Pacey jeta un dernier coup d’œil vers Joey avant de sortir en refermant la porte. Il alla s’asseoir à la table avec son frère et se servit un café.
Doug : Comment va-t-elle ?
s’enquit-il.
Pacey : Elle a pleuré une partie de la nuit avant de finalement s’endormir. Je n’ai pas fermé l’œil,
dit-il en baillant.
Doug lui sourit. Il trouvait le couple que formaient Joey et Pacey très touchant et mignon. Et il était très fier de la façon dont Pacey s’occupait d’elle.
Doug : Elle t’a dit ce qu’elle avait ?
Pacey : Non et je n’ai pas eu le courage de la forcer à le faire. Elle le fera lorsqu’elle s’en sentira capable.
Doug hocha la tête et se leva lorsqu’il entendit taper à la porte. Ce devait être Bessie, il lui avait téléphoné pour la prévenir que Joey était là afin qu’elle ne s’inquiète pas.
Doug : Bonjour.
Bessie : Où est ma sœur ?
demanda t-elle sans préambule.
Doug : Elle dort encore.
Bessie : Que s’est-il passé ?
Doug : Je n’en sais rien, elle est arrivée hier soir en pleurs et elle n’a rien voulu dire à Pacey.
Bessie : Je vais aller la voir.
Doug lui indiqua la pièce du fond. Elle s’y dirigea et trouva Joey endormie. Elle se rapprocha du lit et s’assit à ses côtés. Elle caressa délicatement les cheveux de sa sœur et Joey ouvrit les yeux tout doucement.
Joey : Bessie ?
Joey se redressa surprise, lorsqu’elle regarda autour d’elle, elle se souvint qu’elle était dans la chambre de Pacey et aussi pourquoi elle s’y trouvait.
Joey : Qu’est-ce qu tu fais là ?
Bessie : J’allais te poser la même question ? Et je voudrais aussi savoir pourquoi c’est Doug qui me prévient que tu es chez lui et pourquoi papa ne m’a pas appelée ??
Joey : Ca ne m’étonne pas qu’il n’ait pas osé,
dit-elle dédaigneuse.
Bessie : Mais que s’est-il passé avec lui ?
Joey recroquevilla ses jambes contre son corps. Une boule dans la gorge, elle ne se sentait pas la force de tout raconter à Bessie. Comment lui dire que le père qu’elle aime et qu’elle admire n’est un trafiquant de drogue.
Bessie : Joey, s’il te plait ?
dit-elle inquiète devant l’air triste de sa sœur, elle ne l’avait jamais vu comme ça auparavant.
Joey : C’est papa.
Bessie : Eh bien, que se passe t-il ? Vous vous êtes disputés au sujet de Pacey ?
Joey : Non !
Bessie : Alors quoi ?
Joey : Ils avaient raison,
dit-elle alors que des larmes menaçaient de déferler le long de ses joues.
Bessie : Qui ça ?
demanda t-elle perdue.
Joey : Tout le monde. Je l’ai vu. Il avait des sachets de drogue avec lui et il m’a tout avoué.
Bessie : Quoi ... ?
dit-elle abasourdie. Mais, mais qu’est-ce que tu dis, non…tu dois te tromper.
Bessie était totalement choquée. Elle n’arrivait pas à croire ce que Joey était entrain de raconter. Leur père était un vulgaire trafiquant de drogue ?
Bessie : Tu dois te tromper ?
Joey : Je l’ai vu, Bessie.
Bessie : Mais tu as pu te tromper,
dit-elle les larmes aux yeux.
Joey : Il me l’a dit. Je suis désolée,
dit-elle en serrant sa sœur dans ses bras.
Joey et Bessie pleurèrent dans les bras l’une de l’autre pendant quelques instants. A bien y réfléchir, cela expliquait beaucoup de choses. Bessie se sentait blessée et trompée. Elle ignorait ce qu’elle ferait lorsqu’elle se retrouverait en face de lui.
Joey : Il faut que j’aille en cours,
dit-elle en se levant. Ca va aller ?
Bessie : C’est plutôt à moi de te demander ça, c’est moi l’aînée je te le rappelle.
Joey : Oui, mais moi j’ai eu plus de temps pour digérer la nouvelle.
Bessie : Ca va aller.
Joey : Alors à tout à l’heure.
Bessie hocha la tête et Joey sortit rejoindre Pacey.
Joey : On peut y aller maintenant ?
Pacey : Bien sûr.
Elle le prit par la main et l’entraîna avec elle. Elle avait besoin d’air frais. Doug débarrassa la table, s’attendant à voir surgir Bessie derrière sa sœur mais rien, elle ne sortait pas. Surpris, il alla la rejoindre et la trouva la tête enfouie dans les mains, en pleurs. Qu’arrivait-il à cette famille ?
Doug : Bessie ?
dit-il en venant s’accroupir auprès d’elle.
Bessie : Excuse-moi, je vais te laisser
dit-elle vivement en se levant et en sortant de la pièce.
Doug la rattrapa dans le salon.
Doug : Attends un peu, il est hors de question que je te laisse partir dans cet état.
Eclatant en sanglot, Bessie alla se réfugier dans les bras de Doug. Celui-ci, ravi de pouvoir lui servir d’épaules, la serra tendrement contre lui.
Doug : Vas-y, si ça peut te faire du bien.
Il la sentit prête à s’écrouler d’une minute à l’autre, mais que se passait-il bon sang ! Bessie pleura longtemps, avant de relever les yeux vers lui et qu’il lui essuie ses larmes. Malgré son trouble et sa peine, elle se sentait bien dans ses bras, elle s’était toujours sentie bien avec lui.
Doug : Est-ce que tu vas te décider à me dire ce qui se passe ?
lui demanda t-il d’une voix douce. Non pas que je n’apprécie pas de t’avoir dans mes bras,
ajouta t-il avec un petit sourire, mais j’aimerais savoir ce qui te contrarie autant.
Elle ne pouvait pas, non, elle ne pouvait pas dire à Doug ce que Joey venait de lui apprendre. Il était flic et il aurait été obligé de mettre son père en prison.
Bessie : Je ne peux pas Doug.
Doug : Bessie…,
insista t-il doucement. Comment veux-tu que je réagisse quand la petite amie de mon frère arrive chez moi en pleurs et qu’après avoir discuté quelques minutes avec la femme que j’aime celle-ci fonde en larme ?
De nouvelles larmes glissèrent le long des joues de Bessie, mais cette fois, ce n’était plus à cause de son père mais à cause des mots prononcés par Doug.
Bessie : La femme que tu aimes ?
Doug : Aie…,
dit-il avec un petit sourire charmeur. J’ai dit ça tout haut ?
Bessie : Oui,
dit-elle en souriant.
Doug : Ca doit probablement être vrai alors.
Bessie : Je t’aime toujours aussi,
lui avoua t-elle d’une voix tremblante.
Doug soupira de bonheur avant de plonger son regard dans le sien.
Doug : Mais est-ce que tu m’aimes assez pour ne plus me quitter ?
Bessie : Je t’en fais la promesse. J’ai besoin de toi Doug.
Lentement, il descendit vers ses lèvres et les effleura avant d’en prendre totalement possession. Il avait attendu ce moment depuis tellement longtemps.
Pacey était entré dans une épicerie chercher quelque chose à manger pour Joey. Elle n’avait pas pris de petit déjeuner. Elle n’avait pas faim, mais il tenait à ce qu’elle avale quelque chose. Elle avait préféré l’attendre dehors. Ils n’avaient pas encore parlé de la veille mais il espérait qu’elle le ferait le ventre plein. Il paya son sachet de biscuits et sortit la rejoindre. Sur le seuil du magasin, il entendit une discussion plutôt animée à l’extérieur, il se pencha et aperçut deux hommes avec Joey. Elle ne semblait pas apprécier leur compagnie. Il allait la rejoindre lorsqu’il entendit l’un des types parler.
Gars : Papa ne va pas pouvoir faire grand-chose pour toi…
Joey : Laissez-moi !
s’énerva t-elle.
Pacey sentit une douleur lui vrillait le crâne, un flash défila sous ses yeux. « …
Joey était aux prises avec un homme à l’air louche... » Il secoua la tête et l’image disparut, qu’est-ce que cela signifiait ? Il allait bouger lorsqu’un l’un des gars posa ses mains sur Joey, il fut immédiatement plongé dans un flash à nouveau, « …
Joey se débattant avec un type et lui marchant dans les environs… » Il porta une main à sa tête. La douleur s’intensifiait.
Joey : Lâchez-moi !
hurla-t-elle alors que l’un des deux hommes posait une main sur son bras.
« …
Lui marchant vers elle…il y avait quelque chose à terre…il baisse les yeux….Mike ? C’était Mike Potter….la bagarre…..le couteau…. ». En sueur, Pacey rouvrit les yeux. Le visage éteint, il marcha vers Joey et les deux gars.
Gars : Eh salut Witter !
s’écria t-il en le reconnaissant.
Pacey : Barrez-vous !
leur ordonna-t-il.
Gars : Depuis quand on ne peux plus jouer un peu avec elle ?
dit-il surpris.
Pacey : Depuis que je te le dis,
lui dit-il avec un regard glacial.
Les deux gars disparurent instantanément.
Joey : Merci Pacey
dit-elle reconnaissante.
Il se tourna vers elle et lui jeta le même regard qu’il venait de porter sur les deux intrus. Le sang de Joey se glaça dans ses veines.
Pacey : Comment va ton père ? Ces brutes ne lui ont pas fait trop de mal apparemment,
lâcha t-il glacial.
Joey recula d’effroi en portant sa main à sa bouche. En soupirant, Pacey fit demi-tour et commença à partir. Joey ne savait pas quoi faire et courut derrière lui en le rattrapant par le bras.
Joey : Pacey, attends je t’en prie, laisse moi t’expliquer.
Pacey : J’ai l’impression que c’est clair. Au-delà du fait que tu aies menti à la police pour couvrir les méfaits de ton père, tu m’as menti à moi !
Et c’est ça qui faisait le plus mal. Il croyait en elle, en ce qu’elle disait et depuis le début, elle lui mentait. Il détourna son regard d’elle, incapable de la regarder plus longtemps.
Joey : Il faut que tu me pardonnes,
dit-elle en pleurant. C’était mon père….
Il lutta contre le désir de la prendre contre lui pour effacer son chagrin, comme il l’avait fait cette nuit.
Pacey : Tu as fait ce que tu devais faire, Joséphine, à moi d’en faire autant.
Il partit sans un regard, laissant Joey glacée jusqu’aux os. Non par le fait qu’il allait probablement courir voir son père et faire arrêter le sien pour un long très long interrogatoire, mais il l’avait appelée Joséphine. Preuve que tout était redevenu comme avant. Le vague espoir qu’elle avait de construire avec lui quelque chose de beau s’éteignit.
Pacey consulta sa montre pour la dixième fois depuis une heure, assis sur un banc, il fixait le commissariat d’en face. Il n’avait pas encore osé pénétrer à l’intérieur. Il avait pourtant de quoi donner à son père une occasion de plus d’interroger Mike Potter et pourquoi pas de le mettre en accusations pour avoir caché des éléments essentiels dans une enquête policière. John Witter en serait ravi. Pacey soupira tristement. La seule chose qui le retenait de le faire était Joey. Oh mon dieu !
se dit-il en frissonnant. Comment avait-il pu tomber amoureux aussi complètement et totalement de cette fille ? Mais il était malheureusement obligé de faire se terrible constat, il l’aimait. Joey était une fille douce et gentille et quand on la connaissait bien, on savait bien qu’elle n’avait rien à voir avec son père, dont il était sûr maintenant qu'il était trafiquant. Mais elle lui avait menti
se rappela t-il douloureusement, elle ne lui avait pas fait suffisamment confiance pour tout lui dire. Et cela, était une véritable trahison pour lui qui avait placé cette histoire sous le signe de la confiance. Il pensait pouvoir se fier à elle pour se retrouver, mais il s’était trompé. Aujourd’hui, il ne lui devait rien. Lentement, il se leva et traversa le trottoir. Il ouvrit la porte avant de la refermer en râlant. Il ne pouvait pas faire ça ! Bien décidé à faire pourtant quelque chose, il se dirigea d’un pas décidé vers une maison un peu à l’écart de la ville. Mike Potter vint lui ouvrir la porte.
Pacey : Il faut qu’on parle,
dit-il en pénétrant dans la maison sans lui demander son avis.
Mike : Pour qui te prends tu ?
Pacey : Pour celui qui pourrait aller voir son père et lui dire que vous étiez là le soir où j’ai reçu ce coup de couteau en aidant votre fille parce que vous étiez trop inconscient pour le faire vous-même.
Mike ravala sa salive. Ce jeune homme avait l’air de vouloir parler, et ne se sentez pas en position de ne pas l’écouter.
Mike : Très bien, dis ce que tu as a dire.
Pacey : Je n’arrive pas à croire que vous puissiez faire ça à votre famille ?
s’écria t-il en colère. Joey a toujours fait ce qu’elle a pu pour vous soutenir et vous défendre.
Mike : Contre des gens comme toi,
lâcha t-il glacial.
Pacey : Contre des gens comme moi en effet,
avoua t-il sans grande fierté. Mais tout cela est uniquement de votre faute. Si vous aviez choisi une vie plus saine, rien de tout cela ne serait arrivé et aujourd’hui, Joey pourrait avoir une vie sans ombre et sans rature. Elle n’aurait pas besoin de baisser la tête lorsqu’elle marche dans la rue.
Mike : Je ne vois pas en quoi tout ça te regarde.
Pacey : Ca me regarde quand je passe la nuit à consoler une fille qui semble ne plus pouvoir s’arrêter de pleurer !
s’écria t-il en colère. Je suppose qu’elle a tout découvert ?
Contrairement à ce qu’il pensait auparavant, il était sûr que Joey n’était pas au courant des activités de son père.
Mike : Elle était chez toi,
souffla t-il soulagé. Comment va-t-elle ?
Pacey : A votre avis ?
Mike : Je ne voulais pas faire ça,
dit-il en s’effondrant sur une chaise. Je n’ai jamais voulu faire de mal à ma famille. Je voulais ce qu’il y avait de mieux pour mes filles mais je ne sais pas comment faire….
Pacey l’observa incrédule. Il n’était plus l’homme qui menait sa vie à la déroute mais un père qui souffrait d’avoir fait du mal à ses enfants. Subitement, une faille se créa en lui et toute la colère et la haine qu’il éprouvait pour lui s’évanouirent. Il prit une profonde inspiration et s’assit à côté de lui.
Pacey : Qu’est-ce que vous comptez faire ?
Mike : Pacey, pourquoi es-tu ici plutôt que d’être entrain de tout raconter à ton père? Visiblement tu as retrouvé toute ta mémoire et tu dois avoir une féroce envie de me dénoncer.
Pacey : C’était effectivement ma première idée.
Mike : Qu’est-ce que t’en empêches ?
Pacey : Joey,
dit-il rapidement sans s’attarder sur le sujet. Ecoutez, je ne sais pas ce que vous avez l’intention de faire, mais je vous laisse deux jours pour prendre votre décision. Et la bonne si possible. Au delà de ça, j’irais voir mon père. Je connais la description de ses hommes et si on peut les relier à vous ce n’est pas de ma faute.
Sur ce, il quitta la pièce, laissant Mike seul réfléchir. Brusquement ce dernier releva la tête, la dernière phrase de Pacey lui revint en mémoire «
Je connais leur description », il la relia immédiatement à ce qu’avait dis Tuck. Sur le coup il n’y avait pas fait attention mais maintenant, tout était clair. Il avait dit que Joey ne craignait rien elle. Elle. C’était bien qu’il en avait après quelqu’un, et ce quelqu’un, ce ne pouvait être que Pacey. Ils avaient l’intention de s’en prendre à lui.
Jen : Joey ?
Le visage baigné par les larmes, Joey releva les yeux vers Jen. Apeurée par la détresse de cette dernière, Jen s’assit à côté d’elle sur le banc.
Jen : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Joey : Pacey a retrouvé la mémoire,
lui annonça t-elle.
Jen : Ne me dis pas qu’il t’a quitté ???
s’exclama t-elle indignée.
Joey : C’est de ma faute,
dit-elle d’une voix sans timbre, je n’aurais pas dû croire en cette histoire.
Jen : Mais tu avais toute les raisons d’y croire et je ne comprends pas comment il a pu faire ça ! Quel salop !
Joey : Jen, ne lui en veux pas.
Jen : Comment ça ne pas lui en vouloir, bien sûr que je lui en veux, regarde dans quel état tu es !
Joey : C’est de ma faute je te dis, Pacey n’y est pour rien.
Jen la regarda d’un air triste.
Jen : J’ai l’impression que tu es sérieusement tombée amoureuse de lui.
Les larmes de Joey réapparurent aux coins de ses yeux. Elle souffrait terriblement de la perte de Pacey. Jen avait raison, elle l’aimait vraiment.
Joey : Quelle idiote je fais !
s’insurgea t-elle. Il y a encore quelques jours, je criais sur tous les toits à quel point je le haïssais et aujourd’hui qu’il n’est plus dans ma vie…
Jen lui passa affectueusement un bras autour de ses épaules.
Jen : Qu’est ce que tu comptes faire ?
Joey : Que veux tu que je fasse ?
dit-elle impuissante.
Jen : En tout cas moi, je ne vais pas me priver pour lui dire ce que j’en pense.
Joey : Non, je t’en prie….
Jen : Oh si !
Joey : Jen, ça ne servirait à rien et ça ne ferait qu’envenimer les choses.
Jen : Très bien…
Elle se promit pourtant d’avoir une conversation avec Pacey.
L’esprit ailleurs, Pacey marchait dans les rues de capsides. Il ne savait plus quoi faire ni où aller. Il avait l’impression étrange de ne plus faire partie de cette ville. Comme-ci son amnésie l’avait projeté dans un autre monde et que maintenant qu’il se souvenait de tout, il n’arrivait plus à retrouver sa place. Il n’était pas facile de se retrouver dans la peau d’un garçon amoureux d’une fille qu’il n’aimait pas, mais alors pas du tout 8 jours auparavant. Mais il était bien forcé de reconnaître qu’il était amoureux d’elle, que chaque parcelle de son corps avait envie d’être près d’elle. En soupirant, il réalisa à quel point il aimait Joey Potter. Un frisson lui parcourut le corps lorsqu’il revit l’image de Joey aux prises avec les deux malfrats. Il revoyait clairement la scène maintenant. Tout comme il revoyait clairement le père de Joey, allongé par terre. Toutes ces années, il avait eu raison. Mike Potter était bel et bien un trafiquant de drogue. Mais il s’était aussi trompé sur une chose, Joey n’en savait rien. Elle vivait malgré elle avec un homme qui lui mentait et mettait sa vie en danger. Il était triste pour elle, inquiet aussi. Qu’allait-il se passer lorsque tout le monde saurait pour son père, parce qu’il ne fallait pas se leurrer, on ne pouvait pas toujours éviter les retombés. Une sourde colère se fit en lui, malgré les sentiments qu’il éprouvait pour elle cela ne lui faisait oublier en rien qu’elle lui avait menti. Il avait la sensation désagréable qu’elle avait joué avec lui. Qu’elle s’était rapproché de lui uniquement pour être sûr qu’il ne se rappellerait rien de cette fameuse soirée.
John : Salut fiston.
Pacey leva les yeux vers son père qui se tenait devant lui.
Pacey : Bonjour papa,
répondit-il sans entrain.
John : Quelque chose ne va pas ?
Pacey : Tout va bien.
John : Je ne pense pas non. Ou alors je ne voudrais pas voir ta tête quand ça va mal.
Pacey : Je me souviens de tout papa,
dit-il tranquillement. Le jour de mes cinq ans, la rentrée scolaire au collège, la raclée que j’ai eu lorsque j’ai piqué le porte monnaie de tante Edna…
John : Pacey, c’est formidable
dit-il en le serrant dans ses bras. Comment s’est arrivé ?
Pacey : Un événement moteur a déclenché ma mémoire, c’est tout.
John : Et tu dois sûrement te rappeler aussi le soir de l’accident alors. Tout s’est passé comme Joséphine Potter l’a dit ?
Pacey : C’est ce qui est le plus important pour toi hein ?
dit-il agacé. Que je puisse te fournir une information compromettante sur Mike Potter.
John : Parce qu’il y en a bien une n’est-ce pas ?
demanda t-il plein d’assurance.
Pacey plongea son regard dans le sien, il y vit le plaisir évident qu’il prendrait à arrêter le père de Joey, il imagina sans mal la peine de celle-ci s’il le faisait.
Pacey : Non
dit-il en soupirant, tout s’est passé comme Joey l’a raconté.
John : Tu en es bien sûr ?
insista t-il en le regardant intensément.
Pacey voyait bien que son père ne le croyait pas mais il n’avait pas la force de faire ça à Joey.
Pacey : Certain.
John Witter ragea de frustration. Il attendait tellement de Pacey et de ses souvenirs.
Pacey : Pourquoi tant d’acharnement ?
John : De quoi tu parles ?
Pacey : De Mike Potter et de ton obsession à vouloir lui faire payer votre passé.
John hoqueta de surprise. Il ignorait que Pacey était au courant.
John : Qu'est-ce que tu sais de ce qu’il a bien pu se passer entre lui et moi ?
Pacey : Tout, Doug m’a tout raconté. Je sais que tu aimais Liliane Potter et qu’elle a préféré Mr Potter. Que lui et toi étiez les meilleurs amis du monde jusqu’à cette décision.
John : C’était il y a bien longtemps,
dit-il en évitant son regard.
Pacey : Ca n’est pas si loin que ça. Sinon, tu ne lui en voudrais pas autant aujourd’hui. Mais que regrettes tu ? De ne pas avoir eu la fille ou d’avoir perdu l’ami ?
Surpris, John releva les yeux vers son fils.
Pacey : Papa, arrête de vivre dans un passé qui te ronge. N’aimes-tu pas maman ? Tes enfants ? Passes-tu ton temps à rêver à la vie que tu aurais pu avoir avec une autre ? Tu ne crois pas que ça suffit,
souffla t-il. Il est temps d’arrêter tout ça…
En soupirant, Pacey détourna les talons et le laissa seul. Choqué par les propos de son fils, John avança vers le banc le plus proche et prit appui dessus.
Allongé derrière Bessie, Doug la tenait tendrement blottie contre lui. Ils venaient de faire l’amour et cela leur avait paru plus intense et plus sensuel qu’auparavant. Peut-être était-ce du à tout ses long mois de séparation. Il l’embrassa dans le cou et l’entendit soupirer de bonheur
Bessie : Ca m’a manqué,
murmura t-elle.
Doug : Et moi donc !
Bessie : On a grillé toutes les étapes,
dit-elle en rigolant.
Doug : C’est certain,
répondit-il en l’embrassant tendrement.
Bessie lui caressa la joue et plongea son regard dans le sien. Rivés l’un à l’autre, ils étaient coupés du monde, l’intensité du moment leur donnait des frissons.
Bessie : Il faut qu’on parle je crois.
Doug : Moi aussi.
Bessie&
Doug : Je suis désolé,
dirent-ils en chœur avant d’éclater de rire.
Bessie : Moi d’abord si tu veux bien. Je m’en veux pour avoir laissé nos familles influer sur notre relation. J’aurais dû me concentrer sur ce que je ressentais pour toi et non sur ce que nos pères pouvaient dire ou penser.
Doug : Tu étais une jeune mère et tu ne voulais pas de conflit autour de ton enfant.
Bessie : Ce n’était pas une raison ! J’étais aussi une femme amoureuse et j’aurais pu, j’aurais dû concilier les deux.
Doug : Non, c’est de ma faute, je n’aurais pas dû te faire peur en parlant mariage.
Bessie : C’est vrai que me marier avec toi aurait été une grande étape.
Doug : Pour moi aussi,
dit-il avec un sourire empli de tendresse. Mais tu sais que je t’aime et que j’aime Alex. Je suis prêt à être un père pour cet enfant et un mari pour toi. Je ne souhaite pas te faire peur encore une fois mais tu dois savoir que j’ai l’espoir fou que tu m’épouse un jour. Alors quand tu te sentiras prête à me donner une réponse, je serais là. En attendant, je te propose de vivre notre relation sans nous prendre la tête.
Bessie : C’est une bonne idée,
dit-elle encore troublée par sa proposition. Prenons notre temps.
Tendrement, Doug se pencha pour l’embrasser. Ils furent dérangés par la porte qui claqua dans l’entrée. Surpris, Doug enfila son caleçon et alla voir.
Doug : Pacey ?
dit-il surpris.
Pacey : Salut Doug,
dit-il tête baissée.
Doug : Quelque chose ne vas pas.
Pacey : Non, tout va bien dans le meilleur des mondes,
ironisa-t-il.
Doug : Joey n’est pas avec toi ? Comment va-t-elle ?
Pacey : J’en sais rien,
répondit-il un peu froid.
Doug : Il s’est passé quelque chose avec elle ?
demanda-t-il un peu surpris.
Pacey détourna la tête, mal à l’aise.
Doug : Pacey ?
insista-t-il. Je croyais que vous sortiez ensemble, tu devrais savoir où elle est vue l’état dans lequel elle était ce matin.
Pacey : Désolé, je ne sors pas avec une menteuse, ni avec la fille d’un trafiquant de drogue.
Surpris, les deux hommes se retournèrent vers Bessie qui sortait de la chambre. Troublée, elle resta dans l’embrassure de la porte, le regard gêné.
Bessie : Je crois que ton petit frère est de retour,
finit-elle par lâcher. Je ferais mieux d’aller voir ma sœur.
Elle attrapa son sac et se dirigea vers la sortie.
Doug : Bessie, attends…
En quelques enjambé il la rejoignit.
Doug : On se voit plus tard ?
Bessie : Bien sûr,
dit-elle en esquissant un sourire.
Doug l’embrassa avant d’aller rejoindre son petit frère, qui mal à l’aise piétinait d’un pied sur l’autre.
Pacey : Je suis désolé, je …
Doug : Tu quoi ? Qu’est-ce que tu voulais faire ?
Pacey : J’en sais rien,
s’énerva t-il.
Doug : Pacey, parle-moi, explique-moi ce qui s’est passé.
Pacey : Je n’ai pas envie d’en parler !
Sur un coup de tête, il ressortit précipitamment. Il avait besoin d’un peu d’air frais.
Instinctivement, il savait que ça se passerait ce soir. Il les connaissait assez bien pour savoir comment ils agissaient. Une fois leur projet monté, ils ne laissaient pas passer beaucoup de temps avant de passer à l’action. Et puis, Pacey s’était joué d’eux, chose que Gabe devait avoir du mal à supporter. Il avait passé des heures à réfléchir à ce qui était le mieux à faire. Pour lui, mais aussi pour sa famille. Pour Joey. S’il les laissait faire, Pacey ne pourrait plus nuire à sa vie, mais Joey ne s’en remettrait peut-être jamais. Et puis, il avait fini par comprendre qu’il n’y avait pas trente six choses à faire, il s’agissait de la vie d’un jeune garçon de seize ans. Il était allait voir discrètement si Pacey était chez lui, mais remarquant la seule présence de Doug, il arpentait les rues de capside à sa recherche. Un pressentiment lui disait qu’il fallait qu’il le retrouve vite. Lorsqu’il entendit des bruits dans une ruelle peu avenante, il s’y précipita aussitôt.
Pacey : Lâchez-moi,
ordonnait-il.
Mike reconnut sa voix.
Gabe : Espèce de sale petit connard. Tu crois vraiment que je vais te laisser tranquillement filer ?
Pacey : Ecoutez, je n’ai rien dit à la police et je n’ai pas l’intention de le faire, ne m’y obligez pas,
leur dit-il méchamment.
Gabe éclata de rire, un rire sonore et malfaisant.
Gabe : Tu entends Tuck, c’est que j’en aurais presque peur.
Tuck : Oh merde, je crois que je fais dans mon froc !
Gabe regarda son complice avec un sourire entendu. Il resserra son étreinte du col autour du cou de Pacey
Gabe : Maintenant petit, tu vas me dire exactement ce que les flics savent.
Pacey : Rien. Ils ignorent jusqu’à votre signalement.
Gabe : Je ne te crois pas,
cracha t-il à quelques centimètres du visage de Pacey.
Pacey : Je vous dis la vérité.
Mike : Foutez lui la paix,
intervint-il en entrant dans la lumière, c’est moi que vous voulez pas lui.
Gabe : Tu te goures Potter, je vous veux tous les deux.
D’un crochet du droit, il cogna Pacey et l’envoya valser à terre avant de se tourner vers Mike.
Gabe : Depuis quand tu joues les héros pour le fils du shériff ?
Pacey tenta de se relever mais Tuck lui asséna un vilain coup de pied à l’estomac qui le fit lourdement retomber sur le sol.
Tuck : Toi tu bouges pas !
Mike esquissa un mouvement vers Pacey qui crachait un filet de sang mais Gabe fit un pas pour l’empêcher de passer.
Gabe : Tu n’imagines pas depuis combien de temps j’attends ce jour.
Mike : Moi aussi,
lui dit-il en le dévisageant. Je vais te faire payer ce que tu as fait à Joey.
Gabe : Viens,
lui dit-il en lui faisait signe avec les mains d’avancer.
Mike ne se fit pas prier et une bagarre éclata entre les deux hommes, bien qu’aucun n’avait l’air d’avoir l’avantage, Tuck ne se gênait pas pour administrer quelques coups lui aussi. Pacey, impuissant, restait cloué au sol, une main posée sur son ventre. Il avait probablement des côtes cassées. Gabe réussit à faire tomber Mike par terre et sortit un revolver qu’il dirigea vers les deux hommes.
Gabe : Je pense qu’il est temps d’en finir. Deux pour le prix d’un,
dit-il en souriant à Tuck.
Il était entrain de viser, lorsque des sirènes de police retentirent et envahirent la ruelle. Paniqués, Gabe et Tuck recherchèrent autour d’eux un moyen de s’échapper. Mais rien, c’était un cul de sac. Dos au mur, ils levèrent les mains et des policiers vinrent leurs passer des menottes. John Witter se précipita vers son fils qu’il aida à se relever.
John : Ca va ?
Pacey : J’ai connu des jours meilleurs,
dit-il en se relevant péniblement.
John : Ca va aller,
lui promit-il en le soutenant.
Il allait l’entraîner avec lui lorsque Pacey se retourna vers Mike.
Pacey : Qu’est-ce qui va se passer ? Pour lui,
lâcha t-il.
Les regards de John et Mike se croisèrent. Il n’y avait plus rien dans leurs yeux, la rancune passée s’était comme évanouie.
John : Il nous a permis de procéder à l’arrestation de deux personnes accusées de tentative d’homicide. Il n’y a rien de plus à dire.
Hébété, Pacey regarda Mike, alors c’était lui qui avait prévenu les flics ? En tout cas, il lui devait la vie. Puis il regarda son père, il était…différent. Et puis surtout, il n’avait pas l’air de vouloir inclure Mike dans la procédure. Avait-il décidé d’abandonner sa petite vendetta ? Apparemment, oui. Une vague de soulagement s’empara de lui. Son père passa un bras autour de ses épaules et l’entraîna vers sa voiture avant de se retourner vers Mike qui se relevait.
John : Mike ?
Ce dernier releva la tête vers lui.
John : Merci,
lui dit-il sincère.
Mike : Il n’y a pas de quoi.
Tout deux hochèrent la tête en esquissant un léger sourire. Puis Mike regarda Pacey et son père disparaître dans la nuit. Pour la première fois depuis des années, Mike se sentit léger, comme soulagé d’un énorme poids. Il s’en était toujours plus ou moins voulu de la tristesse qu’il avait causée à son meilleur ami. Ce soir, il avait l’impression que celui-ci lui avait pardonné.
Dawson déambulait dans les couloirs de l’hôpital, il était comme absent. Lui et sa mère venaient d’accompagner son père à l’hôpital car il venait d’avoir un malaise. Gail était restée avec lui mais lui avait ressenti le besoin de marcher un peu. Pourquoi son père ne lui avait pas parlé de ses vertiges et de ses maux de tête ! Il lui en voulait d’avoir gardé ça pour lui ! Cela avait probablement empiré son état de ne pas prendre les choses aux sérieux. En colère, il frappa contre le mur. Son père allait devoir subir toute une batterie de nouveaux examens. Il allait porter un second coup lorsqu’il entendit une voix familière.
Pacey : Aïe !
Surpris, il se laissa guider par le son de la voix et finit par tomber sur Pacey dans une chambre, où assis, une infirmière lui bandait le torse.
Dawson : Pacey ?
Pacey : Dawson ?
dit-il surpris.
Dawson : Que s’est-il passé ?
L’infirmière sortit en refermant la porte derrière elle.
Pacey : Mauvaise rencontre,
dit-il en balayant ce détail. Mais heureusement, elle se finit mieux que la première fois. Mais et toi, qu’est-ce que tu viens faire dans un hôpital à cette heure. Je croyais que tu n’aimais pas l’ambiance de cet endroit à ces heures tardives.
Dawson : Mon père a eu un malaise.
Pacey : Je suis désolé.
Dawson baissa la tête tristement avant de lever les sourcils vers Pacey.
Dawson : Comment tu te rappelles que je n’aime pas les hôpitaux le soir ? Tu as retrouvé la mémoire ?
s’exclama t-il devant le regard de Pacey.
Pacey : Ouais, et c’est pas une des meilleures choses que j’ai faites !
lâcha t-il froidement.
Dawson : Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
Pacey posa un regard triste et las sur son meilleur ami, Dawson comprit qu’il s’était passé quelque chose d’important.
Dawson : Joey ?
Pacey : On est plus ensemble non si c’est ce que tu veux savoir.
Dawson : Pacey,
soupira t-il…pourquoi ?
Pacey : Je ne dois pas être doué pour ça.
Dawson : Tu ne vas pas me dire que ce que tu ressentais pour elle avant a la priorité sur ce que tu ressens maintenant.
Pacey : Disons que c’est différent et que ça se confond.
Dawson : Je comprends que tu aies eu peur, mais tu avais l’air amoureux d’elle.
Pacey : Je crois que je le suis,
lui avoua t-il en relevant les yeux vers lui.
Dawson y vit une profonde tristesse et une grande confusion. Pacey était en proie à un terrible bouleversement.
Dawson : Pacey, tu as sûrement l’impression que tes sentiments pour elle ont été floués par ta perte de mémoire mais les siens sont bien réels et je refuse de te voir jouer avec elle. Elle ne mérite pas ça.
Pacey : Il n’y a pas que ça Dawson,
soupira t-il, tu ne sais pas tout.
Il aurait voulu lui expliquer et avoir son avis, mais cela revenait à lui avouer que le père de Joey était un trafiquant de drogue. C’était à Joey de le lui dire, pas à lui.
Dawson : Pacey, je t’ai bien observé lorsque tu étais avec Joey, et je ne t’ai jamais vu si heureux. Ne rejette pas çà. Pas sans y avoir bien réfléchi.
Pacey baissa les yeux avant d’hocher la tête. Il y réfléchirait, de toute façon, il y serait bien obligé, il allait voir Joey dès demain au lycée.
Bessie : Ca va ma puce ?
lui demanda t-elle en lui caressant les cheveux.
Allongée sur son lit, Joey venait de pleurer toutes les larmes de son corps. Epuisée, elle était recroquevillée sur elle-même.
Joey : Tout est de ma faute Bessie.
Bessie : Pourquoi tu dis ça ?
Joey : Je n’ai voulu voir que le Pacey que j’avais sous les yeux. J’ai délibérément oublié celui qu’il était.
Bessie : Joey, tu es tombée amoureuse. Tu as juste suivie ton cœur.
Joey : Et regarde où ça m’a mené.
Triste pour elle, Bessie lui caressa la joue.
Bessie : Tout peut encore s’arranger.
Joey n’y croyait pas, elle n’oubliait pas une parole que Bessie avait dite, « il faut croire que la rancune est tenace chez les Witter » et connaissant la haine que Pacey avait encore à son égard, il était fort probable qu’il ne lui pardonne jamais. Bessie l’embrassa en remontant la couverture sur elle et sortit en refermant doucement la porte derrière elle.
Doug : Comment va-t-elle ?
s’enquit-il lorsqu’elle revint dans la salle.
Bessie : Pas terrible.
Doug : Je suis désolé,
dit-il en la prenant dans ses bras.
Bessie : Ce n’est pas ta faute.
Doug : Oui, mais c’est mon petit frère. J’aimerais pouvoir faire quelque chose…
Bessie : Cette histoire est entre Joey et Pacey, c’est à eux d’arranger les choses.
Doug : Tu as sûrement raison.
Bessie : J’ai toujours raison chéri,
lui dit-elle en lui faisant un sourire malicieux.
Doug : Il faudra que je m’en souvienne,
lui dit-il en l’enlaçant.
Tendrement, il l’embrassa et Bessie ne put retenir un gémissement de satisfaction.
Bessie : Je me sens coupable de me sentir tellement bien alors que ma petite sœur va si mal.
Doug : Je comprends mais on a eu notre lot de problème nous aussi alors ça me déculpabilise,
lui dit-il en souriant. Et puis, je compte bien faire entendre raison à mon petit frère.
Bessie : Doug,
dit-elle réticente à l’idée d’entamer cette conversation…pour mon père…
Doug : Bessie
dit-il en posant un doigt sur ses lèvres pour l’arrêter. Mon père n’a rien fait, et je m’en tiens à sa décision.
Bessie : Merci
lui dit-elle touchée.
Les larmes aux yeux, elle l’embrassa avant de se blottir dans ses bras où elle se sentait extrêmement bien. Alex se mit à pleurer à ce moment là.
Doug : Je peux y aller ?
lui demanda t-il avec un petit air mourant d’envie.
Bessie : Bien sûr.
Elle le regarda partir vers la chambre de son fils. C’était une des choses qui lui avait manqué le plus, toute l’attention et la tendresse que Doug portait à son fils. Des fois, elle regrettait qu’il ne soit pas de lui.
Assise dans un coin, Joey ne pouvait s’empêcher d’observer Pacey. Elle l’avait évité toute la matinée et cela n’avait pas l’air de le déranger au contraire. Il discutait avec un des élèves du lycée et n’avait pas l’air très affecté par leur séparation. Ca lui brisait le cœur de voir avec quelle indifférence il traitait ce qu’il s‘était passé entre eux. Mais ce qui lui faisait le plus mal était de ressentir toujours autant d’attirance envers lui. Elle aurait dû lui en vouloir, être en colère mais rien. Au lieu de ça, elle lui trouvait des excuses. C’était elle qui lui avait menti, elle qui l’avait induit en erreur. Il n’y avait pas de doute, elle était bel et bien amoureuse de lui. Une larme glissa le long de sa joue.
Jack : Salut.
Joey : Salut,
répondit-elle un peu surprise. Tu es le nouveau serveur que ma sœur a engagé non ?
Jack : Oui,
acquiesça t-il ravi qu’elle se souvienne de lui. Ca n’a pas l’air d’aller ?
Joey : Si ça va,
mentit-elle.
Au loin, Pacey avait bien remarqué la présence de la jeune fille et l’observait parler à ce garçon qu’il n’avait encore jamais vu par ici. Le connaissait-elle ? Ou alors était-il un opportun ? Un mâle en quête d’une jeune proie facile ? Un sentit une pointe de colère montait en lui.
Jen : Il faut qu’on parle,
dit-elle en se plantant devant lui les mains sur les hanches.
Pacey : Oh là ! Je vais avoir le droit à un sermon, il vaut mieux que tu nous laisses,
dit-il au type en face de lui.
Jen : Très drôle !
Pacey : Jen, je…
Jen : Tu permets, c’est moi qui parle !
Surpris, Pacey ravala ses explications et posa sur elle un air tout attentif.
Jen : Je commence à en avoir assez de voir cet air triste sur le visage de Joey et de savoir que c’est ta faute.
A ces mots, le jeune homme se rembrunit.
Jen : Je pense que ton vrai problème est que tu te retrouves en face de tes actes et de ses conséquences bien plus tôt que tu ne le croyais. Te voilà amoureux, parce que je pense que tu l’es,
dit-elle sûre d’elle, d’une fille que tu as persécuté toute ta vie. D’une fille dont tu as tout fait pour que sa vie soit un enfer. Et savoir qu’elle est amoureuse de toi malgré tout cela te gêne peut être ? Et bien, je vais te dire, je trouve que cela est bien fait pour toi !
Pacey : Merci,
dit-il glacial mais conscient qu’il l’avait réellement cherché.
Jen : Joey est une fille adorable et elle mérite mieux qu’un garçon incapable d’affronter ses actes.
Pacey : J’en prends bonne note,
dit-il en enfouissant ses mains au fond de ses poches.
Jen : A moins bien sûr qu’il soit sincèrement amoureux d’elle et qu’il se dépêche de lui redonner le sourire qu’elle avait il y a encore deux jours,
lâcha t-elle avec un petit sourire malicieux.
Pacey : Il te promets d‘y réfléchir,
lui dit-il avec un timide sourire. Jen ?
dit-il après un instant de silence, qui est-ce ?
Jen : Qui ?
dit-elle avant que son regard ne tombe sur Joey et Jack. Oh, tu veux parler de ce joli garçon ?
dit-elle avec un petit sourire amusé. Il s’agit de Jack McPhee, un nouveau et un soupirant certain,
ajouta t-elle avant de s’éclipser.
Pacey reporta son attention vers Joey. Elle souriait, la présence de ce garçon avait l’air de lui faire du bien et de lui plaire
dut-il reconnaître. Il aurait aimé pouvoir aller vers elle mais il ne savait pas quoi lui dire, ni comment l’aborder. En soupirant de tristesse, il fit demi tour et s’éloigna sans sentir le regard de Joey plein de chagrin posé sur lui.
La semaine se passa dans le plus grand calme. On voit des images défiler. Pacey et Joey, au lycée, se regardant dès que l’autre tourne la tête, Dawson et Gail, présents pour Mitch, assis tous ensemble sur le canapé, regardant de vieilles vidéos familiales. Doug et Bessie piquent-niquant dans un vieux parc où ils allaient lorsqu’ils étaient ensemble auparavant. Gabe et Tuck sous les barreaux. Mike Potter travaillant d’arrache pied au restaurant qu’il avait confié à Bessie. Doug et Pacey assis sur le perron, discutant tranquillement. Jen faisant des courses avec sa grand-mère, toutes deux le sourires aux lèvres, recréant des liens qu’elles avaient perdus. Joey allongée sur son lit, une larme sur la joue et les yeux posés sur une photo de Pacey. Bessie, Doug, Alex et Mike dînant autour d’une table où Mike et Doug avaient l’air de s’entendre. John Witter, posté devant la fenêtre, observant l’horizon, l’air perdu et absent. Pacey et Joey sortant d’une pièce quand l’autre y rentre. Gail et Dawson, assis en salle d’attente pendant que Mitch subit des examens. Tuck assit derrière une table donnant le nom de Dock. Doug s’amusant avec Alex sous le regard attendri de Bessie. Jen assise au comptoir du Ice House, rigolant avec Jack. John Witter ouvrant un vieux carton et sortant une photo blanchie par les années où Mike Potter et lui brandissent fièrement un poisson de cinq kilos qu’ils viennent de pêcher. Pacey assis sur son lit regardant sa guitare avant de s’en saisir et de frôler les cordes, pensif…
Joey jeta un dernier coup d’œil dans la glace. Elle n’avait aucune envie de sortir ce soir, passer son samedi soir devant la télé lui aurait suffi. Mais Dawson avait insisté et sachant ce qui arrivait à Mitch, elle n’avait pas eu le cœur de refuser. Si Dawson insistait autant, c’était probablement qu’il avait besoin de parler. Elle sortit l’attendre dans le salon et tomba sur Doug et Bessie tendrement enlacés sur le canapé, regardant une vidéo. Elle les trouvait très mignons tous les deux et était ravie pour eux. Elle aimait beaucoup Doug déjà avant ça, mais le voir donner le sourire à sa sœur le rendait encore plus génial à ses yeux. Et le voir avec Alex était un pur bonheur. Le petit l’adorait.
Joey : Désolée de vous déranger,
dit-elle l’air contrite.
Bessie : Tu ne nous déranges pas,
lui assura t-elle. Tu es très jolie,
la complimenta t-elle.
Joey : Merci. Je cherche mon gilet mauve pour le mettre avec, tu ne l’aurais pas vu.
Bessie : Il est dans la buanderie, je vais le chercher.
Joey n’eut pas le temps de protester et de dire qu’elle pouvait le faire que déjà Bessie avait quitté la pièce. Doug se leva et vint devant elle.
Doug : Bessie a raison, tu es ravissante.
Joey : Merci,
lui dit-elle touchée.
Doug : Il y a quelque chose que je voulais te demander…
Joey : Oui ?
dit-elle en le voyant hésiter.
Doug : Eh bien voilà, je suis vraiment amoureux de ta sœur et j’ai l’espoir de l’épouser un jour,
lui avoua t-il. Et je sais que avec ce qu’il s’est passé….enfin, je me demandais si ça ne te gênait pas de me voir avec elle ?
Joey : Doug,
lui dit-elle avec un petit sourire. Tu n’as rien avoir avec ce qui s’est passé et tu as toujours été là pour moi et ma famille. Je suis ravie pour toi et Bessie, sincèrement. T’avoir comme beau frère serait un honneur.
Doug : Merci,
lui dit-il affectueusement en la serrant dans ses bras.
Bessie arriva à ce moment là et admira le tableau. La façon dont Doug parvenait à s’allier la famille à lui la combler de bonheur. Cet homme était un ange.
Bessie : Le voilà,
dit-elle en lui tendant le vêtement lorsque sa petite sœur se retourna vers elle.
Un coup de klaxon se fit entendre.
Joey : Ca doit être Dawson, je ne rentrerais pas tard,
dit-elle à Bessie avait de déposer un baiser sur sa joue.
Bessie : Amuse-toi bien !
lui cria t-elle alors que Joey claquait la porte derrière elle. J’espère que tout se passera bien,
dit-elle triste vers Doug, elle avait vraiment besoin de cette soirée.
Doug : Tout ira bien,
lui assura t-il avec un petit sourire malicieux.
Bessie : Tu me caches quelques choses.
Doug : Peut-être…aller enfile ton manteau, on sort.
Bessie : Mais et Alex ?
Doug consulta sa montre lorsque Jessy fit son apparition.
Doug : pile à l’heure,
dit-il en se retournant vers la jeune fille en souriant. On peut y aller,
dit-il en regardant Bessie.
Surprise, celle-ci enfila sa veste et suivit Doug. Elle avait hâte de savoir où il l’emmenait.
Joey : Pourquoi on est venu ici ?
dit-elle mal à l’aise en regardant autour d’elle.
Dawson l’avait emmenée dans le bar où Pacey avait l’habitude de chanter et où ils s’étaient aussi embrasser pour la première fois.
Dawson : Parce que c’est un endroit agréable où on peut se détendre. Tiens regarde, il y a Jen et Jack là-bas, on va les rejoindre.
Sans un mot, il lui prit la main et il entraîna Joey avec lui. La table se trouvait bien trop près de la scène au goût de celle-ci. Cela lui évoquait bien trop de souvenir. Mais bon, elle était là pour s’amuser alors, elle devait occulter ces images d’elle et Pacey entrain de s’embrasser à l’endroit même où elle se trouvait.
Joey : Bonsoir tout le monde,
dit-elle en se forçant à prendre à air enjoué.
Jen&
Jack : Salut,
répondirent-ils en chœurs avant de se mettre à rire.
Joey : Je ne t’ai pas demandé, comment va ton père ?
demanda t-elle à Dawson à peu à l’écart des autres.
Dawson : Les résultats de ses examens sont plutôt encourageant. Il faut laisser faire le temps maintenant,
dit-il d’une voix qui laissait tout de même transparaître son inquiétude.
Joey : Mitch est fort et courageux. Il ne laissera rien l’empêcher de rester auprès de toi et ta mère.
Dawson : Merci Joey,
lui dit-il touché.
Un homme monta sur scène et tout le monde se tut et se tourna vers lui.
Homme : Bonsoir tout le monde !
Foule : Bonsoir !
Homme : Alors ce soir, j’ai une surprise pour vous. Un jeune garçon m’a demandé de pouvoir venir vous chanter une petite chanson. Ce jeune homme, vous le connaissez tous, vous avez déjà pu l’entendre ici…
Joey se sentit tout à coup électrisé. Pacey ? S’agissait-il de lui ??? Il ne pouvait s’agir d’aucun autre…
Homme : Accueillez-le chaleureusement.
Tout de monde se mit à applaudir alors que Pacey montait effectivement sur scène. Intriguée, Joey se tourna vers Dawson ; Il était impossible qu’il ne soit pas au courant.
Dawson : Oh Pacey,
dit-il en feignant la surprise.
Elle se tourna vers Jen qui en souriant, détourna la tête. Le cœur battant la chamade, elle posa les yeux sur Pacey et plongea son regard dans le sien. Un moment intense durant lequel ils se crurent seuls passa sans qu’un mot ou qu’un son ne vienne les déranger. Puis, Pacey s’installa et posa sa guitare sur ses genoux.
Pacey : Bonsoir…,
dit-il alors que la foule l’acclamait et que ses amis prenaient place avec leurs instruments derrière lui. Ce soir nous sommes venus vous interprétez une chanson que j’ai écrite. J’espère que la personne qui me l'a inspirée se reconnaîtra,
ajouta t-il la voix anxieuse.
Pacey écrivait ? Dawson ne lui en avait jamais parlé. Il lui semblait que Pacey avait toujours chanté les chansons des autres. Et il l’avait écrite pour qui sa chanson ??? Ce pouvait-il que… Les premières notes inondèrent la salle et lui donnèrent des frissons. Elle oublia très vite la présence de ses amis, des occupants de la salle…il ne restait plus que Pacey, sur cette scène.
Dès qu’il se mit à chanter, elle sut à qui s’adressait cette chanson. Les larmes aux yeux, elle l’écouta attentivement.
Pacey : Je ne suis pas une personne parfaite
Par les nombreuses choses que j'aurais voulu faire mais que je n'ai pas faites
Mais je continue d'apprendre
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
Donc je dois te dire avant de partir
Que je veux juste que tu saches
[Refrain]
J'ai trouvé une raison pour moi
De changer celui que j'étais autrefois
Une raison pour recommencer à zéro
Et cette raison c'est toi
Les larmes roulèrent sur les joues de Joey. Des larmes de soulagement et de joie, elle avait désespéré de pouvoir entendre ces mots un jour. Les yeux de Pacey posés sur elle, donnaient l’impression de caresser son visage. Il chantait pour elle, il avait écrit cette chanson pour elle…
Pacey : Je suis désolé de t'avoir blessée
C'est une chose avec laquelle je dois vivre tous les jours
Et toute la douleur que je t'ai faite subir
J'espère que je pourrai l'effacer
Et être celui qui sèche tes larmes
C'est pourquoi j'ai besoin que tu écoutes
[Refrain]
Je ne suis pas une personne parfaite
Je n'ai jamais voulu te faire toutes ces choses
Donc je dois te dire avant de partir
Que je veux juste que tu saches
[Refrain]
Sans s’en rendre compte, Joey s’était levée et avait rejoint le devant de la scène. Les yeux de Pacey n’avaient pas quitté les siens. Il avait chanté toute la chanson rivé à elle, comme ancré à elle. Son cœur battait la chamade et ses mains tremblaient comme des feuilles livrées au vent. Tout à coup, Pacey sauta de la scène et se tint devant elle, il lui prit la main et termina sa chanson.
Pacey : J'ai trouvé une raison de montrer
Une partie de moi que tu ne connaissais pas
Une raison pour tout ce que je fais
Et cette raison, c'est toi
Le visage baigné par les larmes, Joey se rapprocha de lui et se serra dans ses bras, cela lui parut aussi naturellement que le soleil se levant le matin.
Joey : Pacey…,
murmura t-elle alors qu’il prenait son visage en coupe pour sécher ses larmes.
Pacey lui sourit tendrement, il avait encore le cœur qui battait à cent à l’heure. Chanter cette chanson devant elle s’était révélé être un exercice plus que difficile. Ecrire cette chanson avait était un jeu d’enfant à côté.
Joey : C’est moi qui te mens et c’est toi qui t’excuses !
lâcha t-elle avec un petit sourire.
Pacey : C’est moi qui fais de ta vie un enfer et c’est toi qui m’aimes.
Joey : Nous sommes fous ,
dit-elle en rigolant.
Pacey : Tant que c’est l’un de l’autre, ça me va.
Joey : A moi aussi,
dit-elle en soupirant de soulagement.
Pacey se pencha et l’embrassa tendrement. Il avait l’impression d’avoir attendu ce moment depuis une éternité. Ce moment où on se sentait libre, libre d’aimer et d’être aimé à la fois. Ce moment où on savait qu’on avait fait le bon choix. Et Joey, contre toute attente, était le bon choix. Ils se décollèrent le sourire aux lèvres et se tournèrent vers Dawson et Jen qui applaudissaient en sifflant. Puis, Joey remarqua Bessie au fond de la salle, enlacée par Doug, elle avait une larme au coin de l’œil. Nulle doute qu’elle était là depuis le début