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Fan contre Femme

Série : One Tree Hill
Création : 19.07.2006 à 22h44
Auteur : sakura 
Statut : Terminée

« Fic complète. Très longue (56 pages sur Word) alors à ne commencer pas à la liretrès tard ! » sakura 

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Fan contre Femme 

 
Résumé : Epuisée par la vie hyperactive qu’elle mène, Haley est au bord de la crise de nerf. A cela s’ajoute l’arrivée d’une jeune basketteuse qui semble trouver Nathan particulièrement à son goût. A partir de ce moment, la jeune femme va subir toutes sortes de bizutages qui, associés à la fatigue, mettront en péril son couple… Quant au couple de Lucas et Brooke, il s’est brisé et chacun fait sa vie de son côté.
Cette fic se passe durant la saison 4 ...

sakura  (19.07.2006 à 22:46)
Il fait jour et le soleil semble avoir abandonné le lycée de Tree Hill : les nuages s’amoncèlent en effet dans le ciel et Haley se hâte de pénétrer dans les couloirs avant que la pluie ne tombe. Au loin, elle aperçoit Brooke qui soupire tristement en observant Lucas ranger ses livres dans son casier.
Haley : Cesse de le regarder comme ça et change toi les idées. Vas plutôt nous préparer une de ces chorégraphies épuisantes dont tu as le secret pour le prochain match amical.
Brooke : Je voudrais bien, mais je ne me sens pas motivée, j’ai l’esprit ailleurs.
Haley : Secoue toi un peu si tu veux rester notre capitaine ! A moins que tu ne préfères que Rachel te remplace… (elle a pris un petit air provoquant et malicieux)Brooke (peu convaincue) : Mouais, tu as raison…
Elle regarde de nouveau Lucas qui s’éloigne cette fois-ci dans les couloirs puis se tourne vers sa camarade :
Brooke : J’ai pas trop envie de rester toute seule en ce moment alors peut être que… (elle prend son air gêné et se tortille les doigts) Peut être que tu pourrais m’aider à monter cette chorégraphie. D’habitude je demande ce service à Micro mais il est très occupé en ce moment alors je me suis dit…
Haley : Ca aurait été avec plaisir, mais je dois passer au centre de tutorat là, il paraît qu’on me réclame.
Brooke : Tu es pom-pom girl, tu chantes, tu travailles au Tric, tu es mariée et tu trouves encore le temps d’aider des gamins en difficulté ?
Haley lève les yeux au ciel et sourit : après tout, son amie a raison et elle sait qu’elle ne va pas tarder à être surmenée. Elle tente tout de même de rassurer une Brooke apparemment désespérée.
Haley : Tu vas très bien t’en sortir toute seule, j’ai confiance en toi. Un peu de courage…
Elle lui donne une tape sur l’épaule et se dirige vers le centre de Tutorat.

             En fin d’après midi au gymnase, les pom-pom girls s’échauffent dans un coin. Avec un air décidé, Brooke leur propose alors des étirements.
Brooke : Même si vous êtes gracieuses et sexy, les filles, ça ne suffit pas ! Vous manquez de souplesse car seules quelques unes d’entre vous savent effectuer le grand écart. On va donc travailler tout ça aujourd’hui parce que dans la prochaine chorégraphie, je veux voir des jambes voler !
De son côté, Haley grimace : elle est raide comme un bâton de bois et comprend qu’elle va devoir souffrir et s’habituer aux courbatures. Elle se retourne alors pour observer les joueurs de basket et remarque que son mari la regarde, il lui adresse un clin d’œil charmeur et elle ne peut s’empêcher de rire. Le coach interrompt le numéro 23 :
Withey : Nathan Scott, tu as toute ta vie pour regarder les filles mais pour l’instant, concentre toi sur ton jeu.
Le beau brun sourit légèrement puis reporte son attention sur l’équipe. Il remarque soudainement une superbe jeune fille en jogging aux côtés du coach et fronce les sourcils.
Withey (notant cette attitude) : Avant que vous ne me posiez la question, je vous présente ma nièce : Brenda. C’est une fervente amatrice de basket ball et aussi une excellente joueuse. Elle a intégré une équipe féminine dans son lycée, mais a tenu à assister à l’un de vos entraînements pour en prendre de la graine. Je ne sais pas si c’est une bonne idée… (un petit rire secoue les joueurs), mais bon… Tâchez au moins de ne pas me faire honte !
Sur ces mots, il prend des ballons sur le socle et les envoie tour à tour aux membres de l’équipe avant d’annoncer « Aller au travail ! »

               Deux heures plus tard dans le gymnase, l’entraînement touche à sa fin et Nathan est le premier à ressortir des vestiaires. Brenda le rejoint tandis qu’en arrière plan, les poms poms girls se dirigent vers les gradins où elles ont déposé leur sac.
Brenda : Nathan Scott c’est ça ?
Nathan : Oui.
Brenda : Beau jeu et bonne technique sur le terrain. Il ne te manque pas grand-chose pour pouvoir intégrer une équipe professionnelle.
Nathan : Merci.
Notant que le regard du beau brun est lointain, elle se retourne et aperçoit les pom pom girls qui ramassent leurs affaires. Elle s’attarde sur l’une d’entre elle.
Brenda : Un rapport entre le tatouage de la blonde et ton numéro de maillot ?
D’un signe de tête, elle désigne Haley qui ferme son sac. Elle est dos à eux et son débardeur relevé laisse apparaître un petit 23. Perdu dans sa contemplation, Nathan a du mal à réaliser que la  nièce de Withey lui a posé une question. Il secoue brutalement la tête pour sortir de sa rêverie :
Nathan (d’un air hébété) : Quoi ?
Brenda : La blonde avec les cheveux longs, celle qui ferme son sac. Elle a le numéro 23 tatoué au creux des reins alors je me posais simplement la question. Décidément ces pom pom girls, il faut toujours qu’elles s’exhibent, ça devient ridi…
Nathan (la coupant relativement brusquement) : C’est de ma femme que tu parles là !
Il s’avance alors vers les filles, laissant Brenda seule et bouche bée. Lorsque enfin il parvient au niveau du groupe, Haley s’avance vers lui : elle se frotte les yeux et a l’air grognon. Nathan émet un rire moqueur puis glisse ses bras autour de sa taille.
Nathan : Ca n’a pas l’air d’aller ?
Haley (en posant ses mains sur son torse) : Si, tout va bien. C’est juste que je suis un peu crevée. En plus j’ai mal partout à cause de Brooke et de ses fichus assouplissements.
Nathan : Ca… (il lui dépose un baiser bref sur les lèvres) Ca peut s’arranger…
Haley (reconnaissant ce sourire malicieux et ce regard pétillant) : Ne compte pas trop sur moi pour ce soir, je dois donner un cours à une nouvelle élève au café de Karen. Je ne connais pas encore son niveau ni ses exigences, donc je ne sais pas combien de temps ça va me prendre.
Nathan : OK alors laisse moi au moins t’accompagner.
Ils sortent finalement du gymnase bras dessus dessous, sous le regard médusé de Brenda. 

La nuit commence à tomber lorsque Nathan dépose un baiser sur les lèvres de sa femme devant le café de Karen. Haley sourit puis entre tandis que son mari s’éloigne. Karen a déjà revêtu son manteau et donne les clés à la jeune femme qui aperçoit dans le fond de l’établissement une lycéenne accoudée à une table.
Karen : N’oublie pas d’éteindre les lumières et de fermer. Tu déposes ensuite les clés chez moi.
Haley : Bien sûr, comme d’habitude. C’est gentil à toi de me prêter le café pour donner mon cours. Ca aurait été difficile à la maison avec Nathan…
Karen : Il n’y a pas de quoi, Haley, j’ai entière confiance en toi.
Elle part sur ces mots tandis que la jeune madame Scott s’avance vers la lycéenne.
Haley : Tu es Beverly Liu, n’est-ce pas ?
Beverly : Oui, c’est ça. C’est Nathan Scott qui est arrivé avec toi tout à l’heure ?
Haley
(s’asseyant près d’elle) : Pour une nouvelle venue, tu connais déjà pas mal de choses dis-moi !
Beverly (se défendant) : Oh non, c’est juste que mon père m’a emmené voir un match de Ravens il y a quelques mois, avant de m’annoncer que nous allions déménager. J’ai retenu quelques noms, voilà tout…
Haley : Bien, si tu as de la mémoire, les cours n’en seront que plus faciles. Par quelle matière on commence ?

   Quelques heures plus tard, la nuit s’est installée sur la petite ville de Tree Hill et deux jeunes filles marchent, seules dans le noir, en discutant.
Berverly : C’est gentil de me raccompagner, je ne connais pas encore très bien le coin et comme il fait nuit.
Haley : Y’a pas de problème, de toute manière je devais déposer les clés du café chez Karen avant de retourner à la maison donc ça me fait un peu de compagnie.
 Elle remarque que son élève semble relativement timide et décide d’engager une conversation pour mieux la connaître.
Haley : Alors comme ça tu es venue ici avant même d’y habiter… Tu n’as pas eu peur de venir vivre dans une ville si perdue ?
Beverly : Non…

             Pendant ce temps, Nathan sort de la douche et enfile un tee-shirt gris. Espérant retrouver sa femme, il balaye du regard la totalité de l’appartement puis saisit sa montre. Il se fait tard et l’inquiétude croît dans son esprit.

             Retour dans la rue, devant la maison de Beverly.
Haley : C’est bon, tu es sûre que c’est bien ici ? Tu sais les maisons se ressemblent toutes…
Beverly : C’est le bon numéro, pas de problème, merci beaucoup.
Elle court, monte les escaliers du perron et entre. Surprise par l’empressement de son élève, Haley hausse les épaules puis relève son col, met les mains dans ses poches et prend le chemin pour rentrer chez elle. Au bout de quelques mètres, un claquement de porte la fait sursauter et elle se retourne brusquement. Mais la rue reste interminablement déserte. Seule et peu rassurée, elle continuer d’évoluer dans cet environnement sinistre. Une rafale de vent ébouriffe ses cheveux pour terminer sur les buisons qui jonchent le trottoir. Elle prend peur lorsqu’un bruissement un peu trop marqué se fait entendre et se retourne de nouveau. Mais il n’y a toujours personne. Elle entame une marche plus rythmée, sentant une présence invisible derrière elle, et jette de temps en temps des petits regards furtifs par-dessus son épaule. Elle ne perçoit plus que le sifflement du vent et le bruit de ses talons qui claquent sur le béton. Elle tourne au coin d’une ruelle mal éclairée et bordée de maisonnettes défraîchie. Les lampadaires ont pour la plupart été détériorés, les bicoques ne contiennent pas de clôtures et depuis qu’elle est petite, elle a toujours imaginé que des individus mal intentionnés y avait élu domicile. Elle prend une profonde inspiration car elle sait que personne ne lui viendra en aide s’il lui arrive malheur dans ce quartier et accélère encore le pas. Un craquement de brindille se fait entendre et la jeune fille s’élance en courant pour rejoindre au plus vite sa maison et son mari.

            Lorsque enfin elle parvient à l’appartement, elle ralentit, reprend son souffle et entre rapidement, claquant la porte et la fermant à clés. Elle est encore face à la porte lorsqu’elle sent une présence derrière elle et se retourne brusquement en poussant un cri de surprise. Mais ce n’est que Nathan…
Nathan : Ca va ?
Haley : Oui c’est juste que…
Elle s’interrompt, sentant que sa phrase est ridicule. Après tout, comme toutes les jeunes filles, elle a eu peur d’avoir des ennuis dans le noir, elle a peut être imaginé tous ces signes… Elle passe la main dans ses cheveux et relève la tête : son mari paraît mort d’inquiétude et elle comprend soudainement.
Haley : Je suis désolée, je n’aurai jamais dû rentrer si tard sans te prévenir. Mais le cours s’est éternisé, Beverly avait beaucoup de matière à réviser et… Je me suis dit que tu dormais peut être…
Nathan (la fixant tendrement) : C’est bon Haley, tu n’as pas besoin de te justifier. Je suis ton mari, pas ton père. C’est juste que je n’aime pas te savoir toute seule dehors comme ça, en plus à cette heure là. C’est normal que j’ai envie de te protéger, non ?
La jeune fille sourit et se laisse prendre dans les bras de celui qu’elle aime. Elle appuie alors la tête contre son torse et ferme les yeux.

sakura  (19.07.2006 à 23:03)
Dans les couloirs du lycée, les élèves commencent à affluer avant le début des cours et comme la plupart d’entre eux, Nathan et Haley ont rejoint leur casier pour y déposer quelques affaires. La jeune femme a pourtant l’air encore endormi.
Nathan : T’as l’air épuisée ! Remarque, tu as bougé toute la nuit et je ne suis pas sûr que tu aies beaucoup dormi.
Haley : Non, en effet, je n’ai pas réussi à fermer l’œil.
Elle n’ose pas lui avouer qu’elle a songé toute la nuit à son éventuel poursuivant. Le jeune homme dépose son livre de mathématiques, ferme son casier et aperçoit Brenda qui se dirige vers lui. Elle lui donne une tape sur l’épaule.
Brenda : Salut champion ! T’es en forme aujourd’hui ?
Nathan : Ah, bonjour…
Notant l’air surpris de Haley, la nièce de Withey s’éloigne en adressant un clin d’œil révélateur au beau brun. Interloqué, celui-ci la suit du regard mais sa femme claque violemment la porte du casier pour attirer son attention.
Haley : Ce n’est pas la fille qui était avec vous à l’entraînement hier ?
Nathan : Si, c’est la nièce de Withey. Mais je ne savais pas qu’elle serait encore là aujourd’hui…
Haley : Et elle est très jolie.
Nathan : Mouais !
Devant l’air faussement choquée de son épouse, le jeune homme sourit : il aime ces petits brins de jalousie qui lui prouvent qu’Haley tient vraiment à lui. En même temps, il sait qu’elle lui fait entièrement confiance et qu’il peut se permettre de plaisanter sur le sujet. Il lui dépose alors sur les lèvres un baiser significatif et tous deux se rendent en cours main dans la main.

             Quelques heures plus tard, alors qu’elle se trouve dehors assise sur un banc, la jeune madame Scott est tirée de son roman par une impression étrange : elle se sent observée. Elle balaye alors du regard la cours et tombe sur la nièce de Withey. Elle décide de ne lui prêter aucune attention et se replonge dans sa lecture. La sensation persiste pourtant et Haley remarque que Brenda l’observe toujours. La jolie blonde se lève alors et se dirige vers elle, sans aucune mauvaise intention. « Après tout, je ne la connais pas et je n’ai pas à la juger. Elle est peut être très agréable. » Pourtant, la basketteuse tourne les talons en l’apercevant et pénètre dans l’établissement scolaire, laissant Haley interdite. Cette dernière se reprend au bout de quelques secondes et réalise que si Brenda ne désire pas communiquer, elle ne doit pas la forcer. Elle regarde sa montre et se précipite dans les toilettes avant le début des cours.

            Quelques minutes plus tard, lorsqu’elle pousse la porte de la cabine pour sortir, elle s’aperçoit que celle-ci est coincée et se retrouve ainsi enfermée.
Haley : Génial !
Elle lève les yeux au ciel en soupirant et se résigne à appeler de l’aide.
Haley : Hey, ho ! Il y a quelqu’un ? Hey ! Je suis coincée ! Que quelqu’un vienne m’aider !
Personne ne répond et elle tente une nouvelle fois de pousser la porte et de déverrouiller la serrure, mais rien n’y fait. La sonnerie annonçant le début des cours retentit et la jeune fille commence à s’affoler en entendant le flot d’élèves déambuler rapidement dans les couloirs.
Haley : Hey ! A l’aide ! Je suis coincée dans les toilettes ! A l’aide ! Mais vous êtes tous sourds ou quoi ? J’ai dit à l’aide !
Elle se jette à plusieurs reprises sur la porte, essayant de l’enfoncer mais celle-ci ne cède pas. Lorsque le silence s’installe enfin autour d’elle, elle soupire :
Haley : Ca y est, je suis en retard, génial !

            A l’entrée de la salle de classe, Nathan regarde autour de lui et saisit Brooke par le bras.
Nathan : Hey, tu n’aurais pas vu Haley ?
La jeune fille émet une réponse négative de la tête puis scrute chaque élève qui l’entoure.
Brooke (d’un air blagueur) : La petite intello sècherait-elle un cours ?
Nathan : Non, ce n’est pas son genre.
Brooke : Tu veux dire quand elle n’est pas en ta compagnie ?
Le jeune homme a tout d’abord du mal à cerner le sens de cette phrase puis comprend que son amie se réfère à l’année précédente. L’espace d’un instant, le souvenir de sa femme ivre sur la plage avec son bonnet ridicule le fait sourire mais il revient bien vite à la réalité.
Nathan : Ce n’est pas normal.
Brooke : Haley est une grande fille, elle n’a pas besoin de chaperon pour la surveiller.
Nathan : Je vais la chercher.
Il fait mine de partir dans le couloir, mais sa camarade le retient.
Brooke : Si tu manques ce cours, le coach pourrait bien t’interdire de jouer les finalités et les Ravens ont besoin de leur capitaine.
Peyton (venant d’apparaître derrière eux) : Mais je sais ce que tu as en tête, Brooke Pénélope Davis et l’équipe de pom pom girls a aussi besoin de son capitaine pour les prochaines représentations. Alors ne compte même pas pouvoir sécher ce cours parce que c’est moi qui pars à la recherche de madame Scott ! Amusez-vous bien les jeunes !
Elle pousse Brooke et Nathan dans la salle de cours et referme la porte derrière eux. Elle entend pourtant la voix de son ancienne meilleure amie de l’autre côté.
Brooke : Même si cette fille a brisé mon couple, elle possède de grandes qualités. 

Quelques minutes plus tard dans la salle de cours, Lucas semble s’inquiéter de l’absence de son amie
.
Lucas : Nathan, qu’est ce que tu as fait de Haley ?
Nathan : Rien, on ne sait pas où elle se trouve mais Peyton est partie la chercher.
Lucas : J’espère seulement pour toi qu’il ne lui est rien arrivé.
Nathan : Pourquoi ? Elle t’a dit quelque chose que je devrais savoir ?
Lucas : Non, j’ai juste un mauvais pressentiment.
A ce moment, Brenda prend la place de la petite intello à côté de Nathan. Furieuse, Brooke veut réagir mais le beau brun l’en empêche et elle se contente de fusiller l’intruse du regard

De son côté, mademoiselle Sawyer continue de déambuler laconiquement dans les couloirs. Tous ses sens sont en éveil et ses yeux furètent un peu partout : elle est persuadée que son amie se trouve encore dans l’établissement scolaire car elle l’a aperçue au dehors une dizaine de minutes auparavant. Elle jette vainement un coup d’œil dans le centre de tutorat et poursuit sa démarche lasse à travers les couloirs. Soudain, un son étouffé parvient à ses oreilles et elle identifie un écho. Comprenant que son amie se situe dans les toilettes, elle s’y rue et est surprise de l et poursuit sa démarche lasse à travers les couloirs. Soudain, un son étouffé parvient à ses oreilles et elle identifie un écho. Comprenant que son amie se situe dans les toilettes, elle s’y rue et est surprise d’entendre un bruit sourd.
Haley (qui vient de se jeter contre la porte afin de détruire le verrou) : Aïe ! Mais ce n’est pas vrai !
Peyton : C’est bien toi Haley ?
Haley (soulagée) : Oh, Peyton, je suis contente que tu sois là. Je suis enfermée dans cette saleté de cabine depuis je ne sais combien de temps.
Peyton se penche et observe la serrure, pleine de glue séchée.
Peyton : Je suis désolée de te l’apprendre, mais le verrou est enduit de colle.
Haley (en colère) : Et en plus c’est un coup monté ! C’est vraiment génial ! si j’attrape la personne responsable, je la …
Peyton : Tu as essayé de casser le verrou ?
Haley : Mais oui ! J’ai même manqué de me démettre l’épaule à plusieurs reprises, mais ce truc ne veut pas céder.
Peyton : OK, il ne te reste plus qu’à effectuer quelques acrobaties !
Haley : Tu te moques de moi là ? Tu as vu la taille de cette satanée porte et l’espace restreint qui se trouve au dessus ?
Peyton : Oui mais tu ne peux pas passer par en dessous non plus alors si tu tiens vraiment à sortir de là, je crois que tu n’as pas le choix. Monte sur la cuvette des toilettes et hisse toi sur le haut de la porte.
Après quelques tentatives ratées qui ont suscité un grand fou rire chez son amie, Haley James Scott parvient à suivre ce conseil et se retrouve donc juchée sur le haut de la porte, la tête et les épaules tordues pour mieux adhérer au plafond.
Haley : Heureusement qu’il n’y a pas d’araignée !
Peyton : Bien, maintenant que tu t’es pendue à cette porte, lève tes jambes musclées de danseuse et passe les de mon côté. Ne t’inquiète pas, je te rattraperai.
Haley (toujours perchée sur la porte et grimaçant) : Je voudrais bien t’y voir, je ne suis pas contorsionniste moi !
Peyton : Tu vois que les assouplissements de notre chère capitaine pourraient t’être utiles.
Haley : Oh ça va ! Epargne moi ce genre de réflexion pour l’instant !Miss Sawyer réprime un petit rire et se contente d’encourager sa camarade.
 Lorsque enfin Haley parvient à passer de l’autre côté de la porte, elle pose ses pieds sur les épaules de son amie qui la ramène vers la terre ferme.
 
Peyton (après l’avoir reposée) : Tu vois, ce n’était pas si difficile.
Haley : Bien sûr, c’est tellement mieux d’observer ! En plus, je suis en sueur ! Merci tout de même, je ne sais pas comment j’aurai réussi à sortir de là sans toi. (elle consulte sa montre et ronchonne) Oh là là, le cours est bientôt terminé ! Je suis restée si longtemps enfermée ?
Peyton : Non, tu as juste été longue à sortir…
Les 2 filles éclatent de rire avant de rejoindre les couloirs. Lorsqu’elles parviennent au niveau de la salle de classe, elles décident d’attendre la sortie des autres.

            La sonnerie retentit et la porte s’ouvre. Haley remarque immédiatement Brenda qui range ses affaires aux côtés de Nathan. Furieuse, elle plisse les yeux et se mord la lèvre inférieure pour se donner une contenance. Son mari la rejoint alors.
Nathan : Mais où étais-tu passée ?
Haley (lui passant devant sans même lui adresser un regard) : On verra ça plus tard, enfin si tu n’es pas occupé avec une autre fille.
Laissant derrière elle un jeune homme hébété, elle entre dans la salle de classe dans le but de justifier au professeur son absence et celle de mademoiselle Sawyer.  

En fin d’après midi au gymnase, l’équipe de basket et celle de pom pom girls se retrouvent. Les filles sortent du vestiaire en uniforme car elles ont prévu de commencer à répéter en tenue. Au grand mécontentement de Haley, la nièce de Withey est de nouveau présente et lance au groupe de filles un regard méprisant.
Rachel : C’est qui celle là ?
Haley : La nièce du coach…
Rachel : Et c’est quoi son problème ?
Brooke et Peyton arrivent au même moment et observent Brenda qui s’avance parmi les joueurs en riant et en leur donnant quelques tapes sur l’épaule. Les 2 filles paraissent vertes de jalousie, en particulier quand la basketteuse sourit à Lucas, venu encourager ses anciens coéquipiers.
Brooke : Mais pour qui elle se prend celle là ?
Avec un brin de compassion, Haley s’approche de ses 2 amies et passe ses bras autour de leur cou.
Haley : Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas à ce Scott là qu’elle s’intéresse !
Elle émet un sourire amer, se détourne et rejoint le reste de l’équipe de l’autre côté du gymnase.

            Environ une heure plus tard, alors que les garçons s’échinent à effectuer le fameux 16-60 de Withey, Brenda se rend auprès des pom pom girls pour mieux les observer. Elles essaient actuellement de réaliser une pyramide, avec bien sur Brooke au sommet, mais c’est la catastrophe et elles s’écroulent en râlant. La nièce du coach éclate de rire, mais les filles choisissent de l’ignorer tandis que leur capitaine va mettre la musique. La chorégraphie se déroule à merveille : les acrobaties sont multiples, les danseuses se sont assouplies et Brooke semble fière de son équipe. Pourtant, en exécutant une rondade, Haley se réceptionne mal et se tord la cheville : elle termine à terre, affublée d’une cuisante douleur dans l’articulation. Ses amies se précipitent vers elle pour voir si elle n’a rien, mais Brenda en profite pour placer ses remarques ironiques.
Brenda : C’est ça quand on n’est pas sportive, on devient une petite chose fragile et inutile.
Brooke réagit immédiatement : elle se lève, s’approche de cette petite garce, grimace en la fixant dans les yeux puis lui assène un violent coup de poing au visage. Brenda veut riposter mais Rachel sépare les 2 furies.
Brooke (emmenée par Peyton) : Ne t’avise plus jamais d’insulter notre rôle ou un membre de mon équipe !
Rachel (qui a plaqué leur ennemie contre le mur pour mieux la maintenir) : Laisse tomber, Brooke, elle n’en vaut pas la peine !
La jolie rousse reçoit pourtant une gifle cinglante en pleine figure et riposte pour un violent coup de point. La capitaine parvient à s’échapper de la pression de miss Sawyer et se rue sur la nièce du coach, bientôt suivie de Bevin. Quant à Haley, elle se trouve toujours à terre et se masse la cheville en se demandant si elle doit prendre part à cette bagarre.Withey arrive en courant et sépare les furies avant de les réprimander sévèrement.
Withey : Brooke Davis, tu montres un bel exemple en tant que capitaine !
Il pose ensuite un regard furieux sur Peyton, Bevin et Rachel.
Withey : Si vous tenez à perpétuer le scandale du match d’ouverture de la saison, abstenez-vous !
Brooke : Mais…
Withey : Et ce sera sans commentaire, capitaine ! N’oubliez pas que mon avertissement du début de l’année concernant l’encouragement du groupe d’échec tient toujours !
Peyton et Bevin courbent piteusement l’échine, Rachel ne cesse de fixer le petit sourire narquois de Brenda. Le coach paraît noter ce détail car il se tourne vers sa nièce.
Withey : Quant à toi, ne va pas les provoquer, elles sont déjà assez intenables comme ça. Si tu as besoin de te défouler, je peux t’indiquer quelques bons exercices physiques qui te feront passer l’envie de te battre, c’est clair ?
Il la prend alors par le bras et se dirige vers les joueurs qui ont interrompu leur entraînement. De son côté, Haley sent le regard lourd de reproches de son mari peser sur elle… 

 Le temps s’alourdit sur Tree Hill en cette fin d’après midi et Nathan profite des quelques derniers instants sans pluie sur le terrain près du fleuve. Seul, il s’entraîne aux lancers francs et cela lui permet de réfléchir au comportement étrange de Haley. Une voix suave le surprend alors qu’il rattrape adroitement sa balle.
Brenda : Décidément, tu passes plus de temps avec un ballon qu’avec quiconque !
Nathan : Haley donne un cours et je commençais à tourner en rond tout seul dans l’appartement.
Brenda : Qui te dit que je parlais de ta pom pom girl ?
Nathan : Je sais que tu méprises les danseuses, mais ce n’est pas dans la nature de ma femme de se mettre ainsi en avant. Elle le fait juste pour me…
Brenda
(le coupant malicieusement) : Je ne suis pas venue ici pour t’entendre te justifier à propos d’elle ! (elle lui prend le ballon des mains) Un match en 11 points ça te va ?
Le jeune homme hoche la tête en signe d’approbation et se place sur le terrain.           

Haley parvient à l’appartement et se retourne prestement, persuadée d’avoir entendue des pas derrière elle. La sensation d’être suivie ne la quitte plus depuis la veille et elle se méfie de chaque arbre qui l’entoure, craignant qu’une personne mal intentionnée ne soit dissimulée derrière. Elle tourne la poignée et constate avec effroi que la porte est fermée à clé : Nathan n’est pas là et elle devra rester seule quelques temps. Elle entre rapidement, parcourt du regard les tables qui ornent la salle en espérant que son mari lui ait laissé un mot, mais ne trouve rien. Lasse, elle se dirige vers la chambre et se laisse tomber sur le lit. Elle ferme quelques instants les yeux et se laisse entraîner par sa fatigue, mais la porte claque et la jeune fille sursaute. Elle s’arme alors d’une batte de base Ball et se rend à pas de loup dans le salon, longeant les murs du couloir et tous les sens aux aguets. Elle est pourtant surprise de constater qu’elle se trouve seule dans l’appartement. « Ma pauvre fille, tu es si fatiguée que tu es sujette aux hallucinations, songe-t-elle.Ca devient grave ! En plus je ne suis pas prête d’aller dormir avec tous les devoirs que nous devons rendre et toutes les leçons à apprendre. » Après avoir bu un café pour se maintenir éveillée, Haley décide d’aller se prendre une touche tonifiante.

            Lorsque Nathan, un quart d’heure plus tard, rentre dans l’appartement, il appelle sa femme mais celle-ci ne lui répond pas. Il entend alors l’eau coulée et devine que la jolie blonde se trouve dans la salle de bain. Sous la douche, Haley laisse sa chevelure s’imbiber d’eau et son cou se courbe vers l’arrière sous le poids du crâne mouillé. Détendue, elle se cambre alors pour profiter un maximum du contact bouillant de l’onde et ferme les yeux. Un courant d’air frais effleure brusquement sa peau et elle sursaute en poussant un petit cri de terreur. Finalement, elle n’aperçoit que Nathan qui a passé sa tête à travers la porte de la douche et qui semble inquiet face à une telle réaction.
Nathan : Ca va ?
Haley : Oui, ce n’est rien, tu m’as juste fait peur.
Nathan : Tu ne m’as pas entendu rentrer ? Pourtant je t’ai appelée…
Haley hausse les épaules puis entreprend de se rincer les cheveux. Elle sait qu’il a raison et cela l’inquiète : si elle ne l’a pas entendu lui, elle ne s’apercevrait pas de l’intrusion d’un étranger… A cette unique pensée, un frisson parcourt son corps et elle tente de se rassurer en se disant que maintenant, son mari est là et qu’elle ne risque rien en sa présence.
Haley : Tu peux me passer une serviette s’il te plaît ?
Le beau brun s’exécute et sa femme enroule le drap de bain autour de son corps avant de sortir de la douche. La salle de bain est totalement embuée et elle comprend qu’elle a passé un certain temps sous l’eau. Sa peau est de plus devenue rouge sous l’effet de la chaleur de l’onde, mais la jeune femme ne s’en préoccupe pas : son attention se porte sur l’air inquiet de son mari.
Nathan : Tu es certaine que tout va bien ? Tu parais un peu à cran en ce moment…
Haley : Non, il n’y a pas de problème, ne t’en fais pas. Je suis juste un peu fatiguée mais ça va passer.
Le jeune homme semble se demander si elle ne lui dissimule pas un élément important car il la dévisage totalement, notant chaque mouvement anormal de ses traits. Pensant toujours qu’elle ne doit pas lui faire part de ses craintes au risque de passer pour une idiote, Haley préfère détourner la conversation.
Haley (enfilant un débardeur et un bas de pyjama) : Qu’est ce que tu as fait de beau ce soir ?
Nathan : Je suis allé au terrain près du fleuve et j’y ai rencontré Brenda (il ne remarque pas la grimace de sa femme) Elle m’a proposé un match…
Haley : Parce qu’en plus elle joue au basket ?
Nathan : Oui, et elle se débrouille vraiment très bien !
Haley : Mais tu as gagné j’espère ?
Nathan (riant à moitié) : Non, je lui ai laissé marqué le panier de la victoire.
Haley : En voilà une qui a de la chance. Jamais tu n’aurais fait ça avec moi !
Elle sort sur ces mots de la salle de bain, décidant de se préparer un autre café pour palier à l’éreintement qui l’envahit de nouveau. 

sakura  (19.07.2006 à 23:31)
Le lendemain matin dans les couloirs du lycée, la jeune madame Scott ressemble à un fantôme croulant sous le poids de la fatigue. Son teint blanc accentue les cernes qu’elle n’a pu dissimuler et ses lèvres livides paraissent avoir perdu toute couleur virginale. Elle passe la porte ; Brooke l’aperçoit, se dirige vers elle avec un empressement inaccoutumé en fouillant dans son sac. Elle en sort un petit tube rose qu’elle tend à Haley :
Brooke : C’est le meilleur anti-cerne qui existe ! Si tu veux un conseil, utilise le en entier pour me cacher les valises qui bordent tes yeux !
Haley : Merci, j’y penserais si j’ai le temps. En attendant, j’aurai besoin que tu me tiennes éveillée durant le reste de la journée.
Brooke (un sourire coquin aux lèvres) : Oh ! La nuit a été longue ?
Haley (soupirant en comprenant ce sous entendu grivois) : Oui, mais ce n’est malheureusement pas ce que tu crois. Nathan a passé une partie de sa soirée à jouer au basket avec Brenda (le sourire de Miss Davis s’estompe aussitôt) et j’ai révisé toute la nuit afin de conserver mon niveau dans la plupart des matières. Je n’ai pas trop le temps de réviser durant la journée en ce moment alors je sacrifie mes heures de sommeil.
Brooke : Et ton mari, que dit-il de ça ?
Haley : Il a dormi comme un loir et ne m’a même pas remarquée lorsque je suis venue me coucher à 5h…
Brooke : Tu as travaillé jusqu’à 5h du matin ? Tu es vraiment folle !
Haley hausse les épaules et ouvre son casier devant lequel elles sont parvenues. Une bête verte et gluante s’en extrait alors, sautant sur la jeune fille qui pousse un hurlement. Un second animal aux yeux globuleux sort du casier et c’est au tour de Brooke de reculer en criant. Effrayée, la jolie blonde referme brusquement la porte de son casier, sous le regard médusé des quelques élèves qui les entourent.
Brooke (dégoûtée) : Mais qu’est ce que c’est que ça ?
Haley : Ca ressemblait à des amphibiens, mais je ne sais pas encore s’il s’agissait de grenouilles ou de crapauds.
Brooke : Mais qu’est ce que ces bêtes répugnantes faisaient dans ton casier ?
Haley s’immobilise et la jolie brune se raidit : toutes deux prennent conscience du silence de plomb qui les entoure, de la foule d’élèves qui s’est amassée et du petit rire qui commence à secouer tout le monde. La petite intello est furieuse et l’envie de démolir chaque regard moqueur s’accroît en elle. Son sang-froid est heureusement maintenu par Lucas qui a réussi à se frayer un chemin dans l’attroupement.
Haley : Lucas ! Tu tombes bien, tu vas me sauver la vie !
Lucas (ne prêtant guère attention à Brooke qui le dévore des yeux) : Oh, oh ! Et en quoi pourrais-je t’être utile ?
Haley (gênée) : Tu as peur des grenouilles ?
Surpris, le beau blond fronce les sourcils et ouvre le casier de son amie. Il se recule légèrement pour laisser bondir le troisième amphibien et se retourne enfin vers Haley.
Lucas (d’un air moqueur) : C’était un crapaud, mais maintenant il n’y a plus rien.
Haley (soulagée) : Merci beaucoup.
Le jeune Scott plonge soudainement sa main dans le casier et en ressort un sac en papier ouvert qu’il tient du bout des doigts. Il regarde à l’intérieur et grimace :
Lucas : C’était censé être quoi ?
Haley : Mon déjeuné.
Lucas : A moins qui tu aimes la bave de crapaud, je crois que tu devras jeûner. (il jette alors le sac dans la poubelle la plus proche)
Haley : Génial, en plus d’être épuisée, je ne vais pas pouvoir manger ! Mon dieu, faites que cette journée se termine vite !
Elle claque la porte du casier et s’éloigne dans le couloir. 

Plus tard, Haley est assise à une table au dehors ; elle révise seule et finit pour se prendre la tête dans les mains en luttant contre le sommeil.
Tim (passant derrière elle) : Hey, Haley, il y a Nathan qui te cherche !
Haley : Et bien si tu le croises à nouveau, dis lui que je suis ici. Je suis trop fatiguée pour bouger de toute façon.
Tim sourit puis s’éloigne. Beverly, qui observait la scène de derrière, accourt auprès de sa tutrice.
Beverly : Ouah ! Tu connais aussi Tim Smith ?
Haley : Bien sûr, je te rappelle que je suis pom pom girls et que je côtoie régulièrement les joueurs de l’équipe.
Beverly : Je sais, c’est d’ailleurs pour ça que je t’ai choisie comme tutrice.
Haley paraît ne pas comprendre et ouvre de grands yeux étonnés. Gênée, son élève se justifie aussitôt :
Beverly : Je me suis dit qu’une pom pom girl intelligente devait avoir plein d’astuces à m’enseigner…
Haley : A part les cours, je ne sais pas ce que je pourrais t’apprendre car même si je fais actuellement partie des pom pom girls, je n’ai jamais été très douée avec les garçons.
Beverly lui lance un regard en biais et la tutrice comprend qu’elle n’a pas à se plaindre puisqu’elle est mariée à la star des Ravens. C’est au tour de Haley de se sentir contrainte de se justifier :
Haley : Oui, enfin, pour Nathan, c’est particulier… De toute façon, je n’ai pas à t’en parler, je dois seulement te donner des cours. On se voit toujours ce soir pour réviser la littérature ?
La petite élève approuve d’un hochement de tête.
Haley : Alors n’oublie pas ton livre cette fois-ci !
Comprenant que sa tutrice n’a actuellement pas beaucoup de temps à lui consacrer, Beverly sourit et lui adresse un signe de main amical avant de s’éloigner. Haley tente alors de se replonger dans sa leçon d’histoire. Elle s’accoude à la table et fixe son cahier, sa tête retombe sur sa main et ses paupières trop lourdes se ferment.Elle est réveillée en sursaut par une main ferme qui passa dans son dos : elle se retourne brutalement afin de punir le petit effronté qui ose la toucher durant son sommeil, mais s’aperçoit qu’il s’agit de Nathan. Elle se sent honteuse de ne pas avoir reconnu ce contact et soupire tandis que sa fréquence cardiaque revient à la normale.
Nathan : Tu es certaine qui tout va bien ?
Haley : Oui, je suis juste un peu fatiguée mais ça va passer.
Nathan : Tu dors mal ces temps-ci, pas vrai ?
La jeune femme pousse un nouveau soupire : ce n’est pas qu’elle dort mal, mais qu’elle ne dort pas ! Son mari ne semble pas faire la différence entre ces 2 détails mais son air inquiet fait fondre la jolie blonde. Elle dépose finalement un baiser furtif sur ses lèvres.
Nathan : Je ne voudrais pas en rajouter à ton malheur des grenouilles mais…
Haley
(remarquant son sourire presque amusé) : Et tu trouves ça drôle ?
Nathan : Oh, Haley, c’est une bonne blague et ça n’a rien de bien méchant.
Haley : Tu te moques de moi là ? Je suis éreintée et je n’ai aucune envie de subir ce genre de gamineries. En plus, ces satanés crapauds ont détruit mon déjeuné et je meurs de faim.
Nathan : Tu aurais dû me le dire plus tôt, nous aurions partagé le mien.
Haley : Tu sais que j’aurais refusé, une star du basket a besoin de forces…
Nathan
 : Pourquoi tu n’es pas rentrée chercher quelque chose à la maison ?
La jeune fille hésite quelques secondes à répondre : elle a effectivement pensé à retourner à l’appartement mais la crainte d’être à nouveau suivie a pris le dessus.
Haley (honteuse de mentir) : Je n’ai pas eu le temps.
Et finalement, ce mensonge n’en est pas un car elle a passé l’heure du déjeuné à réviser, ce qui lui a grandement permis de s’avancer. Elle est interrompue dans ses réflexions par la sonnerie de son téléphone. Elle le sort de son sac et décroche sous l’œil attentif de son mari.
Haley : Allô ? Oui, c’est moi ! Oh, bonjour… Oui… Oui… Quoi, vraiment ? Bien sûr que j’accepte ! Pour dans combien de temps ? … Non ! Vous plaisantez j’espère ! (son sourire s’efface et elle soupire) Non, non, c’est bon, il n’y a pas de problème, je vais m’arranger ! … Oui, c’est bon, dans 3 jours elle sera prête… Merci encore d’avoir pensé à moi… Très bien, merci… Au revoir !
Elle raccroche en grognant, croise ses bras sur la table et y dissimule son visage. Nathan ne dit mot mais ne cesse de l’observer, assis à côté d’elle. Il passe un bras autour des épaules de sa femme qui relève la tête. Son air dépité le désole et il voudrait tout mettre en œuvre pour lui venir en aide, quelque soit le problème.
Haley (les yeux gonflés de larmes) : C’était le producteur de la maison de disque qui a suivi la tournée. Il m’a demandé d’écrire une autre chanson…
Nathan (rayonnant de joie) : Mais c’est génial !
Haley : Oui, sauf que je dois lui faire parvenir la maquette au plus tard dans 3 jours et que je n’ai rien composé depuis notre mariage.
Le sourire du beau brun s’estompe et se transforme même en une grimace. Sa femme remarque cette réaction et préfère détourner la conversation : il ne sert à rien de l’inquiéter car elle mettra tous les atouts de son côté pour s’en sortir.
Haley : Au fait, Tim m’a dit que tu me cherchais…
Nathan (confus) : Oui… Euh, si on n’a même plus le droit de vouloir passer un peu de temps avec sa femme…
Haley émet un sourire amer : il n’a jamais vraiment su lui mentir. Nathan voit qu’elle a compris et sort de son sac une copie griffonnée annotée d’un énorme D rouge. Haley reconnaît son propre devoir de science politique, portant sur le cours donné quelques mois auparavant par son beau père.
Nathan : Je suppose que ce n’était vraiment pas le moment de te montrer ça, mais comme je ne peux rien te cacher…
Haley semble exaspérée lorsqu’elle réalise que cette note va avoir une influence sur son bulletin trimestriel.
Nathan : Si ça peut te rassurer, j’ai écopé d’un zéro pointé parce que je n’ai pas pris la peine d’aller à ce cours !
Sa femme lui lance un regard lourd de reproches et il la prend dans ses bras pour la consoler. Haley peut pourtant apercevoir par-dessus son épaule le clin d’œil de Brenda qui passe près d’eux.

             En fin d’après-midi, Haley arrive en courant dans le café de Karen. Elle saisit un tablier derrière le comptoir et le noue rapidement autour de sa taille.
Haley : Je suis désolée, Karen, j’ai dû passer au studio pour réserver mes heures d’enregistrement. Mais je rattraperais mon retard en heures supplémentaires, je te le promets.
Karen (qui n’a même pas vu son employée car elle est trop occupée à préparer le café) : Ce n’est pas grave, madame Scott, je te connais trop bien pour t’en tenir rigueur. Et je sais à quel point tu as horreur d’être en retard ou de mal faire ton travail.
Lorsqu’elle se retourne enfin pour faire face à son interlocutrice, la mère de Lucas pousse un faible cri d’effroi.
Karen : Mon dieu, Haley, mais que t’est-il arrivé ?
Haley (comprenant qu’elle parle de ses cernes) : Ce n’est rien, je suis un peu débordée en ce moment et je n’ai pas beaucoup le temps de dormir. Mais je gère la situation !
Karen (contrefaisant la moue) : Si tu le dis… N’en fais tout de même pas trop !
Haley sourit puis saisit un plateau et se dirige activement vers les tables. Quelques minutes plus tard entre Lucas qui se hâte d’embrasser sa mère. Il échange avec elle divers mots et son attention se porte sur sa belle-sœur. Il s‘esclaffe d’effroi en apercevant ses cernes et se reprend en plaçant une pointe d’humour.
Lucas : Il va bientôt te falloir des allumettes pour tenir ces paupières.
Haley (qui s’affaire à nettoyer une table) : Par pitié, ne te moque pas de moi ou je risque de fondre en larmes.
Lucas : Pourquoi, qu’est ce qui se passe ?
Haley : Je n’ai pas l’habitude de me plaindre, mais là, entre mes insomnies chroniques, les cours de tutorat, le travail ici, les demandes de la maison de disque et les bizutages vaseux de cette…
Lucas (l’interrompant) : Stop ! Pas de grossièretés dans l’établissement de ma mère. Mais tu penses connaître l’identité de celui qui a introduit les grenouilles dans ton casier.
Haley : Oui, et je dirais plutôt celle…
Le beau blond hausse un sourcil pour l’encourager à lui divulguer plus de détails et elle cède.
Haley : Je pencherais pour la basketteuse qui s’intéresse depuis quelques temps à mon mari. Mais je ne rentrerai pas dans son jeu, je ne serai pas aussi stupide !
Lucas
 : Tiens, ça me rappelle quelqu’un…
La jeune fille sourit faiblement : il fait allusion au rituel d’entrée dans l’équipe que Nathan avait imaginé pour son frère un an auparavant. Elle réalise à cet instant que seul son meilleur ami peut comprendre ce qu’elle ressent et elle est surprise de constater qu’il ne tente pas de la conseiller. Elle feint alors de ne pas prêter attention à cette réflexion et se dirige vers le comptoir après avoir noté la commande de la table n°4. Karen lui tend alors un plateau sur lequel sont jonchés 2 cafés noirs sans sucre mais au bout de quelques mètres, Haley s’écroule. Les 2 tasses se brisent dans un fracas assourdissant et Lucas se précipite auprès d’elle : en larme sur le sol, elle paraît honteuse et désolée.
Lucas : Tu n’as rien ?
Haley (sanglotant) : Non, juste quelques coupures. (elle porte alors un de ses doigts à sa bouche) C’est dingue, je ne suis même plus capable de servir 2 cafés !
Karen surgit brusquement derrière elle et le beau blond prend son amie dans les bras.
Karen : Elle n’a rien ?
Lucas : Non, mais elle est totalement surmenée, elle ne tient même plus debout !
Karen (commençant à ramasser et à éponger) : Ce n’est rien, Haley, tu vas juste rentrer chez toi et te reposer.
Haley : Non, je dois travailler, je suis déjà arrivée en retard…
Karen : Travailler dans ces conditions ne servira à rien. Tu me seras plus utile si tu prends un peu de repos.
Haley : Ca c’est sur, je casserai moins de vaisselle !
Karen : Cesse donc de dire n’importe quoi. Tu es totalement épuisée et tu te rendras malade si tu persistes sur cette voie. Lucas, sois gentil et ramène la chez elle.
Haley (se relevant) : C’est bon, ça va aller, je vais rester.
Karen : Il en est hors de question et je n’accepte aucune protestation. Si tu t’inquiètes pour la manière de payer ton loyer, on s’arrangera toutes les 2 et je suis certaine que Nathan comprendra.
Haley (réalisant) : Nathan… Ah oui, si tu pouvais éviter de lui en parler…
Karen : J’aviserai lorsque la situation se présentera. Mais pour l’instant, je ne veux plus te voir ici tant que ces cernes n’auront pas disparu de ton visage, suis-je assez claire ?
La jolie blonde émet un hochement de tête et replie son tablier qu’elle range derrière le comptoir.
Haley : Merci pour tout Karen, mais je t’en prie, garde Lucas avec toi afin qu’il me remplace. Je pense que tu auras besoin de lui et de mon côté, j’aimerais rentrer seule pour réfléchir.

            Elle pousse la porte et sort. Au bout de quelques instants, elle regrette d’avoir repoussé la proposition de sa patronne concernant Lucas car elle sent de nouveau une présence invisible qui la suit. Comme à son habitude, elle accélère le pas mais semble trop épuisée pour courir. Sans se retourner, elle parvient à l’appartement et pose la main sur la poignée : la porte est verrouillée. Elle sort alors machinalement la clé de sa poche et s’interrompt au moment de l’introduire dans la serrure. Et si son mari se trouvait encore en compagnie de Brenda ? Cette fille possédait en effet le petit lien qui aurait pu rendre le couple plus proche que jamais, elle savait jouer au basket et partageait la passion du beau brun. Comment une simple petite intello, très peu sportive et passionnée de rock pouvait-elle faire le poids face à cet argument décisif ? Elle fixa tristement sa clé et une larme dévala sa joue ; ses lèvres se pincèrent et elle déglutit bruyamment avant de s’en retourner vers la rue. Peu importe l’identité du personnage qui s’amusait à la suivre continuellement, peu importe ce qu’il a l’intention de lui faire, Haley continue d’avancer alors que la pluie tombe, dénuée de lueur et d’espoir. Dans l’appartement des jeunes Scott, Nathan est assis sur le canapé et feuillette un magazine de basket. Il relève la tête et lit l’heure sur l’horloge de la cuisine : 23h30. Sa femme n’est toujours pas rentrée et il demeure béat d’inquiétude.L’horloge du studio indique la même heure lorsque Haley rabat le capot du piano avant de ranger ses partitions. Elle enfile son manteau et regarde au dehors pour constater que la pluie a cessé de tomber. Même si cette onde fraîche accentue le romantisme de ses soirées avec Nathan, elle prend à ce moment un aspect inquiétant et la jeune femme est heureuse de ne pas entendre le clapotement de l’eau sur le trottoir. Elle sort finalement du studio d’enregistrement et jette furtivement des coups d’œil alentour, mais la ville reste déserte. Elle relève son col, place ses mains dans ses poches et entreprend une démarche rythmée pour rejoindre son domicile. A sa grande surprise, aucun son étrange ne se manifeste même si elle se retourne quelquefois pour s’assurer qu’elle est bien seule dans la rue. Pourtant et inexplicablement, elle sent de nouveau une présence derrière elle et en vient même à se demander si elle ne craint tout simplement pas son ombre. Elle réalise qu’elle n’a pas imaginé cette situation lorsqu’en parvenant devant son appartement, une éclaboussure suivie d’un grognement se fait entendre. Elle ne prend pas même le temps de se retourner et entre, refermant prestement la porte à clé derrière elle.
Nathan est assis sur le canapé, il porte un tee-shirt gris, un caleçon quadrillé et des chaussettes de tennis. Haley se dit qu’en temps normal, ce détail aurait été sujet de moqueries qui se seraient achevées par un tendre câlin, mais elle n’a ici aucune envie de plaisanter. Le jeune homme l’étudie de la tête aux pieds, comme pour déceler un éventuel changement ou une marque de culpabilité en elle. Haley semble blessée par ce regard inquisiteur.
Nathan : Où étais-tu ?
Haley : Je pourrais te poser la même question. Je suis repassée à la maison vers 19h et tu n’étais pas là non plus.
Nathan : Oui mais moi je ne rentre pas à des heures impossibles sans prévenir, alors explique moi !
Haley (ironiquement) : Bien sûr ! Je crois être capable de donner une réponse à ma question : à 19h, tu te trouvais au terrain près du fleuve en compagnie de ta charmante joueuse…
Nathan : C’est moi qui t’ai posé une question, Haley alors ne la détourne pas s’il te plaît.
Haley : Tu étais avec elle, oui ou non ? (son ton s’est durci jusqu’à devenir impassible)
Nathan : Mais qu’est ce que tu reproches à Brenda, enfin ? Tu ne la connais même pas !
Haley (en colère) : Mais toi tu la connais puisque tu as pris le temps de la découvrir et de l’apprécier. Remarque, tu as raison, cette fille te convient parfaitement et je me demande même pourquoi tu ne l’as pas attendu pour te marier !
Nathan (piqué au vif) : Si c’est une question de confiance, laisse moi te renvoyer la balle ! Ca fait plusieurs soirs que tu rentres tard sans me prévenir, plusieurs soirs que ne je sais pas ce que tu fais toute seule dehors, plusieurs soirs que tu ne sembles même plus pouvoir dormir à mes côtés. Qu’est ce qui me prouve qu’un autre homme n’est pas entré dans ta vie ?
La jeune femme semble blessée par ces remarques et cette question insidieuse et quelques larmes perlent au coin de son œil tandis que son visage entier se crispe. Suffoquant, elle traverse le salon en courant et se réfugie dans la salle de bain. Nathan se désole de l’avoir si profondément touchée, d’autant plus qu’il sait qu’elle est épuisée. Il la rappelle plus tendrement et s’approche de la porte mais lorsqu’il pose sa main sur la poignée, sa femme enclenche le verrou.
Nathan (doucement) : Haley, ouvre s’il te plaît.
Elle s’adosse contre le mur et s’y laisse glisser pour se recroqueviller à terre. Sa respiration se fait haletante et son cœur torturé bat la chamade, elle craint durant un court instant qu’il ne s’expatrie de sa poitrine. De son côté, le beau brun sent sa gorge se serrer en entendant ses sanglots, il pose ses mains contre la porte et y colle son front.
Nathan : Je t’en prie, Haley, ouvre moi. Ne reste pas comme ça.
Aucune réponse ne lui parvient et un lourd silence s’installe. L’âme du jeune homme saigne à l’idée que sa femme souffre sans qu’il ne puisse la réconforter. Il sent monter dans son corps un fervent désir de la serrer contre lui, chacun de ses muscles se contracte et son cœur se révulse.
Nathan : Tu sais qu’une simple porte ne m’empêchera pas de te prendre dans mes bras…
Persuadée qu’il est capable d’enfoncer la porte pour la rejoindre, la jolie blonde réprime un sourire avant de lever le bras pour ouvrir le verrou. Lorsque le « clic » se fait entendre, Nathan se précipite à l’intérieur et aperçoit sa femme assise au sol, les genoux remontés sur sa poitrine. Les larmes ont creusé sur son visage de profonds sillons et continuent d’affluer à torrent. Il s’agenouille face à elle et tente d’essuyer sa joue, mais la jeune femme repousse sa main. Le beau brun décide de ne pas se laisser décourager par ce geste et la prend fermement par les épaules avant de la serrer contre lui ; elle n’émet cette fois-ci aucune résistance. Tous deux demeurent quelques secondes dans cette stature sans parler, profitant de l’instant qu’il leur est offert et du contact du corps de l’autre.
Nathan (prenant finalement la parole en bégayant) : Je… Je suis vraiment désolé…Je ne voulais pas dire les mots que j’ai prononcés…
Haley (s’écartant de lui pour le regarder dans les yeux) : Oh si, tu le voulais, tout simplement parce que tu penses chacun d’eux… (elle soupire car elle devine ce qu’il attend d’elle) Je sais que je suis un peu distante en ce moment et que mon comportement te paraît lunatique. Et je vois bien que tu t’inquiètes pour nous…
Le jeune homme hoche la tête en signe d’approbation.
Haley : J’ai tellement de choses à faire en ce moment que je ne sais plus où donner de la tête. Je n’ai plus une seconde à moi et il est vrai que je te consacre moins de temps, c’est une situation que je n’arrive pas à gérer. En plus…
Elle marque un temps d’arrêt en se demandant si elle doit vraiment lui ouvrir son cœur et ses pensées, si elle peut lui parler des plaisanteries qu’elle subit toute la journée sans qu’il ne se moque d’elle, si elle a vraiment confiance en lui… Elle baisse les yeux au sol et Nathan comprend qu’elle a quelque chose à lui avouer et qu’elle cherche la manière de s’exprimer. Il passe la main sur sa joue humide puis relève doucement son menton.
Nathan : Dis-moi ce qui ne va pas…
Haley : Il y a cette fille qui tourne autour de toi… (comme il lui coûte de prononcer cette phrase) Elle est grande, belle, athlétique...
Nathan : Ecoute, je n’ai aucune envie de te mentir. (les yeux de la jeune femme s’agrandissent de stupeur et son corps tremble comme une feuille) Lorsque tu es revenue à la maison, je n’étais pas là parce que je me trouvais effectivement au terrain près du fleuve. Brenda était présente.
Haley doit réprimer un hoquet terrible, les larmes lui viennent de nouveau aux yeux et elle sent son cœur se craqueler sous l’effet de la douleur. Elle voudrait se lever et fuir pour ne pas en entendre plus, mais ses muscles refusent de la soutenir.
Nathan (se justifiant) : Je t’avais dit que je devais réviser, mais les dérivées de fonctions ressemblaient à du chinois et tu n’étais pas là pour m’aider. J’ai cru que j’allais devenir fou et il fallait que je bouge, que j’évacue toute la tension qui s’accumulait dans mon corps. Je suis donc sorti faire quelques paniers, mais Tim, Brenda et d’autres joueurs m’ont rejoint.
Haley (désirant finalement connaître la suite) : Et ?
Nathan : Et c’est tout. Je suis rentré une heure plus tard, mais tu n’étais toujours pas là.Haley (sondant les yeux de son mari) : Il n’y a rien d’autre ?Nathan : Non, il n’y a rien d’autre et il n’y aura jamais rien d’autre parce que mon cœur t’appartient ! (il remarque le regard peu convaincu de sa femme et l’air apeuré qui persiste sur son doux visage) Si je t’ai épousée une seconde fois, c’est parce que je t’aime, Haley ! Je me moque des filles plus grandes ou plus élancées, c’est toi la plus belle à mes yeux et c’est toi que je veux !
La jolie blonde finit par céder et baisse les yeux au sol en guise de soumission. Elle se sent honteuse d’avoir douté de lui alors qu’il tente chaque jour de lui monter à quel point il tient à elle. D’un autre côté, ses craintes ne se sont toujours pas évaporées et elle se questionne sur la prochaine invention de sa rivale. Elle secoue la tête comme pour en chasser les pensées négatives et rejoue dans son esprit le discours de son mari.
Haley : Je crois que c’est à mon tour de m’expliquer. Lorsque je suis arrivée ici en rentrant du café, tu n’étais pas là et mon inquiétude s’est furieusement accrue : tu devais te trouver en SA compagnie et je me suis sentie si impuissante. Il fallait que je tourne mon esprit vers un autre élément et je me suis réfugiée dans la musique, sans quoi la folie m’aurait gagnée. Je me suis alors rendue au studio d’enregistrement, ce qui m’arrangeait étant donné que je dois rendre cette fichue maquette dans 72 heures. J’ai appelé Beverly et lui ai donné son cours là bas. Après son départ, l’inspiration m’est venue et ne m’a plus quittée, je n’ai même pas vu le temps passer. Je suis désolée…
Nathan semble satisfait de cette réponse car il serre sa femme contre lui en lui déposant un baiser sur le front.

sakura  (20.07.2006 à 00:07)
             Au centre de tutorat, Haley lit le dossier concernant les anciens résultats scolaires de Beverly et remarque que ces dernières étaient plutôt bon avant son arrivée à Tree Hill. Elle en conclut qu’un élément perturbant a déclenché cette chute vertigineuse et se promet de l’identifier au plus vite. Alors qu’elle s’attarde sur les appréciations des professeurs, Lucas fait irruption en courant dans la pièce.
Lucas (essoufflé) : Haley ! Il faut que tu viennes voir ça !
Dans les couloirs, un brouhaha assourdissant s’installe et la jolie blonde ne tarde pas à reconnaître les notes d’une mélodie et la voix qui retentit dans les haut-parleurs. « I give you everything I have, the good the bad… » Elle se lève en soupirant et rejoint les autres élèves à l’extérieur du centre de tutorat. “Why do you put me on a pedestal, I am so up high that I can see the ground below…”  Les télévisions du couloir diffusent le show de la jeune femme lors du concert au bénéfice de la lutter contre le cancer du sein et saisie d’horreur, Haley note un petit rire moqueur se dessiner sur les visages des lycéens. Un groupe de fille se retourne en remarquant sa présence et continuent de glousser tandis qu’une des leurs s’approche.
Fille : Hey, tu te prends pour qui ? Avril Lavigne ?
Autre fille : Pff, c’est ridicule parce que tu ne lui arrives pas même à la cheville.
Haley (qui sent la moutarde lui monter au nez) : Quand vous saurez en faire autant, je vous autoriserais à vous moquer ! En attendant, retournez donc à vos potins !
Outrées, elles lui tournent le dos en gloussant de nouveau. Haley soupire et préfère s’éloigner tandis que les élèves chuchotent sur son passage. La chanson résonne dans sa tête « One thing is clear, I wear a halo, I wear a halo when you look at me! But standing from here…” et pour la première fois de sa vie, elle souhaite que cette musique disparaisse. Le second couplet est entamé lorsque Brenda vient à sa rencontre, accentuant ainsi sa colère et son désarroi.

Brenda : Je te trouve bien orgueilleuse dans cette chanson. J’espère qu’elle ne concerne pas Nathan car je doute qu’il puisse te percevoir ainsi un jour.

Haley : Tu n’as pas autre chose à faire que de me torturer ?Brenda (amusée) : Non !
Haley : Alors va voir ailleurs !
Brenda (tandis que son interlocutrice s’éloigne) : Il te manque un élément essentiel pour sembler parfaite aux yeux de ton mari : un point commun avec lui !
Haley feint de ne pas l’entendre, mais cette réflexion produit son effet : la jolie blonde sait que son ennemie a raison et ne peut malheureusement pas le nier. Les élèves continuent de s’écarter autour d’elle en lui lançant des regards tantôt moqueurs, tantôt surpris. Les paroles se succèdent et elle voudrait faire taire sa voix dans le haut parleur « See me as I really am… » Peyton apparaît soudainement au milieu de la foule.
Haley : Je t’en supplie, ne me laisse pas toute seule !
Peyton : Hey, Haley James Scott, te voilà célèbre !
Haley (relativement énervée) : Cesse un peu de dire des sottises ! C’est toi qui as diffusé ça ?
Peyton : Non, je n’aurais pas osé mais après tout, ça te fait une bonne publicité, non ?
Haley (se frappant le front de sa main) : Mon dieu, j’avais oublié la publicité ! C’est interdit au lycée et le principal va me tuer ! Si j’attrape le ou la responsable de ce scandale…
Peyton : Aller, ce n’est pas une si mauvaise chose…
Haley : Tu plaisantes ? J’ai déjà eu du mal à me réinsérer dans cet établissement après la tournée parce que beaucoup d’élèves étaient jaloux. Ce coup-ci, je serai la risée de tout le monde !
Peyton (grimaçant) : Je n’avais pas examiné ce côté-là des choses, désolée.
Haley (alors que le refrain s’achève) : Tu aurais peut être dû y réfléchir ! Je dois à présent te laisser afin d’expliquer au proviseur que je ne suis pas responsable de cette histoire. Je n’imagine même pas combien il sera difficile de me déculpabiliser enfin… 

Quelques heures plus tard en sortant d’un cours d’histoire plus que rébarbatif, Brooke tape doucement sur l’épaule d’une Haley franchissant la porte.
Brooke (compatissante et grimaçant) : Tu devrais peut être aller te changer !
Haley : Je t’ai déjà dit que tu ne devais pas tenter d’influencer ma conception de la mode ! Je me rends bien compte que nos goûts sont différents, mais je ne pourrais jamais me promener dans le lycée avec les tenues que tu portes !
Brooke
(haussant les épaules) : Si le chewing gum collé à ton jean est un effet de style, je n’y vois aucun inconvénient…
Haley : Quoi ?
Miss Davis pointe alors du doigt l’arrière de la cuisse droite de sa camarade qui semble se contenir pour ne pas exploser de rage : cette journée s’annonce décidément pire que la précédente. Au bord des larmes, elle soupire et ferme les yeux afin de calmer sa colère.
Haley : Je commence à me lasser sérieusement de ce lycée et de la mentalité puérile qui y règne ! Il y a des jours où je comprends ce que pouvait ressentir Jimmy Edwards !
Brooke : La folie t’aurait-elle envahie ?
Haley (râlant) : Non, mais je suis à cran et la fatigue brouille ma vision des choses. (elle soupire de nouveau) Je vais profiter du fait que personne n’ait rien remarqué pour me faufiler dans les vestiaires du gymnase et enfiler un pantalon de survêtement. Pour une fois, les tenues de sport que je laisse dans mon casier de pom pom girl vont me servir !
Elle s’éloigne rapidement en prenant soin de garder les mains contre sa cuisse afin de dissimuler le chewing-gum collé. 

Elle ressort finalement 10 minutes plus tard des vestiaires, vêtue d’un jogging sombre. Quelques élèves se retournent sur son passage et elle se demande si cet effet est dû à son accoutrement ou à la diffusion matinale de sa chanson. Adossé à son casier avec un air désinvolte, Nathan semble au loin en grande conversation avec 2 joueurs de l’équipe. La jeune femme s’apprête à les rejoindre lorsqu’elle aperçoit Brenda mettre une main sur l’épaule du beau brun. Haley fulmine et son sang ne fait qu’un tour ; il lui faut beaucoup de courage pour tourner les talons et s’éloigner à vive allure. La jolie basketteuse semble malheureusement remarquer ce manège car elle entreprend de la rattraper en courant. Les pom pom girls s’approchent afin de soutenir leur amie, mais sont retenues par le regard réprobateur de Nathan.
Brenda : On dirait que tu n’oses pas te montrer ainsi à ton mari…
Haley tente de l’ignorer mais son sang froid est à deux doigts de lui échapper.
Brenda : Tu peux toujours feindre l’indifférence, mais tu sais au fond de toi que j’ai de nouveau raison.
La jolie blonde s’arrête cette fois-ci mais ne prend pas la peine de se retourner pour faire face à son ennemie : cette petite peste ne vaut même pas la peine qu’elle pose le regard sur elle et Haley sert poings et dents afin de se contenir.
Brenda : Ce n’est pas un minable petit jogging qui te rapprochera de Nathan. Je lui ressemble bien plus que toi et il est évident que vous n’avez rien à faire ensembles !
Telle une puissante décharge, l’adrénaline déferle dans les veines de la pom pom girl, qui perd instantanément le contrôle de son corps. Sa colère crispe chacun de ses muscles et ses yeux s’écarquillent de rage : elle se retourne brutalement, saisit la basketteuse par son tee-shirt et la plaque contre les casiers après l’avoir soulevée l’espace d’une seconde. Elle approche sa tête si prêt de son visage qu’elle peut apercevoir ses traits se refléter dans les prunelles de Brenda. Libérée de sa stupeur, l’équipe féminine décide d’intervenir et sépare les 2 lycéennes. En se débattant, Haley frappe durement l’estomac de Bevin, qui s’écroule rapidement. Brooke et Peyton décident alors de se mettre fin à cette mascarade : la première saisit les bras et le thorax de la jeune furie alors que la seconde soulève ses jambes.
Brooke (à sa camarade et tentant de se soustraire aux coups de griffes de Haley) : On l’emmène dans vestiaires et on la calmera par une douche froide s’il le faut.       
Miss Sawyer acquiesce et les 2 filles soustraient prestement leur amie du regard des élèves. De son côté, Brenda observe avec amusement Bevin se relever puis tourne les yeux vers Nathan : quelques mètres plus loin, il a assisté à la scène et demeure coît de stupeur. Dans les vestiaires, la furie semble retrouver peu à peu son calme. Sa respiration est toujours haletante et ses muscles la font atrocement souffrir : jamais encore son corps n’a subi une telle pression en un temps si réduit. Brooke décide d’attendre qu’elle ait repris ses esprits avant de la sermonner durement.
Brooke : Mais qu’est-ce qui t’a pris ? Tu as oublié la menace qui pèse sur l’équipe si l’une de nous se bagarre encore ?
Haley (encore énervée) : Tu aurais fait la même chose à ma place alors ne tente pas de me donner des conseils !
Brooke : Bien sur que moi aussi, j’aurais voulu lui faire payer tous ces affronts, mais je l’aurais fait de manière plus subtile ! Qu’est ce qui serait arrivé si les filles et moi ne t’avions pas empêchée de lui taper dessus ? Tu aurais été privée de chorégraphie pour le prochain match ? Est-ce vraiment ça que tu cherches ?
Haley
(agacée) : Ne sois pas stupide ! Je n’ai actuellement que faire du basket et de la danse !
Brooke : Tu as pensé à tes amis ? Et à ton mari ? Tu ne crois pas qu’il aura besoin de tes encouragements ? Tu sais pourtant que son jeu s’améliore en ta présence !
Haley : Je me moque éperdument de ses performances ! (sarcastiquement) Il devrait s’en retourner vers sa basketteuse, je suis certaine qu’elle saurait l’apprécier à sa juste valeur !
Brooke : Tu ne penses pas ce que tu dis, tu es en colère et exténuée… Tes paroles s’égarent.
La jolie blonde baisse piteusement la tête : elle sait que son amie a raison et qu’elle la comprend mieux que personne.
Brooke (souriant pour elle-même) : Néanmoins, cette garce n’a récolté que ce qu’elle a semé ! Je crois que toutes les filles de l’équipe n’attendaient que de lui assener une raclée cinglante et je t’avoue que j’aurai aimé être à ta place pour orner son joli minois d’un œil au beurre noir !
Haley demeure interdite : la même Brooke qui lui donnait auparavant des leçons la morale lui donnait à présent presque raison… La capitaine des pom pom girls lui adresse un clin d’œil révélateur puis décide de la laisser seule.
Brooke : Garde ton énergie pour la répétition de ce soir ! Et n’oublie pas qu’elle se déroule en uniforme.
Elle sort alors du vestiaire, laissant la place à une Beverly plus que confuse. Cette dernière ne cesse en effet de fixer le sol en se tortillant les doigts.
Beverly : Je… J’ai vu la scène du couloir et… Je… Enfin… Je voulais savoir si tu allais bien…
Haley : Merci, c’est gentil. Ne t’en fais pas, je me sens mieux. Je me suis juste un peu emportée parce que cette fille m’avait retranchée dans les limites de ma tolérance. En général, je crois être plutôt calme et réfléchie, la violence ne me correspond pas mais là…
Beverly (avec un sourire bienveillant) : Tu n’as pas besoin de te justifier, je connais cette sensation et… Elle n’est jamais agréable…
Haley : Merci. (elle soupire puis plonge son regard dans celui de son élève) Je te dois tout de même des excuses, Beverly, car tu n’aurais pas dû assister à ça. Je suis ta tutrice et de ce fait, je me dois de te montrer le bon exemple, la voie à suivre… On dirait que j’ai échoué dans cette partie du programme…
Voix derrière les casiers : C’est certain !
Haley déglutit bruyamment en reconnaissant ce timbre masculin tandis que les joues de l’élève s’empourprent. Nathan apparaît alors, les traits déformés par la déception.
Nathan : Mais qu’est-ce qui t’a pris enfin ?
Haley (remarquant que la petite lycéenne commence à trembler) : Beverly, n’oublie pas le cours de ce soir, je t’appellerai avant de te rejoindre. Maintenant file !
La jeune fille ne se fait pas prier et sans dire mot, s’expatrie du vestiaire avec une surprenante rapidité.
Nathan : J’espère que tu pourras m’éclairer sur ton comportement à présent !
Haley
(à nouveau agacée) : Je n’ai aucune envie d’en parler avec toi !
Nathan : Pourtant, il faudra bien que tu m’expliques ! Pourquoi t’es-tu ainsi jetée sur elle ?
La jolie blonde s’étrangle de surprise et de colère, elle prend une longue inspiration afin de se donner une contenance, mais l’insistance de son mari abolit toutes ses résolutions. Ses muscles se contractent de nouveau et son cœur s’emballe, sa poitrine se soulève rapidement et elle craint de perdre encore une fois le contrôle de son corps. Lorsque enfin elle parvient à maîtriser ces pulsions, elle se lève et préfère sortir de la pièce. Nathan la retient si fermement par le bras qu’elle sent sa main s’engourdir.
Nathan : Non, tu ne t’échapperas pas tant que tu ne m’auras pas éclairé sur tes actes ! (remarquant qu’elle refuse de lui répondre, il s’énerve à son tour) Mais bon dieu, Haley ! Elle ne t’avait pourtant rien fait !
Haley (perdant son sang froid) : Tu as raison, prends sa défense et ne te soucie pas de moi !
Nathan : Je croyais que ce sujet était clos et que tu avais confiance en moi !
Haley
 : Bien sur ! Toi, tu m’aurais fait confiance dans une telle situation ! (elle se frappe alors la joue de sa main) Il est vrai que tu as toujours cru en moi lorsque je travaillais avec Chris Keller, jamais tu n’as eu peur !
Nathan : Ca n’a rien à voir ! Pourquoi remets-tu ce sujet sur le tapis ?
Haley (littéralement à bout de nerfs) : Tu sais quoi ? J’en ai assez de toutes ces histoires alors fais ce que tu désires avec ta basketteuse parce que ce n’est plus de moi que tu obtiendras quelque chose.
Nathan : Haley…
Haley (hurlant de toutes ses forces et pleurant) : Laisse moi tranquille !
Elle claque la porte des vestiaires et traverse le couloir en courant.

20h00, le vestiaire des filles s’est assombri et le ciel chargé de nuages marque le début de la soirée. Haley arrive en courant et trouve une Brooke furieuse, les lèvres serrées, les poings sur les hanches et déjà en tenue.
Brooke : Tu es en retard, ça fait beaucoup de fautes en une seule journée !
Haley (essoufflée) : Je sais, je sais et j’en suis désolée ! Mais le cours de Beverly a duré 2 heures et je devais peaufiner les accords du refrain de ma nouvelle chanson au studio !
  Brooke : C’est bon, tu as de la chance d’être l’une de mes meilleures amies et la femme du capitaine des Ravens. Si Nathan n’avait pas eu besoin de tes encouragements, je t’aurais dispensée de chorégraphie pour le match amical de demain soir.
Haley : Mais tu aurais commis une grave erreur car tu as besoin de moi dans ta pyramide humaine. De plus, je suis l’une des rares danseuses à connaître actuellement ton enchaînement par cœur sans la moindre erreur.
Sur ces mots, elle tire la langue à son amie qui ne cesse de grommeler et lui arrache un sourire. Elle plonge finalement la main dans son casier afin d’y récupérer son uniforme bleu mais ses doigts se referment sur une substance humide et lamellaire. Le cri qu’elle pousse soudainement fait reculer la capitaine de quelques pas.
Brooke : Non, mais tu es malade de crier de cette façon ? J’ai bien failli avoir une attaque !
Haley : Euh… Brooke, je crois que ça ne va pas te plaire…
Brooke : Quoi encore ?
La jolie blonde sort alors de son casier son uniforme en lambeau. Brooke plisse les sourcils et examine son amie de la tête aux pieds afin de déceler une marque de culpabilité, mais Haley semble totalement confuse et désolée : elle n’est pas responsable !
Brooke (explosant) : OK, Haley ! D’abord les grenouilles dans ton casier, puis ta chanson dans les couloirs et maintenant ça ! Tu peux m’expliquer ce qui se passe ? Tu es maudite ou quoi ?
Haley : Tu as oublié quelques détails dans ton énumération… (Miss Davis écarquille les yeux.) On m’a enfermée dans les toilettes, on me provoque à longueur de journée, on a collé du chewing-gum sur ma chaise et on me suit quotidiennement !
Brooke (répétant car elle n’en croit pas ses oreilles) : On te suit ?
Haley : Oui, enfin, il s’agit juste d’une impression. J’entends des pas, des bruissements et je ressens une présence derrière moi lorsque je rentre à l’appartement le soir.
Brooke (abasourdie) : Tu te ballades toute seule à pied dans le noir ?
Haley : Oui, quand je rentre du studio ou lorsque le tutorat se termine très tard…
Brooke
 : Tu es plus irresponsable que je ne l’aurais cru ! Tu sais ce qu’il peut arriver aux jeunes femmes qui prennent ce type de risque ? (La jolie blonde grimace et Brooke comprend qu’elle a déjà envisagé le pire) Et tu as déjà eu l’idée de te retourner ?
Haley : Bien sur ! Mais il n’y avait personne à chaque fois… (elle marque un temps d’arrête et soupire) Je dois devenir paranoïaque.
Brooke (après avoir réfléchi quelques secondes) : Non, ça m’étonnerait que tu te trompes. Si cette situation persiste depuis plusieurs jours, il doit certainement y avoir un problème. Néanmoins, ton poursuivant cherche à se montrer discret, il ne veut visiblement pas que tu le démasques, ce qui signifie qu’il cherche soit à t’effrayer simplement, soit à connaître tes habitudes. Dans ce dernier cas, on peut supposer qu’il te veut du mal et qu’il attend le moment où tu seras le plus démunie pour frapper.
Haley : Brooke, ça suffit, je suis déjà assez inquiète comme ça !
Brooke : Désolée, ce n’étaient que des suppositions. Tu en as parlé à Nathan ?
Haley
 : Non, nous vivons sur 2 planètes différentes en ce moment. Lui n’a d’yeux que pour sa fichue basketteuse et je me sens totalement… dépassée, comme si nous n’avions plus rien à faire ensembles. Alors je n’oses même pas imaginer sa réponse si je lui en faisais part : « Tu te fais des idées ma petite Haley » ou encore mieux « Tu as vraiment besoin de repos, ça n’a pas l’air d’aller en ce moment ».
Brooke : Sur ce dernier point, je serais plutôt d’accord avec lui.
La jolie blonde la fusille du regard : elle ne supporte plus les réflexions concernant sa fatigue et ses cernes actuelles. Elle voudrait crier au monde entier de la laisser tranquille et de ne plus rien lui imposer, mais son caractère raisonnable l’en empêche. Face à cette réaction silence, Brooke préfère battre en retraite.
Brooke : Après tout c’est ta vie et tu la gères comme tu le sens, mais n’oublie pas que même si tu es en froid avec ton mari, tu as des amis qui t’aiment et qui tiennent à toi. Ne prends pas de risques inutiles en pensant que tu ne signifies rien pour les autres, car tu te voilerais la face. (elle regarde brusquement l’horloge) Mon dieu, nous avons passé trop de temps à discuter. Comme tu n’as pas ton costume, tu n’es pas autorisée à danser ce soir mais je te contrains néanmoins à assister à la répétition.
Elle sort du vestiaire sur ces mots, très vite rejointe par Haley.    

2 heures plus tard, dans le gymnase :
Brooke (secouant son amie) : Haley ! Haley ! Réveille toi ! Aller, debout Blanche Neige, je te ramène chez ton prince charmant.
La jeune femme émerge du noir dans lequel elle se trouve plongé depuis un temps indéterminé et ouvre les yeux. Aveuglée par l’éclat de la lumière artificielle, elle les referme tout aussi subitement et émet un grognement avant de bailler, de s’étirer et de s’apercevoir qu’elle est étendue dans les gradins. Elle semble ne pas comprendre, mais Brooke lui sourit amicalement.
Brooke : Tu te trouves à la répétition des pom pom girls, tu te souviens ?
Haley (se relevant en se frottant les yeux) : Et je dors depuis longtemps ?
Brooke (consultant l’horloge digitale utilisée pour les matchs) : Un peu plus d’une demi-heure je crois… Il faudra que tu me donnes ta technique parce que je ne sais pas comment tu as pu t’assoupir avec le volume de la musique.
Haley (réalisant) : Attends, tu veux dire que j’ai manqué près d’un quart de la répétition ?
Brooke (désespérée) : Tu n’es réveillée que depuis 2 minutes et tu fais déjà des maths. Pas de doute, le surnom d’intello de va comme un gant !
Haley : Je suis désolée, je sais que je devais observer vos gestes et déplacements mais…
Brooke : Ne t’inquiète pas, tu me payeras ça lorsque tes cernes auront disparu !
Haley : Je commence à prendre peur : tu n’es pas la première personne à me faire cette remarque.
Brooke : Ca me parait normal, tu devrais te regarder dans un miroir, tu ressembles de plus en plus à un fantôme ! (la jolie blonde grimace) Bon, aller, on rentre à présent !
Haley : Euh… Ca ne te dérangerait pas de me déposer au studio ? J’ai quelques retouches à faire, je rentrerais à la maison à pied par la suite !
Brooke (indignée) : Tu n’as donc rien retenu de notre discussion de tout à l’heure ? Je ne te laisserai pas toute seule dans le noir avec un malade mental à tes trousses ! En plus, tu es épuisée et tu devrais dormir au lieu de composer.
Haley contrefait la moue : elle sait qu’elle n’obtiendra pas gain de cause et se laisse enrôler par son amie.
Brooke : Je t’embarque et ne te laisse pas le choix !
Elle prend la jolie blonde par le bras et la tire en dehors du gymnase. Madame Scott entre lassement dans son appartement, les yeux à demi ouverts et chancelant sur ses jambes.

Enfoncé dans le canapé, Nathan lit une succession de feuilles griffonnées et relève la tête en entendant la porte claquer. Son attention se porte sur la voiture qu’il entend démarrer et son regard inquisiteur examine la jeune femme. Cette dernière soupire en songeant à leur dispute de la veille (qu’est ce qui me prouve qu’il n’y a pas un autre homme dans ta vie ?) puis à celle des vestiaires. Elle ignore à ce moment même si elle doit lui parler, le rassurer ou l’ignorer, mais la colère qu’elle ressent encore à son égard abolit toute envie de le prendre dans ses bras. Dans un élan de raison, elle choisit alors de justifier le bruit de l’automobile.
Haley : Brooke m’a raccompagnée. Elle peut vraiment se montrer pénible quand elle insiste pour rendre service.
Nathan : Ouais…
Ce dernier ne sait que répondre. Il voudrait comprendre la signification de l’une de ses phrases (ce n’est plus de moi que tu obtiendras quelque chose). Il demeure assis sur le canapé en tentant de chasser l’air coupable qu’il sent s’installer sur son visage.
Nathan : C’est étrange de te voir à la maison avant 22h30.
Haley : J’avais prévu de passer au studio après la répétition des pom pom girls, mais ma capitaine m’en a dissuadée…
Le beau brun réalise alors qu’elle a tenté de l’éviter et décide de percer l’abcès qui persiste entre eux.
Nathan : Ecoute, Haley… Pour tout à l’heure…
Haley (le coupant violemment) : Je n’ai aucune envie d’évoquer notre dispute dans les vestiaires. Tu m’as bien fait savoir ce que tu pensais de la situation ! Et comme tu n’accordes aucun crédit à mon point de vue et à mes réactions, je ne vais pas tenter de te convaincre. Ce serait une perte de temps et d’énergie alors qu’il me faut l’un et l’autre pour achever cette fichue chanson !
Elle s’interrompt en reconnaissant les feuilles que son mari tient dans ses mains : ses yeux s’écarquillent à la vue des partitions griffonnées, son cœur menace de sortir de sa poitrine et la vie semble s’arrêter un court instant.
Haley (articulant afin de se donner une contenance) : Tu as osé lire mes textes et ma musique avant que ma chanson ne soit achevée ?
Elle lui arrache des mains, déchirant quelques-unes des partitions au passage. Le jeune homme bafouille et tente de se justifier mais réalise que toutes ses paroles seront vaines : il n’a jamais vu Haley aussi en colère depuis l’histoire des plaquettes de pilules. Il sait qu’elle lui tiendra longtemps rigueur de cet affront et qu’elle ne lui pardonnera peut être jamais.
Haley (hurlant à moitié) : Ces textes et paroles ne sont que des prototypes, ma chanson n’est pas terminée ! Tu sais pourtant à quel point je hais qu’on lise mes œuvres imparfaites, je te l’ai répété maintes fois ! Même si je ne croyais plus en nous, je pensais au moins que tu me respectais… Et que tu me connaissais…
Nathan : Justement, tout le problème réside en ce point ! Je ne te reconnais plus en ce moment et je me demande parfois si la femme que j’aime n’a pas disparu ! Tu ne vas pas bien et j’en suis conscient mais tu ne me laisses pas pénétrer ton univers, tu ne me parles plus de rien !
Haley : Qu’est-ce que tu racontes ?
Nathan : Je suis passé te voir tout à l’heure au café de Karen, mais tu ne t’y trouvais pas. Tu ne m’avais pas dit que la mère de Lucas t’avait interdit de travailler !
Haley : Parce que j’aurais été contrainte de me justifier, mais je suppose qu’à présent Karen s’en est chargé !
Nathan : Non, elle m’a juste conseillé d’avoir une discussion avec toi et de prendre soin de ta santé ! Mais bon dieu Haley, que se passe-t-il ? Tu ne me confies plus rien, nous ne passons plus de temps ensembles et je ne sais même pas ce que tu fais de tes journées lorsque tu n’es pas en cours ! (Il reprend sa respiration puis se calme) Je suis désolé, je sais que je n’aurais pas dû lire tes partitions mais il fallait que je comprenne…
Haley (au bord de l’hystérie) : Tu te moques de moi ? Tu crois franchement que tes belles paroles vont suffire une fois de plus à apaiser mes craintes ? Tu aurais pu venir me voir et me parler de tout ça !
Nathan : Tu n’aurais pas répondu à mes questions !
Haley : Evidemment, tu te moquerais de moi ou tu dirais que j’exagère ! Comme tout à l’heure dans les vestiaires !
Nathan (triomphant) : Ah ! Tu vois que cette histoire te travaille et qu’il faut en parler !
Haley : Non, ce qui me travaille, c’est que mon mari fasse le joli cœur avec une joueuse de basket qui m’en fait voir de toutes les couleurs depuis 2 jours ! Franchement, je n’avais pas besoin de ça, mon programme quotidien est déjà assez chargé !
Nathan : Je sais mais…
Haley : Et ce qui m’énerve le plus, c’est que tu attendes que je n’en puisses plus pour me poignarder dans le dos.
Nathan : Tu n’en fais pas un peu trop là ?
Cette dernière remarque a l’effet d’une bombe dans le corps de la jeune femme. N’y tenant plus, elle le gifle durement et l’impact de sa main sur sa joue résonne dans toute la pièce. Dans le cœur de Nathan, ce geste violent ouvre une brèche qui saigne immédiatement, il sent s’envoler une partie de lui-même et une larme qu’il refoule rapidement perle au coin de son œil outremer. Haley constate avec surprise qu’il ne réagit pas, lui qui est d’habitude si impulsif… Presque instinctivement, elle tourne les talons et quitte l’appartement en courant.

sakura  (20.07.2006 à 00:46)
Au dehors, les rues défilent sous les pieds de la jeune femme, les larmes déferlent sur sa joue et elle sent que son corps ne la soutiendra plus longtemps. Une idée lui traverse alors l’esprit : courir jusqu’à en tomber d’épuisement et mourir seule dans la fraîcheur de la nuit. Avec un courage insoupçonné, elle repousse cette pensée, ralentit et finit par s’adosser à un lampadaire en notant que Nathan ne l’a pas suivie. La chair de poule envahit sa peau imbibée de sueur glacée et elle frissonne de peur lorsque la lampe grésille, hésite puis s’éteint. Elle balaye scrute attentivement le paysage alentour et constate avec effroi qu’elle s’est pas mal éloignée de son appartement. Ce détail lui importe pourtant peu car elle n’a aucune envie de revoir  son, mari et l’espace d’une seconde, l’idée d’un divorce ne lui paraît pas si mauvaise. Elle secoue finalement la tête, persuadée qu’elle n’est pas capable de vivre sans lui et que son cœur s’émietterait s’il s’avisait de la quitter. Les bras ballants, elle constate avec amertume qu’elle tient encore les partitions dans sa main et se laisse aller à sa tristesse en s’appuyant sur le lampadaire éteint. Un petit vent frai souffle et ébouriffe ses cheveux de blé qu’elle replace machinalement derrière ses oreilles. Ignorant si ce phénomène trouve son origine dans la peur, la colère ou tout simplement le froid, elle frissonne et réalise qu’elle aimerait sentir les bras forts et rassurants de Nathan autour de ses épaules. Un éternuement se fait brusquement entendre et la jolie blonde s’immobilise : tous ses sens sont en éveil et même si elle n’aperçoit personne alentour, elle décide de hausser la voix.
Haley : Qui est là ?
Le silence lui répond et sa respiration s’accélère lorsqu’un toussotement retentit. Haley n’en attend pas plus et s’élance de nouveau à travers la ville, devinant qu’on l’a de nouveau prise en filature. Ses muscles menacent de se rompre et une douleur sourde envahit son corps : elle ne pourra pas fuir indéfiniment et doit trouver un refuge. Sans réfléchir au chemin qu’elle emprunte, elle voit les noms des rues se succéder et son cœur bondit de joie lorsqu’elle comprend que le domicile de son meilleur ami se trouve à proximité. La crainte aurait pu décupler ses forces si la fatigue ne l’engourdissait pas et elle sent son poursuivant se rapprocher dramatiquement d’elle. Elle accélère, sentant l’air lui brûler trachée et bronches, manque trébucher à plusieurs reprises mais atteint finalement saine et sauve la rue dans laquelle réside le beau Lucas. Elle saute prestement les quelques marches du perron et tambourine à la porte, prenant soin de se retourner afin d’identifier son poursuivant. Mais la rue est de nouveau déserte lorsque Karen lui ouvre.
Karen (surprise) : Haley ? Mais que fais-tu ici si tard ? (elle jette un coup d’œil au dehors et son effarement s’accroît) Tu es toute seule ?
Haley (essoufflée) : Je… J’ai juste besoin de voir Lucas.
Karen : Il n’est pas encore revenu, je crois qu’il se trouve encore sur le terrain près du fleuve en compagnie de Skills, Micro et des autres joueurs. Mais entre…
Haley
(hésitante) : Euh… (elle se retourne discrètement afin d’entrevoir son poursuivant, mais il n’y a de nouveau personne)
Karen (remarquant ce geste) : Ce n’est pas une invitation, madame Scott, mais un ordre ! Tu es en pleurs, en sueur, blanche comme un cachet d’aspirine et ton corps tout entier semble trembler. Il est hors de question que je te laisse repartir de chez moi toute seule dans le noir, en encore moins dans cet état ! 

Pendant ce temps, Nathan fait les 100 pas dans l’appartement. Il prend brusquement son cellulaire et compose le numéro de sa femme. Le portable d’Haley sonne et le jeune homme s’aperçoit qu’elle a laissé son sac avant de s’enfuir. Son inquiétude s’accroît à chaque seconde passée sans elle : sa femme se trouve seule, dans le noir, dans un état de colère et d’épuisement le plus total. Il ne sait ce qu’il peut lui arriver ni ce qu’elle est capable de faire par désespoir. Des images de la jolie blonde se jetant dans le fleuve, renversée par une voiture ou enlevée par une personne mal intentionnée, peut être même un pervers qui oserait porter ses mains sur elle, lui traversent l’esprit. Un terrible sentiment l’envahit alors, comme s’il l’avait abandonnée, comme s’il l’avait perdue à tout jamais… 

 
Dans la maison de Lucas, Haley a délaissé ses chaussures pour se rouler en boule dans un coin du canapé ; Karen lui apporte une tisane dans une tasse humoristique qui retient l’attention de la jeune fille.
Haley : Merci…
Karen (tentant de détendre l’atmosphère) : Je sais que tu avales normalement un pot de glace complet lorsque ton monde s’écroule, mais je n’en ai pas en réserve alors tu devras te contenter d’infusions…
La jolie blonde sourit en repensant à l’énorme gâteau au chocolat que Brooke avait dévoré après son aventure malencontreuse avec Chris Keller. Madame Roe perçoit ce revirement de sentiments et poursuit sur sa lancée.
Karen : Moi je me goinfrais de biscuits jusqu’à m’en rendre malade. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’en achète plus.
Elle remarque qu’Haley est redevenue triste et songeuse et comprend qu’elle n’a pas le cœur à plaisanter.
Karen : Et si madame Scott me confiait ce qui lui pèse sur la conscience ? Tu sais bien que tu peux tout me dire, Haley…
La jeune femme fond en larme et sa voix tremblante commence à conter ses mésaventures.

             Dans l’appartement des Scott, le beau brun semble plus que désespéré. Il appelle alors Lucas qui met un temps fou à lui répondre. Lorsque enfin il décroche, Nathan est à bout de nerfs.
Nathan : C’est Nathan ! Tu n’aurais pas vu Haley ?
Lucas (moqueur) : Je vais bien merci et toi ?
Nathan : Je n’ai aucune envie de plaisanter. Est-ce que tu sais où se trouve ma femme ?
Lucas : Non, je suis au terrain de basket avec des amis, mais aucune jolie blonde à l’horizon. Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
Nathan : Nous avons eu une altercation… Plutôt violente… (il se frotte la joue giflée) Et Haley s’est sauvée en courant.
Lucas : Tu l’as laissée s’enfuir seule dans le noir ? Avec tous les malfrains qui sillonnent actuellement les rues ?
Nathan : Je sais ! J’aurais dû la rattraper mais ce n’est pas le moment de me faire des reproches ! Tu n’as pas une idée de l’endroit où elle a pu se rendre ?
Lucas
(réfléchissant à voix haute) : Si elle n’est pas venue me voir, elle doit se trouver autre part… Depuis combien de temps est-elle partie ?
Nathan : Un peu plus d’une heure.
Lucas : Et tu m’appelles seulement maintenant ? En une heure et en tenant compte de l’état d’épuisement dans lequel elle végète, il a pu lui arriver n’importe quoi !
Nathan : Comme si je n’y avais pas déjà songé !
Lucas (reprenant sa réflexion) : En même temps, Haley est une fille intelligente et réfléchie, enfin en général… Elle ne s’amuserait à pas à traîner dans la rue de cette façon… Le tric et le café de ma mère sont fermés, Peyton est au restaurant pour fêter le retour de son père… Essaie d’appeler Brooke ! Haley et elles sont très complices depuis qu’elles ont vécu sous le même toit.
Nathan : OK, merci Lucas.
Lucas : Surtout n’oublie pas de me rappeler après. Si Brooke n’a aucune nouvelle d’elle, je commence à sillonner la ville avec Skills et Micro.
Nathan : A tout à l’heure !

Mort d’inquiétude, il raccroche et compose immédiatement le numéro de mademoiselle Davis. A sa grande surprise, cette dernière répond immédiatement.
Brooke : Hey ! Salut beau brun ! (elle a vu son nom s’afficher sur l’écran de son portable)
Nathan : Brooke, je t’en supplie, dis-moi qu’Haley se trouve à côté de toi !
Brooke
: Non, désolée. Mais tu as l’air inquiet…
Le jeune homme lui fournit une explication similaire à celle de Lucas et la jolie brune monte immédiatement sur ses grands chevaux.
Brooke : Non, mais tu es complètement malade ? Avec tout ce qu’il lui arrive en ce moment tu la laisses partir seule ?
Nathan : Brooke, ce n’est pas le plus important pour le moment !
Brooke (furieuse et refusant de prêter attention à sa remarque) : Mais pourquoi crois-tu que j’ai pris la peine de ramener ta femme tout à l’heure ? Tu n’es qu’un irresponsable ! Il a peut être recommencé son manège ou pire, il lui a peut être mis la main dessus !
Nathan : Wo, wo, wo, Brooke ! Qu’est ce que tu racontes ?
Brooke (surprise) : Haley ne t’en a pas parlé ? (elle interprète le silence de son interlocuteur comme une réponse négative et choisit d’écouter ce sujet) C’est une longue histoire et on verra ça plus tard. Mais pour l’instant, tu vas bouger tes jolies petites fesses de sportif et retrouver ta femme au plus vite ! Je prends la voiture et je commence à chercher !
Nathan : Ce n’est pas la peine, Lucas va s’en charger et je l’imiterai. Reste chez roi au cas où elle aurait la bonne idée de te rejoindre. Et appelle régulièrement sur le fixe de l’appartement pour voir si elle n’est pas revenue, je suis certain qu’à toi, elle te répondra.
Brooke : D’accord, mais contacte moi dès que tu la retrouves…
Nathan raccroche et compose pour la seconde fois le numéro de son frère.

        
 Le téléphone sonne mais madame Roe ne répond pas. Le répondeur s’enclenche, bientôt suivi de la voix inquiète de Lucas.
Lucas : Maman, c’est moi, je sais que tu es là alors pourquoi ne me décroches-tu pas ? (il soupire) Je voulais juste savoir si tu n’avais pas vu Haley, elle a quitté son domicile depuis plus d’une heure et Nathan est mort d’inquiétude. Je vais sillonner la ville afin de la retrouver alors ne t’inquiète pas si je rentre tard. Mais j’aimerais que tu me rappelles une fois que tu auras écouté ce message… Je t’embrasse !
Haley repose la tasse vide sur la table basse juxtaposée au canapé et soupire tandis que Karen l’observe. « Pauvre enfant ! Ses amis la cherchent et elle ne peut pas les rassurer sous peine de voir débarquer Nathan. Il n’y a pas de doute, Haley est encore trop jeune pour assumer les responsabilités d’une femme ! » Sans dire mot, madame Roe s’approche de la jolie blonde et s’assied près d’elle, sans doute afin de lui prouver qu’elle la soutient en tant qu’identité féminine.

Une heure plus tard, Lucas pénètre en trombe dans la maison sans même fermer la porte d’entrée. Il semble essoufflé et quelques gouttes de sueur perlent sur son front. L’indignation se dessine sur son visage lorsqu’il aperçoit la tête de sa mère dans le salon.Lucas : Tu aurais tout de même pu répondre au téléphone ! Cela fait presque 2 heures que nous sillonnons la ville à la recherche…Il s’interrompt en remarquant qu’Haley sommeille sur le canapé, roulée en boule sous une couverture polaire parme, la tête posée sur les genoux de Karen.
Karen : Je m’excuse de ne pas avoir décroché, mais j’avais une affaire plus importante à régler si tu vois ce que je veux dire. (elle remarque que son fils observe les traits de la jolie blonde et le rassure) Ne t’inquiète pas, elle va bien… Enfin, ce n’est qu’une façon de parler…
Lucas (réagissant) : J’appelle Nathan !
Karen : Oh non ! Du moins pas dans l’immédiat !
Lucas : Tu te moques de moi ? Il se fait un sang d’encre pour elle et ne cessera de la chercher tant qu’il ne saura pas où elle se trouve !
Karen : Je crois que ton frère a besoin d’une petite leçon et que celle-ci devrait le marquer.
Lucas (surpris) : C’est vraiment ma mère qui parle ?
Karen : Oui, mais c’est aussi une femme qui en défend une autre.
Le jeune homme comprend à son air sérieux et à ses lèvres pincées qu’elle s’apprête à justifier son acte et se laisse tomber dans un fauteuil afin de recueillir ses explications.
Karen
 : Toi et moi connaissons Haley depuis bien longtemps et nous avons pu nous rendre compte qu’elle n’est pas du genre à demander de l’aide. Elle préfère généralement affronter seule ses problèmes et ses responsabilités. Comme tu as pu le constater, son épuisement actuel semble des plus importants et malgré ça, elle continue d’assumer seule ce qu’on exige d’elle. (Lucas veut intervenir, mais sa mère l’interrompt d’un signe de main) Même si elle est mariée et qu’elle vit avec Nathan, elle reste une adolescente, une lycéenne qui n’est pas prête pour soutenir un tel rythme. Le monde extérieur lui en demande trop ! A ce problème viennent s’ajouter les bizutages puérils d’une imbécile…
Lucas : Tu veux parler des grenouilles dans son casier ?
Karen : Cet incident n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, tu peux me croire. Cela fait plusieurs jours qu’elle subit ce genre de blagues à répétition, plusieurs jours qu’elle se détourne des sarcasmes d’une joueuse de basket jalouse, plusieurs jours que son mari passe outre ses craintes de le perdre, plusieurs jours qu’on la suit la nuit…
Lucas : Quoi ? Qui la suit ?
Karen : Elle n’en sait rien mais tu comprends maintenant que la situation de ce soir était plus que périlleuse. Nul être humain normalement constitué ne pourrait enduré cette situation sans perdre la tête alors imagine une Haley éreintée…
Lucas
(commençant à percevoir l’avis de sa mère) : Oui, je commence à y voir plus clair. Elle aurait cependant pu parler de la filature à Nathan !
Karen : Mais l’aurait-il seulement écoutée ? Ne se serait-il pas moqué d’elle ?
Lucas
 : Haley est tout de même sa femme ! Elle doit lui faire confiance !
Karen : Oui mais plus elle craint de le perdre, plus sa peur de lui parler se raffermit. Ce sont malheureusement des sentiments qui ne se contrôlent pas… 

Pendant ce temps, Nathan poursuit ses recherches et il sillonne les rues au pas de course, espérant apercevoir se femme à chaque embranchement. Il parvient à la table où Haley lui a donné son premier cours et cet instant si parfait lui revient à l’esprit : il se rappelle de la manière dont elle avait noué ses cheveux, de son air studieux et décidé, du livre de mathématiques qu’elle lui a tendu. Il réalise à ce moment qu’il n’a jamais été aussi proche de perdre sa femme, lui qui lui avait assuré le lendemain de leur mariage qu’il la protègerai toujours. Son impuissance face à la situation actuelle le frustre et il décide de remédier rapidement à toutes ses erreurs. Il secoue la tête comme pour en chasser toute obscure pensée, sort son cellulaire de sa poche et compose numéro de son frère.  Quelques lotissements plus loin, un cellulaire sonne et Lucas hésite en voyant le numéro du beau brun s’afficher sur l’écran. Sa mère se lève alors, lui prend le téléphone des mains et décroche :
Nathan : Tu l’as retrouvée ?
Karen (calmement) : Non, c’est la mère de Lucas à l’appareil.
Nathan : Oh, désolé, bonsoir Karen. Je cherche…
Karen : Haley est à la maison.
Nathan : J’arrive tout de suite ! 
Karen n’a pas le temps de répondre que Nathan a déjà raccroché. Surprise, elle rend le téléphone à son fils et contemple la jolie blonde qui semble, pour la première fois depuis bien longtemps, profiter de sa nuit de sommeil.

             Moins de 10 minutes plus tard, un « toc toc toc » se fait entendre à la porte et Karen apparaît stupéfaite.
Karen : Tu penses qu’il s’agit de Nathan ? Je le croyais à l’autre bout de la ville !
Lucas
 : Il n’était peut être pas si éloigné que tu le croyais. Il a cependant bénéficié d’un entraînement sportif de haut niveau ces dernières années et je ne serais pas étonné s’il parcourait une longue distance en si peu de temps. De plus, l’envie de retrouver sa femme doit certainement décupler ses capacités…
Karen (résignée) : Quoi qu’il en soit, je ne le laisserai pas réveiller Haley !
Le beau blond prend une profonde inspiration et ouvre la porte, ne laissant pourtant pas son frère entrer.
Nathan (tentant de regarder à l’intérieur) : Où est-elle ? Comment va-t-elle ?
Lucas : Pour l’instant elle dort sur le canapé, elle semble en avoir grand besoin. Apparemment, elle s’est réfugiée ici après avoir fui l’appartement, elle n’est pas restée longtemps seule au dehors. Ma mère l’a accueillie en mon absence…
Nathan
 : Je peux la voir ?
Lucas (impassible) : Je t’ai dit qu’elle dormait alors ce n’est pas la peine que tu ailles la réveiller. Elle passera la nuit à la maison, mais tu pourras peut être lui parler demain.
Nathan : C’est ma femme et j’ai besoin de la voir pour m’assurer qu’elle va bien !
Lucas : Elle se porte pourtant mal depuis plusieurs jours et tu n’as rien remarqué !
Nathan : Me crois-tu réellement aveugle ? Je sais très bien qu’Haley est chamboulée en ce moment !
Lucas : Chamboulée, le mot sonne faux ! Je dirais plutôt totalement désappointée, perdue ou encore affaiblie par tout ce qui lui arrive ! Si tu cessais de te regarder le nombril et si tu prêtais davantage attention à sa vie, elle ne serait pas ici ce soir !
Nathan : Ca te va bien de me faire la morale quand on voit la tournure qu’a pris ton couple !
Le beau blond baisse piteusement la tête en songeant à Brooke : il ne l’a jamais ménagée et sait qu’elle vit mal leur récente rupture. Il se reprend alors, réalisant que son frère cherche à le déstabiliser pour mieux entrer, et bombe le torse pour lui faire face.
Lucas : Tu n’entreras pas ! Haley doit rester seule un moment !
Nathan : Tu crois vraiment que tu peux m’empêcher de voir ma femme ?
Lucas
 (une lueur résolue dansant dans ses prunelles) : Je peux t’empêcher de faire du mal à ma meilleure amie. Maintenant pars et laisse là se reposer loin de ses soucis…
Le beau brun ne semble nullement désirer s’en prendre à son frère et ce n’est pas la colère, mais le désespoir qui déforme ses traits. Il tourne les yeux vers Karen, dans l’embrasure de la porte du salon.
Nathan (suppliant) : Je vous en prie, Karen, laissez moi voir ma femme… J’ai vraiment besoin de son image pour être rassuré, j’ai besoin de constater qu’elle se trouve en sécurité et que tout ira bien pour elle. Je ne pourrais pas repartir sans…
Face à cet élan désespéré, madame Roe cède et pose une main sur l’épaule de son fils. Ce dernier semble comprendre car il se dégage de l’entrée, laissant le champ libre à Nathan. En apercevant sa femme repliée en chien de fusil sur le canapé, le beau brun s’immobilise et prend soudainement conscience du mal qu’il lui a fait. Perdu dans sa contemplation, il remarque ses traits encore étirés par la colère, ses lèvres livides déformées par la peur, son teint trop blanc parsemé de sillons creusés par les larmes, ses yeux cernés dont le maquillage a coulé… Blessé, il s’approche lentement d’elle, mesurant l’importance de chacun de ses pas. Lucas tente d’intervenir mais sa mère le retient pas le bras et tous deux observent la scène déchirante qui se déroule chez eux. Dans un silence pesant, Nathan s’agenouille près du canapé, étend sa main afin d’effleurer la joue de sa femme, mais la rétracte rapidement, comme s’il ne méritait pas de pouvoir la toucher. Il se retourne alors vers Karen demeurée en retrait.
Nathan : Elle est malheureuse, n’est-ce pas ?
Madame Roe hoche la tête en guise d’approbation. Même si elle pense que ce jeune homme a besoin d’une leçon, elle est peinée de le voir si découragé et pour la première fois si peu sur de lui.
Nathan : Lorsque nous nous sommes mariés sur la plage, je lui ai promis que tout irait bien, que je la protégerais toujours. Mais quand je la vois dans cet état, qui plus est par ma faute, je réalise que j’ai échoué. Je n’ai pas réussi à tenir ma promesse…
Karen : Il n’est pas trop tard pour réparer cette erreur, Nathan. Même si ses actes ont dépassé ses sentiments, Haley t’aime de tout son cœur. Elle croit encore en votre amour, comme nous tous d’ailleurs…
Nathan : Si vous saviez comme j’ai eu peur de la perdre. J’ai ressenti la même chose le jour de …
Il s’interrompt car une larme a perlé au coin de l’œil de Karen, qui songe encore à la mort de Keith. Lucas décide pourtant d’achever la phrase.
Lucas (durement) : Le jour de la fusillade au lycée…
Nathan (désolé) : Ouais…
Lucas : Et pourtant, cette fois là, tu as réagis instinctivement, sans hésiter. Tu t’es précipité dans l’établissement pour retrouver Haley, contrairement à ce soir…
Le beau brun baisse piteusement la tête, son regard outremer se rive au sol et la honte l’envahit. Il souhaiterait que son frère cesse de le torturer ainsi, mais Lucas juge bon de le lui exposer la gravité de la situation
.
Lucas : Le cas était aujourd’hui beaucoup plus critique. Il y a quelques mois, Jimmy Edwards n’en voulait pas personnellement à ta femme, contrairement à ce soir… Les conséquences auraient pu être désastreuses pour Haley !
Nathan : Qu’est-ce que tu racontes ?
Lucas : Ce n’est pas à moi de t’en parler. Tu en discuteras avec ta femme lorsque le temps sera venu et surtout lorsqu’elle aura retrouvé confiance en toi. Crois-moi, ce n’est pas gagné… En attendant, si je peux te donner un conseil : ne la laisse surtout plus se promener toute seule en ville et encore moins dans le noir. 
 Le jeune Scott repense à ce que Brooke a refusé de lui avouer quelques heures auparavant et se questionne sur les secrets de la petite intello. Toutes ces allusions lui mettent pourtant une puce à l’oreille et il remarque que chaque membre de la communauté paraît inquiet : il suivra à la lettre les conseils de son frère, il s’agit d’une promesse qu’il se doit de tenir !
Lucas : Je vais veiller sur elle cette nuit, ne t’inquiète pas. En revanche, tu ferais mieux de rentrer et de te coucher, la soirée a été riche en émotions…

Nathan : OK !

Il dépose un baiser furtif, mais empli d’amour, sur la joue de sa femme et la contemple une dernière fois avant de se lever. Remerciant Karen et le beau blond pour leur aide, il s’éclipse et rejoint l’appartement. Sans Haley, le lit semble grand et froid et il s’étend sur le dos, les yeux rivés au plafond.

sakura  (20.07.2006 à 01:15)
Le lendemain, la jolie blonde s’éveille, toujours étendue sur le canapé et roulée en boule sous une couverture polaire. Elle ne reconnaît pas l’environnement en ouvrant les yeux et se demande si elle n’est pas encore en train de rêver. Les paupières lourdes, les membres endoloris et la vision floue, elle appelle doucement son protecteur : « Nathan ? » Des pas s’approchent de son corps mais elle n’identifie pas la démarche traînante de son mari. Epuisée, elle décide d’ouvrir à nouveau les yeux et une silhouette brune en tablier se dessine dans le salon.
Haley : Karen ?
Karen : Bonjour la marmotte, comment te sens-tu ?
Haley : Euh… J’ai l’impression de nager dans le brouillard, à part ça… Qu’est ce que…
Elle ne prend pas le temps de finir sa question car déjà les souvenirs de la veille l’assaillent, elle comprend brusquement qu’elle a passé la nuit chez Lucas, sans les bras rassurants de son mari atour d’elle. Elle s’assied sur la canapé et la couverture retombe : la jeune femme frissonne quelques instants. La mère de Lucas lui tend alors une large veste de survêtement verte et noire qu’Haley reconnaît immédiatement.
Haley : Mais ? C’est la veste de Nathan !
Karen : Oui, il l’a apportée ce matin en même temps que tes affaires…
Haley : Ce matin ? Mais quelle heure est-il ?
Karen : Un peu plus de 14 heures.
Haley (se précipitant vers le sac qu’elle a aperçu au bout du canapé) : Quoi ? C’est une blague ? J’ai loupé une matinée de cours en dormant ?
Karen
(calme et souriante) : Oui, on peut dire que tu as fait un sacré somme, mais tu en avais grand besoin. Ne t’inquiète pas pour ton absence, je la justifierai auprès du proviseur. Le médecin a de plus été averti de ton état et appuiera mon argumentation au lycée. Il te faudra cependant le consulter dans les jours à venir…
Haley (en se rasseyant, soulagée) : Merci Karen ! (elle enfile la veste de son mari et hume son odeur)
Karen (attendrie par ce geste) : Nathan m’a dit de te la donner au réveil, il m’a assuré que tu en aurais besoin. Je constate avec joie qu’il avait raison.
Haley : Il n’était pas trop inquiet ?
Karen : Hier, si ! Si tu avais vu l’état dans lequel il se trouvait lorsqu’il a débarqué à la maison. Le pauvre… (La jolie blonde baisse piteusement la tête en l’imaginant) Il a eu du mal à accepter que tu passes la nuit ici sans lui, mais il est tout de même reparti. Il est repassé ce matin afin de te déposer des affaires et de s’assurer que tu étais entre de bonnes mains, mais tu dormais toujours…
Haley
 (brusquement inquiète) : Lui as-tu fait par de notre discussion d’hier soir ?
Karen
 : Non, mais je crois que tu devrais lui avouer tes problèmes. Il semblait si désespéré et perdu hier soir… Je suis persuadée qu’il t’écoutera et qu’il prendra tes réflexions en compte.
Haley (grimaçant) : Je n’en suis pas si sûre…
Karen : Il a été plus secoué que tu ne veux bien l’admettre.
 La jeune femme soupire et détourne la tête. Son regard se pose alors sur ses affaires au pied du canapé et elle remarque que Nathan a également apporté sa guitare. Ce geste plein d’attention la fait sourire : « Il s’est souvenu que je devais rendre ma maquette aujourd’hui… ». Elle se le représente parfaitement : debout dans le fond du salon, ses yeux outremers rivés sur elle, les lèvres pincées, le front plissé et l’air inquiet qui l’a toujours fait fondre.
Karen : Ecoute, Haley, tout le monde a cru que ton mari ne s’en remettrait pas lorsque tu es partie en tournée. Il a frôlé la mort simplement parce qu’il ne pouvait vivre sans toi alors je pense que si tu dois prendre quotidiennement des risques, le moindre des respects serait de lui en faire part.
Haley : Je sais…
Elle prend brusquement conscience de tout l’amour que le beau brun lui porte, de l’intensité de ce sentiment grâce auquel il pourrait déplacer des montagnes ; elle réalise que jamais elle ne pourra trouver un homme qui lui corresponde mieux que lui. Elle est certaine qu’il tient à elle plus que tout au monde et qu’il ne la trompera pas, mais une petite voix dans sa tête lui souffle le nom de Brenda. Elle tente de l’étouffer, mais sa crainte résiste. « Maudite basketteuse ! Pourquoi possèdes-tu tant de points communs avec mon mari ? » Elle soupire de nouveau et se résigne : elle ne souhaite que son bonheur et comprend qu’il serait peut être plus heureux aux côtés de la joueuse, elle qui sait si bien apprécier son talent et ses qualités. « Si je l’aime vraiment, je dois le laisser choisir et ne plus m’interposer entre Brenda et lui, je ne dois pas l’empêcher de s’épanouir, même dans les bras d’une autre. » Un véritable combat s’engage dans son esprit lorsque le souvenir de Peyton lui revient (il était temps que tu commences à te battre pour ton mari). Haley se sourit à elle-même en songeant au jeu de l’homme de rêve, jeu au cours duquel la jeune Sawyer avait menacé de choisir Nathan. Sa résolution est brusquement prise : « Après tout, Chris et moi avions également pas mal de points communs et pourtant je suis revenue auprès de celui que j’aime, abandonnant la tournée et l’accomplissement de mon rêve. Nathan est assez mûr pour faire son choix tout seul, mais il ne se tournera pas vers moi si je ne lui prouve pas mes sentiments ! ».
Haley (résignée) : OK, je vais aller lui parler !
Karen : Voilà une sage décision. A présent, si tu allais prendre une douche afin de te débarrasser de cette odeur de jeune femme malheureuse !
Haley : Dois-je en conclure que je sens mauvais ?
Les 2 femmes éclatent de rire et madame Scott se lèvre, plie la couverture qu’elle repose sur le canapé avant de se diriger vers la salle de bain. Elle s’arrête pourtant et se retourne pour observer son hôtesse.
Haley : Merci pour tout Karen ! 

Dans le gymnase du lycée, Nathan lance la balle qui atterrit directement dans le panier. Son estomac est noué et il ne peut rien avaler durant la pose déjeuner. Il soupire longuement et se retourne pour apercevoir Lucas qui semble l’observer depuis quelques minutes.
Lucas : Tu me passes la balle ?
Nathan (serrant le ballon contre son flanc et contrefaisant la moue) : Je ne sais pas si c’est très prudent…
Lucas : Ne sois pas stupide, mon cœur ne s’arrêtera pas si je lance une balle dans un panier. Et ce n’est pas une cardiomyopathie qui m’empêchera d’avoir une discussion avec mon frère en marquant des points.
Le beau brun semble convaincu : il envoie la ballon à son frère qui le réceptionne, tire, et marque.
Nathan (récupérant la balle) : Je vois que tu n’as rien perdu de ta précision. Alors ? (il marque à son tour un panier à 3 points tandis que son frère se place sous le panneau) De quoi voulais-tu me parler ?
Lucas : Rien d’important, j’avais envie de savoir comment tu te sentais.
Nathan : Pas très bien. J’aimerais tellement voir Haley…
Lucas : Tu l’as vue depuis moins de 5 heures et tu t’inquiètes déjà pour elle, c’est impressionnant. D’ailleurs, je suis étonné qu’elle ne se soit pas réveillée après notre petite dispute d’hier et le bruit que tu as fait ce matin.
Nathan : Moi, ça ne me surprend pas ! Haley a toujours eu le sommeil lourd. Mon cellulaire a sonné de nombreuses fois à côté d’elle sans qu’elle ne s’éveille !
Le beau blond lance le ballon qui atterrit de nouveau dans le panier et laisse son frère le récupérer.
Lucas : Quand te résigneras-tu à me donner le motif de votre dispute d’hier soir ?
Nathan : Peut être lorsque tu m’auras renseigné sur ce que tout le monde refuse de m’avouer… (Lucas demeure de marbre et le grand brun constate qu’il ne tirera rien de lui) En réalité, cela fait plusieurs jours que tout n’est pas rose entre elle et moi. Elle semble totalement surmenée et je suis incapable de lui venir en aide. Elle agit étrangement, elle se bat dans les couloirs, me répond sarcastiquement à la moindre occasion. Je ne sais même pas ce qu’elle fait de ses journées, je ne la vois presque plus ! Elle rentre tard le soir sans prévenir, a toujours l’air sur ses gardes et elle ne dort même plus avec moi, elle passe ses nuits à travailler ! Cela fait presque une semaine que nous n’avons pas…
Lucas : Stop ! Je ne veux pas entendre parler de tes ébats avec ma meilleure amie. Rien que l’imaginer nue me… (il grimace horriblement)
Nathan (taquin) : Et pourtant tu as tort, elle est très jolie…
Lucas : Ca suffit ! (revenant au sujet initial) Bon, ta femme semble distante en ce moment mais c’est sans doute à toi de faire fondre la glace.

Le jeune marié paraît intérioriser ces sages paroles, mais sa réflexion est interrompue par un cri strident provenant de l’extérieur du gymnase.


 Brooke (au dehors) : Si je t’attrape, petite garce, tu auras affaire à moi ! Je vais t’apprendre à rependre des infamies de la sorte !

Les deux garçons ne peuvent retenir leur rire en reconnaissant cette voix et passe la tête dans le couloir. La capitaine des pom pom girls semble poursuivre une personne bien plus rapide qu’elle et ne cesse de vociférer.
Brooke : Reviens ici que je te colle ma main dans la figure !
Elle s’interrompt en apercevant les sourires des garçons et arrête sa course juste devant eux.
Nathan : Un problème, Brooke ?
Brooke (essoufflée et visiblement confuse) : Non, non, tout va bien, je gère la situation ! (elle réalise soudainement que sa proie a eu le temps de la distancer et hurle aux couloirs) Tu n’es qu’une lâche et tu vas te hâter de faire reculer cette rumeur si tu ne veux pas que j’abîme ton joli petit minois !
Elle repart alors en courant, sous le regard médusé mais pourtant amusé des 2 frères qui décident de revenir sur le terrain.
Nathan : Tu crois que je pourrais passer  voir Haley après les cours ?
Lucas : Bien sûr ! C’est ta femme après tout ! Et puis je doute que ma mère accepte de la laisser repartir si tu ne te trouves pas auprès d’elle.
Le jeune marié fronce les sourcils face à cette nouvelle allusion qu’il ne saisit pas.
 
 Dans le salon, Haley s’assoit sur le canapé : ses cheveux mouillés alourdissent agréablement son crâne tandis que le parfum imprégné dans la veste de son mari effleure ses narines. Rêveuse, elle ouvre son étui à guitare et y découvre, enchâssée entre 2 cordes, une enveloppe à son nom. Son sourire s’élargit lorsqu’elle reconnaît l’écriture de l’homme de sa vie. « Je t’ai dit que je te protègerai et que je serai toujours là pour toi… Appelle moi si tu as besoin de quoi que ce soit. Je t’aime, Nathan. » Une larme dévale sur sa joue : il pense toujours à elle et malgré la gifle de la veille, ses sentiments demeurent les mêmes. Une pointe de soulagement étreint son cœur et elle repense avec nostalgie au billet enfermé dans une petite boîte de révision qu’ elle lui avait remise un an auparavant. Ce temps lui paraissait si loin…
Karen (entrant à ce moment là) : Oh, pardonne moi, je ne voulais pas te déranger !
Haley (l’étui de guitare encore sur les genoux) : Non, c’est juste que… (elle lui tend la carte et sans la lire, madame Roe comprend)
Karen : Ah, d’accord… Si tu as besoin d’un endroit tranquille pour méditer ou pour composer, tu peux utiliser la chambre de Lucas. Je suis certaine que dans quelques années, il pourra se vanter et annoncer à tout le monde qu’Haley James Scott a écrit son œuvre la plus célèbre en étant assise sur son lit.
Haley (avec un faible sourire) : En réalité, je préfèrerais rester ici, dans le salon. Enfin, si ça ne te dérange pas et si tu n’as pas peur d’entendre le même morceau tout l’après midi…
Karen : Non, je commence à être habituée. Cependant, prend garde de ne pas briser les carreaux de ta voix si fausse.
La jolie blonde feint la colère puis éclate de rire. Son hôtesse semble partagée entre 2 sentiments : la satisfaction de la voir aussi joyeuse et la surprise de pouvoir l’entendre composer. Tout comme Nathan, elle sait en effet que la jeune hanteuse a horreur de présenter une œuvre inachevée…
Haley : Ne t’inquiète pas, ton supplice ne devrait pas s’éterniser. Il ne me reste en effet qu’un couplet à écrire et quelques retouches à apporter à mon refrain. Mais avant…Elle plonge la main dans son sac… 
 
             Au lycée, le troisième cours de l’après midi a débuté. Le téléphone de Nathan vibre et celui-ci se précipite sur son sac à dos pour découvrir qu’un message lui a été envoyé : « Tout ce dont j’ai besoin, c’est que tu me prennes dans tes bras et que tu me serres contre toi. Haley » Il sourit et lève les yeux au ciel d’un air rêveur.
Lucas (à la table derrière son frère) : De qui vient le message ?
Nathan : Haley… Il faut que je sorte de cours tout de suite !
Lucas : Pourquoi ? Elle a un problème ?
Nathan : Non, mais j’ai envie de la voir, de lui dire à quel point je tiens à elle, de…
Lucas : En attendant, tu ne sortiras pas d’ici car je ne suis pas certain qu’elle approuverait que tu sèches pour la rejoindre… (il plisse les yeux en réfléchissant) Même si vous l’avez déjà fait…
Nathan : Elle a besoin de moi !
Prof (les interrompant) : Scott et Scott, vous pourriez sans doute faire bénéficier la classe de votre conversation…
Elle aperçoit alors le portable ouvert dans la main du beau brun et lui confisque avec une jouissance affichée. Dépité, Nathan tente de protester tandis que Brenda lui lance un regard amusé.

 
            En fin d’après midi dans la maison de Karen, Haley s’expatrie du canapé et s’étire.
Haley (moralement épuisée) : La musique est prête, les paroles sont écrites, il ne reste plus qu’à tout enregistrer. Heureusement qu’une partie se trouve déjà au studio !
Karen (fière d’elle en observant les partitions griffonnées) : Ta chanson parle d’elle-même, tes sentiments semblent mis à nus, c’est magnifique. Tu as vraiment beaucoup de talent.
La jolie blonde sourit, la remercie du compliment et lui propose de lui jouer une dernière fois la totalité de son œuvre. Elle saisit sa guitare et va pour se rasseoir sur le canapé lorsque la porte claque : les frères Scott font irruption dans le salon. La jeune femme s’immobilise en fixant son mari ; ce dernier en fait de même, la dévisage totalement et constate avec joie qu’une partie de ses cernes ont disparu. Son visage paraît plus gai, plus serein et la tension qui caractérisait son corps depuis quelques jours semble s’être évanouie. Il accourt finalement tandis qu’elle abandonne son instrument contre le canapé et la prend dans ses bras. Leur étreinte se resserre et Haley, frissonnant de bonheur, laisse sa tête se poser sur le torse de Nathan. Heureux de la retrouver, ce dernier la presse contre son corps, comme si elle pouvait se fondre en lui afin qu’il la protège toujours… Toujours et éternellement… Nul mot, nul regard n’est nécessaire pour qu’il comprenne à quel point ils tiennent l’un à l’autre et le baiser qu’ils échangent s’intensifie.Avec un sourire amusé, Lucas les interrompt en se raclant ostensiblement la gorge alors que Karen tente de dissimuler son air moqueur.
Lucas (à sa meilleure amie) : Content de voir que tu vas mieux.
Haley : C’est grâce à ta mère ! Merci à tous les 2 !
Nathan dépose un baiser sur le front de sa femme avant de présenter à son tour sa gratitude.
Lucas : En tout cas, je t’ai pris les cours et les devoirs parce que si tu comptais sur cet énergumène… Il n’a pas été capable d’écrire un mot de la journée !
Nathan (vexé) : Inutile de te moquer !
Haley : Merci Lucas de t’occuper de mon avenir scolaire ! Au fait, que signifie cette histoire de portable confisqué ?
La jeune femme a en effet reçu dans l’après midi un message de son meilleur ami : « Nathan ne peut pas répondre, il vient de se faire confisquer son téléphone, mais il me charge de te dire qu’il t’aime. Remet toi bien ! » Le beau brun s’apprête à élucider la question lorsqu’il aperçoit la guitare de sa femme appuyée sur le canapé.
Nathan : Tu as réussi à achever ta chanson ?
Haley : Oui, grâce à toi (elle lui dépose un baiser affectueux sur les lèvres) A présent, je dois passer au studio pour enregistrer le dernier couplet et les modifications du refrain !
Nathan : Si tu es d’accord, je t’accompagne…
Lucas à son frère un regard satisfait : il semble enfin comprendre que sa femme se trouve certainement en danger et s’emploie à la protéger en permanence. De son côté, Haley paraît surprise de cette proposition et n’y voit aucune objection. Elle préfère toutefois mettre en garde le jeune basketteur.
Haley : L’enregistrement peut durer des heures et tu risques de passer beaucoup de temps à m’attendre.
Nathan : Dans ce cas là, autant partir tout de suite. Et ne t’inquiète pas pour moi, je réviserais si tu t’éternises… 

Au studio, le beau brun ne peut s’empêcher d’observer sa femme derrière la vitre : un énorme casque noir sur les oreilles et les cheveux noués en bataille par un élastique, elle déploie sa magnifique voix face au micro. Ses yeux clos et son sourire satisfait accentuent son air heureux et détaché : lorsqu’elle chante, elle paraît presque dans un autre monde, un monde où elle peut livrer ses sentiments sans en craindre les conséquences, un monde dénué de tout synonyme de malheur. Après tout, lors du retour à la réalité, elle peut prétexter qu’il ne s’agit que d’une chanson… Nathan sait pourtant que chacune des paroles a un sens, q’elle est extraite de l’âme et des pensées les plus intimes de la jolie blonde, c’est pourquoi il est surpris d’apprendre le titre de cette nouvelle composition : Don’t Touch Him (en français : ne le touche pas !) Il réalise à ce moment la puissance des craintes de Haley et se promet qu’il ne la laissera plus jamais si démunie. Il songe de nouveau à Chris Keller et admet que cet odieux chanteur est à l’origine de cet évolution si parfaite ; sans ce briseur de couples, la jolie blonde ne se serait jamais ainsi libérée de la sorte à travers la musique, elle n’aurait pas été la même… Nathan soupire en pensant que sa femme a interrompu sa tournée pour revenir auprès de lui et se dit brusquement qu’il ne mérite pas un tel privilège.

            Haley ressort finalement de la salle d’enregistrement, quelques gouttes de sueur perlant sur son front. Le jeune homme semble songeur, les yeux dans le vague et un cahier ouvert sur la table. Elle alors ses épaules par derrière avant de lui déposer un baiser affectueux sur la joue.
Haley : A qui tu penses ?
Nathan : A toi !
Haley : Je n’ai pas été trop longue ?
Nathan : Non, tu sais à quel point j’aime t’écouter chanter, n’oublie pas que je suis ton premier fan ! Mais j’avoue commencer à connaître le dernier couplet par cœur et il était grand temps que tu t’arrêtes ! Enfin… J’ai eu ce fichu devoir de maths pour me tenir compagnie !
La jeune femme jette un œil sur le cahier ouvert et grimace.
Haley : Il y a encore quelques fautes dans tes intégrales.
Nathan : Peut être, mais c’est le prof qui les corrigera… (il lui lance un regard charmeur et l’installe sur ses genoux) Parce que ma tutrice n’en aura pas le temps !
Haley 
(entrant dans son jeu) : Vraiment ?
Nathan : Oui, elle est occupée avec son mari ce soir…
Haley : Mais peut être que ta tutrice a elle aussi des devoirs à faire…
Nathan (entrecoupant ses paroles de baisers) : Dans ce cas… Je l’empêcherai de jouer les jeunes filles modèles afin qu’elle puisse passer un peu de bon temps…
Haley
 : Et tu crois vraiment y parvenir ?
Nathan : Tu paries ?
Leurs lèvres s’attirent irrésistiblement et le baiser qu’ils échangent s’intensifie. Leur bouche s’entremêle et il la serre contre lui afin qu’elle ne parte plus jamais. La proximité de leur corps les rassure et ils se laissent aller à la force de leurs sentiments…

sakura  (20.07.2006 à 01:41)
Dans la chambre commune des jeunes mariés, le réveil sonne et Haley tend le bras afin de l’éteindre au plus vite. Sa tête retombe alors lourdement sur son oreiller tandis que Nathan se retourne pour passer un bras autour de son corps. Elle se blottit contre lui et il hume son odeur avant de se retourner et de lui faire face. Les yeux du jeune homme demeurent clos mais un sourire se dessine sur ses lèvres et Haley l’embrasse doucement. Le baiser s’intensifie pourtant et le beau brun prend sa femme dans ses bras, la faisant rouler sur lui.
Haley : Nathan… (elle est interrompue par un bisou) Tu sais que je dois me lever.
Nathan : Tu ne veux pas repousser ton cours et rester avec moi ? Je n’ai pas envie que tu partes…
Haley : Moi non plus je n’en ai pas envie, mais c’est le dernier cours de tutorat que je donne, je te l’ai promis hier soir.
Nathan (les yeux à demi ouverts et souriant) Je crois que tu as bien lavé l’affront de ta tricherie à l’examen de physique.
Haley : Wahou ! Tu te souviens encore de la raison pour laquelle j’ai commencé à donner des cours ?
Nathan : Je me rappelle chaque instant passé avec toi ! Et si tu veux que cette journée ait une petite place dans ma mémoire, reste encore quelques minutes contre moi.
La jolie blonde cède et pose sa tête sur le torse de son mari. Il l’encercle alors de ses bras puissants et lui dépose un baiser coutumier sur le front.
 Tout comme l’humeur de Haley, le soleil rayonne à Tree Hill et la jeune fille traverse avec allégresse la cour du lycée : son contrat avec Beverly étant rempli, elle ne s’occupera plus jamais du tutorat, n’a actuellement pas de chanson à écrire sous la contrainte, a passé une merveilleuse nuit dans les bras de son mari. Que demander de plus après une période si difficile ? Sa joie s’estompe cependant lorsqu’elle aperçoit Brenda qui entre dans le lycée. « Ce n’est pas possible, elle est encore là ? » Elle s’immobilise en entendant un groupe de filles pouffer de rire derrière elle et se retourne : les adolescentes ne cessent de l’observer en s’esclaffant. Consciente qu’un évènement a dû se produire durant son absence, elle feint l’ignorance et franchit à son tour les portes de l’établissement. Dans le couloir, la situation ne semble guère s’arranger, les élèves lui jettent en effet des coups d’œil en cachette et elle sent peser sur elle des regards lourds. Un jeune garçon manque même de lâcher ses livres en l’apercevant. Malgré tous ces signes avant coureurs, Haley continue pourtant d’avancer, subissant sans comprendre des gloussements derrière son dos. Elle ouvre finalement son casier avec méfiance, se demandant si des grenouilles ou autres immondices globuleux ne vont pas lui bondir dessus. Elle constate avec soulagement qu’aucun animal n’a élu domicile parmi ses affaires scolaires, mais que 3 lettres (2 blanches et une rose) se sont insérées parmi ses cahiers. Elle hésite quelques instants : « J’aurais de nouveau l’air maligne s’il s’agit d’une autre blague de cette basketteuse ! » puis se reprend : « Après tout, je ne peux pas paraître plus ridicule qu’actuellement et je ne vais pas me méfier de tout ce qui m’entoure seulement à cause de cette garce ! » Jetant un coup d’œil discret aux lycéens qui la dévisagent encore, elle ouvre la première lettre blanche. Celle-ci contient une lettre aux motifs dorés et rependant alentours une odeur suave. La jolie blonde ne reconnaît pas l’écriture en lettres majuscules parsemées de lettrines et rosit en découvrant son contenu : « Douce Haley, j’aurais tant aimé ne pas savoir écrire afin que tu m’apprennes les mots que je devrais te dire. Ton charme enivrant s’est emparé de mon cœur et ton intelligence de mon esprit. Je ne rêve que de toi chaque nuit et je tremble en pensant que ces songes pourraient un jour se transformer en réalité. » Elle range rapidement cette déclaration dans son casier, dissimule sa surprise et entreprend d’ouvrir la lettre rose qui ne contient qu’un numéro de téléphone et un Post-Scriptum : « Je suis à 2 rangs derrière toi en cours de littérature, appelle moi si tu es intéressée ! Jason ». De plus en plus surprise, Haley range ce mot et choisit de ne pas lire le dernier, certaine qu’il s’agit d’une nouvelle proposition. Elle ferme alors brutalement la porte de son casier et part en quête d’un visage amical parmi la foule d’adolescents moqueurs qui déferlent dans l’établissement.
 
 Dans son empressement, elle heurte un élève et la plupart de ses livres viennent s’écraser lourdement sur le sol. Tandis qu’elle s’empresse de les ramasser, elle relève la tête afin de présenter ses excuses à la personne bousculée, mais son regard tombe sur la silhouette longiligne de Brenda.
Brenda : Tiens, tiens, on dirait que ta journée de repos ne t’a pas rendue moins fragile !
Haley (en colère) : Ca suffit ! En quoi consiste ta nouvelle blague cette fois ? 
Brenda : Tu es toujours aussi agressive le matin ?
Haley : Non, mais je commence à me lasser de tes gamineries. Alors tu vas te hâter de m’expliquer la présence de ces lettres dans mon casier.
Brenda (d’un ton faussement innocent) : Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles.
Haley : Ne te moques pas de moi, je sais que tu te trouves derrière tout ça et je n’ai pas l’intention de me laisser faire !
Brenda : Vraiment ? Et qui viendra te réconforter une fois que j’aurai abîmé ton visage de star ratée ? Tes amies pom pom girls ? A moins qu’elles ne soient déjà occupées à te dénicher un autre protecteur…
Haley : Qu’est ce que tu racontes ?
En guise de réponse, la jolie basketteuse hausse les épaules, émet un sourire narquois et s’éloigne en affichant un air hautement satisfait. Madame Scott, de son côté, demeure coîte de stupeur et d’incompréhension. Qu’a voulu dire son ennemie ? A qui faisait-elle allusion dans les termes de protecteur ? Son esprit s’éclaire brusquement et la colère prend le pas sur la surprise.
Haley (pour elle-même) : Si j’ai raison, tout se tient… Les lettres d’amours, les moqueries…
Elle aperçoit brusquement Beverly à l’autre bout de couloir et s’empresse de la rejoindre et de l’entraîner de force vers les toilettes.
Haley : Tu n’aurais pas omis de me faire part de quelques chose ce matin, durant notre cours ?
Beverly (intimidée) : Non… Non, je ne crois pas…
Haley : Rien n’a changé depuis mon absence d’hier ? Personne ne t’a posé de question ou raconté certaines sornettes à mon sujet ?
La jeune lycéenne tremble de peur et son ancienne tutrice semble désolée de la soumettre à un pareil interrogatoire. Haley sait en effet qu’il est injuste de la harceler ainsi, mais son élève est la première tête qu’elle a reconnue dans le couloir et elle a besoin de réponses.
Haley (insistante) : Alors ? Qu’est ce que je devrais savoir ? Quel ragot s’est propagé à mon sujet ?
Beverly : En fait, on ne m’a rien dit et on ne m’a pas questionnée. J’ai seulement entendu 2 filles en parler et j’ai pensé que cette histoire ne me regardait pas… Je ne savais pas si leurs paroles étaient fondées ni même si elles avaient de l’importance…
Elle est interrompue par la sonnerie qui retentit dans les couloirs et profite de cette occasion pour s’éclipser.
Beverly : Il faut que j’y aille !
Haley (tentant de la rattraper) : Non, attends ! Tu dois auparavant me dire…
Mais sa jeune élève est déjà sortie des toilettes. La jolie blonde sort brusquement de sa stupeur en s’apercevant qu’elle aussi doit se rendre en cours. Elle traverse les couloirs à demi vides au pas de course, mais un surveillant l’interpelle.
Surveillant : Mademoiselle James, je sais que vous êtes pressée de retrouver vos professeurs mais à cette allure, vous pourriez vous blesser !
Haley (répétant) : Mademoiselle James ?
Surveillant : Vous n’allez tout de même pas conserver l’autre nom !
Puis il s’éloigne rapidement afin d’empêcher la bagarre qui semble éclater entre 2 élèves de première. De son côté, la jeune femme sort difficilement de sa stupeur pour se rendre en salle de cours.
             En classe, Haley tente de se concentrer sur les équations chimiques proposées par le professeur, mais son esprit semble ailleurs et ses réflexions sont constamment interrompues par les regards braqués sur elle et par les rires moqueurs derrière son dos. Finalement agacée, elle fait passer à Brooke, installée 2 rangées en arrière, un petit mot manuscrit : « Qu’est ce qui se passe ici ? J’ai la sensation d’être une bête de foire et j’aimerais bien savoir où se trouve mon mari ! » La jolie brune grimace et s’empresse de répondre : « Je t’expliquerais en sortant, mais avant, j’aurais besoin de la réponse au troisième exercice ! » La petite intello sourit, se retourne pour observer sa camarade et hausse les épaules afin de lui signifier qu’elle ne peut lui venir scolairement en aide pour l’instant. Le professeur semble pourtant remarquer ce manège.
Professeur : Un problème, mademoiselle…
Il hésite quant au nom de famille à fournir et la jolie blonde décide de lui épargner cette peine.
Haley : Scott, madame Scott… Tout va bien, monsieur, inutile d’interrompre le cours…
 Pendant ce temps, dans le bureau de Withey, Nathan franchit la porte et parvient jusqu’au vieil homme chauve.
Nathan : Vous vouliez me voir coach ?
Withey : Oui mon garçon, ferme la porte derrière toi et assieds-toi.
Nathan : Mais… La sonnerie a retenti et je devrais déjà me trouver en cours…
Withey : Depuis quand la chimie t’intéresse-t-elle ?
Nathan (surpris qu’il connaisse si bien l’emploi du temps des terminales) : Depuis que notre coach a le droit de nous dispenser de jouer si nous séchons un cours !
Withey (avec un petit rire) : C’est vrai, j’avais omis ce détail. Je te fournirai une excuse pour ton absence, à présent assieds-toi !
Le jeune homme obéit mais semble soucieux : le sujet que le vieil homme abordera doit certainement être de la plus haute importance.
Withey : Est-ce que ta femme va mieux ?
Nathan : Euh… Oui, je crois…
Withey : Tu crois… Mais moi je te demande d’en être certain ! Je ne veux pas avoir à vous coller de nouveau tous les 2 afin que vous résolviez vos problèmes.
Nathan (sur la défensive) : Et pourtant ceux-ci ne regardent que nous.
Withey : Tu as sans doute raison, mais je me sentirais coupable s’il arrivait malheur à nos jeunes mariés. Après tout, vos soucis ont commencé lorsque ma nièce est arrivée alors je me questionnais…
Nathan : Brenda n’a rien à voir dans cette affaire !
Withey : Tu sembles bien sûr de toi et pourtant ce n’est pas mon cas. Je sais à quel point elle peut se montrer odieuse lorsqu’un garçon lui plaît et je ne serais pas étonnée si elle en faisait voir de toutes les couleurs à ta femme…
Le jeune homme baisse piteusement la tête en reconnaissant dans ces paroles une phrase prononcée par Haley le soir de leur dispute. Il n’arrive pourtant pas à croire que la basketteuse ait pu jouer un rôle dans le mal être de la jolie blonde.
Nathan : Et que dois-je faire ?
Withey : T’assurer qu’elle aille mieux et faire un peu plus attention à elle !
Nathan (comprenant le sous entendu) : Ou sinon ?
Withey : Sinon tu resteras sur le banc de touche durant le match amical de ce soir et ne t’inquiète pas, mon motif d’exclusion est déjà tout trouvé.
Nathan : C’est de l’abus de pouvoir !
Withey (avec un sourire amusé) : Oui, mais c’est dans l’intérêt de ton couple. (il soupire et lève les yeux au ciel en adoptant un air rêveur) Tu sais, Nathan, moi aussi à ton âge j’adorais le basket, c’est d’ailleurs encore le cas. J’y consacrais déjà tout mon temps et j’en oubliais les souffrances des autres. Cette période a duré jusqu’à la mort de ma femme. (il marque un court arrêt lui permettant de fixer tendrement une photographie posée sur son bureau) Ce n’est que lorsque les gens ont disparu que l’on s’aperçoit de ses erreurs. J’ai réalisé à ce moment que je ne savais même pas si elle avait été heureuse à mes côtés, je suppose que oui mais bon… Le fait est que comme chaque individu, elle a subi des hauts et des bas. Bien sûr, j’ai remarqué à plusieurs reprises ces quelques moments de faiblesse, mais le basket m’a aidé à les ignorer et je le regrette de tout mon cœur. Si je te raconte tout cela, c’est parce que je constate que tu fais la même chose avec Haley.
Nathan (soudainement triste) : Non, moi je fais pire : je ne l’ignore pas mais je mets les pieds dans le plat ! Haley subit pas mal de pression en ce moment mais elle semble ne pas vouloir me laisser pénétrer son monde…
Withey : Sans doute afin de t’épargner et de te laisser te concentrer sur ta carrière…
Nathan : Oui, c’est plus que probable. Mais je ne sais actuellement que faire pour lui venir en aide.
Withey : Commence donc pas faire taire cette satanée rumeur avant qu’elle n’atteigne les oreilles de ta femme !
Nathan (surpris) : Quelle rumeur ?
  La sonnerie annonçant la fin du cours retentit et Haley demeure quelques instants dans la salle afin de discuter tranquillement avec sa meilleure amie. Une élève quelque peu vulgaire prénommée Linda l’aborde pourtant avant la capitaine des pom pom girls qui se rapproche de la porte parmi les lycéens.
Linda : Tu es Haley, n’est-ce pas ?

La jolie blonde approuve par un hochement de tête peu convaincu.

Linda (visiblement gênée) : Voilà… Euh… J’ai besoin de quelques conseils…
Haley (rangeant ses affaires afin de rejoindre Brooke qui l’attend sur le pas de la porte) : Désolée, je ne m’occupe plus du tutorat mais tu peux toujours aller au centre !
Linda : Oui… Enfin, non… Ca n’a rien à voir avec les cours que tu donnes. Je voulais juste te demander quelques renseignements à propos de Nathan…
Surprise, la jolie blonde fronce les sourcils et se demande jusqu’où la plaisanterie de Brenda s’est étendue.
Linda : Tu pourrais peut être m’éclairer sur ses goûts, ce qu’il aime et ce que je devrais éviter… Je suis désolée de t’interroger sur ces détails, j’imagine que à quel point cette situation doit être difficile à vivre mais comme vous n’êtes actuellement…
Brooke (l’interrompant en pénétrant cette fois en trombe dans la classe) : Linda ! (elle émet un sourire un peu trop grand) Je dois parler à madame Scott alors si tu pouvais sortir quelques minutes…
Linda : J’étais là la première et si l’un des frères ne t’a pas convenu, tu peux laisser le second aux autres filles !
Brooke (soudainement menaçante) : Cesse donc de raconter des sottises et sors de cette classe !
Malgré les protestations de la lycéenne, la jolie brune la prend par les épaules, la pousse jusqu’au couloir et referme la porte derrière elle. Lorsqu’elle se retourne, les yeux de Haley semblent toujours en dehors de leur orbite sous l’effet de la stupeur.
Brooke : Je sais que tu es en colère alors tu vas déjà commencer par te calmer !
Haley : Me calmer ? Tu te moques de moi ? Linda vient de me demander des conseils pour mieux aborder mon mari !
Brooke (riant à moitié) : Quel culot !
Haley : Ce n’est rien de le dire ! Je l’aurais bien giflée si je ne me doutais pas de ce qui se trame dans ce fichu lycée !
Brooke (tentant de la rassurer par des gestes de main) : Ne t’inquiète pas, il n’y a rien d’irrémédiable !
Haley : J’aimerais tout de même bien connaître les mots de cette rumeur !
Brooke (gênée) : Ah… Tu as déjà compris qu’il s’agissait d’un bruit de couloir, au moins je n’aurais pas à te l’expliquer… (elle se triture les doigts et semble chercher ses mots)
Haley : Je m’attends au pire !
Brooke : Hier, tout le monde croyait que tu étais trop déprimée pour te rendre au lycée, j’ai même entendu quelques filles parler de tentative de suicide, alors… (elle sait qu’elle s’égare et revient à son sujet initial) Enfin bref, selon la rumeur, tu te serais trouvée anéantie par ta rupture avec ton mari.
Haley (comprenant que son idée était fondée) : Tu plaisantes ?
Son amie émet un signe de tête négatif avant de grimacer.
Brooke : Je suis vraiment désolée. J’avais bien une petite idée de l’autre de cette immondice… Mais… Brenda courait trop vite et je n’ai pas réussi à la rattraper dans les couloirs du gymnase. Je suis une danseuse, moi, pas une athlète ! En plus, j’ai été interrompue par Nathan et Lucas qui…
Haley : Parce que mon mari est de mèche dans cette histoire ? Il est au courant de cette rumeur et n’a rien fait pour la démanteler ? Je vais le tuer ! Dire qu’il est venu me chercher la bouche en cœur chez Karen et qu’il s’est montré plus qu’attentif toute la soirée ! J’aurais dû me douter qu’il cherchait à me dissimuler un fait important !
Brooke : Non, il ne sait rien !
Haley : Tu te moques de moi ? Tu penses vraiment qu’il n’a pas remarqué le groupe de minettes qui doivent actuellement graviter autour de lui ? Je parie qu’une grande partie de la gent féminine de cet établissement n’attendait que cette rupture !
Brooke : Tu ne crois pas que tu exagères ? Ton mari a beau être plus que sexy, particulièrement lorsqu’il s’entraîne sans tee-shirt (Haley lui lance un regard réprobateur), mais il n’est pas non plus le coup du siècle !
Haley (soudainement inquiète) : Tu ne me cacherais pas un élément de votre passé commun par hasard ?
Brooke (écoeurée) : Beurk, non ! Que vas-tu encore t’imaginer, le regarder me suffit amplement et vous êtes si mignons tous les deux que cette idée ne m’aurait même pas effleuré l’esprit… Mais on s’éloigne du sujet initial là !
Haley : Il n’y a plus grand-chose à en dire ! Il me reste seulement à trouver mon mari afin de lui expliquer ma façon de penser !
Elle sort en trombe sur ces mots, sans laisser à sa meilleure amie le temps de prendre à nouveau la défense du beau brun.   Elle arpente alors prestement les couloirs, la tête haute, l’air résolu et le pas décidé. Elle bouscule au passage quelques élèves qui semblent souhaiter lui barrer la route en gloussant et décide de ne pas prendre garde aux chuchotements qui s’intensifient dans son dos. Lorsque enfin elle aperçoit son mari, celui-ci ouvre son casier et se fait ensevelir sous quelques dizaines de lettres qui en tombent.
Nathan (pour lui-même) : Haley va me tuer !
Haley : Tu ne crois pas si bien dire !
Le jeune homme se retourne et remarque sa femme postée juste derrière lui, les poings sur les hanches, les lèvres pincées et les sourcils froncés.
Nathan (sur le ton de la plaisanterie) : Ouvre ton casier, tu en auras certainement autant…
Il regrette immédiatement ses paroles : il connaît la fragilité actuelle de la jolie blonde et ne lui facilite pas la tâche en adoptant pareil comportement désinvolte. Il comprend que la situation n’a rien de risible et qu’il vient d’accroître le flot de bile qu’Haley s’apprête à déverser sur lui. Avec une étonnante maîtrise, la jeune femme s’exécute d’un geste ferme et tire de son casier 6 lettres multicolores qu’elle brandit sous le nez de son mari.
Haley (ironiquement) : En plus des 3 de ce matin, ça fait 9 déclarations en quelques heures. Même s’il s’agit pour moi d’un exploit, je n’ai apparemment pas autant de succès que toi… Il faut croire qu’être la star des Ravens te réussit ! Essaie donc de ne pas prendre la grosse tête après cet incident et de te trouver une nouvelle copine parmi tes prétendantes !
Nathan semble blessé mais se reprend aussitôt tandis qu’elle claque la porte de son casier avant de s’éloigner. Il la rattrape pourtant par la taille et l’attire contre lui avant de l’embrasser. Le baiser s’éternise, comme pour démentir la rumeur dont ils sont victimes ; la passion qui en résulte naît d’un excès d’amour et de colère.  La totalité des élèves présents dans le couloir retient son souffle et un silence à la fois pesant et admiratif s’installe. La jeune femme interrompt pourtant cet instant de bonheur d’un geste brusque.
Haley : Si tu espères t’en tirer ainsi…
Elle ne peut achever sa phrase car Nathan l’embrasse à nouveau et elle se laisse aller à cette étreinte passionnée, sans opposer la moindre résistance ; elle abandonne son corps et son âme à cette silhouette musclée qui la serre pour mieux la protéger. Le souffle des élèves est encore une fois retenu mais quelques chuchotements se frayent un chemin parmi la foule. Essoufflés, les jeunes mariés émergent et chacun fixe profondément les yeux de l’autre afin de sonder ses sentiments.
Nathan (murmurant fermement) : A présent, tu vas me donner les noms des auteurs de ces 9 lettres afin que je leur explique que je ne partagerai certainement pas ma femme.
Haley : Tu ne m’auras pas de cette manière. Je ne jouerai pas la carte de la jalousie face aux autres filles qui tournent autour de toi. Tu as voulu flatter ton ego démesuré afin de voir combien seraient prêtes à te tomber dans les bras… Tu n’as pas démenti cette rumeur donc tu en assumeras les conséquences.
Nathan : Je te jure que je n’étais pas au courant ! Toute cette mascarade a débuté ce matin et si j’avais pu t’éviter ça, je l’aurais fait. Crois-moi…
Il semble désolé et ses yeux reflètent la sincérité. Une énième fois, la jeune femme se félicite de savoir si bien lire en lui et comprend à son air de chien battu qu’elle peut lui pardonner. Elle sourit et retourne finalement dans les bras du beau brun sous les acclamations et sifflements des lycéens. Nathan la serre contre lui, comme s’il avait manqué de la perdre une fois de plus, et se penche vers son oreille.
Nathan : J’attends toujours les 9 noms !
Haley : Vraiment ?
Nathan : Oui ! Je n’ai pas l’intention de laisser d’autres garçons tourner autour de la femme que j’aime !
Haley : D’accord, je te les donnerai. Mais ne compte pas sur moi pour faire la même chose, tu as reçu bien trop de lettres et je voudrais voir comment tu te débrouilles face à une horde de fans.
Nathan : Ne t’inquiète pas, je m’arrangerai pour faire savoir à tout le monde que mon cœur est déjà pris.
La jolie blonde lui donne un baiser affectueux comme pour le remercier tandis que l’attroupement qui s’était formé autour d’eux se dissipe.

 
             Le soir du match amical était enfin arrivé. Les jeunes sportifs montent dans leur affreux bus jaune, bientôt suivis des pom pom girls, plus radieuses et souriantes que jamais. Par simple réflexe, Lucas manque de s’asseoir aux côtés de la capitaine et choisit finalement le siège de derrière. La brunette se retourne alors, le visage crispé et les traits tirés, comme s’il lui coûtait de se trouver si proche du jeune Scott.
Brooke : Tu n’aurais pas vu Haley ? L’équipe est au complet et il ne manque qu’elle !
Lucas : Non, mais si j’étais à ta place, je cesserais de m’inquiéter. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais Nathan est également absent.
Brooke (retroussant une narine) : Tu crois qu’ils sont ensembles ?
Lucas : Bien sûr, après l’incident de l’autre soir, je doute que mon petit frère laisse sa femme seule plus d’une seconde…
Brooke (pensive) : J’espère que tu ne te trompes pas…
D’atroces scénarios lui viennent en tête et elle imagine sa meilleure amie aux prises avec un homme plus grand, plus fort et plus déséquilibré… Elle voit clairement le beau brun arriver trop tard pour la secourir, du sang et des pleurs s’écouler, la tristesse regagner l’âme de chacun… Lucas paraît percevoir ces craintes car il pose machinalement la main sur l’épaule dénudée de la capitaine afin de la rassurer. Ce contact fait à Brooke l’effet d’une brûlure à la fois douce et insoutenable : elle voudrait qu’il arrête, elle voudrait qu’il continue. Troublée, elle le repousse finalement et son regard se fixe à travers la vitre sale du bus sur un groupe d’élèves venus encouragés leurs champions. Des larmes perlent au coin de ses yeux et elle sent encore l’empreinte des doigts de Lucas dans sa chaire, comme une cicatrice marquée au fer rouge, comme une blessure récente menaçant de s’ouvrir à nouveau. Son cœur et son âme saignent encore de cette rupture, mais sa raison lui souffle qu’elle a fait le bon choix. La brunette se pince alors l’épaule à plusieurs reprises pour que la douleur sensorielle prenne le pas sur ses sentiments. Assise quelques sièges en retrait, Peyton se désole en observant cette situation pathétique : pourquoi fallait-il qu’elle soit amoureuse de Lucas ? Le beau blond interrompt les rêveries des 2 filles en interpellant Withey, prouvant ainsi son inquiétude malgré ses paroles rassurantes.
Lucas : Coach ! Savez-vous où se trouvent Nathan et Haley ?
Withey : A la seconde même, non et je ne préfère pas imaginer ! (un petit rire secoue les joueurs ) Mais ne t’en fais pas, ton frère m’a prévenu qu’il arriverait en voiture avec sa femme…
Il balaye du regard la totalité du bus, comme pour en compter les occupants. Il émet finalement un sourire satisfait avant d’ordonner au conducteur de fermer les portes et de démarrer.
Withey : Vous allez à présent reprendre vos vieilles habitudes : vous taire et vous concentrer sur le match qui vous attend pendant que je choisis la musique.
Les soupirs des lycéens retentissent tandis que la voix du beau blond s’élève.
Lucas : Coach ! Est-on vraiment obligé de supporter ce calvaire ? Je veux dire, je n’ai pas le droit de jouer ce soir –comme tous les autres soirs d’ailleurs- alors je n’ai aucunement besoin de me concentrer. Laissez moi donc choisir la musique ou la station de radio pour une fois !
Withey : Bien tenté, Scott, mais ça ne marche pas ! Ta présence dans ce bus est justifiée par l’absence de ta mère. Comme elle n’a pas pu t’emmener voir le match ce soir et que nous connaissons tous ta passion pour le basket, l’équipe te prend en charge. Tu seras notre mascotte ou notre Grigri ce soir, mais certainement pas celui qui choisira la musique !
Dépité, le jeune homme accepte la fatalité et, comme la majorité des occupants du bus, sort ses écouteurs.

 
           Assise sur un banc du vestiaire, Brooke noue ses lacets avant de sentit une présence au dessus d’elle. Apeurée, elle sursaute en apercevant une Haley déjà en tenue.
Brooke : Tu n’es pas en avance, madame Scott !
Haley (le sourire aux lèvres) : Oui, je sais, mais si tu n’es pas contente, tu peux toujours t’adresser au meilleur marqueur de la saison !
Brooke : Ne me dis pas que vous avez fait l’amour avant de venir et que c’est la raison de ton retard ! Tu sais que le sexe consomme la plupart de l’énergie corporelle et que toi et ton mari, chacun de votre côté, aurez besoin de forces ce soir !
Haley (se retenant pour ne pas éclater de rire) : Ton esprit déplacé te trompe totalement ! Nathan a absolument tenu à m’emmener ici au dernier moment pour…
Brooke (achevant la phrase) : Ne te pas te laisser trop longtemps seule.
Haley : Tu lui as parlé de la filature ?
Brooke : Non, cette corvée te revient car cette histoire te concerne en premier lieu. Je suppose que tu me poses cette question parce que tu ne lui as encore rien dit.
Haley : Je ne sais pas commenta border le sujet… Et s’il se moquait de moi ?
Brooke : Cesse de ressasser cette crainte et va de l’avant ! Nathan a vraiment eu peur de te perdre l’autre soir, sans quoi il ne te collerait pas de cette façon !
Haley : Il est vrai que le petit côté protecteur qui me plaît tant en lui risque de se trouver renforcer par cette nouvelle… Je lui dirai après le match !
La brunette lève les yeux au ciel : son amie remettait toujours les décisions à plus tard !
 La voix de Micro résonne dans tous les hauts parleurs du gymnase. Assis près du terrain derrière son ordinateur, il s’emploie à commenter les quelques minutes d’avant match.
Micro : Mesdames, messieurs et chères demoiselles bonsoir ! Bienvenue dans le gymnase qui verra se dérouler dans quelques minutes un affrontement amical entre les Ravens et les Dragons. Rappelons que l’équipe de Tree Hill a jusqu’ici remporté suffisamment de victoires pour se qualifier dans le championnat d’état. Oh, mais j’aperçois les danseuses qui entrent sur le terrain afin d’encourager leur équipe ! A leur tête, la ravissante Brooke Davis suivie de Bevin, Rachel, Peyton, Haley… (il s’interrompt l’espace d’une seconde en levant les yeux au ciel puis reprend de plus belle) A propos de Haley Scott, son mari –actuel capitaine des Ravens et meilleur marqueur de la saison- m’a chargé de démentir la rumeur de leur rupture. Nos deux tourtereaux filent toujours le parfait amour et pour citer Nathan Scott : « Je lui demanderais de m’épouser une troisième fois si je le pouvais »
Un soupir mécontent retentit aux quatre coins de la salle via les hauts parleurs, soulevant quelques éclats de rire diffus.

Micro (amusé) : Gigi Sylveri mesdames et messieurs, ma co-commentatrice 

Parmi les visages des pom pom girls qui se placent sur le terrain, celui d’une jolie blonde se fend en un sourire radieux.
Haley (hurlant à la commentatrice) : Tu l’as déjà embrassé lors de la réception prénuptiale, ça devrait te suffire !
Gigi (dans le micro) : Non !
Cette fois, la foule entière de spectateurs est secouée d’un rire franc et le jeune McFaden se sent obligé de rétablir le sérieux de la situation. Malgré cette ambiance chaleureuse et conviviale, madame Scott aperçoit dans le public un visage connu, aux lèvres pincées et aux yeux plissés. Elle n’a cependant guère le temps de réfléchir car déjà la musique commence et transporté par ces notes, son corps s’articule gracieusement.

  Le coup de sifflet final retentit et les Ravens l’emportent avec 72 points, dont 53 inscrits par leur capitaine. Sur le banc de touche, Lucas se lève et accourt vers ses camarades, les bras levés et les yeux emplis d’allégresse. Tandis que les danseuses sautent en l’air et que les pompoms s’agitent de plus belle, une hola parcourt les spectateurs heureux. Soulevé par ses équipiers, Nathan cherche sa femme du regard et remarque avec satisfaction qu’elle se trouve en compagnie de Brooke. Il se laisse alors porter par l’ambiance festive et crie à son tour afin d’expulser la tension. Il sait combien le coach et fier d’eux et ce sentiment emplit son cœur d’une chaleur intense. Au milieu de ce tumulte tourbillonnant, Haley aperçoit la nièce de Withey qui dévale les gradins en trombe en direction des joueurs, son regard semble particulièrement porté sur leur capitaine.
Haley (entre ses dents) : Oh, non ! Je ne te laisserai pas approcher mon mari ma belle !
Elle s’élance alors dans sa direction, bientôt suivie de Brooke, et bouscule sur son passage tous les obstacles humains ou non qui se présentent à elle. Dans un moment d’inattention, elle heurte une spectatrice de petite taille munie d’un milk-shake et la glace rose se repend sur la totalité de son corps : ses bras et son débardeur sont à présent recouverts d’une substance gelée tandis que ses cheveux s’enduisent d’un liquide clair et visqueux. Furieuse, la jolie blonde retient sa respiration et lève les bras au ciel, les doigts crispés et la bouche ouverte.
Haley (en colère) : Non mais vous ne pourriez pas regarder où vous mettez les pieds ! Je …
Elle s’interrompt en remarquant que la personne bousculée n’est autre que Beverly, rouge et confuse.
Beverly : Je suis désolée, je ne voulais pas… Pardonne-moi s’il te plaît… Est-ce que je peux faire quoi que ce soit qui puisse te tirer d’affaire ?
Haley (après avoir poussé un bref soupir) : Non, de toute façon, ce n’est pas grave.
Son regard se porte dans la direction de Brenda et elle note avec satisfaction que Nathan repousse cette basketteuse un peu trop entreprenante. Malgré son allégresse, le beau brun semble pourtant inquiet et ses yeux balayent la salle en quête de sa femme.
Beverly : Tu devrais aller te changer ou prendre une douche…
Haley (hésitante) : Oui, tu as raison, je vais retourner dans le vestiaire des danseuses. En attendant, pourrais-tu me rendre un service ?
La jeune élève acquiesce d’un signe de tête.
Haley : Bien, alors te serait-il possible de prévenir Nathan Scott ? Tu te rappelles bien de lui, c’est le capitaine de l’équipe. Dis-lui de m’attendre et que je n’en ai pas pour longtemps !
Elle adresse un sourire de gratitude à Beverly avant de s’éloigner en tentant de dissimuler les larges traînées de glace rose qui ourlent son corps et son uniforme. Quelques secondes plus tard, Brooke parvient sur les lieux de l’incident et croise la fautive.
Brooke : Oh, bonsoir, tu es l’ancienne élève de Haley n’est-ce pas ?
Beverly : Oui !
Brooke : Et tu ne l’aurais pas vue ? Je l’ai perdue de vue il y a quelques minutes alors qu’elle tentait de rattraper cette Brenda !
La jeune fille semble partagée entre 2 sentiments et répond finalement.
Beverly : Non, je ne sais pas où elle se trouve, mais si je la croise je lui dirais que tu la cherches.
Brooke : Merci !
Inquiète, elle s’éloigne en courant, toujours à la recherche de son amie. Elle espère que rien de fâcheux ne lui est arrivé et que son poursuivant nocturne ne se trouve ce soir pas dans la salle.

sakura  (20.07.2006 à 02:21)
Les pieds nus sur le carrelage glacé, Haley profite de ce moment de détente pour vider son esprit de tous ses soucis. Elle laisse sa tête retomber en arrière sous le poids de sa longue chevelure mouillée et son corps se cambre de plaisir sous l’onde chaude qui déferle. Les vestiaires sont vides et pour la première fois depuis bien des jours, la jeune femme perçoit en la solitude une tranquillité saine et reposante. Elle n’entend que l’eau qui crépite sur le sol et chacune des gouttes brûlantes laisse sur sa peau une empreinte rougeâtre qui ne tarde pas à s’intensifier. Ses yeux se ferment, son visage se fend en un sourire discret et ses muscles se relâchent tandis que ses bras pendent, ballants. Un souffle frais vient pourtant la tirer de sa rêverie, infligeant à sa peau une chair de poule effroyable. Haley laisse le flux d’eau se tarir en scrutant les alentours embués de vapeur, ses yeux furètent dans les douches collectives mais ne tombent que sur des murs aux carreaux défraîchis. Elle tente d’écouter, de percevoir le moindre son qui pourrait troubler ce silence angoissant mais le claquement d’une porte la fait sursauter. Son cœur bat la chamade et sa respiration se fait haletante ; elle comprend brusquement qu’elle n’est pas en sécurité seule dans cet endroit lugubre et se précipite vers le recoin où elle a déposé ses affaires quelques minutes auparavant. Mais bancs et murs sont vierges et la jolie blonde soupire pour se donner une contenance.
Haley (en colère) : Cette plaisanterie était très drôle et qui que tu sois, tu m’as fait peur. Je crois que tu en as eu assez pour ce soir alors rends-moi ma serviette et mes vêtements ! En plus je suis morte de froid !
Elle commence à douter de la situation en se rappelant le bruit de la porte qui claquait.
Haley (d’une petite voix) : Hey ho ! Il y a quelqu’un ?
Mais le silence angoissant lui répond ; elle demeure seule et nue dans ce vestiaire presque sordide.

 
            Au dehors, l’inquiétude de Brooke ne cesse de croître alors que les spectateurs se dispersent. Elle se dirige en dernier recours vers un Lucas stoïque au milieu du terrain, les yeux rivés sur le panier. Elle devine combien il aurait aimé jouer et combien il lui coûte de renoncer au basket, ce jeu qui l’a rendu populaire, ce jeu qui a changé sa vie…
Brooke : Lucas… Excuse moi de t’interrompre mais je peux te parler quelques instants ?
Lucas (une lueur d’espoir dans la voix) : Oui, bien sur !
Brooke : Voilà, j’ai perdu Haley de vue durant la cohue de la victoire et depuis… Je ne sais pas où elle se trouve…
Le beau blond baisse piteusement la tête : il s’était attendu à ce qu’elle lui parle de leur couple ravagé, de leur rupture trop brutale, de leur amour sanguinolent. Il dissimule tant bien que mal sa déception derrière un faible sourire.
Lucas : Je ne l’ai pas vue non plus depuis la fin du match. Mais comme je crois te l’avoir dit, Nathan ne laissera rien arriver à sa femme alors je suis persuadée qu’elle est en sécurité.
Brooke : Oui mais c’est souvent dans les manifestations publiques qu’ont lieu les enlèvements, les meurtres ou autres immondices dans ce genre…
Lucas : Et tu penses que celui qui suivait Haley ces derniers temps pourrait bien se trouver dans cette salle…
Brooke : Et pourquoi pas ? Après tout, nous ne connaissons toujours pas son identité ni son apparence ! (elle s’interrompt brusquement) Mais tu étais au courant ?
Lucas : Lorsque Haley s’est réfugiée à la maison l’autre soir, elle a raconté son histoire à ma mère qui a jugé judicieux de m’en faire part. Mais à présent, elle devrait avoir tout dit à Nathan et il…
Brooke : C’est là où tu te trompes, joli cœur, elle n’a pas encore osé lui en parler. Et même s’il tente de la protéger pour une raison qu’il ne connaît pas, je ne suis pas certaine que cela suffise…
Lucas : Tu as probablement raison mais pour l’instant nous ne sommes sûrs de rien. Haley peut bien se trouver en compagnie de Peyton sur le parking ou bien dans les vestiaires des joueurs pour attendre son mari !
Brooke : Je doute qu’elle s’introduise dans une pièce contenant une dizaine d’hommes nus sans ressortir aussitôt mais elle cache parfois bien son jeu… Peut être que Nathan et elle se trouvent tout simplement sous la douche à batifoler !
Lucas (en lui donnant un petit coup sur l’épaule) : Tu es vraiment incorrigible ! Je vais faire un tour histoire de voir si Haley n’est pas à l’extérieur. Quant à toi reste ici et appelle moi si tu as du nouveau. Nathan est encore dans les vestiaires mais il ne devrait pas tarder à sortir, ne l’inquiète pas tant que nous n’avons pas plus d’informations…


           

Dans les vestiaires, la totalité du corps de la jolie blonde est envahi par la chair de poule et ses dents produisent un son régulier, presque musical, en claquant les unes contre les autres. Nue, elle couvre sa poitrine de ses bras, se tient une épaule d’une main tandis que l’autre dissimule ses parties intimes. Des gouttes gelées retombent dans son dos par le biais de ses longs cheveux humides et ce détail augmente à chaque seconde la sensation de froid qu’elle éprouve. Après avoir mûrement réfléchi dans cette inconfortable posture, Haley se résout enfin à franchir le petit corridor qui sépare le vestiaire féminin de celui des joueurs. « Avec un peu de chance, Nathan s’y trouvera encore et il pourra m’aider ! » Auparavant, elle prend soin d’ouvrir à nouveau tous les casiers destinés aux danseuses afin d’y déceler un vêtement ou un morceau de tissu qui pourrait dissimuler la moindre partie de son corps. Mais cette initiative s’avère encore une fois vaine et la jeune femme ouvre la porte du couloir, espérant que personne n’y passera ou ne la verra.

 
            Sur le terrain, le beau brun rejoint une Brooke déboussolée. Lorsqu’elle s’aperçoit de sa présence, sa gêne redouble d’intensité et elle ne parvient pas à engager la moindre conversation naturelle.
Nathan : Que fais-tu ici toute seule ?
Brooke : Euh… Je repensais au match, tu as vraiment très bien joué, félicitations !
Nathan : Merci ! Tu es certaine que tout va bien ?
Brooke (mentant difficilement) : Oui, ne t’inquiète pas, j’essayais juste d’imaginer ce que devait ressentir Lucas en vous voyant vous déchaîner pendant le match…
Nathan : Ouais… C’est vraiment moche ce qui lui arrive, mais on tente tous de le soutenir ! (il soupire en compatissant et change finalement de sujet) Tu n’aurais pas vu Haley ?
Brooke : Pas depuis la cohue de la victoire…
Nathan : C’est malin, comment veux-tu que je veille sur elle si je ne sais pas où elle se trouve ?
Brooke : Elle doit certainement être en compagnie de Lucas dehors ou avec les autres danseuses à épier les joueurs sous leur douche.
Nathan : Vous faites vraiment ça ?
Brooke (avec un air coquin qui lui sert à dissimuler son malaise) : Bien sûr, qu’est-ce que tu crois !
Puis elle s’éloigne sur ces mots en lui adressant un clin d’œil évocateur. Lorsqu’il se trouve hors de portée de vue, la brunette culpabilise : et si madame Scott était vraiment en danger et qu’elle avait, par ses paroles rassurantes, empêcher son mari de lui venir en aide ? Supporterait-elle ce poids sur sa conscience ? De plus en plus inquiète, elle sort son cellulaire et compose le numéro de Lucas.


           

Après avoir franchi le corridor sans le moindre obstacle, la jolie blonde entrouvre la porte et glisse sa tête dans le vestiaire des Ravens. Elle pousse un soupir de déception en remarquant que ce dernier et vide et y pénètre finalement. Elle sent son corps trembler de plus belle et chacun de ses muscles se contracte sous l’effet du froid. A bout de force, elle ouvre tous les casiers, espérant y trouver quelque maillot ou serviette oubliés. Le fracas occasionné semble susciter la crainte chez un occupant invisible de la pièce car Haley peut entendre une respiration s’accélérer.
Haley : Qui est là ?
Mais personne ne lui répond. Elle tourne finalement au coin de la seconde allée du vestiaire et tombe nez à nez avec Tim Smith, le membre présumé homosexuel de l’équipe. Surpris, celui-ci demeure bouche bée et son regard semble étudier en détail chaque partie du corps nu de la jeune femme, plus qu’embarrassée.
Haley : Au lieu de me dévisager comme si tu n’avais jamais vu les formes d’une fille, pourrais-tu me fournir une serviette, un pull, ou n’importe quel habit qui pourrait me couvrir, je meurs de froid !
Tim : Euh… Oui, oui… Bien sûr, je…
Il finit par lui lancer son maillot de l’équipe, dégoulinant de sueur et portant le numéro 0. La jolie blonde grimace mais comprend, face à l’air hébété du garçon, qu’elle n’obtiendra rien de mieux. Elle l’enfile alors tandis qu’il ne cesse de la regarder, la tête penchée et les yeux rêveurs.
Tim : Tu es… Tu es vraiment…
Haley (brusquement agacée) : Ne tente pas de me faire un compliment dans pareille situation !
Tim : Désolé… Mais que t’est-il arrivé ?
Haley : Et n’essaie pas de me poser des questions pour prolonger ton observation malsaine sur mon corps ! Va donc chercher Nathan ! Ou Brooke, Peyton, Lucas, n’importe qui tant qu’il puisse me venir en aide !
Tim : Euh… Oui, d’accord !
Il se rue alors au dehors du vestiaire tandis que la jeune femme s’effondre en larmes sur un banc contre le mur.

 

            Dans le hall du gymnase, le beau brun retrouve son grand frère qui décide de feindre l’indifférence afin de ne pas l’inquiéter.

Lucas : Eh, déjà sorti ?

Nathan : Oui, comme la plupart des joueurs de l’équipe…

Lucas (sachant très bien qu’il est à la recherche de sa femme et décidant d’éviter le sujet) : Tu as vraiment bien joué ce soir. J’aurais aimé me trouver à ta place…

Nathan : Ouais, je comprends, je ne sais pas ce que je deviendrais si l’on me demandait d’arrêter de ce sport du jour au lendemain. Je n’échangerais ma place avec la tienne pour rien au monde… (il soupire quelques instants) Je suis désolé de changer si brusquement de conversation, mais tu n’aurais pas aperçu Haley dans les parages par hasard ?

Le beau blond remarque la crainte au fond des yeux de son interlocuteur et sursaute lorsqu’il sent son portable vibrer. Il regarde le nom qui s’affiche sur l’écran et note qu’il s’agit de la capitaine des pom pom girls. Après quelques moments de silence, il comprend que son amie n’a toujours pas retrouvé madame Scott et décide de faire part de ses soupçons au premier concerné.

Lucas (hésitant) : Ecoute, je ne voulais pas t’en parler afin de ne pas t’inquiéter mais je crois à présent ne pas avoir le choix. (il prend une profonde inspiration) Chacun d’entre nous, qu’il soit joueur, spectateur ou danseur, a perdu ta femme de vue depuis la cohue de la victoire et… Personne ne sait où elle se trouve… J’ai essayé de l’appeler mais…

Nathan (devinant sa réponse) : Elle l’éteint toujours durant les matchs avant de demeurer concentrée sur le jeu.

Lucas (gêné) : Ouais… Brooke couvre l’intérieur du gymnase et elle vient de m’envoyer un message pour me dire qu’il n’y avait aucune trace de ta femme auprès du terrain. Peyton reste à l’extérieur et doit me tenir au courant via son cellulaire, Rachel, Bevin, Skills et Micro sont partis en voiture afin de voir s’ils ne la trouvent pas dans les environs…

Nathan (ironique) : Tout le monde semble au courant de sa disparition alors que n’ai même pas été prévenu ! Merci, vraiment ! Comment veux-tu que je veille sur elle dans de telles conditions ? En plus, pourquoi Rachel et les autres sont-ils allés explorer les environs, Haley est à pied, seule…

Lucas : C’est bien là le problème, nous ne sommes pas certains qu’elle soit seule…

Nathan : Que sous entends-tu ?

Lucas : Je sens que tu vas m’en vouloir… (à regrets) Depuis plusieurs jours, ta femme est suivie dès qu’elle se trouve seule et … Brooke pense que le responsable pourrait bien être dans les parages ce soir…

Nathan : Tu te moques de moi ?

Lucas : Haley craignait que tu adoptes ce genre de réaction, c’est pourquoi elle a préféré ne rien te dire…

Nathan : Mais Brooke et toi dans cette histoire, vous auriez tout de même pu me tenir au courant ! Ma femme se trouve certainement en danger à l’heure qu’il est et je ne peux rien faire pour lui venir en aide !

Brooke (intervenant soudainement car elle est apparue derrière eux) : Nous n’avons fait que respecter son choix. Il lui incombait de d’apprendre la vérité et ce rôle ne nous revenait pas. Nous avons juste tenté de t’aiguiller en te conseillant de veiller plus attentivement sur elle, mais nous avons échoué.

Nathan : Pourquoi ne m’en a-t-elle pas parlé ? C’est vraiment stupide.

Il se rappelle instantanément leurs disputes récentes et trouve lui-même la réponse à sa question : elle n’avait plus confiance en lui. Il réalise dès lors la gravité de la situation lors de la nuit où elle avait trouvé refuge chez Karen et l’erreur commise en la laissant si souvent vagabonder seule dans les rues. Pourtant ce soir, tout cela prenait une importance considérable : il se sentait si impuissant et en même temps la colère bouillonnait en lui.

Nathan (fermement) : Qui la suit ?

Brooke : Elle-même n’en savait rien juste avant le match, mais cette filature a visiblement cessé depuis que tu l’accompagnes plus souvent. Je crois que ce dégénéré a tenté de l’amadouer pour mieux ensuite…

Nathan (ne souhaitant pas en entendre davantage) : Ca suffit, je ne laisserai rien arriver à ma femme alors il faut la retrouver au plus vite. Tu as inspecté les vestiaires des pom pom girls ? Et celui des joueurs après mon départ ?

Brooke : Oui pour les vestiaires féminins mais pour ce qui est de l’autre…

Elle fronce les sourcils en apercevant par-dessus l’épaule des 2 frères un Ravens à l’air hébété : il se triture les mains et se mordille la lèvre inférieure tandis que son regard gêné se pose sur le beau brun.
Brooke : Et si tu arrêtais de déshabiller ton capitaine des yeux, Tim ! (les Scott se retournent afin de faire face à leur partenaire)

Tim : Non, ce n’est pas ça… C’est juste que… Je ne sais pas comment le dire… (il prend une profonde inspiration et se lance finalement) Nathan, je comprends pourquoi tu as épousé Haley, elle est vraiment superbe sans vêtement !

Le jeune marié saisit alors son équipier à la gorge et le plaque contre le mur. La colère décuple ses forces et il le soulève l’espace d’un instant. Les yeux exorbités et les dents serrées, il sent une puissante décharge d’adrénaline déferler dans son corps, contractant ainsi chacun de ses muscles et accélérant sa respiration. Comment cet imbécile avait-il pu poser les yeux sur le corps nu de son âme sœur ? L’avait-il touchée ou pire ?

Nathan (hurlant tel un dément) : Que lui as-tu fait ? Où se trouve-t-elle ?

Tim (étouffant) : Arrête, je ne peux plus respirer…

Nathan (criant toujours plus fort) : Je m’en moque, je veux savoir ce qu’il est advenu de ma femme et si tu as osé poser tes mains sur elle ! Si tu lui as fait du mal je te tuerais, tu m’entends ?

Lucas : Cesse de l’étrangler ainsi, s’il était coupable je doute qu’il serait venu te narguer.

Le beau brun relâche alors son étreinte et le numéro 0 retombe sur le sol, adossé au mur en se massant la gorge. Il reprend difficilement son souffle sous le regard noir de son capitaine.

Tim : Haley a déboulé nue dans les vestiaires des joueurs et m’a demandé de te prévenir…

Nathan semble ne pas en attendre plus car il s’élance aussitôt dans la direction indiquée, suivi de son frère puis de Brooke.

 
             Il pénètre en courant dans la salle dans laquelle il s’est changé quelques instants auparavant, repoussa si brusquement la porte qu’elle vient taper le mur qui la juxtapose. Imité par Lucas, il sillonne rapidement les 2 allées de la pièce avant de découvrir sa femme, tapie dans un coin. Recroquevillée sur un banc, elle a relevé ses genoux contre sa poitrine afin d’optimiser la circulation de la chaleur corporelle et a encerclé ses tibias de ses bras blancs. Sous l’effet des gouttes d’eau qui ondulent sur son corps, le Tee-shirt de basketteur menace de transparence et Nathan se surprend à la trouver jolie dans cette tenue. Remarquant la chair de poule qui ourle sa peau et ses lèvres presque violettes, il se précipite auprès de sa femme en enlevant sa chemise qu’il dépose sur ses épaules gelées.

Nathan : Mon dieu, Haley…

Il s’assoit finalement près d’elle et la serre contre lui ; elle ressent la puissance qu’il met dans cette étreinte et la chaleur qui émane de son corps rassurant, comme si chacun des muscles du beau brun s’activait pour lui procurer douceur et sécurité. Elle frissonne et se blottit un peu plus contre lui afin de profiter de ce contact protecteur. Face à ses retrouvailles attendrissantes, Lucas préfère sortir de la pièce en poussant derrière lui Brooke et Tim qui viennent de le rejoindre. Les jeunes mariés demeurent entrelacés tandis que la respiration de la jolie blonde se régularise.

Nathan (au bord des larmes) : Est-ce que tu vas bien ? Que t’est-il arrivé ? Parle moi je t’en supplie !

Haley : Je me sens mieux depuis que tu m’as prise dans tes bras…

Il resserre son étreinte autour de son corps menu, comme si elle pouvait se fondre en lui par ce simple geste. Elle glisse alors sa tête trempée au creux de son cou et ferme les yeux.

Nathan : Ne t’endors surtout pas !

Haley : Non, ne t’inquiète pas, je veux juste me sentir plus proche de toi…

Nathan : Si je le pouvais, je ne te lâcherais plus jamais ! Mon dieu, Haley, pourquoi ne m’as-tu pas prévenu ? Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu étais suivie et qu’un danger te guettait ?

Pour toute réponse, la jeune femme éclate en sanglots et il commence à se demander si le pire n’est pas advenu, si un dégénéré mal intentionné ne l’aurait pas touchée… Il s’écarte alors d’elle, la saisit par les épaules et la force à le regarder dans les yeux.

Nathan : Haley, dis-moi que tout va bien et que tu es …

Il semble chercher ses mots pour désigner sa crainte la plus enfouie. Le supplice de cette question hante son âme et la peur de la réponse le déchire. Il se raffermit cependant et décide de se comporter en homme alors que sa respiration s’accélère.

Nathan : Est-ce que tu es intacte ? Est-ce qu’un…

Haley (l’interrompant pour mettre fin à sa torture) : Je vais bien, il y a eu plus de peur que de mal…

Soulagé, le jeune homme la serre de nouveau contre son torse afin de se persuader qu’elle lui appartient et qu’il ne la partagera jamais. Elle restera toujours SA femme, toujours et éternellement. L’idée qu’un autre puisse poser les yeux sur elle lui semble insupportable et celle qu’elle ne soit plus totalement sienne est intolérable. Corps et âme de la jolie blonde demeurent sa propriété car pour la première fois avec elle, il a découvert l’acte de s’offrir en gage d’amour.

Nathan : En quelques jours, j’ai manqué de te perdre plus de fois que je n’aurais pu l’imaginer ! Tu t’es trouvée trop souvent en danger à mon insu et je m’en veux de ne pas avoir su voir tout cela !

Elle réalise à quel point il tient à elle et dépose un baiser furtif dans son cou, humant par la même occasion son odeur masculine, pour venir finalement se blottir un peu plus contre lui. Elle ferme les yeux au contact de ses bras rassurants, consciente qu’il ne la laissera plus jamais. Il la berce silencieusement durant quelques minutes, profitant du silence alentours et de leur proximité. Ce doux moment est pourtant interrompu par un violent frisson qui parcours l’échine de la jeune femme. Nathan la repousse doucement et l’observe tendrement.

Nathan : Tim aurait tout de même pu te fournir autre chose que le maillot avec lequel il a joué… Tu sembles frigorifiée et une douche chaude me paraît toute indiquée afin de te réchauffer !

Haley : Oui, mais à la maison, je ne suis pas certaine de vouloir encore une fois goûter à l’onde de cet endroit !

Nathan (un sourire ravageur aux lèvres) : Même si je viens avec toi ?

 

Au dehors, Lucas, Brooke et Tim attendent toujours leurs amis.

Tim : Ils en mettent un temps ! Je me demande ce qu’ils peuvent bien faire !

Lucas : Je n’ose même pas imaginer !

Brooke (l’œil malicieux) : Pour ma part j’aimerais bien me transformer en souris afin de les épier !

Tim et Lucas (même temps) : Brooke !

Ils affichent un air choqué qui fait sourire la jolie brunette.

Brooke : Quoi ? On peut bien s’instruire de temps en temps non ? (elle reprend finalement son sérieux) Tim, et si tu nous racontais plus explicitement ce que madame Scott est venue faire nue dans tes vestiaires.

Tim (rougissant) : Euh… Je ne sais pas vraiment au juste, je n’ai guère pris le temps de lui poser la question. Je…

Brooke : Tu étais bien trop occupée à la regarder ! Ta réputation d’homosexuel tombe à l’eau ce soir à cause de cette aventure, estime toi heureux !

Tim (dans un souffle) : Oui… Je crois qu’elle a dû prendre une douche et qu’un petit malin lui a par la suite volé ses affaires. Alors, comme les vestiaires des filles communiquent avec celui des joueurs via un petit corridor…

Brooke (terminant) : Elle a essayé de rejoindre son mari, ton hypothèse se tient parfaitement.

Lucas (se souvenant du rituel d’entrée dans l’équipe que lui avait fait subir l’actuel capitaine près de 2 ans auparavant) : Il faut vraiment être stupide pour mettre en place ce genre de pratique.

Tim (riant à moitié) : Oh, ce n’est pas bien méchant…

Lucas (soudainement en colère) : Parce que tu n’as jamais eu à le subir ! Pour l’avoir vécu, je peux te  dire que je ressens parfaitement ce que doit éprouver Haley. Elle paraît en outre bien plus pudique que moi je ne pouvais l’être à l’époque et je pense que sa gêne actuelle outrepasse ton imagination !

Brooke : Continuez de débattre sur ce sujet, moi je pars à la recherche des vêtements de ma meilleure amie !

Tim : Et si tu ne les retrouves pas ?

Brooke (irritée) : Ce genre de supposition n’est pas envisageable !

 Sous la douche, les corps des jeunes mariés s’entremêlent et Nathan effleure des ses lèvres l’épaule nue de sa femme avant de remonter vers son cou. Accrochée à lui comme si elle craignait qu’un gouffre sans fin ne l’aspire, Haley s’abandonne dans ses bras sous l’onde brûlante. Elle a retrouvé totale confiance en lui et laisse son âme aller à leur étreinte tandis qu’il redécouvre chacune de ses formes en l’embrassant fébrilement. Elle est à lui, elle est en lui, elle fait partie de lui… S’enhardissant soudainement, il la plaque contre son corps et la poitrine ronde de la jeune femme vient s’écraser contre son torse, attisant ainsi la flamme de son désir. Alors qu’ils ne font plus qu’un, il comprend que ses bras sont l’unique endroit où elle se trouvera en sécurité et il ralentit, se maîtrise afin de lui montrer le soucis qu’il prend d’elle. Ses mains s’attardent quelques instants sur ses hanches creuses et il repousse l’envie croissante de les laisser vagabonder sur ses formes. Faire l’amour, il réalise à ce moment le sens de ce terme : une passion si puissante qui ferait naître un sentiment, qui créerait un nouveau mot, un acte si intense provenant d’une sensation et en engendrant une nouvelle, beaucoup plus forte. L’amour fait l’amour, l’amour engendre l’amour, telle devenait sa perception de la sexualité lorsqu’il tenait sa femme dans ses bras… Lorsque leur étreinte se relâcha, leur regard ne pouvait se détacher l’un de l’autre et l’espace d’un instant, Haley crut bien se noyer dans l’océan de passion qu’elle lisait dans les yeux de son mari.

Nathan (glissant dans son oreille) : Je t’aime, j’ai l’impression que je vais imploser tant ce sentiment est fort.

Haley (fermant les yeux) : Tu avais raison le jour de notre mariage sur la plage, ce que nous ressentons dépasse toute mesure et toute raison. Je crois que je pourrais mourir d’amour pour toi…

Nathan : Non ! Je ne laisserai plus jamais rien te menacer, je te le promets. Je t’ai dis il y a presque 2 ans que je te protégerai toujours, je le ferai !

Haley : Tant que tu me garderas près de toi, je ne courrai plus aucun risque…

Nathan : Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu étais suivie depuis quelques jours ? Pourquoi ne m’as-tu pas raconté tout ce que tu subissais au lycée ?

Haley (haussant les épaules toujours contre son corps nu) : Je ne sais pas… Je craignais que tu ne te moques de moi… Je ne voulais pas subir tes sarcasmes et en même temps, je m’étais persuadée que je pouvais me protéger seule. Je me suis trompée, Nathan, j’ai besoin de toi, j’ai besoin que tu veilles sur moi…

Nathan : Ne t’inquiète plus, je suis là et je reste près de toi. Je veux te protéger, je veux ton bonheur et par-dessus tout, je veux que tu ne doutes plus de moi. Si un jour je venais à me moquer de tes craintes, je ne serais plus moi-même et je t’autorise à me giffler afin de me remettre les idées en place !

Haley : Mais je l’ai déjà fait ! Je ne sais pourtant pas si ma claque a eu l’effet escompté…

Nathan (se frottant la joue en se souvenant de la douleur éprouvée) : Je retire ce que j’ai dit, ne me frappe lui jamais mais secoue moi un peu afin que je sorte du cauchemar dans lequel je me serais embourbé. De toute façon, je pense que tu n’auras plus à le faire, je t’ai promis de protéger toujours, non ?

Haley (un sourire aux lèvres) : Ouais… Merci.

Elle l’embrasse afin de le remercier et enfouit sa tête au niveau de son cou en poussant un soupir de satisfaction. Elle voudrait que ce moment dure toujours mais sait qu’il va leur falloir revenir à la réalité et rejoindre leurs amis qui les attendent au dehors.  Le jeune homme paraît lire dans ses pensées car il l’entraîne vers la sortie des douches et ils s’enroulent tous les 2 dans sa large serviette.

Nathan : J’enrage en songeant que Tim t’a vue nue ! Moi qui voulais être le seul à te percevoir de cette manière…

Haley : Il n’a entraperçu mon corps que quelques secondes, même si ce temps m’a paru une éternité ! Mais jamais il ne pourra me percevoir comme toi tu le fais tout simplement parce que je n’aime que toi et que tu resteras toujours le seul à pouvoir me tenir contre toi, le seul que je regarderai de cette manière, le seul qui me donnera envie d’être contre lui…

Nathan : C’est gentil, mais… Je voulais que tu sois toute à moi…

Haley : Je suis toute à toi. Regarde où je me trouve : enroulée dans une serviette contre ton corps et dans tes bras. Je suis tienne, Nathan, je n’appartiens à personne d’autre…

Il comprend enfin ce qu’elle cherche à lui dire et l’embrasse fougueusement. Ses paroles ont relancé en lui le brasier de désir éteint depuis quelques minutes et elle préfère s’écarter de sa chaire musclée.

Haley : Je crois que nous devrions appeler Brooke afin qu’elle retrouve mes vêtements ou qu’elle me prête une partie des siens.

Nathan (faisant allusion au Tee-shirt de Tim) : Une fois à la maison, tu pourras enfiler mon Tee-shirt de match. Tu es très sexy vêtue de cette façon, mais le numéro 0 ne te convient pas et je préfère voir mon nom de famille inscrit sur ton dos !

Haley : Hey, c’est aussi mon nom je te rappelle !


sakura  (20.07.2006 à 02:49)
Le lendemain était un de ces dimanches bien morne pour les habitants de Tree Hill, excepté pour les pom pom girls qui ont décidé de travailler sans relâche afin d’encourager leur équipe lors du premier match de championnat l’état. Leur capitaine, toujours aussi enthousiaste et dynamique, semble en effet résolue à innover afin d’impressionner les groupes de danseuses présents au concours de l’année précédente. Pour cela, elle a jugé nécessaire de réunir ses camarades à une heure matinale. Un amas de filles parvient ainsi au gymnase, l’air endormi et les yeux à demi clos. Alors que Brooke cherche dans son sac les clés confiées la veille par Withey, Bevin et Rachel s’adossent au mur et se laissent glisser à terre. Leurs muscles paraissent lourds et engourdis, leur esprit incapable d’emmagasiner la moindre information.

Brooke : Réveillez-vous, les filles ! La date du premier match du championnat d’état a été avancée et nos joueurs graviront les étapes de la victoire à partir de la semaine prochaine ! En conséquent, nous devons mettre au point une chorégraphie bien plus époustouflante que les précédentes !

Elle remarque soudainement la tête penchée et la bouche ouverte de Bevin, dont la respiration semble atteindre un rythme calme et régulier caractéristique du sommeil. La capitaine la gifle alors afin de la réveiller avant de compter ses camarades.

Brooke (brusquement inquiète) : L’une de vous sait où se trouve Haley ?

Une voix grave et masculine lui adresse un « Ici ! » net et amusé et la jeune fille se retourne pour apercevoir la jolie blonde, endormie contre le torse de son mari. Fermement appuyée sur ses pieds, elle semble sombrer dans un sommeil profond et réparateur qui fait hésiter la capitaine.

Brooke (prenant finalement une décision) : Réveille-la, mais sans trop la brusquer… Je te fais confiance…

Bevin (jalouse) : Mais tu m’as tirée de mon sommeil par une gifle ? Pourquoi ne réserves-tu pas à Haley le même traitement ?

Brooke : Parce que, contrairement à toi, elle sait faire la différence entre les heures du jour et de la nuit !

Elle entre sur ces mots dans le gymnase, bientôt suivie par une panoplie de danseuses aux airs ensommeillés.

 

            Quelques minutes plus tard, Haley pénètre dans le vestiaire en se frottant les yeux. Elle se débarrasse de son pull épais dû à la fraîcheur matinale et ouvre son sac afin d’en extraire son uniforme. Ses paupières lui semblent lourdes et ses membres engourdis.

Brooke (arrivant derrière elle) : Et bien madame Scott, la nuit a été longue ?

Haley : Non, elle a été écourtée par le coup de téléphone d’une capitaine qui me donne des envies de meurtre. (elle soupire et prend une mine boudeuse) On peut connaître les raisons qui te poussent à nous réunir à une heure si matinale ?

Brooke : Pas encore, je préfère attendre que l’équipe soit au complet afin de ne pas me répéter !

Face au grognement de fatigue de sa camarade, la jolie brune lui saisit le bras et l’entraîne vers l’intérieur du gymnase. A sa grande surprise, elle se retrouve nez à nez avec Nathan à la sortie du vestiaire. Le jeune homme reprend sa femme dans ses bras comme s’il craignait que la moindre seconde passée loin de son étreinte lui soit fatale, et elle appuie sa tête contre son torse d’un air épuisée. Attendrie durant quelques secondes par cette scène touchante, Brooke se reprend et décide de réveiller sa danseuse en l’extrayant des bras du joueur.

Brooke : Non, non, non, Haley ! On ne se rendort pas et on se motive !

Haley : Mais…

Brooke : Je n’accepterai aucune protestation, même si j’avoue apprécier que l’on me supplie ! Et je me moque de la manière dont vous avez occupé votre nuit, tout ce que je veux, c’est retrouver les membres de mon équipe en forme !

Haley : Je vois que je n’ai guère le choix…

Elle se blottit une dernière fois contre le jeune homme, lui dépose un tendre baiser sur les lèvres et rejoint Rachel, Bevin et Peyton de l’autre côté du gymnase. La jolie brune l’imite mais se retourne brusquement pour constater que Nathan n’a pas bougé.

Brooke : Tu ne vas tout de même pas demeurer ici ?

Nathan : Si, pourquoi ? C’est interdit ?

Brooke (irritée) : Oui ! Je veux garder le secret de notre nouvelle chorégraphie afin de vous réserver la surprise le soir du match !

Le regard outremer du beau brun se fait lointain et elle comprend qu’il fixe sa femme. Un semblant de peur et de passion se mêle dans ses yeux et l’inquiétude déchire de nouveau son esprit. L’espace d’un instant, la veille, il l’avait perdue de vu et un être mal intentionné avait profité de ce moment d’inattention pour la maltraiter. Il sait pourtant qu’il ne pourra pas toujours la garder près de lui et qu’elle ne court pas le moindre danger en compagnie de ses amies.

Nathan (observant toujours Haley) : Tu me promets de veiller sur elle ? De ne la laisser seule sous aucun prétexte, même le plus anodin ?

Brooke : C’était donc cela ? Tu craignais pour sa sécurité ?

Nathan (d’un hochement de tête) : Ouais… C’est normal après tout ce qu’il lui est arrivé…

Brooke : Je te promets de la protéger jusqu’à ton retour, je ne la quitterai pas des yeux. Je t’appellerai lorsque l’entraînement aura pris fin afin que tu puisses venir la chercher mais… (elle semble hésiter) Même si elle a subit pas mal de mésaventures ces derniers temps, tu ne pourras pour te trouver éternellement près d’elle…

Nathan : En tout cas je ferai mon possible…

Il tourne les talons sur ces mots et franchit à regrets la porte des vestiaires.

             2 heures plus tard, le corps des danseuses ruisselle de sueur et la plupart d’entre elles ont choisi de remonter leur tee-shirt afin de laisser l’air fouetter les muscles actifs. Leur fatigue matinale a cédé la place à une tonicité et un enthousiaste hors du commun et l’allégresse qui agite les pompons semble transgresser la réalité. Les rires fusent, les plaisanteries vont bon train mais le travail et l’effort fournis demeurent satisfaisants, si bien que les hurlements d’encouragements de Brooke finissent par s’estomper. Les cheveux relevés en un chignon défraîchi, Haley sent les gouttes de sueur bouillante dégouliner le long de sa nuque alors que ses lèvres s’assèchent et que sa langue gonfle. Déshydratée et épuisée, elle se dirige vers les gradins et y récupère sa bouteille qu’elle vide à moitié. Elle contient pourtant son envie de se désaltérer davantage dans le souci de conserver de l’eau pour la suite de l’entraînement.

Brooke : OK, on reprend la troisième partie de la chorégraphie à partir du déplacement en fontaine et de la formation en V. N’oubliez pas de prendre vos poses sur le quatrième et le huitième temps. Cette chanson contient un rythme sec avec de nombreux accents que nous devons exploiter !

Les danseuses acquiescent sans écouter ce discours qu’elles n’ont que trop entendu. Avec une vivacité qui la surprend parfois, Haley enchaîne pirouettes et figures acrobatiques. Ses progrès depuis son arrivée dans l’équipe paraissent considérables et les rondades n’ont à présent plus le moindre secret pour elle. Elle sent pourtant ses appuis s’amollir au bout de quelques minutes, détail qu’elle préfère attribuer à la fatigue qui la ronge, et récupère difficilement les pompons lancés vers le ciel. Elle ne prête guère attention au manque de précision croissant de ses mouvements et à sa vue qui commence à se brouiller.

Brooke : Enfin, Haley, secoue-toi un peu ! On dirait une grand-mère ! (elle soupire et s’adresse finalement à la totalité de l’équipe) Je vais à présent vous montrer le prochain huit de la chorégraphie, je vous le décomposerai par la suite. Il paraît difficile à première vue, mais ce n’est qu’une impression et je suis certaine qu’il donnera l’effet escompté…

La voix de la jeune femme se fait lointaine et le cœur d’Haley se met à battre irrégulièrement. Chacune des pulsations semble un supplice et le relâchement de ce muscle vital paraît la précipiter dans un gouffre sans fin. Elle aperçoit quelques formes colorées se dessiner parmi les danseuses, et secoue la tête afin de revenir à la réalité. La joie et la tristesse l’étreignent simultanément alors que sa respiration se fait haletante. Les paroles de la brunette lui semblent lointaines et ralenties, un torrent de sueur glacée dévoile son front jusqu’à recouvrir sa vision. Le trou noir…

            Son corps s’effondre tel une marionnette privée de ses fils et sa tête vient heurter durement le sol. Les yeux de Bevin s’agrandissent de stupeur alors que Rachel se précipite auprès de la jolie blonde. Elle l’appelle d’abord doucement, plus fermement et finit par la gifler afin de tester sa conscience. Elle soulève ses paupières et remarque que ses
orbites ont roulé ; les membres atoniques de madame Scott accroissent brusquement son inquiétude.

Rachel (à Brooke) : Appelle tout de suite une ambulance. Signale une perte de connaissance brutale et une chute de sa hauteur !

Brooke (paniquée) : Tu crois que…

Peyton (apercevant les gouttes de sueur sur le front de son amie inconsciente) : Hâte-toi ! Il ne s’agit pas d’un simple malaise !

Brooke (pour elle-même en s’éloignant afin de trouver son portable) : Nathan va me tuer…

UnUUn silence angoissant s’installe dans le gymnase et seule résonne la voix de la capitaine tentant de joindre les secours. Son timbre tremble et pour la première fois, elle sent qu’elle n’est pas maître de la situation, pour la première fois, son désemparement est total. Les regards échangés entre Rachel et Peyton paraissent éloquents. Agenouillée près d’Haley, la jolie rousse conserve son sang froid.

Rachel : Combien de temps mettent ce genre de substances pour agir ?

Peyton : Les premiers effets des plus rapides peuvent apparaître au bout de quinze minutes.

Rachel : Et pourtant nous n’avons pas perdu Haley de vue depuis plus de 2 heures… Cette situation n’est donc pas volontaire.

Peyton : De toute façon, il n’est pas dans sa nature de toucher à…

Elle s’interrompt brusquement et une même idée traverse l’esprit des deux jeunes lycéennes ; l’évidence semble les frapper telle la foudre sur un arbre et miss Sawyer se dirige instinctivement vers les gradins. Elle ouvre le sac de sa camarade inanimée sous le regard de la jolie rousse, en extrait sa bouteille, l’ouvre et hume son contenu.

Peyton (gravement) : Il faut faire analyser le contenu de cette eau ! Et prier afin que l’ambulance se presse…


             Le brouillard qui l’entoure se dissipe et dévoile une luminosité candide et trop intense. Ses pupilles se contractent afin de diminuer le flux de photons qui pénètre dans ses yeux. L’espace d’un instant, elle a cru apercevoir 2 iris outremer dans lesquelles elle s’est si souvent noyée et sa volonté de voir à nouveau s’accroît. Alors qu’une douleur sourde et cuisante s’abat sur son occiput, elle sent une main douce et ferme lui caresser le front alors qu’une voix grave lui murmure de tendres mots à l’oreille. Les murmures s’intensifient autour d’elle et elle découvre que Brooke et Peyton se tiennent en retrait par rapport à Nathan, assis près d’elle. Elle voudrait lui parler, lui dire combien elle l’aime et combien elle est rassurée qu’il soit là… Mais les ténèbres la gagnent de nouveau et elle y replonge sans la moindre crainte, apaisée par la présence de son mari.

 
             Les heures passent et Nathan choisit de sortir quelques instants dans le couloir, tout en conservant à travers la vitre transparente une vue sur la femme de sa vie. Lucas, averti de la situation et venu soutenir son frère, semble en grande conversation avec un petit homme chauve et trapu, le nez aquilin et revêtu d’une longue blouse blanche.

Lucas : Alors la bouteille qu’ont découverte mes amies serait bien à l’origine de l’état d’Haley ?

Médecin : Oui, ces jeunes filles ont vu juste : l’eau absorbée par madame Scott recèle plusieurs types de drogues, suffisamment pour épuiser un cheval…

Nathan (incrédule) : De la drogue…

Médecin : Oui, monsieur Scott, votre femme semble bel et bien victime d’une overdose et le fait qu’elle se trouve hors de danger relève du miracle. Il est en effet rare de voir une personne résister à de telles doses de substances illicites, sauf pour…

Peyton (devinant les propos du petit homme) : Haley n’est pas une accoutumée ! Même si ces derniers temps ont paru mouvementés, elle n’a jamais touché le moindre milligramme de drogue et je serai même surprise si elle en connaissait l’aspect.

Médecin : Il ne s’agit pas d’un crime et je voudrais seulement lui venir en aide. L’apparence que diffusent certains humains peut parfois s’avérer trompeuse… Vous avez sous entendu des difficultés dans la vie quotidienne de cette jeune personne, puis-je en connaître la nature ?

Le beau brun baisse piteusement les yeux au sol et son échine se courbe sous le poids de la honte et de la désolation : il se sent responsable de cette situation. Les paroles du médecin retentissent dans son esprit tel un refrain macabre. Comment a-t-il pu ne pas remarquer que le malaise de sa femme la pousserait à consommer des substances illicites ? La dose de ces drogues pouvait correspondre à une volonté de mettre fin à ses jours… Une tentative de suicide… La vérité le frappe soudainement de plein fouet, tel une sainte révélation.

Nathan (fermement) : Haley n’a jamais consommé la moindre quantité de drogue ! Elle a certes traversé des périodes de crise, mais la situation s’est nettement améliorée depuis quelques jours car elle a trouvé le soutien de ses amis… Et car j’ai ouvert les yeux… Elle est trop forte et trop intelligente pour se laisser ensevelir dans de telles ténèbres !

Médecin : J’admire la confiance que vous lui portez et je la respecte, croyez-moi. Mais ne serait-il pas judicieux de prendre du recul afin d’éclaircir cette situation ?

Nathan : Son passé et la présence de ces substances dans ses veines ne font pas d’elle une droguée !

Médecin : Bien ! Si vous en êtes convaincu… Dans ce cas qui aurait pu introduire ces toxines dans la bouteille de votre femme ?

Brooke : Jamais l’une des membres de l’équipe ne ferait ça !

Rachel : Mais ce n’est pas le cas d’une fille qui nous a rendu visite cette après midi afin de nous narguer et de nous annoncer son départ…

Brooke (entre ses dents) : Brenda !

Médecin : Prenez garde aux accusations que vous portez car vous parlez ici d’homicide volontaire !

Brooke : Cette joueuse de basket harcèle Haley depuis quelques temps, il serait fort probable qu’elle soit coupable !

Peyton : Mais nous n’avons malheureusement aucune preuve et je vous rappelle que Micro et la petite élève de madame Scott nous ont également dérangées ce matin au cours des 2 premières heures...

Brooke : Ne sois pas stupide, Beverly est trop jeune et innocente pour connaître le monde de la drogue et Micro n’a aucune raison d’en vouloir à la vie de Haley. En revanche, le mobile de Brenda est plausible.

Cette discussion semble perturber le beau brun qui commence à se triturer les doigts en fixant résolument le sol. S’il avait écouté l’instinct jaloux de sa femme, s’il avait prêté un peu plus attention à ses craintes et à ses dires, il aurait sans nul doute éloigné la nièce de Withey et cet incident ne serait jamais arrivé. Il avait pourtant remarqué l’intérêt que cette basketteuse lui portait et s’en était trouvé flatté, rien de plus. Et maintenant il apprend qu’elle a certainement tenté de mettre fin à la vie de la jolie blonde ! C’en est trop et son esprit ne peut supporter pareille torture, une violence soudaine envahit ses muscles et son âme et il ressent l’envie de venger Haley par le sang de la coupable. Son sentiment haineux est pourtant apaisé par une douce voix qu’il aurait reconnu parmi mille.

Haley : Nathan…

Sa femme l’appelle et il se retourne pour remarquer qu’elle s’éveille doucement : il accourt à son chevet et la couvre plus tard de tendres baisers.

sakura  (20.07.2006 à 09:51)

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