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Solitudes...2

Série : Dawson's Creek
Création : 02.09.2005 à 18h52
Auteur : Marjo 
Statut : Terminée

suite de Solitudes

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Résumé : Trois ans se sont écoulés depuis que Pacey a quitté Capeside. Il n’est jamais revenu. Sur un coup de tête, Joey part à sa recherche.


Avec une légère musique de fond, Joey préparait son sac de voyage. Les examens de fin d’année laissaient place aux vacances d’été et elle comptait bien prendre quelques jours pour elle. Enfin, ça n’allait pas vraiment être de tout repos pensa t-elle. Ces vacances avaient un but bien déterminé mais elle entreprenait ce voyage pour elle, afin de ne jamais se retourner sur son passé comme il lui arrivait de le faire aujourd’hui. Voilà déjà trois ans que Pacey était parti de Capeside, un beau matin, sans lui dire au revoir et depuis, il n’avait jamais donné signe de vie. Dans les premiers temps, elle s’était retrouvée totalement anéantie par son absence et puis, au fil des semaines la colère avait pris place. Il l’avait abandonnée dans une situation délicate et même si par la suite, elle avait compris son geste, il n’en restait pas moins un lâche. Elle avait appris à vivre sans lui et l’avait relégué au passé, s’interdisant de penser à lui et elle y avait assez bien réussi jusqu’à son entrée à Worthington. L’université, avait pour elle, créer de nouvelles perspectives et ouvert les portes des rencontres amoureuses. Elle était sortie avec quelques garçons mais cela n’avait jamais marché, à chaque fois, elle arrivait à leur trouver un défaut quelconque qui faisait qu’il n’était pas le bon. Elle avait fait l’amour avec deux autres garçons depuis Pacey mais avait toujours trouvé une excuse au petit matin pour s’éclipser. De ce fait, elle s’était remise à penser à lui. Il y avait tant de non-dits entre eux, tant de mystère. Que se serait-il passé s’il avait affronté la situation et était resté à Capeside ? Cette idée l’obsédait. Elle ne doutait pas qu’ils auraient probablement continué à faire l’amour ensemble, ils étaient comme aimantés l’un par l’autre, mais cela les aurait-il entraînés dans une relation plus sentimentale… ? Y étaient-ils déjà ? C’était, empli de ces doutes, qu’elle avait décidé d’entreprendre ce voyage et qu’elle avait fait faire des recherches. Après quelques coups contre la porte, celle-ci s’ouvrit pour laisser Dawson dans l’embrasure.
Dawson : Je te dérange ?
Joey : Bien sûr que non. Entre.
Avec un petit sourire, il vint la rejoindre et s’installa sur son lit. Légèrement irrité, il regardait son sac qu’elle continuait de remplir distraitement.
Dawson : Alors tu y vas vraiment ?
Joey : Oui, j’y vais vraiment Dawson…Tu pensais que je renoncerais ?
Dawson : J’en sais rien…Trois années se sont écoulées depuis, beaucoup de choses ont changé.
Joey : J’ai besoin d’y aller.
Joey regarda affectueusement son meilleur ami. Elle savait que si elle pouvait encore le considérer ainsi, c’était grâce à Pacey. Jack lui avait parlé de la plaidoirie qu’il leur avait fait avant de venir la voir pour lui faire, ce qu’elle savait aujourd’hui, être ses adieux. Peut être que sans ça, Dawson ne lui aurait jamais pardonné.
Dawson : Et ton détective privé, il est sûr de son adresse ? maugréa t-il.
Joey : C’est la dernière où il a été vu et je compte commencer par là.
Dawson bougonna entre ses dents, il n’aimait pas l’idée de savoir Joey ainsi, partant seule à l’aventure. Il pouvait lui arriver n’importe quoi ! Etre abordé par des gars pas fréquentables, tomber dans un réseau de prostitution se dit-il en tressaillant …au pire, elle pouvait même retrouver Pacey. Il se morigéna intérieurement pour ces dernières pensées.
Dawson : Tu comptes partir longtemps ? lui demanda t-il surpris en voyant la montagne d’affaires qu’elle emportait.
Joey : Je n’en sais encore rien. Cela va dépendre de ce que je vais trouver.
Dawson : Joey…soupira t-il, tu es sûre que c’est une bonne idée ?
Joey plongea un regard désolé dans le sien. Elle savait qu’il était simplement inquiet pour elle. Ils n’avaient jamais reparlé de Pacey jusqu’à dernièrement, Dawson refusait d’aborder le sujet. Elle ne savait pas ce qu’il ressentait aujourd’hui vis-à-vis de son ancien meilleur ami et parfois, il lui arrivait de regretter amèrement d’avoir séparé les deux garçons. Elle savait que Dawson était quelqu’un de très important dans la vie de Pacey et elle se demandait ce qu’il avait fait sans quelqu’un pour le revaloriser à ses propres yeux de temps en temps. Pacey était tellement capable de se dénigrer parfois.
Dawson : C’est lui qui a choisi de partir, il n’a peut être aucune envie d’être retrouvé…
Joey : Dawson, même si toi et lui n’êtes plus amis, il y a eu un truc entre lui et moi que tu ne peux pas comprendre. Il faut que je le voie.
Dawson soupira en levant les yeux au ciel. En réalité, il avait peur pour elle. Il ne savait pas trop ce qu’elle allait chercher en voulant le voir à tous prix et ne voulait pas qu’elle soit déçue, Pacey pouvait avoir changé en trois ans.
Joey : N’oublie pas que tu lui dois ton bonheur dit-elle en désignant une photo sur sa commode.
Dawson tourna la tête et saisit le cadre pour faire glisser son doigt sur le visage de la jeune fille qu’il serrait tendrement dans ses bras. Il n’était pas sûr de « devoir son bonheur » à Pacey comme elle le prétendait mais il ne pouvait nier que c’était tout ce qu’il s’était passé il y a trois ans qui l’avait rapproché d’Andie et qui faisait qu’aujourd’hui, ils en étaient à deux ans de relation stable et passionnelle.
Dawson : Tu pars quand ?
Joey : Mon taxi arrive dans…
Elle n’eut pas le temps de consulter sa montre que le téléphone sonna, annonçant l’arrivée de la voiture.
Dawson : Tu vas toujours à Capeside ?
Joey : Oui, j’ai promis à Bessie de passer une journée avec elle avant de prendre la route.
Dawson : Tu me promets de faire attention à toi ?
Joey : C’est promis lui dit-elle touchée.
Dawson : Et si tu ne trouves rien, tu reviens tout de suite. Tu ne t’engages pas dans je ne sais qu’elle recherche farfelue.
Joey : Au revoir Dawson dit-elle en le prenant dans ses bras avant de s’éclipser rapidement.
Dawson : Joey !! Tu n’as pas répondu là !
Mais trop tard, déjà, elle avait disparu. En bas du bâtiment, Joey s’engouffra dans le véhicule et après avoir demandé de la déposer à la gare, elle se laissa tomber au fond de son siège en priant pour parvenir à le retrouver. Cette histoire devait avoir une fin et tant que cette sensation d’inachevé planait sur elle, elle ne pourrait pas aller de l’avant.


Allongée sur un transat dans le jardin du Bed and Breakfast, Joey réfléchissait à l’aventure qu’elle s’apprêtait à vivre. Elle n’avait encore jamais fait une chose pareille, prendre la voiture et rouler sans vraiment savoir où elle allait. Bon, elle avait une adresse mais c’était quand même un gros pari, il pouvait être parti, ou le détective qu’elle avait engagé et payé avec ses économies pouvait s’être trompé de personne. Engager un détective, ça encore avait été une première ! Mais si au final, elle retrouvait Pacey, elle se félicitait d’avoir eu le courage de le faire.
Bessie : Encore dans les nuages.
Avec un sourire tendre, Bessie vint s’asseoir sur un des bords de son transat.
Bessie : Tu pars dans combien de temps ?
Joey : Dans une heure…
Bessie : Ta décision est prise ?
Joey : Bessie, tu ne vas pas me dire de renoncer toi aussi !
Bessie : Non, bien sûr que non. De toute façon, tu ne m’écouterais pas.
Joey : Tu connais l’histoire, tu sais que je dois y aller.
Bessie : Ouais maugréa t-elle.
Les mois qui avaient suivi le départ de Pacey avait été très durs, elle avait souvent oscillé entre moments d’abattement et crises de larmes. Si bien, qu’elle avait été forcée de tout raconter à Bessie afin qu’elle ne l’envoie pas voir un spécialiste. D’abord choquée, elle avait fini par comprendre et par la consoler.
Bessie : Tu te sens prête à le revoir ?
Joey : J’en sais rien… dit-elle pensive. Mais tant que je ne l’aurai pas vu en face, je ne saurai pas…
Du regard, Bessie chercha à l’inciter à finir sa phrase.
Joey : …si je suis passée à côté de quelque chose d’important.
Affectueusement, Bessie lui prit la main qu’elle serra entre la sienne.
Joey : Et puis, j’ai besoin de savoir qu’il va bien.
C’était une question qui ne l’avait jamais vraiment quittée. Etait-il heureux ? Se portait-il bien ?
Bessie : Je comprends. …Bon alors, tu pars où ?
Joey : A Florence dit-elle un sourire aux lèvres.
Bessie : Tu connais ?
Joey : Peut être…je ne suis pas sûre.
Joey secoua la tête devant l’air interrogateur de sa sœur. Depuis que Wilson lui avait remis l’adresse qu’il avait trouvée, elle ne cessait de se poser des questions…Etait-ce le même endroit ? Pacey était-il là bas et pourquoi avoir choisi ce lieu ?


Craig : Witter, tu sais que ce cheval ne va pas se brosser tout seul !
Pacey : Désolé.
En reprenant ses esprits, Pacey reprit le brossage de Caramel, la jument pour qui il avait une affection particulière et qui allait bientôt mettre bas. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas que Craig s’était appuyé sur les box pour le regarder en souriant. Tout à sa tâche, il ne se rendait pas compte que son collègue et ami se moquait gentiment de lui.
Craig : Tu penses l’avoir fini pour demain ?
Pacey : Hein ? dit-il en relevant la tête.
Craig éclata de rire. Il n’était pas rare de voir Pacey la tête en l’air mais ces derniers temps, il semblait de plus en plus ailleurs.
Craig : Tu veux en parler ? demanda t-il en redevenant sérieux.
Pacey : Je n’ai rien à dire.
Craig : Ben voyons !
Pacey soupira, quand ce type était dans les parages, mieux valait faire attention ! Il ne pouvait pas simplement penser à autre chose sans qu’il en déduise qu’il avait un problème. De cinq ans son aîné, Craig ne pouvait s’empêcher parfois de se montrer protecteur. Il était juste un peu préoccupé c’est tout. Il avait appelé Doug quelques jours auparavant qui lui avait fait part d’un accident qu’avait eu leur père, et en entendant Pacey dire qu’il ne pourrait pas se déplacer, son frère s’était mis en colère. Pourquoi ne comprenait-il pas qu’il ne pouvait pas revenir ? Trop de temps s’était passé depuis…tout le monde était passé à autre chose et c’était aussi bien ainsi.
Craig : Ca devient une habitude Witter !
Pacey : Va plutôt t’occuper de Jumper dit-il en lui balançant une brosse.
Craig : Désolé dit-il en hochant négativement la tête, c’est à toi de le faire, n’oublie pas que tu as perdu au poker. Moi…dit-il en s’étirant, je vais aller me chercher une bière et une bonne chaise, je te soutiendrai par ma présence.
Avec un regard noir, Pacey le dévisagea en se promettant de ne plus jamais jouer aux cartes avec cet escroc ! Lorsqu’il revint avec une chaise en osier et qu’il s’installa confortablement, sa bière fraîche à la main, Pacey hésita à lui balancer le seau d’eau qu’il avait à sa portée.
Cassie : Toi, tu as encore perdu dit-elle en rigolant.
Craig : Tu l’as déjà vu gagner contre moi s’esclaffa t-il. Le pire, c’est qu’il s’acharne et ne renonce jamais.
Pacey : Non, parce que je rêve du jour où tu devras te taper tous les chevaux à nettoyer !
Cassie : Je vais t’aider ! se dévoua t-elle en soupirant.
Pacey : Heureusement que tu es là lui dit-il en lui souriant tendrement.
Craig : C’est de la triche ça ! s’exclama t-il indigné.
Entendant le bruit d’un moteur de voiture, Pacey fit signe à Craig.
Pacey : Tu peux au moins t’occuper des clients ! Ca ne rentrait pas dans le deal ça !
Craig jeta un œil vers la voiture et un large sourire éclaira son visage.
Craig : Oh mais ce sera avec plaisir !
Surpris, Pacey, observa son air ravi. Il n’acceptait jamais rien aussi facilement d’habitude. Intrigué, il se tourna vers la voiture au moment où la conductrice sortait du véhicule et regardait autour d’elle. Il eu l’impression de recevoir un direct à l’estomac. Il n’aurait jamais imaginé qu’un jour…Joey. Il paniqua soudainement, était-il raisonnable qu’elle le voie ? Peut être était-elle venue par hasard et repartirait après avoir fait un tour des lieux…Mais pourquoi était-elle venue ici précisément ? Déjà Craig se tenait à ses côtés en lui souriant franchement. Cet imbécile allait la draguer !
Cassie : Pacey ?
Pacey : Hum…dit-il sans quitter Joey des yeux.
En rigolant, elle dirigea le jet d’eau vers lui, ce qui eut pour effet de le faire tressauter en hurlant.
Pacey : T’es dingue !
Cassie : Quoi, tu avais l’air d’avoir besoin d’une bonne douche froide dit-elle un sourire espiègle aux lèvres.
Sans répondre, il reporta son regard vers la nouvelle arrivée. Attirée par les cris, Joey s’était tourné soudainement vers eux et avait le regard braqué sur Pacey. Il était désormais impossible de se cacher et de laisser le temps passer. Pendant quelques instants, ils se dévisagèrent sans bouger. Pacey ne savait pas ce qu’il devait faire…il tremblait tellement… la surprise de la voir là l’avait secoué. Il était parti pour tenter de l’oublier mais la voir ici devant lui…Sans savoir pourquoi, il préféra prendre quelques instants pour lui avant d’avoir ce terrible face à face qui serait inévitable. En détournant le regard, il prit les rênes de Caramel et la ramena à l’écurie.
Craig : Je peux vous aidez ?
Joey : Oui…dit-elles perdue.
Il était parti…Avait-elle rêvé où l’avait-elle bien vu ? Elle avait tellement espéré cet instant qu’elle n’osait y croire. Soudain, elle réalisa que tout était vrai, il s’était bien tenu à une dizaine de mètres quelques secondes auparavant…et il avait déguerpi ! Encore une fois !!! Un vieux sentiment de colère l’envahit alors que Craig s’emparait de son sac dans le coffre. Elle se demanda l’espace d’une minute si elle ne ferait pas mieux de repartir.
Craig : Vous avez réservé ?
Joey : Non, j’étais venue au hasard…
Craig : Ce n’est pas grave, je vais vous trouver une chambre.
Joey regarda autour d’elle et décida qu’elle était allée trop loin pour repartir. Oui, elle allait rester et il finirait bien par lui parler. Et sa première question serait pour savoir qui était cette fille ??? En passant à côté d’elle, elle la dévisagea et tourna la tête lorsque celle-ci esquissa un vague sourire à son encontre.


Allongée sur le lit, Joey se faisait un vague résumé de la journée, songeant au plaisir intense qu’elle avait ressenti lorsqu’elle avait vu le panneau de l’auberge sur la route et avait réalisé qu’il était bien reparti là bas, au moment où elle était descendue de voiture et l’avait vu s’éloigner d’elle à nouveau. Peut être était-ce Dawson qui avait raison se dit-elle tristement, Pacey n’avait peut être aucune envie d’être retrouvé…Dawson avait raison sur un autre point, il avait changé, elle n’avait pas retrouver l’adolescent qu’elle avait toujours connu. Même à plusieurs mètres d’elle, il respirait la maturité. Son corps s’était transformé avec l’air vivifiant de la campagne et le travail manuel, il était plus viril. Mais son visage avait gardé la même candeur et elle en remercia silencieusement le ciel. Se rendant compte que son portable sonnait depuis quelques minutes, elle allongea le bras vers la table de nuit et décrocha.
Joey : Salut Jen.
Jen : Alors tu es bien arrivée ?
Joey : Oui.
Jen : Et ?
Joey : Et il fait beau, le cadre est magnifique, heureusement que je n’ai pris que des vêtements légers.
Jen : Joey !! s’indigna t-elle.
Joey : Quoi ? feigna t-elle.
Jen : Tu sais que tu m’as laissé l’adresse au cas où et que je suis capable de venir vérifier par moi-même, si tu ne me dis rien ?
Joey : Il est là lâcha t-elle.
Jen : C’est formidable !!! s’exclama t-elle toute excitée. Et comment va-t-il ?
Joey : Je ne sais pas.
Jen : Comment ça tu ne sais pas ?
Joey : Il est parti lorsqu’il m’a vue.
Jen : Ca ne va pas devenir une habitude ! Alors écoute moi bien, tu vas le coincer dans un coin et lui demander toutes les explications dont tu as besoin.
Joey : Merci Jen, c’est une chose à laquelle je n’avais pas pensé.
Jen : Et tu vas faire vite aussi ! Cet imbécile est capable de quitter cette auberge s’il n’est pas prêt à parler avec toi.
Joey : Tu crois qu’il ferait ça ??? s’exclama t-elle en se relevant d’un coup.
Jen : On sait jamais. Il est déjà parti une fois.
Joey : Merde, je te laisse, à plus.
D’un bond, elle sauta du lit en lâchant le téléphone et se précipita au dehors. Elle n’était pas totalement prête à lui parler si lui n’en avait pas envie mais elle devait au moins vérifier qu’il était toujours là !


Encore occupé avec Jumper, Pacey n’arrêtait pas de se demander ce qu’elle faisait ici ? Etait-ce une coïncidence ? Il avait rêvé de la revoir un jour en sachant qu’il valait mieux éviter mais là, il ne pouvait pas reculer, il allait devoir lui parler, la voir. Que lui dirait-il ? Il avait fui Capeside, l’avait fuie elle et les sentiments qu’il commençait à ressentir pour elle parce que rester sans l’avoir aurait été trop dur et qu’essayer de l’avoir aurait rendu trop de gens malheureux. Et puis, Joey ne l’aimait pas…elle était attirée par lui mais rien de plus. Il n’y avait pas d’amour sincère et véritable de sa part. Alors que de son côté…il avait beau être parti, ses sentiments avaient continué à grandir en lui et il ne l’avait jamais oubliée. Qu’il le veuille ou non, il était vraiment tombé amoureux d’elle et l’aimait toujours.
Craig : Bien que je sois habitué à tes absences lui dit-il en lui souriant gentiment , cette fois, j’ai l’impression que tu as besoin de t’épancher.
Pacey : Ce dont j’aurais vraiment besoin c’est que tu m’aides un peu !
Craig : Si tu me racontes.
Pacey haussa un sourcil vers lui, Craig était un type bien, il avait tout de suite sympathisé avec lui et c’était grâce à lui que les Hampton l’avaient engagé. Il avait beaucoup erré avant de revenir ici, il y a un an et demi et il ne regrettait pas sa décision. A l’origine, c’était par simple nostalgie, mais aujourd’hui, il aimait vraiment les lieux. L’endroit était agréable, les gens sympathiques et le travail enrichissant.
Pacey : Je ne t’ai jamais dit pourquoi j’étais parti de chez moi…
Craig : Non.
Craig sentait que cette histoire allait être difficile à raconter, c’est pourquoi, il prit une autre brosse et se plaça de l’autre côté du cheval pour le brosser alors que Pacey replongeait dans ses pensées.
Pacey : J’avais une petite amie là-bas, une fille que j’aimais vraiment. Un jour, elle a eu quelques problèmes et a dû partir trois mois dans un centre de repos. Je suis resté à l’attendre pendant des semaines…et puis, je me suis rapprochée de la meilleure amie de mon meilleur ami. Ils venaient de rompre et il était parti à Philadelphie voir sa mère.
Craig : Et tu es sorti avec elle en conclut-il.
Pacey : Je croyais que ma petite amie m’avait trompé et Joey était tellement…
Il se replongea dans ces semaines qu’il avait tant cherché à oublier et un sourire se dessina sur ses lèvres en revoyant l’image de Joey.
Pacey : C’est une fille extraordinaire. Elle est forte, belle, intelligente et drôle…elle est capable de te faire sourire même lorsque tu es vraiment déprimé, d’un simple regard, elle illumine ta journée.
Craig : Apparemment, tu as fais plus que coucher avec elle, tu en es tombé amoureux.
Pacey : Ouais…soupira t-il. Mais ça, je ne l’ai pas su tout de suite… Nous avons continué à nous voir reprit-il. Et ils sont rentrés…
Pacey se mit à tout revivre, son au revoir avec Joey, le retour d’Andie, leur séparation, les jours qui ont suivi, ses adieux à Joey, son départ de Capeside. Craig le regardait affectueusement. Pacey secoua la tête en chassant ses sombres pensées.
Pacey : Enfin, pour faire bref, tout a été découvert, j’ai perdu ma petite amie, mon meilleur ami et lorsque j’ai compris mes sentiments pour elle, j’ai préféré quitter la ville. Fin de l’histoire.
Craig : Pourquoi être parti ? demanda t-il étonné.
Pacey : J’ai fais ce qu’il y avait de mieux à faire, pour elle et pour moi….Elle ne m’aimait pas de la façon dont moi je l’aimais expliqua t-il devant l’air surpris de son ami. Et quand bien même, ça n’aurait jamais marché, trop de gens auraient été malheureux.
Craig : Et tu n’es jamais rentré ? s’exclama t-il.
Pacey : Non. Ca fait trois ans.
Craig : Seigneur ! Je me doutais que tu avais une vie compliquée mais à ce point là !
Pacey lui adressa un timide sourire.
Craig : Bon et cette fille, tu ne l’as jamais revue, jamais téléphoné, rien… ?
Pacey : Rien, c’était mieux pour elle. Depuis, je sais qu’elle a pu se réconcilier avec son meilleur ami et que tout va bien dans sa vie.
Craig : Et comment tu sais ça ?
Pacey : Mon frère. Je l’appelle de temps en temps et il me donne des nouvelles.
Craig : Donc si je comprends bien, tu comptes te planquer indéfiniment et ne jamais aller la revoir.
Pacey : C’était mon plan en effet.
Craig le regarda en haussant un sourcil.
Pacey : Ta cliente de cet après-midi…c’est elle.
Craig : La brune ??? dit-il en écarquillant de grand yeux.
Pacey hocha la tête, silencieusement.
Craig : Ben alors là, tu crains ! Cette fille est ravissante et toi, tu te casses !
Pacey : Je ne t’ai pas demandé ton avis ! grogna t-il.
Craig : C’est pas ça qui va m’empêcher de te le donner ! Tu tombes amoureux d’une fille, bon d’accord, dans des conditions difficiles mais au lieu de te battre, toi tu renonces.
Joey qui était toujours à la recherche de Pacey, entra dans l’écurie et reconnaissant la voix de Pacey, se fit la plus discrète possible.
Pacey : Elle et moi avons fait une erreur d’accord ! dit-il en s’énervant. On était jeune et on ne savait pas ce qu’on faisait. Mais c’était il y a trois ans, depuis on a refait nos vies et…et
Sur les nerfs, Pacey gesticulait dans tous les sens.
Pacey : J’aurais préféré ne pas la revoir. Elle n’aurait pas dû venir ici… dit-il plus calmement.
Sous le choc, Joey accusa difficilement le coup. Les larmes aux yeux, elle décida qu’elle en avait assez entendu. Sans un bruit, elle s’éclipsa au dehors.
Craig : Qu’est-ce qui te fait tant peur ?
Pacey : Elle. Et ce qu’elle déclenche chez moi. J’ai peur de me rendre compte que tous les efforts que j’ai fait pour l’oublier n’aient pas marché.
Il exhala un long soupir de tristesse avant de sortir, laissant Craig perplexe.


Joey courut le plus loin possible, des larmes ruisselaient sur son visage. Elle ne s’arrêta que lorsqu’un enclos lui barra le chemin. Alors, elle appuya ses bras dessus et se mit à pleurer chaudement. « Le salaud » se disait-elle. Alors elle ne lui avait pas manqué ?? Pas même un seul instant…après tout ce qu’ils avaient vécu ! Elle avait passé de longues heures à penser à lui et lui, de son côté, n’avait jamais désiré la revoir. Elle s’était fait tout un film sur leurs retrouvailles. Elle pensait que comme elle, il serait heureux de la revoir. Lorsqu’elle s’était tournée vers lui et l’avait aperçue, son cœur avait bondi dans sa poitrine, elle n’avait eu qu’une envie, courir vers lui pour le serrer dans ses bras. De rage, elle frappa contre la barrière avant de grimacer.
Voix : Ce n’était pas une si bonne idée dit-elle en voyant Joey masser ses doigts douloureux.
Surprise, Joey se retourna et se retrouva face à une dame d’un certain âge, vêtue d’un pantalon de lin beige et d’un long châle crème. Bien que ses cheveux grisonnants apportaient la certitude qu’elle devait approcher la cinquantaine, le teint frais de ses pommettes ainsi que le léger maquillage qu’elle arborait, rendait cette femme encore très belle pour son âge.
Joey : Pas vraiment non dit-elle en regardant sa main.
Joanie : Je vous conseille un sac de sable la prochaine fois.
Avec un léger regard gêné, Joey détourna la tête. La veille femme en profita pour venir s’appuyer à ses côtés.
Joanie : C’est mon endroit préféré pour venir réfléchir.
Joey sembla alors seulement remarqué la présence des chevaux dans l’enclos ainsi que la plaine et les montagnes qui s’étendaient au loin.
Joey : C’est vrai que c’est beau dit-elle émerveillée.
Joanie : J’ai bien voyagé quelques fois mais je ne suis jamais parvenue à rester loin très longtemps.
Joey : Vous habitez ici ?
Joanie : Le domaine est à mon époux.
Hébétée, Joey réalisa alors qu’elle était la patronne de Pacey et qu’elle devait forcément le connaître un peu.
Joanie : Je suis peut-être une vieille femme mais je sais encore écoutée lui dit-elle avec un sourire affectueux.
Joey : Je ne sais pas si ça servirait à quelque chose. Je ferais mieux de rentrer chez moi.
Joanie : Pourquoi cela ? Vous avez mis si longtemps à venir…
Stupéfaite, Joey se retourna vers elle et resta silencieuse devant le sourire léger de la femme.
Joanie : Je savais que vous finiriez par venir un jour.
Ne réalisant toujours pas, Joey haussait les sourcils vers elle.
Joanie : J’ai une bonne mémoire des visages lui dit-elle.
Joey : Oh.
Joanie : Vous avez fait beaucoup de route pour repartir si tôt. Attendez un peu, ce serait dommage de perdre quelque chose sur un malentendu.
Après un dernier regard pour Joey, Joanie s’éloigna avant de se retourner vers la jeune fille.
Joanie : Il n’a pas souri depuis si longtemps… soupira t-elle avant de cette fois, disparaître au loin.
Surprise, Joey resserra ses bras contre elle. Cette femme était étonnante ! Mais peut être avait-elle raison. Elle n’avait pas fait tout ce voyage pour rien. Et puis, l’endroit était ravissant et elle avait besoin de vacances, elle n’était même pas obligée de lui parler !


Debout derrière les fourneaux, Richard Hampton, semblait être aussi à l’aise que s’il était assis derrière son bureau. Après avoir nettoyé des box, entraîné et débridé quelques chevaux, vérifié la comptabilité, il n’aimait rien de plus que de pouvoir décompresser au calme dans le havre de paix de sa cuisine. Cette pièce était l’endroit qu’il préférait dans toute la maison. D’un décor rustique et chaleureux, tout y était fait pour que l’on se sente à l’aise. Les meubles d’équipement occupaient deux pans des murs et un comptoir séparait les fourneaux de l’immense table en chêne massif où tous les jours, il aimait voir les gens s’y presser pour déjeuner.
Joanie : Ca sent délicieusement bon…
Richard se retourna vers sa femme et lui sourit tendrement. Même après trente ans de mariage, cette femme parvenait à lui faire chavirer le cœur par son regard.
Richard : Ca sera bientôt près lui dit-il en épiçant son plat.
Cassie : Ca tombe bien, on meurt de faim dit-elle en pénétrant dans la cuisine suivie de près par Craig.
Craig : Ce tablier vous va à ravir Richard se moqua t-il gentiment.
Richard : Dans ce cas, dit-il en regardant Cassie, dis donc au rigolo qui t’accompagne de mettre la table !
En souriant, Craig s’exécuta. Richard était un vieil homme bourru qui derrière son côté rustre cachait un cœur aussi gros que Cleveland.
Joanie : Que fait Pacey ?
Cassie : Il voulait terminer avant, il ne devrait plus tarder.
Pacey : On parlait de moi ? dit-il en passant l’embrasure de la porte.
Richard : Bien, on va pouvoir passer à table. Et notre petite cliente, elle vient manger ?
A l’évocation de Joey, Pacey se raidit. Que lui dirait-il si elle venait se joindre à eux ? Il n’avait pas encore trouvé le courage d’aller lui parler ?
Cassie : Je l’ai croisée, elle n’a pas très faim.
Richard : Elle ne peut pas rester le vendre vide ! s’écria t-il. Pacey, tu vas aller lui amener un plateau !
Pacey : Moi ? s’exclama t-il cloué sur place.
Joanie : Je vais y aller chéri…dit-elle en voyant l’air pétrifié de Pacey.
Richard : Tu es épuisée, Pacey va y aller, il n’en a pas pour longtemps.
Alors que Richard se retournait pour remplir une assiette de plus, Pacey supplia discrètement Craig du regard.
Craig : C’est bon, je vais y aller dit-il en saisissant le plateau. J’ai bien envie de la revoir cette fille.
Richard : Très bien joli cœur dit-il en rigolant. Allez vous autres, à table.
Pacey : Je vais plutôt aller m’allonger, je n’ai pas très faim.
Surpris, Richard le regarda quitter la pièce et se tourna vers sa femme.
Richard : J’ai raté quelques choses ?
Joanie : Mais non chéri dit-elle en posant affectueusement sa main sur la sienne, il est juste fatigué, c’est tout.

Marjo  (02.09.2005 à 20:29)
Après s’être retourné sur son matelas pendant près d’une heure, Pacey s‘était enfin décidé à affronter Joey. S’était ridicule de continuer à faire comme si elle n’était pas là et que rien ne s’était passé. Sa décision prise, il se rendit jusqu’au bungalow et leva la main pour frapper avant que tout son beau courage ne s’envole. L’idée même de la savoir là, à quelques mètres, faisait battre son cœur à cent à l’heure. Ses mains devinrent moites et sa gorge sèche, le discours qu’il avait préparé s’effaça de sa mémoire. Dépité de ne pas parvenir une fois de plus à l’affronter, il fit quelques pas en arrière et s’assit sur les marches de l’habitation. Elle devait probablement se demander pourquoi il ne venait pas. Elle devait lui en vouloir sûrement, et pas que pour aujourd’hui. Après avoir quitté Capeside et compris que ses sentiments ne s’effaceraient pas aussi vite qu’il lui avait été facile de prendre la fuite, il avait pensé bien souvent reprendre contact avec elle. Il ne comptait plus le nombre de fois où il décrochait le téléphone et composait le numéro avant de reposer le combiné, se disant que ce n’était finalement pas une bonne idée. Lorsqu’il avait cru avoir fait le tour de ses doutes et de ses peurs, et avait songé un instant rentrer chez lui, il avait fait un ultime voyage jusqu’ici. Encore une fois, il avait renoncé à rentrer. Mais s’établir ici lui avait fait du bien. C’était la première fois qu’il avait un élément stable dans sa vie, un travail, des amis et des patrons qu’il avait appris à apprécier et à aimer comme des parents. Joanie et Richard Hampton étaient des êtres exceptionnels. Il admirait leurs forces de caractère et leurs joies de vivre, mais par-dessus tout, il enviait le sentiment puissant qui les liait l’un à l’autre. Ils s’aimaient et quiconque les rencontrait ne pouvait mettre cela en doute. Il rêvait un jour de connaître ce même amour mais savait cela impossible. Pour ça, il aurait fallu qu’il puisse un jour aimer quelqu’un plus intensément et plus profondément qu’il n’aimait Joey et cela, c’était tout bonnement irréalisable. Et comme Joey ne l’aimerait jamais…
Joey : Je savais bien que j’avais vu un rôdeur…
Pacey se redressa et lui fit face. L’espace d’une seconde, il fut replongé trois ans plus tôt et se retrouva sur le port de la marina, la première fois où Joey était venue le trouver. Mais revenant au présent, il se rendit compte que bien du temps s’était écoulé et que Joey ne ressemblait plus à la jeune fille qu’il avait connue. Elle avait gardé le charme et la beauté certes, mais l’éclat de son visage avait perdu de sa joie de vivre. Devant sa porte, Joey gardait une certaine distance. Elle l’avait regardé pendant dix minutes avant de se décider à sortir. Maintenant qu’elle était là devant lui, elle espérait bien qu’il ferait le premier pas. Ce serait un moindre mal après tout ce qu’elle avait fait. Elle avait fait 90% du travail, à lui de faire le reste !
Pacey : Bonsoir Joey finit-il par lui dire le regard intense.
Joey : Bonsoir Pacey répondit-elle d’une voix froide.
Pacey perçut son regard glacial et sut qu’il ne s’était pas trompé, elle était bien en colère. Comment lui en vouloir ? Elle gardait ses bras serrés contre sa poitrine, attendant probablement une réaction de sa part. Il ne pouvait pas faire machine arrière maintenant, il l’avait déjà trop déçue par le passé.
Pacey : Je suis surpris de te voir ici lui dit-il en baissant les yeux.
Joey : Tu veux dire ici dans cette auberge parce que tu n’es sûrement pas surpris de me voir dans cette chambre étant donné que tu m’as déjà vue ce matin lui dit-elle sèchement.
Pacey : Tu m’as pris au dépourvu dit-il en baissant la tête, mal à l’aise.
Joey : Tu as pourtant eu trois ans pour te préparer à une telle éventualité.
Joey ne se défaisait pas de son attitude blessée et exaspérée. Il lui aurait été trop facile de lui prodiguer de simples excuses, non. En plus, elle n’ignorait pas qu’elle aurait été capable de les accepter et aurait cédé à son désir de courir le serrer dans ses bras et de lui dire combien il était bon de le revoir. Se rappelant qu’il n’avait aucune envie de la voir ici, elle était décidée à s’abstenir de toute marque de joie ou de plaisir à sa vue.
Pacey : Tu m’en veux apparemment.
Joey : Détrompe toi, je m’en fiche mentit-elle. J’ai ma propre vie maintenant, et elle n’a rien à voir avec toi ! J’ai besoin de vacances et c’est pourquoi, je vais rester ici quelques jours mais ne t’en fais pas, rien ne t’oblige à venir me voir ou même à me parler.
Pacey détourna le regard afin de lui cacher sa déception. Il aurait tant voulu que les choses se passent autrement. Il allait la détromper, lui dire qu’il était ravi de la voir ici lorsqu’elle se retourna vers sa chambre.
Joey : Ca sera d’autant mieux d’ailleurs lui dit-elle sans se retourner vers lui.
Silencieux, il la regarda rentrer dans sa chambre, sachant pertinemment qu’il était inutile d’insister avec Joey. S’il était sûr d’une chose, c’était bien qu’elle avait toujours son sale caractère. La porte à peine refermée, Joey s’appuya dessus, les larmes aux yeux. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendue en venant ici, mais en tout cas, pas à ça.


Nonchalamment, Cassie marchait vers les écuries. C’était une belle journée et elle avait envie de faire une ballade à cheval. C’était exactement ce qu’il lui fallait pour s’aérer un peu la tête. Ces derniers temps, elle parvenait de moins en moins bien à cacher qu’elle était préoccupée. Elle faisait encore correctement son travail mais dès qu’elle avait terminé, aussitôt, elle se replongeait dans un futur qu’elle n’aurait jamais. Parfois, elle se demandait si à force de vivre dans ses rêves, elle allait pouvoir se créer un véritable avenir. Elle n’avait que 21 ans mais son âge lui paraissait plus lourd à certain moment. En soupirant tristement, elle pénétra dans l’allée et s’arrêta. Craig était là. En sifflotant, il sellait Midway. Elle le contempla un instant, un sourire appréciateur se dessina sur son visage. Dans son jeans et son t-shirt noir, il était terriblement séduisant. Ses cheveux mouillés aux reflets dorés lui retombaient sur le front. Se rendant compte de sa présence, il lui décocha un sourire charmeur.
Craig : Le tableau te plait ? la taquina t-il.
Cassie : Absolument. J’ai toujours trouvé que Midway était un superbe pur sang.
En rigolant, il secoua la tête. Cette fille ne lui ferait jamais le plaisir d’un compliment ! Il vivait sur ce domaine avec ses parents depuis plus de vingt ans et la connaissait depuis qu’elle était toute petite. Il y a des années, elle était toujours flanquée derrière lui et aujourd’hui, elle faisait montre d’une grande répartie à son égard. Elle avait toujours une moquerie en réserve pour lui. Mais il avouait que cela ne lui déplaisait pas. Cette petite avait du répondant et ça lui servirait plus tard.
Cassie : Tu n’as pas vu Pacey ? demanda t-elle en se rapprochant légèrement.
Craig : Il s’est levé aux aurores et a emmené certains chevaux se dégourdir les jambes.
Cassie : Tu ne trouves pas qu’il est bizarre en ce moment ?
Craig : Non, pas particulièrement mentit-il. Et toi, que viens-tu faire par ici ? demanda t-il pour changer de sujet.
Cassie : J’avais envie d’emmener Lazlo faire un tour dit-elle en désignant un jeune étalon noir.
Craig : Tu veux que je te le selle ? lui proposa t-il.
Cassie : Me prendriez-vous encore pour une petite fille monsieur Ford ?
Craig : Loin de moi cette idée !
En effet, pour l’avoir vu grandir, il savait qu’elle n’avait rien d’une petite fille. En l’espace de 5 ans, son corps avait considérablement changé, elle était plus élancée, sa poitrine, plus avantageuse, ses hanches plus étroites, ses jambes pour les avoir vu une fois alors qu’elle était en robe étaient fines et longues et son visage…ses yeux rieurs, d’une jolie couleur noisette éclairait son regard entouré de ses boucles châtains. Il poussa un léger soupir en jetant un coup d’œil vers elle pendant qu’elle sortait Lazlo de son box… il lui arrivait parfois même de se laisser aller à se dire qu’elle était extrêmement séduisante sous son air renfrogné. Heureusement pour lui, ses pensées étaient vite chassées en se rappelant la petite peste qu’elle était à 14 ans !
Cassie : Et toi, qu’est-ce que tu comptes faire ?
Craig : Je vais rejoindre Clara près de l’étang, elle devait faire quelques photos des chevaux sauvages pour la brochure que tes parents veulent faire pour l’auberge.
Cassie détourna la tête en se concentrant sur ce qu’elle faisait. Après tout, il faisait ce qu’il voulait…Clara était magnifique, et elle au moins, elle était une femme. Silencieusement, elle prépara Lazlo et sortit. L’après midi était beau et elle n’avait aucune envie de le gâcher. Malheureusement, elle allait devoir galoper très vite si elle voulait se vider la tête.


Fièrement assis sur Blackberry, Richard, du haut de la colline, regardait l’étendu de ses terres. Tout ce qui était à perte de vue et au-delà lui appartenait. Des milliers d’hectares sur lesquels était érigée sa maison, les bungalows qu’il avait fait construire dix ans auparavant, lorsque sa douce Joanie avait eu envie de faire partager la vue à tous, les enclos où certains chevaux paissaient tranquillement. Il était né ici, tout comme son père et son grand père avant lui. Le domaine ainsi que la centaine de chevaux qu’abritaient ses écuries, étaient un héritage familial et un jour, Cassie en hériterait. Il était déçu parfois de ne pas avoir eu de fils, mais il savait que Cassie s’en occuperait très bien, elle appartenait à ses terres, il les savait ancrés profondément en elle. Son autre espoir était qu’elle trouve un mari à sa hauteur, il lui fallait quelqu’un qui s’attache à cet endroit et éprouve une véritable passion pour « HamptonFork ». Mais il lui faisait confiance, elle saurait choisir quelqu’un de bien. Sa fille avait un jugement sûr pour ce qui était des gens. Elle tenait ça de sa mère. En souriant, il aperçut Pacey qui rentrait au haras, cinq juments trottinant devant lui. Il avait eu raison d’engager ce garçon. Sa femme et sa fille s’étaient prises de sympathie d’emblée pour lui et il s’était fié à elles. Pacey était un garçon fiable sur qui il pouvait compter. Novice dans le domaine des chevaux, il avait très vite appris et aujourd’hui, il les lui confiait sans crainte. De plus, Craig s’était porté garant pour lui et il avait une confiance aveugle dans le jeune homme. Regardant le soleil, il décida qu’il était tant de rentrer. Il rejoignit alors Pacey.
Richard : Comment ça va mon garçon ?
Pacey : Bien lui dit-il en souriant. Je les ai emmenées se dégourdir les jambes, je sais qu’elles font partie de la prochaines « saillies » et je me suis dis qu’un peu d’exercice pourrait leur faire du bien dit-il en désignant les juments devant lui.
Richard : Tu as bien fait lui dit-il en souriant.
Ils restèrent silencieux quelques instants avant que Richard ne reporte son regard sur lui.
Richard : Tu sais que si tu as un souci, tu peux m’en parler…
Pacey lui paraissait préoccupé et au-delà du fait qu’il vivait sous son toit et qu’il prenait soin de ses employés, le garçon était quelqu’un de bien et il aurait souhaité ôter de son visage, l’air absent et triste qu’il arborait trop souvent.
Pacey : Tout va bien monsieur.
Richard : Oh là, j’ai l’impression d’avoir pris dix ans d’un coup ! Je t’ai déjà demandé une bonne vingtaine de fois de m’appeler Richard non ?
Pacey : Désolé Richard, j’ai la tête ailleurs.
Richard : C’est bien ce que je vois. Il y a un problème au haras ?
Pacey : Oh non le démentit-il. J’adore cet endroit et je vous suis vraiment reconnaissant de m’avoir engagé comme ça, sans référence et sans aucune certitude que je puisse faire l’affaire.
Richard : J’ai bien fait.
Pacey lui adressa un sourire timide de reconnaissance. Il ne connaissait pas très bien Richard, qui était souvent parti en voyage mais il avait un profond respect pour lui. C’était ce qui se dégageait de cet homme, du charisme et de l’autorité, tout ça, sous couvert d’une grande bonté et d’une gentillesse non feinte.
Pacey : Merci.
Arrivé à la propriété, Pacey regroupa les juments.
Pacey : Je vais les ramener et ensuite, j’irai voir comment se porte Caramel, elle n’avait pas l’air d’aller très bien ce matin.
Richard : Son poulain ne devrait plus tarder.
Pacey : Ouais.
Richard : Si tu as le moindre doute, appelle moi et préviens Walt.
Pacey hocha la tête et disparut vers les granges. Tournant la tête, il aperçut Joey près du lac, un chevalet devant elle. Alors elle avait repris la peinture…Il hésita à aller lui dire bonjour mais elle avait été claire, elle se porterait mieux si il restait à l’écart. En baissant la tête, il exécuta ses désirs.


Joey tendit son visage au soleil en respirant profondément. La journée était magnifique…Elle avait eut raison de se décider à prendre un peu l’air après avoir passé la matinée à ruminer dans sa chambre. Elle releva la tête au moment où une horde de chevaux sauvage galopait au loin. Le spectacle était magnifique. Reprenant son pinceau, elle se hâta d’immortaliser cette image. Tout à sa tâche, elle n’entendit pas quelqu’un venir derrière elle et regarder par-dessus son épaule.
Joanie : C’est magnifique.
En sursautant, Joey se retourna et découvrit la propriétaire des lieux dans son dos. Elle reprit sa respiration en soupirant.
Joanie : Je ne voulais pas vous effrayer s’excusa t-elle. J’étais juste curieuse.
Joey : Ce n’est rien.
Elle se déplaça légèrement et laissa la vieille femme prendre connaissance de ce qu’elle avait fait jusque là.
Joanie : C’est vraiment très joli ! Vous avez beaucoup de talent.
Joey : Merci lui dit-elle gênée. Ma mère peignait, je tiens ça d’elle.
Joanie lui sourit tendrement et s’assit sur le banc à ses côtés.
Joey : Votre domaine est magnifique. J’ai marché un peu ce matin et je ne savais pas où donner de la tête. Il doit y avoir énormément de personnes chargées d’entretenir cet endroit ! s’exclama t-elle.
Joanie : En effet, mais ces terres méritent ce qu’il y a de mieux. Elles sont dans la famille de mon mari depuis plus de cent ans.
Joey écarquilla de grands yeux stupéfaits. Avec un regard tout neuf et empli de respect, elle contempla de nouveau le paysage qui prit pour elle, une nouvelle signification, signe que quelque chose pouvait être éternel. Elle imagina les gens vivre ici cent ans auparavant.
Joey : Je peux vous posez une question ? lui demanda t-elle timidement.
Joanie : Bien sûr lui dit-elle d’une voix où coulait la gentillesse.
Joey : Est-ce que Pacey vous a parlé de moi ?
Sitôt sa question avait franchi la barrière de ses lèvres qu’elle la regretta. Elle s’était juré de ne plus accorder d’importance à Pacey, aussi minime fut-elle.
Joanie : C’est un garçon qui ne parle pas beaucoup de ses sentiments. J’ai bien essayé de le faire parler quelque fois mais j’ai renoncé. En général, je préfère attendre que les gens soient prêts.
Joey fut déçue quelque part. Elle aurait aimé qu’il parle d’elle, même vaguement. L’avait-il complètement oubliée ? Si elle n’était pas venue d’elle-même, l’aurait-elle revu un jour ?
Joey : Alors comment vous vous souvenez de moi ? C’est vrai, beaucoup de gens ont du venir ici depuis trois ans !
Joanie : Oui, mais vous m’avez fait penser à moi et à Richard, mon époux. J’ai cru reconnaître la même tendresse dans vos regards que dans les nôtres lorsque nous avions votre âge.
Mal à l’aise et touchée à la fois, Joey détourna le regard en replaçant ses cheveux derrière son oreille. C’est vrai que ce qui les caractérisait le mieux, c’était la tendresse. Il n’y avait peut-être pas d’amour ou de sentiment de cette sorte, mais il ne manquait pas de tendresse. Parfois, elle se surprenait encore à se réveiller en pleine nuit en sentant le souffle chaud de Pacey sur son cou et son bras autour de sa taille.
Joanie : Je n’ai jamais compris pourquoi il était revenu ici seul, au bout d’un an et demi. Mais je savais au fond de mon cœur qu’un jour, vous finiriez par venir.
D’un sourire timide, Joey la contempla. Le regard de cette femme était doux et empli de sincérité.
Joanie : Vous aviez l’air tellement amoureux que vous ne pouviez pas rester séparés toute la vie.
Surprise, Joey la dévisagea ? Amoureux ? Non, il n’avait jamais été question de ça, elle se trompait. Mais elle avait l’air tellement sûr d’elle que Joey n’osait pas la détromper.
Joanie : On vous attend pour dîner ce soir dit-elle en posant sa main sur son bras. Venez, cela vous fera du bien.
Avec un dernier sourire, Joanie resserra son gilet sur ses épaules et regagna leur grande demeure. Songeuse, Joey se demandait si c’était une bonne idée ? Pacey y serait à coup sûr. Après tout balaya t-elle cette idée d’un geste, il fallait bien qu’elle mange !


Craig : Je t’assure ! Cette fille est folle de moi.
Pacey : Qu’est-ce qui peut bien te faire penser une chose pareille ??
Craig : A sa façon de me regarder, je suis sûr que je lui plais !
Tout en marchant dans le couloir qui le menait à la cuisine principale, Pacey jaugeait Craig du regard.
Pacey : Ton dernier rendez-vous chez l’opticien, c’était il y a longtemps ?
Craig : Je te vois venir, tu es simplement jaloux qu’une fille aussi belle m’ait choisi moi comme guide et non toi !
Pacey : Oh oui, c’est fou, je croule sous la jalousie minauda t-il en rentrant dans la cuisine côte à côte avec Craig.
Son regard rencontra celui de Joey et il se figea. Il n’avait pas pensé un instant qu’elle pourrait être là ! Rapidement, il baissa la tête.
Richard : Excusez-les, ils sont encore jeunes ! dit-il en regardant Joey.
Joey : Ce n’est rien dit-elle en évitant de regarder Pacey.
Surtout, ne pas croiser son regard se dit-elle en se ressaisissant. Lorsqu’elle l’avait vu entrer dans la pièce, un sourire espiègle au coin des lèvres, elle avait tressailli. Avait-il eu le temps de s’en rendre compte ?
Richard : Comme vous le voyez, nous avons de la compagnie, alors je vous demanderai de bien vous tenir. Compris joli cœur ? dit-il avec un regard appuyé pour Craig.
Joey qui n’avait pas vu à qui il s’adressait, frissonna en pensant qu’il parlait à Pacey ? L’idée qu’il puisse avoir eu beaucoup de conquêtes féminines depuis qu’il avait quitté Capeside lui traversa l’esprit. Elle refoula cette pensée désagréable et se concentra sur la marmite que Richard déposait sur la table.
Joey : Ca sent vraiment très bon monsieur Hampton.
Richard : Appelez-moi Richard lui dit-il avec un sourire ravi. Ce n’est qu’un simple ragoût de mouton.
Cassie : Un simple ragoût de mouton ! Ne l’écoutez pas, il est le roi en cuisine.
Joey lui adressa un vague sourire timide. Elle n’oubliait pas la complicité qu’elle avait pu entrevoir entre Pacey et elle. Avec un sourire charmeur, Craig vint s’asseoir à ses côtés alors que Pacey prenait place en bout de table de l’autre côté.
Joanie : Comment s’est passée la séance photo Craig ?... Nous voulons créer une brochure pour promouvoir l’auberge expliqua t-elle à Joey.
Craig : Très bien, Clara est très satisfaite des photos qu’elle a faites ! Elle a été formidable aujourd’hui.
Cassie : Oui c’est vrai… dit-elle en regardant Joey, vous devriez la voir, elle appuie sur un bouton comme personne !
Avant même de lever la tête, Joey avait perçu le léger rire moqueur de Pacey et le sourire complice qu’il adressait à Cassie. Craig allait répliquer lorsque Richard intima d’un geste de ne pas en rajouter. Avec un petit air de déception, Craig ravala la remarque acerbe qui lui brûlait la langue.
Richard : Alors, que faites-vous par ici mademoiselle Potter ?
A cette question, Pacey releva la tête et jeta un coup d’œil vers Joey qui était soudain mal à l’aise. Lui aussi aurait aimé avoir une réponse claire à cette question !
Joey : Je suis venue par hasard. J’ai un peu de vacances et je voulais les passer dans un endroit calme.
Cassie : Pourquoi avoir choisi « HamptonFork » ? lui demanda t-elle curieuse.
« Je t’en pose des questions » morigéna Joey dans sa tête.
Joey : J’étais déjà venue une fois.
Richard : Vraiment ??
Joey s’autorisa un regard vers Pacey. Il mangeait tranquillement sans chercher à se mêler à la conversation.
Joey : C’était il y a longtemps. C’est du passé maintenant lâcha t-elle le visage fermé.
A cette réponse, Pacey encaissa le coup sans sourciller. Pourtant, au fond de lui, il était sincèrement blessé. Joey guetta sa réaction, elle lui avait dit de ne pas faire attention à elle et on pouvait dire qu’il s’en sortait remarquablement bien ! se dit-elle agacée. De toute façon, qu’avait-elle cherché en lui demandant ça ?
Joanie : Comment va Caramel Pacey ? demanda t-elle pour détourner l’attention des autres sur Joey.
Pacey : Elle m’a paru fatiguée. Je pense qu’elle ne devrait plus tarder à mettre bas. J’ai appelé Walt, il m’a dit qu’il viendrait la voir ce soir. ..D’ailleurs dit-il en portant une dernière fois sa fourchette à sa bouche, je vais aller voir ce qu’il en pense.
Joanie : Tu n’as pas fini ton assiette ! s’exclama t-elle.
Pacey : Je n’ai pas très faim…
Richard : Encore ?? s’étonna t-il. Mais tu n’avais déjà pas très faim hier !
Mal à l’aise, Pacey osa un coup d’œil vers Joey qui l’ignorait superbement.
Pacey : Je me rattraperai demain matin lui promit-il avant de s’éclipser.
Il ne pouvait pas supporter plus longtemps l’indifférence de Joey. D’accord, il l’avait probablement blessée mais il avait passé tellement de temps à penser à elle durant ces trois ans qu’être près d’elle sans pouvoir lui parler ou la toucher lui était insupportable. Ils avaient pourtant tellement de choses à se dire soupira t-il sombrement.


Deux jours plus tard, Joey déambulait tranquillement dans le domaine et plus particulièrement près des granges. Elle avait marché au hasard et ses pas l’avaient portée ici, où elle était presque sûre d’apercevoir Pacey à un moment donné. Depuis qu’elle était là, elle l’avait bien observé lorsqu’il ne la voyait pas, il s’y prenait vraiment très bien avec les chevaux, ils se sentaient en confiance avec lui. Il était doux et prévenant avec les animaux….il avait été aussi comme ça avec elle il fut un temps songea t-elle nostalgique. Pourquoi était-il si difficile d’être près de lui ? Abandonnant ces pensées elle décrocha son portable qui sonnait depuis un moment. Un sourire aux lèvres, elle lut le nom de son interlocuteur sur l’écran.
Joey : Salut Dawson.
Dawson : Comme tu ne te décides pas à m’appeler, je me suis dis que j’allais le faire.
Joey : Comment je vais ? Bien, merci et toi ?
Dawson : Joey !!
Joey : Dawson, si je ne t’appelle pas, c’est que tout va bien non ?
Dawson : Donc tu lui as parlé ? Jen m’a dis qu’il était bien là bas.
Joey : Il est bien là oui dit-elle d’une voix plus fine.
Dawson : Tu as pu avoir l’explication dont tu avais besoin ?
Joey hésita à lui répondre. A tout bien réfléchir, elle avait eut une partie de réponse, il ne souhaitait plus la voir, ça au moins c’était clair se dit-elle tristement, mais il y avait encore bien d’autres questions qu’elle se posait. Dire la vérité à Dawson l’inquiéterait mais elle s’était faite la promesse le jour où il lui avait pardonné de ne plus jamais lui mentir, même pour un truc aussi bénin que le temps qu’il faisait.
Joey : Pas vraiment….
Au moins, elle ne pouvait pas faire plus honnête !
Dawson : Comment ça « pas vraiment » ? l’entendit-elle s’énerver.
Joey : Attends Dawson, les choses ne peuvent pas se régler comme ça, du jour au lendemain.
Dawson : Tu lui as parlé oui ou non ?
Joey : Pas tout à fait…
Dawson : Joey tu brilles par ton imprécision là ! Tu as eu la conversation que tu voulais avoir avec lui ou pas ?
Joey : Non répondit-elle en grimaçant.
Dawson : Mais c’est pas vrai, a quoi il joue ??? Tu fais tout le déplacement et lui il t’ignore !!
Joey : Tu ne comprends pas l’excusa t-elle. C’est moi qui lui ai demandé de faire comme si je n’étais pas là.
Un silence fit suite à l’autre bout du combiné.
Dawson : Alors là je comprends plus…dit-il perdu. Qu’es-tu partie chercher là bas alors ?
En tournant la tête, Joey aperçut Pacey et Craig sortir d’une grange. Couvert de graisse, Pacey l’aperçut et laissa son regard quelques secondes plongé dans le sien avant d’adresser un regard triste à Craig et de s’éclipser.
Joey : Je ne sais plus très bien…répondit-elle troublée. Je te rappelle.
Dawson n’eut pas le temps de répondre quoique ce soit qu’elle avait raccroché. Craig s’avança vers elle, un sourire charmeur sur les lèvres.
Craig : Bonjour Joey.
Joey : Dure matinée ? lui demanda t-elle en lui montrant son état.
Craig : Oh, juste la vieille camionnette à réparer. Enfin, avec Pacey ont en est venu à bout. Vous voyez qui est Pacey ? C’est celui qui était avec moi il y a quelques minutes dit-il en observant sa réaction.
Joey : Oui, je vois qui sait répondit-elle simplement.
Pacey lui avait-il parlé de la relation qu’ils avaient entretenu ou s’était-il contenter de lui dire qu’il la connaissait et qu’il n’avait simplement aucune envie de la revoir ? Il était peu probable qu’il se soit laissé aller, visiblement, il n’en avait parlé à personne, pour lui, cette partie de sa vie appartenait à son passé. Il avait comme tiré un trait sur tout ce qui était lui avant ces trois dernières années. Elle y comprit.
Craig : Je vais aller prendre une bonne douche. A bientôt.
Joey lui fit un léger sourire et le regarda partir. A tout bien réfléchir, ce garçon était sympathique. D’un pas léger, elle décida d’aller voir de plus près Caramel, cette jument pour qui Pacey s’en faisait tant.


Assise dans le jardin, Joanie buvait tranquillement un thé avec Beth, la mère de Craig. Depuis que Richard avait engagé Robert Wallace Ford, et que lui, sa femme et leurs fils étaient venus s’établir sur la propriété, Joanie et Beth étaient devenus de véritables amies. Elles comblaient le temps pendant que leur mari s’exténuait au travail. Elles avaient passé des heures à bavarder, de leurs époux, de leurs enfants, de leurs vies et parfois même, de leurs rêves, si tant est qu’elles en avaient encore. Dieu avait pourvu à leur désir en leur apportant déjà tout ce dont elles avaient besoin. Que pouvait-elle demander de plus ! En portant sa tasse à ses lèvres, Beth aperçut Craig et Cassie entrain de se chamailler. Le garçon énervait visiblement la jeune fille qui lui lançait des éclairs. Un doux sourire se peignit sur ses lèvres. Elle se demandait si un jour, ces deux là cesseraient de se disputer. Cela semblait être leur seul mode de communication, et cela, depuis qu’ils étaient tout petits.
Beth : Tu crois qu’ils nous ficheront la paix un jour ?
Amusée, Joanie suivit son regard en sachant déjà ce qu’elle allait voir. A son tour, elle ne put s’empêcher de sourire.
Joanie : Il faudra bien qu’il grandisse.
Beth : Craig à 25 ans lui rappela t-elle.
Joanie posa une main chaleureuse sur celle de son amie.
Joanie : Cassie le fera grandir lui dit-elle sûre d’elle.
Beth : Que dieu t’écoute !
Silencieusement, Beth étudia Cassie et pour la première fois depuis longtemps, elle la vit d’un autre œil.
Beth : Ta fille a bien grandi !
Joanie éclata d’un léger rire.
Joanie : C’est ce qui arrive au fil du temps.
Beth : Elle est déjà une vraie jeune femme !
Joanie : Une jeune femme peut être mais une jeune femme entêtée ! lui assura t-elle. Elle passe ses examens dans quinze jours et elle ne s’accorde même pas une minute pour s’amuser ! Elle passe son temps entre les bouquins et les chevaux.
Beth : Elle sait ce qu’elle veut dans la vie et elle fait tout pour l’obtenir.
Joanie : Oui, mais elle pourrait s’accorder un peu de temps pour décompresser ! Elle ne veut même pas aller à une fête qu’organise une de ses amies le week end prochain.
Beth : Pourquoi cela ? s’étonna t-elle. Cette fille respire la joie de vivre, elle adore s’amuser.
Plus depuis quelques temps se dit sa mère songeuse. Cassie avait changé, elle s’était renfermée. Elle se promit d’avoir une conversation avec sa fille.


Délicatement, Joey prodiguait de douce caresse à Caramel. Cette jument était magnifique, elle était tombée en admiration lorsqu’elle avait pénétré dans l’écurie. De ce fait, elle n’avait pu s’en détacher. Le regard triste du cheval l’avait touchée, comme si elle savait qu’elle n’avait pas encore fait le plus dur.
Joey : Tout se passera bien ma belle lui promit-elle tendrement.
Sentant une présence sur le côté, elle tourna la tête et plongea directement son regard dans celui de Pacey. Douché et rasé de frais, il avait les mains dans les poches de son jean bleu nuit alors que ses cheveux, légèrement éclaircis par le soleil, lui barraient le front, laissant des gouttes d’eaux éclabousser son débardeur blanc et ses larges épaules nues. Seigneur qu’il était beau ! Elle sentit une bouffée de chaleur monter dans toutes les parties de son corps. Pacey voyait-il le trouble qui s’était emparé d’elle ? Soudain, il baissa la tête et esquissa le mouvement de partir. Une colère sourde déferla en elle.
Joey : C’est pas parce que j’ai dit que tu n’étais pas obligé de venir me voir ou de me parler que tu es obligé de quitter une pièce quand tu vois que j’y suis ! s’énerva t-elle.
Voilà, c’était dit. A peine les mots avaient-ils franchi sa gorge qu’elle les regretta ! Maintenant, plus rien n’empêchait qu’ils aient la discussion qu’elle redoutait. Elle se morigéna en se forçant à ne pas détourner le regard. Ils n’étaient plus des gosses quand même !
Pacey : Je croyais que c’était ce que tu voulais ? dit-il surpris.
Joey : Ca t’arrangerait bien, hein ?
Pacey : Je comprends plus là Joey…dit-il perdu. Qu’attends-tu de moi ?
Joey : Rien maugréa t-elle entre ses dents. Qu’est-ce que je devrais attendre de toute façon de quelqu’un qui fuit tout le temps !
Abasourdi, Pacey écarquilla de grands yeux avant de la dévisager. Bon, ce n’était pas tout à fait faux, il avait fuit il y a trois ans et aujourd’hui encore, il avait l’impression de fuir. Mais il avait de bonnes raisons nom de non ! Ne voyait-elle pas qu’elle le rendait dingue ! Qu’alors même qu’elle n’occupait que ses pensées il vivait un calvaire et sa présence ne faisait que l’aviver encore plus. Il était parti pour elle et là, il ne faisait que respecter sa volonté.
Pacey : Bon sang qu’est-ce que tu crois ? s’énerva t-il à son tour. Que ça a été facile pour moi ? Que je suis parti sans jamais regarder en arrière ? J’ai quitté ma ville, ma famille et toutes les chances que j’avais un jour de récupérer mes amis ! lui rappela t-il.
Joey : C’était ta décision ! s’indigna t-elle.
Pacey : Oh je t’en prie, comme si j’en avais d’autres !
Joey : Evidemment ! Tu aurais pu rester et affronter la situation ! Aujourd’hui, tes amis tu les aurais récupérés.
Pacey : Ne dis pas de bêtises soupira t-il.
Joey : Si j’ai pu trouver leur pardon, tu aurais pu le faire aussi.
Pacey : J’ai blessé Andie bien plus que toi, quant à Dawson…
Il s’arrêta, réalisant qu’il n’avait jamais reparlé de tout ça et que c’était la première fois en trois ans qu’il prononçait leur nom à voix haute.
Pacey : Il ne m’aurait jamais pardonner… termina t-il d’une voix à peine audible. Mon départ l’a calmé, vous êtes de nouveaux amis et c’est tant mieux. Sans moi dans les parages, il était plus facile pour lui de te pardonner.
Joey écarquilla de grands yeux. Que voulait-il dire là… était-il possible que…qu’il l’ait fait pour elle….non. Elle secoua la tête, cette idée était complètement absurde.
Joey : Attends, mais je ne t’avais rien demandé moi !!
Pacey : Et qu’est-ce que tu aurais voulu ! Que je reste peut être ?
Joey : Bien sûr, j’avais besoin de toi ! s’écria t-elle avec force.
Ses poumons lui brûlaient tant elle avait hurlé ce qui pour elle était une évidence. Pacey semblait surpris et légèrement déstabilisé. Le temps s’était comme suspendu alors que leur regard ne se quittait pas. Ils pouvaient à peine entendre le hennissement des chevaux, pourtant présent partout autour d’eux. Pacey avait toujours cru que seul l’amitié de Dawson avait de l’importance aux yeux de Joey et que ce qu’ils avaient fait représentait bien peu pour elle. Si ce n’est une erreur à oublier.
Joey : Mais ça, ça t’était bien égal continua t-elle maintenant gagnée par l’émotion.
Péniblement, elle ravala ses larmes. Non, elle ne lui ferait pas se plaisir. Il ne verrait pas dans quel état il pouvait la mettre.
Pacey : Tu sais très bien que c’est faux lui dit-il radoucit.
Joey : Je ne sais rien du tout. Tout ce que je vois moi, c’est qu’on était deux dans l’histoire et que tu m’as laissée toute seule me dépêtrer.
Pacey avait la gorge sèche. Il avait l’impression de rêver tellement il était abasourdi. Elle le prenait pour un lâche !!!
Pacey : Attends un peu, je ne suis pas parti parce que j’avais peur la détrompa t-il, ça n’avait rien à voir avec ça !
Joey : Avec quoi alors ? lâcha t-elle dubitative.
Pacey soupira lourdement, il n’avait aucune envie de se laisser entraîner sur ce terrain. Elle le croyait lâche, bien, qu’elle continue.
Pacey : Comme tu dis, c’est du passé maintenant. Il est inutile de revenir dessus.
Joey : Tu continues à fuir là ! s’exclama t-elle agacée.
Pacey : Dans ce cas, je suis probablement le lâche que tu crois lui dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Il tendit l’oreille et entendit un gémissement venir du box de Caramel. Il se rapprocha rapidement afin de voir ce qu’il se passait et fut inquiet de voir la jument allongée sur le côté, souffrant visiblement. Il se précipita à ses côtés en quelques enjambées.
Pacey : Va prévenir Richard s’il te plait ! demanda t-il avec un regard implorant sur Joey.
Oubliant qu’ils étaient en pleine conversation importante, Joey se dépêcha.

Marjo  (02.09.2005 à 20:43)
En soupirant, Cassie referma le bouquin qu’elle venait pourtant à peine d’ouvrir. Ce n’était pas la peine qu’elle essaye aujourd’hui, elle n’y parviendrait pas. Agacée, elle se laissa retomber sur le ballot de paille qu’elle avait prit pour coussin. Elle détestait ces jours maudits où elle se laissait envahir par ses frustrations. Pourquoi ne pouvait-elle pas passer outre ? Parce qu’elle était amoureuse se dit-elle en repoussant la vague de tristesse qui menaçait de s’abattre sur elle. Pourquoi de tous les garçons, avait-il fallut que se soit lui ? Tout les séparait à commencer par le fait qu’il ne voyait en elle qu’une petite enquiquineuse doublée d’un garçon manqué ! Il n’avait pas le même âge. Elle avait des diplômes, pas lui. Elle faisait partie des patrons, lui des employés. Bien qu’en réalité, rien n’était véritablement un problème. S’il l’avait aimée, elle savait qu’elle aurait su se monter docile et jolie. Ils n’avaient que quatre petites années d’écart et en amour, cela ne voulait pas dire grand-chose. Il n’avait pas fait de grandes études ? Qu’importe, elle ne l’aimait pas pour ça, il avait des qualités bien plus grandes que ce que lui aurait apporté un vulgaire bout de papier. Quant à leur différente hiérarchie, son père le considérait comme son fils ! Et elle avait bien plus à apprendre de lui que elle à lui enseigner…Non, la seule chose qui les séparait vraiment était qu’elle n’était pas son genre. Il aimait les filles plus âgées et, surtout, mieux faites. Elle n’était pas terrible elle, comparée à celles qu’il avait l’habitude de fréquenter. Mais elle l’aimait comme jamais aucune de ces filles ne pourrait le faire, ça elle en avait la conviction. Elle était tombée amoureuse de lui dès qu’elle s’était sentie attirée par la gente masculine. La découverte de ses sentiments l’avait terrorisée. Elle n’avait alors que 14 ans, et lui courait déjà après toutes les filles. Oh Craig…pensa t-elle en fermant les yeux pour laisser son visage envahir ses pensées. Soudain, comme si le fait de penser à lui pouvait le matérialiser, elle l’entendit entrer dans la grange en parlant à quelqu’un. Heureusement, d’où elle était, il ne pouvait pas la voir. Elle se tassa et écouta.
Craig : Tu penses avoir fini dans combien de temps ?
Clara : Et bien, avec la pellicule que je viens de faire, il ne me restera plus qu’à faire le montage.
Evidemment se dit-elle tristement, il était encore avec cette fille ! Depuis qu’elle était arrivée au haras, il ne l’avait quasiment pas lâchée d’un pouce. Pour un peu, elle qui n’était pas machiavélique pour un sou, elle aurait demandé à son père de la virer ! Mais il aurait fallu donner une explication et elle n’avait aucune envie de le faire.
Craig : J’ai hâte de voir ce que ça va donner.
Clara : En tout cas, je voulais te dire merci, c’est grâce à toi, tu m’as vraiment beaucoup aidé.
Craig : Il n’y a pas de quoi, c’était avec plaisir.
Elle l’imaginait d’ici offrir à cette fille un de ses sourires charmeurs dont lui seul avait le secret. Elle aurait tout donné pour qu’un jour, il la regarde comme il regardait les autres.
Clara : Monsieur Ford, vous êtes un homme rare lui dit-elle d’une voix suave.
Cassie trépigna. Elle ne pouvait pas s’en trouver un autre d’homme rare non, il fallait qu’elle lui pique le sien !
Craig : Que dirais-tu d’aller dîner en ville ?
Clara : J’adorerais cela lui répondit-elle d’une voix mielleuse.
C’était plus qu’elle ne pouvait en supportait.
Cassie : Il y a des gens qui voudrait bien travailler un peu dit-elle en rouvrant son livre.
Se penchant légèrement sur le côté, Craig et Clara s’aperçurent de sa présence.
Clara : Désolée dit-elle avec un sourire contrit. De toute façon, il faut que je file. Tu passes me prendre après le boulot ? demanda t-elle à Craig.
Cassie observa l’air ravi de Craig lorsqu’il hocha la tête. Il ne reporta son attention sur elle qu’une fois que cette pimbêche fut sortie de son champ de vision. Enervée, elle fit mine de se concentrer.
Craig : C’est pas très joli d’écouter aux portes dit-il en se rapprochant d’elle.
Cassie : Je te signale que j’étais là la première.
Craig balaya la conversation d’un geste. En temps normal, il aurait adoré se livrer à une joute verbale avec elle mais là, son après midi s’était vraiment très bien passé et il n’avait aucune envie de ternir le reste de sa soirée. De plus, il était inutile de polémiquer avec elle lorsqu’elle avait cet air renfrogné.
Craig : Alors, qu’est-ce que tu lis ? lui demanda t-il en se laissant tomber à ses côtés.
Cassie soupira d’aise un instant, se laissant envahir par la douce odeur fruitée de son after-shave. Que cette promiscuité avec lui était douce !
Cassie : « Le comportementalisme des animaux en milieu naturel ».
Craig : Passionnant lâcha t-il avec un sourire moqueur.
Cassie : Le terme approprié est « obligatoire ». Mon examen est dans quinze jours.
Craig : Ah oui, j’oubliais. Comment se passe les révisions ?
D’un coup, il lui paraissait intéressé et sincère.
Cassie : J’ai encore pas mal de choses à revoir mais je pense que ça va.
Craig : Ca va aller Cass, t’es une championne.
Vivement, elle tourna la tête vers lui et sourit au clin d’œil qu’il lui fit. Ca valait tous les sourires charmeurs du monde. Et puis, il utilisait rarement son surnom, sauf dans des moments comme celui-ci, des instants de douce complicité. Elle aimait la sonorité du mot dans sa bouche.
Craig : Bon ben c’est pas tout ça, mais j’ai un rendez-vous moi !
Et voilà, encore une fois, il gâchait tout. N’aurait-il pas pu la laisser profiter encore ne serait-ce qu’une seule minute de cet instant ! Content de lui, il lui sourit et s’éloigna. Elle referma le bouquin avec force, cette fois, s’était vraiment impossible de se concentrer. Elle soupira en pensant à la soirée qui l’attendait…elle allait encore se poser des tas de questions en se demandant ce qu’il faisait avec elle et finalement, elle s’endormirait au milieu de la nuit, les larmes aux yeux en se disant qu’une autre était probablement dans ses bras.


Pacey : Comment va-t-elle ? demanda t-il à Walt qui auscultait la jument.
Walt : Et bien cette fois, c’est la bonne.
Pacey : Mais tout se passe bien ?
Walt : Les constantes du poulain sont bonnes, c’est pour Caramel que je m’inquiète. Son rythme cardiaque est beaucoup trop rapide. Je ne sais pas si elle va tenir le coup jusqu’au bout.
Ne pas tenir le coup…Pacey frémit en reposant son regard sur le cheval. Il sentit la main de Richard se poser sur son épaule et se rappela sa présence. Il le regarda, le visage angoissé.
Richard : T’en fais pas petit, on en a vu des plus durs, hein Walt ?
Le vieil homme hocha la tête mais Pacey ne se sentit pas plus rassurée pour autant. Caramel n’était peut être qu’un cheval mais après avoir passé un an et demi à s’en occuper tous les jours, il avait appris à l’aimer. C’était une jument adorable et très douce envers les petits enfants du village qui venaient parfois, juste pour lui apporter une pomme. Il lui caressa l’encolure en lui promettant qu’il ne bougerait pas. A quelques mètres de lui, Joey était là. Après avoir averti Richard, elle l’avait suivi, inquiète de voir ce qui allait se passer. Pacey ne s’était probablement même pas aperçu de sa présence, pourtant, elle n’avait cessé de le regarder, elle. Il paraissait tellement tendu et inquiet pour la bête… Nul doute qu’il s’y était attaché. La tendresse et la douceur dont il faisait preuve avec elle, lui faisaient oublier toute la colère qu’elle éprouvait pour lui. A cet instant, elle n’avait envie que d’une chose, être prés de lui et lui assurer que tout irait bien, le consoler s’il fallait.
Walt : Je vais avoir besoin de Cassie ! lâcha t-il.
Richard : Je vais la chercher.
Walt acquiesça, reconnaissant.
Walt : Pacey, tu peux aller me chercher une couverture ? Il faut l’aider à remonter sa température.
Pacey opina du chef et se leva d’un bond. Se retournant, il remarqua la présence de Joey. Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle soit là. Il soupira un bref instant…il avait tellement de choses à lui dire…à éclaircir. Elle lui adressa un léger sourire de compassion et même s’il fut bref, il sentit son cœur s’étreindre. Il était content qu’elle soit là. Puis, se rappelant l’urgence de la situation, il sortit. Joey en profita pour s’approcher discrètement du vétérinaire.
Joey : Je peux faire quelque chose ?
Surpris, Walt se tourna vers elle et la dévisagea un instant.
Walt : Qui êtes vous ?
Joey : Je suis pensionnaire ici mais j’aimerais vraiment aider.
Walt : Caramel est très tendue, peut être pourriez-vous la rassurer un peu.
Joey hocha la tête, ravie de pouvoir se rendre utile. Elle alla s’asseoir près d’elle et lui posa la tête sur ses genoux pour lui caresser l’encolure. Lorsque Pacey revint quelques minutes plus tard, il resta surpris dans l’embrasement du box. Une tendresse toute nouvelle pour la fille qu’il aimait s’instaura en lui. Il lui connaissait déjà sa bonté envers les humains mais il savait maintenant, qu’elle pouvait l’être aussi envers les animaux. La douceur avec laquelle elle flattait Caramel le touchait beaucoup. Il alla étendre la couverture sur la jument et osa un regard vers Joey. Celle-ci lui sourit plus franchement, un de ces sourires où il puisait ses forces autrefois.
Joey : Tout se passera bien lui murmura t-elle.
Pacey lui sourit tendrement. Il se prit à penser lui aussi que tout irait bien, Joey était son ange à lui, et il était d’accord pour la partager avec Caramel le temps qu’elle mette son poulain au monde.


Debout sur sa terrasse, Richard prenait un dernier café avant d’aller au lit. Il n’ignorait pas que la caféine n’était pas ce qu’il y avait de mieux si l’on voulait s’endormir rapidement mais là, il en avait besoin. Il aurait aimé passer la nuit à veiller sa jument mais à cinquante-cinq ans, il n’était plus aussi en forme que lorsqu’il avait commencé à s’occuper du haras seul. Et puis, il y avait Pacey, il savait qu’il resterait auprès de Caramel le temps qu’il fallait et qu’au moindre problème, il le ferait appeler. Il avait une totale confiance en lui. Un sourire aux lèvres lui vint lorsqu’il sentit des bras se refermer sur lui. Délicatement, il posa sa main sur celle de sa femme. Cette soirée était vraiment très agréable. Joanie se mit sur la pointe des pieds et lui déposa un baiser sur la joue.
Joanie : Pacey va très bien s’en sortir.
Richard : Je ne suis pas inquiet.
Joanie : Alors pourquoi ne pas venir te coucher ?
Il se mit à penser à Cassie, sa fille lui avait parut triste lorsqu’elle était venue lui dire bonne nuit. Il aurait aimé pouvoir l’aider mais si elle refusait de lui parler, il ne pourrait pas savoir comment s’y prendre. Hélas, elle était comme lui, lorsqu’un problème se posait devant elle, elle prenait soin de s’en sortir seule, sans l’aide de personne. Dans ces conditions, comment lui venir en aide ?
Richard : Tu as vu Cassie aujourd’hui ?
Joanie : Ce midi au déjeuner, pourquoi ?
Richard : Tu l’as trouvée comment ?
Joanie : Pourquoi me poses-tu toutes ces questions ? lui demanda t-elle surprise.
Richard : Elle m’a paru soucieuse aujourd’hui.
Joanie : Elle doit bientôt passer ses examens, c’est normal qu’elle soit inquiète.
Richard : Tu as probablement raison.
Joanie : Bien sûr que j’ai raison lui dit-elle d’une voix affectueuse. Allez viens, allons nous coucher.
Richard : Tu crois que je fais bien de laisser Pacey tout seul ?
Joanie : Il ne sera pas seul lui dit-elle en souriant.
En effet, elle avait vu Joey quelques minutes auparavant se diriger vers la grange. Surpris, Richard n’en demanda pas plus et suivit volontiers sa femme au premier étage.


Joey marchait lentement vers le box de Caramel. Elle savait que Pacey y serait et après avoir tergiversé pendant plus d’une heure, elle avait pris son gilet et la voilà. La jument avait mis bas dans l’après midi d’un magnifique poulain couleur érable. Cela s’était mal passé et elle avait besoin que quelqu’un veille auprès d’elle pour lui administrer des soins toutes les deux heures et nourrir Simbad le temps que sa mère aille mieux. Le travail avait été difficile mais le résultat était formidable ! Dans un coin de la pièce, elle avait regardé Walt et Cassie travailler avec la bête afin que la délivrance se fasse dans les meilleures conditions possibles et lorsque le poulain était né, Joey s’était sentie plus émue que jamais. Pacey, toujours présent aux côtés de Caramel, s’était tourné vers elle, les larmes aux yeux et ils avaient partagé un instant de complicité comme cela ne leur était plus arrivé depuis longtemps. C’est en souvenir de ce moment qu’elle allait bientôt pénétrer dans le box où Pacey devait être. Comment pouvaient-ils se regarder de cette façon et se faire tant de mal en même temps ? Il était temps de mettre tout ça derrière eux. Du moins, c’était ce qu’elle voulait. Pacey serait-il dans les mêmes dispositions qu’elle ? Elle prit une profonde inspiration et passa l’embrasure de la porte. Touchée, elle resta quelques instants à regarder Pacey, agenouillé près du poulain, lui tenant la tête pour lui faire boire un biberon. Chacun de ses gestes étaient fait avec une lenteur et une délicatesse délibérée. Probablement conscient de sa présence, il releva les yeux vers elle et lui sourit tendrement.
Pacey : Bonsoir.
Joey : Joanie m’a donné ça pour toi dit-elle en désignant un pull-over et une assiette où reposait des sandwichs.
En effet, il n’avait pas bougé du box depuis cette après midi. Et à 23h, Joey avait pensé qu’il devait avoir froid en débardeur et faim avec rien dans le ventre. C’était elle en réalité qui était allée trouver Joanie. Doucement, elle lui prit le biberon des mains et le remplaça pendant que surpris par son geste, il ne se décide à enfiler le pull et à se nourrir un peu.
Pacey : Merci lui dit-il après avoir mordu dans le premier sandwich.
Assis côte à côté, il s’occupait tous les deux mais étaient parfaitement conscient de la proximité de l’autre. Pacey mourrait d’envie de lui parler, de lui expliquer mais Joey était-elle prête à entendre ? Et surtout, lui, qu’était-il prêt à lui dire ? Il était hors de question qu’il lui révèle ses sentiments, il n’avait jamais été question de cela entre eux, mais il pourrait lui expliquer toute la tendresse qu’il avait pour elle, oui ça, il le pouvait. Le biberon fini, Joey se retourna vers lui et lui sourit, contente d’elle. Elle donna quelques caresses à Simbad avant qu’il ne s’endorme, repu. Sensiblement, elle se déplaça un peu et baissa la tête. Elle avait fait ce pourquoi elle était venue mais elle se sentait incapable de sortir de la pièce. Elle se sentait si bien, là, près de lui.
Joey : Pacey, on pourrait parler... ? lui demanda t-elle timidement.
Pacey : Bien sûr !...Joey, j’imagine que tu as beaucoup de questions à me poser, alors vas-y, je tâcherai d’y répondre.
Joey : Pourquoi es-tu parti ? lui demanda t-elle sans détour.
Pacey : Pour toi avoua t-il.
Surprise, Joey plongea enfin ses yeux dans les siens. La douceur de son regard la submergea. Elle avait l’impression de repartir trois ans en arrière et de revoir les yeux qui la regardait avant qu’il ne l’embrasse ou lui fasse l’amour.
Joey : Pourquoi ?
Pacey : Tu avais ta vie à Capeside, un avenir brillant devant toi et moi, je n’ai jamais été très fixé sur ce que je voulais faire donc, si quelqu’un devait partir, c’était moi.
Joey : Mais non, c’est ridicule, on aurait très bien pu rester tous les deux.
Hébété, il fronça les sourcils, ne semblant pas comprendre où elle voulait en venir. Joey réalisa le double sens de ses paroles et se reprit.
Joey : Je veux dire que aucun d’entre nous n’était obligé de quitter la ville précisa t-elle.
Brièvement, Pacey baissa la tête. Stupidement, l’espace d’une seconde, il avait cru…
Pacey : Joey, Dawson nous en voulait à mort…jamais il n’aurait pu nous pardonner. Je savais au fond de moi, que cela serait plus facile pour lui si je m’en allais. Et j’avais raison non ? Il t’a pardonné, tout va bien maintenant.
Joey : Comment tu le sais ? lui demanda t-elle intriguée.
Pacey : J’ai gardé contact avec Doug. Je lui demandais des nouvelles de temps en temps mais il est devenu de moins en moins bavard, jusqu’à ne plus rien vouloir me dire du tout. Je crois qu’il m’en veut de ne pas rentrer.
Joey : Et qu’est-ce qu’il te disait ?
Pacey : « Ils vont bien ».
Joey sourit devant ce message aussi laconique.
Joey : Et bien, on ne peut pas accuser Doug de perdre son temps en fioriture. Visiblement, le superflu, ce n’est pas son truc !
Pacey lui sourit tendrement avant de prendre un air plus grave.
Pacey : Je peux te poser une question moi ?
Joey hocha la tête, continuant à le regarder.
Pacey : Tu as dis tout à l’heure que j’aurais dû rester, que tu avais besoin de moi, tu voulais dire quoi par là ?
Gênée, elle baissa la tête, elle avait dit ça sur le coup de la colère et lui expliquer ça maintenant était compliqué. Mais Pacey avait le droit de savoir.
Joey : Simplement ce que j’ai dit. Que j’avais besoin de toi. Pacey, pendant ces trois mois on s’est rapproché, beaucoup rapproché, et à la fin, j’en étais arrivée à ne me sentir bien qu’avec toi. Tu disais que tout irait bien et je le croyais, il suffisait que tu me prennes dans tes bras et toutes mes peurs s’envolaient. J’avais besoin de ta présence à mes côtés.
Pacey n’en croyait pas ses oreilles et réalisa pour la première fois depuis qu’il était parti que peut être, il avait fait une erreur.
Pacey : Je...Je suis désolé Joey.
Joey lui adressa un regard triste, elle se revoyait clairement le jour où Doug lui avait annoncé le départ de Pacey. Elle avait soigneusement rangé ce jour dans les pires de sa vie. Elle repensa alors qu’il était parti pour elle, un doux sentiment se propagea dans tout son corps. Les trois années de colère qu’elle avait accumulées s’envolèrent tout à coup. Sa décision prise, elle s’allongea confortablement sur le côté et mit ses mains sous sa tête.
Pacey : Qu’est-ce que tu fais ? lui demanda t-il surpris.
Joey : La nuit va être longue, tu as besoin de compagnie. Et j’ai envie que tu me racontes tout ce que tu as fais depuis que tu es parti.
Pacey lui sourit tendrement. Cela lui faisait un bien fou de l’avoir à ses côtés et de pouvoir lui parler normalement, comme il aurait pu le faire avant.
Pacey : D’accord lui dit-il d’une voix douce.
Il regarda autour de lui et attrapa une couverture en rab qu’il avait apportée. Délicatement, il la lui posa sur le corps. Joey le gratifia d’un sourire reconnaissant.
Pacey : Mais ensuite, Potter, il faudra me raconter tout ce qu’il s’est passé dans ta vie.
Entendre son nom à nouveau sur ses lèvres la fit frissonner.
Joey : Très bien Witter, mais ça risque d’être long.
Pacey : Je m’en doutais, les filles adorent parler.
Contente de leur complicité retrouvée, Joey lui sourit, heureuse, avant de se mettre à écouter attentivement son récit.


Occuper à préparer le petit déjeuner, Cassie n’entendit pas son père se poster dans l’embrasure de la porte et la détailler du regard. Comme prévu, elle avait mal dormi et avait besoin d’un bon café pour démarrer une telle journée. Richard contemplait sa fille, inquiet. Cassie avait grandi tellement vite…Il s’en voulait parfois de l’avoir fait vivre dans cet univers masculin et de ne pas lui avoir donné une chance de vivre autre chose. Il aurait pu l’envoyer dans une grande école, lui faire voir du pays…Au lieu de ça, il l’avait enterrée dans une petite ville au milieu de chevaux. Elle n’y était peut être pas heureuse ? C’était peut être la raison du voile de tristesse qui assombrissait son regard de plus en plus souvent.
Richard : Je croyais qu’il n’y avait que moi debout à cette heure !
En sursautant, Cassie se retourna et sourit à son père. A cinquante ans, il était encore un très bel homme !
Cassie : Un peu de café ?
Richard : Volontiers…Tu as des nouvelles de Caramel ?
Cassie : Pacey l’a veillée toute la nuit, elle va mieux. Et Simbad est en pleine forme.
Richard : Tant mieux.
Cassie les servirent et ils s’assirent tous deux autour de la grande table familiale. Ils burent quelques instant en silence, appréciant le calme du matin. Richard en profita pour examiner sa fille un instant. Elle avait les yeux cernés et paraissait fatiguée. Elle avait encore dû réviser une partie de la nuit se dit-il. Elle passait tout son temps dans ses bouquins !
Richard : Ma chérie, tu devrais t’accorder un peu de repos…
Cassie : Comment ça ? dit-elle surprise.
Richard : Tu as l’air fatigué, tu devrais prendre quelques jours pour tes examens et revenir travailler ensuite.
Cassie : Je suis une grande fille le rassura t-elle, je peux très bien faire les deux, en plus, c’est même mieux, comme ça, j’allie la pratique à la connaissance.
Richard soupira en sachant qu’il ne servirait à rien de discuter, elle pouvait se montrer aussi têtue que lui ! Enfin, dans un peu moins de deux semaines, tout devrait rentrer dans l’ordre. Cassie le regardait d’un air hésitant.
Richard : Que se passe t-il ?
Cassie : Comment tu as su que maman était la femme de ta vie ?
Surpris, Richard la dévisagea.
Richard : Je l’ai su aux premiers regards. C’est quelque chose que tu sens, là dit-il en lui montrant son cœur.
Cassie : T’aurais fais quoi si elle n’avait pas voulu de toi ? lui demanda t-elle timidement.
Richard : Je me serais battue pour lui faire entendre raison ! lâcha t-il d’un bloc.
Cassie lui sourit tendrement et termina son café d’un trait.
Cassie : Je vais aller relayer Pacey.
Il hocha la tête et la regarda sortir par la porte vitrée. Il était plongé dans ses pensées. De telles questions de si bonne heure méritait bien quelques interrogations. Que voulait-elle savoir réellement ? Il frissonna en se disant que Cassie avait grandi bien plus vite qu’il ne le pensait et qu’il allait bientôt la perdre…


En baillant, Pacey ouvrit un œil. Il avait dû s’assoupir quelques instants. En penchant la tête sur le côté, il vit Joey, paisiblement endormie. Il la contempla en silence comme il lui arrivait de le faire autrefois. Elle était tellement belle. Il repensa à la nuit qu’ils venaient de passer, ils n’avaient fait que parler mais c’était déjà la plus belle nuit de ses trois dernières années. Il lui avait tout raconté de son errance, des petits boulots qu’il avait fait avant d’atterrir ici. La façon dont Joanie et Richard l’avait accueilli. Ensuite, ce fut elle qui lui parla de Capeside, de ce qui s’était passé après son départ, de Jen, de Jack, de Dawson et d’Andie. Il avait encore du mal à croire que ces deux là puissent être ensemble ! Soigneusement, ils avaient évité de parler de leur vie privée si bien qu’il ne savait pas si elle avait connu beaucoup de garçons après lui. De son côté, il ne lui avait pas parlé des femmes de passage qu’il lui était arrivé de mettre dans son lit. De toute façon, aucune n’avait compté, son cœur avait toujours appartenu à Joey, même avec elles. Il la vit remuer et finalement ouvrir les yeux. Elle lui sourit tendrement.
Joey : Bonjour.
Pacey : Bonjour.
Joey s’étira un peu, en profitant du moment. Se réveiller près de Pacey ne lui était pas arrivé depuis tellement longtemps !
Joey : Comment vont-ils ? s’enquit-elle en regardant la jument et son poulain.
Pacey : Le danger est passé, tout ira bien lui assura t-il.
Joey : C’est génial lui dit-elle sincère.
Soudain consciente de la tête qu’elle devait avoir après avoir dormi dans de la paille, elle essaya d’arranger un peu ses cheveux et de secouer ses vêtements.
Pacey : Tu veux un peu de café ? lui proposa t-il en lui désignant leur thermos.
Joey : C’est gentil mais je crois que je vais plutôt aller prendre une douche.
Pacey : Comme tu veux.
Elle se leva et marcha vers la porte avant de se retourner vers lui, un doux sourire sur les lèvres. Pacey, qui entre-temps s’était levé aussi, la regardait s’éloigner un mélange de tristesse et de douceur dans le regard.
Joey : Pacey, je suis vraiment contente de te revoir.
Pacey : Moi aussi Joey.
Et pour la première fois depuis qu’elle était arrivée, elle s’accorda le droit de faire ce dont elle avait envie depuis qu’elle l’avait revu. Elle alla se blottir dans ses bras en le serrant tendrement contre elle. Légèrement surpris aux premiers abords, il resserra bien vite ses bras autour d’elle en profitant allègrement du moment qui lui était offert. Il soupira d’aise avant qu’elle ne s’écarte de lui et plonge son regard dans le sien.
Joey : Tu m’as manqué lui avoua t-elle.
Pacey : Toi aussi Joey. Je m’en veux, je…
Cassie : Je suis désolée dit-elle gênée, je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un d’autre.
Mal à l’aise, Joey et Pacey s’éloignèrent l’un de l’autre en évitant de croiser le regard de Cassie.
Cassie : J’étais juste venue te relayer Pacey.
Joey : Je vais vous laisser. On se voit plus tard Pacey.
Pacey : Bien sûr lui dit-il ravi.
Cassie regarda Joey sortir du box avant de dévisager Pacey en souriant.
Pacey : Oh non non dit-il en la voyant venir, je ne te dois aucune explication !
Cassie : Très bien dit-elle en levant les yeux aux ciels, comme tu veux. De toute façon, moi ce que j’en dis…
Elle alla rejoindre Caramel et Pacey resta surpris devant le pas de la porte.
Pacey : Alors c’est tout ? Tu ne vas pas chercher à en savoir plus ? Pas de grande déclaration sur l’amitié ni de rappels des devoirs avec les clients ? Tu vas en rester là ???
Cassie : On dirait ouais…
Pacey comprit instantanément que quelque chose n’allait pas chez elle, elle avait l’air ailleurs.
Pacey : Cassie ?
Cassie : Hum ?
Pacey : Tout va bien ?
Cassie : Oui mentit-elle en détournant le regard.
Pacey se frappa le front en se rappelant que Craig lui avait dit qu’il sortait avec Clara hier soir. Cassie était forcement au courant et c’est ce qui expliquait son état. Il était le seul à savoir qu’elle était amoureuse de lui. Elle s’était confiée un soir où il l’avait trouvé entrain de pleurer près du lac.
Pacey : Je suis désolé lui dit-il sincère.
Elle haussa les épaules négligemment en refoulant les larmes qui lui venaient aux yeux.
Pacey : Viens là…
En lui prenant la main, il l’attira contre lui et la berça un instant alors qu’elle se contenait. Joey qui avait oublié sa veste, revint à cet instant et resta en retrait, figée. Le spectacle qui s’offrait à elle lui glaçait le sang. Ils avaient l’air tellement proche….
Cassie : Excuse moi, je ne suis pas si jalouse d’habitude mais…ça fait tellement mal ! dit-elle en laissant une larme glisser le long de sa joue.
Pacey : Je sais lui dit-il tendrement en la resserrant un peu plus.
Pétrifiée, Joey partit rapidement avant même que quelqu’un ait pu se rendre compte de sa présence.


Trois heures plus tard, Cassie passait ses nerfs sur Ambre. La pauvre bête n’allait plus avoir de poil si elle continuait à la brosser ainsi ! Elle n’arrêtait pas de consulter sa montre, Craig aurait dû être là depuis longtemps. Il n’avait pas d’heure d’arrivée en général mais il venait toujours de bonne heure, c’était une habitude. Le fait qu’il prenne son temps pour venir travailler ce matin était le signe flagrant qu’il avait peu dormi, et s’il avait peu dormi, elle n’avait aucun doute sur ce qui l’avait tenu éveillé ! En pestant de rage, elle envoya valser sa brosse. Celle-ci alla s’écraser sur le mur, à quelques centimètres de Craig qui pénétrait dans l’écurie. Hébété, il regarda le mur, puis la brosse à terre avant de reporter son regard sur Cassie.
Craig : Dure journée ? demanda t-il avec un sourire taquin.
Cassie le regarda brièvement avant de décider de seller la jument. Le léger sourire épanoui qu’elle avait vu sur son visage avait suffi à confirmer ses soupçons. Il avait couché avec elle !
Craig : Tiens Craig tu es là ? Comment vas-tu ? Moi ? Bien je te remercie et toi ?
Devant le mutisme de la jeune fille, Craig soupira.
Craig : Bon d’accord, je suis en retard mais j’avais besoin de dormir un peu.
Cassie : C’est bon, passe moi les détails ! maugréa t-elle entre ses dents.
Craig : Tant mieux, parce que ce n’est pas de ton âge jeune fille ! dit-il amusé.
Cassie : Je ne suis plus une gamine !!! s’indigna t-elle.
Craig : Pour moi, tu seras toujours la petite peste avec des nattes et un appareil dentaire se moqua t-il gentiment.
Cassie : Va mourir !
Craig : Et bien dis donc dit-il en se rapprochant d’elle, tu t’es levée du pied gauche toi.
Cassie : Je n’ai simplement pas envie de discuter.
Craig : En règle générale ou simplement avec moi ? Non parce que je t’ai vu tout à l’heure avec Pacey et tu étais en grande conversation.
Cassie : Dans ce cas, il faut croire que ce n’est qu’avec toi ! lâcha t-elle agacée.
Craig : J’ai fais quelque chose ? demanda t-il surpris.
Cassie : Nan, toi tu ne fais jamais rien, un vrai saint !
Perturbé par le comportement de la jeune fille, il l’arrêta dans ses mouvements brusques et posa ses mains sur ses épaules.
Craig : Tu m’expliques ?
Cassie : J’ai pas le temps, j’ai plein de choses à faire !! dit-elle en se dégageant. Si tu veux avoir une conversation, t’as qu’à aller voir ailleurs, je n’ai pas de temps à perdre, encore moins avec toi !
Stupéfait, il la regarda monter la jument et sortir de l’écurie. Que lui prenait-il ? Qu’avait-il pu faire pour allumer cette lueur glacée dans son regard si pétillant d’habitude ? Il ne vit pas les larmes qui ruisselait déjà son visage alors qu’elle approchait de l’orée du bois.

Marjo  (02.09.2005 à 20:50)
Après avoir pris une bonne douche et un copieux petit déjeuner, Pacey s’apprêtait à aller voir Joey pour lui proposer une ballade à cheval. Il avait envie de lui montrer les plus beaux endroits que ces terres recelaient. Il avait encore en tête la merveilleuse nuit qu’ils avaient passée à rattraper le temps. Tout ne s’effacerait pas en quelques jours mais il avait bon espoir. Non pas de construire quelque chose de sentimental avec elle, il n’était pas idiot à ce point, mais une relation particulière et très forte qui les unirait tout de même un peu. Il avait tant besoin de sa présence. Il s’était rendu compte cette nuit qu’il ne pourrait désormais plus se passer de son sourire, de sa voix douce et de son parfum si délicat. Quelque soit ce qu’elle voulait qu’il soit pour elle, il le serait. Paré d’un jeans sombre et d’un t-shirt blanc, il cogna légèrement contre la porte de sa chambre. Il afficha un splendide sourire lorsqu’elle vint lui ouvrir.
Pacey : Salut.
Joey : Qu’est-ce que tu viens faire ?
Surpris par la brusquerie de la jeune fille, il ravala son sourire.
Pacey : Je te dérange ?
Joey : C’est que je suis occupée…
Pacey : Excuse moi, je ne voulais pas te déranger…dit-il mal à l’aise.
Joey : Bon, et tu voulais quoi ?
Pacey la dévisageait, incrédule. Que lui prenait-il ? Où était passée la jeune fille avec qui il avait parlé pendant des heures et qui s’était serré dans ses bras avant de s’éloigner en souriant ? Visiblement, elle avait plié bagages et avait quitté la ville ! La fille qu’il avait devant lui était manifestement très hostile.
Pacey : Je voulais juste te proposer une ballade à cheval, je connais de très beaux endroits.
Joey : J’ai pas le temps ! répliqua t-elle sèchement.
Pacey : On n’est pas obligé d’y aller tout de suite…
Joey : Ecoute, tu peux peut être te permette de faire ce que tu veux mais moi, je ne suis pas là en touriste. J’ai des examens à la rentrée, et je n’ai pas envie de les rater à cause d’une ridicule ballade !
Pacey se sentit glacé jusqu’au os. Le regard dur et froid de Joey le transperçait littéralement.
Pacey : J’ai fait quelque chose de mal ? demanda t-il inquiet.
Joey : Non lâcha t-elle en détournant le regard. C’est juste que je suis occupée !
Pacey : Il s’est passé quelque chose alors ?
Joey : Pourquoi veux tu qu’il se soit passé quelque chose ? s’exclama t-elle d’une voix irritée.
Pacey : Parce que tu es différente…
Joey : Différente de quoi ?? Ca fait trois ans que tu es parti, les gens changent en trois ans !!!
Pacey : Ils peuvent le faire en une matinée aussi ! remarqua t-il une pointe de sarcasme dans la voix.
Joey : Bon, tu as autre chose à me dire ?? Parce que j’étais au téléphone avec mon meilleur ami là.
Touché en plein cœur, il ravala ses demandes d’explications. Visiblement, ils n’étaient plus du même monde et elle s’employait à le lui faire comprendre. Un rappel subtil pour lui signifier qu’il ne faisait plus partie de sa vie. Quel imbécile il avait été !
Pacey : Je te laisse travailler.
Il enfonça ses mains dans ses poches et fit demi tour. Joey se mordilla la lèvre inférieure et hésita un instant avant de refermer la porte en pestant.


Elle attrapa le premier caillou que sa main rencontra et l’envoya ricochet sur le lac. C’était bien sa veine ! Au moment où elle pensait retrouver Pacey, elle le perdait à nouveau ! Pourquoi ne lui avait-il pas dit qu’il sortait avec Cassie, elle aurait pu comprendre !! Et elle ne se serait pas mise à rêver. A rêver à quoi d’ailleurs ??? Qu’était-elle réellement venue chercher ici ?? Un ami…plus ? Que représentait véritablement Pacey à ses yeux ? Tant de questions auxquelles elle refusait de répondre… Regarder les choses en face, c’était admettre qu’elle était peut être tombée amoureuse de Pacey…le seul garçon sur terre auquel elle n’aurait jamais pensé. Le seul aussi avec qui elle se sentait vraiment libre d’être elle-même. D’un coup de pied rageur, elle envoya valser une salve de petits cailloux qui tomba lourdement dans le lac.
Craig : Je dois attirer les femmes en colère… lâcha derrière elle une voix en soupirant.
Surprise, elle se retourna et sourit timidement à Craig, qui marchait dans sa direction.
Joey : Mauvaise journée lâcha t-elle …A tout bien réfléchir, ça a aussi été une mauvaise année, ainsi que les deux qui l’ont précédée !
Craig : Autrement dit, depuis que Pacey est parti…
D’un mouvement vif, elle tourna la tête vers lui. Mais que diable savait-il au juste !
Joey : Comment vous… ?
Craig : Pacey la coupa t-il.
Joey : Qu’est-ce qu’il vous a raconté ? demanda t-elle en lui jetant un coup d’œil en biais.
Craig : Toute l’histoire je pense.
Joey : Je suis idiote ! Je n’aurais jamais dû revenir ici !
Craig : Pourquoi l’avoir fait alors ?
Joey se retint à temps de lui dire de se mêler de ses affaires. Craig était un gentil garçon, elle n’avait aucune raison d’être désagréable avec lui.
Joey : Longue histoire. …Mais vous avez dit que vous attiriez les femmes énervées, qui est l’autre ? demanda t-elle pour changer de sujet.
Craig : Cassie, et je ne comprends pas très bien ce que je lui ai fait lui avoua t-il en haussant les épaules.
Oh non, ça c’est moi faillit-elle lâcher énerver à nouveau, je crois que j’ai approché de trop près son petit ami !
Joey : Elle s’est peut être disputée avec son petit ami…
Craig : Non balaya t-il d’un geste, elle ne sort avec personne.
Joey : Vous en êtes sûr ? demanda t-elle en le dévisageant.
Craig : Je la connais bien. Si elle voyait quelqu’un, je le saurais.
Joey : Et Pacey ?
Craig : Comment ça ? Est-ce que Pacey voit quelqu’un ? chercha t-il à comprendre. Non, il est seul.
Joey : Non, je voulais dire avec Pacey…
Craig avait du mal à suivre son raisonnement. Etait-elle entrain de lui demander si…Il n’arrivait même pas à mettre des mots sur cette question tant cette idée lui paraissait absurde.
Craig : Pacey avec Cassie ?? dit-il en écarquillant de grands yeux.
Joey : Oui.
Craig : S’ils se passaient quelque chose entre ces deux là, je le saurais !
Joey : Vous êtes peut être trop proche pour vous en rendre compte, parfois, on ne voit jamais ce qu’il se passe sous son nez… lui fit-elle remarquer.
Craig sentit son cœur avoir un raté. Pacey ? Non, c’était ridicule, ils étaient amis, rien de plus. De bons amis. Se pourrait-il que…


Assise en tailleur près de l’enclos des chevaux, Cassie avait un livre posé sur ses genoux et tentait de réviser un peu. Elle n’avait malheureusement réussi qu’à assimiler un chapitre en deux heures ! Un vrai désastre. A ce rythme là, elle aurait son examen en 2015. Craig n’était vraiment qu’un abruti ! Mais c’était son abruti…pensa t-elle tristement. Son séduisant, tendre et merveilleux abruti. Parfois, elle se disait qu’elle ferait mieux de tomber amoureuse d’un autre. Dans ces moments là, elle regardait les autres garçons mais incontestablement, ils paraissaient fades en comparaison. Prise dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte que Pacey marchait vers elle. Elle ne réalisa sa présence que lorsqu’il s’assit à ses côtés. En silence, ils regardèrent le paysage quelques minutes.
Cassie : Je croyais que tu voulais emmener ta Joey faire un tour ? finit-elle par demander.
Il lui avait avoué ce matin que leur cliente était la fille dont il lui avait déjà parlé, celle qui faisait battre son cœur.
Pacey : J’ai dû me tromper…dit-il tristement.
Cassie : Sur quoi ?
Pacey : Sur la vie.
Cassie : Ca s’est mal passé ?
Pacey : Plutôt oui. Je croyais qu’on avait effacé l’ardoise mais je l’ai apparemment trop remplie pour qu’on l’efface aussi vite dit-il sombrement.
Cassie : Je suis désolée lui dit-elle sincère.
Pacey : C’est de ma faute… dit-il en haussant les épaules, j’aurais dû savoir que ce n’était pas en une nuit que tout pourrait s’arranger.
Cassie lui sourit tendrement, Pacey était quelqu’un de vraiment bien et elle était terriblement désolée pour lui. Elle ne savait que trop bien ce que c’était que d’aimer sans espoir de retour. Il avait tellement l’air abattu remarqua t-elle. Sa rencontre avec Joey avait dû être très douloureuse pour lui, et la chute bien grande. Ce matin, il était plein d’espoir et de joie de vivre retrouvés. Elle n’avait jamais vu un tel sourire sur son visage. Il pencha la tête vers elle et lui sourit tendrement.
Pacey : Et toi, comment ça va ?
Cassie : J’ai connu des jours meilleurs lui avoua t-elle.
Pacey se sentit triste pour elle. Craig savait se montrer si nonchalant parfois qu’il ne se rendait pas compte du mal qu’il pouvait faire.
Cassie : C’est un dragueur, je l’ai toujours su…Il court après toutes les filles.
Pacey passa un bras autour de ses épaules pour la consoler un peu.
Cassie : Ce qu’il y a, c’est que ce n’est jamais après moi…dit-elle tristement.
Touché par la détresse palpable de la jeune fille, il la serra contre lui avant de lui déposer un baiser sur le front. Cassie se laissa aller contre lui. Aucun des deux ne remarquèrent un cavalier au loin qui, surpris, faisait demi tour.


Encore une fois, le repas se passait dans un calme religieux. Richard observait les gens attablé autour de lui. Pacey s’était mis au fond, il ne relevait pas les yeux de son assiette et évitait soigneusement de regarder leur jeune cliente. Il aurait juré qu’il s’était passé quelque chose entre ces deux là. Pacey était d’habitude plus discret avec les clientes ne pouvait-il s’empêcher de constater. De plus, il y avait une tension entre lui et Craig qu’il ne saurait qualifier. Depuis une semaine, il ne les avait jamais vu ensemble une seule fois, eux qui étaient toujours fourrés tous les deux ! Ensuite, il y avait Cassie, elle était sur les nerfs cette semaine, il avait mis ça sur le compte de ses examens mais il se rendait compte qu’il s’était lourdement trompé. Elle lui avait posé des questions sur les relations amoureuses… il était désormais certain qu’elle était amoureuse, et étant donné qu’elle avait dirigé toute sa colère vers Craig, il aurait parié que c’était de lui. Sa pauvre chérie, Joli Cœur était un garçon difficile à saisir et il avait peur pour elle. Elle était bien trop jeune pour se briser les ailes en amour !! Craig, il se tourna vers lui, il s’était un peu renfermé sur lui-même cette semaine. Il faisait son travail sans qu’on ne lui demande quoique ce soit mais avait abandonné toutes ses plaisanteries. Il se demandait même s’il se rappelait comment on souriait ! La seule à qui il daignait adresser la parole était Joey, cette dernière d’ailleurs, ne sortait plus très souvent de sa chambre. Un vrai mélodrame ! En soupirant, il regarda sa femme et Beth, la mère de Craig qui semblaient aussi inquiètes que lui. Ces quatre jeune gens avaient besoin d’un petit coup de main. Il ne pouvait pas forcer leur cliente à quoi que ce soit et sa fille ne se laisserait jamais mener facilement, aussi jeta t-il son dévolu sur Pacey et Craig, ils étaient ses employés et par conséquent, devaient lui obéir. Que ça faisait du bien parfois d’être le patron.
Richard : Il faudrait mener Black sur la plaine tout à l’heure, le dresseur passera demain.
Pacey : Je m’en occupe répondit-il sans relever les yeux.
Richard : Merci. Craig, tu l’accompagnes, on ne sait jamais les réactions de Black.
Craig : Mais j’ai encore du travail à la grange…
Richard : Ca peut attendre.
Craig : Bien.
Pacey : Je vais préparer les chevaux.
Craig ne daigna même pas relever la tête vers lui. Il le rejoindrait probablement à la dernière minute se dit Richard, mais le principal était qu’il y aille. Peut être parviendraient-ils à mettre les choses à plat. Les tensions n’étaient jamais bonnes, surtout entre des collègues.
Cassie : Bon, moi je vais faire un tour.
Joanie : Ma chérie intervint-elle, tu as réfléchis pour ce soir ?
Cassie : Je t’ai déjà dit ce qu’il en était !
Joanie : Mais ça pourrait te faire du bien…plaida t-elle.
Cassie : Ce qui me fera du bien, c’est une bonne nuit de sommeil.
Sur ce, elle sortit de la cuisine. Joanie regarda Richard tristement avant de reporter son regard sur Joey.
Joanie : Joey, je voulais aller faire une promenade, voudriez-vous m’accompagner ?
Joey : C’est gentil dit-elle mal à l’aise, mais j’ai encore beaucoup de révisions pour mes partiels.
Comme Cassie précédemment, elle quitta la cuisine et retourna s’enfermer dans sa chambre.
Beth : Je n’y comprends plus rien ! soupira t-elle.
Richard : C’est à croire qu’un sac de nœuds leur est tombé dessus et qu’ils sont tous emmêlés dedans !


D’un pas nonchalant, Craig pénétra dans l’écurie. Il n’avait aucune envie de faire cette corvée mais les ordres étaient les ordres et on ne discutait pas avec Richard Hampton. Sans prêter attention à Pacey, il monta sur son cheval et commença à avancer. Pacey soupira en l’imitant, traînant Black, une corde autour du cou. Décidemment, il ne comprenait plus rien à ce qui lui arrivait. D’abord Joey, ensuite Craig. Les gens avaient-ils décidé d’avoir une dent contre lui ?? Bon Joey, il pouvait comprendre mais Craig ? Qu’avait-il bien pu lui faire à lui ? Depuis une semaine, il l’évitait et lui jetait des regards en biais lorsqu’il croyait qu’il ne le voyait pas. Il fallait absolument qu’il sache s’il ne voulait pas devenir dingue avec des conjectures. Il le rattrapa et cala le pas de son cheval à son niveau.
Pacey : On devrait peut être en profiter pour parler non ?
Craig : J’ai pas grand-chose à dire maugréa t-il entre ses dents.
Pacey : Ca fait une semaine que tu n’as pas grand-chose à dire ! Il serait peut être temps de t’expliquer !!!
Craig : Pourquoi tu m’as rien dit ! explosa t-il tout à coup.
Un peu perdu, Pacey haussa un sourcil vers lui.
Pacey : A quel propos ?
Craig : Cassie !
Pacey se rembrunit, que savait-il au juste ? Il devait faire très attention à ses paroles, pour rien au monde il n’aurait voulu trahir Cassie.
Pacey : De quoi tu me parles ? demanda t-il, feignant l’innocence.
Craig : C’est une fille bien alors je te garantis que si tu joues avec elle…
Pacey : Ca ressemblerait presque à une menace….remarqua t-il mi amusé mi surpris.
Craig se retourna vers lui, l’air très en colère.
Craig : Tu peux le prendre ainsi ! Je la connais depuis qu’elle est tout petite, elle est comme ma sœur alors si tu t’avises de lui faire du mal….
Pacey : Tu crois qu’elle et moi on a une relation ? lâcha t-il avec un sourire amusé.
Craig : Il serait difficile de ne pas le croire vu comment vous vous comportez l’un avec l’autre. Bon sang je croyais que tu étais amoureux de Joey !!
Pacey : Attends deux secondes dit-il en s’arrêtant et en tirant sur les rênes de Craig pour qu’il en fasse autant. Joey est la seule femme que j’aime lui dit-il les yeux dans les yeux.
Craig : Tu te fous de moi !! s’exclama t-il hébété.
Pacey : Absolument pas. ..Il n’y a absolument rien entre Cassie et moi, on est amis c’est tout lui expliqua t-il.
Craig : Amis ? dit-il sceptique.
Pacey : De très très bons amis, mais rien de plus.
Craig réfléchissait. Le fait qu’elle ait une relation avec Pacey aurait pu expliquer tellement de chose.
Craig : Excuse moi souffla t-il en se passant une main dans les cheveux, c’est juste que ça m’a mis sur les nerfs. Tu vois, j’ai parfois l’impression de devoir la protéger, sûrement le fait d’avoir grandi avec elle, et je ne veux pas que quelqu’un lui fasse du mal.
Pacey : Je comprends lui dit-il avec un grand sourire.
Il été ravi de l’attitude de Craig. Cela signifiait que Cassie lui importait beaucoup et il était certain que le fait qu’il veuille la protéger ne venait absolument pas du fait qu’ils avaient vécu ensemble ! Ou du moins, pas que de cela. Il regarda tendrement son ami, il avait le regard perdu vers l’horizon.
Craig : Si elle ne sort pas avec toi, tu peux m’expliquer pourquoi elle est comme ça avec moi ?
Pacey : Comme quoi ? demanda t-il mal à l’aise.
Craig : Aussi en colère et énervée dès que je lui parle. Ces derniers temps, c’est comme si elle ne me supportait plus.
Pacey : Ca doit être à cause de ses examens…dit-il nerveusement.
Craig : Ouais, mais elle parvient très bien à communiquer avec toi…lui fit-il remarquer.
Pacey : Peut être parce que moi, je ne cherche pas constamment à la mettre en boite.
En souriant, Craig reporta son regard sur Pacey, il ne le faisait pas toujours exprès…
Pacey : Tu sais, dit-il distraitement, je pense qu’elle aurait bien besoin de sortir un peu pour s’aérer les idées. Elle avait une fête de prévue ce soir mais elle ne veut pas y aller. Si je n’avais pas autant de travail, je l’y aurais emmenée de force.
Puis en sifflotant, il partit un peu en avant. Il ne pouvait pas lui mâcher plus le travail. C’était à lui maintenant de prendre les devants. Il se retourna et s’amusa de son air pensif.


Après avoir mené Black à l’enclos et prit une bonne douche, Pacey décida d’aller voir Joey. C’était une chose de s’occuper des problèmes entre Cassie et Craig mais il fallait qu’il commence à penser aux siens. Que Joey le veuille ou non, ils devaient avoir une conversation. Peut être en profiterait-il pour lui avouer ses sentiments. Joey avait le droit de savoir et une fois toutes les cartes sur la table, elle en ferait ce qu’elle voudrait. Oui, il était prêt aujourd’hui à lui dire qu’il était amoureux d’elle, il devait se libérer de ce poids. Le sourire aux lèvres, il se rapprochait de sa chambre, dans quelques secondes, il prendrait son courage à deux mains et cognerait contre le chambranle. Son cœur battait la chamade, elle ne lui avait pas reparlé depuis qu’elle lui avait dit avoir autre chose à faire que de se promener avec lui. Ce soir, il ne lui laisserait pas le choix. Il se rapprocha encore et eut l’impression de l’entendre…Oui, elle parlait à quelqu’un mais il n’entendait pas à qui. Au bout de quelques instants, il réalisa qu’elle était au téléphone. Il allait la laisser tranquille lorsqu’une phrase l’interpella et le fit se rapprocher de la fenêtre ouverte.
Joey : Puisque je te dis que je n’en ai rien à faire de lui…
Figé sur place, Pacey ne pouvait plus bouger et attendait la suite de la conversation avec appréhension.
Joey : Tu penses vraiment que je vais gâcher mes vacances avec une petite amourette sans importance ?
Pacey sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Alors, il n’était que ça ? Une petite amourette sans importance. Il se laissa glisser sur le mur pour finalement, échouer sur le sol. Il avait l’impression que le monde tournait dans tous les sens et que tout s’écroulait autour de lui. Les paroles de Joey flottaient dans son esprit…elle n’avait pas de temps à perdre avec lui…Quel imbécile ! Q’avait-il espéré ??? Il se releva péniblement et s’éloigna, il avait besoin de mettre très vite de la distance entre lui et la réalité, entre lui et Joey. Il fallait qu’il se vide la tête et ne pense plus à elle au plus vite. Il avait bien trop mal pour l’instant. Dans la chambre, Joey ne s’était aperçue de rien et continuait tranquillement sa conversation.
Joey : Il est mignon mais ce n’est pas mon genre…
Jen : Tu n’as pas besoin qu’il soit ton genre pour en faire ce que tu dois en faire !
Joey : Jen soupira t-elle, je n’aurais jamais dû te parler de lui.
Jen : Oui ben tu l’as fait et tu devrais écouter mes conseils !
Joey : Me servir de Craig pour rendre Pacey jaloux ne ferait qu’envenimer encore plus la situation !
Jen : Ou le contraire ! Ecoute, si tu continues ainsi à éviter Pacey, tu ne t’en sortiras jamais ! Tu n’es pas allée là bas pour tout laisser en plan.
Joey : Je sais maugréa t-elle.
Jen : Joey, tu m’as dis cette semaine que tu t’étais rendue compte qu’il comptait beaucoup pour toi…
Joey : C’est le cas répondit-elle tristement.
A force d’être près de lui sans être avec lui et de le penser avec une autre, elle s’était aperçue que ça la pesait et qu’elle ne pourrait pas continuer longtemps. Elle avait besoin de lui…Il lui avait tant manqué qu’aujourd’hui, elle n’imaginait pas retourner à sa vie d’avant. Elle ne pourrait plus vivre sans le savoir près d’elle. Elle l’aimait. Leur relation avait débuté bizarrement mais elle avait débuté quand même. Ils l’avaient tuée dans l’œuf sans lui donner une chance de fleurir correctement. Si seulement Pacey pouvait se rendre compte de cela.
Jen : Dans ce cas, arrête de l’éviter et aie une conversation honnête avec lui.
Joey : Que veux tu que je fasse, il a sa vie ici, je t’en ai parlé aussi !
Jen : Tu n’es même pas sûre qu’il soit avec cette Cassie.
Jen n’avait pas tort mais elle n’avait pas la force de lui poser la question. Une réponse affirmative serait trop dure à entendre.
Joey : Je ne ferais que compliquer sa vie…
Jen : Mais peut être qu’il a envie que tu la complique !
Joey y pensa un instant avant de secouer la tête.
Joey : Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Lui dire que je l’aime pourrait le faire fuir à nouveau et jamais il ne rentrerait à Capeside.
Jen : Joey, je suis presque sûr qu’il était amoureux de toi il y a trois ans lorsqu’il est parti…lui avoua t-elle pour la première fois.
Joey : Tu crois ??? s’exclama t-elle abasourdie. Il te l’a dit ??
Jen : Non mais tu sais que j’ai cette faculté à voir les choses sans qu’on me les dise.
Ca, Joey ne pouvait le nier, Jen percevait parfois les choses sans qu’on ne lui en parle. Oh si seulement ça pouvait être vrai.
Jen : Il ne doit pas avoir beaucoup changé depuis.
Joey : Il y a quand même trois ans qui se sont écoulés lui fit-elle remarquer.
Jen : Te revoir a dû tout refaire monter à la surface !! argumenta t-elle.
Joey : Bon, je vais aller le voir ! décida t-elle.
Jen : Bien, vas-y, file.
Joey : J’ai pas dit que j’allais y aller tout de suite non plus…dit-elle nerveuse.
Jen : Oh attendre cinq minutes de plus ne changerait rien, va le voir tant que tu es décidée !
Joey : Attendre un peu pourrait…
Jen : Joey….dit-elle en perdant patience.
Joey : D’accord maugréa t-elle.
En soupirant, elle raccrocha et prit quelques minutes pour rassembler ses esprits. Que lui avait-il pris d’appeler Jen, elle n’était jamais de bons conseils… bougonna t-elle de mauvaise foi.


Mal à l’aise, Craig se tenait sur le seuil de la maison des Hampton et hésitait à entrer. Il le faisait toujours naturellement, c’était comme sa deuxième maison, il prenait ses repas ici le midi au lieu de rentrer chez lui qui pourtant, n’était pas très loin. Mais ce soir, aussi incroyable que cela puisse être, il était nerveux. Cassie ne prendrait peut être pas très bien son intrusion dans sa vie et leur relation était déjà difficile ces derniers temps…Ne rajouterait-il pas de l’huile sur le feu ? Il soupira longuement, de toute façon, c’était trop tard pour reculer. Il avait annulé son rendez vous avec Clara exprès, il n’allait tout de même pas faire marche arrière maintenant ! Prenant son courage à deux mains, il entra et se dirigea vers le salon.
Craig : Bonsoir dit-il à Richard qui lisait un journal dans son fauteuil.
Richard : Craig, que se passe t-il ?
Craig : Oh rien, enfin…si je suis là, c’est pour emmener Cassie à sa fête ce soir.
Richard : Je pensais qu’elle ne voulait pas y aller dit-il en fronçant les sourcils.
Craig : Elle ne sait pas encore que je veux l’y emmener…dit-il mal à l’aise.
Il se rapprocha de Richard et s’assit dans le fauteuil d’en face.
Craig : Elle me fait la tête et j’aimerais comprendre pourquoi lui expliqua t-il.
Richard : Qu’as-tu bien pu lui faire ?
Craig : Je l’ignore. Et c’est pour ça que j’aimerais le découvrir. En plus, cette sortie lui ferait du bien je pense.
Richard : C‘est sûr qu’elle a besoin de prendre l’air ! Toujours être fourrée dans ses livres, ce n’est pas bon pour une jeune fille de son âge.
Craig hocha la tête.
Richard : Mais elle risque de ne pas vouloir venir tu sais, elle est entêtée…J’ignore de qui elle tient ça dit-il avec un petit sourire auquel Craig répondit.
Craig : Je ne perds rien à essayer. Et puis, ça ne peut pas être pire que ça ne l’est !
Richard acquiesça.
Richard : Cassie, chérie, tu veux venir un instant.
Deux minutes plus tard, Cassie descendait les escaliers, vêtue d’un jeans clair et d’un sweat-shirt blanc avec une capuche. Elle s’arrêta en plein milieu en apercevant Craig, le regard rivé vers elle. Bon dieu, que faisait-il ici ??? Renfrognée, elle descendit le reste des marches et alla se pointer devant son père en enfouissant les mains dans les poches de son sweat.
Cassie : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Richard se leva et lui sourit affectueusement.
Richard : Ce jeune homme voudrait te parler.
Il l’embrassa sur la joue.
Richard : Ne soit pas trop dur avec lui.. lui glissa t-il à l’oreille. Bonne nuit les enfants.
Craig se releva d’un bond et attendit que Richard soit sorti pour regarder Cassie. Elle avait toujours l’air en colère.
Craig : Pacey m’a parlé de ta fête.
Cassie : Et alors ? lâcha t-elle avec indifférence.
Craig : Je pensais qu’on pourrait y aller tous les deux. J’ai besoin de m’aérer et une fête me ferait le plus grand bien.
Cassie le dévisageait, interdite. Il avait perdu la tête ? Elle l’ignorait depuis une semaine et lui, il venait tranquillement l’inviter à une fête…
Cassie : Qu’est-ce qui te ferait croire que j’aurais envie d’y aller avec toi ?
Elle était sur ses gardes, bon, il se doutait bien qu’elle ne serait pas très favorable à sa proposition.
Craig : Rien, mais passer la soirée dans tes bouquins ne t’avancera pas plus !
Cassie : Je me fous de ce que tu penses !! dit-elle hors d’elle.
Craig : Ok ok, tout ce que je dis…
Cassie : Va te faire foutre ! Faudrait que je sois folle pour me montrer en public avec toi !
Craig : Ne me force pas à t’y emmener de force !
Cassie : Je voudrais bien voir ça ! s’indigna t-elle.
Craig soupira, la bataille allait être dure et il était inutile de l’énerver encore plus. Si elle se braquait, il ne parviendrait à rien.
Craig : Aller Cass… lui dit-il tendrement, ça pourrait nous faire du bien.
Le cœur de Cassie tambourina dans sa poitrine. Discrètement, elle se mordilla la lèvre inférieure. Elle mourrait d’envie d’accepter son offre, passer toute une soirée avec lui serait tellement formidable…Mais ça ne l’aiderait en rien à l’oublier, bien au contraire. Son orgueil passait en premier ! D’un autre côté, lui dire non était si dur. Elle le détailla des pieds à la tête, il était terriblement séduisant ce soir dans son jeans délavé et sa chemise noir. Ouverte au col, elle entrevoyait son débardeur blanc et la chaîne en argent que son propre père lui avait acheté pour sa communion. Elle était certaine que si elle se rapprochait un peu, elle pourrait sentir les effluves de son eau de toilette. Si elle le faisait, elle perdrait pied et ne pourrait pas refuser de le laisser l’y accompagner.
Craig : Je promets de ne pas t’ennuyer et d’être très discret lui dit-il en se rapprochant d’elle encore. Je te ferai passer une agréable soirée
Cassie : Tu es très présomptueux Ford ! lâcha t-elle en masquant son trouble.
Craig lui fit une petite moue boudeuse à laquelle Cassie ne pu s’empêcher de sourire. Craig bondit de joie à l’intérieur, il avait obtenu un sourire ! Une vraie victoire !
Craig : Tu peux être prête en combien de temps ?
Cassie : J’ai pas encore dit que j’acceptais !
Craig : Ouais mais tu en meurs d’envie dit-il avec un grand sourire.
Cassie lui donna un coup à l’estomac avant de lui sourire à nouveau. Que c’était bon…
Cassie : Donne moi trente minutes !
Craig : Ok.
Il la regarda disparaître à l’étage et s’assit dans le fauteuil que Richard avait quitté quelques minutes auparavant. Pour passer le temps, il lut le journal à son tour. Il ne vit pas les minutes passer, une demi heure plus tard, comme promis, Cassie réapparut. Il ne l’avait pas entendue.
Cassie : On y va ?
Surpris, il se releva et la regarda des pieds à la tête. Elle avait mis une légère robe blanche qui lui arrivait au dessus des genoux et des chaussures à talons. Ses cheveux châtains, ondulés, lui retombaient sur les épaules de façon négligée.
Craig : On y va répondit-il troublé.
Il la rejoignit et lui présenta son bras. Cassie était nerveuse, elle avait essayé de paraître jolie mais devant l’air ailleurs de Craig, elle se demanda si elle avait bien fait. Voulait-il vraiment passé la soirée avec elle ? se demanda t-elle tout à coup, ou avait-il pitié d’elle ?
Craig : Tu es très jolie lâcha t-il l’air de rien.
Mais ce compliment n’était pas passé inaperçu et fit naître un joli sourire sur le visage de la jeune fille. Le rouge aux joues, elle masqua le trouble qu’elle avait à l’entendre lui dire ça. Après tout, qu’importe pourquoi il l’emmenait, le principal était que se soir, il était à elle.
Cassie : T’es pas mal non plus.
Craig s’arrêta, surpris avant d’éclater de rire.
Craig : J’aurais jamais cru que je parviendrais à t’arracher un compliment !
Cassie : T’extasie pas trop, c’est ton jeans et ta chemise qui font tout le travail pour toi, dès que tu les auras ôtés, tu perdras tout ton charme !
Craig rigola de bon cœur.
Craig : Dans ce cas, il faudra que j’aille en chercher quelques uns de rechange au magasin dès demain !
Cassie rigola avec lui et se laissa volontiers emmener vers sa voiture. La soirée promettait d’être la meilleure de sa vie.

Marjo  (02.09.2005 à 21:24)
Joey tournait en rond dans sa chambre, répétant exactement ce qu’elle dirait à Pacey. Il fallait qu’elle soit le plus claire et le plus honnête possible. Elle ne voulait pas l’effrayer en lui disant trop vite qu’elle l’aimait, sans compter qu’il voyait Cassie, mais il fallait qu’il comprenne qu’il ne pouvait plus sortir de sa vie comme il l’avait fait. Elle devait être catégorique sur ce point ! Elle regarda sa montre, il était déjà 21h, si elle continuait à réfléchir sur ce qu’elle lui dirait, il irait se coucher avant même qu’elle n’ait trouvé le courage de frapper à sa porte ! Elle prit son gilet lorsque deux petits coups furent frappés à sa porte. Surprise, elle alla ouvrir et resta étonnée de voir Joanie devant elle, resserrant son chandail contre elle, un air grave sur le visage.
Joanie : Bonsoir.
Joey : Que se passe t-il ? demanda t-elle inquiète.
Pour que la maîtresse des lieux vienne frapper chez elle si tard, c’était forcément qu’il y avait un problème.
Joanie : J’ai pensé que vous deviez savoir.
Joey : Savoir quoi ? s’exclama t-elle en sentant la panique la gagner.
Joanie : Il y a eut un accident.
Joey : Comment va Pacey ? s’enquit-elle une boule dans la gorge, certaine que si elle venait la trouver, c’était que Pacey était impliqué.
Joanie : Ils l’ont transporté dans sa chambre, un médecin est auprès de lui.
Joey : Je veux le voir !
Joanie : Je m’en doutais. Venez avec moi.
Doucement, Joanie l’emmena avec elle. Elles marchèrent un moment en silence. Joey était toute retournée, elle priait pour qu’il n’ait rien. Elle ne pourrait jamais s’en remettre s’il lui arrivait quelque chose. Joanie lui prit la main et la fit entrer dans un des bungalows au nord des écuries. Trop préoccupée par la santé de Pacey, elle n’avait pas fait attention qu’il s’agissait du même bungalow où elle avait séjourné trois ans plus tôt. Pacey avait demandé à avoir celui là. Parcourant la pièce, elle le vit, allongé sur le lit, les yeux clos. Richard, Walt et un autre homme, qui devait être le docteur, étaient autour de lui. Une bande lui enserrait la taille. Rapidement, elle parcourut les mètres qui la séparait du lit et vint s’asseoir à côté de lui en se saisissant de sa main.
Joey : Pacey, tu m’entends ?
Médecin : Je viens de lui donner un sédatif, il risque de dormir plusieurs heures.
Joey : Mais que s’est-il passé ? demanda t-elle enfin.
Richard : Bob l’a trouvé dans la plaine. Il était étendu sur le sol et Black avait disparu. Je ne sais pas pourquoi il était là bas, mais Black a dû lui donner un mauvais coup et il l’a envoyé valser contre l’enclos. Comme il a cassé la barrière en tombant, le cheval a dû en profiter pour se sauver.
Joey : Pacey... murmura t-elle en parcourant du bout des doigts les contusions qui marquaient son corps.
Personne n’osait parler mais tous la regardait, conscients qu’elle était très touchée. Richard était surpris par la réaction de Joey mais puisque c’était sa femme qui était allée la chercher, il ne doutait pas qu’elle était au courant de quelque chose et qu’elle lui en parlerait dès qu’ils seraient seuls.
Médecin : Bon, je vais vous laisser. Je ne peux plus faire grand-chose pour lui, maintenant, il a besoin de repos.
Richard : Je vous raccompagne.
Alors que les deux hommes sortaient, Joanie se rapprocha de Joey et lui posa affectueusement une main sur l’épaule.
Joanie : C’est un garçon costaud, il va vite s’en remettre.
Joey : Je l’espère.
Joanie : Vous voulez que je vous ramène à votre chambre ?
Joey : Non merci dit-elle sans quitter Pacey des yeux. Je vais rester ici.
Joanie lui sourit, elle se doutait bien qu’elle le ferait.
Joanie : Prenez soin de lui.
Joey releva les yeux vers elle et lui sourit tendrement, reconnaissante qu’elle soit venue la chercher. Dès qu’elle fut sortie, Joey se rapprocha de Pacey, remonta la couverture le long de son corps et passa une main dans ses cheveux.
Joey : Dors mon amour, je vais veiller sur toi lui murmura t-elle.


Sous la clarté de la nuit, Craig et Cassie marchaient vers la propriété principale. Craig n’osait pas trop parler de peur de briser le fragile équilibre de paix et de complicité qu’ils avaient retrouvé tout au long de la soirée. Il s’était vraiment sentit à l’aise avec elle ce soir. Passées les premières minutes de gêne, il s’était adapté à la situation et avait évolué parmi les amis de Cassie comme il l’aurait fait dans une soirée avec ses propres amis. Elle l’avait très vite mis à l’aise et il s’était bien amusé. Ils avaient parlé, rit et dansé sans jamais se quereller ! Une grande première pour lui, c’était bien la première fois qu’il passait autant de temps avec elle sans qu’il y ait une agression de part ou d’autre, et il devait reconnaître que c’était très agréable. D’un coup de l’œil, il l’avait regardée se détendre et s’intégrer au décor comme si les lieux lui appartenaient. Qui plus est, dans cette robe qu’elle avait mise, elle avait attiré tous les regards et il avait bien souvent aperçu des garçons qui la dévoraient des yeux. Si bien, qu’il avait cru de son devoir de les tenir éloignés en ne la quittant pas d’un pouce. Richard n’aurait pas aimé qu’il laisse n’importe qui s’approcher de sa fille. Il lui jeta un regard en biais et la vit songeuse. A quoi pouvait-elle penser pour avoir l’air aussi ailleurs ? En réalité, Cassie revivait la merveilleuse soirée qu’elle venait de passer, tout s’était déroulée comme dans un rêve. Elle avait eu l’impression que ce soir, Craig était tout à elle, et comme prévue, cela ne l’aidait pas à tirer un trait sur lui, elle était encore plus déterminée à l’aimer. Il s’était montré adorable avec elle et prévenant. Il était resté à ses côtés tout le temps et elle n’avait jamais eu l’impression qu’il souhaitait être ailleurs. Elle ne l’avait même pas vu regarder une autre fille alors que c’était un véritable prédateur dans une soirée en temps normal. Sans oublier qu’il l’avait fait danser, être dans ses bras avait été un enchantement et chaque chanson lui paraissait être plus courte que l’autre. Elle osa le regarder de côté et croisa son regard. Amusés, ils se sourirent.
Cassie : J’ai vraiment passé une bonne soirée lui avoua t-elle.
Craig : Donc je suis pardonné ? demanda t-il timidement.
Cassie : Pardonner pour quoi ? s’exclama t-elle surprise.
Craig : Ben je sais pas, mais j’avais forcément fait quelque chose…
Cassie : Parce que je faisais la tête ?
Craig hocha la tête en détournant le regard. Il n’aurait jamais cru être mal à l’aise avec elle un jour !
Cassie : C’est à cause de mes examens mentit-elle. Ca a tendance à me porter sur les nerfs…
Craig : Ouais, et puis je suis assez casse-pieds des fois.
Cassie : Des fois ? dit-elle en rigolant.
Arrivés devant la porte d’entrée, ils s’arrêtèrent et Craig la regarda en rigolant.
Craig : Je ne suis pas encore prêt à reconnaître mon entière culpabilité mais bon, si ça peut aider….
Cassie : C’est tout toi ça ! Jamais prêt à reconnaître ses torts !
Craig : Ca fait tout mon charme lui dit-il en souriant.
Oh oui pensa t-elle en soupirant. Elle le regarda tendrement, il était si beau…ses magnifiques yeux noisette étaient plongés dans les siens, une douce tendresse émanait de lui. Craig se sentait bizarre face à se regard si perçant. Cassie avait tellement grandi.
Craig : J’aime pas quand tu me fais la tête lui dit-il d’une petite voix boudeuse.
Attendrie, elle se pencha vers lui pour lui déposer un bisou sur la joue mais au moment de se décoller de lui, sa joue frôla la sienne et Craig s’empara de ses lèvres d’un geste machinale. Le cœur au bord de l’explosion, elle lui rendit son baiser. Leurs mains le long de leur corps, ils ne semblaient plus être en mesure de bouger. Craig effleura les lèvres de Cassie une dernière fois avant de s’écarter, tétanisé. Qu’avait-il fait ??
Craig : Je...je…suis désolé bredouilla t-il.
Cassie : C’est rien… parvint-elle à articuler.
Merde quel con ! se morigéna t-il. Ils venaient à peine de faire la paix !! Cassie n’en revenait pas ! L’homme de sa vie venait de l’embrasser ! Un merveilleux et doux baiser….
Craig : C’était une erreur tout est de ma faute, je n’aurais pas dû…lui dit-il perturbé.
Elle eut l’impression qu’elle venait de se prendre un direct à l’estomac tellement son cœur était serré et sa respiration coupée.
Craig : Bonne nuit lâcha t-il en filant à toute vitesse.
Cassie le regarda partir, atterrée. Comme un automate, elle monta jusqu’à sa chambre et s’écroula sur son lit, complètement en pleurs.


Ressentant une vive douleur à la poitrine, Pacey porta une main à ses côtes. Ca faisait un mal de chien, que s’était-il passé ? Peu à peu, les souvenirs l’envahirent. Après avoir surpris Joey au téléphone, il avait pris un cheval et avait galopé sans réfléchir, par hasard, il était arrivé près de l’enclos où une heure plus tôt, il avait emmené Black. Il s’était arrêté un instant et voyant le pur sang boitiller, il était entré dans le box. Une grave erreur ! Il ne se rappelait plus grand-chose mis à part le fait que le cheval s’était énervé et qu’il s’était mis à se cabrer. Il prit une profonde inspiration et grimaça de douleur. Zut, il avait dû se casser au moins deux côtes. Il entrouvrit les yeux afin de voir où il était et vit enfin Joey, endormie dans un fauteuil près du lit. Que faisait-elle là ? Ce pouvait-il qu’elle se soit inquiétée pour lui ? Si tel était le cas, il se sentait prêt à remercier le seigneur pour cet accident ! Elle portait les mêmes vêtements que la veille, signe qu’elle avait passé la nuit ici ! Il sentit son cœur exploser dans sa poitrine. Il la détailla du regard un instant, elle avait les traits tirés, avait-elle passer une partie de la nuit à le regarder dormir ? Il la contempla quelques minutes avant qu’elle n’entrouvre les yeux et s’aperçoive qu’il était réveillé.
Joey : Pacey ! s’exclama t-elle en se rapprochant du lit. Comment tu te sens ?
Pacey : Ca va mentit-il.
Joey : Tu m’as fait une de ces peurs ! lâcha t-elle.
Pacey : Vraiment ?
Joey : Evidemment, qu’est-ce que tu crois ? s’indigna t-elle.
Pacey : Ben, tu es assez changeante avec moi ces derniers temps…
Joey : J’avais des trucs à faire…dit-elle en détournant le regard.
Pacey : Joey…lui dit-il d’une voix qui montrait qu’elle lui cachait la vérité.
Joey lui expliqua alors qu’elle l’avait vu avec Cassie et qu’elle ne voulait pas le déranger dans sa relation avec la jeune fille. Pacey la regarda, dubitatif. Mais enfin, qui diable avait lancé cette rumeur !
Pacey : Je ne sors pas avec Cassie ! soupira t-il, combien de fois je vais devoir le dire. Elle et moi sommes amis !
Joey : C’est vrai ??? s’exclama t-elle pleine d’espoir.
Pacey : Oui ! Si tu veux tout savoir, Cassie est amoureuse de quelqu’un mais tout ne se passe pas comme elle le voudrait et c’est de ça que je parle avec elle.
Il ne donnait pas le nom de Craig, ce n’était pas vraiment trahir Cassie…se dit-il avec conviction. Et puis, il fallait bien qu’il établisse clairement la situation à Joey.
Quelle imbécile ! se morigéna t-elle. A aucun moment dans la conversation, elle n’avait entendue Cassie dire qu’elle aimait Pacey, elle avait tiré ses propres conclusions des mots qui avaient été employés ! Pacey crut lire une sorte de soulagement sur le visage de Joey. Se pouvait-il qu’elle ait été jalouse ? Cela expliquerait pourquoi elle semblait si en colère contre lui ! Oh comme il voudrait que ce soit le cas. Joey plongea ses yeux dans les siens et le regarda tendrement.
Joey : Pacey, est-ce que c’était purement sexuel entre nous ? lui demanda t-elle de but en blanc.
Pacey : Joey…souffla t-il. A quoi ça sert de vouloir savoir ça aujourd’hui ?
Joey : J’ai besoin de savoir.
Il tendit la main vers elle et lui caressa la joue.
Pacey : Non. Et tu le sais bien ajouta t-il en la regardant tendrement.
Oui, elle le savait. Mais elle avait besoin de l’entendre de sa bouche pour savoir qu’elle ne s’était pas trompée et qu’elle avait bien fait de venir le retrouver ici.
Joey : Il y a quelque chose qu’il faut que je te dise.
Pacey : Quoi ? demanda t-il surpris.
Joey : Je ne suis pas vraiment venue ici par hasard. Je savais que tu y serais avoua t-elle.
Pacey : Comment ? s’exclama t-il hébété.
Joey : Il y a trois mois, j’ai engagé un détective pour te retrouver. Il a eu du mal car tu as beaucoup bougé mais il a finalement retrouvé ta trace ici.
Pacey n’en croyait pas ses oreilles. Elle avait été jusqu’à payer les services d’un détective privé !
Pacey : Pourquoi ? balbutia t-il.
Joey : Parce que j’avais besoin de savoir, besoin de te voir, de m’assurer que tu allais bien et que tu menais la vie que tu voulais. Besoin de comprendre aussi.
Il ne pouvait s’empêcher de la regarder et d’être sincèrement touché par ses paroles, c’était probablement la plus belle chose qu’une personne ait jamais faite pour lui !
Pacey : Tu as trouvé les réponses que tu cherchais ?
Joey : Pas toutes non…dit-elle en se rapprochant sensiblement de lui. Mais je continue de les attendre.
Pacey : Demande moi….murmura t-il.
Joey : Est-ce que tu es parti parce que tu étais amoureux de moi ? lui demanda t-elle en se rapprochant encore plus près.
Leurs visages n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre maintenant. Pacey pouvait sentir le parfum de Joey flotter dans les airs. Il lui paraissait stupide de mentir maintenant.
Pacey : Oui.
Avec un sourire aux coins des lèvres, Joey plongea vers lui et l’embrassa tendrement. Pacey se laissa faire, docilement avant de porter ses mains à son visage et d’approfondir le baiser. A bout de souffla, Joey se redressa et lui sourit, taquine.
Joey : Maintenant, j’ai toutes les réponses à mes questions.
Devant l’air dubitatif de Pacey, elle se redressa.
Pacey : Qu’est-ce que tu fais ??
Joey éclata de rire. Avait-il peur qu’elle parte maintenant qu’elle savait ce qu’elle était venue chercher ?
Joey : Je vais te chercher le petit déjeuner idiot !
Pacey émit un léger soupir de soulagement.
Pacey : Je n’ai pas très faim là…lui dit-il avec un sourire charmeur.
Joey : Il faut pourtant que tu manges. Le médecin a dit que tu devais te reposer et reprendre des forces. Donc je vais te chercher le petit déjeuner.
Elle se pencha et l’embrassa sur le front.
Joey : Et pas de discussion lui murmura t-elle tendrement.
Pacey : Bien madame lui dit-il en souriant.
Sous le regard amoureux de Pacey, elle quitta la chambre. Un sourire heureux se peint alors sur le visage du jeune homme.


Cela faisait une heure que Craig passait toute son énergie à couper du bois qu’il préparait pour l’hiver. Certain pourrait lui dire que faire ça au mois de juin était un peu prématuré mais il avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose. Toute la nuit, il s’était retourné dans son lit en pensant au baiser qu’il avait donné à Cassie. La pauvre, il ne lui avait même pas laissé le temps de réagir que déjà, il avait posé ses lèvres sur les siennes ! Elle devait être sacrément en colère contre lui et il allait avoir du mal cette fois, à retrouver sa clémence. Cassie n’était pas une fille facile ! Elle avait du caractère et une forte personnalité. Bon, ça faisait partie intégrante d’elle et il aimait son air déterminé quand elle voulait quelque chose. Et on pouvait dire qu’elle savait ce qu’elle voulait ! Comment lui faire comprendre qu’il avait agi sur une impulsion et regrettait vraiment. Il n’aurait pas dû l’embrasser, même si ça n’avait pas été désagréable, c’était tout à fait déplacé, enfin, ils étaient pratiquement comme frère et sœur ! Elle avait dû se sentir tellement mal à l’aise…Complètement en sueur, il fit une pause quelques secondes et porta une bouteille d’eau à ses lèvres en regardant autour de lui. Soudain, Cassie apparut à quelques mètres de là, elle sortait des écuries avec Walt. Ils discutaient tranquillement, elle n’avait pas fait attention à sa présence. Il hésita un moment, ne sachant pas quoi faire. Puis, prenant son courage à deux mains, il alla la voir dès que Walt se fut éloigné.
Craig : Cassie ? dit-il timidement.
Reconnaissant la voix, elle frissonna et prit une profonde inspiration avant de se retourner.
Cassie : Salut.
Il fut surpris par le léger sourire de la jeune fille, il s’était attendu à une franche hostilité de sa part.
Craig : Salut répondit-il. Je voulais te dire pour hier…dit-il avec appréhension.
Cassie : C’est bon ça va, il n’y a pas de mal.
Cassie y avait réfléchit toute la nuit et avait décidé de ne pas lui montrer la peine qu’il lui avait faite. De plus, être en colère contre lui ne servirait à rien, c’est pourquoi, elle avait décidé d’opter pour une défense vieille comme le monde, l’indifférence et la jalousie. Pour elle, c’était bien là son dernier recours.
Craig : Je suis désolé lui dit-il en passant une main dans ses cheveux, mal à l’aise.
Cassie : C’est pas non plus comme ci c’était important ou que ça comptait pour l’un de nous deux lâcha t-elle en feignant un sourire amusé.
Craig : Non, tu as raison lui dit-il surpris.
Elle prenait tout ça tellement bien.
Cassie : C’est déjà oublié.
Il aurait dû se réjouir qu’elle ne lui en veuille pas mais il ne pouvait s’empêcher de trouver son attitude bizarre. Et puis, d’un autre côté ce n’était peut être pas grave mais il était encore retourné par leur baiser, lui ! Elle, ça n’avait pas l’air d’avoir eu une grande importance dans sa vie. Etait-il vraiment énervé parce qu’elle ne l’était pas ? se demanda t-il surpris.
Cassie : Ce n’était pas la première fois qu’on m’embrassait et certainement pas la dernière.
Craig : Non, bien sûr…
Quand était-elle sortie avec un garçon ?? Il pensait tout savoir d’elle ?
Cassie : Bon, alors on oublie tout ?
Craig : Ca me va.
Cassie : Bien, si tu le permets, je vais filer. John m’emmène au cinéma cet après-midi et il faut que je me change.
Craig : John ? Le John qui travaille avec Walt ? demanda t-il surpris.
Cassie : C’est lui dit-elle avec un grand sourire. Il s’est enfin décidé à m’inviter. Espérons que la soirée se termine comme hier lui dit-elle avec un clin d’œil avant de s’éloigner, contente d’elle.
Craig la regarda s’éloigner. Depuis quand s’intéressait-elle à John ? Il n’était pas terrible physiquement, bon, il était intelligent mais c’était bien son seul atout. Lorsqu’elle eut disparu de son champ de vision, il retourna à sa tâche et reprit sa hache en cognant de plus belle. La discussion lui laissait un arrière goût désagréable dans la bouche.


En sifflotant, Joey arrangeait un bouquet de fleurs qu’elle avait cueilli pour décorer la chambre de Pacey. Il avait tenu absolument à prendre une douche ! Il n’y aurait plus qu’à lui refaire ses bandages ensuite ! Pour la première fois depuis hier, elle avait remarqué que le bungalow dans lequel il vivait était celui-là même où il avait partagé de tendre moment, trois ans plus tôt. Emue, elle avait passé quelques minutes à regarder le lit en songeant, amusée, qu’il aurait quelques souvenirs à raconter ! Puis, elle avait décidé de sortir flâner un peu pendant que Pacey se lavait. Ils avaient déjeuné tranquillement, en silence. Ils avaient bien des choses à mettre au point encore mais ils avaient le temps, ils avaient d’abord voulu profiter un peu de la présence de l’autre. Surprise, elle sursauta lorsqu’il sortit de la salle de bain, vêtu seulement d’un jeans. Les cheveux encore mouillés, ruisselait son torse de goutte d’eau. Elle baissa les yeux vers l’énorme hématome qui confiait à sa poitrine une couleur douloureuse. Elle se rapprocha de lui et effleura le bleu du bout des doigts.
Joey : Ca te fait mal ?
Pacey : Ca peut aller.
Joey lui sourit, même s’il souffrait le martyr, Pacey ne l’avouerait pas.
Joey : C’est malin maintenant, il va falloir faire revenir le médecin…
Pacey : Je vais bien Joey lui assura t-il.
Joey : Ah oui ?
Afin de lui prouver le contraire, elle appuya légèrement sur sa poitrine et le vit grimacer.
Pacey : Bon, peut être pas si bien que ça…avoua t-il. Mais je sais ce qui me ferait du bien lui dit-il avec un sourire mutin.
Joey : Quoi donc ? demanda t-elle en feignant l’ignorance.
Pacey : J’ai toujours cru en les vertus des bisous magiques.
Joey : Voyez-vous ça ! dit-elle amusée.
Pacey lui fit un petit air enjôleur, aussi Joey ne put-elle s’empêcher de rigoler. Lentement, elle descendit vers sa poitrine et déposa un léger baiser sur ses bleus.
Joey : Ca va mieux ? lui demanda t-elle en haussant un sourcil.
Pacey posa ses mains sur les hanches de la jeune fille et la dévora du regard.
Pacey : Pas tout à fait, j’ai encore un peu mal.
Joey : Où ça ?
Pacey : Ne t’inquiète pas pour moi Joey, je sais ce qui me guérira.
Lentement, il descendit vers ses lèvres et les effleura délicatement. Attendant que Joey l’invite à aller plus loin, ce qui ne se fit pas attendre. Pantelante, elle s’accrocha à son cou et répondit à son baiser avec ferveur. Doucement, il commença à l’attirer vers le lit avec lui. Joey finit par l’arrêter et plongea son regard dans le sien.
Joey : Pacey, je ne ferai pas l’amour avec toi le prévint-elle.
Surpris, il la dévisagea. Ce ne serait pourtant pas la première fois, ce n’est pas comme si ils ne se connaissaient pas.
Pacey : Ca fait trois ans que je me languis de toi Joey soupira t-il, légèrement frustré.
Joey : Moi aussi Pacey lui dit-elle en lui souriant, touchée. Mais on commence tout juste à comprendre ce qui nous a séparé il y a trois ans et je t’en veux encore d’être parti au lieu de rester avec moi et de voir comment on aurait géré ça.
Mal à l’aise, il détourna le regard tout en gardant ses mains sur elle.
Joey : Si je suis venue ici, c’est pour voir ce qu’il pourrait se passer entre nous, savoir si nous n’étions pas passer à côté de quelque chose, mais pour ça, je ne veux pas qu’on refasse les mêmes erreurs.
Pacey : Explique ?
Joey : La dernière fois, on a grillé toutes les étapes et on avait une relation basée uniquement sur le sexe.
Pacey : Elle ne l’était pas vraiment lui fit-il remarqué avec un petit sourire taquin.
Joey : Peut être, mais c’est tout de même comme ça que tout a commencé. Cette fois, je veux une vraie relation et tout ce qui va avec !
Pacey : Joey Potter, s’exclama t-il étonné, êtes-vous entrain de me demander de vous faire la cour ?
Joey y pensa quelques secondes avant de lui sourire, ravie.
Joey : Oui, c’est exactement ça, je veux être courtisée !
Pacey soupira en laissant sa tête retombée sur l’épaule de Joey. C’était bien sa veine, il n’était pas bon pour draguer les filles ! Il avisa le vase remplie de fleur que Joey avait déposé sur la commode et tendant le bras, se saisit d’une tulipe qu’il lui tendit avec un sourire charmeur. Joey éclata de rire en prenant la fleur.
Joey : Il va t’en falloir plus Pacey, beaucoup plus !


Appuyé contre l’enclos dans lequel Caramel et Simbad reposaient tranquillement, Craig mangeait distraitement un sandwich quand Pacey vint le rejoindre. Craig le regarda en souriant.
Craig : Alors, il parait que tu as trouvé un moyen de tirer au flanc ?
Pacey : Ouais, deux côtes cassées, je te le recommande.
Craig rit doucement avec lui et reporta son regard sur les chevaux.
Pacey : Heureusement que ton père m’a trouvé ! Tu sais s’ils ont pu récupérer Black ?
Craig : Ouais, ils l’ont eu ce matin, du côté de l’étang.
Pacey : Tant mieux dit-il en soupirant, soulagé.
Craig : Il avait un tendon déchiré, c’est ce qui a dû le rendre violent hier.
Pacey : J’en ai de la chance !
Craig : Dis moi, dit-il avec un petit sourire taquin, il parait que Joey a passé la nuit à ton chevet ?
Pacey : En effet répondit-il avec un sourire épanoui.
Craig : Et ?
Craig attendait tout de même plus de détails que ce simple « en effet » !
Pacey : Les choses vont mieux. Je crois qu’elle m’aime bien avoua t-il touché.
Craig : Qu’elle t’aime bien ?
Pacey : Elle n’est pas venue ici par hasard.
Pacey lui expliqua pour le détective privé et pour ce que Joey était venue découvrir ici.
Craig : Ben dis donc ! Je crois même qu’elle t’a dans la peau cette fille.
Pacey lui sourit franchement, espérant qu’il ait raison. Depuis qu’il s’était réveillé, il vivait sur un nuage et espérait de tout cœur, ne jamais avoir à en descendre. Si tout se passait comme il le voulait, Joey et lui glisserait doucement vers une relation amoureuse. Il ignorait encore ce qui se passerait ensuite, elle devrait inévitablement repartir un jour et lui, que ferait-il ? Mais pour l’instant, il se concentrait sur la nouvelle demande de Joey.
Pacey : Il y a quand même un hic !
Craig se tourna vers lui en haussant un sourcil.
Pacey : Elle veut que je lui fasse la cour ! lâcha t-il en maugréant.
Faire la cour à Joey n’avait rien de désagréable en soit, mais il n’avait jamais été doué à ce jeu. Craig éclata de rire.
Craig : Bonne chance mec !
Pacey : Merci lui dit-il agacé par son comportement.
Ils se replongèrent dans la contemplation de la vue. Ils n’avaient jamais rien vu d’aussi beau, travailler ici était vraiment une chance pour eux.
Craig : Tu connais John Walters ? demanda t-il tout à coup.
Pacey : Hum, l’assistant de Walt ?
Craig : Ouais, qu’est-ce que tu penses de lui ?
Pacey : Je crois que c’est un mec bien pourquoi ?
Craig : Cassie sort avec lui.
Pacey écarquilla de grand yeux, dubitatif. Il avait dû rater un épisode. Depuis quand Cassie voyait-elle John ? Ca ne pouvait pas être possible, elle était amoureuse de Craig jusqu’au bout des ongles !
Pacey : Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Craig : Elle, elle m’a dit qu’elle le voyait cette après midi.
Pacey : Ben mince alors lâcha t-il encore sous le choc.
Craig : Je ne le sens pas ce mec, on ne sait pas grand-chose sur lui, il n’est là que depuis deux mois.
Pacey dévisagea Craig, on aurait presque dit que ça le dérangeait qu’elle le voie…Il se mit soudain à penser que c’était peut être le but que Cassie recherchait, elle voulait peut être rendre Craig jaloux. Dans ce cas, il se devait de rentrer dans son jeu.
Pacey : Elle est peut être amoureuse lâcha t-il mine de rien.
Craig : Tu crois ? demanda t-il en se tournant vivement vers lui.
Pacey : Ben je ne sais pas, mais elle est en âge d’avoir un petit ami…
Craig resta pensif, il ne l’avait jamais réellement vue comme une jeune fille ayant potentiellement un petit copain. Il n’arrivait pas à s’ôter la vision d’elle à quatorze ans, c’était plus fort que lui.


Assise au fond du canapé, Joey contemplait Pacey qui allumait un feu de cheminée. Pour leur première véritable soirée en tête à tête, ils avaient choisi la chaleur d’un bungalow agrémenté d’un magnifique feu de bois. Ils avaient énormément de temps à rattraper et avait préféré rester rien qu’à deux. Le feu prit rapidement et Pacey alla s’asseoir à côté de Joey. Se tournant vers elle, il glissa sa main jusqu’à son cou et repoussa quelques mèches de cheveux en laissant ses doigts s’attarder sur son épaule dénudée.
Pacey : Je n’arrive pas à croire que tu aies engagé un détective pour me retrouver dit-il encore surpris.
Joey : J’étais bien obligée, tu ne revenais pas.
Pacey : Je ne pensais pas devoir le faire avoua t-il. Tu avais ta vie et je ne voulais pas tout bouleverser.
Joey : C’est en partant que tu as tout bouleversé.
Pacey lui sourit tendrement, il était désolé de lui avoir fait du mal mais soulagé de savoir que son départ n’était pas passer inaperçu et que ça lui avait fait quelque chose quand même.
Pacey : Il y a une chose que je voudrais savoir Joey dit-il en plongeant son regard dans le sien. Tu sais que je suis amoureux de toi et je sais que tu es là afin de voir si une relation est possible entre nous mais on a pas vraiment évoqué tes sentiments.
Joey : Mes sentiments…et bien, ils sont confus car tu ne leurs as pas laissé le temps de mûrir.
Ce n’était pas vraiment une réponse se dit Pacey en soupirant, mais c’était probablement la seule que Joey pouvait lui fournir à l’heure actuelle. Si elle voulait qu’il la courtise, elle devait bien avoir quelques sentiments à son égard. Et puis, une chose était sûre, elle n’était pas avec lui pour le sexe cette fois. Il remonta la main vers son visage et balaya son front du bout des doigts. Joey frissonna.
Pacey : Tu crois vraiment qu’on peut tout recommencer à zéro ? lui demanda t-il en la fixant intensément.
Joey : J’en sais rien Pacey lui dit-elle honnêtement, trois années se sont écoulées et nous avons changé. On est peut être entrain de courir après le passé. Mais j’ai vraiment envie d’y croire.
Pacey : Moi aussi.
Délicatement, il l’attira à lui et l’embrassa tendrement. En faisait très attention à ses côtes cassées, Joey se blottit contre lui et se mit à regarder le feu crépiter dans la cheminée. Oui, elle avait vraiment envie d’y croire.


Robert Ford ne pouvait s’empêcher d’être intrigué par l’attitude de son fils. Toute la matinée, il avait eu l’esprit ailleurs et avait accumulé les erreurs, lui d’habitude si sérieux et consciencieux dans son travail. Craig avait un souci, à n’en pas douter. Cela venait-il de la fille qu’il voyait ? Il n’avait rencontré Clara que deux fois mais elle lui avait semblé être une gentille fille, du moins, le genre de fille que son fils affectionnait. Personnellement, il aurait préféré voir son fils avec une fille moins...voyante et sophistiquée mais il ne pouvait décemment pas régir sa vie alors qu’il avait vingt cinq ans. Il fallait espérer qu’il finirait par faire les bons choix par lui-même. Avec hargne, Craig souleva une pelletée de purin qu’il envoya dans la charrue.
Bob : Quelque chose ne va pas ?
Craig : Pourquoi tu me demandes ça ? interrogea t-il son père tout en continuant sa tâche.
Bob : Oh pour rien, tu as l’air ailleurs.
Craig : Nan, j’ai pas de problème.
Au son de sa voix, Robert pu en déduire qu’il mentait effrontément. Il n’avait jamais su le faire correctement, et cela, dès son plus jeune âge. Ce qui avait était très utile à sa mère et à lui lors de l’adolescence !
Bob : C’est une fille ?
Craig : Pourquoi voudrais-tu que se soit une fille ? dit-il agacé.
Bob : A vrai dire je n’en suis pas sûr, il y a longtemps qu’il n’y a plus de problème de ce côté-là…
De fait, son fils ne s’encombrait jamais de fille attitrée. Il en voyait beaucoup certes, mais aucune ne demeurait très longtemps. Cela attristait beaucoup Beth qui rêvait d’avoir une belle fille et de beaux petits enfants, mais lui préférait se dire qu’il était encore jeune et avait le temps de s’établir. Lorsque Craig serait près, alors il prendrait femme.
Bob : …mais comme tu n’es jamais énervé en temps normal, je me dis que ça peut être ça.
Craig : Ben tu te trompes ! maugréa t-il.
Bob : Tu es sûr ? Parce que…
Craig : Puisque je te dis que non !!!
Cassie : Il y a un problème ? demanda t-elle en surgissant derrière eux.
Surpris, Craig sursauta avant de regarder derrière elle afin de voir si elle était seule. Ce qui lui parut ridicule et eut le don de l’énerver. Prestement, il préféra détourner le regard de la jeune fille et retourner à son travail.
Bob : Cassie, tu vas peut être pouvoir m’aider ! Sais-tu ce qui tracasse mon fils ?
Craig : Eh ! Je t’ai dis qu’il n’y avait rien ! vociféra t-il.
Cassie le dévisagea en souriant, alors quelque chose le tracassait…Elle pria de toutes ses forces pour être un tant soit peu une des causes…
Cassie : Alors comme ça, tu ne vas pas bien ? le taquina t-elle en posant un bras sur l’épaule de Bob.
Craig : Je vais très bien, c’est lui qui se fait des idées.
Cassie : C’est marrant parce que tu as une veine juste là dit-elle en laissant son doigt glisser dans le cou du jeune homme, qui semble dire le contraire.
Craig la dévisagea et regarda s’éloigner sa main de son cou. L’espace d’un instant, il avait retenu sa respiration. Il fallait absolument qu’il aille prendre l’air.
Craig : Ouais, et ben c’est ma veine et je lui fais dire ce que je veux !
Cassie : Ouh là, ce qu’il est susceptible !
Bob : Ouais, il doit avoir un problème avec une fille.
Cassie : Avec une fille ? dit-elle en haussant un sourcil amusée.
Craig : Pas la peine d’imaginer quoique se soit dit-il irrité par son comportement. Tout va très bien de ce côté-là, je n’ai pas à me plaindre ajouta t-il avec affichant un sourire content de lui.
Cassie : Malgré l’odeur que tu dégages ?
Robert souriait, il les avait tellement vus se chamailler qu’il connaissait par cœur l’air glacial que Craig posait sur Cassie. Cassie se tourna vers lui, un sourire aux lèvres.
Cassie : Dire qu’il y a des femmes pour le trouver irrésistible…je ne comprendrai jamais soupira telle en s’éloignant.
Touché par sa dernière remarque, Craig pesta en reprenant son boulot avec acharnement. Robert posa sur lui un regard désespéré, quand son fils cesserait-il d’être un enfant ?

Marjo  (02.09.2005 à 21:41)
Debout dans la grande cuisine familiale des Hampton, Joey donnait un coup de main à la maîtresse de maison. Ensemble, elles confectionnaient quelques tartes Tatin. Joey, n’étant pas expertes en la matière, se contentait de passer les ingrédients à Joanie. Cette dernière, ne pouvait s’empêcher de la regarder en souriant. Joey avait l’air heureuse et elle avait vu le même sourire sur les lèvres de Pacey le matin même. Nul doute que ces deux là s’étaient retrouvés. Ils en auraient mis du temps !
Joanie : Je suis contente pour vous lâcha t-elle.
Joey lui sourit affectueusement. Elle aimait bien la vieille dame. Elle dégageait une espèce de douceur et de tendresse à la fois.
Joey : Avec Pacey, on va prendre notre temps lui avoua t-elle.
Joanie : Vous avez raison, c’est comme ça qu’on établit des bases saines pour une relation durable.
Une relation durable… Oui, c’était ce qu’elle voulait avec Pacey, aussi surprenant que cela puisse paraître. Il avait vraiment pris une place importante dans sa vie. Il l’avait marquée telle qu’elle ne pouvait imaginer qu’il n’en fasse plus partie. Ces trois années avaient été très longues pour elle. Ne pas savoir où il était et s’il allait bien l’avait inquiétée plus qu’elle ne l’avait pensé. Le revoir ici avait été comme une délivrance. Il était bien en vie. Alors non, plus jamais elle ne le laisserait repartir. Elle repensa à la veille, ils avaient passé la soirée tous les deux, devant un bon feu de cheminée, à se raconter des histoires. Elle s’était blottie dans ses bras et avait eu la sensation en sentant les bras de Pacey se refermer autour d’elle et en regardant le feu crépité dans l’âtre, de n’avoir encore jamais vécu de moment si romantique. Lorsqu’il l’avait quittée pour la laisser se reposer, il lui avait déposé un léger baiser sur la joue. Aussi bref et simple qu’avait été ce baiser, il avait était suffisant pour la tenir éveillée une partie de la nuit. C’était elle qui avait imposé les règles, et hier soir, elle l’avait bien regretté ! Tout au fond d’elle, elle savait que c’était la meilleure solution pour eux, pour qu’ils sachent où ils allaient et ne pas commettre d’erreur, mais, secrètement, elle ne pouvait nier qu’elle rêvait de refaire l’amour avec lui.
Pacey : Bonjour mesdames lâcha t-il en pénétrant dans la pièce, un sourire aux lèvres.
Il sourit à Joanie tout en se rapprochant de Joey. Délicatement, il lui prit la main afin d’y déposer un baiser. Joey rit légèrement devant un geste aussi galant. Pacey avait pris sa demande au pied de la lettre !
Pacey : Puis-je vous l’enlever ? demanda t-il à Joanie en gardant la main de Joey dans la sienne.
Joanie : Bien sûr lui dit-elle affectueusement. Filez tous les deux.
Joey : Pacey…J’avais promis de donner un coup de main…
Joanie : Nous avons presque fini, et Beth va arriver d’un instant à l’autre.
Joey hésita un instant, puis, devant l’air suppliant de Pacey, elle ôta son tablier et se laissa emmener.
Joey : Bon, on va où ? lui demanda t-elle une fois dehors.
Pacey : Surprise lui dit-il mystérieux.
Joey s’arrêta de marcher et Pacey, la tirant toujours la main, fut stoppé dans son élan et se retourna vers elle, un sourcil levé.
Joey : Je ne ferai pas un pas de plus sans savoir.
Pacey : Joey, je voudrais te faire une surprise….
Joey : Alors un indice ?
Pacey leva les yeux en réfléchissant.
Pacey : Non… dit-il finalement en baissant la tête et en reprenant sa marche, la tirant derrière lui.
Il l’amena à une voiture et lui ouvrit la portière.
Joey : C’est ça ta surprise, une voiture ? lui dit-elle en se moquant gentiment.
Pacey : Je voulais t’y amener à cheval mais, dit-il en portant une main à ses côtes feignant la douleur, je dois encore attendre quelques jours avant de remonter en selle.
Joey se rapprocha de lui, amusée. Délicatement, elle lui déposa un baiser sur le front.
Joey : C’est bon, tu as gagné, emmène moi voir ta surprise !
Avec un sourire victorieux, Pacey referma la portière de la voiture et se glissa rapidement au volant.


Accoudé à la rambarde d’un des bungalows, Craig fumait une cigarette. Cela faisait trois ans maintenant qu’il avait arrêté mais cette après midi, l’envie de se relaxer en tirant une longue bouffée avait été la plus forte ! Ce que ça faisait du bien…il se sentait presque serein.
Cassie : Ce truc va finir par te tuer dit une voix derrière lui.
Il se figea et sentit ses muscles se contracter. Décidément, pas moyen de se détendre avec elle dans les parages !
Craig : Pour qui tu te prends ? Ma bonne conscience ? lâcha t-il agacé.
Cassie : Oh je n’ai pas le temps. Ce serait un job à plein-temps et encore, il faudrait que je recrute du personnel !
Craig : Très drôle…grinça t-il.
Cassie s’accouda à côté de lui et le regarda tendrement. Puis, elle lui désigna la cigarette d’un air de reproche. En soupirant, il finit par la jeter.
Craig : T’es contente ? maugréa t-il.
Cassie : Très !
Afin de lui prouver ses dires et de le titiller encore un peu, elle se pencha vers lui et lui déposa un baiser sur la joue. Surpris, il se retourna vers elle et finit par lui sourire tendrement. Cassie avait quelque chose de changer dans le regard, une lueur au fond des yeux qu’il ne lui avait encore jamais vu. Ces derniers temps, il était toujours sur les nerfs et était devenu très susceptible. Spécialement avec elle. Et puis, il devait avouer que ça ne lui plaisait pas de la savoir avec John, ce mec avait beau être un type bien, il savait ce qu’il voulait et ça ne lui plaisait pas ! Cassie était encore trop jeune pour ça. Ses yeux glissèrent discrètement vers ses lèvres et le baiser échangé s’imposa à lui. Elle s’était très bien débrouillée, elle n’en était pas à son premier baiser songea t-il avec une pointe d’irritation. Finalement, elle n’était peut être pas si jeune que ça…et peut être moins novice qu’il ne le pensait ! Cette simple pensée lui glaça le sang sans qu’il ne puisse rien y faire. Imaginer Cassie au lit avec un garçon lui donnait envie de hurler. Il détestait se sentiment !
Craig : Cass, ça te dirait de…
Alarmée par le ton de sa voix, Cassie se dit que ça allait trop vite. Bien sûr, elle était impatiente de se retrouver avec lui et qu’il se passe enfin quelque chose et sa voix laissait présager que ça pourrait être le cas aujourd’hui, mais Craig n’avait pas encore eu assez le temps de penser à elle et de l’imaginer en petite amie potentielle. Elle était certaine que si elle précipitait les choses, elle courait à la catastrophe. Et, au fond d’elle, elle devait avouer que le voir aussi jaloux et irrité n’était pas pour lui déplaire ! Elle avait passé assez de temps à penser à lui, le contraire ne lui ferait pas de mal !
Cassie : Zut ! l’interrompit-elle, j’avais complètement oublié que John m’avait demandé de le rejoindre chez lui ! Je suis en retard !!
Craig : Tu vas le rejoindre chez lui ? lâcha t-il surpris.
Cassie : Oui, oh ne t’inquiète pas, je connais la route comme ma poche depuis le temps dit-elle en souriant.
Elle vit Craig serrer les poings, encore une victoire de gagner ! Elle aurait juré qu’il était jaloux ! Elle n’eut aucun mal à feindre la joie, elle ne s’était encore jamais sentie aussi légère. Craig mettrait son sourire sur le compte de l’idée de retrouver John, ce qui serait encore meilleur pour elle. Elle avait la conviction qu’elle finirait par réaliser ses rêves. Elle prouverait à Craig Ford qu’elle était la seule femme pour lui !
Cassie : Je me dépêche, je ne voudrais pas être en retard dit-elle toute guillerette.
Elle fila rapidement et Craig rongea son frein en la regardant partir.
Craig : Faudrait surtout pas le faire attendre maugréa t-il entre ses dents.
Qu’allait-elle faire chez lui ? Il se morigéna, et dire qu’il avait été sur le point d’inviter la petite Cassie au cinéma ! Soudain, des bras se refermèrent autour de lui.
Clara : Salut beau brun.
Craig : Salut lâcha t-il sans entrain.
Clara : Que dirais-tu d’une ballade à cheval ou alors dit-elle en se penchant pour l’embrasser, on pourrait aller chez toi.
Craig : J’ai encore plein de travail dit-il en secouant la tête, s’obligeant à cesser de regarder vers l’horizon où Cassie avait disparu.
Clara : Oh lâcha t-elle déçue.
Craig : On se voit plus tard dit-il après lui avoir déposé un rapide baiser sur la joue.


Pacey : Garde les yeux fermés.
Joey : Pacey, je vais finir par tomber dit-elle en riant.
Pacey : Je te rattraperai lui glissa t-il à l’oreille.
Pacey regarda une dernière fois par terre et se mit derrière elle pour l’enlacer tendrement.
Pacey : Ca y est, tu peux regarder.
Lentement, Joey ouvrit les yeux et s’émerveilla du spectacle. Elle posa ses mains sur les siennes et embrassa l’endroit du regard. Il lui avait fait fermer les yeux dans la voiture et il avait eu raison, cela valait le coup d’attendre. Il avait dressé un pique-nique sous un saule pleureur derrière lequel s’étendait une vaste plaine qui se terminait par une colline en fleur. Elle tourna la tête, intriguée par un léger clapotis et vit un étang jusqu’à perte de vue. L’endroit était tout simplement magnifique ! Pacey n’y allait pas de main morte sur le romantisme.
Joey : C’est splendide dit-elle en penchant la tête en arrière pour l’embrasser.
Pacey : Je savais que ça te plairait répondit-il en répondant allègrement à son baiser. Allez viens, on va manger. Je meurs de faim !
En souriant, Joey se laissa entraîner et regarda Pacey dévoiler les plats qu’il avait apportés. Du poulet rôti, une salade de pomme de terre, des crackers, du fromage, des fraises et une bouteille de champagne.
Joey : Un vrai festin ! s’exclama t-elle en souriant.
Pacey : Je voulais être à la hauteur de madame dit-il en lui tendant une coupe.
Joey lui sourit tendrement.
Joey : Pacey, quand je t’ai demandé de me faire la cour, je ne pensais pas que tu en ferais une priorité, et ton travail, ils ne vont rien dire ?
Pacey : Je me lève plus tôt pour le faire, ce qui me laisse plus de temps libre lui expliqua t-il négligemment.
Joey fut touchée par tous ses efforts. Il avait l’air d’avoir vraiment envie de construire quelque chose avec elle. Ils mangèrent en parlant de tout et de rien. Une heure plus tard, Pacey était appuyé contre l’arbre, Joey allongée, le dos contre lui. Ils se reposaient tranquillement alors que leurs mains se cherchaient et jouaient ensemble. Pacey appréciait chaque seconde, se demandant toutes les cinq minutes s’il n’était pas entrain de rêver.
Joey : Il y a eu des jours où tu as songé à revenir ? lui demanda t-elle soudainement.
Pacey : C’est arrivé oui…
Joey : Qu’est-ce qui t’en empêchait ?
Pacey : Principalement ? La peur de te revoir.
Joey sourit et emprisonna ses mains dans les siennes pour les resserrer contre elle et ainsi se blottir un peu plus contre lui.
Joey : Je te faisais donc si peur ? dit-elle amusée.
Pacey : Ce qui me faisait peur, c’est les sentiments que j’ai pour toi, lui avoua t-il à l’oreille. J’avais peur en te voyant de me rendre compte que j’étais toujours amoureux de toi et que hélas, cet amour était voué à l’échec.
Joey : C’est pour ça que tu aurais voulu que je ne vienne jamais s’exclama t-elle tout à coup.
Surpris, il pencha la tête vers elle et elle lui raconta ce qu’elle l’avait entendu dire à Craig, le jour de son arrivée. Il hocha la tête.
Pacey : Je n’aurais jamais imaginé un instant que tu puisses avoir un quelconque sentiment pour moi, je pensais…que pour toi, ce qui s’était passé entre nous était une regrettable erreur et que tu l’avais déjà oubliée.
Joey : Il m’arrivait la nuit de me réveiller et de te sentir tout contre moi.
Pacey : J’aurais aimé l’être lui murmura t-il à l’oreille.
Joey se tourna vers lui et l’embrassa tendrement, ils avaient tant de choses à rattraper.


Les nerfs à crans, Craig brossait Midway en râlant. Pacey passait le plus clair de son temps avec Joey, il se tapait une grande partie des corvées et il n’avait pas revu Cassie depuis trois jours. En réalité, il devait reconnaître que c’était plutôt ce dernier point qui le faisait enrager, Pacey faisait sa part au matin. Richard lui avait dit qu’elle était tout le temps chez John ! Il n’avait aucune envie de laisser son esprit divaguer sur ce qu’elle pouvait y faire et se plongait par conséquent, corps et âmes dans le travail. Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, il ne prenait même pas la peine de rappeler Clara, cela faisait trois jours qu’il ne l’avait pas vue elle non plus, elle allait finir par se demander ce qu’il lui prenait ! Lui-même se posait déjà la question. Pourquoi perdait-il autant de temps à penser à Cassie, qui pour lui, n’était rien de plus qu’une amie…
Cassie : Tu es entrain de rêvasser joli cœur.
Reconnaissant la voix, il se redressa et laissa, malgré lui, un sourire envahir son visage qu’il ravala prestement. Lentement, il se retourna et la dévisagea. Vêtue d’un jeans et d’une chemise blanche nouée à la taille, il la trouva ravissante…
Craig : J’ai du rêver, je croyais que quelqu’un me parlait mais tout ce que je vois, c’est un courant d’air.
Cassie lui sourit tendrement, visiblement, son absence n’était pas passée inaperçue pour tout le monde ! constata t-elle ravie.
Cassie : Serais-tu entrain de me dire que je t’ai manqué ? le taquina t-elle.
Craig : Il ne manquerait plus que ça ! s’exclama t-il en reprenant sa tâche, faudrait que je sois tombé sur la tête !
Il n’était pas vraiment décidé à être de bonne humeur. Sans un mot, elle se rapprocha et administra de douce caresse à l’étalon, en jetant de petits coups d’œil à son soigneur. Craig gardait son visage fermé, si bien, qu’elle ne savait pas s’il était vraiment en colère ou s’il feignait. Aussi, se concentra t-elle quelques instants sur la bête. De son côté, Craig avait conscience qu’elle allait finir par se poser des questions sur lui s’il ne se décidait pas à lui parler mais il avait peur de dire ou de faire une bêtise s’il se laissait aller.
Cassie : Tu sais mon beau dit-elle en caressant Midway, ton maître est une sacrée tête de mule.
Craig se rembrunit mais préféra ne pas répondre à la provocation.
Cassie : J’ai l’impression qu’il me fait la tête, tu as une idée du pourquoi ? demanda t-elle au cheval.
Craig soupira et passa de l’autre côté du cheval.
Cassie : J’ai l’impression qu’il n’aime pas beaucoup mon petit ami aussi. C’est dommage, John est pourtant un garçon formidable dit-elle en observant la réaction de Craig.
Craig minauda en maugréant. Cassie se retint de rire.
Cassie : Bien, puisque ma compagnie semble lui faire ni chaud ni froid, je vais aller rejoindre mon petit ami, au moins, lui, il sait me faire me sentir vivante quand je suis dans la même pièce que lui.
Elle commença à s’éloigner en priant pour que Craig réagisse et la retienne. Elle en avait marre de jouer à ce petit jeu et voulait qu’il prenne enfin les rênes en main. Derrière Midway, Craig jurait entre ses dents, les poings crispés. D’un coup sec, il envoya la brosse contre le mur et contourna le cheval.
Craig : Tu comptes continuer ce petit jeu encore longtemps ! s’écria t-il en colère.
Cassie ravala son cri de joie et prit le temps d’afficher un visage surpris avant de se retourner vers lui.
Cassie : De quoi tu parles ?
Craig : Te fous pas de moi ! Tu n’arrêtes pas de te pavaner avec ton petit ami « parfait », ce crétin ! Tu cherches quoi ? A me rendre jaloux ??
Cassie : C’est ridicule, pourquoi je chercherais ça ?
Craig : Ouais… et bien… de toute façon, sache que ça ne marche pas ! vociféra t-il en bégayant.
Cassie : Dans ce cas, pourquoi tu t’énerves autant ? lui demanda t-elle en se rapprochant de lui, l’air maintenant énervé elle aussi.
Craig : Parce que tu m’énerves ! lui cria t-il dessus.
Cassie : Et bien puisque je t’énerve autant, vaut mieux que je parte dans ce cas ! lui dit-elle sèchement.
Elle lui tourna le dos et marcha d’un pas décidé.
Craig : Tu vas le retrouver c’est ça ! s’énerva t-il.
Cassie : Lui au moins il apprécie ma présence !
Craig : Oh je n’en doute pas ! lâcha t-il plein de sous-entendus.... T’y vas pas !!! finit-il par exploser.
Cassie se retourna vers lui, dubitative. Lentement, elle le rejoignit et planta son regard dans le sien.
Cassie : Tu peux répéter là ? Je ne suis pas sûre d’avoir compris !
Craig : J’ai dis que tu n’y allais pas dit-il en soutenant son regard tout en déglutissant.
Il ne parvenait plus à contrôler la rage qu’il écumait. Il ne savait plus ce qu’il disait et ne contrôlait plus rien. Il avait la désagréable impression que seule Cassie menait la danse. Cette dernière se mit sur la pointe des pieds et il sentit son corps très près du sien, tout ses sens étaient en éveil. Il se mit à respirer avec peine.
Cassie : Qu’est-ce qui te fait penser que je vais t’obéir ? dit-elle en le dévisageant.
Craig plongea son regard dans le sien, laissant ses yeux dériver vers ses lèvres, il avait les mains moites et la respiration coupée. Cassie sentait son cœur battre à cent à l’heure…il allait l’embrasser d’une minute à l’autre. Dans le cas contraire, tout était perdu. Il fallait qu’il l’embrasse maintenant…. Priant silencieusement, elle ferma les yeux quelques secondes.
Craig : Ca ! lâcha t-il à bout de souffle.
Brutalement, elle se sentit happée contre lui par ses bras puissants et ses lèvres enfermées par les siennes dans un baiser désespéré et dur. Avec force, elle s’accrocha à lui et y répondit de toute son âme. Craig était absorbé par son désir et l’embrassait avec hargne. Ne pouvant mettre fin à cette étreinte, il se maudissait tout en continuant et pressait Cassie un peu plus contre lui. Il avait besoin de la sentir toujours plus près. Ses bras enserrait la taille de la jeune fille alors qu’il sentait les bras de celle-ci accrochés autour de son cou et ses mains se perdre dans ses cheveux. Haletant, ils se décollèrent et Craig posa son front sur celui de Cassie pour reprendre sa respiration. Après quelques secondes, il prit son courage à deux mains et plongea son regard dans le sien. Il rencontra l’air de défi de Cassie.
Cassie : Si tu me redis que c’était une erreur, je te tue, je te préviens !
Il resta stupéfait quelques secondes avant d’éclater de rire. Lentement, il replongea vers ses lèvres qu’il effleura tendrement. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait mais n’avait aucune envie de se poser la question tout de suite. Avec un sourire mutin, il la fit tomber dans la paille et s’allongea sur elle alors qu’elle riait. Il la fit taire d’un baiser.


D’un pas nonchalant, Pacey se diriger vers le bungalow de Joey. Une rose à la main, il se surprenait à siffloter comme un gamin. Il avait du travail mais n’avait pas pu résister à l’envie de lui faire une petite visite avant. De loin, il l’a vit debout sur la terrasse, un pinceau à la main. Un sourire aux lèvres, il s’approcha doucement avant de la serrer dans ses bras en lui déposant un baiser sur l’épaule et en brandissant sa rose sous ses yeux.
Joey : Tu m’as fais peur lui dit-elle en rigolant avant de prendre la fleur de la porter à son nez pour en humer le délicat parfum.
Le sourire aux lèvres, elle se retourna vers lui et passa ses bras autour de son cou.
Joey : Je croyais que tu avais du travail ?
Pacey : Hum hum mais j’avais besoin de ça dit-il tout en l’embrassant.
Joey Si tu en avais besoin alors, tu as bien fais de t’arrêter lui dit-elle amusée.
Pacey l’embrassa à nouveau et joua les prolongations, incapable de s’arracher d’elle. Joey se mit à le repousser gentiment en riant.
Joey : Allez, file travailler ! Craig va t’attendre….
Pacey : Encore un…lui demanda t-il boudeur.
Joey lui fit un air taquin en secouant la tête négativement.
Joey : Ca te donnera une raison de revenir plus vite.
Pacey : Tu peux y compter ! lui assura t-il.
Il s’éloigna et en rigolant, Joey lui prit la main et le tira à elle pour l’embrasser à nouveau.
Joey : Un petit acompte lui murmura t-elle contre ses lèvres devant le sourire ravi de Pacey.
Après un dernier regard, Pacey prit la direction de l’écurie. Il espérait que Craig avait déjà fait le plus gros du travail et qu’ainsi, il pourrait rapidement retourner auprès de Joey, dont la présence lui manquait déjà. Il pénétra dans l’écurie et se mit à appeler Craig. Au bout de quelques minutes, c’est Cassie qui lui apparut. Une main dans les cheveux, elle tentait de les lisser. Il la dévisagea un instant tout en se rapprochant d’elle.
Cassie : Ah, salut Pacey.
Pacey : Salut lui répondit-il suspicieux.
Il la vit retirer un brin de paille de ses cheveux et se dit qu’il se passait quelque chose, elle était bizarre…
Pacey : Tout va bien ?
Cassie : Oui dit-elle en détournant le regard. Tu cherchais Craig ?
Pacey : Ouais, tu l’as vu ?
Cassie : Non lâcha t-elle précipitamment. Enfin, je veux dire si…mais….
Elle soupira, elle avait la sensation de se prendre les pieds dans le tapis…enfin, s’il y en avait un.
Cassie : Il est part là lâcha t-elle en désignant l’endroit d’où elle sortait.
Troublé, il se retourna sur son passage et la regarda sortir. Que se passait-il ???
Craig : Tu voulais me voir ?
Il se retourna et trouva Craig dans l’embrasure d’un box, les mains dans les poches. Il le dévisagea des pieds à la tête et des tas de questions se mélangèrent dans sa tête…elles trouvèrent vite une réponse dans les cheveux de Craig.
Pacey : T’as encore de la paille dans les cheveux lui signala t-il avec un petit sourire.
Craig perdit son sourire et baissa les yeux quelques secondes, le temps d’enlever la paille.
Pacey : C’est comme ça que tu penses avoir de l’avancement ? le taquina t-il.
Craig : C’est pas ce que tu crois ! se défendit-il.
Pacey : Alors c’est quoi ?
Craig le regarda, totalement perdu. Il ne savait vraiment plus où il en était.
Craig : Je ne sais pas…
Pacey : Toi, t’as besoin d’un verre ! Allez viens…
Il l’emmena avec lui dans le petit bureau qui leur servait de salle de pause et leur sortit deux bières du petit frigo où Richard planquait sa réserve personnelle. Craig se laissa tomber sur le canapé alors que Pacey s’assit à califourchon sur une chaise face à lui.
Pacey : Que s’est-il passé ?
Craig : Cassie n’est plus une petite fille…dit-il pensif.
Pacey éclata de rire après un instant de surprise. Visiblement, c’était une révélation pour Craig !
Pacey : Fini les couettes et les appareils dentaires ? se moqua t-il, se rappelant que le jeune homme l’avait toujours vue ainsi.
Craig : C’est pas drôle Pacey !
Pacey : Désolé… dit-il en réprimant difficilement son sourire.
Craig : Qu’est-ce que je vais faire ?
Tout à coup, Pacey retrouva son sérieux. Il se devait d’aider son ami et surtout de l’empêcher de faire du mal à Cassie, la pauvre ne s’en remettrait pas !
Pacey : D’abord, qu’est-ce que tu ressens pour elle ?
Craig : Elle me rend dingue… soupira t-il. Je viens de passer cinq jours à devenir fou en l’imaginant dans les bras de John !
Un léger sourire envahit le visage de Pacey, il était jaloux, c’était bon signe.
Pacey : Mais encore ?
Craig : Tout à l’heure, je lui ai interdit d’aller le voir, elle m’avait mis hors de moi et je l’ai embrassée.
Pacey : C’était bien ? le taquina t-il.
Craig : Je crois bien…que je n’avais encore jamais ressenti ça encore…pourtant, j’en ai embrassé des filles ! Mais avec elle…
Pacey : J’ai l’impression que t’es amoureux vieux ! lâcha t-il amusé.
Craig : Je ne peux pas être amoureux de Cassie ! s’exclama t-il, peu convaincue par ses propres paroles.
Pacey : Ecoute, laisse faire le temps et tu verras bien. Mais une chose est sûre…Si tu lui fais du mal, tu auras à faire à moi !
Craig le regarda et ils se sourirent affectueusement.
Pacey : Allez maintenant viens, on a du boulot !
Craig : Je te signale que je ne t’ai pas attendu pour commencer ! s’indigna t-il, soudainement de retour à la réalité.
Pacey : Ouais bon ben ça va hein…dit-il en baissant la tête.


Appuyé sur le rebord du lavabo, Cassie reprenait sa respiration. Elle avait pratiquement couru de l’écurie jusqu’à chez elle ! Elle n’en revenait toujours pas ! Craig l’avait embrassée et pas le simple petit baiser pour se dire au revoir, non, le vrai ! Celui qu’on ne donne qu’à une fille qui compte pour vous…Il avait des sentiments pour elle, elle en était sûre maintenant ! Elle releva les yeux vers son miroir et se sourit, oui, elle, Cassie Hampton, avait réussi à rendre le plus beau garçon de toute la ville de Florence complètement dingue d’elle ! Elle n’aurait pas été jusqu’à dire qu’il était amoureux non, mais elle aurait parié qu’elle occupait ses pensées une bonne partie de la journée, et qui sait, peut être hantait t-elle ses nuits aussi se plut a t-elle à penser, ravie. Elle marcha jusqu’à son lit où elle se laissa tomber, laissant un doigt effleurer ses lèvres. Ce jour était probablement le plus beau de toute sa vie. Elle songea à Pacey, nul doute qu’il avait tout compris, il n’était pas idiot ! Peut être parlaient-ils d’elle en ce moment. Ce qu’elle aurait donné pour pouvoir être une petite souris et entendre leur conversation ! Elle ferma les yeux et revit Craig, allonger sur elle, parcourant son cou de tendre baiser. Perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas sa mère pénétrer dans sa chambre et s’arrêter sur le seuil, surprise par le sourire qui retroussait les lèvres de sa fille. Amusée, elle la regarda tendrement. Cassie finit par se rendre compte de sa présence et se rasseoir en sursautant.
Cassie : Ca fait longtemps que tu m’espionnes ?
Joanie : Je ne t’espionnais pas. Je te ramenais ton linge et je prenais juste quelques minutes pour regarder ma fille sourire aux anges.
Cassie : En claire, tu m’espionnais !
Joanie : Un peu avoua t-elle en souriant. Mais c’est si rare de te voir comme ça.
Cassie : Comme quoi ? dit-elle en rougissant.
Joanie : Heureuse.
Cassie : Tu exagères…
Joanie : Pas tant que ça. J’avais mis tes sautes d’humeur sur le compte de tes examens mais ils sont finis depuis deux jours et tu étais toujours sur la défensive. Jusqu’à aujourd’hui. Alors, dit-elle en s’asseyant à ses côtés, tu veux me dire ce qu’il se passe ?
Cassie hésita, elle parlait toujours beaucoup avec sa mère en temps normal mais elle n’avait jamais osé lui parler de ce qu’elle ressentait pour Craig. Sûre que sa mère la prendrait en pitié ou lui dirait que c’était une amourette de jeune fille. Or elle, elle savait que ce n’était pas ça, elle l’aimait vraiment. Seulement, si elle ne lui disait pas ce qui la rendait si joyeuse, que lui dirait-elle d’autre. Elle soupira en y réfléchissant quelques secondes. Sa mère lui prit la main pour l’encourager et Cassie lut une telle douceur dans son regard, qu’elle ne put se résoudre à lui mentir.
Cassie : C’est à cause d’un garçon.
Joanie : Je me doutais bien que c’était ça. Mais ce n’est pas John, n’est-ce pas ?
Il y avait déjà longtemps que Joanie connaissait les sentiments de Cassie pour Craig, mais elle n’en avait jamais rien dit, pensant que si Cassie en avait besoin, elle viendrait la trouver. Elle préférait lui laisser son jardin secret, le temps qu’elle en avait besoin.
Cassie : Non, lui avoua t-elle….Je l’aime vraiment maman.
Joanie : Et lui ?
Cassie : Je crois que lui aussi lui dit-elle avec un sourire timide. Mais je ne dois pas le pousser parce que ce n’est pas un garçon facile et que les relations sérieuses, il n’y est pas habituées.
Joanie se contenta de la regarder en souriant. Elle avait raison sur ce point, s’il s’agissait bien de Craig, et elle en aurait mit sa main à couper, elle ne devait en aucun cas le forcer à quoique se soit, de peur de le voir prendre la fuite. Les garçons comme lui redoutait plus que tout qu’on leur mette une corde autour du cou.
Joanie : Laisse le venir à toi lui dit-elle en lui tapotant la jambe.
Elle se releva et lui déposa sur son lit le chemisier qu’elle était venue lui ramener. Elle adressa un dernier sourire à sa fille et quitta la chambre. Cassie se laissa retomber sur son lit, rêveuse.


Eclairés par les lampadaires, Pacey et Joey se promenaient sur la propriété, main dans la main. Ils revenaient du restaurant qu’il avait tenu à lui faire redécouvrir, en souvenir de la soirée qu’ils y avaient passée trois ans plus tôt. Pour l’occasion, Joey avait revêtu une robe légère, noire avec des chaussures à talons. Pacey, lui, avait sorti un de ces beaux pantalons gris sombre et une chemise blanche. Il faisait bien trop chaud pour mettre la veste, ni même la prendre sur le bras. C’était une belle soirée de printemps, elle annonçait du soleil pour l’été. Pacey avait peu mangé, préférant de loin dévorer sa compagne des yeux. Le sourire de Joey équivalait tous les repas.
Joey : Tu n’as pas dit grand-chose ce soir ? lui fit-elle remarquer.
En effet, il était préoccupé ces derniers temps. Même s’il ne voulait pas l’avouer, il se posait énormément de questions. Joey devait rentrer à Boston à la fin de la semaine et il ne savait toujours pas ce que lui ferait. Il trouvait toujours une excuse pour remettre cette décision à plus tard. Et puis, comment imaginer suivre une fille que l’on aime sans savoir ce qu’elle ressent réellement pour vous ? De cela non plus, ils n’avaient pas discuté. Joey appréciait sa compagnie, ça, il le savait mais elle ne lui avait jamais parlé d’autre chose. Soudain, elle s’arrêta de marcher et se planta devant lui, posant ses mains sur ses hanches.
Joey : Qu’est-ce qu’il y a Pacey ? Je te sens préoccupé…
Doucement, il porta la main à sa joue et la lui caressa tendrement. Le regard que Joey posait sur lui était empli de douceur, il était bon de se perdre dans ses grands yeux verts.
Pacey : Tout va bien Joey tenta t-il de la rassurer. Je profitais simplement de ta présence.
Joey lui sourit, touchée. Elle ignorait qu’il faisait cela dans la peur que ces instants ne durent pas. Elle passa ses bras autour de lui et plongea son regard dans le sien.
Joey : J’ai passé une merveille soirée.
Pacey : Moi aussi dit-il en portant un baiser à son front.
Joey soupira d’aise au creux de ses bras.
Joey : Je suis contente d’être venue lui avoua t-elle, blottie au creux de ses bras.
Pacey soupira. Lui aussi était sincèrement heureux de l’avoir revue. Mais il savait qu’elle devait repartir et pour lui, ça serait encore pire que la première fois. La perdre serait beaucoup plus douloureux. Il l’a pris par la taille et ils marchèrent à nouveau vers le bungalow de Joey. Au bout de quelques minutes, ils y arrivèrent.
Joey : On y est dit-elle timidement.
Pacey : Joey ? lui dit-il nerveusement.
Joey : Oui ?
Elle plongea son regard dans le sien et il eut tout d’un coup les mains moites.
Pacey : En fait, je me demandais si…
Joey : Si ? lui dit-elle en souriant.
Pacey était vraiment bizarre ce soir se dit-elle.
Pacey : Voilà, je voulais te demander si tu serais d’accord pour que je dorme avec toi.
Surprise, elle détourna le regard quelques secondes.
Pacey : Juste dormir, je te le promets. Je voudrais juste me réveiller auprès de toi demain matin.
Joey le regarda tendrement et songea qu’elle aussi, trouverait cela formidable. Pour toute réponse, elle lui prit la main et pénétra dans le bungalow avec lui. Rapidement, elle alla se changer dans la salle de bain pendant que Pacey se défaisait de son pantalon et de sa chemise. Quand elle revint, vêtue d’une nuisette blanche, il déglutit avec peine, songeant qu’il serait difficile de tenir sa promesse. Ils entrèrent dans le lit et se retrouvèrent face à face. Pendant quelques secondes, ils se regardèrent tendrement avant que Joey ne s’avance pour l’embrasser.
Joey : Bonne nuit Pacey lui murmura t-elle tout contre ses lèvres.
Elle se retourna et Pacey passa ses bras autour d’elle pour la serrer contre lui avant de caler sa tête au creux de son cou comme il l’aurait fait quelques années plus tôt.
Pacey : Bonne nuit mon amour.
Joey soupira d’enchantement et s’endormit presque tout de suite. Pacey resta une bonne partie de la nuit à la regarder dormir, imaginant ce que redeviendrait sa vie sans elle.


Assis sur un ballot de paille, Craig réfléchissait. De toute sa vie, il n’avait jamais été plongé dans une telle confusion. Il se trouvait face à un grave conflit intérieur. Que faire lorsqu’il reverrait Cassie ? Que lui dire ? Il avait énormément apprécié ce qui s’était passé entre eux la veille, mais elle était jeune, plus jeune que lui et il avait peur de la blesser. Il avait des sentiments pour elle, il ne le niait pas, mais ils n’avaient sûrement pas la même profondeur que ceux qu’elle éprouvait pour lui. Il l’avait lu au fond de son regard hier, alors qu’il l’embrassait. Elle l’aimait. Cette découverte l’avait tétanisé. Cassie était amoureuse de lui ? Il nota dans un coin de sa tête de lui poser des questions sur John. A quel jeu avait-elle joué ? La connaissant, elle avait bien été capable d’inventer toute cette histoire pour le rendre jaloux. Elle avait bien monté son coup, il avait foncé tête baissée ! Et pourtant, il s’était juré que jamais, il ne se laisserait prendre à ce piège. Et voilà qu’en l’espace d’une semaine, Cassie avait mis à mal tous ses principes. Non seulement elle l’avait perturbé dans son travail, mais elle l’avait rendu jaloux au point d’avoir occupé son esprit en permanence. Pire, elle avait rendu toutes les autres filles insignifiantes ! Clara, seigneur, il ne l’avait toujours pas appelée. Il se mit à penser à elle, comment avait-elle pu sortir de son esprit à ce point ? Décidément, Cassie avait vraiment tout bousculé sur son passage. Le visage de cette dernière passa sous ses yeux et un sourire envahit son visage. Ce qu’elle avait grandi…Elle était devenue belle, incroyablement belle. Et forte aussi. Elle savait ce qu’elle voulait et elle l’obtenait en général. Il n’y avait qu’à voir ce qu’elle avait fait de lui ! Il sursauta en sentant des lèvres se plaquer dans son cou. Un sourire ravi naquit sur ses lèvres. Les baisers se firent plus pressant et il pencha la tête afin de s’emparer des lèvres de la jeune fille. Surpris, il se leva d’un bond, pétrifié.
Craig : Clara ?
Clara : Ben oui… dit-elle surprise. Tu pensais que c’était qui ?
Craig se passa une main sur le visage. Stupéfait de ne pas avoir imaginé une seconde que ça ne puisse pas être Cassie. Où plutôt, il avait rêvé que c’était elle, il avait pensé à elle toute la nuit.
Clara : Tu peux m’expliquer ?
Il releva les yeux vers elle, visiblement la jeune femme avait l’air en colère et surprise. Comment en serait-il autrement ? Il l’évitait depuis des jours et il se levait mortifié alors qu’elle l’embrassait ! Il soupira de regret, Cassie avait pris bien plus d’importance dans sa vie qu’il ne le croyait au départ. Il était pris au piège…
Craig : On peut aller faire un tour ?
Clara hocha la tête et il l’emmena avec lui, il fallait qu’il lui parle et qu’il s’excuse aussi. Il lui devait au moins ça. Ensuite, il essayerait de comprendre et de mettre les choses au clair avec Cassie.

Marjo  (02.09.2005 à 21:56)
Le soleil filtra à travers la pièce, ce qui la força à ouvrir un œil. Elle tourna la tête vers le radio réveil qui indiquait huit heures. Elle soupira d’aise, elle n’avait pas aussi bien dormi depuis des siècles ! Sans bouger, elle sentit le souffle chaud de Pacey dans son cou. Des frissons lui parcoururent le corps et elle se prit à penser que refaire l’amour avec lui l’emmènerait droit au paradis. A sa respiration lente et régulière, elle savait qu’il dormait encore, aussi, prit-elle quelques minutes pour elle. Elle se retourna pour le regarder dormir. Il avait l’air calme et serein, elle se demanda tout à coup ce qu’il lui était arrivé hier ? Etait-il nerveux à cause de ce qu’il voulait lui demander où pour tout autre chose ? Elle le connaissait assez pour savoir qu’il ne partagerait pas ses inquiétudes avec elle à moins qu’elle ne parvienne à l’y forcer. Soudain, il ouvrit lentement les yeux et plongea son regard dans le sien en souriant.
Pacey : J’avais oublié que tu ronflais la taquina t-il.
En rigolant, elle lui donna un coup à l’estomac. Il arrêta son geste et la prit contre lui.
Joey : J’ai dormi comme un bébé lui avoua t-elle tout contre ses lèvres.
Pacey : Je sais, j’ai vu.
Joey : A quelle heure tu t’es endormi ? lui demanda t-elle suspicieuse.
Pacey : Il devait être trois ou quatre heures…, j’ai arrêté de regarder après deux heures.
Emu qu’il ait passé une partie de la nuit à la regarder, elle l’embrassa tendrement.
Joey : Tu as eu une bonne idée.
Pacey : Je trouve aussi.
Elle posa son front contre le sien et passa ses bras autour de lui. Ils restèrent ainsi de longues minutes, profitant silencieusement du plaisir d’être l’un avec l’autre. Pour un peu, en fermant les yeux, ils auraient pu avoir l’impression d’être trois ans en arrière et d’avoir fait l’amour passionnément quelques minutes plus tôt tant ils se sentaient proches l’un de l’autre. Joey sentait son cœur battre très fort dans sa poitrine, j’aimais elle n’avait connu ça avec quelqu’un d’autre qu’avec lui. Il avait cette capacité à lui faire ressentir les choses plus fort, plus intensément. Jamais elle ne pourrait aimer quelqu’un comme elle l’aimait lui, aujourd’hui elle le savait, c’était lui qu’elle avait recherché à travers ses maigres rencontres amoureuses. Ils avaient raison d’attendre avant de refaire l’amour, ce jour là n’en serait que plus merveilleux. Elle soupira d’aise tout contre lui.
Pacey : Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda t-il, légèrement inquiet.
Joey : Rien. Tout va très bien.
Elle se pencha vers lui et l’embrassa tendrement. Pacey lui rendit volontiers son baiser. Réfrénant du mieux qu’il le pouvait le désir qui l’oppressait.
Joey : Que dirais-tu d’un bon petit déjeuner ?
Pacey : Si tu veux.
Comment lui dire qu’il se contrefichait du déjeuner, que ce dont il avait envie lui, c’était elle ? Là, tout de suite…Visiblement, leurs envies et leurs désirs n’étaient pas les mêmes. L’avaient-ils été un jour ? se demanda t-il sombrement.
Joey : Laisse moi juste le temps d’aller prendre une douche !
D’un bon, elle sortit du lit et entra dans la salle de bain. Pacey se laissa retomber lourdement sur le matelas. Tous les rêves qu’il s’était fait depuis des jours commençaient à s’envoler en poussière sous ses yeux. Joey était juste venue chercher un peu de bon temps ici, rien de plus. Dans trois jours, elle repartirait vers sa vie, et lui, il resterait ici. La sonnerie du téléphone de Joey le sortit de ses sombres pensées.
Pacey : Joey, téléphone ! lui cria t-il.
Joey : Tu peux répondre, ça doit être Joanie, je lui avais promis de déjeuner avec elle lança t-elle de sous la douche.
En soupirant, il se pencha pour attraper le téléphone et décrocha.
Pacey : Joey est sous la douche Joanie.
Il y eut un blanc à l’autre bout du fil, si bien que Pacey se dit qu’il aurait mieux fait de vérifier de qui provenait l’appel avant de décrocher si nonchalamment.
Pacey : Joanie ? dit-il plein d’espoir.
Dawson : Ce n’est pas elle répondit-il d’une voix sans timbre, ayant très bien reconnu la voix de Pacey.
Pacey se redressa dans son lit, et eut soudain la gorge sèche. Il ne lui avait pas parlé depuis tellement longtemps.
Pacey : Je suis désolé, je pensais que c’était quelqu’un d’autre…
Dawson : Ce n’est rien.
Pacey : Je vais appeler Joey…dit-il tristement après quelques secondes de silence.
Dawson ne répondit rien à l’autre bout du fil. Pacey baissa la tête et se leva pour cogner quelques coups contre la porte. Elle apparut, vêtue d’une sortie de bain.
Joey : Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey : C’est pour toi dit-il en lui tendant le téléphone, sans la regarder.
Surprise, Joey le regarda ramasser son pantalon et l’enfiler prestement avant de sortir, sa chemise à la main. Elle porta le téléphone à son oreille, intriguée.
Joey : Allo ?
Dawson : Salut Joey.
Hébétée, elle releva les yeux sur la porte, désolée pour Pacey et inquiète de ce qu’il avait pu ressentir.


Le cœur en liesse, Cassie parcourait le haras, à la recherche de Craig. Elle ne l’avait pas revu depuis qu’elle avait quitté l’écurie et croisé Pacey la veille et espérait bien le voir ce matin. Il fallait qu’ils parlent et mettent les choses au point. Une chose était sûre en tout cas, elle ne le laisserait pas reculer, il avait fait un choix hier et aujourd’hui, il devait l’assumer ! Il allait falloir qu’il lui dise clairement ce qu’il en était et ce qu’il éprouvait pour elle. Elle ne repartirait pas sans réponses de toute façon. Elle espérait juste que ses réponses combleraient toutes ses attentes. Le sourire aux lèvres, elle se dit que dans le cas contraire, elle l’embrasserait jusqu’à ce qu’il change d’avis ! Amusée, et résolue, elle se dirigea vers Walt.
Cassie : Tu n’aurais pas vu Craig par hasard ?
Walt : Si, il y a une heure environ.
Cassie : Et tu sais où je pourrais le trouver maintenant ?
Walt : Ma jolie, je serais toi, j’attendrais cette après midi. Il est parti avec Clara et tu le connais…
Il ne termina pas sa phrase et s’éloigna sans se rendre compte que le sourire de la jeune fille s’était effacé. Cassie respirait à grand-peine, elle avait la sensation que l’air n’emplissait plus assez ses poumons. Il fallait qu’elle parte, elle allait finir par étouffer. Son cœur menaçait d’exploser alors qu’elle maîtrisait difficilement les larmes qui battaient ses paupières. Elle avait l’impression d’être répandue en mille morceaux sur le sol…Comment avait-il pu ? Une boule de détresse noua sa gorge. Elle trouva appui sur la clôture de Simbad et chercha à retrouver son calme et sa respiration, il fallait absolument qu’elle parvienne à se maîtriser avant que quelqu’un n’arrive. Mais c’était si dur, elle mourrait d’envie de se laisser écrouler sur le sol et crier sa peine. Elle avait caressé son rêve de si près… Quel ordure…Soudain, elle entendit son prénom prononcé dans son dos et reconnut la voix. Oh non, elle n’était pas prête à avoir cette conversation maintenant ! Elle réfléchit rapidement, il fallait qu’elle trouve quelque chose. Ce dont elle était sûre, c’est qu’elle ne le laisserait pas l’humilier ! Ce serait trop facile, il n’aurait pas le beau rôle dans l’histoire ! Il ne l’ajouterait pas à sa longue liste de conquêtes !! Elle prit une profonde inspiration et afficha un masque de froideur sur son visage et se retourna pour soutenir son regard.
Cassie : Je te cherchais.
Un sourire retroussa les lèvres de Craig.
Craig : Moi aussi, je voulais te parler.
Cassie : Laisse moi commencer. A propos d’hier, c’était ridicule.
Touché en pleine poitrine, Craig perdit sa contenance et écarquilla de grands yeux. Il avait l’impression qu’il venait de passer sous un bus.
Craig : Tu veux qu’on oublie ce qu’il s’est passé hier ? lui demanda t-il, perdu.
Cassie : C’est ça dit-elle sûre d’elle. On a fait une bêtise et on ferait mieux d’arrêter tout de suite avant de causer des dégâts irréparables dans notre amitié.
Craig : Il s’est passé quelque chose ? lui demanda t-il surpris par son attitude.
Bon sang, mais il était sûr qu’elle l’aimait, il l’avait lu dans son regard. Etait-il possible qu’il se soit trompé ? Il ne savait plus du tout où il en était…Il aurait du être content qu’elle lui offre la possibilité de s’échapper et d’éviter tout ça mais il n’y comprenait rien.
Cassie : J’espère que tu sauras respecter mon choix et éviter d’en reparler.
Craig la dévisagea, la fille qu’il avait devant lui n’était pas Cassie. Elle avait l’air glaciale et distante, exactement le contraire de la jeune fille qu’il avait embrassé dans de la paille hier. Celle-là même qui l’avait défié de dire que c’était une erreur. Aujourd’hui, c’était elle qui revenait dessus. Il soupira…que pouvait-il lui dire ? Il n’était même pas sûr de ses sentiments, à quoi bon lui dire qu’il n’était pas d’accord alors qu’il pourrait très bien y mettre un terme lui-même d’ici quelques semaines.
Craig : Si c’est ce que tu veux lui dit-il en plongeant son regard dans le sien. Je suis d’accord.
Cassie : Bien.
Elle le contourna et s’éloigna rapidement. Craig la suivit du regard, songeur. Avait-il pris la bonne décision ? Pourrait-il faire une croix sur ce qu’il s’était passé ?


Richard : Je me demandais si tu n’avais pas quitté le haras dit-il en souriant.
Surpris, Pacey tourna la tête vers son patron et lui sourit brièvement.
Pacey : Vous n’avez pas à vous inquiéter. Je n’irai nulle part lui dit-il en reportant son regard sur Caramel qui allaitait Simbad.
Richard perçut tout de suite la note de tristesse dans la voix du jeune homme. Sans l’avoir prémédité, il avait touché un point sensible. Il l’observa un instant en silence. Il avait un regard si doux et si triste à la fois en regardant la jument. Il ne l’avait pratiquement pas vu ces derniers jours, il le savait en compagnie de Joey et pensait que tout se passait pour le mieux avec elle. Sa femme lui avait dit qu’ils étaient amants depuis longtemps. Selon, elle, Joey était à Pacey, ce que Joanie était pour lui. Apparemment, il s’était trompé, tout ne se passait pas si bien que ça entre les deux jeunes gens.
Richard : Quelque chose ne vas pas fiston ?
Pacey baissa la tête.
Pacey : Vous croyez qu’on peut continuer à vivre sans être auprès de ceux qu’on aime ?
Surpris, Richard se sentit triste pour lui. Son malaise était bien trop grand pour un garçon de son âge.
Richard : Je ne sais pas lui répondit-il le plus sincèrement du monde. Je pense qu’on peut survivre oui, mais vivre…
Pacey : C’est ce que je me disais dit-il en soupirant.
Richard : Pacey, il y a un problème ?
Pacey : Joey va repartir demain, et je vais retrouver ma vie.
Richard le regarda tristement avant de porter son regard par dessus l'épaule du jeune homme et de revenir à celui-ci d'un air désolé. Pacey tourna la tête et vit Joey, à quelques pas derrière lui. Le regard de la jeune fille exprimait l'incompréhension et la confusion.
Richard : Je vais vous laisser.
Pacey poussa un profond soupir en le regardant partir avant de faire face à Joey. Mal à l'aise, il enfouit ses mains au fond de ses poches et baissa la tête. Il n'avait pas besoin d'affronter le regard de Joey pour savoir qu'elle était en colère.
Joey : Je suis vraiment désolée de t'avoir déranger dans ta vie ! lâcha t-elle d'une voix étranglée.
Pacey : Ce n'est pas ce que j'ai dis, je...
Joey : Ne t'en fais pas, tu as été parfaitement clair ! Visiblement, je suis venue troubler ta petite vie si parfaite. Tu m'en vois vraiment navrée ! s'emporta t-elle.
Pacey : Joey... tenta t-il de la calmer, ce n'est pas dans ce sens que je disais ça.
Joey : Ah oui ? Et c'était dans quel sens alors ? lui demanda t-elle en posant ses mains sur ses hanches.
Pacey : Tu repars bien dans deux jours, non ?
Joey : Oui et alors ?
Pacey : Et bien, je faisais juste remarquer à Richard que quand tu ne seras plus là, je devrai retourner à ma vie.
Il détourna le regard d'elle, incapable de l'affronter. Elle ne voulait pas de lui dans sa vie et il ne comptait pas s'imposer. Joey était interdite, alors comme ça, il avait passé du bon temps avec elle et il l'a renvoyé tout simplement. Merci d'être venue et à un de ces quatre ! Elle n'en revenait pas ! Elle pensait qu'il avait compris qu'elle ne pouvait plus se passer de lui maintenant, et que comme elle, il savait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Visiblement, ça n'était pas le cas.
Joey : Tu as raison, je ferais mieux d'aller faire mes valises !
Pacey ne répondit pas et détourna le regard. En temps normal, il se serait proposer pour l'aider mais il ne supportait pas l'idée de la voir partir et la voir faire ses bagages pour sortir de sa vie lui était insupportable. Aussi, il se contenta d'hocher la tête et se força à ne pas la regarder partir.


Attablée dans la cuisine familiale, Cassie buvait tranquillement une tasse de thé. Sa mère, assise à ses côtés, avait compris son besoin de tranquillité et le respectait. Pourtant, ça ne devait pas être facile car elle voyait bien ses coups d'oeil et savait qu'elle mourrait d'envie de la questionner. En effet, depuis deux jours, elle avait remarqué le manque d'entrain qu'elle affichait, sans compter qu'elle mangeait et dormait peu. De quoi inquiéter une mère. Mais elle avait perdu Craig et le goût de vivre avec lui. Ses rêves n'avaient duré que 24h mais elle aimait se replonger dedans et s'évader ainsi de la réalité. Elle avait évité Craig, ayant trop peur d'aviver une douleur déjà bien trop insupportable. Chaque minute de la journée, elle revivait les baisers brûlants que Craig avait laissé sur sa peau, elle pouvait sentir son parfum flotter dans l'air. Elle avait cru leur étreinte sincère et qu'il l'avait embrassée par désir et non pour assouvir une quelconque pulsion éphémère. Quelle idiote d'avoir cru qu'elle pourrait le changer, Craig aimait les femmes...toutes les femmes et ce n'était pas une pauvre fille de 21 ans comme elle qui pourrait le faire changer. Elle ravala ses larmes et but une longue gorgée de son thé. Son père arriva à ce moment là et après s'être servi une tasse de café, il prit place avec elles.
Richard : Comment vont les femmes de ma vie ?
Joanie : Ca va.
Cassie se contenta de lui sourire légèrement avant de reporter son regard ailleurs. Elle ne vit pas sa mère regarder son père avec inquiétude, ni ce dernier poser une main affectueuse sur celle de sa mère en lui faisant un clin d'oeil rassurant.
Richard : Tiens, au fait s'adressa t-il à sa femme, j'ai vu la brochure de Clara, elle est très bien. Elle l'avait mise sur mon bureau il y a deux jours, avant de quitter le haras dit-il en insistant sur cette dernière phrase, mais je n'avais pas encore eu le temps de la regarder.
Interdite, Cassie reporta son attention sur ces parents. Alors comme ça Clara était partie ? Mais depuis quand ? Qu'en état-il de sa relation avec Craig ???
Joanie : Elle est partie ? dit-elle étonnée.
Richard : Ouais, elle ne devait plus avoir très envie de rester après que Craig ait rompu avec elle.
Discrètement, Richard jeta un coup d'oeil à sa fille et la vit écarquiller de grands yeux. Il soupira intérieurement, ne parvenant pas encore à croire à ce qu'il était entrain de faire !
Cassie : Ah bon, ils ont rompu... dit-elle négligemment.
Richard : Oui, il a fait ce qu'il pensait être le mieux étant donné qu'il a quelqu'un d'autre en vue.
Le sang de Cassie se glaça dans ses veines. Ce salaud ne perdait pas de temps !! Comment avait-elle pu tomber amoureuse d'un type comme lui ? pensa t-elle tristement.
Richard : Il a rompu il y a deux jours... lâcha t-il.
En frissonnant, Cassie releva doucement les yeux vers son père et rencontra son regard. Ce dernier lui souriait tendrement. Les pièces du puzzle se mettaient lentement en place mais le regard de son père lui disait qu'elle ne se trompait pas. La lueur d'espoir qu'elle sentait naître en elle lui disait qu'il s'agissait d'elle. Elle était cette autre fille !! C'était pour cette raison qu'il avait emmené Clara. Walt avait simplement mal interprété les choses et elle s'était laissée aveugler par sa réputation sans même lui laisser une chance de s'expliquer. Porter par un élan d'espoir, elle se leva, balbutia quelques excuses et sortit, il fallait absolument qu'elle lui parle, qu'ils éclaircissent les choses. Elle ne pouvait plus attendre ! Joanie attendit que sa fille soit sortie pour interroger son mari.
Joanie : Alors, qu'est-ce qu'il vient de se passer ?
Richard : Je viens d'envoyer ma fille dans les bras d'un autre homme... soupira t-il tristement.
Joanie comprit alors qu'elle ne s'était pas trompée et que l'état de sa fille avait bien un rapport avec Craig. Elle sourit tendrement à son mari et pressa sa main dans la sienne.


Pacey : Joey, je suis désolée, mes paroles ont dépassé ma pensée, je ne voulais pas, enfin je...
Derrière la porte du bungalow de Joey, Pacey répétait ce qu'il allait lui dire. De plates excuses afin qu'ils puissent se séparer en de meilleurs termes, puisque séparation il devait y avoir. Il ne pouvait pas imaginer la laisser repartir dans ces conditions, il fallait au moins qu'elle sache ce que ces quelques jours avaient représenté pour lui. Il s'apprêtait à frapper à la porte lorsqu'il entendit un cri distinctif, celui de Joey. En sursautant, il agrippa la poignée de la porte et pénétra dans le bungalow.
Pacey : Joey ? l'apella t-il alors qu'un bruit d'eau emplissait la pièce.
Joey : Je suis dans la salle de bain s'écria t-elle.
Il accourut et en ouvrant la porte, l'avisa, allongée de tout son long au bas de la baignoire, tentant de se redresser, une serviette nouée autour du corps alors qu'un jet d'eau s’écoulait du robinet cassé. Il chassa rapidement, la vision du corps à moitié nu qu'il avait sous les yeux de la femme qu'il aimait pour ne se concentrer que sur le fait qu'elle était peut être blessée. Vivement, il s'agenouilla à ses côtés.
Pacey : Tu as mal quelque part ?
Joey : Non ça va. C'est le robinet, il m'est resté dans les mains, ça m'a fait basculer.
Un peu sonnée, Joey tenait d'une main la serviette qui la couvrait un peu alors qu'elle se passait l'autre sur le visage, afin de recouvrir ses esprits.
Pacey : Tu es sûre que tout va bien ?
Joey : Mais oui ! dit-elle un peu agacée de se retrouver en position de faiblesse devant lui alors qu'ils s'étaient disputés.
Sans laisser le temps à Joey de protester, Pacey passa ses mains sous elle et la souleva dans les airs.
Joey : Je peux encore me lever ! se défendit-elle alors qu'une décharge d'adrénaline se propageait dans tout son être au contact des mains de Pacey sur elle.
Pacey : Il vaut mieux être prudent.
Joey blottie dans ses bras, Pacey détourna le regard de sa peau ruisselante et de ses longues jambes fines mais ne put nier le désir qu'il ressentit de sentir la peau de Joey sous ses doigts. Il l'emmena dans la chambre et l'allongea sur le lit. Mal à l'aise, Joey se força à ne pas le regarder, la situation était vraiment embarrassante et ...excitante à la fois. Incapable de bouger, Pacey resta là à la regarder. Chaque soupir lui brûlait les poumons, il l'aimait tellement...Appuyée sur ses coudes, Joey appréciait le regard de Pacey posé sur elle tout en se disant qu'elle devait mettre fin à la tension qui électrisait la pièce.
Joey : Il faudrait penser à fermer ce maudit robinet ! balbutia t-elle.
Pacey : Euh..oui.
Il se hâta de rejoindre la salle de bain et secoua la tête pour reprendre ses esprits. Puis, avisant la brèche créée dans la robinetterie, il ôta son tshirt et colmata le trou du mieux qu'il pu avant d'aller rejoindre Joey dans la chambre. Elle s'était redressée sur le lit et attendait, l'air perdue.
Pacey : Je vais couper l'eau l'avertit-il en ouvrant la porte du bungalow.
La bouche ouverte, Joey le regarda sortir, torse nu, de l'eau glissant le long de sa peau hâlée. Seigneur qu'il était beau...Pourquoi avaient-ils eu cette dispute ridicule ! A l'heure qu'il est, elle s'en voudrait moins d'avoir autant envie de lui. Il revint quelques minutes plus tard, et la regarda, mal à l'aise avant de détourner le regard.
Pacey : Je vais aller chercher mes outils, et je reviens.
Joey : Attends ! dit-elle en se levant précipitamment.
Elle vint devant lui et chercha à capter son regard.
Joey : Je pense qu'on devrait parler.
Pacey : Si tu veux.
Il était venu pour ça et pensait qu'elle refuserait la conversation alors autant l'avoir tant qu'elle était décidée. Seulement, il lui serait impossible de l'avoir dans ces conditions.
Pacey : Mais avant est-ce que tu pourrais t'habiller lui demanda t-il nerveusement.
Joey laissa un sourire envahir son visage.
Joey : Tu serais incapable de tenir une conversation avec moi si je suis habillée comme ça ? le taquina t-elle.
Pacey : Le problème est que justement, tu n'es pas très habillée... lui fit-il remarquer en la fixant intensément.
Joey : Je te signale que tu n'es pas très habillé non plus.
Pacey tiqua avant de lui sourire.
Pacey : Et ça te trouble ?
Joey : Bon attends, on s'égare là... dit-elle en tentant de reprendre ses esprits.
Pacey élargit encore son sourire. Joey était troublée par sa présence ! Se sentiment était tellement plaisant. Au moins, il savait qu'il lui faisait de l'effet, même si ce n'était pas suffisant pour provoquer chez elle un désir de relation plus durable. Le souvenir de leurs étreintes passées remonta à sa mémoire. Il y avait tant de tendresse et de passion dans leur corps à corps qu'il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que donnerait aujourd'hui une nuit avec elle.
Joey : Tu as oublié qu'on s'est disputé ?
Pacey : Ca serait difficile d'oublier lui répondit-il en baissant la tête.
Joey : Je n'ai toujours pas compris ce qu'il s'était passé ! Je croyais qu'on s'entendait bien et qu'on avait décidé de voir ce que ça donnerait nous deux.
Pacey : Oui, mais ce n'est pas en quelques jours que l'on peut le voir ça.
Joey : Je le sais bien !
Ils se dévisagèrent, intrigués. Apparemment, quelque chose leur avait échappé, à l'un comme à l'autre. Ils plongèrent leurs regards l'un dans l'autre, laissant leurs yeux dériver sur leurs corps dénudés. Tendant la main vers elle, Pacey lui caressa la joue. Joey sentit son coeur s'emballer et se rapprocha de lui instinctivement. Elle frissonnait de tout son corps et cela n'avait rien à voir avec l'eau qui lui parcourait la peau ni même le fait qu'elle ne portait qu'une serviette, non, elle tremblait à l'idée qu’il puisse poser ses mains ailleurs, partout sur son corps. Elle n'avait pas voulu aller trop vite mais là, elle n'en pouvait plus. Lentement, elle se mit sur la pointe des pieds et lui effleura les lèvres. D'une douce caresse aux premiers abords, le baiser devint vite plein d'ardeur et de désir. Ils s'accrochaient l'un à l'autre, mus par une peur irraisonnée qu'ils puissent disparaître. Pacey remonta ses mains le long du corps de Joey et prit son visage en coupe avant de décoller ses lèvres des siennes pour reprendre sa respiration.
Pacey : Ne pars pas lui murmura t-il tout contre ses lèvres.
Joey : Je n'irai nulle part lui assura t-elle en tentant de reprendre ses lèvres d'assaut.
Pacey se déroba, réalisant qu'il ne s'était pas bien fait comprendre. Il plongea son regard dans le sien.
Pacey : Non, je veux dire jamais, ne pars pas.
Joey réalisa ce qu'il lui demandait et le dévisagea. Comment pouvait-il lui demander ça ? Il savait qu'elle avait sa vie à Boston.
Joey : Pacey, tu sais que je ne peux pas.
Pacey : Je n'arriverai plus jamais à vivre sans toi lui avoua t-il d'une voix douce.
Emue, Joey l'embrassa tendrement.
Joey : Alors viens avec moi lui susurra t-elle en lui déposant un baiser au creux du cou.
Pacey : Vraiment ? Tu voudrais que je vienne avec toi ? A Boston ? dit-il étonné.
Joey : Bien sûre dit-elle tout en continuant de l'embrasser. Tu ne penses tout de même pas que je t'ai retrouvé pour te laisser filer encore une fois...
Ben si, il l'avait cru. Jusqu'alors, elle ne lui avait jamais fait comprendre qu'elle pourrait vouloir de sa présence dans sa vie universitaire. Maintenant qu'il savait ce qu'elle voulait, il se sentait toujours aussi perdu. Que ferait-il là bas ? Sa vie à lui était ici.
Pacey : Joey, il n'y a rien qui m’attend là bas.
Joey se redressa et plongea son regard dans le sien.
Joey : Il y aurait moi lui dit-elle avant de l'embrasser.
Il ne pouvait nier que c'était un point non négligeable pour Boston. D'un geste vif, Joey dénoua sa serviette et la laissa tomber à ses pieds.
Joey : Et si on arrêtait de parler maintenant ?
Hébété, Pacey laissa ses yeux glisser le long du corps de la jeune femme et sentit le souffle lui manquer. Enfin ! Il avait tant attendu ce moment.... Elle était toujours aussi magnifique, ses courbes étaient parfaites. Il la saisit à la taille et la plaqua contre lui pour l'embrasser alors que ses mains avides parcouraient déjà chaque parcelle de sa peau. Joey lui enleva rapidement son pantalon et ils se retrouvèrent allonger sur le lit de la jeune femme, se prodiguant caresses et baisers, cherchant à rattraper trois années d'abstinence de l'autre et de manque.
Pacey : J'ai tellement envie de toi lui murmura t-il au creux de l'oreille.
Joey : Fais moi l'amour Pacey lui dit-elle le souffle rauque par le désir.
Troublé par sa supplique et enivré par son propre désir, il se débarrassa rapidement du peu de vêtement qu'il lui restait et lui fit l'amour, passionnément, les plongeant tous les deux dans un abîme de plaisirs qui leurs rappelait tous deux leur passé partagé.
Joey : Je t'aime lui glissa t-elle à l'oreille au moment où le plaisir se propagea en elle.
Submergé par l'émotion et par l'aveu de Joey, Pacey l'embrassa tendrement en plongeant son regard dans le sien.


Avec douceur, Craig caressait Midway dont il venait de refaire la couche. L'étalon était vraiment le seul avec qui il se sentait serein ces derniers temps. Il avait passé les deux derniers jours à faire le travail qu'on lui demandait, sans rechigner, quant à ses nuits, il avait oublié ce que voulait dire dormir. Il s'était passé et repassé des milliers de fois ce qu'il s'était passé avec Cassie sans jamais réussir à comprendre. Il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé avec elle et encore moins son attitude le lendemain. Tout de même, elle avait chamboulé sa vie, balayé ses habitudes et elle tirait un trait avant même qu'ils aient tenté quoique ce soit ! Pour une fois qu'il avait envie de tenter quelque chose...Il n'en revenait toujours pas, lui, celui pour qui être avec la même fille plus de deux semaines d'affilé revenait à perdre son indépendance, avait imaginé construire quelque chose de sérieux. Et avec la fille de ses patrons qui plus est ! La petite Cassie...la ravissante, têtue, intelligente, énervante....mais attendrissante Cassie. Seigneur, il était tombé amoureux ! Il n'avait pas ressenti ça depuis tellement longtemps...ce désir d'être près de l'autre, ce sourire idiot qu'affiche votre visage à l'évocation de son nom, les palpitations de votre coeur à sa vue, la jalousie de la savoir avec un autre et ce manque cruel et douloureux lorsqu'elle n'est pas là. Après être tombé amoureux fou à 16 ans et s'être fait plaquer pour son meilleur ami, il s'était juré de ne jamais plus se laisser avoir. Et il aurait mieux fait se dit-il sombrement. Comment allait-il s'en sortir maintenant ? Il fut tiré de ses pensées à l'entente de son nom. Cassie...Il tendit l'oreille un instant, elle l'appelait encore et encore... il n'avait aucune envie de répondre et de l'affronter. Que pouvait-elle bien lui vouloir de toute façon, elle lui avait déjà fait part de ce qu'elle voulait. Et elle avait été très claire.
Cassie : Craig... appela t-elle une énième fois.
Il l'entendait faire tous les box à sa recherche. Au bout de quelques minutes, il soupira.
Craig : Je suis là... finit-il par lâcher faiblement.
Cassie, qui malgré tout l'avait entendu, se dirigea vers lui.
Cassie : Je te cherche depuis une heure ! dit-elle essoufflée.
Craig : Ben tu vois, j'étais là...
Il ne se retourna pas, de peur de croiser son regard et de ne plus se sentir capable de tenir ses engagements. En sursautant, il l'entendit se rapprocher.
Cassie : Je voulais te parler... dit-elle timidement.
Craig : Je t’écoute...
Cassie ne savait pas par quoi commencer et voyait à l'attitude de Craig qu'il ne lui faciliterait pas la tâche. Comment dans ces conditions lui dire qu'elle l'aimait alors qu'elle n'était même pas sûre de ses sentiments à lui...Pour se trouver une contenance, Craig attrapa une brosse et entreprit de nettoyer le cheval.
Cassie : Je viens d'apprendre que Clara était partie.. .dit-elle en se tordant les mains nerveusement.
Craig : Ouais... dit-il tout en continuant son oeuvre.
Cassie : Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
Craig : Je n'en ai pas vraiment eu le temps lui fit-il remarquer.
Cassie : Je suis désolée...
Pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans le box avec lui, il se tourna vers elle. Le doux visage de la jeune fille lui arracha une douleur à la poitrine, bon sang qu'elle était belle ! Comment avait-il pu ne pas s'en rendre compte avant ?
Craig : Qu'est-ce que tu veux Cass...? lui demanda t-il tendrement.
Cassie : Ce que je veux me fait peur.. .lui avoua t-elle.
Il fronça les sourcils en la dévisageant.
Craig : Tu m'expliques ?
Cassie : Ce que je veux me fais peur parce que je ne suis pas sûre de réussir à l'obtenir. Parce que je ne sais pas si un jour, tu pourras m'aimer comme je t'aime.
Stupéfait, Craig sentit son coeur bondir dans sa poitrine. Alors, il ne s'était pas trompé, elle était bien amoureuse de lui !!
Cassie : Je t’aime depuis des années et je te regardais faire avec toutes les filles en espérant qu'un jour tu décides de vivre quelque chose de vrai et que ce soit avec moi que tu veuilles le vivre.
Craig : Depuis des années ? lâcha t-il dubitatif.
Pour toutes réponses, Cassie hocha la tête, timidement. Lui dire tout ce qu'elle avait sur le coeur n'était pas une chose aisée. Elle mourrait d'envie qu'il sache mais elle était pétrifiée par ce qu'il pourrait dire ensuite.
Craig : Et John ? demanda t-il en reportant son attention sur Midway.
Cassie sourit, amusée, elle avait nettement perçu une note de jalousie dans sa voix, c'était un bon signe.
Cassie : C'est quelqu'un de bien répondit-elle sans voir la note de mépris que le regard de Craig afficha brièvement. En plus, ce qui était bien avec lui, c'est qu'on pouvait se remonter le moral et dire du mal des garçons qui nous faisait souffrir.
Interdit, Craig se retourna vivement sur elle et la dévisagea. Cassie émit un petit rire avant de lui sourire tendrement.
Cassie : Je ne t'avais pas dis qu'il était gay ?
En soupirant, Craig la regarda mi agacé mi soulagé.
Craig : Tu t'es foutu de moi !
Cassie : Tu ne faisais pas attention à moi et t'avais mis notre baiser sur le compte d'une erreur se défendit-elle. Je ne savais plus quoi faire pour attirer ton attention.
Craig : Et tu t'es dit que tu pourrais essayer de me rendre jaloux.
Cassie : Je n'ai pas fais qu'essayer lui fit-elle remarquer. T'étais vert de jalousie !
Craig : Ca c'est toi qui le dis.
Cassie : Mais quelle mauvaise foi ! s'indigna t-elle. T'étais sûr les nerfs à longueur de journée et chaque fois que je parlais de John devant toi, je te voyais serrer les poings !
Craig : Le fait que j'étais énervé ne veux pas dire que ça ait un rapport avec toi lâcha t-il négligemment.
Cassie n'en revenait pas du culot qu'il avait ! Et comment que ça avait à voir avec elle ! C'était justement parce qu'elle s'affichait avec un garçon sous ses yeux qu'il était sur les nerfs. Le fait qu'il ne veuille pas l'avouer l'énerva au plus haut point. Qu'il était borné et fier !
Cassie : Ah oui ??? Dans ce cas, si tu n'étais pas jaloux comment expliques-tu le fait que t'étais exécrable avec tout le monde, que tu n'osais même pas me regarder quand j'étais près de toi et que ta mâchoire se crispait quand je prononçais le nom de John !
Craig : Aucune idée, dit-il en haussant les épaules, un problème quelconque je suppose...
Craig se retourna et planta son regard dans le sien, amusé par l'expression de colère qu'il lisait dans les yeux de la jeune femme. Il savait qu'elle devait être entrain de mesurer l'idée de l'étriper.
Cassie : Un problème quelconque !!! répéta t-elle ahurie.
Craig : Hum c'est cela répondit-il joueur, peut être avec Clara qui sait...
Prononcer le nom de cette dernière était la goutte d'eau qui fit déborder le vase conclut-il en la voyant débouler sur lui. En souriant, il lui attrapa les mains avant qu'elle ne s'abatte sur sa poitrine.
Craig : Calme toi lui souffla t-il alors qu'elle se débattait avec hargne.
Loin de l'écouter, elle tentait du mieux qu'elle le pouvait de se dégager. Cet imbécile l'avait vraiment énervée !
Craig : Bon arrête maintenant ! Tu veux une fessée ? la taquina t-il.
Cassie : Oh tu vas voir !
En riant, Craig admirait son air renfrogné et sa détermination. Elle était de plus en plus séduisante. Son regard s'attarda sur ses lèvres et son estomac se noua. Il chercha à capter le regard de Cassie.
Craig : Tu sais que si tu ne te calmes pas, je ne pourrais jamais t'embrasser.
Surprise, Cassie se figea. Il avait bien dit qu'il allait l'embrasser, elle n'avait pas rêvé hein ? Pace que dans ce cas là, il ne fallait surtout pas la réveiller. D'une main douce, Craig replaça une de ses boucles châtains derrière son oreille en attardant ses doigts sur sa peau.
Cassie : Qu'est-ce qui pourrait te faire croire que je te laisserais faire ? lui dit-elle avec un sourire mutin.
Craig lâcha un petit rire avant de lui sourire tendrement.
Craig : Repousse moi alors.
Et joignant le geste à la parole, il plaça une main derrière sa nuque et la ramena à lui. Cassie prit une profonde inspiration et se sentit glisser dans un abîme de plaisir lorsqu'il scella ses lèvres aux siennes. Fébrilement, elle posa ses mains sur les hanches du jeune homme et se pressa davantage contre lui afin d'approfondir leur baiser. Puis, d'un geste vif, elle se décolla et plongea son regard dans les yeux surpris de Craig.
Cassie : Tu ne comptes pas me dire que c'est une erreur ? s'assura t-elle.
Craig : Et toi tu ne pense pas tout effacer demain ?
Ils se sourirent et s'embrassèrent à nouveau, très tendrement, appréciant le moment. Craig enlaça sa taille et posa son front sur le sien en souriant.
Craig : Tu sais que tu m'a rendu complètement cinglé.. .soupira t-il.
Cassie : Je sais dit-elle tout sourire.
Craig : Alors comme ça, tu m'aimes depuis des années dit-il avec un sourire charmeur.
Cassie : Je crois qu'il est temps que je file moi, tu as déjà bien assez profité de cette situation !
Elle amorça le mouvement de filer en souriant alors que Craig la rattrapa par la main et la fit revenir brusquement dans ses bras pour l'y emprisonner.
Craig : Pas question que tu ailles où que ce soit aujourd'hui !
Cassie : Vraiment ? dit-elle surprise.
Craig : Oh oui vraiment répondit-il en descendant sur ses lèvres.
Cassie répondit à son baiser avec ardeur.
Cassie : D'accord lui susurra t-elle tout contre ses lèvres avant d'en prendre possession.


Gêné par le rayon de soleil que le store ramenait sur lui, Pacey grimaça en se mettant une main devant les yeux. Pourquoi fallait-il toujours que le soleil se lève pour lui rappeler qu'il devait aller travailler ? Tout à coup, il réalisa qu'aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. Il se rappela la nuit torride qu'il venait de passer dans les bras de Joey. Sa Joey. Désireux de la sentir contre lui à nouveau et pourquoi pas, de faire un petit câlin matinal avant de filer faire sa part du travail, il se retourna dans le lit, le sourire aux lèvres. Arrêter dans son élan, il fut surpris de trouver le lit vide. Elle s'était déjà levée en conclut-il. Il jeta un coup d'oeil vers la salle de bain, pensant l'y trouver. Cependant, la porte laissée ouverte lui montrait bien que la pièce était vide. Où était-elle passée ? se demanda t-il intrigué. Elle ne serait tout de même pas partie déjeuner sans lui ? Il aurait pensé que comme lui, elle aurait aimé se réveiller à ses côtés. Des tas de questions se retournaient dans sa tête, il se redressa et regarda autour de lui. Il balaya la pièce du regard et celui-ci s'arrêta vers la porte d'entrée. La respiration coupée, il se rendit compte que la valise de Joey, qu'il avait aperçue hier, n'y était plus. Non... elle ne serait pas partie sans lui dire au revoir...pas après la nuit qu'ils avaient passer. Elle lui avait même dit qu'elle l'aimait avant de s'endormir dans le creux de ses bras !! Il s'ôta cette idée de la tête, incapable d'y croire. Non, il devait y avoir une autre solution, il le fallait. Joey n'avait pas pu lui faire ça, elle ne devait repartir que demain.... Pourtant, petit à petit l'évidence faisait place. Sombrement, il regarda la table de nuit et vit que la montre de Joey ainsi que ses affaires personnelles avaient disparues. Il y avait trop de signes pour qu'il puisse continuer à se mentir. Joey était partie, elle avait quitté le haras, sans même lui dire au revoir. Mal à l'aise, il ramena le drap sur lui, il se sentait terriblement mis à nu, comme si elle avait abusé de lui. Cette nuit n'avait donc rien signifié pour elle...Pourquoi alors lui avait-elle dit qu'elle l'aimait ? Elle le pensait, il en était sûr, la lueur qu'il avait lu dans ses yeux ne pouvait pas être feinte, elle n'avait pas pu lui mentir dans un moment aussi intime. Il soupira tristement. Alors voilà, elle était retournée à sa vie...maintenant, c'était à lui de retourner à la sienne.

Marjo  (02.09.2005 à 22:40)
Appuyer contre l'embrasure du box de Simbad, Craig observait Cassie lui administrer ses premiers vaccins. La jeune fille ne l'avait pas entendu arriver et il en profitait pour la détailler tout à loisirs. Il était encore surpris par ce qu'il ressentait pour elle. Il n'aurait jamais cru envisager un jour d'avoir une relation sérieuse avec elle, déjà qu'une relation passagère était hors de question...Pourtant aujourd'hui, il devait bien en convenir, il avait vraiment envie de vivre avec Cassie une relation sincère et durable. Cette enquiquineuse lui avait volé son coeur ! pensa t-il en souriant tendrement devant la silhouette de la jeune fille. Il était une cause perdue pour la gente féminine, désormais incapable d'en regarder une autre sans penser à elle ! Il la vit sourire au poulain et sentit son coeur fondre pour elle. Elle était devenue une magnifique jeune femme et il ne se lassait pas de la regarder. Elle se tourna vers lui et lui sourit.
Cassie : Ca fait longtemps que tu m'observes ?
Craig : Un peu...
Cassie : Et venir me donner un coup de main ne te serait pas venue à l'esprit ? le taquina t-elle.
Craig : Oh beaucoup de choses me sont venues à l'esprit mais ça ne faisait pas partie du lot.
Cassie rigola avant de donner une dernière caresse à Simbad et de se rapprocher de lui. En se penchant, elle l'embrassa tendrement.
Cassie : Bonjour.
Craig : Quel mal élevé je suis, j'oublie tous mes devoirs !
Il enlaça sa taille et l'embrassa à nouveau.
Craig : Bonjour.
Cassie : Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? lui demanda t-elle en passant ses bras autour de son cou.
Craig : Et bien, ça, ça dépend.
Cassie : De quoi ?
Craig : De ce que tu fais toi.
Cassie lui sourit, amusée.
Cassie : J'avais pensé aller faire du shopping avec Maggie et Betsy, ensuite, nous allons prendre un verre dans un café. Tu veux venir avec nous ?
Craig fronça les sourcils. L'offre ne correspondait en rien à ses attentes ! Cassie observait la déception se peindre sur le visage de son petit ami en masquant son amusement. Comment pouvait-il penser un seul instant qu'après avoir enfin obtenu de lui ce qu'elle attendait, elle pourrait envisager de passer toute une après midi loin de ses bras ! Déjà qu'elle n'aimait pas le shopping en temps normal.
Craig : Et bien, ce n'est pas vraiment ce à quoi j'avais pensé mais ok, si tu veux.
Stupéfaite, elle écarquilla de grands yeux en le dévisageant.
Cassie : Tu viendrais avec moi ? Faire les magasins ?? Avec mes amies ???
Craig : Ben si c'est le seul moyen pour être avec toi...
Dans un élan spontané, elle bondit sur ses lèvres qu'elle embrassa avec passion. Elle n'aurait jamais pensé qu'il pourrait faire une chose pareille ! Il détestait faire les magasins et n'aimait pas particulièrement Betsy qui plus est ! Elle passa ses bras autour de son cou et le pressa contre elle. Elle savait que sortir avec lui serait formidable mais elle ignorait encore quel genre de petit ami il serait. Là, elle se rendait compte qu'il était encore plus génial qu'elle ne se l'était imaginé.
Cassie : Qu'est-ce que j'ai fais de toi... soupira t-elle contre ses lèvres.
Craig : Je ne te le fais pas dire ! Un jour, il faudra penser à me rendre ma personnalité !
Cassie : Pour que tu puisses mater d'autres filles, pas question !
Craig ricana tout en lui caressant délicatement la joue du bout des doigts.
Craig : A quoi ça me servirait de regarder les autres, j'ai déjà la plus belle dans mes bras.
Elle l'embrassa à nouveau ! Décidément, cet homme était trop beau pour être vrai. Oh pitié, que personne ne la ramène sur terre !! Quelqu'un toussota derrière eux. Cassie leva les yeux au ciel. La liaison avec dieu devait être coupée. Ils se retournèrent et aperçurent Richard, un léger sourire aux lèvres. D'un geste vif, Craig se décolla de la jeune fille et regarda Richard d'un air anxieux.
Craig : Richard, on ne vous avait pas entendu arriver dit-il nerveux.
Cassie le regarda, amusée. On aurait dit un gamin pris en faute. Qu'il était amusant de le voir réagir dans une telle situation.
Richard : Faut dire que vous étiez occupés.
Le rouge empourpra les joues de Craig.
Craig : Ce n'est pas ce que vous croyez...
Richard : Tu n'étais pas entrain d'embrasser ma fille ?
Craig : Bon, c'est ce que vous croyez admit-il gêné. J'étais bien entrain de l'embrasser mais je sais ce que vous pensez de moi et je vous assure que vous vous trompez.
Richard : Et qu'est-ce que je crois joli coeur ?
Cassie : Papa.. .lui dit-elle avec un regard réprobateur.
Elle savait que son père approuvait leur relation étant donné que c'était lui qui l'avait poussée dans ses bras. Il cherchait juste à taquiner Craig. Ce qu'il arrivait fort bien à faire, il l'avait toujours impressionné, depuis qu'il était tout petit.
Craig : Et bien justement, ce surnom. Je sais que je l'ai mérité mais j'ai changé.
Richard : Ah bon ? lui dit-il avec un léger sourire taquin.
Craig : Oui, je tiens énormément à votre fille et je n'ai absolument pas l'intention de lui faire du mal.
Richard : Ca tombe bien parce que je n'aimerais pas te faire du mal moi non plus.
Cassie observa Craig déglutir péniblement. Elle regarda son père d'un air mauvais et le réprimanda.
Cassie : Tu as assez joué, c'est bon ?
Richard : Je ne fais que mon devoir de père ma chérie dit-il en feignant l'indignation.
Cassie : C'est ça. Et bien méfie toi que je ne te joue pas mon devoir de fille en te faisant ma crise d'adolescence en retard !
Richard rigola en la voyant prendre un Craig, encore sur le coup de l'altercation, par la main pour l'emmener plus loin. Ils allaient lui donner du fil à retordre ces deux là ! Mais au fond, il savait que Craig pouvait rendre sa fille heureuse et qu'il le ferait. Il sourit en pensant que Beth et Joanie allaient enfin avoir les petits enfants qu'elles voulaient temps. Enfin, ils avaient tout de même intérêt à prendre leurs temps. Il ne tenait pas non plus à être grand-père dans l'année, Cassie était encore bien trop jeune ! Au loin, Craig était encore plongé dans ses pensées lorsque Cassie s'arrêta et le regarda tendrement.
Cassie : Ca va ?
Craig : Tu crois qu'il était sérieux ? lui demanda t-il pensif.
Cassie : Il te taquinait lui assura t-elle.
Craig : Ouais, tu as sûrement raison.
Il l'enlaça tendrement et plongea son regard dans le sien.
Craig : Tu le sais toi que je ne te ferais pas de mal hein ?
Cassie : Oui lui dit-il touchée qu'il lui pose la question.
Craig : Parce que tu sais, je suis conscient de la réputation que j'ai, mais je tiens vraiment à toi, comme je n'ai encore jamais tenu à personne.
Emue, Cassie le prit dans ses bras. A ses yeux, ça équivalait une déclaration d'amour et elle n'en attendait pas une si tôt. Elle pensait qu'il lui faudrait du temps pour analyser leur relation et savoir ce qu'il voulait vraiment. Surpris par ses propres aveux, Craig se sentait gêné et n'osait pas croiser son regard. Il n'avait encore jamais dit ça à une fille. Cassie effleura ses lèvres avant de plonger son regard dans le sien.
Cassie : Tu verras, on aura une belle vie.
Il l'embrassa sur le front et la serra contre lui. Oui, il n'en doutait pas. Il commençait à y croire et même à imaginer une barrière blanche avec des enfants et un chien. Un cliché qui le rebutait tant auparavant.


Les mains enfouies au fond de ses poches, Pacey déambulait dans le haras. Il avait la sensation d’errer sans vraiment savoir où il allait alors même qu’il connaissait l’endroit par cœur. Toutes ses pensées étaient focalisées sur Joey. Quand avait-elle pris la décision de partir ? Avant, ou après qu’ils aient refait l’amour ? Soudain, une idée lui glaça le sang, et s’il l’avait déçue ? Si en refaisant l’amour avec lui, elle n’avait pas obtenu ce qu’elle espérait et que la magie n’avait fonctionné que dans un sens ? Le sien. Car pour lui, cette nuit passée avec elle avait été magique, bien au-delà de ses attentes. Il avait eu l’impression d’avoir vraiment fait qu’un avec elle, comme si leurs deux âmes s’étaient retrouvées. Jamais il n’avait connu ça avec aucune autre, un tel abandon de soi. Relevant la tête, il aperçut Craig et Cassie qui semblaient se chamailler. Un léger sourire naquit sur ses lèvres, ils étaient bien loin des querelles d’antan, ponctuant leurs joutes verbales de sourires et de regards langoureux. Ils faisaient vraiment plaisir à voir et nul doute que le jeune homme la rendait heureuse. Il vit Craig relever la tête vers lui et froncer les sourcils. Cassie tourna également la tête de son côté lorsque Craig lui glissa un mot à l’oreille avant de l’embrasser tendrement et de marcher dans sa direction. Chouette, il allait avoir le droit à un interrogatoire ! Craig ne le lâcherait pas tant qu’il ne saurait pas tout. Après tout se dit-il en soupirant, il avait besoin que quelqu’un éclaire sa lanterne, il commençait à en avoir marre du noir.
Craig : On marche un peu ? lui proposa t-il en parvenant à sa hauteur.
Pacey : Tu ne veux pas plutôt qu’on trouve un canapé ? Comme ça on pourra mettre l’autre sur le grill chacun notre tour ?
Craig sourit à sa plaisanterie et lui passa un bras autour des épaules.
Craig : Jamais aimé les psy lâcha t-il en l’entraînant avec lui. De mon côté, on va faire bref, je sors avec Cassie, non je n’ai pas l’intention de lui faire du mal et oui, j’envisage une relation stable et durable. A toi ?
Pacey : Moi ? Non, je n’envisage aucune relation stable et durable avec Cassie, je te remercie.
Craig éclata de rire.
Craig : Une chance, j’aurais été obligé de te provoquer en duel.
Pacey : Ouh là, alors c’est sérieux le taquina t-il.
Craig : Aussi sérieux qu’une barrière blanche, des enfants et un chien.
Interloqué, Pacey releva les yeux vers lui.
Craig : Laisse tomber ! Alors, si tu me disais ce qui semble t’abattre autant.
Pacey : Joey est partie.
Interdit, Craig le dévisagea un long moment. Apparemment, le départ de Joey le plongeait dans le plus grand désarroi. Pourtant, il savait bien qu’elle partirait un jour ou l’autre. Pacey lui raconta dans les détails leurs derniers échangent et son ami l’écouta attentivement.
Pacey : Tu crois qu’elle est partie dans un but précis ? lui demanda t-il perdu.
Craig : A mon avis, elle s’est rendue compte que tu étais bien trop égaré pour prendre une décision tout seul. Du coup, elle te met au pied du mur en te forçant à sortir de ta tanière.
Pacey : Tu crois vraiment qu’elle veux que je la rejoigne là bas ?? s’étonna t-il.
Craig : Es-tu sûr de ce qu’elle ressent pour toi ?
Pacey : Je le croyais, mais depuis ce matin, je ne sais plus rien.
Craig : Alors, oui, j’ai raison. Ce qui ne devrait pas t’étonner tant que ça, étant donné que c’est toujours le cas.
Pacey parvint à sourire malgré tous les doutes qui l’assaillaient et il se mit à réfléchir aux paroles de Craig. Elle lui avait bien dit qu’elle voulait qu’il la suive là bas, peut être était-elle réellement sérieuse et que tout ce qu’elle attendait, c’est que ce soit lui qu’il prenne la décision.
Pacey : Mais admettons que j’y aille, qu’est-ce que je ferais là bas ??
Craig : Tu le sauras en temps voulu, pour l’instant, l’important c’est votre histoire Pacey.
Pacey : Que ferait-elle avec moi ? Elle est intelligente, moi je ne suis qu’un paumé.
Craig : Un paumé qui a eu son bac avec mention lui rappela t-il.
Pacey se rappela la promesse faite à son père avant son émancipation et les longues heures qu’il avait passées ensuite à rattraper son retard scolaire afin de le passer en même temps que les autres, dans un autre lycée de l’état. Il avait travaillé dur pour combler ses lacunes et s’était surpris lui-même en obtenant cette mention « bien ».
Craig : Penses-y Pacey, mais tu le regretteras si tu ne tentes rien.


Jen : Je n’arrive pas à croire qu’après tout ces kilomètres, tu repartes sans lui dire au revoir ! s’exclama t-elle encore sous le choc.
Joey : Réfléchis, c’était le seul moyen pour le laisser prendre la décision. Si je l’avais supplié de venir avec moi et qu’il l’avait fait, jamais je n’aurais su si je ne lui avais pas forcé la main. Là, je lui ai laissé l’occasion de prendre la décision par lui-même.
Jen : Jusqu’à présent, le laisser prendre les décisions ne vous a pas tellement réussi, à l’un comme à l’autre lui fit-elle remarquer.
Joey : Oui, mais cette fois, c’est différent.
Jen : Et en quoi ?
Joey : Il sait que je l’aime lui dit-elle avec un petit sourire.
Jen : D’accord, ça c’est un bon point mais on parle quand même de Pacey, le frustré jamais sûr de lui et fuyard !
Joey : Jen, j’avais déjà peur en prenant cette décision alors s’il te plait, essaye un peu de m’encourager !
Jen : Je suis désolée, mais c’est que je ne te comprends pas.
Assises toutes les deux sur le lit universitaire de Joey, Jen avait accouru dès que sa meilleure amie l’avait appelée pour lui annoncer son retour et maintenant, elle la dévisageait, cherchant à comprendre. Si elle avait été à sa place, elle aurait mis Pacey au pied du mur et l’aurait forcé à revenir avec elle ! Elle vit son amie recroqueviller ses jambes contre sa poitrine et frissonner. Joey savait ce qu’elle faisait en temps normal et elle devrait la soutenir plutôt que de lui mettre la pression en lui exposant ses inquiétudes. Mais elle savait combien les relations entre ses deux-là pouvaient être tenues par un fil et savait que ce dernier, pouvait casser à tout moment. Joey devait être bien consciente que ça pouvait échouer. Elle ne voulait pas la voir nourrir de faux espoirs.
Jen : C’est risqué Joey. Je sais que tu ne veux pas l’entendre, mais il pourrait ne pas venir.
Joey : Il va venir lui assura t-elle. Il doit venir ou alors…
Jen : Ou alors ?
Joey : C’est que je me serais trompée sur nous.
Tristement, Jen se rapprocha de sa meilleure amie et la prit dans ses bras, priant de toutes ses forces pour que cet idiot de Pacey ne la déçoive pas. Et songeant sombrement, que elle aussi, elle aimerait le revoir.


D’un pas plus qu’hésitant, Pacey traversait le dédale des jardins de l’université de Worthington. Occupé à préparer le discours qu’il comptait servir à Joey, il n’avait même pas pris le temps de regarder les bâtiments autour de lui. En temps normal, une telle ampleur l’aurait impressionné. Là, il s’était contenté de demander son chemin, parant au principal. Il aurait bien le temps de s’extasier sur les murs si Joey l’envoyait promener. Relevant les yeux du plan qu’un étudiant lui avait rapidement griffonné, il contempla le bâtiment dans lequel, la chambre de Joey était censée se trouver. Alors c’était là qu’elle venait de passer un an et demi de sa vie. Il regarda tout autour de lui et se dit que c’était ce qu’elle méritait, ce qu’elle avait toujours voulu. L’établissement, imposant, reflétait une certaine élite et un prestige. Il resta devant, quelques minutes, les mains au fond de ses poches, imaginant les retrouvailles avec Joey. Soit elle serait heureuse de le voir, soit elle lui dirait qu’il n’a pas bien compris le message et le renverrait auprès de ses chevaux. Un retour cruel à la terre pour lui. Quoiqu’il en soit, il avait fait trop de chemin pour repartir. Cette fois, il était prêt à prendre les risques qu’il fallait. Alors qu’il se disait prêt à affronter ses sentiments et à les assumer au grand jour, semblant sortir de nulle part, Dawson sortit du bâtiment et leurs regards se rencontrèrent. Pacey était pétrifié. D’accord, Dieu paraissait vouloir le mettre à l’épreuve tout de suite. Mais Dawson ! Il aurait pu commencer par Jack, ou Jen… Son ex-meilleur ami était visiblement lui aussi très surpris de le trouver là. A son regard fuyant, il se dit qu’il y avait des chances pour qu’il passe son chemin. Il était résigné à cette idée lorsqu’il le vit marcher vers lui. Rapidement, il prit une profonde inspiration, prêt à la confrontation.
Dawson : Bonjour Pacey.
Pacey : Salut Dawson répondit-il mal à l’aise.
Dawson : Tu viens voir Joey je suppose.
Pacey hocha la tête en se forçant à soutenir le regard de son interlocuteur. Dawson pouvait être contre leur relation, si Joey voulait de lui, il ne reculerait pas. Après tout, d’après la jeune fille, il sortait avec Andie non ?
Pacey : Je l’aime lui déclara t-il. Et si elle veut de moi, je ne repartirai pas.
Voilà, les choses étaient dites, maintenant, il ne pouvait plus reculer.
Dawson : On risque de se croiser souvent alors lâcha t-il.
Surpris, Pacey le dévisagea. Cela voulait-il dire que Joey l’attendait comme il l’espérait ? Il pria le ciel pour dire vrai.
Dawson : Je suis désolé pour l’autre jour, j’ai été…surpris.
Pacey : Ce n’est rien…Je comprends.
Dawson : Puisque nous serons amenés à nous revoir souvent, je dois te dire que je sors avec Andie.
Pacey : Joey me l’a déjà dit.
Dawson : Bien.
Pacey : Je suis content pour vous lui dit-il sincère. Elle va bien ? lui demanda t-il gêné.
Dawson : Je pense la rendre heureuse…
Pacey : Ce n’était pas le sens de ma question… s’excusa t-il.
Dawson : Elle va bien le coupa t-il….Je suis content de voir que toi aussi.
Pacey : Merci répondit-il troublé mais touché.
Dawson : Tu devrais y aller, elle s’impatiente lui dit-il avec un léger sourire amical.
Pacey hocha la tête et regarda Dawson s’éloigner.
Pacey : Dawson ? le rappela t-il.
Dawson : Hum ? dit-il en se retournant.
Pacey : Merci.
Dawson lui sourit. Après toutes ces années, il se rendait compte que toute sa colère s’était évaporée et que plus rien ne restait, mis à part lui, son meilleur ami.
Dawson : Je suis content que tu sois revenu lui dit-il avant de disparaître.
Pacey regarda la silhouette de Dawson quelques instants, sentant son cœur se faire plus léger. C’était comme-ci un poids oppressant c’était ôté de sa poitrine. Dawson lui avait pardonné, il ne le lui avait pas dit clairement mais c’était ça. Il pouvait désormais envisager une relation avec Joey de façon plus sereine. D’un pas beaucoup plus guilleret, il gravit les marches qui le séparait de l’entrée et commença à chercher la chambre de la jeune fille. Il tourna dans un couloir et percuta quelqu’un.
Pacey : Déso…lé.
Baissant le regard, ses yeux avaient rencontré ceux d’une Jen surprise. Très bien, le destin était joueur aujourd’hui. Devrait-il rencontrer tous ses anciens amis avant de pouvoir atteindre Joey ?
Jen : Je dois probablement rêver puisque je ne crois pas aux fantômes.
Un léger sourire incertain naquit sur les lèvres du jeune homme. Ils ne s’étaient pas vraiment quitter en mauvais terme d’après ses souvenirs, qu’elle accueille lui réservait t-elle ? Elle le jaugea du regard, les bras croisés sur sa poitrine.
Jen : Tu penses rester combien de temps ?
Pacey : Ca dépend de Joey.
Jen : T’es amoureux d’elle ?
Pacey : Plus que jamais.
Jen : Tu penses la faire souffrir ?
Cette fois, Pacey sourit franchement. Très bien, il savait qu’un jour ou l’autre, Lindley lui ferait subir un interrogatoire.
Pacey : Non, et j’espère ne pas souffrir non plus.
Jen : Si tu repars, tu viendras me dire au revoir ?
Pacey : Promis lui dit-il en rigolant.
Jen finit par se départir de son air renfrogné et lui sauta au cou. Pacey soupira en la serrant contre lui, que ça faisait du bien.
Pacey : Tu m’as manqué Lindley !
Jen : Si t’étais pas partie, tu m’aurais vue tous les jours.
Pacey toussota alors qu’elle se décolla de lui avec un grand sourire.
Jen : Allez, file la voir ! Mais lorsque vous aurez rattrapé le temps, je veux un récit détaillé de tout ce que tu as fais depuis que tu es parti !
Pacey se mit au garde à vous avant de lui faire un clin d’œil. Jen lui sourit tendrement en le reprenant dans ses bras une seconde fois. Qu’il était bon de le revoir. Une fois qu’elle fut partie, Pacey regarda autour de lui, s’attendant presque à voir débarquer Andie ou Jack d’un moment à l’autre. Il pensait pourtant que c’était grand une université ! Avait-il concentré tous les Capsadiens dans une même aile ?? Au bout de deux minutes, il se dit qu’il pouvait être tranquille et franchit les derniers mètres qui le séparaient encore de Joey. Prenant son courage à deux mains, il toqua. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrait sur la femme qu’il aimait et un sourire fleurit sur les lèvres de celle-ci. Il fut certain alors que c’était bien ce qu’elle attendait, qu’il vienne.
Pacey : C’est ce que tu voulais, n’est ce pas ? Que je te suive lui dit-il en plongeant son regard amoureux dans le sien. Et maintenant qu’est ce qu’on fait ?
Joey : Et maintenant, on s’aime. Enfin.
Joey l’attira à elle et l’embrassa passionnément avant de refermer la porte sur eux.


Un mois plus tard…

Assises autour d'une table dans le jardin, Joanie et Beth sirotait leur thé tout en posant sur Craig et Cassie, qui dansaient tendrement enlaçés, un regard que seule une mère pouvait avoir. Depuis que leurs enfants étaient ensemble, elles s'étaient remises à espérer avoir des petits enfants et elles ne pouvaient être plus comblés l'une comme l'autre par le choix de leur progéniture qui ainsi, unissait leurs deux familles. Beth avait beau être déjà grand mère, Janet, sa fille vivait à Seattle avec son mari et ses deux enfants depuis plusieurs années et elle regrettait souvent de ne pouvoir voir ses petits fils grandir. Au moins, elle savait que Craig ne s'éloignerait pas lui, il aimait trop ces terres. Richard et Robert, un verre de champagne à la main, vinrent les rejoindre.
Richard : Regardes-les Bob, je paris qu'elles tirent encore des plans sur la comète dit-il en souriant.
Robert : Vous ne voudriez pas les laisser un peu tranquilles.
Le sourire aux lèvres, ils prirent placent aux côtés de leurs épouses.
Joanie : Oses me dire que tu ne veux pas de petits enfants ? le défia t-elle en souriant.
Richard : Ce n'est pas ce que j'ai dis, seulement, je ne m'attends pas non plus à ce qu'ils les fassent tout de suite.
Beth : Moi j'ai ressortis toutes mes vieilles pelotes de laines avoua t-elle.
Joanie : Et moi je suis allée en acheter dit-elle en souriant tendrement à son amie.
Robert : Grand dieu, mais c'est qu'elles vont nous porter la poisse !
Le regard du viel homme se porta sur son fils et un sourire ravit se peignit sur son visage. Jamais il n'avait vu Craig aussi heureux et amoureux. Il était sincèrement content pour lui et était sûr que cette fois, c'était la bonne.
Robert : Qui aurait cru que ces deux là se mettrait ensemble lâcha t-il.
Tous : Moi ! dirent-ils en choeurs.
Surpris, Robert se tourna vers eux et les dévisagea un par un. Alors il était le seul a avoir été aveugle jusqu'à la fin ? Bien, il assumait pleinement. Le principal était qu'ils s'étaient quand même trouvés.
Joanie : Regardez qui nous voilà...
Tous se tournèrent vers un couple d'amoureux qui fendait la foule en saluant quelques personnes au passage.


Craig : Pitié, pitié !! rigola t-il.
Allongé sur une couverture, Craig était la victime des chatouilles de ses neveux. Ses parents avaient organisés un grand pique nique sur la propriété pour célébrer la fête national, et sa sœur Janet était revenue pour l’occasion, amenant avec elle, son mari et ses deux adorables neveux qu’ils voyaient selon lui, qu’en de trop rares occasions. Kyle et Jessy, deux blondinets de neuf ans, lui étaient tombés dessus alors qu’il croyait pouvoir faire une sieste tranquillement.
Kyle : C’est qui le plus fort ?
Craig : Superman répondit-il en soulevant le petit dans les airs.
Tout sourire, Jessy vint à la rescousse de son frère et plongea sur son oncle.
Cassie : Tu as la situation en main ? lui demanda t-elle en souriant.
Craig : Bien sûr ! répondit-il d’un ton viril alors que les chenapans redoublaient d’effort.
Cassie : Un peu d’aide peut être ?
Craig lui fit un petit air suppliant auquel la jeune femme ne pu résister. Elle se pencha sur les jumeaux en souriant.
Cassie : Votre grand-mère est entrain de servir le gâteau…
D’un bond, les deux garçons furent sur leurs pieds et disparurent dans la foule.
Craig : Mon sauveur…souffla t-il en la prenant par la main pour la faire tomber sur lui et l’embrasser.
Cassie ne se fit pas prier et l’embrassa tendrement avant de lui sourire.
Cassie : On peut savoir ce que tu fais ici ? Dans un coin reculé des invités ? Avec une couverture ?
Craig : Si je te dis que je voulais méditer, tu me crois ?
Cassie : Les yeux fermés ?
Craig lui sourit tendrement avant de lui dégager son front du bout des doigts. Même après un mois, il était encore époustouflé par le pouvoir qu’elle avait sur lui. D’un tour de force, elle avait évincé toutes les autres. Pas une seule fois il n’avait regardé une autre fille depuis qu’il avait posé ses lèvres sur les siennes. Cette fille était une magicienne et l’avait ensorcelé. Soudain, Cassie releva la tête et son regard se porta au loin. Un sourire se dessina sur son visage et Craig n’eut pas le temps de la retenir que déjà, elle s’était relevée et s’élancer derrière lui. Il se redressa vivement et sourit lui aussi en voyant Pacey et Joey, fendre la foule, main dans la main. Il était content de voir que tout semblait se passer au mieux pour eux. Richard lui avait accordé un mois de vacances pour voir où il en était et savoir ce qu’il voulait faire. Pacey n’étant pas revenu entre temps, il s’était dit que tout se passer bien mais il devait s’avouer qu’il était soulager d’en avoir la preuve. Il se releva et alla les rejoindre. Cassie déboula comme un boulet de canon et sauta au cou de Pacey qui l’accueillit, ravit. Craig adressa un clin d’œil à Joey en se rapprochant d’elle.
Craig : Tu crois qu’on devrait être jaloux là ? lui demanda t-il en se penchant vers elle tout en regardant Cassie dans les bras de son ami.
Pacey : Eh, je te signale que c’était à moi qu’elle venait se confier parce qu’un demeuré ne la voyait pas.
Craig : Jaloux, et énervé non ? ajouta t-il en haussant un sourcil vers Joey.
Joey : Probable, mais je t’interdis de me l’abîmer dit-elle amusée en retrouvant les bras de son petit ami.
Pacey serra Joey contre lui en adressant à son collègue un petit sourire victorieux.
Craig : Tu as de la chance que ta petite amie soit ravissante ! prévint-il Pacey.
Cassie : Ravissante ? dit-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.
Le regard de Craig alla de Cassie, au couple qui souriait franchement.
Craig : Purée Witter, t’es revenu juste pour me foutre dans la merde !
Pacey : C’est assez plaisant…dit-il tout sourire.
Les bras croisées, Cassie jaugeait toujours Craig d’un air de reproche. Elle avait du mal à se retenir de sourire tant le visage repentant de Craig était amusant à voir. S’il y avait bien une chose qu’elle aimait plus que tout, c’était de savoir qu’il n’aimait pas lui faire du mal ou la voir en colère contre lui. Il lui fit une petite moue et elle ne pu résister à l’envie de l’embrasser.
Cassie : Tu sais que tu es un petit chanceux toi lui murmura t-elle tout contre ses lèvres.
Craig : Ne t’en fais pas, je suis au courant.
Au prix d’un effort surhumain, Craig se détacha de la contemplation de sa petite amie pour se tourner vers leurs interlocuteurs.
Craig : Bon alors vous deux, qu’avez-vous foutu pendant un mois ?? Mise à part les choses qu’on devine, évidemment dit-il tout sourire.
Pacey : Je suis rentré chez moi avoua t-il en regardant tendrement Joey. J’ai retrouvé ma famille et mes amis.
Cassie : Tu as réfléchis à ce que tu allais faire ?
Pacey : Pour l’instant dit-il en enlaçant Joey contre lui, je vais rester ici.
Hébété, Cassie et Craig se dévisagèrent avant de se tourner vers Pacey d’un même élan.
Pacey : L’université, ça n’est pas fait pour moi expliqua t-il et j’adore mon travail. Boston n’est qu’à une heure de route et on se verra aussi souvent que possible.
Joey : Ouais, on verra ensuite lorsque j’aurais finis mes études ce que nous ferons.
Cassie : Mais…dit-elle hésitante, vous n’avez pas peur que la distance vous sépare ?
Joey et Pacey se regardèrent tendrement.
Joey : On a vécu assez de chose pour savoir qu’on s’aime et qu'on ne trouvera avec personne d’autre ce que nous avons dit-elle sans lâcher le regard de l’homme qu’elle aime. Non, nous n’avons pas peur.


Assis sur son canapé, Craig avait Cassie contre lui et il jouait avec ses mains. Ils s'étaient éclipsé dès que les premiers invité avaient fait mine de quitter la petite fête. Ils rêvaient d'un peu de temps à eux deux. Tranquillement installé, il profitait du calme de la dépendance qu'il louait à Richard depuis quelques années.
Craig : Je suis crevé.
Cassie : Faut dire que tu n'es plus très jeune.
Craig : C'est gentil, merci dit-il en mimant d'être vexé.
En souriant, elle se retourna vers lui et après lui avoir tiré la langue, elle l'embrassa tendrement.
Cassie : Mais tu es mon vieux à moi.
Craig : Si je peux encore intéresser une petite jeunette, c'est que je dois être encore pas mal conserver pour mon âge !
Cassie : Tu as encore du temps avant les cheveux blancs lui dit-elle en rigolant.
Craig : Viens un peu là.
Tendrement, il l'attira à lui et l'embrassa délicatement. Cassie soupira d'aise en répondant à ses caresses. Ce qu'elle pouvait être bien, là avec lui. Elle aurait voulu que cet instant dur toujours.
Craig : Je vais te raccompagner, il se fait tard lui murmura t-il tout contre ses lèvres.
Cassie râla en repartant à l'assaut de ses lèvres. Elle n'avait aucune envie de rentrer, afin de le lui faire comprendre, elle réduisit encore l'espace entre eux et approfondit leur baiser un peu plus. Loin d'être contre, il l'embrassa avec fougue quelques minutes, avant de se décoller d'elle à contre coeur.
Craig : Aller, il vaut mieux que je te ramène maintenant.
Cassie : Je n'ai pas envie de rentrer...
Elle lui effleura les lèvres en le fixant du regard.
Craig : Cassie...
Elle posa un doigt sur ses lèvres avant de se lever et de lui tendre la main. La gorge sèche, il la lui prit et se laissa entraîner vers le fond du couloir. Il savait qu'elle l'emmenait dans sa chambre et bizarrement, il avait les mains moites et la bouche pâteuse. Il avait déjà couché avec de nombreuses filles mais ce soir, avec elle, il se donnait l'impression d'être aussi nerveux que lors de sa première fois. Depuis un mois qu'ils sortaient ensemble, il avait imaginer bien des fois faire l'amour avec elle mais avait toujours voulut attendre qu'elle en prenne l'initiative, il ne voulait surtout pas la brusquer.
Craig : Cassie, tu es sûre que...
Afin de lui prouver qu'elle était totalement en accord avec elle même. Elle passa ses bras autour de son cou et l'embrassa tendrement en le plaquant contre le chambranle de la porte.
Cassie : J'ai envie de faire l'amour avec toi lui dit-elle en plongeant son regard dans le sien.
Attendrit par le regard amoureux que Cassie posait sur lui, il lui caressa la joue avant de l'embrasser du bout des lèvres. Elle ferma les yeux et se mit sur la pointe des pieds afin de prolonger le contact de ses lèvres le plus longtemps possible. Puis, elle posa son front contre le sien et tourna la tête vers le lit qui trônait au milieu de la pièce. Un voile assombrit son regard, Craig s'en rendit aussitôt compte.
Craig : Que se passe t-il ? s'inquièta t-il.
Cassie : Rien.
Elle chercha à détournait le regard mais Craig, lui releva le menton afin qu'elle lui dise toute la vérité.
Cassie : C'est juste que...je me demandais avec combien d'autres filles tu avais couchés dans ce lit.
Surpris, son regard alla du lit à Cassie, elle paraissait triste. Il lisait dans ses yeux que faire l'amour avec elle dans ce lit, lui donnait la désagréable sensation de n'être qu'une de plus. Or, elle était bien plus que cela, et il entendait bien le lui faire comprendre.
Craig : Tu as raison, j’irais acheter un autre lit dès demain ! s’exclama t-il en lui prenant la main pour l’emmener autre part.
Etonnée, elle se laissa guider et se retrouva à nouveau dans le salon. Craig, d'un geste sec, déplia le canapé et un matelas lui apparut soudainement.
Craig : Donne moi quelques minutes lui demanda t-il en souriant.
Amusée, elle le regarda mettre des draps propres et allumés quelques bougies avant de mettre une musique douce. Elle l'espace d'un instant, il avait transformé une simple pièce en un romantique espace réservé à eux deux. Il vint la prendre dans ses bras et l'embrassa sur le front.
Craig : Aucune fille n'a encore dormit dans ce lit lui promit-il.
Cassie s'esclaffa avant de s'y allonger en l'attirant à elle. Ils s'embrassèrent longuement tout en se déshabillant lentement. Ils prenaient tout leur temps. Profitant du plaisir d'être ensemble et du bonheur de s'aimer.
Cassie : Il y a quelque chose qu'il faut que je t'avoue lui dit-elle mal à l'aise.
Lui accordant toute son attention, il plongea son regard dans le sien et lui dégagea le front.
Cassie : C'est la première fois pour moi...
Mettant quelques secondes à réaliser ce qu'elle était entrain de lui dire, il écarquilla de grands yeux. Comment était-ce possible ?? Comment une aussi jolie fille de 21 ans pouvait encore être vierge à son âge ? Semblant lire dans son regard, Cassie se rapprocha de lui.
Cassie : Je t'attendais lui murmura t-elle tout contre ses lèvres.
Sentant son coeur se gonfler dans sa poitrine, il ressentit alors un amour incosidérable pour elle emplir son corps et son esprit. Jamais encore il n'avait ressentit ça pour quelqu'un.
Craig : Je t'aime lui déclara t-il tendrement avant de l'embrasser avec douceur.
Cassie se sentit défaillir aux creux de ses bras. Enfin, il le lui disait enfin !! Après toutes ses longues années d'attente, il l'aimait et elle allait passer la nuit dans ses bras. Avec tendresse et passion, il lui fit l'amour. Faisant attention à ses moindres gestes, il la plongea lentement, dans un océan de plaisir.


En voiture sur le chemin qui la ramenait à Boston, Joey regardait Pacey, passablement concentré sur la route. Elle savait qu'il allait la déposer avant de rentrer à Florence et qu'elle ne le reverait pas avant deux longs jours. La première fois qu'ils étaient séparés aussi longtemps depuis un mois ! Même si elle savait que c'était la meilleure solution, pour elle comme pour lui, l'idée de ne pas l'avoir à ses côtés constamment la rendait triste. C'est qu'on s'habituait vite à voir l'homme qu'on aime le matin au réveil. Quel joie de pouvoir vivre de tels instants songea t-elle en souriant. Surtout après trois ans de traversé du désert. Avec Pacey, elle découvrait le vrai sens du mots aimer. Il la surprenait constamment, avec lui, chaque jour était différent. Le dicton "Les jour se suivent mais ne se ressemble pas" prenait tout son sens.
Pacey : J'ai quelque chose sur la figure ? lui demanda t-il en haussant un sourcil vers elle.
Joey se contenta de lui sourire mais ne répondit pas. Du coup, il tourna la tête vers elle quelques secondes, inquisiteur.
Joey : Je t'aime.
Il reporta son regard vers la route, tout sourire. Il avait toujours l'impression à chaque fois qu'il l'entendait le lui dire, qu'il était le garçon le plus chanceux du monde. Tendrement, il lui prit la main et enlaça ses doigts aux siens. Joey n'en revenait toujours pas de la facilité avec laquelle elle pouvait lui dire ses mots. Elle n'était pas la plus démonstratives des filles mais avec Pacey, dire Je t'aime revenait à dire Bonjour. Elle porta sa main à ses lèvres et y déposa un baiser.
Joey : J'ai pas envie que tu repartes... lui avoua t-elle d'une voix fine.
Pacey : Moi non plus Joey, mais il est tard déjà et je ne me vois pas prendre la route demain à 4h du matin.
Joey : Je sais bougonna t-elle. Je me fais l'impression d'être une petite fille égoïste mais c'est juste que...tu vas me manquer.
Il lui sourit et arrêta la voiture sur le bas côté.
Pacey : Ecoute, on avait décidé d'essayer comme ça quelques temps mais je te garantit que si c'est trop dur pour toi, si tu ne parviens plus à supporter la situation, tu n'auras qu'à m'appeler et j'accourerais aussitôt à Boston. Je trouverais un travail là bas et...
Joey : ...tu abandonnerais un travail que tu aimes pour moi, il n'en est pas question ! Je vais arrêter mes gamineries et tout se passera bien.
Il se rapprocha d'elle et l'embrassa sur le front.
Pacey : Je ferais tout ce qu'il faut pour que rien ne nous sépare cette fois, tu le sais ?
Joey : Oui lui dit-elle touchée. Ca ira Pacey.
Il la serra contre lui avant de l'embrasser doucement.
Pacey : Ca va aller ? lui demanda t-il la main sur le contact.
Joey : Oui allons-y. Déposes moi et abandonnes moi.
Surpris, il se tourna vers elle et se détendit en voyant le magnifique sourire dont son visage se fendait.
Pacey : Tu as toujours les autres qui sont près de toi, tu pourras aller les voir.
Joey : Je sais. Aller Giggs, ramenais moi à la maison.
Pacey : Oui Miss Daisy lui répondit-il en souriant avant de démarrer.
Pour eux, commencer la vrai vie, celle d'un couple qui s'aime et veulent vivre leur amour malgré les études, le travail, les amis et la distance qui les sépare. Rien n'était donné d'avance, tout était à faire mais ils savaient au fond d'eux qu'ils avaient déjà tout gagner.


FIN.

PS : J'ai un peu bâclé la fin car j'en avais marre qu'elle traîne. J'espère que cette suite vous plaira. A plus.

Marjo  (02.09.2005 à 22:44)
je l'ai lu en meme temps que tu l'a mettai et j'ai adoré!!!!!!!!! Depuis le temps ou je l'attendais cet suite! ça en valait vraiment le coup! C'était fantastique!!!!!!!!! Et c'est une fin plus qu'heureuse!
Merci beaucoup et Bravo!!!!!!!!!!!!!!!

kizou  (03.09.2005 à 00:21)
Marjo, on a pas la même notion du bâclage… Si seulement je savais écrire comme toi tu bâcles, je serais comblée !
A part ça, que te dire que tu ne sais déjà… Une oeuvre de plus à la hauteur de ton talent : immense et inébranlable.
Mais j’aurais une petite question : T’en a pas marre des compliments à longueur de temps ? Je suis sur que tu fais exprès d’écrire aussi bien pour flatter ton ego !
Bref, que dire de plus à part : Continue !
Merci à toi.

Saya

Saya.B  (03.09.2005 à 01:32)

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