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Singulier Pluriel

Série : Dawson's Creek
Création : 28.10.2005 à 23h59
Auteur : sonianonna 
Statut : Terminée

L’histoire se situe quelques années après l’épisode 622.

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Résumé : L’histoire se situe quelques années après l’épisode 622. Le Season Final n’a pas eu lieu (même si je reprends certaines idées qui y ont été traitées…).
Pacey et Joey ont enfin franchis le pas, ils vivent ensemble à New York et envisagent de se marier. Jen a eu une fille, Amy, qu’elle élève seule, et continue à vivre avec Grams et Jack, à New York également. Dawson quant à lui a réussit à Hollywood, où il est en tournage avec Audrey. A ce tableau idyllique vont se greffer pour nos amis quelques difficultés… amnésie, doutes, rupture, comment vont-ils s’en sortir ?


New York, 110ème rue, dans l’appartement de Pacey et Joey. Très spacieux, il donnait sur Central Park. On pouvait voir dehors par les fenêtres les feuilles multicolores des arbres, du rouge, du vert, du jaune… les couleurs de l’automne. On distinguait aussi les joggers de fin d’après-midi qui passaient le long des grilles…
De la chambre Joey parlait à Pacey, qui était assis dans le canapé du salon.
Joey : Chéri, tu n’aurais pas vu mon collier ? Tu sais, celui que tu m’as offert à Noël, j’aimerai le porter ce soir pour l’anniversaire d’Amy.
Il quitta le salon et rentra dans la chambre.
Pacey : Cherche au fond du premier tiroir de la commode, c’est toujours là que tu perds tes bijoux…
Joey : J’aime pas quand tu es sarcastique…
Pacey : Je suis pas sarcastique, je suis réaliste mon amour… dit-il avec un sourire jusqu’aux oreilles. Je suis sure que tu vas le trouver là-bas…
Elle ouvrit le tiroir, passa sa main dedans, et pris la petite boîte plate de son collier de perles. Il était entouré d’un ruban dans lequel on avait coincé une petite rose rouge. Joey tourna lentement la tête vers Pacey, la bouche grande ouverte. Elle posa ses yeux sur lui.
Joey : Tu m’avais pas dit que tu avais un don de prestidigitateur !
Pacey : Je savais que tu voudrais le mettre ce soir, et que tu allais le chercher dans toute la maison, c’est tout !
Elle vint se rapprocher de lui et le serra dans ses bras.
Joey : Tu es un amour ! Tu sais, j’adore quand tu me fais des surprises comme ça !
Pacey : Et moi j’adore ton sourire quand tu découvres mes surprises…
Ils étaient toujours dans les bras l’un de l’autre. Pacey la serrait un peu plus contre lui. Il la regardait dans les yeux et pu y voit tout l’amour qu’elle lui portait, mais pas seulement. Il y vit aussi une autre lueur, inexplicable, et qu’il n’avait jamais vue auparavant.
Mettant cela sur le compte de la malice, il se mit à balader ses mains sur son corps, remontant le long de ses hanches, puis de ses bras, pour finalement venir les poser de chaque côté de sa nuque. Il l’embrassa une nouvelle fois, puis recommença, attendant qu’elle aussi se prenne au jeu…
Pacey : J’ai plus du tout envie d’aller chez Jen tout d’un coup…
Joey, lui attrapant les mains : Hé bien c’est dommage pour toi, mais moi je compte bien souffler la première bougie de Amy, donc soit tu restes ici, tout seul, comme un idiot, soit tu m’accompagnes… et on verra ce qu’il se passe à notre retour… pas trop tard j’espère, dit-elle les yeux encore pétillants, en attrapant de nouveau les mains de Pacey qui s’étaient remises à se balader sur son corps...


Quelques rues plus loin, dans la 118ème, appartement de Jen. Elle était en train de s’afférer dans la cuisine… Jack entra.
Jack : Ça sent drôlement bon, dis donc. Étonné. C’est toi qui as cuisiné ?!?
Jen: Pourquoi ça te surprend tant que ça ?
Jack : Ben, disons que depuis que je vis dans cette maison on a toujours bien mangé quand c’est Grams qui cuisinait… par contre, quand c’est toi qui t’y colle, y’a toujours quelque chose de carbonisé…
Jen, piquée au vif : C’était pas carbonisé… juste bien cuit ! Je peux faire des efforts de temps en temps. De mauvaise foi. Et puis, c’est pas si compliqué de suivre un livre de cuisine…
Grams entra avec Amy dans les bras.
Grams : Jen, tu as mis au four ce que je t’avais demandé ? Parce que les autres vont arriver…
Jack, à Jen : Prise à ton propre jeu… Ah ! Ah ! Ah !
Jen, mi en colère, mi amusée : Grand-mère, tu aurais pu le laisser croire que c’est moi qui avait cuisiné…
Grams, la voie douce : Je suis désolée ma chérie. La prochaine fois, préviens-moi ! Jack, les autres ne vont plus tarder, tout est prêt ?
Jack : Pas tout à fait, j’y vais.
Il sortit, se rendant dans le salon.
Jen, souriant à sa grand-mère : On devrait lui dire tout de même que c’est moi qui ait fait le gâteau, il risque d’avoir une mauvaise surprise en le voyant !
Grams : Mais non, tu as mis tellement de cœur à préparer son premier gâteau à ta fille qu’il ne peut être que parfait !
De gros bruits sourds provinrent du salon. C’est Jack dans le salon qui bougeait les meubles.
Jen, sortant de la cuisine : Mais qu’est-ce que tu fais ? On n’organise pas une surprise partie, elle n’a qu’un an… et puis, on sera pas cinquante… juste nous quatre, et Pacey et Joey, tu sais bien que Dawson et Audrey sont en tournage à Los Angeles.
Jack : Ben oui, mais quand même, faut marquer le coup… donc je me disais qu’en plus des quelques guirlandes qu’on avait mises, le canapé serait pas mal dans l’autre sens…
Jen, avec humour : Jack, c’est au lycée que tu fais de la mise en scène, pas à la maison !
En effet, Jen et Jack étaient professeurs, et enseignaient dans le même lycée. Lui, enseignant la littérature, et elle, l’anglais. Ils n’avaient jamais caché leur amitié, jouant même dessus parfois pour menacer leurs élèves et les obliger à travailler.
Ainsi si un élève de Jen se montrait vraiment nonchalant en cours, elle le menaçait de demander à Jack de lui faire faire un rôle de figurant, debout au milieu de la scène durant toute la durée de la pièce de fin d’année. Jack la mettait en scène tous les ans, avec un plaisir non dissimulé ! A eux deux ils formaient un duo de choc auquel succombaient à la fois les élèves, leurs parents et tous leurs autres collègues !
Depuis un an maintenant, Jen était en congé maternité. Elle l’avait pris pour pouvoir élever Amy, puisqu’elle s’était retrouvée seule quand son petit ami avait appris sa grossesse. Seule ? Elle ne l’était pas vraiment avec Jack et Grams, mais seulement Amy grandirait sans son père…
Jack : Oui mais là, je suis inspiré pour cette petite fête d’anniversaire… et c’est sa première… je veux qu’elle soit mémorable !
Jen, repartant dans la cuisine : Bon, fais comme tu veux, mais fais toi beau quand même… et je te veux pas tout transpirant à table !
Jack : D’accord, j’abandonne. Je vais me préparer !


Une demi-heure plus tard, Pacey et Joey sonnaient à la porte. Jen vit leur ouvrir, mais ne les vit pas derrière tous les paquets qu’ils ont dans les bras.
Jen : Tiens, c’est Noël avant l’heure !
Joey, à Pacey : Je t’avais bien dit qu’on aurait des réflexions…
Pacey : Oui, mais si je gâte pas ma filleule à son anniversaire, quand est-ce que je vais pouvoir le faire ?!?!
Jen, l’aidant à se débarrasser de ses paquets : Aujourd´hui tu peux, mais avec le nombre de parrains et marraines qu’elle a, elle risque d’être plus gâtée à elle seule que tous les enfants du pays…
Joey : Ben c’est pas notre faute à nous si tu n’as pas pu te décider pour les parrains et que du coup tu nous y a tous collés…
Pacey : … parce qu’une liste de six parrains et marraines, fallait le faire… alors je récapitule : nous deux, Jack, Dawson, Audrey et Andie… et autant de cadeaux démesurés !
Jen : Bon je capitule… donnez lui tous les cadeaux que vous voudrez…
Joey regarde autour d’eux, et ne voit pas Amy.
Joey : Mais où est notre petite merveille ?!?
Jen : Grand-mère est avec elle dans la cuisine !
Joey, s’éloignant : Désolée les garçons, mais j’ai le privilège d’aller lui donner ses cadeaux en premier !
Et elle se dirigea vers la cuisine, suivie de près par Jen. Pacey était donc resté seul avec Jack, ils s’assirent, et se mirent à discuter en se servant un verre.
Pacey : Et où est mon frérot, Jack ? Il devait pas venir ? Je croyais que vous roucouliez tous les deux…
Jack : Si si, il devait…
Pacey : Ah je vois, il n’a encore pas pu quitter le boulot pour venir passer quelques jours à New York…
Jack, amer : Dis plutôt qu’il a pas voulu laisser son boulot pour rejoindre son petit ami, qui soit dit en passant reste toujours bien caché au fond du placard aux yeux de la famille Witter et de toute la petite communauté de Capeside…
Pacey : Ne sois pas injuste envers lui. Comprends-le, c’est difficile pour lui de devenir le shérif gay de la ville !
Jack, en colère : Mais il l’est, bon sang ! Même s’il ne le dit pas, il l’est maintenant qu’il est avec moi !
Pacey : Laisse lui le temps de se faire à cette idée et de réfléchir à ce qu’il veut vraiment !
Jack : Mais ça fait près d’un an maintenant… il a eu le temps !
Pacey, fataliste : Pas assez faut croire.
Les filles sortirent de la cuisine en papotant. Amy était dans les bras de Joey, elle tenait à la main une nouvelle poupée…
Joey : Hé ben ils sont là, à papoter tous les deux… Amy réclame son parrain !
Jack et Pacey se levèrent comme un seul homme et s’approchèrent d’elles. Mais Jack avait été le plus rapide et prit Amy dans ses bras…
Jack, tout sourire : C’est gentil mon cœur, mais tu as déjà eu tes cadeaux ce matin !
Joey : Bêta… je parlais de l’autre… parrain !
Jack : Je me disais aussi… c’était trop beau !
Pacey, qui a enfin pu l’approcher, la prend dans ses bras : Alors Tonton Pacey te manquait…
Amy gigotait dans ses bras, et se mit à lui désigner les paquets qui étaient restés sur la table.
Pacey : Tu perds pas le nord toi ! Alors, regarde un peu ce que je t’ai amené…
Joey : Et après ça vous me direz pas qu’il est complètement gaga…
Tout le monde partit dans un fou rire, auquel se joint Pacey allègrement !

Un moment plus tard, tout le monde était assis autour de la table, autour des mets préparés par Grams. Ils venaient de finir de manger un plat gigantesque de canard à l’orange.
Tous : Grand-mère, c’était délicieux !
Grams : Et encore, vous n’avez pas vu le dessert ! Jennifer, en lui faisant un clin d’œil, tu peux aller le chercher ?
Jen : J’y vais.
Et elle se leva. Prit le plat et les assiettes et se retourna pour partir.
Joey : Attends Jen, je viens t’aider, je vais prendre les assiettes !
Jen : Toute aide est la bienvenue… !
Joey se leva, et eut un vertige. Elle s’appui sur sa chaise et posa la main sur son front. Et se redressa.
Jack, qui était assis à côté d’elle : Joey ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Tous se tournèrent vers elle. Elle croisa le regard soucieux de Pacey.
Joey : Rien, rien, je me suis levée trop vite, c’est tout !
Et elle partit vers la cuisine, où elle rejoint Jen.
Joey : Jen, je crois que je vais avoir besoin de toi. Puis tournant la tête vers le gâteau qu’elle vient d’attraper dans le frigo. Il a une drôle de tête ton gâteau, c’est pas Grams qui l’a fait ?
Jen, gênée : Ben… en fait…
Joey : Ben je sais pas, mais Grams aurait pas écrit dessus « Bon anniversaire mon cœur » avec une tonne de chocolat…
Jen : Oui, c’est vrai que je me suis un peu lâchée sur la déco, mais comprends-moi, c’est son premier anniversaire, je veux qu’il soit parfait !
Joey, surprise : Quoi, c’est toi qui l’a fait ?
Jen : Ben oui, mais ne le dit pas aux garçons, ils ne voudraient même pas le goûter !
Et elles partirent dans un grand éclat de rire. Les garçons et Grams qui du salon ont entendu leurs éclats de rire discutaient.
Jack : Ben au moins ça rigole en cuisine !
Pacey : Tu l’as dit !
Grams se tourna vers Pacey.
Grams : C’est bien que vous ayez pu vous libérer tous les deux pour venir ce soir !
Pacey : C’est normal, pour l’anniversaire de Amy. Et puis déjà qu’aucun de ses parrains ne pouvait être là… excuse-moi Jack, mais je parlais des autres parrains…
Jack : Pas de problème, je vois ce que tu veux dire !
Pacey : … Donc, on tenait absolument à être présents !
Jack : Dis plutôt que vous ne pouvez pas vous passer de la petite !
Pacey, un sourire aux lèvres : Y’a de ça aussi !!!
Et le fou rire de la cuisine se répandit au salon…

Retour à la cuisine.
Joey : Moi je veux le goûter ton gâteau, et tout de suite !
Et elle attrapa une petite cuillère, et se dirigea vers Jen.
Jen : Non, laisse le entier !
Et elle se mit à courir autour de la table, en tenant le gâteau de ses deux mains, pour ne pas le laisser tomber. Joey la suivait, mais s’arrêta vite, sujette à un nouvel étourdissement. Elle s’appui sur une chaise.
Jen : Joey ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Joey : Ça va. Enfin je pense.
Jen l’aida à s’asseoir sur une chaise.
Jen : Mais qu’est-ce tu as ? C’est la deuxième fois ce soir…
Joey, reprenant ses esprit : C’est de ça que je voulais te parler tout à l’heure. Elle fait une pause puis reprend au bout de quelques secondes. Je crois que je suis enceinte.
Jen : Ben c’est plutôt une bonne nouvelle, non ?
Joey : Oui, mais le problème c’est qu’on en a jamais parlé avec Pacey. Elle parle de plus en plus vite. J’ai peur qu’il le prenne mal. Et s’il se sentait piégé. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Et s’il ne voulait pas de cet enfant ? C’est trop tôt, on n’est pas prêt, et on n’en a jamais vraiment parlé. Bien sûr on adore Amy, mais c’est différent d’être parrains et parents…
Jen, la prenant dans ses bras pour la calmer : Oh Oh Oh… Calme toi Joey ! Ça peut pas être grave…
Joey : Mais si, tu te rends pas compte…
Jen : Tout ce que je vois c’est qu’il faut que tu te reposes, et que tu réfléchisses.
Joey : Oui tu as raison.
Jen : La première chose à faire, c’est que tu t’assures que tu es bien enceinte et que tu ailles voir ton médecin. Demain je t’y accompagne.
Elle tenait Joey dans ses bras, et lui caressait les cheveux. Quelques secondes plus tard, elle lui dit :
Jen : Ça va aller ?
Joey : Oui oui, c’est bon…
Elle se décolla de Jen, attrapa le gâteau qu’elle avait posé sur la table, et se redressa.
Joey : On y va, les garçons vont trouver ça louche qu’on tarde autant !
Jen : Oui tu as raison. Mais donne moi le gâteau, je veux l’apporter à Amy !
Jen alluma la bougie et prit le gâteau. Elles entrèrent toutes les deux dans le salon. La bougie « feu d’artifice » crépitait, et Jen se mit à chanter. Les autres la suivirent de bon cœur.
Tous : Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire Amy, Joyeux anniversaire !
Amy, du haut de sa chaise haute regardait avec de grands yeux sa bougie qui se consumait. Jen s’approcha avec le gâteau, l’embrassa à la racine de ses boucles blondes, et lui dit :
Jen : Bon anniversaire mon cœur, souffle ta bougie maintenant !
Jen la souffla avec elle, et malencontreusement, elles soufflèrent tellement fort que le chocolat s’envola et atterrit sur Jack.
Jack : Jen, ma chemise !
Jen, prise d’un fou rire : Je suis désolée… mais si ça peut te rassurer j’aime bien le style « je me suis pris les pieds dans un pot de peinture »… !
Jack : C’est pas drôle… moi qui avait mis ma plus belle chemise pour Amy !
Pacey, rigolant lui aussi : Hé ben comme ça, tu auras ta plus belle chemise spéciale anniversaire de Amy, et tu pourras la remettre tous les ans !
Joey, qui s’est assise entre temps : Bon, on le mange ce gâteau, il me fait envie depuis tout à l’heure dans la cuisine !
Grams : Tout de suite. Qui en veut ?
Jack, qui a repris ses esprits : Mais il a une drôle de tête ce gâteau grand-mère !
Grams : Ah bon, pourquoi ?
Jack : Ben il est tout dégoulinant…
Grams, voyant Jen avec un sourire jusqu’aux oreilles : C’est normal avec la tornade qui lui est passée dessus. En le servant. Goûte, il va être délicieux !

sonianonna  (29.10.2005 à 00:03)
Plus tard, Joey et Pacey étaient en chemin pour rentrer chez eux après cette soirée. Ils longèrent les rues de New York, bras dessus bras dessous. Ils ne parlaient pas, profitant de l’instant présent.
Joey réfléchissait. « Et si j’étais pas enceinte, ça peut être autre chose… après tout, c’est peut-être juste du surmenage. Non mais ça va pas ma pauvre Joey, arrête de te voiler la face. Bien sur que tu es enceinte, y’a pas d’autre explication logique. Mais que va en penser Pacey ? Bien sur il est fou de joie quand on va voir Amy… mais on n’est pas à l’abri d’une nouvelle rupture… bien sûr on s’est réconciliés depuis deux ans, mais on n’est jamais à l’abri d’une nouvelle crise. Et si c’était trop tôt ? Si on se trompait sur toute la ligne ? Et puis même s’il était d’accord, avec nos boulots, c’est vraiment pas le moment… j’ai encore pas fini la moitié de mon roman et mon éditeur qui me met la pression… et Pacey avec le restaurant, il est surmené… »
Pacey quant à lui pensait à la fin de soirée qui se présentait… sans se poser la moindre question…
Ils entrèrent dans l’ascenseur. Les portes se refermèrent. Joey n’avait pas encore eu le temps d’appuyer sur le bouton du neuvième étage que Pacey commençait déjà à l’embrasser dans le cou…
Joey : Pacey… on n’est pas encore arrivés…
Pacey : Oui, mais tu vraiment jolie… et dans cette robe tu es tellement sexy mon amour !
Joey : Merci ! Tu es pas mal non plus !
Ding ! Ils étaient arrivés au neuvième. Pacey attrapa Joey dans ses bras et lui dit :
Pacey : Je crois bien qu’on avait commencé quelque chose tout à l’heure !
Joey : Quelle mémoire ! Je suis impressionnée !
Pacey : Pour ça toujours…
Et il ouvrit la porte, qui se referma sur les rires de nos amoureux…


Le lendemain matin, Jen passa chercher Joey chez elle. Elle frappa à la porte. Joey vint lui ouvrir.
Joey : Jen, entre.
Jen : Ça va ? Pas d’autre malaise ?
Joey : Chut ! Pacey est là.
Jen : Ah !
Elles passèrent le hall d’entrée et entrèrent dans le salon.
Pacey, se levant : Ah salut Jen ! Puis il embrasse Joey. A tout à l’heure, je file au resto… je suis déjà en retard, j’ai dit à tout le monde que je serai là pour préparer le service de midi…
Joey : A ce soir !
Pacey : Tu n’oublies pas que c’est demain que je vais à Capeside… voir un peu comment tourne le Ice House… Si tu veux m’accompagner…
Joey : Pourquoi pas ?!? On en reparle ce soir ?
Pacey : A ce soir. Au revoir Jen, et embrasse ta fille pour moi !
Jen, le sourire aux lèvres : Je n’y manquerai pas… !
Il attrapa ses clefs puis referma la porte derrière lui.
Jen : Quel courant d’air !
Joey, fataliste : Oui il est un peu occupé…


Dans la salle d’attente du service de gynéco de l’hôpital, Jen et Joey patientaient en feuilletant des magazines. Joey était tendue et Jen essayait de tout faire pour la décrisper.
Jen : Tiens tu as vu cette robe de mariée ? Elle est magnifique !
Joey, cinglante : Parce que tu crois que vu la situation dans laquelle je me suis mise je vais me marier ?
Jen, qui n’avait pas vue double sens de ses propos : Oh !
Joey : C’est pas en lui mettant le couteau sous la gorge, que je vais nous aider…
Jen : Oh, mais je disais ça juste pour détendre l’atmosphère…
Joey, qui prends sa tête entre ses deux mains : Mais dans quelle situation je me suis mise encore…
Jen : Excuse-moi Joey. Je ne voulais pas te froisser. Mais je suis sûr que Pacey ne prendra pas mal la nouvelle !
Joey, sceptique : Ça, j’en suis pas convaincue…
Jen : Ecoute, il est adorable avec Amy. Il adore s’occuper des enfants. Y’a qu’à voir comment il s’occupait de Buzz quand on était au lycée. Il est pareil que les enfants, c’est pour ça qu’il s’en occupe aussi bien ! Et puis lui, contrairement à d’autres, je suis sûre qu’il assumera très bien ses responsabilités.
Joey, qui avait repris son calme et ses esprits : Oui, je suis désolée… tout ça te fait repenser à ta grossesse, évidement. Ce que je peux être égoïste parfois…
Jen : mais non tu es soucieuse, c’est normal, mais attend de voir…
Joey : Oui, mais tout ce que tu me dis, je le sais bien… mais comment dire… je sens que c’est pas le moment.
Jen, songeant que la situation de Joey n’était en rien comparable à la sienne quand elle était tombée enceinte : Je suis sûre qu’il ne t’abandonnera pas.
Joey : Je l’espère.
Elle réfléchit, puis dit, calmement.
Joey : On n’a pas encore fixé de date pour le mariage. On est tous les deux super occupés chacun avec nos boulots, et en plus, on est toujours en train de se disputer. Et ça, ça n’a pas changé avec le temps. En ce moment ça va bien, mais pour combien de temps ?
Jen : Ecoute…
Médecin : Mademoiselle Joey Potter ?
Joey, faisant mine de se lever: Me voilà. A Jen. On sera vite fixées… A tout de suite.


Pendant que tout ceci se passait à New York, de l’autre côté des Etats-Unis, à Los Angeles, Dawson était en plein tournage. Il avait réussit à se faire une petite réputation dans le milieu du cinéma hollywoodien, et avait pour égérie Audrey. Il en avait fait la vedette des quatre films qu’il avait fait après en avoir fini de sa collaboration avec Todd.
William : Pourquoi ne nous sommes-nous pas rencontrés avant, Anna ?
Audrey : La vie l’a voulu ainsi John, mais maintenant nous avons tout le temps devant nous !
William : Que de temps à rattraper !
Il s’approcha d’Audrey, et l’embrassa à pleine bouche.
Dawson : Coupez ! Parfaits, vous avez tous été parfaits !
Dawson n’avait pas fini sa phrase que le plateau se mit déjà à s’agiter de tous les côtés. Les techniciens enroulaient des câbles, des spots s’allumaient, d’autres s’éteignaient. Les décorateurs étaient déjà en train de démonter le faux salon dans laquelle la scène venait de se passer.
Dawson s’éloigna de ses écrans de contrôle et alla s’asseoir dans son fauteuil de réalisateur, marqué « Leery » sur le dossier. Il fut rejoint quelques secondes plus tard par Audrey. Elle s’assit dans le fauteuil à côté de lui.
Audrey : Ce film va être un succès, je le sens !
Dawson : J’aimerai avoir tes certitudes !
Audrey : Maintenant que toutes les scènes sont dans la boîte, tu comptes le sortir quand ce nouveau chef d’œuvre ?
Dawson : N’allons pas trop vite en besogne mademoiselle Liddle, chaque chose en son temps !
Audrey, malicieuse : Pourtant, tout a été très vite avec moi !
Dawson : Tu trouves ? Je te rappelle qu’on se connaît depuis plus de cinq ans…
Audrey : Tu as raison, mais je ne te voyais pas !
Et elle se leva de son siège, se rapprocha de Dawson et s’assit sur ses genoux.
Audrey, ironique : Faut croire que j’avais des œillères…
Elle se pencha pour l’embrasser… et cette fois-ci, ce n’était pas un baiser de cinéma ! Le baiser se prolongeait, se faisant même quelque peu torride, à croire que Audrey et Dawson en avaient oublié qu’ils étaient au milieu d’un plateau de tournage...
Un assistant de Dawson s’approcha, plutôt embarrassé de devoir le déranger…
Tom : Hum hum !
Dawson leva un sourcil, puis se décolla d’Audrey.
Dawson : Oui ?
Audrey, s’adressant aux deux : Désolée… faut que j’aille me changer !


Au même moment, dans l’appartement de Jen. Jack était allongé par terre, dans le salon, en train de jouer avec Amy. Le téléphone sonna.
Jack, à Amy, en se levant : Viens mon cœur, on va voir qui veut parler à Tonton Jack !...
Il prit Amy dans ses bras et alla décrocher.
Jack : Allo !
Doug : Bonjour Jack !
Jack, froid : Doug.
Doug : T’as pas l’air content de me parler ?
Jack : J’aurais préféré te voir ici, à New York, plutôt que de te parler au téléphone.
Doug : Ecoute, j’ai pas pu me libérer, j’avais une enquête à boucler.
Jack : Ben voyons, une enquête à boucler ? A Capeside ? La ville où le seul crime commis durant toute une année est le meurtre inexpliqué du chien de Madame Johnson ! Ne te fout pas de moi Doug. Je sais très bien que tu aurais pu t’arranger pour venir hier.
Doug, surpris : Mais enfin Jack ?!?
Jack : Je sais bien que tu as honte de notre histoire, mais j’en ai marre. Je veux que tu puisses venir me voir sans te cacher, et pareil quand je viens à Capeside. On ne se voit pas si souvent, bon dieu !
Doug : Jack, je n’ai pas honte de notre histoire… prenant un air exaspéré, on peut pas avoir cette conversation au téléphone…
Jack : Réfléchit de ton côté. Et quand tu seras prêt à dire à d’autres que ton frère dans ta famille qu’on est ensemble, alors on pourra parler.
Doug : Jack, t’es pas sérieux ?
Jack : On ne peut plus continuer comme ça. Adieu Doug.
Et il raccrocha. Il posa le téléphone et le regarda, perplexe. Soudain, il n’était plus aussi enthousiaste qu’il ne l’avait été quand il jouait avec Amy. Un voile de tristesse s’abattit sur lui. Il regrettait déjà sa décision. Il se tourna vers Amy, qui était dans ses bras et le regardait.
Jack : Tu crois qu’il va réagir ? Non mais je suis bête, qu’est-ce que je vais devenir sans lui, moi ? Et en plus, je m’épanche sur les épaules d’une enfant d’à peine un an… ça va vraiment pas bien…


Dans le service de psychiatrie de l’hôpital.
Une jeune femme était assise, dans le foyer, à lire un livre. Elle avait une vingtaine d’années, peut-être vingt-cinq. On l’appelait Mary, mais on ne savait pas son vrai nom. Elle était là depuis trois ans car elle ne se souvenait de rien de son passé.
Par un beau matin d’hiver, elle avait été découverte par des ambulanciers, assise dans un parc, et morte de froid. Ils l’avaient emmenée aux urgences où on l’avait soignée. Mais comme elle ne se souvenait de rien et ne portait aucuns papiers sur elle, on la garda à l’hôpital, en espérant qu’un jour elle se rappelle de son passé. La police s’était tournée vers d’autres enquêtes, plus prometteuses et palpitantes que de retrouver le passé de Mary –d’ailleurs, était-ce son vrai prénom, personne ne le savait, on l’appelait comme ça depuis qu’elle était là- et on l’avait petit à petit oubliée là, dans le service de Psychiatrie du Manhattan Eye Ear & Throat Hospital de New York.

Dans la salle d’attente du service de gynéco, Jen attendait toujours Joey. Elle regarda les gens autour d’elle, mais aucun visage ne lui était familier. Elle se leva, histoire de se dégourdir un peu les jambes, et s’approcha de la sortie de la salle.
Au loin, au fond du couloir elle vit passer cette jeune fille, comme une ombre qui s’éloignait d’elle. Elle se dirigea vers elle, et la suivit, comme attirée par un aimant vers cette fille qu’elle ne connaissait pas. Arrivée au bout du couloir, la jeune fille se retourna. Jen vit alors son visage baigné de lumière qui pivotait vers elle, comme au ralenti. Cette vision provoqua chez elle une réaction instantanée. Elle perdit connaissance et s’effondra par terre, comme si la réalité l’avait appelée et que l’inconscience était sa seule échappatoire.
La jeune fille au fond du couloir ouvrit la porte des escaliers, inconsciente qu’elle venait de changer le cours de sa vie, non, le cours de leurs deux vies.


Quelques secondes après, Joey sortit du cabinet du médecin, plus blême que jamais. Elle chercha Jen dans la salle d’attente, mais ne la trouva pas. Elle vit un agroupement de personnes dans le couloir, et s’en approcha. Elle reconnu son amie, au sol. Un médecin était en train de vérifier son pouls.
Joey : Oh mon dieu, Jen ! Mais que s’est-il passé ?
Médecin : Vous connaissez cette jeune femme ?
Joey : Elle s’appelle Jennifer Lindley. Je suis une de ses amies. Que lui arrive-t-il ?
Médecin : On ne sait pas encore. Elle est tombée subitement dans les pommes. On va l’admettre dans une chambre, et on lui fera des examens.

Dans la chambre de Jen, un moment plus tard. Joey était à ses côtés. Le médecin entra.
Médecin : Mademoiselle, votre amie n’a semble-t-il aucun ennuie médical, et ne montre aucune raison de s’être évanouie comme elle l’a fait, d’après les examens que nous avons effectués.
Joey, elle le regardait, perdue : Et donc… ?
Médecin : Donc nous allons devoir attendre qu’elle reprenne connaissance. Je repasserai dans un moment, prendre de ses nouvelles.
Joey : Merci docteur.
Il sortit, laissant Joey plongée dans ses pensées. En l’espace de quelques secondes elle avait complètement occulté ses problèmes pour ne penser qu’à Jen. Mais que pouvait-il bien lui arriver ? Pourquoi était-elle tombée dans les vappes ? Il fallait prévenir Grams… J’ai complètement oublié de le faire, se dit-elle .
Elle se leva, regarda Jen qui semblait apaisée dans son sommeil, puis sortit de la chambre. Une fois dans le couloir elle sortit son portable de son sac, appela Grams, puis Jack et enfin Pacey.

Infirmière : Mademoiselle ? Mademoiselle, vous êtes à l’hôpital, vous avez fait un malaise.
Jen, qui retrouve peu à peu ses esprits : A l’hôpital ? Mais où ça ?
Joey : Jen, tu es à New York ! Mais qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
Jen : J’en sais rien. Mais pourquoi vous m’appelez Jen, Mademoiselle ? On se connaît ?
Joey, stupéfaite : Jen, c’est moi, Joey !
Le médecin entra dans la chambre.
Médecin : Vous pouvez nous laisser un instant, j’aimerai ausculter tranquillement Mademoiselle Lindley.
Joey sortit de la chambre, perturbée. « Elle ne m’a pas reconnue, c’est bizarre. Et elle ne se souvient pas non plus de son nom. C’est vraiment surprenant. »
Arrivèrent alors Grams et Jack. Pacey était resté pour garder Amy.
Grams : Joséphine, que se passe-t-il ? Elle va bien ?
Joey : Je sors juste de sa chambre, le médec¡n est avec elle. A priori elle n’a pas d’ennui médical, mais on ne sait pas pourquoi elle est tombée dans les vappes…
Grams, reprenant de l’assurance : Bon, ça ne peut pas être grave.
Joey : Le problème c’est qu’elle a perdu la mémoire.
Jack : Quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Elle ne se souvient plus de ce qu’il s’est passé… C’est ce que tu veux dire ?
Joey : Non Jack, elle ne m’a pas reconnue, et m’a demandé pourquoi je l’appelais Jen.
Il se prit la tête dans les mains, et s’assit sur une des chaises dans le couloir. Tout son monde s’effondrait. Il quittait son petit ami, et la seule personne qui aurait pu lui être de bons conseils perdait la mémoire. Sa meilleure amie ne se souviendrait plus de lui quand il franchirait les portes de cette chambre. Incroyable.
Jack : On peut la voir ?
Joey : On demandera à son médecin quand il sortira. Le voilà.
Le docteur sortit de la chambre de Jen, donna quelques consignes à l’infirmière et se tourna vers le petit groupe.
Docteur : Vous êtes de la famille de Mademoiselle Lindley ?
Grams s’approcha et lui tendit la main.
Grams : Je suis la grand-mère de Jennifer, Evelyne Ryan.
Docteur : Bonjour Madame. Donc votre petite-fille ne souffre d’aucun trouble, ni cardiaque, ni pulmonaire, ni quoi que ce soit qui ait pu provoquer son évanouissement. Je pense qu’il s’agit d’un choc psychologique qui a provoqué une perte de mémoire. Je ne sais pas encore si c’est ponctuel ou si cela sera plus long, mais ne vous inquiétez pas, nous allons tous faire pour qu’elle retrouve la mémoire.
Grams : Que devons-nous faire ?
Docteur : Allez la voir, parlez-lui, racontez-lui ce qu’elle a fait ses derniers jours, des souvenirs du passé aussi, et peut-être qu’elle se souviendra de quelque chose. Parfois un déclic peut suffire.
Grams : Je vous remercie docteur. Nous pouvons aller la voir ?
Docteur : Bien sur !
Et Jack, Joey et Grams entrèrent dans la chambre. Jen avait la tête tournée vers la fenêtre. Elle la tourna vers ses visiteurs, et un sourire pointa au coin de sa bouche. Jack se méprit sur celui-ci et s’approcha, tout sourire.
Jack : Jen, tu me reconnais, c’est ça ?
Jen : Mais qui êtes-vous ? A Joey. Je le connais ?
Joey : Jen, il s’agit de Jack, ton meilleur ami. Moi je suis Joey, et voici Grams, ta grand-mère.
Jen : Oh. Je suis désolée, mais vos visages ne me disent absolument rien. Je sais juste que j’ai vue cette fille… pardon… Joey, tout à l’heure à mon chevet.
Grams, catastrophée : Oh Jen, ma petite-fille, mais que t’est-t-il arrivé ?

Cette nuit-là, Grams la passa à veiller sa petite fille et à prier pour qu’elle recouvre la mémoire le plus vite possible. Jack quant à lui prit le relais de Pacey pour s’occuper de Amy. Et Pacey et Joey décidèrent de rentrer chez eux. Ils prendraient des nouvelles de Jen le lendemain.


Pacey et Joey étaient tous les deux dans la cuisine, dans leur appartement. Pacey était aux fourneaux, et Joey assise au bar à le regarder. Elle picorait des morceaux de pain, pendant que Pacey surveillait sa sauce.
Joey : C’est bizarre quand même ce qui arrive à Jen. Tu te rends compte, d’un coup tu tombes, et tu ne te souviens plus de rien…
Pacey : Oui, mais c’est qu’elle a du avoir un vrai choc !
Joey : Sûrement, je sais pas ?
Pacey : Ben, qu’est-ce que vous faisiez quand elle s’est évanouie ? Heureusement que vous n’étiez pas loin de l’hôpital.
Joey, hésitante : Euh… on faisait… les boutiques… oui c’est ça, on faisait les boutiques !
Joey savait qu’elle ne devrait pas lui mentir, mais ne se sentit pas le courage de lui parler tout de suite.
Pacey : Dans ce quartier ? Y’a pas vraiment de boutiques… y’a que des bars et des restaurants !
Toujours plongée dans ses réflexion Joey décida de reporter l’annonce de la nouvelle à un autre moment. Depuis que le médecin lui avait confirmé qu’effectivement elle était enceinte de six semaines, elle n’avait pas eu le temps de se faire à la nouvelle, plus inquiète pour son amie que pour elle-même. Maintenant, elle se sentait comme anesthésiée face son état… vraiment sous le choc. Alors avec en plus Jen qui perdait la mémoire, c’est la cerise sur le gâteau…
Pacey : Joey ? Je te parle ? Ça ne va pas ?
Joey, retrouvant ses esprits : Si si, ben en fait, on était là-bas parce que… Jen y a trouvé une boutique… une nouvelle boutique… d’un jeune créateur… qu’elle tenait absolument à me montrer. Pour faire diversion, elle changea de sujet. Et ta journée au restaurant ?
Pacey : Enfin plutôt ma matinée tu veux dire… après je suis allée garder Amy à la place de Jack !
Joey : Ah oui, j’oubliais…
Pacey : Bien, le restaurant tourne très bien, on a fait 60 couverts ce midi… pour un restaurant ouvert depuis deux mois, je ne vais pas me plaindre !
Joey, encore plongée dans ses pensées : … non… tu as raison…
Pacey : Au fait, tu sais que je vais à Capeside demain, et je pense y rester trois ou quatre jours, tu m’accompagnes ?
Joey se leva et commença à faire les cent pas dans la cuisine. Elle était plongée dans ses réflexions, et ne savait pas comment dire à Pacey qu’elle ne voulait pas l’accompagner et que quelques jours de séparations ne pouvaient leur être que bénéfiques.
Joey : Ben… elle hésitait… je sais pas.
Pacey : Tu es bien dans la lune ce soir !
Joey : Ça doit être… euh… ça doit être cette histoire avec Jen qui me fait cogiter…
Pacey, ne voyant pas le changement subit dans le comportement de Joey : Sûrement oui, ça fait un choc quand quelqu’un que tu connais depuis des années ne te reconnaît plus. Y’a de quoi surprendre. Mais ça me dit pas si tu m’accompagnes.
Joey, cherchant ses mots : Je ne pense pas… tu sais j’aimerais rester auprès de Jen… et puis j’ai du boulot encore…
Pacey, une pointe d’humour dans la voix : L’excuse du boulot… tu ne l’as pas sortie à Jen pour ne pas aller faire les boutiques celle-là… !
Joey, s’énervant : Non ! Mais je suis réellement très en retard, et au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, mon éditeur m’appelle cinq fois par jour pour savoir où j’en suis.
Et elle sortit en claquant la porte, et alla s’enfermer dans son bureau. Pacey resta dans la cuisine, éberlué par la scène dont il venait d’être l’acteur.
Pacey, à lui-même : J’y comprends rien…
Elle s’était enfermée dans son bureau et travaillait à son roman. Du moins c’est ce qu’il croyait, car en réalité elle pensait une fois de plus à la situation. Le travail, quel prétexte ! C’est tout ce qu’elle avait trouvé pour éviter la conversation qu’elle redoutait tant. « Mais pourquoi les choses ne peuvent-elles pas être simples, pour une fois », se dit-elle.
Un moment plus tard, il vint frapper à la porte du bureau.
Pacey : Joey, le dîner est prêt, viens manger.
Joey : J’ai pas faim. Ne m’attends pas. Je suis inspirée, je vais sûrement y passer la nuit.
Pacey, toujours derrière la porte : Tu pourrais au moins m’expliquer ce qui ne va pas ?
Joey, d’un ton neutre : Rien, tout va bien.


Le lendemain à Los Angeles, Dawson et Audrey prenaient leur petit déjeuner dans l’appartement de celle-ci.
Audrey : Tu peux me dire à quoi ça rime qu’on garde nos deux appartements séparés alors qu’on passe toutes nos nuits ensemble, soit chez toi soit chez moi ?
Dawson : Ben hier tu trouvais que c’était allé trop vite entre nous et maintenant tu voudrais carrément qu’on s’installe ensemble ?
Audrey, souriant de s’être fait prendre dans ses contradictions : C’est à peu près ça… !
Dawson, levant les yeux au ciel : Ce que femme veut… Dieu le veut !
Audrey : Et oui !
Dawson : Audrey, tu es extraordinaire. Tu n’existerais pas, il faudrait t’inventer !
Audrey : Oui je sais…
Dawson, redevenu sérieux : Mais avant de nous installer ensemble, tu ne crois pas qu’il faudrait annoncer aux autre qu’on l’est … ensemble ?
Audrey : Tu crois pas qu’ils se doutent de quelque chose ? Depuis le temps que tu me fais tourner dans tous tes films…
Dawson : Je crois pas… ils croient qu’on est les meilleurs amis du monde ! Tant que la presse ne publie pas de photos de nous deux nous embrassant dans un parc…
Le téléphone sonna.
Audrey : Allo !
Joey : Audrey, ça va ? Ton tournage se passe bien ?
Reconnaissant la voix de Joey, elle fit un clin d’œil à Dawson.
Audrey : Oui très bien, on a terminé le tournage hier ! Et toi ça va ? Et Pacey ?
Joey : Ça va. Pacey est parti ce matin à Capeside pour s’occuper du restaurant quelques jours. Audrey, je t’appelle parce que j’ai pas une bonne nouvelle.
Audrey : Qu’est-ce qu’il se passe, Poussin ?
Joey : C’est Jen. Elle a fait un malaise hier et a perdu la mémoire. Elle n’est pas en danger, tout va bien… sauf qu’elle ne nous reconnaît plus.
Audrey : Oh mon dieu ! Il faut que je vienne… Joey je prends le prochain vol pour New York, avec Dawson.
Joey : D’ailleurs j’arrive pas à le joindre, j’essaie depuis une heure. Tu saurais pas où il est ?
Audrey regarda Dawson qui jouait avec sa cuillère dans son café. Il attendait patiemment que les filles aient terminé leur conversation pour savoir ce qui les perturbait autant.
Audrey : Aucune idée… mais j’arriverai bien à le joindre avant le décollage. Embrasse tout le monde pour moi Joey. On arrive vite !
Joey : A plus tard Audrey.
Elle raccrocha et se tourna vers Dawson
Audrey : Fais tes bagages beau blond, on part à New York.


A Capeside, Pacey était dans les cuisines du Ice House en train de discuter avec Bodie. Depuis qu’il avait décidé d’aller rejoindre Joey à New York et d’ouvrir un deuxième restaurant, Pacey n’avait plus beaucoup de temps à consacrer au Ice House, qu’il avait repris deux ans auparavant. Ayant besoin de quelqu’un de confiance, il avait tout naturellement pensé à Bodie, qui cherchait désespérément un moyen de revenir à Capeside.
Bodie : …donc tu vois, tout se passe bien, mais ça me manque de ne plus être en cuisine à chaque service !
Pacey : Je te comprends, c’est pareil à New York, je pensais pouvoir y être plus souvent, et tu parles… j’ai toujours autre chose à faire…
Bodie : …des factures à régler, des commandes à effectuer, des plannings à organiser…
Ils se regardèrent tous les deux, et se comprirent d’un seul regard !
Pacey : Je vois que tu connais ça toi aussi !
Bessie entra dans la cuisine, et posa un panier plein de légumes sur le plan de travail. Elle s’approcha de Bodie pour l’embrasser et ne vit pas Pacey qui se trouvait derrière la porte battante quand elle était entrée.
Pacey, ironique : Les livraisons ont lieu le matin…
Elle se retourna, surprise.
Bessie : Mais tu es là toi ? Et où est ma soeur ?
Pacey, l’air maussade, se renfrognant tout d’un coup : A New York !
Bessie : C’est quoi cet air ? Ne me dit pas qu’elle te manque déjà ?
Pacey, ne voulant pas inquiéter Bessie avec le comportement bizarre de sa sœur la veille lui dit simplement :
Pacey, tentant de se montrer d’humeur joyeuse : Evidemment, deux heures sans la voir et je suis perdu !
Bessie : Ah la la ces amoureux !
Pacey : Et alors ce panier, c’est quoi ?
Bessie : C’est mes courses pour les clients du B&B… ce soir je leur fais ma spécialité : une poule au pot ! Tu m’en diras des nouvelles ?
Pacey : Quoi, c’est toi qui cuisines pour les clients ? Et vous arrivez encore à remplir ?
Bessie, l’air sévère : C’est moi qui cuisine, mais sous les ordres de chef Bodie… puis souriant, sinon on met la clef sous la porte !
Bodie : …et quand je peux pas rentrer pour cuisiner, elle nous les envoie ici… ça fait marcher les affaires !!!
Pacey, incrédule : Pourquoi je n’y ai pas pensé avant ?... Puis passant du coq à l’âne … et alors Bessie, contente d’avoir récupéré Bodie à Capeside tous les jours de la semaine ? T’arrives à le supporter ?
Bessie, radieuse : Oh oui, sans problème ! On saturait tellement de tous ces allers-retours de Capeside à Providence et vice-versa ! Et puis Alexander a l’impression d’avoir enfin une famille normale !
Pacey, rigolant : C’est vrai que maintenant vous faites très famille américaine modèle !
Bessie : Et oui, et tout ça grâce à toi !
Pacey, souriant : Comme ça j’aurais ta reconnaissance éternelle !!!
Bessie : Mais tu l’avais déjà depuis que le B&B est ouvert ! C’est grâce à toi et tous tes efforts qu’on a pu l’ouvrir… même si je sais maintenant que tout ça n’était pas inintéressé… !
Pacey : J’avoue, mais ça en valait la peine !
Et ils continuèrent à discuter, installés dans la cuisine du Ice House, et ne voyant pas le temps passer.


A New York, à l’hôpital, chambre de Jen. Grams s’était assoupie dans le fauteuil, proche de sa petite fille. Jen se réveilla. Elle soupira, se retourna puis chercha à retrouver le sommeil.
Jack entra dans la chambre, avec Amy dans ses bras. Voyant qu’elles dormaient toutes les deux, il s’apprêtait à faire demi-tour. Mais Amy bredouilla en voyant Jen dans le lit :
Amy : Ma… Mam… Maman !
Jen ouvrit les yeux, réveillée par le bruit. Elle se retourna dans son lit et les vit tous les deux dans l’embrasure de la porte.
Jen, doucement : … Jack, c’est ça ?
Jack, sombre : Oui c’est ça.
Grams se réveilla elle aussi !
Grams : Oh, je me suis assoupie.
Jen : C’est pas grave ! Et qui est cette petite fille avec toi, Jack ? C’est ta fille ?
Jack, déboussolé : … euh…
Grams, comprenant son désarroi et voulant redonner de l’énergie à sa petite-fille : Jennifer ma chérie, Amy est ta fille !
Jen : Oh !
D’un coup, elle se referma comme une huître et plongea dans ses réflexions. « J’ai une fille ? Moi… ? Mais comment ça se fait que je ne m’en souvienne pas ? »
Amy : Ma… Mam… Maman !
Jen : Oh mon dieu…
Jack s’approcha et posa Amy sur le lit. Mais Jen n’eut aucune réaction. Elle resta comme figée face à cette enfant qu’elle ne connaissait pas, et dont on lui disait que c’était sa fille.
Jack : Tu ne la prends pas dans tes bras ?

sonianonna  (29.10.2005 à 00:09)
A Capeside, Pacey quitta Bodie et Bessie, et se rendit chez son frère. C’est là qu’il allait poser ses valises pour les quelques jours où il serait à Capeside ! Il ouvrit la porte et s’affala sur le canapé.
Doug, qui avait entendu du bruit se rendit dans le salon : Tu as déjà retrouvé mon bon vieux canapé !
Pacey : Et oui, faut croire qu’il me manquait !
Il se leva et alla prendre son frère dans ses bras.
Pacey : Content de te voir Douggie !
Doug : Moi aussi !
Pacey : Mais tu n’es pas en patrouille, ou en train de surveiller une garde à vue, ou de mener une enquête passionnante…
Doug, souriant : Et non, la vie à Capeside n’est pas si palpitante, et c’est mon jour de repos !
Pacey : Alors pourquoi ne pas être venu à New York pour l’anniversaire de Amy ? Tu sais, Jack t’en veut…
Doug, s’asseyant aux côtés de son frère : Oui je sais, il me l’a bien fait comprendre au téléphone.
Pacey : Comment ça ?
Doug : En gros, soit je dis à tout le monde qu’on est ensemble, soit je ne le revois plus… Et il croit que j’ai honte de nous, que c’est pour ça que je veux qu’on reste dans l’ombre.
Pacey : Il a pas osé faire ça ?
Doug : Hé ben si. Et je sais qu’il veut me forcer la main, mais c’est plus fort que moi… quand je pense à tous les changements que ça impliquerait dans ma vie !
Pacey : Mais tu as déjà fait le plus difficile… Tu as quelqu’un dans ta vie avec qui tu es bien, non ?
Doug : Bien sur. Je l’aime ! Mais le dire à tout le monde, ça veut dire décevoir les parents, être la risée de toute la ville, et surtout me coller l’étiquette de flic gay…
Ils prirent tous les deux quelques secondes pour réfléchir. Au bout d’un instant Pacey reprit la conversation.
Pacey : Tu sais je crois qu’il a raison. Vous ne pouvez pas rester comme ça. Ça fait près d’un an que vous vous cachez comme deux ados qui ne veulent pas être surpris, mais vous avez passé l’âge de ces gamineries. Et puis les gens à Capeside ont évolué… et en grande partie grâce à Jack !
Doug : Ça n’empêche que vis-à-vis de la famille ça me met mal à l’aise.
Pacey : Et pourquoi ça ?
Doug : Ben y’a des années que je bosse avec papa… nos sœurs sont mariées et ont une ribambelle d’enfants, toi, tu as Joey, et moi je suis le vilain petit canard…
Pacey, le sourire aux lèvres : Ben ça change, tu reprends mon rôle !
Doug : Et le pire dans tout ça, c’est que du coup, j’ai personne d’autre que toi à qui me confier… demander conseil à mon petit frère… mais on aura tout vu !
Pacey : Oui, mais ton petit frère il te donne des conseils judicieux ! … Appelle-le Douggie et réconciliez-vous. C’est tout ce qu’il attend, et toi aussi en plus ! C’est la meilleure chose que tu pourras faire !
Doug : Ouais… je sais pas…
Pacey : Bien sûr que tu sais, et tu le sais tout au fond de ton cœur. Se lançant dans une grande tirade presque Shakespearienne, il continue… Tu ne veux pas te l’avouer parce que tu as peur, mais cette peur, elle ne te concerne pas, elle ne concerne que l’opinion que les autres ont de toi, et crois-moi, ce n’est pas le plus important.
Un ange passa.
Doug : Tu deviens bien philosophe toi !
Pacey, un petit sourire aux lèvres : Tu as devant toi le pro du « je sais / je sais pas », et de tout ça je n’ai tiré qu’une leçon : il faut bien se lancer un jour, sinon on n’a que des regrets…
Doug : Tu as sans doute raison…
Pacey : Tu sais, tu devrais vraiment l’appeler. D’abord pour régler vos histoires, et puis parce qu’il doit vraiment être mal ces jours-ci… Jen est à l’hôpital. Elle ne le reconnaît plus… elle a perdu la mémoire… Tu vois, lui aussi doit se sentir seul, maintenant il n’a plus personne à qui se confier.

Un peu plus tard les deux mêmes protagonistes étaient assis autour d’une table sur laquelle traînait déjà une bonne demi-douzaine de cadavres de cannettes de bières. C’était le quatrième bar qu’ils écumaient dans la soirée. Ils commençaient à ne plus trop avoir les idées en place.
Pacey, à son frère : Et je vais te dire Douggie… si tu ne l’appelles pas… c’est moi qui le ferai pour toi !
Doug, pas plus clair que son frère : Ben voyons… je te vois bien te traîner à ses pieds pour lui demander de revenir…
Pacey : T’as raison, c’est pas une bonne idée… mais c’est ce qu’il faudrait que je fasse avec Joey…
Doug : Pourquoi ? Elle t’a quitté ? Je croyais que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes sur la planète Pacey-Joey…
Pacey : Tout va tellement bien qu’elle n’a pas voulu venir ici avec moi. Elle s’éloigne de moi, et j’arrive pas à savoir pourquoi…
Pacey commençait à se livrer et Doug voyait bien qu’il en avait besoin. Il le laissa continuer à dire tout ce qu’il a sur le cœur. Ils n’étaient pas frères pour rien. C’était long à venir, mais quand ça bouillait, il fallait que ça sorte !
Pacey : …elle a voulu rester seule ces jours-ci, et je sens bien que rester auprès de Jen n’est qu’un prétexte. Mais qu’est-ce qui cloche ?
Puis il se retourna vers le barman, lui désignant la bière qu’il avait la main, et qu’il n’avait pas encore finie et lui dit :
Pacey : Sa sœur jumelle, s’il vous plait !
Doug, qui semblait avoir un peu repris ses esprits reprit la conversation.
Doug : Ne dis pas de bêtises, c’est juste un concours de circonstances…
Pacey : Non je te dis qu’elle est bizarre avec moi depuis quelques jours. Un coup tout va bien, et c’est l’osmose et cinq minutes après plus rien ne va plus. Tiens, hier soir, je ne l’ai pas vue de la soirée… elle s’est enfermée dans son bureau soit disant pour travailler… mais je ne suis pas dupe. J’ai encore dû dire un truc de travers… une fois de plus… et ce matin, elle y était encore enfermée quand je suis parti, comme si elle ne m’avait pas entendu, elle voulait pas me voir, oui…
Doug : mais…
Pacey, continuant son énumération sans écouter son frère : …elle est lunatique, comme si elle avait deux faces, et qu’elle les sorte chacune a tour de rôle. C’est vraiment pas normal… mais qu’est-ce que j’ai encore fait de travers ? Plongeant dans ses souvenirs. Pourtant je crois pas avoir fait quoi que ce soit qui ait pu la blesser…
Doug : Pacey, ne prend pas tout à ton compte, et applique toi les conseils que tu me donnes… appelle là !

Deux heures plus tard, au petit matin, tous les deux qui rentrèrent chez Doug appuyés l’un contre l’autre… On en était même à se demander lequel des deux soutenait l’autre, et surtout lequel des deux avait noyé le plus de chagrin dans l’alcool.


A l’aéroport de New York, JFK. Joey attendait Audrey et Dawson qui devaient arriver par le vol AA3107. Elle était installée dans le hall, et réfléchissait aux derniers évènements.
« Jen a perdu la mémoire pour on ne sait quelle raison alors que moi j’étais en train d’apprendre que ma vie allait être transformée par la venue d’un petit Pacey junior. » Cette réflexion la fit sourire… « Un petit Pacey junior… après tout… ça serait pas mal ! » Et puis d’un coup elle replongea dans les méandres de tout ce que cela engendrait… d’abord, elle devait le dire à Pacey… « Mais comment va-t-il réagir ? Et on ne pourra jamais s’en occuper… »
Hôtesse, dans le haut-parleur de l’aéroport: Le vol AA3107 en provenance de Los Angeles vient d’arriver, terminal C.
Elle se leva et se dirigea vers le terminal des arrivées.
Audrey et Dawson, pensant que personne ne viendrait les chercher, au vu des derniers évènements, arrivaient main dans la main. Ils passèrent la porte coulissante, ne faisant pas attention à ce qui les entourait, et cherchant à aller au plus vite prendre un taxi pour aller voir Jen.
Joey, surprise par ce qu’elle voyait, mais un sourire dans la voix : Monsieur le grand réalisateur d’Hollywood et son actrice fétiche… Il faut le voir pour le croire !
Audrey et Dawson se retournèrent vers elle d’un même mouvement, reconnaissant la voix qui les interpellait. Audrey lâcha subitement la main de Dawson, confuse et ne sachant que dire... Dawson quant à lui avait un sourire aux lèvres, amusé par la situation… il savait bien lui qu’ils le diraient vite à ses amis, alors pourquoi ne pas commencer par Joey, ici et maintenant !
Dawson : Salut Joey !
Audrey : Joey, je ne pensais pas te voir ici ! Viens là que je t’embrasse !
Joey, une fois l’effet de surprise passé : Je ne m’en serais pas doutée… alors comme ça…
Dawson : Bonjour Joey ! …alors comme ça tu n’as pas tes yeux dans ta poche ?
Audrey : Ecoute Poussin, on voulait t’en parler, mais pas dans ces circonstances…
Joey : Ne vous en faites pas pour moi… je suis surprise, puis après réflexion… mais en fait pas tant que ça !
Elle les prit tous les deux par les épaules, comme pour les rapprocher encore plus d’elle et leur dit :
Joey : En tout cas, y’en a une que ça va pas surprendre… Jen a besoin de nous… pour retrouver la mémoire.


A l’hôpital. Jack était dans la chambre de Jen, Grams venait de repartir avec Amy. On ne pouvait pas dire que ça se soit bien passé, Jen n’avait pas pu prendre sa fille dans ses bras. Grams, comprenant la situation avait préféré partir avec la petite, pour ne pas envenimer les choses. Amy pouvant être choquée que sa mère ne la reconnaisse pas.
Jen s’était levée de son lit et s’était installée dans le fauteuil de sa chambre. Jack était assis en face d’elle.
Jen : Non mais tu ne te rends pas comptes ? Tu me dis que c’est ma fille, je veux bien te croire, mais je ne la reconnais pas. Elle semblait perdue. J’ai cru que c’était ta fille, Jack.
Jack : Ça, ça serait difficile…
Jen : Et pourquoi donc. Elle a bien un père. Pourquoi ça ne pourrait pas être toi ?
Jack : Oui ça pourrait être moi… mais je ne suis que ton meilleur ami… et gay de surcroît !
Jen, un petit sourire en coin : Effectivement ça change la donne. Elle le détaille plus précisément, regarde son visage, harmonieux, ses beaux yeux qui font ressortir ses cheveux bruns et surtout ses muscles qu’on voit au travers de son T-Shirt. Quel dommage pour la gent féminine…!
Jack : et oui !
Jen, revenant à la réalité : Mais son père, c’est qui alors ? Et pourquoi il ne vient pas me rendre visite ?
Jack : Jen. C’est un peu compliqué.
Jen : Jack, c’est ma vie, je dois savoir ce que j’ai fait. Raconte moi s’il te plait ?
Jack : Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour t’en parler…
Jen : Tu dis que tu es mon meilleur ami, et donc en tant que meilleur ami, tu te dois de tout me dire !
Sans s’en rendre compte, ils avaient repris leurs discussions, leurs ping-pongs verbaux. On n’aurait pas su que Jen venait de perdre la mémoire, on croirait les revoir tous les deux comme par le passé.
Jack, se résignant : Il s’appelle Jason Lake. Il t’a quitté quand il a su que tu étais enceinte et a quitté la ville. Tu n’a jamais plus eu de ses nouvelles. Tu ne sais même pas où il est allé.
Jen, surprise, mais davantage par le fait que Jack ne veuille pas lui en parler que par la réalité : Et c’est ça que tu ne pouvais pas me dire ?
Jack : Oui. Dès le début je t’ai dit qu’il n’était pas fait pour toi, que ça ne marcherait pas, et je m’en suis voulu quand il t’a laissée.
Jen : Mais pourquoi ?
Jack : Parce que j’ai été un oiseau de mauvais augure.
Jen : Et moi, est-ce que je t’en ai voulu ?
Jack : Non, c’est à moi que j’en veux. Je m’en suis voulu et je m’en veux encore. C’est pour ça que je ne suis pas le mieux placé pour t’en parler. Grams trouverait peut-être mieux que moi les mots justes.
Jen : Mais non, tout est clair Jack. Puisque tu es mon meilleur ami, et je veux bien te croire, on va reprendre ma vie. Je suis sûre que tu la connais du début à la fin… enfin la fin… je ne suis pas encore morte, mais au moins jusqu’à hier !!!
Cette discussion lui faisait du bien. Jen avait changé grâce à cette conversation. Elle a subitement envie de redécouvrir sa vie. C’est un bon point pour l’avenir. Elle cherchait le chemin de sa mémoire et donc de la guérison.

La porte s’ouvrit. Joey l’entrebâilla et glissa sa tête à l’intérieur.
Joey : On peut entrer ?
Jen : Bien sur !
Joey : Je t’ai amené une surprise ! A Dawson et Audrey qui n’osaient pas entrer. N’ayez pas peur, elle ne va pas vous manger !
Ils entrèrent tous les trois.
Jen, ne les reconnaissant pas se tourna vers Joey : Je suppose que ce sont aussi des amis à moi…
Joey : Exactement ! Ici nous avons Dawson, qui est aussi un de nos meilleurs amis. Il vient lui aussi de Capeside où nous étions tous au lycée ensemble. Il vit aujourd’hui à Los Angeles où il vit de sa passion, le cinéma. Et la jolie blonde ici présente n’est autre que Audrey. Elle aussi est une amie. Depuis moins longtemps, elle était ma colocataire à la fac, mais fait aussi partie de notre petit groupe…
Jen : Attends un peu Joey. Quel groupe ?
Joey : Ben, le groupe d’amis que nous formons, avec toi, Dawson, Pacey, Jack, Andie sa sœur qui vit aujourd’hui en Italie, Audrey et moi !
Jen : Et tu as parlé de Capeside, c’est où ? C’est de là que je suis ?
Dawson interrompit la conversation, voyant qu’elle allait être longue…
Dawson : Pas vraiment ! Excuse moi Joey. Je peux l’embrasser d’abord, avant de lui raconter nos vies…
Il s’approcha. Audrey aussi, plus timidement. Elle qui d’habitude était si extravertie, là elle était vraiment impressionnée. Ils l’embrassèrent tous les deux.
Dawson : Maintenant je peux t’expliquer.
Jen : Je t’écoute.
Dawson : Et sois attentive, ça risque d’être long !!! …en fait, Joey, Pacey et moi étions les meilleurs amis du monde. Nous vivions dans une petite ville du Massachusetts appelée Capeside. Et un jour, on avait 15 ans, tu as débarqué de New York dans un taxi jaune…
Et voilà comment Dawson se retrouva par un bel après-midi d’automne à raconter la vie de tous nos amis dans une chambre d’hôpital...

Deux heures plus tard, ils étaient toujours là à discuter tous ensemble.
Joey : Bon Jen, c’est pas que le film de nos années d’adolescence m’ennuie, mais je commence à fatiguer. Je vais rentrer.
Jack : Je t’accompagne. J’ai des copies à corriger… au lycée on croyait que ça se faisait tout seul, mais non je vous assure, je ne passe pas ma vie en vacances… !
Tout le monde sourit. Lui aussi. Il avait réussit à détendre l’atmosphère qui était devenue pesante avec ce résumé de leur vie. Il se tourna vers Dawson et Audrey.
Jack : On se voit ce soir à la maison, enfin chez Grams !
Joey : A demain Jen. Bonne soirée « souvenirs ».
Ils prirent chacun leurs manteaux et sortirent de la chambre.

Ils rentrèrent ensemble a pied. Ils marchaient tranquillement dans la rue, sentant bien que ça leur ferait du bien de discuter tous les deux. Après tout, Jen était leur confidente à tous les deux. En parler ne pouvait leur faire que du bien !
Jack : Tu sais ça fait vraiment une drôle d’impression d’entendre comme ça le film de nos jeunes années…
Joey, songeuse : Oui c’est vrai que de tout devoir expliquer à Jen, c’est vraiment bizarre.
Soudain, Joey fut prise de nausées. C’était normal dans son état, mais surprenant quand on n’était pas au courant…
Jack, prenant peur : Qu’est-ce qu’il t’arrive Joey. Ça va pas ? Tu es toute pâle.
Joey : Non, non, ça va ! Ne t’inquiète pas, y’a pas de problème ! Je me sens déjà mieux !

Dring ! Dring ! Le portable de Joey sonna dans son sac. Elle l’attrapa. Le sortit du sac, et regarda le nom de son interlocuteur. C’était Pacey qui l’appelait. Un sourire se dessina instantanément sur son visage.
Joey : Allo mon amour, ça va ?
Pacey, déconcerté par l’accueil de Joey, lui qui pensait la trouver froide et distante : Oui oui très bien, et toi !
Joey : Très bien !
Pacey : Et Jen ? Comment va-t-elle ?
Joey : Le mieux possible. Son moral à l’air d’être bon.
Pacey : Ben c’est déjà ça ! Elle n’a toujours pas retrouvé la mémoire ?
Joey : Non, mais Dawson lui raconte notre vie pour lui rappeler des souvenirs !
Pacey : Dawson est là ?
Joey : Oui avec Audrey. Et tu sais pas la dernière ? Tiens en même temps je vais l’apprendre à Jack qui est à côté de moi !
Pacey : Quoi donc ?
Joey, enthousiaste : Ils sont ensemble !
Pacey dans le téléphone, et Jack de vive voix : Pardon ?
Joey : Oui oui vous m’avez bien entendue ! Je les ai surpris à l’aéroport, ils pensaient pas que je viendrais les chercher !
Pacey : Ben ça alors ! Puis quelques secondes plus tard. Remarque c’est pas vraiment une surprise !
Joey, enthousiaste : Tu as exactement la même réaction que moi !
Pacey : Ils étaient faits pour être ensemble. J’appelais juste pour t’embrasser. Je te laisse.
Joey : Je t’embrasse !
Pacey : Au fait, je rentrerai demain. J’ai rien de plus à faire ici, Bodie s’occupe de tout comme un chef !
Joey : Alors à demain mon amour !

Pacey raccrocha le téléphone, et se tourna vers son frère, qui était resté assis à côté de lui dans le salon pendant toute leur conversation. Il regarda son portable, songeur, puis lui dit :
Pacey : C’est à n’y rien comprendre. Maintenant elle est tout miel, comme si de rien n’était. J’y comprends vraiment rien du tout…

Jack et Joey continuaient leur discussion sur le chemin du retour de l’hôpital.
Jack : J’en reviens pas. Dawson et Audrey !
Joey : C’était prévisible, depuis le temps qu’ils tournent ensemble. Et puis ils vivent à côté.
Jack : Ça n’empêche que moi je ne m’y attendais pas !
Joey : Pourtant Audrey va lui apporter le petit grain de folie qui lui manque, et lui, il lui apporte sûrement un peu de stabilité… ça ne peut pas leur faire de mal ! Et puis ils ont l’air vraiment bien ensemble !
Jack s’assombrit d’un coup.
Jack : Y’en a au moins deux pour qui tout va bien !
Joey : Qu’est-ce qu’il y a Jack. Pourquoi cet air maussade tout d’un coup ?
Jack : Je crois que j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie, Joey.
Joey, qui prend peur : Comment ça ?
Jack : J’ai quitté Doug. Je lui ai dit que si il ne voulait pas se montrer avec moi, hé bien, qu’il reste tout seul…
Joey, estomaquée : Mais pourquoi ? Je croyais que tu ne pouvais pas te passer de lui !
Jack : Et c’est le cas ! Mais je voulais le faire réagir. Qu’il me dise qu’on peut enfin vivre librement. Au lieu de ça je lui ai fixé cet ultimatum idiot.
Elle se rapprocha de lui et le prit dans ses bras.
Joey : Ça va s’arranger Jack, j’en suis sûre ! Le sourire aux lèvres. Aussi bien que les choses vont s’arranger pour Pacey et moi !
Jack : Quoi, qu’est-ce qui ne va pas avec Pacey ?
Joey, lui souriant, signe qu’elle se sentait mieux et que les choses allaient s’arranger : On est presque arrivés, tu veux venir boire un café à la maison que je te raconte ? Tu rentreras retrouver Dawson et Audrey avec Grams un peu plus tard… et tes copies encore plus tard… tes élèves peuvent bien attendre !

Dans la cuisine, chez Joey et Pacey. Ils étaient tous les deux assis pour discuter. A avoir une discussion comme Joey et Jen auraient pu en avoir, sauf que c’est Jack qui écoutait Joey.
Joey : Tu sais, il y a quelques jours, quand on a fêté l’anniversaire de Amy, j’ai fait un petit malaise.
Jack : Oui je me souviens, mais tu as dit que tu t’étais levée un peu vite…
Joey : Oui, mais quelques minutes après, j’en ai refait un, dans la cuisine. Jen était avec moi.
Jack : …et tu en as encore fait un tout à l’heure. Qu’est-ce qui se passe Joey. Tu me fais peur…
Joey : Jack…
Jack, paniquant : Tu es malade c’est ça ? C’est grave ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu le sais depuis longtemps ?
Joey, qui n’arrivait pas à l’arrêter dans son affolement : Jack…
Jack : Tu as quoi ? Mais réponds ? Qu'est-ce qui se passe ?
Joey, arrivant enfin à prendre la parole : Ben si tu me laissais le temps de répondre. Laisse moi t’expliquer.
Jack, inquiet pour son amie : Oui, pardon. Dis-moi ?
Joey, un petit sourire en coin : Jack, je ne suis qu’enceinte !
En disant cela, Joey s’était sentie comme libérée, mais pas uniquement. Elle ressentait le plus beau sentiment qu’elle n’avait jamais ressentit : un sentiment de plénitude et de béatitude... Les choses étaient claires. Elle avait enfin accepté l’idée d’être enceinte et que ce n’était pas négatif. Bien au contraire !
Joey : Quand Jen est tombé dans les pommes, j’étais avec mon gynéco pour confirmer ma grossesse.
Jack, soulagé et content pour son amie : C’est génial ! Et c’est pour ça que tu avais cette tête d’enterrement depuis deux jours ?
Joey, de mauvaise foi : J’avais pas une tête d’enterrement d’abord !
Jack, qui a retrouvé le sourire : A peine. En tout cas je suis ravie pour vous !
Il se leva et la prit dans ses bras.
Jack : Toutes mes félicitations ! Pacey doit être fou de joie !
Joey : Il ne le sait pas encore.
Jack, interdit : Pardon !
Joey : Ecoute, c’est compliqué !
Jack se recula et commençait à s’énerver.
Jack : Comment ça c’est compliqué ? Y’a rien de plus beau que de s’entendre dire qu’on va avoir un enfant !
Joey : Oui, mais j’ai douté… de lui… de moi… et de nous aussi ! Tu comprends…
Jack, abasourdi : Tu as douté de vous ? Mais pourquoi ?
Joey : Parce qu’on est comme chiens et chats. J’ai eu tort, je le sais maintenant. Quand je vois comment je me suis comportée avec Jen quand elle m’a accompagnée à l’hôpital... Songeuse. Et c’est à ce moment là qu’elle est tombée dans les pommes.
Avoir cette discussion lui faisait un bien fou ! Au plus ils parlaient, et au plus elle se libérait du poids qui lui oppressait la poitrine depuis quelques jours.
Jack : Tu dois le lui dire Joey…
Joey : De toute façon, je ne pourrais plus le lui cacher bien longtemps, avec les nausées que j’ai…


Le lendemain matin. Grams était dans la chambre de Jen. Elles attendaient la visite du médecin qui avait demandé à la voir.
Grams, inquiète : Mais qu’est-ce qu’il fait ?
Jen : Grand-mère, il va arriver, il doit avoir d’autres patients plus gravement malades que moi à voir…
Grams : Tu as raison ma chérie, mais j’aimerais savoir ce qu’il a de si importants à nous dire.
Jen : On verra bien, prenons notre mal en patience.
Grams, angoissée : Et si ils t’avaient découvert une maladie grave ?
Le médecin entra dans la chambre.
Médecin : Bonjour Mesdames !
Grams, vraiment soucieuse : Mais que ce passe-t-il docteur ?
Médecin : Rien de grave, ne vous inquiétez pas !
Grams : Comment cela ?
Médecin, à Jen : Je suis venu vous annoncer que vous êtes en parfaite santé et que vous pouvez sortir dès demain !
Grams, surprise mais ravie : Doux Jésus !
Médecin : Mademoiselle, vous êtes parfaitement entourée entre votre grand-mère et tous vos amis que nous avons vus défiler ici.
Jen sourit à cette allusion. C’est vrai qu’elle était bien entourée ! Ils avaient l’air de vraiment l’aimer et de vouloir tout faire pour lui faire revenir ses souvenirs. Rien qu’à voir ce que Dawson et Audrey lui avaient raconté la veille. Ils y avaient passé leur soirée… et pourtant ils n’avaient fait qu’effleurer sa vie…
Médecin : Votre état ne nécessite aucun soin particulier, mis à part de la patience et une visite que vous ferez ici une fois par semaine. Si cela convient à votre grand-mère, je signe votre autorisation de sortie pour demain matin !
Grams : Evidemment que je suis prête à m’occuper de ma petite fille. J’ai été infirmière pendant près de quarante ans, et je peux très bien m’occuper de Jen !
Médecin : D’un point de vue professionnel, je vous mets en arrêt de travail pour la durée de votre amnésie.
Grams, qui a déjà repris ses esprits et envisage les choses avec discernement : Ce ne sera pas nécessaire Docteur. Elle avait pris un arrêt maternité prolongé, pour s’occuper de sa fille, qui a un an aujourd´hui. Ce qui veut dire qu’elle a encore deux ans avant de devoir retourner travailler.

sonianonna  (29.10.2005 à 00:11)
Joey : Pacey, je suis enceinte !
Elle s’adressait à son miroir, cherchant les mots pour annoncer à Pacey la nouvelle.
Joey, à elle-même : Non, ça va pas, c’est trop direct… Elle se regarde dans les yeux, enfin… dans son reflet dans le miroir. Pacey, j’ai quelque chose à te dire… Non, on dirait que je veux le quitter… Pacey, mon amour, je voudrais te parler…
Et elle passa ainsi, seule dans sa salle de bain, une bonne partie de l’après-midi…

Le soir même, elle était dans son bureau, à travailler sur son manuscrit. Elle n’arrivait pas vraiment à se concentrer. D’un coup, elle entendit la porte d’entrée qui s’ouvrait. Pacey passa la porte, son sac de voyage sur l’épaule. Elle sortit en trombe du bureau et lui sauta dans les bras. Le faisant presque basculer tellement elle était arrivée brusquement.
Joey : Chéri, il faut qu’on parle ! …
Elle n’avait finalement rien trouvé de mieux pour commencer cette conversation tant redoutée. Redoutée… Elle l’avait été par Joey pendant plusieurs jours, mais là elle était confiante. Et elle l’avait été par Pacey aussi, qui avait passé tout le trajet du retour depuis Capeside à cogiter dans sa voiture. Il avait ruminé pendant plusieurs heures pour en arriver à la conclusion qu’il fallait qu’ils parlent de son comportement plutôt changeant de ces derniers jours, et de ses raisons… savoir si il y était pour quelque chose…
Joey : … j’ai quelque chose d’important à te dire !
Pacey : Justement je voulais te parler.
Ils s’avancèrent dans la cuisine, et s’assirent sur les tabourets du bar où d’habitude ils prenaient ensemble leur petit déjeuner. Au bout de quelques secondes de silence, Joey se leva et se mit à faire les cent pas, cherchant les mots pour annoncer la nouvelle à Pacey. Son cœur battait la chamade. Celui de Pacey aussi. Ils ne s’en rendaient pas compte chacun de leur côté mais leurs deux cœurs battaient à tout rompre, à l’unisson.
Pacey, rompant le silence : Joey, tu voulais me parler ?
Joey : Oui.
Mais elle conserva le silence, cherchant le meilleur moyen d’aborder le sujet. Ce n’était pas chose aisée… Elle avait déjà passé une bonne partie de la journée à y réfléchir. Sans succès.
Joey : Chéri. Tu as dû me trouver plutôt bizarre ces derniers jours ?
Pacey : Je ne te le fais pas dire…
Joey : … et j’ai essayé de le mettre sur le dos de l’amnésie de Jen.
Pacey : Ça je le sais !
Joey : Sauf que ce n’est pas la vraie raison…
Pacey, attendant qu’elle se décide enfin à entrer dans le vif du sujet : Je m’en doute, oui...
Joey : Et j’ai fait des petits malaises à répétition. Se voulant rassurante devant la tête inquiète qu’il faisait. Ne t’inquiète pas, ils étaient sans gravité.
Pacey : Et donc ?
Il ne voulait pas la brusquer, mais commençait sérieusement à se demander où elle voulait en venir et pourquoi elle faisait autant de mystères…
Joey, illico, lui répondant du tac o tac : Et donc je suis enceinte !
A cette annonce il releva des deux sourcils en même temps, stupéfait. Sa tête était plutôt amusante à voir d’ailleurs. Ses traits qui étaient tirés en arrivant d’un coup ne l’étaient plus. Ses yeux qui s’étaient assombris redevinrent rieurs. Son corps tout entier s’était décrispé. Il semblait surpris, mais ne montrait pas de signe de mécontentement, bien au contraire.
Pacey, la regardant dans les yeux : C’est vrai ? Puis pour lui-même. Bien sûr que c’est vrai… question idiote !
Joey, lui souriant, rayonnante : Et oui, on va être parents !
Pacey : Et donc tes malaises, c’était à cause de ça ?
Joey, fataliste : Les nausées…
Il se leva, la prit dans ses bras, la serra contre lui de la manière la plus délicate qui soit, comme si d’un coup, elle était devenue en sucre, et l’embrassa.
Pacey : On va avoir un enfant ! C’est magnifique !
Joey : C’est vrai ? Tu es content ?
Pacey : Quelle question ? Evidemment ! Je suis fou de joie ! Fou de joie et fou de toi !
Une larme de joie coulait sur le visage de Joey. Bien sûr, elle espérait qu’il réagisse ainsi, mais elle avait tellement douté que cette scène lui semblait irréelle ! Irréelle… et magique à la fois !
Il la tenait toujours dans ses bras, profitant de l’instant présent. Elle se resserra contre lui, voulant lui montrer qu’elle était là, avec lui, contre lui, et qu’il était tout pour elle.

Quelques secondes plus tard, ils étaient toujours face à face. Elle posa sa tête sur son épaule, mais au bout de quelques instants, elle la redressa, et se mit à lui picorer le cou de petits baisers. Il enleva ses mains de sa taille, puis vint les poser de chaque côté de son cou. Il commença à l’embrasser, puis les redescendit le long de ses épaules. Les mains de Joey se mirent aussi à se balader sur son torse.
Ils étaient tous les deux seuls au monde, debout au milieu de leur cuisine. Ils étaient plongés dans les yeux l’un de l’autre, profitant de leur bonheur, mais ne tardèrent pas à se diriger vers leur chambre. Ils traversèrent le salon en continuant à s’embrasser de plus en plus passionnément, s’accrochant aux meubles qui les dérangeaient au milieu de leur passage, et faisant voltiger leurs vêtements au milieu de la pièce.
La chemise de Pacey n’avait pas eu le temps de passer la porte de la cuisine avant d’atteindre le sol… alors que le T-shirt de Joey avait atterrit sur la table basse du salon… une des chaussures de Pacey avait même rejoint le fauteuil… Ils finirent par arriver dans la chambre, à moitié nus, et atterrirent sur le lit plutôt rapidement. Ils étaient allongés, face à face, pantelants de désir.
Pacey : Je t’aime, Potter !
Joey, souriant de l’entendre encore l’appeler par son nom de famille : Moi aussi je t’aime, Witter !
Les lèvres de Pacey reprirent le chemin de son corps, quittant sa bouche pour descendre le long de son cou, s’arrêtant sur ses seins. Elle passa ses mains dans ses cheveux puis les glissa vers sa nuque. Ses lèvres continuèrent leur cheminement pour s’arrêter sur son ventre. Là, d’un coup il s’arrêta.
Joey, surprise qu’il s’arrête aussi brusquement : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Pacey, regardant intensément son ventre, comme si d’un coup il le redécouvrait : Rien mon amour… je pense juste au bébé qui est là, et qui écoute ses parents s’aimer ! Puis s’adressant au ventre de Joey, comme s’il parlait au bébé. Tu verras on t’aimera fort toi aussi !
Joey, pouffant : Je ne suis pas sûre qu’avec la taille qu’il fait il soit capable de décrypter ton message !
Pacey : Pourquoi, quelle taille il fait ?
Joey, regardant ses doigts et les rapprochant pour désigner un espace d’environ un centimètre entre son pouce et son index : Pour l’instant à peu près cette taille là !
Pacey, presque déçu qu’il soit si petit : C’est pas grave, je l’aime quand même !
Joey : Mais j’espère bien.
Elle n’avait pas le temps de finir sa phrase que Pacey s’était approché de sa main, et lui embrassait les doigts, et l’espace vide entre ses doigts qu’elle venait de lui désigner. Il picora sa main puis repartit à l’ascension de son corps, en commençant par poser des petits bisous sur son bras et en remontant lentement son bras jusqu’à son épaule puis son cou…


Le lendemain matin, comme convenu avec le médecin, Jen put sortir de l´hôpital. C’est Jack qui devait aller la chercher, Grams et tous les autres l’attendant à la maison. Jen était en train de préparer ses affaires quand elle s’aperçut qu’elle avait laissé son carnet de santé dans le bureau du médecin. Elle sortit de la chambre toute guillerette et se dirigea vers les escaliers pour aller à l’étage en dessous.
Pendant ce temps, Jack arriva par l’ascenseur et entra dans la chambre. Ne l’y voyant pas, il ressortit et se dirigea vers le hall d’accueil pour demander où elle se trouvait.

Dans le hall, Mary attendait désespérément qu’un membre de sa famille vienne la chercher. C’est ce qu’elle faisait tous les matins depuis trois ans. Elle était assise devant l’accueil avec sa valise, prête à partir, et attendait. Patiemment, elle attendait que quelque chose se passe dans sa vie. Le temps n’était plus important, les secondes passaient comme des minutes, les minutes comme des heures, les heures comme des journées et les journées comme des semaines. Alors quitte à attendre que quelqu’un vienne la chercher, autant le faire en étant prête à partir et à quitter ce lieu d’errance et d’oubli. C’est la seule chose qu’elle avait à faire de toute façon.

Jack s’approcha de l’accueil. Il la vit et s’adressa à elle. Il se méprit, mais Jen et Mary se ressemblaient d’une manière assez frappante. Elles étaient toutes les deux blondes, les cheveux mi-longs et un peu bouclés. Elles avaient à peu près le même âge et faisaient la même taille.
En réalité, elles étaient quasiment identiques et se ressemblaient tellement que même Jack, le meilleur ami de Jen, se trompait…
Jack : Jen, mais qu’est-ce que tu fais là ? Je te cherchais dans ta chambre.
Elle le regarda, perdue. Mais une lueur nouvelle brillait dans ses yeux, elle avait retrouvé une raison d’espérer puisque quelqu’un s’intéressait à elle. Mais pourquoi l’appelait-il Jen ? Après tout c’était peut-être comme ça qu’elle s’appelait avant de tout oublier.
Jack : Allez viens, je te ramène à la maison. Les autres nous attendent.
Il lui prit sa valise. Mary se leva et le suivit, sans protester, sans dire un mot.

Un moment plus tard, dans la chambre de Jen. Elle était revenue avec son carnet, et s’était assise, attendant patiemment Jack. A midi, il n’était toujours pas là. Elle commençait à se poser des questions. « Mais que fait Jack ? Il devait venir ce matin à la première heure. Pourquoi il ne vient pas ? Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Malgré tout, malgré le fait que Jen avait été ravie de découvrir ses amis, et qu’elle avait montré une réelle volonté de redécouvrir sa vie, elle n’en restait pas moins fragile. Et le moindre choc pouvait provoquer le retour de ses souvenirs, ou au contraire, la perte de ses nouveaux souvenirs.
Une aide soignante entra alors dans la chambre pour la mettre en ordre, avant qu’un nouveau patient n’arrive. Elle vit Jen assise dans le fauteuil et se tourna vers elle. Elle ne la connaissait pas, ce n’était pas elle qui s’en était occupée, mais par contre elle connaissait Mary.
Aide soignante : Mary, mais qu’est-ce que tu fais là ? Cette chambre est vide, la patiente qui y était est partie ce matin. Ce n’est pas ta chambre. Viens avec moi, je te raccompagne.
Et c’est comme ça que Jen se retrouva dans une chambre qui n’était pas la sienne, sous une identité qui n’était pas la sienne. Elle ne comprenait rien. « Mais qui suis-je ? Et qui est cette Mary dont on me parle ? »
Mary, tout comme Jen, se trouvait dans une situation inextricable. Toutes les deux étaient perdues, ne savaient pas pourquoi, mais sentaient au plus profond d’elles-mêmes que quelque chose ne tournait pas rond.


Appartement de Grams. Jack passait la porte, suivit de Mary. Ils avaient fait le trajet de l’hôpital à l’appartement en silence, Mary regardant les rues au travers de la fenêtre, comme pour s’imprégner de ce paysage qu’elle ne devrait pas voir. Elle sentait qu’elle ne devrait pas être là, qu’elle n’était pas à sa place. « Mais comment retrouver la vérité ?».
Une fois la porte d’entrée franchie, Jack guida Mary vers le salon où tout le monde l’attendait : Grams avec Amy, Pacey et Joey, ainsi que Dawson et Audrey. Ils étaient tous venus pour lui montrer qu’ils étaient là pour elle, et qu’elle avait tout leur soutien.
Tous : Bienvenue chez toi !
Mary les regarda tous un à un, les uns après les autres, d’un regard incrédule. Pas un visage ne lui disait quelque chose. Ils étaient tous souriant, et elle, elle était plus que perdue. Mais qui sont-ils ? Que font-ils tous là ? Et qui suis-je ?
Mary : Mais qui êtes-vous ?
Dawson, s’approchant d’elle : Jen, enfin nous sommes tes amis. Voyant qu’elle ne réagissait pas. Tu ne te souviens pas de nous ? Nous nous sommes vus hier.
Elle lui fit non de la tête, les larmes aux yeux. Tous étaient déconcertés, ils comprenaient bien que quelque chose n’allait pas, mais mirent ça sur le compte du choc de se retrouver chez elle.
Grams : Jennifer ma chérie. Viens avec moi, tu vas aller te reposer un moment dans ta chambre. Nous retrouver tous ici n’était finalement peut-être pas une bonne idée.
Joey : Oui, elle a raison Jen, tu devrais y aller. Ça fait beaucoup qu’on soit tous ici aujourd’hui.
Et elles l’accompagnèrent dans sa chambre.

Au salon, tous restaient interdits. Jamais ils n’auraient pensé en voyant son comportement de la veille qu’aujourd’hui elle serait autant perdue et déboussolée. Elle ne les avait même pas reconnus.
Jack, s’adressant aux autres : Elle a été comme ça durant tout le trajet. Je ne la reconnais plus.
Dawson : Il faut lui laisser du temps, c’est la seule chose qui puisse l’aider maintenant. En retrouvant ses marques, elle va reprendre ses repères, et c’est comme ça que les choses peuvent lui revenir.
Jack : Oui je sais, mais c’est dur de la voir comme ça, inerte alors qu’on la connaît pleine de vie. Hier elle semblait aller mieux, et là, on dirait un zombie qui avance.
Il semblait réellement perdu lui aussi. Voir sa meilleure amie dans cet état n’était vraiment pas facile.
Pacey : Patience est le maître mot dans cette histoire !
Joey revient avec Grams de la chambre de Jen.
Joey : On l’a faite s’allonger. Je crois qu’elle a besoin de se retrouver seule pour encaisser toutes ces nouveautés.
Grams : Oui, et aussi pour reprendre ses marques.
Audrey, qui jusque là n’avait rien dit, tellement la situation l’avait choquée, décida qu’il était temps qu’elle y mette son grain de sel.
Audrey : Et si au contraire au lieu de la materner on la secouait un peu, ça pourrait fonctionner !
Joey : Ça pourrait fonctionner si on savait pourquoi elle est dans cet état, mais là on n’en sait rien, Audrey, on n’en a aucune idée.
Audrey : Justement, tu étais avec elle quand s’est arrivé, tu n’as rien remarqué ?
Pacey, venant à la rescousse de Joey : Elle nous a dit cinquante mille fois qu’elle avait rien vu qui puisse expliquer le pourquoi du comment…
Joey lui sourit, reconnaissante qu’il l’ait sorti de cette situation. Après leur nuit d’amour, ils avaient longuement discuté des questions qui avaient taraudé Joey depuis qu’elle se savait enceinte. Pacey l’avait rassurée, lui disant qu’il était ravi, et surtout qu’il n’attendait que ça… Ils avaient aussi décidé que maintenant qu’ils allaient fonder une famille, il leur faudrait davantage s’occuper d’eux, en travaillant moins, et surtout en fixant enfin une date pour leur mariage.
Mais tout cela, ils ne le diraient à leurs amis que dans quelques temps, quand Jen aurait recouvré la mémoire, en espérant qu’elle la retrouve un jour. Sinon, ils le leur diraient dans quelques semaines.
Audrey : Oui mais un choc, ça veut dire quoi ? Qu’est-ce qui a bien pu faire qu’elle ne veuille plus se souvenir de qui elle est ?
Jack : Ça c’est une bonne question. Quand elle le saura, elle retrouvera la mémoire.
Grams : Mes enfants, ce n’est pas que je veuille vous mettre dehors, mais vous devriez laisser Jen se retrouver seule ici, chez elle. Demain elle y verra sans doute plus clair. Laissons-la retrouver sa maison telle qu’elle est au quotidien.

Et c’est ainsi que nos amis sortirent et se rendirent chez Pacey et Joey. Audrey s’installerait chez eux quelques temps. Dawson devait retourner à Los Angeles où l’attendait le montage de son film, et il laisserait Audrey qui pour l’instant n’avait pas d’autres obligations à Los Angeles.


Le soir même, dans l’appartement de Pacey et Joey. Ils discutaient avec Audrey, alors que Dawson venait de partir à l’aéroport.
Audrey : …non mais je vous jure, ça en devient même gênant parfois sur les tournages !
Joey : Comment ça ?
Audrey : Ben avec l’équipe technique. Ils ne savent pas comment se comporter avec moi. Est-ce que je suis la petite amie officielle du réalisateur, ou juste sa poule du moment ?
Joey, choquée : Audrey !
Audrey : Ben quoi Poussin ! Faut pas se leurrer, ça se passe comme ça aussi à Hollywood !
Pacey : Et alors, quelle solution tu as trouvé ?
Audrey : Quelle solution à quoi ?
Pacey : Hé ben, pour qu’ils te différencient de la « poule, premier rôle féminin, avec qui le réalisateur s’envoie en l’air le temps du tournage » ?
Audrey : Oh, je fais comme si de rien n’était et je lui saute dessus quand j’en ai envie !
Et tous les trois rigolèrent de bon cœur, comme ça ne leur était pas arrivé depuis longtemps ! Ils avaient retrouvé leur Audrey spontanée et amusante, qui détendait une atmosphère pesante en moins d’une minute, et pour le moment c’était le principal ! Finalement, c’était exactement ce dont ils avaient besoin !
Joey, reprenant son sérieux plus rapidement que les autres : Audrey, Pacey, on ne devrait pas être aussi légers. Jen ne va pas bien, et Jack non plus. Il…
Elle fut interrompue par un coup frappé à la porte. C’était Jack qui cherchait une échappatoire et quelqu’un à qui se confier. Joey alla lui ouvrir.
Joey, souriante à la vue de son ami : Jack ! Tu tombes bien, on comptait passer vous voir ce soir !
Il avait une mine triste et déprimée qui faisait peur à voir…
Jack : Ben c’est pas la peine, Jen et Grand-mère sont en pleine discussion « souvenirs », et moi je viens ici chercher un peu de réconfort.
Ils s’approchèrent du salon où Pacey et Audrey étaient encore à rigoler de la dernière boutade d’Audrey.
Jack : Hé ben, l’ambiance est à la fête !
Audrey : Oui, excuse-nous Jack, mais parfois ça fait du bien !
Jack : Tu es toute pardonnée, justement j’ai besoin de rigoler et de me détendre.
Joey, qui était restée dans l’encadrement de la porte, fit discrètement signe à Pacey de la rejoindre en lui montrant la direction de leur chambre.
Pacey, se levant : Excusez-moi tous les deux, je reviens.
Il entra dans la chambre, où se trouvait Joey. Il la prit par la taille, l’embrassa dans le cou et lui souffla à l’oreille d’un ton moqueur :
Pacey : Tu pourrais attendre qu’on soit seuls avant de vouloir des câlins… Je ne suis pas contre, mais quand même, on a de la visite… !
Joey, prenant son air d’institutrice voulant rabrouer un mauvais élève : Obsédé ! Il continuait à l’embrasser dans le cou. Pacey, si je t’ai fait signe de venir c’est parce que Jack ne va pas bien ! Il faut qu’on trouve une solution. Il ne peut pas rester comme ça.
Pacey se décolla d’elle, songeur.
Pacey : Tu as raison, mais j’ai parlé avec Doug, je crois qu’il a besoin de temps pour réfléchir.
Joey : Le temps de la réflexion a assez duré… le temps de l’action est arrivé.
Pacey : Qu’est-ce que tu suggères ?
Joey : Appelle ton frère et dis-lui de venir ici tout de suite, ou sinon c’est moi qui vais le chercher, et je risque d’être désagréable.
Pacey, sifflant : Quelle autorité Madame !
Joey : J’en ai marre de voir mes amis malheureux, surtout quand moi je suis heureuse.
A cette réflexion Pacey lui sourit et l’enlaça de nouveau. Puis Joey reprit :
Joey : Donc on prend les problèmes les uns après les autres, et on les règle, en commençant par ton frère et Jack !
Pacey : Bien chef ! Puis lui désignant ses lèvres. Je peux avoir un bisou là maintenant ?
Joey, rigolant face à l’attitude de son homme : Et pourquoi donc ?
Pacey, le regard quémandeur : Un bisou Joey, s’il te plait ?
Joey : D’accord, je cède, mais juste un ! Faut qu’on retourne au salon !
Et elle l’embrassa furtivement avant que Pacey n’ait eu le temps de la serrer plus fort pour l’embrasser plus passionnément. Ils sortirent l’un après l’autre en rigolant. Audrey était debout dans l’embrasure de la porte du salon.
Audrey, sur le ton de la rigolade : Hé ben les amoureux, ne vous gênez surtout pas pour nous !
Ils vinrent s’asseoir dans les canapés du salon. Jack les regardait attentivement tous les deux. Il vit dans les yeux de Joey comme un remerciement. Il comprit alors qu’elle avait parlé à Pacey, et à voir leur tête aujourd´hui, ça s’était plutôt bien passé !
Pacey : Alors Jack, comment ça se passe avec Jen chez Grams ?
Jack : Bof. Jen est vraiment bizarre. Elle ne se souvient de rien, mais ne pose même pas de questions. Autant à l’hôpital elle était vive et cherchait à connaître son passé, autant là, depuis hier elle est muette et reste enfermée dans sa chambre. Ce qui me fait le plus de peine, c’est pour Amy. Elle a réellement besoin de sa mère. Et comment expliquer à une enfant de un an que sa mère est là sans être là ?


Quelques jours plus tard, devant le lycée de Jack. Il sortait de son dernier cours et souriait à une boutade dite par l’un de ses élèves. Doug était là, le regardant, à la fois content de le voir, et mal à l’aise. Jack s’approcha. En l’espace de quelques secondes, il avait perdu son air enjoué.
Jack, s’adressant à lui brusquement : Q’est-ce que tu veux ?
Doug : On peut parler ?
Jack : Bien sûr.
Doug : Ailleurs qu’ici.
Jack, lui montrant l’autre côté de la rue : Au café d’en face ?
Doug : Mais tes élèves vont nous voir !
Jack, cinglant : Je n’ai rien à cacher, moi.
C’était un coup bas pour Doug, mais c’était prévisible. Sans même réfléchir il s’entendit lui répondre :
Doug : D’accord.

Dans le café. Jack pensait que Doug allait tout faire pour qu’ils se cachent le plus possible et s’assoient dans un angle, bien cachés des élèves et de toute la cohue qui se pressait dans un café à six heures du soir.
Et non, Doug s’assit au milieu de la salle, à une petite table libre au milieu, alors que justement il y avait une table de libre au coin. En passant devant le flipper, Jack en profita pour sermonner un de ses élèves.
Jack : Et c’est comme ça qu’il avance ton devoir, Peter ? C’est pour demain je te le rappelle !
Peter : Je recherche l’inspiration M. MacPhee !
Jack : C’est ça oui ! En jouant au flipper. C’est dans tes livres qu’est la réponse, Peter !
Il s’éloigna de lui et s’approcha de Doug qui le regardait, assis à sa table.
Doug, ne sachant comment lancer la conversation : Qu’est-ce que tu prends ?
Jack : Comme toi !
Doug, au barman : Deux cafés s’il vous plait !
Doug : C’est sympa ce quartier. Il a l’air bien ton lycée !
Jack : Doug, tu ne t’es quand même pas tapé quatre heures de route pour me parler de mes élèves ?
Doug baissa la tête, attendit quelques secondes, puis la releva. A cet instant Jack pouvait lire dans ses yeux tous les remords et la tristesse qu’il ressentait. Pourtant il savait que la discussion n’allait pas être facile et que Doug allait camper sur ses positions.
Doug : Jack, je suis venu pour m’excuser.
Le barman s’approcha avec leur commande.
Jack, au barman : Merci. Puis à Doug. Doug, moi ce ne sont pas des excuses que je veux, et tu le sais. Je veux plus, et je sais que tu n’es pas prêt à me l’offr...
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que Doug s’était penché vers lui et l’avait embrassé. Jack ne put s’empêcher de lui rendre son baiser, pourtant, au bout de quelques secondes, il s’arrêta, le regarda et lui dit :
Jack, un petit sourire en coin : C’était quoi ça ?
Doug : C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour te dire que si c’est ce que tu veux vraiment, je suis d’accord !
Sa phrase était pleine de sous entendus, mais Jack les compris sans problème. Doug, l’homme qu’il aimait, qui partageait sa vie depuis un an était enfin prêt à faire son « coming out ». Enfin une bonne nouvelle ! Depuis quelques temps, il vivait une mauvaise passe. Alors même si il prenait toujours la vie du bon côté, Jack se sentait soulagé, et léger. Et puis, ce tournant dans sa vie en annonçait peut-être d’autres et le retour à la vraie vie de Jen ! L’espoir renaissait, c’était plutôt une bonne nouvelle !
Ils se regardaient les yeux dans les yeux, ne se rendant même pas compte que dans le bar, tous ceux qui connaissaient Jack avaient le regard tourné vers eux. On ne pouvait pas dire qu’ils étaient surpris, Jack n’avait jamais caché sa sexualité, et tout le monde était au courant, mais il se dégageait de leurs échanges un sentiment de bien être et de complicité que seuls avaient les amoureux…
Jack : Tu as changé d’avis comme ça, du jour au lendemain ?
Doug, rigolant : Non, mon petit frère est passé par là, et je me suis fait remonter les bretelles par Joey ! Puis plus sérieusement. Tu serais d’accord pour venir avec moi à Capeside, officiellement comme mon petit ami ?


Le surlendemain, à l’hôpital, dans la chambre de Mary, où se trouvait la vraie Jen. Une aide soignante entra, et déposa son plateau sur la table. La jeune femme resta inerte. Exaspérée, l’aide soignante s’approcha d’elle pour lui parler.
Aide soignante : Mary, il faut que tu manges, tu ne peux pas rester comme ça, sans te nourrir indéfiniment. Comment veux-tu retrouver la mémoire si tu n’as point de forces ?
Depuis près de cinq jours, Jen refusait de se nourrir, elle ne sortait pas de sa chambre et ne disait pas un mot. Elle avait perdu sa vitalité, se sentant abandonnée, ce qui surprenait tout le monde.
Le premier jour, le personnel soignant avait trouvé curieux son mutisme, mais on avait mis cela sur le compte d’une découverte ou d’un souvenir qui aurait pu l’aider à avancer. Mais là, au bout de cinq jours ainsi, la situation devenait inquiétante, voire préoccupante.
Aide soignante : Si ça continue comme ça, on se verra obligé de te mettre sous perfusion.
Puis elle sortit, lui laissant son plateau devant elle.


Le lendemain, dans la salle de classe de Jack.
Jack : Bon, j’ai corrigé vos copies. Comme d’habitude certaines sont excellentes, d’autres médiocres, avec tout de même quelques bonnes surprises. Votre sujet était, je vous le rappelle, comment les auteurs contemporains ont-ils réussit à faire passer leurs sentiments à travers leurs oeuvres? Tous ceux qui m’ont parlé de Rousseau, c’était une bonne piste… mais hélas, il n’est pas vraiment contemporain… pas le bon siècle… dommage !
Il regardait ses élèves dans les yeux en disant cela, cherchant à leur faire comprendre le vrai sens de leur sujet.
Jack, reprenant : Avec ce sujet, moi je voulais que vous me parliez d’autres auteurs que ceux au programme… que vous me parliez d’Hemingway, de Prévert, d’Aragon, de Cocteau, de Saint-Exupéry... La liste était longue… Vous auriez même pu me parler de Frédéric Dard et de son San-Antonio, de Dan Brown et son Da Vinci Code, ou encore de J.K. Rowlings et de son héros que vous aimez tant : Harry Potter ! Le tout était de lier leurs récits à leurs sentiments, et de rechercher les raisons qui font qu’ils écrivent… Quels sont leurs sentiments ? Leurs envies ? Leurs doutes ? Vous aviez même l’opportunité de me parler d’auteurs que je ne connais pas. Et oui, il y en a ! Bon, la torture a assez duré, je vous rends vos copies.
Tout en parlant, il s’était déplacé dans les rangées, et se trouvait maintenant devant Peter, l’élève qui jouait l’avant-veille au flipper dans le café quand Doug et lui s’étaient réconciliés.
Jack, s’adressant à son élève : Ton travail est intéressant Peter, on voit qu’il est emprunt de réalité. Cette fois-ci, l’époque était bonne, mais tu t’es trop focalisé sur les descriptions, et pas assez sur l’analyse. C’est dommage ! Ton devoir était captivant, mais hors sujet… « C- ».
Il s’approcha de son oreille et lui murmura.
Jack : Attention Peter… les clichés ont bon dos, il ne faut pas en abuser… D’ailleurs, il n’est pas médecin comme tu l’as laissé présager dans ton récit, mais shérif…
A entendre Jack parler ainsi, Peter compris tout de suite qu’il faisait référence au contenu de son devoir… Il avait consacré près de trois pages rien qu’à la description de la scène dont il avait été témoin…
Jack, continuant dans sa lancée : …alors attention à toi si tu le croises dans la rue en uniforme ! Il m’a demandé de te dire qu’il avait beaucoup rit en lisant ton essai… mais il ne pensait pas avoir été si émouvant !
Puis il s’éloigna, continuant sa distribution de copies comme si de rien n’était, et laissant son élève déboussolé, bouche bée. Lui qui avait voulu faire une blague à son prof, il s’était fait prendre à son propre jeu…
De retour à l’estrade, Jack dit :
Jack : Peter, voudrais-tu s’il te plait te lever et nous lire la fin de ton travail ? Le passage que j’ai souligné.
Et il en rajoutait une couche en plus ! Peter qui ne s’attendait vraiment pas à ça se mit à bredouiller.
Peter : Ben, euh… je…
Jack : Aller un peu de courage !
Peter se leva, pris sa copie sur son bureau, et s’approcha de l’estrade pour y lire une partie de son travail.
Peter, d’une voix monocorde : « Lorsqu’un auteur nous parle de la rencontre de ses deux personnages principaux, il le fait le plus souvent dans un but d’esthétisme, à la recherche d’une situation, d’un lieu et d’un moment idéal. Ainsi, lorsque Marc Lévy fait se rencontrer ses deux protagonistes, Lauren et Arthur, dans Et si c’était vrai il cherche une situation idéale, même s’ils ne peuvent pas se palper. Nous avons un homme plein de désillusions, une femme pleine de vie qui ne prend pas le temps de vivre. Leur rencontre va faire tomber tous les murs des préjugés. C’est en cela que l’auteur se dévoile. Il nous montre ce qu’il aimerait voir et vivre. Il aimerait vivre dans une société où tous les rêves sont possibles finalement. »
A la fin de cette phrase, Peter s’arrêta, interrogeant du regard son professeur sur la suite. Devait-il continuer sa lecture plus loin ?
Jack : Continue, c’est la fin de ta conclusion qui m’intéresse.
Peter, reprenant : « Ainsi, les idées préconçues sont souvent la base de travail des auteurs. Pourquoi est-ce que Lauren et Arthur ne pourraient-ils pas se rencontrer dans un placard ? Si l’auteur estime que c’est un aspect de la vie à étudier, qu’il faut s’ouvrir l’esprit, pourquoi pas ? Pourquoi les oeuvres devraient-elles rester dans la norme établie ? Leur rôle est aussi de permettre à notre esprit de s’évader d’une part, mais aussi de réfléchir sur des thèmes qui touchent leurs auteurs. Pourquoi un auteur ne pourrait-il pas traiter de thèmes sensibles dans la société ? Qu’y a-t-il de choquant à décrire, comme je l’ai fait précédemment dans cet essai, un couple gay qui s’embrasse dans un bar au milieu d’une foule de gens ? Les mœurs évoluent, et les auteurs avec. »
Il releva la tête de sa copie, regardant son professeur.
Jack : Merci Peter. C’est une excellente conclusion. Dommage que tu n'aies pas développé l'exemple de Marc Lévy dans tout ton devoir.
S’enthousiasmant, il continua :
Jack : Tu l’avais là, ta problématique ! Tu étais totalement dans le sujet avec ce thème ! Puis s’adressant aux autres. Voilà ce que je voulais dans ce sujet. Je voulais vous guider vers une réflexion plus personnelle en vous rapprochant des auteurs contemporains, qui vous paraissent plus accessibles.

A la fin de la classe, après la sonnerie de fin de cours, les élèves sortirent de la salle. Jack interpella Peter au moment où il passait devant son bureau.
Jack : C’était malgré tout un bon travail Peter, mais fais attention à ne pas tomber dans les clichés la prochaine fois.
Peter : Merci Monsieur MacPhee.
Il s’apprêtait à quitter la salle quand Jack ajouta, un sourire aux lèvres :
Jack : T’as pas tes yeux dans tes poches toi…

sonianonna  (29.10.2005 à 00:14)
Depuis son retour à la maison, Mary était restée prostrée, hermétique à toute sa vie, comme à celle des siens, ne s’occupant ni de Grams, ni de Jack et encore moins de sa fille. D’ailleurs ils ne comprenaient pas, c’était comme si elle avait perdu tout instinct maternel, elle qui n’arrêtait pas de câliner sa fille auparavant.
Jack allait mieux, malgré l’état de Jen, et ceci grâce à sa réconciliation avec Doug. Et Grams gardait espoir, sa foi l’aidant dans toutes les épreuves. Elle était persuadée que le mutisme de sa petite fille ne durerait pas.
Pour la sortir de ce silence, ses amis avaient décidé de l’emmener profiter d’un dimanche new-yorkais à Central Park alors que Jack était allé rejoindre Doug à Capeside, pour y passer leur premier week-end en amoureux...
Le grand air ne pouvait leur faire que du bien, à tous !

Dans Central Park, les filles étaient installées dans la pelouse, sur une couverture et papotaient, profitant des derniers rayons du soleil d’automne, alors que Pacey jouait avec sa filleule. Il essayait de la faire marcher !
Grams avait préféré ne pas se joindre à eux, les laissant entre jeunes, et pouvant ainsi profiter d’une journée de repos, pour elle.
Audrey, à Joey : Et le jour où on a fait semblant de se crêper le chignon toutes les deux ?
Joey, souriant : Ah oui, tout ça parce que je savais pas comment rompre avec Charlie et donc tu as décidé de lui faire croire que j’avais remis le couvert avec Pacey !
Mary les regardait toutes les deux qui se parlaient de situations qu’elle était censée connaître mais qui ne lui disaient vraiment rien du tout.
Mary, ne comprenant pas : Mais pourquoi ? Tu ne sortais pas avec Pacey déjà ?
Joey : Ben en fait, j’étais sortie au lycée avec Pacey, mais on a rompu, au bal de fin d’année… génial… mais quand on était à la fac, il est sorti pendant un an avec ma colocataire… c'est-à-dire Audrey !
Audrey, d’un air entendu : Je te déconseille fortement de sortir avec l’ex de ta coloc’, ça te complique la vie au moment de la rupture !
Joey, suivant son idée comme si Audrey n’était pas intervenue : Nous, on n’est de nouveau ensemble que depuis deux ans… C’est un peu compliqué je te l’accorde ! Puis réalisant ce qu’Audrey vient de dire. Je te rappelle que Mademoiselle Liddle ici présente est à présent avec Dawson tout de même…
Audrey : Oui, bon… on reproduit toujours les mêmes schémas… mais cette fois je ne pense pas que ce soit une erreur !

Pacey quant à lui, était au bord de l’eau un peu plus loin. Il tenait Amy devant lui par le bout des doigts et la guidait pour essayer de marcher.
Pacey, aux filles : Dites les filles, vous trouvez pas qu’on se débrouille comme des chefs tous les deux ? Je suis sûre qu’elle va bientôt se lâcher !
On pouvait voir Amy qui posait effectivement ses pieds l’un devant l’autre, mais question équilibre, c’était pas encore ça.
Joey : C’est bien mon amour… mais fais attention, tu vas attraper un lumbago à te pencher comme ça !
Pacey : Mais tu me feras bien un petit massage pour arranger tout ça… !
Mary était de nouveau replongée dans ses réflexions. Elle aurait voulu être contente qu’Amy fasse des progrès, mais elle n’arrivait pas à s’émouvoir de la situation. Elle sentait bien qu’il lui manquait quelque chose. C’était comme ses histoires que ses amis lui racontaient sans arrêt. Elle aurait voulu pouvoir leur dire qu’elle se souvenait. Ils y mettaient tellement de bonne volonté, mais elle voyait bien que rien ne lui revenait. Avait-elle réellement vécu cette vie-là ? Elle en doutait…
Audrey : Jen, ça va pas ?
Mary : Si si, je réfléchissait… le Charlie dont vous avez parlé tout à l’heure avec Joey, vous m’en aviez déjà parlé, non ?
Audrey : Oui, tu es sortie avec lui toi aussi. Mais c’était uniquement sexuel, et il te trompait avec une autre fille. C’est pour ça que tu n’approuvais pas qu’il sorte avec Joey. Alors qu’elle ne voulait que s’amuser… ça changeait, notre Joey qui se dévergondait !
Joey, l’air outrée : Audrey !
Audrey : Quoi, ne dis pas que c’était pas vrai…
Mary, voulant se montrer positive face à tout ça : Quel méli-mélo… !

Un moment plus tard, Audrey s’était assoupie sur la couverture et Pacey et Joey étaient enlacés sous un arbre, comme n’importe quel couple d’amoureux. Mary était donc seule pour s’occuper de Amy, qui devait prendre son biberon.
Mary : Bon Amy, je crois qu’il est temps qu’on ait un petit tête à tête toutes les deux…
Elle attrapa le biberon d’Amy d’une main, puis pris la bavette de l’autre.
Mary, pour elle-même : Bon, c’est déjà pas si mal, j’ai tout ce qu’il me faut. Puis mettant Amy sur ses genoux. Viens Amy, on va manger.
Elle ne lui avait pas dit ni « ma chérie », ou « mon cœur » comme Jen le lui disait si souvent, elle avait juste dit « Amy », comme ça, sur un ton neutre. Elle lui glissa le biberon dans la bouche et Amy se mit à téter. Mary était satisfaite, elle réussissait à lui donner à manger, mais elle sentait bien au plus profond d’elle-même que ce n’était pas un geste naturel pour elle, qu’elle n’avait pas l’habitude de le faire.
« Comment ça se fait que je n’ai pas l’habitude de le faire. C’est quand même ma fille. Je ne lui donnais jamais le biberon ? ».
Au loin, Joey avait les yeux braqués sur son amie. Elle était attendrie par les gestes qu’accomplissait Mary. « Bientôt ce sera mon tour » se dit-elle. Pacey avait remarqué son regard. Il était ravi. Il voyait que Joey avait laissé tomber toutes les barrières qu’elle avait pu dresser en se sachant enceinte, et tous ses doutes aussi. Lui aussi se dit, heureux : « Bientôt on sera trois ! »


Le soir même, ils rentraient tous les cinq du Parc. Pour raccompagner Jen et Amy chez Grams, ils devaient longer Central Park, et passer par Frederick Douglass Boulevard. C’était une avenue large, qui n’avait rien d’exceptionnel, mais qui rejoignait la 118ème rue.
Ils étaient donc là, à marcher. Audrey marchait devant avec Amy dans ses bras, et Mary à côté d’elle. Puis derrière Pacey et Joey traînaient. Ils étaient serrés l’un contre l’autre, le bras de Pacey sur l’épaule de Joey et lui tenant la main en même temps.
En passant devant un immeuble ancien, Mary se mit à trembler. Pourtant il ne faisait pas froid, il faisait même plutôt chaud pour une fin de journée d’automne. Elle tremblait comme une feuille, sans pouvoir s’arrêter. Elle s’assit sur un banc, et eu comme une vision. Un flash. Cet immeuble ? Oui, mais elle le voyait jaune, comme à travers une photo, une photo couleur sépia, vieillie par le temps.
Audrey commençait à paniquer.
Audrey : Joey, Pacey, Jen ne se sent pas bien !
Joey se décolla de Pacey, puis se rapprocha le plus vite qu’elle le pouvait de ses amies. Pacey la suivit sans se faire prier.
Joey : Jen, qu’est-ce qui t’arrive ?
Mary : Je sais pas. Un début de souvenir. Puis à elle-même. Concentre-toi Lisa, tu peux le faire. Ça doit revenir…
Joey, à Audrey : Lisa? Elle vient de dire Lisa? Ou j’ai rêvé ?
Lisa commençait à mieux distinguer la photo. Elle voyait la scène assez clairement maintenant. Elle était enfant, et tenait cette photo dans ses petites mains. Une femme lui parlait, et lui disait « Lisa, c’est là que sont tes vrais parents ».
Lisa, dans un cri strident : Maman !
Quelques secondes s’écoulèrent durant lesquelles personne n’osait parler. Lisa interrompit ce silence.
Lisa : Je ne m’appelle pas Jen, ni Mary mais Lisa. J’ai été adoptée, et ai grandit à Seattle. Cet immeuble là, c’est celui où vivaient mes vrais parents ! J’ai passé des semaines à le chercher…
Joey : Mais voyons Jen, c’est impossible, je t’assure, tu as grandit à New York.
Mary, s’énervant : Mais je ne suis pas Jen. Je suis Lisa!
Pacey, voulant calmer les esprits : Allons chez Grams, éclaircir tout ça. Viens. Nous serons mieux qu’au milieu de la rue.

Quelques minutes plus tard, chez Grams. Elle avait couché Amy, et leur avait servit du café. Ils étaient tous dans le salon, et cherchaient une explication logique à tout cela.
Pacey : Mais enfin, tu ne peux pas avoir été à l’hôpital depuis trois ans. Tu étais là. La semaine dernière on a même fêté tous ensemble l’anniversaire de Amy.
Lisa avait maintenant retrouvé la totalité de ses souvenirs.
Mary : Oui Pacey. Je sais que c’est difficile à concevoir, mais j’étais à l’hôpital depuis trois ans. J’attendais que quelqu’un vienne me chercher, comme tous les matins depuis mon arrivée dans ce service, quand Jack est arrivé. Il s’est mis à m’appeler Jen, mais jusqu’à ce jour, on ne m’avait jamais appelée comme ça. On m’appelait Mary à l’hôpital. Mais mon non, c’est Lisa. J’ai cru que Jen était mon vrai prénom, mais non, c’est Lisa, j’en suis sûre !
Audrey, perdue elle aussi : Je n’y comprends rien !
Joey, cherchant à y voir plus clair dans cette situation inextricable : Attends, tu veux dire que ce n’est pas Jen que Jack a récupéré à l’hôpital, mais toi, Lisa?
Lisa : Oui.
Joey : Donc Jen est encore à l’hôpital, et sûrement à ta place si tout le monde vous a confondues… La ressemblance est frappante quand même !
Grams : Oh mon Dieu ! Ça veut dire que ma petite fille est abandonnée, et livré à elle-même depuis une semaine ?
Pacey : Le plus simple est de vérifier et d’aller voir à l’hôpital.

A l’hôpital. A peine la porte franchie, Lisa s’était mise à courir en direction de la chambre qui avait été la sienne durant trois ans. Elle ouvrit la porte rapidement et s’arrêta net, face à elle se tenait Jen. Elle était assise dans son fauteuil, en robe de chambre, les yeux dans le vague. Elle se leva.
Elles se tenaient maintenant l’une face à l’autre, comme si un miroir se trouvait entre elles. Sauf qu’il n’y avait pas de miroir, et qu’elles étaient bien identiques. Même taille, même coiffure, mêmes cheveux blonds mi-longs, bouclés, et même petit air malicieux. Elles étaient identiques. Certes elles n’étaient pas habillées pareil, mais il ne faisait aucun doute sur leur lien de parenté. Elles ne pouvaient être que jumelles, ou sinon, c’était des clones !
A la vue l’une de l’autre, elles comprirent. Elles étaient pareilles. C’était cela le lien qui leur manquait quand elles se retrouvaient seules. Elles n’avaient jamais pu mettre de mot sur ce manque qu’elles ressentaient parfois, mais en fait, c’était l’autre qui leur manquait ! Leur double, leur moitié, elles ne savaient pas précisément, mais c’était l’autre. Ni plus ni moins.
Pacey, Joey et Grams arrivèrent derrière elle. Eux aussi voyaient double !
Grams, s’approchant de Jen : Jen, ma petite fille ! Ça va ?
Jen : Oui grand-mère, je vais bien maintenant. Puis en regardant Lisa. J’ai compris.
Grams : Qu’est-ce que tu as compris ?
Jen : C’est en voyant cette jeune femme…
Lisa : Lisa !
Jen : … que j’ai perdu connaissance. Tu te rends compte, le choc que j’ai eu en l’apercevant ?


Plus tard, chez Grams. Audrey lisait une histoire à Amy pour la faire patienter. La porte s’est ouverte sur nos amis qui revenaient avec Jen, la vraie, et aussi Lisa.
Audrey : Qu’est-ce que vous fabriquiez ? Elle a faim cette gosse.
Jen, courant vers sa fille : Amy, mon amour ! C’est Maman, tu me reconnais ?
Et elle la prit dans ses bras, et la serra fort, le plus fort qu’elle pouvait. Une semaine sans la voir, qu’est-ce que ça avait été long !
Audrey : Qu’est-ce qui se passe ?
Elle s’était retournée vers les autres pour avoir des explications, quand ses yeux se posèrent sur Lisa.
Audrey : Non ? Mais vous êtes qui vous ? Sa soeur jumelle ?
Mary : Oui, probablement.
D’un coup, plus un bruit. Cet aveu avait jeté un voile de silence dans l’appartement. On entendit des clefs dans la serrure. C’était Jack qui rentrait de son week-end, tout sourire, la mine réjouie et les yeux rayonnants.
Jack : Salut vous tous ! J’ai passé un super week-end, faut que je vous raconte en détail… la petite communauté de Capeside va avoir du mal à s’en remettre !!!
Tous restèrent silencieux.
Jack : Ça va pas ?
Il les regarda tous un par un, puis se rendit compte qu’il était en présence de deux Jen.
Jack, abasourdit : Je crois que je vois double…
Pacey : Et non mon vieux, tu ne vois pas double. Assieds-toi, on va te raconter, c’est invraisemblable… et pourtant c’est la réalité ! Je crois que le récit de ton week-end peut attendre !

Lisa : Je suis née le 22 mai 1983 à New York.
Jen : Je suis née le 22 mai 1983 à New York.
Elles avaient réussit à capter leur attention, et pouvaient tenter de raccorder les morceaux de leur vie qu’il leur manquait !
Lisa : J’ai été adoptée par une famille de Seattle, où j’ai grandit. Mes parents ne m’ont jamais caché que j’avais été adoptée. Mais quand j’ai eu vingt ans, j’ai voulu partir à la recherche de mes racines. J’avais pour seule information la photo de l’immeuble où vivaient mes parents biologiques à l’époque. J’ai parcouru toutes les rues de New York à la recherche de ce fameux immeuble, je ne l’ai jamais trouvé. Enfin, c’est ce que je croyais.
Elle s’arrêta, reprenant son souffle, et tentant d’éclaircir ses idées.
Lisa : Un matin, je me suis faite voler mes affaires dans une ruelle de Manhattan, et j’ai erré. Je me suis retrouvée pile devant cet immeuble. Et là, le trou noir pendant trois ans. Les ambulanciers m’avaient retrouvée assise à Morningside Park, juste en face. Mais sans papiers, et venant de l’autre côté du pays, comment pouvait-on me retrouver ? Donc ça a été le trou noir pendant tout ce temps, jusqu’à ce soir où tout m’est revenu en repassant devant ce même immeuble !
Tous l’avaient écoutée patiemment, cherchant dans chaque détail une explication rationnelle à ce qu’il s’était passé. Le silence s’était fait. Jen se décida à le rompre.
Jen : Ce que je ne comprends pas, c’est comment tu as pu être adoptée…
Devant les yeux remplis d’incompréhension de sa petite-fille, Grams se décida à prendre la parole. Elle sentait que l’heure était venue de dévoiler un secret de famille qui la hantait depuis des années.
Grams : Vous étiez deux à la naissance, ma chérie. Quand ta mère a accouché, il y avait deux bébés. Mais on lui a dit que l’un des deux était mort-né, et donc tu as été élevée comme une enfant unique.
Jen, surprise : Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ?
Grams : Si tu savais comme ta mère en a souffert. On a préféré ne rien te dire pour te protéger…
Jen : Vous m’avez tellement bien protégée que j’en ai perdu la mémoire !
Jack, plutôt perdu : Attendez, j’y comprends rien. Comment vous avez retrouvée Lisa ?
Joey : On ne l’a pas retrouvée Jack. C’est elle qui a passé la semaine ici ! Jen était à l’hôpital dans la chambre de Lisa, et Lisa était ici. C’était normal qu’elle ne reconnaisse rien en arrivant ici… c’était pas chez elle !!!
Jen : Et moi, je suis bien Jen. Et je me souviens de tout !!!
Elle était tellement excitée d’avoir retrouvé sa vie, sa fille, ses amis, et en plus une sœur, qu’elle se mit à leur raconter certains détails de leur vie pour les convaincre que c’était bien elle !
Jen, un sourire aux lèvres : Pacey, on était tellement exaspérés par l’amour qu’on avait fait un pacte, disons… sexuel !
Pacey, ironique : Oui, et ça a tellement bien marché qu’on n’a jamais pu aller plus loin que se peloter dans la chambre de Dawson… Quel souvenir !
Jen, changeant de victime… : Jack, on est pareils tous les deux. On se connaît tellement bien qu’on nous prendrait pour un vieux couple ! Puis s’adressant à Audrey. Toi, tu as couché avec CJ alors que je voulais sortir avec lui.
Audrey : Mais c’est un vrai déballage que tu nous fais… tu pourrais pas garder les détails indiscrets pour toi !
Joey, moqueuse : Audrey, depuis quand es-tu gênée par ce genre de détails ?
Jen, reprenant son énumération, et se tournant vers sa fille, qu’elle tenait encore dans ses bras : Amy, mon cœur, je suis sûre que tu comprends ce que je raconte. Mon amour, tu es ce qui m’est arrivé de meilleur au monde ! Puis relevant la tête et s’adressant à Grams. Grand-mère, on est comme chien et chat toutes les deux, mais au fond on s’adore, et on ne pourrait pas vivre l’une sans l’autre.
Grams : Tu as parfaitement raison ma chérie, je ne vois pas comment je pourrais vivre sans toi ! Cette semaine où tu n’étais plus vraiment toi a été une des pires de ma vie. Ne me fais plus jamais une frayeur pareille !
Jen, s’adressant à Joey et ne se rendant pas compte que Pacey était là, et n’était pas censé savoir : Toi, tu es enceinte, et tu ne sais pas…
Elle n’avait pas eu le temps de finir sa phrase que Audrey l’avait coupée…
Audrey : Mais qu’est-ce que tu racontes, elle est pas enceinte, sinon on le saurait ?!?!?
Joey avait haussé les sourcils vers Pacey, comme pour lui dire « C’est l’heure de vérité ! ». Il lui répondit d’un clin d’œil, pour lui montrer qu’ils n’avaient plus le choix…
Pacey, prenant la parole à la place de Joey : Et si Audrey ! On ne voulait pas vous en parler tout de suite, mais Jen s’en est chargée…
Jen : Oups, désolée !
Joey, à Jen : C’est pas grave ! Puis à Audrey. Audrey, je suis bien enceinte. Au printemps prochain il y aura un autre bébé parmi nous !
Audrey : Mais c’est génial, toutes mes félicitations ! Se tournant vers Jen. Mais comment tu le sais toi ? Je croyais que tu avais perdu la mémoire… tu as des pouvoirs extralucides ou quoi ?!?!?
Et tous se mirent à rire !
Joey, reprenant son sérieux : Jen était venue avec moi à l’hôpital, quand le médecin me l’a confirmé. C’est là qu’elle a aperçu Lisa et s’est évanouie…
Que de nouvelles ! La soirée avait été forte en rebondissements, de tous les côtés ! Jen avait retrouvé la mémoire et n’était pas en réalité Jen… Jen et Lisa étaient jumelles… Joey était enceinte…
Jack : Bon, maintenant qu’on sait tout et que tout le monde est content, vous le voulez, ce résumé de mon week-end ou pas ? Parce que sinon, je rentre à Capeside moi !!! Puisque personne ne m’aime !
Jen, Joey et Audrey, en choeur : Mais bien sûr qu’on t’aime !
Grams : J’ai une meilleure idée ! Il commence à se faire tard. Donc vous restez tous dîner ici, et toi, tu nous racontes ton week-end autour de la table !

Lisa avait assisté à toute cette scène, amusée. Elle remettait en place tout ce qui lui avait été raconté durant la semaine, et était ravie de voir la vitalité et le bonheur qui se dégageait de ce petit groupe. Quelle chance ils avaient de s’avoir les uns les autres ! Quel bonheur de les entendre raconter leur vie !
Et maintenant qu’elle avait découvert une partie d’elle-même, une partie de sa vie qu’elle avait ignorée jusqu’à présent, elle se sentait prête à affronter la vie et toutes ses difficultés. Elle allait avoir besoin de temps, mais était prête à relever tous les défis, accompagnée de sa sœur… « Une sœur jumelle ! », elle n’en revenait toujours pas !
Elles se connaissaient à peine et pourtant se connaissaient parfaitement. Il leur manquait encore des détails de la vie de l’autre, mais cela n’avait pas d’importance, elles avaient toute la vie pour rattraper le temps perdu. Mais en même temps, ce n’était pas du temps perdu, elles s’étaient construites, chacune de leur côté, et étaient maintenant prêtes à partager leur vie. Elles voyaient bien qu’un lien très fort les unissait. Elles n’avaient pas eu besoin de se parler pour comprendre. En un regard tout avait été dit. Ces regards entre elles, ils étaient bien plus forts que n’importe quel autre. Et Lisa n’était pas la seule à le ressentir. Jen aussi ressentait la même chose.
C’était un sentiment inconcevable et incompréhensible pour quelqu’un qui ne vivait pas cette gémellité. C’était comme un fil invisible qui unissait leurs deux vies, indescriptible. Un lien impénétrable, et tellement fort. Elles ne dépendaient pas l’une de l’autre, non, elle se donnaient leur force, l’une à l’autre. Ce sentiment elles l’avaient toujours vécu, sans jamais pouvoir y mettre de nom dessus. C’était un manque qui ne s’était fait ressentir qu’à la vue l’une de l’autre. Un manque, mais aussi une force. Une sorte d’armure inébranlable, et tellement solide !

Une heure plus tard, Jack racontait son week-end à toute la petite assemblée autour d’un plat de pâtes improvisé par Grams. Il était ravi, son week-end avait été très prometteur, et il retrouvait sa meilleure amie ! Tout allait pour le mieux !
Tous étaient là, attentifs à ce qu’il avait de si ahurissant à leur raconter. Ne manquaient à l’appel que Dawson, qui était en Californie pour les besoins de son film, et Andie, qui vivait en Italie.
Jack : … et donc, on s’est baladé en ville main dans la main. Vous auriez vu toutes les commères de la ville qui nous regardaient. C’était tordant !
Pacey, ironique : Des commères ? Tu as du rêver Jack, il n’y en a pas à Capeside !
Joey : Tu oublies tous les ragots sur mon compte on dirait !
Jack, reprenant son récit : Et hier soir, on est allés dîner chez la famille Witter. Ils ne savaient pas que j’étais là, et encore moins pourquoi… donc quand au milieu du repas Doug s’est levé en disant qu’il avait une annonce à faire, tes parents se sont regardés en chien de faïence…
Jen, impatiente : Jack, arrête de faire durer le suspens, j’attends moi…
Audrey : Jack, dépêche toi, je suis d’accord avec Jen !
Jack : Il a commencé à dire que depuis quelques mois il était le plus heureux des hommes… que tout allait bien dans sa vie… et ce, grâce à moi ! Donc je me suis levé, et je l’ai embrassé ! Là, au milieu du salon des Witter…
Pacey : Et comment à réagit mon père ?
Jack, mort de rire : Il s’est levé, et a applaudit !
Pacey, estomaqué : Pardon ? Tu parles bien de mon père là ? John Witter ? Tu vois bien de qui je parle ? Grand, brun, l’air sévère, une étoile sur le torse…
Jack : Oui oui, il s’agit bien du shérif Witter ! Il nous a dit qu’il le savait. Qu’il savait même que Doug était gay depuis des années et qu’il se demandait comment il avait fait pour ne pas lui botter les fesses plus tôt pour qu’il s’avoue la vérité ! Il a même ajouté qu’il était ravi que ce soit moi qui sois avec lui ! Elle est pas belle la vie ?!?
Grams : Je suis enchantée moi aussi pour vous mes enfants. Tant de bonheur, ça me réjouit !
Joey, pensive : Tu sais Jack que maintenant on va être beau-frère et belle-sœur ?
Jack : Comment ça ?
Pacey, enthousiaste : On a enfin fixé la date du mariage ! Ce sera juste après la naissance du bébé !


Quelques mois plus tard, la veille de Noël, chez Gale. Tout le monde était réunit pour les fêtes. Gale avait une fois de plus préparé un festin, mais il y avait de quoi, tout le monde allait bien, il n’y avait pas de problème, et son fils était venu lui annoncer qu’il allait se marier. Il comptait l’annoncer à tous ses amis ce soir.
Doug et Jack étaient là, eux aussi, heureux comme ils ne l’avaient jamais été. Jen avait retrouvé, ou plutôt devrait-on dire, rencontré sa sœur, qui passait également les fêtes avec eux tous, à Capeside avec Amy et Grams. Elles avaient toutes pris pension chez les sœurs Potter. Andie était venue voir son frère et ses amis, qui lui manquaient considérablement même si pour rien au monde elle ne voulait quitter Florence... Et Joey et Pacey attendaient que les mois passent, préparant leur mariage, et surtout la venue du bébé. Joey avait pris des rondeurs, elle en était à son septième mois de grossesse.

Bodie et Bessie s’affairaient en cuisine pour aider Grams et Gail à préparer le dîner. Dawson entra, suivit de près par Audrey. Elle trempa ses doigts dans la sauce.
Audrey : Gail un jour il faudra me donner votre truc. Cette sauce est excellente !
Gail, souriant : Audrey, je t’ai déjà dit cinquante fois de me tutoyer. Puis prenant son air sérieux. Et arrête de manger ma sauce, il n’y en aura plus pour manger avec la dinde !
Dawson souriait. Il était ravi que se mère et Audrey s’entendent aussi bien. Après tout, Audrey avait une réputation qui la précédait, même ici…

Les autres étaient dans le salon, à discuter, certains assis dans les canapés, d’autres près du feu. Jack, Andie, Doug et Pacey discutaient debout devant la cheminée, leurs verres à la main.
Andie : J’en reviens pas de tous ces changements dans vos vies !!! Et tout ça en moins d’un an ! Vous avez pris des actions chez « le grand bonheur » ou quoi ? C’est où qu’on les achète ? J’en prendrais bien une douzaine moi !!!
Pacey : Ah ah ! MacPhee, toujours le même sens de l’humour à ce que je vois !
Jack : T’inquiète pas petite sœur, toi aussi tu rencontreras l’amour… je suis sûr que tu as au moins dix italiens qui te draguent à longueur de journée…
Andie : Non, pas dix… un ou deux…
Jack, intéressé : Et il n’y en aurait pas un qui compterait un peu plus que les autres ?
Andie, mystérieuse : Peut être bien… mais tu ne sauras rien de plus !
Jack : Andie ! C’est toujours pareil avec toi !
Doug : Et voilà, c’est repartit. Quand ils ne se voient pas ils se manquent, mais quand ils se retrouvent, ils ne se manquent pas… dans tous les sens du terme ! Depuis qu’Andie est arrivée, il n’arrêtent pas de se chamailler !
Pacey : Et vous deux, vous ne vous manquez pas trop… séparés de près de 300 kilomètres… ?
Doug : Si, c’est pour ça que j’envisage de venir moi aussi à New York…
Pacey : Génial ! C’est Papa qui va pas être content… il perd dans cette histoire un adjoint de qualité !
Jack, enthousiaste : Et on va prendre un appart’ ! Parce que la vie chez Grand-mère, c’est bien, elle a l’esprit large, mais quand même, tous chez elle, ça va faire beaucoup….
Pacey, amusé : Et vous connaissant vous êtes capables de vous installer dans la rue d’à côté pour ne pas être trop éloignes les uns des autres !!!
Jack, la mine rieuse : Possible !

A quelques mètres de cette joyeuse discussion, Joey, Jen et Lisa étaient assises dans les canapés. Elles discutaient du retour des jumelles « à la vie normale »…
Joey : Et comment s’est passée la rencontre avec M. et Mme Lindley ?
Lisa : Bien, mais Helen a eu un choc en nous voyant toutes les deux. Elle ne m’avait jamais vue auparavant, ni même serrée dans les bras. Il y avait juste eu une petite messe au crématorium de l’hôpital.
Joey : Et on sait pourquoi on lui a dit que tu étais morte ?
Jen : Ben en fait c’est la sage femme…
Lisa : … elle appartenait à un réseau d’adoption privé…
Jen : … qui l’a kidnappé de façon peu scrupuleuse pour la vendre à un couple de riches américains voulant un bébé.
Lisa : Mes parents ne m’ont jamais caché qu’ils avaient payé cher pour m’adopter…
Jen : Mais jamais ils n’auraient pensé que cet organisme avait des méthodes illicites.
Joey sourit. Les deux soeurs ne s’étaient pas rendues compte qu’elles avaient finie les phrases l’une de l’autre.
Jen, surprise par le sourire de Joey au milieu de cette conversation plutôt sérieuse : Qu’est-ce qui te fais sourire Joey ?
Joey: Vous ! Vous êtes incroyables ! Puis se tournant vers Lisa. Et tes parents, ils se sont remis du choc ?
Lisa : Oui, mais ça leur a fait bizarre. En plus me découvrir une sœur…
Jen : Tu sais qu’ils ont tenté de remuer des montagnes pour la retrouver…
Lisa : Et rien n’a donné les résultats escomptés…
Jen : Jusqu’à ce que je t’aperçoive à l’hôpital !
Lisa : Oui heureusement finalement !
Jen : Ça a été une épreuve, mais c’était un mal pour un bien ! Puis changeant de sujet . Et Joey tu sais pas la meilleure ?
Joey commençait à avoir le tournis de devoir suivre sans arrêt leur conversation en passant de l’une à l’autre. Elle avait l’impression de regarder un match de tennis, et de passer son temps à suivre la balle qui passait de gauche à droite puis de droite à gauche en permanence.
Joey : Non, c’est quoi ?
Jen : On a fait le parallèle de nos deux vies…
Lisa : …et on a vécu à peu près les mêmes choses au même moment…
Jen : …enfin, sauf ces trois dernières années… mais le début de l’amnésie de Lisa correspond a une période où j’étais vraiment pas bien, j’ai même dû revoir un psy… moi qui m’étais jurée de ne plus jamais avoir affaire à eux !
Lisa : Et quand Jen était ado à New York, et qu’elle a mal tourné, ben moi aussi à Seattle j’ai fait pas mal de bêtises…
Jen : Et quand je suis venue à Capeside chez Grand-mère…
Lisa : Moi mes parents m’ont envoyée chez ma tante dans un patelin de la côte ouest…
Jen : C’est dingue tous ces points communs…
Lisa : … à croire que nos vies étaient tracées et qu’on n’a fait que suivre nos destins…!
Joey, tentant de se lever, mais ça commençait à devenir difficile avec son gros ventre : Ça suffit les filles, vous me donnez le tournis à parler comme ça !

Gail sortit de la cuisine, tenant un plat de petits fours dans les bras, suivie par Dawson et Audrey, ainsi que Bessie et Bodie.
Gail : C’est l’heure des cadeaux… les enfants s’impatientent !
Au moment où elle dit ça, Lili et Alexander qui jouaient autour du tapis de jeu de Amy, levèrent la tête, les yeux enchantés ! Depuis une heure, ils regardaient tous les paquets qui étaient posés au pied du sapin de Noël avec une envie irrésistible de se jeter dessus et d’arracher tous ces beaux papiers cadeaux multicolores. Ils ne tenaient plus en place tellement ils étaient impatients !
Tous s’assirent dans les canapés et Dawson commença la distribution. Il y en avait des gros, des petits, des plats, des ronds… en clair, ils allaient y passer un moment pour réussir à tout ouvrir !
Bien sûr, c’étaient les enfants qui étaient les plus gâtés, entre les petites robes pour Amy, des DVD pour Lili, des vêtements et des jouets pour le bébé de Joey et Pacey... Mais un cadeau retint l’attention de Dawson. Il y avait écrit dessus, en gros « Pour Doug ». Dawson le lui tendit. Le paquet était assez grand, et plat. Il l’ouvrit, les yeux incrédules. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?
Il défit le papier cadeau, et aperçu un cadre dans lequel on avait placé une fausse Une de journal. « Le Capeside Magazine » titrait en gros « Flic hors pair, flic homo : l’histoire vraie de Douglas Witter ». Sous ce titre se trouvait une photo de Doug avec Jack.
Pacey : Je t’avais dit que je le ferais Douggie !
Doug, ne sachant pas s’il devait être en colère ou rire de la blague de son frère : Trop aimable !
Dawson, plié en quatre, tellement il rigolait : Je pensais pas que tu oserais quand même !
Et là, tous se retournèrent vers lui, ne comprenant pas. Devant leur air interrogateur, il dit :
Dawson : Il y a plusieurs années, quand on recherchait des informations sur Eve… vous vous souvenez d’Eve ?
Tous, acquiescent : Bien sûr !
Pacey : les yeux vers le ciel, comme se remémorant des souvenirs : Qui ne s’en souviendrait pas ?
Joey, une pointe de jalousie dans la voix : Ohé, je suis là ! Je suis peut-être aussi énorme que Mobby Dick, mais je suis encore là !
Pacey, ayant un regard tendre vers elle : Et tu es magnifique, mon amour !
Dawson, reprenant le fil de la conversation : Enfin bref… on avait suivit Eve jusqu’au port et Doug nous avait surpris. Pour faire diversion, Pacey a fait des allusions douteuses sur sa sexualité et lui a dit qu’un jour il ferait la une d’un journal avec ce titre là !!! Tu l’as, ton cavalier pour le bal de la police! Ah ah !!!
Pacey, à qui les souvenirs reviennaient également : Très forte celle-là Dawson !

Un moment plus tard, tous étaient autour de la traditionnelle dinde de Noël. Chacun discutait avec son voisin quand soudain Dawson se leva, attrapa son verre et fit taper délicatement sa petite cuillère contre le verre pour demander le silence.
Dawson : S’il vous plait. J’ai une annonce à faire !
Pacey : Quel sérieux ! On dirait qu’il se prépare une grande nouvelle !!!
Dawson : Je ne te le fais pas dire !
Il regardait Audrey qui était assise à l’autre bout de la table à côté de Joey. A les voir toutes les deux, elles resplendissaient.
Dawson : Ben voilà…
Jen : Mais c’est qu’il a l’air tout timide notre Dawson !
Dawson : J’aimerais vous annoncer une grande nouvelle. Enfin, elle est grande surtout pour moi, et Audrey !
Jen, qui avait compris où il voulait en venir : Vous allez vous marier ?
Dawson : Jen, tu me casses tout mon effet là !
Jen : Désolée…
Dawson : Donc, Audrey et moi, on va se marier !
Jen : Je le savais, je le savais !
Tous : Félicitations !
Les filles s’étaient approchées de Audrey, qui leur montrait maintenant sa bague de fiançailles, l’air radieux.
Pacey, à Dawson : Toutes mes félicitations ! Vous méritez d’être heureux tous les deux !
Dawson, ému par les propos de son ami : Ça me touche que tu me dises ça Pace !
Pacey : Vous vous êtes décidés quand ?
Audrey, regardant Dawson tendrement : La semaine dernière !
Dawson : On vous a prévenus vite, mais on soupçonne des paparazzis de nous avoir suivit... donc on vous tient au courant avant que vous ne soyez informés par les journaux… !
Jack, qui avait suivit leur conversation : En effet, on aurait été moyennement content de l’apprendre par le « Capeside Magazine » !!!


- FIN -


sonianonna  (29.10.2005 à 00:22)
Voilà, j’espère que l’histoire vous a plu. J’attends vos réactions et vos commentaires !!!
Je tenais à remercier ma sœur jumelle qui m’a énormément aidée tout au long de la rédaction de cet épisode. Merci ma Did’ pour tes conseils, et tes corrections !

sonianonna  (29.10.2005 à 00:23)
J'ai adoré!!!! Je viens de finir de lire, j'arrivais pas a arrêter on dirait pas du tout un premier episode! J'adore l'idée de départ j'y pensais pas du tout, au fur et a mesure que je lisais je savais qu'il allait se passait un truc fou mais je savais pas quoi et quand enfin j'ai su j'attendai trop que les autres saches!!! En résumé c'était génial! On est pris dans l'histoire et t'écris vraiment très bien, c'est détailler, on imagine les scenes!!!! BRAVO!!!
J'espère que tu nous en écrira plein d'autres!!!!

kizou  (29.10.2005 à 05:58)
J'ai adoré, je suis restée scotchée à mon écran. J'aurais juste un petit truc à dire, j'ai trouvé que Jen et Lisa avaient retrouvé la mémoire un peu trop vite, enfin surtout Jen, tu aurais pu détailler un peu plus mais sinon l'idée est très bonne et l'histoire est très bien écrite.

A quand la prochaine?

lilis012  (29.10.2005 à 09:07)
ta fanfiction est vraiment génial j'ai adoré... et l'histoire que Jen a une soeur jumelle était bien trouve !!! Vraiment bien pour une première !!

je dirai pareil que les autres : A quand la prochaine ?? kiss aurele ++

AuReLe02  (29.10.2005 à 10:37)
je vais pas bien etre original mais j'ai adoré !!! j'ai pas pu la lire d'un seul trait car hier soir, j'étais très fatiguée mais on rentre trop bien dans l'histoire et tu as su trouver une idée que personne avait exploité!!! franchement, c'est super que tu te sois lancée dans les épisodes virtuels alors ne t'arrete pas en ce bon chemin!! fais nous en plein d'autres!!!

encore bravo, et vivement le prochain!

titite  (29.10.2005 à 14:18)

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