Jen venait d’entrer dans la cafétéria et chercha des yeux Andie. Après avoir parcouru la salle des yeux, elle la trouva enfin. Elle était assise à une table; elle avait l’air ailleurs, les yeux dans le vague.
“- Regarde Joey, en désignant Andie. Viens, on prend nos plateaux et on y va.
- Comme tu veux...” Joey appréciait énormément Andie mais elle était gênée devant elle, elle avait toujours l’impression qu’Andie lui en voulait car non seulement, elle était tombée amoureuse de Pacey mais elle ne l’avait même pas suivi, elle l’avait abandonné et voilà où ils en étaient...
Les deux jeunes filles prirent leur plateau et allèrent s’installer à la table d’Andie; Jack n’était pas avec elle.
“- Salut! lança Jen joyeusement.” Andie regarda Joey et Jen brusquement, elle ne les avait pas vues arriver. Oh mince, vite, dis quelque chose, tu as de la conversation d’habitude alors parle bon sang! Après un instant, elle dit finalement: “Salut.”
“- Ca fait longtemps qu’on ne t’a pas vue, reprit Jen.
- Euh... oui, c’est vrai.
- Alors ça va?
- Euh oui.
- Mais quelle conversation dis-moi! dit toujours Jen. On t’a connue plus bavarde. Ce soir, on a prévu une soirée entre filles, tu veux venir?
- Pardon? demanda Andie soudain plus réveillée.
- Bah oui, tu n’es pas un garçon, que je sache.
- Attends Jen, tu veux qu’on passe une soirée entre filles avec tout ce qui vient d’arriver! s’écria Andie furieuse.
- Euh... je ne sais pas. J’ai pensé que ce serait une bonne idée, étant donné les circonstances, de se détendre un peu, dit Jen légèrement troublée.
- “De se détendre un peu”?! Jen, est-ce que tu crois que Pacey peut se détendre un peu là où il est? Est-ce que tu crois qu’il le peut? Je n’arrive pas à y croire... Vous n’êtes que des égoïstes!”
Jen ne sut que répondre mais pensa qu’Andie y allait un peu fort là quand-même.
“- Surtout toi Jen, tu m’étonnes vraiment. Joey, je le savais déjà mais...
- Quoi? la coupa Joey énervée.
- Oh Joey s’il te plaît... Tu as vu le mal que tu as fait autour de toi? Pacey est en Irak à cause de toi! Si tu lui avais demandé de rester, il serait là avec nous. Mais non, madame s’est moqué de lui, elle lui a fait croire qu’elle l’aimait alors qu’elle aime toujours Dawson!
- Ce n’est pas vrai.
- Alors pourquoi ne lui as-tu pas demandé de rester?
- Je ne voulais pas perdre Dawson...
- Mais Pacey, lui, tu pouvais le perdre, c’est ça?
- Non! J’aime Pacey, et je regrette tous les jours de n’avoir pas fait le bon choix.”
Andie détourna les yeux, elle n’avait jamais autant détesté Joey qu’à cet instant. C’était injuste, tellement injuste. Elle, elle aimait Pacey et il avait fallu qu’elle fasse une erreur pour que leur histoire se termine... Quelques mois après, il était tombé amoureux de Joey, elle s’était moquée de lui et il était maintenant en Irak!
“- Joey, je l’aime toujours et toi, tu me l’a pris... J’aurais pu comprendre, je t’assure, j’aurais essayé d’accepter votre amour mais tu ne l’as même pas rendu heureux Joey... Il est parti et peut-être pour toujours... Quand j’ai su , il y a trois mois, que vous vous aimiez, j’étais furieuse, triste mais aussi heureuse. Je savais bien que ce moment allait arriver tôt ou tard, que Pacey rencontrerait une autre fille et qu’il en tomberait amoureux, mais je n’avais pas prévu que ce serait toi... Et pourtant, quand je l’ai su, je me suis dit: “autant que ce soit Joey!”. J’ai pensé ça parce que je t’aimais vraiment beaucoup et puis nous étions amies...”
Joey fut très touchée par le discours de son amie, elle en avait mêmes les larmes aux yeux.
“- Nous le sommes toujours... parvint-elle à dire. Andie, je sais que j’ai fait du mal à Pacey et à toi par la même occasion. Mais je t’assure que ce n’était pas intentionnel. Quand je me suis rendue compte que je l’aimais, j’ai eu peur, peur de mes sentiments et puis, peur de Dawson c’est vrai. Si tu savais comme je regrette qu’il soit parti, qu’il soit en Irak... Je sais que c’est en partie ma faute mais s’il te plait, ne m’en veux pas. On a besoin les uns des autres et j’ai besoin de toi Andie. Et Pacey va revenir, j’en suis sûre. On va l’appeler, on va tout arranger, il va revenir Andie...”
Andie la regarda et prit Joey dans ses bras. Elle avait raison, c’était facile de lui en vouloir mais elle avait aussi besoin d’elle et ils demanderaient tous à Pacey de revenir...
“- Eh, je me sens un peu exclue là!” lança Jen, ce qui les fit rire. Jen étreignit donc ses amies puis se rassit.
“- Alors, quelle heure ce soir?” demanda Andie joyeusement.
lilounette (06.04.2006 à 17:40)
Il était 20 heures à Bagdad. Pacey fit le calcul, il y avait 8 heures de décalage, il était donc 12 heures à Boston. Dawson venait juste de sortir de cours et allait se rendre à la cafétéria. Il ne pouvait donc pas l’appeler maintenant... Rien que de penser qu’il devrait attendre 3 heures avant de pouvoir joindre son meilleur ami, le rendait fou. Il était dans sa chambre, enfin plutôt leur chambre. En effet, il dormait dans la même chambre que 7 autres hommes. Ils disposaient de peu d’infrastructures et tout le monde devait s’adapter. Cela ne le gênait pas vraiment et puis, il avait fait un choix, il devait l’assumer maintenant. La journée était finie et demain, il y en aurait une autre, aussi dure, aussi horrible, encore des blessés, des morts et ce sentiment qui régnait depuis qu’il était arrivé, le désespoir. Pacey essayait depuis le début de ses créer comme une carapace mais c’était difficile de rester de marbre. Il sourit en pensant à ses grandes discussions avec John, ces discussions où il était révolté et où John lui répondait calmement, il avait décidément réponse à tout.
“- Alors Pacey, dans tes pensées?
- Hum hum...
- Et à quoi tu penses?
- A le manière de te faire taire, répondit-il en souriant.
- J’apprécie... Non sérieusement, tu fais une partie de cartes avec moi?
- Je sais pas...
- Il n’y a rien de pire que l’ennui, tu sais.
- Qui t’a dit que je m’ennuyais?
- Moi, je m’ennuie alors fais ça pour moi, s’il te plaît, répondit-il avec un sourire.
- OK, j’arrive...” Il se leva péniblement de son lit où il était confortablement installé et se dirigea vers son ami, Tim qui était à peine plus âgé que lui.
“- Bataille? J’ai pas la force de réfléchir... expliqua Pacey.
- Tu m’étonneras toujours Pacey...
- Je sais, je suis plein de surprise... Et si on jouait?
- OK, je distribue.”
Deux heures plus tard, les deux amis étaient toujours en train de jouer à la batille.
“- Mais c’est pas possible ce jeu! Il finit jamais! pesta Pacey.
- Bah, tu voulais pas faire d’effort intellectuel aussi, il fallait bien trouver un jeu que tu puisses suivre, le taquina Tim.
- Tim, ton humour se dégrade de jour en jour.
- Ca doit être l’âge.
- Oui, c’est vrai que tu commences à te faire vieux... Tu as quoi? 20 ans? Commence à économiser pour les crèmes anti-rides, c’est un conseil d’ami.
- Non, je crois pas à ces trucs-là. La chirurgie esthétique, y’a que ça de vrai.
- Oh, pitié! Tout sauf ça. Tu me déçois Tim... dit-il avec un sourire.
- Ca me va droit au coeur. Oh, mon dieu! Deux jokers!
- Ah! on va enfin pouvoir nous départager.”
Les deux jeunes hommes posèrent délicatement une carte de dos sur leur joker respectif puis encore plus lentement, posèrent l’autre carte.
“- Oh, non, c’est pas possible! Deux 2! Je suis maudit... pesta Pacey.
- Encore bataille! Bon, celui qui gagne cette bataille remporte le jeu, Ok?
- Tu te crois au maillon faible? demanda-t-il en souriant.
- Très drôle Pacey. Tu es prêt?
- Toujours.”
Ils firent la même chose que précédemment. Ils allaient poser le carte décisive.
“- Instant décisif. Roulement de tambours...
- T’es vraiment un gamin Tim quand tu t’y mets...”
tiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Une bombe, puis deux. Que se passait-il? Tim? Où est-il? Tim!!!! Oh mon dieu, ma tête... Du sang...
Pacey s’évanouit.
lilounette (07.04.2006 à 14:36)
“- Vite, dépêchez-vous! Il y a des hommes là-dedans! Ca va exploser d’un instant à l’autre!”
Plusieurs pompiers pénétrèrent dans l’immeuble en flammes. Il y avait du feu partout, des corps partout...
“- Grouillez-vous, il a des hommes là. Faites attention!”
Il y avait plein d’hommes, des gens faisant partie de la reconstruction mais aussi des réfugiés... Des pleurs, il entendait des pleurs. Le pompier essaya de détecter la provenance des pleurs et commença à progresser dans cette direction. On dirait des pleurs d’enfant... Enfin, il trouva, c’était une petite fille...
“- Ca va? Ne t’inquiète pas, tu vas être en sécurité... Accroche-toi à moi, d’accord?” La petite fille acquiesça de la tête. Mais au moment où le pompier s’apprêtait à soulever la jeune fille, elle poussa un cri.
“- Ma jambe.. marmonna-t-elle en pleurant. Le pompier, regarda sa jambe.
“- Eh merde!!” Il y avait une armoire sur sa jambe, le pompier ne l’avait pas vue à cause des flammes. L’armoire était beaucoup trop grosse, il n’y arriverait jamais tout seul... Il regarda la petite fille.
“Ecoute-moi, je vais revenir, d’accord?
- Non... S’il vous plait...
- Je vais revenir avec un autre pompier, d’accord? Je ferai vite, je te le promets...”
Le pompier se dépêcha de revenir sur ses pas et essaya de trouver un autre pompier. Mais où étaient-ils tous passés bon sang? Enfin, il en vit un.
“- Eh! Viens m’aider!!” L’autre le suivit en courant. Ils retrouvèrent enfin la petite fille.
“- Voilà, je suis là... Tu vois, je suis revenu. Ecoute-moi, il va falloir que tu sois très courageuse, d’accord?
- Oui...
- A trois, on y va, OK? dit-il en s’adressant à l’autre pompier. Il hocha la tête.
- Un, deux, trois!!” Les deux hommes soulevèrent de toutes leur forces mais l’armoire était trop lourde: ils ne pouvaient la soulever que de quelques centimètres et pas la déplacer.
Le pompier regarda la jeune fille.
“- Est-ce que tu penses que tu peux dégager ta jambe toute seule?” La jeune fille essaya mais poussa un cri strident. Elle avait les larmes aux yeux, c’était trop dur...
Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils allaient faire! Pas question de l’abandonner. C’était son métier de sauver les gens et il la sauverait. Il échangea un regard avec l’autre pompier.
“- Est-ce que tu crois que tu pourrais porter l’armoire tout seul le temps que je la dégage? demanda-t-il plein d’espoir.
Son interlocuteur, plus jeune et plus robuste, acquiesça.
“- J’y arriverai.”
Ils allaient y arriver, ils sortiraient d’ici vivants.
“ OK, tu es prêt? Je vais lâcher l’armoire à trois et je dégage la petite. Attention... maintenant!”
Le pompier lâcha rapidement l’armoire et fit glisser la jeune fille en arrière. A ce moment-là, l’autre pompier lâcha l’armoire, ils avaient réussi... Ils devaient se dépêcher sinon ils ne s’en sortiraient pas vivants.
“- On y va! cria le pompier en portant la petite fille”. Ils coururent le plus vite possible, il y avaient encore des hommes dans l’immeuble mais d’abord, il devait mettre la petite en sécurité. Enfin, ils sortirent tous les trois de l’immeuble. Il y avait plein de pompiers, des ambulances, les médias aussi...
Le pompier se dirigea vers une des ambulances et posa délicatement la petite fille sur un brancard.
“- Elle avait une armoire sur la jambe, elle a sûrement une jambe cassée, je n’ai rien remarqué d’autre.
“- Ok, merci, fit l’infirmière.”
L’ambulance démarra en trombe. Il avait réussi, il l’avait sauvée... Il fut vite ramené à la réalité par des cris, il fallait qu’il y aille. Au moment où il s’approcha de l’immeuble, celui-ci explosa...
lilounette (20.04.2006 à 17:18)
Il se releva péniblement, il n’avait rien, il était trop loin de l’immeuble pour être blessé. Devant lui, il n’y avait plus rien, seulement des cendres, et de la fumée noire. Il n’y avait plus rien à faire, personne ne pouvait survivre à ça. Les pompiers rentrèrent cependant dans l’immeuble pour récupérer les cadavres. Il y en avaient beaucoup, beaucoup trop. Ils commencèrent donc leur tâche délicate.
Les ambulances arrivèrent en trombe devant l’hôpital. Plusieurs médecins les accueillirent.
“- Qu’est-ce qui s’est passé?
- Un bombardement sur une base de reconstruction.
- Quoi?!
- Oui, je sais... Encore une erreur de l’armée... La nuit va être longue.
- Tu sais à peu près combien il y a de blessés?
- Je ne sais pas... Vous êtes l’hôpital le plus proche mais d’autres blessés ont été amenés vers d’autres hôpitaux.
- D’accord... Allez, on y va!”
Les blessés ne cessaient d’affluer vers l’hôpital. Beaucoup d’Américains bénévoles mais aussi des Européens etc. et des réfugiés aussi.
Le lendemain matin, le bilan était effroyable. Par miracle, certains n’étaient blessés que légèrement mais la plupart du temps, il s’agissait de blessés graves ou de morts. Un des docteurs pénétra dans une chambre, il y avaient plusieurs patients, l’un d’entre eux était dans le coma, un dénommé Pacey Witter. Il n’avait été brûlé que très légèrement mais avait eu un traumatisme crânien, c’était la raison pour laquelle il était dans le coma...
Cela rendait fou le docteur de savoir que des hommes aussi jeunes avaient failli mourir. Il en voyait tous les jours désormais à cause de la guerre. Tous les jours, il voyait des familles perdre quelqu’un, se lamenter, pleurer... Il essayait de se créer une carapace mais parfois, il avait vraiment du mal à tenir le coup.
Il avait le souvenir d’avoir tenté de sauver un jeune garçon, de 20 ans à peine mais il n’y était pas parvenu. Lorsqu’il avait annoncé son décès à sa famille, la mère du jeune homme avait éclaté en sanglots et le père lui, avait les larmes aux yeux et avait critiqué la guerre, l’armée américaine. Lui, n’avait rien dit, il ne l’avait pas contredit ni approuvé. Il ne voulait pas attiser la haine dans un pays déjà bien fragile. Mais parfois, il en venait à se poser des questions et à se demander pourquoi la guerre avait eu lieu et pourquoi des Hommes payaient de leur vie, c’était inacceptable; mais il pensait aussi qu’il n’y avait plus de dictature. Il était partagé, et finalement s’était obligé à ne plus y penser et à espérer que le chaos se terminerait enfin.
Il était donc dans cette chambre et examina les blessés. Quand il eut fini, il repartit. Bientôt, l’hôpital appellerait les familles pour les informer. Certains apprendront la mort d’un proche et d’autres, que son état est critique. Il poussa un soupir et pénétra dans d’autres chambres pour examiner d’autres patients. On était le 28 Septembre et il était 9heures du matin.
A Capeside, le 27 Septembre à 18h.
“- Tu nous as emmenées faire du bowling?! dit Joey interloquée.
- Bah quoi? C’est très bien le bowling! On mange, on rigole et on joue. Que demander de plus? répondit Jen.
- Si tu le dis...
- Mais oui! Allons chercher nos chaussures.
- A vos ordres chef.”
Les trois jeunes filles se rendirent donc vers le comptoir pour chercher leurs chaussures.
“- Je suis la première! lança Andie.
- Waouh, quel engouement!
- Et toi, Joey, tu me laisses la deuxième place? demanda Jen.
- Je t’en prie.”
Les trois jeunes filles jouèrent au bowling pendant deux heures entières. A la fin d’une énième partie, Jen posa la question fatidique: “ On fait encore une partie?
- Ah non! Stop! Je n’ai plus de doigts, vous m’avez rendue infirme! s’écria Joey.
- Oh tout de suite les grands mots! Allez s’il te plait Joey...”
Jen lui fit son regard de chien battu.
“- Bon d’accord, mais c’est la dernière! céda Joey.
- Promis! dit Jen en souriant.
Les adolescentes continuèrent donc à jouer et firent leur dernière partie. Elles étaient maintenant dehors devant le bowling.
“- Alors, qu’avez-vous pensé de cette soirée? demanda Jen. Avouez que j’ai des idées géniales.
- C’était génial! s’exclama Andie.
- Et toi Joey?
- Eh bien, j’avoue que pour une fois, tu as eu une bonne idée.
- Eh! s’écria Jen en faisant mine d’être vexée.
- Mais non, je rigole! Tu as toujours d’excellentes idées Jen Lindley.
- Merci, avec un grand sourire.
- Et maintenant, on fait quoi? demanda Andie.
- Maintenant, c’est à vous de décider! Je vais pas tout faire quand-même! Non mais! répondit Jen.
- J’ai une idée! dit Joey. Et si on louait un film?
- Ca marche!”
Les jeunes filles partirent donc bras dessus bras dessous en direction du vidéo club.
“-Ca vous dirait, “Titanic”? demanda Andie tout excitée.
-Oh oui! dit Jen.
- Euh, les filles, vous savez qu’il est 20h30?
- Et?
- On a cours demain!
- Et?
- Sachant que ce film dure plus de trois heures, on ne se couchera qu’à minuit.
- Ah oui quand-même... dit Andie.
- Et? demanda Jen encore une fois.
-Jen, tu es vraiment désespérante comme fille. Qu’est-ce que vous pensez des Dents de la mer plutôt?
- Oui, c’est un registre tout à fait différent... Va pour “Les dents de la mer”!”
Chez Andie
“- Non, derrière toi, mais regarde derrière toi!” Joey se cacha les yeux avec les mains.
“- Ca y est? C’est fini?
- Oui Joey, elle s‘est fait mangée tout crue, répondit Jen en riant.”
Quand le film se termina, Joey et Jen durent rentrer chez elle.
“- J’ai passé une très bonne soirée Jen, dit Andie en la serrant dans ses bras.” Elle étreignit ensuite Joey et Joey et Jen s’en allèrent.
“- C’est ici qu’on se sépare.
“- Et oui! Bonne nuit Jen, en la serrant dans ses bras.
- Bonne nuit Joey.”
On était le 27 Septembre à Capeside et il était 22h30.
lilounette (22.04.2006 à 14:19)
Capeside, dans la nuit du 27 au 28 Septembre à 1 heure du matin:
sonnerie de téléphone
John Witter était dans son lit, il se réveillait peu à peu. Quand il ouvrit les yeux, il comprit: le téléphone sonnait. Il se leva donc péniblement de son lit.
“Qui peut bien appeler à cette heure-ci?”grommela-t-il.
Il pénétra enfin dans le salon et empoigna le téléphone.
“- Allô.
-Bonjour, je suis bien chez M. Witter?
- Oui, c’est bien ça.
-Voilà, vous n’êtes sans doute pas encore au courant mais la base de reconstruction où était votre fils a été bombardée.
-...
- Votre fils est actuellement à l’hôpital, il a subi un traumatisme crânien et...
- Et?
- Il est dans le coma. Je suis vraiment désolé...” Son visage se décomposa, son fils était dans le coma; ce qu’ils avaient tant redouté était arrivé...
“- M. Witter?
- Pardon. Il est hors de danger?
- Eh bien, on ne peut encore rien dire. Il est trop tôt pour l’instant.
- Quand est-ce arrivé?
- Hier soir mais avec le décalage horaire... On n’a pas pu vous appeler avant. Je suis désolé...
- Il va être rapatrié?
- Eh bien, pour l’instant non. Ce serait trop dangereux mais dès que ce sera possible, il pourra rentrer.
- D’accord... Et comment serai-je au courant de son état de santé?
- Eh bien, nous ne pourrons pas appeler toutes les familles des victimes dès qu’il y a le moindre changement mais je vais vous laisser le numéro de l‘hôpital.
- Très bien.”
Il resta encore quelques instants au téléphone, le temps que le docteur lui laisse le numéro de l’hôpital puis il raccrocha. Il poussa un soupir et s’assit sur le canapé. Son fils était en Irak, et maintenant il était dans le coma. Il se demanda s’il devait réveiller sa femme pour le lui dire ou s‘il le lui dirait le lendemain. Finalement, il se leva et se dirigea vers leur chambre. Il s’assit sur le bord du lit et regarda sa femme, elle était si paisible quand elle dormait. Il murmura son nom et la secouant légèrement.
“- Hum hum...
- Chérie, réveille-toi.
- Non...
- S’il te plait.” Sa femme ouvrit finalement les yeux et le regarda puis ses yeux se posèrent sur le réveil.
“- Il est 1 h 20 du matin! Mais ça va pas de me réveiller à cette heure-ci?
- Calme-toi s’il te plait.” Etonnée par le calme de son mari, elle se tut.
“- Il est arrivé quelque chose, reprit-il.
- Quoi?
- C’est à propos de Pacey.
- Non...” Ses yeux se remplirent de larmes.
“- Chut, calme-toi. Il n’est pas....
- Qu’est-ce qui s’est passé?
- La base de reconstruction où il était à été bombardée.
-Oh non, pas ça...
- Il a eu un traumatisme crânien et il est dans le coma.
- Oh mon dieu...” Elle éclata en sanglots. Pas son fils...
lilounette (25.04.2006 à 18:53)
Le lendemain matin à Capeside:
“- Doug, viens à la maison s’il te plaît.
- Pourquoi? Qu’est-ce qui se passe?
-Rien, rien... Mais viens.
- Papa, tu es sûr que ça va? demanda-t-il suspicieux.
- Ecoute, je te demande juste de venir. Alors ramène-toi!”. John Witter s’était emporté mais il était à bout, il n’avait presque pas fermé l’oeil de la nuit.
“- D’accord, j’arrive tout de suite”.
Doug raccrocha le téléphone, il avait été étonné par le ton de son père. Bien sûr, celui-ci s’énervait souvent mais cette fois-ci, c’était différent... Il enfila sa veste et sortit de son appartement.
Ding dong.
“Ca doit être lui“, dit simplement John. Il se leva du fauteuil et ouvrit à Doug. Un fois que celui-ci se fut installé sur le canapé, John commença à lui parler. Sa femme était à côté de lui et faisait un effort surhumain pour ne pas pleurer.
“- Voilà Doug, on t’a appelé parce qu’on a eu des nouvelles de Pacey...
- Oh mon dieu... Est-ce qu’il va bien?” Devant le silence de ses parents, le visage de Doug se crispa. Ce n’était pas possible, il ne pouvait pas être mort, pas son petit frère!
“- Mais répondez bon sang! s’emporta-t-il les larmes aux yeux.
- Il est dans le coma, la base de reconstruction a été bombardée.” Doug prit son visage entre ses mains et se balança légèrement. John resta impassible, il ne savait pas quoi faire. Doug laissa échapper un sanglot. Sa mère se leva alors pour s’asseoir à côté de son fils.
“- Chéri, ne pleure pas, s’il te plaît... Sinon, moi aussi, je vais craquer.” Mais les pleurs de Doug ne cessèrent pas. Sa mère l’entoura de ses bras et pleura également. John, quant à lui, les regardait. Il ne savait pourquoi, il n’arrivait pas à pleurer. Il ne savait quoi faire devant la détresse de sa femme et de son fils. Il se décida à parler pour les calmer.
“- Allons, allons...” Sa voix était rauque, il n’avait trouvé que cette phrase pour leur montrer qu’il était là, qu’il les soutenait et pour leur assurer que rien n’arriverait. Doug leva son visage en larmes vers lui, on y voyait une expression de colère.
“- C’est tout ce que tu as trouvé: “Allons, allons”?
- Pardon? dit John abasourdi.
- Ton fils est dans le coma et c’est tout ce que tu trouves à dire?!
-...
- Regarde-toi, tu ne réponds même pas. Dis-moi, est-ce que tu as pleuré pour ton fils? C’est de ta faute s’il est dans le coma! C’est toi qui as accepté qu’il aille en Irak!
- Mais qu’est-ce que tu racontes bon sang?!
- Tu crois que je suis idiot? Pacey ne pouvait pas partir sans ton autorisation et tu la lui as donnée! T’étais bien content, ton fils allait devenir un homme, un vrai; il allait se battre pour son pays. Tu as vu où ça l’a mené? Je suis sûr qu’il y est allé en partie pour te fuir! Fuir son père qui le traitait de bon à rien à longueur de journée.
- Oh, c’est facile pour toi de dire ça! C’est facile de me rejeter la faute mais je n’étais pas le seul, je te signale! Je n’ai pas été le père parfait et je le sais mais tu n’es pas tout blanc non plus! Toi aussi, tu lui as balancé des horreurs et ne dis pas le contraire. Oui, j’ai donné mon autorisation à Pacey pour qu’il parte en Irak et je le regrette amèrement. Mais qu’est-ce que tu veux? Je ne peux pas revenir en arrière et crois-moi, je donnerais tout ce que j’ai pour effacer tout ça! Mais ce n’est pas possible, je ne peux pas revenir en arrière, je ne peux pas effacer toutes les horreurs que je lui ai dites et cette stupide autorisation. Alors maintenant, tout ce qu’on peut faire, c’est attendre et prier pour qu’il s’en sorte...”
Le discours de John fut accueilli par un long silence. Finalement, Doug se leva et se dirigea vers son père. Arrivé à sa hauteur, il le prit dans ses bras et murmura: “Je suis désolé papa.”
Doug se rassit ainsi que son père. Ils ne dirent rien, ils étaient chacun dans leurs pensées. Doug, lui, pensait à ce qu’il devrait dire aux amis de Pacey, et en particulier à Joey. Jusque là, il lui avait assuré qu’il n’arriverait rien à Pacey, qu’il s’en sortirait et qu’il rentrerait vite à Capeside. Mais les choses avaient changé, Pacey était maintenant dans le coma et l’avenir devenait soudain incertain...
lilounette (03.05.2006 à 17:17)
Joey se réveilla de bonne humeur. Elle avait passé une très bonne soirée et par la même occasion, elle s’était aussi changé les idées. Elle se leva dynamiquement de son lit et se dépêcha d’aller dans la salle de bain. Elle laissa couler l’eau chaude longtemps sur son corps et poussa un soupir de bien-être.
Une demi-heure plus tard, elle descendit dans le cuisine, coiffée et habillée.
“- Bonjour Bessie! T’as bien dormi?
- Waouh, quel enthousiasme!” Bessie s’approcha de sa soeur et posa sa main sur son front.
“- Qu’est-ce que tu fais?
-Je vérifies si tu n’as pas de fièvre.
- Haha, très drôle, dit Joey. Je n’ai pas le droit d’être de bonne humeur? reprit-elle en se servant du jus de fruits.
- Si si, parfaitement mais disons qu’en ce moment, tu es plutôt morose. Alors, je suis surprise...”
En guise de réponse, Joey haussa les épaules. Les deux soeurs s’assirent à table et mangèrent tranquillement des pankakes. Bessie dit finalement:
“ En tout cas, cette soirée entre filles t’a fait du bien.” Joey murmura un oui et s’apprêta à aller au lycée. Elle marcha tranquillement sans se presser. Sa soeur avait raison, cette soirée lui avait vraiment fait du bien et elle était de très bonne humeur, chose qu’elle n’avait pas connue depuis longtemps... Elle sourit puis marcha plus activement. Elle ne se doutait pas qu’à l’issue de cette journée, elle apprendrait une terrible nouvelle...
“- Enfin! Je me sens mieux tout à coup, lança Jen alors que Joey et elle venaient de sortir de leur salle de cours.
- T’es incroyable Jen, dit Joey en rigolant.
- Non, j’exprime simplement ma joie d’avoir fini ma journée, chose qu’entre parenthèses, tous les étudiants normalement constitués font... excepté toi.
- Eh!! riposta Joey, ce qui fit rire son amie.
- Allez viens sortons de ce lycée, dit Jen en esquissant une grimace.
- Je te suis!”
Les deux amies sortirent donc du lycée bras-dessus bras-dessous.
Doug, quant à lui, était en patrouille. Son esprit était ailleurs, il ne cessait de penser à Pacey, son coma... De plus, il avait l’impression d’être comme un médecin qui allait annoncer une mauvaise nouvelle aux proches de son patient... En effet, c’était à lui que revenait la lourde tâche d’annoncer la nouvelle aux amis de Pacey. Son chagrin était déjà immense et le fait de le dire rendait la situation de son frère encore plus réelle. Ce n’était pas un mauvais rêve; non, c’était la réalité. Une réalité qui coûterait peut-être la vie à Pacey. Si seulement il pouvait le voir, juste le voir, mais même ça, ce n’était pas possible. Il était pratiquement à l’autre bout du monde. Bien sûr, il allait être rapatrié mais dans combien de temps? Doug regarda sa montre, il était 15 heures. Bientôt il finirait son service et irait rendre visite à Dawson et à Joey.
lilounette (08.05.2006 à 17:49)
18 heures.
Doug se rendit chez les Leery. Plus tard, il irait voir Joey mais il avait jugé bon de l’annoncer à Dawson avant. Il frappa à la porte.
“ J’arrive! cria Dawson.” Il ouvrit la porte rapidement. Quand il vit Doug, il fut d’abord surpris puis anxieux.
“- Salut Dawson.
- Salut Doug. Entre dit-il tout en s’effaçant pour le laisser entrer.
- Alors qu’est-ce qui se passe? demanda-t-il en pénétrant dans la cuisine.”
Doug préférait ne pas y aller par quatre chemins - c’était déjà assez dur comme ça-,il déclara:
“ Pacey est dans le coma.”
Dawson le regarda. Ce n’était pas possible, c’était son meilleur ami!
“- Mais qu’est-ce qui s’est passé?!la voix rauque.
- La base de reconstruction a été bombardée.” Dawson ne dit rien, il était interdit. Il n’arrivait pas y croire, Pacey était en Irak, Pacey était dans le coma... Il n’arrivait pas à prononcer la moindre parole. Pour l’instant, tout ce qu’il voulait, c’était que Doug s’en aille, le laissant s’abandonner à son chagrin.
“- Merci de m’avoir prévenu... parvint-il à articuler.
- De rien... On devrait avoir des nouvelles bientôt. Je dois y aller.” Les deux hommes échangèrent un regard puis Doug quitta la cuisine. Quand il fut dans le jardin, ce fut un soulagement, il sentir l’air frais sur son visage, il avait de nouveau l’impression de respirer. Il était resté fort devant Dawson mais à plusieurs moments, il avait lutté pour ne pas pleurer et encore maintenant, ses yeux le piquaient. Il soupira puis se rendit en direction de chez Joey.
Dawson, quant à lui, était maintenant dans sa chambre. Il avait encore du mal à croire ce que Doug lui avait dit. Il affrontait soudain la réalité, il ne pouvait plus espérer que Pacey s’en sortirait indemne désormais. Car même s’il rentrait sans dommages physiques, il n’oublierait jamais ce qu’il avait vécu et ce coma... Dawson se sentir impuissant, il aurait tellement voulu faire quelque chose mais il ne pouvait rien faire. De plus, il n’avait même pas pu s’expliquer avec Pacey, celui-ci ne l’avait pas appelé, sans doute à cause du bombardement... Il avait peur, peur de perdre son meilleur ami, peur de ne pas avoir la chance de s’expliquer, peur que Pacey garde en souvenir leur dispute au lieu de leur amitié vieille de 15 ans. Comme il avait été bête! et égoïste! Si seulement il pouvait effacer ces trois mois, si seulement... Soudain, il entendit la porte d’entrée s’ouvrir; ce devaient être ses parents. Ne voulant parler à personne, il alla dans la salle de bains et s’enferma pour prendre une douche chaude.
Chez les Potter.
Joey avait le visage criblé de larmes. Doug venait de le lui annoncer, il était assis à côté d’elle sur le canapé et Bessie préparait du café, ayant préféré les laisser seuls.
“- Oh mon dieu Doug, j’ai envie qu’il revienne... Pourquoi il est parti là-bas? Pourquoi il nous a laissés? Je ne veux pas le perdre...” Joey se lamentait tout en pleurant, elle avait tellement mal, tellement peur. Doug la regardait. Comme il le redoutait, il n’avait pu contenir ses larmes une fois de plus. Quand Joey avait commencé à pleurer, lorsqu’il avait vu sa détresse, il n’avait pas pu... C’était trop dur.
“- Doug, il faut qu’il revienne, il faut qu’il s’en sorte.” Elle éclata de nouveau en larmes.
“- Je sais Joey mais je ne sais rien pour l’instant. Ecoute-moi, on va appeler l’hôpital tous les jours, on prendra de ses nouvelles, il va s’en sortir. C’est Pacey!” Doug essayait de convaincre Joey et lui-même, car même s’il espérait du fond du coeur que son frère revienne, il avait de plus en plus peur que ce ne soit pas le cas.. Il fut soudain sorti de ses pensées par son portable. Il sécha ses larmes et décrocha, essayant d’avoir une voix plus distincte.
-Allô? C’était la police, ils avaient besoin de lui. Ne protestant même pas, Doug dit qu’il arrivait tout de suite. Peut-être que cela lui changerait les idées... Mais au fond de lui, il savait que sa place était auprès de ses parents, de sa famille pour affronter cette nouvelle... Mais il n’en avait pas la force, il lui fallait du temps. Pour l’instant, il devait affronter son chagrin tout seul.
“- Joey, je dois y aller.” Cette dernière acquiesça de la tête et Doug après avoir dit au revoir à Bessie et assurer à Joey qu’il la tiendrait au courant, se rendit au poste de police.
lilounette (10.05.2006 à 13:35)
Mercredi matin :
Joey se réveilla, elle avait fait des cauchemars toute la nuit; des cauchemars concernant Pacey... Des cauchemars dans lesquels on lui annonçait sa mort, où il ne reviendrait jamais. Une larme coula sur sa joue, elle tenta de chasser ces pensées de son esprit et se leva péniblement. Elle pénétra dans la salle de bains, et fit couler l’eau chaude sur tout son corps. Et là, alors qu’elle se sentait mieux, elle éclata en sanglots. Toute sa peine, tout sa culpabilité ressortirent; toutes ses pensées étaient concentrées sur Pacey, celui qu’elle aimait. Elle voulait tant le revoir, qu’il revienne auprès d’elle et qu’ils reprennent tout à zéro. Alors que l’espoir de le revoir s’amenuisait de plus en plus, qu’elle imaginait de plus en plus sa vie sans lui, elle se ressaisit. Non, il n’était pas mort, et il avait besoin d’elle. Il pouvait encore se réveiller et revenir, elle pouvait encore se faire pardonner. Elle prendrait de ses nouvelles tous les jours, elle prierait pour lui tous les jours et lorsqu’il se réveillerait, quand il serait revenu, elle l’aiderait, elle l’aimerait...
Elle descendit dans la cuisine lorsqu’elle fut habillée. Bessie était en train de boire du thé. Quand elle vit sa sœur, elle releva précipitamment la tête.
“- Ca va ? demanda-t-elle inquiète.” Joey ne répondit pas, elle ne pouvait même pas répondre à cette question. Non ça n’allait pas mais elle devait être forte. Finalement, elle murmura quelque chose et s’apprêta à partir au lycée.
“- Tu ne manges rien?
- J’ai pas faim.
- Ecoute Joey, exceptionnellement, tu n’es pas obligée d’aller à l’école. Tu ferais mieux de te reposer ici...
- Non, ça va, je t’assure. A ce soir, dit-elle en lui faisant un signe de la main”
Au lycée de Capeside.
“- Salut Joey! lança Jen énergiquement.” En entendant la voix de son amie, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas été mise au courant. Elle la regarda gravement.
“- Quoi ? Quelqu’un est mort ou quoi? plaisanta Jen.
-- Presque... murmura Joey.” Elle avait dit ça sans réfléchir mais regretta aussi ses paroles. Jen, qui comprit que quelque chose n’allait pas, s’impatienta.
“- Joey, qu’est-ce qui se passe ?
- Pacey est dans le coma.
- Oh mon dieu... Mais... qu’est-ce qui s’est passé ?
- Là où il était...” Elle étouffa un sanglot, puis reprit difficilement: “ça a été bombardé...” Les larmes l’envahirent de nouveau, elle le disait tout haut, c’était réel, bien réel. Jen, quant à elle, ne savait pas quoi dire. Pacey, le clown de service mais si gentil, leur ami, était dans le coma, le coma... Ce truc qui fait qu’on peut rester des années endormi, et parfois même ne pas se réveiller. Elle prit la main de son amie et elles se dirigèrent toutes les deux vers les toilettes afin de s’isoler.
Les deux amies étaient toutes les deux adossées sur le lavabo, il n’y avait personne car le premier cours avait débuté. Joey s’était peu à peu calmée et les deux jeunes filles ne disaient mot, elles regardaient toutes les deux dans le vide en échangeant parfois des regards. Jen se décida finalement à parler.
“- Joey écoute, sèche ces dernières larmes. T’es pas belle quand tu pleurs, dit-elle en esquissant un sourire. Voilà et maintenant regarde-moi. Pacey va revenir, je te le promets. Il est peut-être dans le coma mais il va s’en sortir. Ce n’est pas comme s’il n’était pas du genre à se battre. Eh! c’est Pacey, rappelle-toi ! Le Pacey qui nous fait rire, qui nous fait sécher les cours, qui a toujours une blague en réserve pour nous remonter, c’est notre ami. Il est dans le coma depuis quoi ? deux jours. Ca nous parait une éternité mais ce n’est rien. Il va se réveiller Joey et il va revenir. Mais il faut qu’il sente qu’on est avec lui, qu’on en perd pas espoir; parce que si nous, nous perdons espoir, et qu’il le sent, à quoi pourra-t-il s’accrocher ? Il a beau être dans le coma, il est avec nous, il nous écoute, nous regarde. Il ne veut pas qu’on pleure, qu’on se lamente, qu’on s’excuse même, il veut qu’on pense à lui et il veut surtout qu’on ne perde pas espoir. Même avec le temps, on doit garder espoir. Parce que l’espoir, c’est ce qui le garde en vie. Aller viens par là.”
Jen et Joey se serrèrent dans les bras.
“- Merci Jen... Qu’est-ce que je ferais sans toi ? en souriant.
- Très bonne question. Je me la pose tous les matins figure-toi, dit celle-ci en riant.” Joey leva les yeux au ciel et après un dernier sourire, les deux amies sortirent des toilettes.
lilounette (13.05.2006 à 13:43)
24 heures plus tard à Bagdad : le jeudi 30 septembre, 18h.
Pacey ouvrit lentement les yeux. Il ne savait pas où il était, il était désorienté et il avait un horrible mal de tête. Il essaya de lever la tête mais c’était trop dur. Après quelques minutes, il comprit qu’il était dans un hôpital. Mais qu’est-ce qu’il faisait ici bon sang ? Soudain, il se souvint. Les bombes, le feu, des cris... Mais qu’est-ce qui s’était passé ? Pourquoi la base avait-elle bombardée ? Tout le monde savait bien que c’était une base de reconstruction. Il y avait des hommes mais aussi des femmes, des enfants. Pacey était maintenant en colère, l’armée s’était trompée de cible, encore une fois. Il poussa un soupir et ferma de nouveau les yeux. Il était fatigué, il ne voulait plus penser à rien et retourner dans cette inconscience où il était si bien, loin de ce monde, de cette guerre... Mais au moment où il ferma les yeux; la vision de Capeside lui apparut, le visage de ses amis, de sa famille. Il se sentait si loin d’eux à présent.
Une infirmière surgit dans la pièce. Pacey avait toujours les yeux fermés de sorte qu’elle ne remarqua pas qu’il était réveillé. Elle passa près de lui, vérifia sa perfusion. Il ouvrit les yeux discrètement. Et là, c’est comme s’il avait vu son visage, son beau visage, ses cheveux bruns, ses yeux noisettes. Il lui attrapa la main.
“- Joey...
- Monsieur? Je reviens tout de suite.” L’infirmière ressortit précipitamment et prévint un médecin. Ils revinrent aussitôt dans la chambre et Pacey, après avoir observé une nouvelle fois l’infirmière, constata que ce n’était pas Joey. Il avait eu une hallucination. Mais il l’avait sentie si proche de lui, il avait cru sentir sa présence, son parfum et tout ce qui la caractérisait. Mais non, ce n’était pas elle. Il fut sorti de ses pensées par le médecin.
“- Pacey, est-ce que vous m’entendez ?
- Oui...
- Très bien. Vous avez mal quelque part ?
- Si je vous dis partout, vous me croyez ? demanda-t-il faiblement avec néanmoins un petit sourire.
-Absolument. On va s’occuper de vous. J’ai combien de doigts?
- Vous savez, j’ai jamais été très bon en maths... Trois, reprit-il.
- Je vois que vous avez gardé votre humour.
- Oui...”
Après s’être occupés de lui et que les infirmières soient sorties de la chambre, Pacey demanda au médecin qui l’avait soigné :
“- Est-ce qu’ils s’en sont sortis ? d’une voix grave.
- Qui ça ?
- Tim et John. Ils étaient avec moi.
- Vous connaissez leur nom de famille ?
- Non...
- Je vais me renseigner. Vous devriez vous reposer maintenant...
- Je sais, le coupa Pacey.
- ... Mais avant, il y a quelqu’un qui veut vous voir.” Pacey releva la tête vers lui et l’interrogea du regard.
“- Je reviens tout de suite”, dit-il en guise de réponse.
Quelques minutes plus tard, le médecin revint dans la pièce en compagnie d’un homme.
“- Doug!”
En effet, après avoir appris que son frère était dans le coma, Doug avait décidé de venir en Irak. Il voulait être présent pour son frère, être auprès de lui. C’était donc presque naturellement qu’il s’était rendu à l’aéroport la veille, ayant juste passé un coup de fil pour prévenir son père.
Doug avait maintenant les larmes aux yeux, il se précipita sur son frère et lui murmura:
“- Tu m’as manqué.”
“- Je vous laisse cinq minutes mais ensuite, Pacey devra se reposer”, prévint le médecin avant de sortir.
Les deux frères se regardèrent.
“- Pourquoi tu es venu ? demanda Pacey ému.
- J’ai eu tellement peur Pacey... Chaque fois que j’écoutais les nouvelles de la guerre, je t’imaginais parmi les victimes. Et puis, cette fois, c’est vraiment arrivé... Je suis tellement heureux de te revoir...
- Moi aussi... Je suis désolé Doug, d’être parti comme ça, sans rien te dire. J’ai fait ça sans réfléchir. Je redoutais tellement de les revoir et finalement, je suis venu ici et mes problèmes m’ont paru tellement insignifiants. J’ai été égoïste, je n’ai pas pensé à toi, ni à personne d’autre d’ailleurs, à part moi. Je suis vraiment désolé Doug.
- Ne t’inquiète pas. Tu vas bien et c’est tout ce qui compte. On va rentrer à Capeside dès que tu seras rétabli, je rentrerai avec toi. Maintenant je ne te quitte plus, acheva-t-il en riant légèrement.
- Merci Doug, ça fait du bien de te revoir... Et, est-ce que les autres vont bien ? reprit-il.
- Oui, ils sont morts d’inquiétude mais ils vont bien. Tu verras l’accueil qu’ils te feront quand tu reviendras.”
Le médecin revint:
“ Messieurs, je suis désolé mais Pacey doit vraiment se reposer.”
Doug acquiesça de la tête et se retourna vers Pacey.
Les deux frères se serrèrent dans les bras encore une fois et après un dernier regard, Doug quitta la pièce.
lilounette (14.05.2006 à 16:28)