Pacey passa un mois à l’hôpital afin de poursuivre sa rééducation. Le médecin se montrait optimiste mais expliqua à Pacey qu’il lui faudrait attendre de longs mois avant de pouvoir marché tout à fait normalement. Sa sortie programmée, on l’invitait à effectuer quelques promenades journalières afin de ne pas perdre ce qu’il avait acquis à l’hôpital. Il devait toutefois faire des visites de contrôle régulières à l’hôpital afin de s’assurer de la bonne progression de son réapprentissage. Pacey se sentait heureux, il pouvait remarcher, sortir de cet hôpital, réapprendre à vivre. Beaucoup de monde semblait heureux de le revoir. Ses amis lui rendaient visite régulièrement. Pour lui aucune ombre au tableau ne planait. Malgré le fait qu’il ait raté un an de sa vie, il se sentait bien.
De son côté, Joey se posait mille et une questions. Elle avait décidé de ne pas forcer le destin en se présentant à Pacey. Après tout, si cet accident avait eu lieu, c’était à cause d’elle. Dawson, Jen, Andie et Jack lui donnaient régulièrement des nouvelles de Pacey mais elle n’écoutait que d’une oreille. Etre privée de sa présence était très dur. Elle avait tant envie de lui parler, de savoir comment il allait, de recommencer leurs joutes verbales. Mais ce passé n’existait plus. L’été avançait à grand pas et Joey avait tellement de travail avec la pension qu’elle sortait peu. Mise à part quelques soirées avec la bande, ses sorties se limitaient à son jardin ou au supermarché. Un jour, elle se dirigea vers la maison des Witter. Ils n’habitaient pas très loin. Elle observa la fenêtre de la chambre de Pacey et ferma les yeux. Tout lui revint alors en mémoire. Le placard où elle s’était caché, le baiser avec Pacey. Elle sentait encore ses lèvres contre les siennes, plus d’un an après. Elle ouvrit alors les yeux et réalisa que malgré cette année écoulée, ses sentiments n’avaient pas disparus, ils étaient toujours là, cachés au fond d’elle et avaient attendus le réveil de Pacey pour ressurgir à leur tour. Elle partit alors, effrayée à l’idée d’être surprise par un membre de la famille Witter ou par Pacey lui-même.
Dawson et Jen discutaient tous les deux dans la chambre de Dawson. Jen était arrivée d’un seul coup, entrant sans frapper, sans se demander si elle dérangeait ou pas.
Jen : salut.
Dawson, surpris : Jen, mais on a rendez-vous que dans une heure à la plage !
Jen : je sais mais il fallait que je te parle.
Dawson : de quoi ?
Jen : Joey.
Dawson : qu’est-ce qu’elle a ?
Jen : tu ne remarques pas qu’à chaque fois qu’on parle de Pacey, elle change de sujet. Elle s’impose le silence et refuse de le voir. Si ça continue, elle ne le reverra qu’à la rentrée.
Dawson : on ne peut pas la forcer si elle ne veut pas le voir. Elle se sent responsable de l’accident.
Jen : oui, on s’est tous sentis responsable Dawson mais dis-moi, c’était quand la dernière fois que Joey est venue à la plage ou au cinéma avec nous ?
Dawson : on est allé au cinéma dimanche.
Jen : oui je sais mais tu n’as pas remarqué que dès qu’on lui propose une activité, elle refuse. Elle se cloître chez elle.
Dawson : Jen, tu sais bien qu’elle a beaucoup de travail à la pension.
Jen : oui mais elle pourrait se ménager un peu. Bessie m’a demandé de m’arranger pour la faire sortir un peu d’ici. Et j’avoue que je ne sais pas comment faire.
Dawson : comment ça ? Jen Lindley est à court d’idée ! Impossible.
Jen : très drôle. Ce que je veux dire Dawson, c’est que tu es celui qui la connaît le mieux et que tu devrais essayer de lui parler.
Dawson : et si elle ne veut pas ?
Jen : elle voudra. Et puis vous avez du temps à rattraper tous les deux non ? J’en ai marre que tu viennes me confier tous tes états d’âme depuis un an !
Elle avait dit ça avec un sourire malicieux, pour faire comprendre à Dawson qu’elle plaisantait mais il fallait vraiment qu’il parle à Joey. Il lui devait au moins ça.
Joey entendit frapper à la porte et se hâta d’aller ouvrir pensant qu’un nouveau client arrivait. Où allait-elle le loger, aucune idée ! Elle ouvrit la porte et se trouva nez à nez avec Dawson, en bermuda, chemise ouverte et tongs au pieds.
Joey : Dawson, c’est gentil mais j’ai une tonne de boulot, je te l’ai dit, il me reste trois machines de draps à faire et autant de repassage. Je n’ai pas le temps d’aller à la plage.
Dawson : ça tombe bien parce que je ne suis pas là pour te faire sortir mais pour discuter.
Joey le laissa entrer et retourna à sa planche à repasser.
Joey : oui ben tu devras me parler pendant que je bosse parce que cette pile de linge n’attendra pas.
Joey se battait avec un drap qu’elle n’arrivait pas à plier comme il faut. Dawson lui prit alors deux des quatre coins et l’aida à le plier. Il décida alors que c’était le meilleur moment pour discuter. Elle avait les mains prises, elle ne pourrait donc pas riposter.
Dawson : pourquoi tu refuses de voir Pacey ?
Joey, s’arrêtant dans son pliage : d’accord, Jen n’a pas réussi alors tu tentes le coup. Et après vous m’envoyez Jack et Andie ?
Dawson : Joey, tu ne te rends pas compte de ce que c’est. On est toujours obligé de faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait. On ne va pas pouvoir lui cacher la vérité longtemps. Tu ne vas tout de même pas attendre la rentrée.
Ils avaient fini de plier le drap. Joey s’approcha de lui pour prendre la partie du drap qu’il tenait. Elle releva la tête vers lui. Dawson sonda son regard et il lut la détresse de Joey. Elle semblait si malheureuse.
Dawson : tu n’as pas à t’imposer ce silence Joey. Je suis sûr qu’il serait ravi de se souvenir de toi.
Joey : permets-moi d’en douter.
Dawson : et comment tu ferais s’il tombait sur une des photos qu’il a dans sa chambre ? Encore une chance que ses parents aient transféré sa chambre au rez-de-chaussée et mis toutes ses affaires au garage quand sa sœur s’est installé chez eux.
Joey : et qu’est-ce que je lui dirai Dawson ? « Salut moi c’est Joey, tu ne te souviens pas de moi parce que c’est de ma faute si tu as perdu un an de ta vie. Si on était pas sorti ensemble, rien ne serait arrivé ! »
Dawson : évidemment non, mais Joey, un jour ou l’autre, il se rappellera de toi et de ce que tu représentais pour lui.
Joey baissa les yeux. Elle ne savait pas ce qu’elle représenterait pour lui quand il se souviendrait d’elle mais elle savait ce que lui représentait pour elle. Il lui manquait tant. Mais le passé ne se reproduit jamais. Il fallait qu’elle oublie ses sentiments. Le temps et l’absence l’y aideraient.
Dawson : une dernière chose Joey. Je ne me suis jamais réellement excuser pour ce qu’il s’est passé le soir où tu es venu me parler.
Joey releva la tête, étonnée.
Joey : mais si Dawson, tu…
Dawson : laisse-moi finir. Saches que je suis sincèrement désolé. Si j’avais su, j’aurai réagi différemment. J’aurai privilégié ton bonheur à mon orgueil.
Joey : merci Dawson.
Il partit sur ces derniers mots, laissant Joey seule devant son fer à repasser.
Deux jours plus tard, Pacey se préparait pour sa ballade quotidienne. Mais il avait refusé que Jen, Jack, Dawson ou Andie l’accompagne. Il devait se débrouiller seul. Il prit donc la route qui longeait sa maison et remonta dans la direction opposée de son chemin habituel. Arrivé à un croisement, il regarda les panneaux de signalisation. Une pancarte discrète indiquait « B&B Potter». Il sourit en pensant au petit sorcier dont Jen lui avait raconté les aventures. Il s’engagea sur la route le menant au B&B se disant qu’il pourrait longer la rivière jusqu’à chez lui au retour, le chemin n’étant pas très long. Arrivé au bord de l’eau, il s’assit un instant dans l’herbe pour se reposer. Il s’y allongea carrément, ne prêtant pas la moindre attention aux alentours. Il entendit alors une porte s’ouvrir et des voix s’élever. Il se retourna, des clients sortaient du B&B. Il reprit alors sa position initiale mais tout à coup, il se sentait bizarre. Il ne savait pas comment définir ce qu’il ressentait. Il avait l’impression d’être observé. Il se retourna alors à nouveau et fixa la maison. Rien ne lui venait en tête. Il se releva, décidé à partir pour fuir ce malaise qu’il sentait s’installer en lui. Il entendit à nouveau la porte s’ouvrir. Prenant peur à l’idée d’être pris pour un rôdeur, il se cacha derrière un arbre, tout prêt d’une camionnette bleue. Il s’accroupit. Il entendit alors une voix.
Joey : c’est bon, j’ai entendu. Je te ramène ce qu’il faut.
Elle monta dans la voiture, mit le contact, enclencha la marche arrière et repartit sans voir Pacey. Mais lui avait aperçut ses cheveux voler au vent. Il la connaissait, il en était persuadé. Réfléchissant à tout ça sur le chemin du retour, il eut la révélation en pénétrant dans sa nouvelle chambre. Joey. Une douleur à la tête le transperçât et il s’allongea sur son lit. « Joey. Drôle de prénom pour une fille… je crois que je suis amoureux de Joey…Joey, souriant : t’es vraiment un bébé quand tu t’y mets… Je ne peux pas non plus faire taire cette petite voix. Celle qui me dit que j’éprouve quelque chose pour toi… Pacey, Dawson sait tout. » Tout lui revint en tête. Joey, leur histoire, la réaction de Dawson, le bal, Bélinda, comment Dawson avait tout révéler et la réaction de Joey. Il avait enfin remis toutes les pièces du puzzle en place. Mais quelque chose l’interpellait. Pourquoi, depuis qu’il était réveillé, Joey n’était pas venue une seule fois le voir ? Pourquoi aucun de ses amis ne lui avaient parlé de Joey ?
Il semblait évident aux yeux de Pacey qu’une seule personne pourrait l’aider aujourd’hui à comprendre toute l’histoire, Dawson. Il l’appela en lui demandant de venir le plus rapidement possible. Dawson arriva un quart d’heure plus tard.
Dawson : qu’est-ce qui se passe Pacey ? un problème ?
Pacey : je me souviens de tout.
Dawson : ah.
Pacey : sacré crochet du droit que tu as !
Dawson sourit. Mais il était mal à l’aise car il ne savait pas ce que Pacey pensait exactement de la situation.
Dawson : écoute Pacey, je suis désolé d’avoir aussi mal réagi.
Pacey : la question n’est pas là Dawson. Il était évident que tu réagisses mal vu ton histoire avec Joey. Mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi elle n’est pas venue une seule fois me voir depuis que je suis réveillé ? Pourquoi vous ne m’avez pas parlé d’elle ?
Dawson : c’était une décision collective. Jen nous a dit que tu ne te souvenais pas de Joey. On ne savait pas comment réagir et vu ce qu’il s’était passé, on s’est dit qu’il ne valait mieux pas t’en parler. Joey ne voulait pas que tu la vois sans savoir qui elle était parce qu’elle se sent responsable de l’accident. Elle pense que si elle avait écouté sa raison et non son cœur vous ne seriez jamais sorti ensemble et je n’aurai pas tout saboté comme je l’ai fait.
Pacey : écoute Dawson, toi comme Joey, vous n’avez pas à vous sentir responsable de ce qu’il s’est passé. Je suis tombé tout seul après tout.
Dawson : oui mais c’est comme si c’est moi qui t’avais poussé. Si je n’avais pas été aussi aveugle et furieux, je n’aurai jamais orchestré tout ça. C’était ridicule.
Pacey : n’en parlons plus. De toute façon, tu n’as plus de soucis à te faire.
Dawson : pourquoi tu dis ça ?
Pacey : parce que Joey n’a sans doute aucune envie de me parler.
Dawson : tu te trompes. Joey a été très affectée de ce qu’il t’est arrivé. Elle se sent toujours responsable. C’est pour ça qu’elle ne disait rien quand elle venait te voir. Elle pense que tu lui en voudras le jour où tu te souviendras de ce qui est arrivé.
Pacey : c’est idiot. Tu crois qu’il faut que j’aille lui parler ?
Dawson : oui, je pense que ça arrangerait pas mal de choses. Pour toi comme pour elle.
Pacey demanda alors à Dawson de le déposer devant le B&B. Il avait déjà beaucoup marché aujourd’hui. En arrivant, il remarqua que la camionnette n’était pas là donc Joey n’était pas encore rentrée. Il s’installa dans le jardin et l’attendit.
Bessie, qui passait devant la fenêtre, remarqua quelqu’un assit dans le jardin. Cette personne lui tournait le dos. Elle souleva le rideau et reconnut Pacey. Elle sourit en pensant que sa petite sœur allait peut-être enfin retrouver le sourire.
Quinze minutes plus tard, alors que Dawson racontait tout à ses amis sur la plage, Joey s’engageait dans son allée. Elle se gara et descendit de la voiture, les bras chargés par les courses. Au lieu de rentrer par la cuisine, comme d’habitude, elle entra par la porte principale, ce qui fit qu’elle ne vit pas Pacey dans son jardin. Sa sœur lui enleva les sacs des bras pour lui annoncer que quelqu’un l’attendait dans le jardin. Elle ressortit par la cuisine et resta figée sur le pas de porte en reconnaissant la silhouette qui se tenait devant elle. Elle s’approcha timidement. Pacey releva la tête vers elle et lui sourit.
Pacey : alors Potter, toujours aussi tête en l’air au volant ?
Joey : pourquoi tu dis ça ?
Pacey : peut-être parce que si tu ne te presses pas, ta camionnette va finir dans la rivière.
Joey se retourna et remarqua que la camionnette avançait tout doucement. Elle courut alors, ouvrit la portière à la volée et tira le frein à main. Elle revint sur ses pas pour s’asseoir à côté de Pacey.
Joey : merci.
Pacey : de rien. Mais je te l’ai dit cent fois l’année dernière, quand tu descends de voiture, tires le frein à main.
Joey sourit alors à Pacey. Il n’avait pas changé et la taquinait toujours. Une question lui traversa alors l’esprit. De quoi se souvenait-il ? Elle n’eut pas beaucoup l’occasion de réfléchir car Pacey se pencha en avant et lui prit la main. Ils étaient maintenant assis face à l’autre, les coudes sur les genoux, se regardant et se tenant la main.
Pacey : tu m’as manqué Potter.
Joey, dont les yeux se remplirent de larmes : toi aussi Pacey.
Une larme coula le long de sa joue et Pacey l’essuya en passant son pouce sur la joue de Joey.
Pacey : tu sais Joey, Dawson m’a tout raconté. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as fait ce que tu devais faire. On ne pouvait pas prévoir la suite des évènements.
Joey : non mais on savait que Dawson ne le supporterait pas.
Pacey : oui mais ce qu’on a vécu, aussi bref soit-il, était vraiment magique.
Joey : de la magie plein le cœur.
Pacey sourit à cette réplique de Joey. Elle avait donc aimé ce qu’ils avaient vécu ensemble.
Pacey : il faut que je te dise quelque chose. En me rappelant de toi, je me suis rappelé ce que je ressentais pour toi. Et être ici, avec toi, te tenir la main, ça me fait comprendre que ces sentiments que j’ai pour toi, je les aurai encore longtemps sans doute.
Joey : Pacey, je…
Pacey : Joey, laisse-moi finir. Je ne sais pas ce qu’il en ait pour toi mais sache que malgré le fait que je t’aime, ça j’en suis persuadé, il vaut mieux qu’on en reste là. Redécouvrons-nous, redevenons amis. Il faut que je rattrape le temps que j’ai perdu avec chacun d’entre vous. Je ne peux pas me lancer dans une relation amoureuse mais sache que je t’aime Potter.
Joey, émue, car après tout c’était la première fois qu’il lui disait qu’il l’aimait, partageait son opinion.
Joey : Pacey, j’étais si mal quand tu étais dans le coma. Je sais que ce qui t’es arrivé est de ma faute mais toi tu ne m’en veux pas. Tu ne le vois pas comme ça. Pourtant je peux t’assurer que j’endosse l’entière responsabilité de ce qui est arrivé. Je m’excuse de ne pas être venue te voir plus souvent quand tu étais dans le coma mais je ne pouvais pas. Je pensais qu’en m’éloignant volontairement de toi, mes sentiments s’en iraient. Mais l’absence et le temps ne m’ont pas guéri. Je l’ai compris quand j’ai su que tu étais réveillé. J’ai été bouleversée de savoir que tu ne te rappelais pas de moi. Il m’est arrivé de m’arrêter devant ta maison et de regarder la fenêtre de ta chambre. Je repensais alors à ce que nous y avions vécu. C’est comme ça que j’ai compris que j’aurai beau mettre toute la distance possible entre nous, je ne t’oublierai pas et j’aurai toujours des sentiments pour toi.
Pacey, souriant : des sentiments positifs j’espère.
Joey lui rendit son sourire : des sentiments très forts.
Ils passèrent alors deux heures à discuter de tout et de rien, chacun allongé sur une chaise longue, profitant du soleil qui les réchauffait. Joey lui racontait ce qu’il avait raté au cours de l’année, sport, politique, les potins du lycée. Ils se ré apprivoisaient tout doucement et quand Bessie entendit le rire de sa sœur par la fenêtre ouverte, elle se dit qu’à présent tout irait bien.
Les vacances d’été touchaient à leur fin et ils étaient déjà à la veille de la rentrée. Ils avaient passé énormément de temps tous ensemble, à la plage, au cinéma, reformant le groupe soudé qu’ils étaient avant l’accident. Andie était à nouveau là aussi, son petit ami ayant déménagé, elle préféra mettre un terme à la relation. Elle prit à cœur de remettre son amitié avec Joey et Pacey sur les rails et le soleil brillait à nouveau dans le cœur de chacun. Ils affrontèrent la rentrée sereinement, ravis de constater qu’ils étaient tous dans la même classe, sauf Pacey, forcé de redoubler. Ils retrouvèrent leur table habituelle au réfectoire et s’y installèrent, commentant l’année à venir. Pacey arriva un peu en retard.
Jack : premier jour et t’es déjà convoqué chez le principal ?
Joey : il est au mieux de sa forme pour ce premier jour.
Pacey : très amusant Potter. En effet, je sors du bureau du principal mais pas pour une colle.
Andie : qu’est-ce qu’il te voulait alors ?
Pacey : et bien, étant donné que j’ai raté involontairement un an de scolarité (il remarqua que Joey baissa la tête, le passé la hantait encore parfois) il me propose un arrangement.
Jen : lequel ?
Pacey : et bien je reste dans ma classe actuelle mais dans un mois, il me fait passer un test d’aptitudes.
Dawson : d’aptitudes à quoi ?
Pacey : j’y viens. Si pendant ce mois, je travaille le programme de l’année et que j’ai au moins 75 sur 100 au test d’aptitude, je vous rejoins en classe avec des cours de soutien parce que évidemment, j’aurai des lacunes.
Jack : est-ce vraiment légal ?
Pacey : Jack, tu sais bien qu’à Capeside tout est possible.
Ils partirent tous alors d’un fou rire, ne manquant pas de se faire remarquer par les autres élèves.
Dawson : bon, moi je propose qu’on se retrouve tous vendredi soir chez moi.
Jen : crois-tu que ce soit une bonne idée ? Après tout, la dernière fois qu’on s’est tous retrouvé chez toi, ça a été un fiasco total.
Dawson : Jen !
Jen : c’est bon j’ai rien dit.
Dawson : soirée vidéo ça vous dit ? En plus ce sera une des dernières avant la naissance du bébé.
Andie : ta mère doit accoucher quand déjà ?
Dawson : dans trois semaines.
Jen : oh lala, c’est bientôt ça. J’ai hâte de le voir ce bébé.
Joey : tes parents ne veulent toujours pas savoir si c’est une fille ou un garçon ?
Dawson : non, secret défense.
Pacey : moi je ne réalise toujours pas que ta mère est enceinte.
Dawson : pourtant on ne voit que ça.
Joey : Dawson !
Jack, riant : il faut avouer qu’il a pas tord.
Ils finirent leur repas en rigolant et en parlant de tout et de rien. Tout semblait enfin rentrer dans l’ordre.
Le vendredi soir, chacun arriva chez Dawson avec quelque chose à manger. Dawson s’était occupé des films. Avant de monter dans sa chambre, il leur demanda de s’installer dans le salon.
Jen : vous voyez, ça recommence !
Andie : Jen, arrête un peu.
Dawson : oui, surtout que je te promets que tout ce passera bien cette fois-ci.
Chacun prit place. Jen, Jack et Andie sur le canapé, Joey et Pacey, chacun dans un fauteuil.
Dawson se mit face à eux et les regarda tour à tour.
Dawson : voilà, je suis ravi que nous soyons à nouveau tous réunis. Bien sûr, tout ce qui est arrivé entre nous ne s’oubliera pas facilement. Nous nous sommes éloignés les uns des autres mais j’espère que ça nous permettra de mieux nous retrouver. Pendant toute l’absence de Pacey, j’ai réfléchi aux raisons qui ont fait que cette situation est arrivée. J’ai été odieux avec vous deux. Joey, je t’ai observé pendant toute cette année et j’ai vu que tu étais malheureuse mais que tu n’osais pas te confier à moi. Je comprends pourquoi et je m’en veux énormément d’avoir été la cause de ton mal-être. Je souhaitais te dire à toi et à Pacey, et ce devant témoins, que si aujourd’hui, vous décidiez de reprendre votre histoire où je l’ai brisée, j’accepterais. Je vous aime tous les deux et vous savoir heureux ensemble me suffirait. Seulement Pacey, sache que si tu la rends malheureuse ou que tu lui fais du mal, je te démolis.
Personne ne parlait. La dernière phrase de Dawson flottait dans l’air créant un malaise. Il avait réussi son effet et se mit à rire.
Dawson : détendez-vous, je plaisantais. Pacey, Joey, tout ce que je veux aujourd’hui, c’est votre bonheur. Si vous le trouvez en étant ensemble, alors foncez.
Ils se regardèrent dans les yeux et se sourirent timidement.
Jen :et bien il aura fallu attendre que Pacey passe un an dans le coma pour que Dawson se transforme en un maître zen et comprenne que Joey n’est pas la seule fille sur terre !
Dawson : j’ai toujours été un peu long à la détente.
Andie : tu as raison Dawson, on aurait pas dû faire toute une histoire parce que deux d’entre nous ont développé des sentiments. Ça aurait pu être n’importe qui d’autre.
Jack : oui mais il n’est jamais évident de dire adieu à ceux qu’on aime.
Joey et Pacey ne parlaient pas. Ils ne savaient pas s’ils devaient remercier Dawson ou être surpris. Joey avait l’impression d’être une petite fille à qui on venait d’autoriser de jouer avec une poupée de collection. Mais elle savait que Dawson avait besoin de dire ce qu’il venait de dire et quelque part, elle le remerciait de donner une autre chance à son histoire avec Pacey.
Pacey : je te remercie Dawson mais pour l’instant, Joey et moi on a décidé de laisser notre histoire en suspend. De voir si cette année d’absence forcée a changé nos sentiments.
Joey se leva alors et alla dans la salle de bain pour se rafraîchir.
Pacey : mais j’espère que nous pourrons à nouveau sortir ensemble. Surtout que maintenant, tu n’y vois pas d’inconvénients.
Dawson : je ne peux pas me permettre de faire obstacle à votre bonheur deux fois de suite.
Pacey : merci.
Joey revint, sans savoir ce qui venait d’être dit. Ils montèrent alors visionner le film que Dawson avait loué et passèrent le reste de la soirée à discuter avant que chacun rentre chez soi.
Une semaine plus tard, le vendredi, après les cours, Pacey intercepta Joey devant son casier. Ils n’avaient pas reparlé de la soirée chez Dawson mais étaient redevenus de très bons amis. Joey et Andie l’aidaient pour réviser le programme scolaire avant le test, dans trois semaines.
Pacey : salut Potter.
Joey : Witter !
Pacey : dis-moi, après notre séance révisions demain après midi, ça te dit d’aller au cinéma ?
Joey : voir quoi ?
Pacey : heu…je sais pas. Tu veux voir quoi ?
Joey : ben Brokeback Mountain a l’air super bien.
Pacey: le truc des cow-boys gays? T’as rien d’autre ?
Joey : je vois ! Tu préférerais sans doute le dernier film avec Adam Sandler ?
Pacey : pas spécialement mais le nouveau film de Jim Carrey a l’air marrant.
Joey leva les yeux au ciel. Impossible d’emmener Pacey voir un film sérieux !
Joey : bon ok. On dit aux autres de nous rejoindre directement ?
Pacey, surpris : à vrai dire, je pensais qu’on pourrait y aller tous les deux.
Joey : oh.
Pacey : mais si tu veux pas, on a qu’à y aller tous ensemble.
Joey : non, non, c’est bon. On ira à la séance de 21h. Tu passes me prendre ?
Pacey : pas de soucis. Bonne journée Potter.
Il s’éloigna, ravi. Joey, elle, était perdue dans ses pensées quand Jen arriva.
Jen : il doit être drôlement mignon pour que tu souries comme ça.
Joey : je sors avec Pacey demain soir.
Jen : mais c’est génial.
Joey : oui mais….
Jen : pas de mais Joey. J’ai vu ton sourire en arrivant. Tu l’aimes, ça crève les yeux. Et tu n’as plus à craindre Dawson.
Joey : justement, ça me dérange. J’ai eu l’impression que c’est lui qui régissait ma vie. Qu’il fallait qu’il me donne la permission. Imagine que je veuille sortir avec quelqu’un d’autre. Je ne vais pas demander la permission à Dawson à chaque fois !
Jen : Joey, ce n’est qu’un prétexte que tu me sors là. Tu sais bien qu’il est important pour toi que Dawson approuve ton histoire avec Pacey. Pour que tu la vives pleinement, il faut que tu saches que le garçon que tu considères comme ton âme sœur t’approuve, surtout quand il s’agit de son meilleur ami. Bon maintenant, tu vas mettre quoi ?
Joey : comment ça je vais mettre quoi ?
Jen : c’est un rendez-vous galant, il faut que tu te fasses belle.
Joey : tu crois ?
Jen : bon viens, on va inspecter le contenu de ton armoire.
Elles partirent bras dessus, bras dessous, imaginant ce qui allait arrivé le lendemain.
Le samedi soir, Joey avait fini de manger et était en train de se préparer à sortir. Jen lui avait conseillé de mettre une jupe longue avec un haut sans manches. Elle se maquilla légèrement, fit onduler ses cheveux et se mit une touche de parfum. Quand Pacey sonna à la porte, elle sentit le stress monté en elle. Elle alla lui ouvrir et il resta scotché sur place. Elle était ravissante. Joey sentit l’air chaud qui soufflait dehors et se dit qu’elle n’aurait pas besoin de veste. Elle observait Pacey qui avait lui aussi fait attention à sa tenue. Il portait un pantalon léger avec une chemisette et une veste légère par dessus. Joey le trouva très beau.
Joey : Pacey, arrête de me regarder comme ça, je vais croire que j’ai un truc qui cloche.
Pacey : c’est pas ça, tu es très belle Joey.
Joey sourit.
Joey : merci, tu n’es pas mal non plus.
Pacey lui rendit son sourire.
Pacey : on y va.
Ils marchèrent en silence jusqu’au cinéma et Pacey offrit sa place à Joey. Elle acheta deux sodas pour qu’ils se rafraîchissent et furent ravis que la climatisation fonctionne dans le cinéma. Le film commença et ils le regardèrent silencieusement. Pacey mourrait d’envie de prendre la main de Joey mais n’osa pas. Il préférait qu’elle prenne l’initiative elle-même. A la fin du film, ils sortirent et eurent la surprise de voir la pluie tombée.
Joey : il fallait s’y attendre avec la chaleur qu’il fait.
Pacey : moi qui voulait t’offrir une glace, c’est raté.
Joey : tant pis, tu devras me réinviter.
Pacey : tu pourrais m’inviter toi aussi. Pourquoi ce serait toujours aux hommes de le faire ?
Joey, taquine : t’as vu un homme quelque part toi ?
Pacey : avance Potter !
Ils s’engagèrent dans la rue. La pluie tombait toujours et Pacey enleva sa veste pour la mettre sur les épaules de Joey afin qu’elle n’attrape pas froid. Même si elle allait être trempée quand même. Pacey accéléra le pas mais Joey lui attrapa la main et le fit ralentir.
Joey : t’es pressé ?
Pacey : on va être trempé.
Joey : c’est pas trois gouttes d’eau qui vont nous tuer.
Pacey : c’est vrai.
Ils se remirent en route et Joey garda la main de Pacey dans la sienne. Il sourit alors en sentant la pression de la main de Joey sur la sienne. Tout n’était pas perdu.
Joey : Pacey, je voulais te dire que malgré le fait que Dawson nous autorise de sortir ensemble…
Pacey : ça fait bizarre de se dire qu’il faut avoir sa permission.
Joey : oui c’est vrai.
Pacey : Joey, je ne veux pas qu’on sorte ensemble parce qu’on a la permission de Dawson. Je veux qu’on sorte ensemble parce qu’on en a envie.
Joey : oui, moi aussi, c’est ce que je voulais te dire. Je pense qu’il faut qu’on laisse un peu de temps passé encore.
Pacey : si tu veux, on laisse le dossier en suspend pour l’instant et on voit après mon test ? Je voudrais vraiment le réussir et si tu es dans les parages, j’aurai du mal à me concentrer.
Joey le regarda surprise : tu veux que j’arrête de t’aider ?
Pacey : non, je voulais dire si tu es dans les parages en tant que petite amie.
Joey rougit : oh, je vois. On attend alors ?
Pacey : on attend.
Ils continuèrent en silence jusqu’au B&B. La pluie tombait finement sur eux. Joey avait ses cheveux plaquer contre son visage. Pacey la regarda et la trouva très belle. Elle monta la première marche de son perron et se retourna.
Joey : merci pour cette soirée Pacey.
Pacey : de rien. Merci à toi surtout.
Joey était dorénavant à l’abri sous sa véranda mais Pacey était toujours sous la pluie. Sa chemise collée à son torse, l’eau dégoulinant de ses cheveux. Joey le trouva très beau. Ils se dévisageaient et on sentait l’électricité dans l’air. Les yeux de Pacey fixaient ceux de Joey sans ciller. Elle redescendit de sa marche et se retrouva face à lui. Elle l’embrassa sur la joue pour lui dire au revoir. Pacey leva la main et lui dégagea une mèche de cheveux collée sur son visage. Sa main s’attarda alors sur son visage et glissa jusqu’à son menton. Il le caressa du bout du pouce. La respiration de Joey s’accéléra. Elle leva les yeux vers Pacey mais ce dernier fixait les lèvres de Joey. Il s’approcha tout doucement d’elle, au cas où elle aurait voulu le repousser. Mais elle ferma les yeux et attendit la douce caresse des lèvres de Pacey contre les siennes. Et quand enfin il l’embrassa, elle se serra un peu plus contre lui et passa ses bras autour de son cou tandis qu’il l’enserrait à la taille.
FIN.