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l'incantation de Pacey

Série : Dawson's Creek
Création : 28.09.2005 à 23h13
Auteur : jenny 
Statut : Terminée

Pacey est amoureux de joey, mais joey est avec AJ.

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Pacey commençait déjà à pâlir en voyant la situation se resserrer sur lui, mais là, son visage vira carrément au vert. Jen le regarda, effrayée. Alors que Pacey et Jen se fixaient, essayant de deviner dans les yeux de l’autre ce qui avait bien pu se passer pour que Drue soit au courant, Joey se leva et se dirigea vers Jen. Une fois arrivée à sa hauteur, elle lui dit froidement :

Joey : - Jen, j’aime pas trop la façon dont tu le regardes.
Jen, complètement débordée, elle tourna brusquement la tête vers Joey qu’elle n’avait pas vraiment vue arriver vers elle : - Hein ??
Joey, saisissant Jen par le bras : - Recule un peu s’il te plaît. Garde tes distances.

Les événements allaient plus vite que les pensées de Pacey. Il n’avait plus le temps de réfléchir. Il voulait tout expliquer mais personne ne lui en laissait l’occasion, et la réflexion de Drue l’avait complètement paniqué. Mais d’où il tenait ça ?? Et si Joey percutait ?? Et si tout le monde comprenait tout ?? Il serait cuit…

Embourbé dans sa panique, il ne vit pas tout de suite que Joey le regardait. Elle s’approcha de lui doucement sans le quitter des yeux puis se planta devant lui. Pacey la regarda, inquiet. Qu’allait-elle faire ? Puis, doucement, elle s’assit sur ses genoux et regarda tout le monde d’un air de dire : « Ceci est mon homme, alors pas touche. Même pas avec les yeux. En vous remerciant. »
Pacey, pas tout à fait à l’aise, la laissa faire malgré tout. Après tout, voilà : s’ils n’étaient pas au courant, ben maintenant ils l’étaient. Ca lui économisait une explication. Tout le monde les regardait. Cette fois-ci, plus de doutes. Ils étaient tous devant le fait accompli.

Il regarda Joey du coin de l’œil. Elle était jalouse… Voilà autre chose… Au fond de lui, cette idée ne lui déplaisait pas, et finalement c’était bien qu’elle soit intervenu de la sorte. Ca faisait oublier la tentative perverse de Drue. Il voulut alors prendre la parole pour dire « Voilà, vous êtes au courant maintenant. », mais cette fois-ci, c’est Drue qui l’en empêcha.


Drue, regardant Joey sur les genoux de Pacey, il s’exclama, admiratif : - Ben, dis donc, ça marche sacrément !!
Pacey observa toutes les paires d’yeux fixées sur lui et Joey. Allaient-il relever ce que Drue venait de dire ?
Andie, agacée de voir Joey se comporter de la sorte : - Mais de quoi tu parles, Drue ??
Aïe. On pouvait toujours compter sur la perspicacité d’Andie.
Pacey massacra Drue du regard. Il allait le tuer. Ainsi, Drue les avait entendus… Au prix d’un effort surhumain, Pacey garda son sang froid. Si Drue disait quoique ce soit… Et bien si Drue disait quoique ce soit, personne ne le croirait… C’était Drue. Tout le monde connaissait son malin plaisir à semer la zizanie. Et là, s’il se mettait à parler de sorcellerie, il passerait pour un fou… Alors Pacey osa, et saisit la perche :

Pacey, la voix fleurie : - C’est vrai, ça…. De quoi tu parles Drue ??
Jen regarda Pacey comme s’il venait de tomber du 18ème étage. Pacey lui lança un regard pour lui faire comprendre que malgré les apparences, il savait ce qu’il faisait. Drue comprit immédiatement les intentions de Pacey.
Drue, lançant un regard entendu à Pacey : - Bien joué, le magicien… Jolie pirouette.
Jack, qui en avait assez de cette comédie : - Mais c’est quoi, ça ?? Il se leva brusquement pour se ruer vers Pacey et sa sœur. Ote tes sales pattes de ma sœur, toi !
Dawson se leva et retint Jack qui s’apprêtait à saisir Joey par le bras.
Dawson : - Ca va Jack ! C’est pas la fin du monde !! … Il chercha quelque chose à dire qui pourrait calmer Jack. Après tout, elle aurait pu tomber sur pire que Pacey !!

Normalement, Dawson avait voulu intervenir en faveur de Pacey. Mais les mots n’étaient pas sortis comme il les avait en tête à l’origine, du coup il se surprit lui-même de sa maladresse. Pacey lui lança un regard en levant légèrement les sourcils, comme pour lui dire « Merci, je te la revaudrai celle-là… ». Dawson lui répondit par un regard désolé.

Andie, excédée par tout ça : - Ouais, ben vous savez quoi ? Tout ça, c’est n’importe quoi ! Joey et Pacey ! On aura tout vu ! Comme si moi, je sortais avec Drue !
Drue, la main à plat et le bout des doigts sur la tempe, il fit le salut militaire à Andie : - Merci.
Andie, du tac au tac : - De rien. Je vais bosser dans mon coin parce que là, je vous reconnais plus tous autant que vous êtes... Joey, tu nous fais quoi, là ??
Joey, outrée : - Quoi ??
Andie : - Arrête ça, tu ressembles à tout ce que je déteste !! A tout ce qu’on déteste, toi et moi !! C’est quoi cette allure d’aguicheuse et ce comportement possessif avec Pacey ??? C’est bon, on a compris !! Vous n’auriez pas pu le dire simplement au lieu de nous faire toute cette mise en scène pathétique ??? Où est passée la Joey féministe au caractère incisif ?? Hein ???
Joey, l'air exagérément désabusé : - Je ne sais pas où tu veux en venir Andie, mais la Joey que tu as en face de toi en ce moment ne va pas tarder à te montrer de quel bois elle se chauffe : tu la veux tout de suite ta baffe ou un peu plus tard ???

Andie bondit de sa chaise, rouge de colère, serrant les poings. Elle se tenait maintenant devant Joey qui, toujours sur les genoux de Pacey, la regardait d’un air qui cherchait la bagarre sans se laisser impressionner. Tremblante de rage, Andie retroussa frénétiquement ses manches au niveau des coudes, et leva ses poings devant son visage.

Andie, en position de combat: - Vas-y, répète ??!!!
Pacey, complètement dépassé, avec ses deux mains, il prit Joey par les épaules pour qu’elle recule son buste et, s’adressant à Andie et Joey, il dit : - Hééé !!! Non mais ça va pas vous deux ??!!
Andie, toujours dans la même position, ne décolérant pas : - T’as qu’à dire ça à ta quiche !!
Dawson, se dirigeant vers la porte de la salle pour guetter la possible arrivée du principal Green : - Ccchhh !!! Arrêtez !!! Si Green vous entend, il va pas nous louper cette fois !!

Jen n’en pouvait plus. Elle avait déjà fait pire que mieux en voulant faire bien, mais là elle ne savait plus quoi faire du tout. Elle abandonna la partie et s’assit sur une chaise un peu en retrait de tout le monde, lasse de la situation. Andie avait bien raison, c’était n’importe quoi.

Elle tourna la tête vers Drue qui se tenait debout, bras croisés, occupé à regarder Andie et Joey d'un air hilare, attendant impatiemment la bataille de chiffons, comme on attend que le spectacle commence enfin.

Elle se dit alors qu’elle était plus que jamais déterminée. Il allait payer pour tout ça.


Ninolito  (14.10.2005 à 15:22)
Dawson se tenait près de la porte, jetant un œil dans le couloir, quand soudainement, il se retourna et commença à se précipiter vers sa place.

Dawson , chuchotant, paniqué : - 22 ! V’là Green !!

En moins de temps qu’il n’en fallut pour le dire, chacun se précipita à la place à laquelle il était avant que le principal Green ne s’en aille dans son bureau.
Quand il franchit la porte, il régnait dans la salle un silence inhabituel. Il les examina les uns après les autres.
Drue se cachait derrière son cahier qu’il tenait droit devant lui, incitant Jen à lire avec lui. Cette dernière ne manqua pas de lui rejeter son cahier à la figure en le houspillant de la main. Andie faisait mine de réfléchir intensément, le stylo à la bouche, et Pacey se tenait particulièrement droit, baissant la tête, le nez plongé dans son livre.
Quant à Dawson et Joey, ils faisaient semblant de chuchoter entre eux à propos de l’exercice. Si on les écoutait de plus près, on pouvait constater que leur conversation ne ressemblait à rien.


Principal Green, avec l’air de celui à qui on ne la fait pas : - Mm… Quelle ambiance studieuse ! Drue, je pense que si vous teniez votre cahier à l’endroit, ça vous faciliterait la tâche…
Drue sursauta. Il regarda la couverture de son cahier puis, se sentant ridicule de s’être fait prendre aussi bêtement, il le retourna en tendant un sourire gêné au Principal Green.

Green : - Bien. Puisque vous êtes si calmes, je vais vous tenir compagnie. Le téléphone n’arrête pas de sonner dans mon bureau, je serai mieux ici pour travailler.

Il posa quelques dossiers sur le bureau du professeur et s’y installa, les regardant tous avec un large sourire.

Ninolito  (14.10.2005 à 18:01)
Vendredi 13. 20h24

Pacey s’affala sur son lit. Les bras au-dessus de la tête, les jambes allongées de chaque côté du lit, il était exténué.
Cette journée avait été chargée en émotions… Il passa en revue tous les événements depuis le matin. Il avait dû faire face à une multitude de situations imprévues, à une foule de sentiments tous plus forts les uns que les autres : le trac, le stress, la colère, la panique, la peur… et l’amour…
En l’espace d’une journée, son visage était passé du rouge au blanc, en passant par le vert. Il se sentait éreinté, vidé.

N’empêche… à côté de tout ça, une chose était sûre : ça marchait.
Joey aussi avait subi des changements brutaux… A cause de lui…
Son cœur se serra. Mais en même temps, la découvrir ainsi, aussi libérée, aussi vive, dégageant une énergie nouvelle, d’une beauté encore différente… Pour lui aussi, c’était nouveau. Et si comme lui avait dit Jen, il s’agissait d’une partie de la personnalité de Joey qui sommeillait tranquillement au fond d’elle, attendant patiemment son heure pour s’exprimer, alors il était content d’avoir pu assister en avant-première à la naissance – soudaine - de cette Joey-là.

Il n’y avait pas été préparé, mais au fur et à mesure de la journée, il s’y était habitué. Avec plaisir même.
Il repensa alors à ce qui s’était passé pendant l’heure de retenue. Au moment de l’arrivée impromptue de Green, c’était moins une.
Heureusement que ce dernier était intervenu en fin de compte : ça avait calmé tout le monde, lui le premier.
Et ça lui avait permis alors de réfléchir tranquillement à tout ça, tout en faisant semblant de se concentrer sur son livre de Mathématiques. Il avait bien vu que Jack était le seul qui n’avait pas eu à se forcer à prendre une position studieuse à l’arrivée imminente de Green: il s’était déjà renfermé sur lui-même, peu après que ça dérape entre Andie et Joey.
Jack était furieux, sans aucun doute. Non pas qu’il pense que sa sœur mérite mieux que lui, Pacey, mais parce qu’elle était passée d’un garçon à un autre du jour au lendemain. Et ce n’était pas Joey, ça. Jack devait avoir l’impression de perdre ses repères : personne n’aime que ses proches changent. Surtout pas si brutalement.
Joey d’hier ou Joey d’aujourd’hui, Pacey savait que seul le sortilège pouvait expliquer le fait qu’elle ait mis si vite AJ de côté, loin dans un coin de sa tête.

Tout le reste de la journée, il n’avait pas eu à supporter le regard réprobateur de Jack ou d’Andie, il n’avait pas eu à répondre aux questions pressantes de Dawson, et il n’avait pratiquement pas vu Joey, ce qui en revanche, avait été beaucoup moins plaisant.
Ils avaient tous été séparés par Green qui les avait faits partir déjeuner les uns après les autres, et les avait ensuite assignés à des corvées de ménage ou de rangement, chacun à des endroits différents, pendant que tout le reste du lycée participait aux activités sportives ou créatives, comme tous les vendredis après-midi.

Il n’avait retrouvé Joey qu’à la fin de la journée. Elle l’attendait en bas de la rotonde.

Il regarda à droite puis à gauche : personne de leur petit groupe…
Dans un élan spontané, il se précipita vers Joey qui se jeta à son cou, puis il lui dit
: « Viens ! On s’en va vite d’ici, j’en ai marre ! ». Joey avait éclaté de rire tellement elle était d’accord avec lui, et ils s’étaient éloignés en courant, comme deux amants dont l’amour serait désapprouvé par la société toute entière mais qui, envers et contre tous, avaient décidé de vivre pleinement leur amour. Et pour cela, quoi de meilleur que de s’enfuir ensemble ?!!

Main dans la main, ils avaient couru, riant à gorge déployée; enfin arrivés aux ruines, ils s’arrêtèrent, essoufflés, heureux.

Pacey revit le regard de Joey à ce moment-là. Il connaissait ce regard maintenant : c’était le même que ce matin-même, avant qu’ils ne s’embrassent pour la première fois… A une exception près : Joey n’avait pas l’air d’être dans un état second cette fois-ci.
Ils s’étaient regardés, cessant de rire tout à coup.

Une brusque pulsion envahit alors Pacey, qui voulait se précipiter vers elle et la prendre dans ses bras. Au regard qu’elle lui lançait, il avait senti que Joey devait ressentir la même chose que lui.
Poussés par une envie irrésistible d’être enfin dans les bras de l’autre, d’un pas, ils se précipitèrent l’un vers l’autre et s’enlacèrent frénétiquement. Dans un soupir impatient, ils s’embrassèrent fougueusement, longuement, comme s’ils voulaient ne faire plus qu’un. Pacey en aurait presque pleuré tellement il était ému de ce moment.
Comme si le lieu était propice à l’abandon d’un amour si fort, protégé des regards curieux par les colonnes habillées de leurs feuilles, par la vieille fontaine où ne coulait plus qu’un timide filet d’eau, tout cet endroit paraissait exister uniquement pour eux, pour accueillir leur étreinte et les protéger avec une douceur infinie.

En détachant enfin son visage du sien, il s’était senti chavirer, bercé par l’intensité de toutes ces sensations qui l’avaient envahi pendant ce moment si précieux. Joey l’avait regardé, le regard vaporeux, deux petites étoiles apparaissant dans chacun de ses yeux.

Puis ils étaient restés là un long moment, à se regarder sans rien dire. Pacey savait qu’il était maintenant inutile de parler de leur relation naissante… Elle ne durerait que trois jours… C’était le temps de vie de certains papillons…


Pacey : - Il faut que je te raccompagne, Jo.
Pacey se souvenait de leur conversation téléphonique de la veille, quand il lui avait demandé de l’aider à répéter sa pièce. Elle lui avait proposé le matin, car le soir, ce soir, elle devait aider Bessie et Bodie au Bed & Breakfast. Il voulait profiter de ces trois jours, certes, mais il ne pousserait pas l’égoïsme jusqu’à changer l’emploi du temps de Joey. Le Bed & Breakfast à besoin de toi !

Joey, le regard langoureux: - Pas autant que j’ai besoin de toi, Pacey…

Pacey chavira. En d’autres circonstances, sans sorcellerie, il l’aurait emmenée loin d’ici, faisant fi des contraintes de leur quotidien à Capeside. Mais il l’avait déjà suffisamment transformée aux yeux de tous, il ne supporterait pas davantage de culpabilité quand le lundi fatidique arriverait.

Pacey : - Je viens te chercher demain matin. On aura toute la journée pour nous…

Elle ne résista pas. Il prenait si bien soin d’elle… Elle se sentait tellement en sécurité avec lui…
Il la raccompagna. Peu avant d’arriver devant la maison des Potter, il préféra la laisser se diriger seule vers la porte. Avant de s’éclipser, il lui promit de venir la chercher demain à la première heure. Elle lui avait souri tendrement. Ils s’étaient alors embrassés, espérant voir vite passer les longues heures qui allaient les séparer d’ici le lendemain matin.

Pacey fut réveillé par un drôle de bruit. Il se redressa sur son lit. Il s’était endormi tout habillé. Il jeta un œil à son réveil : 04h04.
Le bruit se reproduit. Comme si quelqu’un jetait des cailloux à la fenêtre de sa chambre, cherchant sciemment à le réveiller.
Il se leva et se dirigea vers la fenêtre en se frottant les yeux. Il l’ouvrit et mit le nez dehors. La nuit était plus que fraîche.


Une voix, chuchotant : - Pssst… Psssssst ! Pacey !
Pacey dirigea son regard vers la voix. Le ciel était étoilé et la lune, pas tout à fait ronde, éclairait l’endroit où il avait cru entendre la voix.

La voix : - Je suis là !
Joey lui faisait de grands signes de la main.

Pacey : - Tu es venue ici en pleine nuit et par ce froid ???
Joey : - Je n’en pouvais plus d’attendre Pacey… Impossible de dormir, il fallait que je te voie…
Pacey : - Pourquoi ? Qu’est-ce-qui se passe ??
Joey : - Rien ! Je ne peux pas me passer de toi, mon amour…

Ninolito  (19.10.2005 à 14:21)
Pacey, chuchotant plus fort : - Attends, j’arrive !

Il s’habilla à la hâte, enfila un gros pull et descendit les escaliers à pas de loup.
Quand il sortit enfin de la maison, il retrouva Joey qui s’était assise sur les marches des escaliers devant la porte d'entrée…

Quand elle le vit, elle se leva et se précipita vers lui pour se lover dans ses bras. Il l’enlaça tendrement, respirant le parfum de ses cheveux comme pour mieux s’imprégner d’elle.
Elle releva la tête et leva vers lui des yeux d’amoureuse enfin rassurée d’être dans les bras de l’homme qu’elle aimait.


Joey, murmurant dans un souffle : - Ne me quitte plus jamais, Pace…
Pacey, tout doucement, la regardant avec émotion : - Jo… Il caressa doucement sa joue du dos de la main …Je te le promets…

Ils continuaient à se regarder, oubliant presque où ils étaient. Qu’allait-il faire à cette heure avancée de la nuit ? Où aller ? Ils devaient avoir les mêmes interrogations, car Joey, toujours recroquevillée dans les bras de Pacey comme une enfant boudeuse, releva brusquement la tête et dit :

Joey : - Allons nous-en Pace… Je veux partir loin d’ici.
Pacey : - Mais où veux-tu aller ? Il n’y a pas grand-chose à faire à Capeside à cette heure-ci…
Joey : - Il y a toujours ton voilier…
Pacey : - Mais je n’ai pas fini de le retaper, je ne sais même pas s’il est paré pour naviguer !

C’est là qu’elle lui fit sa moue. Il revit son visage de petite fille… Cette moue, il la connaissait par cœur. Ainsi, c’était pour que l’on cède à ses caprices qu’elle faisait ça… Avec quel bonheur il céda !



*******************



Le jour se levait à peine quand ils prirent la mer. Le soleil commençait à peine à pointer sur l’horizon, projetant une lumière pas encore tout à fait éclatante. Une de ces luminosités qui vous faisaient aimer la vie, rien que pour avoir eu le plaisir de vivre cet instant. La journée promettait d’être belle. Pacey tenait la barre, Joey était assise près de lui, elle fermait les yeux, laissant la brise fraîche mêlée au vent lui caresser le visage.


Joey : - Ils avaient bien dit qu’il allait faire beau ce week-end, hier à la météo.

Ainsi elle se souvenait de tout ce qui s’était passé la veille…, mais vivait les choses sous un autre angle.
Evidemment… c’est lundi qu’elle ne se souviendrait plus de rien de ces trois jours.
Pacey se demandait si elle ne se souviendrait vraiment plus de rien du tout, ou s’il lui resterait quand même quelques traces de-ci de-là au fin fond de sa mémoire…
Non... il ne voulait pas que leur amour disparaisse si brutalement. Il ne savait pas comment il supporterait cette petite mort.

Alors Pacey saisit la balle au bond.

Pacey, essayant de trouver ses mots : - Joey, j’aurais voulu te parler de quelque chose qui me tracasse…
Joey, ouvrant les yeux, elle tourna la tête vers lui : - Oui ? Dis-moi…
Pacey, regardant toujours la mer droit devant lui, c’était peut-être plus facile pour dire ce qu’il avait à dire… : - Et bien… Je voudrais que tu saches combien je t’aime... Je ne sais même pas si j’arrive à te montrer tout ce que je peux ressentir pour toi tellement c’est fort… Elle le regardait tendrement. Il crut voir ses yeux s’humidifier un peu… Alors je voudrais que tu saches que quoiqu’il arrive…, sa voix se troublait, …quoique je fasse, si un jour je t’ai blessée, souviens-toi toujours que mes intentions n’auront jamais été de te faire du mal… C’est bien la dernière chose que je souhaiterais, te faire du mal… Si un jour ça devait arriver… puisses-tu toujours essayer de me pardonner… Même un tout petit peu… Je voudrais que tu m’en fasses la promesse, Jo…

Il baissa les yeux vers elle. Joey le regardait toujours, émue. Elle se leva, lui entoura la taille de ses bras et déposa un baiser sur son front. Elle regarda la mer avec lui. Enfin, elle cala sa tête sur l’épaule de Pacey et ne bougea plus.

Du ponton, on pouvait deviner deux silhouettes enlacées s’éloigner vers l’horizon, se laissant guider par la brise. Ils iraient là où le vent les mènerait.


Ninolito  (19.10.2005 à 20:40)
Magique. C’est le mot. Joey et Pacey se sont arrêtés dans une petite ville côtière, pas très loin de Providence. Le lieu avait tout le cachet d’un petit village de pêcheurs, avec ses petits pontons pour vous accueillir, ses petites maisons pittoresques les unes à côtés des autres, de toutes les couleurs.

Ils se promenaient, pêchaient, mangeaient des brochettes grillées de toutes sortes de poisson qu’ils pouvaient attraper, tout cela au gré de leurs envies du moment. Ils n’avaient pas d’horaire. Ici, le temps qui passe était le cadet de leurs soucis. Surtout pour Pacey. Porté par le tourbillon du moment, il essayait d'oublier un peu ses appréhensions du retour, de la réaction de Joey, de la fin de leur histoire d’amour…

La fin ? Avec tout le recul du monde, Pacey ne pouvait pas y croire : quand ils n’étaient pas emmitouflés dans les bras de l’autre à s’embrasser ou à se regarder sans se sentir obligés de parler, ils marchaient main dans la main, se frôlaient, câlinaient la main de l’autre, ou son bras, ou sa nuque, ou sa joue, ses cheveux… Ils étaient toujours à proximité l’un de l’autre, tout près, comme si une plus grande distance qu’il y aurait pu avoir entre eux allait emporter avec elle le meilleur de ce qu’ils étaient, le plus précieux, le plus vital…
Le silence entre eux n’était jamais gênant. Qu’est-ce-que cela pouvait-il vouloir dire d’autre, sinon que l’on est tout simplement en compagnie de la personne avec qui l’on peut être soi sans rien avoir à prouver ?

Etre soi… Voilà la zone d’ombre que Pacey chercha à éviter tout le long de leur escapade en amoureux : lui il était bel et bien lui, pas de doute là-dessus. Mais Joey ? C'était elle qui avait été ensorcellée... Et les sentiments de Joey dans tout ça ? Trop pris par le moment pour y réfléchir posément, Pacey n’arrivait pas à aller au bout de son raisonnement quand ces questions-là s’imposaient à son esprit. Et puis, sera-t-il jamais capable d’y réfléchir posément ? Ou même : de trouver des réponses un jour ? Il savait que c’était trop tard. Il garderait ces trois jours comme le plus merveilleux de ses souvenirs, mais aussi comme le plus douloureux… Il y avait mis tant de lui-même… Plus que ça même: Le samedi soir après leur repas frugal, ils s’étaient installés à l’avant du voilier pour observer les étoiles. Pacey enlaçait Joey qui était assise devant lui.


Joey, pointant du doigt un endroit précis dans le ciel : - Celle-là, juste à droite de la lune. C’est ma préférée.
Pacey, levant le nez au ciel: - Pourquoi ?
Joey : - Parce que j’ai l’impression qu’elle clignote et qu’elle me parle.
Pacey, chuchotant doucement à l’oreille de Joey : - Et elle te dit quoi ?
Joey, collant à son tour sa bouche à l’oreille de Pacey, elle murmura : - Elle me dit que j’ai enfin trouvé tout ce que je cherchais. Alors elle me félicite en me faisant des clins d’œil.

Pacey lui sourit tendrement. Ils tournèrent à nouveau leur regard vers le ciel et restèrent là un bon moment, sans dire un mot.

Joey, perdue dans ses pensées, elle dit spontanément : - Je fais ça depuis toute petite.
Pacey : - Quoi ?
Joey : - Bavarder avec les étoiles. C’était mon secret quand j’étais triste et que je n’avais envie de parler à personne. Pas même à Dawson. Il ne l’a jamais su, d’ailleurs…

Pacey était profondément ému. Elle venait de lui confier quelque chose qu’elle n’avait jamais dit à personne. « Pas même à Dawson »…
Pacey, observant toujours les étoiles : - Moi, je faisais des vœux en regardant l’heure.
Joey : - L’heure ?
Pacey regarda sa montre.
Pacey : - Tiens, par exemple : il est minuit pile. 0h00. Il faut faire un vœu. Croise les doigts et ne le dis jamais à personne. Peut-être qu’il se réalisera.
Amusée, Joey croisa les doigts en plissant fort les yeux. Pacey ne l’imita pas. Il venait à son tour de lui confier un secret qu’il n’avait jamais dit à personne. Il préférait la regarder encore et encore, sentir sa douceur, sa peau…

Joey rouvrit les yeux. Elle tourna la tête vers lui et planta un regard intense dans le sien. Elle scrutait tour à tour chaque pupille des yeux de Pacey. Ce dernier vit que son regard pétillait. Il en fut troublé.

Joey, avec toute sa douceur : - J’espère qu’il se réalisera…

Elle l’embrassa doucement, puis de plus en plus frénétiquement. Pacey bascula en arrière entraînant Joey avec lui, puis dans leur élan, il se retrouva doucement sur elle. Il détacha un instant ses lèvres des siennes et la regarda alors, en arrangeant une mèche de cheveux sur le front de Joey. Cette dernière entourait de ses mains le visage de Pacey.
Pacey poussa un profond soupir de bien-être… Mais aussi de résignation. Joey avait l’air très confiante avec lui. Et ça le touchait plus que tout. Elle avait l’air libérée de toutes ses inhibitions…
Mais ils ne feraient rien. Ca, il ne le voulait pas. Pas comme ça. Il avait fait tout ça pour être avec elle, et aussi parce qu’il ne supportait plus la douleur de son désespoir qui avait atteint un point de non-retour.
Il trouvait cela déjà suffisamment égoïste de sa part, alors hors de question de profiter davantage de la situation. Il ne voulait pas se dégoûter à chaque fois qu’il verrait son reflet dans un miroir par la suite.
Lundi, elle redeviendrait cette personne que tout le monde a toujours connue, lui le premier. Pour lui, il n’y avait qu’une seule et unique Joey. Celle d’hier, celle de maintenant, celle de demain. Il était tombée fou amoureux d’une seule et même personne : elle. Pour lui, il n’y avait absolument rien de compliqué là-dedans. C’était même la seule idée qui lui paraissait claire, quand il se mettait à penser au retour à la réalité.

Il se redressa et releva Joey en lui tenant la main. Ils se tenaient maintenant sur les genoux, face à face, levant des bras un peu repliés, leurs paumes de mains posées contre celles de l’autre.
Ils s’observaient. Puis, Pacey lui prit la main, l’obligeant à se relever avec lui.


Pacey : - Viens…
Elle se laissa entraîner à l’intérieur. Il s’allongea alors dans le hamac et l’invita à venir s’allonger à côté de lui. Une fois installée, Joey posa sa tête sur l’épaule de Pacey qui allongea son bras derrière le cou de cette dernière.

Pacey : - Tu sais ce que j’aimerais qu’on fasse, là tout de suite ? Elle leva vers lui des yeux impatients de curiosité. Il poursuivit : Je voudrais qu’on se raconte nos histoires préférées, celles qui ont bercé notre enfance, qui nous ont fait rêver…Joey le regarda, silencieuse. Pacey lui chuchota alors à l’oreille : Dis-moi la tienne…

Joey réfléchit. Puis elle leva brusquement un doigt en haussant les sourcils. Elle se souvenait.
Joey, imitant un son de cloche : - Ding-ding-ding… Puis, se tournant vers Pacey : Ouvre grand tes oreilles, mon amour…


Ninolito  (20.10.2005 à 18:02)
Pacey : - Il vaut mieux que tu rentres maintenant.
Au beau milieu de la nuit, une pluie fine se mit à tomber sur Capeside.

Pacey regarda Joey. Comme s’il voulait mémoriser son regard une dernière fois. Le visage de Joey était parsemé de petites gouttes de pluie. Sa chevelure semblait recouverte d’une poussière de petits diamants.
Il lui prit le visage entre ses deux mains.

Pacey : - A demain, Jo. Et n’oublie jamais… Il s’interrompit. Joey le regarda. A demain… répéta-t-il dans un souffle.
Joey : - A demain, mon amour…
Ils s’embrassèrent longuement. Doucement. Ils grelottaient de tous leurs membres. Seules leurs lèvres semblaient aussi brûlantes qu’un feu de joie au milieu de nulle part, dans le froid humide de cette nuit-là.

Avant de libérer le visage de Joey, Pacey fit glisser le dos de ses mains le long des joues de Joey, puis de son cou. Il fallait qu’il parte maintenant, ou il n’y arriverait jamais.
Sans vraiment comprendre, Joey devina la tristesse de Pacey. Elle le laissa se détacher d’elle. A présent, il serrait ses deux mains entre les siennes et lui lançait un regard de soldat qui dit un dernier adieu à son amour avant de repartir au front, ne sachant pas s’il allait revenir un jour.
Pourquoi la regardait-il ainsi ? Comme s’il n’allait jamais la revoir ? Elle planta alors un regard déterminé dans les yeux de Pacey.


Joey, serrant très fort les mains de Pacey dans les siennes : - Je suis pressée d’être demain. Je t’…
Pacey posa un index sur ses lèvres et l’embrassa à nouveau. Furtivement cette fois-ci. Puis il colla son front contre le sien et ferma les yeux, comme s’il voulait lui transmettre tout son amour uniquement par ce geste. Enfin, il la regarda, lui libéra les mains et attendit qu’elle s’engage dans l’allée qui menait à l’entrée du B&B. Avant d’ouvrir la porte, elle se retourna.
Il se mit à pleuvoir plus fort si bien qu’on n’y voyait presque plus rien. Mais Pacey resta planté là. Il était trempé.
Il ne savait pas si sa vue lui jouait des tours mais il avait cru lire sur les lèvres de Joey un « Je t’aime » chuchoté dans un souffle, juste avant qu’elle ne referme la porte derrière elle et qu’elle ne disparaisse pour de bon.

Au bout d’un long moment, Pacey se retourna enfin.
« Et n’oublie pas que je t’aime » chuchota-t-il avant de s’en aller.
Les larmes ruisselaient sur son visage, se mélangeant à la pluie qui tombait en trombes.

Au loin, l’orage grondait.



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3h59

La pluie qui déferlait sur Capeside depuis maintenant plus de deux heures se transforma en tempête. Des éclairs se dessinaient nettement dans la noirceur du ciel, le tonnerre pétaradait. La mer s’agitait, devenait folle, des vagues violentes s’abattaient jusque sur les trottoirs de la rue d’en face qui longeait le port.

Cela faisait plus de dix ans que pareil orage ne s’était pas abattu sur la ville.



******************************


Lundi 16. 11h26

Joey se réveilla en sursaut. Elle était en sueur. Elle jeta un regard autour d’elle. Sa chambre était un véritable champ de bataille. Elle regarda son réveil. Il clignotait, indiquant « 0h00 » de manière répétitive. Elle paniqua. Un orage avait dû provoquer une coupure de courant dans la nuit. Quelle heure pouvait-il bien être ?? Elle se leva nerveusement et se précipita dans la chambre de son frère.
Le lit était fait. Personne. Elle s’approcha de la table de nuit à côté du lit de Jack dont le réveil fonctionnait, apparemment. Il avait dû le remettre à l’heure.
11h30 !!! Pourquoi ne l’avait-il pas réveillée ???
Elle s’assit sur le lit, prise d’un brusque mal de tête. Elle essaya de se calmer pour reprendre ses esprits. Elle ne se souvenait pas avoir été malade ou avoir eu du mal à s’endormir cette nuit… Elle se souvenait qu’elle avait pleuré… Que Jack l’avait consolée… De quoi déjà ?
AJ et elle, lui semblait-il… Pourtant elle l’avait eu au téléphone AJ. Même qu’il était à un colloque de littérature à Boston. Aujourd’hui, on était vendredi, elle n’avait pas d’interro ou de devoir à rendre. Ouf ! Elle venait de rater une matinée de cours, elle détestait ça, mais comme ça ne lui arrivait jamais, elle pensait pouvoir compter sur l’indulgence du principal Green. Pour une fois que c’était elle. N’empêche, Jack allait l’entendre! Elle qui le tirait de son lit tous les matins pour ne pas qu’il arrive encore en retard !! Elle était furieuse.

Au fait, elle ne devait pas faire un truc ce matin ? Elle reprit le cours de ses idées à partir de sa conversation téléphonique avec AJ. Le téléphone, ça lui disait bien quelque chose… Pacey ne devait-il pas passer tôt ce matin ou quelque chose comme ça? Il lui semblait bien que oui. Alors dans ce cas, pourquoi personne ne l’avait réveillée ?? Joey ne comprenait plus rien. Elle éternua. Voilà autre chose. Elle jeta un œil à la fenêtre. Il faisait gris et le sol semblait humide. « Même les bulletins météo sont mensongers » pensa-t-elle.
La pluie, ça lui disait bien quelque chose, mais dans son sommeil, elle ne se voyait pas être sortie au beau milieu de la nuit. Elle en avait sans doute rêvé. Machinalement, elle regarda son poignet droit. Où était passé le bracelet de sa mère ? Elle se souvenait parfaitement s’être endormie avec.
Elle repartit tout de go dans sa chambre et chercha sous les couvertures. Elle sentit quelque chose sous ses doigts. Ah! Elle sortit sa main de sous les draps pour admirer sa trouvaille. Quelle ne fût pas sa stupeur quand elle constata que ce n’était pas le bracelet de sa mère mais un collier qu’elle n’avait absolument jamais vu de sa vie. Joli collier au demeurant… Très joli même, avec un pendentif en forme de petite étoile, mais inconnu jusqu’alors de sa boîte à bijoux.

Elle s’assit sur son lit, lasse. Elle se sentait bizarre. En y repensant, elle se souvint vaguement de la journée de la veille où il lui avait semblé avoir passé une drôle journée. Elle essaya de rassembler ses idées. Non, rien ne lui revenait pour l’instant. Son ventre gargouilla. Elle avait faim. Elle se leva et quitta sa chambre.



***********************


« Excuse-moi pour hier soir, ma chérie… C’est que je n’ai jamais eu si peur de toute ma vie. Je sais bien que je ne suis pas très attentive ces derniers temps… Avec le travail au B&B et Alexander qui demande beaucoup d’attention, on n’a pas trop le temps de se parler toutes les deux. J’espère que l’on pourra en discuter ce soir à tête reposée…
Là, nous sommes partis faire les courses du mois au marché en gros de Providence avec Bodie. On sera là en fin d’après-midi. Je n’ai pas voulu te réveiller ce matin, je me suis dit que tu avais besoin de te reposer après tout ça.

A ce soir, je t’embrasse comme je t’aime,

Bessie. »

Joey regarda la feuille de papier laissée par sa sœur sur la porte du frigidaire, les yeux comme deux ronds de flan. Elle ne comprenait rien à ce charabia et ça l’inquiétait sérieusement. « Excuse-moi pour hier soir… Tu as besoin de te reposer après tout ça… » Mais de quoi parlait-elle ??
Il fallait qu'elle se calme. Il fallait qu'elle recouvre ses esprits.
Elle se servit une tasse de café et s’assit à la table de la cuisine. Elle se sentait dépassée.
Son regard se posa sur la marmite qui trônait sur la cuisinière. Soudain, l’image de Pacey lui apparut brutalement. La marmite, Pacey… Tout ça lui disait vaguement quelque chose… Elle secoua énergiquement la tête et fut à nouveau prise d’un violent mal de tête. Elle regarda l’horloge. 11h51. Elle décida de se préparer pour aller en cours. Avant, elle passerait au drugstore acheter de l’aspirine, elle en avait bien besoin. Peut-être que cela lui remettrait les idées en place.
Elle soupira puis se dirigea vers la salle de bains.


Ninolito  (03.11.2005 à 21:12)
Joey entra dans le drugstore. Elle se dirigea directement vers le rayon des médicaments. Elle ne savait pas si c’était son mal de tête ou si elle était devenue parano, mais durant tout le trajet, elle avait eu l’impression que les gens la regardaient bizarrement. Pire, quand elle passait, elle en avait vu qui avaient interrompu leur conversation. Cette journée était vraiment des plus enigmatiques…
Alors qu’elle cherchait de l’aspirine sur l’une des étagères, en baissant les yeux, son regard croisa celui d’un petit blondinet qui l’observait attentivement.


Joey : - Buzz ? Qu’est-ce-que tu fais là ?
Buzz : - Ma mère est venue me chercher pour manger avec elle ce midi… J’ai le droit de choisir des bonbons…
Joey : - Et ben tu t’es trompé de rayon ! Y a que des pastilles Valda ici…
Buzz : - Je sais mais je t’ai vue arriver, alors je suis venu te voir. Je suis curieux de savoir !
Joey, interloquée : - « De savoir » ? Savoir quoi, Buzz ?
Buzz affichait un petit sourire en coin.
Buzz, l’œil malicieux : - Ben, tu sais…
Il avait dit cela comme s’il détenait à lui tout seul le secret de fabrication du Nutella.
Joey, amusée : - Non, je ne sais pas mais mon petit doigt me dit que toi, tu sais…
Buzz, l’œil pétillant de curiosité : - Alors… ? Toi et Picey ? Racoooooooooooonte !!
Joey, surprise : - Moi et Pacey ??? Buzz la regarda en haussant les sourcils plusieurs fois de suite. Mais tu vas où là ?
Buzz, avec la mine de celui qui a tout compris : - Moi je vais nulle part, par contre vous deux, je sais pas où vous êtes allés mais on n’a entendu parler que de ça, ce week-end… Moi, je me suis pas inquiété, je savais…
Joey, anxieuse : - Ce week end ? On n’est pas encore ce week-end Buzz. On n’est que vendredi, là !
Buzz la regarda en se demandant d’où Joey pouvait bien débarquer pour avoir perdu la notion du temps.
Buzz, désabusé : - On dit que l’amour rente-à-beugle, mais pas qu’il fait se tromper de date ! On est lundi, poupée.
Joey, la voix incertaine : - Vendredi Buzz. Et m’appelle pas poupée.
Buzz prit un des journaux gratuits exposés en self-service à chaque rayon et le tendit à Joey.
Buzz : - T’as qu’à lire la date…

Joey regarda la première page. A la une, le gros titre de la journée : « Tempête sur Capeside. Du jamais vu depuis 1990 ». Elle lut la date en haut à droite : « Lundi 16 Mars ». Cette fois-ci, elle avait la certitude que quelque chose ne tournait pas rond. Déjà ce matin, personne ne l’avait réveillée, ensuite le mot au sens caché de Bessie, les flash back mystérieux qui lui revenaient d’on ne sait où… Elle fut alors prise d’une angoisse violente, ravivant de plus belle sa migraine.

Buzz, effaré : - Mais tu trembles ? Qu’est-ce-qui t’arrive ?
Joey essayait de respirer doucement. Au prix d’un incroyable effort, elle s’accroupit pour se retrouver à la même hauteur que Buzz. Elle obligea ce dernier à la regarder bien en face.
Joey, essayant de garder son sang froid, ses mains tremblaient : - Buzz… C’est quoi cette histoire à propos de moi et Pacey, ce week end ?
Buzz la regarda, il était effrayé. Il ne comprenait rien, mais il pressentait bien qu’il avait trop parlé apparemment.
Joey : - Buzz ?
Buzz réfléchissait à toute allure. Vite, dire quelque chose qui fasse oublier à Joey ce qu’il avait commencé à raconter. Ca y est : il avait trouvé.
Buzz : - Hein ???
Joey, commençant sérieusement à perdre patience : - Ca suffit, Buzz !! J’en ai marre ! Je deviens tarée, là !! Tout ça, c’est dingue !! Je vais devenir folle si ça continue !! Hein !! C’est pas ça que tu veux, dis ??? C’est pas ça qu… ??? Mais… ???
Le regard de Joey venait de s’arrêter sur le panier à commission qu’une cliente venait de poser non loin d’eux, le temps de prendre un produit perché en haut d’une des étagères. Joey regarda la brique de lait posée entre autres denrées dans le panier. Sur le côté de la brique, on pouvait lire : « Disparus dans la nuit du 13 au 14 mars. Si vous avez la moindre information à communiquer concernant ces deux adolescents, merci de contacter le Shérif Witter au commissariat de Capeside au : 555-678- … ».
Au-dessus du texte, Joey reconnut sa photo… à côté de celle de Pacey.

Ninolito  (04.11.2005 à 17:51)
Joey sentit ses jambes se dérober sous elle. Elle vacilla. Elle se retrouva assise à même le sol en plein milieu du drugstore. Prise de sueur, elle haletait, sa vue se troubla. La gorge sèche, elle essaya tant bien que mal de se relever. Il fallait qu’elle en ait le cœur net. Une fois debout, ne prêtant même plus attention à Buzz qui la regardait abasourdi, elle se retourna et se dirigea d’un pas pressé vers l’autre bout de l’allée. Buzz la suivit, il avait peur.

Arrivée au rayon des produits laitiers, elle s’arrêta.
Trois immenses rangées de briques de lait se succédaient. Toutes exactement identiques les unes aux autres : en un nombre infini d’exemplaires, elle put reconnaître à nouveau la photo de Pacey et la sienne, côte à côte. Elle les toucha, en prit plusieurs les unes après les autres, les regardant comme pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Pas de doute. C’était bien elle sur la photo. Et c’était bien Pacey à côté d’elle. C’était un cauchemar. Un cauchemar de ne rien comprendre. Comment avait-elle pu être victime d’une disparition sans en avoir aucun souvenir ?? Ce matin encore, elle était persuadée d’être vendredi. Pire qu’une disparition physique, c’était sa mémoire qui avait disparu. Comme si son être tout entier s’était volatilisé pendant 3 jours. Tout ce qu’elle était, sa mémoire, ses pensées, tout.

La bouche entrouverte, Joey était figée, sous le choc. Ses yeux fixaient le vague. Elle flottait presque, absorbée dans un état second, comme si son esprit l’aidait à fuir cette réalité trop absurde. Où était la vérité dans tout ça ?


Buzz, tout doucement: Joey ?
Joey tourna la tête vers lui mais c’était comme si elle ne le voyait pas.
Buzz : Joey ? répéta-t-il. Précautionneusement, il lui prit la main. Elle se laissa faire. Viens… Il l’entraîna vers la sortie.

Ninolito  (06.11.2005 à 00:22)
Buzz, essayant d’attirer l’attention de Joey avec qui il était maintenant devant le drugstore : Tu veux que je marche avec toi jusqu’à chez toi ?
Joey ne répondit pas. Elle fixait toujours le vague. Buzz était bien embêté là. Sa mère n’allait pas tarder à sortir du magasin avec les courses…

Buzz : Joey…
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Brutalement, Joey le saisit par le col de sa chemise. Les pieds de Buzz étaient presque décollés du sol.
Joey, froidement : Raconte. Vite.
Son regard était menaçant. Buzz avait entendu dire par Pacey qu’elle avait un caractère de cochon mais pas qu’elle pouvait se transformer en karatéka quand elle s’énervait. En tout cas lui, il ne trouvait pas ça séduisant du tout. Il la regarda, stupéfait.

Buzz, le col toujours aux prises entre les poings de Joey : - Raconter quoi ? J’étais pas avec vous, moi !
Joey : - Bah moi non plus j’étais pas avec nous, tu vois !!! Pour moi, là je suis vendredi et j’étais très bien jusqu’à ce que je te rencontre !! Pourquoi on nous a cherché d’abord ?? Et pourquoi on est lundi ?? Hein ??
Buzz : - Mais je sais pas moi ! Joey serra les dents. Elle ne plaisantait pas. Bon, d’accord… Je vais te dire ce que je sais, mais d’abord repose-moi par terre steuplé…
Suspicieuse, Joey le regarda attentivement.
Joey : - T’as pas intérêt à partir en courant…
Il fit non de la tête. Il n’avait pas l’intention de mourir aujourd’hui.
Enfin, elle se résolut à le lâcher.

Buzz, replaçant son col de chemise et essayant de respirer mieux : - Pouh… J’avais entendu dire que t’étais pas commode dans tes mauvais jours, mais là…
Joey, le sourcil froncé, elle dit sèchement : - Qu’est-ce-que tu sais de moi, d’abord ?
Buzz : - Non, rien…’Fin pas grand-chose à part quelques trucs que me raconte Picey.
Joey : - Pacey! Pacey avec un “è” comme dans “Pacey”!!
Buzz, dépassé : - Oui, bon, si tu y tiens…
Joey, autoritaire : - J’y tiens.
Buzz ne voyait pas le rapport. Elle s’énervait vraiment pour un rien, c’est pas possible. Mais à la voir défendre ainsi le prénom de Pacey, ça le rassurait un peu. Ca voulait sûrement dire qu’il y avait bien eu quelque chose entre ces deux-là, comme l’avait espéré Pacey…
Buzz : - Très bien: et ben toi et ton Paaaaaaaaacey, vous êtes partis ensembles pendant deux jours. Voilà. Et apparemment vous avez prévenu personne parce que tout le monde vous a cherché à Capeside et dans les environs. La police s’y est mise tout de suite, forcément, Pacey est le fils du shérif… Et voilà.
Joey : - Et voilà !! Tu trouves ça clair peut-être ??
Buzz : - Je vois pas ce que je peux te dire de plus !!
Joey : - Qui te dit qu’on était ensembles d’abord ??? Si ça se trouve, on a disparu chacun de notre côté ??
Buzz : - C’est ça, et comme par hasard, vous êtes rentrés chez vous hier soir la bouche-en-beurre, à peu près à la même heure…
Joey : - Et alors quoi ? On a été enlevés ?? On a subi quoi ?? Un lavage de cerveau ??
Buzz : - Meuh noooooooooon ! Je pense que vous étiez très contents de vous retrouver tout seul, si tu vois ce que je veux dire !!
Joey le regarda avec des yeux ronds, effarée.
Joey : - Hein ??? Non mais t’es pas bien ??
Buzz : J’t’e f’rais dire que pour l’instant, c’est toi qu’a pas l’air bien. De toutes façons, je vous trouve tous bizarres, j’espère pas devenir comme vous et devoir jeter des sorts et faire répéter une pièce de théâtre pour draguer une fille. Vraiment. J’ai deux-trois trucs à vous apprendre si tu veux mon avis…
Une pièce de théâtre ? Mais il lui semblait bien que c’était pour ça que Pacey devait venir tôt ce matin, ou plutôt l’autre jour, peu importe…
Joey, cherchant confirmation : - Quelle pièce de théâtre, Buzz ?
Buzz : - Ca aussi t’as oublié ?? Mais il t’a vraiment fait tourner la tête, c’est pas possible, !!
Joey : - Mais qui ??
Buzz : - Tu te souviens pas avoir aidé Pacey à répéter sa pièce de Théâtre ?
Joey : - Maintenant que tu m’en parles, ça me dit quelque chose… Elle secoua légèrement la tête. Admettons. Mais je vois pas en quoi Pacey m’aurait fait tourner la tête… ?
Buzz, incrédule : - Quoi, t’as tout gobé ? T’avais pas compris ? Bah mince alors !! Je croyais qu’il blaguait moi quand il disait que tu ne te douterais de rien! Je croyais qu’il te l’avait dit au moins!!
Joey, exaspérée : - Mais dit quoi, Buzz ???

L’envie de rire de Buzz le quitta tout net.
Après réflexion, il ne voyait pas pourquoi Pacey aurait demandé l’autorisation à Joey à savoir s’il pouvait lui jeter un sort pour qu’elle tombe amoureuse de lui. Evidemment que Joey ne savait rien. Evidemment que Pacey ne lui avait rien dit. Logique. Et lui Buzz, il avait encore tout compris de travers. Bravo.

Buzz, à présent figé : - Ah… Oups. J’en connais un qui va essayer de me tuer...

Une voix au loin : - Buzz !!!
Buzz se retourna. Sa mère lui faisait de grands signes. Ouf… Sauvé.
Buzz : - Ah ! Il faut que j’y aille ! Il commença à partir précipitamment. Puis, pris de remords, il se ravisa et se retourna pour regarder Joey. Elle semblait perdue. Et c’était par sa faute. Il revint alors sur ses pas et s’approcha doucement de Joey. Tu veux que ma maman te dépose chez toi, Joey ?
Joey releva la tête vers lui, surprise de le voir encore là. Elle ne savait plus quoi penser. Elle ne voulait plus penser à rien. Que Buzz s’en aille. Avec lui, elle ne serait pas beaucoup plus avancée de toutes façons.
Joey : - Non. Faut que j’aille en cours. En se détournant, elle leva une main lasse vers Buzz : A plus, Buzz.

Buzz la regarda s’en aller. Il était inquiet pour elle.

Ninolito  (06.11.2005 à 01:49)
Jen s’adossa à son casier, tenant ses livres contre elle. Elle tourna la tête. Par où commencer dans ces cas-là ?
Jen, hésitante : - Comment tu te sens ?

Pacey ferma la porte de son casier et la regarda droit dans les yeux. En voyant son visage, Jen resta stupéfaite.
Pacey : - Bah voilà, t’as la réponse.
Jen : - Qui t’a fait ça ? dit elle, n’arrivant pas à décrocher son regard de l’énorme coquard qui entourait l’œil gauche de Pacey.
Pacey, sèchement : - Devine ?
Pacey commença à s’en aller. Jen le suivit, marchant à présent à ses côtés.
Jen : - Ton père… ?
Pacey s’arrêta et se tourna vers Jen.
Pacey : - Qui d’autre à ton avis ? De toutes façons, je m’en tape. Qu’il aille se faire foutre.
Jen : - C’est pas une excuse mais tu peux comprendre qu’il était super inquiet... Comme la sœur de Joey… T’aurais pas dû l’emmener, Pace…
Pacey : -Ecoute : je viens de passer les trois jours les plus extraordinaires de toute ma vie. De toute ma vie ! Alors me prendre un gnon par mon père, tu vois à côté, ça pèse pas lourd. Et à côté de ce qui m’attend aujourd’hui non plus !
Jen, devinant de quoi Pacey voulait parler : - Tu vas le dire à Joey ?
Pacey, reprenant sa marche : - Oui, je vais le dire à Joey. Je vais lui dire parce que pour beaucoup de gens ici au lycée, elle a eu une attitude bizarre, on était tout le temps collés l’un à l’autre, tout le monde croit qu’on sort encore ensemble à l’heure qu’il est, alors qu’elle, si ça se passe comme tu l’as dit, elle ne se souvient même pas qu’on est sortis ensemble !! Donc c’est sûr, elle va rien comprendre. Et je préfère que ce soit par moi qu’elle l’apprenne plutôt que…
Jen : - Comptes sur moi, il ne dira rien, je te le garantis.
Pacey :- Comment ça ?
Jen : - J’ai ma petite idée sur la question, t’en sauras pas plus pour l’instant.
Pacey ne chercha pas plus loin. Il avait d’autres préoccupations en tête.
Pacey, la voix anxieuse : - Tu as vu Joey ce matin ?
Jen : - Non... Mais j’ai demandé à Jack, il m’a dit qu’hier soir elle avait passé un très mauvais quart d’heure avec Bessie. Ils ont été morts d’inquiétude pendant tout le week end…
Pacey, baissant la tête : - Je sais bien…
Jen : - Il ne vaut mieux pas que tu croises le chemin de Jack aujourd’hui, il te tient pour responsable de la « fugue » de Joey…
Pacey, levant les bras en signe d’impuissance : - Génial. Il ne manquait plus que ça. Au fait, Jen…
Jen : - Non, je n’ai rien dit à personne. Pas même à Grams qui n’a pas trop fait le lien entre votre « disparition » et nos « expériences de biologie » de la semaine dernière… Mais c’était moins une, parce que moi aussi j’ai fini par me demander ce qu’il se passait, j’ai failli aller tout raconter à la police, je te jure… Dawson est venu me voir pour me demander si je savais pas quelque chose. Il était dans tous ses états. Déjà qu’il ne reconnaissait plus Joey, alors la savoir enfuie on ne sait où…
Pacey : - De toutes façons je peux aussi dire adieu à mon amitié avec Dawson. Il sera au courant tôt ou tard. La perspective de me retrouver tout seul jusqu’à la fin de mes jours ne m’enchante pas vraiment, tu vois…
Jen : - Tu as moi. Je suis là. Je te laisserai pas tomber, Pace.




****************************




Drue entra dans le vestiaire. Il était énervé. Perdre un match de basket à deux minutes de la fin, il n’y avait rien de plus rageant. Il commença à se déshabiller pour aller prendre sa douche.


- Hé ! Qu’est-ce-que tu fais là ? C’est le vestiaire des garçons, c’est marqué sur la porte !!
- Ccchhh… je ne fais que passer…
- Mais c’est les affaires de Drue que tu prends, là ! C’est bon, va te rincer l’œil ailleurs ! Non mais je rêve !! Hé ! Les gars, y a une…
- Ecoute, si tu dis rien je t’arrange un rendez-vous avec qui tu veux dans l’équipe des pom-pom girls. Je suis capitaine, c’est moi qui commande. Alors ? T’en dis ?
Le jeune sportif regarda Jen avec méfiance. Spéciale comme capitaine des pom-pom girls…
Elève Basketteur, convaincu : - Vendu.
Jen : - Génial. Elle lui tendit la paume de sa main. « Tapes-en 5 », se moqua-t-elle en levant discrètement les yeux au ciel. Ce qu’il ne fallait pas faire…
Elle topa la main du garçon avec un sourire faussement décontracté et quitta le vestiaire, les bras chargé de ce qu’elle était venue « emprunter momentanément ».

Ninolito  (07.11.2005 à 15:56)

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