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Série : Dawson's Creek
Création : 06.07.2006 à 21h39
Auteur : jenny
Statut : Terminée
« La fille est un doux mélange de M.Williams dans Land of plenty et Dawson et de K.Winslet dans Eternel Sunshine of the spotless mind. Le titre français pourrait être "à la recherche de l'auth » jenny
Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes
Eternel Sunshine Le vieux libraire referma le manuscrit. Les yeux brillants, le cœur serré dans sa poitrine, il laissa malgré tout un sourire fendre son visage. Il leva les yeux sur le garçon qui se tenait devant lui. Celui-ci avait attendu, enfoncé dans le vieux fauteuil, qu’Harold lise toute l’histoire. Dans le cœur du vieil homme aussi venait de naître une douleur semblable à un coup de poignard ; mais ils affichaient ce même sourire, bien que les yeux du jeune homme paraissaient plus embués. Le vieil Harold pouvait à présent voir dans les yeux du garçon la même étincelle que celle qui avait éclairé les yeux de l’auteur du manuscrit. Comme si ces deux jeunes gens étaient gardiens du secret de la vie. Les deux hommes se regardèrent un instant, partageant un silence qui en disait long. Un sourire triste, sincère, quoique forcé: on devinait qu’ils avaient le cœur gros et les larmes prêtes à couler à la moindre baisse de vigilance. Cependant le jeune homme semblait tenir bon et résigné à ravaler ses larmes. Non, il ne pleurerait pas. Il se l’était promis.
Lorsque le pilote avait pris la parole, il avait eu un mauvais pressentiment. C’était à ce moment là que, pris de panique, sa gorge s’était serrée si fort qu’il avait eu l’impression d’étouffer ; à l’image d’un coup de tonnerre interne, son cœur s’était arrêté de battre. Arrivé à l’escale de New York, il avait pris le premier avion en sens inverse et plusieurs heures plus tard, il se trouvait sur le lieu du drame. Il était terrifié. Au fond de lui, il savait que sa panique était justifiée. Il était sûr de ne pas avoir eu de nouvelles d’elle depuis trop longtemps ; c’était un signe… C’était donc un silence qui lui avait appris sa tragique disparition, et par ce silence il réalisa qu’il ne la reverrait plus. Il avait pris une profonde inspiration, avait levé les yeux au ciel et après avoir serré les dents, un sourire était apparu sur son visage. A son grand étonnement, c’était un sourire sincère. Il faisait beau, le ciel était d’un bleu métallique, et quelques cumulus se formaient au loin, prêts à lui raconter une nouvelle histoire... Les gens étaient occupés dans tous les sens, mais il n’entendait plus les cris, ni les pleurs, ni les hurlements dans ce chaos. Il s’était évadé dans le monde qu’il avait entraperçu avec elle et qu’il devait aujourd’hui construire seul jour après jour. Ce monde qu’elle lui avait promis : où chaque seconde est emplie d’une magie indescriptible, un monde où chaque couleur est éclatante. Un monde où règne le calme et l’émerveillement. Un monde qui était désormais le sien.
Il savait que le vieil Harold publierait l’histoire qu’il avait entre les mains, c’était une promesse qu’on pouvait lire dans ce sourire, dans ce regard.
Harold à Joshua comme à lui même: Nous ne pouvons pas regretter de l’avoir connu. Nous ne pouvons pas souhaiter que cette aventure ne soit jamais arrivée, comme tous ceux qui vivent de telles épreuves. Mais ils n’en décident pas… Tout ce que nous pouvons décider, c’est ce que nous allons faire du temps qui nous est imparti. (1)En silence, ils partagèrent un signe de tête et le jeune homme fit retentir les clochettes de la porte lorsqu’il sortit (2). Ce son était comme une invitation au voyage, une invitation à ne plus avoir peur, à vivre pleinement chaque seconde et il accepta cette sollicitation sans perdre son sourire. Dans la rue, les gens allaient et venaient, ne prêtant aucune attention au garçon. Il mit les écouteurs de son mp3 dans ses oreilles. Les mains dans ses poches, la tête haute, il se fondit dans la foule alors que Coldplay lui chantait :
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In my place, in my place Were lines that I couldn't changeI was lost, oh yeah Crossed lines I shouldn't have crossed I was lost, oh yeah Yeah, how long must you wait for him? I was scared, I was scared Tired and underprepared But I wait for you If you go, if you go Leaving me here on my own Well I wait for you Yeah, how long must you wait for him? Please, please, please Come on and sing to me Come on and sing it now, now, now Come on and sing it In my place, in my place Were lines that I couldn't change I was lost, oh yeah |
Dans ma vie, dans ma vie Il y avait des lignes que je ne pouvais changer J’étais perdu, oh ouais !Croisant des voies que je n’aurai pas du croiser J’étais perdu, oh ouaisHé, combien de temps dois tu l’attendre ? J’étais effrayé, j’étais terrifié Fatigué et non préparéMais je t’attends Si tu pars, si tu pars, Me laissant seul iciEt bien je t’attendsHé, combien de temps dois tu l’attendre ? S’il te plait, s’il te plait, s’il te plaitViens et chante pour moiViens et chante le maintenant, maintenant, maintenant, viens et chante le Dans ma vie, dans ma vie Il y avait des lignes que je ne pouvais changerJ’étais perdu, oh ouais. |
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Un gars, LA fille
70 jours plus tôt, dans la capitale anglaise...
Le jeune homme était assis sur une chaise, face au miroir. C’était fini. Il leva la tête, se regarda dans les yeux et vécu un de ces moments transcendants. Il prit conscience de son existence. Il était. C’était son dernier soir sur scène et il était empli d’un bonheur indescriptible. Il n’était pas nostalgique de ces trois derniers mois. Il avait vécu cette aventure et il en était heureux. Une page se tournait à nouveau et il fallait regarder l’avenir. Il attrapa un mouchoir et la bouteille de démaquillant. Il passait le tissu froid imbibé de liquide sur son visage alors que le reflet de son partenaire apparut dans le miroir. Ce dernier, un acteur de renom, affichait lui aussi un air satisfait en venant lui taper sur l’épaule.
Patrick Stewart : c’était bien ce soir.
Joshua Jackson : oui, c’était bien.
Ils partagèrent un regard complice. Le rideau était tiré, mais ils affichaient un sourire de plénitude.
Josh : on va boire un verre avant de se séparer ?
Patrick : je suis désolé petit, j’ai une femme à voir. (3)
Josh : dans ce cas!
Patrick, qui s’était installé à côté pour se démaquiller : passe moi le mouchoir.
Josh : tu vas pas nous rejouer la pièce là ! (4)
Patrick restait dubitatif
Josh : c’est la deuxième réplique que tu me lances depuis qu’on a quitté la scène…
Patrick : vraiment ?
Josh, reprenant : « c’était bien ce soir. » (Puis regardant Patrick) « Passe moi un mouchoir »
Patrick : c’est vrai… Je ne m’en rends même plus compte.
Josh, soupirant : une vie de théâtre… (5)
Patrick : je vais te faire une confidence…
Josh continuant de se démaquiller: vas y, je suis tout ouïe.
Le jeune homme s’était mis du démaquillant dans l’œil et le liquide lui picotait le globe oculaire. Il grimaçait devant la glace tout en écoutant son interlocuteur.
Patrick : j’avais peur de travailler avec toi. Je veux dire, t’as fait ta série, très bien. T’as fait des petits films tant mieux. Mais le théâtre, c’est une autre expérience… (Il lui tendit un liquide afin que Joshua se rince l’œil)
Josh posa le mouchoir et prit le flacon que Patrick lui tendait: pour tout te dire, j’avais peur d’être sur scène aussi… Au théâtre, il n’y a personne pour te dire « coupez ! On la refait ! » T’as pas le droit à l’erreur. Il y a plein de gens qui ont le regard rivé sur toi, qui te détaillent, qui placent la barre très haut, et tu ne peux pas faillir…
Patrick, s’appuyant sur l’épaule de Joshua pour se lever : tu étais à la hauteur petit. Tu m’as épaté… et tu les as éblouis.
Josh se frottant l’œil: merci.
Patrick sourit, ne sachant pas trop si on le remerciait pour ce qu’il avait dit ou pour avoir apaisé l’œil du garçon: ne tarde pas trop. Même si c’est ton dernier soir, tu as des fans qui t’attendent…
Josh : ils t’attendent aussi.
Patrick : sûrement… mais ils sont moins nombreux… (Puis sur le ton de la confidence) et c’est bien comme ça !
Il avait mis son pantalon gris et enfilait maintenant un pull.
Josh : pourquoi tu files toujours à l’anglaise ?
Patrick sarcastique: parce que nous sommes à Londres ! (Puis voyant le regard insistant de son partenaire il reprit plus sérieusement) parce que je préfère rester un personnage aux yeux du public, plutôt qu’un être réel.
Josh : mais certains attendent des heures ! Parfois ce n’est même pas pour une photo, ou un autographe, c’est juste pour te voir !
Le jeune homme détaillait son partenaire et, remarquant sa grimace, Patrick se résolut à changer de tenue vestimentaire. Après ces mois passés ensemble, ils arrivaient à tenir une conversation tout en se faisant comprendre sur un autre sujet, à savoir la tenue vestimentaire de l’aîné qui n’était absolument pas appropriée à un rendez vous, selon le cadet.
Patrick : je sais bien. Je vais te donner un dernier conseil avant qu’on se sépare. Protège toi. Ne te fais pas bouffer par les autres. Tu es parfois trop gentil. Pense à toi.
Josh : oh j’ai pas grand-chose à faire après la représentation. Et certains viennent d’autres pays pour un autographe… je leur dois bien ça.
Patrick : tu ne leur dois rien. Tu es monté sur scène, tu as sorti tes répliques au bon moment, tu étais juste. Tu as donné tout ce que tu avais à chaque représentation (il demanda d’un signe de tête l’avis du jeune homme sur sa nouvelle tenue)… ou presque… (Le garçon ayant acquiescé, il finit de se préparer) alors une fois le rideau tiré, tu ne leur dois rien…
Josh : tu as sûrement raison…
Patrick se rassit sur le tabouret à côté du jeune homme: Ne cherche pas à plaire aux autres. Reste toi-même, ne fais pas ce qu’on te dit de faire uniquement parce que ça pourrait plaire. Fais ce que tu aimes. Aime ce que tu fais. Si un jour on t’oblige à faire quelque chose que tu ne veux pas faire, prend ta veste et fiche le camp. (Puis, commençant à énumérer ce qu’il s’apprêtait à dire à l’aide des doigts de sa mains) Tu auras d’autres opportunités, tu es jeune, tu as du talent, tu es capable de beaucoup de choses, mais fie toi à ton instinct.
Josh : je tacherai de m’en souvenir. (Après quelques secondes de silence) Après tout, on n’est pas si loin de nos personnages. Durant trois mois tu as été mon mentor sur scène, et voilà qu’au moment de sortir, tu me donnes un dernier conseil.
Patrick : tu es quelqu’un de bien.
Josh, faisant un clin d’oeil accompagnant son sourire charmeur: t’es pas mal non plus
Patrick fit un geste de la main pour balayer cette dernière remarque. Le jeune homme aimait le faire marcher et le pousser à bout. A chaque conversation, il finissait toujours par tourner ses paroles en dérision, ce qui la plupart du temps, avait pour effet de l’exaspérer.
Patrick : un dernier conseil et je pars, cette fois ci pour de bon.
À cette réflexion, Joshua accompagna Patrick dans un sourire. En effet durant ces quelques semaines Patrick mettait toujours une heure à partir, il avait toujours un dernier mot à prononcer, un dernier sujet à aborder. Mais ce soir, c’était encore plus dur de partir… Il n’y aurait pas de lendemain ensemble sur scène.
Patrick : avant de partir, retourne sur scène. Vas lui dire au revoir. Elle t’a apporté beaucoup, et tu lui dois bien un dernier salut. Assis toi, dans cette pénombre propre aux théâtres, revois tous les regards que tu as croisés ces derniers mois, ces gens qui étaient dans la salle, les visages fixés sur toi, suspendus à tes paroles. Va leur dire au revoir, une dernière fois.
Josh affichant un air perplexe: et j’y reste combien de temps ?
Patrick balayant les paroles d’un geste de la main: ne t’en fais pas pour ça. Tu sauras quand il sera temps de partir. (Puis joignant les gestes à la parole) Et là, tu te lèveras, et tu tireras ta révérence, une dernière fois. T’enfileras cette casquette sans aucun style que tu affectionnes tant (Joshua sourit en regardant Patrick mettre un béret qu’il avait qualifié d’«agression visuelle» la première fois qu’il avait vu l’homme le mettre quelques mois plus tôt), tu mettras tes mains dans les poches et tu partiras, sans te retourner.
Josh : au revoir Patrick.
Patrick, déjà de dos, lui faisant signe de la main sans lui lancer de dernier regard : au revoir petit. Prends soin de toi.
Josh : toi aussi.
Et c’est ainsi que Patrick Stewart passa la porte, sans s’être retourné. Joshua entendit les gens crier dehors, puis le calme revint lorsque la porte se referma.
L’acteur finit de se préparer et alla faire ses adieux à la scène londonienne qui l’avait accueilli ces dernières semaines. Il ne savait pas depuis combien de temps il était assis dans la pénombre, mais tout à coup il se sentit étranger. C’était comme ces effets spéciaux du grand écran, où le personnage ne bouge pas mais on le voit reculer. Il n’était plus chez lui. Il se leva, vissa sa casquette, sourit. Il prit une profonde inspiration et avec un pincement au cœur il mit les mains dans ses poches et leva les yeux. Il regarda la salle vide, se souvint de tous les visages et des regards qu’il avait croisés et prononça avec la voix à peine perceptible d’un enfant reconnaissant face à un merveilleux cadeau un « merci » qui s’évanouit dans l’obscurité de la salle. Il baissa la tête, tourna les talons et sortit.
Dehors il ne restait plus beaucoup de fans. Une petite dizaine. Il signa quelques autographes, se montra sur quelques photos, échangea quelques paroles, mais déjà il était ailleurs.
Quelques instants plus tard, il tournait au coin de la rue et se retrouva dans Warnour Street, baissant la tête devant à la foule qui déjà ne le reconnaissait plus. Il était devant le passage piéton, attendant pour traverser Shaftesburry Avenue, quand il la vit. Une jeune fille brune aux cheveux mi-longs, d’une vingtaine d’années, était en train de discuter avec quelqu’un. Elle pouvait sembler quelconque voire banale pour ceux qui la voyaient sans vraiment la regarder mais elle paraissait d’une simplicité et d’une authenticité bouleversante pour l’acteur. C’était cela qui avait arrêté le regard du garçon. Il ne voyait plus les gens dans la rue qui le bousculaient. Il était là, debout, immobile. Il ne pouvait détacher son regard de la jeune fille, il l’observait. Ses vêtements indiquaient qu’elle ne prêtait que peu d’importance à l’image qu’elle donnait d’elle, elle était loin de ces filles qui suivent la mode à la lettre. Elle lui fit immédiatement penser au personnage interprété par sa meilleure amie dans le film « Piece of April » : une jeune fille au look excentrique, reflétant ainsi parfaitement son caractère. Elle semblait avoir enfilé ses vêtements juste par envie de les mettre, sans vraiment voir si ça allait ensemble et avec son sac en bandoulière elle avait une allure d’artiste. D’après la forme qu’il montrait, son jean noir laissait penser que cette fille ne prenait pas toujours le temps de manger. Elle avait enfilé un t-shirt bleu à manches courtes au dessus d’un t-shirt à manches longues de teinte majoritairement orange. Malgré ce temps de fin avril, elle ne semblait pas avoir froid. Ses chaussures – des baskets – indiquaient qu’elle aimait être à l’aise et tant pis si ce n’était pas féminin. L’acteur aperçut que des écouteurs entouraient le cou de la fille et il se surprit à se demander ce qu’elle pouvait bien écouter. Oui, elle pouvait sembler tout à fait banale et naturelle, mais un sentiment bizarre empêchait Joshua Jackson de tourner les yeux. Qu’avait-elle de plus ? Qu’avait elle de moins ? Il n’en avait aucune idée, cependant il fallait qu’il lui parle mais tout à coup il avait perdu ses mots. Comment l’aborder ? Que pourrait-il lui dire ? Il traversa. Habituellement il avait recours à l’humour auprès des femmes, mais à cet instant il voulait paraître tout sauf idiot… alors si elle n’aimait pas l’humour, c’était trop risqué. Il se sentit tout timide, il cherchait ses mots mais ne trouvait rien. Tant pis, il se lança.
Joshua : excusez moi, est ce que vous avez l’heure s’il vous plait ?
La jeune fille se retourna. Elle le dévisagea rapidement puis d’un ton on ne peut plus naturel : regarde ta rollex, elle se trouve juste à ton poignet, ça ne devrait pas être trop difficile !
Il s’aperçut qu’en effet ses manches courtes laissaient voir sa montre, il entendit une petite voix intérieure résonner « bravo ! bien joué ! T’aurais pas pu paraître plus con même si t’avais fait exprès… »
Elle avait repris sa conversation avec l’autre personne : donc après avoir tourné sur votre gauche, vous arrivez à Piccadilly, là le plus simple serait de prendre le métro je pense. Et vous pouvez…
Joshua reprit consistance : je suis désolé d’insister…
Elle se retourna à nouveau : mais tu vois pas que je parle là ?
Joshua : si je vois bien mais…
Elle : tu as une énorme horloge devant toi !!! (Elle joignit les mots à la parole et lui montra un énorme panneau d’affichage qui répondait à la question du jeune homme). Ne lui prêtant plus attention, elle reprit : donc dans le métro, vous n’aurez qu’à demander à un agent de vous indiquer le chemin, vous allez voir c’est juste à côté.
Homme : merci beaucoup mademoiselle.
Elle : mais je vous en prie !
L’homme partit et la jeune fille s’apprêtait à reprendre son chemin.
Elle : bein qu’est ce que tu fais encore là ? ahhhhhhhh j’y suis ! Tu sais pas lire l’heure ?
Joshua, amusé : ahah. Tu ne vas pas me croire, mais je t’ai vu avant de traverser et…
Elle comme si elle posait un décor invisible: attends une seconde, quand tu m’as vu, le monde s’est arrêté. Tu as perdu l’usage de la parole. Tu t’es dit qu’il fallait absolument que tu me parles, mais t’as rien trouvé de mieux que de me demander l’heure ?
Joshua très gêné : euh… et bien… en fait…
Elle : tu peux pas trouver un autre plan drague ? Désolée, mais on me l’a déjà fait. Si tu trouves quelque chose de plus inventif, fais moi signe ! (Lui tapant amicalement sur l’épaule) Allez… une de perdue, dix de retrouvées…
Et elle le planta là, comme un crétin. Il la regardait s’éloigner mais réagit rapidement et la rattrapa.
Joshua : d’accord, j’admets, j’ai été maladroit. (Lui tendant la main, ce qui arrêta la jeune fille) Je m’appelle Josh.
Elle, sans tendre la main et gardant son répondant, elle reprit son chemin : wouahh t’en as de la chance !
Josh : Oui je sais… (Puis reprenant sa marche pour ne pas perdre la jeune fille de vue) mais qu’est ce qu’il faut que je fasse pour que tu acceptes de prendre un café avec moi ???
Elle, amusée : ben tu peux commencer par me le demander au lieu de me courir après !
Et elle reprit sa marche alors qu’il resta là, stupéfait. Elle piquait sa curiosité. Généralement les filles lui courraient après, ou bien le regardaient timidement sans oser l’aborder. Mais elle montrait un tel aplomb que c’en était déconcertant.
Josh, la rattrapant encore une fois : je peux t’inviter à prendre un café ?
Elle, continuant à marcher : qui te dit que j’aime le café ?
Josh : et bien autre chose alors !
Elle s’arrêta, le regarda comme si elle ne le remarquait que maintenant : ok. Donne moi une seule bonne raison d’accepter ce verre.
Josh : tu te fiches de moi ??? Comment peut-on avoir une bonne raison de vouloir faire la connaissance de quelqu’un ?
Elle ne répondit pas mais resta là, silencieuse, décidée à obtenir une réponse.
Josh, voyant que la jeune fille attendait, réfléchit quelques secondes. Puis, désolé, répondit avec un haussement d’épaules: j’en ai aucune !!!
Il marqua une longue pause, elle le regarda amusée, il semblait vraiment chercher ses arguments.
Josh : je veux juste te connaître. Quelques minutes et je te remets sur le trottoir (6) … euh en tout bien tout honneur… S’il te plait, ça coûte pas grand-chose !
Elle, amusée, après un temps de réflexion : Lana.
Son visage reflétait l’interrogation.
Elle : je m’appelle Lana.
Josh soupira de soulagement : enchanté Lana.
Lana : j’accepte ton invitation.
Ils commencèrent à marcher. Le garçon se retenait pour ne pas faire de claquettes au beau milieu de la rue et pour cacher la joie qu’il éprouvait depuis qu’elle avait accepté de lui accorder quelques minutes.
Josh : je peux te poser une question ?
Lana, essayant toujours de garder le contrôle de cette rencontre : On est dans un pays libre…
Josh sourit, les piques verbales de Lana l’amusait: qu’est ce qui t’a fait accepter mon offre ?
Lana, taquine : j’avais soif. (Puis regardant Josh avec un air de sympathie) et puis t’avais l’air d’un chien battu…
Quelques minutes après, ils étaient assis dans un pub non loin de Leicester Square.
Josh : alors, qu’est ce que tu fais dans la vie ?
Lana, comme déçue : oh non…
Josh : quoi ? Quoi, qu’est ce que j’ai dit ?
Lana : tu fais parti de ces gens ?
Josh : quoi, quels gens ?
Lana : ceux qui ont besoin de faire subir un interrogatoire à leur interlocuteur pour les connaître…
Josh, encore plus déconcerté qu’il ne l’était déjà : et bien… oui probablement…
Lana : t’as fait quoi hier soir ?
Josh : pardon ???
Lana : ben tu ne penses pas que ce sont les petits moments quotidiens qui te décrivent le mieux ? Ce que tu mets dans ton café, la manière de t’habiller, ce que tu penses d’un bouquin ou d’un film, et même ta façon de parler. Ce n’est pas les études que tu as faites ou la note que tu as eue à un devoir de littérature, mais ce que ça a fait de toi, c’est ça qui est important, non ?
Josh : j’y avais jamais pensé…
Lana, souriante : je suis là pour ça !
Josh explosa de rire : tu sais que tu es…
Lana : exceptionnelle ?
Josh : j’allais dire particulière…
Lana : nous le sommes tous !
Le serveur passa à côté d’eux.
Lana : Charly !
Josh : tu viens souvent ici ?
Lana : assez oui…
Charles : salut toi ! Comment ça va ?
Lana : plutôt pas mal.
L’acteur les observait discuter sans rien dire lorsque Charles se tourna vers lui, l’observa un instant, interrogea du regard Lana et posa à nouveau son regard sur Joshua.
Josh : bonjour, je m’appelle Josh.
Charles dubitatif: oui je sais. Moi c’est Charles. (À Lana) faut que je te parle…
Lana à Josh : excuse moi deux minutes
Josh lança au serveur: enchanté Charles
Charles s’éloignant avec Lana : ouais moi aussi.
La star profita de l’absence de la jeune fille pour passer un coup de fil. Comme à son habitude quand il était dans un endroit public il enfonça un peu plus sa casquette.
Josh : ouais c’est moi. Tu vas rire… j’ai loupé mon avion. (blanc) panique pas, j’y serais. (banc) je prendrai un avion demain ! (blanc) je sais j’ai promis d’y aller et j’irai…(blanc) je ferai mon possible (blanc) mais non ça veut pas dire que j’irai pas (blanc). Oui quand je dis ça, ça m’arrive de manquer mon rendez vous mais pas à chaque fois ! (blanc) t’inquiète pas, je suis impatient d’être à cette soirée. C’est pour quoi déjà ? (Joshua éloigna le téléphone de son oreille) je déconne ! Je vais faire mon possible (blanc) mais si ! Merde, tunnel ! Un tunnel ! (blanc) je t’entend plus ! Ça grésille ! criiichh Allo ? Allo ?
Lana revint : un problème ?
Josh, surpris par le retour de la jeune fille : non, tout va bien. (Puis sur le ton de la confidence) Je suis passé sous un tunnel, tu peux le croire toi ?
Lana, amusée : j’ai du mal…
Charles revient.
Charles : alors, qu’est ce que je vous sers ?
Josh : une Heineken
Lana: un thé au jasmin
Charles : je vous apporte ça tout de suite.
Lana : alors ? Où en étions nous ?
Josh, appuyant ses coudes sur la tables : j’essayais de te connaître
Lana : oh, y’a pas grand chose à savoir. Je suis d’une banalité déconcertante.
Josh, retenant qu’elle n’aimait pas les interrogatoires : qu’est ce que t’as fait aujourd’hui ?
Lana : je vois que t’apprends vite… et bien aujourd’hui je suis allée écouter les nuages.
Josh, un regard qui signifiait fortement qu’il était tombé sur une folle : les nuages…
Lana, naturellement : ben oui ! T’as jamais fait ça ?
Josh de la froideur dans la voix: pas vraiment non…
Lana, comme si elle tombait des nues : je peux pas le croire.
Josh, reculant et s’appuyant sur son dossier : et pourtant…
Lana se leva, lui prit la main et l’entraîna dehors : vite faut que je te montre avant que le soleil se couche. (Puis à Charles) on revient tout de suite !
Charles, comme s’il était habitué à ce genre de comportement de la part de la londonienne : très bien !
Mais déjà ils étaient loin dehors. Il ne leur fallut pas longtemps avant d’arriver sur la pelouse de Leicester square.
Josh : euh…
Lana, déjà allongée, les bras écartés par terre : chhhhhhhhhhut. Allonge toi.
Le garçon s’exécuta le plus discrètement possible.
Josh : et on fait quoi après ?
Lana : on attend que l’histoire commence.
L’acteur commençait à être agacé par Lana. Dans sa tête il cherchait un moyen de partir. Il s’était fait une fausse idée de la jeune fille. Elle était particulière, ça c’était certain… Elle était même complètement dérangée.
Lana, le regardant d’un œil : tu me crois folle n’est ce pas ?
Josh, froid tout à coup : juste un peu…
Lana montrant le ciel avec enthousiasme: regarde ! Ça commence !
Josh : mais qu’est ce que tu veux que je regarde ! Y’a que des masses blanches accrochées sur une toile de couleur (il fit une grimace qui signifiait qu’il avait des difficultés à définir la couleur) … indescriptible… ça s’appelle le ciel…
Lana : ahah, très drôle. Sérieusement….
Josh, retrouvant son amusement pour la jeune fille : mais je suis sérieux !
Lana se rapprocha de lui afin de lui montrer chaque détail : il était une fois…
Josh : tu vois écrit ça où?
Lana : toutes les histoires commencent par « il était une fois »…
Josh, admettant : très bien (reprenant sur le même ton) « il était une fois » et ensuite ?
Lana pointa le doigt vers le ciel : un oiseau blanc…
Et tout à coup, comme par magie, l’acteur vit apparaître un oiseau blanc dans les nuages. Lana prit la main du garçon pour lui faire dessiner le contour de l’oiseau.
Lana : mais il n’arrivait pas à déployer son aile gauche.
Et en effet, la forme du nuage montrait un oiseau blanc sans aile gauche. Le jeune homme commençait à se prendre au jeu.
Josh, prenant la main de Lana pour lui faire faire le contour d’un nuage à côté : mais son meilleur ami qui se trouvait être un chien
Lana : non, ça c’est un dragon !
Josh : mais non, tu vois bien que c’est un chien ! Là, t’as la tête, puis le corps, et là c’est la queue !
Lana : Bastien, un peu d’imagination, tu vois bien que c’est la queue d’un dragon… (7)
Josh : Atreyou avait pour ami un dragon chien … j’ai donc pas tout à fait tord
Lana, complice : mais t’as pas tout à fait raison non plus…
Josh, concédant : bon, et ensuite ?
Lana lui reprit la main et poursuivi : le dragon, Folkor, aidait l’oiseau blanc à rester en l’air.
Josh s’empressa de prendre la main de Lana en apercevant un autre nuage : c’était le soir de noël, et le père noël arrivait avec des cadeaux.
Lana sarcastique: ben il a pas de traîneau ton père noël ?
Josh : ben… Non… Désolé. Mais regarde là bas ! Il a un espèce de bateau !
Lana : pas mal… (Puis elle se releva et lui tendit la main afin de l’aider) : mais tu manques d’entraînement ! T’es pas un rêveur toi !
Josh, saisissant la main de Lana, se releva à son tour : si, ça m’arrive !
Lana : entre deux rendez vous ton esprit s’évade c’est ça ?
Ils commencèrent à marcher vers le pub.
Josh : ouais c’est un peu ça.
Lana : mais tu ne rêves pas à autre chose ? Tu ne te dis jamais que t’es en train de vivre une grande aventure ?
Josh : tout à l’heure avant de te rencontrer, j’ai pris conscience que durant ces dernières semaines j’avais vécu quelque chose de spécial.
Lana, comme déçue par la chute de l’histoire, s’était arrêtée de marcher pour faire face au jeune homme : et c’est tout ?
Josh : comment ça ?
Lana : ça te suffit ?
Josh : et ben oui !
Lana, reprenant sa marche : moi je veux vivre un conte de fée. (8)
Josh : et bien pretty woman, tu risques d’être déçue par la vie…
Lana, d’un air convaincu et résolu : je fais tout pour ne pas l’être.
Josh : qu’est ce que t’aimes dans la vie ? Je veux dire qu’est ce que t’aimes vraiment faire ? Et je parle pas de carrière ou de goûts alimentaires.
Lana : les choses simples qui me font sentir vivante.
Josh, intrigué de nouveau par la jeune fille : comme quoi ?
Lana : j’aime traverser les ponts au-dessus des autoroutes, la musique à fond, et regarder les voitures passer sous mes pieds avec la route qui s’en va à perte de vue. J’aime avoir le temps de regarder une plume tombant du ciel, portée par le vent, et penser qu’elle ne danse que pour moi. J’aime rencontrer des gens simples et connaître leur histoire.
Josh : pourtant tu m’as envoyé chier !
Lana, reprenant son aplomb : tu semblais trop sûr de toi, tu manquais d’authenticité.
Josh : alors pourquoi t’as fini par accepter ?
Lana : parce que j’ai réussi à te faire perdre un peu de ton assurance.
Ils entrèrent de nouveau dans le pub
Lana : et toi ? Qu’est ce que t’aimes faire ?
Josh : voir mes amis, lire un bon bouquin tranquillement le soir – j’en ai rarement l’occasion. J’aime boire une bonne bière devant le sport, lire le journal avec mon café le matin. Mais ce que j’aime par dessus tout, ça peut sembler dingue, mais c’est faire mon jogging avec mon chien le matin, quand la ville est encore calme. Les gens se préparent pour aller au boulot et partout on sent l’odeur du café et des pancakes s’échapper des cuisines. J’aime être allongé près de mon chien, le regarder dans les yeux et croire que je le comprends.
Lana : tu sembles beaucoup tenir à lui.
Josh : je ne m’en sépare jamais.
Lana : je ne le vois pas pourtant ?
Josh : disons que j’étais occupé aujourd’hui et que je n’ai pas pu le prendre, je l’ai laissé chez moi.
Lana : t’étais occupé…
Josh : j’étais au théâtre.
Lana : et c’était comment ?
Josh semblant chercher les mots justes, il ne voulait pas non plus dévoiler à la jeune fille qui il était exactement: c’était… y’avait une atmosphère bizarre. (Il ajouta comme pour s’expliquer) C’était la dernière représentation.
Lana : je sais.
Josh : comment ça « tu sais » ?
Tout à coup le coeur de l’acteur se mit à battre un peu plus fort… “Je sais”… Que savait-elle au juste? Qu’il était acteur? Dans ce cas, pourquoi montrait-elle autant d’animosité envers lui ? Elle n’avait pas aimé la pièce ? Ou bien c’était lui qu’elle n’appréciait pas ? Mais dans ce cas, pourquoi avait-elle accepté ce verre ? Dans la seconde qui suivit sa question, voici toutes les interrogations qui emplirent son esprit, mais heureusement la jeune fille prit la parole pour lui répondre, ce qui mit un terme à ces énigmes.
Lana, avouant: “A life in the theatre”. Je suis allée voir la dernière représentation, j’aime beaucoup David Mamet.
Josh : c’est une blague ?
Lana : non pourquoi ?
Josh : depuis tout à l’heure tu sais qui je suis ?
Lana ne voyant pas où il voulait en venir : oui pourquoi ?
Josh, reprenant : tu sais qui je suis ?
Lana : Joshua Jackson, piètre acteur mais comédien remarquable
Il resta bouche bée et ne réagit même pas à la dernière phrase de Lana
Lana, continuant comme si de rien n’était : je me demandais…
Un jeune homme dans le pub cria : Emy !
Lana se retourna : Oliver ! C’est pas vrai !!! Comment ça va ?
Oliver : bien ! Et toi, depuis ce temps ?
Lana : plutôt bien. Oh ! Je te présente Josh !
L’acteur essaya de se faire discret en tendant la main, il avait toujours peur de se faire reconnaître.
Oliver, serrant la main tendue, visiblement sans reconnaître la star : salut ! Tu connais Emy depuis longtemps ?
Josh, fixant la jeune fille : je croyais commencer à la connaître, mais en fait je ne sais pas du tout qui elle est…
Oliver, ne comprenant pas l’allusion de Josh à « Lana » : ahhh, c’est une fille adorable mais difficile à cerner !
Lana, faisant un signe de la main : Eh ho ! Je suis là !
Oliver : excuse moi. De toutes façons je vous laisse, je suis pressé. Mais faut qu’on se voie bientôt !
Lana : très bien, on s’appelle.
Oliver s’éloigna après avoir enlacé la jeune fille.
Josh : alors ? « Lana » ???
Lana : oh, tu sais aussi bien que moi qu’après ce verre on ne se reverra pas. J’avais juste envie de changer de nom.
Josh : et pour le reste ?
Lana : je suis restée moi même. Je ne t’ai pas menti.
Josh : qu’est ce qui te dit qu’on se séparera après ce verre ?
Lana : je sais pas. Parfois quand on rencontre des gens, on sent tout de suite si on les reverra ou pas. (Puis d’un ton affirmatif) Nous on ne se reverra pas. C’est tout. Mais ça n’empêche pas de passer un bon moment et de faire comme si on se connaissait ! Imaginons que nous sommes deux vieux amis, on se retrouve dans une ville entre deux avions ! (9)
Josh : et comment je dois t’appeler ?
Lana : tu m’as rencontrée en tant que Lana…
Josh : tu n’aimes pas ton vrai prénom, Emy ?
Lana : si ! Mais je m’appelle Emy tous les jours! Quand je rencontre des gens de passage, que je ne verrai plus, autant en profiter un peu !
Josh : et pourquoi t’as choisi ce prénom ?
Lana : raisons personnelles.
Josh : aller ! On ne se reverra pas comme tu dis ! Alors tu peux tout me dire !
Charles vint les interrompre : vous restez dîner ?
L’acteur regarda Lana avec interrogation.
Lana : avec plaisir.
Charles repartit.
Josh : je sais que t’as dit que c’était perso, mais comme je te disais, tu peux tout me dire puisque d’après toi on ne se reverra pas. Alors ?... pourquoi « Lana »
Lana : disons que c’est quelqu’un que j’aimerais être
Josh : une de tes amies ?
Lana : non ! Je ne connais personne comme ça !
Josh : alors ?
Lana : c’est un personnage qu’incarne une actrice que j’admire énormément, pour ne pas dire que c’est l’Actrice la plus remarquable de la planète, enfin d’après moi.
Josh : je la connais peut-être, qui c’est ?
Lana, qui pour la première fois depuis sa rencontre avec la star, perdit son aplomb et se montra vulnérable : Michelle Williams.
Josh : Michelle ??? Vraiment ???
Lana : oui.
Josh : dans quel film elle s’appelait Lana ?
Lana: Land Of Plenty.
Josh: ah oui, c’est vrai! (Puis après une courte pause) Michelle fait de très bons choix pour sa carrière. Donc t’as aimé le film ?
Lana, retrouvant un ton passionné dans la voix : ça a été une révélation. Il est simple, empli de sérénité, alors qu’il traite de sujets importants et lourds. Il est vraiment superbe et Michelle a un jeu tellement juste !
Josh : oui c’est une grande actrice
Lana, continuant comme si elle n’avait pas entendu le garçon : et même dans Dawson’s Creek, elle n’en faisait ni trop, ni pas assez, elle savait doser son jeu. J’aime vraiment beaucoup son travail.
Josh, la taquinant : comme ça tu regardais Dawson’s Creek…
Lana, comme prise la main dans le sac : je m’y suis laissée prendre… à partir du jour où je suis tombée dessus par hasard, je n’ai jamais pu décrocher. D’ailleurs c’est par cette série que je te connais, enfin façon de parler bien sûr.
Josh : ça ne tient qu’à toi si tu veux me connaître.
Le téléphone de l’acteur sonna, ne laissant pas à Lana la possibilité de répondre.
Josh, à Lana : excuse moi. (Il décrocha) salut mon cœur !
Lana entendit l’interlocutrice de Joshua crier.
Voix : je peux savoir pourquoi ton agent m’a appelé pour me demander de te faire revenir ?
Josh : c’est rien ! J’ai juste loupé mon avion…
La voix se calma et Lana ne l’entendit plus. Elle en profita pour vérifier si elle n’avait pas de message.
Voix : mais y’a la soirée après demain ?
Josh : je sais…
Voix : et comment t’as fait pour louper ton avion alors que tu m’as dit hier que ta valise était prête, qu’un taxi t’attendrait et que Shumba avait déjà passé tous les examens médicaux pour ne pas rester en quarantaine ?
Josh : en fait tu vas jamais me croire. J’allais traverser la rue quand…
Voix, le coupant : elle est mignonne au moins ?
Josh, regardant Lana qui était occupée à boire son thé tout en regardant les gens dans le pub : à en tomber à la renverse…
Voix : bon. Et je dis quoi, moi, à ton agent si tu rates la soirée? Parce que maintenant, c’est moi qui l’ai sur le dos !
Josh : Kate, ch’uis désolé.
Katie Holmes: mais non ça va, je te dois bien ça…
Josh : c’est vrai ! Souviens toi de toutes les fois où je t’ai couverte quand tu voulais rester chez toi…
Katie : c’est bon, je vais me débrouiller…
Josh : c’est sympa. Au fait, on se voit quand ?
Katie : ben à la soirée !!!... et après je pars à Rome avec Tom.
Josh : t’es sûre de vouloir partir avec lui ? Je veux dire, tu sais ce que tu fais ?
Katie ne releva pas cette remarque et fit comme s’il n’avait rien dit : Toi quand est ce que tu rentres ?
Josh, sachant que ça ne servait à rien de chercher à la raisonner : sûrement demain, j’ai promis d’essayer de venir à cette soirée.
Katie se remettant à crier en réalisant qu’en fait l’agent de son ami l’avait appelé alors que l’excuse de Joshua était bidon : QUOI ? Tu risques de louper une soirée où t’es attendu – donc y’a de fortes chances que je te couvre – pour une partie de jambes en l’air d’un soir ?
Josh : c’est pas ce que tu crois…
Katie : j’espère pour toi !!! Sinon ton agent devra attendre avant de t’étrangler… je veux bien aider les gens à échapper aux soirées barbantes d’Hollywood mais qu’au moins ce soit pour une bonne raison !
Josh : oh c’en est une… bon je te laisse.
Katie : ouais, appelle quand tu rentres !
Josh : ok !
Ils raccrochèrent.
Josh à Lana : excuse moi.
Lana : l’Amérique ne semble pas pouvoir se passer de toi…
Josh : mais moi je pourrais me passer d’elle, il suffit d’avoir une bonne raison…
Charles passant par là : vous voulez que je prenne la commande tout de suite pour le dîner ? Je vois que vos verres sont vides.
Lana : oui, moi je vais prendre comme d’habitude.
Charles, prenant note : un fish and chip (puis regardant l’acteur) et ?
Josh : ça fera deux.
Charles : très bien ! Deux fish and chip, je vous apporte ça tout de suite. Vous voulez boire quelque chose avec ça ?
Lana : juste de l’eau.
Josh : une carafe d’eau, ce sera très bien.
Lana : alors, il ne reste plus que le dîner pour faire connaissance…
Josh : tu sembles bien sûre de toi… qui te dit que je ne vais pas tout faire pour avoir tes coordonnées ?
Lana reprenant en cœur, sur le même ton: tu sembles bien sûr de toi, qui te dit que je donne mes coordonnées à des gens que je connais depuis une poignée d’heures ?
Josh : un point pour toi.
Lana : alors, ton pire souvenir ?
Josh : tu veux jouer à ça ?
Lana acquiesça.
Josh : c’est plutôt personnel !
Lana, reprenant sur le même ton que le garçon quelques minutes plus tôt : voyons, tu peux tout me dire à moi… on ne se reverra pas…
Josh sourit, amusé par le comportement de la jeune fille : mon pire souvenir ?...
Lana : hmm hmm
Josh : de toutes façons les journalistes le savent déjà.
Lana : je ne lis pas les potins de star, désolée.
Josh, oubliant la question initiale : alors tu ne sais rien sur moi ?
Lana : pas grand-chose non. Je sais comment tu t’appelles, j’ai vu un ou deux films dans lesquels tu as joué, je t’ai vu tout à l’heure au théâtre. (Elle chercha dans sa mémoire, puis comme si elle avait eu la révélation du siècle) ah si ! Je sais que t’es sorti avec Katie Holmes !
Josh se mit à rire : tout le monde est au courant de cette liaison… c’est pas un scoop !
Lana, faussement vexée : certes, mais n’empêche que je le savais !
Josh, amusé : donc mon pire souvenir…
Lana : ouaip !
Josh : sans doute le jour où mon père s’est tiré après le divorce d’avec ma mère.
Lana, comme déstabilisée, sûrement ne s’attendait-elle pas à ce qu’il joue le jeu : oh… je suis désolée.
Josh : ne le sois pas, c’est de l’histoire ancienne. Mais ça a fait de moi l’homme de la maison, avec les responsabilités à assumer, enfin tu vois …
Lana, ne jouant plus à aucun jeu : et qu’est ce que t’as ressenti ?
Josh : quand il s’est cassé ? Je crois qu’après l’avoir traité de tous les noms, je ne lui ai jamais pardonné. Pas parce qu’il est parti, non, parce qu’il ne s’est pas retourné, et qu’il n’a jamais plus donné de nouvelles.
Lana : et aujourd’hui ?
Josh : je ne veux plus entendre parler de lui.
Lana : mais pourquoi ? Si tu lui en veux encore, après toutes ces années, tu crois pas que c’est parce qu’il est important pour toi, malgré tout ce que tu dis?
Josh : sûrement, mais j’en ai plus rien à foutre maintenant. J’ai fait ma vie sans lui, j’ai tiré un trait dessus, c’est de l’histoire ancienne.
Lana : mais tu ne seras jamais apaisé tant que tu ne lui auras pas dit ce que tu penses, tant que tu n’auras pas eu de discussion avec lui…
Josh, qui à son tour commençait à se renfermer : ça c’est mon affaire.
Un ange passa. Ils étaient tous les deux gênés, tout à coup ils ne savaient plus quoi se dire. Mais l’acteur passa outre ces dernières minutes et brisa le silence.
Josh : et toi ? Ton pire souvenir ?
Lana : j’ai eu une enfance parfaitement heureuse, je n’ai pas à me plaindre. Je ne pense pas avoir de pire souvenir.
Josh : tout le monde en a… Allez, j’ai été franc avec toi, à ton tour d’être sincère.
Lana : très bien. Alors je dirais le jour où une personne m’a traitée d’allumeuse.
Josh : quoi ?
Lana : oh crois moi, il n’y avait aucune raison à cette remarque, c’est bien pour ça qu’elle m’a marquée.
Il lui fit signe de continuer.
Lana : ce jour là, cette personne m’a sorti « t’es qu’une petite allumeuse. Tu n’arriveras à rien dans la vie à part faire la pute », ou quelque chose dans ce style. J’ai pris mes affaires et j’ai claqué la porte.
Josh : et tu lui en as jamais reparlé ?
Lana : cet individu n’est pas le genre de personne avec qui on a envie de remettre de telles choses sur le tapis. J’ai fait comme toi, j’ai laissé ça de côté et j’ai continué ma vie.
Josh : bon, parlons de choses plus légères !
Lana : excellente idée !
Josh : ton plus beau souvenir ?
Lana : Joker ! J’en ai beaucoup trop ! Et le tien ?
Josh : j’utiliserai le joker aussi ! Mais une chose est sûre, c’est que je me souviendrais longtemps de ce dîner avec toi, Emy.
Un peu plus tard, les deux jeunes gens avaient quitté le pub et marchaient tranquillement dans les rues de Londres pour arriver à l’endroit où ils s’étaient rencontrés.
Josh : bon, le moment des au revoir semble être arrivé.
Lana : exact !!
Josh : puisqu’on ne se reverra pas, on n’est pas obligé de se quitter maintenant, comme ça, si ?
Lana ne répondit pas et trouva tout à coup un grand intérêt pour ses chaussures..
Josh : je peux t’inviter à prendre un dernier verre chez moi ?
Lana réagit au quart de tour, leva brusquement la tête et le regarda droit dans les yeux: tu crois vraiment que je suis ce genre de fille ? Vous êtes tous pareils, c’est pas possible ! J’ai été heureuse de faire ta connaissance, j’ai été ravie de ce moment en ta compagnie, mais désolée je n’ai aucune envie de passer la nuit chez toi ! Tu t’es trompé de nana, navrée de t’avoir fait perdre ton temps !
Avant même qu’il ait pu dire ou faire quoique ce soit elle s’était évaporée, disparue dans la foule. L’acteur se retrouva là, en face du théâtre duquel il était sorti quelques heures plus tôt, seul, se faisant bousculer par les passants mais ne réalisant pas ce qui venait de se passer.
Josh dans un soupir: ouaip… Bon…
Il remit les mains dans les poches de son jean et se dirigea vers le quartier de Soho où se trouvait son appartement.
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Le réveil sonnait dans un appartement londonien.
Lana : oh non, pitié, encore quinze minutes…
Mais son album de Land Of Plenty se cala sur « stand up » et le groupe Die toten Hosen se fit entendre.
Lana : c’est bon, j’ai compris !
Elle prit la télécommande et choisit « Expensive of Being Poor » de TV Smith pour se réveiller. L’effet recherché arriva très vite, le rythme la prit, elle se mit à danser vers le cuisine et alors que l’eau de son café chauffait elle était au milieu de son salon se trémoussant dans tous les sens, puis sautant sur son canapé, un sourire se dessina jusqu’aux oreilles.
Lana ouvrant les rideaux et admirant le soleil inonder son appartement : ça c’est une journée comme je les aime.
Son café était parfaitement dosé, elle s’installa devant l’ordinateur, croisa quelques amis sur Internet, et c’est de bonne humeur qu’elle arriva à 8h42 précisément au pub.
Charles, l’embrassant: tu sembles bien heureuse !
Lana : c’est un crime d’être de bonne humeur au réveil ?
Charles : non, c’est un plaisir à voir ! Je t’apporte ton thé tout de suite.
Lana : merci bien !
Comme à leur habitude ils prirent leur boisson ensemble en discutant, ne parlant ni de leur dispute, ni de l’acteur américain, tout était redevenu comme avant, Lana se sentait vraiment bien et avait, aujourd’hui plus que jamais, envie de se plonger dans son manuscrit.
Joshua Jackson avait la bougeotte sur son siège et son voisin s’impatientait.
Voisin : si vous ne tenez pas en place, aller en 2ème classe avec les enfants ! Mais par pitié arrêtez de gigoter !
Josh : excusez moi… mais je pars à la recherche d’une fille ! Expliqua-t-il avec un grand sourire.
Voisin : tant mieux ! Mais faites le en silence et sans vous tortiller !
Il se calma face à l’exaspération de son voisin. Il essaya de se concentrer sur le film, puis de dormir mais rien n’y faisait, il n’arrivait pas à canaliser son énergie. Il se décida tout de même à sortir un script qu’il avait emporté, histoire de travailler un peu et d’éviter une crise de nerfs à son agent, mais il finit par s’endormir au beau milieu de l’intrigue. C’est la voix du commandant qui le réveilla.
Commandant : mesdames et messieurs bienvenus dans la capitale anglaise. Il est actuellement 16h08 et la température est de 15°C. La compagnie Oceanic airlines espère que vous avez effectué un agréable voyage et vous souhaite une bonne soirée.
L’acteur mit ses écouteurs, prit son sac et sortit. Il attendit vingt-trois minutes avant que les valises commencent à apparaître sur le tapis roulant de l’aéroport londonien ce qui lui avait laissé le temps de s’occuper de son logement et avait pu récupérer l’appartement dont il avait disposé pendant plusieurs mois. Sur la route, le taxi fut pris dans les embouteillages et l’acteur pensa qu’il aurait mieux fait de prendre les transports en commun. A huit heure et quart il ouvrit enfin la porte de chez lui, inspirant un grand coup : « enfin chez soi. »
Il sourit, prit une douche et décida d’aller faire un tour sans plus attendre, malgré les cernes qui lui marquaient le visage. Les mains dans les poches et sa casquette vissée sur la tête, il arriva devant le théâtre qui l’avait accueilli mais toutes les affiches avaient disparu, comme si sa présence avait été effacée de la ville. Londres voulait tourner la page ? Qu’à cela ne tienne, il la retournerait et remonterait le temps de quelques heures ! Il fit demi tour, passa devant l’horloge que lui avait indiqué Lana quelques jours plus tôt, sourit en se remémorant sa maladresse et se dirigea vers le pub de Charles.
Il ouvrit la porte, et s’installa à la table à laquelle il était avec Lana.
Charles passa à côté mais ne le vit pas.
Josh : excusez moi !
Le serveur fit demi tour et quand il le vit, devint pâle comme un linge.
Charles : qu’est ce que tu fais là ? Euh… je veux dire, qu’est ce que je vous sers ?
Josh : on peut encore manger un morceau ou c’est trop tard ?
Charles, ne se remettant toujours pas de cette apparition : euh… non, non ça ira… je vous apporte la carte.
Josh, avec un clin d’oeil : non, apportez moi un fish and chips
Charles : et que voulez vous boire avec ça ?
Josh : une Guinness serait parfait !
Charles : très bien… je… je reviens tout de suite.
Lorsqu’il revint, l’acteur redevint sérieux.
Josh : Charles, s’il te plait, où est-elle ?
Charles : t’étais pas rentré chez toi ? Je t’ai vu à une soirée dans le journal !
Josh, souriant : si, mais je suis revenu comme tu peux le voir… S’il te plait, dis moi où je peux la trouver.
Charles : je suis désolé…
Josh : tu peux te joindre à moi pour le dîner ?
Charles : je suis en service…
Josh : quelques minutes… je mange très vite…
Charles regarda les alentours et vit que le pub s’était un peu vidé.
Charles s’installant: très bien, si t’y tiens.
Josh d’un ton on ne peut plus naturel: alors, comment ça va ?
Charles, incrédule : tu veux vraiment prendre de mes nouvelles ?
Josh : t’es un ami de Lan… d’Emy, alors oui, ça m’intéresse.
Charles : je vais très bien.
Josh, souriant : m’en voilà ravi !
Charles le détaillant: t’as fumé ou quoi ?
Josh : c’est un crime d’être heureux ?
Charles sourit, Emy lui avait fait la même réflexion en arrivant le matin même.
Josh : qu’est ce qui te fait sourire ?
Charles : bon, arrêtons ce petit jeu. Je suis pas ton pote et j’ai aucune envie de le devenir. Je refuse de voir ma meilleure amie souffrir parce qu’une star n’a pas pu tirer son coup à sa dernière visite. (Il se leva) Salut, j’ai du travail.
Josh resta là, une frite à la main : ouaip ! Ben c’est pas gagné…
De son côté, Lana était rentrée chez elle avant d’aller au Waxy O’Connors. Elle était dans son bain quand le téléphone sonna.
Lana : merde !
Elle prit une serviette et sortit en courant sur la pointe des pieds, pensant que ça allait éviter la formation de flaques d’eau.
Lana décrochant précipitamment le combiné: al… (Elle glissa) loooohhhhhhh (une fois sur les fesses et en plein fou rire) allo ?
Charles : est ce que ça va ?
Lana, riant toujours : oui, j’étais dans mon bain et je me retrouve sur le cul, dans mon salon, au milieu d’un début d’inondation!
Charles : mais tout va bien ? Tu t’es pas fait mal ?
Lana se relevant: mais non ! Bon, qu’est ce que je peux faire pour toi ?
Charles, chuchotant : il est ici !
Lana : quoi ?
Charles, répétant : il est là !
Lana : parle plus fort j’entend rien !
Charles haussant le ton, criant presque, exaspéré que son amie de comprenne rien à ce qu’il essayait de lui dire : Joshua Jackson est dans mon pub !!!!
Lana : quoi ? Mais qu’est ce qu’il fait là ?
Charles : il a traversé l’Atlantique parce qu’il aimait la bière anglaise… nan mais à ton avis ?
Lana : et qu’est ce qu’il t’a dit ?
Charles : qu’il te cherchait.
Lana : quelle poisse… surtout tu dis rien, je ne veux rien avoir à faire avec lui… dis lui que j’ai disparu de la surface de la terre… que je suis partie faire le tour du monde en mongolfière !
Charles, après une grimace d’incrédulité : remarque ce serait bien ton style…
Lana : bon, moi je suis en retard maintenant… on se voit demain ?
Charles : en fait, je te rejoins au Waxy…
Lana: ah c’est gentil ça!
Charles, de la gène dans la voix: oui… bon, à plus tard!
Lana se dépêcha de se préparer et arriva à temps au pub.
Lana : salut Sarah !
Sarah : salut ! Charles n’est pas avec toi ?
Lana : non pourquoi ?
Sarah, cachant sa gène : euh… non pour rien ! Assis toi je te serre un verre, on a le temps de papoter avant que tu commences !
Lana : avec plaisir !
Sarah revint quelques instants plus tard et les deux amies discutèrent un petit moment avant que Lana n’entre en scène.
Charles, du fond du pub dévisageait l’acteur américain boire sa bière, le regard dans son assiette, il semblait dans ses pensées. Quand il voyait ce genre de gars dans le pub, il savait qu’ils broyaient du noir… mais il ne pouvait pas croire que Joshua Jackson était vraiment sincère.
Quinze minutes plus tard Joshua s’apprêtait à partir, il déposa la monnaie sur la table, leva les yeux et fit un signe de la main vers Charles en guise d’au revoir. Charles était gêné et mal à l’aise mais après quelques instants de réflexion il se dit qu’il n’avait pas à se sentir coupable et que ce n’était pas ses affaires. Il se dépêcha de finir son service, passa rapidement chez lui pour se changer et se dirigea vers le Waxy O’Connors en sifflant.
Charles à Sarah : salut !
Sarah : tiens t’es venu !
Charles : ben c’est pas ce que je t’avais dit hier ?
Sarah : si mais quand j’ai vu Emy arriver seule…
Charles : je travaillais ce soir…
Sarah : ohhhhhh
En effet la veille au soir ils avaient beaucoup sympathisé pendant le concert, ils avaient discuté toute la soirée, c’était comme s’ils se connaissaient déjà.
Charles : alors, tu ne me proposes pas à boire ce soir ?
Sarah : si ! Qu’est ce que tu prends ?
Charles : une bouteille de vin blanc que je partagerai avec toi…
Sarah, riant : moi j’ai pas fini mon service !
Charles : très bien, je t’attendrai.
Sarah : à tout à l’heure alors ! Je t’apporte la bouteille en attendant.
Lana fit une pause entre deux chansons et vint rejoindre Charles.
Lana : vous m’avez l’air de bien vous entendre tous les deux…
Charles : depuis quand tu t’intéresses à ce qui se passe dans ce bas monde ?
Lana : depuis que ça concerne deux de mes meilleurs amis…
Sarah les rejoignit : vous parlez de quoi ?
Charles : rien de spécial…
Lana : bon, je retourne chanter moi… Tu me connais, un verre de vin et je ne me contrôle plus…
Sarah à Charles : j’ai fini mon service plus tôt…
Charles : t’avais peur que je descende la bouteille tout seul ?
Sarah, explosant de rire : parfaitement !
Ils trinquèrent en écoutant Lana et sa guitare.
Joshua déambulait dans les rues londoniennes, son col relevé et les mains dans les poches. A cette période de l’année, les soirées étaient fraîches. Il ne savait pas où aller ni quoi faire. Quelques semaines plus tôt, il sortait assez tard du théâtre, il était fatigué et rentrait ou allait boire un verre avec ses collègues, mais là il était seul. Il se décida à téléphoner à une de ses relations qu’il avait rencontrée sur le tournage d’Un Elève Doué et qu’il avait souvent revue à des soirées. David Schwimmer était connu pour son interprétation de Ross dans la série culte Friends et jouait au théâtre de Londres ces temps ci.
Josh : allo David ? Je suis de retour à Londres.
David : qu’est ce que tu fais là ?
Josh : c’est une longue histoire. Justement je me demandais ce que tu faisais.
David : là je sors de scène et je me dépêche parce qu’on m’a parlé d’une chanteuse dans un bar et j’avais envie d’aller l’écouter. Si tu veux venir…
Josh : non, ça me tente pas… peut-être un autre soir !
David : ouais tu restes combien de temps ?
Josh : je sais pas trop… mais on reste en contact !
David : ok ! Salut !
Josh : salut !
Joshua n’avait pas envie de s’enfermer, il voulait marcher, il avait envie de voir des visages familiers… Il décrocha encore une fois le téléphone.
Josh : ouais c’est moi !
Voix : qu’est ce que tu veux.
Josh : kate ch’uis désolé pour ce que je t’ai dit…
Katie : et c’est pour ça que t’appelles ?
Josh : t’es bizarre, qu’est ce que t’as ?
Katie : rien mais je crois qu’on s’est tout dit hier non ?
Josh : non ! Justement ! Je suis désolé et notre amitié me manque !
Katie : c’est très gentil.
Josh : t’es froide volontairement ou je te dérange ?
Katie : Josh qu’est ce que tu voulais ?
Josh, un pincement au cœur : rien. Excuse moi de t’avoir dérangé… je voulais juste te prévenir que j’étais à Londres.
Katie : très bien. (Puis se radoucissant) Oh t’es retourné là-bas ?
Josh : oui.
Katie : tu restes combien de temps ?
Josh : je sais pas trop encore.
Katie : il faudrait que tu aies des projets tu sais. Une idée de carrière précise. Tu sais Tom pourrait t’aider à y voir plus clair !
Josh : quoi ??? Nan mais dis moi que je rêve !
Katie : quoi ? Je te propose mon aide et regarde comment tu réagis !
Josh : ton aide ??? Laisse tomber, excuse moi de t’avoir dérangé !
Katie : c’est rien, à plus tard !
Josh : ouais !
Chacun raccrocha en même temps. Un peu plus tard l’acteur reçut un texto de son amie lui expliquant qu’elle n’était pas seule et qu’il avait appelé alors qu’elle était en pleine discussion houleuse avec quelques personnes, ce qui fit du bien au garçon. Comme à son habitude il lui répondit juste après en lui disant de l’appeler quand elle le pourrait. Après s’être arrêté devant quelques vitrines, être allé manger un morceau dans un fast food, il se décida à rentrer chez lui, la fatigue ayant raison de son corps.
***********************************
Comme à son habitude Lana était installée depuis le matin à la même table mais elle commençait à ranger ses affaires.
Charles : ben qu’est ce que tu fais ?
Lana : je déjeune avec un pote ce midi.
Charles la contempla avec un air interrogatif.
Lana : tu le connais, enfin je t’en ai parlé c’est Izaak, il est de passage à Londres entre deux avions.
Charles : ohhhhhhh on se voit tout à l’heure ?
Lana : oui je reviens après le déjeuner de toutes façons !
Charles : d’accord, alors bon appétit !
Lana, en passant la porte : merci ! À plus tard !
Et elle fila aussi rapide qu’une tornade. Charles nettoyait la table voisine de celle de Lana quand à peine quatre minutes après le départ de la jeune fille la chaise qu’elle occupait fut déplacée.
Charles, sans se retourner : t’as oublié quelque chose ?
Voix masculine : non pourquoi ?
Charles tressaillit, il se retourna plus vite que son ombre.
Charles : qu’est ce que…
Josh : je viens manger ! C’est encore permis non ?
Charles, regardant la porte précipitamment : euh… oui tout de suite…
Josh : oh je suis pas pressé !
Charles, se disant qu’il fallait le mettre dehors au plus vite pour qu’il soit parti au retour de Lana : peut-être mais le midi faut pas rester longtemps sinon d’autres clients n’ont pas de table…
Josh : panique pas, je viens juste manger.
Charles : je te sers tout de suite…
Il regarda la porte encore une dernière fois avant de disparaître en cuisine. A quelques secondes près son amie aurait croisé l’acteur auquel elle ne voulait plus penser… Le serveur revint très vite.
Charles : bière et fish and chips !
Josh : ça sera parfait !
Charles : c’est pas ce que t’avais commandé ?
Josh : j’ai rien commandé encore mais c’est très bien !
Charles : ravi que ça te convienne…
Et le serveur disparut. Quand il revint la star essaya encore une fois de discuter.
Josh : si elle t’avait pas parlé de moi, tu me trouverais sympa non ?
Charles : c’est pas personnel, le prend pas mal, mais le monde hollywoodien c’est pas ma tasse de thé…
Josh : mais on est comme tout le monde !
Charles : je crois pas non… Vous êtes plus sans gêne que la plupart des gens…
Josh : est ce que je t’ai manqué de respect ne serait-ce qu’une seule fois ?
Charles : tout ce qui se rapporte à Emy me touche…
Josh : mais je t’ai déjà dit qu’elle s’était faite une fausse opinion de moi !
Charles : désolé, ça me regarde pas.
Josh : aide moi à la trouver, s’il te plait.
Charles, en partant : je ne peux rien faire… (Il revint sur ses pas) tout ce que je peux te dire, c’est qu’elle traîne toujours en ville… elle est rarement chez elle… Et il disparut une nouvelle fois.
Joshua sourit, reconnaissant, paya et sortit. Ainsi en se promenant il aurait peut-être une chance de tomber sur elle… Une fois dans la rue il regarda les gens… Londres était une ville gigantesque, autant chercher une aiguille dans une botte de foin… Enfin il décida de profiter des vitrines de Soho. Il fit tous les pubs en demandant à chaque serveur s’il connaissait une fille brune, d’allure tout à fait quelconque, habillée d’une manière particulière, semblant un peu à l’ouest, mais personne ne semblait voir de qui il parlait. Il essaya alors les restaurants, les fast food, à chaque fois en demandant de le prévenir si jamais une fille comme ça venait. Il rentra dans toutes les boutiques d’Oxford Street. Il essaya ensuite les kiosques. Il poussa la porte d’une vieille librairie sombre et poussiéreuse gardée par un vieil homme, sûrement prénommé Harold comme l’enseigne l’indiquait.
Harold amusé par la situation mais soupçonneux de l’intérêt du garçon pour la jeune fille: oui une fille ressemblant à votre description vient de temps en temps.
Josh sentit son cœur faire un bon : vous savez où elle habite ? Où est ce que je peux la trouver ?
Harold: non jeune homme, vous m’en voyez désolé… Je ne peux pas vous donner cette information… Mais elle vient souvent, je suis son éditeur… Enfin si on peut appeler ça comme ça… Elle aimerait que je m’occupe de son livre, mais j’attends qu’elle m’offre une histoire hors du commun, je sais qu’elle en est capable.
Josh : il faut absolument que je la retrouve…
Harold: et bien si je la revois, je lui dirais que vous la cherchez !
Josh : surtout pas ! Elle ne veut plus me voir !
Harold amusé: votre histoire me semble bien compliquée…
Josh : elle vient de temps en temps vous dîtes, mais ça fait longtemps qu’elle n’est pas venue ?
Harold: et bien elle est passée récemment par conséquent je ne pense pas qu’elle revienne avant un petit moment…
Josh, déçu : très bien… Je vous remercie… Je repasserai sûrement vous voir.
Harold: très bien.
Josh s’apprêtait à partir quand il revint sur ses pas : et elle est juste venue pour vous soumettre ses écrits ?
Harold: non, elle m’a acheté un livre
Josh : et qu’a-t-elle acheté ?
Harold, faisant mine de réfléchir: attendez voir… vous savez, avec l’âge la mémoire vous fait souvent défaut… je suppose que je devrais le retrouver dans mon cahier…
Il sortit un vieux cahier poussiéreux de sous la caisse et tourna les pages.
Harold: alors… voyons voir… ce n’est pas ça… oh non ce n’est pas ça non plus c’est pas du tout son genre (il prenait tout son temps, s’amusant de l’impatience du jeune homme… il avait peu de visites dans sa vieille librairie. Il profitait donc de la présence du garçon)… attendez … oui, ça doit être ça, il n’y a qu’elle pour acheter ce genre d’histoire…
Josh : et qu’est ce que c’était ?
Harold: la traduction d’un livre français pour enfants, l’auteur est André Dhôtel…
Josh : et le titre du livre ?
Harold: oh je ne l’ai pas écrit mais si je me souviens bien, ça devait être le Pays où l’on arrive jamais…
Josh, déjà dans ses pensées : Le pays où l’on arrive jamais… je vais vous l’acheter aussi !
Harold: j’ai bien peur de ne plus l’avoir… Je n’en avais qu’un, une édition un peu ancienne, c’est d’ailleurs ce qui a décidé la jeune fille à l’acheter, elle lui a trouvé un côté précieux et mystérieux… Si vous voulez mon avis, ce n’est pas plus mal que vous ne le lisiez pas.
Josh : pourquoi ?
Harold: les femmes cultivent un côté énigmatique que nous, simples mortels, nous nous devons de respecter… et puis peut-être qu’elle vous le racontera quand vous la retrouverez !
Josh, souriant : oui… merci beaucoup monsieur, à bientôt !
Harold: à bientôt jeune homme !
Et Joshua sortit en faisant tinter les carillons suspendus à la porte.
Lana était revenue depuis un petit moment déjà à sa table et s’était remise à écrire.
Charles : c’est l’heure de ta pause ! Lève le nez un peu, ça te fera du bien !
Lana : bonne idée, je commence à avoir la vue qui diminue !
Charles : alors ton déjeuner s’est bien passé ?
Lana : oui… Au fait j’ai croisé Sarah qui te dit bonjour…
Charles : oui je la vois ce soir…
Lana : tu viens au pub ?
Charles : non, elle a pris sa soirée, on va dîner ensemble…
Lana : ça a l’air de bien marcher entre vous…
Charles : disons que j’aime bien passer du temps avec elle…
Lana, le taquinant : voyez vous ça… en tous cas vous allez très bien ensemble… normal vous faites tous les deux partie de mes meilleurs amis…
Charles changeant brutalement de sujet: j’ai un truc à te dire et comme je ne sais pas comment te le dire, je vais y aller brusquement.
Lana, se moquant gentiment de lui : t’as raison, comme les pansements, faut y aller d’un coup ! Voyant que Charles n’avait pas envie de rire elle poursuivit : vas-y je t’écoute.
Charles : il est revenu.
Lana : tu vas pas remettre ça !
Charles : et j’ai l’impression qu’il est pas prêt de lâcher le morceau… Je fais quoi moi si il vient ici tous les jours ?
Lana : il a pas intérêt, ici c’est chez moi…
Charles : Emy…
Lana : t’as qu’à pas lui adresser la parole !
Charles : je suis serveur ! C’est mon boulot de parler aux gens !
Lana : et bien dis lui que cette histoire ne te concerne pas, d’ailleurs il n’y a même pas d’histoire alors…
Charles : et bien s’il n’y a pas d’histoire, je vais pouvoir retourner travailler !
Lana : parfaitement !
Charles se leva et Lana fit semblant de se remettre à écrire mais elle commença à penser au jeune homme qui à l’heure actuelle devait être en train de parcourir toute la ville pour la trouver…
Et en effet Joshua Jackson parcourait la ville. Le fait d’avoir trouvé une librairie où elle se rendait peut-être de temps en temps lui avait redonné un peu de courage. Mais durant tout le reste de la journée il ne retrouva pas sa trace, il se contenta de parler aux patrons de chaque endroit dans l’espoir qu’ils lui fassent signe si jamais la jeune fille faisait son apparition. Il eut même l’idée un instant de proposer à un journaliste une interview afin qu’il glisse en direct un mot au sujet de son retour à Londres et de sa recherche, mais l’idée le quitta très rapidement… Il passa la soirée avec des connaissances du milieu hollywoodien, dont David qui lui parla du concert de la veille qu’il avait beaucoup aimé. Joshua rentra tôt chez lui et malgré l’enthousiasme de son ami à propos du concert il n’eut aucune envie d’aller dans un pub écouter une fille chanter. Il était un peu décalé par tous ses allers retours entre l’Angleterre et les Etats-Unis et malgré sa fatigue il n’arrivait pas à bien dormir, ne sachant jamais vraiment quelle heure il était.
De son côté, Lana était allée chanter au Waxy comme à son habitude, sauf qu’aucun de ses amis n’était présent. La veille au soir elle avait aperçu un acteur, David Schwimmer, qu’elle connaissait pour son rôle dans une série américaine qu’elle aimait beaucoup. Ce soir il n’y avait que les habitués, aucun de ses proches, mais cela ne la dérangea pas, elle était sur scène, assise sur son tabouret et dans cette ambiance familière elle avait l’impression de chanter chez elle. Après sa prestation, elle partagea un verre avec quelques habitués puis rentra chez elle où elle discuta un bon moment sur Internet avant de se coucher.
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Deux jours passèrent ainsi, la vie reprit son cours. Joshua n’alla plus au pub, jugeant que ça plongeait Charles dans une situation inconfortable. Il avait étendu ses recherches et n’était plus en centre ville, il allait dans toutes les boutiques et tous les magasins des petites rues, il alla même voir du côté des étudiants, dans les universités et les cités universitaires mais sans aucun résultat.
Lana ne pensait déjà plus à cette histoire, ou du moins elle s’interdisait de penser qu’il était revenu à Londres uniquement pour la retrouver. Elle n’avait pas été si agréable que ça avec lui à leur rencontre, il n’y avait donc aucune raison pour qu’il la recherche obstinément.
Vendredi était déjà là et elle était dans un vieux magasin de vinyles. La boutique était comme une caverne d’Ali BaBa, c’était comme un lieu secret. Les disques s’empilaient comme des vieux livres. L’atmosphère était si particulière qu’on avait l’impression que chaque album était un trésor, que le lieu avait été fermé et était resté intact depuis le siècle dernier. Lana aimait beaucoup cet endroit intemporel, plein de magie.
Elle agitait la pochette d’un vinyle sous le nez du vendeur qui de toute évidence n’avait rien à faire là. C’était un jeune qui ne réalisait pas la rareté des disques qu’il avait… Rien à voir avec le propriétaire, un vieux bonhomme tapi au fond du magasin dans un fauteuil si confortable qu’il semblait s’enfoncer dedans.
Lana : En promo !! En promo ? Vous reléguez Scott McKenzie aux oubliettes !! Vous savez quoi ? On devrait vous retirer votre emploi !! C’est une honte !! Et B.J. Thomas vous me l’offrez si j’achète deux albums du Top 50 peut être ? À moins que vous ne cherchiez à vous débarrasser aussi de Joan Baez ? Vous n’avez donc aucune culture musicale ? Aucun respect pour la bonne musique ?
Le vendeur la regardait incrédule quand il vit Joshua Jackson arriver, sourire en la regardant puis lui faire signe de continuer en lui indiquant de se taire. L’acteur saisit les écouteurs de son mp3 dans sa poche et choisit un morceau parmi sa sélection pendant que Lana continuait sa diatribe et que le vendeur passait par toutes les couleurs : et vous arrivez à vous regarder en face chaque matin ?
Quand enfin il eut choisi, Joshua s’avança vers elle et lui mit les écouteurs dans les oreilles. Lorsque la musique l’envahit, Lana se tut immédiatement; elle se retourna et resta sans voix. D’ailleurs que pouvait elle dire… Elle écoutait les paroles de Creep de Radiohead en version acoustique alors que le garçon la regardait dans les yeux :
When you were here before, (Lorsque tu étais là auparavant)
couldn't look you in the eyes, (je ne pouvais pas te regarder dans les yeux).
You're just like an angel, your skin makes me cry (Tu es juste comme un ange. Ta peau me fait pleurer)
You float like a feather, in a beautiful world. (Tu flottes comme une plume, dans un monde merveilleux)
I wish I was special, you're so fucking special. (je souhaiterais être spécial, putain, ce que t'es spéciale)
But I'm a creep, I'm a weirdo. (Mais je suis un minable, un excentrique)
What the hell am I doing here? (Qu'est-ce que je peux bien foutre ici?)
I don't belong here (Je n'ai rien à faire ici.)
Joshua lui prit la main et l’entraîna dehors. Elle était si surprise, autant par sa présence alors qu’elle ne s’y attendait pas, que par le fait qu’il ne lui ai pas parlé, qu’il lui ai juste mis cette chanson dans les oreilles… qu’elle se laissa emporter.
I don't care if it hurts (Je n'ai pas peur de souffrir).
I want to have control (je veux avoir le contrôle).
I want a perfect body, (Je veux un corps parfait)
I want a perfect soul (je veux une âme parfaite).
Au moins il avait de bons goûts musicaux, pensa-t-elle. Le garçon se frayait un passage parmi les passants qui les bousculaient. Lana le suivait sans savoir où ils allaient, il était bien plus grand et il la tenait assez fermement pour qu’elle reste collée dans son dos.
I want you to notice, when I'm not around (Je veux que tu remarques quand je ne suis pas là.)
Joshua avait la main de celle qu’il avait cherché dans la sienne, il aurait aimé ne plus jamais la lâcher, elle était si petite, comme une main d’enfant.
You're so fucking special (putain, ce que t'es spéciale)
I wish I was special (je souhaiterais être spécial)
She's running out the door, she's running (Elle s'enfuit par la porte, elle s'enfuit...)
Whatever makes you happy, whatever you want (Quoi qui te fasse plaisir, quoi que tu veuilles…)
Il était arrivé là où il voulait. Ils étaient devant l’Apollo theatre, le théâtre qui l’avait accueilli durant trois mois. Il salua celui qui gardait la porte, échangea quelques paroles avec lui que Lana n’entendit pas et ils entrèrent. Ils se faufilaient à travers des couloirs sombres alors que la jeune fille écoutait toujours la musique du garçon.
but I'm a creep, I'm a weirdo (Mais je suis un minable, un excentrique) .
What the hell am I doing here? (Qu'est-ce que je peux bien foutre ici?)
Joshua retira les écouteurs des oreilles de Lana. Elle sortait de sa léthargie et commençait à vouloir s’échapper de la poigne du jeune homme mais il resserra son étreinte un peu plus. Elle regarda autour d’elle. Ils étaient sur la scène, la salle était vide, un silence total régnait et elle pouvait l’entendre respirer. Il se tenait devant elle et semblait déstabilisé…
Lana était devant lui. Il l’avait cherché sans s’arrêter depuis son retour, il n’avait pas réussi à la sortir de sa tête. Et maintenant, sans vraiment savoir comment, elle se tenait devant lui. Sans réfléchir il l’avait entraîné dans « son » théâtre, peut-être avait-il pensé qu’il s’y sentirait plus à l’aise mais ça n’était pas du tout le cas. Il savait qu’au moindre faux pas, la jeune fille disparaîtrait de nouveau et il ne trouvait pas ses mots. Mais c’est elle la première qui rompit l’intemporalité de la situation. Il la vit se rapprocher, son cœur battait à tout rompre, il lui faisait mal et il était persuadé qu’à travers sa chemise on pouvait voir les battements dans ses veines.
Elle attrapa ses écouteurs, il ne vit rien. Elle était si près qu’il en ferma les yeux, de peur de réaliser que tout ceci était un rêve. Mais une fois les yeux fermés, il eut soudain peur qu’elle disparaisse et il les ouvrit aussitôt. Au même instant, il entendit une musique, Lana lui avait mis ses écouteurs sur les oreilles. Il était tellement bouleversé qu’il ne s’en était pas rendu compte. Il reconnut dès les premiers accords Uninvited d’Alanis Morissette et sut que ça n’annonçait rien de bon.
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Like anyone would be |
Comme n'importe qui le serait |
| I am flattered by your fascination with me | Je suis flattée par ta fascination pour moi |
| Like any hot blooded woman | Comme toute femme à sang chaud |
| I have simply wanted an object to crave | Je ne voulais qu'être l'objet d'une envie |
| But you're not allowed | Mais tu n'es pas admis |
| You're uninvited | Tu n'es pas invité |
Il retira les écouteurs.
Josh : écoute Lana…
Lana : non, c’est à ton tour d’écouter.
Et elle lui remit les écouteurs.
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Like any uncharted territory |
Comme un territoire inscrit sur aucune carte |
| I must seem greatly intriguing | Je dois te sembler très intrigante |
Il renouvela le geste et enleva les écouteurs.
Josh : je suis désolé.
Lana : pourquoi le serais tu ? Je ne le suis pas.
Elle lui remit une nouvelle fois les écouteurs. Ce qui commençait à exaspérer Josh.
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I don't think you unworthy |
Je ne pense pas que tu n'en vailles pas la peine |
| I need a moment to deliberate | J'ai simplement besoin d'un moment pour délibérer |
Lana se promenait sur la scène, admirant la salle vide dans laquelle elle était installée quelques jours plus tôt pour venir voir « A life in the theatre » de David Mamet.
Elle ne voulait pas l’écouter ? Très bien, il agirait autrement. Lorsque la jeune fille se retourna, Joshua Jackson n’était plus là.
Lana : Josh ? Joshua, t’es où ? (Elle attendit une réponse et croisa les bras) je partirai bien mais t’as encore mon mp3…
Elle était au milieu de la scène, dans la pénombre. Elle s’assit en tailleur près du bord, sur le côté cour, quand tout à coup, un projecteur l’éclaira. Une lueur venue du ciel tombait droit sur elle. Elle se leva, ça avait l’air tellement … ça avait l’air tellement fantastique…. Bien sûr elle savait qu’il ne s’agissait que d’un projecteur mais dans l’obscurité de la pièce, ça semblait irréel, comme si elle n’était plus sur Terre mais dans un lieu sans espace et ni temps, comme si c’était le vide absolu.
L’acteur vit qu’il avait réussi à attirer son attention, du haut de la cabine dans laquelle il se trouvait, il observait la jeune fille évoluer sur cette scène. Une grâce naturelle émanait de Lana, ça venait probablement du fait que tout l’émerveillait, mais dans une telle obscurité, c’était un spectacle merveilleux. Tout à coup elle vit comme des flocons tomber du ciel en même temps qu’une musique se fit entendre, c’était la mélodie d’Harry Potter, dans laquelle tintent des clochettes, un son évoquant une pluie d’étoile. Oui, c’était magique. Elle leva les bras en l’air, c’était comme si elle était seule dans un coin perdu de la Terre à recevoir pour elle seule un cadeau divin. Un large sourire illuminait son visage, elle profita entièrement de ce moment, ne se demandant même plus comment elle était arrivée là ni où se trouvait le garçon. Elle profita simplement de la beauté du moment tournant sur elle-même, au beau milieu de la scène, en regardant le ciel et en gardant ses bras ouverts, qui recueillaient la fausse neige. Elle volait…
Joshua sortit des coulisses et Lana baissa les yeux sur lui. Il eut un sentiment bizarre, comme si un ange posait le regard sur lui et sondait le plus profond de son être. Il s’avança vers elle comme on avance vers un autel sacré, dans le recueillement le plus total, le plus humblement possible.
Josh, prenant un air de prétendants du 16ème siècle : gente dame, accordez moi un entretien, quelques minutes suffiront…
Lana, rentrant dans son jeu et faisant une révérence avec sa robe imaginaire: faites sir !
Josh, ne s’attendant pas à ce qu’elle accepte, resta encore bouche bée : euh…ben… (se passant la main dans les cheveux, d’un air perdu) pioufff…
Lana, le bras droit sur la hanche et battant du pied: mon coco, tu devrais arrêter les onomatopées avant que ta damoiselle ne devienne mère grand…
Un sourire amusé se dessinant sur son visage, il s’approcha d’elle et lui tendit une rose, certes en papier mais c’est tout ce qu’il avait trouvé en coulisse.
Lana : écoute, c’est super sympa mais…
Josh, lui montrant ce qu’il imaginait l’horizon, il reprit son improvisation : voyez au loin cette étrange demeure ! Une légende raconte qu’un jeune homme y périt, ayant succombé à sa fascination sans limite pour une jeune femme qu’il ne connaissait pas. Il avait commis une maladresse créant alors un quiproquo et jamais la dame ne voulut plus lui adresser la parole.
Lana reprenant le jeu: je ne vois aucune maison au loin sir !
Josh : oh ! Il y en a une pourtant ! (puis posant le regard sur la jeune fille) C’est celle que je construirai si vous ne m’accordez pas un entretien pour vous dire simplement que…
Lana, le coupant : c’est bon, j’ai compris.
Lana s’assit au bord de la scène, les jambes dans le vide et se retourna pour regarder l’acteur, perdu au milieu de cette immense scène, sans bouger.
Lana, tapotant la scène à côté d’elle : viens t’asseoir.
Joshua se dirigea vers elle et s’assit.
Lana, taquine : je t’écoute, ne serait-ce que pour ne pas avoir ta décrépitude sur la conscience…
Josh : la dernière fois… Je n’avais aucune arrière pensée… Enfin si j’en avais mais c’est pas ce que t’imaginais. Tout ce que je voulais, c’était gagner un peu de temps avant que tu disparaisses, c’était apprendre à te connaître un peu plus… Pour regretter sûrement davantage ton départ… Quand tu m’as dit qu’on ne se reverrait pas, je sais pas mais c’était comme si tout à coup un nuage avait assombri l’atmosphère et je voulais le repousser par n’importe quel moyen. Quand je t’ai proposé d’aller boire un verre chez moi, je voulais juste rester un peu plus longtemps en ta présence, j’aurai aussi bien pu te proposer qu’on aille se promener mais tout ce qui m’est venu, c’est de t’inviter à boire un verre. J’aurai même pu rester près de l’horloge suisse si tu ne voulais aller nulle part !
Lana l’écoutait sans bouger, comme si elle cherchait dans l’intonation de sa voix les indices de son mensonge… ou de sa vérité. Après tout, Charles avait peut-être eu raison, peut-être que le verre proposé par l’acteur n’était qu’un simple verre.
Lana, comme pour s’excuser d’avoir disparu la dernière fois : j’avais des choses à faire après le dîner…
Josh : Pourquoi tu ne me l’as pas dit tout simplement ?
Lana : parce que ça me regardait et que tu aurais voulu mon numéro ou autre chose pour me retrouver et je n’en voyais pas l’intérêt.
Josh : et maintenant ?
Lana, amusée : je n’en vois toujours pas l’intérêt ! Mais tu as su me retrouver, je dois bien saluer ton acharnement…
Il sourit, heureux de voir que sa détermination avait au moins touché la jeune fille.
Josh : je peux peut-être t’appeler Emy maintenant ?
Emy, un sourire complice : si tu veux…
Josh : ça veut dire que je peux t’inviter à boire un verre quelque part où il y a plein de monde ?
Emy : de toutes façons j’ai soif… alors si tu veux me suivre…
Josh se leva et tendit la main à Emy pour l’aider à se relever : pas question, cette fois ci c’est à mon tour de t’emmener quelque part !
Emy : alors, on va où ?
Josh : t’as le temps ?
Emy : je peux me libérer ce soir si c’est ce que tu demandes…
Josh : ça m’arrangerait oui…
Emy : je passe un coup de fil et j’arrive.
Le garçon quitta la scène et laissa Emy dans la salle. Après s’être arrangée avec Sarah, elle rejoignit Joshua devant le théâtre. Il l’attendait dans sa voiture qu’il avait eu le temps d’aller chercher.
Emy : la voiture est vraiment nécessaire ?
Josh : tu comprendras quand on y sera… En attendant si t’as soif, j’ai une bouteille d’eau dans la portière…
Emy, portant la bouteille à ses lèvres : je suis curieuse de savoir où tu m’emmènes…
Joshua était heureux de voir qu’Emy se montrait moins « sauvage », elle semblait plus sociable. Ils sortaient enfin de la ville, après tous les feux rouges et embouteillages.
Emy : c’est pas dans mes habitudes de suivre un inconnu… Je peux savoir où tu m’emmènes ?
Josh : non, je tiens à garder la surprise…
Emy : et si je décide de sortir de la voiture ?
Josh : tu raterais quelque chose…
Emy : de toutes façons, j’ai plus rien de prévu…
Elle bailla sans discrétion en appuyant son coude contre la portière, lui permettant ainsi de poser sa tête dans sa main.
Josh : fais un somme, ça te fera du bien, je te réveille quand on arrive…
Emy ferma les yeux et s’endormit immédiatement.
Quelques heures plus tard, le garçon posa sa main sur l’épaule d’Emy et la secoua pour la réveiller.
Emy, s’étirant : j’ai dormi longtemps ?
Josh : comme un bébé pendant tout le voyage… Mais c’est mieux comme ça.
Emy : on est où ?
Josh : si je te le disais tu ne me croirais pas, il vaut mieux que tu vois par toi-même.
Il sortit de la voiture en même temps qu’Emy, encore un peu groggy par sa sieste.
Emy : je ne reconnais pas du tout l’endroit, on est près de Londres ?
Josh : pas exactement non… mais tout est relatif ! On est plus près de Londres que si on était à Los Angeles !
Emy, tout à coup inquiète : je peux savoir où on est ?
Josh, l’entraînant dans les rues : bientôt…
Ils arrivèrent au Sacré Cœur, en plein centre de Paris.
Emy, émerveillée : attend un minute… est ce que c’est ce que je crois ?
Josh, le sourire jusqu’aux oreilles face à la réaction d’Emy : si tu penses être dans la capitale française et plus exactement à Montmartre, alors oui, t’es dans le mille !
Emy admirait toute la ville : je peux pas le croire…
Ils étaient arrivés en début de soirée et le soleil commençait à baisser, offrant un ciel coloré aux deux anglais.
Josh : viens, on va dîner.
Emy : ça tombe bien je meurs de faim !
Josh : pas étonnant avec le voyage qu’on vient de faire !
Ils s’installèrent à l’intérieur d’un restaurant, le temps du mois de mai ne permettant pas de manger en terrasse. Durant le repas ils discutèrent de tout et de rien. Ils étaient seuls au monde et les gens extérieurs ne les atteignaient pas. Ils n’entendaient et ne voyaient que l’autre. Emy apprit à mieux connaître Joshua, son intérêt pour la philosophie ainsi que ses idées politiques.
Emy : t’es en train de me dire que tu as ta propre hypothèse sur JFK ?
Josh : exactement !
Emy : dis moi que tu sais aussi bien que moi que cette théorie ne tient pas debout…
Josh : elle est bancale, je te l’accorde, mais c’est plausible !!!
Emy : faut redescendre sur Terre mon coco !
Josh : c’est miss Saturne qui me dit ça ?
Emy : un point pour toi…
Josh apprit qu’Emy écrivait et rêvait d’être publiée un jour. Ils passèrent une soirée particulièrement agréable dans ce restaurant place du Tertre avec un chanteur qui reprenait des airs français. Bien qu’ Emy restait toujours un peu sur la défensive, Joshua n’en tint pas compte car il était pleinement heureux depuis qu’il l’avait retrouvée. Ils se décidèrent à quitter la capitale française et, durant tout le trajet du retour, l’acteur se demandait si elle allait lui faire le même coup que la dernière fois, à savoir disparaître sans lui donner l’opportunité de la recontacter. Après plusieurs heures de route, ils étaient enfin à Londres. Joshua se gara dans une petite rue et après être descendus ils se dirigèrent vers les théâtres de Piccadilly.
Josh : encore une fois je présume que la soirée se termine ici ?
Emy : oui ! Ecoute, t’es vraiment un mec sympa…
Josh : je sens que j’ai pas envie d’entendre la fin de cette phrase…
Emy : et je suis très contente de te connaître…
Josh : mais…
Emy : mais je suis désolée. C’est extraordinaire de m’emmener dîner à Montmartre sur un coup de tête, mais ce n’est pas naturel ! Je veux vivre un conte de fée, réaliser mes rêves, mais avec ce qui est à ma portée. Je ne veux pas de chose extraordinaire, je veux trouver l’extraordinaire dans chaque chose …
Josh : autrement dit t’aurais préféré que je t’emmène au McDo ?
Emy souriant: non, c’était une des plus belles soirées de ma vie, toi tu peux te permettre de t’y habituer, mais moi ce n’est pas le genre de vie que je cherche…
Josh : ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas se voir demain !
Emy : non, bien sûr… Mais je ne voulais simplement pas que tu te fasses de fausses idées…
Josh : comme…
Emy : comme attendre de moi plus qu’une simple amitié…
Josh, ironique : je n’y avais même pas pensé… Mais si tu attends de moi autre chose que de l’amitié, tu risques d’être déçue…
Emy sourit et ils échangèrent un regard complice.
Emy : bon, je dois y aller.
Josh : et comment je te retrouve ?
Emy : tu m’as retrouvé une première fois, je te fais confiance…
Elle commença à partir. Joshua soupira mais elle fit demi tour et avec un regard un peu moqueur :
Emy : mais tu auras plus de chances de me trouver si tu commences par le pub où travaille Charles…
Joshua acquiesça de la tête, heureux de ne pas avoir à refaire toute la ville dès le lendemain.
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Il décrocha son téléphone. Avant même d’avoir pu prononcer un seul son, son interlocutrice prit la parole.
Aisleigh : je veux tout savoir et dans les moindres détails !
Josh : ok mais avant je veux une preuve que mon chien est vivant et que ma maison est encore debout…
Aisleigh : demande à qui tu veux, ils te diront tous que tout va bien !
Josh : et c’est quoi le bruit derrière ?
Aisleigh : de la musique pourquoi ?
Josh : parce que je reconnais mon premier album de Nirvana…
Aisleigh : t’inquiète pas, je sais que t’y tiens.
Josh : c’est le
Aisleigh et Josh finissent la phrase ensemble : premier album que je me suis acheté !
Aisleigh : c’est bon je sais. Tu veux pas que j’organise la soirée du siècle, faut bien que je compense !
Josh : si y’a que ça…
Aisleigh : mais oui y’a que ça !!! Qu’est ce que tu vas imaginer…
Josh : bon, j’ai du courrier ?
Aisleigh : ouais t’as reçu quelques scripts, j’ai commencé à en lire un… t’as pas envie de jouer dans un western moderne ?
Josh : non merci… et qui t’as permis d’ouvrir mon courrier ?
Aisleigh : bon, tu me racontes ou t’appelles pour me dire de déposer Shumba à la fourrière ?...
Josh : elle s’appelle Emy et elle est aussi allumée que toi…
Aisleigh : oh ! Pour une fois t’as une nana normale !
Josh : hé ! Critique pas mes ex ! Je te rappelle que tu appréciais la plupart d’entre elles…
Aisleigh : mouais… bon passons aux détails croustillants…
Josh : soeurette !!! Pitié !!!
Aisleigh : allez !!!
Josh: y’a rien à dire…
Aisleigh : rien ? Comment ça rien ?
Josh: rien! Niet! nada! nicht! Nothing at all!
Aisleigh, de la déception dans la voix : oh…
Josh : pour l’instant je marche sur des œufs avec elle, je ne sais jamais sur quel pied danser parce qu’au moindre faux pas elle risquerait de s’envoler et je sais que je serais incapable de la retrouver si elle ne le veut pas.
Aisleigh : elle commence à me plaire…
Josh : toutes les filles qui m’en font baver te plaisent…
Aisleigh : bon, c’est pas tout mais j’ai une soirée à organiser moi !
Josh : Aish !
Aisleigh : panique pas ! J’ai juste invité 3 amis à manger…
Josh : si les voisins appellent les flics…
Aisleigh : ohhhhh t’as peur de qui ?... Alyssa Milano ou Sarah Gellar ?
Josh : tu sais très bien que j’habite pas à côté de mes amis…
Aisleigh : oh c’est bon, arrête de criser toutes les huit secondes, c’est pas à quatre qu’on va réveiller tout le quartier…
Josh : je te fais confiance…
Aisleigh : bon, tu me tiens au courant !
Josh : ouais ouais, tu peux faire suivre mon courrier ?
Aisleigh : ok ! Salut !
Ils raccrochèrent et Joshua entra chez lui.
De son côté, Emy n’était pas rentrée chez elle et à cette heure tardive elle ne connaissait qu’un endroit où elle pouvait se rendre. Elle entra dans un immeuble, d’allure modeste, qui ne cassait pas trois pattes à un canard mais qui était bien placé et peu cher. Elle arriva enfin au 4ème étage, un peu essoufflée et frappa discrètement à la porte. Pas de réponse. Elle insista en frappant un peu plus fort. Toujours pas de réponse. Elle pensa que son ami dormait peut-être et se mit à tambouriner contre la cloison.
Voisin hurlant probablement de son lit: c’est pas bientôt fini ???
Emy criant timidement pour lui répondre: excusez moi.
Elle sortit son téléphone et composa le numéro. Elle entendit l’appareil sonner dans l’appartement et le répondeur se mettre en marche. Elle raccrocha et se laissa glisser le long de la porte. Elle n’avait pas la force de rentrer chez elle. Elle aurait voulu se poser sur le canapé de son ami, les jambes contre la poitrine, un chocolat chaud dans les mains et discuter avec lui avant de s’endormir dans le salon qui était juste derrière cette porte. Ça faisait un petit moment déjà qu’elle l’attendait et elle commençait à songer à rentrer chez elle quand elle entendit des rires dans l’escaliers et quelques instants après elle vit arriver Charles et Sarah, bras dessus-bras dessous.
Charles : Emy ? Qu’est ce que tu fais là ?
Sarah : tout va bien ?
Emy : oui tout va bien, j’avais juste envie d’un chocolat chaud sur ton canapé !
Charles : et ça fait longtemps que t’attends ?
Emy : je sais pas trop.
Sarah : et si on rentrait au lieu de rester sur le pallier ?
Voisin, criant : excellente idée !
Les trois amis rentrèrent discrètement. Emy était sur le canapé avec son chocolat chaud et ses deux amis lui faisaient face.
Sarah : alors, ta soirée ?
Emy : je suis allée dîner à Paris.
Charles : Paris en France ???
Sarah : tu connais beaucoup d’autres Paris toi ?
Emy : j’étais avec Joshua Jackson.
Charles : il t’a retrouvée ?
Emy leva la tasse à sa bouche, l’air mystérieux dans le regard. Là elle leur raconta tout : l’arrivée de l’acteur chez le vieux Smith – la boutique de vinyles – comment il l’avait entraînée au théâtre, puis sa façon de lui répondre en sortant à son tour son mp3, et enfin son escapade à Paris, et leur séparation sous l’horloge de Leicester square.
Sarah : alors tu vas le revoir ?
Emy : je pense pas, non. A mon avis il a compris.
Charles : compris quoi ? Il revient de Los Angeles pour te retrouver, te fait passer une super soirée, je pense pas qu’il s’arrête là !
Emy ne répondit pas et reprit encore son chocolat.
Sarah : à moins que tu lui aies dit quelque chose qui le pousse à abandonner…
Emy plongea le regard dans sa tasse.
Charles sur un ton de remontrance : Emy…
Emy : je lui ai juste dit qu’il ne m’intéressait pas plus que ça !!!!
Sarah : mais pourquoi ?
Emy : ça sonnait faux… C’était trop irréel.
Charles : tu passes ton temps sur une autre planète Emy !
Emy : je sais, mais c’était trop.
Sarah : alors tu te plains quand les mecs n’en font pas assez et là il essaie de te surprendre et il en fait trop ?
Emy : exactement. Moi j’aime les choses simples.
Charles dans un soupir : ah les femmes…
Sarah se laissant retomber dans le fond du canapé : et ben moi je lui souhaite bien du courage…
Charles, regardant Sarah : c’est vrai le pauvre ! Il se plie en quatre tout ça pour se prendre une veste.
Sarah, à Charles : quand je pense à tout ce qu’il a fait…
Charles : et comment elle l’a accueilli !
Sarah : il doit être dans un état !
Emy, observant leur petit jeu : c’est bon ! J’ai compris ! Arrêtez ça !
Charles : quoi
Emy : je sais où vous voulez en venir, mais c’est à moi de décider qui entre dans ma vie ou pas.
Sarah : mais on aimerait tellement voir quelqu’un te rendre heureuse !
Emy : c’est très gentil. Mais dites moi plutôt où vous en êtes vous deux ?
Charles et Sarah, comme si de rien était : quoi nous deux !
Sarah : y’a pas de nous !
Charles : je vois pas de quoi tu parles
Emy : arrêtez ça, je vous connais…
Sarah : et bien ce soir c’était notre premier rendez vous officiel…
Emy, semblant désolée tout à coup : ohhhhhh j’ai gâché votre premier rendez vous !
Charles : mais non pas du tout !
Sarah : ne sois pas bête ! T’as rien gâché du tout.
Emy, se levant et rassemblant ses affaires: de toutes façons, je dois rentrer chez moi, (puis regardant Sarah) je vous laisse finir la soirée comme vous deviez la finir
Sarah, toujours aussi franche : bonne idée, on se voit demain
Charles, bafouillant : mais … euh… on avait aucun projet, voyons !
Emy : et bien je vous laisse ne pas avoir de projet ! (Elle passe la porte) Bonne nuit !
Sarah et Charles se regardèrent, Emy passa la tête par la porte : faites pas trop de bêtises tout de même !
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La jeune fille à la guitare
Samedi 7 mai. Emy ouvrit un oeil comme à son habitude avec Expensive of being poor ce qui lui permit de sortir du lit en sautant dans tous les sens et d’arriver à la cuisine parfaitement réveillée. Elle se prépara au rythme de la musique en s’arrêtant de temps à autre pour admirer ses grimaces dans la glace de sa chambre.
Elle arriva au pub l’esprit léger, elle semblait flotter. Elle s’approcha de sa place habituelle et vit une rose rouge posée sur la table, sans rien, juste la rose (10). Elle sourit, s’assit, prit la rose et la sentie en fermant les yeux. Charles arriva, comme à son habitude, avec le thé d’Emy.
Emy : elle est magnifique, mais c’est en quel honneur ?
Charles : je ne suis pas l’auteur de cette surprise… La personne qui l’a apportée a juste mentionné qu’on était samedi et que c’était devenu son jour préféré… Mais je suppose que je n’ai pas besoin de te dire qui est cette personne ?...
Emy huma à nouveau la fleur en fermant les yeux : ça fait une semaine…
Charles : habituellement en une semaine la plupart de tes prétendants ont déjà pris la fuite… Mais lui, il a même quitté Hollywood pour te chercher… Tu le ménages ou il est bien accroché ?
Emy, affirmative derrière sa rose : il est bien accroché. Il n’a rien dit d’autre ?
Charles : il n’a pas dit qu’il repasserait si c’est ce que tu veux savoir… (Il se lève) je te laisse travailler, le labeur m’appelle…
Joshua errait en ville et décida d’aller voir David qui avait quelques heures de libre avant sa représentation. Ils se retrouvèrent au Waxy O’Connor.
David : salut vieux ! Comment ça va ?
Josh : pas trop mal, et toi ?
David : pareil ! T’aurais du venir au concert la dernière fois, la chanteuse a vraiment du talent.
Josh : j’avais pas envie d’un bain de foule.
David : ouais mais essaie d’y aller un soir, ça vaut le détour.
Josh : j’y penserai (puis regardant autour de lui) c’est vrai que ce pub est sympas.
David : alors t’as des projets pour la rentrée ?
Josh : j’ai des auditions pour d’autres films et d’ici quelques semaines et il parait qu’un script traîne chez moi, c’est un genre de western moderne, mais ça m’inspire pas du tout ! Mais bon, il faudrait tout de même que je passe l’audition, le travail ne court pas les rues…
David : qui aurait envie de jouer dans un western aujourd’hui… et sinon ?
Josh, un regard complice avec David : j’ai pas lu les autres scripts…
David : autrement dit tu t’accordes des vacances ?
Josh, levant sa bière : ouaip ! Je trinque à ces vacances méritées !
David : ne les fais pas durer trop longtemps…
Josh : oh, un peu d’anonymat me ferait pas de mal
David : ouais mais te fais pas oublier pour autant…
Josh : c’était pas mon intention.
David : alors, qu’est ce que tu fais encore à Londres ?
Josh : longue histoire.
David : je suis pas pressé…
Josh : très bien !
Il se mit à lui raconter son histoire avec Emy. Quinze minutes plus tard il en était enfin arrivé au matin même où il lui avait déposé une rose sur sa table.
David : elle a l’air un peu à l’ouest quand même !
Josh : elle est pas comme les autres, je saurais même pas la qualifier.
David : en tous cas, t’as l’air bien accroché !
Josh : j’aime tomber amoureux.
David : ouais bah fais gaffe à pas tomber de haut…
Ils discutèrent encore un peu et David partit au théâtre. Joshua se décida donc à aller voir si Emy était au pub, c’était l’heure du déjeuner et avec un peu de chance il pourrait manger avec elle. Il poussa la porte et balaya la salle du regard. Charles vint à sa rencontre.
Charles : tu viens manger ?
Josh : euh… Oui.
Charles lui montra une table libre.
Josh : tu sais où est Emy ?
Charles : elle est partie y’a à peine (il regarda sa montre) huit minutes précisément (il sourit), elle ne m’a pas dit si elle comptait repasser aujourd’hui.
L’acteur afficha une mine déçue.
Charles : tu restes quand même manger ?
Josh : oui oui.
Charles : très bien, je t’apporte la carte tout de suite.
Joshua mangea rapidement et partit se promener en ville, à la recherche de la jeune fille, même s’il n’avait pas trop d’espoir de la voir. Vers seize heures, il se retrouva de nouveau devant le pub de Charles et décida d’aller boire un verre avant de rentrer chez lui.
Charles : t’es revenu ?
Josh : oui, tu m’apportes une bière s’il te plait ?
Charles : tout de suite.
Charles partit derrière le bar et Joshua vit la jeune fille, installée à sa table, sirotant un thé et échangeant quelques phrases avec Charles. L’acteur se dirigea vers elle.
Josh : salut ! Je peux m’asseoir ?
Emy : je pense que tu devrais être capable de plier assez les genoux pour poser tes fesses sur la chaise si c’était ton inquiétude…
Il sourit, amusé par les réponses atypiques qu’elle lui lançait à chaque fois. Il prit place face à la londonienne.
Emy : merci pour la rose ce matin, c’était gentil.
Josh : houa ! Serait-ce un compliment ?
Emy, reprenant le dessus : non, une simple marque de politesse !
Josh, levant la bière que Charles venait de lui apporter : touché ! Alors qu’est ce que t’as fait aujourd’hui ?
Emy : j’ai lu dans le journal qu’il y aurait prochainement une expo de photos, alors je suis allée me renseigner pour savoir si c’était ouvert à tout le monde et apparemment y’a pas besoin d’être connu pour exposer. Je suis donc allée me balader pour prendre des photos.
Josh, reposant sa bière : t’es photographe ?
Emy : entre autre oui !
Josh : dis moi, tu fais quoi ce soir ?
Emy : j’ai des projets, pourquoi ?
Josh : un ami m’a recommandé un concert sympa.
Emy : je suis désolée, mais je ne peux pas. Le soir je suis souvent prise.
Josh, un peu déçu : oh… Bon et bien peut-être une prochaine fois !
Emy : oui, je pourrais peut-être m’arranger, si ça vaut le coup !
Josh : d’après l’ami qui y est allé, c’est vraiment bien !
Emy : et bien peut-être la semaine prochaine !
Josh : entendu !
Après y avoir repensé, il décida d’y aller malgré tout le soir même, pour s’assurer que David ne lui avait pas menti, il ne voulait pas emmener Emy à un concert qui n’en valait pas la peine, surtout si elle devait annuler un projet pour venir avec lui. Il la laissa à ses occupations et lui glissa qu’il déjeunerait là le lendemain, libre à elle d’être présente ou non. Emy appréciait ce geste, il ne l’avait pas invitée, juste conviée voire même simplement informée de son lieu de déjeuner. C’est avec le sourire qu’elle se remit à écrire alors que le garçon passait la porte du pub.
Charles : alors ?
Emy, sans lever le nez : alors rien.
Charles : très bien, je retourne travailler…
Emy, sans lever la tête de son écriture : sage résolution…
Charles : je te laisse ton thé au passage, juste pour ne pas te laisser te déshydrater… ça ferait désordre.
Emy, plein de complicité dans le regard : j’apprécie le geste…
Quelques heures plus tard.
Charles : hé la miss ! Tu devrais avaler quelque chose, tu vas être en retard !
Emy, regardant sa montre : oh mon dieu ! J’ai pas vu le temps passer !
Charles : voilà un casse croûte, tu pourras manger en route !
Emy, rassemblant ses affaires et attrapant l’encas préparé par son ami en partant : t’es un ange ! Merci !
Charles, criant à son amie déjà à la porte : embrasse Sarah pour moi !
Emy revint sur ses pas : et pourquoi ne viendrais tu pas l’embrasser toi-même ?
Charles : je fais la fermeture ce soir…
Emy, regardant un jeune homme derrière le comptoir : je suis sûre que Jamie ne verrait pas d’inconvénient à te remplacer…
Charles : je vais voir, je te rejoins plus tard…
Emy : super ! À toute à l’heure !
Charles : file !
Emy, passant la porte : je suis déjà partie !
Emy engloutit son « repas » dans le métro, elle arriva chez elle, prit une bonne douche et essaya de se vider la tête. En effet, depuis l’apparition de l’acteur au pub quelques heures plus tôt, elle n’avait pas réussi à le chasser totalement de son esprit et s’était résolue à le laisser dans une petite place, pas trop loin. En y repensant alors qu’elle se préparait devant la glace, elle s’aperçut qu’elle souriait. Elle sortait de la douche et n’avait que sa serviette autour d’elle, elle releva ses cheveux en chignon et se regarda dans les yeux, malgré la brume qui s’était accumulée dans la pièce. Le soupçon de sourire s’élargit et devint franc. Elle sortit de sa rêverie en se souvenant qu’elle était en retard. Elle se précipita dans sa chambre et s’habilla en courant dans tous les sens, c’était toujours pareil, sans le vouloir elle était toujours en retard. « Il faudrait que tu penses à descendre de ton nuage de temps en temps Emy… » À cloche pied elle mit ses chaussures tout en attrapant ses clés et en fermant la porte. Elle dévala les escaliers et arriva au Waxy un peu essoufflée.
Sarah : ah te voilà !
Emy : désolée, je suis en retard !
Sarah : mais non ! Tu sais bien que tu peux arriver quand tu veux… Mais quinze minutes plus tôt c’est sûr que ce serait pas mal…
Elles rentrèrent un peu plus dans le pub et arrivèrent à une table où Charles attendait déjà.
Emy : comment ça se fait que tu sois déjà là ?
Charles : tu crois pas que t’es déjà assez attendue ? On discutera plus tard…
Emy, se frappant le front de sa main : ah oui c’est vrai…
Sarah : heureusement que ta guitare est déjà là, je suis persuadée que tu l’aurais oubliée…
Emy : bon, j’y vais… Elle monta sur scène : pardonnez mon retard…
Un habitué cria gentiment : panne d’oreiller ?
Emy, amusée : non Will, mon retard s’appellerait plutôt « rêverie sous la douche ».
Les habitués au complet : ohhhh
Emy : on se calme, on se calme… Rien ne sert de fantasmer…
La porte du pub s’ouvrit mais Emy ne fit pas attention, la personne s’installa discrètement à la première table qu’elle vit.
Emy : bon, pour me faire pardonner, bien que le fait de m’imaginer sous la douche me gracie déjà semble-t-il… Will, cette remarque s’adresse à toi…
Will : pas besoin d’être en retard pour être l’objet de nos fantasmes! (Toute la salle se mit à rire)
Emy, explosant de rire : bref, pour me faire pardonner donc, je vais commencer par la chanson qui vous tient à cœur, Alone et c’est toujours de The Lads…
Elle prit sa guitare sur ses genoux. Alors que les premiers accords résonnèrent dans le pub, le silence dans la salle était déjà complet, tout le monde était accroché à la voix de la jeune fille, y comprit la personne dernièrement arrivée. Sarah approcha de la table.
Sarah : je vous sers quelque chose ?
L’homme ne l’entendit presque pas : elle chante souvent ici ?
Sarah : presque tous les soirs pourquoi?
L’homme, sans décrocher son regard d’Emy : juste pour savoir.
Sarah : Je vous apporte quelque chose alors ?
L’homme : oui… (Décrochant enfin son regard hypnotisé) : euh pardon, oui je veux bien… une Heineken s’il vous plait
Sarah : je reviens tout de suite.
Après l’avoir servi, Sarah retourna près de Charles : tu connais ce gars là-bas ? Charles se retourna brusquement mais Sarah le rattrapa : mais sois discret un peu !!!!
Charles : oh mais tout le monde regarde Emy !
Charles se retourna, un peu plus discrètement, puis regardant Sarah avec un sourire amusé : oui, c’est notre don juan !
Sarah : quoi ???
Charles : c’est Joshua Jackson ! L’acteur qui court après Emy !
Sarah : oh c’est pas vrai ! Et qu’est ce qu’il fait là ? Elle est au courant ?
Charles amusé par la situation: je ne pense pas non…
Joshua était complètement envoûté. La voix d’Emy était douce comme du miel et en même temps aussi clair que du cristal. Les paroles de la chanson le touchèrent en plein cœur. La jeune fille faisait bien plus qu’interpréter cette chanson, on avait l’impression qu’elle l’avait écrite elle-même.
Emy comme à son habitude, balaya la salle du regard tout en continuant à chanter. Elle tomba alors sur Charles mais il observait quelque chose derrière lui, le regard de la jeune fille suivit celui de son ami. Elle continuait à chanter mais ne s’en rendait absolument plus compte. Son cœur s’était arrêté net lorsque son regard s’était plongé dans les yeux bleu-vert de Joshua Jackson. Une foule les séparait mais ils avaient l’impression de n’être que tous les deux. Et Emy continuait à chanter.
Are you the same or are you different somehow
Joshua eut alors l’étrange sensation que les paroles s’adressaient à lui.
Can I be sure that you won’t hurt me if I let you in
Il avait envie de lui répondre, de lui demander de le laisser entrer dans son monde.
Can you give me what I’m looking for
« Oui, je suis prêt à faire n’importe quoi pour te rendre heureuse… » pensa-t-il.
Can you take away the fear
Là son coeur s’arrêta. En était-il capable? Pouvait-il faire disparaître la peur d’Emy ? Encore fallait-il qu’il comprenne quelle était cette inquiétude… et s’il en était capable, se montrerait-elle encore sur la défensive ?...
Can You love me
Il baissa alors les yeux, ne pouvant soutenir le regard de la jeune fille plus longtemps. Etait-il capable de l’aimer ? Bien sûr il développait des sentiments pour elle. Lorsqu’il l’avait vu la première fois, il s’était passé quelque chose de spécial qu’il ne saurait décrire mais c’était différent de l’amour. Emy était une fille extraordinaire mais peut-être même un peu trop. Etait-il capable de l’aimer pour ce qu’elle était entièrement et non pour l’amusement qu’elle faisait naître en lui ? Qu’est ce qui l’attirait chez elle ? Était-ce le simple fait qu’elle soit différente? Était-il capable de l’aimer… Cette question revenait sans cesse dans son esprit alors qu’Emy entamait diverses chansons. Il vivait à Los Angeles, elle à Londres. Il était acteur et cela entraînait de nombreux déplacements, elle aimait son pub et ses habitudes, semblait-il. Elle aimait rêver, elle vivait dans un monde à part, un monde où chaque chose se transformait en un trésor, un moment extraordinaire, lui n’avait pas vraiment le temps pour cela. Pourtant il avait envie. Il avait envie d’avoir ce don. Le don de voir la vie d’une façon merveilleuse, d’être ébloui par chaque seconde que la vie lui offrait, par chaque vision, par chaque rencontre. En définitive, il voulait avoir le don de voir le monde avec un regard d’enfant. Mais comment faisait-elle ça ? Il se répéta les paroles de la chanson “Are You the same or are You different somehow” … “Can I be sure that You won’t hurt me If I let You in”. Que lui était-il arrivé pour croire que tous les hommes étaient semblables, pour avoir si peur d’aimer, de souffrir ? Elle n’avait qu’une vingtaine d’années, tout comme lui, mais elle semblait bien plus écorchée par la vie qu’il ne l’était. Pouvait il être sûr de l’aimer sans jamais la faire souffrir ? Qui pouvait être sûr d’une chose pareille ? Charles vint le sortir de ses réflexions.
Charles : salut ! Je viens de te voir…
Josh : ah salut ! Je savais pas que t’étais là.
Charles : j’adore écouter Emy.
Josh : je ne soupçonnais pas qu’elle puisse avoir une telle voix.
Charles : la première fois que je l’ai entendue – et c’était il n’y a pas si longtemps – j’ai cru entendre un ange.
Josh : oui, c’est tout à fait ça…
Charles : je suis avec ma copine, tu veux te joindre à nous ?
Josh, étonné par la proposition de Charles : oui, volontiers, mais je veux pas m’incruster…
Charles : mais non, fais moi confiance, je te l’aurais pas proposé sinon !
Josh, s’arrêtant après s’être levé : pourquoi t’es sympa tout à coup ?
Charles : disons que j’ai décidé de te laisser une chance…
Sarah les avait rejoints : et Emy t’en fait assez baver comme ça…
La star sourit à cette remarque. Alors comme ça elle leur avait parlé de lui ? Que leur avait-elle dit ? Il s’assit à la table de Charles et Sarah. Sarah et Joshua firent plus ample connaissance. Ils discutèrent un peu et le courant passait bien entre eux trois.
Josh : je vous jure !
Sarah riant aux éclats: je peux pas l’croire !
Emy arrivant : croire quoi ?
Charles : t’as déjà fini ?
Emy : oui ! (Un peu vexée) c’est gentil de ne pas faire comme si vous aviez écouté le concert.
Josh : je suis désolé, c’est ma faute
Emy : je n’en doute pas une seconde
Sarah : Josh nous racontait le jour où il a repêché une fille à Wilmington
Emy, pour elle-même : un héro… manquait plus que ça.
Charles : sa mère était tellement fière qu’elle l’a raconté à tout le monde
Sarah, riant encore : et résultat sa mère a accepté des interviews et racontait comment Josh était petit.
Josh, un peu gêné et voyant qu’Emy était un peu énervée : ouais, c’était rien… Ton concert était vraiment génial.
Emy : t’en n’as pas écouté la moitié.
Josh : tu te trompes, j’en ai pas perdu une note depuis mon arrivée.
Charles : c’est vrai, il n’a quasiment pas parlé. Mais je plaide coupable pour Sarah et moi-même…
Emy : bon, je vais vous laisser, je suis claquée.
Josh : je peux te raccompagner ?
Emy : une prochaine fois, j’ai vraiment envie de rentrer.
Charles : Sarah, tu voulais pas parler à Emy ?
Sarah, étonnée : hein ? (Puis comprenant face au regard insistant de Charles, elle prit son amie par le bras et l’entraîna) ah oui Emy, faut que je te parle.
Les deux filles s’éloignèrent.
Josh à Charles : je peux te demander quelque chose ?
Charles : ça dépend
Josh : comment je peux la surprendre ?
Charles : tu t’en sors pas mal…
Josh : je l’ai emmenée dîner à Paris et ça a semblé sans effet.
Charles : elle ne te montrera pas ses sentiments, sa carapace est solidement bâtie, mais Paris lui a beaucoup plu.
Josh : mais y’a bien quelque chose que je pourrais faire !
Charles : reste toi-même, sois simple. Surprends la par des petites choses et avec ta simplicité. Ne cherche pas à lui en mettre plein la vue. Ne sois pas l’acteur, mais sois simplement un mec.
Josh, incrédule : tu crois vraiment que ça suffira ?
Charles : tous les mecs qu’elle a croisés ont voulu l’impressionner, ils se sont fait passer pour ce qu’ils n’étaient pas… sois ce qu’aucun autre n’oserait être, simplement toi.
Du côté des filles.
Emy : qu’est ce que tu voulais me dire ?
Sarah, prise au dépourvu : ce Josh… c’est un mec bien.
Emy, distante : sûrement…
Sarah : alors pourquoi tu lui laisses pas sa chance ?
Emy : il en fait trop ! Il est complètement à mes pieds, il ferait n’importe quoi pour moi ! Je fais rien et il est accro ! J’aimerai juste devoir le séduire… Enfin si il m’intéressait bien sur…
Sarah marmonnant: fuis, il suit et suis, il fuit…
Emy : exactement !!! Je suis sûre que si je ne l’intéressais pas autant, il me plairait. Mais là c’est du tout cuit, c’est trop facile, il est complètement envoûté.
Sarah : ne crois pas ça… tu devrais essayer de le connaître un peu…
Emy : et pourquoi ça ?
Sarah : tu verras bien… Je sens qu’il a ce quelque chose en plus qui manque à ta vie.
Emy : t’as dit ça pour mes ex…
Sarah : non, c’est autre chose. Je ne sais pas comment l’expliquer… tout ce que je sais, c’est que tu devrais lui laisser une petite chance, essaie de le connaître…
Elles étaient de retour à la table, Sarah s’était rassise mais Emy était toujours debout.
Emy, à Josh : ben on y va ?
Josh s’était levé plus vite que son ombre : eh ! C’est toi qui traînes !
Charles : allez y avant qu’elle change d’avis…
Josh et Emy sortirent du pub, laissant Sarah et Charles seuls.
Sarah : alors ?
Charles : il a pas l’air comme ça, mais il a vraiment pas confiance en lui.
Sarah : ouais… j’avais remarqué.
Charles : comment t’avais vu ça, toi ?
Sarah : intuition féminine
Charles : et de son côté ?
Sarah : il va devoir ramer… Emy ne semble pas convaincue…
Dans les rues londoniennes.
Josh : t’as jamais eu envie de t’enfuir sur un coup de tête ?
Emy : pourquoi tu me demandes ça ?
Josh : je sais pas. Parfois, c’est comme si j’étouffais. Pourtant je suis heureux, je veux dire vraiment heureux. Mais quelques fois, j’ai l’impression de me perdre en chemin. J’ai juste envie de prendre ma veste et de partir, sans savoir où je vais.
Emy : c’est pour ça que t’es revenu en Angleterre ?
Josh : pas exactement. Je t’avais dit que je voulais te connaître, le jour où on s’est rencontré. Et pour l’instant, je n’ai toujours pas réussi à te cerner, ni même à savoir qui tu es vraiment.
Emy : et qu’est ce que ça t’apportera de le savoir ?
Josh : probablement rien… peut-être tout.
Emy : rien que ça !
Ils échangèrent un rire complice. Il commençait à pleuvoir faiblement. Joshua remarqua que la jeune fille n’avait rien pour se couvrir. Il enleva sa veste et se rapprocha d’elle pour l’abriter (11). Emy ne dit rien mais apprécia son geste. Même si elle adorait se promener sous la pluie, elle trouva le geste du garçon protecteur.
Josh : alors ? T’as jamais eu envie de partir, sans savoir où t’allais ?
Emy : pas vraiment non. Je suis déjà partie me balader en me laissant guider par mes pieds, mais je ne suis jamais allée bien loin. La marche, ça remet les idées en place… tu as le retour à faire ! (Elle explosa de rire)
Josh : et si je te proposais de partir, toute une semaine, sans réfléchir ?
Emy: à la “long way round”? (12)
Josh: beaucoup de gens me trouvent une ressemblance avec Ewan McGregor! Je n’irais pas jusqu’à faire le tour du monde en moto comme lui mais…
Emy : vous avez peut-être le même genre de sourire taquin, mais ses yeux sont plus malicieux…
Josh : pourquoi tu fais tout pour ne pas répondre à ma question ?
Emy : parce que je suis peut-être une rêveuse, mais je reste pragmatique… J’ai mon loyer à payer à la fin du mois… Et un ventre à remplir chaque jour. Je ne peux pas me permettre de m’évader à proprement parler pendant une semaine. Et si je t’avoue y avoir déjà pensé, tu prendrais ça pour une invitation… De plus je ne suis pas les inconnus.
Josh : je suis toujours un inconnu ?
Emy : je me plais à le croire…
Ce que Joshua avait pris négativement une seconde plus tôt, était en fait très positif. Il restait un inconnu, elle ne l’avait pas encore cerné, il pouvait donc encore la surprendre, tout n’était pas joué. Un petit sourire se lisait sur son visage alors qu’ils étaient arrivés au domicile d’Emy sous une pluie qui s’était intensifiée.
Emy : merci de m’avoir raccompagnée.
Josh : le plaisir était pour moi.
Il lui prit la main et déposa un simple baiser dans sa paume. Puis sans regarder la jeune fille, il s’éloigna dans les rues londoniennes en trottinant sous sa veste qui ne servait presque plus à rien, elle n’absorbait plus la pluie battante et l’eau dégoulinait sur le jeune homme.
Emy arriva chez elle, enleva ses chaussures et se prépara un thé. Elle n’était pas fatiguée et décida d’écrire un peu ce soir. L’inspiration lui revenait.
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A Land of Plenty
Cela faisait une heure déjà qu’elle écrivait lorsque quelqu’un frappa à sa porte. Elle se leva, étonnée d’une visite à cette heure tardive et se dirigea vers la porte pour l’ouvrir.
Josh, trempé de la tête au pieds : t’es en pyjama ?
Emy : généralement c’est ainsi que la plupart des gens dorment…
Josh : je te réveille ?
Emy, quittant le seuil de la porte : t’as de la chance, non.
Elle se dirigea vers son salon, laissant la porte ouverte, invitant implicitement le jeune homme à entrer.
Emy : J’étais sûre que je n’aurais pas du te laisser me raccompagner. Tu vas pas te mettre à débarquer chez moi à des heures pas possibles tous les quatre matins, si ?
Josh (riant): non ! (Avec un air très sérieux) Habille toi.
Emy : quoi ? Pourquoi ?
Josh : habille toi je te dis !
Emy : ce serait plutôt à toi de trouver des vêtements, t’es trempé !
Josh : c’est pas grave, j’en ai dans ma voiture. Habille toi !
Emy sans poser de question, alla dans la salle de bain pour enfiler un jean et un sweat shirt, sa curiosité naturelle était plus forte que son étonnement face à l’intrusion du garçon chez elle. Elle sortit habillée cinq minutes plus tard. Le jeune homme se tenait près de la porte avec un sac à dos.
Emy : il est pas à moi ce sac ?
Josh : si ! Et les affaires qui se trouvent à l’intérieur aussi !
Emy, incrédule : t’as fouillé dans mes placards ?
Josh : oui… et crois moi je n’en suis pas fier, ce n’est pas quelque chose que j’ai l’habitude de faire.
Emy : encore heureux… et je peux connaître le but de toute cette manœuvre ?
Josh : on part au hasard !
Emy : je te demande pardon ?
Josh : je suis retourné voir Sarah et Charles, dieu merci ils n’étaient pas partis du pub, je me suis renseigné et arrangé et tu es libre pour la semaine !
Emy : Sarah a peut-être pu me remplacer mais je t’ai déjà dit que je ne pourrais pas partir toute une semaine
Josh : pour ton problème de loyer ? Je sais. Tu vas le prendre mal mais je te paie ta semaine de loyer.
Emy, prenant son sac des mains du garçon avec colère : je n’ai pas besoin de la pitié d’un milliardaire.
Josh: pretty woman, on se calme. Déjà je suis loin d’être milliardaire, ensuite t’as qu’à te dire que je te loue ton appart pendant ton absence, et enfin si je fais ça, ce n’est pas de la pitié, bien au contraire, c’est par pur égoïsme. J’ai envie de vivre cette expérience mais je veux le faire avec toi. Comme tu as des obligations, je me suis arrangé pour t’en libérer.
Emy, se laissant convaincre : t’as tout prévu hein ?
Josh, au supplice comme un enfant impatient : pitié dis oui ! Promis ce sera génial !!!
Emy, abandonnant toute résistance devant la perspective de cette semaine : alors qu’est ce qu’on attend ?
Josh, sans réfléchir la prit dans ses bras : génial !!! (Puis le reposant par terre) excuse moi… bon allons y !
Emy : je te suis !
Ils roulaient depuis un petit moment déjà et ils étaient maintenant en pleine campagne anglaise. Ils n’avaient quasiment pas échangé un seul mot, profitant de cette évasion, et surtout de cette idée de fuite vers l’inconnu. Cependant, Emy remarquait que Joshua jetait souvent des regards furtifs dans sa direction. Au bout de quelques minutes, ce petit manège commença à l’agacer.
Emy : bon, très bien, crache le morceau…
Josh : de quoi tu parles ?
Emy : je parle des regards que tu me lances depuis la sortie de la ville…
Il ne répondit pas et se concentra sur la route… Elle poussa un long soupir.
Emy : pffff tous les mêmes…
Josh : je te demande pardon ?
Emy : quoi ?
Josh : j’ai cru entendre comme une critique…
Emy : j’ai rien dit !
Josh : c’est la vache qu’on vient de dépasser qui vient de sortir « tous les mêmes » avec cette exaspération dans la voix ?
Emy : ah ? Je l’ai dit à voix haute ?…
La star voyant bien qu’elle n’aurait pas de réponse reporta son regard sur la route qui s’étendait à perte de vue. Mais le petit manège recommença, il ne pouvait s’empêcher de déporter son regard du côté passager de temps à autres… La londonienne sentit qu’il allait craquer… Il était obligé de lui dire ce à quoi il pensait... ça faisait bien trop longtemps que ses coups d’œil intempestifs traduisaient sa curiosité. Elle fit mine de ne rien remarquer et posa sa tête contre son bras qui reposait sur la fenêtre.
Il n’y tenait plus et décida de se lancer après un long silence. Mais comment lui poser la question sans provoquer chez la jeune fille une colère justifiée ?... Il trancha pour jouer la carte de l’humour…
Josh, un sourire taquin : tu le mets souvent ?...
Emy : quoi ?
Josh affirmatif: tu sais ...
Emy : non !
Josh : aller…
Emy résignée: non !
Josh : enfiiiiin…
Emy : toujours pas.
Josh, toujours le même petit sourire : ton petit string léopard !...
Emy ouvrit grand la bouche, mi faussement outrée mi amusée. Mais c’est le fou rire qui l’emporta.
Emy : et en plus tu te permets de faire des commentaires sur mes sous vêtements après avoir honteusement fouillé mes placards ???
Josh : croix de bois, croix de fer… ça restera notre petit secret…
Emy : si tu mens, tu vas en enfer ?
Josh : promis ! (Quelques secondes plus tard) alors ?
Emy ne répondit pas… elle s’amusa du regard interrogatif qui ne quittait plus le jeune homme.
Josh, après un long silence pendant lequel Emy crut la discussion oubliée : t’en portes un là ?
Emy lui lança un regard sensuel mais ses lèvres, qui essayaient de cacher son fou rire, traduisaient son amusement par rapport à la situation.
Emy : à ton avis ?
Il la détailla. Un jean enfilé rapidement, un sweat-shirt gris à capuche qu’elle devait mettre lorsqu’elle faisait un footing, les cheveux en bataille… L’air sensuel qu’elle prenait n’était pas suffisant en comparaison de sa tenue…
Josh : j’annoncerai plutôt la couleur « culotte de grand-mère»
Emy explosa de rire : comment oses tu !!!
Josh : j’oserai jusqu’à ce que tu répondes à ma question !
Emy : je n’en ai qu’un et c’est un cadeau de Sarah.
Josh : t’as une amie très attentionnée !
Emy balayant la conversation d’un geste de la main: c’était une blague entre nous, rien de plus.
Il afficha un air satisfait et elle reprit sa rêverie en profitant du paysage.
Emy brisa le silence après quelques minutes : et toi ?
Josh, faussement concentré sur la route : quoi moi ?
Emy : t’as vu mes sous vêtements… tu t’es même servi ! Je mérite que tu me livres le secret du pire sous vêtement que tu possèdes, tu ne crois pas ?
Josh : désolé, mais je n’ai QUE des boxer.
Emy : je te crois pas…
Josh : tu peux vérifier dans mon sac !
Emy : je ne parlais pas de ceux que tu as apportés… mais de ceux que je pourrais trouver dans ta garde robe entière si je m’introduisais chez toi à l’improviste !
Josh : tu serais très déçue !
Emy : allez…
Il ne répondit pas et fit comme s’il n’était plus dans la conversation. Tout à coup, Emy prit le volant des deux mains et tourna brusquement pour obliger le jeune homme à se garer sur le bas côté. Il freina sans réfléchir, mais la voiture arriva tout de même dans le fossé.
Josh, sortant furieux de la voiture, en brandissant les bras : t’es fière de toi ???
Emy, amusée par la situation elle prit tout son temps pour sortir à son tour : plutôt oui… alors tes sous vêtements ?
Josh : un immonde slip beige à carreaux, un vrai truc de grand-père, ça te va ?
Elle explosa de rire devant l’air désespéré du garçon. Il prit du recul face à la situation et bientôt les deux protagonistes se laissèrent aller à leur fou rire, sur le bord de la route déserte.
Josh : et on fait quoi maintenant ?
Emy : tu voulais de l’aventure ? Tu pensais vraiment qu’en roulant le plus loin possible il se passerait forcément quelque chose ???
Josh : tu comptes faire le reste du voyage à pieds ?
Emy : eh ! C’est toi qui a commencé avec mes sous vêtements ! Ne viens pas me mettre ça sur le dos !
Josh : c’était pas mon intention, mais je me dis que miss saturne a peut-être une super idée pour nous sortir de là ! Je te ferais remarquer qu’on a un pneu crevé!
Emy, ne s’arrêtant pas de rire : ne me dis pas que tu ne sais pas changer une roue !
Josh : disons que c’est pas un truc que je fais tous les jours… (Ne voulant pas se montrer ridicule il reprit) En théorie, bien sur, je sais changer une roue… mais en pratique…je préfère appeler SOS dépannage :)
Emy, se tenant toujours les côtes mais le poussant doucement sur le côté pour passer : très bien, laisse faire la pro !
Josh : ah parce que toi par contre…
Emy, le regardant mystérieusement : j’ai des talents cachés…
Et c’est ainsi qu’il passa les minutes suivantes à observer la jeune fille changer la roue. Il était bluffé.
Ils avaient repris la route depuis un bon moment déjà, échangeant quelques paroles, et surtout des sarcasmes qui finissaient la plupart du temps par un rire partagé. Ils arrivèrent à un rond point et le conducteur venait d’en faire un tour complet.
Emy : t’as oublié de sortir…
Il ne répondit pas.
Emy : c’est ton deuxième tour… et t’as pas payé pour un tour de manège supplémentaire, alors choisis une sortie !
Josh pencha le tête du côté, puis d’un autre et fixant toujours le bitume: j’hésite.
Emy : et ben arrête d’hésiter et sors parce qu’on va pas passer la nuit sur ce rond point !
Josh : une suggestion ?
Emy : la première sortie.
Josh : à partir de quand ?
Emy sévère: MAINTENANT !
Il braqua soudainement le volant. (13)
Josh : satisfaite ?
Emy après avoir été légèrement bousculée: un peu de douceur dans ce monde de brutes (14) n’aurait pas été de refus, mais du moment que t’as arrêté de jouer au tourniquet…
Il la regarda avec insistance.
Emy : quoi ? C’est pas de ma faute si t’as pas quitté l’île aux enfants !
Josh : je ne m’abaisserai pas à répondre à ça…
Emy : très bien… alors on pourrait peut-être s’arrêter quelque part pour manger et dormir, non ?
Josh : une envie particulière ?
Emy imitant l’acteur en souriant: j’hésite… Si possible un truc pas cher…
Josh : ça me convient parfaitement… Mise à part que moi, j’ai besoin d’un bon lit.
Emy : oh fais pas ton rabat joie… du moment que tu peux t’allonger, c’est le principal, non ?
Josh : tu crois que j’ai des goûts de luxe ?
Emy : eh ! C’est pas moi qui réclame (prenant la voix du garçon) « un bon lit »
Josh freina brusquement: très bien ! On campe ici !
Emy regardant les alentour : pardon ?
Josh : nan, t’as raison, en bordure de route c’est pas génial.
Il remit le contact, dirigea la voiture vers la prairie la plus proche et s’arrêta là.
Josh : c’est mieux ici ?
Emy : et on mange quoi ?
Josh : t’inquiète pas, j’ai des trucs dans le coffre.
Emy sortit de la voiture et ouvrit le coffre.
Emy : et tu penses pouvoir me faire croire que t’as pas des goûts de luxe ?
Josh : ben, je pars à l’aventure, certes, mais je reste prévoyant…
Emy : du saumon fumé, du pain, et (elle regarda les boissons) du jus de fruit et de l’eau ???
Josh : (Prenant une voix publicitaire) « Boire ou conduire, il faut choisir » et comme je savais qu’on conduirait…
Emy : très bien… et… (Elle ouvrit un autre sac)
Josh : des cookies, oui je sais, c’est pas très diététique… mais c’est la petite faiblesse qui me perdra… (15)
Emy : j’y crois pas, t’as pas de kit de premier secours, tu sais pas changer une roue, c’est même à se demander si tu sais conduire, mais tu penses à la bouffe !
Josh prenant une voix grave: moi homme ! Toi femme, pas pouvoir comprendre !
Emy : très bien Tarzan, aide moi à prendre tout ça, on n’a qu’à s’installer là-bas.
Ils étaient allongés dans l’herbe, repus par leur dîner, ils regardaient les étoiles.
Josh : dis moi, toi qui vois des trucs avec les nuages, t’aurais pas le don de nous faire une séance à la John Nash ?
Emy : Russell Crowe dans « un homme d’exception » ?
Josh : mmh mmh
Emy : j’ai jamais essayé. Mais toi, lance toi !
Josh : très bien. Qu’est ce que tu veux voir ?
Emy : je te laisse trouver ce que tu veux.
Josh, ironique : c’est gentil de me faciliter la tâche…
Emy avec un petit sourire malicieux: pas de quoi !
Il se plongea dans la contemplation de la voûte céleste, à la recherche de formes. Après quelques minutes, il afficha un sourire satisfait.
Josh : très bien, j’ai trouvé !
Emy, se rapprochant de lui pour avoir la même perspective : voyons ça.
Il lui prit la main pour lui pointer les étoiles.
Josh, après lui avoir fait le contour de la constellation imaginée : alors, t’as trouvé ?
Emy : un dinosaure ?
Josh : non.
Emy : un cheval ?
Josh : dis tout de suite que je dessine mal !
Emy : une vache ?
Il la regarda, l’air désespéré.
Emy, ironique : excuse moi mais avec ton imagination débordante, je me mets à ta portée !
Josh : trop aimable…
Emy : bon, sérieusement, c’était quoi ta forme ?
Josh, un grand sourire : Folkor ! (16)
Emy : ahhhhhhhh oui c’est sûr, ça y ressemble parfaitement…
Josh : je sens comme une pointe d’ironie dans ta voix…
Emy explosant de rire : mais non, que vas-tu imaginer…
Ils se replongèrent dans le silence.
Emy : t’es pas comme j’imaginais.
Josh : tu peux éclairer ma lanterne ?
Emy : je sais pas, les gens connus, je les imaginais plus sûr d’eux… tu sais, aucun respect pour les autres, égocentriques, coupés de la réalité, voire
Josh l’interrompant : c’est bon, je crois que j’ai saisi.
Emy : excuse moi.
Josh : c’est juste que… Parfois… On est obligé de se couper de la réalité. Je veux dire, avant j’avais une vie normale, même pas toujours facile, et du jour au lendemain, les filles me courent après, je sors de chez moi avec une file de paparazzi aux fesses, je ne peux même pas promener mon chien sans voir le lendemain des photos de moi dans la presse people. Alors c’est vrai que je peux sembler sans gène parfois, mais sérieusement, quel intérêt d’épier tous mes faits et gestes ?
Emy : ça semble compréhensible, (puis avec un regard moqueur) mais met toi à la place des vraies stars…
Josh souriant: bon, d’accord, j’avoue avoir tout de même pas mal de liberté encore…
Emy : en tous cas, je suis heureuse d’être là avec toi !
Josh : ah oui….
Emy : non non non, ne vas pas imaginer quoique ce soit. C’est juste que tu sembles plus détendu qu’en ville.
Josh : que les paparazzi me collent, je l’accepte, j’ai choisi d’être acteur, je savais à quoi m’attendre, mais je ne supporte pas que mes proches en souffrent. C’est pour ça que je ne suis jamais très détendu dans les lieux publics.
Emy : ça ne doit pas être si dramatique…
Josh : un jour, je faisais du shopping avec ma sœur,
Emy : voyez vous ça…
Josh : oui, disons que je suis une vraie catastrophe lorsqu’il s’agit de m’habiller convenablement… Enfin bref, pour la remercier, j’avais décidé de lui acheter n’importe quelle fringue - enfin dans la limite du raisonnable bien entendu. On était dans les magasins, je l’attendais devant les cabines d’essayage et elle est sortie avec une robe… j’en avais le souffle coupé, elle lui allait vraiment bien.
Emy : et qu’est ce qui s’est passé ?
Josh : je lui ai achetée. En sortant du magasin, des paparazzi m’ont vu et ils nous ont pris en photo.
Emy : et ben, quel est le problème ?
Josh : il n’y avait pas de problème. Sauf que ma sœur a une vie tout à fait normale, je ne tiens pas à ce qu’elle se fasse importuner par qui que ce soit. Mais une fois dans les magazines, tu perds ton anonymat, n’importe quelle fan pouvait la reconnaître et l’ennuyer plus tard. Je ne veux pas que ma célébrité la touche, je ne veux pas que mes fans aillent déranger ma famille.
Emy : ça peut se comprendre. Et qu’est ce que t’as fait ?
Josh, un peu honteusement : j’étais dans une colère monstre. J’ai traversé la rue, je suis allé voir le paparazzi et je lui ai bousillé son appareil.
Emy : et ben, t’y es pas allé de main morte!
Josh : je ne suis pas très fier de ce que j’ai fait. Mais j’assume mes responsabilités, mes proches n’ont pas à assumer mes choix.
Emy se leva : viens ! Lève toi !
Josh : quoi ? Qu’est ce que tu veux faire ?
Emy : tu verras !
Josh, se levant : mais tu veux pas camper ?
Emy déterminée: plus tard !
Elle se dirigea vers la voiture, entraînant l’acteur qui portait le pique nique.
Josh : je peux savoir où on va ?
Emy : non.
Elle monta du côté conducteur.
Emy : passe moi les clés.
Josh : tu crois sérieusement que je vais te laisser conduire ma voiture ?
Emy : t’inquiète pas, je conduis mieux que toi.
Il ne prit pas la peine de répondre et avec un air de fausse exaspération lui tendit les clés.
Emy : t’inquiète pas, ça va bien se passer.
Josh : comment tu peux affirmer une chose pareille ?
Emy : tu as confiance en moi ?
Josh, après une seconde d’hésitation : oui…
Emy, mettant le contact : alors on y va !
Emy roulait à vive allure.
Josh : tu pourrais pas conduire plus prudemment ?
Emy : non.
Josh : pourquoi t’as l’air si pressée ?
Emy : je suis sous l’emprise du sentiment de carpe diem…
Josh : tu veux nous tuer ?
Emy : non, j’ai envie que tu t’évades, que tu ne penses plus à toute cette emprise de la presse… et pour ça, je ne connais qu’un seul moyen…
Josh : Emy, dis moi où tu m’emmènes.
Emy : non, tu voudrais descendre…
Le garçon se fit une raison, il s’enfonça dans le fauteuil, croisa les bras et regarda le paysage plongé dans la nuit. Quinze minutes plus tard ils arrivèrent à la bordure d’une ville.
Josh : ne me dis pas que tu m’emmènes en ville alors que je viens de te dire que je ne raffolais pas des endroits publics…
Emy le regarda du coin de l’œil : aie confiance en moi.
Josh : c’est toi qui me dis ça !
Emy : qu’est ce que tu veux dire ?
Josh : tu ne fais confiance à personne et dieu seul sait pourquoi! Tu mets une barrière entre toi et les gens. Je suis persuadé que tu te méfies même de ton ombre !
Emy freina instantanément, gara la voiture sur le bas côté et descendit du véhicule. L’acteur la rejoignit.
Josh : qu’est ce qui se passe ?
Emy : tu ne veux pas y aller, très bien ! Je prend l’air cinq minutes pour me calmer et on fait demi tour, puisque c’est ce que tu veux !
Josh : mais pas du tout ! Je croyais que depuis le départ, on ne discutait qu’en s’échangeant des piques, je n’ai fait que suivre nos règles implicites de communication !
Emy : non, là tu as dépassé les bornes des limites… Maurice ! (17)
Josh, incrédule : quoi ?
Emy un air froid et sévère : je voulais te libérer, que tu oublies qui tu étais ne serait ce que quelques minutes. Mais toi, tu as préféré mettre le doigt où ça fait mal. Tu ne me connais pas et je t’interdis de me juger !
Josh : à qui la faute si je te connais pas !!!! (Il regarda par terre et soupira. Après quelques secondes de silence, il releva la tête) excuse moi, je n’avais pas conscience de… je voulais pas…
Emy, les bras croisés, ne disait rien. Joshua vint se placer devant elle, mit ses mains sur les épaules de la jeune fille et la regarda dans les yeux.
Josh : je te présente mes excuses si je t’ai blessée Lana.
Emy sourit : je m’appelle Lana maintenant ?
Josh : non pourquoi ?
Emy : tu viens de m’appeler Lana.
Josh : je voulais dire Emy.
Emy : non, c’est très bien. Pour ce soir, je m’appelle Lana.
Josh : très bien …
Emy reprenait le chemin de la voiture. Il l’arrêta.
Josh : avant qu’on reparte, je veux que tu répondes à une question, une seule.
Emy : je n’aime pas le verbe « vouloir » comme je n’aime pas les ordres…
Josh : pourquoi tu te protèges tant des autres ?
Emy baissa les yeux. Il lui prit le menton et la força à le regarder dans les yeux.
Josh : aie confiance en moi.
Emy : désolée.
Elle se dégagea du garçon et continua sa marche vers la voiture. Il la rattrapa et lui prit la main pour y déposer ses clés.
Emy : qu’est ce que tu fais ?
Josh, passant le bras autour des épaules de la jeune fille tout en continuant à marcher : et bien ma chère Lana, tu m’as promis une soirée d’évasion, je te suis !
Elle sourit, le regarda avec tendresse et passa du côté conducteur. Le véhicule se dirigea vers la ville.
Josh : dis moi, tu vas changer encore souvent de nom ? Nan je dis ça, c’est juste pour que je m’y fasse, ça me dérange pas !
Emy : alors ne pose pas de question si la réponse t’est égale !
Il resta scotché, que pouvait-il répondre à ça ? Il attendit patiemment de voir où la jeune fille l’entraînait.
La radio du véhicule indiquait 23h42 lorsque Emy arrêta la voiture en ville, après avoir tourné un bon moment. Elle sortit de la voiture, fit le tour pour arriver du côté passager alors que Joshua ne sortait pas. Elle ouvrit sa porte.
Josh, incrédule : un karaoké ??? Dis moi que c’est une blague ? Ou plutôt que je rêve ? Ou n’importe quoi mais dis moi que c’est pas vrai !!!
Emy, lui prenant la main et le tirant pour le faire sortir : aller !!! Fais moi confiance…
Josh : je veux bien, mais je n’ai aucune envie de voir ma photo dans l’édition de demain du journal local. Je vois déjà le titre : « Joshua Jackson aurait-il envie de se reconvertir dans la musique » ?
Emy : arrête un peu avec ça. Je suis persuadée que personne ne te connaît ici…
Mais à cet instant, quelqu’un vint les interrompre alors que la star, qui avait repris ses clés, fermait la voiture.
Jeune fille : excusez moi monsieur Jackson, je peux avoir un autographe ?
Josh leva un sourcil, puis à Emy : tu disais ?
Emy ne répondit pas et se contenta de lever les yeux au ciel.
Josh à sa fan : oui bien sûr. (En signant) tu veux une photo aussi ?
Jeune fille : ça ne vous dérange pas ?
Josh, tendant le téléphone portable de la jeune fille à Emy avec un grand sourire: mais non, c’est avec plaisir.
La jeune fille partit après qu’Emy lui ait rendu son appareil.
Emy : très bien, je me suis trompée. Mais elle ne t’a pas harcelé, elle était bien plus gênée que toi !
Josh : attends qu’elle raconte à ses amis que je suis de passage en ville…
Emy : arrête d’être parano !!! Et de toutes façons, tu n’échapperas pas au karaoké !
Josh : mais je sais même pas chanter !!!
Emy : c’est pas ce qui est écrit dans ta biographie…
Josh : d’où tu connais ma biographie ?
Emy : j’ai fini par la lire, après que tu m’aies retrouvée…
Josh : on aura tout vu !!!
Ils entrèrent dans le karaoké.
Josh : oh non, je cauchemarde…
Emy : mais non, on va bien s’amuser !
Josh : facile à dire, t’es chanteuse !
Emy : et toi acteur ! Dis toi que c’est un rôle ! Et comment tu fais quand tu dois chanter dans un film ?
Josh : on me coupe au montage…
Ils s’installèrent à une table.
Josh : tu bois quoi ?
Emy : un soda. Et toi ?
Josh : une tequila.
Emy : sérieusement !
Josh : oh crois moi, je suis très sérieux. Si tu veux que je chante, il va falloir me faire boire avant.
Emy : pas question. Boire ou conduire…
Josh : c’est toi qui conduis.
Emy : hors de question !
Josh : quoi ?
Emy : j’ai conduis pour venir, et si le seul moyen pour que tu ne boives pas c’est de te faire conduire, alors tu conduiras au retour !
Josh : très bien, très bien… une bière, j’ai droit ?
Emy acquiesça. La serveuse arriva à leur table.
Serveuse : bonsoir, vous prenez quoi ?
Josh : une bière blonde et…
Emy : un soda.
La serveuse : très bien. (Elle leva la tête pour voir les deux personnes) oh ! Joshua Jackson ?
Il regarda Emy.
Emy : non, son sosie !
Il la regarda comme s’il venait de s’étouffer.
Serveuse : oh ! C’est dingue comme vous lui ressemblez !
Josh : oui, on me le dit tout le temps… son frère jumeau !
Serveuse : exactement !
Josh : vous voulez un autographe ? Une photo ?
Serveuse : non ça ira… je vous apporte vos boissons tout de suite.
Emy : merci.
Le garçon regarda Emy avec attention.
Emy : quoi ?
Josh : non rien. Tu m’étonnes, c’est tout !
Emy : me dis pas que tu ne t’es jamais fait passer pour ton sosie ?
Josh : à vrai dire, non !
Emy : pas étonnant que tu te plaignes !
Josh : je ne me plains pas, je critique la presse, nuance…
Emy : mouais… bon alors (elle ouvrit la carte contenant la liste des chansons) qu’est ce qu’on va chanter…
Josh : ce que tu veux !
Emy : mets y un peu du tien…
Josh soupirant: très bien, montre moi ça…
Après quelques instants Joshua sortit la tête de la carte avec un franc sourire qui fendait son visage…
Emy : d’accord, crache le morceau…
Josh : avant, promet moi d’accepter, même si ce n’est pas ton genre…
Emy : d’accord
Josh : promet moi que tu y mettras du cœur à l’ouvrage…
Emy : j’ai peur…
Josh : dis moi que tu te donneras à fond…
Emy : c’est bon, quel est le châtiment pour t’avoir traîné ici ?
Le garçon lui pointa avec fierté son choix sur la carte.
Emy, incrédule: I feel good? (18)
Josh: parfaitement!
Emy: cette chanson est géniale, je dis pas le contraire mais tu conviendras que c’est à l’opposé de
Josh la coupant : à l’opposé de ton répertoire ? Oui je sais, mais une vraie chanteuse relève ce genre de défi
Emy : parce que tu crois que je me dégonflerais ?
Josh, faisant la moue : j’aurais pas dit ça comme ça, mais bon puisque tu le dis…
Emy le prit par la main et le traîna sur la piste : très bien, on va voir lequel de nous deux en a le plus dans le pantalon…
Josh : sans vouloir te vexer, je pense pouvoir m’avancer sur la réponse…
Emy : je parlais au sens figuré…
Josh : oh dans ce cas…
Ils se déchaînèrent sur la chanson, le garçon entraînant Emy pour quelques pas de danse, il fit le clown ce qui plongea la jeune fille dans un fou rire incontrôlé mais l’acteur ne perdit pas sa concentration et acheva fièrement la chanson en se trémoussant au côté de la jeune fille. Durant le reste de la soirée, ils eurent l’occasion de renouveler l’expérience et l’acteur ne se fit plus prier, cette soirée l’amusa beaucoup et il retrouva la légèreté de sa période « pré célébrité ».
Josh, sortant du pub-karaoké suivi d’Emy : alors on fait quoi maintenant ?
Emy : on avait pas dit qu’on irait camper ?
Josh : si mais il est tôt, non ?
Emy : on peut se faire un ciné !
Josh : non, je préfère encore aller camper.
Emy, levant les bras au ciel en allant à la voiture : pire qu’une femme !
Et c’est ainsi qu’ils repartirent vers le lieu où ils avaient dîné. Ils discutèrent longtemps avant de trouver le sommeil. Au petit matin ils étaient allés prendre un copieux petit déjeuner en ville avant de reprendre la route. Ils s’arrêtaient dans des petites villes anglaises – ou étaient-ce des villages ? – rencontrant des gens sur leur passage, s’amusant comme deux enfants libres et sans préoccupation. Les jours passaient, une complicité s’était installée entre eux, ils se disputaient parfois sur des sujets divers, mais Emy découvrait un autre Joshua Jackson, un garçon simple qui avait laissé derrière lui les tourments de la célébrité. Vendredi arriva, ils étaient déjà sur le chemin du retour et discutaient dans la voiture.
Josh : Emy, je tiens à te remercier pour cette semaine.
Emy : c’est toi qui as voulu prendre l’air, je n’ai été que ton cicérone.
Josh : et bien merci d’avoir été ce guide, cette semaine a été libératrice, ça m’a vraiment fait du bien.
Emy : c’était le but recherché.
Ils se sourirent et continuèrent à discuter de choses et d’autres jusqu’à leur arrivée à Londres.
Josh, après s’être arrêté au pied de l’immeuble de la jeune femme : bon et ben… à la prochaine !
Emy : tu n’essaies plus de savoir quand on se reverra ?
Josh : si j’ai appris une chose cette semaine, c’est bien que ce genre de question est dérisoire… je te trouverai quand tu en auras envie…
Emy : je pensais aller voir Charles et Sarah tout à l’heure…
Josh, moqueur : ohhh je te manque déjà ?
Emy : t’emballe pas, c’est juste si tu as envie de sortir, comme tu ne connais pas grand monde… (Après une pause de réflexion) ce n’est que de la pitié !
Josh : trop aimable
Emy un petit sourire en coin : je sais ! (Elle claqua la portière de la voiture)
Josh baissa la vitre du côté passager : à tout à l’heure !
Emy se retourna sans cacher un petit sourire au coin des lèvres puis s’engouffra dans son immeuble.
Il arriva dans le quartier de Soho après avoir garé sa voiture. Il prit son sac sur l’épaule et marcha en regardant les pubs qui commençaient à se remplir des travailleurs tout juste libérés de leur journée. Il arriva enfin chez lui et s’affala sur son canapé. Il prit son téléphone et avec un sourire prononcé composa le numéro de sa sœur. La jeune fille répondit sans lui laisser le temps de parler.
Aisleigh : une semaine !!!! Ça fait une semaine que j’ai pas de nouvelles ! Tu me mets ton chien sur les bras et tu disparais !
Josh : moi aussi ça me fait plaisir de t’entendre !
Aisleigh : t’es parti te marier à Las Vegas ? T’as perdu la parole ? T’as eu un accident et ton amnésie ne concernait que mon numéro de téléphone ?
Josh : j’ai juste pris quelques jours de vacances, j’ai voulu me couper du monde, ça te va ?
Aisleigh , de la déception dans la voix : oh ! C’est beaucoup moins passionnant que les scénarii que j’ai eu le temps d’élaborer.
Josh, amusé : bon, et comment ça va ?
Aisleigh : bien ! J’ai déjeuné avec maman ce midi, elle a proposé de garder Shumba, mais comme elle travaille, je me suis dit qu’il se sentirait seul.
Josh : merci, c’est sympa.
Aisleigh : oh mais je suis persuadée que tu vas te montrer très reconnaissant !
Josh : les femmes sont toujours intéressées…
Aisleigh : en parlant d’intérêt, c’était quoi ces vacances improvisées ?
Josh : tu te souviens de la fille dont je t’ai parlé ?
Aisleigh : elle te collait trop alors t’as pris la fuite ?
Josh, faussement exaspéré : non !... je suis parti avec elle.
Aisleigh, enthousiaste : ohhhh ça devient croustillant!
Josh : ce n’est qu’une amie.
Aisleigh : c’est à moi que t’essaies de faire croire ça ?
Josh : je t’assure ! Il ne s’est rien passé.
Aisleigh : toute une semaine ? Avec elle ? T’as perdu ton sex appeal ? Tu as subitement hérité du strabisme de grand-père ?
Josh : ahah, continue comme ça et je vais me montrer beaucoup moins reconnaissant quand je rentrerai…
Aisleigh : ben qu’est ce qui s’est passé pour qu’il ne se passe rien ??? T’es capable de mettre une fille dans ton lit après quelques heures et là, après toute une semaine t’as même pas réussi à l’approcher ???
Josh : avec elle, c’est différent.
Aisleigh : si tu le dis… bon, Kevin m’attend, on va à un concert ce soir… oublie pas d’appeler maman, elle aimerait bien avoir de tes nouvelles.
Josh : ok, bonne soirée !
Aisleigh, en raccrochant : à plus tard !
Emy était sur le chemin pour aller voir Charles lorsqu’elle rencontra Sarah au croisement de Shaftesbury avenue et Wardour street.
Sarah : Emy ! Qu’est ce que tu fais là ?
Emy : je vais voir Charles, et toi tu travailles pas ?
Sarah : juste ce soir.
Emy : et t’allais où ?
Sarah : voir Charles…
Emy, prenant Sarah par le bras : et bien repoussons notre visite et allons prendre un café au starbucks !
Sarah, sans répondre, suivit son amie. Elles s’installèrent au café se trouvant en face de l’Apollo Theatre et prirent la table avec les deux fauteuils près de la fenêtre.
Sarah : alors, comment c’était ?
Emy : intéressant.
Sarah, penchant la tête en soupirant : tu pourrais être moins énigmatique parfois ?
Emy : déconcertant.
Sarah, le regard suppliant :…
Emy : dépaysant
Sarah, lui jetant une touillette : crache le morceau !!!
Emy : je suis heureuse de t’avoir écoutée, c’est un mec très sympa
Sarah : très sympa, très sympa, t’as pas d’autres qualificatifs ?
Emy : mais qu’est ce que tu veux que je te dise ???
Sarah : tu le revois quand ?
Emy : j’en sais rien (elle approcha la tasse de ses lèvres et regarda son amie par-dessus) peut-être tout à l’heure
Sarah, qui était en train de boire, faillit s’étrangler : il te manque déjà ?
Emy : absolument pas, arrête d’extrapoler ! Je lui ai juste dit que je passerai sûrement la soirée au Waxy, et le connaissant, je pense qu’il viendra voilà tout !
Sarah : peut-être, mais il y a une semaine, tu ne lui aurais jamais dit où tu passerais la soirée !
Emy, sans relever : tu sais très bien ce que j’en pense. Mes sentiments n’ont pas changé depuis la semaine dernière…
Sarah, levant les yeux au ciel : t’es exaspérante !
Emy ne releva pas cette remarque : et toi ? Vous en êtes où avec Charles ?
Sarah : ça va très bien… J’ai passé la nuit chez lui.
Emy : oh ben ça va plus que très bien alors !
Sarah : disons qu’il n’y a aucun problème !
Emy : m’en voilà ravie ! Charly est vraiment adorable.
Sarah, rêveuse : oui
Emy : amoureuse ?
Sarah : peut-être…
Emy : tant mieux !
Sarah : tu joues ce soir ?
Emy : ben oui !
Sarah : très bien !
Emy : bon, on y va ?
Sarah : je te suis !
C’est avec plaisir qu’Emy retrouva son ami, elle raconta sa semaine au couple qui parfois échangeait un regard complice, sous le regard bienveillant et amusé de la jeune fille. Une heure après, les trois compères allèrent au Waxy, Sarah prit son service et Emy monta sur scène.
Emy : bonsoir à tous
Will et les autres habitués, applaudissant et sifflant : bonsoir !!!
Emy : moi aussi je suis ravie de vous retrouver. Je vois que mon remplaçant avait un piano… (Puis avec de l’humour et de la complicité dans la voix) c’est beaucoup plus classe que ma guitare… (Elle fit une pause) Y a-t-il quelqu’un dans la salle qui saurait jouer mon répertoire au piano ?
Son regard balaya la salle et se posa sur son ami Charles, qui s’était laissé glisser sur sa chaise pour se faire tout petit.
Emy : voyons Charly, ne fais pas ton timide… Tu as pris ta soirée, il faut bien que ça serve à quelque chose !
Charles, amusé : je ne voudrais pas te voler la vedette
Emy, regardant Will et les autres, répondit d’un air entendu : pas de risque, aller viens poser ton popotin derrière ce piano…
Charles se leva et à l’assemblée : il vaut mieux lui obéir, elle est pas toujours commode… (Il s’installa)
Emy, amusée : je ne te permets pas !
Charles : au lieu d’ergoter, nous ferions mieux de jouer…
Les habitués, applaudissant : ouais !!!!
Emy : très bien ! Pour profiter de la présence du piano, je vous propose… (Elle échangea un regard avec son pianiste) un peu de Norah Jones…
Charles, chuchotant pour Emy : très bonne idée !
Emy : je sais que ce sont les seules chansons que tu connaisses !
Charles se contenta de lui sourire. Les premières notes du piano résonnèrent, Emy l’accompagna de sa guitare et sa voix s’ajouta à la mélodie de Come away with me. Comme tous les soirs, la magie opéra et l’assemblée fut subjuguée jusqu’à la fin, autant par le choix du répertoire musical que par la complicité des deux amis réunis sur scène. Souvent la jeune fille avait jeté un coup d’œil vers la porte mais l’atmosphère était si conviviale que son esprit s’était reporté rapidement sur le déroulement de la soirée.
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Samedi matin, comme à son habitude, Emy ouvrit les yeux avec les rayons du soleil perçant ses volets en bois qu’elle s’était plue à repeindre en mauve. Ça faisait une semaine qu’elle n’avait pas dormi chez elle et elle observait son appartement. En face d’elle, un petit miroir à la forme indéfinie qu’elle avait fait à son arrivée en récupérant un cadre trouvé à une brocante. A côté, sur un petit meuble contenant quelques unes de ses affaires, reposait un vase difforme dans lequel avait fané la rose offerte par l’acteur une semaine auparavant. Sur ses murs, elle s’était amusée à peindre de manière caricaturée les personnes qu’elle connaissait et qu’elle avait rencontrées lors de son année en Afghanistan en 2003, juste avant d’emménager à Londres. Elle avait récemment ajouté Charles avec un fish & chips posé dans une assiette qu’il tenait en équilibre sur la tête et Sarah en tenue de travail faisant une grimace. Ces personnes tracées en noir sur un mur jaune pâle lui rappelaient qu’elle n’était pas seule. Dans la salle de bain qu’elle avait voulu bleue, elle avait opté pour un décor marin. De son lit, dont l’épaisse couette couleur framboise recouvrait les pieds, elle regarda son salon. Lui aussi avait une allure un peu fantaisiste. Un hamac accroché près de la fenêtre lui permettait de lire en regardant la pluie tomber ou le soleil rayonner. Une petite table en bois qu’elle avait immédiatement repeinte lorsqu’elle en avait pris possession séparait deux fauteuils si vieux qu’on s’y enfonçait comme dans du coton. Mais impossible de connaître leur allure, la jeune fille avait posé un draps jaune et framboise dessus afin d’apporter un peu de couleur et d’être assortis aux murs que Charles l’avait aidé à repeindre l’été précédant. Après ce réveil en douceur, la jeune fille décida de se lever. Elle prit son téléphone posé sur sa table de chevet, qui n’était autre qu’une malle en bois renfermant probablement un trésor dont elle seule avait le secret, et à la vue de l’heure avancée, elle se hâta de se préparer.
Comme à son habitude, elle retrouva Charles qui était déjà à la tâche et s’installa à sa table. Le jeune homme n’eut pas le temps d’accompagner Emy pour son thé, une clientèle d’habitués ne cessait d’arriver. Elle écrivait depuis deux bonnes heures déjà lorsqu’elle sentit une main se poser tendrement sur sa nuque, puis un souffle chaud lui frôla le cou avant de sentir un baiser sur sa tête. Une rose tomba sur ses notes et Joshua Jackson s’assit en face d’elle.
Emy s’attendait à ce qu’il parle en premier mais il restait muet en affichant un sourire taquin. Après avoir pris la rose pour la sentir et apprécier la douceur des pétales, elle releva les yeux et regarda le garçon.
Emy : alors t’es pas venu hier soir ?
Josh perdit son sourire : euh… non. J’étais avec euh… (Il se racla la gorge) une amie.
Emy : t’as passé une bonne soirée alors ?
Josh, cachant un air gêné : oui oui… et toi ?
Emy : Charly m’a accompagné au piano, le concert était vraiment sympa.
Josh : j’en suis ravi ! Tu fais quoi ce soir ?
Emy : je travaille…
Josh : et demain soir ?
Emy : idem
Josh : et
Emy : je travaille aussi.
Josh : tu m’en veux de ne pas être venu ?
Emy : non pourquoi ? Je devrais ?
Josh : non, absolument pas, enfin je sais pas. Tu crois que tu devrais ?
Emy : mais qu’est ce que t’as aujourd’hui ?
Josh : rien. (Après un court silence) Je suis désolé de ne pas être venu hier soir.
Emy : mais t’es libre de faire ce que tu veux ! On dirait que t’as quelque chose à te reprocher…
Josh : euh… non.
Emy, continuant : tu sais, t’as le droit de faire ce que tu veux… avec qui tu veux… et quand tu veux…
Josh : c’est bon, j’ai compris le message…
Emy, fermant le cahier dans lequel elle écrivait, les yeux brillant de curiosité : alors raconte !
Josh, déstabilisé : que je te raconte quoi ?
Emy déconcertée: ben ta soirée !
Josh : j’ai rien fait de spécial.
Emy : ben tu viens pas de dire que t’avais vu une amie ? Enfin si ça te gène, me raconte pas, je veux pas être indiscrète
Josh : ça me gène pas du tout… mais pourquoi t’es si curieuse d’un seul coup ?
Charles passant à côté à ce moment là : Emy ? Curieuse ? C’est dans sa nature !
Emy : merci Charly…
Charles, reprenant sa route : pas de quoi !
Josh : bon, alors pourquoi tu veux pas qu’on se voit ce soir ?
Emy : je te l’ai dit ! Je travaille!
Josh : mais tu peux prendre ta soirée !
Emy : très bien, tu veux que je sois franche ? Je vais l’être. Notre petite escapade de cette semaine était vraiment géniale, mais j’ai des factures à payer, et j’ai fait quelques écarts tout au long de cette semaine, alors je ne peux plus me permettre de prendre mes soirées. Je suis désolée.
Josh : mais je t’ai souvent proposé de t’inviter !
Emy : je sais, mais je suis comme ça ! Mes amis n’ont pas à m’inviter à chaque fois qu’on sort, même s’ils ont plus d’argent que moi ! Même si on avait été en couple je ne t’aurais pas permis de m’inviter.
Josh : qu’est ce que l’hypothèse que nous formions un couple vient faire dans cette histoire ?
Emy : euh… rien… je disais ça comme ça. Bon, on va pas se disputer quand même !
Josh : non je déteste m’engueuler avec mes amis
Emy : moi aussi. Alors, tu m’en parles ou pas de cette fille !
Josh amusé: tu lâcheras pas le morceau hein ?
Emy intriguée: non ! Aller, déballe…
Josh : elle est styliste, elle s’appelle Hannah et on s’est bien connu il y a quelques semaines.
Emy : et vous n’êtes plus ensemble ?
Le garçon affichait un air interrogatif
Emy : oh aller ! « Bien connu » c’est une façon élégante de dire que vous couchiez ensemble quand vous n’aviez personne d’autre…
Josh : oui… bon… et bien… on n’a jamais vraiment été ensemble, elle m’accompagnait quand j’avais des soirées, c’est une bonne amie, rien de plus.
Emy reprenant son carnet, l’air de rien: et bien ce rien de plus te fait des cernes…
Joshua la regarda, elle leva les yeux sur lui et ils explosèrent de rire.
Josh : bon, je vais te laisser travailler.
Emy : oh, y aurait-il les simpsons à la télé ?
Josh, se levant : exactement !
Emy, complice : d’accord, à la prochaine !
Josh : peut-être à ce soir ?
Emy : peut-être oui.
Quelques instants après, Sarah entra.
Emy : mais c’est un défilé aujourd’hui ?
Sarah : qu’est ce qui se passe ?
Emy : non, rien, c’est juste que Josh vient de passer.
Sarah : preuve en est cette magnifique rose !
Emy : oui, on est samedi.
Sarah : tu dis ça de façon naturelle, comme si c’était une évidence ! Pourquoi il t’offrirait une rose le samedi ?
Emy : parce qu’on s’est rencontré un samedi…
Sarah : oh c’est adorable.
Emy : ouais ouais…
Sarah : t’as un cœur de pierre.
Emy : c’est pas ça mais… je veux juste qu’il arrête de se faire des idées.
Sarah : des idées comme… tu aurais aimé qu’il vienne hier soir et c’est pour ça que tu jetais des coups d’œil intempestifs vers la porte ?
Emy : absolument pas !!! Mais oui, ce genre d’idée. C’est juste que c’est pas mon type. Il est super sympa mais je ne veux pas qu’il espère plus d’une amitié.
Sarah : et tu lui as dit ?
Emy : oui.
Sarah : et bien dans ce cas, t’as rien à te reprocher ! (Elle se lève) aller viens, on va faire un tour.
Emy (rassemblant ses affaires étalées sur toute la table) : et on va où ?
Sarah : on est samedi, et le samedi c’est shopping !
Emy : ohhh non, très peu pour moi !
Sarah : t’es pas obligée d’acheter quelque chose, tu n’auras qu’à me conseiller !
Emy : d’accord, d’accord
Sarah, qui venait d’arrêter Charles sur son passage : salut beau blond ! On se voit au déjeuner ?
Charles, après l’avoir embrassé : non, je suis pris pour le déjeuner, mais je viens te voir ce soir.
Emy : tu es pris ? Et qu’est ce que j’aurai fait moi si j’étais restée ?
Charles : t’aurais mangé toute seule comme une grande !
Emy : ahah, très drôle. (À Sarah) on y va ?
Sarah : on est partie !
Charles : à tout à l’heure !
Elles lui firent un signe de la main et disparurent dans la rue.
L’acteur déambulait dans les rues se demandant pourquoi il se sentait mal vis-à-vis d’Emy. Après tout elle avait parfaitement raison, il faisait ce qu’il voulait avec qui il voulait, il était libre. Pourtant le fait d’avoir agi ainsi la nuit dernière lui donnait un sentiment bizarre, il avait peur de décevoir la jeune fille d’une certaine manière, en se montrant comme tous les autres hommes, se satisfaisant des histoires d’un soir. Une petite voix intérieure le rassura en lui murmurant « de toutes façons, on n’est pas ensemble et il y a peu de chance qu’on le soit un jour ». Il retrouva le sourire, se sentit plus léger et rentra chez lui pour travailler un peu.
Sarah et Emy arrivèrent à la station Camden Town et déjà une certaine effervescence emplissait l’atmosphère. Les gens allaient et venaient, des gens de toutes générations, de tous milieux, de toutes origines et de tous styles : des punk, des gothiques, des rock, des mamies anglaises avec leur chapeau rose, des jeunes vêtus du style bohémien. Les deux jeunes filles affectionnaient particulièrement cet endroit de Londres qui offrait comme un échantillon de tous les continents. Elles arrivaient au bout de la rue et le marcher grouillait de monde. Emy courrait d’un étalage à un autre, comme une petite fille. Elle n’était pas venue depuis si longtemps qu’elle avait l’impression de redécouvrir les étalages. Un sentiment étrange s’empara de la jeune fille. Cet endroit extraordinaire était comme un appel au voyage. Tout à coup elle ressentit comme un besoin d’évasion. Elle repensa à ses amis d’Afghanistan, aux gens qu’elle avait aidés. Elle avait un besoin, plus qu’une envie, de partir à l’aventure, de découvrir de nouveaux espaces. Mais elle s’était installée à Londres et s’obligea à penser à autre chose. Un marchant de bijoux avait étalé ses trésors à côté d’une exposition de photos. Un peu plus loin un marchand de vêtements leur faisait signe. Sarah s’amusa du comportement de son amie et entreprit de s’acheter quelques habits. Emy s’amusait à essayer tous les chapeaux les plus grotesques alors que Sarah s’essayait au style mongolien ou tibétain. Elles se réjouissaient à défiler dans des accoutrements insolites. Sarah s’acheta des t-shirt, pulls et pantalons de couleurs excentriques. Emy se calma tout de suite, émerveillée devant un manuscrit relié en cuir qui se fermait par une ficelle : un vrai journal de bord.
Emy : je partirais en voyage rien que pour avoir le bonheur d’écrire dedans, de raconter plein d’aventures extraordinaires de… (Elle s’arrêta net de parler.)
Sarah : quoi ?
Emy : le prix aide vite à redescendre sur terre.
Sarah : quarante deux livres ??? Mais c’est du vol !!!
Emy, entraînant son amie : aller viens, allons voir les bouquinistes, ils ont d’autres aventures à nous faire découvrir…
Au milieu de ce marcher hétéroclite se trouvait un pont en bois protégé par un saule pleureur.
Emy : j’aime cet endroit.
Sarah : moi aussi.
Emy : et si on allait se prendre un casse croûte au starbucks ?
Sarah : bonne idée !
Elles traversèrent le pont, gravirent les quelques marches et arrivèrent au café.
Après quelques heures passées à vagabonder dans ce gigantesque marcher, elles décidèrent de prendre le chemin du retour. Elles rejoignirent Charles à son travail.
Charles : alors, comment s’est passé cette journée shopping ?
Emy : super bien ! Sarah a fait tourner les cœurs de tous les marchands !
Charles : ah oui…
Sarah : j’ai juste refait ma garde robe !
Charles à Emy: et toi, t’as rien acheté ?
Sarah : non, elle a vu un journal en cuir, vraiment beau mais il était un peu cher…
Emy, affalée sur la table : mouais…
Sarah, tout sourire, lui posa le carnet sur la table. Instantanément, les yeux d’Emy s’illuminèrent d’étoiles.
Emy : j’y crois pas !!!! Mais comment… quand ?...
Sarah : j’ai mes petits secrets et un certain talent !
Emy : mais… oh j’y crois pas !!!!
Sarah : et ben tu peux, il est à toi !
Emy : mais… oh je peux pas le croire !!!
Elle tournait et retournait le précieux cadeau dans tous les sens.
Emy : Oh je te promets que j’écrirai une histoire révolutionnaire ! Je raconterai une histoire tellement bouleversante que tu ne regretteras pas de me l’avoir offert !
Sarah : T'inquiète pas, c'est un cadeau, fais-en ce que tu veux. Je te souhaite de t'évader avec les choses que tu aimes.
Josh arriva et s’assis à leur table: j’ai raté quelque chose ?
Charles qui visiblement de comprenait pas l’hystérie de son amie: Sarah a offert quelque chose à Emy, ce qui l’a mis dans un état d’extase, mais à par ça, nan t’as rien loupé !
Josh : hé bien !
Emy à Josh: mais j’ai une excuse ! Regarde un peu ça !
Elle lui mit le journal en cuir dans les mains.
Josh : c’est vrai que ça donne envie de partir rien que pour y écrire quelque chose !
Emy : c’est exactement ce que je lui ai dit
Josh : on repart quand tu veux !
Emy rangeant le carnet dans son sac: non, ça ira… je trouverai autre chose à écrire
Josh : comme tu veux !
Charles avait pris une pause pour rester un peu avec Sarah ; Emy et Josh s’étaient installés avec leur boisson et tous les quatre passèrent une bonne partie de la fin de l’après midi de ce samedi 14 mai ensemble comme un vieux groupe d’amis. Charles et Sarah avaient accueilli la star bien plus vite qu’Emy, qui ne voyait là qu’une façon pour le garçon d’être proche d’elle. Elle concevait encore parfois difficilement que Joshua s’entende aussi bien avec ses amis, mais la plupart du temps, le sentiment de créer une famille à eux quatre était si rassurant qu’elle oubliait vite son animosité. Les heures passèrent, Charles avait repris son service depuis longtemps, Sarah était partie travailler à son tour et Emy n’allait pas tarder non plus à se préparer pour chanter.
Josh : je dois retourner à Los Angeles pour le travail.
Emy : un tournage ?
Josh : possible, je ne sais pas encore. Il y a une soirée à laquelle je dois assister, et puis je n’ai pas vu mes potes depuis longtemps, sans compter ma famille…
Emy : monsieur Joshua Jackson aurait-il le mal du pays ?
Josh : c’est pas ça… C’est que… Oui, bon d’accord, je suis accro au sirop d’érable !
Emy : j’en étais sûre ! Comment un canadien - américain survivrait-il sans pancakes baignant dans du sirop d’érable !
Josh : mais je ne pars pas longtemps.
Emy : pourquoi tu me dis ça ? Je suis pas ta femme et encore moins ta mère ! Et à ce que je sache, c’est là-bas que t’habites…
Josh : je sais, c’était juste histoire de dire que je reviendrai.
Emy : et quand bien même tu ne reviendrais pas, ce n’est pas pour autant qu’on perdrait contact ! Tu as mes coordonnées et si je suis de bonne humeur, je te répondrais !
Josh, taquin : je vois que je vais te manquer !
Emy, rentrant dans son jeu : cruellement ! Et tu pars quand ?
Josh : demain.
Emy : et tu ne sais pas si tu vas jouer dans un film ?
Josh : non, je dois voir mon agent. Ça ne tient pas qu’à moi de travailler ! Enfin, presque.
Emy : je vois ! (Elle rassembla ses affaires et se leva) Bon écoute, il faut que j’y aille, sinon je vais être en retard et Sarah va encore paniquer… tu viens au concert ?
Josh : non, j’ai des choses à faire avant mon vol…
Emy : bon, et bien… fais un bon voyage et travaille bien !
L’acteur se leva, l’embrassa sur la joue et c’est ainsi que la jeune fille disparut.
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Proposition déconcertante
Une semaine passa sans qu’aucun des deux ne téléphone à l’autre. L’acteur n’avait finalement pas de film en projet, un autre avait eu le rôle. Cependant il avait profité de son séjour pour récupérer son chien, voir sa sœur, et le reste de sa famille. Evidement il avait également passé quelques soirées avec ses amis.
Emy avait continué à écrire, recopiant ce qu’elle avait déjà écrit dans le carnet que Sarah lui avait offert. Elle reprenait sa vie comme si tout ceci n’avait été qu’une parenthèse. Elle avait exposé ses photos de Londres et avait pu en vendre plusieurs, ce qu’elle avait fêté avec Charles et Sarah le soir même.
Lorsqu’elle retrouva Charles à son travail samedi matin, son cœur s’arrêta quand elle vit une rose sur sa table. Elle regarda dans les alentours mais à part quelques clients habituels, le lieu était désert. Elle chercha son ami mais apparemment il devait discuter avec ses collègues en cuisine. Elle s’approcha de sa table, s’attendant à voir arriver l’acteur, mais personne ne vint. Elle s’installa, prit la fleur et la respira en fermant les yeux « mmmmhh samedi 21 mai…3ème rose » elle sourit, reposa la rose et Charles vint la rejoindre.
Charles arriva en baillant : ah te voilà ! Je me demandais ce que tu faisais.
Emy : j’ai rempli mon frigo avant de venir…
Charles : très bonne idée !
Emy : merci pour la rose… Mais ne te sens pas obligé de prendre la relève !
Charles, bailla à nouveau : je ne me sens pas obligé et je n’y suis pas pour grand-chose… Joshua m’a appelé et me l’a demandé. Il pensait pouvoir être là aujourd’hui mais de ce que j’ai compris des affaires le retiennent chez lui.
Emy : oh ! Ben merci alors.
Charles : c’est lui que tu devrais remercier. (Puis en pointant le comptoir) Le téléphone se trouve juste là-bas !
Emy : c’est gentil, mais je ne vais pas l’appeler. Je le remercierais s’il revient un jour.
Charles, baillant encore : très bien. Bon je te laisse, j’ai du travail…
Emy : ok, mais c’est pas avec une main devant la bouche que tu seras efficace !
Charles : j’arrive pas à m’arrêter de bailler… je dormirai un peu plus ce soir.
Emy : Sarah t’a empêché de dormir ?
Charles commençait à partir mais se retourna vers son amie pour lui murmurer à l’oreille avec de la malice dans la voix : quatre fois…
Emy explosa de rire : et ben y’en a qui s’embête pas !
Charles ne rétorqua pas et prit la commande de la table d’à côté.
Sur le continent américain, ça n’était pas de tout repos. Le garçon s’était absenté pas mal de temps à Londres, sans compter qu’il était sensé être rentré depuis trois semaines. Ses amis avaient prévu une soirée pour son anniversaire qui approchait maintenant à grands pas et l’acteur ne se voyait pas refuser. D’autant plus qu’il avait bien envie de revoir tous ses proches. Une pile de scénarii formait désormais un nouveau meuble dans son entrée, sur lequel il posait son courrier. « Encore un peu et ça se transformera en mur » se dit-il non sans un sourire. Après un soupir et une grimace, il se résigna à s’installer dans son fauteuil, à côté de son labrador, une bière à la main et ouvrit le premier script. Il vit qu’on l’avait pressenti pour un rôle d’adolescent. « Merci, mais non merci » soupira t il en faisant voler les feuilles dans un coin du salon. « Au suivant ». Il en piocha un autre et tomba sur un film d’horreur. « Je crois que là aussi, on peut dire que c’est pas pour moi… » marmonna t il à l’adresse de Shumba qui resta dans ses songes sans relever la tête. Seul un haussement de sourcil laissait percevoir qu’il écoutait la voix de son maître. Il s’occupa ainsi le reste de la journée à passer en revue les différentes propositions de travail sans grande conviction dans sa lecture. Il avait fait une pause déjeuner durant laquelle il avait vu son amie Alyssa Milano qui était prise par son rôle dans sa série Charmed.
Alyssa : et qu’est ce que tu fais encore parmi nous ?
Josh : je n’en ai pas la moindre idée…
Alyssa : qu’est ce qui t’attire tant chez cette Emy ? Qu’a-t-elle de plus que toutes tes prétendantes n’ont pas ?
Josh : tout et rien à la fois. C’est indescriptible. C’est un truc qui te prend aux tripes, je sais pas quoi te dire. Elle est exaspérante parfois mais à la seconde d’après elle te fait ce petit sourire qui te fait fondre et
Alyssa : cherche pas plus loin, t’es amoureux.
Josh : dis pas ça. Je la connais même pas.
Alyssa : et le coup de foudre alors ?
Josh : mais non… et puis elle habite sur un autre continent.
Alyssa : et tu crois pas qu’elle voudrait venir à LA ?
Il fit une grimace.
Alyssa : quoi ?
Josh : disons que certains sentiments ne semblent pas partagés.
Alyssa : alors tourne la page !
Josh : Al’, je suis là depuis une semaine et j’ai qu’une envie c’est de prendre un avion pour l’Angleterre.
Alyssa : alors vas y !
Josh : mais ça servirait à rien !
Alyssa : alors reste et oublie la !
Josh : c’est fou ce que tu m’aides !
Alyssa : mais qu’est ce que tu veux que je te dise ? L’amour est irrationnel et tu cherches une réponse rationnelle !
Josh : je sais pas moi ! En tant que nana tu devrais être de bon conseil ! Au lieu de ça tu ne fais que verbaliser les voix internes qui me harcèlent !
Alyssa : et qu’est ce qu’elle en pense de tout ça ?
Josh faignant l’ignorance: qui ?
Alyssa : miss londonienne !
Josh : à propos de quoi ?
Alyssa : me dis pas que tu ne lui en as pas parlé !
Josh : de quoi ?
Alyssa : rassure moi, tu l’as appelée depuis que t’es revenu ici !
Josh, soupirant : mais à quoi ça servirait !!!
Alyssa : bon, je dois retourner travailler… Mais fais quelque chose ! Appelle Kerr ! Je sais pas moi… invite la à la soirée !
Josh : quelle soirée !?!
Alyssa : ton anniversaire, t’as pas oublié ? Le 11 juin, chez toi, avec tout le monde !
Josh : tu crois vraiment que…
Alyssa, l’embrassant sur la joue avant de filer : mais oui, envoie lui un billet d’avion. Moi je file, appelle moi !
Et sans attendre de réponse, elle fila vers sa voiture pour rejoindre les studios laissant l’acteur songeur. Il sortit son portable de sa poche intérieure et, suivant le conseil de son amie, téléphona à Kerr Smith. Il lui raconta toute l’histoire et la conclusion fut à peu près la même que celle d’Alyssa, il devait lui proposer de venir le 11 juin.
Les jours passèrent. Joshua avait repris sa vie, Emy également. Le samedi cependant, il avait demandé à Charles d’apporter une rose à Emy, dans l’espoir qu’elle finirait par lui faire signe. Il téléphonait souvent à Charles, ils avaient finalement réussi à devenir amis. Charles lui conseillait à chaque fois d’appeler la jeune fille mais en raccrochant Joshua préférait se changer les idées. Du côté de la londonienne c’était la même rengaine. Charles lui disait d’appeler l’acteur pour le remercier des roses, mais elle ne le fit pas. Début juin arriva très rapidement. Joshua pensait à préparer sa soirée, mais tout était déjà fait : les gens étaient prévenus, et côté nourriture il n’avait pas à s’en soucier. Le vendredi 3 juin, sur un coup de tête, il décida d’envoyer un billet d’avion à Charles à l’attention d’Emy.
Charles : j’ai reçu le billet d’avion.
Joshua : surtout t’essaie de voir si ça la tenterait de venir. Si jamais tu vois qu’elle n’en a aucune envie, alors ne lui en parles pas.
Charles : quelque chose me dit qu’elle viendra, ne serait-ce que par curiosité.
Joshua : si elle accepte, préviens moi, j’irai la chercher à l’aéroport.
Charles : mais elle arriverait quelques heures à peine avant ta soirée !
Josh : t’en fais pas pour ça.
Charles : bon, je te tiens au courant.
Josh : merci vieux.
Charles : y’a pas de quoi. Juste une chose
Josh : quoi ?
Charles : je sais que L.A. c’est un autre monde, mais ne la laisse pas toute seule dans un coin.
Josh : c’était pas mon intention
Charles : je sais bien mais tu sais comment ça se passe en soirée. Tu revois tous tes potes, tout le monde veut te parler… Mais n’oublie pas qu’elle ne connaîtra personne.
Josh : t’en fais pas, j’oublierai pas.
Charles : bon, je te laisse, je reprends mon service dans 15 minutes.
Josh : ok ! Embrasse Sarah pour moi.
Charles : pas de problème ! Salut !
Josh : bye !
La matinée de samedi 4 juin touchait à sa fin et Charles n’avait toujours pas vu Emy. Sarah était arrivée depuis quelques instants et le nombre restreint de clients permit au garçon de s’installer à une table avec sa compagne.
Charles : tu crois qu’elle va venir ?
Sarah : y’a pas de raison qu’elle vienne pas, elle est là tous les jours.
Charles : mais normalement elle est là depuis quatre heures…
Sarah : elle avait sûrement des choses à faire
Charles : elle aurait pu prévenir…
Sarah : t’es son père ? Qu’est ce qui te prend ?
Charles : Josh m’a envoyé des billets d’avion… Et je suis censé les donner à Emy à la place de la rose.
Sarah : je comprends mieux ton impatience…
Charles se lève: bon, faut que je travaille un peu quand même…
Sarah, se levant à son tour: je vais pas tarder à prendre mon service
Charles l’embrassa dans le cou : on se voit ce soir ?
Sarah : ok ! À plus tard.
Sarah passa chez Emy pour papoter un peu. La jeune fille avait déniché un drap au fond d’une malle et envisageait de lui donner meilleure allure afin de recouvrir un fauteuil. Elle mit la musique à fond. Ça lui avait déjà pris un quart d’heure avant de décider quelles chansons l’inspireraient le plus, elle s’était fait une petite sélection de ses chansons préférées, avec la bande originale de Land Of Plenty, un peu de Hendrix, et bien sûr du Barry White. Elle s’était fait une palette de peinture, avait enfilé un vieux jean et un débardeur. Afin de peindre comme il se devait, elle avait accroché une corde dans son salon pour étendre le drap à la verticale. Lorsqu’elle fut fin prête, elle prit sa télécommande et lança la musique. La lecture aléatoire choisit de commencer par James Brown qui entamait le célèbre I feel good, ce qui n’était pas sans lui rappeler la soirée de karaoké qu’elle avait passée avec l’acteur. C’est en dansant en rythme qu’elle prit son pinceau et le plongea dans la peinture. Au début elle dessina quelques formes, mais prise par la chanson elle finit par battre le rythme « so good » tin tin « so good » tin « I got you ! » et lança des jets de couleur sur la toile. L’étoffe commençait à ressembler à une peinture de Pollock. « tin tin tin tin tin ! tou tou toudoudoutou « when I hold you, in my arms »… Emy dansait et chantait à tu tête lorsque quelqu’un tambourina à sa porte.
Emy : j’arrive, j’arrive !
Elle attrapa la télécommande et arrêta la musique.
Emy, criant à travers le salon en se dirigeant vers la porte : monsieur Peterson, j’écoutais juste un peu de musique et (elle ouvrit brusquement la porte)…Sarah ? Salut ! Qu’est ce que tu fais là ?
Sarah entrant chez son amie: ça fait cinq minutes que je sonne mais avec ton vacarme, j’ai fini par tambouriner. Au fait, Charles se demande pourquoi t’es pas là-bas.
Emy : oh ! Je faisais un peu de déco, un coup de peinture, un peu de couture… J’ai pas envie d’écrire aujourd’hui, j’ai aucune inspiration
Sarah : toi ? Rien à raconter ? Ben dis donc, ça doit être grave…
Emy : ça arrive les pannes, je ne sais pas comment poursuivre mon histoire…
Sarah, s’affalant sur le canapé : dis moi de quoi ça parle, je pourrais t’aider
Emy, de la cuisine : non, ça ira. Je préfère te la faire lire quand elle sera finie.
Sarah : très bien.
Emy, arriva avec deux tasses : thé ?
Sarah : évidement !
Emy : alors ? Tu craches le morceau ?
Sarah afficha une mine interrogatrice
Emy : ne fais pas l’innocente…
Sarah : très bien, je vais aller droit au but : je m’ennuie
Emy : merci, c’est sympa
Sarah : je parle pas de là maintenant ! Je parle en général, dans ma vie, je me fais royalement chier !
Emy releva ses genoux et les entoura de ses bras, elle était recroquevillée sur le fauteuil, face à son amie. Sarah vit la jeune fille prendre cette position qu’elle connaissait bien : Emy savait que ce qu’elle allait entendre n’allait pas lui plaire. C’était la position typique de quelqu’un qui se ferme à la conversation. Mais à sa grande surprise, c’est Emy qui prit la parole avant même qu’elle ne lui explique ce qui se passait.
Emy : je m’en doutais… ça devait arriver.
Sarah : comment ça, tu savais !?
Emy : quand tout va bien dans ta vie, tu t’ennuies. C’est normal, ça arrive à tout le monde ! Quand on a tout ce qu’on veut, à quoi bon se lever le matin, si on a rien à chercher ?
Sarah : c’est pas con
Emy levant son doigt : je dirai même plus ! C’est intelligent. Élémentaire mon cher Watson ! Charly est un mec génial, super gentil, super attentionné
Sarah : même parfois trop
Emy : oui, résultat, t’es comblée, la vie ne te surprend plus. Tu ne ressens plus l’angoisse d’être seule. T’as un appart qui te plait, un boulot qui te convient, un mec bien, bref la routine s’installe !
Sarah : et ça ne me ressemble pas !!!
Emy : c’est clair que c’est pas ton style, une petite vie bien rangée.
Sarah : bon, et je fais quoi ?
Emy : tu devrais te remettre à peindre.
Sarah ouvrit des yeux ronds: tu parles d’extravagance…
Emy : je rigole pas !
Sarah, le regard triste : mouais…
Emy : t’espérais que je te dise de larguer Charly ?
Sarah, un peu gênée : non…
Emy : écoute, vous êtes tous les deux mes meilleurs amis. Je suis super contente que vous soyez ensemble, mais si c’est pour te perdre…
Sarah : ah parce que si on se sépare, tu m’envoies chier ?
Emy : non, t’y es pas du tout. Je suis heureuse que tu sois avec lui, mais depuis que t’es en couple, je ne te reconnais plus. T’es plus cette fille déjantée, celle qui m’inspirait ma part d’excentricité. C’est dans ce sens que j’ai l’impression de te perdre.
Sarah : oh…
Un ange passa. Chacune regardait le fond de sa tasse.
Sarah : donc tu ne m’en voudrais pas si je le larguais ?
Emy : c’est pas à moi de diriger vos vies. Il y a quelques semaines vous ne vous connaissiez même pas, alors je pourrais jongler entre vous, avant que vous ne redeveniez amis.
Sarah : ah parce que tu crois vraiment qu’on sera ami ??? T’es utopique toi !
Emy : un mec comme lui ? Je suis sûre qu’il n’arriverait même pas à t’en vouloir. Il accepterait la situation et arriverait à passer outre ses sentiments.
Sarah : et en plus t’as raison…
Emy : bon, c’est pas tout, mais j’étais en pleine peinture. Tu m’aides ?
Sarah, se levant : non, faut que j’aille travailler…
Emy l’accompagna à la porte: ok, alors à tout à l’heure.
Sarah : essaie de passer voir Charles.
Emy : tu veux que j’amorce la bombe avant que tu lui parles ?
Sarah : y’a de ça… mais je crois qu’il avait un truc important à te donner.
Emy : oh t’en fais pas, ça doit être une rose de la part de Josh
Sarah : t’as des nouvelles ?
Emy : aucune. Ce qui est assez étrange en fait, mais je ne cherche pas vraiment à avoir de ses nouvelles non plus.
Sarah : bon, je file. A ce soir !
Emy : salut !
Peu de temps après le départ de son amie, Emy se rendit compte qu’elle n’avait pas mis le nez dehors de la journée et se résolut à rendre une petite visite à son ami.
Emy : salut beau blond !
Charles : ah te voilà !
Emy, faisant une moue boudeuse : ooohh… je t’ai manqué ?
Charles : non, enfin si ! Mais euh… attend, je te sers un thé.
Emy alla s’asseoir à sa table.
Charles revint quelques instants après : tadeinh !
Il accompagna son onomatopée d’un jeté de billet d’avion sur la table.
Emy : c’est quoi ça ?
Charles : regarde !
Emy ouvrit l’enveloppe.
Emy : tu m’offres un aller retour pour Los Angeles ?
Charles : non
Emy : laisse moi deviner, Josh ?
Charles : c’est son anniversaire la semaine prochaine, il fait une soirée.
Emy : et ça lui aurait cassé le cul de m’appeler ?
Charles : apparemment il espère que tu fasses le premier pas…
Emy, posant les billets : et ben il peut attendre longtemps.
Charles : mais tu vas y aller n’est ce pas ?
Emy : à L.A. ? À une soirée avec des stars pédantes ? Non mais sans rire, tu me vois au milieu d’une soirée pareille ?
Charles : Josh est un mec cool, non ?
Emy : et alors ?
Charles : ben ses potes sont peut-être sympas aussi ?
Emy tout à coup regarda autour d’elle, derrière Charles et d’un ton on ne peut plus sérieux continua la conversation: attend, où est Charly ? (Son ami la regarda d’un air de remontrance. Il n’aimait pas quand son ami tournait ses propos en dérision, même si dans le fond, ça l’amusait) Qu’avez-vous fait de celui qui avait la même opinion que moi sur les people ?
Charles : il s’est rendu compte que ses préjugés n’étaient pas fondés. Il a rencontré un acteur qui lui a prouvé que les stars peuvent avoir la tête sur les épaules.
Emy, balayant de la main le discours de son ami : et blablabla et blablabla (19)
Charles : je suis sérieux !
Emy : c’est ça…
Charles : ce n’est qu’un mec qui invite une fille qu’il apprécie à une soirée… (20)
Emy : pourquoi tu tiens tant à ce que j’y aille ?
Charles : parce que je suis persuadé qu’au fond de toi, peut-être très profondément d’accord, mais quelque part, t’es curieuse de voir comment est sa vie là-bas, t’as envie d’y aller.
Emy : aller voir un pote aux Etats-Unis, je dis pas, c’est clair que ça me tente. Mais là, c’est un mec que j’ai connu quoi, quinze jours ! Et ça va pas être la petite soirée pépère, non on parle de LA soirée mondaine… Tu me vois vraiment dans ce genre de soirée ?
Charles la détailla de la tête aux pieds. Un jean, un t-shirt rouge sous un débardeur noir, les cheveux en bataille, non maquillée… bref, son amie au naturel…
Charles : parfaitement !
Emy : te fous pas de ma gueule…
Charles : avec un coup de peigne, un léger relookage…
Emy : hors de question que je me relook…
Charles : bon, alors en faisant un léger effort… oui tu serais comme un poisson dans l’eau là-bas…
Emy : faut redescendre sur terre mon coco, tu m’as pas bien regardée là…
Charles : Joshua ne t’invite pas pour te mettre mal à l’aise… Il t’invite parce qu’il a envie de te voir…
Emy : ouais ouais…
Charles : il t’apprécie et je sais que c’est réciproque.
Emy : ok, voilà le tableau. On discute, tout se passe bien. Il m’aime bien, je l’aime bien. On passe du temps ensemble, nos sentiments grandissent. Et un jour, sans qu’on s’en aperçoive, on est amoureux. Le temps s’arrête et la Terre ne semble tourner que pour nous, et nous seuls uniquement. Jusqu’à ce que l’un de nous parte et brise le cœur de l’autre, qui ne devient plus qu’un simulacre d’être humain. (21)
Charles sourit, comprenant parfaitement ce à quoi son amie faisait allusion, mais il ne démordit pas de son souhait de la voir aller de l’avant: Il faut voir, comment il te regarde, lorsque tu ne sais pas qu’il est là. (22) Il semble libéré de je ne sais quel poids… Heureux, on ne sait pourquoi. Enfin bref, promet moi de réfléchir à ce séjour à LA.
Emy abdiquant: j’y réfléchirai.
Au fond d’elle, c’était tout réfléchi. Bien évidement ça lui ferait plaisir d’aller à Los Angeles, en plus tous frais payés, c’était une occasion en or. De plus elle connaîtrait ainsi un peu mieux Joshua Jackson. Cette pensée laissa paraître un sourire au coin de ses lèvres. Elle ne savait trop comment il avait réussi à capter son attention. Elle savait bien qu’il essaierait de la mettre à l’aise, mais une soirée reste une soirée. On butine à droite à gauche et sans trop le vouloir on se rend compte qu’on a vu tout le monde et personne en particulier… Non, elle n’irait pas. Peut-être dans d’autres circonstances, mais là ça ne l’emballait pas du tout. De plus, voulait-elle réellement aller plus loin ? Comme elle venait de le dire, à quoi bon recommencer une relation, qui se finirait comme toutes les autres, par un cœur brisé et une déception ?
Les jours défilaient, tous semblables, les uns après les autres. Sarah avait quitté Charles mais il ne semblait pas le prendre trop mal.
Charles : ça arrive, je ne peux pas lui en vouloir. Les sentiments, ça se commande pas.
Emy : tu fais dans la philosophie toi maintenant ?
Charles sourit : de toutes façons je ne peux rien y faire. Je ne vais pas hurler, je ne vais pas pleurer. La vie continue. On était ensemble depuis peu de temps, on s’entendait bien, mais c’était tout frais. C’est pas comme si on était ensemble depuis quatre ans et qu’elle décidait de partir à l’autre bout du monde !
Emy baissa les yeux.
Charles : je suis désolé. Je ne voulais pas faire référence à toi. Et puis toi, c’était différent avec Michael !
Emy : oui… J'ai ouvert une porte, et elle m'est revenue dans la figure (23)
Charles, la prenant dans ses bras : oh c’était la première chose qui me passait par la tête. Je suis vraiment désolé.
Emy : tu n’as pas à l’être. C’est moi qui avais décidé de partir.
Charles : oui mais…
Emy : y’a pas de mais. J’ai décidé de partir, j’en avais besoin et ça m’a fait du bien. Je ne regrette pas. Je ne regrette même pas d’avoir appris à mon retour qu’il s’était marié.
Charles : tu mens très mal.
Emy : d’accord, j’aurais peut-être aimé lui manquer un peu plus… (Puis avouant face au regard insistant de Charles) D’accord, j’étais effondrée d’apprendre qu’il avait épousé ma meilleure amie huit mois après mon départ… (Elle chercha du soutien dans le regard de son ami) mais c’est normal cette réaction, non ? On vit avec quelqu’un pendant quatre ans, on croit le connaître et il suffit de tourner le dos et hop ! Le voilà marié ! Il faudrait apprendre aux mecs à ne pas mentir…
Charles la reprenant dans ses bras : je sais. Je suis désolé.
Emy, continuant ses pensées : c’est vrai ça ! À quoi ça sert de nous sortir « je t’attendrai » si vous n’en pensez pas un mot !
Charles, presque vexé : on est pas tous comme ça !
Emy : si au moins il avait pas épousé ma meilleure amie…
Charles : je sais.
Emy se refaisant une raison: d’un autre côté il me trompait depuis des mois avec elle… Qui d’autre pouvait il épouser ?
Charles : et moi qui te trouvais apaisée.
Emy : je le suis ! C’est juste que parfois, la rancoeur revient…
Un ange passa, la jeune fille toujours dans les bras de son meilleur ami.
Emy : En plus on a changé de sujet, on parlait de toi et voilà que je ramène la conversation à moi !
Charles : c’est pas grave, on en était arrivé au point où j’allais te dire que d’ici peu de temps on sera amis Sarah et moi et tout redeviendra comme c’était avant.
Emy : rien ne redevient jamais comme avant… Tu devrais savoir ça.
Charles : et alors ? Ça peut changer en mieux !
Emy : c’est vrai.
Charles : tu devrais prendre l’air.
Emy : dis tout de suite que je prends trop de place dans ce café !
Charles : je parlais pas de ce café. Je parlais de ta vie. T’étais tellement vivante quand je t’ai connue. Tu revenais de ton année de bénévolat. T’es jamais repartie depuis…
Emy : on se demande pourquoi…
Charles : tu n’avais personne à laisser derrière toi, t’as pas d’excuse ! Et tu sais très bien que l’amitié reste… si tu pars, je serais encore là quand tu reviendras, et Sarah aussi.
Emy : t’as vraiment envie que j’aille à Los Angeles hein ?
Charles : je pense juste que ça te ferait du bien.
Emy : t’as peut-être raison…
Charles : j’ai bien entendu ?
Emy : oui… Je pense aussi que ça peut me faire du bien de bouger, de voir d’autres gens.
Charles : en voilà une bonne nouvelle !
Emy : en attendant, il faut que j’aille prévenir Sarah que je ne pourrais pas assumer les concerts ces prochains jours.
Charles : j’appelle Josh tout de suite pour le prévenir.
Emy : d’accord ! On se voit plus tard ?
Charles : ok !
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Los non Angeles
Emy s’était donc rendue comme prévue à l’aéroport, accompagnée de Sarah. Dans l’avion, son appréhension montait mais elle réussit à se calmer en se disant qu’après tout elle allait revoir un ami, rien ne servait d’en faire tout un plat. Avant le départ, Sarah avait passé toute une après midi chez Emy pour préparer sa valise. En temps normal, la jeune fille jetait vite fait quelques affaires dans son sac, prenait sa brosse à dents, un jean, un pull et filait sans se poser de question. Mais cette fois ci Sarah avait réussi à la faire douter : comment s’habiller à la soirée, et dans la journée qu’allait-elle mettre ? Ce n’était vraiment pas dans les habitudes de la jeune fille de se poser tant de questions et Sarah se montra d’une aide précieuse lorsque le choix de la tenue d’anniversaire arriva.
Sarah : bon, je t’ai apporté plusieurs de mes affaires…
Emy : pitié, pas les fringues que tu mets quand tu vas en boîte !
Sarah : mais non !!! T’inquiète pas ! J’ai exactement ce qu’il te faut !!!
Après plusieurs essayages, elles tombèrent enfin d’accord sur une jupe longue avec un petit haut dos nu qui auraient pu donner un air très distingué si Sarah n’avait pas rajouté sa touche personnelle.
Emy : tu crois vraiment que…
Sarah : mais oui c’est parfait !
Emy : c’est pas trop…
Sarah : mais non ! De toutes façons à la base les couleurs étaient hideuses ! Au moins là, ça mettra de la couleur à la soirée !
Emy : oh et puis t’as raison après tout ! Depuis quand je me préoccupe de ce que pensent les gens ? J’adore ton haut et je suis ravie que tu me le prêtes !
Sarah : tant mieux !
Emy : et les chaussures ?...
Sarah : justement, la jupe longue et ample les cachera…
Emy : si tout le monde a des talons ?
Sarah : et alors ? Le principal c’est d’être bien dans ses pompes non ?
Emy : oui, et de toutes façons, j’ai pas de chaussures à talons !
Sarah : bon et bien cette fois je crois que t’as rien oublié. T’as ton jean habituel, ton pull que tu mets tous les jours
Emy, moqueuse : dis tout de suite que je me change jamais !
Sarah : oh mais non… Bon cette fois ci on y va, tu vas rater ton avion !
Emy avait donc pris l’avion. Joshua était allé la chercher et ce visage familier au débarquement rassura la jeune fille. Elle reprit tout de suite ses aises et les sarcasmes amicaux volaient entre eux. Ils arrivèrent chez le garçon en même temps que les premiers invités. Emy eut tout juste le temps de se faufiler quelque part pour se changer.
Josh, voyant Emy arriver : houa !
Emy : quoi ? Quoi ça va pas ?
Josh : Je sais que ça va sans dire, mais aucune loi n'exige qu'on ne le dise pas (23) : t’es tout simplement… époustouflante !
Emy : c’est un compliment ou je retourne mettre mon jean ?
Josh : oh non, ne change rien !
Il resta quelques instants avec elle, lui présentant certaines personnes, restant discuter avec d’autres et très vite Emy essaya de se fondre au décor.
Deux jeunes filles conversaient non loin de la londonienne. Une jeune fille blonde décolorée portait un jean moulant et un haut bleu nuit, provenant sans l’ombre d’un doute d’un grand couturier, et qui présentait un décolleté des plus plongeants. Son amie brune quant à elle portait une tenue couleur framboise, au dessus d’un pantalon noir montrant ses formes plus que ne les laissant deviner.
La blonde : nan mais t’as vu comment elle est habillée ?
La brune : et le pire c’est qu’elle se montre avec ces vêtements !
Elles pouffèrent, se voulant discrètes mais n’y arrivant apparemment pas.
La blonde : il parait que c’est Joshua qui l’a invitée.
La brune : c’est pas vrai ! C’est à se demander ce qu’un mec comme lui peut trouver à une fille pareille. Regarde là, elle n’a aucun style, aucune classe.
Emy sentit son cœur se serrer. Mais que faisait-elle là ? Qu’est ce qui lui avait pris de penser que ce milieu était aussi le sien, qu’ils n’étaient pas si différents ? Elle réalisa que la star et elle n’appartenaient pas au même monde, pire : ils n’étaient pas de la même planète. Pourtant, elle n’avait pas imaginé le garçon de Londres. Ils avaient été sur la même longueur d’onde. Il avait su la surprendre à son propre jeu, il était d’une inattendue simplicité. Mais en voyant son entourage, elle se demandait qui était réellement Joshua Jackson. Elle décida de croire en ce garçon qui s’était parfois montré maladroit et s’approcha des deux langues de vipère pour se défendre de leurs ragots.
Emy : Soyez les poètes de votre vie. Osez chaque jour mettre du bleu dans votre regard, et de l’orange à vos doigts, des rires à votre gorge et surtout, surtout une tendresse renouvelée à chacun de vos gestes. (24)
La blonde : et t’es qui pour te permettre de nous donner des leçons ?
Emy : une simple mortelle qui s’est fourvoyée. Je pensais pouvoir me sentir à l’aise loin de ma planète, mais je me rends compte que les extraterrestres ne sont pas si attrayants que ça.
La brune : et bien ne te gène pas pour retourner sur ta planète…
Emy : pas d’inquiétude de ce côté.
Sur ce, elle les quitta et sentit le besoin urgent de prendre l’air. Elle chercha du regard une porte, une fenêtre mais il y avait du monde partout. Elle se sentit étouffer, son cœur se serra un peu plus, le brouhaha lui fit tourner la tête, peut-être autant que le champagne. Elle aperçut des escaliers et s’y engouffra. Elle gravit les marches, s’éloignant de la foule et plus elle montait, plus elle se sentait libérée. Elle arriva à une chambre avec un balcon. Tout à coup, tout son être s’apaisa. Elle ouvrit la fenêtre coulissante et fit quelque pas jusqu’à la rambarde. Elle regarda les étoiles et soupira. Que faisait Charles en ce moment ? Et Sarah ? Sûrement au travail… Pensaient-ils à elle ? Elle se sentit seule tout à coup comme rarement elle l’avait ressenti. Elle aurait voulu se recroqueviller dans son fauteuil, chez elle. Elle porta un regard d’espoir vers l’étoile du Nord, avec l’espérance qu’elle la guide, ne serait-ce que quelques instants, dans sa perdition. Elle ne sentit pas le corps derrière elle se rapprocher. Ce n’est que lorsqu’il lui prit la main, alors que son corps se colla au sien en restant dans son dos qu’elle se rendit compte de sa présence. Elle n’eut pas besoin de le regarder pour savoir qui était cette personne. Sans un mot, elle laissa le garçon guider son doigt vers les constellations dans un geste lent plein de tendresse. Dans un silence partagé, il lui inventa une forme.
Emy tournant la tête pour le regarder: un oiseau ?
Josh : tu semblais avoir besoin de liberté. Si un envol ne te fait pas éprouver ça, alors quoi d’autre ?
La jeune fille sourit, pleine de reconnaissance. Il se détacha d’Emy et s’appuya à la balustrade.
Josh : je peux te poser une question ?
Emy : c’est quelque chose que tu affectionnes particulièrement.
Josh : quoi donc ?
Emy : m’assaillir de questions…
Il sourit mais ne perdit pas son aplomb. Il allait parler mais c’est elle qui prit la parole.
Emy : ce n’est pas ma place, ni mon monde. Je n’ai jamais été aussi perdue, je
Josh lui coupa la parole : pourquoi t’aimes autant Londres ?
Elle ne s’étonna pas de l’interruption du garçon. Apparemment il n’avait pas envie d’entendre qu’elle ne se sentait pas à l’aise ici, qu’elle avait le mal du pays, qu’elle donnerait n’importe quoi pour s’échapper de cette soirée où tout le monde semblait la juger car elle ne connaissait personne. Ce soir elle avait cru pouvoir se prendre pour Cendrillon mais minuit avait sonné beaucoup plus tôt pour elle.
Emy: mmmhhh, je ne sais pas.
Josh, taquin : et bien essaie de savoir !
Emy, un sourire aux lèvres : sans doute parce que cette ville me surprend sans cesse.
Josh : comment ?
Le regard d’Emy s’emplit d’étoiles: Une ville comme Londres, où tout bouge à ce rythme constant et impérieux, ressemble à un organisme vivant qui respire et évolue. Avec le temps, la relation avec elle se transforme en une romance incroyable. Au début c’est grisant, irrésistible. Puis lentement, on s’y sent bien et en sécurité. On éprouve un lien biologique comme si on se connaissait depuis toujours, un vieux bonheur. Parfois on déteste et parfois on se retrouve. De temps en temps, on se trouve dans un moment transcendant où l’on se dit « oh mon dieu je suis follement amoureuse de toi, et il en sera toujours ainsi. » Je pense que c’est ainsi que je suis surprise. (25)
Josh : ouhaa
Emy : ce n’est pas de moi.
Joshua sourit et un ange passa. Elle apprécia de retrouver le garçon simple de Londres. L’acteur profita également cet instant privilégié loin de la soirée. Durant ces quelques secondes de silence, ils étaient comme seuls au monde.
Emy : tu devrais peut-être rejoindre tes invités, non ?
Josh : ils s’en sortent très bien sans moi…
Emy : essayerais tu de fuir tes amis ?...
Josh : non, je suis simplement avec la seule personne avec qui j’ai envie d’être à cet instant.
Emy sourit timidement. Elle apprécia l’intention du garçon, il savait qu’elle n’avait pas encore envie de redescendre et avait décidé de rester avec elle. Ce soir elle sentait bien plus d’appréhension qu’à son habitude. A Londres elle n’avait pas sa langue dans sa poche, elle se sentait sûre d’elle, mais ce soir elle était maladroite, enchaînait les bourdes et finit par se découvrir une timidité qu’elle ne se connaissait pas.
Joshua regarda le ciel, plein d’inspiration. Emy l’observait du coin de l’œil et n’arrivait plus à le cerner. Entre la star qui fêtait son anniversaire et l’homme qui se tenait à côté d’elle, la jeune fille ne savait plus quoi penser de lui.
Josh, comme s’il pensait à voix haute, un discours destiné à personne en particulier : Si je recommençais ma vie, je tâcherais de faire mes rêves encore plus grands, parce que la vie est infiniment plus belle et plus grande que je n’avais cru, même en rêve (26)
Emy : qu’est ce qui te fait penser ça ?
Josh : toi.
Emy : moi ?
Josh : Enfant, je savais donner ; j’ai oublié cette grâce depuis que je suis devenu civilisé. J’avais un mode de vie naturel alors qu’aujourd’hui, il est artificiel. Tout joli caillou avait une valeur à mes yeux ; chaque arbre qui poussait était un objet de respect (27). J’ai tendance à oublier tout ça, mais depuis quelques temps tu es là pour me le rappeler. Et j’aime ce sentiment enfantin où tout est merveilleux et tout reste à découvrir.
Emy : Henri Matisse a dit un jour « Tout est neuf, tout est frais comme si le monde venait de naître. Une fleur, une feuille, un caillou, tout brille, tout chatoie, tout est lustré, verni, vous ne pouvez vous imaginer comme c’est beau ! Je me dis quelques fois que nous profanons la vie : à force de voir les choses, nous ne les regardons plus. Nous sommes blasés. » J’essaie de garder ceci en tête.
Josh : t’es sûre de ne pas être un peu poète ?
Emy : pourquoi ?
Josh : parce que le poète est celui qui tout au long de son existence conserve le don de s’émerveiller (28). Et ça semble te décrire plutôt bien.
Il lui lança un regard plein de tendresse, essayant de lui faire comprendre qu’il n’y avait pas de quoi être impressionné par les gens qui se trouvaient en bas. Elle avait quelque chose de plus d’après lui. Et même s’il était le seul à voir cette étincelle en elle, ce n’était pas important, du moment qu’elle prenait conscience d’être exceptionnelle.
La soirée reprit son cours. L’acteur allait d’une conversation à l’autre, essayant en vain de se rapprocher d’Emy qui s’était remise un peu à l’écart depuis quelques minutes. Il la surveillait du coin de l’œil. Il se dirigea vers elle mais fut arrêté par un de ses amis d’enfance qui vint discuter avec lui. Il ne perdit cependant pas Emy des yeux et vit les deux vipères s’approcher. Il voulut mettre fin à sa discussion mais son ami lui parlait de sa vie qui semblait connaître des problèmes… C’était assez délicat de s’éclipser. Il vit alors Damien, une de ses connaissances, tendre une oreille à la discussion qu’Emy subissait avec un calme surprenant. Cependant elle semblait reperdre de son assurance et la devina mal à l’aise. Il comprit le sujet de conversation qu’elle partageait avec les deux filles lorsque Damien, qui avait maintenant bien bu, s’emporta. Toute l’assistance se tut à l’écoute de son discours.
Damien faisant de grands gestes: Que croyez vous que soit un artiste ? Un imbécile qui n’a que des yeux s’il est peintre, des oreilles s’il est musicien, ou une lyre à tous les étages du cœur s’il est poète, ou même, s’il est boxeur, seulement des muscles ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux événements du monde, se façonnant de toute pièce à leur image. Comment serait-il possible de se désintéresser des autres hommes et, en vertu de quelle nonchalance ivoirienne, de se détacher d’une vie qu’ils vous apportent si copieusement ? Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi (29).
Après quelques applaudissements les discussions reprirent et le brouhaha emplit de nouveau la pièce. Emy s’éloigna un peu, essayant de se trouver un endroit où elle pourrait se fondre dans le décor. Joshua n’arrivait toujours pas à échapper à sa conversation. Son regard alternait entre son ami et la jeune fille. Un bon quart d’heure passa ainsi. Il vit la londonienne se réfugier dans le champagne, elle prenait de bonnes couleurs alors qu’elle partageait par ci par là quelques conversations, lorsque enfin il put se libérer.
Josh s’approcha d’Emy: Pendant longtemps tu as peureusement pataugé près du rivage en te tenant à une branche, je veux maintenant que tu sois un nageur intrépide, que tu plonges dans la mer, que tu remontes à la surface, me fasses un signe de la tête, pousses des cris et secoues en riant tes cheveux.
Emy : tu connais Walt Whitman toi ?
Josh : qui ne le connaît pas…
Emy lui lança un regard gratifiant. Depuis le début de la soirée il essayait de la mettre à l’aise, passant d’un ami à l’autre mais revenant sans cesse à elle. En effet, chaque invité semblait éviter la londonienne sans vraiment le vouloir, mais les groupes s’étaient vite formés de gens qui se connaissaient…
Emy : très bien ! Je commence par quelle vague ?
Josh : hein ?
Emy : je veux bien « plonger en mer », mais j’aimerai commencer par une petite houle…
Josh passa la main dans le dos d’Emy et fit quelques pas sur la gauche : Alyssa ! Laisse moi te présenter Emy.
Alyssa Milano se retourna avec un grand sourire: et bien t’en as mis du temps ! Ça fait une heure et demi que je suis là (puis regardant Emy avec un air désolé) et je ne savais pas comment t’aborder. Je te présente toutes mes excuses, j’aurai du faire le premier pas vers toi.
Emy : c’est rien, ça m’a permis d’observer !
Alyssa : et puis si j’étais venue spontanément te voir, tu aurais vite su que Josh m’avait énormément parlé de toi (elle reçut un coup de coude dans les côtes, ce qui la fit rire), chose qu’il m’a strictement interdite de dévoiler…
Emy riait, l’actrice avait tout de suite réussi à la mettre à l’aise.
Josh : et bien vous semblez très bien vous entendre… Je vais disparaître le temps que cette jolie londonienne oublie ce que tu viens de dire…
Alyssa : t’en fais pas ! Je veille sur elle…
Josh déjà parti: empêche les rapaces de l’approcher !
Emy : il n’y a pas que des amis ici ?
Alyssa, sur le ton de la confidence : en théorie si, mais dans les soirées, la théorie est rarement de rigueur…
Elles regardèrent un peu aux alentours, comme si chacune cherchait un sujet de conversation.
Alyssa, un peu mal à l’aise : je suis vraiment désolée. Je t’ai aperçue, toute seule, mais j’avais peur de mettre les pieds dans le plat. Je crois que tu comptes vraiment pour lui.
Emy, gênée : merci. (Reprenant un peu de constance) Et puis c’est pas la fin du monde si je me sens un peu seule le temps d’une soirée !
Alyssa : Les gens se sentent seuls parce qu’ils construisent des murs plutôt que des ponts
Emy : me dis pas que tu aimes aussi Kathleen Norris !
Alyssa : et moi qui voulais paraître cérébrale…
Emy : je ne répèterai à personne que ce n’est pas de toi…
Alyssa : et surtout pas aux incrustes !
Elles échangèrent un rire léger alors que quelqu’un arriva dans leur dos.
L’homme : t’as parlé d’incruste ?
Alyssa : je parlais pas de toi… laisse moi te présenter Emy. Emy, je te présente Kerr Smith.
Emy : enchantée.
Kerr, un verre à la main : et moi donc ! Depuis le temps que Josh nous bassine avec Londres ! (Il reçut à son tour un coup dans les côtes). Ought ! Elle a le droit de savoir que ce mec est taré !
Emy riait aux éclats.
Kerr désignant Emy avec son verre et s’adressant à Alyssa: mission accomplie, la demoiselle est détendue !
Emy : merci, j’apprécie le geste.
Alyssa : oh mais Kerr est très gentil… (Puis ironiquement) quand il veut !
Kerr : très bien, j’ai compris ! Je vais rejoindre ma femme avant que tu ne divulgues des informations compromettantes !
Alyssa : c’est ça ! Va !
Une fois Kerr Smith parti.
Alyssa : et bien c’était Kerr Smith
Emy : il a l’air vraiment gentil.
Alyssa : oui il l’est. C’est rare que les gens ne s’entendent pas avec lui, comme avec Josh. Ils se sont connus sur le plateau d’une série et sont restés en contact.
Emy : oui, je regardais Dawson’s Creek… (Puis elle se précipita d’ajouter) et Charmed aussi soit dit en passant.
Alyssa : ohhh serais tu une de nos fans ?
Emy : pas vraiment… (Sentant qu’elle gaffait une nouvelle fois, et avec une personne qui semblait vraiment gentille avec elle qui plus est, elle reprit) enfin si ! Je veux dire… oh je suis désolée, je veux juste dire que je regarde parfois mais…
Alyssa : t’en fais pas, t’as le droit de ne pas être accro à notre travail
Emy, rougissant : c’est pas ce que je voulais dire… je…
Alyssa, faisant son possible pour mettre Emy en confiance : t’en fais pas je te dis, la plupart de mes amis n’ont regardé que le premier épisode ! T’as pas de raison d’être mal à l’aise.
Emy : merci…
Un autre invité vint se joindre à elles.
Damien tendant la main à Emy : je ne crois pas qu’on ait été présenté. Damien, un ami d’un ami de Joshua. A moins qu’il n’y ait un intermédiaire de plus…
Emy, amusée : Emy, je suis une amie londonienne de Josh.
Damien : et bien Emy, qu’es tu venue faire loin de chez toi ?
Emy jetant un regard circulaire dans la salle: je n’en ai pas la moindre idée pour être honnête.
Damien : courage, c’est qu’un mauvais moment à passer. Encore quelques verres et tu connaîtras davantage de gens… tu te sentiras à l’aise. Regarde moi !
Emy, ironique et amusée : c’est un exemple irréfutable !
Alyssa : et toi Damien, que fais tu là ?
Damien : j’avais rien à faire ce soir.
Ils explosèrent de rire.
Emy : et t’es acteur toi aussi ? (Réalisant sa question, elle se sentit obligée de s’expliquer) je suis désolée, je ne suis pas très au courant de tout ce qui concerne ce milieu, je ne connais pas trop les acteurs. J’ai cru comprendre que tu étais artiste ?
Damien : ne t’excuse pas, je suis en effet artiste, mais pas acteur…
Emy : quel genre d’artiste ?
Damien : je suis peintre.
Emy : vraiment ? Un peintre passionné ou juste un peintre pour la frime ?
Damien, d’une façon théâtrale : La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières à la vérité, comme la maîtresse la plus exigeante ; depuis quatre mois, je fuis dès le petit jour et je cours à ce travail enchanteur ; ce qui me paraissait de loin facile à surmonter me présente d’horribles et incessantes difficultés. Mais d’où vient que ce combat éternel, au lieu de m’abattre, me relève, au lieu de me décourager, me console et remplit mes moments quand je l’ai quitté ? (30)
Emy : un peintre passionné…
Damien : et toi ? (Reprenant sur le même ton qu’Emy quelques secondes plus tôt) J’ai cru comprendre tout à l’heure que tu étais également artiste ? Tu fais quoi ?
Emy : un peu de tout à vrai dire, je ne suis pas vraiment peintre, c’est plus un passe temps.
Alyssa : il parait que lorsqu’elle chante, c’est à tomber !
Emy : certains sont un peu trop élogieux…
Damien : et toi tu sembles trop modeste !
Emy : je ne suis pas uniquement chanteuse, j’écris surtout, et j’aime la photographie.
Alyssa : ha oui ? Tu photographies quoi ?
Emy : Je préfère [photographier] des yeux humains plutôt que des cathédrales, si majestueuses et si imposantes soient-elles - l’âme d’un être humain - même les yeux d’un pitoyable gueux ou d’une fille du trottoir sont plus intéressants à mes yeux (31).
Damien : en v’là une qui sait parler ! (À Alyssa) elle me plait bien cette londonienne !
Emy sourit en partageant un regard avec Alyssa Milano.
Damien, s’éloignant déjà : j’espère avoir l’occasion de te revoir !
Josh revint parmi elles : alors ? Tout se passe bien ?
Alyssa : bien entendu ! Qu’est ce que tu veux qu’il se passe ?
Josh : oh on sait jamais…
Emy : elle ne m’a rien dévoilé d’honteux à ton sujet…
Josh, expirant de soulagement : ahhhhhhh
Alyssa : mais pour qui tu me prends ?
Josh explosa de rire et les trois amis restèrent ensemble un bon moment.
Les gens commençaient à partir, Emy se sentit autant soulagée qu’exténuée. D’après son horloge interne il était huit heures plus tôt qu’à Londres et elle était debout depuis un bon moment. Alyssa Milano fut la dernière à quitter les lieux.
Alyssa, à Emy : ménage le, il est pas si méchant…
Emy, un regard vers l’acteur : j’essaierai…
Alyssa à Josh : et toi, prend soin d’elle, elle est géniale cette fille ! Tu savais qu’elle était partie faire un an de bénévolat en Afghanistan?
Josh : j’ai cru comprendre oui… allez, rentre bien.
Alyssa : à bientôt Emy, j’ai été très contente de faire ta connaissance.
Emy : moi aussi.
Alyssa : aller, salut !
Josh ferma la porte et s’appuya dessus.
Josh : je suis épuisé !
Emy, déjà assise par terre, elle n’avait même pas pu se traîner jusqu’au canapé : c’est à moi que tu dis ça ?
Josh : t’es réveillée depuis combien de temps ?
Emy : tellement longtemps que j’en ai pas la moindre idée !
Josh : tu veux aller te coucher ?
Emy : je suis tellement fatiguée que je n’appartiens même plus à cette réalité. J’ai l’impression qu’il n’y a plus d’espace ni de temps. Je vois tout au ralenti.
Josh : ça c’est l’alcool…
Emy : sûrement !
Josh s’approcha d’elle et la souleva : viens là, je te montre au moins ta chambre.
Emy : te sens pas obligé de me porter !
Josh la jeta sur le canapé : ça tombe bien, j’en ai pas la force !
Emy : et tu te dis galant ?
Josh : hé ! J’ai bu moi aussi !
Il s’assit à côté de la jeune fille sur le canapé. Elle avait regroupé ses genoux entre ses bras, lui était vautré et regardait le plafond. Ils restèrent un bon moment comme ça, n’arrivant même pas à parler.
Josh brisa le silence : c’était comment là-bas?
Emy : en Afghanistan ?
Il hocha la tête pour toute réponse.
Emy : vrai. (Après un bref silence) c’était vrai.
Josh releva la tête et la regarda : qu’est ce que t’as le plus aimé ?
Emy : la vie.
Josh : la vie ? Mais y’a des dizaines de morts par jour !
Emy : oui. Au début, c’était dur. Tu tissais des liens avec des enfants, des femmes et des hommes. Et parfois, le lendemain tu ne les revoyais plus, tu apprenais qu’ils avaient été tués quand tu voyais les familles en larmes, criant leur peine.
Josh : comment on peut supporter ça ? Jour après jour ?
Emy : malgré cette mort omniprésente, les gens se battent pour garder la joie de vivre. Je voyais tous les jours des enfants amputés, mourants, malades, mais ils gardaient une joie de vivre incroyable. Ils étaient tellement pleins de vie qu’il était impossible de ressentir de la pitié envers eux parce qu’ils te faisaient rire, ils te faisaient aimer la vie.
Josh : une vraie leçon de vie.
Emy : oui. Quand je mourrai, je veux que les gens ressentent cette passion pour la vie. Je ne veux pas qu’ils pleurent. Je veux qu’ils rient, je veux que ce soit un prétexte pour mordre la vie à pleines dents, pour profiter de chaque seconde en ressentant l’ivresse du bonheur de vivre. Je voudrais qu’à l’annonce de ma mort ils puisent la force de sourire.
Josh : comment tu peux demander une chose pareille ? C’est impossible ! Personne ne peut être heureux lorsqu’un proche meurt !
Emy : les personnes qui m’aiment vraiment en seront capables car elles savent que j’aime la vie et que je veux que les gens autour de moi aiment la vie plus que tout autre chose. Oui, les gens qui m’aiment vraiment se feront la promesse de vivre chaque seconde comme le plus bel instant de leur vie.
Joshua resta silencieux face à cette force et à cet amour inconditionnel de la jeune femme pour la vie. Elle était passée par de nombreuses épreuves, avait vu des atrocités mais au lieu de ressentir de l’amertume face à ça, elle en avait retiré de la gratitude, de l’amour si pur qu’il était indescriptible. Elle avait comme un halo de lumière autour d’elle, comme si toute personne qui l’approchait était plongé dans une sérénité, un bien être extraordinaire.
Elle le regarda avec des yeux pleins d’étoiles. Il remarqua plus que jamais qu’à travers les yeux de la jeune fille il pourrait voir un autre univers. Il savait maintenant d’où provenait cette beauté.
Emy : je t’ai cloué le bec ?
Josh : plus que tu ne crois.
Emy bascula sur elle-même et à quatre pattes d’approcha du garçon.
Emy : donne moi ta main.
Sans poser de question, le garçon ouvrit sa main. Elle y déposa un objet qu’il ne vit pas tout de suite, puis elle revint à sa place.
Josh : un dé à coudre ?
Emy : non, un baiser. (32)
Joshua sourit.
Emy : ne ris pas. Ce baiser là, tu le garderas toute ta vie.
Josh : et c’est en quel honneur ?
Emy : tu commences à ouvrir ton esprit à ma façon de vivre. Au fait que le simple fait d’exister ne suffit pas, il faut vivre. Avant, tu trouvais ça plaisant, maintenant « à un niveau inconscient, tu sais que le seul univers qui ne te décevra jamais est celui que tu t'inventes » (23)… je t’aiderai à le créer.
Joshua regarda le dé à coudre, si petit au creux de sa main. Il réalisa que c’était bien plus beau que si Emy l’avait réellement embrassé. Son premier baiser… elle avait raison, il le garderait toute sa vie, alors qu’un vrai baiser il n’en aurait gardé que le souvenir.
Il était plongé dans ses pensées en contemplant le présent que la jeune fille venait de déposa dans sa paume alors qu’elle refit la même gymnastique et se rapprocha de lui. Elle resta tout près de son visage, le regardant dans les yeux comme si elle sondait son âme. Elle voyait en lui, au plus profond de lui. Puis dans une lenteur et une tendresse qui lui était propre, elle s’approcha encore plus près pour cette fois-ci déposer un vrai baiser sur les lèvres. Elle se retira, restant près du visage du garçon pour observer sa réaction. Il la regardait dans les yeux comme pour la sonder à son tour. Etait ce vraiment arrivé ? Il avait attendu ce moment depuis des semaines et ça s’était produit. Ça avait été si rapide que c’en était irréel. La nuit étouffait tous les bruits de l’extérieur, ils étaient comme seuls dans cet immense univers. Peut-être était-ce même un autre univers, celui de la jeune fille. Cet instant était si étrange qu’il en vint à penser qu’il était peut-être en train de rêver. La jeune fille ne bougeait pas. Le regard toujours fixé sur cette fée il leva doucement la main. Il alla pour lui toucher sa joue. Puis suspendit son geste comme effrayé par l’idée qu’elle pourrait disparaître. Il se ressaisit et la frôla du bout des doigts ; caressa ses lèvres. Tremblant, il prit le visage de cet ange dans ses mains et déposa un baiser. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, son regard se fit interrogateur. Qu’attendait-elle ? Pourquoi après tout ce temps avait-elle décidé de l’embrasser et l’avait-elle laissé l’embrasser? Avait-elle développé des sentiments à son égard ou était ce l’effet de cette soirée, un mélange de perdition et d’alcool ? Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Emy : j’ai vu dans ton regard que tu comprenais ce que représentait ce premier baiser. Tu es passé dans mon monde.
Josh : comment peux tu être sûre que je sois passé dans ton univers ?
Emy : tu as des étoiles dans les yeux… et ces étoiles là ne disparaissent pas.
Avec un sourire serein, elle se leva calmement alors qu’il regardait encore le dé à coudre en se demandant ce qui avait bien pu changer dans ses yeux.
Emy se retourna aux pieds de l’escalier : bonne nuit !
Josh : tu sais où est ta chambre ?
Emy : t’en fais pas, je trouverai.
Josh : alors bonne nuit.
Elle lui sourit et disparut dans la nuit.
Joshua resta assis sur le canapé, dans le silence de la nuit, durant un bon moment. Il réalisa tout à coup qu’il n’avait pas vu son chien depuis plusieurs heures, il avait dû se réfugier à l’étage mais l’acteur préféra aller vérifier : salle de bain déserte, sa chambre aussi, la première chambre d’ami était fermée, pas de signe de vie dans le bureau… Il vit un filet de lumière sous la chambre de l’anglaise. Il frappa doucement.
Emy : oui ?
Josh, chuchotant : je peux entrer ?
Emy, chuchotant à son tour : oui !
Il était resté à la porte, regardant la jeune fille assise en tailleur dans son lit, le drap sur ses jambes ne laissait voir que son débardeur, elle tenait une rose dans ses mains et des écouteurs entouraient son cou. Elle les retira alors que Joshua pénétrait dans la pièce. Seule une faible lumière venant de la table de chevet éclairait la pièce.
Josh chuchotant toujours : je vois que t’as trouvé ta chambre !
Emy : c’était la seule avec une rose sur l’oreiller… le choix a été rapide !
Josh sourit : t’as pas vu Shumba ?
Emy : si ! Mais tu peux me dire pourquoi on chuchote ?
Josh : aucune idée ! C’est une habitude, la nuit on chuchote toujours !
Emy, parlant enfin normalement : oh moi je croyais que y’avait une bonne raison !
Josh : et non ! Alors, tu sais où est mon chien ?
Emy d’un mouvement rapide tapa sur son lit et le labrador bondit se coucher à côté d’elle.
Josh prenant une voix sévère: Shumba… je peux savoir ce que tu fais là ?
Le chien le regarda avec cet air propre à ces animaux qui savent qu’ils sont là où ils n’ont pas le droit d’être.
Emy : il ne me dérange pas.
Josh : peut-être mais les règles sont les règles… Shumba descend tout de suite… aller ! Shumba !!!
Emy caressant le labrador: il a pas l’air d’avoir envie de venir…
Josh, abattu : ça fait depuis que je l’ai récupéré qu’il me fait la tête.
Emy : tu l’as abandonné… Il a raison de te punir !
Josh : je sais… (Il s’accroupit) je sais mais quand même ! Shumba, viens là mon vieux !
Emy regarda le chien : aller, va vite le voir ! Tu vois pas que tu lui fais de la peine ? C’est pas sympa quand même !
Le chien ne bougea pas.
Josh : je peux m’asseoir ?
Emy se décala pour lui faire de la place : bien sûr !
Josh caressa son chien : tu vas pas me faire la tête cent sept ans quand même !
Il commença à jouer avec lui, à lui faire des papouilles comme s’il jouait avec un enfant. Quelques instants après ils semblaient réconciliés. Emy les regardait avec un air attendri.
Emy : te voilà rassuré !
Josh : je vais te laisser dormir, tu dois être fatiguée.
Emy : je suis tellement fatiguée que je n’arrive pas à dormir ! C’est atroce !
Josh : je connais, ça me fait ça quand je voyage. Il faut un temps d’adaptation.
Emy : mais j’ai pas ce temps ! Je repars demain soir !
Josh : tu peux rester plus longtemps si tu veux.
Emy : c’est gentil, mais ma vie m’attend sur mon continent.
Il se coucha en travers du lit. Emy posa sa main sur sa tête, comme pour apaiser un enfant.
Emy : toi par contre tu vas t’endormir.
Josh résigné: non je ne suis pas fatigué.
Emy le regarda en silence. Dans cette nuit profonde, toute la maison était éteinte sauf cette pièce. Ils étaient tous les trois : Emy regroupant toujours ses genoux dans ses bras, Joshua étendu en travers du lit, les pieds par terre et une main sur le torse, et Shumba qui maintenant avait posé sa tête sur la cuisse de son maître. Personne ne parlait, ils appréciaient ce moment de simplicité.
Josh rompit tout de même le silence : ça te fait quoi d’écrire ?
Emy : comment ça ?
Josh : Qu’est ce que ça te fait d’écrire ? Qu’est ce que tu ressens ?
Emy : je disparais. (Après un silence) je disparais. C’est comme si je m’envolais (33). Lorsque l’inspiration envahit mon corps, je n’existe plus. Je deviens l’histoire, je ne suis plus cette fille dans le café qui revient jour après jour pour écrire à la même table. Je suis cette autre personne qui vit une autre vie. Toute l’histoire passe devant mes yeux. Je ne me rend pas compte que je suis en train d’écrire, les images défilent devant mes yeux, mon cœur se met à battre plus fort, les larmes me viennent, mon esprit s’envole… Je vis au rythme de mes personnages, je disparais.
Joshua la regarda sans rien dire. Ils restèrent ainsi un bon moment sans se parler. Et sans se rendre compte, Joshua ferma les yeux et ne les réouvrit pas. Emy prit la couverture et la tira sur le jeune homme puis doucement, elle vint se glisser à côté de lui, posa sa tête sur son torse, prit le bras du garçon autour d’elle et s’endormit à son tour.
Un bruit lointain réveilla le jeune homme. L’esprit encore embrouillé par l’alcool il ouvrit les yeux mais ne se rappela pas du tout où il était : il était mal installé, les murs ne lui rappelaient absolument pas sa chambre et pour couronner le tout il faisait nuit noir. Il attendit que sa vue s’adapte à l’obscurité, n’osant pas bouger en sentant quelqu’un à côté de lui. A peine quelques minutes après, il vit Emy blottie contre lui, son bras autour de la jeune fille dont la tête reposait sur son torse. Sa respiration se bloqua lorsqu’il vit son visage tout proche du sien. Il ne pouvait plus bouger son bras gauche qui était replié sous sa tête depuis quelques heures maintenant. Sur sa cuisse gauche il vit son chien qui se réveilla en sentant son maître éveillé. Shumba commença à remuer et se dirigea vers la tête de son maître.
Josh, murmurant le plus bas possible : Shumba fait pas ça… Hé gars, je peux pas bouger… Je te préviens que si tu me prends en traître… Non n’avance pas… Si je sens ne serait-ce qu’un bout de langue sur ma figure…
Pour échapper à une truffe gluante qui s’approchait dangereusement de lui, il déplaça délicatement la jeune fille afin de ne pas la réveiller, fit descendre le chien du lit puis revint vers Emy pour la mettre sous les couvertures. Il la regarda sereinement pendant quelques secondes lorsque le bruit qui l’avait réveillé se fit entendre à nouveau. Il sortit précipitamment de la pièce, emmenant son chien avec lui. Il alla dans sa chambre en courant, le téléphone du rez-de-chaussée étant plus loin.
Josh, murmurant : allo ?
Voix : tu sais que t’es pas obligé de murmurer sous prétexte que c’est la nuit !
Josh : non, je murmure pour ne pas réveiller… (Il s’interrompit, se rendant compte qu’il n’avait pas envie de parler d’Emy à son amie) euh… (Puis parlant normalement) Au fait Katie, pourquoi t’appelles à cette heure ci ?
Katie : je suis désolée de ne pas avoir pu venir pour ton anniversaire…
Josh : c’est pas grave… tu me l’as si bien dit « on a tous des obligations » !
Katie : oui mais quand même, ton anniversaire…
Josh : c’est pas grave, je t’assure.
Il s’installa confortablement sur son lit. Cet appel nocturne lui rappelait le bon vieux temps, lorsqu’ils passaient des heures pendus au téléphone à se raconter leur journée, les gens qu’ils avaient rencontrés, lorsqu’ils échangeaient leurs idées et débattaient de sujets sans importance pendant des heures.
Josh : alors, comment tu vas ?
Katie, du bonheur dans la voix : tellement bien ! Je suis tellement heureuse ! Je suis à Londres comme tu sais, pour les avant-premières. Dans quelques jours nous allons à Paris puis on fera le tour de différentes villes avec Tom.
Josh : et comment va ta carrière ?
Katie : plutôt bien. Tom hésite à me faire tourner dans la suite de Batman mais je lui fais entièrement confiance. Quoiqu’il décide je serai d’accord avec lui.
Josh : et bien…
Katie : et toi ? Comment ça va ?
Josh : plutôt bien. La fête était assez sympa hier soir, j’ai vu pas mal de monde, une amie est venue d’Angleterre
Katie : ah oui ? Qui c’est ?
Josh : tu connais pas.
Un silence s’installa. A une époque ils étaient si proches que chacun connaissait les amis de l’autre, ou du moins ils en parlaient tellement que c’était comme s’ils les connaissaient. A cette seconde ils prirent tous deux conscience que les choses avaient changé. Joshua tourna la tête et vit sur sa table de chevet une photo de lui et de Katie, il la prit et la contempla alors qu’elle reprit la parole.
Katie : ça me manque nous deux.
Josh : comment ça ?
Katie : ben tu sais, nous deux, notre complicité, toi qui me fais rire, moi qui te comprend…
Josh reposant la photo à l’envers sur la table, ne laissant paraître ainsi que le cadre: il ne faut rien regretter. Les choses changent, la vie prend la tournure qu’elle doit prendre. Nos chemins ne sont peut-être pas destinés à rester parallèles…
Katie : toi et tes réflexions philosophiques…
Josh : c’est pas de la philo
Katie : depuis quand t’es si négatif ?
Josh : je suis pas négatif ! Je constate simplement une évidence !
Katie : mouais… et sinon, t’as des projets ?
Josh : pas exactement…
Katie : tu sais que tu
Josh, la coupant : oui je sais.
Katie : très bien… (Après un court silence) tu sais… avec Tom…
Josh : oui ?
Katie : on parle mariage ces derniers temps et je
Josh : QUOI ???? Déjà ?
Katie : je suis tellement heureuse ! Je n’imaginais pas qu’un tel bonheur puisse exister.
Josh : et c’est pour quand ?
Katie : je sais pas, on en a juste parlé comme ça… Un jour je lui avais dit que Paris était la ville que je trouvais la plus romantique alors…
Josh : alors comme vous y allez la semaine prochaine…
Katie : oui, comme on y va…
Josh : et bien je te souhaite d’être heureuse.
Katie : oh je le suis tellement !!!
Josh : oui, je crois que j’ai compris.
Katie : bon, je voulais juste te souhaiter un bon anniversaire, je vais y aller.
Josh : oui, le devoir t’appelle !
Katie : oui c’est ça… on se téléphone !
Josh : ouais…
Katie : bonne nuit !
Josh : et toi bonne journée !
Ils raccrochèrent.
Quelqu’un frappa à la porte de la chambre.
Emy entrouvrit la porte, y passa la tête et murmura: je peux entrer ?
Josh sans cacher sa soudaine mauvaise humeur: oui, pas besoin de murmurer, personne ne dort dans cette maison.
Emy : houla, (joignant les gestes à la parole et grimaçant) tu as une ride là sur le front, juste entre les deux yeux, ça te va pas du tout !
Il sourit tout à coup et la ride disparut. Cette apparition lui fit tout de suite oublier sa conversation téléphonique qui l’avait contrarié.
Josh : je t’ai réveillé ?
Emy : c’est pas grave.
Elle était là, au milieu de la chambre du jeune homme. Lui était assis sur le lit, le dos appuyé contre le mur.
Josh : je sais qu’il fait pas super froid chez moi mais tu risques quand même de tomber malade si tu restes comme ça. Tu devrais aller te coucher.
Elle regarda ses pieds nus. Il l’observa. Elle avait ses mains dans le dos et son pyjama lui donna un aspect de somnambule. Elle était toute gênée, debout, seule, au milieu de cette grande pièce, fixant timidement ses pieds.
Josh : tu veux dormir là ?
Emy leva les yeux et sauta sur le lit : oh ben si tu y tiens !
Le garçon explosa de rire alors qu’Emy s’installait confortablement sous les draps. Elle posa tendrement sa tête sur le torse du jeune homme qui n’avait pas bougé – et par conséquent qui était au dessus des draps – et s’endormit aussitôt alors qu’il posait sa main sur la tête de la jeune fille, résolu à passer la nuit hors de sa couette. Il regarda quelques instants la jeune fille dormir. A Londres elle était tellement différente, elle était sûre d’elle, n’hésitait pas à lui en faire voir de toutes les couleurs. Mais ici à L.A. elle semblait rechercher sa compagnie, comme si elle était perdue au milieu de nulle part et Joshua Jackson l’appréciait de plus en plus. Autant la jeune fille excentrique de Londres le charmait, autant la jeune fille fragile de Los Angeles le touchait. Sur cette pensée, il éteignit la lampe de sa table de chevet et il sombra une nouvelle fois dans les bras de Morphée.
Lorsqu’il ouvrit les yeux, la chambre était déserte : aucune trace de la jeune fille ni de son chien. Après s’être étiré convenablement et avoir rugi comme un lion, il sortit de sa chambre et descendit vers la cuisine. Silence. Solitude. Mais que se passait-il dans cette maison ??? Un mot laissé sur le réfrigérateur le fit sourire : « ton chien et moi avons préféré aller nous promener au lieu d’attendre que tu te réveilles. Le café est chaud, à plus tard ! » Très bien, il avait la maison pour lui tout seul, un bon café l’attendait. Il se choisit un album, sélectionna une piste et mit la musique à fond. Ahhhh l’odeur du café qui vient chatouiller les narines… Il regarda par la fenêtre, il faisait beau. Un matin parfait pour son entrée dans une année supplémentaire. Il ne lui fallut pas longtemps pour se faire empoter par la musique. Il battait le rythme sur les casseroles qu’il trouvait au hasard dans la cuisine mais, se rendant compte que la batterie n’était pas son instrument de prédilection, il attrapa sa crosse de hockey et il se sentit tout de suite plus à l’aise dans la peau d’un guitariste, battant le rythme de la tête. La musique prit possession de son corps, il n’était plus tout à fait lui-même,