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Si loin de vous

Série : Dawson's Creek
Création : 23.02.2006 à 21h48
Auteur : potter 
Statut : Terminée

Pacey est dans le coma depuis 1 an...

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Ceci est mon premier épisode virtuel hors concours que j'écris sans mon binôme. J'epsère que ça vous plaira. L'action reprend la fin de la saison 3 quand Pacey découvre ses sentiments pour Joey.

potter  (23.02.2006 à 21:50)
- Je pense sérieusement que tu es émotionnellement attardé.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que j’en ai marre de toute cette histoire, c’était beaucoup plus simple avant.
- Mais Joey….
Joey s’était levée, prête à partir. Pacey la regarda faire, sans rien dire et avant de réagir, elle avait disparu. Il ne l’avait plus jamais revu. Sur le chemin du retour, quittant le port et son True Love, Pacey, perdu dans ses pensées, n’avait pas vu l’obstacle qui se dressait devant lui, une bicyclette abandonnée, il s’était pris les pieds dedans et était tombé, tête la première. Il ne s’était jamais réveillé.

Commotion cérébrale, hématome dans le lobe occipital. Pour une chute stupide, il n’était tombé que de son 1m80 pourtant, pas bien haut quand même. Mauvais angle de chute peut-être. Mais quelle idée de laisser traîner une bicyclette. Et aujourd’hui il était dans le coma depuis un an. Selon le médecin, Pacey ne semblait pas vouloir se réveiller. Un choc émotionnel l’avait coincé dans cet état comateux et seule sa volonté pourrait l’en sortir. Seulement, il y avait une chose que personne ne savait, pas même les médecins qui se relayaient à son chevet. Pacey avait conscience de ce qui si passait autour de lui. Il savait que ces amis n’étaient pas venu le voir depuis longtemps, pas plus que sa famille, hormis Gretchen et Doug, qui venaient une fois par semaine. Au début, il assistait à ce défilé incessant. Dawson, Jen, Andie, Jack et une autre personne qu’il ne connaissait pas. Jamais vu avant. Comment l’appelait les autres ? Joey. Drôle de prénom pour une fille ! Joey, ce n’est pas le nom d’un des héros de la série Friends que sa sœur regardait quand elle venait le voir.
Gretchen : Salut Pacey, c’est l’heure de Friends, qu’est-ce que Joey va encore inventer cette semaine, est-ce que Monica et Chandler vont se marier ? Ross et Rachel se retrouveront-ils ? Phoebe est-elle folle ? Et Pacey lui répondait invariablement la même chose. Il écoutait l’épisode, riait des fois mais personne ne s’apercevait jamais de rien vu qu’il était prisonnier de son propre corps.
Ce qu’il savait également, c’est que cette fille qu’il ne connaissait pas, ne venait jamais seule. Et quand elle était là, elle restait silencieuse. Contrairement aux deux autres moulins à paroles qu’étaient Jen et Andie. Mais aujourd’hui il était triste que ses amis ne viennent pratiquement plus le voir bien qu’il comprenait que passer son après-midi à parler à quelqu’un qui ne vous répond pas soit agaçant. Ils étaient venus presque tous les jours les deux premiers mois, aujourd’hui, certains venaient une fois par semaine, et encore. Quant à ses parents, c’était pire. Quand ils venaient, ils n’arrêtaient pas de se disputer, chacun rejetant la faute sur l’autre. Mais il notait un changement quand même. Son père semblait profondément déboussoler de ne plus avoir son putching-ball attitré. Il avait même tenté, maladroitement certes, de s’excuser auprès de son fils (sa loque de fils) d’avoir été un si mauvais père.
John : Alors Pacey, on fait le malin, tu veux faire payer tous les bons contribuables de
Capeside pour te la couler douce dans cet hôpital. Ton lit est confortable au moins ?
Pacey : Abruti, j’aimerai que tu sois à ma place et je me ferai un plaisir de te torturer mais toi
tu ne pourras rien faire.
Cette remarque de son père avait fait enragé Pacey. Ne pouvait-il pas avoir un peu de peine pour son fils ? Pacey en venait à se demander si son père l’avait aimé un seul jour dans sa vie. Et alors, comme si son père l’avait entendu, Pacey le vit s’effondrer dans le fauteuil à côté du lit et sangloter.
John : Trois mois Pacey, trois mois que tu es ici, réveille-toi mon fils. Si tu sors d’ici je te
promets de me rattraper, de devenir un bon père pour toi. Je sais qu’on ne se connaît pas vraiment mais si tu te réveilles, nous rattraperons le temps perdu.
Pacey : Foutaises, qu’est-ce que ça changerait si je sortais d’ici, tu serais agréable deux jours
et après tu redeviendrais le même enfoiré qu’avant. Je suis encore mieux ici merci.
Et au bout d’un an, Pacey ne s’était toujours pas réveillé.
La première fois que Jen est venu le voir, c’était le lendemain de son admission, avec tout le monde mais à la fin de la journée, elle était restée seule avec lui.
Jen : Je suis venue aussi vite que possible mais quand on ne t’a pas vu en cours, on s’est dit
que tu avais séché comme d’habitude. C’est Gretchen qui nous a prévenu. Très sympa ta sœur Pacey.
Pacey : Oui, quand on ne la fréquente pas trop longtemps !
Jen s’était alors arrêté de parler et se tenait au bout du lit de Pacey. Elle le regardait fixement, comme si elle attendait qu’il se réveille ou qu’il lui réponde. Mais rien ne se produisait. Jen sembla un peu déstabilisée mais se reprit vite. Elle était sûre qu’en faisant comme si de rien n’était, Pacey se réveillerait.
Jen : Peterson était fou de rage quand il a vu que tu étais absent. « Je suppose que Monsieur
Witter avait mieux à faire que daigner s’intéresser au cours de littérature. Il est sans doute aller ramasser les papiers gras dans le parc, il semble que ce soit sa place, au milieu des déchets de la société. » Personne n’a rien dit, cet idiot de Chris Wolff a rigolé mais je lui ai fait rabaissé son caquet vite fait. Sinon, Christie Linvingston a dû se faire gonfler les seins, j’en suis sûre. Je t’assure, quand je l’ai vu, ses seins étaient sous mes yeux alors qu’elle était encore à l’autre bout du couloir. Je te jure, comme si à son âge on avait besoin de se faire refaire les seins !
Pacey : Dommage que j’ai raté ça, tu peux lui demandé de venir me rendre visite ?
Jen : Bon Witter, c’est pas que je m’ennuie mais faut que je file, on a une tonne de devoirs à
faire. J’espère que demain tu seras plus bavard que tu ne l’as été aujourd’hui !
pacey : Je l’espère aussi Lindley.

Jen était venu tous les jours pendant deux semaines, puis tous les deux jours puis une fois par semaine. Mais Pacey ne lui en tenait absolument pas rigueur car c’était toujours un plaisir de la voir ou plutôt de la sentir et de l’écouter.
Jen : Bon alors Witter, puisque tu ne daignes pas me faire la conversation, j’ai décidé de
t’initier à la littérature populaire.
C’est ainsi que chaque vendredi après-midi, Jen venait s’asseoir dans le fauteuil à côté du lit et lui lisait les aventures d’Harry Potter ! il avait droit à tous les volumes, HP à l’école des sorciers, et la Chambre des secrets, et le prisonnier d’Azkaban, et la Coupe de feu, et l’ordre du Phoénix. Elle lui lisait actuellement Harry Potter et le prince de Sang-Mélê. Et à chaque fois, elle mettait un chapeau de sorcière pour la mise en scène. Pacey adorait ces séances de lecture, même s’il ne pouvait y participer. Jen faisait les voix et intérieurement, il rigolait à chaque fois qu’elle se mettait à imiter Hagrid. Mais il savait qu’une fois que le roman serait terminé, il n’y en aurait pas d’autres car, comme Jen le lui avait expliqué, le 7ème tome n’était pas encore sorti. Il se demandait alors ce qu’elle allait lui lire par la suite.

Le mardi, c’était le jour d’Andie. Elle arrivait vers 16h30, directement après la sortie du lycée. Les deux premières semaines, elle lui amenait les cours qu’il manquait.
Andie : Pacey, ce n’est pas parce que tu n’es pas disponible actuellement que tu dois prendre
du retard, sinon, quand tu sortiras de l’hôpital, tu seras complètement perdu.
Pacey : Je suis déjà perdu Andie, comment veux-tu que je bosse les cours alors que je ne peux
même pas parler ou ouvrir les yeux !
Andie : C’est bizarre cette situation. Des fois, je suis toute seule et je parle à voix haute et j’ai
l’impression de t’entendre me répondre. Mais quand je me retourne, tu n’es jamais là.
C’est alors qu’Andie s’était mise à pleurer. Ses sanglots ne semblaient plus vouloir s’arrêter.
Andie : Pacey, je suis désolée, si on était pas séparés par ma faute, tu ne serais pas là. Tu
aurais passé la soirée avec moi et rien de tout ça ne serait arrivé. Pacey, réveille-toi s’il te plait.
Pacey : Ne pleures pas Andie, je fais ce que je peux mais je n’y arrive pas. J’essaye, je te jure
j’essaye.
Andie : Tu me manques Pacey.
Pacey : Toi aussi Andie.

Quand Jack venait, au début, il ne savait pas quoi dire. Il restait silencieux. Pacey reconnaissait bien son ami dans ses moments-là, toujours aussi timide. Et puis petit à petit, Jack s’était mis à parler de tout et de rien, des ses activités extra-scolaires, des soucis que lui posait sa sexualité, le club de foot « Les poussins de Capeside » et la vie sans lui.
Jack : Andie est très perturbée par ce qu’il t’arrive. Elle culpabilise parce que c’était peu de
temps après votre rupture.
Pacey : Ça n’a rien à voir avec elle.
Jack : J’ai beau lui expliquer qu’elle n’y est pour rien, elle pense toujours le contraire. Sinon,
elle ne va pas trop mal. Bien sûr, tu créé un vide au sein du groupe mais bon, on survit comme on peut. Dawson est très triste depuis que tu es ici. Il n’a plus goût à rien, il ne tourne plus de film, n’écrit plus de scénario. Même les célèbres soirées vidéos ne sont plus d’actualité. Il semble se murer dans le silence.
Pacey : J’avais remarqué ! Mais ça passera, ça passe toujours non ?

En effet, Dawson ne disait rien quand il venait voir Pacey. Il restait assis dans un coin, le regardait étendu dans ce lit. Des fois, cette Joey venait le rejoindre mais ni l’un ni l’autre ne disaient un mot. Et Pacey avait calculé que ça faisait environ trois mois que ni Dawson ni cette Joey n’étaient venus le voir. Pour Joey, ce n’était pas grave étant donné que Pacey ne la connaissait pas mais il était triste que son meilleur ami l’ait abandonné. Cependant, il ne lui en voulait pas puisque Jen, Andie et Jack lui avaient expliqué que Dawson allait très mal. Mais Pacey ne savait pas pourquoi car, mis à part sa chute, il n’avait aucun souvenir de ce qu’il s’était passé avant l’accident. Donc trois mois qu’il n’avait pas senti la présence de Dawson prêt de lui. Il réfléchit à la situation et se demanda ce qu’il ferait si c’était Dawson qui était dans ce lit et non lui. Il ne savait pas. Mais il s’inquiétait pour Dawson, son ami n’avait pas pour habitude de se laisser abattre. Il déprimait quelques temps mais reprenait toujours le dessus. Sauf cette fois-ci semble-t-il !

Dawson était assis sur le ponton devant chez lui, les yeux dans le vague. Il observer l’eau qui coulait sous ses pieds, cherchant une réponse à ces questions dans les flots continus qui passaient sous ses jambes qui se balançaient dans le vide. Les épaules voûtées, le regard triste, Dawson n’était plus tout à fait le même qu’il y a un an, avant l’accident. Il se négligeait de plus en plus, il avait laissé pousser ses cheveux, se rasait quand il y pensait. Il n’avait plus rien du jeune homme de 17 ans qu’il était. La petite lueur qui brillait dans ses yeux à la vue d’une chose ou d’une personne qu’il aimait s’était éteinte. Son regard était vide, terne. Il n’avait pas souri depuis longtemps. Il culpabilisait au sujet de l’état de Pacey. Il aurait du voir que son ami avait un problème, au lieu de ça, il s’était détourné de lui, sans vraiment le vouloir. Mais si les choses n’avaient pas changées avant l’accident, aujourd’hui, toute la bande serait dans sa chambre, en train de regarder un film et de refaire le monde. Il repensait encore à la façon dont il avait appris la nouvelle. Arrivé en cours, il avait vu que Pacey n’était pas là. Joey avait la mine sombre, aucun doute, l’incident de la veille était encore présent dans tous les esprits. A la fin des cours, en sortant avec Jen et Jack, ils avaient vu Gretchen devant le lycée, semblant attendre quelqu’un.
Gretchen : Dawson, dieu merci tu es là.
Dawson : ça ne va pas ?
Gretchen : c’est Pacey.
Jen : il n’est pas là, on ne l’a pas vu de la journée.
Gretchen : non, Pacey est à l’hôpital.
Jack : qu’est-ce qu’il a ?
Gretchen : et bien, il semble qu’il soit tombé hier soir. Malheureusement il est tombé sur la tête et depuis il est dans le coma.
Gretchen pleurait. Dawson ne savait que faire, il ne réagissait pas, il semblait complètement anesthésié. Jen tremblait comme une feuille, Jack la prit dans ses bras pour la calmer. Andie arriva juste à ce moment-là.
Andie : et bien, vous en faîtes des têtes tous les quatre. Vous avez vu un fantôme ?
Jack : Andie…
Joey, qui la suivait de près, s’arrêta en voyant les mines déconfites de ses amis.
Joey : oh non, ne me dites pas qu’on a un examen surprise demain ?
Jen : non, c’est pas du tout ça, c’est…
Gretchen, pleurant toujours : Pacey.
Andie, inquiète : quoi, qu’est-ce qu’il a ?
Joey : il t’a fait des misères Gretchen ?
Dawson, sortant de sa létargie : arrête Joey, Pacey est à l’hôpital, dans le coma.
Joey et Andie restèrent interdites. Pacey ? non, ça ne pouvait pas être possible, ce devait forcément être une blague. Mais les larmes de Gretchen redoublèrent, Jen restait pétrifiée et Jack resserra son étreinte autour d’elle.
Joey : mais…comment ?
Gretchen : il est tombé tête la première par terre.
Andie : allons à l’hôpital. Je veux le voir. Ce n’est pas possible, il blague forcément.
Gretchen : non et pourtant, j’aimerai bien que ce ne soit qu’une plaisanterie.
Le petit groupe se mit en marche en direction de l’hôpital. Gretchen emmena Dawson, Andie et Jack en voiture. Joey voulait marcher et Jen resta avec elle. Elles arrivèrent quinze minutes plus tard.

Tous étaient regroupés autour du lit de Pacey. Ils le regardaient comme s’ils le voyaient pour la première fois. Les larmes d’Andie redoublèrent. Elle s’approcha et lui prit la main. Jen et Joey fixaient le bout de leurs chaussures. Dawson vint s’asseoir à côté de Pacey et Jack prit appui contre le rebord de la fenêtre.
Pacey : et ben vous en faîtes une tête !
Car Pacey voyait ses amis, tout du moins, il pensait les voir. Car évidemment, il ne pouvait pas ouvrir les yeux mais, sans pouvoir l’expliquer, il les sentait près de lui.
Pacey : et Dawson, c’est qui la fille à côté de Jen ? elle est jolie. C’est pour me remonter le moral que tu m’amènes de jeunes et jolies jeunes filles.
Il sentit la main d’Andie glisser dans la sienne. Cette sensation lui fit du bien car malgré le fait qu’ils étaient séparés depuis six mois, il avait toujours des sentiments pour elle. Andie l’avait aidé à devenir un autre homme, un homme qui pouvait se regarder dans la glace sans avoir l’impression d’être face à un imbécile. Et malgré le fait que tout était fini entre eux, il ressentait toujours une profonde tendresse pour elle.

Personne ne bougeait. Ils fixaient ce lit où Pacey semblait seulement dormir. Aucun signe extérieur n’aurait pu faire croire autre chose que ça. Ils se sentaient mal à l’aise, oppressés dans cette chambre d’hôpital exiguë. Jack ouvrit la fenêtre pour laisser entrer un peu d’air frais. Il lui sembla tout à coup qu’il respirait mieux.
Jen : qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Jack : j’en sais rien.
Joey : on devrait peut-être rentrer et voir comment il ira demain matin.
Dawson : tu veux vraiment t’en aller et le laisser comme ça. Allons Joey, tu ne peux pas rester indifférente à ça.
Joey : tu crois quoi Dawson ? que tu es le seul à souffrir ? que ça ne me fait rien de le voir comme ça ? mais qu’est-ce qu’on peut y faire ? il est dans le coma, on ne sait même pas si il nous entend.
Pacey : laisse tomber Dawson, après tout, je ne la connais pas moi cette fille ! Si elle veut s’en aller, rien ne la retient. Qui aimerait voir quelqu’un qu’on ne connaît pas qui plus est dans un hôpital ?
Andie : se disputer n’arrangera pas les choses. Si on est là, c’est pour Pacey, pour lui montrer qu’on le soutient. Alors si vous voulez vous chamailler, si vous ne pouvez pas passer outre vos conflits, vous n’avez qu’à partir tous les deux.
Joey : excuse-moi.
Dawson : excuse-moi.
A ce moment, une infirmière entre dans la chambre.
Infirmière : désolée de vous déranger jeunes gens mais les heures de visite se terminent. Vous pourrez revenir demain.

Quand ils avaient quitté l’hôpital, aucun d’entre eux n’avait envie de se retrouver seul. Ils étaient tous allés chez Jen. Grams leur avait préparé du chocolat chaud et des gâteaux. La soirée fut silencieuse. Rassemblés autour du feu, chacun s’attendait à ce que Pacey surgisse, une réplique cinglante ou drôle au bord des lèvres. Mais la porte restait immuablement close.
Joey : bon, et bien il est temps que je rentre chez moi. Bessie doit être folle d’inquiétude.
Jen :bonne nuit Joey.
Dawson : je vais rentré aussi.
Andie : on devrait y aller aussi Jack.
Jack : en route.
Chacun était rentré chez lui, sans un mot, perdu dans le flot des ses pensées. Ils s’étaient tous couchés aussitôt, tous priant pour que Pacey se réveille le plus vite possible.

Andie n’avait pas pu aller en cours le lendemain. Elle avait passé toute la journée au chevet de Pacey. En allant dans la salle de bain, elle s’était regardé dans la glace et fut surprise de voir la tête qu’elle avait. Les yeux rougis, le nez comme une patate, le teint pâle, elle faisait vraiment peur à voir. Mais la situation l’excusait. Pacey ne s’était toujours pas réveillé. Elle vint se rasseoir près de lui et lui reprit la main.
Andie : tu avais raison Pacey à propos de ce que tu as dit avant-hier. Tu nous a tous remis à notre place et visiblement on en avait besoin. C’était stupide de faire autant d’histoire pour si peu.
Pacey : désolé Andie, mais je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
Andie : je ne pensais pas que tu retomberais aussi vite amoureux. Pas après tout ce qu’on avait vécu. Bon d’accord, ça fait six mois maintenant mais franchement Pacey, pourquoi elle ?
Pacey : mais de quoi tu parles Andie ?
Et soudain, c’était apparu limpide aux yeux de Pacey. Avant de sombrer dans le coma, il sortait avec Belinda McGoverne. Bizarre qu’elle ne soit pas venu le voir une seule fois depuis. Mais il comprit alors qu’il y avait un truc qui clochait. Aussi loin que ses souvenirs remontaient, il détestait cette fille. Il ne pouvait donc pas sortir avec elle. Enfin si, il fallait l’avouer, il était sorti avec elle. Après une soirée un peu trop arrosée, elle l’avait dragué et ils avaient couché ensemble mais Pacey savait que c’était une erreur. Au réveil, il était parti, sans un mot. Mais alors pourquoi Andie lui parlait d’une fille dont il était amoureux.
Andie : de toutes les filles qu’il y a à Capeside, il a fallu que tu tombes amoureux d’elle. Pourtant, tu savais bien que ça ne pouvait rien donné. Et puis en plus, tu as couché avec Belinda, tu devais vraiment être mal pour en arriver là. C’est à cause d’elle ?
Pacey : je n’étais pas mal, j’étais bourré Andie. Et si j’étais mal, de toute façon, je ne m’en rappelle plus et je te le dis Andie, je ne suis amoureux d’aucune fille de ma connaissance.

Joey méditait sur son lit. Un an déjà que Pacey n’avait pas parlé ou ouvert les yeux. Elle trouvait ça triste parce qu’il allait très bien en dehors de ça. Depuis l’accident, Joey avait changé. Elle semblait avoir occulté Pacey de sa vie en quelque sorte. Elle refusait d’aller le voir seule ou d’en parler avec ses amis. Elle se sentait responsable de ce qu’il s’était passé car elle était la dernière personne à avoir vu Pacey et à lui avoir parlé. Dawson avait tout tenté pour qu’elle parle à Pacey mais elle ne pouvait pas, les mots lui manquaient. Quand elle se retrouvait face à ce lit où Pacey était étendu, elle se sentait ridicule et inutile. Aucune de ses paroles ne pourraient agir sur Pacey. Après tout, ils s’étaient disputés juste avant l’accident. Elle se rappelait encore les mots qu’elle avait prononcé avant de partir. « Tu es émotionnellement attardé ». Pas de doute, c’était elle qui était émotionnellement attardée. Depuis que Dawson avait tout avoué au cours de cette soirée, elle savait que plus rien ne serait jamais comme avant. Mais elle n’imaginait pas que cela changerait à ce point. Jen, Andie, Jack et Dawson, ils n’étaient plus les mêmes. Un froid s’était installé entre eux, à peine perceptible, sauf chez elle. Il avait fallu qu’elle change au point de ne plus vouloir prononcer son nom. Ça faisait 5 mois qu’elle n’était pas allée voir Pacey à l’hôpital. Dawson lui avait demandé plusieurs fois de l’accompagner mais elle avait toujours refusé. Aujourd’hui, ils ne se voyaient qu’au lycée, jamais en dehors.

Dawson repensait à la manière dont ses soupçons avaient surgi dans sa tête. Il sortait du lycée et allait chez Pacey, il y a de cela un an et demi maintenant. Ils avaient un exposé à faire mais Pacey avait, comme toujours, oublié quelque chose. En pénétrant dans la chambre de son ami, Dawson constata que rien n’avait changé depuis la dernière fois où il était venu. Les excursions chez Pacey étaient rares. Il détestait emmener ses amis chez lui de peur de subir un interrogatoire de son père. Même s’il s’agissait de Dawson, son plus vieil ami. Il s’était assis sur le lit de Pacey.
Pacey : je reviens, faut que j’aille chercher un truc en bas.
Dawson : je ne bouge pas.
Dawson scrutait la pièce du regard et il vit un bout de papier dépassé de la table de nuit de Pacey. Il tira dessus et découvrit une photo de tout le groupe prise à l’occasion de la fête du 4 juillet. Ils étaient tous là, Joey, Jack, Jen, Andie, Pacey et lui. Ils souriaient à l’objectif et il remarqua que Jen faisait une grimace. Il sourit à cette vision, du Jen tout craché. Il ouvrit le tiroir pour remettre la photo à sa place et s’étonna de trouver une photo de Joey seule. Elle était magnifique sur cette photo, elle souriait timidement et Dawson se demanda d’où venait cette photo. Il ne l’avait jamais vu avant. Il l’a retourna et reconnut l’écriture maladroite de Pacey. « Joey, première année de lycée, on achève bien les escargots ! » Un trait d’humour de Pacey. Dawson se souvenait de cette histoire. Pacey lui avait demandé s’il pouvait sortir avec Joey et lui n’avait pas arrêté de changer d’avis. A l’époque, il commençait à se rendre compte de ses sentiments pour Joey. Sentiments qui n’avaient jamais disparus malgré les ruptures multiples. Mais aujourd’hui, Joey et lui n’étaient que des amis. Pourtant, il sentit la jalousie s’immiscer sournoisement en lui à la pensée que Pacey possédait une photo de Joey. Pour lui, ce n’était pas anodin. Et dès lors, mille et une questions se bousculèrent dans sa tête et il poussa inconsciemment Pacey et Joey dans leurs derniers retranchements, jusqu’à ce qu’il découvre toute l’histoire.

Jen se promenait en ville. Elle cherchait un cadeau pour l’anniversaire de Pacey. Elle ne savait pas quoi lui prendre. Après tout, de quoi pourrait avoir besoin un garçon qui est dans le coma depuis un an ? Jen savait pertinemment que Pacey ne se réveillerait pas pour son anniversaire mais elle souhaitait quand même agir comme s’il était toujours là. Elle tomba sur Jack, devant un magasin de sport.
Jen : salut.
Jack : salut, qu’est-ce que tu fais là ?
Jen : je cherche un cadeau.
Jack : pour qui ?
Jen : Pacey, c’est son anniversaire la semaine prochaine.
Jen remarqua instantanément le regard noir de Jack.
Jen : je sais ce que tu vas me dire alors n’uses pas ta salive. Si je fais ça, c’est parce que je me dis qu’en agissant comme s’il était réveillé, au bout d’un moment ça marchera.
Jack : je sais Jen que tu fais ça parce que tu penses que c’est ce qu’il y a de mieux à faire mais tu sais aussi qu’il risque de ne jamais se réveiller.
Jen, le regard vague : je sais.
Tout à coup, un immense sourire illumina son visage.
Jen : j’ai trouvé !
Jack : quoi ?
Jen : son cadeau, je l’ai trouvé.
Jack : c’est quoi ?
Jen : tu verras, mais j’aurai besoin de toi donc tiens-toi prêt.

Le shérif Witter et sa femme avaient été convoqué à l’hôpital pour rencontrer le médecin qui s’occupait de Pacey. Ils patientaient dans la chambre de leur fils quand le médecin les invita à le suivre dans son bureau.
Médecin : Monsieur Witter, Madame Witter, il faut que nous parlions de votre fils. Son état ne semble pas évoluer. Les examens qu’il a passé la semaine dernière prouvent que la situation est identique à celle d’il y a 3 mois. Nous envisageons donc de faire sortir Pacey.
Shérif : le faire sortir ? Mais comment voulez-vous qu’il sorte, il n’est pas sorti du coma à ce que je sache.
Médecin : shérif Witter, nous ne pouvons rien faire de plus pour Pacey à l’heure actuelle et il monopolise une chambre pour rien. Nous allons le ramener chez vous en ambulance et vous pourrez l’installer dans sa chambre. Qui plus est, se retrouver dans un endroit familier pourra stimuler son subconscient et favoriser son réveil. Votre fils est en bonne santé, il n’y a plus qu’à attendre qu’il se réveille.
Madame Witter : dis comme ça, ça a l’air si simple.
Shérif : nous sommes malheureusement dans l’impossibilité de ramener Pacey pour l’installer dans sa chambre.
Médecin : pardon ?
Shérif : une de nos filles est en instance de divorce et elle s’est installée à la maison avec ses enfants.
Madame Witter : on peut demander à Doug.
Shérif : et il le mettra où ? sur la canapé ? non, je vais en parler à Mitch, il sera sûrement d’accord.
Medecin : peut importe la solution que vous trouvez, Pacey devra se trouver dans un endroit qu’il connaît, une infirmière viendra le voir tous les jours et surtout, que ses amis continuent à venir le voir.

Trois jours plus tard, l’ambulance emmenait Pacey non pas chez Dawson mais chez Jen. Les Leery n’avaient pu l’accueillir en raison de la grossesse de Gail. Madame Ryan s’était naturellement proposé, après tout, elle avait veillé sur son mari pendant 2 ans et en tant qu’ancienne infirmière, elle saurait comment alimenter Pacey et s’occuper de lui.

Au lycée, Joey rangeait ses livres dans son casier quand Jen se planta à côté d’elle.
Jen : salut.
Joey : bonjour.
Jen : ça va ?
Joey : oui, en quoi puis-je t’aider ?
Jen : et bien c’est l’anniversaire de Pacey après demain et je prépare une vidéo pour le stimuler. Je me dis qu’en lui racontant comment c’était entre nous quand il était là, ça le stimulera.
Jen remarqua que dès qu’elle prononçât le nom de Pacey, Joey se renferma, comme d’habitude.
Joey : en quoi ça me concerne ?
Jen : et bien, tu pourrais me laisser te filmer. J’aimerai qu’on dise tous quelque chose sur la cassette.
Joey : je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
Jen : Joey, s’il te plait, tu ne vas pas l’ignorer toute ta vie quand même ?
Joey, s’énervant : je ne vois pas en quoi radoter devant une caméra le fera revenir Jen. Je n’ai rien à dire.
Dawson, qui arrivait à ce moment-là demanda ce qu’il se passait.
Jen : rien d’important. Je veux faire une vidéo pour l’anniversaire de Pacey et Joey refuse de s’exprimer devant la caméra.
Joey : Jen, je te le répète je n’ai rien à dire à Pacey.
Dawson : moi non plus je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Jen, s’énervant à son tour : très bien, oubliez-le, faites comme si il n’existait pas. Mieux, faites comme si il était mort !

Jen partit telle une furie. Joey replongea le nez dans son casier et Dawson l’observa.
Dawson : tu savais que Pacey est sorti de l’hopital ?
Joey : non.
Dawson : ils ont estimé qu’il monopolisait une chambre pour rien. Vu que ses parents ne pouvaient pas l’accueillir et que moi non plus à cause de la naissance du bébé, il est installé chez Jen, dans l’ancienne chambre de Jack.
Joey, sèche : génial.
Dawson : Joey, je sais que tu souffres sans le dire mais un jour ou l’autre il faudra qu’on parle tous de ce qui s’est passé. C’est vital.
Joey : il ne s’est rien passé Dawson.
Dawson : si Joey et tu le sais.
Joey : j’ai cours, faut que j’y aille.

Andie avait également refusé de participer à la vidéo. Elle avait un nouveau petit ami et voyait beaucoup moins souvent les autres. La dernière fois qu’elle était allée voir Pacey remontait environ à 2 mois.
Andie : Pacey, il faut que je t’avoue quelque chose. Je ne pourrais plus venir te voir.
Pacey : et une de plus !
Andie : ça me fait trop mal de te voir comme ça. Il faut que je me reprenne en main. Il y a un garçon au lycée qui m’a proposé de sortir avec lui. Je pense que je vais dire oui, il est mignon mais avant ça, je devais venir te voir une dernière fois. C’est trop dur. J’ai besoin d’avancer, de me reconstruire. Ne m’en veux pas.
Pacey : pourquoi t’en voudrais-je ? après tout, vous n’êtes pas obligé de venir me voir, je ne peux rien vous dire. Vis ta vie Andie, sois heureuse.
Andie : je suis désolée Pacey.
Andie était partie en pleurant, sans se retourner et sans revenir. Personne ne l’avait remarqué mais quand elle fut partie, une larme coula sur le visage de Pacey. Premier signe d’une amélioration. Seul signe d’un retour à la vie.

Quand Pacey comprit qu’on l’emmenait chez Jen, cela le fit rire. Ses parents étaient trop heureux de se débarrasser de lui. Ils n’en voulaient déjà pas quand il était en pleine possession de ses moyens alors à l’état de légume, qu’en feraient-ils ? cependant, il ne comprenait pas pourquoi il ne pouvait pas aller chez les Leery. C’était tellement plus logique, il les connaissait depuis qu’il était petit. C’est Jen qui lui donna la solution, un jour où elle lui donnait des nouvelles de Capeside.
Jen : quand tu te réveilleras, j’espère que tu ne seras pas déçu d’être chez grand-mère mais on avait pas le choix. Chez Andie et Jack, ça aurait été trop dur pour Andie, chez Bessie, ça aurait pu être mauvais pour les affaires de la pension et vu que Madame Leery est enceinte, il faut préparer la chambre du bébé.
Pacey : madame Leery est enceinte ? Ben ça alors, c’est la meilleure. Heu, c’est qui Bessie ?
Jen : tu verras, tu seras bien à la maison. Jack ne s’est jamais plaint.
Pacey : Jen, même si ça n’allait pas, comment voudrais-tu que je te le dise ?

Jen passait le plus clair de son temps libre au chevet de Pacey. Elle considérait comme son devoir de veiller à son bien-être étant donné le peu d’attention que lui accordait ses autres amis. Pacey ne s’en plaignait pas, il aimait la compagnie de Jen. Cette dernière avait commencé la lecture d’une nouvelle saga : les potins mondains ! Brad et Angelina, Katie et Tom, Britney et Kevin, tous y passaient. Elle se chargeait également des commentaires. Le jour de l’anniversaire de Pacey, Jen prépara un gâteau. Elle avait invité toute la bande pour le déguster dans la chambre de Pacey mais ils avaient préféré faire comme si de rien n’était et avaient mangé leur part dans la cuisine. Joey était extrêmement tendue. Elle ne pouvait ignorer que maintenant, à chaque fois qu’elle viendrait chez Jen, Pacey serait juste à côté. Six mois qu’elle ne l’avait pas vu et la douleur était toujours aussi vivace. Elle pensait qu’en s’éloignant, elle souffrirait moins mais aujourd’hui, dans cette maison, elle sentait qu’elle avait besoin de le voir. Prétextant un besoin urgent, elle monta silencieusement à l’étage. La porte de la chambre était fermée. Elle allait frapper à la porte quand elle réalisa qu’il ne répondrait pas. Elle entra donc. Il était là, allongé, paisible. Et même endormi, elle le trouvait toujours aussi beau. Ses cheveux avaient poussé, il faudrait songer à les couper un jour. Mme Ryan l’avait rasé. Elle prit la chaise posée devant la fenêtre et l’approcha du lit. Pacey sentait qu’elle était là, tout près de lui.
Pacey : tiens, ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vu toi.
Joey demeurait invariablement silencieuse. Elle fixait la main de Pacey, espérant y déceler un mouvement mais il ne bougeait pas. Enfin, elle se décida à parler.
Joey : ça fait quoi d’être dans cet état-là ?
Bien sûr, elle n’attendait pas de réponse, elle réfléchissait tout haut, tout simplement.
Pacey : et bien au début, je hurlais. J’étais furieux de ce qui m’arrivait. Tout le monde faisait comme si je ne réagissais à rien alors que je vous entends tous. Bien sûr, je ne vous vois pas vraiment mais je vous imagine. Toi, par exemple, je ne sais pas pourquoi mais je t’imagine grande, brune, les yeux verts. C’est ridicule, tu es peut-être tout l’inverse mais c’est l’image que je me suis créé. Et puis quand j’ai réalisé que j’étais dans le coma, je n’ai pas eu d’autre choix que d’accepter ce qui m’arrive. Depuis, j’attends. Quoi ? j’en sais rien, un geste, un signe qui me prouvera qu’il est temps pour moi de me réveiller mais pour l’instant, j’ai beau essayer, je n’y arrive pas.
Joey eut alors un geste pour Pacey, un geste qu’elle n’avait pas fait depuis plus d’un an, elle lui prit la main. Ses yeux se remplirent de larmes qu’elle ne retint pas. Elle pleurait en silence, sa main dans celle de Pacey.
Pacey : hé Joey, je voulais pas que tu pleures. C’est bizarre, te tenir la main me semble familier pourtant, on ne se connaît pas. Comment tu fais pour venir voir quelqu’un que tu ne connais pas qui est dans le coma ? Tu n’as rien à y gagner, rien à prouver. Et puis ça faisait un bail que tu n’étais pas venu. C’est quand même pas Dawson qui t’a obligé !

A ce moment là, Jack entra dans la chambre.
Jack : j’étais à peu près sûr que tu serais là.
Joey, essuyant rapidement ses larmes : pourquoi ?
Jack : parce qu’il fallait bien qu’un jour ou l’autre tu ailles le voir.
Joey : je sais mais je n’y arrivais pas. C’est de ma faute si il est là.
Jack : c’est un peu de notre faute à tous et ce n’est la faute de personne en même temps. Joey, on y pouvait rien, personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer.
Joey : c’était une idée stupide ce jeu.
Jack : ces jeux sont toujours stupides.

Jen choisit cet instant pour arriver elle aussi dans la chambre. Instinctivement, Joey retira sa main de celle de Pacey avant que Jen ne le remarque.
Jen : Dawson et Andie sont partis. Je vais montrer la cassette à Pacey, vous voulez rester ?
Joey : non, je dois y aller. Bessie m’attends.
Jack : je reste.
Joey : à demain.
Jen : tu es sûre que tu ne veux pas rester ?
Joey, triste : non, merci.

Jen s’approcha de la télévision et mit la cassette dans le magnétoscope. Avant de lancer la lecture, elle regarda Jack d’un air soupçonneux.
Jen : elle est venue ici seule ?
Jack : oui.
Jen : tu crois que c’est une bonne chose ?
Jack : je pense oui. Il faut que Joey surmonte sa culpabilité, il faut qu’on se retrouve tous comme avant.
Jen : comment veux-tu que ce soit comme avant avec Pacey dans ce lit ?
Pacey : excusez-moi mais il y avait quoi avant ? Et pourquoi ce serait la faute de Joey ? Est-ce que quelqu’un veut bien m’expliquer ce qui se passe ? Et de quel jeu vous parliez Jack ?
Jen : Pacey, voici ton cadeau d’anniversaire.
Elle enfonça la touche lecture de la télécommande et vit son image apparaître sur l’écran.

« Salut Pacey, c’est Jen. Bon alors premièrement je te souhaite un joyeux anniversaire. Je sais que tu ne me vois pas mais j’ose espérer que tu m’entends. Bref, pour ton anniversaire, j’ai décidé de te faire cette cassette vidéo pour te raconter tout ce qui s’est passé et ce que tu as raté. Mais pour commencer, je vais te raconter notre histoire pour bien comprendre… »

A ce moment-là, Jack prit la télécommande des mains de Jen et éteignit la télé.
Jack : Jen, à quoi tu joues ?
Jen : ben quoi ?
Jack : ce déballage ? ça rime à quoi ? Tu crois que ça va l’aider ?
Jen : ça ne peut pas lui faire du mal !
Jack : si tu le dis, je m’en vais.
Jen : pourquoi ?
Jack : parce qu’un retour dans le temps n’est absolument pas ce dont j’ai besoin. On a pas besoin de revivre ça encore une fois.
Jack partit sans un regard pour Jen.

Pacey : je ne sais pas ce que vous me cachez mais Jen, si tu remettais la cassette ?

Jen regardait fixement l’écran noir de la télé. Elle ne savait plus ce qu’elle devait faire. Peut-être Jack avait-il raison ? Peut-être valait-il mieux essayer d’oublier ? Elle sortit de la chambre pour se réfugier dans la sienne, ne pouvant retenir ses larmes, se demandant pourquoi elle pleurait.

Une semaine plus tard, Mme Ryan pénétrait dans la chambre de Pacey pour faire un peu le ménage. Elle constata que la télévision était en veille. Jen avait encore oublié de l’éteindre. Alors qu’elle posait son doigt sur le bouton du poste, son regard fut attiré par la cassette vidéo posée à côté. Piquée à vif par sa curiosité, elle mit la cassette dans le magnétoscope et alluma la télévision. L’image de sa petite fille lui apparut alors. Elle ne put retenir un sourire, elle était si fière de ce qu’accomplissait Jen à présent. Et son dévouement pour Pacey prouvait à quel point elle était loin de la petite ingénue de New York. Elle écouta attentivement ce que Jen disait. Elle racontait leur rencontre à tous, la construction de leur amitié et finit par raconter ce qu’il s’était passé le fameux soir où Pacey avait eu son accident.

« Pacey, j’arrive maintenant à un point délicat que je ne peux taire. Je sais que les autres vont me haïr de te l’avoir dit mais il faut que tu saches. Tout à commencer le jour où tu as amené Dawson chez toi. Il a ouvert le tiroir de ta table de nuit et y a trouvé une vieille photo de Joey. Il a commencé à se poser des questions. Il est venu me confier ses craintes, l’idée que toi et Joey sortiez ensemble dans son dos. Il était fou de rage. Evidemment, je ne savais rien donc je lui ai dit qu’il se faisait des idées. Et puis tu es venu me voir et me confier tes sentiments naissants pour elle. Tu ne savais pas quoi faire et tu avais décidé d’ignorer ces sentiments pour ne pas faire souffrir Dawson ou Andie. Et moi, je t’ai dit que si il y avait une chance pour que Joey éprouve la même chose que toi, tu devais au moins lui en parler et essayer de savoir. Naturellement, j’aurai dû me taire, tout aurait été différent. »

A cet instant, Mme Ryan coupa la cassette car elle venait d’entendre un bruit derrière elle. Elle se retourna pour découvrir Pacey les yeux grands ouverts devant elle.
Pacey : très joli chandail Mme Ryan.
Sa voix était faible, un murmure presque inaudible mais c’était sa voix. Mme Ryan, surprise mais soulagée de le voir enfin ouvrir les yeux s’approcha de lui et remercia le seigneur intérieurement.
Grams : la sieste fut bonne jeune homme ?
Elle prit alors ses constantes et appela aussitôt l’hôpital. Une ambulance partait au moment où elle raccrochait pour l’emmener à l’hôpital. Pacey se sentait vidé, il n’avait aucune force. Incapable de faire le moindre mouvement, il ressentait également une immense fatigue intérieure. Il se força malgré tout à garder les yeux ouverts. Pendant son transfert à l’hôpital, il s’endormit et se réveilla à nouveau à l’hôpital. Son frère était à son chevet. Il pleurait.
Pacey : Doug…
Doug : ne fais pas d’effort Pacey, tu as très peu de force. C’est si bon de te revoir petit frère. Tu m’as sacrément manqué.

Pacey ne pouvait parler plus, il avait l’impression que cela lui coûtait tellement. Mais après un an dans le coma, il se disait qu’il allait devoir tout rapprendre. Finalement, il avait dû écouter un peu en cours de biologie. Le médecin qui était venu le voir lui confirmait ce qu’il pensait, un long travail de rééducation l’attendait. Personne ne savait pourquoi il s’était réveillé, aujourd’hui. Pacey ne se souvenait pas de ce qui se passait autour de lui au moment de son réveil. Tout le monde trouvait son réveil rapide et surréaliste mais c’était comme ça, la nature avait fait des siennes, point final. Le principal, c’était qu’il soit réveillé.

Le soir même, quand Jen rentra chez elle, elle fut surprise de ne pas y trouver sa grand-mère. Elle montait dans sa chambre poser ses affaires quand elle remarqua par l’entrebâillement de la porte de la chambre de Pacey que le lit était vide. Clouée sur place, elle n’arrivait pas à réaliser ce qui se passait. Où était-il ? Est-ce qu’il était… ? Non, impossible ! Retournant sur ses pas, elle se précipita sur le téléphone. Un mot y était accroché. « Jennifer, je suis à l’hôpital, Pacey s’est réveillé. » Jen sautait de joie sur place et lançait des cris de guerrier à travers la cuisine. Réalisant ce qui se passait, elle prit ses affaires et courrut jusqu’à l’hôpital.

Quand Pacey ouvrit les yeux, la pièce était plongée dans l’obscurité. Il se sentait déjà mieux mais ce n’était pas encore la grande forme. Jen lui sauta dessus.
Jen : Ravie de te revoir Pacey Witter.
Pacey : moi…moi de même Jen Lindley.
Jen : il était temps. Un peu plus Katie Holmes accouchait sans toi.
Pacey : quelle tragédie.
Jen : je ne te le fais pas dire. Je n’ai pas encore prévenu les autres, je le ferai demain.
Pacey : pourquoi ?
Jen : Pacey, je suis désolée de te dire ça mais je suis déçue de leur attitude, ils n’ont pas été si extraordinaires que ça.
Pacey : wouah, un peu brutal le retour à la réalité. Il faut que je t’avoue un truc.

Et Pacey raconta à Jen ce qu’il avait ressenti pendant toute cette année. Son discours était lent, il avait encore un peu de mal à parler mais il prit son temps. Il lui parla aussi de cette fille, Joey. Il demanda qui elle était. Jen restait interdite.

Jen : tu ne te souviens pas de ce qu’il s’est passé avant ton accident ?

Elle n’avait pu lui en dire plus, l’infirmière l’avait mise à la porte. Il était 21h et ce patient avait besoin de se reposer.

Jen réfléchissait. Comment allait-elle l’annoncer à ses amis ? Elle n’avait pas envie de leur dire. Elle était furieuse après eux. Leur attitude n’était pas celle de véritables amis. Elle décida de leur annoncer quand ils lui demanderaient des nouvelles de Pacey, ce qui ne tarda pas à arriver.

Le lendemain, au lycée, toute la petite bande avait prévue de déjeuner ensemble. Attablés dans la cafétéria, ils mangeaient en silence, chacun perdu dans ses pensées.
Andie : comment va Pacey ?
Jen : on ne peut mieux.
Jack : oui enfin, dans la mesure du possible.
Jen : non Jack, il va très très bien.
Dawson : qu’est-ce que tu veux dire Jen ?
Jen : Pacey s’est réveillé.
Chacun fut comme figé, fourchette en l’air ou bouche ouverte, ils se demandaient si c’était sérieux ou si Jen blaguait.
Dawson : c’est vrai ? quand ? comment ?
Jen : hier soir, pour le comment, je dirai qu’il a ouvert les yeux et tenté de parler. Il est très affaibli mais il va bien.

Joey n’avait pas décroché un mot. Personne ne semblait lui porter grande attention. Ils décidèrent de sécher les cours pour aller à l’hôpital. Joey se leva, prit ses affaires et quitta la salle.
Jack : où est-ce qu’elle va ?
Dawson : ça doit être un peu trop dur pour elle.
Jen : à ce propos, j’ai oublié de vous dire quelque chose. Pacey ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé avant l’accident. Et il ne sait pas qui est Joey.
Andie : quoi ?
Dawson : comment ça il ne sait pas qui est Joey ?
Jen : et bien en fait, quand il était dans le coma, il nous entendait d’après lui. Mais il n’a aucun souvenir de Joey. Il sait qu’elle est venue le voir. Il sait également que vous n’êtes pas venu le voir depuis longtemps.
Tous plongèrent instantanément le nez dans leur assiette. En effet, ils n’avaient pas été les amis idéaux !

Joey courrait telle une furie à travers les rues de Capeside. Dès qu’elle avait su pour Pacey, elle avait voulu fuir, ce qu’elle avait fait. Elle se précipita chez elle et s’enferma dans sa chambre. Bessie, qui s’occupait d’Alexander en bas, se demandait qu’elle mouche avait piqué sa sœur. Elle frappa à la porte sa chambre.
Bessie : Joey, je peux entrer ?
N’obtenant pas de réponse, Bessie ouvrit la porte. Elle trouva sa sœur prostrée dans un coin de sa chambre, ses genoux remontés contre elle, ses bras autour, elle se berçait doucement.
Bessie vint s’agenouiller à côté d’elle.
Bessie : Joey, qu’est-ce qu’il y a ?
Joey semblait s’être murée dans le silence, une larme coula le long de sa joue qu’elle ne prit même pas la peine d’essuyer.
Joey : il s’est réveillé.
Bessie, réalisant ce que sa sœur venait de dire : mais c’est fabuleux Joey !
Joey : oui mais ….
Elle se mit à pleurer de plus belle.
Joey : qu’est-ce que je vais lui dire ? c’est de ma faute ce qui est arrivé.
Bessie : non, Joey, je te garantis que non. C’était un accident, un stupide accident.
Joey : ouais, si tu le dis. Je vais aller m’allonger Bessie, je suis fatiguée.
Bessie : tu ne vas pas aller le voir ?
Joey : pour lui dire quoi ?

A l’autre bout de la ville, toute la petite bande attendait devant la chambre de Pacey, à l’hôpital. L’infirmière était avec lui et ils n’avaient pu entrer tout de suite. Quand cette dernière les autorisa à entrer, ils se suivirent à la file indienne et se mirent tous au pied du lit de Pacey.
Pacey : vous avez vu un fantôme ? vous en faites des têtes !
Ils furent surpris par la voix de Pacey, elle était encore faible mais au moins il n’avait pas perdu son sens de l’humour.
Dawson : ça fait du bien de te revoir et de t’entendre répondre quand on te parle.
Andie : oh Pacey, je suis désolée.
Pacey : pourquoi ?
Jack : on ne peut pas dire qu’on ait été des amis extraordinaires mais c’était devenu trop dur de te voir allongé, sans jamais répondre, jamais bougé.
Pacey : c’est pas grave.
Dawson : si c’est grave Pacey, on a été lâche.
Pacey : j’aurai fait pareil.
Jen : non, tu n’aurais pas fait pareil parce que tu es loyal et fidèle comme ami.
Jack : merci Jen de nous soutenir, comme si on se sentait pas assez mal déjà.
Jen : désolée de dire ce que je pense.
Pacey : eh, je suis là ! Je vous assure que ce n’est pas grave. Et puis avec tout le travail que Jen a abattu, je n’ai presque pas remarqué vos absences.
Andie : c’est vrai que tu nous entendais ?
Pacey : oui.
Andie : à chaque fois ?
Pacey : Andie, si tu essayes de me dire que tu as un petit ami, je suis au courant et j’espère qu’il te rend heureuse.
Andie, laissant libre cours à ses larmes qu’elle contenait depuis son arrivée : il est adorable. Merci Pacey.

Tenté de soulager la culpabilité d’Andie, Dawson et Jack avait épuisé Pacey. Il aspirait à une bonne nuit de sommeil. Ils avaient promis que cette fois, ils passeraient tous les jours jusqu’à sa sortie. Andie s’était même proposé de lui donner des cours particuliers histoire de rattraper l’année qu’il avait raté.

Trois jours plus tard, il entamait sa première leçon de rééducation. Il devait réapprendre à marcher. Pacey avait été frustré de ne pouvoir se lever seul mais il savait que plus vite il accepterait l’aide des autres, plus vite il redeviendrait autonome. Il faisait des exercices dans l’eau accompagné de son médecin et progressait assez vite. Il attendait avec impatience la venue de ses amis cependant personne ne lui avait encore parlé de cette Joey. Il crut alors qu’il l’avait simplement rêvé.

Réunis dans la chambre de Dawson, Jen, Jack, Andie et ce dernier discutaient de Pacey.
Dawson : on a vraiment pas assuré quand il était dans le coma.
Jen : parle pour toi, je n’ai rien à me reprocher.
Jack : on sait miss perfection.
Jen: je n’ai pas dit ça seulement, vous n’avez pas brillé par votre présence.
Andie : la situation était délicate.
Jen : parce qu’elle ne l’est plus ? Vous croyez honnêtement qu’il suffit qu’il se réveille pour que tout soit oublié comme par magie. Vous ne croyez pas que le jour où il se rappellera ce qui s’est passé il sera heureux !
Dawson : peut-être qu’il ne se rappellera de rien.
Jen : oui et peut-être qu’on va mettre Joey dans un placard pour qu’il n’entende jamais parlé d’elle.
Jack : Jen a raison, on devra aborder le sujet un jour ou l’autre.
Joey : quel sujet ?
Dawson : Joey, on ne t’attendait pas.
Jen : oui c’est vrai ça. Qu’est-ce que tu viens faire ici ?
Joey : merci pour l’accueil. J’ai décidé qu’il était temps que j’aille voir Pacey, il doit se poser des questions sur mon absence.
Jen : à vrai dire, pas vraiment.
Joey : comment ça ?
Andie :Joey, Pacey ne se souvient pas de toi.
Jack : en fait, il ne se souvient de rien avant son accident. Il ne sait pas ce qu’il s’est passé.
Joey, stupéfaite par cette nouvelle, se laissa tomber sur le lit de Dawson.
Dawson : Joey, ça va ?
Ses yeux se remplirent de larmes.
Joey : pourquoi ?
Jen : on en sait rien.
Joey : mais….qu’est-ce que je dois faire ?
Andie : je crains que pour l’instant il n’y ait rien à faire.
Jack : je crois qu’il est temps qu’on parle de ce qu’il s’est passé.
Ils se regardèrent tous dans les yeux, en effet, il était temps.

potter  (23.02.2006 à 21:51)
Flash-back. Un an plus tôt.

Dawson, après avoir découvert la photo de Joey chez Pacey, se précipita chez Jen. Elle était dans sa véranda en train de lire.
Dawson : tu le savais ?
Jen : bonjour Dawson.
Dawson : Jen, est-ce que tu le savais ?
Jen : savais quoi ?
Dawson : oh ne fais pas l’idiote. Pacey te raconte des tas de choses. Tu savais pour lui et Joey ?
Jen : Dawson, je ne vois absolument pas de quoi tu parles mais je te prie d’employer un autre ton quand tu me parles.
Dawson la dévisagea, cherchant à savoir si elle mentait ou non. Quand il ne put déceler que de la colère dans les yeux de Jen, il comprit qu’il se trompait.
Dawson : excuse-moi Jen.
Jen : qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Dawson : j’ai cru que Pacey et Joey sortaient ensemble et qu’ils ne me l’avaient pas dit.
Jen : Pacey et Joey ? ce serait le monde à l’envers, ils ne peuvent pas s’adresser la parole sans s’injurier.
Dawson : oui mais Pacey a une photo de Joey chez lui.
Jen, amusée : moi aussi j’ai des photos de Joey et pourtant je peux t’assurer que je ne sors pas avec elle.
Voyant que sa plaisanterie n’amusait pas Dawson, elle reprit plus sérieusement.
Jen : Dawson, je vais te parler franchement. Je doute que Pacey et Joey aient une liaison mais il faudra bien qu’un jour tu envisages que Joey sortira avec d’autres garçons. Elle ne t’appartient pas.
Dawson : je sais mais…mais si c’était avec lui, ce serait une trahison.
Jen : lui ou un autre, qu’est-ce que ça changerait Dawson ?
Dawson : rien, ou peut-être tout justement.

Deux jours plus tard, Jen était allongée sur son lit, tard le soir, quand elle entendit un bruit à sa fenêtre. Elle écouta plus attentivement et reconnut le bruit de petits cailloux qu’on jetait sur son mur. Elle ouvrit la fenêtre et découvrit Pacey.
Jen, murmurant : Pacey, qu’est-ce que tu fais là ? il est 23h, si ma grand-mère te voit, elle va faire une crise !
Pacey : faut que je te parle.
Jen : j’arrive.
Jen descendit lui ouvrir la porte. Ils se glissèrent dans sa chambre à pas de loup pour ne pas réveiller Grams. Pacey semblait tendu, il n’arrêtait pas de frotter ses mains l’une contre l’autre ou de se les passer dans les cheveux, il semblait au bord de l’explosion.
Jen : bon alors, qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Pacey : je crois que je suis amoureux.
Jen : Pacey….on a déjà essayé et tu as bien vu que…
Pacey : excuse-moi de te le dire comme ça Jen mais je ne parle pas de toi.
Jen, honteuse : oh, euh, pardon, vas-y je t’écoute.
Pacey : je crois que je suis amoureux de Joey !
Jen : pince-moi je rêve. Joey ? mais vous vous détestez.
Pacey : je sais, c’est dingue, mais tu sais ce qu’on dit, la haine est proche de l’amour.
Jen : euh oui mais toi, elle t’aime ?
Pacey : Joey ? amoureuse de moi ! Attends Lindley, tu crois une seconde que c’est possible.
Jen : j’en sais rien mais tu vas lui dire ?
Pacey : oh oui, tiens demain matin, juste avant le cours de Peterson « Salut Joey, ça va. Tu sais quoi je crois que j’aimerai bien sortir avec toi. » Franchement Jen, je n’ai aucune chance et en plus, c’est la pire chose qui pourrait arriver.
Jen : pourquoi ?
Pacey : Dawson et Andie ! Ils sont à prendre en compte tout de même. Tu imagines les conséquences que ça entraînerait ?
Jen : Pacey, si tu l’aimes, tu dois au moins essayer de savoir si elle ressent la même chose. Si c’est oui, là tu pourras penser à Dawson et Andie, si c’est non, tu n’auras plus de question à te poser.
Pacey : et si c’est oui, je fais quoi ? Non pas que j’ose croire qu’elle dira oui, c’est impossible mais si….
Jen, le coupant : Pacey ! Parles-en avec Joey et après tu aviseras.

De son côté, Joey était dans sa chambre en train de lire un énorme bouquin. Elle avait laissé ses volets ouverts et son regard fut attiré dehors. Elle remarqua par la fenêtre que quelqu’un faisait les cent pas. Qui cela pouvait-il être à plus de minuit ? Visiblement, elle n’était pas la seule à ne pas trouver le sommeil. Elle se leva pour observer l’intrus. Elle ouvrit alors la fenêtre et l’interpella.
Joey : et Witter, le zoo est un peu plus loin, suis la route, tu peux pas le rater !
Pacey : très drôle Joey. Ça tombe très bien que tu ne sois pas couchée, il faut que je te parle. Je peux entrer ?
Joey : laisse-moi réfléchir, euh…non !
Pacey : Joey, s’il te plait, c’est très important.
Joey : ça doit l’être pour que tu m’appelles par mon prénom. D’habitude, c’est toujours Potter.
Pacey : bon, tu me laisses rentrer ou j’escalade ?
Joey : escalade, Bessie s’est endormie sur le canapé, j’ai pas envie de la réveiller.
Pacey prit appui sur le rebord de la fenêtre et poussa sur ses jambes. Joey l’aida, le terrain étant en pente à cet endroit là. Pacey bascula à l’intérieur et s’écroula sur Joey qui n’avait pas eu le temps de se pousser.
Joey : Pacey, c’est pas possible, tu peux pas faire attention.
Pacey, ne bougeant pas : eh, c’est toi qui m’as fait tombé.
Joey : oui ben ce serait pas mal si tu pouvais dégager maintenant.
Pacey se relevait quand il sentit une douleur dans la main. Il regarda et vit une entaille due à une écharde.
Pacey : t’aurais pas du désinfectant ?
Joey : juste pour ça ?
Pacey : ça saigne !
Joey : t’es vraiment un bébé.

Joey sortit à pas feutrés dans le couloir pour aller chercher le nécessaire dans la salle de bain.
Quand elle revint dans sa chambre, Pacey était assis sur son lit.
Joey : te gêne pas surtout, fais comme chez toi.
Pacey : tiens femme, nettoies.
Joey : pas même en rêve.
Pacey : s’il te plait Joey, je ne supporte pas la vue du sang.
Joey, souriant : t’es vraiment un bébé quand tu t’y mets.

Elle s’installa à côté de lui et lui prit la main pour nettoyer la plaie.
Pacey : aïe, ça pique.
Joey : t’as fini, même Alexander est plus calme que toi. Tiens, un joli pansement bleu, j’ai pensé que ça te plairait.
Quand elle releva les yeux vers Pacey, elle avait un sourire charmeur sur les lèvres et était très près de lui. Pris d’une impulsion soudaine, Pacey l’embrassa. Le temps de réagir, Joey le repoussa violemment.
Joey, criant : non mais ça va pas ?
Pacey : euh, si ta sœur dormait à mon avis, c’est fichu.
Joey : Pacey, tu viens de m’embrasser ?
Pacey : il me semble oui !
Joey : mais pourquoi ? t’es malade ? t’as mangé un truc pas frais ? qu’est-ce qui t’as pris ?
Pacey : Joey, Joey, calme-toi, pas la peine d’ameuter toute la ville. Je suis désolé, je sais pas ce qui m’a pris.
Joey : oh oui c’est vrai. Tu t’es dit « tiens, si j’allais voir Joey et que je lui fourrais ma langue au fond de sa bouche ? »
Pacey : Joey, excuse-moi, je n’aurai pas dû.
Joey, furieuse: ah non, ça c’est sûr, tu n’aurais pas dû. Mais qu’est-ce qui a bien pu te passer par la tête pour croire que tu pouvais pénétrer mon intimité buccale ?
Pacey, riant : ton quoi ? Bon Joey, je suis désolé, je m’excuse et je vais m’en aller.
Joey : oui, si j’étais toi, je partirai très vite.
Pacey : ça y est, je suis plus là !
Une fois Pacey parti, Joey vérifia que sa sœur dormait toujours. Visiblement, leur dispute ne lui était pas parvenue. Elle écumait de rage. Comment avait-il osé ? De quel droit s’était-il permis ? Elle se coucha mais ne trouva pas le sommeil, trop perturbée par ce baiser inattendu.

Le lendemain, en cours, elle ne lui adressa pas une seule fois la parole. Alors qu’elle déambulait dans les couloirs, elle se sentit happée dans les toilettes des filles.
Joey, surprise: Jen, mais qu’est-ce qui te prends ?
Jen : Pacey t’a parlé ?
Joey : de quoi ?
Jen : est-ce qu’il t’a parlé ?
Joey : on s’est vu hier soir pourquoi ?
Jen : donc il ne t’a rien dit.
Joey : non, il avait mieux à faire. Il s’est seulement permis de m’embrasser.
Jen : il t’a quoi ? embrassé ?
Joey : oui et qu’il ne s’avise pas de recommencer où bien il peut dire adieu à son entrejambe.
Jen : oh làlà, oh làlà, quel idiot !
Joey : je ne te le fais pas dire. Mais pourquoi tu me demandes ça ?
Jen : et bien Pacey est venu me voir hier soir pour m’avouer qu’il était amoureux de toi.
Joey : Pacey ? Amoureux de moi ? Il est tombé sur la tête ou quoi ?
Jen : en tout cas, je lui ai dit de t’en parler pour voir si c’était réciproque.
Joey, s’énervant : tu as fait quoi ?
Jen : ben oui, vous sembliez vous entendre un peu mieux, il y avait forcément une explication à ce revirement de situation.
Joey, haussant le ton : oui, Jen, ça s’appelle être civilisé. Non mais je rêve, il suffit que je sois sympa deux jours et ça y est, ça veut dire que je suis amoureuse. Ecoute Jen, si Pacey et moi on s’entend mieux c’est parce que j’ai voulu le soutenir dans l’épreuve qu’il a traversé avec Andie. Et puis je l’ai aidé deux ou trois fois pour les cours mais ça s’arrête là.
Jen : excuse-moi Joey. Mais, je me mêle encore de ce qui ne me regarde pas, tu devrais peut-être lui parler.
Joey : si j’ai le temps.
Joey s’apprêtait à sortir quand elle fit volte-face vers Jen.
Joey : Dawson, il est au courant ?
Jen : non, mais il a pensé que Pacey et toi sortiez ensemble dans son dos. Il m’en a parlé.
Joey : et pourquoi il a cru ça ?
Jen : à propos d’une photo trouvée chez Pacey. Une photo de toi.
Joey : et alors, c’est pas un crime de donner une photo !
Cette petite phrase fit l’effet d’une bombe dans la tête de Jen. Si Joey défendait Pacey face au comportement de Dawson, c’est qu’elle éprouvait un peu plus que de l’amitié.

Joey repensait à sa conversation avec Jen. « tu devrais peut-être lui parler ». Oui, de toute évidence, il fallait clarifier la situation. Elle se rendit donc chez Pacey. N’obtenant pas de réponse, elle entreprit de faire le tour de la maison. Elle était rarement venue chez Pacey mais elle se souvenait que la porte de la cuisine n’était jamais fermée. Pacey oubliait souvent ses clés ! Elle pénétra tout doucement dans la maison, apeurée à l’idée que Monsieur ou Madame Witter la surprenne. Elle monta à l’étage et pénétra dans la chambre de Pacey. Rien n’avait changé depuis leur enfance. C’était un vrai bazar cette pièce. Elle posa son sac près du lit et fit le tour de la pièce. Elle se demandait ce qu’elle faisait là. Au moment où elle allait repartir, elle entendit la porte d’entrée claquer. Figée sur place, affolée à l’idée qu’on la découvre dans la pièce, elle cherchait une cachette. Le placard. C’était comme chez Dawson, on pouvait s’y glisser facilement. Elle se précipita à l’intérieur. Il était un peu moins bien rangé que celui de Dawson et donc elle avait moins de place. Elle vit quelque chose sur la porte mais ne distinguait pas bien l’image. Elle toucha, la porte était recouverte de photos. Elle tendit l’oreille et entendit des pas dans les escaliers. Instinctivement, elle reconnut les pas de Pacey. Cet idiot allait forcément la voir et pour le coup, ce serait elle qui passerait pour une gourde.

Pacey entrait dans sa chambre quand il vit le sac posé par terre à côté de son lit. C’était le sac de Joey, il en était persuadé. Il ne put s’empêcher de sourire à l’idée qu’elle était chez lui même s’il était furieux qu’elle ne lui ait pas parlé de la journée. Il se demandait où elle pouvait bien être.
Pacey : Potter, on ne t’a jamais dit que quand on espionnait, il valait mieux éviter de laisser des objets compromettants en vue tel que son sac ?
Pacey entendit la porte de son placard s’ouvrir et Joey en sortit, gênée de s’être fait surprendre.
Pacey : félicitations, tu t’introduis en douce dans la maison du shérif de la ville. Je pourrais te dénoncer pour ça.
Joey, retrouvant son aplomb : évites de faire le malin Pacey ! il faut qu’on parle.
Pacey : ah bon, et de quoi ?
Joey : de l’incident.
Pacey : quel incident ?
Joey : quel incident ? tu vois très bien de quoi je parle Pacey.
Pacey : absolument pas justement.
Joey : tu m’as embrassé ?
Pacey : ah, ça.
Joey, excédée : oui ça, ce n’était pas anodin quand même.
Pacey : je croyais que le dossier était bouclé.
Joey : Jen m’a parlé.
Pacey : elle n’aurait pas dû.

Soudain, Joey perdit tout son aplomb, elle semblait douce et compatissante.
Joey : comment c’est arrivé ?
Pacey : j’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que c’est arrivé, que je ne le contrôle pas et que ce n’est pas réciproque.
Joey : Pacey…
Pacey : non, laisse-moi parler Joey. Je te dois une explication. Quand Andie et moi on a rompu, tu t’es montré gentille avec moi, compréhensive et il faut dire que ça m’a surpris parce que on a jamais eu une relation amicale tous les deux. Et puis, tu m’as aidé en cours alors que j’étais vraiment mal barré. Je ne sais pas si tu as fait ça par pitié mais tu as changé du tout au tout, tu me parlais d’égal à égal. Bien sûr, on se parlait toujours comme chiens et chats mais il semblait qu’on avait établi une forme de communication basée sur l’humour et non sur le mépris. Et puis le jour où on a reparlé de l’incident des escargots, tu m’as apporté les photos qu’on avait pris et tu m’as donné les doubles. Et il y avait cette photo de toi, magnifique et là, j’ai compris que tu me plaisais de plus en plus. Je t’ai trouvé si belle sur cette photo. Alors j’ai commencé à te voir différemment, pas comme le garçon manqué de Capeside mais comme une belle jeune fille qui faisait craquer plus d’un garçon et puis voilà, j’ai compris que j’étais amoureux.
Pacey, en débitant ce monologue, regardait fixement ses chaussures. Quand il releva les yeux vers Joey, elle le regardait comme si elle le voyait pour la première fois.
Pacey, gêné: Joey, dis quelque chose s’il te plait.
Joey : Pacey, je…
Pacey : je sais que ce n’est et que ce ne sera jamais réciproque mais maintenant tu le sais.
Joey : il faut que j’y aille.
Elle s’approcha de lui pour ramasser son sac par terre. Quand elle se releva, il n’avait pas bougé. Ils se dévisagèrent en silence, tout près l’un de l’autre. Joey fut prise d’une pulsion soudaine, elle se jeta sur ses lèvres et l’embrassa fougueusement. Pacey, surpris, mit un certain temps à réagir puis lui rendit son baiser. Il passa ses mains le long du dos de Joey, lui dégageant son sac et ses cheveux, profitant de ce qu’elle lui donnait. Quand ils reprirent leurs esprits, Joey eut un sourire en coin, timide, si caractéristique d’elle. Elle releva les yeux vers Pacey. Ils s’appuyèrent front contre front et fermèrent les yeux.
Joey, dans un murmure : faut que j’y aille.
Pacey : oui.
Joey : à demain.
Pacey : à demain.
Elle partit aussitôt. Quand elle fut dehors, elle souriait à l’idée de ce qui venait d’arriver. Pacey s’approcha de sa fenêtre, pensant la regarder partir mais elle n’était déjà plus là. Il n’osait croire à ce changement de situation. Il sentait au fond de lui que ça ne durerait pas.

Le soir, Joey n’était plus du tout aussi enjouée à l’idée de sortir avec Pacey. Elle ne comprenait pas ce qui lui avait pris. Il s’était confié à elle et en lui racontant la naissance de ses sentiments, elle l’avait trouvé touchant, vulnérable, différent du Pacey qu’elle connaissait et ce côté fragile lui plaisait. Mais là, quelques heures plus tard, elle ne voyait plus du tout les choses pareilles. Elle s’installa à son bureau et sortit une feuille de papier. Elle saisit son stylo et commença à écrire. Trente minutes plus tard, elle plia la feuille qu’elle glissa dans l’enveloppe. Elle mit son réveil un peu plus tôt pour arriver la première au lycée et pouvoir remettre cette enveloppe à son destinataire.

Le lendemain matin, quand Pacey ouvrit son casier au lycée, il découvrit une enveloppe avec son nom écrit dessus. Il reconnut l’écriture fine et élégante de Joey. Ça ne présageait rien de bon. Il prit l’enveloppe et entra dans le placard réservé aux produits d’entretien. Il alluma la lumière, ouvrit l’enveloppe et lut la lettre.
« Pacey,
si je t’écris c’est parce qu’il est plus facile pour moi de coucher certains mots sur le papier que de t’affronter. Voilà, j’ai bien réfléchi à ce qui s’est passé cet après-midi dans ta chambre et malgré le fait que j’ai trouvé ça très agréable, nous ne pouvons nous permettre de nous lancer dans une relation tous les deux. Pour un millier de raisons mais pour la plus simple d’entre toutes, Dawson et Andie. Nous ne pouvons pas leur faire du mal, ils ne le supporteraient pas. Je ne sais pas ce que j’éprouve pour toi et ne préfère pas y penser mais je suis désolée Pacey, je ne peux te rendre ce que tu veux m’offrir. J’espère que notre relation n’en pâtira pas trop même si je me doute qu’elle ne sera plus jamais la même, ton amie, Joey. »
Pacey replia le papier et le glissa dans sa poche. C’était ainsi, ça avait fini avant même de commencer. Mais Joey avait raison, Dawson et Andie ne le supporteraient pas. Et il ne voulait pas perdre leur amitié. Tant pis s’il devait sacrifié l’amour.

Le midi, ils se retrouvèrent tous à la cafétéria, commentant le cours de Peterson.
Jack : je sens que l’interro de fin de semestre va être corsée.
Andie : oui, il va falloir commencé à réviser.
Pacey : Andie, on a encore deux mois quand même.
Andie : Pacey, tout est dans la préparation. Réviser au dernier moment n’a jamais permis de réussir. Si on révisait tous ensemble le week-end prochain, disons tous les samedis matins jusqu’à l’examen.
Jen : ce n’est pas de refus.
Dawson : bonne idée, on se stimulera comme ça.
Jack : Joey ?
Joey : hein ? euh, oui pourquoi pas.
Dawson : ça ne va pas ?
Joey n’arrêtait pas de jeter des regards furtifs à Pacey. A l’heure qu’il était, il avait forcément lu la lettre. Et puis, c’est à peine s’ils s’étaient parlé donc il l’avait forcément lu. Dawson remarqua ses coups d’œil furtifs en direction de Pacey. Cela ne lui plut pas du tout. A nouveau il était assailli par le doute. Pourtant, Pacey ne semblait absolument pas prêté attention à Joey. Cependant, il croisa son regard et à cet instant précis, Dawson les vit tous les deux plongé le nez dans leurs assiettes. Pas de doute, ils lui cachaient quelque chose.

La première séance de révision arrivait à grand pas. Andie avait décrété qu’elle mènerait les opérations et pour ce faire, ils se retrouveraient chez elle chaque samedi. La maison était toujours vide et la table de la salle à manger était assez grande pour qu’ils s’étalent et travaillent bien. Joey était tendue à l’idée de passer toute la matinée dans la même pièce que Pacey. Depuis qu’il avait lu la lettre, ils ne s’étaient pas parlé sauf bonjour et au revoir. Aujourd’hui, ils allaient passé 4 heures dans la même pièce, à la même table et elle ne savait pas du tout ce que cela allait donné. Tout en prenant son petit déjeuner, elle ruminait ses pensées en se disant que de toute façon, ils ne pourraient s’éviter éternellement. Et puis, elle devait bien se l’avouer, discuter avec Pacey lui manquait. Elle avait appris à le connaître et à apprécier sa compagnie. Et aujourd’hui, il lui manquait. Alors qu’elle allait sortir, elle tomba nez à nez avec Dawson qui semblait être venu la chercher.
Joey : Dawson ? Tu devais passer ?
Dawson : non, j’ai eu envie de faire le chemin avec toi, qu’on discute un peu. Ça fait longtemps.
Joey : heu, oui, en effet. On y va ?
Joey était mal à l’aise de se retrouver seule avec Dawson. Elle n’aimait pas lui mentir mais elle ne pouvait pas lui dire que son meilleur ami et elle s’étaient embrassé et ce par deux fois. Il ne le comprendrait pas. Dawson observait Joey à la dérobée. Elle semblait tendue, distante.
Dawson : alors, quoi de neuf ?
Joey : pas grand chose et toi ?
Dawson : pas grand chose non plus. Ça te dit une soirée vidéo ce soir ? Ou alors, on pourrait aller au cinéma. Le dernier David Lynch vient de sortir.
Joey : ce soir ? Je crois pas Dawson, j’ai un boulot monstre en retard et je voudrai me mettre à jour.
Dawson : comme tu veux. Demain peut-être.
Joey : oui, demain, pourquoi pas.
Joey fuyait délibérément le regard de Dawson, ce dernier le remarqua instantanément.
Dawson : quelque chose ne va pas Joey ?
Joey : non pourquoi ?
Dawson : tu as l’air distante. Tu sais qu’on peut tout se dire.
Joey, de plus en plus gênée : bien sûr.
Dawson : tant mieux. Au fait, tu as remarqué ? Pacey a arrêté de toujours te mettre en boîte.
Joey : oui, on dirait qu’il est décidé à enterrer la hache de guerre.
Dawson : ça fait bizarre ce changement soudain.
Joey : il fallait bien que ça arrive un jour, on grandit. Et sinon, comment vont tes parents ?
Dawson : ils vont bien.

De leur côté, Jen et Pacey allaient aussi ensemble chez Andie et Jack.
Jen : et elle t’a embrassé ?
Pacey : oui.
Jen : ça n’a pas l’air de te réjouir.
Pacey : et bien ça aurait pu être fabuleux si je n’avais pas reçu une lettre le lendemain dans mon casier me disant que je ne devais rien attendre de plus, qu’il ne se passerait rien d’autre.
Jen : c’est pour ça que tu ne lui as pas parlé de toute la semaine ?
Pacey : oui. Il faut que je l’oublie.
Jen : je pense que tu as une chance avec elle.
Pacey, ironique : oui, dans un autre monde, une autre époque.
Jen : on verra bien.
Ils se retrouvèrent face à Joey et Dawson au coin de la rue des McPhee.
Dawson : bonjour.
Il dévisagea Pacey avec insistance. Ce dernier semblait absorbé dans la contemplation d’un rosier.
Jen : bonjour. On y va ? Si on est en retard, Andie va nous tuer.
Pacey : ça y a des chances.

Arrivés devant chez Andie et Jack, Joey n’avait toujours pas ouvert la bouche. Elle était volontairement restée en arrière alors que Pacey marchait devant Jen et Dawson. Dawson remarquait bien que quelque chose clochait dans leur comportement. D’habitude, s’ils ne se chamaillaient pas ils s’ignoraient mais là, ils semblaient gênés d’être ensemble. Dawson se demanda ce qu’il ignorait.
Jen : Pacey, tu prends le métro ?
Pacey : Lindley, il est huit heures moins deux et je n’ai pas envie de commencer la journée avec une McPhee hystérique !
Andie, qui ouvrait la porte à ce moment-là : Je ne suis pas hystérique Pacey mais j’apprécie la ponctualité. Entrez.
Ils pénétrèrent tous dans la maison, les uns derrière les autres.
Andie : bon, on s’y met ?
Pacey : oh, on pourrait faire une pause non ?
Andie : Pacey, tu viens d’arriver alors tu poses ton postérieur sur une chaise et tu sors tes affaires.
Pacey : je savais bien que j’avais oublié quelque chose ?
Andie : Pacey, ne me dis pas que tu n’as rien emmené !
Pacey : en effet, je crois que j’ai oublié mes affaires. Bon, je vais vous laisser alors.
Andie : certainement pas, j’ai tout ce qu’il faut.
Jen : tu ne changeras jamais Pacey.
Pacey : eh, t’aurais pu me le dire que j’avais pas mon sac sur moi.
Jen : comme si j’avais que ça à faire de vérifier que tu as bien tes affaires.
Joey, qui était déjà installée, leva les yeux au ciel.
Joey : ça vous ennuierait qu’on commence à travailler ?
Jack : bonjour tout le monde.
Andie : Jack, tu habites ici et ils sont arrivés avant toi, c’est pas possible.
Jack : désolé, panne de réveil.
Andie : ben bien sûr. Allez, au boulot.

Ils travaillaient déjà depuis deux heures et chacun était plongé dans son bouquin. Joey était en bout de table, face à Pacey. Elle avait Jen à côté et Dawson. Pacey, lui était assis à côté de Jack et Andie à l’autre bout. Pacey déplia ses jambes et toucha ainsi celles de Joey, déjà allongées. Elle ne leva pas les yeux vers lui mais ses joues s’empourprèrent. Déstabilisée, elle laissa tomber son stylo par terre. Elle se pencha pour le ramasser et regarda sous la table. Pacey lui fit un petit coucou de la main, ce qui la fit sourire. Elle se redressa et se remit au travail. Trop tentée, elle posa son pied contre celui de Pacey et resta ainsi sans bouger. Un sourire traversa le visage de Pacey qu’il fit disparaître aussitôt en relevant la tête et en croisant le regard glacé de Dawson. Ce dernier avait l’air d’avoir quelque chose contre lui. Ce pouvait-il qu’il ait remarqué quelque chose ? ce fut au tour de Jen de faire tomber son stylo qui roula sous la table. Elle passa donc en dessous et découvrit les pieds de Pacey qui entouraient ceux de Joey. De surprise, elle se releva brusquement mais se cogna la tête sous la table.
Jen : aïe.
Instantanément, Pacey et Joey replièrent leurs jambes et se penchèrent.
Jack : ça va Jen ?
Jen : oui, légère collision frontale avec une table.
Joey : t’as pas trop mal ?
Jen : non, c’est supportable.
Andie : bon, si on faisait une pause ? Un petit déjeuner ça vous dit ?
Pacey : si tu me prends par les sentiments Andie…
Dawson : mais on a déjà déjeuner !
Jack : oui mais on peut recommencer.

Le petit déjeuner s’éternisa si bien qu’à 11h30, plus personne n’avait envie de travailler. Ils se séparèrent tous, chacun rentrant chez soi. Jen et Dawson prirent le même chemin.
Dawson : ça va ta tête ?
Jen : oui, oui.
Dawson : tu fais quoi cet après-midi ?
Jen : je ne sais pas encore, grand-mère m’a demandé de l’aider à préparer des gâteaux pour la fête de la paroisse.
Dawson : et ils n’ont pas peur que tu les empoisonnes ?
Jen : merci pour cette marque de confiance !
Dawson : désolé. Tu n’as pas remarqué que Joey et Pacey avaient un comportement bizarre depuis quelque temps ?
Jen : pas particulièrement, ils ne se sont pratiquement pas adressés la parole de la semaine et aujourd’hui non plus.
Dawson : justement, c’est ça qui m’étonne. Joey fuit le sujet, elle me fuit moi aussi.
Jen : peut-être qu’elle a des soucis avec sa sœur et la pension.
Dawson : peut-être oui.
Après un long silence.
Dawson : ou peut-être qu’ils sortent ensemble et qu’ils ne nous ont rien dit.
Jen : arrête un peu Dawson, tu deviens parano.
Dawson : mais tu ne trouves pas qu’ils sont bizarres tous les deux.
Jen : j’en sais rien Dawson. Mais à mon avis tu te fais des idées.
Dawson : ça doit être ça.
Mais Dawson n’en démordait pas, on lui cachait quelque chose, il en était sûr.

Joey rentrait chez elle la tête pleine de questions. Pourquoi avait-elle laissé Pacey la toucher comme ça ? Pourquoi ne s’était-elle pas reculé ? Se pouvait-il que Pacey lui plaisait ? Après tout, ils étaient devenus plus proches, elle l’avait embrassé et elle devait bien avouer qu’elle avait beaucoup apprécié. Elle sentit alors en elle grandir l’envie de voir Pacey, un besoin irrépressible. Il fallait qu’elle le voit, qu’elle sache si effectivement elle était en train de tomber amoureuse de lui ou non. Elle courut jusqu’à chez lui et pénétra comme la première fois par la cuisine. La maison semblait vide. Elle monta à l’étage et frappa à la porte de la chambre de Pacey. N’obtenant pas de réponse, elle entra. Il était allongé sur son lit et dormait. Elle l’observa un instant. Il lui paraissait si paisible qu’elle n’eut pas le cœur de le déranger. Alors qu’elle allait repartir, son œil fut attiré par la porte du placard. Elle se souvenait avoir senti des photos sous ses doigts, elle ouvrit la porte en essayant de faire le moins de bruit possible. Quand la porte grinça, elle se retourna pour voir si Pacey l’avait entendu mais non, il se contenta de se retourner dans son lit. La porte était maintenant grande ouverte et Joey put découvrir toutes sortes de photos , des photos de groupe, d’eux, des photos avec Will, des photos de Pacey et Andie et au milieu, une photo d’elle, seule. Elle sourit en pensant que Pacey l’avait mise au milieu comme si c’était la plus importante.

Pacey : je vais finir par croire que tu l’aimes bien ce placard Potter.
Joey : Pacey, je…enfin, je …pardon, je ne voulais pas te réveiller.
Pacey : pas grave. Que puis-je pour toi ?
Joey : il faut qu’on parle.
Pacey : en effet.
Joey : voilà, pour ce qu’il c’est passé chez Andie…
Pacey : oui, je sais, tu vas me dire que c’était une erreur, qu’on aurait pas dû, si tu t’es déplacée juste pour ça, tu perds ton temps.
Joey : Pacey, laisse-moi parler s’il te plait. Voilà, je ne sais pas ce qui se passe entre nous ni pourquoi ça nous arrive mais les faits sont là. Seulement, on ne doit pas aller plus loin à cause de Dawson et Andie, ils nous en voudraient. Mais bon, je ne peux pas non plus faire taire cette petite voix.
Pacey : quelle petite voix ?
Joey : et bien, celle qui me dit que j’éprouve quelque chose pour toi.
En entendant ça, Pacey eut un immense sourire qui plut beaucoup à Joey. Un sourire charmeur et chaleureux, un sourire qui disait qu’il était heureux. Elle s’approcha alors du lit de Pacey et s’assit au bord. Pacey s’était redressé et la regardait. Joey remit une mèche de cheveux derrière son oreille et sourit timidement.
Pacey : et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
Joey : j’en sais rien.
Pacey s’approcha alors doucement de Joey. Il ne souriait plus mais la fixait intensément de ses yeux bleus. Il avait l’air si sérieux. Joey sentait son pouls s’accélérer. L’air déterminé de Pacey la surprit, elle eut peur un instant qu’il la chasse sans ménagement mais il se contenta de poser sa main sur son bras et de la fixer. Joey se sentait happée par ce regard si intense. La main de Pacey remonta sur le menton de Joey et il s’approcha d’elle. Quand ses lèvres rencontrèrent celles de Pacey, Joey sentit ses jambes flageoler et son ventre se tordit. Les fameux papillons sans doute. Leur baiser fut doux et tendre. Quand ils se séparèrent, Pacey fixait de nouveau Joey, cherchant une réaction. Cette dernière sourit alors avant de reprendre possession des lèvres de Pacey pour un baiser plus appuyé. Pacey la fit basculer sur son lit et ils passèrent une partie de l’après-midi dans les bras l’un de l’autre, à s’embrasser, sans penser aux conséquences de leur geste.

Joey rentrait chez elle légère et vivante. Elle avait l’impression de voler, ses pieds touchaient à peine le sol. Dès qu’elle repensait à Pacey, un frisson la parcourait. Elle avait l’impression de sentir les mains de Pacey poser sur elle à chaque instant. Elle ressentait la chaleur de ses baisers sur ses lèvres, le regard de Pacey posé sur elle, son sourire. Elle mourait d’envie de retourner le voir même si elle s’avait qu’elle allait devoir patienter jusqu’à demain. Quand elle pénétra dans la maison, son sourire n’avait pas quitter son visage.
Bessie : et bien, tu sembles bien joyeuse Joey ?
Joey : hein ? Ha Bessie, tu es là, je ne t’avais pas vu. Tu vas bien ? Tu as besoin d’aide ?
Bessie : qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es tombée sur la tête ou quoi ?
Joey : j’ai pas le droit d’être heureuse ?
Bessie : si mais cette euphorie ne te ressembles pas. Si tu n’étais pas ma sœur, je jurerai que tu es amoureuse !
A cette phrase, le sourire de Joey se fit encore plus grand.
Bessie : c’est ça, avoue, tu es amoureuse ?
Joey : moi ? Voyons Bessie, comment pourrais-je trouver le temps de tomber amoureuse ?
Joey partait en direction de sa chambre avec un air de désinvolture et en chantonnant. Bessie la rattrapa.
Bessie : je veux tout savoir Joséphine Potter !
Joey : bon, si tu insistes.
En réalité, Joey mourait d’envie de tout raconter à sa sœur et elle ne se fit pas prier. Elles s’installèrent sur le lit de Joey et celle-ci lui racontait ce qu’il se passait avec Pacey. Elles riaient, on aurait dit deux ados se racontant leurs dernières histoires croustillantes. Bessie se leva enfin pour laisser sa sœur seule. Elle ouvrit la porte mais ce retourna. Joey fixait le mur en souriant.
Bessie : en tout cas, je suis contente que sortir avec Pacey te rende aussi heureuse.
Mais Joey ne l’écoutait déjà plus. Elle avait rejoint Pacey par la pensée et revivait chaque instant de cette si belle journée.

Pendant toute une semaine, Pacey et Joey vécurent leur liaison dans la clandestinité. Ils se retrouvaient le soir chez Joey, soit disant pour travailler. Mais en réalité, ils travaillaient peu, préférant rattrapé le temps perdu pendant la journée. Au lycée, ils se parlaient peu pour ne pas éveiller les soupçons mais ne pouvaient s’empêcher de se lancer des petits regards quand ils étaient l’un près de l’autre. Personne ne semblait se soucier de leur attitude, hormis Dawson, toujours aussi soupçonneux. Il savait que Pacey allait chez Joey le soir pour travailler mais il ne pouvait s’empêcher de penser que ses amis lui cachaient quelque chose.

Un soir, Jack, qui avait le même cours de chimie que Joey, se présenta au Bed and Breakfast car il avait oublié son cours dans son casier et il était plus simple de venir emprunter celui de Joey que de retourner au lycée. Il frappa à la porte mais n’obtenant pas de réponse, il entra. Il entendait de la musique qui semblait venir de la chambre de Joey. Il avançait en l’appelant mais cette dernière ne répondait pas. Il ouvrit la porte de sa chambre en frappant et quelle ne fut pas sa stupeur de découvrir Joey et Pacey allongés en train de s’embrasser fougueusement.
Jack : ben ça alors ? on me l’aurait dit que je n’y aurais jamais cru.
Joey et Pacey se séparèrent et se fixaient, stupéfaits d’avoir été découverts. Pacey tourna lentement la tête vers la porte pendant que Joey se redressait sur son lit, rajustant ses vêtements.
Pacey : tiens, Jack. Salut, alors, quoi de neuf ?
Joey : Jack ? pourquoi tu n’as pas frappé ?
Jack : je l’ai fait mais tu ne répondais pas. Je comprends mieux pourquoi. Mais vous deux ? C’est pas possible ! Depuis quand ? Pourquoi ?
Joey et Pacey se regardèrent et se sourirent, Jack semblait vraiment surpris et sa réaction avait un côté comique.
Pacey, désinvolte : quoi ? c’est si extraordinaire que ça ? Remarque oui quand on y pense. Comment ai-je pu craquer pour toi Potter ?
Joey : je pourrais te retourner la question !
Ils se mirent à rire. Jack les regardait comme s’ils étaient deux extraterrestres avec six bras et dix yeux débarqués sous son nez. Il reprit alors ses esprits.
Jack : mais pourquoi vous ne nous l’avez pas dit ?
Pacey : on a pas eu le temps encore.
Joey : oui et puis c’est pas facile. Il y a ta sœur et puis il y a….
Pacey : Dawson !
Jack : c’est sûr qu’il risque de mal le prendre. Et plus vous tarderez à lui dire, pire ce sera. Bon, Joey, j’ai besoin de ton cours de chimie mais je doute que tu aies fini tes devoirs donc c’est pas grave, je me débrouillerai autrement.
Joey : non, attends Jack, Pacey doit partir. On peut faire l’exercice ensemble si tu veux, comme ça tu auras mon cours aussi.
Pacey : je vois, tu me mets à la porte pour rester avec Jack. Joséphine Potter, vous invitez souvent des garçons chez vous soi-disant pour faire vos devoirs ?
Joey : tais-toi et sors d’ici !
Pacey se pencha et embrassa une dernière fois Joey.
Pacey : bonne chance Jack, elle est impitoyable en ce qui concerne les devoirs !

Joey était penchée sur son exercice de chimie alors que Jack l’observait en souriant. Sentant son regard posé sur elle, elle releva la tête.
Joey : quoi ?
Jack : rien.
Joey : alors pourquoi tu souries niaisement en me regardant ?
Jack : Joey, je viens d’apprendre que tu sortais avec Pacey. Et vu ce que j’ai vu, heureusement que je ne suis pas arrivé cinq minutes plus tard.
Joey : qu’est-ce que tu racontes ?
Joey s’était levé et arpentait la cuisine à la recherche de….elle réalisa qu’elle ne cherchait rien de particulier, elle avait fait ça parce qu’elle était nerveuse et elle voulait éviter le regard de Jack. Elle était penchée dans son frigo et en sortit de canettes de soda.
Joey : Pacey et moi, ça fait à peine une semaine qu’on est…, enfin tu vois quoi. On est à mille lieux de ce à quoi tu penses.
Jack, ironique : et à quoi je pense d’après toi ?
Joey : Jack, Pacey et moi on ne s’enferme pas dans ma chambre pour se livrer à toute sorte de pratique qui nous permettrait d’affirmer qu’on est expert en kama-sutra.
Jack, estomaqué : Joey, si on pouvait éviter de parler de sexe toi et moi, ça m’arrangerait.
Joey : oui moi aussi. Bon, on le finit cet exercice.
Ils s’étaient replongés dans le travail mais Jack ne pouvait s’empêcher de dévisager Joey. Il sentait que quelque chose la travaillait et se doutait de quoi il s’agissait.
Jack : Joey, tu ne pourras pas lui cacher la vérité longtemps. Dawson doit savoir.
Joey : je sais mais…, j’ai tellement peur de sa réaction.
Jack : oui mais plus tu attendras et plus ce sera dur pour lui.
Joey, baissant les yeux : je sais.

Le soir, Joey tournait en rond dans sa chambre. Il fallait se rendre à l’évidence, elle devait le dire à Dawson. Elle enfila son manteau et partit dans le noir. Elle arrima sa barque au ponton et avançait à reculons vers l’échelle menant à la chambre de Dawson. Ça y est, elle était devant. Il fallait qu’elle monte mais quelque chose l’en empêchait. Prenant son courage à deux mains, respirant un grand coup, elle posa ses mains sur les barreaux et monta. Dawson regardait un film, il était tranquillement allongé sur son lit. Quand Joey passa par la fenêtre, il semblait un peu surpris.
Dawson : Joey ? qu’est-ce que tu fais là ? On est jeudi soir, tu ne viens jamais en semaine.
Joey : je sais Dawson mais il fallait absolument que je te parle.
Dawson remarqua aussitôt le ton sérieux de Joey et se demandait ce qu’elle allait lui annoncer. Cela semblait difficile pour elle de le dire.
Dawson : qu’est-ce qu’il y a Joey ?
Joey s’assit au bord du lit, passa sa main dans ses cheveux. Elle tournait le dos à Dawson qui se leva et coupa la télé. Il prit place dans la chaise de son bureau. Il sentait qu’il devait s’éloigner d’elle comme si la distance lui permettrait de mieux encaisser ce qu’elle allait dire.
Joey : voilà, il faut que tu saches quelque chose. Il y a une semaine, il s’est passé une chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Ça m’est comme tombé dessus sans que je puisse réagir. Je t’avoue que je ne m’y attendais pas mais c’est là et je ne peux pas le nier ou le rejeter, ce qui se passe me fait beaucoup de b…
Dawson : viens-en aux faits Joey.
Joey se leva et se tourna vers Dawson. Elle regardait le bout de ses chaussures, n’osant pas affronter le regard de Dawson.
Joey : voilà, ça fait une semaine que Pacey et moi on sort ensemble.
Dawson restait interdit. Alors c’était vrai ! Il avait vu clair dans leur jeu. Il savait. Mais entendre Joey lui confirmer ses soupçons, c’était pire que tout. Joey l’observait, guettait sa réaction. Il semblait s’être pris un uppercut et être encore sonné par le choc.
Joey, timidement : Dawson, dis quelque chose.
Dawson : pourquoi Joey ? pourquoi tu fais ça ?
Joey : Dawson, je n’y peux rien, c’est comme ça.
Dawson, reprenant ses esprits : arrête un peu Joey, tu cherches quoi auprès de lui ? C’est quoi ? De l’ennui ? L’attrait de la nouveauté ? Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu es amoureuse de lui ?
Joey, criant : Dawson, je t’interdis de me parler comme ça. Tu ne sais pas ce que je vis, tu ne sais pas ce qu’il m’apporte.
Dawson : il t’apporte quoi Joey ? Dis-moi, il t’apporte quoi ? Un peu de chaleur dans ton lit. Parce que ne te leurres pas Joey, c’est tout ce qu’il attend de toi. Que tu couches avec lui !
Joey : c’est faux et tu le sais. Pacey n’est pas comme ça. Il m’ai…
Dawson : il quoi Joey ? Il t’aime c’est ça ? Parce que tu crois qu’il peut t’aimer comme moi je t’aime ? Tu crois qu’il peut t’offrir tout ce que j’aurai pu t’offrir si tu ne m’avais pas quitté ? Tu crois qu’il te respecte autant que je te respectais ?
Joey : arrête Dawson, ça n’a rien à voir avec notre histoire. Ce que je vis avec Pacey et totalement différent de ce que nous avons vécu. Je ne te demande pas ton approbation mais je te préviens c’est tout.
Dawson : tant mieux alors parce que tu ne l’as pas mon approbation Joey. Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas être avec lui et me demander de vous approuver. Et sache que si tu le choisis lui, tu peux faire une croix sur notre amitié.
Joey pleurait à présent, elle était choquée par l’attitude de Dawson. Elle savait que ce serait dur de lui annoncer mais elle ne pensait pas que ça le serait à ce point.
Joey : tu n’as pas le droit Dawson de faire ça.
Dawson : parce que toi tu avais le droit de me trahir de la sorte peut-être. Vas-t’en Joey.
Le ton agressif qu’ils employaient tous les deux était retombé d’un coup. Il était maintenant froid, glacial même. Joey fit demi-tour et partit le plus vite possible. Elle remonta dans sa barque et rama jusqu’à chez elle. Elle courut dans sa chambre et s’écroula sur son lit en pleurant. Elle réalisa alors que Pacey n’avait pas été prévenu. Elle appela chez lui mais raccrocha avant la première sonnerie. Non, il fallait qu’elle lui dise de vive voix. Elle prit son vélo et pédala comme une forcenée jusqu’à chez lui. Elle vit la lumière dans sa chambre et lança un caillou sur le carreaux. Pacey se pencha et reconnut Joey.
Pacey : alors, tu ne peux plus te passer de moi Potter ?
Joey :Pacey, il faut qu’on parle.
Il ne la distinguait pas bien dans le noir et malgré le fait qu’elle chuchotait, il savait qu’il s’était passé quelque chose. Son sang se glaça dans ses veines. Il dévala les escaliers, ne prenant pas la peine de répondre à son père qui lui demandait où il allait. Quand Joey le vit, elle se jeta dans ses bras en pleurant.
Joey : Pacey, …je suis…désolée.
Elle était secouée par les sanglots. Pacey ne comprenait pas ce qui se passait mais il avait horreur de voir Joey souffrir. Il lui fit relever la tête et essuya ses larmes.
Pacey : Joey, je ne sais absolument pas ce qui se passe mais calme-toi, s’il te plait.
Il lui embrassa le front pour l’apaiser et resserra un peu plus son étreinte.
Joey se détacha de lui et lui fit face. Ses yeux étaient encore remplis de larmes cependant, elle se calmait.
Joey : Pacey, Dawson sait tout.
Pacey savait que ce moment arriverait. Il comprenait alors pourquoi Joey était dans cet état. Elle avait affronté ça toute seule alors qu’il aurait dû être à ses côtés mais il ne savait pas qu’elle devait lui dire. Ils avaient soigneusement évité le sujet.
Pacey : Joey, il s’y fera.
Dawson : non, il ne s’y fera jamais.
Ils se retournèrent tous les deux pour découvrir Dawson dans leur dos. Joey se figea sur place. Pacey la lacha instantanément. Il allait parlé quand le poing de Dawson s’abattit sur son visage. Il tomba sous le choc. Il se releva péniblement pour faire face à un Dawson défiguré par la colère. Le poing serré, prêt à le retaper.
Joey, se remettant à pleurer : Dawson, arrête, je t’en prie.
Dawson, faisant comme si il ne l’avait pas entendu : alors tu crois vraiment que tu vas pouvoir la rendre heureuse ? tu crois vraiment que tu vas pouvoir lutter contre notre histoire, Pacey ? Mais pour qui tu te prends ?
Pacey : Dawson, ce n’est pas contre toi, je t’assure.
Dawson, criant : tais-toi. Tu m’as trahi Pacey, tu savais que je l’aimais et tu t’es jeté sur elle, tu l’a séduit délibérément tout en sachant les sentiments que j’ai pour elle.
Pacey : arrête Dawson, tu sais très bien que c’est faux.
Dawson : vous savez quoi ? Profitez bien de votre belle histoire parce que quand tout sera fini entre vous, ne comptez pas sur moi. Vous avez piétiné notre amitié le jour où vous avez commencé à sortir ensemble.
Dawson partit. Joey et Pacey le regardèrent, n’osant bougé, n’osant parlé. La douleur de Pacey à la mâchoire se réveilla et il rentra pour mettre de la glace dessus. Joey ne le suivit pas. Au moment où il s’en aperçut, il comprit qu’elle venait de mettre fin à leur histoire. Il monta dans sa chambre et ne se rendit pas compte que son visage était baigné de larmes.

Dawson fulminait. Il envoya valdinguer une poubelle qui n’avait rien demandé. Il venait non seulement de perdre la fille qu’il aimait mais aussi son meilleur ami. Ils l’avaient trahi. Il entra chez lui avec perte et fracas, ses parents se demandant ce qui lui arrivait. Ils n’obtinrent aucune réponse, la porte de la chambre de leur fils resta immuablement close.

Joey, elle, était toujours devant chez Pacey. Elle ne pleurait plus mais tremblait. Les yeux rivés au sol, elle rejouait dans sa tête cette terrible scène. Dawson s’était montré odieux. Mais pourquoi n’allait-elle pas voir Pacey ? Parce qu’elle ne pouvait pas tout simplement. Son corps refusait de bouger. Au bout d’un certain temps, elle reprit ses esprits mais ne put aller chez Pacey. Elle rentra directement chez elle se coucher sans toutefois parvenir à trouver un sommeil réconfortant. Sa nuit ne fut que pleurs et crise de panique.

Le lendemain au lycée, Jen déambulait tel un zombie dans les couloirs. Les trois tasses de café qu’elle avait bu n’avaient pas réussi à la réveiller. Elle croisa Jack au hasard d’un couloir.
Jack : oh, mauvaise nuit.
Jen, en baillant : affreuse, un monstre ayant la tête de ma grand-mère m’a pourchassé toute la nuit.
Jack : charmant.
A ce moment, Joey passa à côté d’eux sans les voir. Ils avaient beau l’appeler, elle ne répondait pas.
Jack : sommes-nous devenu invisibles ?
Jen : j’en sais rien mais ce que je sais, c’est qu’il s’est passé quelque chose hier soir.
Jack : qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Jen : Dawson à onze heures ! Regarde sa tête.
En effet, Dawson avait l’air assez énervé. Il claqua violemment la porte de son casier et entra dans sa salle de cours.
Jen s’agitait dans tous les sens, elle regardait à gauche et à droite comme si elle cherchait quelqu’un.
Jack : heu…je peux t’aider peut-être ?
Jen : Pacey.
Jack : quoi Pacey ?
Jen : il n’est pas là. Je suis sûre que…
Mais Jen ne finit pas sa phrase, plantant Jack tout seul au milieu du couloir.
Jack : Jen ? Tu vas où ? Oh c’est pas vrai !
Jack venait de comprendre à quoi pensait Jen.

Jen se dirigeait d’un pas pressé chez Pacey. Au diable les cours, ses amis vont mal et si quelqu’un est susceptible de se confier à elle facilement, c’est bien Pacey. Elle ne le trouva pas chez lui. Ayant réfléchi aux différentes hypothèses, elle se dirigea vers la marina. Bingo, il était au bout du quai, les jambes dans le vide, les épaules voûtées, le regard vitreux. Elle s’approcha à pas de loup, n’osant pas le brusquer.
Jen : Pacey ?
Pacey : Jen, ma meilleure amie ! Comment vas-tu ?
Jen : toi, tu as bu !
Pacey : juste de l’alcool.
Jen : Pacey, qu’est-ce qui s’est passé avec Joey et Dawson ?
Pacey : et bien tu vois cette superbe lèvre enflée ? C’est l’œuvre de Dawson Leery.
Jen s’assit doucement à côté de Pacey et attrapa la bouteille de vodka qu’il était en train de boire.
Jen, portant le goulot à sa bouche : je sens que je vais en avoir besoin moi aussi.
Pacey : c’était pourtant la plus belle semaine de ma vie. C’était tellement bien. Elle semblait heureuse et c’était grâce à moi.
Jen : de quoi tu parles Pacey ?
Pacey : Joey ! Finalement tu avais raison, je lui plaisais. Ça faisait une semaine qu’on sortait ensemble. En cachette parce qu’elle ne voulait pas que Dawson l’apprenne au détour d’une rue ou d’un couloir du lycée. Hier elle lui a dit et est venue me prévenir. Il m’est tombé dessus sans prévenir. Il a été odieux. Je me doutais que ce serait dur de lui dire mais là…
Jen : je suis désolée Pacey.
Pacey : et maintenant, c’est fini. J’ai plus rien. Ni Joey, ni Dawson.
Jen : ça s’arrangera Pacey.
Pacey : non, c’est trop tard.
Il se leva alors en titubant légèrement et rentra chez lui, les mains dans les poches.

Au cours de la semaine, Jen tenta desespérement de calmer les esprits. Joey semblait à fleur de peau, toujours au bord des larmes. Dawson écumait sa rage en silence. Il n’adressait la parole à personne. Ni à Joey et Pacey, ni à Jack qui était au courant et qui n’avait rien dit, ni à Jen car il était persuadé qu’elle lui avait menti. Une seule personne semblait extérieur à tout ce qui se passait, Andie. Depuis sa rupture avec Pacey, elle semblait extérieure au groupe. Elle s’était fait de nouveaux amis. Mais quand elle apprit la nouvelle par son frère, elle décrêta le plus sérieusement du monde que Joey et Pacey ne récoltaient que ce qu’ils semaient.

Le week-end arrivait à grand pas et avec lui la fête de fin d’année du lycée. Jen ne parvint pas à convaincre Dawson et Joey d’y aller. Elle avait de plus en plus de mal à gérer la situation. Vois ses amis se déchirer lui faisait mal mais elle s’évertuait à continuer sa mission de les réunir à nouveau. Il lui restait à convaincre Pacey de venir à la fête. Elle le trouva devant son casier, au lycée.
Jen : Pacey Witter, l’homme que je cherchais.
Pacey : Jen Lindley, comment vas-tu ?
Jen : ça va. Et toi ?
Pacey, dont le regard s’assombrit quand Joey passa près de lui : à merveille !
Jen : à d’autres Witter. Je vois clair dans ton jeu. J’ai une proposition à te faire.
Pacey : rien d’illégal j’espère.
Jen : non, t’es libre samedi soir ?
Pacey : ça dépend pour quoi.
Jen : et bien je cherche un cavalier pour la fête du lycée.
Pacey : la fête du lycée qui a justement lieu samedi soir ?
Jen : tu comprends vite.
Pacey : Jen, je suis pas trop d’humeur pour une fête avec tout le lycée de Capeside. Pourquoi tu ne demandes pas à Jack ?
Jen : parce que Jack va voir un match de foot avec son père. S’il te plait Pacey….on sera pas obligé de danser ensemble si tu veux.
Pacey : non Jen, oublie, je serai pas de bonne compagnie.
Jen : ça sera à moi de juger. Tu passes me prendre samedi soir à 19h30. Ne soit pas en retard et fais-toi beau.
Pacey : non Jen.
Mais Jen ne fit pas attention à sa protestation, elle s’éloignait déjà en direction de son prochain cours.
Pacey : j’ai dit non Jen !

Le samedi soir, Jen attendait Pacey. Il était 19h45 et il n’était toujours pas là. Elle pensa un instant qu’il ne viendrait pas mais elle s’avait qu’en ne lui laissant pas le choix, il viendrait. C’est alors qu’on sonna à la porte. Elle ouvrit et tomba nez à nez avec Pacey.
Jen : tu es en retard !
Pacey : j’aime bien me faire désirer. Très élégante Lindley. On y va ?
Jen : on y va. T’es pas mal non plus toi aussi.
Ils montèrent dans la voiture de Pacey et partirent en direction du lycée.

Dawson était dans sa chambre quand il entendit une voiture arriver. Il se posta derrière la fenêtre pour voir Pacey venir chercher Jen. Ils allaient sans doute au bal du lycée. Pacey souriait et plaisantait. Même s’il le connaissait par cœur, Dawson préféra penser que c’était parce qu’il n’avait rien à faire de Joey plutôt que pour se donner une contenance. Il décida alors qu’il était temps d’avoir une conversation avec Joey. S’il devait recoller les morceaux avec quelqu’un, c’était avec elle. Il descendit et sortit de la maison. Il sauta dans sa barque et partit en direction de chez Joey. Il arrima sa barque et remarqua la lumière dans la chambre de Joey. Il frappa à la porte. Bessie vint lui ouvrir. Elle semblait surprise de le trouver sur le pas de sa porte.
Bessie : Dawson ? qu’est-ce que tu viens faire là ?
Dawson : bonjour Bessie. Joey est là ?
Bessie : oui, dans sa chambre. JOEYYYYY.
Joey : ça va, j’arrive, pas la peine de crier comme ça.
Quand elle vit Dawson, elle sembla surprise. Elle prit son manteau et sortit. Elle n’avait pas encore prononcé un seul mot à son intention. Elle s’assit sur une chaise longue du jardin. Dawson la rejoignit en silence. Au bout d’un temps qui parut une éternité aux yeux de Dawson, il se décida enfin à parler, sachant pertinemment que Joey ne dirait rien.
Dawson : Joey, je suis venu m’excuser pour mon comportement. Je n’aurai pas dû te parler comme ça. Cependant, même si je m’excuse pour ce que je t’ai dit, je ne reviendrai pas sur ce qui c’est passé. Je suis contre cette relation. Je ne pourrai jamais l’accepter.
Joey, après un long silence, se décida enfin à lever les yeux vers Dawson. Il ne vit que de la tristesse dans son regard, une immense tristesse.
Joey : tu m’as fait très mal Dawson.
Dawson : je sais Joey.
Joey : non tu ne sais rien Dawson. Tu m’as privé d’une chose qui me rendait heureuse. Toi qui dit vouloir tout faire pour mon bonheur, tu y mets un frein, tu te dresses devant moi. Depuis quand tu décides de qui je dois aimer ? Avec qui je dois sortir ? Même si tes relations avec Jen ou Eve me déplaisaient, tu les as vécu à fond que je sache.
Dawson : ce n’est pas comparable Joey.
Joey : ah bon ? pourquoi ?
Dawson : parce que vous, vous avez fait ça dans mon dos, nous n’avez pas été honnêtes.
Joey : on se demande bien pourquoi vu ta réaction.
Dawson : Joey, je ne suis pas venu ici pour qu’on se dispute à nouveau. Je suis venu pour qu’on se réconcilie. Parce que tu me manques beaucoup Joey.
Joey : il faut que je réfléchisse.
Dawson, se levant : très bien. Fais-moi signe quand tu auras décidé.

Pendant ce temps-là, à la fête du lycée, Jen flirtait avec un élève de dernière année, laissant Pacey livré à lui-même. Ce dernier buvait dans une flasque qu’il avait ramené pour sa consommation personnelle, sachant que le punch du lycée ne lui permettrait pas de noyer ses problèmes. Belinda McGoverne s’approcha alors de lui et lui prit la flasque des mains.
Pacey : te gênes pas surtout, fais comme chez toi.
Belinda, buvant une grande rasade d’alcool : brrr, j’en avais besoin. Merci Pacey.
Pacey : whoua, j’en ai de la chance, tu connais mon prénom !
Belinda, charmeuse : oui, et j’aimerai beaucoup en connaître un peu plus.
Pacey : oui alors là, tu peux passer ton chemin, je ne suis pas intéressé.
Belinda : oh Pacey, s’il te plaît, j’ai besoin de réconfort. Mon petit ami m’a laissé tomber pour cette nunuche de Clarisse Campbell.
Pacey : désolé, je ne me contente pas des restes des autres. Trouve une autre proie.
Belinda : qui parle de sortir ensemble ? ce sera juste sexuel entre nous.
Pacey s’approcha alors d’elle en lui attrapant le bras et en le serrant fermement. Il se pencha sur elle de manière à avoir son visage tout prêt du sien.
Pacey : Belinda, ce ne sera ni ce soir, ni dans dix ans que je coucherai avec toi.
Belinda : on verra bien Witter.
Elle s’en alla alors d’une démarche nonchalante rejoindre ses amies en riant. Pacey n’était pas dupe, il devait sans doute être la cible d’un pari stupide.
La soirée touchait à sa fin et Jen était rentrée chez elle car Grams lui avait imposer un couvre-feu de minuit. Elle se fit donc raccompagner par sa dernière conquête. Pacey la regarda partir et se demandait pourquoi il ne rentrait pas lui aussi. Belinda passa alors à côté de lui et lui souria.
Belinda : toujours pas parti Witter ?
Elle passa son chemin et se retourna pour lui adresser un sourire provocant. Pacey posa son verre, fit un dernier tour d’horizon sur la salle et partit par la même porte qu’emprunta Belinda deux minutes plus tôt. Il n’eut aucun mal à la rejoindre, elle semblait même l’attendre.
Belinda : je savais que tu changerais d’avis.
Pacey : on a dit juste sexuel Belinda.
Ils partirent alors ensemble. Pacey ne voulait surtout pas réfléchir ce soir. Il aurait tout le temps de s’en vouloir demain.

Le lundi suivant, Dawson arriva au lycée souriant. Joey était venu le voir la veille pour enterrer la hache de guerre. Cependant, elle lui précisa qu’il faudrait attendre longtemps avant qu’ils ne redeviennent amis comme avant. Mais Dawson s’en fichait. Il avait finalement gagné ! En cours, il entendit Belinda raconter qu’elle avait couché avec un garçon visiblement doué pour ce genre de chose. Sa voisine lui demanda alors de qui elle parlait et c’est là qu’elle lâcha un nom : Pacey Witter. Une idée germa alors dans l’esprit de Dawson, une manière de se venger de ce que lui avait fait Pacey en posant ses yeux et ses lèvres sur Joey. Il griffonna rapidement une invitation sur un bout de papier et en fit des doubles. Sitôt la fin du cours, il en déposa une dans le casier de Jack, Andie, Jen, Pacey et Joey.

Le soir même, ils arrivèrent tous ensemble chez Dawson. Andie ignora brillamment Joey et Pacey. Tous s’interrogeaient sur les raisons mystérieuses de cette invitation. Une fois installés dans le salon, Dawson se décida à tout expliquer.
Dawson : si je vous ai réuni ce soir, c’est pour que tout redevienne comme avant.
Il adressa alors un regard noir à Pacey qui comprit que ce n’était pas la vraie raison de cette réunion impromptue.
Dawson : les derniers événements nous ont éloigné. Maintenant que j’ai eu une conversation approfondie du problème avec Joey, je propose qu’on passe une soirée ensemble comme avant. Et pour mieux nous rapprocher, nous allons réapprendre à nous connaître en jouant au jeu de la vérité.
Jen : oh non Dawson, j’ai l’impression de revenir deux ans en arrière avec Abby !
Dawson : ne t’inquiète pas Jen, tu vas t’amuser. Je commence…
Les questions s’enchaînaient, l’atmosphère était toujours tendue et Dawson menait la danse tel un chef d’orchestre. Il semblait préparer son coup depuis longtemps. Il se tourna alors vers Pacey à qui il n’avait pas encore adressé la parole.
Dawson : Pacey, qu’as-tu fait samedi soir ?
Pacey : heu…je suis allé à la fête du lycée avec Jen.
Dawson : et après le bal ?
Andie : Dawson, c’est une seule question je te rappelle.
Mais Dawson ne l’écoutait pas. Il dévisageait Pacey, cherchant la faille dans son visage impassible. Pacey avait compris où Dawson voulait en venir. Belinda ! Il était sans doute au courant. Tous les visages étaient tournés vers eux. Ils s’affrontaient en silence, se maudissant réciproquement.
Pacey : je suis rentré chez moi.
Dawson ne releva pas. Pacey reprit le jeu comme si de rien n’était et posa une question à Jack. Mais au bout de cinq minutes, Dawson prit la parole.
Dawson : quelqu’un a menti !
Joey : ah bon ? je croyais qu’on était censé dire la vérité. Et puis où est le mal de mentir sur son chanteur préféré ou sur sa couleur favorite ?
Dawson : tu n’y es pas du tout Joey.
Jen : Dawson, à quoi tu joues là ?
Pacey : je reviens.

Pacey s’absenta deux minutes, le temps d’aller se servir un verre d’eau dans la cuisine. Mais cela suffit à Dawson pour tout raconter au groupe. Quand il revint dans le salon, il sut que Dawson avait parlé. Joey le fusilla du regard, Jen semblait à mille lieues d’ici et Jack le regarda peiné. Andie se leva alors lentement et se planta devant Pacey.
Andie : tu me dégoûtes.
La claque qui suivit, il ne s’y attendait pas. Andie semblait folle de rage, elle tambourinait sur le torse de Pacey en répétant pourquoi, pourquoi, pourquoi. Jack éloigna Andie de Pacey pour qu’elle le lâche enfin. Pacey les regarda tous les uns après les autres. Tandis que Joey semblait furieuse, Dawson affichait un air triomphant. Il avait réussi à tous les monter contre lui.
Pacey : j’ai fait ça parce que je suis malheureux.
Dawson : tu l’as cherché il me semble.
Pacey : non Dawson, je crois que tu es le mieux placé pour comprendre qu’on puisse craqué pour elle.
Joey : elle, elle aimerait bien que vous arrêtiez de vous mêler de sa vie.
Joey se leva et partit, suivie de Jack, Andie et Jen.
Dawson regarda Pacey comme s’il le répugnait au plus haut point.
Pacey : t’es content ? Tu as eu ce que tu voulais !
Dawson, glacial : ne m’adresse plus jamais la parole et ne t’approche plus jamais d’elle.
Pacey partit alors, désemparé.

Pacey se rendit directement à la marina. Il se sentait abattu. Il ne savait pas ce qui l’attendait demain et il n’avait aucune envie de le savoir. Il se rassit au même endroit où Jen l’avait rejoint. Il se mit à pleurer silencieusement quand une voix se fit entendre derrière lui.
Joey : pourquoi tu as fait ça Pacey ?
Elle semblait résignée, choquée aussi.
Pacey : j’en sais rien.
Joey : c’est à cause de ce qui s’est passé ?
Pacey : oui. J’ai mal Joey. Je croyais que tu étais heureuse mais tu as choisi Dawson le soir où il a tout appris.
Joey : je n’ai choisi personne. Je ne pouvais pas te parler et je ne pouvais pas lui parler non plus. Je suis rentrée directement chez moi.
Pacey : tu te rends compte qu’on ne s’est pas parlé depuis plus d’une semaine et quand enfin le dialogue revient, c’est pour parler de Dawson !
Joey : c’est tout ce que tu attendais de moi ? le sexe ?
Pacey

potter  (23.02.2006 à 21:53)
Pacey passa un mois à l’hôpital afin de poursuivre sa rééducation. Le médecin se montrait optimiste mais expliqua à Pacey qu’il lui faudrait attendre de longs mois avant de pouvoir marché tout à fait normalement. Sa sortie programmée, on l’invitait à effectuer quelques promenades journalières afin de ne pas perdre ce qu’il avait acquis à l’hôpital. Il devait toutefois faire des visites de contrôle régulières à l’hôpital afin de s’assurer de la bonne progression de son réapprentissage. Pacey se sentait heureux, il pouvait remarcher, sortir de cet hôpital, réapprendre à vivre. Beaucoup de monde semblait heureux de le revoir. Ses amis lui rendaient visite régulièrement. Pour lui aucune ombre au tableau ne planait. Malgré le fait qu’il ait raté un an de sa vie, il se sentait bien.

De son côté, Joey se posait mille et une questions. Elle avait décidé de ne pas forcer le destin en se présentant à Pacey. Après tout, si cet accident avait eu lieu, c’était à cause d’elle. Dawson, Jen, Andie et Jack lui donnaient régulièrement des nouvelles de Pacey mais elle n’écoutait que d’une oreille. Etre privée de sa présence était très dur. Elle avait tant envie de lui parler, de savoir comment il allait, de recommencer leurs joutes verbales. Mais ce passé n’existait plus. L’été avançait à grand pas et Joey avait tellement de travail avec la pension qu’elle sortait peu. Mise à part quelques soirées avec la bande, ses sorties se limitaient à son jardin ou au supermarché. Un jour, elle se dirigea vers la maison des Witter. Ils n’habitaient pas très loin. Elle observa la fenêtre de la chambre de Pacey et ferma les yeux. Tout lui revint alors en mémoire. Le placard où elle s’était caché, le baiser avec Pacey. Elle sentait encore ses lèvres contre les siennes, plus d’un an après. Elle ouvrit alors les yeux et réalisa que malgré cette année écoulée, ses sentiments n’avaient pas disparus, ils étaient toujours là, cachés au fond d’elle et avaient attendus le réveil de Pacey pour ressurgir à leur tour. Elle partit alors, effrayée à l’idée d’être surprise par un membre de la famille Witter ou par Pacey lui-même.

Dawson et Jen discutaient tous les deux dans la chambre de Dawson. Jen était arrivée d’un seul coup, entrant sans frapper, sans se demander si elle dérangeait ou pas.
Jen : salut.
Dawson, surpris : Jen, mais on a rendez-vous que dans une heure à la plage !
Jen : je sais mais il fallait que je te parle.
Dawson : de quoi ?
Jen : Joey.
Dawson : qu’est-ce qu’elle a ?
Jen : tu ne remarques pas qu’à chaque fois qu’on parle de Pacey, elle change de sujet. Elle s’impose le silence et refuse de le voir. Si ça continue, elle ne le reverra qu’à la rentrée.
Dawson : on ne peut pas la forcer si elle ne veut pas le voir. Elle se sent responsable de l’accident.
Jen : oui, on s’est tous sentis responsable Dawson mais dis-moi, c’était quand la dernière fois que Joey est venue à la plage ou au cinéma avec nous ?
Dawson : on est allé au cinéma dimanche.
Jen : oui je sais mais tu n’as pas remarqué que dès qu’on lui propose une activité, elle refuse. Elle se cloître chez elle.
Dawson : Jen, tu sais bien qu’elle a beaucoup de travail à la pension.
Jen : oui mais elle pourrait se ménager un peu. Bessie m’a demandé de m’arranger pour la faire sortir un peu d’ici. Et j’avoue que je ne sais pas comment faire.
Dawson : comment ça ? Jen Lindley est à court d’idée ! Impossible.
Jen : très drôle. Ce que je veux dire Dawson, c’est que tu es celui qui la connaît le mieux et que tu devrais essayer de lui parler.
Dawson : et si elle ne veut pas ?
Jen : elle voudra. Et puis vous avez du temps à rattraper tous les deux non ? J’en ai marre que tu viennes me confier tous tes états d’âme depuis un an !
Elle avait dit ça avec un sourire malicieux, pour faire comprendre à Dawson qu’elle plaisantait mais il fallait vraiment qu’il parle à Joey. Il lui devait au moins ça.

Joey entendit frapper à la porte et se hâta d’aller ouvrir pensant qu’un nouveau client arrivait. Où allait-elle le loger, aucune idée ! Elle ouvrit la porte et se trouva nez à nez avec Dawson, en bermuda, chemise ouverte et tongs au pieds.
Joey : Dawson, c’est gentil mais j’ai une tonne de boulot, je te l’ai dit, il me reste trois machines de draps à faire et autant de repassage. Je n’ai pas le temps d’aller à la plage.
Dawson : ça tombe bien parce que je ne suis pas là pour te faire sortir mais pour discuter.
Joey le laissa entrer et retourna à sa planche à repasser.
Joey : oui ben tu devras me parler pendant que je bosse parce que cette pile de linge n’attendra pas.
Joey se battait avec un drap qu’elle n’arrivait pas à plier comme il faut. Dawson lui prit alors deux des quatre coins et l’aida à le plier. Il décida alors que c’était le meilleur moment pour discuter. Elle avait les mains prises, elle ne pourrait donc pas riposter.
Dawson : pourquoi tu refuses de voir Pacey ?
Joey, s’arrêtant dans son pliage : d’accord, Jen n’a pas réussi alors tu tentes le coup. Et après vous m’envoyez Jack et Andie ?
Dawson : Joey, tu ne te rends pas compte de ce que c’est. On est toujours obligé de faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait. On ne va pas pouvoir lui cacher la vérité longtemps. Tu ne vas tout de même pas attendre la rentrée.
Ils avaient fini de plier le drap. Joey s’approcha de lui pour prendre la partie du drap qu’il tenait. Elle releva la tête vers lui. Dawson sonda son regard et il lut la détresse de Joey. Elle semblait si malheureuse.
Dawson : tu n’as pas à t’imposer ce silence Joey. Je suis sûr qu’il serait ravi de se souvenir de toi.
Joey : permets-moi d’en douter.
Dawson : et comment tu ferais s’il tombait sur une des photos qu’il a dans sa chambre ? Encore une chance que ses parents aient transféré sa chambre au rez-de-chaussée et mis toutes ses affaires au garage quand sa sœur s’est installé chez eux.
Joey : et qu’est-ce que je lui dirai Dawson ? « Salut moi c’est Joey, tu ne te souviens pas de moi parce que c’est de ma faute si tu as perdu un an de ta vie. Si on était pas sorti ensemble, rien ne serait arrivé ! »
Dawson : évidemment non, mais Joey, un jour ou l’autre, il se rappellera de toi et de ce que tu représentais pour lui.
Joey baissa les yeux. Elle ne savait pas ce qu’elle représenterait pour lui quand il se souviendrait d’elle mais elle savait ce que lui représentait pour elle. Il lui manquait tant. Mais le passé ne se reproduit jamais. Il fallait qu’elle oublie ses sentiments. Le temps et l’absence l’y aideraient.
Dawson : une dernière chose Joey. Je ne me suis jamais réellement excuser pour ce qu’il s’est passé le soir où tu es venu me parler.
Joey releva la tête, étonnée.
Joey : mais si Dawson, tu…
Dawson : laisse-moi finir. Saches que je suis sincèrement désolé. Si j’avais su, j’aurai réagi différemment. J’aurai privilégié ton bonheur à mon orgueil.
Joey : merci Dawson.
Il partit sur ces derniers mots, laissant Joey seule devant son fer à repasser.

Deux jours plus tard, Pacey se préparait pour sa ballade quotidienne. Mais il avait refusé que Jen, Jack, Dawson ou Andie l’accompagne. Il devait se débrouiller seul. Il prit donc la route qui longeait sa maison et remonta dans la direction opposée de son chemin habituel. Arrivé à un croisement, il regarda les panneaux de signalisation. Une pancarte discrète indiquait « B&B Potter». Il sourit en pensant au petit sorcier dont Jen lui avait raconté les aventures. Il s’engagea sur la route le menant au B&B se disant qu’il pourrait longer la rivière jusqu’à chez lui au retour, le chemin n’étant pas très long. Arrivé au bord de l’eau, il s’assit un instant dans l’herbe pour se reposer. Il s’y allongea carrément, ne prêtant pas la moindre attention aux alentours. Il entendit alors une porte s’ouvrir et des voix s’élever. Il se retourna, des clients sortaient du B&B. Il reprit alors sa position initiale mais tout à coup, il se sentait bizarre. Il ne savait pas comment définir ce qu’il ressentait. Il avait l’impression d’être observé. Il se retourna alors à nouveau et fixa la maison. Rien ne lui venait en tête. Il se releva, décidé à partir pour fuir ce malaise qu’il sentait s’installer en lui. Il entendit à nouveau la porte s’ouvrir. Prenant peur à l’idée d’être pris pour un rôdeur, il se cacha derrière un arbre, tout prêt d’une camionnette bleue. Il s’accroupit. Il entendit alors une voix.
Joey : c’est bon, j’ai entendu. Je te ramène ce qu’il faut.
Elle monta dans la voiture, mit le contact, enclencha la marche arrière et repartit sans voir Pacey. Mais lui avait aperçut ses cheveux voler au vent. Il la connaissait, il en était persuadé. Réfléchissant à tout ça sur le chemin du retour, il eut la révélation en pénétrant dans sa nouvelle chambre. Joey. Une douleur à la tête le transperçât et il s’allongea sur son lit. « Joey. Drôle de prénom pour une fille… je crois que je suis amoureux de Joey…Joey, souriant : t’es vraiment un bébé quand tu t’y mets… Je ne peux pas non plus faire taire cette petite voix. Celle qui me dit que j’éprouve quelque chose pour toi… Pacey, Dawson sait tout. » Tout lui revint en tête. Joey, leur histoire, la réaction de Dawson, le bal, Bélinda, comment Dawson avait tout révéler et la réaction de Joey. Il avait enfin remis toutes les pièces du puzzle en place. Mais quelque chose l’interpellait. Pourquoi, depuis qu’il était réveillé, Joey n’était pas venue une seule fois le voir ? Pourquoi aucun de ses amis ne lui avaient parlé de Joey ?

Il semblait évident aux yeux de Pacey qu’une seule personne pourrait l’aider aujourd’hui à comprendre toute l’histoire, Dawson. Il l’appela en lui demandant de venir le plus rapidement possible. Dawson arriva un quart d’heure plus tard.
Dawson : qu’est-ce qui se passe Pacey ? un problème ?
Pacey : je me souviens de tout.
Dawson : ah.
Pacey : sacré crochet du droit que tu as !
Dawson sourit. Mais il était mal à l’aise car il ne savait pas ce que Pacey pensait exactement de la situation.
Dawson : écoute Pacey, je suis désolé d’avoir aussi mal réagi.
Pacey : la question n’est pas là Dawson. Il était évident que tu réagisses mal vu ton histoire avec Joey. Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi elle n’est pas venue une seule fois me voir depuis que je suis réveillé ? Pourquoi vous ne m’avez pas parlé d’elle ?
Dawson : c’était une décision collective. Jen nous a dit que tu ne te souvenais pas de Joey. On ne savait pas comment réagir et vu ce qu’il s’était passé, on s’est dit qu’il ne valait mieux pas t’en parler. Joey ne voulait pas que tu la vois sans savoir qui elle était parce qu’elle se sent responsable de l’accident. Elle pense que si elle avait écouté sa raison et non son cœur vous ne seriez jamais sorti ensemble et je n’aurai pas tout saboté comme je l’ai fait.
Pacey : écoute Dawson, toi comme Joey, vous n’avez pas à vous sentir responsable de ce qu’il s’est passé. Je suis tombé tout seul après tout.
Dawson : oui mais c’est comme si c’est moi qui t’avais poussé. Si je n’avais pas été aussi aveugle et furieux, je n’aurai jamais orchestré tout ça. C’était ridicule.
Pacey : n’en parlons plus. De toute façon, tu n’as plus de soucis à te faire.
Dawson : pourquoi tu dis ça ?
Pacey : parce que Joey n’a sans doute aucune envie de me parler.
Dawson : tu te trompes. Joey a été très affectée de ce qu’il t’est arrivé. Elle se sent toujours responsable. C’est pour ça qu’elle ne disait rien quand elle venait te voir. Elle pense que tu lui en voudras le jour où tu te souviendras de ce qui est arrivé.
Pacey : c’est idiot. Tu crois qu’il faut que j’aille lui parler ?
Dawson : oui, je pense que ça arrangerait pas mal de choses. Pour toi comme pour elle.
Pacey demanda alors à Dawson de le déposer devant le B&B. Il avait déjà beaucoup marché aujourd’hui. En arrivant, il remarqua que la camionnette n’était pas là donc Joey n’était pas encore rentrée. Il s’installa dans le jardin et l’attendit.

Bessie, qui passait devant la fenêtre, remarqua quelqu’un assit dans le jardin. Cette personne lui tournait le dos. Elle souleva le rideau et reconnut Pacey. Elle sourit en pensant que sa petite sœur allait peut-être enfin retrouver le sourire.

Quinze minutes plus tard, alors que Dawson racontait tout à ses amis sur la plage, Joey s’engageait dans son allée. Elle se gara et descendit de la voiture, les bras chargés par les courses. Au lieu de rentrer par la cuisine, comme d’habitude, elle entra par la porte principale, ce qui fit qu’elle ne vit pas Pacey dans son jardin. Sa sœur lui enleva les sacs des bras pour lui annoncer que quelqu’un l’attendait dans le jardin. Elle ressortit par la cuisine et resta figée sur le pas de porte en reconnaissant la silhouette qui se tenait devant elle. Elle s’approcha timidement. Pacey releva la tête vers elle et lui sourit.
Pacey : alors Potter, toujours aussi tête en l’air au volant ?
Joey : pourquoi tu dis ça ?
Pacey : peut-être parce que si tu ne te presses pas, ta camionnette va finir dans la rivière.
Joey se retourna et remarqua que la camionnette avançait tout doucement. Elle courut alors, ouvrit la portière à la volée et tira le frein à main. Elle revint sur ses pas pour s’asseoir à côté de Pacey.
Joey : merci.
Pacey : de rien. Mais je te l’ai dit cent fois l’année dernière, quand tu descends de voiture, tires le frein à main.
Joey sourit alors à Pacey. Il n’avait pas changé et la taquinait toujours. Une question lui traversa alors l’esprit. De quoi se souvenait-il ? Elle n’eut pas beaucoup l’occasion de réfléchir car Pacey se pencha en avant et lui prit la main. Ils étaient maintenant assis face à l’autre, les coudes sur les genoux, se regardant et se tenant la main.
Pacey : tu m’as manqué Potter.
Joey, dont les yeux se remplirent de larmes : toi aussi Pacey.
Une larme coula le long de sa joue et Pacey l’essuya en passant son pouce sur la joue de Joey.
Pacey : tu sais Joey, Dawson m’a tout raconté. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as fait ce que tu devais faire. On ne pouvait pas prévoir la suite des évènements.
Joey : non mais on savait que Dawson ne le supporterait pas.
Pacey : oui mais ce qu’on a vécu, aussi bref soit-il, était vraiment magique.
Joey : de la magie plein le cœur.
Pacey sourit à cette réplique de Joey. Elle avait donc aimé ce qu’ils avaient vécu ensemble.
Pacey : il faut que je te dise quelque chose. En me rappelant de toi, je me suis rappelé ce que je ressentais pour toi. Et être ici, avec toi, te tenir la main, ça me fait comprendre que ces sentiments que j’ai pour toi, je les aurai encore longtemps sans doute.
Joey : Pacey, je…
Pacey : Joey, laisse-moi finir. Je ne sais pas ce qu’il en ait pour toi mais sache que malgré le fait que je t’aime, ça j’en suis persuadé, il vaut mieux qu’on en reste là. Redécouvrons-nous, redevenons amis. Il faut que je rattrape le temps que j’ai perdu avec chacun d’entre vous. Je ne peux pas me lancer dans une relation amoureuse mais sache que je t’aime Potter.
Joey, émue, car après tout c’était la première fois qu’il lui disait qu’il l’aimait, partageait son opinion.
Joey : Pacey, j’étais si mal quand tu étais dans le coma. Je sais que ce qui t’es arrivé est de ma faute mais toi tu ne m’en veux pas. Tu ne le vois pas comme ça. Pourtant je peux t’assurer que j’endosse l’entière responsabilité de ce qui est arrivé. Je m’excuse de ne pas être venue te voir plus souvent quand tu étais dans le coma mais je ne pouvais pas. Je pensais qu’en m’éloignant volontairement de toi, mes sentiments s’en iraient. Mais l’absence et le temps ne m’ont pas guéri. Je l’ai compris quand j’ai su que tu étais réveillé. J’ai été bouleversée de savoir que tu ne te rappelais pas de moi. Il m’est arrivé de m’arrêter devant ta maison et de regarder la fenêtre de ta chambre. Je repensais alors à ce que nous y avions vécu. C’est comme ça que j’ai compris que j’aurai beau mettre toute la distance possible entre nous, je ne t’oublierai pas et j’aurai toujours des sentiments pour toi.
Pacey, souriant : des sentiments positifs j’espère.
Joey lui rendit son sourire : des sentiments très forts.
Ils passèrent alors deux heures à discuter de tout et de rien, chacun allongé sur une chaise longue, profitant du soleil qui les réchauffait. Joey lui racontait ce qu’il avait raté au cours de l’année, sport, politique, les potins du lycée. Ils se ré apprivoisaient tout doucement et quand Bessie entendit le rire de sa sœur par la fenêtre ouverte, elle se dit qu’à présent tout irait bien.

Les vacances d’été touchaient à leur fin et ils étaient déjà à la veille de la rentrée. Ils avaient passé énormément de temps tous ensemble, à la plage, au cinéma, reformant le groupe soudé qu’ils étaient avant l’accident. Andie était à nouveau là aussi, son petit ami ayant déménagé, elle préféra mettre un terme à la relation. Elle prit à cœur de remettre son amitié avec Joey et Pacey sur les rails et le soleil brillait à nouveau dans le cœur de chacun. Ils affrontèrent la rentrée sereinement, ravis de constater qu’ils étaient tous dans la même classe, sauf Pacey, forcé de redoubler. Ils retrouvèrent leur table habituelle au réfectoire et s’y installèrent, commentant l’année à venir. Pacey arriva un peu en retard.
Jack : premier jour et t’es déjà convoqué chez le principal ?
Joey : il est au mieux de sa forme pour ce premier jour.
Pacey : très amusant Potter. En effet, je sors du bureau du principal mais pas pour une colle.
Andie : qu’est-ce qu’il te voulait alors ?
Pacey : et bien, étant donné que j’ai raté involontairement un an de scolarité (il remarqua que Joey baissa la tête, le passé la hantait encore parfois) il me propose un arrangement.
Jen : lequel ?
Pacey : et bien je reste dans ma classe actuelle mais dans un mois, il me fait passer un test d’aptitudes.
Dawson : d’aptitudes à quoi ?
Pacey : j’y viens. Si pendant ce mois, je travaille le programme de l’année et que j’ai au moins 75 sur 100 au test d’aptitude, je vous rejoins en classe avec des cours de soutien parce que évidemment, j’aurai des lacunes.
Jack : est-ce vraiment légal ?
Pacey : Jack, tu sais bien qu’à Capeside tout est possible.
Ils partirent tous alors d’un fou rire, ne manquant pas de se faire remarquer par les autres élèves.
Dawson : bon, moi je propose qu’on se retrouve tous vendredi soir chez moi.
Jen : crois-tu que ce soit une bonne idée ? Après tout, la dernière fois qu’on s’est tous retrouvé chez toi, ça a été un fiasco total.
Dawson : Jen !
Jen : c’est bon j’ai rien dit.
Dawson : soirée vidéo ça vous dit ? En plus ce sera une des dernières avant la naissance du bébé.
Andie : ta mère doit accoucher quand déjà ?
Dawson : dans trois semaines.
Jen : oh lala, c’est bientôt ça. J’ai hâte de le voir ce bébé.
Joey : tes parents ne veulent toujours pas savoir si c’est une fille ou un garçon ?
Dawson : non, secret défense.
Pacey : moi je ne réalise toujours pas que ta mère est enceinte.
Dawson : pourtant on ne voit que ça.
Joey : Dawson !
Jack, riant : il faut avouer qu’il a pas tord.
Ils finirent leur repas en rigolant et en parlant de tout et de rien. Tout semblait enfin rentrer dans l’ordre.

Le vendredi soir, chacun arriva chez Dawson avec quelque chose à manger. Dawson s’était occupé des films. Avant de monter dans sa chambre, il leur demanda de s’installer dans le salon.
Jen : vous voyez, ça recommence !
Andie : Jen, arrête un peu.
Dawson : oui, surtout que je te promets que tout ce passera bien cette fois-ci.
Chacun prit place. Jen, Jack et Andie sur le canapé, Joey et Pacey, chacun dans un fauteuil.
Dawson se mit face à eux et les regarda tour à tour.
Dawson : voilà, je suis ravi que nous soyons à nouveau tous réunis. Bien sûr, tout ce qui est arrivé entre nous ne s’oubliera pas facilement. Nous nous sommes éloignés les uns des autres mais j’espère que ça nous permettra de mieux nous retrouver. Pendant toute l’absence de Pacey, j’ai réfléchi aux raisons qui ont fait que cette situation est arrivée. J’ai été odieux avec vous deux. Joey, je t’ai observé pendant toute cette année et j’ai vu que tu étais malheureuse mais que tu n’osais pas te confier à moi. Je comprends pourquoi et je m’en veux énormément d’avoir été la cause de ton mal-être. Je souhaitais te dire à toi et à Pacey, et ce devant témoins, que si aujourd’hui, vous décidiez de reprendre votre histoire où je l’ai brisée, j’accepterais. Je vous aime tous les deux et vous savoir heureux ensemble me suffirait. Seulement Pacey, sache que si tu la rends malheureuse ou que tu lui fais du mal, je te démolis.
Personne ne parlait. La dernière phrase de Dawson flottait dans l’air créant un malaise. Il avait réussi son effet et se mit à rire.
Dawson : détendez-vous, je plaisantais. Pacey, Joey, tout ce que je veux aujourd’hui, c’est votre bonheur. Si vous le trouvez en étant ensemble, alors foncez.
Ils se regardèrent dans les yeux et se sourirent timidement.
Jen :et bien il aura fallu attendre que Pacey passe un an dans le coma pour que Dawson se transforme en un maître zen et comprenne que Joey n’est pas la seule fille sur terre !
Dawson : j’ai toujours été un peu long à la détente.
Andie : tu as raison Dawson, on aurait pas dû faire toute une histoire parce que deux d’entre nous ont développé des sentiments. Ça aurait pu être n’importe qui d’autre.
Jack : oui mais il n’est jamais évident de dire adieu à ceux qu’on aime.
Joey et Pacey ne parlaient pas. Ils ne savaient pas s’ils devaient remercier Dawson ou être surpris. Joey avait l’impression d’être une petite fille à qui on venait d’autoriser de jouer avec une poupée de collection. Mais elle savait que Dawson avait besoin de dire ce qu’il venait de dire et quelque part, elle le remerciait de donner une autre chance à son histoire avec Pacey.
Pacey : je te remercie Dawson mais pour l’instant, Joey et moi on a décidé de laisser notre histoire en suspend. De voir si cette année d’absence forcée a changé nos sentiments.
Joey se leva alors et alla dans la salle de bain pour se rafraîchir.
Pacey : mais j’espère que nous pourrons à nouveau sortir ensemble. Surtout que maintenant, tu n’y vois pas d’inconvénients.
Dawson : je ne peux pas me permettre de faire obstacle à votre bonheur deux fois de suite.
Pacey : merci.
Joey revint, sans savoir ce qui venait d’être dit. Ils montèrent alors visionner le film que Dawson avait loué et passèrent le reste de la soirée à discuter avant que chacun rentre chez soi.

Une semaine plus tard, le vendredi, après les cours, Pacey intercepta Joey devant son casier. Ils n’avaient pas reparlé de la soirée chez Dawson mais étaient redevenus de très bons amis. Joey et Andie l’aidaient pour réviser le programme scolaire avant le test, dans trois semaines.
Pacey : salut Potter.
Joey : Witter !
Pacey : dis-moi, après notre séance révisions demain après midi, ça te dit d’aller au cinéma ?
Joey : voir quoi ?
Pacey : heu…je sais pas. Tu veux voir quoi ?
Joey : ben Brokeback Mountain a l’air super bien.
Pacey: le truc des cow-boys gays? T’as rien d’autre ?
Joey : je vois ! Tu préférerais sans doute le dernier film avec Adam Sandler ?
Pacey : pas spécialement mais le nouveau film de Jim Carrey a l’air marrant.
Joey leva les yeux au ciel. Impossible d’emmener Pacey voir un film sérieux !
Joey : bon ok. On dit aux autres de nous rejoindre directement ?
Pacey, surpris : à vrai dire, je pensais qu’on pourrait y aller tous les deux.
Joey : oh.
Pacey : mais si tu veux pas, on a qu’à y aller tous ensemble.
Joey : non, non, c’est bon. On ira à la séance de 21h. Tu passes me prendre ?
Pacey : pas de soucis. Bonne journée Potter.
Il s’éloigna, ravi. Joey, elle, était perdue dans ses pensées quand Jen arriva.
Jen : il doit être drôlement mignon pour que tu souries comme ça.
Joey : je sors avec Pacey demain soir.
Jen : mais c’est génial.
Joey : oui mais….
Jen : pas de mais Joey. J’ai vu ton sourire en arrivant. Tu l’aimes, ça crève les yeux. Et tu n’as plus à craindre Dawson.
Joey : justement, ça me dérange. J’ai eu l’impression que c’est lui qui régissait ma vie. Qu’il fallait qu’il me donne la permission. Imagine que je veuille sortir avec quelqu’un d’autre. Je ne vais pas demander la permission à Dawson à chaque fois !
Jen : Joey, ce n’est qu’un prétexte que tu me sors là. Tu sais bien qu’il est important pour toi que Dawson approuve ton histoire avec Pacey. Pour que tu la vives pleinement, il faut que tu saches que le garçon que tu considères comme ton âme sœur t’approuve, surtout quand il s’agit de son meilleur ami. Bon maintenant, tu vas mettre quoi ?
Joey : comment ça je vais mettre quoi ?
Jen : c’est un rendez-vous galant, il faut que tu te fasses belle.
Joey : tu crois ?
Jen : bon viens, on va inspecter le contenu de ton armoire.
Elles partirent bras dessus, bras dessous, imaginant ce qui allait arrivé le lendemain.

Le samedi soir, Joey avait fini de manger et était en train de se préparer à sortir. Jen lui avait conseillé de mettre une jupe longue avec un haut sans manches. Elle se maquilla légèrement, fit onduler ses cheveux et se mit une touche de parfum. Quand Pacey sonna à la porte, elle sentit le stress monté en elle. Elle alla lui ouvrir et il resta scotché sur place. Elle était ravissante. Joey sentit l’air chaud qui soufflait dehors et se dit qu’elle n’aurait pas besoin de veste. Elle observait Pacey qui avait lui aussi fait attention à sa tenue. Il portait un pantalon léger avec une chemisette et une veste légère par dessus. Joey le trouva très beau.
Joey : Pacey, arrête de me regarder comme ça, je vais croire que j’ai un truc qui cloche.
Pacey : c’est pas ça, tu es très belle Joey.
Joey sourit.
Joey : merci, tu n’es pas mal non plus.
Pacey lui rendit son sourire.
Pacey : on y va.
Ils marchèrent en silence jusqu’au cinéma et Pacey offrit sa place à Joey. Elle acheta deux sodas pour qu’ils se rafraîchissent et furent ravis que la climatisation fonctionne dans le cinéma. Le film commença et ils le regardèrent silencieusement. Pacey mourrait d’envie de prendre la main de Joey mais n’osa pas. Il préférait qu’elle prenne l’initiative elle-même. A la fin du film, ils sortirent et eurent la surprise de voir la pluie tombée.
Joey : il fallait s’y attendre avec la chaleur qu’il fait.
Pacey : moi qui voulait t’offrir une glace, c’est raté.
Joey : tant pis, tu devras me réinviter.
Pacey : tu pourrais m’inviter toi aussi. Pourquoi ce serait toujours aux hommes de le faire ?
Joey, taquine : t’as vu un homme quelque part toi ?
Pacey : avance Potter !
Ils s’engagèrent dans la rue. La pluie tombait toujours et Pacey enleva sa veste pour la mettre sur les épaules de Joey afin qu’elle n’attrape pas froid. Même si elle allait être trempée quand même. Pacey accéléra le pas mais Joey lui attrapa la main et le fit ralentir.
Joey : t’es pressé ?
Pacey : on va être trempé.
Joey : c’est pas trois gouttes d’eau qui vont nous tuer.
Pacey : c’est vrai.
Ils se remirent en route et Joey garda la main de Pacey dans la sienne. Il sourit alors en sentant la pression de la main de Joey sur la sienne. Tout n’était pas perdu.
Joey : Pacey, je voulais te dire que malgré le fait que Dawson nous autorise de sortir ensemble…
Pacey : ça fait bizarre de se dire qu’il faut avoir sa permission.
Joey : oui c’est vrai.
Pacey : Joey, je ne veux pas qu’on sorte ensemble parce qu’on a la permission de Dawson. Je veux qu’on sorte ensemble parce qu’on en a envie.
Joey : oui, moi aussi, c’est ce que je voulais te dire. Je pense qu’il faut qu’on laisse un peu de temps passé encore.
Pacey : si tu veux, on laisse le dossier en suspend pour l’instant et on voit après mon test ? Je voudrais vraiment le réussir et si tu es dans les parages, j’aurai du mal à me concentrer.
Joey le regarda surprise : tu veux que j’arrête de t’aider ?
Pacey : non, je voulais dire si tu es dans les parages en tant que petite amie.
Joey rougit : oh, je vois. On attend alors ?
Pacey : on attend.
Ils continuèrent en silence jusqu’au B&B. La pluie tombait finement sur eux. Joey avait ses cheveux plaquer contre son visage. Pacey la regarda et la trouva très belle. Elle monta la première marche de son perron et se retourna.
Joey : merci pour cette soirée Pacey.
Pacey : de rien. Merci à toi surtout.
Joey était dorénavant à l’abri sous sa véranda mais Pacey était toujours sous la pluie. Sa chemise collée à son torse, l’eau dégoulinant de ses cheveux. Joey le trouva très beau. Ils se dévisageaient et on sentait l’électricité dans l’air. Les yeux de Pacey fixaient ceux de Joey sans ciller. Elle redescendit de sa marche et se retrouva face à lui. Elle l’embrassa sur la joue pour lui dire au revoir. Pacey leva la main et lui dégagea une mèche de cheveux collée sur son visage. Sa main s’attarda alors sur son visage et glissa jusqu’à son menton. Il le caressa du bout du pouce. La respiration de Joey s’accéléra. Elle leva les yeux vers Pacey mais ce dernier fixait les lèvres de Joey. Il s’approcha tout doucement d’elle, au cas où elle aurait voulu le repousser. Mais elle ferma les yeux et attendit la douce caresse des lèvres de Pacey contre les siennes. Et quand enfin il l’embrassa, elle se serra un peu plus contre lui et passa ses bras autour de son cou tandis qu’il l’enserrait à la taille.

FIN.

potter  (23.02.2006 à 21:55)
MAGNIFIQUE !!!
sérieusement il n'y a pas d'autre mot, j'ai adoré !
bravo !

titounette  (24.02.2006 à 00:04)
ah ben c malin ça !! Je commence à lire ton histoire me disant tranquillement "bon j'en lis un petit bout et je vais me coucher" résultat il est 1h45 et je viens de finir !!
Si mon patron rale je dirais que c'est de ta faute !!
J'ai beaucoup aimé to histoire, hésites pas à en écrire d'autre.

DC.for.eve  (24.02.2006 à 01:42)
Bon moi aussi je viens de lire ton histoire, et je dois dire que j'ai beaucoup aimé. Ch'uis pas douée pour les compliments mais ch'uis douée pour lire alors continue d'écrire.

spikygirl  (24.02.2006 à 02:00)
Mince j'aurais voulu poster un commentaire en première mais on m'a précédé. Ce n'est rien tu sais ce que j'en pense: C'est super bien construit et l'intrigue est très bonne.
J'adore tout simplement.
Bon maintenant tu peux réfléchir à notre future histoire.
Bisous mon clone!

misswitter  (24.02.2006 à 09:20)
Merci beaucoup pour tous vos compliments, ça me fait très plaisir d'autant plus qu'à chaque fois que je relisais ce que j'avais écrit je me disais "non, ça va pas!" mais vu que misswitter me donnait régulièrement son avis, ça me rassurait. Je suis vraiment très heureuse que ça vous plaise et j'espère que tu ne t'es pas fait engueulé par ton patron DC.for.eve! Sinon, je m'excuse! Merci encore pour vos encouragements, ça fait super plaisir.

potter  (24.02.2006 à 11:55)
Potter, j'ai vraiment trouvé trop épisode génial, et j'ai encore versé ma petite larme mais pas à la fin au moment du fash back !!! je trouve que ton idée etait geniale et tu as vraiment su la développer !! j'ai lu ton episode sans décoller mon nez de l'ecran j'etais vraiment captivé par ce que tu as ecrit !!! a bientot pour un nouvel episode peut etre avec misswitter lol kiss aurele ++

AuReLe02  (24.02.2006 à 13:09)

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