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Série : Dawson's Creek
Création : 03.09.2008 à 20h31
Auteur : Liliger
Statut : Terminée
C'est une histoire avec les personnage de Dawson's creek, mais l'histoire est différente
Cette fanfic compte déjà 15 paragraphes
Pour la première fois de sa vie, Joey commença sa scolarité toute seule au milieu de centaines d’élèves. Par toute seule, j’entends qu’elle n’avait aucune amie à qui raconter son été que ce soit au niveau professionnel ou amoureux. De toute façon, ce n’est pas comme si il y avait quelque chose de très intéressant à raconter : aucun flirt, juste des regards sans lendemain ici et là de la part d’inconnus. Bien sûr, ses parents étaient là, toujours fidèles au poste, pour tout aménager dans son nouveau studio expressément loué pour ses études. Toutefois, ce studio avait une petite particularité. En effet, le propriétaire avait crée trois petits studios de 15 m2 à partir d’une maison ce qui fait que seul le couloir est commun aux trois locataires. Cela convenait parfaitement à Joey puisqu’elle avait l’avantage d’avoir une réelle intimité mais aussi de pouvoir expérimenter un brin de colocation.
C’est dans ce cadre-là que Joey fit ses premiers pas au sein de ce nouveau lycée l’accueillant pour commencer une formation BTS Métiers du Livre. Lorsqu’elle ouvrit la porte de la salle où étaient regroupés les premières et seconde années, toute le monde se tut…
Le directeur : Bien, nous allons pouvoir commencer désormais.
Joey (pour elle-même) : Comme de par hasard, je suis la dernière…
Elle essaya tant bien que mal de se glisser sur le seul siège vacant de la salle mais pour arriver jusqu’à celui-ci il fallait faire lever quelques personnes. Les garçons la regardaient d’un drôle d’air et les filles décryptaient son maquillage ainsi que son allure et finissaient par pouffer. Enfin, elle pu atteindre son siège et écouter le directeur.
Comme tout discours de début d’année, c’était comment dirons-nous ? Barbant. Joey se retrouvait dans une classe composé exclusivement de filles. Tous les garçons présents dans la salle ont terminé ensemble dans une autre classe. Ces derniers ne suivaient pas le même BTS que Joey puisqu’il s’agissait d’un BTS Force de Vente.
Le reste de la journée se composa de la remise des papiers officiels, de l’emploi du temps et de la visite du lycée. Joey tissa quelque début de liens d’amitiés notamment avec Jen, une étudiante assez blagueuse n’aimant pas trop l’école et Andie, une farouche concurrente au titre de première de la classe mais tellement volontaire et adorable.
La journée étant fini, Joey pu rejoindre son studio à pied puisqu’il se situait à peine à 500 mètres du lycée où ses parents l’attendraient. Lorsqu’elle franchit la porte du studio elle tomba nez à nez avec le propriétaire Monsieur HILTON.
M. Hilton : Joey, je voulais vous présenter vos deux voisins autour d’un pot de bienvenue si vos partager cet avis, cela va de soi.
Le père de Joey : Bien sûr, va t’amuser ma fille.
Tout d’abord, Joey fit la connaissance d’Audrey, une étudiante qui apparemment était dans sa classe de BTS Métiers du Livre. Elles s’échangèrent des civilités sur l’école, le logement et le beau temps avant de parler des garçons rencontrés brièvement lors du discours du directeur. C’est alors que Joey allait révéler à Audrey quel garçon avait attiré son attention que celui-là même fit son entrée dans la pièce.
M. Hilton: Voici votre dernier voisin les filles. Si je me souviens bien, votre nom est bien Pacey Witter ?
Pacey : C’est bien cela Monsieur… Par contre quels sont les noms de ces deux charmantes jeunes filles ?
Joey n’entendit pas sa question. Son cœur avait cessé de battre dès l’instant ou leurs yeux se croisèrent. Elle su dès à présent que ce garçon, ce jeune homme allait être l’homme de sa vie. Son instinct féminin ne l’avait jamais trahi.
Passé ce moment d’égarement, Joey se précipita sur le jeune homme et lui tendit sa main.
Pacey (en riant) : Tu ne préfères pas qu’on se fasse ou la bise car là on se croirait à un entretien d’embauche.
Toute l’assemblée rigola de bon cœur et notamment Audrey qui comprit en une seule seconde que Pacey était l’objet d’affection de sa toute nouvelle amie Joey. Quant à cette dernière, elle riait ça c’est sûr, mais elle riait jaune.
Joey : Pourquoi suis-je toujours ridicule devant les garçons qui m’attirent…
Joey s’approcha ainsi lentement de la joue de Pacey afin d’y déposer une bise puis ce fut autour d’Audrey de le faire. Quant à M. Hilton, celui-ci avait quitté la pièce préférant laisse les jeunes entre eux. Audrey, d’une nature assez bavarde, commença à assommer Pacey de questions.
Audrey : Alors, tu es étudiant comme nous deux ? Tu dois être dans l’autre BTS ?
Parce que Joey et moi, on est dans la même classe et on s’est pas reconnue toute à l’heure, t’y crois toi ? En même temps, je regarde plus les mecs que les filles en général.
Pacey : C’est vrai, je suis aussi étudiant en BTS Force de Vente et vous n’allez pas le croire il n’y a que des gars à part une fille qui s’appelle Kristy.
Joey : Tiens c’est curieux parce que nous c’est l’exact opposé, on est une dizaine de filles et un seul garçon, Dawson.
Audrey : Pour rencontrer des garçons, ça va pas être facile on ne va pas pouvoir se voir souvent. On a un emploi du temps, et c’est vraiment n’importe quoi.
Pacey : Ne m'en parle pas. Le Jeudi, j’ai 9 neuf heures de cours et une seule heure pour manger.
Joey : N’exagère pas Audrey, quand même. Comparé au sien, on est plutôt bien lotis. On commence quasiment tous les jours à 9 h 00 et on finit assez souvent à 16 h 00.
Audrey : Bah justement ça ne me convient pas à moi. On ne pourra pas croiser ces beaux jeunes hommes dans les couloirs avec nos emplois du temps respectifs. Tu vois, il faut qu’on puisse faire connaissance, créer des liens et ainsi avoir un petit ami.
Pacey (en rigolant) : Tu n’es pas croyable ! Tu es venue ici pourquoi ?
Joey (en esquissant un sourire) : Apparemment, les études ne sont pas sa priorité…
Audrey : Eh vous deux arrêtez de vous moquer de moi.
Joey : Oh et puis en ce moment, tu devrais être contente.
Audrey : Ah bon, et on peut savoir en quel honneur ?
Pacey : Nous sommes entrain de faire connaissance, ce n'est pas ce que tu voulais ? Et si je me souviens bien, il me semble que je suis un garçon. Même plutot mignon, non ?
Joey : ça il n'y a pas de doutes...N'est-ce pas Audrey ?
Audrey : C’est vrai, et puis je suis sûre que je ne suis pas la seule à être contente.
Joey sentit le rouge monter à ses joues. Elle avait failli se vendre en avouant devant tout le monde que Pacey lui plaisait. Et Audrey semblait avoir très bien compris qu’elle en pinçait pour lui, cela signifiait que peut-être Pacey avait lui aussi avait compris. En même temps, Audrey est une fille. Elle sait ce que ressens une fille lorsqu’elle craque pour un mec. Et apparemment, ça lui est souvent arrivé et elle est venue faire ses études ici pour ça. Quant à Pacey, il n’a pas dû saisir à qui faisait référence Audrey. C’est juste, comment pourrait-il savoir que Joey est tombé sous son charme ? Ses joues rouges et ses yeux pourraient la trahir. Il faut absolument qu’elle évite les contacts visuels avec Pacey. Joey ne sait pas trop se comporter avec les garçons. Elle n’avait jamais ressenti une telle attirance, de tels sentiments. Pour la première fois de sa vie, Joey se rendit compte ce que c’était de tomber amoureuse.
Pour éviter toute confusion, Joey décida d’amener la conversation sur un autre sujet.
Joey : On ne devait pas prendre un pot ensemble ? Parce que le propriétaire, il est bien gentil mais il s’est défilé. Je n'ai rien à vous proposer. Malheuresement.
Audrey : Pareil pour moi…Je n’ai pas encore eu le temps de faire les courses.
Pacey : Ne comptez pas sur moi les filles ! Je suis dans le même cas que vous. De toute façon, ce n’est que partie remise.
Joey : C’est vrai. Ce n'est pas comme si on n’allait jamais se revoir.
Pacey, Joey & Audrey : On est colocataires !!!
Pacey : Oh et puis je ne sais pas si on vous en a parlé mais les élèves de seconde année organisent une soirée d’intégration.
Joey : ça peut être intéressant…
Audrey : Tu plaisantes, c’est génial !!! Et en quoi ça consiste ?
Pacey : Apparemment, c’est pour que les élèves de première et secondes années puissent faire connaissance autour de beaucoup verres d’alcool à ce qu’on m’a dit !
Audrey : Faut qu’on y aille !!! Joey tu es partante ?
Joey : Je ne sais pas… .Peut-être….
Audrey : Ait pitié de moi ? (Elle se met à genoux d’une façon très théâtrale)
Joey : C’est bon, j’accepte. Que risque-t-on à part passer du bon temps ?
Les trois colocataires rirent en choeur en se disant que cette nouvelle année avait plutôt bien commencé et que seul le meilleur les attendait. Le meilleur pour Joey se résumait en un seul mot voire même en un seul prénom : Pacey.
Chacun d’entre eux regagna leur studio respectif. Les parents de Joey lui posèrent mille et une question à propos de ses nouveaux voisins. Joey se contenta de répondre vaguement lorsque le sujet Pacey était abordé. En effet, le père de Joey était assez perplexe face à la présence de ce garçon sans toutefois être inquiet. Joey essaya de ne rien laisser paraître afin que ses parents ne découvrent qu’elle était éprise de Pacey.
Une fois que ses parents quittèrent son studio après de multiples recommandations et conseils, Joey se rua dans le couloir et alla frapper à la porte d’Audrey. Celle-ci écoutait sa musique tellement fort qu’elle n’avait sûrement pas entendu que Joey venait de frapper. Joey commençait à poireauter depuis quelques secondes devant cette porte quand Pacey ouvrit sa porte. Apparemment il était sur le point de sortir.
Pacey : Que fais-tu dans ce couloir Joey ?
Joey : Ah….(Ne voulant pas à avouer la vraie raison – c’est-à-dire parler de Pacey avec Audrey) J’avais besoin de quelque chose, de l’huile d’olive.
Pacey : J’en ai. Je peux t’en passer.
Joey : Non non c’est bon… Elle va bien finir par sortir d’ici de toute façon.
Pacey : Comme tu veux. Ce n'est pas que je m’ennuie avec toi ici dans ce couloir mais j’allais rejoindre deux amis à moi pour aller faire un billard donc je te dis à plus tard.
Joey : Bonne soirée à toi alors. À demain.
Pacey franchit la porte principale et la fit claquer derrière lui. Joey entendit une porte de voiture claquer puis la voiture partit. Joey était soulagée. Elle a cru pendant quelques secondes que sa parade allait être découverte mais non heureusement. Audrey quant à elle, n’avait pas toujours ouvert sa porte.
Joey : C’est pas possible, elle est sourde.
C’est à ce moment-là que la porte d’Audrey s’ouvrit.
Joey : Salut. Tu m’as fait poireauter dis donc, j’ai même failli me ridiculiser une fois de plus devant Pacey.
Audrey : Pour ma défense, j’allais ouvrir la porte, mais j’ai entendu la voix de Pacey. Alors…
Joey : Alors quoi ?
Audrey : J’ai comme qui dirait écouté votre conversation…
Joey : Et ?
Audrey : Tu as bien fait de venir me voir car c’est sûrement pas pour l’huile d’olive que tu es là. N’est-ce pas ?
Joey : Euh non…J’aimerais avoir ton point de vue sur Pacey, des conseils car là j’ai l’impression d’être très empotée face à lui.Je me suis aussi dit que tu avais apparemment plus d’expérience et que tu serais peut-être ravie de m’aider ?
Audrey : Tu as frappé à la bonne porte.
Audrey invita Joey dans son studio qui était sens dessus dessous. Il y avait une foule de vêtements éparpillés dans tous les coins contrairement à celui de Joey où c’étaient plutôt les livres qui jonchaient les étagères. Joey remarqua un clic-clac sous une pile de chaussures et s’y assit. Audrey prit un pouf rose qu’elle plaça en face de Joey et entama la conversation.
Audrey : Alors il t’a tapé dans l’œil le beau brun en chemise blanche qui n’est autre que notre voisin ?
Joey : ça se remarque à ce point là ?
Audrey : Non. Ne t’inquiète pas. Tu as face à toi une spécialiste des affaires de cœur. Dans mon ancien lycée, on me sollicitait assez souvent pour régler les problèmes amoureux.
Joey : En ce qui me concerne, je n’ai pas de problème puisqu’il n’y a aucune relation entre moi et Pacey.
Audrey : Pour l’instant, mais il finira bien par voir ce qu’il est entrain de rater.
Joey : Et toi, il ne t’intéresse pas Pacey ?
Audrey : Pas vraiment même pas du tout. J’ai remarqué un beau brun en BTS Force de Vente. Et si je ne me trompe pas, je crois bien qu’il est dans la même classe de Pacey. Il m’a dit qu’il s’appelait Jack. C’est tout ce que je sais pour l’instant mais compte sur moi pour en découvrir plus.
Joey : Et tu comptes t’y prendre de quelle manière ?Toute à l’heure, tu te plaignais que notre emploi du temps ne nous permettait pas de croiser et de faire connaissance avec les garçons de l’autre BTS.
Audrey : Tu te souviens, Pacey a parlé d’une soirée d’intégration. On pourrait y aller et commencer à séduire ces deux beaux jeunes hommes.
Joey : Bonne Idée. Si on reste entre filles, on pourra s’entraider et se réconforter. Mais il faut inviter Jen et Andie, ces filles ont l’air très sympas.
Audrey : Elles sont dans notre classe ?
Joey : Oui. Ce sont deux petites blondes.
Audrey : Ah mais oui !!! Suis-je bête !!! Je vois très bien qui est Andie !!! Elle m’a même parlé de la soirée d’intégration. C’est demain soir à partir de 20 h 30 à la salle MYSTIC.
Joey : Tu ne serais pas un peu tête en l’air toi par hasard ?
Audrey : ça dépend pour quoi.
Joey : Ou pour qui plutôt, hein ?
Joey et Audrey continuèrent à discuter tout au long de la soirée de tout et de rien. Audrey passa la quasi-totalité du temps à proposer d’autres vêtements à Joey pour la faire changer de look. Mais c’était peine perdue car Joey s’aimait très bien comme elle était.
Quand elle revint chez elle, Joey se chargea de contacter Jen et Andie afin de savoir si elles souhaitaient participer à la soirée d’intégration. Toutes les deux acceptèrent avec enthousiasme et se donnèrent rendez-vous le lendemain devant le studio de Joey et d’Audrey à 19 h 30.
Durant la matinée et l’après-midi de cours qui précédait la soirée d’intégration, Joey essaya tant bien que mal de se concentrer mais son esprit ne cessait de divaguer. Elle n’arrêtait pas d’imaginer ce qui pouvait se passer ce soir avec Pacey. Elle avait juré à Audrey qu’elle essaierait une tentative d’approche toute en douceur en espérant que Pacey soit un tantinet séduit. En effet, il n’était pas dit que Pacey craquait pour elle aussi. Cette soirée était la nuit de toutes les vérités. Elle pourrait ainsi savoir si le Grand Amour avait frappé à sa porte ou si ce n’était qu’une illusion.
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Joey se laissa tomber sur son lit. Audrey venait pour la énième fois de changer de tenue. Jamais elle ne serait prête pour 19 h 30 à coup sûr. Elle avait d’abord opté pour une jupe courte style écossaise puis elle eu peur que ce soit trop aguicheur. Or, elle finit par choisir un pantalon en cuir très moulant avec un décolleté plus que plongeant. Joey se dit qu’Audrey allait ensorceler plein de beaux garçons ce soir. De son côté, Joey avait mis un léger chemisier violet avec un pantalon noir. Elle restait simple et naturelle tout en restant très jolie.
Dring !! Dring !!
Joey : ça doit être Jen et Andie.
Jen : Salut les filles !!!
Andie : Alors vous êtes prêtes ? Vous ne devinerez jamais combien de temps, j’ai mis pour me préparer.
Pacey : Je crois qu’on s’en doute un peu.
Pacey, Jack et Eddie se tenaient dans le couloir et observaient les quatre jeunes filles avec intérêt.
Jack : On allait partir. On peut vous emmener si vous voulez ?
Andie : Non, c’est moi le capitaine de soirée. Je ramène tout ce petit monde.
Audrey : Si on faisait les présentations car je faillis à ma réputation en ce moment, je ne connais pas ce troisième jeune homme.
Audrey adressa à Eddie un petit clin d’œil évocateur. Joey n’en revenait pas de son culot. Andie et Jen non plus d’ailleurs.
Eddie : Je m’appelle Eddie. Je suis juste un ami à Jack et Pacey. Je ne suis pas étudiant dans votre lycée.
Pacey : Sur ce, on va vous laisser. On se retrouvera à la fête. De toute façon, si on se perd de vue, tu as mon numéro Joey ?
Joey : Oui, je l’ai rentré dans mon répertoire.
Jack : Ok cool. À toute l’heure les filles alors.
Les trois garçons passèrent la porte d’entrée principale et Audrey se mit à gesticuler en poussant des cris d’excitation dans la pièce.
Audrey : Vilaine petite cachottière !! Tu as son numéro ?? !! Mais comment tu as fait ?
Joey : Bah ce matin, il me l’a demandé. C’est bizarre j’ai oublié de te le dire ?
Audrey : Pas qu’un peu !!! Et ça c’est le genre d’information qui passe à la une du journal d’Audrey Liddell. Et il a trouvé quoi comme prétexte pour te le demander ?
Joey : Il a expliqué que s’il y avait un problème dans les studios, ça serait plutôt bien d’avoir le numéro de chacun d’entre nous.
Audrey : Tien comme c’est bizarre. Il me l’a pas demandé mon numéro à moi.
Jen : Ce qui veut dire…
Andie : …que Pacey est comme qui dirait…
Audrey : …plus qu’intéressée par toi !!!
Les quatre amies vérifièrent tour à tour leur coiffure et leur tenue dans le miroir avant de se décider de partir. Elles montèrent à bord de la Ford Ka d’Andie. Certes, cette voiture était petite, mais elle correspondait à la personnalité d’Andie. Une petite voiture pleine d’énergie et citadine.Par contre, tout comme Joey, Audrey et Jen, Audrey n’avait pas réellement le sens de l’orientation ; Résultat des courses, après plusieurs détours dans la ville de Boston, Andie finit par retrouver le chemin de la salle MYSTIC avec tout de même 1 h 30 de retard. Andie se gara assez loin de la salle pour ne pas que les autres remarquent les retardataires qu’elles étaient.Elles s’avancèrent toutes les quatre vers la salle comme si de rien n’était.
Jen : Il est 22 h 00. On n’arrive pas trop tard. La soirée a l’air loin d’être fini.
Andie : Ils ont l’air tous complètement saouls. Ils se rendront même pas compte qu’on est les dernières.
Joey : Par contre, je ne vois pas Pacey. Il est peut être déjà parti...
Audrey : Non, non ce n'est pas possible. S’il n’est pas là, Jack non plus. Et ça, ça ne va pas du tout.
Jen : On n’a qu’à s’avancer un peu plus et prendre un verre. Qu’en dîtes-vous ?
Andie : Allons-y
Andie, Jen, Audrey et Joey se dirigèrent vers l’entrée de la salle. Le rite de passage obligatoire pour rentrer dans la salle était de se faire tamponner le poignet.Vu qu’il fallait payer son entrée 5 euros, cela permettait de faire des allers-retours entre l’extérieur et l’intérieur sans avoir à payer à chaque fois .
Audrey : Ah bah tiens c’est Eddie, le copain des garçons qui tient le bar !!
Audrey tira par le bras son amie Joey. Joey trouvait Audrey tellement épuisante par moments. Elle supplia du regard Andie et Jen de les suivre. Elle ne voulait surtout pas rester toute seule avec Audrey. Premièrement, même si Audrey avait affirmé que Jack l’intéressait, Joey était persuadé que ça ne dérangerait pas pour autant Audrey de draguer Eddie le barman. Deuxièmement, si Audrey s’entichait d’Eddie comme elle le craignait, Joey ne voulait en aucun cas tenir la chandelle. Troisièmement, Joey appréhendait que Audrey puisse la mettre dans l’embarras. En effet, elle pourrait très bien révéler à demi-mot que Pacey l’intéressait. Et ça, c’était hors de question.
Arrivées au bar, les filles commandèrent leur boisson. Chacune prit du punch excepté Andie qui devait les ramener en fin de soirée. Sans même sans rendre compte, Joey, Audrey et Jen étaient à moitié ivres. On sous-estime assez souvent l’effet du punch sur des jeunes files peu habituées à boire souvent.
Les effets de l’alcool varient selon les personnes : certaines sont complètement hilares, d’autres deviennent agressives mais ce qui est assuré c’est que ça désinhibe. Audrey ayant un caractère assez extraverti et avenant, les effets de l’alcool sur son organisme ont été plus que visibles durant cette soirée.
Audrey : Eddie, mon ami ! Tu peux répondre à ma question.
Eddie : Y’a pas de souci, du moment que tu ne prends pas d’autres verres.
Audrey : Je ne vais pas y aller par quatre chemin. Ou est Jack ? J’ai vraiment envie de lui parler en ce moment.
Eddie : Il est sorti, je crois. Et pourquoi tu veux le voir ?
Audrey : Il faut que je te fasse un dessin, hein ? Tu es trop marrant toi. Pendant que j’y suis, Joey aimerait également savoir…
Joey sentit le danger arriver et anticipa les prochaines paroles d’Audrey. Ce qu’elle craignait avait failli arriver. Joey essaya de limiter les dégâts. Eddie commençait furieusement à être agacé par le comportement d’Audrey.
Joey : Je ne veux rien savoir du tout. C’est l’alcool qui parle Audrey.
Audrey : Qu’est-ce que tu dis ? Je suis parfaitement sensé. Tout le monde peut en témoigner.
Elle leva son verre en l’air en attendant un signe d’approbation de la part de ses camarades qui au final ne vint pas.
Audrey : Ne parlez pas tous en même temps surtout !
Joey : Allez viens, on va voir si Jack se trouve dehors. Pars devant, je te rejoins.
Audrey se dirigea vers la sortie en titubant et bousculant quelques personnes au passage.
Joey : Bon je vais essayer de m’occuper d’elle. L’air frais lui fera sûrement du bien.
Joey prit le même chemin qu’Audrey et la rejoignit dehors. Pourtant, Jack ne semblait pas se trouver dans les environs. Joey ne comprenait d’ailleurs pas non plus que Pacey ne s’était pas manifesté. Elle avait soudain l’impression d’avoir vu tout le monde ce soir sauf lui. Audrey qui allait de mal en pis fit tomber son verre par terre. Elle était vraiment mal en point.
Joey : Je crois qu’on va devoir rentrer. Je vais chercher les filles.
Alors qu’elle se dirigeait vers l’entrée de la salle, Joey aperçut deux figures s’éloigner pour rejoindre une voiture. Ils allaient assurément finir la soirée ailleurs. La fille, apparemment, embrassait le garçon à pleine bouche.
Joey : Comment peut-on être autant sans gêne ?
C’est à cet instant précis qu’une voiture pénétra sur le parking et de ce fait éclaira les deux jeunes gens.C’était Kristy et Pacey qui s’enlaçait comme deux amoureux fougueux. Pour la première fois de sa vie, Joey avait le cœur brisé. Son instinct féminin n’était peut-être pas si perspicace que ça.
Joey n’avait pas encore retrouvé tous ces esprits qu’elle voyait une Audrey affolée courir ver elle.
Audrey : Tu ne croiras jamais ce que Eddie m’a dit.
Joey étant d’une nature très pudique n’osa pas couper la parole de son amie pour lui raconter ses états d’âme suite à la découverte qu’elle avait fait sur Pacey. Elle laissa ainsi Audrey débiter un monologue digne de faire rougir tous les dramaturges.
Audrey : Quand j’ai fait tomber mon verre tout à l’heure, Eddie l’a entendu et s’est précipité vers moi. Il avait l’air plus furieux même hargneux. J’ai bien cru qu’il allait m’insulter. Alors je lui ai demandé ce qui pouvait bien l’énerver autant. C’est vrai que j’ai été assez odieuse cette soirée mais il réagit de façon disproportionné tout de même, tu ne crois pas ? Bref, c’est après qu’il me l’a dit.
Joey : Qu’il t’a dit quoi ?
Audrey : Qu’il était gay.
Joey : Qui ? Eddie ?
Audrey : Non, mais enfin si…
Joey : Attends, je n’arrive plus trop à te suivre.
Audrey : Eddie est gay et son petit ami Jack aussi…
Joey : C’est pas vrai. Et toi qui leur courais après…
Audrey : Mon corps de rêve ne m’a pas vraiment servi cette fois-ci. De toute façon, ils étaient trop gentils et à l’écoute pour êtres hétérosexuels. Si ça se trouve, Pacey est gay aussi. Ils sont tout le temps ensemble ces trois-là. Tu crois qu’ils font ménage à trois ?
Joey : Je peux t’assurer…que…non
Joey fondit en larmes dans les bras d’Audrey. Bien qu’elle ne sût pas à quoi faisait allusion Joey, elle comprit que ça n’allait vraiment pas. Sa déception devait être immense comparé à la sienne quand elle avait appris pour Jack et Eddie.
Joey : Je l'ai vu embraser cette...cette...Kristy !!!
Audrey alla chercher Jen & Andie, restées à l’intérieur, pour les mettre au courant. Elles convinrent d’un commun accord de rentrer pour ce soir. Certaines vérités auraient mieux fait de rester cachées lors de cette soirée.
Quand Andie déposa les filles à leur studio, Joey remarqua la voiture de Pacey.
Joey : Oh mon dieu !! Il est là !!
Audrey : Attends ! ça ne veut rien dire.
Les deux colocataires pénétrèrent dans le couloir et entendirent toute sorte de bruit émaner de la chambre de Pacey.
Joey : C’est un cauchemar.
Audrey : Viens, on va aller dans ma chambre. On entendra moins ce…truc ignoble.
Audrey laissa Joey prendre son lit, lui fit un chocolat chaud et elles finirent par s’endormir toutes les deux. Bien sûr, le sommeil de Joey avait été plus qu’agité. En s’endormant, elle fit des mauvais rêves. On pourrait même dire des cauchemars. Pas besoin de dire à propos de qui ces cauchemars étaient. Son inconscient l’avait tourmenté toute la nuit. Ce qui la réveilla fut un claquement de porte. Apparemment, la Kristy en question dont Joey ne trouvait aucun adjectif assez fort pour la qualifier, avait laissé en plan Pacey et claqué la porte vivement.
Audrey et Joey se regardèrent instantanément et pensèrent la même chose :
Audrey : Ne le plaint pas. C’est bien fait pour lui.
De son côté, Audrey s’était assez bien remise de la révélation concernant Jack et Eddie.Elle se rendit en cours fermement décidée à demander à Jack dans quelle histoire s’était mis Pacey.
Quant à Joey, elle préféra ruminer sa tristesse seule. De toute façon, vu l’alcool qu’elle avait ingurgité, elle avait un mal de tête à tomber par terre alors autant rester au lit se disait t-elle. Pourtant, elle fut réveillée une heure après par la sonnette de la porte d’entrée. Elle réussit à s’extirper de son lit en maugréant ce visiteur qui osait la déranger. Elle essaya d’arranger du mieux qu’elle put ses cheveux plus qu’emmêlés mais aussi son maquillage de la soirée passée qui avait coulé en raison de ses larmes.
Le visiteur insistait ardemment sur le bouton de la sonnette ; apparemment cette personne avait un problème assez urgent. La porte étant fermée à clef, Joey se remercia elle-même d’avoir pensé à emmener sa clé. Elle aurait eu trop la flemme de faire demi-tour à nouveau. Elle ouvrit la porte et son visage se figea, celui de son interlocuteur aussi.
Pacey : Ahhh...Joey !!! Tu ne vas pas me croire mais j’ai oublié mes clefs !
Joey : Devine quoi, je ne te crois pas ! Tu m’excuseras mais j’ai à faire.
Pacey resta bouche bée. En deux temps trois mouvements, la porte se referma sur lui sans qu’il ne puisse y faire grand chose. Il essaya de se refaire le film de leur court échange et n’arriva pas à saisir le lien de causalité entre son sa phrase et la réaction de Joey. En y repensant, il est vrai qu’il lui avait dit qu’ils se retrouveraient tous à la soirée d’intégration mais il ne lui avait pas promis non plus. De plus, ce serait plus qu’exagéré de réagir de cette façon. A moins que Joey n’attende quelque chose de plus de sa part et que par conséquent il l’avait déçu hier soir de quelque manière que ce soit.
Cependant, toutes ces réflexions ne résolvaient en rien son problème d’origine : Pacey se retrouvait coincé à l’extérieur des studios, il ne pouvait plus y rentrer. Quand il repensa à l’enchaînement des événements qui l’entrainèrent ici sur le trottoir sans clé pour ouvrir la porte, Pacey se dit que ce n’était décidément pas son jour.
Tout en continuant à chercher une solution, Pacey aperçut, au bout de la rue, Jack et Audrey.
Pacey : Je suis sauvé... Elle va pouvoir m’ouvrir !
Jack et Audrey mirent deux bonnes minutes à arriver à la hauteur de Pacey. Ce dernier engagea la conversation.
Pacey : Alors que faites-vous tous les deux ?
Jack : Je raccompagnais Audrey à son studio. On a bien discuté et tout mis à plat. Il n’y a plus de malentendus.
Pacey : Tu n’avais pas compris que notre ami Jack est homosexuel ?
Audrey : Eh non...ce n’est pas si évident que ça à première vue. dit-elle en donnant un coup de coude à Jack. Et on peut savoir ce que tu attends ici, devant cette porte ?
Pacey : Il m’est arrivé une pette mésaventure vois-tu ! Il se trouve que je n’ai pas mes clés pour ouvrir la porte. J’ai d’ailleurs demandé à Joey d’ouvrir la porte mais elle m’a claqué la porte au nez !!!
Audrey : Crois-moi, ça aurait pu être pire ! Elle doit être entrain de fulminer contre le monde entier en ce moment même. Il faudrait que j’aille le rejoindre au plus vite.
Audrey entra sa clé dans la serrure et poussa la porte. Elle laissa rentrer Jack puis prise de pitié devant son air de chien battu, Audrey laissa Pacey entrer aussi. Audrey se sépara des garçons pour aller rejoindre son amie Joey. De leur côté, Pacey et Jack prirent place dans le studio de Pacey et commencèrent à discuter autour d’une bière. Une fois la porte fermée, Jack prit soin d’aborder un sujet qui le taraudait depuis sa conversation avec Audrey.
Jack : Il faut que je te dise : tu t’es mis dans un sacré pétrin.
Pacey : Comment aurais-je pu deviner qu’elle réagirait de cette façon ?
Jack : C’est sûr que ce n’est peut-être pas évident au premier coup d’œil. Mais son regard en dit long sur ses intentions. Cette fille est dingue de toi.
Pacey : Excuse-moi mais du peu que j’ai pu voir, elle n’a pas l’air d’être le genre de fille à tomber amoureuse. Elle recherche plus des aventures si tu vois ce que je veux dire.
Jack : Oh la la...je crois que il y a un quiproquo là...On peut savoir de qui tu parles ?
Pacey : De Kristy évidemment.
Jack : Je comprends mieux car figure-toi que je parlais de Joey.
Devant l’air ébahi puis concerné de son ami, Jack comprit tout de suite que Pacey venait de réaliser ce qu’il venait de lui annoncer. Joey était amoureuse de Pacey. Mais qu’en était-il de ce dernier ?
Jack : Donc Kristy et toi...
Pacey : Laisse tomber. Il n’y a rien à raconter. Hier soir, elle a proposé de me raccompagner. Je n’étais pas vraiment en état de conduire alors j’ai accepté. Une fois arrivé au studio, elle a commencé à me faire des avances. Elle n’avait pas froid aux yeux.
Jack : Tu veux dire que...
Pacey : Laisse-moi finir s’il-te plaît. Je t’assure que tu vas bien rigoler.
Jack : Okay. Continue alors.
Pacey : Au bout d’un moment, elle commençait vraiment à m’exciter. Vu qu’elle était assez entreprenante, je l’ai laissé faire mais on a eu un petit souci. Enfin, j’ai eu un petit souci.
Jack : ......
Pacey : Je n’ai pas pu, j’ai eu une...une....panne sexuelle.
Pacey détourna le regard de peur que Jack se moque de lui. Or, c’était tout le contraire puisque Jack avait l’air très captivé par son histoire avec Kristy. Jack encouragea Pacey à poursuivre.
Jack : Mais comment Kristy a-t-elle réagi ?
Pacey : Elle s’est couchée sans rien dire. Elle avait l’air très contrarié. Elle n’a même pas voulu insister ni me rassurer. Elle n’en avait rien à faire qu’on couche ensemble ou pas.
Jack : C’est tout ?
Pacey : Non et c’est là que ça devient cocasse.
Jack : Vas-y, raconte-moi ça.
Pacey : Le lendemain matin, elle s’est levée et a voulu partir. J’ai essayé de la retenir pour qu’on puisse parler de la nuit dernière. Elle m’a repoussé puis m’a traité de tout les noms : incapable, impuissant,...Enfin tu vois le genre. Elle ne comprenait pas qu’un mec puisse lui résister. Elle a pris ça pour un affront personnel. Son énervement n’a pas cessé d’augmenter puis d’un seul coup, elle a pris mes clefs, ouvert la porte d’entrée et s’est enfuie.
Jack : C’est pour cela qu’on t’a trouvé dehors avec Audrey.
Pacey : Attends, je n’ai pas fini. J’ai couru pour la rattraper et récupérer mes clefs mais elle avait déjà disparu. Quand j’ai voulu retourner aux studios, quelqu’un avait quitté son studio et fermé à clef derrière lui.
Jack : ça doit surement être Audrey puisqu’on est revenus ensemble et qu’on t’a vu devant la porte
Pacey : C’est bien elle. Quand j’ai sonné, c’est Joey qui m’a répondu et pas Audrey.
Jack : Et elle t’a claqué la porte au nez ?
Pacey : Oui.
Jack : Comme je le disais plus tôt, tu t’es mis dans un sacré pétrin.
Pacey se pencha en avant et prit sa tête entre ses mains. Il n’avait aucune idée d’où il en était, ce qu’il devait ou ne devait pas faire avec Joey. Ils se connaissaient à peine depuis quelques jours, mais il avait pu percevoir cette petite étincelle entre eux. Il ne savait pas exactement ce que cela signifiait encore. Peut-être avait-il besoin d’en discuter avec Jack. Il semblait vouloir l’écouter et le conseiller. Savait-il quelque chose que Pacey ignorait ?
Jack fut dérangé par son téléphone portable qui se mit à sonner. Jack s’excusa auprès de Pacey et alla s’isoler dans le couloir. Même s’il s’agissait d’un appel dont le numéro était caché, Jack décrocha. Il avait une petite idée de qui l’appelait.
Jack : Allô ?
Audrey : C’est Audrey. Je voulais te parler. Tu as réussi à tirer quelque chose de Pacey ?
Jack : Oui. Il ne sait plus où il en est. Il ne voit pas ce qu’il a juste devant ses yeux.
Audrey : Alors, cher Jack, tu es toujours d’accord pour faire équipe avec moi ?
Jack : Maintenant oui. Allons faire les entremetteurs.
Audrey : Joey est sous la douche pour l’instant : je pense que je vais pouvoir m’absenter quelques minutes sans qu’elle ne s’en aperçoive. Tu me rejoins dans le couloir ?
Jack : Je suis déjà dans le couloir Audrey.
Audrey : Tu es génial Jack McPhee !!
Jack : Ah bon et pourquoi ?
Audrey : Tu es une Audrey au masculin et ce n'est pas donné à tout le monde ça. Crois-moi.
Jack : Il n'y a pas de souci pour ça Audrey, je te crois.
Audrey quitta son studio en essayant de faire le moins de bruit possible afin que Joey ne remarque pas son absence. Jack résuma en quelques minutes les malheurs de Pacey : Kristy, ses clés et ses incertitudes. Il conseilla à Audrey de rassurer Joey avec ses nouvelles informations.Celle-ci pourrait ainsi comprendre que Pacey ne porte aucun intérêt à Kristy. Audrey se redirigea vers son studio et s’y glissa à l’intérieur à pas de loups. Joey, toujours sous la douche, chantait a tue-tête All By Myself de Céline Dion.
Audrey : On se croirait dans Le Journal de Bridget Jones ; ça ne va pas être facile mais c’est une mission digne d’Audrey Liddell.
Joey coupa l’eau de la douche, prit une serviette dans elle s’enroula puis s’essora les cheveux. Il n’y a rien de mieux qu’une bonne douche pour se sentir mieux. Elle se sentait moins déprimée et moins colère. Pourtant, cela ne l’empêchait de sentir profondément blessée de l’attitude et des actes de Pacey. Le pire dans cette histoire c’est que Pacey ne se rendait certainement pas compte qu’il lui avait fait du mal. Elle allait devoir faire avec.
Une fois bien séchée, Joey quitta sa serviette pour enfiler un peignoir bien moelleux. Elle ouvrit la porte de la salle de bain et découvrit Audrey sur le lit entrain de lire le dernier numéro de Closer.
Joey : Alors, est-ce que Nathalie a quitté Samantha ?
Audrey : Je n'en sais rien. À vrai dire, je feuilletais le magazine juste histoire de m’occuper.
Joey : C’est bizarre, ça ne te ressemble pas. Tu es toujours par monts et par vaux.
Audrey : Moi ? Tu dois confondre avec quelqu’un d’autre.
Joey : Je ne sais pas pourquoi mais j’ai comme l’impression que tu as quelque chose derrière la tête.
Audrey : Possible. Tu vas peut-être me dire que je m’occupe de ce qui ne me regarde pas mais j’ai parlé à Jack…
Joey : Audrey !!! Ce n'est pas la peine de réunir une conférence de presse pour mes affaires de cœur !
Audrey (en roulant des yeux) : Je sais…Tu n’es pas Katie Holmes et puis Pacey ce n'est pas Tom Cruise. Tu ne crois pas que tu réagis excessivement ?
Joey : Peut-être, je ne sais pas…Ça m’énerve un peu tout ça. Mais, dis-moi donc, qu’est-ce que tu as appris ?
Audrey : J’ai cru que tu ne me le demanderais jamais. En parlant avec Pacey…
Joey l’interrompt de suite.
Joey : Attends deux secondes, je croyais que tu avais parlé à Jack ?
Audrey : Déstresse, Joey ! Laisse-moi finir ma phrase…
Joey : Oui. Excuse-moi. Il faut que je me calme.
Audrey : Je disais qu’en discutant avec Pacey, Jack a découvert que Pacey n’a pas pu aller jusqu’au bout avec Kristy.
Joey : En quoi c’est censé m’intéresser, les problèmes de virilité de Pacey ?
Audrey : En fine psychologue que je suis, je dirais que c’est l’inconscient de Pacey qui a parlé.
Joey : Tu voudrais dire que Pacey n’a pas pu conclure car son inconscient lui a soufflé à l’oreille qu’il était amoureux de moi ?
Joey regarda dubitativement Audrey. Son imagination lui jouait vraiment des tours. Cependant, ça n’était pas pour déplaire à Joey. Si son hypothèse s’avérait être juste, il se pourrait bien que Pacey ait des sentiments pour elle.
De son côté, Jack essaya d’éclaircir les pensées et les questions de Pacey. Celui-ci était très tourmenté. En bon entremetteur, Jack s’affaira à lui faire comprendre la réalité de ses sentiments pour Joey.
Jack : D’habitude avec les filles, tu assures ou pas ?
Pacey : Oui et là je comprends vraiment pas ce qui m’est arrivé. De toute façon, ce n’est pas si important que cela. Ce n'est pas comme si Kristy était la femme de ma vie.
Jack : Est-ce que tu as déjà connu le sentiment amoureux au moins ?
Pacey : Non. Je sortais avec des filles sans les aimer. Ce sont les hormones qui parlaient.
Jack : Et tu ne penses pas que ces deux paramètres soient liés ?
Pacey : De quoi veux-tu parler ?
Jack : L’impuissance et le sentiment amoureux.
Pacey : Arrête, ça me rappelle les cours de philosophie.
Jack : Ce que je veux dire, c’est que ton inconscient t’a en quelque sorte empêché de coucher avec Kristy car il a décelé que tu étais sans doute amoureux de quelqu’un. Tu t’en étais pas encore rendu compte vu que tu n’as jamais été amoureux de ta vie.
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Joey : C’est bien gentil tout ça, mais ça ne me dit pas ce que je dois faire.
Audrey : Premièrement, ce n’est pas à toi de faire le premier pas. Tu sais que tu es amoureuse de Pacey mais lui, on ne sait pas s’il l’a réalisé. Deuxièmement, il ne faudrait pas que tu te prennes une veste. Troisièmement, tu n’as plus qu’à attendre.
Joey : Et je vais attendre longtemps comme ça ? ça peut durer une heure comme ça peut durer des mois.
Audrey : Ne t’inquiète pas. Jack a sûrement réussi à lui faire réaliser qu’il avait des sentiments pour toi.
Joey : Je comprends mieux maintenant. C’est un vrai complot. Vous jouez les entremetteurs ?
Audrey : ça se pourrait bien, qui sait ?
L’intro de la chanson Wonderwall d’Oasis pointa le bout de son nez à cet instant. C’était bien sûr la sonnerie du portable d’Audrey. Elle se précipita sur lé téléphone. Joey avait l’impression d’être au centre - avec Pacey - d’une mission confiée à des agents secrets. Audrey et Jack, très impliqués dans cette affaire, avaient somme toute organisé tout son déroulement de A à Z.
Audrey : C’est Jack. Je vais aller le retrouver dehors. On a un projet en commun : on a décidé de faire une enquête de satisfaction sur une librairie. De cette façon, ça combine nos deux BTS : le coté littéraire et commercial.
Joey : Bonne chance alors. Il me reste plus qu’à attendre c’est bien ça ?
Audrey : T’as tout compris !
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Jack raccrocha et rangea son téléphone dans la poche droite de son jean. Ce coup de téléphone n’était que pure diversion. Le prétexte qu’ils avaient choisi tenait assez bien la route.
Jack : Je vais devoir y aller, mon pote. J’ai un projet à réaliser avec Audrey.
Pacey : Ah bon ? Ne te tue pas trop au travail tout de même.
Jack : Surtout réfléchi bien à ce que je t’ai dit. Tu ne peux pas la laisser t ‘échapper.
Pacey : Je ne sais pas comment m’y prendre Jack. Je n’ai aucune expérience dans ce domaine.
Jack : Je suis sûr que ça ira. Tout le monde tombe amoureux un jour ou l'autre. Il n’y a aucun mode d’emploi. Ça se fait tout seul.
Pacey : Ce qui me fait un peu peur, c’est que Joey est une fille brillante. Pourquoi voudrait-elle d’un mec comme moi. Elle doit penser à des choses horribles me concernant. À cause de l’histoire avec Kristy, elle doit me prendre pour le don Juan du quartier.
Jack : Prends ton courage à deux mains. Lance-toi et tu verras.
Pacey : Okay Cupidon. Allez vas-y maintenant.
Jack quitta le studio de Pacey et rejoignit Audrey dehors dans la rue. Ces deux-là avaient fait de mieux qu’ils pouvaient. Il ne restait plus qu’à Joey et Pacey d’affronter la réalité et de s’avouer leur sentiment réciproque.
Pacey ne savait que faire. Il marcha de long en large dans son studio, allant de la cuisine au lit incessamment. Il essaya de s’asseoir et de réfléchir calmement. Jack avait raison de toute façon. Il fallait prendre son courage à deux mains et se lancer sans trop penser aux conséquences. De toute façon, que risquait-il ? Joey lui en voulait déjà à mort.
Joey reproduisait le même circuit que Pacey dans son propre studio. Elle faisait les cent pas entre son lit et la cuisine. Elle était à la limite de ronger complètement les ongles de ses doigts. S’il y avait une qualité qu’elle n’avait pas, c’était bien la patience. Elle pouvait miser toutes ses économies là-dessus. Elle devenait de plus en plus anxieuse au fur et à mesure que les minutes passaient.
Pacey n’osait pas frapper à la porte de Joey. À chaque fois qu’il prenait son élan, son bras se retrouvait comme paralysé par le stress. Il réessaya une fois de plus en vain. Il souffla un bon coup cette fois-ci et cogna à sa porte. Toutefois de la manière dont il avait frappé la porte soit elle n’avait rien entendu soit elle ne voulait pas lui ouvrir. En effet, la porte resta close pendant plusieurs minutes qui semblaient une éternité à Pacey.
Le visage de Joey se figea. Avait-elle entendu ce qu’elle espérait entendre depuis longtemps ? Le coup avait été si bref et si inaudible qu’elle ne savait que faire. Son esprit lui jouait-il pas des tours ? Il n’y avait pas trente-six solutions pour être fixé. Elle devait ouvrir la porte. Elle saurait ainsi si elle avait bel et bien entendu quelqu’un frappé à sa porte, qui plus est si ce quelqu’un était Pacey ou pas.
Pacey se demandait s’il ne devait pas refrapper une dernière fois. Elle n’avait peut-être rien entendu. Pourtant, il perçu de l’agitation à l’intérieur du studio de Joey. Des bruits de pas surtout. Elle semblait hésiter à lui ouvrir. Il fallait s’en douter. Pacey fixa des yeux la poignée de la porte. Il espéra trouver au fond de lui un quelconque pouvoir surnaturel capable d’actionner cette poignée et de la sorte se retrouver finalement face à Joey.
Au lieu de peser le pour et le contre sans cesse, Joey décida ne plus écouter sa tête mais de suivre son cœur. Celui-ci lui intimait d’ouvrir cette porte. Sa main se dirigea lentement vers la poignée puis elle l’abaissa. Elle distingua la silhouette de Pacey au fur et à mesure que la porte s’ouvrait. Quelques secondes plus tard, il se tenait debout devant elle. Ni Pacey ni Joey n’était capable de former une phrase cohérente. Dès cet instant, leurs inquiétudes avaient disparu faisant place à une certitude : ils trouvèrent tous deux un sens à leur vie quand leurs yeux se croisèrent.