Pacey est réveillé depuis 7h ce matin. Il est allongé sur son lit, les yeux rivés au plafond, se demandant ce que va lui réserver la journée. Toute une journée avec Joey ! Il a l’impression de rêver. Cette fille qui, il y a quelques temps, refusait de lui adresser la parole, s’était montrée plus que froide chez Dawson et l’avait pratiquement insulté à cause de l’incident avec la tasse à café. A l’évocation de ses souvenirs, un léger sourire se dessine sur ses lèvres, cette Joey est vraiment une fille étonnante. Mais que cache-t-elle ? Pacey se souvient alors que Dawson lui a expliqué qu’elle vivait avec sa sœur et son beau-frère. Pourquoi ? Ses parents vivent peut-être à l’étranger ou dans un autre état. Il tourne alors la tête vers sa table de chevet et regarde l’heure : 7h30. Il est temps d’y aller. Il jette un dernier regard à la photo de Matt et lui qu’il ne cache plus.
Pacey : c’est décidé, je ne cacherais plus cette photo. Il faut que j’avance. Souhaite moi bonne chance Matt, je vais en avoir besoin.
Pacey se lève et réalise alors que c’est la première fois depuis « l’accident » qu’il parle à Matt de manière naturelle sans aucune gêne ou aucune envie de pleurer. Il sourit.
Il descend alors à la cuisine et décide de préparer un pique-nique pour ce midi. Il a tout prévu, eau, soda, sandwichs, chips et chamallows en dessert. Il se prépare une assiette de pane cakes en guise de petit déjeuner, le tout copieusement arrosé de sirop d’érable. Alors qu’il enfourne une énorme bouchée, son père entre dans la cuisine.
John : tu es bien matinal !
Pacey : oui, je serai absent toute la journée. Ne m’attendez pas pour dîner.
John : et on peut savoir ce que tu vas faire ?
Pacey se raidit, son père a un ton glaçant, comme avant.
Pacey, déconcerté : euh…j’ai loué un voilier et je sors en mer toute la journée.
John : fais attention à toi alors.
Pacey se détend, il se lève, débarrasse, fait la vaisselle et attrape son panier repas. Son père se penche pour ramasser le sac à dos de Pacey et lui tend.
John : Pacey, je te fiche la paix, c’est fini, les tests, tout. Tu es clean depuis 4 mois. (puis sur un ton plus menaçant) mais je te préviens que…
Pacey : ne t’inquiète pas papa.
John : bon, passe une bonne journée.
Pacey : merci.
De son côté Joey se prépare aussi. Depuis qu’elle est debout elle est nerveuse.
Joey : mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter !
Bessie : tu parles toute seule maintenant ?
Joey : et tu écoutes aux portes toi maintenant ?
Bessie : je vois, tu t’es levée du mauvais pied. Et qu’est-ce qu’il peut bien se passer pour que ma sœur se lève à 7h30 un dimanche matin ?
Joey : je vais faire de la voile aujourd’hui.
Bessie : toute seule ?
Joey : non.
Bessie : avec qui alors ?
Joey : avec quelqu’un que tu ne connais pas.
Bessie : en tout cas, ce garçon doit drôlement te plaire.
Joey : pourquoi tu dis ça ? et qui te dit que c’est un garçon ?
Bessie : et bien c’est rare que tu mettes une robe pour aller faire de la voile.
Joey baisse alors la tête et constate en effet qu’elle a revêtu une petite robe vert pâle. Rouge de confusion, elle fuit le regard insistant de sa sœur.
Joey : en effet, ce n’est pas la tenue idéale. Bessie, ça t’ennuierait de sortir, je voudrais m’habiller tranquillement et seule si possible.
Bessie sort de la chambre en souriant. Sa sœur amoureuse ! Il était temps.
Joey s’observe dans le miroir. Elle opte finalement pour un jean et un t-shirt blanc. Elle met un sac dans son pull puis le retire, après tout, il doit faire beau aujourd’hui. Elle file à la cuisine et prend un paquet de chamallows dans le placard.
A 8h45, Joey entend un coup de klaxon dehors. Aussitôt elle attrape son sac et sort, adressant un vague « bonne journée » à sa sœur. Bessie, qui n’a pas perdu de temps, se poste derrière la fenêtre du salon et observe sa sœur monter dans la voiture. Le chauffeur tourne alors son visage vers Bessie en amorçant une marche arrière et elle ne peut que constater qu’il est charmant. Sa sœur a visiblement bon goût.
Jen et Andie sont à vélo. Elles ont décidé de se passer de leurs hommes aujourd’hui. Une journée entre filles leur fera le plus grand bien.
Jen : on va chercher Joey ?
Andie : d’accord.
Arrivées devant chez les Potter, elles frappent à la porte.
Bessie : bonjour les filles.
Jen : bonjour Bessie. Est-ce que Joey est là?
Bessie : non, elle est partie très tôt ce matin, elle ne rentre pas de la journée.
Andie : tant pis. Merci, bonne journée.
Les deux amies font demi-tour et remontent sur leurs vélos.
Jen : on dirait que notre comparse prend du bon temps sans nous, aurait-elle d’autres amis ? Andie : ou elle est peut-être avec un garçon ?
Jen : peut-être, alors on va où ?
Andie : on a qu’à longer la crique.
Jen : et c’est parti !
Jack et Dawson se retrouvent seuls pour la journée.
Dawson : elles sont bizarres ces filles quand même.
Jack : pourquoi ?
Dawson : et bien hier j’ai proposé à Andie d’aller à Providence aujourd’hui et elle m’a répondu non alors qu’elle adore faire du shopping. Elle voit quelqu’un d’autre, c’est sûr.
Jack : Andie ? voir quelqu’un d’autre ? tu délires Dawson, Andie est folle de toi. Dès qu’on prononce ton prénom, elle devient rouge comme une tomate.
Dawson sourit, rassuré de savoir qu’Andie l’aime aussi fort. Mais il se rembrunit aussitôt.
Dawson : mais alors pourquoi elle ne m’a pas dit ce qu’elle faisait aujourd’hui.
Jack : parce qu’elle-même ne le sait pas, elle doit passe la journée avec Jen et Joey. C’est Jen qui a ordonné de laisser tomber « ces hommes qui ne servent à rien et dont on s’encombre trop pour oublier l’essentiel, l’amitié entre filles ! » Il faut « resserrer les liens qui les unissent car elles se sont éloignées depuis qu’elles ont l’âge de fréquenter des garçons et il est grand temps d’y remédier » et blablabla.
Dawson : je vois, tu as eu droit à un laïus féministe façon Jennifer Lindley. Et bien puisque nous sommes abandonnés, que dirais-tu de « resserrer les liens qui unissent les hommes car nous nous sommes éloignés depuis que nous sommes en âge de fréquenter des filles » ?
Jack, rigolant : pas de problème, on va chercher Pacey ?
Dawson :d’accord.
Ils arrivent devant chez Pacey et frappent à la porte. Aucune réponse.
Jack : et bien il semble que Pacey ne soit pas là.
Dawson : quelle perspicacité ! on fait quoi alors ?
Jack : tu n’avais pas prévu d’aller à Providence ?
Dawson : si, ça te dis ?
Jack : un peu que ça me dit !
Un silence de plomb pèse dans la voiture. Joey est visiblement mal à l’aise. Pacey, lui, est déçu, il pensait que Joey serait heureuse de passer la journée avec lui mais visiblement, elle y va à reculons.
Pacey : si tu as changé d’avis, je peux toujours faire demi-tour.
Joey, sortant de sa rêverie : hein ? non tout va bien, je réfléchissais c’est tout.
Le silence retombe, Pacey met alors la radio pour faire diversion. Il tombe sur le bulletin météorologique.
Speaker : « un temps magnifique sur toute la côte est et l’arrivée d’une perturbation en fin de journée qui devrait entraîner des orages et une tempête pour les villes les plus près des côtes avec des vents forts et la mer sera agitée à partir de 17h alors pour tous les matelots, faites attention ! »
Joey : ça craint rien ?
Pacey : non, il a dit 17h, on fera demi-tour vers 15h. De toute façon, il ne faut pas qu’on s’éloigne de trop parce que je ne connais pas vraiment la région, j’ai étudié une carte avant de venir et j’ai vu qu’il y avait une crique pas loin, on pourrait peut-être y aller.
Joey : oui, je la connais, j’y suis allée il y a quelques années avec Dawson et nos parents.
Alors qu’un sourire commence à se dessiner sur le visage de Joey à l’occasion de ce souvenir si agréable pour elle, un voile de tristesse passe sur son visage, ce que Pacey ne manque pas de remarquer. Mais selon lui, il est encore trop tôt pour questionner Joey. Ses réactions peuvent être imprévisibles et elle change très vite d’humeur.
Arrivés à la marina, Pacey et Joey descendent de voiture et s’avancent vers un homme qui semble visiblement attendre quelqu’un.
Pacey : Monsieur Jordan ? Pacey Witter.
Jordan : bonjour, ponctuels, j’adore ça. Je vous accompagne. Le voilier n’est pas grand, il n’a qu’une cabine mais je suppose que ça ne vous dérangera pas les amoureux.
Joey : nous ne sommes….
Jordan : voilà, c’est celui-ci.
Pacey : il est magnifique.
Jordan : et il ne m’a pratiquement rien coûté, juste quelques dollars et beaucoup de temps.
Pacey : vous voulez dire que vous l’avez retapé vous-même ?
Jordan : et oui, on fait avec ce qu’on a.
Joey : il est vraiment beau.
Jordan : et bien je vais vous laisser, bonne journée et faites attention à vous et à mon bateau aussi.
Pacey : tenez, le montant de la location.
Jordan : merci jeune homme. A ce soir les amoureux.
Joey : mais nous ne sommes….
Pacey : je doute que ça l’intéresse.
En effet, Monsieur Jordan est déjà reparti.
Pacey et Joey montent à bord du bateau et se préparent au départ. Pacey constate que Joey est très douée, il n’a pas le temps de lui demander quoique ce soit que le bateau est déjà prêt à naviguer.
Pacey : tu es très douée.
Joey, rougissante : merci.
Jen et Andie se baladent toujours à vélo. Jen fonce à toute allure afin de se défouler au maximum. Andie peine derrière à la suivre. Jen finit pas s’arrêter, à bout de souffle. Andie la rejoint.
Andie : ça va mieux ?
Jen : désolée, j’avais besoin de me défouler.
Andie : ça ne va pas ?
Jen, vague : si si.
Andie : Jen, je te connais, je vois quand quelque chose ne va pas. Alors dis-moi ce que c’est.
Jen : bon, si tu insistes. Ça recommence.
Andie : quoi ? qu’est-ce qui recommence ?
Jen : rrrrrhhhh, je croyais pourtant que c’était fini et puis il faut être lucide, ça n’a pas marché il y a 3 ans, pourquoi ça marcherait maintenant ? surtout vu la situation et ce qu’il est devenu.
Andie : mais Jen de quoi tu parles ? Je ne comprends rien.
Jen : et bien en fait…
Au moment où Jen commence sa phrase, une voiture klaxonne et s’arrête à leur hauteur.
Dawson : salut les filles.
Andie : coucou les garçons. Qu’est-ce que vous faites là ?
Jack : et bien nous partons à Providence. Vous voulez venir ?
Andie se tourne, pleine d’espoir, vers Jen qui regarde le bout de ses chaussures.
Andie : Jen ?
Jen : et bien vu que Joey n’est pas là, on a qu’à remettre notre journée entre filles à la semaine prochaine. Mais il faut que je me change et qu’on ramène les vélos.
Dawson : mets-les dans le coffre, Andie laissera le sien chez toi si ça ne te dérange pas.
Jen : et bien je ne peux pas refuser vu que tout semble prévu.
Jack sort alors de la voiture et lui prend son vélo des mains pour le mettre dans le coffre. Jen rougit imperceptiblement. Il prend celui de sa sœur et ils montent tous les 3 dans la voiture. Dawson fait demi-tour et repart en direction de sa maison et de celle de Jen, juste à côté.
Joey et Pacey sont en mer depuis 2 heures maintenant et ils se parlent très peu. Mais dès que l’un d’eux tourne le dos, l’autre le scrute à la dérobée. Pacey ne sait pas quoi penser, ne sait pas ce qu’il doit faire.
Pacey : tu as faim ?
Joey : un peu, je n’ai pas beaucoup déjeuné ce matin.
Pacey : j’ai tout ce qu’il faut. Tiens la barre, je reviens.
Pacey descend en cabine et trouve un plateau dans un placard. Malgré ce qu’a pu dire le propriétaire, le bateau est très bien équipé. Il sort alors de son sac un thermos de café chaud, un paquet de gâteau et des chamallows. Il remonte et observe un instant Joey qui regarde droit devant elle, concentrée sur ce qu’elle fait.
Pacey, à voix basse : décidément, elle est vraiment belle.
Quand Joey le remarque enfin, un sourire éclaire son visage et Pacey reste scotché. Ce sourire est si enfantin, si beau qu’il lui redonne du baume au cœur.
Pacey : on peut savoir ce qui te fait sourire comme ça.
Joey : regarde.
Joey sort alors de son sac un paquet de chamallows.
Joey : on dirait qu’on a le même pêché mignon.
Pacey rigole : en effet, j’adore les chamallows, je pourrais les manger par paquet entier.
Joey : et moi j’en engloutis des tonnes.
Ils rigolent tous les deux, l’atmosphère se détend et les barrières semblent enfin baissées.
Jen, Andie, Dawson et Jack roulent vers Providence. Jack a cédé sa place à l’avant à sa sœur et se retrouve donc derrière avec Jen. Cette dernière tourne obstinément son visage vers la fenêtre et feint d’admirer le paysage. Andie, elle, réfléchit. Elle a bien essayé d’en savoir plus pendant qu’elle se changeait chez Jen mais elle n’a rien voulu lui dire. Quelle tête de mule quand elle s’y met. Jack, lui, est plongé dans un magasine de base-ball et ne semble absolument pas perturbé par le silence, si peu coutumier, de Jen. Une fois sur le bac qui les conduit à Providence, Andie et Dawson s’isolent, Jen part à l’arrière du bateau et Jack dort dans la voiture.
Andie : Dawson, excuse-moi mais Jen n’a pas l’air d’aller très bien, je vais la rejoindre.
Dawson : qu’est-ce qu’elle a ?
Andie : je ne sais pas, vous êtes arrivés en voiture quand elle allait m’en parler et depuis elle n’a plus rien voulu me dire.
Dawson : et bien vu que tu m’abandonnes, je vais aller chercher des cafés.
Andie : Dawson, tu es exaspérant quand tu t’y mets.
Dawson lui sourit, l’embrasse sur le front et s’éloigne. Andie se met alors à la recherche de Jen qu’elle retrouve à l’arrière du bateau, en pleine contemplation océanique.
Andie : je sais que tu m’as dit que tout allait bien dans ta chambre mais reprenons cette conversation amorcée à la plage. Et ne te défiles pas Jen.
Jen : c’est rien Andie, tout va bien je t’assure. J’ai eu un petit moment d’égarement on va dire.
Andie : Jen, tu sais que si ça ne va pas, tu peux tout me dire. Les amies c’est fait pour ça.
Jen : ne t’inquiète pas, si j’ai un besoin quelconque de m’exprimer je te fais signe.
Andie : on devrait retourner à la voiture, on va bientôt arriver.
Elles partent toutes les deux en direction de la voiture. En chemin, elles croisent Dawson avec ses quatre cafés à la main. Elles le débarrassent et se dirigent vers la voiture. C’est alors qu’ils voient Jack, assis nonchalamment sur le capot de la voiture, en pleine discussion avec un autre garçon. Ils ont l’air de bien s’entendre.
Jack : tu sais, c’est pas évident au début mais après on s’y fait.
Tom : oui mais ma famille ne me parle plus depuis que je leur ai dit. J’aurais du me taire.
Jack : non, tu as bien fait. On est ce qu’on est, c’est pas parce que on a pas les mêmes préférences sexuelles que la normale qu’on doit vivre comme des parias, si tu n’avais rien dit, tu le vivrais encore plus mal.
Tom : merci Jack, tu m’as redonné un peu plus confiance en moi.
Andie : oui, il est extraordinaire pour ça.
Jack : Tom, je te présente ma sœur, Andie, son petit ami Dawson et ma meilleure amie Jen.
Dawson : salut Tom.
Tom : bonjour. Je vais vous laisser, je ne voudrai pas vous déranger.
Andie : tu ne nous déranges pas. Vous parliez de quoi ?
Jack : de…de sexualité.
A ces mots, Jen manque de s’étrangler avec son café.
Dawson : ça va Jen ?
Jen : oui, j’ai avalé de travers c’est tout.
Dawson : c’est l’heure de remonter en voiture, on arrive.
Tom s’éloigne après avoir échangé son numéro de téléphone avec Jack. Les quatre amis retournent dans la voiture.
Andie : il a l’air charmant ce jeune homme.
Jack : on a parlé de ses problèmes, je l’ai vu qui pleurait alors je suis allé le voir et il s’avère qu’il est gay et que sa famille le rejette depuis qu’il le leur a dit.
Jen, dans sa barbe : oh, le preux chevalier.
Jack : quoi ?
Jen : rien, je disais oh le beau voilier.
Dawson : aller, en route.
Joey s’est endormie sur le pont du bateau. Pacey est à la barre et il ne peut s’empêcher de la regarder dormir. Quand il aperçoit qu’elle tremble dans son sommeil, il descend chercher un pull et le lui met dessus. Au moment où il retourne à la barre, Joey s’agite dans son sommeil, elle gémit. Pacey se rapproche d’elle et l’entend murmurer Maman. Ne sachant quoi faire, il la secoue gentiment pour la réveiller mais rien n’y fait. Il s’accroupit pour être à sa hauteur et l’observe. Elle semble se calmer. Mais au moment où il se redresse, elle crie NON avec un tel déchirement qu’il en est tout retourné. Il se tourne pour la réveiller mais se prend le pied dans le sac de Joey et en voulant se rattraper, il l’entraîne dans sa chute. Ils se retrouvent ainsi par terre, Joey couchée sur Pacey et à présent tout à fait réveillée.
Joey, furieuse : mais qu’est-ce que tu fais ?
Pacey, confus : je suis désolé, tu faisais un cauchemar et j’ai voulu te réveiller mais je me suis pris les pieds dans ton sac.
Joey : bah bien sur, et t’as rien trouvé de plus crédible comme excuse. Tu n’es qu’un sale matteur !
Pacey : quoi ? mais je t’ai dit la vérité Joey.
Joey : ne t’approche plus de moi, c’est clair.
Pacey, vexé : si tu ne veux pas que je te touche, t’as qu’à te relever, c’est pas moi qui suis avachi sur toi.
Joey : alors ça c’est la meilleure.
Elle se relève illico et le fusille du regard.
Joey : je savais que j’aurai dû te dire non. Cette sortie est une catastrophe. Je veux rentrer.
Pacey : je pourrais te dire la même chose, seulement on est coincé en mer alors tu vas arrêter de râler et tu vas prendre ton mal en patience.
Joey, excédée, s’enferme dans la cabine. Pacey voit la crique dont il avait parlé et décide d’y aller quand même, il a besoin de descendre de ce bateau. Il jette l’encre près du rivage et rejoint la crique à la nage. Quand Joey s’aperçoit qu’elle est seule sur le bateau, elle monte sur le pont et voit Pacey assis sur la plage. Elle sort alors le pique-nique qu’il a prévu, met tout dans le canot pneumatique et va le rejoindre. Arrivée à côté de lui, elle s’assied, silencieuse.
Au bout de cinq minutes, elle se décide enfin à parler.
Joey : je suis désolée.
Pacey : pas grave.
Joey : je n’aurais pas dû te parler comme ça et t’accuser injustement. Tu n’as rien fait de mal.
Pacey : je t’ai dit que c’était pas grave. On aurait pas dû faire cette sortie, c’était une mauvaise idée. On ne se connaît pas après tout. On mange et on rentre.
Joey ne sait pas quoi répondre, il a l’air si triste tout à coup. Elle sort alors le pique-nique et ils mangent tous les deux en silence, regardant la mer qui s’étend devant eux à perte de vue.
Jen, Jack, Dawson et Andie sont maintenant à Providence. Ils se promènent dans le centre-ville et font les boutiques.
Jack : crise aiguë de shopping en vue on dirait.
Dawson : ta sœur cherche une nouvelle robe et des nouvelles chaussures.
Jack : et bien, on a pas fini.
Jen : tu n’es pas obligé de rester, tu n’as qu’à aller te promener.
Jack : tu as un problème Jen ?
Jen : moi ? absolument pas.
Jack : je vais faire un tour du côté des hommes.
Jack s’éloigne, laissant Jen et Dawson seuls devant la cabine d’essayage où est enfermée Andie.
Dawson : ça ne va pas Jen ?
Jen : et pourquoi ça n’irait pas ?
Dawson : tu as vu comment tu as agressé ce pauvre Jack ?
Jen : oh ça va, je ne lui ai pas non plus demandé de rester à Capeside.
Andie : alors qu’est-ce que vous en pensez ?
Dawson : tu es ravissante.
Andie : Jen, tu peux venir deux minutes ? J’arrive pas à défaire la fermeture éclair. Dawson, tu devrais aller retrouver Jack et regarde si tu ne voies rien pour toi au passage.
Dawson : pourquoi ?
Andie : s’il te plait Dawson.
Dawson : je vois, c’est un truc de filles ?
Andie : exactement, à toute à l’heure.
Jen et Andie entrent dans la cabine.
Jen : bon, qu’est-ce qu’il y a ?
Andie : je te l’ai dit, c’est pour ma fermeture éclair.
Jen : Andie, il n’y a pas de fermeture éclair sur cette robe.
Andie : ah oui, suis-je bête.
Jen : je peux y aller ?
Andie : Jen, tu es en train de retomber amoureuse de Jack ?
Jen : moi amoureuse de ton frère? Non pas du tout, enfin, peut-être, je sais pas. En fait, je crois que je me sens seule et du coup je me raccroche à la seule relation qui m’a rendue heureuse.
Andie : mais Jen, il est gay !
Jen : je sais Andie, ça va passer, c’est juste que j’ai besoin de tendresse, d’un garçon pour qui je serais aussi importante que tu peux l’être aux yeux de Dawson.
Andie : pourquoi tu n’essayes pas de sortir avec Pacey ?
Jen : je ne crois pas que je l’intéresse.
Andie : alors il faut te trouver le garçon idéal.
Jen sourit, touchée par l’intérêt qu’Andie lui manifeste. Heureusement, elle a des amis fabuleux.
Joey : j’ai fait un cauchemar au sujet de ma mère. C’est pour ça que tu m’as sans doute entendu crier.
Joey lui a dit ça sans lever une seule fois les yeux de son sandwich. Pacey, assis à côté d’elle sur la plage, ne répond pas.
Joey : j’ai perdu ma mère quand j’avais 13 ans, elle est morte d’un cancer.
Pacey : je suis désolé, je ne savais pas.
Joey : je n’aime pas en parler. Si tu étais à Capeside depuis plus longtemps, tu saurais que ma famille est souvent au cœur des ragots de cette ville.
Pacey : pourquoi ?
Joey : oh, trois fois rien. Quand ma mère était malade, mon père l’a trompé avec une serveuse, aujourd’hui il est en prison pour trafic de drogue et je vis avec ma sœur qui a eu un enfant avec un homme noir et sans être mariée.
Pacey : ça n’a pas dû être facile.
Joey : non en effet. Mais on apprend à vivre avec.
Le silence retombe tandis qu’ils finissent leur repas en silence.
Pacey : tu veux te baigner ?
Joey : si tu veux.
Ils enlèvent alors leurs vêtements.
Pacey : on a eu la même idée, on a mis nos maillots de bain.
Joey : c’est plus prudent.
Pacey court dans l’eau et plonge tête la première. L’eau est fraîche et lui fait du bien. Il réfléchit alors à ce que Joey lui a raconté. La pauvre, il comprend mieux d’où lui vient cette tristesse dans le regard. Il se tourne pour voir si elle arrive et il la voit avancer lentement vers l’eau. Vêtue d’un maillot deux pièces, il ne peut que constater combien elle est belle, fine et élancée. Troublé par la vue de Joey, il plonge une fois de plus sous l’eau. Quand il remonte à la surface, elle est juste devant lui. Si près qu’il peut sentir son souffle contre son visage. Où est-ce le vent ?
Joey : c’est toi l’homme poisson ?
Pacey : pourquoi ?
Joey : tu n’arrêtes pas de plonger sous l’eau.
Pacey : j’adore la mer.
Joey : je vois ça.
Joey plonge alors la tête sous l’eau, comme Pacey précédemment, elle le contourne et lui attrape les chevilles afin de le faire basculer. Déstabilisé, Pacey tombe en avant et s’enfonce dans l’eau. Quand il remonte, Joey le regarde et éclate de rire.
Pacey : ah oui, tu le prends comme ça ? et bien tu vas me le payer !
Il l’attrape alors par la taille, passe une jambe entre celles de Joey et la renverse dans l’eau en la coulant. Le premier round est lancé, un match s’engage entre Pacey et Joey pour savoir lequel coulera le plus l’autre.
Dawson : tu sais ce qu’à Jen ?
Jack : pourquoi ? elle a quelque chose ?
Dawson : Andie trouve qu’elle ne va pas bien.
Jack : je n’ai rien remarqué de particulier. J’irai lui parler.
Dawson : non, Andie s’en charge. Et connaissant ta sœur, elle arrivera à savoir ce qu’il y a et à régler le problème.
Jack : oui, on peut lui faire confiance pour ça. Au fait Dawson, vous allez faire comment à la rentrée ?
Dawson : à quel propos ?
Jack : et bien vous allez être séparés pour la première fois depuis plus d’un an !
Dawson : tu sais, Boston et New York c’est vite fait en avion. Et puis si New York ne me plait pas, je viendrai vous rejoindre.
Jack : ce n’est pas pour paraître désagréable mais tu sais Dawson, les relations longues distances n’ont jamais donné grand chose.
Dawson : j’ai confiance Jack, ce sera peut-être dur mais tout ce passera bien.
Jen et Andie sont toujours dans leur cabine d’essayage.
Jen : Andie, je peux peut-être sortir maintenant ?
Andie : j’ai un truc à t’avouer. Je n’en ai parlé à personne jusqu’à présent mais je ne peux plus garder ça pour moi.
Jen : oh mon dieu, tu es enceinte ?
Andie : quoi ? non mais ça va pas la tête ! non, en fait, j’ai peur.
Jen : peur de quoi ?
Andie : ben tu sais, Dawson à New York, moi à Harvard.
Jen : tout se passera bien Andie, Dawson t’aime, c’est évident. Je ne dis pas que ce sera facile tous les jours mais vous êtes le seul couple à pouvoir envisager une relation longue distance sans mettre en péril votre histoire. Et puis ce n’est pas si loin que ça !
Andie : oui mais si il en trouve une autre. Je n’aurai pas beaucoup de temps de libre.
Jen : c’est pour ça qu’il existe Internet ou le téléphone. Ne t’inquiète pas Andie, je suis sûre que vous y arriverez. Et puis nous serons là nous.
Andie : oui, je commence à regretter de ne pas avoir choisi de vivre avec vous.
Jen : oui mais Harvard est à l’autre bout de la ville, ça n’aurait pas été pratique pour toi. Alors que nous, nous sommes juste à côté de Boston Bay College.
Andie : oui et puis je ne vais pas vivre avec mon frère toute ma vie quand même !
Jen : bon on y va avant qu’on nous demande ce qu’on fait à deux dans une cabine.
Pacey et Joey sont enfin remonter sur le bateau. Exténués après ce combat titanesque, largement gagné par Pacey.
Joey : j’en peux plus, je suis épuisée.
Pacey : et moi donc. Tu devrais aller mettre des vêtements secs, tu vas tomber malade sinon.
Joey disparaît quelques minutes puis revient, habillée chaudement. Pacey a profité de son absence pour se changer sur le pont du bateau.
Joey : il est quelle heure ?
Pacey : 14h00. Pourquoi ?
Joey : comme ça, je vais m’allonger un peu, je suis fatiguée.
Pacey : vas-y, reposes toi bien.
Joey : et toi ?
Pacey : moi quoi ?
Joey : et bien, tu n’es pas fatigué ?
Pacey : si un peu.
Joey : si tu veux te reposer, il y a un canapé dans la cabine.
Pacey pèse le pour et le contre. Mais il se sent si las qu’il se laisse tenter par une petite sieste.
Pacey :ok, on se réveille à 15h pour partir.
Joey : d’accord.
Ils descendent tous les deux dans la cabine et se couchent. Joey est dans le lit double et Pacey sur la banquette, tellement défoncée qu’il n’arrive pas à trouver une position confortable.
Joey : finalement, si tu veux dormir, je crois qu’on va devoir partager ce lit.
Pacey : non ça ira, merci.
Joey : Pacey, tu n’arrêtes pas de te tortiller et du coup tu m’empêches de dormir. Donc, si pour pouvoir me reposer la seule condition est que je partage ce lit, soit, mais dépêche-toi, je tombe de sommeil.
Pacey sourit, Joey l’amuse, cette fille est vraiment géniale. Il se lève et la rejoint dans le lit, à une distance suffisante pour qu’aucun risque de frôlement soit possible.
Pacey : tu invites souvent des jeunes hommes que tu connais à peine dans ton lit ?
Joey pique alors un fard, gênée par cette remarque même si elle note une pointe d’humour dans le ton de Pacey.
Joey : la moitié de Capeside environ ! non, bien sûr que non. Il m’est arrivée de dormir avec Jack et Dawson, c’est tout, et ce n’était qu’en toute amitié.
Pacey : oh mais tu n’as pas à te justifier.
Joey : je ne me justifie pas.
Joey s’emballe, ce qui amuse Pacey car cette fille démarre au quart de tour.
Pacey : ça fait longtemps que vous vous connaissez avec le reste de la bande ?
Joey : depuis le jardin d’enfant.
Pacey : ça doit être génial d’avoir toujours connu les mêmes amis.
Joey : tu n’as pas d’ami d’enfance toi ?
Le visage de Pacey se durcit, Joey le remarque instantanément.
Pacey : non.
Le silence tombe dans la cabine, Joey, sentant que Pacey cache quelque chose mais qu’il ne souhaite pas en parler, se tait. Pacey se demande s’il devrait se confier à Joey, après tout, elle l’a fait. Au moment où il se tourne vers elle pour lui parler de Matt, il constate qu’elle dort.
Pacey, chuchotant : même en dormant tu es très belle.
Il se tourne alors de l’autre côté et sombre dans un sommeil quelque peu agité.
A Providence, nos quatre amis sont assis à la terrasse d’un café en train de déguster une énorme glace.
Andie : un pur délice !
Jen : exquis.
Jack : tu es sur qu’elles parlent de crème glacée ?
Dawson : on pourrait se poser la question.
Jack : faites attention les filles, vous allez grossir.
Andie : tant pis, c’est tellement bon que ça vaut bien 2 ou 3 kilos en plus.
Jen : te plains pas, toi tu as Dawson pour éliminer !
Dawson, Jack et Andie regardent Jen d’un air interdit. Elle relève les yeux de sa glace et comprend alors ce qu’elle vient de dire.
Jen : c’est moi qui aies dit ça ?
Elle pique alors un fard et replonge la tête dans sa glace. Jack la fixe, se demandant ce que signifiait cette phrase. Mais il n’a pas le temps de réfléchir d’avantage, Tom, le garçon rencontrer sur le bac, s’avance vers lui.
Tom : salut Jack.
Jack : qu’est-ce que tu fais là, Tom ?
Tom : je me promène, et vous vous faites quoi ?
Andie : on mange une glace avant de rentrer.
Tom : vous repartez à quelle heure ?
Dawson : le bac est à 15h30.
Tom : dommage, j’aurais du venir ici plus tôt. Jack, on s’appelle ?
Jack : pas de soucis. Salut Tom.
Andie : il est vraiment charmant.
Jack : il est pas mal, c’est vrai.
Jen : et bien qu’est-ce que tu attends ? Cours-lui après, embrasse-le, mariez-vous et faites plein de bébés.
Andie : Jen !
Jack : Jen, je peux te parler ?
Il l’attrape par le bras et l’emmène dans le square, en face du café où ils étaient juste avant.
Joey se réveille avec un creux à l’estomac. Elle se lève, Pacey dort encore paisiblement. Elle attrape le sac de Pacey et commence à chercher de quoi manger à l’intérieur. Elle trouve un sandwich au beurre de cacahuète qu’elle coupe en deux. En le reposant, la curiosité l’emporte et elle commence à fouiller les affaires de Pacey. C’est alors qu’elle tombe sur une photo de Pacey et un autre garçon, ils se tiennent par les épaules et sourient à l’objectif. Au moment où elle va pour ranger la photo, elle entend du bruit derrière elle. C’est Pacey, il s’est redressé dans le lit et l’observe. Il a l’air très mécontent.
Pacey : je peux savoir ce que tu fais ?
Joey, immobile, son sandwich dans la bouche et la photo entre les mains, ne sait pas quoi répondre.
Jen : Jack, je n’ai pas fini ma glace.
Jack : ça veut dire quoi ça ?
Jen : qu’elle va fondre.
Jack : je m’en fiche de ta glace Jen, c’est quoi le problème avec Tom ?
Jen : il n’y a aucun problème Jack, je t’assure.
Jack : ah oui, et cette remarque que tu as sorti ?
Jen : écoute Jack, on ne connaît pas ce type et toi tu en es déjà à échanger ton numéro de téléphone. Qui te dit qu’il n’est pas un dangereux psychopathe.
Jack : tu racontes n’importe quoi Jen, il cherche quelqu’un pour l’aider et l’écouter. Tu ne sais pas ce que ça fait toi d’avouer à ton entourage que tu n’es pas comme eux.
Jen : non mais rappelles-toi que tu étais avec moi quand tu es devenu gay. Que crois-tu que j’ai ressenti ?
Jack : Jen, c’était il y a 3 ans, on a en parlé je ne sais combien de fois et on est passé à autre chose depuis non ?
Jen se tait, fixant le bout de ses chaussures.
Jack : Jen ?
Elle relève alors vers lui son visage baigné de larmes.
Jack, affolé : Jen, quoi ? qu’est-ce qu’il y a ? pourquoi tu pleures ?
Jen : pourquoi Jack ? on était heureux, on s’entendait bien, je t’aimais plus que tout.
Jack : Jen, je n’y suis pour rien, ça ne se commande pas. Et puis pourquoi tu réagis comme ça encore aujourd’hui. D’habitude tu me taquines sur ma sexualité, tu n’en pleures pas.
Jen : je me sens seule Jack. Personne ne me prend dans ses bras, personne ne me dit qu’il m’aime, personne ne s’inquiète pour moi, personne ne me désire, personne ne m’attend.
Jack : tu trouveras quelqu’un Jen, j’en suis sûr.
Jen : le problème c’est que plus je pense à cette solitude, plus je me rappelle combien c’était génial entre nous.
Jack : c’est vrai que c’était bien Jen mais avec le temps, ta mémoire a fait le tri et n’a gardé que les bons souvenirs. C’est pour ça que tu regrettes notre histoire. Mais si tu y réfléchis, tout n’a pas toujours été idyllique.
Jen : oui ben c’est pas ma faute à moi !
Jack : il n’y a pas de coupable Jen. Alors arrête de pleurer et je vais t’aider à trouver le nouvel homme de ta vie.
Jen : attendons d’être à Boston alors. De quoi j’aurais l’air, il ne nous reste que 3 semaines à Capeside. Et puis je ne vais pas m’enticher d’un gringalet d’ici alors que je peux avoir tous les beaux célibataires de Boston !
Jack : tu m’en laisseras quelques uns quand même ?
Jen : oui, les gays et les travestis.
Jack sourit et prend Jen dans ses bras. Cette dernière s’y abandonne, apaisée d’avoir pu dire ce qui la tracassait.
Pacey : alors ? pourquoi tu fouilles dans mon sac ?
Joey : je…heu…je suis désolée. J’avais faim alors j’ai pris un sandwich et puis …
Pacey : et puis tu t’es dit que tu allais fouiller pour savoir ce qu’il y avait à glaner dans mes affaires.
Pacey se lève et lui prend la photo des mains. Il sort sans un mot et Joey se sent mal d’avoir été surprise mais encore plus mal en repensant à la dureté du regard de Pacey. Tout semblait pourtant s’arranger. Elle entend alors Pacey qui lève l’encre et le bateau commence à partir. Elle remonte sur le pont, le temps s’est couvert et elle repense un instant à l’annonce du speaker à la radio. 17h, pourvu qu’ils soient rentrés avant 17h.
Joey : Pacey, je suis désolée, je n’aurais pas dû fouiller dans ton sac.
Pacey se tait, il fixe l’horizon. Joey s’assied à côté de lui, en silence. Au bout d’un temps qui lui paraît infini, Pacey lui adresse enfin la parole.
Pacey : le garçon sur la photo avec moi s’appelle Matt. C’était mon meilleur ami, on se connaissait depuis qu’on était gosse, un peu comme toi, Dawson, Jen, Andie et Jack. Sauf que nous n’avons pas eu la chance de grandir ici, aussi entourés. On était livrés à nous-même et un jour, pour s’amuser on a touché à la drogue. Au début, c’était du cannabis et puis on est passé à la vitesse supérieure, ecstasy, héroïne, cocaïne. On était totalement accros. Personne n’a rien vu, on passait toujours notre temps ensemble et personne n’a remarqué ce qu’il se passait. Il y a 6 mois Matt a été à une soirée sans moi, j’étais coincé à la maison. Et puis pendant la soirée, il est allé trop loin à cause d’une fille qui n’a pas voulu de lui. Il est rentré chez lui et il mort d’une overdose. Deux mois après, j’étais une vraie loque, mon meilleur ami n’était plus là pour m’écouter, me remonter le moral. J’ai pris une dose un peu plus forte que prévue pour le rejoindre mais mon père m’a surpris et depuis, j’ai atterri à Capeside, je fais des analyses d’urine tous les jours, ça fait 4 mois que je suis clean et j’arrive enfin à reparler de Matt sans vouloir pleurer ou tout casser.
Pendant tout le monologue de Pacey, Joey n’a pas bronché. Il lui a tout raconté en détail, des détails sordides sur pourquoi ils en sont arrivés là, ce qui leur est arrivé, pourquoi ils n’ont pas réussi à arrêter à temps. Joey, débordée par l’émotion, laisse une larme couler sur son visage. Elle ne sait pas quoi dire et préfère donc se taire. Pacey a tellement parler qu’elle n’a pas remarqué qu’ils sont en vue du port de Capeside. Elle se lève alors, toujours sans un mot, et descend en cabine pour ranger ses affaires. Pacey, lui, pense que Joey ne parle pas car elle est écœurée par ce qu’il lui a raconté. Il se dit alors qu’il l’a perdu définitivement. Il arrime le bateau au quai, prend ses affaires et attend que Joey sorte. Sans un mot, elle descend sur le quai. Pacey ferme la cabine, la regarde et part. Joey, toujours aussi inerte, le regarde s’éloigner en direction de la marina. Elle se met alors à courir, traverse tout Capeside et arrivée devant chez elle après cette course effrénée, elle s’enferme dans sa chambre.
Jen, Dawson, Andie et Jack sont aussi rentrés à Capeside. Chacun est retourné à ses occupations en proposant d’aller manger une pizza en ville. Jack tient à passer le reste de l’après-midi avec Jen, ce qu’elle accepte avec plaisir. Ils regardent un film dans sa chambre et discutent de tout et de rien, comme d’habitude. Jen décide alors d’appeler Joey pour savoir si elle veut se joindre à eux ce soir.
Jen : allô Bessie, c’est Jen, Joey est là s’il te plait ?
Bessie : oui je te la passe.
Joey : allô ?
Jen : coucou, c’est Jen.
Joey : salut Jen, ça va ?
Jen : bien et toi, ta journée ?
Joey : ça a été.
Jen : et on peut savoir où tu étais.
Joey : je suis sortie en mer.
Jen : avec le déluge qu’il y a dehors ?
Joey : il a fait très beau avant ce déluge.
Jen : et tu étais seule ?
Joey : non mais ça ne te regarde pas.
Jen : allez Joey, tu peux bien me le dire, à cause de toi, notre journée entre filles est tombée à l’eau et j’ai dû me coltiner Dawson et Jack toute la journée.
Joey : quelle journée entre filles ?
Jen : peu importe, avec qui tu étais ?
Joey : Pacey.
Jen : c’est pas vrai ? et c’était comment ?
Joey : Jen ! je n’ai pas envie d’en parler maintenant.
Jen : comme tu veux. On va à la pizzeria ce soir, tu viens ?
Joey : non merci, je suis fatiguée.
Jen : oh mais tu n’as pas le choix jeune fille. Rendez-vous à 20h et emmène Pacey.
Jen raccroche avant que Joey puisse contester.
Joey se dirige vers chez Pacey. Elle ne lui a pas reparlé depuis qu’ils sont rentrés de leur escapade en mer. Elle n’a pas arrêté de penser à ce que Pacey lui a raconté sur son ami. Elle qui a toujours éprouvé le plus grand mépris pour tout ce qui touche au milieu de la drogue, elle ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion pour Pacey. Il semble avoir tellement souffert. Elle se trouve à présent devant le perron de la maison Witter, elle hésite à frapper. C’est alors qu’elle entend un bruit étouffé, comme une plainte, un sanglot. Elle contourne la maison et voit de la lumière dans un abris au fond du jardin.
Joey : y a quelqu’un ?
N’obtenant pas de réponse, elle pousse doucement la porte et voit Pacey, assis par terre, pleurant, tout un tas de photos répandu autour de lui. Joey s’approche et le prend dans ses bras, il s’y laisse aller, pleurant sans retenue. Joey regarde alors autour d’elle mais son regard est attiré par les photos. C’est alors qu’elle constate avec stupeur que ce sont des photos d’elle. Des photos qu’elle a vu chez Dawson. Interdite, elle se raidit et Pacey l’ayant ressenti, se détache d’elle.
Pacey : ce n’est pas ce que tu crois Joey.
Joey : et qu’est-ce que je crois à ton avis ?
Pacey : si j’ai ces photos, c’est parce que la première fois que j’ai développé un film de Dawson, j’ai été bouleversé par cette photo.
Il lui tend une photo où elle se voit scrutant l’horizon.
Pacey : tu avais l’air si triste. Je ressentais ta peine et maintenant que tu t’es confiée à moi, je comprends d’où te vient cette souffrance. Je crois qu’on a partagé une douleur semblable. Tu m’as fasciné alors c’est vrai, j’ai fait des doubles des photos de toi que faisaient Dawson et je les ai gardé.
Joey : pourquoi ?
Pacey : parce que je voulais savoir ce que tu cachais et puis au fur et à mesure, je suis tombé amoureux de ton image. C’est pour ça que je t’ai proposé cette sortie en mer. Mais vu la tournure qu’elle a pris, ce n’était pas une bonne idée, tu avais raison.
Joey : mais tu ne me connais pas, comment peux-tu être tombé amoureux de moi ?
Pacey : je me suis senti proche de toi et la fois où je t’ai retrouvé sur le ponton devant chez toi, j’ai senti quelque chose entre nous.
Joey se tait, elle ramasse toutes les photos étalées par terre et les tend à Pacey. Il la regarde étonné mais ne dit rien et saisit le paquet qu’elle lui tend.
Joey, s’asseyant à côté de lui : moi aussi j’ai ressenti quelque chose ce soir là. Je savais que tu cachais quelque chose et quand tu t’es confié à moi aujourd’hui, j’ai été choquée je te l’avoue. J’ai une aversion totale pour ceux qui touchent à la drogue ou ceux qui en vendent. C’est dû à mon père comme tu le sais. Mais ton histoire m’a bouleversée et je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Tu m’as touchée Pacey. Quand j’ai décidé de venir te voir, j’ai mis une heure pour m’habiller. Ne ris pas. Ne ris pas parce que j’ai 18 ans aujourd’hui et pour la première fois de ma vie, j’ai voulu me faire belle pour un garçon à qui je n’aurais pas porter le moindre intérêt si j’avais su son histoire avant de passer la journée avec lui.
Pacey observe alors Joey. Elle a attaché ses cheveux en queue de cheval, a mis une jupe longue grise, un pull léger et une veste en jean par dessus. Elle est vraiment jolie tout en restant naturelle. Aucun maquillage, aucune fioriture.
Joey : Pacey, je ne sais pas ce qu’il va arriver entre nous et je ne veux pas y penser, ce qui doit arriver arrivera mais ce dont je suis sûre c’est qu’aujourd’hui, tu es l’ami qui me manquait et…
Pacey : et ?
Joey : et je ne sais pas.
Joey se relève et lui tend la main.
Joey : les autres vont manger une pizza en ville, tu viens.
Pacey la regarde et lui sourit. Elle lui tend la main et il l’attrape pour l’aider à se relever. Ils sont tous proches l’un de l’autre. Joey sent l’odeur de Pacey tout autour d’elle, elle est troublée et ferme les yeux. Pacey la regarde, il pose alors ses mains sur sa taille et s’approche d’elle. Joey rouvre les yeux et voit Pacey cherchant à l’embrasser. Elle pose alors ses mains sur son torse et le repousse doucement.
Joey : Pacey, non.
Pacey : pourquoi ?
Joey : parce que je ne suis jamais sortie avec un garçon. J’ai beau dire l’inverse aux autres, aucun garçon ne m’a jamais invité à sortir et aucun garçon ne m’a embrassé. Alors j’ai peur, tu comprends ?
Pacey : ne t’inquiète pas Joey. On prendra le temps qu’il te faudra.
Joey : tu dois me prendre pour une idiote, tu es sans doute sorti avec un tas de filles.
Pacey, souriant : pas un tas mais deux ou trois.
Joey lui rend son sourire.
Joey : on devrait sortir de cet abris non ?
Pacey, charmeur : la promiscuité te gêne ?
Joey : non, c’est plutôt les araignées.
Pacey se met à rire et Joey aussi. Ils sortent alors dans l’air frais de cette soirée qui commence. Ils marchent côte à côte et Joey glisse sa main dans celle de Pacey. Celui-ci, surpris mais heureux, serre la main de Joey qui lui sourit timidement.
Pacey : au fait, tu fais quoi l’année prochaine ?
Joey : je vais étudier à Worthington. Je vais vivre avec Jen, sa grand-mère et Jack.
Pacey : Worthington, c’est pas à Boston ça ?
Joey : si.
Pacey : ça tombe bien, moi aussi je vais à l’université à Boston. Boston Bay College.
Joey: tu seras avec Jack et Jen alors.
Pacey : peut-être mais tu ne seras pas loin alors.
Joey, avec un sourire charmeur : non, pas loin du tout.
C’est alors qu’elle se met sur la pointe des pieds et lui donne un baiser sur la joue. Pacey sourit de bonheur, enfin il voit une lueur de joie dans sa vie et cette lueur s’appelle Joey Potter. Ce que nos deux tourtereaux ne voient pas, c’est Jen, Jack, Dawson et Andie, le nez collé à la vitrine de la pizzeria qui les regardent et ont un sourire jusqu’aux oreilles. Joey et Pacey les remarquent enfin et entrent dans la pizzeria en riant. Ils s’installent avec leurs amis et sont assaillis de questions auxquels ils ne répondent pas, bien trop occupés à se sourire et à se contempler mutuellement. Et de tout le repas, la main de Joey n’a pas lâché une seule fois celle de Pacey.
FIN.
Misswitter et Potter.