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Une souffrance sans faim

Série : Dawson's Creek
Création : 08.03.2006 à 21h32
Auteur : lilou69 
Statut : Terminée

Elle se situe au début de la saison 3.

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Coucou tout le monde ! Alors voilà ma deuxième histoire…
Elle est un peu moins longue que la précédente, et elle est assez sombre (vous verrez par vous-même…). Elle se situe au début de la saison 3. Je vous laisse la lire et me dire ce que vous en pensez…

PS : Pour les mauvaises langues, non, il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre ! lol

lilou69  (08.03.2006 à 21:33)
Le 16 novembre 2001
Pacey était sur le port, en train de bricoler sur le True Love. Il releva la tête et regarda le ciel, qui devenait noir. Il allait y avoir un gros orage. La météo avait même parlé d’ouragan pour la fin de journée…
Un marin qui passait lui adressa quelques mots :
Marin : Ca serait du suicide de prendre la mer par un temps pareil.
Pacey acquiesça et lui sourît tristement sans rien répondre. Il s’assît sur le ponton et déposa sa main dans la poche intérieure de son manteau, près de son cœur. Il sentit la lettre sous sa paume. Puis il se perdît dans ses pensées, et repensa à tout ce qui l’avait amené là, depuis près d’un an.

Flash back :

Dawson revenait à Capeside après avoir passé l'été à Philadelphie avec sa mère. Sur le chemin du retour, il avait rencontré une jeune fille prénommée Eve qui allait semer le trouble dans sa vie.
Pendant ce temps-là, Joey, qui n'avait pas appelé Dawson une seule fois pendant l'été avait réalisé en le voyant qu'elle n'avait toujours pas encaissé sa rupture.
C’est à ce moment là qu’une histoire d’amitié prît forme, au bord de l’eau…

Pacey : Ohé ! Y'a quelqu'un sur la rive ?
Joey : Qu'est-ce que tu fais là ?
Pacey : Ben, j'ai rien compris au film. J’ai sauté dans la barque de notre ami Dawson et comme par magie j'ai dérivé jusqu'à toi.
Joey : Ah oui, alors dérive encore jusqu'à moi et je te tue !!!
Pacey : C'est qu'elle en serait capable ! Pacey attache la barque et monte s'asseoir à côté de Joey sur le dock.
Joey : Il t'a tout raconté, hein ? Pacey ?
Pacey : Je sais pas, à ton avis ?
Joey : Je vous déteste tous les deux.
Pacey : Mmm… Tu risques de me détester encore plus en entendant ce que je vais dire. Il a eu la bonne attitude. Gardez vos distances pour le moment toi et lui. Ca vaut mieux.
Joey : Ca vaut mieux ? Mais qu'est-ce que t'en sais ?
Pacey : Oui. Oui t'as probablement raison. C'est vrai que je ne sais pas combien c'est dur de laisser l'être qu'on aime s'en aller. Combien c'est douloureux... de savoir que si on est fait l'un pour l'autre, ça ne signifie pas forcement qu'on est fait l'un pour l'autre maintenant. Oh mais oui, qu'est-ce que j'en sais ? C'est vrai, comment je pourrais comprendre, moi, qu'on est parfois malheureux au point d'avoir envie de hurler... de frapper quelqu'un. S'asseoir au clair de lune et pleurer.
Joey : J'ai de la chance vraiment, il a fallu que se soit toi qui me voit dans cet état.
Pacey : Joey, une nouvelle année commence. Et tout les deux, qui sait, on pourrait peut-être devenir amis.
Joey : Pacey. Je ne suis pas assez démoralisée comme ça.
Pacey : rires. Allez, viens là. Elle s'appuie contre lui et pleure.

Fin du flash back.

Puis Andie est revenue, et Joey s’est à nouveau retrouvée seule. Et c’est là que tout a commencé…



Le 29 octobre 2000

Joey n’en pouvait plus. Elle avait deux contrôles le lendemain, et Alexander n’avait pas l’air d’avoir envie de la laisser réviser. Bessie était partie pour la soirée, et avait chargé Joey de le surveiller.
Elle était épuisée. Les cours avaient repris depuis deux mois, et déjà elle craquait nerveusement. Elle ne voulait pas se l’avouer, mais les cours n’étaient pas la seule raison de ce coup de blues. Elle se sentait seule. Désespérément seule. Dawson était omnubilé par Eve, la femme fatale, et Pacey, avec qui elle s’entendait de mieux en mieux, avait retrouvé Andie. Quand à Jack et Jen, ils s’étaient découvert une passion commune : le football. Le fait que Jen devienne chef des pompoms girls avait beaucoup surpris Joey, mais après tout, pourquoi pas. Elle sentait qu’elle n’avait pas sa place dans ces relations et commençait à se demander si elle comptait vraiment pour quelqu’un.

Joey : Bon, assez de rêveries. Elle regarde Alexander. Alex, mon pépère, il faut vraiment que je travaille. Alors je vais te mettre au lit, et tu vas gentiment me laisser comprendre comment Louis XVI a perdu la tête… Si tu ne veux pas que je perde la mienne lorsque Mr Peterson découvrira que je n’ai pas révisé pour son contrôle.
Pour toute réponse, Alexander se contenta de balbutier.
Joey : Charmant. Ma seule compagnie en ce moment est un bébé qui ne sait faire que « bfrrrbfrrr » ! Allez, au lit !

Alexander, quand il comprît ce qu’il allait arriver, se mis à hurler.
Joey : S’il te plaît, Alexander, sois mignon. Il faut vraiment que je révise.
Elle le déposa dans son lit alors qu’il hurlait encore, et, voyant qu’il ne se calmait pas, lui lut une histoire. Elle se remettrait au travail après, et de toute façon, elle savait qu’elle ne pourrait réviser que quand il dormirait. Elle commença à lui lire l’histoire de la Belle au Bois Dormant, quand elle se prît dans le personnage et commença à s’endormir elle aussi…

Bessie, en chuchotant : Joey ? Joey, réveille toi !
Joey, qui se réveilla en sursautant : Hein ? Quoi ? Louis XVI a été guillotiné en 1793 !
Bessie : Pas de chance pour lui ! Joey, tu t’es endormie dans la chambre d’Alex ! Sortons avant de le réveiller !
Elles sortent de la chambre.
Joey : Oh non ! Quelle heure est-il ?
Bessie : Il est une heure du matin !
Joey : Quoi ? Mais c’est horrible ! Je n’ai pas fini de réviser ! Je ne serai jamais prête pour mon contrôle !
Bessie : Calme toi Joey. Ca ne doit pas être si terrible que ça !
Joey : Mais bien sur que si, c’est terrible ! Je te rappelle que si je veux rentrer à l’université, je dois avoir des notes irréprochables, et ce n’est pas en faisant l’impasse sur les révisions que j’y arriverai !
Bessie : Joey, je sais que l’université c’est important pour toi, mais il faut que tu relativises, que tu arrêtes de stresser. Je t’observe depuis la rentrée, tu es épuisée. Physiquement et nerveusement. Et je suis sure qu’il y a autre chose que les cours qui te tracasse…
Joey : Ecoute Bessie, j’adorerais que tu psychanalyses ma névrose et mes états d’âme, mais j’ai deux interros demain, alors si on pouvait remettre cette petite discussion à plus tard…
Bessie : Très bien, je vais me coucher. Elle embrasse Joey sur le front. Ne révise pas trop tard.

Malgré les conseils de Bessie, Joey révisa une bonne partie de la nuit, se tenant réveillée en avalant une quantité impressionnante de café noir. Lorsque son réveil sonna, à 7:00, elle avait un mal de tête qui lui rappela qu’elle n’avait pas assez dormi.

Bessie : Salut petite sœur ! Oh… Tu as une mine affreuse ! Toi, tu ne t’es pas couchée tôt !
Joey : Merci pour le compliment Bessie ! Si j’ai cette tête, c’est en partie à cause de ton petit monstre qui n’a pas jugé nécessaire de me laisser travailler hier soir !
Bessie : Eh ! On se calme ! Tu t’es levée du pied gauche ce matin ?
Joey s’assit à table, et, se prît la tête entre les mains.
Joey : Excuse moi Bessie. J’angoisse pour mes contrôles et je suis crevée.
Bessie : Je suis sure que tout va bien se passer.
Joey : Si seulement Mrs Peterson et Kasdan pouvaient t’entendre…
Bessie : Allez, un bon petit déjeuner et tu verras, tu te sentiras en pleine forme pour la journée !
Joey : Je te remercie Bessie, mais je n’ai pas faim. Je vais jeter un dernier coup d’œil à mes cours avant de partir.
Bessie : Joey, tu deviens limite obsessionnelle avec tes notes ! Prends le temps de vivre un peu ! Depuis septembre, tu ne sors plus, je ne vois plus ni Dawson, ni Pacey à la maison, et le plus grave, c’est que je ne te vois plus sourire… Et puis tu ne manges plus rien ! Tu vas finir par tomber malade si ça continue !
Joey, en remontant les escaliers, les larmes aux yeux : Ils vivent leur vie… Quant à moi, ne te fais pas de souci, tout va bien.

En arrivant dans sa chambre, elle ferma la porte derrière elle et éclata en sanglots. Non, tout n’allait pas bien. Elle se sentait tellement seule… Après avoir passé un été à penser à Dawson et leur relation, elle avait fini par accepter leur rupture. Elle croyait avoir trouvé un ami en la personne de Pacey, mais lui aussi semblait l’avoir oublié. Il avait retrouvé Andie et depuis, plus rien d’autre ne semblait compter. Elle avait la détestable sensation que si elle disparaissait, personne, mis à part Bessie, ne s’en apercevrait. Elle tenta de calmer ses larmes, prît une grande inspiration et se replongea une dernière fois dans ses cours.

Arrivée au lycée, elle arriva près de son casier, où elle trouva Pacey et Andie en train de s’embrasser.
Joey, tristement : Salut !
Pacey : Tiens ! Salut Potter !
Andie : Salut Joey ! Elle embrasse Pacey. J’y vais. A tout à l’heure mon cœur.
Pacey : Tu me manques déjà ! Pacey tourne la tête vers Joey : Potter, ça tombe bien que tu sois là ! La sonnerie signale le début des cours. Zut… On déjeune ensemble ?
Joey sourit : Bien sur.
Pacey, en courant vers sa classe, et criant à l’attention de Joey : 13 heures à la cafète, ça te va ?
Joey : J’y serais.

Finalement, la journée ne s’annonçait pas si mal que ça. Ca faisait longtemps qu’elle n’avait pas discuté avec Pacey. Elle fût sortie de ses rêveries par Mr Peterson.
Mr Peterson : Mademoiselle Potter, honorerez vous ma classe de votre présence ou allez vous rester là toute la journée à rêvasser ?
Joey : Pardon. J’arrive tout de suite.

Joey estima avoir limité la casse au contrôle de Mr Peterson. Encore celui de Mr Kasdan, et elle pourrait respirer... jusqu’au prochain. Lorsque la sonnerie de 12h45 retentit, un sourire illumina son visage : elle allait retrouver Pacey à la cafétéria. Ils n’avaient pas discuté depuis si longtemps, ils auraient sûrement pleins de choses à se raconter. Arrivée sur les lieux du rendez-vous, elle scruta la pièce, sans résultat. Elle décida de commander son repas, et de s’asseoir à une table où elle serait sure de le voir arriver. Les minutes passèrent, et toujours pas de Pacey. A 13h20, Joey n’avait toujours pas attaqué son déjeuner, elle était plongée dans ses notes pour son contrôle, quand Pacey arriva en courant.
Pacey : Joey, je suis désolé. Le prof de maths m’a attrapé dans le couloir. Il pense que je ne sais pas ce que c’est qu’un… Je sais plus comment ça s’appelle… Je crois que c’est comme le truc qu’on a dans le nez !
Joey, en souriant : Ca s’appelle un sinus Pacey ! Je crois que Mr Gates a raison de se faire du souci pour toi si tu ne sais même pas ce que c’est qu’un sinus !
Pacey, en s’asseyant : C’est pour ça que j’ai besoin de toi Potter. Tu pourrais me passer tes cours de maths ? J’ai loupé pas mal de cours, et je ne veux pas demander à Andie. Elle sait déjà assez bien que je suis un idiot, pas la peine d’en remettre une couche !
Joey, déçue : Ah… C’est pour ça que tu voulais me voir aujourd’hui ? Pas de problème, tu n’as qu’à passer à la maison demain, je te donnerai tout.
Pacey se relevant : T’es la meilleure Potter ! Je file, il faut que je rejoigne Andie.
Joey, se levant aussi : Pas de problème. Je retournais en cours de toute façon.
Pacey : Ca va Joey ? Tu n’as rien mangé !
Joey : Ca va, je n’avais pas faim. Cours rejoindre Andie.
Pacey : A demain alors !
Joey, seule : Oui, à demain…


Pendant ce temps, dans un placard à balais de l’école…
Dawson : Eve ?
Eve : Bonjour Dawson. Bienvenu à l'école. elle embrasse Dawson.
Dawson : Ce qui me vient là, c'est qu'est-ce que tu fais ici?
Eve : À 11 heures pile, je sortirai d'un gâteau confectionné par Mr Sax, prof d'histoire.....Non...Moi aussi je suis étudiante.
Dawson : Tu n'as rien d'une étudiante !
Eve : Qu'est ce qui se passe Dawson ? Il a jamais vu une femme d'aussi près le petit jeune ?
Dawson : Si, si, j'en ai vu plein mais aucune n'avait un look comme le tien.... Et puis tu as au moins...
Eve : Fais attention !
Dawson : Enfin, tu es très mûre !
Eve : C'est marrant, j'aurai vraiment cru que cette réapparition t'exciterait plus !
Dawson : Ah....je suis très excité, seulement je sais que tu disparais aussi vite que tu réapparais. Et puis....qui es-tu Eve ? Tu..... D'abord tu es cette étrange passagère assise près de moi dans ce car qui me fait la conversation. Ensuite tu portes une perruque brune, tu travailles dans un club. Et maintenant je te retrouve là, ici, dans mon école, alors, je...
Eve : Alors tu as tout faux Dawson. En fait je ne suis rien de tout ça. Moi je ne suis qu'une fille cachée dans le placard de ton école qui attend que tu l'embrasses. Ils s'embrassent. La sonnerie retentit.
Eve : J'ai cours de biologie. Salut ! Elle part.
Dawson : Pas si vite ! Il se précipite pour rattraper Eve mais se prend les pieds dans les balais et tombe. Je pourrai connaître ton nom de famille? Il sort du placard et tombe sur Joey. Eve a disparu.
Joey, continuant sa route : Potter ! Si tu ne te souviens même plus de mon nom de famille, alors c’est plus grave que ce que je pensais !
Dawson : Joey ! Salut ! Je suis désolé, je parlais à… laisse tomber. Tu n’as pas vu Eve passer il y a moins d’une minute ?
Joey s’arrête : Je rêve ! Dawson, on ne s’est pas parlé depuis presque deux mois et maintenant qu’on se revoie, tu me parles d’Eve ?
Dawson : Excuse moi, je suis désolé. Tu as l’air fatiguée Joey, tu es sure que tout va bien ?
Joey, ironique : Tout va bien dans le meilleur des mondes. Un monde auquel tu n’appartiens pas. Plus, du moins…
Dawson : Joey, nous avions besoin de cette séparation.
Joey : C’est bizarre, il ne me semble pas que quelqu’un soit venu me consulter ! Alors n’utilises pas le mot « nous » mai plutôt « je ». Le « nous » n’est plus de rigueur. Je te laisse, j’ai cours.
Dawson, observant Joey s’en aller : Joey, je…

Lorsque la sonnerie signala la fin des cours, Joey soupira. Cette journée de torture en tout genre : Contrôles, Dawson, Pacey… allait enfin se terminer. Encore mieux : c’était le week-end.


Pacey avait l’habitude de passer ses week-ends chez Andie. Elle et Jack vivaient seuls dans la demeure familiale. Leur père travaillait à Providence, et s’était installé dans un petit appartement, là bas.
Pacey, frappant à la porte : MacPhee ! Tu m’ouvres avant que je ne me transforme en statue de glace ! Et je dois t’avouer que je suis tout sauf de glace ce soir !
Contrairement à ce qu’il pensait, c’est Jack qui ouvrît la porte. Pacey rougît de honte.
Jack d’un air dégoûté : Salut Pacey. Je vais faire comme si je n’avais rien entendu !
Pacey, gêné : Merci Jack.
Jack : Elle est en haut, elle est dans son bain.
Pacey monta à l’étage, et entra dans la chambre d’Andie. Elle entendait qu’elle chantait dans son bain. Il s’approcha de la porte de sa salle de bain, s’apprêta à entrer quand il s’aperçut que la porte était fermée à clefs.
Pacey : MacPhee, tu sais que tu chantes très mal ?
Andie : Pacey ? C’est toi ?
Pacey : Non, c’est ton amant !
Andie : Ahah… Très drôle Witter ! J’arrive dans une minute !
Pacey vît que l’ordinateur d’Andie était allumé, et décida d’en profiter pour regarder ses mails. Il s’installa sur le bureau, regarda en souriant l’écran de veille de l’ordinateur qui faisait défiler diverses photos de leur couple, bougea la souris. La boite mail d’Andie était ouverte. Il s’apprêtait à fermer sa session quand il s’aperçut que la boite de réception était remplie de mails d’un certain Mark Wilson. Des mails récents et réguliers. Le dernier datait de quelques heures. Il lut l’objet de chacun de ces mails : « tu me manques / Je t’aime / Rejoins moi / Petit mot pour mon cœur / etc. ». Pacey, sous le choc, décida d’ouvrir l’un de ces mails. Le dernier. Ce qu’il lut le terrifia.

« Mail du 30/10/00, 15:32.
From : Marc
To : Andie

Mon Andie,

Voilà deux jours que je n’ai pas eu de nouvelles de toi et j’en suis malade. Est-ce mon dernier mail qui t’a fâché ? Le choix est inévitable Andie. Plus tu attendras, plus tu nous feras souffrir tous les trois. Andie, ce que nous avons vécu à l’hôpital cet été est inoubliable. Tu l’as dit toi-même, tu n’avais jamais ressenti ça auparavant. Tu dis nous aimer tous les deux, ne pas pouvoir choisir. Mais réfléchis bien Andie. Nous avons vécu la même chose tous les deux, nous avons traversé les mêmes épreuves. Nous nous comprenons. Nous sommes des âmes sœurs, j’en suis convaincu. Au fond de toi, je suis sur que tu sais quel est le bon choix. Je te fais confiance.

Je t’aime.

Ton Marc. »

Les larmes coulaient sur les joues de Pacey, au fur et à mesure qu’il lisait les mots qui défilaient sur l’écran. Installé sur le bureau, il était dos à la porte de la salle de bains. Il entendit Andie ouvrir la porte, et ne bougea pas.

Andie : Salut mon ange ! Tu aurais dû me dire que tu venais plus tôt.
Pacey, sèchement : Pourquoi ? Ca t’aurait laissé le temps d’effacer tes mails peut-être ?
Andie à moitié paniquée et en colère : Pacey, tu as fouillé dans ma boite mail ?
Pacey : Fouillé ? Pas exactement. Trouvé au hasard des dizaines de mails d’un certain Marc qui a l’air de bien te connaître, serait une expression plus exacte.
Andie en pleurs : Pacey, laisse moi t’expliquer !
Pacey, prenant sa veste et se dirigeant vers la porte : Tu sais quoi ? Envoie moi un mail ! T’as l’air assez douée dans cet exercice !
Andie désespérée : Pacey ! Reste ! Je t’en prie !
Pacey : Andie, apparemment tu avais du mal à choisir ? Et bien je vais te faciliter la tache ! Je me casse ! Tchao !
Il sortit de chez Andie à toute allure.

Au rez de chaussée, Jack, prêt à partir à l’entraînement, le croisa l’instant d’une seconde, comme un coup de vent. Il comprît que quelque chose n’allait pas, et courut voir sa sœur. Il frappa à la porte, sans réponse.
Jack : Andie, c’est moi, Jack. J’ai vu Pacey partir comme une fusée. Tu vas bien ? Réponds moi ! Andie ?
Il ouvrît silencieusement la porte et vît Andie, allongée sur son lit en train de pleurer.
Jack : Qu’est-ce qui se passe Andie ? Vous vous êtes disputés ?
Andie : Nous venons de rompre.
Jack : Quoi ? Mais c’est insensé ! Vous vous entendez si bien tous les deux !
Andie : Tout est de ma faute.
Jack : Raconte moi ! Andie, qu’est-ce que tu as bien pu faire de si terrible ?
Andie : Je l’ai trompé. Pendant mon séjour à l’hôpital. Jack, comprends moi, toi. Marc et moi avons vécu les mêmes peurs, les mêmes souffrances. Et le même regard de la part des gens qui sont étrangers à cette maladie. J’ai été incapable de choisir. Pacey l’a fait pour moi.
Jack : Andie… Je ne t’aurai jamais cru capable de sortir avec deux garçons à la fois ! Ce n’est pas toi, ça !
Andie : Mais je les aime tous les deux, Jack !
Jack : Le choix est inévitable.
Andie : Jack, tu ne peux pas comprendre. Laisse moi s’il-te plaît. J’ai besoin d’être seule.
Jack : Comme tu voudras. Il s’assoit sur le lit près d’elle et lui prend la main. Hey, je t’aime p’tite sœur ! Alors quoi que tu fasses, je serais toujours avec toi, compris ?
Andie : je sais, merci Jackers.
Jack : Je t’en prie, ne m’appelle pas comme ça, j’ai l’impression de revenir dix ans en arrière… Lorsque j’étais… enfin, lorsque je pensais être hétéro !
Andie : Allez, file à ton entraînement, tu vas être en retard !

La colère de Pacey s’était petit à petit transformée en peine et en pleurs. Il décida de s’arrêter au port. Il aimait le contact de l’eau. Surtout quand il allait mal. Il marcha jusqu’au bord de la berge, et s’assît face à la mer, sur le ponton.
Pourquoi lui avait-elle fait ça ? N’étaient-ils pas heureux tous les deux ? Andie était tout pour lui. C’est la seule qui avait cru en lui. Depuis le premier jour. Il fallait bien qu’elle ait un grain de folie pour croire en un imbécile comme lui.
Jen : Pacey ?
Pacey se retourna, les yeux pleins de larmes, et aperçut Jen, dans sa tenue de pompom girl.
Jen : Pacey, ça ne va pas ?
Pacey : Pas vraiment… Andie et moi, c’est terminé.
Jen : Quoi ??? Tu plaisantes ?
Pacey : J’ai l’air de plaisanter ?
Jen : Pas vraiment, non. Tu as plutôt l’air complètement anéanti. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Pacey : Je n’ai pas trop envie d’en parler. Disons que trois, ça fait une personne de trop dans une relation.
Jen s’assît près de lui, sur le ponton : Oh non… La vie peut être vraiment très moche parfois.
Pacey : Et toi, qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être en train de t’entraîner ?
Jen : Je me cache de cette bande de furies ! C’est un vrai poulailler là bas ! Ca m’apprendra à vouloir toujours l’ouvrir !
Pacey : La pauvre Belinda MacGovern… Il paraît qu’elle ne s’en est pas encore remis ! La nuit, elle prononce ton nom dans son sommeil !
Jen donne un coup d’épaule à Pacey : Arrête ! Si je pouvais, je lui rendrais volontiers sa place !
Pacey sourit, puis son sourire se figea.
Jen : Allez, Pacey, ça va s’arranger.
Pacey : Non, pas cette fois. Quelque chose s’est cassé. Et ça fait tellement mal. Il a les larmes aux yeux. Elle était ma vie, en plus beau. Etait-elle trop belle ? Ou moi trop sot ?
Jen : Rien de tout ça. Il faut que vous vous expliquiez. Votre couple est trop beau pour finir comme ça.
Pacey : Tout ce dont j’ai envie maintenant, c’est d’oublier.
Jen : J’aimerai bien oublier mon statut de chef des décérébrées moi aussi ! Silence. J’ai une idée, ce n’est sans doute pas la meilleure solution pour effacer ton chagrin d’amour, mais que dirais-tu d’oublier ta peine dans un grand verre de punch ? Un des footballeurs fait une fête ce soir. Quitte à appartenir à leur groupe d’idiots, autant profiter des avantages ! Qu’est-ce que tu en dis Pacey ?
Pacey : ce sera toujours mieux que de traîner ici toute la soirée…

Joey rentrait paisiblement chez elle, à pieds, lorsqu’une crampe la prît à l’estomac. Elle n’avait rien mangé depuis la veille. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait du mal à manger depuis la rentrée. Elle n’avait plus d’appétit. Elle avait perdu quelques kilos et ses jeans commençaient à être trop larges. Elle respira profondément. La crampe était passée.
Quand elle arriva devant la porte de chez elle, elle entendit que Bessie discutait avec quelqu’un. Curieuse, elle entra dans la pièce et bondit de joie.
Joey : Boddie ! Tu es de retour ! C’est génial ! Elle lui sauta dans les bras.
Boddie : Salut ma belle ! Il la reposa à terre, puis l’observa. Il était temps que je revienne ! Tu es toute maigre ! Je sais que Bessie cuisine mal, mais quand même…
Bessie lance une serviette à la figure de Boddie : Hé ! On se calme, espèce de macho ! Joey, tu vois, je te l’avais dit ! Tu as maigri, et ça se voit ! En parlant à Boddie. Elle ne mange plus rien.
Joey : Hé ho ! Je suis là ! On ne va pas remettre ça sur le tapis, Bessie. Alors, Boddie, tu vas rester combien de temps ?
Boddie regarda Bessie en souriant.
Boddie : On lui dit ?
Bessie : A toi l’honneur !
Joey, inquiète : Me dire quoi ?
Boddie : Ta sœur et moi, on a décidé de transformer cet endroit en un Bed & Breakfast. Comme ça, je pourrais rester travailler ici, et si l’affaire marche bien, on peut espérer gagner un peu plus d’argent. Mais cette maison est aussi la tienne, et on ne fera rien sans ton accord.
Joey leur sauta dans les bras : Oh ! Mais c’est une idée géniale !
Bessie : Bien sur, il y aura pas mal de travaux à faire et nous n’avons pas beaucoup de moyens, alors il faudra se serrer les coudes, et mettre toute notre énergie dans ce projet. Joey, je sais que tu es déjà débordée par tes cours, alors si tu ne veux pas t’investir, sache que je le comprendrais !
Joey lui sourit : Bessie, arrête de jouer les mères poules ! Bien sur que je veux m’investir dans cette affaire. Comme l’a dit Boddie, cette maison est la mienne aussi… Arrête un peu de te faire du souci pour moi !
Boddie : Bon… Et bien je crois que le Bed & Breakfast des filles Potter est né !
Joey et Bessie se regardèrent et sourirent.

Le lendemain, au futur Bed & Breakfast… La maison était sans dessus dessous, les bruits de visseuse, de marteau et autres outils résonnaient dans toutes les pièces. Joey était dans sa chambre, à essayer de réviser et commençait à devenir folle. Impossible de se concentrer dans ces conditions. Elle regarda son réveil : 16 heures. Elle se rappela soudain que Pacey n’était toujours pas venu chercher ses cours de maths.
Joey se leva et attrapa son classeur de maths : Je suis trop gentille…
Etant donné qu’elle ne réussirait pas à travailler dans ce vacarme, elle décida d’aller donner ses cours à Pacey. Depuis une violente dispute entre son père et lui, Pacey habitait chez son frère Doug. Lorsqu’elle arriva devant la porte d’entrée, elle frappa mais personne ne répondît. Elle réessaya, sans résultat. Elle allait faire demi-tour lorsqu’elle entendît le verrou s’ouvrir.
Pacey, sombre : Qu’est-ce que tu veux, Potter ?
Joey : Hé ! Ne m’agresse pas ! Je viens t’apporter mes cours de maths. Tu devais passer les prendre, je te rappelle ! Elle lui tend son classeur.
Pacey, sans vie : Ah, merci.
Joey : Il y a quelque chose qui ne va pas Pacey ?
Pacey : Rien. Merci pour les cours Joey. Salut.
Joey s’aperçut qu’il avait les yeux rouges, et qu’il avait certainement pleuré. Il allait refermer la porte quand elle s’interposa.
Joey : Attends !
Pacey soupira : Quoi ?
Joey : Je peux entrer cinq minutes ?
Pacey : Ecoute, Joey…
A peine avait-il entamé sa phrase qu’elle était déjà à l’intérieur. La pièce était plongée dans le noir. Joey s’approcha de la fenêtre et ouvrît les rideaux d’un coup sec.

Pacey, aveuglé par la lumière : hé !!!
Joey : Maintenant tu vas me dire ce que tu fais en pyjama, mal rasé et dans le noir à quatre heures de l’après midi ! Tu as une tête affreuse Pacey. Et tu aurais pu te brosser les dents !
Pacey : Joey, on n’est pas à l’armée, alors si tu veux jouer l’adjudant chef, tu n’es pas venue au bon endroit. Moi et l’autorité, tu sais… Il s’assoit sur le canapé et se prend la tête dans les mains. Aïe, ma tête…
Joey vint s’installer à côté de lui et le regarda d’un air désapprobateur.
Pacey : Quoi ! Tu n’as jamais la fête ? Suis-je bête… Joey Potter ne vis que pour ses études !
Joey se relève et commence à partir, furieuse : Je croyais qu’on avait dépassé ce stade !
Pacey se rendît compte qu’il était allé trop loin.
Pacey : Attends Joey ! Joey s’immobilisa. Andie… C’est fini. Une larme coula sur sa joue.
Joey vint se rasseoir près de Pacey.
Joey : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Et Pacey lui raconta tout. Le mail trouvé par hasard, la dispute, et la fête dont il ne se souvenait pratiquement plus. Quand il eut fini, il se mit à pleurer, et Joey le prît dans ses bras.


Jack rentrait de son match de football. Il était très heureux car son équipe avait gagné, et il avait marqué. Quand il entra dans la maison, un silence d’église régnait. Il appela Andie, mais aucune réponse. Il se dirigea vers sa chambre, ouvrit la porte doucement après avoir frappé. Il trouva un mot à son intention sur le lit.

« Jack,

J’ai passé toute la nuit à réfléchir à ce qui s’est passé avec Pacey. La conclusion est la suivante : je ne suis pas prête à affronter son regard, et encore moins à me retrouver en cours à ses côtés, comme si de rien n’était. Alors j’ai pris une grande décision, en accord avec papa : je pars pour Providence avec lui. Les cours ont repris depuis peu, je n’aurai aucun mal à me réintégrer dans une nouvelle classe. Papa a dit qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que tu restes à Capeside, dans la maison. Ne m’en veux pas Jack. J’ai besoin de partir.
Embrasse tout le monde pour moi.

Ta sœur qui t’aime.
Andie. »

Jack froissa le papier dans sa main, les larmes aux yeux. Encore une nouvelle fois, il allait se retrouver seul. Il resta immobile quelques secondes, puis se releva, se dirigea vers la porte.



Jen venait de se réveiller d’une longue sieste. Elle avait fait la fête toute la nuit et avait un peu trop bu. Rien de comparable avec l’état dans lequel elle avait laissé Pacey devant chez Doug, mais elle avait tout de même un sacré mal au crâne. Lorsqu’elle descendit dans la cuisine, Grams faisait la vaisselle.
Jen : Bonjour Grand-mère. Il y a du kawa ?
Grams, d’un ton sévère : Jenifer, combien de fois t’ai-je dit que je fais du café et non du « kawa » ?
Jen narquoise : Au moins cent fois, mais tu sais, je suis un peu bouchée… Et en plus, je suis blonde, ne l’oublie pas !
Grams : Fais la maline… Je ne rentrerai pas dans ton jeu. Tu es rentrée tard hier… Ou plutôt devrais-je dire tôt ce matin !
Jen regarde sa montre : Tu fais des progrès. Une minute dix sans te mêler de ma vie !
Grams, exaspérée : Jenifer, arrête tes sarcasmes ! Tu es sous ma responsabilité et tu n’es pas encore majeure, alors j’estime avoir le droit de savoir où tu passes tes nuits !
Jen en bâillant : Et bien, après avoir cambriolé la banque de Capeside, je suis allé dévaster un cimetière, j’ai couché avec un dealer et pour me remercier il m’a donné de l’héroïne. J’en ai pris une partie, et j’ai offert l’autre au curé. Il était beaucoup trop coincé.
Grams, outrée : Jenifer !!! Comment oses-tu ?
Jen se servant une tasse de café : J’essaie de te faire comprendre que cette situation est ridicule. Grand-mère, tant que tu ne me feras pas confiance, nous…
Leur discussion fut interrompue par la sonnette de l’entrée.
Jen : J’y vais. Ca doit être l’ange que tu as prié pour qu’il vienne sauver ma pauvre âme !
Jen se dirigea vers l’entrée, ouvrît la porte et se trouva face à Jack.
Jen : Salut ! Alors c’est toi mon ange ? T’as fait vite !
Jack : Je peux savoir de quoi tu parles ?
Jen rigole : Laisse tomber ! Reste pas là, entre !
Jack : Bonjour Mme Ryan.
Grams : Bonjour Jack.
Jen, qui s’assoit sur la table de la cuisine : Tu veux une tasse de kawa ?
Jack sourit car il savait que le mot « kawa » allait faire réagir Grams : Non, merci.
Grams regarda Jen et soupira : Elle veut me faire enrager. Descends de cette table !
Jen : Grand-mère est persuadée que j’ai donné mon âme au diable !
Jack sourit timidement, mais son esprit était ailleurs. Mme Ryan s’en aperçut rapidement.
Grams : Quelque chose ne va pas Jack ?
Jack se prend le visage entre les mains : Non, c’est idiot. Il se dirige vers la sortie. Excusez moi de vous avoir dérangé.
Jen : Jack ! Attends ! Dis nous ce qui te tracasse !
Jack : Andie est repartie.
Jen : Repartie ? Mais comment ça ? Repartie où ?
Jack : A Providence, avec mon père. Elle ne voulait pas rester à Capeside, à cause de Pacey.
Jen : Jack, tu as l’air de lui en vouloir, je me trompe ?
Jack : Bien sur que je lui en veux ! Elle fuit ! Elle n’a même pas eu le courage de me l’annoncer de vive voix ! Elle m’a seulement laissé un mot !
Grams : Il faut la comprendre Jack ! Elle a tellement souffert depuis un an. Elle connaît ses limites à présent. Je sais que c’est difficile à concevoir pour toi, car tu te sens abandonné, mais elle a fait ce qui lui semblait le mieux, et tu dois respecter son choix.
Jack : C’est très égoïste de ma part, mais je lui en veux de me laisser tout seul. Je me sens comme abandonné.
Jen : Jack, comment oses tu dire que tu es seul ! Je suis là, moi ! Nous sommes là. Elle regarde Grams, qui comprend ce qu’elle veut lui dire.
Grams : Jack, pourrais-tu me rendre un service ?
Jack, d’un air interrogateur : Bien sur, qu’est-ce qui se passe ?
Grams : J’ai une petite fille infernale qui n’en fait qu’à sa tête, et j’aurais bien besoin d’un peu d’aide pour la remettre sur le droit chemin…
Jack sourit : Vous voulez dire que…
Grams : Reviens habiter chez nous. Elle désigne un mug géant posé près de la cafetière. Ta tasse de « kava » t’attend.
Jen rigole : C’est kawa ! Elle dépose sa tête sur l’épaule de Jack, et le regarde en faisant la moue : Dis oui… S’il te plaît !
Jack prend Jen et Grams dans ses bras : Bien sur que c’est oui ! Merci Mme Ryan ! Vous êtes géniale !

lilou69  (08.03.2006 à 21:36)
Le 16 novembre 2001
Pacey était sur le port, en train de bricoler sur le True Love. Il releva la tête et regarda le ciel, qui devenait noir. Il allait y avoir un gros orage. La météo avait même parlé d’ouragan pour la fin de journée…
Un marin qui passait lui adressa quelques mots :
Marin : Ca serait du suicide de prendre la mer par un temps pareil.
Pacey acquiesça et lui sourît tristement sans rien répondre. Il s’assît sur le ponton et déposa sa main dans la poche intérieure de son manteau, près de son cœur. Il sentit la lettre sous sa paume. Puis il se perdît dans ses pensées, et repensa à tout ce qui l’avait amené là, depuis près d’un an.

Flash back :

Dawson revenait à Capeside après avoir passé l'été à Philadelphie avec sa mère. Sur le chemin du retour, il avait rencontré une jeune fille prénommée Eve qui allait semer le trouble dans sa vie.
Pendant ce temps-là, Joey, qui n'avait pas appelé Dawson une seule fois pendant l'été avait réalisé en le voyant qu'elle n'avait toujours pas encaissé sa rupture.
C’est à ce moment là qu’une histoire d’amitié prît forme, au bord de l’eau…

Pacey : Ohé ! Y'a quelqu'un sur la rive ?
Joey : Qu'est-ce que tu fais là ?
Pacey : Ben, j'ai rien compris au film. J’ai sauté dans la barque de notre ami Dawson et comme par magie j'ai dérivé jusqu'à toi.
Joey : Ah oui, alors dérive encore jusqu'à moi et je te tue !!!
Pacey : C'est qu'elle en serait capable ! Pacey attache la barque et monte s'asseoir à côté de Joey sur le dock.
Joey : Il t'a tout raconté, hein ? Pacey ?
Pacey : Je sais pas, à ton avis ?
Joey : Je vous déteste tous les deux.
Pacey : Mmm… Tu risques de me détester encore plus en entendant ce que je vais dire. Il a eu la bonne attitude. Gardez vos distances pour le moment toi et lui. Ca vaut mieux.
Joey : Ca vaut mieux ? Mais qu'est-ce que t'en sais ?
Pacey : Oui. Oui t'as probablement raison. C'est vrai que je ne sais pas combien c'est dur de laisser l'être qu'on aime s'en aller. Combien c'est douloureux... de savoir que si on est fait l'un pour l'autre, ça ne signifie pas forcement qu'on est fait l'un pour l'autre maintenant. Oh mais oui, qu'est-ce que j'en sais ? C'est vrai, comment je pourrais comprendre, moi, qu'on est parfois malheureux au point d'avoir envie de hurler... de frapper quelqu'un. S'asseoir au clair de lune et pleurer.
Joey : J'ai de la chance vraiment, il a fallu que se soit toi qui me voit dans cet état.
Pacey : Joey, une nouvelle année commence. Et tout les deux, qui sait, on pourrait peut-être devenir amis.
Joey : Pacey. Je ne suis pas assez démoralisée comme ça.
Pacey : rires. Allez, viens là. Elle s'appuie contre lui et pleure.

Fin du flash back.

Puis Andie est revenue, et Joey s’est à nouveau retrouvée seule. Et c’est là que tout a commencé…



Le 29 octobre 2000

Joey n’en pouvait plus. Elle avait deux contrôles le lendemain, et Alexander n’avait pas l’air d’avoir envie de la laisser réviser. Bessie était partie pour la soirée, et avait chargé Joey de le surveiller.
Elle était épuisée. Les cours avaient repris depuis deux mois, et déjà elle craquait nerveusement. Elle ne voulait pas se l’avouer, mais les cours n’étaient pas la seule raison de ce coup de blues. Elle se sentait seule. Désespérément seule. Dawson était omnubilé par Eve, la femme fatale, et Pacey, avec qui elle s’entendait de mieux en mieux, avait retrouvé Andie. Quand à Jack et Jen, ils s’étaient découvert une passion commune : le football. Le fait que Jen devienne chef des pompoms girls avait beaucoup surpris Joey, mais après tout, pourquoi pas. Elle sentait qu’elle n’avait pas sa place dans ces relations et commençait à se demander si elle comptait vraiment pour quelqu’un.

Joey : Bon, assez de rêveries. Elle regarde Alexander. Alex, mon pépère, il faut vraiment que je travaille. Alors je vais te mettre au lit, et tu vas gentiment me laisser comprendre comment Louis XVI a perdu la tête… Si tu ne veux pas que je perde la mienne lorsque Mr Peterson découvrira que je n’ai pas révisé pour son contrôle.
Pour toute réponse, Alexander se contenta de balbutier.
Joey : Charmant. Ma seule compagnie en ce moment est un bébé qui ne sait faire que « bfrrrbfrrr » ! Allez, au lit !

Alexander, quand il comprît ce qu’il allait arriver, se mis à hurler.
Joey : S’il te plaît, Alexander, sois mignon. Il faut vraiment que je révise.
Elle le déposa dans son lit alors qu’il hurlait encore, et, voyant qu’il ne se calmait pas, lui lut une histoire. Elle se remettrait au travail après, et de toute façon, elle savait qu’elle ne pourrait réviser que quand il dormirait. Elle commença à lui lire l’histoire de la Belle au Bois Dormant, quand elle se prît dans le personnage et commença à s’endormir elle aussi…

Bessie, en chuchotant : Joey ? Joey, réveille toi !
Joey, qui se réveilla en sursautant : Hein ? Quoi ? Louis XVI a été guillotiné en 1793 !
Bessie : Pas de chance pour lui ! Joey, tu t’es endormie dans la chambre d’Alex ! Sortons avant de le réveiller !
Elles sortent de la chambre.
Joey : Oh non ! Quelle heure est-il ?
Bessie : Il est une heure du matin !
Joey : Quoi ? Mais c’est horrible ! Je n’ai pas fini de réviser ! Je ne serai jamais prête pour mon contrôle !
Bessie : Calme toi Joey. Ca ne doit pas être si terrible que ça !
Joey : Mais bien sur que si, c’est terrible ! Je te rappelle que si je veux rentrer à l’université, je dois avoir des notes irréprochables, et ce n’est pas en faisant l’impasse sur les révisions que j’y arriverai !
Bessie : Joey, je sais que l’université c’est important pour toi, mais il faut que tu relativises, que tu arrêtes de stresser. Je t’observe depuis la rentrée, tu es épuisée. Physiquement et nerveusement. Et je suis sure qu’il y a autre chose que les cours qui te tracasse…
Joey : Ecoute Bessie, j’adorerais que tu psychanalyses ma névrose et mes états d’âme, mais j’ai deux interros demain, alors si on pouvait remettre cette petite discussion à plus tard…
Bessie : Très bien, je vais me coucher. Elle embrasse Joey sur le front. Ne révise pas trop tard.

Malgré les conseils de Bessie, Joey révisa une bonne partie de la nuit, se tenant réveillée en avalant une quantité impressionnante de café noir. Lorsque son réveil sonna, à 7:00, elle avait un mal de tête qui lui rappela qu’elle n’avait pas assez dormi.

Bessie : Salut petite sœur ! Oh… Tu as une mine affreuse ! Toi, tu ne t’es pas couchée tôt !
Joey : Merci pour le compliment Bessie ! Si j’ai cette tête, c’est en partie à cause de ton petit monstre qui n’a pas jugé nécessaire de me laisser travailler hier soir !
Bessie : Eh ! On se calme ! Tu t’es levée du pied gauche ce matin ?
Joey s’assit à table, et, se prît la tête entre les mains.
Joey : Excuse moi Bessie. J’angoisse pour mes contrôles et je suis crevée.
Bessie : Je suis sure que tout va bien se passer.
Joey : Si seulement Mrs Peterson et Kasdan pouvaient t’entendre…
Bessie : Allez, un bon petit déjeuner et tu verras, tu te sentiras en pleine forme pour la journée !
Joey : Je te remercie Bessie, mais je n’ai pas faim. Je vais jeter un dernier coup d’œil à mes cours avant de partir.
Bessie : Joey, tu deviens limite obsessionnelle avec tes notes ! Prends le temps de vivre un peu ! Depuis septembre, tu ne sors plus, je ne vois plus ni Dawson, ni Pacey à la maison, et le plus grave, c’est que je ne te vois plus sourire… Et puis tu ne manges plus rien ! Tu vas finir par tomber malade si ça continue !
Joey, en remontant les escaliers, les larmes aux yeux : Ils vivent leur vie… Quant à moi, ne te fais pas de souci, tout va bien.

En arrivant dans sa chambre, elle ferma la porte derrière elle et éclata en sanglots. Non, tout n’allait pas bien. Elle se sentait tellement seule… Après avoir passé un été à penser à Dawson et leur relation, elle avait fini par accepter leur rupture. Elle croyait avoir trouvé un ami en la personne de Pacey, mais lui aussi semblait l’avoir oublié. Il avait retrouvé Andie et depuis, plus rien d’autre ne semblait compter. Elle avait la détestable sensation que si elle disparaissait, personne, mis à part Bessie, ne s’en apercevrait. Elle tenta de calmer ses larmes, prît une grande inspiration et se replongea une dernière fois dans ses cours.

Arrivée au lycée, elle arriva près de son casier, où elle trouva Pacey et Andie en train de s’embrasser.
Joey, tristement : Salut !
Pacey : Tiens ! Salut Potter !
Andie : Salut Joey ! Elle embrasse Pacey. J’y vais. A tout à l’heure mon cœur.
Pacey : Tu me manques déjà ! Pacey tourne la tête vers Joey : Potter, ça tombe bien que tu sois là ! La sonnerie signale le début des cours. Zut… On déjeune ensemble ?
Joey sourit : Bien sur.
Pacey, en courant vers sa classe, et criant à l’attention de Joey : 13 heures à la cafète, ça te va ?
Joey : J’y serais.

Finalement, la journée ne s’annonçait pas si mal que ça. Ca faisait longtemps qu’elle n’avait pas discuté avec Pacey. Elle fût sortie de ses rêveries par Mr Peterson.
Mr Peterson : Mademoiselle Potter, honorerez vous ma classe de votre présence ou allez vous rester là toute la journée à rêvasser ?
Joey : Pardon. J’arrive tout de suite.

Joey estima avoir limité la casse au contrôle de Mr Peterson. Encore celui de Mr Kasdan, et elle pourrait respirer... jusqu’au prochain. Lorsque la sonnerie de 12h45 retentit, un sourire illumina son visage : elle allait retrouver Pacey à la cafétéria. Ils n’avaient pas discuté depuis si longtemps, ils auraient sûrement pleins de choses à se raconter. Arrivée sur les lieux du rendez-vous, elle scruta la pièce, sans résultat. Elle décida de commander son repas, et de s’asseoir à une table où elle serait sure de le voir arriver. Les minutes passèrent, et toujours pas de Pacey. A 13h20, Joey n’avait toujours pas attaqué son déjeuner, elle était plongée dans ses notes pour son contrôle, quand Pacey arriva en courant.
Pacey : Joey, je suis désolé. Le prof de maths m’a attrapé dans le couloir. Il pense que je ne sais pas ce que c’est qu’un… Je sais plus comment ça s’appelle… Je crois que c’est comme le truc qu’on a dans le nez !
Joey, en souriant : Ca s’appelle un sinus Pacey ! Je crois que Mr Gates a raison de se faire du souci pour toi si tu ne sais même pas ce que c’est qu’un sinus !
Pacey, en s’asseyant : C’est pour ça que j’ai besoin de toi Potter. Tu pourrais me passer tes cours de maths ? J’ai loupé pas mal de cours, et je ne veux pas demander à Andie. Elle sait déjà assez bien que je suis un idiot, pas la peine d’en remettre une couche !
Joey, déçue : Ah… C’est pour ça que tu voulais me voir aujourd’hui ? Pas de problème, tu n’as qu’à passer à la maison demain, je te donnerai tout.
Pacey se relevant : T’es la meilleure Potter ! Je file, il faut que je rejoigne Andie.
Joey, se levant aussi : Pas de problème. Je retournais en cours de toute façon.
Pacey : Ca va Joey ? Tu n’as rien mangé !
Joey : Ca va, je n’avais pas faim. Cours rejoindre Andie.
Pacey : A demain alors !
Joey, seule : Oui, à demain…


Pendant ce temps, dans un placard à balais de l’école…
Dawson : Eve ?
Eve : Bonjour Dawson. Bienvenu à l'école. elle embrasse Dawson.
Dawson : Ce qui me vient là, c'est qu'est-ce que tu fais ici?
Eve : À 11 heures pile, je sortirai d'un gâteau confectionné par Mr Sax, prof d'histoire.....Non...Moi aussi je suis étudiante.
Dawson : Tu n'as rien d'une étudiante !
Eve : Qu'est ce qui se passe Dawson ? Il a jamais vu une femme d'aussi près le petit jeune ?
Dawson : Si, si, j'en ai vu plein mais aucune n'avait un look comme le tien.... Et puis tu as au moins...
Eve : Fais attention !
Dawson : Enfin, tu es très mûre !
Eve : C'est marrant, j'aurai vraiment cru que cette réapparition t'exciterait plus !
Dawson : Ah....je suis très excité, seulement je sais que tu disparais aussi vite que tu réapparais. Et puis....qui es-tu Eve ? Tu..... D'abord tu es cette étrange passagère assise près de moi dans ce car qui me fait la conversation. Ensuite tu portes une perruque brune, tu travailles dans un club. Et maintenant je te retrouve là, ici, dans mon école, alors, je...
Eve : Alors tu as tout faux Dawson. En fait je ne suis rien de tout ça. Moi je ne suis qu'une fille cachée dans le placard de ton école qui attend que tu l'embrasses. Ils s'embrassent. La sonnerie retentit.
Eve : J'ai cours de biologie. Salut ! Elle part.
Dawson : Pas si vite ! Il se précipite pour rattraper Eve mais se prend les pieds dans les balais et tombe. Je pourrai connaître ton nom de famille? Il sort du placard et tombe sur Joey. Eve a disparu.
Joey, continuant sa route : Potter ! Si tu ne te souviens même plus de mon nom de famille, alors c’est plus grave que ce que je pensais !
Dawson : Joey ! Salut ! Je suis désolé, je parlais à… laisse tomber. Tu n’as pas vu Eve passer il y a moins d’une minute ?
Joey s’arrête : Je rêve ! Dawson, on ne s’est pas parlé depuis presque deux mois et maintenant qu’on se revoie, tu me parles d’Eve ?
Dawson : Excuse moi, je suis désolé. Tu as l’air fatiguée Joey, tu es sure que tout va bien ?
Joey, ironique : Tout va bien dans le meilleur des mondes. Un monde auquel tu n’appartiens pas. Plus, du moins…
Dawson : Joey, nous avions besoin de cette séparation.
Joey : C’est bizarre, il ne me semble pas que quelqu’un soit venu me consulter ! Alors n’utilises pas le mot « nous » mai plutôt « je ». Le « nous » n’est plus de rigueur. Je te laisse, j’ai cours.
Dawson, observant Joey s’en aller : Joey, je…

Lorsque la sonnerie signala la fin des cours, Joey soupira. Cette journée de torture en tout genre : Contrôles, Dawson, Pacey… allait enfin se terminer. Encore mieux : c’était le week-end.


Pacey avait l’habitude de passer ses week-ends chez Andie. Elle et Jack vivaient seuls dans la demeure familiale. Leur père travaillait à Providence, et s’était installé dans un petit appartement, là bas.
Pacey, frappant à la porte : MacPhee ! Tu m’ouvres avant que je ne me transforme en statue de glace ! Et je dois t’avouer que je suis tout sauf de glace ce soir !
Contrairement à ce qu’il pensait, c’est Jack qui ouvrît la porte. Pacey rougît de honte.
Jack d’un air dégoûté : Salut Pacey. Je vais faire comme si je n’avais rien entendu !
Pacey, gêné : Merci Jack.
Jack : Elle est en haut, elle est dans son bain.
Pacey monta à l’étage, et entra dans la chambre d’Andie. Elle entendait qu’elle chantait dans son bain. Il s’approcha de la porte de sa salle de bain, s’apprêta à entrer quand il s’aperçut que la porte était fermée à clefs.
Pacey : MacPhee, tu sais que tu chantes très mal ?
Andie : Pacey ? C’est toi ?
Pacey : Non, c’est ton amant !
Andie : Ahah… Très drôle Witter ! J’arrive dans une minute !
Pacey vît que l’ordinateur d’Andie était allumé, et décida d’en profiter pour regarder ses mails. Il s’installa sur le bureau, regarda en souriant l’écran de veille de l’ordinateur qui faisait défiler diverses photos de leur couple, bougea la souris. La boite mail d’Andie était ouverte. Il s’apprêtait à fermer sa session quand il s’aperçut que la boite de réception était remplie de mails d’un certain Mark Wilson. Des mails récents et réguliers. Le dernier datait de quelques heures. Il lut l’objet de chacun de ces mails : « tu me manques / Je t’aime / Rejoins moi / Petit mot pour mon cœur / etc. ». Pacey, sous le choc, décida d’ouvrir l’un de ces mails. Le dernier. Ce qu’il lut le terrifia.

« Mail du 30/10/00, 15:32.
From : Marc
To : Andie

Mon Andie,

Voilà deux jours que je n’ai pas eu de nouvelles de toi et j’en suis malade. Est-ce mon dernier mail qui t’a fâché ? Le choix est inévitable Andie. Plus tu attendras, plus tu nous feras souffrir tous les trois. Andie, ce que nous avons vécu à l’hôpital cet été est inoubliable. Tu l’as dit toi-même, tu n’avais jamais ressenti ça auparavant. Tu dis nous aimer tous les deux, ne pas pouvoir choisir. Mais réfléchis bien Andie. Nous avons vécu la même chose tous les deux, nous avons traversé les mêmes épreuves. Nous nous comprenons. Nous sommes des âmes sœurs, j’en suis convaincu. Au fond de toi, je suis sur que tu sais quel est le bon choix. Je te fais confiance.

Je t’aime.

Ton Marc. »

Les larmes coulaient sur les joues de Pacey, au fur et à mesure qu’il lisait les mots qui défilaient sur l’écran. Installé sur le bureau, il était dos à la porte de la salle de bains. Il entendit Andie ouvrir la porte, et ne bougea pas.

Andie : Salut mon ange ! Tu aurais dû me dire que tu venais plus tôt.
Pacey, sèchement : Pourquoi ? Ca t’aurait laissé le temps d’effacer tes mails peut-être ?
Andie à moitié paniquée et en colère : Pacey, tu as fouillé dans ma boite mail ?
Pacey : Fouillé ? Pas exactement. Trouvé au hasard des dizaines de mails d’un certain Marc qui a l’air de bien te connaître, serait une expression plus exacte.
Andie en pleurs : Pacey, laisse moi t’expliquer !
Pacey, prenant sa veste et se dirigeant vers la porte : Tu sais quoi ? Envoie moi un mail ! T’as l’air assez douée dans cet exercice !
Andie désespérée : Pacey ! Reste ! Je t’en prie !
Pacey : Andie, apparemment tu avais du mal à choisir ? Et bien je vais te faciliter la tache ! Je me casse ! Tchao !
Il sortit de chez Andie à toute allure.

Au rez de chaussée, Jack, prêt à partir à l’entraînement, le croisa l’instant d’une seconde, comme un coup de vent. Il comprît que quelque chose n’allait pas, et courut voir sa sœur. Il frappa à la porte, sans réponse.
Jack : Andie, c’est moi, Jack. J’ai vu Pacey partir comme une fusée. Tu vas bien ? Réponds moi ! Andie ?
Il ouvrît silencieusement la porte et vît Andie, allongée sur son lit en train de pleurer.
Jack : Qu’est-ce qui se passe Andie ? Vous vous êtes disputés ?
Andie : Nous venons de rompre.
Jack : Quoi ? Mais c’est insensé ! Vous vous entendez si bien tous les deux !
Andie : Tout est de ma faute.
Jack : Raconte moi ! Andie, qu’est-ce que tu as bien pu faire de si terrible ?
Andie : Je l’ai trompé. Pendant mon séjour à l’hôpital. Jack, comprends moi, toi. Marc et moi avons vécu les mêmes peurs, les mêmes souffrances. Et le même regard de la part des gens qui sont étrangers à cette maladie. J’ai été incapable de choisir. Pacey l’a fait pour moi.
Jack : Andie… Je ne t’aurai jamais cru capable de sortir avec deux garçons à la fois ! Ce n’est pas toi, ça !
Andie : Mais je les aime tous les deux, Jack !
Jack : Le choix est inévitable.
Andie : Jack, tu ne peux pas comprendre. Laisse moi s’il-te plaît. J’ai besoin d’être seule.
Jack : Comme tu voudras. Il s’assoit sur le lit près d’elle et lui prend la main. Hey, je t’aime p’tite sœur ! Alors quoi que tu fasses, je serais toujours avec toi, compris ?
Andie : je sais, merci Jackers.
Jack : Je t’en prie, ne m’appelle pas comme ça, j’ai l’impression de revenir dix ans en arrière… Lorsque j’étais… enfin, lorsque je pensais être hétéro !
Andie : Allez, file à ton entraînement, tu vas être en retard !

La colère de Pacey s’était petit à petit transformée en peine et en pleurs. Il décida de s’arrêter au port. Il aimait le contact de l’eau. Surtout quand il allait mal. Il marcha jusqu’au bord de la berge, et s’assît face à la mer, sur le ponton.
Pourquoi lui avait-elle fait ça ? N’étaient-ils pas heureux tous les deux ? Andie était tout pour lui. C’est la seule qui avait cru en lui. Depuis le premier jour. Il fallait bien qu’elle ait un grain de folie pour croire en un imbécile comme lui.
Jen : Pacey ?
Pacey se retourna, les yeux pleins de larmes, et aperçut Jen, dans sa tenue de pompom girl.
Jen : Pacey, ça ne va pas ?
Pacey : Pas vraiment… Andie et moi, c’est terminé.
Jen : Quoi ??? Tu plaisantes ?
Pacey : J’ai l’air de plaisanter ?
Jen : Pas vraiment, non. Tu as plutôt l’air complètement anéanti. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Pacey : Je n’ai pas trop envie d’en parler. Disons que trois, ça fait une personne de trop dans une relation.
Jen s’assît près de lui, sur le ponton : Oh non… La vie peut être vraiment très moche parfois.
Pacey : Et toi, qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être en train de t’entraîner ?
Jen : Je me cache de cette bande de furies ! C’est un vrai poulailler là bas ! Ca m’apprendra à vouloir toujours l’ouvrir !
Pacey : La pauvre Belinda MacGovern… Il paraît qu’elle ne s’en est pas encore remis ! La nuit, elle prononce ton nom dans son sommeil !
Jen donne un coup d’épaule à Pacey : Arrête ! Si je pouvais, je lui rendrais volontiers sa place !
Pacey sourit, puis son sourire se figea.
Jen : Allez, Pacey, ça va s’arranger.
Pacey : Non, pas cette fois. Quelque chose s’est cassé. Et ça fait tellement mal. Il a les larmes aux yeux. Elle était ma vie, en plus beau. Etait-elle trop belle ? Ou moi trop sot ?
Jen : Rien de tout ça. Il faut que vous vous expliquiez. Votre couple est trop beau pour finir comme ça.
Pacey : Tout ce dont j’ai envie maintenant, c’est d’oublier.
Jen : J’aimerai bien oublier mon statut de chef des décérébrées moi aussi ! Silence. J’ai une idée, ce n’est sans doute pas la meilleure solution pour effacer ton chagrin d’amour, mais que dirais-tu d’oublier ta peine dans un grand verre de punch ? Un des footballeurs fait une fête ce soir. Quitte à appartenir à leur groupe d’idiots, autant profiter des avantages ! Qu’est-ce que tu en dis Pacey ?
Pacey : ce sera toujours mieux que de traîner ici toute la soirée…

Joey rentrait paisiblement chez elle, à pieds, lorsqu’une crampe la prît à l’estomac. Elle n’avait rien mangé depuis la veille. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait du mal à manger depuis la rentrée. Elle n’avait plus d’appétit. Elle avait perdu quelques kilos et ses jeans commençaient à être trop larges. Elle respira profondément. La crampe était passée.
Quand elle arriva devant la porte de chez elle, elle entendit que Bessie discutait avec quelqu’un. Curieuse, elle entra dans la pièce et bondit de joie.
Joey : Boddie ! Tu es de retour ! C’est génial ! Elle lui sauta dans les bras.
Boddie : Salut ma belle ! Il la reposa à terre, puis l’observa. Il était temps que je revienne ! Tu es toute maigre ! Je sais que Bessie cuisine mal, mais quand même…
Bessie lance une serviette à la figure de Boddie : Hé ! On se calme, espèce de macho ! Joey, tu vois, je te l’avais dit ! Tu as maigri, et ça se voit ! En parlant à Boddie. Elle ne mange plus rien.
Joey : Hé ho ! Je suis là ! On ne va pas remettre ça sur le tapis, Bessie. Alors, Boddie, tu vas rester combien de temps ?
Boddie regarda Bessie en souriant.
Boddie : On lui dit ?
Bessie : A toi l’honneur !
Joey, inquiète : Me dire quoi ?
Boddie : Ta sœur et moi, on a décidé de transformer cet endroit en un Bed & Breakfast. Comme ça, je pourrais rester travailler ici, et si l’affaire marche bien, on peut espérer gagner un peu plus d’argent. Mais cette maison est aussi la tienne, et on ne fera rien sans ton accord.
Joey leur sauta dans les bras : Oh ! Mais c’est une idée géniale !
Bessie : Bien sur, il y aura pas mal de travaux à faire et nous n’avons pas beaucoup de moyens, alors il faudra se serrer les coudes, et mettre toute notre énergie dans ce projet. Joey, je sais que tu es déjà débordée par tes cours, alors si tu ne veux pas t’investir, sache que je le comprendrais !
Joey lui sourit : Bessie, arrête de jouer les mères poules ! Bien sur que je veux m’investir dans cette affaire. Comme l’a dit Boddie, cette maison est la mienne aussi… Arrête un peu de te faire du souci pour moi !
Boddie : Bon… Et bien je crois que le Bed & Breakfast des filles Potter est né !
Joey et Bessie se regardèrent et sourirent.

Le lendemain, au futur Bed & Breakfast… La maison était sans dessus dessous, les bruits de visseuse, de marteau et autres outils résonnaient dans toutes les pièces. Joey était dans sa chambre, à essayer de réviser et commençait à devenir folle. Impossible de se concentrer dans ces conditions. Elle regarda son réveil : 16 heures. Elle se rappela soudain que Pacey n’était toujours pas venu chercher ses cours de maths.
Joey se leva et attrapa son classeur de maths : Je suis trop gentille…
Etant donné qu’elle ne réussirait pas à travailler dans ce vacarme, elle décida d’aller donner ses cours à Pacey. Depuis une violente dispute entre son père et lui, Pacey habitait chez son frère Doug. Lorsqu’elle arriva devant la porte d’entrée, elle frappa mais personne ne répondît. Elle réessaya, sans résultat. Elle allait faire demi-tour lorsqu’elle entendît le verrou s’ouvrir.
Pacey, sombre : Qu’est-ce que tu veux, Potter ?
Joey : Hé ! Ne m’agresse pas ! Je viens t’apporter mes cours de maths. Tu devais passer les prendre, je te rappelle ! Elle lui tend son classeur.
Pacey, sans vie : Ah, merci.
Joey : Il y a quelque chose qui ne va pas Pacey ?
Pacey : Rien. Merci pour les cours Joey. Salut.
Joey s’aperçut qu’il avait les yeux rouges, et qu’il avait certainement pleuré. Il allait refermer la porte quand elle s’interposa.
Joey : Attends !
Pacey soupira : Quoi ?
Joey : Je peux entrer cinq minutes ?
Pacey : Ecoute, Joey…
A peine avait-il entamé sa phrase qu’elle était déjà à l’intérieur. La pièce était plongée dans le noir. Joey s’approcha de la fenêtre et ouvrît les rideaux d’un coup sec.

Pacey, aveuglé par la lumière : hé !!!
Joey : Maintenant tu vas me dire ce que tu fais en pyjama, mal rasé et dans le noir à quatre heures de l’après midi ! Tu as une tête affreuse Pacey. Et tu aurais pu te brosser les dents !
Pacey : Joey, on n’est pas à l’armée, alors si tu veux jouer l’adjudant chef, tu n’es pas venue au bon endroit. Moi et l’autorité, tu sais… Il s’assoit sur le canapé et se prend la tête dans les mains. Aïe, ma tête…
Joey vint s’installer à côté de lui et le regarda d’un air désapprobateur.
Pacey : Quoi ! Tu n’as jamais la fête ? Suis-je bête… Joey Potter ne vis que pour ses études !
Joey se relève et commence à partir, furieuse : Je croyais qu’on avait dépassé ce stade !
Pacey se rendît compte qu’il était allé trop loin.
Pacey : Attends Joey ! Joey s’immobilisa. Andie… C’est fini. Une larme coula sur sa joue.
Joey vint se rasseoir près de Pacey.
Joey : Qu’est-ce qui s’est passé ?
Et Pacey lui raconta tout. Le mail trouvé par hasard, la dispute, et la fête dont il ne se souvenait pratiquement plus. Quand il eut fini, il se mit à pleurer, et Joey le prît dans ses bras.


Jack rentrait de son match de football. Il était très heureux car son équipe avait gagné, et il avait marqué. Quand il entra dans la maison, un silence d’église régnait. Il appela Andie, mais aucune réponse. Il se dirigea vers sa chambre, ouvrit la porte doucement après avoir frappé. Il trouva un mot à son intention sur le lit.

« Jack,

J’ai passé toute la nuit à réfléchir à ce qui s’est passé avec Pacey. La conclusion est la suivante : je ne suis pas prête à affronter son regard, et encore moins à me retrouver en cours à ses côtés, comme si de rien n’était. Alors j’ai pris une grande décision, en accord avec papa : je pars pour Providence avec lui. Les cours ont repris depuis peu, je n’aurai aucun mal à me réintégrer dans une nouvelle classe. Papa a dit qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que tu restes à Capeside, dans la maison. Ne m’en veux pas Jack. J’ai besoin de partir.
Embrasse tout le monde pour moi.

Ta sœur qui t’aime.
Andie. »

Jack froissa le papier dans sa main, les larmes aux yeux. Encore une nouvelle fois, il allait se retrouver seul. Il resta immobile quelques secondes, puis se releva, se dirigea vers la porte.



Jen venait de se réveiller d’une longue sieste. Elle avait fait la fête toute la nuit et avait un peu trop bu. Rien de comparable avec l’état dans lequel elle avait laissé Pacey devant chez Doug, mais elle avait tout de même un sacré mal au crâne. Lorsqu’elle descendit dans la cuisine, Grams faisait la vaisselle.
Jen : Bonjour Grand-mère. Il y a du kawa ?
Grams, d’un ton sévère : Jenifer, combien de fois t’ai-je dit que je fais du café et non du « kawa » ?
Jen narquoise : Au moins cent fois, mais tu sais, je suis un peu bouchée… Et en plus, je suis blonde, ne l’oublie pas !
Grams : Fais la maline… Je ne rentrerai pas dans ton jeu. Tu es rentrée tard hier… Ou plutôt devrais-je dire tôt ce matin !
Jen regarde sa montre : Tu fais des progrès. Une minute dix sans te mêler de ma vie !
Grams, exaspérée : Jenifer, arrête tes sarcasmes ! Tu es sous ma responsabilité et tu n’es pas encore majeure, alors j’estime avoir le droit de savoir où tu passes tes nuits !
Jen en bâillant : Et bien, après avoir cambriolé la banque de Capeside, je suis allé dévaster un cimetière, j’ai couché avec un dealer et pour me remercier il m’a donné de l’héroïne. J’en ai pris une partie, et j’ai offert l’autre au curé. Il était beaucoup trop coincé.
Grams, outrée : Jenifer !!! Comment oses-tu ?
Jen se servant une tasse de café : J’essaie de te faire comprendre que cette situation est ridicule. Grand-mère, tant que tu ne me feras pas confiance, nous…
Leur discussion fut interrompue par la sonnette de l’entrée.
Jen : J’y vais. Ca doit être l’ange que tu as prié pour qu’il vienne sauver ma pauvre âme !
Jen se dirigea vers l’entrée, ouvrît la porte et se trouva face à Jack.
Jen : Salut ! Alors c’est toi mon ange ? T’as fait vite !
Jack : Je peux savoir de quoi tu parles ?
Jen rigole : Laisse tomber ! Reste pas là, entre !
Jack : Bonjour Mme Ryan.
Grams : Bonjour Jack.
Jen, qui s’assoit sur la table de la cuisine : Tu veux une tasse de kawa ?
Jack sourit car il savait que le mot « kawa » allait faire réagir Grams : Non, merci.
Grams regarda Jen et soupira : Elle veut me faire enrager. Descends de cette table !
Jen : Grand-mère est persuadée que j’ai donné mon âme au diable !
Jack sourit timidement, mais son esprit était ailleurs. Mme Ryan s’en aperçut rapidement.
Grams : Quelque chose ne va pas Jack ?
Jack se prend le visage entre les mains : Non, c’est idiot. Il se dirige vers la sortie. Excusez moi de vous avoir dérangé.
Jen : Jack ! Attends ! Dis nous ce qui te tracasse !
Jack : Andie est repartie.
Jen : Repartie ? Mais comment ça ? Repartie où ?
Jack : A Providence, avec mon père. Elle ne voulait pas rester à Capeside, à cause de Pacey.
Jen : Jack, tu as l’air de lui en vouloir, je me trompe ?
Jack : Bien sur que je lui en veux ! Elle fuit ! Elle n’a même pas eu le courage de me l’annoncer de vive voix ! Elle m’a seulement laissé un mot !
Grams : Il faut la comprendre Jack ! Elle a tellement souffert depuis un an. Elle connaît ses limites à présent. Je sais que c’est difficile à concevoir pour toi, car tu te sens abandonné, mais elle a fait ce qui lui semblait le mieux, et tu dois respecter son choix.
Jack : C’est très égoïste de ma part, mais je lui en veux de me laisser tout seul. Je me sens comme abandonné.
Jen : Jack, comment oses tu dire que tu es seul ! Je suis là, moi ! Nous sommes là. Elle regarde Grams, qui comprend ce qu’elle veut lui dire.
Grams : Jack, pourrais-tu me rendre un service ?
Jack, d’un air interrogateur : Bien sur, qu’est-ce qui se passe ?
Grams : J’ai une petite fille infernale qui n’en fait qu’à sa tête, et j’aurais bien besoin d’un peu d’aide pour la remettre sur le droit chemin…
Jack sourit : Vous voulez dire que…
Grams : Reviens habiter chez nous. Elle désigne un mug géant posé près de la cafetière. Ta tasse de « kava » t’attend.
Jen rigole : C’est kawa ! Elle dépose sa tête sur l’épaule de Jack, et le regarde en faisant la moue : Dis oui… S’il te plaît !
Jack prend Jen et Grams dans ses bras : Bien sur que c’est oui ! Merci Mme Ryan ! Vous êtes géniale !

lilou69  (08.03.2006 à 21:36)
Une semaine passa, qui fut marqué par le second déménagement de Jack chez Grams et Jen, et par l’avancement des travaux au futur B&B. Quant à Pacey, il s’enfonçait dans sa déprime, malgré les tentatives de ses amis pour le sortir de sa torpeur. Joey, quant à elle, mangeait de moins et moins, et son amaigrissement commençait à se voir très nettement. Cela engendrait de nombreuses disputes entre elle et sa sœur, qui ne supportait pas de la voir manger bouchée par bouchée des quantités infimes des plats que Boddie préparait. Un jour, une violente dispute éclata à table entre les deux sœurs. Boddie avait apporté à table un énorme rôti accompagné de purée. Bessie commença à faire le service, et, malgré les protestations de Joey, lui servit une pleine assiette.
Bessie : Joey, tu ne peux plus dire que tu n’aimes pas ce que tu manges depuis que Boddie est revenu. Alors arrête tes manières, et mange bon sang ! Tu ressembles à un squelette !
Joey, qui repoussa son assiette : Bessie, tu ne peux pas me forcer à manger ! Je ne suis pas du bétail que l’on gave de nourriture pour les faire engraisser ! Je n’ai pas faim, et si tu me forces à avaler tout ça, ça ne passera pas et ça finira aux toilettes ! Et puis arrête de dire que je suis maigre, j’ai du perdre un ou deux kilos, pas plus !
Boddie : Joey, ta sœur s’inquiète pour toi et elle a raison. Tu es très maigre. Tu as perdu bien plus que deux kilos.
Joey : Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !!! J’y crois pas ! Elle se lève, sans avoir touché à son assiette.
Bessie : Ah non ! Tu ne vas pas te sauver encore une fois ! Ca commence à bien faire ! Bessie se lève à son tour et attrape Joey fermement par le bras.
Joey : Je peux savoir ce qui te prend ? Lâche moi, tu me fais mal !
Bessie : Suis moi.
Bessie emmena Joey dans la salle de bains.
Bessie, en désignant le pèse personne : Monte là-dessus !
Joey : Hors de question. Laisse moi tranquille Bessie !
Bessie : Joey, tu oublies que je suis une Potter moi aussi et que de ce fait j’ai moi aussi hérité du sale caractère de papa ! Je ne te laisserai tranquille qu’une fois que tu seras montée là dessus !
Joey monta sur le pèse personne, contre son gré : Ca y est, t’es contente ?
Bessie lut le chiffre qui s’inscrit sur la balance : Mon Dieu ! 47 kilos ! Et tu oses me dire que tu n’as perdu qu’un ou deux kilos ? Combien faisais-tu en juin ? 55 kilos ?
Joey : J’en sais rien, figure toi que je passe pas ma vie à me peser ! C’est bon ? Je peux y aller maintenant ?
Bessie se radoucit : Joey, je ne fais pas ça contre toi. Je me fais du souci. Tu maigris à vue d’œil et tu n’as plus goût à rien, on dirait que tu as baissé les bras, tu ne souries plus. Tu n’es plus la jeune fille dynamique et souriante d’il y a quelques mois. Tu es triste et sombre. Ca me fait mal de te voir dans cet état.
Joey qui se réfugie dans les bras de sa sœur en pleurant : Je ne le fais pas exprès Bessie ! Je voudrais manger mais ça ne passe vraiment pas ! Je n’y peux rien, je te jure !
Bessie qui lui caresse les cheveux : Chut… Calme toi. L’essentiel est que tu reconnaisses que tu as un problème. Tu n’es plus seule maintenant. Je serais là pour t’aider. On va s’en sortir toutes les deux, tu verras.

Quelques jours plus tard.
Ce matin là, Joey se leva avec le sourire. Elle alluma la radio en se préparant pour le lycée.
Radio : Bonjour à tous, il est 7h, et nous sommes le 12 novembre. Une belle journée s’annonce aujourd’hui…
Joey savait qu’une belle journée s’annonçait : c’était son anniversaire. C’était sa journée. Rien ne pourrait la démoraliser aujourd’hui, pensa t’elle.
Elle partit pour le lycée en chantonnant, après que Bessie et Boddie lui aient souhaité un joyeux anniversaire. Bessie lui avait offert un magnifique pull en laine, et Joey était montée se changer pour pouvoir le mettre le jour même. Elle marchait encore quand elle se rendit compte qu’il était déjà huit heures. Elle pressa le pas, elle savait qu’elle allait être en retard, et Mr Gates, le prof de maths, n’était pas des plus commodes. En plus, il rendait les contrôles ce matin. Quand elle arriva devant la porte, celle-ci était déjà fermée. Elle vit que Mr Gates était déjà en train de rendre les copies. Elle frappa et entra en s’excusant.
Mr Gates : Josephine Potter, mon cours n’est pas un moulin ! On ne rentre pas à l’heure que l’on veut, il y a des règles à respecter.
Joey : Veuillez m’excuser, Mr Gates.
Mr Gates, en déposant sa copie notée d’un B+ devant Joey : Vous avez de la chance d’être une bonne élève. Même si vous m’avez habitué à encore mieux auparavant. Il se tourne vers Pacey et lui donne sa copie notée d’un énorme D-. On ne peut pas en dire autant de tout le monde dans cette classe, n’est-ce pas Mr Witter ? Pour la peine, vous viendrez me voir tous les deux à la fin du cours.
Pacey et Joey se regardèrent tous deux d’un air blasé. A la fin du cours, ils se dirigèrent vers le bureau de Mr Gates.
Mr Gates : Mlle Potter et Mr Witter. Les deux extrémités de la classe ! Je vous ai demandé de venir car vous méritez une punition tous les deux !
Joey : Je vous demande pardon ?
Mr Gates : Joey, vous êtes arrivée en retard ce matin et vous savez que j’ai horreur de ça.
Joey : Mais, je…
Mr Gates : Stop ! Pas un mot de plus, vous aggraveriez votre cas. Quant à vous mon cher Pacey, vos résultats montrent clairement votre manque d’assiduité. Alors voilà votre punition à tous les deux : Joey, vous allez donner des cours de rattrapage à Pacey.
Pacey : Quoi ? C’est une blague ?
Mr Gates : J’ai bien peur que non. Cette corvée pour tous les deux s’arrêtera dès lors que vos résultats s’amélioreront Pacey. Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Il prend ses affaires, se lève et salue les deux élèves. Joey, Pacey…
Joey : Mr Gates !
Mr Gates : Je suis déjà parti !

Joey et Pacey échangèrent un regard désespéré.
Pacey : Joey, je suis désolé, tout est de ma faute.
Joey : Ne dis pas ça. C’est lui qui a pris cette décision. Plus doucement, pour elle-même : Il fallait que ça tombe aujourd'hui.
Pacey : Qu’est-ce que tu as dit ?
Joey : Rien, laisse tomber. Alors, on commence quand ? Ce soir ? Plus vite on s’y mettra, mieux ce sera !
Pacey : Joey, si ça t’embête, on n’est pas obligé de le faire. J’essayerai de travailler tout seul et on ne lui dira rien !
Joey : Non, c’est bon. Je t’aiderai. Par contre, avec tous les travaux qu’il y a chez moi, je crois qu’il faudrait mieux qu’on travaille chez toi.
Pacey : Pas de souci, Doug est absent en ce moment. On dit 18 heures chez moi ?
Joey : OK. Elle regarde sa montre. Bon, je ne veux pas encore être en retard à mon cours. A ce soir Pacey.
Joey commençait à s’en aller, déçue que Pacey ne se soit pas souvenu de son anniversaire.
Pacey : Joey ?
Joey se retourna et se força à sourire : Oui ?
Pacey : Merci.
Joey : De rien Pacey.
Pacey : Joey, tu es sure que tout va bien ? Tu as l’air tellement triste… Et puis, je trouve que tu as beaucoup maigri. Tu n’es pas malade au moins ?
Joey : Ne te fais pas de souci pour moi Pacey. Tout va bien.

Elle n’arrivait pas à y croire. Personne ne s’était souvenu de son anniversaire. Elle avait croisé Jen, Jack et Pacey depuis ce matin et aucun d’eux ne s’en était souvenu. Elle haussa les épaules. Après tout, elle et Pacey ne pouvaient pas se supporter jusqu’à l’été dernier, alors il était presque normal qu’il ne sache pas sa date de naissance. Tout bien réfléchi, elle se dit qu’elle ne connaissait pas sa date d’anniversaire elle non plus. Il lui restait encore un infime espoir que Dawson s’en souvienne. Après tout, malgré leur querelle, il restait son meilleur ami et jamais il ne pourrait oublier son anniversaire, elle en était persuadée.
Elle rêvassait dans les couloirs quand elle vît arriver quelqu’un en courant. Ils ne purent éviter le choc frontal.
Joey : Aïe ! Tu ne pourrais pas regarder où tu vas ? Elle reconnut la personne, assise à terre. Dawson ?
Dawson, en se relevant : Salut Joey ! Je suis désolé, je suis en retard à mon cours et… Voyant la triste mine de Joey. Tu vas bien Joey ?
Joey : Oui, pourquoi tu me demandes ça ?
Dawson : Tu as l’air fatiguée, amaigrie…
Joey : Que veux-tu, on n’a pas tous la chance de vivre à Dawsonland ! La vie n’est pas rose pour tout le monde !
Dawson : Joey, je sais que l’on ne se voit pas beaucoup en ce moment, mais je crois vraiment que c’est la meilleure solution pour l’instant. Nos sentiments sont encore trop confus.
Joey : C’est bizarre, je n’ai pas l’impression que tu sois très confus quand tu es avec ta blonde décolorée !
Dawson : Elle a un prénom Joey ! Ne passe pas tes nerfs sur Eve, c’est entre toi et moi que ça se passe.
Joey : Toi et moi ? Ca fait un moment qu’il n’y a plus de toi et moi, Dawson. S’il y avait un toi et moi, tu te serais rappelé qu’aujourd'hui était un jour important pour moi. Elle a les larmes aux yeux. Afin de ne pas montrer son trouble, elle commence à s’en aller. Salut !
Dawson resta prostré quelques secondes, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Comment Joey pouvait-elle penser qu’il avait oublié son anniversaire ? Il lui avait laissé une lettre la veille au soir dans sa boite aux lettres. Apparemment, elle ne l’avait pas encore vu.

Le soir même, vers 18 heures, chez Doug.
Joey : Bon, Pacey, j’ai bien réfléchi à la manière la plus efficace d’aborder notre problème. Afin que nous perdions le moins de temps possible toi et moi, voilà à quoi j’ai pensé : j’ai préparé toute une série de problèmes reprenant les divers points importants de notre programme. Pacey la regardait s’agiter devant lui en souriant. Tu vas essayer de faire le maximum de choses, pendant ce temps je vais… Voyant que Pacey l’observait en souriant : Quoi ? Qu’est-ce qui te fait rire ?
Pacey : Tu n’as jamais songé à faire carrière dans l’armée ?
Joey, qui gesticulait depuis 5 minutes dans toute la pièce, se laissa tomber sur sa chaise et regarda Pacey d’un air désespéré.
Joey : Tu es pire qu’un gosse. Incapable de rester sérieux plus de cinq minutes.
Pacey : L’uniforme t’irait très bien, je suis sur !
Joey lui fit les gros yeux et désigna du doigt le cahier de problèmes : Pacey ! Au boulot !
Pacey sourit : Chef, oui, chef !
Joey sourit en secouant la tête d’un air blasé.

Quelques minutes plus tard, Joey et Pacey étaient plongés chacun de leur côté dans leurs problèmes. Pacey commençait à s’ennuyer, il releva la tête et observa Joey. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon, qui lui donnait l’air d’une danseuse classique. Cela lui donnait un charme fou, malgré ses joues creusées par la maigreur. Il se dit en lui-même qu’il n’avait jamais remarqué combien Joey pouvait être séduisante. Il posa son crayon entre son nez et sa lèvre supérieure, cherchant à le faire tenir de lui-même, tout en continuant à fixer Joey. Lorsqu’elle releva la tête pour voir où Pacey en était, elle vit qu’il la fixait.
Joey : Quoi ? Qu’est-ce que tu regardes ? J’ai un bouton sur le nez ?
Pacey : T’es complètement parano Potter ! J’ai pas le droit de te regarder ?
Joey : Je me méfie de toi Witter !
Pacey sourit et replongea dans ses exercices. Joey en fît de même. Quelques secondes passèrent lorsque Pacey lâcha, sans relever la tête de ses cours :
Pacey : Quand est-ce que tu comptais me dire que c’est ton anniversaire ?
Joey releva la tête, surprise.
Joey : Comment tu sais ça toi ?
Pacey, remuant son auriculaire : Mon petit doigt me l’a dit !
Joey ne put s’empêcher de sourire : Deux ans d’âge mental…
Pacey : Alors, tu ne m’as pas répondu…
Joey qui redevint sombre : Qu’est-ce que ça peut faire, tout le monde a oublié.
Pacey : Quand tu parles de tout le monde, il faut comprendre Dawson je suppose…
Joey, agacée : Laisse tomber Pacey. Elle se replonge dans ses cours.
Pacey se leva, et attrapa Joey par le bras : Allez, viens !
Joey protesta : Eh ! Mais qu’est-ce qui te prends ?
Pacey : Potter, fais moi confiance !
Joey : Jamais de la vie !
Pacey : Je veux te montrer quelque chose. Tu verras, tu ne seras pas déçue !
Joey : Et il faut absolument que tu me le montres maintenant ? On a encore deux chapitres entiers à étudier d’ici ce soir !
Pacey : Joey, depuis combien de temps n’as-tu pas eu de soirée sans devoir, sans travaux au B&B ou sans bébé à garder ?
Joey baissa les yeux, car elle savait que Pacey avait raison. Elle était épuisée et une soirée de repos ne serait pas du luxe.
Joey : De toute façon, tu ne me laisseras pas tranquille avant que j’accepte, hein Pacey ?
Pacey : T’as tout compris Potter !
Elle soupira et se décida à le suivre.
Joey : Et je peux savoir où on va exactement ?
Pacey : Pas très loin… Dans le garage.
Joey : Pacey, tu ne me fais pas le coup du « monte dans ma nouvelle voiture, la banquette arrière est super confortable ? »
Pacey sourit et commença à se diriger vers le garage, Joey le suivant. Arrivés dans le garage, Pacey souleva une énorme bâche, laissant apparaître un bateau très endommagé.
Pacey : Non, ça serait plutôt, viens voir mon beau voilier !
Joey le regarde sceptique : Je crois qu’on n’a pas la même conception de la beauté ! C’est quoi ce truc ?
Pacey, qui grimpe sur le bateau : Ce truc, comme tu dis, c’est mon futur voilier !
Joey veut suivre Pacey sur le bateau mais il marque sa désapprobation.
Pacey : Hepepep ! Pas si vite jeune fille !
Joey soupire et tend le bras : Permission de monter à bord ?
Pacey sourit et attrape sa main pour l’aider à monter : Permission accordée !
Ils s’assirent tous deux sur le bateau. La porte du garage était ouverte, ils contemplaient le magnifique soleil couchant qui s’offrait à eux.
Joey : Alors ?
Pacey : Alors quoi ?
Joey : Alors raconte moi ! C’est quoi ce bateau et pourquoi tenais-tu tant à me le montrer ?
Pacey : Son propriétaire allait l’emmener à la casse après la tempête de l’année dernière. Je l’ai convaincu de me le donner. Je me suis lancé le défi de le remettre sur l’eau avant l’été prochain. Mais pour être franc, je commence à douter. J’ai l’impression qu’il est plus difficile de reconstruire que de construire quelque chose de tout nouveau…
Joey : Tu le penses vraiment Pacey ? Tu penses qu’on ne peut pas reconstruire ce qui a été brisé, cassé ?
Pacey : Tout dépend de l’ampleur des dégâts…
Un silence s’installa quelques secondes, puis Pacey eut un sourire triste, que Joey remarqua.
Joey : Qu’est-ce qu’il y a ?
Pacey : Je viens de me rendre compte qu’on est à peu près dans la même situation tous les deux… On a beau être très différents, on souffre tous les deux intérieurement à cause de quelqu’un qui nous a brisé le cœur.
Joey : C’est vrai… Tu as eu des nouvelles d’Andie ?
Pacey : Elle m’a envoyé des mails mais je les ai effacés sans les lire. Comme je te le disais, il est impossible de reconstruire quand les dommages sont irréparables. Et mon cœur a été totalement détruit. Pause. Je l’aimais, tu sais.
Joey : Je sais, oui.
Joey était surprise que Pacey se confie à elle aussi facilement. Il avait l’air vraiment malheureux, et elle comprît qu’il s’était jeté à corps perdu dans la réparation de ce bateau pour oublier, et s’occuper l’esprit.
Pacey : Joey, je suis désolé. Je me plains alors que ta situation est peut-être encore pire que la mienne. Tu vois Dawson tous les jours avec cette Eve. Je ne le reconnais plus. Je ne sais pas si ça va te rassurer, mais il ne me parle presque plus à moi non plus. Cette fille l’a complètement envoûté.
Joey resta interdite. Elle faisait comme un blocage. Elle n’arrivait pas à parler de sa souffrance.
Pacey : Joey, tu te rends malade à souffrir en silence. Pourquoi ne veux-tu pas parler de ce que tu éprouves ? Ca te ferait du bien.
Joey se cacha le visage entre ses mains et soupira. Elle sentait les larmes monter. D’une voix chevrotante, qui laissait sentir son émotion, elle s’adressa à Pacey :
Joey : C’est trop difficile Pacey. Je… je ne veux pas, je ne peux pas en parler.
Puis elle éclata en sanglots. Pacey mit son bras autour d’elle, et elle se blottit contre lui. Pacey fut tout d’abord surpris de son geste, puis il releva une mèche de cheveux qui était venue se coller à sa joue.
Pacey : Je crois qu’on a un gros travail à faire sur nous même, Joey. Il faut qu’on fasse la paix avec nos ex, tous les deux, sinon on ne s’en sortira pas.
Joey entre deux sanglots : C’est plus facile à dire qu’à faire. Il… il obsède mes pensées, jour et nuit. Je le voit avec cette… Un nouveau sanglot l’empêcha de finir sa phrase.
Pacey : Chut… Calme toi… On s’en sortira, tous les deux, je te le promets.
Joey, essuyant ses larmes : Qu’est-ce qui te rends si optimiste ?
Pacey : Parce qu’en me levant chaque matin, je me dis que la journée qui vient ne peux pas être pire que celle de la veille…
Joey, toujours des larmes plein les yeux : C’est bizarre, car moi j’ai la sensation que chaque journée passée est pire que celle de la veille…
Pacey : C’est parce que tu es encore dans le cœur de l’orage. Je viens d’en sortir, maintenant mon cœur est simplement sous la pluie. Et j’attends l’arc en ciel qui viendra chasser les nuages.
Joey qui se força à sourire : Je te trouve bien poétique ce soir…
Pacey : J’essaie de me faire une raison. Quand je nous vois tous les deux, complètement anéantis, à en vouloir à la terre entière, je me dis que la vie est trop courte pour qu’on la passe à se lamenter sur notre sort…
Joey : Tu as certainement raison, mais je n’ai plus la force de me battre.
Pacey lui rétorqua sans réfléchir : Peut-être que si tu mangeais un peu plus, ta force reviendrait…
Joey resta bouche bée devant la remarque sèche de Pacey. Mais elle n’en fut pas surprise. C’est vrai, Pacey n’avait jamais peur de dire ce qu’il pensait au moment où il le pensait, sans penser que ses paroles pouvaient blesser ou gêner.
Joey, à voix basse : Tu ne peux pas comprendre.
Pacey sentit que Joey se refermait comme une huître. Il lui demanda doucement : Je ne demande rien de mieux que tu m’expliques. Excuse moi de te dire ça, mais tu ressembles à un squelette. Si c’est à cause de Dawson que…
Joey qui désirait mettre fin au plus vite à cette conversation qui la mettait mal à l’aise : Arrête ça tout de suite Pacey. Je n’ai pas besoin d’un psy.
Pacey : Excuse moi, je ne voulais pas te blesser. Je me fais du souci pour toi, c’est tout.
Joey avait horreur qu’on lui parle de son poids. Elle décida de couper court à cette discussion et de rentrer chez elle. La complicité qui s’était installée entre elle et Pacey avait éclaté en morceaux lorsqu’il avait abordé ce sujet.
Joey : Je vais rentrer. Il est presque 19h30. Bessie doit m’attendre.
Elle commença à s’éloigner lorsque Pacey la retint par le bras. Elle s’écarta comme si elle avait reçu une décharge électrique.
Pacey : Joey, attends ! Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise. Je suis désolé. Tu peux rester manger ici si tu veux, Doug ne rentre que demain.
Joey lui sourit, elle éprouvait le besoin de rassurer Pacey qui semblait inquiet pour elle : Ne t’en fais pas, ça va aller. Il faut vraiment que je rentre. A demain Pacey.
Au loin, Pacey lui lança : Joey ! Elle se retourne vers lui. Il sourit. Ton poids, il ne change rien à ta beauté. J’espère que tu le sais.
Joey rougit et sourit à Pacey. Puis elle se retourna et partit en direction du B&B, laissant Pacey surpris lui-même de la remarque qu’il venait de lui adresser.

Joey était contente de la discussion qu’elle avait eue avec Pacey, même si celle-ci avait fini brusquement, à cause d’elle. Lorsqu’elle arriva devant chez elle, elle contempla quelques secondes sa maison. Cette maison qui était en train de subir de nombreux changements. Elle eut un petit pincement au cœur. Cette maison, c’était celle de sa mère. Elle l’avait fait construire selon ses plans, selon ses envies et ses goûts. Elle éprouvait la sensation que les travaux allaient faire disparaître une partie d’elle. Elle haussa les épaules et pensa en elle-même qu’elle était fatiguée et que cela n’arrangeait en rien son moral. Lorsqu’elle entra, Bessie et Boddie étaient en pleins travaux de peinture.
Bessie : Joey ! Je commençais à me faire du souci !
Joey : Désolée Bessie. J’étais chez Pacey. Je l’aidais à réviser les cours de maths.
Boddie : Pacey qui révise, lui et Joey qui sont amis… Y a eu un tremblement de terre, des extra terrestres pendant mon absence ?
Joey sourit pour toute réponse.
Bessie : Au fait Joey, tu as du courrier ! Je te l’ai mis sur ton lit !
Joey : Qu’est-ce que c’est ?
Bessie : Joey, je ne vois pas encore à travers les enveloppes malgré mes nombreuses qualités !
Joey leva les yeux au ciel en souriant et se précipita dans sa chambre. Qui avait bien pu lui écrire ? Elle sauta sur l’enveloppe et la déchira. Lorsqu’elle reconnu l’écriture, elle eut le cœur serré. Alors il n’avait pas oublié.

« Joey,

Je te souhaite un joyeux anniversaire. Je te souhaite les étoiles, je te souhaite la lumière et tout le bien sans le mal que je n'ai pas su te faire. Je te souhaite des voyages, je te souhaite de partir vers les plus beaux paysages que je n'ai pas su t'offrir. Je te souhaite d'être heureuse et tellement d'être aimée, d'en prendre tout ce que tu peux et autant que tu m'as donné. Je te souhaite tellement fort, je te souhaite trop d'amour. Prends la vie à bras le corps puisque les miens sont trop courts. Je te souhaite tant de rires, je te souhaite tant de temps, de fuir avant d'en souffrir, ce que je n'ai pas su comprendre… (extrait de « Je te souhaite » de Natasha St Pier)

Tendrement,

Dawson. »

Les yeux de Joey brillaient alors qu’elle lisait les lignes écrites par son ami. Elle était sure qu’il n’avait pas pu oublier son anniversaire. Elle était tellement touchée des mots qu’il lui avait écrits. Mais également tellement honteuse du comportement qu’elle avait eu envers lui le matin même, croyant qu’il n’y avait pas pensé. Les mots de Pacey lui revinrent en tête : « Il est temps de faire la paix avec nos ex… Quand je nous vois tous les deux, complètement anéantis, à en vouloir à la terre entière, je me dis que la vie est trop courte pour qu’on la passe à se lamenter sur notre sort… ». Pacey avait raison. Dawson avait fait le premier pas en lui écrivant cette magnifique lettre, elle se devait d’enchaîner en lui présentant ses excuses pour son comportement et tenter de réamorcer leur amitié passée.
Elle descendit les escaliers en vitesse, prévint Bessie et sauta dans sa barque en direction de chez Dawson. Alors qu’elle était en train de ramer, elle vit au loin que la chambre de Dawson était allumée et donc qu’il y était. Lorsqu’elle atteignit la berge, elle sortit de sa barque, l’amarra et se posta devant l’échelle. Elle la contempla en se demandant depuis combien de temps elle n’était pas monté dans cette chambre, sur cette échelle. Elle inspira et commença à monter les barreaux, en silence. Lorsqu’elle arriva en haut, elle stoppa un instant et tendit l’oreille. Dawson n’était pas seul. Une femme était avec lui. Sa mère ? Non, la voiture n’était pas là. Elle s’approcha le plus silencieusement possible de la fenêtre, de sorte à ne pas se faire surprendre, et lorsqu’elle pu voir à l’intérieur de la chambre, resta pétrifiée par la scène qui s’offrait à ses yeux. Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues et son cœur battait la chamade.
Elle détourna le regard de cette image qui lui déchirait le cœur. Dawson et Eve, allongés sur le lit, Dawson torse nu et Eve accroupie sur lui, en Jean et avec pour seul haut son soutien gorge. Elle redescendit l’échelle aussi silencieusement qu’elle l’avait monté, et courut en direction de la barque en sanglotant. Elle se mit à ramer le plus rapidement possible, avec rage, sans réfléchir. Lorsqu’elle arrêta de ramer, elle se rendit compte qu’elle était devant chez Pacey.

Elle vit qu’il y avait de la lumière dans le garage, d’où un bruit de ponceuse pouvait se faire entendre. Pacey était toujours en train de travailler sur son bateau. Elle était toujours effondrée, elle ne pouvait contenir ses larmes. Elle entra dans le garage, Pacey était effectivement en train de poncer, et il n’entendit pas Joey entrer. Celle ci se laissa doucement glisser dans un coin, Pacey étant dos à elle. Elle s’accroupit et serra ses jambes entre ses deux bras. Ainsi recroquevillée, elle pleurait en silence en regardant Pacey travailler. Au bout de quelques minutes, Pacey arrêta sa ponceuse et se retourna. En voyant Joey, il sursauta.
Pacey : Tu m’as foutu la trouille Potter ! Qu’est-ce que tu fais là ? Voyant ses yeux rougis et son corps tremblant. Eh… Il s’accroupît à son niveau. Mais qu’est-ce qui se passe ? Tu pleures ?
Joey : Pacey… Elle se redressa légèrement et se jeta dans ses bras en éclatant en sanglots.
Pacey : Joey, qu’est-ce qui se passe ? Réponds moi !
Joey : Je… Reniflant légèrement. Je n’ai pas envie de parler. Ne me pose pas de question, je t’en prie.
Pacey comprît qu’il s’était passé quelque chose avec Dawson, et respecta son silence.
Joey : Pacey… Je peux te demander une faveur ?
Pacey : Bien sur !
Joey : Je… Je ne veux pas rentrer chez moi, Bessie et Boddie devaient sortir ce soir. Je ne veux pas être seule, est-ce que… Joey était gênée. Est-ce que je peux dormir ici ?
Pacey : Bien sur ! Je te l’ai dit, Doug ne rentre que demain, je te préparerais sa chambre si tu veux.
Joey : Pacey… Je… Est-ce que je peux dormir à tes côtés ?
Pacey resta bouche bée pendant quelques secondes. Il n’était pas sûr d’avoir bien compris.
Pacey : Euh… Bien sûr. Si c’est ce que tu veux, il n’y a pas de problème.
Joey, épuisée : Merci…

Pacey l’aida à se relever. Elle semblait épuisée physiquement et nerveusement. Il la prît par la taille et l’emmena dans la chambre. Elle s’allongea et s’endormit aussitôt. Il lui ôta ses baskets, puis la souleva dans ses bras et l’installa correctement sous la couette. Elle avait encore les joues trempées de larmes. Il s’installa sur le fauteuil à côté du lit et l’observa nerveusement. Il ne pouvait pas s’allonger près d’elle. Lui et Joey dans un même lit, non, c’était trop surréaliste pour lui. Mais Joey ne l’entendait pas de cette façon. Elle rouvrît les yeux, et demanda faiblement à Pacey de venir près d’elle. Son regard était tellement désespéré qu’il décida de céder et s’installa près d’elle, sur le lit. Il était très mal à l’aise, et ne savait pas comment se positionner. Il s’allongea finalement sur le dos, fixant le plafond. Elle se tourna vers lui, mis sa tête au creux de l’épaule de Pacey, et sa main sur son torse. Elle murmura un très faible « merci » avant de se rendormir profondément. Pacey, quant à lui, ne réussit pas à fermer l’œil de la nuit. Sentir Joey si proche de lui, sentir sa douce odeur, son corps fébrile près de lui le perturbait au plus haut point. Il était troublé, ce qui le troublait particulièrement…

Au petit matin, Pacey, qui ne dormait toujours pas, entendit des clefs tourner dans la serrure de la porte d’entrée. Il sursauta et sortit de la chambre en prenant soin de ne pas réveiller Joey qui dormait encore profondément. Arrivé dans le salon, il se trouva face à Doug.
Pacey : Douggy ? Je ne t’attendais pas si tôt !
Doug : J’ai pris un avion plus tôt que prévu. Tu as une sale tête petit frère, mal dormi ?
Pacey : Euh oui, on peut dire ça. Doug, je voulais te dire…
Doug interrompit Pacey et désigna la paire de baskets de Joey que Pacey avait laissé dans le salon, après les lui avoir ôté.
Doug : C’est quoi, ça ???
Pacey, tentant de faire de l’humour : Une paire de baskets…
Doug : Fais le mariole ! Et je peux savoir à qui sont ces baskets ? Pacey, j’ai été clair quand tu as emménagé ici, j’ai dis pas de fille, même en mon absence !
Pacey, essayant de le calmer : Douggy, je vais t’expliquer, mais s’il te plaît, parle moins fort, tu vas la réveiller !
Doug : C’est la meilleure ! Je suis encore chez moi ici, non ?
Pacey, d’un ton grave : C’est Joey.
Doug écarquilla les yeux : Je te demande pardon ? Joey… Joey ? On parle bien de la même ? Celle qui ne peut pas te supporter plus de quinze secondes ?
Pacey : Oui, mais ce n’est pas ce que tu crois. Elle allait mal hier, elle était effondrée et elle restée ici pour dormir. Voilà toute l’histoire. Tu sais tout.
Doug, désignant les poches sous les yeux de Pacey : Et ces cernes, c’est pour quoi ?
Pacey : Je… Je n’ai pas réussi à dormir.
Doug : Tu m’étonnes, avec une telle beauté à tes côtés !
Pacey : Je te demande pardon ?
Doug : Arrête de faire l’idiot ! Il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer combien cette fille est superbe. Et je peux comprendre qu’il soit difficile pour un jeune homme dans la fleur de l’âge de rester stoïque face à elle.
Pacey, mal à l’aise : Joey est une amie, c’est tout.
Doug : Si tu le dis… Bon, je vais prendre une douche. Il commence à se diriger vers la salle de bains, puis se retourne vers Pacey. Cette fille est folle de Dawson depuis toujours. Tu es bien placé pour le savoir. Ne t’attache pas, cela ne t’apporterait que de la souffrance.

Pacey ne prît pas la peine de répondre, et s’affala sur le canapé, songeur. Il s’endormit au bout de quelques secondes, épuisé par sa nuit blanche. Mais il fut vite réveillé lorsqu’il entendît la porte de la chambre grincer. Il vît Joey sortir de la pièce, les yeux encore rougis, ébouriffée, et emmitouflée dans le pull à l’effigie du club de Manchester United de Pacey, qui était trois fois trop grand pour elle.
Joey, d’une voix rauque : Salut Pacey.
Pacey, gêné : Salut Joey. Ravie que ce pull te plaise !
Joey : Oui, excuse moi, je me servie mais j’avais froid.
Pacey : Tu as bien fait, il te va beaucoup mieux qu’à moi ! Je te l’offre si ça peut te faire plaisir !
Joey : C’est gentil Pacey, mais je ne peux pas accepter. C’est ton pull de Manchester ! Tu l’adores !
Pacey, faussement autoritaire : J’insiste Potter !
Joey vient s’asseoir près de Pacey, sur le canapé : Merci Pacey. Je me sens bien dedans. Ca me fait vraiment très plaisir.
Pacey qui s’assombrît : Joey, à propos d’hier soir…
Joey le coupe : Je n’ai pas envie d’en parler Pacey. Je suis désolée, je sais que ce n’est pas correct vis-à-vis de toi, tu as été adorable avec moi, mais c’est trop dur. Je ne peux pas en parler. Plus tard. Promis, je te raconterais tout, quand je m’en sentirais capable.
Pacey, voyant que Joey avait les larmes aux yeux : Je respecte ton silence Joey. Après tout, les amis, c’est fait pour ça, non ?
Joey lui sourit en acquiescant : Merci Pacey.

Elle recroquevilla ses jambes entre ses bras et posa sa tête sur ses genoux. Elle respira profondément l’odeur qui émanait de ce pull. L’odeur de Pacey. Elle plissa les yeux. Elle ne savait comment l’expliquer, mais cette odeur l’apaisait, et une sorte de bien-être s’emparait d’elle.
Pacey, qui vit Joey fermer les yeux, recroquevillée sur elle-même : Joey, ça va ?
Joey, qui sursauta : Oui, ça va. Il faut que j’appelle Bessie, elle doit s’inquiéter.

Pendant que Joey était au téléphone, Pacey l’observa. Il ne savait plus quoi faire pour la sortir de son malheur. Il fallait qu’il trouve quelque chose pour lui sortir Dawson de l’esprit. Après tout, il avait presque réussi à le faire pour Andie et lui en se plongeant tête baissée dans la réparation de son bateau.
Pacey, à lui-même : Et si…
Joey raccrocha le téléphone et se retourna vers Pacey : C’est bon. Elle pensait que… Silence. Joey avait la gorge serrée et les larmes lui montaient aux yeux. Que… Que j’étais chez Dawson. Silence. Comme avant.
Pacey s’approcha et la prît dans ses bras. Il sentait Joey sangloter contre lui.
Pacey : Je sais que c’est dur Joey, mais il faut que tu te reprennes. Que tu te sortes Dawson de la tête.
Joey : Si tu sais faire des miracles, je suis preneuse !
Pacey : Pas des miracles, mais j’ai bien une petite idée qui a fonctionné pour moi ! Il lui attrape la main et la conduit vers le garage. Suis moi !
Joey sceptique : Ecoute Pacey, je ne sais pas à quoi tu penses, mais…
Pacey, lui coupant la parole : Chut ! Pas de protestation Potter !

Ainsi, ils se retrouvèrent tous les deux dans le garage, devant le bateau en chantier de Pacey, qui sauta à bord et se baissa dans sa caisse à outils pour y chercher quelque chose. Il releva la tête quelques secondes plus tard, un pinceau dans une main et un pot de peinture dans l’autre.
Pacey : T’as pris des cours de peinture au lycée, non ?
Joey sourit. Elle savait où il voulait en venir : C’était des cours de dessin !
Pacey : Ca fera très bien l’affaire. Il redescendit de son bateau et donna le pinceau et le pot de peinture à Joey. T’es engagée Potter !
Joey soupira en souriant : Pacey, écoute… Je ne sais pas si c’est une bonne idée, avec les cours et…
Pacey, lui coupant à nouveau la parole : Potter ?!?
Joey : Quoi ?
Pacey, d’un air sérieux : Exécution ! Puis il lui sourit.
Joey lui sourit à son tour : Je commence par où ?

Ils se mirent à travailler sur le bateau dans une ambiance décontractée, Pacey arrivant même à la faire rire de temps en temps. Ils travaillèrent jusqu’à midi, lorsque Pacey prît faim.
Pacey : On a bien avancer ce matin. J’ai un petit creux, moi ! On va déjeuner ?
Joey qui se referma d’un coup : Oh… Je n’ai pas très faim.
Pacey la regarda avec un regard à la fois réprobateur et plein de tristesse de voir son amie se laisser aller ainsi.
Joey : Tu ne vas pas me forcer à manger ! Je n’ai pas faim, c’est pas la fin du monde !
Pacey : Quand on est aussi maigre que toi, si, c’est très grave ! Et tu sais quoi, je crois qu’il faut que tout le monde arrête de prendre des gants avec toi ! Il faut que quelqu’un te dise la vérité en face. Même si c’est dur, même si c’est moi.
Joey triste et en colère : Quelle vérité ?
Pacey : Tu es anorexique Joey.
Joey ne répondit rien et fixa Pacey. Des larmes coulaient sur ses joues. De tristesse, mais également de colère que quelqu’un enfreigne la limite invisible qu’elle avait fixée entre elle et les autres.
Joey, agressive : Ca y est ? T’as fini ta leçon de morale ?
Pacey, soupirant : Joey. Ce n’est pas une leçon de morale et tu le sais bien. Et non, je n’ai pas fini.
Joey : Pas la peine de continuer. J’en ai assez entendu.
Pacey lui attrapa le bras alors qu’elle commençait à s’en aller : Ah non ! Tu ne vas pas te sauver à chaque fois que la conversation devient trop pesante à ton goût ! Puisque tu ne veux plus te battre, il faut que quelqu’un se batte à ta place !
Joey, toujours en colère : Et qu’est-ce que ça va t’apporter de te battre pour moi ? Pourquoi tu ferais ça ? Hein ? Dis moi ?
Pacey, exaspéré : Parce que contrairement à ce que tu sembles penser, les gens t’aiment. Et souffrent de te voir te détruire à petit feu.
Joey se calma. Son regard passa de la colère à la tristesse. Elle se décrispa. Pacey le sentit et lui lâcha le bras.
Joey, tristement : Et c’est quoi, le plan de sauvetage de Joey Potter ?
Pacey sourit discrètement. Une première victoire : Tout d’abord, on va aller voir un médecin.
Joey se crispa à nouveau : Ah non ! C’est hors de question ! Je ne suis pas malade ! Je n’irai voir aucun médecin, tu m’entends Pacey ?
Pacey : Je ne te laisse pas le choix Joey. Cette fois, l’enjeu est trop important pour te laisser te défiler.
Joey, les larmes aux yeux, fixe Pacey : Je te déteste Pacey.
Pacey : Je sais. Mais si c’est prix à payer pour que tu te soignes, alors je veux bien sacrifier notre amitié.
Joey regarda Pacey tout en laissant ses larmes couler le long de ses joues : Et on fait quoi maintenant ?
Pacey : Tu montes dans la voiture.
Joey : Je croyais que tu avais faim.
Pacey : Tu ne vas pas m’aider, hein Joey ?
Elle ne répondit pas, mais le regarda d’un air énervé.
Pacey soupira : OK… Allons-y.

Joey monta sans rien dire dans la voiture. Elle savait que Pacey avait raison, mais était blessée qu’il ait osé braver l’interdit en l’affrontant de face, ne respectant ainsi pas son silence. Après tout, elle se dit que c’était peut-être de ça dont elle avait besoin en ce moment.
Arrivés devant l’hôpital de Capeside, Joey fût prise d’angoisse. Pacey le remarqua et la rassura.
Pacey : Ne t’en fais pas, tout va bien se passer.
Joey ne lui répondit toujours rien.
Ils entrèrent dans le hall et se dirigèrent vers l’accueil.
Pacey : Bonjour Madame, je cherche un médecin qui s’occupe des cas d’anorexie.
Infirmière : Vous avez rendez vous ?
Pacey : Non, mais c’est urgent.
Infirmière : C’est que le Docteur Andrews est très occupé.
Joey, prenant Pacey par la main : Allez, viens Pacey, on s’en va.
Pacey : C’est hors de question. Joey, va t’asseoir dans le hall, je te rejoins dans cinq minutes.
Joey, à la grande surprise de Pacey, s’exécuta, et se dirigea vers la salle d’attente.
Pacey : Ecoutez madame, je sais que ce Dr Andrews doit être très occupé, mais vous avez vu dans quel état est mon amie ? Elle doit peser quarante kilos toute mouillée et je ne sais plus quoi faire ! J’ai réussi à l’emmener ici malgré ses protestations, et je sais que je n’y arriverais pas deux fois. Je vous en prie. Vous êtes sa dernière chance.
Infirmière, qui compatit : Je vais essayer de l’appeler. Mais je ne vous promets rien. Pendant ce temps, allez rejoindre votre amie, avant qu’elle ne change d’avis et qu’elle se sauve sans vous.
Pacey : Merci du fonds du cœur !
Joey, voyant Pacey revenir : Alors, on peut y aller maintenant ?
Pacey : Ne crois pas que tu vas t’en tirer aussi facilement !
Pacey et Joey virent l’infirmière revenir. Pacey avait le cœur serré, presque autant et sinon plus que Joey.
L’infirmière qui se mit à sourire : Vous pouvez y aller. Quatrième étage, premier bureau à droite. Il vous attend. Mais faites vite, il n’a pas beaucoup de temsp. S’adressant à Joey : Vous avez de la chance Mademoiselle. Les personnes comme votre ami sont rares.
Joey, en plaisantant, le regard tourné vers Pacey : Encore heureux !
Pacey sourit, il était heureux de voir Joey plaisanter, signe qu’elle commençait à lui pardonner son geste. Ou qu’elle commençait à comprendre que c’était pour son bien.
Puis, silencieusement, ils prirent l’ascenseur, et toujours dans un silence d’église, se dirigèrent vers le bureau. Joey s’immobilisa. Pacey se décida à frapper. Lorsqu’ils entendirent le médecin les inviter à entrer, Pacey s’adressa à Joey.
Pacey : C’est à toi de jouer maintenant, Potter.
Joey, paniquée : Ah non ! Hors de question ! C’est toi qui m’a mis dans cette galère, alors tu m’accompagnes jusqu’au bout !
Elle se saisit fermement de la main de Pacey, qui hésita.
Joey l’implora du regard : Je n’y arriverai pas sans toi.
Pacey sourit timidement : Très bien. Allons y alors.
Ainsi, ils entrèrent tous les deux dans le bureau du Dr Andrews. Joey avait le cœur qui battait à cent à l’heure. Elle appréhendait ce qu’allait lui dire le médecin, même si au fonds d’elle, elle pensait, ou plutôt elle espérait, qu’il dirait à Pacey qu’il s’était affolé pour rien, et que tout allait bien. D’un geste, le médecin les invita à s’asseoir.
Médecin : Bonjour jeunes gens. Asseyez vous, je vous en prie.
Joey et Pacey, en même temps : Bonjour docteur.
Médecin : Je n’ai que quelques minutes à vous consacrer, j’ai un rendez vous dans un quart d’heure, mais l’infirmière m’a dit que c’était urgent, alors je vous écoute.
Joey : Il n’y a pas grand-chose à dire. Pacey est persuadé que je suis malade, et j’aimerai que vous lui disiez qu’il se trompe.
Le médecin observa Joey quelques secondes en silence.
Médecin : Mademoiselle…
Joey : Joey, je m’appelle Joey Potter.
Médecin : Joey, je peux vous poser une question ?
Joey : Bien sur.
Médecin : Combien de kilos pesez vous actuellement ?
Joey se referma d’un seul coup : Je… Je ne sais pas.
Médecin : Avez-vous perdu du poids récemment ou est-ce votre poids naturel ?
Joey : J’ai peut-être perdu un ou deux kilos, mais pas plus.
Pacey : Elle ment. Je suis sure qu’elle a perdu au moins huit kilos depuis la rentrée !
Joey fixa Pacey avec un regard noir : T’es parano.
Médecin : Joey, savez vous ce qu’on appelle l’anorexie ?
Joey : A peu près.
Médecin : Alors voilà ce qu’on va faire. Je vais vous expliquer exactement ses symptômes, et je vous demande de répondre en toute sincérité à cette question : vous reconnaissez vous dans cette description ? Vous êtes d’accord ?
Joey, timidement : Oui.
Médecin : Très bien. Alors voilà la définition clinique de l’anorexie : le principal symptôme qui permet de détecter qu’une adolescente souffre d’anorexie, c’est tout d’abord la perte rapide de poids : l’adolescente mange moins, elle évite la table familiale, saute des repas, refuse certains aliments trop lourds, trop écoeurants. Mais ce n’est pas tout. L’autre principal symptôme de l’anorexie, conséquence du premier, réside dans la disparition des règles, ce qu’on appelle scientifiquement l’aménorrhée. D’autres comportements assez symptomatiques sont également associés à l’anorexie. L’adolescente, l’exemple type de la petite fille modèle, s’investit à fond dans ses études et dans la sphère intellectuelle de façon plus générale. Souvent triste et irritable, elle se désengage de sa vie affective et préfère l’isolement aux premiers émois amoureux.
Joey éclata en sanglots, choquée de cette description si ressemblante. Pacey, lui aussi, semblait choqué. Il avait l’impression que le médecin venait de décrire Joey. Tout coïncidait : la perte de poids, l’acharnement dans les études, la tristesse, l’irritabilité, l’isolement… Tout cela lui faisait penser à Joey.
Médecin : Joey, calmez vous. Je sais que ce portrait peut vous paraître troublant, mais malheureusement ces symptômes sont communs à toutes les anorexiques. Maintenant, la question est de savoir ce que vous envisagez.
Joey, reniflant : Ce que j’envisage ?
Médecin : Joey, je ne vous cache pas que votre état est préoccupant. Vous êtes très maigre, et je ne pense pas me tromper si je pense que vous n’avez plus vos règles…
Joey, gênée d’aborder ce sujet devant Pacey : Depuis deux mois…
Pacey regardait ailleurs, mais ne pouvait pas regarder Joey dans les yeux.
Medecin : Ma question va être simple. Avez-vous envie de vous en sortir ?
Joey : Quelle question ! Bien sur que je veux m’en sortir !
Medecin : Alors je m’engage à faire tout mon possible, avec votre aide et celle de Pacey, pour vous sortir de cet enfer. Car c’est un enfer qui peut avoir de graves conséquences.
Pacey inquiet : Lesquelles ?
Medecin : Et bien, entre autres, des carences nutritionnelles, des évanouissements, pertes d'équilibre et hypoglycémie. D'autres conséquences physiques peuvent également être présentes : déshydratation de la peau, cheveux et ongles fragiles et cassants, une sensibilité - voire une intolérance - aux températures ambiantes relativement froides. La fonte des muscles, qui engendre aussi un rétrécissement de tous les organes constitués par du tissu musculaire tels que le cœur. Certaines anorexiques présentent dès lors une bradycardie, c'est-à-dire un ralentissement des battements du coeur et/ou une arythmie cardiaque après l'effort physique, symptôme qui peuvent, plus rarement, causer un arrêt cardiaque éventuellement fatal.
Joey, choquée : Mon Dieu, je ne pensais pas…
Medecin : C’est bien là le problème. Peu de jeunes filles sont conscientes des risques qu’elles prennent en refusant de s’alimenter. Cela va bien au-delà de la perte de poids.
Joey : Et… Comment ça se soigne ?
Medecin : A force de volonté, à force de ne plus se voiler la face et d’en parler ouvertement. Il tourne légèrement le regard vers Pacey : A force d’amour.
Joey rougit légèrement. Le médecin devait certainement penser que Pacey était son petit ami.
Medecin : Joey, je vais vous expliquer comment nous allons procéder. Au départ, vous viendrez me voir toutes les semaines. Nous suivrons ensemble la courbe de votre poids, nous discuterons de vos progrès, de vos doutes et difficultés, et, au fur et a mesure, lorsque je sentirai que vous allez mieux, nous espacerons les rendez vous. Cela vous convient-il ?
Joey acquiesça.
Medecin : Très bien. Il fouille dans le tiroir de son bureau et en sort une fiche cartonnée, qu’il tend à Joey. Tenez.
Joey : Qu’est-ce que c’est ?
Medecin : C’est en quelque sorte une fiche de stock.
Joey fronça les sourcils, à la recherche d’une explication : une fiche de stock ?
Médecin : Oui. Votre stock de points. Comme il est écrit en haut de cette fiche, vous disposez de 100 points. A chaque rendez vous, j’évaluerai vos progrès et vos difficultés, et en fonction de poids également, je vous donnerai des points ou vous en retirerai.
Joey, ironique : Et qu’est-ce que je gagne ?
Médecin : Une vie normale. Mais si votre stock de points passe en dessous des 50 points, je vous interne.
Joey : Quoi ???
Médecin : 50 points, c’est la limite que vous devez vous fixer. En dessous, votre santé est vraiment très en danger. Alors en dessous de 50 points, je vous fais entrer à l’hôpital pour vous soigner. A vous de savoir gérer vos points maintenant…
Joey, les larmes aux yeux : J’ai tellement peur Docteur…
Médecin : Si cette peur peut vous faire réagir, alors c’est une bonne peur Joey. Il regarde sa montre : je suis vraiment désolé, il va falloir que j’y aille. Passez voir ma secrétaire et prenez rendez vous pour la semaine prochaine. On parlera plus longuement. Il tend successivement la main à Pacey et Joey. Ravi de vous avoir rencontré. Joey, à la semaine prochaine.

Sur le chemin du retour, Pacey resta silencieux. Ce rendez-vous lui avait fait peur. Il ne pensait pas que le cas de Joey était aussi grave. Et comble de l’ironie, c’est Joey qui le rassura.
Joey : Fais pas cette tête Pacey, je ne suis pas encore morte !
Pacey : Excuse moi. Je m’inquiète pour toi Joey. Tu as entendu le médecin…
Joey : Oui, mais je compte sur toi pour m’aider mon vieux. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, c’est toi qui m’as embarqué dans cette galère, alors il faut que tu assumes maintenant. Pause. Et puis j’ai besoin de savoir qu’au moins un de nous deux y croit.
Pacey sourit : On va s’en sortir Potter.
Joey, voyant que Pacey ne la ramenait pas chez elle : Tu m’emmènes où là ?
Pacey : Alors premièrement, le bateau ne va pas se réparer tout seul…
Joey : Et deuxièmement ?
Pacey : Et deuxièmement, dois-je te rappeler que tu as été punie et que tu dois me donner des cours de maths ?
Joey secoua la tête en souriant : Tu ne me laisseras pas tranquille, hein ?
Pacey, fier de lui : Eh non Potter !
Joey redevint sérieuse : Merci Pacey.
Pacey, en guise de réponse, sourit timidement.

Les jours, les semaines passèrent. Joey, aidée de Pacey, essayait de retrouver l’appétit, tant bien que mal. Certains jours étaient plus difficiles que d’autres. Elle croisait régulièrement Dawson en cours, leurs conversations se limitant à des « salut » gênés, malgré les tentatives de Dawson de rétablir le contact entre eux, ce que Joey refusait catégoriquement. Dawson était bien entendu inquiet pour son amie, qu’il trouvait très maigre. Mais il savait également qu’elle avait trouvé un ami en la personne de Pacey, ce qui le rassurait un peu, et lui ôtait une part de culpabilité dans sa relation avec Eve.
Les vacances de Noël approchaient à grand pas, et Eve avait proposé à Dawson de partir avec elle et des amis aux sports d’hiver, ce qu’il accepta, pensant que ça lui ferait du bien de s’écarter un peu de Capeside. Joey, quand à elle, voyait son moral baisser au fur et à mesure que les vacances approchaient. Elle avait toujours passé ses vacances de Noël avec Dawson, et elle angoissait beaucoup d’être séparée de lui à cette période de l’année.

lilou69  (08.03.2006 à 21:38)
Au matin du samedi 21 décembre, Joey se leva encore plus triste que les autres jours. Elle détestait cette journée. Elle regarda par sa fenêtre, il avait l’air de faire un froid glacial, mais toujours pas de neige. « Dommage » se dit-elle. Joey aimait beaucoup la neige, car elle symbolisait la pureté qui devenait tellement rare dans ce monde. Pour elle, l’arrivée de la neige annonçait un heureux présage. C’est ce que lui avait toujours dit sa mère, et elle se plaisait à y croire.
Elle regarda son réveil, il était déjà dix heures. Il fallait qu’elle se dépêche si elle ne voulait pas arriver en retard. Elle s’habilla d’un gros pull blanc en laine angora et d’un jean. Elle se coiffa, se maquilla de manière très discrète. Tout cela dans un silence religieux. Ensuite, elle descendit les escaliers. Personne à la maison. Elle mis ses grosses bottines, au cas où la neige la surprendrait, et enfila son manteau, ses gants, son écharpe et son bonnet rouges. Elle regarda l’heure : 10 heures 45. Elle allait être à l’heure.
Lorsqu’elle franchit le seuil de la porte, le vent lui glaça le visage. Elle baissa la tête pour se protéger et marcha d’un pas alerte jusqu’à la ville. Arrivée devant chez le fleuriste, elle regarda à nouveau sa montre : 11 heures pile. Il n’était pas encore là. Elle décida d’entrer seule chez le fleuriste.
Fleuriste : Bonjour Mlle Potter. Comme chaque année je suppose ?
Joey ne prononça pas un mot, et acquiesça d’un signe de tête.
Fleuriste : Voilà. Un bouquet de treize roses blanches.
Elle prononça un « merci » à peine audible, paya le fleuriste et sortit du magasin. Sur le pas de la porte, elle jeta un nouveau coup d’œil pour voir s’il était arrivé, mais il n’était toujours pas là.
Elle décida de s’asseoir sur le banc en face du magasin, les roses sur les genoux, de manière à le voir arriver. Elle se surprît pendant quelques secondes à penser qu’il avait oublié, puis chassa cette idée aussi vite qu’elle était venue à son esprit : « Non, c’est impossible. Jamais il n’aurait oublié. »

Pacey était fou. Doug n’avait rien trouvé d’autre que de l’envoyer faire des courses en ville un samedi matin, alors qu’il faisait -5° dehors. Tout ça pour préparer un Carpaccio de bœuf, plat qu’il détestait par-dessus tout. Il approchait de chez le boucher quand il crût reconnaître au loin Joey, assise sur un banc. Il s’approcha. C’était bien elle. Elle était emmitouflée dans son gros manteau beige, avec son assortiment bonnet/gants et écharpe rouges. Elle tenait un bouquet de roses sur les genoux, et semblait attendre quelqu’un. Quand il s’approcha encore plus près, il entendit qu’elle sanglotait. Elle ne l’avait pas vu arriver.

Pacey : Joey ? Qu’est-ce que tu fais ici dans ce froid ?
Pas de réponse. Joey gardait la tête baissée, et pleurait.
Pacey : Joey, pourquoi pleures-tu ?
Il s’assît à ses côtés, et mis son bras autour de ses épaules, et la frictionna délicatement pour la réchauffer. Instinctivement, Joey déposa sa tête au creux de l’épaule de Pacey.
Joey, en sanglotant : Pacey, il… il a oublié. Je n’arrive pas à croire qu’il n’y ait pas pensé !
Pacey comprît soudain. Ces fleurs, le 21 décembre… jour de l’anniversaire de la mort de la mère de Joey.
Pacey : L’anniversaire…
Joey : Tous les ans depuis sa mort, nous avions le même rituel. Pas besoin de se le rappeler, il était toujours au rendez-vous. Que nous soyons amis, un couple ou que nous nous soyons disputé la veille, il était toujours là. Elle sanglote. Pacey, ça fait tellement mal.
Pacey, lui caressant délicatement les cheveux qui dépassent de son bonnet : Chut… calme toi. Dawson n’est plus lui-même en ce moment. Cette fille l’aveugle. Aux dernières nouvelles, ils sont partis skier avec des amis à elle. S’il avait été là, il y aurait pensé, c’est sûr.
Joey : Je le déteste. Je la déteste. Elle se remet à pleurer. Pacey ?
Pacey : Oui ?
Joey : Tu veux bien m’accompagner ?
Pacey : Ce serait un honneur pour moi.
Joey : Allons-y.
Pacey : Très bien.

Ils se levèrent et commencèrent à marcher en direction du cimetière. Pacey remarqua qu’elle avait toujours des larmes plein les yeux. Elle ne disait rien et il respecta son silence. Elle lui attrapa la main, il fut surpris, la regarda et elle lui adressa un timide sourire. Qu’il lui rendit. Ils marchèrent comme cela, main dans la main, silencieux, jusqu’au cimetière.
Arrivé devant l’entrée, Pacey ne su pas trop quoi faire. Devait-il l’accompagner jusqu’à la tombe de sa mère ou attendre ici, et la laisser se recueillir seule ? Joey remarqua le malaise de Pacey. Elle ne prononça toujours pas un mot, mais ne lâcha pas sa main, et lui fît comprendre qu’elle voulait qu’il l’accompagne jusqu’au bout. Il la suivit silencieusement jusqu’à la tombe.
Joey lâcha la main de Pacey, s’agenouilla et balaya les feuilles mortes qui s’étaient logées sur la pierre. Pacey resta un peu à l’écart. Il la trouvait tellement fragile, ce qui la rendait encore plus belle. Elle déposa les roses après avoir laissé l’empreinte de ses lèvres sur le plastique qui les entourait.
Elle se releva, tourna la tête à la recherche de Pacey auquel elle demanda d’un geste de la main d’approcher. Pacey se plaça derrière Joey, et d’un naturel déconcertant, Joey attrapa les deux bras de Pacey et les plaça autour de sa taille. Ils restèrent ainsi pendant de longues minutes. Les larmes coulaient sur les joues de Joey. L’émotion envahit également Pacey, qui comprît à ce moment toute la douleur qui pouvait se dissimuler dans cet être si fragile et si délicat qu’il tenait dans ses bras.
Joey essuya ses larmes, et d’un sourire à Pacey, lui fît comprendre qu’il était temps d’y aller. Elle s’agenouilla à nouveau sur la tombe, ôta un gant, et déposa sa main à plat sur la pierre gelée.
Joey : Je t’aime Maman.

Ils ressortirent du cimetière en silence. Pacey referma la porte grinçante derrière lui. Il commença à marcher, quand Joey s’arrêta, le retint par le coude, et prononça pour la première fois depuis plus d’une heure une phrase :
Joey : Merci Pacey. Tu as été parfait.
Pacey était troublé, et, en guise de toute réponse, lui sourît. Un sourire qui semblait vouloir dire « C’est naturel. ». Il s’apprêta à repartir quand elle le retint pour la deuxième fois.
Il se retourna, et elle s’approcha très près de lui, se serra contre lui, se mis sur la pointe des pieds, l’enlaça et l’embrassa.
Pacey lui rendit ce baiser. Il avait le vertige. Bien qu’il faisait très froid en cette journée d’hiver, c’est ce baiser qui lui donnait des frissons. Il la serra très fort dans ses bras, comme pour ne pas la perdre, comme pour se convaincre que ce qu’il vivait était bien réel.
Joey se sentait revivre dans ses bras. Quand elle sentit quelque chose de froid et d’humide tomber sur sa joue, elle rouvrît les yeux et les leva au ciel.
Joey : La neige ! Pacey, il neige !
Le bonheur irradiait son visage. Elle riait, tournoyait en écartant les bras, les yeux rivés sur le ciel. Des larmes coulaient sur ses joues, mais cette fois Pacey reconnut des larmes de joie. Il ne l’avait pas entendu rire depuis des mois. Il ne l’avait pas vue heureuse depuis des mois. Mais là, il retrouvait la vraie Joey. Pas l’ombre d’elle-même qu’elle était depuis trop longtemps.
Joey attrapa les deux mains de Pacey dans les siennes.
Joey : Pacey, c’est merveilleux. Tu comprends ce que ça signifie ?
Pacey fît un signe de la tête qui semblait lui demander où elle voulait en venir.
Joey : La neige, c’est le plus beau de tous les présages Pacey. Ma mère me l’a toujours dit. C’est elle qui nous envoie un signe. Tout va aller bien maintenant, j’en suis persuadée. Elle lève le visage au ciel et ferme les yeux. Fais comme moi ! Elle inspira profondément, comme pour respirer l’odeur de la neige. Tu sens la pureté qui se dégage de ces flocons ? Oh Pacey, comme je suis heureuse !
Elle se jeta dans ses bras, le visage au creux de son cou. L’odeur de son after-shave l’enivrait. Pacey lui, ne pouvait effacer son sourire de son visage tant il était heureux. Il crût l’entendre dire « Je t’aime » mais pensa avoir rêvé tant cela lui paraissait trop beau pour être vrai.
De son côté, Joey se surprît à dire « Je t’aime » pour la première fois. Un je t’aime à peine audible, mais qui représentait tellement pour elle.


Les vacances de Noël prenaient fin. Vacances que Joey et Pacey avaient passé pratiquement seuls, à l’exception de Noël qu’ils avaient passé avec Bessie, Boddie et Alexander. Pacey avait offert à Joey un cadeau qui l’avait beaucoup touché : une boule à neige avec un cœur à l’intérieur sur lequel était gravé « Je t’aime ». Pacey avait accompagné ce cadeau d’une petite carte sur laquelle il avait écrit la phrase suivante :
« Grâce à ce cadeau, tu auras toujours mon cœur près de toi, et tu pourras faire tomber la neige quand tu en auras envie… Je t’aime Joey. »

Joey retrouvait petit à petit l’appétit. Malgré tous ses efforts, elle n’arrivait à manger qu’en petite quantité. Elle avait repris quelques kilos quand la nouvelle du docteur tomba.

Docteur : Joey, j’ai une mauvaise nouvelle. Votre corps a été privé trop longtemps des vitamines, des substances essentielles à son correct fonctionnement. Il est devenu très fragile et beaucoup plus sensible aux infections et autres maladies. Nous vous avons fait des tests, et ceux-ci révèlent que vous souffrez d’un trouble du rythme du cœur, caractérisé par une irrégularité et une inégalité des contractions.
Joey, paniquée : Mais, qu’est-ce que ça veut dire ? Je vais mourir ?
Docteur : Non, Joey, pas si vous vous reprenez en main. Beaucoup de gens vivent toute leur vie avec ce problème, et ne s’en aperçoivent même pas. Mais dans votre cas, le risque d’arythmie est plus fort du fait de votre sous-alimentation. C’est pour ça qu’il faut que vous réagissiez ! Joey, ne jouez pas avec votre vie.
Joey : J’essaie. Mais c’est dur docteur. Je veux manger mais ça ne passe pas. Vous devez me croire !
Docteur : Je peux vous posez une question personnelle Joey ?
Joey : Bien sur, allez-y.
Docteur : Pacey, il est votre petit ami ?
Joey, surprise de cette question : Euh… oui.
Docteur : Je l’ai su quand j’ai vu la façon dont il vous regarde. Il vous aime Joey. Est-ce le cadeau que vous voulez lui faire ? Mourir à petit feu ? Je suis sur que non. Vous seule avez le pouvoir de dire non à l’anorexie. Alors pensez un peu à lui, à votre famille. Méritent-ils de souffrir ?
Joey avait les larmes aux yeux. Il avait raison. Elle n’avait pas droit de leur faire ça. Elle sortit du cabinet et passa par la salle d’attente pour récupérer Pacey.
Pacey : Alors ? Qu’est-ce qu’il t’a dit ?
Joey, gênée, mais ne laissant paraître son trouble : Tout va bien. Je suis sur la voie de la guérison.
Pacey prît Joey dans ses bras. Le regard de Joey trahit sa détresse.
Pacey : C’est fantastique mon amour !
Le sourire de Joey s’effaça, alors qu’elle était encore dans les bras de Pacey. Pas la peine de l’inquiéter avec son problème, il avait l’air si heureux.

Les jours passèrent et la rentrée arriva bientôt. Joey allait de mieux en mieux, elle reprenait goût à la vie grâce à Pacey. Elle n’avait pas revu Dawson depuis la fin des cours en décembre. Depuis qu’il était parti skier avec Eve. La confrontation eut finalement lieu dans un couloir de l’école, à la pause de 10 heures. Dawson était en train de s’énerver sur son casier qui ne voulait pas s’ouvrir. Pacey et Joey, main dans la main, le virent au loin.
Pacey : Il faut que tu ailles lui parler.
b]Joey : Ecoute, Pace… Je ne sais pas si c’est une bonne idée.
Pacey : Joey. Même s’il t’a fait souffrir, il reste ton meilleur ami. Tu verras, tu te sentiras mieux après. Tu seras libérée.
b]Joey : Tu as certainement raison. Elle prend une grande inspiration. J’y vais.Elle embrasse Pacey. A tout à l’heure.
Pacey : A tout à l’heure.
Joey s’approcha de Dawson discrètement. Il était toujours en train de s’énerver sur son casier.
Joey : L’année commence mal ?
Dawson sursauta. Il regarda Joey fixement pendant quelques secondes, comme perdu. Quelque chose avait changé en elle. Tout d’abord, elle souriait, ce qu’il ne l’avait pas vu faire depuis des mois. Et puis… elle était rayonnante. Elle avait repris quelques kilos, et semblait sereine.
Joey : T’as vu un fantôme ?
Dawson : Je… Bonjour Joey. Tu… tu es très belle aujourd’hui !
Joey : Où est passée ta blonde décolorée ?
Dawson : Eve et moi, c’est fini. C’était une belle bêtise, qui a causé pas mal de dégâts.
Joey : Seraient-ce des excuses ?
Dawson : Tu ne me rendras pas la tache facile, hein ?
Joey, le prenant par le bras : Non, tu ne le mérites pas. Mais je te laisse une chance de me convaincre d’avoir pitié de ton âme. Tu viens ?
Dawson : Où ça ? Joey, j’ai cours ! Et toi aussi !
Joey : On a des choses à se dire Dawson. Tu ne crois pas que les cours peuvent attendre ?

Ils allèrent s’installer à l’abri du vent, sous un saule pleureur de la cour du lycée.
Dawson : Joey, je suis vraiment désolé, je…
Joey, lui coupant la parole : Non, laisse moi parler Dawson. J’ai tant de choses à te dire. Tout d’abord, je voudrais te dire que je vais mieux. Je crois que j’ai passé le pire. Comme tu as du le voir, j’ai repris quelques kilos et j’ai accepté le fait que je souffrais d’une maladie. Je te connais bien, et je crois que même si tu étais prisonnier de ta mente religieuse, tu te faisais du souci pour moi. Et… Les mains de Joey tremblaient. Si je vais mieux… C’est grâce à quelqu’un.
Dawson, surpris : Tu… Tu as quelqu’un dans ta vie ?
Joey : Oui, et je tiens beaucoup à lui.
Dawson : Mais c’est génial ! Je suis heureux pour toi Joey, tu mérites d’être heureuse avec quelqu’un de bien ! Il veut la serrer dans ses bras mais Joey l’arrête.
Joey : Attends Dawson. Avant de me féliciter, il faut que tu saches que… Que ce quelqu’un…. C’est Pacey. Pacey et moi, nous nous aimons.
Dawson resta abasourdi.
Dawson : Je… Je ne sais pas quoi dire. Il fronce les sourcils, puis sourît. Je suis un imbécile. Bien sûr que je suis heureux pour toi Joey. Pour vous. Si vous êtes heureux ensemble, alors c’est génial.
Joey : Indirectement, c’est toi qui a tout déclenché Dawson.
Dawson : Alors là, j’aimerais bien comprendre !
Joey : Ce qui m’amène à la deuxième chose que je voulais te dire, et qui sera nettement moins agréable à entendre pour toi. Dawson. Tu m’as beaucoup manqué depuis la rentrée. Et en particulier pendant les vacances de Noël. Je t’ai attendu. Mais tu n’es pas venu.
Le visage de Dawson blêmit. Il comprît tout de suite à quoi Joey faisait allusion.
Dawson : Le 21 décembre… Oh mon Dieu ! Comment ai-je pu oublier ça ? Joey, je suis impardonnable. Tu ne peux pas savoir à quel point je me sens mal.
Joey : Pacey était là, lui. C’est là que j’ai su que c’était lui. Que ce n’était plus toi.
Dawson fût très touché de cette dernière remarque, mais comprît parfaitement que Joey lui en veuille.
Joey : Mais ça ne change rien à ce que je ressens pour toi. Tu es et tu seras toujours mon meilleur ami Dawson, et je voulais remettre les choses au clair. A présent, c’est fait. Ma vie est en ordre maintenant. Je te laisse. Au revoir Dawson.
Joey déposa un baiser sur le front de son ami, se releva, et partit en direction du lycée.
Dawson, resté immobile, sous le saule pleureur, à lui-même : Adieu Joey.

A la fin de la journée, elle retrouva Pacey au port. Il avait été très mystérieux, et n’avait pas voulu lui dire pourquoi il fallait qu’elle le rejoigne là bas. Le voilier de Pacey était terminé, elle n’avait plus à gratter, poncer ou peindre quoique ce soit, alors que voulait-il lui montrer ?
Pacey : Joey, si tu étais un vrai matelot, tu saurais qu’un bateau sans nom, ça porte malheur. Je ne veux pas être maudit, alors voilà ! Il lui tendit un long carton.
Joey : Qu’est-ce que c’est ?
Pacey : Vas-y, ouvre !
Joey se hâta à déchirer le carton et découvrit une bannière en bois sur laquelle était inscrite « True Love ». En petits caractères, elle pouvait également lire « You & Me. Forever. ».
Joey avait les larmes aux yeux.
Joey : C’est magnifique. Vraiment. Ce nom lui ira très bien.
Elle s’approcha de Pacey et l’embrassa très tendrement. Il lui murmura à l’oreille « C’est toi qui m’a inspiré le nom de ce bateau… ». Elle lui sourît, le regard plein de larmes et l’embrassa à nouveau.
Pacey : Bon, ce n’est pas tout, mais il faut le fixer maintenant. Reste là et dis moi si c’est droit !
Pacey sauta à bord du « True Love » et vissa fièrement la bannière, sous les conseils de Joey.
Joey : Voilà. Comme ça, c’est parfait.
Elle s’approcha du bateau, et voulut monter quand Pacey marqua sa désapprobation.
Pacey : hépépép !
Joeysourit en tendant la main à Pacey : Permission de monter à bord ?
Pacey, prenant la main de Joey : Permission accordée!
Elle monta à bord, embrassa Pacey, qui la prît dans ses bras. Ensemble, ils regardèrent vers l’horizon.
Pacey : Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, mais c’est regarder ensemble dans la même direction…
Joey, le taquinant : Qui es-tu imposteur ? Où est Pacey ?
Pacey : C’est ça, moque toi, démon ! J’ai lu cette phrase dans un livre, elle m’a beaucoup touché.
Les yeux toujours fixés sur l’horizon, ils restèrent à nouveau silencieux quelques minutes.
Joey : Pacey ?
Pacey : Mmmm ?
Joey, les larmes aux yeux : Promets moi qu’on partira tous les deux sur ton bateau, sans prévenir personne. Rien que nous et notre amour…
Pacey embrasse Joey dans le cou : Je te le jure mon amour.



Un peu moins d’un an plus tard, le 21 décembre 2001.

Lorsque Pacey arriva devant chez le fleuriste, il regarda sa montre. 10h45. Il était un peu en avance. Il entra et acheta un bouquet de treize roses blanches, comme Joey le faisait chaque année. Il alla s’asseoir sur le banc quelques instants, et regarda le ciel. Il se dit en lui-même qu’il ne neigerait pas ce jour là. Le ciel était trop bleu. C’était une belle journée d’hiver où, malgré le froid glacial, le soleil rayonnait. Pacey regarda à nouveau sa montre. 11h05. Lorsqu’elle arriva, elle insista pour acheter elle aussi un bouquet. Ensemble, ils se dirigèrent en silence vers le cimetière. Elle lui avait pris la main machinalement. Devant la porte, elle ne put retenir quelques larmes. Pacey la serra dans ses bras, et ils entrèrent. Ils marchèrent jusqu’à la tombe. Elle se baissa, enleva les quelques feuilles qui recouvraient la pierre, et déposa son bouquet silencieusement. Pacey en fît de même. Ensemble, ils fixèrent longuement cette inscription gravée dans la pierre :

« Lylian Potter, 10/01/58-21/12/98
Et sa fille bien aimée, Joséphine 12/11/83-16/11/01
Que leurs âmes reposent ensemble en paix. »


Bessie éclata en pleurs. Pacey se baissa, sortit une lettre de sa poche. Il la déposa sur la pierre. Il remît sa main dans sa poche, et déposa sur la lettre la boule en cristal qu’il lui avait offert l’an dernier, après l’avoir renversé pour faire apparaître la neige. Il se souvint de ses mots : « Grâce à ce cadeau, tu auras toujours mon cœur près de toi, et tu pourras faire tomber la neige quand tu en auras envie… ».



Quelques heures auparavant, sur le port, face à la mer… Un homme écrit à la femme qu’il aime.


« Joey, ma Joey,

Voilà un peu plus d’un mois que tu nous a quitté et je ne comprends toujours rien à ce qui m’arrive. Je me demande encore pourquoi tu ne m’as jamais parlé de ce problème cardiaque. Peut-être voulais-tu m’épargner, mais la douleur en est encore plus grande aujourd’hui. Je t’ai vu t’écrouler comme un château de cartes, au matin de notre première nuit d’amour. Tu as seulement eu le temps de me dire que tu m’aimais et qu’il ne fallait pas que je t’en veuille. Mais t’en vouloir de quoi ? D’avoir fait de ma vie un soleil ? D’avoir fait de moi le plus heureux des hommes ? La seule raison pour laquelle je pourrais t’en vouloir est de me laisser seul dans ce monde cruel, sans toi. Mais ne t’en fais pas, je te rejoindrais bientôt mon amour. La vie n’a plus de goût sans toi. Je te l’avais promis, nous ferons un voyage en mer. Je le ferai pour nous deux, ce sera mon voyage pour te rejoindre… Ensuite, nous pourrons vivre heureux, ensemble, loin de ce monde qui n’a pas su nous comprendre.
Il me reste à accomplir une dernière mission avant de te rejoindre.

Te souviens tu ? C’était un 21 décembre…

Je t’aime mon amour,

Pacey. »


FIN.

lilou69  (08.03.2006 à 21:40)
Comme j'ai eu l'honneur de lire ton sublime épisode en avant-première, je voulais mettre le commentaire en première aussi, logique ;)

Alors ma belle, ton histoire ma beaucoup émue, même si tout le monde va finir par savoir que j'ai la larme facile je dois dire que je ne m'attendais pas à trouver un sujet aussi grave dans un épisode virtuel un jour.

Je me demande d'ailleurs pourquoi ils n'en ont jamais parlé dans la série, puisque ce problème touche un trop grand nombre d'adolescentes...

Ton histoire est très réaliste, c'est peut-être pour celà qu'elle me paraît si triste...

Enfin, tu sais déjà ce que j'en pense... Finis vite les histoires que tu as commencé!

Bisous. Joey13

joey13  (08.03.2006 à 22:06)
Ton histoire est tout simplement magnifique. et c'est vrai qu'elle est réaliste. Je en m'attendais pas du tout à cette fin là, j'ai été suprise, c'est tellement triste, mais c'est aussi tellement beau!! Et pour ne rien gacher, c'est aussi très bien écrit!! En gros bravo!! De plus les détails médicaux sont tout à fait exact et tu as bien su expliquer tous les termes médicaux, docn encore une fois bravo!

Pumkie  (08.03.2006 à 23:29)
C'est vraiment une superbe histoire. Un peu triste qd même la fin mais tellement magique que je te pardonne lol. Bravo.

Emilie17  (09.03.2006 à 03:03)
C'est magnifique. Rien à dire de plus j'en ai presque pleuré c'est l'abus.
En tous cas bravo.

laetis  (09.03.2006 à 09:13)
Je dois dire que ton épisode est l'un de ceux qui m'ont le plus touché! Tu as réussi à écrire une histoire sur un problème grave sans surjouer, sans ajouter de fioriture. C'est tellement simple que c'est beau. Tu m'as émue et touchée, j'étais toute retournée à la fin de ma lecture. Alors ne t'arrête surtout pas d'écrire.

potter  (09.03.2006 à 18:39)

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