3 am
-écrit par Caspian-
-traduit de l'anglais par Eimea-
Titre : 3 am
N° Partie : 1/1
Catégorie : fanfic libre (Pacey/Joey)
Auteur : Caspian
E-Mail : E-mail de la traductrice Eimea :
[email protected]
Date d'écriture : ?
Classement : tout public
Période : dans un futur proche
Résumé : Pacey aime deux personnes aussi intensément
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3 am
By Caspian
La lune semblait être accrochée si bas, juste à gauche de la fenêtre. Un pâle rayon de lumière se répandait dans la pièce sombre comme si, lui aussi, voulait juste la voir et la protéger. Ou peut-être était-ce simplement la lumière de la rue. Pacey bougea dans le fauteuil usé, essayant de saisir le rayon de lumière avec son orteil, son doux regard ne quittant jamais sa forme endormie. Et il commença à parler, sa voix rien de plus qu’un murmure sourd que la lune peinait à entendre.
« J’aime te regarder dormir, tu savais ça? La façon que tes paupières ont de s’agiter, ta main qui frotte ton nez, combien ton souffle est paisible, si régulier, lorsque tu inspires puis expires. Je suis assis là immobile, avec la pluie sur la vitre pour seul autre son que ta respiration, et pourtant une partie de moi, dans mon esprit, est dehors, là, dansant sur le dessus des toits dans les flaques, ne s'inquiétant pas de mes cheveux mouillés, ni des bords de mon pantalon de pyjama qui se salissent avec la boue, ni même qu’avec mon torse nu dans la nuit d'avril, je suis en train de me geler. La seule chose qui m’importe c’est que tu sois là. »
« Il pleuvait la nuit où je t’ai rencontrée. Je m’en rappelle très clairement. J'avais reçu un coup de téléphone et je m'étais précipité hors du bureau. Et je crois bien que j’avais dû laisser mon esprit là, sur le bureau, avec les dossiers sur lesquels je jurais travailler mais qui en fait servaient secrètement de tremplin pour mon tournoi de lancés d’agrafeuse. » Un rire passa à travers ses yeux. « Ouais, j’avais bien dû laisser mon esprit là-bas parce que je n’arrivais pas à penser, tout le temps du trajet, tout juste si j’avais pu dire au chauffeur où aller. Quand il a freiné et que je suis sorti, j’ai fait tomber un des billets que je lui donnais tellement mes mains tremblaient. Il a volé jusqu’au caniveau et je ne l'ai jamais plus revu, mais peu importe. Quand je t’ai vu là, tu étais mille fois plus belle qu'Abraham Lincoln de toutes façons. » (référence au visage de Lincoln sur le billet)
Il marqua une pause, le sourcil relevé et un sourire en coin. « Non pas que ce ne soit pas dur, Lincoln était bel homme mais personne d’autre que toi ne peut si facilement le détrôner. » Il rit doucement face à la confusion de ses mots, et ce son était rempli d’amour.
« Tu sais, c’est drôle, je peux me rappeler tous les détails de ce jour là ! Ce que j’ai mangé au déjeuner : un sandwich de dinde avec de la mayonnaise et du pain de seigle, un des meilleurs à condition qu’il vienne de chez Petey’s car le pain y est fait avec une protection spéciale qui permet à la mayonnaise de n’imbiber la mie que lorsque vous le déballez. Il doit y avoir une minuterie ou quelque chose, du moins c’est ma théorie. » Il bougea légèrement, ébauchant un sourire, avant de continuer.
« Je peux me rappeler comment Susan, ma secrétaire, est venue me demander si elle pouvait m’emprunter mon correcteur ("typex") pour une maille dans son bas, disant qu’elle n’avait plus de vernis à ongles. Je le lui ai donné mais je n'ai toujours pas la moindre idée de ce dont elle parlait. Je me rappelle le petit mot que j'avais trouvée plié dans la poche du pantalon bleu marine que je portais, mot écrit par cette main si familière qui n'était incontestablement pas celle de Susan. Je me rappelle la couleur du ciel, le bruit de mes chaussures sur le trottoir alors que je me précipitais à l’extérieur, l'odeur du vendeur de hot-dog devant la porte du bâtiment, et l'homme s’abritant sous son parapluie devant les nuages menaçants. Mais je n’arrive pas à me rappeler ce que je t'ai dit. »
Pacey frotta son pied contre son pyjama bleu et pensivement passa une main sur son torse découvert. « Je me doute que c’était quelque chose de stupide ou de complètement banal comme" salut "et que tu ne t’en rappelles même pas. C’est bizarre : plus le moment est important, plus les mots disponibles pour l’exprimer sont insignifiants. Ce n’est peut-être pas grave que je ne me rappelle pas ce que j'ai dit puisque je me rappelle comment tu me regardais."
Un sourire se posa sur ses lèvres, toute son attitude s’adoucissant avec le souvenir. Son regard était comme une douce caresse. « Tu dors toujours, même le grondement du tonnerre ne t’atteint pas. La douce courbe de ta bouche, ce début de sourire pointant sur tes lèvres, me font me demander à quoi tu rêves. » Il se pencha vers elle et passa un doigt sur sa peau, rien de plus qu’un effleurement, puis se rassit contre le fauteuil garni de coussins. « Tout ceci fait qu’il m’est tellement plus difficile de te laisser. »
Ses yeux reflétèrent ses mots, un léger regret le traversa. « Je déteste faire ça, je ne pense pas que je vais vraiment te quitter, du moins pas avec mon cœur, mais je dois le faire. Parce que, tu vois, il y a quelqu'un d'autre. » Son souffle chancela. « Il y a quelqu'un d'autre que j’aime regarder dormir. Quelqu'un d'autre qui me terrifie et m’excite, quelqu'un d'autre qui m'a à la fois brisé le cœur et donné les plus grandes joies. Quelqu'un que j’aime tout autant que toi. »
Pacey passa une main dans ses courts cheveux bruns, son regard s’assombrit légèrement au souvenir du passé alors qu'il essayait de s'expliquer, avec sa voix rauque. « Toi, tu es nouvelle dans ma vie mais, elle, elle a toujours été là. Elle a volé mon cœur au lycée et quand j'ai essayé de le reprendre en fin de terminale, il s’est déchiré et un morceau est resté avec elle. Et je peux le tourner dans tous les sens, de toutes façons, on en revient toujours à de l’anatomie de base : je ne peux pas vivre sans se morceau, sans elle. »
Il fit une pause, regardant par la fenêtre un moment, les souvenirs affluant telle la pluie incessante au-dehors.
« Je ne crois pas que j’arriverai jamais à savoir comment elle a pu me laisser revenir dans sa vie après que je l’ai laissée sans un au revoir. Peut-être a-t-elle compris que pour une telle situation il n’y a pas de mot. Ou peut-être sait-elle, d’une façon ou d'autre, que j'ai passé chaque nuit à rêver d’elle et chaque jour à me demander ce qu'elle faisait. Quoi que ce soit, je l'a remercie silencieusement chaque jour, et je l’embrasse chaque nuit. Et je ne veux jamais m'arrêter. »
Il se tourna et un éclair illumina la pièce le temps d’un battement de cils.
« Tu dois penser que c’est dur d’aimer autant deux personnes en même temps, qu’il n’y a pas assez de place dans un cœur, et il n’y a pas si longtemps j’aurais été d’accord avec toi. J’aurais dénoué ma cravate et déboutonné mon col, j’aurais enlevé mes chaussures, senti le tapis sous mes pieds et je l’aurais regardée, elle, debout devant la fenêtre me faisant signe, un sourire dansant sur ses lèvres. J’aurais répondu que ce n’était pas possible, que je ne pouvais pas aimer quelqu’un d’autre autant que ce que je l’aime elle. Et j’aurais eu tort. »
Après un soupir, il toucha sa lèvre avec le bout de sa langue presque inconsciemment, et ses doigts se mirent à courir sur le bras abîmé du fauteuil.
« C’est elle qui m'a appelé cet après-midi là. C'était sa voix si pressante, sa respiration si dure, qui emplissaient la ligne. Ce sont ses mots qui m'ont fait sortir du bureau à toute allure sans ma sacoche ni une seule pensée en tête. Ni même mon parapluie. »
Pacey passa tristement une main sur sa mâchoire rugueuse qu’il n’avait pas pris le temps de raser depuis deux jours.
« Sais-tu que la pluie de Mars est différente des autres pluies ? Elle est plus dure et plus froide que le reste de l’année, du moins elle l’était cet après-midi là, et elle ne s’était pas arrêtée lorsque je suis sorti du taxi. Mais je ne m’en suis même pas rendu compte. Je suis resté là sur le trottoir, la pluie dégoulinant le long de ma veste, collant ma chemise à ma poitrine, lavant les larmes sur ma peau, et j'étais effrayé, tellement effrayé, parce que je savais qu'elle était l'intérieur du bâtiment. Et que toi aussi tu étais là. »
Son regard se déplaça jusqu’au faible jet de lumière qui envahissait le plancher et lorsqu’il parla à nouveau, une faible crainte avait envahi ses mots.
« Mais je suis entré, emmenant la pluie avec moi en bas du couloir, et quand je t’ai vu là avec elle, mon sang n’a fait qu’un tour et les papillons ont commencé à danser dans mon ventre. Tout comme pour ta maman. »
Il s'arrêta, sa poitrine se serrant à cette seule pensée et il se tourna pour la regarder. Alors il se mit à murmurer dans la pièce sombre, quelque chose comme une prière.
« J’ai dit que je t’aimais autant qu’elle. Mais peut-être que l’on ne peut tout simplement pas le mesurer. Tu es tout pour moi et c’est elle qui ma fait ce cadeau. »
Une ombre se glissa à travers la lumière. Pacey se retourna et vit Joey debout dans l’encadrement de la porte, avec son vieux t-shirt qu'elle porte pour dormir et qui ne lui arrive qu’à mi cuisse, ses cheveux décoiffés légèrement par le sommeil et un beau sourire pointant sur le coin de ses lèvres.
« Pace, il est 3 heures du matin. » chuchota-t-elle et il lui répondit par une timide grimace et une joyeuse fatigue dans ses yeux.
« Je n’arrivais pas à dormir, » lui dit-il pendant qu’elle s’avançait jusqu’à son fauteuil. Il l’enveloppa de ses bras alors qu’elle se blottissait sur ses genoux, ses longues jambes frôlant les siennes, son corps si brûlant de la chaleur du lit qu’elle venait juste que quitter. Elle appuya sa tête contre la sienne et ensemble ils contemplèrent leur petite fille dormir dans son berceau.
« Elle est si belle. » murmura Joey, son souffle chaud courant sur sa joue.
« Elle tient ça de moi. » garantit Pacey tout en sachant que Joey était en train de lever les yeux au ciel.
« Donc je suppose qu’elle a hérité de mon intelligence ? »
Pacey se mit à rire. « Ouais, c'est sûrement pour ça qu’elle n'a pas encore réussi à dire une seule syllabe. » Joey sourit encore toute endormie alors qu’il la serrait plus près de lui, ses pouces esquissant de petits cercles dans son dos.
« Elle n’a qu’un mois, Pace. » Elle posa son front contre le sien puis se glissa hors de son étreinte et le tira par la main hors du fauteuil. « Retournons au lit. »
Il laissa sa main dans la sienne, ses yeux faisant une pause une fois de plus sur le bébé endormi. « Je me demande juste si elle saura jamais combien je l'aime. » Il se tourna à nouveau vers Joey, une légère incertitude troublant le bleu foncé de ses yeux et elle lui répondit par un doux petit sourire tout en chuchotant.
« Je saurai. »
Et Pacey la serra contre lui, repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille , ses yeux brillant dans le clair de lune. Et quand il pencha sa tête pour chuchoter dans son oreille, il ne parlait plus de leur fille.
« Vraiment ? »
Elle ferma ses yeux et sourit. « Oui. »