Depuis son retour à la maison, Mary était restée prostrée, hermétique à toute sa vie, comme à celle des siens, ne s’occupant ni de Grams, ni de Jack et encore moins de sa fille. D’ailleurs ils ne comprenaient pas, c’était comme si elle avait perdu tout instinct maternel, elle qui n’arrêtait pas de câliner sa fille auparavant.
Jack allait mieux, malgré l’état de Jen, et ceci grâce à sa réconciliation avec Doug. Et Grams gardait espoir, sa foi l’aidant dans toutes les épreuves. Elle était persuadée que le mutisme de sa petite fille ne durerait pas.
Pour la sortir de ce silence, ses amis avaient décidé de l’emmener profiter d’un dimanche new-yorkais à Central Park alors que Jack était allé rejoindre Doug à Capeside, pour y passer leur premier week-end en amoureux...
Le grand air ne pouvait leur faire que du bien, à tous !
Dans Central Park, les filles étaient installées dans la pelouse, sur une couverture et papotaient, profitant des derniers rayons du soleil d’automne, alors que Pacey jouait avec sa filleule. Il essayait de la faire marcher !
Grams avait préféré ne pas se joindre à eux, les laissant entre jeunes, et pouvant ainsi profiter d’une journée de repos, pour elle.
Audrey,
à Joey : Et le jour où on a fait semblant de se crêper le chignon toutes les deux ?
Joey,
souriant : Ah oui, tout ça parce que je savais pas comment rompre avec Charlie et donc tu as décidé de lui faire croire que j’avais remis le couvert avec Pacey !
Mary les regardait toutes les deux qui se parlaient de situations qu’elle était censée connaître mais qui ne lui disaient vraiment rien du tout.
Mary,
ne comprenant pas : Mais pourquoi ? Tu ne sortais pas avec Pacey déjà ?
Joey : Ben en fait, j’étais sortie au lycée avec Pacey, mais on a rompu, au bal de fin d’année… génial… mais quand on était à la fac, il est sorti pendant un an avec ma colocataire… c'est-à-dire Audrey !
Audrey,
d’un air entendu : Je te déconseille fortement de sortir avec l’ex de ta coloc’, ça te complique la vie au moment de la rupture !
Joey,
suivant son idée comme si Audrey n’était pas intervenue : Nous, on n’est de nouveau ensemble que depuis deux ans… C’est un peu compliqué je te l’accorde !
Puis réalisant ce qu’Audrey vient de dire. Je te rappelle que Mademoiselle Liddle ici présente est à présent avec Dawson tout de même…
Audrey : Oui, bon… on reproduit toujours les mêmes schémas… mais cette fois je ne pense pas que ce soit une erreur !
Pacey quant à lui, était au bord de l’eau un peu plus loin. Il tenait Amy devant lui par le bout des doigts et la guidait pour essayer de marcher.
Pacey,
aux filles : Dites les filles, vous trouvez pas qu’on se débrouille comme des chefs tous les deux ? Je suis sûre qu’elle va bientôt se lâcher !
On pouvait voir Amy qui posait effectivement ses pieds l’un devant l’autre, mais question équilibre, c’était pas encore ça.
Joey : C’est bien mon amour… mais fais attention, tu vas attraper un lumbago à te pencher comme ça !
Pacey : Mais tu me feras bien un petit massage pour arranger tout ça… !
Mary était de nouveau replongée dans ses réflexions. Elle aurait voulu être contente qu’Amy fasse des progrès, mais elle n’arrivait pas à s’émouvoir de la situation. Elle sentait bien qu’il lui manquait quelque chose. C’était comme ses histoires que ses amis lui racontaient sans arrêt. Elle aurait voulu pouvoir leur dire qu’elle se souvenait. Ils y mettaient tellement de bonne volonté, mais elle voyait bien que rien ne lui revenait. Avait-elle réellement vécu cette vie-là ? Elle en doutait…
Audrey : Jen, ça va pas ?
Mary : Si si, je réfléchissait… le Charlie dont vous avez parlé tout à l’heure avec Joey, vous m’en aviez déjà parlé, non ?
Audrey : Oui, tu es sortie avec lui toi aussi. Mais c’était uniquement sexuel, et il te trompait avec une autre fille. C’est pour ça que tu n’approuvais pas qu’il sorte avec Joey. Alors qu’elle ne voulait que s’amuser… ça changeait, notre Joey qui se dévergondait !
Joey,
l’air outrée : Audrey !
Audrey : Quoi, ne dis pas que c’était pas vrai…
Mary,
voulant se montrer positive face à tout ça : Quel méli-mélo… !
Un moment plus tard, Audrey s’était assoupie sur la couverture et Pacey et Joey étaient enlacés sous un arbre, comme n’importe quel couple d’amoureux. Mary était donc seule pour s’occuper de Amy, qui devait prendre son biberon.
Mary : Bon Amy, je crois qu’il est temps qu’on ait un petit tête à tête toutes les deux…
Elle attrapa le biberon d’Amy d’une main, puis pris la bavette de l’autre.
Mary,
pour elle-même : Bon, c’est déjà pas si mal, j’ai tout ce qu’il me faut.
Puis mettant Amy sur ses genoux. Viens Amy, on va manger.
Elle ne lui avait pas dit ni « ma chérie », ou « mon cœur » comme Jen le lui disait si souvent, elle avait juste dit « Amy », comme ça, sur un ton neutre. Elle lui glissa le biberon dans la bouche et Amy se mit à téter. Mary était satisfaite, elle réussissait à lui donner à manger, mais elle sentait bien au plus profond d’elle-même que ce n’était pas un geste naturel pour elle, qu’elle n’avait pas l’habitude de le faire.
« Comment ça se fait que je n’ai pas l’habitude de le faire. C’est quand même ma fille. Je ne lui donnais jamais le biberon ? ».
Au loin, Joey avait les yeux braqués sur son amie. Elle était attendrie par les gestes qu’accomplissait Mary. « Bientôt ce sera mon tour » se dit-elle. Pacey avait remarqué son regard. Il était ravi. Il voyait que Joey avait laissé tomber toutes les barrières qu’elle avait pu dresser en se sachant enceinte, et tous ses doutes aussi. Lui aussi se dit, heureux : « Bientôt on sera trois ! »
Le soir même, ils rentraient tous les cinq du Parc. Pour raccompagner Jen et Amy chez Grams, ils devaient longer Central Park, et passer par Frederick Douglass Boulevard. C’était une avenue large, qui n’avait rien d’exceptionnel, mais qui rejoignait la 118ème rue.
Ils étaient donc là, à marcher. Audrey marchait devant avec Amy dans ses bras, et Mary à côté d’elle. Puis derrière Pacey et Joey traînaient. Ils étaient serrés l’un contre l’autre, le bras de Pacey sur l’épaule de Joey et lui tenant la main en même temps.
En passant devant un immeuble ancien, Mary se mit à trembler. Pourtant il ne faisait pas froid, il faisait même plutôt chaud pour une fin de journée d’automne. Elle tremblait comme une feuille, sans pouvoir s’arrêter. Elle s’assit sur un banc, et eu comme une vision. Un flash. Cet immeuble ? Oui, mais elle le voyait jaune, comme à travers une photo, une photo couleur sépia, vieillie par le temps.
Audrey commençait à paniquer.
Audrey : Joey, Pacey, Jen ne se sent pas bien !
Joey se décolla de Pacey, puis se rapprocha le plus vite qu’elle le pouvait de ses amies. Pacey la suivit sans se faire prier.
Joey : Jen, qu’est-ce qui t’arrive ?
Mary : Je sais pas. Un début de souvenir.
Puis à elle-même. Concentre-toi Lisa, tu peux le faire. Ça doit revenir…
Joey,
à Audrey : Lisa? Elle vient de dire Lisa? Ou j’ai rêvé ?
Lisa commençait à mieux distinguer la photo. Elle voyait la scène assez clairement maintenant. Elle était enfant, et tenait cette photo dans ses petites mains. Une femme lui parlait, et lui disait « Lisa, c’est là que sont tes vrais parents ».
Lisa,
dans un cri strident : Maman !
Quelques secondes s’écoulèrent durant lesquelles personne n’osait parler. Lisa interrompit ce silence.
Lisa : Je ne m’appelle pas Jen, ni Mary mais Lisa. J’ai été adoptée, et ai grandit à Seattle. Cet immeuble là, c’est celui où vivaient mes vrais parents ! J’ai passé des semaines à le chercher…
Joey : Mais voyons Jen, c’est impossible, je t’assure, tu as grandit à New York.
Mary,
s’énervant : Mais je ne suis pas Jen. Je suis Lisa!
Pacey,
voulant calmer les esprits : Allons chez Grams, éclaircir tout ça. Viens. Nous serons mieux qu’au milieu de la rue.
Quelques minutes plus tard, chez Grams. Elle avait couché Amy, et leur avait servit du café. Ils étaient tous dans le salon, et cherchaient une explication logique à tout cela.
Pacey : Mais enfin, tu ne peux pas avoir été à l’hôpital depuis trois ans. Tu étais là. La semaine dernière on a même fêté tous ensemble l’anniversaire de Amy.
Lisa avait maintenant retrouvé la totalité de ses souvenirs.
Mary : Oui Pacey. Je sais que c’est difficile à concevoir, mais j’étais à l’hôpital depuis trois ans. J’attendais que quelqu’un vienne me chercher, comme tous les matins depuis mon arrivée dans ce service, quand Jack est arrivé. Il s’est mis à m’appeler Jen, mais jusqu’à ce jour, on ne m’avait jamais appelée comme ça. On m’appelait Mary à l’hôpital. Mais mon non, c’est Lisa. J’ai cru que Jen était mon vrai prénom, mais non, c’est Lisa, j’en suis sûre !
Audrey,
perdue elle aussi : Je n’y comprends rien !
Joey,
cherchant à y voir plus clair dans cette situation inextricable : Attends, tu veux dire que ce n’est pas Jen que Jack a récupéré à l’hôpital, mais toi, Lisa?
Lisa : Oui.
Joey : Donc Jen est encore à l’hôpital, et sûrement à ta place si tout le monde vous a confondues… La ressemblance est frappante quand même !
Grams : Oh mon Dieu ! Ça veut dire que ma petite fille est abandonnée, et livré à elle-même depuis une semaine ?
Pacey : Le plus simple est de vérifier et d’aller voir à l’hôpital.
A l’hôpital. A peine la porte franchie, Lisa s’était mise à courir en direction de la chambre qui avait été la sienne durant trois ans. Elle ouvrit la porte rapidement et s’arrêta net, face à elle se tenait Jen. Elle était assise dans son fauteuil, en robe de chambre, les yeux dans le vague. Elle se leva.
Elles se tenaient maintenant l’une face à l’autre, comme si un miroir se trouvait entre elles. Sauf qu’il n’y avait pas de miroir, et qu’elles étaient bien identiques. Même taille, même coiffure, mêmes cheveux blonds mi-longs, bouclés, et même petit air malicieux. Elles étaient identiques. Certes elles n’étaient pas habillées pareil, mais il ne faisait aucun doute sur leur lien de parenté. Elles ne pouvaient être que jumelles, ou sinon, c’était des clones !
A la vue l’une de l’autre, elles comprirent. Elles étaient pareilles. C’était cela le lien qui leur manquait quand elles se retrouvaient seules. Elles n’avaient jamais pu mettre de mot sur ce manque qu’elles ressentaient parfois, mais en fait, c’était l’autre qui leur manquait ! Leur double, leur moitié, elles ne savaient pas précisément, mais c’était l’autre. Ni plus ni moins.
Pacey, Joey et Grams arrivèrent derrière elle. Eux aussi voyaient double !
Grams,
s’approchant de Jen : Jen, ma petite fille ! Ça va ?
Jen : Oui grand-mère, je vais bien maintenant.
Puis en regardant Lisa. J’ai compris.
Grams : Qu’est-ce que tu as compris ?
Jen : C’est en voyant cette jeune femme…
Lisa : Lisa !
Jen : … que j’ai perdu connaissance. Tu te rends compte, le choc que j’ai eu en l’apercevant ?
Plus tard, chez Grams. Audrey lisait une histoire à Amy pour la faire patienter. La porte s’est ouverte sur nos amis qui revenaient avec Jen, la vraie, et aussi Lisa.
Audrey : Qu’est-ce que vous fabriquiez ? Elle a faim cette gosse.
Jen,
courant vers sa fille : Amy, mon amour ! C’est Maman, tu me reconnais ?
Et elle la prit dans ses bras, et la serra fort, le plus fort qu’elle pouvait. Une semaine sans la voir, qu’est-ce que ça avait été long !
Audrey : Qu’est-ce qui se passe ?
Elle s’était retournée vers les autres pour avoir des explications, quand ses yeux se posèrent sur Lisa.
Audrey : Non ? Mais vous êtes qui vous ? Sa soeur jumelle ?
Mary : Oui, probablement.
D’un coup, plus un bruit. Cet aveu avait jeté un voile de silence dans l’appartement. On entendit des clefs dans la serrure. C’était Jack qui rentrait de son week-end, tout sourire, la mine réjouie et les yeux rayonnants.
Jack : Salut vous tous ! J’ai passé un super week-end, faut que je vous raconte en détail… la petite communauté de Capeside va avoir du mal à s’en remettre !!!
Tous restèrent silencieux.
Jack : Ça va pas ?
Il les regarda tous un par un, puis se rendit compte qu’il était en présence de deux Jen.
Jack,
abasourdit : Je crois que je vois double…
Pacey : Et non mon vieux, tu ne vois pas double. Assieds-toi, on va te raconter, c’est invraisemblable… et pourtant c’est la réalité ! Je crois que le récit de ton week-end peut attendre !
Lisa : Je suis née le 22 mai 1983 à New York.
Jen : Je suis née le 22 mai 1983 à New York.
Elles avaient réussit à capter leur attention, et pouvaient tenter de raccorder les morceaux de leur vie qu’il leur manquait !
Lisa : J’ai été adoptée par une famille de Seattle, où j’ai grandit. Mes parents ne m’ont jamais caché que j’avais été adoptée. Mais quand j’ai eu vingt ans, j’ai voulu partir à la recherche de mes racines. J’avais pour seule information la photo de l’immeuble où vivaient mes parents biologiques à l’époque. J’ai parcouru toutes les rues de New York à la recherche de ce fameux immeuble, je ne l’ai jamais trouvé. Enfin, c’est ce que je croyais.
Elle s’arrêta, reprenant son souffle, et tentant d’éclaircir ses idées.
Lisa : Un matin, je me suis faite voler mes affaires dans une ruelle de Manhattan, et j’ai erré. Je me suis retrouvée pile devant cet immeuble. Et là, le trou noir pendant trois ans. Les ambulanciers m’avaient retrouvée assise à Morningside Park, juste en face. Mais sans papiers, et venant de l’autre côté du pays, comment pouvait-on me retrouver ? Donc ça a été le trou noir pendant tout ce temps, jusqu’à ce soir où tout m’est revenu en repassant devant ce même immeuble !
Tous l’avaient écoutée patiemment, cherchant dans chaque détail une explication rationnelle à ce qu’il s’était passé. Le silence s’était fait. Jen se décida à le rompre.
Jen : Ce que je ne comprends pas, c’est comment tu as pu être adoptée…
Devant les yeux remplis d’incompréhension de sa petite-fille, Grams se décida à prendre la parole. Elle sentait que l’heure était venue de dévoiler un secret de famille qui la hantait depuis des années.
Grams : Vous étiez deux à la naissance, ma chérie. Quand ta mère a accouché, il y avait deux bébés. Mais on lui a dit que l’un des deux était mort-né, et donc tu as été élevée comme une enfant unique.
Jen,
surprise : Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ?
Grams : Si tu savais comme ta mère en a souffert. On a préféré ne rien te dire pour te protéger…
Jen : Vous m’avez tellement bien protégée que j’en ai perdu la mémoire !
Jack,
plutôt perdu : Attendez, j’y comprends rien. Comment vous avez retrouvée Lisa ?
Joey : On ne l’a pas retrouvée Jack. C’est elle qui a passé la semaine ici ! Jen était à l’hôpital dans la chambre de Lisa, et Lisa était ici. C’était normal qu’elle ne reconnaisse rien en arrivant ici… c’était pas chez elle !!!
Jen : Et moi, je suis bien Jen. Et je me souviens de tout !!!
Elle était tellement excitée d’avoir retrouvé sa vie, sa fille, ses amis, et en plus une sœur, qu’elle se mit à leur raconter certains détails de leur vie pour les convaincre que c’était bien elle !
Jen,
un sourire aux lèvres : Pacey, on était tellement exaspérés par l’amour qu’on avait fait un pacte, disons… sexuel !
Pacey,
ironique : Oui, et ça a tellement bien marché qu’on n’a jamais pu aller plus loin que se peloter dans la chambre de Dawson… Quel souvenir !
Jen,
changeant de victime… : Jack, on est pareils tous les deux. On se connaît tellement bien qu’on nous prendrait pour un vieux couple !
Puis s’adressant à Audrey. Toi, tu as couché avec CJ alors que je voulais sortir avec lui.
Audrey : Mais c’est un vrai déballage que tu nous fais… tu pourrais pas garder les détails indiscrets pour toi !
Joey,
moqueuse : Audrey, depuis quand es-tu gênée par ce genre de détails ?
Jen,
reprenant son énumération, et se tournant vers sa fille, qu’elle tenait encore dans ses bras : Amy, mon cœur, je suis sûre que tu comprends ce que je raconte. Mon amour, tu es ce qui m’est arrivé de meilleur au monde !
Puis relevant la tête et s’adressant à Grams. Grand-mère, on est comme chien et chat toutes les deux, mais au fond on s’adore, et on ne pourrait pas vivre l’une sans l’autre.
Grams : Tu as parfaitement raison ma chérie, je ne vois pas comment je pourrais vivre sans toi ! Cette semaine où tu n’étais plus vraiment toi a été une des pires de ma vie. Ne me fais plus jamais une frayeur pareille !
Jen,
s’adressant à Joey et ne se rendant pas compte que Pacey était là, et n’était pas censé savoir : Toi, tu es enceinte, et tu ne sais pas…
Elle n’avait pas eu le temps de finir sa phrase que Audrey l’avait coupée…
Audrey : Mais qu’est-ce que tu racontes, elle est pas enceinte, sinon on le saurait ?!?!?
Joey avait haussé les sourcils vers Pacey, comme pour lui dire « C’est l’heure de vérité ! ». Il lui répondit d’un clin d’œil, pour lui montrer qu’ils n’avaient plus le choix…
Pacey,
prenant la parole à la place de Joey : Et si Audrey ! On ne voulait pas vous en parler tout de suite, mais Jen s’en est chargée…
Jen : Oups, désolée !
Joey,
à Jen : C’est pas grave !
Puis à Audrey. Audrey, je suis bien enceinte. Au printemps prochain il y aura un autre bébé parmi nous !
Audrey : Mais c’est génial, toutes mes félicitations !
Se tournant vers Jen. Mais comment tu le sais toi ? Je croyais que tu avais perdu la mémoire… tu as des pouvoirs extralucides ou quoi ?!?!?
Et tous se mirent à rire !
Joey,
reprenant son sérieux : Jen était venue avec moi à l’hôpital, quand le médecin me l’a confirmé. C’est là qu’elle a aperçu Lisa et s’est évanouie…
Que de nouvelles ! La soirée avait été forte en rebondissements, de tous les côtés ! Jen avait retrouvé la mémoire et n’était pas en réalité Jen… Jen et Lisa étaient jumelles… Joey était enceinte…
Jack : Bon, maintenant qu’on sait tout et que tout le monde est content, vous le voulez, ce résumé de mon week-end ou pas ? Parce que sinon, je rentre à Capeside moi !!! Puisque personne ne m’aime !
Jen, Joey et Audrey,
en choeur : Mais bien sûr qu’on t’aime !
Grams : J’ai une meilleure idée ! Il commence à se faire tard. Donc vous restez tous dîner ici, et toi, tu nous racontes ton week-end autour de la table !
Lisa avait assisté à toute cette scène, amusée. Elle remettait en place tout ce qui lui avait été raconté durant la semaine, et était ravie de voir la vitalité et le bonheur qui se dégageait de ce petit groupe. Quelle chance ils avaient de s’avoir les uns les autres ! Quel bonheur de les entendre raconter leur vie !
Et maintenant qu’elle avait découvert une partie d’elle-même, une partie de sa vie qu’elle avait ignorée jusqu’à présent, elle se sentait prête à affronter la vie et toutes ses difficultés. Elle allait avoir besoin de temps, mais était prête à relever tous les défis, accompagnée de sa sœur… « Une sœur jumelle ! », elle n’en revenait toujours pas !
Elles se connaissaient à peine et pourtant se connaissaient parfaitement. Il leur manquait encore des détails de la vie de l’autre, mais cela n’avait pas d’importance, elles avaient toute la vie pour rattraper le temps perdu. Mais en même temps, ce n’était pas du temps perdu, elles s’étaient construites, chacune de leur côté, et étaient maintenant prêtes à partager leur vie. Elles voyaient bien qu’un lien très fort les unissait. Elles n’avaient pas eu besoin de se parler pour comprendre. En un regard tout avait été dit. Ces regards entre elles, ils étaient bien plus forts que n’importe quel autre. Et Lisa n’était pas la seule à le ressentir. Jen aussi ressentait la même chose.
C’était un sentiment inconcevable et incompréhensible pour quelqu’un qui ne vivait pas cette gémellité. C’était comme un fil invisible qui unissait leurs deux vies, indescriptible. Un lien impénétrable, et tellement fort. Elles ne dépendaient pas l’une de l’autre, non, elle se donnaient leur force, l’une à l’autre. Ce sentiment elles l’avaient toujours vécu, sans jamais pouvoir y mettre de nom dessus. C’était un manque qui ne s’était fait ressentir qu’à la vue l’une de l’autre. Un manque, mais aussi une force. Une sorte d’armure inébranlable, et tellement solide !
Une heure plus tard, Jack racontait son week-end à toute la petite assemblée autour d’un plat de pâtes improvisé par Grams. Il était ravi, son week-end avait été très prometteur, et il retrouvait sa meilleure amie ! Tout allait pour le mieux !
Tous étaient là, attentifs à ce qu’il avait de si ahurissant à leur raconter. Ne manquaient à l’appel que Dawson, qui était en Californie pour les besoins de son film, et Andie, qui vivait en Italie.
Jack : … et donc, on s’est baladé en ville main dans la main. Vous auriez vu toutes les commères de la ville qui nous regardaient. C’était tordant !
Pacey,
ironique : Des commères ? Tu as du rêver Jack, il n’y en a pas à Capeside !
Joey : Tu oublies tous les ragots sur mon compte on dirait !
Jack,
reprenant son récit : Et hier soir, on est allés dîner chez la famille Witter. Ils ne savaient pas que j’étais là, et encore moins pourquoi… donc quand au milieu du repas Doug s’est levé en disant qu’il avait une annonce à faire, tes parents se sont regardés en chien de faïence…
Jen,
impatiente : Jack, arrête de faire durer le suspens, j’attends moi…
Audrey : Jack, dépêche toi, je suis d’accord avec Jen !
Jack : Il a commencé à dire que depuis quelques mois il était le plus heureux des hommes… que tout allait bien dans sa vie… et ce, grâce à moi ! Donc je me suis levé, et je l’ai embrassé ! Là, au milieu du salon des Witter…
Pacey : Et comment à réagit mon père ?
Jack,
mort de rire : Il s’est levé, et a applaudit !
Pacey,
estomaqué : Pardon ? Tu parles bien de mon père là ? John Witter ? Tu vois bien de qui je parle ? Grand, brun, l’air sévère, une étoile sur le torse…
Jack : Oui oui, il s’agit bien du shérif Witter ! Il nous a dit qu’il le savait. Qu’il savait même que Doug était gay depuis des années et qu’il se demandait comment il avait fait pour ne pas lui botter les fesses plus tôt pour qu’il s’avoue la vérité ! Il a même ajouté qu’il était ravi que ce soit moi qui sois avec lui ! Elle est pas belle la vie ?!?
Grams : Je suis enchantée moi aussi pour vous mes enfants. Tant de bonheur, ça me réjouit !
Joey,
pensive : Tu sais Jack que maintenant on va être beau-frère et belle-sœur ?
Jack : Comment ça ?
Pacey,
enthousiaste : On a enfin fixé la date du mariage ! Ce sera juste après la naissance du bébé !
Quelques mois plus tard, la veille de Noël, chez Gale. Tout le monde était réunit pour les fêtes. Gale avait une fois de plus préparé un festin, mais il y avait de quoi, tout le monde allait bien, il n’y avait pas de problème, et son fils était venu lui annoncer qu’il allait se marier. Il comptait l’annoncer à tous ses amis ce soir.
Doug et Jack étaient là, eux aussi, heureux comme ils ne l’avaient jamais été. Jen avait retrouvé, ou plutôt devrait-on dire, rencontré sa sœur, qui passait également les fêtes avec eux tous, à Capeside avec Amy et Grams. Elles avaient toutes pris pension chez les sœurs Potter. Andie était venue voir son frère et ses amis, qui lui manquaient considérablement même si pour rien au monde elle ne voulait quitter Florence... Et Joey et Pacey attendaient que les mois passent, préparant leur mariage, et surtout la venue du bébé. Joey avait pris des rondeurs, elle en était à son septième mois de grossesse.
Bodie et Bessie s’affairaient en cuisine pour aider Grams et Gail à préparer le dîner. Dawson entra, suivit de près par Audrey. Elle trempa ses doigts dans la sauce.
Audrey : Gail un jour il faudra me donner votre truc. Cette sauce est excellente !
Gail,
souriant : Audrey, je t’ai déjà dit cinquante fois de me tutoyer.
Puis prenant son air sérieux. Et arrête de manger ma sauce, il n’y en aura plus pour manger avec la dinde !
Dawson souriait. Il était ravi que se mère et Audrey s’entendent aussi bien. Après tout, Audrey avait une réputation qui la précédait, même ici…
Les autres étaient dans le salon, à discuter, certains assis dans les canapés, d’autres près du feu. Jack, Andie, Doug et Pacey discutaient debout devant la cheminée, leurs verres à la main.
Andie : J’en reviens pas de tous ces changements dans vos vies !!! Et tout ça en moins d’un an ! Vous avez pris des actions chez « le grand bonheur » ou quoi ? C’est où qu’on les achète ? J’en prendrais bien une douzaine moi !!!
Pacey : Ah ah ! MacPhee, toujours le même sens de l’humour à ce que je vois !
Jack : T’inquiète pas petite sœur, toi aussi tu rencontreras l’amour… je suis sûr que tu as au moins dix italiens qui te draguent à longueur de journée…
Andie : Non, pas dix… un ou deux…
Jack,
intéressé : Et il n’y en aurait pas un qui compterait un peu plus que les autres ?
Andie,
mystérieuse : Peut être bien… mais tu ne sauras rien de plus !
Jack : Andie ! C’est toujours pareil avec toi !
Doug : Et voilà, c’est repartit. Quand ils ne se voient pas ils se manquent, mais quand ils se retrouvent, ils ne se manquent pas… dans tous les sens du terme ! Depuis qu’Andie est arrivée, il n’arrêtent pas de se chamailler !
Pacey : Et vous deux, vous ne vous manquez pas trop… séparés de près de 300 kilomètres… ?
Doug : Si, c’est pour ça que j’envisage de venir moi aussi à New York…
Pacey : Génial ! C’est Papa qui va pas être content… il perd dans cette histoire un adjoint de qualité !
Jack,
enthousiaste : Et on va prendre un appart’ ! Parce que la vie chez Grand-mère, c’est bien, elle a l’esprit large, mais quand même, tous chez elle, ça va faire beaucoup….
Pacey,
amusé : Et vous connaissant vous êtes capables de vous installer dans la rue d’à côté pour ne pas être trop éloignes les uns des autres !!!
Jack,
la mine rieuse : Possible !
A quelques mètres de cette joyeuse discussion, Joey, Jen et Lisa étaient assises dans les canapés. Elles discutaient du retour des jumelles « à la vie normale »…
Joey : Et comment s’est passée la rencontre avec M. et Mme Lindley ?
Lisa : Bien, mais Helen a eu un choc en nous voyant toutes les deux. Elle ne m’avait jamais vue auparavant, ni même serrée dans les bras. Il y avait juste eu une petite messe au crématorium de l’hôpital.
Joey : Et on sait pourquoi on lui a dit que tu étais morte ?
Jen : Ben en fait c’est la sage femme…
Lisa : … elle appartenait à un réseau d’adoption privé…
Jen : … qui l’a kidnappé de façon peu scrupuleuse pour la vendre à un couple de riches américains voulant un bébé.
Lisa : Mes parents ne m’ont jamais caché qu’ils avaient payé cher pour m’adopter…
Jen : Mais jamais ils n’auraient pensé que cet organisme avait des méthodes illicites.
Joey sourit. Les deux soeurs ne s’étaient pas rendues compte qu’elles avaient finie les phrases l’une de l’autre.
Jen,
surprise par le sourire de Joey au milieu de cette conversation plutôt sérieuse : Qu’est-ce qui te fais sourire Joey ?
Joey: Vous ! Vous êtes incroyables !
Puis se tournant vers Lisa. Et tes parents, ils se sont remis du choc ?
Lisa : Oui, mais ça leur a fait bizarre. En plus me découvrir une sœur…
Jen : Tu sais qu’ils ont tenté de remuer des montagnes pour la retrouver…
Lisa : Et rien n’a donné les résultats escomptés…
Jen : Jusqu’à ce que je t’aperçoive à l’hôpital !
Lisa : Oui heureusement finalement !
Jen : Ça a été une épreuve, mais c’était un mal pour un bien !
Puis changeant de sujet . Et Joey tu sais pas la meilleure ?
Joey commençait à avoir le tournis de devoir suivre sans arrêt leur conversation en passant de l’une à l’autre. Elle avait l’impression de regarder un match de tennis, et de passer son temps à suivre la balle qui passait de gauche à droite puis de droite à gauche en permanence.
Joey : Non, c’est quoi ?
Jen : On a fait le parallèle de nos deux vies…
Lisa : …et on a vécu à peu près les mêmes choses au même moment…
Jen : …enfin, sauf ces trois dernières années… mais le début de l’amnésie de Lisa correspond a une période où j’étais vraiment pas bien, j’ai même dû revoir un psy… moi qui m’étais jurée de ne plus jamais avoir affaire à eux !
Lisa : Et quand Jen était ado à New York, et qu’elle a mal tourné, ben moi aussi à Seattle j’ai fait pas mal de bêtises…
Jen : Et quand je suis venue à Capeside chez Grand-mère…
Lisa : Moi mes parents m’ont envoyée chez ma tante dans un patelin de la côte ouest…
Jen : C’est dingue tous ces points communs…
Lisa : … à croire que nos vies étaient tracées et qu’on n’a fait que suivre nos destins…!
Joey,
tentant de se lever, mais ça commençait à devenir difficile avec son gros ventre : Ça suffit les filles, vous me donnez le tournis à parler comme ça !
Gail sortit de la cuisine, tenant un plat de petits fours dans les bras, suivie par Dawson et Audrey, ainsi que Bessie et Bodie.
Gail : C’est l’heure des cadeaux… les enfants s’impatientent !
Au moment où elle dit ça, Lili et Alexander qui jouaient autour du tapis de jeu de Amy, levèrent la tête, les yeux enchantés ! Depuis une heure, ils regardaient tous les paquets qui étaient posés au pied du sapin de Noël avec une envie irrésistible de se jeter dessus et d’arracher tous ces beaux papiers cadeaux multicolores. Ils ne tenaient plus en place tellement ils étaient impatients !
Tous s’assirent dans les canapés et Dawson commença la distribution. Il y en avait des gros, des petits, des plats, des ronds… en clair, ils allaient y passer un moment pour réussir à tout ouvrir !
Bien sûr, c’étaient les enfants qui étaient les plus gâtés, entre les petites robes pour Amy, des DVD pour Lili, des vêtements et des jouets pour le bébé de Joey et Pacey... Mais un cadeau retint l’attention de Dawson. Il y avait écrit dessus, en gros « Pour Doug ». Dawson le lui tendit. Le paquet était assez grand, et plat. Il l’ouvrit, les yeux incrédules. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?
Il défit le papier cadeau, et aperçu un cadre dans lequel on avait placé une fausse Une de journal. « Le Capeside Magazine » titrait en gros « Flic hors pair, flic homo : l’histoire vraie de Douglas Witter ». Sous ce titre se trouvait une photo de Doug avec Jack.
Pacey : Je t’avais dit que je le ferais Douggie !
Doug,
ne sachant pas s’il devait être en colère ou rire de la blague de son frère : Trop aimable !
Dawson,
plié en quatre, tellement il rigolait : Je pensais pas que tu oserais quand même !
Et là, tous se retournèrent vers lui, ne comprenant pas. Devant leur air interrogateur, il dit :
Dawson : Il y a plusieurs années, quand on recherchait des informations sur Eve… vous vous souvenez d’Eve ?
Tous,
acquiescent : Bien sûr !
Pacey :
les yeux vers le ciel, comme se remémorant des souvenirs : Qui ne s’en souviendrait pas ?
Joey,
une pointe de jalousie dans la voix : Ohé, je suis là ! Je suis peut-être aussi énorme que Mobby Dick, mais je suis encore là !
Pacey,
ayant un regard tendre vers elle : Et tu es magnifique, mon amour !
Dawson,
reprenant le fil de la conversation : Enfin bref… on avait suivit Eve jusqu’au port et Doug nous avait surpris. Pour faire diversion, Pacey a fait des allusions douteuses sur sa sexualité et lui a dit qu’un jour il ferait la une d’un journal avec ce titre là !!! Tu l’as, ton cavalier pour le bal de la police! Ah ah !!!
Pacey,
à qui les souvenirs reviennaient également : Très forte celle-là Dawson !
Un moment plus tard, tous étaient autour de la traditionnelle dinde de Noël. Chacun discutait avec son voisin quand soudain Dawson se leva, attrapa son verre et fit taper délicatement sa petite cuillère contre le verre pour demander le silence.
Dawson : S’il vous plait. J’ai une annonce à faire !
Pacey : Quel sérieux ! On dirait qu’il se prépare une grande nouvelle !!!
Dawson : Je ne te le fais pas dire !
Il regardait Audrey qui était assise à l’autre bout de la table à côté de Joey. A les voir toutes les deux, elles resplendissaient.
Dawson : Ben voilà…
Jen : Mais c’est qu’il a l’air tout timide notre Dawson !
Dawson : J’aimerais vous annoncer une grande nouvelle. Enfin, elle est grande surtout pour moi, et Audrey !
Jen,
qui avait compris où il voulait en venir : Vous allez vous marier ?
Dawson : Jen, tu me casses tout mon effet là !
Jen : Désolée…
Dawson : Donc, Audrey et moi, on va se marier !
Jen : Je le savais, je le savais !
Tous : Félicitations !
Les filles s’étaient approchées de Audrey, qui leur montrait maintenant sa bague de fiançailles, l’air radieux.
Pacey,
à Dawson : Toutes mes félicitations ! Vous méritez d’être heureux tous les deux !
Dawson,
ému par les propos de son ami : Ça me touche que tu me dises ça Pace !
Pacey : Vous vous êtes décidés quand ?
Audrey,
regardant Dawson tendrement : La semaine dernière !
Dawson : On vous a prévenus vite, mais on soupçonne des paparazzis de nous avoir suivit... donc on vous tient au courant avant que vous ne soyez informés par les journaux… !
Jack,
qui avait suivit leur conversation : En effet, on aurait été moyennement content de l’apprendre par le « Capeside Magazine » !!!
- FIN -