte. Celui-ci détestait l’idée que sa fille puisse être ami avec un Witter. Que pensait-il du fait qu’un Witter ait sauvé sa fille des griffes de deux malfrats ? pensa t-il légèrement amusé. Il pencha la tête vers la cuisine où il vit les deux hommes s’affronter du regard. Encore et toujours ces vieilles querelles. Mais quand cesseraient-ils ! La porte s’ouvrit à la volée et Joey pénétra dans la pièce, le visage inquiet. Doug l’arrêta.
Doug : Attends Joey.
Joey : Que se passe-t-il ?
Doug : Mon père fait une perquisition avoua-t-il désolé.
Joey : Mais pourquoi, puisque mon père n’a rien avoir dans tout ça ??
Doug : Tu connais mon père dit-il en soupirant.
Joey se tourna vers la cuisine où son père répétait encore et encore qu’il n’avait rien avoir dans tout ça. Qu’il n’aurait jamais mis Joey dans une telle situation. Un frisson la parcourut, Doug s’en rendit compte et se rapprocha d’elle.
Doug : Ca va ?
Joey : Oui, j’ai…je…
Doug : Viens sortons.
Joey n’avait pas besoin d’assister à ça. Une main sur l’épaule, il l’entraîna à l’extérieur avec lui. Joey s’assit sur le perron et Doug en fit autant.
Doug : C’est la routine tu sais.
Joey : Oui, mais c’est un peu trop… routinier dit-elle crispée.
Ce n’était pas la première perquisition qu’elle et son père devaient subir. Dès qu’un truc louche se passer à Capesides, on venait retourner la maison des Potter !
Doug : Je suis désolée lui dit-il en lui donnant un petit coup d’épaule amical.
Joey esquissa un sourire pour lui. Il était le seul de cette famille qu’elle aimait bien. Enfin, jusqu’à ce matin pensa t-elle en souriant mal à l’aise.
Doug : Alors, comment va mon petit frère ? Bessie m’a dit que tu étais passée le voir.
Joey : Je crois qu’il va bien. Oui, il va même plutôt bien répéta t-elle en souriant.
Doug : Ca doit te faire bizarre de parler avec lui sans accrochage.
Joey : Oui avoua-t-elle.
Doug : Ca donnerait presque envie qu’il reste amnésique dit-il pensif en souriant.
Joey tourna vivement la tête vers lui avant d’éclater de rire.


Dawson rentra chez lui en trombe, il pleuvait et il était trempé jusqu’au os. Sa mère vint à sa rencontre avec une tasse de chocolat chaud.
Gail : Je me suis dit que tu en aurais besoin.
Dawson : Merci maman.
Il la saisit et y trempa ses lèvres goulûment. Le liquide chaud lui fit le plus grand bien. Gail l’entraîna avec elle dans la cuisine où ils s’assirent autour de la table.
Gail : Alors, dis-moi comment va Pacey ?
Dawson : Pour quelqu’un qui a pris un coup de couteau et qui a perdu la mémoire, je dirais qu’il va plutôt bien.
Gail : Tant mieux ! Tu m’en vois soulagée.
Dawson : D’après les médecins, il devrait sortir d’ici quelques jours. Ils préfèrent le garder encore en observation à cause de l’hémorragie qu’il a eut.
Gail : Ils ont raison, il vaut mieux être prudent.
Dawson : Papa n’est pas là ? remarqua-t-il.
Gail : Il avait une course à faire à Providence dit-elle en se levant précipitamment. Il ne rentrera que demain.
Dawson : Je monte faire mes devoirs dit-il en déposant un baiser sur la joue de sa mère sans remarquer que son attitude avait subitement changé.
Gail plongea son regard vers la fenêtre. Comment dire à son fils que son père était entrain de passer des examens à l’hôpital à cause d’un début de tumeur que les médecins avaient décelée ? Il avait déjà bien assez à faire avec Pacey sans avoir à se faire du mauvais sang pour lui. De plus, Mitch refusait de l’inquiéter pour rien. Pour rien ? Elle l’espérait de tout son cœur. Elle attrapa son sac sur le guéridon.
Gail : Je sors cria-t-elle à travers les étages.
Dawson : D’accord.
Une main sur le cœur, Gail prit les clefs de sa voiture. Mitch lui avait demandé de rester auprès de Dawson mais elle ne le pouvait pas. Elle devait être à ses côtés, quoiqu’il en pense ! Elle sortit sous la pluie sans même penser à prendre une veste.


John : Entre dit-il en ouvrant la porte grande ouverte devant son fils.
Pacey pénétra dans la maison doucement, il avait encore un peu mal aux côtes, bien qu’il ne le dise pas. Il était sorti de l’hôpital avec deux jours d’avance, il en avait assez d’être enfermé et avait supplié son père de le faire sortir. Celui-ci avait accepté à la condition express qu’il se repose mais il ne l’entendait pas de cette oreille.
Pacey : Je monte mes affaires et je vais faire un tour ensuite.
John : Pas question, tu es encore en convalescence et tu dois garder la chambre, le médecin a été clair !
Pacey : Mais je me sens parfaitement en forme, moi !
John Witter resta fermement scotché sur ses positions.
Pacey : Je peux au moins invités des amis alors !
John : Mais ils ne devront pas rester longtemps !
Pacey : Ok accepta-t-il. Il me faut leur numéro de téléphone.
John se dirigea dans l’anti chambre et fouilla dans le tiroir à la recherche du calepin.
Pacey : Il me faut celui de Dawson Leery, de Jen Lindley et de Joey Potter.
A l’entente de ce dernier nom, le shériff de la ville se figea.
John : J’ai dû mal entendre.
Pacey se rappela alors ce que lui avait dit Dawson sur la discorde de ces deux familles. Il soupira en s’asseyant dans un fauteuil.
Pacey : Non, tu as bien entendu, j’ai envie de voir Joey.
John : Dois-je te rappeler à cause de qui tu t’es retrouvé à l’hôpital !
Pacey : Non c’est inutile mais je ne considère pas ça comme étant de sa faute ! Tu te rends compte de ce que tu dis ? D’après toi, j’aurais dû laisser ces deux types la violer !
John : Elle n’avait qu’à pas être dehors à cette heure-là maugréa-t-il. En tout cas, elle ne mettra pas les pieds chez moi dit-il en tendant les numéros de Dawson et Jen.
Pacey : Laisse tomber dit-il en montant dans sa chambre. Je n’ai plus envie de voir personne, cria t-il en claquant la porte de sa chambre.
John regarda les escaliers hébété, qu’était-il arrivé à son fils si obéissant ! Quel diable l’avait poussé à se rapprocher de cette Joséphine Potter. Il pria pour que son fils retrouve vite la mémoire et redevienne celui qu’il était avant.


Assise sur le lit de Dawson, Joey n’arrivait pas à se concentrer sur la vidéo que Dawson avait mit. Pacey était sorti de l’hôpital depuis deux jours et elle ne l’avait pas vu depuis. Son père le gardait à la maison sous sa protection, pensait-elle amère, loin des Potter et d’elle en particulier. Il devait penser que c’était pour son bien. Et aussi incroyablement bizarre que cela puise paraître, ne pas le voir pendant tout se temps lui manquait un peu. Elle l’avait vu quasiment tous les jours pendant son hospitalisation, elle lui avait donné des cours et avait même fini par occulter carrément le Pacey qu’elle connaissait et s’était surprise à rire avec un garçon drôle et sympathique. Elle se demandait comment il allait. Elle n’arrivait pas à le croire ! Elle était là, avec son meilleur ami à regarder un film comme il le faisait depuis des milliers d’années et elle pensait à un type, qui, il y a une semaine encore, lui mettait les nerfs à vifs. Pourtant, pensa-t-elle tendrement, cette semaine avait était douce et calme apportant un sentiment troublant d’apaisement. Il n’y avait eu ni dispute, ni discrimination. Elle avait vécu comme une citoyenne entière de cette ville. Enfin, se souvint-elle en frissonnant, tout aurait été parfait si John Witter n’était pas venue une énième fois interroger son père. Un témoin l’avait vu roder autour de la taverne le soir de l’agression. Elle avait vu son père nier à nouveau être lié de près ou de loin à cette affaire. Depuis une semaine, elle l’évitait plus ou moins et passait le plus clair de son temps chez sa soeur. Elle ne savait pas quoi lui dire et avait trop de questions auxquelles elle n’était pas sûre de vouloir avoir des réponses. Subitement, elle réalisa que le film était fini et que Dawson était, lui aussi, dans ses pensées. Elle était tellement absorbée par ses problèmes qu’elle n’avait pas vu que son ami en avait lui aussi.
Joey : Dawson ?
Dawson : Hum ? dit-il en revenant à la réalité.
Joey : Le film est fini.
Dawson : Oh, tu veux qu’on en mettre un autre ?
Joey : Quelque chose ne va pas ?
Dawson : Je ne sais pas dit-il en soupirant.
Joey chercha à capter son regard et lui fit signe qu’il avait toute son attention. S’il avait des ennuis, il pouvait les partager avec elle. C’est ce qu’ils avaient toujours fait. Ils étaient là l’un pour l’autre et c’est ainsi qu’ils s’en sortaient toujours.
Dawson : Il se passe quelque chose mais je n’arrive pas à savoir quoi.
Joey : Comment ça ?
Dawson : C’est mon père. En ce moment, il est toujours fatigué. En ce moment même, il se repose. Et hier, ma mère m’a dit qu’il était parti travailler mais je l’ai vu sortir de l’hôpital. Que faisait-il là bas ? demanda t-il en se tournant inquiet vers Joey.
Joey : Je n’en sais rien lui dit-elle désolée. Il allait peut-être juste faire un bilan.
Dawson : Mais si c’était ça, pourquoi me mentir ? S’il se passe quelque chose de grave, tu ne penses pas que j’ai le droit d’être au courant ?
Joey : Parles-en à ta mère Dawson. Demande lui ce qu’il se passe.
Tremblant, Dawson s’allongea et Joey en fit autant. Tout deux concentrés sur leurs soucis du moment.


Bessie : Joey, calme-toi cinq minutes.
Joey avait passée la nuit chez elle et ce matin, pour la première fois, elle la voyait se dépêcher pour aller au lycée. Joey avait une raison bien précise de se hâter, Pacey reprenait les cours.
Bessie : Tu veux quoi pour déjeuner ?
Joey : Pas le temps dit-elle en fourrant des livres dans son sac.
Indignée, Bessie se tourna vivement vers sa petite sœur.
Bessie : Tu ne comptes pas partir en cours le ventre vide ?
Joey : Et si !
Bessie allait intervenir quand elle entendit une voiture se garer dans son allée. Elle alla à la fenêtre et tira le rideau. Une voiture de police. Pendant un instant, elle sentit sa colère monter avant d’apercevoir le chauffeur. Doug. Immédiatement, elle s’adoucit avant de se souvenir de leur dernière discussion. Elle s’attarda une minute devant la fenêtre et lorsque Doug regarda vers la maison, son regard plongea dans le sien. Ils restèrent ainsi quelques secondes avant que Pacey ne sorte de la voiture et que Doug redémarre avant de s’en aller, sans lui jeter un dernier regard. Ce ne serait pas pour aujourd’hui. En soupirant tristement, elle se tourna vers Joey alors que la sonnerie de la porte retentissait.
Bessie : C’est pour toi.
Joey : Qui c’est ? demanda t-elle intriguée tout en allant voir.
Elle resta figée en ouvrant.
Joey : Pacey ? dit-elle surprise.
Pacey : Je ne te dérange pas ?
Joey : Non, bien sûr. Entre.
Bessie vit les deux jeunes gens entrer dans sa cuisine et se surprit à penser que c’était la première fois qu’elle voyait Pacey chez elle. Elle n’était pas sûre d’apprécier en souvenir de tout le mal qu’il avait fait à sa sœur mais Joey avait apparemment l’air ravie de le voir et il l’avait sauvée après tout.
Bessie : Bonjour Pacey.
Pacey la regarda mal à l’aise. D’après les indications qu’il avait, il savait qu’il s’agissait de la sœur de Joey et alors qu’elle semblait le connaître, lui n’avait aucun souvenir de l‘avoir vu un jour.
Pacey : Bonjour. Je reprends le lycée aujourd’hui et j’étais venu voir si Joey pouvait m’accompagner étant donné que je ne me rappelle même pas quel est mon premier cours dit-il avec un léger sourire.
Joey : Je vais chercher ma veste et on y va.
Pacey : Je t’attends.
Bessie : Tu n’as rien mangé ! s’écria t-elle.
Pacey : On mangera un truc en route lui promit-il.
Joey revint très vite et sortit en l’entraînant avec elle.


Dawson descendait les escaliers et rejoignit sa mère dans la cuisine.
Gail : Je t’ai préparé ton petit déjeuner.
Dawson : Je n’ai pas très faim.
Gail : Mange un peu dit-elle en l’embrassant. Ca te fera du bien. A ton âge on a besoin de quatre repas par jour.
Dawson : Où est papa ? lâcha-t-il à brûle pourpoint.
Gail : Il dort encore.
Elle avait beau faire les indifférentes, il avait vu son changement d’attitude et la lueur qui avait brillé dans ses yeux l’espace d’un moment.
Dawson : Je veux savoir ce qu’il se passe et je veux le savoir maintenant dit-il fermement en posant son sac à dos par terre, bien décidé à obtenir des réponses.
Gail : Je ne vois pas de quoi tu parles dit-elle en se concentrant sur le repas.
Dawson : Maman ! dit-il en arrêtant ses gestes mécaniques.
Gail : Dawson, soupira t-elle.
Dawson : Je vois bien qu’il se passe quelque chose. Et j’ai le droit de savoir quoi.
Gail s’appuya au comptoir de sa cuisine. Son mari lui avait fait promettre de ne rien dire mais elle croyait que son fils avait le droit de savoir. Il la regardait avec un air implorant.
Gail : D’accord tu as raison…
Dawson : Qu’est-ce qu’il a ? demanda t-il, comprenant déjà une partie de la situation.
Gail : C’est une tumeur.
Dawson : Oh mon dieu dit-il en se laissant tomber sur une chaise.
Gail : Il a fait un bilan la semaine dernière et c’est comme ça qu’ils ont découvert la tâche sombre dans son cerveau.
Dawson : Et qu’est-ce qu’on peut faire ?
Gail : Les médecins parlent de trépanation, de chimiothérapie, de rayons X dit-elle en s’agitant en pleurs. Je n’y comprends rien, tout ce que je sais c’est que mon mari va mal et qu’il a besoin de sa famille.
Dawson : ¨Pourquoi ne pas me l’avoir dit ? s’écria t-il un peu en colère.
Gail : Ton père ne voulait pas t’inquiéter, avec Pacey qui ne va pas bien, il ne voulait pas en rajouter.
Dawson : Mais c’est mon père, c’est ridicule ! J’aurais dû être au courant !
Gail le prit dans ses bras et Dawson ne put retenir ses larmes plus longtemps.
Gail : Ca va aller lui promit-elle, ton père est fort. Et nous ferons tout ce qu’il faut pour l’aider. A nous trois, on arrivera à venir à bout de cette foutue maladie dit-elle en éclatant en pleurs à son tour.


Pacey et Joey s’étaient arrêtés comme promis. Ils s’étaient achetés des petits pains français et les mangeaient aux abords du lycée. Pacey ne parvenait pas à détacher son regard de Joey, intrigué. Joey s’en rendit compte et se sentit mal à l’aise.
Joey : Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey : Pourquoi on se déteste ?
Joey : Toujours la vérité je suppose dit-elle en souriant. Eh bien, ton père et toi êtes persuadés que mon père est un trafiquant de drogues et tu ne te gênes pas pour me le faire remarquer dès que tu as l’occasion.
La simplicité avec laquelle elle lui avait raconté ça le fascinait.
Pacey : Ca doit être dur pour toi ? lâcha-t-il.
Joey : Quoi ? demanda-t-elle perplexe.
Pacey : D’être avec moi. Non, parce que moi, je ne sais de toi que ces derniers jours mais toi, tu te rappelles toutes les horreurs que j’ai dû te faire.
Joey : Je me concentre sur ces derniers jours dit-elle en esquissant un sourire qu’il lui rendit.
A ce moment là, Angie s’avança vers eux.
Angie : Ah tu es là !
Elle plaqua ses lèvres sur celles de Pacey sans un mot de plus. Pacey lui rendit à peine son baiser alors que Joey détournait le regard, gênée. Puis, Angie jeta un regard supérieur sur Joey avant de reporter son attention sur Pacey.
Angie : On peut savoir ce que tu fais ?
Pacey : On déjeune.
Angie : Avec elle je veux dire. Tu sais ce que ça va faire à ta réputation ? Et à la mienne par la même occasion ?
Joey : Je vais vous laisser dit-elle en se levant.
Pacey : Attends, lui dit-il en la retenant. Je peux te parler une seconde ? demanda-t-il en entraînant Angie avec lui.
Joey les observa de loin. Elle ne pouvait pas les entendre mais voyait clairement qu’Angie avait l’air folle de rage. Et la baffe que Pacey reçut en fut la preuve. Elle la vit partir comme une furie et lorsque Pacey la rejoignit, il caressait sa joue endolorie.
Pacey : Elle n’a pas l’air mais elle a une sacrée poigne ! plaisanta-t-il.
Joey : Tu as rompu avec elle ? demanda-t-elle timidement.
Pacey : Oui. Elle ne me plaisait pas. J’espère que je ne m’en voudrais pas plus tard, mais bizarrement, je crois que je m’en sentirais plutôt soulagé et que c’est une chose à laquelle je pensais déjà.
Joey lui sourit et Pacey en fit autant.
Pacey : Aller, on va être en retard.
Pacey voulait aller en cours et être à l’heure ! Décidemment, elle avait vraiment changé de dimension.


Mitch se leva, l’esprit un peu embrumé par les cachets. Il en prenait des tonnes ces derniers temps. Tout ce qui pouvait être nécessaire pour soulager ses maux de têtes étaient ingurgités. Il trouva sa femme buvant un thé sous la véranda. Les jambes repliées sous elle, elle était pensive et regardait l’horizon. Il s’en voulait de faire ça à sa famille. En silence, il s’assit derrière elle et passa ses bras autour de son corps pour la serrer contre lui. Gail se laissa aller et posa sa tête contre son torse.
Gail : Les fleurs sont entrains de fanées. Je crois que je m’en occuperai demain. Je voudrais aussi repeindre la barrière. Elle en a besoin avec les pluies de l’année dernière, la peinture s’est un peu écaillée.
Mitch l’écoutait faire ses projets, il savait qu’elle en avait besoin, elle avait besoin de se raccrocher à quelque chose pour ne plus penser à rien.
Gail : Il est au courant lâcha t-elle en portant sa tasse à sa bouche. Dawson sait tout.
Mitch sursauta. Il avait fait de son mieux pour que Dawson n’en sache rien.
Mitch : Comment il a … ?
Gail : C’est ton fils, il sent ce genre de chose. Il sait quand on lui ment. Et on a fait que ça cette semaine.
Mitch : Comment va-t-il ?
C’était tout Mitch ça. C’était lui qui était malade et il s’inquiétait pour les autres.
Gail : Il est fort, il pourra endurer l’épreuve. Il tient ça de toi dit-elle en resserrant ses bras contre elle. Il avait besoin de savoir lui dit-elle en guise d’excuse.
Mitch : Je comprends.
Même s’il ne voulait pas que son fils le voit dépérir et ait une vision de lui comme un homme malade, s’il avait été à la place de Dawson, il aurait lui aussi exigé de le savoir.
Gail : Il ne voulait pas aller au lycée mais je suis parvenue à le convaincre que nous devions garder les mêmes habitudes et que c’est ainsi que la vie n’aurait pas d’emprise sur nous.
Mitch : Gail, je te promets de faire de mon mieux pour m’en sortir.
Gail : Oh non, tu ne vas pas faire de ton mieux dit-elle en se retournant vers lui. Tu vas t’en sortir !!! lui affirma t-elle. Parce que j’ai besoin de toi et parce que ton fils a besoin de son père.
Passionnément, elle l’embrassa.
Gail : On va s’en sortir lui dit-elle tout contre ses lèvres.

Marjo  (04.09.2004 à 23:57)
Dawson déambulait dans les couloirs tel un zombie. Il disait bonjour à des gens sans réellement faire attention à eux. Il était optimiste et croyait en la vie mais il se sentait de plus en plus déçu par elle. Son père était malade. Lui, grand et fort à qui rien ne semblait pouvoir arriver allait devoir affronter une des maladies les plus destructrices et mortelles de cette terre. Pourquoi lui ? pensa t-il tristement.
Pacey : Ca va Dawson ? demanda t-il en s’approchant de lui. Tu as l’air ailleurs.
Dawson : Bonjour Pacey. Comment te sens-tu ?
Pacey : Je vais bien mais ça n’a pas l’air d’être ton cas ?
Dawson eut l’impression de s’affaisser. Devait-il en parler à Pacey ? En temps normal il aurait dit oui instantanément et se serait confier à lui, espérant qu’il lui remonterait le moral mais là. En plus, ce n’était plus réellement Pacey. Le besoin de parler à quelqu’un prit le pas sur ses réticences.
Dawson : Mon père est malade avoua-t-il.
Pacey : Je suis désolé, c’est grave ?
Dawson : Oui.
Pacey : Ecoute Dawson, dit-il après un instant de silence. Je ne sais pas trop comment t’aider, je suis sûr que ton père est quelqu’un de très bien et j’ai senti lorsqu’il est venu me voir avec ta mère que j’avais de l’affection pour lui. Dis-moi, qu’est-ce que je ferais en temps normal dans ce genre de situation ?
Dawson : Tu m’annoncerais quelque chose qui me déstabiliserait et m’empêcherait de penser à ça pendant quelques minutes.
Pacey réfléchit un instant.
Pacey : Eh bien, dans ce cas. Je ne sais quel effet ça peux avoir sur toi, mais je crois que j’aime bien Joey.
Dawson resta bouche bée et eut du mal à reprendre sa respiration avant d’esquisser subrepticement un sourire. Pacey avait beau avoir perdu la mémoire, une partie de lui était toujours là.
Pacey : Ca marche ?
Dawson : Oui. Mais dis-moi, comment est-ce arrivé ?
Pacey : Je n’en sais rien. Je me doute que ça doit être bizarre pour toi mais moi, j’ai l’impression de ne la connaître que depuis une semaine et chaque jour, je découvre une jeune fille de plus en plus agréable et drôle.
Dawson : Je savais que vous pourriez vous entendre si vous en donniez la peine ! s’exclama t-il.
Pacey : J’ai un peu peur avoua-t-il.
Dawson : Comment ça ?
Pacey : Je me demande ce que ça va donner quand je retrouverais la mémoire.
Dawson : Tu verras d’ici là, mais une chose est sûre, Joey est amie avec toi en connaissance de cause, ce sera à toi de choisir ta voie.
Pacey : Bon, changeons de sujet. Je viens de quitter Angie lui annonça t-il en le prenant par l’épaule pour l’entraîner avec lui à travers les couloirs.


Patiente, Bessie attendait son tour dans la salle d’attente du cabinet de pédiatrie. Alex avait un peu de fièvre et inquiète, elle s’était précipitée voir son médecin. Agé de un an, son fils n’avait jamais été malade en temps normal, c’était un petit bout plein de force et de vie. C’est pourquoi, le voir fatigué et amorphe ce matin l’avait tout de suite intriguée au point qu’elle avait eu besoin d’une personne compétente. Elle était la suivante et la salle était vide lorsque la porte d’entrée s’ouvrit. Elle leva les yeux et plongea directement dans ceux du nouvel arrivant.
Bessie : Bonjour dit-elle timidement.
Doug : Bonjour lui répondit-il. Il y a un problème ? demanda t-il en désignant le bébé.
Bessie : Juste un peu de fièvre mais…
Doug : Mais tu t’inquiètes la coupa t-il en souriant. C’est normal, tu es mère, toutes les mères s’inquiètent pour leurs enfants.
Elle le gratifia d’un sourire. Doug s’accroupit et sourit au bébé.
Doug : Alors bonhomme ? Tu fais des frayeurs à ta maman ?
Le bébé gazouilla en souriant, il semblait reconnaître l’homme qui, tout petit, le berçait en chantant des berceuses.
Doug : Il a grandi.
Bessie : Ca fait longtemps que tu ne l’as pas vu, dit-elle pensive.
Doug : Ouais répondit-il en détournant le regard.
Bessie : Que fais-tu ici ?
Doug : Le docteur Petersen m’a demandé de passer, il a un problème avec son voisinage.
Un silence mal à l’aise s’installa, avant que Bessie ne se décide.
Bessie : Doug, je suis désolée pour l’autre jour.
Doug : Ce n’est rien, c’est moi qui me suis un peu emporté. Avec ce qui arrive à ta famille, tu as le droit d’être sur les nerfs.
Bessie : Merci.
Secrétaire : Le docteur va vous recevoir, annonça-t-elle à Bessie en faisant irruption dans la pièce.
Bessie acquiesça en la suivant avant de se retourner vers Doug.
Bessie : Je sais que je peux avoir confiance en toi lui dit-elle sincère.
Doug la regarda s’éloigner, le cœur réchauffé par ces paroles. Un doux sourire se plaqua sur son visage. Dieu que cette fille était belle.


Jen allait rentrer chez elle lorsqu’elle aperçut Joey de l’autre côté de la route. Elle ne l’avait pas vu depuis un moment et se précipita vers elle.
Jen : Salut ma belle.
Joey : Salut, je ne t’avais pas vu arriver.
Jen : Normal, tu étais dans tes pensées.
Joey esquissa un sourire gêné. Elle était préoccupée, c’était vrai. Elle allait chez Pacey, il lui avait assuré que ses parents ne seraient pas à la maison et qu’ils seraient tranquilles pour réviser. Elle aurait préféré qu’ils le fassent chez elle mais Pacey avait insisté et elle n’avait pas réussi à l’en dissuader.
Joey : Je vais chez Pacey avoua-t-elle timidement.
Jen ouvrit grand la bouche, perplexe, avant d’esquisser un sourire.
Jen : Ce qui explique ton stress.
Joey hocha la tête en se mordillant la lèvre inférieure.
Joey : Je ne sais même pas pourquoi je fais tout ça !
Jen : Eh bien, je dirais que c’est parce que tu te sens coupable non ?
Joey : Oui dit-elle en détournant le regard.
Jen : Oh mon dieu, y prendrais-tu du plaisir ?
Joey, se tourna vers elle et lui fit un air qui en disait long. Jen éclata de rire.
Joey : Je suis perdue Jen ! Tu te rends compte, j’aime passé du temps avec mon pire ennemi.
Jen : Je ne vois pas ce qu’il y a de mal.
Joey : Mais si ! Pour l’instant, tout va bien mais lorsqu’il va retrouver la mémoire ? Hein, qu’est ce qu’il va se passer ? Comment réagira t-il lorsqu’il se rappellera que…
Joey s’arrêta dans son monologue, prête a divulguer la véritable raison de sa peur. Le fait qu’il découvre que son père était impliqué dans son agression et qu’elle ne lui avait rien dit.
Jen : Qu’il te déteste ?
Joey : Oui, s’empressa t-elle de répondre.
Jen : Je ne pense pas que tu aies à t’en faire. Pacey est quelqu’un de suffisamment intelligent pour ne pas oublier ce qu’il ressent en ce moment et faire le point avec ses anciens sentiments. Et puis, maintenant qu’il a découvert la fille formidable que tu es, comment veux tu qu’il l’oublie?
Joey lui sourit, reconnaissante. Comme elle espérait qu’elle ait raison.


Pacey : Entre, lui dit-il en souriant.
Pour la première fois, Joey pénétrait dans la maison de Pacey. Elle trouvait la maison agréable mais dépourvue de chaleur humaine. On aurait dit une photo de magazine que les habitants tenteraient de garder intact sans chercher a y apporter une âme réelle. Elle se garda bien d’en faire la remarque à Pacey. Il monta jusqu’à sa chambre où elle le suivit. Dès qu’il ouvrit la porte, un sourire rayonna sur son visage. Cette pièce était différente des autres, décorée selon les goûts de son propriétaire, emplie de souvenir. Elle avait cette touche personnel qui manquait aux autres pièces.
Joey : J’aime beaucoup, dit-elle en regardant la déco. Masculin mais agréable.
Pacey haussa les épaules en souriant.
Pacey : Ce n’est pas moi qui ais choisi.
Joey éclata de rire. La dérision que Pacey employait pour cacher son amnésie la faisait rire. Elle posa ses yeux sur la guitare, posée sur son socle dans un coin de la pièce. Pacey suivit son regard.
Pacey : Je ne suis même pas sûr de savoir encore en jouer.
Joey : Pourquoi n’essais-tu pas ?
Pacey : Ca risquerait de ne pas ressembler à ce que tu entends d’habitude.
Joey : Je ne t’ai jamais entendu dit-elle gênée.
Pacey : Pourtant, Dawson m’a dit que j’avais déjà fais des concerts…oh, dit-il en réalisant. Tu n’avais aucune envie de venir me voir probablement.
Joey : Désolée.
Pacey : Ce n’est rien, je comprends.
Décidé, il empoigna sa guitare et s’assit sur son lit, Joey prit place à côté de lui. Prenant une profonde respiration, il posa ses mains sur les cordes et laissa peu à peu la musique venir à lui. Sans s’en rendre compte, les premières notes apparurent jusqu’à ce qu’il soit totalement à l’aise. Joey reconnut la musique « Promise me this » de Pancho’s Lament, une de ses chansons préférées pensa t-elle en souriant. Lorsqu’il se mit à chanter, elle frissonna. Sa voix ressemblait vraiment à celle du chanteur et son timbre était parfait. Dawson avait raison, sa voix était merveilleuse. Il était fait pour chanter. Elle ne pouvait détacher son regard de lui et ne pouvait nier le plaisir évident et toute l’âme qu’il mettait dans sa chanson. Il leva les yeux vers elle et lui sourit. Les dernières notes prirent fin et Joey avait encore une boule dans la gorge. Ils laissèrent quelques instants de plénitude passer entre eux avant de poser le regard l’un sur l’autre.
Pacey : Je crois que j’ai encore la main dit-il en souriant timidement.
Joey : Pacey, c’était magnifique.
Pacey : Je suis content que ça t’ais plu.
Joey : C’était plus que ça, j’adore cette chanson.
« Moi, c’est toi que j’adore », se surprit-il à penser. Il se tourna vers elle et plongea son regard dans ses grands yeux verts. Elle était vraiment belle, le genre de beauté qui vous coupe le souffle et que vous ne pouvez oublier. Alors comment se faisait-il qu’il ne le voyait que maintenant ! se dit-il en souriant malgré lui.
Joey : Qu’est-ce qu’il y a ? demanda t-elle mal à l’aise devant son regard si appuyé.
Pacey : Rien. Je me disais juste que tu étais jolie et que j’aurais dû m’en rendre compte avant.
Troublée, elle détourna le regard. Ses joues s’empourprèrent et Pacey se rendit compte qu’il avait fait une gaffe.
Pacey : Excuse-moi, j’oublie souvent que pour toi, c’est différent.
Joey : Non, dit-elle en se tournant vivement vers lui. J’aime bien être avec toi.
Ravi, il lui caressa doucement le visage. Le cœur de Joey se mit à battre la chamade lorsque ses doigts glissèrent le long de sa joue et remirent en place une de ses mèches rebelles. Elle vit les yeux de Pacey descendre vers ses lèvres et retint sa respiration. Il allait l’embrasser ! Devait-elle le laisser faire ? Pacey avait amorcé sa descente lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit brutalement.
John : Pacey, je…Qu’est-ce qu’elle fait ici ? hurla-t-il en voyant Joey.
Joey : Je vais partir, dit-elle en frissonnant.
Pacey : Non attends, dit-il en l’arrêtant avant de se retourner vers son père, c’est mon amie et j’ai le droit de faire venir qui je veux dans ma chambre.
John : Qui tu veux mais pas cette fille ! Je ne veux pas voir une Potter sous mon toit !
Joey : Je m’en vais, dit-elle en prenant son sac et en sortant si précipitamment que Pacey n’eut pas le temps de l’en empêcher.
Pacey : De quel droit parles-tu à mes amis comme ça ?
John : Mon pauvre, vivement que tu retrouves la mémoire et que tu te souviennes de ce que vaut cette fille et sa famille !
Pacey : C’est une fille très bien ! s’énerva-t-il.
John : Qu’allais-tu faire avant que j’arrive, l’embrasser ?
Pacey : Peut-être bien !
John : Sache mon fils que jamais je ne te laisserais sortir ave cette fille !!! dit-il blême de rage.
Pacey ne savait pas encore s’il avait l’intention de sortir avec elle, ni même si elle serait d’accord. Il n’était même pas certain des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Mais jamais il ne laisserait quelqu’un lui dicter sa conduite.
Pacey : Je me passerais de ta permission.
John : Tu ne sortiras pas avec elle tant que tu vivras sous mon toit !
Pacey : Dans ce cas, considère-moi comme parti ! lâcha t-il en sortant de la pièce, laissant son père écumer sa colère.


Les larmes ruisselant son visage Joey pénétra en trombe chez elle et passa devant son père avant d’aller s’écrouler sur son lit. Mike, surpris, la suivit et toqua à la porte par politesse avant d’entrer.
Mike : Joey ?
Joey : Je voudrais être un peu seule.
Mike : Joey, quand je te vois dans cet état je ne peux pas me décider à te laisser seule. Il faut que tu m’expliques quel est ton problème pour que je puisse jouer mon rôle de père et t’aider.
Joey : Tu ne peux pas m’aider, personne ne le peut, cet homme me déteste !
Mike : Qui ça ? Qui te déteste ?
Joey : John Witter !
Le sang de Mike Potter se glaça dans ses veines. L’évocation de se nom lui mettait les nerfs à vif. Il s’en fichait qu’il s’en prenne à lui mais en aucun cas, il le laisserait toucher à ses filles ! Oh, non !
Mike : Qu’est-ce que cet homme t’as fait ?
Joey : Quand il m’a trouvé dans la chambre de Pacey, il est devenu fou et…
Mike : Quand il t’as trouvé où ? balbutia t-il, pensant avoir du mal comprendre.
Joey : Dans la chambre à Pacey dit-elle timidement devant l’air stupéfait de son père.
Mike : Et qu’est-ce que tu faisais là-bas ???
Joey : J’aide Pacey dans ses devoirs.
Mike : Joey, s’énerva t-il, depuis quand vois-tu Pacey ?
Joey : Depuis l’accident.
Mike : Ma chérie, soupira t-il, tu ne lui dois rien.
Joey : Tu plaisantes ??? S’il n’était pas intervenu, ces sales types auraient terminé ce qu’ils avaient entrepris de faire !
Mike : On n'a jamais parlé de ce qui s’était passé ce soir là, dit-il nerveux.
Joey : Non, c’est vrai.
Mike : Je voudrais savoir si tu as dit tout ce que tu savais à la police.
Joey : Non, lui dit-elle en le fixant.
Mike détourna le regard, mal à l’aise.
Mike : Et qu’as-tu omis de dire ?
Joey allait lui dire qu’elle l’avait vu et qu’elle commençait à se poser des questions sur ces voyages lorsqu’on tapa à la porte. Mike se dirigea pour répondre, suivit par Joey. Pacey se trouvait sur le seuil et semblait gêné de se trouver là.
Pacey : Bonjour dit-il timidement.
Mike : Tu as du culot de te trouver ici jeune homme.
Joey : Papa ! souffla t-elle.
Pacey : Monsieur Potter, je suis venu présenter à votre fille mes excuses pour l’attitude odieuse de mon père.
Mike sursauta d’entendre Pacey l’appeler monsieur, décidément, cette perte de mémoire lui faisait le plus grand bien. Devait-il en vouloir au fils pour l’attitude du père ? Mais d’un autre côté, il ne pouvait pas oublier les horreurs que ce jeune garçon faisait subir à sa fille depuis longtemps.
Mike : Je te demanderai de partir.
Pacey : J’aurais aimé pouvoir dire deux mots à Joey auparavant.
Mike : Je suis désolé, mais ce n’est pas possible.
Joey qui n’avait rien dit jusque là, s’interposa.
Joey : Je ne pense pas que ce soit à toi de décider.
Le dépassant, elle sortit sur le perron au côté de Pacey et referma la porte derrière elle.
Joey : Excuse-le.
Pacey : Je comprends. Joey, je suis désolé.
Voyant qu’elle avait pleuré, il passa une main sur son visage et essuya les derniers sillons de larmes. Troublé par son geste, Joey releva les yeux vers lui.
Joey : Ce n’est pas grave, ce n’est pas ta faute.
Pacey : Si, je t’avais dit qu’il ne serait pas là et par ma faute, tu as dû l’affronter.
Joey : Je vais bien.
Pacey : Pas moi, je suis en rage dit-il énervé. Il croit qu’il peut m’interdire de te voir et que je vais sagement obéir.
Joey : Ce serait peut-être préférable répondit-elle en baissant le regard.
Elle disait ça autant pour elle que pour lui. Elle ne voulait pas qu’il s’attire des ennuis avec son père et en même temps, sa présence à ses côtés la rendait de plus en plus nerveuse et maladroite. Ce qu’elle commençait à ressentir pour lui était de plus en plus troublant et elle se disait qu’il serait préférable d’y mettre un terme immédiatement. Bien qu’elle n’ait aucune envie d’arrêter de le voir.
Pacey : Tu le penses ? demanda t-il tristement.
Joey : Si c’est ce qu’il y a de mieux pour toi, je pense que c’est ce que tu devrais faire.
Pacey : J’aime venir te voir, parler avec toi, rire avec toi. Alors non, ce n’est du tout le mieux pour moi que de cesser de te voir.
Soulagée, Joey lui sourit tendrement.
Joey : Moi aussi, j’aime être avec toi.
Pacey soupira, lui aussi soulagé. Il plongea son regard dans le joli visage qu’avait Joey. Cette fille le rendait décidément bien nerveux.
Pacey : Pour tout à l’heure…
Joey : On en parle plus.
Pacey hésita à saisir la perche qu’elle lui tendait de laisser de côté ce qui avait failli se passer dans sa chambre. Mais pour le bien de leur relation, il décida de laisser en suspens le fait qu’il avait eu le désir de l’embrasser.
Joey : Tu vas rentrer chez toi ?
Pacey : Pas vraiment, non dit-il en détournant le regard.
Joey : Qu’est-ce que tu vas faire ? demanda-t-elle intriguée.
Pacey : J’ai dit à mon père que je quittais la maison.
Joey : Pacey, mais qu’est-ce que tu vas faire ???
Pacey : Eh bien, je ne sais pas encore. Je pense que je vais aller demander à mon frère de m’héberger.
Joey : Si jamais ça se passe mal, tu peux revenir ici, s’entendit-elle dire.
Pacey la regarda stupéfait mais ne répondit pas. Aussi tentante que la proposition de Joey était, il savait au fond de lui qu’il valait mieux éviter.
Pacey : J’y penserais lui répondit-il tout de même. A demain ajouta t-il avant de s’éclipser.
Le sourire aux lèvres, elle rentra chez elle et buta sur son père dans l’entrée.
Mike : Joey, je ne veux pas que tu vois ce garçon.
Joey : Pacey et moi sommes amis.
Mike : Pour l’instant oui. Mais que se passera t-il lorsqu’il retrouvera la mémoire ?
A ça, elle ne voulait pas y penser et préférait se concentrer sur le moment présent.
Mike : Il redeviendra celui que tu as toujours connu.
Joey : Qu’est-ce que tu en sais ?? s’énerva t-elle.
Mike : La pomme ne tombe jamais loin du panier, la mit-il en garde.
Joey : On dit ça de moi aussi répondit-elle glaciale. J’espère que c’est faux.
Mike : Que veux tu dire par là ? demanda t-il choqué.
Joey : J’étais là, je t’ai vu ! dit-elle placidement avant de retourner s’enfermer dans sa chambre, clôturant la conversation ainsi.


Doug pénétra dans le bureau de son père. Celui-ci avait laissé un message très clair sur son bureau « Passe me voir ». Il remarqua d’emblée qu’il était de mauvaise humeur et pas à prendre avec des pincettes.
Doug : Que puis-je pour toi ? demanda t-il en refermant la porte derrière lui.
John : Tu as vu ton frère dernièrement ?
Doug : Non.
John : Cet imbécile s’est entiché de cette sale opportuniste mais crois-moi, je ne la laisserais pas faire.
Doug : Un peu plus d’explication m’aiderait à y voir plus claire.
John : Je l’ai trouvé avec Joséphine Potter dans sa chambre ! explosa t-il.
Doug eut un hoquet de surprise avant d’éclater de rire.
John : Tout ça n’a rien de drôle !
Doug : Ils étaient dans une position gênante ? demanda t-il en rigolant nerveusement.
John : Dieu merci non !
Doug : Alors comment sais-tu qu’ils sortent ensemble ?
John : Je le sens !
Doug : Et on peut savoir quel est le problème ?
John : Tu le sais très bien dit-il en plongeant son regard noir dans le sien.
Doug : Mieux que quiconque probablement, lui répondit-il sur le même ton. C’est parce que c’est une Potter. Ca aurait pu être n’importe qui que tu n’aurais rien dit, seulement voilà, c’est Joey. Ca te rappelle trop le passé ? Décidemment, l’histoire se répète. Lui qui était pourtant si bien parti souffla t-il moqueur , il les détestait, tout comme toi. Brave fils hein ?
John : Ferme-là imbécile, je t’ai sauvé la vie. Que penses-tu que tu serais devenu avec cette fille ?
Doug : Un homme heureux. Mais tu ne peux pas comprendre le concept. Toi tu vis dans la rancœur et la haine.
Sur ce, il sortit de la pièce et alla écumer sa rage en marchant un peu.


Dawson revenait du lycée lorsqu’il aperçut son père, assis sous la véranda. Les images sombres qu’il avait eu en tête toute la journée s’évanouirent à la vue de cet être robuste et souriant. Non, il ne pouvait rien arriver à son père, c’était impossible. Il devait s’accrocher coûte que coûte à cette idée. Il arbora un sourire sûr de lui avant d’aller le rejoindre.
Dawson : Bonjour papa.
Mitch : Bonjour Dawson, je t’attendais.
Dawson s’assit à côté de lui et se tut quelques instants.
Mitch : Je sais que ta mère t’as parlé.
Dawson : Oui, elle m’a tout dit. Comment te sens-tu ? enchaîna t-il.
Mitch : Je vais bien Dawson. C’est pour ce genre de chose que je ne voulais rien te dire soupira t-il. Tu es là à t’inquiéter pour moi alors que c’est mon rôle de me soucier de toi.
Dawson : Papa, tu m’as dit un jour que ce qui arrivait à l’un des tiens, t’arrivais à toi aussi. Et là c’est la même chose. Ce qui t’arrive nous touche maman et moi.
Emu, Mitch passa une main sur l’épaule de son fils.
Dawson : Tu verras, tout se passera bien.
Mitch : J’aimerais tellement que tu aies raison dit-il la voix tremblante. J’ai encore tant de chose à te voir réussir. Tes études, ta carrière, ta famille…
Dawson : Tu les verras je te le promets dit-il en sentant son père proche de l’écroulement. On va se battre et on y arrivera.
Mitch prit son fils dans ses bras et tous les deux partagèrent un moment de tendresse.
Dawson : Alors, c’est quoi le programme ?
Mitch : Le docteur Santos, mon neurologue, pense que je devrais me faire opérer.
Dawson : Il veut enlever la tumeur ?
Mitch : Oui, d’après lui, c’est possible de l’enlever entièrement mais pour ça, il faut s’y prendre tout de suite pour ne pas qu’elle se développe davantage.
Dawson : Et toi t’en penses quoi ?
Mitch : C’est une opération risquée…dit-il réticent. Mais c’est peut être ma seule chance.
Dawson : Qu’en penses maman ?
Mitch : Elle m’a dit que c’était à moi de prendre la décision.
Dawson : Alors, prends-là. Mais ne tarde pas trop. Maman et moi avons besoin de savoir de quelle façon nous pouvons te soutenir.
Dawson le prit dans ses bras et le laissa réfléchir calmement.


Pacey ne voyait pas d’autre solution que son frère pour le sortir de là. Le problème c’est qu’il ne savait pas dans quoi il s’engageait réellement. Il n’arrêtait pas de penser et se demandait ce qu’il était entrain de faire de son avenir. Pourquoi son père vouait-il une telle haine contre Joey et sa famille ? Et pourquoi, lui, l’avait-il suivi là-dedans. Depuis qu’il connaissait Joey, il avait découvert une fille formidable, drôle et attachante, qui plus est, elle était magnifique. Il s’était énormément rapproché d’elle, jusqu’à ne se sentir proche que d’elle mais que se passerait-il lorsqu’il recouvrerait la mémoire ? S’en voudrait-il ? Y avait-il une réelle raison de ne pas aimer Joey ? Etait-il entrain de saboter sa relation avec son père pour une fille, qui, il le découvrirait plus tard, n’en valait pas la peine ? Et Dawson, se trompait-il lui aussi lorsqu’il disait que Joey était une fille bien ? Tout cela lui semblait totalement impossible et d’après ce qu’il avait cru remarquer, Doug aimait bien Joey lui aussi. Alors quelle partie de sa famille avait raison ? Il soupira, las de ses réflexions. Ca ne servait à rien de se torturer avec des questions auxquelles il ne parvenait pas à trouver de réponses. Il avait parcouru la ville depuis une heure lorsqu’il arriva devant la porte de chez son frère. En soupirant il toqua et attendit quelques minutes que Doug vienne lui ouvrir.
Pacey : Salut Doug.
Doug : Pacey.
Pacey : Je ne sais pas quel genre de frères nous sommes mais j’ai besoin de toi.
Doug : Nous ne sommes pas très proches avoua-t-il.
Déçu, Pacey baissa les yeux vers ses chaussures, il l’aurait parié. Il avait tout misé sur Doug. Qu’allait-il faire maintenant ?
Doug : Mais les choses peuvent changer, entre.
Pacey soupira, soulagé. Il entra dans la salle qu’il trouva très accueillante et parfaitement entretenue pour un homme célibataire.
Doug : Tu n’as pas d’affaire ?
Pacey : Je n’ai pas eu le courage d’aller les chercher.
Doug : Je comprends dit-il en souriant. J’irai si tu veux.
Pacey : Je veux bien oui. Merci.
Doug : La chambre d’ami est prête.
Pacey : Tu savais que j’allais venir ? demanda-t-il surpris.
Doug : J’ai vu papa qui m’a dit que tu avais l’intention de quitter la maison. Et j’ai pensé que ne sachant pas où aller, tu hésiterais entre Dawson et moi mais qu’étant de ta famille, tu me le demanderais en premier.
Pacey : C’est bien vu.
Doug : Mais tu sais, je ne sais pas si papa sera d’accord pour que tu restes ici.
Pacey : Je sais, mais j’ai besoin d’être un peu seul. Disons que j’aimerais me forger mes propres opinions sans subir celles des autres.
Doug écarquilla de grands yeux, étonné d’entendre son petit frère s’exprimer de cette manière. Il était agréablement surpris. Il avait toujours espéré qu’il le ferait un jour. Dommage qu’il ait fallu qu’il prenne un coup de couteau pour ça. Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi content d’avoir un petit frère.
Doug : Je suis ravi de te l’entendre dire. J’ai préparé le repas, tu as faim ?
Pacey : Je meurs de faim !


Préférant ne pas rester avec son père, Joey avait préparé un sac et était partie chez sa sœur en laissant un mot sur la table. Elle n’en pouvait plus de toute cette animosité qui régnait entre les Witter et les Potter. Cela semblait être une fatalité. Elle avait cru y appartenir mais plus elle se rapprochait de Pacey, plus elle se demandait ce qui pouvait bien les pousser dans cette lutte acharnée. Plongé dans ses pensées, elle n’entendit pas Bessie venir s’asseoir près d’elle.
Bessie : Joey, est-ce que tout va bien avec papa ?
Joey : Pourquoi tu me demandes ça ? demanda-t-elle gênée.
Bessie : Eh bien ça fait plusieurs fois que tu viens dormir à la maison et, ça ne me dérange absolument pas, mais je me pose des questions.
Joey : Je ne supporte plus les querelles entre lui et les Witter.
Bessie : Tout a changé hein ? dit-elle en souriant tendrement.
Joey : Comment ça ?
Bessie : Je t’ai vu avec Pacey, je crois que tu l’aimes bien et c’est pour ça que tu crois de moins en moins bien papa. Tu as de plus en plus de mal à te ranger à l’avis paternel « tout Witter n’est pas bon à fréquenter ».
Mal à l’aise, Joey détourna le regard. Affectueusement, Bessie lui caressa les cheveux, elle comprenait très bien ce qu’elle pouvait ressentir. C’était dur d’aimer quelqu’un que toute sa famille déteste.
Joey : Tu crois que c’est bizarre de se sentir aussi proche et aussi bien avec quelqu’un qu’on a toujours détesté ?
Bessie : Je ne pense pas non. Vous vous êtes toujours mis des barrières qui vous empêchez de voir les qualités de l’autre. Maintenant que ces barrières sont tombées, tu apprends à le connaître et tu découvres qu’il te plaît, et c’est quelque chose de normal.
Joey : Je n’ai jamais dit qu’il me plaisait ??? dit-elle sur la défensive.
Bessie : Non bien sûr, dit-elle avec un léger sourire.
Joey : C’est quelqu’un avec qui je m’entends bien c’est tout. Et j’aimerais ne pas avoir à subir les remontrances de mon père lorsqu’il nous voit tous les deux.
Bessie : Il ne faut pas en vouloir à papa, il a ses raisons.
Joey : Mais c’est ridicule, il ne devrait pas entrer dans son jeu !
Bessie : Joey, c’est quelque chose que toi et moi ne pouvons pas contrôler et qui remonte à bien longtemps.
Intriguée, Joey se retourna vers sa sœur.
Joey : Comment tu sais ça ?
Bessie : Maman me l’a raconté, lui avoua t-elle en soupirant.
Joey : T’a raconté quoi ?
Bessie : Avant qu’elle ne connaisse papa, lui et John Witter étaient les meilleurs amis du monde.
Joey : Papa et le shériff ? dit-elle sceptique.
Bessie : Oui, un peu comme Dawson et Pacey aujourd’hui. Mais une fille a tout bouleversé.
Joey : Maman ?
Bessie : Oui. Ils sont tombés amoureux d’elle tous les deux mais elle a choisi papa et John ne le leur a jamais pardonné.
Joey : Pendant toutes ces années ???
Bessie : Il faut croire que la rancune est tenace chez les Witter.
Le sang de Joey se glaça dans ses veines. Les mots de sa sœur l’avaient pétrifiée sur place. Lorsque Pacey allait découvrir son mensonge, il ne lui pardonnerait pas, c’était sûr.

Silencieusement, Dawson et sa mère prenaient leur petit déjeuner lorsque Mitch descendit les rejoindre. Il déposa une valise au pied de la porte et alla embrasser sa femme.
Mitch : Bonjour.
Gail : Bonjour, répondit-elle surprise.
Mitch avait l’air de bonne humeur et en pleine forme. Non pas qu’elle n’était pas ravie de le voir ainsi mais depuis quelques temps, il descendait rarement avant 9h et avait encore l’air fatigué. Dawson aperçut le premier la valise et s’inquiéta.
Dawson : Tu comptes partir où ?
Intriguée par sa question, Gail remarqua à son tour la petite valisette déposée dans l’entrée. Elle se retourna d’un trait vers son mari qui se servait un café.
Gail : Mitch, qu’est-ce qu'il se passe ?
Mitch : J’ai appelé le docteur, l’opération est pour après demain mais je dois rentrer aujourd’hui pour les examens préliminaires.
Gail : Tu vas te faire opérer ?
Mitch : C’est ma seule chance d’être le plus longtemps avec vous. Alors oui, je suis prêt à la tenter.
Gail : Oh Mitch, dit-elle en se précipitant dans ses bras.
Dawson vint les rejoindre dans cette étreinte.
Dawson : Nous serons là papa. On vient avec toi.
Mitch : Ah non, toi tu as école.
Dawson : Mais…
Mitch : Dawson, si je veux réussir à me persuader que tout va bien, je dois garder ma vie normale et dans ma vie normale, mon fils va à l’école.
Dawson : Mais j’aimerais être près de toi, protesta t-il.
Mitch : Tu le seras, lui dit-il en lui posant une main sur l’épaule.
Gail : Ton père a raison, il faut que tu ailles au lycée.
Dawson : Si ça peut être bon pour ton moral, céda t-il.
Mitch : Merci mon fils, dit-il en le resserrant dans ses bras.
Dawson : Il faut que je file, je vais être en retard. Je passerais te voir tout à l’heure.
Mitch : D’accord.
Dawson attrapa son sac et marcha vers la porte, il se retourna une dernière fois pour voir son père et sa mère se serraient dans les bras l’un de l’autre. Il décida de ne pas s’inquiéter, tout se passerait bien. Sa famille était unie et pouvait affronter cette épreuve.


Pacey marchait en sifflotant dans la rue, il se sentait incroyablement bien. Il avait l’impression d’être né il y a quinze jours mais il se fichait éperdument des années qu’il avait pu vivre avant. D’après ce qu’il en savait, elles n’étaient pas glorieuses. Aujourd’hui, il y avait Joey pensa t-il avec un doux réconfort. Cette fille était incroyable. Il ne se lasser pas de sa présence. Il voyait la vie avec des yeux nouveaux. Et puis, il y avait Doug aussi, il avait le sentiment qu’ils n’avaient aucunes réelles relations avant l’accident mais qu’aujourd’hui, tout était possible. Il avait l’impression qu’ils avaient des points communs et il se sentait proche de lui en même temps. Il aperçut Dawson au loin et sourit. Lui aussi état un ami formidable. Il était content de voir qu’il avait su s’entourer. Il parcourut les quelques mètres qui les séparait et trouva son ami perdu dans ses pensées.
Pacey : Un problème ?
Dawson : Ah Pacey, je ne t’avais pas entendu.
Pacey : Dawson ? dit-il en cherchant à capter son regard.
Dawson : Mon père rentre à l’hôpital pour se faire opérer, lui expliqua t-il.
Pacey : Je suis désolé.
Dawson : Non ça va. Cette opération est une de ses meilleures chances.
Pacey : Donc c’est une bonne chose ?
Dawson : En espérant que ça marche oui. Mais Pacey je t’en prie, je ne veux plus y penser pour aujourd’hui. Pourrais-tu faire ce que tu sais faire de mieux ?
Après quelques secondes de réflexion, Pacey sourit.
Pacey : Eh bien, dit-il en passant un bras autour de ses épaules, Greg et Tom veulent redonner un concert samedi et oh, je suis parti vivre avec mon frère après m’être sauvagement disputé avec mon père.
Dawson le regarda ahuri avant d’éclater de rire.
Dawson : Pacey, dit-il en souriant, même amnésique, tu restes toi-même.
Pacey : Eh oui, dit-il content de lui.
Dawson : Tu vas le faire ce concert ?
Pacey : J’en sais rien. Je sais que j’aime ça, je l’ai bien senti lorsque j’ai repris la guitare l’autre jour, mais je ne sais pas si je suis prêt.
Dawson : Il n’y a qu’une seule façon de le savoir non ?
En rigolant, les deux amis s’éloignèrent sans s’apercevoir des deux hommes, qui appuyés au dos d’un mur, les observaient en parlant à voix basse.

Marjo  (05.09.2004 à 00:51)
La fin de semaine était arrivée avec une vitesse incroyable. Joey et Pacey ne s’étaient presque pas vus, occupés à leurs problèmes familiaux respectifs. Mitch, encore à l’hôpital, attendait les premiers résultats de son opération. Dawson était passé prendre Joey et avait halluciné de la voir prête sur le perron de sa maison.
Joey : Je n’arrive pas à croire qu’il y ait autant de monde ! dit-elle en se frayant un passage parmi la foule de la salle dans laquelle Pacey allait donner son concert.
Jen : C’est que le groupe de Pacey est très populaire.
Dawson : Moi ce que je n’arrive pas à croire, c’est que tu sois venue !
Jen : Gâche pas tout Dawson, dit-elle en lui donnant un coup de coude.
Joey : Je ne pouvais pas rater ça.
Dawson : J’espère au moins que tu auras droit au même show que d’habitude parce que Pacey avait un tract fou quand je l’ai vu tout à l’heure.
Joey : Ca vous dérange si je vous laisse quelques instants ?
Jen : Non bien sûr vas-y.
Joey s‘éloigna alors que Dawson se penchait vers Jen, intrigué.
Dawson : Où va-t-elle ?
Jen : Eh bien, je ne suis pas devin mais je pencherais pour les coulisses.
Dawson : Voir Pacey ? dit-il surpris.
Jen : Hum hum.
Dawson : Ca dépasse toutes mes espérances, dit-il en souriant.
Jen : Quelque chose me dit que tu n’as pas tout vu, lui dit-elle avec un vague pressentiment.
Timidement, Joey pénétra dans l’arrière pièce qui servait de loge pour Pacey et ses amis. Celui-ci discutait avec Greg des derniers arrangements. Ne la voyant pas, elle prit son temps pour l’observer. En jean’s et t-shirt noir en col en V, elle le trouvait très séduisant. Il y avait fort à parier qu’il allait faire tourner la tête à pas mal de filles ce soir. Lorsqu’il leva les yeux vers elle et lui sourit, elle fut transpercée par l’éclat brillant de ses yeux. Greg s’éclipsa discrètement.
Pacey : Je peux faire quelque chose pour vous mademoiselle ?
Joey : Le chanteur est un ami.
Pacey : Il en a de la chance, dit-il en se rapprochant d’elle.
Ils se sourirent tendrement avant que Pacey ne lui prenne la main.
Pacey : Merci d’être venue.
Joey : Je ne pouvais pas manquer ça.
Pacey : Tu l’as déjà fais, lui rappela t-il en souriant amusé.
Joey : Les circonstances étaient différentes, répondit-elle avec sourire mutin.
Pacey : Je te l’accorde.
Joey : Alors, comment te sens-tu ?
Pacey : Tendu, stressé, mort de trouille…je continue ?
Joey : Ca ira, dit-elle en rigolant. Je suis sûre que tout se passera bien.
Pacey : Maintenant que tu es là, je commence à le croire aussi.
Tom : Pacey, le concert va commencer ? On attend plus que toi.
Joey : Bonne chance, lui dit-elle alors qu’il se penchait pour récupérer sa guitare.
Avec un sourire entendu, il déposa un baiser sur le dos de sa main et suivit son ami sur scène.


Abruptement, Doug gara sa voiture dans l’allée devant chez Bessie et sortit en trombe de la voiture pour courir jusqu’à chez la jeune femme. Elle avait passé un coup de fil, apeurée, au commissariat en disant qu’un rôdeur était près de la maison. La sachant seule avec le bébé, il avait intercepté l’appel et avait mis moins de cinq minutes pour faire le trajet.
Doug : Bessie, cria t-il en cognant contre la porte. Ouvre, c’est Doug.
Quelques secondes plus tard, celle-ci apparut sur le seuil de la porte, Alex dans les bras.
Bessie : Oh Doug, je suis contente de te voir.
Tremblante, elle ne tenait plus en place et était nerveuse.
Bessie : J’ai vu quelqu’un autour de la maison et j’ai entendu du bruit à l’étage. J’ai aussitôt prévenu la police. Je suis toute seule avec mon bébé et j’ai eu peur. Mais je crois que je t’ai fait déplacé pour rien.
Doug : Bessie, dit-il en posant ses mains sur ses épaules. Tu ne me fais jamais déplacé pour rien ! Je vais faire le tour de ta maison.
Il fit le tour des pièces, Bessie sur ses talons. Il vérifia les portes et les fenêtres, ferma tout avec soin. Fit un tour dans le jardin et la cour. Rien. Il n’y avait aucune trace que quelqu’un se soit introduit chez elle. Rassurée, elle alla mettre Alex au lit. Doug la suivit et l’observa tendrement tandis que le petit s’endormait. Juste éclairé par la veilleuse, elle se retourna vers lui et lui sourit affectueusement.
Bessie : Je me sens ridicule.
Doug : Bessie, souffla t-il. Il n’y a vraiment pas de quoi. Je me contrefous de me déplacer pour rien. N’hésite jamais à m’appeler lorsque tu as peur ou que tu as même un simple pressentiment.
Touchée, Bessie lui sourit timidement.
Doug : Quoiqu’il se soit passé, je serais toujours là pour toi, et pour lui, dit-il en faisant un signe vers le berceau.
Bessie : Merci, soupira t-elle.
Tendrement, il l’attira dans ses bras et la serra tout contre lui. Bessie se laissa aller volontiers. Il y avait bien longtemps qu’il ne l’avait pas tenue ainsi. Elle se sentait si bien. Lentement, il décolla son visage et plongea ses yeux dans les siens. Ils glissèrent lentement vers ses lèvres et il sentit une pointe de désir monter en lui mais il ne voulait pas forcer la jeune femme à faire quoi que se soit. Il chercha l’approbation dans son regard et lorsqu’il fut certain de l’avoir obtenu, il glissa vers ses lèvres. La sonnerie du téléphone les fit sursauter.
Bessie : Je suis désolée, lui dit-elle troublée avant d’aller répondre. Allo ?....Bonjour papa…
Doug la regardait faire en reprenant sa respiration. Il se sentait frustré d’avoir était interrompu.


Assise au plus près de la scène avec Dawson et Jen, Joey ne perdait pas une miette du spectacle. Le groupe jouait formidablement bien et Pacey était génial. Il se donnait à fond et y prenait visiblement beaucoup de plaisir. Joey ne se lassait pas de le regarder chanter. Sa voix était magnifique. Elle regrettait amèrement de ne jamais être venue auparavant, elle s’amusait comme une folle. La chanson prit fin et elle applaudit à tout rompre.
Pacey : J’espère que vous vous amusez tous ! cria t-il.
La foule hurla et Dawson éclata de rire.
Dawson : Il n’a rien perdu de son sens scénique.
Pacey : Je voudrais vous interpréter une dernière chanson. Elle est dédiée à une personne assez spéciale pour moi.
Lentement, il dériva son regard vers Joey qui se mit à rougir. Puis, les premiers accords de « Favorite Girl » de Joseph Arthur inondèrent la pièce.
Jen : J’ai l’impression que cette chanson est pour toi, glissa t-elle à Joey.
Joey : C’est ridicule.
Jen : C’est pourtant toi qu’il a regardé.
Joey se tourna vers elle, surprise. Pacey chantait-il vraiment pour elle ? Elle reporta son attention vers lui et capta à nouveau ses yeux posés sur elle. Le regard qu’il avait ne laisser pas de doute, il chantait effectivement pour elle. Emue, elle se leva et marcha vers la scène. Elle voulait le voir et l’entendre de plus près. Pacey l’observa faire sa traversée et venir jusqu’à lui. En bas de la scène, elle le regardait tendrement, il était comme hypnotisé par ses magnifiques yeux verts et ne pouvait détacher son regard d’elle. Elle était si belle. Il n’avait pas su exactement dans quoi il s’engageait lorsqu’il avait voulu chanter cette chanson mais maintenant, il en était sûr. Il était tombé inévitablement et éperdument amoureux d’elle.
Jen : C’est moi ou il n’a d’yeux que pour Joey ?
Dawson : C’est pas toi, dit-il d’une voix hébété.
Joey ne voyait que lui, le reste de l’univers avait subitement disparu. Ses yeux posés sur elle, ses mains sur sa guitare, son pied battant frénétiquement le rythme de la musique…C’est le regard rivé l’un à l’autre que Pacey termina sa chanson. Il sauta de l’estrade et tremblant, se tint debout devant elle. Joey ne savait que lui dire, sa chanson était magnifique. D’ailleurs, elle n’avait aucune envie de parler en ce moment. Lentement, il franchit les mètres qui les séparaient et délicatement, Pacey lui caressa la joue avant de glisser ses lèvres vers les siennes et de les lui effleurer tendrement, attendant sa réaction pour approfondir son baiser. Celle-ci ne se fit pas attendre, Joey entoura son cou de ses bras et se pressa contre lui, aussitôt Pacey l’embrassa plus passionnément.
Jen : Tu vois ce que je vois ? demanda t-elle perplexe.
Dawson : Je ne sais pas ce que toi tu vois mais moi, je suis dans la quatrième dimension. Je ne pensais pas qu’elle aimerait autant sa voix répondit-il hébété.
Jen se tourna vers lui et éclata de rire.
Jen : Je crois qu’elle n’aime pas que sa voix, Dawson, railla t-elle.
Seuls au milieu de la foule, Pacey et Joey s’embrassaient tendrement sous les applaudissements et les éclats de rire.


La soirée était étoilée, la lune haute dans le ciel se reflétait sur les branches des arbres, ce qui les faisait scintiller. Pacey et Joey marchaient sous la voûte des arbres. Joey avait remercié Dawson de l’avoir accompagnée mais avait préféré repartir avec Pacey. Après ce qu’il s’était passé, ils avaient envie d’être tous les deux et de parler de ce qu’ils allaient faire. Joey avait des questions plein la tête lorsqu’elle sentit la main de Pacey rejoindre la sienne et l’enlacer tendrement. Elle leva le visage vers lui et perçut son sourire. Toutes ses inquiétudes disparurent à l’instant même où il se pencha sur elle pour l’embrasser. Elle accueillit son baiser en lui caressant la joue. La peau de Pacey était si douce et ses baisers si enivrants.
Joey : Pacey ? dit-elle en l’arrêtant tendrement.
Pacey : Oui ?
Joey : Dans quoi en s’engage ? Tous les deux…
Pacey : J’en ai pas la moindre idée, dit-il sans la lâcher du regard. Mais je n’ai pas peur.
Joey : Moi si, avoua t-elle.
Pacey : Je comprends, dit-il en lui caressant délicatement la joue du bout des doigts. Je bouleverse ta vie.
Joey : C’est le moins que l’on puisse dire, soupira t-elle en souriant.
Pacey : Dis-moi ce qui te fait le plus peur ?
Joey respira avec difficulté. Elle avait du mal à parler de ses craintes avec lui, elle avait peur qu’en les disant, elles finissent par se réaliser.
Pacey : Je t’en prie Joey, j’ai besoin de savoir.
Joey : J’ai peur…que tu retrouves la mémoire, dit-elle tout bas. Je sais que c’est terrible à dire mais je n’y peux rien, dit-elle les larmes aux yeux.
Egoïstement, elle aurait aimé garder les choses ainsi. Persuadée que si Pacey recouvrait la mémoire, des moments comme celui qu’elle était entrain de vivre ne se reproduiraient jamais. Au fond, elle avait tout simplement peur de le perdre.
Pacey : Joey Joey….,la calma t-il.
Il prit son visage en coupe et plongea son regard dans le sien.
Joey : Pacey, je crois que je suis tombée amoureuse de toi et pour moi, c’est comme me lancer dans le vide sans savoir si je vais atterrir quelque part. Tu vois, j’ai appris à te connaître et à aimer celui que tu es tout en sachant celui que tu étais. Mais lorsque tu retrouveras la mémoire, tu te rappelleras de ce que tu ressentais pour moi et alors, peut être ne voudras-tu plus jamais me revoir.
Pacey : Ca n’arrivera jamais, lui promit-il. J’ai peur moi aussi de retrouver la mémoire, lui révéla t-il après un instant de silence. La première image que j’ai de toi, c’est celle de cette magnifique jeune fille brune qui se tenait dans l’embrasure de ma porte à mon réveil à l’hôpital. C’était comme si je voyais un ange.
Touchée, Joey détourna le regard.
Pacey : Joey, tant que nous sommes toujours honnêtes l’un envers l’autre, nous nous en sortirons.
Le sang de Joey se glaça dans ses veines.
Pacey : On pourrait peut-être avancer à notre rythme sans rien précipiter.
Joey : Ca me va, acquiesça t-elle en détournant le regard.
Pacey : Tant mieux alors, dit-il en haussant les sourcils d’un air charmeur avant de l’embrasser à nouveau.
Joey : Il va falloir y aller, lui dit-elle à regret tout contre ses lèvres. Bessie va s’inquiéter.
Pacey soupira mais se remit en route en lui reprenant la main. Ils réalisèrent très vite qu’ils étaient déjà quasiment arrivés. Joey ne vit la voiture de Doug que lorsqu’elle contourna la maison. Inquiète, elle regarda Pacey apeurée avant de se mettre à courir jusqu’à la porte suivie de près par Pacey. Ouvrant la porte à toute volée, ils tombèrent nez à nez avec Doug qui buvait tranquillement un café dans la cuisine.
Joey : Que se passe t-il ? demanda t-elle le souffle court.
Doug : Tout va bien, Joey calme toi.
Joey : Mais alors qu’est-ce que tu fais là ?
Doug : Ta sœur pensait avoir vu un rôdeur mais elle s’est trompée.
Joey : Où est-elle ?
Doug : Au téléphone avec ton père.
Pacey portait un regard surpris sur Doug mais ne parlait pas.
Doug : On devrait y aller Pacey et laisser ces jeunes filles se reposer, il est tard.
Pacey : Tu as raison.
Pacey reporta son attention sur Joey et la prit dans ses bras. Cette fois, c’était Doug qui assistait à la scène hébété.
Pacey : Ca va aller ? lui demanda t-il tout contre son front.
Joey : Oui. Tu peux rentrer tranquille.
Pacey : D’accord, dit-il en déposant un baiser sur ses lèvres et d’aller rejoindre Doug dans l’entrée.
Doug : Tu diras bonsoir à ta sœur pour moi.
Joey : Promis. Bonne nuit, dit-elle avec un tendre sourire pour Pacey.
Celui-ci lui rendit son sourire.
Pacey : Oh, une dernière chose. Je crois moi aussi que je suis amoureux de toi, lui dit-il intensément avant de sortir.
Joey resta clouée sur place. Son cœur venait d’être projeté hors de sa poitrine et elle ignorait où il était parti. Probablement avait-il suivit Pacey. Bessie vint la rejoindre et passa un bras autour de ses épaules.
Bessie : Ca va ?
Joey : Le plus merveilleusement bien du monde, dit-elle en continuant de fixer la porte par laquelle Pacey venait de sortir.


Pacey et Doug étaient rentrés et Pacey observait toujours son frère en souriant, sans rien dire. Son attitude commençait sérieusement à porter sur les nerfs de l’aîné.
Doug : Tu vas parler bon sang ! Où je te colle dans la voiture et je te ramène chez papa.
Pacey : D’habitude, ce sont de simples officiers qui répondent à ce genre d’appel. Je me demande pourquoi un gradé a fait le déplacement, dit-il avec un petit sourire.
Doug : Parce que j’étais dans le coin, répondit-il en détournant le regard.
Pacey : C’est ça qui m’intrigue, tu es souvent, dans CE coin.
Doug : Qu’est-ce que tu insinues ?
Pacey : Moi, rien. Je m’interroge c’est tout.
Doug jeta un regard à son frère et marcha les mains dans les poches vers la fenêtre. Pacey attendait toujours des explications. Il savait que Doug ne devait pas avoir beaucoup de raisons de se confier à lui mais il espérait qu’il le ferait tout de même.
Doug : Disons que je ne veux pas qu’il arrive quoi que se soit à Bessie et à sa sœur. Et encore moins au petit Alex.
Pacey : On dirait que tu as su échapper aux directives de papa toi, dit-il sombrement.
Doug avait visiblement de l’affection pour eux alors que tout ce qu’il savait de lui auparavant le dégoûter. Comment avait-il pu faire ça à Joey. Comme il regrettait. Il mit ses pensées de côté pour se concentrer sur le principal. Doug. Il avait l’air d’avoir envie et surtout d’avoir besoin de parler. Alors calmement, il prit place dans le canapé et attendit. Peu à peu son frère se détendit et se mit à parler.
Doug : Bessie et moi étions amis au lycée ensemble. Nous nous entendions bien mais on était obligé de se surveiller tout le temps parce que papa et Mike Potter nous interdisaient de nous voir. Elle m’aidait dans mes devoirs. Je me souviens une fois, j’étais allée chez elle, son père était parti en déplacement pour son travail. Brusquement il est revenu et m’a trouvé dans son salon. Il m’a fichu à la porte et a dit à papa qu’il ne voulait plus voir un de ses fils traîner chez lui. J’ai eu une raclé et Bessie a reçu l’interdiction formelle de me parler. Dans le cas contraire, elle aurait été envoyée dans une pension. Alors on a cessé de se voir, dit-il amer.
Pacey : Donc, tu tiens a elle en conclut-il.
Doug : Non dit-il en baissant la tête. Je l’aime, avoua t-il en levant les yeux vers son frère.
Pacey hoqueta de surprise. Son frère amoureux de la sœur de la fille que lui-même aimait. Deux filles qui leur étaient interdit d’approcher !
Pacey : Tu l’aimes ? répéta t-il hébété.
Doug hocha silencieusement la tête et reprit le cours de son récit.
Doug : Quelques années plus tard, alors que j’étais devenu flic et qu’elle se soit mise en ménage avec ce bon à rien de Johnson, nous avons reçu des plaintes pour tapages nocturnes. Alors j’ai mené mon enquête et j’ai découvert qu’il la battait. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’elle devait le quitter mais elle disait l’aimer et puis, elle était enceinte…Alors je suis allé trouvé Johnson et je lui ai cassé la figure, avoua t-il avec une pointe de fierté. Je l’ai prévenu que s’il touchait encore une fois Bessie, je le tuerais de mes propres mains.
Pacey : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Doug : Elle lui a avoué sa grossesse et il a disparu dans la nature. C’est à ce moment là qu’elle et moi avons commencé à nous voir. On est tombé amoureux l’un de l’autre et malgré le fait que nous étions majeurs, nous avons continué de cacher nos rapports à nos pères.
Pacey : Mais ils l’ont découverts, pressentit-il.
Doug : Quand papa l’a su, j’ai reçu la plus belle raclée de ma vie, malgré mon âge. La rage l’a beaucoup aidé ! J’étais tellement en colère contre lui et bien décidé à faire ce que je voulais que je suis aller trouvé Bessie et que je lui ai proposé de m’épouser.
Pacey éclata de rire, il aurait sûrement fait la même chose en y réfléchissant bien.
Doug : Elle a refusé, dit-il tristement. Et elle a mis un terme à notre relation en disant que c’était ce qu’il y avait de mieux pour nous deux. Mais qu’est-ce qu’elle en savait ! s’exclama t-il furieux.
Pacey : Elle a fait ce qu’il y avait de mieux sur le moment, lui dit-il pour l’apaiser.
Doug : Ca ne change rien au fait que je l’aimais et que sous prétexte que nos parents sont incapables de s’entendre elle m’ait plaqué !
Pacey : Tu l’aimes toujours ? demanda t-il mal à l’aise d’aborder ce sujet.
Doug : Oui, avoua t-il sombrement. Pathétique hein ?
Pacey se contenta de soupirer.
Pacey : J’ai l’impression d’être dans Roméo et Juliette, lâcha t-il. Joey et Bessie sont des Capulet et toi et moi sommes de pauvres Montaigu.
Doug : Quand as-tu lu ce livre ? demanda t-il en rigolant.
Pacey : Joey m’a dit que c’était un de ces livres préférés, dit-il mal à l’aise. J’ai eu envie de savoir l’histoire entière. C’est beau, en conclut-il. Même si je ne suis pas prêt à mourir pour elle, je crois que je suis en mesure d’affronter mon père et de braver les interdits.
Doug : Tu l’aimes vraiment ?
Pacey : Je crois oui.
Doug : Alors ne laisse jamais personne te dire ce qui est le mieux pour toi. Jamais, pas même celle que tu aimes et bâts-toi pour elle, s’il le faut. J’espère que tu auras plus de chances que moi, ajouta t-il tristement.
Pacey : Doug, si tu l’aimes encore, pourquoi ne lui dis-tu pas ?
Doug : Beaucoup de temps est passé depuis. Il est trop tard.
Pacey : Il n’est jamais trop tard, dit-il en lui posant une main sur l’épaule avant de le laisser y réfléchir.


Après s’être assuré que sa fille ne serait pas dans les parages, Mike avait pris tous les sachets qu’il possédait encore chez lui et était sorti. Il lui fallait se débarrasser de ça avant que John Witter ne trouve un prétexte pour venir fouiller sa maison une fois de pus. La dernière fois, ils s‘en était sorti de justesse. Mais il avait fort à parier qu’il ne tarderait pas à revenir. Il n’avait pas revu Gabe et Tuck, les deux gars qui l’avaient passé à tabac avant de s’en prendre à Joey et de poignarder Pacey. Il avait décidé d’arrêter tout trafic et de mener une vie plus clean, pour Joey. Aussi, tous les sachets de marijuana qu’il avait encore, il comptait les redonner à son fournisseur et lui dire qu’il allait prendre sa retraite. Mais il savait bien que ça n’allait pas être aussi simple. On ne se sortait pas si facilement d’un milieu pareil. Il pénétra dans la taverne et alla directement voir le barman, comme il le faisait toujours.
Mike : Salut Jerry, Dock est là.
Jerry : Derrière.
Empruntant le chemin qu’il connaissait par cœur, il contourna le bar et pénétra dans l’arrière boutique où Dock se tenait derrière un grand bureau. Un cigare à la main, il avait l’air de l’attendre.
Dock : Je savais que tu finirais par venir.
C’est en pénétrant dans la pièce que Mike remarqua Gabe et Tuck au fond de la pièce. Il leur lançant un regard mauvais alors qu’ils lui souriait tranquillement. Mike fit un pas pour leur casser la figure lorsque Dock leva la main pour l’arrêter.
Dock : Ne fais pas de bêtise !
Mike : Ces salopard ont tenté de violer ma fille ! s’écria t-il.
Dock : Une petite erreur, dit-il calmement.
Mike : Une petite erreur ? Comme le coup de couteau qu’ils ont administré au fils du shériff ??
Dock : Mauvais endroit, mauvais moment, dit-il tranquillement.
Gabe se mit à ricaner bêtement et Mike sut d’instinct que c’était lui qui avait porté le coup. Il était le plus déjanté des deux. Il aurait même mis sa main à couper que c’était lui qui avait posé ses mains sur Joey. Il lui lança un regard glacial et se promit d’avoir un tête à tête avec lui le moment venu.
Mike : Je suis venu te rendre ça, dit-il en posant son sac sur le bureau.
Sans même jeter un regard sur le contenu, Dock leva les yeux sur Gabe. Une sorte de signe.
Gabe : Rembarque ton sac Mike, il n’est pas question que tu arrêtes.
Mike : C’est pourtant ce que je fais.
Gabe : Non, je crois que tu n’as pas saisi. Tu as une affaire en cours et le patron entend que tu la termines.
Dock hocha la tête en tirant à nouveau sur son cigare.
Mike : Désolé, c’est fini. Ils ont été trop loin, dit-il en désignant à Dock ses deux gardes du corps. Et John Witter ne me lâche plus.
Dock : Ce n’est pas mon problème ça. Débrouille-toi.
Puis il fit signe à Gabe et Tuck de le raccompagner. Tuck prit le sac qu’il balança dans les bras de Mick avant que Gabe ne passe un bras autour de ses épaules et le fasse sortir.
Gabe : Alors Mike, comment va ta charmante fille ?
Mike : Si tu la touches encore, je te jure que je te tue, lui dit-il avec un regard qui ne laissait aucun doute sur le fait qu’il le ferait.
Tuck : T’inquiète pas, elle ne craint rien, elle.
Gabe : La ferme Tuck ! lança t-il en se tournant méchamment vers son compère.
Puis il se tourna vers Mike et lui sourit.
Gabe : Alors tu as bien compris, il te reste deux jours pour finir le travail, auquel cas, on te fera une petite visite. A toi et à ta fille, ajouta t-il en le propulsant à l’extérieur.
Dépité, Mike resserra son sac contre lui et fila très vite. Il ne devait pas être vu traînant dans les environs.


Dawson : Bonjour papa, dit-il en pénétrant dans sa chambre d’hôpital.
Mitch : Bonjour fiston, dit-il en se redressant.
Dawson : Je t’ai ramené quelques magazines.
Mitch : Merci, j’en ai assez d’être enfermé ici sans nouvelles de l’extérieur.
Dawson : Ca ne devrait plus être très long avant qu’ils ne t’autorisent à rentrer, lui promit-il. Comment te sens-tu ?
Mitch : Bien.
Dawson : Tu n’as plus mal à la tête ? lui demanda-t-il. Maman m’a dit que tu n’avais pas l’air bien ce matin quand elle est venue te voir.
Mitch : J’étais juste un peu fatigué.
Dawson : Tant mieux, dit-il soulagé. Le médecin est passé te voir ?
Mitch : Il devrait arrivé dans pas longtemps, c’est l’heure de ses visites.
Dawson : D’accord, alors je vais rester avec toi le temps qu’il arrive.
Mitch : Ce n’est pas la peine Dawson, tes cours vont reprendre. Je me sens parfaitement bien.
Dawson : Tu es sûr ?
Mitch : Parfaitement, file !
Dawson : Je repasse ce soir avec maman.
Mitch : D’accord.
Dawson embrassa son père et sortit. Dès que son fils eut quitté la pièce, Mitch se laissa retomber dans son lit avec un léger gémissement. Le médecin apparut quelques minutes après.
Docteur : Comment vous sentez-vous Mitch ?
Mitch : J’ai mal à la tête docteur, ça me lance dans tout mon corps.
Le docteur Santos s’approcha de lui et l’examina. Mitch avait du mal à bouger, il se sentait de plus en plus engourdi.
Docteur : Bien, je vais demander à Susan de vous apporter quelque chose.
Mitch : Docteur, et pour mes résultats ?
Docteur : Certains sont revenus mais je dois faire de plus en amples recherches, nous allons procéder à d’autres analyses.
Mitch : Ils ne sont pas bons, en conclut-il.
Docteur : Mitch, votre opération ne date que de quelques jours, les résultats ne peuvent pas être aussi rapides. Il faut du temps, l’opération a été un succès, il faut attendre encore pour pouvoir commencer à voir ses effets.
Mitch : Mais, et pour les effets secondaires ?
Mitch n’avait rien dit à sa femme ni à Dawson pour ne pas les inquiéter, mail il avait de violents maux de tête et des vomissements presque tous les jours. De plus, il avait des engourdissements dans tout son corps et parfois, il n’avait plus de réflexes et faisait tomber des choses. Hier, sa main n’était pas parvenue à saisir un verre et le pauvre s’était retrouvé par terre.
Docteur : Ce sont des choses normales après une opération comme la votre. Nous avons dérangé certains tissus nerveux de votre cerveau et il faut le temps que tout reprenne sa place et sa fonction.
Mitch : Donc vous pensez que c’est passager ?
Docteur : Nous serons bientôt fixé, dit-il sans réellement se prononcer. Je vous envoie Susan, ajouta t-il avant de quitter la pièce.


Pacey et Joey marchaient côte à côte dans la rue, Pacey rêvait de lui prendre la main mais si son père ou Mike Potter les voyait, ils pourraient avoir de gros ennuis. Il se moquait d’avoir à répondre à ça mais il ne voulait pas en créer à Joey. Il la regarda à nouveau, elle était magnifique, aucune fille au monde n’avait ce regard là. Il avait passé la journée à l’admirer et ne s’en lassait pas.
Pacey : Tu es magnifique, lui glissa t-il discrètement.
Joey se sentit rougir, c’était la première fois qu’un garçon lui disait qu’elle était jolie. Elle avait l’impression de vivre sur un petit nuage depuis hier. Elle était amoureuse de lui, et bien que cela paraisse incroyable à ses yeux, elle l’aimait sincèrement. Pacey était le genre de garçon qu’elle avait toujours voulu, seulement avant, il lui était difficile de s’en rendre compte.
Joey : Tu n’es pas mal non plus, lui répondit-elle en souriant.
Pacey : Si tu savais à quel point j’ai envie de t’embrasser.
Joey : Moi aussi.
Langoureusement, ils se dévoraient du regard. Joey regarda autour d’elle et se rendit compte que tous les yeux étaient braqués sur eux. Un Witter et un Potter ensemble cela avait de quoi faire jaser toutes les commères de la ville. Très bien, soit, qu’ils parlent. Elle posa ses mains autour du cou de Pacey et l’attira à elle.
Joey : Pourquoi se cacher, lui dit-elle tout bas avant de poser ses lèvres contre les siennes et de l’embrasser tendrement.
Ravi, Pacey passa ses bras autour d’elle et la resserra contre lui. Puis, il approfondit leur baiser et sentit Joey se cambrer contre lui et soupirer de plaisir. Il lui caressa la joue et plongea son regard dans le sien.
Pacey : Je crois que ça ira pour aujourd’hui, lui dit-il en caressant ses lèvres de son pouce, le souffle court.
Il déposa un dernier baiser léger sur ses lèvres et lui prenant la main comme il rêvait de le faire, ils continuèrent leur route.
Joey : Bonjour madame Kendall, dit-elle en passant devant une quinquagénaire connue pour aimer rapporter les ragots. Quelle belle journée n’est-ce pas ?
La femme fit un air outré avant de s’éloigner le plus rapidement possible en direction d’un groupe de vieilles femmes et de se mettre à faire des messes basses.
Joey : Elle ne perd pas de temps !
Pacey : On s’en fiche Joey.
Joey : Je suis parfaitement d’accord, répondit-elle en enlaçant ses doigts entre les siens.
Lentement, ils marchèrent jusqu’à la maison de Joey et s’arrêtèrent à quelques mètres.
Pacey : Joey, ton père va forcément être au courant d'ici peu de temps, tu veux que je reste avec toi pour le lui annoncer ?
Joey : Ce n’est pas la peine, je n’ai pas peur de ce que mon père peut penser. Rien ne m’empêchera de sortir avec toi.
Rassuré, il la serra dans ses bras.
Pacey : Si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver.
Joey : Merci.
Pacey l’embrassa tendrement avant de la laisser rentrer à l’intérieur de la maison.


Les bras chargés par des sacs à provisions, Bessie pénétra chez elle et alla directement en cuisine pour déposer sa charge. Elle était épuisée, la journée avait été longue. Elle chercha des yeux Jessy, sa nounou et son fils Alex. D’habitude à cette heure-ci, ils jouaient dans le salon. Et là, il n’y avait aucun bruit dans sa maison, ce n’était pas normal. Elle parcourut les pièces du regard avant de pénétrer dans le salon et de s’arrêter abasourdie sur le seuil. Doug était endormi sur le canapé, Alex tendrement calé sur sa poitrine, endormi lui aussi. Le bras de Doug le retenait contre lui afin de l’empêcher de tomber. Son cœur frissonna, ils formaient tous les deux un tableau magnifique, il y avait bien longtemps qu’elle ne l’avait plus vu. Doug avait toujours été formidable avec son fils et ce dernier l’adorait véritablement. Doug était un homme extraordinaire et pendant leur relation, il s’était vraiment occupé d’Alex comme s’il s’était s’agi de son propre fils. Elle s’approcha silencieusement et sourit attendrie en voyant la petite main de son fils serrer dans celle de Doug. Une larme roula sur sa joue à l’idée de ce qu’elle perdait en tenant Doug délibérément à l’écart de sa vie. Au fond d’elle, elle savait qu’elle l’aimait toujours mais elle ne pouvait pas lui imposer ça. Elle ne pouvait pas lui imposer une femme avec un enfant, surtout une femme que toute sa famille déteste. Si elle était restée avec lui, elle l’aurait coupé du monde et des membres de sa famille. Il méritait mieux que ça, il méritait mieux qu’elle. Sentant une présence, Doug ouvrit les yeux et plongea son regard vers elle.
Doug : Je crois que je me suis assoupi, dit-il avec un petit sourire.
Bessie : C’est l’impression que ça donne en effet, répondit-elle en souriant. Je vais te l’enlever.
Elle se pencha pour récupérer Alex lorsqu’il arrêta sa main.
Doug : Tu permets que je le mette au lit ?
Bessie : Bien sûr, répondit-elle troublée par le contact de sa main et par l’éclat de ses yeux.
Délicatement, il se leva en tenant Alex contre lui. Ce dernier bougea un peu et s’agrippa à Doug en se sentant soulevé dans les airs. Bessie les regarda émue, Alex avait vraiment besoin d’une présence masculine à ses côtés. A cette pensée, elle détourna les yeux, préférant aller s’occuper dans sa cuisine. Doug déposa soigneusement le petit garçon dans son lit et lui ébouriffa les cheveux tendrement avant de remonter la couverture et d’aller rejoindre Bessie. Ce petit moment privilégié avec l’enfant lui avait fait un bien fou. Il adorait ce gosse et ça lui manquait véritablement de ne pas pouvoir partager les moments les plus simples de sa vie. Bessie avait préparé du café.
Bessie : Tu le prend toujours noir avec deux sucres ? demanda t-elle en prenant le soin de ne pas croiser son regard.
Doug : Oui, répondit-il, content qu’elle s’en souvienne.
Un petit silence s’installa entre eux tandis que Bessie les servaient et venait s’asseoir en face de lui.
Doug : Tu as dû être surprise de me retrouver chez toi, dit-il mal à l’aise.
Bessie : En effet oui.
Doug : Jessy a eut un coup de fil important de sa mère qui est malade et elle était très inquiète pour elle. Alors comme elle n’arrivait pas à te joindre, elle m’a appelé. Elle s’est dit que tu n’y verrais pas d’inconvénients. J’espère que ça ne te dérange pas, dit-il gêné.
Bessie : Avec qui pourrait-il être plus en sécurité qu’avec toi, lâcha t-elle avant de se sentir rougir sous le poids du regard de Doug.
Doug : C’est un petit bonhomme formidable et plein d’énergie. Il m’a épuisé, avoua t-il en souriant.
Bessie rigola avec lui et Doug se perdit dans la contemplation de la jeune femme. Il adorait son rire et son sourire. Passé du temps avec Alex avait été aussi salvateur que dévastateur. Car aujourd’hui, il se rendait compte de tout ce qu’il perdait en n’étant pas auprès d’eux. Auprès de ceux qu’il aimait. La phrase de Pacey résonna à ses oreilles « Il n’est jamais trop tard… ».
Doug : Bessie, qu’est-ce que tu dirais si…
Alex se mit à pleurer à cet instant précis.
Bessie : Il faut que j’aille le voir, dit-elle tristement à Doug.
Doug : Je sais.
Elle se leva et alla rejoindre son fils. Elle le souleva dans ses bras et entendit la porte d’entrée se refermer. En soupirant, elle sourit à son fils.
Bessie : Tu as passé une excellente après-midi je parie.
Le petit lui sourit.
Bessie : Il te manque, hein?
Comme semblant comprendre la question, le petit hocha vigoureusement la tête.
Bessie : A moi aussi, murmura t-elle tristement.


Il était tard lorsque Joey revint de la pharmacie. Les lumières de chez elle étaient éteintes, son père n’était pas là apparemment. Elle entra tranquillement et commença à défaire ses paquets pour remplir l’armoire à pharmacie lorsqu’elle entendit du bruit venant d’une des pièces du fond. Apeurée, elle attrapa l’objet lourd le plus proche d’elle. Il y avait quelqu’un chez elle. Et si c’était les deux hommes de la dernière fois ? Cette fois, Pacey ne serait pas là pour la sauver.
Voix : Ah c’est pas vrai entendit-elle maugréer.
Elle reconnue alors la voix de son père et soupira soulagée. Elle marcha jusqu’à sa chambre afin de savoir ce qu’il faisait dans le noir. Une bougie était allumée dans la pièce et la porte était entrouverte. Elle allait entrée lorsqu’elle aperçut quelque chose sur le lit, son sang se glaça dans ses veines. Des larmes commencèrent à dévaler ses joues alors qu’elle devait se faire à la réalité.
Mike : Joey, dit-il en l’apercevant dans l’entrebâillement de la porte.
Joey : Alors c’était vrai, dit-elle la voix brisée par l’émotion.
Mike : Attends ma chérie…
Joey : Ne t’approche pas, le prévint-elle en levant les bras vers lui en signe de dégoût. Comment as-tu pu ? demanda t-elle la colère dans la gorge.
Mike : Ce n’est pas ce que tu crois.
Joey : Pas ce que je crois ??? Alors c’est de la farine qu’il y a dans tes sachets ??? s’exclama t-elle en rage.
Mike : C’est la dernière fois, après j’arrête, dit-il en baissant les yeux.
Joey : La dernière fois ?? Je n’arrive pas à le croire…mon père est un trafiquant de drogue, dit-elle pleine de mépris. J’ai passé des années à te défendre, je me suis dressée devant Pacey, te défendant haut et fort et depuis le début, c’était lui qui avait raison. Oh mon dieu ! dit-elle en sanglotant, je lui ai menti pour quoi ? Pour te sauver toi alors que tu mets notre famille en péril…
Mike : Joey, il faut que tu me comprennes…je ne savais pas quoi faire après la mort de votre mère.
Joey : Alors tu as choisi la voix de l’illégalité, pensant faire ce qu’il y avait de mieux…dit-elle pleine de colère et de haine.
Portant ses mains à son visage, Joey essuya ses larmes du revers de la main.
Joey : Je ne veux plus jamais te voir ! cracha t-elle avant de partir en courant.
Mike Potter s’effondra en larmes. Joey courait dans les rues de Capeside, ses larmes dévalaient le long de ses joues, elle se sentait brisée. Sa vie, sa famille partaient en éclat. Elle avait pensé allait chez Bessie lorsqu’elle tourna dans la rue de chez Doug et tambourina à sa porte. Doug vint lui ouvrir la porte au bout de quelques secondes.
Doug : Joey ? dit-il hébété par l’état de la jeune fille qui se trouvait sur le pas de sa porte. Ca va ?
Joey : Est-ce que Pacey est là ? demanda t-elle en pleurs.
Doug : Il est dans sa chambre, viens.
Joey le suivit. Doug ouvrit la porte fit passer Joey devant lui, Pacey était assit sur son lit, lisant un magazine. Dès qu’il l’aperçut, il se leva et se précipita vers elle.
Pacey : Joey, qu’est-ce qui se passe ?
Incapable de parler, Joey éclata en longs sanglots déchirants. Pacey, totalement anéanti par les pleurs de la jeune fille la serra contre lui le plus qu’il put. Il fit signe à Doug de les laisser et ils restèrent un long moment ainsi, les larmes de la jeune fille semblaient ne pas vouloir s’arrêter.
Joey : Je ne veux pas rentrer chez moi, finit-elle par lâcha entre deux gémissements.
Pacey : Tu vas rester là, viens t’allonger un peu.
Joey s’étendit sur son lit et lui attrapa la main.
Joey : Reste avec moi s’il te plait.
Pacey : D’accord.
Il s’allongea à ses côtés et prit tendrement Joey contre lui. La jeune fille continua longtemps de pleurer. Il ne la questionna pas, il comprit qu’elle ne pourrait pas parler ce soir. Joey avait l’impression que tous les repères de sa vie venaient de s’écrouler. Il ne lui restait plus que Bessie, et Pacey. Mais combien de temps mettrait-il avant de retrouver la mémoire et de lui en vouloir ? Elle tremblait à l’idée de le perdre, elle l’aimait tant.
Joey : Je suis tellement désolée, murmura t-elle en pleurant.
Pacey : Chut Joey, dit-il en la berçant tendrement.
Pacey avait de nombreuses questions aux bords des lèvres mais il les garda pour le lendemain. Peu à peu, il la sentit se calmer et sa respiration se faire plus lente. Il mit très longtemps avant de s’endormir à son tour. Que lui était-il arrivé ? Il avait le pressentiment qu’il s’agissait de son père.

Marjo  (05.09.2004 à 01:02)
Pacey jeta un dernier coup d’œil vers Joey avant de sortir en refermant la porte. Il alla s’asseoir à la table avec son frère et se servit un café.
Doug : Comment va-t-elle ? s’enquit-il.
Pacey : Elle a pleuré une partie de la nuit avant de finalement s’endormir. Je n’ai pas fermé l’œil, dit-il en baillant.
Doug lui sourit. Il trouvait le couple que formaient Joey et Pacey très touchant et mignon. Et il était très fier de la façon dont Pacey s’occupait d’elle.
Doug : Elle t’a dit ce qu’elle avait ?
Pacey : Non et je n’ai pas eu le courage de la forcer à le faire. Elle le fera lorsqu’elle s’en sentira capable.
Doug hocha la tête et se leva lorsqu’il entendit taper à la porte. Ce devait être Bessie, il lui avait téléphoné pour la prévenir que Joey était là afin qu’elle ne s’inquiète pas.
Doug : Bonjour.
Bessie : Où est ma sœur ? demanda t-elle sans préambule.
Doug : Elle dort encore.
Bessie : Que s’est-il passé ?
Doug : Je n’en sais rien, elle est arrivée hier soir en pleurs et elle n’a rien voulu dire à Pacey.
Bessie : Je vais aller la voir.
Doug lui indiqua la pièce du fond. Elle s’y dirigea et trouva Joey endormie. Elle se rapprocha du lit et s’assit à ses côtés. Elle caressa délicatement les cheveux de sa sœur et Joey ouvrit les yeux tout doucement.
Joey : Bessie ?
Joey se redressa surprise, lorsqu’elle regarda autour d’elle, elle se souvint qu’elle était dans la chambre de Pacey et aussi pourquoi elle s’y trouvait.
Joey : Qu’est-ce qu tu fais là ?
Bessie : J’allais te poser la même question ? Et je voudrais aussi savoir pourquoi c’est Doug qui me prévient que tu es chez lui et pourquoi papa ne m’a pas appelée ??
Joey : Ca ne m’étonne pas qu’il n’ait pas osé, dit-elle dédaigneuse.
Bessie : Mais que s’est-il passé avec lui ?
Joey recroquevilla ses jambes contre son corps. Une boule dans la gorge, elle ne se sentait pas la force de tout raconter à Bessie. Comment lui dire que le père qu’elle aime et qu’elle admire n’est un trafiquant de drogue.
Bessie : Joey, s’il te plait ? dit-elle inquiète devant l’air triste de sa sœur, elle ne l’avait jamais vu comme ça auparavant.
Joey : C’est papa.
Bessie : Eh bien, que se passe t-il ? Vous vous êtes disputés au sujet de Pacey ?
Joey : Non !
Bessie : Alors quoi ?
Joey : Ils avaient raison, dit-elle alors que des larmes menaçaient de déferler le long de ses joues.
Bessie : Qui ça ? demanda t-elle perdue.
Joey : Tout le monde. Je l’ai vu. Il avait des sachets de drogue avec lui et il m’a tout avoué.
Bessie : Quoi ... ? dit-elle abasourdie. Mais, mais qu’est-ce que tu dis, non…tu dois te tromper.
Bessie était totalement choquée. Elle n’arrivait pas à croire ce que Joey était entrain de raconter. Leur père était un vulgaire trafiquant de drogue ?
Bessie : Tu dois te tromper ?
Joey : Je l’ai vu, Bessie.
Bessie : Mais tu as pu te tromper, dit-elle les larmes aux yeux.
Joey : Il me l’a dit. Je suis désolée, dit-elle en serrant sa sœur dans ses bras.
Joey et Bessie pleurèrent dans les bras l’une de l’autre pendant quelques instants. A bien y réfléchir, cela expliquait beaucoup de choses. Bessie se sentait blessée et trompée. Elle ignorait ce qu’elle ferait lorsqu’elle se retrouverait en face de lui.
Joey : Il faut que j’aille en cours, dit-elle en se levant. Ca va aller ?
Bessie : C’est plutôt à moi de te demander ça, c’est moi l’aînée je te le rappelle.
Joey : Oui, mais moi j’ai eu plus de temps pour digérer la nouvelle.
Bessie : Ca va aller.
Joey : Alors à tout à l’heure.
Bessie hocha la tête et Joey sortit rejoindre Pacey.
Joey : On peut y aller maintenant ?
Pacey : Bien sûr.
Elle le prit par la main et l’entraîna avec elle. Elle avait besoin d’air frais. Doug débarrassa la table, s’attendant à voir surgir Bessie derrière sa sœur mais rien, elle ne sortait pas. Surpris, il alla la rejoindre et la trouva la tête enfouie dans les mains, en pleurs. Qu’arrivait-il à cette famille ?
Doug : Bessie ? dit-il en venant s’accroupir auprès d’elle.
Bessie : Excuse-moi, je vais te laisser dit-elle vivement en se levant et en sortant de la pièce.
Doug la rattrapa dans le salon.
Doug : Attends un peu, il est hors de question que je te laisse partir dans cet état.
Eclatant en sanglot, Bessie alla se réfugier dans les bras de Doug. Celui-ci, ravi de pouvoir lui servir d’épaules, la serra tendrement contre lui.
Doug : Vas-y, si ça peut te faire du bien.
Il la sentit prête à s’écrouler d’une minute à l’autre, mais que se passait-il bon sang ! Bessie pleura longtemps, avant de relever les yeux vers lui et qu’il lui essuie ses larmes. Malgré son trouble et sa peine, elle se sentait bien dans ses bras, elle s’était toujours sentie bien avec lui.
Doug : Est-ce que tu vas te décider à me dire ce qui se passe ? lui demanda t-il d’une voix douce. Non pas que je n’apprécie pas de t’avoir dans mes bras, ajouta t-il avec un petit sourire, mais j’aimerais savoir ce qui te contrarie autant.
Elle ne pouvait pas, non, elle ne pouvait pas dire à Doug ce que Joey venait de lui apprendre. Il était flic et il aurait été obligé de mettre son père en prison.
Bessie : Je ne peux pas Doug.
Doug : Bessie…,insista t-il doucement. Comment veux-tu que je réagisse quand la petite amie de mon frère arrive chez moi en pleurs et qu’après avoir discuté quelques minutes avec la femme que j’aime celle-ci fonde en larme ?
De nouvelles larmes glissèrent le long des joues de Bessie, mais cette fois, ce n’était plus à cause de son père mais à cause des mots prononcés par Doug.
Bessie : La femme que tu aimes ?
Doug : Aie…,dit-il avec un petit sourire charmeur. J’ai dit ça tout haut ?
Bessie : Oui, dit-elle en souriant.
Doug : Ca doit probablement être vrai alors.
Bessie : Je t’aime toujours aussi, lui avoua t-elle d’une voix tremblante.
Doug soupira de bonheur avant de plonger son regard dans le sien.
Doug : Mais est-ce que tu m’aimes assez pour ne plus me quitter ?
Bessie : Je t’en fais la promesse. J’ai besoin de toi Doug.
Lentement, il descendit vers ses lèvres et les effleura avant d’en prendre totalement possession. Il avait attendu ce moment depuis tellement longtemps.


Pacey était entré dans une épicerie chercher quelque chose à manger pour Joey. Elle n’avait pas pris de petit déjeuner. Elle n’avait pas faim, mais il tenait à ce qu’elle avale quelque chose. Elle avait préféré l’attendre dehors. Ils n’avaient pas encore parlé de la veille mais il espérait qu’elle le ferait le ventre plein. Il paya son sachet de biscuits et sortit la rejoindre. Sur le seuil du magasin, il entendit une discussion plutôt animée à l’extérieur, il se pencha et aperçut deux hommes avec Joey. Elle ne semblait pas apprécier leur compagnie. Il allait la rejoindre lorsqu’il entendit l’un des types parler.
Gars : Papa ne va pas pouvoir faire grand-chose pour toi…
Joey : Laissez-moi ! s’énerva t-elle.
Pacey sentit une douleur lui vrillait le crâne, un flash défila sous ses yeux. « …Joey était aux prises avec un homme à l’air louche... » Il secoua la tête et l’image disparut, qu’est-ce que cela signifiait ? Il allait bouger lorsqu’un l’un des gars posa ses mains sur Joey, il fut immédiatement plongé dans un flash à nouveau, « …Joey se débattant avec un type et lui marchant dans les environs… » Il porta une main à sa tête. La douleur s’intensifiait.
Joey : Lâchez-moi ! hurla-t-elle alors que l’un des deux hommes posait une main sur son bras.
« …Lui marchant vers elle…il y avait quelque chose à terre…il baisse les yeux….Mike ? C’était Mike Potter….la bagarre…..le couteau…. ». En sueur, Pacey rouvrit les yeux. Le visage éteint, il marcha vers Joey et les deux gars.
Gars : Eh salut Witter ! s’écria t-il en le reconnaissant.
Pacey : Barrez-vous ! leur ordonna-t-il.
Gars : Depuis quand on ne peux plus jouer un peu avec elle ? dit-il surpris.
Pacey : Depuis que je te le dis, lui dit-il avec un regard glacial.
Les deux gars disparurent instantanément.
Joey : Merci Pacey dit-elle reconnaissante.
Il se tourna vers elle et lui jeta le même regard qu’il venait de porter sur les deux intrus. Le sang de Joey se glaça dans ses veines.
Pacey : Comment va ton père ? Ces brutes ne lui ont pas fait trop de mal apparemment, lâcha t-il glacial.
Joey recula d’effroi en portant sa main à sa bouche. En soupirant, Pacey fit demi-tour et commença à partir. Joey ne savait pas quoi faire et courut derrière lui en le rattrapant par le bras.
Joey : Pacey, attends je t’en prie, laisse moi t’expliquer.
Pacey : J’ai l’impression que c’est clair. Au-delà du fait que tu aies menti à la police pour couvrir les méfaits de ton père, tu m’as menti à moi !
Et c’est ça qui faisait le plus mal. Il croyait en elle, en ce qu’elle disait et depuis le début, elle lui mentait. Il détourna son regard d’elle, incapable de la regarder plus longtemps.
Joey : Il faut que tu me pardonnes, dit-elle en pleurant. C’était mon père….
Il lutta contre le désir de la prendre contre lui pour effacer son chagrin, comme il l’avait fait cette nuit.
Pacey : Tu as fait ce que tu devais faire, Joséphine, à moi d’en faire autant.
Il partit sans un regard, laissant Joey glacée jusqu’aux os. Non par le fait qu’il allait probablement courir voir son père et faire arrêter le sien pour un long très long interrogatoire, mais il l’avait appelée Joséphine. Preuve que tout était redevenu comme avant. Le vague espoir qu’elle avait de construire avec lui quelque chose de beau s’éteignit.


Pacey consulta sa montre pour la dixième fois depuis une heure, assis sur un banc, il fixait le commissariat d’en face. Il n’avait pas encore osé pénétrer à l’intérieur. Il avait pourtant de quoi donner à son père une occasion de plus d’interroger Mike Potter et pourquoi pas de le mettre en accusations pour avoir caché des éléments essentiels dans une enquête policière. John Witter en serait ravi. Pacey soupira tristement. La seule chose qui le retenait de le faire était Joey. Oh mon dieu ! se dit-il en frissonnant. Comment avait-il pu tomber amoureux aussi complètement et totalement de cette fille ? Mais il était malheureusement obligé de faire se terrible constat, il l’aimait. Joey était une fille douce et gentille et quand on la connaissait bien, on savait bien qu’elle n’avait rien à voir avec son père, dont il était sûr maintenant qu'il était trafiquant. Mais elle lui avait menti se rappela t-il douloureusement, elle ne lui avait pas fait suffisamment confiance pour tout lui dire. Et cela, était une véritable trahison pour lui qui avait placé cette histoire sous le signe de la confiance. Il pensait pouvoir se fier à elle pour se retrouver, mais il s’était trompé. Aujourd’hui, il ne lui devait rien. Lentement, il se leva et traversa le trottoir. Il ouvrit la porte avant de la refermer en râlant. Il ne pouvait pas faire ça ! Bien décidé à faire pourtant quelque chose, il se dirigea d’un pas décidé vers une maison un peu à l’écart de la ville. Mike Potter vint lui ouvrir la porte.
Pacey : Il faut qu’on parle, dit-il en pénétrant dans la maison sans lui demander son avis.
Mike : Pour qui te prends tu ?
Pacey : Pour celui qui pourrait aller voir son père et lui dire que vous étiez là le soir où j’ai reçu ce coup de couteau en aidant votre fille parce que vous étiez trop inconscient pour le faire vous-même.
Mike ravala sa salive. Ce jeune homme avait l’air de vouloir parler, et ne se sentez pas en position de ne pas l’écouter.
Mike : Très bien, dis ce que tu as a dire.
Pacey : Je n’arrive pas à croire que vous puissiez faire ça à votre famille ? s’écria t-il en colère. Joey a toujours fait ce qu’elle a pu pour vous soutenir et vous défendre.
Mike : Contre des gens comme toi, lâcha t-il glacial.
Pacey : Contre des gens comme moi en effet, avoua t-il sans grande fierté. Mais tout cela est uniquement de votre faute. Si vous aviez choisi une vie plus saine, rien de tout cela ne serait arrivé et aujourd’hui, Joey pourrait avoir une vie sans ombre et sans rature. Elle n’aurait pas besoin de baisser la tête lorsqu’elle marche dans la rue.
Mike : Je ne vois pas en quoi tout ça te regarde.
Pacey : Ca me regarde quand je passe la nuit à consoler une fille qui semble ne plus pouvoir s’arrêter de pleurer ! s’écria t-il en colère. Je suppose qu’elle a tout découvert ?
Contrairement à ce qu’il pensait auparavant, il était sûr que Joey n’était pas au courant des activités de son père.
Mike : Elle était chez toi, souffla t-il soulagé. Comment va-t-elle ?
Pacey : A votre avis ?
Mike : Je ne voulais pas faire ça, dit-il en s’effondrant sur une chaise. Je n’ai jamais voulu faire de mal à ma famille. Je voulais ce qu’il y avait de mieux pour mes filles mais je ne sais pas comment faire….
Pacey l’observa incrédule. Il n’était plus l’homme qui menait sa vie à la déroute mais un père qui souffrait d’avoir fait du mal à ses enfants. Subitement, une faille se créa en lui et toute la colère et la haine qu’il éprouvait pour lui s’évanouirent. Il prit une profonde inspiration et s’assit à côté de lui.
Pacey : Qu’est-ce que vous comptez faire ?
Mike : Pacey, pourquoi es-tu ici plutôt que d’être entrain de tout raconter à ton père? Visiblement tu as retrouvé toute ta mémoire et tu dois avoir une féroce envie de me dénoncer.
Pacey : C’était effectivement ma première idée.
Mike : Qu’est-ce que t’en empêches ?
Pacey : Joey, dit-il rapidement sans s’attarder sur le sujet. Ecoutez, je ne sais pas ce que vous avez l’intention de faire, mais je vous laisse deux jours pour prendre votre décision. Et la bonne si possible. Au delà de ça, j’irais voir mon père. Je connais la description de ses hommes et si on peut les relier à vous ce n’est pas de ma faute.
Sur ce, il quitta la pièce, laissant Mike seul réfléchir. Brusquement ce dernier releva la tête, la dernière phrase de Pacey lui revint en mémoire « Je connais leur description », il la relia immédiatement à ce qu’avait dis Tuck. Sur le coup il n’y avait pas fait attention mais maintenant, tout était clair. Il avait dit que Joey ne craignait rien elle. Elle. C’était bien qu’il en avait après quelqu’un, et ce quelqu’un, ce ne pouvait être que Pacey. Ils avaient l’intention de s’en prendre à lui.


Jen : Joey ?
Le visage baigné par les larmes, Joey releva les yeux vers Jen. Apeurée par la détresse de cette dernière, Jen s’assit à côté d’elle sur le banc.
Jen : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Joey : Pacey a retrouvé la mémoire, lui annonça t-elle.
Jen : Ne me dis pas qu’il t’a quitté ??? s’exclama t-elle indignée.
Joey : C’est de ma faute, dit-elle d’une voix sans timbre, je n’aurais pas dû croire en cette histoire.
Jen : Mais tu avais toute les raisons d’y croire et je ne comprends pas comment il a pu faire ça ! Quel salop !
Joey : Jen, ne lui en veux pas.
Jen : Comment ça ne pas lui en vouloir, bien sûr que je lui en veux, regarde dans quel état tu es !
Joey : C’est de ma faute je te dis, Pacey n’y est pour rien.
Jen la regarda d’un air triste.
Jen : J’ai l’impression que tu es sérieusement tombée amoureuse de lui.
Les larmes de Joey réapparurent aux coins de ses yeux. Elle souffrait terriblement de la perte de Pacey. Jen avait raison, elle l’aimait vraiment.
Joey : Quelle idiote je fais ! s’insurgea t-elle. Il y a encore quelques jours, je criais sur tous les toits à quel point je le haïssais et aujourd’hui qu’il n’est plus dans ma vie…
Jen lui passa affectueusement un bras autour de ses épaules.
Jen : Qu’est ce que tu comptes faire ?
Joey : Que veux tu que je fasse ? dit-elle impuissante.
Jen : En tout cas moi, je ne vais pas me priver pour lui dire ce que j’en pense.
Joey : Non, je t’en prie….
Jen : Oh si !
Joey : Jen, ça ne servirait à rien et ça ne ferait qu’envenimer les choses.
Jen : Très bien…
Elle se promit pourtant d’avoir une conversation avec Pacey.


L’esprit ailleurs, Pacey marchait dans les rues de capsides. Il ne savait plus quoi faire ni où aller. Il avait l’impression étrange de ne plus faire partie de cette ville. Comme-ci son amnésie l’avait projeté dans un autre monde et que maintenant qu’il se souvenait de tout, il n’arrivait plus à retrouver sa place. Il n’était pas facile de se retrouver dans la peau d’un garçon amoureux d’une fille qu’il n’aimait pas, mais alors pas du tout 8 jours auparavant. Mais il était bien forcé de reconnaître qu’il était amoureux d’elle, que chaque parcelle de son corps avait envie d’être près d’elle. En soupirant, il réalisa à quel point il aimait Joey Potter. Un frisson lui parcourut le corps lorsqu’il revit l’image de Joey aux prises avec les deux malfrats. Il revoyait clairement la scène maintenant. Tout comme il revoyait clairement le père de Joey, allongé par terre. Toutes ces années, il avait eu raison. Mike Potter était bel et bien un trafiquant de drogue. Mais il s’était aussi trompé sur une chose, Joey n’en savait rien. Elle vivait malgré elle avec un homme qui lui mentait et mettait sa vie en danger. Il était triste pour elle, inquiet aussi. Qu’allait-il se passer lorsque tout le monde saurait pour son père, parce qu’il ne fallait pas se leurrer, on ne pouvait pas toujours éviter les retombés. Une sourde colère se fit en lui, malgré les sentiments qu’il éprouvait pour elle cela ne lui faisait oublier en rien qu’elle lui avait menti. Il avait la sensation désagréable qu’elle avait joué avec lui. Qu’elle s’était rapproché de lui uniquement pour être sûr qu’il ne se rappellerait rien de cette fameuse soirée.
John : Salut fiston.
Pacey leva les yeux vers son père qui se tenait devant lui.
Pacey : Bonjour papa, répondit-il sans entrain.
John : Quelque chose ne va pas ?
Pacey : Tout va bien.
John : Je ne pense pas non. Ou alors je ne voudrais pas voir ta tête quand ça va mal.
Pacey : Je me souviens de tout papa, dit-il tranquillement. Le jour de mes cinq ans, la rentrée scolaire au collège, la raclée que j’ai eu lorsque j’ai piqué le porte monnaie de tante Edna…
John : Pacey, c’est formidable dit-il en le serrant dans ses bras. Comment s’est arrivé ?
Pacey : Un événement moteur a déclenché ma mémoire, c’est tout.
John : Et tu dois sûrement te rappeler aussi le soir de l’accident alors. Tout s’est passé comme Joséphine Potter l’a dit ?
Pacey : C’est ce qui est le plus important pour toi hein ? dit-il agacé. Que je puisse te fournir une information compromettante sur Mike Potter.
John : Parce qu’il y en a bien une n’est-ce pas ? demanda t-il plein d’assurance.
Pacey plongea son regard dans le sien, il y vit le plaisir évident qu’il prendrait à arrêter le père de Joey, il imagina sans mal la peine de celle-ci s’il le faisait.
Pacey : Non dit-il en soupirant, tout s’est passé comme Joey l’a raconté.
John : Tu en es bien sûr ? insista t-il en le regardant intensément.
Pacey voyait bien que son père ne le croyait pas mais il n’avait pas la force de faire ça à Joey.
Pacey : Certain.
John Witter ragea de frustration. Il attendait tellement de Pacey et de ses souvenirs.
Pacey : Pourquoi tant d’acharnement ?
John : De quoi tu parles ?
Pacey : De Mike Potter et de ton obsession à vouloir lui faire payer votre passé.
John hoqueta de surprise. Il ignorait que Pacey était au courant.
John : Qu'est-ce que tu sais de ce qu’il a bien pu se passer entre lui et moi ?
Pacey : Tout, Doug m’a tout raconté. Je sais que tu aimais Liliane Potter et qu’elle a préféré Mr Potter. Que lui et toi étiez les meilleurs amis du monde jusqu’à cette décision.
John : C’était il y a bien longtemps, dit-il en évitant son regard.
Pacey : Ca n’est pas si loin que ça. Sinon, tu ne lui en voudrais pas autant aujourd’hui. Mais que regrettes tu ? De ne pas avoir eu la fille ou d’avoir perdu l’ami ?
Surpris, John releva les yeux vers son fils.
Pacey : Papa, arrête de vivre dans un passé qui te ronge. N’aimes-tu pas maman ? Tes enfants ? Passes-tu ton temps à rêver à la vie que tu aurais pu avoir avec une autre ? Tu ne crois pas que ça suffit, souffla t-il. Il est temps d’arrêter tout ça…
En soupirant, Pacey détourna les talons et le laissa seul. Choqué par les propos de son fils, John avança vers le banc le plus proche et prit appui dessus.


Allongé derrière Bessie, Doug la tenait tendrement blottie contre lui. Ils venaient de faire l’amour et cela leur avait paru plus intense et plus sensuel qu’auparavant. Peut-être était-ce du à tout ses long mois de séparation. Il l’embrassa dans le cou et l’entendit soupirer de bonheur
Bessie : Ca m’a manqué, murmura t-elle.
Doug : Et moi donc !
Bessie : On a grillé toutes les étapes, dit-elle en rigolant.
Doug : C’est certain, répondit-il en l’embrassant tendrement.
Bessie lui caressa la joue et plongea son regard dans le sien. Rivés l’un à l’autre, ils étaient coupés du monde, l’intensité du moment leur donnait des frissons.
Bessie : Il faut qu’on parle je crois.
Doug : Moi aussi.
Bessie&Doug : Je suis désolé, dirent-ils en chœur avant d’éclater de rire.
Bessie : Moi d’abord si tu veux bien. Je m’en veux pour avoir laissé nos familles influer sur notre relation. J’aurais dû me concentrer sur ce que je ressentais pour toi et non sur ce que nos pères pouvaient dire ou penser.
Doug : Tu étais une jeune mère et tu ne voulais pas de conflit autour de ton enfant.
Bessie : Ce n’était pas une raison ! J’étais aussi une femme amoureuse et j’aurais pu, j’aurais dû concilier les deux.
Doug : Non, c’est de ma faute, je n’aurais pas dû te faire peur en parlant mariage.
Bessie : C’est vrai que me marier avec toi aurait été une grande étape.
Doug : Pour moi aussi, dit-il avec un sourire empli de tendresse. Mais tu sais que je t’aime et que j’aime Alex. Je suis prêt à être un père pour cet enfant et un mari pour toi. Je ne souhaite pas te faire peur encore une fois mais tu dois savoir que j’ai l’espoir fou que tu m’épouse un jour. Alors quand tu te sentiras prête à me donner une réponse, je serais là. En attendant, je te propose de vivre notre relation sans nous prendre la tête.
Bessie : C’est une bonne idée, dit-elle encore troublée par sa proposition. Prenons notre temps.
Tendrement, Doug se pencha pour l’embrasser. Ils furent dérangés par la porte qui claqua dans l’entrée. Surpris, Doug enfila son caleçon et alla voir.
Doug : Pacey ? dit-il surpris.
Pacey : Salut Doug, dit-il tête baissée.
Doug : Quelque chose ne vas pas.
Pacey : Non, tout va bien dans le meilleur des mondes, ironisa-t-il.
Doug : Joey n’est pas avec toi ? Comment va-t-elle ?
Pacey : J’en sais rien, répondit-il un peu froid.
Doug : Il s’est passé quelque chose avec elle ? demanda-t-il un peu surpris.
Pacey détourna la tête, mal à l’aise.
Doug : Pacey ? insista-t-il. Je croyais que vous sortiez ensemble, tu devrais savoir où elle est vue l’état dans lequel elle était ce matin.
Pacey : Désolé, je ne sors pas avec une menteuse, ni avec la fille d’un trafiquant de drogue.
Surpris, les deux hommes se retournèrent vers Bessie qui sortait de la chambre. Troublée, elle resta dans l’embrassure de la porte, le regard gêné.
Bessie : Je crois que ton petit frère est de retour, finit-elle par lâcher. Je ferais mieux d’aller voir ma sœur.
Elle attrapa son sac et se dirigea vers la sortie.
Doug : Bessie, attends…
En quelques enjambé il la rejoignit.
Doug : On se voit plus tard ?
Bessie : Bien sûr, dit-elle en esquissant un sourire.
Doug l’embrassa avant d’aller rejoindre son petit frère, qui mal à l’aise piétinait d’un pied sur l’autre.
Pacey : Je suis désolé, je …
Doug : Tu quoi ? Qu’est-ce que tu voulais faire ?
Pacey : J’en sais rien, s’énerva t-il.
Doug : Pacey, parle-moi, explique-moi ce qui s’est passé.
Pacey : Je n’ai pas envie d’en parler !
Sur un coup de tête, il ressortit précipitamment. Il avait besoin d’un peu d’air frais.


Instinctivement, il savait que ça se passerait ce soir. Il les connaissait assez bien pour savoir comment ils agissaient. Une fois leur projet monté, ils ne laissaient pas passer beaucoup de temps avant de passer à l’action. Et puis, Pacey s’était joué d’eux, chose que Gabe devait avoir du mal à supporter. Il avait passé des heures à réfléchir à ce qui était le mieux à faire. Pour lui, mais aussi pour sa famille. Pour Joey. S’il les laissait faire, Pacey ne pourrait plus nuire à sa vie, mais Joey ne s’en remettrait peut-être jamais. Et puis, il avait fini par comprendre qu’il n’y avait pas trente six choses à faire, il s’agissait de la vie d’un jeune garçon de seize ans. Il était allait voir discrètement si Pacey était chez lui, mais remarquant la seule présence de Doug, il arpentait les rues de capside à sa recherche. Un pressentiment lui disait qu’il fallait qu’il le retrouve vite. Lorsqu’il entendit des bruits dans une ruelle peu avenante, il s’y précipita aussitôt.
Pacey : Lâchez-moi, ordonnait-il.
Mike reconnut sa voix.
Gabe : Espèce de sale petit connard. Tu crois vraiment que je vais te laisser tranquillement filer ?
Pacey : Ecoutez, je n’ai rien dit à la police et je n’ai pas l’intention de le faire, ne m’y obligez pas, leur dit-il méchamment.
Gabe éclata de rire, un rire sonore et malfaisant.
Gabe : Tu entends Tuck, c’est que j’en aurais presque peur.
Tuck : Oh merde, je crois que je fais dans mon froc !
Gabe regarda son complice avec un sourire entendu. Il resserra son étreinte du col autour du cou de Pacey
Gabe : Maintenant petit, tu vas me dire exactement ce que les flics savent.
Pacey : Rien. Ils ignorent jusqu’à votre signalement.
Gabe : Je ne te crois pas, cracha t-il à quelques centimètres du visage de Pacey.
Pacey : Je vous dis la vérité.
Mike : Foutez lui la paix, intervint-il en entrant dans la lumière, c’est moi que vous voulez pas lui.
Gabe : Tu te goures Potter, je vous veux tous les deux.
D’un crochet du droit, il cogna Pacey et l’envoya valser à terre avant de se tourner vers Mike.
Gabe : Depuis quand tu joues les héros pour le fils du shériff ?
Pacey tenta de se relever mais Tuck lui asséna un vilain coup de pied à l’estomac qui le fit lourdement retomber sur le sol.
Tuck : Toi tu bouges pas !
Mike esquissa un mouvement vers Pacey qui crachait un filet de sang mais Gabe fit un pas pour l’empêcher de passer.
Gabe : Tu n’imagines pas depuis combien de temps j’attends ce jour.
Mike : Moi aussi, lui dit-il en le dévisageant. Je vais te faire payer ce que tu as fait à Joey.
Gabe : Viens, lui dit-il en lui faisait signe avec les mains d’avancer.
Mike ne se fit pas prier et une bagarre éclata entre les deux hommes, bien qu’aucun n’avait l’air d’avoir l’avantage, Tuck ne se gênait pas pour administrer quelques coups lui aussi. Pacey, impuissant, restait cloué au sol, une main posée sur son ventre. Il avait probablement des côtes cassées. Gabe réussit à faire tomber Mike par terre et sortit un revolver qu’il dirigea vers les deux hommes.
Gabe : Je pense qu’il est temps d’en finir. Deux pour le prix d’un, dit-il en souriant à Tuck.
Il était entrain de viser, lorsque des sirènes de police retentirent et envahirent la ruelle. Paniqués, Gabe et Tuck recherchèrent autour d’eux un moyen de s’échapper. Mais rien, c’était un cul de sac. Dos au mur, ils levèrent les mains et des policiers vinrent leurs passer des menottes. John Witter se précipita vers son fils qu’il aida à se relever.
John : Ca va ?
Pacey : J’ai connu des jours meilleurs, dit-il en se relevant péniblement.
John : Ca va aller, lui promit-il en le soutenant.
Il allait l’entraîner avec lui lorsque Pacey se retourna vers Mike.
Pacey : Qu’est-ce qui va se passer ? Pour lui, lâcha t-il.
Les regards de John et Mike se croisèrent. Il n’y avait plus rien dans leurs yeux, la rancune passée s’était comme évanouie.
John : Il nous a permis de procéder à l’arrestation de deux personnes accusées de tentative d’homicide. Il n’y a rien de plus à dire.
Hébété, Pacey regarda Mike, alors c’était lui qui avait prévenu les flics ? En tout cas, il lui devait la vie. Puis il regarda son père, il était…différent. Et puis surtout, il n’avait pas l’air de vouloir inclure Mike dans la procédure. Avait-il décidé d’abandonner sa petite vendetta ? Apparemment, oui. Une vague de soulagement s’empara de lui. Son père passa un bras autour de ses épaules et l’entraîna vers sa voiture avant de se retourner vers Mike qui se relevait.
John : Mike ?
Ce dernier releva la tête vers lui.
John : Merci, lui dit-il sincère.
Mike : Il n’y a pas de quoi.
Tout deux hochèrent la tête en esquissant un léger sourire. Puis Mike regarda Pacey et son père disparaître dans la nuit. Pour la première fois depuis des années, Mike se sentit léger, comme soulagé d’un énorme poids. Il s’en était toujours plus ou moins voulu de la tristesse qu’il avait causée à son meilleur ami. Ce soir, il avait l’impression que celui-ci lui avait pardonné.


Dawson déambulait dans les couloirs de l’hôpital, il était comme absent. Lui et sa mère venaient d’accompagner son père à l’hôpital car il venait d’avoir un malaise. Gail était restée avec lui mais lui avait ressenti le besoin de marcher un peu. Pourquoi son père ne lui avait pas parlé de ses vertiges et de ses maux de tête ! Il lui en voulait d’avoir gardé ça pour lui ! Cela avait probablement empiré son état de ne pas prendre les choses aux sérieux. En colère, il frappa contre le mur. Son père allait devoir subir toute une batterie de nouveaux examens. Il allait porter un second coup lorsqu’il entendit une voix familière.
Pacey : Aïe !
Surpris, il se laissa guider par le son de la voix et finit par tomber sur Pacey dans une chambre, où assis, une infirmière lui bandait le torse.
Dawson : Pacey ?
Pacey : Dawson ? dit-il surpris.
Dawson : Que s’est-il passé ?
L’infirmière sortit en refermant la porte derrière elle.
Pacey : Mauvaise rencontre, dit-il en balayant ce détail. Mais heureusement, elle se finit mieux que la première fois. Mais et toi, qu’est-ce que tu viens faire dans un hôpital à cette heure. Je croyais que tu n’aimais pas l’ambiance de cet endroit à ces heures tardives.
Dawson : Mon père a eu un malaise.
Pacey : Je suis désolé.
Dawson baissa la tête tristement avant de lever les sourcils vers Pacey.
Dawson : Comment tu te rappelles que je n’aime pas les hôpitaux le soir ? Tu as retrouvé la mémoire ? s’exclama t-il devant le regard de Pacey.
Pacey : Ouais, et c’est pas une des meilleures choses que j’ai faites ! lâcha t-il froidement.
Dawson : Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
Pacey posa un regard triste et las sur son meilleur ami, Dawson comprit qu’il s’était passé quelque chose d’important.
Dawson : Joey ?
Pacey : On est plus ensemble non si c’est ce que tu veux savoir.
Dawson : Pacey, soupira t-il…pourquoi ?
Pacey : Je ne dois pas être doué pour ça.
Dawson : Tu ne vas pas me dire que ce que tu ressentais pour elle avant a la priorité sur ce que tu ressens maintenant.
Pacey : Disons que c’est différent et que ça se confond.
Dawson : Je comprends que tu aies eu peur, mais tu avais l’air amoureux d’elle.
Pacey : Je crois que je le suis, lui avoua t-il en relevant les yeux vers lui.
Dawson y vit une profonde tristesse et une grande confusion. Pacey était en proie à un terrible bouleversement.
Dawson : Pacey, tu as sûrement l’impression que tes sentiments pour elle ont été floués par ta perte de mémoire mais les siens sont bien réels et je refuse de te voir jouer avec elle. Elle ne mérite pas ça.
Pacey : Il n’y a pas que ça Dawson, soupira t-il, tu ne sais pas tout.
Il aurait voulu lui expliquer et avoir son avis, mais cela revenait à lui avouer que le père de Joey était un trafiquant de drogue. C’était à Joey de le lui dire, pas à lui.
Dawson : Pacey, je t’ai bien observé lorsque tu étais avec Joey, et je ne t’ai jamais vu si heureux. Ne rejette pas çà. Pas sans y avoir bien réfléchi.
Pacey baissa les yeux avant d’hocher la tête. Il y réfléchirait, de toute façon, il y serait bien obligé, il allait voir Joey dès demain au lycée.
Bessie : Ca va ma puce ? lui demanda t-elle en lui caressant les cheveux.
Allongée sur son lit, Joey venait de pleurer toutes les larmes de son corps. Epuisée, elle était recroquevillée sur elle-même.
Joey : Tout est de ma faute Bessie.
Bessie : Pourquoi tu dis ça ?
Joey : Je n’ai voulu voir que le Pacey que j’avais sous les yeux. J’ai délibérément oublié celui qu’il était.
Bessie : Joey, tu es tombée amoureuse. Tu as juste suivie ton cœur.
Joey : Et regarde où ça m’a mené.
Triste pour elle, Bessie lui caressa la joue.
Bessie : Tout peut encore s’arranger.
Joey n’y croyait pas, elle n’oubliait pas une parole que Bessie avait dite, « il faut croire que la rancune est tenace chez les Witter » et connaissant la haine que Pacey avait encore à son égard, il était fort probable qu’il ne lui pardonne jamais. Bessie l’embrassa en remontant la couverture sur elle et sortit en refermant doucement la porte derrière elle.
Doug : Comment va-t-elle ? s’enquit-il lorsqu’elle revint dans la salle.
Bessie : Pas terrible.
Doug : Je suis désolé, dit-il en la prenant dans ses bras.
Bessie : Ce n’est pas ta faute.
Doug : Oui, mais c’est mon petit frère. J’aimerais pouvoir faire quelque chose…
Bessie : Cette histoire est entre Joey et Pacey, c’est à eux d’arranger les choses.
Doug : Tu as sûrement raison.
Bessie : J’ai toujours raison chéri, lui dit-elle en lui faisant un sourire malicieux.
Doug : Il faudra que je m’en souvienne, lui dit-il en l’enlaçant.
Tendrement, il l’embrassa et Bessie ne put retenir un gémissement de satisfaction.
Bessie : Je me sens coupable de me sentir tellement bien alors que ma petite sœur va si mal.
Doug : Je comprends mais on a eu notre lot de problème nous aussi alors ça me déculpabilise, lui dit-il en souriant. Et puis, je compte bien faire entendre raison à mon petit frère.
Bessie : Doug, dit-elle réticente à l’idée d’entamer cette conversation…pour mon père…
Doug : Bessie dit-il en posant un doigt sur ses lèvres pour l’arrêter. Mon père n’a rien fait, et je m’en tiens à sa décision.
Bessie : Merci lui dit-elle touchée.
Les larmes aux yeux, elle l’embrassa avant de se blottir dans ses bras où elle se sentait extrêmement bien. Alex se mit à pleurer à ce moment là.
Doug : Je peux y aller ? lui demanda t-il avec un petit air mourant d’envie.
Bessie : Bien sûr.
Elle le regarda partir vers la chambre de son fils. C’était une des choses qui lui avait manqué le plus, toute l’attention et la tendresse que Doug portait à son fils. Des fois, elle regrettait qu’il ne soit pas de lui.


Assise dans un coin, Joey ne pouvait s’empêcher d’observer Pacey. Elle l’avait évité toute la matinée et cela n’avait pas l’air de le déranger au contraire. Il discutait avec un des élèves du lycée et n’avait pas l’air très affecté par leur séparation. Ca lui brisait le cœur de voir avec quelle indifférence il traitait ce qu’il s‘était passé entre eux. Mais ce qui lui faisait le plus mal était de ressentir toujours autant d’attirance envers lui. Elle aurait dû lui en vouloir, être en colère mais rien. Au lieu de ça, elle lui trouvait des excuses. C’était elle qui lui avait menti, elle qui l’avait induit en erreur. Il n’y avait pas de doute, elle était bel et bien amoureuse de lui. Une larme glissa le long de sa joue.
Jack : Salut.
Joey : Salut, répondit-elle un peu surprise. Tu es le nouveau serveur que ma sœur a engagé non ?
Jack : Oui, acquiesça t-il ravi qu’elle se souvienne de lui. Ca n’a pas l’air d’aller ?
Joey : Si ça va, mentit-elle.
Au loin, Pacey avait bien remarqué la présence de la jeune fille et l’observait parler à ce garçon qu’il n’avait encore jamais vu par ici. Le connaissait-elle ? Ou alors était-il un opportun ? Un mâle en quête d’une jeune proie facile ? Un sentit une pointe de colère montait en lui.
Jen : Il faut qu’on parle, dit-elle en se plantant devant lui les mains sur les hanches.
Pacey : Oh là ! Je vais avoir le droit à un sermon, il vaut mieux que tu nous laisses, dit-il au type en face de lui.
Jen : Très drôle !
Pacey : Jen, je…
Jen : Tu permets, c’est moi qui parle !
Surpris, Pacey ravala ses explications et posa sur elle un air tout attentif.
Jen : Je commence à en avoir assez de voir cet air triste sur le visage de Joey et de savoir que c’est ta faute.
A ces mots, le jeune homme se rembrunit.
Jen : Je pense que ton vrai problème est que tu te retrouves en face de tes actes et de ses conséquences bien plus tôt que tu ne le croyais. Te voilà amoureux, parce que je pense que tu l’es, dit-elle sûre d’elle, d’une fille que tu as persécuté toute ta vie. D’une fille dont tu as tout fait pour que sa vie soit un enfer. Et savoir qu’elle est amoureuse de toi malgré tout cela te gêne peut être ? Et bien, je vais te dire, je trouve que cela est bien fait pour toi !
Pacey : Merci, dit-il glacial mais conscient qu’il l’avait réellement cherché.
Jen : Joey est une fille adorable et elle mérite mieux qu’un garçon incapable d’affronter ses actes.
Pacey : J’en prends bonne note, dit-il en enfouissant ses mains au fond de ses poches.
Jen : A moins bien sûr qu’il soit sincèrement amoureux d’elle et qu’il se dépêche de lui redonner le sourire qu’elle avait il y a encore deux jours, lâcha t-elle avec un petit sourire malicieux.
Pacey : Il te promets d‘y réfléchir, lui dit-il avec un timide sourire. Jen ? dit-il après un instant de silence, qui est-ce ?
Jen : Qui ? dit-elle avant que son regard ne tombe sur Joey et Jack. Oh, tu veux parler de ce joli garçon ? dit-elle avec un petit sourire amusé. Il s’agit de Jack McPhee, un nouveau et un soupirant certain, ajouta t-elle avant de s’éclipser.
Pacey reporta son attention vers Joey. Elle souriait, la présence de ce garçon avait l’air de lui faire du bien et de lui plaire dut-il reconnaître. Il aurait aimé pouvoir aller vers elle mais il ne savait pas quoi lui dire, ni comment l’aborder. En soupirant de tristesse, il fit demi tour et s’éloigna sans sentir le regard de Joey plein de chagrin posé sur lui.


La semaine se passa dans le plus grand calme. On voit des images défiler. Pacey et Joey, au lycée, se regardant dès que l’autre tourne la tête, Dawson et Gail, présents pour Mitch, assis tous ensemble sur le canapé, regardant de vieilles vidéos familiales. Doug et Bessie piquent-niquant dans un vieux parc où ils allaient lorsqu’ils étaient ensemble auparavant. Gabe et Tuck sous les barreaux. Mike Potter travaillant d’arrache pied au restaurant qu’il avait confié à Bessie. Doug et Pacey assis sur le perron, discutant tranquillement. Jen faisant des courses avec sa grand-mère, toutes deux le sourires aux lèvres, recréant des liens qu’elles avaient perdus. Joey allongée sur son lit, une larme sur la joue et les yeux posés sur une photo de Pacey. Bessie, Doug, Alex et Mike dînant autour d’une table où Mike et Doug avaient l’air de s’entendre. John Witter, posté devant la fenêtre, observant l’horizon, l’air perdu et absent. Pacey et Joey sortant d’une pièce quand l’autre y rentre. Gail et Dawson, assis en salle d’attente pendant que Mitch subit des examens. Tuck assit derrière une table donnant le nom de Dock. Doug s’amusant avec Alex sous le regard attendri de Bessie. Jen assise au comptoir du Ice House, rigolant avec Jack. John Witter ouvrant un vieux carton et sortant une photo blanchie par les années où Mike Potter et lui brandissent fièrement un poisson de cinq kilos qu’ils viennent de pêcher. Pacey assis sur son lit regardant sa guitare avant de s’en saisir et de frôler les cordes, pensif…


Joey jeta un dernier coup d’œil dans la glace. Elle n’avait aucune envie de sortir ce soir, passer son samedi soir devant la télé lui aurait suffi. Mais Dawson avait insisté et sachant ce qui arrivait à Mitch, elle n’avait pas eu le cœur de refuser. Si Dawson insistait autant, c’était probablement qu’il avait besoin de parler. Elle sortit l’attendre dans le salon et tomba sur Doug et Bessie tendrement enlacés sur le canapé, regardant une vidéo. Elle les trouvait très mignons tous les deux et était ravie pour eux. Elle aimait beaucoup Doug déjà avant ça, mais le voir donner le sourire à sa sœur le rendait encore plus génial à ses yeux. Et le voir avec Alex était un pur bonheur. Le petit l’adorait.
Joey : Désolée de vous déranger, dit-elle l’air contrite.
Bessie : Tu ne nous déranges pas, lui assura t-elle. Tu es très jolie, la complimenta t-elle.
Joey : Merci. Je cherche mon gilet mauve pour le mettre avec, tu ne l’aurais pas vu.
Bessie : Il est dans la buanderie, je vais le chercher.
Joey n’eut pas le temps de protester et de dire qu’elle pouvait le faire que déjà Bessie avait quitté la pièce. Doug se leva et vint devant elle.
Doug : Bessie a raison, tu es ravissante.
Joey : Merci, lui dit-elle touchée.
Doug : Il y a quelque chose que je voulais te demander…
Joey : Oui ? dit-elle en le voyant hésiter.
Doug : Eh bien voilà, je suis vraiment amoureux de ta sœur et j’ai l’espoir de l’épouser un jour, lui avoua t-il. Et je sais que avec ce qu’il s’est passé….enfin, je me demandais si ça ne te gênait pas de me voir avec elle ?
Joey : Doug, lui dit-elle avec un petit sourire. Tu n’as rien avoir avec ce qui s’est passé et tu as toujours été là pour moi et ma famille. Je suis ravie pour toi et Bessie, sincèrement. T’avoir comme beau frère serait un honneur.
Doug : Merci, lui dit-il affectueusement en la serrant dans ses bras.
Bessie arriva à ce moment là et admira le tableau. La façon dont Doug parvenait à s’allier la famille à lui la combler de bonheur. Cet homme était un ange.
Bessie : Le voilà, dit-elle en lui tendant le vêtement lorsque sa petite sœur se retourna vers elle.
Un coup de klaxon se fit entendre.
Joey : Ca doit être Dawson, je ne rentrerais pas tard, dit-elle à Bessie avait de déposer un baiser sur sa joue.
Bessie : Amuse-toi bien ! lui cria t-elle alors que Joey claquait la porte derrière elle. J’espère que tout se passera bien, dit-elle triste vers Doug, elle avait vraiment besoin de cette soirée.
Doug : Tout ira bien, lui assura t-il avec un petit sourire malicieux.
Bessie : Tu me caches quelques choses.
Doug : Peut-être…aller enfile ton manteau, on sort.
Bessie : Mais et Alex ?
Doug consulta sa montre lorsque Jessy fit son apparition.
Doug : pile à l’heure, dit-il en se retournant vers la jeune fille en souriant. On peut y aller, dit-il en regardant Bessie.
Surprise, celle-ci enfila sa veste et suivit Doug. Elle avait hâte de savoir où il l’emmenait.


Joey : Pourquoi on est venu ici ? dit-elle mal à l’aise en regardant autour d’elle.
Dawson l’avait emmenée dans le bar où Pacey avait l’habitude de chanter et où ils s’étaient aussi embrasser pour la première fois.
Dawson : Parce que c’est un endroit agréable où on peut se détendre. Tiens regarde, il y a Jen et Jack là-bas, on va les rejoindre.
Sans un mot, il lui prit la main et il entraîna Joey avec lui. La table se trouvait bien trop près de la scène au goût de celle-ci. Cela lui évoquait bien trop de souvenir. Mais bon, elle était là pour s’amuser alors, elle devait occulter ces images d’elle et Pacey entrain de s’embrasser à l’endroit même où elle se trouvait.
Joey : Bonsoir tout le monde, dit-elle en se forçant à prendre à air enjoué.
Jen&Jack : Salut, répondirent-ils en chœurs avant de se mettre à rire.
Joey : Je ne t’ai pas demandé, comment va ton père ? demanda t-elle à Dawson à peu à l’écart des autres.
Dawson : Les résultats de ses examens sont plutôt encourageant. Il faut laisser faire le temps maintenant, dit-il d’une voix qui laissait tout de même transparaître son inquiétude.
Joey : Mitch est fort et courageux. Il ne laissera rien l’empêcher de rester auprès de toi et ta mère.
Dawson : Merci Joey, lui dit-il touché.
Un homme monta sur scène et tout le monde se tut et se tourna vers lui.
Homme : Bonsoir tout le monde !
Foule : Bonsoir !
Homme : Alors ce soir, j’ai une surprise pour vous. Un jeune garçon m’a demandé de pouvoir venir vous chanter une petite chanson. Ce jeune homme, vous le connaissez tous, vous avez déjà pu l’entendre ici…
Joey se sentit tout à coup électrisé. Pacey ? S’agissait-il de lui ??? Il ne pouvait s’agir d’aucun autre…
Homme : Accueillez-le chaleureusement.
Tout de monde se mit à applaudir alors que Pacey montait effectivement sur scène. Intriguée, Joey se tourna vers Dawson ; Il était impossible qu’il ne soit pas au courant.
Dawson : Oh Pacey, dit-il en feignant la surprise.
Elle se tourna vers Jen qui en souriant, détourna la tête. Le cœur battant la chamade, elle posa les yeux sur Pacey et plongea son regard dans le sien. Un moment intense durant lequel ils se crurent seuls passa sans qu’un mot ou qu’un son ne vienne les déranger. Puis, Pacey s’installa et posa sa guitare sur ses genoux.
Pacey : Bonsoir…,dit-il alors que la foule l’acclamait et que ses amis prenaient place avec leurs instruments derrière lui. Ce soir nous sommes venus vous interprétez une chanson que j’ai écrite. J’espère que la personne qui me l'a inspirée se reconnaîtra, ajouta t-il la voix anxieuse.
Pacey écrivait ? Dawson ne lui en avait jamais parlé. Il lui semblait que Pacey avait toujours chanté les chansons des autres. Et il l’avait écrite pour qui sa chanson ??? Ce pouvait-il que… Les premières notes inondèrent la salle et lui donnèrent des frissons. Elle oublia très vite la présence de ses amis, des occupants de la salle…il ne restait plus que Pacey, sur cette scène.
Dès qu’il se mit à chanter, elle sut à qui s’adressait cette chanson. Les larmes aux yeux, elle l’écouta attentivement.
Pacey : Je ne suis pas une personne parfaite
Par les nombreuses choses que j'aurais voulu faire mais que je n'ai pas faites
Mais je continue d'apprendre
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
Donc je dois te dire avant de partir
Que je veux juste que tu saches

[Refrain]
J'ai trouvé une raison pour moi
De changer celui que j'étais autrefois
Une raison pour recommencer à zéro
Et cette raison c'est toi

Les larmes roulèrent sur les joues de Joey. Des larmes de soulagement et de joie, elle avait désespéré de pouvoir entendre ces mots un jour. Les yeux de Pacey posés sur elle, donnaient l’impression de caresser son visage. Il chantait pour elle, il avait écrit cette chanson pour elle…

Pacey : Je suis désolé de t'avoir blessée
C'est une chose avec laquelle je dois vivre tous les jours
Et toute la douleur que je t'ai faite subir
J'espère que je pourrai l'effacer
Et être celui qui sèche tes larmes
C'est pourquoi j'ai besoin que tu écoutes

[Refrain]

Je ne suis pas une personne parfaite
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
Donc je dois te dire avant de partir
Que je veux juste que tu saches

[Refrain]


Sans s’en rendre compte, Joey s’était levée et avait rejoint le devant de la scène. Les yeux de Pacey n’avaient pas quitté les siens. Il avait chanté toute la chanson rivé à elle, comme ancré à elle. Son cœur battait la chamade et ses mains tremblaient comme des feuilles livrées au vent. Tout à coup, Pacey sauta de la scène et se tint devant elle, il lui prit la main et termina sa chanson.
Pacey : J'ai trouvé une raison de montrer
Une partie de moi que tu ne connaissais pas
Une raison pour tout ce que je fais
Et cette raison, c'est toi

Le visage baigné par les larmes, Joey se rapprocha de lui et se serra dans ses bras, cela lui parut aussi naturellement que le soleil se levant le matin.
Joey : Pacey…,murmura t-elle alors qu’il prenait son visage en coupe pour sécher ses larmes.
Pacey lui sourit tendrement, il avait encore le cœur qui battait à cent à l’heure. Chanter cette chanson devant elle s’était révélé être un exercice plus que difficile. Ecrire cette chanson avait était un jeu d’enfant à côté.
Joey : C’est moi qui te mens et c’est toi qui t’excuses ! lâcha t-elle avec un petit sourire.
Pacey : C’est moi qui fais de ta vie un enfer et c’est toi qui m’aimes.
Joey : Nous sommes fous , dit-elle en rigolant.
Pacey : Tant que c’est l’un de l’autre, ça me va.
Joey : A moi aussi, dit-elle en soupirant de soulagement.
Pacey se pencha et l’embrassa tendrement. Il avait l’impression d’avoir attendu ce moment depuis une éternité. Ce moment où on se sentait libre, libre d’aimer et d’être aimé à la fois. Ce moment où on savait qu’on avait fait le bon choix. Et Joey, contre toute attente, était le bon choix. Ils se décollèrent le sourire aux lèvres et se tournèrent vers Dawson et Jen qui applaudissaient en sifflant. Puis, Joey remarqua Bessie au fond de la salle, enlacée par Doug, elle avait une larme au coin de l’œil. Nulle doute qu’elle était là depuis le début

Marjo  (05.09.2004 à 01:38)
est-ce vraiment necessaire de dire que cette histoire est originale, romantique et incroyablement bien écrite? Je ne crois pas, c'est évident... Donc simplement: FELICITATION!!!

Titelle  (05.09.2004 à 13:02)
SPLENDIDE DU Molière, Zut, du Marjo tout craché! Ca fait longtemps qu'on te réclamait une p'tite fanfic... vivement la suivante! Y-a-t-il une suite pour "Qui l'aurait cru!"?
A+GLOOPS

gloops  (05.09.2004 à 14:15)
Ohhh mon dieu!! C'etait genial je suis resté scotché a mon ordi je ne pouvais plus me decollé il n'y a pas de mot pour califié ton talent d'ecriture !! t fics st super genial et je lé adore et comme les autres j'attends la prochaine avec impatience Biouxxx
Ps: Pacey en chanteur c'est une idée de genie il est encore plus crakant!!

aspen2252  (05.09.2004 à 19:51)
Marjo,

Que dire sinon que ton histoire est grandiose, comme les autres, impossible de me détacher de mon écran!! J'attends avec impatience la suite de Qui l'aurait cru.

A+

Aurélie

lilis012  (06.09.2004 à 11:53)
Vraiment EXCELLENTE ton histoire ! Ouh j'ai le souffle coupé !!!!!!!! C'est bien vue de mettre Bessie et Doug ensemble ! Et toujours un plaisir de lire pour moi, des histoires ou il y a le couple Joey/Pacey ! Bravo !!! bisous +++

Blue_bird  (06.09.2004 à 17:23)

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