Il était presque 20 heures, le soleil disparaissait à l’horizon pour laisser place à la nuit, les new-yorkais rentraient chez eux tous plus pressé les uns que les autres, le stress des grandes villes…Les klaxons retentissait de part et d’autres, les passants habitués à ce bourdonnement perpétuel propre aux grandes agglomérations marchaient vite sans même un regard aux vitrines qui s’offraient à eux. New York en pleine effervescence. Quelques dizaines de mètres plus haut une jeune avocate âgée de 28 ans, issue d’une famille aisée s’activait depuis bientôt 12 heures sur une affaire de liquidation judiciaire assez complexe, les bureaux se vidaient petit à petit, son assistante vint lui annoncer qu’elle partait, mais sa patronne absorbée se contenta de hocher la tête en signe d’affirmation.
2 heures s’écoulèrent maître Davis comme l’appelait ses confrères rangeait ses précieux dossiers, satisfaite d’elle, en effet elle venait de trouver la faille qui permettrait à sa cliente de repousser la liquidation de sa luxueuse villa et sûrement de gagner le procès. Brooke avait longtemps hésité avant de choisir son métier, elle voulait être sure de ne pas se dire chaque matin « mince, il faut que j’aille travailler », et faute d’avoir réussie à percer dans le monde de la mode elle avait conquis celui des tribunaux avec talent. L’idée s’était imposée à elle lorsqu’elle avait songé à son premier travail comme « crustacé » (une sorte de panneau publicitaire ambulant qui ventait les mérites d’un restaurant) où elle avait pris plaisir à défendre les autres filles exploitées par un patron peu scrupuleux. Ainsi elle s’était lancée dans cette carrière, après des années d’étude, elle avait tout simplement réussi, Brooke Davis avocate, Qui l’eut cru ? Une belle revanche sur tous ses professeurs qui la voyaient seulement comme la capitaine des pom-pom girls.
Après avoir vérifié que tout soit en ordre pour le lendemain, elle éteignit les lumières, ferma les bureaux et mis sa veste en cuire noir. Elle prit l’ascenseur, descendit jusqu’à l’étage -3 où elle garait sa voiture.
Durant la descente elle fourra un peu plus ses mains au fond de ses poches, et attendit, quelques secondes plus tard un message sonore la sorti de ses pensées. Elle commença à marcher, cherchant des yeux sa voiture noire, une légère brise vint lui refroidir les joues, elle accéléra, quand elle entendit un bruit. Elle s’efforça de ne pas se retourner, et se détendit à l’idée du bain moussant qui l’attendait à quelques km de là. Mais elle sentit à nouveau une présence derrière elle, elle accéléra toujours plus, se retourna sans rien apercevoir, et expira tentant d’expulser l’angoisse qui montait en elle.Gardant son self contrôle malgré le peu de lumière de ce parking et le bruit de pas qui s’approchait toujours plus d’elle, Brooke arriva à la hauteur de sa voiture et fouilla son sac à main Jean Paul Gauthier à la recherche des son trousseau de clés.
Avez-vous déjà eu l’impression d’être suivi, seul au milieu de la nuit, au cœur des ténèbres, sans savoir que faire, vous êtes vous déjà retournez en étant persuadés que quelqu’un était sur vos talons ? Avez-vous déjà eu l’impression d’être la proie d’un félin affamé ? Que feriez vous si c’était le cas, seriez vous capable de vous défendre ou regretteriez vous simplement de ne pas être rentrer chez vous plutôt ? Feriez vous face à votre poursuivant ou prendriez vous simplement la fuite ?
Brooke connaissait cette sensation depuis quelques secondes, elle s’énerva sur son sac, cédant à la panique, à nouveau un bruit se fit entendre dans ce sous-sol vide en apparence, l’écho fit trembler la jeune femme une seconde fois, et là la peur, la panique, et son instinct de survie prirent le dessus, sans réfléchir elle courut dans la direction opposée. Elle se maudit alors d’avoir mis des talon aiguilles, ou encore de ne pas avoir rechargée la batterie de son portable ce matin là. Mais à cet instant ce n’avait plus d’importance, rien n’avait d’importance. Elle accéléra fonçant droit devant elle, la peur l’empêchait de réfléchir elle arriva devant un ascenseur, et appuya sur le bouton rouge « appel », elle se retourna et là elle le vit…. cette expression, ce visage que jamais elle n’oublierait, celui là même qui la hanterait chaque nuit jusque la fin de ses jours Ce n’était donc pas seulement son imagination, un homme tout de noir vêtu se dirigeait vers elle, se rapprochant toujours plus, lentement, avec un sourire sadique, il marchait et atteindrait inévitablement sa cible. Brooke cria, hurla, pleura, saisit son portable qui n’avait quasiment plus de batterie et composa le numéro de la police, en vain, elle était à une dizaine de mètres sous la surface du sol, un message apparu « aucun réseau », l’homme était maintenant à 5 mètres d’elle…
L’ascenseur arriva enfin mais ce fut trop tard…
Le lendemain un réveil sonna, une jeune femme ouvrit les yeux et sourit à son mari. Il se levèrent et prirent leur petit déjeuner. Haley et Nathan étaient toujours aussi amoureux, cela faisait maintenant 11 ans qu’ils étaient mariés .Ils vivaient à Los Angeles, Nathan avait atteint son objectif et du même coup réalisé son rêve en devenant pro et Haley avait poursuivit sa carrière avec succès, conciliant concert et biberon, et oui, notre joli petit couple était parent de deux magnifiques enfants. Ce matin-là, ils amenèrent ensemble leurs enfants à l’école, dans la voiture, la bonne humeur était de mise jusqu’à ce que Nathan mette la radio.
" Flash Spécial : la fille du célèbre PDG de Centralélectronique a été kidnappée hier soir par un mystérieux groupe qui a revendiqué l’enlèvement ce matin, ils réclament une rançon de quelques millions si elle ne leur aie pas livrée d’ici demain Brooke Davis sera exécutée à l’age de 28 ans, au seuil de sa carrière… "
Tous deux restèrent pétrifiés par la terrible annonce incapable de parler, le teint blanc ils déposèrent leurs enfants à l’école refusant de perdre leur moyen devant eux et pour ne pas les inquiété ils firent « comme d’habitude ». Mais dès qu’ils se furent éloignés Haley passa quelques coups de fils, l’un à la nourrice, l’autre à l’aéroport et le troisième à peyton. Nathan fonça entre les voitures au risque de perdre son permis pour ne pas qu’ils loupent le 1er vol vers New York, par chance ils arrivèrent à temps. Dans l’avion Haley se recroquevilla sur Nathan, incapable de parler, elle songea à sa meilleure amie, et ne put retenir ses larmes.
Peyton de son coté, avait appelé les parents de Brooke, sans succès… Ne sachant que faire elle était allée se recueillir sur les tombes de ses deux mères en les implorant d’intervenir …Une autre perte lui serait fatale. Elle se ressaisit et appela les rares personnes qui n’étaient peut être pas au courant des tragiques évènements : Lucas, Rachel et Micro. Pour chacun d’eux ce fut un choc. Elle rentra chez elle, embrassa brièvement son mari Jake et s’enferma dans son bureau où elle dessina de sinistres personnages qui encerclaient une jeune femme au centre de la feuille, la lumière éclairait son visage, des larmes ruisselaient sur ses joues rouges, elle hurlait, appelant certainement à l’aide, une âme pure au cœur de la nuit…
Nathan et Haley arrivèrent à New York, ils traversèrent l’aéroport, hélèrent un taxi et se rendirent chez les parents de Brooke. Il se prirent dans leurs bras en signe de soutient, et s’assirent sur un canapé en cuir noir assez récent, au centre d’une pièce décoré de plusieurs tableau, très claire, fonctionnelle et spacieuse. La mère de Brooke semblait avoir vieilli de 10 ans en seulement une nuit, les traits tirés, les rides plus prononcées que jamais, les cheveux mal attachés et surtout ses yeux gonflés après des heures de sanglots. Son père tentait de ne pas montrer ses sentiments, il fallait qu’il contienne ses émotions et sa souffrance pour le moment, sa fille était encore en vie, il devait se battre pour elle. Ainsi, il relata ce qui c’était passé avec plus de détails, comment sa fille avait été enlevée la veille alors qu’elle sortait de son bureau, comment il avait reçu la demande de rançon et les menaces de mort. Nathan et Haley se contentaient d’un hochement de tête en signe d’approbation afin de ne pas le couper, tous deux avaient conscience de ce que cela devait coûté au père de Brooke de raconter cette histoire dont il préfèrerait n’être qu’un lecteur. Il leur expliqua également qu’il s’était plié aux exigences des ravisseurs et que la seule chose à faire était attendre…
Lucas, qui était devenu journaliste vivant d’abord de piges avant d’être engagé par un hebdomadaire, était lui aussi anéanti par la nouvelle, à son tour il prit un billet d’avion, un allé seulement. Il prépara ses affaires en quelques minutes, et partit, espérant de tout son être retrouver en vie celle qui avait fait battre son cœur durant des années.
Pour chacun d’entre eux le temps subjectif prit le pas sur le temps objectif, les minutes paraissaient être des heures, et ces heures de doutes et d’angoisse semblaient ne jamais finir.
Enfin la nuit tomba, Haley prépara du café, la nuit risquait d’être longue, elle était comme déconnectée, son corps avançait sans même qu’elle ne le lui demande, ses gestes étaient comme robotisés, son téléphone sonna, c’était Lucas, celui-ci venait de débarquer, elle lui donna l’adresse et raccrocha.
Une sonnerie retentit à nouveau dans la vaste résidence des Davis, le père de Brooke décrocha, un sourire se dessina sur son visage, il questionna son interlocuteur, et coupa court à l’appel.Il pivota sur lui-même, avant d’annoncer que l’un des hommes qu’il avait mis sur l’affaire avait trouvé le lieu où sa fille était détenue. Un silence se fit, sa femme lui demanda de répéter comme pour être sure de ne pas avoir rêvé, il s’exécuta, saisit sa veste, prit les clés de sa nouvelle voiture avec intérieur cuire, et entraîna Haley, Nathan, et la mère de sa fille vers la sortie.
Quelques dizaines de minutes plus tard, ils étaient sur les lieux, devant le bâtiment où l’on pouvait voir écrit « interdit au public », des agents spéciaux encerclaient l’ancienne usine et se préparaient à agir, à l’affût du moindre mouvement, du plus petit bruit, chacun des hommes avaient été entraînés pour ce genre de situation, il se devaient d’être rapides, précis et efficaces.
Les parents de Brooke et ses amis étaient au coté du chef des opérations.Un grésillement vint rompre le silence, suivi d’une voix « nous sommes en place, nous attendons votre feu vert », celui qui était apparemment le chef, annonça « allez- y, doucement conservons l’effet de surprise, il ne faut pas que les ravisseurs paniquent, ils pourraient commettre l’irréparable… »
La vie de Brooke se jouait maintenant, sa mère était blottie dans les bras de son mari, prise de convulsions, Haley regardait droit devant elle, vers le bâtiment espérant voir sortir un agent et Brooke, elle priait pour une « happy end », des larmes coulaient le long de ses joues, Nathan et Lucas eux étaient impassibles souffrant seulement intérieurement.
L’attente leur parut interminable et surtout insoutenable, soudain une détonation résonna dans cette usine désaffectée accentuant toujours plus ce que l’on appellerai au cinéma le suspense, des agents sortirent, l’un d’eux marchait plus lentement, aidant visiblement une silhouette svelte à mettre un pied devant l’autre.
Instinctivement Haley se détacha de son époux et couru à la rencontre de Brooke, elle la prit dans ses bras, resserra l’étreinte au maximum comme pour l’empêcher de partir, de s’éloigner, encore une fois…Ses parents, Lucas, et Nathan après avoir réalisé ce qui se passait firent de même. L’ex otage se réfugia dans les bras du mari de sa meilleure amie, regarda par dessus son épaule et vit Lucas, d’un simple regard, elle le remercia… Puis elle inspira profondément, leva la tête vers le ciel, comme pour retrouver la lumière et la chaleur du soleil levant et s’écroula dans les bras musclé de Nathan. .
Les secours la prirent en charge. Elle s’éveilla dans une de ces chambres blanches spécifiques aux hôpitaux, sous perfusion, elle ignorait l’heure, et même le jour qu’il était. Brooke balaya la salle du regard, elle était seule, encore une fois, fragile, et choquée. Alors que de l’autre coté de la porte close, sa famille se renseignait sur son état auprès du médecin.Ce dernier se contenta de dire que leur fille était en état de choc, mais il était loin de la vérité…
Brooke en général si positive et d’un naturel dynamique n’était plus que l’ombre d’elle-même, dévastée, déprimée, voire même dépressive, la femme qu’ils avaient connu était morte, Brooke n’était plus qu’un souvenir, devant eux se tenait une femme tout simplement détruite…
Les jours passèrent, son état ne s’améliorait guère, mais elle avait tout de même insisté pour rentrer chez elle .Il lui était cependant impossible de retourner à son bureau, sur le lieu du crime, l’endroit fatidique.
Un soir elle se coucha, ferma les yeux sans trouver le sommeil, alluma sa lampe de chevet, et se leva .Et comme si elle avait toujours su ce qu’il lui restait à faire à cet instant … elle prit l’ascenseur gravit quelques marches et arriva au sommet du gratte ciel dans lequel elle vivait.Une force en elle la poussait à le faire, certain diront que « telle était sa destinée »
Elle s’approcha de la barrière de protection, prit son portable, et téléphona pour dire au revoir aux gens qui faisaient parti de sa vie, un au revoir, un adieux… Elle appela successivement sa famille, ses amis, ses collègues leur disant à tous qu’elle remontait la pente, qu’elle se battrait…sauf à une personne, une seule sur toutes à qui elle décrit son véritable état psychologique et physique, ses forces qui l’abandonnaient, ses hommes qui avaient détruit tout ce qu’elle avait construit, qu’il l’avait anéantie, elle lui relata sa journée, sa semaine, comme un appel à l’aide, une dernière chance que le destin lui offrirait…
Après s’être vidée de ce poids, elle raccrocha, souffla, et doucement elle enjamba cette barrière qui la protégeait d’une mort certaine, un allé sans retour, une chute libre, le saut de l’ange… Une jambe puis une autre … Elle était prête, prête à mourir…
Le temps s’arrêta, comme figé par les ténèbres de la nuit…
Pour se donner le courage d’ouvrir ses doigts, de lâcher la barrière, elle récita un poème… Par un soir d’hiver, du haut d’un gratte ciel, une jeune femme était sur le point de mettre un terme à sa vie… Le vent soufflait par rafales, et dans la nuit une voix s’élevait…par bribes…
« Dans la nuit qui m’environne Dans les ténèbres qui m’enserrent… »
Le vent la secoua, ces cheveux volaient venant lui fouetter le visage, mais elle poursuivit jusqu’au derniers vers…
« Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme »
Brooke ouvrit sa main gauche, baissa la tête, regardant la mort en face, le gouffre, sa dernière pensée fut pour l’un des chefs d’œuvres de la littérature française Voyage au bout de la nuit
Alors qu’elle était sur le point d’ouvrir sa main, de la tendre vers le vide une voix résonna dans l’obscurité, sans même tourner la tête, elle sut de qui il s’agissait…
La personne à qui elle avait si souvent confié ses doutes, cette personne qu’elle avait aimé puis hait…
-Tu ne peux pas sauter, tu ne peux pas faire ça… A coté des larmes qui perlaient surs ses joues, un sourire se dessina, cependant elle ne comprit pas de quelle manière il avait su… oui elle l’avait appelée mais pas pour lui dire la vérité, comme tous les autres à une exception près elle lui avait menti…
- Brooke, ne fais pas ça … Il s’approcha d’elle, mais celle-ci lui ordonna de reculer ou alors elle commettrait l’irréparable…
-De toute façon la beauté est éphémère, les fleurs son éphémères la vie l’est aussi, nous sommes tous a condamnée à mourir, nul n’est immortel… Il ne sut que répondre et elle poursuivit….
-Je veux que tu saches que si je le fais c’est parce que vivre est plus dure pour moi que ne l’est mourir…
-Je ne te juge pas, et j’ai conscience que pour certaines personnes la vie est difficile et peut paraître insurmontable, Brooke, mais toi tu n’es pas eux, tu es quelqu’un de courageux.Vivre demande du courage certes, mais ce que tu t’apprêtes à faire en demande plus…
-Tu ne peux plus rien faire, c’est trop tard… J’ai tout gâché…
-Non Brooke. Tu n’as rien gâché. Tout ce qui a pu arriver n’était pas ta faute. Tu vaux bien mieux que ça Brooke Davis. Tu es bien plus forte que ça. Te souviens tu du jour où je t’ai promis de te sauver lorsque tu en aurais besoin ? Et bien ce jour est arrivé et à partir d’aujourd’hui tu pourras toujours compter sur moi… plus que jamais… reviens vers moi Brooke je t’en supplie… j’ai besoin de toi, nous avons tous besoin de toi… tu as toujours su trouver les bons côtés des pires évènements… tu dois continuer à te battre… si tu n’as pas la force de le faire pour toi, fais le pour nous… je te demande uniquement de continuer à vivre. Ces hommes valent-ils vraiment la peine de détruire cette vie ? De détruire ta vie ? Es-tu bien certaine que c’est ça que tu veux, cette journée sera-t-elle donc ta dernière ?
Elle n’eut pas le courage de faire ce qu’il lui demandait, c’était trop dur, mourir, trahir la vie paraissait plus facile …
De son coté Haley attendait au bas du gratte ciel après l’appel de Brooke, cet SOS que la jeune femme lui avait lancé, elle avait immédiatement contacté la personne qui aurait le plus d’influence sur son ami, une personne de confiance, toujours prête à sauver au risque de se mettre en danger, Lucas…Elle priait le ciel, suppliait d’avoir fait le bon choix, et de retrouver Brooke ou ce qu’il restait d’elle en vie…
-Tu as été la paix dans ma vie de guerrier, Brooke…
Elle ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire… Il avait une telle façon de lui parler, ses mots semblaient d’une telle évidence qu’elle sentit un peu de chaleur au fond de son cœur, là où se trouvait Lucas, quelques années plus tôt. Elle se souvint alors de tous les bons moments qu’elle avait passés dans ses bras… à cet instant, une sensation qu’elle n’avait plus ressenti depuis trop longtemps refit surface… une sensation de vie…
Dans son dos, à quelques mètres de là, Lucas attendait une réaction, crispé, tendu, angoissé, il la fixait priant de ne pas la voir tomber… de ne pas la voir sombrer…
A nouveau le vide l’envahit, à nouveau elle le vit, ce visage… les ténèbres reprirent possession de son âme… se laissant happer par l’obscurité de cette froide nuit d’hiver, elle se retourna légèrement le dévisagea et lui dit ces quelques mots, tant bien que mal les yeux emplis de larmes elle articula… « Au revoir, Lucas »
Le vent s’intensifia…
Elle lâcha prise… Elle venait de se détacher de lui, de son mari… Son portable avait vibré dans sa main et avec une rapidité hors du commun, elle avait appuyé sur la touche « lire message » et ce dernier s’était affiché « Elle est avec moi, elle est dans mes bras, ne t’inquiète pas ». La rock star Haley James Scott fondit en larmes, des larmes de joie, un merci, un bonheur, la vie…
2 min plus tôt alors que Brooke était au bord du gouffre, prête à défier la pesanteur Lucas s’était approchée d’elle et lui avait dit :
« Brooke, ne fais pas ça, ne saute pas. Tu ne peux pas abandonner la vie, après tout ce qu’elle t’a offert, abandonner Haley, abandonner Peyton, m’abandonner… ».Il avait relevé la tête, elle avait plongé ses yeux dans les siens et tout comme il l’avait fait des années auparavant alors que son taxi l’attendait devant chez lui, juste derrière cette porte rouge, il lui avait dit
« Reste avec moi Brooke…ce n’est pas ton destin, ce n’est pas ce qui a été écrit pour toi, ni pour moi, pour nous deux… »Il lui avait alors saisi la main, sauvé la vie… et elle s’était réfugiée dans ses bras, il avait resserré l’étreinte. Elle s’était alors blottie contre son cœur où elle tenait une place unique.
Elle avait laissé les larmes que ses yeux avaient trop portées coulées le long de ses joues blanchies par la peur… Et, au sommet de cette tour, après avoir touchée le fond, Brooke se promit de rebondir…
La pluie commença à tomber, un orage éclata, la vie reprit ses droits…A nouveau le temps s’écoula…
Ce soir là le destin, la vie, l’amour ou bien la mort leur accordèrent une seconde chance.
Elle pleurait toujours, elle évacuait toute cette douleur, cette souffrance qu’elle avait accumulé ces derniers jours.
Dans les profondeurs de cette nuit froide renaissait l’espoir, renaissait la vie, dans l’obscurité jaillit la lumière…
« Plus de 6 milliards d’âmes sur terre et parfois il suffirait d’une seule… »
sydbristow (28.01.2007 à 13:17)