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La Vérité Sur Roméo

Série : Dawson's Creek
Création : 12.06.2005 à 01h35
Auteur : Bzzbzz 
Statut : Terminée

« Episode complet. » Bzzbzz 

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Cet épisode est le résultat d'un mini "Plaisir d'Ecrire" réalisé en petit comité comme au tout début de sa création. Les histoires des 3 autres participantes devraient arriver sous peu. En l'occurence, celle de Marjo sera la prochaine.... (message subliminal).

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:40)
La journée avait plutôt bien commencé pour Jen. Les cours avaient repris depuis plusieurs semaines, et les rebondissements s’étaient enchaînés les uns après les autres. Joey et Dawson avaient fini par se réconcilier après leur séparation jusqu’alors « sans concession ». Bien qu’à son retour de Philadelphie le jeune homme ait été plus que « perturbé » par la venue de cette fameuse blonde, Joey et lui avaient réussi à redevenir amis et effacer les anciennes rancunes. Et si Jen était si heureuse ce matin, c’est parce qu’aujourd’hui, tout allait bien pour elle. La bande arrivait enfin à se réunir dans la même pièce sans qu’on ne sente plus cette affreuse tension. Et malgré les apparences, son rôle de chef des pom-pom-girls la faisait hurler de rire. Aujourd’hui, elle avait opté pour un pantalon en cuir sous sa jupette et elle pouvait déjà mettre sa tête à couper que le lendemain, toutes ses « coéquipières » seraient vêtues de la même manière.
Mais sa bonne humeur se stoppa net lorsqu’elle vit Joey sortir du bureau du proviseur avec sa mine des mauvais jours. La jeune fille se dirigeait déjà vers son prochain cours lorsque Jen la rejoignit.
Jen : Ton petit déjeuner est mal passé ?
Joey, grogna : Presque ! En tous cas, il est sur le point de remonter.
Jen : Hum, charmant !
Joey : Tu me demandes, je te réponds.
Jen en riant : Oui je vois ça !
Sentant que l’approche humoristique n’était pas de rigueur, elle changea de tactique et demanda franchement : Qu’est-ce qui se passe ?
Joey s’arrêta et soupira. En se passa une main sur le front, elle fixa le sol : Il se passe que depuis l’incendie du Ice House, je bosse à la marina en plus du lycée. Et je n’en peux plus. Entre ce crétin de Rob qui regarde passer les mouettes et le boulot que j’ai en rentrant, je n’ai pas le temps de dormir. Et il se passe enfin que pour remédier à ça, j’ai tenté de demander une bourse qui m’a malheureusement été refusée pour une histoire d’implication dans la vie scolaire.
Jen écarquilla de grands yeux : Tu veux dire que Green t’as refusé une bourse parce que tu ne fais pas assez pour le lycée alors que tu fais la fierté de cette poubelle qui nous sert d’établissement scolaire ?!?!
Joey rit : Non, c’est pas lui qui me l’a refusée. C’est le gouvernement Jen, qui distribue les bourses !
Jen : C’est pas ce que j’ai dit ??
Joey : Si si !
Jen, en souriant : J’en étais sûre !
Joey redevenue sérieuse : Enfin voilà ! J’en suis là. Je suis presque sûre qu’il me refuse cette bourse parce que mon père est en prison. Et ce que je me dis c’est que je vais encore devoir bosser longtemps dans le cambouis pour entrevoir la sortie de cette ville !
Jen, posant une main sur son épaule : T’inquiète pas, on va trouver une solution.
Joey esquissa un sourire peu convaincu et reprit son chemin, laissant Jen à la traîne. Mais cette dernière, du bout du couloir, l’interpella : On l’a ta solution Joey !
Joey se retourna l’air intrigué : Ah bon ?
Jen parcourut les mètres qui la séparait de son amie en courant et se plaça devant elle : Ils veulent que tu participes à la vie de l’école ? Eh ben tu vas y participer. C’est pas plus compliqué que ça !
Joey la regardait comme un lapin pris en pleins phares. Est-ce que Jen était devenue folle en une nuit ?
Jen se mit à marcher en prenant Joey par le bras afin de l’entraîner avec elle. Totalement absorbée par sa solution, elle ne tenait pas compte de l’ahurissement de Joey.
Jen, énumérant les faits avec ses doigts : Si tu fais ce qu’on te reproche de ne pas faire, ils n’auront plus aucun moyen de te la refuser cette fichue bourse. Alors réfléchissons à ce que tu pourrais faire. Il y a le bal de promo, la journée parents/professeurs, le concours d’échecs…
Joey l’arrêta tout de suite : Tu crois vraiment à ce que tu dis Jen ? Tu me vois organiser une journée à laquelle je ne pourrais même pas participer ou (grimaçant) un concours de jeux aussi palpitant que de regarder une courgette pousser ? Je préfèrerais encore organiser une grande kermesse avec Pacey en attraction.
Alors elle prit la position : Approchez et venez voir, l’homme le plus bizarre ! N’ayez pas peur, derrière ses chemises à fleurs….
Jen tentait désespérément de lui faire signe de s’arrêter quand Pacey arriva à leur niveau.
Pacey : Salut !
Joey, gênée, se figea et se retint de respirer alors que ses yeux formaient de grands « O ». Jen, elle, baissa la tête en se mordillant la lèvre et se gratta nerveusement la tête.
Pacey, amusé par la situation : Je ne pensais pas que mes chemises pouvaient autant faire parler. Mais c’est une idée, Potter ! Ca pourrait rapporter pas mal, ça !
Joey ferma les yeux et plissa tout ce que son visage lui permettait de plisser avant de s’éloigner en bougonnant « Je dois y aller ! ».
Jen regarda le jeune homme en rigolant. La situation avait été cocasse.
Jen : Tu ne peux pas t’en empêcher, n’est-ce pas !
Pacey, hilare : Pourquoi je me priverais ?!?
Jen se tapant le front : Oui, question idiote bien sûr !
La jeune fille se ressaisit aussitôt et lui demanda, l’air intrigué : Comment se fait-il que tu sois à l’heure ce matin ?
Pacey : La vie avec Douggy n’est pas aussi rose que les murs de chez lui finalement.
Jen : C’était quoi cette fois ? Un réveil au clairon ?
Pacey, dépité : La salle de bain à récurer !!!
Jen éclata de rire : Mon pauvre Pacey ! Et tu n’as pas fini d’en baver ! Parce qu’on attaquent les cours avec Peterson dans une minute.
Pacey soupira : Ya des jours comme ça !
Jen entraîna son ami par le bras et ils se dirigèrent ensemble vers leur salle de cours.

Le soir, en rentrant d’une journée harassante de cours qu’elle avait eu toutes les peines du monde à suivre, et de travail à la marina, Joey rentra enfin chez elle avec la nette sensation qu’elle allait s’effondrer si elle persistait à suivre ce rythme de vie. Lorsqu’elle pénétra dans la maison, elle avait en tête qu’elle ne mangerait pas ce soir et qu’elle irait directement se coucher. Or, Bessie avait d’autres projets pour elle.
Elle l’interpella alors qu’elle se dirigeait déjà vers sa chambre : Joey ! Joey ! On a un souci ! Un gros souci !
Joey se stoppa, et baissa la tête en soupirant lourdement. Bessie courait dans tous les coins de la maison, son fils dans les bras : Alexander est malade. Il a fait une poussée de fièvre et n’arrête pas de pleurer. J’ai fait venir le médecin il y a une demi -heure.Il faut que tu ailles chercher les médicaments.
Joey : Mais il est plus de 20h !!!
Bessie : Je sais Joey. La pharmacie de garde est à Providence…
Joey s’égosilla : Providence ????
Bessie : Tu peux être revenue dans deux heures…
Joey serra les dents et regarda sa montre, puis la porte de sa chambre. Ce n’était encore pas ce soir qu’elle pourrait faire une nuit complète !
Elle attrapa sèchement le trousseau de clé du pick-up qui gisait sur le bar et quitta les lieux en faisant claquer la porte derrière elle.
Lorsqu’elle vit Jen s’approcher d’elle, sans plus d’explication, elle lui lança les clés en disant, fatiguée : Tu tombes bien. Tu prends le volant
Jen, qui avait dû faire preuve de réflexe, s’étonna : Et on va où ?
Joey s’installa déjà sur le fauteuil passager : A Providence !
Jen, effarée : Où ça ?
Joey : Providence, pharmacie de garde.
Jen, voyant les traits tirés de Joey, n’insista pas et prit place derrière le volant : Il faut que je passe prévenir Grand-Mère…
Joey, avec un geste de la main : Fais, fais !
Après avoir expliqué les circonstances à Madame Ryan, les deux jeunes filles prirent la route. A peine quittée la ville, Joey somnolait déjà.
Arrivées sur le ferry, Jen sortit de la voiture pour prendre l’air. Elle voulait laisser dormir Joey tranquillement et ne pas risquer de la réveiller. Elle passa alors quelques minutes appuyées contre la balustrade, en silence.
Un moment plus tard, elle était rejointe par Joey.
Jen, touchée par la situation de sa meilleure amie : Il faut qu’on te trouve une solution !!!
Joey s’accouda à côtés d’elle et soupira sans rien dire.
Jen : Réfléchissons. Quel genre de participation pourrait te convenir ?
Un silence s’installa pendant que Jen cogitait.
Elle le brisa enfin : Les élections !!!
Joey, très posée et réfléchie : Hors de question. Je n’ai aucune envie de me vendre. Et qui voterait pour la fille du dealer de la ville ?!?
Jen grimaça et se tut à nouveau…
Puis avec un sourire narquois, elle tenta : Je peux te faire rentrer chez les pom-pom-girls si tu veux !
Joey, haussant les sourcils: Très amusant Jen ! Très amusant ! Pendant que tu réfléchis, je vais nous chercher des cafés à l’intérieur.
Elle s’éloigna sous le regard amusé de Jen. Bien que la situation soit critique pour Joey, Jen entendait bien détendre un peu l’atmosphère. Elle connaissait bien Joey et savait avec quelle facilité elle pouvait se faire un monde de pas grand-chose. Elle avait le devoir de lui éviter de sombrer dans le pathétisme.
Joey entra dans le petit habitacle. L’endroit était désert. La machine avala les pièces de monnaie sans rechigner et lui remplit deux gobelets de café noir. Après avoir attrapé les boissons chaudes, elle releva la tête et tomba sur une petite affiche jaune. Une seule chose retint son attention : « 1000$ ». Elle s’empressa alors de lire le reste « Concours Annuel de Théâtre dans les Etablissements Publics. 1000$ pour la pièce gagnante. Déposer les candidatures avant le 15 novembre. Représentations officielles entre les 10 et 20 mars. Nous contacter au 555.6842 ».
Joey relit le prospectus une seconde fois puis fut sortie de sa réflexion lorsqu’elle entendit un coup de klaxon. Jen s’apprêtait à descendre la voiture du bateau.
Jen : Alors qu’est-ce que tu faisais ???
Joey, évasive : Rien…la machine.
Jen : Dépêche-toi, grimpe.
Joey s’exécuta.

Elle regardait sa montre toutes les dix secondes. Jen et elle patientaient devant la pharmacie pendant qu’on préparait son ordonnance. Comme de coutumes, on les faisait attendre dehors compte tenu de l’heure avancée. Et Joey n’aspirait qu’à une chose : dormir !
Joey, regardant sa montre pour la énième fois : Je t’assure que je vais les lui faire avaler de force ses médicaments ! Et il va guérir, c’est moi qui te le dis !
Jen : Calme-toi Joey. Il n’y est pour rien ce pauvre gamin. Ca arrive !
Joey s’immobilisa, ferma les yeux et respira à fond. Elle avait raison. Il ne servait à rien de s’énerver.
Lorsque le pharmacien se présenta avec le sac en papier, Joey l’attrapa, lui fit un de ses sourires forcés et tira Jen par la manche : En route !

De nouveau sur le ferry, dans la voiture, Joey s’excusa pour sa mauvaise humeur : Je ne suis pas de bonne compagnie en ce moment. Je suis désolée, on a même pas parlé de toi…
Jen, un sourire sincère sur les lèvres : Ca arrive à tout le monde. Ne t’inquiète pas, je comprends.
Joey s’en voulait de ne plus avoir assez de temps à lui consacrer.
Joey, un peu triste: Alors, qu’est-ce qu’il se passe de l’autre côté de Capeside ?
Jen : Oh tu sais, la routine. Jack et son football, Dawson et ses films…
Joey, étonnée : Il fait un nouveau film ??
Jen sourit. Elle voyait bien qu’elle voulait parler de Dawson.

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:41)
Jen : Il a un projet en effet. Je ne sais pas de quoi il est question. Je sais simplement que c’est le proviseur et son père qui lui ont commandé…
Joey rit : Une commande ?!?
Jen, sur le même ton : Faut croire qu’il commence à se faire une notoriété.
Joey enchaîna : Et toi ?
Jen : Absolument rien de neuf, Joey. (Pour la rassurer, elle ajouta) Je te l’aurais dit sinon.
Joey sourit, elle parut soulagée. Elle avait craint que cet éloignement forcé ne brise les liens qui l’unissait à Jen. Elle fut alors ravie de voir qu’il n’en était rien.
Joey : Je vais me rattraper, je te le promets.
Jen, riant : Je n’en doute pas !
Quelques minutes après l’arrivée du ferry de l’autre coté de la rive, Jen se garait devant la maison de Joey et repartait à pied.

Le lendemain matin, Jen, en compagnie de Jack et Pacey, arrivaient au lycée. Malgré sa courte nuit et ses bas résilles, elle ne manquait pas de rire alors que Pacey se moquait encore une fois de sa tenue. Quand elle entra dans les couloirs du lycée, elle remarqua très vite que le cuir, en une journée, était devenu à la mode !
Jen, hilare, lança : Demain je viens avec mon soutien-gorge par dessus mon tee-shirt !!!
Pacey, le regard gourmand : Adjugé !
Jack partagea alors son fou rire. Jen lui administra une tape sur l’épaule et détourna le regard. C’est alors qu’elle vit Joey. Dieu sait ce qu’elle faisait mais elle le faisait bien !
Jen s’approcha de la jeune fille : Salut ! Qu’est-ce que tu fais ?
En même temps qu’elle posait la question, elle arracha une des affiches que Joey venait de scotcher au mur. Elle lut : « pièce de théâtre….. Shakespeare…Roméo et Juliette… »
Jen leva alors les yeux et interrogea Joey, un sourcil relevé : Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
Joey s’arrêta : J’ai réfléchi à ce que tu m’as dit. La seule issue possible, c’est de me mêler à l’organisation du lycée. Et la seule chose qui m’est venue à l’esprit c’est le théâtre !
Jen, perdue : Mais tu en as déjà fait ?
Joey avoua en grimaçant: Jamais… (Puis elle se ressaisit) Mais ça doit pas être sorcier !
Jen continua de lire l’affiche : Et tu fais passer une audition?
Joey : Tu crois quand même pas que je vais jouer tous les rôles !!!
Jen : Tu es sûre que c’est la bonne solution ?
A cet instant précis, Joey vit passer Dawson avec sa caméra. La tristesse se peint sur son visage. Elle était consciente du fait qu’elle était en train de perdre les meilleures années de sa vie à travailler. Et elle voulait y remédier. Elle voulait pouvoir trouver le temps de voir ses amis et de savoir ce qu’ils faisaient de leur vie !
Joey reporta son attention sur Jen : Sûre !!
Pacey et Jack s’approchèrent.
Pacey lisant lui aussi une affiche qu’il venait de récupérer : Roméo et Juliette ??? C’est pas un peu cliché ça ??
Joey : Peut-être que ça te donnera l’occasion de savoir de quoi ça parle comme ça !
Pacey : Oh ! Mais c’est qu’elle mordrait !
Jack, qui ne voyait pas Joey se lancer là-dedans : Tu as vraiment l’intention de t’occuper de ça ?
Joey : Je n’ai pas vraiment le choix !
Jen, mi-intriguée, mi-amusée, contemplant le mur remplit de ses affichettes : Où est-ce que tu as fait faire ça ?
Joey sourit : Je me suis servie de la photocopieuse de Rob ! Voilà ce qui arrive quand on appelle son employée à 7h pour un remplacement ! Il faut savoir ce qu’on veut !
Jen, stupéfaite : Il t’a appelée ce matin avant d’aller en cours ???
Joey leva simplement les épaules en soupirant. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait. Monsieur n’était pas vraiment du matin !
Pacey, plaisanta : Le pauvre ne sait pas ce qui l’attend. La tête qu’il va faire quand il va comprendre que tu as fait une razzia sur sa réserve de papier !
Joey : Je me suis simplement dédommagée. Je ne fais pas d’heures sup’ gratuitement !
Jen en revint au problème initial : Sérieusement, tu trouves ça plus palpitant qu’un concours d’échecs ?
Joey : Jen ! On dirait que tu ne veux pas comprendre ! (elle décortiqua chaque mot) Je n’ai pas le choix !
Jen abdiqua : Très bien. Si tu as besoin d’aide, tu sais où me trouver…
Pacey : Et moi tu oublies tout de suite où j’habite ! Pas question que je participe à une réunion de grosses têtes. Les cancres, plus ils se tiennent loin des têtes d’ampoule, mieux ils se portent. Et jusqu’à preuve du contraire, je suis toujours un cancre…
C’est le moment qu’il choisit pour s’éloigner du groupe, de sa démarche de playboy.
Joey le regarda partir en secouant la tête : Ce que c’est agréable de pouvoir compter sur les gens comme on peut compter sur lui !
Elle refit face à ses deux amis et sourit : Bon !(elle désigna ses affiches de la tête) J’ai encore du boulot avant d’aller en cours. Je vous retrouve à midi…
Jen et Jack s’éloignèrent donc en prenant la direction de leur casier. Tous deux bavardaient de ce qu’attendait Joey avec cette nouvelle activité quand un jeune homme vint se poster à quelques mètres d’eux. Jen le voyait les regarder mais ne bougeait pas. Il semblait embarrassé.
Jen à Jack : Est-ce que j’ai quelque chose de travers ?
Jack suivit le regard de Jen quand il vit qu’elle bloquait depuis quelques secondes, et son visage se fendit d’un large sourire.
Jack : Henry ! Comment tu vas ?
Henry s’approcha doucement, mal à l’aise.
Il osait à peine lever la tête pour regarder devant lui.
Jack : Jen, je ne t’ai pas présenté Henry. Il fait partie de l’équipe de football.
Jen : Oui Jack. Je le sais. (Montrant sa jupette de sa main droite) Je te rappelle que je fais partie des pom-pom-girls !!!
Jack haussa les sourcils en souriant. Et Jen eut peur de comprendre où il voulait en venir.
Un silence s’installa.
Alors, pour mettre fin à cette situation abracadabrante, elle lança : C’est quoi ça ?
Henry tenait dans ses mains un petit bout de papier. Il la regarda enfin en face et se lança : Oh…euh…Ca ? C’est…un ticket de cinéma.
Jen, hochant la tête : Un ticket de cinéma.
Henry : Je me disais que…peut-être… Ca t’intéresserait…
Jen, continuait de hocher la tête : Un ticket de cinéma.
Henry : Oui. Pour y aller.
Jen qui ne s’arrêtait plus : Pour aller au cinéma.
Jack grimaça. Henry s’y était vraiment mal pris. Ca ne rimait à rien. Lorsqu’il lui avait conseillé de lui proposer d’aller au cinéma, il n’avait pas pensé qu’il se pointerait pour lui offrir un ticket !
Henry, en plus de son trac monumental, sentit le doute l’envahir : Tu n’aimes pas ça ?
Jen se ressaisit alors et lui lança énergiquement : Oh si si. J’adore le cinéma. Mais… tu ne veux pas t’en servir, toi, de ce ticket ?
Henry : J’en ai d’autre !
Jen fut très surprise par sa réponse. Il en avait d’autres… quel étrange petit bonhomme. Il ne lui avait encore jamais adressé la parole et voilà qu’un beau matin, il venait lui offrir une place de cinéma parce que… parce qu’il en avait d’autres ! On ne lui l’avait encore jamais faite celle-là !
Jen, riant presque : Bien. Alors je l’accepte. Merci.
Henry, de nouveau très timide et gêné, préféra fuir : Il faut que j’y aille. Le coach va être en pétard sinon.
Jack sauta sur l’occasion : Attends moi. Henry. Je viens aussi.
Après qu’il lui ait fait un dernier clin d’œil, Jen vit Jack rattraper le jeune homme qui était parti en petites foulées. Médusée par le départ précipité d’Henry, Jen n’avait rien compris à ce qui venait de se passer. L’espace d’une seconde, elle avait eu l’impression d’avoir entendu Henry s’écrier « téléphone maison ! »!! Elle secoua enfin la tête pour se remettre les idées en place, et gagna sa salle de cours en se grattant le crâne. L’atterrissage était rude !

Pacey et elle étaient ensemble pour la plupart des cours. Mais depuis qu’il avait rompu avec Andie, après qu’elle lui ait appris ce qu’il s’était passé avec Marc lors de son hospitalisation, il désertait de plus en plus le lycée. Bien qu’il y ait fait une courte apparition ce matin, il s’était contenté de traverser le couloir pour ressortir par l’autre porte. Jen se faisait de plus en plus de soucis pour lui. Ses notes étaient évidemment en chute libre, accumulant les zéros lorsqu’il daignait rendre ses devoirs ... Elle espérait le trouver à la cantine.
Lorsqu’elle s’installa à une table, elle ne trouva que Joey. Rien d’étonnant concernant Jack, leur coach les accaparait beaucoup en ce moment afin de préparer au mieux le championnat. Mais pour Pacey… Elle allait devoir s’entretenir avec lui !
Jen : Dawson n’est pas avec toi ?
Joey réfléchit : Euh…
Puis elle fit mine de regarder sous la table puis de soulever ses bouquins : Dawson ? T’es là ?
Puis elle redressa la tête et regarda Jen en souriant : Il est pas là.
Jen, rit : C’est le théâtre qui te rend si drôle ?
Joey lui envoya un sourire très forcé puis préféra se concentrer sur son assiette.
Jen en revint alors à sa question initiale : Il ne devait pas manger avec nous ?
Joey : Qui ?
Jen : Dawson !!
Joey, qui ne comprenait pas pourquoi elle tenait tellement à le savoir : Je t’avoue que, ce matin, je n’ai pas pensé à regarder son planning de la journée ! Mais promis, la prochaine fois j’y penserai !
Jen se cala au fond de sa chaise et commença à manger : Tu as raison, la bande se disperse, il n’y a pas moyen de se retrouver tous ensemble cinq minutes. Je ne sais pas pourquoi je m’inquiète.
Joey réalisa enfin qu’elle faisait tout ça pour eux. Elle plaça sa main sur le bras de Jen : Je suis désolée. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je n’avais pas compris. On va trouver un compromis…
Jen haussa les sourcils, l’air de dire « C’est vite dit ! ».
Joey, qui voyait bien qu’elle ne ferait pas s’arranger les choses aussi facilement, préféra continuer de manger en silence. Jen, elle, réfléchissait.
Jen, esquissant un sourire après quelques minutes d’un complet silence : Tu te souviens de la fois où….
Puis elle se reprit aussitôt : Non en fait quand on y réfléchit bien, à chaque fois qu’on est réuni ça se passe mal ! Regarde le bal de promo de l’année dernière, les révisions chez Chris, la scénette d’Abby en salle d’anglais au sujet de cette fameuse lettre mystère…
Joey enchaîna en grimaçant : L’anniversaire de Dawson et son entrée magistrale, le mariage au Ice House…
Jen baissa la tête en repensant à cet événement qui avait coûté la vie à Abby.
Jen : C’est définitivement une catastrophe !
Joey : Mais il n’y pas eu que ça, si ?
Jen : C’est ce que je retiens en tous cas !
Joey : Et le lendemain de nos révisions alors? Lorsqu’on s’est tous endormis sur la pelouse du stade ?
Jen sourit.
Jen : Tu as peut-être raison
Joey : Et la soirée Halloween chez Dawson ? On était tombé sur deux tarés mais on s’était quand même bien marrés.
Jen explosa de rire.
Joey, lui faisant un clin d’œil : Tu vois !
Jen embraya : Tu as déjà eu des réponses pour ta pièce ?
Joey : Non, pas encore…
Jen : Ils n’ont pas du avoir le temps de voir les affiches.
Joey rit : Oui c’est vrai qu’il n’y en a pas de partout !
Jen se leva de table : Il faut que j’y aille. On se retrouve tout à l’heure.
Joey : Si on arrive à se croiser !
Jen : Dans ce cas, je ferai le piquet de grue aux toilettes, tu finiras bien par y passer !
Joey rigola et lui fit signe de se sauver.

Jen entreprit de sortir pour faire le tour du lycée. Il y avait évidemment peu de chance pour qu’elle y trouve Pacey mais elle se devait d’essayer. Aucune chemise hawaïenne à l’horizon ! Mais une silhouette familière…
Jen s’arrêta et plissa les yeux pour concentrer son regard sur la personne qui marchait à quelques centaines de mètres d’elle. Soudain elle comprit ! Les absences de Dawson se faisaient plus claires. La démarche féline de cette fille ne devait pas y être étrangère ! La mystérieuse Eve était donc de retour.
Jen se gratta la tête et prit quelques secondes pour réfléchir. Si elle était dans le coin, c’est que Dawson l’était aussi. Donc s’il n’avait pas mangé avec elles, c’est qu’il était « occupé » !...
« Ca suffit ! » s’écria nerveusement la jeune fille et tapant du pied. Si même Dawson se mettait à déserter la troupe pour une midinette, elle ne donnait pas cher de leur amitié !
Jen fit demi-tour et pénétra dans les couloirs du lycée pour rejoindre son casier. Il allait falloir quel remette de l’autre dans tout ça !
Après avoir vidé son sac de ses affaires de cours du matin et l’avoir rempli de nouveaux livres pour le soir, elle fit fortement claquer la porte du casier et se retourna pour reprendre le chemin de la salle de littérature. Mais elle fut arrêtée net par Pacey qui se tenait devant elle. Elle sursauta.
Pacey : Ben alors Lindley ! Je te fais peur maintenant ?
Jen reprit aussitôt son aplomb : J’avais cru voir un fantôme ! A moins que ce ne soit Flash Gordon ! Faut dire qu’on ne sait plus trop ce que tu es !
L’air agacé de Jen ne présageait rien de bon.
Pacey : Tu vas me faire la morale toi aussi ?
Jen, sèche : Comment le pourrais-je ? Je ne te vois jamais !
Pacey : Mais je suis là, pour l’instant !
Jen, commençant à s’énerver : Oui mais pour combien de temps ? Est-ce que tu ne vas pas entendre la porte t’appeler d’ici quelques secondes ???
Pacey tendit l’oreille : Non !
Jen le contourna en enfilant son sac à dos sur son épaule : Ca ne me fait pas rire.
Pacey parut surpris et se mit à lui courir après : Mais attends moi Lindley !
Jen continua son chemin. Elle n’était pas d’humeur à plaisanter, surtout lorsqu’elle voyait son ami se jeter dans le vide.
Voyant qu’elle n’était pas décidée à s’arrêter, il l’attrapa par le bras et la retourna doucement vers lui : Mais enfin qu’est-ce qui t’arrive au juste Jen ?
Jen : Tu m’agaces.
Pacey sourit : Oui ça j’ai vu !
Jen : C’est pas le moment là ! Je suis pressée !
Il ne chercha pas à la retenir et la laissa partir. Quelque chose lui échappait. Ce n’était pas dans la nature de Jen d’agir comme ça.
Alors qu’elle rejoignait l’équipe de pieds cassés qu’elle avait comme Pom-pom-girls, Pacey préféra traîner un peu. Il sillonna le lycée jusqu’au moment où il tomba sur Joey.
Pacey : Qu’est-ce que tu fais Potter ?
Joey releva la tête vers son interlocuteur qu’elle n’avait pas vu venir et lança : Ca ne se voit pas ? J’ai l’air de jouer du triangle ?
Pacey écarquilla de grands yeux, surpris d’être accueilli de la sorte partout où il se rendait.
Pacey, faisant demi-tour : Ok, je repasserai plus tard !
Joey, regrettant son attitude, leva les yeux au ciel avant de se lever : Non attends ! Excuse-moi. Je suis comme ça avec tout le monde aujourd’hui.
Pacey haussa les sourcils : Et tout le monde est comme ça avec moi aujourd’hui !
Joey se rassit sur son banc et reprit le bouquin qu’elle avait posé quelques secondes avant : C’est cette histoire de bourse qui me travaille. Il faut que je relise la pièce, que je réfléchisse au décor, pense aux costumes, au spectacle en lui-même…. C’est un véritable calvaire !
Pacey se laissa tomber, sur le banc, à coté d’elle : Tu as eu quelques propositions déjà ?
Joey ferma les yeux en soupirant et retourna son livre sur ses genoux : Pas la moindre !
Pacey, accompagnant ses propos d’un clin d’œil : Laisse leur le temps de se décider. Passer du temps avec la petite Potter, c’est pas une décision qu’on prend à la légère !
Joey, un peu vexée : D’ailleurs, tu aurais peut-être dû mieux réfléchir avant de t’asseoir sur ce banc !
Pacey, le visage marqué par un petit sourire : Tu recommences !
Joey, soutenant son regard, ferme : Parce que toi aussi !
Pacey : Mais je n’ai jamais arrêté moi….
Joey soupira et se leva. Elle récupéra rapidement ses affaires et jeta avant de s’éloigner : Eh ben ne change rien ! Surtout reste comme tu es ! Je saurai au moins pourquoi tu m’exaspères autant !
Pacey la regarda partir, elle aussi, et pensa : Et de deux ! Tu as la côte aujourd’hui !

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:44)
Le soir même, après avoir lutté corps et âme contre Bélinda pour éviter à l’équipe de se rendre ce samedi au festival country, Jen se décida à parler à Pacey. S’il fallait prendre le taureau par les cornes alors elle s’improviserait torero !! Elle se rendit donc au vidéo club où il avait retrouvé sa place de vendeur depuis la rentrée. Ce qui était sûr, c’est que c’était la seule chose qui régulait ses journées !
Lorsqu’elle entra dans le magasin, la clochette sonna, ce qui alarma Pacey. D’un seul coup, il ôta ses pieds du comptoir et éteignit le petit écran qui était glissé sous le zinc. Quand il vit Jen, il se remit à respirer, soulagé : Ah c’est toi !
Jen : Parce que tu n’aurais pas coupé ton film cochon si tu l’avais su plus tôt ? Charmant !
Pacey : Très drôle Lindley !
Jen rit de sa blague et parcourut les quelques mètres qui la séparaient de lui.
Pacey : Ca va mieux ?
Jen, passant volontairement sur l’allusion à leur rencontre de l’après-midi : Je vais bien je te remercie.
Pacey, suspicieux : Je sens que je vais encore en prendre pour mon grade. Je me trompe ?
Jen, s’installant sur un tabouret : Ca va dépendre de tes capacités à entendre ce que j’ai à te dire.
Pacey grogna, plus pour lui-même que pour tenter d’influencer son amie, et il se cala au fond de son fauteuil à roulettes en lui jetant un regard qui traduisait son peu d’enthousiasme.
Il n’eut pas besoin de lui signifier qu’il l’écoutait pour que Jen commence son laïus.
Jen : On est amis, n’est-ce pas ?
Pacey répondit en levant un sourcil, sentant le piège arrivé : Oui…
Jen : De très bons amis.
Pacey, sur le même ton que précédemment : Là encore je réponds oui…
Jen : Alors permets-moi de te parler franchement !
Pacey : Je savais bien qu’il y avait un piège !
Jen ne fit pas cas de sa remarque et continua : Tu joues gros Pacey !
Pacey, perdu : Tu peux préciser s’il te plait Lindley ?
Jen : Arrête de faire le pitre 5 minutes et écoute moi sérieusement !
Pacey : Mais je ne fais que ça depuis que tu es là !!
Jen, qui commençait à s’impatienter : Tu vois, c’est ça qui me rend folle. Tu es incapable de te concentrer et d’avoir une conversation sérieuse !
Pacey, ahuri : Mais je te dis que je ne fais que ça depuis tout à l’heure !!!!
Jen se leva d’un bond : Ca ne sert à rien de discuter ! Salut !
Encore une fois, Pacey la rattrapa par le bras alors qu’elle le contournait sur son fauteuil. Son bras encore dans la main, il se leva pour se mettre à sa hauteur.
Pacey : Mais enfin à quoi tu joues Jen ?! On dirait que tu cherches à provoquer des disputes pour le plaisir !
Il se radoucit aussitôt et poursuivit : Qu’est-ce qui ne va pas ?
Jen : Il y a que…Il y a que je t’adore mais que là, il faut que j’intervienne ! Je sais que tu as rompu avec Andie et que ça t’a démoli. Mais reprends-toi ! Tu es en train de couler et tu ne t’en rends même pas compte !
Pacey dédramatisant : C’est pas aussi grave que ça n’en a l’air …
Jen, attristée : C’est la que tu te trompes Pacey ! Et je ne peux pas te laisser dans cette position.
Pacey eut un rictus. C’était tout Jen ça. Pas croyante pour deux sous mais toujours prête à aider son prochain. Il posa sa main gauche sur l’épaule de Jen : Tu t’inquiètes pour rien Jen !
Jen : Permets moi d’en douter !
Pacey : Je t’assure !
Jen : Promets-moi de venir en cours demain !
Au regard qu’elle posait sur lui, il sembla à Pacey que cela lui tenait vraiment à cœur.
Pacey : Et tu me laisseras tranquille ?
Jen avec un sourire en coin : Je te laisserai tranquille… (Puis après quelques secondes) pour le moment !
La réponse que lui fit Jen ne le surprit même pas. Le contraire l’aurait même plutôt étonné. Mais comment lui reprocher de se faire du souci pour lui. C’était une sacrée preuve d’affection !
En riant, il la tira à lui et l’enlaça : T’es pas croyable Lindley !
Jen retrouva sa bonne humeur, heureuse d’avoir pu arranger au moins une chose dans cette ville où tout foutait le camp!
Elle se dégagea enfin de l’étreinte et dit en s’éloignant : Allez, je te laisse à ton film X. Je ne voudrais pas t’empêcher de t’épanouir !
Pacey se rasseyant : Oh mais t’es vraiment très drôle ce soir !
Et après un furtif clin d’œil, elle sortit du magasin.
Pacey respira à fond et croisa ses mains derrière sa tête lorsqu’il réalisa que, par conséquent, le lendemain, il devrait être au lycée aux aurores.

Une semaine passa. A la grande surprise de Jen, elle vit Pacey arriver tous les matins à la première heure de cours et rester jusqu’à ce qu’elle-même quitte les lieux. Elle se garda bien de lui en faire la réflexion, de peur que ça n’altère ses résolutions. Mais ce que ne savait pas Jen, c’est que Pacey ne faisait pas tout ça pour lui. Mais pour elle. En voyant à quel point elle était soulagée de le voir assister aux cours, il s’était senti dans l’obligation de continuer. Et retrouver l’humeur joviale de son amie faisait plaisir à voir. En effet, ils n’avaient pas tardé à retrouver leur humour et taquineries d’antan.
Ce matin-là, alors qu’une nouvelle semaine commençait, il vit Jen arriver à l’autre bout du couloir. Il se stoppa en plein milieu et attendit qu’elle arrive à son niveau. Son regard en disait long sur sa surprise.
Pacey : Qu’est-ce que c’est que cette chose affreuse ?
Il tendit le bras vers le visage de Jen, et intrigué, toucha du bout des doigts ce qui servait de perruque à la jeune fille.
Pacey : T’as récupéré ça où encore ? Dans la poubelle de la cafétéria ?
Puis après un très court silence, il se reprit : Non !!! Ne me dis pas que ta Grand-mère a porté ça !!!
Jen, les mains sur les hanches, attendant patiemment que Môssieur ait terminé son cinéma : C’est bon ? T’as fini ?
Vraiment interpellé par cette chose informe, Pacey s’y prit à deux mains pour l’ausculter.
Jen, d’un coup sec sur la main, lui fit regretter son geste : Enlève tes grandes paluches de là !
Pacey, qui ne comprenait vraiment pas : T’as fait cramé tes cheveux ? C’est pour ça que tu te déguises comme ça ??
Jen leva les yeux au ciel et déguerpit vers son casier : Fais donc abstraction…comme tout le monde le fait avec tes chemises !!!
Pacey : Hey ! C’est les attaques de Potter ça d’habitude ! Si tu les lui piques qu’est-ce qu’il va lui rester ???
Joey qui arrivait : Si on me pique quoi ?
Pacey du tac au tac, sans même réfléchir à ce qu’il disait : Dawson !
Jen écarquilla des yeux aussi gros que Pacey l’avait fait quelques minutes avant lorsqu’il l’avait vue arrivée. Elle lui assena un coup dans le bras en le réprimandant du regard. Est-ce qu’il n’était pas fou de sortir une énormité pareille ??
Joey toussota pour reprendre contenance et fit son timide sourire en regardant Jen avant de s’en aller : J’ai un livre à rendre….
Une fois qu’elle fut partie, Jen remit un coup à Pacey. Plus fort cette fois : Mais à quoi tu joue Witter ???
Pacey, qui n’attendait pas le deuxième coup, recula d’un bond : Mais quoi ?
Jen : Tu l’as fait exprès, avoue ! Quelle personne normalement constituée aurait osé lui parler de lui ?!?!
Dawson, qui arrivait de la même manière que Joey quelques minutes plus tôt : Parler de qui ??
Jen répondit nerveusement : Mais vous nous espionnez, c’est pas possible !!!!
Dawson ne comprit pas ce qu’il se passait. Il la regarda effaré. Voilà une semaine qu’ils ne s’étaient pas vus et c’était comme ça qu’on l’accueillait ?!
Hébété, Dawson préféra se retirer : Excuse-moi, je repasserai.
Jen ne chercha même pas à le retenir. Il les avait snobés tout le temps où Eve était réapparue, et aujourd’hui il se représentait à eux comme une fleur, l’air de rien ? Elle n’était pas de nature rancunière mais là…elle comptait bien terminer sa conversation avec Pacey avant d’en entamer une avec Dawson !
Elle se retourna alors vers Pacey et lui assena un troisième coup dans l’estomac cette fois.
Pacey : Hey !
Jen : Tu vas aller t’excuser !
Pacey, ahuri : A qui ?
Jen posant un regard insistant sur lui afin de lui faire comprendre que la réponse était évidente : Joey !!!
Pacey : Je t’assure que tu devrais enlever la salade que tu as sur la tête. Elle te fait dire n’importe quoi !!
Jen, haussant le ton et le poussant par l’épaule : Dépêche-toi de la rattraper !
Pacey : Est-ce que tu te venges sur moi ??
Jen : Non mais je risque de passer mes nerfs sur toi si tu ne te presses pas !
Pacey abdiquant : Ca va, ça va. J’y vais !
Tout en se dirigeant vers la bibliothèque, Pacey râlait « Comme si elle tenait compte de ce que je lui dis. Elle a bien l’habitude ! ».
Ne tenant pas à ce que Jen retrouve son humeur maussade des jours derniers, Pacey s’attela à sa tache. Arrivé dans le chambranle de la bibliothèque, il s’arrêta et regarda autour de lui dans le but de trouver Joey. Ne la voyant pas du premier coup d’œil, il dut faire le tour des rayons pour pouvoir l’approcher. Debout, toute à sa lecture, face à un rayon, elle feuilletait un bouquin.
Pacey s’approcha d’elle en regardant à nouveau autour de lui, mais cette fois dans le but de s’assurer que personne ne serait témoin de la scène. Comme Joey ne se retournait pas, il dit à voix basse : Alors c’est à ça que ressemble une bibliothèque ?
Joey constata enfin sa présence et tourna la tête vers lui avant de se toucher les cheveux et de reprendre la lecture de son livre. Sans un mot. Le visage inexpressif.
Face au mutisme de la jeune fille, Pacey reprit la parole : Ok Potter ça va. Je m’excuse. Je ne voulais pas paraître grossier…
Joey : Lourd !
Pacey tendit l’oreille : Quoi ?
Joey : Lourd ! Tu n’as pas été grossier mais lourd.
Pacey esquissa un sourire et poursuivit : Oui tu as raison. Quoiqu’il en soit, ce n’était pas malin. Je suis désolé !
Joey referma son livre d’un coup sec et le remit en rayon avant de s’éloigner sans plus le regarder en lâchant simplement : C’est pas grave.
Pacey resta bouche bée.
Pendant ce temps, Jen était allée retrouver Dawson à son casier.
Lorsque ce dernier vit arriver la jeune fille, il s’arrêta de fouiller dans son casier et plaisanta : Promis Jen, je ne t’épiais pas. Je prends juste mon livre de biologie.
Jen, posée : Tu es à mourir de rire.
Dawson : Joey n’est pas là ?
Jen, innocemment : C’est toi qui me demande ça ?
Dawson perdu : Pourquoi ? Je ne devrais pas ? Il s’est passé quelque chose entre vous ?
Jen en était arrivée exactement là où elle voulait en venir. Peut-être finirait-il par comprendre qu’il ne savait rien du tout…et que tout était de sa faute ?
Elle ne daigna alors pas répondre à sa question et contourna le sujet en même temps qu’elle le contourna : Tu n’auras qu’à le lui demander.
Elle laissa ainsi en plan le garçon qui ne comprenait d’ailleurs rien à ce qu’il se passait. En l’espace de quelques minutes, une vague d’incompréhension l’avait submergé.

Pendant la pause de midi, Jen rejoignit Joey à table.
Jen : Tu as vu Pacey ?
Joey sourit : Ce n’était pas la peine de me l’envoyer tu sais…
Jen : Ca lui fait les pieds un peu ! Il faudra bien qu’il mûrisse un jour !
Joey rit volontiers.
Jen : Tu as du nouveau pour ta pièce ?
Joey, un peu angoissée : Je fais passer les auditions après les cours. Je ne sais pas du tout combien de personnes vont se présenter…
Jen : Tu veux que j’y assiste avec toi ?
Joey : Tu as sûrement mieux à faire ! (Puis, d’un air entendu, amusée) J’ai entendu parler d’un certain ticket de cinéma.
Jen pouffa. Ce fut plus fort qu’elle. A la seule pensée de ce qui s’était passé ce jour-là, elle ne pouvait se retenir. Elle se racla alors la gorge et tenta de reprendre un air sérieux : Passons !
Puis, comme pour accélérer le processus de changement de conversation, elle enchaîna : Je viendrai avec toi.
Joey rit mais ne revint pas sur le sujet. Elle se contenta d’accepter sa proposition : Ok, alors je te retrouve à la fin de ton cours d’histoire dans la salle de théâtre.
C’est le moment que choisit Dawson pour arriver avec son plateau : Qui va au théâtre ?
Jen se retourna vivement vers l’opportun : C’est une manie chez toi !!
Dawson qui sentait la poussée de colère revenir chez la jeune fille : Tu préfères que je repasse peut-être ?
Jen : Ne te donne pas cette peine. Je dois y aller de toutes façons.
Elle espérait bien ainsi leur permettre de discuter et de rattraper le retard qu’ils avaient accumulé avec leurs bêtises.
Jen, en se levant, avant de quitter la salle : A ce soir Joey !
Dawson la regarda s’éloigner et lança, plus pour lui-même : Bonne journée à toi aussi Jen !
Joey sourit discrètement devant le manège de son amie. Si elle comptait faire tourner Dawson en bourrique, elle n’était pas loin de réussir !
Dawson : Je peux savoir ce qu’elle a ???
Joey : Sans doute qu’elle veut te faire passer un message…
Dawson, intrigué, leva un sourcil et murmura : J’aimerais bien savoir lequel…
Joey baissa les yeux et garda pour elle la tristesse qu’engendrait sa réponse. Ce qu’il avait dit signifiait qu’il ne s’était pas le moins du monde rendu compte qu’il s’était éloigné d’eux et que le groupe n’existait plus depuis quelques temps. Elle décida alors de tenter de le faire réagir.
Joey, innocemment : Qu’est-ce que tu as fait la semaine dernière ?
Dawson, sans se rendre compte de rien : Oh rien de bien spécial. Je devais continuer la réalisation du film que le proviseur m’a imposé.
Joey, persistant dans son rôle de fille naïve : Ah, tu fais un nouveau film ?
Dawson, évasif, n’estimant pas nécessaire de s’étendre sur le sujet : Ouais….
Joey, têtue, continua à creuser : Ca parle de quoi ?
Dawson : Après le documentaire sur l’équipe de football, ils veulent que j’en fasse un sur l’équipe de basket…
Joey eut un rictus : Comme c’est original.
Dawson suivit le mouvement : Je ne te le fais pas dire. J’ai l’impression que mon père se sert de sa position pour m’obliger à faire ces trucs idiots.
Joey n’ajouta rien. Ce pourquoi elle se battait semblait être une cause perdue…
Un silence s’imposa.
Alors qu’elle venait de finir de manger, elle allait se lever pour quitter la table à son tour lorsque la voix de Dawson se refit entendre : C’est quoi cette histoire de théâtre ? Vous allez à Providence ?
Le visage de Joey marqua sa surprise : Providence ?
Dawson : Oui, je suppose que vous n’allez pas aller au théâtre à Capeside. Il n’y en a pas !
Excédée par le fait qu’il ne cherche pas à savoir ce qui se passait pour elle ces derniers temps, elle se leva et jeta en masquant son irritation : Oui tu as raison. …Il faut que j’y aille là.
Dawson, perplexe la regarda s’éloigner: A plus tard.
Joey croisa alors Pacey qui, à son tour, arrivait avec son plateau dans les mains. Il tenta avec humour : Tiens Potter tu…
Mais Joey ne s’arrêta pas et ne prit même pas la peine de l’écouter. Pacey s’immobilisa dans l’allée, entre les rangées de tables, et se retourna pour la regarda passer son chemin….sans même une réflexion désagréable. Pacey rit. C’était bien la première fois qu’il n’avait besoin de rien dire pour la mettre en pétard. Lorsqu’elle disparut de sa vue, il reprit son chemin initial et se dirigea vers Dawson.
Posant son plateau, il lança en rigolant : Qu’est-ce que tu lui as fait à la petite Potter pour qu’elle parte comme ça ??
Dawson : Rien pourquoi ?
Pacey, hilare : Elle avait l’air furieuse.
Dawson s’étonna : Ah bon ?
Ce fut au tour de Pacey d’être surpris : Quoi ! Tu l’as pas vue ?
Dawson : Ben si, mais elle était normale !
Pacey le dévisagea et l’interrogea : Qu’est-ce qui vous arrive au juste ? Ca fait une paye que je ne vous ai pas vus ensemble…
Dawson : Mais si. Arrête de dramatiser !
Pacey : Moi ! Je dramatise ? Ecoute Dawson, c’est vrai que Potter je ne la porte pas dans mon cœur mais il y a une limite à tout. Même moi je suis plus au courant de sa vie ! Il faut que tu regardes la vérité en face, tu ne sais rien de ce qu’elle fait de ses journées. Tu ne l’as pas vu de la semaine !!
Dawson, voulant lui prouver le contraire : Bien sûr que si que je sais. Elle va au théâtre avec Jen, ce soir. A Providence.
Pacey faillit tomber à la renverse : Elle quoi ???
Dawson : Mais à quoi tu joues Pacey ?!
Pacey reposa la bouteille qu’il venait de décapsuler avant de ne la porter à ses lèvres : Dawson, mon grand, elles ne vont pas au théâtre ! Elle organise la pièce de théâtre !!
Il commençait à comprendre que Joey ne soit pas d’humeur. Il se souvint ce qu’il avait ressenti lorsque Dawson, son meilleur ami, avait oublié son anniversaire. Pour lui, l’affaire s’était vite arrangée mais concernant Joey, ça commençait à durer.
Dawson : Comment ça elle organise la pièce de théâtre ? Mais quelle pièce de théâtre ?
Pacey : Ecoute vieux, c’est avec qu’elle que tu devrais en parler. C’est pas à moi de t’apprendre ces choses là. Je ne suis même pas censé avoir de la compassion pour elle !!
Dawson commençait à se poser des questions. Que s’était-il passé pour qu’ils en arrivent là ? Et lui qui ne s’était vraiment rendu compte de rien !!
Voyant Dawson perdu dans ses pensées, Pacey lui donna un dernier conseil : Passe faire un tour dans la grande salle après les cours.
Sans ajouter un mot, Dawson se plongea dans son assiette et n’en décolla plus son regard, sous l’œil étonné de Pacey. Il ne comprendrait décidément jamais ces deux-là !

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:45)
Joey avait vu les heures passer les unes après les autres tout l’après-midi. Plus le moment redouté arrivait et plus elle angoissait. De savoir que Jen serait avec elle la rassurait un peu mais pas suffisamment pour la décontracter. Cela faisait bien 10 minutes qu’elle était assise sur l’un de ces fauteuils rouges et qu’elle attendait nerveusement que Jen la rejoigne. Une petite table placée devant elle, Joey triait ses feuilles sur lesquelles elle avait retranscrit des répliques et des passages de la pièce.
Alors qu’elle traversait le couloir pour se diriger vers la salle de théâtre, Jen rencontra Dawson qui arrivait par l’autre bout du couloir. Ils s’arrêtèrent tous deux devant la porte, face à face.
Dawson : Tu aurais pu me le dire !
Jen, abasourdie : Et quand ????
Dawson : On a des cours ensemble non ?
Jen, vexée qu’il reporte la faute sur elle : Oh oui bien sûr ! Pendant les cours !
Elle ne tint pas à connaître la suite de la conversation et pénétra alors dans le théâtre, rejoignant ainsi Joey. Celle-ci se leva à son arrivée et lança à son amie, paniquée : Il n’y a personne.
Jen regarda autour d’elles et constata qu’en effet, personne n’était là.
Jen, tentant de la rassurer : Ne t’inquiète pas. Laisse-leur le temps de sortir de cours…
Joey respira et ne put s’empêcher de demander une dernière faveur à Jen : Jen, je t’en supplie, enlève cette affreuse perruque que tu t’évertues à porter depuis ce matin…
Jen rit et l’ôta d’un geste de la main.
Joey soupira de soulagement : Ah ! Enfin un visage connu !
C’est alors qu’elle s’aperçut enfin de la présence de Dawson derrière Jen.
Joey : Qu’est-ce que tu fais là ?
Dawson : Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?
Joey : Te dire quoi ?
Dawson : Mais enfin qu’est-ce qu’il se passe à la fin ? Jen qui ne m’adresse plus la parole que pour me rabrouer et toi qui vis en cachette.
Joey, sans prendre le temps de réfléchir, lâcha d’un trait : Peut-être que si tu avais été là tu aurais pu tout savoir.
Réalisant ce qu’elle venait de dire, elle s’arrêta de respirer et se mordit la lèvre inférieure. Dawson resta scotché.
Joey voulut réparer les dégâts : Ce que j’ai voulu dire, c’est que t’étais pas tellement présent ces derniers temps. Je ne pouvais pas te raconter ma vie…. Tu comprends ?
Dawson coula un regard plein de remords sur Jen qui fit alors mine de regarder ailleurs.
Dawson : Je suis désolé. Je ne m’étais pas rendu compte que je m’étais écarté.
Il s’avança dans la rangée de fauteuils qui suivait celle de Jen et Joey et s’assit derrière elles.
Dawson : Alors, pourquoi tu fais ça ?
Joey se laissa tomber sur son fauteuil et entreprit de lui expliquer les méandres financiers dans lesquels elle se trouvait.
Au bout de quelques minutes, elle dut abréger leur conversation pour accueillir les deux premiers acteurs potentiels. Deux garçons. Elle les fit monter sur la scène et leur tendit une feuille à chacun. Elle revint ensuite s’asseoir aux côtés de Jen et dit en s’armant de courage et d’assurance : Ok ! Il s’agit d’une réplique que fait Roméo à son cousin Benvolio alors qu’il déprime et se désespère. Vous passerez chacun votre tour.
Le premier garçon s’avança sur le devant de la scène et lit son texte, sur-jouant atrocement : O amour ! Que la haine empoisonne ! O haine, où se mêle la tendresse !-Amour ! Étrange sentiment, qui de rien crée tout ! Chimère féconde en tourments, passion vaine et sérieuse ! Chaos informe d’illusions brillantes et fortunées ! Affection indéfinissable, qui soulage et opprime l’âme, l’illumine et l’obscurcit, brûle et glace, tue et ranime le cœur ! Voilà l’amour que je sens. Cher Benvolio, n’es-tu pas tenté de rire de pitié ?
Jen tourna la tête vers Joey et haussa un sourcil avant de se rapprocher de son oreille pour lui murmurer : Espérons que le deuxième sera meilleur.
Joey enchaîna alors aussitôt avec l’autre jeune homme : Merci Wade. A toi…euh (regardant sur sa fiche) Calvin.
A peine audible, le jeune homme enchaîna la même réplique : « : O amour ! Que la haine empoisonne ! O haine, où se mêle la tendresse !-Amour ! Étrange… ».
Lorsqu’il eut fini sa lecture, elle les remercia et les laissa s’en aller après leur avoir promis une réponse rapide.
Entre temps, trois autres garçons s’étaient installés dans la salle en attendant que leur tour vienne. Joey leur fit alors passer le même essai. Et dans tous les cas, le verdict était toujours le même. Catastrophique !
Après qu’ils soient partis, Joey, Jen et Dawson attendirent quelques minutes dans l’espoir de voir d’autres personnes intéressées arriver.
Jen : Joey, je crois qu’on peut te féliciter. Tu as réussi à faire sortir le club d’échec de sa salle. Et c’est pas une mince affaire.
Joey s’avachit alors davantage dans son fauteuil en grimaçant. L’idée de monter cette pièce n’était plus aussi attrayante qu’au début. Elle avait, semble-t-il, mis la barre un peu haut !
Joey : Je crois que le message est clair ! Il n’y aura pas de pièce cette année ! Pas étonnant qu’aucun professeur ne veuille s’en occuper quand on voit les acteurs qu’il y a dans ce lycée !!!
La porte au fond de la salle claqua et sortit Joey de ses jérémiades. Elle se retourna et, alors que l’obscurité de la salle empêchait de voir le visage de la personne, elle la reconnut à sa voix : Désolé pour le retard. Je n’arrive pas trop tard au moins ?
Joey n’en crut pas ses oreilles. Non, ce n’était pas possible ! Pas lui ! Elle attendit alors qu’il paraisse à la lumière pour manquer de tomber de son fauteuil.
Jen éclata de rire : Alors ça !
Joey : Qu’est-ce que tu viens faire là ?
-Passer l’audition pardi !!
Jen, littéralement à court de souffle : Elle est bonne celle-là !
Joey, sur la défensive : Drue ! Ce n’est pas drôle !
Drue, amusé par le fait que sa présence agace : Mais je suis sérieux !
Joey, que la plaisanterie ne faisait pas rire, se leva et ramassa ses affaires avant de partir.
Drue, se défaisant de son sourire : Joey, c’est vrai ! Le proviseur m’y oblige. Ne me mets pas à la porte, je risque d’avoir des ennuis.
Frappée par l’air sincère du jeune homme, Joey s’arrêta et le dévisagea. Après quelques secondes de réflexion, elle lui tendit une feuille : Fais voir de quoi tu es capable !
Mais avant toutes choses, ils durent attendre que Jen réussisse à calmer son fou-rire pour que Drue puisse commencer sa lecture puis il se retira comme les précédents candidats.
Joey ne perdit pas de temps et enfourna ses affaires dans son sac pour quitter les lieux.
Au bout du couloir, Pacey faisait le pied de grue en attendant la fin des réjouissances. Parti pour sortir du lycée, le petit groupe s’avança vers lui et s’arrêta à son niveau.
Pacey : Alors ? Qui compose le casting de la prochaine production de Capeside High School ??
Joey, sèche : Personne !!!
Pacey, étonné : Comment ça personne ? T’as décidé de faire un spectacle de marionnettes ?
Jen essaya de faire comprendre à Pacey de ne pas en rajouter : C’était une horreur.
Pacey : Allons Potter, tu vas pas battre en retraite maintenant !
Joey : Parce que tu as une solution peut-être ??
Pacey, ajustant les pans de sa chemise tricolore : Ben oui ! Tu m’as moi !
Joey manqua de s’étrangler : Toi ???
Pacey, sans se démonter : Oui ! Moi… et la bande !
Cette fois, ce fut au tour de Jen de s’étouffer.
Pacey : Si c’est la seule solution…
Joey : Attends Pacey. C’est très gentil de le proposer mais soyons réaliste, vous n’en avez pas envie !
Pacey, déterminé : Moi je suis partant !
Devant l’action et l’enthousiasme de Pacey, Jen et Dawson se sentirent idiots…et surtout peu amicaux !
Jen se reprit donc : Pacey a raison. On peut faire ça pour toi !
Dawson : Dis nous quels sont nos rôles !
Joey n’en revint pas. Ses amis étaient près à se sacrifier pour l’aider !
Un peu prise au dépourvue, elle tenta de trouver la répartition adéquate des rôles.
Joey, hésitante : Eh bien…c’est que c’est un peu …
Voyant que Joey avait du mal à se décider, Jen prit les rênes en mains : C’est simple, tu feras Juliette, je ferai la nourrice. Quant à Roméo, ce sera…
Pacey : Dawson !
A l’évocation de son prénom, Dawson parut gêné. Il allait devoir jouer l’amant de Joey ?
De son côté, Joey parut amusé par la façon dont ses deux amis distribuaient les rôles.
Jen : Jack passe pas mal de temps à l’entraînement, il faudra lui donner un rôle moins conséquent.
Joey : Benvolio ?
Jen : Parfait !
Jen : Il ne reste plus que Pacey.
Joey : Dans ce cas, tu joueras Mercutio. (Soudain pas très sûre) Vous êtes sûrs que Jack va apprécier ?
Jen : Les absents ont toujours tort !
Pacey : Voilà le dilemme résolu. Tu n’auras plus qu’à rappeler tes candidats pour leur refiler les seconds rôles !
Joey sourit. Elle n’en revenait pas. Cinq minutes auparavant elle voyait dejà le projet tomber dans les oubliettes et voilà que maintenant elle avait une petite troupe !
Joey : Merci beaucoup.
Pacey prenant Joey par les épaules, l’entraînant ainsi hors du lycée : Parlons affaire maintenant Potter, il va falloir qu’on discute de mon cachet…
Alors qu’un peu en retrait, Jen se trouvait à coté de Dawson : Tu vois quand tu veux !
Dawson, confus : Je suis désolé Jen. Je ne m’étais pas rendu compte…
Jen le coupa dans ses excuses : Ca va Dawson. Je sais que tu feras en sorte que ça n’arrive plus.
Dawson, souriant : Tu as ma parole !
Jen, reprenant ainsi le cours normal des choses : Et ton film alors ? Tu en es où ?

Le lendemain matin, Jen retrouva Pacey sur le chemin des écoliers.
Jen : Tu aurais pu t’arrêter !!! Tu me fais courir depuis le croisement !
Pacey, avec un clin d’œil : Tu ne fais rien de plus que ce que font toutes les autres Jen, elles me courent toutes après.
Jen lui administra une petit tape : Tu oses me comparer à toutes ces banales filles ? Tu me déçois !
Pacey, la prenant contre lui tout en continuant de marcher : Mais non Lindley, tu sais bien que tu es la seule, l’unique !
Après avoir rit quelques secondes, Jen décida de le taquiner : Dis donc, ça commence à faire un moment que je ne t’ai pas vu sécher !!
Pacey : Et j’ai plutôt intérêt de m’y tenir si je ne veux pas m’attirer les foudres de Potter !
Jen, comprenant qu’il faisait allusion à son engagement de la veille, ne mâcha pas ses mots : D’ailleurs, tu m’as épatée !
Pacey, lui-même sidéré : M’en parle pas ! Je n’en reviens pas moi-même !
Jen secoua la tête en souriant : Sacré Pacey !

Le soir-même, après les cours, Joey réunit tout le monde dans la salle afin d’annoncer le processus de création. Bien qu’elle ne fût pas sûre de ses propos et de la marche à suivre, elle tint à se montrer sûre d’elle et rassurée. Il ne servait à rien de paniquer les nouveaux arrivants, qui, eux, étaient nullement au courant de la catastrophe qui risquait de se produire. Pacey, Jen, Jack et Dawson s’étaient installés sur le devant de la scène, les jambes pendant dans le vide, alors qu’en face, Owen, Wade et leurs autres comparses s’étaient installés dans les fauteuils rouges, écoutant attentivement leur metteur en scène….excepté Drue qui rongeait son frein !
Joey, debout dans l’allée entre les deux rangées de personnes : Maintenant que vous avez tous pris connaissance de vos rôles, je vous demanderai de lire la pièce dans son intégralité. Dans deux jours, nous verrons alors ensemble comment nous procèderons.
Un silence s’installa, ils attendaient visiblement qu’elle ajoute quelque chose…
Joey les regarda tous puis lança : A jeudi !!
Alors, d’un même mouvement tout le monde se mut. Et pendant que les garçons discutaient, Jen s’avança vers Joey : Tu as prévu quelqu’un pour les décors ?
Joey, la tête dans sa paperasse : Calvin a proposé de s’en charger.
Jen, haussant les sourcils à plusieurs reprises : Gentil Calvin !
Joey leva la tête vers Jen, intriguée par son air mystérieux. Et alors qu’elle allait l’interroger sur ses sous-entendus, la porte du fond s’ouvrit avec pertes et fracas, laissant paraître un jeune homme dans la lumière, tout essoufflé : Je suis en retard !!!
Jen écarquilla les yeux devant l’apparition à laquelle elle venait d’assister.
Henry : Jack m’a parlé de la pièce ce matin… je veux participer.
A ces mots, Jen se retourna vers celui qui était initialement son meilleur ami. Elle lui lança un regard meurtrier et articula en silence à son attention : « Traître ! », ce qui eut pour effet de faire rire ce dernier.
Joey, qui était plus ou moins au courant de l’énergie qu’il déployait pour séduire la sulfureuse chef des pom-pom-girls, décida de lui simplifier la tache : Tu tombes à pique ! Il nous manquait un Pétro !
Henry parut ravi puis après réflexion, il perdit son sourire et osa demander, un ton en dessous :
C’est qui Pétro ?
Joey, innocemment : Le domestique de la nourrice.
A ces mots, une fois encore, Jen réagit. Ils s’étaient donc tous ligués contre elle !!!!
Joey prit la peine de ne pas jeter un seul regard à son amie afin de ne pas se trahir. Mais c’était évidemment peine perdue. Jen avait découvert le pot-aux roses bien avant !
Elle passa son bras autour des épaules de Joey et l’attira à l’écart en disant : Joey, au sujet des costumes…. (Puis à voix basse, une fois qu’elles étaient assez loin) Mais ça va pas non !!!!
Joey : Quoi ?
Jen, effarée : Tu savais à quel point il est bizarre avec moi !
Joey : Jen, on a pas les moyens de refuser de la main d’œuvre. Si je veux monter cette pièce je ne dois renier personne.
Jen : Oui mais ya des limites !
Joey, soupirant : Jen. Tu ne sais rien de lui. Laisse-le au moins faire ses preuves…
Jen leva un sourcil : Dis donc, tu parles de toi ou de moi là ??
Joey, esquivant la question, posa ses deux mains de part et d ‘autres du cou de Jen : Ce n’est qu’un spectacle !!
Jen, prise au piège quoiqu’il advienne, ne pouvait plus faire marche arrière.

De l’autre coté de la salle, au même moment Jack tentait de faire la morale à son jeune ami : Souviens-toi de la leçon Henry ! Cette fois, fixe lui un rendez-vous !!!
Henry, mal à l’aise : Je vais essayer…
Jack : Allez, du nerf !
Et il poussa Henry en direction de Jen qui revenait de son aparté avec Joey.
Henry, manquant de rentrer dans la jeune fille : Sa..Salut !
Jen, tentant de retrouver le sourire : Salut…
Henry, prenant sur lui pour articuler ce qu’il espérait tant lui dire : Voilà… Je me disais
Mais, impatiente (et de mauvais poil !), Jen le coupa avant de connaître la fin : Quoi ? Tu as deux billets de loto et tu voudrais me donner le deuxième ??
La réaction d’Henry fut immédiate, il se bloqua et se referma comme une huître. Jen haussa alors une fois les sourcils pour le faire parler plus vite, ne se rendant pas compte que la situation avait été vexante pour lui. Face à l’attitude de Jen, Henry perdit finalement toutes envies de lui demander quoi que ce soit et la contourna pour s’en aller, le visage fermé : Je vais être en retard.
Jen leva les épaules et rejoignit son groupe d’amis.
Joey : Non Pacey, il n’y aura pas de prompteur ! Tu vas devoir faire fonctionner tes méninges pour une fois ! Et ça ne te fera pas de mal !
Pacey : Et une banderole au fond de la salle ? On pourrait la faire défiler comme ça j’aurais l’air de regarder le public…
Joey : Pacey !!!
Pacey : T’es vraiment pas reconnaissante Potter ! Tiens, pour la peine, je m’en vais. Je ne voudrais pas rater le grand repas familial de cette décennie !!!
Il leur fit un furtif signe de la main et s’éloigna, son sac sur le dos et les mains dans les poches.
Jen, qui n’avait pas tout suivi : Où est-ce qu’il va ??
Dawson : L’anniversaire de mariage de ses parents. On a du mal à le croire mais ça fait pourtant trente ans qu’ils sont mariés !
Jen, compatissante, mis un mot sur ce que chacun pensait : Oh ! Ca promet !
Ce qui fit rire tout le monde.
Jack : Bon, je dois y aller si je veux avoir le temps de lire ce bouquin !
Joey : Merci encore Jack.
Jack : Pas de quoi ! On est là pour ça non ? Sinon pourquoi !
Joey lui sourit et le regarda s’éloigner.
Elle leur était infiniment reconnaissante de ce qu’ils faisaient. Et elle savait d’ailleurs que c’était un sacrifice énorme pour eux. Elle n’avait pas choisi l’activité la plus discrète, mais malgré leur habitude de se faire tout petit dans le lycée, ils avaient sauté à pieds joints dans l’aventure à ses côtés. Sans même réfléchir.
La salle se vida petit à petit et Joey se chargea de boucler les lieux en partant. Lorsqu’elle sortit du lycée, elle trouva Dawson assit sur les marches, devant la grande porte. D’abord étonnée, elle s’arrêta puis vint s’asseoir à côté : Qu’est-ce que tu fais là ?
Dawson, sortant de ses rêveries : Je t’attendais. On rentre ensemble ?
Joey, amusée : Tu habites de l’autre côté de la rivière !
Dawson : Tu me prêteras ta barque. Je rentrerai à la rame.
Joey comprit très vite qu’il voulait se racheter et récupérer le temps qu’ils avaient perdu ces quelques semaines. La reconstruction de leur amitié avait déjà été assez dure pour ne pas en rajouter !
Joey se leva et entama la conversation en riant, l’air de rien, comme si tout était normal : J’aime bien ta nouvelle coupe de cheveux !
Dawson la suivit : C’est vrai ? La couleur aussi ?
Joey se mordit la langue en souriant puis éclata de rire. Cette complicité entre eux lui avait manqué !

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:46)
Plus tard dans la soirée, alors que la chaleur commençait doucement à retomber, Jen emprunta la rue principale de Capeside, chargée d’un gros paquet en papier kraft. Par cette chaleur, Jen avait évité à sa grand-mère de sortir et était allée faire quelques courses à sa place. Sur le chemin du retour, cette dernière trouva une tête connue sur un banc.
Plongé dans la lecture d’un livre, il ne l’entendit pas. Ce ne fut que lorsque Jen s’assit bruyamment à ses côtés qu’il sursauta et la remarqua enfin.
Jen : Pris en flagrant délit !
Pacey referma aussitôt le livre et la regarda totalement ahuri : Jen ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?
Jen secoua son sac : Des courses ! Mais je te retourne la question ! Tu n’avais pas un « grand événement » à fêter ce soir ?
Pacey, ironique : Un carambolage a eu lieu, du coup, Witter père et fils se sont rendus sur les lieux et le dîner est passé à la trappe !
Jen, jouant le jeu : Quel dommage ! Toi qui te réjouissais tellement de ce moment de complicité en famille !
Pacey : Un drame pour ma mère !
Jen, comprenant alors ce que Pacey avait fui : Voilà pourquoi tu te trouves donc sur ce banc ! Tout s’explique ! Mais permets-moi une dernière question. Est-ce que j’ai rêvé où tu étais en train de lire… « Roméo et Juliette » ??
Pacey, gêné d’avoir été démasqué, sortit le livre de sous sa cuisse.
Jen, scotchée : Tu m’épates de plus en plus !
Pacey, se justifiant : Tu connais Potter ! Si elle trouve quelque chose à me reprocher, la catastrophe va prendre une ampleur colossale. Alors autant commencer par lire !
Jen en convint: C’est un bon début en effet !
Voyant Pacey, là, assis sur ce banc, Jen fut prise de pitié. Il n’avait vraiment jamais eu de chance. Et ces derniers temps, le sort semblait s’acharner. Elle se leva et lui proposa : Tu veux venir manger avec deux sublimes femmes ?
Pacey rit : Je te remercie. J’ai encore de la lecture…
Jen le saisit par la main et l’invita à se lever : Allez viens, ça fera plaisir à Grand-mère. Il y a longtemps qu’elle ne t’a pas vu !
Pacey n’eut le temps de rien répliquer qu’il était déjà tiré par Jen.
Pacey : Tu as le sens de l’invitation toi au moins !

Le surlendemain matin, lorsque Jen croisa Jack sur le chemin, elle eut l’impression qu’elle allait passer un très mauvais quart d’heure. L’œil noir de Jack ne prédisait rien de bon.
Jack : Tu tombes bien !
Jen : Bonjour à toi aussi !
Jack : Passons les civilités ! Tu n’en as pas fait l’usage avec ce pauvre Henry l’autre soir !
Jen, perdue : Quoi ?
Jack : La façon dont tu lui as parlé Jen, ce n’était pas correct. Et ce que tu lui as dit, encore moins ! Tu l’as blessé !
Jen, réalisant enfin de quoi il parlait : Oh ça !
Jack : Oui ça !!
Jen : Ecoute c’est un gamin, il s’en remettra.
Jack : Mais tu te rends compte de ce que tu dis ?! Tu deviens aussi pimbêche que ces gourdes de pompom girls !
Jen, outrée : Je te remercie Jack !
Jack : Tu comprendras peut-être ce qu’a ressenti Henry, comme ça !
Indignée, Jen regarda Jack s’éloigner. La journée commençait fort bien !!!
Après s’être remise de ses émotions, elle reprit enfin sa route pour le lycée.
Elle retrouva rapidement Joey qui se précipita de la prévenir : Ce soir on fait une première lecture ensemble. Je t’attends à 18h dans la salle.
Jen, surprise par tant de précipitation, ne trouva rien d’autre à répondre : D’accord.
Elle n’eut d’ailleurs pas besoin de trouver autre chose à ajouter car elle se retrouva aussitôt seule, après que Joey se soit excusée pour partir annoncer l’information à Calvin qui passait non loin de là. Mais, très vite rejointe par Pacey, elle n’eut pas vraiment le temps de ressentir une quelconque solitude.
Jen, avant même qu’il n’ouvre la bouche : Si toi aussi tu as un reproche à m’adresser ou une annonce à me faire passer, sache que je n’y suis plus disposée. J’ai mon quota là !
Pacey, la regardant de biais : Et si c’est pour te saluer ?
Jen : Ahh enfin un peu de considération.
Elle le serra brièvement dans ses bras : Mon héros !
Pacey, amusé et surpris : Oui, moi aussi je suis content de te voir Lindley !
Jen se dégagea de ses bras.
Pacey : Qu’est-ce qui t’arrive ?
Jen, prenant un air brimé : Je me suis fait rouspétée par Jack pour une réflexion que j’aurais faite à son copain….euh…Henry
Pacey : Oh, ça !
Jen : Tu es au courant ?
Pacey, s’excusant: En fait, j’ai entendu ce que tu lui as dit…
Jen, hébétée : Et toi aussi tu trouves que j’y ai été fort ???
Pacey grimaça, montrant ainsi son accord avec Jack..
Jen : Mais enfin je n’ai rien dit de particulier.
Pacey se tut mais son air trahissait ses pensées.
Jen, persista : Je n’ai rien dit !
Pacey : Mets toi à sa place Jen…
Jen : Justement, je ne suis pas à sa place !
Pacey : Ecoute, tu es comédienne dorénavant, non ? Alors fais un petit effort !
Jen parut vexée : Je retire ce que j’ai dit, tu n’as rien d’un héros. Tu enfonces le clou ! Ni plus ni moins !
Pacey, afin qu’elle comprenne qu’il ne l’avait pas fait volontairement, lui déposa un baiser sur le front avant de se retirer….comme tous les autres.
Jen leva les bras au ciel avant de les laisser retomber bruyamment le long de son corps. Il y avait des jours comme ça !
Elle passa le reste de la journée à éviter les autres afin de ne pas tenter le diable. Joey, quant à elle, préparait déjà ce qu’elle allait devoir demander à ses apprentis acteurs.
Le soir-même, Jen repoussa tant qu’elle put l’échéance de ses obligations. Elle allait tout d’un coup devoir se retrouver avec tous ceux qui l’avaient molestée. Comme elle s’en doutait, lorsqu’elle se décida enfin à pénétrer dans l’antre, tout le monde était déjà là. Jen se prit alors à penser qu’arriver en retard n’était finalement pas une si bonne idée. Joey n’allait pas manquer de lui en faire la remarque. Très mal à l’aise, elle s’approcha de la scène sur laquelle tout le monde avait déjà pris place. Son malaise dut se lire sur son visage car Joey ne trouva rien à redire. Jen déposa maladroitement son sac sur l’un des fauteuils après avoir récupéré son livre et emprunta les escaliers pour les rejoindre. Le silence qui s’était produit à son arrivée persistait, ce qui n’arrangeait en rien son trouble. Elle se gratta la tête et se força à sourire à Joey afin qu’elle poursuive.
Joey, s’adressant à Jen : On a un peu discuté des différents rôles et de leur fonction en t’attendant. Tu as l’un des plus importants compte tenu du fait que tu es l’intermédiaire entre Roméo et Juliette. Et on a aussi noté que tu devais boiter.
A nouveau un silence se ressentit. Jen regarda tout autour et constata que tous les regards étaient braqués sur elle, un demi sourire peint sur leur visage, comme s’ils tentaient tant bien que mal de retenir un fou-rire collectif. Tous, sauf un ! Henry, lui, avait plutôt l’air de trouver ça pathétique et, pour dire vrai, ne tenait pas à la regarder.
Jen leva les yeux au ciel en respirant à fond et abdiqua : Ca va ! Je l’enlève !
Et d’un seul geste, elle accompagna ses paroles en envoyant sa perruque à l’autre bout de la salle.
Joey put enfin reprendre le cours normal de ses explications : Maintenant qu’il ne manque plus personne, on va pouvoir commencer la lecture.
Ils commencèrent évidemment par les premières scènes. Le but de l’exercice étant de commencer à trouver sa place sur scène, face aux autres comédiens.
Lorsque Drue monta sur scène, Jen éclata de rire. Puis se rendant compte qu’elle venait encore une fois d’attirer tous les regards sur elle, elle se racla la gorge et reprit un air inspiré. Le fait d’imaginer Drue en costume d’époque provoquait une réaction simultanée chez elle. C’était plus fort qu’elle. Et lorsqu’elle comprit qu’il avait le rôle de Tybalt, le cousin querelleur de Juliette, cette impulsion se fit réentendre. Malgré elle.

Arriva alors la fameuse scène du balcon durant laquelle Roméo et Juliette se déclarent leur amour. Dawson et Joey étaient alors les seuls à occuper la scène, sous le regard curieux des autres, qui s’étaient installés dans les fauteuils.
D’abord tous deux mal à l’aise, le ton était fluet, puis après l’échange d’un sourire timide, ils prirent davantage confiance en eux, occultant volontairement ce qui pouvaient les gêner.
Jen assise dans la salle, parsema simplement leur discussion des quelques interpellations que lui obligeait son rôle.
Pacey, Jack et elle avaient soudain l’impression de retrouver les Joey et Dawson de toujours. Ceux qui se tournaient sans cesse autour, les indécis et perpétuels amants. Jusqu’au moment où leur scène se finit ! Pas un mot dans la salle.
Joey mit alors fin à cette ambiance bizarre : Ok, ça suffit pour ce soir. On reprendra demain. A la même heure au même endroit !
Sur ce, ils se levèrent tous et disparurent au compte goutte.
Joey rattrapa Calvin avant qu’il ne s’en aille : Calvin !
Celui-ci se retourna à son appel. Calvin était l’un des rares membres du club de lecture à ne pas porter de chemises à carreaux et de lunettes. Joey n’avait jusqu’alors jamais fait attention à lui, et pourtant, il faisait également partie de son cours de dessin.
Joey : J’aurai besoin de ton aide pour les décors.
Calvin en souriant : Je te l’avais proposé…
Joey : Oui, mais je parle aussi des idées. Je ne me sens pas capable de tout imaginer toute seule. J’ai vu ce que tu as fait pour la dernière pièce que Mr Broderick avait montée. Tu as de très bonnes idées. Je voudrais que tu nous en fasses profiter encore une fois.
Calvin, ravi : Je m’y mets tout de suite. Je t’apporterai quelques réflexions demain.
Joey, soulagée qu’il ait accepté, se recula alors pour le laisser partir : Merci.

Drue, avant de partir, interpella Jen : Jenny Jen, tu commences à être vexante tu sais ! Ce n’est pas très sympathique de te moquer comme tu le fais et de te mettre à rire à chaque fois que tu me vois.
Jen tenta de contrôler ses lèvres qui commençaient déjà à frémir de vouloir se fendre en un éclat de rire.
Jen fronçant les sourcils pour se convaincre de son air sérieux : Je te promets de faire attention la prochaine fois.
Mais un rictus lui échappa. Drue soupira en secouant la tête.
Drue, accompagnant le tout d’un clin d’œil : Enfin, si tu veux qu’on revoit nos textes…tu sais où me trouver !
Jen, lui faisant signe de la main dans le but de s’éloigner au plus vite : Au revoir Drue !
Jen se dirigea enfin vers la femme de la situation : Joey, j’ai une question ! Quand tu dis boiter….tu veux dire BOITER ?
Joey : Non, je veux dire ramper. En réalité, la pauvre est cul-de-jatte… évidemment que je veux dire boiter !! Tu vois différentes façons de le dire, toi ?
Jen : Mais je ne sais pas boiter !
Joey : Bien sûr que si, tu sais faire. C’est quand même pas bien compliqué ! Au pire, tu n’auras qu’à scier le talon d’une de tes chaussures.
Jen réalisa qu’au fond, ce qu’elle cherchait à faire, c’était se défiler. Mais se défiler de quoi ? De la pièce ? Ou bien était-ce le fait de devoir côtoyer Henry pendant tout ce temps qui la dérangeait? Elle jeta un discret coup d’œil sur le jeune homme et culpabilisa soudain. Lui revenant petit à petit à la mémoire, elle se rendit compte des mots qu’elle lui avait lancés à la figure. Sa propre honte la glaça sur place. Sur le coup, elle n’avait même pas fait attention à sa réaction mais en y réfléchissant, elle se rendit compte qu’il était parti bien promptement.
« Pour qui tu te prends pour lui parler comme ça ? » –pensa-t-elle.
Henry était un peu à l’écart du groupe qui était resté pour discuter avec Joey du projet. Il semblait écouter les autres avec attention mais sans oser prendre part à la conversation. Ses yeux allaient et venaient, ne réussissant jamais à se fixer sur quelqu’un plus de trente secondes. Jen en déduisit alors son malaise...Ce qui n’arrangea pas sa conscience ! Elle réalisa enfin que si Pacey avait entendu ce qu’elle lui avait dit la veille, d’autres avaient dû également assister à la scène. Elle eut brusquement le sentiment de l’avoir cloué au pilori.
Le petit groupe autour de Joey commença à se disperse. Les questions ayant trouvé leur réponse, les dernières personnes s’en allèrent. Excepté Henry qui attendit que la place soit libre pour s’avancer vers le metteur en scène.
Henry : Euh Joey ?
Joey sourit en se tournant vers lui : Henry. Je te remercie d’être venu…
Henry : Oui, à ce propos…
Joey, fronça les sourcils, espérant ainsi l’aider à trouver ses mots.
Henry : Je ne crois pas que ce soit une bonne idée en réalité.
Joey, déçue : Tu veux arrêter ?
Henry s’en voulut de se désister ainsi mais il ne tenait pas à supporter les regards méprisants de Jen pendant des semaines. Il conclut donc à contrecœur : Je suis désolé.
Joey, voyant qu’il était vraiment mal, sourit : Tant pis. Je te remercie de me le dire avant qu’on n’ait vraiment commencé. Si tu changes d’avis…
Henry baissa la tête et fit demi-tour. Il se passa la main dans les cheveux et, les mains dans les poches, longea les rangées de fauteuils en direction de la sortie.
Jen : Tu t’en vas Parker ?
Henry s’arrêta et releva la tête. Jen était devant lui, au beau milieu de l’allée, le sourire jusqu’aux oreilles.
Sans daigner répondre quoi que ce soit, il rebaissa la tête et la contourna pour la dépasser.
Jen se retourna sur son passage et lança en dernier recours: Tu as raison, je l’ai mérité !
Henry s’arrêta et attendit quelques secondes. Jen n’ajouta rien, alors il se décida à lui faire face.
Il ne sut comment mais il arriva à lui dire vraiment ce qu’il pensait sur le moment : Cette façon que tu as de t’adresser aux gens, je ne sais pas d’où tu la tiens, mais rien ne t’y autorise ! Tout ce que ça réussit à te donner, c’est un air aigri et prétentieux. J’espère sincèrement qu’un jour quelqu’un arrivera à te remettre à ta place pour que tu comprennes enfin que tu n’as rien de plus que les autres. Je ne t’imaginais pas comme ça, comme quoi l’image qu’on se fait des gens est souvent trompeuse. Tu devrais y faire plus attention !
Sans demander son reste, il reprit son chemin.
Jen, l’interpella à nouveau : J’ai deux billets pour le concert de The Comas vendredi…. (Puis, plus calme) Tu veux venir ?
Henry secoua la tête en rigolant d’étonnement. Il lui refit face, encore une fois, et après un court silence, que Jen ne manqua pas de relever, il lança : Non !…merci.
Et il réussit enfin à quitter la salle. Cette fois, elle pouvait en être sûre, elle l’avait bel et bien blessé et elle avait très justement vu le bâton se rabattre sur elle. Il avait raison, elle n’avait même pas cherché à le connaître avant de le juger trop jeune et trop naïf. Sa tête dodelina de droite à gauche, exaspérée par sa propre attitude, puis elle rejoignit le club des cinq. Pacey, qui avait, à distance, à nouveau assisté à la scène, lui sourit. Une façon de lui faire comprendre qu’elle avait agit comme il fallait.

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:47)
Le lendemain, en arrivant au lycée, Jen surprit Joey en train de parler à Henry. Ou peut-être était-ce l’inverse ? Elle attendit qu’ils en aient terminé pour rejoindre son amie à son casier.
Joey : Mais où est ta jupette ?
Jen, simplement : J’ai démissionné.
Joey : Tu as quoi ?
Jen : J’ai rendu mes pompons. Je ne suis plus chef des pom-pom-girls.
Joey, estomaquée : Ben ça alors ! Et tu as réussi à faire rentrer l’info dans le cerveau de Bélinda à cette heure du matin ??
Jen, ouvrant son casier : Je n’ai rien dit à personne, j’ai déposé les objets tant convoités dans les mains de la fille la plus discrète de la troupe et je suis partie.
Joey sourit, épatée par l’acte de Jen. Elle l’avait déjà sciée en lui annonçant qu’elle était devenue chef de cette cohorte de pies, mais là, elle l’étonnait davantage.
Ce matin-là, en ouvrant son placard, Jen avait décidé qu’il était temps de mettre fin à cette mascarade. La plaisanterie avait assez duré. Elle avait relégué son affreuse tenue à la poubelle et lavait troquée contre son fidèle jean et son vieux pull gris. Pas le moindre le sentiment de trahison. Ni même une pointe de remord !
Jen, refermant la porte du casier : Je peux t’aider pour le théâtre si tu veux. A commencer par te trouver un nouveau Pétro peut-être ?
Joey : Pas la peine !
Jen : Tu as déjà un nouveau candidat ?
Joey, ravie : Le meilleur de tous !
Jen fut surprise de la rapidité avec laquelle Henry avait été remplacé mais haussa les épaules devant le fait accompli. Alors, avant de partir en cours, elle lui adressa un clin d’œil : Je te fais confiance, tu trouveras bien quelque chose d’autre à me faire faire.
Lorsqu’elle arriva devant la porte de la salle dans laquelle elle allait avoir court, elle aperçut Jack qui traversait le couloir pour se rendre au labo de chimie. Elle regarda la porte, puis Jack, puis la porte… elle allait encore être en retard !
Elle prit ses jambes à son cou et le rattrapa. Depuis la réflexion qu’il lui avait faite la veille, ils ne s’étaient plus vraiment adressés la parole.
Jen : Jack !
Il se retourna et emprunta un air surpris : Oh tiens ! Tu arrives encore à te souvenir du nom des gens qui t’apprécient !
Jen, se repentant : Ca va Jack, arrête. J’ai compris !
Jack : Tant mieux ! Parce que je me voyais mal te refaire un dessin !
Jen : Je me suis excusée auprès d’Henry.
Jack : Je le sais.
Jen leva les yeux au ciel : Et qu’a-t-il dit d’autre ?
Jack : Rien. Si ce n’est que…
Jen : Que quoi ?
Jack, cherchant à masquer son sourire : Que tu avais l’air ridicule avec cette perruque.
Jen : Ca je le sais !
Jack, fronçant les sourcils : Tiens, d’ailleurs… (Il fit le tour de Jen, la regardant de pied en cap) Où sont passées les couleurs de notre lycée ?
Jen : C’était plus à la mode !
Jack écarquilla les yeux : Est-ce que tu essayes de me dire que, contrairement à moi, tu ne fais plus partie de l’équipe ?
Jen : Tu as tout compris. Tu vois quand tu veux !
Jack : Jen, on avait un pacte. Tu me lâches traîtreusement si je comprends bien.
Jen, secouant la main pour le saluer, et commençant à se diriger vers son cours : Personne ne t’empêche de faire pareil !
Jack resta sur place, le regard noir, à la regarder s’éloigner.

Le soir-même, comme c’était de coutumes maintenant, ils se retrouvèrent dans la salle et entamèrent la lecture des scènes suivantes. Joey avait dans l’idée que vendredi soir, ils devraient avoir fini de passer la pièce en revue et que dès le lundi suivant, ils devraient attaquer le travail sérieusement.
Joey leur exposa alors rapidement ses volontés du jour et les mit immédiatement au boulot. Ils reprirent à la scène où Roméo convainc le prêtre de célébrer leur mariage.
Jen, à l’oreille de Pacey, alors que Dawson et le garçon qui interprétait le prêtre montaient sur scène : Encore un rôle que Drue aurait pu incarner à merveille !
Pacey : Madame Valentine aurait été fière de son fils !
Joey les fusilla du regard, ce qui les fit rire davantage.
Puis Pacey et Jack rejoignirent Dawson sur l’estrade et Joey vint prendre la place vide à côté de Jen qui lui lança en souriant : Tu devrais te dérider un peu Joey. A ce rythme là tu vas tous les faire fuir en courant. C’est un loisir avant tout !
Joey, grimaçant : J’avoue que je le perds un peu de vue parfois. Il faut que j’arrête d’être aussi rigide.
Jen, contente de l’entendre : Ca c’est une bonne idée !
Puis, après un silence, Jen rit : Si je me doutais que lorsque tu m’as promis qu’on passerait plus de temps ensemble, ce serait en costumes d’époque !
Joey : Tiens, d’ailleurs, ça tombe bien que tu parles de ça. C’est justement le travail que je voulais te confier. Tu t’occuperas des costumes.
Pacey se racla ostensiblement la gorge et les sortit de leur conversation.
Les bras croisés et le pied battant sèchement contre le plancher : Quand vous aurez fini de bavarder…On pourra peut-être commencer.
Joey s’enfonça dans le fauteuil et regarda Jack et Dawson de biais : Vous pouvez y aller.
Pacey : Merci !!!
Alors que Pacey allait commencer, la porte du fond s’ouvrit bruyamment et se referma aussitôt de la même façon.
Tous se retournèrent.
Henry, essoufflé : Désolé !
Jen le quitta alors des yeux et dirigea son regard vers sa voisine.
Joey, arquant les sourcils en souriant : Je te présente notre Pétro !
Se sentant victime d’un nouveau complot, Jen fit un bond pour se rasseoir comme il faut, croisa les bras sur son buste et fixa son regard droit devant elle.
Henry installé et le silence revenu, les trois compères entamèrent alors leur dialogue. Mais ils furent vite arrêtés dans leur élan.
Pacey : « Mais auprès de ta dame, la Laure de Pétrarque n’était qu’une servante, quoiqu’elle eut un meilleur poète pour la chanter dans ses rimes ; Didon n’était qu’une dondon ; Cléopâtre qu’une vieille égyptienne ; Hélène et Héro n’étaient que des grisettes ; Thisbé, un petit œil grisou quelque chose comme cela. Mais revenons à nos moutons. Seigneur Roméo, bon… »
Pacey plissa les sourcils, approcha le livre de son visage et cligna plusieurs fois des yeux.
Pacey, avec un peu de mal, il reprit la lecture : « Bon-jour ; voilà un salut à la française. »
Pacey s’arrêta de nouveau. Il ferma son livre d’un coup et interrogea Joey : Faut vraiment que je le dise en français ?
Joey, étonnée par la question : Si c’est en français dans le texte, évidemment ! Tu aurais voulu le dire en russe ???
Pacey : Si j’avais su le dire oui !
Joey : Ecoute, tu le dis en français et puis c’est tout !
Pacey : Mais je vais avoir l’air ridicule !
Joey, impatiente : Pas plus que d’habitude je te rassure !
Pacey : Hey ! Qu’est-ce que ça veut dire ?
Joey : Rien. Qu’il faut que tu le dises en français, c’est tout.
A contrecœur, Pacey rouvrit son livre tout en fixant Joey du regard et ils continuèrent la scène.
Peu de temps après, Jen et Henry montèrent aussi sur l’estrade pour simuler leur arrivée aux niveau de Roméo, Mercutio et Benvolio.
Dawson (Roméo), en voyant la nourrice venir à eux : Voici une bonne fortune.
Pacey (Mercutio) : Oui, un couple grivois.
Jen (la nourrice, à son domestique) : Pétro.
Henry (Pétro) : Tout à l’heure.
Jen, affectant les airs d’une grande dame : Pétro, mon éventail.
Pacey (Mercutio) : Bien fait à toi, Pétro, de lui cacher le visage : son éventail est le plus beau des deux.
Pacey éclata de rire : Ce Mercutio a de l’humour.
Il prit un air faussement contrit et s’adressa à Jen : Désolé !
Et il se remit à rire. Henry, à côté de Jen, réprimait tant bien que mal le sourire qui se dessinait sur ses lèvres.
Jen, s’adressant à Joey, au premier rang, en bas de la scène : Joey fais quelque chose !!
Mais elle se rendit vite compte que même elle riait à gorge déployée.
Jen se trouva fort impuissante face à une telle situation.
Joey se ressaisit peu à peu : Ok, Pacey. On reprend.
Mais elle dut se faire violence pour ne pas reprendre son fou-rire.
Jen donna une tape à Dawson pour le réprimander et le prier de ne pas suivre Pacey dans cette voix. Sans plus attendre, elle continua par sa tirade.
Arrivés à la fin de cette scène, lorsque Dawson évoqua la corde que la nourrice devait installer au balcon de Juliette pour lui permettre de la rejoindre après leur mariage. Pacey ne put s’empêcher de jeter un regard complice à Jen qui comprit qu’il faisait allusion à la propre échelle de Dawson.
Joey, depuis sa place, assista à l’échange du regard et comprit. Un malaise l’envahit subitement, se rendant compte de la signification de son rôle et de celui de Dawson. Dès lors, elle n’osa plus regarder Dawson et se contenta de fixer son attention sur les autres acteurs.
Jen : « O seigneur, seigneur ! Lorsqu’elle ne faisait que commencer à bégayer…Oh ! Il y a dans la ville un noble cavalier, un certain Paris, qui voudrait bien en tâter… »
Jen s’arrêta à son tour et grimaça de dégoût : Joey, il faut vraiment que je dise ça ?
A l’entente de son nom, Joey sortit de ses réflexions. Après Pacey, c’était à son tour de chipoter sur l’emploi des mots. Joey soupira : Vous voudriez réécrire la pièce ou quoi ??
Jen : Ca va, ça va. J’ai rien dit !
A la fin de cette (interminable) scène, Joey octroya une pause générale. Il était plus que temps de s’arrêter.
Joey intercepta Jen qui descendait le petit escalier du coin de la scène : Jen, il faut que tu boites !
Jen, la suppliant : Mais pourquoi ? On se moque déjà assez de cette pauvre femme pour sa laideur. Regarde ce que lui dit ce Mercutio ! Ce n’est pas suffisant ?
Joey, essayant d’être claire et diplomate : Jen, si je te le demande, c’est qu’il y a une raison. Si tu ne boites pas, alors le monologue de Juliette au sujet de la lenteur de sa servante qui doit lui apporter la réponse de son promis n’a plus lieu d’être…
Jen osa : Voilà, on n’a qu’à le supprimer !
Joey avant de partir retrouver Henry : Très drôle ! (Plus sèche) Jen, tu boites. Ou je te promets que je te forcerai à le faire !
D’un pas rapide, elle se dirigea vers le jeune homme.
Joey, radoucie: Henry! On a besoin d’un nouveau Paris. Notre premier désistement. Comme ton rôle de Pétro se résume en deux phrases, je me suis dit que tu pourrais camper le prince…aussi…
Henry, perplexe : Tu veux que je joue deux personnages différents ?
Joey : On te trouvera deux costumes bien distincts pour les différencier…
Henry, incapable de dire non à qui que ce soit, accepta.
Joey : C’est Jen la costumière. Tu n’auras qu’à aller la voir pour régler le problème.
Henry, alors gêné : d’accord. J’irai tout à l’heure.
Joey le remercia et partit à la rencontre d’autres personnes.
Quelques minutes plus tard, ils entreprirent de poursuivre. Cette fois-ci, Joey avait bien dans l’idée d’éviter tout débordement. Ils avaient suffisamment perdu de temps aujourd’hui. La scène qui suivit concernait à nouveau Roméo et le prêtre ainsi que Juliette. Elle pouvait alors compter sur le sérieux de Dawson pour calmer tout le monde.
Face à Dawson, son livre dans la main gauche, elle attendait que Roméo s’adresse à elle. Ce qu’il fit.
Dawson : Ah ! Juliette, si la mesure de ta joie est comblée comme la mienne, et que tu aies plus de talent pour la peindre, parfume de ton haleine l’air qui nous environne…
A ces mots, Joey tourna la tête vers Pacey, se doutant que ce dernier ne manquerait pas de faire une remarque à ce sujet. Le voyant lever un sourcil et commencer à sourire, elle fronça aussitôt les sourcils et lui jeta un regard incendiaire avant même qu’il n’ouvre la bouche.
Pris de court, Pacey détourna le regard et se gratta le menton. Joey put alors répondre à Dawson qui ne s’était pas rendu compte de la tentative d’interruption de Pacey.
A la fin de la scène, elle invita Pacey à monter sur scène : Viens donc encore nous faire part de ce bon humour avant de mourir, Mercutio. Après, on sera débarrassé !
Afin de faire mentir le metteur en scène, Pacey s’appliqua à sa tache pour une fois, et lut avec sérieux, bien que Mercutio fasse effectivement preuve d'esprit. Il s’appliqua alors à jouer son rôle avec crédibilité avant de mourir sobrement.
Joey resta sans voix et regretta qu’il ne fût pas sérieux plus souvent. Elle comprit alors qu’elle pouvait vraiment compter sur lui pour la pièce malgré les apparences. Et ce fut un réel soulagement, car jusqu’à présent le dessein de ce projet n’était que guère positif.
Joey : On reste dans les décès, et on enchaîne avec la vengeance de Roméo.
Jack et Drue rejoignirent alors sur les planches pendant que seul Pacey quittait les rues de Vérone.
Joey, à Pacey : L’avantage de mourir avant tout le monde, c’est que tu auras le double de temps pour apprendre ton texte par cœur !
Pacey : Et le double de temps pour t’enquiquiner.
Joey exagéra son sourire en secouant la tête, ce qui confirma à Pacey que la tâche ne serait pas trop dure concernant ce qu’il lui avait promis une fraction de secondes plus tôt.
Pendant ce temps, Roméo et Tybalt s’engagèrent dans le mime d’un duel à mort. Et lorsque Drue s’effondra sur le sol, feignant la mort dans des cris bizarres, un rire résonna au premier rang. Jen, incapable de se contrôler, riait à en pleurer. Alors que les acteurs tentaient de terminer les quelques phrases qui leur restaient à dire, Jen pleurait à chaudes larmes, pliée en deux sur son siège. Pacey, qui se trouvait à côté d’elle, ne pouvait absolument rien faire et assista, plutôt amusé, à la scène. Au bout de plusieurs minutes de franche rigolade, Joey sonna la fin de la séance, espérant ainsi faire cesser les rires de son amie qui semblait avoir beaucoup de mal à s’arrêter.
Drue, son éternel demi-sourire sur les lèvres : Joey, je ne peux pas travailler dans ces conditions.
Voyant Jen redoubler d’éclats, Joey leva les yeux aux ciel : N’en rajoute pas Drue !
Puis elle s’éloigna : Heureusement que ces deux là n’ont pas de scène ensemble !
Elle rejoignit enfin Calvin. Au pied de la scène, celui-ci déroula quelques dessins sur le devant de l’estrade. Tous deux discutèrent un long moment dans le but de se mettre d’accord sur ce qu’il était bon à faire ou non pour le décor.
Henry, un peu las d’attendre que Jen se calme, s’approcha et se planta devant elle en espérant qu’à sa vue, Jen s’arrêterait de rire et l’écouterait enfin. Il ne comptait pas s’éterniser dans cette position.
Jen, au bout de quelques minutes, aperçut les baskets d’Henry sur le sol. Son rire se stoppa radicalement et elle leva lentement la tête vers celui qu’elle espérait ne pas réellement trouver en face d’elle. Malheureusement, plus elle levait la tête et plus ce qu’elle découvrait de la personne lui faisait penser que c’était bien lui.
Henry, à la fois gêné et encore énervé contre elle : Joey m’a dit que tu te chargeais des costumes…
Jen reprit ses esprits peu à peu : Euh...oui.
Henry : Je vais faire deux personnages. Il me faudra donc deux costumes.
Jen, se levant du fauteuil dans lequel elle s’était avachie quelques minutes plus tôt : Deux costumes.
Voyant qu’elle ne posait pas les questions essentielles, Henry la devança pour en finir au plus vite : Pétro et Paris. Il faudra donc que les deux soient bien différents pour qu’on ne me reconnaisse pas.
Jen, réalisant qu’elle avait un rôle de costumière à assumer : Oh oui bien sûr ! Deux bien différents.
Jen ne savait plus où se mettre. Elle comprenait soudain ce qu’avait dû endurer le jeune homme alors qu’elle l’avait rabroué.
Jen, histoire d’abréger son malaise : Bien ! Je regarderai ça !
Puis, après un timide sourire, elle partit s’occuper d’autre chose. Elle se retrouva seule dans l’arrière salle où étaient entreposés les vieux costumes et se mit à les trier. Elle voulait bien donner un coup de main mais elle n’avait pas prévu de se retrouver entourer d’autant de gens qu’elle ne tenait pas vraiment à fréquenter d’aussi prêt. A commencer par Drue et Henry.
Lorsqu’elle reparut dans la grande salle, elle ne trouva que Joey et Calvin, toujours penchés sur les plans, les retouchant à l’aide de crayons de papier. Elle les observait un instant en souriant quand Joey leva les yeux sur elle. L’air que Jen arborait ne lui plaisait guère. Elle abrégea alors rapidement son entretien avec Calvin et rejoignit son amie qui s’était assise à l’autre bout de l’estrade, alors que le jeune homme s’en allait, les plans roulés sous le bras.
Jen : C’est pas très cordial de virer comme ça ce jeune homme qui se dévoue autant pour toi.
Joey, la regardant de travers : Qu’est-ce que tu sous-entends ?
Jen, descendant de son perchoir : Rien du tout ! On y va ?
Joey : Jen ! Qu’est-ce que tu as voulu dire ?
Jen, attrapant son sac, lui adressa un regard complice : Ne fais pas l’innocente. On le sait très bien toutes les deux.
Joey : Est-ce que je comprends bien de qui il s’agit ??
Jen, levant ses deux mains comme pour lui montrer que c’était évident : Calvin !
Joey secoua la tête et se dirigea, elle aussi, vers ses affaires : Tu te trompes.
Jen : T’es sacrément aveugle alors !
Joey la rejoignit, son sac sur l’épaule : Il ne m’intéresse pas du tout.
Jen : Quoi ? Attends, tu veux me faire croire que l’unique membre du club de lecture à ne pas porter d’appareil ni de gilet ne t’intéresse pas ? Et même mieux, que tu n’as pas vu que lui s’intéressait à toi ?!? Joey, c’est pas gentil de te moquer de moi !
Joey riant : Je suis sérieuse.
Jen : Mais bien sûr ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !
Joey s’égosilla : Mais enfin, Jen, si je te le dis !!!
Jen, interpellée, releva vivement la tête et leva un sourcil : Houlà !
Joey lâcha son sac et sauta sur le rebord de la scène pour s’y asseoir, la mine tracassée.
Jen se plaça à côté d’elle : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Joey soupira.
Jen commença à s’inquiéter : C’est grave ?
Joey : Peut-être bien !
Jen : Qu’est-ce que c’est ? Joey, dis moi !
Joey : Je pense de plus en plus à lui.
Jen, embêtée : Oh.
Devant le silence qui s’installait, Jen reprit : Je sais que ce que je vais te dire ne t’avancera à rien, mais je le pense alors je veux que tu le saches. Je pense que vous devriez arrêter tous les deux. Vous vous faites du mal. Il faut savoir décider une bonne fois pour toute quand c’est terminé et s’y tenir.
Joey : Non mais….
Mais Jen la coupa aussitôt : Oui je sais ce que tu vas me dire, « c’est pas si facile ». Mais regarde le côté positif de la chose, Calvin peut te faciliter les choses justement.
Cette fois-ci, Joey l’interrompit radicalement : Arrête Jen ! Tu te trompes. Je ne parlais pas de Dawson.
Jen, ahurie : Ah non ?... Mais de qui alors ?
Joey grimaça et, gémissant de honte, elle enfouit ses mains dans son visage.
Jen, impatiente : Allez Joey !
Joey, honteuse, d’une petite voix, laissa le nom s’échapper de sa bouche : Pacey.
Jen se figea et émit un rictus de surprise.
Joey, grimaçant à nouveau : Oui je sais. C’est surprenant.
Jen, reprenant peu à peu ses esprits, comme après avoir été renversée par une lourde vague : Aussi surprenant que d’imaginer Bruce Willis avec Mary Poppins…
Joey, vexée : C’est charmant ! Bruce Willis passe encore mais me comparer à Mary Poppins tout de même !
Jen, se reprenant : C’était pour l’image.
Un nouveau silence s’installa.
Jen, qui n’en revenait toujours pas : Pacey ??
Joey : Arrête Jen, tu vas me faire regretter d’avoir laisser sortir ces mots de ma bouche.
Jen : Excuse-moi, mais c’est que je n’en reviens pas.
Joey : Je n’en reviens pas moi-même…
Jen : C’est arrivé comment ?
Joey : J’en sais rien. Tu crois quand même pas qu’un beau jour je me suis dit que ça serait bien de penser à lui de temps en temps.
Jen : Sauf que si j’en crois ce que tu me dis, c’est plus que de temps en temps !
Joey souffla: Depuis qu’il a proposé de jouer dans la pièce.
Jen sourit devant l’aveu de Joey.
Joey, hébétée : C’était un geste qui semblait si naturel ! Il a sorti ça de son sac si spontanément. Je me demande même s’il a réfléchit avant de le proposer.
Jen comprit ce qu’elle voulait dire : Il a oublié toutes vos rancoeurs.
Joey : Je n’y crois toujours pas.
Jen, pleine de sagesse : Et si Roméo n’était pas celui qu’on croit ?
Joey la dévisagea. Elle ne comprenait pas où elle voulait en venir.
Jen reprit : Et si le véritable Roméo était en fait le meilleur ami, le confident, Mercutio !
Joey soupira et se plongea dans ses pensées. La découverte qu’elle avait faite ces jours-ci la tracassait. Il n’y avait nul doute là-dessus.
Jen, rit : Si je le répétais, on me traiterait d’ivrogne.
Joey : Oui, ben si tu t’avises de le répéter, je t’égorge !
Jen, joignant le geste à la parole : Muette comme une carpe !
Puis euphorique, faisant allusion au fait que Pacey l’avait aidé pour la pièce, Jen lâcha : Je rêve ! Non seulement tu veux le beurre et l’argent du beurre…. Mais tu veux surtout le crémier avec !! Et Pacey qui pensait que cette aventure théâtrale serait le dénouement de votre parade nuptiale, à Dawson et à toi.
Le visage de Joey s’assombrit.
Jen, réalisant sa bourde : Oh excuse-moi. Je fais gaffe sur gaffe aujourd’hui !
Joey sauta de la scène : C’est rien. Allez viens, on rentre.
Jen se tapa le front devant tant de stupidité. La sienne ! Joey préférait faire comme si Jen n’avait rien dit et elle respecta son silence. Elles sortirent cote à cote du lycée et au croisement de leurs chemins, elles se séparèrent après une dernière excuse de Jen.

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:48)
Le jour fatidique, dans les coulisses, en attendant le lever du rideau, Joey était aux abois. Le trac la gagnait alors que de par son rôle de metteur en scène elle aurait dû faire preuve de plus de courage. Jen prit alors les rênes en main et mania son personnel à la baguette pour ne laisser place à aucun débordement. Malgré ça, Pacey arrivait à détourner le sérieux de la situation en exhibant ses antisèches. Il s’était tatoué son texte sur les bras. Chaque scène avait une place précise sur son anatomie. Grâce à lui, la tension s’apaisait peu à peu.
Lorsque les coups précédèrent le moment où le rideau se leva, les forçant alors à faire face à leurs obligations…et à leur public, le sérieux revint naturellement. Au fil de la pièce, tous reprenaient leurs aises sur la scène. Comme s’il s’agissait d’une banale répétition.
Encore une fois, le temps passa extrêmement vite. Les projecteurs qui les éclairaient les faisaient suer sang et eau. Mais au moment où ils réalisèrent que la pièce était finie et qu’il était temps de saluer, un énorme soulagement collectif s’abattit sur eux.
Le public, enthousiaste, les rappela une nouvelle fois. Puis ce fut la fin. Le calme après la tempête. Un silence incroyable dans les loges. La fatigue s’était littéralement emparée d’eux comme après un marathon.
Après quelques minutes de répit, Joey leur annonça qu’un pot d’honneur avait lieu dans la salle d’à côté. Histoire d’officialiser la fin de l’aventure. Un sourire radieux illuminait son visage. L’expérience avait été lourde mais d’une extrême satisfaction malgré tout.
Le temps de se démaquiller et de se vêtir d’habits un peu plus sobres et ils étaient tous attablés, un verre à la main.
Le proviseur passa en coup de vent : Félicitations les enfants. Shakespeare a rarement été aussi bien joué. Vous avez de quoi être fiers.
Il leur serra rapidement la main et s’éclipsa pour les laisser savourer leur victoire entre eux.
Jen, scotchée : Je n’en reviens qu’il ait osé nous dire un truc pareil ! J’espère pour lui qu’il ne le pensait pas vraiment !!
Joey rit et posa sa main sur la sienne. Elle lui fit un clin d’œil, une façon à elle de la remercier pour tout ce qu’elle avait fait ces derniers mois. Jen leva alors son verre : A Joey et son atroce idée !
L’assistance ne se fit pas prier pour le répéter en riant.

Quelques semaines plus tard, Joey reçut un courrier de l’association. La formule était simple. « Mademoiselle Potter, votre équipe et vous, vous positionnez à la cinquième place pour votre mise en scène de Roméo et Juliette de William Shakespeare. Recevez toutes nos félicitations et ce diplôme. Sincères salutations. »
Joey éclata de rire. Ce diplôme ! Tout ça pour un malheureux diplôme. Il y avait de quoi rire en effet.

Le lendemain, elle retrouva Jen au lycée.
Joey, solennellement : Ecoute Jen, je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait et marquer le coup. Je me suis dit qu’il ne pouvait y avoir meilleure récompense à ton travail.
Jen s’empara de l’objet et le déplia. Le temps de réaliser de quoi il s’agissait et Jen se mit à rire avec pertes et fracas.
Jen : Ils nous félicitent par un diplôme ??
Joey : J’en ai bien l’impression.
Jen : Quoi ? Pas même une petite médaille ? Non ! Un diplôme !!
Joey, ironique : Oui mais ce n’est pas n’importe quel papier. Regard. Là. Le liseré doré.
Le rire de Jen redoubla.
Jen, avec humour : Je suis heureuse d’avoir contribué à ce projet ! Je m’en sens toute bouleversée. Dès lors, je sens que quelque chose a changé dans ma vie. Et tout ça ne serait jamais arrivé sans toi Joey…(Puis après un temps) Toi et tes grandes idées !!!
Joey, attrapant le bras de Jen pour prendre avec elle la direction de la salle de cours : La prochaine fois que je te parle d’un projet de la sorte. Je t’en conjure, fais moi taire !
Jen : Tu peux compter sur moi !!!


Le soir-même, alors que les beaux jours commençaient à arriver, Joey s’était installée sur le ponton, en face de chez elle. Les pieds pendant au dessus de l’eau, une veste en laine sur les épaules, et surtout, un livre dans les mains.
Les pas sur le bois qu’elle entendit derrière elle ne la troublèrent pas. Bien trop concentrée dans sa lecture, elle se contenta de plisser les yeux tout en continuant de lire pour ne pas se laisser gagner par la curiosité.
Voyant qu’elle ne bougerait pas d’un pouce, Pacey s’assit à coté.
Tentant de voir le titre de l’objet qui demandait tant d’intérêt à la jeune fille, il demanda, apeuré : Est-ce que ça a un quelconque rapport avec une éventuelle prochaine pièce ??
Joey ferma le livre et rit : Tiens, Mercutio !
Pacey : Parce qu’il faut que tu saches que je ne sauverai pas la demoiselle en détresse toutes les fois.
Joey : Je n’en doute pas. Je me demande d’ailleurs bien ce qui a pu te pousser à t’accorder une pause syndicale dans ton célèbre machisme !
Pacey : Si je le découvre, tu en seras la première informée.
Un ange passa. Mais Pacey reprit, plus sobre : Pas trop déçue ?
Joey : Non tu penses ! Je savais qu’avec un tel Mercutio on ne pourrait jamais gagner !
Pacey, outré : Hey ! Tu félicites Drue et c’est tout ce que moi je reçois comme remerciements ?!?!
Joey : Des remerciements ?? Mais pourquoi ??
Pacey : Pour m’être engagé tête baissée, avoir enrôlé tout le monde pour te sortir de ce pétrin, avoir tenu mon rôle malgré tes réflexions désobligeantes et ton sale caractère par exemple.
Joey : Oh pour ça !!
Pacey : Entre autres !!
Joey en souriant : Tu a été un sacré Mercutio !
Pacey, pas sûr d’avoir saisi : Pardon ???
Joey : Je plaisantais tout à l’heure. Tu m’as bluffée. (En tournant la chose à la rigolade) Non seulement tu savais ton texte mais en plus tu l’as joué !!... (Plus calme et sincère) C’était très bien.
Pacey, un peu estomaqué : Ca fait bizarre quand on n’y est pas habitué.
Joey reprit les taquineries : Mais bon, tu aurais peut-être pu travailler un peu plus ton « bonjour ».
Pacey, jouant le jeu : Ca c’est de ta faute, tu aurais dû me laisser le dire en russe !
Joey : Ben voyons !
La présence de Pacey sur ce ponton aurait dû lui paraître bizarre si on en croyait leurs relations. Mais au lieu de ça, elle était contente de pouvoir se chamailler avec lui d’une manière différente. Le ton joueur s’était imposé naturellement à eux.
Joey : Qu’est-ce que Mercutio vient faire de ce coté de la ville au fait ?
Pacey attrapa un sac plastique derrière son dos et le leva pour le mettre à hauteur de son visage : Ben, j’étais venu te présenter George. Je m’étais dit qu’il pourrait te remonter le moral mais vu que tu es en pleine forme, je vais peut-être le garder pour moi.
Joey observant la poche remplie d’eau : Tu m’as acheté un poisson ?
Pacey : Ce n’est pas un poisson ! C’est George !!
Joey, hilare : Tu m’as acheté un poisson ??
Pacey : Oui, Joey on l’avait compris ! Mais comme je te l’ai dit, je vais le garder finalement.
Joey, redevenue sérieuse, lui attrapa le sac des mains : Pas question ! Il est à moi !
Pacey rit et se leva : Si tu veux bien, j’aimerais passer prendre de ses nouvelles de temps en temps.
Joey leva la tête et la tourna alors vers Pacey. Elle sentit peu à peu son visage se fendre à nouveau d’un sourire.
Pacey : Quels jours pour le droit de visite ?
C’est alors que Joey s’entendit répondre : Quand tu veux.
Pacey lui rendit son sourire et s’éloigna sous le regard ravi et emprunt d’amusement de Joey.
Enfin, elle refit face à l’eau et rit toute seule. Il venait de lui demander l’autorisation de passer la voir…. Et elle avait accepté. En effet, c’était plutôt drôle quand on y pensait.
Soudain, elle réentendit des pas au bout du ponton. Pacey avait fait demi-tour. Lorsqu’elle se retourna pour voir ce qu’il en résultait, il s’était arrêté. Droit comme un « i », les mains dans les poches, à l’opposé de Joey.
Pacey : J’ai oublié de te demander quelque chose.
Joey, toujours assise avec son poisson dans les mains mais le regardant droit dans les yeux, et de l’espoir plein la voix : Oui ?
Pacey, les sourcils froncés : Pourquoi est-ce que tu continues de m’appeler Mercutio depuis des semaines ?
Joey réalisa alors qu’effectivement, l’habitude s’était installée et qu’elle l’appliquait maintenant depuis plusieurs semaines.
Après réflexion, elle finit par expliquer : Sans doute parce que j’ai moins de mal à apprécier le Pacey Mercutio que Pacey Witter.
Pacey réfléchit à son tour puis dit : Moins de mal ?
Joey sourit : Plus de facilité.
Pacey rit : Ouais tu m’apprécies quoi !
Joey pencha brièvement la tête sur le coté : On peut dire ça comme ça, en effet.
Pacey sourit, d’un sourire mystérieux puis lança en désignant de la tête ce qu’elle avait dans les mains avant de s’en aller pour de bon : Prends en soin !
A ce moment-là, Joey sentit que bien des choses pourraient changer désormais.


FIN.

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:49)
Le jour fatidique, dans les coulisses, en attendant le lever du rideau, Joey était aux abois. Le trac la gagnait alors que de par son rôle de metteur en scène elle aurait dû faire preuve de plus de courage. Jen prit alors les rênes en main et mania son personnel à la baguette pour ne laisser place à aucun débordement. Malgré ça, Pacey arrivait à détourner le sérieux de la situation en exhibant ses antisèches. Il s’était tatoué son texte sur les bras. Chaque scène avait une place précise sur son anatomie. Grâce à lui, la tension s’apaisait peu à peu.
Lorsque les coups précédèrent le moment où le rideau se leva, les forçant alors à faire face à leurs obligations…et à leur public, le sérieux revint naturellement. Au fil de la pièce, tous reprenaient leurs aises sur la scène. Comme s’il s’agissait d’une banale répétition.
Encore une fois, le temps passa extrêmement vite. Les projecteurs qui les éclairaient les faisaient suer sang et eau. Mais au moment où ils réalisèrent que la pièce était finie et qu’il était temps de saluer, un énorme soulagement collectif s’abattit sur eux.
Le public, enthousiaste, les rappela une nouvelle fois. Puis ce fut la fin. Le calme après la tempête. Un silence incroyable dans les loges. La fatigue s’était littéralement emparée d’eux comme après un marathon.
Après quelques minutes de répit, Joey leur annonça qu’un pot d’honneur avait lieu dans la salle d’à côté. Histoire d’officialiser la fin de l’aventure. Un sourire radieux illuminait son visage. L’expérience avait été lourde mais d’une extrême satisfaction malgré tout.
Le temps de se démaquiller et de se vêtir d’habits un peu plus sobres et ils étaient tous attablés, un verre à la main.
Le proviseur passa en coup de vent : Félicitations les enfants. Shakespeare a rarement été aussi bien joué. Vous avez de quoi être fiers.
Il leur serra rapidement la main et s’éclipsa pour les laisser savourer leur victoire entre eux.
Jen, scotchée : Je n’en reviens qu’il ait osé nous dire un truc pareil ! J’espère pour lui qu’il ne le pensait pas vraiment !!
Joey rit et posa sa main sur la sienne. Elle lui fit un clin d’œil, une façon à elle de la remercier pour tout ce qu’elle avait fait ces derniers mois. Jen leva alors son verre : A Joey et son atroce idée !
L’assistance ne se fit pas prier pour le répéter en riant.

Quelques semaines plus tard, Joey reçut un courrier de l’association. La formule était simple. « Mademoiselle Potter, votre équipe et vous, vous positionnez à la cinquième place pour votre mise en scène de Roméo et Juliette de William Shakespeare. Recevez toutes nos félicitations et ce diplôme. Sincères salutations. »
Joey éclata de rire. Ce diplôme ! Tout ça pour un malheureux diplôme. Il y avait de quoi rire en effet.

Le lendemain, elle retrouva Jen au lycée.
Joey, solennellement : Ecoute Jen, je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait et marquer le coup. Je me suis dit qu’il ne pouvait y avoir meilleure récompense à ton travail.
Jen s’empara de l’objet et le déplia. Le temps de réaliser de quoi il s’agissait et Jen se mit à rire avec pertes et fracas.
Jen : Ils nous félicitent par un diplôme ??
Joey : J’en ai bien l’impression.
Jen : Quoi ? Pas même une petite médaille ? Non ! Un diplôme !!
Joey, ironique : Oui mais ce n’est pas n’importe quel papier. Regard. Là. Le liseré doré.
Le rire de Jen redoubla.
Jen, avec humour : Je suis heureuse d’avoir contribué à ce projet ! Je m’en sens toute bouleversée. Dès lors, je sens que quelque chose a changé dans ma vie. Et tout ça ne serait jamais arrivé sans toi Joey…(Puis après un temps) Toi et tes grandes idées !!!
Joey, attrapant le bras de Jen pour prendre avec elle la direction de la salle de cours : La prochaine fois que je te parle d’un projet de la sorte. Je t’en conjure, fais moi taire !
Jen : Tu peux compter sur moi !!!


Le soir-même, alors que les beaux jours commençaient à arriver, Joey s’était installée sur le ponton, en face de chez elle. Les pieds pendant au dessus de l’eau, une veste en laine sur les épaules, et surtout, un livre dans les mains.
Les pas sur le bois qu’elle entendit derrière elle ne la troublèrent pas. Bien trop concentrée dans sa lecture, elle se contenta de plisser les yeux tout en continuant de lire pour ne pas se laisser gagner par la curiosité.
Voyant qu’elle ne bougerait pas d’un pouce, Pacey s’assit à coté.
Tentant de voir le titre de l’objet qui demandait tant d’intérêt à la jeune fille, il demanda, apeuré : Est-ce que ça a un quelconque rapport avec une éventuelle prochaine pièce ??
Joey ferma le livre et rit : Tiens, Mercutio !
Pacey : Parce qu’il faut que tu saches que je ne sauverai pas la demoiselle en détresse toutes les fois.
Joey : Je n’en doute pas. Je me demande d’ailleurs bien ce qui a pu te pousser à t’accorder une pause syndicale dans ton célèbre machisme !
Pacey : Si je le découvre, tu en seras la première informée.
Un ange passa. Mais Pacey reprit, plus sobre : Pas trop déçue ?
Joey : Non tu penses ! Je savais qu’avec un tel Mercutio on ne pourrait jamais gagner !
Pacey, outré : Hey ! Tu félicites Drue et c’est tout ce que moi je reçois comme remerciements ?!?!
Joey : Des remerciements ?? Mais pourquoi ??
Pacey : Pour m’être engagé tête baissée, avoir enrôlé tout le monde pour te sortir de ce pétrin, avoir tenu mon rôle malgré tes réflexions désobligeantes et ton sale caractère par exemple.
Joey : Oh pour ça !!
Pacey : Entre autres !!
Joey en souriant : Tu a été un sacré Mercutio !
Pacey, pas sûr d’avoir saisi : Pardon ???
Joey : Je plaisantais tout à l’heure. Tu m’as bluffée. (En tournant la chose à la rigolade) Non seulement tu savais ton texte mais en plus tu l’as joué !!... (Plus calme et sincère) C’était très bien.
Pacey, un peu estomaqué : Ca fait bizarre quand on n’y est pas habitué.
Joey reprit les taquineries : Mais bon, tu aurais peut-être pu travailler un peu plus ton « bonjour ».
Pacey, jouant le jeu : Ca c’est de ta faute, tu aurais dû me laisser le dire en russe !
Joey : Ben voyons !
La présence de Pacey sur ce ponton aurait dû lui paraître bizarre si on en croyait leurs relations. Mais au lieu de ça, elle était contente de pouvoir se chamailler avec lui d’une manière différente. Le ton joueur s’était imposé naturellement à eux.
Joey : Qu’est-ce que Mercutio vient faire de ce coté de la ville au fait ?
Pacey attrapa un sac plastique derrière son dos et le leva pour le mettre à hauteur de son visage : Ben, j’étais venu te présenter George. Je m’étais dit qu’il pourrait te remonter le moral mais vu que tu es en pleine forme, je vais peut-être le garder pour moi.
Joey observant la poche remplie d’eau : Tu m’as acheté un poisson ?
Pacey : Ce n’est pas un poisson ! C’est George !!
Joey, hilare : Tu m’as acheté un poisson ??
Pacey : Oui, Joey on l’avait compris ! Mais comme je te l’ai dit, je vais le garder finalement.
Joey, redevenue sérieuse, lui attrapa le sac des mains : Pas question ! Il est à moi !
Pacey rit et se leva : Si tu veux bien, j’aimerais passer prendre de ses nouvelles de temps en temps.
Joey leva la tête et la tourna alors vers Pacey. Elle sentit peu à peu son visage se fendre à nouveau d’un sourire.
Pacey : Quels jours pour le droit de visite ?
C’est alors que Joey s’entendit répondre : Quand tu veux.
Pacey lui rendit son sourire et s’éloigna sous le regard ravi et emprunt d’amusement de Joey.
Enfin, elle refit face à l’eau et rit toute seule. Il venait de lui demander l’autorisation de passer la voir…. Et elle avait accepté. En effet, c’était plutôt drôle quand on y pensait.
Soudain, elle réentendit des pas au bout du ponton. Pacey avait fait demi-tour. Lorsqu’elle se retourna pour voir ce qu’il en résultait, il s’était arrêté. Droit comme un « i », les mains dans les poches, à l’opposé de Joey.
Pacey : J’ai oublié de te demander quelque chose.
Joey, toujours assise avec son poisson dans les mains mais le regardant droit dans les yeux, et de l’espoir plein la voix : Oui ?
Pacey, les sourcils froncés : Pourquoi est-ce que tu continues de m’appeler Mercutio depuis des semaines ?
Joey réalisa alors qu’effectivement, l’habitude s’était installée et qu’elle l’appliquait maintenant depuis plusieurs semaines.
Après réflexion, elle finit par expliquer : Sans doute parce que j’ai moins de mal à apprécier le Pacey Mercutio que Pacey Witter.
Pacey réfléchit à son tour puis dit : Moins de mal ?
Joey sourit : Plus de facilité.
Pacey rit : Ouais tu m’apprécies quoi !
Joey pencha brièvement la tête sur le coté : On peut dire ça comme ça, en effet.
Pacey sourit, d’un sourire mystérieux puis lança en désignant de la tête ce qu’elle avait dans les mains avant de s’en aller pour de bon : Prends en soin !
A ce moment-là, Joey sentit que bien des choses pourraient changer désormais.


FIN.

Bzzbzz  (12.06.2005 à 01:49)
Aller, je commence le festivals des "bravo" ! L'ayant lu en avant première, je sais déjà tout ce dont j'ai besoin de savoir pour cette appréciation. Comme toujours, tu as le don de nous emporter dans ton récit et de nous le faire partager. Je suis une fervente admiratrice et j'en réclame encore et encore ! Je sais que cette histoire ne fait pas partie de tes préférées mais on est jamais objective avec nos propres histoires.

Encore une fois, c'est un plaisir de te lire. (Et un privilège pour certaines qui ne le mérite pas !!! Elles se reconnaîtront).

Bon et bien, je ne suis pas sûre que tu mérites tout ses compliments mais comme ils sont déjà écrit et que j'ai pas le courage de tout effacer pour le tourner aux insultes habituelles, on va laisser ça comme ça. Mais tu ne perds rien pour attendre. Bisous.

Marjo  (12.06.2005 à 03:01)

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Vendredi 5 juin à 21:10
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Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

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Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

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Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

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Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
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