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Série : Dawson's Creek
Création : 03.06.2007 à 16h51
Auteur : VinnAnne
Statut : Terminée
Suite de l'épisode: Le rendez-vous
Cette fanfic compte déjà 13 paragraphes
Joey se réveilla en sursaut, couverte de sueur.
Elle dut faire un effort surhumain pour que les battements de son cœur s’arrêtent, mais elle avait l’impression qu’il allait exploser dans sa poitrine. Jamais, elle n’avait fait un rêve comme celui-là.
Cette nuit dans les bras du jeune homme avait été tellement vraie, qu’elle se rappelait chaque caresse, chaque baiser sur sa peau. Elle revoyait le visage du garçon si près du sien et sentait encore comme l’empreinte de sa bouche sur son cou. Joey porta une main sur son torse et constata qu’il était trempé, elle avait transpiré…
Quand elle inspecta la pièce, elle se rendit compte qu’elle se trouvait chez elle, sur son lit, elle ne s’était pas déshabillée, et avait mal aux yeux. En passant une main dessus, elle remarqua qu’ils étaient humides, et se rappela ce qu’il s’était passé.
Elle était rentrée chez elle la veille, après une discussion froide avec le jeune homme, puis s’était endormie en rage contre elle-même de continuer d’aller chez lui en vain.
Et elle sursauta, le visage du jeune homme lui apparut très nettement. La jeune fille revoyait les cicatrices qui lui barraient la figure, les bleus sur ses pommettes, et les plaies dans son cou.
Et elle s’en voulait, car elle avait détourné la tête, incapable de le regarder plus longtemps de si prés.
Joey se maudissait, pourquoi avait-elle détourné le regard ? La fille descendit de son lit et se regarda dans son miroir, elle avait les yeux bouffis, et les cernes qui y apparaissaient, transmettaient le fait qu’elle n’avait pas beaucoup dormi.
Bessie (en bas, l’appelant) : Joey ! Téléphone !
Joey grimaça devant sa glace, Bessie allait remarquer qu’elle avait les yeux gonflés, c’était sur !
La fille arriva en bas des escaliers, en prenant le soin de mettre ses cheveux sur son visage. Mais Bessie était loin d’être naïve et elle remarqua le petit jeu de sa sœur cadette.
Bessie : Que s’est-il passé ? Tu as une tête épouvantable !
Le dernier désir de Joey était de parler avec sa sœur de ce qui s’était passé.
Joey : Rien, c’est de ma faute.
Bessie, contrairement à ce que pensait Joey, ne chercha pas à en obtenir d’avantage et disparut dans la chambre de bébé.
Quand elle eut totalement disparut, la jeune fille prit le combiné.
Joey : Allo !
Voix : Joey, c’est Mme Witter, je voulais vous dire que si vous vouliez venir ce soir, je n’étais pas là. Je préfère vous prévenir, au cas où vous ne désireriez plus être seule avec mon fils.
Joey agrippa l’appareil plus fortement. Elle savait déjà ce qu’elle comptait faire même si elle était furieuse contre elle-même et contre le garçon.
Joey (doucement) : Merci !
Puis elle raccrocha, Bessie venait d’apparaître dans le couloir, et la fixait, sceptique, Alexander dans les bras.
Bessie : Tu vas y retourner… encore ?
Joey soupira d’impatience mais également de fatigue, elle avait envie de dormir, de s’éloigner de cette discussion où elle savait qu’il n’y avait pas d’issue.
Joey (suppliante, lasse) : Je t’en prie pas aujourd’hui !
Bessie (exaspérée) : Je sais ce n’est jamais le bon moment.
Vraisemblablement furieuse contre sa cadette, celle-ci attrapa son sac puis ses clés, et s’en alla en claquant la porte derrière elle.
Joey garda les yeux fixés sur la porte quelques instants avant de s’effondrer dans le canapé à quelques pas derrière elle. Prenant sa tête dans ses mains, elle soupira. Pourquoi fallait-il qu’elle fasse souffrir tout le monde ces temps-ci ?
Elle ne se comprenait plus. Depuis quelques temps, elle n’avait plus le goût d’écouter les autres, de parler avec eux, de les aider.
La jeune fille se frotta la figure de ses paumes, pour se dégager de toutes ses tensions. Mais, elles ne partirent pas. Se massant les tempes, la fille se remémora la dernière fois où elle avait dit un mot gentil à ses amis, mais ne s’en souvenait plus.
Joey savait pourquoi elle avait changé, mais refusait vraiment de le faire éclater au grand jour.
Alors qu’elle se frottait les paumes contre ses yeux, lasse de toute cette histoire, Joey entendit frapper à la porte, mais avant qu’elle n’ait pu prendre conscience qu’il fallait qu’elle aille ouvrir la porte, celle-ci s’ouvrit, et Jen apparut dans la pièce. Joey avait l’impression de marcher au ralenti ce matin, car elle ne l’entendit arriver que lorsque celle-ci posa une main sur son épaule.
Jen (inquiète) : Joey ça va ?
Levant la tête, Joey sourit à son amie pour la rassurer, mais la jeune fille face à elle garda une mine inquiète.
Joey (regroupant ses jambes vers elle) : Oui, je suis juste un peu fatiguée !
Jen (se moquant gentiment) : Un peu ? On dirait que tu n’as pas dormi depuis des jours !
Joey demeura silencieuse, le regard perdu, fixé sur le sol, en son for intérieur, elle savait ce qui n’allait pas.
Jen (redevenant sérieuse) : On se fait du soucis pour toi Joey.
Joey releva vivement la tête vers son amie, il y avait une lueur de tristesse dans ses yeux, car elle savait très bien que depuis quelques temps, elle n’était plus là même.
Jen (rassurante) : Tu ne veux pas me dire ce qu’il se passe ?
Joey serra ses genoux entre ses bras, et posa sa tête sur eux, se sentant en sécurité dans cette position.
Joey (hésitante, cherchant une réponse sincère) : Je…Je ne sais pas trop ce qu’il m’arrive. Elle fronça les sourcils, je ne sais pas pourquoi j’agis comme ça, pourquoi je suis comme ça…C’est comme si…
Jen la fixa plus intensément, attendant la suite, elle avait peur pour son amie, parce que, ces derniers temps, elle était tellement différente de la fille joyeuse que tout le monde connaissait.
Joey (continuant) : Comme si…j’avais perdu le goût de la vie… après un temps, elle poursuivit tout bas, moi aussi…
Jen n’était pas dupe, elle avait entendu ces derniers mots, mais n’en dit rien, préférant se taire, pour ne pas que sa meilleure amie se sente prise au piège.
Jen (d’une voix douce) : Je vais te préparer un chocolat chaud, ça te fera du bien !
Joey garda le visage dans ses genoux, elle ne dit rien, mais sourit, elle adorait Jen dans ces moments là, car celle-ci savait s’occuper de ses amis comme il le fallait.
Quelques minutes plus tard, la jeune fille revint avec deux tasses fumantes, qui sentaient bon le chocolat. A peine eut elle touché la tasse et humé l’odeur, que Joey se sentit mieux, et se détendit.
Jen ne cessait de la regarder, comme épiant chacun de ses gestes pour essayer de deviner ce qui n’allait pas. En vérité, elle savait très bien que le changement d’attitude de son amie avait un rapport direct avec le jeune homme caché dans l’ombre, mais elle préférait que Joey parle la première.
Au bout de quelques instants de silence, celle-ci se sentit observée et reporta son attention sur Jen, elle avait un sourire rassurant sur les lèvres qui l’encourageait à se dévoiler, mais Joey avait peur du regard, du jugement de sa meilleure amie à la suite de cette révélation. Comment pourrait-elle dire qu’elle était en train de tomber amoureuse d’un garçon qui était cruel avec elle ?
Jen n’en pouvait plus, cela faisait quelques minutes maintenant que Joey se terrait dans un mutisme profond, buvant son chocolat, et gardant les yeux rivés sur la table basse, dans le vague.
Jen : Qu’est-ce qui ne va pas Joey ?
A sa grande surprise, Joey lui sourit, comme moqueuse.
Joey (riant, se moquant) : Et ba ! Tu n’as pas tenu longtemps !
Jen eut une grimace boudeuse, mais ravie, elle avait cru que sa Joey avait disparu.
Jen (lui balançant un coussin dans la figure) : Ca t’amuse !
Joey rigola plus fort, et attrapant un autre coussin lui renvoya la pareil, ainsi, elle entraîna Jen dans son hilarité, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Jen n’avait pas changé, elle était incapable de ne pas s’inquiéter pour ses amis, comme elle était incapable de ne pas s’occuper de leurs affaires !
Quand Joey retrouva son calme, et surtout, son sérieux, Jen remarqua que son sourire s’effaça directement, pour laisser place à un visage triste, elle devina que la jeune fille se remettait à ressasser des idées sombres.
Jen (timidement, ne sachant pas comment la jeune fille allait réagir) : Jo ?
La jeune fille ne répondit pas, son regard resta voilé, sa bouche demeura fermée, elle ne bougea pas.
Jen (d’une voix douce) : Jo, s’il te plait parle moi ! Je m’inquiète tu sais !
Les yeux de la jeune fille devenaient rouges, et Jen devina qu’elle avait du mal à retenir ses larmes.
Joey : Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Jen…
Sa voix se brisa, et elle se retourna vers son amie, pour se blottir dans ses bras.
Joey : Jen, je ne peux pas l’abandonner, je n’y arrive pas.
Jen eut un faible sourire, elle connaissait déjà cette vérité, même si elle en avait eu peur elle l’avait deviné depuis un moment.
Joey (la tête dans ses paumes) : Je suis perdue…pourquoi j’ai si mal…
Jen posa son menton sur le crâne de son amie, et son regard s’attrista…
Il faisait totalement noir, une personne venant de l’extérieur n’aurait rien pu discerner dans cette obscurité, mais pas le jeune homme, il était enfermé depuis bien longtemps, et les ténèbres n’avaient plus de secret pour lui.
Cela faisait maintenant près d’une journée que Joey était partie, et depuis, il s’était à nouveau confiné dans cette pièce, seul, refermant les rideaux, pour se retrouver une nouvelle fois avec ses démons.
Il se souvenait encore de l’expression de la jeune fille lorsqu’elle s’était retrouvée face à lui, en pleine lumière. Cette image repassait sans cesse dans sa tête comme toutes les autres, celles qu’il n’arrivait pas à chasser, celles qui ne voulaient pas le laisser dormir tranquillement.
Lentement, Pacey détourna le regard de la fenêtre, il avait guetté le retour de Joey à travers l’étroite lamelle de lumière, mais elle n’était pas revenue, et certainement qu’elle ne reviendrait jamais. Mais après tout, qu’est-ce qu’il en avait à faire de la revoir ?
Secouant la tête pour effacer la réponse qui essayait de s’imposer dans ses pensées, le jeune homme commença à s’éloigner de l’ouverture.
Pacey souleva sa jambe droite afin de se déplacer, mais aussitôt que son pied toucha le sol, une douleur lancinante lui traversa la chair de sa cuisse, elle résonna comme une déchirure, ne pouvant empêcher un faible gémissement de sortir de la bouche du jeune homme.
Lentement, et avec peine, il se déplaça jusqu’à la porte, l’ouvrit, et sortit de sa chambre. Toujours sur cette allure, il se dirigea vers sa droite, et s’engouffra dans la salle de bain. Quand il arriva près du lavabo au fond de la pièce, sa respiration était saccadée dû à l’effort qu’il venait de faire mais aussi dû à la douleur fulgurante qui ne cessait de le harceler. Lorsque Pacey leva sa main pour attraper sa brosse à dent, ses yeux se levèrent en même temps et tombèrent sur son reflet dans le miroir, et comme à chaque fois, il détourna les yeux ne pouvant supporter le visage qui se trouvait face à lui. Mais cette fois-ci quand il fit cela, l’expression de Joey lui revint en mémoire, elle avait les yeux exorbités, et ne semblait plus pouvoir parler.
Pacey serra le poing, puis levant à nouveau le regard, il se fixa.
Ses dents étaient serrées, tandis que ses yeux parcouraient ses traits, son cœur était également fermé. Puis, soudain, dans un mouvement de rage folle, le poing s’abattit sur la glace, la brisant en mille morceaux. Quelques morceaux de verre se plantèrent dans sa chair, mais les larmes qu’il essuya d’une main rageuse, n’étaient pas dues à cette douleur mais à une autre plus profonde, cachée sous sa cruauté.
Au même moment, il entendit le bruit de la porte d’entrée qui se fermait.
Voix (semblant s’inquiéter) : Pacey !
Le jeune homme serra sa canne de toutes ses forces, et quitta la pièce laissant le sang couler le long de son poing et tomber sur le sol.
Joey laissa tomber son sac sur le sol, à peine avait-elle pénétré la maison, qu’un bruit de fracas s’était fait entendre au premier étage, et comme Mme Witter était sorti, cela ne pouvait être que Pacey qui venait d’agir.
La jeune fille défit lentement les boutons de sa veste, qu’elle posa au porte-manteau par la suite, tout en faisant cela elle se demandait dans quel état, elle allait trouver le jeune homme.
Prenant une profonde inspiration, elle se dirigea vers les escaliers, et monta une marche. Son regard se leva vers la mezzanine au premier, il n’y avait personne, mais son cœur s’emballa tout de même. Puis l’une après l’autre, elle gravit les marches pour enfin arriver sur le palier. Contrairement à l’habitude, la porte de Pacey était ouverte, et Joey se dit, tout de suite, que quelque chose n’allait pas. Son regard remarqua alors les gouttes de sang sur le sol, celles-ci menaient de la chambre jusqu’à la salle de bain. Joey s’affola, et se dirigea en hâte vers la chambre du garçon encore dans l’obscurité.
Se moquant éperdument de la réaction du jeune homme, Joey appuya sur le bouton d’éclairage, dès qu’elle entra dans la pièce. Pacey se tenait toujours à la même place, près de son lit, le plus loin possible d’elle, et pourtant il continuait de la fixer.
Les yeux de la jeune fille chercha une quelconque tache de sang sur les vêtements du jeune homme mais ne trouva rien, puis son regard dériva vers sa main, et elle y vit un bandage. Son expression dû changer car Pacey leva sa main blessée vers lui.
Pacey (agressif, comme s’il lisait ses pensées) : Ce n’est qu’un égratignure pas la peine d’en faire tout un plat.
Joey retint sa respiration pour accuser le coup, il était toujours aussi froid, et même si elle avait découvert ce à quoi il ressemblait. Mais après tout, elle ne connaissait absolument rien de lui.
Elle n’avait fait que ce rêve…
Se remémorant son songe, la jeune fille sentit un frisson lui traversait la chair. Se tenir face à lui, lui faisait revoir les images plus nettes encore, lui donnant l’impression de le connaître par cœur.
Joey (détournant vivement les yeux) : Je vais nettoyer.
Pacey (élevant le ton) : Vous n’avez pas à faire ça !
Elle avait décidé de l’ignorer car déjà, elle sortait de la pièce et se dirigeait vers la salle de bain.
Pacey (montant encore d’un cran) : Joey !
La jeune fille eut un pincement au ventre lorsqu’elle entendit son prénom mais décida de faire comme si elle n’avait rien entendu, une nouvelle fois.
Elle ne voyait pas le poing que venait de serrer Pacey, et son regard qui venait de se durcir. Cette fille n’en fait qu’à sa tête ! S’il avait été en possession de tous ses moyens, il aurait certainement cherché à la rattraper, l’agripper par le bras et lui crier dessus, mais il ne le pouvait pas, et ce fut dans un mouvement entrecoupé, qu’il avança à la suite de la jeune fille.
Pacey (d’un ton sec) : Joey arrêtez !
Ne s’attendant pas à ce qu’il soit derrière elle, à la regarder, Joey qui tenait un morceau de verre, sursauta, fit alors un geste brusque et incontrôlé, et se coupa.
Elle ne laissa rien paraître à Pacey, et cacha sa blessure qui n’était pas très jolie, car malheureusement, le verre avait dérapé en partie sur son poignet et maintenant, c’était tout un filet de sang qui coulait le long de sa main et gouttait à l’extrémité. Pacey n’était pas un idiot, il s’apercevait bien que la jeune fille ne disait plus un mot, mais quand il vit du sang sur le sol, il réagit vivement.
Pacey (ne laissant rien paraître de l’inquiétude qui l’animait) : Vous êtes coupés ? … comme elle ne répondait rien, Je vous avez dit de ne pas vous occuper de ça mais il faut toujours que vous n’en fassiez qu’à votre tête.
La jeune fille ne disait toujours rien, mais se maudissait intérieurement de s’être laissée surprendre de la sorte. Lui n’était jamais surpris, il n’avait jamais peur, sa vie dans le noir l’avait en quelque sorte, renforcé et elle aurait aimé être ainsi, elle aussi.
Joey (prenant le même ton qu’il avait eu auparavant) : Ce n’est qu’une égratignure pas la peine d’en faire tout un plat.
A cette réplique, Pacey serra les dents. Cette fille n’avait décidément pas envie de s’avouer vaincue face à lui et voulait essayer de paraître aussi froide que lui.
Détournant ses yeux remplis de colère du visage de la jeune fille, Pacey posa sa canne contre le mur, et avança lentement dans la pièce en direction de la pharmacie, sous les yeux ébahis de Joey.
Joey (ne pouvant s’empêcher de remarquer) : Je croyais que vous ne pouviez pas marcher sans votre canne !
Lorsque Pacey se tourna vers elle, Joey fut une fois de plus surprise, car sur sa bouche se dessinait un sourire moqueur, et dans ses yeux une lueur mesquine.
Pacey (fermant la pharmacie, et se dirigeant vers elle, il haussait un sourcil) : Et pourquoi avoir cru ça ?
Tout en posant cette question, le jeune homme semblait scruter son visage pour y déceler une trace de malaise. Mais la jeune fille ne laissa rien paraître, fermant ses yeux à toute émotion.
Depuis qu’elle le fréquentait, elle avait appris à contrôler ses émotions, elle avait pris exemple sur lui afin qu’il ne profite pas de ses faiblesses pour l’atteindre. Malheureusement, même ses amis se rendaient compte de ce changement.
Joey (tandis qu’il lui humectait un coton de désinfectant) : Simplement parce que je vous ai toujours vu vous déplacer avec.
Pacey (moqueur) : Pourtant vous ne me voyez en pleine lumière que depuis peu.
Pacey eut un sourire mesquin durant quelques instants où il ne la regarda pas. Puis, il prit sa main dans la sienne.
Pacey (prévenant) : Je pense que cela va piquer un peu.
En effet, la plaie se mit à brûler lorsqu’il posa le coton dessus, mais une fois encore la jeune fille préféra serrer les dents plutôt que de lui montrer sa faiblesse.
Pacey sembla remarquer son petit jeu car elle eut l’impression qu’il collait le coton plus fort sur la blessure.
Pacey (un sourire étrange sur les lèvres) : Vous n’aimez pas perdre, n’est-ce pas ?
La douleur sur sa main était toujours présente, mais elle décida de l’ignorer à nouveau pour le fixer un air de défi dans les yeux.
Joey : Non, mais je crois que je ne suis pas la plus têtue des deux…
Le jeune homme la regarda encore un instant puis ne pouvant plus supporter son regard, il détourna les yeux tout en ôtant sa main de la sienne. Ensuite, il prit la bande et enroula la paume d’une protection.
Rien ne se lisait sur son visage comme à son habitude, mais Joey sentait toute l’attention qu’il portait à ce qu’il faisait, et elle le trouva étonnement doux.
Pacey (se redressant) : Voilà. La blessure n’est pas très profonde.
Comme elle ne disait rien, le jeune homme fit demi tour, commençant à s’éloigner.
Joey : Merci.
Pacey s’arrêta un instant puis tourna la tête vers la jeune fille toujours assise sur le sol. Il put lire dans son regard qu’elle était sincère, il eut alors un faible sourire suivi d’un hochement de tête, puis attrapant sa canne, il disparut dans sa chambre sans un coup d’œil en arrière.
Une fois qu’elle se retrouva seule, Joey soupira.
Quand elle se rappela ce qu’elle avait voulu faire avant tout ça, elle se remit à ramasser les bouts de verre et à les jeter, mais cette fois-ci, elle ne se coupa pas.
Jen se dirigeait vers l’échelle sous la chambre de Dawson, elle y vit de la lumière et monta. Le jeune homme se tenait assis à son bureau et écrivait, lorsque Jen pénétra dans la pièce. Il se tourna vers elle aussitôt.
Jen : Salut !
Dawson lui répondit par un sourire qui s’effaça aussitôt, puis il se leva et alla ranger un classeur sur une étagère.
Jen (la mine triste) : Joey n’est pas là ?
Dawson (plein d’amertume) : Comme tu peux le voir Jen, non elle n’est une fois de plus pas chez moi !
Jen se mordit la lèvre discrètement, consciente qu’elle touchait un point sensible.
Joey passait de moins en moins de temps avec son meilleur ami et de plus en plus avec un autre garçon qu’elle venait de rencontrer, il était normal que la jalousie et la rancune se face sentir chez Dawson.
Jen (hésitante) : Tu ne crois pas qu…
Dawson (la coupant net) : Tu ne veux pas regarder un film avec moi ?
Jen (doucement) : Bien sur !
Mais tandis que le garçon prenait une cassette pour la mettre dans le magnéto, Jen se mordit une nouvelle fois la lèvre, se demandant si elle devait vraiment dire ce qu’elle avait sur le cœur.
Jen : Tu sais Dawson, je ne remplacerai jamais Joey !
Le jeune homme arrêta tout mouvement, et Jen entendit son soupir de dépit.
Dawson : Je sais, seulement, je crois que Joey ne se rend pas compte qu’elle est en train de me perdre.
Jen : Elle est un peu perdue en ce moment…
Dawson (s’emportant) : Alors pourquoi continue-t-elle à y aller ?
Jen : Je pense qu’elle ne le sait pas vraiment. Elle est très intriguée par ce garçon, si bien qu’elle n’arrive pas à se détacher de lui. Elle veut tout faire pour l’aider, elle ne se rend pas compte du prix qu’elle est en train de payer.
Dawson (posant sa tête sur ses genoux) : Je ne veux pas la perdre.
Jen (le prenant dans ses bras) : Je sais…
La jeune fille se tenait devant le micro-onde attendant que les chocolats qu’elle faisait chauffer soient prêts. Et tandis qu’elle s’attelait à préparer le plateau qu’elle emmènerait dans la chambre de Pacey, celui-ci arriva silencieusement dans la pièce et s’adossa contre le mur. Si bien que lorsque Joey se retourna elle sursauta, surprise de le voir ici.
Joey (le cœur battant à tout rompre) : Pacey ! Reprenant son souffle, vous m’avez fait peur.
Pacey (un sourire en coin) : Je vois ça, excusez-moi !
Si la jeune fille avait été surprise la minute précédente, elle le fut encore plus quand il prononça ces mots.
Attrapant le plateau, la jeune fille alla le poser sur la table au milieu de la pièce, puis son regard se porta sur le jeune homme comme pour l’inviter à venir s’asseoir.
Joey (installant les sous tasses face aux chaises) : C’est étrange, maintenant vous n’hésitez plus à vous montrer à moi.
En terminant sa phrase, elle le regarda droit dans les yeux, afin d’observer sa réaction. Le jeune homme ne cilla pas, et commença à avancer vers la table, tout en ne quittant pas son regard.
Ce que Joey ne pouvait lire dans ses yeux, Pacey le ressentait au fond de lui, car il pensait comme elle. C’était la première fois depuis longtemps qu’il se sentait à l’aise avec quelqu’un et se montrait à la lumière de cette façon.
Pacey (avec un rire moqueur) : Vous êtes une privilégiée !
Par cette phrase, il voulait lui montrer qu’il n’y avait rien de très glorieux à cela, mais Joey ne put s’empêcher de penser qu’elle avait raison, et qu’il cherchait par toutes les façons possibles, de se protéger.
L’appareil électrique sonna rappelant à Joey pourquoi elle était descendue. La jeune fille quitta sa contemplation pour aller chercher les tasses, et ensuite les poser sur les sous tasses devant eux. Puis, elle s’installa face à lui.
Pacey (après une gorgée) : Cela fait longtemps que je n’ai pas bu de chocolat chaud.
Joey (levant les yeux vers lui) : Et ça vous fait quel effet ?
Pacey (reposant sa tasse mais ne la regardant pas) : C’est agréable.
Baissant les yeux, Joey se mit à sourire. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais à cet instant, elle était réellement heureuse de partager ce moment avec lui et se demanda aussitôt s’il y’en aurait d’autres.
Une nouvelle fois, elle reporta son regard sur lui, et s’aperçut que les ecchymoses sur son visage s’étaient légèrement estompées, et elle le fit remarquer.
Joey : Bientôt, on ne verra plus vos bleus. Ils sont en train de disparaître.
Pacey (la fixant) : Ha oui ? Après un instant de silence Je ne peux pas vous contredire cette fois-ci, il détourna son regard qui s’était rempli de tristesse, j’évite de me regarder dans une glace ces derniers temps.
Joey (voyant sa tristesse) : La plupart des petites cicatrices sont superficielles, elles disparaîtront avec le temps. Il leva la tête, intéressé. La plus grande par contre, je pense que vous la garderez un long moment.
Pacey (froid) : Et comment savez vous tout ça ? Après un petit rire moqueur, Vous êtes médecin ?
Et voilà, il la repoussait encore et toujours, ne la laissant pas approcher de son cœur. Il ne flanchait pas, jamais.
Et Joey soupira de déception, pourquoi autant de barrières entre eux alors qu’elle était la seule à pouvoir le voir hors de cette chambre ?
Pacey remarqua tout de suite qu’il l’avait blessé une fois de plus, mais cette fois-ci ne s’en félicitait pas, au contraire, il en souffrait, car il savait qu’elle était sincère, et qu’à cet instant, elle ne ressentait pas de pitié. Mais, il ne fallait pas qu’elle atteigne son cœur, pas encore, il ne pourrait pas le supporter.
Joey (se levant de la table, sans le regarder) : Bon, je vais dans le salon. Si vous avez besoin d’aide, vous saurez où me trouver.
Et ainsi, elle sortit de la cuisine, sans un regard en arrière, pour aller allumer la télévision et s’installer dans le canapé. Puis elle ne bougea plus.
Pacey demeura quelques secondes immobile, les yeux dans le vague, se maudissant de n’avoir pas été suffisamment chaleureux avec la jeune fille. Mais l’instant d’après, une voix lui murmurait qu’il avait bien fait, que cela était mieux pour eux deux, de n’être pas trop proches.
Puis, il se leva non sans mal, prit sa tasse encore chaude et pleine, et se dirigea vers le hall. De là, il resta quelques instants, à l’observer, voulant combler les quelques mètres qui le séparaient d’elle, pour s’installer à ses côtés. Malheureusement, il n’en fit rien, et baissant les yeux tout à coup remplis d’émotions, il fit un quart de tour et monta l’escalier.
Joey qui l’avait entendu derrière elle, ferma les yeux un moment, puis mit son visage dans ses mains, pour ne pas laisser ses émotions prendre le dessus. Et ainsi, son visage se ferma, et elle se concentra sur le film…
Voix (lointaine) : Joey…quelqu’un la secoua, Joey…
La jeune fille ouvrit les yeux lentement, elle sentait une main sur son épaule qui la remuait doucement. Et quand elle fut complètement réveillée, elle se trouvait allongée sur le canapé, et Mme Witter au-dessus d’elle, un sourire sur les lèvres.
Joey (confuse) : Mme Witter ! Excusez-moi, je me suis endormie !
Mme Witter (avec tendresse) : Ne vous excusez pas, c’est normal. Il est tard !
Joey (se relevant lentement) : Je vais rentrer chez moi.
Et tandis que la jeune fille s’éloignait du canapé, se dirigeant vers le hall, et vers ses affaires, Mme Witter l’observait avec tendresse. Comme le regard que portait une mère sur sa fille.
Mme Witter (pendant que Joey enfilait son manteau) : Joey ! La jeune fille se tourna vers elle, Cela fait quelques mois maintenant, que vous venez chez moi et je voulais vous remercier pour ce que vous faites pour mon fils. Je sais que votre présence lui fait du bien. Vous êtes toujours la bienvenue ici, sachez le.
Joey fut étonnée de cette déclaration, mais remercia elle aussi la femme, par un sourire. Puis elle se dirigea vers la porte d’entrée, une fois à son niveau, elle se tourna une nouvelle fois vers la maîtresse de maison derrière elle.
Joey (hésitante) : Vous saviez que votre fils ne voulait pas reprendre les cours pour le moment ?
Mme Witter : Oui, même si j’avais espéré qu’il change d’avis.
Joey : Et vous m’avez employé tout de même ?
Mme Witter : Je vous ai employé Joey, parce que votre proviseur m’a affirmé que vous étiez quelqu’un de bien. Et c’était ce que je voulais à cette époque, quelqu’un de bien pour pouvoir aider mon fils, mais pas seulement, au niveau des études. Vous comprenez ?
Joey acquiesça d’un hochement de tête.
Joey (avant de sortir) : Merci Madame.
Et elle disparut derrière la porte qu’elle ferma…
Le jeune homme referma le volet qu’il venait de tirer. Il l’avait regardé partir encore une fois, retourner dans le monde où lui ne voulait plus aller.
Comme à l’accoutumer, lentement, et douloureusement, il sortit de sa chambre en direction de la salle de bain, où il ouvrit le robinet du lavabo. L’eau s’écoula tout de suite, et il passa sa main sous le filet du liquide pour ensuite se mouiller le visage. Le jeune homme sentit sous ses doigts, une cicatrice lui barrant une de ses joues, puis d’autres plus petites, qui ne lui faisaient plus mal.
Attrapant une serviette, il leva les yeux vers le miroir et se vit. Une nouvelle fois, il serra les dents de se voir ainsi.
Son visage n’avait pas changé, et quelqu’un qu’il n’aurait pas vu depuis longtemps, l’aurait tout de suite reconnu. Mais ses traits étaient devenus plus durs, plus strictes. L’expression dans ses yeux n’était plus celle qu’il avait eu l’habitude de voir, elle semblait plus froide, moins sensible aux émotions de son cœur. Et le sourire constamment sur ses lèvres, avait disparu de sa demeure.
Le jeune homme crispa la mâchoire tandis qu’il s’observait, c’est alors qu’il se rappela ce que lui avait dit Joey, le soir même.
La plupart des petites cicatrices sont superficielles, elles disparaîtront avec le temps, avait-elle dit doucement.
Peut-être avait-elle raison, et il approcha son visage du miroir pour regarder avec attention ses cicatrices. Il remarqua qu’en effet, les bleus autour des plaies avaient quasiment tous disparus, et que certaines cicatrices, rouge sang peu après l’accident, étaient devenus d’un rose très pale.
Brusquement, il arrêta sa contemplation.
Cétait la première fois depuis l’accident qu’il s’examinait de cette façon, la première fois qu’il ne se jugeait pas sur son apparence mais sur la guérison de ses blessures.
Sans savoir pourquoi, il demeura face à son reflet et sourit…
Le week-end était enfin arrivé pour Joey, elle se sentait tellement fatiguée qu’une fois arrivée chez elle, elle alla dans sa chambre et s’écroula sur son lit. Malheureusement pour elle, une demi-heure plus tard, Bessie la réveilla criant son prénom dans l’escalier.
Bessie (criant) : JOEY ! Dawson et Jen sont là !
La jeune fille qui sortait à peine de sa sieste, s’étira péniblement, et sortit de son lit à contrecœur, le froid de la pièce lui rappelant combien son lit était confortable.
Mais ce fut avec un sourire aux lèvres qu’elle accueillit Dawson et Jen peu de temps après. Elle put voir sur leurs visages, combien ils étaient étonnés de voir enfin un sourire sur ses traits après plusieurs semaines sans un signe d’émotion.
Jen (la prenant dans ses bras, ravie) : Salut ma belle !
Joey (souriant) : Salut ! Qu’est-ce que vous venez faire ici ?
Dawson (intervenant) : On t’emmène au cinéma et pourquoi pas manger une glace après !
Joey détourna les yeux pour ne pas montrer à quel point elle était ravie qu’ils aient pris cette initiative pour elle, et quand elle reporta les yeux sur eux, un grand sourire de joie apparaissait sur ses traits.
La jeune fille leur demanda de patienter un moment, afin qu’elle puisse attraper un manteau, puis après un bref coup d’œil à Bessie qui approuva d’un signe de tête, elle s’en alla avec ses amis, et referma la porte.
Dans la maison, sa sœur la regarda partir, et sans qu’elle ne le veuille vraiment, un sourire orna ses lèvres, à son tour.
Joey (dans le hall du cinéma) : Je veux un grand bol de pop-corn !
Dawson qui était à côté d’elle à cet instant, l’observa avec un sourcil arqué, visiblement étonné de son comportement. La Joey qui se trouvait face à lui, n’avait rien à voir avec celle qu’il avait vu ces derniers temps, mais il en était heureux.
Dawson (amusé de son attitude face au distributeur de pop-corn) : Dis donc…. Ca fait plaisir de te voir avec un tel appétit !
Joey, sachant ce qu’il voulait évoquer par là, attrapa le paquet que lui tendait le vendeur, puis se tourna vers lui, son air enjoué ayant disparu.
Joey : Je n’ai pas envie de penser à ça ce soir, d’accord Dawson ?
Dawson : Je ne voulais pas t’y faire penser. Je veux juste que tu saches que je suis très content que tu sois venu avec nous ce soir. La voyant désolée, Il y avait longtemps tu ne trouves pas ?
Joey (doucement) : Oui…il y avait longtemps…
C’est à ce moment là, que Jen réapparut, revenant des toilettes où elle avait voulu faire un bref arrêt.
Jen : Bon, on va le voir ce film avec Brad Pitt ?! Piquant un pop-corn du paquet de Joey, C’est pas le tout mais ça fait longtemps que je n’ai pas vu, ses belles petites fesses !!
Joey et Dawson se regardèrent en souriant tandis que leur amie se dirigeait à grands pas vers la salle obscure. Et ainsi, ce fut sur cette note joyeuse, que les trois amis se rendirent voir leur film.
Quand le film fut terminé, les trois amis se retrouvèrent, chacun, à déguster une glace 3 parfums, à la table d’un restaurant. Et durant toute la soirée, ils ne cessèrent de polémiquer sur le film, tous trois ayant des idées différentes.
Personne ne pensa au lendemain, lorsque Joey retournerait chez son élève…
Il était tôt ce matin là, quand Joey partit de chez elle pour aller chez Les Witter. Le soleil se levait lentement, et on pouvait voir les dernières gouttes de rosée posées sur les fleurs.
En chemin, le jeune fille s’arrêta à la boulangerie commanda deux viennoiseries puis, reprit sa route.
Elle n’avait plus peur désormais d’aller voir Pacey, elle ne redoutait plus le moment où sa main lui ouvrirait la porte de cette chambre, et elle en était heureuse. Car grâce à tout cela, Joey était devenue plus sereine, et moins sensible face à la vie, arrivant de mieux en mieux à garder le contrôle sur ses sentiments.
Finalement, ce travail m’aura aidé un peu moi aussi, se dit-elle lorsqu’elle fut arrivée à destination.
Une fois encore, Pacey regardait par la fenêtre, la jeune fille voyait sa main tenant le rideau, et une fois encore, Joey lui fit un bref signe de main, lui indiquant qu’elle arrivait.
Quand elle fut entrée dans la demeure, la fille constata de nouveau que Madame Witter n’était pas là. Il n’y avait aucun bruit dans a maison. Elle se dit aussitôt qu’il était tôt et que Mme Witter dormait encore, mais un mot de sa main était posé sur un meuble et ôta ses doutes.
Ce fut donc l’esprit apaisé que la jeune fille accrocha sa veste sur le porte manteau et se tourna vers les escaliers.
C’est alors qu’elle le vit, debout, immobile face à elle, la canne à la main, la regardant.
Joey (avançant vers lui) : Bonjour ! J’ai acheté des croissants, vous n’avez pas déjeuner j’espère !
Pacey : Non.
La jeune fille acquiesça d’un hochement de tête, et s’engouffra dans la cuisine qui était juste à côté d’eux. Lorsqu’elle vit que le garçon la suivait en retrait, elle se mit en quête de tout ce qui lui était nécessaire pour un bon petit déjeuner.
Joey (se tournant vers lui) : Vous prenez quoi le matin ?
Pacey : Café au lait. Avançant vers les placards, Vous n’avez qu’à préparer les cafés, je m’occupe du reste.
Joey le remercia d’un sourire, puis voyant qu’il ne lui répondait pas, s’attela à sa tache, tandis qu’il entreprenait de sortir jus d’orange, tartines et céréales, pour ensuite les poser sur la table.
Ensuite, lorsque tous deux eurent fini leur devoir, ils s’installèrent l’un à côté de l’autre. Dans les premiers instants, personne ne parla, chacun préférant ne pas rompre ce moment.
Pacey (rompant le silence) : Je ne me souviens plus quand, exactement, j’ai pris le petit déjeuner avec quelqu’un.
Joey : Et, est-ce désagréable de le prendre avec moi ?
Pacey laissa son regard errer sans émotion un instant, puis rompit le silence qu’il venait de créer.
Pacey (sans douceur) : Non.
Puis de nouveau sans un mot, ils terminèrent de manger. Joey se leva la première afin de débarrasser, et de nettoyer ce qu’ils avaient sali.
Joey (quand Pacey se leva pour l’aider) : Je vais m’en occuper, ne vous fatiguez pas.
Pacey (comme exaspéré) : Joey, cessez de me materner ! Puis froidement, Je suis accidenté, pas infirme.
Joey ne répondit pas à son attaque préférant l’ignorer, plutôt que de répliquer et de se retrouver une nouvelle fois rabaisser. Et quand elle le vit grimacer de douleur à cause de sa jambe qui le faisait souffrir, elle ressentit un vif élan de compassion. Mais, se remémorant ses paroles, elle ne fit aucune remarque, et dans un geste silencieux et rapide, attrapa les médicaments posés sur le plan de travail et les lui posa sur la table, les faisant claquer.
Joey (sèchement) : Tenez ! Vous en avez besoin.
Pacey soutint le regard furieux de la jeune fille, il se rendit compte qu’une fois encore, il l’avait blessé, et qu’une fois encore, elle faisait tout pour riposter, pour lui prouver qu’il ne l’atteignait pas. Mais à cet instant, alors qu’il pouvait voir à quel point elle était en colère, il savait que tout ce qu’il lui disait, l’atteignait.
Ne supportant plus de lire dans ses yeux, il détourna le regard, attrapa ses pilules, et disparut hors de la pièce pour rejoindre les escaliers, et enfin sa chambre.
Durant un moment où elle ne bougea pas, la jeune fille sentit son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine, si bien qu’il lui faisait mal. Dans son ventre, se mélanger colère, et déception, elle serra les poings…
Une fois qu’il fut arrivé dans sa chambre, Pacey adossa sa canne contre le mur, et demeura immobile, quelques instants, songeant à la conversation qu’il venait d’avoir avec la jeune fille. Il se dit alors qu’il n’était vraiment pas doué pour lui parler gentiment, et se frotta le visage de ses paumes pour détendre ses traits.
Près d’elle, il n’arrivait plus à se maîtriser, plus il la voyait plus il sentait ses barrières s’évanouir, et plus il s’efforçait de lui paraître cruel pour qu’elle ne continue pas à l’atteindre.
Joey (derrière lui) : Pourquoi continuez vous à rester dans cette obscurité ?
Pacey se retourna vers la silhouette qu’il discernait sur le pas de sa porte.
Cette fois-ci, elle n’alluma pas la lumière, et il lui en fut reconnaissant, car à cet instant, il ne savait s’il aurait pu lui fermer ses yeux.
Pacey (doucement) : Je m’y suis habitué. Laissant un bref silence, il reprit tristement, Et puis, ce n’est pas parce que vous vous êtes habitué à mon visage que moi je le suis.
Comme il s’y était préparé, Joey appuya sur le bouton de l’éclairage, et la pièce se retrouve baignée dans une lumière claire. Elle le regarda longuement comme pour lui montrer qu’elle ne craignait plus de le faire, mais son visage était fermé, et elle ne put rien y lire. Il avait retrouvé cette assurance, et cette froideur qui le caractérisait si bien.
Joey (avançant lentement vers lui) : C’est pour cette raison que vous ne sortez jamais d’ici ? Parce que vous avez peur du regard que peuvent avoir les autres sur vous ?
Pacey (baissant les yeux) : Peut-être.
Joey continuait de s’approcher de lui, si dangereusement, que lorsqu’elle s’arrêta, il put sentir son odeur arrivait jusqu’à lui. Ce qu’elle lui infligeait, était une véritable torture, et il se demanda si elle n’en avait pas conscience, et si elle n’en jouait pas afin de le déstabiliser.
Joey (dans un murmure) : Vous ne pouvez supporter le regard des autres ? Ou simplement du votre ?
Au regard qu’il lui lança, elle sut qu’elle avait vu juste. Le
Le garçon ne supportait pas de se voir ainsi, le visage couvert de bleus et de cicatrices, c’était pour cette raison qu’il avait frappé ce miroir, c’était pour cette raison qu’il se mettait dans le noir, et c’était pour cette raison qu’il la repoussait, car dans ses yeux, il pouvait se voir…
Le poing de Pacey se serra instinctivement, et sa mâchoire se crispa.
Pourquoi n’abandonnait-elle jamais ? Pourquoi avait-elle insisté pour revenir l’aider encore et encore ? Maintenant, que pouvait-il faire pour la repousser ? Comment pouvait-il la chasser de sa vie, alors qu’au fond lui, c’était la dernière chose qu’il désirait ?
Ne pouvant supporter de telles pensées en lui, le jeune homme agrippa fortement le bras de la jeune fille et le serra dans sa main. Et si cette pression lui faisait mal, Joey ne bougea pas, affrontant le regard furieux qu’il posait sur elle.
Pacey (haussant le ton) : Pourquoi voulez vous toujours tout savoir ? Vous n’en avez pas suffisamment ? Vous n’êtes pas satisfaite encore ? Après un silence, désespérément, Pourquoi faut-il que vous n’abandonniez pas?
Il relâcha son bras, et la quittant des yeux, alla s’installer sur son lit, où il posa sa tête au creux de ses mains.
Joey (sur le même ton) : Et vous Pacey, pourquoi faites vous cela ?
Le jeune homme releva la tête sans comprendre.
Pacey : Quoi ?
Joey : Pourquoi faire un pas en avant pour en faire deux en arrière ensuite ?
Il inspira profondément, puis soupira montrant par là, son agacement. Et tandis que son regard se perdait dans le vague, et la tristesse, Joey s’approcha doucement de lui, et s’accroupit afin que son regard dérive vers le sien.
Une fois à cet endroit, elle ne bougea plus, et garda cette posture jusqu’à ce qu’il sache qu’elle ne flancherai pas.
Pacey (détournant les yeux, comme l’implorant) : Ne me regardez pas comme ça, Joey !
Joey : Pourquoi ? Il releva vivement les yeux, Cela vous gène tant que ça de constater que vous ne me faites pas horreur ?
Le jeune homme eut un grognement sarcastique, se rappelant le jour où, pour la première fois, elle l’avait vu, et où elle n’avait pas pu le fixer comme elle le faisait maintenant.
Ce souvenir était douloureux pour lui, si bien qu’il baissa la tête les yeux embués de tristesse. Joey n’était pas dupe, elle commençait à le connaître, et elle avait vu cette émotion dans son regard. Instinctivement, elle posa une main sur ses cheveux, et bougea son pouce de manière à ce qu’il le caresse.
Joey : Je suis désolée d’avoir réagi de la sorte ce soir là.
Pacey (la tête toujours baissée) : Je ne veux pas de votre pitié.
Lentement, il releva la tête, et la dégagea de la main de la jeune fille.
Pacey (las) : Allez vous en Joey, s’il vous plaît !
Et sur ces mots, il s’allongea sur le dos, et garda les yeux fixés sur le plafond.
Joey ferma les yeux un instant, sentant son cœur la torturer au creux de sa poitrine, ensuite, elle se remit debout pour se diriger vers la porte.
Joey (Avec un regard vers lui) : Pourquoi cherchez vous à vous protéger de moi ?
Et elle disparut derrière la porte. Si elle avait jeté un coup d’œil en arrière, elle aurait vu le regard si triste de Pacey dérivant vers elle, puis revenir là où il avait débuté sa contemplation.
La poitrine du jeune homme se souleva, il soupira…
Jen referma son casier dans un mouvement sec et bruyant. Déjà lundi matin, et elle soupirait, ayant l’envie d’être en week-end. La jeune fille n’avait jamais été une grande bosseuse au niveau des études, et se demandait si elle ne ferait pas mieux de commencer tout de suite une formation professionnelle plutôt que de continuer quelque chose qui l’ennuyait.
Ce n’était pas le cas de l’autre jeune fille, celle qui avançait tout sourire vers elle, à cet instant.
Jen (souriante) : Salut ! Alors ça à l'air d’aller mieux en ce moment toi, qu’est-ce qu’il se passe ? Un sourire sur les lèvres de plus en plus grand, C’est ton bel étalon qui ne peut plus te résister ?
Joey (sur le même ton) : Disons, que je sais comment l’approcher maintenant.
Jen redevint sérieuse en entendant ces paroles.
Jen : C’est vrai ? Il ne te repousse plus ?
Joey : Si, il continue, seulement, je crois qu’il ne le veut pas vraiment. J’ai l’intuition qu’une partie de lui voudrait que je m’en aille très loin, et que l’autre, voudrait que je reste. Si bien que parfois je suis un peu perdue, je ne sais jamais ce qu’il pense réellement. Déterminée, Mais j’y arriverai.
Voyant tant de détermination dans les yeux de son amie, Jen ne put retenir un sourire que Joey ne remarqua pas. Il était vrai qu’au tout début, Jen n’avait pas apprécié l’attitude du garçon vis-à-vis de sa meilleure amie, mais maintenant, elle était forcée de constater qu’il n’avait pas eu que des effets négatifs sur elle. Car la jeune fille était devenue plus apte à maîtriser ses émotions, ce qui était loin d’être un défaut selon elle.
Jen : Tu sais on s’est beaucoup inquiété pour toi. Dawson pensait même qu’il allait te perdre.
Joey : Je suis désolée, je sais que je ne suis plus très présente en ce moment. Entre les cours et mon travail, je ne sais plus où donner de la tête.
Jen (réconfortante) : Ne t’en fais pas, si tu gardes une soirée pour nous le week-end, Dawson en sera ravi !
Dawson (apparut derrière elles) : Ca parle de moi ?
Jen (se tournant vers lui, une lueur malicieuse au fond des yeux) : Oui, on disait à quel point tu pouvais être insupportable de temps en temps.
Joey (commençant à s’éloigner avec Jen) : Un véritable gamin !
Jen (acquiesçant, pour faire enrager le garçon) : Ouais, t’as raison !
Dawson croisa les bras en les regardant s’éloigner, ces deux là prenaient un malin plaisir à le faire rager ce matin.
Il sourit et les rattrapa…
La journée de cours se termina sur le même ton pour les trois amis. Depuis le début de la matinée, jusqu’à la fin des cours, ils ne cessèrent de rire, et se chercher des poux.
Et depuis le début de cette journée, Dawson avait constamment le sourire aux lèvres, car il remarquait à quel point cette complicité avec ses deux amies lui avait manqué, et combien il aimait qu’elle soit enfin revenue.
A la sortie du Lycée, alors qu’elle pensait devoir se séparer de ses amis pour aller travailler, Joey constata avec un réel plaisir, que Jen et Dawson désiraient l’accompagner.
Jen (comme pour se justifier) : Dawson m’a dit que cette maison était absolument superbe, alors je viens voir ça !
Joey sourit de la réplique de son amie, elle était contente qu’ils veuillent l’accompagner, et toujours souriants, tous les trois allèrent chez les Witter.
Une fois devant le portail, Joey se tourna vers Dawson et Jen, en train de chahuter. La jeune fille leva les yeux au ciel, ces deux ne cesseraient donc jamais de se chamailler.
Joey (quand ils se tournèrent vers elle) : Nous sommes arrivés.
Jen leva alors les yeux vers la maison, et en fit largement le tour.
Jen : C’est drôlement sympa !
Soudain, son regard se fixa sur une fenêtre close, le rideau derrière avait légèrement bougé, montrant que quelqu’un les observait.
Jen (à Joey) : C’est lui ?
Joey (sachant de quoi elle parlait) : Oui.
Jen : Tu n’as toujours pas réussi à ce qu’il sorte de son trou ?
Joey (cherchant ses mots) : Il est très …borné.
Dawson (souriant) : Tiens ! Tu as trouvé un élève à la hauteur de ton caractère !
Impulsivement, la main de Joey alla frapper le ventre du garçon, qui se courba quelque peu sous le coup.
Dawson (grimaçant) : Hé !
La jeune fille lui répondit par un sourire complice. C’est à ce moment là, que Jen attrapa le bras de Dawson pour l’emmener avec elle.
Jen (à Dawson) : Bon, nous on rentre ! Puis à Joey, A demain Joey ! Avec un clin d’œil, Amuse toi bien !
Joey leur fit un signe de la main lorsqu’ils tournèrent une dernière fois vers elle, puis les regarda s’éloigner. Un léger voile de tristesse se dessina sur ses traits durant un instant, puis reprenant ses esprits, elle ouvrit le portail, et pénétra dans la maison.
Quand elle fut à l’intérieur, la jeune fille installa son manteau où elle avait l’habitude de le faire, puis commença son ascension des escaliers vers cette chambre qu’elle connaissait maintenant que trop bien.
Arrivée à destination, Joey frappa deux coups à la porte, puis entra, se plongeant dans l’atmosphère étouffante de la pièce. Le garçon n’avait toujours pas décidé de laisser les volets ouverts, et ce fut une fois de plus dans un noir total, que la jeune fille se retrouva.
Comme il ne disait rien, se fut elle qui rompit le silence.
Joey : Pacey ?
Pacey (froid) : Bonjour Joey !
Joey (surprise de ce ton si froid) : Quelque chose ne va pas ?
Pacey : Ma jambe me fait atrocement souffrir depuis ce matin, il marqua une pause, mais vous ne pouvez pas savoir ce que c’est.
La jeune fille fut extrêmement blessée de cette dernière remarque. Celle-ci l’avait atteint de plein fouet, lui infligeant une douleur au ventre, comme un couteau que l’on enfoncerait très lentement. Puis, une fois cette douleur passée, après quelques secondes, elle ressentit un vif élan de colère.
Pourquoi lui fermait-il toute porte ? Pourquoi pensait-il toujours que ce qu’elle ressentait n’était que de la pitié ?
Joey (furieuse au fond d’elle-même) : Non, je ne sais pas ce que c’est. Mais vous n’êtes pas obligé de le faire remarquer de cette façon.
Pacey (sèchement) : Si vous ne supportez pas mes paroles, vous n’avez qu’à partir, je ne vous retient pas.
Ainsi, c’était ça qu’il voulait, qu’elle parte, et qu’elle ne revienne pas. Joey sentit une nausée la prendre, et elle dut faire un effort considérable, afin de ne pas s’évanouir comme elle l’avait fait dans les premiers jours où elle l’avait rencontré.
Joey : C’est vraiment ce que vous voulez ? Que je m’en aille ?
Il demeura silencieux.
Il faisait atrocement noir dans cette chambre, et ce silence ajouté à cette obscurité, rendait l’atmosphère encore plus pesante.
Joey (voyant qu’il ne voulait pas parler) : Très bien…
Dans un mouvement de colère, elle fit demi tour et commença à sortir de la pièce en toute hâte.
Pacey (l’appelant) : JOEY !
Mais elle ne s’arrêta pas et descendit les escaliers sans un regard en arrière, sans un geste vers lui.
Le jeune homme qui avait commencé à la suivre, arriva en haut des escaliers alors que la jeune fille était en train d’enfiler son manteau.
Pacey (une nouvelle fois) : JOEY !
Il ne pouvait pas la suivre, jamais il ne pourrait la rattraper, n’ayant pas du tout la même possibilité de déplacement.
Il revint aussi vite qu’il put dans sa chambre, et se déplaça péniblement vers sa fenêtre, où il fit quelque chose qu’il n’avait pas fait depuis l’accident.
Lâchant sa canne, Pacey ouvrit la fenêtre puis les volets. Le soleil inonda aussitôt la pièce de sa lumière, mais il n’y fit pas attention. Elle était là, marchant vers le portail d’un pas déterminé comme pour ne pas flancher et revenir sur ses pas, comme pour ne pas se retourner.
Pacey (de sa fenêtre) : JOEY ! Elle ne se retourna pas, Je vous en prie…
Le cœur de Joey fit un bond dans sa poitrine lorsqu’elle entendit ces mots. S’arrêtant un instant, elle hésita, devait-elle ou non se retournait pour le regarder ? Mais finalement, la voix de son cœur l’emporta sur sa raison, et elle tourna la tête vers le premier étage.
Ils se regardèrent alors pendant quelques minutes, où aucun des deux ne bougea, mais où Pacey put voir à quel point elle était triste, ses yeux brillaient de larmes et sa respiration était rapide.
Puis, la jeune fille serra les poings, et se détourna de lui, pour reprendre sa route d’un pas décidé, elle disparut à l’angle de la rue.
Pacey (dans un souffle) : Je vous en prie… murmurant, revenez…
Le lendemain soir, arriva très lentement pour Pacey. Il n’avait cessé de se demander, tout le long de la journée, si la jeune fille reviendrait. Mais finalement, elle était là, de nouveau face à lui, un air de défi dans les yeux.
Joey quand à elle s’était tâtée toute la journée pour savoir si elle reviendrait le soir même mais, elle avait décidé après maintes réflexions de donner, encore une fois une chance au garçon.
Pacey (d’un ton neutre) : Je suis désolé pour hier, je…
Joey (sèchement) : Je ne veux même pas en parler. Bien, lâcha t-elle en ouvrant son sac, maintenant, nous allons nous mettre au travail, que vous le vouliez ou non.
Pacey (ripostant froidement) : Je n’ai aucune envie de vous écouter sur ce point Joey !
Joey (l’affrontant) : Dans ce cas. je n’ai plus rien à faire ici, et je ne reviendrai pas.
Elle se tenait debout face à lui, immobile, les bras croisés et attendait une réaction de sa part. Elle vit, immédiatement, son poing qui se serra et un éclat meurtrier dans ses yeux.
Joey : Alors Pacey ? Cette fois-ci vous voulez que ce soit définitif ?
Elle avait gagné, elle le sentait. La lueur dans ses yeux qu’elle avait aperçu la veille, ne l’avait pas trompé, il ne voulait pas qu’elle s’en aille loin de lui, et qu’elle ne revienne pas.
Mais au lieu de lui avouer, il s’approcha d’elle, tel un lion face à une proie. Elle pouvait sentir de là où elle était, tout l’agressivité qu’il tentait de retenir, pour ne pas exploser.
Arrivé à sa hauteur, il s’arrêta. Il était grand, et elle devait soulever la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.
Pacey (tout bas) : Si vous partez définitivement, vous ne me verrez plus. Vous êtes sure que c’est ce que vous désirez ?
Il connaissait son point faible à elle aussi, et s’en servait pour ne pas lui laisser l’avantage.
Joey (pleine de défi) : Je suis prête à prendre le risque.
Pacey (ne la croyant pas) : Vraiment ?
Joey demeura un instant le regard fixé sur le sien, puis détourna les yeux.
S’ils continuaient de s’affronter ainsi, aucun des deux ne sortiraient de cette histoire, indemne.
Pacey (s’écartant quelque peu d’elle) : Vous voyez ! Pas la peine d’être prétentieuse, au fond de vous, vous ne voulez pas partir.
Joey (voulant avoir le dernier mot) : Si jamais vous continuez à être méprisant avec moi, je vous jure que je n’hésiterai pas.
Pacey (plus doucement qu’auparavant) : Mais vous le regretterez.
Joey : Peut-être…
Mais ce sera pire, si mon cœur s’accroche à quelque chose d’impossible, pensa t-elle tout de suite après.
Pacey (après un instant) : Je pense que je vais être un peu perdu au niveau des cours. Cela fait longtemps que je n’ai pas mis les pieds au lycée.
La jeune fille le regarda surprise, elle ne s’attendait pas à ce que tout d’un coup, il veuille bien se mettre au travail.
Joey : Mais…
Pacey (impatient) : Dépêche toi, avant que je change d’avis…
Sans qu’elle ne le veuille, un sourire apparut sur les lèvres de Joey, quand elle comprit qu’il l’avait tutoyé.
Et lorsqu’elle plongea dans son sac, à la recherche de ses livres, sur les traits de Pacey, aussi, était apparu un sourire du même genre…
Ce soir là, lorsque Mme Witter arriva près de chez elle, la nuit commençait à tomber, et elle vit tout de suite que la lumière de la cuisine était allumée.
La femme se dit alors que Joséphine devait être en train de préparer quelque chose pour son fils, et elle en était ravie. Ce qu’elle souhaitait plus que tout, était que cette jeune fille se sente bien chez elle, et qu’elle revienne autant de fois qu’elle le désirait.
En entrant dans son hall, Mme Witter entendit du bruit provenant de la cuisine, elle se déshabilla en toute hâte pour se diriger ensuite vers la salle d’où provenait le bruit.
Avec qui Joséphine Potter pouvait-elle bien discuter ?
Le spectacle sur lequel elle tomba à l’entrée de la pièce, l’étonna grandement mais aussi agréablement.
En effet, elle trouva Joey et Pacey installés à la table, une tasse de chocolat chaud en main, et des livres de cours éparpillés tout autour d’eux. Ils semblaient être en grande conversation, si bien que Mme Witter préféra ne pas faire de bruit afin de ne pas les déranger.
Mme Witter se mit à sourire devant un tel tableau. C’était un sourire rempli de tendresse et de joie.
Finalement, Joey Potter avait réussi là, où tout le monde avait échoué, grâce à elle, Pacey avait fini par sortir de son mutisme de sa rudesse. Le sourire qui apparaissait sur la bouche du garçon, de temps en temps, ressemblait à celui qu’il avait sur cette photo, posée dans le couloir.
Et même si ce que réussissait Joey était prometteur, il restait encore beaucoup à faire.
Mais peut-être qu’ensemble, ils y arriveront…ce fut la dernière pensée de Mme Witter, qui par la suite, s’éloigna de la cuisine pour se diriger vers sa chambre, au premier étage…
FIN (à suivre...)
Pitié ne nous torture pas aussi longtemps pour la suite... :)
Merci de nous faire partager cette histoire.
J'adore vivement la suite ...