Me revoilà, seule face à moi-même, avec les mêmes questions que dans les années passées. Qui suis-je réellement ? Suis-je réellement heureuse malgré tous les événements de ma vie ? Avec la perte de ma mère dans mon enfance, mon père absent car en prison, les ragots d’imbéciles heureux au collège, je me suis formée seule. Je me suis protégée seule. Enfin pas si seule que ça. Oh non, je ne pense pas à Dawson, bien qu’il ait été très présent et sans comparaison une des personnes les plus importantes de mon enfance. Mon âme sœur. Oui ce terme reflète parfaitement ce que nous sommes. Finalement nous nous sommes toujours connus, mais pourquoi ai-je toujours eu l’impression qu’il n’a, finalement, jamais vraiment su qui j’étais ? Même s’il était là dans les moments importants, il n’a jamais su trouver les mots justes, ceux qui me faisaient du bien, ceux dont j’avais besoin. Bien sur à sa façon il était présent, tel un frère. On se connaissait comme frère et soeur. Mais je n’ai jamais pu lui dire pourquoi je ne l’avais jamais choisi, lui. Pacey avait ce don. Le don d’être présent sans être forcément là physiquement. Le don de savoir ce que je ressentais avant même que je le sache. Ce don de me soutenir avant même que je ne tombe. Ce don de me faire sentir vivante. Enfin ce don de me voir, me voir moi, le moi que j’ai mis tellement de temps à cacher, à me cacher. C’est grâce à lui après tout que j’ai fait de ma vie ce qu’elle est. Lui qui m’a toujours mise devant les défis et qui était persuadé que je pouvais les relever. Il a toujours cru en moi. Je n’ai jamais eu peur du ridicule avec lui : que ce soit lorsque nous étions que tous les deux ou bien lorsque j’étais sur scène avec Charly ou dans n’importe quelle autre situation.
Après la disparition de Jen, tout s’est écroulé. Oh bien sûr nous sommes tous restés amis. Au début nous étions plus proches que jamais, nous avions sans cesse besoin de nous voir, de nous prendre dans les bras, comme pour nous persuader qu’elle était partie mais que nous étions toujours là, tels des survivants. Nous mangions tous ensemble à chaque repas, le repas du dimanche s’était transformé en repas quotidien. Puis j’ai fait ma vie avec Pacey à Boston. Il est devenu propriétaire d’un restaurant et moi éditrice, Dawson a réalisé son rêve en tournant avec Spielberg un film qui finalement était l’adaptation de sa série au cinéma, Jack et Doug se sont installés dans une ville ni trop grande ni trop petite : Boston (tout près de chez nous), avec un pied à terre à Capside pour Emmy. Mon dieu tout s’est passé si vite. A peine quelques mois après cette terrible disparition, nous avons fini par mettre de la distance entre nous.
Je n’arrive pas à croire qu’après tout ce temps je t’écris. A toi ! Toi qui me connais, ou qui penses me connaître. J’ai tant de choses à te raconter et en même temps je ne saurais par où commencer….L’angoisse de la feuille blanche… que pourrais je te dire ?...et comment ?...
Tout d’abord, je me trouve actuellement dans l’avion qui me ramène aux USA. Et oui après avoir vécu à Paris, je me suis rendu compte que mon chez moi me manquait. Fallait-il encore que je trouve où était mon chez moi… La vie est une route. Partout dans le monde des hommes et des femmes errent à la recherche d’un foyer. Le foyer ! On le définit comme « domicile familial ou la famille elle-même ». Comment expliquer ce que je ressens actuellement ? Je me sens seule. Car même si j’ai une famille, des amis que je n’ai pas vu depuis longtemps, je me sens seule. Je pense que j’ai besoin de trouver mon foyer. Et ce foyer vers lequel je vole, je ne le ressens ni comme domicile familial, ni comme famille elle-même car Bessie est ma sœur, et elle a une famille à elle. C’est peut-être ça qui me manque ? Une famille à moi…c’est famille que je m’étais construite au collège. C’est vrai qu’avec Dawson, Pacey, Jen, Jack, Andy, Audrey, jamais je ne me suis sentie aussi seule qu’aujourd’hui…Paris est une ville magnifique mais après ces années, je pense que j’ai fait mon temps et qu’il faut que je rentre. Les occasions où je revenais à Capside, je ne me sentais finalement pas chez moi, cette sensation qu’on a quand on est enfin arrivé, je ne l’éprouve plus. J’erre un peu partout en cherchant mon foyer mais en vain. Enfin en attendant je retourne tout de même chez Bessie et Body. Alexander est grand alors ils se sentent un peu seuls.
Oh mais tu dois te demander comment j’ai atterri à Paris ! Ah je savais que j’oublierai un épisode….bon, je reviens en arrière…je vivais donc avec Pacey, et tout allait plutôt bien il faut l’avouer, malgré des bas à la fin de mes études. Il avait donc repris un restaurant, tout le monde l’adorait car lorsque le patron aide les serveurs et se considère comme ses égaux, c’est plutôt rare ! Et il cuisinait divinement bien, son restaurant était très réputé. Moi je travaillais dans une maison d’édition, enfin j’essayais car Pacey me poussait à écrire. Ce que je fis. A ma grande surprise, mon livre a été édité. Je ne pensais pas tout de suite à me replonger dans l’écriture, lorsqu’un jour, sur le pas de ma porte…. la surprise fut telle que je ne pus dire un mot. Eddy. Eddy était devant moi. IL était une nouvelle fois réapparu dans ma vie. Après quelques secondes de trouble, je lui proposai d’aller prendre un café.
Joey : alors ? Quand est ce que tu vas me dire ce que tu faisais devant ma porte ?
Eddy : j’ai lu ton livre.
J : ah ?...oui je sais j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Il faut que tu saches que c’est mon premier roman, et puis cette idée n’est pas de moi. En fait toute cette histoire c’est à cause de Pacey. C’est lui qui m’a poussé à écrire et …
E : j’ai beaucoup aimé.
J : c’est vrai ? Le grand auteur que tu es devenu a aimé mon livre ?
E : ça a l’air de t’étonner ! C’est moi qui n’avais pas confiance en moi je te rappelle !
J : oui je suis vraiment fière de toi. J’ai lu toutes tes nouvelles ! Et puis Dawson m’a appris qu’il allait adapter un de tes romans au cinéma ? C’est génial ça !
E : oui. Ecoute Joey, je ne vais pas y aller par 4 chemins, je suis venu te voir pour une raison précise.
J : je t’écoute que se passe t il ?
E : c’est M.Wilder qui m’envoie.
J : quoi ? Mon prof de 1ère année ?
E : oui il a adoré ton livre aussi. En fait il est heureux de savoir que la dissertation qu’il t’avait obligé à faire a mûri et soit devenu un roman.
J : oui je me souviens à l’époque il était curieux de cette histoire avec Dawson, mon dieu c’est tellement vieux quand j’y pense. On se croisait sans cesse lui et moi.
E : quoiqu’il en soit, il y a en France, et plus exactement à Paris, une cérémonie de récompense pour les découvertes littéraires. Wilder fait parti du jury et il m’a fait comprendre qu’il aimerait te voir.
Eddy me tendit un billet d’avion à la fin de cette phrase. Un aller simple….
J : euh…attend un peu…pourquoi veut il me voir ?
E : je te croyais plus intelligente ! (dit-il avec un sourire moqueur) Il se pourrait que tu aies une récompense pour ton roman idiote !
J : oh mon dieu ! Et pourquoi ne pas m’avoir appelé ? C’est vrai ça ! Pourquoi c’est toi qui viens me le dire !
E : et bien je l’ai connu après mes études, en fait à ce moment là il avait beaucoup de relations dans l’édition (c’est normal vu sa célébrité à l’époque pour son roman), et lorsque je l’ai croisé, j’ai sauté sur l’occasion. En fait c’est Hetson qui nous a présenté. Et puis il a su qu’on s’était connu, j’ai aussi appris que vous vous étiez connu…. Enfin bref, comme je suis de passage en ville, il m’a demandé de te prévenir de vive voix pour être sûre que tu aurais le message.
Tu imagines bien entendu ma surprise. Le soir j’en ai parlé à Pacey qui était vraiment super heureux pour moi, un autre défi à relever ! Il ne pouvait pas m’accompagner, et il ne voulait pas car ce n’était pas son monde :
P : tu seras bien mieux sans moi dans tes jambes dans ces soirées mondaines
J : mouais, dis plutôt que tu n’as aucune envie d’échanger ton tablier contre un smoking
P : en effet il y a de ça aussi ! Même si je déplore de ne pas te voir en tenue de soirée…
J : tu vas me manquer
P : mais les retrouvailles ne seront que meilleures…(dit il en m’attirant vers lui pour m’embrasser) et puis ça te fera du bien de prendre l’air
J : comment ça ?
P : je vois bien comment tu es depuis la disparition de Jen, tu as besoin de changer de décor.
J : oui, ça me fera du bien.
Je me blottis dans ses bras, sachant qu’il allait me manquer plus que jamais
Bien sûr je ne lui avais jamais parlé de mon histoire avec Wilder, qui après tout n’était pas vraiment une histoire. Bref, je partis donc pour Paris. Là bas j’y ai revu M. Wilder et un sourire s’imposa à mon visage lorsque je le vis. C’était lui le premier qui m’avait fait comprendre que j’avais du talent. Ça me faisait du bien de le revoir.
jenny (15.12.2004 à 22:34)
W : miss Potter, je suis ravie de voir que vous avez suivi mes conseils
J : comment ça ?
W : d’après votre livre vous avez approfondi votre histoire ! Vous n’avez pas fini votre récit précisément là où il devait commencé…vous avez fait des progrès !
J : j’espère bien depuis le temps !
W : vous êtes comme le bon vin, vous vous bonifiez avec l’âge ! (me tendant un verre de Bordeaux)
J : merci, je vois que vous n’avez pas trop changé non plus…
W : et j’ai également appris ce qui s’est passé avec le jury lors de votre thèse…heureusement ils ne vous en ont pas tenu rigueur et même mieux puisque vous avez eu les félicitations du jury…
Je me replongeai quelques années en arrière. Pacey et moi venions de nous séparer quelques jours plus tôt. Il avait toujours ce problème d’infériorité et nos disputes n’en finissaient plus. Je voulais qu’il change dans le sens où je ne supportais plus nos éternelles disputes. Je voulais qu’il arrête d’avoir si peu confiance en lui. Il ne comprenait pas que je l’aimais tel qu’il était. Il n’acceptait pas sa vie ni la mienne, et de même pour moi. Je ne supportais pas ma vie telle qu’elle était à cet instant et Pacey m’étouffait car j’avais honte de mes réussites. Un jour il me cria que je le ridiculisais par ma réussite, qu’il ne se sentait jamais aussi mal que près de moi car je ne faisais que lui rappeler à quel point il ne valait rien malgré tous les efforts qu’il avait fait. Je n’ai su répondre qu’en l’insultant et en partant. Je présentais ma thèse de littérature sur Molière, Pacey m’avait promis de venir mais vu les circonstances j’étais sûre que je serai seule pour soutenir ma thèse et affronter le jury. De ce que je me souviens en voici un passage :
J : « la passion que Célimène tente de combattre, cette passion est parfois profondément touchante (…). On ne peut pas changer un être et on n’a pas le droit d’exiger ce changement. A travers des excuses embarrassées et dans le langage précieux du XVII ème siècle c’est ce que Célimène veut faire comprendre à Alceste, ce qu’elle veut dire c’est : « si tu m’aimes, accepte moi comme je suis parce que je ne changerai pas. Accepte moi comme je suis et je t’accepterai comme tu es. »
Jury : vous êtes hors sujet mademoiselle !
J : vous croyez ? Parce que j’utilise ma vie privée, mes propres sentiments au milieu d’un exposé didactique ? C’est risqué certainement, mais si je prends le risque de vous parlez d’amour aujourd’hui c’est parce que rien n’a changé et qu’il est aussi difficile qu’au XVII ème de concilier l’amour et l’épanouissement personnel (…) mais s’ils acceptaient leurs défauts, s’ils parvenaient à sourire de leur différences, ce serait la victoire de l’amour sur l’amour propre ! Seulement ces sacrifices ne sont dignes que d’un grand amour. Et comment reconnaît-on un grand amour ? Le jour où l’on s’aperçoit que le seul être au monde capable de vous consoler est celui qui vous a fait mal. (Les larmes étaient montées et commençaient à couler le long de mes joues, je réalisais pour la première fois ce que je disais, je réalisais ce que représentait Pacey pour moi). Alors on sait qu’on est un couple. (…) Assister à l’échec d’un grand amour c’est terriblement triste (je séchais les larmes sur mes joues et j’essayais de me reprendre). Imaginer les 2 héros rejetés à jamais au désert de leur solitude, c’est une désolation ! Je crois que c’est cela le message de Molière pour nous tous à travers le temps. Oui ! C’est à vous s’il vous plait que ce discours s’adresse. Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui aime assez l’être qu’il dit aimer pour préférer son bonheur au sien ? Pour le laisser vivre à son rythme, pleurer de ses déceptions, rire de ses joies ?
Une voix derrière moi s’éleva : oui. Moi !
Je n’eu pas besoin de me retourner pour savoir que Pacey avait tenu sa promesse et était là depuis le début…
Jury : monsieur, je vous prie de vous taire, cette soutenance est publique uniquement si le public en question reste silencieux.
P : veuillez m’excuser, je croyais qu’elle posait une question et j’avais besoin d’y répondre !
Jury : très bien monsieur, maintenant que c’est chose faite, je vous prierai de vous asseoir et de vous taire afin que mademoiselle Potter puisse finir.
J : je terminerai avec ces mots d’Alfred de Musset : « tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavard, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels. Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépavées (…). Mais il y a au monde une chose saine et sublime, c’est l’union de 2 de ces être si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux, mais on aime ! Et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : (je fis une pause en me retournant et je regardai Pacey dans les yeux, car après son intervention, je savais qu’il fallait que je trouve un moyen de lui répondre, lui dire que je le pardonnais, que je l’aimais, que je voulais qu’on se remette ensemble) j’ai souffert souvent, je me suis trompée quelque fois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui ». (Extrait du film l’étudiante, avec Sophie Marceau)
Jury (après une pause) : bien mademoiselle Potter, vous recevrez notre appréciation dans quelques jours.
J : merci messieurs.
Après cela nous sommes allés prendre un café et nous avons parlé. Nous nous sommes ensuite remis ensemble et tout s’était réglé au fur et à mesure.
jenny (15.12.2004 à 22:38)
Wilder me ramena de mes rêves :
W : eho ! Vous êtes toujours là ?
J : oui je repensais à la soutenance de thèse !
Nous passâmes la soirée à rire en souvenir de ma 1ère année d’étude. Enfin en résumer, les retrouvailles se sont bien passées, peut-être même un peu trop bien en fait. Je m’explique : après avoir parlé et parlé et encore parlé, j’ai fini par recevoir ce prix de découverte littéraire quelques jours plus tard. J’étais tellement heureuse ! J’avais réussi ! J’avais du talent et il était reconnu par les plus grands ! Je regrettais que Pacey ne soit pas venu pour partager ce moment avec moi. Mais au fond de moi j’étais vraiment heureuse que Wilder soit là pour assister à ma réussite, d’une certaine façon c’était grâce à lui tout ça. Je décidais de ne pas rentrer immédiatement aux Etats Unis. J’étais de retour à Paris, je n’étais venue qu’une fois, quelques jours, à la fin de mes études, alors je suis restée. Pacey comprenait, il savait que j’avais beaucoup aimé cette ville et que c’était mon rêve de revenir. J’ai passé beaucoup de temps avec Wilder qui me faisait visiter la ville. Grâce à lui, chaque parcelle de Paris renfermait plein de souvenirs et d’histoires de gens célèbres. Montmartre, le quartier latin, notre dame, les bouquinistes sur le bord de la seine, c’était magique. Au fil des jours mes coups de fils avec Pacey se sont espacés. Il me manquait mais sûrement moins que je ne lui manquais. Il se demandait si je rentrerai un jour. Je ne savais comment lui dire que je me sentais si épanouie à Paris. De plus je finis par retomber sous le charme du brillant professeur. C’était tellement flatteur ! Un grand et illustre professeur et écrivain me trouvait du talent…les jours se sont transformés en semaine et la discussion tant redoutée arriva…Pacey prit cela avec beaucoup de recul :
J : Pacey, je ne pense pas renter aux USA. Je suis désolée de te dire ça par téléphone, c’est complètement nul. Tu sais à quel point je me sens bien ici, je me sens vivante
P : je connais bien cette sensation, sauf que je la ressens quand je suis avec toi, pas quand je suis à l’autre bout de la Terre…
J : Pacey, je suis vraiment désolée. Mais ici, c’est la ville des passions, et ça m’inspire plus que jamais. Je vais continuer à écrire. (J’hésitais à lui annoncer la suite, sachant que ça le ferait souffrir. Mais je préférais ne pas lui mentir étant donné que nous avions toujours été fière de l’honnêteté au sein de notre couple)…je suis tombée sous le charme de Wilder. Il ne s’est encore rien passé et
P : encore heureux !!!
J : Pacey, il m’a proposé de vivre avec lui…
Il y eu un silence
J : Pacey t’es toujours là ?
P : je croyais qu’il ne s’était rien passé entre vous !...
J : Pacey, tu es bien placé pour savoir que le sexe ne fait pas toute une relation…
P : oui, mais évite la comparaison entre lui et moi
J : ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Tu as toujours une place importante et particulière dans mon cœur mais…
P : mais tu restes à Paris vivre avec un autre…je croyais compter plus que ça pour toi. Je vois que je me suis bien planté, comme d’habitude, bravo Pacey, quel imbécile je fais !
J : ne dis pas ça !!! tu sais que tu resteras dans mon cœur, mais d’une autre façon…je suis désolée…
P : de toutes façons je ne peux rien y faire. Tu as fait un choix, je n’ai pas mon mot à dire, cela ne servirait à rien et si tu es heureuse alors tant mieux pour toi. A un de ces jours Potter (et il raccrocha)
Au fond de moi cette séparation me blessa mais je ne regrettais pas. J’avais la chance de vivre en France et qui plus est je donnais une chance à mon vieux rêve d’étudiante, vivre avec Wilder. J’ai tout de même gardé contact avec tout le groupe. Pacey acceptait cette n ème rupture et était heureux de mon bonheur. Enfin à ce qu’il me disait, mais on ne se parlait que rarement, on était chacun gêné. Je sentais que je l’avais fait souffrir et les autres me disaient qu’il n’avait pas l’air dans son assiette mais que ça passerait. Puis les mois ont passé, j’avais de plus en plus de difficulté à trouver l’inspiration. Wilder me poussait à persévérer mais j’avais perdu goût à l’écriture. Je tentais de reprendre le dessin mais ça aussi je l’avais perdu. Au fil du temps Wilder et moi nous sommes rendus compte que nous n’étions pas fait l’un pour l’autre. Je ne saurais l’expliquer. Nous ne nous disputions jamais mais au fond je savais qu’il me manquait quelque chose et lui savait que je n’étais pas faite pour lui. Nous nous sommes séparés d’un commun accord. Alors me voici dans l’avion du retour, en tant que grand écrivain : Joey Potter. Les amis me manquent. Jen me manque. Suis-je partie trop longtemps ? Je ne les ai pas vu depuis tant de temps…bon mon avion arrive, je te raconterai mon retour une prochaine fois…
jenny (15.12.2004 à 22:42)
Tu ne vas jamais me croire !!! Je sais que ça parait complètement surréaliste : après mon arrivée, j’ai vu le sosie de Jen, oui bon je sais c’est ridicule, mais mon cœur a fait un bond dans ma poitrine, j’ai failli lui sauter dessus. Mais la réalité m’a rattrapé et la nostalgie m’a envahie. De retour à Capside, je me suis dirigée vers l’ancienne maison de Grams. Mais bien sûr j’ai fini chez Dawson qui était exceptionnellement là quelques jours. Les retrouvailles ont été extraordinaires, c’était comme à 15 ans, nous n’avons pas cessé de parler pendant toute la nuit. Le temps n’a rien effacé. Maintenant j’en suis convaincue :
Je suis passée par la fenêtre, avec le secret espoir de remonter le temps. Dawson m’accueillit avec son ordinateur dans les mains :
D : bon dieu Joey tu m’as fait une de ces peurs !
J : désolée ! Je te dérange ?
D : non, bien sûr que non, tu es arrivée depuis longtemps ?
J : non, quelques heures
D : et que cherchais tu en passant par là ? À part me faire une crise cardiaque…
J : je ne sais pas trop, un refuge peut être ? Remonter le temps ? Pour tout de dire j’étais nostalgique…
Et nous nous sommes mis à parler, à nous raconter nos vies, leurs évolutions, notre bonheur passé et futur. Mais aucun de nous ne semblait réellement heureux dans le présent. Volontairement chacun de nous se taisait à ce sujet. Je n’ai bien sûr pas voulu lui parlé du sosie de Jen, (que j’ai vu de loin alors peut-être que de près cette femme de ne ressemblait pas), ils me trouvent déjà tous tordue, je vais pas en rajouter une couche !!! je suis ensuite rentrée au B&B retrouver Bessie et la famille. Dawson était parti peu de temps après mon arrivée.
Une fois mon séjour terminé, je suis rentrée à Boston, mon ancienne maison d’édition m’a proposé un post et comme l’inspiration ne me vient plus je n’écris pas vraiment, alors j’ai sauté sur l’occasion. J’ai revu Jack et Doug qui vivent maintenant près de chez Grams, c’est si bon de les revoir. Audrey est toujours en tournée mais elle a un concert ici dans pas longtemps. Je me replonge dans le passé. Je n’ai pas encore revu Pacey. Il ne sait pas que je suis là, je n’ai pas voulu le prévenir. Même si on a gardé contact, j’appréhende énormément les retrouvailles…
Alors là c’est incroyable ! J’ai revu le sosie de Jen ! À moins que ça n’en soit un autre. Enfin bref, je ne sais pas ce qui m’arrive, pourtant je ne suis pas surmenée…j’étais en plein shopping j’étais à la caisse alors je n’ai pas pu la voir de près. Et puis même, qu’est ce que ça aurait changé ? Il faut que j’arrête de me replonger dans le passé comme ça. J’ai également revu Pacey. Je te raconte ? C’était comme ça a toujours été entre nous. Je suis rentrée dans son restaurant, il était de dos et je ne savais pas comment l’aborder. J’étais en train de me poser plein de questions tout en avançant et en faisant des gestes qui accompagnaient la discussion que je m’imaginais…puis j’arrivai derrière lui. Sans même se retourner il me dit :
P : Potter, tu vas attendre longtemps avant de sauter dans mes bras ?
J : Witter, comment fais tu pour toujours savoir quand je suis là ?
P : c’est mon secret Potter!...
J : ouais enfin je suis ravie de te voir aussi !
P : et mais attend une minute, j’ai jamais dit que j’étais content de te voir ! Mais oui en effet, c’est plutôt chouette !
J : quoi ??? Plutôt chouette ? T’as rien trouvé de mieux ??? Nan mais si je dérange faut le dire, je peux repartir !
Puis nous nous sommes jetés dans les bras l’un de l’autre, ne pouvant plus retenir notre fou rire.
P : c’est bon de te revoir ! Viens là que je te ressers dans mes bras !
Et là, précisément à cet instant j’ai compris. J’étais chez moi. Ce que je cherchais partout était devant moi, mon foyer, après tant de temps je me suis enfin sentie chez moi. Mais pour ne pas lui montrer mon trouble je repris la conversation :
J : alors toujours le roi des cuistots ?
P : et oui comme tu peux le voir (montrant une remise de décoration, j’étais dans un restaurant 4 étoiles)
J : oh mon dieu et tu ne m’as rien dit !!!!
P : oh ben tu me connais ! Mais comme j’aime aussi la simplicité, j’ai ouvert un café théâtre à 2 pas d’ici, et d’ailleurs Audrey passe parfois faire un petit concert avec sa guitare, dans la plus grande simplicité et bien sur dans le plus grand anonymat… on va boire un café ?
J : mais volontiers monsieur Witter !
P : ah non m’appelle pas comme ça on croirait que tu t’adresses à mon père !
Nous avons discuté des heures et des heures mais le travail l’a rappelé.P : promet moi de venir dîner
J : promis Pacey. Et puis tu sais que je n’habite pas loin maintenant alors n’hésite pas à passer d’accord ?
P : c’est enregistré !
jenny (15.12.2004 à 22:47)
Je suis ensuite allée dîner chez Jack, le cœur léger, enfin quand je dis dîner, c’était plutôt essayer de m’incruster pour le dîner ! Mais à mon arrivée, je n’étais même pas encore vraiment rentrée, sans même prononcer un mot, les larmes m’ont submergées. Jen. Jen en personne était devant moi. Non ce n’était pas possible. Je repris mes esprits. Après tout je n’avais pas vu Emmy depuis longtemps (elle n’était qu’une enfant) et elle devait ressembler à sa mère, rien de plus !
J : Emmy ? Tu as tellement grandi ! Excuse ma réaction mais tu ressembles tant à ta mère !
Mais il n’y eu aucune réaction. Comme si mon arrivée avait figé tout le monde. La porte s’ouvrit derrière moi et Emmy rentra dans la pièce
Emmy : salut tout le monde ! Je suis désolée d’arriver en retard, j’étais avec des copains et …
A ma stupéfaction tout le monde se tus
Jack : Joey, il vaut mieux que tu t’assois, t’es toute pâle…
Mais avant tout je courus la prendre dans mes bras.
J : oh c’est pas vrai. Tu m’as tellement manqué, c’est si bon de te voir, je sais que je rêve mais ce n’est pas grave, je souhaite ne jamais me réveiller. Tu ne peux pas imaginer comme tu me manques, tous les jours je pense à toi et…
Jen : Joey calme toi, moi aussi tu me manques mais il faut que je te prévienne : tu ne rêves pas.
Jack : Joey assis toi je t’assure.
Mais j’étais déjà tombée dans les pommes. A mon réveil, Jack, Doug, et Emmy étaient à côté de moi.
J : qu’est ce qui s’est passé ?
Jack : t’es tombée dans les pommes !
J : je suis désolée, je ne sais pas ce qui m’a pris. Je dois être fatiguée en ce moment, je ferais mieux rentrer me coucher…
Jack : Joey, reste assise, je sais que c’est un énorme choc mais c’est réel. Jen a une histoire à te raconter
Mais je ne pus y croire. C’était impossible, irréel. Pour être sur de la présence de Jen je lui pris la main, mais rien de m’assurait que je ne rêvais pas. Etant persuadée de rêver, je profitais de la présence de Jen et je ne pus me séparer d’elle. Elle le comprit et garda ma main dans la sienne.
Jen : alors tu vas bien toi ? J’ai vu que tu avais reçu les honneurs !
J : oui ! oh si c’est un rêve il faut qu’on en profite, je vais faire des trucs de folie !!!!
Jen : euh, je vais pas tourner autour du pot : tu ne rêves pas. Alors avant que tu ne fasses quoique ce soit que tu pourrais regretter je vais te raconter une histoire hallucinante. Tout d’abord je tiens à m’excuser pour toute la peine que je vous ai causée à tous et particulièrement à toi. Ça a du être terrible, ça a du faire remonter à la surface tous les souvenirs de ta mère et je m’en suis voulu comme tu ne peux t’imaginer.
J : oui mais Pacey était là, et c’est surtout pour Emmy qu’on s’inquiétait, mais apparemment elle va très bien ! Et puis pourquoi tu parles de ta mort, puisque tu es vivante ! Quand je vais raconter ce rêve aux autres, ils ne me croiront jamais…
Jen : ce qui s’est passé est un peu difficile à croire, alors je vais essayer de résumer. Mon passé m’a rattrapé.
J : bon, tu as l’air d’y tenir à cette histoire alors je t’écoute. Mais dans ce cas Jen je sais que tout le monde me prend pour l’intello du groupe mais parfois j’ai quand même besoin d’explications….
Jen : oui attend. Oh Jack faut sortir le rôti, il va cramer ! oui bon excuse moi . En fait mon passé de New York m’a rattrapé. Je ne vous ai jamais vraiment tout raconté. Comme tu le sais, je me suis droguée et parfois je ne me souvenais pas de grand-chose de mes soirées. Un jour j’ai volé de la drogue à un contact, mais je ne m’en suis jamais souvenu, alors je croyais que c’était quelqu’un d’autre qui voulait me faire porter le chapeau. Au début j’ai essayé de le rembourser mais j’étais jeune. Alors je l’ai dénoncé pour le faire coffrer. Toutes mes relations se sont retrouvées en prison et moi j’ai été expédiée à Capside. Je suis désolée de vous avoir mentie sur les raisons de mon arrivée mais c’était déjà difficile pour moi avec ma réputation alors avec cette histoire ! Enfin bref. Après quelques années, celui que j’ai mis en prison a commencé à me harceler, il ne savait pas encore où j’habitais mais il m’appelait. Ça a commencé le soir d’Halloween quand je voulais que Dawson me fasse peur et que je croyais que c’était lui qui m’appelait. Tu sais, il y avait cette histoire de tueur en série dans la région, en fait c’était cet homme qui m’appelait de prison, quand je l’ai découvert je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas vous en parler puisque je ne vous avais jamais raconté tous les détails de NY. Mais après ça il n’a plus appelé pendant de nombreuses années. Ça a recommencé peut de temps avant la naissance de ma fille. Je suis finalement allée voir la police et ils m’ont dit que l’homme avait été relâché quelque temps avant et qu’ils avaient perdu sa trace, par conséquent ils ne pouvaient pas vraiment me protéger comme ils le voulaient car avec la chirurgie d’aujourd’hui il s’était sûrement fait faire un nouveau visage. Bref, nous avons analysé toutes les solutions et la seule solution était de faire croire à ma mort. Même pour les personnes qui m’étaient le plus proche. Personne n’a su la vérité, ni Grams, ni Emmy, ni Jack. Ça a été la plus horrible chose que j’ai eu à faire : j’ai du laisser ma fille et mentir à tous ceux que j’aimais. J’ai réussi à garder de vos nouvelles, j’allais voir Emmy à la sortie de l’école, de loin, mais la police m’a dit d’arrêter. Enfin, il y a quelques semaines, l’homme en question a été retrouvé et abattu. Ma vie a alors retrouvé la lumière. C’était comme si le soleil se levait après une nuit éternelle.
J : mais pourquoi n’as-tu rien dit à ce moment là ? Jack je suis venue y’a à peine quelques jours et tu ne m’as rien dit !
Jen : c’était à moi de vous le dire. Si je n’ai rien fait tout de suite c’est parce que j’ai voulu retrouver ma fille, qu’elle me pardonne, qu’elle me comprenne, qu’elle apprenne à me connaître, avant de vous revoir tous. Même si je souffrais énormément de continuer à vous mentir, je devais au moins ça à ma fille. Grams n’est au courant que depuis peu de temps. Elle trouvait Emmy particulièrement heureuse en ce moment alors elle se demandait même si elle ne se droguait pas !
J : oh Jen j’aimerai tant que ça ne soit pas un rêve ! J’aimerai que tu sois vraiment parmi nous.
Jack : euh Joey, je te promets que tu ne rêves pas !!!
J : alors tout ça c’est vrai ? Il va me falloir quelques jours pour réaliser mais…c’est vraiment toi ???
Jen : oui et encore une fois je te demande pardon…
J : non c’est oublié, c’est tellement bon de te revoir, je ne veux même pas en parler.
Jen : oui mais il faut que tu comprennes que je me sens mal par rapport à vous, la douleur que je vous ai infliger. J’aimerais tellement que vous me pardonniez et que ça soit oublié.
J : j’ai ma petite idée. Tout d’abord, j’aimerai qu’on fasse comme si tu n’étais jamais partie, comme si on s’était quitté hier. Que tu me raconte la dernière misère que Jack t’a fait ce matin, raconte moi vos ping pong verbaux d’aujourd’hui !
Jen : tu as dit « tout d’abord »…il y a donc un « ensuite » ?...
J : oui, ensuite, si tu veux vraiment qu’on te pardonne, il faudrait commencer par le dire aux autres !!!! Et tu sais très bien qu’on est tes amis et que personne ne t’en voudra de ressusciter !!! Enfin s’ils arrivent à y croire bien sûr !
Jen : merci, ouh qu’est ce que ça m’a manqué tout ça !!!! (Elle me serra fort dans ses bras)
Et j’ai passé alors une des meilleures soirées depuis des années. Jack lui avait déjà raconté ce qu’on était devenu, alors pas besoin de raconter toutes ces années. Je lui ai dit que je venais de revoir Pacey…
Jen : oui je me souviens que sur mon lit d’hôpital, tu m’as dit qu’au fond de toi tu avais toujours su lequel te rendrait vraiment heureuse…c’était donc lui. Je dois dire que je m’en doutais un peu.
J : oui et avec le temps, je l’ai oublié. Enfin c’est ce que je croyais.
Jen : je me disais bien aussi…je ne pouvais pas manquer la dernière réconciliation tout de même !
J : on en est loin tu sais. Mais je me sens bien avec lui, en fait quand je suis avec lui je me sens
Jen : chez toi !
J : euh…beuhf (bafouillant)…oui en fait. Mais comment tu fais !!!
Jen : mais ça se voit tant que ça ! Joey, tu as toujours eu cette attitude avec lui : tu ne jouais pas de rôle, tu étais à l’aise, Pacey a toujours su lire en toi, encore mieux que moi d’ailleurs ! et on le voit tout de suite en te voyant, je sais pas comment l’expliquer mais oui, le premier mot qui me vient à l’esprit que je t’imagines avec lui c’est que tu es chez toi. Tu es plus vivante, comme lui quand il est avec toi. On ne devrait pas avoir besoin des autres pour se sentir vivant, mais c’est ainsi.
J : mais j’ai peur. On s’est séparé tant de fois, la dernière fois il ne m’en a presque pas voulu ! Comme s’il était blasé. Je me suis tout de suite dit qu’il ne m’aimait pas au fond. Il n’a pas vraiment fait de crise, bon il m’a raccroché au nez mais c’est normal, et il ne m’a jamais appelé, c’est toujours moi qui ai pris le téléphone pour avoir de ses nouvelles. Il ne me parlait pas vraiment, il m’écoutait surtout. Je le sentais malheureux mais il n’a jamais voulu en parler.
Jen : non mais même après tant d’années tu ne comprends donc toujours pas ? Joey, il lui suffit de te savoir heureuse. C’est son unique bonheur, son seul but dans la vie. Même sans toi à ses côtés il arriverait à être heureux rien qu’à l’idée de ton bonheur ! bien sûr ce n’est qu’un centième de son bonheur par rapport à quand tu es avec lui mais c’est ça l’amour. Lorsque le bonheur de l’autre est plus important que le sien.
J : mais qu’est ce que tu veux que je fasse ! Il ne voudra jamais revenir vers moi ! À sa place j’aurai trop peur de souffrir. Depuis que je l’ai revu je suis comme perdue, je ne sais plus où j’en suis. Je l’ai quitté il n’y a que quelques heures et il me manque !
Jen : oui bon là je crois que c’est clair, t’es toujours aussi accros !
J : arrête de te moquer ! C’est pas drôle ! C’est la seule personne qui me fait ressentir ces sentiments !
Jen : excuse moi mais ça fait tellement du bien d’avoir ce genre de conversation, finalement la même conversation que la dernière fois qu’on s’est vu !
J : bon, Jack t’en pense quoi parce que t’écoutes depuis tout à l’heure mais tu n’as pas décroché un mot !
Jack : ben je profite de voir Jen discuter comme autrefois, et je sais déjà comment ça va se finir
J : t’éclaires ma lanterne ou faut que je trouve l’interrupteur ?
Jack : pas une ! dit-il en regardant son verre comme s’il se parlait à lui-même (il fit une pause que je trouvai interminable, puis, me regardant dans les yeux :)…Il n’y a pas eu une seule fille dans sa vie depuis ton départ en France.
J : quoi ? C’est vrai ? Nan je peux pas le croire.
Jack : et pourtant si.
Doug : Joey, je connais mon frère, et je peux t’assurer qu’il ne t’a jamais oublié. Un jour je me souviens t’as appelé Jack, on était avec Pacey. Lorsqu’il a su que c’était toi, j’ai vu un mélange de bonheur et nostalgie dans son regard, il est parti en cuisine prétextant avoir des choses à faire. Tu lui manques Joey alors ne perd pas ton temps à te poser des questions. Tu es la seule personne au monde à pouvoir lui faire des papillons dans le ventre, et ça il me l’a dit alors que vous n’aviez que 16 ans…
jenny (15.12.2004 à 22:55)
Quelqu’un sonna à la porte.
Doug : j’y vais !.....ah ben quand on parle du loup !
Pacey : salut frérot !
Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule à avoir fait une tête ridicule en arrivant. Fallait voir la tête de Pacey quand il a vu Jen. !!!
P : oh mon dieu je dois être plus fatigué que je ne pensais…je vais me coucher, je repasserai vous voir demain.
D : Pacey, reste, il faut qu’on parle.
Pensant être complètement en train de rêver et après un temps d’arrêt Pacey couru vers Jen pour la prendre dans ses bras, il la fit tourner en l’air, et je ressentis un pincement au cœur, chose ridicule car je ne vais tout de même pas me mettre à être jalouse de Jen alors qu’elle venait de ressusciter pour Pacey, même en rêve ! Mais comme s’il avait compris mes sentiments, il la posa et après m’avoir fait un bisou dans le cou :
P : coucou ma belle, ravie de te revoir après ces quelques heures de séparation ! (puis se tournant vers Jen) : alors toi ! C’est un rêve, certes très étrange que je suis en train de faire, mais ça fait du bien !
Jen : et si je te dis que ce n’est pas un rêve ? (dit -elle avec un air interrogateur et taquin qu’ elle seule était capable de prendre)
P : alors premièrement je n’y croirais pas, ensuite je crois que je devrais m’asseoir et enfin il faudrait une explication en béton pour me le prouver ! Tu as fait des expériences de résurrection avec le gouvernement ? et puis comme je rêve, je crois que je vais commander une flopé de belles femmes et un million de dollar !
Jen : ah Pacey, Pacey, Pacey que va-t-on faire de toi, tu ne changeras donc jamais ! Bon, je vais te raconter la même chose qu’à Joey. Après tu décideras si tu préfères croire à la théorie du rêve ou non.
P : vas y je t’écoutes (avec un air amusé, persuadé qu’il rêvait)
Il l’écouta sans interruption. Après l’explication de Jen, je le vis prendre un moment pour prendre du recul, pour réfléchir à tout ce qu’il venait d’entendre.
P : bon ton histoire est plausible. Délirante c’est sûr mais plausible. Joey t’y a cru ? Suis-je bête, si je rêve elle va forcément dire qu’elle y a cru sinon je vais me réveiller et j’en ai aucune envie…aouch ça fait mal ça ! (Jack venait de la pincer)
J : ben c’était pour t’assurer que tu ne rêvais pas
P : ouais ben la réalité est parfois assez douloureuse (et ses yeux sans le vouloir se sont posés sur moi à cet instant. Nous avons baissé les yeux rapidement, gênés)
La soirée passa vraiment vite, nous étions heureux de tous nous retrouver, c’était comme si rien n’avait changé. Malgré les années et la séparation, nous étions réunis, comme si nous nous étions quitté la veille. Mais l’heure du départ était arrivée et Pacey proposa de me raccompagner :
J : et bien volontiers, et puis ce n’est pas comme si tu faisais un détour puisque je suis sur ton chemin
P : oui comme toujours (pensant que de toute façon elle avait toujours été présente à ses côtés, même en France)
J : quoi ?
P : nan rien je pensais à voix haute. Je me disais que si tu préférais rentrer toute seule je pouvais marcher devant !
J : ah ah, très drôle ! Bon on y va ?
P : au revoir tout le monde ! Et n’oubliez pas que demain y’a Audrey qui vient jouer au café, alors comme d’habitude, vous ne dites rien à personne sinon y’aura tellement de fans qu’on pourra pas se voir…
jenny (15.12.2004 à 23:01)
Jen : bon, tu leur donnes combien de temps ?
Jack : s’ils ne sont pas ensemble à la fin de la soirée …euh…moi je dirais 2 jours maximum !
Jen : et toi Dougy ?
Doug : ben en fait j’ai toujours été persuadé qu’ils finiraient leurs jours ensemble alors pour moi c’est comme s’ils n’avaient jamais cassé !
Jen : oui c’est vrai. Bon je vais me coucher. Encore merci de m’héberger, d’ailleurs je vous promets de trouver un appart dans pas longtemps.
Jack : ah Jen à ce sujet, on voudrait te parler
Jen : euh, oui ?
Jack : voilà, Doug et moi tu sais, on s’est habitué à la présence d’Emmy, oui c’est vrai finalement on l’a adopté, c’est notre fille un peu à nous aussi, on l’a vu grandir.
Jen : oui je sais et je ne vous l’enlèverai pas, elle vous connaît plus vous que moi et jamais je ne l’obligerai à vivre avec moi. Mais c’est ma fille et j’ai déjà perdu tellement de temps ! Même si légalement je ne suis plus sa mère, elle est ma chair et mon sang, c’est ce que j’ai de plus précieux et ….
Jack : oui on sait tout ça. Et c’est pour ça qu’on voulait te parler. Voilà. Nous avons tous besoin d’elle et lorsqu’elle s’en sentira capable ce sera tout de même difficile de décider, de faire un choix. Mais comment pourrait elle choisir !
Jen : oui je sais
Jack : bon on a la chance d’habiter une grande maison avec 2 parties indépendantes…donc on s’était dit qu’on pouvait de revendre la moitié de la maison. Comme ça on est chacun chez soi puisque c’est indépendant et en même temps on est proche. Je pense que pour Emmy ce sera mieux, comme ça elle fera comme elle voudra et chacun pourra la voir.
Jen : oh oui oui oui !!!! Évidement j’accepte, c’est génial ! Oh c’est super je vais avoir des voisins trop géniaux !!! et vous verrez je serais une super voisine !!!
Jack : alors c’est d’accord ? Bon on va se coucher, on verra tout ça demain.
Jen : bonne nuit !
Jack : chéri j’arrive tout de suite
Doug : ok pas de problème. Bonne nuit jenny
Jack : Jen je voulais te dire. Je ne sais pas trop comment te dire ça. C’est bête en plus
Jen : bon vas y lance toi !
Jack : depuis ton retour on n’a pas vraiment eu le temps d’en parler. Mais lorsque tu…enfin quand tu es…
Jen : morte ?
Jack : oui, voilà. Quand tu es morte, c’était comme si la terre s’était arrêtée de tourner, comme si la vie n’avait plus aucun sens. Comme si mon corps était dépourvu de sensation, je ne vivais que par automatisme. Je ne pensais jamais m’en remettre. J’ai été obligé pour Emmy, je t’avais promis qu’elle connaîtrait le bonheur et l’amour, alors je me suis accroché, mais jamais je n’ai retrouvé un bonheur complet, heureusement il y avait Doug que j’aimais par-dessus tout mais c’était différent. A chaque fois que je voyais Emmy, je ne pouvais voir que ce que tu manquais, et je pensais à la femme merveilleuse qu’elle ne connaîtrait jamais. Même avec la K7 vidéo que tu avais laissé elle n’aurait jamais pu se rendre compte à quelle point ta présence est magique et merveilleuse, ton sourire et ta joie de vivre apporte une chaleur qui manquait dans cette maison, même si on était tous heureux, il manquait quelque chose. Et depuis ton retour, c’est comme si moi aussi je ressuscitais.
Jen : je suis désolée Jack
Jack : ce n’est pas là où je voulais en venir. Ce que je voulais te dire c’est que la proposition que nous venons de te faire n’est pas uniquement pour toi ou pour Emmy. Doug a remarqué mon attitude depuis ton retour, et c’est lui qui parlé de cette proposition. Jen je t’ai perdu une fois et je ne supporterais pas de te perdre une seconde fois. Même pour un déménagement, même si tu habitais à 2 rues d’ici, ce serait trop loin. Tu es comme ma sœur, Jen, avec les années, nous sommes devenus encore plus proches tous les 2 que Andy et moi. Alors je voulais te parler pour te dire que la proposition que je t’ai faite est avant tout égoïste, je tenais à ce que tu le saches.
Jen : viens là (elle le prit dans ses bras). Moi aussi j’ai besoin de toi. Si je me suis incrustée ici, ce n’est pas uniquement pour Emmy ou pour ne pas embêter Grams et son ami. Mais c’est comme si j’avais toujours vécu avec toi, alors même si j’avais habité à 2 rues, ça aurait été trop loin pour moi aussi. Bon il faut aller dormir. Bonne nuit !
Jack : bonne nuit jenny.
Jen : Jack ! J’ai peur pour demain. Je vais revoir tout le monde. Je vais revoir Audrey, Dawson, comment vont-ils réagir ?
Jack : tout se passera bien, je serai là. Et puis Joey et Pacey ont plutôt bien réagi non ?
Jen : ouais mais eux ils étaient tellement sur un nuage !
Jack : oui…je me demande où ils en sont….
jenny (15.12.2004 à 23:05)
Voilà ce que me raconta Jen de la fin de sa soirée. De mon côté, Pacey me raccompagnait.
P : c’est incroyable : Jen est bien là, on vient de passer la soirée avec elle, comme si rien n’avait changé ! J’arrive pas à le croire !
J : oui
P : viens là
(il me prit dans ses bras, encore un fois il su que je pensais à ma mère. Jen était revenue mais je savais que ma mère ne ressusciterait jamais). Ça va aller, et puis faut faire la fête ! Efface moi cette tristesse de tes beaux yeux ! Et fais moi le sourire que j’aime tant.
J : oui chef ! Mais il est tard, faut que j’aille me coucher.
P : c’est à cause de l’âge que tu te couches tôt ? Je pensais pas que t’avais autant vieillie « ma vieille »
dit-il avec son sourire taquin.
J : non mais c’est vrai que le fait de revoir Jen m’a fait tellement d’émotion que je ne sais plus quoi penser ! C’est comme si j’étais dans une autre dimension, comme si j’étais dans un rêve. Et puis vu l’heure qu’il est, tout est fermé, alors autant que j’aille me coucher !
P : oui mais c’est vendredi soir, et tu oublies que j’ai un café ! Mais si tu veux aller ronfler, je comprendrais
J : eh mais je ronfle pas !!!
P : mouais…bon, on va continuer le rêve de cette soirée ou on reste comme des imbéciles heureux sur ce trottoir ?
J : c’est parti pour le café.
Nous avons passé la nuit à parler. Il faut dire que Jen était au centre de la conversation. Nous nous sommes remémorés tout ce qui s’était passé depuis son arrivée à Capside. Sa descente du taxi, sa période avec Dawson, puis avec Abby, son amitié avec Jack, puis quand on s’est rapprochée elle et moi. J’avais tant essayé de la détester. Heureusement j’ai réalisé que c’était impossible ! J’étais heureuse de passer une soirée avec Pacey, c’était tellement simple, normal, je n’avais pas à me poser de questions, pas à réfléchir, notre complicité était intacte.
J : au fait, pourquoi t’es passé chez Jack tout à l’heure ? Tu m’avais dit dans l’après midi que t’étais fatigué et que t’hésitais à aller travailler ?
P : ah mais Potter, saches que le travail, moi ça me réveille !
J : euh Pacey, ne prend surtout pas mal ce que je vais te dire mais je te connais depuis presque toujours et je suis bien placée pour savoir que tu dormais en cours, quand tu ne séchais pas bien sûr, et qu’il n’y a que le sexe qui ait pu te motiver à travailler….
Pacey ne réagit pas.
J : ah mais j’y suis, y aurait-il une petite serveuse à qui l’uniforme irait particulièrement bien ? (
Cette question me provoqua un pincement au cœur)
P : ne sois pas ridicule !
J : aller, tu peux tout me dire à moi, non ?
P : et bien non, justement pas cette fois. Il se fait tard tu ne crois pas ?
J : Pacey j’ai dit quelque chose qui t’as blessé ? Parce que sinon ce n’était pas mon intention ! Tu sais très bien que je suis la 1 ère à être fière de toi et tu sais très bien que ton travail scolaire n’a jamais compté pour moi.
P : je sais, t’inquiète pas c’est pas ça. Et puis de toutes manières il n’y a rien du tout. En fait pour tout te dire, je sais que demain il y a le concert d’Audrey et avec l’âge, j’ai plus de mal à récupérer les nuits blanches alors 2 d’affilées, ça m’inquiète et comme je travaille dans quelques heures il faudrait que je dorme un peu.
J : ah bon, très bien, si tu y tiens ! Je te laisse à tes rêves, bonne nuit !
P : oui (
dit il en soupirant)
J : (
je cherchais une excuse pour rester, sachant que dès que je passerai la porte il me manquerait…) c’est dommage, moi qui comptait danser avec mon prince charmant…..enfin si tu le croises parles lui de moi !...
P : ah mais si t’as envie de danser, c’est différent, c’est l’endroit rêvé regarde la belle scène qui t’attend !
J : Witter, serais tu en train d’insinuer que tu veux bien être mon prince charmant ?
P : oui mais uniquement pour la soirée, ma générosité a des limites tout de même ! Ça fait tellement longtemps qu’on ne s’est pas vu qu’il faut que je réapprenne à te supporter !
J : oh ben c’est gentil ça !
P : et oui c’est tout moi ça ! Acceptez vous cette danse mademoiselle Joséphine Potter ?
J : avec joie.
Nous dansions, dans les bras l’un de l’autre, la magie de l’instant nous envahissait. Je ne sentais plus mon cœur battre tellement il cognait dans ma poitrine. Pacey me regardait avec son regard profond et tendre, je me sentais protégée comme il y a quelques années. Nous ne parlions pas, notre simple regard suffisait à nous comprendre. Mais cet instant se prolongeait et le silence commençait à me gêner car cela me replongeait dans notre couple mais nous n’en étions plus un.
J : mais tu n’as toujours pas répondu à ma question !
P : qui était ?
J : ne fais pas l’innocent Pacey
P : ah non je t’assure que ce n’est pas de la mauvaise volonté !
J : alors pourquoi es-tu passé chez Jack ?...
P : et bien pour tout vous dire mademoiselle plus têtue qu’un âne, j’avais envie de vous voir.
J : ah oui ?
P : et comme tu m’avais dit que tu passerais chez Jack pour t’incruster à dîner, je me suis dit que t’y étais peut-être encore. J’espère que ça ne t’a pas dérangé…
J : de te voir ? Ah si beaucoup ! À vrai dire après cet après midi avec toi j’avais décidé de ne plus jamais croiser ton chemin, de tout faire pour t’éviter, j’avais même pensé à déménager en fait ! et…
P (
m’interrompant): c’est drôle, quand t’es nerveuse tu parles toujours beaucoup…
J : ah mais je suis pas nerveuse !
P : je suis ravi de te faire encore de l’effet après toutes ces années…
J : ça c’est ce que tu crois Witter…
P : ah parce que tu crois pouvoir me mentir ?...je te connais encore mieux que si je t’avais faite !...
J : mais les gens changent !...
P : peut-être, mais tes yeux parleront toujours d’eux même, et même si tes lèvres disent une chose, je saurai toujours ce que disent tes yeux…
J : ah oui ?...tu crois si bien me connaître ?
P : tout à fait Potter !
J : alors qu’est ce qu’ils disent en ce moment ?...
P : mmmmh la même chose que les miens…mais à toi de me le dire !...
J : …(
après un silence je levai la tête et le regardai dans les yeux) moi aussi j’avais envie de te voir.
Nous nous sommes regardé dans les yeux, profitant de ce moment où tout est encore possible, où rien ne s’est encore passé. Nous étions bien, simplement ensemble. Mon corps tout entier le désirait et je sentais son cœur battre. Puis « say goodnight » passa à la radio
Dis bonne nuit, pas au revoir
Tu ne laisseras jamais mon coeur en retrait
Comme le chemin qui mène à une étoile
Je serai partout là où tu seras
Tu es tout ce que tu voudrais être
Alors laisse ton coeur venir me chercher
Je serai juste là à tes côtés
Dis bonne nuit, pas au revoir
Tu es tout ce que tu voudrais être
Alors laisse ton coeur venir me chercher
Garde ma lumière dans tes yeux
Dis bonne nuit, pas au revoir
Son regard se plongea plus profondément dans le mien. Chaque parole de la chanson nous appartenait, comme si il l’avait écrite pour moi. Mais tout a coup :
P : Joey tu vibres
J : hein ?...
P : tu vibres, ton portable !
J : ah ! euh oui…excuse moi…allo ? Dawson ? Mais pourquoi tu m’appelles à cette heure ci ? Nan tu me réveilles pas, enfin si, mais euh enfin quoi qu’est ce qu’il y a ? Oui ben je sais avec le décalage horaire, mais non tu me déranges presque pas….oui on se voit au concert. C’est pour ça que tu m’appelles ? Ça pouvait pas attendre !!! Mais non, c’est bon, à ce soir !
C’était Dawson qui voulait savoir si on venait tous au concert demain. Comment il sait ?
P : Audrey a du lui dire. Ils n’habitent pas très loin l’un de l’autre, enfin quand elle n’est pas en tournée !
J : ah, c’est cool ça !..., bon Pacey, je crois qu’il vaut mieux que j’y aille
P : hein ? euh…oui bien sûr t’as raison, la journée sera chargée demain. Bonne nuit !
J : bonne nuit Pacey. (
je marchais lentement vers la sortie, espérant qu’il me rappelle)
P : Joey ?
J : oui quoi ?
(je m’étais retournée plus vite que mon ombre)
P : tu viens déjeuner demain ?
J : oui avec plaisir. A demain !
Et je refermais la porte derrière moi. Je le vis s’asseoir, écoutant la fin de la chanson, puis je rouvris la porte et fonça sur lui, sans réellement me rendre compte de ce que je faisais, comme si j’étais poussée par une force invisible. Il se retourna étonné.
P : t’as oublié quelque chose ?
J : oui ça !
Et je l’ai embrassé, comme j’en avais eu envie depuis notre départ de chez Jack, depuis l’après midi, ou depuis des années, depuis toujours finalement. Le baiser fut passionné au début comme si nous avions besoin de nous dévorer, nous n’étions jamais assez proches, puis nous nous sommes calmés et le baiser devint plus tendre. Il passait ses mains dans mes cheveux, dans mon dos. J’en avais des frissons dans tout le corps. Nous ne pouvions pas nous arrêter, c’était plus fort que moi, c’était comme si j’allais mourir si jamais je me séparais de lui. Mais il mit fin au baiser :
P : Joey, ne crois pas que je n’en ai pas envie, bien au contraire, mais je ne pense pas que ce serait une bonne idée
J : alors ne pense plus !
Et je me replongeai dans ses bras. Je ne voulais plus attendre, je ne voulais pas perdre de temps à me poser des questions, à tourner autour du pot, puis nous lancer dans nos fameuses discussions métaphysiques « est ce le bon moment ou non, là est la question », non je le voulais, je n’en avais jamais été aussi convaincue, c’était avec lui que je voulais faire ma vie, je l’avais dit à Jen il y a des années mais je m’étais égarée, maintenant je sais qui je suis, je sais ce qui me rend heureuse, et c’est Pacey. Nos ébats amoureux prirent fin sur la table de billard, et oui moi aussi je m’étonne parfois….
P : Potter, je ne m’en plains vraiment pas, mais ça n’a jamais été aussi passionné et …
J : oui je sais, mais tu sais que plus on attend quelque chose et moins on peut y résister !
P : euh je ne te savais pas si impatiente, on s’est retrouvé hier après midi !
J : oui mais je crois que pour la 1ère fois depuis des années je vois enfin clair, c’est comme si j’attendais ce moment depuis que j’ai pris cet avion pour Paris, depuis que nous nous sommes séparés. Je me suis alors perdue, mais aujourd’hui c’est comme si je m’étais retrouvée.
P : ce qui signifie ?
J : je t’aime Pacey, je n’ai jamais cessé de t’aimer, tu me manques. Je sais que je t’ai fait souffrir lorsque je ne suis pas rentrée de France, et…
P : chut plus un mot. Tu sais que ce qui compte le plus pour moi c’est ton bonheur. Et si c’est avec moi, tu fais de moi l’homme le plus heureux du monde. Alors tu vas m’accorder une faveur. J’ai l’impression que ce soir, c’est comme si rien n’avait changé : Jen est là, tu es revenue vers moi. Alors on va faire quelques chose de génial : on oublie tout. On ne se prend pas la tête, on s’aime sans se poser de questions d’accord ?
J : Witter t’as toujours su lire dans mes pensées.
P : alors tu rentres à la maison ?
J : quoi ? Tu voudrais que je revienne vivre avec toi ?
P : j’en ai assez d’attendre. Tu me manques Joey.
J : alors c’est vrai je peux ? Parce que j’avais loué un appart pas loin dans l’espoir de te voir mais c’est vrai tu voudrais que je revienne ?
P : Potter, si je te le demande ! Tiens voilà ta clé, et puis de toutes façons, je te pose pas la question, tu reviens à la maison un point c’est tout ! (il me prit comme un sac de patate sur son épaule)
J : comment pourrais je résister à un tel élan de virilité !
jenny (15.12.2004 à 23:16)
Et nous avons donc fini la nuit chez lui dans les bras l’un de l’autre, ne pouvant plus nous séparer. Avant de m’endormir, j’étais blottie dans ses bras :
J : Pacey ?
P : oui ?
J : tu savais que c’était un rêve devenu réalité?
P : quel chapitre ?
J : toute l’histoire…
P : je sais que mon rêve est devenu réalité ce soir…
J : je peux t’avouer quelque chose ?
P : tu sais très bien que tu peux tout me dire.
J : lorsque j’étais en France, le soir je regardais les étoiles, même si à Paris le ciel est trop éclairé pour voir les étoiles, je regardais le ciel et je repensais à notre été en mer…
P : c’est une période à laquelle j’ai beaucoup repensé aussi
J : ce que je veux dire c’est que tous les soirs je regardais les étoiles et je pensais à toi (je me retournai vers lui), et comme si je te parlais, je m’adressai à l’étoile la plus brillante et je te répétais tous les soirs « tu me manques Pacey »
P : tu m’as manqué aussi
J : mais je ne l’ai jamais entendu lorsque j’étais là bas, jusqu’à ce que mon cœur l’entende avant mes oreilles…
P : alors mon cœur a fini par se faire entendre du tien car il n’a cessé de te le répéter depuis que tu es montée dans cet avion…
J : je te demande pardon de ne pas l’avoir entendu plus tôt.
P : oh c’est pas de ta faute…avec l’âge c’est normal d’être dur d’oreille !
J : non mais je vais te montrer moi si j’ai vieilli ! (Je commençai à l’embrasser fougueusement, puis plus tendrement, après notre baiser je le regardai dans les yeux) : je t’aime Pacey, et je sais aujourd’hui que je n’ai jamais cessé de t’aimer
P : je t’aime aussi Joey
Je me reblottis dans ses bras et nous nous sommes endormi tendrement
Voilà, je t’ai raconté ma journée d’aujourd’hui. Je pense que c’était une des plus belles journées de ma vie. Je me demandais il y a encore quelques temps dans l’avion si j’étais vraiment heureuse. Et bien ce soir je peux répondre que oui, je suis profondément heureuse.
Bon, aujourd’hui je n’aurai pas vraiment le temps de t’écrire : je dois emménager chez Pacey, enfin je rentre à la maison quoi ! Et Jen m’aide à emballer mes affaires car elle veut tout savoir dans les moindres détails, Dawson arrive en fin d’après midi, et Audrey arrive dans la soirée. Mais je te raconterai tout en détail quand j’aurai le temps !
J : salut Jen, oh je n’arrive toujours pas à y croire. Viens là que je te serre dans mes bras. Mmmmh, c’est si bon de t’avoir à nos côtés.
Jen : pour moi aussi ça fait du bien de vous retrouver. Mais avant tout, serre moi un café et raconte moi tout ta nuit, je veux tout savoir…
J : déjà je tiens à te remercier, car avec la conversation d’hier j’ai pris conscience qu’il y a des années je savais déjà ce qui me rendrait heureuse, et depuis je me suis égarée, mais grâce à toi je me suis retrouvée.
Jen : mais de rien très chère. Bon tu me racontes tout en faisant les cartons ou on se pose tranquillement sur le canapé ?
J : oh je suis tellement excitée je ne pourrais pas faire 2 choses en même temps, alors viens t’asseoir.
Et c’est ainsi que je racontais à Jen tout ce qui s’était passé depuis hier soir, je savourais ce moment. Je me souviens que durant toutes ces années, je n’avais finalement personne à qui parler comme ça, Audrey étant souvent absente, ça me faisait du bien de retrouver une amie.
Jen : donc je résume un peu : vous vous aimez, alors pour ne pas perdre de temps vous appliquez enfin mes conseils et mon fameux « carpe diem » que je me tue à vous enseigner depuis des années, et vous vivez (c’est pas trop tôt) sans vous prendre la tête ?
J : c’est tout à fait ça !
Jen : je suis vraiment heureuse pour vous.
J : et toi, alors, avec ta cavale, où en sont tes amours ?
Jen : oh ben moi j’ai plus de déclarations d’amitié que d’amour. On s’est enfin retrouvé avec Jack, je veux dire que ce n’était pas exactement comme avant depuis mon retour mais depuis hier on a retrouvé cette complicité, ça me fait du bien. Et puis question amour, je dois dire que je suis restée concentrée sur ma fille qui a énormément grandi et je ne voulais pas lui faire subir un traumatisme de plus en lui ramenant un autre homme dans sa vie. Elle a déjà 2 pères formidables et je ne pense pas qu’elle en ait besoin d’un 3ème.
J : oui je comprends. Bon t’es venue pour m’aider à faire les cartons ! Et si on veut avoir fini avant d’aller déjeuner chez Pacey…
Jen : tu te rends compte qu’on mange gratuitement dans le plus grand restaurant de la ville ?
J : je me rend surtout compte de mon bonheur !...
jenny (15.12.2004 à 23:21)
Nous avons donc fait les cartons puis on est allé déjeuner au restaurant de Pacey.
P : bonjour mesdemoiselles. Bonjour ma belle (en m’embrassant). Je suppose que Joey t’a déjà tout raconté de nos retrouvailles ?
Jen : en effet. Je suis vraiment heureuse pour vous…mais je vais m’abstenir de jouer au billard pendant quelques temps… (dit elle avec un grand sourire)
P : ah elle t’a vraiment tout raconté !!!
J : ben oui pour une fois que je peux papoter avec un vrai papotage féminin !!! ça faisait longtemps !!!
P : mouais bon…(perplexe et faussement vexé). Dawson m’a appelé ce matin, il arrive plus tôt que prévu. Jen, il va falloir te préparer il devrait arriver, je lui ai dit que Joey déjeunait là. Ah le voilà !
Dawson était livide, comme devant un fantôme (chose normale puisque après tout il devait réellement croire qu’il était face du fantôme de Jen)
D : oh mon Dieu, faut que j’arrête les décalages horaires. Joey je te promets que je vois le fantôme de Jen assis à côté de toi.
J : Dawson, …
D : non je sais ce que tu vas dire, je suis ridicule. Je sais que c’est parce qu’elle me manque mais là !
Jen s’en amusait et souriait, malgré son appréhension de la réaction de Dawson quand il s’apercevrait qu’elle était bien là.
J : déjà bonjour, et assis toi.
D : oui excuse moi comment vas-tu ? Pacey m’a dit que vous vous étiez remis ensemble ? Je suis heureux pour vous.
Il ne cessait de dévisager Jen, comme pour profiter de cette apparition tout en sachant qu’elle disparaîtrait. Et Jen continuait à sourire sans un mot. Puis voyant que je ne disais rien, c’est elle qui rompit le silence :
Jen : Dawson je…
D cria : oh mon dieu (il fit un bond en arrière en se levant, mort de peur)
J : assis toi Dawson
D : je suis vraiment désolé Jo mais c’est toujours cette espèce de fantôme. T’as pas de l’aspirine ?
Jen : je ne suis pas un fantôme Dawson !
J : et non Dawson, moi aussi je la vois, c’est bien pour ça que je préférerai que tu t’assois avant de tomber dans les pommes
Dawson n’arrivait pas à réagir, il s’était rassis ou plutôt s’était écroulé sur sa chaise et continuait à dévisager Jen.
D : mais c’est pas possible, je rêve ? (puis parlant pour lui :) Non je délire, ce serait déjà plus logique…oh mon dieu il me faut vraiment de l’aspirine.
Jen : Dawson, tu vas parfaitement bien. J’ai des choses à t’expliquer, et après tu verras qu’en fait tu n’es pas du tout fou.
Sans un mot, Dawson continuait à la regarder en l’écoutant, sans l’interrompre, ou plutôt sans être capable de réagir, du début à la fin.
D : alors c’est bien toi ?
Jen : oui Dawson, encore une fois c’est bien moi, et encore une fois je m’excuse profondément pour tout ça.
D : oh viens dans mes bras que je te serre fort !!!
Leur étreinte n’en finissait plus. Dawson avait mis réellement beaucoup plus de temps que moi et Pacey à réaliser la nouvelle…mais j’étais la seule à être tombée dans les pommes, ce qui ne réconforta pas ma fierté…
P : bon maintenant que les retrouvailles sont finies, je peux commencer à servir parce que j’ai du boulot et si je veux manger avec vous, faut se bouger !
J : mais on a même pas commandé ! Et d’ailleurs tu parles d’un restaurateur, tu ne nous as même pas donné la carte !
P : Potter avant de râler, saches que nos repas sont déjà prêts !
Et là nous vîmes arriver nos plats préférés.
Jen : après tout ce temps tu te souviens encore de tout ce qu’on préfère ! Décidément Pacey Witter t’es un ange !
P: et oui je sais, on me le dit souvent
J : quoi ?
P : mais non ma puce, je rigole
J : je préfère ça Witter, je t’ai à l’œil… alors Dawson, comment vont les affaires ?
D : et bien je dois proposer à Audrey de jouer dans mon prochain film, c’est pour ça que je suis bien content qu’elle soit là ce soir
J : oh c’est un quel genre de film ?
D : oh c’est plutôt un rôle pour elle, c’est une histoire sur une chanteuse, genre bodyguard. Enfin j’ai tout de suite pensé à Audrey parce que ses fans seront ravis et on n’aura pas à chercher une chanteuse pour la doubler puisqu’elle chante divinement bien.
J : ça c’est sûr. Je suis allée à son concert à Paris, vous auriez vu la foule ! Je n’en reviens pas.
D : et toi Jen, mise à part ta résurrection, que deviens tu ?
Jen : et bien pour tout vous dire, je ne sais pas trop quoi faire. Pendant ces années, étant assez seule j’ai commencé à écrire ma biographie, au départ je l’ai surtout fait pour ma fille, pour qu’elle me comprenne et qu’elle me connaisse, mais le fait d’écrire m’a permis de comprendre de nombreuses choses. Mais je ne suis pas aussi bon écrivain que notre célèbre Joey, je ne sais pas trop quoi faire de mes écrits à vrai dire. J’avais pensé m’occuper d’art mais je n’ai aucune formation.
P : et bien en attendant, viens travailler au restaurant ! Tu peux t’occuper des clients !
Jen : oui pourquoi pas, c’est une bonne idée !
J : et moi j’aimerai bien lire ta biographie, je te rappelle que je suis éditrice !
D : et puis si Joey édite ton livre, si ça se trouve je pourrais l’adapter au cinéma, enfin si ça te tente d’être actrice bien sûr !
Jen : que de propositions ! Que me vaut tant d’entre aide ?
D : parce qu’on t’aime et que ta disparition nous a tous bouleversé, alors maintenant que tu es là, on veut que tu sois heureuse, près de nous.
Jen : je ne vous remercierai jamais assez. Pour ce qui est du cinéma, Dawson je te remercie mais je ne m’imagine pas du tout actrice, mais Joey j’aimerai beaucoup que tu lises mon livre, au moins j’aurai l’avis d’une spécialiste et je sais que tu seras franche avec moi.
P : et mais j’y pense, pour ton histoire de film, Dawson, ça tenterait peut-être Emmy de jouer le rôle de sa mère ! et puis avec tous tes projets en ce moment, tu ne le réaliseras pas avant quelques années, alors elle a le temps de grandir, et puis qui ressemblera plus à Jen que sa fille ?
D : si Jen me donne son feu vert et qu’Emmy est d’accord le moment venu, c’est vrai que ce serait génial !
Jen : ne nous emballons pas, tout ça est encore loin, alors on verra !
Le déjeuner touchait à sa fin.
J : bon, moi j’ai des cartons à finir !
P : si t’as besoin d’aide ma chérie, n’hésite pas je me ferais un plaisir d’expédier tes affaires dans mon armoire !
J : non ça ira, travaille bien ! je repasserai te voir tout à l’heure si j’ai le temps avant le concert.
Jen : bon, moi je dois retrouver Jack après son cours et Emmy dort chez une amie ce soir alors j’ai tout mon temps
D : ça te tente de passer l’après midi avec moi ? À moins que tu ne préfères faire les cartons de Joey ?
Jen : non sans vouloir te vexer Joey, j’en peux plus des cartons, mais je pourrais venir t’aider demain si tu veux ?
J : nan t’en fais pas, je fais le principal et le reste je le ferai au fur et à mesure. Passez une bonne après midi. Vous devez avoir beaucoup de choses à vous dire. Et puis on se retrouve ce soir !
D et Jen : d’accord à ce soir !
Je suis rentrée à l’appartement. J’en ai donc profité pour t’écrire et te raconter tout ça. Dawson avait l’air vraiment perturbé par le retour de Jen, comme si d’un seul coup un poids venait de disparaître. C’est vrai que durant toutes ces années, il a essayé d’être présent pour Emmy. Comme nous tous c’est vrai, mais lui c’était différent, c’est difficile à dire. Pour nous il s’agissait plus de notre « nièce » qu’autre chose. Mais même si Dawson n’était que peu présent à cause de son travail, il tenait quand même à chaque visite à passer des moments privilégiés avec elle. Même lorsqu’elle était encore bébé, il l’emmenait au cinéma. On se moquait tout le temps de lui pour ça. Un jour je me souviens Emmy était toute petite, je l’ai surpris, il jouait avec elle dans sa chambre. Il lui racontait une histoire, je me suis collée à la porte et j’ai écouté. Il lui racontait l’histoire d’une princesse appelée Jennifer qui était venue d’un lointain pays appelé New York et avait illuminé la vie d’une bande d’amis à l’aide non pas d’une baguette magique. Non, elle n’en avait pas besoin, elle avait des pouvoirs magiques en elle, c’est grâce à son sourire et à sa joie de vivre qu’elle illuminait leur vie. Emmy l’écoutait attentivement, logée dans les bras de Dawson, il lui raconta toute la vie que Jen avait partagée avec nous. Il a toujours fait son possible pour qu’elle sache quelle merveilleuse femme était sa mère. Lorsque Emmy grandit, elle se confiait toujours à Dawson. Je me souviens qu’un jour son « amoureux » en avait préféré une autre. Dawson a pris son avion car Emmy ne faisait que de pleurer, et il lui a ramené un mannequin de son âge, il disait qu’un peu de jalousie en amour ne faisait pas de mal. Il a toujours essayé de rendre sa vie extraordinaire. Pour elle, « l’ordinaire de suffit pas », comme il aimait le dire. On a tous été touché par la disparition de Jen, mais c’est vrai que Dawson avait perdu son premier amour, l’époustouflante Jen Lindley.
jenny (15.12.2004 à 23:30)