Monsieur & Madame Scott,
Cela va faire plusieurs mois que je ne vous ai pas écrit, alors voici de mes nouvelles...
J’ai passé mon diplôme avec succès, après une fin d’année mitigée. Rien ne s’est arrangé avec les gens de mon nouveau lycée, mais il est vrai que je n’ai pas vraiment fait d’efforts. Je suis restée la fille du lycée de la fusillade, un peu bizarre, renfermée ! Peu importe, ils avaient tous l’air ennuyeux.
Maintenant je prends une année sabbatique, pour réfléchir sur ce que je vais de mon avenir. Mais je vais quand même continuer à travailler chez Peter, d’autant plus qu’il m’héberge toujours pour presque rien. C’est un amour. Il s’est instauré entre nous une relation presque fraternelle, il n’est pas du tout compliqué, tout est évident avec lui. Il m’apporte beaucoup de soutien, de protection, même s’il sait se montrer d’une immaturité incomparable par moments !
Je participe de temps à temps aux illustrations d’un hebdomadaire local, il faudrait que je vous envoie un numéro un de ces jours. Rappelez-le moi ! J’ai aussi finit la fameuse fresque de Peter... je vous explique....
elle représente un monde gris et triste, d’où se détache une porte bleue et la vitrine remplie de musique de Peter, que j’ai même prit soin de reproduire en tout petit sur la pochette de l’un des CD que j’ai dessinée dans la vitrine. J’ai calligraphié le nom du magasin au dessus. On le remarque depuis l’extérieur ! Je me suis fais plaisir sur ce coup.
J’espère que tout va bien de votre côté, que vous ne vous laissez pas trop submerger par le petit monstre !
Je vous aime, vous me manquez. Peyton.
Elle avait écrit plusieurs lettres et e-mails à Nathan et Haley. Les siennes se ressemblaient toutes, mais celles de ses amis étaient remplies de bonheur, d’anecdotes de parents, parfois accompagnées de photos. Peyton possédait presque tout un album du petit Keith. De temps en temps, ils glissaient de petites nouvelles de Lucas et Brooke, juste au cas où, comme on dit.
Nous étions lundi, Peyton ouvrait le magasin, comme toutes les semaines, étant donné que Peter se remettait de son week-end de folie. Elle leva la grille, et comme la moitié de la ville avait fait la fête avec Peter, il n’y avait pas un chat. Elle traversa la rue et alla chercher son petit café matinal, puis se posa derrière le comptoir avec une feuille et un crayon de papier
, elle lança
Extraordinary, de Nizlopi sur la chaîne hi-fi du magasin, et plongea dans son dessin
. Un client inattendu vint la tirer de sa fougue créatrice matinale, au son de la fameuse clochette de l’entrée. Peyton leva le nez de son travail, pour saluer son client.
_
Peyton : Bonjour.
_
Client : Bonjour.
Un beau jeune homme, d’une vingtaine d’années, mal rasé, habillé à la va-vite, converses trouées. Ses cheveux, en manque de coiffeur, commençaient à obstruer son champ de vision. Peyton le trouva charmant.
_
Peyton : je peux vous aider ?
_
Client : Oui. En fait je fais parti d’un groupe, je démarche les commerçants pour pouvoir coller nos petites affiches sur leurs portes ou sur leurs caisses. On fait un concert dans 2 semaines.
_
Peyton : Oh, euh... Je pense que Peter sera ok avec ça ! Je lui demanderai. Vous pourriez repasser plus tard peut-être, avec vos affiches ?
_
Client : Ok, merci ! -
il lui tendit la main- Au fait moi c’est Gary, enchanté !
_
Peyton lui serrant la main : Peyton.
_
Gary : Alors, à plus tard Peyton.
_
Peyton : A plus.
Il quitta le magasin avec un sourire particulièrement charmant. Elle se remit à dessiner et l’oublia rapidement.
Quand il repassa, le lendemain, il prit le temps de faire plus ample connaissance avec Peyton. Elle était toujours derrière son petit comptoir. Il lui tendit une affiche imprimée sur un papier jaune, son groupe s’appelait
The Thumbs... Les pouces ? Peyton dévisagea l’affiche, malgré elle.
_
Gary : Quoi ?
_
Peyton levant vers lui des yeux étonnés et gênés de s’être fait prendre: Quoi « quoi » ?
_
Gary : Tu te rends compte de la grimace que tu viens de faire ?
_
Peyton confuse: Je suis désolée, vraiment.
Essayant de dévier la conversation Tu préfères qu’on l’affiche sur le comptoir ou sur la porte d’entrée ?
_
Gary : Vu ta tête, je me demande si j’ai envie qu’on l’affiche ! C’est quoi le problème ?
_
Peyton mentant très mal: Rien du tout, elle est très bien. Alors, porte ou comptoir ?
Gary éclata de rire. Elle le regarda, un peu étonnée.
_
Gary : Allez, Peyton, le groupe en est encore au stade où les critiques constructives sont acceptées. Quand on aura vendu des millions de CD, on pourra se permettre de cracher sur la critique. Dis-moi tout.
Il appuya ses coudes au comptoir et la regarda droit dans les yeux. Peyton les baissa immédiatement sur ses chaussures.
_
Peyton : A vrai dire, je ne suis pas fan de la photo de groupe où les pouces sont agrandis... Mais c’est mon avis, je suis sûre que vos fans adorent ! Il faut dire que j’ai des goûts bizarres !
_
Gary : Je vais te dire un secret... Nos fans ont tous les mêmes surnoms, et, sachant qu’il s’agit de « maman », on ne peut que douter de l’objectivité de leur opinion !
Peyton rit à son bon mot.
_
Peyton : Si tu me laisses quelques chansons et cette affiche, je peux te dessiner quelque chose de plus... vendeur, disons.
_
Gary : Ca va me coûter combien ?
_
Peyton : 10 % de vos cachets, 15 % sur les royalties, 95% sur les recettes de produits dérivés à l’effigie de mes créations et un pass back stage pour rencontrer Bono, quand vous serez amis !
Elle rit. Pas un dollar, ça me ferais plaisir de vous aider. Je baigne dans la musique et le dessin depuis toujours.
_
Gary : Je pourrais voir à quoi ressemblent tes « créations » ?
_
Peyton : Bien sûre.
Elle pointa du doigt la fresque derrière elle, sans même se retourner. Gary resta bouche bée. Ils discutèrent quelques minutes encore de musique et de dessin. Peter les interrompit.
_
Peter : Peyton, pas pendant le service !
_
Peyton : Hey Peter ! C’est Gary, qui veut nous refiler ses affiches pourries !
Ils se lancèrent un regard complice. Peter croisa les bras et observa Gary de haut en bas. Il lui tendit le bras et ils se serrèrent la main. Il prit ensuite l’affiche dans ses mains. Il l’examina et eut un sourire en coin. Il regarda Peyton.
_
Peyton : Je lui ai déjà proposé de revoir entièrement l’affiche.
_
Peter : Je crois que ça s’impose. Bien, Gary, merci d’être passé. A bientôt.
Gary scruta Peyton, perplexe. Elle leva les épaules comme pour lui dire « je ne sais pas ce qui lui arrive ». Il les salua puis quitta le magasin. Peyton se tourna alors vers Peter, la main droite sur la hanche. _
Peyton : Ok, qu’est-ce que tu viens de nous faire là ?
_
Peter : Peyton, ce type te drague !
_
Peyton : Oui, et alors ?
_
Peter : ET alors je connais ce genre de petit minet. Ils se trouvent un groupie, jouent la carte de la passion pendant quelques tout petits mois, puis, à la moindre épreuve, ou paire de seins plus gros, lâchent prise. La fille est alors dévastée, sans un rond, sans amis et finit par se prostituer pour payer sa dose de came !
_
Peyton : Tu n’exagèrerait pas un tout petit peu, là ?
_
Peter : Bon, j’ai peut-être un peu romancé la fin, mais le fait est que ces types sont émotionnellement instables et, crois moi, ce n’est pas ce qu’il te faut.
_
Peyton : Et que me faut-il ?
_
Peter : Tout le contraire. Un type responsable, voire ennuyeux, qui n’aie d’yeux que pour toi et qui veille sur toi.
_
Peyton : Ennuyeux ?
_
Peter : Tu es assez complexe pour deux !
Ils rirent. Peyton attrapa sa planche et son crayon, et alla s’installer sur le canapé, dans l’arrière boutique. Peter s’assit sur le petit tabouret du comptoir, et examina l’affiche.
_
Peter à lui-même : Les Thumbs..
. Il leva les épaules et posa l’affiche. Il sortit son journal plié de sa poche arrière et le lut. Gary réapparut aussitôt dans le magasin. Quand il vit Peter derrière le comptoir, il stoppa un quart de seconde son élan vers le comptoir.
_
Gary : Euh... Peyton voulait quelques chansons, je lui ai ramené la démo qui traînait dans ma voiture...
Peter prit le CD et le posa sur le comptoir.
_
Peter : Je lui donnerai. Merci. Au revoir.
Il sortit. Peter remis le CD à Peyton à la fin de la journée. Elle s’empressa de le copier sur son iTunes. Quand elle ouvrit le boîtier, elle trouva un petit post-it vert, qui disait
Appelle moi !!!! , accompagné d’un numéro. Elle chargea les 6 chansons sur son ordinateur portable et les transféra sur son iPod. Une fois que ce fut fait, elle enfila une veste, attrapa son sac, y glissa son iPod et sortit manger.
Elle avait pour habitude de marcher jusqu’au quartier voisin, ce qui lui prenait presque 1 heure à pied. Elle se rendait dans un petit café/resto, qui faisait des sandwichs terribles ! Elle s’était liée d’amitié avec la patronne, qui devait avoir 70 ans, mais une pêche incroyable! Elle disait à Peyton qu’elle lui rappelait sa jeunesse.
Elle s’assit au bar, son amie vint rapidement prendre de ses nouvelles et sa commande.
_
Peyton : Bonsoir Hellen !
_
Hellen : Bonsoir Peyton, comme d’habitude ?
_
Peyton : Comme d’habitude !
Elle fit partir la commande rejoignit Peyton.
_
Hellen : Alors ma belle, tu vas bien ?
_
Peyton : Ca va.
Elle afficha un radieux sourire. Hellen leva un sourcil intrigué.
_
Hellen : Je n’avais jamais vu ce sourire là. Il s’appelle comment ?
_
Peyton : Quoi ?
_
Hellen : Ne fais pas l’innocente ma jolie, ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu as rencontré quelqu’un !
_
Peyton : Mais non enfin ! Je n’ai rencontré personne !
_
Hellen : Peyton...
_
Peyton : Bon... je n’ai pas vraiment « rencontré » quelqu’un comme vous l’entendez. Mais disons qu’il y a ce type, qui est venu deux fois au magasin et... je ne sais pas, je sens un truc passer entre nous.
_
Hellen : Voyez-vous ça !
_
Peyton excitée comme une adolescente : Il s’appelle Gary, il chante dans un groupe, j’ai écouté quelques unes de ses chansons... ce mec est un géni ! Et puis si vous le voyiez ! Il est beau, à en couper le souffle, pis, le peu de temps où j’ai pu discuter avec lui, il m’a l’air vraiment, vraiment sympa...
_
Hellen : Et bien dites moi ! On dirait que tu as tourné la page !
_
Peyton : Cette histoire de triangle, elle est derrière moi, je m’en rend chaque jour de plus en plus compte. Je ne pense jamais à Lucas comme avant. Je regrette encore Brooke, des fois, mais je sais maintenant que je peux vivre sans eux.
_
Hellen : Je suis ravie pour toi. Je suis désolée mais il commence à y avoir du monde, je vais me remettre au travail, je viens te voir tout à l’heure !
_
Peyton : Vas-y !
Hellen accueillit les nouveaux clients. Peyton fut servi et mangea tranquillement son petit sandwich. Une fois qu’elle eût fini, elle constata que le restaurant ne désemplissait pas. Elle lança un sourire à Hellen, laissa quelques dollars sur la table et partit.