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Famille à charge...

Série : Dawson's Creek
Création : 07.01.2007 à 01h25
Auteur : Marjo 
Statut : Abandonnée

J’ai complètement délocalisé l’histoire et changé la situation des personnages. J’ai aussi fais un mix entre « Dawson’s Creek » et « Les frères Scott »

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      Epuisé, Pacey sortit un mouchoir de sa poche et s’essuya le front. C’était au moins la cinquième vidange qu’il faisait aujourd’hui. A croire que tout le monde avait décidé de faire changer leur huile le même jour. Chose étonnante pour une ville d’à peine mille habitants. Il s’étira en regardant autour de lui. Le soleil avait amorcé sa descente vers les collines, signe que la soirée n’allait plus tarder à tomber. Les rues commençaient à se remplir, certain sortait du boulot et rentrait chez eux calmement pour profiter de leur soirée en famille, pour d’autres, c’était la nuit et tout ce qu’elle promettait qui démarrait. Pour lui, la journée ne s’arrêtait qu’une fois sa tête posée sur l’oreiller. Il avait complètement oublié ce que voulait dire « sortir s’amuser ». En soupirant, il enfouit ses mains au fond de ses poches.
Lucas : Tu rêvasses Witter.    
     Surpris, il se retourna et fit face à son collègue et meilleur ami.
Pacey : Disons plutôt que je me repose, vu ce que tu as fais aujourd’hui, tu ne dois pas être trop fatigué. 
     Lucas lui fit son plus beau sourire. Keith, son oncle et co-propriétaire du garage, l’avait emmené chercher une voiture à dépanner et il avait disparu toute l’après midi, si bien que Pacey avait dû se taper le plus gros du travail.
Lucas : C’était une très grosse voiture se défendit-il en réprimant un sourire. J’ai quand même attaché les câbles ! ajouta t-il en éclatant de rire.
Pacey : Waouh… dit-il en sifflant, faussement admiratif.
Lucas : La journée a été difficile ? lui demanda-t-il compatissant.
Pacey : Disons qu’une deuxième paire de bras n’aurait pas été de refus.
Lucas : Tu ne peux pas te passer de moi ! lui dit-il tout sourire.
Pacey : Je parlais plutôt de ceux de Keith ! Tant qu’à choisir des bras, autant en choisir des qui travaillent.
      En riant, Lucas lui balança un chiffon qui traînait. Pacey lui sourit jusqu’à ce qu’un bruit de moteur se fasse entendre. Il souffla lourdement.
Pacey : Je te préviens, tu t’en charges !
    Lucas éclata de rire et vint le rejoindre dans l’embrasure du garage. Ensemble, ils regardèrent une voiture bleue décapotable pénétrer dans l’enceinte du bâtiment et s’arrêter au niveau des pompes à essence. Quatre jeunes adolescents étaient dedans.
Pacey : La rentrée va nous ramener tout ce qu’il y a de plus prétentieux à des kilomètres à la ronde ! maugréa t-il.
Lucas : Ouais mais ces prétentieux sont des clients qui paient, rappelle toi.
Pacey : Mouais répondit-il peu satisfait
      Les mains toujours dans les poches, Pacey regardaient le brun au volant, faire le tour de la voiture et remplir son réservoir. Au moins, ça n’était pas un assisté, il savait se servir d’une pompe, c’était déjà ça.
Lucas : Alors, c’est quel genre de prétentieux ceux là selon toi ? lui demanda t-il en souriant.
 
     Pacey dévisagea les nouveaux clients, cherchant à se faire une idée. C’était un jeu avec Lucas. Leur petite ville avait le privilège de compter parmi ses vieux bâtiments, une prestigieuse université qui attirait une foule toujours plus dense et varié chaque année. Depuis une semaine que les nouveaux faisaient leur arrivée, ils s’amusaient à deviner le type de gens à qui ils avaient à faire. Un passe-temps comme un autre lorsque l’on a l’impression de voir le monde défiler sous ses yeux et que l’on n’est pas convié à y participer. Mis à part que pour Lucas, cela ne restait qu’un passe-temps du week end, vu que le reste de la semaine, il le passait à se balader parmi ces prétentieux. Il avait été accepté à l’université de Duke et Pacey était fier de son meilleur ami. Pour lui, la situation était…un peu plus délicate.
Pacey : Le garçon est un joueur de football américain dit-il pensif et la blonde assise devant est sa petite amie, probablement avec l’ambition de devenir mannequin ou actrice. Quant aux deux filles derrière, deux écervelées qui ont pour but de briser des cœurs et qui ne vont pas s’en priver.
      Lucas éclata de rire lorsque le brun en question se pencha vers la fille à l’avant pour l’embrasser avant d’avancer vers la boutique et qu’il entendit celle-ci lui crier de lui ramener le magazine « Cosmopolitan » s’il le trouvait. Pacey tourna la tête vers lui et leva les épaules aux ciels en souriant, comme s’il n’avait fait que soulever l’évidence.
Lucas : Ouais et ben en tout cas, pour les deux filles derrière, si elles veulent briser le mien de coeur, je suis leur homme !
    Pacey lui donna une tape à l’estomac avant de se tourner vers la voiture et de croiser brièvement le regard de la jeune fille brune assise à l’arrière. Elle tourna rapidement la tête et la fille à ses côtés lui glissa quelque chose à l’oreille. Lorsqu’elle retourna le visage vers lui, il eut l’impression de la voir rougir avant qu’elle ne détourne le regard à nouveau. Amusé, il sourit. Cette fille était étrange. Il la vit s’enfoncer dans son siège et sortir un bouquin.
Lucas : Je ne savais pas que les écervelées savaient lire ironisa t-il.
 
     Pacey lui fit un regard mauvais avant que le jeune garçon qui les accompagnait vienne les interrompre.
Garçon : Excusez-moi, on m’a dit de m’adresser à vous pour vérifier la pression de mes pneus…
Pacey : Bien sûr. Il va s’en charger dit-il en désignant Lucas d’autorité.
       Lucas acquiesça et emmena le jeune homme jusqu’à sa voiture. Pacey le vit faire le beau devant les filles et sourit avant de jeter un dernier regard sur la jeune fille brune et rentrer à l’intérieur. La journée était loin d’être finie pour lui. Quelques minutes plus tard, Lucas reparut dans la pièce.
Lucas : Il a fait du football américain au lycée mais a décidé de ne pas continuer à l’université lâcha t-il distraitement avant qu’ils n’éclatent de rire tous les deux.   


Jen : Tu peux te concentrer autant que tu veux, ça ne m’empêchera pas de te faire passer un interrogatoire lui dit-elle en souriant.
Joey : Je ne vois pas de quoi tu parles maugréa t-elle sans quitter son livre des yeux.
Jen : Alors d’abord, ça serait plus pratique dans se sens dit-elle en retournant le bouquin de l’autre côté, et ensuite, j’ai vu le regard que tu as posé sur le petit garagiste. 
     En maugréant, Joey fit tout de même mine de s’intéresser à son livre. Assise à l’arrière de la décapotable, Jen parlait le plus bas possible afin de ne pas attirer l’attention de Jack et d’Audrey à l’avant. C’était une chose de questionner Joey, une autre de la mettre face à l’inquisition de la jeune fille, qui n’aurait aucune limite. Quoique.. songea t-elle en regardant vers ses amis, toute précaution était inutile, ils étaient repartis dans une de leurs énième discussion quant à la possibilité d’avoir un chien. Ils avaient décidé de prendre un appartement ensemble à proximité de l’université et Audrey trouvait qu’un couple normal se devait d’avoir un chien ! Jen sourit légèrement avant de revenir à Joey. 
Jen : C’est vrai qu’il était mignon…lui glissa t-elle.
Joey : J’ai pas fais attention dit-elle négligemment. 
    Jen ne put s’empêcher de sourire, Joey était peut être têtue mais elle était tout sauf discrète.
Jen : Eh, tu as le droit de regarder d’autres garçons, ce n’est pas interdit. Vous avez rompu depuis trois mois maintenant. 
       Surprise, Joey se retourna vers Jen.
 Joey : Ca n’a rien à voir ! C’est juste qu’il avait l’air...triste.
Jen : Qui ça ? Celui que tu n’as pas regardé ? demanda t-elle tout sourire.
Joey : Roh tu m’énerves !
    Jen lui fit un sourire ravit avant de se rapprocher un peu d’elle.
Jen : Allez, raconte. 
     Joey prit une profonde inspiration et referma son livre avant de se pencher vers sa meilleure amie.
Joey : Quand on est arrivé près du garage, je l’ai aperçu sortir de l’atelier. Il regardait les gens autour de lui et soudain, il m’a paru triste.
Jen : Sainte Joey, toujours à la recherche d’une personne qu’elle pourrait sauver.
Joey : Il doit avoir notre âge, il n’est pas sensé devoir être sauvé. Ses préoccupations ça devrait être le lieu où il va sortir le samedi soir.
Jen : Joey, tu devrais être la mieux placée pour savoir qu’on a beau avoir l’âge qu’on a, on peut tout de même porter le poids du monde sur nos épaules. 
    Avec un regard sombre, Joey baissa la tête. En effet, elle le savait très bien. Elle laissa son regard dérivé vers l’horizon en s’enfonçant dans son siège. Enfin, cette année, elle entrait à l’université et une nouvelle vie s’offrait à elle. Elle avait décidé de laisser derrière elle tous ses problèmes et de se concentrer sur son avenir. Après tout, elle s’était peut être trompé sur ce garçon, son air sombre pouvait être dû à tout et n’importe quoi, qui sait, il pouvait être juste triste qu’une fille l’ait rembarré. 


        Traînant les pieds, Buzz prenait son temps pour rentrer chez lui. Il n’était pas pressé, rien de particulier ne l’y attendait de toute façon. Il était en retard et allait se faire disputer, dans ces conditions, pourquoi se dépêcher ? Il savait qu’il n’aurait pas dû aller au square avec ses copains mais ils y allaient tous et il en avait marre d’être différent des autres. Il y en avait bien assez des professeurs qui le traitait comme s’il était quelque chose de fragile ! Pour ses amis, il devait rester le même ou tous ses repères s’envoleraient. Depuis six mois, il avait essayé de se construire une carapace efficace face aux autres et il devait s’y tenir. Il consulta sa montre une énième fois, dix neuf heures. Il avait deux heures de retard. Arrivé devant chez lui, il prit une profonde inspiration avant de pousser la porte. Comme prévu, Pacey déboula dans l’entré, l’air énervé.
Pacey : Bon sang où est-ce que tu étais passé ???
Buzz : Je suis allée faire un tour avec des copains dit-il tout en faisant tombé son sac à terre et en accrochant son manteau dans l’entrée.
Pacey : Je t’avais pourtant demandé de ne pas y aller !!
Buzz : Faut croire que je ne t’ai pas écouté lâcha t-il en passant à côté de lui.
Pacey : Pas si vite ! le rattrapa t-il. 
     D’un coup sec, Buzz se dégagea de son emprise.
Buzz : Fous moi la paix !
Pacey : Tu ne vas pas t’en sortir comme ça !
Buzz : Ah ouais et qu’est-ce que tu comptes faire hein ? le provoqua t-il en le fixant du regard.
Pacey : Tu te rends compte de ce qu’il aurait pu se passer si mademoiselle Crawford était passé ? s’exclama-t-il en colère. Je n’avais aucune idée de l’endroit où tu pouvais être !!
Buzz : Je ne lui ai jamais demandé de nous surveiller ! 
    Pacey tenta de retrouver son calme, il était inutile qu’ils se disputent encore une fois sur le sujet, visiblement, Buzz ne comprenait pas la manière forte. Et puis, il avait vécu suffisamment d’épreuves ses derniers temps. 
Pacey : Moi non plus mais on n’a pas le choix Buzz.
Buzz : Si je l’ai ! se défendit-il avec force. Je suis chez moi et je fais ce que je veux.
Pacey : Je suis désolé, mais c’est moi qui décide.
Buzz : Va te faire foutre !
Pacey : Monte dans ta chambre !! s’énerva t-il.
Buzz : T’es pas mon père ! lui lança t-il avant de filer, les larmes aux yeux.      Surpris, Pacey resta dans l’embrasure de la porte quelques instants, regardant les escaliers par lesquels Buzz avait disparu. Méditant le fait de le laisser un peu tranquille ou d’aller lui parler. Son petit frère s’était beaucoup renfermé sur lui-même et il avait peur de ne jamais revoir un sourire sur son visage.
Alicia : Pacey, ma purée elle brûle lui dit-elle d’une petite voix fluette. 
     Revenant sur terre, Pacey pencha la tête vers la petite fille de quatre ans qui se tenait dans l’encadrement de la cuisine et qui serrait fermement contre elle, un lapin en peluche. Il la rejoignit et la prit dans ses bras avant d’aller éteindre le feu. Au moins avec elle, il n’y aurait aucune dispute.   


Haley : La terre appelle Scott.
       Sortant de ses pensées, Lucas dévisagea sa meilleure amie, debout à côté de lui, une cafetière à la main.
Lucas : Excuse moi dit-il avant de lui sourire, j’en veux bien merci.
      Haley lui remplit sa tasse et alla reposer son fardeau avant de venir s’asseoir à ses côtés. Il avait l’air préoccupé et elle s’inquiété pour lui. La mère de Lucas, la patronne de ce petit café, étant revenue de ses courses, elle pouvait se permettre de souffler un peu.
Haley : Je fais une pause, allez parle moi.
Lucas : De quoi tu voudrais que je te parle ? lui demanda t-il surpris.
Haley : De ce qui t’envoie sur la lune chaque fois que tu n’as rien pour te tenir éveillé. Je ne suis pas aveugle et comme Pacey n’est pas là pour te questionner, je m’y colle.
Lucas : Haley, c’est très gentil mais…
Haley : C’est pas gentil, c’est intéressé, je suis curieuse, allez déballe. Imagine que je soit ta meilleure amie ironisa t-elle.
 
     Lucas lui sourit tendrement, Haley avait beau être curieuse, si elle ne sentait pas que c’était important, elle ne lui forcerait pas la main et attendrait que la confession vienne de lui. Il poussa un soupir et se résigna.
Lucas : Tu vois qui c’est le coach Whitey ?
Haley : Celui qui entraîne l’équipe de basket de l’université ?
      Lucas hocha la tête et but une longue gorgée de café pour faire passer son récit.
Lucas : Il est venu me parler aujourd’hui, il voudrait que j’intègre leur équipe.
Haley : La fameuse équipe où Nathan est la tête d’affiche ?
      Encore une fois, il hocha la tête. Nathan était le fils légitime de son père. Lui n’avait été qu’une erreur de parcours qu’il s’était vite empressé d’oublier en quittant sa mère avant même sa naissance. Quand bien même il portait son nom de famille, leur lien s’arrêtait là. Dan Scott n’avait qu’un seul fils, et c’était Nathan.
Haley : Qu’est-ce que tu comptes faire ?
Lucas : Je n’en sais rien. J’ai réussi jusqu’à aujourd’hui à les éviter lui et son père mais si j’intègre cette équipe, je vais souvent me retrouver en leur présence.
Haley : Lucas, est-ce que tu veux faire partie de cette équipe ?
Lucas : Je crois que j’en suis capable.
Haley : Alors à toi de voir si tu pourras les supporter sans les laisser influencer ta vie. Tu as parfaitement le droit de rejoindre les Ravens, je pense même que tu ferais une très bonne recrue et que tu pourrais leur apporter beaucoup mais ta vie est très bien comme elle est et si tu ne veux pas la changer, rien ne t’y force.
Lucas : Il y a ma mère aussi, je ne veux pas lui faire de mal.
Haley : Je pense que Karen est suffisamment adulte pour faire la part des choses entre ta passion et eux. Si tu veux faire partie de cette équipe, elle te suivra. Et moi aussi.
      Lucas pencha la tête vers elle et lui adressa un sourire reconnaissant. Heureusement qu’il avait cette fille dans sa vie. Après sa mère, Keith et Pacey, elle était la seule autre personne solide de son environnement sur qui il pouvait compter, et ça, depuis qu’il était gosse. Elle était toujours franche et sincère avec lui, lui disant les choses comme elle les ressentait et le conseillant tout en gardant sagement le soin de ne pas trop l’inciter dans ses choix. En gros, elle le laissait libre de sa propre vie tout en la surveillant de près songea t-il en souriant
Lucas : Merci.
Haley : Pas de quoi lui dit-elle avec un petit sourire mutin. Allez, j’ai du café à servir moi. 
      Là-dessus, elle reprit son service et le laissa méditer sur la question.

   
Audrey : C’est moi où cette ville est d’un ennui mortel ?
     Amusées, Jen et Joey se sourirent avant de reporter sur Audrey, un regard compatissant. Décidément, la vie était bien dure avec elle et n’apportait à Audrey, que des déconvenues. Envoyé par ses parents chez sa grand-mère dans une petite ville du Massachusetts, Audrey avait dû quitter Los Angeles pour rapidement s’adapter à Capeside et aux valeurs morales de sa nouvelle tutrice. Heureusement, elle avait rencontré Jack et sa vie s’était considérablement améliorée. Celui-ci sortit justement de la cuisine, un plateau de verre dans les mains.
Jack : J’ai commandé les pizzas annonça t-il en servant chacun.
Audrey : Il n’y a même pas de cinéma dans cette ville maugréa t-elle.
 
     Avec un tendre sourire, Jack vint s’asseoir à ses côtés et la prit dans ses bras.
Jack : Il y en a un dans la ville d’à côté, je t’y emmènerai.
Audrey : Et pour faire les boutiques, je vais aller où ?
Jack
 : Il y en a aussi à Willostone.
Audrey : Mais il n’y a rien ici, et puis on a des cours différents, je vais m’ennuyer à mourir, si au moins j’avais quelqu’un pour me tenir compagnie, je ne sais pas moi, un chien par exemple.
      Comprenant la manœuvre de sa compagne, Jack soupira en se relevant d’un bond alors que Jen et Joey éclataient de rire.
Jack : Je vais chercher quelques crackers. 
    Quand il eut disparu, Audrey pesta.
Jen : C’était bien joué Audrey rigola t-elle, gros comme une maison mais bien joué.
Joey : La prochaine fois enlève tes sabots lui conseilla t-elle en souriant.
Audrey : Il n’y a rien qui marche c’est pas possible ! Il va falloir que je le travaille au corps décida t-elle avec fermeté. Je veux un chien !
Jen : Pauvre Jack, il n’a aucune chance. 
     Audrey fit un magnifique sourire à Jack lorsqu’il reparut. Sachant qu’elle tramait quelque chose, il préféra par précaution allait s’asseoir dans le fauteuil à côté du canapé où se trouvaient Jen et Joey. Quand Audrey avait une idée derrière la tête, mieux valait agir avec soin.
Joey : Votre appartement est superbe déclara t-elle pour changer de sujet.
Jen : C’est vrai, vous avez fait du beau travail en une semaine.
Jack : C’est à Audrey qu’en revient tout le mérite, je n’y connais rien en décoration.
      Accompagnant ses propos, il fit un sourire charmeur à sa petite amie. Espérant ainsi rester dans ses bonnes grâces. Il n’avait aucune envie de dormir sur le canapé ce soir !
Audrey : Ca n’a pas été de la tarte, il a fallu… 
    Ouf, elle était passé à autre chose se dit-il en l’observant raconter aux filles comment elle avait transformé cet appartement en endroit agréable et conviviale. Il allait peut être avoir la paix pour ce soir ! Quelques minutes plus tard, on sonna à la porte.
Jen : J’y vais déclara t-elle.
Jack : Je vais chercher les assiettes.
     Jen alla ouvrir et resta surprise sur le pas de la porte. Le jeune homme en face d’elle, vêtu d’un t-shirt rouge et d’une casquette de la même couleur lui souriait en lui tendant les pizzas commandées.
Jeune homme : Ca vous fera 12 dollars 95.
Jen : Euh…oui dit-elle en sortant de sa rêverie, je reviens tout de suite. 
     Un sourire aux lèvres, elle alla dans la salle voir Joey.
Jen : Joey, tu pourrais aller payer s’il te plait, j’ai oublier mon porte-monnaie, je te rembourse plus tard.
Joey : Bien sûr.
     Insouciante, Joey se dirigea vers la porte en fouillant dans son porte-feuille. Joey : Combien je vous dois ?
Jeune homme : 12 dollars 95 répéta t-il. 
     Joey sortit quinze dollars qu’elle lui tendit.
Joey : Vous pouvez….garder la monnaie termina t-elle en bégayant après s’être rendue compte de l’identité de celui qui se tenait en face d’elle.
Jeune homme : Merci lui dit-il en souriant alors qu’il prenait l’argent et lui tendait les boîtes en cartons.
Joey : On s’est déjà vus non ? demanda t-elle timidement.     
      Pacey, ayant parfaitement reconnue la jeune fille brune assise à l’arrière de la décapotable une semaine plus tôt, lui sourit amusé.
Pacey : C’est possible lui répondit-il néanmoins. Bonne soirée.
     Il lui sourit une dernière fois avant de commencer à descendre les escaliers.
Joey : Il y a encore beaucoup d’endroits où je risque de vous croiser ? lui demanda t-elle après une légère hésitation. 
    Tout sourire, il se retourna vers elle.
Pacey : Ca dépend si vous allez à la messe le dimanche lui dit-il avant de filer.     Interdite, Joey resta plusieurs minutes sur le pas de la porte, les pizzas dans les mains.
Joey : Il plaisantait... lâcha t-elle en cherchant à se convaincre lorsqu’elle referma derrière elle.
 

       Penché sous le capot d’une vieille Ford, Lucas s’activait à changer les pièces usagées. Cela faisait trois fois en un mois qu’il réparait cette voiture et il avait beau dire au propriétaire qu’il irait plus vite à s’en acheter une neuve, le vieux Lou refusait de se séparer de sa chère Sally, comme il aimait appeler sa voiture. Il avait embrassé sa femme dedans pour la première fois et y avait même conçu un de ses fils selon ses propres aveux. Lucas soupira en s’épongeant le front de son revers de manche…Que n’aurait-il donné pour être ailleurs, loin de tout ce cambouis et de cette odeur d’essence. Il releva la tête en essuyant ses mains sales sur le chiffon qui pendait à la ceinture de son bleu de travail et aperçut Pacey, comme d’habitude, penché au dessus de ses bouquins. On pouvait être sûr de le trouver à cette même place chaque fois que c’était calme. Pour sa part, il fallait le chercher prêt du panier de basket que Keith avait installé derrière l’atelier, ou à la rigueur s’il pleuvait, dans un des canapés de la salle de repos, regardant un match à la télé, mais pas Pacey. Sa journée était réglé, minuté, il ne s’accordait que rarement le temps de soufflé. Faut dire que la vie s’était chargée de combler les trous dans son emploi du temps. Ils se connaissaient depuis qu’ils étaient gosses et il savait tout ce par quoi il était passé. Et même s’il pouvait le comprendre, il aurait aimé pouvoir l’aider un peu plus et retrouver le mec avec qui il pouvait sortir le soir et déconner toute la nuit.
Lucas : Vendredi je vais chez « Becky’s » avec Haley, tu devrais venir avec nous, essaya t-il, ça te changerait les idées.
     L’esprit occupé, Pacey ne releva même pas la tête.
Pacey : Je ne peux pas, je suis désolé.
      Lucas se rapprocha de lui et vint s’asseoir sur le peu de place inoccupée de la table qu’avait investie Pacey.
Lucas : Je suis sûre que Mme Gills pourrait…
Pacey : Lucas soupira t-il en portant le regard vers lui, je n’ai vraiment pas le temps. Vendredi, je finis à 18h ici et je file chez Gino prendre mon service jusqu’à 20h. Ca me laisse à peine une heure ensuite pour rentrer les faire dîner et m’assurer que Buzz a bien fait ses devoirs avant qu’ils aillent au lit.
Lucas : En parlant de Buzz…lui dit-il réticent.
Pacey : Quoi ? s’alarma t-il.
 
Lucas : Je l’ai croisé en ville hier. 
     Pacey attendait la suite, à ce qu’il sache, Buzz avait le droit de se promener un peu, il ne lui avait pas interdit de vivre non plus.
Lucas : Il était 10h Pacey.
Pacey  Il a séché les cours ?? dit-il en se levant d’un bond. 
       Désolé, Lucas tenta de plaider en faveur du petit.
Lucas : Je te rappelle qu’on en faisait autant que lui à son âge.
Pacey : Ca n’a rien à voir Lucas s’énerva t-il, les conséquences ne sont plus les mêmes ! Il ne se rend pas comptes des enjeux !! 
    Comme abattu, il se laissa retomber sur sa chaise.
Pacey : Je ne sais plus quoi faire avec lui…
Lucas : Tu sais, ton petit frère te ressemble plus que tu ne le penses. Il pense pouvoir se débrouiller seul.
     Agacé de savoir qu’il disait vrai, Pacey le dévisagea avant de détourner le regard.
Lucas : Tu as eu le temps de finir ? lui demanda t-il en désignant les bouquins qui traînaient partout.
Pacey : Nan, pas vraiment. 
     Buck, l’associé de Keith, âgé d’une soixantaine d’années, apparut dans l’embrasure du bureau.
Buck : Witter, je n’ai plus besoin de toi aujourd’hui, tu peux foutre le camp.
Pacey : Mais Buck, je n’ai pas…
Buck : Et demain je n’ai pas besoin de toi avant neuf heures alors inutile de venir plus tôt et de me traîner dans les pattes lâcha t-il sans tenir compte de ses protestations.
    Sans un mot de plus, il disparut aussi vite qu’il était arrivé. Amusé, Lucas baissa la tête en souriant.
Lucas : La voix du sage à parler.
     Pacey referma ses bouquins silencieusement alors que Lucas retourna s’occuper de Sally. Il rangea ses affaires en souriant, il n’était pas dupe et savait que derrière les paroles bourrues de son patron se cacher une véritable tendresse. Il vivait seul depuis de nombreuses années. Depuis que sa femme était morte et que ses enfants avaient quitté la ville en fait. Aussi, il s’était replié sur lui-même et était devenu un homme aux abords solitaires et renfrognés mais il n’en restait pas moins un homme de cœur. Rapidement, il alla se changer, cela lui laisserait une heure pour parler avec Buzz.
 

       Jouant avec son crayon sur une feuille de papier, Jen trépignait. Elle n'avait jamais connut un cours aussi insipide que celui du professeur Fields. Et pourtant, Peterson au lycée s'y entendait lorsqu'il s'agissait de plonger un élève dans l'ennui le plus total. En soupirant, elle coula un regard vers Joey qui s'appliquait à noter tout ce que leur bon professeur dictait. Elle n'aurait qu'à recopier sur elle un peu plus tard se dit-elle. Joey était véritablement un cas lorsqu'il s'agissait des études. Elle n'avait jamais pu trouver quelqu'un qui était aussi dévoué à la scolarité qu'elle. Enfin, elle ne pouvait pas lui en vouloir, pour elle, c'était le seul moyen d'échapper à sa vie. La pauvre, elle avait vraiment cru y être parvenue lorsqu'ils avaient mis le cap sur Hillcrest pour quatre années d'université. Mentalement, Jen revit la tête de sa meilleure amie lorsqu'ils étaient arrivés et qu'elle était tombée nez à nez avec son ex petit ami. Il avait fallu que ce salop choisisse la même université qu'elle afin de pouvoir lui pourrir la vie un peu plus. Oh mais il n'y arriverait pas, elle ne le laisserait pas faire se garantit-elle avec conviction. S'il voulait continuer à harceler Joey, elle lui montrerait de quel bois elle se chauffer. Joey se tourna vers elle et lui sourit tendrement.
Joey : On est là depuis à peine deux semaines et tu en es déjà à ne plus prendre des notes.
Jen : Ce type m'ennuie, ce n'est pas ma faute. 
     Amusée, Joey lui sourit et reprit le fil du cours pendant les quinze dernières minutes. Une fois que le prof les eut libérés, elle entendit Jen souffler de soulagement en rangeant prestement ses affaires.
Joey : L'année va être longue pour toi lui dit-elle en rigolant.
 Jen : M'en parle pas !
     Le sourire aux lèvres, elles se dépêchèrent de quitter l'établissement.
Jen : Bon alors, on fait quoi ce soir ?
Joey : Je dois aller au lavomatique et toi,… oh ben tu pourrais peut être ranger ton côté de la chambre ? lui proposa t-elle en levant les sourcils.
 
     Jen grimaça face à cette proposition des moins alléchantes ce qui eut pour conséquence de faire sourire Joey qui savait très bien que son amie n'adhérerait pas à l’idée.
Joey : On peut aussi aller voir ce que font Audrey et Jack et leur proposer de passer la soirée ensemble.
Jen : J'achète ! répondit-elle avec enthousiasme.
 
      Elles pénétrèrent dans le bâtiment qui abritait leur dortoir lorsque Joey aperçut au loin une silhouette familière. Son visage perdit instantanément de son éclat et de douloureux souvenirs se rappelèrent à elle. Pourquoi diable avait-il fallu qu'il vienne dans cette université où il savait pertinemment qu'elle serait. Avec tout ce qu'il s'était passé entre eux, comment pouvait-il croire un instant qu'elle lui accorderait une nouvelle chance, comme il le réclamait dans le mot qu'il avait habilement glissé sous sa porte. Fallait-il qu'elle ait perdu la tête pour accepter une telle chose. Elle n'avait pas osé en parler à Jen de peur qu'elle fasse un scandale. Elle était sacrément remontée lorsqu'ils avaient rompu et avait remis le jeune homme plus d'une fois à sa place lorsqu'il avait eu le malheur d'essayer de l'aborder d'un peu trop près. En revoyant les scènes, un sourire fuguasse passa sur son visage. Jen ne faisait jamais dans la demi-mesure. Absorbée dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué l'air inquiet que sa meilleure amie posait sur elle.
Jen : Et si on allait faire un tour, c'est pollué ici. 
    Joey tourna la tête vers elle et l'inclina, en signe de consentement. Elle n'avait vraiment aucune envie d'un affrontement.
 

        Les mains moites, Lucas poussa la porte du gymnase. Aujourd’hui, les Ravens s’entraînaient et Nathan serait probablement là. Il n’arrivait pas à croire que l’idée d’être près de lui pouvait encore le rendre dans cet état. Il était de notoriété publique que les deux demi-frères Scott ne se parlaient pas et ne cherchaient aucunement à se connaître. Même si enfant, cela l’avait parfois rendu triste, aujourd’hui, il était au dessus de tout ça. Son père l’avait laissé seul avec sa mère et agissait comme s’il n’existait pas, il n’avait qu’à faire la même chose de son côté. Si cela était si simple, pourquoi être dans un tel état de nervosité ? Whitey l’aperçut et lui fit signe de s’approcher. Aussitôt, toute la salle se mura dans le silence et les observa. Toutes les pom pom girls et les joueurs, Nathan y compris, étaient tournés vers eux. Son demi-frère semblait vraiment surpris par sa présence.
Whitey : Ecoutez moi tous ! 
    Lucas se dit que cette demande était inutile, ils étaient déjà tous suspendus à ses lèvres. Mais le coach semblait vouloir mettre un point d’honneur à montrer que c’était lui qui commandait et qu’ici, tout le monde devait lui obéir.
Whitey : Après la suspension de quatre d’entre vous, je suis obligé de trouver de nouveaux joueurs. Alors je vous présente Lucas Scott, il va intégrer l’équipe à partir d’aujourd’hui.
Nathan : C’est une plaisanterie… lâcha t-il hébété.
Tim : On ne l’a jamais vu jouer !
Whitey : Mettriez-vous en doute mes capacités de recruteur Smith ? lui demanda t-il agacé.
 
     Chacun se tut et Lucas put lire l’énervement et l’indignation sur les visages de ses nouveaux partenaires de jeu. Intérieurement, il regretta sa décision et se demanda ce qu’il faisait là. Sa place se trouvait sur le terrain de basket près du fleuve, à jouer avec Pacey et les autres. Quand Pacey daignait venir évidemment.
Whitey : Jake, montres-lui les vestiaires et expliques-lui les horaires d’entraînement de l’équipe.
      Le coach n’avait pas pour habitude de demander les choses, il les ordonnait, aussi, Jake fit signe à Lucas de le suivre, et celui-ci le fit, tête baissée, afin de s’éloigner rapidement de tous ses regards scrutateurs. Lui qui avait toujours pris soin de ne pas provoquer l’attention des gens venait tout à coup de se propulser aux devants de la scène. Son guide referma la porte des vestiaires derrière lui et Lucas se surprit à respirer tout à coup. Jake s’en rendit compte et lui proposa une bouteille d’eau.
Jake : On dirait que tu en as besoin.
Lucas : Merci lui répondit-il sur ses gardes.
      Jake allait-il lui aussi lui dire qu’il n’avait pas sa place dans l’équipe ?
Jake : Je suppose que ça n’a pas dû être facile ?
Lucas : Pas vraiment non.
Jake : Alors qu’est-ce qui t’a décidé ?
Lucas : Ma mère lui dit-il un peu gêné. Elle m’a conseillé de vivre ma vie comme je l’entendais. « Si je veux faire du basket de façon un peu plus professionnel, je n’ais qu’à en faire » dit-il en l’imitant.
Jake : Sage conseil. 
     Jake passa un quart d’heure à lui montrer les lieux et à lui fournir l’emploi du temps des entraînements, une tenue et les recommandations d’usages. Une fois fait, il lui proposa de se changer afin de venir leur montrer de quoi il était capable. Lucas acquiesça et Jake s’éloigna vers la porte.
Jake : Tu sais que ça ne va pas être facile.
Lucas : Rien n’a jamais été facile de toute façon. 
     Jake inclina la tête en signe de compréhension. Ayant grandi à Hillcrest, il connaissait Lucas de réputation et savait ce que ça remarque voulait dire. Contrairement à certain, il n’avait aucun a priori sur le garçon et attendait juste de lui qu’il fasse ces preuves, au même titre que n’importe quel autre joueur, Nathan y compris. De toute façon, il avait bien d’autre préoccupation.
Jake : Bienvenu dans l’équipe lâcha t-il avant de sortir.


         Son sac en bandoulière, Pacey rentrait chez lui, les mains au fond de son jeans. Puisque Buck lui avait accordé une « permission spéciale », il prenait un peu plus de temps que d’habitude pour rentrer. Quoi qu’il ne pourrait faire qu’une brève apparition, juste le temps d’avoir une petite discussion avec Buzz. A cette pensée, il se rembrunit. Il détestait être en conflit avec lui, il avait bien assez à faire sans avoir à l'affronter constamment. En soupirant, il regarda autour de lui en respirant à plein poumon, la journée était ensoleillée et il y avait du monde dans les rues. Il n’avait pas eut l’occasion de se promener ainsi depuis bien longtemps. En temps normal, il était toujours pressé et marchait d’un endroit à un autre sans faire vraiment attention à ce qui l’entourait. Aujourd’hui, il s’accordait le droit de prendre son temps. Pour la première fois depuis des mois, sa petite ville qu'il trouvait figée lui apparaissait comme une ville beaucoup plus vivante qu'il ne l'aurait pensé. Quelques minutes plus tard, il entrevoyait sa maison, il se mit alors à réfléchir à ce qu'il pourrait dire à Buzz. Rien de concret ne lui venant, il se dit qu'il n'avait plus qu'à affronter la situation et que ça lui viendrait sur le tas. Dès qu'il passa le seuil de la porte, une fusée blonde lui fonça dessus.
Alicia : Pacey !! T'es déjà rentré ! s'exclama t-elle toute contente.
Pacey : Salut moustique lui dit-il en lui plaquant un baiser sur la joue alors qu’il l’a calé sur sa hanche.
Alicia : Tu restes combien de temps ?
Pacey : Pas longtemps, je suis désolée mais je te promets de revenir très vite.
Alicia : Tu dis toujours ça...marmonna t-elle tristement.
Pacey : Je sais...lui dit-il désolé tout en la reposant par terre.
Mme Gills : Alicia, ils sont bientôt prêts lui cria t-elle de la cuisine.
Alicia : Avec madame Gills on fait des cookies ! s'exclama t-elle, le sourire revenu.
Pacey : Tu m'en mets de côté.
     La petite hocha vigoureusement la tête.
Pacey : Tu sais où est Buzz ?
Alicia : Dans le jardin lui indiqua t-elle avant de disparaître.
 
     Prenant son courage à deux mains, Pacey alla le rejoindre. Buzz était assis à la table de la terrasse et semblait faire ses devoirs. C'était déjà ça ! se dit-il. Sans bruit, il alla s'asseoir en face de lui. Son frère ne bougea même pas et continua sa tâche.
Pacey : Buzz, j'aimerais qu'on parle un peu tous les deux.
Buzz : Pas moi. 
      C'était pas gagné ! se dit-il en soupirant.
Pacey : On va pourtant devoir avoir une conversation d'homme à homme.
Buzz : Quand j'en verrai un, je lui parlerais.
      Il avait oublié le sens de la répartie et du sarcasme qu'il avait. Malgré lui, un sourire farda son visage. Buzz avait visiblement décidé de ne pas lui accorder d’importance et gardait son regard fixé sur sa feuille.
Pacey : En attendant, tu feras avec moi tu veux bien ?
Buzz : J'ai pas le choix de toute façon.
Pacey : Non, et crois moi j'en suis désolé.
Buzz : J'en doute pas.
     Surpris, Pacey le dévisagea. Que voulait-il dire par là ? Comprenait-il ce qu'il lui disait où faisait-il allusion à tout autre chose ? Il allait lui demander un peu plus d'explications lorsque Alicia réapparut, un dessin à la main.
Alicia : Regarde ce que j'ai fais pour toi !
     En souriant, il lui prit le dessin et éclata de rire. Elle avait dessiné un garçon, qu'il supposait être lui, vêtu d'un costume de superman. Pourquoi diable Buzz ne pouvait-il pas être plus comme elle ! se demanda t-il en jetant un coup d’œil au garçon renfermé qu’il avait en face de lui. Il prit sa petite soeur sur ses genoux.
Pacey : Il est très beau ton dessin mais je ne suis pas un super héros ma puce.
Buzz : Tu m'étonnes lâcha t-il entre ses dents.
 
     Pacey baissa la tête vers Buzz, blessé malgré lui. Il n'était peut être pas parfait, mais il faisait de véritables efforts pour eux et il ne s'en rendait même pas compte. Pire, il lui mettait des bâtons dans les roues constamment. Il embrassa sa petite soeur et se leva, tristement.
Pacey : Je ne suis pas parfait, mais je fais ce que je peux Buzz. Si tu continues à sécher les cours, je ne pourrais jamais te prouver que je suis valable comme tuteur. Tu comprends ce que j’essaye de te dire ?
Buzz : Ouais maugréa t-il.
 
     Pacey soupira et baissa la tête. Il était inutile d'insister plus. Il sortit tristement alors que Buzz releva la tête pour la première fois et regarda son grand frère s'éloigner d'un air sombre. En grimaçant, il porta une mai

Marjo  (07.01.2007 à 01:57)
En grimaçant, il porta une main à son côté et se massa délicatement, ce n’était pas le moment.

Joey : J'ai l'impression que ce garçon là-bas n'a d'yeux que pour toi lui glissa t-elle.
 
     Discrètement, Jen se tourna dans la direction que Joey lui avait indiquée et son regard rencontra celui d'un jeune garçon brun, assis au comptoir de la pizzeria. Elle se rendit compte qu'en effet, il avait le regard braqué sur elle et le fait qu'elle s'en soit aperçue n'avait pas l'air de le déranger outre mesure, au contraire, il lui sourit en levant son verre avant d'appeler la serveuse et de faire signe vers elle. Quelques minutes plus tard, ladite serveuse venait à leur encontre.
Serveuse : Bonsoir, le jeune homme assis là-bas souhaite vous payer un verre, que prendrez-vous ? demanda t-elle aux trois jeunes filles.
 
     Surprise, Audrey se retourna vers le jeune homme et lui fit un ravissant sourire. Elles commandèrent un soda en faisant un signe de remerciement vers leur bienfaiteur. 
Audrey : Alors, qui lui a tapé dans l'oeil selon vous ? leur demanda t-elle une fois la serveuse partie.
Joey : Désolée Audrey, mais c'est Jen.
      Légèrement déçue aux premiers abords, Audrey se résolut à attendre Jack qui était en retard et prit le parti de s'amuser de la situation, au dépit de Jen. Audrey : Tu pourrais l'inviter à se joindre à nous !
Jen : On ne le connaît même pas !
Audrey : On sait qu'il est généreux, c'est déjà pas si mal, et si tu ne lui parles pas tu ne pourras pas le connaître, logique implacable. Bon... soupira t-elle au bout de quelques instants, si tu ne te décides pas, je vais le faire.
Jen : Audrey !!!
Audrey : D’accord, je vais le faire.
      Avec un petit sourire, Audrey se leva rapidement et Jen n'eut pas le temps de la retenir.
Jen : Je vais la tuer !! dit-elle à Joey alors que celle-ci souriait.
 
      Quelques minutes plus tard, Audrey revenait à leur table, accompagné du jeune homme.
Audrey : Les filles, je vous présente Drue. Il va à Duke comme nous. Drue, je te présente Jen dit-elle avec insistance.
Drue : Enchanté.
Joey : Moi c'est Joey mais ça ne compte pas vraiment dit-elle après quelques secondes de silence
     Drue détacha son regard de Jen pour sourire à Joey.
Drue : Quand il s'agit de jolies filles, ça compte toujours lui assura t-il. 
     Joey lui sourit, il marquait des points se dit-elle amusée. Il avait l'air d'un beau parleur mais ça ne faisait de mal à personne d'avoir affaire à des gens qui revalorisent votre égo de temps en temps.
Audrey : On attend encore un ami, mon petit ami en fait ajouta t-elle, mais tu peux te joindre à nous, Jen et Joey sont libres comme l'air.
       Jen adressa un regard mauvais en direction de son amie alors que Joey rigolait. Audrey n’était pas très fine en matière de subtilité. Et puis, elle n'était pas au centre du mélodrame et cela suffisait à ce qu'elle voie la situation du bon côté. Jen par contre, fulminait. Et pourquoi pas lui accrocher un panneau « A prendre » autour du cou songea t-elle en foudroyant Audrey du regard. Drue allait s'asseoir lorsqu'il aperçut quelqu'un passer la porte, aussi s'excusa t-il auprès d'elles quelques instants. Elles se tournèrent vers le nouvel arrivant et Jen en oublia d’incendier Audrey pour faire un petit signe à Joey. Tout de suite, les joues de celle-ci s'empourprèrent et elle se leva pour aller aux toilettes. Lorsqu'elle en ressortit quelques minutes plus tard, elle surprit une conversation entre Drue et son bel inconnu.
Drue : Ca fait deux fois cette semaine...
Pacey : Je sais, ça n'arrivera plus.
Drue : J'espère bien Witter, parce que sinon, je serais obligé de dire à mes parents de te virer.
Pacey : J'ai besoin de ce travail Drue l'entendit-elle lui dire d'une voix grave.
Drue : C'est pas mon problème ça. C'est pas parce que mon père donne dans les cas sociaux que je suis obligé de faire pareil.
       Surprise, Joey resta en retrait et attendit d'entendre Drue s'éloigner pour jeter un regard sur le jeune homme qui l'intriguait tant. La tête baissée, elle l'entendit pousser un soupir avant d'attraper une pile de pizza et de sortir par la porte de derrière. Mue par une impulsion, elle s'élança derrière lui.
Joey : Bonsoir ! 
    En sursautant, le jeune homme se retourna vers elle avant de la dévisager en souriant.
Pacey : Vous vous êtes perdue peut être ? lui dit-il amusé. L'espace clientèle, c'est de l'autre côté.
Joey : Je sais, je... 
   Mal à l'aise, elle sortit sur le perron et affronta son regard.
Joey : En fait, je n'écoutais pas, mais j'ai entendu votre conversation avec ce Drue...dit-elle en se tordant nerveusement les mains.
Pacey : Oh.
      Subitement gêné, il détourna le regard.
Joey : Pourquoi vous le laissez vous parler comme ça ?
Pacey : Parce qu'il fait partie des patrons et que c'est une petite ville ici. Le travail ne court pas les rues. 
      C'était une excellente réponse ! se dit Joey en ne pouvant s'empêcher de le regarder, désolée. Ce garçon avait vraiment quelque chose d'intriguant et de triste à la fois.
Pacey : Il faut que j'y aille, j'ai des pizzas à livrer lui dit-il en lui désignant sa charge. Vous pourrez retrouver le chemin ?
     Joey hocha la tête, aussi s'éloigna t-il en direction de sa voiture de fonction.
Joey : Je ne sais même pas comment vous vous appelez ? lui lança t-elle tout à coup.
Pacey : Ca nous fait un point partout, je ne sais pas non plus votre nom.
     Etonnée de ne pas avoir de réponse directe, elle lui sourit en le voyant fourrer les cartons de pizza sur le siège passager.
Joey : Joey, je m’appelle Joey lui cria t-elle.
 
    Il releva la tête vers elle et lui sourit tendrement.
Pacey : Et bien bonne soirée Joey lui dit-il en mettant le contact
    Hébétée, elle le regarda partir avant d’éclater de rire, amusée. Ce garçon n'était vraiment pas comme les autres ! Elle remarqua seulement alors qu'il faisait froid et rentra vite rejoindre ses amies à l'intérieur. Drue était toujours assis à leur table et discutait à présent avec Jack tout en lorgnant sur Jen. Elle décida de prendre ses distances avec lui et de rentrer le plus tôt possible. Elle n'aimait pas ce petit crétin prétentieux. 


      Profitant d’une des dernières belles soirées de l’été, Lucas prit son élan et lança le ballon vers le panier. Celui-ci alla tourner autour du cercle en métal avant de finalement, tomber au centre. Il soupira et alla lentement récupérer son ballon. Il était probablement venu ici pour conjurer le mauvais sort et vérifier qui il était, histoire de se prouver que même s’il avait intégré une bonne équipe de basket, il était resté le même. Ses racines, ses sources, c’était sur ce terrain de basket en plein air qu’il se les était construites. Soudain, une ombre sortit de la pénombre et vint s’asseoir sur la seule table meublant l’espace. Elle enfouit ses mains dans sa veste et après lui avoir sourit tendrement, Lucas lui fit un air de défi.
Lucas : Une partie ?
Haley : J’adorerais ça, mais je ne fais pas partie de l’équipe des Ravens.
       Ouille, elle l’avait touché. Devrait-il toujours justifier sa décision ? Même les autres avaient désertés les lieux.
Lucas : Allez viens, j’essaierais de jouer les novices.
Haley : Tu vas voir ! lui dit-elle en rigolant alors qu’elle venait tenter de s’emparer de son ballon.
     Lucas l’esquiva sans trop de difficulté et débuta un léger un contre un dans lequel le jeune garçon n’y mettait pas vraiment toute sa volonté. Haley n’était pas mauvaise à ce jeu mais il ne pouvait décemment pas s’investir à fond face à elle.
Lucas : Dis que je suis le meilleur et j’abandonne.
Haley : Tu rêves Scott lui dit-elle en rigolant. 
     Tentant de le surprendre sur le côté, elle le bouscula légèrement et resta stupéfaite en le voyant grimacer, une main posée sur ses côtes.
 Haley : Excuse moi je t’ais fait mal ? s’inquiéta t-elle.
Lucas : Nan, ça va, ne t’en fais pas lui dit-il en reprenant contenance.
Haley : Qu’est-ce qu’il se passe Lucas ?   
Lucas : Entraînement difficile lui répondit-il en haussant les épaules.
Haley : Lucas !! s’exclama t-elle horrifiée.
Lucas : Ce n’est rien, ça arrive parfois lors d’un entraînement.
Haley : Tu plaisantes ! Je n’arrive pas à croire qu’ils t’aient fait ça, et le coach n’a rien dit ?
Lucas : Il était sortit.
Haley : Fais voir.
      Alliant le geste à la parole, elle sortit le t-shirt du pantalon du jeune homme et découvrit un énorme bleu sur le côté de sa poitrine. Epouvantée, elle retint un cri et l’effleura du doigt.
Haley : Ca te fait mal ?
Lucas : Un peu, mais ça passera.
Haley : Lucas dit-elle mal à l’aise, je t’ai dit que je t’encouragerais à faire partie de cette équipe si c’était ton choix mais je me dis que peut être, tu devrais y renoncer.
Lucas : Et leur prouver que j’ai peur d’eux, pas question !
Haley : Mais regarde ce qu’ils t’ont fait ! s’exclama t-elle en colère. Aujourd’hui c’est ça, demain ça sera quoi ?
Lucas : Haley…lui dit-il en plongeant son regard dans le sien, ils ne me font pas peur. J’ai le droit de faire partie de cette équipe, rappelle toi.
Haley : Pas à ce prix lui dit-elle la  voix hésitante.
       Touché par l’inquiétude sincère qu’il lisait au fond du regard de sa meilleure amie, il lui déposa un baiser sur le front et la serra contre lui. Haley se blottit dans ses bras sans rechigner. Si lui n’avait pas peur, elle au contraire, était très inquiète. Ces garçons se croyaient au dessus de tout et ils ne lui laisseraient aucun répit s’ils avaient décidé que sa place n’était pas avec eux. 


      Allongée sur son lit, Joey contemplait le plafond, les mains sur son ventre. Elle méditait sur sa vie ou plutôt pensait au jeune homme qu'elle avait croisé plusieurs fois et dont elle ignorait tout. Depuis la première fois où elle l'avait aperçu, elle n'avait pu s'empêcher de penser à lui. Pourtant, elle n'était pas du tout du genre à s'obséder pour un rien. Mais ce type avait quelque chose de particulier, une allure détachée tout en étant présent à la fois. C'était ça, il lui donnait l'impression d'emplir un espace à lui tout seul et la seconde d'après, il avait déjà disparu. Un courant d'air ! Voilà ce qu'il était. Un courant d'air sans nom songea t-elle en souriant.
Jen : On peut savoir à quoi tu penses...lui demanda t-elle en sortant de la petite salle de bain attenante à la chambre, une serviette sur les cheveux.
Joey : Oh, à rien de particulier...
Jen : Je ne savais pas que "rien de particulier" pouvait donner un tel sourire !
     Agacée, Joey roula des yeux en soupirant. Jen vint s'asseoir au bord de son lit.
Jen : Je t'ai trouvée bien silencieuse ce soir. Ca a un rapport avec une certaine personne ?
Joey : Ecoute Jen, je suis désolée si tu apprécies Drue, mais à moi, il ne me plait pas ce type ! 
     Surprise, Jen écarquilla de grands yeux. Il devait sûrement y avoir un truc qu'elle n'avait pas saisi, Joey n'avait rien contre Drue jusqu'à ce qu'elle aperçoive le livreur de pizza et aille aux toilettes. Que s'était-il passé ?
Jen : Je ne parlais pas de Drue mais de l'autre, le garagiste livreur de pizza.
Joey : Ah...répondit-elle gêné.
Jen : Mais j'aimerais bien savoir aussi ce que tu as contre Drue.
Joey : C'est un sale con prétentieux. 
     Etonnée, Jen la contemplait, curieuse. Joey était rarement aussi tranchante et catégorique sur les gens. Visiblement, Drue avait été déclaré coupable dès la première soirée et la sentence était terrible, "sale con prétentieux". Elle ne pouvait pas dire qu'il lui avait véritablement plu où même qu'il l'attirait mais de là à avoir un avis aussi définitif...
Jen : Je suis désolée Joey dit-elle en hochant négativement la tête, mais tu imagines bien que je vais avoir besoin d'un peu plus d'explication !
      En soufflant, Joey se redressa dans son lit.
Joey : Bon, tu te rappelles quand je suis allée aux toilettes ?
Jen : Tu veux dire quand tu as fuis le garagiste ? lui demanda t-elle en souriant.
Joey : Si tu veux répondit-elle irritée. Et bien, justement, j'ai entendu Drue lui parler en sortant, c'est le fils des patrons et crois-moi, il le fait savoir !
Jen : Tu veux dire qu'il a passé un savon à ton garagiste ?
Joey : Ce n'est pas Mon garagiste précisa t-elle en tout premier lieu. Et puis, si ça n'avait été qu'un savon ! Il s'est montré condescendant et crétin ! s'énerva t-elle.
Jen : J'ai l'impression que tu l'aimes bien ce garçon lui dit-elle tendrement.   
Joey : Je ne sais pas quoi penser de lui... lui répondit-elle songeuse.
Jen : Mais il te plaît ?
Joey : Je le trouve mignon c'est sûr, mais c'est autre chose, il est...différent.
       Jen lui sourit tendrement. Joey avait l'air de vraiment bien l'aimer et si ça pouvait l'aider à oublier l'année dernière, elle était totalement pour ! Bon, elle devrait s'assurer que c'était un type correct mais d'après ce qu'elle avait pu en voir, il n'avait pas l'air d'être dans la catégorie des "sales cons prétentieux" songea t-elle amusée.
Jen : Tu vas le revoir ?
Joey : Peut être...si je vais à la messe dit-elle en rigolant.
 
     Perdue, Jen la dévisagea. Joey lui fit signe de laisser tomber.
Jen : Tu sais Joey dit-elle en se relevant. Ce garçon te plaît alors je serais toi, je chercherais à le revoir. Va falloir que tu remontes très vite en selle ajouta t-elle, ou tu risques de perdre tout tes cours d'équitation !
    Joey lui balança un coussin alors que Jen s'éloignait en riant. Jen était directe mais elle n'avait pas tort, elle avait très envie d'en savoir un peu plus sur ce garçon...Drue l'avait appelé Witter, c'était un début.
Joey : Witter...murmura t-elle du bout des lèvres comme pour tester la sonorité du mot.
 

       Debout devant son casier, Nathan cherchait les livres dont il aurait besoin pour l’après midi. Il se chargeait toujours au minimum, ce qui lui valait de fréquents allers et venues à son casier. Il était un peu pressé, il avait entraînement mais sa popularité était-elle qu’il devait constamment s’arrêter de fouiller pour saluer quelqu’un. Un autre joueur de l’équipe vint le rejoindre.
Drue : Eh Nathan, voilà un nouveau dans l’équipe. 
      D’un signe de tête Nathan salua Drue et tendit la main vers le nouveau venu.
Nathan : Salut, moi c’est Nathan Scott.
Eddie : Eddie Dolling.
Nathan : Tu es nouveau par ici ?
Eddie : Ouais, disons que je n’ai pas vraiment choisi cette université mais que ça s’est imposé.
      Nathan haussa un sourcil mais ne le questionna pas plus. Il ne le connaissait pas et sa vie était déjà bien assez compliqué comme ça pour ne pas qu’il s’intéresse à celle des autres. Drue indiqua le gymnase au nouveau et lui fit signe qu’ils arrivaient.
Drue : Tu crois que Whitey va nous en trouver encore combien comme ça ? demanda t-il alors que Nathan refermait son casier.
Nathan : Faut bien remplacer ceux qui manquent.
Drue : Alors, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse à Lucas aujourd’hui ?
Nathan : Drue soupira t-il, je t’ai déjà dis hier de me tenir en dehors de ça.
Drue : C’est pourtant toi le premier concerné je te signale. Je ne te comprends pas ! s’exclama t-il agacé.
 
     Il avait beau être le premier intéressé et ne pas apprécier de le voir dans leur équipe, ce n’était pas pour autant qu’il allait l’envoyer voler dans les airs comme Drue l’avait fait hier. Ce n’était pas professionnel, et pas éthique non plus. Son père avait beau avoir passé une heure la veille à lui expliquer en quoi le fait que Lucas fasse partie de l’équipe pouvait nuire à sa future carrière, il n’en restait pas moins qu’il ne tenterait rien pour le faire partir. Il était le meilleur sur le terrain et comptait bien le prouvait en travaillant plus dur qu’avant encore.
Nathan : Fais ce que tu veux, mais ne m’implique pas.
     Drue soupira de dépit et préféra le laisser là. Nathan était quelqu’un de beaucoup trop compliqué pour lui. Un jour, il se défonçait comme un lion sur le terrain, et le lendemain, calme plat, c’était à peine si le basket représentait quelque chose pour lui. Nathan enfouit ses mains dans ses poches au moment même où quelqu’un l’empoignait par le bras pour le plaquer contre le mur. Hébété, il se retrouva face à un petit bout de femme l’air passablement en colère.
Nathan : J’ai probablement dû t’énerver à un moment donné mais je ne vois pas trop ce que j’aurais pu faire. J’ai couché avec toi et je ne t’ai pas rappelé ?
Haley : Ben voyons, comme ci ça ne pouvait être que ça ! 
    Surpris, il haussa un sourcil et la dévisagea. Son visage ne lui était pas inconnu, il l’avait déjà vu quelque part. Oui, évidemment, c’était la jeune fille qu’il voyait toujours avec Lucas et l’autre garçon, Pacey se rappela t-il pour avoir vu son nom dans les journaux locaux.
Nathan : Tu as visiblement quelque chose à me dire mais je suis déjà en retard alors si tu pouvais faire vite…
Haley : Je suis venue te prévenir que si tu touchais encore à Lucas, tu aurais affaire à moi.
     D’abord étonné, Nathan finit par éclater de rire. Et que pourrait-elle bien lui faire ? Il haussa les sourcils visiblement peu impressionné et lui sourit.
Nathan : Qu’est-ce qu’il y a entre lui et toi, vous êtes ensemble ?
    Cette question l’avait toujours taraudait. Même s’il n’y avait aucun signe visible d’une quelconque relation entre eux, parfois, ils semblaient tellement proche que cela en était troublant. Déconcertée, Haley détourna le regard avant de replonger des yeux glaciaux dans les siens.
Haley : Je n’ai aucune envie de parler de mes relations avec Lucas avec toi, tout ce que je te demande, c’est de lui foutre la paix.
Nathan : Ok soupira t-il, il t’a dit que je le persécutais ou quelque chose comme ça ?
Haley : Pas exactement  répondit-elle confuse, mais…
Nathan : Très bien, alors la prochaine fois, avant d’agresser quelqu’un et de le menacer, vérifie tes infos. 
     Surprise, elle le regarda s’éloigner. Ce garçon était vraiment étrange. Si ce n’était pas lui qui avait bousculé Lucas, qui d’autre alors ? Elle était pourtant persuadée que ça ne pouvait être que lui…  


Lucas
 : Pacey !
     Etonné de le voir là, Lucas contourna plusieurs étudiants qui flânaient sur le campus afin de rejoindre son meilleur ami qui sortait du bâtiment des sciences.
Pacey : Tu n’es pas censé avoir fini tes cours depuis deux heures ? lui dit-il en consultant sa montre.
 
    La soirée était déjà tombée et bon nombre des élèves de cet établissement étaient déjà rentrés chez eux étudier, ou sortis s’amuser. C’était pourquoi, il préférait toujours cette heure tardive lorsqu’il était obligé de venir dans cette université.
Lucas : Il y avait entraînement dit-il mal à l’aise.
Pacey : Ah oui j’oubliais, les fameux Ravens…  
   
Lucas s’arrêta et poussa un long soupir. Haley lui avait tout dit…
Lucas : Ok, dis moi à quel point tu es contre ?
Pacey : Je n’ai rien à en dire, c’est ta décision, je la respecte.
Lucas : Mais tu penses que je fais une bêtise lui dit-il plus comme une certitude que comme une question. 
     Pacey s’arrêta de marcher et se tourna vers son meilleur ami. Il ne pouvait décemment pas lui dire que selon lui, c’était une grave erreur et que faire partie de cette équipe ne pouvait lui apporter que des ennuis. Dan Scott était très investi dans ce jeu et son fils faisait partie des joueurs, Lucas aurait à les côtoyer à de nombreuses reprises. Il se souvenait très bien de ce que cela lui avait fait lorsqu’il avait voulu, plus jeune, s’essayer au sport en collectivité. Il ignorait encore comment, mais son père lui avait fait comprendre qu’il n’était pas à sa place et rapidement, Lucas avait abandonné. Il ne lui en avait jamais parlé mais Pacey était sûr que ça l’avait marqué et blessé à vie.
Pacey : Ecoute, je ne vais pas te dire que je pense que tu as raison et que l’équipe des Ravens est faite pour toi, mais je suis ton ami, alors si tu t’épanouis ainsi, c’est bon pour moi.
       Lucas ne lui en demanda pas plus. Le plus important pour lui, était d’avoir son soutien.
Lucas : Je vais passer au café de ma mère, tu m’accompagnes ?
Pacey : Je ne peux pas, j’ai une dernière personne à voir et ensuite, il faudra…
Lucas : …que tu rentres t’occuper de Buzz et Alicia, ça va je sais lui dit-il sombrement
      Pacey le regarda tristement. Il savait qu’il n’était plus très disponible pour lui et il aurait aimé pouvoir y remédier mais hélas, il n’avait pas d’autre solution. La priorité était sa famille.
Lucas : On se voit plus tard.
     Pacey eut juste le temps d’hocher la tête que déjà, son meilleur ami avait disparu. Il resserra contre lui son sac en bandoulière et enfouit ensuite ses mains dans le fond de ses poches. Il était pressé d’en avoir terminé et de pouvoir rentrer chez lui.
Joey : Witter !
      Surpris, il se retourna et aperçu la jeune fille brune qu’il avait déjà croisée plusieurs fois auparavant se diriger vers lui. Il haussa un sourcil vers elle lorsqu’elle l’eut presque rejoint.
Joey : Excuse moi mais comme j’ignorais ton prénom…dit-elle mal à l’aise.
Pacey : Ce n’est pas grave…je n’ai rien contre mon nom de famille lui dit-il en souriant.
 
     Rassurée, elle lui sourit tendrement. Cela faisait cinq minutes qu’elle le suivait en se demandant si elle devait oser ou pas. Elle avait attendu que son ami s’en aille et n’y tenant plus, elle avait prit son courage à deux mains.
Joey : Je ne savais pas que tu suivais un cursus universitaire dit-elle afin de briser la glace.
Pacey : C’est parce que, à proprement parler, je n’en suis pas. 
Joey : Alors, laisse moi deviner, tu ranges les livres à la bibliothèque ou tu fais le service à la cantine ? lui dit-elle avec un sourire taquin.
 
     Pacey éclata de rire mais éluda la question. Sa présence ici ne regardait pas grand monde et mis à part Lucas et Haley avec qui il pouvait en parler librement, peu de personne était au courant.
Pacey : Il est un peu tard pour un dernier cours non ?
Joey : Je suis restée parler avec mon conseiller pédagogique.
      Pacey hocha la tête et jeta un discret coup d’œil à l’horloge qui ornait un des bâtiments de la faculté. Il allait être en retard, pourtant, il ne pouvait se décider à le lui dire et était curieux de savoir ce qu’elle lui voulait. Joey se maugréa intérieurement, il fallait rapidement qu’elle se décide à dire quelque chose avant de passer pour une imbécile !
Joey : Je me demandais si… 
     Pacey l’encouragea en cherchant son regard.
Joey : Si tu aurais envie de venir boire un verre avec moi.
        Il se serait mis une claque de ne pas y avoir penser ! Au regard qu’elle posait sur lui, il aurait dû comprendre qu’il lui plaisait bien, ou du moins qu’elle aurait pu chercher à vouloir le connaître mieux. Faut dire que cela ne lui était pas arrivé depuis si longtemps qu’il avait dû oublier les mécanismes de la drague. Il en avait jusqu’à avoir oublié les signes avant coureur ! Elle avait l’air très gentille et il n’avait aucune envie de la froisser, il se sentait même plutôt flatter. Pourtant…
Pacey : Je suis désolée mais je dois aller chercher mon frère et ma sœur chez une voisine.
Joey : Tes parents ne pourraient pas s’en charger ? lui demanda t-elle déçue.
Pacey : Non répondit-il sombrement. Salut.
     Il lui fit un léger signe de la tête et s’éloigna. Joey resta là, surprise, se demandant ce qu’il venait de se passer. Il avait l’air détendu et souriant et l’instant d’après, c’était comme si il s’était refermé comme une huître, une lueur étrange dans le regard. Qu’avait-elle bien pu dire ? Soudain, elle reporta son regard vers l’horizon où il avait disparu et réalisa qu’elle ne connaissait toujours pas son prénom !!! 


      Audrey accrochée à son bras, Jen pénétra dans le « Karen’s Café ». Un endroit qu’on lui avait décrit comme accueillant et chaleureux, et où, autre point non négligeable pour l’endroit, elle avait aperçu une fois entrer le garagiste dont Joey s’était entiché. Si elle voulait mener une enquête sur la fiabilité et le sérieux du garçon, elle devait s’imprégner de ses habitudes.
Audrey : Tu peux me dire ce qu’on fait ici ? lui demanda t-elle en regardant tout autour d’elle.
Jen : C’est un café, alors je dirais qu’on vient boire un verre.
Audrey : Très drôle, je te rappelle qu’on était censées faire les boutiques.
Jen : Souviens toi, il n’y en a aucunes de potable dans cette ville lui dit-elle tout en scrutant les lieux.
Audrey : Bon Lindley, pourquoi être venue me chercher dans ce cas ?
     Jen perçut une note de mécontentement dans la voix de son amie et se tourna vers elle pour lui sourire.
Jen : Pour qu’on passe un peu de temps toutes les deux lui dit-elle d’une voix mielleuse.
Audrey : Oh, c’est gentil, merci lui dit-elle toute contente
   Soulagée, Jen poussa un discret soupir de soulagement et la dirigea vers une table. Presque aussitôt, une jeune fille de leur âge, aux longs cheveux châtains clairs vint les voir, un calepin à la main.
Haley : Bienvenue au « Karen’s Café », qu’est-ce que je peux vous apporter ? leur demanda t-elle chaleureusement.
Jen : Deux thés glacés commanda t-elle.
Audrey : Tu sais où est Joey ? lui demanda t-elle une fois seule.
Jen : Elle avait un truc à faire sur le campus, je ne sais plus trop quoi…dit-elle l’air ailleurs
    Pendant plus d’une demie heure, Audrey fit la conversation, racontant à Jen comment était la vie commune avec Jack, les professeurs qu’elle avait déjà placés dans la catégorie des ennuyeux chroniques, ses plans pour enfin obtenir le chien qu’elle voulait, lui avouant même qu’elle en avait déjà repéré un à l’animalerie du centre ville. Jen ponctuait leur conversation par des « oh », « ah », « vraiment »…son regard constamment tourné vers la porte d’entrée, retenant de justesse des jurons quant au fait qu’elle ne le voyait toujours pas venir. Bon, évidemment, elle n’avait aucune idée de la fréquence de ses visites ici, mais aujourd’hui lui aurait fait plaisir !
Audrey : Et hier, je suis allée me promener nue dans les rues, histoire de découvrir la ville.
 Jen : Bonne idée…répondit-elle l’air ailleurs.
Audrey : On pourrait peut être le refaire toutes les deux à l’occasion ? lui proposa t-elle en souriant.
Jen : Si tu veux….
     Audrey, tout sourire, attendit que Jen revienne à la réalité. Ce qu’elle fit rapidement en écarquillant de grands yeux vers elle.
Jen : Qu’on… quoi ?
Audrey : Bon, si on arrêtait la comédie et que tu me disais vraiment ce qu’on fait ici ? soupira t-elle.
    Oops, l’air désolée, Jen lui fit un sourire contrit. Elle était prise en faute et elle n’avait malheureusement aucune excuse à lui fournir. La sonnette d’entrée lui fit tourner la tête une énième fois et Audrey suivit son regard.
Audrey : Tiens, le garagiste. 
      Hébétée, Jen se tourna vers elle et la dévisagea.
Audrey : Tu ne te rappelles pas ? Il a vérifié la pression des pneus de la voiture de Jack quand on est arrivé à Hillcrest. 
      Oui !!! Elle l’avait vu discuter avec l’autre garçon ! Il lui avait même fait un compliment sur son haut ! Etant donné la focalisation de Joey, elle ne l’avait pas vraiment regardé et remercié rapidement mais, elle s’était concentrée sur le brun. Un sourire fugace ourla ses lèvres. Elle aurait mieux fait de faire plus attention, le blond n’était pas mal non plus. Se morigénant, elle s’ordonna de se concentrer sur le pourquoi de sa venue ici. Machinalement, elle regarda derrière lui afin de voir si l’autre garçon ne l’avait pas accompagner.
Audrey : Vas-tu enfin me dire ce que tu cherches ? s’énerva t-elle légèrement.
     En réalité, elle était plus curieuse que fâchée mais feindre l’agacement l’aiderait à obtenir plus facilement des réponses.
Jen : Je m’étais promis de ne rien te dire !! se morigéna t-elle.
Audrey : Ah ben merci !! s’indigna t-elle.
Jen : C’est pas ce que tu crois se défendit-elle en soupirant. C’est juste que tu en aurais fait tout un plat et…      Abasourdie, Audrey écarquilla de grands yeux et sentit sa mâchoire se décrocher.
Audrey : Est-ce que c’est mon genre ?
      Jen plongea un regard dur dans le sien et la jeune fille soupira.
Audrey : Bon, c’est peut être mon genre acquiesça t-elle, mais ça, c’est parce que c’est dans mon tempérament. Je suis comme ça moi, je m’enthousiasme pour un rien. Je suis exubérante, mais on m’aime pour ça aussi. Ca fait partie de mon charme dit-elle avec un petit sourire sûr d’elle. 
     Jen ne put s’empêcher de lui sourire. Elle n’avait pas tort, ça faisait tout son charme. Mais c’était parfois très agaçant aussi. Audrey avait un fort tempérament et ne savait jamais le réprimer, il fallait toujours que tout soit monté en épingle avec elle. Jen regretta l’espace d’un instant de l’avoir emmenée avec elle. Puis, elle se résolut à tout lui révéler.
Jen : C’est à cause d’un garçon…
     Toute excitée et pressée d’en savoir plus, Audrey se pencha vers elle, plus attentive que jamais.
Audrey : Raconte lui dit-elle curieuse. Tu l’as rencontré où ?
Jen : Ce n’est pas moi, c’est…
     Jen hésita un instant, elle ne voulait pas trahir Joey.
Jen : Tu me promets de garder le secret ??
Audrey : Depuis quand un garçon est un secret d’état entre nous ?
Jen : Audrey !!
Audrey : D’accord, d’accord, mais alors je veux tous les détails lui dit-elle avec un sourire gourmand. 
     Jen leva les yeux au ciel, elle ne changerait jamais ! Elle sentait déjà qu’elle regretterait plus tard de lui avoir tout dit.
Jen : C’est Joey…. 
    Elle lui raconta ensuite ce qu’elle savait, c'est-à-dire pas grand-chose, sur le jeune garçon qui occupait les pensés de Joey, en lui précisant bien que leur amie ne lui avait jamais dit être « amoureuse » de lui ! Elle tenait à être clair sur ce point. Joey la tuerait auquel cas.
Audrey : Et qu’est-ce qu’on fait ici ?
Jen : Je l’ai vu entrer ici une fois, et j’ai eu raison puisque son collègue est là dit-elle en désignant le jeune homme blond qui était assis au comptoir et discutait tranquillement avec la jeune  serveuse qui leur avait apporté leur boisson.
 
Audrey : Rah ! Je regrette de ne pas avoir mieux regardé dans ce garage ! se morigéna t-elle.
Jen : Moi aussi murmura t-elle en jetant un coup d’œil vers le comptoir.
Audrey : Bon qu’est-ce qu’on fait, on va l’interroger ? lui demanda t-elle excitée.
Jen : Bonne idée ! lui dit-elle ironique. On en profitera pour lui demander l’adresse, le numéro de téléphone de son ami et oh pourquoi pas, s’il a une petite amie, ce qu’il veut faire plus tard…
Audrey : On ne va pas l’interroger ? lui dit-elle avec un petit sourire contrit.
Jen : On ne va pas l’interroger lui confirma t-elle en hochant négativement la tête. Allez viens, on connaît un endroit de plus où on peut le trouver c’est déjà ça. Il est tard dit-elle en consultant sa montre, et je meurs de faim. On rentre !
     Docilement, mais visiblement déçue de ne pas avoir été plus loin, Audrey laissa un pourboire sur la table et suivit son amie.
 

     Debout sur un tabouret, Buzz terminait d’essuyer la vaisselle. Madame Gills était partie aider Alicia à mettre son pyjama. Pacey était en retard, du coup, elle les avait fait dîner. Chose qui arrivait assez souvent depuis le début du mois de septembre. En soupirant, le jeune garçon regarda vers la fenêtre de la cuisine… Le pire c’est qu’il était sûr que Pacey ne le faisait pas exprès et n’était pas parti traîner en ville…Il aurait donné toutes ses économies pour que ce soit cela la cause de son retard…Depuis six mois, Pacey avait oublié ce que voulait dire s’amuser. Soudain la porte s’ouvrit et il l’entendit poser son sac à terre en soufflant.
Pacey : Je suis désolé, j’ai été retenu.
Buzz : C’est rien lâcha t-il en descendant du tabouret pour ranger la dernière assiette.
Pacey : Merci Buzz lui dit-il gentiment. 
    Son petit frère avait beau se montrer difficile, il pouvait compter sur lui pour l’aider à tenir la maison.
Pacey : Où est Alicia ?
Buzz : En haut avec Madame Gills… Je suis fatigué, je vais me coucher. 
     Sans un mot de plus, Pacey le regarda monter les escaliers, l’air las. La journée avait du être rude se dit-il. Il prit un verre d’eau et quelques minutes plus tard, Mme Gills vint le rejoindre dans la cuisine.
Pacey : Merci de les avoir gardés un peu plus tard.
Mme Gills : Ne t’en fais pas mon garçon, tu sais que je les adore.
Pacey : Je ne sais pas ce que je deviendrais sans vous lui dit-il en lui déposant un baiser sur la joue.
 
      La vieille femme, âgée d’une soixantaine d’années, lui tapota tendrement la joue, un regard maternel peint sur le visage.
Mme Gills : Tu m’aides à me sentir encore utile, c’est moi qui devrais te dire merci lui dit-elle avec un sourire affectueux. Ton dîner est dans le four. Mais il y a une jeune fille qui attend impatiemment que tu ailles la border. 
     Un sourire inconscient naquit sur les lèvres de Pacey. Sa petite sœur…C’était auprès d’elle qu’il se ressourçait le plus après ce genre de journée marathon. La vieille femme le laissa et il monta tout de suite. Son dîner pouvait attendre, d’ailleurs, il n’avait pas très faim. Dans l’embrasure de la porte, il l’observa un moment, allongée dans son lit, elle pressait contre elle sa peluche. Son visage d’ange semblait paisible.
Pacey : Tu vas étouffer Bobo si tu continues de le serrer comme ça.
       La petite fille se tourna d’un bond vers lui et lui adressa son plus beau sourire. Aussitôt, Pacey se rapprocha du lit et s’y assit en passant un bras de chaque côté de sa petite sœur.
Alicia : Il se sent plus rassuré quand il est près de moi.
Pacey : Je le comprends…Qu’as-tu fais de beau aujourd’hui ?
Alicia : On a fait des collages ce matin à l’école et on va les exposer dans le hall lui raconta t-elle. Madame Percy elle a dit que c’était mon collage le plus beau.       Le sourire rayonnant qu’elle afficha lui réchauffa le cœur.
Alicia : Et l’équipe de Buzz a gagné ! dit-elle tout a coup surexcitée. 
      Oh mon dieu ! se morigéna t-il, le match ! C’était aujourd’hui. Il ne lui en avait rien dit…, fait aucun reproche sur son absence. Lorsqu’il lui en avait vaguement parlé, quinze jours auparavant, Buzz lui avait dit que ce n’était pas grave s’il ne pouvait pas venir mais il avait bien senti que c’était important pour lui qu’il soit là. Il lui avait promis d’y être. Encore une promesse qu’il n’avait pas réussi à tenir… Il embrassa Alicia sur le front et lui souhaita une bonne nuit avant de refermer la porte derrière lui et de se diriger vers celle de son frère. Il l’entrouvrit doucement et l’aperçut, endormi. Il s’excuserait demain se dit-il en soupirant. Sombrement, il referma la porte et se dirigea vers sa propre chambre, il n’avait plus faim du tout. Sur le chemin, son regard dériva vers une autre pièce…Il posa la main sur le chambranle et le caressa du bout des doigts. Il n’y avait pas mis les pieds depuis si longtemps…Sur un coup de tête, il poussa la porte et vit les meubles à travers la pénombre. Le cœur gros, il pénétra à l’intérieur et regarda tout autour de lui. Tout semblait figé dans l’espace…Comme si le temps s’était arrêté dans cette pièce. Une veste traînait encore sur une chaise alors qu’un parfum de femme, non refermé, trônait encore sur la coiffeuse, une brosse à cheveux à côté. Les larmes aux yeux, il se laissa tomber sur le bord du lit et se prit la tête entre les mains.
Pacey : Je ne suis pas assez fort dit-il la voix étranglée par la tristesse.
        Dans le couloir, une porte se referma tout doucement et un jeune garçon regagna son lit, tristement.



Marjo  (07.01.2007 à 02:28)
      Assis au comptoir de la cuisine, Nathan mangeait tranquillement son bol de céréales. Cette heure de la matinée était sa préférée, la seule à laquelle il était vraiment tranquille. Sa mère était absente à cause de son travail et son père, sorti pour faire son jogging quotidien. C’était le seul moment qu’il pouvait avoir réellement pour lui, au-delà, il avait l’impression de toujours être surveillé, guidé, dirigé même. De toute sa vie, il ne se rappelait pas un seul choix personnel, pas une seule décision prise de sa propre initiative. En vingt longues années…pas une seule fois il ne s’était élevé contre l’autorité paternelle. Avait-il même un jour eu une pensée propre ? Non galvaudée ou orientée ? La porte d’entrée claqua et son bref instant de vie personnelle s’envola. Son père pénétra dans la cuisine et lui adressa un signe de tête avant de prendre une petite bouteille d’eau dans le frigo. En short et débardeur, Dan Scott apparaissait dans toute sa splendeur. A le voir ainsi, on ne doutait pas qu’il pût avoir été quelqu’un d’influent dans sa jeunesse. Outre sa belle maison, sa voiture de sport et sa concession automobile, son père inspirait la force et la respectabilité, une notion qui pourtant, aurait dû lui être inconnu.
Dan : Tu ne devrais pas être en cours ?
Nathan : Le prof de littérature est absent.
Dan : Et tu n’as pas profité de ce temps libre pour améliorer ton drible ! s’exclama t-il hébété. A quoi tu penses Nathan, les qualifications pour le championnat sont dans un mois.
Nathan : Je suis déjà prêt, ça fait des mois que tu me prépares soupira t-il.
Dan : Raison de plus pour ne pas arrêter à un mois du résultat !
      Dan Scott attrapa le ballon de basket qui se trouvait sur la chaise et le lança sans ménagement à son fils.
Dan : Va donc t’entraîner un peu !
Nathan : Je pensais aller à la bibliothèque réviser pour le devoir de sciences de cette après midi, je ne suis pas très bon dans cette matière.
Dan : Rends-toi donc service, cesse de penser un peu.
      Nathan regarda le ballon puis son père avant de relâcher la pression et de laisser ses épaules s’affaisser. Il était inutile d’argumenter avec lui, il ne gagnerait pas. C’était un jeu qu’il connaissait par cœur et qu’il n’avait encore jamais gagné. Il se dirigea donc en direction du jardin lorsque son père l’interpella.
Dan : Qu’en est-il du nouveau joueur ?
Nathan : Tu veux dire de ton autre fils ? le provoqua t-il volontairement. 
     Son père lui lança un regard glacial qui le fit se sentir coupable. Encore un des pouvoirs de son cher géniteur.
Nathan : Il fait toujours partie de l’équipe lâcha t-il.
Dan : Comment ça se fait ?
Nathan : Il est plutôt bon, et il s’accroche.
Dan : Je t’ai déjà dit combien sa présence dans cette équipe pouvait être nuisible pour toi.
Nathan : Qu’est-ce que tu veux que je fasse… ? lui demanda t-il en soupirant. Dan : Débrouille toi pour qu’il abandonne.
     Le jeune garçon leva les yeux au ciel et sortit dans le jardin. Le faire abandonner ? C’était plus facile à dire qu’à faire, Drue lui avait déjà joué plusieurs tours et Lucas n’avait montré aucun signe de renoncement. Et puis, une question n’arrêtait pas de revenir en boucle dans son esprit, de quel droit pouvait-il le faire renoncer ? Avec une force décuplée par la colère, il envoya le ballon frapper le panneau du panier.
 

       Installer à la terrasse d’un café, Joey picorait sa salade tout en regardant Jack mordre à pleine dent dans son hamburger. C’était l’idée du jeune garçon de sortir déjeuner et elle devait avouer qu’elle en était ravie. Ils n’avaient pas eu l’occasion de se retrouver tous les deux depuis qu’ils étaient tous entrés à la fac. A Capeside, ils avaient pris l’habitude de s’épancher l’un sur l’autre et ça leur manquait terriblement.
Joey : Alors raconte moi, quel est le problème ?
Jack : J’ai pas de problème dit-il en dévorant une frite.
 
      Sceptique, Joey pencha la tête vers lui jusqu’à obtenir son attention et lui faire comprendre qu’elle ne s’en tiendrait pas là.
Jack : Joey, je sors avec Audrey, il est évident que j’ai des problèmes !
Joey : Eh, je te rappelle que tu parles de l’une de mes meilleures amies lui rappela t-elle avec un léger sourire.
Jack : Tu sais que je l’aime, mais tu sais aussi comment elle est…
Joey : Ouais…acquiesça t-elle compatissante.
       Elle était partie avec elle une fois en sport d’hiver pendant une semaine et au bout du troisième jour, elle l’aurait volontiers jetée du télésiège ! Audrey était une fille qui pouvait être tout aussi adorable qu’insupportable.
Joey : Elle n’a toujours pas abandonné l’idée d’avoir un chien ? lui demanda t-elle compatissante.
Jack : Abandonné ? Elle ne sait même pas ce que ce mot veut dire ! Elle a accroché des photos de ces bêtes à quatre pattes un peu partout dans la maison.
       Amusée, Joey se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire. Jack avait besoin d’une oreille attentive et non moqueuse.
Joey : Jack lui dit-elle en posant une main affectueuse sur la sienne, tu aurais dû te douter qu’elle voudrait un chien. Elle n’a pas arrêté de nous parler depuis trois ans qu’on la connaît du merveilleux cocker qu’elle avait quand elle était petite et du fait qu’il était regrettable que Grams y soit allergique.
Jack : Ca ne voulait pas dire pour autant qu’elle en voudrait obligatoirement un quand elle aurait une maison à elle !
Joey : Elle a fait du bénévolat dans un chenil voyons ! Que croyais-tu que ça allait vouloir dire ??
      Jack maugréa en détournant le regard.
Joey : Je ne comprends pas pourquoi tu es aussi réfractaire à l’idée d’avoir un chien.
Jack : C’est bruyant, remuant, contraignant et ça pue maugréa t-il.
       Cette fois-ci Joey éclata franchement de rire.
Joey : D’accord, je vois un peu mieux l’opinion que tu as sur le sujet.
       Jack releva la tête vers elle et esquissa un léger sourire contrit.
Jack : J’aime pas les chiensbougonna t-il.
Joey : J’avais cru le comprendre oui….Pourtant c’est mignon un chien argumenta t-elle.
Jack : Ouais, ça c’est ce qu’on dit ! Mais c’est pour mieux endormir nos défenses et là, quand on s’y attend pas, ça te plante ses crocs dans la cuisse !       Surprise, la jeune fille le dévisagea.
Jack : Je me suis fait mordre par le chien des voisins quand j’étais petit avoua t-il. Un adorable berger allemand qui n’avait jamais fait de mal à personne. Sauf que moi, il m’a envoyé trois jours à l’hôpital ! 
      Voilà enfin où se situait le vrai problème ! réalisa t-elle avec stupéfaction.
Joey : Alors c’est ça, tu as peur des chiens !
Jack : Absolument pas ! se défendit-il avec force, j’ai juste aucune affinité avec eux.
Joey : Et bien dans ce cas, tu as deux solutions.
       Pas certain de vouloir entendre ces propositions, Jack lui prêta néanmoins l’oreille.
Joey : Soit tu parles à Audrey de cette mauvaise expérience avec ce berger allemand et la force à comprendre pourquoi tu ne tiens pas particulièrement à te retrouver de nouveau face à une de ces petites bête à poil.
Jack : Soit ? demanda Jack réticent.
Joey : Soit, tu mets tes inquiétudes de côtés et te fais à l’idée d’avoir un chien parce qu’Audrey en prendra un que tu le veuilles ou non lui dit-elle avec un demi sourire compatissant.
Jack : Tu n’aurais pas une troisième suggestion qui consisterait à prendre mon mal en patience le temps qu’Audrey oublie sa lubie ?
Joey : Nan, et crois moi, j’en suis désolée.
Jack : Mouais…pas tant que moi bougonna t-il en repoussant son assiette, l’appétit soudainement coupé. 

  
Haley : Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? s’exclama t-elle émerveillée et intimidée à la fois.
Lucas : Une petite merveille. J’ai découvert ce bar il y a deux semaines, je me promenais par hasard et je suis tombé sur une affiche.
Haley : Un bar ? demanda t-elle surprise en posant ses mains sur le torse de son ami, Lucas, dois-je te rappeler qu’on n’a pas l’âge légal pour être dans ce genre d’endroit ?
Lucas : Regarde autour de toi, lui conseilla t-il en la tournant vers les gens qui évoluaient librement parmi eux. Est-ce que tu vois un seul verre d’alcool dans les mains d’un mineur ?
Haley : A première vue non concéda t-elle.
Lucas : C’est parce qu’il n’y a pas d’alcool ici. C’est un espace libre, afin que les jeunes puissent s’y retrouver tranquillement et écouter de la bonne musique. Allez viens lui dit-il en passant un bras autour de ses épaules, je te paie un jus d’orange.
      Tout sourire, Haley se laissa guider vers le comptoir et prit place sur un tabouret à ses côtés. Tout en sirotant son verre, elle détailla les lieux. Les lumières feutrées rappelaient les ambiances des bars qu’elle pouvait voir à la télé et la scène où jouait un groupe de musique local, mais néanmoins doué, apportait un aspect chaleureux et convivial qu’elle adora d’emblée. 
Haley : C’est génial !
Lucas : Mais mal fréquenté… lâcha t-il tout à coup rembrunit.
 
     Surprise, Haley se tourna vers l’entrée et reconnut une partie de l’équipe de basket de l’université pénétrer à l’intérieur des lieux. Son regard dériva vers Nathan Scott, elle se remémora la conversation qu’elle avait eu avec lui la vieille. Mal à l’aise, elle détourna vivement la tête.
Haley : Tu veux qu’on s’en aille ? lui proposa t-elle.
Lucas : Pas question, ces types ne me font pas peur.
       Délibérément, Lucas se tourna vers la scène afin d’échapper à la vue. Haley les observa s’installer à un des petits salons et faire signe à la serveuse. L’espace d’une seconde, elle croisa le regard de Nathan et se détourna rapidement.
Haley : Ils t’ennuie encore ? le questionna t-elle.
Lucas : Ne t’en fais pas, tout va bien.
Haley : Lucas, il est inutile de chercher à me mentir, je le vois bien dans ton regard que quelque chose te préoccupe.
Lucas : Ils finiront bien par se calmer lorsqu’ils comprendront que je n’ai aucune intention de quitter l’équipe. 
      Compatissante, elle lui posa une main affectueuse sur le bras et lui sourit tendrement.
Haley : Lucas, j’ai quelque chose à t’avouer…commença t-elle timidement.
Lucas : Tu veux faire partie de l’équipe toi aussi ? lui demanda t-il en haussant un sourcil amusé. 
     En rigolant, elle lui tapa sur l’épaule avant de reprendre son sérieux, mal à l’aise.
Haley : Je crois que j’ai fait une bêtise.
       Surpris, Lucas la dévisagea. Depuis quand Haley James faisait des bêtises ! Elle était la sagesse même. Non, il était inconcevable qu’elle ait pu faire quelque chose de répréhensible.
Haley : Quand tu m’as parlé de tes problèmes avec l’équipe…, j’ai bêtement pensé que……que tout venait de Nathan ! lâcha t-elle d’un coup
      Etonné, Lucas la contempla avant de porter avec elle, leur attention vers l’endroit où l’intéressé se trouvait et de capter le bref regard qu’Haley et Nathan partagèrent. Dubitatif, il se tourna à nouveau vers sa meilleure amie. Elle ne connaissait pas Nathan, pourquoi diable alors se sentait-elle gênée en sa présence ?
Lucas : Tu m’expliques ?
      En se mordant la lèvre inférieure, elle but une longue gorgée de jus d’orange pour se donner du courage avant d’affronter son regard.
Haley : Je suis allée lui demander de te laisser tranquille déclara t-elle d’un trait.
Lucas : Tu as… quoi ??? balbutia t-il abasourdi.
Haley : Tu as vu le bleu que tu avais, je ne pouvais pas rester en dehors de tout ça, j’ai cru bien faire ! se défendit-elle.
Lucas : Mais Haley, je ne t’ai rien demandé ! s’exclama t-il énervé.
Haley : Je voulais juste t’aider lui dit-elle tristement
     Prenant une profonde inspiration, il porta la main à son visage et lui replaça une mèche de cheveux derrière l’oreille.
Lucas : Haley, c’est très gentil d’avoir voulu me rendre service mais je préférerais régler mes problèmes tout seul.
Haley : De toute façon, je n’ai fais que me rendre ridicule, ce n’était pas lui. Tu aurais pu me dire aussi qu’il n’y était pour rien ! bougonna t-elle.
      Surpris, Lucas ouvrit la bouche mais se contenta de sourire.
Lucas : Bon allez viens, filons d’ici.
      Elle ne se le fit pas dire deux fois et le suivit jusqu’à la sortie. Lucas baissa la tête au niveau de ses coéquipiers mais malheureusement pour lui, tous ses espoirs de passer inaperçu s’envolèrent lorsqu’il s’entendit interpeller.
Drue : Lucas Scott… lâcha une voix derrière eux, t’as pas l’impression d’être déplacé ici, tu serais bien mieux dans le café de maman. 
      Lucas se tourna vers Drue Valentine, assis parmi les autres dans un des fauteuils de velours rouge et le toisa du regard. Il n’aimait pas du tout ce type qui semblait prendre un malin plaisir à faire de sa vie un enfer.
Lucas : Et toi, c’est pour ne pas paraître déplacé que tu ne mets pas les pieds à la bibliothèque ?  provoqua t-il Drue en soutenant son regard. 
     Haley n’en revenait pas de l’attitude détachée que son meilleur ami arborait, à sa place, elle leur aurait volontiers rentré dedans. Du haut de son mètre soixante, elle ne leur aurait pas fait grand mal mais bon dieu que ça l’aurait défoulée ! Elle jeta machinalement un regard vers Nathan et le vit regarder ailleurs, comme si il ne voulait pas s’en mêler ou ne pas voir ce qu’il se passait. Alors c’était ça ? Il ne faisait rien contre Lucas mais restait spectateur.
Drue : Qu’est-ce qu’une jolie fille comme toi peut faire avec un mec comme lui ?
      Se rendant soudain compte qu’on lui adressait la parole, elle posa le regard sur lui et se sentit remplie de dégoût. Lucas se plaça devant elle et dévisagea Drue d’un air furieux.
Lucas : Elle, tu la laisse t’as compris.
Haley : Ne t’inquiète pas Lucas, je vais lui répondre.
       Elle se déporta sur le côté et se pencha vers Drue pour obtenir son attention. Elle s’aperçut qu’elle avait obtenu celle de Nathan aussi.
Haley : Je cherchais une conversation intelligente et je me suis dis qu’avec toi, ça n’était pas possible lui dit-elle le regard planté dans le sien.
 
     Elle se redressa, fière d’elle et partie avec Lucas qui souriait, amusé. Vexé, Drue se rembrunit et lança une quelconque remarque qui passa inaperçue.
Drue : Qu’est-ce qui t’amuse ? s’exclama t-il en s’énervant du sourire qu’affichait Nathan Scott.
Nathan : Elle t’a mouché. 


      La tête dans les nuages, Joey parcourait la ville. Elle n’avait pas encore pris le temps de découvrir les lieux. Oh, elle connaissait l’université par cœur, la pizzeria et un petit café aussi où elle avait déjeuné avec Jack mais à part ça, tout lui était inconnu à Hillcrest. Et cette après midi, après avoir reçu un énième coup de téléphone de son ex afin qu’ils se voient, elle avait décidé que c’était le jour idéal pour se promener hors du campus ! Après avoir découvert le centre ville durant plusieurs heures, ses pas l’avaient menée dans un des quartiers résidentiels de la ville. Rien d’extravagant, toutes les maisons se ressemblaient un peu mais chacune avait un petit côté personnel et chaleureux. Le quartier lui semblait calme et chaque maison était parfaitement entretenue. Elle resserra ses bras autour d’elle, la soirée était tombée plus vite qu’elle ne l’aurait pensé. Soudain, son regard fut attiré par des ombres qui marchaient dans sa direction. Intriguée, elle chercha à déchiffrer les contours des visages et reconnut avec une agréable surprise, le garçon qui hantait ses pensées. Une enfant dans les bras, apparemment endormie sur son épaule, il discutait avec un jeune garçon qui marchait à ses côtés.
Joey : Bonsoir lui dit-elle tout sourire une fois parvenue à quelques mètres.
Pacey : Bonsoir répondit-il surpris.
 
     Il ne s’était pas du tout attendu à la rencontrer ici un jour. Spécialement juste devant chez lui. Il la dévisagea tout en regardant vers sa maison.
Pacey : Comment tu as su où… ?
Joey : Oh je ne te suivais pas…je me promenais et je vous ai aperçus se défendit-elle.
 
      Pacey soupira discrètement. Il avait eu peur, l’espace d’un instant, d’être tomber sur une fille névrosée. Il lui sourit en la contemplant. Qu’est-ce qu’une jeune fille comme elle pouvait faire par ici ? Ne devrait-elle pas être entrain d’étudier quelque part sur le campus universitaire ?
Joey : Ne me dis pas que tu fais aussi du babysitting lui dit-elle avec un petit sourire.
     Surpris, Pacey lui sourit tendrement.
Pacey : Je te présente Alicia dit-il en se tournant un peu pour lui montrer la frimousse de sa petite sœur qui adressa un léger sourire timide à la jeune fille, et voici mon frère, Buzz dit-il en désignant le jeune blondinet à ses côtés.
 
     Joey adressa un petit sourire à Buzz et s’abaissa à son niveau.
Joey : Dis moi, ton frère à un prénom ? lui murmura t-elle en jetant un coup d’œil à celui qu’elle ne connaissait que par le mot Witter, parce qu’il ne semble pas très décidé à me le donner.
      Pacey sourit, amusé par la manœuvre de cette jeune fille si étonnante.
Buzz : Cet idiot s’appelle Pacey.
       Joey éclata de rire alors que Pacey adressa un regard réprobateur à son jeune frère. Alors comme ça, il s’appelait Pacey…Elle le contempla en souriant, ce nom lui allait plutôt bien. C’était pas commun, comme lui. Elle l’observa poser sa sœur à terre et tendre sa main à son jeune frère.
Pacey : Va plutôt coucher Alicia ! lui dit-il autoritaire.
Joey : Ta mère ne peut pas le faire ? demanda t-elle innocemment.
 
    Surpris, ils se retournèrent tous les trois vers elle. Joey se sentit soudain mal sans réellement savoir pourquoi. C’était la deuxième fois qu’elle avait se sentiment désagréable en présence de Pacey.
Buzz : Apparemment, tu n’es pas le seul idiot sur cette terre lâcha t-il en entraînant Alicia par la main.
Pacey : Buzz !!! l’engueula t-il.
Joey : J’ai dis quelque chose de mal…
Pacey : Non non, Buzz est un enfant difficile. Tu m’excuses, il faut que j’y aille.
      Hébétée, elle le regarda partir rapidement vers sa maison et refermer derrière lui. Perdue, elle contempla la porte un instant avant de décider qu’il était temps de rentrer au campus ! A l’intérieur, Pacey monta à l’étage et passa devant la porte de chambre d’Alicia.
Alicia : Tu viens me lire une histoire ?
Pacey : J’arrive lui dit-il en continuant son chemin vers la chambre de son frère.
Alicia : Pacey ?
Pacey : Parole de Scout lança t-il en refermant la porte derrière lui et en contemplant son frère d’un air furieux. Qu’est-ce qui t’as pris ??
Buzz : Quoi, cette fille est une idiote.
Pacey : Tu ne l’as connais pas. Et elle ne nous connaît pas ! Elle cherchait juste à être gentille.
Buzz : Et alors, c’est ta petite copine peut être ?
Pacey : Non !
Buzz : Bien sûr que non… lâcha t-il en maugréant.
Pacey : Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
Buzz : Que tu n’aurais jamais dû accepter de t’occuper de nous, tu aurais été débarrassé comme ça ! lui lança t-il au visage.
 
      Surpris, Pacey eut un mouvement de recul. Que voulait-il dire par là ? Il lui semblait pourtant qu’il ne s’était jamais plaint et qu’il faisait les choses comme il fallait les faire. Bien sûr il commettait des erreurs, mais n’importe quel parent en commettait à un moment donné. La porte s’ouvrit lentement derrière lui et Alicia apparut dans l’encadrement, Bobo dans les mains. 
Alicia : Les scouts sont des menteurs lâcha t-elle avec une petite moue boudeuse. 
     Pacey observa tour à tour l’air en colère de Buzz et l’air triste d’Alicia. S’il avait pu, il aurait rendu les armes tout de suite. Mais il ne pouvait pas, ils formaient une famille et même s’il devait la tenir à bout de bras, il le ferait.
Pacey : Fais tes devoirs soupira t-il à l'intention de Buzz avant de prendre Alicia dans ses bras pour aller lui raconter l'histoire promise.


         Jen déambulait dans les couloirs du campus, une pile de bouquin dans les mains lorsque son téléphone portable se mit à sonner. En pestant, elle se hâta d’ouvrir sa porte de chambre et de déposer sa lourde charge sur son lit avant de décrocher, le sourire aux lèvres.
Jen : Salut frérot !
Voix : Je me demandais si tu ne m’avais pas oublié, trois semaines que vous êtes installées et pas un coup de fil !
Jen : Oh tu me connais, loin des yeux loin du cœur dit-elle en souriant.
Voix : Merci !
Jen : Eh, c’est pas de ma faute, fallait prendre la même université que nous.
Voix : Tu sais bien qu’elle n’avait aucune des options qui m’intéressent !
Jen : Dans ce cas, fallait changer tes options lui dit-elle en faisant la grimace. 
     La voix à l’autre bout soupira, il en avait entendu parler tout l’été du fait qu’il avait pris une mauvaise direction. Sauf que pour lui, c’était la seule direction qu’il avait en tête depuis tout petit et il ne pouvait pas s’imaginer abandonner ses rêves. Quand bien même ceux-ci l’emmenaient loin de sa petite sœur et de ses amis.
Voix : Alors raconte moi, c’est comment Hillcrest ?
Jen : Après Capeside, je dois dire qu’on n’est pas trop dépaysé.
      Elle entendit son frère sourire à l’autre bout du combiné et sourit à son tour. Que c’était bon d’entendre sa voix. Il n’était pas à proprement parler « son frère » mais elle l’aimait comme telle et savait que la réciproque était vraie. Sa mère était morte d’une overdose lorsqu’elle avait trois ans et elle n’avait aucun souvenir d’elle. Elle avait alors été placée dans une famille d’accueil à laquelle elle s’était beaucoup attachée, et lorsqu’elle avait eu dix ans et qu’ils avaient émis le souhait de l’adopter, elle s’était sentie la petite fille la plus chanceuse du monde. Deux mois plus tard, l’autorisation du juge pour enfant et des services sociaux obtenue, elle était entrée dans cette famille aimante et, elle et son frère adoptif ne s’étaient plus quittés.
Jen : Et toi Dawson, c’est comment Los Angeles ?
Dawson : Immense, bruyant, incroyable, fabuleux, inspirant…
Jen : Comme tu l’imaginais en somme lui dit-elle en rigolant.
Dawson : Exactement. Et comment vont les autres ?
Jen : Oh, et bien, Jack et Audrey continuent leur dispute sur la possibilité d’avoir un chien, Joey a craqué sur un garçon des plus mystérieux et oh…dit-elle soudain rembrunie, tu ne devineras jamais qui est venu faire ses études à Duke.
       Un long silence se fit à l’autre bout du fil. Soudain, Dawson souffla…Dawson : Ne me dis pas que…
Jen : Si !! Il a osé ce…  
     Elle sentit une bouffée de colère monter en elle rien que de penser à lui. Cette ordure immonde avait eu le culot de les suivre !
Dawson : Et Joey, elle prend ça comment !
Jen : Tu la connais, elle prend sur elle comme d’habitude. Ca l’a beaucoup secouée au début mais maintenant, je pense qu’elle se concentre un peu plus sur le garçon qui l’intéresse.
Dawson : C’est bien qu’elle cherche à rencontrer quelqu’un d’autre. Et ce type, tu l’as vu toi ?
Jen : Ouais, il a l’air sympa mais très compliqué.
Dawson : Compliqué ?
Jen : Ouais, c’est une longue histoire, mais Audrey et moi cherchons à en savoir plus sur lui.
Dawson : Ouh là, pauvre garçon dit-il en rigolant.
Jen : Eh, on fait juste attention à ce qu’elle ne tombe pas dans de mauvaises mains comme c’est déjà arrivé par le passé se défendit-elle.
Dawson : Prends soin d’elle, elle a beau dire le contraire, elle n’est pas aussi forte qu’elle le croit.
Jen : Je sais. L’année dernière l’a anéantie murmura t-elle tristement en regardant une photo d’elles deux accrochée sur le miroir de sa coiffeuse.
 

       Allongée dans son canapé, Audrey feuilletait un magazine en attendant le retour de Jack. Il était sorti acheter des plats chinois et elle en avait profité pour rendre leur appartement plus romantique. Quelques bougies et des pétales de roses avaient suffit pour cela. Avec un petit sourire, elle contempla le petit déshabillé ivoire qu’elle venait de passer. Un petit cadeau pour Jack qu’elle avait ramené de Capeside et qu’elle comptait étrenner ce soir. Il y avait quelques tensions entre eux depuis qu’ils étaient arrivés ici et elle voulait réparer un peu le mal qu’ils s’étaient fait et retrouver de leur complicité d’antan. Elle était parfaitement consciente que leurs disputes venaient essentiellement du fait qu’elle veuille un chien mais elle ne doutait pas de pouvoir y résoudre Jack un jour. Qui donc ne voudrait pas d’un chien ? Faudrait-il être sans cœur pour ne pas aimer une petite boule de poils qui vous regarde comme si vous êtes la personne la plus importante au monde. Non, Jack finirait bien par s’en rendre compte, il lui fallait un peu de temps, rien de plus. Elle entendit la porte claquée et envoya valser son magazine pour prendre une position plus suggestive.
Audrey : Bonsoir beau brun…lui dit-elle d’une voix sensuelle.
 
      Interdit, Jack resta dans l’embrasure de la porte, détaillant des pieds à la tête sa petite amie, si généreusement offerte. Il avait du mal à réfléchir, quand il était parti, une demi-heure auparavant, rien ne l’aurait laissé imaginer qu’il pourrait la trouver ainsi à son retour. Ils avaient même eu quelques mots. Il s’était préparé à l’idée de manger rapidement, avant de filer prendre une douche et de se mettre au lit afin d’éviter la dispute. Visiblement réalisa t-il encore sous le choc, ce n’était pas une dispute qu’Audrey recherchait !
Jack : C’est notre anniversaire ? demanda t-il nerveux à l’idée d’avoir oublié une date importante.
 
      Audrey se leva et marcha langoureusement jusqu’à lui avant de passer ses bras autour de son cou et de plonger son regard dans celui de son petit ami juste à temps pour le voir déglutir péniblement.
Audrey : Jack, aurais-tu oublié notre anniversaire ?
Jack : Non, c’est le 3 juillet, mais je me disais que j’avais forcément dû oublier quelque chose…
Audrey : Je me suis juste dit que ça nous ferait du bien. 
    Jack déposa les sachets qu’il avait encore à la main et enlaça Audrey tendrement.
Jack : C’est une très bonne idée je trouve lui dit-il, toute liberté de mouvement retrouvée.
 
     Il commença à l’embrasser dans le cou délicatement.
Jack : Je n’avais jamais vu ça dit-il en la déshabillant du regard.
Audrey : Je le réservais pour une surprise.
Jack : Tu as eu raison.
      Il se mit à l’embrasser tout en l’entraînant vers le canapé. Audrey riait tout en le débarrassant de sa veste et de son tee-shirt. Rapidement, ils se retrouvèrent allongés l’un sur l’autre se prodiguant baisers et caresses. Soudain, le regard de Jack dériva sur un magazine à terre et s’arrêta sur la page ouverte, une publicité pour un magasin d’animaux. Il soupira en se redressant.
Jack : C’est pas vrai, tu n’abandonnes donc jamais !
Audrey : Qu…quoi ? balbutia t-elle hébétée.
       Il lui désigna la revue d’un geste rageur avant de se relever et de se rhabiller. Surprise, Audrey se redressa et le dévisagea. Quelle mouche l’avait piqué ? Elle qui avait décidé ce soir de mettre leur querelle de côté ! On pouvait dire que c’était raté ! Et ce n’était même pas de sa faute.
Jack : Bon que se soit bien clair une fois pour toute, je ne veux pas de chien et il n’y en aura pas ici !! 
    Elle qui avait décidé de prendre de bonnes résolutions et d’attendre patiemment qu’il accepte se leva d’un bond et croisa les bras.
Audrey : Tu n’es pas le seul à vivre ici je te le rappelle ! J’ai aussi mon mot à dire.
Jack : Pas cette fois lui dit-il avec assurance.
        Folle de rage, elle fila dans leur chambre et referma violemment la porte derrière elle. Jack jeta un regard sombre sur le canapé en songeant que finalement, il allait peut-être avoir la soirée qu’il avait pensé, le canapé en plus. 


        Ce cours avait été d’un ennui mortel songea t-elle en sortant de l’amphithéâtre. Jen avait eu raison de ne pas choisir cette option. Elle en serait devenue folle ! Elle longea les couloirs afin d’aller chercher à la bibliothèque les bouquins qu’elle devait lire pour la semaine prochaine. Elle profita de ce bref instant d’errements pour laisser son esprit vagabonder. Elle n’en revenait toujours pas de ce qu’il s’était passé la vieille. D’abord elle avait appris le prénom du garçon, il s’appelait Pacey se rappela t-elle avec un léger sourire fugace, et ensuite, son petit frère l’avait carrément traité d’idiote ! Le pire, c’est qu’elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle avait merdé ! Peut être qu’après tout, le problème ne venait pas d’elle mais de cette famille, c’est vrai Pacey lui-même était bizarre alors pourquoi pas ce Buzz ! Devait-elle leur rendre visite afin de s’excuser d’une erreur qu’elle ne savait même pas avoir commise ? Toute à ses pensées, elle ne se rendit pas compte que quelqu’un se trouvait devant elle et le heurta de plein fouet. Elle releva lentement la tête, une expression désolée peinte sur le visage lorsque son regard croisa des yeux qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle le contourna pour passer.
Garçon : Joey, il faut qu’on parle…
Garçon : On s’est déjà tout dit, je n’ai rien d’autre à ajouter.
Garçon : Moi si, tu me manques… 
   Ces mots la glacèrent sur place. Comment pouvait-il oser ? Elle se retourna et le fusilla du regard.
Joey : Va te faire consoler, tu sais où aller.
Garçon : Joey, je t’ai déjà dit que ce n’était qu’une erreur, c’est toi que j’aime, cette fille ne comptait pas.
Joey : Va le dire à quelqu’un d’autre, moi ça ne m’intéresse plus.
      Alors qu’elle faisait quelque pas de plus, elle le sentit prendre son bras et l’attirer à lui. Une envie de vomir la submergea.
Garçon : Je suis sûre que tu m’aimes toujours, tu n’as pas pu oublier tous les formidables moments qu’on a passés lui dit-il avec un sourire sûr de lui. 
      Joey se dégagea violement.
Joey : Tout ce qu’il me reste à moi, c’est du mépris, du dégoût et une cicatrice lui affirma t-elle avec hargne. Maintenant, laisse moi passer.
Garçon : J’ai pas fini de…
Nathan : Elle t’a demandé de la laisser tranquille Eddie intervint-il en sortant de la bibliothèque.
Eddie : Laisse nous Scott, ça ne te regarde pas dit-il sans quitter Joey du regard.      Celle-ci se retourna vers Nathan et leva vers cet inconnu un regard suppliant. Ce dernier enfouit ses mains dans ses poches. 
Nathan : T’étais peut être le roi de ton lycée là où t’étais mais ici, ce n’est pas toi qui fais la loi. Fous lui la paix.
       Eddie se tourna vers lui et l’affronta, l’air énervé.
Eddie : C’est une histoire entre elle et moi, alors tire toi lui conseilla t-il.
Nathan : Bon, dit-il en laissant tomber son sac de sport sur le côté, je suis tout disposé à me battre si tu y tiens, ce n’est pas moi qui irais à l’infirmerie, mais on gagnerait du temps si tu te montrais adulte et lui foutais la paix.
       Eddie médita ces deux possibilités et décida de ne pas se montrer en spectacle. Il aurait bien une autre occasion de parler avec Joey. Il finit par partir en pestant, non sans promettre à la jeune fille qu’ils n’en avaient pas terminés.
Nathan : Tout va bien ? s’enquit-il.
Joey : Oui, merci beaucoup.
Nathan : C’est rien, je te ramène à ta chambre.
Joey : J’ai plutôt besoin d’un verre ! 
     Surpris, Nathan la dévisagea.
Joey : Je te rassure, un verre d’eau m’irait très bien.  
Nathan : Dans ce cas, je t’invite lui dit-il en souriant. 
        Joey accepta volontiers. Elle ne connaissait ce garçon ni d’Eve di d’Adam mais il l’avait débarrassé d’Eddie et elle lui en était des plus reconnaissantes !


Marjo  (07.01.2007 à 03:19)
     Installé à une des tables du jardin de l’université, Haley tentait de se concentrer sur un exercice de psychologie lorsque deux jeunes filles se présentèrent devant elle. Surprise, elle releva la tête et les dévisagea.
Haley : Je peux vous aider ?
Audrey : Et bien oui, sûrement. Je m’appelle Audrey et voici mon amie Jen. On aurait aimé que tu nous parles d’un de tes amis. 
     Surprise, elle les invita à s’asseoir avec elle. Elle ne les avait encore jamais vues par ici, elles devaient être nouvelles. Réflexion faite, elles étaient peut être passées une fois ou deux au « Karen’s Café » mais elle ne leur avait pas prêté réellement attention. Comme pour rattraper une erreur, elle les étudia discrètement, elles n’avaient pas l’air folles…
Audrey : Voilà, on aimerait en savoir un peu plus sur ton ami brun…celui qui travaille au garage.
Jen : Et qui livre des pizzas ajouta t-elle en ouvrant la bouche pour la première fois.
     …Quoique…songea t-elle hébétée, parfois la folie n’était pas des plus apparentes. Sans dire un mot, elle les observa tour à tour.
Jen : Je t’avais dis que ce n’était pas une bonne idée maugréa t-elle à son amie.
Audrey : Oui, et bien je te signale que tu n’en avais pas de meilleure se défendit-elle sans prendre réellement conscience qu’elles n’étaient pas seules.
Haley : Excusez-moi ? intervint-elle. Puis-je savoir ce que vous lui voulez ?
Jen : En fait, une amie à nous l’a remarqué. Enfin, disons qu’il lui plait bien mais elle ne sait quasiment rien sur lui, à priori, il a l’air d’être quelqu’un de très mystérieux. Et on aurait juste aimé s’assurer que c’était un garçon bien.
Haley : Pacey est un garçon très bien !! se défendit-elle irritée.
Jen : Il s’appelle Pacey !! dit-elle à Audrey toute contente.
      Au moins, elles ne se seraient pas rendues ridicules pour rien. Légèrement apeurée par le comportement étrange de ces filles, Haley rangea ses affaires.
Audrey : Attends, je sais que tu dois nous prendre pour des folles, et je veux bien reconnaître que moi je le suis un peu concéda t-elle, mais on s’inquiète juste pour notre amie. 
    Haley ouvrit la bouche vers elle, interdite, avant de décider de filer le plus rapidement possible.
 Jen : Et si tu me laissais parler dit-elle à Audrey avec un regard réprobateur. J’avoue que notre démarche n’est pas des plus orthodoxes et qu’on s’y prend très mal, mais vois-tu, notre amie n’a pas eu beaucoup de chance l’année dernière et on aimerait éviter que ça se reproduise. On tient beaucoup à elle. 
    Haley s’arrêta et la dévisagea un instant. Elle avait l’air sincère. Elle se rassit mais resta sur ses gardes.
Haley : Pacey aussi compte beaucoup pour moi et il a eu plus que son lot de problèmes alors je ne ferai rien qui puisse lui nuire.
Audrey : Son lot de problèmes, avec la justice ? demanda t-elle.
Haley : Bien sûr que non ! s’écria t-elle, il n’y a pas plus sérieux que lui !
     Bon, il avait bien passé une ou deux nuit au poste avec Lucas mais s’était il y a bien longtemps et pour rien de bien méchant. Aujourd’hui, il était un garçon tout ce qu’il y a de plus exemplaire ! Jen et Audrey soupirèrent de soulagement discrètement.
Jen : Tu ne pourrais pas nous dire quelque chose sur lui, un simple petit indice qui pourrait aider notre amie à mieux s’y prendre avec lui demanda t-elle suppliante.
      Haley se mordit la lèvre, elle n’avait aucune envie de trahir Pacey, mais peut-être que ça pourrait être une bonne idée finalement. Il était si seul…
Haley : Ses parents sont morts dans un accident de voiture il y a six mois et c’est lui qui a la garde de son frère de neuf ans et de sa petite sœur de quatre ans.
       Abasourdie, Jen et Audrey s’adossèrent à leur chaise. La nouvelle leur faisait un choc. Joey n’allait pas en croire ses oreilles. Haley se leva et attrapa son sac.
Haley : Je ne vous ai jamais dis ça.
Jen : Bien sûr…Et dis moi, dit-elle mal à l’aise, ton autre ami, le blond, il est a une petite amie ?
Haley : Lucas ? demanda t-elle rembrunit. Qu’est-ce que tu lui veux ?
Audrey : Elle aussi j’ai l’impression qu’elle a craqué dit-elle en rigolant.
 
    Haley croisa les bras et dévisagea Jen.
Haley : Oui, il est prit lâcha t-elle avant de s’éloigner.
Audrey : Une dernière question ?
      Exaspérée, Haley se retourna tout de même vers elle.
Audrey : Tu ne saurais pas comment faire accepter un chien à mon petit ami ?
     Stupéfaite, Haley leva les yeux aux ciels et ne prit même pas la peine de répondre avant de partir. Audrey haussa les épaules à l’égard de Jen qui la dévisageait d’un air hébété. Elle avait le droit d’essayer. 


       Un cappuccino à la main, Joey marchait le long des vitrines du centre ville, Nathan à ses côtés. Ils étaient entrés dans une sorte de ballade silencieuse qui leur convenait à tous les deux. Elle appréciait la présence du garçon. Ils venaient de passer deux heures ensemble à se parler librement de leur vie. Elle s’était surprise à lui raconter son histoire avec Eddie sans pudeur ni retenue, ne se sentant ni jugée ni prise en pitié. Il l’avait écoutée, simplement et avait su lui dire les mots qu’elle avait eu besoin d’entendre afin de ne pas fondre en larmes. En retour, elle l’avait écouté parler de son père, de sa passion pour le basket-ball et d’un demi-frère qu’il ne connaissait pas. Elle s’était prise d’amitié pour lui d’emblée. Il n’était pas le jeune garçon sûr de lui et prétentieux qu’il avait l’air d’être. Au contraire, il était bien plus perdu et désemparé qu’elle ne l’aurait cru. Buvant une gorgée de son gobelet, son regard tomba sur Buzz, assis sur un banc, face à un parc. Elle hésita quelques secondes mais trouvant l’occasion trop belle, elle se décida à aller le voir.
Joey : Nathan, j’ai adoré notre discussion et je te suis reconnaissante de m’avoir sortie de ce mauvais pas, mais je viens de voir quelqu’un avec qui, il faut absolument que je parle. Tu ne m’en veux pas ?
Nathan : Bien sûr que non, j’ai été ravi de te rencontrer Joey lui dit-il sincère.
Joey : Moi aussi.
      Spontanément, elle le prit dans ses bras et il lui donna son numéro de téléphone, lui signalant qu’il serait ravi qu’elle l’utilise si elle avait besoin de discuter à nouveau. Elle le remercia avant de changer de trottoir et de se rapprocher de Buzz. Bizarrement, elle prit une profonde inspiration avant de se décider à l’affronter. Peut-être n’avait-il aucune envie de lui parler, elle n’avait pas dû lui laisser une grande impression.
Joey : Cette place est prise ?
     Le jeune garçon blond releva la tête vers elle et l’observa derrière ses petites lunettes rondes. Il la reconnut tout de suite mais ne laissa rien paraître. Que pouvait-elle lui vouloir à lui ? Pourtant, il se décala légèrement et Joey prit ça pour une invitation.
Joey : Buzz, c’est bien ça ?
     Il se contenta d’hocher la tête.
Joey : Je suis désolée pour hier. Je ne sais pas exactement ce que j’ai fais, mais…
Buzz : Pourquoi tu t’excuses, je t’ai traitée d’idiote ! lui dit-il surpris.
Joey : Je n’ai pas oublié dit-elle rembrunie, mais je me dis que j’ais dû dire une bêtise… 
     Buzz soupira et détourna le regard.
Buzz : Tu ne pouvais pas savoir…soupira t-il.
Joey : Ne pas savoir quoi ? l’incita t-elle d’une voix douce.
       Le jeune garçon releva lentement la tête vers elle, pouvait-il se confier à elle ? Il ne la connaissait pas et Pacey ne serait peut-être pas content. Pourtant, si cet idiot ne lui avait rien dit, cette fille ne pouvait pas savoir l’erreur qu’elle avait commise. Et elle avait l’air de s’intéresser à son frère alors pourquoi ne rien lui dire ?
Buzz : Mes parents ont eu un accident de voiture il y a six mois…lui avoua t-il sans la regarder. 
        Stupéfaite, elle écarquilla de grands yeux en portant une main à sa bouche. Voilà qui expliquait pourquoi ils l’avaient regardée tous les trois la vieille avec des yeux étonnés !
Joey : Et ils sont…dit-elle mal à l’aise et apeurée par la réponse.
Buzz : Oui lui répondit-il la voix chevrotante.
      Il n’aurait pas cru que lui dire ça, le dire tout haut, lui aurait donné cette envie si soudaine de pleurer. Il n’était plus un bébé et cette fille ne devait pas le prendre pour tel. Il était fort, il allait le lui montrer.
Joey : Toi et ta petite sœur, vous vivez avec votre grand frère ? demanda t-elle, cherchant à comprendre leur situation.
Buzz : Il a obtenu notre garde mais on a une assistante sociale sur le dos tout le temps.
       Abasourdie, Joey n’en revenait pas. Elle avait trouvé Pacey différent des autres garçons, et il l’était. Oh oui, il l’était bel et bien. La tristesse qu’elle avait cru lire au fond de son regard la première fois qu’elle l’avait vu au garage était réelle et il avait toutes les raisons du monde pour ça. Il était loin d’avoir la vie normale d’un jeune homme de vingt ans. Seigneur, elle lui avait parlé de ses parents à deux reprises, s’étonnant que ce ne soit pas eux qui s’occupent de son frère et sa soeur ! Elle avait trouvé ses réactions bizarres mais jamais elle n’aurait pu imaginer une chose pareille !!! Soudain, elle reporta son attention sur le petit garçon à ses côtés et fondit d’un élan de sympathie pour lui en apercevant brièvement, la même lueur sombre qu’elle avait vue chez Pacey. Ce garçon, à l’air bravache et sûr de lui, n’était rien d’autre qu’un petit garçon qui portait toutes les peines du monde en lui et qui ne s’autorisait pas à les montrer. Pacey était-il pareil ? Oui, à n’en pas douter.
Joey : Buzz, je suis vraiment désolée pour toi, et pour toute ta famille.
Buzz : On s’en sort dit-il en haussant les épaules négligemment. 
     Touchée, elle lui passa une main dans les cheveux, les lui ébouriffant maladroitement.
Buzz : Pacey m’inquiète lui avoua t-il.
       C’était la première fois qu’il disait ça à un quelqu’un. Il en avait déjà parlé à son poisson rouge mais ça comptait pour du beurre.
Joey : Pourquoi ?
Buzz : Parce que mes parents sont morts et qu’il agit comme si il l’était aussi.
      Surprise, Joey le dévisagea, cherchant à trouver l’explication.
Buzz : Il ne fait plus rien à part travailler et s’occuper de nous.
Joey : Je pense qu’il fait ce qu’il croit devoir faire pour pouvoir vous élever correctement.
      Le petit se leva et secoua la tête. 
Buzz : Ouais, mais s’il continue comme ça, il finira par en avoir marre et par partir lui aussi, soupira t-il.
      Joey le regarda médusée.
Joey : Pourquoi crois-tu qu’il ferait ça ?
      Buzz se leva doucement et haussa les épaules, en signe de fatalité.
Buzz : C’est ce que tout le monde fait à la maison lâcha t-il sombrement
     Elle eut envie de le prendre dans ses bras afin de le rassurer un peu, voir de lui apporter un peu de réconfort mais elle sut avec certitude qu’il serait rebuté par son geste. Il avait un côté sauvage et solitaire qu’elle ne connaissait que trop bien pour l’avoir côtoyer toute son enfance. Instinctivement, elle sortie un papier et griffonna son numéro de téléphone dessus avant de le lui placer dans la main.
Joey : Si jamais tu as envie de parler…de quoi que se soit. 
     Buzz lui adressa un léger signe de tête et s’éloigna. Il devait rentrer, sinon, son frère allait encore s’inquiéter.   


Haley
 : Je commençais à me demander si tu n’avais pas déménagé.
Pacey : Très drôle !
     En souriant, Haley lui remplit à nouveau sa tasse de café. Profitant d’une pause au garage, il avait décidé de venir voir la jeune fille. D’une, il ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours, de deux, il avait besoin de lui parler de Buzz.
Karen : Pacey !! s’exclama t-elle en sortant de la cuisine, ça faisait longtemps qu’on ne t’avait pas vu. 
     Le regard de Pacey dériva vers Haley qui lui fit un air évocateur. Karen, ravie de le voir, vint le prendre dans ses bras et le contempla.
Karen : Tu as maigri j’ai l’impression. Est-ce que tu prends du temps pour t’occuper de toi au moins ?
    Touché par la sollicitude de la mère de son meilleur ami, il lui sourit tendrement. Il connaissait Karen depuis qu’il était enfant et l’avait toujours considérée comme une seconde mère.
Pacey : Je vais très bien, ne vous en faites pas.
Karen : Et à la maison, tout se passe bien ? Tu sais que tu peux toujours compter sur moi si tu as besoin.
Pacey : Je sais, merci beaucoup lui dit-il sincère.
        Elle le serra une dernière fois dans ses bras et s’éloigna s’occuper des autres clients. Il tourna la tête vers sa meilleure amie et se figea, la trouvant, la tête dans la main, le contemplant avec un sourire triomphant. Il se tourna complètement vers elle et plongea son regard dans le sien.
Pacey : Si tu dis un mot, je m’en vais !
     Haley éclata de rire et se mit à nettoyer le comptoir.
Haley : Alors, de quoi tu voulais me parler ?
Pacey : Qui te dis que je voulais te parler ? lui demanda t-il en reposant sa tasse.
Haley : Tu utilises rarement tes pauses pour venir me voir, allez ne perd pas de temps inutile lui dit-elle tout sourire.
 
Pacey : Tu as vu Buzz ces derniers temps ?
Haley : Je l’ai croisé hier à l’épicerie, pourquoi ?
Pacey : Je ne sais plus quoi faire avec lui soupira t-il. Il me répond, il est renfermé sur lui-même et ne me fait part de rien. Qu’il soit en colère ou content, il garde tout pour lui. Et les maigres fois où il me parle, il ne fait que des allusions que j’ai du mal à comprendre !
Haley : Il me rappelle quelqu’un dit-elle songeuse.
      Pacey lui envoya son torchon alors qu’elle riait. Haley compris que la situation était grave à l’air sombre qu’il arbora, aussi reprit-elle son sérieux.
Haley : Tu veux que je lui parle ? lui proposa t-elle.
Pacey : C’est gentil mais je préférerais réussir à lui parler moi. T’as un conseil ?
Haley : T’as essayé de faire une sortie avec lui, rien que vous deux ?
Pacey : Non, et j’avoue que je n’ai jamais le temps pour faire ce genre de choses lui dit-il tristement.
Haley : Il va falloir que tu le trouves Pacey. Buzz en a peut-être besoin et n’ose pas te le demander.
Pacey : Tu crois ? lui demanda t-il plein d’espoir.
Haley : En tous cas, tu ne perds rien à essayer.
        Il resta pensif quelques instants, méditant sa proposition, Buzz serait-il partant ? Ils furent interrompus par la sonnette de l’entrée et Haley se mit à se tordre les mains nerveusement. Ce que ne manqua pas de voir Pacey. Il se tourna vers le nouveau venu et reconnut tout de suite le demi-frère de Lucas. Que venait-il faire ici ?
Haley : Tu m’excuses, il faut que j’aille lui dire un mot dit-elle mal à l’aise.
Pacey : A Nathan ? s’étonna t-il.
Haley : C’est une longue histoire souffla t-elle.
Pacey : Eh bien, je ne pensais pas avoir pris autant de distance avec vous s’étonna t-il amusé. Attends, ne me dis rien, tu fais partie des pom pom girls ?
Haley : Idiot lui dit-elle en souriant et en lui lançant son torchon. Tu m’attends ?Pacey : Désolé mais ma pause est finie. 
      Il se leva, la remercia avant de l’embrasser sur la joue et de se diriger vers la porte.
Haley : Oh, il y avait un truc dont je voulais te parler ! s’exclama t-elle tout à coup.
Pacey : Ca sera pour une prochaine fois.
      Après un bref regard sur le nouveau venu, il sortit. Nathan se dirigea vers le comptoir, les mains dans les poches. Il détestait être là. Pourquoi diable son grand père avait-il choisi cet établissement !
Nathan : Je suis venu chercher une commande au nom de Walt Scott.
Karen : Je te l’amène tout de suite dit-elle en passant à côté d’eux.
      Mal à l’aise, Haley et Nathan évitaient de se regarder. Haley décida que c’était à elle de parler la première.
Haley : Je voulais m’excuser pour la dernière fois.
Nathan : C’est rien soupira t-il. Tu n’es pas la première fille à me crier dessus.
      Leur regard se croisèrent et ils échangèrent un bref sourire.
Haley : Tu sais, même si ce n’est pas toi l’instigateur, tu les laisses faire et à mes yeux ça n’est pas plus glorieux.
Nathan : Et qu’est-ce que tu voudrais que je fasse ? demanda t-il, las.
Haley : Que tu le veuilles ou non, c’est ton frère. Je suis sûre que si les choses étaient inversées, lui n’aurait pas hésité à t’aider. Mais ça, tu ne peux pas le savoir lâcha t-elle en retournant en salle.
 
       Surpris, il la dévisagea avant de lever les yeux aux ciels. Elle se trompait sur un point, il le savait.
 

         Jen commençait à trépigner, cela faisait dix minutes qu’elle et Audrey marchaient côte à côte et que son amie la dévisageait en souriant. Elle savait très bien qu’elle avait une idée derrière la tête et avait même une idée précise de ses pensées.
Jen : Allez sors-le, ou alors arrête de me regarder avec cet air idiot soupira t-elle.
      Audrey décida de passer outre cette dernière remarque et de ne pas se sentir vexée.
Audrey : Joey n’est pas la seule à craquer pour un garagiste lâcha t-elle tout sourire.
Jen : Je n’ai jamais dit une chose pareille ! se défendit-elle.
Audrey : C’était pas utile, ta petite question introduite négligemment dans ce qui devait être un interrogatoire pour Joey était plus qu’éloquente. Sans compter la déception peinte sur ton visage en apprenant qu’il n’était plus sur le marché.
Jen
 : J’étais juste déçue de ne pas en avoir appris plus sur ce Pacey. Et si j’ai parlé de Lucas, c’était uniquement parce que je me disais que me rapprocher de lui pourrait m’aider à me rapprocher de Pacey et par conséquent, tâter le terrain pour Joey.
      Audrey éclata d’un rire franc. Elle n’était pas dupe pour un sou mais si Jen se plaisait à nier…
Audrey : Je te comprends, c’est un très joli garçon.
Jen : Dois-je te rappeler que tu sors avec mon ami Jack ?
Audrey : Eh, pourquoi crois-tu que le dicton « Regarder mais pas toucher » a été inventé ? s’écria t-elle.
Jen : J’en sais rien moi, pour les objets précieux dans les vitrines, les pâtisseries sur un présentoir…se moqua t-elle gentiment.
 
      Audrey se pencha sur elle afin d’obtenir la réponse souhaitée mais soupira en voyant que Jen n’y viendrait pas d’elle même.
Audrey : Et les filles casées qui n’ont pas encore perdue l’usage de leurs yeux ! s’indigna t-elle en levant les bras aux ciels.
 
      Jen la regarda en souriant, Audrey était vraiment une fille incroyable ! Un jour on pensait la connaître, avoir compris son mode de fonctionnement et le lendemain, elle trouvait encore le moyen de vous surprendre !
Audrey : Alors, qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu veux qu’on monte une enquête parallèle ? lui proposa t-elle tout sourire.
Jen : Oh là doucement  Scully l’arrêta t-elle d’un geste, je n’ai fait que de le trouver séduisant, je n’en suis pas encore au point de Joey moi, je n’ai pas encore perdue la raison !
Joey : Merci, c’est gentil ! s’exclama t-elle derrière elles.
 
       Surprises, Jen et Audrey sursautèrent avant de lui faire face, arborant des mines coupables.
Joey : Alors, à quoi dois-je cet élan de sympathie si soudain ?
Jen : Joey ! On ne t’avait pas entendue arriver…
Audrey : On pourrait te le dire, mais tu serais obligée de tuer Jen, et personnellement, je l’aime bien donc on ne te dira rien. 
     Joey les dévisagea tour à tour et décida de remettre ça à plus tard, elle avait bien plus important à faire pour l’instant.
Joey : Je passe là-dessus si tu me prêtes tes clefs de voiture.
      Audrey la dévisagea, surprise. Ca serait si facile ? Elle fouilla son sac à main et lui tendit le trousseau. Joey s’en saisit et s’éloigna déjà. Apparemment oui, ça serait aussi simple que ça ! Non seulement elle avait perdu la raison, mais aussi son caractère ! songea t-elle en souriant.
Audrey : On ne lui a même pas dit pour Pacey.
Jen : N’oublie pas que tu n’es pas sensé être au courant je te signale.
Audrey : J’oubliais.
Jen : Ca ne t’intéresse pas de connaître pourquoi Joey a besoin de ta voiture ?
Audrey : Jen, je sais très bien pourquoi elle en a besoin. Réfléchis, que fait ce cher Pacey dans la vie ?
Jen : Un point pour toi dit-elle en souriant.
 
     Audrey lui passa un bras autour des épaules et l’entraîna avec elle.
Audrey : Bien, puisque Joey a l’air de pouvoir se débrouiller toute seule, on va pouvoir attaquer ta partie.
      Jen sentit ses épaules s’affaisser en même temps que sa détermination. Audrey allait se montrer redoutable sur ce coup, ça ne servait à rien de l’en dissuader. Puisqu’elle n’avait pas besoin d’apporter son aide à Joey, il lui fallait un autre exutoire pour oublier ses problèmes avec Jack ! Et le destin avait voulu que se soit elle qui gagne ses faveurs !  


Lucas
 : Et si tu venais faire une partie avec moi ? lança t-il à l’égard de Pacey tout en marquant un panier.
 
      Keith avait eu la bonne idée d’installer un panier de basket derrière le garage pour les moments de grands calmes comme aujourd’hui.
Pacey : Désolé, je n’ai pas encore fini.
      En soupirant, Lucas le regarda, le nez plongé dans son bouquin de bio chimie, Pacey avait l’air très concentré. Il savait qu’il était inutile d’insister dans ces moments là. Aussi, décida t-il de rentrer se rafraîchir. A l’intérieur, il faillit percuter quelqu’un et resta surpris devant une jeune fille brune. Ravissante décréta t-il d’emblée.
Lucas : Bonjour, je peux vous aidez ?
Joey : Euh oui…bonjour…voilà je crois que… 
     Zut, elle avait complètement oublié de penser à un problème mécanique quelconque ! Comme si amener une voiture dans un garage était suffisant. Elle n’avait pensé qu’à ça pour approcher Pacey.
Joey : J’ai l’impression que mes pneus sont dégonflés lâcha t-elle avant de grimacer discrètement de sa bêtise.
 
     Lucas haussa brièvement les yeux avant de sourire.
Lucas : D’accord voyons ça…
Joey : Euh…votre collègue n’est pas là…Pacey.
      Lucas s’arrêta dans son élan et la dévisagea. Mais oui, quel idiot ! C’était la jeune fille brune de la voiture de sport ! Celle que Pacey avait observée bizarrement. Et bien, il avait oublié de lui parler de certains détails…
Lucas : Vous le connaissez ?
Joey : Non, pas vraiment, mais je… 
     Lucas s’amusa de l’embarras visible dans lequel la jeune fille semblait se trouver. Apparemment, elle avait un petit faible pour son meilleur ami. Et bien tant mieux, ça ne pourrait pas lui faire de mal !
Lucas : Je vais aller le chercher, il s’occupera de votre voiture lui proposa t-il avec un sourire entendu.
Joey : Merci lui dit-elle avec un léger regard gêné. 
     Avec un grand sourire, Lucas retraversa le garage en sens inverse et s’appuya sur le chambranle de la porte pour observer son ami.
 Lucas : J’ai l’impression que tu me caches des choses.
      Sans relever la tête de son livre, Pacey posa le regard sur son meilleur ami.
Pacey : Je te demande pardon ?
Lucas : Il y a une cliente pour toi.
Pacey : Lucas, je suis occupé, tu ne peux pas t’en charger ?
Lucas : Je le voudrais bien mais elle a demandé après toi lui dit-il en souriant.  
    Pacey haussa les sourcils, surpris, avant de refermer son livre d’un coup sec. Si un client réclamait après lui personnellement, il se devait d’y aller. Et puis, ça avait un côté plutôt flatteur qu’on ne veuille avoir affaire qu’à lui.
Pacey : Et elle a quoi sa voiture ? soupira t-il.
Lucas : Elle a peur que ses pneus ne se soient dégonflés.
      Pacey qui marchait jusqu’à lui s’arrêta étonner pour le dévisager.
Pacey : Depuis quand les clients ne savent plus se servir du gonfleur mit à leur disposition dehors ?
Lucas : Je dirais depuis que tu es garagiste, mais ça n’engage que moi ajouta t-il le sourire aux lèvres.
     Haussant un sourcil inquisiteur, Pacey observa son meilleur ami disparaître et décida que le mieux serait d’aller voir par lui-même. Il se dirigea donc du côté de l’atelier et s’arrêta en apercevant la jeune fille qu’il connaissait sous le nom de Joey. Se rappelant leur dernière rencontre et l’attitude de Buzz, sans compter son départ précipité, il baissa légèrement la tête, mal à l’aise avant de prendre une profonde inspiration et d’aller à sa rencontre.
Pacey : Je vais regarder tes pneus tout de suite lâcha t-il en passant à ses côtés.
 
     En sursautant, Joey le vit prendre le matériel dont il avait besoin, le dos tourné. Il l’avait à peine regardée, était-il en colère contre elle ? Il en avait le droit après la bêtise dont elle avait fait preuve.
Joey : Mes pneus n’ont rien… avoua t-elle gênée. Ce n’est même pas ma voiture.
       Surpris, il se retourna vers elle et la dévisagea, attendant une explication.
Joey : Je ne savais pas comment t’aborder…dit-elle en détournant le regard.
 
     Pacey sentit un sourire ourler ses lèvres malgré lui. Cette fille était tout bonnement déroutante. Il prit quelque seconde pour l’observer, profitant de ce qu’elle avait la tête baissée. Elle était plutôt jolie comme fille, à vrai dire, elle était même très séduisante. Exactement le genre de fille qui aurait pu lui faire perdre la tête s’il avait eu un peu de temps à lui.
Pacey : Je suis assez facile d’accès, je n’ai aucun garde du corps lui dit-il pour détendre l’atmosphère. Ecoute…pour hier, je suis désolé de l’attitude de mon frère, il…
Joey : Non c’est moi le coupa t-elle, je ne savais pas, je suis sincèrement désolée.
      Pacey réalisa par ces paroles que depuis, les choses avaient changé. Visiblement, on s’était permis de lui expliquer son erreur. Il releva les yeux vers elle et se sentit transpercé par les regrets et la peine qu’il pouvait lire au fond de son regard. Il détourna la tête, glacé tout à coup.
Pacey : Bon, et bien puisque ta voiture n’a rien, je vais pouvoir aller reprendre mon travail sur une épave qui a vraiment besoin de moi.
Joey : Je ne voulais pas te déranger, je voulais juste te présenter mes excuses et te dire aussi, que si tu avais besoin…
Pacey : Je n’ai besoin de rien lâcha t-il en rangeant son matériel.
 
    Il lui tournait le dos de façon volontaire, il en avait marre de voir toujours la même lueur dans le regard des gens lorsqu’ils posaient les yeux sur lui. Il n’avait pas besoin d’aide et encore moins besoin de leur pitié. Ses parents étaient morts et alors ? Il n’était pas le seul à qui c’était arrivé. Qu’ils aillent faire leur bénévolat ailleurs, il s’en sortait très bien tout seul.
Joey : Je sais, tu as l’air très bien organisé, mais parfois…
Pacey : Mais qu’est-ce que tu veux bon sang ? Qu’est-ce qui cloche chez toi ? s’énerva t-il en lui faisant face. Voir le malheur des autres te plais ?
     Hébétée et complètement abasourdie, Joey le contempla, la bouche sèche et les mains moites.
Joey : Par…pardon ? balbutia t-elle.
Pacey : Ou alors tu as décidé que tu en avais marre des petits friquées de ton école c’est ça ? Et tu t'es dis que tu allais aller faire un tour du côté de la classe ouvrière, histoire de voir. Eh bien je suis vraiment désolé princesse, mais ça ne me dit rien, je ne suis pas intéressé.
Joey : Je voulais juste…
     Elle ne parvenait pas à trouver ses mots tellement elle était choquée par ces propos.
Joey : Tu n'es qu'un imbécile dit-elle la voix éraillée.
     Rapidement, elle remonta dans sa voiture et quitta l’établissement. Pacey maugréa entre ses dents avant de donner un coup de pied dans une caisse à outils, laisser négligemment à terre. Il avait été dur avec elle mais qu’avait-elle besoin de se mêler de sa vie !
Lucas : On peut savoir ce qu’il se passe ? demanda t-il en entrant précipitamment dans l’atelier.
Pacey : Rien lâcha t-il sèchement.
Lucas : Et dans ce cas, tu parlais fort parce que… ?
Pacey : Mêle-toi de tes affaires.
Lucas : D’accord lâcha t-il résigné, quelque chose t’as énervé mais ce n’est pas la peine de m’en vouloir à moi. Et cette fille me paraissait très gentille, je mettrais ma main à couper que ce n’était pas la peine de t’en prendre à elle non plus dit-il avant de sortir de la pièce.
 
      Enervé, Pacey envoya cogner contre le mur le premier outil qui lui tomba entre les mains.
 

         La tête ailleurs, Jack déambulait dans les rues de Hillcrest. Il n’avait aucune envie de rentrer chez lui tout de suite, ne sachant pas ce qui l’y attendait. Il avait passé la nuit sur le canapé et à son réveil, Audrey avait déjà quitté l’appartement. Après une nuit à se retourner dans tous les sens, il ne trouvait plus son sofa si confortable que ça. Faut dire que lorsqu’il l’avait acheté, il n’avait jamais imaginé qu’il y dormirait dessus plus que pour une simple sieste. En même temps, il avait été beaucoup trop préoccupé pour réussir à trouver le sommeil. Il avait beau tourné le problème dans tous les sens, il ne parvenait pas à comprendre ce qui le réfrénait. Oui, d’accord il avait eu une mauvaise expérience avec un chien, mais il avait grandi depuis, il n’y avait plus de raison pour qu’une bête à quatre pattes aussi féroce soit-elle, l’impressionne. Pourtant, il ne réussissait pas à passer le cap et à dire oui à Audrey. Il enfouit ses mains un peu plus profondément dans ses poches et leva la tête vers l’horizon. Cette ville, était vraiment très agréable. Elle n’était pas bien grande non, mais il avait l’habitude. Après Providence et Capeside, une grande ville lui aurait probablement fait peur. Il avait cru pouvoir y être heureux avec Audrey mais depuis leur arrivée, ils ne faisaient que se disputer. Ils ne s’étaient même pas encore pris une simple journée pour en visiter les moindres recoins. Il soupira en baissant la tête, si ça continuait ainsi, son couple ne tiendrait plus très longtemps. Il savait qu’il ne tenait qu’à lui que tout aille mieux et à cet instant précis, il se résolut à faire des efforts. Il aimait Audrey plus que tout et il était hors de question de la perdre. Soudain, il réalisa que ses pas l’avaient mené devant une petite animalerie. Il contempla les chiots dans la vitrine. De toutes petites boules de poils qui s’amusaient à se sauter dessus. A sa plus grande surprise, il se mit à sourire devant leurs pitreries et trouva leurs petites bouilles adorables. Poussant son regard plus en avant dans la boutique, il se rendit compte de la présence d’Audrey à l’intérieur ! Elle avait un bébé labrador dans les bras et jouait avec. Un magnifique sourire faisait rayonner son visage. Il poussa la porte d’entrée et se plaça derrière elle.
Jack : Alors c’est celui là qu’on prend ? dit-il tendrement. 
      Audrey sursauta et se rendant compte de sa présence, se releva rapidement et replaça le chien dans son box.
Audrey : Très drôle ! lâcha t-elle agacée.
Jack : Je suis sérieux, lui dit-il sincère.
        Surprise, elle se retourna vers lui et le dévisagea, cherchant à se rendre compte par elle-même de la valeur de ses propos.
Jack : Audrey dit-il en lui prenant les mains, j’en ai assez de toutes nos disputes. Je t’aime, alors si c’est vraiment si important pour toi, je suis d’accord.
Audrey : Jack, tu ne veux pas de ce chien, je ne vais pas te forcer !
Jack : Alors si on disait qu’on le prend pour une période d’essai. Si ça ne marche pas, on lui trouvera une adorable famille, dans le cas contraire, on le garde. 
     Audrey hésita, elle n’avait pas envie de le forcer, mais elle voulait un chien plus que tout, si ce n’était que pour une période d’essai, ce n’était pas forcer la main de Jack. Et puis, elle était tellement sûre qu’il finirait comme elle par se prendre d’amour pour ce magnifique petit labrador couleur sable sur lequel elle avait flashé dès son entrée dans ce magasin la première fois….elle se maugréa intérieurement, elle ne pensait encore une fois qu’à elle.
Audrey : Voilà ce que je te propose, on laisse passer deux jours, et si tu es toujours d’accord, on revient le chercher tous les deux.
 Jack : Ca me va acquiesça t-il en souriant.
       Audrey l’embrassa tendrement et se pressa contre lui.
Audrey : Tu m’as manqué cette nuit lui murmura t-elle.
 Jack : Tu m’as manqué aussi. Je déteste ce canapé lui confia t-il.
 
      En souriant, Audrey l’embrassa à nouveau et après un dernier regard sur le chiot, sortit en le prenant pas la main.
 

      Avec mille précautions, Jen s’habilla sans faire de bruit. Joey ne s’était endormie que tard dans la nuit, après lui avoir raconté sa déconvenue avec Pacey et elle avait décidé de la laisser dormir ce matin. Elle n’avait pas cours avant onze heures de toute façon. En l’écoutant parler, Jen s’était sentie déçue pour elle et avait regretté de l’avoir incitée à poursuivre dans cette voie. « Un garçon très bien », mes fesses oui maugréa t-elle, un imbécile voilà ce qu’il était ! Joey s’était endormie des larmes plein les yeux, dubitative face à tant d’incompréhension. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle puisse s’être trompée à ce point sur ce garçon. Et Jen n’arrivait pas à croire qu’elle avait marché elle aussi. Elle qui se targuait de pouvoir repérer les abrutis à un kilomètre, elle s’était plantée en beauté sur celui-là. Avec son petit air de gentil garçon, il les avait bien eues. En fulminant, elle sortit discrètement de la chambre et déambula dans les couloirs en direction de l’amphithéâtre. Pour une fois, elle regrettait de ne pas avoir pris les mêmes options que Joey ! Soudain, elle sentit quelqu’un lui attraper le bras et la retourner sans ménagement vers lui.
Eddie : Où est Joey ?
    Déjà très énervée, Jen sentit son sang battre dans ses veines. En parlant d’abruti…il ne manquait plus que lui ! Elle posa ensuite son regard sur le garçon qui l’accompagnait, Drue valentine. Ils étaient amis !! Encore un qui avait échappé à son radar. Finalement, le terme « sale con prétentieux » ne lui allait peut être pas si mal ! Il se mit à lui sourire bêtement, elle lui adressa un regard noir avant de reporter son attention sur le sale type qui était à ses côtés.
Jen : Tu ne penses pas sérieusement que je te le dirais !
Eddie : Tu sais, je commence à en avoir marre de tes grands airs.
Jen : Et moi j’en ai marre de voir ta tête.
Sur ce, elle voulut s’en aller mais le jeune garçon ne l’entendit pas de cette oreille, il lui barra le passage.
Eddie : J’aimerais bien que tu cesses de me discréditer auprès de Joey ! lui dit-il en plongeant un regard glacial dans le sien.
 
Jen : Tu n’as pas besoin de moi pour ça lui asséna t-elle avec un regard dur. Moi, tu vois, ce que j’aimerais c’est que tu disparaisses de la surface de la terre.
     Elle leva les yeux aux ciels quelques secondes, semblant attendre un quelconque signe, avant de reporter son regard vers lui.
Jen : Tu vois, on va tous les deux devoir faire avec ce que la vie nous donne.
Eddie : Je ne t’ai jamais supportée lui avoua t-il.
Jen : Puisqu’on en est aux confidences, je ne t’ai jamais aimé non plus. Et tu sais quoi, Joey ne t’aime plus non plus lui dit-elle avec un léger sourire ravie. Fais toi une raison.
Eddie : Laisse tomber, je la trouverai moi-même.
Jen : Fiche lui la paix le prévint-elle, ou je te promets que l

Marjo  (07.01.2007 à 03:39)
Jen : Fiche lui la paix le prévint-elle, ou je te promets que la prochaine fois, je me montrerais beaucoup moins courtoises !     
      Là dessus, Jen se hâta de partir. Elle n’avait aucune envie de le supporter plus que nécessaire.
Drue : Pourquoi t’acharner autant sur cette fille, il y en a plein dans cette université.
 Eddie : Joey est à moi lâcha t-il en plongeant son regard dans le sien.


Joey
 : Je te jure, je n’ai rien compris ! Il s’est mis tout d’un coup à me parler comme si j’étais une espèce d’intruse qui le colle un peu trop.
Nathan : Et tu le colles ? lui demanda t-il avec un léger sourire.
      Joey avait fini par l’appeler afin qu’ils prennent le petit déjeuner ensemble. Elle l’avait emmené dans le même petit restaurant où elle avait déjeuné avec Jack quelques jours plutôt. Elle se sentait bien avec lui et comme elle lui avait déjà raconté quelque uns de ses problèmes, elle se sentait suffisamment à l’aise pour lui demander conseil pour le reste.
Joey : Non ! …Pas vraiment… peut être un peu…lui dit-elle mal à l’aise.
 
      Nathan chercha à capter son regard et l’incita par un sourire à lui dévoiler l’histoire entière.
Joey : En général, on se rencontre par hasard mais c’est vrai qu’il me plaisait bien et que je profitais de ces hasards pour forcer le destin et aller vers lui.
 Nathan : Et c’est toujours toi qui faisais le premier pas ?
Joey : Oui maugréa t-elle. Pathétique hein ?
     Affectueusement, Nathan lui prit la main.
Nathan : Il te plait, on n’est toujours un peu pathétique quand on est attiré par une personne.
Joey : Ca ne me remonte pas vraiment le moral bougonna t-elle la tête enfoncée dans sa main.
 
    Nathan éclata de rire. Puis, il regarda autour de lui et se rapprocha de Joey pour lui parler plus discrètement.
Nathan : Je ne sais pas grand-chose sur lui, mais il a une vie hyper compliquée. D’après ce que j’ai lu dans les journaux, ses parents sont décédés dans un accident de voiture au début du printemps et il a la garde de ses plus jeunes frères et sœurs. Je ne le vois jamais dans les soirées, il a plusieurs travails…
Joey : Tu ne m’apprends rien bougonna t-elle a nouveau. Il était comment avant l’accident ? lui demanda t-elle soudainement intéressée.
     Nathan se mit à réfléchir quelques instants. Il ne le côtoyait pas mais il l’avait déjà aperçu plusieurs fois. Quand on vit dans une ville aussi petite que Hillcrest, on est bien forcé de connaître les gens même sans les voir.
Nathan : Il sortait souvent il me semble. Je dirais qu’il était fétard et dragueur.
Joey : Dragueur ?
Nathan : Je l’ai vu plus d’une fois avec des filles différentes. Mais personne depuis l’accident s’empressa t-il de lui dire.
 
      Tout ce qu’elle apprenait sur lui affaiblissait sa colère à son encontre. Elle aurait parié qu’il était plus malheureux que méchant. Depuis la mort de ses parents, sa vie était devenue bien plus terne et remplie de corvées qu’il devait accomplir seul. Du bruit attira son attention au dehors et elle tourna la tête vers la rue. Elle reconnut immédiatement Eddie et Drue Valentine ainsi qu’un autre garçon qui portait un blouson de l’équipe des Ravens. Ils entouraient un quatrième garçon dont elle ne voyait pas le visage. Mais visiblement, ils ne lui disaient pas simplement bonjour.
Joey : Tu les connais 
Nathan : Oui dit-elle en détournant le regard.
Joey : C’est qui celui après qui ils en ont ?
     Nathan prit du temps pour répondre, certain que si il lui disait ce qu’il en était, elle ne pourrait s’empêcher de lui faire la morale.
Joey : Nathan ? insista t-elle.
Nathan : Tu te rappelle, je t’ais dis que mon père avait un autre fils lâcha t-il en maugréant…c’est lui.
     Il l’aimait bien et elle semblait aussi l’apprécier, il ne pouvait pas lui mentir. Stupéfaite, elle le dévisagea avant de regarder vers la rue.
Joey : Et tu ne comptes rien faire ?
Nathan : Pourquoi voulez-vous tous que je fasse quelque chose? bougonna t-il en levant les bras au ciel. Je t’ai dit que nous n’avions pas de relation lui et moi.
Joey : Oui mais tu as oublié de me dire que tes partenaires semblaient prendre un malin plaisir à le persécuter. Nathan, tu dois intervenir. Si tu ne le fais pas, tu le regretteras un jour.
      Nathan se tassa sur son siège. Il ne pouvait pas intervenir, elle ne comprenait pas. Pour lui, s’était remettre en cause l’autorité paternelle, sans compter la reconnaissance qu’il avait chèrement acquise auprès de ses coéquipiers ainsi que sa passion pour le basket. Et tout ça pour quoi ? Pour un frère qu’il ne connaissait pas.
Joey : Très bien, reste assis si tu le veux, moi j’y vais ! 
   
Stupéfait, il la regarda s’éloigner en direction de Drue et des autres. Il n’eut même pas le temps de la retenir.
Joey : Foutez-lui la paix s’écria t-elle une fois parvenue à leur niveau. 
      Tous se retournèrent vers elle ainsi que Lucas, étonné.
Joey : Toi ? lâcha t-elle en le reconnaissant. 
      Alors le demi frère de Nathan n’était autre que le collègue de Pacey ? Le monde d’Hillcrest était encore bien plus petit que celui de Capeside !
Eddie : Tu le connais ? demanda t-il énervé.
        Agacé, elle se retourna vers lui et planta son regard dans le sien.
Joey : Qu’est-ce que ça peut te faire ? Que se soit bien clair Eddie, qui je vois et à qui je parle ne te concerne en rien.
Tim : Va jouer les mères Thérésa ailleurs.
Eddie : Eh tu ne lui parles pas comme ça ! lança t-il à Tim qui baissa le regard, intimidé.
      Joey alla se placer devant Lucas et dévisagea les trois garçons qu’elle avait devant elle.
Joey : Et vous vous croyez si forts…se moqua t-elle. A trois contre un.
Lucas : J’apprécie ce que tu fais, mais ça ira, tu peux y aller lui murmura t-il à l’oreille.
     Non pas qu’il était trop macho pour laisser une fille prendre sa défense mais ces mecs étaient vraiment des crétins et il avait senti un contentieux personnel entre cette fille et Eddie, il était inutile qu’elle en rajoute à cause de lui.
Joey : Pas question.
Drue : Bon, si tu allais voir ailleurs maintenant. Tu es venue, tu as prêché la bonne parole, maintenant casse toi.
Nathan : Joey a raison, tirez-vous.
       Hébété, Lucas sentit sa tête s’affaisser sous le poids de la surprise et rouvrit les yeux afin de vérifier s’il ne s’était pas trompé. Joey, elle, sourit à l’encontre de Nathan, contente qu’il est enfin pris la bonne décision.
Eddie : Il ne manquait plus que le bon samaritain ! soupira t-il. Tu sais que tu commences sérieusement à m’énerver.
Nathan : C’est assez réciproque, alors si tu as envie de te battre, commence donc avec moi, le défia t-il. 
    Nathan se rappelait du récit de Joey et sentait la colère qu’il avait ressenti ce jour-là lui revenir. Eddie allait saisir l’occasion qui se présentait à lui lorsqu’une patrouille de police passa près d’eux, les obligeant à se séparer.
Eddie : Tu ne perds rien pour attendre, lui murmura t-il, telle une promesse.
Nathan : Je meurs d’impatience.
       Une fois seuls, Lucas se gratta la tête, mal à l’aise.
Lucas : Merci murmura t-il.
Joey : Pas de quoi, c’est ton frère qui a fait le plus gros.
      Surpris tous les deux de s’entendre appeler comme ça, ils se jetèrent un bref regard gêné avant de détourner la tête rapidement.
Joey : On est entrain de déjeuner là bas, on te paie un verre ? proposa t-elle à Lucas.
Nathan : Joey ? lâcha t-il surpris.
Lucas : Je suis désolé mais…je ne pense pas que se soit une bonne idée.
Joey : Moi si, j’ai bravé trois garçons pour toi, alors tu me dois un verre, d’ailleurs c’est toi qui me le payes. Et je suis désolée moi aussi, mais tu ne peux pas dire non. 
    Elle prit le bras de Lucas et l’entraîna avec elle.
Joey : Quant à toi, dit-elle en prenant le bras de Nathan de l’autre côté, tu te tais et tu nous suis.
      En maugréant, les deux frères se laissèrent entraîner malgré eux et ne virent pas le petit sourire qu’affichait discrètement Joey.
 

       En jurant, Pacey tournait et retournait les pages de son agenda. Mme Gills avait fait une mauvaise chute dans les escaliers et ne pouvait pas venir garder Buzz et Alicia ce soir. Il devait aller travailler à la pizzeria et ne trouvait personne d’autre pour venir les garder. Or, avec la varicelle d’Alicia le mois dernier, il s’était déjà beaucoup trop absenté et une fois de plus, ça le mettrait sur la sellette. Il ne pouvait pas se permettre de perdre ce travail ! Buzz vint le rejoindre et s’assit sur le tabouret face à lui.
Pacey : Où est Alicia ? lui demanda t-il sans lever les yeux.
Buzz : Dans la baignoire, elle joue avec ses poupées, je lui ai dit que je lui laissais encore cinq minutes avant qu’elle ne sorte.
      Pacey releva brièvement les yeux et lui sourit, amusé.
Buzz : Tu as trouvé quelqu’un ? s’enquit-il.
 
     Son grand frère hocha négativement la tête. Encore une fois, Buzz allait le prendre pour un nul.
Buzz : Et il se passera quoi si tu n’y vas pas ?
Pacey : Je serais sûrement renvoyé lui avoua t-il. J’ai besoin de ce travail, il faut trouver quelqu’un.
Buzz : Et Sandy ?
Pacey : Elle est partie chez des cousines pour le week end.
Buzz : Mme Roe ?
Pacey : Karen est partie en séminaire.
Buzz : Donc c’est Haley qui tient le café en déduisit-il par lui-même.
      Pacey hocha la tête en souriant, fier de la rapidité de déduction dont faisait preuve son jeune frère.
Pacey : Lucas est introuvable et j’ai déjà appelé toutes les personnes de ce fichu calepin dit-il en l’envoyant valser à travers la pièce.
 
     Surpris, Buzz se tassa sur son siège. Pacey s’énervait rarement, ce n’était pas son genre. Et chaque fois qu’il le faisait, il ne pouvait s’empêcher d’être impressionné, même s’il ne le montrait pas.
Buzz : Je ne suis plus un bébé, je peux très bien nous garder lui proposa t-il.       Pacey posa le regard sur lui et sentit sa colère s’évanouir. Il se rapprocha de son petit frère et s’abaissa à son niveau.
Pacey : Je sais que tu serais assez grand pour le faire lui affirma t-il. Mais légalement je n’ai pas le droit de vous laisser seuls tous les deux. S’il arrivait quoique se soit pendant mon absence, un juge nous séparerait, et toi et Alicia vous iriez dans une famille d’accueil.
       Glacé à cette idée, Buzz se renfrogna et se leva d’un coup.
Pacey : Ne m’en veux pas Buzz…lui dit-il se méprenant sur sa réaction. Je vais trouver une solution.
      Buzz ne tourna même pas la tête et grimpa les marches quatre à quatre. La solution, il l’avait lui. Elle n’allait peut être pas plaire à Pacey mais il ne pourrait pas faire autrement. C’était lui-même qui le disait, il avait besoin de ce travail. 


       Sirotant son verre, Joey dévisageait les deux garçons qu’elle avait de chaque côté d’elle. Ils étaient tous les deux plongés dans le silence le plus total, au moins un point qu’ils avaient en commun. Un trait de caractère similaire. Physiquement, ils ne se ressemblaient pas beaucoup constata t-elle, à part peut être cet éclat dans le regard et leur passion pour le basket. Lucas de son côté, regardait leur serveuse, mal à l’aise.
Joey : Alors comme ça, tu travailles avec Pacey ? dit-elle pour briser la glace.
Lucas : C’est mon meilleur ami.
Joey : Et comment tu fais pour le supporter ?
     Lucas eut un petit sourire en coin.
Lucas : Vous vous êtes disputés ?
Joey : Je dirais plutôt qu’il s’est défoulé sur moi !
Lucas : Pacey n’a pas eu beaucoup de chance ces derniers temps, il ne faut pas lui en vouloir. 
      Le téléphone de Joey sonna, elle décrocha en leur faisant un air contrit. Pendant la conversation de la jeune fille, Lucas et Nathan détournèrent tous deux le regard ailleurs.
Joey : Je vais devoir vous laisser…leur dit-elle mal à l’aise.
      C’était elle qui les avait mis dans cette position délicate, espérant faire un peu évoluer les choses entre les deux frères et elle s’en voulait de devoir partir ainsi, comme une voleuse. Sans compter que Nathan allait sûrement lui en vouloir.
Nathan : Maintenant ? lâcha t-il plus anxieux que désolé.
Joey : Oui. C’est un coup de fil important. Il faut vraiment que j’y aille.
      Elle leur adressa un sourire désolé en enfilant son manteau.
Joey : Pour me faire pardonner, c’est moi qui vous invite.
Lucas : Laisse tomber, c’est pour moi.
Joey : Non, il n’y a pas de…
Lucas : C’est le café de ma mère, ne t’inquiète pas.
Joey : Oh…Et bien merci.
        Après un dernier regard, elle se sauva rapidement. Nathan se tassa sur sa chaise. Non seulement elle l’avait invité dans le restaurant de la mère de son demi frère, mais en plus, elle le laissait seul en présence de celui-ci, et de la meilleure amie de celui-ci songea t-il en jetant un coup d’œil à la jeune fille qui ne les avait pas quittés du regard depuis qu’ils étaient entrés.
 Lucas : Merci pour tout à l’heure lâcha t-il finalement.
Nathan : Il n’y a pas de quoi. Disons que maintenant on est quitte lui dit-il en tournant la tête vers lui.
 
     Surpris, Lucas se replongea dans le passé et revécut la scène. Il l’avait presque oubliée. Nathan pas apparemment.
Lucas : Tu ne me devais rien. 
      Nathan détourna le regard. Il n’était pas habitué à ne pas avoir de dette. Dans sa famille, on ne faisait jamais rien pour rien. Son père lui avait toujours appris à prendre une garantie lorsque l’on faisait les choses. Tout devait être médité, calculé. Il ne savait pas qu’on pouvait juste faire les choses par instinct. Jusqu’à ce soir. Car c’était bien l’instinct qui l’avait poussé à s’interposer. L’instinct et Joey pensa t-il en souriant légèrement.
Nathan : Je vais y aller dit-il en sortant de l’argent tout en regardant après Haley, la serveuse.
Lucas : J‘ai dis que c’était pour moi. 
     Surpris, Nathan le dévisagea avant de ranger son argent. Il ne s’était pas inclus dans l’invitation lorsque Lucas l’avait décrétée. Il le remercia d’un signe de tête. Puis, avant de s’éloigner, il regarda vers Haley et la trouva derrière le comptoir, le regard rivé vers eux comme toujours, semblant se ronger les ongles en se demandant ce qu’ils pouvaient bien se dire. Il attrapa sa veste et finit par poser le regard sur son demi-frère.
Nathan : Je crois que cette fille t’aime bien…lâcha t-il en désignant discrètement Haley.
Lucas : Moi aussi je tiens à elle.
Nathan : Sauf que moi je ne parlais pas d’amitié lui dit-il avant de sortir.
 
     Hébété, Lucas le suivit du regard avant de tourner la tête vers Haley et de rencontrer son regard. De quoi d’autre pouvait-il bien parler ???


        Dès qu’il entendit un léger coup, presque hésitant, donné contre la porte, Buzz s’y précipita et l’ouvrit en grand.
Buzz : Salut lui dit-il en l’invitant à entrer. Merci d’être venue.
Joey : Tu m’as dis que c’était important.
      Elle entra et regarda tout autour d’elle, mal à l’aise.
Joey : Ton frère est là ?
Buzz : Là haut, il s’occupe de ma sœur.
      Ah… dit-elle en regardant machinalement vers les escaliers. Elle aurait largement préféré qu’il ne soit pas là ! Elle n’avait aucune envie de se faire encore accuser de le poursuivre.
Joey : Bon alors, dis moi pourquoi c’était si urgent que j’arrive aussi vite ?
Buzz : Tu fais quoi les trois prochaines heures ? lui demanda t-il avec un petit sourire charmeur.
 
     Surprise, Joey écarquilla de grands yeux et le dévisagea. Buzz lui raconta alors pourquoi il l’avait fait venir et la regarda avec un petit air suppliant. Joey se mordit la lèvre inférieure. Pacey allait être furieux qu’elle vienne se mêler de sa vie, il lui avait bien fait comprendre qu’il pouvait se débrouiller tout seul. Un léger sourire ourla ses lèvres, apparemment, il ne s’en sortait pas si bien que ça. Non pas qu’elle était ravie qu’il ait des problèmes, mais ça remettait toute sa petite scène en question !
Joey : Je ne pense pas que ton frère serait ravi.
Buzz : Ouais, ben il n’a pas le choix.
Pacey : Pas le choix de quoi ? demanda t-il en descendant les escaliers, Alicia dans les bras. Et avec qui tu parles ?
Buzz : Je nous ai trouvé une baby-sitter. 
      Descendant les dernières marches, Pacey aperçut enfin Joey, au milieu de sa cuisine. Sa mauvaise humeur revint systématiquement.
Pacey : On se passera d’elle.
Buzz : Ah ouais, et tu vas faire comment ? se moqua t-il. N’oublie pas que tu perds ton travail si tu n’y vas pas.
      Pacey baissa le regard vers lui et le foudroya.
Pacey : J’en trouverai un autre dit-il en asseyant Alicia sur la table de la cuisine pour lui mettre ses pantoufles.
 Joey : Je croyais que ça ne courait pas les rues…lâcha t-elle négligemment.
       Cette fois, ce fut elle qu’il foudroya du regard. Il détestait qu’on se mêle de ses affaires, il en avait déjà bien assez avec les assistantes sociales et les juges.
 Joey : Oh moi je dis ça, je dis rien, je m’en fiche. Après tout tu es un grand garçon, tu n’as besoin de personne lui dit-elle avec un regard plein de sous-entendus.
 
      Pacey se mordit la lèvre inférieure en grinçant des dents.
Pacey : Absolument dit-il fermement.
Buzz : Pacey ne soit pas idiot, cette fille…
Pacey : Maintenant Buzz j’en ai marre s’emporta t-il, si tu ne peux pas parler de moi sans m’insulter, je préfère encore que tu m’oublies. 
     Vexé, Buzz monta directement dans sa chambre.
Joey : J’avais raison, tu n’es vraiment qu’un imbécile. Ton frère ne cherchait qu’à t’aider !
Pacey : Je lui ai rien demandé, et à toi non plus !
Joey : Parfait ! dit-elle en le fixant du regard.
Pacey : Parfait.
       Joey tourna les talons et quitta la maison en claquant la porte.
 Alicia : Elle avait l’air gentille…dit-elle timidement.
 
      Pacey maugréa intérieurement. Il se livrait une véritable bataille contre lui-même. Malgré tout ce qu’il avait pu dire, elle était peut-être sa seule chance ! En maugréant, il posa Alicia à terre et courut derrière elle. Il la retrouva sur le perron, refermant les pans de son gilet sur elle en pestant tout bas après lui. Il ravala sa fierté.
Pacey : T’as déjà gardé des enfants au moins ? demanda t-il toujours la mâchoire serrée.
         Surprise, Joey se retourna mais ne se départit pas de son air en colère.
Joey : J’ai pratiquement élevé mon neveu avec ma sœur.
Pacey : Je te paie 8 dollars de l’heure.
      Indignée, Joey secoua la tête.
Joey : Pour qui tu te prends ? Moi c’est à Buzz que je rends service, pas à toi. Et quand un ami me demande de l’aide, je ne le fais pas payer.
     Elle passa à côté de lui sans le regarder et rentra à l’intérieur. Pacey prit une profonde inspiration en regardant le ciel. Il enfouit ses mains dans ses poches et rentra lui aussi, il fallait qu’il se dépêche maintenant s’il ne voulait pas être en retard. En ouvrant la porte, il resta surpris de retrouver Joey, Alicia dans les bras, la petite lui souriant. Sa sœur était toujours timide et réservée avec les inconnues. Il se sentit soulagée de voir que tout se passerait bien. Il lui donna les recommandations d’usage et s’en alla rapidement. Joey soupira de soulagement lorsqu’il franchit le seuil de la porte. Elle allait monter avec Alicia lorsqu’elle aperçut Buzz, assis sur les marches tout en haut, se massant le côté.
Joey : Ca va ? s’enquit-elle.
Buzz : Ouais dit-il en posant ses mains sur ses genoux.
      Elle le rejoignit et s’assit à ses côtés, Alicia sur les genoux.
Buzz : Il n’est pas aussi idiot qu’il en a l’air tu sais, lui avoua t-il sans la regarder.
Joey : Il le cache bien !
    Alicia éclata de rire alors que Buzz lui sourit, amusé. Il aimait beaucoup cette fille.
 

       Assis au comptoir du « Karen’s Café », Lucas ne pouvait s’empêcher d’observer Haley, évoluant parmi les tables, souriant à certains, plaisantant avec d’autres. Il n’arrêtait pas de retourner la phrase de Nathan dans tous les sens. Qu’avait-il bien pu chercher à lui dire par là ? Qu’Haley était amoureuse de lui ? Non, c’était parfaitement ridicule, ils étaient amis depuis le jardin d’enfant, jamais aucun des deux ne pourrait se sentir attiré par l’autre après l’avoir vu en couche culotte ! Elle tourna le regard vers lui et lui sourit tendrement. Non, ce qu’il y avait entre eux, c’était une profonde affection, un lien indéfinissable qui faisait qu’ils se sentaient bien ensemble, qu’avec l’autre, ils pouvaient se laisser aller. Rien a voir avec de l’amour ! Il fut sorti de ses pensées par l’arrivée d’une jeune fille blonde, l’air passablement énervé qui fonça droit sur Haley.
Jen : Un gentil garçon, tu te moques de qui ? s’exclama t-elle en lâchant son sac sur la table que la jeune fille était entrain de nettoyer et la dévisageant du regard.
Haley : Je te demande pardon ? s’exclama t-elle hébétée.
Jen : Ton ami a envoyé paître ma copine et lui a parlé comme si elle était une sorte d’obsédée ou de débile mentale !
Haley : Et tu ne t’es jamais dis que le problème pouvait venir de ton amie ?
Jen : C’est ridicule, Joey est une fille très bien ! 
   
Intrigué, Lucas écoutait attentivement leur conversation. Les deux jeunes files avaient l’air énervées l’une contre l’autre. Qu’est-ce que cette blonde avait bien pu faire à Haley pour la mettre ainsi en colère, elle qui ne s’énervait jamais. Il arrivait très bien à faire le rapport entre Joey et cette fille, l’image d’elles deux assises sur la banquette arrière d’une décapotable bleu lui revenant, mais comment diable associé sa meilleure amie à elle ? Haley tourna le regard vers lui et se mordit la lèvre inférieure, il ne ratait pas une miette du spectacle, elle allait devoir lui fournir des explications ! Il fallait qu’elle fasse partir cette fille au plus vite.
Haley : Bon si tu veux bien m’excuser j’ai du travail à faire moi ! Je me fiche des problèmes de ton amie, Pacey est assez grand pour savoir ce qu’il veut, et si ton amie ne l’intéresse pas, elle n’a qu’à se faire une raison ! 
     Sur ce, elle la contourna et disparut en cuisine. Lucas dévisagea la jeune fille blonde et alors qu’elle faisait mine de partir, il la rattrapa.
Lucas : Tu parlais bien d’une fille brune grande comme ça…dit-il en désignant une taille de la main.
 
Jen : Oui dit-elle surprise de se retrouver face à lui.
 
     Elle ne l’avait même pas aperçu lorsqu’elle avait pénétré dans le café, faut dire qu’elle avait foncé tête baissée en voyant Haley. Elle n’avait même pas prémédité son coup, elle se promenait, l’avait aperçue et avait décidé de venir lui dire ce qu’elle pensait de son « ami ».
Lucas : J’étais là quand elle s’est disputée avec Pacey, je ne sais pas ce qu’ils se sont dit mais il ne faut pas en tenir rigueur à Pacey.
Jen : Ben voyons, faut rien lui dire c’est ça ? Il a le droit d’agir avec les gens comme bon lui semble tout ça parce que ses parents sont morts, je suis désolée, c’est triste mais c’est pas une excuse pour se comporter comme un crétin !
     Amusé, Lucas lui sourit. Cette fille était très intrigante et ne mâcher pas ses mots non plus. Il l’avait déjà aperçue auparavant sur le campus mais n’avait jamais vraiment trouvé l’occasion pour lui parler.
Lucas : Je m’appelle Lucas Scott lui dit-il en lui tendant la main.
Jen : Jennifer Lindley.
Lucas : Enchanté Jennifer. Je te paie un café ? lui proposa t-il.
 
    Jen pesa le pour et le contre…Il était un ami de Pacey et de Haley, personnes pour qui elle n’éprouvait pas beaucoup d’affection. Mais il était aussi terriblement séduisant… et quand bien même il avait une petite amie, boire un verre n’engageait à rien. Elle s’entendit accepter et le suivit jusqu’au comptoir où elle le regarda, surprise, faire le tour et leur servir leur boisson.
Jen : Les patrons ne vont rien dire que tu fasses comme chez toi ? s’exclama t-elle hébétée.
Lucas : Je ne pense pas que ma mère m’en tienne rigueur lui dit-il en souriant.
      Se sentant complètement idiote, elle plongea son nez dans sa tasse. Lucas lui servit un morceau de gâteau et s’assit en face d’elle.
Lucas : Alors Jenifer Lindley, si tu me parlais de toi ?
Jen : Ca risque d’être un peu long, tu n’as pas rendez-vous avec ta petite amie ?
Lucas : Je n’ai pas de petite amie lui répondit-il en rigolant.
Jenifer : Ah bon ? s’étonna t-elle. Pourtant ton amie m’a dit que tu en avais une dit-elle en désignant la cuisine. 
     Lucas se retourna, surpris et croisa brièvement le regard d’Haley. Pourquoi avait-elle dit une chose pareille ?? se demanda t-il intrigué.
Lucas : On a rompu dit-il en revenant à elle.
 
     Haley devait avoir une bonne raison d’avoir agi ainsi et il ne voulait pas la trahir où la mettre dans une position embarrassante. Il éclaircirait les choses avec elle plus tard. 


       En soupirant d’épuisement, Pacey passa le seuil de sa maison et déposa ses affaires dans l’entrée. Il était parvenu à être à l’heure de justesse à son travail et n’avait pas eut le temps de souffler une seule minute depuis. Otant sa veste, il réalisa le calme qui planait chez lui. Inquiet, il ne perçut aucun bruit dans la maison. Où étaient-ils tous passés. Un frisson lui parcourut l’échine alors qu’il regrettait d’avoir confié sa famille à une étrangère ! Rapidement, il parcourut les pièces et porta une main à son cœur en arrivant dans la salle. Ils étaient tous les trois assis sur le canapé, endormis. Joey tenait Alicia contre elle et la tête de Buzz lui reposait sur la cuisse. La télé grésillait et le boîtier familier de la cassette de la petite sirène trônait sur la table basse. Il sourit en s’asseyant face au spectacle qui se livrait devant lui. Apparemment, ils avaient adopté d’emblée la jeune fille et se sentait bien auprès d’elle. Pourquoi lui ne parvenait-il pas à l’être aussi ? Elle n’avait pas l’air méchante…Un sourire taquin orna ses lèvres à l’idée qu’endormie, sa compagnie pouvait même être des plus agréables. Soudain, elle bougea légèrement et ouvrit un œil. Elle réalisa sa position et la présence du jeune garçon devant elle qui la regardait silencieusement. Ils restèrent quelques secondes ainsi, profitant du calme de l’autre, se demandant ce qu’il allait en être une fois que l’un des deux aurait ouvert la bouche.
Pacey : Je vais aller les mettre au lit.
     Jusque là, tout allait plutôt bien en conclut Joey. Accompagnant ses paroles, Pacey souleva Buzz et le prit contre lui. Aussitôt, les petits bras frêles de son frère se refermèrent autour de son cou alors que sa tête venait se nicher contre son épaule. Un sourire ravi aux lèvres, Pacey le pressa un peu plus dans ses bras. Il n’y avait que lorsqu’il était endormi qu’il lui était possible d’avoir des moments comme celui-ci avec Buzz. En pleine journée, il aurait décrété être trop grand pour les câlins et surtout, de ne pas avoir besoin de lui ! Surpris d’entendre des pas derrière lui dans les escaliers, il se retourna et se retrouva nez à nez avec Joey, Alicia blottie contre elle. Elle avait l’air de trouver ça des plus naturels !
Joey : C’est laquelle sa chambre ?
     Pacey lui désigna la première porte à gauche et continua jusqu’au bout du couloir vers la chambre de Buzz. Il le déposa délicatement sur le matelas, lui ôta ses chaussures et remonta la couverture le long de son corps. Il s’assit doucement au bord du lit avant de lui enlever ses lunettes et de lui replacer quelques mèches de cheveux. Un bras de chaque côté de son frère, il le regardait tendrement. Il avait grandi si vite en si peu de temps.
Pacey : Pourquoi ça ne peut pas être toujours aussi facile avec toi…soupira t-il tristement.
       Il tourna la tête et aperçut Joey, dans l’embrasure de la porte, mal à l’aise. Il se releva et referma la porte tout doucement derrière lui.
Pacey : Je vais te faire un café lui dit-il en passant à côté d’elle et en descendant dans la cuisine.
 
     Apparemment je n’ai pas le choix se dit-elle en le suivant. Et puis, c’était proposé si gentiment…Il lui tournait le dos, préparant la cafetière. Que sa compagnie pouvait être agréable ! songea t-elle en maugréant. Qu’avait-elle trouvé de si particulier chez ce garçon qui lui avait fait pensé à lui des heures entières !
Pacey : Je suis désolé pour tout à l’heure… et pour hier aussi ajouta t-il sans se retourner pour autant.
Joey : Pas la peine de te forcer, ça va te brûler la langue dit-elle en s’asseyant.
      Pacey tourna la tête vers elle et la dévisagea. Apparemment, cette fille ne s’encombrait pas avec les règles de courtoisie qui s’opéraient lorsque l’on était chez des gens qu’on ne connaissait pas ! D’un autre côté, il ne pouvait pas lui en vouloir.
Pacey : Ok, je l’ai cherché.
       Il leur servit deux tasses et vint s’asseoir à ses côtés. Ils burent silencieusement pendant quelques minutes avant que Pacey ne se décide à parler à nouveau.
Pacey : Je ne suis pas celui que tu crois.
Joey : Tu veux dire que tu n’es pas un imbécile ? le taquina t-elle avec un léger sourire en coin.
 
   Il releva les yeux vers elle et lui sourit légèrement.
Pacey : Si, je peux l’être avoua t-il, tu n’as qu’à demander à Buzz ! Mais disons que je ne le suis jamais gratuitement ou méchamment.
Joey : Pourquoi ne pas m’avoir dit pour tes parents ? lui demanda t-elle timidement.
      Il soupira sans la regarder.
Pacey : Je crois que j’aimais bien la façon normale que tu avais de me regarder lui avoua t-il gêné, il n’y avait ni compassion, ni pitié. Ca faisait du bien d’être comme tout le monde…Je crois que j’aimais bien l’idée qu’à travers tes yeux, j’étais un garçon comme les autres lui avoua t-il timidement. Je n’ai pas été sympa avec toi, je suis vraiment désolé s’excusa t-il en plongeant son regard dans le sien.
 
      Joey lui sourit, mal à l’aise. Là dans cette cuisine et un peu plus haut dans la chambre de son frère, elle retrouvait le garçon qui lui avait plu. Et puis, elle se sentait parfaitement à même de comprendre. Elle-même avait eut beaucoup de mal à supporter les témoignages de sympathie qu’elle avait reçue de toute part lorsque sa mère était morte. Aveuglé par son envie de l’aider, elle en avait oublié le besoin que l’on peut ressentir de vouloir être normal.
Pacey : Je ne peux pas te raccompagner, je vais t’appeler un taxi lui proposa t-il.
      Joey acquiesça et le regarda faire. Finalement, non, il n’était pas l’imbécile qu’elle pensait depuis hier. Il était tout le contraire, un garçon simple, gentil, plein de problèmes et de responsabilités.
Pacey : Il ne devrait plus tarder dit-il en prenant appui sur le comptoir.        Il trouvait cette fille de plus en plus jolie et il pensait préférable qu’elle rentre chez elle au plus tôt.
Pacey : Je ne sais pas très bien ce que tu cherches auprès de moi lui dit-il mal à l’aise, mais j’ai déjà énormément de boules avec lesquelles je jongle tous les jours et je ne peux pas me permettre d’en ajouter une. Tu vois ce que je veux dire ? lui demanda t-il nerveusement en relevant la tête vers elle.
 
     Elle hocha la tête avec un petit sourire. Elle se releva et se rapprocha de lui.
Joey : On pourrait peut être, être ami non ? Tu sais, je ne cherchais rien de précis auprès de toi lui avoua t-elle en souriant.
Pacey : Merci pour ce soir…lui dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Joey : Pas de quoi…et si tu as besoin que je te soulage à nouveau, je serais ravie de te prendre tes boules.
      Réalisant au visage interloqué de Pacey la portée de ses paroles, Joey écarquilla de grands yeux, sentant ses joues s’empourprer, elle porta une main à sa bouche.
Joey : Oh mon dieu, ce n’est pas ce que je voulais dire, je… 
      Avec un grand sourire, il posa ses mains sur ses bras pour la faire cesser de gesticuler dans tous les sens.
Pacey : Ca va, j’ai compris.
     En soupirant, Joey détourna le regard et prit ses distances avec le jeune garçon. Quelle gourde, mais quelle gourde !! Un coup de klaxon la sortit de son grand moment de solitude.
Joey : Ca doit être le taxi dit-elle précipitamment. On se revoit plus tard… 
    Pacey n’eut pas le temps d’ajouter un mot qu’elle avait déjà disparu. Il laissa un sourire amusé se peindre sur son visage en regardant la porte se refermer avant d’éclater tout bonnement de rire. Il resta ainsi un long moment avant de décider de se préparer à manger.


Marjo  (07.01.2007 à 03:57)
    Sur la pointe des pieds, Jack pénétra dans la chambre qu’il partageait avec Audrey et sourit en la voyant toujours endormie, les couvertures toutes entremêlées entre ses bras et ses jambes. Au petit matin, quiconque la découvrait ainsi pouvait penser qu’elle avait livré une véritable bataille acharnée avec sa couette pendant la nuit. Il y était habitué depuis et savait éviter le conflit. Doucement, il s’approcha d’elle et s’assit sur le bord du lit, se plongeant dans la contemplation de sa petite amie. Elle était ravissante, ses jolis cheveux blonds lui retombant sur son dos nu. Le visage plongé dans son oreiller, il sourit en la voyant repousser une mèche de cheveux qui lui chatouillait les narines. Quelques secondes plus tard, elle réitéra son geste en maugréant. Même endormie, elle avait du caractère songea t-il en rigolant. Il ouvrit le sachet rempli de beignet encore tout chaud qu’il tenait à la main et en envoya les effluves vers elle de la main. Il ne tarda pas à la voir inspirer profondément. En rigolant, il lui caressa le visage.
Jack : Allez réveille toi marmotte.
      Un sourire gourmand se dessina sur le visage de sa petite amie.
Audrey : Seulement s’ils sont à la cannelle…
Jack : Qu’est-ce que j’aurais pu choisir d’autre !
      Toute contente, elle se leva d’un bond et croqua dans la pâtisserie qu’il lui tendait. Un gémissement de plaisir s’échappa de ses lèvres.
Audrey : Et est-ce que tu aurais… 
     Anticipant sa demande, il lui tendit un mokaccino.
Audrey : Tu es un amour !
      Pour lui prouver sa gratitude, elle l’embrassa tendrement. Très vite, leur nuit d’amour se rappela à elle et elle lui fit un sourire charmeur.
Audrey : Toi, tu as envie de prolonger notre nuit.
Jack : Avec grand plaisir…lui dit-il en posant ses bras autour d’elle afin de lui voler un second baiser. Mais ça devra attendre. 
     Surprise, elle haussa un sourcil vers lui.
Jack : Je connais quelqu’un qui s’impatienterait.
Audrey : Qui ?
       Avec un petit sourire, il sortit de la pièce et deux minutes plus tard, elle vit un bébé labrador pénétrer dans la pièce avant de foncer droit sur elle, Jack se postant dans l’embrasure de la porte. Il était passé ce matin par la boutique et avait décidé de le prendre tout de suite.
Jack : Je me suis dit que ça serait idiot d’attendre plus longtemps.
       Tout excitée, elle se leva d’un bond et se saisit du jeune chiot.
Audrey : Oh mon dieu Jack, regarde ce qu’il est adorable ! 
      Content d’avoir trouvé de nouveaux maîtres, le jeune chiot se mit en devoir de le faire savoir et nettoya le visage d’Audrey à grands coups de langue. En rigolant, elle le caressa derrière les oreilles.
Jack : J’ai l’impression qu’il t’aime déjà. 
      Audrey se rapprocha de son petit ami et l’embrassa tendrement. Jack garda une certaine distance avec l’animal. C’était une chose de le traîner par une laisse, une autre de faire ami ami avec lui.
Audrey : Tu es sûr que tu ne vas pas le regretter ?
Jack : Mais oui.
      Il jeta un coup d’œil discret vers l’animal. Du moins, il l’espérait… 



      Les bras croisés sous sa nuque, Joey contemplait le plafond. Elle n’avait aucune envie de se lever aujourd’hui. Si c’était pour se ridiculiser encore une fois, mieux valait s’abstenir. En repensant à sa bourde de la veille, elle eut envie de se cacher sous son oreiller. Non mais quelle imbécile vraiment ! Pacey avait dû bien rire une fois qu’elle s’était sauvée. Car il fallait appeler un chat un chat, elle avait fuit, et au pas de course ! Jen sortit de la salle de bain, une serviette enroulée autour de la tête.
Jen : Je me demande à quoi ça sert qu’on vive ensemble, on passe notre temps à se croiser. Tu n’étais pas là quand je suis rentrée hier et maintenant, c’est moi qui suis pressée.
      Joey sourit, c’est vrai qu’elles ne s’étaient jamais aussi peu vues que depuis qu’elles vivaient ensemble.
Jen : T’étais où ?
Joey : Je faisais du baby-sitting. 
      Surprise, Jen haussa un sourcil avant de se concentrer sur son maquillage. Si elle commençait à vouloir savoir, elle serait en retard en cours d’économie.
Joey : Pour Pacey lâcha t-elle en souriant.
 
     L’économie devrait attendre ! Faisant ni une ni deux, Jen lâcha son mascara et se précipita vers le lit de sa meilleure amie. Celle-ci éclata de rire.
Joey : Je croyais que tu n’avais pas le temps ? la taquina t-elle.
Jen : Le cours se passera tout aussi bien sans moi, je demanderai des notes balaya t-elle d’un geste. Raconte ! Depuis quand tu passes d’une dispute à une garde du soir ?
Joey : Depuis qu’un petit bout d’homme me le demande. 
      Surprise, Jen la dévisagea en se demandant si elle ne s’était pas cognée quelque part.
Joey : Son petit frère ! s’exclama t-elle en souriant.
Jen : Oh, et lui alors, il ne s’est pas montré désagréable encore une fois j’espère !
Joey : Au début, si, et pas qu’un peu. J’ai même failli le planter là et le laisser se débrouiller.
Jen : Tu aurais bien fait !
      Songeuse, Joey laissa un sourire planer sur ses lèvres. Intriguée, Jen passa sa main devant les yeux de son amie.
Jen : Eh oh…la rappela t-elle à l’ordre.
Joey : Il n’est pas comme je le pensais.
Jen : Pas comme tu le pensais dans quel sens ? Pas comme tu le croyais lorsque tu le pensais sympathique, ou pas comme tu le pensais lorsqu’il était le dernier des crétins, explique ?
Joey : Il est….adorable. Tu le verrais avec sa famille, on a vraiment l’impression qu’il ne vit que pour eux, ce qui doit probablement être le cas. Il a un sourire à vous faire tomber à la renverse, il est travailleur, d’ailleurs ça se voit à ses mains, elles sont belles mais fortes à la fois, il a de ces yeux bleus…dit-elle en se pâmant, il a des tonnes de responsabilités et essaye toujours de faire au mieux…
Jen : Joey, Joey…l’arrêta t-elle en rigolant, je crois que j’ai saisi l’idée. Alors, tu le revois quand ?
Joey : Jamais dit-elle tristement.
      Etonnée, Jen écarquilla de grands yeux. Après le portrait qu’elle venait de lui dépeindre, elle aurait plutôt pensé qu’elle serait prête à tout pour le revoir au plus vite.
Joey : Tu n’imagines même pas à quel point j’ai pu me montrer ridicule !
       Joey lui raconta sa maladresse et une fois que Jen eut fini de rigoler, elle lui sourit tendrement.
Jen : Joey, c’est plutôt mignon et ça m’étonnerait qu’il t’en veuille.
Joey : Oui mais tu te rends compte ! Plus gourde c’est pas possible.
Jen : Et alors, tu vas te terrer dans un coin pour éviter l’humiliation ?
Joey : Mmm, ça me parait bien approuva t-elle.
Jen : Ne sois pas bête ! Il parait évident qu’il te plait alors fonce,…pense juste à tourner sept fois ta langue dans ta bouche la prochaine fois et évite de toucher une boule quelle qu’elle soit devant lui.
      Joey lui lança son oreiller alors que Jen s’éclipsait en rigolant.
          

     Pacey était occupé à réparer un vieux carburateur lorsqu’il aperçut un chiffon blanc dépasser de la porte et s’agiter au vent. Un sourire amusé se peignit sur son visage lorsque la tête de Lucas apparut quelques secondes plus tard, se mordant la lèvre inférieure.
Pacey : Je ne suis pas armé déclara t-il en replongeant la tête sous le capot.
        Soulagé, Lucas pénétra dans l’atelier et alla s’accouder à côté de lui. Il détestait rester fâché avec son meilleur ami. Il hésita quelques secondes, puis lâcha finalement la remarque qu’il avait au bord des lèvres.
Lucas : J’ai vu Joey hier.
     Pacey pencha la tête vers lui et haussa un sourcil réprobateur. Il jouait un jeu dangereux, que se serait-il passé s’il n’avait pas revu son jugement sur la jeune fille ? Et puis, de quoi avait-il bien pu lui parler, et pourquoi l’avait-il vue ? Ils ne s’étaient vus qu’une fois auparavant ! Troublé de se poser autant de questions stupides, il décida de replonger dans son travail.
Lucas : Tu ne devineras jamais ce qu’elle a fait ! dit-il en souriant.
      En jurant intérieurement d’être si intéressé, il délaissa à nouveau la mécanique. Lucas, voyant que Pacey avait abandonné sa tâche pour se concentrer sur leur conversation, lui raconta comment elle était intervenue entre lui et Eddie Dolling, le fait qu’il avait senti qu’ils se connaissaient bien, ainsi que le fait qu’elle l’ait planté en plein dans le café de sa mère avec Nathan ! Pacey commença par sourire à l’idée de tout se dont cette fille pouvait être capable, puis un détail dans son récit l’intrigua.
Pacey : C’est quoi l’histoire entre cet Eddie et elle selon toi ? demanda t-il en s’appuyant sur le capot, se frottant les mains à un chiffon.
Lucas : Je ne sais pas, mais elle n’avait pas l’air franchement heureuse de le voir.
      Un sentiment désagréable s’insinua en lui. Pourquoi Joey n’aurait pas été contente de le voir ? Elle était une gentille fille, que pouvait-elle avoir contre ce garçon ? Quoique, à bien y réfléchir, ce type n’avait pas l’air d’être des plus fréquentables, normal que Joey ne l’apprécie pas.
Pacey : Et elle faisait quoi avec ton demi frère ? demanda t-il négligemment.
Lucas : Ils déjeunaient apparemment. 
     Lucas aperçut furtivement le cillement de Pacey avant qu’il ne prit une contenance et ne se remette à réparer la voiture.
Lucas : T’es jaloux ? demanda t-il aussi surpris qu’amusé.
Pacey : Dis pas n‘importe quoi ! s’agaça t-il. C’est juste que c’est une chic fille et qu’apparemment, il n’y a que des sales types qui lui tournent autour.
       Bien qu’il s’agisse de son demi frère et qu’il lui ait porté secours hier, il n’avait aucune envie de prendre sa défense. En réalité, c’était d’un tout autre sujet dont il était venu s’entretenir avec son meilleur ami.
Lucas : Pacey, je peux te poser une question ?
Pacey : Depuis quand tu me le demandes avant de le faire ? l’interrogea t-il surpris.
Lucas : C’est un truc qu’Haley a fait et dont je ne sais pas quoi penser…     Intrigué, il cessa à nouveau ses activités et prit appui des deux mains sur la voiture pour le contempler.
Lucas : Elle a raconté à une fille que j’avais une petite copine. 
      D’abord étonné, Pacey rit légèrement. Il était grand temps que Lucas s’interroge sur Haley !
Pacey : Tu crois qu’elle a menti pourquoi ? demanda t-il aussi négligemment que possible.
Lucas : J’en sais rien ! lui dit-il perdu, j’ai voulu le lui demander hier, mais quand Jen est partie, je ne l’ai pas trouvée, elle avait disparu.
Pacey : Jen ? demanda t-il curieux.
Lucas : Une jeune fille que j’ai rencontrée hier, une amie de Joey apparemment. Elle venait d’attraper Haley à cause de toi, et elle n’avait pas que des mots tendres à ton égard ajouta t-il en souriant.
Pacey : Qu’est-ce qu’Haley a avoir avec moi ? demanda t-il en haussant un sourcil.
Lucas : J’en sais rien, Jen ne m’a rien dit. Mais je crois qu’elle n’est pas ta plus grande fan dit-il tout sourire.
Pacey : Je dois me mettre à porter un gilet pare-balles ? lui demanda t-il en haussant un sourcil, un léger sourire en coin.
Lucas : J’ai réussi à la calmer, mais vaut peut être mieux pas que je te la présente trop vite. Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu une fille en rogne contre toi, ça m’a rappelait le bon vieux temps.
     Pacey eut un sourire nostalgique. Pour mettre les filles en colère, il s’y entendait en effet. Il ne se rappelait même plus le nombre de fois où il avait rasé les murs pour éviter une confrontation avec une partisante du sexe opposé. Il se força à revenir à la conversation et dévisagea Lucas, ce dernier avait l’air vraiment perdu. Il soupira.
Pacey : Elle a sûrement trouvé cette fille bizarre et voulu te protéger…mentit-il malgré ses convictions.
Lucas : Tu crois ?
      Pacey haussa les épaules. S’il était honnête, il lui dirait qu’il pensait depuis longtemps que la jeune fille était amoureuse de lui. Mais Haley comptait bien trop à ses yeux pour qu’il la trahisse. Et de toute façon, Lucas ne semblait pas encore prêt à l’entendre.
Lucas : Ouais, ça doit sûrement être ça, quoi d’autre… 
         Pacey leva les yeux aux ciels en soupirant. Ben oui, quoi d’autre idiot ? songea t-il.


        En soupirant, Nathan étendit ses mains devant lui et fit craquer ses doigts. Voilà une heure qu’il tapait sur se maudit clavier sans s’arrêter. Le rapport qu’il devait faire pour le cours de littérature n’en finissait plus. Il décida de s’octroyer une pause bien méritée. Nonchalamment, il se dirigea vers la cuisine et aperçut son père, assis au comptoir, buvant tranquillement un café en lisant le journal. Il hésita un instant, il n’avait aucune envie d’une confrontation maintenant. En se passant une main sur le visage, il décida de l’ignorer. Sans faire attention a lui, il alla se chercher un soda au frigo. Son père le regarda passer, un sourire au visage.
Dan : Je suis fier de toi fiston. 
    La remarque, somme toute agréable à entendre pour un fils, sonna comme une remarque amère qui lui fit froid dans le dos. Bizarrement, il avait la sensation que ce qui pouvait rendre son père fier de lui, ne lui plaisait pas. Pire, ne faisait pas de lui quelqu’un de relativement respectable.
Nathan : Qu’est-ce que j’ai fais ? lui demanda t-il, nerveux.
Dan : Je suis au courant pour hier. 
     Stupéfait, le jeune homme se retourna vers son père. Se moquait-il de lui ? Etait-ce une nouvelle forme de corruption mentale très subtile dont il n’avait pas encore connaissance ?
Dan : Moi qui croyais que tu refusais de faire pression sur lui, j’avoue que je suis agréablement surpris.
      Nathan analysa les propos incohérents et décida que non, il ne les comprenait pas. Il lui faudrait un minimum d’explication. Lui qui avait voulu éviter l’altercation, était tombé en plein dedans.
Nathan : De quoi tu parles ? lui demanda t-il en soupirant de frustration.
Dan : On m’a dit que tu avais remis Lucas à sa place. Brett qui travaille pour moi, t’as vu avec tes amis entourant Lucas et il m’a assuré que vous n’aviez pas l’air de discuter tranquillement.
Nathan : Et tu en as déduit que je le forçais à abandonner l’équipe dit-il en soutenant le regard de son père.
Dan : Que ce soit toi ou un de tes amis je m’en fiche, l’important c’est que tu y prenais part.
       La gorge sèche, Nathan but une longue gorgée de coca avant d’affronter le regard de son père à nouveau. Il rêvait de lui asséner la vérité en pleine face. De voir le petit rictus de jubilation s’estomper de son visage. Pouvoir pour une fois avoir le dessus et remporter la partie. Mais s’il le faisait, il avait peur des conséquences, Dan le lui ferait payer, et cher ! Pourtant, la part d’indépendance qui se réclamait en lui prit le dessus et parvint à lui faire garder la tête haute lorsqu’il le dévisagea.
Nathan : J’y ai effectivement pris part, mais pas dans le sens où tu l’entends.     
Dan : Qu’est-ce que tu veux dire ?
Nathan : Que je suis uniquement intervenu pour dire à Eddie et Tim de laisser Lucas tranquille lâcha t-il avec un calme qui le surpris lui-même.
 
      Sans crainte, il soutint le regard de son père et avec délectation, observa toute une gamme d’émotions passer dans les yeux de ce dernier, après la stupéfaction, vint la déception avant de laisser place finalement à la colère.
Dan : Tu plaisantes ?
Nathan : En ai-je l’air ?
Dan : Espèce d’imbécile dit-il en se relevant d’un coup. Tu cherches à gâcher toutes tes chances de qualification ou quoi ! Je croyais pourtant avoir été clair !
Nathan : Tu l’as été. Seulement je ne suis pas d’accord avec tes principes. Je ne les partage pas.
Dan : Je ne te demande pas de les partager, seulement de les appliquer !Nathan : C’est contraire à tout ce dont je crois et je ne le ferai pas lâcha t-il. Je ne suis pas comme toi, je ne veux pas gagner à tout prix !
    En rage, Dan envoya son journal valser à travers la pièce.
Dan : Tu feras ce que je te dis !
Nathan : Non.
     Nathan ne parvenait pas à croire qu’il arrivait à garder toute son assurance et sa détermination face à un père tel que lui.
Dan : Tu es un perdant comme ta mère lui dit-il d’une voix glacée.
       Nathan accusa la remarque avec froideur. A tout prendre, il préférait ressembler à sa mère de toute façon, quel que soit le critère.   
Nathan : Je préfère être un perdant qu’un tricheur.
       La tête haute, il quitta la pièce et décida de remettre la fin de son devoir à plus tard. C’était d’une promenade loin de cette maison dont il avait le plus besoin maintenant. Il venait d’avoir sa première vraie dispute avec son père et il était fier de ne pas avoir perdu la face. Pour la première fois de sa vie, il avait su exprimer ses idées et ses opinions sans se laisser fléchir par celle d’un autre. Il se sentait différent et bigrement content de lui. 


             Les mains au plus profond des poches de son jean, Joey marchait dans le petit quartier résidentiel qu’elle commençait à connaître par cœur. Ca faisait trois fois qu’elle en faisait le tour sans trouver le courage de taper à la porte qui la terrifiait tant. Furieuse contre elle-même, elle ne parvenait pas à croire qu’elle se trouvait ici. Elle s’était pourtant jurée de ne pas approcher, de ne pas le revoir même. Mais le besoin irrépressible de revoir le jeune homme l’avait emporté. Elle se serait giflée sur place pour sa faiblesse. Il lui avait pourtant clairement fait comprendre qu’il n’avait pas de place pour elle dans sa vie. Et elle, elle continuait de quémander un peu de son temps et de son attention ! Comme une pauvre imbécile qu’elle était. Il était rentré constata t-elle en arrivant à nouveau près de chez lui, sa camionnette était garée devant la maison. Elle n’y était pas encore cinq minutes plus tôt. Elle se mordit la lèvre inférieure ! Si seulement elle était arrivée quelques minutes avant, elle l’aurait aperçu et ainsi satisfait son envie, elle aurait pu simplement s’arrêter là, reprendre le cours normal de sa vie. Elle serait probablement rentrée très vite au campus prendre une bonne douche froide mais elle aurait évité l’humiliante confrontation qui aurait irrémédiablement lieu si elle allait taper chez lui. Elle jura entre ses dents, déjà ses pas la menait à la porte. Pourquoi diable son corps refusait de faire bloc avec son esprit ! Elle ne pouvait nier qu’elle était très attirée par Pacey, ce garçon lui plaisait. Il l’attirait, dans tous les sens du terme. Outre le côté physique, il était séduisant, il ne fallait pas avoir dix sur dix à chaque œil pour s’en rendre compte ! Il avait une lueur dans le regard qui ne pouvait pas laisser indifférente, c’était une douce invitation à la délivrance. Comme si à travers son regard, il cherchait de l’aide. Bien qu’il nierait farouchement ses propos et que tout dans l’organisation de sa vie le contredisait, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait besoin d’aide et qu’il ne s’abaisserait jamais à la demander. Sortit de ses réflexions, elle fut bousculée par une hordes de jeunes garçons qui avait l’air de fuir à toutes jambes comme s’ils avaient vu le diable en personne. S’apercevant qu’elle avait encore sa main en l’air, prête à cogner contre la porte, elle l’abaissa rapidement et pencha la tête à l’intérieur, attirée par des éclats de voix.
Pacey : Tu le fais exprès ou quoi ??
Buzz : Puisque je te dis que je n’y suis pour rien ! se défendit-il.
Pacey : Et tu vas me dire que ce ne sont pas tes amis qui viennent de s’enfuir comme des voleurs.
      Au timbre de sa voix, et sans même voir son regard, Joey sut qu’il était fou de rage. Mal à l’aise, elle finit par entrer dans la maison. Il était déjà bien trop tard pour faire demi tour. Quelle ne fut pas sa surprise de voir la cuisine sans dessus dessous. De la nourriture était répandue sur le sol, écrasée. On aurait dit que le contenu des placards avait été sorti et éparpillé dans la pièce. Elle avança plus en avant pour s’apercevoir qu’il en était de même dans toutes les pièces. Comme si une tornade avait déferlé dans toute la maison, s’attachant à ne rien laisser en place.
Pacey : Je te préviens, tu ne vas pas t’en sortir comme ça, je commence à en avoir marre de toi et de tes conneries !
Buzz : Dans ce cas, demande à mademoiselle Crawford de m’emmener avec elle dans son orphelinat, je serai bien mieux là bas qu’avec toi de toute façon ! vociféra t-il.
 
     Pacey soupira, excédé, toute colère retombée. Il se sentait physiquement et nerveusement à bout de nerf. Dans le chambranle de la porte, Joey les vit, se toisant l’un l’autre, voyant dans le regard de Pacey, plus de déception et de regret qu'un réel énervement, reconnaissant dans l’attitude hautaine de Buzz, plus de tristesse qu’autre chose.
Pacey : Je ne veux plus te voir, sors d’ici dit-il d’une voix lasse.
 
     Sans demander son reste, les épaules droites, Buzz quitta la pièce, montant directement à l’étage. Il aurait volontiers quitté la maison, mais l’once de responsabilité qu’il avait en lui savait qu’il ferait mieux d’être là quand mademoiselle Crawford arriverait. Pacey se passa une main sur le visage, laissant un profond soupir s’échapper de ses lèvres en regardant autour de lui. C’est à ce moment là qu’il vit Joey, debout parmi les décombres. Etonné de la voir là, il fut surpris par la vague de plaisir qu’il en ressentit. Il la chassa aussitôt !
Pacey : J’ai oublié d’appeler la femme de ménage… 
      Joey lui sourit avant de venir à son encontre.
Joey : Ou alors, elle n’est pas très efficace dit-elle en regardant tout autour d’elle. Tu devrais la renvoyer ajouta t-elle en lui souriant.
     Soulagée, elle vit ses lèvres se retrousser en un discret sourire. Ce qui donnait encore plus de charme au côté dur qu’il cherchait à donner à son visage.  
Pacey : L’assistante sociale doit arriver dans moins de quarante cinq minutes lui dit-il avec une calme résignation.
 
     Il avait l’impression d’être arrivé au moment précis qu’il redoutait depuis qu’on lui avait confié la garde de sa famille, celui où il était démasqué à la face du monde. Celui où tout le monde se rendait compte qu’il n’était qu’un imposteur et qu’il avait usurpé une identité qui n’était pas la sienne. Il se sentait presque résolu à accepter son sort. Nul doute qu’après avoir vu son échec, le juge reverrait sa position.
Joey : Dans ce cas, autant se mettre au boulot tout de suite dit-elle en relevant ses manches.
 
    Sous le regard subjugué du jeune homme, elle ramassa une lampe qu’elle remit droite et s’abaissa face au meuble vidéo pour y ranger les cassettes qui jonchaient le sol. Elle releva la tête vers Pacey qui n’avait pas bougé.
Joey : Tu comptes me laisser faire tout le boulot ? lui demanda t-elle avec un léger sourire taquin.
      Sursautant, Pacey la dévisagea longuement.
Pacey : Ce n’est pas à toi de faire ça.
Joey : Je sais qu’accepter de l’aide, qui plus est venant de moi, n’est pas quelque chose de facile pour toi. Mais pour une fois, enfin une seconde fois dit-elle en secouant la tête négligemment, fais une exception. A moins que tu ne préfères laisser la garde de Buzz et d’Alicia à l’assistance publique ?
     Réalisant d’un coup la portée de ses paroles, Pacey eut l’impression de recevoir un uppercut en plein dans le plexus et de sortir d’un océan de fumée.
Pacey : Je m’occupe de la cuisine ! lâcha t-il en disparaissant.
       Il était hors de question qu’il laisse qui que ce soit lui reprendre sa famille. Ou diable avait-il la tête ?? Joey sourit en le regardant s’éloigner, finalement, il était plus prompt à accepter de l’aide qu’elle ne l’aurait cru ! songea t-elle avec un léger sourire en coin. Pour un peu que l’occasion s’y prête, elle pouvait tirer partie de la situation….En haut, dans sa chambre, Buzz s’appliquait à redonner un peu d’ordre à la pièce. Que Pacey aille au diable ! Il ne lui avait même pas laissé l’occasion de s’expliquer. Il avait cru qu’il avait simplement ramené ses amis afin de saborder le nettoyage que son grand frère avait pris soin de faire la veille. Jamais il n’avait songé une seconde que la situation l’avait dépassé ! Qu’après avoir accepté contre son gré de laisser entrer quelques amis pour faire une partie de jeu vidéo, d’autres garçons qui n’étaient pas de son école s’était incrustés, qu’il avait eu un mal fou à les empêcher de faire des bêtises et à les mettre à la porte ! De rage, il donna un coup de pied dans un de ses jouets avant de poser la main sur son bureau et de grimacer. Portant sa main sur son côté, il pesta. Ce point ne le laisserait donc jamais tranquille ! 


        Lucas jura intérieurement. Cela faisait vingt minutes qu’il se trouvait assis aux côtés d’Haley sans trouver quoi lui dire, leur conversation n’avait aucune réelle consistance ! C’était la première fois que ça leur arrivait depuis des années ! A première vue, il faisait tranquillement leur devoir et pouvait paraître vouloir se concentrer, mais pour des personnes avisées comme eux, ils évitaient une conversation trop approfondie. Il n’osait pas aborder le sujet de sa soi-disant « petite amie ». Pourtant, c’était parfaitement ridicule ! Haley devait bien avoir une raison pour avoir dit cela. Il releva les yeux vers elle et la dévisagea discrètement, autre chose le perturbait reconnut-il, c’était la phrase lâchée insidieusement par Nathan l’autre jour au soir. Pourquoi lui avait-il dit une chose pareille ? Il semblait vouloir dire qu’Haley, sa meilleure amie, la fille qu’il considérait un peu comme sa petite sœur, pourrait être…L’idée lui paraissait tellement grotesque qu’il n’osait même pas ne serait-ce que l’imaginer !
Haley : Pourquoi tu me regardes comme ça ? finit-elle par lui demander mal à l’aise.
Lucas : Excuse moi, j’étais juste entrain de… 
      Curieuse, elle cessa son activité et appuya ses bras sur la table en bois de la cours du campus pour le contempler. Il était mal à l’aise, aussi mal à l’aise qu’elle songea t-elle. Pourtant, lui n’avait aucune raison de l’être…Que se passait-il ? Si jamais cette fille blonde lui avait dit quelque chose…elle ne saurait plus où se mettre et devrait trouver une réponse plausible très vite !
Lucas : Tu ne m’avais pas dit que tu avais rencontré une fille pour lui parler de Pacey.
      Il pensait que commencer de manière négligée, la conversation pourrait doucement dévier vers le sujet qui le préoccupait le plus et ainsi, lui demander une explication.
Haley : Elle est venue me trouver une fois avec une amie à elle, elles voulaient juste savoir si Pacey était un garçon bien… dit-elle comme ci ce n’était pas très important. Je ne voulais pas leur en parler, mais je me suis dis que ça ne faisait de mal à personne…
Lucas : Et vous avez parlé de quoi ?
Haley : De Pacey dit-elle en replongeant directement son nez dans ses bouquins.
Lucas : Rien d’autre ? demanda t-il en cherchant à capter son regard.
Haley : Non, de quoi voudrais-tu…
Jen : Bonjour.
       Surpris, ils relevèrent tous les deux les yeux vers la jeune fille et si, Lucas lui sourit gentiment, Haley ne put s’empêcher de lui décocher un regard glacial. Que venait-elle encore faire !! pesta t-elle. Elle bouillonna sur place lorsque Lucas l’invita à se joindre à eux. Prestement, elle se leva et entreprit de ranger ses affaires.
Haley : Désolée, je dois rentrer aider ma mère.
Lucas : Je croyais qu’on devait….
      Surpris, il n’eut pas le temps d’achever sa phrase et regarda la jeune fille partir en trombe. Quelle mouche l’avait piquée ? Ils étaient censés aller tous les deux au café de sa mère pour le service du soir. Traversant en hâte le campus, Haley serrait ses livres contre elle, énervée contre Lucas, contre l’importune et encore plus contre elle-même. Elle venait de se montrer stupide encore une fois, mettant encore plus de soupçons dans l’esprit de Lucas. Il allait finir par les exiger ses explications ! Ne se rendant pas bien compte où elle allait, elle cogna contre quelqu’un. Relevant les yeux, elle tomba sur l’air surpris de Nathan. Il ne manquait plus que ça, un autre Scott ! Elle le contourna rapidement.
Haley : Tu ne peux pas regarder où tu vas ! s’exclama t-elle énervée.
       En soupirant, Nathan se retourna vers elle.
Nathan : Va passer tes nerfs sur quelqu’un d’autre, je ne suis pas d’humeur aujourd’hui !
Haley : Pauvre petit fils de riche…se moqua t-elle.
Nathan : Je n’ai pas bien saisi ce que j’avais pu te faire, je dois probablement être idiot…
Haley : Ca doit être un trait de famille !
Nathan : Alors c’est donc ça s’écria t-il, ton problème c’est Lucas et c’est sur moi que tu te défoules !
Haley : Je n’ai absolument aucun problème avec Lucas se défendit-elle.
       Son regard dérivant au loin, Nathan aperçut son demi frère assis à une table, souriant à une ravissante jeune fille blonde.
Nathan : Alors c’est peut être avec elle que tu as un problème.
Haley : Va au diable !
Nathan : Non merci, je n’ai aucune envie de te rencontrer à nouveau.
Haley : Tu te crois malin hein, tu crois que tu as tout compris.
Nathan : Eh bien, en l’occurrence oui. Je dirais que tu es amoureuse de Lucas et que tu n’oses pas le lui dire lança t-il avec un sourire satisfait. Et que le voir avec cette superbe jeune femme ne t’enchante pas. 
      Abasourdie, Haley sentit ses joues s’empourprer avant que son regard ne se fasse aussi dur que l’acier.
Haley : C’est parfaitement absurde !
Nathan : C’est mignon la façon dont tes joues deviennent rouges lorsque tu es mal à l’aise.
Haley : Mes joues ne prennent aucune couleur particulière, elles sont…
Nathan : Le son de ta voix aussi est marrant, quand tu essayes tant bien que mal de défendre tes positions.
Haley : Tu vas arrêter ! Lucas ne m’intéresse pas du tout, on est ami, rien de plus !
Nathan : Si on enterrait la hache de guerre et que je te payais un café, j’ai l’impression que tu en as bien besoin.
Haley : Je n’ai pas besoin de café, et je n’ai pas besoin de toi non plus ! Je ne t’autorise pas à décider de ce dont j’ai besoin !
Nathan : Comme tu veux dit-il en haussant les épaules et en faisant mine de s’éloigner.
      Haley se mordit la lèvre inférieure.
Haley : Mais je veux bien un chocolat ! 
      
Surpris, Nathan se retourna sur elle et lui sourit affectueusement. Il aimait bien cette fille. Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle lui plaisait bien. Elle était drôle, spontanée, intelligente, bornée et fallait reconnaître qu’elle n’était pas non plus désagréable à regarder. Hébétée, Haley se vit le suivre vers le centre ville en se demandant encore pourquoi elle avait accepté ! Ce type était tout ce qu’elle détestait ! Arrogant, sûr de lui, imbu de lui-même…mais pourquoi donc cherchait-il à se montrer gentil ?


        Observant ses amis autour d’elle, Joey sourit. Elle avait vraiment de la chance de les avoir. Ils se connaissaient depuis longtemps et pouvait tout se dire. Ils pouvaient comptaient les uns sur les autres. C’était une grande force de les avoir auprès d’elle pendant ses années d’université. Bon, il manquait Dawson, mais ce n’était pas grave, il était présent dans son cœur et elle se consoler à l’idée qu’il faisait ce qu’il avait toujours voulu faire. Elle laissa son regard dérivé vers Jack et Audrey, leurs visages souriant faisaient plaisir à voir. La jeune femme jouait avec le chien que Jack lui avait offert, ce dernier tourna la tête vers elle et lui adressa un sourire de reconnaissance. Elle n’avait pas fait grand-chose, elle s’était contentée de l’écouter et de le conseiller un peu mais apparemment, ça semblait avoir été suffisant pour lui. Elle s’en félicita. Jen, par contre, paraissait un peu soucieuse, elle se promit d’avoir une conversation avec elle en privée. Elle tourna la tête et rencontra le regard bleu de Pacey. Derrière le comptoir, sa casquette vissé sur la tête, il discutait avec l’une des serveuses en attendant visiblement une commande. Lorsqu’il l’aperçut, il lui adressa un vague sourire, mêlé de reconnaissance et de gêne à la fois.
Joey : Vous m’excusez une seconde ?
     Surpris, ils la regardèrent tous s’éloigner.
Jack : Alors c’est lui ? demanda t-il aussi discrètement que possible à sa petite amie.
Audrey : Jack ! le rabroua t-elle alors que Jen la dévisageait.
Jen : Audrey !
Audrey : Quoi, c’est mon petit ami se défendit-elle en levant innocemment les épaules, je ne pouvais pas lui mentir.
Jen : Ne rien dire à quelqu’un, ce n’est pas lui mentir, c’est juste garder quelque chose pour soi !
Jack : C’est un peu tordu ton truc lui dit-il en souriant.
 
Jen : Joey va me tuer soupira t-elle en se prenant la tête entre les mains.
Audrey : Doucement Calimero, je te signale qu’elle est partie lui parler devant nous, elle doit bien se douter qu’il va y avoir interrogatoire à son retour.
       Jen releva vivement la tête à ces paroles. Mais oui ! Et ils n’auraient qu’à faire comme s’ils découvraient tout à l’instant. Ainsi, Joey serait seule fautive ! Elle gardait la vie et sa réputation de meilleure amie serait intacte. Revigorée, elle recommanda à boire. Timidement, Joey s’approcha de Pacey et attendit que la jeune fille à qui il parlait se soit éloignée pour l’aborder. Elle s’était éclipsée avant que l’assistante sociale n’arrive et elle voulait juste s’assurer du bon déroulement des choses.
Joey : Bonsoir.
       Il lui sourit et jeta un coup d’œil derrière elle.
Pacey : Soirée entre amis ?
Joey : Oui, ça fait du bien de temps en temps. On faisait ça assez souvent quand on été à Capeside lui dit-elle spontanément en regardant tendrement ses amis, mais depuis qu’on est ici, chacun mène un peu sa vie de son côté… on a besoin de se retrouver un peu.
     Pacey hocha la tête, il ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait prit le temps de partager quelque chose avec Lucas et Haley en même temps. Il envia soudain la liberté qu’elle avait.
Pacey : Merci pour tout à l’heure. 
     Joey détourna le regard, gênée.
Joey : Tout s’est bien passé ?
Pacey : Elle n’a fait aucune allusion, et Buzz s’est tenu correctement.
Joey : Ton petit frère est un garçon adorable.
Pacey : On doit pas connaître le même lui dit-il en haussant un sourcil.
 
      Joey rit doucement. Elle avait bien vu qu’ils avaient des problèmes, mais elle avait aussi remarqué les regards chargé de tendresse qu’ils avaient l’un pour l’autre dès que l’un des deux tournés le dos. Elle ne doutait pas qu’ils puissent un jour choisir le même chemin.
Joey : Il tiens énormément à toi lui assura t-elle, c’est juste que c’est un enfant à qui on en demande beaucoup.
Pacey : Je sais dit-il, l’air coupable.
Joey : Donne lui un peu de temps lui dit-elle en posant sa main sur la sienne. 
      Pacey regarda leurs mains jointes et sentit un frisson le parcourir. Doucement, il retira la sienne. Il n’avait pas le temps pour une fille se rappela t-il en s’efforçant d’oublier les pulsations de son cœur, aussi séduisante et adorable soit-elle.
Serveuse : Pacey, ta commande est prête !
    Il remercia le ciel et adressa à Joey un sourire d’excuse.
Pacey : Le travail m’appelle.
Joey : Bon courage lui dit-elle en lui souriant tendrement avant qu’il ne s’éloigne.
 
      Elle ne retourna s’asseoir qu’après qu’il eut disparut et qu’elle ait pu reprendre sa respiration, qu’il lui avait fait sombrement défaut lorsque leurs mains s’étaient frôlées. Elle alla rejoindre ses amis et sourit devant le regard qu’ils posaient sur elle.
Audrey : Tu nous expliques ?
Joey : Audrey sourit-elle, Jen est adorable mais ne sait pas tenir un secret et toi, tu ne caches jamais rien à Jack. Si on commandait plutôt ?
      Tous sifflotèrent en regardant ailleurs, acceptant volontiers la brèche de secours qu’elle leur offrait.


Marjo  (07.01.2007 à 04:13)
      Plus tard dans la soirée, Joey et Jen rentraient au campus, marchant calmement afin de profiter de la légère brise d’automne. Comme un peu plus tôt, Joey perçut l’air absent de son amie et décida de la questionner. C’était le moment idéal. Elles faisaient leur vie chacune de leur côté depuis plusieurs jours et il était temps de remettre les compteur à zéros en se racontant tout.
Joey : Alors, laquelle de nous deux commencent ?
      Jen lui sourit et lui céda volontiers la première place en l’encourageant du regard.
Joey : D’accord soupira t-elle. Et bien, je me suis un peu rapproché de Pacey ces derniers temps. C’est un garçon très sympathique, avec une vie très compliqué…et je crois qu’il me plait bien avoua t-elle. Je n’ai pas envie de me jeter tête baissée dans une nouvelle histoire et ça tombe bien parce qu’il n’est pas prêt à construire quoique se soit, mais je me dis que s’il doit se passer quelque chose avec lui, ça se fera un jour, en attendant, j’apprend un peu à le connaître et je passe de bon moment à ses côtés.
Jen : Je suis contente pour toi lui assura t-elle.
Joey : A toi ! lui dit-elle en souriant.  
Jen : D’accord, alors premier point, Dawson me manque.
Joey : Il nous manque à tous dit-elle compréhensive.
Jen : On avait prit l’habitude de tout se dire et même si on s’appelle, ce n’est pas la même chose.
       Tendrement, Joey lui prit le bras. Elle n’avait pas vue qu’elle allait aussi mal. Elle se morigéna en se promettant de faire plus attention.
Joey : Second point ? lui demanda t-elle en souriant.
Jen : Et bien tu sais, Lucas, l’ami de Pacey, je l’aime bien je crois, mais il y a un truc qui cloche avec lui.
Joey : Comment ça ? demanda t-elle intrigué.
Jen : Je ne sais pas, on s’est déjà retrouvé plusieurs fois ensemble, pour discuter ou boire un verre…Et même si à chaque fois il se montre très gentil, il a toujours l’air ailleurs. Sans compter que son amie est franchement hostile à mon égard. Bon, c’est peut être ma faute, j’ai insulté Pacey…
Joey : Comment ça ??
Jen : Il t’avais envoyé promener ! se défendit-elle.
 
     Touché, Joey lui sourit chaleureusement. Elle pouvait toujours compter sur elle pour prendre sa défense à la moindre occasion. A vrai dire, Jen était beaucoup trop protectrice à son égard depuis l’année dernière.
Joey : Jen, je vais bien…lui dit-elle doucement.
       Elle le savait…mais elle ne pouvait pas s’empêcher de la revoir, allongée sur son lit d’hôpital, pleurant toutes les larmes de son corps. Ce jour là, elle s’était promis de prendre soin d’elle. Il se mit à pleuvoir doucement et en riant, elles coururent jusqu’à leur dortoir. 
 

         Epuisé, Lucas se laissa tomber sur le banc de touche. Cela faisait une heure qu’il s’entraînait avec l’équipe et il n’en pouvait plus. Sans compter qu’il avait l‘impression de s’épuiser à rien. La décision du jour était apparemment de ne pas le faire participer. Ce qui le faisait courir d’un panier à l’autre sans jamais touché le ballon. Il n’en pouvait plus, il avait tout encaisser depuis qu’il jouait avec eux, les brimades, le vol de ses vêtements alors qu’il était dans les douches, les tags sur son casier…mais il commençait sérieusement à être à bout de patience et par se demander ce qu’il faisait là. Jouer au basket était une vraie passion pour lui, un véritable plaisir. Mais ces dernières semaines, son moral n’y était plus. Il avait pensé pouvoir s’intégrer, il s’était juste dit qu’il leur faudrait du temps pour l’accepter mais que sa ténacité finirait par payer. Aujourd’hui, c’était de plus en plus difficile d’y croire vraiment. Il rit à l’idée qu’il avait bêtement pensé que seul Nathan lui mettrait des bâtons dans les roues. Or, Nathan était le seul, avec Jake mais ce dernier était peu souvent présent, qui n’avait jamais montré le moindre signe de non acceptation envers lui. Il ne lui facilitait pas la vie, mais il n’intervenait pas non plus. Hormis cet incident devant le café de sa mère mais là, c’était à Joey qu’en revenait tout le mérite, Nathan c’était sûrement senti obligé. Le coach Whitey siffla la reprise du jeu et las, Lucas se dirigea vers lui.
Lucas : Coach, je crois qu’il est temps de prendre la décision qui s’impose.
Whitey : Je viens de le faire Lucas, le jeu recommence, file sur le terrain.
Lucas : Vous savez aussi bien que moi que ça ne sert à rien…
Whitey : Moi je ne crois rien du tout.
      Avec un clin d’œil, il lui donna une tape dans le dos en lui désignant le terrain. En soupirant, Lucas y retourna. Vingt minutes plus tard, un bruit de porte attira son attention, Dan Scott entra dans la salle. Il ne manquait plus que ça soupira t-il. Il rencontra brièvement le regard de son demi frère qui leva les yeux aux ciels avant de retourner dans le jeu. Tout ne se passerait-il pas si bien que ça au pays des Scott ? Lucas continua de donner le meilleur de lui-même, faisant la seule chose qu’il lui était possible, marquer les joueurs. Soudain, il sentit la présence de Nathan dans son dos, alors que celui-ci était démarqué et en excellente position pour shooter, il lui lança le ballon.
Nathan : A toi de jouer lui dit-il avec un air confiant.
       Surpris, Lucas mit quelques secondes avant de réaliser ce qu’il se passait. Puis, il se débarrassa de ses deux adversaires et tira un lancer à 3 points. Whitey siffla, plus ravit par l’initiative de Nathan que par le panier marqué. Les autres joueurs se regardaient, surpris. Lucas osa un regard vers Dan, il avait l’air furieux. Il se dirigeait droit vers Nathan.
Dan : On peut savoir à quoi tu joues ?
Nathan : C’est un sport d’équipe, rappelle toi ? lui répondit-il en s’éloignant de lui.
      Médusé, Lucas assistait à la scène. Dan rattrapa Nathan par le maillot et le toisa, énervé. Il allait probablement passer sa colère sur lui au moment où Whitey hurla le prénom de son ancien joueur vedette en le sommant de quitter son stade. Dan jura entre ses dents, se tourna vers lui d’un air de reproche et de rage, avant de quitter les lieux. Non sans adresser deux trois mots en particulier à Whitey au passage. Il n’avait pas encore réussit à bougé de sa place alors que Nathan repartait déjà tranquillement vers les bancs pour boire un peu d’eau. Il hésitait sur la marche à suivre lorsqu’il vit Joey entrait et se diriger directement vers son demi frère. Finalement, c’était aussi bien comme ça, il ne savait pas quoi lui dire. Il se retira dans les vestiaires. Joey approcha de Nathan, un sourire timide aux lèvres. Le jeune garçon releva la tête vers elle et lui fit un sourire avenant.
Joey : A quel point tu m’en veux ?
Nathan : Il te faudra plus que des excuses pour te racheter la taquina t-il.
Joey : Un déjeuner, ça irait ?
Nathan : Laisse moi le temps de prendre une douche.
      Ravie, Joey lui sourit tendrement avant d’écarquiller de grands yeux en entendant la sonnerie de son téléphone. Nathan rit en la voyant décrocher. Le visage de la jeune fille se décomposa à l’écoute de son interlocuteur et elle fit un air terriblement contrit à son nouvel ami.
Nathan : Laisse moi deviner…
Joey : Je suis sincèrement désolée Nathan lui dit-elle confuse, mais c’est vraiment important…
Nathan : Le téléphone, c’est un truc maudit chez toi dit-il amusé.
Joey : Il faut vraiment que j’y aille dit-elle déboussolé.
Nathan : Vas-y t’en fais pas, je vais aller inviter directement Lucas, ça t’évitera de le faire à ma place ! plaisanta t-il.
Joey : Ca serait une très bonne idée, mais on ne va pas revenir là-dessus dit-elle embrouillé
       Surpris, il se rendit compte que quelque chose n’allait vraiment pas.
Nathan : Qu’est-ce qui se passe ?
Joey : J’en sais rien, il faut vite que j’y aille.
Nathan : Je t’emmène ?
Joey : Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée…
Nathan : On y réfléchira plus tard, pour l’instant tu n’as pas de voiture et de toute façon, tu n’es pas en état d’en conduire une ! 
     D’autorité, il l’emmena avec lui. Sa douche attendrait, Joey avait la priorité. Cette fille était décidément un phénomène. Elle apparaissait dans sa vie par intermittence et toujours dans des moments bien particulier.
Nathan : Et on va où ?
Joey : A l’hôpital.  


Keith : Qu’est-ce que tu en penses toi ?
     Pencher sous le capot d’une voiture, Keith profitait de ce que la tâche soit facile pour discuter un peu de ce qui le préoccupé, c'est-à-dire Lucas. Son meilleur ami devait forcément en savoir un peu plus que lui. Et il avait vu Karen qui s’inquiétait ces derniers temps. Il aurait voulu pouvoir la rassurer un peu.
Pacey : Il ne m’en parle pas beaucoup.
Keith : Mais tu penses que c’est une bonne chose ?
Pacey : Keith dit-il en souriant, pourquoi ne pas en discuter avec lui ?
Keith : Parce que cet imbécile ne me diras rien. Je me disais qu’en tant que patron, je pourrais te faire parler plus facilement lui dit-il en souriant.
      Pacey sourit avant de prendre appuis sur la voiture pour dévisageait son interlocuteur.
Pacey : Tu sais que je ne le trahirais jamais.
Keith : Je sais maugréa t-il, ta loyauté te perdra ! Mais Karen est si inquiète… 
      Pacey éclata de rire en allant se chercher à boire.
Pacey : Ca c’est un coup bas !
        Keith haussa les épaules, en feintes innocence. Il préférait penser qu’il jouait son rôle en tant qu’oncle.
Pacey : Tout ce que je sais, c’est que les autres joueurs ne lui mènent pas la vie facile. Mais ça, c’est Haley qui me l’a dit, Lucas est discret sur se sujet. Mais c’est un garçon intelligent, il sait se défendre et saura quoi faire.
       Keith allait essayer d’en savoir un peu plus lorsque Buck passa sa tête hors de son bureau pour appeler Pacey.
Buck : Un coup de fil pour toi.
       En soupirant, l’oncle de Lucas le regarda disparaître dans le petit bureau contigu au sien pour le voir réapparaître quelques minutes plus tard, l’air livide.
Keith : Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit-il inquiet.
Pacey : Je dois y aller…dit-il l’air hagard.
Keith : Pacey ? dit-il en se rapprochant de lui.
Pacey : Buzz est à l’hôpital marmonna t-il.
Keith : Je te conduis !
     Pacey le remercia silencieusement, il se sentait incapable de prendre le volant de lui-même. Le dernier appel qu’il avait reçu d’un hôpital avait été pour lui demander de venir identifier les corps de ses parents… Il était dans un état de confusion mentale qui l’empêchait de réfléchir calmement. L’infirmière qu’il avait eut au téléphone lui avait parlé de bloc opératoire, de papier….tout était embrouillé dans sa tête, comme si son esprit avait subitement été déconnecté. Keith gara sa voiture devant le bâtiment froid qui lui avait prit ses parents et il se mit à courir partout, à la recherche d’une personne qui pourrait le renseigner. Arrivé en salle d’attente, il se précipita sur le premier médecin à sa portée. Pacey : Excusez-moi, je suis le frère de Buzz Witter, c’est moi son tuteur, quelqu’un peut-il me dire ce qu’il se passe ?
     Joey, assise en salle d’attente, l’entendit et vint le rejoindre pour prendre place à ses côtés afin d’avoir des nouvelles de Buzz. Depuis une demi heure qu’elle était là, personne n’avait voulu la renseigner et même si elle n’était pas de la famille, elle s’était attachée au jeune garçon. Nathan, qui ne l’avait pas quitté, resta un peu en retrait. Sa place était loin d’être ici.
Médecin : Restez là, je vais me renseigner.
      Pacey hocha la tête, désorienté. Ce n’est que lorsque la main de Joey se glissa dans la sienne qu’il se rendit compte de sa présence.
Pacey : Qu’est-ce que tu fais là ? lui demanda t-il perdu.
Joey : Buzz avait mon numéro dans sa poche. Je leur ais dis où te contactais.
Pacey : Merci dit-il reconnaissant avant de regarder ce que faisait le médecin
      Soudain, il se rendit compte de la présence de Nathan derrière eux. Etonné, il le dévisagea avant de revenir à Joey.
Pacey : Qu’est-ce qu’il fait là ?
Joey : C’est lui qui m’a amené.
      Il hocha la tête en jetant un léger coup d’œil vers le jeune homme, qui visiblement, n’était pas des plus à l’aise. Il décida de se concentrer sur le principal.
Pacey : Tu sais ce qu’il s’est passé ? s’enquit-il auprès de Joey.
Joey : Ils n’ont rien voulu me dire, je ne suis pas de la famille. Tout ce que je sais, c’est que c’est arrivé pendant qu’il revenait de l’école. Un automobiliste l’a conduit jusqu’ici.
Pacey : Mais qu’est-ce qui s’est passé ? demanda t-il inquiet et irrité de ne pas savoir, il s’est fait renversé ou quoi…Pourquoi mon petit frère se retrouve t-il sur une table d’opération ??
Joey : Je ne sais pas lui dit-elle compatissante. Je suis désolée.
     Ne contrôlant plus rien, Pacey sentit la jeune fille se serrait dans ses bras, et frôlait sa nuque en de douce caresse d’apaisement. Etrangement, sa présence lui faisait du bien. La dernière fois qu’il était venu dans cet hôpital, il avait traversé ses épreuves tout seul, le plus pénible était encore l’identification des corps de ses parents qu’il avait dû faire… Chassant ce souvenir lugubre, il releva brièvement les yeux sur Nathan, que faisait-il avec Joey ? Un frisson de jalousie l’envahit. Il réprima se sentiment désagréable, songeant que c’était ridicule étant donné que Joey et lui n’était que des amis. Qui plus est, il n’était même pas amoureux d’elle.
Keith : On a des nouvelles ? demanda t-il en les rejoignant.
 
      Pacey hocha négativement la tête alors que Keith lui posait une main réconfortante sur l’épaule. Mal à l’aise, Joey se dégagea de Pacey et voulut s’éloigner un peu pour les laisser entre eux mais Pacey ne lui lâcha pas la main.
Pacey : Keith, je te présente Joey. Joey, c’est l’oncle de Lucas.
Keith : Enchanté.
Joey : Moi aussi répondit-elle gênée.
       Keith la dévisagea discrètement un instant, ils avaient l’air proche. Pacey ne lui avait jamais parlé d’une fille…il pensait même qu’il avait tiré un trait sur elles. En tout cas, il avait toujours bon goût constata t-il avec ravissement.
Pacey : Et tu connaît déjà ton neveu lâcha t-il d’une voix plus froide qu’il ne l’aurait voulu.
 
      Keith se pencha derrière la jeune fille à côté de Pacey et contempla Nathan d’un air hébété. Il s’était attendu à trouver n’importe qui ici sauf lui ! Nathan lui adressa un vague sourire.
Nathan : Bon, ben moi je vais chercher des cafés dit-il en se grattant la tête et en disparaissant rapidement.
Médecin : Vous êtes de la famille ? demanda t-il en se rapprochant.
Pacey : Oui. Comment va Buzz ?
Médecin : Nous l’avons opéré à temps ne vous en faites pas.
Pacey : A temps pour quoi ?? demanda t-il aux bords de la crise de nerfs, je ne sais même pas pourquoi il est ici !!
Médecin : Je suis désolé dit-il confus, votre frère à eut une crise d’appendicite.
Pacey : Une crise d’appendicite ? dit-il ahuri.
Médecin : Il a eut beaucoup de chance, quelques heures plus tard, et nous aurions dû faire face à une péritonite des plus aigu.
Pacey : Une péritonite…continua t-il à répéter hébété.
Médecin : Vous n’aviez pas remarqué un changement de comportement chez votre frère, ne s’est-il jamais plaint d’avoir mal ou des crampes d’estomac ?
Pacey : Jamais…lâcha t-il les yeux dans le vague.
 
      Il n’arrivait pas à croire que son frère puisse avoir souffert pendant plusieurs jours sans qu’il n’en ait rien vu ! Il sentit la main de Joey accentué la pression sur la sienne et entrelaçait ses doigts aux siens. Il releva lentement les yeux vers elle avant de lui sourire légèrement.
Pacey : Comment va-t-il ?
Médecin : L’opération s’est très bien passée. Il est sous le coup des sédatifs et va dormir encore plusieurs heures mais vous pouvez le voir.
      Pacey soupira de soulagement. Il s’était fait tout un scénario catastrophes pendant le trajet de la voiture. Il s’enquit du numéro de chambre où son frère se trouver et aller faire un pas vers le couloir lorsqu’il se retourna brusquement vers Keith et Joey.
Pacey : Mme Gills… je lui ais promis d’être de retour avant dix huit heures, elle a rendez-vous avec des amies à elle…dit-il laconique.
Joey : Je peux aller prendre la relève si tu veux ? lui proposa t-elle spontanément.
Pacey : Ca ne te gêne pas ?
Joey : Non dit-elle en lui souriant tendrement, Buzz sera content de te voir à son réveil.
       Keith chercha à capter le moindre signe d’inquiétude sur le visage de Pacey, ce dernier savait qu’il pouvait y aller lui-même, ou appelait Lucas ou Haley. Mais visiblement, il n’avait pas l’air plus troublé que ça de lui confier sa petite sœur. Cela en disait long sur la confiance qu’il éprouvait pour elle. Pacey était des plus protecteur envers les siens.
Nathan : Je vais t’y déposer dit-il en arrivant derrière eux.
     Pacey hésita quelques secondes, étrangement, l’idée ne l’enchanter pas, mais pressé de retrouver Buzz, il hocha la tête, c’était réglé. D’une main timide, il vit Nathan lui tendre un café.
Nathan : Je me suis dis que tu en aurais besoin lui dit-il toujours aussi gêné.
Pacey : Merci dit-il surpris.
      Joey s’approcha de lui et en un geste naturel, elle lui déposa un baiser sur le front. Pacey se détendit quelques secondes au contact de ses lèvres.
Joey : Ne t’en fais pas pour Alicia, tout se passera bien lui murmura t-elle. 
       Il lui sourit tendrement, il n’en doutait pas, elle avait réussit à s’allier la petite en à peines quelques heures. En réalité, elle avait même conquit Buzz, ce qui était un réel tour de force. Après un dernier regard pour elle, il se dirigea vers les couloirs, pressait de s’assurer par lui-même que son petit frère allait bien. Joey se pressa de sortir, Nathan sur ses talons, elle avait tenu le coup pour Pacey, mais elle détestait les hôpitaux…Trop de mauvais souvenirs les hantées.          


      Debout derrière le comptoir du « Karen’s Café », Lucas était entré par derrière et il allait s’annoncer lorsque son regard tomba sur Haley, assise à quelques mètres devant lui, un crayon à papier derrière l’oreille. Elle avait une main dans ses cheveux alors que l’autre pianotait distraitement sur le présentoir. Il embrassa les lieux du regard et s’aperçut qu’à part deux ou trois habitués, le café état désert. Il s’accouda contre une étagère, pensif et sourit en l’entendant chantonner discrètement. Elle avait une jolie voix s’étonna t-il. Pourquoi n’avait-elle encore jamais chanté devant lui auparavant ? Il ferma les yeux et se laissa porter par la douce mélodie. Haley avait un timbre à vous faire frissonner. Il rouvrit les yeux et la dévisagea longuement. Au-delà de sa voix, elle était vraiment jolie, ses yeux noisette et ses longs cheveux châtains conféraient à son visage un air mutin auquel il n’avait jamais prêté véritablement d’attention. Haley était son ami, point. Il n’avait aucune raison de chercher à la voir autrement. Aujourd’hui, beaucoup d’idées différentes et dérangeantes lui passaient par la tête et il se sentait bizarre en sa présence. Tout cela venait de Nathan, c’était lui qui avait semé le doute dans son esprit ! Il maugréa en pensant que sur lui aussi, il lui venait beaucoup d’idées dérangeantes. Heureusement, pas de la même nature songea t-il aussitôt en souriant. Décidément, tous ses repères volaient en poussière depuis qu’il faisait partie des Ravens de Hillcrest. Il reporta son attention sur sa meilleure amie et se prit à trouver adorable la façon qu’elle avait de sourire, plongée dans ses pensées. Il fit un pas et malencontreusement, renversa un carton de gobelet posé à terre. Haley sursauta sur sa chaise.
Haley : Lucas ! Tu m’as fichu une de ces trouilles.
Lucas : Je suis désolé dit-il contrit mais amusé par ses joues rosit par la peur.
 
       Sans même y réfléchir, il se rapprocha d’elle et s’accouda à ses côtés. Il fallait vraiment qu’il tire au clair avec elle ce qu’il se passait entre eux. Il ne pouvait pas laisser les choses durées indéfiniment. Il ne supportait plus la tension qui pouvait ressentir en sa présence. Et elle ne venait pas que de lui, Haley aussi avait changé.
Lucas : Haley, on peu parler un peu…
Haley : Bien sur dit-elle, aussitôt sur ses gardes.
Lucas : Tu vois qui est Jennifer ?
      La jeune fille hocha la tête en regardant ailleurs. A y est, on y était alors, elle lui avait tout dit. Une explication… se dit-elle, et vite !
Lucas : Elle m’a dit quelque chose de bizarre, selon elle, tu lui aurais dis que j’avais une petite amie.
Haley : Oui, c’est vrai reconnut-elle aussitôt pour dissiper le malaise. Je suis désolée.
      Elle sentit peser sur elle le regard scrutateur de son meilleur ami, il lui faudrait plus que des excuses !
Haley : Mais tu vois reprit-elle, quand elle est venue me trouver avec son amie pour parler de Pacey, je les ais trouvé tellement bizarre toutes les deux…En faite, je crois que je voulais juste vous évitez de tomber sur des folles lui dit-elle en prenant un air contrit.
 
      Lucas lui sourit tendrement en poussant un soupir de soulagement intérieur. Il avait été sûr qu’il ne pouvait s’agir que d’un malentendu. Touché, il passa un bras autour de son épaule et la rapprocha de lui pour lui déposer un baiser sur la tempe.
Lucas : Merci lui murmura t-il.
Haley : Pas de quoi répondit-elle en regardant ailleurs.
 
     Maintenant, plus rien ne l’empêchait de sortir avec elle s’il en avait envie. Elle chassa vivement ses idées sombres pour ne se concentrer que le sur le bras de Lucas qui s’attardait autour d’elle, du regard pénétrant qu’il plongea dans le sien, de l’odeur enivrante de son eau de toilette qui lui chatouiller les narines. Un profond bien être l’envahit au moment où il lui sourit. Elle avait la sensation de se trouver en terre promise, dans un havre de paix qu’il venait spécialement de créer pour eux d’eux. Un frisson parcourut le jeune homme. Il se sentait troublé par le regard qu’elle dardait sur lui. Elle lui paraissait bizarrement…épanouie et légère. Cet état de fait lui donnait un aspect fragile dont il n’avait jamais eut conscience. Il était touché de la sentir aussi vulnérable. Un brusque sentiment protecteur s’empara de lui.
Nathan : Je vous dérange ?
      Lucas tourna la tête vers lui et le foudroya du regard. Nathan esquissa un léger sourire, la réponse flagrante était un oui en conclut-il. Il était ravit d’avoir vu cet air sur le visage de son demi frère plutôt que sur Haley. A vrai dire, il s’était attendu à ce que ce soit elle qui le fusille sur place pour les interrompre dans un moment qui semblait si fort en émotion. Mais le voir sur Lucas était plus plaisant encore. C’était amusant de voir des choses dont les protagonistes ne semblaient même pas s’apercevoir.
Nathan : Tu es prête ? demanda t-il en se tournant vers Haley.
 
     Dubitatif, Lucas se tourna vers Haley qui semblait des plus mal à l’aise.
Lucas : Prête pour quoi ?
Nathan : On va au cinéma annonça t-il pour elle, non sans sourire.
 
      Le regard de Lucas quitta brièvement le visage de sa meilleure amie pour dévisageait son demi frère d’un air glacial.
Haley : Je suis désolée s’excusa t-elle, je lui avais promis… 
     Depuis quand lui promettait-elle des choses ? Depuis quand faisaient-ils des choses ensemble ?? Et quel genre de chose faisaient-ils surtout ??? Toutes ses questions le taraudaient lorsque Haley s’éclipsa pour prendre son manteau. Il décida de mettre au clair tout de suite les choses avec Nathan.
Lucas : Je ne sais pas à quel jeu tu joues avec elle, mais Haley est ma meilleure amie et si tu lui fais quoique se soit… 
    Nathan haussa un sourcil vers lui, intrigué.
Nathan : Quoique se soit de mal, ou quoique se soit tout court ?
      Lucas sentit ses poings se crispaient à l’image d’Haley et de Nathan s’embrassant qui venaient de surgir dans son esprit.
Nathan : Ne t’inquiète donc pas le rassura t-il, je connais différentes façon de la rendre heureuse. 
       Lucas se sentit bondir sur place. Il était prêt à le tuer de ses propres mains. Seul le retour d’Haley l’en empêcha. Elle se tourna vers lui et lui jeta un regard contrit.
Haley : On se voit plus tard ?
       Les mâchoires serrées, il hocha la tête et les regarda partir, l’air passablement en colère. 


         L’air sombre, Pacey ne lâchait pas son petit frère du regard et ne pouvait s’empêcher de se demander comment ils en étaient arriver là ? Comment Buzz avait pu perdre confiance en lui au point qu’il avait préféré se taire et ne pas parler de la douleur qu’il ressentait ? Et comment lui avait-il pu être aussi aveugle au point de ne pas voir que son frère avait mal ? Buzz n’avait pas beaucoup mangé ses derniers temps et s’était couché tôt sans rien dire, il aurait dû voir que quelque chose n’allait pas ! Enfin, s’était son rôle de s’apercevoir de ce genre de chose !! Sinon, à quoi servait-il ?? Las, il étira les muscles de son cou, cela faisait bientôt deux heures qu’il était assit là, sur cette chaise en fer, attendant que son petit frère se réveil. D’après le médecin qui s’était occupé de lui, le sédatif qu’il lui avait administré était sensé le faire dormir jusqu’au lendemain mais il ne parvenait pas à quitter cet hôpital sans la certitude qu’il allait bien. Il songea à Alicia, elle devait s’inquiéter, mais il était sûr que Joey prenait très bien soin d’elle et qu’elle l’aurait appelé s’il y avait eut le moindre soucis. Il se pencha sur le lit de Buzz et lui prit la main.
Pacey : Réveil toi Buzz, dis moi quelque chose…Même si c’est pour me traiter d’imbécile ajouta t-il avec un sourire triste aux coins des lèvres. 
 
       Soudain, à sa grande surprise, Buzz remua et entrouvrit les paupières.
Buzz : Pacey…murmura t-il d’une voix pâteuse.
Pacey : Oui, je suis là ! s’exclama t-il en se rapprochant du lit. 
       D’une main nerveuse, il se mit à lui caresser les cheveux alors que de l’autre, il gardait précieusement celle de son petit frère.
Pacey : Comment te sens-tu ?
Buzz : Fatigué…bredouilla t-il.
 
      Soulagé, Pacey sourit.
Pacey : C’est normal, repose toi, demain, tu te sentiras mieux.
       A moitié endormit, Buzz, hocha faiblement la tête avant que celle-ci ne retombe sur l’oreiller. Emut, Pacey essuya vivement la larme qu’il avait au coin de l’œil et s’abîma dans la contemplation de son petit frère. Il avait tellement grandit en l’espace de six mois ! Il était déjà un petit homme, fort et courageux. Il se pencha pour lui déposer un baiser sur le front et tourna ensuite la tête vers la porte qui s’était ouverte entre temps. Stupéfait, il aperçu Melle Crawford pénétrait dans la pièce. Il n’avait pas pensé à elle ! Evidemment, elle avait été mise au courant et venait lui adresser ses plus vifs reproches. Elle n’avait jamais caché ses inquiétudes quand au fait qu’ils vivent avec lui. Agé d’une quarantaine d’année, elle ne le lâcher jamais une seule minute. Elle n’avait jamais été particulièrement sympathique et on ne pouvait pas dire qu’elle le mettait franchement à l’aise, mais il devait reconnaître qu’elle ne  s’acharner pas non plus à lui mettre des bâtons dans les roues. Il remarqua l’air qu’elle jeta subrepticement sur sa main, posait sur celle de son frère.
Melle Crawford : Bonsoir.
Pacey : Bonsoir répondit-il en soupirant.
 
     Il n’avait vraiment pas besoin d’un sermon ce soir.
Melle Crawford : Le médecin de Buzz m’a appelé, je suis passée voir comment il allait.
Pacey : Ca va, il vient juste de se rendormir.
Melle Crawford : Bien. Qui garde Alicia en ce moment ? s’enquit-elle.
Pacey : Joey Potter, une amie, qui est étudiante à l’Université de Duke précisa t-il. 
     Il la vit griffonner rapidement le nom sur son carnet et grimaça. Joey n’avait pas besoin d’être mêlé à tout ça !
Pacey : Je sais ce que vous pensez et pourquoi vous êtes là lâcha t-il agacé et je ne pense pas utile d’avoir cette conversation ici, dans cette chambre.
Melle Crawford : Pourquoi pensez-vous que je sois ici monsieur Witter ?
Pacey : Afin de pouvoir prouvez dès demain aux yeux du juge que je me suis montré négligent et incapable d’assumer mes responsabilités de tuteurs !
Melle Crawford : Négligent, certes vous l’avez été approuva t-elle, le juge ne manquera pas de penser que vous auriez dû voir que votre frère n’allait pas bien et cela, je pense que vous en êtes conscient. Quand au fait que vous soyez incapable d’assumer votre rôle, je ne pense pas avoir prononcer ces mots.
Pacey : Pourtant vous auriez dû lâcha t-il en reportant son regard sur Buzz, une boule dans la gorge, j’ai échoué.
Melle Crawford : Pacey…prononça t-elle d’une voix radoucie en se rapprochant du lit.
    C’était la première fois qu’elle l’appelait par son prénom. Il la vit s’asseoir sur la chaise en face de la sienne, et pour la première fois encore depuis qu’elle s’occupée de leur affaire, lui sourire.
Melle Crawford : Si ça peut vous rassurez, je ne pense pas que vous auriez pu le voir si Buzz n’avait pas décidé de vous le montrer.
     Surpris, il releva les yeux vers elle et sentit ses larmes revenir à nouveau.
Pacey : Il ne me dit plus rien lui avoua t-il, j’ai l’impression de le perdre un peu plus tous les jours. Il est tellement….renfermé.
Melle Crawford : Beaucoup d’enfant orphelin le devienne. C’est une façon pour eux de se protéger mais Buzz vous aime. Il a juste, comme beaucoup d’enfant qui se sente abandonner, du mal à l’exprimer.
       Pacey inspira fortement en levant les yeux aux ciels. Pour lui, c’était pire que ça, Buzz lui en voulait d’avoir prit la place de leurs parents et il avait raison. Il n’était pas souvent d’accord avec eux et en conflit perpétuel avec son père mais il donnerait tout ce qu’il avait pour qu’ils soient là à nouveau.
Pacey : C’est comme-ci tout ce que je faisais n’étais jamais assez bien. Comme-ci il me faisait payer le fait que nos parents ne soient plus là.
Melle Crawford : Je ne suis pas sensé faire ça, mais je pense que vous en avez besoin… 
      En souriant, elle lui tendit un document. La photocopie d’un devoir de Buzz que la maîtresse avait crut bon de lui adresser. Surpris, Pacey la dévisagea.
Melle Crawford : C’est une rédaction, le sujet est « Quel est votre héros préféré ? ». Lisez lui conseilla t-elle affectueusement.
 
     Un peu perdu, Pacey consentit néanmoins à lui obéir et baissa les yeux sur le papier légèrement froissé. Il se mit à lire.
 
                     « …Mon héros n’a pas de super pouvoir. Il n’a pas de cape, ni de masque. Il n’a pas de super voiture et encore moins de petite amie pour lui rendre la vie plus agréable. Il ne mange pas dans des grands restaurants, n’a pas une immense maison pleine d’objets précieux, ne s’habille pas à la dernière mode et ne fréquente pas les soirées mondaines. Non, mon héros à moi, il a vingt ans, il a deux travails, une vieille camionnette toute rafistolée et deux enfants à sa charge. Il fait les courses, la cuisine, le ménage, réconforte ma sœur quand elle fait un cauchemar et recouds ma tenue de foot lorsque je la déchire…   
                    … Mon héros n’est pas invulnérable et pleure sur le perron lorsqu’il pense qu’on ne le voit pas. Il  vit pour les autres et en oublie de vivre pour lui…
  
                  …. Mon super héros, c’est mon frère, Pacey. Et quand je serais grand, je voudrais être comme lui…. »
       

       A la fin de sa lecture, il était en pleurs sans qu’il n’ait sentit la moindre larme venir. Il releva des yeux incrédules et embuées vers l’assistante social qui lui souriait tendrement. Elle lui reprit la rédaction avant de lui tapoter la main et de sortir de la pièce. Toujours sous le choc, Pacey reporta son attention sur Buzz. Ce petit était incroyable ! Sentant un poids énorme s’évacuer de ses épaules, il se laissa aller à pleurer toutes les larmes de son corps. Il avait l’impression que maintenant, ils pourraient repartir sur de nouvelle base avec son petit frère. Il lui suffirait juste de trouver un mode de communication.


Marjo  (07.01.2007 à 04:28)
      Avec force, il envoya cogner le ballon sur le panneau de basket. Voilà une heure qu’il se trouvait sur le terrain près du fleuve et il n’avait toujours pas réussit à se vider l’esprit. Il était en colère, contre Nathan qui visiblement chercher à draguer Haley, contre Haley qui se laisser faire et dont il avait l’impression d’être trahit, contre Pacey qui n’était pas là pour le conseiller… ! Il en voulait à la terre entière ce soir. Il soupira et aperçu à ce moment là une ombre marchant tranquillement vers lui. La démarche était féminine, Haley avait-elle changé d’avis ? Une lueur d’espoir dans le regard, il se mit à sourire avant que le visage de Jennifer Lindley n’apparaisse dans la clarté des lampadaires. Déçu, son sourire s’évanouit. Se rendant tout de suite compte du changement de comportement opérer chez le jeune garçon, Jen ne su quoi faire.
Jen : Si je te dérange, je peux passer mon chemin…
Lucas : Excuse moi…je suis un peu à cran. Il est un peu tard pour une promenade lui dit-il avec un léger sourire plus chaleureux. 
      Hésitante, Jen soupesa tout de même la possibilité de faire demi tour. Visiblement, il s’attendait à quelqu’un d’autre et elle détestait ne pas être la bienvenue. Puis, décidant qu’après tout, elle n’avait rien fait de mal, elle ramassa le ballon qui avait roulé jusqu’à ses pieds et le rejoignit.
Lucas : Tu joues ? s’enquit-il en lui désignant le ballon.
Jen : Aussi bien qu’une fille ironisa t-elle en souriant.
Lucas : Je connais des filles capables de soutenir la comparaison.
Jen : L’autre genre de fille dans ce cas.
      Amusé, il bu une gorgée d’eau à la bouteille qu’il avait amené et alla s’asseoir sur la table qui border le fleuve. En silence, elle le suivit et prit place à ses côtés.
Jen : Je peux te poser une question ?
Lucas : Vas-y.
Jen : Tu attendais qui ?
Lucas : Comment ça ?
Jen : Quand je suis arrivée, tu espérais voir quelqu’un d’autre, je ne suis pas stupide, je me demandais juste qui c’était.
      Gêné, il détourna le regard.
Lucas : Haley lui avoua t-il.
Jen : Ouh là, si elle doit venir, vaut mieux que je file, je n’ai pas pris mon gilet par balle sur moi plaisanta t-elle
     Il tourna la tête vers elle pour lui sourire avant que son regard ne s’assombrissent.
Lucas : Elle ne viendra pas, elle est sortie.
       Etrangement, Jen avait l’impression que ça le déranger beaucoup. Elle en déduisit qu’elle devait être avec un garçon mais ne comprit pas la réaction de Lucas, ils étaient amis, rien de plus…Du moins, c’était ce qu’il lui avait dit.
Jen : Tu as quel type de relation avec Haley ? demanda t-elle mal à l’aise.
Lucas : Amicale ! répondit-il spontanément, comme si c’était l’évidence.
      Pourtant, la force de sa réponse le surprit lui-même. Pourquoi ressentit-il se besoin de se l’assurer. Intriguée elle aussi, Jen le dévisagea.
Lucas : C’est juste que je n’aime pas le type avec qui elle est sortie.
Jen : Quelqu’un que tu connais ?
Lucas : Pas vraiment…C’est mon demi frère avoua t-il. 
      Etonnée, Jen écarquilla de grands yeux en le dévisageant plus ostensiblement. Comment pouvait-on avoir un demi frère et ne pas vraiment le connaître ? Même elle qui n’était que la sœur adoptive de Dawson le connaissait pas cœur…alors un frère…Voyant son malaise, Lucas lui raconta brièvement les relations qui existaient entre lui et son demi frère sans s’étendre sur le sujet. Il n’avait jamais aimé en parler de toute façon, avec qui que se soit. Nathan était son demi frère mais il ne représentait rien pour lui et vice versa. Les choses étaient aussi bien ainsi. 
Jen : Si ça te gêne qu’elle le voit, pourquoi ne pas le lui avoir dit ? l’interrogea t-elle.
Lucas : Je n’ai n’ais pas précisément eut le temps grimaça t-il énervé. J’ai été comment dire…mit devant le fait accomplit…. Haley est trop bien pour lui ! finit-il par s’exclamer en se levant pour faire les cent pas ! Elle est intelligente, drôle et toujours prête à aider son prochain.
       A cette remarque, l’air sceptique de Jen le fit sourire.
Lucas : Ce n’est pas vraiment l’aperçut que tu as eut en convint-il, mais je te garantit que si tu la connaissais, elle te plairait. C’est quelqu’un de profondément gentil. Elle est toujours là pour les autres mêmes subtilement. Elle parvient à te guider dans tes choix sans jamais te donner l’impression de t’avoir influencer. Elle sait écouter lorsque tu en as besoin et réconforter s’il le faut. Elle te fera toujours passer avant les autres et même lorsqu’elle ne sera pas d’accord avec toi, elle te soutiendra. Il suffit de se plonger dans son regard pour avoir confiance en l’avenir.
       Avait-il conscience d’avoir soudain fait abstraction du monde et de s’être plongé dans une bulle où seule Haley existait. D’avoir maintenu un sourire rêveur tout le long où il avait fait son apologie se demanda sombrement Jen.
 
Lucas : C’est ça Haley…finit-il pensif.
         Tristement, Jen referma les pans de son gilet sur elle. En tout cas, elle, elle l’avait vu et en avait tiré les seules conclusions possibles. Lucas avait beau être célibataire, il n’était pas libre pour autant. Peut être n’en avait-il seulement pas conscience.
 

         Avec un léger sourire, Joey sortit de la chambre d’Alicia et décida d’aller mettre un peu d’ordre dans la cuisine. La petite avait mit du temps à s’endormir, il avait fallut qu’elle lui raconte trois histoires mais la pauvre était si inquiète pour son frère et complètement perdue sans Pacey dans cette maison que c’était bien compréhensif, elle n’avait que quatre ans et elle avait l’impression de perdre ses repères. Elle débarrassa la table et plongea la vaisselle dans l’évier, prête à s’y mettre lorsqu’elle aperçu par la fenêtre quelqu’un assis sur les marches du perron. Après le bref sursaut passé, elle se pencha un peu et reconnu Pacey. Que faisait-il dehors, pourquoi n’était-il pas rentré ? Laissant tombé sa tâche, elle resserra les pans de son gilet sur sa taille et sortit le rejoindre. Sans un mot, elle prit place à ses côtés. Il tourna lentement la tête vers elle et lui sourit légèrement.
Pacey : J’allais rentrer.
Joey : Rien ne presse, on peu rester un peu là, Alicia vient de s’endormir. A moins que tu ne préfères rester seul ? s’exclama t-elle tout a coup en songeant qu’elle n’avait pas été invité et que peut être, elle dérangeait.
Pacey : Nan, reste, lui dit-il gentiment. Je suis content que tu sois là lui avoua t-il.
 
     Touchée, elle détourna le regard.
Joey : Comment va Buzz ?
Pacey : Ca va, il s’est endormi. Les médecins disent qu’il guérira vite.
Joey : Alors qu’est-ce qui ne va pas ? s’enquit-elle. 
     Elle se trompait peut être, mais elle avait l’impression que le fait de savoir que son petit frère irait bien ne suffisait pas à ce qu’il se sente mieux.
Pacey : J’ai rien vu…lâcha t-il d’une voix étranglé par l’émotion. Je vis avec lui vingt quatre heure sur vingt quatre et je n’ai rien vu.
Joey : Pacey lui dit-elle tendrement, Buzz a tout fait pour que tu ne le vois pas.
Pacey : Ce n’est pas une excuse, c’est moi l’aîné, ils sont sous ma responsabilité, le juge ne manquera pas de me le faire remarquer ! Bon sang…soupira t-il en enfouissant son visage entre ses mains. Ce n’était pas à moi de faire ça… 
     Joey se sentit alerté par le son étouffé de sa voix. D’une main douce, elle se mit à lui caresser la base de la nuque. Il redressa légèrement la tête et posa un regard embué par les larmes sur elle. Il détestait se montrer aussi faible devant quelqu’un et principalement devant une fille qu’il connaissait à peine. Mais il ne parvenant pas à se contenir. Joey se sentit transperçait pas sa peine. Elle aurait donné n’importe quoi pour en prendre une partie pour elle, le décharger un peu. Il ne lui était pas supportable de le voir souffrir autant. Elle comprit à cet instant que ce qu’elle éprouvait pour lui n’était pas un vague sentiment d’attirance pour un garçon différent des autres, elle n’avait pas simplement envie de l’aider dans ses tâches quotidienne, elle avait envie d’être prêt de lui, tout le temps…elle était amoureuse de lui. Cette révélation fit écho en elle comme une traînée de poudre. Son cœur explosa dans sa poitrine alors que son regard s’adoucissait en le regardant.
Pacey : Ils avaient le droit d’avoir des parents comme tout le monde. Au lieu de ça, ils doivent se contenter de moi. Tu parles d’une affaire !
Joey : Pacey ! le gronda t-elle. Je n’ai jamais vu un frère aussi dévoué envers sa famille, tu leurs apporte tout ce dont ils ont besoin. Dans la vie, on a pas besoin d’un père et d’une mère pour vivre correctement tant qu’on a l’amour de ceux qui nous élève.
Pacey : Qu’est-ce que tu en sais ?
Joey : C’est ma sœur qui m’a élevé et je trouve qu’elle n’a pas si mal réussit dit-elle fièrement.
      Surpris, Pacey la dévisagea. Il réalisa qu’elle connaissait pratiquement tout de lui et de son passé mais que de son côté, il en savait bien peu sur elle. 
Pacey : Tes parents…dit-il d’une voix fine.
Joey : Ma mère est morte et mon père est en prison avoua t-elle spontanément.
     Elle n’avait jamais aimé parler de sa famille mais elle ne voulait rien lui cachait. Elle affronta bravement son regard, attendant sa réaction, espérant secrètement qu’il ne la repousserait pas pour les fautes de son père comme beaucoup l’avait fait par le passé. La respiration en attente, elle se détendit lorsqu’il lui sourit tendrement.
Pacey : Tu es pleine de surprise toi lui dit-il tendrement.
      Malicieuse, elle lui sourit avant de glisser sa main dans la sienne et d’entrelaçait ses doigts aux siens. Il regarda leurs mains jointes et se tourna avec elle vers l’horizon. La soirée était calme et la clarté de la lune baignait la ville dans sa douceur paisible.
Joey : Les maisons sont vraiment bien entretenues par ici lâcha t-elle admirative.
Pacey : C’est normal, ils ont le même jardinier répondit-il amusé.
       Surprise par le ton de sa voix mais s’attendant à tout de la part du jeune gar
çon, elle le dévisagea.
Pacey : Moi lui avoua t-il en souriant, mal à l’aise.
Joey : Quand trouves-tu le temps en plus de tondre toutes ses pelouses ??
Pacey : Ca ne me prend que trois jours par mois. Je regroupe les maisons par zone. C’est facile dit-il en haussant les épaules. Et Lucas vient parfois m’aider.
Joey : Mais tu as déjà deux boulots ! s’exclama t-elle hébétée.
Pacey : Techniquement, on pourrait dire que j’en ai quatre lui dit-il avec un petit sourire gêné avant de détourner le regard. 
      Joey soupira en le dévisageant. Ce garçon avait vraiment du courage. A sa place, elle se demandait si elle n’aurait pas déjà baissé les bras.
Joey : Je t’admire.
Pacey : C’est pas grand-chose répondit-il négligemment.
Joey : A tes yeux peut être mais tu ne te rend pas compte de la somme astronomique de travail que tu abats à toi tout seul ! Et après, tu oses dire que tu n’offres pas assez à Buzz et Alicia ! Mais ils ne manquent de rien, ils ont l’amour de leur frère et la stabilité que tu leur offres. Ils ont une vie confortable. Alors oui, ils n’ont pas maman et papa pour les border tous les soirs mais ils t’ont toi et beaucoup d’enfant n’en n’ont pas autant. Tu peux être fier de toi !
       Profondément ému, Pacey sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, ça lui faisait vraiment du bien de l’entendre dire ça. Dans sa bouche à elle, il parvenait presque à y croire.
Pacey : Merci Joey lui murmura t-il tendrement.
 
      Joey plongea son regard dans le sien et sans réfléchir, elle porta une main à son visage et lui caressa la joue. Son regard était si pur, si rassurant, Pacey eut l’impression de s’y perdre et sans qu’il ne puisse contrôler ce qui arrivait, il la vit se rapprocher et ses lèvres rencontrèrent les siennes pour un baiser aussi inattendu que désiré. Rien n’avait été prémédité mais il en avait tellement envie que son cœur était au bord de l’explosion. Joey avait l’impression de chavirer dans un monde inconnu mais incroyablement parfait. Les lèvres de Pacey étaient si douces qu’elle ne se lassait pas d’y goûter. Soudain, comme tétanisait, il se recula et baissa le regard, mal à l’aise. Surprise, elle porta une main à ses lèvres.
Pacey : Je suis désolé s’excusa t-il.
Joey : Non, c’est moi, je n’aurais pas dû…
Pacey : Ca n’a rien à voir avec toi, c’est juste que je ne peux pas lui expliqua t-il nerveusement. Je dois avant tout penser à ma famille.
Joey : Je sais dit-elle en se redressant d’un bond. Je m’en veux, qu’est-ce qui m’a pris ?
Pacey : Joey c’est rien, ce n’est pas comme si…
Joey : Il vaut mieux que je parte…lâcha t-elle en prenant ses jambes à son coup.
      Il eut à peine le temps de se redresser qu’elle avait déjà franchit la barrière.
Pacey :…j’étais resté inactif poursuivit-il pour lui-même, en la regardant partir, encore éberlué.
      Il eut envie de la rattraper, de lui expliquer, il fallait qu’elle comprenne. Il l’aimait beaucoup mais sa vie était très compliquée et avoir une petite amie ne l’aiderait pas à simplifier les choses. Il songea à Alicia endormie à l’étage. Ca devrait attendre. En soupirant, il rentra à l’intérieur et avisant la vaisselle sale, se mit au travail.


        Déambulant dans les rues de Hillcrest, Audrey observait silencieusement ses deux amies, chacune à son côté. Elles étaient perdues dans leurs pensées et mangeaient leurs glaces plus machinalement qu’autre chose. Elles paraissaient tristes et elle détestait ça ! Audrey se morigéna, elle s’était tellement plongée dans sa petite vie qu’elle ne s’était même pas rendue compte que ses amies n’allaient pas bien. Ca n’allait pas, mais alors pas du tout ! Il fallait qu’elle remette les pendules à l’heure. Elles ne pouvaient pas afficher des airs de déterrés et la laisser dans l’expectative sans lui dire ce qu’elles avaient ! Elle jeta un coup d’œil à Jack plus en avant, jouant avec le chiot. Les deux avaient eut du mal mais le chien semblait avoir apprivoiser son maître. Elle pouvait donc se concentrer sur ses amies.
Audrey : Bon alors, on va procéder chacune votre tour mais avant la fin de la journée, je veux avoir des explications ! s’exclama t-elle d’une voix qui leur laissait présager qu’il n’y avait aucune issue possible.
 
     Surprises, elles dévisagèrent Audrey et détournèrent le regard. Elles auraient dû savoir qu’elles n’y couperaient pas, pourquoi avaient-elle accepter ce rendez-vous ! se morigénèrent-elle. Distraitement, elles se jetèrent un coup d’œil, espérant secrètement que l’autre commencerait et qu’on oublierait ensuite que c’était leur tour.
Audrey : Bon, vous voulez jouer à pile ou face ? demanda t-elle en sortant une pièce de sa poche.
 
     Jen et Joey lui sourirent tendrement. Audrey n’était pas curieuse, ou du moins, pas que curieuse, elle était aussi inquiète. Elles ne s’étaient pas beaucoup vues toutes les trois depuis leurs arrivés ici alors qu’à Capeside, elles étaient inséparables.
Joey : Audrey, on ne va pas…
Jen : Pile ! annonça devant l’air effaré de Joey.
 
      En souriant, Audrey lança la pièce en l’air et fit un air désolée à Joey.
Audrey : Pile, tu as perdue.
Joey : Je n’ai pas perdue, je n’ai pas joué ! s’exclama t-elle ahurie.
  
    Audrey secoua négligemment la tête alors que Jen faisait un sourire amusé à Joey.
Audrey : Fallait tenter ta chance. Aller,  à toi ma belle.
       Renfrognée, Joey lança un regard noir à Jen et elles reprirent leurs marches, attendant que Joey se décide.
Joey : Bon, vous vous rappelez de Pacey ? soupira t-elle.
Audrey : Qui pourrait l’oublier ! Tu n’as que son nom à la bouche.
Joey : C’est faux ! protesta t-elle.
Audrey : Son nom à la bouche, lui à l’esprit, c’est la même chose.
      Agacée de savoir qu’elle avait raison, Joey se rembrunit et referma ses bras sur sa poitrine.
Joey : Oui, bon ben il n’y a rien de mal bougonna t-elle. 
Jen : Joey, ce n’est pas ce qu’on dit, on veut juste s’assurer que tu vas bien.
Joey : Dire que je m’étais promis de ne pas recommencer ! De passer cette année sous le signe des études et de l’amitié…souffla t-elle.
Audrey : Tu es amoureuse de lui ?
     Tristement, Joey alla s’asseoir sur un banc public où Jen et Audrey vinrent la rejoindre.
Joey : Je n’arrête pas de penser à lui. C’est idiot je sais, je ne le connais pratiquement pas mais si vous le connaissiez…dit-elle rêveuse. Il a quelque chose de particulier. Un mélange de douceur et de dureté à la fois. Comme ci les deux se combattaient en lui. J’ai l’impression qu’il…qu’il cherche sa place sans la trouver. Il est perdu entre ses devoirs de tuteur et d’adolescent.
Audrey : Bon ben on a la réponse à la question, tu es amoureuse ! lâcha t-elle en lui souriant tendrement.
Jen : Et il le sait ?
Joey : Je l’ai embrassé avoua t-elle tristement. Mais il m’a repoussé…
Jen : Quel idiot ! Je vais me le faire cette fois… s’énerva t-elle
Joey : Jen… la gronda t-elle alors qu’un sourire ourlait ses lèvres et qu’Audrey riait.  Ce n’est pas de sa faute, il m’avait prévenu dès le départ qu’il ne pourrait rien se passer entre nous. Il a beaucoup de responsabilité à gérer dans sa vie et n’a pas besoin d’une complication de plus.
Audrey : Depuis quand l’amour est une complication ?
Joey : Depuis qu’on a quatre travails et deux enfants à élever je suppose.
     Silencieusement, les jeunes filles plongèrent dans leurs pensées. Bon d’accord, la situation n’était pas des plus faciles mais ça n’était pas une raison, Jen ne parvenait pas à lui trouver d’excuse. Joey quand à elle, comprenait parfaitement le jeune homme, elle avait vue Bessie se débattre dans les problèmes jusqu’au coude lorsqu’elle avait eut Alexander, alors deux jeunes enfants….Audrey, elle, ne pouvait s’empêcher de laisser son esprit dériver et de s’inquiéter pour Joey.
Audrey : Ma puce lui dit-elle tendrement, ça ne te ferais pas bizarre ? Je veux dire, ça serait comme sortir avec un père célibataire non ?
Joey : Je suppose, oui. En faite, je ne me suis même pas posé la question, je l’aime bien c’est tout. Il n’y a rien de plus compliqué que ça.
 Audrey : Oui, mais Joey…dit-elle hésitante, est-ce que tu n’es pas entrain essayer de trouver un moyen de te…racheter. 
    Surprise, Jen dévisagea Audrey avant de reporter son regard sur Joey, elle n’avait pas songé à cette possibilité. 
Joey : Ca n’a rien à voir ! lâcha t-elle irritée. Ce qui s’est passé l’année dernière ne vient en rien altérer mes décisions aujourd’hui. Je ne changerais pas le passé et je ne cherche pas non plus l’absolution. J’ai pris une décision importante et je ne la regrette pas. Maintenant, passons à Jen ! annonça t-elle, clôturant la conversation.
Jen : J’ai rien de spécial moi dit-elle mal à l’aise, et comment ça se passe avec ton chien ? demanda t-elle à Audrey espérant la faire détourner de son idée fixe.
      Amusée par la manœuvre, Joey sourit. Elle n’y avait pas pensé ! Attirer Audrey dans son sujet de prédilection afin qu’on l’oublie ! Ca pouvait marcher.
Audrey : Tout va très bien, et avec lui, avec Jack, mes voisins, mes études et même avec le sans domicile fixe du coin. A toi ! insista t-elle.
 
    En bougonnant, Jen se releva et reprit la marche en jetant un coup d’œil à Jack. Il s’était assit près de la fontaine, comprenant sûrement qu’il s’agissait d’une discussion entre filles et désirant les laisser un peu seul. Pourquoi n’en existait-il pas un deuxième comme celui là ! Il n’existait que deux types bien à Capeside et il avait fallut que s’agissent de son meilleur ami et de son frère !
Jen : Un type me plaisait bien souffla t-elle en taisant le nom de Lucas, mais il est amoureux de quelqu’un d’autre. Pas de quoi en faire un plat, je ne suis pas la première à qui ça arrive.
    Elle espérait qu’elles en resteraient là…mais au fond d’elle, savait qu’elles ne le feraient pas. Affectueusement, Audrey lui passa un bras autour des épaules alors que Joey lui prenait le bras.
Audrey : Tu étais amoureuse de lui ? lui demanda t-elle tendrement.
 
     Jen prit quelques secondes pour y réfléchir.
Jen : Nan…je n’étais pas à proprement parler amoureuse mais il m’attirait et c’est frustrant de se faire piquer son mec avant même qu’on est eut le temps de l’avoir ! bougonna t-elle. 
     Amusée, Joey et Audrey éclatèrent de rire et Jen ne tarda pas à les rejoindre.
Jen : Sérieux les filles, j’ai envie de rencontrer un mec. ! Je veux quelqu’un qui ne soit attiré que par moi, qui puisse m’écouter parler pendant des heures sans jamais se plaindre, qui me demande comment s’est passé ma journée parce que ça l’intéresse vraiment et pas pour faire bien, qui soit capable de me supporter moi et mes manies et s’il pouvait être doué sous les draps, ça serait un plus ! s’exclama t-elle en souriant.
 
     En rigolant, ses deux meilleures amies la prirent dans leurs bras.
Joey : On va te le trouvait ton don juan lui promit-elle.
Audrey : Et même qu’il sera sacrément doué au pieu. 
      Elles éclatèrent de rirent et allèrent rejoindre Jack et le chiot. 


        Assit sur le capot d’une voiture, Pacey observait le va et vient de la ville. Tout le monde était pressé à cette heure-ci de la journée. Entre les sorties de boulot et d’écoles, une vaste faune peuplait les rues. Le soleil baignait la foule et semblait agir sur le moral des gens… une femme passa non loin de lui, rabrouant son fils qui s’était vautré dans la boue…enfin, chez certain pensa t-il en souriant. En regardant le petit, il songea à Buzz qu’il avait ramenait de l’hôpital la veille. Ils avaient eut une discussion tous les deux et s’étaient promis mutuellement de faire des efforts. Il devait reconnaître que ça lui avait fait du bien. Et Buzz avait l’air beaucoup plus détendu qu’auparavant.
Lucas : Je croyais que tu devais réparer cette voiture et pas t’asseoir dessus…
Pacey : Et toi, je croyais que tu devais m’aider et non jouer au basket lui rétorqua t-il en souriant.
Lucas : Un point pour toi. 
      Ils se sourirent et Lucas lui apporta un soda avant de prendre place avec lui et de regarder l’horizon.
Pacey : Tu viens toujours garder Alicia et Buzz ce soir.
Lucas : Evidemment, tu es prêt, tu as eus le temps de réviser ?
Pacey : Ca devrait aller…
Lucas : Je peux te poser une question ?
Pacey : Si tu peux aligner plusieurs mots d’affiler, oui, tu dois être en mesure d’aller jusqu’à poser une question.
Lucas : Très drôle !
Pacey : Nan, ce n’est pas encore ça, il va te falloir un peu d’entraînement. Regarde moi et prend des notes…Que veux-tu savoir ? Voilà une forme interrogative.
      Lucas lui donna un léger coup dans les côtés et rit avec lui avant de reposer un regard sérieux sur lui.
Lucas : Tu as des nouvelles de Joey ?
Pacey : Finalement, je préférais quand tu étais moins doué ironisa t-il en détournant le regard
     Pourquoi avait-il besoin d’être si curieux. Il n’avait pas vraiment envie de parler de Joey. Il ne l’avait pas revu depuis qu’elle était partie précipitamment quatre jours plus tôt. Il avait encore en tête leur baiser échangé et y repensé déjà trop souvent à son goût.
Lucas : Ca fait plusieurs jours qu’on ne l’a pas vu par ici…
Pacey : Elle doit avoir des trucs à faire…répondit-il aussi négligemment que possible.
Lucas : Tu as l’air de bien t’entendre avec elle souligna t-il.
Pacey : Je ne vois pas de quoi tu parles ! lâcha t-il en se levant prestement.       Distraitement, il se mit  à chercher des outils dans la pièce.
Lucas : Tout ce que je veux dire, c’est…
Pacey : Je préfère que tu ne dises rien. 
Lucas : C’est une chouette fille dit-il quand même.
 
      Pacey soupira et prit appui sur un établit avant de se tourner vers son meilleur ami.
Pacey : Je sais, et je n’ai aucune envie de lui faire de mal.
Lucas : Alors ne lui en fait pas.
Pacey : Malheureusement, si elle cherche plus qu’une relation amical, je serais bien obligé de… 
     Lucas lui posa une main fraternelle sur l’épaule.
Lucas : Tu n’es obligé de rien Pacey. Tu es capable de tout menait de front. Tu l’as déjà prouver et sortir avec une fille ne constituerait en rien un obstacle à l’épanouissement de ton frère et de ta sœur.
Pacey : C’est pas ça…répondit-il mal à l’aise.
 
      Lucas se souvint d’une conversation qu’il avait eut avec lui il y a très longtemps et dans laquelle Pacey lui avait fait part de ses remords face à l’accident de ses parents.
Lucas : Pacey, je t’ais déjà dis que tu n’y étais pour rien. Même si tu n’étais pas sorti ce soir là, ça serait arrivé.
      Pacey n’en était pas si sûr. Pour lui, cela avait été l’élément déclencheur de toute cette soirée. Mais il n’avait aucune envie de se replonger dans son passé maintenant, il avait du travail qui l’attendait. Décidé, il contourna son ami et se pencha sur la voiture.
Lucas : Pacey ?
Pacey : Hum ? fit-il en redressant la tête.
Lucas : Essaye au moins d’y penser, tu veux ?
     Pacey hocha la tête mais savait qu’il n’en ferait rien. Lucas ne pouvait pas comprendre. Il ne pouvait pas, c’était plus fort que lui. Sortir avec une fille lui faisait peur… 


        Amusé, Pacey dévisageait son petit frère, qui, l’air renfrogné, avait les bras croisé sur sa poitrine. Il faisait la moue et essayer toutes les tactiques possibles pour sortir de ce lit !
Pacey : Buzz, le docteur a dit que tu devais te reposer lui dit-il tendrement. 
    Doucement, il prit place au bord du lit et lui ébouriffa les cheveux.
Buzz : Je ne suis pas fatigué bougonna t-il. Je n’ai même plus mal ajouta t-il en esquissant un geste qui le fit grimaçait.
 
        En souriant, Pacey le dévisagea. C’était vrai qu’il avait recouvert pas mal de force et qu’à sa place, il détesterait être obligé de rester au lit. Ce n’était pas humain de forcer un enfant de neuf ans à passer tout son temps coucher ! Qui plus est, s’il n’était pas plus flexible avec les règles, Buzz le ferait quand même dans son dos et les dégâts pourraient être important. Ce soir, les Knicks jouaient et il savait que Lucas allait regarder le match avec Alicia dessinant à ses côtés. Sa petite sœur était assez ouverte pour ne pas insister à vouloir regarder des dessins animé lorsqu’un match de basket passait à la télé. Par contre, elle était intraitable sur le football ! Là, c’était la petite sirène ou rien.
Pacey : Tu me promets de ne pas faire d’histoire pour aller au lit après le match.
      Les yeux de son petit frère s’éclairèrent.
Buzz : Parole de scout dit-il en lui reprenant une de ses expressions.
     Tout content, il fit voler ses couvertures et esquissa le mouvement de se lever.
Pacey : Oh là doucement l’arrêta t-il, ne rêve pas trop quand même. Interdiction de marcher avant au moins demain. Tu n’es sorti qu’hier, inutile de jouer avec le feu.
       Buzz acquiesça, le principal étant de sortir de se lit. Délicatement, Pacey le prit dans ses bras et le descendit au salon. Buzz ne dit rien et apprécia même le contact rassurant de son frère. Il aimait la nouvelle relation qui semblait s’établir entre eux. Pacey le déposa soigneusement sur le canapé et étira un plaid sur lui.
Pacey : Interdiction de le laisser marcher et tu le remontes juste après le match ! ordonna t-il à Lucas, assit sur le canapé lui aussi.
Lucas : Le capitaine est dur dit-il en faisant un clin d’œil à Buzz qui souriait. Et j’ai le droit de le laisser boire ou manger quelque chose ?
     Pacey lui fit un air équivoque et se dirigea dans la cuisine où il rangea ses affaires dans son sac. Lucas vint le rejoindre quelques secondes plus tard.
Lucas : Tu sais qu’ils sont en de bonnes mains le rassura t-il.
Pacey : J’hésite, je pourrais encore appeler Mme Gills, elle ne doit pas encore être partie jouait au bingo… 
    Lucas lui lança un torchon qu’il avait sous la main au moment où la porte d’entrée de la cuisine sonna.
Pacey : Et puis, ce n’est pas comme ci, tu allais te retrouver tout seul…dit-il avec un léger sourire taquin.
Lucas : Comment ça ? s’enquit-il surpris.
Pacey : J’ai pris la liberté de faire venir de la compagnie annonça t-il en se dirigeant vers la porte. Bonsoir Haley.
     Il ouvrit la porte en grand et la serra contre lui alors qu’il la faisait entré.
Pacey : Tu connais Lucas je crois ? plaisanta t-il.
 
     Pacey s’amusa de l’air surpris et gêné qu’ils affichaient l’un et l’autre. Il avait bien sentit comme un malaise entre les deux et il était temps de le dissiper.
Haley : Bonsoir dit-elle timidement à Lucas.
Lucas : Haley… lâcha t-il froidement. J’y retourne dit-il à Pacey, le match va commencer.
      Pacey hocha la tête, déçu. Enfin se disait-il, ils auraient la soirée pour discuter.
Haley : Tu ne m’avais pas dis que Lucas serait là…dit-elle négligemment.
Pacey : Ah bon répondit-il innocemment.
Haley : Je vais peut être y aller, on a pas besoin d’être deux.
Pacey : Haley soupira t-il. Ca ne sert à rien de le fuir éternellement, j’ignore ce qu’il se passe mais c’est une bonne occasion pour discuter non ?
Haley : Tu crois ? demanda t-elle timidement.
      Pacey hocha la tête.
Pacey : C’est une tête de pioche mais tu sais comme moi qu’il finira par te pardonner quoi que tu ais fais. Il ne peux jamais rester fâcher contre toi très longtemps dit-il en souriant.
       Haley pria silencieusement pour qu’il ait raison. Délicatement, il lui déposa un baiser sur le front et sorti, son sac en bandoulière. Une demie heure plus tard, Lucas pénétra dans la cuisine afin de se chercher une boisson et aperçu Haley assise sur une chaise, la tête entre ses mains. A sa vue, elle se redressa aussitôt.  Lucas se gratta le crâne, évitant son regard.
Lucas : Je pensais que t’étais parti avoua t-il.
Haley : Non.
     Elle ne mentionna pas les dizaines de fois où elle avait fait le trajet jusqu’à la porte et l’avait refermé avant d’en avoir franchit le seuil. Elle ignorait ce qu’il l’avait fait rester, peut être le fait de ne plus supporter d’être fâcher avec lui. Depuis qu’elle avait huit ans, c’était la première crise qu’ils avaient dans leur amitié et tout ça, sans même avoir eut de dispute.
Haley : Je suis désolée dit-elle timidement.
     En soupirant bruyamment, il se dirigea vers le frigo et sortit un soda.
Lucas : J’ai pas envie d’en parler lâcha t-il renfrogné.
Haley : Je sais que tu m’en veux et que tu dois prendre ça pour une trahison mais…
Lucas : Tu permets, Buzz a soif lâcha t-il sans un regard pour elle avant de quitter la pièce.
 
     En soupirant de tristesse, elle se laissa retomber sur sa chaise. Ca ne serait pas facile, Lucas était quelqu’un d’adorable et qui pardonnait avec facilité mais pouvait-il pardonner à ce point ?
Lucas : Avec Nathan ! s’écria t-il en pénétrant à nouveau dans la pièce et en la dévisageant durement. Il fallait que tu sortes avec lui.
      Il parlait aussi discrètement que possible afin de ne pas attirer l’attention des enfants qui étaient dans le salon. Mais c’était plus fort que lui, il avait fallut qu’il revienne s’expliquer avec elle, il ne pouvait pas faire comme si rien ne s’était passé.
Haley : Je ne sors pas avec Nathan se défendit-elle soulagé à la fois qu’il soit revenu et inquiète de la tournure que prendrait la conversation.
Lucas : Alors c’était quoi ? Le début d’une amitié ? s’exclama t-il dédaigneux. Haley : Peut être…avoua t-elle d’un air contrit.
      Interloqué, Lucas la regarda sans réussir à comprendre.
Lucas : Avec Nathan ? s’exclama t-il abasourdi.
Haley : Il n’est pas comme tu le crois…dit-elle mal à l’aise.
Lucas : Oh je t’en pris, ne prend pas sa défense ! la conjura t-il en colère. Tu sais très bien tout ce qu’il représente, tout ce qu’il m’a fait voir à mon entrée dans l’équipe !
Haley : Mais ce n’était pas lui, c’est toi-même qui me l’a dis !
Lucas : Je m’en fiche ! dit-il de mauvaise foi.
Haley : Même cette fille, …Joey dit-elle en retrouvant son nom, trouve qu’il est sympathique, pourquoi le fait que je le pense aussi te dérange ?
Lucas : Parce que je ne connais pas Joey depuis l’enfance, parce que toi et moi c’est…     Surprise, elle se rapprocha de lui.
Haley : Oui, toi et moi c’est quoi ? l’incita t-elle pleine d’espoir.
      Il baissa la tête et soupira. Il se sentait las tout à coup. D’une main douce, elle lui remonta le visage vers elle. Il plongea son regard dans le sien et se sentit transperçait par la douceur et la tendresse qu’il y lut.
Lucas : C’est…important lâcha t-il. Je me fiche de ce que fais ou pense Joey, ça ne me touche pas, mais toi…
Haley : Je suis désolée lui redit-elle à nouveau.
Lucas : Tu es amoureuse de lui ? lui demanda t-il alors qu’il sentait son coeur se serrait à cette idée.
Haley : Non, bien sûr que non ! protesta t-elle.
     Soulagé, il sentit à nouveau l’air envahir ses poumons.
Lucas : Pourquoi alors ? lui demanda t-il perdu.
Haley : Je ne sais pas, je crois que j’ai eu envie de discuter avec quelqu’un qui ferait attention à moi...
       Hébété, il la dévisagea longuement, portant ses mains à son visage afin de l’enserrait doucement, l’encourageant ainsi à tout lui dire.
Haley : Pacey a sa petite parenthèse avec cette fille et on ne le voit plus beaucoup et toi, tu as la blonde. J’avais l’impression de ne plus avoir de place avoua t-elle sombrement.
Lucas : Haley ! s’écria t-il.
      Il lui caressa tendrement les joues du bout du pouce alors qu’il sentait les mains de la jeune fille se refermait sur ses hanches. Il plongea profondément son regard dans le sien et lui déposa un baiser sur le front comme l’avait fait Pacey un peu plus tôt dans la soirée. Mais cette fois, Haley sentit comme une marque brûlante lui picorait la peau. Elle ne pouvait se mentir plus longtemps, elle était amoureuse de lui. Eperdument.
Lucas : Dis toi bien une chose lui dit-il intensément. Quelle soit blonde, brune ou rousse, il n’y aura jamais de femme plus importante au monde pour moi que toi…Mise à part peut être ma mère ajouta t-il afin de masquer la gêne qu’il ressentait par un tel aveu.
 
     Haley sentit les larmes qui lui montaient irrémédiablement aux yeux. Le regard brillant qu’elle posée sur lui le transperçait de toute part. Il détestait la voir dans cet état, aussi, la pressa t-il contre lui. Frissonnant à son contact et humant le délicat parfum qu’elle dégageait. Dieu qu’il était bon d’être près d’elle. Troublé par cette idée, il se dégagea légèrement.
Lucas : Alicia s’est endormie, je vais aller la mettre au lit.
      La tête ailleurs, elle hocha la tête et le suivit du regard alors qu’il disparaissait de la pièce. Sentant son équilibre incertain sur ses jambes flageolantes, elle se laissa retomber sur la chaise et un sourire éperdu de bonheur vint flotter sur ses lèvres.


Marjo  (07.01.2007 à 04:43)
Alicia : Pourquoi je ne peux pas rester à la maison moi aussi ? bougonna t-elle.
      La main de sa petite sœur dans la sienne, Pacey aimait venir l’amenait à l’école lorsqu’il en avait l’occasion.
Pacey : Parce que toi, tu n’as pas eu d’appendicite lui dit-il gentiment en baissant son regard vers elle.
Alicia : Et comment je peux en avoir un ? le questionna t-elle. 
      Pacey se mit à rire et arrivé devant la grille du jardin d’enfant, il s’abaissa au niveau de sa sœur et la reboutonna.
Pacey : Ne t’embêtes pas à le chercher, il te trouvera lui-même un jour lui dit-il avec un clin d’œil.
Alicia : Et ce jour là je pourrais rester à la maison comme Buzz ? s’enquit-elle toute ragaillardie.
Pacey : Promis lui dit-il amusé.
        Toute contente et pleine d’espoir, elle lui planta un baiser sur la joue et disparut parmi la foule d’enfant qui gravitait déjà dans la cour. Pacey sourit en la voyant poser son petit cartable et se lancer dans une partie de marelle avec ses amies. Comme la vie pouvait être simple pour elle…songea t-il envieux. Forcé, il se redressa et décida d’aller travailler. Quelques rues plus loin, il s’arrêta, cloué sur place. Elle était là, assise à une terrasse de café, un livre à la main. Telle une apparition, ravissante et concentré, elle ne remarqua pas sa présence. En soupirant, il hésita à aller lui parler, ne sachant pas quoi lui dire. Il lui aurait été très facile de l’éviter. Mais cela faisait une semaine qu’il ne l’avait pas vu bon sang ! Elle ne lui avait pas donné de nouvelle et s’était sagement tenu à l’écart de la pizzeria et du garage. Il avait trouvé sa carte dans la poche de Buzz en faisant une lessive, par deux fois il avait composé son numéro de téléphone et avait finit par raccrocher avant qu’elle n’ait eut le temps de répondre, ne sachant pas quoi lui dire. Il avait simplement été mû par l’envie d’entendre sa voix. Il détestait ce qu’il lui arrivait mais il était forcé de reconnaître qu’elle lui avait manqué. Vraiment. Elle était parvenue en si peu de temps à prendre de l’importance dans sa vie. Il ne comptait plus le nombre de fois où Alicia l’avait réclamé. Quand à Buzz, même s’il ne disait rien, dès que sa petite sœur prononçait le prénom de Joey, il lui lançait un regard lourd de reproche, comme s’il savait que c’était à cause de lui qu’elle n’avait pas remit les pieds dans leur maison. Se sentant coupable à chaque fois que son regard accusateur se poser sur lui, il détournait l’attention de la petite par une pitrerie. Ne pouvant résister à l’envie de lui parler, il enfouit ses mains dans ses poches et parcourut les quelques mètres de distance qui les séparaient.
Pacey : Bonjour lui dit-il timidement.
       Surprise, elle releva la tête vers lui et d’un geste maladroit, se peignit les cheveux d’une main.
Joey : Bonjour.
     Seigneur, il était toujours aussi séduisant. Sept longs jours qu’elle ne l’avait pas vu ! De sa propre initiative certes, mais cette torture qu’elle s’était infligée, elle l’avait payé cher. Il lui avait manqué, atrocement. Pas une seule heure ne s’était coulée sans qu’elle ne pense à lui, pas une seule nuit sans qu’elle ne rêve de lui. Le bénéfice qu’elle avait tiré de cet éloignement, si on pouvait appelé ça un bénéfice, était qu’elle avait mit le temps à profit pour sonder son cœur. Hélas, la réponse avait été sans appel. Elle était amoureuse et au premier degré ! Celui qui ne laissait aucun répit à l’esprit, qui pensait en permanence à l’autre. Que faisait-il, où était-il, pensait-il à elle….tant de question qui ne l’avait pas quitté.
Pacey : On peut se parler ?
     Redoutant cette discussion, elle imagina rapidement un plan de sorti avant de se morigéner et de s’exhorter à affronter la situation. Elle était amoureuse de se garçon que diable, elle n’allait pas filer devant lui comme une gourde sous prétexte qu’il l’avait repousser alors qu’elle l’avait embrasser.
Joey : Bien sûr répondit-elle avec assurance.
     D’un geste, elle lui désigna le siège en face d’elle.
Pacey : On ne t’as pas beaucoup vu ces derniers temps…
Joey : J’ai eu pas mal à faire, on a eut des examens importants.
    Bon, il y avait bien eut une vague d’examens à l’université, il était bien placé pour le savoir, mais il savait par son air mal à l’aise qu’elle lui mentait. Il n’avait pas envie de la mettre dans une situation embarrassante en le lui faisant avoué, c’est pourquoi, il hocha la tête, d’un signe qui se voulait compréhensif.
Joey : Comment va Buzz ? demanda t-elle sincèrement intéressé.
       Elle s’en était voulue de ne pas prendre de ses nouvelles mais prendre le risque de téléphoner et de tomber sur Pacey était trop difficile. Elle n’était pas parvenue à passer outre.
Pacey : Il va bien lui répondit-il obligeamment. Il a hâte de reprendre le foot.
      Amusé, ils se sourirent avant que Joey ne détourne le regard.
Joey : Et comment va Alicia ?
Pacey : Elle n’arrête pas de demander après toi lui avoua t-il.
 
      Touchée, Joey se promit d’aller la voir.
Pacey : D’après elle, tu fais mieux les pâtes grimaça t-il.
 
      Joey rit doucement en ne pouvant s’empêcher de le contemplait à nouveau. A eux trois, ils formaient une famille adorable. Elle tenait sincèrement à eux, elle était amoureuse de Pacey, oui, mais elle n’en était pas moins attaché à sa famille. Sans perdre un instant de plus en platitude et comprenant que Joey n’y viendrait pas la première, Pacey décida d’entrer dans le vif du sujet.
Pacey : Je suis désolé pour l’autre soir.
       Ah y est, ils y étaient, elle prit sur elle pour ne pas montrer sa déception et pria pour paraître naturel.
Joey : N’en parlons plus répondit-elle négligemment. C’est de ma faute, je n’aurais pas dû. Tu m’avais déjà dis que la priorité était ta famille…
Pacey : C’est vrai je dois penser à eux en premier, je n’ai pas de place pour une fille lui dit-il en s’excusant. Mais j’ai la sensation de t’avoir laisser nourrir de faux espoirs et je m’en veux.
Joey : Je m’en remettrais, ce n’est pas la première fois qu’on me repousse répondit-elle avec un sourire qui se voulait détendue. 
      Surpris, il écarquilla de grands yeux. Quel était l’imbécile qui avait pu la repousser ?? Bon, lui l’avait fait mais il avait une bonne raison pour ça, sans obligation familiale il…Préférant ne pas pousser plus loin ses réflexions, il se pencha sur elle et lui prit machinalement la main.
Pacey : Je tiens vraiment à toi Joey et je serais désolé si on ne pouvait pas rester amis. 
      Joey regarda leurs mains jointes et sentit une boule de chaleur inondée son corps. Il tenait à elle se répéta t-elle mentalement alors qu’un sentiment de joie s’installer en elle. Rester ami ? Comment s’y prendre alors qu’elle sentait son corps réclamait le sien de façon si désespérer.
Joey : Bien sûr s’entendit-elle répondre malgré tout.
      Son amitié était mieux que rien. Pour sa propre sauve garde, elle retira sa main de la sienne et bizarrement, la trouva bien froide ainsi séparer de celle de Pacey. Comme le contact du jeune homme pouvait être agréable…
Pacey : Bien dit-il surpris par son geste.
 
      Lui-même se sentait troublé par le contact furtif de leurs deux mains et décida d’abréger cette conversation.
Pacey : Je vais devoir y aller si je ne veux pas être en retard.
       Silencieusement, elle hocha la tête. Il lui sourit une dernière fois et fit quelques pas vers la route qui le mènerait au garage avant qu’une force irrésistible ne le pousse à se retourner vers elle. Elle lui souriait, de ce sourire si particulier qui lui plaisait tant.
Pacey : On se revoit bientôt ? lui demanda t-il, d’une voix pleine d’espoir.
Joey : Je te le promets.
       Soulagé, il lui sourit encore une fois et en soupirant, il reprit son chemin. Malgré lui, il s’était attaché à cette fille, bien plus qu’il ne l’aurait dû…     


Nathan
 : Allez ! râla t-il.
      Assis au pied de son lit, Nathan testait le tout dernier jeu de courses automobiles qu’il venait de s’offrir. Rien n’était plus reposant que de profiter de la maison lorsqu’elle était vide. Quand son père était ici, il était toujours là à rôder un peu partout, à provoquer, à rabaisser…et sa mère, constamment partie en voyage d’affaire, ne faisait pas grand-chose pour l’aider. Il vivait dans une de ses familles modernes où c’était le père qui était le plus souvent à la maison…malheureusement. La porte d’entrée retentit et sonna la fin de son « quartier libre ». Lorsqu’il entendit les escaliers résonner, il soupira, il s’y était déjà préparé. Son père apparut quelques secondes plus tard dans l’embrasure de sa porte. S’il n’avait pas pris la peine d’ôter sa veste et était monté directement le voir, c’est qu’il était vraiment furax.
Dan : On peut savoir où t’étais ?? s’écria t-il.
Nathan : Ici, comme tu vois répondit-il négligemment.
Dan : Ne fais pas l’imbécile avec moi Nathan, les qualifications auprès des recruteurs de première division c’était cette après midi !
Nathan : J’ai oublié mentit-il effrontément.
Dan : Oublié ? répéta t-il hébété ! Je te l’ai rappelé ce matin ! Tu as de la chance, je leur ai fait croire que tu ne te sentais pas bien et ils ont fini par accepter de te revoir demain matin.
       Nathan soupira et éteignit sa console en se redressant.
Nathan : Tu n’aurais pas dû te donner cette peine, je n’irai pas.
Dan : Tu n’avais pas oublié comprit-il, tu as sabordé ta seule chance d’entrer dans une équipe professionnelle !!
Nathan : Ecoute papa, le basket c’est ton truc, pas le mien. J’aime y jouer mais ça s’arrête là. 
     Dan le contempla comme si il avait reçu le ciel sur la tête. Il avait épuisé tant d’énergie pour le former…qu’il ne pouvait pas croire que c’était son fils qui parlait.
Dan : Ecoute moi bien, tu vas prendre une douche, manger un morceau et faire une bonne nuit de sommeil. Ensuite demain, tu essayeras de réparer tes bêtises en impressionnant ces gens.
Nathan : Tu ne m’écoutes pas…
Dan : J’ai très bien entendu mais il n’est pas question que je te laisse détruire des années de travail sans rien dire, je ne t’ai pas élever pour perdre.
Nathan : C’est ton point de vue, pas le mien.
Dan : Tu es chez moi Nathan, et tu feras ce que je te dis.
Nathan : Dans ce cas, je m’en vais.
Dan : Et où comptes-tu aller ? se moqua t-il, sans moi, tu n’es rien.
Nathan : C’est plutôt sans toi que j’ai l’impression d’exister.
       Mêlant le geste à la parole, il décida de ne pas perdre de temps. Il n’aimait pas cette maison de toute façon et s’y sentait oppressé. Rapidement, il rangea quelques affaires dans son sac de sport.
Dan : Qui crois-tu qui va t’héberger, tu n’as plus vraiment d’ami à ce que j’ai entendu dire…lui dit-il avec un petit air supérieur.
Nathan : Je préfère encore dormir dehors qu’ici. Ca serait même plus chaleureux.      Il ferma son sac et affronta son père du regard, c’était la première fois qu’il se sentait libre. Complètement libre. Il savait en prenant cette décision cette après midi qu’il y aurait de fortes répercussions et n’avait pas été jusqu’à imaginer cette possibilité mais il ne regrettait rien. Il allait enfin pouvoir vivre pour lui. Il passa à côté de son père et celui-ci le rattrapa brutalement par le bras.
Dan : Réfléchis bien Nathan, quand tu reviendras en rampant, rien n’indique que je serai disposé à te laisser regagner le domicile lui dit-il froidement.
 
     Nathan se dégagea et au lieu de se sentir effrayé, il se sentit heureux. Pour la première fois de sa vie, il avait le dessus sur son père. Un large sourire ourla ses lèvres et il quitta la maison le cœur léger. Une heure plus tard, il cognait timidement contre une porte en bois. C’était la seule personne a qui il avait pensée. Son père avait malgré tout raison, il n’avait plus réellement d’ami à Hillcrest. Lorsque le battant s’ouvrit, il sourit timidement à la personne en face de lui.
Nathan : Je suis désolé de te déranger dit-il en voyant les lunettes sur son nez et son crayon dans les cheveux, je sais qu’on n’est pas ami depuis très longtemps mais j’aurais besoin que tu m’héberges quelques temps.
Joey : Tu t’es disputé avec ton père ? s’étonna t-elle.
Nathan : On peut dire ça, et je n’ai pas très envie d’y retourner.
      Comprenant parfaitement ce qu’il voulait dire, elle ouvrit la porte en grand et se poussa du chemin. Elle ne connaissait Dan Scott que de par ce qu’il lui en avait raconté, mais c’était suffisant à faire détester n’importe qui.
Joey : Il faut que je vois avec ma colocataire, mais je suis sûre que Jen n’y verra pas d’inconvénient lui assura t-elle.
 
      Soulagé, il laissa son sac tombé à terre et se laissa aller aux bras qu’elle lui tendait.
Joey : Comment tu te sens ?
Nathan : Etonnamment bien lui avoua t-il. Je suis désolé de débarquer comme ça, mais je ne savais pas vers qui me tourner et je suis sûr que mon père ne penserait pas à venir me chercher ici. 
      Affectueusement, elle lui sourit.
Nathan : Tu sais ce dont j’ai envie….
     Joey hocha négativement la tête.
Nathan : D’une sortie ! soupira t-il. On est vendredi, qu’est-ce que tu dirais d’aller boire un verre quelque part ce soir ?
Joey : J’en dirais que c’est une excellente idée mais que j’ai encore quelques devoirs à terminer avant dit-elle en désignant son ordinateur portable ouvert sur son lit ainsi que quelque bouquins éparpillés autour.
Nathan : Je dois aller chercher du boulot de toute façon. Si je veux me trouver un appart, faut bien commencer quelque part…lui expliqua t-il. On pourrait se rejoindre là- bas.
Joey : Ca marche ! acquiesça t-elle.
      Une sortie lui ferait le plus grand bien à elle aussi. Alors que Nathan lui expliquait rapidement l’idée qu’il avait en tête et lui donnait l’adresse d’un bar très bien dans Hillcrest, elle lui glissa le double des clefs de la chambre. Reconnaissant, il l’embrassa sur la joue pour la remercier et fila faire ses recherches.
 

          Cette soirée était tout se dont il avait besoin songea t-il en regardant Lucas à ses côtés. C’était la première fois depuis sept mois qu’il remettait les pieds chez « Becky’s ». Le café le plus branché du coin où les jeunes venaient traîner le week end, boire un verre et se détendre un peu. Il y avait ses habitudes et le connaissait par cœur. Il en avait passé des soirées ici ! A remporter des parties de billard ou draguer des filles ! A cette pensée, il sourit en apercevant la barmaid faire son show devant de nouveaux clients, une vieille connaissance avec qui il avait déjà partagé quelques soirées dans l’arrière salle se rappela t-il avec nostalgie. En ce temps où l’insouciance de son adolescence était son seul mode de vie. Agé de 25 ans, Becky, jeune blonde aux magnifiques yeux bleus, travaillait là depuis son plus jeune âge, son père, propriétaire des lieux et unique parent de la jeune fille après la mort de sa mère à la naissance de celle-ci, l’avait vite familiarisé avec les alcooliques et les dragueurs en tout genre. Elle était à même de réduire à néant n’importe quel type un peu trop entreprenant ou bagarreur. Se sentant rempli de nostalgie, il regarda tout autour de lui. L’air sentait bon la liberté… et l’alcool aussi reconnut-il en souriant. Se tournant d’un coup vers Lucas, assis sur la banquette de cuir marron en face de lui, il le dévisagea.
Pacey : Ca fait un moment que je n’ai pas vu Haley ?
Lucas : Elle était partie au toilette il y a un quart d’heure.
Pacey : Tu as déjà vu une fille y rester aussi longtemps ? demanda t-il en haussant un sourcil. 
      Lucas haussa négligemment les épaules.
Lucas : Je ne me suis jamais penché sur le sujet, désolé. Je n’ai pas pensé à chronométrer. 
      En réalité, il était inquiet et cela faisait dix minutes et trente secondes précisément qu’il la cherchait du regard. Elle n’était pas du genre à disparaître sans rien dire. Et elle ne serait pas repartie si tôt, elle s’était tellement réjouie de cette soirée à trois.
Lucas : Je vais aller voir où elle est. 
     Pacey hocha la tête et se replongea aussitôt dans l’atmosphère. Avisant la table de billard et ses occupants, il se leva et s’en rapprocha discrètement avant de rire en voyant le joueur rater sa cible.
Pacey : T’es toujours aussi nul à ce jeu… soupira t-il amusé.
Skills : Witter ! s’exclama t-il en venant le serrer affectueusement dans ses bras. On croyait que t’avais disparu !
Pacey : Disons que je suis « occupé ». Salut Micro dit-il en apercevant le jeune homme à quelques pas derrière.
Micro : Salut Pacey, ça fait du bien de te revoir.
      Pacey lui sourit affectueusement, Micro était un garçon sympa. Effacé pour la plupart des gens mais vraiment adorable lorsqu’on le connaissait bien. Il manquait juste de confiance en lui. Chose que le groupe essayait de lui inculquer depuis qu’il l’avait pris sous leur aile. Il consulta sa montre.
Pacey : Je crois que j’ai encore le temps de te foutre une raclée annonça t-il joyeusement à Skills.
 
      Cette sortie à trois était l’idée de Karen, qui jugeait que Pacey passait trop de temps enfermé et elle s’était proposée pour garder son frère et sa soeur. Il avait d’abord refusé poliment, mais Haley et Lucas avaient fini par avoir raison de lui. A cette heure-ci, Buzz et Alicia devaient être choyés par la mère de son meilleur ami et son oncle. Il vida le reste de son soda, regrettant amèrement qu’il ne s’agisse pas là d’une bière et s’empara d’une canne alors que son ami préparait le tapis.
Lucas : Je ne la trouve pas dit-il irrité en les rejoignant alors que Pacey venait de faire s’entrechoquer les boules et d’en faire  tomber trois d’entre elle.
Skills : La chance du débutant…murmura t-il derrière lui.
Micro : Après une absence prolongée, Pacey nous revient plus en forme que jamais, toujours prêt à battre n’importe lequel de ses camarades dans l’un de ses domaines de prédilection préféré ! annonça t-il dans son micro.
 
      Loin d’avoir la carrure suffisante pour faire partie d’une équipe sur un terrain, ce qu’affectionnait particulièrement Micro c’était les commentaires sportifs en tout genre. Lucas avait été le premier à l’encourager dans cette voix et depuis, Micro retransmettait tout ce qu’il pouvait d’un quelconque affrontement entre deux joueurs par le biais de son site internet.
Pacey : Tu l’as cherché partout ? demanda t-il à son meilleur ami.
Lucas : Oui s’énerva t-il.
Haley : Je suis là dit-elle en rigolant alors qu’elle posait ses mains sur les yeux de Lucas pour jouer.       Lucas se retourna et la fixa durement.
Lucas : T’étais passée où ? l’interrogea t-il en colère.
     Appuyés sur leurs cannes de billard, les joueurs avaient suspendu leur partie et assistaient au divertissement que la vue leur offrait. Lucas paraissait réellement furieux. Suspendu à son cou, Haley lui faisait face, toujours souriante.
Haley : Je faisais juste un petit tour, j’ai rencontré un garçon…trop sympa ! déclara t-elle en riant bêtement.
 
      Lucas observa ses yeux vitreux et son sourire niais sur les lèvres. Les vapeurs d’alcool qui se dégagèrent d’elle eurent raison de ses inquiétudes.
Lucas : Tu es ivre ma parole ! s’exclama t-il en resserrant ses bras autour d’elle afin de la tenir debout.
Haley : Je n’ai bu qu’un petit verre de rien dit-elle en mimant une dose imaginaire avec des doigts incertains.
Lucas : Il vaut mieux que je la ramène.
Haley : Hum…dit-elle avec un sourire coquin, tu me ramènes jusque dans mon lit…
Skills : Ouh…s’exclama t-il en pinçant des lèvres alors que les autres sifflaient et que Pacey se contentaient de sourire.
 
      Pacey n’aimait pas l’idée qu’Haley puisse avoir bu mais peut être que ça aurait le mérite de faire un peu bouger les choses. A voir la tête que faisait Lucas, il paraissait inquiet mais troublé à la fois.
Lucas : Elle est entrain de délirer dit-il à l’encontre des mecs afin qu’ils se calment. C’est Haley voyons ! les rabroua t-il.
Haley : Eh ! s’exclama t-elle en plissant des yeux énervés, j’ai beau être juste « Haley », je sais encore ce que je fais. Et je suis aussi une fille je te ferais dire !
    Brutalement, elle le repoussa mais son équilibre étant précaire, Lucas la reprit très vite contre lui. Une erreur qu’il ne comprit que lorsqu’elle passa à nouveau ses bras autour de son cou et qu’il sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine. Il ne contrôlait plus rien. Ni son cœur, ni sa respiration. Et le regard séducteur qu’elle plongea sur lui eut fini de marquer son embarras.
Haley : Merci lui murmura t-elle tout contre ses lèvres avant de les effleurer tendrement.
       Derrière lui, il entendit vaguement des jurons et des rires mais toutes ses pensées s’étaient embrouillées au moment même où Haley avait posé ses lèvres douces sur les siennes. S’exhortant au calme et à la responsabilité, il la repoussa gentiment.
Lucas : Je la ramène et je reviens annonça t-il à ses amis. 
     Haley riait mais ne semblait plus avoir les idées claires ou même réaliser son geste. Elle adressa un vague signe de la main à ses amis et disparut avec Lucas. Ce dernier, la tenant fermement par la taille.
Skills : Combien de temps encore avant qu’il ne réalise qu’il est mordu selon vous ? s’enquit-il.
Pacey : A mon avis s’est déjà fait. C’est juste un peu perdu dans les brumes de son cerveau plaisanta t-il. Quelques raccords et ce sera bon.
      Ils se tapèrent dans les mains en souriant.
Skills : Ca ne serait pas trop tôt !
     Amusés, ils reprirent leur partie...  


Jen
 : Pas désespérée ? soupira t-elle. Dawson, on est vendredi soir, et je suis au téléphone avec mon frère qui se prépare à sortir alors que moi je suis entrain de regagner ma chambre pour y passer une soirée toute seule !
Dawson : Bon, c’est peut être pas le plan idéal du vendredi soir plaisanta t-il, mais je suis sûre que ça peut s’arranger. Où est Joey ?
Jen : J’en sais rien soupira t-elle, peut être avec son pizzaïolo, j’ai essayé de la joindre mais ça répond pas maugréa t-elle.
Dawson : C’est le garçon compliqué ?
Jen : Ouais…mais on s’écarte du sujet là, je t’ai appelé pour parlé de moi !Dawson : Désolé s’excusa t-il en riant, pourquoi ne pas appeler Audrey et Jack ?Jen : Parce que je n’ai aucune envie de déranger deux amoureux un vendredi soir.
Dawson : Ils ne répondent pas au téléphone ? l’interrogea t-il amusé.
Jen : Non…
     Elle entendit son frère sourire de l’autre côté du combiné, c’était quelque chose de palpable. Ils avaient toujours su ce que pensait l’autre et s’étaient toujours très bien entendu.
Dawson : J’imagine que sortir toute seule et rencontrer de nouvelles personnes est exclu ?
Jen : Dawson, tu sais comment on appelle ce genre de personne ? Des pauvres filles répondit-elle avant même qu’il n’ait pu émettre une hypothèse. Et je préfère encore jouer ce genre de fille à l’abri des regards.
Dawson : Tu sais très bien que même si je sautais dans le premier avion pour venir te voir, je ne serais là que demain matin et tu passerais quand même la soirée toute seule.
Jen : Je sais bougonna t-elle. Si t’avais mieux choisi ton université aussi !
Dawson : Je sens que je vais encore l’entendre souvent celle là soupira t-il.       Un léger sourire revint aux lèvres de Jen. Dawson avait toujours été son antidote à l’ennui et le meilleur pour lui remonter le moral et lui redonner le sourire.
Dawson : Bon tout ce que je peux faire, c’est passer la soirée avec toi au téléphone. C’est pas terrible et ça va nous coûter cher, mais si tu en as besoin…
Jen : Nan refusa t-elle, inutile de nous gâcher nos deux soirées. Autant que l’un d’entre nous s’amuse.
Dawson : Et les garçons ? lui demanda t-il. Ne me dis pas qu’aucun n’a encore succombé à ton charme, quoique… se reprit-il, en tant que frère aîné, je n’ai pas particulièrement envie d’entendre ça.
Jen : Personne ! vociféra t-elle, ne tenant pas compte de sa dernière remarque. Tous les plus mignons sont pris, d’une façon ou d’une autre !
Dawson : Ca viendra Jenny lui dit-il tendrement.
      En faisant la moue, elle fit basculer son sac sur son autre épaule et chercha ses clefs dans son sac.
Dawson : Je suis sûr qu’un jour, tu rencontreras un type bien et que c’est avec lui que tu partageras tes soirées du week end.
Jen : Ben voyons, et il m’attendra sagement à la maison prêt à me faire l’amour lorsque je rentrerais !
      Dawson râla à l’autre bout du fil.
Dawson : S’il te plait, ne me remet plus jamais ce genre d’image sous les yeux grimaça t-il en secouant la tête, c’est….beurk !
      Jen était sa petite sœur, il l’avait toujours considérée comme telle et même s’il ne la savait plus innocente, pour lui, elle resterait toujours la petite fille qui venait se glisser dans son lit lorsqu’il y avait un orage et qu’il endormait à grand renfort d’histoires drôles. Ou encore celle qui avait vomi tout son déjeuner sur ses chaussures le premier jour de la rentrée au collège, mais une fille sexuellement active…non !
Jen : Dawson, le jour où… 
     Bouche bée, Jen avait encore la main sur la porte et n’avait pas encore retiré la clef de la serrure.
Dawson : Jen ? s’inquiéta t-il.
     Hébétée, Jen ferma les yeux quelques secondes, certaines d’avoir eu une hallucination, mais non, lorsqu’elle les rouvrit, il était toujours là. Un jeune garçon brun, une serviette nouée autour de la taille se tenait dos à elle et semblait fouiller dans un sac. Cherchant du regard, elle chercha après Joey mais ne la trouva pas, s’agissait-il de ce Pacey ? Après un bref regard sur son reflet dans le miroir, elle en déduisit que non.
Dawson : Jen ? s’impatienta t-il.
Jen : Désolée, mais faut que je te laisse…murmura t-elle.
Dawson : Qu’est-ce qui se passe ?
Jen : Le père noël vient de me livrer…répondit-elle sans quitter du regard le magnifique torse musclé du jeune homme.
     Interdit, Dawson n’eut pas le temps de répondre qu’elle avait déjà raccroché. Jen déposa silencieusement ses affaires et referma la porte derrière elle. La présence de ce garçon l’intriguait plus que cela ne l’inquiétait. Joey l’avait sûrement fait entrer. Il devait avoir une bonne raison d’être là et n’était assurément pas un voleur. Quel type de voleur prendrait une douche avant de repartir ? Elle le détailla rapidement du regard, il était mignon, très mignon même…elle avait une préférence pour les blonds en temps normal mais il n’y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d’avis…
Jen : Ce n’est pas exactement ce que j’avais commandé dit-elle tout bas en levant les yeux vers le ciel… mais merci pour la rapidité ! 
     Se rendant subitement compte d’une présence étrangère, Nathan se retourna et sursauta.
Nathan : Tu dois être Jen ?
Jen
 : Et tu es… ?
Nathan : Nathan, un ami de Joey.
     Tout à fait rassurée, elle se rapprocha de lui et prit la main qu’il lui tendait.
Jen : Je ne m’attendais pas vraiment à trouver un garçon dans ma chambre s’exclama t-elle en lui souriant. Encore moins, à moitié nu…ajouta t-elle avec un sourire taquin.
Nathan : Tu n’as pas encore vu Joey… comprit-il mal à l’aise, elle et moi ont est devenu ami et elle a accepté de m’héberger quelques jours…Si ça ne te dérange pas bien sûr. 
     Oh ça ne la dérangeait pas le moins du monde !
Jen : Tu peux rester. Joey est une fille intelligente, si elle te fait confiance, moi aussi.
Nathan : Merci lui sourit-il soulagé. Je me suis permis de me servir de la douche… 
    Jen secoua négligemment la tête en signe d’indifférence.
Jen : Joey est là ?
Nathan : On doit se rejoindre en ville. Tu peux venir si tu veux.
      Ravie, un large sourire illumina son visage. Cette soirée s’annonçait sous de très bons auspices finalement !
Jen : Avec plaisir acquiesça t-elle.
Nathan : Je me change et on y va.
      Prestement, il se saisit de quelques affaires et disparut dans la salle de bain. Se mordillant la lèvre inférieure, Jen sautilla sur place avant de se laisser tomber sur son lit.
 

        Victorieux, Pacey leva les bras en l’air avant de faire un air faussement désolé à son ami.
Pacey : Tu auras plus de chance la prochaine fois ! se moqua t-il.
Skills : C’est ma tournée, je te paie une bière.
Pacey : Désolé dit-il en consultant sa montre, va falloir que j’y aille, vous m’excuserez auprès de Lucas.
       Déçu, les autres hochèrent néanmoins la tête, c’était déjà bien de l’avoir revu. Après les avoir salué, il se dirigea vers la sortie et sourit en voyant Becky marcher vers lui. Cette fille avait beau travailler dans un univers d’hommes, elle savait garder tout son charme et sa classe. Il n’avait jamais été amoureux d’elle mais gardait un souvenir attendri de leur tête à tête.
Becky : T’allais tout de même pas partir sans me dire au revoir joli cœur !
Pacey : Loin de moi cette idée.
Becky : Ca fait du bien de te revoir lui avoua t-elle sincère
      Touché, il sourit tendrement. A lui aussi ça lui avait manqué.
Becky : Ne sois plus si long la prochaine fois 
Puis, d’un geste naturel, elle se pencha vers lui et l’embrassa à pleine bouche. Amusé, il lui rendit son baiser avant de lui sourire et de se tourner machinalement vers la porte d’entrée. Là, son sang se glaça dans ses veines. A quelques mètres devant lui, se tenait Joey, pétrifiée. Elle avait l’air profondément déçue et…triste. En soupirant, il baissa la tête et lorsqu’elle fit demi tour et sortit précipitamment, il sourit sombrement à Becky et la suivit….  


                                                                                  A SUIVRE

Marjo  (07.01.2007 à 04:57)
Purée, ça fait une plombe que je suis sur cet épisode ! J'ai cru que je ne le mettrais jamais ! Enfin voilà, il est là. J'espère qu'il vous plaira et que le mélange des deux séries ne vous gâchera pas l'histoire. J'ai essayé d'intégrer ce changement de manière à ce que même ceux qui n'ont jamais regardé un seul épisode de "Les frères Scott" puisse s'y retrouver et que ceux qui connaissent déjà ne soient pas trop perdus.

Par contre, je tiens à prévenir à l'avance, la seconde partie ne viendra pas avant des lustres alors patience...

Bonne lecture.

Marjo  (07.01.2007 à 05:01)

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