Ça fait quinze jours que je suis allé voir Jen à New York. J’ai retrouvé « mes jeunes de banlieue », je leur ai promit d’aller voir un jeune prodige du cinéma à L.A. Bien sûr Dawson n’est pas au courant, d’ailleurs, je ferais mieux de lui en parler mais après tout, il ne peut pas refuser ça, il m’a dit lui même que s’il pouvait faire quelque chose, ce serait avec joie…
Pacey : Allô, M. Lerry ?
Dawson : Qui le demande ?
Pacey : Un ami.
Dawson : Pacey ?
Pacey : Bingo ! Alors ça va le jeune prodige ? C’est comme ça qu’ils t’appellent maintenant à Hollywood ?
Dawson : Si on veut… Alors qu’est ce que tu veux ?
Pacey : Parler à un ami que j’ai perdu depuis trop longtemps.
Dawson : Mais bien sûr. Bon plutôt que de faire le clown, dis moi ce que je peux faire pour toi.
Pacey (de but en blanc) : Payer un aller retour à 30 ados de Baltimore.
Dawson (pris au dépourvu) : Payer quoi ?
Pacey : Un aller retour pour 30 ados de Baltimore.
Dawson : Et pour quoi faire ?
Pacey : Je leur ai promis de leur faire découvrir L.A en même temps que le tout nouveau talent du cinéma c’est à dire toi.
Dawson : T’es sûr que ça va ?
Pacey : Super ! Alors ?
Dawson : Mais pourquoi leur as tu promis ça ?
Pacey : Ils ont eu leur diplôme dont deux avec les honneurs. Aucun n’a été recalé et je leur avais promis une surprise s’ils réussissaient… Ils ne sont jamais sorti de Baltimore et j’avais envie de leur faire découvrir L.A, la cité des anges…
Dawson : C’est d’accord.
Pacey : Hein quoi ???
Dawson : C’est d’accord. Mais à une condition.
Pacey : Je le savais , vas-y.
Dawson : Tu viens à la fête que Jack organise pour Jen.
Pacey : Je ne suis même pas invité.
Dawson : Jack n’a pas eu le temps de te prévenir c’est tout, il me l’a dit ce matin. Et comme tu étais en cours…
Pacey : Ok, c’est bon tu as gagné je viendrais mais ne dis rien à Jack, Jen et encore moins à Joey.
Dawson : Pas de problème de ce côté, tout ce qui se rapporte à toi est tabou.
Pacey : Merci Dawson. Salut.
A peine raccroché que le téléphone s’est mit à sonner.
Pacey : Oui ?
Jack : Pacey ? C’est Jack.
Pacey : Salut ! Comment ça va à NY ?
Jack : Pas trop mal pour Jen et moi mais...
Pacey : Comment ça ?
Jack : Ben, Jen sort de l’hôpital demain donc on est aux anges.
Pacey : Il y avait un mais je crois ?
Jack : Oui, en effet. C’est…Joey.
Pacey : Qu’est ce qu’elle a ?
Jack : Ben…euh…en fait, elle a replongé…
Joey ? Comment ça replongé ? Oh non, je n’aurais jamais dû revenir. Elle m’avait oublié et j’ai tout gâché. Pourquoi ? Pourquoi faut il que je la fasse souffrir à ce point ? Elle ne mérite pas ce qui lui arrive. Un sentiment de culpabilité pris possession de moi. C’est comme si on m’avait accusé d’avoir tué l’humanité toute entière. J’ai tué sa vie, j’ai détruit ses rêves, j’ai brisé ses espoirs.
Jack : Pacey ? Allô ? Pacey ? T’es là ? Répond.
Pacey : Excuse moi.
Jack : Non, c’est à moi de m’excuser. Je t’appelle pour t’inviter et tout ce que je trouve à faire, c’est te saper le moral. Je suis désolé.
Pacey : C’est pas grave. Ne t’inquiète pas pour moi.
Jack : Arrête ! Enfin, j’espère quand pouvoir compter sur toi le week-end prochain.
Pacey : Pourquoi ça ?
Jack : On organise une soirée tranquille entre amis et donc tu es obligé de venir, pour Jen.
Pacey : Je viendrais mais…
Jack : Elle sera là. Ce sera le bon moment pour vous parler, tu ne crois pas ?
Pacey : Si, si, merci Jack. Salut.
Le mal aise qui m’avait quitté à mon retour de New York a de nouveau pris possession de moi. Savoir que Joey est malheureuse par ma faute, c’est encore plus dur que de savoir qu’elle me hait. Et Jack qui pense que tout va s’arranger le week-end prochain. Dawson aura fini par déteindre sur lui que ça ne m’étonnerait pas. Croire qu’une réconciliation est possible avec elle c’est un peu comme espérer que je devienne curé. Oh mon dieu ! Si Grams m’entendait… Enfin bon, j‘ai bien mérité ce qui m’arrive, non ? Mais Joey, elle n’a rien demandé. Ça lui est tombé dessus alors qu’elle ne demandait rien d’autre que d’être heureuse. Mais pourquoi lui ai-je fais ça? Je suis vraiment un monstre. Mais le monstre veut se rattraper. Et pour ça, il va avoir besoin de Jen…
J’attends patiemment assis dans le salon de Jen. Le week-end est vite arrivé finalement. Trop vite à mon goût. Il ne reste plus que trois heures avant la fameuse soirée. Soirée à laquelle Jack espère que tout s’arrangera avec Joey. Bon, tout ça n’explique pas pourquoi je me trouve dans ce salon, n’est ce pas ? Ben en fait c’est très simple. Jen est sortie aujourd’hui de l’hôpital et comme personne ne pouvait venir la chercher, je me suis dévoué. Ok, je vous l’accorde c’est un petit peu beaucoup intéressé. C’est juste que j’ai besoin de l’avis d’une experte pour savoir si je ne fais pas de bêtises en voulant « récupérer » Joey.
Jen (revenant de la cuisine avec un plateau) : Alors, mon sauveur. Que puis je faire pour toi ?
Pacey (surpris) : Ton sauveur ?
Jen : Ben, oui. Sans toi j’aurais dû rentrer à pied. Tu me vois rentrer à pied de Manhattan jusqu’au Queens ?
Pacey (rigolant) : Franchement ? Non…
Jen (faisant semblant d’être offensée) : Pacey ! Tu me vexes là !
Jen s’est mise à rire. Ça fait du bien de la voir les yeux illuminés.
Jen (redevenant sérieuse) : Bon trêve de plaisanteries. Raconte moi pourquoi tes yeux sont cachés par ce voile noir.
Pacey : Tu ne lâcheras pas, hein ?
(Jen répond non de la tête.) Bon. Ben en fait, je l’aime encore.
Jen (compatissante) : Ca je peux le comprendre. Une histoire comme la votre ça ne s’oublie pas comme ça…
Pacey : C’est une fille comme elle qu’on oublie pas.
Jen : Tu es mordu ma parole. D’accord c’est pas drôle. Qu’est ce que tu compte faire ?
Pacey : Réaliser ses rêves.
Jen : Comment ça ?
Pacey : J’ai lu son livre. En première page, il y avait marqué « je ne peux plus réaliser mes rêves alors je les partage. » Dans son livre, elle confie ce qu’elle aurait aimé que je fasse.
Jen : Et tu compte le faire, c’est ça ?
Pacey : Je vais tout recommencer depuis le premier chapitre jusqu’au dernier…
Jen : ça marchera. Ne t’en fais pas. Tout ce qu’il faut c’est de la patience. Ne t’attends pas à ce qu’elle te tombe dans les bras des le deuxième chapitre… Ne baisse pas les bras au premier échec.
Pacey (septique) : J’y penserais…
Jen (sévère) : Je suis sérieuse Pacey. C’est pas parce que tu vas te mettre en quatre pour elle qu’elle va te pardonner aussi facilement que nous.
Pacey : Je sais, d’ailleurs, pourquoi vous m’avez pardonné aussi vite ?
Jen : Je ne peux pas répondre à la place de Jack mais pour Grams, c’est pas compliqué. Le pardon est divin, la rancune c’est pour les … enfin tu m’as compris. En plus, elle te considère comme un de ses petits fils…. Quant à moi, je t’en ai jamais voulu. Je sais ce que ça fais de ne pas être pardonnée. Souviens toi quand j’ai quitté la maison après la mort d’Abby. Je pouvais comprendre ce que tu ressentais. J’ai causé la mort de quelqu’un et on m’a pardonné mes erreurs. Toi, tu m’as juste blessée alors je ne vois pas pourquoi j’aurais dû t’en vouloir…
Pacey : Je t’ai peut-être pas tuée mais j’avais bu. J’ai pris le volant alors que j’étais saoul. Tout ça c’est entièrement de ma faute. Je n’aurais…
Jen (suppliante) : Arrête ! Je t’en pris. Accepte le fait qu’on t’aime même si tu nous as déçu un jour. Personne n’est tout rose ou tout beau. Regarde Jack, il a plongé en première année de fac. Moi, je suis tombée si bas que ça a coûté la vie d’une personne. Toi aussi tu as fais des erreurs mais je ne pense pas que ce soit ça qui compte. C’est pas nos erreurs qui disent qui on est, elles nous permettent juste de devenir quelqu’un. C’est nos décisions qui nous disent si on en vaut la peine ou pas. Et toi tu es quelqu’un d’unique Pace. Tu ne te plains jamais, tu subis. Tu n’es heureux que si ceux que tu aimes sont heureux. Le fait que tu aies fui ne dit pas grand chose, mais par contre, le fait que tu viennes d’excuser après tant d’années, ça nous montre que tu ne nous as pas oublier et qu’on compte encore pour toi. Oui tout le monde t’en voulait d’avoir fui mais tu es revenu affronter tes amis et c’est ça le plus important.
Pacey : Mais Jen, tu ne t’ai pas dit que je faisais tout ça pour moi ?
Jen : Si et alors ? Je m’en fiche. Si notre pardon t’est si important c’est que nous, on compte beaucoup pour toi, non ?
Pacey : Plus que tu ne peux l’imaginer…
Jen : Alors arrête de te faire du mal pour rien.
Pacey : Merci Jen…
Ding dong…
Jen (surprise) : Déjà ? ça doit être Jack. Tu m’attends ?
(elle va ouvrir la porte) Jack ! Salut. Ça va ? Vas-y entre.
Jack : Tiens je t’ai apporté ça. Ça va ma belle ?
Jen : Super bien. Tu viens avec moi, on se faisait une séance remonte moral avec Pacey.
Jack (surpris) : Pacey ? Il est encore ici ?
Pacey : Déçu ?
Jack : Tu plaisante ! Comment vas tu ?
Pacey : Pas trop, trop mal.
Jen : Il déprime…
Pacey (énervé) :Jen ! !
Jack : Joey ? Je te comprends. Elle t’en veut tellement, ça doit pas être facile.
Jen (outrée) : Jack ! C’est pas ce qu’on dit à quelqu’un qui va pas bien !
Jack : Quoi ? Je dois lui mentir peut-être ?
Jen (sagement) : Parfois le mensonge est moins dur que la réalité…
Pacey : Mais dans ce cas, tout est de ma faute donc la vérité, je la mérite.
Jack : Tu vois !
Jen (ne sachant plus quoi dire) : Oui mais…
Pacey : Laisse Jen, ça va. Ne t’inquiète pas.
Jen (se dirigeant vers sa chambre) : Si tu le dis. Bon je vous laisse les garçons, je vais me préparer.
Pacey : Et ben moi, je vais vous mijoter un de ces petits plats. Tu me suis ?
Jack : Je ne fais pas l’apprenti je te préviens !
Pacey : Et qu’est ce que tu comptes faire ?
Jack (avec un grand sourire) : Te regarder travailler !
Pacey : Très drôle !
Jack : Je suis sérieux.
Pacey (rigolant) : Et ben moi je te dis que tu vas m’aider. Tiens va mettre la table !
A ma grande surprise, Jack s’est exécuté sans rechigner. Enfin presque, une fois hors de la cuisine, je l’ai entendu râler, protester, dire que l’esclavage était aboli depuis des lustres et tout et tout…
Pacey (plaisantant) : Jack ! Si tu ne te tais pas, tu seras privé de dessert !
Jack (de même) : Oui papa !
Et on s’est mit à rigoler, déconner comme avant. Enfin, notre complicité « d’antan » revenait. Une demi heure plus tard, Jen nous a rejoint et elle, elle m’a aidé sans rechigner, toute contente de pouvoir « cuisiner avec un grand chef » comme elle le dit si bien. Dawson est arrivé vers 20h, trois quart d’heure avant….avant Joey. J’étais dans la cuisine à ce moment. Donc elle ne m’a pas tout de suite vu. A vrai dire, je retardais le plus possible la confrontation.
Dawson (depuis le salon) : Alors Chef, tu t’en sors ?
Jack (de même) : Viens avec nous !
Joey (malicieuse) : Un nouveau cuistôt ? Jen tu ne m’avais rien dit !
Jen (rejoignant Pacey dans la cuisine) : Tu vas pas te cacher toute la soirée ?
Pacey : Pourquoi pas ? Non en fait je vais plutôt m’échapper par la fenêtre.
Jen : On est au huitième étage alors à moins que tu ne te sois transformé en homme araignée pendant ton sommeil, je te conseil de venir avec nous.
Pacey : Mais elle va partir.
Jen : T’en fais pas pour ça, elle ne partira pas. C’est ça ou l’engueulade. Alors ?
Pacey : C’est bon je capitule , vas-y je vous rejoint.
Jen (rejoignant les autres dans le salon) : C’est bon, il arrive.
Joey : J’ai hâte de le voir.
Pacey (entrant dans la pièce, la tête basse) : Tu en es sûr ?
Joey (choquée) : Quoi ?…Qu’est ce que… Qu’est ce qu’il fait là ????
Pacey (agacé) : C’est bon je m’en vais…
Jen (énervée) : Ah ça non ! J’en ai marre de vos histoires ! Vous pouvez pas supporter la présence de l’autre ne serait ce qu’une soirée ?
Joey (furieuse) : C’EST HORS DE QUESTION! Je m’en vais.
Pacey (la rattrapant sur le palier) : Joey ! Attends ! Restes. C’est moi qui pars. Je n’aurais pas dû revenir, excuse moi…
Et voilà, je suis parti. Pas très courageux hein ? Mais je ne pouvais pas être dans la même pièce qu’elle toute une soirée. Bien sûr, je me suis fait engueulé par Jen, ça n’a pas manqué. Le lendemain, elle est passé à mon hôtel, elle était dans un de ces états ! Je l’ai croisée dans le hall, elle m’a prit par le col de la chemise et m’a plaqué contre un mur. Heureusement, l’hôtel était désert à l’heure là. En plus de ça, j’ai bien cru qu’elle me tuerait si je lui en donnait l’occasion.
Jen (furieuse) : PACEY WITTER ! ! !
Pacey (furieuse) : Jen Lindley ! Que me vaut cette charmante visite de courtoisie ?
Jen (furieuse) : Ne fais pas le malin avec moi, Witter !
Pacey : J’ai rien fait de mal, t’as dit Joey devait pas partir, tu n’as rien dit me concernant…
Jen (furieuse) : Tu te fous de moi ? C’est ça ? Non mais tu te prends pour qui ? Hier soir c’était le moment ou jamais pour vous expliquer !
Pacey : J’ai pas pu…
Jen (furieuse): C’est trop facile ! Dès que le moindre obstacle se met en travers de ta route, tu fuis ! Tu as fuit il y a trois ans, tu as fuit hier soir. Tu vas continuer comme ça pendant longtemps ou tu comptes te conduire en homme au moins une fois dans ta vie ?
Pacey : Tu m’en veux à ce point ?
Jen (furieuse) : N’évite pas le sujet. Alors, tu vas prendre tes responsabilités oui ou non ?
Pacey : Oui mais ne me demande pas quand, je n’en sais rien du tout !
Jen : Je te propose de commencer ce soir.
Pacey : Comment ça ?
Jen : On va dans un bar que Jack a repéré. C’est le Café Reggio je crois. Enfin bref. On t’attends à 21h là-bas. Et oui, Joey y sera…
J’ai même pas eu le temps d’ajouter un mot que Jen se faufile déjà à travers le hall. Là elle m’a bien eu ! Je vais devoir affronter Joey. « Prendre mes responsabilités » comme elle le dit si bien…
Alors voilà, je suis au fameux Café Reggio. Personne n’est arrivé. C’est un peu normal aussi, il est 20h40. Je suis tellement nerveux que je suis arrivé en avance. Ce soir, elle sera là, normalement et elle sera obligée de rester d’après ce que Jen m’a dit. J’ai un poids qui oppresse ma poitrine. J’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer normalement tellement je suis angoissé. J’ai attendu dix minutes avant qu’un visage familier n’entre. J’ai cru que c’était Jack ou Jen ou même Dawson qui entrait mais pas Joey. J’étais comme pétrifié ! Elle est si belle… Elle a l’air perdu, comme si elle cherchait un visage amical. Je n’ose pas m’approcher, je préfère attendre que les autres arrivent. Mais, qu’est ce qu’elle fait ? Ah non ! Elle ne va pas partir maintenant ! Il faut que je lui parle. Mais qu’est ce qui va la convaincre de rester ? Mes yeux se posent sur le juke-box , mais bien sûr ! Je cherche LA chanson, celle avec laquelle elle s’est excusée il y a quatre ans après être partie deux mois… Ça y est ! Je l’ai !
Il y a une douleur qui dort en moi
Elle dort d'un œil
Et se réveille au moment où tu parts
Bien que j'essaye de tourner la tête
La douleur subsiste toujours
Elle part seulement quand tu es près de moi
Dès les premières notes, je l’ai vu se retourner vers moi. On s’est regardé pendant quelques secondes qui m’ont paru une éternité. C’était comme si plus personne n’existait, comme si on était seul au monde. A ma grande surprise, elle ne s’est pas enfuie, au contraire, elle est allée s’asseoir à une table sans détacher son regard de moi…
Est-ce que tu sais qu'à chaque fois que tu es là
N'importe qui d'autre semble loin
Alors peux-tu venir et les faire disparaître
Les faire disparaître et nous pourrons rester
Alors je restes et je regarde autour de moi
Distrait par les bruits
De tous les gens et tout ce que je vois
Et je cherche à travers chaque visage
Sans aucune trace de la personne
La personne dont j'ai besoin
Est-ce que tu sais qu'à chaque fois que tu es là
N'importe qui d'autre semble loin
Alors peux-tu venir et les faire disparaître
Les faire disparaître et nous pourrons rester
Peux-tu les faire disparaître ?
Les faire disparaître
Il y a une douleur qui dort en moi
Elle dort d'un œil
Et se réveille au moment où tu parts
Et je cherche à travers chaque visage
Sans aucune trace de la personne
La personne dont j'ai besoin
J’ai attendu la fin de la chanson pour voir si elle allait partir. Mais non, elle est restée là, à me regarder. J’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai rejointe. Je me suis assis en face d’elle sans un mot.
Joey (nostalgique) : « Disapear ». Hoobastank. Tu n’as pas oublié ?
Pacey (ravi mais apeuré): Je n’ai rien oublié. Pourquoi est tu restée ?
Joey : Jen. Elle m’a dit que quelqu’un voulait me parler.
Pacey : Déçue ?
Joey : Non. Ça fait trois ans que j’attends.
Pacey : Mais pourquoi m’as tu rejeté quand je suis revenu ?
Joey : J’étais en colère, aveuglée par la rancœur. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas t’écouter.
Pacey : Et aujourd’hui tu peux ?
Joey : L’avocat du diable m’a convaincu d’écouter ta plaidoirie. Alors vas-y, je t’écoute.
Et je lui ai tout dit. Tout depuis le soir de l’accident jusqu’à aujourd’hui. Je lui ai raconté ma vie à Baltimore, pourquoi j’ai fui, pourquoi je suis revenu. Tout quoi. Mais il faut croire que ce « tout » n’a pas suffit.
Joey : Et pourquoi avoir bu ?
Pacey : A cause de nous. Le « nous » qu’on formait avant que tu ne parte en France. Quand tu es revenue, tu étais distante, je croyais que je n’avais plus ma place. Alors je suis sorti, Jen n’a pas voulu me laisser seul. D’ailleurs, elle non plus n’allait pas bien. Elle venait de rompre avec CJ. On est donc allé dans un bar et on a tenté de noyer nos problèmes dans un poison qui tue encore aujourd’hui. On a bu plus que la limite.
Joey (redevenant froide) : Tu me trouvais distante ?
Pacey :Tu l’étais. Et d’ailleurs, pourquoi l’étais tu ?
Joey (indignée) : Je…je… Mais c’est quoi toutes ces questions ? Tu n’essaies pas de rejeter tes erreurs sur moi quand même ?
Pacey (suppliant) : Joey…
Joey (furieuse) : Non Pacey ! C’est pas à cause de moi que tu as bu ce soir là. Tu as bu parce que tu avais peur de toi. Comme toujours d’ailleurs. Dès que quelque chose de bien t’arrive, tu le détruis ! Il faut croire que l’auto destruction te plaît. Et bien ce soir, tu peux boire ! Tu as une bonne raison de boire ! « La personne dont tu as besoin » ne veux plus te voir ! Plus jamais ! Tu croyais que je t’avais pardonné ? Tu croyais que ta conscience était libre, enfin ? Et ben non ! Je ne peux pas te pardonner !
Pacey : Mais…
Elle est partie. Sans un regard, sans se retourner, elle est partie. Elle m’a écouté, elle m’a dit ce qu’elle avait sur le cœur enfin pas tout, et elle est partie. 5 minutes plus tard, Jen est entrée dans le bar. Elle s’est dirigée sur moi, le sourire grand jusqu’aux oreilles..
Jen : Vas-y raconte !
Pacey (agacé): Jen !
Jen : Allez ! C’est quand même grâce à moi si tu as eu la possibilité de lui parler.
Pacey : Et ?
Jen : Ben ça vaut bien une petite récompense ?
Pacey : Non.
Jen : Pourquoi ça s’est mal passé ?
Pacey : Au début non. Mais elle a fini par…
(se rendant compte de la machination de Jen) Tu m’as eu ! T’es contente ?
Jen : Maintenant que tu as commencé, tu peux continuer !
Pacey : Pourquoi tu ne lui demandes pas à elle ?
Jen : C’est la prochaine sur ma liste ! Allez ! Racontes ! !
Pacey : T’as gagné ! J’étais déjà là quand elle est arrivée. Elle allait faire demi-tour quand j’ai mis « Disapear » de Hoobastank.
Jen (étonnée) : Pourquoi cette chanson ?
Pacey : C’est écrit dans son livre et c’est aussi sur celle là qu’elle s’est excusée il y a quatre ans.
Jen : Pourquoi s’est elle excusée ?
Pacey : Pour être partie deux mois sans laisser d’adresse, après une dispute.
Jen : Et alors ?
Pacey : On s’est regardé pendant toute la chanson, c’était magique ! A la fin, j’ai eu peur qu’elle ne parte mais heureusement, elle ne l’a pas fait. Je suis donc allé m’asseoir avec elle et on a parlé. Enfin, elle a posé des questions et j’ai répondu. Quand on a abordé le sujet des raisons pour lesquelles j’ai bu, elle s’est montrée plus froide. Elle m’a dit que ce soir, j’avais une raison de boire alors qu’il y a trois ans, j’en avais aucune.
Jen : Et tu vas boire ?
Pacey : Non. Je me suis juré de ne plus jamais toucher à l’alcool ne serait ce qu’un verre, je ne veux plus boire.
Jen : Tu sais pourquoi elle t’en veux ?
Pacey : Elle me l’a clairement expliqué.
Jen : C’est pas pour ça. Si elle t’en veux, c’est parce qu’elle a peur. Elle a peur de retomber amoureuse de toi. C’est plus facile de t’en vouloir que de t’aimer.
Pacey : Mais pourquoi ?
Jen : Parce qu’elle est fière. Et tu as « abîmé » cette fierté quand tu l’as quittée.
Pacey (qui ne comprenait rien) : Comment ça ?
Jen : Tu lui as fait mal. Tu l’as fait pleurer.
Pacey : Ce n’était pas mon intention !
Jen : Je sais mais elle a tellement souffert à cause de toi, tu as tellement blessé qu’elle ne peut pas imaginer ne serait ce que de te pardonner. Alors t’aimer…
Pacey : Tu crois ?
Jen : J’en suis sûre.
Pacey : Merci Jen.
Jen : Pourquoi ?
Pacey : Pour être là après tout ce que je t’ai fait, pour être toi, tout simplement.
Jen : Et qu’est ce que tu comptes faire ?
Pacey : J’en sais rien.
Jen : Tu ne vas quand même pas abandonner ?
Pacey : Je sais pas.
Jen : Pacey ! Tu l’aimes ?
Pacey : Evidemment !
Jen : Alors bats toi pour elle !
Pacey : Ca paraît tellement simple.
Jen : Ca l’est ! Tu voulais réaliser ses rêves ? Et ben continues !
Pacey : Merci. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
Jen : Des bêtises comme toujours.
On est rentré chacun de notre côté. Jen est vraiment quelqu’un de bien. Elle s’occupe peut-être un peu trop de notre vie sentimentale mais c’est pour notre bien. C’est vrai que je lui en veux parfois de trop s’occuper de ce qui ne la regarde pas mais dans ce cas-ci, je suis vraiment content qu’elle ne s’occupe pas que de ce qui la regarde. Sans elle, je n’aurais jamais pu lui reparler un jour, sans elle, je n’aurais jamais pu lui dire « je t’aime » quand on était qu’au lycée. Sans elle, je n’aurais jamais eu le courage de me battre pour qu’elle accepte ses sentiments… J’irai jusqu’au bout même si pour ça il faudra que j’attende des jours, des mois ou même des années.