Pacey fut surpris que la porte s’ouvre si vite.
Après un bref sursaut, il sourit timidement à Joey en la regardant, avec une réserve qui était censée masquer l’emballement de son cœur qui battait la chamade. Parce qu’il avait un dernier sort à jeter, et parce qu’il avait Joey en face de lui, il se sentait très nerveux. Il la trouvait magnifique, comme toujours.
Joey, bien que déterminée à maîtriser la situation, se sentit rougir et son regard fut happé par celui de Pacey. Rapidement, elle baissa les yeux et se ressaisit tant bien que mal, s’écartant du passage pour enfin le laisser entrer.
Ils étaient censés se comporter normalement mais aucun des deux n’y arrivait. Durant cette minute qui leur parut interminable, ils n’avaient pas dit un mot.
Ce fut Pacey qui se décida le premier à essayer de faire oublier la gêne qu’il y avait entre eux. Il observa Joey et se méprit sur ses yeux un peu gonflés et ses cheveux en bataille.
Pacey : - Excuse-moi, je t’ai fait lever plus tôt ce matin, tu as dû te presser…
Joey, la voix exagérément enjouée : - Pas du tout ! J’avais senti que tu arriverais en avance de toutes façons! Elle regretta aussitôt ses paroles. En plissant les yeux, elle porta brutalement la main à sa bouche, comme pour obliger cette dernière à arrêter de sortir des mots qui la trahissaient.
Elle comprit immédiatement qu’elle venait de faire une double gaffe : elle avait pressenti l’arrivée de Pacey un peu en avance, pressentiment qui s’était avéré exact puisqu’elle l’avait vu par la fenêtre quelques minutes avant qu’il ne frappe à la porte. Et elle l’avait vu parce qu’elle l’avait épié, parce qu’elle attendait impatiemment son arrivée !! Prise au piège dans ce sac de nœuds de pensées qui arrivaient à toute vitesse les unes après les autres, elle ne se rendit pas compte qu’elle était toujours figée dans la même position et que Pacey attendait en la regardant, qu’elle reprenne la parole. Elle s’en aperçut enfin, et se reprit maladroitement : Enfin… Tu vois quoi…
Pacey ne voyait pas du tout, mais cela n’avait aucune importance. Il était là pour terminer ce qu’il avait commencé. Mais il se sentit subitement envahi par le doute : est-ce-que c’était nécessaire ? Finalement, ça marchait à peu près depuis hier. Enfin, lui n’avait pas trop de recul, il n’était pas sûr d’interpréter correctement l’attitude de Joey car pour lui c’était tellement inespéré… Mais Jen lui avait assuré que Joey était sensiblement différente avec lui. Et Dawson qui l’avait poussé à tenter sa chance, après leur accrochage de mercredi… En y repensant, Pacey se dit qu’il n’en revenait toujours pas de la réaction de Dawson. C’était peut-être le signe qu’il fallait aller jusqu’au bout. Qu’il avait ses chances. Mais est-ce-que ce n’était pas n’importe quoi tout simplement ? Il préféra ne pas s’attarder sur cette question, complètement inutile de toutes façons, maintenant qu’il touchait au but, il fallait y aller. De plus, il était chez Joey pour ça, donc trop tard pour reculer à présent.
Pendant qu’il tergiversait, le silence de Pacey avait dû paraître un peu trop long à Joey car il l’entendit dire doucement :
Joey : - Pacey ?
Bras croisés, elle l’observait, la tête légèrement baissé, haussant les sourcils, le regard interrogateur.
Pacey : - … Ou…Oui ?
Joey tendit un de ses deux bras, le dos de la main dirigé vers le sol : elle lui indiquait le canapé du salon.
Joey : - Bah alors? On s’y met ?
Hein??? Déjà ??? Pacey eut une sueur froide. Ca marchait à ce point-là ?? Mais, le deuxième sort n’était même pas encore jeté !! Et il n’avait absolument pas eu le temps de se préparer à cette éventualité-là !
Pacey, prenant une voix faussement détendue : - A qu… à quoi, Joey ?
Joey était loin de deviner les pensées de Pacey à ce moment-là, mais elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. La tête qu’il faisait … Elle lui aurait bien posé tendrement un baiser sur le front… Heu…! Non, non, non et non!!! Elle secoua légèrement la tête pour chasser cette pensée. Se concentrant un maximum, elle pressa très fort ses lèvres l’une contre l’autre, croisa à nouveau les bras à présent serrés encore plus fort sur sa poitrine, et se balança légèrement sur ses pieds d’avant en arrière, histoire de se donner une contenance. Elle reprit rapidement la parole :
Joey : - Et bien, ta pièce… On répète ?
Pacey soupira de soulagement et dans un souffle, il émit un petit rire, comprenant enfin sa méprise sur les intentions de Joey.
Pacey : - Oui ! Oui, on s’y met. Il parcourut le salon des yeux. Je pense que dans la cuisine, ce sera plus pratique…
Joey fit un signe de tête indiquant que cela ne lui posait pas de problème particulier, et précéda Pacey pour les diriger vers la table de la cuisine. D’un geste, elle invita Pacey à s’asseoir.
Joey, restant debout : - Tu veux du café ?
Pacey, en s’asseyant : - Non, merci… Il commençait à sortir les feuilles de son cartable. Puis la bouteille en plastique…Ses mains tremblaient. Il jeta un coup d’œil à l’horloge au dessus de la cuisinière : 07h07. Machinalement, il croisa discrètement les doigts. « C’est parti. » T’as une marmite ?
Joey : - Quoi ? Mais… qu’est-ce-que tu veux faire avec une marmite ? dit-elle, incrédule.
Pacey, cherchant rapidement une réponse : - Joey, je voudrais vraiment… Vraiment quoi ? Vraiment quoi ??... Vite, bon sang ! …Vraiment… m’imprégner du personnage. Il ferma les yeux, comme s’il était le metteur en scène de la pièce. Il faut vraiment que ça fasse vrai, tu comprends. Tout seul, je n’y arrive pas… Pacey était surtout inquiet de tout faire rater.
Joey, touchée par l’air désemparé de Pacey, mais cependant un peu perplexe : - Bon… Si tu y tiens…
Elle se retourna pour prendre une marmite dans un des placards sous l’évier. Elle la posa ensuite au milieu de la table.
Joey, s’appuyant le bas du dos contre l’évier, elle croisa les bras : - Et maintenant?
Pacey, la bouteille à la main : - Et maintenant, on verse ça. Et il versa tout le contenu de la bouteille.
Joey se pencha légèrement au dessus de la marmite, et à la vue du breuvage, elle grimaça avec une mine de dégoût.
Joey, pointant du doigt le liquide qu’elle jugeait infâme, elle regarda Pacey : - Et tu as l’intention d’en faire quoi de ce truc ?
Pacey : - On va le boire… Regarde, c’est dans la pièce. Il se pencha un peu sur le côté pour lui indiquer du doigt le passage correspondant, écrit sur l’une de ses feuilles.
Joey, croisant à nouveau les bras, elle fit non de la tête : - T.t.t.t… Je bois pas ça, moi. De la main, elle fit un geste comme pour dire « stop » et elle ajouta : Hors de question.
Son sale caractère avait un peu repris le dessus. A cette pensée, elle éprouva un petit sentiment de victoire sur elle-même. Pour fêter ça, elle se servit une tasse de café, et commença à le savourer, debout contre la cuisinière à présent.
Pacey ne l’avait pas vu venir celle-là. Interloqué, il se mit à réfléchir rapidement. Il fallait agir et vite. L’heure tournait. Il se leva et s’approcha de Joey, l’air décidé. Celle-ci, qui était sur le point d’avaler une autre gorgée de café, fut stoppée dans son élan en voyant Pacey contourner la table pour l’approcher. Elle se sentit vaciller un peu.
Il lui prit la tasse des mains, et, les mains de Joey ainsi libérées de tout objet, il les serra entre les siennes. Elle le regarda, les yeux ronds comme des billes.
Pacey maintenant paniqué : - Joey !!! S’il te plaît !! Andie va me tuer si je fais pas les choses exactement comme elles sont écrites ! Tu la connais ! Dans dix ans, j’en entends encore parler , tu paries combien ??
Joey ne se doutait pas qu’il vivait une telle pression de la part d’Andie. A le voir paniquer ainsi, elle ressentit de la compassion pour lui. Elle se dit également que si ça continuait, il allait réveiller toute la maison à s’emporter comme ça.
D’ordinaire, elle aurait été évidemment plus suspicieuse, mais ça, elle ne s’en rendit pas compte.
Joey, tapotant la main de Pacey qu’elle sentait proche de l’apoplexie, elle dit doucement : - ..Ok, ok… Ca va… Pas de panique, Pace…
Pacey, se sentant un peu ridicule, il lâcha les mains de Joey : - Oui… Je préfère, parce que tu comprends… C’est sérieux. Et avec Andie comme metteur en scène, ça l’est dix fois plus…
Joey s’assit sur une chaise.
Joey, saisissant les feuilles du texte que Pacey avait laissées sur la table : - Bon, commençons par le texte déjà. Puis en jetant un œil à la marmite, elle se pinça les narines : Le pire, pour la fin… dit-elle la voix nasillarde.
Ninolito (06.10.2005 à 00:16)
Joey et Pacey marchaient en direction du lycée.
Tout avait marché comme sur des roulettes : ils avaient dit les deux incantations en lisant leurs textes, l’une avant de boire, l’autre après.
La seconde incantation était plutôt drôle d’ailleurs : « Darsabolèfe, Demotivka, DemotivkaRimochkaBliss… ». Avant de la prononcer parfaitement, ils avaient eu un bon fou rire. Car Joey avait eu du mal à articuler correctement au début, alors elle s’était amusée à dire n’importe quoi : «Darsabolèfe, Démotive-toi, Démotive-toi, Gros-Moche-Qui-Glisse… ». Pacey s’étonna de son humour si enjoué d’ailleurs, elle qui avait un humour plutôt grinçant d’ordinaire : on aurait dit qu’elle voulait à tout prix lui montrer qu’elle pouvait être drôle…, histoire de le séduire un peu plus…
Juste avant de commencer à répéter son faux texte de théâtre avec Joey, il avait eu la preuve devant ses yeux, que le premier sort fonctionnait très bien : Joey avait accepté plutôt rapidement de se prêter au jeu de l’incantation, malgré son dégoût pour la « potion », alors que lui trouvait son argument pour la convaincre complètement bidon.
Il aurait pu faire mieux mais, pris de court, prétexter qu’il avait peur de la réaction d’Andie, c’était tout ce qu’il avait trouvé. Même lui, à la place de Joey, il ne se serait pas gêné pour faire remarquer qu’il ne voyait pas le rapport : boire ou non la potion pendant la répétition, ça n’avait aucune importance, Andie n’en aurait jamais rien su. Et connaissant Joey, il savait qu’en temps normal, c’est aussi ce qu’elle lui aurait rétorqué. C’est à ce moment précis qu’il avait enfin eu la certitude qu’elle avait déjà commencé à le regarder autrement.
Tout à ses pensées, il ne remarqua pas tout de suite la démarche de Joey. En effet, si l’on était un passant qui les suivait à quelques mètres derrière, on pouvait remarquer que Joey ne marchait absolument pas droit.
Elle avançait en zigzag, entre les façades des immeubles à sa droite et Pacey qui marchait à sa gauche. Elle se cognait alors régulièrement à lui, comme s’il avait un aimant qui attirait Joey vers lui, si bien qu’ils étaient obligés de s’arrêter un instant avant de reprendre leur marche.
Joey ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait : elle avait chaud et pourtant à Capeside ce matin-là, malgré un ciel sans nuage, il valait mieux sortir assez couvert.
Lorsqu’elle faisait une embardée vers Pacey, c’était encore pire : elle avait des bouffées de chaleur brusques, puis, lorsqu’elle reprenait sa marche en revenant vers la droite, elle se sentait un peu mieux.
Maintenant que Pacey était censé être un peu plus détendu, une autre inquiétude était venue le turlupiner : depuis qu’ils étaient partis de chez Joey, ils avaient du mal à faire la conversation.
Pacey se creusait les méninges : « De quoi on pourrait parler ? Pourtant, y a des millions de sujets de conversation… Meeeerde… Qu’est-ce-qu’j’fous là… » Il se dit alors que la meilleure idée, c’était tout simplement de faire comme d’habitude : la taquiner.
Absorbé par ses pensées, il ne prêta pas vraiment attention au fait que Joey avançait bizarrement. Il voyait bien qu'ils s'entrechoquaient par moment, mais il ne savait pas quoi en dire, il arrivait juste à émettre un petit rire gêné. Mais au bout de plusieurs « collisions » successives entre eux, il fut bien obligé de s'attarder de plus près sur l'attitude de Joey. Il l'observa... Tiens, voilà une réplique toute trouvée… Il ralentit et se retourna vers Joey qui était à présent derrière lui : elle était presque à l’arrêt.
Pacey : - Bah alors Jo ! Pourtant, j’avais pas mis d’alcool dans la marmite ! ...???...
Joey stoppa complètement sa marche. Puis, d’une main, elle saisit son col de chemisier et commença à se ventiler. Elle haletait. Pacey comprit soudain : les 7 mètres ! Il avait oublié l’histoire des 7 mètres ! Plus il était proche d’elle, plus elle partait dans un tourbillon ! Pacey ne s’attendait absolument à ce que la deuxième incantation se manifeste sous cette forme. Voir Joey dans cet état commençait à le faire culpabiliser. A cet instant, il était peut-être à un peu moins de deux mètres d’elle. Il ne savait plus quoi faire : s’il s’approchait d’elle pour l’aider, elle se sentirait encore plus mal ! En même temps, elle était mal !!
« Tant pis, pensa-t-il. Je ne peux pas la regarder sans rien faire! ».
Il s’approcha… Doucement… Elle avait de plus en plus chaud… Quand il fut sur le point de lui poser une main rassurante sur l’épaule, il vit alors qu’elle était sur le point de défaillir. Soudain, elle perdit légèrement l’équilibre. Il la rattrapa doucement.
Maintenant elle était dans ses bras. Molle. Fébrile. Elle posait sur lui un regard fiévreux. Il pouvait sentir son souffle sur son visage. Il n’arrivait pas à décrocher son regard du sien. Elle, elle le dévisageait, les paupières à demi closes, comme si elle voulait enregistrer chaque petit détail de son visage. Son regard passa des yeux de Pacey à sa bouche. Il la sentit envahie par une irrépressible envie de s’abandonner dans ses bras. Lui aussi se sentait partir dans le même tourbillon… Leurs visages se rapprochaient encore et encore…
Alors tout devint moite autour d’eux… Leurs respirations se faisaient de plus en plus pressantes. Ils pouvaient sentir la poitrine de l’autre se lever et s’abaisser dans un rythme allant crescendo. Avec une assurance et une douceur que Joey ne lui connaissait pas, Pacey approcha ses lèvres des siennes, ne la quittant pas des yeux. Dans un léger souffle, elle ferma ses paupières… Elle sentit alors la bouche humide de Pacey lui effleurer la sienne. Puis, ses lèvres se firent plus insistantes…
Alors, Joey s’abandonna. De ses deux mains, elle saisit le visage de Pacey qui l’enlaçait toujours, et l’embrassa avec fougue. D’une main, elle agrippait sa nuque, de l’autre elle lui caressait fébrilement les cheveux.
Leur baiser se radoucit. Ils décollèrent doucement leurs visages l’un de l’autre, et ouvrirent doucement les paupières, pour plonger leurs regards dans les yeux de l’autre. Tout était flou. Le temps venait de s’arrêter pour eux.
Ils étaient là, immobiles, Joey entourant tendrement le cou de Pacey de ses deux mains, lui, une main autour de sa taille, de l’autre, il lui touchait la joue avec le pouce, ses autres doigts continuant dans le cou, sous ses longs cheveux bruns. Leur souffle se faisait plus doux, plus lent.
Sans lâcher son étreinte, Pacey recula légèrement son visage de celui de Joey sans la quitter des yeux. Joey descendit ses mains un peu plus, et les posa à plat sur le torse de Pacey.
Pacey reprit lentement sa respiration. Enfin, il parvint à dire :
Pacey : … On y va ? On doit déjà être en retard...
Joey, le regardant toujours, essayant vainement de reprendre ses esprits : …Où ça ?...
Ninolito (06.10.2005 à 14:54)
Pendant tout le reste du chemin, ils n’avaient rien dit. Ils étaient main dans la main, caressant doucement avec le pouce, le dos de la main de l’autre.
Pacey n’en revenait pas de ce qu’il venait de se passer. Jamais il ne s’était senti aussi bien… Ce baiser, qui avait donc été leur tout premier baiser, il voulait y repenser encore et encore…
Il se repassait le film de ce moment qu’il avait tant espéré : même dans ses rêves les plus fous, il ne l’avait jamais imaginée aussi sensuelle… Elle lui était apparue comme… envoûtée…
« Envoûtée ? Mais elle l’est, envoûtée, abruti !! ». Il fut alors pris d’un énorme doute : était-ce le sort, ou était-ce un peu quand même sa Joey qui semblait être éprise de lui ?? Il n’eut pas le temps de répondre à cette question qui semblait être venue à son esprit rien que pour lui gâcher son sentiment de totale harmonie, Joey se tourna vers lui :
Joey : - Ca va ?
En effet, Joey se demandait si Pacey allait bien, car, alors qu’ils étaient tranquillement, main dans la main, en train de traverser la rue qui menait au lycée, elle avait senti une petite pression nerveuse venant de la main de Pacey.
Pacey l’observa. Elle avait l’air normale. Elle avait les joues un peu rouges, elle était encore légèrement en sueur, mais son état semblait plus stable que tout à l’heure, elle ne marchait plus de travers. Le charme s’était peut-être calmé… Ou même, peut-être que de temps en temps, il s’arrêtait d’agir un petit moment… Cette idée plaisait à Pacey : cela voudrait dire qu’elle serait réellement attirée par lui, sans qu’aucun sort ne vienne l’y pousser…
Pacey : - Oui, ça va… Il baissa la tête comme pour réfléchir, puis il dit : Jo ? Il s’arrêta, obligeant ainsi Joey à s’arrêter également.
Joey : - Oui ?
Pacey : - Peut-être que… pour l’instant… on devrait garder tout ça pour nous. Histoire de vivre tout ça… tranquillement. Rien que pour nous…
Joey le regarda tendrement. Elle s’approcha de lui, prit son visage entre ses mains, comme tout à l’heure pendant qu’ils s’embrassaient, et lui susurra à l’oreille :
Joey, doucement : - Comme tu voudras, Pace…
Pacey sentit qu’elle était à nouveau prête à partir en apesanteur. Mais là ils étaient au lycée, ils venaient d’échanger leur premier baiser, chaque chose en son temps : il aimerait bien prendre le temps de réaliser tout ça. Et puis… il aimerait bien qu’ils en discutent surtout.
Arrivés devant la porte de la salle de classe, sans avoir à se le dire, ils se lâchèrent la main. Joey lui sourit, le regard brillant. Il s’écarta pour la laisser s’engager la première.
Joey frappa à la porte de la salle de classe.
*************************
08h13
- « Entrez ! »
Lorsque Joey ouvrit la porte de la salle de la classe de littérature, Peterson avait déjà commencé son cours depuis plus de dix minutes. Tout le monde tourna la tête vers eux. Peterson interrompit ce qu’il était en train de dire et examina Joey de haut en bas, par-dessus ses lunettes. Elle avait l’air d’avoir couru…
Peterson : - Vous avez votre billet de retard, Melle Potter ?... Il dirigea son regard par-dessus l’épaule de Joey. Ah, mais je vois que vous n’êtes pas toute seule, Mr Witter est avec vous ! En ce qui le concerne, je pensais qu’il ne s’était tout simplement pas réveillé, comme d’habitude…
Joey affichait un sourire radieux. Elle avait l’air presque… ahuri.
Pacey s’en aperçut, il se précipita pour répondre :
Pacey : - Non, Monsieur Peterson, nous n’avons pas de billets de retard, c’est-à-dire que…
Peterson était un de ces professeurs qui connaissait bien ses élèves. Il trouvait Pacey attachant : sous ses airs de faux durs, c’était un bon garçon. Et il aimait bien Joey. C’était une élève studieuse, elle avait du potentiel en littérature.
Et là,il sentait bien que quelque chose ne tournait pas rond, mais il mit ça sur le compte du stress de Joey d’être arrivée en retard. Justement, Joey était toujours à l’heure, et quand il lui arrivait, très rarement, d’être quelques minutes en retard, elle se confondait en excuses et passait la matinée à s’en remettre.
Peterson se dit qu’elle devait tout simplement avoir une petite baisse d’énergie.
Peterson, leur indiquant quelques places vides : - Allez vous asseoir.
Ils s’exécutèrent en le remerciant discrètement.
Il restait une place au milieu du premier rang, et deux places au fond. Les places du fond étaient sur le même rang mais pas côte à côte.
L’une était tout au fond à gauche, l’autre tout au fond à droite, à côté de la fenêtre.
Joey commença la première à traverser les rangs et se dirigea à la place du fond, à côté de la fenêtre.
Pacey choisit le même rang, et s’installa tout à gauche.
En traversant les rangs, il chercha le regard de Jen. Elle l’observait déjà. Il lui lança alors un regard complice, lui désigna ensuite Joey d’un léger coup d’œil en biais, et, en reportant son regard sur Jen qui affichait alors un sourire en coin, il constata qu’elle avait compris.
Comme un vendredi matin pendant la première heure de cours, les élèves n’écoutaient que d’une oreille, certains n’en étaient encore qu’à essayer de se réveiller. Peterson tentait de les intéresser à la poésie. .
. Peterson : - … On reprend. Donc une allitération, c’est quand je dis…
Il balaya la classe d’un regard par-dessus ses lunettes : personne ne suivait. Son regard se porta sur Jen. Plissant les yeux, elle était en train de bailler aux corneilles sans aucune discrétion.
Peterson : - Melle Lindley ? Voulez-vous nous dire ce qu’est une allitération…
Jen sursauta et se redressa sur sa chaise, au garde à vous.
Jen, hésitante : - Et bien, une allitération, c’est… c’est… quand on… quand on répète un son… on répète des consonnes... heu, bien... dans une même phrase donc,... et… et…
Peterson : - Voulez-vous nous donner un exemple ?
Jen était prise de cours. Elle avait la tête vide.
Alors qu’elle s’apprêtait à lancer un regard de noyée à Andie pour qu’elle lui souffle quelque chose, elle croisa le regard de Drue qui était assis une place plus loin sur le même rang, à sa gauche. Le sourire moqueur, il la regardait, attendant de voir comment elle allait s’en sortir. Visiblement, il savourait ce moment.
Jen se sentit bouillir intérieurement. Soudain, elle croisa une jambe sur l’autre, croisa également les mains et s’avança un peu plus vers sa table pour y appuyer ses avant-bras. Puis, avec une voix de conférencière, elle articula suffisamment fort :
Jen : - Et bien, une allitération, c’est quand par exemple, je dis, … Allongeant son bras gauche, elle désigna Drue de la main …en m’adressant à Drue : « Crève, Crevard » ?
Quelques rires étouffés se firent entendre. Jen toisa Drue avec air de triomphe, lui souriant exagérément. Ce dernier fit le geste de lui envoyer un baiser avec la main. Peterson la regarda, désespéré.
Peterson : - Melle Lindley…
Drue :- Laissez, monsieur Peterson… C’est pas la bonne période du mois, si vous voyez ce que je veux dire… Et avec la pleine lune qui arrive, j’vous dis pas… Ah, les femmes…
Il lança alors à Jen un regard plus que satisfait.
Il venait de signer son arrêt de mort. Elle avait hésité à mettre en application ce qu’elle préparait depuis deux jours... Cela faisait déjà un petit moment que cette idée lui trottait dans la tête, mais là, c’en était trop : elle n’aurait plus aucun scrupule. Qu’il en profite, c’en était bientôt fini de lui…
Ninolito (06.10.2005 à 19:57)
Le professeur Peterson ferma brusquement son recueil de poésies. Debout devant son bureau, il parcourut des yeux la salle de classe. Durant encore trente minutes, il avait essayé de faire passer son goût pour la poésie à ses élèves. Son regard se posa sur Andie. Adossée à sa chaise, les bras croisés, elle fixait un point invisible de sa tablette, les yeux grand ouverts, sans même penser à les cligner de temps en temps.
Il jeta un coup d’œil à sa montre : neuf heures moins dix. Qu’il trouve vite quelque chose qui pourrait les motiver, ou il ne s’appelait plus le Professeur Peterson.
Il lui restait dix minutes. Les élèves commençaient à jeter de brefs coups d’œil impatients à l’horloge.
Il saisit un livre qui traînait sur son bureau. « L’Amour : Essais et Nouvelles. » Il dévisagea ses élèves : qui allait-il désigner pour venir lire un passage devant toute la classe ? Son regard se dirigea vers le fond de la salle. Joey était une des rares à ne pas avoir l’air impatiente d’entendre enfin la sonnerie de fin de cours. Elle paraissait calme. De bonne humeur même.
Peterson : - Mademoiselle Potter ?
Joey redressa la tête vers lui.
Peterson : - Venez donc me rejoindre ici, s’il vous plaît.
Joey obéit sans même paraître se demander ce qu’il pouvait bien lui vouloir. Elle qui d’ordinaire, préférait se cacher dans un trou de souris plutôt que d’avoir une vingtaine de paires d’yeux braqués sur elle…
Elle le rejoignit calmement ; ayant presque la démarche d’un automate.
Elle était maintenant à côté du professeur.
Le professeur ouvrit son livre et se mit à tourner les pages, cherchant un passage qui pourrait accrocher l’attention de ses élèves.
Peterson, tenant le livre d’une main et une de ses branches de lunettes de l’autre : Mm… Ah. Voilà. Il tendit le livre à Joey. Lisez-nous donc ce passage. Puis se tournant vers toute sa classe : J’ai une affection toute particulière pour ce texte. Ouvrez grand vos oreilles…
Il s’écarta, laissant Joey seule devant les élèves, qui se redressaient les uns après les autres sur leurs chaises, semblant décidés à prêter une oreille attentive à ce que Joey s’apprêtait à lire à haute voix.
Joey se râcla la gorge.
Joey : - « Mon amour, vous m’avez fait passer une année merveilleuse. Quand je vous ai rencontré, j’étais quelqu’un qui se protégeait. Bien malin qui aurait pu m’approcher…
Le professeur Peterson écoutait attentivement Joey. Il était content : elle lisait en ayant l’air de comprendre ce qu’elle disait…
Profitant de ce que le professeur Peterson était occupé à regarder ailleurs, Dawson, qui était assis une place devant Pacey, fit passer un bout de papier plié en quatre à l’élève qui était assis derrière lui. « Pour Pacey », y avait-il inscrit dessus.
Le garçon aux lunettes assis devant Pacey, se retourna alors vers lui pour lui donner le petit mot qui lui était destiné. Mais en se retournant, il fit tomber la petite boîte métallique qui servait de trousse à Pacey. Cette dernière tomba bruyamment sur le sol, dans un énorme fracas. Tous les stylos de Pacey s’éparpillèrent.
Pacey se précipita alors pour les ramasser. Et tandis qu’il était à quatre pattes en train de rassembler ses affaires, le professeur Peterson s’écria :
Peterson : - Witter !!
Pacey leva la tête d’un air innocent.
Pacey : - Je…
Perterson : - Ca suffit ! Venez donc vous asseoir ici, que je vous aie à l’oeil ! dit-il, désignant la place vide au milieu du premier rang… juste devant Joey. Ca nous fera des vacances… Puis en s’adressant à Joey : Poursuivez...
Pacey se releva en soupirant. C’était toujours sur lui que ça tombait. Et en plus sur ce coup-là, ce n’était même pas de sa faute. Il lança un regard noir à celui qui venait de le mettre dans ce pétrin. Pour se rattraper, ce dernier lui tendit rapidement le petit mot qu’il avait été censé lui donner discrètement, désignant Dawson, lui indiquant ainsi de qui cela venait.
Joey continua sa lecture :
Joey : - « …Vous, vous m’avez bouleversée. Pour moi toute cette histoire est de l’amour d’un bout à l’autre… »
Pacey finissait de rassembler ses affaires. Avant de rabattre sa chaise contre la table, il lut le petit mot de Dawson : « Alors ? ».
Joey : - « … Vos beaux yeux quand nous avons dansé ensemble. Votre affolement au moindre contact. »
En commençant à se diriger vers le premier rang, Pacey esquissa un sourire à Dawson en passant devant lui. Dawson lui sourit à son tour, d’un regard complice.
Joey continuait :
Joey: - « …Votre tendresse dont je vois bien qu’elle est assoiffée… » Elle se passa une main sur le front. Elle recommençait à avoir un peu chaud… « … Je réalise qu’il y a sûrement de belles choses… » Elle posa une main sur son col de chemise. « … dans votre vie… » Elle défit un bouton. « …Et qu’est-ce-que j’en sais, moi, de l’amour dans la vie des gens ?... » Pacey se rapprochait. Il était au niveau du troisième rang. « …De ce qu’aimer représente pour vous ?... « Deuxième rang… « Mais vous êtes trop loin… ». Joey respirait de plus en plus fort comme si elle commençait à manquer d’air. Tous les élèves commençaient à se regarder les uns les autres, ébahis, se demandant ce qu’il se passait. « Approchez… ». Elle ferma les yeux, et bascula doucement sa tête en arrière. Elle posa une main sensuelle dans son cou. « Approchez, je vous dis… » Cette fois, des pouffements de rire commençaient à se faire entendre.
Pacey savait bien ce qu’il se passait. « Ca y est, ça recommence… » se dit-il. Il était de plus en plus gêné. Les garçons de la classe regardaient, les yeux pétillants d’enthousiasme, une Joey qu’ils n’avaient jamais vue comme ça. Lentement, Pacey s’assit enfin à la place vide du premier rang, fixant Joey d’un oeil inquiet.
Peterson observait Joey. Il était de plus en plus perplexe. Elle ne comprenait plus les mots, elle les vivait…
Joey rouvrit les yeux et redressa brusquement la tête. Elle fixa Pacey. Son regard était provocateur. Son brusque mouvement de tête avait légèrement rassemblé ses cheveux sur le devant de son visage, lui donnant ainsi un air sauvage. Elle ne lisait plus. Elle ferma le livre et le posa sur le bureau sans même regarder son geste, ne quittant pas Pacey des yeux, ce dernier se demandant s’il ne rêvait pas…
Joey : - « …Et bien ? Qu’attendez-vous… ?? »…
Pacey, une main sur le front, tentait de se cacher de tous les regards qui commençaient à se tourner vers lui.
Joey s’avança alors vers lui, la main posée sur une de ses cuisses, avec une démarche digne d’une chorégraphie de cabaret. Les garçons commençaient à siffler. Dawson n’en revenait pas. Andie la regardait, le regard souriant, la bouche grande ouverte, formant un « Oh ! » incrédule. Jen avait mal au ventre tellement elle riait. Pacey s’enfonçait de plus en plus dans sa chaise.
Joey était maintenant tout près de lui. Elle posa ses mains sur la tablette de Pacey et resserra ses bras, se comprimant ainsi la poitrine. Elle avait maintenant la même allure que Marilyn Monroe, chantant « Happy Birthday, Mister President » à John Kennedy.
La sonnerie retentit. Applaudissements à tout rompre. Joey reçut une véritable ovation. Les garçons entonnaient en chœur : « Jo-ey ! Jo-ey ! Jo-ey ! ». Jen était pratiquement sous sa table, les mains sur le ventre, pliée en deux. Drue était debout, il applaudissait vivement. Dawson hésitait entre rire ou en rester sur les fesses.
Sous l’enthousiasme général qui les entourait, Joey et Pacey étaient toujours dans la même position. Elle, le fixant intensément, lui, la regardant également, ne sachant pas quoi faire du regard qu’elle posait sur lui.
Les élèves rassemblaient leurs affaires, discutant entre eux avec un enthousiasme qui n’était pas feint, de la prestation incroyable de Joey.
En quittant la salle, quelques garçons tapotèrent l’épaule de Pacey, lui lançant un « Veinard ! » admiratif. Et ils passaient devant Joey sans cacher leur admiration pour cette fille qu’ils venaient de découvrir étonnamment sexy.
Peterson était éberlué. Lentement, il s’approcha de Joey.
Perterson : - Mademoiselle Potter, j’aimerais m’entretenir avec vous un instant, s’il vous plaît...
La salle de classe était pratiquement vide maintenant. D’un geste de la main, il ordonna à Pacey de prendre ses affaires et de s’en aller…
Ninolito (07.10.2005 à 14:53)
Pacey referma lentement la porte derrière lui. Il était sous le choc. Comme s’il venait de recevoir un parpaing en pleine poire. C’était incroyable… La situation le dépassait complètement. Il se sentait presque anéanti, il voulait tout rembobiner jusqu’à cette fameuse nuit où il avait eu cette idée qu’il jugeait maintenant complètement démente.
Mais qu’est-ce-qu’il lui était passé par la tête ?? Il était tombé amoureux d’une Joey réservée, farouche, à la répartie acerbe et à l’humour aigre-doux. Pas de cette Joey qui partait dans le cosmos à chaque fois qu’il l’approchait. C’est à ce moment-là qu’il prit la mesure de son désespoir : avant toute cette histoire de sorcellerie, il fallait vraiment qu’il ait cette fille dans la peau pour qu’il en soit arrivé là aujourd’hui. Et maintenant c’était trop tard : la machine était lancée…
Il pensa alors à Jen : il la revoyait pleurant de rire devant le numéro de Joey. Il était furieux contre elle. Elle aurait pu le prévenir que ça allait se passer comme ça !! Il décida de l’intercepter aux casiers. Il avait deux mots à lui dire…
Alors qu’il se dirigeait vers son casier, l’air sombre, il ne vit pas tout de suite que Dawson l’observait depuis un petit moment. Ce dernier était un peu en retrait, non loin du casier de Pacey. Il l’attendait.
Pacey commença à ouvrir casier. Dawson s’approcha doucement de lui. Les mains dans les poches, il appuya son épaule contre le casier de Jen, qui n’était pas là.
Dawson, doucement : - Ca va ?
Pacey tourna la tête vers lui. Il ne l’avait pas vu. Il le regarda. Comment répondre à cette question ? Il ne savait pas quoi lui dire.
Devant l’air abattu de son ami, Dawson reprit la parole :
Dawson : - Je suis désolé pour toi, Pace…
Désolé pour lui ? Pacey fronça les sourcils, interloqué. Il ne comprenait pas.
Dawson: - Quand je vous ai vus arriver en cours tout à l’heure, j’ai cru… J’ai cru que c’était dans la poche, tu vois... J’ai dû mal interpréter mais vous n’aviez pas l’air… de vous être disputés ou quelque chose comme ça. Je vous connais… lui dit-il d’un air entendu. Vous aviez l'air... plus proche que d'habitude... Alors, je me suis dit que tu avais dû lui faire ta déclaration en chemin, et que.. que ça s’était… bien passé… si tu vois ce que je veux dire…
Pacey commençait à comprendre où Dawson voulait en venir.
Pacey : Ecoute, Dawson…
Dawson, lui coupant la parole : - Non, toi écoute-moi : dis-toi que tu as tenté ta chance et que c’est ça le plus important. Tu la connais, elle a dû te trouver drôlement gonflé de lui faire ta déclaration alors qu’elle est avec AJ. Elle est bourrée de principe par moment… Et elle a voulu te le faire comprendre en se moquant de toi… Je reconnais que devant toute la classe, c’est vraiment pas sympa. Surtout que c’est pas du tout son genre de faire ce genre de numéro. C’est qu’elle doit vraiment être furieuse contre toi pour avoir agi comme ça. En même temps, tu sais ce qu’on dit : qui aime bien, châtie bien… Et je sais qu’elle t’estime énormément. Tu comptes beaucoup pour elle. C’est pour ça, ça a dû lui faire peur… Puis, posant une main qui se voulait rassurante sur l’épaule de Pacey : Mais t’inquiète pas, je suis sûr qu’elle finira par te présenter ses excuses… Je vais lui parler.
Pacey : Non !! Surtout pas !!
Dawson, faisant le geste de le stopper avec la main : - Si, si. J’y tiens. Quand je t’ai demandé au début de l’année de t’occuper d’elle, tu n’as pas rechigné longtemps. Et t’as accepté pour moi, je le sais. Parce qu’à l’époque, vous aviez encore du mal à rester plus cinq minutes dans la même pièce sans vous bouffer le nez… Alors à mon tour de t’aider. Surtout que… Je me sens un peu coupable : après tout si tu es tombé amoureux d’elle, c’est un peu de ma faute… Pacey le regarda sans comprendre. Bah oui : c’est moi qui t’ai demandé de passer du temps avec elle…
D’un coup sec, Pacey ferma son casier. Alors là, c’était le pompon. Il regarda Dawson avec un air déterminé, touché par toutes les bonnes intentions de son meilleur ami. Il ne voulait pas le duper davantage. Il fallait que tout ça s’arrête.
Pacey : Dawson, tu te goures complètement…
Dawson, surpris : Comment ça ?
Pacey : Et bien…
Pacey était près à tout lui déballer. Il n’en pouvait plus. Mais le pressentiment que ça n’allait certainement pas faire rire Dawson le retint soudainement. Il était déjà en train de regretter amèrement de s’être mis dans cette situation qui commençait à le dépasser sérieusement, il ne fallait peut-être pas en rajouter en se mettant à dos la personne en qui il avait le plus confiance. Déjà qu’il se trouvait finalement pathétique d’avoir mis en place ce scénario pour que Joey tombe amoureuse de lui… Et, sans qu’il n’y ait aucune logique apparente avec le fil de ses pensées, il se dit également que par-dessus le marché, il avait envie de tuer Jen. Elle ne perdait rien pour attendre celle-là.
Dawson le regardait d’un air interrogateur, attendant qu’il finisse sa phrase.
Pacey, se reprenant subitement : - Oui, en fait je crois que c’est pas si mal parti que ça, Dawson.
Dawson, dévisageant Pacey comme si ce dernier débarquait d’une autre planète, il s’exclama : - Tu trouves ???
Pacey : Oui ! Effectivement, j’ai fait quelques allusions c’ matin en chemin, comme quoi je la trouvais jolie, rayonnante, ceci cela… Et elle s’est mise à plaisanter en me demandant si je me sentais bien, si j’avais pas avalé de travers ce matin… Bref, comme d’habitude quoi, tu vois le topo.
Dawson, fronçant un peu les sourcils, étonné : - Ah… ?? Donc tu ne lui as pas vraiment dit ? Mais alors c’était quoi son show, là ? Franchement, je l’ai jamais vue comme ça… Sauf les rares fois où elle a essayé de boire de l’accol… Dans ces cas-là, on sait jamais ce qu’elle va nous sortir…
Pacey, d'une voix exagérément enjouée : - Ouais ! Bah là, c’était pour me taquiner, c’est tout !!
Dawson : - Bah elle est vraiment super à l’aise quand elle te taquine…
Pacey perçut une légère intonation amère dans la voix de Dawson.
Pacey, faisant une moue moqueuse à Dawson, il lui pinça la joue entre son pouce et son index, histoire de le pousser à relativiser la situation : - Qu’est-ce-qui te chiffonne, Dawson ?
Dawson : - Non, rien…Enfin si : tu m’enlèveras pas l’idée qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond. Ou alors…
Pacey, inquiet de voir Dawson se poser des questions, il le coupa brusquement : - Ecoute, je resterais bien là à bavarder avec toi, mais j’ai cours de Maths. Il commença à s'en aller. On se voit au déjeuner ? Allez, à toute !
En se hâtant pour s’éloigner le plus vite possible de Dawson, Pacey se demanda alors : « Qu’est-ce-qu’il a voulu dire ? Ou alors quoi ? ».
Dawson le regardait s’éloigner en le suivant des yeux. Jamais Joey n’avait été aussi extravagante avec lui, qu’elle ne l’avait été avec Pacey ce matin. Il se sentait un peu jaloux. Ou triste, il ne savait pas trop. Il aurait bien aimé les voir ensemble ces deux-là, ce n’était pas le problème. Ce qui le rendait un peu jaloux, c’est qu’apparemment, avec Pacey, Joey s’extériorisait… beaucoup. Alors qu’avec lui, tout n’avait surtout été que discussions métaphysiques, remises en question et analyse de la vie décortiquée sous toutes les coutures… Si Pacey avait réussi à la rendre aussi drôle et extravertie… « Alors, c’est qu’elle est folle de toi, Pace… Seulement, elle ne le sait peut-être pas encore… » Il se surprit à ressentir une profonde tendresse pour son ami. Comme s’il pensait à son propre frère. Il irait quand même parler à Joey. Parce que tout de même : il ne l’avait jamais vue comme ça…
Il se retourna et partit en direction de son prochain cours.
Ninolito (08.10.2005 à 13:38)
Jack franchit la porte principale du lycée en courant. Il déboula dans le couloir, essoufflé. Il était enfin arrivé. Il ralentit alors et se mit à marcher d’un pas décidé.
Il n’avait pas entendu son réveil ce matin, il avait juste pris le temps de s’habiller et d’avaler un verre de lait, puis il avait quitté la maison en courant, claquant la porte derrière lui.
Joey allait l’entendre. Elle ne l’avait même pas réveillé. Si c’était pour le punir de toujours compter sur elle pour le sortir du lit pour aller en cours, c’était une blague de mauvais goût.
Si les cris d’Alexander ne l’avaient pas réveillé, il serait encore en train de ronfler à l’heure qu’il est. Maintenant, il fallait qu’il rattrape les cours, et il détestait ça. Même pas la peine de penser à demander à Joey de recopier ses cours et de lui expliquer, ça finissait toujours en dispute, Joey n’avait aucune patience avec lui.
Le mieux serait peut-être de demander à Jen... En plus ça lui servirait de prétexte pour passer un peu de temps avec elle...
Pendant l’intercours, il y avait toujours du monde dans les couloirs. Il se mit alors sur la pointe des pieds pour voir si Jen était dans le coin. Il l’aperçut au loin. Elle sortait des toilettes. Il commençait à se diriger vers elle quand soudain, surgi de nulle part, un bras tendu apparut dépassant du mur, la main au bout de ce même bras agrippant le col du blouson de Jen et l’entraînant avec elle dans l’alcôve située entre les toilettes et le labo de chimie.
Ce fut tellement rapide que Jack cligna des yeux pour s’assurer qu’il n’avait pas mal vu. Il regarda plus attentivement. Non, il avait bien vu : Plus de Jen.
*************************
Jen : - Hé !! Mais ça va pas non ???!!
Pacey se tenait devant elle, dos au couloir, une main posée sur le mur à sa droite. Il lui barrait la route.
Pacey, le regard noir : - Ca va, tu t’es bien marrée ?
Jen, toujours furieuse d’avoir été éjectée là par surprise : - Quoi ?? Mais tu plaisantes là ??
Pacey, haussant le ton : - Franchement, j’en ai l’air tu trouves ??
Non il n’en avait pas l’air, non… Jen le regarda. Elle avait dû mal comprendre.
Jen : - Alors là, minute si tu permets, on récapitule : si j’ai bien compris, vous vous êtes embrassés non ?? C’est pas ça que tu m’as fait comprendre avec les yeux, en arrivant en cours tout à l’heure ?? La mine renfrognée, Pacey acquiesca. Bon ! Alors t’es pas censé être le plus heureux des hommes à l’heure qu’il est ?? Puis, articulant plus fort : Ca marche, Pace !!! Faut te l’écrire avec des néons ??? C’est un vrai don du ciel ce qui t’arrive en ce moment !!
Pacey : - Bah tiens !! C’est la meilleure de l’année celle-là !! T’as vu la tronche du paquet cadeau ???
Jen : - Explique-toi vite Pace, dans deux minutes je vais m’énerver… siffla-t-elle entre ses dents.
Pacey : - Tu vas t’énerver ? Ah ouais ? Et moi je devrais dire quoi alors ? Ca t’aurait écorchée de me prévenir ??
Jen, pratiquement en hurlant : - Mais de quoi, bon sang ???
Pacey, du tac au tac, hurlant sur le même ton: - Que Joey se transformerait en hystérique folle de mon corps !!! T’as bien vu son attitude, non ?? Je vais pas te faire un dessin !!
Jen, se radoucissant un peu : - Ah ça… Bah écoute j’en sais rien, peut-être que ça l’a un peu extravertie, c’est tout…
Pacey : - Un peu ! Tu rigoles ?? Sans la sonnerie, elle me sautait dessus et m’attachais les poignets avec des menottes en peau de panthère !!!
Jen sourit à cette pensée. Imaginer Pacey dans cette posture, c’était plutôt marrant…
Pacey, qui voyait que Jen avait envie de pouffer : - Ca me fait pas rire, Jen !!
Jen, reprenant tant bien que mal son sérieux: - Bon d’accord, c’était peut-être un peu gênant... Mais en tout cas, moi personnellement... Cette Joey-là, c’est celle que je préfère ! Vraiment je l’adore !! dit-elle en souriant franchement. Elle vit que Pacey était sur le point de l’étrangler. Elle se reprit : Ecoute, Pace… Je ne crois pas qu’il y ait de quoi en faire un fromage…
Pacey : - Bien-sûr ! Toi t’es au courant de tout, je te le rappelle !! Mais j’en connais d’autres qui ne vont pas tarder à se poser des questions ! Déjà Dawson a commencé à me…
Jen, le coupant : - Je croyais qu’il t’avait encouragé à déclarer ta flamme à Joey ?
Pacey : Oui, mais il est pas fou! Il a bien vu qu’elle était pas dans son état normal ! Et c’est Dawson, je te ferais remarquer ! Il la connaît pas qu’un peu !! Il réfléchit un peu plus: Et Jack !! Jack va me massacrer, en voyant sa soeur se comporter comme ça avec moi, c’est sûr !!
Jen, s’énervant à nouveau : - Faudrait savoir ce que tu veux à la fin !! Tu veux qu’elle tombe amoureuse de toi et maintenant que t’y es, ça va plus et c’est sur moi que ça retombe !!! C’est bien toi qui a voulu lui jeter deux sorts ? Et c’est encore bien toi qui est venu deux soirs de suite chez moi pour tout mettre en place ?? Je l’ai pas rêvé, ça ??
Pacey : - Mais je savais pas que ça allait la mettre dans cet état !! Je te jure ! Moi la Joey qui m’a fait fondre, elle était un peu plus… enfin un peu moins… C’est pas que ça me déplaise non plus qu’elle soit comme ça, je vais pas te mentir, mais là… Je sais pas… J’ai pas eu le temps de m’y faire, c’est…Il ne savait plus. Il s’embrouillait. Il continua : Sur le chemin du lycée, elle s’est mise à marcher de travers, elle arrêtait pas de me bugner ! Elle avait super chaud, j’ai cru qu’elle allait tomber dans les pommes !! Je t’assure, j’ai eu peur !! Pacey baissa la tête, effaré. Quand je pense qu’en arrivant chez elle ce matin, j’avais qu’une trouille, c’était de tout faire foirer… Bah j’aurais dû !! J’ai insisté en plus, et pourtant c’était pas gagné d’avance !! Elle ne voulait pas boire la potion, elle a commencé par dire n’importe quoi pour la deuxième incantation… !! Je te jure, si j’avais su, j’en serais resté là et je l’aurais laissée boire tranquillement son café !!
Jen, l’air grave : - Qu’est-ce-que tu viens de dire, Pace ?
Pacey, relevant la tête vers Jen, angoissé : - Quoi ?
Jen, lentement : - Ce que tu viens de dire. Redis-le.
Pacey : - … que si j’avais su…
Jen : - Non, avant. Elle a bu du café avant de boire la potion ?
Pacey : - Heu oui… Oui, elle en a bu un peu… Pourquoi ?
Jen : - Et l’incantation ? Elle ne l’a pas dit correctement ?
Pacey : - Bah si… ‘fin, la première, bon elle était pas compliquée, donc ça n’a pas posé de problème… C’est juste la deuxième, tu sais après avoir bu… Elle a plaisanté dessus en disant un peu n’importe quoi, mais c’est bon, après elle l’a dit comme il fallait, t’inquiète !
Jen : - C’est pas pour moi que je m’inquiète, Pace…
Pacey : - Ah enfin! Tu fais un peu gaffe à moi! Au bout de trois plombes, c’est réconfortant…
Jen : - …C’est pour Joey que je m’inquiète…
Ninolito (08.10.2005 à 22:50)
[Pacey : - Comment ça « une sorte de schizophrénie » ?
Jen et Pacey étaient à présent dans le labo de Chimie. Ils avaient vu qu’il n’était pas occupé pendant l’heure de cours suivante, ils s’étaient installés là pour être tranquilles. Etant donné la situation, ils avaient choisi de ne pas aller en cours de Math,
Pacey était assis sur une des tables utilisées pour les expériences de chimie. Jen était en face de lui, s’appuyant le bas du dos contre le bureau du professeur.
Pacey était très pâle Jen n’avait pas meilleure mine. Elle était vraiment désolée pour lui. Désolée de ne pas avoir pensé à tout. Elle le regardait. Elle se sentait impuissante, coupable.
Jen, doucement : - C’est pas vraiment de la schizophrénie à proprement parler… Elle n’est pas devenue quelqu’un d’autre. Disons plutôt qu’elle exprime une partie d’elle-même. Une partie qui devait sommeiller en elle…
Pacey, désespéré : - Jen, je comprends rien.
Jen, calmement : - On a tous une sorte de seconde personnalité en nous… Une partie de nous qu’on ne connaît pas très bien mais qui s’exprime au fil du temps. On la découvre petit à petit, et on apprend à se l’approprier, à l’apprivoiser. C’est sûrement de ça qu’on parle quand on dit « Apprendre à se connaître », tu vois ? Seulement là, le temps n’intervient pas.
Pacey, tentant sincèrement de comprendre: - C’est-à-dire?
Jen : - C’est-à-dire que c’est brutalement apparu chez Joey…
Pacey : - Mais t’es sûre que ça n’a rien à voir avec l’incantation ? Je sais pas moi… peut-être qu’il faut attendre que ça se stabilise un peu… Je dis ça parce qu’une fois que l’on s’est embrassés, après on a marché main dans la main et elle a avait eu l’air de s’être calmée… Très nettement même… Il baissa la tête, pensif. Tu me diras, maintenant, après son numéro de tout à l’heure, je sais plus quoi penser...
Jen, avec une voix qui se voulait rassurante : - Qu’elle n’ait pas hésité à se donner en spectacle, c’est pas ça qui m’a mis la puce à l’oreille… Moi je me suis tout simplement dit que son côté marrant et farfelu prenait le dessus, comme les rares fois où elle a un peu bu…
Pacey : - Dawson m’a dit la même chose…
Jen, poursuivant son idée : Sur le coup, moi je croyais qu’elle maîtrisait la situation et qu’elle savait ce qu’elle faisait… Mais je m’aperçois que c’est pas ça…Et avec le café en plus…
Pacey, fronçant les sourcils, agacé : - Quoi avec le café ?
Jen, essayant d’être le plus claire possible : Bah le café c’est un excitant, je t’apprends rien. Et je me souviens avoir lu dans des grimoires, qu’assemblé à une potion, le café pouvait dupliquer le processus.
Pacey, complètement perdu : - Mais le processus de quoi ?
Jen, essayant de garder son calme : - Bah là, on parle d’un filtre d’amour, non ? Alors elle est triplement folle de toi, on va dire… Même avec l’histoire des sept mètres, qu’après plusieurs minutes auprès de toi, et je dis bien auprès de toi, elle se stabilise au bout d’un moment,, c’est tout à fait normal. Que dès que tu t’éloignes à nouveau -vu que tu peux pas la coller 24 heures sur 24 on est bien d’accord-, le processus se remette en marche à partir du début, ça aussi c’est normal… Mais avec le café… c’est devenu explosif. Sans ça, ça serait plus soft… Alors du coup maintenant, quand tu t’éloignes, elle se « déshabitue » de toi. Un peu comme un sevrage. Et quand tu t’approches d’elle à nouveau, elle se remet à s’émoustiller… puissance 1 million. Toi dans l’histoire, tu serais un peu comme un stimulus avec un aimant aux fesses…
Pacey, la mine renfrognée : - Sympa.
Jen : - Je vois pas d’autre image qui convienne, désolée.
Pacey, qui commençait à comprendre un peu mieux :- Mais quand même, c’est pas une raison pour le gueuler sur tous les toits !!
Jen : - Si elle avait conscience de son comportement, elle n’aurait pas agi comme ça…
Pacey : - Hein ?
Jen : - En disant n’importe quoi avant la seconde incantation, elle a dû tout chamboulé…
Pacey : - Chamboulé quoi ? Sa libido ? Ca, j’avais r’marqué, merci.
Jen : - Non, pas ça.
Pacey : - Bah quoi alors ? Je vois pas pire, franchement ! Puis, son visage s’éclaira un peu, comme s’il venait d’avoir une idée qui le soulageait, il dit : Mais remarque… si tu dis que c’est normal qu’à cause du café, elle se mette à partir carrément dans les vapes quand je me rapproche d’elle après m’être éloigné – tu m’arrêtes si j’ai mal compris-, et que si elle n’en avait pas bu, ça aurait été moins « visible à l’œil » si je peux dire ça, alors je vois pas où est le problème après tout? J’ai qu’à lui dire gentiment de se calmer un peu, c’est tout…
Jen : - C’est là que je t’ai pas encore dit le pire, Pace…
Pacey : - Ah, parce qu’il y a pire ?? Bah vas-y, fais-moi bouffer le sable, au point où j’en suis de toutes façons…
Jen, ne se laissant pas déstabilisée : - Que tu lui dises ou non de se calmer, ça changera rien.
Pacey, angoissé : - Pourquoi ?
Jen : - Parce qu’elle n’a absolument pas conscience de son comportement. Pour elle, elle est tout à fait normale. Et c’est ça qu’elle a chamboulé en disant n’importe quoi pour la seconde incantation : elle ne se souvient pas d’avoir été la Joey qu’elle était encore ce matin, avant de boire la potion…
Pacey, essayant de ne pas perdre pied : - Mais puisque je te dis qu’après, elle l’a dit correctement l’incantation!
Jen, sur un ton résigné : Peu importe, après c’est trop tard. C’est tout de suite qu’il fallait le dire parfaitement.
Pacey, s’emportant alors : - Bah ça, tu m’excuses mais c’était plutôt difficile à faire ! Elle était pas évidente cette incantation-là, tu vois !
Jen, la mine désolée : - Je sais… C’est pour ça que je t’avais dit de bien l’apprendre par cœur. Mais j’avais oublié que Joey aussi aurait dû s’entraîner de son côté… Ca c’est vrai, j’ai zappé…
Pacey, de plus en plus énervé : Ouais, t’as zappé et t’as aussi oublié qu’au p’tit dèj’, y en a qui prennent du café ! Ca aussi, c’est un détail qui t’a échappé !! Et moi chu dans la merde, à cause de tes « oublis » !!
Jen, s’emportant à son tour : - Ecoute Pace, oui : j’ai oublié, j’ai pas pensé à ce genre de détails, et j’en suis vraiment désolée, crois-moi ! Mais qu’est-ce-que tu crois ?? Je fais pas ça tous les jours figure-toi, et ma grand-mère n’est pas une sorcière professionnelle !! Ca c’est quand on étaient petits, qu’on disait ça ! Mais on n’est plus des mômes, Pace !! Jusque là, je m’intéressait à tout ça parce que ça m’amusais, rien de plus !! Et toi aussi, ça t’a bien fait marrer de préparer tout ça ! Toi aussi t’étais curieux de voir si ça allait marcher !! Hein ??? Pärce qu’entre nous : t’avais super envie d’y croire, mais t’y croyais un peu sans y croire, j’ me trompe ??? Dis-moi la vérité, Pace !
Pacey la fixa quelques seconde sans rien dire, un peu atterré. Il avait l’impression de s’être fait remonter les bretelles par sa mère.
Pacey, se reprenant, il dit doucement, en baissant un peu la tête, : - Ouais… Ouais, je sais… T’as raison… Je m’en prends pas à toi, Jen… Mais là, ça me dépasse complètement…
Il se prit le visage entre les mains. Jen avait vraiment de la peine pour lui. Mais elle se dit que ce n’était pas le moment de flancher. A eux de prendre leurs responsabilités maintenant.
Jen, fermement : - Bah reprends-toi, parce que maintenant, va falloir assumer, Pace. Tristement, il releva la tête vers elle en faisant une moue qui exprimait tout son désespoir. Me regarde pas comme ça. Oui, va falloir que tu fasses super gaffe à Joey. Débrouille-toi pour pas la lâcher d’une semelle.
Pacey, presque sur le point de pleurer : - Comment ça ?
Jen : - Elle n’est que momentanément plus dans son état normal, Pace. Oublie pas, le deuxième sort avec la potion, c’est pour trois jours. C’est déjà ça de gagné pour toi.
Pacey, semblant avoir oublié ce détail, il reprit soudain du poil de la bête : Bah c’est bon alors !! Après, ça sera calmé, et il ne restera plus que les effets du premier sort ?
Jen, décidée à faire tomber toute les illusions de Pacey : - Non.
Pacey, l’air déçu et un peu excédé : - Quoi non ?
Jen, le plus posément possible : - Après, il n’y aura plus aucun effet, Pace. Avec tous ces mélanges, les effets des deux sortilèges vont disparaître en même temps. Elle redeviendra la Joey que tout le monde connaît. Et… Elle s’arrêta un instant, comme pour mieux préparer Pacey à ce qu’elle s’apprêtait enfin à lui dire.
Pacey, impatient : - Et quoi ?
Jen : - …Et elle ne se souviendra plus de ces trois jours, Pace… Elle ne se souviendra plus de rien…
Ninolito (11.10.2005 à 21:05)
Quand Jack avait vu Jen subitement se faire happer par la main mystérieuse, inquiet pour elle, il voulut aller voir ce qu’il en était. Mais il n’en eut pas l’occasion : entre temps, il avait vu Joey sortir de la salle de classe du professeur Peterson. Il se dirigea immédiatement vers elle. Joey ne semblait pas l’avoir vu. Elle s’apprêtait à aller vers son casier. Il l‘intercepta et se planta devant elle, ainsi elle ne pouvait pas ne pas le voir. Il lui lança un regard réprobateur, avec la ferme intention de lui dire sa façon de penser sur ses blagues du matin. Joey le regardait en souriant, ne semblant pas se sentir concernée par l’air mécontent de Jack.
Jack : - C’est ça, fous-toi de moi ... Plus jamais tu me refais ça, Jo.
Joey le regarda avec une expression à la fois innocente et interrogatrice. Visiblement, elle ne voyait pas de quoi il parlait.
Joey, les yeux grand ouverts : - De… ??
Jack, la coupant : - C’est bon ! Au bout d’un moment faut savoir s’arrêter Jo ! T’es vraiment lourde quand tu t’y mets !
Joey, particulièrement détendue : - Je vois pas de quoi tu parles, mais bon si ça te chante…
Elle lui sourit gentiment. Ce qui eut le don d’énerver encore plus Jack, qui prit cela pour le comble de la moquerie.
Jack, menaçant : - Lundi, je te jure, je te réveille à coups de clairon, t’as ma parole.
Là-dessus, il tourna les talons.
La sonnerie retentit. Rapidement tous les élèves se dirigèrent vers leurs salles de classes. Dès que ça sonnait, il ne valait mieux pas s’attarder : le principal Green était intransigeant là-dessus. Ils avaient la possibilité de manger tranquillement sur la pelouse et assez de temps pour se détendre pendant l’heure du déjeuner, alors il considérait que le couloir pendant l’intercours n’était pas le dernier salon où l’on cause.
Jack se précipita pour rejoindre sa salle de classe. En passant devant l’alcôve où Jen avait brutalement disparu il y a quelques minutes, il regarda pour voir si elle était là. A sa grande surprise, Jen s’était transformée en… Drue Valentine.
Il n’y avait plus personne dans les couloirs. Drue semblait vouloir se faire discret. Il tendait une oreille attentive vers la porte du labo de chimie.
Jack : - Qu’est-c’tu fous Drue ? On t’a jamais dit que ça se fait pas d’écouter aux portes ?
Drue sursauta. Voyant que c’était Jack, il se retourna à nouveau pour tendre l’oreille.
Drue, houspillant Jack de la main : - Ccchhh… Je m’instruis…
Jack : - Et depuis quand tu t’intéresses à la chimie ?
Drue ne répondit pas. Jack regarda par dessus l’épaule de ce dernier. C’est alors qu’il vit, à travers le hublot de la porte du labo, Pacey en train de parler et de gesticuler. Jack n’entendait pas très bien vu qu’il était plus éloigné de la porte que Drue, mais visiblement, Pacey tenait une conversation des plus sérieuses. Mais avec qui ?
Jack contourna Drue et se mit discrètement de l’autre côté de la porte. Jen ! Il s’apprêtait à ouvrir la porte, oubliant complètement qu’il avait cours, lorsqu’il sentit une main s’abattre sur son épaule. Jack se retourna et se retrouva nez à nez avec le principal Green qui se tenait là, affichant un sourire faussement chaleureux à l’attention de Jack et Drue, plantés à présent devant lui comme deux andouilles.
Principal Green, regardant tour à tour Drue et Jack : - Bien. Donc vous deux, vous savez déjà où vous serez cet après-midi au lieu de participer aux activités du vendredi : en retenue. Si vous v… Mais ? Qu’est-ce-que… ?
Green ouvrit brutalement la porte du labo. C’était dommage pour Pacey et Jen, ils s’apprêtaient justement à quitter la salle pour ne pas se faire pincer.
Principal Green : - Non mais, et puis quoi encore !! Vous ne voulez pas que je vous aide, pendant qu’on y est ?? En cours, tous les quatre !! Immédiatement !! Et je vous attends en salle de retenue après le déjeuner !!
Il se retourna et vit Dawson s’avancer timidement vers lui.
Dawson : - Principal Green, excusez-moi… Je viens de me faire envoyer de mon cours de Maths et…
Andy, qui se tenait derrière Dawson, furieuse : - On, Dawson. On s’est fait renvoyer à cause de toi ! Puis, passant devant Dawson: Principal Green, je tiens à dire que c’est une totale injustice, moi je n’ai rien à faire là, je les avais faits mes exercices et je ne serais pas ici si l’autre truffe ne s’était pas mis à me parler pour me supplier de lui filer mes notes ! Alors je compte sur vous pour réparer ce malentendu, parce que…
Green : - Mais c’est pas vrai, je rêve !! Qu’est-ce-que vous avez tous aujourd’hui ???
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Joey avait une heure de battement après son cours de littérature. Elle avait pour habitude d’aller à la bibliothèque pendant cette heure-là. Assise à une des tables,. elle repensa à sa conversation avec le professeur Peterson.
Il l’avait regardée comme s’il la voyait pour la première fois, lui demandant si elle n’avait pas de souci en ce moment, parce que la façon dont elle avait « lu » le poème cachait peut-être en fait de gros problème, et qu’il ne fallait vraiment pas qu’elle hésite à lui en parler, il était aussi là pour ça…
Elle l’avait regardée bizarrement, et lui avait dit que non, tout allait bien, aucun souci, au contraire elle se sentait pleine d’énergie. Sur ce, elle lui tendit un large sourire.
Une main sur le menton, l’autre tenant ses lunettes qu’il avait momentanément retirées, Professeur Peterson fixa Joey droit dans les yeux, comme s’il cherchait à percer le mystère enfoui en elle. Joey le regardait aussi…
Non, son regard n’était pas fuyant, elle avait l’air de se sentir plutôt bien. Très bien, même. Elle n’avait absolument pas l’air d’être gênée par ce qui venait de se passer, et ça, ça laissait Peterson assez perplexe… Bon…, disons que c’est un dérapage. « Très bien, Mademoiselle Potter, vous pouvez y aller. Tâchez de vous calmer un peu la prochaine fois. Je n’ai pas l’habitude de faire de la discipline avec vous. » . Pas contrariante, Joey lui répondit gaiement : « Au revoir Professeur ! », et elle sortit de la salle, légère.
C’est là qu’elle avait croisé Jack dans le couloir. Lui aussi, il ne semblait pas dans son assiette. Elle se dit que si les gens se sentaient de mauvais poil ou mal réveillés, elle ne voyait pas pourquoi ils s’en prenaient à elle, ils n’avaient qu’à faire comme tout le monde et… et… et être amoureux!!
Elle repensa alors à son baiser avec Pacey. Elle ferma les yeux… Comme ces sensations lui paraissaient douces… Elle rouvrit brusquement les yeux : Mais que faisait-elle au milieu de la bibliothèque ! Elle avait mieux à faire ! Pacey, il fallait qu’elle le retrouve, elle avait besoin de ses bras, pas d’un pauvre bouquin d’histoire ! Elle se leva et commença à partir en direction du couloir, lorsqu’elle vit une petite dame à lunettes lui barrer le passage : « Où allez-vous, Mademoiselle ? Vous savez bien qu’il est interdit de traîner dans les couloirs pendant les heures de cours. » Joey essayait de la contourner, elle était pressée, alors pardon… Mais, la petite dame s’interposait avec insistance. Joey s’arrêta tout net en lui lançant un regard noir. Elle était franchement excédée. Mais la bibliothécaire ne semblait pas vouloir céder.
Joey : - Ecoutez ! J’aimerais beaucoup jouer avec vous, mais j’ai autre chose à faire, alors si vous voulez bien m’excuser…
Alors que Joey commençait à forcer le passage, la petite dame la retint fermement par le bras et la regarda par-dessus ses lunettes, impassible.
La bibliothécaire : - Effectivement, vous avez mieux à faire…
Dans le couloir, on pouvait entendre Joey pester tout ce qu’elle pouvait, essayant de se dégager des griffes de la bibliothécaire qui la tenait fermement par le bras et l’emmenait d’un pas décidé vers le bureau du principal.
Joey : - Mais lâchez-moi !! Lâchez-moi, je vous dis !! Je vous préviens, je vais me plaindre, ça va barder pour votre matricule !!
La bibliothécaire, voyant le principal Green plus loin dans le couloir, entouré de quelques élèves : - Monsieur Green ! Vous tombez bien, je vous cherchais !
Elles arrivèrent enfin devant lui. La petite dame à lunettes planta Joey de force devant le principal.
La bibliothécaire : - Cette jeune demoiselle a refusé d’obéir, j’ai dû vous l’amener de force !!
Green était éberlué. Il ne comprenait rien à cette journée. Si même Joey Potter s’y mettait… Il regarda un à un les sept élèves qui le regardaient en appréhendant sa réaction, et, fermant les yeux, il passa une main le long de son visage, s’étirant la peau comme pour se détendre les muscles faciaux. Il poussa un long soupir, puis releva la tête en clignant des yeux. Il se sentait en même temps en colère et débordé par les événements.
Principal Green, avec un calme qui annonçait la tempête : - Très bien. Tous en salle de retenue… TOUT DE SUITE !!! Je vais vous en donner moi, des exercices de maths !!!
Ninolito (12.10.2005 à 11:09)
Le Principal Green devançait ses élèves en les dirigeant vers la salle de retenue. Ils marchaient tous les sept derrière lui, on n’entendait pas la mouche voler dans le couloir. Enfin… presque.
Joey et Pacey avançaient à l’écart des autres, tout derrière. Joey était derrière Pacey, elle l’enlaçait par la taille, si bien qu’elle marchait dans ses pas.
Joey, collant son profil dans le cou de Pacey, elle lui susurra à l’oreille : - J’ai bien cru que je ne te retrouverais jamais avec l’autre vieille bique à lunettes…
Pacey était gêné. Déjà, quand il l’avait vue arriver tout à l’heure, il avait cru qu’elle allait se jeter à son cou devant tout le monde. Heureusement, le principal s’était emporté et pour une fois, il en était ravi. Joey avait quand même dû sentir que ce n’était pas le moment. Elle était peut-être devenue plus extravagante que d’habitude, mais elle n’était pas devenue complètement débile. C’était rassurant. Et quand elle avait commencé à se rapprocher de lui, d’accord il avait senti qu’elle avait très envie d’être près de lui, mais elle n’avait pas eu l’air d’être sur le point de défaillir.
L’effet de la potion se stabilisait ?
Pacey en avait marre. Avec tous les imprévus du deuxième sortilège, il n’était sûr que d’une chose : il pouvait s’attendre à tout maintenant. En tout cas, Joey semblait être vraiment éprise de lui, ça, ça n’avait pas l’air d’avoir changé.
Il baissa un peu la tête et leva les yeux devant lui : si Dawson, Andie ou Jack – surtout Jack - se retournaient, il était bon pour une explication. Et Joey aussi. Et c’est ça qui l’inquiétait le plus: elle était à la limite des problèmes de discipline, elle se conduisait avec lui sans aucune réserve, alors quant à savoir ce qu’elle était capable de dire… C’était carrément du domaine de l’imprévisible multiplié par quinze millions et je retiens rien.
« De toutes façons, en salle de retenue, ça va se voir… Je vais m’asseoir à côté d’elle. Je serai doux, et comme ça… »
Et comme ça, rien du tout. Il se souvint qu’au moment où Green les avait surpris en pleine discussion dans le labo, Jen venait de lui dire, juste avant de clore leur conversation, qu’en résumé, pour Joey, il était devenu comme une drogue…
Il se mit alors à réfléchir pour anticiper un peu la façon dont ça pouvait se passer en retenue : Le principal Green n’allait certainement pas les laisser s’asseoir les uns à côté des autres. Et quand bien même, ils n’étaient pas là pour se faire des mamours. Oui mais… Et Joey ? S’il s’éloignait d’elle, elle se déshabituerait de lui et serait en état de manque, et s’ils étaient côte à côte, elle aurait besoin de le sentir plus près d’elle. Merde... Merde, merde, merde.
Pacey sentait dans son cou le souffle léger de Joey, qui l’enlaçait toujours… Alors, à ce moment précis, il eut une pensée qui lui fit l’effet d’une bombe : il se rappela combien il l’aimait…
Il passa en revue tous les événements depuis ce matin, et réalisa qu’à force de réfléchir méthodiquement à toutes les situations possibles auxquelles il devait maintenant se préparer, il en avait oublié le principal : il était fou de cette fille. Il se rendit compte que cette certitude ne l’avait jamais quitté, malgré son effroi face à l’attitude de Joey sous l’effet du sortilège.
En sentant Joey collée ainsi à lui, il se rappela que l’amour passe aussi par la peau, par les regards, par ce qui n’a pas besoin d’être dit… Il ne la voyait pas puisqu’elle était tout derrière lui, mais à son contact, il pouvait la sentir, la ressentir…
Là, tout de suite, s’il la rencontrait pour la première fois, il pourrait être dans le noir ou bien être aveugle, rien qu’au toucher, ou même, rien qu’en sentant sa présence… il en serait sûrement tombé fou amoureux.
A cette pensée, il sentit soudain tous ses doutes s’envoler. Plus de questions à savoir si Joey l’aimait vraiment, plus de torture à appréhender le moment où elle ne serait plus sous le charme et où elle ne se souviendrait plus de rien, plus d’AJ qu’il avait fait disparaître des pensées de Joey pour trois petits jours…
Pendant ce court instant, il se sentait confiant.
Son cœur se souleva : il avait trois jours pour vivre pleinement cet amour avec elle. Trois jours pour lui faire passer tout ce qu’il pouvait ressentir pour elle, pour vivre avec elle des moments inoubliables. Trois jours. Dans toute une vie, il y en avait qui n’avaient peut-être jamais eu cette chance-là. Lui, il l’avait. Et il ne fallait pas la gâcher.
Quoiqu’il arrive, il avait tout le restant de ses jours pour culpabiliser, pour avoir des remords… Parce qu’il en avait des remords, oh oui… Remords de l’avoir ensorcelée, remords de l’avoir ainsi « transformée » au su et au vu de tous qui se demandaient bien ce qu’il était advenu de la Joey qu’elle était encore ce matin…
Mais il était prêt à ressentir tout ça, rien que pour avoir ces trois jours avec la fille qu’il aimait.
Alors, une idée s’imposa à lui comme une évidence : il se dit que non seulement il était fou d’elle, mais qu’aussi il assumait plus que jamais ses sentiments à présent. Tant pis pour l’opinion. Quelque soit la réaction des autres, il affronterait. Quelque soient les bizarreries de Joey, il la soutiendrait. Il l’aimait. De n’importe quelle manière.
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Principal Green, ouvrant la porte de la salle de retenue, il dit sévèrement : - Entrez.
Silencieux, ils entrèrent les uns après les autres.
Avant d'arriver devant la salle, Joey avait doucement lâché Pacey. Il s’était retourné et lui avait souri tendrement. Elle avait planté son regard dans le sien. Il avait pu sentir avec quelle douceur elle le regardait.
Le principal Green leur ordonna de rester debout pour commencer. Il ouvrit un livre de mathématiques et choisit une page d’exercices.
Principal Green : - Comme vous n’êtes plus des gamins, (et qu’il les aimait bien quand même, mais ça il se retint bien de les en informer), vous allez travailler par groupes de 2 et 3. Il les observa, puis en les pointant du doigt tour à tour : Jennifer, Drue et… Jack, un groupe de trois.
Andie avec Pacey… Et donc, Dawson avec Joey. Allez vous asseoir. Espacez-vous. Ils s’exécutèrent. Une fois qu’ils se furent installés de part et d’autre de la salle, le principal Green leur indiqua la page des exercices à faire puis il ajouta : Mon bureau est en face. Je laisse la porte ouverte. Si j’entends quoi que ce soit…
Il s’abstint de terminer sa phrase, la suite était suffisamment sous entendue à son goût.
Il leur lança une dernière fois le regard sévère qu’il savait afficher dans les grands moments, puis il quitta la salle.
Ils le regardèrent s’en aller, s’assurant qu’il rejoignait bien son bureau.
Une fois le principal Green parti, Jen se leva.
Jen, tout bas : - Hors de question que je bosse dans ce groupe, je préfère être toute seule.
Jack, chuchotant, vexé : - Sympa ! Tu le dis si je sens le pâté !
Jen : - C’est pas pour toi que je dis ça, c’est pour l’autre, là…
Drue : - L’autre il a un prénom. N’est-ce-pas, belle de mon cœur, soleil de mes nuits…
Jen : - Ecrase, Drue, ou je te jure que tu vas le regretter.
Drue : - Hooouuuu… j’ai peur. J’adore quand tu t’énerves…
Dawson regardait Drue froidement. Il ne le supportait pas. C’était exactement le genre de type à qui il n’avait absolument rien à dire.
Dawson, le regard noir : - Bon ça va, tu la lâches ?
Drue, se retournant vers Dawson et le regardant comme s’il ne l’avait pas vu depuis 10 ans : - Ah ! Dawson ! Ca faisait longtemps que j’avais pas entendu le son de ta voix ! Ca va ? Bien ? Ca te fait quoi de t’être fait piquer ton ex par ton meilleur pote ?
Ninolito (14.10.2005 à 10:32)
Blanc. Silence glacial. Pacey baissait la tête. Andie le regardait, les yeux comme deux ronds de flanc. Jack se tourna vers sa sœur, interloqué. Cette dernière soutint son regard sans aucune gêne. Puis il regarda Pacey qui semblait vouloir fuir son regard.
Jack, regardant Joey et Pacey l’un après l’autre, éberlué : – Attendez, c’est quoi cette histoire ?
Dawson, essayant de calmer le jeu : - Laisse tomber, Jack…
Jack, se retournant vers Dawson, surpris: - Quoi ? Mais c’est que t’as l’air au courant en plus !
Dawson était un peu perdu. Effectivement, Joey et Pacey avaient l’air d’être ensemble. Pourtant, Pacey lui avait démenti ce matin. Pourquoi ? Voyant le regard désespéré que Pacey lui lançait, il préféra ne pas poser de question tout de suite.
Dawson : - Oui. …’Fin, non…
Jack, tournant brusquement la tête vers sa soeur: - Joey, tu m’expliques ?
Jen, affolée de ce que Joey aurait pu répondre, elle intervint très vite pour l’empêcher de parler : - Oh ça va, arrêtes, elle est grande…
Jack, levant les mains en signe d’impuissance: - Si j’ai bien compris tout le monde est au courant sauf moi !
Andie, levant timidement le doigt comme une élève qui demande la permission d’aller aux toilettes : - Heu… non... Moi non plus je le savais pas… ‘Fin, remarque, maintenant, je comprends mieux ton numéro de tout à l’heure, Joey…
Joey émit un petit rire en repensant à sa prestation de tout à l’heure. Vraiment, elle s’était éclatée ! Pouvoir dire de cette manière au garçon qu’on aimait, qu’on était fou de lui!! C’était pas donné à tout le monde !
Jack , se tournant brusquement vers Andie: - Hein ?? Quel numéro ??
Drue, ravi de voir la situation tourner au vinaigre, il en rajouta : - Ah ça ! T’as raté un truc mon vieux... Du jamais vu. Joey Potter en personne, nous a fait un show des plus torrides…
Jack, de plus en plus halluciné : - Hein ???
Jen, tentant coûte que coûte de détourner l’attention des regards fixés sur Joey et Pacey, et toujours pour empêcher Joey de parler: C’est bon, tu vas pas nous la jouer le frère protecteur !! Laisse-la !
Jack, pointant un index menaçant vers Jen, il s’emporta: - Toi, je t’ai pas sonnée !! Quand je te parle, tu m’ignores, et quand je te parle pas, là tu la ramènes !!
Jen ne savait pas quoi répondre. Jack se méprenait sur ses intentions mais elle ne pouvait vraiment pas lui expliquer ce qu’il en était réellement.
Andie, se penchant vers Joey : - Mais tu sortais pas avec Andie, Joey ??
Joey regarda Andie comme si cette dernière lui avait parlé chinois.
Jack, revenant au sujet de conversation sur Joey : - Bah si ! Hier encore, même !! Tu l’as vite remplacé, je dois dire !! Le chagrin est vite passé !
Il lança à Joey un regard réprobateur, mais cela ne parut pas la perturber plus que ça.
Andie, la mine un peu déçue : - Ca m’étonne de toi, Jo…
Pacey était près à intervenir. Alors qu’il s’apprêtait à leur dire la vérité sur lui et Joey, Jen se précipita à sa rescousse, croyant le sauver.
Jen : - Mais enfin, c’est quoi ce discours !! On dirait ma grand-mère !!
Andie, les yeux écarquillés, elle pointa un doigt dans sa propre direction : - Qui ? Moi ?
Jen, contente de sa diversion : - Oui, toi !!
Andie, abasourdie : - Qu’est-ce-qui te prend ??
Jen était plus prise de court qu’en colère contre Andie, à qui elle n’avait absolument rien à reprocher, alors elle s’emporta de plus belle
Jen : - Il me prend que tu nous gonfles avec tes idées bien pensantes, voilà !! Elle eut une idée de plus : En plus, je déteste ta coiffure !!
Andie la regarda, stupéfaite. Elle tâta le dessus de ses cheveux, se demandant bien ce qui pouvait clocher avec sa coiffure.
Jack, ne reconnaissant plus sa meilleure amie : - Qu’est-ce-que tu nous fais, Jen ?? Ca fait plusieurs jours que t’es vraiment bizarre… ! Dis-nous ce qu’il y a…
Jen, ne pouvant plus reculer : - Rien, seulement j’aime pas sa coiffure et ça m’irrite !! Un peu comme ton blouson d’ailleurs! Entre le pouce et l’index, elle saisit une des manches du blouson de footballeur de Jack et, levant le petit doigt, elle ajouta d’un air dégoûté: Franchement, c’est quoi ce jaune ??
Drue, qui savourait ce moment : - C’est vrai t’es bizarre, Jen… Tu m‘as pas fait de bisou ce matin…
Drue voyait bien que Jen essayait d’attirer l’attention de tout le monde sur autre chose que sur Pacey et Joey. Ca le faisait bien rire, parce que ça ne marchait pas vraiment.
Jack, ne se préoccupant plus de Jen qu’il avait cessé de regarder : - Y a pas que Jen qui est bizarre… Joey, tu nous expliques ?? T’as encore rien dit ? Puis se tournant vers Pacey, il l’interpella avec un air de mépris : Et toi ?
Pacey ouvrit la bouche pour commencer son explication le plus calmement possible, mais il n’en eut pas le temps car Andie l’interrompit.
Andie, se penchant à nouveau vers Joey : - C’est vrai ça !! Depuis ce matin, on se demande un peu ce que t’as… Allez dis-nous ! Tu vas pas nous faire croire que t’es tombée sous le charme de Pacey !! Surtout pas de cette manière !! Ou alors t’as avalé de travers, c’est pas possible autrement !!
Drue, le regard pétillant, comme si le moment qu’il attendait était enfin arrivé : Avalé de travers… la potion ?
Ninolito (14.10.2005 à 11:47)