Scène 21 : Il fait nuit. Pacey est toujours sur le pont. Il astique le bastingage avec énergie, éclairé par la lune et une lampe baladeuse.
Pacey voit Joey arriver, avec le baluchon de Pacey sur l’épaule. Elle s’arrête au bas du voilier.
Il s’arrête de frotter, s’essuie le front, le sourire aux lèvres.
Pacey : C’est gentil Joey, mais il ne fallait pas te déranger, tu es pressée que je mette les voiles ?
Elle ne répond pas, pose le sac à ses pieds. Elle le regarde attentivement, dans les moindre détails. Elle scrute son visage ,ses pensées.
Pacey : Vous avez perdu votre langue Mademoiselle Potter ? vous êtes bien silencieuse !
Dans une telle situation, quand le marin s’apprête à partir en mer, l’héroïne ne cesse de l’en dissuader, elle l’abreuve de mille et une paroles pour le convaincre de rester… et vous pas un mot ? Melle Potter, vous m’étonnerez toujours !
Elle ne cesse pas de le regarder. Son cœur bat la chamade, elle bouillonne intérieurement, mais ses gestes sont calmes, lents, mesurés.
Elle le fixe toujours et ouvre enfin la bouche, d’une voix douce elle met son âme à nue :
« Du plus loin, que me revienne,
L'ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j'avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j'étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d'un amour fou,
Du plus loin qu'il m'en souvienne,
Si depuis, j'ai dit "je t'aime",
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,
Elle fut longue la route,
Mais je l'ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu'à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l'eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d'autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l'hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j'ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,
Les temps d'hiver et d'automne,
De nuit, de jour, et personne,
Vous n'étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j'avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D'autres m'ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m'en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,
J'ai pleuré mes larmes,
Mais qu'il me fut doux,
Oh, qu'il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J'ai pleuré d'amour,
Vous souvenez-vous ?
Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m'attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous ?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C'est là que j'ai compris, tout à coup,
J'avais fini mon voyage,
Et j'ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous... »
Barbara : LA PLUS BELLE HISTOIRE D’AMOUR
Des larmes coulent sur les joues de Pacey et de Joey.
Pacey : ma plus belle histoire d’amour c’est vous, Joséphine Potter…
Ils esquissent tous les 2 un sourire. Rien ne pourrait rompre cet instant magique, la tension est palpable, le cœur de Pacey est sur le point de sortir de sa poitrine, leurs âmes sont unies sous la lune.
Pacey lui tend la main, pour qu’elle le rejoigne sur True Love.
Elle hésite et demande : permission de monter à bord ?
Pacey : permission accordée.
Joey monte : C’est du déjà vu ?
Pacey : j’adore les clichés.
To be continued….
marmotte (10.12.2004 à 20:04)