Changement de programme.
Mon histoire commence sur une petite route sinueuse bordée de grands sapins. Joey regardait les flocons de neiges virevolter dans le ciel blanc et se poser tout en douceur sur le sol. En quelques heures le paysage tout entier était devenu blanc, c’était tout simplement magnifique. Elle porta la main à l’auto radio qui diffusait une chanson de Sarah McLachlan et leva le son. Bien que la beauté du cadre était incontestable, toute cette neige commençait à la rendre nerveuse.
Jo: on est bientôt arrivé?
A voir la mine de son compagnon de route, il semblait aussi inquiet qu’elle. Le jeune homme s’arrêta sur le bas côté et se tourna vers Joey. On était le soir de noël et toute notre petite bande de Capside avait convenu de passer cette fête tous ensemble à la montagne. En raison de leur emplois du temps variés ils n’avaient pu partir tous au même moment, ainsi Jen, Audrey et Dawson étaient arrivés au chalet depuis deux jours et Jack les avait rejoint hier dans la matinée. Joey, qui avait tenu à passer du temps avec sa sœur, avait pris la route ce matin en compagnie de Pacey qui avait été retenu au travail.
Pa: non et je crains que l’on ne soit pas prêt d’arriver Potter!
Jo: tu crois que la neige va nous ralentir…?
Pa: je crois même qu’elle va faire plus que ça.
Jo: qu’est-ce que tu veux dire?
Pa: qu’il va falloir qu’on s’arrête quelque part…
Jo: attend tu rigoles!?
Pa: non. Moi non plus ça ne me réjouis pas mais on a pas vraiment le choix, ce serait dangereux de continuer vu l’état de la route.
Jo: mais tu n’as pas des chaînes ou des trucs comme ça?
Pa: oh si bien sûre! C’est vrai qu’à Boston on en a besoin tous les jours! ironisa-t’il
Jo: non je sais bien mais sachant qu’on venait à la montagne en plein mois de décembre tu aurais pu y penser!
Pa: et bien c’est pas le cas! Surtout que j’ai eu Jack au téléphone hier et il n’y avait pas un poil de neige, je n’aurais jamais pensé que d’ici là les éléments se déchaîneraient!
Jo: très bien alors qu’est-ce que tu proposes exactement?
Pa: et bien on continue un peu la route et on cherche un motel…
Jo: tu veux dire que je vais passer noël dans un motel sordide seul avec toi?!
Pa: eh te plain pas! Je connais des tas de jolies filles qui seraient ravis d’être à ta place!
Jo: c’est ça! Allez tais-toi et roule Casanova avant qu’on ne soit complètement bloqué!
Pacey rigola et redémarra. Il roula tout doucement jusqu’à ce qu’il aperçoive un panneau indiquant « chalets à louer ».
Un chalet, deux amis
Pacey gara la voiture au bout de l’allée et fit un signe de tête à Joey.
Pa: on va jeter un œil?
Jo: on a le choix?
Pacey sourit et descendit de voiture pour aller ouvrir la portière à Joey. Ils se dirigèrent ensembles vers un petit chalet sur lequel était inscrit accueil. Un vieux monsieur les accueillit, les cheveux blancs, le visage souriant il semblait tout droit sortit d’un dessein animé.
Mr: bonsoir messieurs dames.
Jo: bonsoir.
Mr: que puis-je faire pour vous?
Pa: et bien on se rendait chez des amis mais on a été surpris par la neige et on se demandait s’il vous restait des chalets à louer pour ce soir?
Mr le soir de noël? Hum je crains qu’il ne nous en reste plus qu’un!
Pa: parfait on prend!
Mr: c’est l’un de nos plus grand chalet, c’est deux cents dollars la nuit…
Pa: deux cents…deux cents dollars la nuit??? s’étrangla-t’il
Mr: c’est bien ça.
Pacey se tourna vers Joey, effaré. Celle-ci lui fit un sourire moqueur.
Jo: une chance qu’avec ton nouveau boulot de courtier en bourse tu aies les moyens!
Pacey lui fit un sourire forcé, presque comme une grimace et reporta son attention vers le réceptionniste.
Pa: très bien. Allons-y pour ce chalet. soupira-t’il en tendant sa carte de crédit
Mr: merci, monsieur. Tenez voilà les clés! Vous trouverez tous ce qu’il vous faut en théorie mais si vous avez besoin de quoi que ce soit je suis ici jusqu’à vingt et une heure…
Pa: j’espère bien au prix que je paye… murmura-t’il
Joey prit les clés avec un grand sourire tandis que Pacey faisait toujours une drôle de tête.
Jo: merci beaucoup!
Mr: c’est le chalet numéro douze. Il se situe tout au fond du terrain, isolé des autres, juste devant les montagnes…
Pa: merci, bonsoir.
Pacey et Joey commencèrent à s’éloigner mais le vieux monsieur les interpella encore une fois.
Mr: vous allez l’aimer ce chalet. On le réserve habituellement pour les lunes de miel…
Joey blêmit alors que cette fois-ci Pacey affichait un regard moqueur.
Jo: mais on est pas…
Pa: non. On est pas…
Jo: ensembles!
Pa: on est pas un couple quoi! Enfin c’est vrai qu’on l’a été…
Jo: mais plus maintenant!
Pa: non c’est fini…
Jo: depuis longtemps! acheva-t’elle enfin
Le vieux monsieur leurs sourit avec toute la tendresse et l’indulgence d’un homme âgé et expérimenté envers deux jeunes.
Mr: dans ce cas excusez-moi. Bon Noël!
Jo: A vous aussi.
Pa: au revoir!
Le vieux monsieur regarda Pacey et Joey s’éloigner et sa femme apparut de l’arrière salle. Elle passa derrière le comptoir et observa à son tour les deux jeune gens que son mari guettait avec autant d’attention.
Mme: des amoureux?
Mr: oui… murmura-t’il
Un sourire malicieux se dessinait sur ses lèvres et ses yeux étaient rieurs tandis qu’ils observaient nos deux amis s’éloigner dans la neige…
Le tour du propriétaire
Après avoir parcouru environ deux cents mètres, ils arrivèrent enfin au chalet indiqué par le réceptionniste. Il s’agissait d’un petit chalet en bois de style ancien et la vue était saisissante: de grandes montagnes enneigées s’élevaient juste derrière. Joey ouvrit tandis que Pacey portait les bagages. Ils s'engouffrèrent à l'intérieur et comme le jour commençait à décliner, Joey alluma la lumière. En effet le chalet était plutôt spatieux, sur la droite une magnifique cheminée dominait la pièce, en face il y avait un immense lit à baldaquin et un peu plus loin dans le fond une petite table basse en bois, un sofa et une télévision. Le sol était recouvert de moquette et le tout semblait bien entretenu. Il y avait même un bouquet de fleur sur une étagère où trônaient quelques livres et un petit sapin de noël sur le côté de la porte.
Pa: et bien au moins on peut pas les accuser de publicité mensongère!
Pacey déposa les sacs de voyage dans un coin et sauta sur le lit. Il rebondit plusieurs fois dessus pour tester le matelas.
Pa: pas mal si l'on tient compte du genre d'activité qui est pratiquait en temps normal dans ce chalet.
Joey leva les yeux au ciel et enleva son manteau. Elle se dirigea vers le fond où une porte donnée sur la salle de bain, elle entra et constata que là encore la pièce était plus que spatieuse et très bien équipé. Une douche faisait le coin mais surtout il y avait un grand jacuzzi sur la droite.
Pa: regarde ce que j'ai trouvé dans le frigo! s'exclama-t'il en tendant fièrement une bouteille de champagne
Pacey s'arrêta dans l'encadrement de la porte, émerveillé devant le jacuzzi.
Pa: wahoo! On peut pas dire qu'ils se payent notre tronche!
Jo: tu trouves pas ça un peu bizarre?
Pa: quoi? demanda-t'il en explorant la salle de bain
Jo: qu'on se retrouve ici...tout les deux.
Pa: tu as peur que ça me donne des idées? se moqua-t'il
Jo: non mais tu sais l'ambiance...
Pa: ouai je vois ce que tu veux dire. On sent tout de suite que ce lieu regorge de sexe!
Joey rougit jusqu'à la racine des cheveux, Pacey avait toujours le don de ne pas y aller par quatre chemins. Elle sortit de la salle de bain et retourna dans la salle principale. Elle se frotta les bras, frigorifiée.
Jo: Pacey?
Pa: oui?
Jo: ça t'ennuierais de nous allumer un feu? Il fait un froid de canard ici!
Pa: non bien sûre!
Pacey ressortit de la salle de bain et se pencha vers la cheminée. Il y plaça plusieurs morceaux de bois, choisit avec soin puis attrapa les allumettes posées sur le rebord et en fit craquer une. Le feu prit rapidement et réchauffa un peu la pièce. Pendant ce temps là Joey continuait d'explorer chaque recoin, ouvrant tout les placards et fouillant tous les tiroirs. Pacey la rejoint et regarda par dessus son épaule. Elle sortit plusieurs petites bouteilles d'huiles essentielles et ils s'amusèrent à sentir les différents parfums en donnant leurs préférences. Joey en ouvrit une qu'elle sentit et aussitôt la tendit au jeune homme.
Jo: tiens ça ça te plairait, c'est à la vanille!
Pacey sourit et sentit à son tour. Quand ils les eurent toutes testées ils passèrent au tirroir suivant. Au fur et à mesure Joey était parvenue à se détendre et l'ambiance était bon enfant. Ils tombèrent sur un assortiment de bougies et de préservatifs. Pacey rigola et en prit une poignée qu'il posa sur le lit.
Pa: alors voyons voir: nous avons les fluos, les goûts fraises, une quantité de matières différentes...
Jo: Pacey ça suffit range ça! rigola-t'elle, un peu gênée
Amusé Pacey les remit à leur place puis ouvrit enfin le dernier tiroir. Joey le vit blêmir et il le referma rapidement avant qu'elle n'est eu le temps de voir quoi que ce soit.
Pa: alors là peut-être pas!
Jo: qu'est-ce que c'était?
Pa: je te conseille pas de regarder Potter, tu risquerais d'être choqué! plaisanta-t'il
Jo: ba si montre-moi!
Pa: si tu y tiens...
Pacey rouvrit le tiroir en question, plongea la main dedans et agita une paire de menottes sous le nez de Joey qui grimaçait.
Jo: c'est un chalet pour les lunes de miel ou un sexe shop!?
Pacey sourit et rangea sa trouvaille.
Pa: et si on téléphonait aux autres? Il risque de s'inquiéter en ne nous voyant pas arrivé...
Jo: excellente idée!
Seuls au monde
Joey attrapa son portable et grimaça.
Jo: j'ai presque plus de batterie!
Pa: et moi j'ai pas mon portable, je l'ai laissé à la maison...
Jo: bon et bien on fera avec! répondit-elle en haussant les épaules
Elle chercha le numéro de Jen dans son répertoire, lança l'appel puis mit le haut parleur pour que Pacey puisse entendre. Au bout de trois sonneries la jeune femme décrocha.
Jen: allo?
Jo: Jen, c'est Joey.
Jen: ah Joey! Vous êtes où? Vous êtes bientôt là?
Jo: euh non pas vraiment.
Jen: comment ça?
Jo: et bien on a été obligé de s'arrêter à cause de la neige! La route était impraticable.
Jen: merde! s'exclama-t'elle un peu fort
Jo: waho c'est gentil Jen, je pensais pas que ça t'affecterais autant! dit-elle, touchée
Jen: non mais moi et Audrey on vient de perdre vingt dollars!
Jo: quoi?
Jen: et ben en voyant toute cette neige tomber, Jack a dit qu'il serait peu probable que vous puissiez arrivé jusque là et donc moi et Audrey avons pariez contre lui et Dawson que vous seriez parmi nous!
Pacey rigola tandis que Joey prenait un air vexé.
Jo: ah ba merci!
Jen: oui enfin non, il est évident que l'on aurait tous préféré que vous soyez avec nous pour noël!
Jo: ouai...
Jen: bon alors vous êtes où?
Jo: on s'est loué un chalet à mi chemin! Ecoute Jen il me reste pas beaucoup de batterie et on aimerait pouvoir souhaiter un joyeux noël à tout le monde, tu peux mettre le haut parleur?
Jen: oui attend ne quitte pas!
On entendit quelques petits bruits à l'autre bout du fil puis Jen parla de nouveau.
Jen: c'est bon!
Jo: ok. Bonsoir tout le monde!
Tous: bonsoir!
Pa: ouai donc comme Joey l'a dit, on ne pourra pas vous rejoindre ce soir mais bon c'est pas perdu pour tout le monde, n'est-ce pas les gars!?
Ja & Da: ouai!
Jo: en tout cas joyeux noël à tous!
Tous: joyeux noël!!!
Pa: joyeux noël!
Au: alors comme ça vous êtes dans un chalet? Y'en a qui s'embête...bip! bip! bip!
Joey regarda le portable et fit une petite moue.
Jo: plus de batterie!
Pa: et bien maintenant c'est officiel on est plus que tout les deux!
Jo: ouai et je meurs de faim!
Pa: il n'y a que des fraises et des framboises dans le frigo...
Jo: ça fera l'affaire!
Joey sortit les deux bols du petit frigo mis à leur disposition et picora dedans en les tendant à Pacey de temps à autre.
il était une fois
Tandis que Joey terminait de dévorer son maigre repas, Pacey étudia les livres posés sur l’étagère.
Pa : il y a quelque chose qui m’intrigue…
Jo: quoi?
Pa: pourquoi est-ce qu'ils mettent des livres?
Jo: et bien tu sais Witter il y en a qui lisent un peu plus que des bandes dessinées! le charia-t'elle
Pa: non, sérieusement!
Jo: et ba j'en sais rien pour les clients!
Pa: Joey n'oublies pas la "fonction" de ce chalet à la base! En voyage de noce tu as autre chose à faire que lire une histoire!!
Joey sourit puis se leva et vint jusqu'à lui.
Jo: et si toi tu m'en lisais une!?
Pa: comme sur le True Love tu veux dire?
Jo: s'il te plait! murmura-t'elle avec une petite moue
Pa: à toi de choisir! répondit-il en désignant l'étendue de bouquin
Joey lui fit un sourire éclatant puis parcoura les différents livres avant de s'en saisir d'un et de le tendre à Pacey. Le jeune homme le regarda et sourit tendrement à Joey. Sur la couverture était inscrit "la petite sirène". Ils s'installèrent chacun à un bout du canapé puis Pacey entama la lecture...
"La petite sirène ne pouvait plus détourner son regard de ce grand navire où se trouvait le prince. Les lanternes s'étaient éteintes, plus une lueur dans la nuit, les canons s'étaient enfin tus mais la mer n'avait pas retrouvé son calme. La bataille résonnait jusqu'au fond de l'océan. Au petit matin, au loin, toutes voiles dehors, le navire majestueux avait repris sa route. Mais bientôt des vagues encore plus menaçantes que la veille lui intimèrent l'ordre de regagner la terre. Après la tempête qu'ils venaient d'essuyer, le capitaine et son équipage affaiblis prirent d'autres chemins,... Sur son rocher la petite sirène..."
Joey n'écoutait pas vraiment mais au son de la voix grave de Pacey, elle frissonna légèrement. Elle replia ses jambes sous elle et l'observa. Il était concentré sur le livre et un léger sourire planait sur ses lèvres. De la nostalgie? C'est en tout cas elle c'est ce qu'elle ressentait. Cette histoire lui rappelait tellement de beaux souvenirs... Elle aurait presque été capable de redire chaque mot de ce livre les yeux fermés tant Pacey le lui avait lu. Tandis que sa bouche remuait, elle observa plus en détail ses lèvres fines et là encore un flot de souvenirs l'envahit en repensant à toutes les fois où elle les avait effleurées. Elle détailla ensuite ses mains, enserrant fermement le livre et frissonna de nouveau. Très souvent il lui arrivait de se replonger dans son passé et de penser à lui. Bien qu'aujourd'hui ils ne soient plus que des amis, elle ne pourrait jamais le voir autrement que comme son premier amour...
Pacey referma le livre, la sortant ainsi de ses rêveries.
Pa: et voilà Potter!
Jo: merci Pacey. murmura-t'elle, légèrement émue
Pa: y'a pas de quoi. C'est toujours un plaisir...
Il se leva et alla ranger le livre à sa place. Au passage il raviva le feu qui commençait à perdre de sa vigueur.
Pa: et maintenant?
Jo: et bien en ce qui me concerne je vais aller prendre une douche!!
Pa: hum. Je t'accompagne?
Joey rigola.
Jo: je crois que je vais me débrouiller Pace!
Pa: tu es sûre? Réfléchis bien tu pourrais être très embêté quand tu t'apercevra qu'il n'y a personne pour te frotter le dos!
Jo: je prend le risque!
Pa: très bien je t'aurais prévenu!
Joey passa sous la douche et enfila une nuisette noire qui ne manqua pas de faire réagir Pacey puis le jeune homme y alla à son tour.
souvenirs...
Quand Pacey eut fini de prendre sa douche, ils s'installèrent devant le feu et Joey sortit deux albums photos.
Jo: Dawson m'avait demandé de ramener des albums pour qu'on puisse les feuilleter tous ensembles! s'expliqua-t'elle
Pa: hum la traditionnelle séquence souvenirs de noël!
Jo: exactement! Tu connais Dawson!
Pa: oh oui!
Ils rigolèrent un peu puis s'allongèrent sur le sol à plat ventre et Joey ouvrit le premier album. Dedans il y avait surtout des photos d'elle, de lui et de Dawson et quelques une de Jen vers la fin. Ils observèrent une photo en particulier où les trois amis d'enfance étaient sur une barque: Dawson ramait et Pacey éclaboussait Joey qui le fusillait du regard.
Pa: ton regard reflètent bien les sentiments que tu me portais à l'époque!
Jo: et toi alors! Tu arrêtais pas de me chercher...
Pa: qui aime bien, châties bien!
Jo: détester serait plus juste pour l'époque...
Pa: je ne t'ai jamais détesté! annonça-t'il fermement
Jo: c'est vrai?
Pa: oui. Je reconnais que tu m'agaçais parfois mais au fond je t'aimais bien quand même.
Joey lui sourit puis continua de faire défiler les photos. La dernière photo de l'album était une d'elle, de Dawson et de Jen. La jeune fille, qui était à l'époque la petite amie de Dawson, le tenait par le cou et Joey les regardait d'un air dégoûté.
Jo: a ce moment là si j'avais pu lui arracher les yeux, je l'aurais fais!
Pa: en fin de compte tu n'étais pas très sociable comme fille...
Joey lui mit un coup de coude qui fit rire Pacey.
Jo: c'est normal j'étais amoureuse de Dawson et voilà qu'une fille venant de New York débarque et le monopolise, je n'allais pas en plus l'accueillir les bras ouverts!!
Pa: et aujourd'hui tu en es où? demanda-t'il très sérieusement
Jo: vis à vis de Dawson tu veux dire?
Pacey hocha la tête et Joey réfléchit un peu avant de répondre, cherchant ses mots.
Jo: Dawson c'est mon meilleur ami, c'est plus que ça. C'est presque un frère pour moi. Il m'est indispensable dans la vie! J'ai mis longtemps à définir l'immense amour que je ressentais pour lui, aujourd'hui je sais. C'est clair dans mon esprit, c'est de l'amour fraternel...
Pacey médita quelques secondes les paroles de Joey puis sourit, curieusement satisfait de la réponse.
Pa: on regarde le deuxième?
Jo: c'est parti!
Joey attrapa le second album qui contenait cette fois-ci des photos d'eux quatre mais aussi de Jack, Andie et quelques unes d'Audrey. Quand ils s'arrêtèrent sur une grande photo de Pacey et Andie tendrement enlacés, Joey sentit son estomac se vriller sans qu'elle ne s'y attende. A son tour elle posa la question qui lui brûlait les lèvres, le coeur battant la chamade en attendant la réponse qu'il lui formulerait.
Jo: et toi avec Andie, tu en es où? Je veux dire... elle te manque?
Pa: oui. Andie est quelqu'un qui a beaucoup compter pour moi, ça a été la première à vraiment croire en moi et à me pousser à me dépasser mais si la question était: est-ce que je l'aime toujours? Alors non. De l'eau est passé sous les ponts depuis...
Etrangement Joey ressentit un grand soulagement. Elle mit cela sur le compte de l'atmosphère et du retour vers le passé. Ils finirent de regarder l'album, commentant des photos ci et là quand Pacey s'arrêta sur une photo d'elle en particulier.
Pa: tu avais pas un peu grossi là? plaisanta-t'il
Vexé Joey se leva et attrapa un coussin.
Jo: oh tu vas voir!!
Elle se mit à le taper avec et s'ensuivit une grande bataille. Au bout de dix minutes Joey se retrouva sur Pacey et parvint à le désarmer assez facilement vu que le jeune homme ne cessait de rire. Dominant la situation elle se mit alors à le chatouiller jusqu'à ce qu'il demande grâce.
Pa: ok ok c'est bon, je me rend!
Jo: tu retires ce que tu as dis?
Pa: je retire! Mademoiselle Potter vous avez toujours eu une taille mannequin!
Jo: j'aime mieux ça!! Et?
Pa: et je ferais tout ce que tu veux pour me faire pardonner! ajouta-t'il comme s'il récitait quelque chose
Jo tout ce que je veux?
le massage
Jo: très bien Witter!
Joey se releva et se dirigea vers le fond du chalet. Pacey qui était resté allongé sur le sol, la regardait intrigué et quand elle ouvrit un des tiroir il fronça les sourcils.
Pa: là tu m'inquiètes Joey!
Elle fouilla un peu puis revint vers lui avec un sourire malicieux et lui lança une petite bouteille d'huile. Pacey l'attrapa au vol et l'examina avant de relever un visage étonné dans sa direction.
Jo: ça fait plusieurs jours que j'ai mal au dos... expliqua-t'elle avec une petite moue
Progressivement un sourire s'afficha sur les lèvres de Pacey.
Pa: et donc tu voudrais que je te masse!?
Jo: tout à fait. Montre-moi tes talents Witter!
Pacey rigola et s'approcha d'elle.
Pa: ok.
Joey s'allongea sur le lit et le jeune homme s'assit sur elle, une jambe de chaque côté de son corps. Délicatement il baissa les bretelles de sa nuisette et versa un peu d'huile dans le creux de sa main. Ce léger frôlement de la part du jeune homme avait suffit à donner la chair de poule à Joey. Doucement Pacey posa ses mains sur son dos et le caressa pour répartir l'huile. Il se mit ensuite à masser sa peau et très vite une agréable odeur de vanille se répandit dans la pièce. Joey ferma les yeux et se détendit petit à petit sous les mains expertes du jeune homme. Elle sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale.
Pa: je retire ce que j'ai dis Joey, décidément tu as vraiment un corps de rêve!
Joey sourit.
Jo: et toi des mains en or... murmura-t'elle
Pacey sourit à son tour. Il essayait du mieux qu'il pouvait de garder la tête froide mais la douceur de la peau de Joey et l'agréable odeur de vanille commençait à faire monter le désir en lui. Il sentait la jeune femme se détendre sous ses doigts bien qu'une certaine tension persistait entre eux. Joey ne put retenir un léger gémissement et à ce moment là Pacey se dégagea brusquement.
Pa: ok je crois qu'on devrait s'arrêter là!
Jo: Pourquoi? Qu'est-ce qui t'arrive?
Pa: écoute Joey...
Joey remonta ses bretelles et se tourna vers lui. Assis sur le lit, il lui jeta un regard suppliant.
Jo: quoi?
Pa: et bien quand je suis trop près de toi, que je te touche... et cette odeur de vanille...
Joey fronça les sourcils et tenta de comprendre ce qu'il essayait de lui dire à travers ces morceaux de phrases...
Pa: c'est difficile pour moi de résister...
Il posa alors son regard sur le sac de Joey posé sur le côté du lit et fronça les sourcils.
Pa: on ne la pas regarder celui là!
Joey soupira et mit une main sur son front.
Jo: ok Pacey est-ce que tu pourrais être un peu plus clair parce que là j'arrive pas à déchiffrer!!
Pacey sourit et désigna le sac de la tête.
Pa: cet album on l'a pas regardé.
Joey tourna la tête dans la direction qu'il désignait et aperçut l'album bleu auquel Pacey faisait référence.
True love
Gênée, elle baissa les yeux et joua nerveusement avec la bague qu'elle avait au doigt.
Jo: non, il est... sans importance.
Pa: ba fait voir!
Pacey attrapa l'album en question et l'ouvrit. Il tomba sur une photo d'elle et de lui sur le true love. Il l'observa un moment puis feuilleta le reste de l'album pour s'apercevoir qu'il ne s'agissait que de photos d'eux deux. Surpris il releva les yeux vers Joey qui gardait les yeux baissés.
Pa: Joey? souflla-t'il en lui relevant la tête
Doucement Joey plongea son regard dans le sien et lui sourit timidement.
Jo: quand Dawson m'a demandé d'amener des photos je me suis mise à fouiller dans les placards de ma chambre pour retrouver de vieux albums et j'ai trouvé celui-ci. Je l'avais fais à la fin de notre année sénior, lorsque tu es parti en mer, une façon de me raccrocher encore un peu à toi sans doute. Je ne comptais pas le sortir de mon sac mais je sais pas pourquoi je n'ai pas pu m'empêcher de l'emmener. Je n'ai pas eu le courage de le remettre au fond de mon placard, c'est une partie de ma vie qui compte beaucoup pour moi et elle mérite mieux que de prendre la poussière...
Touché par les paroles de la jeune femme, Pacey s'approcha d'elle et l'embrassa sur le front. Joey se laissa faire et ferma les yeux un instant. Quand elle les rouvrit, Pacey n'avait pas bougé. Il la regardait tendrement, les yeux brillants, à quelques centimètres d'elle. Les battements de son coeur s'accélèrent lorsqu'il passa sa main dans ses cheveux dans une douce caresse, puis il descendit vers sa joue et doucement il se pencha vers ses lèvres. Le baiser ne fut d'abord qu'un simple effleurement puis il se fit légèrement plus appuyé mais toujours très tendre. Quand leurs lèvres se séparèrent, ils restèrent à quelques centimètres l'un de l'autre et Joey posa son front sur celui de Pacey. Le jeune homme avait la sensation d'être dans du coton, tous ses membres étaient engourdis mais son coeur cognait fort dans sa poitrine.
Pa: tu me manques Joey...
Jo: toi aussi tu me manques.
De nouveau ils scellèrent leurs lèvres mais le baiser fut plus langoureux. Joey passa ses bras autour du cou de Pacey et le jeune homme l'enserra par la taille. Ils partagèrent une longue étreinte, ponctuée de tendre baiser.
Jo: qu'est-ce qui nous arrive? souffla-t'elle entre deux baisers
Pa: j'en sais rien mais ça me va.
Il repartit à l'assaut de ses lèvres mais Joey le repoussa doucement.
Jo: Pacey attend.
Elle se mit à genou devant lui et caressa ses lèvres du bout des doigts tandis qu'elle parlait, son regard accroché au sien.
Jo: est-ce que tu crois que c'est le cadre et toutes ces photos qui nous font agir comme ça?
Pa: ce n'est pas eux qui me collent des papillons dans le ventre... murmura-t'il intensément, ses mains caressant le dos de Joey.
Joey sourit et trembla imperceptiblement. Satisfaite de la réponse, elle embrassa Pacey plus passionnément que jusque là. Très vite ils s'allongèrent sur le lit et leurs deux corps se collèrent l'un à l'autre. Pacey, tout en caressant ses longues jambes fines, fit remonter la nuisette de Joey pour la lui enlever et de son côté elle le débarrassa de son T-Shirt. Lentement et avec émotion ils redécouvrirent chaque parcelle du corps de l'autre et ils firent l'amour tendrement.
Joyeux noël
La tête reposant sur le torse de Pacey, Joey se laissa aller à fermer les yeux, épuisé. Le jeune homme resserra sa prise autour d'elle pour la maintenir fermement contre lui. Joey soupira de bien être. Même si son esprit était un peu embrouillé sur le sens de ce qu'il venait de faire, sentir le corps chaud de son ancien petit ami lui avait manqué. Pacey lui avait manqué. Il était capable de lui faire ressentir des choses qu'aucun autre homme ne savait lui faire éprouver. Comme il y a des années de cela, elle sentit de nouveau ce sentiment grisant de sécurité s'immiscer en elle. Quand il la prenait dans ses bras c'est comme s'il lui faisait un cocon qui la protégeait de tout, un havre de paix et de bonheur. Doucement elle rouvrit les yeux et observa le sapin de noël qui dominait près de l'entrée.
Jo: Pacey?
Pa: hum?
Jo: joyeux noël!
Pacey sourit et attira Joey à lui pour l'embrasser tendrement.
Pa: Joyeux noël à toi aussi!
Jo: Pacey...
Pacey posa un doigt sur les lèvres de Joey pour la faire taire.
Pa: chut! Pas maintenant...
Jo: mais...
Pa: Joey... souffla-t'il en souriant
Joey grimaça. Pacey savait très bien qu'elle voulait qu'ils discutent de ce qu'ils venaient de faire, qu'ils analysent, qu'ils décident de l'importance que ça avait et des conséquences que ça aurait mais il ne voulait pas briser cet instant magique. Peut-être avait-il aussi un peu peur de ce qui en découlerait... Que voulait-il exactement? La seule chose dont il était sûr c'est que Joey lui manquait et c'est pour cette raison qu'il souhaitait profiter de ces retrouvailles, surtout si jamais elles s'avéraient de courte durée.
Jo: bon très bien. accepta-t'elle à contre coeur
Elle reposa de nouveau la tête sur le torse du jeune homme et repartit dans sa contemplation de l'arbre de noël et du paysage que l'on entrevoyait par la fenêtre. Pacey afficha un sourire amusé. Il savait que demander à Joey de se taire lorsqu'elle voulait dire quelque chose d'important était lui imposer un véritable supplice. Aussi quand il la sentit s'agiter un peu, son sourire s'agrandit. Il attendait patiemment qu'elle explose...
Jo: Bon mais quand même Pacey qu'est-ce que... quoi? demanda-t'elle en apercevant son visage moqueur
Pa: tu peux pas t'en empêcher hein? la taquina-t'il en souriant
Jo: bon très bien je n'ai rien dis! Je me tais!
Vexée, elle reposa sa tête sur son torse pour la troisième fois. Pacey rigola et l'attrapa pour la faire basculer sur le côté. Il la prit dans ses bras et lui déposa un baiser sur le nez.
Pa: vas-y je t'écoute.
Joey sourit, prit une grande inspiration et se lança.
Jo: voilà, en faite je me demandais qu'est-ce qu'on fait maintenant? Je veux dire qu'est-ce que ça représente pour toi ce qu'on vient de faire? Qu'est-ce que tu veux?
Pa: qu'est-ce que je veux?
Jo: oui.
Pacey sourit et replaça une mèche de cheveux de la jeune femme. Il plongea son regard dans le sien et n'eut pas besoin de sonder son coeur davantage. Il savait.
Pa: c'est toi que je veux Joey.
Jo: tu es sûre?
Pa: Joey que l'on soit ici, à Capside, à Boston ou à l'autre bout de la planète je n'ai qu'une certitude: c'est toi que je veux.
Joey sourit et des larmes lui vinrent aux yeux.
Jo: Pacey je t'aime mais je ne veux plus souffrir. J'ai besoin d'être sûre que tu as assez confiance en toi pour m'aimer, alors? Est-ce que tu as assez confiance en toi?
Pa: j'ai confiance en nous.
Jo: mais et si...
Une fois de plus Pacey lui mit un doigt sur la bouche pour la faire taire.
Pa: Joey écoute-moi. Je suis tombé amoureux de toi à dix sept ans et depuis je n'ai jamais cessé de t'aimer, c'est moi que je n'aimais plus. Aujourd'hui j'ai changé, je me suis reconstruit une vie, une identité. Maintenant c'est mon bonheur qu'il me reste à reconstruire et ça je n'y arriverais qu'avec toi. Tu veux savoir si j'en suis sûre?
Prestement il prit son visage en coupe et l'embrassa passionnément. Quand il se recula d'elle, Joey resta pantelante. Décidé à en avoir plus elle se raccrocha à lui et l'embrassa de nouveau.
Pa: je t'aime. lui souffla-t'il à l'oreille
Joey sourit et vint se blottir contre lui. Il lui déposa un baiser dans les cheveux et ils s'endormirent paisiblement, enlacés l'un contre l'autre.
un chalet, deux amoureux
Le lendemain Pacey et Joey s'étaient éveillés dans les bras l'un de l'autre, heureux et amoureux mais déjà l'heure du retour avait sonné. Joey boucla sa valise tandis que Pacey vint l'enlacer par derrière.
Pa: prête?
Jo: oui, tu arrives juste à temps pour porter les bagages!
Pa: ah ba charmant!
Joey sourit, se retourna et passa ses bras autour de son cou.
Jo: ça t'ennuierai mon coeur de prendre mon sac s'il te plait? demanda-t'elle gentiment en venant lui déposer un baiser sur les lèvres
Pa: ah oui je préfère nettement ça!
Joey sourit et Pacey l'embrassa. Quand elle sentit les mains du jeune homme devenir un peu trop baladeuses, Joey la rappela à l'ordre.
Jo: Pacey on a pas le temps! Il faut rendre les clés avant midi...
Pa: avec le prix que j'ai payé, je vais le prendre le temps! Et puis on a pas essayé le jacuzzi!...
Joey rigola tandis qu'il l'entraînait du côté de la salle de bain, tout en l'embrassant dans le cou.
Jo: oui c'est vrai que ce serait dommage...
N'offrant aucune résistance, elle se laissa guider par le jeune homme et la porte se referma sur leurs rires. Ils en ressortirent une demi heure plus tard et cette fois-ci quittèrent le chalet. Avant de fermer la porte Joey balaya une dernière fois la pièce du regard. En l'espace d'une soirée ce chalet avait transformé sa vie... c'est sans doute cela que l'on appelait la magie de noël. Elle sortit et rejoint Pacey qui l'attendait un peu plus loin, les sacs posés au sol. Elle vint se blottir dans ses bras et tout deux observèrent le chalet et les montagnes qui s'élevait derrière. Bien que le paysage était encore très enneigé, la neige avait bien fondu leur permettant de reprendre la route.
Jo: je suis contente que la neige nous est obligé à nous arrêter ici...
Pa: moi c'est mon porte feuille qui n'a pas apprécié! plaisanta-t'il
Joey lui mit un coup de coude et il rigola.
Pa: moi aussi je suis content. Tu es mon plus beau cadeau de noël!
Joey sourit et vint l'embrasser.
Jo: finalement c'est comme si on avait eu notre nuit de noce!
Pacey blêmit.
Pa: oui et ben on va attendre un peu si tu veux bien!
Joey rigola devant la réaction typiquement masculine de Pacey. Il attrapa les sacs et se tourna vers elle.
Pa: on y va Mme Witter?
Jo: c'est partit! rigola-t'elle de plus belle
Un amour éternel...
Pacey et Joey arrivèrent devant le réceptionniste main dans la main. Quand il les aperçut le vieil homme sourit.
Mr: tout a été comme vous vouliez?
Joey et Pacey se jetèrent un regard complice.
Pa: je crois qu'on peut le dire!
Mr: vous m'en voyez ravi.
Jo: voici les clés. Et encore merci!
Mr: c'est moi qui vous remercie. Et faite bien attention sur la route...
Pa: c'est promis.
Mr: Au revoir et bonne route tout les deux! leur lança-t'il avec un clin d'oeil
Pacey et Joey sourirent de ce sourire si particulier qu'ont les gens amoureux et une petite étincelle brûlait au fond de leurs yeux.
Pa: merci, au revoir!
Jo: au revoir!
Pacey passa son bras par dessus les épaules de Joey et ils s'éloignèrent en direction de leur voiture, sous le regard bienveillant du vieux monsieur. Sa fille arriva à ce moment là et, tout comme sa mère la veille, observa ce qui pouvait bien attirer l'attention de son vieux père. Son regard se posa sur un couple qui s'embrassait devant une voiture.
Fille: qui est-ce?
Mr: les clients du chalet numéro douze.
Fille: des jeunes mariés?
Mr: ça ne serait tarder...
Un sourire malicieux se dessinait sur ses lèvres et ses yeux étaient rieurs tandis qu’ils observaient le véhicule de nos deux amis s’éloigner dans la neige…
FIN
Titelle (31.05.2005 à 21:32)