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Série : Dawson's Creek
Création : 24.11.2010 à 21h47
Auteur : joey13
Statut : Terminée
Dans mon épisode alternatif intitulé « Quand le True Love prend l’eau », Jen n’est pas morte et Jack est célibataire, il n’a pas de relation avec Doug Witter. Cet épisode se déroule en 2009.
Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes
Nous sommes tous là pour soutenir Andie. Elle mène à bout de bras sa vie de femme politique et c'est un instant important pour elle. On se devait d'être là. Aujourd'hui, son candidat est en lice pour devenir le Président de notre pays. Elle est directrice de cabinet de Barack' Obama et elle espère que le travail de l'équipe sera récompensé. Pendant longtemps on a cru qu'il serait confronté à Hillary Clinton mais contre toute attente, John Mac Cain est devenu son rival. Je connais peu de choses en politique mais je pense qu'il ne serait pas bon d'être réactionnaire. Et puis, Martin Luther King serait peut-être fier de nous, qui sait ? Un pays enfin en accord avec lui-même, moi aussi « I have a dream ».
En plus d'un pays réunifié, ce jour symbolise aussi le retour de l'amitié. Évidemment on se parle encore, évidemment on pense les uns aux autres ; mais avec le temps, tout s'étiole... Même ce que l'on pensait immortel. Aujourd'hui pourtant, nous sommes tous là, à rêver d'un avenir meilleur, pour les autres et peut-être aussi pour notre amitié...
Jen : Joey que fais-tu ? Encore en train d'écrire je parie ! Tu ne t'arrêtes jamais ? fit-elle un sourire aux lèvres en la rejoignant à la table.
Joey : Pardon, je sais je suis une calamité, mais que veux-tu le quotidien m'inspire... répondit la jeune femme brune, un sourire gêné aux lèvres.
Dawson : Il va falloir que je fasse attention si je ne veux pas que tu me piques mon travail ! intervint un homme blond qui arrivait avec trois boissons à la main. Jack arrive avec le reste des boissons, voici pour vous mesdames, dit-il tout en posant les verres sur la table.
Joey : Pacey n'est pas avec toi ? Demanda Joey intriguée.
Jen : Je l'ai vu discuter avec Andie y'a cinq minutes à peine.
Joey : Évidemment, j'aurai dû m'en douter, murmura-t-elle.
Dawson : Un problème Joey ? Fit Dawson, inquiété par l'attitude de sa meilleure amie.
Joey : Non tout va bien, dit-elle le plus impassiblement possible, ne vous inquiétez pas, s'empressa-t-elle d'ajouter.
Des éclats de rires interrompirent la conversation, au plus grand soulagement de Joey. Pacey venait d'arriver, en compagnie d'Andie.
Dawson : Alors Andie, pas trop nerveuse ? Demanda le jeune scénariste.
Andie : Non, ça va je suis plutôt confiante ! Et vous êtes tous là pour me soutenir, c'est magnifique ! Dit-elle joyeusement.
Pacey : Je suis sûr que tu vas gagner, vous avez fait un boulot merveilleux, ajouta Pacey plein d'enthousiasme.
Jen : Comment le sais-tu ? demanda Jen intriguée.
Joey : Il l'a appelé tous les soirs depuis deux mois, c’est un peu normal qu’il le sache, murmura Joey sarcastique.
Dawson : Qu'est-ce que tu as dit Joey ? Demanda Dawson en croyant qu’elle s’adressait à tous.
Joey : Je me demande où est Jack !
Jack : Je suis là ! Bande d'impatients ! Il y avait un très beau jeune homme au bar, il m'est apparu comme un jour d'équinoxe, il se servait d'une fourchette pour faire vos cocktails, ne me demandez pas pourquoi, j'en sais rien, et le bruit des verres semblait devenir une symphonie. Mais je suis parti reprendre mon périple vers vous, dit-il tout en posant les boissons.
Andie : Mon frère, ce poète ! Dit-elle moqueuse.
Joey : Attention Jack, la poésie t'a déjà attiré des ennuis souviens-toi... ajouta la jolie brune.
Jen : Ouch ! Touché ! Dit Jen alors qu'elle imitait un couteau entré dans son coeur.
Le petit groupe éclata de rire, à l'unisson.
Andie : ça vous dit d'aller ailleurs ? On aura pas les résultats avant deux ou trois heures, alors si ça vous tente on pourrait aller danser.
Jen : Je sais pas ce que vous en dites mais je suis partante !
Les autres : Allez on y va ...
Andie : Cool ! Je connais un endroit qui devrait pas mal vous plaire...
Pacey : La maison Blanche ?
Andie : Ah ah ah ! Bien joué Witter mais tu te trompes.
A cet instant, Joey s'étrangla en buvant.
Dawson : ça va Joey ? Demanda-t-il étonné.
Joey : Oui pardon, j'ai avalé de travers... dit-elle avec un air contrarié.
Pacey : Bah alors Jo, ça va ? Demanda Pacey en passant une main dans le dos de Joey.
Joey : Si si, tout va bien, je vais aller me rafraîchir avant de partir. Je reviens.
Sur ce, elle se dirigea vers les toilettes, sous le regard inquiet de Jen qui n'avait rien perdu de la scène. Jen avait entendu Andie appeler Pacey par son nom de famille, comme avant, et avait remarqué la réaction de Joey. Il fallait qu'elle sache.
Jen : Je vais aussi aller me rafraîchir, j'arrive, dit-elle à l'attention du groupe.
Jack : Ces filles, toutes les mêmes !
Alors que Jen s'éloignait, la bande riait comme des adolescents. Quand Jen ouvrit la porte des toilettes, elle entendit quelqu'un sangloter. Elle se dirigea vers la seule porte qui était fermée et dit calmement :
Jen : Joey, j’ignore ce qui te tracasse mais si tu veux je suis là, je peux t'écouter, dit-elle de la voix la plus douce possible.
Joey : Il n'y a pas de problème Jen, tout va bien je t'assure, répondit Joey entre deux sanglots.
Jen : Oui bien sûr, tout va bien dans le meilleur des mondes ! Mais oui, pourquoi je m'inquiète, tu n'es pas en train de pleurer dans des toilettes publiques à 21h un vendredi soir, et ton mari ne se fait pas appeler « Witter » par son ex, sous tes yeux ! Dit-elle sarcastique.
A ces mots, les larmes de Joey redoublèrent d'intensité. Jen s'en voulut immédiatement et son inquiétude grandissait.
Jen : Que se passe-t-il ma belle ? … Il y a un an à peine Pacey emménageait chez toi. Trois mois plus tard, tu devenais madame Joséphine Potter Witter, et maintenant, tu es ici en larmes, alors qu'une guerre ouverte semble se dessiner entre toi et Pacey. Je veux t'aider. Tu étais présente le jour où j'ai mis au monde ma fille, le jour où j'ai divorcé … A mon tour, je veux te tendre la main. Je vous connais tous les deux Joey, c’est à moi que Pacey a avoué les sentiments qu’il avait pour toi à 16 ans et c’est moi que tu es venue voir lorsqu’il s’est enfin décidé à t’embrasser. Je t’ai toujours soutenue et je te soutiendrai toujours.
Joey : Pacey et moi essayons d'avoir un enfant... commença Joey avant de continuer à pleurer.
Jen : Oh mais c'est merveilleux !! … Quoique si c'était merveilleux tu ne serais pas en larmes... Je suis désolée Joey mais je ne comprends pas, quel est le problème ?
Joey : On n'y arrive pas et ça brise notre couple Jen... Dit-elle en pleurant de plus belle.
Jen : Ce genre de chose demande de la patience Joey, ne t'en fais pas vous y arriverez ! Jen sentant que son amie était sur le point de lui révéler un lourd secret, l’encourageait.
Joey : J’étais enceinte Jen. De 3 mois. Ma grossesse était surveillée de près à cause des difficultés que nous avions eu à concevoir ce bébé. Joey marqua une pause, incapable de poursuivre. J’ai perdu le bébé Jen. Je me sens tellement vide depuis, avoua-elle plus effondrée que jamais. Je ne pourrais plus jamais avoir d’enfant Jen, ma perte a causé des dommages. Jamais je ne donnerai d’enfant à Pace.
Jen ne savait que dire, elle décida de se fier à son instinct.
Jen : Sors de là Joey... dit-elle doucement.
Joey sortit et regarda Jen, les yeux rouges. Jen lui tendit les bras et Joey vint timidement pleurer sur l'épaule de Jen. Une fois un peu plus calme, Joey continua son récit en lançant à Jen un regard d'excuse.
Joey : Tu te rappelles, quand tu as accouché d'Amy on s'était tous promis de se contacter plus régulièrement ? De ce fait, Pacey et Andie s'appelaient une fois par mois et depuis deux mois, ils s'appellent presque tous les jours... Et comme par hasard, cela fait deux mois que nous avons vu le médecin... acheva-t-elle alors qu'une larme coulait.
Jen : Je suis sûre que Pacey ne te ferait jamais ça ! Il t'aime ! Vous traversez une période difficile et Pacey a sans doute besoin d'une oreille attentive. Mais ne t'en fais pas Joey, Pacey ne te ferait jamais ça, il t'aime trop pour ça, affirma-t-elle avec conviction. Ils sont simplement amis, comme toi et Dawson.
Joey : C'est bien ça qui me fait peur, ils sont un peu trop proches à mon goût et maintenant que je ne peux pas lui apporter ce dont il rêve le plus au monde, j'ai peur que mon mari s'en aille avec son premier amour. Je l'aime trop pour supporter un tel affront, Jen, ajouta Joey une once d'amertume et de colère dans les yeux.
Jen : Allez, rafraîchissons-nous et sortons de là, ils vont se demander ce qu'on fabrique!
Elles se passèrent de l'eau sur le visage, et se remaquillèrent. On ne voyait presque plus que Joey avait pleuré.
Joey : Jen, Merci, pour tout, dit-elle en souriant timidement.
Jen : De rien, Joey. Tu sais bien que je serais toujours là pour toi, quel que soit le moment.
Les filles sortirent des toilettes rapidement et entendirent les garçons rire, ce bruit leur réchauffa le cœur. Ils ne se voyaient plus aussi souvent qu’ils le voudraient et c’était réconfortant de se retrouver.
Jack : Bah alors, vous en avez mis du temps ! Dit Jack en apercevant les deux jeunes femmes.
Jen : Que veux-tu, être belle demande beaucoup de temps ! Dit-elle pour épargner Joey.
Pacey : Oh mais vous n'avez pas besoin d'artifices, vous êtes belles naturellement les filles ! Dit Pacey l’œil charmeur.
Joey se rapprocha de son époux, un petit sourire aux lèvres et l'embrassa sur la joue. Visiblement surpris, il s'approcha à son tour et l'enlaça tendrement comme il le faisait si souvent. L’œil de Joey fut attiré par l'annulaire de Pacey, il y manquait clairement quelque chose...
Joey : Je peux te parler en privé mon cœur ? demanda-t-elle à son époux.
Pacey : Oui, bien sûr, répondit-il abasourdi par la tendresse de Joey.
Elle entraina son mari près du bar, faisant mine de vouloir commander.
Joey : Pacey, où est ton alliance ? Demanda Joey calmement.
Pacey : Je ... Euh... commença-t-il à bafouiller.
Joey : Tu l'as perdue ?! Demanda-t-elle plus fortement qu'elle ne l'aurait voulue.
Pacey : Je ne dirais pas ça... Je dirais plutôt que je ne sais momentanément pas où elle se trouve, dit-il tout doucement et visiblement mal à l'aise.
Joey : Tu as perdu ton alliance !! Notre mariage compte-t-il si peu pour toi à présent ?! Cria-t-elle en dévoilant au grand jour ses problèmes de couple.
Pacey : Ne fais pas une montagne pour un détail Joey, ce n'est qu'un bout de métal, dit-il le plus dignement possible, en sachant que ses amis les écoutaient.
Joey : Une alliance n'est pas qu'un vulgaire bout de métal ! C'est un objet précieux ! C'est le symbole de notre amour ! Tu l'as perdu et tu ne sembles même pas t'en soucier ! Dit-elle avec un mélange de tristesse et de colère dans la voix.
Sur ces mots, elle quitta la salle, incapable de faire semblant d’être heureuse une minute de plus. Pacey ne savait pas quoi faire. La rattraper ? Rejoindre ses amis ? Il savait que Joey ne le laisserait pas parler tant qu’elle ne serait pas calmée. Il décida de les rejoindre à leur table mais que leur dire ? Il décida de les rejoindre sans justifier l’absence de son épouse. C’était inutile.
Ils avaient observé discrètement la scène et n’arrivaient pas à dissimuler leur surprise face au départ inopiné de Joey. La stupéfaction se lisait sur tous les visages, et Pacey avait du mal à cacher son mal-être, plus abattu que jamais. Il s'affaissa sur un tabouret. Dawson voulut rattraper son amie mais Jen l'en dissuada.
Dawson : Elle a besoin de moi, je vais la rejoindre, affirma alors le meilleur ami de Joey.
Jen : Non Dawson, dit-elle en le retenant par le bras. Elle a surtout besoin d'être seule à l'heure qu'il est. Tu es son meilleur ami, tu la connais trop bien.
Dawson : Tu sais ce qu’elle a ? Demanda-t-il surpris.
Jen : Elle vient de se confier à moi, dit-elle visiblement gênée par l’étrangeté de la situation.
Pacey : Je ne comprends rien, dit-il dépité, je n'ai rien fait de mal, à part perdre mon alliance... Ce n'est pas un drame, si ? Demanda-t-il perplexe et malheureux.
Andie : Dans votre situation Pacey, le moindre petit évènement peut provoquer un drame à ses yeux, dit-elle en posant une main apaisante sur l'épaule du jeune homme.
Jen : Oh toi, tu te tais toi pour une fois ! dit-elle d’un ton cinglant à l'égard d'Andie.
Andie : Pourquoi tu me parles comme ça ? Répondit une Andie incrédule.
Jen : Tu ne t'es pas dit que vos coups de téléphone quotidiens pourraient empirer leur situation ? Demanda-t-elle ironiquement.
Andie : Je n'ai fait qu'écouter Pacey quand il avait besoin de moi, répondit-elle outrée.
Dawson : Visiblement les filles vous en savez plus que nous… Mais ne vous disputez pas, je suis sûr que les choses ne sont pas si catastrophiques, si ?
Pacey : Mon vieux, je suis désolé de te dire que c’est encore pire que ce que tu peux imaginer. Je ne sais pas comment vous dire ça. On se connait depuis toujours mais aborder ce sujet est… difficile. Joey et moi traversons une période très noire. Joey et moi avons essayé depuis plus d’un an d’avoir un enfant et Jo est enfin tombée enceinte. Les visages se crispèrent à la pensée que personne n’avait su. Personne n’avait pu les épauler. A l’évidence, ils n’étaient pas devenus parents et la douleur avait due être immense. Depuis, on est comme des fantômes, incapable de chérir le moindre instant passé ensemble… dit-il dépité.
Jack : Tu savais tout depuis le début et tu ne nous as même pas prévenus des problèmes de nos amis ! Je suis ton frère Andie ! S'exclama Jack indigné.
Pacey : Cette histoire est privée. C’est entre Joey et moi.
Dawson : Alors pourquoi ne pas m’avoir prévenu au lieu d'appeler ton ex-petite amie ? Demanda Dawson.
Pacey : Parce que j'avais besoin de quelqu'un à qui parler bon sang et ça ne ne pouvait pas être toi vieux ! S'énerva Pacey. Je ne pouvais pas décrocher mon téléphone et te dire ça comme je te dirais que j’ai vu ton film au ciné ! On ne se voit plus beaucoup ! Je ne pouvais pas non plus discuter avec ma femme, elle n’est que l’ombre d’elle-même… Je ne sais plus quoi penser, avoua-t-il tristement.
Jack : Et Joey, tu y as pensé ? Dit-il calmement. Qui la réconfortait pendant que tu discutais avec ma soeur de vos problèmes de couple ? Qu’est-ce qui se passe pour elle ?
A ces mots, Jack quitta la pièce pour tenter de rattraper Joey. Elle ne devait pas rester seule dans un moment pareil. Bien que soucieuse, Jen laissa partir son alter-égo sur les traces de son amie. Il avait toujours su trouver les mots justes pour réconforter la jeune-femme.
Joey ne connaissait pas la ville. Elle n'avait pas osé s'éloigner de peur de s'égarer. Par chance, ils n’étaient pas loin d'une fontaine , elle décida d'aller y faire un tour pour mieux réfléchir. Elle chercha dans son sac à main son précieux carnet mais réalisa qu'elle l'avait laissé sur la table. Elle espérait que personne ne le lirait et qu'on penserait à le lui rendre.
Jack marchait d'un pas décidé, il ne savait pas trop où trouver Joey. Il savait qu'elle aimait les fontaines mais ici à Washington ni lui ni Joey ne savait où il y en avait. Il décida d'aller jusqu'au bout de la rue et remarqua une fontaine pas très loin. En regardant plus attentivement il vit une jeune femme brune, de dos, qui regardait vers le ciel. Il courut vers elle avec l'espoir de ne pas s'être trompé.
Jack : Joey ? Demanda-t-il timidement.
Joey : Jack, fit-elle en se retournant, que fais-tu là ? Demanda-t-elle surprise.
Jack : Je suis sûr que tu ne t'attendais pas à ce que ce soit moi qui vienne mais...
Joey : Ne dis pas ça Jack … c'est juste que je suis étonnée c'est tout… Je suis partie sans explications, c’est impoli…. Et en plus, tu ne prends jamais part aux conflits d'habitude, expliqua-t-elle, calmement.
Jack : Eh bien pour tout te dire Joey, au début je ne voulais pas, mais finalement c'était plus fort que moi... Ma sœur est en grande partie responsable de ta détresse et je me devais d'être là, je me sens coupable Joe.
Joey : Pourquoi te sentir coupable, tu n'y es pour rien, et ta sœur non plus d'ailleurs, qui peut être responsable d'un mariage en échec à part les époux eux-mêmes ou la vie ?
Jack : Tu as toujours été là pour moi, même si c’était de manière discrète parfois. Tu m'as aidé bien malgré toi au début quand j'ai révélé mon homosexualité. A ce souvenir Joey sourit du coin des lèvres ce qui était une petite victoire pour le jeune homme. Tu m'as aidé aussi avec Ethan, c'est grâce à notre discussion que j'ai compris que rien ne servait d'avoir peur. Tu m'as aidé dans des moments importants, à l'université quand j'ai perdu le sens des priorités et bien d'autres fois encore.
Joey : Pas besoin de te sentir redevable Jack. Je ne t'ai pas aidé pour un retour d'ascenseur. Et puis toi aussi tu étais là à des moments importants, tu étais là lors du séjour au ski en terminale, alors que j'étais en pleine proie avec la peur...
Jack : Ah oui, le fameux séjour au ski, où vous avez loupé le bus ... dit-il songeur. On se demande bien pourquoi, hein Joey ! Dit-il rieur. En guise de réponse il reçut un léger coup de coude dans les reins ! Aie, c'est douloureux !! dit-il en riant.
Joey : Peu importe, dit-elle gênée, tu étais là le jour de mon mariage quand je ne savais plus où Dawson avait mis les alliances. Tu m'as dit qu'il te les avait confiées par « mesure de sûreté », … tu étais là le jour où je suis devenue la marraine d'Amy...
Les souvenirs nostalgiques laissèrent place au silence. Un silence particulier : il avait la saveur du constat... Et malheureusement c'était un constat d'échec. La situation de Jack n'était pas des plus dramatiques mais il ne se produisait rien de bien merveilleux non plus dans sa vie. Il se contentait d'avancer, mais il n'avait pas la réelle impression de vivre.
Joey : Je peux me blottir contre toi ? Demanda la jolie brune timidement.
Jack : Oui, bien sûr, viens par ici, dit-il en l'entrainant dans ses bras.
Malgré le temps qui passe et la solitude des êtres, au lieu de s’éloigner, deux amis peuvent se rapprocher dans leur propre tristesse.
Quand Pacey rentra à l'hôtel ce soir-là, le soleil était déjà couché depuis longtemps et il trouva sa femme endormie sur le canapé, une couverture négligemment posée sur ses jambes. Elle dormait à poings fermés mais il suffisait à Pacey de s'approcher d'elle pour lire la contrariété et la tristesse sur son visage. Il était resté avec le reste de la bande, même s'il n’avait pas le cœur de faire la fête. Il n'avait pas envie de rejoindre Joey...
Depuis des mois, il se passait la même chose : c'étaient disputes sur disputes, quotidiennement, pour la moindre broutille... Était-il égoïste ? Il ne percevait pas la distance dans leur couple de cette façon, mais plutôt comme un bol d'oxygène dont ils avaient tous les deux besoin. Après tout, Joey n'avait pas été seule pendant la soirée, elle avait eu Jack à ses côtés...
Il se dirigea vers le lit, ôta sa veste et son pantalon, déboutonna sa chemise blanche, se massa les tempes pour enrayer le mal de tête qui le guettait et s'étira pour se détendre un peu. Il se demanda ce qu'il pourrait faire à cette heure, sans réveiller Joey. Lui ne dormait plus beaucoup depuis quelques temps et il avait des difficultés à s'occuper pendant ses périodes de silence. C'est alors qu'il se souvînt du cahier de Joey. Elle l'avait oublié sur la table de la salle des fêtes avant de s’enfuir, et il l'avait ramassé en pensant lui rendre en rentrant, mais les événements ne s'étaient pas déroulés comme il l'avait prévu...
Elle lui avait toujours fait lire ses écrits, il était le seul à avoir le droit de l'observer peindre, écrire ou faire de la sculpture, Joey lui faisait bénéficier du « privilège du mari ».
Pourtant, depuis qu'ils rencontraient quelques soucis, il ne la lisait plus. Son cahier lui servait d'exutoire et il ne voulait pas entrer dans sa vie privée. Mais il s'agissait de Joey, ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre, son intimité était sienne et vice-versa. Ce soir, il avait besoin de la comprendre, même au prix de terribles mots qui lui causeraient les pires maux...
Il prit le cahier qu'il avait posé sur le rebord du lit, s'installa, nerveux, et l'ouvrit au hasard avec autant de précaution et d'appréhension qu'un enfant apeuré.
" La vie est un cadeau dit-on, alors pourquoi ma vie ne ressemble-t-elle pas à celle que maman m'avait promis ? N'a-t-elle pas apprécié les choix que j'ai fait ? Si la vie est un cadeau, pourquoi l'homme que j'aime depuis l'âge de 16 ans m'ignore-t-il quand je suis à ses côtés dans le lit conjugal ?
Le temps guérit de toutes les blessures, mais certaines ne se referment jamais vraiment... Un couple peut-il survivre à la mort de ses rêves ? Pendant des années, je me rappelle avoir répété à Dawson que les choses changent, mais sincèrement, je pensais que le couple que je formais avec Pacey était l'exception qui confirmait la règle. Et aujourd'hui... Toutes mes certitudes s'amenuisent."
A la lecture de tant de douleur, Pacey ressentit le besoin de voir ressurgir le temps d'un bonheur sans nuage. Il prit le cahier à la première page, celle du jour de leur mariage. Il ne pouvait pas ignorer ce commencement, le cahier d'écriture de Joey étant son cadeau de mariage de la part de Dawson. Il lui avait donné la veille en lui disant « Couche tes émotions sur le papier demain, et si un jour tu sens la tristesse t'envahir, relis ces pages et tu rappelleras pourquoi tu es heureuse. »
C’est tellement dur de s’en souvenir parfois. Comment passer outre la douleur de ma femme ? Comment l’aider à se reconstruire sans se détester ? C’est tellement triste, pensa-t-il.
"Je m'appelle Joséphine Potter, nous sommes le 14 février 2008, il est très exactement 5h06 du matin et je me marie avec Pacey Witter dans dix heures. Jen m'a dit que le jour de son mariage, elle était nerveuse, mais je me sens simplement pressée et sereine à l'idée de passer le reste de ma vie avec cet homme. Je l'aime tant. S'il savait à quel point il fait battre mon cœur je pense qu'il en serait tétanisé, ou non à la réflexion puisqu'il me dit toujours qu'il m'aime encore plus que je l'aime moi. Mais est-ce seulement possible ? J'ai l'impression qu'avec le temps le mot « aimer » n'est plus assez fort, mais le langage n'a pas inventé de mot moins vide de sens pour exprimer mes émotions."
Pacey arrêta sa lecture, une larme se formait au coin de son œil. Lui aussi avait oublié ses sentiments ces temps-ci. Pourtant il aimait Joey. Mais il ne savait plus le lui dire. Il tentait un geste vers elle, parfois, mais il lui semblait qu'elle ne le voyait pas. Qu'allaient-ils faire ? Allaient-ils encore laisser la vie les séparer ? Etaient-ils vraiment fait pour être ensemble ? En l'état actuel des choses, personne n'avait de réponse à leurs questions, pas même lui...
Dans la soirée, Dawson appela Jen pour lui donner rendez-vous le lendemain matin, au café qui fait l'angle de la rue de l'hôtel. Dawson espérait en apprendre davantage sur le drame que traversaient ses amis, il voulait être présent pour eux deux, mais pour cela, il devait savoir ce qu'ils vivaient. Quand il arriva à 9h, il était de bonne humeur malgré tout ce qui l'inquiétait. Il se sentait léger. Il franchit la porte du café pour constater que Jen n'était pas encore arrivée. Rien de bien surprenant... Il s'installa à une table éloignée, commanda un café et observa la foule en jetant des coups d’œils furtifs à la porte. A 9h30, Dawson entendit la porte s'ouvrir sur une Jen rayonnante de beauté. Elle portait une robe courte, cintrée à la taille, violette en soie, et un manteau noir qui lui permettait de ne pas souffrir du froid. Sa tenue était agrémentée d'un foulard violet foncé en soie qu'elle portait dans les cheveux. Dawson n'arrivait pas à la quitter des yeux. Il lui fit un signe de la main pour lui indiquer sa présence, dès lors elle lui adressa un immense sourire et se dirigea vers lui, l'enlaça en guise de "bonjour" et s'installa en silence.
Dawson : Merci d'être venue, tu veux quelque chose ?
Jen : Oui, je veux bien un café noir, merci et désolée du retard.
Dawson : C'est rien j'ai l'habitude, dit-il en interpellant le serveur et de passer la commande. Jen émit un léger rire à cette remarque.
Jen : Alors dis-moi, que me vaut l'honneur de ce rendez-vous secret ?
Dawson : C'est un peu délicat en réalité... dit-il pensif, j'aurais aimé en savoir plus sur la situation de Joey et Pacey et puisqu'apparemment tu en sais plus que moi...
Jen : Oh, dit-elle surprise, en réalité je n'en sais pas vraiment plus tu sais, Joey m'a simplement fait part de sa détresse. Jen bougeait nerveusement, ne sachant pas par où commencer, ni même quels mots utiliser. Comment dire au meilleur ami de Joey et Pacey ce qu’elle n’aurait pas du savoir avant lui ? Il semblerait que leur mariage batte de l'aile depuis quelques mois. Elle fit une pause, ne sachant pas comment amorcer la suite. Comme Pacey nous l’a dit l’autre soir, Joey et lui ont essayé de faire un bébé pendant longtemps et ils ont perdu l’enfant quand Jo est enfin tombée enceinte. Je ne sais pas comment te dire ça mais, leurs problèmes ne se sont pas arrêtés là. Elle hésita à poursuivre. Dawson était le meilleur ami de Joey, n'était-ce pas à elle de le lui dire ? Joey était si secrète, si discrète, avait-elle le droit de livrer les secrets de son amie ? Non, je lui rends service, se dit-elle. Les médecins lui ont appris qu'elle ne pourrait plus jamais avoir d'enfant à cause des complications dues à sa fausse couche.
Dawson regarda son amie, choqué, peiné, par la nouvelle qu'elle venait de lui apprendre. Dans sa tête, un millier d'images défilaient alors qu'il essayait d'imaginer la détresse de Joey et de Pacey. Jen posa une main apaisante sur son bras. Les mots ne servaient à rien dans certaines situations, elle le savait mieux que personne.
Dawson : Oh mon dieu, comment j'ai pu ignorer la souffrance de Joey ? … Et celle de Pacey ! … Ils sont comme ma famille et je n'ai rien vu ! Quel piètre ami je fais là... dit-il amer.
Jen : Tu sais Dawson, on ne peut jamais savoir ce qui se passe dans un couple, les plus lourds secrets ne se dévoilent souvent que derrière une porte close.
Dawson : Oui, tu as peut-être raison. La vie de couple est compliquée, personne ne peut vraiment juger ce qui se passe entre deux personnes. D’ailleurs, permets-moi de te dire que je t’ai trouvé assez dure avec Andie. Elle a eu tord sans doute mais elle n’avait pas l’intention de reconquérir Pacey. Elle n’a plus de sentiments pour lui depuis des années je pense. … Parlons d’autres choses, j’ai besoin de réfléchir à tout ça. Il marqua une pause, pensif et perdu, on le sentait démuni. Mais il ne se laissa pas abattre plus de quelques secondes. Je n’ai pas vu ta fille depuis longtemps, comment va Amy ? Pourquoi tu ne l'as pas emmenée ?
Jen : Ok je comprends… Elle va bien, elle grandit et commence à balbutier. C'est une pure merveille ! Je n'ai pas osé lui faire prendre l'avion, je l'ai laissé chez Grand Mère... Tu veux voir une photo ?
Dawson : Oui ! Je veux bien ! Elle doit être magnifique !
Jen sortit son portefeuille et fouilla à la recherche de ses photos.
Alors qu'elle en tenait de sa petite merveille, une autre tomba sur la table : Jen enceinte.
Dawson : Tu étais vraiment magnifique ! dit-il admiratif.
Jen : Merci pour la marque du passé, dit-elle en souriant timidement, j'étais tellement belle que mon mari m'a quitté...
Dawson : C'est un idiot, il ne sait pas ce qu'il a perdu ! dit-il avec véhémence.
Jen : Merci Dawson, dit-elle en se levant pour lui donner un baiser sur la joue.
De loin, cette scène laissait croire qu'il s'agissait de deux amants qui admiraient des photos en se faisant des confidences.
Dawson : Tu veux que l'on aille se promener ? dit-il pour couper court à la gène qu'il ressentait.
Jen : Oui, pourquoi pas ?
Dawson : Très bien, allons-y.
Ils se levèrent, Dawson paya les cafés et ils quittèrent les lieux.
Quelques minutes plus tard, ils plongeaient à l'aventure dans cette ville qu'ils ne connaissaient ni l'un ni l'autre. Ils arpentaient les rues tels des touristes à la recherche d'un endroit où passer le temps. Aucun d'eux ne savait quoi dire, ils préféraient le silence, être ensemble leur suffisait. Ils se baladèrent ainsi pendant de longues minutes. Jen en profita pour observer Dawson, quel bel homme il était devenu... Classe, tout simplement. Aujourd'hui il portait un manteau noir et un costume noir avec une chemise bleu. Elle comprit alors, grâce au sentiment d'harmonie qu'elle ressentait, qu'elle avait changé, mûri, mais que surtout Dawson lui manquait. Elle avait connu le bonheur avec lui, elle l'avait connu après lui, avec le père de sa fille, mais depuis... Elle avait l'impression d'errer.
Jennifer avait connu son ex-mari par l'intermédiaire de leur métier. Elle était devenue animatrice radio, et tenait sa propre émission de conseils pour jeunes, et ce jour-là, il était l'invité vedette. Quoi de plus normal à New York, d'inviter un homme avec un tel succès ? Heath Ledger, l'acteur qui traçait son petit bonhomme de chemin au cinéma, l'avait fait chavirer en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Pendant à peu près trois ans, il furent très heureux. Bien sûr, allier carrière, vie privée et paparazzi n'était pas toujours facile mais ils y parvenaient. Et puis un jour, Jen s'est réveillée de cette histoire rêvée, et il a repris sa liberté. Malgré leur rupture, ils sont restés très proches, et Heath est un père formidable. Grâce à Amy, une part de Jen l'aimerait toujours...
Le cours de ses pensées fut interrompu par Dawson :
Dawson : Comment te sens-tu Jen ? Tu as l'air ailleurs...
Jen : Pardon Dawson, les moments de silence me laissent trop de temps pour penser au passé...
Dawson : Tu as eu de ses nouvelles ? Demanda-t-il sachant exactement à quoi elle faisait référence.
Jen : Aux dernières nouvelles, il va bien... Je n'en sais pas plus, il évite de me parler de sa vie privée...
Dawson : Ce qui est plutôt délicat de sa part non ?
Jen : Oui, j'apprécie, mais la presse à scandales relaye tout ce que je préfèrerais ignorer.
Dawson : C'est sûr que ça ne doit pas être évident... Quelle bande de rats ceux-là, ajouta-t-il exaspéré.
Jen : Et toi, comment vas-tu ?
Dawson : Eh bien, tu sais... Comment pourrais-je me plaindre ? Je réalise mon rêve et... c'est tout.
Jen : C'est à moi que tu parles Dawson...
Dawson : Pour tout te dire, je ne sais pas si je suis réellement à ma place dans ce milieu... J'aime toujours autant écrire, mais de là à devenir le prochain Spielberg... Je me demande si je n'ai pas passé trop de temps à rêver ma vie, je me dis souvent que j'aurais mieux fait de la vivre...
Jen : On dirait bien que l'adolescence est finie pour tout le monde... L'âge adulte nous a tous offert bon nombre de désillusions... Mais regarde-toi Dawson, tu es le plus chanceux de nous tous, tu as eu la chance de réaliser ton rêve le plus cher... Chacun d'entre nous, les uns après les autres, on a vu nos rêves de bonheur parfait se casser la figure en plein vol. Tu es le seul à avoir été à la hauteur de tes ambitions. D'accord, ton rêve n'est pas parfait, mais regarde-toi, tu t'es accompli ! Lequel d'entre nous, mis à part toi, a la chance de pouvoir dire la même chose ?
Dawson : On le peut tous, il suffit d'y croire. Tu en es le meilleur exemple : à 26 ans tu es la mère d'une merveilleuse petite fille, tu es revenue dans la ville de ton enfance, tu as traqué tes démons et tu es animatrice radio.
Jen : Ce n'est pas grand chose tu sais, je me suis simplement contentée d'avancer sans regarder en arrière.
Dawson : Peut-être, mais tu n'as pas seulement tenté ta chance, tu as réussi.
Jen : Tu sais, l’addition de la réussite est subjectif. Dix ans plus tard, je suis toujours seule, à me démener pour ce petit bout de chou que j'aime tant.
Dawson : Tu n'es pas seule, Heath est là, et nous aussi... dit-il en passant un bras autour de son épaule.
Jen : Oui, mais tu sais très bien que ça n'est pas pareil...
Dawson : Oh oui... Malheureusement. Il resserra son étreinte et elle pausa la tête sur l'épaule du jeune homme, tout en continuant leur ballade.
La réussite, à quoi peut-on la mesurer ? Est-ce au nombre de zéro alignés sur un compte en banque ? Au nombre d'amis qu'on a autour de soi ? A la façon dont on vous regarde ? A partir du sentiment qu'on ressent ? Si tel est le cas, lequel d'entre eux a-t-il réussi sa vie ?
Ce même matin, Andie se réveilla avec un sentiment de culpabilité dans le ventre. C'était facile de dire qu'elle était responsable des problèmes de Joey et Pacey, mais elle savait très bien que tout était plus complexe. Peut-être n'était-elle que les braises d'un feu de guerre endormi ?
Elle comprenait la réaction de son frère, aussi virulente soit-elle, il avait simplement exprimé ce qu'il pensait depuis des mois. Mais tellement de choses avait changé...
Après son départ de Capeside, elle avait passé la fin de ses années de lycéenne à Florence pour mieux revenir faire Havard. Elle s'était d'abord destinée à la médecine avant de se rendre compte que la politique la passionnait vraiment. Après trois années à Harvard, elle avait fait deux années à Yale. Son diplôme en poche, elle avait décroché un stage de quatre mois à la Maison Blanche, où elle avait fini par lier un tas de contacts. Elle cherchait un emploi à temps plein, quand son téléphone sonna. Elle était embauchée dans l'équipe d'Obama, comme secrétaire assistante de l'assistante de la directrice de campagne pour les primaires américaines. Dans un premier temps, elle fut confrontée à des difficultés, qu'elle surmonta aisément et presque un an et demi plus tard, elle avait pris la place de la directrice de campagne elle-même ! En temps normal, c'était impossible, mais celle-ci était en congé maternité et avait désigné Andie comme étant la plus apte à ce poste pendant son absence.
Sa carrière politique lui avait demandé énormément de sacrifices, elle s'était éloignée de tous ceux qu'elle aimait. C'est pour cette raison que la venue de la bande, en guise de soutien, l'avait autant touchée. Pourtant, si elle avait su la tournure que prendrait les évènements, peut-être aurait-elle fait un autre souhait. Elle se sentait comme le messager sur lequel tout le monde voulait tirer...
Mais trêve de rêveries. Aujourd'hui, elle devait aller au bureau. L'attente des résultats était insoutenable, et il fallait encore patienter une semaine ! Même si O'bama avait gagné un grand nombre de délégués, la course à la Maison Blanche était loin d'être terminée...
Joey avait passé la moitié de sa vie à chercher qui elle était. Les quinze premières années, elle ne vivait qu'au travers de son meilleur ami. Son âme sœur. Au moment où elle avait enfin réussi à attirer son attention, elle s'était rendue compte qu'elle ne se connaissait pas, et là, la quête avait commencé. Elle s'était alors découvert une âme d'artiste, une passion pour la peinture, le dessin, et même un certain talent. Ensuite, elle avait voulu s'affirmer, et était tombée amoureuse sans le savoir, de son meilleur ennemi. Et là, ses « emmerdes » avait commencé. Pour le pire et le meilleur, elle l'aimait. Plus que sa propre vie, plus que n'importe qui d'autre sur terre. Pour lui, elle irait jusqu'à décrocher la lune, braquer une banque, ou tout plaquer sur un coup de tête pour s'enfuir à l'autre bout du monde. D'ailleurs elle l'avait déjà fait ça, se dit-elle un sourire aux lèvres. Le True Love, ce simple nom symbolisait tant. La naïveté, la pureté, l'innocence, l'insouciance, et même une part d'inconscience. Comment avait-elle osé perdre la tête et croire que tout était possible à l'époque ? Ça lui ressemblait si peu... Et pourtant, dix ans plus tard, elle l'aimait toujours autant, et remercier le ciel de ne pas avoir reculer le jour du départ. Pacey Witter était sans contestation possible celui qu'elle appellerait « l'homme de sa vie » pour toujours. Il l'avait changé à jamais. Elle était devenue plus femme dans ses bras et s'était réaliser à ses cotés. Malheureusement, aujourd'hui, elle avait l'impression qu'ils vivaient sur deux continents différents et que tout les séparer. Il est parfois difficile de renoncer aux rêves que l'on avait imaginé ensemble mais leur couple était dans une impasse, et elle ne supportait plus la situation. Elle se sentait coupable et mourrait à petit feu de l'intérieur. Non, elle ne se laisserait pas abattre, elle apprendrait à s'aimer à nouveau. Il lui faudra sans doute du temps, et tant pis si elle devait renoncer à lui pour un moment. Ça lui briserait le cœur autant qu'à lui mais elle en avait besoin. C'est décidé, ce soir, je le quitte. Une larme coula tandis qu'elle préparait déjà ses baguages.
Quand il rentra à l'hôtel après avoir évité Joey toute la journée, il trouva une lettre sur le lit, une alliance à côté de celle-ci. Il s'assit, sachant pertinemment que ce qu'elle contiendrait changerait sa vie à tout jamais.
« Pacey Mon amour,
Jamais je ne me serais crue capable d'une telle chose. J'ai réfléchi toute la nuit mon coeur, et la seule solution pour toi comme pour moi est de prendre un peu de distance. Tu m'as offert les plus belles années de ma vie, les plus beaux sourires, les plus beaux moments de joies. Mais il y a des choses que nous ne pouvons pas surmonter. Je t'aime tellement que mon cœur se brise déjà.
L'amour est un sentiment précaire finalement. On a cru notre histoire éternelle mais la vie s'est évertuée à détruire nos espoirs. Pardon mon amour de ne pas pouvoir t'offrir la famille dont tu rêvais tant. Je t'aimerai éternellement. Pardon du mal que je te fais, mais te dire adieu me semblait tellement dur. On n'avait plus grand chose à se dire alors, comment te parler encore ? Comment trouver les mots pour te dire en même temps à quel point je t'aime et t'annoncer mon départ ?
Quand tu liras ces lignes, je serai dans l'avion, je ne sais pas où je vais mais la vie me guideras.
Sois heureux Pacey Witter, tu es l'homme le plus merveilleux du monde et tu mérites tout ce que la vie te donneras. Ne l'oublies jamais.
Always yours.
Joey
PS : Pardon. »
Les larmes de Pacey coulaient de plus en plus fort malgré lui. La tristesse laissa rapidement place à la colère. Comment pouvait-elle lui faire ça ? Il resta prostré de longues heures, le silence pour seule compagnie. Après toutes ces années, leur histoire prenait fin par une lettre.
Joey de son coté, se trouvait dans l'avion en direction de Paris. Elle avait de la musique dans les oreilles, Halo d'une chanteuse actrice de série, et s'endormit sur les souvenirs de cet horrible séjour.
A son réveil, Joey ne réalisa pas de suite où elle se trouvait, la musique l'aida à se rappeler. Elle était sur un vol en direction de Paris. Sa vie avait basculé en une petite semaine, et les dégâts étaient irrémédiables.
Deux jours avant son départ précipité, Joey avait dormi sur le canapé pour la deuxième nuit consécutive, et à son réveil elle avait aperçu Pacey qui lisait le journal.
Sans un mot, elle s'était levée et s'était dirigée vers lui, enlaçant son mari aussi fort qu’elle le pouvait. Mais il était resté de marbre face à cette tentative, elle n'avait senti aucune réaction de sa part. Froissée, Joey s'était demandée ce qu'elle avait encore fait tout en se servant une tasse de café.
Pacey : J'ai lu ton journal hier soir, avait-il dit froidement en guise de bonjour.
Joey : Oh, s'était-elle contentée de répondre.
Pacey : Je suis triste de constater que tu baisses les bras. Tu ne crois donc plus en nous ? avait-il demandé plus colérique qu'il ne l'aurait souhaité.
Joey : Si c'est ce que tu crois alors tu n'as vraiment rien compris Pacey ! avait-elle dit lasse.
Pacey : J'ai réfléchi, je pense que ça nous ferait du bien de discuter de nos problèmes de couple avec une personne neutre.
Joey : Tu veux aller consulter un conseiller conjugal ? avait-elle dit à la fois perplexe et attendrie qu'il fasse enfin de véritables efforts.
Pacey : Non, pas du tout, je déteste les psys, s'était-il pressé de répondre, je pensais plutôt à aller parler à quelqu'un de bon conseil, tel que Jen... avait-il murmuré fébrilement.
Joey : Décidément, tu ne comprends rien à rien Pacey ! avait-elle dit férocement, Tu veux aller déballer nos problèmes à Jen ? As-tu imaginé ce que je pourrais ressentir en évoquant ma stérilité devant la seule amie que j'aie ? Et en plus, la seule amie que j'aie qui ait eu un enfant ! Elle avait quitté rageusement la table et claqué la porte de la chambre.
Pacey : Et merde, quel con je fais parfois !
Cette conversation fut la dernière qu'ils aient eue, se dit-elle, et on ne s'est même pas dit ‘je t'aime’, quel gâchis... En deux jours, le silence a pris place. On est devenu des étrangers. Des larmes coulèrent sur sa joue et elle s'endormit à nouveau, de plus en plus éprouvée.
A 19 ans, on a des rêves, des espoirs, des illusions. On essaie de ne pas perdre de vue celle que l'on était avant, de continuer à avancer et de s'imaginer plus tard. On se crée alors une image de soi conforme à celle que l'on rêve de devenir. Je m'imaginais plus grande, plus sûre de moi, plus sensuelle, et plus courageuse aussi que je ne le suis maintenant. Moi, Joey Potter Witter, j'ai fui ma vie, mes problèmes. J'ai fait ce que je connaissais le mieux, encore une fois, j'ai pratiqué la fuite en avant.
Joey referma son cahier, posa son stylo et consulta sa montre. Elle n'avait plus qu'une hâte, atterrir. Elle commençait à avoir sérieusement mal aux jambes ! Heureusement que j'arrive d'ici trente minutes se dit-elle, je vais en profiter pour me rafraîchir je dois avoir une mine affreuse.
Après avoir récupéré ses bagages, Joey réalisa qu'elle n'avait prévenu personne de son départ à l'exception de Pacey. Elle sortit son téléphone en remerciant le ciel d'avoir un forfait international. Au bout de deux sonneries, elle entendit la voix rassurante de son meilleur ami :
Dawson : Joey ! Comment vas-tu ma belle ? Tu sais que je suis dans la chambre d’à côté ? dit-il en riant.
Joey : Très bien, et en fait, non, puisque je suis à Paris, dit-elle avec une voix faussement enjouée.
Dawson : Vous n'êtes plus à Washington Pacey et toi ? demanda-t-il étonné. Vous ne nous avez même pas dit au revoir !
Joey : En fait, Pacey n'est pas là, je suis toute seule, expliqua-t-elle penaude.
Dawson : Oh ! Ah ce point là… Pensif, il s’interrompit quelques instants. Tu veux que je te rejoigne ? demanda-t-il en sentant l'urgence de la situation.
Joey : J'avoue qu'en ce moment, la présence de mon meilleur ami me serait d'un grand secours, dit-elle après un bref silence.
Dawson : Très bien, j'arrive par le prochain vol. Je préviens Jen et j'arrive.
Joey : Jen ? fit-elle amusée.
Dawson : Oui, Je devais la voir ce soir, avoua-t-il mal-à-l'aise.
Joey : Oh, un rendez-vous ? releva-t-elle sans son entrain habituel.
Dawson : Euh... Je ne sais pas, je ne pense pas, c'est Jen ! dit-il perplexe.
Joey : Justement, vous êtes restés très proches Jen et toi !
Dawson : Mouais, mais bon, c'est vieux tout ça, dit-il sceptique.
Joey : Dawson, faut que j'y aille, j'ai encore ma chambre d'hôtel à réserver, dit-elle rapidement.
Dawson : Pas de souci, files, je te retrouve demain ! Prends soin de toi.
Le jeune homme n'avait rien laissé paraître, il était inquiet et abasourdi par le départ précipité de Joey. Il réalisa que c'était la première fois que Joey et Pacey partaient l'un sans l'autre depuis leurs retrouvailles. « L'heure est grave » pensa-t-il. Il réserva son billet par téléphone et décida d'aller voir son meilleur ami.
Il frappa à la porte plusieurs fois avant que Pacey ne vienne ouvrir. Celui-ci n'était que l'ombre de lui-même et ne prononça pas un mot, adressant à Dawson un faible sourire et un regard vide de toute expression.
Dawson : Joey vient de m'appeler, dit-il sans préambule.
Pacey : Hey, dit-il en le laissant entrer. Où est-elle ? demanda-t-il inquiet.
Dawson : A Paris...
Pacey : Paris ! Quelle ironie ! Elle célèbre notre rupture là où on a passé notre lune de miel !
Dawson : Ne crois pas cela, elle a juste besoin de prendre du recul, dit-il avec douceur.
Pacey : Du recul... Tu parles ! Elle va même jusqu'à mettre un océan entre nous ! Tu trouves pas qu'elle utilise un peu trop les grands moyens ?! dit-il amer.
Dawson : Ne dis pas ça... Elle donne le change mais, son chagrin est immense, je l'ai senti.
Tout en parlant, il fit une tape amicale sur l’épaule de son meilleur ami.
Pacey : Peut-être, mais que dois-je faire en attendant qu'elle m'envoie les papiers du divorce ? Que faire ? Je fais quoi moi en attendant qu'elle me laisse tomber ?
Dawson : Tout n'est pas perdu, ne penses pas à ça...
Pacey : Oh si ! Et si tu ne me croies pas tu n'as qu'à lire ça, dit-il en lui tendant la lettre.
Dawson : Je vais lui parler demain, dit-il après plusieurs minutes de silence. Vous vous aimez, il ne faudrait pas tout gâcher sur un coup de tête.
Pacey : Demain ? demanda-t-il sans comprendre.
Dawson : Je la rejoins là-bas, expliqua-t-il sur un ton d'excuse.
Pacey : Ne sois pas gêné Dawson. Je n'aime pas la savoir seule et toi seul la connais aussi bien que moi. Sa voix se brisait à mesure qu'il parlait.
Dawson : Je dois te laisser. Prends soin de toi vieux frère. Je vais prévenir Jen de mon départ.
Pacey : Depuis quand tu préviens notre jolie blonde toi ? demanda-t-il avec un regain d'intérêt.
Dawson : Ce n'est pas ce que tu crois !
Pacey : Mais je ne crois rien Dawson. Tu fais ce que tu veux.
Dawson : Je sais, je sais. Mais je ne planifie rien. C'est de Jen qu'on parle ! Elle est têtue comme une mule.
Pacey : Jo aussi, et pourtant j'ai réussis à l'épouser ! dit-il en riant, l'espace d'un instant il oubliait leur situation.
Dawson : Oui tout est vraiment possible quand on sait que vous vous entendiez comme chien et chat ! dit-il pris au jeu.
Pacey : Oui tout est possible. Il reprit son sérieux d'un coup. Je l'espère vraiment, vraiment.
Dawson le prit dans ses bras, chose rare pour deux hommes aussi fiers, et lui murmura ces quelques mots à l'oreille : « A 16 ans, elle t'a choisi, tout comme à 20 ans. A 24 ans, elle t'a choisi à nouveau. Elle te choisira toujours. Un jour, elle t'a suivi jusqu'au bout du monde, aujourd'hui peut-être est-ce à toi de le faire ? » Dawson le laissa dans ses pensées et alla voir Jen.
Quand elle ouvrit la porte, Jen n'était vêtue que d'un long T-shirt et d'un shorty, ce qui provoqua des rougeurs sur les joues du jeune homme.
Jen : Oh ! fit-elle surprise. Pardon, je pensais que c'était le service d'étage, ajouta-t-elle gênée.
Dawson : Eh bien, bel accueil pour le garçon d'étage ! dit-il moqueur. J'étais venu te prévenir de quelque chose.
Jen : Viens, entre, ne reste pas là. Tu veux quelque chose à boire ? demanda-t-elle tout en enfilant un peignoir en soie.
Dawson : Non merci, je viens d'aller voir Pacey.
Jen : A cette heure ?? Eh bien !
Dawson : Oui, j'ai eu un appel de Joey. Elle est à Paris.
Jen : Oh merde ! fit-elle pour toute réponse.
Dawson : Oui, comme tu dis ! Pour résumer, elle lui a écrit une lettre où elle lui annonce leur rupture, et s'est envolée pour Paris pour réfléchir.
Jen : Euh, tu es sûr de pas vouloir un verre de vin, dit-elle tout en se servant, moi j'en ai bien besoin là !
Dawson : Non merci, dit-il, je venais te dire que je ne pourrais pas être là à notre diner.
Jen : Oh, fit-elle déçue, pourquoi ?
Dawson : Je rejoins Joey, je prends le vol de 2h du matin en direction de Paris.
Jen : Eh bien, ta nuit va être longue ! Tu veux un peu de compagnie en attendant ?
Dawson : Ce n'est pas de refus ! Je vais faire mes bagages et je te rejoins, ok ? J'avoue que j'ai un peu peur de m'assoupir... Merci.
Plus tard dans la soirée…
Jen lui fit une place sur le lit et partagea la couverture avec le jeune homme.
Jen : Tu veux regarder un vieux film ? dit-elle en le regardant tendrement.
Dawson : Avec plaisir, ça fait longtemps ! dit-il enthousiaste.
Jen mit un vieux film avec Audrey Hepburn. Ils regardaient la télé depuis un moment quand il sentit que la jeune fille s'était assoupie. Il se leva et l'embrassa sur le front et remonta la couverture sur elle. Il entendit à ce moment la jeune fille murmurer et s'approcha pour entendre un « je t'aime » à peine audible. Après plusieurs minutes d’hésitation, il décida de mettre cela sur le compte de l'inconscient, du rêve, bref il décida d'en faire abstraction. Le vide laissé l’absence de Dawson réveilla la jeune femme. Alors qu’il s'apprêtait à partir, elle le retint par le bras.
Jen : Dawson, attends.
Surpris, le jeune homme s'approcha à nouveau.
Jen : Merci, dit-elle en laissant tomber la couverture pour se relever et s'approcher du beau blond.
Alors que Dawson s'attendait à ce que Jen le serre dans ses bras comme elle le faisait si souvent, celle-ci l'embrassa timidement et se recula, dans l'attente d'une quelconque réaction.
Dawson s'approcha d'elle, la saisit par la taille et l'embrassa à son tour. Loin de s'arrêter, leur étreinte était de plus en plus enflammée, Dawson porta Jen jusqu'au lit.
A son réveil, Jen arborait un sourire immense, comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps. Elle tapota instinctivement l'oreiller pour ne sentir que le lit vide à coté d'elle. Elle ouvrit instantanément les yeux et trouva un petit mot sur l'oreiller : « Je suis parti voler au secours de Joey. Merci pour cette merveilleuse nuit. Il y a longtemps que je rêvais de ce moment. » Une rose rouge complétait ce mot doux.