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l'incantation de Pacey

Série : Dawson's Creek
Création : 28.09.2005 à 23h13
Auteur : jenny 
Statut : Terminée

Pacey est amoureux de joey, mais joey est avec AJ.

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Drue s’apprêtait à entrer dans la douche quand il en referma la porte aussitôt .

Drue : - Oups, j’ai oublié ma serviette…

Il fit demi-tour et revint dans le vestiaire vers le banc où il avait mis ses affaires, cachant avec ses mains ses parties les plus intimes.
Drue, cherchant d’une seule main partout sur le banc : - Où sont mes fringues ?? Et ma serviette ?? Hé les gars, j’ai pas envie de rire !
Il se retourna. Ses co-équipiers lui lancèrent des regards ignorants, amusés de le voir dans cette « tenue », cachant timidement de ses deux mains ce qu’ils avaient tous en commun avec lui. Le jeune basketteur qui avait conclu un marché avec Jen n’était plus là.
Drue : - Mais c’est pas vrai ! Personne n’a rien vu, moi je suis à poil et tout le monde s’en fout !!
Soudain son regard fut attiré par une serviette qui traînait dans un coin par terre, derrière les casiers de sport. Sa serviette ! Il se précipita pour aller la ramasser. Il était sur le point de la saisir quand elle lui échappa rapidement des mains. Il entendit le bruit de quelqu’un qui s’en allait en courant vers la sortie.
Drue : - Hé !!
Il se mit à poursuivre le mystérieux voleur. Dans son énervement, il avait dû perdre ses repères, parce qu’il se dirigeait tout droit vers la sortie du vestiaire, qui donnait sur le couloir des salles de cours.
Drue : - Hep ! Toi ! Rends-moi mes affaires !! Si je t’attrape… !!
Eclats de rire général. Drue stoppa tout net. Il était planté là, en tenue d’Adam. Pour courir plus vite, il avait dû « lâcher » ses parties intimes…
Il resta là. Stupéfait. Les élèves le regardaient, hilares, n’en pouvant plus de rire, et pointant du doigt la zone de son aine, riant de plus belle à la vue de cette dernière.
Drue baissa les yeux pour voir ce qui pouvait bien être encore plus drôle à cet endroit précis.


Il n’y avait pas que son visage qui était devenu… tout vert.



Ninolito  (07.11.2005 à 17:34)
Lorsque Joey traversa le couloir pour aller chercher son billet de retard au bureau du proviseur, tous les élèves l’observaient comme s’ils voyaient apparaître une revenante. Rasant les murs, elle baissait la tête en regardant ses pieds.

- Hé !! Alors t'étais partie où ??

Joey releva la tête, terrorisée. Une jeune fille blonde comme les blés en tenue de pom-pom girl la regardait, amusée, affichant un sourire aux dents décapées à l’eau de javel.

Joey : - Heu… Excuse-moi, on se connaît ? dit-elle, la voix à peine audible.
Debbie : - Alors toi ! T’es pleine de surprise ! Tu n’étais pas là à la répétition samedi ! On t’attendait toutes avec impatience, jusqu’à ce qu’on apprenne que tu étais partie roucouler je ne sais où…
Joey en eut le souffle coupé.
Debbie : - Du coup, je ne crois pas que ce soit une bonne idée finalement…
Joey, perdue : - De quoi… ??
Debbie : - De rejoindre l’équipe. Vois-tu, ça demande de la discipline. Et de la fiabilité surtout. On était surprises que tu demandes à nous rejoindre, vendredi après-midi. Comme tu es bonne élève et qu’on a entendu dire que tu t’étais… « décoincée », on a été emballées. On a voulu en parler à Jen, notre capitaine, mais on n’en a pas eu l’occasion jusqu’à présent, elle n'est pas venue vendredi car elle était collée je crois et samedi non plus elle n'est pas venue à la répétition. Tant mieux, parce qu’on a changé d’avis. C’est mauvais pour notre réputation, une pom-pom girl qui fait des fugues… Donc, t’es virée avant d’avoir été engagée. Voilà ce que j’étais venue te dire.
Joey la regardait, éberluée…
Joey : - Ecoute, je ne sais pas de quoi tu parles et je pense que tu te trompes de personne là…
Debbie : - Comme tu y vas !! C’est toi qui es venue danser avec nous vendredi après-midi pendant qu’on répétait ! T’étais collée aussi, je crois? T’étais censée ramasser les ballons de basket et tu nous as vues… T’as foncer vers nous en nous suppliant de faire partie de l’équipe ! J’avoue que j’ai trouvé ça fun !
Joey, essayant de ne pas flancher : - Ouais, moi aussi je trouve ça « fun » ta petite histoire… Maintenant t’es gentille, tu vas voir ailleurs si j’y suis, puisque apparemment où que je sois même quand je n’y suis pas, j’ai l’air d’être là. Tu me passeras le bonjour de ma part.

Sur ces paroles, Joey commença à forcer le passage pour continuer son chemin. Debbie la pom-pom girl aux dents blanches s’écarta, ne regrettant pas le moins du monde de ne pas avoir à fréquenter cette fille. Ce qu’elle était bizarre…




***********************




Green : - C’est inadmissible ! Vous pouvez m’expliquer vous trois??
Drue et Jen étaient assis devant le bureau du proviseur, ce dernier leur faisant face en se tenant debout, à côté de sa chaise de bureau.
Drue, tournant la tête vers Jen et la fusillant du regard : - C’est pas à moi qu’il faut demander ça, Principal Green…
Jen tourna la tête vers Green, le regard innocent, se pinçant les lèvres pour ne pas rire.
Green : - Melle Lindley, ça ne me fait pas rire !! Il est évident que vous y êtes pour quelque chose ! Je vous ai vue rendre ses habits à Drue !
Jen, se tournant vers Drue : - Et justement, la moindre des choses serait de me remercier Drue, lui lança-t-elle, faussement outrée. Sans moi, Monsieur Green t’aurait vu dans le plus simple appareil.
Green, furieux : - Mais je l’ai vu dans le plus simple appareil !
Jen, levant un index explicatif : - Oui, mais de loin. Pas de près. Parce que si vous l’aviez vu de près, vous auriez pu constater qu…
Drue, essayant vainement de se défendre de ce qui lui était arrivé, phénomène dont il n'avait pas compris le mystère : - C’est mon caleçon qui a déteint, c’est tout !
Jen, avec un ton qui exprimait la pitié : - Ton caleçon il est bleu marine, Drue. J’en sais quelque chose vu que c’est moi qui ai retrouvé tes vêtements. Et tout le monde a vu que c’était vert… Elle pointa du doigt l’entrejambe de Drue, par là-bas en bas… Mais je suis bête ! Elle se tapa le front avec la paume de la main, exagérant son geste au passage. Tu sais bien où c’était vert, t’étais aux premières loges !!! Elle rit de manière volontairement niaise. Elle fit mine de se calmer et dit : C’est pas une honte, Drue. Ca se soigne sûrement ce genre de petite… verdure !!! dit-elle en se tapant sur la cuisse, comme pour dire : « Elle est bien bonne » et repartit de plus belle à se gausser grossièrement.
Drue était tremblant de rage. Jen le regardait, triomphante, satisfaite. Principal Green était désespéré.

Drue, entre ses dents : - Ca va ? Tu te fais plaisir là ?
Green, cherchant une autre victime sur qui passer ses nerfs : Et vous Coogan ?? Comment se fait-il que ce soit vous qui ayez rendu ses chaussures à Drue ??

Le co-équipier de l’équipe de basket de Drue ne savait plus où se mettre. Son regard passait de Green à Jen, à qui il envoyait des regards de noyé. Jen avait bien peur qu’il ne déballe tout. C’était lui qui l’avait vue prendre les affaires de Drue. Elle avait obtenu son silence en contrepartie d’un rendez-vous avec la pom-pom girl de son choix. Mais là, elle ne savait plus si leur marché ferait le poids…

« Toc-toc-toc ». Tout le monde tourna la tête vers la porte.
Green : Entrez !! aboya-t-il.
La porte s’ouvrit et Joey passa timidement la tête dans l’entrebâillement.
En la voyant, Jen eut un haut le cœur, de surprise et d’angoisse.

Joey : - Principal Green, veuillez m’excuser…
Green : - Quoi encore ???
Joey : - Je viens chercher un billet de retard et…
Green : - Il ne manquait plus que ça !! Entrez Melle Potter, à vous aussi j’aurais deux mots à dire !
C’est pas vrai… Qu’allait-il lui annoncer à son tour ? Joey redoutait maintenant le pire… Elle entra à contre-cœur et referma la porte derrière elle.

Green : - Asseyez-vous !
Joey : - Heu… Il n’y a plus de chaise… dit-elle en regardant tour à tour les trois élèves assis devant Green.
Green : - Et bien restez debout alors !! Joey ne bougea plus et le regarda ne sachant plus quoi faire d’elle-même. Bon ! Je ne vais pas vous coller à nouveau comme vendredi, quand même!! Mais qu’est-ce-que vous avez dans la tête en ce moment, tous ?? Hein ??
Coogan ne tenait plus sur sa chaise. Pris de panique, il se mit à bafouiller.
Coogan : - Je ne suis pour rien dans tout ça, principal Green ! C’est elle, là ! dit-il en pointant Jen du doigt, comme s’il avait affaire au démon en personne. Je ne sais pour quelle raison, elle a voulu faire cette mauvaise blague à Drue en me menaçant de ne rien dire ou sinon…
Jen, le coupant : - Ou sinon quoi ??? Ca va pas, non ??
Green : - Pardon ???
Jen, prête à se rendre justice à elle-même, elle s’emporta : - Ca lui a pas déplu d’être de mèche avec moi, figurez-vous ! s’exclama-t-elle, ne réalisant pas que par ces mots, elle venait de se dénoncer. Puis, se tournant vers Coogan : T’as pas résisté longtemps à l’idée d’obtenir un tête à tête avec une pom-pom girl!!
Coogan, rougissant : - Mais… Il leva la tête vers Joey qui le regarda froidement, se demandant bien ce que cet abruti pouvait bien lui vouloir. J’ai entendu dire que tu avais rejoint l’équipe, Joey ??
Jen, éberluée : - Hein ???
Joey, n’en pouvant plus : - Mais je ne sais pas d’où ça sort, ça !!! Non, non, non et non !! Je n’ai rien à voir avec cette brochette de moches à la moustache décolorées, toutes plus débiles les unes que les autres !!!
Drue, essayant de reprendre le dessus, il murmura : - C’est pas très sympa pour Jen, ça…
Jen, méprisante : - J’ai atterri dans l’équipe sur un malentendu, donc je me sens pas concernée. Te fatigue pas, Drue.
Green, excédé par tant d’absurdité, il tapa du poing sur le bureau et hurla : CA SUFFIT !!!!!
De surprise, ils se turent tout net.

Green : - Je n’y comprends rien… et vous savez quoi ? Je ne veux pas le savoir, je ne veux même plus en entendre parler. C’EST CLAIR ???? Tour à tour, il les toisa d’un regard menaçant qui, à partir de maintenant, n’admettrait plus aucun bruit, même pas le plus petit battement de cil. Après avoir suffisamment laissé planer le silence, il ajouta sur un ton glacial : Melle Potter, je vais vous donner votre billet de retard. Mais c’est la dernière fois que vous aurez ma clémence. J’en ai assez d’entendre parler de vous depuis trois jours, de vos frasques en cours, à la bibliothèque ou chez les pom-pom girls, de vos fugues ou je ne sais quoi…
Joey, ne comprenant rien : - Mais…
Green, continuant : - …Vous ne m’avez pas l’air d’avoir de graves problèmes particuliers, d’après les dires de votre professeur de littérature qui s’est inquiété de votre comportement de vendredi lors de son cours. Si votre malin plaisir en ce moment, comme beaucoup d’adolescent de votre âge, c’est tout simplement d’inquiéter votre entourage pendant que vous vous amusez par exemple, à perturber le calme qu’exige un lycée, comptez sur moi pour vous rappeler à l’ordre dès la prochaine incartade. Je vous laisse une dernière chance pour vous calmer, sinon je me verrai dans l’obligation de prendre un rendez-vous avec votre sœur concernant votre manque de discipline.
Joey, presque sur le point de pleurer : - Mais vous vous trompez !! Je …
Green, la coupant : - Ne m’obligez pas à appliquer mes dires dès maintenant, Melle Potter !!! Puis se tournant vers Jen, Drue et Coogan : Cet incident est tellement lamentable, qu’il se passera de commentaire. Mais je vous conseille d’arrêter de vous faire remarquer tous autant que vous êtes. Je vous assure que me patience a des limites et je ne vous souhaite pas de voir un jour ce que ça peut donner quand je suis réellement hors de moi... Sans les quitter des yeux, il se tut un instant. Puis, il articula : Ai-je... été... assez… clair ??

Ninolito  (08.11.2005 à 17:13)
Joey se précipita pour sortir la première du bureau du principal Green. Il fallait qu’elle se cache pour pouvoir pleurer tranquillement.
Jen lui courut après.


Jen : - Joey ! Attends !
Joey continuait à avancer d’un pas pressé.
Joey, sans se retourner : - Laisse-moi.
Jen la rattrapa.
Jen : - Joey… Elle posa une main sur l’avant-bras de Joey pour intimer cette dernière à ralentir le pas. Ecoute-moi…
Joey s’arrêta.
Joey, se tournant brusquement vers Jen : - Et tu vas m’annoncer quoi ? Que tu étais à mon mariage ce week-end et tu tiens à me remercier pour l’invitation ? De rien ! Voilà, c’est dit ! Maintenant, laisse-moi !
Elle reprit sa marche. Jen la stoppa à nouveau de la main.
Jen : - Ce n’est pas ce que tu crois…
Joey : - Qu’est-ce-que tu sais de ce que je crois, hein ??? Pour l’instant, j’en crois pas mes yeux ! J’en crois pas mes oreilles ! Voilà ce que je crois, comme tu dis ! A ton avis, ça fait quoi de se réveiller et de constater que 3 jours de ta vie se sont passés sans même que tu ne t’en souviennes ??? Même pas un petit peu !! C’est un vrai cauchemar, Jen !! Là encore, j’ai l’impression que je vais me réveiller, que tout ça n’est qu’une mauvaise blague, mais non !! Plus ça va, plus j’en apprends !! En plus, on vient me raconter des choses qui ne me ressemblent absolument pas !! Rien à voir !! Alors qu’est-ce-que tu veux que je te dise ?? J’y comprends rien !!! C’est irréel !! La seule chose qui ne me fasse pas douter que je sois bien dans la réalité, c’est mon mal de crâne !! Parce que lui, il est très très réel, tu vois !!

Jen n’osait plus la regarder. Elle avait presque honte. Alors qu’elle faisait face à Joey qui faisait des efforts surhumains pour retenir ses larmes, ni l’une ni l’autre n’avait vu Drue s’avancer vers elles. Il était maintenant planté entre elles deux.

Drue, profitant de ce moment de silence gêné entre Jen et Joey : - C’est peut-être les effets secondaires de la potion… Se tournant vers Jen : T’aurais au moins pu lire la notice avant d’administrer ça à Joey… T’as regardé la posologie ?? Jen lui lança un regard qui promettait des intentions de meurtre. Il ajouta, méprisant : Tu croyais peut-être que j’allais en rester là, après l’humiliation que tu m’as fait subir ?
Jen : - J’aurais dû les donner tes fringues, j’ai vraiment été trop bête. Vas-y continue à causer, je suis sûre que Joey va te prendre au sérieux! Drue la regarda. Bah vas-y ! Balance ! Qu’est-ce-que tu attends??!
Joey, paniquée : - Mais de quoi vous parlez là ??
Jen : - Ecoute, je voulais juste te dire que le mieux serait que tu ailles parler avec Pacey…
Drue : - Ouais, histoire de voir si tu vas lui sauter au cou ou pas.
Joey : - Quoi ??
Jen : - Casse-toi, Drue… Tu vois pas que t’es de trop, là ?
Drue, à Joey : - Tu veux savoir ?
Jen : Ferme-la.
Drue, déterminé à continuer : - Pacey, avec qui tu as passé un week-end en amoureux, était tellement désespéré, et surtout tellement sûr que tu ne succomberais jamais à son charme, ce qui, je dois dire, est extrêmement lucide de sa part - on peut au moins lui reconnaître ça - s’est mis en tête de t’envoûter. Et oui. Tu vois où ça mène le désespoir. Seulement comme c’est pas un pro, ce con s’est mélangé les pédales, Jen lui avait pourtant tout bien expliqué mais c’était sans compter les gaffes légendaires de Pacey. Bref. Je te passe les détails, mais résultat des courses, tu ne te souviens plus de rien, ma belle.
Jen baissa la tête. Elle espérait que Joey ne prête pas le moindre crédit à cet odieux résumé.
Joey, décontenancée : - C’est quoi ce délire ???
Jen : - L’écoute pas, tu devrais plutôt…
Joey, faisant non de la tête, elle coupa Jen : - Non, non, non !! En y repensant, Buzz m’a parlé d’une histoire de sort ou je sais pas quoi… Ca me revient maintenant !
Drue, se tournant vivement vers Jen : - Ha ! Tu vois ! Deux témoins ! A partir de deux, ça commence à faire beaucoup, tu trouves pas Jen ?? L’étau se resserre…
Jen, à Drue : - Tu me dégoûtes… A Joey : Joey, écoute-moi…

Mais Joey ne l’écoutait plus.
Sans plus prêter aucune attention ni à Jen ni à Drue, elle partit comme une flèche. A présent, elle n’avait plus envie de pleurer. Un goût de bile lui monta à la gorge. Elle brûlait de l’intérieur. Les dents serrées, elle pressa le pas. La colère montait, prête à exploser.


Ninolito  (10.11.2005 à 12:39)
Jen se précipita dans le couloir pour devancer Joey. Il fallait qu’elle trouve Pacey. Elle ne savait pas par où Joey était passée mais cette dernière devait déjà être loin, car lorsque Jen arriva dans le couloir, il y avait du monde et elle ne réussit pas à la repérer, même en regardant loin devant. En revanche, elle reconnut Pacey qui sortait de la cafeteria.
Elle pressa le pas pour se diriger vers lui le plus vite possible, lorsqu’elle le vit se retourner. Andie venait de l’alpaguer…


Andie : - Pacey ?
Pacey se retourna. En voyant Andie, il fut découragé. Il avait espéré que ce soit Jey. Il voulait tellement lui parler. Le plus rapidement serait le mieux… L'attente devenait de plus en plus insupportable.
Pacey, déçu : - Ah, Andie…
Andie, doucement : - Ecoute, j’imagine que tu as dû passer une mauvaise soirée, hier soir… dit-elle en fixant l’œil de Pacey. Je ne viens pas te voir pour t’assaillir de questions...
Pacey, soulagé : - Tant mieux, parce que là je n’ai pas trop le temps. Si tu veux on peut se voir plus tard…
Andie : - Je voulais juste te dire que j’espère que tu vas bien…
Pacey : - J’ai vu mieux.
Andie : - Bon… Ecoute, il y a une répétition de la pièce ce soir après les cours et…
La pièce. Pacey l’avait complètement oubliée.
Pacey : - Oh, la pièce… Justement à ce propos Andie…
Andie : - Ah non, ne me dis pas que tu ne peux pas venir, j’ai déjà eu un mal fou à rassembler tout le monde et…
Pacey : - Je ne veux plus y participer Andie…
Andie : - Quoi ??
Pacey : - Je ne peux pas t’expliquer pourquoi mais…
Andie, furieuse : - Un peu que tu vas m’expliquer pourquoi !! Tu vas pas me laisser tomber, Pacey !
Pacey : - Je suis désolé Andie, vu les événements de ces derniers temps… Je veux dire, en ce qui me concerne, cette pièce représente trop de choses dont je ne suis pas très fier et…
Andie, s’impatientant : - Hein ??? C’est quoi ce charabia ???
Pacey : - Je ne peux pas t’en dire plus, c’est juste que…

- WITTER !!!

Pacey fut coupé au milieu de sa phrase. Il se retourna. Et il ne fut pas le seul à se retourner. Tous les élèves stoppèrent net leurs conversations ou ce qu’ils étaient en train de faire.

Le visage de Pacey se décomposa. A quelques mètres de lui, Joey se tenait là, debout et immobile, les poings serrés, plantée au milieu du couloir avec une expression qui aurait découragé n’importe qui de s’approcher d’elle.
Ses yeux lançaient des éclairs. Sa respiration était saccadée.

Puis les visages se tournèrent vers Pacey. Ce dernier, les mains dans les poches, pâle tout à coup, regretta amèrement de se trouver là. Au milieu de tous ces gens. Il sentit son cœur accélérer le rythme. Quand Joey commença à avancer vers lui le visage en furie, il la fixait, ne pouvant détacher les yeux de son regard, qui avait bien changé…

Lorsqu’elle arriva enfin à sa hauteur, Pacey dut s’écarter pour ne pas qu’elle le percute. Elle se planta brusquement devant lui, lui faisant face avec des yeux ravagés par la colère, la déception, le mépris… Elle le regardait, serrant les dents. Pacey recula un peu plus, jusqu’à se retrouver le dos collé aux casiers, prisonnier face à Joey qui avança alors le visage vers lui.


Joey, la voix cinglante : - Tu me dégoûtes ! lui cracha-t-elle au visage. Comment as-tu pu…
Pacey, levant des mains désolées : - Jo…
Joey, refusant de l’écouter : - Ne m’appelle pas Jo !! Il n’y a plus de Jo, tu m’entends ?? Il-n’y a-plus-de-Jo !!! En même temps qu’elle disait cela, elle rythmait ses paroles en frappant violemment de la main, la porte du casier juste à côté du visage de Pacey. Maintenant, elle retenait ses larmes. Comment as-tu pu me faire ça ?? Tu m’as humiliée, tu t’es servi de moi !! Comment as-tu pu ??? HEIN ??? Elle frappa à nouveau sur la porte du casier.
Pacey, impressionné et incapable d’esquisser un mouvement, il tenta timidement : - C’est faux, Joey, laisse-moi t’expliquer…
Joey, ne tolérant même pas le son de la voix de Pacey : - Y a rien à expliquer !! Ne m’adresse plus jamais la parole ! Plus jamais... Je ne te connais plus. Je ne veux plus rien à voir à faire avec toi. Les sanglots lui troublaient la voix. Elle recula, continuant à fixer Pacey d’un regard qui exprimait toute son incompréhension. Si j’avais su… Si j’avais su !

Ne pouvant plus retenir ses larmes, elle s’enfuit en courant.
Hagard, Pacey la regarda s’en aller, incapable de bouger. Il n’arrivait plus à respirer. Il sentit sa bouche se dessécher.

Joey avait maintenant disparu. Tout le monde regardait Pacey. Andie s'était éloignée. Elle le regardait aussi, stupéfaite.
Il se détourna alors, ferma les yeux et posa son front sur la porte d’un des casiers, essayant de réaliser ce qui venait de se passer. Elle savait. Comment elle l’avait appris n’avait plus aucune importance.
Il crut que son cœur allait s’échapper de son corps.

Il venait de la perdre. Pour toujours.


Ninolito  (12.11.2005 à 19:16)
Andie baissa la tête puis s’en alla enfin, déboussolée par ce qu’elle venait de voir.

Jen avait tout vu, tout entendu.

Elle attendit que les nombreux élèves qui avaient assisté à la scène dont Pacey avait été - bien malgré lui - un des principaux acteurs, détournent leur attention sur autre chose, et se dispersent.
Ce genre de « spectacle » n’intéressait pas longtemps les gens qui s’affairèrent enfin à autre chose, après avoir fait quelques commentaires bien juteux sur « le nouveau psychodrame » qui animait toujours les mêmes selon eux, à savoir ces élèves toujours un peu en retrait de la norme arbitraire qui peut exister dans un lycée tel que celui de Capeside : des élèves comme Jen, Jack, Andie, Dawson, Joey ou Pacey…

Elle s’approcha de Pacey. Il avait toujours les mains à plat et le front posés contre la porte du casier. Doucement, elle lui posa une main amicale sur l’épaule. Pacey ne broncha pas. Elle put alors sentir sous sa main l’épaule de son ami se soulever et s’abaisser dans un rythme saccadé. Elle devina. Il pleurait.


Jen : - Pace…
Pacey lui tourna le dos, appuyant maintenant son épaule contre le casier. Puis, dans un élan de désespoir, il se laissa glisser et s’affaissa sur le sol. Recroquevillé en position assise, il se cachait le visage dans ses avants-bras qu’il appuyait sur ses genoux.
Jen s’accroupit à son tour et, sans le forcer à se retourner vers elle, elle lui posa à nouveau une main rassurante sur l’épaule et attendit. Par ce geste, elle voulait juste lui faire savoir qu’elle était là. C’est tout.




************************




Joey était encore entre la colère, l’hébétude et l’angoisse. Elle leva le nez vers cette fenêtre qu’elle connaissait par cœur. Sans pouvoir se l’expliquer, elle n’arrivait pas à se résoudre à grimper.
Alors elle resta là, assise au bout du ponton où elle était depuis une bonne demi-heure maintenant, balayant le vide avec ses jambes qu’elle balançait l’une après l’autre, dans un tempo qui se voulait rassurant.
Elle aurait pu grimper l’échelle si elle était encore sûre de savoir qui elle était.
Quand elle pensait à toutes ces difficultés d’être soi dans la vie, de cette peur de découvrir qui l’on est, de cette peur du changement… Elle aurait bien troqué l’angoisse qui lui tiraillait le ventre à ce moment précis, contre toutes les questions existentielles de tous les ados du monde. Toutes ces discussions philosophiques échangées avec Dawson au cours de pseudo analyses de films, c’était devenu du chiqué à ses yeux face à ce qu’elle ressentait maintenant.

Admettons qu’elle monte. Et après ? Elle dit quoi ? Ca faisait déjà quelques temps qu’elle n’était pas passée par cette fenêtre. Ca elle s’en souvenait. Ce dont elle ne se souvenait pas, c’est ce qui avait pu se passer ces trois derniers jours. Elle était incapable de dire à qui elle avait parlé, ce qu’elle avait dit, comment elle l’avait dit… Mais visiblement, le peu de retour qu’elle en avait eu lui avait suffi. « Pom-pom girl », « frasques », « collée », « fugue »… « Escapade en amoureux »… En se souvenant de ces derniers mots, Joey sentit les larmes lui monter à nouveau. Comment avait-il pu ? Cette amitié avec Pacey avait pris un nouveau visage ces derniers temps, elle lui était devenue presque indispensable. Jamais elle n’aurait pu imaginer ne serait-ce que deux secondes qu’il puisse la trahir de façon aussi immonde.
Fixant le vide, Joey secoua la tête d’incrédulité. Elle n’arrivait pas à réaliser.

La seule chose qui lui paraissait claire, c’est qu’à partir de maintenant, plus rien ne serait comme avant pour elle. Comment pourrait-elle affronter le regard de ces gens qui l’avaient vue dans un état qui lui était totalement inconnu ? C’est comme si les gens avaient pu lire dans ses pensées les plus intimes, à son insu. Joey se courba, d’écoeurement.

Et ce week-end, que s’était-il passé ? Joey n’arrivait pas à se poser ouvertement la question qui l’angoissait le plus. Rien que d’y penser… Deux larmes roulèrent le long de ses joues. Une seule personne pouvait répondre à cette question. Et c’était devenu la seule personne à qui elle avait décidé de ne plus jamais parler de sa vie.
Elle leva la tête vers le ciel. Jusque là, elle n’avait pas encore remarqué le désordre qu’avait provoqué la tempête de la nuit précédente.

A la pensée de la tempête, elle revit la première page du journal local que lui avait tendu Buzz au drugstore.
« Lundi 16 mars ». Tout le monde parle du vendredi 13 qui soit disant porte malheur, mais personne ne parle du lundi 16. En ce qui la concernait, le lundi 16 s’était avéré pourri. Elle détesterait tous les lundis 16 à venir, à partir de maintenant.
Elle continuait de fixer la rive d’en face. Des arbres s’étaient pliés, de nombreuses branches flottaient à la surface de l’eau, le sol était encore très humide.
« On n’avait pas vu pareille tempête depuis 1990 ».
Elle essaya de se remémorer ce qu’elle était en 1990. Elle avait sept ans. Elle connaissait Dawson depuis plus d’un an à cette époque. Sa mère était encore vivante.
Au souvenir de sa mère, elle se rappela qu’elle avait perdu son bracelet. Elle baissa la tête et observa son poignet nu. C’était un des seuls repères intimes qu’elle avait de sa mère et elle l’avait perdu. Comment l’avait-elle perdu, encore un mystère à élucider…

Joey savait de quoi elle avait le plus honte. Et surtout elle savait pourquoi elle avait honte. Il y avait eu un avant et un après la mort de sa mère.
Depuis son décès, Joey avait continué plus que tout à essayer de ne jamais décevoir l’âme toujours présente de sa mère. Pour sa mémoire, pour le meilleur de ce qu’elle avait gardé d’elle, Joey savait que ce qu’elle était devenue, c’était en grande partie parce qu’elle s’était persuadée que c’était ce que sa mère voulait qu’elle devienne.
Et voilà que malgré elle, de là où sa mère la regardait, elle avait dû bien la décevoir… Pacey lui avait tout volé…
A ce stade de ses pensées, Joey crut bien que ses nerfs allaient lâcher.

Elle leva à nouveau son visage plein de larmes, espérant que par ce geste, cela l’empêcherait de flancher. La rive n’avait pas changé ni depuis cinq minutes ni depuis dix ans, et pourtant…
Et pourtant, elle comprit que même le paysage de son enfance, elle ne le voyait plus comme avant maintenant. Cette dernière pensée la désola plus que tout. Vaincue, elle baissa la tête contre sa poitrine et se laissa aller à pleurer.


Ninolito  (13.11.2005 à 00:31)
Après un long moment, Joey releva la tête. Elle respira un grand coup et sécha enfin ses larmes. Elle s’apprêtait à se relever pour retourner dans sa barque, lorsque qu’elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna.

Joey : - Ca fait longtemps que tu es là ?
Dawson : - Assez longtemps… J’ai attendu un bon moment que tu te décides à passer par ma fenêtre, mais apparemment tu n’arrivais pas à te décider.
Joey, se détournant en baissant la tête : - Je ne savais pas si c’était une bonne idée…
Dawson : - N’empêche, c’est ici que tu es venue…
Joey ne répondit pas. Elle était toujours assise, tournant le dos à Dawson qui restait debout derrière elle, les mains dans les poches.
Après un silence, il s’assit enfin à côté d’elle et regarda droit devant lui, fixant la rive d’en face.

Dawson, se décidant à rompre le silence : - Je ne comprends pas.

Joey fronça les sourcils. C’était tout ce qu’il avait trouvé à dire ?
Joey, retenant un petit rire cynique : - Moi non plus, Dawson. Si tu veux des explications, ce n’est pas à moi qu’il faut les demander.
Dawson : - Je ne parle pas de ça. J’ai croisé Jen tout à l’heure. Je vous ai cherché toute la matinée au lycée.
Joey : - Qui « vous » ?
Dawson : - Toi et Pacey.
Joey, réagissant au quart de tour : - Y a pas de moi et Pacey !!
Dawson : - Si, Joey. Tout le week-end, je me suis rendu compte combien vous étiez importants pour moi, Jo. Vous savoir disparus, c’était irréel. Comment ce genre de fait divers pouvait arriver à l’un d’entre nous ? Et puis, au bout d’un moment, je me suis dit que de toutes façons vous étiez ensemble. Et vous savoir ensemble me rassurait plus que tout. Quand j’ai su ce matin que vous étiez enfin revenus, je n’ai même pas été soulagé. Je savais que vous alliez bien.

Joey, sarcastique : - Comment as-tu su qu’on était revenus ? C’est passé aux infos peut-être ?
Dawson : - Je te rappelle qu’on vit dans une petite ville. Les nouvelles vont vite, tu es bien placée pour le savoir.
Joey, piquée à vif : - Tu veux me déprimer encore plus, Dawson ? Vas-y, je t’en prie, c’est tout à fait ce dont j’ai besoin !
Dawson : - Mais pourquoi tu dramatises, Jo ?? C’est ça que je ne comprends pas…
Joey, exaspérée d’être si peu soutenue par son ami : - Pardon ??? Mais tu te moques de moi !!
Dawson : - Non ! Ca c’est toi tout craché Joey. Tu vois tout en noir dès que ça se complique un peu… Tu as peur, c’est tout.
Joey : - Mais oui, j’ai peur figure-toi !! C’est pas un scoop, qu’est-ce-que tu crois ?? J’aimerais bien t’y voir, toi !! Si tu savais de quoi il s’agit, tu ne parlerais pas comme ça, alors ne me fais pas la leçon Dawson, pas toi !!
Dawson : - A l’heure qu’il est, j’en sais sûrement plus que toi.
Joey : - Quoi ??
Dawson : - Je te l’ai dit, j’ai rencontré Jen. Elle venait de quitter Pacey qui a fini par rentrer chez lui après votre petite « explication »…
Joey, cessant de le regarder : - Ah parce que tu étais au spectacle toi aussi ? Ca me déçoit de ta part, Dawson…
Dawson, ne se laissant pas déstabiliser : - Non, c’est Jen qui m’a tout raconté. Qui m’a enfin tout raconté. Je lui avais demandé ce week-end si elle ne savait pas quelque chose concernant votre « disparition », étant donné le temps qu’elle a passé avec Pacey ces derniers temps… Elle n’a rien voulu me dire, mais je voyais bien qu’elle se sentait mal.
Joey, mauvaise : - Jen, je m’en fous. Elle aussi, elle s’est foutue de moi. Alors ses petits états d’âme, je m’en balance, tu vois.
Dawson : - Et tu vas faire quoi ? Maudire tout le monde jusqu’à la fin de tes jours ?
Joey, vexée : - T’as envie qu’on s’engueule ou quoi ?? Vas-y, dis-le, parce que je t’assure que tu vas être servi Dawson…
Dawson, toujours calme : - Je veux t’aider Joey. J’avais l’intention de venir te parler ce week-end mais je n’ai pas pu, tu n’étais pas là. Enfin, tu connais l’histoire…
Joey : - Non, justement je ne connais pas l’histoire !! Je ne sais pas ce qui s’est passé ce week-end Dawson ! Et ça me rend folle !!
Dawson : - Et c’est pour ça que tu es venue jusqu’ici.
Joey : - Quoi ??
Dawson : - Oui, tu comptes sur moi pour demander à Pacey de raconter ce que vous avez fait ce week-end.
Joey se détourna, rouge de honte.

Dawson, considérant le silence de Joey comme une réponse : - Tu as peut-être changé de comportement pendant 3 jours, mais tu n’as pas changé fondamentalement, Joey. Je te connais. Je voulais te parler parce que vendredi, oui, tu nous as tous surpris. Mais pas seulement pour ça.
Joey, cherchant quand même quelques indices : - J’ai fait quoi vendredi ?
Dawson : - Ca, je peux te le raconter. Tu nous as fait une jolie mise en scène en lisant un poème d’amour devant toute la classe. Tu t’es lâchée ! Et tu sais quoi ? C’était fantastique… Alors vraiment, il n’y a pas de quoi rougir de honte.
Joey ne savait pas quoi répondre. Evidemment, raconté comme ça, c’était plutôt séduisant comme résumé.
Joey : - Bah alors, tu voulais me parler de quoi si ce n’était pas de ma « prestation » ?
Dawson : - De Pacey.
Joey, serrant les dents en entendant le prénom maudit : - Bah voyons ! Question débile : Réponse Dawson.
Dawson, décidé à ne pas lâcher prise : - Ecoute, je n’ai pas pu te le dire ce week-end, alors je te le dis maintenant parce que ça reste vrai : il est fou de toi, Joey.

Joey était estomaquée. Comment lui, Dawson, pouvait-il lui parler comme s’il cautionnait le comportement de Pacey ??? Et de surcroît, en lui parlant d’amour ?? Il venait de la rencontrer ou quoi ?? C’était gênant… Surtout vu leur histoire à tous les deux…
Dawson, devinant les pensées de Joey : - Je ne vois pas ce qui te choque dans ce que je dis, Jo. On n’a jamais cessé d’être amis, non ?? Joey baissa les yeux. Alors en tant qu’ami, je te demande d’essayer au moins de voir les choses de son point de vue à lui. Comment ne pas mesurer la force de ses sentiments pour en arriver à faire ce qu’il a fait ? Je ne dis pas que tu n’as aucune raison de lui en vouloir. Mais n’oublie pas que tu le connais. Et tu le connais très bien. Il fait partie de toi, Jo… Joey le regarda, effrayée par tant de vérité sortant de la bouche de Dawson. Et ça, il n’y a aucune potion qui pourra l’effacer de ta mémoire... Alors à toi de ne pas tout effacer sciemment. Tu n’en serais que davantage perdue. Il fait partie de ton histoire.
Joey, restant vainement braquée : - Mais… ! Tu ne sais pas tout, tu n’étais pas là ce week end !!
Dawson : - Je ne me fais pas de soucis pour ça, Jo. Pacey n’aurait jamais rien fait qui puisse te nuire. Et toi aussi, tu le sais très bien.
Joey, de mauvaise foi : - Non, je ne le sais pas !! Tu n’y étais pas et moi je ne m’en souviens pas !! Alors on est bien avancés là !!
Dawson, lisant très bien entre les lignes : - Ne compte pas sur moi pour aller lui demander de raconter votre petit week-end. Je n’irai pas. C’est à toi de le faire, Jo.
Joey le fusilla du regard. Elle avait envie de pleurer. Et elle s’en sentait encore plus puérile.

- Bonsoir…

Joey et Dawson se retournèrent. Jen avançait timidement vers eux. En la voyant, le visage de Joey s’assombrit. Elle détourna aussitôt la tête, ce qui n’échappa pas à Jen.

Jen : - Joey…
Joey ne bougea pas, tournant toujours le dos à Jen. « Qu’elle s’en aille… » priait-elle.
Jen vint s’asseoir à la gauche de Joey, qui était maintenant encadrée par ses deux amis.

Jen : - Joey, je sais que tu m’en veux et à ta place je ressentirais la même chose…
Joey : - A ma place ?? Je te la donne ma place, Jen ! Tu la veux ?? Prends-la !
Joey se leva brusquement pour s’en aller et laisser à Jen sa « place », au sens propre du terme. Mais Jen suivit le mouvement de Joey et se leva à son tour. Dawson, qui se retrouvait maintenant le dernier à être encore assis, imita alors ses deux amies et se mit debout.
Jen : - Joey ! Ecoute, je suis désolée, sincèrement ! J’ai merdé, je le reconnais ! Tu n’es sûrement pas prête à recevoir mes excuses pour l’instant, mais j’espère qu’avec le temps, tu te diras que moi aussi je fais des erreurs…
Joey, sortant de ses gongs : - Des erreurs ?? Des erreurs de quoi ?? De formule magique ??? Tu me prends pour qui, Jen ???
Jen : - Mais je te prends pour personne !! Juste… Pacey était…
Joey : - Ne me parle pas de Pacey !
Dawson : - Pourtant il va bien falloir en parler, Jo…
Joey : - Jamais de la vie !! C’est moi qui décide !! C’est moi qui sais ce que je ressens !! Ce n’est pas à vous de venir me dire comment je dois réagir !!
Dawson : - Mais on ne peut pas te regarder souffrir sans rien faire !!
Joey : - Je ne souffre pas, je suis en colère !! J’en ai encore le droit, si tu permets !!
Dawson : - C’est faux. Tu souffres Joey. Tu souffres parce que pour la première fois de ta vie, tu ne contrôles pas tout.

Dawson savait très bien ce qu’il venait de dire. Il savait très bien où il venait de toucher Joey. Dans son orgueil. Celui de Joey était aussi féroce qu’un buisson bourré d’épines. Les yeux de Joey lançaient des flammes. Elle regardait son ami d’enfance en se sentant trahie. Comme s’il venait de lui asséner le coup fatal. Il la connaissait très bien, ses forces comme ses faiblesses. Et là, il s’en servait… Elle en aurait pleuré de rage.
Joey, les lèvres tremblantes : - C’est dégueulasse ce que tu fais, Dawson... dit-elle, retenant mal ses larmes.
Dawson : - Non, Jo, c’est pas dégueulasse. C’est pour te dire que personne n’attend de toi que tu sois comme ci, ou comme ça. Personne. Pas même…
Joey, le coupant avec colère : - Laisse-la où elle est, tu m’entends ??? Tu n’as pas le droit de parler d’elle !!
Des larmes de désespoir roulèrent sur ses joues.

Jen était tétanisée. Elle se sentait de trop, mais elle n’en demeurait pas moins incapable de bouger.
Mais Dawson continua, déterminé à exorciser les fantômes de sa meilleure amie.

Dawson : - Elle veut que tu sois heu-reuse, Jo. Heureuse ! Rien d’autre ! Et là, les erreurs des autres, tu ne les fais payer à personne d’autre qu’à toi-même… Joey serrait les dents. Pleurant toujours, elle était incapable de soutenir le regard de Dawson. C’est maintenant qu’il faut que tu te découvres Jo ! Tu as été différente 3 jours, et après ?? Tu as été différente à ta manière !! Tu étais toi quand même, après tout !
Joey, la voix rauque : - Mais personne ne m’a demandé mon avis…, siffla-t-elle entre ses dents, tentant une ultime défense.
Jen, considérant que c'était à elle d'intervenir : - C’est vrai. C’est vrai… Et ça, je ne m’en excuserais jamais assez Jo.

Joey se sentit abattue tout d’un coup. Elle ferma les yeux, essayant de retenir d’autres larmes qu’elle sentait se bousculer encore un peu plus au niveau de ses paupières. Elle n’arrivait plus à parler.
Jen la regardait, ne sachant que dire. Elle était profondément émue. Elle voulait pleurer avec elle, c’était le seul élan de solidarité dont elle se sentait capable pour son amie.

Dawson sortit les mains de ses poches. Il savait que maintenant, il pouvait la prendre dans ses bras.

Se cachant le visage de ses mains, recroquevillée entre les bras rassurants de son ami d’enfance, évacuant toute sa tristesse, dont certaines larmes attendaient leur heure depuis des années, Joey hoquetait de chagrin.


Ninolito  (13.11.2005 à 18:23)
« Puisses-tu toujours essayer de me pardonner ». Joey s’envola vers le ciel, tenant Pacey par la main. Ils volaient, ils volaient ! Ils flottaient comme ça, au milieu des étoiles qui tourbillonnaient tout autour d’eux, leur faisant des clins d’œil au passage. Comme elle était bien…
Puis, une des étoiles fonça sur elle, et se colla à son cou. Joey et Pacey furent alors entraînés vers la terre, se retrouvant assis à l’avant du bateau, enlacés.
Joey porta la main à son cou. L’étoile de tout à l’heure s’était transformée en pendentif qui pendait au bout d’une fine chaîne, ornant sa gorge de mille éclats dorés.
Elle riait, elle riait… Pacey caressait de l’index le creux situé au bout du cou de Joey, entouré par le médaillon. Et il la contemplait, émerveillé.

Joey se réveilla en sursaut. Elle transpirait. Elle regarda son réveil. 22h22. Elle resta scotchée plusieurs secondes sur l’heure qui s’affichait sur son réveil. Pourquoi elle se sentait bizarre en voyant ces deux chiffres identiques ? Elle s’assit sur son lit. Elle était encore toute habillée. Elle se sentait toute retournée et elle avait faim. Elle s’apprêtait à poser un pied par terre lorsqu’elle se ravisa brusquement. Elle allait poser le pied gauche par terre. « Lève-toi du pied droit et la vie te sourira ». Avait-elle encore envie que la vie lui sourit ? Elle finissait par en douter. Sa conversation avec Dawson lui revint en mémoire. Enfin, elle posa d’abord le pied droit par terre.

Elle se regarda dans la glace qui surplombait sa commode. Elle avait les yeux gonflés. Elle se sentait courbaturée de partout. Epuisée. Vidée. Dawson l’avait raccompagnée jusque chez elle, tout à l’heure. Ils n’avaient pratiquement pas échangé un mot tout le long du chemin. A part « A demain » quand enfin, ils arrivèrent devant chez elle. En cette fin d’après-midi, Bessie et Bodie n’étaient pas encore rentrés, Jack non plus. Elle avait fonçé dans sa chambre et s’était affalée sur son lit. Elle s’était endormie très vite.

Elle avait faim, mais elle n’avait pas envie de descendre. Affronter la discussion avec Bessie, ou encore les questions de Jack, ça lui semblait largement au-dessus de ses forces. Oui mais elle avait faim…
En soupirant, elle se résigna à descendre.





********************




- Tu t’es bien reposée ?
Assise sur le canapé à côté de Bodie et Jack qui regardaient la télé, Bessie observait Joey d’un œil inquiet.
Joey, ouvrant la porte du frigidaire : - Ca va, merci…
Bessie, se précipitant vers Joey : - Tu as faim ? Attends, assied-toi, je m’en occupe.
Bessie était véritablement aux petits soin avec sa sœur. Elle avait dû sacrément s’inquiéter.
Joey voulait en finir au plus vite.
Joey : - Bessie, je suis désolée de t’avoir inquiétée, vraiment…
Bessie : - J’étais morte de peur Joey…
Elle posa un verre de lait devant sa petite sœur.
Joey : - Je sais… Je n’ai pas voulu ça. Je ne me suis pas rendue compte.
Bessie : - Mais c’est ça qui m’a le plus inquiétée… Ca ne te ressemble pas de disparaître sans rien dire…
Joey voulait éviter le plus possible les explications. La vérité, elle ne voulait pas la lui dire. Un mensonge, elle n’en avait absolument pas en tête et elle ne se sentait pas assez d’énergie pour improviser.
Joey : - Je sais. C’est juste que… Je voulais profiter et…
Bessie : - Mais tu peux me parler, Joey ! Evidemment que tu n’es pas obligée de travailler tous les week-end au B&B ! Evidemment, qu’il faut que tu en profites ! C’est de ton âge ! Tu n’as pas osé me demander, c’est ça hein ? Je suis devenue revêche à ce point ?
Joey ne supportait pas de voir sa sœur reporter toute la faute sur elle.
Joey : - Non ! Non… Tu es formidable, Bessie. Elle se leva et posa ses deux mains sur les épaules de sa sœur. Je t’assure. Je ne peux pas rêver mieux. C’est moi qui n’ai pas mesuré…
Voyant que sa sœur était sur le point de fondre en larmes, Joey la prit dans ses bras.
Après un moment, Bessie releva la tête. Elle se recula et essuya discrètement ses yeux.

Bessie : - L’important est que tu sois revenue. Je veux que tu te reposes, Joey. D’accord ?
Joey : - Promis.
Joey se rassit et Bessie commença à s’en aller pour se diriger vers la chambre d’Alexander, lorsqu’elle se retourna brusquement.
Bessie : - Ah ! J’oubliais : AJ a téléphoné.
Joey faillit avaler de travers.
Joey : - Quand ?
Bessie : - Tout à l’heure, vers 20 heures. Tu dormais. Alors j’ai dit que tu le rappellerais. J’ai bien fait ? demanda-t-elle, fixant Joey d’un air entendu.
Joey, troublée, elle bafouilla : - Ou… oui, tu as bien fait…
Bessie : - Très bien. Elle sourit à Joey. Mange tranquillement, je vais juste jeter un œil sur Alexander. Je reviens.
Joey se sentit soulagée d’être à nouveau seule. Rappeler AJ… Elle ne s’en sentait pas capable pour l’instant. Ses idées étaient trop embrouillées. Elle n’eut pas trop le temps de réfléchir à tout ça, Jack venait de s’asseoir en face d’elle.

Jack : - Comment tu te sens ?
Joey : - Mais ça va, je vous dis !! Je ne suis pas malade !
Jack : - Moi aussi je me suis inquiété, Jo.
Joey : - Je sais, je sais… Pardon, Jack.
Elle trempa un cookie dans son verre de lait et mordit dedans.
Jack : - Ce n’est pas à toi de t’excuser, c’est à moi. Je n’avais pas compris, je n’ai rien vu.
Joey : - De quoi tu parles ? demanda-t-elle, la bouche pleine.
Jack : - Du petit manège de Pacey.
Joey manqua de s’étouffer. Elle toussa plus fort qu’elle ne l’avait voulu, crachant ainsi quelques miettes de cookie au visage de Jack, qui s’essuya légèrement avec un torchon.
Joey : - Quel manège ?
Jack : - Je t’ai vue lui hurler dessus ce midi. C’était pour le moins intrigant. J’ai voulu aller te voir quand tu es partie en courant, mais tu avais disparu. Quand je suis revenu sur mes pas pour dire ma façon de penser à Pacey, lui aussi avait disparu. Alors, j’ai retrouvé Jen qui venait de quitter Pacey. Je lui ai demandé où il était et elle m’a dit de le laisser tranquille, et que de toutes façons, il était rentré chez lui. C’est là que je me suis énervé.
Joey : - Tu t’es énervé ? Mais pourquoi ?
Jack : - Je n’aimais pas ton attitude avec lui ! Tu étais tout le temps collée à ses baskes, à le chercher, à lui susurrer des mots doux ! Joey se sentit rougir. Mortifiée par ce qu’elle apprenait de la bouche de son frère, elle baissa la tête. Alors que tu étais avec AJ ! Il t’avait influencée, c’était pas possible autrement ! Mais après j’ai compris !
Joey, ayant peur de ce qu’elle allait entendre : - Compris quoi, Jack ?
Jack : - Il ne t’a pas influencée, il t’a ensorcelée ! Jen m’a tout raconté ! Et elle qui croyait que ça allait me calmer ! Tu parles ! Je peux te dire qu’elle a entendu parler du pays ! Et Pacey, il ne perd rien pour attendre, ne t’en fais pas !
Joey, essayant de garder son sang froid : - Jack, dis-moi que tu n’en as parlé à personne… Je t’en prie…
Jack : - Non. C’est tellement dément que je n’ai rien dit à Bessie et Bodie. Je ne veux pas passer pour un dingue.
L’espace d’un instant, Joey se sentit soulagé. Pas longtemps…
Joey : - Ecoute, Jack, ce ne sont pas tes affaires. Tu vas pas te comporter comme le dernier des beaufs qui s’imagine qu’il doit sauver l’honneur de sa famille. Pitié, c’est ringard…
Joey voulait surtout que personne ne mette le nez dans cette histoire. Elle avait assez honte comme ça.
Jack : - Ringard ?? Et lui, c’est pas un connard peut-être ??!!
Joey, interloquée : - Jack !! Arrête !! Parle pas comme ça ! J’ai pas besoin que t’en rajoutes, d’accord?? C’est bien assez tordu comme ça, j’ai bien assez de mal à essayer d’avoir les idées claires, alors fous-moi la paix !! Te mêles pas de ça !!
Jack se leva, furibard.
Jack, toisant Joey d’un regard méprisant : - En fait c’est vrai, t’as changé Jo… Après te l’être racontée « Lolita », tu te la joues rebelle maintenant ?
Joey, blessée : - Commence pas sur ce ton-là, Jack…
Jack : - Je ne te reconnais plus… Laisse-tomber. Démerdes-toi, dit-il en commençant à se détourner.
D’un bond, Joey se leva de sa chaise.

Joey : - Et toi, va te faire foutre !! s’exclama-t-elle alors, hors d’elle.

A présent face à face, ils se mesuraient du regard. Même plus jeunes, ils ne s’étaient jamais défiés ainsi. Bodie était sur le point de se lever pour intervenir, lorsqu’il vit Bessie entrer dans la cuisine comme une furie.
Bessie : - Mais ça va pas non ??? Vous voulez alerter tout le quartier ?? Vous trouvez pas qu’on fait assez parler de nous comme ça ??
Jack, continuant à soutenir le regard de sa soeur : - Dis ça à Joey. C’est elle qui aime bien faire les gros titres en ce moment.
Joey continuait à le regarder, blême de colère. Elle ne baisserait pas les yeux.
Bessie : - Joey, calme-toi. Ca suffit… J’aimerais bien qu’on retrouve une ambiance normale dans cette maison !
Joey : - Une ambiance normale ?? Bah tu sais quoi, tu vas la retrouver ton ambiance normale : je me casse ! Comme ça, vous serez tranquilles !
Elle se précipita dans l’entrée et saisit sa veste.
Elle ouvrit la porte et avant de la refermer, elle se tourna vers Jack.

Joey : - Et tu vois, Jack ? Là, c’est bel et bien MOI qui vais claquer cette putain de porte !!

« Blam ! ».

Elle était partie, laissant Bessie, Jack et Bodie sur place, estomaqués. Joey leur échappait. Et ils ne le supportaient pas.

Ninolito  (14.11.2005 à 02:31)
Joey ne savait pas où elle allait mais elle y allait. Elle errait le long du port, les mains dans les poches de sa veste. La nuit était fraîche, le ciel était dégagé, laissant apparaître nettement les étoiles et la lune. Joey leva le nez en l’air et s’arrêta quelques instants pour la regarder. Elle était ronde, pleine. Elle eut un frisson.

Le flash de son pendentif en forme de petite étoile lui apparut soudainement. Elle porta la main à son cou. Elle se souvint alors que ce matin, après avoir découvert ce collier sous ses couvertures en partant à la recherche du bracelet de sa mère, elle l’avait trouvé joli alors elle l’avait attaché autour de son cou, même si elle ne savait pas d’où elle l’avait eu.
Elle se mit à réfléchir. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle s’était emportée comme ça avec Jack. Cette journée avait été abominablement angoissante pour elle. Elle se sentait encore terrorisée à l’idée de ne plus se souvenir de rien. Alors si Jack commençait à vouloir mettre son grain de sel, elle ne s’en sortirait pas. Il ne l’aidait pas en jurant de la venger. Pourtant, elle était terriblement déçue par Pacey. Pire, elle se sentait trahie. Un goût nauséeux lui monta à la bouche.
Elle sentit ses jambes se ramollir. Elle se dirigea alors vers un ponton qui se jetait dans la mer, et s’assit sur une des premières bornes d’électricité qui servaient à alimenter les bateaux. Elle soupira de lassitude.

Maintenant qu’elle était seule, elle se retrouvait face à elle-même. AJ avait téléphoné… Il ne savait pas pour sa disparition… Du moins l’espérait-elle. Bessie n’avait rien mentionné de tel, quand elle l’a informée de l’appel d’AJ tout à l’heure.
Sans pouvoir se l’expliquer, elle n’avait aucune envie de le rappeler. Pourtant, elle aurait pu se réfugier dans ses bras et être à nouveau elle-même avec lui, puisqu’il était le seul qui n’avait pas vu ses soit-disant « débordements ». Mais quelque part, elle savait qu’elle serait incapable de jouer la comédie. La vérité, c’est que déjà avant, parfois, elle avait l’impression de se mentir à elle-même quant à ses sentiments pour lui… Il correspondait tout à fait à l’idéal qu’elle se faisait d’un homme : intelligent, gentil, prévoyant, pouvant discuter de tout, propre sur lui et… parfaitement ennuyeux.
Elle n’avait jamais vraiment voulu le voir, mais à plusieurs reprises, elle s’était sentie lasse avec lui. Elle croyait que ça venait d’elle, mais non… C’était leur relation qui s’essoufflait. S’essoufflait ? Déjà ? Elle raisonnait comme si cela faisait dix ans qu’il sortaient ensemble, alors que cela faisait à peine trois semaines. Ils en étaient à peine au stade d’apprendre à se connaître mieux, et voilà qu’en pensant à lui, elle ressentait déjà un profond ennui…
Pourtant en cherchant dans sa mémoire, elle ne se souvenait pas avoir eu ce genre de pensées conscientes à propos d’AJ… Plus récemment encore, elle se souvenait avoir passé des heures avec lui au téléphone, rougir quand il lui parlait, attendre qu’il la prenne dans ses bras… Que s’était-il passé ? Etait-elle encore sous l’effet d’un quelconque sortilège ?

Sa colère recommença à lui broyer l’estomac. C’est alors qu’elle se mit à penser à son amitié avec Pacey. Quel gâchis… Pourquoi avait-il mis leur solide relation en péril ? Jusque là, elle était convaincue qu’il était l’une des rares personnes à la connaître par cœur, avec qui elle n’avait pas besoin de parler pour qu’il lui dise ce qu’elle avait besoin d’entendre. Il lui avait appris à conduire, elle l’aidait à retaper son bateau… Toute cette succession de moments qui bâtissaient leur amitié, venait de s’écrouler comme un château de carte. Les larmes lui troublèrent la vue. Elle se ressaisit rapidement : il n’était pas question de pleurer pour quelqu’un qui n’en valait pas la peine… « Pas la peine » ? En était-elle sûre ?

C’est là que tous ces souvenirs défilèrent devant ses yeux. Elle l’avait vu. Elle le savait. Mais elle avait refusé de voir la réalité en face. Pacey le confident, Pacey l’ami sur qui elle pouvait compter en n’importe quelle circonstance, Pacey qui la faisait rire, Pacey avec qui elle adorait parlementer jusqu’à ce qu’il cède parce qu’ elle était « trop chiante » comme il disait lui-même, parce qu’elle adorait être chiante avec lui…
Elle avait intercepté quelques regards qu’il lui avait lancés... Des regards pas comme d’habitude. Des regards qu’elle avait habilement esquivés par des pitouettes verbales, comme elle savait si bien le faire quand il s’agissait de douceur, de tendresse, ou plus… Elle avait senti le trouble de Pacey dernièrement, quand ils étaient côte à côte, pour regarder un film, bricoler, travailler, se promener, discuter…

Et elle avait laissé planer le non-dit. Elle avait minaudé. Parce que ça ne déplaît jamais à personne de se sentir désiré… Voilà la vérité.
Mais comment Pacey avait-il pu en arriver là ?

Au fond d’elle-même, elle le détestait. Et elle se détestait…

Une pluie fine se mit à tomber. Quelques nuages pointèrent leur nez, voilant légèrement la lune au passage.
Joey en avait marre. Marre de tout, marre des autres, marre d’elle-même. Elle se dit que le mieux, là tout de suite, serait de se barrer sur la banquise pour élever des pingouins. Là-bas au moins, elle serait tranquille, elle vivrait à la dure, elle n’aurait pas le loisir de penser ni le luxe de se tâter le pouls, et au moins les pingouins, ils ne seraient jamais contrariants avec elle. Et elle se dit aussi que c’était toujours dans les grands moments qu’elle avait les pensées les plus débiles.

Tout à ses pensées, elle ne vit pas tout de suite qu’il pleuvait de plus en plus fort. Elle s'en aperçut enfin, et se leva pour rentrer. Elle commença à courir pour quitter le ponton, quand le bout d’une de ses chaussures se retrouva coincé entre deux épaisses lattes de bois. Elle trébucha et se retrouva étalée par terre de tout son long. Elle pesta, et se releva avec peine en maudissant cette journée et cette vie de merde, quand tout à coup, alors qu’elle était sur le point de se redresser complètement, son regard fut attiré par quelque chose qui brillait sur l’avant d’un voilier. Intriguée et guidée par on ne savait quelle intuition, elle s’approcha. Son bracelet, celui de sa mère ! Elle se pencha précipitamment pour le saisir. Elle le porta devant ses yeux. C’était bien ça ! Elle se sentait incroyablement soulagée. Tout en l’attachant à son poignet, elle reprit sa marche, pour ensuite s’arrêter presque aussitôt. Elle se retourna. A qui était ce voilier ? Pourquoi son bracelet était-il là ?

C’est son cœur qui comprit le premier. Avant que Joey ne fasse le lien, elle sentit son cœur battre la chamade, frapper de plus en plus fort contre sa poitrine, lui donnant presque une impression de vertige. Avant que son esprit ne vienne lui ordonner de partir en courant, il était trop tard. Elle le vit sortir. Elle le regarda, tétanisée, incapable de faire le moindre mouvement.


Ninolito  (15.11.2005 à 16:14)
Pacey se précipita pour rabattre la voile de son bateau. Tandis qu’il s’affairait énergiquement, essayant de lutter contre le vent qui commençait à se lever, Joey le regardait, interdite. Les jambes comme du plomb, les pieds cloués au sol, elle était incapable d’avancer ou de reculer malgré le vent, incapable de penser.
Une fois la voile repliée contre le mât, Pacey se retourna pour rentrer à l’intérieur. Avant de descendre les quelques marches qui menaient à sa cabine, il regarda le ciel. L’orage n’allait pas tarder. Il n’avait pas de chance, il était venu là pour échapper aux incessantes remontrances de son père qui n’en finissait pas de le traiter comme un moins que rien, et pour se souvenir aussi… Et voilà qu’il allait peut-être lui falloir faire demi-tour si une tempête s’abattait à nouveau sur Capeside.

Puis il baissa la tête. Et resta figé sur place. Elle était là, devant lui, le regardant comme si elle voyait un spectre se balader sur un bateau.
Le temps ralentit pour Pacey. Le bras levé, agrippant d’une main une des cordes du mât, l’espace d’un instant il ne savait plus où il était. Regrettait-elle ses paroles ? Acceptait-elle enfin de l’écouter ? De lui parler ? Se souvenait-elle de quelque chose ?

Joey dépensait une énergie folle pour essayer de reprendre ses esprits. Entre son envie de s’enfuir immédiatement d’ici et son temps de réaction, il lui sembla qu’il s’était déroulé une éternité. Alors que Pacey la regardait toujours dans les yeux, ne sachant que dire, enfin elle tourna brusquement la tête et partit en courant. Mais dans sa confusion, elle partit dans le mauvais sens. Elle se dirigeait tout droit vers le bout du ponton où il n’y avait aucune issue.
Pacey ne comprit pas ce qu’elle faisait. Voulait-elle se jeter à l’eau ?
Paniqué, en une enjambée il sauta de son voilier et bondit sur le ponton, partant alors à sa poursuite. Bientôt il la talonna.


Pacey : - Joey ! Attends !!
De la main, il essaya de la retenir par la manche, mais il la manqua de peu.
Joey ne répondit pas et continua en courant à parcourir le peu de distance qui la séparait du bout du ponton.

Obligée de s’arrêter enfin, elle s’immobilisa. Pourquoi était-elle partie dans ce sens ?
Pacey était à deux petits pas derrière elle. Il s’était arrêté.
Joey le savait derrière elle. Elle ne se retourna pas. Mais elle sentait sa présence. Une sensation absurde de chaleur l’envahit sous cette pluie diluvienne. Pourquoi ses muscles se détendaient-ils si brusquement ?


Joey : - Va-t-en.
Pacey ne répondit pas et commença à avancer très doucement vers elle pour ne surtout pas la brusquer. Inquiétée par le silence de Pacey, elle se retourna brutalement.
Joey : - N’avance pas ! Laisse-moi tranquille !
Pacey : - Joey… Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle. Ils étaient maintenant face à face. Pourquoi es-tu venue jusqu’ici ?
Joey : - C’est une coïncidence ! Je ne savais même pas que ton voilier naviguait de toute façon !
Pacey la regarda. La veille, sur l’avant de ce bateau, il la tenait dans ses bras… Joey dut sentir que le silence de Pacey était lourd de sous-entendus et de souvenirs car elle s’emporta de plus belle.

Joey : - Pourquoi tu me regardes comme ça ? Arrête de me regarder !! Retourne sur ton bateau, et tu peux même partir très loin, je m’en fous ! Pour moi tu n’existes plus !!

Les paroles de Joey résonnèrent chez Pacey comme autant de coups de poignard. Il déglutit lentement et difficilement. Maintenant qu’il l’avait en face de lui, il ne ferait pas marche arrière. Elle devait entendre ce qu’il avait à lui dire, même si elle ne le voulait pas.
Pacey, un trouble dans la voix : - Joey, tu ne peux pas imaginer ne serait-ce que deux secondes combien je me sens mal…
Elle le regarda, mauvaise, se demandant si elle n’allait pas tout simplement lui répondre par un silence glacial. Elle lui opposa un regard haineux.
Joey : - Tu veux que je verse une larme peut-être ? siffla-t-elle entre ses dents.
Pacey, continuant coûte que coûte : - Sache que je n’ai jamais, jamais cherché à te nuire. Joey, je ne te ferais jamais aucun mal, tu le sais…
Joey lui lança un regard dédaigneux pour lui signifier que ses paroles ne la touchaient pas.
Pacey, il pressa ses mains l’une contre l’autre comme pour énoncer une prière : - Dis-moi que tu le sais, Jo…
Elle ne répondait toujours pas.
Mais bien malgré elle, le fossé entre sa raison et son cœur se creusait de plus en plus. Son esprit lui disait de le détester, son corps ne voulait pas s’éloigner de lui. Pourquoi ? Ca la mettait encore plus en rage.
Pacey sentait bien qu’entre eux restait un semblant de fil amoché auquel il devait tenter de s’accrocher.

Pacey : - Je n’ai aucune excuse, Joey. Aucune… Excepté le fait que… Il fallait se jeter à l’eau maintenant. Et bien que…
Des deux mains, Joey se boucha les oreilles.
Joey, le coupant : - Je t’ai dit de te taire !!
Elle avait l’intuition que ce qu’il s’apprêtait à lui dire allait tout changer pour elle. Et elle résistait bec et ongle à ce sentiment.
Sans préméditer son geste, Pacey tendit une main qu’il voulait doucement poser sur une des mains de Joey qu’elle tenait toujours collées à ses oreilles.
Mais Joey réagit rapidement cette fois. Elle balaya la main de Pacey comme on chasse un moustique. Dans sa colère et sa peur d’être approchée de trop près, elle frappa avec une force inhabituelle. Si bien que Pacey vrilla légèrement en arrière, et que Joey perdit l’équilibre, surprise par la violence de son propre geste. Rapidement, Pacey attrapa la main de Joey, mais une rafale de vent la fit basculer en arrière de tout son poids, entraînant alors Pacey dans sa chute.

Joey crut mourir tellement l’eau était glacée. Son plongeon l’immergea violemment dans les profondeurs de la mer. Les membres engourdis par le froid, elle avait du mal à rejoindre la surface. Rapidement, elle manqua d’air. Elle paniqua. Alors qu’elle était sur le point de tourner de l’œil, un main l’agrippa fermement par la taille, la ramenant à la surface en quelques brasses énergiques et déterminées.

Pacey et Joey sortirent la tête de l’eau, expirant dans un élan instinctif de survie tout l’air qu’ils avaient retenu trop longtemps dans leurs poumons.
Pacey qui tenait toujours Joey par la taille, la guida doucement vers le bord du ponton. Cette dernière s’y accouda, toussant et hoquetant tout ce qu’elle pouvait. Sa tête s’écroula sur le rebord, elle reprit sa respiration avec peine.
Essoufflé, Pacey s’accouda à côté d’elle, tête baissée, attendant lui aussi que sa respiration ralentisse.
Joey sentit son souffle se calmer, elle leva doucement la tête et se tourna vers Pacey qui se frottait les yeux, gêné par le sel de la mer.
Elle ne dit rien et se retourna à nouveau, prête à se hisser sur le ponton, pour sortir de l’eau. Mais elle avait présumé de ses forces. Même après trois tentatives, elle n’y parvenait toujours pas. Pacey releva la tête et lui saisit le bras pour l’aider à monter.

Joey, dégageant violemment son bras : Fous-moi la paix !
Pacey ne savait plus comment réagir. Il voulait bien se mettre à genoux, lui demander pardon autant de fois qu’il le faudrait, mais il ne voulait pas qu’elle le traite comme un rien du tout. Il se sentait monstrueux, il se sentait fautif et penaud, mais elle lui parlait comme à un étranger. Ca le blessait plus que tout.

Pacey : - Très bien.
Il se hissa en s’appuyant sur le rebord et se retrouva rapidement debout sur le ponton. Joey le regarda avec colère. Elle avait parlé sans réfléchir. Elle était gelée, elle ne voulait pas rester une minute de plus dans l’eau, sous cette pluie qui n’en finissait pas.
Pacey : - Tu veux que je te laisse ? Je te laisse.
Il commença à partir.
Joey, pestant : - Ca va ! Aide-moi au lieu de dire n’importe quoi !
Pacey stoppa sa marche et fit demi-tour. Cela ne le faisait pas rire. Le visage fermé, il tendit un main ferme à Joey qui la lui prit en roulant des yeux, lui signifiant ainsi ostensiblement que ce n’était pas de gaieté de cœur. Pacey la tira hors de l’eau avec force. Mais Joey ne sentait presque plus ses membres. Pacey dût alors presque la porter à bout de bras tellement elle était molle. Joey était presque sur le point de poser son second pied sur le ponton quand, Pacey n’ayant plus de prise avec ses mains qui glissaient de plus en plus des mains de Joey, la jambe sur laquelle il s’appuyait glissa.
Il se retrouva allongé par terre sur le dos. Joey l’ayant suivi dans son élan… elle se retrouva allongée sur lui.

Ils étaient là, sous la pluie, sur le ponton faiblement éclairé, étalés par terre l’un sur l’autre, nez à nez.
Pacey pouvait sentir son souffle. Elle posait sur lui de grands yeux effrayés. Son cœur battait la chamade mais il ne cilla pas. Il se concentrait tout ce qu’il pouvait pour ne rien faire qui puisse encore la contrarier… et pour ne pas l’embrasser. Il sentait son désir monter en lui, se rappelant la sensation que c’était de l’avoir ainsi, tout contre lui.
Mais Joey ne bougeait pas. Elle était stupéfaite. Stupéfaite de ne pas arriver à bouger. Stupéfaite de ce qu’elle ressentait, là, tout de suite. Elle n’arrivait pas à décrocher son regard de celui qu’elle s’était jurée de détester jusqu’à la fin de ses jours. Elle sentait son cœur se serrer, son ventre se retourner au contact de Pacey. Le plus étrange, c’est que ces sensations avaient comme un air de déjà-vu…


Ninolito  (19.11.2005 à 13:22)
Ils ne sentaient même plus la pluie qui tombait en trombe. Pacey attendait que Joey réagisse.
Voyant qu’elle restait figée, il prit les devants et l’écarta doucement de lui. Joey suivit le mouvement de son buste que Pacey dirigeait lentement vers l’arrière et une fois accroupie, elle cligna des yeux comme si elle retombait enfin sur Terre.
Pacey se leva. Joey était à présent assise, les yeux fixant le vague, elle semblait déroutée.
Il lui tendit la main pour l’aider à se relever. Joey se laissa faire. Une fois debout, elle secoua la tête d’incrédulité puis commença à s’en aller. Pacey l’interpella.


Pacey, la voix sans timbre : - Joey, il pleut à verse et tu es trempée. N’y vois aucune mauvaise intention de ma part, mais tu devrais venir te sécher avant de repartir. Et promis, je ne te retiendrai pas.
Joey le regarda puis baissa la tête. Effectivement, son jean et ses fines baskets étaient imbibés d’eau. Elle releva la tête et regarda Pacey : de fines gouttes de pluie tombait de ses cheveux, pour s’évanouir le long de son front et de ses joues, traçant le contour harmonieux du visage de Pacey.
Profitant de l’hésitation de Joey, Pacey se retourna pour se diriger vers son voilier espérant qu’elle le suive. Ce qu’elle fit.

Pacey monta à l’arrière de son bateau. Il se retourna. Joey était là, sur le ponton. Il allongea le bras et lui tendit sa main pour l’inviter à monter. En prenant la main de Pacey, Joey sentit un nouveau frisson lui parcourir l’échine. Cette scène, elle l’avait déjà vécu, elle en était persuadée. Une fois aux côtés de Pacey, elle lui lâcha prestement la main et attendit qu’il ouvre la trappe de la cabine qui donnait sur l’intérieur du bateau.

Une fois à l’intérieur, Joey s’immobilisa. Elle connaissait cette odeur… Un mélange d’odeur de bois et d’eau de mer… La vision d’elle en train de pêcher avec Pacey lui apparut. Elle plissa les yeux, comme si c’était douloureux.


Pacey : - Tiens. Il lui tendit une couverture. Enroule-toi dedans et mets ça.
Joey lui prit la couverture des mains et regarda les vêtements que Pacey lui tendait.
Joey, sèchement : - C’est trois fois trop grand pour moi.
Pacey : - C’est tout ce que j’ai à te proposer. Maintenant, si tu préfères attraper une pneumonie, c’est toi qui vois.
Joey n’appréciait pas la froideur du ton de Pacey. C’était le monde à l’envers. C’était elle qui lui en voulait, c’était elle qui était furieuse ! Elle lui arracha les vêtements des mains en lui lançant un regard noir. Pacey lui tourna alors le dos et s’apprêta à son tour à s’enrouler dans une couverture pour se changer.
Joey, mauvaise : - Je te préviens, si je sens ton regard posé sur moi, je te tue.
Pacey, du tac au tac : - J’ai pas envie de te regarder si ça peut te rassurer.
Alors qu’ils se tournaient toujours le dos, Joey fit des yeux ronds de colère. Elle était outrée par ce que Pacey venait de lui dire. Elle se changea avec rage, pestant en tirant frénétiquement sur sa couverture, sous laquelle elle avait bien du mal à se changer. Après un bon moment, ayant enfin réussi à se dépêtrer de sa couverture, elle se retourna pour faire face à Pacey, qu’elle croyait prêt depuis longtemps. Comme elle ne l’entendait pas, elle avait peur de constater qu’il était en train de l’observer sûrement depuis un bon moment.
A sa grande surprise, elle avait été prête avant lui. Elle resta interloquée. Pacey était toujours de dos, torse nu. Son cœur bondit dans sa poitrine à la vue du dos musclé et parfaitement lisse de Pacey. Sa peau avait l’air douce… Enfin il enfila un tee-shirt à manche longue et prit une serviette qui traînait sur la banquette pour se frictionner les cheveux.
Il se retourna enfin et se retrouva face à une Joey qui plantait sur lui des billes de petite fille qui ne savait plus où se mettre. Elle se sentit rougir. Il esquissa un petit sourire en coin.


Pacey : - Je t’y prends.
Mauvaise joueuse, Joey se renfrogna. Pas question de faire de l’humour. Elle ne pactiserait pas avec ce traître. Pacey la regarda, l’œil brillant et un sourire gentiment moqueur aux lèvres. Il lui tendit une serviette propre.
Elle la saisit rapidement et se frictionna les cheveux. Ca lui permettait en même temps de cacher son visage pendant quelques secondes.
Puis, elle lui rendit sa serviette sans le regarder.


Pacey : - Bon. Tu peux y aller. Tu me rendras mes fringues un de ces quatres.

Joey le regarda. Ca voulait dire qu’elle allait encore avoir affaire à lui… Elle baissa la tête pour s’observer. Pacey lui avait prêté un de ses éternel pantalon large militaire couleur kaki, et un tee-shirt à manches longues bleu-marine. Elle était habillée en Pacey. Le menton collé à son cou, elle jetait un coup d’œil à son allure. Mais pas seulement. Elle pouvait sentir l’odeur qui se dégageait du tee-shirt prêté par Pacey. Ca sentait bon…. Ca sentait… Le lila, le soleil, le sable, la mer… Ca sentait Pacey. La tête toujours baissée, elle ferma les yeux. Sans aller les chercher, des souvenirs lui revinrent en mémoire. Elle se voyait elle, le visage enfoui dans le cou de Pacey. Son cœur se souleva, sa gorge se serra de plaisir, elle vacilla presque.

Brusquement, elle releva la tête. Pacey l’observait, le regard interrogateur. Elle se reprit.


Joey, fermement : - Que s’est-il passé ?
Pacey, pas surpris : - Enfin tu te décides.
Joey, autoritaire : - Réponds.
Pacey : - Rien qui ne vaille la peine d’avoir peur, Jo.
Joey : - Ce n’est pas une réponse.
Pacey : - On était… bien. Voilà, Jo. On était bien.
Joey : - Tu étais bien. Moi j’étais ailleurs, j’étais pas moi ce week-end.
Elle cherchait sciemment à le blesser. Pacey retint son souffle, il en avait mal au cœur de ce qu’elle venait de lui lancer.
Pacey, baissant la tête : - Peut-être…
Joey : - C’est pas « peut-être », c’est sûr.
Pacey : - Tu as sans doute raison…
Joey, toujours sur la défensive : - Tu ne m’auras pas, Pacey. C’est pas en me prêtant tes habits que je vais te redonner ma confiance. Tu m’as trahie. Et tu continues à me trahir. Tu crois que je n’ai pas compris ?
Pacey, relevant la tête, interloqué : - Pardon ??
Joey : - Je sais très bien que tu essaies de m’avoir à l’usure. Tu me travailles au corps, hein ?? C’est ça ??
Pacey, éberlué : - Mais de quoi tu parles ?? Ca va pas non ??
Joey : - Tu sais très bien de quoi je parle !! Ne fais pas l’innocent ! Tu m’as vue tout à l’heure quand on est tombés sur le ponton !! Tu as vu mon trouble !! Tu le sais très bien !
Elle préféra taire ce qu’elle venait de ressentir en respirant le parfum qui émanait du tee-shirt de Pacey qu’elle portait.
Pacey ne savait plus à quel saint se vouer. Il ne voyait pas du tout où elle voulait en venir.

Joey : - Tu as intérêt à stopper ça tout de suite ! Parce que maintenant, je vois très bien ce qu’il se passe !! Tu ne m’auras pas deux fois !! C’est pas normal ce que je ressens quand je t’approche, quand tu n’es pas loin de moi !! C’est pas normal !! C’est pas moi, ça ! Ca suffit la magie !! Ca suffit ces conneries !!

Pacey la regarda, stupéfait. Elle se croyait toujours envoûtée ??!!
Pacey : - Joey je te jure que…
Joey : - Pas la peine de jurer, je sais à quoi m’en tenir avec toi maintenant !
Pacey : - Mais non ! Je t’assure, crois-moi c’est pas…
Joey : - Je ne veux plus t’entendre ! Tu te débouilles comme tu veux, je m’en fous, mais tout ce que je veux, c’est que demain, tout soit rentré dans l’ordre ! Tu m’as bien compris ?? Va demander à Jen, faites vos potions débiles, mais rendez-moi mon moi-même !! C’est clair ???

Pacey en resta bouche bée. Joey lui lança un dernier regard enflammé et se détourna brusquement pour quitter le bateau de Pacey. Ce qu’elle ressentait en ces lieux la troublait trop, elle voulait partir vite. Elle commença par sortir le nez dehors pour observer le ciel. La pluie s’était nettement calmée. Le ciel ne déversait maintenant qu’un petit crachin de pluie.

Mais alors quelle s’apprêtait à monter les petites marches en bois qui menait à l’arrière du voilier, Pacey la retint par le bras, sans appréhender qu’elle ne sorte ses griffes cette fois-ci. Elle se retourna, excédée.


Pacey, déterminé : - Rien n’aura changé demain, Jo.
Joey : - Quoi ?? Je te préviens, Pacey…
Pacey, la coupant : - Rien n’aura changé parce que là, tu n’es plus envoûtée par rien du tout. C’est fini Jo. C’est fini depuis ce matin.
Joey le regarda, effarée.
Joey, dégageant son bras que Pacey tenait serré entre ses doigts : - Tu mens, comme d’habitude…
Pacey : - Je ne te mens pas. Tu le sais très bien. Alors arrête.
Joey n’arrivait plus à soutenir son regard. Il avait raison. Elle savait qu’il ne lui mentait pas. Elle pouvait savoir à la moindre intonation de sa voix, s’il lui mentait ou pas.
Pacey agrippa à nouveau le bras de Joey et pressa dessus pour l’inciter à le regarder.

Pacey : - Regarde-moi, Jo...Il secoua le bras de Joey. Regarde-moi !
Elle leva enfin les yeux vers lui. Ses joues commençaient à rosir.
Pacey, la fixant intensément, il dit lentement: - A partir de maintenant, tout ce qui va arriver… ne dépendra que de toi, Joey.

Joey ne savait pas quoi répondre. Elle se sentait trop de mauvaise foi pour lui donner le change, mais en même temps elle savait très bien que la personne contre laquelle elle était en fait le plus en colère… c’était elle-même.

Elle détourna le regard. Pacey lui lâcha le bras. Enfin elle s’en alla. Sans se retourner cette fois.


Ninolito  (19.11.2005 à 13:26)

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