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Un nouveau départ

Série : Dawson's Creek
Création : 08.08.2009 à 11h34
Auteur : VinnAnne 
Statut : Terminée

En apprenant qu’il s’apprête à partir quelques mois sur son bateau, Joey décide d’embarquer avec Pacey. Ces ceux-là ont beaucoup de mal à se supporter...

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Situation : En apprenant qu’il s’apprête à partir quelques mois sur son bateau, Joey décide d’embarquer avec Pacey. Ces ceux-là ont beaucoup de mal à se supporter alors une cohabitation jours/nuits n’est pas pour leur plaire. Chacun ayant des problèmes de cœur décident de mettre leur rivalité de côté pour ce voyage qui a pour chacun un goût d’irréel…

 *****

Flashback 

   Joey marchait d’un pas décidé vers la maison qu’elle ne connaissait que trop bien. Jamais son cœur ne lui avait autant crié de s’éloigner de cette échelle, de cette fenêtre et de cette chambre. Jamais il ne s’était emballé au point de lui faire mal, et de lui faire redouter l’affrontement qu’elle était venue chercher ce soir. Non parce qu’elle savait déjà ce qui allait se passer là-haut mais aussi, parce que ses sentiments ne s’estompaient pas malgré le temps qui passait.

   Il lui sembla qu’elle devait encore parcourir des kilomètres lorsqu’elle commença la montée de ses barreaux si familiers. Plus elle grimpait et plus elle les entendait : ces rires si amoureux qu’elle aurait aimé fuir.

Voix féminine (riant) : Dawson arrête tu me chatouilles !

   Le rire de cette voix résonna plus fort dans la pièce, atteignant la jeune fille, qui s’apprêtait à faire son apparition, en plein cœur. Puis, tout son s’arrêta : Joey venait de poser un pied dans la chambre de son meilleur ami.

Dawson (surpris) : Joey ?

   Le jeune femme demeura silencieuse mais lui rendit un sourire timide devant son air interrogateur. Lorsqu’elle finit par poser les yeux sur la jeune fille derrière lui, elle ne se rendit pas compte, que son regard était devenu meurtrier.

Joey (à Dawson) : Je peux te parler ?

Dawson (se retournant vers sa camarade de jeu) : Emma, tu veux bien nous laisser s’il te plaît.

   Elle ne le voulait pas, Joey le voyait bien, mais elle finit par acquiescer d’un signe de tête puis par disparaître derrière la lourde porte menant au couloir. Lorsqu’elle eut disparu, Dawson se retourna vers sa meilleure amie.

Joey (hésitante) : Cava ? On n’a pas eu l’occasion de se voir beaucoup ces derniers temps.

   La jeune fille était nerveuse, cela se voyait à la façon qu’elle avait de se tripoter les mains.

Dawson (impatient) : Viens en au but Joey ! Je ne veux pas laisser Emma se faire des idées.

   Joey baissa les yeux, meurtrie d’entendre ces mots. Ainsi cela était vraiment fini ?

Joey : Je voulais savoir si tu pensais qu’…qu’un jour il y aurait une autre chance pour toi et moi.

   Le jeune homme soupira d’impatience, puis comme si son courage s’évanouissait, il s’assit au bord de son lit. Il savait qu’elle le rejoindrait à ses côtés bien assez tôt.

Dawson : Je ne peux rien dire pour le moment Joey. Nous n’avons malheureusement pas assuré deux fois de suite. Tu crois que cela vaut le coup de retenter pour que finalement un jour on se sépare encore ? Tu crois que notre amitié résistera à une troisième rupture ?

   Joey demeura silencieuse. Lentement elle s’assit près de lui, sentant des larmes de douleur lui monter aux yeux.

Joey (pleine d’espoir) : Peut-être qu’il n’y aura pas de troisième rupture.

Dawson : Joey… il la regarda, si un jour il doit y avoir une prochaine fois avec toi, elle viendra. Laisse-nous le temps de voir si elle va arriver d’elle-même.

Joey (toujours les yeux baissés) : Je ne comprends pas.

Dawson : Je ne peux pas revenir vers toi…pas tout de suite. J’ai besoin de réfléchir et si possible loin de toi. Tout a été si compliqué entre nous, je ne sais plus pourquoi nous avons été ensemble, pourquoi nous avons rompu.

Joey (sentant une brulure au fond de sa gorge à cette pensée) : Cette fille…elle est…ma remplaçante ?

Dawson (avec un sourire doux) : Il n’y aura jamais de remplaçante à Joey Potter tu le sais bien.

   Joey fit un signe de tête, lui indiquant par là qu’elle avait bien compris le message. Comme dans un rêve, elle avait senti une nouvelle fois son cœur se briser. Comme dans un rêve, elle l’avait laissé partir ou plutôt elle était partie de cette pièce. Comme dans un rêve, elle avait voulu ne plus éprouver de sentiments envers son meilleur ami…

 

   Pacey s’éloignait du lycée, de la foule si présente ce soir, de ces cris, de cette fille qu’il avait tant aimée et qui l’avait trahi.

Andie (en pleurs) : Pacey !

   Il ne s’arrêta pas, ne se retourna pas. Si jamais il venait à le faire, il se retrouverait face à elle, et il ne savait pas comment il aurait pu empêcher sa rage, sa haine d’exploser.

Andie : Pacey, reviens je t’en prie !

   La jeune fille se tenait devant l’entrée du lycée. Elle avait l’impression de pleurer toutes les larmes de son corps. Comment avait elle pu faire une chose pareille ? Comment avait-elle pu tout gâcher avec lui, alors qu’elle savait qu’il était l’homme de sa vie ? Il fallait qu’elle s’explique, qu’elle lui demande pardon, il n’avait pas le droit de la juger à ce point alors que durant des mois elle n’avait fait que souffrir.

   Répondant à son instinct, elle se mit à lui courir après. Il fallait qu’il sache qu’elle l’aimait plus que tout. Elle le rattrapa sans mal car lui ne courait pas, mais quand elle fut près de lui, il ne s’arrêta pas continuant son avancée sans un regard vers l’arrière.

Andie : Pacey, il faut que tu m’écoutes.

   Il se stoppa net et la fusilla du regard. Andie sentit son cœur se figer au même instant. Ou était passé ses yeux remplis d’amour qu’elle avait connu ?

Pacey (furieux) : Tu veux que j’écoute quoi Andie ? Tes pleurs ? Tes excuses ? Tes explications qui n’en sont pas ?

Andie : Pacey, je…

Pacey (l’interrompant) : Je ne veux plus rien entendre Andie…Bon sang, tu as couché avec un autre. Comment as-tu pu mettre notre relation de côté si facilement ?

Andie (sanglotant) : Je m’en veux tellement si tu savais…

Pacey : Je ne veux pas savoir… Laisse- moi tranquille s’il te plaît !

   Il ne l’écouterait pas, elle le savait. Il la repoussait loin de lui et ce, de tout son être. Quand il reprit sa marche d’un pas vif, Andie ne cessa de le regarder s’éloigner. Un milliers de coup de couteaux semblaient la transpercer, et des images, qu’elle aurait voulu ne jamais connaitre, s’imposèrent à ses yeux lui rappelant que désormais, elle serait seule…

 *****

   Quand Pacey ferma son casier et reporta son attention sur la foule, il la vit tout de suite, la jeune fille qui se dirigeait vers lui avec détermination, si bien qu’il se prépara pour l’affrontement.

Pacey (lorsqu’elle fut près de lui) : Salut !

Joey (d’un ton pressant) : Il parait que tu pars en bateau cet été ?

Pacey : Oui Potter ! Je vois que tu es bien renseignée…

   Il commença à s’éloigner, ne préférant pas voir où elle voulait en venir.

Joey (hésitante) : Je voudrais venir avec toi.

   Le jeune homme s’arrêta net, cette nouvelle ayant pour lui l’effet d’une bombe.

Pacey (incrédule) : Je te demande pardon ?

Joey (impatiente) : J’aimerai t’accompagner.

Pacey (moqueur) : Potter, dois-je te rappeler que je ne te porte pas vraiment dans mon cœur ?

Joey : Witter, tu crois vraiment que j’ai envie de passer trois mois coincé avec toi ?

Pacey (ne comprenant pas) : Alors pourquoi cette demande ?

Joey (détournant les yeux) : J’ai besoin de changer d’air.

Pacey (sceptique) : Changer d’air ?... Puis après un instant, tu ne voudrais pas fuir quelqu’un plutôt ?

   La jeune fille se mordit la lèvre, réfléchissant à ce qu’elle allait répliquer.

Pacey (après un silence) : Ecoute Potter, je ne pense pas que le meilleur moyen de l’oublier soit de venir avec moi.

Joey : Tu ne peux pas me reprocher ce que tu fais aussi.

   Pacey eut un rire sarcastique, voilà qu’elle lui rappelait ce qu’il essayait de fuir. Sous le coup, il essaya de s’en aller, mais la jeune fille se mit en travers de son chemin.

Joey (commençant à le supplier): Pacey je t’en prie, laisse-moi venir !

Pacey : Non Potter, je ne veux pas de toi sur mon bateau.

Joey : Pacey, il le faut … Elle réfléchit à tout allure, Je ferai tout ce que tu voudras.

Pacey (catégorique) : Non.

   Cette fois-ci, il réussit à se dégager d’elle, mais il la connaissait, et elle n’abandonnerait pas facilement. Elle le rattrapa et parla à toute allure.

Joey (cherchant des arguments) : Je préparerai la cuisine, je ferai le ménage, les courses et même la lessive si tu veux.

Pacey : Non Potter !

Joey : Pacey, toi seul peut m’aider à partir d’ici, Elle eut un regard suppliant, je t’en prie accepte !

   Pacey soupira, comment-pouvait-il refuser face à un demande si désespérée. Il savait que la jeune fille vivait la même douloureuse expérience que lui, mais il savait aussi qu’elle était tout sauf docile quand elle l’avait décidé.

Pacey : Tu me promets que tu obéiras à mes ordres ?

   La jeune fille acquiesça.

Pacey : Quand je te demanderai de faire quelque chose tu n’essaieras pas de riposter ?

   Joey fit non de la tête.

Pacey : Quand je déciderai d’une destination, tu ne viendras pas suggérer autre chose ?

   Elle réitéra son geste.

Pacey : Et enfin tu ne voudras pas avoir le dernier mot à chaque fois que je te reprocherai quelque chose ?

   Il la vit hésiter un instant, puis accepter les termes du contrat.

Pacey : Très bien, je pars dans une semaine, tu devras être prête à l’heure où je le décide.

   Sur ce il s’éloigna d’elle. Joey soupira silencieusement, elle avait accepté tout ce qu’il lui avait dit sans broncher, mais elle savait que ses efforts ne dureraient pas longtemps. Tanpis après tout, une fois qu’elle serait sur le bateau loin de tout, si jamais elle ne respectait pas tout au pied de la lettre, il ne ferait demi-tour. Enfin, elle l’espérait…

 

   Depuis quinze minutes maintenant, la jeune fille se tenait au rayon des maillots de bains se demandant lesquels et combien elle devait en acheter. La décision de partir à l’aventure sur l’eau, avait été si soudaine pour elle qu’elle lui semblait être une erreur. Elle ne connaissait Pacey que très peu. Ils n’avaient jamais entretenu des relations très amicales, mais son désir de fuir Capeside et ses sentiments douloureux surpassaient cette mésentente. Elle préférait obéir aux ordres de Pacey durant quatre mois plutôt que de devoir subir le spectacle de Dawson au bras de sa nouvelle petite amie.

   Totalement absorbée par son choix difficile, elle n’entendit pas de pas se rapprocher d’elle, si bien qu’elle sursauta lorsque Dawson posa la main sur son épaule.

Joey (quand elle le reconnut) : Dawson, tu veux que j’ai une crise cardiaque ?

Dawson (souriant) : Désolé, je ne voulais pas t’effrayer. Regardant autour de lui, Qu’est-ce que tu fais ici ? Je ne me souviens pas t’avoir vu dans un rayon de vêtements depuis tes 13 ans.

   La jeune fille lui fit une grimace face à cette réflexion. Il était vrai qu’elle avait toujours été garçon manqué, mais en quatre ans elle se disait qu’elle avait bien changé.

Joey (reprenant la conversation) : Je dois me trouver quelques tenues pour cet été. Devant l’air interrogateur de Dawson, Pacey m’a dit que ce ne serait pas de tout repos, alors je veux être prête à travailler mais aussi…elle attrapa un maillot, à m’amuser.

   Contemplant son acquisition, elle ne vit pas tout de suite le regard de Dawson qui s’était assombri. Quand elle releva la tête, il avait détourné les yeux.

Dawson : C’est donc vrai, tu accompagnes Pacey à bord du « True  love » ?

Joey (souriante) : Oui pourquoi ? Plus méfiante, Il t’a dit qu’il comptait partir sans moi ?

Dawson : Non mais j’avais espéré, enfin…

Joey (sa méfiance augmenta) : Quoi ?

Dawson : J’avais pensé que tu reviendrais sur ta décision. Trois mois c’est très long et…

   Il cherchait ses mots pour dissimuler son trouble. Aborder cette conversation alors que le départ du bateau était prévu dans deux jours le mettait mal à l’aise. Mais comment pouvait-il lui faire comprendre ?

Joey (perplexe): T’es pas en train de me dire que tu ne veux pas que je parte tout de même ?

Dawson (balbutiant): Je…non…c’est juste que… nous n’avons jamais été séparés aussi longtemps toi et moi, ca me trouble.

   Joey n’en crut pas ses oreilles. Après tout ce qu’il lui avait dit, après ces deux mois passés en compagnie d’une autre fille voilà qu’il voulait la garder elle aussi près de lui ? La jeune fille sentit un vif élan de colère la secouer, encore une fois, il était bien trop naïf et rêveur pour regarder la vérité en face.

Joey (avec diplomatie) : Je suis désolée si ca te trouble Dawson, mais j’ai besoin de temps à mon tour. Je ne vais pas passer mon été à te regarder vivre ton histoire et attendre mon tour.

Dawson : Ce n’est pas ce que je voulais dire…

Joey (mettant fin à la conversation) : Alors dis le mieux la prochaine fois, et dis le à temps surtout.

   Sur ces mots, elle prit la direction des caisses situées un peu plus loin. Elle laissa sur place un Dawson qui regrettait déjà de telles paroles…

 

   Le jour venait de se lever sur le port de Capeside. Pacey qui avait dormi à bord de son bateau cette nuit, se leva non sans mal. Il avait beau avoir réfléchi une bonne parti de la nuit, il ne voyait pas comment il avait pu accepter une jeune fille si têtue pour son voyage. Elle était tellement mieux en compagnie de Dawson, plus apte à la maintenir sous contrôle, mais lui ? Chaque fois qu’ils se voyaient, elle semblait se défouler de toutes les épreuves qu’elle vivait contre lui. Au fond, il avait toujours apprécié les piques qu’ils se lançaient souvent, mais tenir quatre mois seul avec elle, il commençait à croire que le bateau n’y survivrait pas. Il se mit presque à redouter de la voir arriver pour l’embarquement.

   Comme pour répondre à ses pensées, il vit la jeune fille se dirigeait vers lui. Elle semblait tendue elle aussi, comme si elle se demandait encore ce qu’elle faisait ici. Ni l’un ni l’autre n’aurait pu répondre à cette question. Leur décision avait été tellement brusque et irréfléchi pour l’un comme pour l’autre que personne n’aurait pu les aider à répondre. Elle qui pensait toujours à tout, comment avait-elle pu décider de tout abandonner pendant de longs mois pour un voyage en compagnie d’un fou du roi ? Et lui, pourquoi avait-il finalement décidé d’accepter se requête alors qu’il désirait être seul face à l’océan ?

Joey (dissimulant sa gêne) : Salut Witter !

   Il dut reconnaitre qu’elle n’était pas comme les autres filles, car alors qu’il se serait attendu à trois valises, il n’en vit qu’une. Ses pensées enchainèrent tout de suite, sur le fait que sa force résidait sur son naturel, elle n’avait pas besoin de dissimuler son visage sous des crèmes et autres peintures. Secouant la tête pour chasser ses réflexions, il répondit à son salut et vient à sa rencontre.

Jen (arrivant sur le ponton) : Salut les jeunes !

   Joey se retourna vers son amie sourire aux lèvres. La venue de leurs amis reculerait le départ et surtout son face à face avec le jeune homme.

   Le reste de la bande arriva progressivement. Tous affichaient une mine réjouie, mais pour Dawson et Andie, celle-ci dissimulait un sentiment bien plus sombre qu’ils ne laissaient paraître.

   A midi, des petits groupes s’étaient formés. Joey se rapprocha de Jen afin d’avoir une discussion rassurante avec son amie.

Jen (souriante) : Je vois que tu es très troublée.

Joey (inquiète) : Ca se voit tant que ça ?

Jen : Non, mais je suis plus douée que les autres !

   Joey sourit timidement, mais au fond d’elle, tout un tas de question sans réponse se bousculait.

Jen (pour la rassurer) : Ca ira Joey, ne t’en fais pas.

Joey : Je n’arrive pas à me projeter en pleine mer avec Pacey. Ca me paraît irréel.

Jen : Pour tout le monde ici votre départ ensemble est surprenant.

   Joey la regarda surprise.

Jen : Joey, tu ne peux pas prétendre que votre relation ressemble à un ciel dégagé. Je crois qu’on se demande tous dans quel état reviendra le bateau après l’orage qu’il va subir en mer.

Joey (haussant les épaules) : Ca peut aussi bien se passer.

Jen : Tu vois tu commences déjà à voir ce voyage d’un autre œil.

   Son amie acquiesça. Même si elle savait que les premiers jours lui sembleraient venir d’une autre dimension, il était possible que tout se passe bien. La conversation entre les jeunes filles s’éteignit, et même si celle-ci l’avait quelque peu rassuré, la jeune fille ne put s’empêcher de poser les yeux sur Pacey, redoutant l’affrontement qu’il aurait tôt ou tard…

   De son côté, Pacey fut interpellé par Dawson pour le même genre de conversation.

Pacey : Je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai accepté. Non mais c’est vrai, cette fille est obstinée, elle veut toujours avoir le dernier mot. Comment veux-tu que je m’en sorte avec elle dans les pattes ?

Dawson (moqueur) : Allons Pacey, je suis sur que vous n’allez pas vous entretuer.

Pacey : Pourtant on dirait qu’elle fait tout pour.

Dawson (dans ses pensées) : Tu verras au quotidien, elle est formidable.

Pacey : Je préférai quand c’était toi qui t’occupais d’elle.

Dawson : Justement, je voulais te demander de veiller sur elle. Moi je ne le pourrai pas, puis comme pour lui-même, malheureusement.

Pacey (qui l’avait entendu) : Tu l’aimes toujours ?

   Dawson observa la jeune fille qui se tenait non loin d’eux.

Dawson (ne sachant que répondre) : Je… oui…puis regardant Pacey, C’est compliqué…

   Alors qu’ils auraient voulu la prolonger pour repousser le départ, la journée passa à toute allure pour Pacey et Joey. Quand le moment fut venu, le garçon aida la jeune fille à s’installer à bord puis se mettant aux commandes, le bateau commença à dériver sur les flots et à quitter son port d’attache. Et tandis que s’éloignait le « True love » et le couple si improbable à son bord, sur le port, le visage de Dawson se détourna de l’image qui s’imposait à lui…

 

   Au bout de quelques heures de navigation, Pacey lâcha la barre pour rejoindre la jeune fille.

Pacey (se dirigeant vers la cabine) : Bien, maintenant que nous sommes partis et que tout est calme, je vais te montrer tes appartements.

   Joey fut soulagée, enfin elle allait pouvoir se reposer tranquillement, enfin elle allait pouvoir avoir l’intimité dont toute femme a besoin. Son soulagement fut de courte durée quand elle constata que rien ne l’isolait du jeune homme.

Joey : Il n’y a aucune paroi.

Pacey (content de lui) : Je vois que tu es très observatrice Potter !

   Tout fier de son effet, il s’allongea sur son lit et ferma les yeux sourire aux lèvres.

Joey : Ca veut dire que je vais devoir dormir dans la même pièce que toi ?

Pacey : Tu ne croyais tout de même pas que j’avais les moyens d’avoir un bateau plus grand ?

   Joey le regarda horrifiée. Elle avait complètement oublié ce détail et voilà qu’elle allait devoir vivre trois mois en étroite intimité avec le jeune homme.

Pacey : On dirait que t’as perdu ta voix Potter ! Je devrais le marquer dans le calendrier, pour une fois que j’arrive à te faire taire du premier coup !

   Il se releva de son lit, puis lui adressant un clin d’œil, il repartir sur le pont. Joey se détourna de cette porte et approfondit son observation de la cabine. Elle soupira lorsqu’elle s’écroula sur son lit de fortune. Que lui avait-il pris de se lancer à l’aveuglette dans pareille aventure ?

 

   Il lui semblait qu’elle ne dormait que depuis deux minutes lorsque la jeune fille entendit Pacey crier son prénom de l’extérieur. Péniblement, elle releva la couverture pour s’assoir sur le bord du lit. Sortir de sa torpeur lui paraissait une épreuve insurmontable. Ses yeux ne cessaient de se fermer, et sa bouche ne cessait de bailler.

   La jeune fille se frotta les yeux une nouvelle fois quand la porte de la cabine s’ouvrit laissant passer quelques rayons de soleil. Combien de temps avait-elle passé à dormir ? Elle ne le savait pas mais le regard du jeune homme qui était entré en disait long sur se qu’il pensait.

Pacey (moqueur) : Bien dormi ?

Joey : Oui… quelle heure est-il ?

Pacey (éludant sa question d’un geste) : Peu importe. Tu te souviens de notre arrangement pour que je t’emmène avec moi ?

   Joey le regarda méfiante, elle acquiesça d’un signe de tête sachant pertinemment que sa demande serait suivi d’une autre.

Pacey : Dans ce cas, va à la barre pendant que je me repose !

   A peine avait-il terminé sa phrase que déjà il s’était installé sur son lit, et fermé les yeux. Joey qui n’avait cessé de le fixer tandis qu’il prenait une place plus confortable que celle qu’elle n’aurait dans quelques minutes, soupira de frustration. Voilà, sa tranquillité était finie, et dire qu’elle devrait lui obéir durant trois mois…

 

   La première semaine fut redoutable pour la jeune fille. Elle qui avait pensé avoir quelques instants pour elle afin de profiter de ces vacances, perdit vite son enthousiasme. On aurait dit que le garçon prenait un malin plaisir à la faire travailler. Chaque jour il lui donnait une nouvelle tache afin de garder son bateau en bon état le plus longtemps possible et Joey commençait à se demander si tout ce travail n’était pas exagéré.

   Le matin du premier dimanche alors qu’elle aurait aimé rester cloîtrer au lit plus longtemps, elle entendit Pacey qui l’appelait du pont. Cette fois-ci s’en était trop, elle n’était pas du genre patient, ni du genre qui se laisse marcher sur les pieds, alors accepter tout ça sans broncher, il n’en était pas question.

   Elle sortir en trombe de son lit, et rejoignit le pont de la même façon.

Joey (exaspéré) : Qu’est-ce que tu me veux encore ?

   Pacey qui avait jusque là les yeux fixés sur l’océan, les détourna vers la jeune fille. Elle paraissait remontée et prête à exploser s’il lui demandait encore quelque chose. Cette constatation le fit sourire. Elle n’avait pas tenu longtemps !

Pacey : Je veux que tu prennes la barre, je dois dormir avant d’arriver au port.

Joey (retrouvant son enthousiasme) : On va enfin accoster ?

Pacey : Si tu fais ce que je te demande oui.

   La jeune fille soupira une nouvelle fois, mais obéit à son ordre. Et voilà, là elle avait vraiment l’impression d’être le petit chien de Pacey Witter.

Pacey (malicieux) : Au fait, tu viendras me réveiller quand nous arriverons ok ?

   Joey fit « oui » de la tête. Quand le garçon disparut, son regard se reporta sur l’horizon. Elle n’espérait plus que voir les côtes à présent, elle pourrait téléphoner à ses amis et surtout elle pourrait se tenir éloigner quelques temps loin de Pacey, car à cet instant elle aurait presque pu le tuer dans son sommeil…

 

   Quand enfin elle discerna la côte au loin, Joey sentit son cœur bondir de joie dans sa poitrine. Elle avait vraiment besoin de se dégourdir les jambes. Se rappelant des paroles « bienveillantes » de son capitaine, elle se dirigea vers la cabine qu’elle ouvrit afin de rejoindre la couche de Pacey. Lorsqu’elle le vit si profondément endormi, elle hésita. Devait-elle vraiment le réveiller ?

   Se mordant la lèvre, elle voulut faire demi-tour lorsqu’un objet attira son attention. Sur la table où ils partageaient leur repas, trônait une carafe d’eau pleine. Joey se mit à sourire car enfin après une semaine où elle n’avait pas riposter, elle tenait devant elle sa vengeance. D’un geste décidé, elle attrapa le récipient puis après avoir regardé une dernière fois le visage du jeune homme, elle lança l’eau.

Comme elle s’y était attendue, Pacey se réveilla en sursaut, l’œil mauvais. Il mit un instant à comprendre ce qu’il lui était arrivé, puis détournant les yeux, il la vit, debout près de lui avec l’objet du crime dans la main droite.

Joey (souriante) : On est arrivé !

   Pacey se secoua un instant afin de constater les dégâts. Il était trempé de la tête jusqu’en bas du dos. Il n’osa même pas regarder l’état de son lit sachant que celui-ci serait une véritable éponge ce soir encore.

Pacey (en désignant son lit) : Qu’est-ce qui t’as pris ?

Joey : Tu ne croyais tout de même pas que j’allais te faire un câlin pour te réveiller ? Et puis après ce sera quoi ? Te chanter une berceuse ce soir pour que tu t’endormes ?

Pacey : Je vois que tu as retrouvé ta langue ainsi que ton sale caractère !

Joey (continuant sur sa lancée) : Oui, j’ai retrouvé ma langue et je compte bien l’utilisé chaque fois que tu…

   Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, le jeune homme, maintenant qu’il était pleinement réveillé, l’avait attrapé par la taille puis la portant comme un sac à patates, se mettait à marcher d’un pas déterminé vers l’extérieur.

Joey : Pacey relâche moi ! Qu’est-ce que tu fais ?

   Pacey demeura silencieux tandis qu’il la sentait se débattre. Il avait beau avoir pas mal de résistance musculaire, il s’avoua qu’elle se défendait bien. Malgré ses protestations, son agitation, il arriva jusqu’au bord du pont puis lui laissa un temps pour comprendre ce qu’il comptait faire.

Joey : NON !

    Mais déjà elle sentait qu’elle tombait. Sa chute fut courte, et l’entrée dans l’eau fut claquante. Joey se débattit sous l’eau avant de pouvoir remonter à la surface, et quand elle le fit, elle aperçut le garçon toujours au sec qui ne pouvait plus retenir ses rires.

    La jeune fille fit quelques brasses pour rejoindre l’échelle qui la remonterait sur le pont. Lorsqu’elle commença à s’approcher, la main de Pacey se trouvait devant elle.

Pacey : Grimpe !

    Laissant sa fierté de côté, Joey attrapa sa main et se tenant à lui, sortit de l’eau. Il souriait toujours mais il lui avait amené une serviette de bain et l’avait entourée autour de ses épaules. Joey fut reconnaissante de son geste, surtout lorsqu’il revint quelques instants plus tard avec de vêtements propres.

Pacey : Ce sont quelques unes de mes affaires, j’ai pensé que tu ne verrais pas d’un bon œil que je fouille dans ta valise.

   Elle opina à l’aide d’un faible grognement. Il s’éloigna de nouveau vers la cabine, et Joey compris qu’il la laissait tranquille afin qu’elle se change.

Pacey : Allez Joey, sans rancune.

Joey : La prochaine fois je ne te réveille pas avec un jet d’eau, je t’assomme avec la carafe.

   Au son de sa voix, il sut qu’elle était furieuse. Quand il se retourna pour la regarder, elle lui lançait un de ses regards noirs qu’il lui connaissait bien pour les avoir plus d’une fois déclenchés.

Pacey (riant) : C’est qu’elle le ferait en plus.

    Puis il disparut derrière la porte de la cabine laissant Joey une intimité nécessaire…


VinnAnne  (08.08.2009 à 11:48)

   Ils accostèrent quelques heures après leur brève chamaillerie. Tous les deux étaient très impatients de toucher terre après cette semaine où ils avaient été confinés dans quelques mètres carrés. Le répit pour Joey fut de courte durée lorsque Pacey se mit à parler.

Pacey : On va rester ici pendant deux semaines. On va pouvoir faire un peu de provision pour tenir jusqu’à la prochaine étape.

    Ils descendirent du bateau en regardant autour d’eux ; la ville paraissait sympa. Quand il se retourna vers la jeune fille pour terminer la conversation, celle-ci avait gardé les yeux sur le port qui les accueillait.

Pacey : Aujourd’hui on va essayer de trouver un petit boulot chacun pour cette quinzaine de jours. Ok ?

Joey (haussant les épaules) : Tout ce que tu veux du moment que je peux être loin de toi quelques jours.

   Sur ce, elle lui adressa un sourire malicieux, puis se dirigea vers le port. Pacey la regarda disparaître derrière des bâtiments. La cohabitation pendant encore deux mois et demi n’allait pas être pour tout de suite…

 

   Le soir de cette première journée hors du bateau arriva bien vite pour la jeune fille qui reprit la direction du bateau comme à reculons. Ne doutant de la présence ou non sur le bateau, elle pénétra dans la cabine sans avoir frappé et tomba nez à nez avec un Pacey à moitié nu, sortant de sa douche.

   Si lui était surpris de la trouver là, elle le fut encore plus quand elle sentit son cœur s’emballer à sa vue. Faisant demi-tour elle sortit sur le pont, et s’assit sur l’un des bords du bateau. Ce n’était pas son genre de rougir de cette façon, et elle s’en voulait d’avoir montré cette nouvelle faiblesse à Pacey.

   Un frisson la secoua quand elle se rappela son dos nu face à elle. Secouant la tête elle se perdit dans ses pensées. Celles-ci dérivèrent vers un autre jeune homme qui, lui, ne lui avait pas laissé approcher de son corps, qui l’avait repoussé alors qu’il l’aimait.

Pacey : Joey ! Ca va ?

   Joey sortit de ses réflexions pour constater qu’il était en train de venir vers elle puis de s’installer à ses côtés. Il s’était rhabillé et Joey put constater que son trouble avait disparu, il était redevenu le garçon insupportable avec lequel elle ne cessait de se chamailler.

Joey : Je suis désolée pour tout à l’heure. J’aurai du frapper.

Pacey : Ce n’est pas grave. Et puis te voir rougir face à moi ça vaut tout l’or du monde pour moi.

   Il ne faisait que la taquiner, mais Joey se senti une nouvelle fois de sa réaction si vive à la vue de… Elle frissonna une nouvelle fois arrêtant le fil de ses pensées. Que lui arrivait-il à la fin ? Reprenant ses esprits, elle lui fit une brève grimace pour lui témoigner sa gène.

Joey (pour détourner la conversation) : Je n’ai pas trouvé personne qui accepte un extra pour deux semaines.

Pacey : Et bien moi si. Seulement il va falloir que tu me supportes encore tous les jours pendant quelques heures. Tu t’en sens capable ?

Joey : J’y survivrai Pacey…elle réfléchit un instant, je ne vais pas être sous tes ordres encore ?

   Il rit de cette question. Alors elle avait vraiment ressenti cette semaine comme du travail forcé ?

Pacey : Promis Joey,  je ne suis plus ton capitaine pendant deux semaines.

   Elle eut un soupir de soulagement à cette nouvelle. Il n’avait pas fini dans ses révélations.

Pacey : En tout cas, j’ai pris un profond plaisir à te donner des ordres et à te voir te torturer pour ne pas y riposter durant une semaine.

Joey (ne comprenant pas) : Comment ça ?

Pacey : Tu crois vraiment que je suis un capitaine tyrannique ?

   Joey le regarda méfiante.

Pacey : Ok, c’est vrai que j’ai été assez directif, mais ce n’était qu’un test pour moi, juste pour voir combien de temps tu tiendrais avant d’exploser. Il y a plein de choses que j’aurai pu faire moi-même, mais te voir essayer de ne pas être toi-même et te taire c’était assez plaisant.

   Joey n’en croyait pas ses oreilles, il lui avait donné des ordres toute la semaine juste pour la tester ? Juste pour voir quand elle commencerait à riposter ?

Joey : Je n’y crois pas.

   Au sourire qu’il lui lançait, elle comprit à quel point il était fier de lui.

Joey : Tu es content de toi apparemment.

Pacey (sincère) : Peut-être mais il n’empêche que tu as fait du bon travail. J’aurai toujours besoin de toi quand on reprendra la mer.

Joey (haussant les épaules) : De toute façon je ne suis pas venue pour me tourner les pouces.

   Pacey sourit, elle était touchée de ce qu’il lui avait dit mais elle ne s’avouait jamais vaincue et bizarrement, il aimait ça. Tellement qu’il aimait en jouait.

Joey (changeant de conversation) : Bon, tu nous as trouvé quel genre de boulot ?

Pacey : On va trier du courrier à la poste du coin. Job non épuisant, avec des horaires flexible qui nous permettront de dormir un peu le matin et de pouvoir sortir le soir.

Joey (levant les yeux au ciel) : T’es obligé d’en faire la promo ? Elle se leva, A quelle heure le rendez-vous ?

Pacey : On part d’ici à 11h30.

Joey : Je serai prête. Bonne nuit Pacey.

   Elle commença à s’éloigner. Pacey lui continuait de la fixer alors qu’elle se dirigeait vers l’endroit où elle pourrait dormir.

Pacey : Joey !

   Elle se retourna.

Pacey : T’es plutôt sympa quand t’es calme !

   La jeune fille secoua la tête en levant les yeux au ciel. Quel compliment de la part de Pacey ! Elle lui adressa un signe de la main puis s’introduisit dans la cabine.

   Pacey tourna les yeux vers le ciel étoilé, cette soirée était apaisante…

 

   Le trois premières journées, Joey ne pensa qu’à se reposer. Lorsqu’elle se levait le matin, elle rejoignait Pacey sur leur lieu de travail puis tous deux commençaient leurs quelques heures de triage. Quand ils avaient fini, ils se séparaient. Joey retournait sur le bateau afin de se détendre, quand à Pacey, lui décidait d’aller s’amuser afin de profiter pleinement de ses vacances.

   Le quatrième soir, ils décidèrent de passer un coup de fil à leurs amis ainsi qu’à leur famille. Des deux côtés de la mer, tout le monde allait bien. Joey qui n’avait pu avoir Dawson au téléphone apprit de la bouche de Jen que celui-ci avait rompu avec sa petite amie et que désormais il se consacrait à sa nouvelle passion : la photo. Pacey lui se contenta d’écouter la conversation, préférant ne pas aborder l’objet de ses récents tourments à savoir son ex-copine. Quand ils eurent terminé leur brève conversation téléphonique, Pacey invita la jeune fille à venir boire un verre, celle-ci refusa gentiment son offre.

Pacey (déçu) : Tu ne vas pas passer toutes tes soirées à lire ?

Joey : Il y a des gens pour qui cela suffit.

Pacey : Arrête de ronchonner et suis moi !

   Ce fut presqu’en soupirant qu’elle se décida à le suivre. Elle n’avait pas envie de se retrouver dans la foule alors que le but même de son voyage était de respirer. Le bar dans lequel il l’amenait était évidemment le plus réputé du coin, et elle ne fut pas surprise de constater qu’ils n’étaient fréquentés que par des jeunes.

   Le jeune homme se rendit non sans mal jusqu’au bar où il commanda deux bières, puis lorsqu’il fut servi, il lui présenta la sienne.

Joey (avec dégoût) : Non merci.

Pacey : Allez Joey, laisse-toi aller pour une fois !

Joey : Pacey, ca te ressemble surement de venir boire une bière dans un bar mais pas moi. D’ailleurs je ne sais même pas ce que je fais là.

Pacey : Parce que je te l’ai demandé gentiment ?

Joey : Tu vois c’est bien ce que je disais.

   Pacey fit une moue tellement vexée qu’elle fit sourire la jeune fille.

Joey (voulant prendre congé) : Passe une bonne soirée !

Pacey : Tu rates quelque chose en tout cas.

   Comme pour faire écho à ce qu’il disait, un homme de l’autre côté du bar se renversa en arrière de sa chaise et tomba dans un bruit de verre cassé.

   Devant ce spectacle Joey se retourna vers Pacey.

Joey (moqueuse) : C’est sur ! Je vais en rater des choses. Bonne nuit Pacey.

   Le jeune homme la regarda s’éloigner et éprouva un regret qu’il ne put s’expliquer…

 

   Dawson allait sortir de chez lui lorsqu’il entendit le téléphone sonner. Il hésita un instant. Et si c’était important ? Finalement, vu que personne ne se trouvait dans la maison, il décida de décrocher l’appareil.

Dawson : Allo ?

   Un bref silence accueillit ses paroles.

Joey : Dawson? C’est Joey.

   Le jeune homme sentit son ventre se tordre sous la douleur. Comment avait-il pu la laisser partir loin de lui ?

Dawson (ignorant ses sentiments) : Joey ? Comment ça se passe ?

Joey : Très bien. Nous sommes arrêtés quelques jours encore ici et après on reprend la mer.

   Il y eut encore un silence entre eux. La tension était tellement présente qu’elle les empêcher de rester naturels.

Dawson : Et avec Pacey ?

Joey : Tu le connais, il passe son temps à me torturer mais dans le fond on s’entend bien.

Dawson (gêné de cette réponse) : Ha oui ?

Joey : Oui, on commence à se parler autrement que par de répliques cinglantes. Elle continua pour combler le silence qui se formait, Et toi Dawson ?

   Il ne savait pas quoi répondre. La savoir en train de s’amuser sans lui, lui faisait mal. Il aurait aimé être avec elle sur ce bateau. Il aurait aimé pourvoir passer tout cet été auprès d’elle.

Dawson : Et bien, je me suis à la photographie, je crois que Jen n’en peut plus de tous ces clichés d’elle d’ailleurs. Il rit pour dissimuler son malaise, Emma et moi on s’est remit ensemble.

   Cette révélation était totalement fausse, mais à cet instant il désirait se protéger de toutes ces images qui revenaient hanter son esprit. Pour Joey en revanche, ce fut comme un autre coup dans la plaie qui commençait à se refermer.

Joey : Si tu es heureux c’est le principal.

   Le silence se fit encore plus long.

Joey (écourtant la conversation) : Bon je te laisse Dawson. Bonne soirée.

Dawson : Bonne soirée.

   Quand Joey raccrocha, elle avait le cœur serré. Durant toute la journée, elle n’avait pensé qu’à ce coup de fil. Apprenant la veille par Jen que le jeune homme était redevenu célibataire, elle avait voulu avoir une discussion avec lui et voilà que la réalité lui revenait en pleine figure. Elle se demanda alors pendant combien de temps encore elle devrait vivre les montagnes russes avec ses sentiments pour Dawson.

   Sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi, elle ne reprit pas la direction du bateau mais celle du bar où elle savait elle trouverait Pacey.

   Ce soir là, il y avait un match de Base-ball sur un des écrans, si bien qu’il lui sembla qu’il y avait encore plus de monde que la veille. La jeune fille se faufila parmi la foule pour arriver jusqu’au comptoir. De là elle l’aperçut tout de suite, entouré de trois supporters déchainés, il semblait bien s’amuser. Lorsqu’il la vit, il lui sourit et commença à s’avancer vers elle. Elle avait beaucoup de mal à  le rejoindre avec tout ce monde collé les uns aux autres, si bien qu’elle accepta la main qu’il lui tendait pour qu’elle franchisse les derniers centimètres. Quand elle fut près de lui, elle se rendit compte qu’ils étaient vraiment très proches ! Malheureusement, elle n’arrivait pas à se dégager.

Pacey : Tu n’as pas choisi le bon soir pour venir ici Potter !

   Ca, elle l’avait compris au moment où la sortie s’était retrouvée hors d’atteinte.

Pacey : Tu veux boire quelque chose ?

Joey : Non merci. Je crois que je vais rester le plus possible immobile.

   Un de trois gaillards qui avait entendu la conversation, prit position pour Pacey.

Supporter 1 : Allez Mademoiselle, faites plaisir au jeune homme !

   Ces amis le soutinrent.

Supporter 2 : Mais oui, on a qu’une vie après tout !

Supporter 3 : Laissez vous aller !

   Joey les regarda ne sachant si elle devait rire de cette intervention ou si elle devait en avoir peur. Ils étaient tellement imposants ces trois là. Son regard se reporta vers Pacey pour demander de l’aide. Celui-ci semblait fortement apprécier le spectacle de cette petite brune entouré de trois ours.

Pacey (se penchant vers elle) : Tu ferais mieux d’en accepter au moins une !

   Sur ces  mots, il lui tendit une chope de bière. Elle commença par soupirer puis se rappelant des trois paries d’yeux qui l’observaient elle finit par accepter l’alcool à contrecœur. La soirée allait être longue elle le sentait…

   Le match venait de finir. Peu à peu, les supporters avaient les lieux. Joey adressa un signe à ses trois nouveaux amis lorsque ceux-ci se retirèrent à leur tour. Puis accompagné de Pacey, elle avait repris le chemin de leur lieu de repos. Et alors que le jeune homme pensait qu’elle ne lui adresserait pas la parole, Joey confessa ses soucis.

Joey : J’ai eu Dawson au téléphone avant de venir te rejoindre.

   Il la laissa continuer, conscient qu’elle prendrait son propre rythme pour parler de ce qu’elle ressentait.

Joey : Il est de nouveau avec Emma.

Pacey (comprenant ses sentiments) : Je suis désolée Joey.

Joey : Ne le sois pas… elle réfléchit un instant, j’ai beau me creuser la tête je ne vois pas où j’ai pu commettre une erreur. On s’entendait tellement bien depuis notre enfance, cela aurait du être une base solide pour construire notre histoire.

Pacey (haussant les épaules): Parfois ca ne marche pas comme ça. Peut-être que vous avez essayé trop tôt.

Joey : Trop tôt ? Pourtant j’avais l’impression d’être prête pour être avec lui.

Pacey : Pour lui ce n’était peut-être pas le bon moment.

   Elle fit la grimace se rappelant des paroles de Dawson le soir où il l’avait repoussé.

Joey : Tu crois qu’il faudrait que j’attende qu’il le soit ?

    Pacey s’aventurait sur un terrain dangereux il le sentait. Comment la conseiller alors que lui-même trouvait le comportement de Dawson assez curieux ?

Pacey : C’est à toi de voir.

Joey : Je ne l’attendrai pas éternellement.

Pacey : En tout cas, même s’il attend d’être prêt à votre histoire, ça ne l’empêche pas de vivre.

    Il regretta ses mots aussitôt, il lui semblait par là qu’il trahissait son meilleur ami. Mais après tout, il était évident que c’était la vérité. Pour Joey, cette conversation commençait à faire son chemin dans sa tête. Elle était certaine à présent que c’était exactement ce que Dawson faisait avec elle. Il lui avait dit qu’un jour leur histoire reprendrait mais jusque là, lui vivait une histoire mais elle ? Elle n’avait rien à part lui dans sa vie. Elle soupira, pourquoi les choses entre eux étaient si compliquées ? Et pourquoi elle les acceptait sans broncher ?

Pacey (mettant fin à se réflexions) : On est arrivé.

   Sans bruit, ils rejoignirent chacun leur lit respectif. Quand ils furent tous deux installés sur le dos. Joey se sentait vraiment sereine à cet instant.

Joey (sincère) : Merci de m’avoir écoutée Pacey.

   Fermant les yeux, il se mit à sourire.

Pacey (taquin) : Ce que tu peux être fleur bleue parfois, Potter.

   Il ne s’y attendit pas mais après avoir prononcé ces mots, il reçut un coup sur la tête : la jeune fille lui avait balancé son oreiller à la figure.  Elle rit une fois sa bêtise accomplie.

Joey : Bonne nuit Pacey.

   Le jeune homme s’étendit de nouveau sur le dos et s’endormit plus vite qu’il ne l’aurait cru…

 

   Quand elle se réveilla le lendemain, Joey se sentait beaucoup mieux, il lui semblait presque que ses soucis amoureux avaient disparu. Avec le jeune homme ils reprirent le travail tranquillement. Chaque jour, ils s’entendaient de mieux en mieux ce qui faisait sourire la jeune fille quand elle repensait à sa discussion avec Jen au moment de leur départ. Tous leurs amis avaient été surpris de les voir partir ensemble, mais elle était persuadée qu’ils auraient un nouveau choc quand ils rentreraient en tant qu’amis.

   Aussitôt qu’elle pensa à leur retour deux mois plus tard, Joey sentit ses pensées dériver vers le garçon auquel elle s’était promis de ne plus penser. Elle n’avait pas vu le jeune homme depuis deux semaines et pourtant, il lui semblait que sa tête ne cessait de l’emmener partout avec elle. La réalité de sa vie était bien triste. La journée passa sur cette pensée.

   Quand Pacey la rejoignit le soir, il la trouva bien morose. Une fois encore il voulut la dérider, l’emmener dans cet endroit où il était sur de revoir les trois supporters de la veille. Mais se rappelant de la foule, Joey refusa son invitation.          

Pacey : Tu sais ce qui te ferait du bien ? Voyant qu’elle ne le regardait pas, T’amuser !

   Joey fit la grimace, allait-il lui parler encore de l’alcool ?

Pacey : Et oui Potter… nous, pauvres âmes de 17 ans, aimons croquer la vie à pleine dents. Chose que toi tu as beaucoup de mal à faire.

Joey : Oh oui ! C’est tellement mieux de se retrouver dans un bar, bousillant tous notre fric dans des verres d’alcool.

Pacey (soupirant) : Ce que tu peux être négative comme fille parfois !

Joey : Et toi vraiment lourd !

   Elle voulut s’en aller mais il la retint à lui.

Pacey (de façon plus posée) : Joey, je sais que ce n’est pas vraiment ton genre de passer une soirée sympa en compagnie de gens qui aiment la vie mais un jour il faudra que tu sortes de ton trou.

Joey : Laisse-moi tranquille Pacey !

Pacey : Comme tu veux ! Il commença à s’éloigner dans la direction opposée à celle du bateau, tu sais où me trouver si t’as besoin !

   Joey le regarda partir. Encore une fois, il l’avait réussi à la mettre en pétard. En arrivant sur le bateau sur lequel elle comptait passer la soirée, Joey à quel point cette conversation l’avait chamboulé. Elle savait que Pacey lui disait ces choses telles qu’il les pensait mais n’empêche, cela avait le don de la faire réfléchir.

   Joey essaya de se calmer un instant, après tout, il lui avait déjà fait ce genre de réflexions mais ce soir, il lui semblait qu’elles avaient plus d’impacts. Au bout de dix minutes passées à faire les cent pas. Joey finit par craquer, en restant ici, elle lui donnait raison et ça elle ne le voulait pas. Laissant tomber le livre qu’elle n’avait pas ouvert depuis son arrivée, elle repartit en direction de la ville.

    En entrant dans le bar, Pacey se tenait en compagnie de ses trois acolytes de la veille.

Les supporters (ravis) : JOEY !

   La jeune fille leur fit un signe de la main accompagnée d’une moue timide. Au moment où les trois personnages l’avaient appelé, elle avait senti tous les regards se poser sur elle. Rapidement, elle rejoignit le bar. La jeune fille remarqua le regard satisfait de Pacey, visiblement il constatait que ses propos avaient atteint leur but.

Joey (à Pacey, d’un ton qui n’admettait pas la réplique) : Je ne veux pas entendre un mot.

Pacey : Je n’ai rien dit.

Joey : Justement, je te préviens.

   Il souriait tellement que Joey ne put s’empêcher de sourire également. C’était un bon début, enfin il avait réussi à la sortir de son trou pour qu’elle ne passe pas la soirée seule.

Pacey : Tu verras, quand tu passes des soirées en compagnie de gens un peu fou, tu oublies tous tes problèmes.

   Fou ? Le mot était un peu faible. Les trois supporters s’étaient mis à crier un chant qui fut reprit en chœur dans l’assemblée. Pendant ce temps, Pacey avait commandé une nouvelle fois, une bière pour la jeune fille.

Pacey : Tiens.

   Joey voulut d’abord refuser, mais se rappelant que la veille, la soirée n’avait pas été si mauvaise, accepta avec un sourire ce qu’il lui tendait. Quand ce fut fait, il accompagna ses amis au chant. Joey éclata de rire en le voyant les rejoindre et les prendre dans ses bras. Que c’était bon de se laisser aller…

 

   Les soirs passèrent et se ressemblèrent. Pendant toute la semaine qui suivit, Pacey avec l’aide de ses trois nouveaux amis Ted, Barney et Marshall entrainaient Joey dans des endroits dans lesquels elle n’avait jamais mis les pieds. Et chaque fois bien sur, elle se devait de boire au moins un verre si elle voulait faire plaisir aux trois supporters qui ne concevaient pas de vivre sans bière.

   Le dernier soir avant le départ de Joey et Pacey, ils retournèrent dans leur bar habituel afin de célébrer dignement cet évènement. Ce fut principalement pour cette raison que Joey se retrouva tout à coup devant une rangée de verre à vodka.

Joey (se retournant vers Pacey) : Je ne peux pas boire tout ça.

   Le jeune homme s’amusa de sa remarque.

Pacey : Tu t’arrêtes quand tu veux ok ?

   Joey acquiesça tout en se dirigeant vers la table où se trouvaient les verres et son « adversaire » : Marshal, celui qui résistait le mieux à l’alcool des trois. Joey secoua la tête. Qu’est-ce qui lui avait prit d’accepter ce jeu stupide ?

Marshall (avec un clin d’œil) : Bonne chance !

   Joey jeta un dernier coup d’œil vers Pacey qui lui adressa un sourire en retour. Cette attention qu’il lui porta, la rassura. Droite, elle se retourna vers le jeu qui l’attendait et vers ses regards posés sur elle. D’une traite, elle avala le premier verre…

*****

Le soir même

   Après tous les verres de vodka que la jeune fille avait ingurgitée,  Pacey décida qu’il était plus que temps pour elle de rentrer. Il savait aussi que faire marcher quelqu’un d’enivré n’était pas une très bonne idée aussi il ne fut pas surpris lorsque Joey vomit quelques instants plus tard. Se sentant  mieux ensuite, le jeune homme avait tenu à la raccompagner. Bizarrement, l’atmosphère silencieuse qui régnait autour d’eux, ne lui déplaisait pas.

   A mi-chemin, ils s’arrêtèrent au niveau d’un jardin publique qui aux yeux d’une Joey éméchée paraissait magnifique.

Joey (après s’être assise) : Ca fait toujours aussi mal l’alcool ?

Pacey : Quand on ne sait pas s’arrêter oui.

   Elle lui tira la langue, et sentit un vertige la saisir. Finalement, elle s’allongea.

Joey : Ca tourne encore plus quand je suis allongée.

Pacey (riant) : C’est normal ça Potter !

Joey : Tu dois être un grand expert pour savoir tout ça.

Pacey : Au début oui, j’ai fait comme toi. C’était pour oublier.

Joey (se relevant péniblement) : Oublier quoi ?

Pacey (évitant la question) : Doucement Joey, je ne suis pas un alcoolique !

Joey (en persistant) : Oublier quoi ?

   Pacey soupira, même saoule, elle gardait son caractère.

Pacey : Une fois ça a été mon père, une autre fois Tamara, puis… Andie.

   Elle redevint sérieuse quand elle entendit le prénom de la jeune fille qui avait tant compté pour lui.

Joey : Tu l’aimes toujours ?

   Il réfléchit un instant essayant de se souvenir de ces sentiments qui s’étaient enfouis en lui.

Pacey (fataliste) : Non. Tout s’est brisé en moi. Je crois que je n’ai jamais connu pire que ça.

Joey : Moi aussi ça s’est brisé. Mais on dirait que ma tête veut à tout prix recoller les morceaux.

Pacey : Et je pense qu’elle en a réparé une bonne partie.

Joey : Je pense aussi. On fait comment dans ces cas là ?

   Elle le regarda un long moment pour connaitre sa réponse.

Pacey : Ca je ne sais pas…

   Ensuite, ils se turent. Ils évoquaient des choses que tous deux voulaient à tout prix oublier. Et ce prix justement quel serait-il ? 

Joey (rompant le silence) : Tu crois qu’on peut guérir de ce genre d’amour ?

Pacey (après une brève réflexion) : Oui. Il faut juste un peu de temps.

Joey (en faisant la grimace) : Hum…et quelques vodka.

   Pacey sourit à l’évocation de la scène à laquelle il avait assisté quelques minutes plus tôt.

Joey : Pacey ?

Pacey : Oui ?

Joey : J’ai quelque chose de repoussant ?

   Pacey la regarda surpris de cette demande. Non, elle n’avait rien de repoussant, au contraire. Elle avait toujours représenté pour lui une de ces beautés naturelles qui souvent sont destinées à d’autres que vous.

Pacey : Non, tu n’as rien de repoussant.

Joey (au bord des larmes) : Alors pourquoi il ne veut pas de moi ?

   Devant son chagrin si évident, il ne put résister. La prenant contre lui, il se mit à la bercer doucement. Devait-il lui dire que Dawson l’aimait toujours ? Et s’il le faisait seraient-ils plus heureux ou souffriraient-ils encore ? Devant des questions si lourdes de conséquences, il préféra se taire. Le voyage n’était pas fini, il se pouvait que d’ici la fin, la jeune fille sache mieux ce qu’elle désirait vraiment…

*****

   La fin de soirée de la jeune fille paraissait floue. A son réveil, elle n’avait pas pu  trouver la force de se lever si bien qu’elle était restée à attendre le retour du capitaine. Joey avait d’ailleurs l’impression d’avoir passé des heures à l’attendre lorsqu’il pointa le bout de son nez dans la pièce.

    Ses bras étaient chargés de courses qu’il alla ranger tout de suite. Joey le regarda s’affairer honteuse de ne pouvoir l’aider. Quand il revint vers elle, elle le vit prendre une chaise et s’installer à ses côtés.

Joey : J’ai été comment ?

Pacey : Tu veux dire hier soir quand tu as vomi tes tripes ou cette nuit quand tu m’as menacé pour que je reste auprès de toi ?

Joey (honteuse) : J’ai fait tout ça ?

Pacey : Et oui Potter !

Joey : Oh non ! Soupirant, Je savais que ce jeu était une mauvaise idée.

Pacey : Tu ne devrais pas regretter. Moi je ne regrette pas en tout cas.

Joey : (méfiante) : Qu’est-ce que j’ai fais ?

Pacey : Je ne savais pas que tu ressentais tout ça en toi.

Joey : Pacey, tu commences à me faire peur là.

Pacey : Tu as évoqué Dawson. Son silence l’incita à continuer, tu as dit que tu avais toujours pensé que vous étiez des âmes sœurs, que rien ne pouviez vous séparer. Et en fait tu te rendais compte aujourd’hui que tu avais complètement oublié de vivre en dehors de lui.

   Joey ne savait que penser. A entendre de telles paroles à voix haute lui faisait prendre conscience de la vérité de son existence. Effectivement, toute sa vie avait tourné autour de Dawson et de ses rêves. Elle l’avait toujours admiré, vivant avec lui dans une bulle, comme si la vraie vie ne valait pas la peine. Depuis qu’elle avait été rejeté par lui, depuis qu’il lui avait imposé une nouvelle souffrance, depuis qu’elle se trouvait sur ce bateau, elle se rendait compte à quel point elle avait pu être une jeune fille naïve tout comme son meilleur ami.

Pacey : Au moins je sais que si un jour je veux te faire parler sur moi, faut que je te fasse boire.

Joey (se maudissant) : Oh mon dieu !

   La jeune fille s’étendit sur le dos. Avait-elle dit tant de choses ?

Pacey : Tu sais Joey, nous ne sommes pas si différents toi et moi. Mais il y a une chose que nous n’avons pas en commun. Elle le regarda attendant la suite, toi tu te bats constamment pour oublier Dawson et votre histoire, ce qui fait que finalement tu n’y arrives pas. Moi j’ai décidé de ne pas oublier, de vivre avec cette souffrance. J’ai mal mais je veux continuer de vivre ma vie et un jour, je sais que la douleur sera partie d’elle-même. C’est la vie Joey, on tombe amoureux, on souffre puis un jour, on finit par voir cet amour d’un autre œil.   

    Elle ne l’avait pas quitté des yeux durant sa tirade, elle se rendait compte à cet instant comment elle l’avait mal jugé par le passé, comment elle avait cru qu’il ne saurait l’aider alors que depuis le début, il ne cessait d’être présent, de l’écouter et de lui expliquer ce qu’elle avait du mal à voir. Pacey lui fit un sourire réconfortant, il avait été moins direct que par le passé, mais il était content une nouvelle fois de l’effet qu’avaient eu ses mots sur elle. Plus il y pensait  et plus chaque fois qu’il le voulait, il savait comment lui faire voir la réalité en face. Elle ne récupérerait jamais Dawson si elle ne vivait pas un peu pour elle, ça il en était persuadé.


VinnAnne  (08.08.2009 à 11:50)

   Le lendemain soir, ils reprirent leur voyage, et Pacey reprit le commandement. Vu  qu’ils s’étaient rapprochés ces derniers jours, Joey ne fit d’abord aucune remarque. Puis après deux jours, n’y tenant plus, elle riposta, et Pacey accueillit sa réponse avec un éclat de rire. Jamais personne ne l’avait autant amusé que Joey Potter.

   Un soir, elle vint le trouver sur le pont, il consultait une carte de la côte à l’aide d’une lanterne.

Joey (en croisant les bras) : Salut ! Qu’est-ce que tu fais ?

Pacey (les yeux toujours baissés) : Je pensais qu’on pourrait s’arrêter une semaine dans une ville pas très loin. Je regardais combien de temps il faudrait pour la rejoindre.

Joey : Verdict ?

Pacey : Deux jours.

   La jeune fille opina. Encore deux jours de corvées pour elle puis ensuite ce serait comme avant…

 

   Ils arrivèrent bien deux jours après, à ce fameux port. Joey sentait des courbatures dans tout son corps. Elle allait de nouveau pouvoir quitter les corvées de ménage et de cuisine pour se balader dans de nouvelles rues.

   De nouveau, ils trouvèrent un emploi d’extras mais cette fois-ci ce fut dans un magasin de souvenir. Leurs horaires étaient plus complets que ceux qu’ils avaient eus dans la ville précédente, mais les pourboires leur permettaient de se détendre le soir.

   Reprenant son ancienne habitude, Joey commença les premiers soirs par une longue exploration d’un livre qu’elle avait déjà lu. Mais finalement, au bout du troisième soir, elle se rendit compte qu’elle ne sentait pas à l’aise. Quand elle prit conscience que c’était l’absence de Pacey à ses côtés qui lui procurait de mal être, elle se sentit gênée. Ils avaient passés de bons moments ensembles sur Terre et sur mer depuis le début du voyage, et cela la surprenait encore. Quand elle y faisait attention, sa présence lui manquait.  

   Ce fut pour cette raison qu’elle décida ce troisième soir, d’aller le rejoindre là où il lui avait donné rendez-vous sans trop croire qu’elle viendrait le retrouver. Elle trouva le bar facilement, car tout le monde le connaissait et quand elle demanda son chemin la première fois, on l’accompagna. Elle arriva près de l’établissement cinq minutes après.

   Quand elle le vit près du bar, en train de discuter avec une blonde parfaite des pieds à la tête. Joey sentit un pincement au cœur, elle n’avait pas pensé à cela. Finalement, il n’avait pas besoin qu’elle le rejoigne. Puis comme pour répondre à ses pensées, elle se mit à sourire. Elle venait d’avoir une idée lumineuse et comptait bien grâce à celle-ci rendre la vie impossible à son capitaine tyrannique.

D’une main vive elle défit sa coiffure discrète pour laisser tomber ses cheveux en pagaille sur ses épaules, puis déboutonna sa chemise afin de créer un décolleté plus provocant. Quand elle eut terminé, un sourire vainqueur aux lèvres, elle pénétra dans le bar.

   Un tintement retentit à son arrivée, déclenchant tous les regards dans sa direction. Elle remarqua tout de suite ceux des hommes commençant vers le bas, s’attardant au niveau de sa poitrine puis se détournant après un sourire. La jeune fille sentit ses joues s’empourprer mais ne perdit pas son objectif de vue. Parmi ces brefs coups d’œil, elle aperçut celui du jeune homme qui l’intéressait, celui-ci haussa un sourcil puis, comme si elle n’avait aucune importance, retourna à sa blonde.

    Joey commença à avancer vers eux, persuadée que ce soir, elle l’emporterait sur lui. Quand elle fut tout près d’eux, elle remarqua le regard noir que lui lança la jeune femme au moment où elle se collait dangereusement à Pacey. Celui-ci la regarda surpris de son attitude et avant qu’il n’ait pu la repousser, la jeune femme brune, mit une main derrière sa nuque, puis attira sa tête à elle afin de venir poser un léger baiser sur ses lèvres.

Joey (d’une voie mielleuse tout contre sa bouche) : Bonsoir mon chéri. Puis lui souriant, Tu as passé une bonne journée ?

    La jeune blonde restée en retrait devant ce spectacle, grimaça de dégout. Elle se rendait compte encore une fois qu’elle s’était fait avoir par un homme marié. D’un mouvement rageur, elle attrapa ses affaires, lança un regard noir au jeune homme puis en toute hâte disparut hors de l’établissement.

            Horrifiée de voir son « coup » partir, Pacey demeura un instant les yeux fixés sur la porte d’entrée puis tourna la tête vers la jeune femme qui lui servait de matelot cet été. Celle-ci remettait ses cheveux en place et refermait sa chemise.

Pacey (furieux) : On peut savoir ce que t’as fait là Potter ?

Joey (faisant signe au barman) : Une bière s’il vous plaît. Puis se tournant vers lui, J’applique tes règles Pacey. On est là pour travailler.

   Pacey resta en comme en suspens pendant encore un moment tandis qu’elle attrapait son verre et se mettait à le siroter. De quel droit venait-elle décider pour lui ? De quel droit l’embrassait-elle ? Furieux de ne pas avoir réagi au moment où il l’aurait fallu, le jeune homme serra les poings, ne cessant de la fixer.

Joey (contente d’elle) : Ne me regarde pas comme ça Pacey, on dirait que tu vas me tuer !

Pacey  (toujours en colère) : Ha oui ? Il lui prit le verre des mains pour le vider d’une traite, estime toi heureuse que je ne le fasse pas. Puis en claquant la main sur le bar, En route Potter on n’a pas que ça à faire !

   Il s’éloigna d’elle et sortit du bar en trombe, faisant claquer la porte sur son passage. Joey le regarda s’éloigner en souriant. Elle avait voulu le rendre furieux, et se disait que sa réaction avait dépassé ses espérances. Ce fut presqu’en sautillant qu’elle courut à sa suite…

 

   Depuis la veille au soir, où elle lui avait fait perdre tout espoir avec une jolie jeune fille, Pacey n’adressait plus que des grognements et des coups d’œil furieux à Joey. Celle-ci commençait à redouter d’avoir agi de la sorte. Elle aurait aimé qu’il lui lance des piques comme il avait l’habitude de le faire. Elle voyait bien que quelque chose n’allait pas pour le garçon. Si elle avait agi de la même façon quelques mois plus tôt, Joey en était sure, il en aurait profité. Elle rougit alors, se rappelant de son geste. Elle ne savait pas ce qui lui était passé par la tête mais en embrassant le jeune homme, cela avait été comme si elle avait réalisé une chose dont elle avait envie depuis quelques temps.

La jeune fille avait été beaucoup plus entreprenante qu’elle ne l’avait jamais été, pour cette raison, elle s’était sentie honteuse le lendemain matin. Que lui avait-il pris de se laisser aller à un tel rapprochement ?

   Lors du petit déjeuner, elle essaya de faire la conversation, mais Pacey  gardait les yeux délibérément baissés. Joey ne l’avait alors pas questionné sur sa réaction si extrême, mais maintenant elle se demanda si elle n’aurait pas mieux fait. Durant cette journée qui lui semblait interminable, tous deux s’affairèrent afin de pouvoir repartir le lendemain soir. Elle ne savait pas pourquoi mais Pacey avait décidé de mettre un terme à cette escale. Le silence qui régnait entre eux surprenait la jeune fille. Elle ne l’avait jamais vu d’humeur aussi morose et se demandait ce qu’elle avait bien pu faire pour mériter telle colère.

   Lorsque le soir arriva, Joey fut soulagée de savoir qu’elle pourrait enfin se détendre hors du bateau. Elle ne vit pas tout de suite, le sourire moqueur du garçon qui lui servait de capitaine.

Joey : Tiens, j’ai repris forme visible ?

   Il ne parlait toujours pas quand il commença à se diriger vers la porte de la cabine. Sa façon de marcher, sa désinvolture furent comme une révélation pour la jeune fille qui ne comprit que trop tard ce qu’il comptait faire. Arrivé à l’extérieur, elle le vit se retourner clés en mains, lui faire un clin d’œil accompagné d’un sourire espiègle qu’elle lui connaissait bien,  et fermer la porte derrière lui.

Joey (criant) : Pacey !

   Il était trop tard, et quand elle arriva à la serrure, celle-ci résistait déjà.

Joey : Witter, ouvre cette porte !

Pacey : Désolé Potter, je ne peux pas te laisser me ridiculiser deux soirs de suite. Il commençait à s’éloigner, Amuse toi bien !

Joey (cognant sur la porte) : Pacey, je te jure que si tu n’ouvres pas tu me le paieras.

   Sa lutte était vaine.

   Au loin, le rire du jeune homme résonnait déjà…

 

 

   Un mois s’était écoulé depuis le départ de Joey et de Pacey à bord du « True love ». Jen qui avait bien vu le comportement impatient de Dawson n’avait fait jusque là aucune remarque. Mais plus les jours passés, plus cette impatience s’intensifiait. Elle avait d’ailleurs causait la perte du couple qu’il formait avec Emma, la jolie blonde.

   Quand ils eurent enfin un moment à eux seuls, Jen ne laissa pas passer sa chance.

Jen (perspicace) : Je peux savoir ce que tu as ces derniers temps ?

   Alors qu’ils marchaient en direction de la plage, Dawson s’arrêta net pour regarder son amie.

Dawson (ne comprenant pas) : Et moi, je peux savoir de quoi tu parles ?

Jen (levant les yeux au ciel) : Dawson, j’ai bien remarqué à quel point tu étais plus irritable ces temps-ci.

Dawson (haussant les épaules) : Tout le monde à des périodes moins faciles.

   Il essaya de se dérober en continuant de marcher mais elle l’arrêta d’une main.

Jen : C’est étrange, ton attitude a beaucoup changé depuis le départ d’une jeune fille qui a beaucoup compté pour toi.

   Elle avait vu juste, car il serra les dents à l’évocation de la jeune fille en question.

Jen : Je suis sur que ça ne t’as rien fait de la voir partir sur un bateau avec ton meilleur ami ?

Dawson : Pourquoi faut-il que tu insinues toujours ce genre de choses ?

Jen : Dawson, je ne suis pas dupe. Je connais les sentiments humains. Même si ces deux là n’ont jamais éprouvé une grande amitié l’un envers l’autre, il faut le dire, ce sont des êtres de sexes opposés. C’est normal que tu te poses des questions sur l’issue de ce voyage.

Dawson : Je leur fais confiance.

Jen : Je sais, mais il n’empêche que parfois certaines choses ne se déroulent pas comme on le voudrait.

Dawson : Pourquoi me dis-tu tout ça ?

Jen : Pour que quelque soit le résultat de leur aventure, tu sois capable de l’affronter.

   Sur ces mots, elle reprit le chemin de la plage là où ils l’avaient laissé. Par la même occasion, elle laissa Dawson reprendre le fil des ses pensées et de ses doutes…

 

   Andie et Jack se trouvaient déjà sur la plage au moment où Dawson et Jen s’étaient arrêtés pour discuter. Jack qui avait l’habitude de voir sa sœur pleine de vie, discutant de tout et ayant un avis sur tout, était peinée de constater que depuis sa rupture avec son petit ami, la jeune fille s’était renfermée sur elle-même. Il n’avait jusque là pas encore abordé le sujet avec elle, craignant que les souvenirs soient encore trop présents, or un mois s’était écoulé depuis leur violente rupture. Il se souvenait encore de ce fameux soir où Andie était revenue au bord du gouffre, les larmes l’ayant submergée toute la soirée puis la nuit.

   Jack avait pensé qu’elle avait besoin de temps pour s’en remettre mais plus les jours passés et plus la jeune fille semblait ne pas vouloir remonter la pente. Finalement, il prit son courage à deux mains et se dit que le moment était venu pour lui de jouer les grands-frères.

Jack : Andie, tu ne crois pas qu’il faudrait qu’on parle ?

   Elle se retourna vers lui, le regard interrogateur.

Andie : De quoi veux-tu parler ?

Jack (fataliste) : De Pacey.

   En entendant son prénom, Andie sentit son cœur se serrer. Si seulement, elle n’avait pas commis cette erreur, elle serrait avec lui sur le bateau en ce moment…

Jack : Andie ?

Andie : Qu’est-ce que tu veux que je dise à propos de lui ? Il a rompu, en parler ne fera pas évoluer les choses.

Jack : Je sais, mais je pensais qu’en parler t’aiderais peut-être…

Andie (s’énervant) : Et bien tu te fourres le doigt dans l’œil. Pacey a fait son choix, il ne veut plus de moi…

Jack (sur la défensive) : Andie calme toi ! Je voulais simplement te dire que j’étais là pour toi, si jamais…

Andie : Si jamais quoi ? Je ne veux plus penser à lui Jack, laisse-moi essayer au moins !

   Ce fut comme si elle s’enfuyait. Attrapant sa serviette, elle se mit à courir vers le chemin qui la ramènerait chez elle. Sur sa route, elle croisa une Jen qui fut plus que surprise de la voir fuir en pleurant, l’endroit où se tenait son frère.

Jack (l’appelant) : Andie !

   Mais elle avait disparut.

   Jen arriva quelques instants après bien décidée à avoir une conversation avec lui. Il vit son regard interrogateur dès qu’elle fut près de lui.

Jack (voulant éviter l’explication) : C’est compliqué…

   Mais elle était déjà toute ouïe prête à entendre toute l’histoire…

 

 

   Lorsque Pacey était revenu de sa sortie le soir même, il avait eu peur de l’affrontement avec la jeune fille. Il était persuadé qu’elle lui affligerait quelques remarques cinglantes après l’avoir séquestrée à bord du bateau. Il fut d’autant plus surpris quand il la trouva profondément endormie dans son lit. Lentement, il se dirigea vers la jeune femme puis quand il fut à ses côtés, il la regarda. A cet instant, il ne put s’empêcher de s’en vouloir du comportement qu’il avait eu toute la journée avec elle.

   Elle ne s’en était pas rendu compte mais ce baiser avait eu pour lui l’effet d’un électrochoc. Il ne s’y était pas attendu, mais la sentir collée à lui, la sentir l’embrasser avait éveillé en lui des sensations qu’il n’aurait jamais du ressentir. Comment Joey Potter pouvait-elle faire naître un désir en lui de cette façon ? Car il fallait bien qu’il se l’avoue, ce frisson qui l’avait traversé, avait été du désir. Un désir si fort qu’il l’avait repoussé loin de lui. Il n’avait pas le droit. Dawson était toujours amoureux de la jeune fille, il n’avait pas le droit sachant cela, de vouloir sentir cette même personne contre lui. Voilà pourquoi il avait été si froid durant cette journée. Il ne devait pas la désirer, il n’en avait pas le droit.

   Il secoua la tête pour effacer ses pensées si sombres. Quand il récupéra sa maitrise de lui, il se mit à sourire. Elle n’allait pas en rester là, il en était sur. Cette soirée enfermée n’avait fait qu’attiser le feu. Il était content d’avoir pu énervée un instant la jeune fille, car alors il pourrait rester de marbre et ignorer ce début de sentiment qui le torturait.

    Il repensa à l’expression qu’elle avait eu quand elle avait compris son manège, ce fut grâce à cela qu’il rejoignit son propre lit sourire aux lèvres. Cette soirée avait été très prometteuse pour lui, et il avait rendez-vous le lendemain avec une jeune femme charmante qui avait égayé sa soirée et qui lui avait fait oublier d’autres soucis qui ne cessaient de revenir à son esprit.

   Après cinq minutes où il avait prit position sur le dos, il s’endormit.

   Le lendemain, lorsqu’il se réveilla, il lui semblait que sa fatigue ne s’était pas dissipée. La première image qui s’imposa à lui fut le lit vide de Joey. Il était tôt, et cela ne ressemblait pas à l’habitude de la jeune fille de se réveiller à cette heure ci. Attrapant un t-shirt qu’il n’enfila pas tout de suite, il sortit sur le pont. Il arriva au moment même où Joey revenait du port avec un panier dans les mains.

   Il remarqua son regard se poser sur lui, elle détourna les yeux aussitôt et il put voir qu’elle rougissait. Il s’amusa de l’effet qu’il avait sur elle.

Joey : Je suis partie faire une lessive.

Pacey (sincèrement): C’est gentil merci.

Joey : Tu ne devrais pas être si reconnaissant Pacey.

Pacey (ne comprenant pas) : Pourquoi ?

Joey (faussement désolée) : Je suis vraiment désolée, mais la lessive et moi ca fait deux. J’ai malencontreusement oublié une de mes chaussettes rouges dans la machine de blancs.

   Sur ce elle renversa le panier. Pacey qui jusque là était resté assez calme put constater que toutes ses affaires étaient devenues soit trop courtes, soit…roses.

Joey : J’ai aussi oublié que certains vêtements ne sont pas résistants dans une machine à 60°

Pacey : 60° ? Joey tu es folle ?

Joey (mettant sa main devant sa bouche pour mimer la bourde) : Oups.

   Elle reprit sa mine sérieuse, et reprit la direction de la cabine. Toutefois, elle s’arrêta près de lui et lui murmura à l’oreille.

Joey (prenant une voix sensuelle) : La vengeance, je la préfère froide.

   Puis elle s’éloigna, Pacey qui aurait du ressentir une vive colère devant un tel spectacle de vêtement gâché, avait tout oublié lorsqu’il avait senti le fourmillement au creux de son ventre le reprendre. En passant aussi près de lui, elle avait déclenché une sensation qu’il ne voulait toujours pas accepter. S’il ne se calmait pas tout de suite, il devrait prendre une douche froide…

 

   Le soir de la confrontation, Pacey ne réitéra pas son geste, préférant sauver le peu de vêtement qui lui restait après le passage de la tornade Joey. Il ne savait pas où se trouvait la jeune fille lorsqu’il prit la direction du bar où devait l’attendre celle qu’il avait rencontré le soir d’avant.

   En pénétrant dans le bar, il l’aperçut tout de suite. Elle s’était faite encore plus belle que la veille, espérant sans doute que ce soir, il l’embrasse. Une fois qu’il fut près d’elle, ils se mirent à reprendre la discussion là où ils l’avaient laissée lorsqu’ils s’étaient rencontrés la première fois. Ce qu’il n’avait pas prévu au programme arriva quelques minutes après son arrivée.

   Comme deux jours auparavant, le tintement de la porte d’entrée résonna dans la salle. Pacey se retourna vers ce bruit, et il la vit : Joey, encore plus belle qu’elle ne l’avait été deux jours avant. Et elle ne cessait de le fixer tandis qu’elle se rapprochait.

Elle ne va pas me refaire le coup du baiser, se dit-il en serrant les dents.

   Si elle retentait l’expérience, il ne savait pas s’il pourrait la repousser. Il fallait qu’il la devance. Lorsqu’elle arriva près deux, sous l’œil interrogateur et surtout haineux de l’autre jeune femme, ce fut Pacey qui parla le premier cette fois. D’un geste vif, il passa un bras sur les épaules de Joey et se retourna vers sa compagne.

Pacey (fier de lui) : Cathy, permets moi de te présenter ma sœur, Joey.

   Joey ne savait plus quoi dire. Elle qui avait espéré faire fuir une autre jeune femme, voilà que son plan tombait à l’eau. Elle réfléchit à toute vitesse pour trouver une parade. Elle se rendit compte que Cathy lui avait souhaité la bienvenue et que le couple attendait sa réponse.

Joey : Bonsoir Cathy ! Ne vous dérangez pas pour moi, il fallait que je vois Pacey au sujet de son mariage.

Cathy (horrifiée) : Son mariage ?

Joey : Oui. Vous ne le saviez pas ? Pacey se marie avec Sam demain dans la soirée, aujourd’hui c’est un peu son enterrement de vie de garçon.

   Si aucune loi ne régissait ce pays, Pacey l’aurait volontiers battu sur place. Cathy qui jusque là n’avait eu de yeux que pour lui, le regarda avec dégout. Comment avait elle pu tomber dans le panneau de ce dragueur invétéré ? Sur ces pensées, elle s’éloigna en toute hâte, comme s’il n’était qu’une infection et que la contamination guettait.

   Pacey serra les poings, pendant que Joey attrapait le verre qui lui était destiné.

Joey (comme si de rien n’était) : Mojito j’imagine ?

   Puis elle but, évitant soigneusement de regarder le jeune homme. Quand le choc de ce nouvel échec fut passé, il lui reprit le cocktail des mains.

Pacey : Ca t’amuses de faire ça ?

Joey : Je croyais que tu voulais repartir ce soir ?

Pacey : J’avais besoin de m’amuser avant de repartir.

Joey : Tu voulais t’amuser…faisant semblant de comprendre, oh ! Avec elle ? Pas de chance pour ce soir on dirait.

Pacey (en soupirant) : Je me demande encore pourquoi je t’ai emmené avec moi.

Joey : Ne joue pas les martyres, je suis sure que tu peux trouver mieux que cette fille.

Pacey : Pour que tu puisses jouer encore c’est ça ?

Joey (haussant les épaules) : Pourquoi pas ?

   Il remarqua son sourire vainqueur, elle prenait un malin plaisir à jouer à ce jeu.

Joey (regardant la foule) : Bon moi je te laisse. Je vois un bel étalon qui n’arrête pas de regarder dans ma direction là-bas. A tout à l’heure.

   Joey lui adressa un clin d’œil puis s’éloigna dans la foule. Le jeune homme la suivit des yeux alors qu’elle s’avançait vers son prédateur. Qu’avait-elle ce soir ? Pensait-elle tellement à Dawson que l’envie de se jeter dans les bras du premier inconnu lui venait ? Pacey posa son verre sur le comptoir. Il ne s’en rendait pas compte mais il ne cessait de les fixer. Puis ce fut comme une révélation, il tenait enfin lui aussi le moyen de tenir sa revanche envers cette petite brune impitoyable.

    Avec assurance, il se déplaça au milieu de la foule, il ne quittait pas des yeux la jeune fille si bien que sentant qu’on l’observait, elle détourna les yeux vers lui. Elle ne savait pas ce qu’il comptait faire, mais son sourire vainqueur ne la rassura pas.

   Comme s’ils étaient tous les deux seuls dans cette immense pièce, il passa un bras autour de sa taille et une main derrière sa nuque. Quand il se mit à lui caresser le cou lui faisant  courir des frissons sur les bras, Joey perdit la maitrise d’elle-même. Elle ferma les yeux sous la caresse et sentit les lèvres de Pacey effleurer les siennes. Elle savait qu’elle aurait du le repousser, mais elle était incapable de se contrôler. Voilà qu’elle était prise à son propre piège. Elle qui avait voulu jouer de la même manière ces deux derniers jours, venait à son  tour de se faire piéger. Mais la jeune fille devait s’avouer qu’elle adorait ce jeu, car quand il appuya sur ses lèvres, quand il les ouvrit pour approfondir le baiser, elle y répondit, consciente qu’elle n’aurait pas du.

   Il s’écarta alors qu’elle aurait voulu qu’il continue. Elle était toujours dans ses bras quand elle le vit se retourner vers le jeune homme toujours debout à leurs côtés.

Pacey : Désolé mec, la place est déjà prise.

   Soudain, il la relâcha. Joey réalisa qu’elle n’avait toujours pas repris ses esprits. Le premier baiser qu’ils avaient échangé, c’était elle qui lui avait donné, elle avait su alors tout gérer. Mais là, cet autre baiser venait chambouler sa maitrise d’elle-même. Jamais elle n’avait ressenti un tel désir la submerger. Etait-ce parce qu’elle se sentait seule ? Elle secoua la tête réfutant cette question. Elle reprit par la même occasion, conscience que Pacey l’observait. Elle se devait de réagir vite, il ne devait pas voir son trouble.

Pacey : Joey ?

   Elle n’y arrivait pas, c’était plus fort qu’elle. Elle en voulait encore. Pourtant, elle ne lui avoua pas.

Joey : T’es content de toi ?

Pacey : Assez oui.

Joey : Comment as-tu pu faire ça ? M’embrasser comme si… comme si…

Pacey (très amusé par son trouble) : Comme si quoi ? Fini tes phrases Potter !

Joey (furieuse) : Comme si je t’appartenais.

Pacey : Mais c’est quasiment le cas. Trois mois sur mon bateau me rendent responsable de toi.

Joey (horrifiée) : Quoi ? Je n’ai pas besoin d’un chaperon.

Pacey : Ha oui ? Pourtant tu étais en train de te jeter dans la gueule d’un grand méchant loup.

Joey : Ca ne te regarde pas ce que je fais.

   C’en était trop, elle allait trop loin. Pour qui se prenait-elle ? Elle lui faisait la morale alors qu’elle avait joué avec ses propres nerfs deux jours auparavant.

Pacey : Dois je te rappeler que toi non plus tu ne m’as pas demandé mon avis il y a deux jours ?

Joey (sur la défensive) : C’était différent.

Pacey (commençant à s’énerver) : En quoi je voudrai bien le savoir ?

Joey : Je n’ai fait qu’effleurer tes lèvres. Toi tu…tu

   Voilà où elle voulait en venir. Profitant de sa gêne, Pacey se rapprocha une nouvelle fois d’elle, tout en lui entourant la taille pour la coller contre lui.

Joey (troublée de son contact) : Lâche-moi !

Pacey (murmurant) : Dois-je comprendre que mon baiser t’a déplu ?

Joey : Arrête d’insinuer n’importe quoi !

Pacey (il continuait de jouer) : Dans ce cas tu veux que je recommence ?

   Il l’exaspérait, il le sentait, mais ce qu’il éprouvait surpassait de loin tout ce qu’il avait pu imaginer. La tenir dans ses bras, lui rappeler ces deux baisers qu’ils avaient échangés. Pacey n’aurait jamais du ressentir de telles sensations envers la jeune fille, mais il n’y pouvait rien depuis leur entente cordiale, il se sentait irrémédiablement attirée par elle.

Joey : Ca suffit, laisse-moi partir !

   Sans réellement le vouloir, il relâcha son étreinte. Mais quand cela fut fait il le regretta amèrement, car alors elle prit la direction de la sortie sans se retourner. Pacey la regarda s’éloigner avec un pincement au cœur, se demandant encore s’il devait la retenir. N’y tenant plus, il se rua à sa suite afin de ne pas la laisser seule malheureusement il constata une fois dehors, qu’elle s’était enfuie.

 

   Joey marcha un long moment avant de pouvoir se calmer. Tant d’émotions la secouaient qu’elle ne savait plus lesquelles, elle devait écouter. Un frisson remonta le long de son dos lorsqu’elle se remémora la tournure des évènements. La jeune fille n’avait pas prêté aux différents signaux d’alarme depuis le début du voyage. Elle qui n’avait aimé que Dawson dans sa vie, se rappelait ses différents troubles tout au long du mois qui venait de s’écoulait. Il y avait eu ses rougissements quand elle l’avait vu à moitié nu, puis cet apaisement en sa compagnie, son désir de vengeance en le voyant avec une autre fille et enfin ce baiser qui l’avait laissé pantoise.

   Durant de longues minutes, Joey ne pensa qu’à ces moments en compagnie du garçon, même si elle avait apprécié discuter avec lui, rire avec lui et même travailler avec lui, rien ne lui avait présagé qu’elle se mettrait à éprouver de telles sensations.  

   Elle s’arrêta quand elle se rendit compte qu’elle était en train de faire les cents pas en pleine rue. Elle ne savait plus ce qu’elle devait faire. Tout ce qui s’était passé avec Pacey lui semblait être venu si naturellement qu’elle se demandait maintenant comment elle avait pu passer à côtés d’une telle entente durant toutes ces années. Mais, à cet instant, il lui semblait que toute cette harmonie s’était envolée en fumée à cause d’un jeu, d’un baiser qui lui avait révélé un sentiment dont elle n’avait pas encore eu conscience…

 

   Pacey lui aussi faisait les cents pas sur le bateau. Mais alors que la jeune fille se posait des questions sur ses propres sentiments, lui guettait son arrivée. Pourquoi avait-elle fui ainsi ? Elle avait voulu jouer avec lui, il lui avait répondu, et voilà qu’elle se mettait carrément à lui crier après. Lui aussi se sentait torturé par ses propres sentiments. Il avait bien remarqué que son attitude envers elle avait changé depuis le début mais il ne faisait que répondre à la demande de Dawson : veiller sur elle. Etait-ce vrai ? Il agissait ainsi envers que pour cette raison ? Il n’en était pas sur car les paroles qu’il avait tenu au sujet de son meilleur ami lui rappelait amèrement qu’il l’avait dénigré.

   Pacey se maudit intérieurement. Il n’avait pas le droit de faire ça à Dawson. Joey était l’amour de sa vie, pas le sien.

   Quand il entendit des pas se rapprocher du bateau, le jeune homme leva la tête. Elle était là.

Pacey (d’un ton suppliant) : Je suis désolé Joey. Je t’en voulais d’avoir gâché mon rendez-vous, c’est pour ça…

Joey : Ce n’est pas grave Pacey.

   Elle ne le regardait pas, préférant ne pas réveiller l’émotion qui l’avait submergé dans le bar lorsqu’il l’avait embrassé.

Pacey : Mais…

Joey (se dirigeant vers la cabine): On n’en parle plus d’accord ?

   Il acquiesça en silence, se demandant quels sentiments pouvaient envahir ses pensées. Elle disparut derrière la porte quelques secondes plus tard. Pacey resta une minute immobile face à cette porte qu’il aurait aimé démolir afin de lui retirer tout moyen de fuite.

   Détournant le regard de cette porte close, il porta ses yeux vers le port où le bateau était encore amarré. Il ne pourrait pas dormir ce soir. C’est ce qui le décida à détacher son voilier du ponton, puis à se diriger vers le gouvernail. Elle ne voulait plus parler de ce soir, et bien en fuyant ce lieu, il lui donnait l’occasion de pouvoir oublier…


VinnAnne  (08.08.2009 à 11:51)

   Le lendemain, lorsque Joey se réveilla, elle sentit tout de suite les mouvements de l’eau qui faisaient balancer le bateau. Elle s’avoua qu’elle était soulagée. Elle ne voulait pas retourner à terre avant un moment. Et maintenant qu’elle y pensait, la jeune fille ne voulait pas non plus quitter la cabine pour affronter le garçon. Elle n’avait aucune explication pour son comportement de la veille et ne désirait pas s’aventurer sur une pente dangereuse.

   Elle n’eut pas le loisir de réfléchir d’avantage car déjà, le jeune homme s’engouffrait dans la pièce. Lorsqu’il leva les yeux vers, il sembla se figer. Il était dangereux de laisser s’installer un silence, après les émotions de la veille, ça il le savait. Il rompit alors l’instant.

Pacey : Je vois que tu as bien dormi Potter !

   Il dit cette phrase d’un ton léger, en désignant un point au dessus d’elle. Joey porta la main à ses cheveux et fit la grimace quand elle les sentit emmêlés en un tas. Il se moquait ouvertement d’elle.

Joey (ripostant à sa moquerie) : Forcément, je n’ai pas eu un moteur de tondeuse qui résonnait à ma tête toute la nuit.

   Il eut un éclat de rire alors qu’il se dirigeait vers la table.

Pacey : Allez viens déjeuner !

   Joey hésita, elle ne voulait pas se retrouver trop proche de lui, ne sachant pas comment son corps réagirait.

Pacey (la tirant de sa rêverie) : Joey ?

   Finalement, elle se leva pour le rejoindre. Elle ne vit pas qu’il détournait les yeux quand elle attrapa un pantalon pour l’enfiler. Se rendait-elle compte qu’elle le torturait une fois de plus ?

Joey (arrivant près de la table) : Wouah ! Tu m’as préparé mon petit déjeuner ?

Pacey : Je commence à connaître tes goûts autant que je fasse plaisir à mon matelot de temps en temps.

Joey (méfiante) : Ca ne cache pas une corvée supplémentaire par hasard ?

Pacey : Plus de corvées pour toi, je pense qu’on peut attendre un peu avant que le bateau ne redevienne une épave.

   La jeune fille sourit lorsqu’elle porta le bol de café à ses lèvres. Si ce petit déjeuner n’avait pour but que de lui faire plaisir, cela était réussi.

Joey : Si je n’ai plus de corvées à faire. Comment je vais occuper mes journées ?

Pacey (avec un clin œil) : C’est aujourd’hui que les vraies vacances commencent. Il se leva et lui tendit la main, suis moi !

   Joey n’hésita pas cette fois, attrapant la main qu’il lui tendait, elle le suivit jusqu’au pont où le soleil inondait l’océan de sa lumière. Elle fut d’abord éblouie puis aperçut ce qu’il lui montrait. Une plage de sable fin se tenait à quelques kilomètres de là.

Pacey : J’ai pensé qu’on pourrait s’arrêter ici quelques jours voir plus si tu le souhaites.

   Joey sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine. Les rochers en contraste avec le sable et la forêt qui s’étendait derrière donnait à ce paysage une allure idyllique. Elle n’était jamais allé à une autre plage que celle de Capeside, aussi fut elle emballée à l’idée de pouvoir parcourir celle-ci totalement seule et libre.

Joey : Tu peux accoster ici ?

Pacey : Je peux me rapprocher de la côte mais il faudra se rendre jusqu’au rivage à la nage.

Joey (ravie) : Dans ce cas c’est parfait.

   Il eut un soupir de soulagement. Si elle passait ses journées sur la plage, il pourrait trouver un moyen de rester à bord et ainsi, il pourrait éloigner cette torture qui lui hantait l’esprit. Car celle-ci n’apparaissait que lorsqu’elle se trouvait dans les parages, amenant avec elle l’image de Dawson.

   Joey n’éprouva pas la même chose lorsqu’elle se retrouva la première fois seule sur le sable. Elle avait bien compris le manège de Pacey, et se sentait rejetée. Eux qui avaient passé tant de bons moments, voilà qu’ils devaient se tenir éloigner à cause d’un jeu qui avait dévoilé plus de choses que prévues.

Mais après tout, elle ne pouvait pas lui en vouloir, c’était elle qui avait installé ce malaise lorsqu’elle lui avait demandé de ne plus en parler. Peut-être que tout serait rentré dans l’ordre s’ils avaient la conversation qu’elle avait alors redouté.

   Deux jours passèrent, et Joey se sentait plus seule que jamais. Mais elle constata aussi, que cette solitude lui avait apporté beaucoup plus de réponses qu’elle ne l’avait espéré. Le premier jour, elle avait beaucoup marché, au début pour découvrir un peu les alentours, ses pensées avaient vite dérivé vers Dawson et le comportement qu’elle avait accepté sans broncher et qu’aujourd’hui, elle ne voulait plus tolérer. Le deuxième jour, elle était restée sur la plage au soleil, bouquin en main. Cette deuxième journée lui avait alors apporté les images de deux baisers échangés quelques jours plutôt, mais lui avait révélé à quel point elle se sentait mal de ne pouvoir discuter comme avant avec son compagnon de voyage. Le troisième jour, elle demeura assise une bonne partie de la journée sur la plage à regarder le bateau, mais surtout le jeune homme qui s’y affairait.

   Pacey qui n’avait jeté à la jeune fille que de brefs coups d’œil durant les deux premiers jours, se retrouva vite pris au piège de l’observation insistante de Joey. Il ne put alors se concentrer sur ses activités lorsqu’il s’aperçut qu’elle ne le quittait pas des yeux. Lorsque la nuit tomba, et qu’elle finit par se lever puis par nager dans sa direction, il retint sa respiration. Elle voulait l’affronter c’était évident.

Joey (une fois sur le bateau) : Tu vas m’éviter encore combien de temps ?

   A peine eut-il levé les yeux qu’il reçut un coup de couteau. Son regard le fusillait, mais il ne put s’empêcher de dériver vers son corps qu’elle dissimula sous une serviette. Il détourna les yeux.

Pacey : Je ne vois pas de quoi tu parles.

Joey (visiblement en colère) : Ha oui ? Tu es sur ou tu veux que je te rafraichisse la mémoire ?

   Il aurait aimé ne pas avoir cette conversation.

Pacey (soupirant) : Ca ne sert à rien de t’emporter comme ça Potter !

Joey : C’est de ta faute si je m’emporte aussi facilement, reconnais au moins que j’ai raison !

Pacey (ne la regardant toujours pas) : Je ne t’évite pas!

Joey : Si ! Je le vois bien. Voyant qu’il gardait les yeux sur son ouvrage, Regarde-moi dans les yeux quand je te parle !

    Lorsqu’il répondit à sa demande, pour Joey ce fut un nouveau frisson qui parcourut son échine. Maintenant qu’elle y faisait attention, elle voyait à quel point son regard était expressif et captivant. De son côté Pacey ressentait la même chose.

   Elle voulut parler, lui dire qu’elle lui en voulait de laisser à nouveau un fossé se creuser entre eux. Ils n’’avaient jamais vraiment eu de relation amicale, et voilà qu’aujourd’hui, il faisait en sorte pour que tout redevienne comme avant. La colère la gagna, c’était injuste.

Joey (abandonnant la partie) : Laisse tomber !

   Elle baissait les bras, il le voyait. D’un pas décidé, elle s’éloigna de lui, et s’engouffra dans la cabine en prenant soin de claquer la porte derrière elle. Pacey soupira et passa une main dans ses cheveux. Pourquoi tout s’était compliqué à ce point entre eux ? Il connaissait la réponse de son côté, mais il ne voyait pas pourquoi elle réagissait ainsi…

 

   Quand elle se réveille le lendemain, Joey constata que le lit de Pacey n’était toujours pas défait. Une fois de plus il avait évité la chambre qui les réunissait. Ce fut sur cette pensée qu’elle attrapa un de ses pantalons qui trainait, puis enfila une chemise par-dessus son débardeur.

   La lumière qui régnait à l’extérieur l’éblouie quand elle se retrouva sur le pont. La jeune fille qui s’était attendue à voir Pacey en train de s’occuper de son bateau, fut étonnée de le voir assis sur le bord du voilier, le regard perdu dans l’horizon.

Joey (en le rejoignant) : Salut !

   En retour il lui adressa un timide sourire.

Joey : Tu n’as pas dormi ?

   Pour toute réponse, il fit signe que non.

Joey : Tu veux que je te remplace aujourd’hui pendant que tu te reposes ?

Pacey : Je vais aller dormir. Mais tu n’es pas obligé de faire quoi que ce soit.

   Joey détourna les yeux. Elle avait vu juste, il avait évité la chambre alors qu’elle dormait. Il évita également de la regarder lorsqu’il partit répondre à l’appel de son lit. Joey se retourna une nouvelle fois vers l’océan. Elle ne voyait pas comment elle pourrait débloquer la situation…

 

   Joey décida de rester près de la plage encore trois jours. De cette façon, elle pouvait continuer de se détendre grâce aux nombreuses nages qu’elle effectuait pour rejoindre ou le bateau, ou la plage, ou seulement quand ses nerfs ne demandaient qu’à lâcher. La situation avec Pacey ne s’était pas débloquée, au contraire, la jeune fille avait pu constater qu’il lui adressait de moins en moins la parole, et que lorsqu’elle se levait lui allait se coucher. Elle savait qu’ainsi il avait trouvé la bonne parade pour passer le moins de temps en sa compagnie.

   Joey commença à regretter le temps du lycée, à cette période au moins, il lui parlait même si cela n’était que pour l’agacer.

    Ils reprirent la route quand ils constatèrent que leurs affaires nécessitaient un nettoyage approfondi. Pour Joey les deux jours qui s’écoulèrent jusqu’à voir un port à l’horizon, semblèrent être les plus longs de sa vie. Pacey avait reprit son habitude de capitaine ce qui avait pu lui occuper l’esprit mais sitôt que la journée finissait, il se retirait dans la cabine afin de ne pas se trouver en sa compagnie.

   La veille de leur arrivée au port, Joey s’affaissa sur le pont et se laissa submerger par la tension qui ne cessait de la hanter depuis plus d’une semaine. Sans retenue, les larmes lui montèrent aux yeux. Elle pleura en silence afin qu’il ne l’entende pas…

 

   Pacey accosta le premier. Il faisait déjà sombre quand le bateau arriva à bon port, si bien que cette obscurité lui donna envie d’aller s’aérer la tête. Il s’éloigna vers un endroit qui lui permettrait d’oublier celle qui ne quittait plus ses pensées depuis une semaine.

   Joey quand à elle prit plus de temps que lui pour se décider à quitter le bateau. Elle avait longuement hésité pour savoir si cela valait le coup de le suivre. Après tout, il ne voulait pas d’elle, il le lui avait fait bien sentir. Pendant des minutes interminables, elle repensa à cette semaine qui lui faisait mal. Puis lorsqu’elle n’y tint plus, elle décida elle aussi d’aller se dégourdir les jambes.

   La ville où ils venaient d’arriver était plus petite que les autres, aussi lorsqu’elle demanda le bar le mieux fréquenté, on lui indiqua un bar assez branché pour les jeunes qui se trouvait être le point de rencontre le plus connu dans la ville.

   Quand elle arriva à l’entrée de l’établissement, la jeune fille ne fut pas surprise de le voir installé au comptoir de l’établissement. Malheureusement, il n’était pas seul, et la jeune femme qui l’accompagnait ne tenait pas à rentre seule ce soir. Joey le remarqua tout de suite, et une vive jalousie s’empara d’elle sans qu’elle ne puisse l’expliquer.

   Bien décidée à lui faire payer ce nouveau sentiment qui l’avait traversé, elle entra dans le bar. Elle vit son regard se poser sur elle, elle vit ses dents ses serrer, mais n’y prêtant pas attention, elle se dirigea ver le comptoir à quelques mètres de là.

   Pacey ne la quittait pas des yeux. Avait-elle conscience de l’effet qu’elle avait sur lui quand elle le narguait de cette façon ?

   Joey commanda un mojito au barman lorsque celui-ci s’approcha d’elle. Elle ne vit pas tout de suite un autre jeune homme qui s’avançait dans sa direction.

Jeune homme : Un mojito ? Excellent choix !

   La jeune fille se retourna vers lui sourire aux lèvres. Voyant cela, il se rapprocha d’elle. De l’autre côté, Pacey serra le poing. Sa jeune compagne étant partie lorsqu’elle avait perdue tout intérêt à ses yeux, il s’avança vers Joey qui dos à lui ne put le voir.

Jeune homme (à Joey) : Vous permettez que je vous l’offre ?

   Il s’apprêta à sortir un billet lorsqu’une main posa la somme demandée sur le comptoir. Joey frissonna une nouvelle fois, Pacey l’avait rejointe, elle sentait son torse contre son dos et ses bras contre les siens,   l’empêchant de faire un mouvement.

Pacey (au jeune homme) : Désolé, c’est déjà fait.

   Celui qui avait porté un vif intérêt à la jolie brune s’effaça devant tant d’assurance. Lorsqu’il fut bien sur que son « rival » ne reviendrait pas à la charge, Pacey se décolla de la jeune fille. Puis, serrant la mâchoire, se maudissant d’avoir agi si impulsivement, il se retourna vers le comptoir. Dès que cela fut fait, il senti les yeux de Joey sur lui.

   Il sursauta presque de voir le regard meurtrier qu’elle lui lançait.

Joey : Tu vas continuer ce jeu encore longtemps ?

Pacey : Ne me dis pas qu’il te plaisait ? Joey, ce mec ne voulait qu’une seule chose.

Joey : Ce n’est pas une raison. Elle fronça les sourcils, Bon sang, Pacey ! Ca fait plus d’une semaine que tu m’évites et voilà que tu viens t’imposer à moi de cette façon ?

    Elle était tellement belle quand elle le sermonner, qu’il en oublia tout le reste. Son corps prit le dessus sur sa raison, se rapprochant d’elle, il posa une main au creux de ses reins et une autre sur sa joue. Il ne s’étonna même pas de sa non résistance à son geste. Il lui semblait que tout s’était arrêté pour lui.

Lentement, il combla les quelques centimètres restant entre eux, et c’est avec cette même douceur, qu’il rejoint ses lèvres.

   Joey avait fermé les yeux. Comment un baiser pouvait-il lui procurer autant de sensations ? Ne sachant que répondre, ne sachant que penser, elle se laissa aller dans ses bras. Elle en voulait plus, si bien qu’elle passa les mains derrière sa tête et se colla plus étroitement contre lui.

   Au bout d’un instant qui leur sembla une éternité, il la détacha de lui.

Joey (menaçante) : Si jamais tu m’évites encore après ça, je te tue Witter !

   Son rire résonna dans la salle tandis qu’il lui prenait la main et qu’il la ramener au bateau…

 

Jen (amusée) : Tu es impatient à ce que je vois.

Dawson : Tu ne peux pas savoir à quel point. C’est comme si j’avais attendu ce moment depuis toujours.

Jen : A ce point là ? Dawson ça ne fait que trois mois qu’ils sont partis !

Dawson : Je ne parle pas de ça. Je parle de mes sentiments. J’ai l’impression que l’on m’a enlevé le voile que je possédais sur les yeux.

   Jen détourna les yeux en se mordant la lèvre. Elle aurait aimé que les sentiments du jeune homme soient tout autres. Maintenant qu’il était sur d’avoir retrouvé tout son amour envers sa meilleure amie, elle était sure qu’il allait souffrir lorsque quelques heures plus tard, le bateau reviendrait.

 *****

Quelques jours plus tôt

    Le téléphone sonna une fois avant que Jen n’ait pu l’attraper.

Jen : Allo ?

Voix : Salut Jen !

Jen (ravie): Joey ? Salut ! Comment ca se passe ton voyage ?

Joey : Oh ! Plutôt bien.

Jen : Et comment se porte le bateau face à la tornade ?

Joey (gênée) : Il a tenu le choc.

   La conversation avait tourné alors autour de banalités jusqu’à ce que la voix de son amie était devenue mystérieuse.

Jen : Joey ? Ca ne va pas ?

Joey : Si, mais j’ai un problème. Et j’ai pensé que tu étais la seule à qui je pouvais en parler.

Jen (fronçant les sourcils) : Tu m’inquiètes.

Joey : Je sais, je ne suis pas douée pour se genre de chose…elle marqua un temps, voilà, en fait… Pacey et moi… on s’est embrassé, et même bien embrassé…

   Jen avait compris bien avant que son amie lui révèle quoique se soit.

Jen : Vous vous êtes mis ensemble ?

Joey : On peut dire ça comme ça !

   Jen reconnut le ton gênée dans sa voix, mais aussi le sourire caché qui se tenait derrière. Elle tomba dans le premier fauteuil qui se tenait là.

Jen : Vous avez couché ensemble ?

   Joey n’eut pas besoin de répondre pour confirmer.

Jen : Et ba ça alors ! Puis comme si elle venait d’y penser, mais…Dawson ?

Joey : Je ne sais pas quoi faire Jen. Pacey est de plus en plus mal depuis qu’on approche du retour. Seulement, je ne peux pas m’en empêcher.

Jen (amusée) : Joey, Tu peux m’éviter les détails !

Joey : Oh ! Désolée !

Jen : Ne le sois pas. Réfléchissant un instant,  Ecoute, je ne sais pas quoi te dire à part qu’il faut que Pacey lui en parles dès que vous rentrez,  mais ça je pense que tu le savais déjà ?

Joey (soupirant à l’autre bout du téléphone) : Oui … je sais…

 *****

Jen : Dawson, tu te souviens de ce que je t’ai dit il y a deux mois ?

Dawson (cherchant dans ses souvenirs) : Qu’il faudrait que je me tienne près à toute éventualité ?

Jen : Oui.

Dawson (avec un sourire) : Ne t’en fais pas, je suis confiant.

Oh non, se dit elle. Et voilà qu’il était reparti dans ses rêves d’enfant. Combien de temps lui faudrait-il pour réaliser que Joey ne lui appartenait plus ?

 

   Le bateau se rapprochait des côtes. A son bord, il ramenait un jeune couple qui à cet instant avait pris une décision. Joey put voir leurs amis réunis qui les attendaient. Dans sa main, elle tenait celle de Pacey. Le visage du jeune homme s’était assombri.

Joey (pour le rassurer): Ne t’en fais pas.

   Elle lui serra les doigts une seconde puis relâcha sa prise. Pacey alors se leva et s’installa derrière le gouvernail. La jeune fille se leva à son tour et adressa un signe à ses amis accompagné d’un sourire.

   Derrière elle, Pacey sentit un pincement lui serrait le cœur quand Dawson apparut à  ses yeux.

   Ils accostèrent en douceur. Permettant à Joey de sauter dans les bras de la bande avant qu’ils ne touchent le port.

Joey : Comment ça va ?

   Avant d’avoir une réponse, elle fut accueillie par les bras de Jack se refermant sur elle. Les embrassades suivirent ce premier enlacement. Tous étaient ravis de retrouver leurs deux amis.

Jack (moqueur) : Je vois que le bateau a su résister !

Pacey : Oui, et pourtant il en a subi des épreuves, n’est-ce pas Potter ?

   Joey lui fit une grimace, puis lui sourit. Dawson ne manqua pas de remarquer leur manège.

Dawson : On dirait que vous vous entendez mieux vous deux.

Pacey (devançant la réponse de Joey) : Les débuts n’ont pas été faciles, tu la connais mais…

Joey (finissant sa phrase)  :… on a fini par s’entendre.

   Personne ne remarqua l’observation approfondie de Jen. Ils devaient être plus proches qu’elle ne l’avait pensé vu qu’ils commençaient déjà à finir leur phrase.

Jack (enthousiasme) : Allez, on va fêter nos retrouvailles !

   Joey le rejoignit en début de file, tandis que Jen et Dawson s’étaient mis à discuter. Pacey, lui se retrouva aux côtés d’Andie.

Andie : Alors ce voyage ? C’était comment ?

Pacey : C’était très bien, on a rencontré des gens formidables, et les paysages étaient magnifiques.

   Sans qu’il ne s’en rende compte, son regard se porta vers la jeune fille qui se trouvait en début de marche. Il la vit se retourner brièvement vers lui souriante, puis elle reporta son attention vers Jack. Pacey sentit son cœur s’emballer, ces petits gestes qu’elle avait le rassuraient.

Pacey : Et toi ? Tes vacances ?

Andie (allant droit au but) : J’ai rencontré un garçon.

   Le jeune homme sourit, il était content pour elle. Andie de son côté aurait voulu le voir réagir autrement.

   Ils arrivèrent quelques minutes après dans un bar dansant. Ils s’installèrent à une table pour six puis Joey se proposa d’aller chercher les commandes, Dawson l’accompagna.

Barman : Vous voulez quoi ?

Joey : Alors il y aura un coca, deux bières…se tournant vers Dawson, tu prends quoi ?

Dawson (au barman) : Une limonade.

Joey : Et deux mojito s’il vous plaît !

   Le barman s’éloigna pour préparer la commande. Dawson observait sa meilleure amie, intriguée par sa nouvelle posture depuis qu’elle était arrivée.

Dawson : On dirait que tu as changé pendant ton voyage.

   Joey se tourna vers lui surprise qu’il aborde le sujet ici.

Joey (méfiante) : Pourquoi dis-tu ça ?

Dawson (désignant le cocktail que préparer le barman) : Mojito ?

   Joey sourit en détournant les yeux.

Joey : Ca tu ne peux t’en prendre qu’à Pacey. 

Dawson (piqué au vif) : J’aurai pourtant juré au début qu’il n’aurait pas réussi à te faire changer d’avis sur l’alcool.

Joey : Il peut être très convaincant par moment.

Dawson : Ha oui ?

   La jeune fille détourna une nouvelle fois les yeux. Elle s’engageait sur une pente dangereuse.

Joey : Disons que j’ai pris conscience que je n’allais pas passer ma vie à rester bien sage.

   Ce fut au tour de Dawson de détourner les yeux. Ainsi, elle avait vraiment changé. Il ne savait pas encore en quoi, mais cette idée lui déplaisait.

   Lorsqu’on leur apporta le plateau de leur commande, les deux amis rejoignirent la troupe rassemblée un peu plus loin.

   Dawson posa le plateau au milieu de la table, et tandis que tout le monde prenait son verre, personne ne vit la main de Joey effleurait celle de Pacey…

 *****

Un mois auparavant sur le bateau

   Depuis le deuxième baiser que Pacey lui avait donné ce fameux soir, Joey avait demandé à retourner sur « leur plage ». Elle voulait effacer les mauvais souvenirs qu’ils avaient eus alors que l’endroit était paradisiaque. Ce qu’elle n’avait pas prévu, fut ses sentiments qui redoublèrent lorsqu’ils se retrouvèrent à marcher ensemble le long du rivage.

   Un soir, alors qu’il voulut rejoindre le bateau, elle arrêta son geste.

Pacey (souriant) : Oui ?

   Elle ne parla pas mais obéit à ce que lui disait son corps. Se collant à lui, elle passa ses bras autour de son cou, et l’embrassa comme elle ne l’avait encore jamais fait. Le corps de Pacey réagit vivement quand il la sentit presque nue contre son torse.

Pacey (voulant l’arrêter) : Joey, tu vas me rendre fou si tu continues.

   A ces mots, il sentit son sourire contre ses lèvres et son corps se plaquer un peu plus sur lui.

Pacey : Joey…

   Mais elle ne voulait pas s’arrêter, et quand il sentit qu’elle faisait glisser ses mains le long de son dos pour se poser au creux de ses reins, il crut qu’il ne pourrait se retenir de lui sauter dessus.

   Joey continua de l’embrasser, mais ses lèvres quittèrent peu à peu la bouche du jeune homme pour gouter à son cou et au haut de son torse. Lorsque les frissons se firent plus fort, il n’y tint plus et lui rendit baiser pour baiser.

   La respiration de Joey s’accéléra quand il l’entraina avec lui dans une position beaucoup plus confortable pour ce genre de choses…

*****

   Une nouvelle fois, Joey marchait d’un pas décidé vers l’échelle adossé à la maison qu’elle ne connaissait que trop bien. Il lui semblait qu’en quelques mois, sa vie venait de fermer la boucle de son histoire avec Dawson. Elle se sentait tendu par le poids des mots qu’elle venait lui annoncer.

   Durant le voyage avec Pacey, lorsque sa relation avec le jeune homme s’était accélérée, celui-ci lui avait avoué que Dawson l’aimait toujours. Joey avait accusait le coup, elle qui avait été persuadée qu’il était toujours en charmante compagnie, se rendait compte que finalement, ce qu’elle avait attendu se produisait alors qu’elle ne l’attendait plus.

   Alors qu’elle montait aux barreaux, elle ses souvint de la conversation qui lui avait retourné le cœur quatre mois plus tôt. Cette fois-ci, l’issue allait être différente.

Dawson (surpris en la voyant qui entrait dans sa chambre) : Joey ?

Joey : Salut Dawson !

Dawson : Je croyais que tu devais passer la soirée avec Bessie ce soir ?

Joey : Oui, mais finalement… elle plaça une mèche de cheveux derrière son oreille, je voulais te parler.

Dawson : Ca tombe bien, je voulais qu’on ait une conversation toit et moi.

Joey : Tu n’as qu’à commencer.

   Elle s’installa sur le lit à ses côtés, attendant qu’il commence. Il était debout, et elle put voir qu’il était agité.

Dawson : Joey, je sais que notre relation n’a pas été des plus simples jusqu’à maintenant. Mais je te promets qu’elle le sera à l’avenir.

Joey : Je n’en doute pas.

Dawson (avec une expression rêveuse) : Je me suis enfin réveillé. Ton départ m’y a aidé d’ailleurs. Tu n’étais pas là et j’ai pu voir à quel point je voulais que tu sois près de moi. Je t’aime Joey. Il se rapprocha d’elle, Bon sang, je crois que j’ai agi stupidement avec toi. J’ai été un imbécile. Je n’ai pas vu en fait que tout ce qui comptait… il la regarda dans les yeux, …c’était toi.

    Joey sentit son cœur s’arrêter. La tache allait être plus difficile qu’elle ne le pensait. Dawson était son meilleur ami. Comment pouvait-elle lui faire tant de mal.

Joey (doucement) : Dawson…

    Jusque là, elle n’avait pas osé le regarder. Mais cette fois-ci elle ne pouvait plus reculer. Sur le bateau, elle avait pris une décision, et comptait bien la respecter.

 *****

Deux semaines plus tôt sur le bateau

   Joey se réveilla doucement. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien. Et elle était persuadée que c’était la présence de Pacey à ses côtés qui l’y avait aidé. Quand elle leva les yeux vers lui, il ne dormait pas et l’expression qu’elle vit sur son visage l’inquiéta.

Joey : Pacey ? Ca ne va pas ?

   Lentement, il se dégagea d’elle pour s’assoir au bord du lit.

Joey (inquiète) : Pacey ?

Pacey : Joey, comment j’ai pu lui faire ça ?

   La jeune fille reçut un coup dans la poitrine. Ainsi il ne ressentait pas le même bonheur qu’elle. Il ne pensait qu’à la peine qu’il causerait à Dawson.

Joey : De la même manière que je l’ai fait aussi.

   Pacey la regarda.

Joey : Pacey je t’en prie, arrête de te torturer avec ça. On trouvera une solution.

Pacey (en baissant les yeux) : Je ne peux pas être aussi sur que toi.

   Répondant à une impulsion, Joey vint se coller contre son dos et passa ses bras autour de lui. Une fois dans cette position, elle parla calmement, comme si elle avait réfléchi à ces mots toute la nuit.

Joey : On lui expliquera la situation, s’il ne veut pas la comprendre, nous n’y pouvons rien.

Pacey : Comment pourrait-il comprendre alors qu’il me faisait confiance ?

Joey : J’en ai marre de laisser ma vie de côté pour lui. Je lui expliquerai, et si je dois perdre son amitié, je la perdrai.

Pacey (dans un murmure) : Joey…

   Elle ne résista pas plus et l’embrassa. Et dès qu’il sentit ses lèvres, il en oublia la conversation, il oublia Dawson…

*****

   Quand il entendit le ton sur lequel elle commença à lui parler, Dawson s’assombrit.

Joey (continuant sur sa lancée) : Ces quatre mois où j’ai du t’attendre, j’ai pris conscience que je ne voulais plus le faire. J’ai eu le temps de réfléchir, de regarder ma vie telle qu’elle était et… elle détourna les yeux, je ne veux plus passer une minute de plus à me demander si tu m’aimeras de nouveau.

Dawson (se défendant) : Mais je t’aime Joey.

   Il était trop tard pour lui dire ça maintenant. Elle hésita consciente que ces mots le blesseraient, mais finalement, elle prit son courage à deux mains.

Joey : Mais moi ce n’est plus le cas.

Dawson : Quoi ?

Joey : Tu m’as bien entendu. Dawson, tu es mon meilleur ami, et tu le resteras toute ma vie. Personne ne pourra prendre cette place. Mais celle de petit ami… elle hésita, elle ne peut plus être pour toi.

Dawson (en colère) : Est-ce que tu veux me punir Joey ?

Joey (ne comprenant pas) : Te punir ?

Dawson : Oui. Me punir parce que je t’ai rejeté par le passé…

Joey : Bien sur que non.

Dawson : Alors pourquoi me dis tu tout ça ?

Joey : Mais parce que c’est ce que je ressens.

Dawson : Ce que tu ressens ?

Joey (abasourdie) : Bien sur.

Dawson : Et comment toi qui ne vivais que pour moi, as-tu pu changer radicalement en si peu de temps ?

   Joey ne savait que répondre. Elle ne se serait jamais douté qu’il aurait agi de telle façon. Lorsqu’il la vit hésiter, ce fut comme une révélation pour Dawson. Il se rappela alors les paroles de Jen.

Dawson : C’est Pacey c’est ça ?

   Il avait vu juste, la flèche avait atteint Joey. Elle le regardait suppliante.

Joey : Laisse-le en dehors de ça.

Dawson : Pourquoi Joey ?

Joey : Il n’a jamais voulu ça.

Dawson (l’interrompant) : Très héroïque de sa part. C’est ce qui t’a fait courir dans ses bras ? Son remord envers moi ?

Joey : Mais arrête !

Dawson : Oh oui je vais arrêter Joey, et même tout arrêter.

Joey : Ca veut dire quoi ça ?

Dawson : Ca veut dire … que je veux que tu partes.

    Joey demeura à le fixer encore un moment. Puis comme si elle était poussé par une force inconnue, elle se leva et prit la direction de la fenêtre.

Joey : Te rends tu compte à quel point tu es injuste ?

Dawson (se moquant d’elle) : La vie est injuste, Joey.

Joey : Tu ne voulais plus de moi…

Dawson : Va t-en s’il te plaît !

Joey (en colère à son tour) : Ne t’inquiète pas, je vais m’en aller, mais pas avant que je te dise ce que je pense.

   Elle se retourna et le fusilla du regard.

Joey : Tu ne voulais plus de moi. Tu es sorti avec Emma en me gardant de côté, au cas où tu serais seul.

Dawson : Ce n’est pas ça du tout et tu le sais.

Joey : Ha oui ? Et j’étais sensé faire quoi ? Te regarder avec d’autres filles en attendant que tu retrouves ton amour pour moi ?

   Il ne répondit pas, réalisant ce que la jeune fille avait du vivre en restant à ses côtés.

Dawson (voulant s’excuser) : Joey…

Joey (avec un mouvement de recul) : Non, t’as raison. Vaut mieux que je parte.

   Elle disparut dans la nuit, laissant Dawson et ses rêves, laissant son meilleur ami et leurs moments ensemble.

 

   Ce même soir, Joey rejoignit le lieu où elle s’était sentie en sécurité durant près de trois mois. Comme elle s’y attendait, le garçon qu’elle était venu voir, l’attendait assis au bord du bateau. Ne rompant pas la tradition, elle se mit à ses côtés.

Joey (commençant la conversation) : Ca ne s’est pas très bien passé.

   Il ne dit rien, persuadé qu’il entendrait les mots qui sonneraient le glas de leur relation.

Joey : Je lui ai dit ce que je pensais, peut-être qu’il arrivera à réfléchir et à comprendre.

   Cette fois-ci il la regarda sans comprendre. En réponse, il eut droit à un sourire qui lui tordit l’estomac. Il le savait maintenant, il était totalement tombé sous son charme.

Joey (en passant une main dans ses cheveux): L’année ne sera pas facile.

Pacey (avec espoir) : On s’accrochera.

   Il la prit dans ses bras pour la sentir contre lui. Déposant un baiser sur ses cheveux, il fut enivré par son parfum.

Pacey (espiègle) : Peut-être qu’on pourra retourner à cette plage un jour.

Joey (en souriant) : Ca veut dire que tu veux bien me garder encore un peu ?

   Le jeune homme rit, elle n’était pas croyable. Voilà qu’elle se mettait à douter de ses sentiments alors que c’était elle qui avait eu une grande discussion avec son ancien grand amour.

   La question de Joey demeura en suspens. Pour toute réponse, elle eut droit aux lèvres de Pacey sur les siennes et sa paume caressant sa joue, puis son cou.

Joey (frissonnant) : J’adore ça !

    Pacey rit de plus belle face au naturel de la jeune fille. Lui aussi adorait ça, et il comptait bien ne pas s’arrêter là…

 FIN

(après un problème technique lors du premier poste, voilà l'episode enfin complet. En espérant que vous avez passé un bon moment)


VinnAnne  (08.08.2009 à 12:00)

J'ai adoré, c'était vraiment mignon et bien écris comme fic.

Félicitation pour ton poste de modératrice.

 

lacrevette


lacrevette  (08.08.2009 à 16:06)

J'adore... Bravo


MLLMLL  (09.08.2009 à 23:25)

Magnifique fic... Bravo...


AuReLe02  (10.08.2009 à 14:33)

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