Quelques minutes plus tard, ils retraversaient les quartiers résidentiels en direction du centre ville où était restée la voiture. Aucun des deux ne parlaient, chacun plongeait dans ses pensées. Joey s’en voulait de s’être laissée aller ainsi avec lui, elle s’était ridiculisée et finalement, elle se sentait blessée d’avoir été repoussé à cause de son inexpérience. Ca, Pacey avait l’habitude de femme beaucoup plus mûre qu’elle. Le pire, c’était cette sensation de frustration qu’elle ressentait d’avoir été ainsi repoussé par un garçon pour qui, elle n’éprouvait rien. Enfin, plutôt, pour qui elle ne devrait rien ressentir en temps normal. Parce qu’elle était forcée de reconnaître qu’en l’espace de quelques heures à peine, elle avait apprit à aimer être près de lui. Et sa plus grande peur était que ces sensations ne s’en aillent pas en même temps que les vapeurs d’alcool qui lui embrumaient l’esprit. Détournant le regard vers les propriétés elle repéra une piscine dans le jardin d’une grande maison de style coloniale et une idée fugace lui traversa l’esprit. Décidant de clore cette soirée en beauté, un sourire naquit au coin de ses lèvres, en plus, ça aurait le mérite de lui rafraîchir ses esprits.
Joey : Attends moi là.
Surpris, il se tourna vers elle et écarquilla de grands yeux en la voyant enjamber la grille métallique qui entourait une maison.
Pacey : Qu’est-ce que tu fous ??
Joey ne prit pas la peine de lui répondre. Enervé autant qu’intrigué, il se rapprocha des barreaux et l’observa marchait d’un pas décidé vers la piscine. Elle n’allait pas réellement plonger dans l’eau ?
se demanda t-il hébété. Il jeta un coup d’œil vers la maison éteinte, y aurait-il une chance pour que les propriétaires soient partis en vacances ? Reportant son regard vers elle, il la vit se défaire de sa veste et faire passer son pull par-dessus sa tête. Rapidement, elle se retrouva en petite tenue à quelques mètres à peine devant lui. Déglutissant avec difficulté, il se frotta les mains sur son pantalon et s’ordonna de garder son calme. Merde, elle avait un corps parfait et la lenteur de ses gestes avait fait naître une pointe de désir immodéré aux creux des reins ! Il la vit s’immerger dans l’eau et revint à la réalité. Elle était complètement folle. Avec la tonne d’alcool qu’elle avait ingurgité dans la soirée, c’était inconsidéré de sauter dans une piscine ! En jurant, il enjamba la grille à son tour et se rapprocha silencieusement de la piscine. Enfouissant ses mains dans ses poches, il la regarda revenir vers lui à la nage. Il chercha un autre point de regard que ses courbes généreuses mais ses yeux s’y refusèrent.
Pacey : Tu as assez fait trempette ?
lui demanda t-il d’une voix aussi neutre que possible lorsqu’elle regagna la berge.
Joey : Soit tu me rejoints, soit tu la fermes
lui dit-elle toujours en colère contre lui.
Pacey : Il n’est pas assez tard pour un bain de minuit.
Joey : Je savais bien que tu n’étais pas assez téméraire
lâcha t-elle en lui jetant un regard noir avant de repartir à la nage.
En rage, il se promit de ne pas répondre à la provocation mais ses poings se crispèrent dans ses poches et après avoir jeté un regard vers la maison, il se mit en caleçon et s’immergea à son tour. Restant contre le mur, il refusait de jouer son jeu. Il était dans l’eau non ? Elle revint contre la paroi et jeta un bref regard vers lui avant de repartir. Il la regarda faire, elle nageait plutôt bien mais ses gestes étaient mécaniques. Elle donnait l’impression d’avoir besoin d’évacuer quelque chose. Il était prêt à parier qu’elle cherchait à oublier qu’elle l’avait embrassé. Et surtout, qu’elle y avait prit du plaisir. Il n’était pas décidé à la laisser faire. Dès qu’elle parvint à nouveau près de lui, il la saisit par un bras et la plaqua entre le mur et lui. Elle se débattit quelques secondes mais il resserra sa prise oubliant par la même la décharge d’électrique que le contact de son corps lui renvoyait.
Pacey : Ca ne marche pas ?
lui demanda t-il le regard pénétrant.
Joey : Je ne vois pas de quoi tu parles lui dit-elle en soutenant son regard.
Elle était bien décidée à ne pas s’énerver devant lui. Il était hors de question de lui montrer qu’il pouvait avoir de l’influence sur ses humeurs et qu’il avait pu la blesser en ne voulant pas d’elle. Et elle ne voulait pas non plus lui demander de la laisser partir et lui montrer par la même qu’il pouvait la faire réagir par le contact de son corps sur le sien. Et pourtant, dieu sait qu’elle était en émoi alors que sa peau frôlait la sienne à travers le contact de l’eau. Imperceptiblement, Pacey vit ses yeux glisser vers ses lèvres un sourire arrogant naquit sur ses lèvres.
Pacey : Tu as envie de m’embrasser
lui dit-il plein d’assurance.
Joey : Je n’ai pas l’intention de réitérer une expérience aussi désastreuse.
Ignorant qu’elle parlait de sa propre participation, il sentit ses yeux s’étrécirent par la colère. Puis, il plongea vers elle et l’embrassa avec force, bien décidé à lui faire avouer, ne serait-ce qu’au travers des réactions de son corps, qu’elle mentait. Surprise, Joey ne pu se retenir et s’accrocha désespérément à lui. Elle accueillit ses lèvres autant avec avidité qu’avec inquiétude. Et si elle se montrait aussi empotée que la dernière fois ? Décidée à s’appliquer, elle approfondit le baiser la première et noua ses jambes autour de sa taille afin de s’arrimer à lui de façon plus intime avant d’entourer son cou par ses bras. Pacey frissonna à son contact et après l’avoir entendu poussait un léger gémissement de plaisir alors qu’il lui rendait son baiser avec passion, il se recula vivement d’elle et se détourna de sa vue.
Pacey : Et merde !
jura t-il avec force.
Joey : Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?
demanda t-elle hébétée.
Pacey : Rien
maugréa t-il aussi énervé que mal à l’aise.
Joey : Pacey, qu’est-ce qu’il se passe ?
Il se courba, cherchant à lui dissimuler le trouble visible de son corps.
Pacey : A ton avis, qu’est-ce qui se passe ?
grommela t-il entre ses dents.
Il se morigéna silencieusement, s’exhortant de retrouver son calme au plus vite afin que tout rentre dans l’ordre. Surprise, Joey le dévisageait, ne comprenait pas sa réaction. Puis, voyant sa gêne et sa posture repliée sur lui-même, elle soupçonna la teneur du problème.
Joey : Tu…
dit-elle n’osant terminer sa phrase.
Pacey : Ca va passer
marmonna t-il entre ses dents.
Joey : Mais je n’ai fais que t’effleurer
dit-elle abasourdie.
Pacey : Quand on est un adolescent de quinze ans et qu’une splendide jeune fille vous effleure ainsi, c’est largement suffisant !
De toute sa phrase, Joey n’avait retenue qu’un mot.
Joey : Splendide ?
Pacey : Oh je t’en pris, je te l’ais dis tout à l’heure que tu étais belle !
Surprise, Joey se sentit rougir jusqu’à la racine de ses cheveux.
Joey : Non tu as dis jolie, ce qui peut correspondre à la mention passable, mais pas à splendide.
Etonné, il tourna la tête vers elle, avait-elle toujours besoin de précision ?
Pacey : Et quoi ? J’aurais dû ouvrir un dico avant de choisir mon mot ? Tu es aussi splendide qu’un soleil en plein été, ça te va ?
Mal à l’aise et profondément troublée, elle détourna le regard. C’était la première fois qu’on lui disait qu’elle était non pas seulement belle, mais attirante, voire même séduisante. Et le fait que se soit Pacey qui le lui dise alors que toute confession de sa part était exclue rendait la chose encore plus touchante. Elle le croyait d’autant plus. Soudain, un faisceau lumineux balaya la piscine et une voix masculine se fit entendre, les faisant revenir sur terre. Rapidement, ils sortirent de l’eau, récupérèrent leurs vêtements et se sauvèrent.
Une fois parvenue dans la rue, ils remirent leurs vêtements à la hâte et se sourirent timidement en reprenant le chemin du retour. Aucun des deux n’osaient aborder ce qu’il s’était passé dans la piscine. Pacey regarda discrètement sa montre, il était vingt deux heures, Bessie devait commencer à s’inquiéter. A moins que comme ne le pensait Joey, elle ne se soucie vraiment plus d’elle. Chose qu’il pensait peu probable. Bessie avait beau devoir être très occupée, elle ne l’était sûrement pas au point de ne pas remarquer l’absence de sa petite sœur à une heure aussi tardive. A côté de lui, il remarqua Joey bailler discrètement.
Pacey : Tu es fatiguée ?
lui demanda t-il tendrement.
Joey : Oui, je ne comprends pas, ça arrive d’un coup
répondit-elle en baillant à nouveau.
Elle se sentait épuisée mais sa tête semblait avoir retrouvé ses capacités, les effets de l’alcool paraissaient s’être estompés.
Pacey : C’est à cause du whisky
lui expliqua t-il, tu n’auras aucun problème d’insomnies ce soir
lui garantit-il avec un petit sourire en coin.
Joey lui sourit en retour et ils marchèrent silencieusement encore pendant quelques mètres.
Joey : Ca va mieux ?
lui demanda t-elle gênée.
Il mit quelques temps avant de réaliser de quoi elle parlait et lui sourit, mal à l’aise.
Pacey : Oui, merci de t’en inquiéter
la taquina t-il avant de reprendre son sérieux… Je suis désolé.
Joey : C’est rien
dit-elle en détournant le regard,… je ne savais pas que je pouvais faire ce genre d’effet. Je croyais que tu ne voulais plus qu’on s’embrasse parce que je n’étais pas douée pour ça
lui avoua t-elle avec une facilité qui la déconcerta.
Hébété, Pacey arrêta de marcher et la dévisagea. Il savait bien qu’il s’était mal expliqué !
Pacey : S’il y a une chose pour laquelle tu n’es pas douée, je t’assure que ce n’est pas pour embrasser !
Sentant ses joues s’empourprées, elle s’obligea à le regarder en face.
Joey : C’est vrai ?
Pacey : Oh oui !
lui assura t-il.
Il se rapprocha d’elle et plongea son regard dans le sien.
Pacey : Il faut que tu t’ôtes de la tête toutes ses idées sur le fait que tu ne sois pas attirante !
lui dit-il en la fixant intensément.
Touchée, elle lui sourit tendrement. D’un geste irréfléchi, il porta une main à son visage et lui caressa tendrement la joue.
Joey : Pacey…
Pacey : Oui ?
Joey : Je ne me sens pas très bien
dit-elle en portant une main à son estomac avant d’aller se soulager un peu plus loin sur le trottoir.
Il resta cloué sur place quelques secondes par la surprise. Il ne s’était pas vraiment attendu à ça… mais quelque part il n’aurait pas dû s’étonner, il avait toujours pensé qu’il ferait cet effet à Joey s’il venait à l’embrasser un jour. En tout cas, le peu de charme qui s’était établi entre eux était définitivement rompu. Il n’y avait plus vraiment de magie lorsqu’on avait vu la fille qu’on avait envie d’embrasser vomir dans la chaussée. Inquiet pour elle, il alla la rejoindre et lui ôta délicatement les cheveux du visage afin de le lui dégager et posa une main apaisante dans son dos.
Joey : Je crois que j’ai trop bu…
dit-elle en se redressant, l’air nauséeuse.
Pacey : Tu crois ?
lui demanda t-il narquois.
Joey : C’est l’eau de la piscine qui m’a rendu malade répondit-elle de mauvaise foi.
Amusé, il lui sourit avant de se tourner et de lui désigner son dos.
Pacey : Aller monte, je te ramène à la voiture.
Joey : Tu veux me porter ?
s’étonna t-elle.
Pacey : Tu es fatiguée et malade, on est qu’à quelques minutes du centre ville. Ne te fais pas prier Potter.
Hésitante, elle le dévisagea et finit par accepter. Elle n’en pouvait plus et il s’était proposé si gentiment. Délicatement, elle prit position et entoura son cou de ses bras.
Joey : Je ne suis pas trop lourde ?
s’enquit-elle.
Pacey : Les jolies filles ne sont jamais trop lourdes.
Elle n’arrivait pas à croire à quel point il parvenait à la toucher avec ses mots ! Là encore, elle était certaine d’avoir viré au rouge. Elle cala sa tête contre lui et se laissa berçait au rythme de ses pas, laissant les effluves délicates de son eau de toilette lui parvenir et lui chatouiller les narines. Il sentait vraiment très bon. Lentement, elle se sentit glisser dans un sommeil léger, peuplait de rêve dans lesquels elle avait jeté son dévolu sur lui. Dans ses rêves, elle se sentait libre, heureuse et insouciante. Amoureuse même, elle parvenait à en ressentir les émotions qui transparaissaient dans son sourire alors qu’elle le voyait la soulever dans les airs pour la faire tournoyer. Dans ces images, elle n’avait rien de la jeune fille fatiguée, irritée et triste qu’elle était aujourd’hui. Dans ses rêves, elle était celle qu’elle voudrait être.
Joey : Merci Pacey…
murmura t-elle d’une voix à moitié endormie.
Surpris, il sourit.
Pacey : Pas de quoi Potter
murmura t-il tendrement.
Au loin, il aperçut la voiture et en fut presque dessus. Dans quelques minutes, il devrait la reposer à terre et la ramener chez elle. La soirée s’achèverait là. A cette idée, il s’en sentait terriblement frustré. Il avait aimé chaque seconde passée avec elle. Elle l’avait rendue dingue à certain moment mais il n’avait aucun regret. Il en était là de ses réflexions lorsqu’une voiture de patrouille s’arrêta à sa hauteur et qu’il vit son frère en sortir. Joey, probablement endormie ne bougea pas et se sentit même pas qu’il s’était arrêté.
Doug : Tu as passé une bonne soirée ?
lui demanda t-il en faisant le tour de la voiture.
Pacey : Je ne vois pas de quoi tu parles
répondit-il négligemment.
Doug : Je parle de la maison de madame Valentine où une voiture telle que la tienne a été vu en train de s’enfuir après un acte de vandalisme, du panneau d’affichage sur High Street, de la tarte chez les Carter qui a miraculeusement disparu et de la maison des Stevenson où deux jeunes gens se sont introduit afin de profiter de la piscine.
Hébété, Pacey le dévisagea. Il avait passé sa soirée à l’espionner ou quoi !
Pacey : Je te le répète, je ne vois pas de quoi tu parles
répondit-il avec beaucoup moins d’assurance que la première fois.
Doug : Inutile de faire l’idiot !
s’énerva t-il. Le caissier à reconnu Joey comme étant une cliente qui leur aurait acheté des œufs et des marqueurs, la voiture de papa est garée devant le panneau, tu as perdu tes papiers au bord de la piscine des Stevenson quant à la tarte chez les Carter, ce n’est qu’une supposition mais étant donné le reste de ta soirée, je suppose que tu es suffisamment idiot pour avoir fait un truc aussi débile qu’avoir dérobé une tarte ! Il ne faut pas être Einstein pour voir que tout ramène à toi.
Pacey grimaça discrètement, effectivement, ça faisait beaucoup. Même un policier aussi nul que Doug pouvait accumuler autant d’indice et en déduire les conclusions qui s’imposaient.
Pacey : Je suppose qu’on avait eu trop de chance jusque là…
se murmura t-il pour lui-même.
Doug : Et il a fallut que tu entraînes Joey dans tes délires !
ajouta t-il d’un air réprobateur.
Interloqué, il ne pipa mot. Evidemment, c’était l’idée la plus plausible. Et elle le serait aux yeux de tous. Soudain, il tourna la tête vers Joey et calcula les risques qu’ils encourraient. Elle aurait un casier et elle pourrait sûrement dire adieu aux grandes études qu’elle voulait faire.
Pacey : Elle était ivre, elle n’avait pas conscience de ce dans quoi je l’entraînais
déclara t-il rapidement. Laisse moi la ramener chez elle et je te suivrais au poste
lui demanda t-il implorant.
Doug : Trop tard, qu’est-ce que tu crois ! Je dois vous ramener au poste tous les deux où vous y passerez la nuit.
Pacey : Doug soit sympa, elle ne savait pas du tout ce qu’elle faisait !
Doug : C’est bien dommage, mais elle ne pourra s’en prendre qu’à toi.
Il lui ouvrit la portière de la voiture, signe que la discussion était close et en jurant intérieurement, Pacey fit basculer Joey très délicatement pour la poser à l’intérieur. Elle ne se rendit compte de rien. Il sourit en la voyant si profondément endormie.
Doug : Elle est droguée ?
demanda t-il surpris de la voir aussi inerte.
Pacey : Elle cuve, je t’ai dit qu’elle était ivre.
S’installant à l’arrière avec elle, il lui souleva doucement la tête pour la laisser reposer sur sa cuisse. Tendrement, il lui balaya le visage en soupirant. Qu’allait-il lui arriver lorsqu’elle se réveillerait ?
Sentant une migraine atroce lui vriller le crâne, Joey y porta une main en bougeant doucement. Bizarre, elle ne se rappelait pas que son matelas était aussi dur. Elle ouvrit lentement les yeux et eut l’impression étrange que la pièce dans laquelle elle se trouvait était entrain de tourner sur elle-même. Elle prit une profonde inspiration afin de s’éclaircir la vue et fut prise un instant de panique en ne reconnaissant rien des lieux où elle se trouvait. Se redressant en trombe, son regard tomba sur Pacey, assit sur un lit en face d’elle, le dos contre des barreaux, un coude appuyé sur son genou replié vers lui alors que son regard était fixé sur elle.
Pacey : Bien dormi ?
lui demanda t-il tendrement.
Joey : Où on est ?
demanda t-elle ahurie.
Pacey : Techniquement, on appelle ça une cellule
se moqua t-il gentiment.
Joey : Tu m’as fait aller en prison ???
s’exclama t-elle hors d’elle.
Abasourdi, Pacey la dévisagea longuement.
Pacey : Je te demande pardon ??? Dis moi que tu blagues ?
s’exclama t-il en perdant sa contenance.
Joey : J’ai l’air de plaisanter ? Ca à l’air d’être une blague ça selon toi ?
dit-elle en désignant les barreaux d’un air en colère.
Pacey : Attends Potter, tu n’as aucun souvenir de la nuit dernière ?
s’éberlua t-il.
Joey : Non et j’espère pour toi que tu ne m’as rien fais faire d’illégal !!
Pacey : Que JE ne t’ais…Je rêve !
s’exclama t-il en levant les bras au ciel.
Il lui tourna le dos, se passant une main sur le visage afin de reprendre ses esprits. Il avait passé la nuit à répondre à des questions pendant que madame dormait, il l’avait lavée de tout soupçon alors qu’elle était l’instigatrice de tout ça et elle se permettait de l’accuser lui de l’avoir fourrer là dedans ! Il était en pleine science fiction.
Joey : Quelle imbécile, j’arrive pas à le croire !
s’exclama t-elle en faisant les cent pas dans la pièce, toute son énergie retrouvée.
Pacey : T’es pas la seule
maugréa t-il entre ses dents.
Joey : Qu’est-ce qui m’a prit d’accepter d’aller à cette fête avec toi ! J’aurais dû prévoir que ça se finirait mal !
Il lui jeta un regard noir.
Joey : Qu’est-ce qu’on a fait ??
Excédé, il se tourna vers elle et la foudroya du regard. Parce qu’en plus, il fallait tout lui rappelait, elle avait tout oublié. Il fut tenté de lui parler de leurs baisers, dont elle était l’unique fautive ! Mais la situation était déjà bien assez délicate pour qu’il ne l’envenime. Qui plus est, c’était une part de l’histoire qu’il ne souhaitait pas voir entacher par un rictus de dégoût sur ses lèvres.
Pacey : En gros, vol et dégradation des biens d’autrui
lâcha t-il sans la regarder.
Abasourdie, elle leva les yeux au ciel. Se torturant l’esprit, elle cherchait à se rappeler une bribe de souvenir, un détail, ce n’était pas possible, elle n’avait pas pu faire ça, pas elle. C’était tellement puéril. Pour Pacey d’accord, il n’avait jamais dépassé le stade de l’enfance mais elle, elle avait un avenir ! Elle n’arrivait pas à croire qu’il puisse l’avoir entraîner dans une chose pareille. Si jamais elle avait des ennuis à cause de lui, elle ne le lui pardonnerait jamais, ça, elle se le jurait. C’est ce moment que choisit Doug pour apparaître de l’autre côté des grilles. Elle bondit vers lui.
Joey : Doug, j’y suis pour rien dans toute cette histoire !
Doug : Tu ne te rappelles de rien ?
Joey : Non, de rien du tout, mon dernier souvenir, c’est d’avoir accepter d’aller à une fête avec lui !
s’exclama t-elle en désignant Pacey d’un geste énervé.
Doug : Ca corrobore ce qu’il a déclaré. Tu es libre
dit-il en ouvrant la porte à Joey.
Joey : C’est vrai ?
dit-elle étonnée.
Doug hocha la tête.
Doug : Pacey endosse la totalité de ce qu’il s’est passé hier.
Surprise, Joey se tourna vers Pacey et l’aperçut, les mains au fond de ses poches, regardant tout sauf elle. Au moins, il avait été réglo.
Doug : Et pour ce qui est de l’alcool, je ne l’ai pas signalé dans le rapport
l’informa t-il. Mais il n’y aura pas de seconde fois.
Le rouge aux joues, elle hocha la tête. Ca, elle pouvait jurer devant dieu qu’on ne l’y reprendrait plus vu les résultats ! Désireuse de quitter les lieux au plus vite, elle se saisit de sa veste et sortit rapidement. Pacey l’observa quitter les lieux tandis que Doug gardait le regard rivé vers lui alors qu’il refermait derrière la jeune fille. En l’interrogeant cette nuit, il avait deviné qu’il protégeait Joey et le regard emplit de triste nostalgie qu’il venait de poser sur elle alors qu’elle s’éloignait de lui, lui confirmait ses soupçons, son frère était tombé amoureux. Il secoua la tête en songeant que ça lui coûterait cher. Car même si son père et lui avaient réussit à réduire les charges retenues à son encontre et qu’il n’écoperait que de quelques heures de travaux d’intérêt généraux, la blessure qu’il ressentirait tous les jours en voyant Joey serait beaucoup plus douloureuse. Et il en était sincèrement désolé pour lui, d’autant plus que la soirée n’avait l’air d’avoir aucune signification pour Joey. Il ressortit en laissant Pacey seul, debout dans une cellule désertée, plongé dans ses sombres pensées.
FIN
Bon, je pourrais très bien laisser cette histoire ainsi, c’est vrai, la fin est beaucoup plus réaliste de cette façon mais pour une idéaliste comme moi, elle appellerait forcément à une suite et j’ai déjà beaucoup trop d’épisode en rade comme ça ! Je ne peux donc qu’écrire une seconde fin, pour les plus rêveurs, que celle ci-dessus ne satisferait pas. Pour les autres, j’espère qu’avoir un truc différent de d‘habitude vous plait. Petite précision tout de même, cette idée de faire finir Pacey seul est partie d’une boutade de Bzzbzz qui m’a dit qu’avec elle, l’histoire se terminerait par Joey qui ne se rappellerait pas la soirée. Cette fille est d’un pervers !! A bientôt pour une nouvelle histoire.
_________________________
Voici donc une seconde version pour la fin.
Sentant une migraine atroce lui vriller le crâne, Joey y porta une main en bougeant doucement. Bizarre, elle ne se rappelait pas que son matelas était aussi dur. Elle ouvrit lentement les yeux et eut l’impression étrange que la pièce dans laquelle elle se trouvait était en train de tourner sur elle-même. Elle prit une profonde inspiration afin de s’éclaircir la vue et fut prit d’un instant de panique en ne reconnaissant rien des lieux où elle se trouvait. Se redressant en trombe, son regard tomba sur Pacey, assit sur un lit en face d’elle, le dos contre des barreaux, un coude appuyé sur son genou replié vers lui alors que son regard était fixé sur elle.
Pacey : Bien dormi ?
lui demanda t-il tendrement.
Joey : Où on est ?
demanda t-elle ahurie.
Pacey : Techniquement, on appelle ça une cellule
se moqua t-il gentiment.
Joey : Tu m’as fait aller en prison ???
s’exclama t-elle hors d’elle.
Abasourdi, Pacey la dévisagea longuement.
Pacey : Je te demande pardon ??? Dis moi que tu blagues ?
s’exclama t-il en perdant sa contenance.
Joey : J’ai l’air de plaisanter ? Ca à l’air d’être une blague ça selon toi ?
dit-elle en désignant les barreaux d’un air en colère.
Pacey : Attends Potter, tu n’as aucun souvenir de la nuit dernière ?
s’éberlua t-il.
Joey : Non et j’espère pour toi que tu ne m’as rien fais faire d’illégal !!
Pacey : Que JE ne t’ais…Je rêve !
s’exclama t-il en levant les bras aux ciels.
Il lui tourna le dos, se passant une main sur le visage afin de reprendre ses esprits. Il avait passé la nuit à répondre à des questions pendant que madame dormait, il l’avait lavée de tout soupçon alors qu’elle était l’instigatrice de tout ça et elle se permettait de l’accuser lui de l’avoir fourrer là dedans ! Il était en pleine science fiction.
Joey : Finalement, même si on n’est pas dans ton lit, on a quand même passé la nuit ensemble.
Stupéfait, il se retourna d’un coup vers elle et plongea son regard dans le petit sourire malicieux qu’elle avait aux lèvres. Il poussa un bref soupir de soulagement avant de lui sourire et de lui faire un air réprobateur à la fois.
Joey : Elle était trop facile celle là
s’exclama t-elle en rigolant, j’ai pas pu m’en empêcher.
Pacey : Tu devrais t’engager dans la troupe de théâtre du lycée
maugréa t-il.
Joey : Bonne idée.
Il alla s’asseoir sur le rebord de son lit où elle vint le rejoindre.
Joey : Qu’est-ce qu’on risque ?
Pacey : Je ne sais pas. Les Carter et les Stevenson n’ont pas porté plaintes, ils ont eu un peu peur mais ils sont jeunes et finalement, ça les a plutôt amusé.
Joey : Ca n’a pas dû amuser madame Valentine…
Pacey : Pas trop non
lui confirma t-il, le maire non plus. Mon père et Doug sont en train d’essayer de tasser les choses.
Joey : Je suis sincèrement désolée
lui dit-elle d’un air coupable. Tout est de ma faute.
Pacey : Justement à ce sujet, j’aimerais que tu le gardes pour toi
dit-il en se tournant vers elle.
Surprise, elle n’eut pas le temps de le questionner, un bruit métallique attirant son attention.
Doug : Service d’étage
dit-il en ouvrant la porte de la cellule et en tendant un café à Pacey et un chocolat chaud à Joey. Tu pourras le boire en route
ajouta t-il à cette dernière, tu es libre. Pacey nous a raconté ce qu’il s’était passé.
Hébétée, elle se retourna vers Pacey, attendant des explications.
Pacey : Vas-y Joey, on se reparle plus tard.
Joey : Qu’est-ce qui se passe ici ?
demanda t-elle intriguée et aucunement décidé à s’en aller ainsi.
Doug : Pacey nous a raconté qu’il t’avait entraîné là dedans alors que tu avais bu. On a décidé d’abandonner les charges contre toi, tu peux t’en aller.
Abasourdie, elle se retourna vers Pacey en le dévisageant, incrédule. Il lui fit un air dur en lui désignant la sortie d’un léger coup de tête. Elle se releva d’un bond et se tourna vers le policier.
Joey : Ecoute Doug, je ne sais pas du tout ce que t’as dit ton frère mais…
Pacey : C’est pas la peine Potter
dit-il en se levant rapidement, ils savent tout, je leur ai déjà tout raconté.
Joey : Mais apparemment tu as oublié certains détails
s’énerva t-elle en tournant la tête vers lui, les mains sur les hanches. Si tu crois que je vais sagement rentrer chez moi, tu rêves Witter. C’est moi qui l’ais entraîner là dedans
déclara t-elle à Doug.
Pacey : Ridicule, comme s’ils pourraient croire une chose pareille, Doug, fais la sortir.
Doug : Deux secondes, elle a l’air d’avoir des choses à dire
répondit-il amusé.
Joey fit un air triomphant à Pacey avant de reporter son attention sur Doug.
Pacey : Elle n’a pas fini de dessaouler
dit-il en passant un bras autour des épaules de Joey pour l’entraîner vers la porte de sortie, maintenant tais-toi
lui glissa t-il à l’oreille avant de la pousser à l’extérieur, inutile de revenir là-dessus.
Joey : Ne rêves pas !
s’exclama t-elle. J’avais bu
raconta t-elle à Doug, et je n’avais aucune envie de rentrer chez moi, il m’a accompagné uniquement pour me surveiller, c’est moi qui ais tout fait. Donc logiquement, c’est toi qui pars
dit-elle en attrapant Pacey par le poignet alors qu’elle prenait sa place à l’intérieur.
Le sourire aux lèvres, Doug les regardait faire. Il avait déjà compris en voyant la ténacité avec laquelle Pacey s’était employé à la couvrir qu’elle avait sa part de responsabilité dans l’histoire. Et il avait crut deviner au travers des regards et des attentions qu’il avait pour la jeune fille qu’il en était tombé amoureux. Il s’était senti un peu triste pour lui, pensant qu’il y avait peu de chance pour que Joey l’aime un jour, ils avaient toujours été comme l’huile et l’eau. Apparemment, il s’était trompait. Ce qu’il découvrait là, c’était que ses sentiments n’étaient peut être pas si à sens unique que ça.
Doug : Finalement, je crois qu’on va vous garder tous les deux
lâcha t-il négligemment.
Il referma derrière Pacey et Joey avant de sortir en sifflotant. Pacey jeta un regard sur Joey avant de jurer entre ses dents et de se rasseoir sur son lit. Joey prit place à ses côtés et le contempla, encore surprise par son geste. Il avait endossé la totalité des accusations alors que tout était de sa faute à elle. Pourquoi ?
Pacey : Tu aurais dû saisir l’occasion
soupira t-il.
Joey : Tu ne pars pas, je ne pars pas…
Elle glissa une main dans la sienne et entrelaça leurs doigts. Tournant lentement la tête vers elle, il lui adressa un léger sourire.
Pacey : Tu te rends compte de ce que tu risques ?
Elle haussa les épaules.
Joey : La même chose que toi, la différence c’est que moi je le mérite. Pourquoi t’être dénoncé à ma place ?
s’enquit-elle.
Pacey : Je risquais moins.
Joey : Comment ça ?
Pacey : Je n’ai aucune grande étude à faire. Tu as un avenir brillant qui t’attend, et un casier judiciaire ne t’aidera pas !
Joey : Parce qu’il t’aidera toi peut être !
s’écria t-elle. Arrête un peu de croire que tu finiras chez les balayeurs du coin ! Si moi je dois penser que je suis jolie, toi tu dois savoir que tu es plus intelligent que tu ne le penses ! Tu feras de grandes choses toi aussi et qu’importe que se soit dans les études où dans un autre domaine, l’important, c’est que tu as un avenir tout aussi brillant que le mien.
Touché, il tourna la tête vers elle et plongea son regard dans le sien. La tendresse qu’il lut dans ses yeux le bouleversa. Puis, lorsque le regard de Joey glissa vers ses lèvres, il sentit son cœur bondit dans sa poitrine.
Pacey : Tu vas m’embrasser ?
devina t-il, un léger sourire amusé aux lèvres.
Joey hocha la tête avec un sourire mutin.
Pacey : J’avais peur qu’une fois a jeun, ça te rebute
lui avoua t-il timidement.
Surprise, elle fondit sur ses lèvres et l’embrassa avec douceur. Pacey lui rendit son baiser, lui prodiguant de douce caresse sur la joue du bout du pouce.
Joey : Je sens que je vais adorer effectuer ma peine avec toi
lui dit-elle en plongeant son regard souriant dans le sien.
Pacey : Je n’ai jamais autant eu envie de prendre perpétuité !
En rigolant, Joey l’embrassa à nouveau, retrouvant la légèreté qu’elle avait acquit dans ses songes. Plus rien ne lui semblait impossible ou inaccessible désormais.
Pacey : Tu as toujours envie de venir dans mon lit ?
lui demanda t-il avec un sourire taquin en lui désignant son matelas.
Joey : Trop tard
dit-elle en rigolant, tu as laissé passer ta chance Zorro !
Elle se leva prestement mais d’une main habile, Pacey la retint et la refit tomber avec lui. Joey éclata de rire tandis qu’elle se retrouvait allongée, le regard de Pacey posé sur elle.
Pacey : Tu ne vas pas le regretter ?
s’enquit-il timidement.
Touché autant par ses mots que par son regard, elle se dit que rien au monde ne pourrait lui faire regretter sa décision. Tendrement, elle porta une main à son regard et lui sourit.
Joey : Oh si sûrement….
Elle s’amusa de son regard mi-surpris, mi-déçu.
Joey : Et ben, on en a du travail à faire pour avoir confiance en nous !
s’exclama t-elle en rigolant. Embrasses-moi idiot !
En haussant les sourcils d’un air amusé, Pacey ne se fit pas prier plus longtemps.
FIN