Le temps passait, elle refusait de donner suite aux messages de Jake. Mais elle refusait également de s’expliquer avec lui. Malgré les remords, Peyton préparait son mariage avec soin, elle y consacrait le peu de temps libre qu’il lui restait, avec Brooke. Avec toute cette agitation, elle finit par oublier plus ou moins cette histoire avec Jake.
D’autant plus qu’elle avait des examens, qu’elle et Brooke réussirent.
Ces derniers mois, Gary avait été très pris, elle ne le voyait que certains soirs, il avait fait une petite tournée dans le Nord-Est des Etats-Unis, et était occupé à promouvoir son disque. Mais lorsqu’il était là, il lui consacrait toujours l’intégralité de son temps. Le jour du fameux concert était arrivé. Peyton devait rejoindre Gary à l’autre bout de la ville dans 20 minutes, mais elle fut retenue par le traiteur, qui voulait absolument son avis sur tout... Quand elle prit le taxi, elle avait déjà une demi-heure de retard, et elle tomba en plein dans les embouteillages... .
musique
Peyton arrivait trop tard au Radio City Music Hall, le concert était déjà terminé depuis au moins une heure. Elle se dirigea dans les coulisses pour y retrouver son fiancé. Elle portait le blouson qu’il lui avait offert avec son premier cachet d’artiste signé. Elle montra son pass au vigile, qui la laissa pénétrer dans l’effervescence d’une salle de concert après un spectacle. Le sol était jonché de cadavres de bouteilles, plus Peyton s’approchait de la loge de Gary, plus une musique, forte, se faisait entendre. C’était
Babe I’m gonna leave you de Led Zeppelin. Gary adore cette chanson. Il doit être en train de décompresser. Elle mit les mains dans ses poches et ralentit, pour apprécier la musique, et l’ambiance de cette salle, les techniciens qui s’affairent, les fils qui traînent partout. Elle se sentait dans son élément.
Elle remarqua une fontaine à eau à sa droite. Elle prit le temps de se servir un petit gobelet et d’admirer un peu les alentours. Bien entendu, il n’y avait pas de poubelle, aussi continua t-elle son chemin avec son gobelet transparent à la main. Elle posa délicatement sa main sur la poignée et la tourna, puis poussa doucement la porte pour se faire discrète.
Quand elle entra, la vision qu’elle eut lui fit lâcher son verre en plastique. L’impact sur le plancher fit retentir un bruit sourd, qui suffit à capter l’attention de Gary... et de la jeune fille à genoux devant lui, au milieu d’un désordre de vêtements, bouteilles et mégots de cigarettes.
Peyton resta quelques secondes à contempler avec effroi le spectacle qui s’offrait à elle. Gary remonta rapidement son pantalon, tandis que la demoiselle, honteuse, renfila son t-shirt à l’effigie du groupe, avant de sortir de la loge en effleurant Peyton. A son contact, celle-ci fut parcourue d’un frisson atroce, mêlant dégoût et chagrin. Gary s’approcha d’elle lentement, essayant de trouver quelque chose à dire ou faire. Plus il approchait, plus la respiration de Peyton s’intensifiait. Quand il fut en face d’elle, ses yeux lançaient des éclairs. Il tenta de poser ses mains sur ses bras, mais lorsqu’elle se rendit compte qu’il allait la toucher, elle le gifla de toutes ses forces. Il se tenait la joue de douleur, la gifle de Peyton était violente et ses ongles lui avaient râpé la peau. Elle le regarda quelques secondes puis refit le chemin en sens inverse, en marchant d’un pas pressé et déterminé. Elle sortit des coulisses et traversait maintenant la salle du côté des spectateurs. Gary commençait à courir pour la rattraper. Elle s’arrêta devant une affiche du groupe, qui devait faire 3 mètres de haut, devant laquelle il y avait une poubelle, pleine à ras bord. Elle se retourna et aperçut Gary, qui s’était arrêté en même temps qu’elle, il la fixait, attendant un geste, une invitation au dialogue, quelque chose. Elle retira sa bague de fiançailles hors de prix, le regardant droit dans les yeux, la jeta dans l’un des vieux gobelet qui surplombaient la poubelle, puis partit.
Gary resta planté là, à la regarder s’éloigner. Il savait pertinemment qu’il venait de la perdre pour toujours, malgré que son cerveau soit imbibé d’alcool et d’autres substances nettement moins légales. Il s’assit par terre, passa sa main dans ses cheveux puis sur son visage.
Arrivée à l’appartement, elle fit son sac rapidement, puis récupéra sa voiture et partit.
Elle arriva devant une porte et toqua. On ouvrit.
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Peyton dévastée: Tu peux m’héberger ?
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Brooke : Bien sûre.
Elle lâcha son sac et se jeta dans les bras de son amie. Brooke se fit rassurante. Elle la fit entrer et attrapa ses bagages. Elle s’assit sur le canapé, silencieuse. Brooke lui servit à boire et Peyton prit une profonde inspiration pour lui tout lui raconter. Elle écoutait attentivement son récit, en se retenant de céder à son instinct, qui lui ordonnait de foncer mettre une droite à l’horrible guignol qui avait tenté de lui faire croire à l’amour pour mieux l’en priver ensuite. Mais surtout, elle se retenait de fondre en larmes avec elle. Voir quelqu’un qu’on aime dans un tel état, vivre de telles choses, vous fait vous interroger sur la notion même de justice ou de chance. Comment pouvait-il lui arriver tout ça à elle, sans qu’elle ne se soit jetée sous le premier métro ? Après tout ce qu’elle a vécu, ne méritait-elle pas que son bonheur soit durable ?
Si. Bien sûr que si. Mais rien ne se passe jamais comme on l’aurait souhaité...
Cette nuit là, Peyton ne ferma pas l’œil. Essayant vainement de trouver un sens à tout ça. Elle ne cessait de se repasser le film de son histoire avec Gary, mais également de son histoire avec Lucas, de son histoire avec Jake. Effectivement, rien, jamais, ne s’était passé comme elle l’aurait souhaité. Elle remarqua, sur la table de travail de Brooke, les esquisses de sa robe. Elle se leva pour aller les observer, mais fondit en larmes devant le travail de son amie. C’était parfait. Elle s’accroupit pour mieux s’asseoir à même le sol et continuer à pleurer, encore et encore.
Gary, lui, repassa à l’appartement, se doutant qu’il ne la trouverait pas dans leur lit. Il contempla la chambre, subissant l’atroce silence de sa trahison, ouvrit une des portes de leur penderie, pour constater que les affaires de Peyton avaient en partie disparues. Il s’allongea sur le lit et tourna la tête vers la photo d’eux qui ornait la table de nuit. Ils avaient prit cette photo à leur arrivée à New York, devant le Radio City Music Hall.
FLASHBACK :
Peyton et Gary étaient devant la salle mythique. Gary aborda un passant et lui tendit l’appareil photo. Il rejoignit sa belle et entoura son cou avec son bras, elle prit la pose pour la photo, mais il attrapa son visage avec son autre main, au niveau de sa mâchoire pour lui faire un énorme baiser surprise. C’est cet instant qu’avait choisi le passant pour appuyer sur le bouton.
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Gary : Si un jour je dois jouer ici, toi et moi on se mariera.
Peyton rit de bon cœur, ne prenant pas les paroles de Gary au sérieux.
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Gary : Tu verras ! Tu rigoleras moins quand je serais genoux à terre devant toi, avec un bague monstrueusement trop chère !
FIN FLASH BACK.
Comme il se remémorait cette merveilleuse journée à la découverte de la ville, il ne put s’empêcher de sourire. Il attrapa la photo, la fixa un instant puis la jeta violemment contre le mur en se maudissant. Il sortit de sa poche la bague, qu’il avait récupérée, et la posa à côté de lui sur le lit, à la place de Peyton. Il s’endormit difficilement, exténué par sa journée.